anti-révisionnisme

Entre pseudo- « camarades » réformistes et sociaux-chauvins…

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Entre pseudo- « camarades »

réformistes et sociaux-chauvins…

 

 

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

https://www.lacoccinelle.net/1060106-jacques-brel-jaures.html

 

ls étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s’appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grand-parents
Entre l’absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d’être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laissent au visage un teint de cendres
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

On n’peut pas dire qu’ils furent esclaves
De là à dire qu’ils ont vécu
Lorsque l’on part aussi vaincus
C’est dur de sortir de l’enclave
Et pourtant l’espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux yeux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu’à la vieillesse
Oui not’bon Maître, oui not’Monsieur

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Si par malheur ils survivaient
C’était pour partir à la guerre
C’était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelque sabreur
Qui exigeait du bout des lèvres
Qu’ils aillent ouvrir au champ d’horreur
Leurs vingt ans qui n’avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui not’bon Maître
Couverts de prèles oui not’Monsieur
(*)

Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l’ombre d’un souv’nir
Le temps de souffle d’un soupir

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

JACQUES BREL

https://proxy.duckduckgo.com/iu/?u=http%3A%2F%2Frockimages.r.o.pic.centerblog.net%2Fyla1c9qr.jpg&f=1&nofb=1

 

 

Quand le PRCF écrit au PCF, ça donne …

[lu sur Agoravox]

 

« Chers militants et camarades communistes du PCF, cher camarade Fabien Roussel,

Le 3 septembre 2019, vous avez prononcé, camarade Roussel, un discours en conclusion du colloque Jean Jaurès à Toulouse à l’occasion du 160e anniversaire de la naissance de celui qui fut le leader de la SFIO et qui revendiquait sa proximité intellectuelle avec les principes du marxisme-léninisme. » (sic)

 

D’où ce post en réponse >>>

Luniterre 17 septembre 22:51

Un point d’histoire foireux dès le départ….
« colloque Jean Jaurès à Toulouse à l’occasion du 160e anniversaire de la naissance de celui qui fut le leader de la SFIO et qui revendiquait sa proximité intellectuelle avec les principes du marxisme-léninisme. »
Rappelons tout de même que ce pauvre Jaurès est mort assassiné le 31 Juillet 1914, en tentant de défendre une cause tout à fait internationaliste, celle de la paix.
Jaurès était, pour le reste, tout à fait un réformiste assumé, avec une forte tendance au social-chauvinisme, mais avec cette limite, celle de la paix. Sur le plan du pacifisme et de
l’internationalisme, même relatif, il était donc minoritaire au sein de son propre parti, essentiellement conséquent dans le social-chauvinisme, et qui s’est donc rallié aussitôt aux partisans de la guerre.

Le concept de marxisme-léninisme n’a été utilisé comme tel, considéré comme un ensemble idéologique par certains bolcheviques, que dans les années qui ont suivi la mort de Lénine, soit dix ans après celle de Jaurès… !
L’utilisation du terme n’est véritablement officialisée que dans les années 30, et par Staline seulement en 1937.
(in Matérialisme dialectique et matérialisme historique)

Parler de « Jaurès marxiste-léniniste », même et surtout par « proximité revendiquée », cela prête donc à sourire, aussi bien dans la forme que sur le fond… !
Mais cela situe le niveau politique du reste de l’article…
Du PRCF, c’est le genre de chose à quoi s’attendre, de toutes façons.

Luniterre

 

Luniterre 18 septembre 00:09

Pour l’info des lecteurs, précisons encore que… [l’auteur de cette introduction étonnante…]

Fadi Kassem, secrétaire national adjoint du PRCF

C’est aussi…

Fadi Kassem, agrégé d’histoire et diplômé de Sciences Po Paris

https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/appel-aux-communistes-de-france-4nov17-19172017revolution/

>>> encore une petite pierre dans le jardin de nos « grandes écoles »…

Dur, dur, la culture !

Luniterre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

https://proxy.duckduckgo.com/iu/?u=http%3A%2F%2Fhexagone.me%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F07%2FBREL-Jacques-1967_NB.jpg&f=1&nofb=1

 

 

 

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Capital réel (valeur créée par le travail) et capital fictif : deux articles à relire pour comprendre la crise

 

Capital réel

(valeur créée par le travail)

et capital fictif :

deux articles à relire

pour comprendre la crise…

 

 

En réponse à M. Jack Freychet et à sa crainte d’une « fuite des capitaux »

 

[ Extraits des posts]

« (…)Luniterre oublie que dans le cadre de la libre circulation des capitaux toute taxation supplémentaire en France les fera fuir [ les capitaux ] et se trouve en contradiction avec lui-même lorsqu’il écrit « c’est donc aussi le seul moyen de commencer à construire ce rapport de force. » alors qu’il s’en remet à la « révolution socialiste » pour sortir des contraintes de l’UE. (…)

Il me suffit de savoir que le capital virtuel en circulation dans le monde est actuellement dix-huit fois supérieur à la valeur de tous les biens et de tous les services produits en une année et disponibles sur la planète et qu’il est toujours en quête de profits supplémentaires ( certains font état de 26 000 milliards de dollars, ce que je n’ai pas pris le peine de vérifier) (…) »

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/11/gilets-jaunes-apres-le-grand-debat-le-ric-reste-une-diversion-interne-passer-a-autre-chose/

 

REPONSE TML >>>

 

(…) Lorsque le rapport de force sera suffisant pour contraindre le système à négocier sur cette base,

 

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771/u/25062987

 

il sera également suffisant pour aller plus loin lorsque les capitalistes auront fait la preuve de leur refus, même si par le biais de cette fuite…

C’est pourquoi de telles revendications ne prennent leur sens qu’en synergie avec la construction d’une alternative politique révolutionnaire, et non pas d’un « frexit » ou autre substitut réformiste de kollaboration de classe, type « nouveau CNR » ou autre !

Avec la mondialisation les capitalistes ne peuvent effectivement plus faire de concessions sociales, même s’ils en ont les moyens financier, comme le prouvent les chiffres de cet article.

La mondialisation, c’est effectivement une concurrence entre flux de capitaux, et pas seulement entre productions industrielles.

Par contre, une économie de transition se base sur la valeur réellement crée par le travail, et non pas sur le capital fictif…

Vous pointez vous-même la différence dans votre conclusion, sans pour autant en tirer les conséquences, selon votre démarche habituelle, malheureusement.

Cette question a été abordée sur TML :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/10/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/15/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif-suite/

 

Une économie de transition ne repose pas sur le capital fictif et créera nécessairement sa propre monnaie, assez rapidement.

Évidemment il est toujours utile d’avoir une réserve en devises « étrangères », même s’il s’agit alors, précisément, d’euros!

Mais ce n’est ni la base, ni ce qui est déterminant.

La base, c’est la capacité des travailleurs à créer de la valeur, correspondant à leurs besoins sociaux, sous forme de produits et services, en contrôlant l’appareil productif et en le faisant fonctionner pour leur propre compte de producteurs associés, à travers l’État de dictature prolétarienne, expropriant les capitalistes, mais reposant sur une planification démocratique, définissant démocratiquement les besoins sociaux les plus urgents et la répartition des forces productives nécessaire pour les satisfaire.

Si les actions sont du capital fictif, les dividendes et les intérêts, 180+67=247 Mds €, cela représente par contre la valeur effectivement créée par le travail et montre que le prolétariat peut parfaitement contrôler l’économie et créer suffisamment de valeur pour répondre à ses propres besoins et ceux de l’ensemble des classes populaires. « L’oisif ira loger ailleurs ! », dit la chanson… S’il se tire avec ses collections de titres et actions, cela lui fera un souvenir de sa grandeur passée, point barre. Il n’aura pas forcément tout perdu : certains titres d’entreprises du temps passé sont aujourd’hui des objets « collectors », et s’ils ne rapportent évidemment plus rien, ils conservent une certaine valeur comme décoration murale…

 

[ NDLR >>> En remerciement à M. Freychet, pour son assiduité dans les posts sur TML, nous lui offrons ces deux titres, dont un « Emprunt Russe », ici à gauche, et, ci-dessous, une très belle action « Bergougnan », aujourd’hui chez Michelin, mais avec encore quelques « coupons », dès fois que…]

Autre chose >>> quand vous dites que les « contradicteurs » sont mal acceptés sur TML, vous avez manifestement tout faux, vu que la plupart des recherches, comme les articles sur le capital fictif, précisément, y démarrent suite à des échanges polémiques, qui sont donc féconds, les vôtres y compris, en apportant essentiellement, du reste, la contribution bien involontaire mais importante de ce Denis Durand, encore inconnu dans nos colonnes, précédemment, et je tiens donc à vous en remercier.(…)

 

Luniterre

 

 

 

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771/u/25062987

 

 

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POST SCRIPTUM >>> pour avoir une idée réelle de la plus-value crée sur 2019 en France il faut donc considérer que ces 180+67=247 Mds € en font partie, mais aussi la CSG, dans la mesure où c’est une partie de la valeur créée qui est reprise aux salariés et qui évite ainsi au Capital de payer cette quote-part à la Sécu. De même, le CICE est donc une partie des impôts qui retourne directement vers le Capital, au même titre de substitution de cotisation. Évidemment, il faut ici calculer en proportion de l’impôt sur le revenu, pour avoir une idée réelle de la part de plus-value stricto sensu que cela représente >>> 70,5/390,8 >>> 18% >>> 7,2/40 + part importante de TVA issue des dépenses des salariés >>> impossible à évaluer… Le cadre de la CSG dépassant également celui du salariat stricto sensu, on peut donc considérer que ces différences s’annulent plus ou moins et simplement ajouter 120 Mds € aux 247 de D. Durand et cela fait donc une approximation de 367 Mds € de plus-value générée en 2019 par le travail du prolétariat en France!

 

En réalité, ce n’est encore qu’une approximation du fait qu’une part importante de plus-value est directement réinvestie en tant que nouveau capital et n’apparait donc pas sous forme de dividendes ni d’intérêts. Et inversement, une bonne partie de ces dividendes sont convertis dans les dépenses personnelles des capitalistes et disparaissent donc en tant que capital stricto sensu.

 

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Gilets Jaunes: Après le « grand débat », le RIC reste une diversion interne – Passer à autre chose!

 

 

 

 

Gilets Jaunes 

Le grand débat est une diversion externe

et le RIC une diversion interne

 

 

 

mercredi 11 septembre 2019, par do

Tout ce qui compte si on reste malheureusement dans le cadre de cette société capitaliste, c’est d’obtenir de sérieuses augmentations de salaires, des retraites, etc. Avec, bien sûr, un retour à l’échelle mobile des salaires, retraites , etc. afin que l’inflation ne vienne pas bouffer en quelques années les augmentations ainsi obtenues.

[http://mai68.org/spip2/spip.php?article4326#forum3926]


Gilets Jaunes – Le grand débat est une diversion externe et le RIC une diversion interne

 

Posté par Luniterre >>>

 

Bonjour, camarade !

Effectivement, frapper le capital au portefeuille c’est le seul moyen de pression efficace, tant qu’on a pas le rapport de force pour l’exproprier.

Mais c’est donc aussi le seul moyen de commencer à construire ce rapport de force.

C’est aussi le moyen de montrer que la valeur produite par les travailleurs est largement suffisante pour répondre à leurs besoins sociaux, si elle n’était pas détournée par le capital.

Dans cette vidéo, https://youtu.be/hQ6klN9UUGw , ce Denis Durand avance des chiffres assez énormes, et qu’on ne trouve nulle part ailleurs, en tant que source.

Il les cite à nouveau dans un interview de la Marseillaise, ici :

http://www.lamarseillaise.fr/analyses-de-la-redaction/decryptage/74835-denis-durand-une-hausse-du-smic-de-200-net-payee-par-les-entreprises-est-possible

Ce Monsieur se présente aujourd’hui comme l’un des économistes du PCF, mais il a été, professionnellement, directeur adjoint à la Banque de France, et aussi membre du Conseil économique, social et environnemental, et secrétaire général du syndicat national CGT de la Banque de France, on peut donc supposer qu’il sait de quoi il parle.

Néanmoins je cherche à vérifier ces chiffres par d’autres sources, et cela semble tout fait impossible.

On a le total pour le CAC40, 57,4 Mds € de dividendes,

http://www.lefigaro.fr/societes/2019/01/09/20005-20190109ARTFIG00184-les-entreprises-du-cac-40-ont-verse-57-milliards-a-leurs-actionnaires-en-2018.php

 Mais ce ne sont jamais que 40 entreprises, même si les plus grosses…

L’indice mondial Janus Henderson se base sur les 1200 plus grosses entreprises mondiales, mais on ne sait pas lesquelles sont prises en compte, en France. Toujours est-il qu’il leur attribue 51 Mds $ de dividendes sur le seul second trimestre, un nouveau record, à l’unisson du total trimestriel mondial, 513,8 Mds $. (sur un total annuel « prévisionnel » de 1430 Mds $)

https://www.francetransactions.com/actus/news-bourse/analyses-des-marches/marche-actions-record-europeen-de-distribution-de-dividendes-au-sein-du-cac40.html

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/a-5138-milliards-de-dollars-les-dividendes-mondiaux-battent-un-nouveau-record-1124927

Cela fait donc au bas mot, si l’on ose dire, un « plancher » de 150 Mds $ annuels sur cette base.

Le chiffre de 180 Mds € pour l’ensemble des entreprises françaises, indépendamment de leur taille, reste donc crédible, vu la source, qui n’est donc que celle de M. Denis Durand, mais dont on ne trouve aucune contestation, néanmoins.

Par contre, curieusement, on arrive à trouver le chiffre équivalent pour la GB :

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/gb-pres-de-100-milliards-de-livres-de-dividendes-en-2018-20190121

Soit 113 Mds € « seulement », mais la France est unanimement reconnue championne pour le versement des dividendes ! Ce qui peut donc expliquer la différence.

Quand au chiffre des intérêts, à 67 Mds €, on a absolument que D. Durand comme source. On ne trouve même aucune étude sur le sujet.

Dans la mesure ou ce Monsieur arbore manifestement une double casquette, on peut s’interroger sur la réalité de ses chiffres, mais on le voit mal, néanmoins, s’avancer autant sans certitude, vu sa position ancienne.

Pour 2019, le calcul reste donc valable, à ces restrictions près.

Les coûts du CICE (40 Mds €), et de la CSG (115 à 120 Mds €, selon les sources (*) sont connus :

« La TVA en 2018 c’était plus de 200 milliards d’euros quand l’impôt sur le revenu c’est 80 milliards »
« La CSG est aussi plus importante, c’est environ 120 milliards d’euros »
https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/v…   )

Le rapprochement permet donc de dire, si D. Durand est fiable :

(180 + 67) – ( 40 + 120) = 87 Mds €

C’est ce qui resterait encore aux capitalistes à se partager, même s’ils payaient l’intégralité des charges et cotisations sociales actuellement « fiscalisées », d’une manière ou d’une autre !

L’abrogation COMPLÈTE du CICE et de son substitut, de même que l’abolition TOTALE de la CSG, ce n’est donc absolument pas une utopie.

Ce sont, à la place du CICE, des milliards qui permettraient de solutionner des problèmes tels que ceux des urgences hospitalières, le manque d’enseignants dans les écoles, etc…

L’abolition de la CSG représente tout de suite une augmentation appréciable de tous les salaires nets, et qui pourrait être répartie pour relever particulièrement le SMIC et les bas salaires.

Le report des cotisations sur le compte des entreprises devrait logiquement aussi être modulé proportionnellement sur les plus grosses pour permettre aux plus petites de survivre et même d’embaucher.

En tous cas le fric existe, et les travailleurs doivent en prendre conscience pour relégitimer leurs revendications et mettre le capital devant la nécessité : lâcher du lest ou être exproprié !

L’un précédent l’autre, inévitablement, dans le contexte de crise actuelle, et c’est donc aux révolutionnaires digne de ce nom d’oser à la foi avancer les revendications réelles et commencer à construire une alternative politique.

Il faut donc arrêter de mettre en avant le RIC, dont la grande masse des prolos se fout complètement, confrontée aux difficultés matérielles immédiates, qui appellent donc d’abord des solutions revendicatives ! Et qui ouvrent une véritable perspective révolutionnaire, en fin de compte.

Luniterre

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/10/denis-durand-pcf-un-kollabo-reformiste-qui-lache-le-morceau/

 

***************

(*https://www.capital.fr/economie-politique/csg-ce-quelle-pese-vraiment-sur-le-budget-de-chaque-francais-1327540

https://www.garance-mutuelle.fr/impot/savez-vraiment-quest-csg/

Voire 125 Mds € >>>

https://argent.boursier.com/impots/fiches-pratiques/csg-le-point-sur-un-prelevement-souvent-decrie-5246.html

 

Mais déjà 100 en 2017 :

https://www.lesechos.fr/2017/05/un-impot-qui-vaudra-bientot-100-milliards-171616   )

 

Gilets Jaunes – Le grand débat est une diversion externe et le RIC une diversion interne

11 septembre 20:21, par do

Salut,

Ces chiffres de la richesse des riches ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Ils planquent probablement 10 fois plus dans les paradis fiscaux.

La vache n’a aucune idée de la richesse du paysan (et encore moins si c’est un industriel de l’agro-alimentaire). Les prolos sont les vaches et les capitalistes les industriels de l’agro-alimentaire.

Les riches sont riches :

http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

A+
do
http://mai68.org/spip2

 

Gilets Jaunes – Le grand débat est une diversion externe et le RIC une diversion interne

par Luniterre

Bien évidemment, il y a des profits « cachés » qui refont parfois surface, comme ceux de Carlos Ghosn, pour des règlements de comptes internes du système, mais normalement, les chiffres des dividendes et des intérêts n’ont rien à « cacher » au sens juridique du terme, et pourtant, on ne les trouve pas ou très partiellement, et pas suffisamment pour se faire une idée très précise de la situation économique et financière.

C’est pourquoi je pense qu’il faut au moins utiliser à fond ceux dont on dispose néanmoins pour relégitimer les revendications dans l’esprit des prolétaires.

C’est une nécessité d’agit-prop incontournable, et que le mouvement GJ est pour l’instant tout à fait incapable d’assumer, en raison de ses origines sociales et idéologiques, qu’il semble incapable de dépasser en termes de stratégie unitaire, de ligne de masse.

Pour l’instant, ces chiffres avancés par D. Durand sont un élément important, y compris pour dépasser l’enfumage idéologique que pratiquent encore le PCF et la CGT.

Luniterre

 

 

 


 

Denis Durand (PCF), un kollabo réformiste qui lâche le morceau… !

https://i1.wp.com/img.over-blog-kiwi.com/1/38/56/29/20170930/ob_9d755e_denis-durand.jpg

 

Quand un kollabo réformiste

lâche le morceau… !

 

 

Un de nos lecteurs, M. Jack Freychet, nous envoie « pour appréciation » un texte « en réponse » à Denis Durand, économiste du PCF, mais sans joindre le texte incriminé…

FREYCHET VS DURAND

[MISE A JOUR A 13H50 >>> Voir à la suite, un nouvel échange avec M. Freychet…]

C’est néanmoins l’occasion d’une découverte intéressante… !

Et dans l’attente du texte, une première réponse… :

« Pour avoir un avis sur un texte en réponse, il faut donc savoir ce à quoi il répond.

Parmi les nombreuses publications de ce Denis Durand, merci de nous communiquer celle à laquelle vous répondiez.

J’ai néanmoins déjà pris le temps d’étudier le profil de ce personnage, et même d’en tirer quelques enseignements…

Dans un de vos posts en réponses sur TML, particulièrement méprisants et insultants (*), vous écriviez :

 

« La simple annonce du transfert [de charges sociales] de 40 millions de CICE plus 120 millions de CSG soit 160 millions d’euros vers les plus grands groupes financiers fera en sorte, que nous assisterons à la [plus] formidable évasion de capitaux à laquelle nous avons jamais assisté. »

 

Or que dit ce Denis Durand, au pedigree impressionnant…

 

« Membre du conseil national du PCF Ancien directeur adjoint à la Banque de France, ancien secrétaire général du syndicat national CGT de la Banque de France, ancien membre du Conseil économique, social et environnemental »

( https://blogs.mediapart.fr/denis-durand???

https://youtu.be/hQ6klN9UUGw

 

 

 

On a donc 180 Mds[dividendes] + 67 Mds[intérêts] = 247 Mds

– 40 Mds[CICE] -120 Mds[CSG]

= 87 Mds restant à se partager pour les capitalistes, entre dividendes et intérêts…

 

Bien entendu, les choses ne sont pas aussi simples, et de plus, il s’agit là d’un rapprochement de chiffres qui concernent deux années différentes…

En 2017, le CICE n’était que de 20 Mds et la CSG d’un peu moins de 100 Mds, ce qui eut donc laissé carrément 40 Mds de plus au compte du capital… [127 Mds, donc !]

 

Une nouvelle estimation reste donc à faire, sur les années 2018 et surtout, 2019, pour savoir où l’on en est.

Quoi qu’il en soit, il ne s’agit ici, tout aussi évidemment, que de comprendre les ordres de grandeur en jeu et de montrer que les revendications prolétariennes n’ont rien de démesurées par rapport à la valeur produite par le travail et détournée par le capital.

 

Il s’agit bel et bien d’un affrontement de classe, entre deux conceptions de l’utilisation de cette valeur produite.

 

Pour le capital, ce qui importe, c’est la rentabilité du capital en termes de dividendes et d’intérêts, et non l’équilibre économique entre production et besoins sociaux.

 

C’est bien pourquoi, s’il est absolument légitime de revendiquer le report sur le compte du capital des charges sociales actuellement abusivement transformées en taxes et impôts, il est effectivement illusoire de penser que cela est possible sans aboutir à un conflit irréductible entre travailleurs et patronat, un conflit qui ne pourra être résolu que par une solution économique et politique révolutionnaire de transition socialiste prolétarienne.

 

C’est en ce sens, et en ce sens seulement, que M. Freychet marque un point contre Denis Durand… A ceci près qu’en refusant de soutenir cette revendication de report des charges sociales sur le capital, il se place bel et bien dans le camp du réformisme thorezien, ce qu’il revendique, du reste, et qui est aussi celui de Denis Durand, sous une autre forme…

Denis Durand, pour sa part, prétend qu’un simple « rapport de force » suffirait à « contraindre » les capitalistes à « partager » en quelque sorte leur gâteau volé sur le dos des prolos, alors que manifestement, comme le remarque M. Freychet, ils seraient plutôt tentés d’aller voir ailleurs si les prolos ont le dos plus souple sous d’autre latitudes…

C’est bien pourquoi, au delà de ces revendications immédiates pleinement justifiées, comme on vient de le voir, il faut néanmoins commencer à construire une alternative basée franchement sur l’expropriation du capital et sur la création d’un nouvel équilibre économique en valeur-travail, entre besoins sociaux démocratiquement définis et forces productives réorganisées pour y répondre.

 

Luniterre

 

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UNE REPONSE DE M. FREYCHET…

Montrez moi ou j’ai  écrit que je refusais  de soutenir la  revendication de report des charges sociales sur le capital. Par contre j’ai écrit que c’est irréaliste de prétendre pouvoir le faire en restant assujetti à l’Union Européenne ce que prétend le PCF dont Denis Durand, vous aussi d’ailleurs puisque vous vous en remettez à la révolution universelle c’est à dire ad vitam aeternam.   Je persiste et je signe

Soit  vous ne savez pas lire soit de volonté délibérée vous déformez encore une fois mon propos. Pour quelles raisons?

Par ailleurs à l’époque, disposant du bouquin de Denis Durand je n’avais pas cru, a tort, conserver le dossier qui m’avait été adressé mais il doit ressembler,  comme une goutte d’eau à une autre goutte d’eau, à celui que j’ai retrouvé sur le web à l’adresse suivante:

DEBAT 2017 – PCF – FI

Vous m’obligeriez en ajoutant ce qui précède sur votre site à la suite de votre réponse.

néanmoins bonne journée. Freychet Jack

 

…ET UNE RÉPONSE TML >>>

Effectivement, très formellement, vous pouvez vous en sortir par ce biais rhétorique… Néanmoins, c’est bien ce que l’on comprend en lisant votre post !

Admettons que votre formulation était donc « maladroite »…

Dans ce cas, je me permets de vous signaler que TML a soutenu une pétition sur ce thème, qui est toujours en ligne, et que quelques personnes continuent de signer, ces temps derniers…

 

AVEC CETTE MISE A JOUR…

 

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771

 

D’autre par vous prétendez que TML « s’en remet à la révolution universelle c’est à dire ad vitam aeternam »…

Assertion absolument sans le moindre fondement, comme le démontre notre soutien à cette pétition, entre autres !

Par contre, vous tentez encore, par ce biais également de pure rhétorique, de noyer le poisson et de lier, expressément, par contre, l’aboutissement des revendications à un éventuel « frexit », qui, actuellement, fait autour de 1% dans les intentions de vote (Asselineau), même avec le soutien d’une bonne partie de la pseudo « gauche souverainiste » ! Avec l’exemple du « brexit inachevé » on comprend que les électeurs n’aient aucunement donné dans ce panneau, et que le mouvement GJ se soit également montré réfractaire au « souverainisme », en fin de compte! Quant aux polémiques internes du PCF et de la FI, et entre ces partis, elles n’intéressent plus guère personne, en dehors des adhérents qui leur restent, et encore…

Luniterre

 

LA SUITE PAR J. FREYCHET >>>

La majorité n’a pas toujours raison 1% pour Asselineau c’est déjà ça. Remenber Victor Hugo clamant sur son rocher « S’il n’en reste qu’un je serai celui là », Galilée  obligé de se renier face à l’inquisition déclarant  « et pourtant elle tourne ». la vérité finit toujours par s’imposer.

ET PAR TML >>>

Assez d’accord avec Victor Hugo, sur ce point, mais la différence entre vous et moi reste que vous voulez mettre une étape « frexit » entre le prolétariat et la révolution socialiste, alors que celle ci fera nécessairement le frexit « révolutionnaire » dans la foulée, alors qu’un « frexit » en soi-même, et même affublé d’un langage « progressiste », ne garanti aucunement la révolution socialiste.

La campagne référendaire « progressiste » de 2005 est retombée aussitôt, comme le soufflé gonflé de rhétorique verbeuse « progressiste » qu’elle était, en réalité! Autocritique >>> j’ai, comme beaucoup d’autres, donné dans ce panneau, à l’époque, et commencé à espérer, à la suite du résultat!

Luniterre

 

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( * Les propos insultants et méprisants de M. Freychet nous ont amené à  « censurer », selon les cas, tout ou partie de ses posts )

 

 

 

 

« Autogestion » ou Socialisme prolétarien ?

 

A propos de l’analyse de l’expérience cubaine…

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/08/plan-et-marche-a-cuba-des-annees-1960-a-aujourdhui-reflexions-sur-la-transition/

 

Une autre réflexion complémentaire…

« Autogestion »

ou Socialisme prolétarien ?

 

Sur le fond, une précision complémentaire peut être utile pour mieux distinguer le concept ML d’utilisation socialiste de la loi de la valeur par rapport au concept d’ « autogestion » dans ses différentes formulations « de gauche », khrouchtchevienne/titiste, trotskyste/pabliste, etc…

 

Une entreprise socialiste peut et même doit, dans la mesure du possible, être autonome d’un point de vue comptable, au sens où elle produit au moins autant de valeur qu’elle en consomme.

 

Il est donc souhaitable qu’elle produise suffisamment de valeur d’échange pour répondre au moins aux besoins sociaux de l’ensemble de ses travailleurs.

 

Le mieux est même encore qu’elle produise suffisamment de survaleur pour contribuer au fond collectif nécessaire à l’équilibre global de l’économie socialiste. (Cf. Marx, CPG*)

 

C’est en ce sens qu’elle peut être considérée « rentable » au sens socialiste du terme.

 

La différence avec le concept révisionniste d’ « autogestion » c’est que sa production s’inscrit néanmoins dans le plan défini collectivement, et pas seulement, ni même, essentiellement, au niveau de chaque entreprise, pour faire correspondre l’ensemble de la production socialiste aux besoins sociaux définis démocratiquement, et là encore, bien évidemment, pas seulement au niveau de chaque entreprise, mais au niveau de l’ensemble de la société, dont chaque entreprise est un élément solidaire.

 

Alors que le concept révisionniste d’ « autogestion » implique pour chaque entreprise la liberté totale de décider de sa propre production, et donc nécessairement en fonction du « marché », si elle veut espérer survivre de manière financièrement autonome.

 

Autrement dit, et sauf pour le formalisme de la gestion interne, on est ici dans un processus purement capitaliste, quant au fond.

 

Il ne s’agit plus, à nouveau, que de répondre à des besoins solvables, et non à des besoins sociaux d’abord et avant tout identifiés comme tels.

 

Pratiquement, il y a donc différentes raisons qui peuvent amener à maintenir en activité des entreprises « non rentables », même au sens socialiste défini ci-dessus.

 

La principale étant la nécessité de développer des secteurs industriels stratégiquement essentiels pour la survie de l’ensemble de la société, et surtout, pour son développement.

 

Globalement, dans ce cas, effectivement, une partie de la survaleur produite par les secteurs les plus « rentables », au sens socialiste du terme, doit servir à compenser les pertes pour que l’ensemble reste en équilibre. Mais un équilibre qui a donc précisément une dynamique positive et constructive, et précisément à cause de cette compensation collective, et donc, paradoxalement, de ces déficits sectoriels !

 

Bien évidemment, cela n’exclut pas, bien au contraire, la « chasse aux gaspillages », indispensable pour tenir un tel équilibre global, et implique donc une gestion rigoureuse, y compris, et même surtout, dans les secteurs potentiellement déficitaires d’un point de vue strictement comptable, sur le plan local.

 

Luniterre

 

( * https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/    )

 

 

 

Plan et marché à Cuba des années 1960 à aujourd’hui. (Réflexions sur la transition)

Ajout au 10/09/2019 >>>

Une autre réflexion complémentaire…

« Autogestion » ou Socialisme prolétarien ?

 

 

Plan et marché à Cuba des années 1960 à aujourd’hui

P. Del Castillo

Février 2019, les Cubains ratifient par référendum une Constitution qui reconnaît le rôle du marché dans l’économie. Les questions soulevées remontent au « grand débat économique » qui a marqué les premières années de la Révolution mais se posent dans un contexte bien différent. Retour sur les moments clés de cette histoire.

Une polémique d’envergure internationale

1963. La revue Revista Comercio Exterior publie un article d’Alberto Mora, ministre du Commerce Extérieur, sur la loi de la valeur dans l’économie cubaine. Che Guevara, alors à la tête du ministère de l’Industrie, réplique dans Nuestra Industria Económica. C’est le début d’une vaste discussion sur la nature des rapports entre planification et mécanismes de marché, qui prendra une envergure internationale. Pendant deux ans, deux lignes s’opposeront à coup d’articles : d’un côté, les défenseurs du calcul économique avec notamment Carlos Rafael Rodríguez et l’économiste français Charles Bettelheim, qui rejoignent Mora ; de l’autre, le Che, partisan du Système Budgétaire de Financement, reçoit le renfort du marxiste belge Ernest Mandel.

Les premiers estiment que les catégories marchandes, dans la mesure où les forces productives restent insuffisamment développées, continuent nécessairement de régir les rapports économiques à Cuba : les entreprises, qui doivent jouir d’une autonomie de gestion, échangent des marchandises ; la concurrence, l’offre et la demande et les stimulants matériels reversés aux travailleurs en fonction de leur productivité sont autant d’instruments permettant le développement de l’infrastructure économique. En somme, les lois du marché sont mises – temporairement en théorie – au service de la planification. Aussi, ces tenants du calcul économique sont-ils en phase avec les réformes khrouchtchéviennes, à une époque où l’autogestion financière socialiste des entreprises fait son entrée dans les manuels d’économie politique soviétiques.

S’ils ont des divergences, Mandel et Che ont en commun de concevoir l’économie socialiste comme une grande entreprise : dans le Système Budgétaire de Financement, les moyens de production appartiennent au peuple (représentés par l’État), les échanges entre entreprises se réduisent à de simples opérations comptables. Marché et plan sont deux pôles foncièrement contradictoires : la loi de la valeur, survivance des rapports capitalistes, perd son caractère régulateur de l’économie. L’augmentation de la productivité doit être encouragée par des stimulants moraux ; les stimulants matériels, susceptibles de favoriser les valeurs individualistes, doivent rester secondaires. En effet, les critiques du Che et Mandel visent les rapports entre développement de l’économie et facteur subjectif : le rôle accordé par le calcul économique aux intérêts individuels justifié par l’état de l’infrastructure, ratifie le niveau de conscience des masses.

Pour le Che, qui donne l’exemple en participant aux travaux volontaires, il s’agit au contraire d’édifier le socialisme en sortant les travailleurs de leur condition d’homo economicus. La planification – synonyme d’extension du domaine de la conscience dans l’économie – et la transformation de l’homme, à la fois fin et moyen, sont indissociables. Ce pari, qui a en sa faveur l’enthousiasme d’une révolution encore dans les langes, repose sur l’idée que le politique et l’idéologique pèsent de tout leur poids dans les rapports dialectiques avec l’infrastructure. Il suppose in fine une anthropologie optimiste.

Toujours est-il que cette exigence de hic et nunc, qui fait la force et la faiblesse de la position du Che, est en concordance avec l’audace voire la témérité qui a porté les guerrilleros au pouvoir.

Mouvements de balancier au « laboratoire du socialisme »

L’alternative du grand débat économique va se décliner en différentes stratégies adoptées au gré de la conjoncture internationale mais surtout selon les résultats obtenus.

Après les tâtonnements du début des années 1960 marqués par des choix sectoriels – industrie guidée par le Système Budgétaire de Financement, agriculture par le calcul économique, se dessine une stratégie radicale à contre courant des réformes Lieberman en URSS : l’« offensive révolutionnaire » de 1968 conduit à la nationalisation de tous les petits commerces. Effacement de la comptabilité, déconnexion entre travail et rémunération et tentative d’appliquer le principe du communisme : de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins.

Les chiffres décevants (échec de la zafra de 1970) conduiront à son remplacement par le principe « à chacun selon son travail ». Après l’entrée dans la CAEM en 1972 , c’est en 1976 la mise en place du Système de direction et de Planification de l’Économie, largement emprunté au modèle soviétique, qui fait jouer la loi de la valeur. Si Cuba connaît une certaine prospérité, due en grande partie aux échanges avec les pays de l’Est, le bilan du nouveau système est entaché par l’anarchie dans les investissements, des distorsions dans les prix fixés par les entreprises, des excès liés au versement des primes…des travers dénoncés par Fidel Castro dans son célèbre discours de 1987, qui remet à l’honneur les conceptions du Che sur l’homme nouveau.

La « rectification des erreurs » qui s’ensuit est en partie avortée par l’effondrement de l’URSS : pour faire face à ses conséquences accentuées par le renforcement du blocus, l’État a recours aux investissements étrangers, donne naissance à un secteur privé et autorise la vente de produits agricoles selon l’offre et la demande.

À partir de 1998, le perfeccionamiento empresarial, une forme de gestion autofinancée expérimentée par les entreprises de l’armée à partir de 1987, est étendu à des entreprises d’État. Ces mesures, qui visent à encourager la productivité en intéressant les travailleurs aux résultats et en accordant plus d’autonomie aux entreprises seront approfondies et élargies suite aux VIe et VIIe Congrès du PCC (2011 et 2016). Elles ont donné lieu à une concentration des entreprises d’État – celles déficitaires étant fusionnées – et ont été accompagnées d’une extension du secteur coopérativiste (auparavant cantonné à l’agriculture) et du secteur privé.

Disparition du camp socialiste et insertion dans l’économie mondiale, émergence du secteur non-étatique, pénétration croissante du capital étranger : les données dans lesquelles se posent les problèmes des rapports plan/marché ont donc indéniablement changé depuis le grand débat et contribuent, conjointement au recul du marxisme chez les économistes et dirigeants cubains, à accorder plus de poids aux mécanismes mercantiles.

2019 : la nouvelle orientation gravée dans la Constitution

Que l’on reprenne les termes du grand débat des années 1960, et il faut convenir que le projet de l’homme nouveau a été délaissé au profit de l’autonomie des entreprises et des stimulants matériels. Les dissensions au sein de l’intelligentsia et des dirigeants cubains concernent aujourd’hui des questions comme le rythme des transformations ou encore le poids à accorder aux coopératives. Font figure de modèle des entreprises telles que Labiofam, fleuron de la biotechnologie cubaine, qui diversifie ses activités, exporte produits et services dans des dizaines de pays, commercialise des articles importés, pratique une politique de haut salaires en redistribuant directement ses bénéfices…. Les idées qui ont fini par l’emporter sont proches du calcul économique, à ceci près que, dépourvue de la boussole que constituait la théorie marxiste et la visée du communisme, l’orientation actuelle prend la forme d’un pragmatisme. Exit les étiquettes théoriques.

Si les partisans d’une planification véritablement centralisée ne sont guère audibles, les tensions entre libre jeu du marché et plan n’ont pas disparu pour autant. Elles se cristallisent à un échelon clé du modèle : les OSDE , censées chapeauter les entreprises étatiques d’un même secteur conjointement avec des commissions représentant l’État… tout en respectant l’autonomie de ces entreprises, renforcée par des décrets de 2017. Un certain flou juridique donne finalement une large latitude aux ministères, qui peuvent s’appuyer sur des habitudes centralisatrices, ce qui conduit certains directeurs d’entreprises à réclamer plus de flexibilité, accusant les OSDE d’être des mini-ministères. Malgré l’aggiornamento terminologique, le problème persiste.

Tout en réaffirmant le principe directeur de planification, la Constitution ratifiée au début de l’année 2019 reconnaît l’autonomie des entreprises, le rôle du marché et les formes de propriété non-étatiques, avec quelques années de retard sur les transformations économiques. Moins médiatique que les dispositions sur le mariage homosexuel, ce changement pourrait avoir un effet catalyseur sur le déplacement du centre de gravité vers le pôle marchand.

L’ampleur et la vitesse de ce basculement dépendront des politiques adoptées mais les annonces faites en avril au Parlement par Marino Murillo suggèrent une accélération du processus : extension des « schémas fermés » de financement, modèles d’autofinancement spécifiques au secteur des technologies et aux entreprises travaillant avec la Zone spéciale de Mariel, assouplissement de l’encadrement de l’intéressement et création d’une institution financière dont les contours sont encore flous. Depuis le début de l’année, le ministre de l’Économie a multiplié les déclarations sur l’élaboration d’un plan 2020 plus « participatif » ; quant au président Díaz-Canel, il a même été jusqu’à annoncer, lors du dernier Congrès de l’ANEC, que le plan « ne viendrait plus d’en haut ». Des propos à relativiser compte tenu de la force d’inertie des mécanismes économiques dans l’île où les mutations économiques se font en douceur depuis trois décennies… malgré quelques soubresauts comme en 2014, lorsque la direction de Labiofam avait été vertement critiquée par le gouvernement pour avoir baptisé deux de ses parfums des prénoms de Hugo Chavez et de Che Guevara. Un épisode à rapprocher des débats médiatiques récurrents sur la vente de vêtements et d’accessoires arborant le drapeau national ; comme si les résistances à la mercantilisation se situaient désormais dans le domaine symbolique.

 

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Quelques réflexions complémentaires

Pour resituer l’histoire économique de Cuba et en tirer les leçons encore utiles au mouvement communiste international

Un passage à la fois intéressant et caractéristique du confusionnisme sur ces questions :

« l’« offensive révolutionnaire » de 1968 conduit à la nationalisation de tous les petits commerces. Effacement de la comptabilité, déconnexion entre travail et rémunération et tentative d’appliquer le principe du communisme : de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins.
Les chiffres décevants (échec de la zafra de 1970) conduiront à son remplacement par le principe « à chacun selon son travail ». Après l’entrée dans la CAEM en 1972 , c’est en 1976 la mise en place du Système de direction et de Planification de l’Économie, largement emprunté au modèle soviétique, qui fait jouer la loi de la valeur. »

Il est évident que le passage direct au communisme dans un pays aux forces productives encore limitées tel que Cuba à cette époque, et même encore, aujourd’hui, reste tout à fait une utopie et ne peut mener qu’à l’échec.

Le principe « à chacun selon son travail » reste celui de l’économie de transition, et nécessairement pour une période assez longue, et même tant que le socialisme n’est pas encore dominant sur la planète.

Ce principe repose sur la loi de la valeur, mais pas nécessairement sur la loi du marché, bien au contraire.

Il va même précisément de pair avec un équilibre économique entre besoins sociaux et forces productives.

C’est la définition des besoins sociaux collectifs qui est la mesure du plan, du point de vue de la loi de la valeur.

C’est ce que Marx nous explique dans la Critique du Programme de Gotha et que Staline a tenté de remettre en œuvre peu avant sa mort, à l’occasion du 19ème et dernier Congrès du Parti Bolchévique.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

Ce qui est tout à fait différent de la conception révisionniste khrouchtchevienne, qui a voulu relier à nouveau loi du marché et loi de la valeur, tout à fait selon une conception trotskyste de l’économie :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­ dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. » Trotsky, Oeuvres, 1939

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

Ce qui était « cohérent », également, avec sa conception révisionniste de la NEP, en 1936…

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. » Trotsky, La Révolution Trahie, 1936

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/19/inedit-de-trotsky-un-echange-de-correspondance-suite-a-la-synthese-de-letude/

Alors qu’à l’époque de Khrouchtchev la NEP était déjà morte et enterrée depuis une trentaine d’années…

Au stade de développement où en est encore Cuba, il y a inévitablement une survie relative d’une économie de marché qui est nécessaire au niveau de petites entreprises, y compris agricoles, commerces et services. La question de savoir si l’on est encore dans une économie de transition dépend donc de la relation entre plan et marché.

Est-ce que le plan est établi en fonction des besoins sociaux collectifs ou en fonction d’une rentabilité financière espérée et estimée en fonction du marché ?

A noter que la réalisation du plan, établi en fonction des besoins sociaux, peut, et même doit, logiquement et y compris d’un point de vue comptable, en période de transition, faire appel au principe « à chacun selon son travail ».

Car dans ce cas, la mesure du travail, réparti selon le plan, est aussi celle des besoins sociaux et c’est cette correspondance qui reflète l’utilisation socialiste de la loi de la valeur, et non la loi du marché.

Pour rendre les deux secteurs compatibles, et même, complémentaires, l’État doit donc, et de manière autoritaire, au besoin, jouer un rôle régulateur important et même sans faille à l’égard des dérives mercantiles qui entraveraient l’équilibre économique.

Cuba reste un îlot remarquable de résistance anti-impérialiste, y compris par son rayonnement, mais son statut économique et social n’en reste pas moins incertain pour autant.

Lepotier

PS >>> concernant l’interaction entre loi de la valeur et loi du marché :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf

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https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2019/09/08/plan-et-marche-a-cuba-des-annees-1960-a-aujourdhui-reflexions-sur-la-transition/

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Une autre réflexion complémentaire…

 

« Autogestion »

ou Socialisme prolétarien ?

Sur le fond, une précision complémentaire peut être utile pour mieux distinguer le concept ML d’utilisation socialiste de la loi de la valeur par rapport au concept d’ « autogestion » dans ses différentes formulations « de gauche », khrouchtchevienne/titiste, trotskyste/pabliste, etc…

 

Une entreprise socialiste peut et même doit, dans la mesure du possible, être autonome d’un point de vue comptable, au sens où elle produit au moins autant de valeur qu’elle en consomme.

 

Il est donc souhaitable qu’elle produise suffisamment de valeur d’échange pour répondre au moins aux besoins sociaux de l’ensemble de ses travailleurs.

 

Le mieux est même encore qu’elle produise suffisamment de survaleur pour contribuer au fond collectif nécessaire à l’équilibre global de l’économie socialiste. (Cf. Marx, CPG*)

 

C’est en ce sens qu’elle peut être considérée « rentable » au sens socialiste du terme.

 

La différence avec le concept révisionniste d’ « autogestion » c’est que sa production s’inscrit néanmoins dans le plan défini collectivement, et pas seulement, ni même, essentiellement, au niveau de chaque entreprise, pour faire correspondre l’ensemble de la production socialiste aux besoins sociaux définis démocratiquement, et là encore, bien évidemment, pas seulement au niveau de chaque entreprise, mais au niveau de l’ensemble de la société, dont chaque entreprise est un élément solidaire.

 

Alors que le concept révisionniste d’ « autogestion » implique pour chaque entreprise la liberté totale de décider de sa propre production, et donc nécessairement en fonction du « marché », si elle veut espérer survivre de manière financièrement autonome.

 

Autrement dit, et sauf pour le formalisme de la gestion interne, on est ici dans un processus purement capitaliste, quant au fond.

 

Il ne s’agit plus, à nouveau, que de répondre à des besoins solvables, et non à des besoins sociaux d’abord et avant tout identifiés comme tels.

 

Pratiquement, il y a donc différentes raisons qui peuvent amener à maintenir en activité des entreprises « non rentables », même au sens socialiste défini ci-dessus.

 

La principale étant la nécessité de développer des secteurs industriels stratégiquement essentiels pour la survie de l’ensemble de la société, et surtout, pour son développement.

 

Globalement, dans ce cas, effectivement, une partie de la survaleur produite par les secteurs les plus « rentables », au sens socialiste du terme, doit servir à compenser les pertes pour que l’ensemble reste en équilibre. Mais un équilibre qui a donc précisément une dynamique positive et constructive, et précisément à cause de cette compensation collective, et donc, paradoxalement, de ces déficits sectoriels !

 

Bien évidemment, cela n’exclut pas, bien au contraire, la « chasse aux gaspillages », indispensable pour tenir un tel équilibre global, et implique donc une gestion rigoureuse, y compris, et même surtout, dans les secteurs potentiellement déficitaires d’un point de vue strictement comptable, sur le plan local.

 

Luniterre

 

( * https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/    )

Le maoïsme, une « dialectique » de la trahison?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le maoïsme, une « dialectique » de la trahison?

 

 

En marge du débat sur Hong Kong, revient la question connexe du rôle historique de Mao Zedong, d’où ces échanges avec le camarade Do, sur son site, ici republiés séparément :

 

Hong Kong : Résistance Populaire ! 25 août 14:40, par do

Salut Luniterre,

Je ne dis pas que tu as choisi le camp de l’impérialisme US, dont tu dis toi-même qu’il est l’ennemi N°1 du prolétariat. Je dis que tu fais une erreur d’analyse, peut-être due au fait que tu ne pardonnes pas à la Chine la trahison de Mao en 1971-72. Je sais bien que tu es comme moi dans le camp du prolétariat.

Bien à toi,
do
http://mai68.org

 

 

Hong Kong : Résistance Populaire ! 27 août 03:53, par Luniterre

 

[…]

Pour répondre à [ celle ci] de tes questions, non, Mao n’a pas « trahi » réellement : il n’a fait que suivre sa propre « philosophie » opportuniste telle que décrite dans son texte « fondamental » >>> « De la contradiction »

>>> Une forme de « trahison » réside néanmoins effectivement dans le fait qu’il tentait de se faire passer pour un ML, et même « plus ML que moi tu meurs »…

Dès l’époque de Staline les soviétiques n’étaient pas dupes mais le soutenaient contre les japonais puis contre les américains.

Cette duperie était néanmoins entretenue en France par les thoreziens, époque dont Althusser est le sous-produit, encore assez toxique aujourd’hui, sous différentes formes, comme le thorezisme, du reste.

Ma « rancune » s’il en est, ne va pas spécialement à Mao, mais surtout à ses sous-produits français qui ont dupé une bonne partie de la jeunesse soixante-huitarde, au lieu de la former réellement au ML.

 

Luniterre

 

Hong Kong : Résistance Populaire ! 4 septembre 15:09, par do

Salut,

Il s’agit bel et bien d’une trahison de Mao commise à l’instigation des USA.

Si le camp communiste comprenant notamment la Chine et l’URSS était resté uni, si l’alliance URSS-Chine était restée solide, jamais les USA n’auraient gagné la guerre froide.

Mais Mao Tse Toung a préféré redonner vie à la vieille haine entre la Russie et la chine datant d’avant le communisme, et s’allier aux USA pour éliminer l’URSS.

C’est de la même façon que Cortez avait vaincu les Indiens en se servant des divisions qu’il y avait au sein d’eux, les uns exploitant les autres. Il se trouve seulement que la domination des Blancs sur l’ensemble des Indiens fut bien plus terrible que la domination de certaines tribus indiennes sur d’autres.

Le tout est de déterminer quel est le pire ennemi. Et Mao Tse Toung a décrété que son pire ennemi était l’URSS et s’est donc allié avec les USA, ce qui est une faute lourde. Les USA n’ayant jamais respecté un traité de paix ou une alliance.

La seule excuse de Mao était qu’il était trop vieux pour avoir l’esprit clair et qu’il a laissé remonter en lui cette vieille haine millénaire entre la Chine et la Russie.

La victoire du capitalisme contre le communisme par la division du camp communiste avait d’ailleurs été prévu par Guy Debord dès 1967. En effet, la thèse 111 de La société du spectacle annonce déjà à cette époque :

« À ce moment du développement, le titre de propriété idéologique de la bureaucratie s’effondre déjà à l’échelle internationale. Le pouvoir qui s’était établi nationalement en tant que modèle fondamentalement internationaliste doit admettre qu’il ne peut plus prétendre maintenir sa cohésion mensongère au delà de chaque frontière nationale. L’inégal développement économique que connaissent des bureaucraties, aux intérêts concurrents, qui ont réussi à posséder leur « socialisme » en dehors d’un seul pays, a conduit à l’affrontement public et complet du mensonge russe et du mensonge chinois. À partir de ce point, chaque bureaucratie au pouvoir, ou chaque parti totalitaire candidat au pouvoir laissé par la période stalinienne dans quelques classes ouvrières nationales, doit suivre sa propre voie. S’ajoutant aux manifestations de négation intérieure qui commencèrent à s’affirmer devant le monde avec la révolte ouvrière de Berlin- Est opposant aux bureaucrate s son exigence d’« un gouvernement de métallurgistes », et qui sont déjà allées une fois jusqu’au pouvoir des conseils ouvriers de Hongrie, la décomposition mondial e de l’alliance de la mystification bureaucratique est, en dernière analyse, le facteur le plus défavorable pour le développement actuel de la société capitaliste. La bourgeoisie est en train de perdre l’adversaire qui la soutenait objectivement en unifiant illusoirement toute négation de l’ordre existant. Une telle division du travail spectaculaire voit sa fin quand le rôle pseudo-révolutionnaire se divise à son tour. L’élément spectaculaire de la dissolution du mouvement ouvrier va être lui-même dissous. »

Bien à toi,
do
http://mai68.org

 

Hong Kong : Résistance Populaire ! 4 septembre 19:00, par Luniterre

 

Bonjour, camarade !

La pensée de Debord s’est essentiellement formée au début des années 50 et en partie sous l’influence du gauchisme de l’époque, et aussi du trotskysme. Néanmoins son apport personnel est tout à fait original et considérable.

Il faut donc dialectiquement considérer ces différents aspects et influences.

Le corpus essentiel de son apport critique du capitalisme sur la société du spectacle reste encore d’actualité, même si l’évolution actuelle du capitalisme, comme on l’a vu à propos de ce que tu as toi même baptisé « société de l’arnaque » ne peut donc s’y résumer. Même à son époque je pense que c’était néanmoins une erreur relative, même si compréhensible, de résumer le capitalisme à sa forme « société du spectacle », même si elle était en pleine émergence et en train d’affirmer sa domination idéologique, toujours actuelle.

Cette approche assez univoque l’empêchait donc de voir et comprendre d’autres aspects des luttes de classe en cours, y compris à l’échelle internationale.

La bourgeoisie bureaucratique en URSS s’est formée et est devenue dominante au cours d’un processus de lutte de classes complexe qui ne peut être résumé dans un post. Incidemment, quelques aspects concernant une phase décisive de cette lutte sont abordés dans un de mes posts en réponse sur « Reconstruction Communiste » et repris également en article ici :

http://lesvraisamisdelurss.eklablog.fr/staline-contre-le-culte-de-la-personnalite-a168041314

D’un point de vue dialectique, il faut également considérer le maoïsme sous ses différents aspects :

En tant que mouvement de libération nationale, il est effectivement resté dans le camp anti-impérialiste jusqu’en 1971 et donc « révolutionnaire » sous cet aspect.

C’est en ce sens, mais en ce sens seulement que l’on peut parler de « trahison de Mao ».

Mais considéré d’un point de vue communiste ML on comprend que le maoïsme est dès son origine une forme de révisionnisme et n’a, quant au fond, rien de ML, sauf un vernis de vocabulaire destiné à masquer précisément son opportunisme vis à vis de l’URSS. Ce qui est déjà suffisamment flagrant dans son texte « théorique » le plus fondamental : « De la contradiction », dont on ne connait même pas vraiment la version originale de 1937, vraisemblablement encore plus grossière, sous ce rapport !

Le plus consternant, c’est que les « intellectuels de gauche », en France, on fait de ce texte une référence, et déjà sous l’égide de Thorez, avec la publication, en 1954, d’une édition totalement apocryphe dite « principes fondamentaux » attribué donc tout à fait abusivement à Politzer, assassiné par les nazis en 1942, comme tu le sais, et donc alors que le texte de Mao était absolument inconnu en Occident !

Ensuite Althusser et ses émules ont pris le relai de ce mensonge… parmi d’autres mensonges.

Bien entendu, les soviétiques, à l’époque de Staline, n’étaient pas dupes.
Molotov sur Mao Tsé-toung :
« C’est un homme intelligent, un leader paysan, une sorte de Pougatchev chinois. Bien sûr, il était loin d’être marxiste. Il est venu pour le soixante-dixième anniversaire de Staline, en 1949. Il est resté quelque chose comme six semaines à la datcha de Staline. Il a été un peu souffrant. Nous sommes allés lui rendre visite Mikoyan et moi. Nous avons eu un entretien. Il nous a fait goûter du thé vert chinois. Je me souviens qu’il a dit notamment : « Je n’ai jamais lu Le Capital de Marx. » Pourquoi a-t-il dit ça ? Pour montrer qu’il n’avait rien d’un doctrinaire ? » (V. Molotov, cité dans Conversations avec Molotov — 140 entretiens avec le bras droit de Staline —, Félix Tchouev, Albin Michel, 1995, pp. 119-120.

Dans un premier temps, Mao et Khrouchtchev étaient donc parti pour s’entendre, jusqu’à ce qu’effectivement les intérêts des deux bourgeoisies nationales bureaucratiques rentrent en conflit, évidemment pas pour des raisons idéologiques, et en ce sens le constat de Debord est effectivement juste, en grande partie, à l’époque où il l’écrit.

Luniterre

 

 

Rentrée Sociale : Mickaël Wamen, un « Gilet Noir » à la CGT ?

ÉDITION MISE A JOUR VENDREDI 6 SEPTEMBRE 2019

https://scontent-cdt1-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/12795480_854737607986039_291909234781038940_n.jpg?_nc_cat=107&_nc_oc=AQmbZdYseDz0vZgEufgF9GpTCSp6R6ZN3puaxtqDslmaSMWW73jvRFGYLdLfMEIHpew&_nc_ht=scontent-cdt1-1.xx&oh=6d3eb63d60128fc69f18f05698b8fe18&oe=5E087240

 

Rentrée Sociale :

Mickaël Wamen, un « Gilet Noir » à la CGT ?

 

 

Reçu récemment, ce bref document rédigé par Mickaël Wamen à destination de l’ensemble des militants cégétistes.

Mickael Wamen.pdf

 

On se rappellera que M. Wamen est considéré comme le leader de la lutte à Goodyear Amiens-Nord, usine fermée en 2014, et dont 832 salariés attendent toujours une indemnisation, en procédure depuis cette époque.(1)

 

Mais on se souviendra aussi de cette parodie d’organisation de masse que furent les « comités Goodyear » lancés par M. Wamen au printemps 2016 et qui n’étaient finalement qu’une manœuvre grossière de règlement de compte interne à la CGT entre la pseudo « gauche radicale » du même Wamen et la direction confédérale…

On se souviendra aussi de la création houleuse du comité de Lyon, en clash entre M. Wamen et la direction de l’UL-CGT, et même avec sa base anarcho-syndicaliste. Et finalement, la liquidation-sabordage, en complicité avec M. Wamen, par l’ « aile gauche » du PCF (FVR-PCF), de ce comité local à peine créé, sous l’accusation d’être « noyauté par TML »(2), alors que la base réunie proposait précisément une ligne d’agit-prop de masse et commençait à la mettre en œuvre sur le terrain…

 

Tout cela relativise donc les admonestations que M. Wamen profère à nouveau aujourd’hui à l’encontre des institutions confédérales de son syndicat…

 

Avec notamment ce constat :

« nous sommes passé à l’époque du dialogue, partenariat, corps intermédiaire et cogestion …»

 

Il est néanmoins remarquable qu’il va jusqu’à cracher dans la soupe :

« Vous pensez que c’est de l’amateurisme, que c’est lié à un désordre interne ….???

NON, tout cela est parfaitement réfléchi …

Mais pourquoi, direz vous ???

Bin, parce que nous devons maintenir coûte que coûte notre présence dans le partenariat qui fait que chaque année les dotations augmentent … »(…)

« OUI, d’autres que le pouvoir ont tout fait pour que le mouvement social de ces derniers mois n’y arrive pas, car le risque était énorme, un pouvoir qui n’a plus besoin de ceux qui lui garantissent la paix sociale, se passe d’eux ….. »

 

Dans cette lutte interne, l’ « aile gauche » se trouve donc éloignée de la soupière, et, tant qu’à faire, prétend donc enfin tenter de la renverser… !

 

A défaut de soupe, on se rappellera également de cette autre « gamelle » de M. Wamen, candidat « à l’insu de son plein gré »… à la présidentielle 2017 !

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2016/03/mickael-wamen-syndicaliste-goodyear-candidat-communiste-a-la-presidentielle-pourquoi-pas.html

https://fr-fr.facebook.com/pages/category/Community/Pour-que-Micka%C3%ABl-WAMEN-soit-le-candidat-des-exploit%C3%A9s-en-2017-854735511319582/

http://www.communcommune.com/2016/04/pour-que-mickael-wamen-soit-le-candidat-des-exploites-en-2017-petition-adressee-a-parti-communiste-francais.html

 

C’est vrai qu’il aurait pu y prolonger son échange « amical » avec le candidat Macron, finalement le vainqueur…

 

 

 

Echange où confronté à devoir défendre le principe d’une « économie fermée administrée » contre la parole du libéral Macron, non seulement il y renonce, mais lui serre chaleureusement la main à la fin de l’échange, avec les encouragements appuyés de l’animateur RMC… !

 

 

 

 

Alors qu’à l’évidence, par le principe même, une économie socialiste prolétarienne serait nécessairement « administrée » par la planification démocratique et effectivement relativement « fermée » par rapport aux flux du capital financier international.

 

Au delà des coups de gueules de surenchère verbale d’un M. Wamen ou d’autres démagogues, le prolétariat et les travailleurs des classes populaires ont en réalité besoin de tout autre chose comme base d’unification pour reprendre la lutte !

 

Celle des « Gilets Jaunes » avait dans un premier temps réussi à unifier ces classes populaires et prolétariennes sur la base du rejet de la fiscalité abusive du Macronisme.

Cette question de fiscalité était néanmoins également liée à la question des revenus des salariés et des retraités, à travers toutes les ponctions qu’ils subissent de la part de l’État et du Patronat, dont les fonds sont de plus en plus mêlés, à travers toutes ces ponctions même et à travers les passes-droits exponentiels qui leur sont accordés concernant leurs hypothétiques obligations en termes de cotisations sociales.

 

On rappellera en premier le CICE, soit 40 milliards en 2019, ponctionnés directement dans la poche du contribuable pour retourner directement dans celle du Patronat, sous forme d’exonérations de charges sociales, mais en plus, bien souvent « transformées » en dividendes dans ces même poches patronales.

 

Soit 40 milliards qui viennent s’ajouter aux quelques 120 milliards de CSG qui palliaient déjà pour l’essentiel aux divers défauts de paiement des grands groupes financiers, néanmoins bénéficiaires, à l’occasion et en prime, du CICE, ce qui ne les empêche pas, pour autant, de licencier cyniquement, selon leur gré.

 

Alors qu’un report de ces charges sur les groupes financiers accumulant le plus de profit permettrait de fait une revalorisation des salaires nets.

 

Concentré proportionnellement sur les groupes financiers les plus importants il permettrait également aux TPE et PME de survivre et même de créer de l’emploi.

 

Cette remise à jour globale des budgets de l’État et de la Sécu peut aussi permettre de réajuster les plus petites retraites jusqu’à un niveau de survie décente et même compatible avec une part de cotisation sociale solidaire raisonnable.

 

Relever les salaires nets, à commencer par le SMIC, réajuster les retraites, c’est précisément réduire le besoin d’assistanat, prétendument décrié par les libéraux, mais en réalité entretenu pour contrôler les pauvres en les tenant dans la dépendance.

 

Alors qu’il n’est pas possible, en réalité, de redonner vie au mouvement social s’en s’en prendre au capital.

 

Bientôt un an après le 17 Novembre, le mouvement GJ ne fait plus que végéter dans de petits cercles restreints et coupés des besoins réels des classes prolétariennes et populaire.

Pourtant, les causes qui ont entrainé le 17 Novembre sont toujours là.

 

Le texte de M. Wamen nous montre que les syndicats sont ficelés, totalement prisonniers du système.

Et si on passait à autre chose ?

 

Cinq axes principaux de revendications pour cette rentrée sociale en France :

 

__Abolition du CICE et de tous les dispositifs de financement des cotisations patronales par le contribuable, sur le budget de l’État.

 

__Abolition de la CSG.

 

__Concentration proportionnelle des cotisations sur les plus grands groupes financiers.

 

__Relèvement des salaires nets, à commencer par le SMIC.

 

__Relèvement des plus petites retraites jusqu’à un niveau de vie décent et permettant de cotiser.

 

Pierre GRINDSABLE

 

( 1  __ https://www.challenges.fr/economie/social/goodyear-la-plainte-aux-prud-hommes-en-nouvelle-audience_655756   )

( 2 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/04/12/mise-au-point-a-propos-de-notre-action-de-soutien-au-comite-goodyear-lyonnais/  )

 

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POSTÉ AUJOURD’HUI SUR VLR >>>

Rentrée Sociale : Mickaël Wamen, un « Gilet Noir » à la CGT ?

 

par Luniterre

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Gilets Noirs Vs Gilets Jaunes : 1-0 !

C’est ce que l’on est tenté de conclure après le retrait définitif de la loi d’extradition à HK !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/05/rentree-a-hong-kong-une-premiere-victoire-pour-les-gilets-noirs/

Enfin, demain sera logiquement l’Acte de « Rentrée » de nos GJ français… On verra donc si l’heure de leur « réveil social » a enfin sonné… Sans illusions, mais qui sait ?

Quoi qu’il en soit, et encore par comparaison, deux points manquent à cet article, qui sont pourtant une nécessité, tant pour les GJ que pour les GN de HK, et qui font, du reste, partie de leurs cinq points unitaires de base :

__Une loi d’amnistie pour tous les GJ (GN à HK…) condamnés à la suite des actions.

__Une commission d’enquête indépendante sur les violences policières.

Avec les cinq points de l’article,

__Abolition du CICE et de tous les dispositifs de financement des cotisations patronales par le contribuable, sur le budget de l’État.

__Abolition de la CSG.

__Concentration proportionnelle des cotisations sur les plus grands groupes financiers.

__Relèvement des salaires nets, à commencer par le SMIC.

__Relèvement des plus petites retraites jusqu’à un niveau de vie décent et permettant de cotiser.

Cela ferait donc en tout au moins déjà 7 pistes de réflexion pour une plate-forme revendicative d’un éventuel mouvement des « Gilets Noirs » de France !

Là encore, sans illusions, dans le contexte actuel de la pseudo « gauche » française…

Mais pour une résurgence des GJ, premier test demain, donc…

Luniterre

 

 

 

LE TEXTE DE M. WAMEN >>>

« UNE STRATÉGIE PARFAITEMENT HUILÉE …

Des camarades sont plus que surpris-es, de la multiplication des dates en septembre …

Pas moins de 10 journées, par secteurs, corpo, voir même parfois deux actions le même jour, mais surtout pas au même endroit …

Vous pensez que c’est de l’amateurisme, que c’est lié à un désordre interne ….???

NON, tout cela est parfaitement réfléchi …

Mais pourquoi, direz vous ???

Bin, parce que nous devons maintenir coûte que coûte notre présence dans le partenariat qui fait que chaque année les dotations augmentent …

Et OUI, si ça part en sucette et que la convergence est proposée et organisée par une des structures du partenariat, cela n’ira absolument pas de paire avec le deal qui consiste à co gérer la paix sociale ..

Alors, on y va à donf, chaque jour une cause et surtout s’organiser pour que ce soit le plus éclaté possible sur le territoire ….

Bon de temps en temps pour calmer la grogne interne, une petite journée interprofessionnelle mais bon s’en y mettre les moyens et puis pas d’appel national pour une journée au même lieu et à la même heure …et surtout jamais y donner de suite ….

NON, faut pas ….

Et malheur à celles et ceux qui osent critiquer la stratégie, ils sont traités de diviseurs, voir même responsables de la situation qui fait que les mobilisations sont pas tip-top….

Et puis depuis peu, y a surtout la faute aux salarié-e-s, qui veulent plus se mobiliser …

Et bin, on est tombé bien bas, mais le souci c’est que les ficelles sont énormes et que la critique voir même les propos honteux à l’encontre du mouvement des GJ, ont apporté une éclairante vérité sur le fait que le pouvoir n’avait aucun intérêt à ce que les partenaires perdent le pouvoir de cette paix sociale via une stratégie de plus en plus visible …!!!

OUI, d’autres que le pouvoir ont tout fait pour que le mouvement social de ces derniers mois n’y arrive pas, car le risque était énorme, un pouvoir qui n’a plus besoin de ceux qui lui garantissent la paix sociale, se passe d’eux …..

Nous sommes donc partenaires et comme dans tout partenariat, nous avons des obligations, alors que quand nous sommes ennemis de classe, nous avons un camp, le notre et là, aucun accord et compromis obligatoires ….

Si vous comprenez pas pourquoi nous avons la multiplication des dates et la continuation de la stratégie de la défaite collective, il faut juste regarder, l’évolution si on peu parler d’évolution, des rapports entre les partenaires et vous comprendrez le pourquoi du comment …

Krasu disait la régression sociale ne se négocie pas elle se combat, mais depuis nous sommes passé à l’époque du dialogue, partenariat, corps intermédiaire et co gestion …

L’ensemble des forces dites de progression sont bien trop proches du système, c’est ce qui explique un tel desamour avec une large majorité de la population et c’est encore plus grave quand ils s’agit d’une structure qui a dans son ADN la lutte des classes qui laisse place à celle des places …

Être adhérent n’est pas devenir un mouton de panurge qui a obligation de fermer sa gueule même quand la stratégie est une catastrophe totale …

La base doit s’exprimer et exiger un changement radical et surtout un clivage avec ce partenariat mortifère qui certe rapporte pas mal d’avantages mais qui nous coûte notre indépendance….et notre survie

Cela ne plait pas, pas grave c’est pourtant juste la réalité ….

Ps : à celles et ceux qui pensent que la stratégie est la bonne et que ce sont les salarié-e-s responsables, perdez pas votre temps à répondre à ce tract …et préparez vos godasses pour les ballades annoncées …. »

 

 

 

 

 

 

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https://photos.lci.fr/images/613/344/manifestations-hong-kong-5-aout-illustration-8a4ac6-0@1x.jpeg

 

https://image1.le-pays.fr/photoSRC/WlJTJ1xYUTgIDAVOKzc8Ik5iH3UMBQgfa15JWhcaSA4rFEgrEEgiLAlEShZNFxIUEkQE/gilets-jaunes-acte-22-roanne_4293777.jpeg

 

Ce qui est impérialiste ou pas… !

 

 

 

https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L630xH250/arton217329-042a8.jpg

 

 

 

Ce qui est impérialiste ou pas… !

 

A propos d’une définition proposée

par notre camarade RC :

 

http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/qu-est-ce-que-l-imperialisme-a106751370

 

Bonjour, camarade !

Dans le contexte actuel, et notamment avec les manifs à Hong Kong, la question de savoir qui est impérialiste ou pas devient particulièrement importante, et d’autant plus que le confusionnisme à ce sujet semble encore gagner du terrain dans la « gauche » française…

Concernant la définition de l’impérialisme j’attire donc ton attention sur le fait que cette définition que tu republies aujourd’hui souffre d’une lacune essentielle d’un point de vue ML.

En effet, dans les critères définis par Lénine, l’exportation de capitaux est évidemment un facteur essentiel, et même celui qui correspond déjà, à son époque, à l’expression la plus évoluées de la puissance impérialiste, en passe de se développer avec la « semi-colonisation ».

Depuis, sous la forme « néo-colonisation », le mode de domination financière d’un pays par un autre est carrément devenu la règle de base, et mise en œuvre par les USA en premier, ce qui leur a permis de supplanter leurs rivaux anglais et français, notamment, qui sont encore restés longtemps sur le mode de domination territoriale, avant d’évoluer vers le néocolonialisme à leur tour, notamment avec le système « françafrique » comme exemple remarquable et encore actuel.

Bien entendu, ce critère ne suffit pas à lui seul et doit être inclus dans le mouvement dialectique d’ensemble qui caractérise un pays et ses relations extérieures.

Quelques exemples d’intérêt actuel :

Les USA… ont y reviendra donc pas, tant le cas est flagrant ! « Sur le déclin », selon certains >>> tout est relatif, et la domination US possède une telle marge d’avance sur ses concurrents qu’elle n’est pas sur le point de disparaître du tout…

La Chine… cas complexe, et qui comprend encore des secteurs économiques comprador, dominés par le capital US. Mais la masse du capital financier accumulé en fait bien la seconde puissance au monde, et notamment, exportatrice de capitaux. La tendance nette est à la séparation d’avec le capital US, et même à la confrontation inter-impérialiste avec : une évidence niée par une grande partie de la « gauche » française… !

La Russie… non seulement la masse de son capital financier a été ramenée en dessous de celle de l’Espagne, depuis la confrontation en Ukraine, mais les flux de capitaux sont pratiquement anéantis par les sanctions, au point que la Russie est pratiquement devenue une sorte d’ « ile économique géante » telle qu’à l’époque de l’URSS. Les flux entrants sont très faibles et les flux sortants encore plus faibles, et de l’ordre de l’évasion fiscale plutôt que de l’investissement.

Dans cette dynamique autarcique obligée, il est donc impossible de ranger la Russie dans les puissances impérialistes, montantes ou non.

L’Inde… un pays comparable à la Chine, par bien des côtés, et notamment par sa densité de population. Mais avec un type de capitalisme encore plus archaïque et contrasté. Des secteurs de pointe sont en capacité d’exporter des capitaux, comme la métallurgie, l’automobile, mais d’autres restent extrêmement arriérés. Globalement, la masse et les flux de capitaux indiens sont donc bien supérieurs à ceux de la Russie, par exemple, mais la balance reste également largement déficitaire et l’Inde reste globalement nettement importatrice de capitaux. On ne peut donc pas encore la considérer comme impérialiste, mais comme un pays du tiers monde où se forme une nouvelle bourgeoisie monopoliste liée au capital financier international, comme c’était le cas de la Chine dans les années 80.

Le croisement des courbes, entre import et export de capitaux, donnera une indication de sa mutation vers le stade impérialiste. Compte tenu de son poids et de son importance géostratégique, l’Inde pourrait devenir une puissance impérialiste majeure, à l’avenir.

La Turquie… longtemps confinée au rôle de puissance supplétive des USA, la Turquie connait un essor économique très rapide, ces dernières années, et ses ambitions régionales se sont affirmées de manière spectaculaire ces derniers mois.

Là aussi la tendance va vers un croisement des courbes à moyen terme, entre import et export de capitaux. La dynamique de ce pays en fait donc un impérialisme secondaire en voie de formation.

Le Brésil… longtemps considéré comme un nouveau pôle économique et financier en voie de constitution, le Brésil connait surtout à nouveau un ensemble de difficultés qui tendent à le ramener en arrière, et dans le giron des USA… C’est le cas d’un pays « en balance » dont le statut reste incertain et tributaire de facteurs aléatoires. Son retour au premier plan de la scène internationale ne semble pas imminent, pour le moins !

L’Iran… tout comme la Russie, c’est une puissance régionale quasiment encerclée par l’impérialisme US et ses alliés, et qui dépend encore plus de ses exportations d’hydrocarbures. Capitalisation faible, mouvements de capitaux devenus dérisoires, dynamique plus que ralentie, ne peut évidemment pas être considéré comme impérialiste !

Et d’une manière générale il faut bien comprendre que l’interventionnisme extérieur de pays comme l’Iran et la Russie, s’il est important, ne peut se faire qu’avec l’appui des bourgeoisies nationales locales et ne peut donc rentrer dans la catégorie des interventions impérialistes. Ce sont même carrément des alliance mutuelles de désencerclement, et de nature anti-impérialiste.

Ce qui n’est pas le cas de l’interventionnisme indien au Cachemire, qui ressort bien de la domination territoriale au sens primitif du terme, semble-t-il.

En conclusion, dans le monde actuel il n’y a pas de situation simple et il faut absolument considérer les choses dans leur mouvement dialectique d’ensemble et se garder des jugements à l’emporte-pièce, généralement fondés sur des préjugés et/ou des intérêts plus ou moins grossièrement dissimulés… !

Luniterre

 

 

 

 

 

 Important:

 

Sur le même thème…

 

https://www.medias-presse.info/wp-content/uploads/2018/03/Bases-US-contre-Russie.jpg

 

 

Nouveaux missiles russes :

la Paix en Europe

…est-elle menacée ?

Et par quoi et par qui?

 

La rhétorique de la communication occidentale, et surtout US/OTAN, tente de se justifier en traitant séparément la question des missiles de la question de l’équilibre général des forces en présences, et notamment et surtout, des forces dites « conventionnelles » et réellement susceptible d’intervenir sur le terrain, ce qu’elles font déjà concrètement, d’une manière ou d’une autre, depuis des décennies, et singulièrement, depuis la dissolution de l’URSS.

Ces interventions diverses, que ce soit directement ou par l’intermédiaire de leurs alliés locaux, se fait principalement, sinon presque exclusivement, sur le territoire des anciennes républiques alliées de l’URSS, à l’époque. Cela s’est caractérisé par des conflits ouverts ( Serbie, Kosovo, Ukraine…), ou des implantations de forces militaires exogènes produisant une situation potentiellement explosive, comme en Pologne et dans les pays baltes, notamment.

Profitant de l’affaiblissement provisoire de la Russie, les USA et l’OTAN ont donc avancé partout leurs pions, sous formes de bases militaires, dans ces pays, et cela au mépris de leurs engagements.

C’est ce que montrent de façon on ne peut plus explicite les cartes représentant la situation de ces bases en Europe.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/06/nouveaux-missiles-russes-la-paix-en-europe-est-elle-menacee-et-par-quoi-et-par-qui/

 

 

La « gauche » française satellisée par le social-impérialisme chinois!

 

[ DÉBAT RÉACTUALISÉ EN TEMPS RÉEL ! ]

 

 

 

Effectivement, Hong Kong sert de « plaque tournante » pour le capital US en Chine depuis 1972 et les accords Mao-Nixon.

C’est le cordon ombilical qui a permis à la bourgeoisie nationale maoïste de se « compradoriser » avant d’accumuler suffisamment de capital financier pour se poser en rival de l’Oncle Sam dans ce domaine comme dans les autres.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee

Il est clair que cette rivalité les amènera à rompre ce cordon, progressivement ou brutalement, si nécessaire, en fonction de l’ingérence US.

Pour des millions de gens qui travaillent à Hong Kong sans être forcément ni des bourgeois ni des petits bourgeois (Smic à 4,12 euros de l’heure!), ce sera la fin d’un monde et l’exil pour retrouver du travail ailleurs, pour une grande partie de cette population.

On peut leur reprocher de jouer en partie le jeu de l’impérialisme US et occidental, mais il est clair que leur condition sociale est en train de se dégrader rapidement et qu’ils n’ont clairement aucune confiance dans le prétendu « socialisme à la chinoise », qui n’est bien qu’une autre forme de capitalisme et d’impérialisme (social-impérialisme) et qui ne leur apporte aucune solution, précisément, en réponse à leurs problèmes sociaux.

La gauche française, en se portant caution du social-impérialisme chinois contre l’impérialisme US se couvre une fois de plus de ridicule, et perd encore un peu plus de crédibilité, si tant est qu’elle en eut encore !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/19/gilets-noirs-gilets-jaunes-hong-kong-france-contre-le-capital-un-seul-proletariat

 

Luniterre

 

 

UN ÉCHANGE AVEC LE CAMARADE DO, SUR SON SITE VLR:

Salut Luniterre,

Ne trouves-tu pas que tu te contredis quelque peu ?

Aujourd’hui tu dis :

« La gauche française, en se portant caution du social-impérialisme chinois contre l’impérialisme US se couvre une fois de plus de ridicule, et perd encore un peu plus de crédibilité, si tant est qu’elle en eut encore ! »

Mais tu disais ici :

http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

« Dans le monde, c’est l’impérialisme US qui est à l’initiative de la plupart des guerres. Les autres ne font que suivre ou « compléter » ses interventions, et le plus souvent en complicité et coordination avec lui.

« Il est donc bien l’ennemi numéro 1 des peuples et du prolétariat de tous les pays, même si chacun doit d’abord lutter concrètement contre son propre impérialisme… !

« Chacun contre son impérialisme, et tous contre l’impérialisme US !! Et tous activement solidaires avec les luttes en cours… Palestine, Syrie, Yémen, Donbass, etc.. !!! »

Amicalement,
do
http://mai68.org

 

RÉPONSE PROPOSÉE:

 

Effectivement, il y a une situation particulièrement complexe à Hong Kong, et je ne prétends pas détenir une solution…

Je ne suis même pas sûr qu’il y en ait une, en réalité, dans le contexte actuel… Sauf la Révolution, évidemment!!!

Si le mouvement continue, Pékin a le choix entre lâcher du lest sur des réformes sociales qui couperont les manipulateurs de leur base populaire ou réprimer carrément, au risque de liquider Hong Kong plus rapidement que prévu en tant que place financière et commerciale internationale.

Pour l’instant le PCC semble jouer sur le temps, comme Macron l’a fait avec les GJ. Il n’est pas certain non plus que les USA aient intérêt à pousser le bouchon trop loin à Hong Kong. Ils ne peuvent évidemment pas se permettre une intervention militaire, et pousser Pékin à intervenir n’est pas forcément leur but à court terme. Ils ont aussi leurs intérêts dans la place.

Quoi qu’il en soit, il est évidemment juste de dénoncer les manœuvres et les manipulations US dans cette affaire, et je n’ai pas manqué de les mentionner comme bien réelles, y compris dans l’article.

Mais il est absurde et indigne de faire porter le chapeau aux manifestants qui sont certainement sincères pour la très grande majorité et ne sont pas vraiment des suppôts de l’impérialisme, même si certains se laissent bercer par l’illusion que les USA les soutiendront vraiment.

La gauche française pro-chinoise en est assez clairement au point de soutenir une éventuelle intervention de répression contre les manifestants, qui ne sont pas réellement différents, dans leurs préoccupations, des GJ français, même s’ils ont évidemment tort d’espérer une intervention étrangère, improbable, et qui ne leur apportera rien, de toutes façons.

Si les hongkongais en sont arrivés là, c’est aussi parce qu’ils sont conscients que le « socialisme à la chinoise » n’est qu’un leurre et qu’il ne leur apportera aucune amélioration, bien au contraire. C’est aussi ce qu’il faut constater, comme état de fait révélé par cette situation.

Si Carrie Lam avait réellement eut l’intention de régler les questions sociales importantes à Hong Kong, et déjà connues lors de son accès au pouvoir, et notamment celle du logement, elle aurait pu commencer à le faire… De même, au moins remettre le smic de HK en proportion du coût de la vie sur place, cela signifiait clairement le doubler et même le tripler…

Mais la bourgeoisie « socialiste de marché » est aussi pingre que la Macronie et ne veut rien lâcher, pour l’instant.

Il faut donc dénoncer à la fois et les manipulations US et la propagande pro-chinoise, qui fait passer la masse en mouvement des hongkongais pour des « nantis » juste accros à des « privilèges », qui n’existent plus, en réalité, que pour une minorité d’entre eux, ce qui explique la mobilisation massive.

Le fait que les USA soient encore l’impérialisme N°1 sur la planète ne doit pas nous amener à en soutenir un autre contre lui, mais seulement les nations indépendantes, les peuples en lutte et, éventuellement, les bourgeoisies nationales en voie de résistance anti-impérialiste, comme la Russie, l’Iran, la Syrie, le Yémen, le Venezuela, etc…

En tant que puissance financière challenger des USA la Chine ne rentre pas dans cette catégorie et sa contradiction avec les USA est bien de nature inter-impérialiste. Concrètement, pour l’instant, c’est bien la Chine qui menace d’écraser la révolte populaire à Hong Kong, et pas les USA, même si leur rôle est bien à condamner dans cette affaire.

Pas de contradiction, donc, mais simplement une analyse dialectique du réel, avec toute sa complexité.

Luniterre

 

 

UNE SUITE AU DÉBAT…

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 14:05, par do

La Chine et la Libye, Benghazi et Hong Kong

Salut Luniterre

La révolte de Hong Kong, si elle était du type prolétariene, se déploirait contre la bourgeoisie de Hong Kong , et PAS contre la Chine continentale.

On peut comparer Le Hong Kong de la Chine actuelle au Benghazi de la Libye de 2011. À Benghazi aussi, on pouvait dire que la révolte était « populaire ». Pourtant elle était manipulée par l’Occident pour détruire la Libye. Même si je ne pense pas que la révolte de Hong Kong réussisse à détruire la Chine. La stratégie de l’impérialisme US n’est que celle de l’épine dans le pieds. Elle n’a pas les moyens de faire mieux, ou pire selon le camp que l’on choisi.

Mais, il me semble que ceux qui ont soutenu la Libye contre l’Occident devraient soutenir la Chine pour la même raison exactement.

Certes Kadhafi n’a jamais trahi et Mao Tsé Toung si, mais ce n’est pas une raison pour faire payer la Chine actuelle dans son ensemble pour la trahison de Mao il y a presque cinquante ans. Ce serait une vengeance aveugle qui ferait vraiment le jeu de l’impérialisme US dont tu dis comme le Che, et je suis absolument d’accord, qu’il est l’ennemi numéro 1.

J’ai envie de le redire : « La révolte de Hong Kong, si elle était du type prolétariene, se déploirait contre la bourgeoisie de Hong Kong, et PAS contre la Chine continentale. »

Bien à toi,
do
http://mai68.org

 

 

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Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 16:03,

par Luniterre

Bonjour, camarade…
Tu as envie de le redire… : « La révolte de Hong Kong, si elle était du type prolétarienne, se déploirait contre la bourgeoisie de Hong Kong, et PAS contre la Chine continentale. »

Malheureusement cela va complètement à l’envers d’une analyse dialectique de la situation… :

C’est complètement méconnaitre le rôle de « plaque tournante financière » que la bourgeoisie maoïste a assigné à Hong Kong, et pas depuis hier, mais depuis 1972 !!! La « rétrocession » n’est qu’un épisode dans ce processus, mais qui n’en change pas la dynamique globale, celle d’une « passerelle-écluse » entre capitaux chinois continentaux et capitaux occidentaux, principalement US, avec évidemment un « éclusier » qui contrôle les niveaux d’entrée et de sortie, et qui se trouve être le capital financier chinois continental, contrôlé entièrement par le PCC.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

L’adversaire de classe principal du prolétariat en voie de formation à Hong Kong est donc bien la bourgeoisie « rouge » de Pékin, et non pas la bourgeoisie résiduelle et supplétive de Hong Kong, qui reste là pour la forme, nécessaire tant que ce système « Shanghai-Hong Kong Stock Connect » a encore une utilité pour la bourgeoisie financière continentale.

Ce qui est donc appelé à disparaitre avec une intégration de plus en plus grande de la finance chinoise aux marchés internationaux.

Ce qui condamne donc la population laborieuse de Hong Kong à un exil, et des plus incertains, pour beaucoup, vu le « recyclage » économique que cela implique et la réduction, et même la disparition inévitable de la plupart des activités économiques actuelles de Hong Kong.

Carrie Lam n’est que le relai de Pékin, dans cette « transition », et les hongkongais ont raison de ne pas s’y tromper !

Luniterre

 

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 17:14, par do

Le prolétariat de Hong Kong n’est pas en formation, il est complètement formé depuis un bon bout de temps. J’en veux pour preuve la paye si basse et les « logements » dignes du film « La montagne sacrée » de Jodorowsky. D’ailleurs le prolétariat est si maltraité à Hong Kong qu’on pourrait se demander s’il ne s’agit pas de sous-prolétariat.

S’il s’agissait à Hong Kong d’une révolte du prolétariat et sous-prolétariat contre la « bourgeoisie rouge » de Chine continentale, depuis le mois de juin, date où elle a commencé, ça fait longtemps que cette révolte aurait gagné la majeure partie de la chine. Et la Chine serait peut-être même au bord de la révolution.

Tel n’est pas le cas. Il semble que le prolétariat de Chine continentale est hostile au mouvement de révolte qui secoue Hong Kong.

Par ailleurs, cela fait déjà un certain temps que la place financière de Hong Kong est dépassée par plusieurs autres villes de Chine dont Shangai. C’est peut-être pour cela, entre autres, que la bourgeoisie de Hong Kong veut que cette ville quitte la Chine et manipule sa petite bourgeoisie en ce sens dans cette révolte.

Bien à toi,
do
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UNE RÉPONSE TML PROPOSÉE:

[Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 19:04, par Luniterre]

 

Quand je parle de « prolétariat en voie de formation » je ne parle pas du prolétariat en général, mais des nouvelles couches sociales qui se trouvent en voie de prolétarisation du fait de la politique financière chinoise.

Ce sont évidemment celles qui sont à l’origine de la révolte, tout comme les nouvelles catégories sociales en voie de prolétarisation sont à l’origine des « Gilets Jaunes » en France.

Sur les questions de fond, la politique financière chinoise est étudiée depuis pas mal de temps sur TML dans différents documents dont tu ne sembles pas avoir pris connaissance.

La question du système « Shanghai-Hong Kong Stock Connect » est abordée dans celui-ci:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

Il est évident que Hong Kong ne quittera pas la Chine…

La situation à Hong Kong et sur le continent est évidemment complètement différente et la problématique sociale aussi. Le capitalisme chinois connait encore un développement style « 30 glorieuses » qui pour l’instant laisse espérer une amélioration de son sort au prolétariat continental, alors que le prolétariat de Hong Kong se trouve directement impacté par la crise et l’évolution locale qui est donc bien différente et n’implique pas des revendications communes avec le continent, mais, au contraire, bien spécifiques à cette situation locale.

Plus le barrage médiatique évident des autorités >>> pas de solidarité possible dans ces conditions.

Luniterre

 

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

 

22 août 19:37,     par do

Tu dis : « La situation à Hong Kong et sur le continent est évidemment complètement différente et la problématique sociale aussi. Le capitalisme chinois connait encore un développement style « 30 glorieuses » qui pour l’instant laisse espérer une amélioration de son sort au prolétariat continental, alors que le prolétariat de Hong Kong se trouve directement impacté par la crise et l’évolution locale »

Conclusion : Le prolétariat de Hong Kong a intérêt à une intégration totale de Hong Kong avec la Chine et pas à une séparation. Donc, il ne participe pas au mouvement de révolte de Hong Kong qui réclame cette séparation.

A+
do
mai68.org

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UNE RÉPONSE TML PROPOSÉE:

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 20:45, par Luniterre

 

Je dis effectivement : « La situation à Hong Kong et sur le continent est évidemment complètement différente et la problématique sociale aussi »… etc

Conclusion : tu as donc déjà oublié ce qui s’est dit dans l’autre fil… :

Gilets Noirs, Gilets Jaunes, Hong Kong, France, contre le capital, un seul prolétariat !

21 août 18:31, par Luniterre 

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4206#forum3769

 

« En deux mots, la situation à Hong Kong et en France […et en Chine continentale aussi…] présente tout de même quelques différences essentielles…

Hong Kong est un cul de sac, une impasse totale, question avenir économique et social >>> quand le capital financier chinois aura fini de presser ce citron financier et commercial (pratiquement, très peu d’industrie locale, hors services) , il en jettera la peau et la population se trouvera définitivement paupérisée, si elle reste là >>> elle est donc condamnée à émigrer pour un avenir des plus incertains, en Chine continentale, où elle devra se faire une place à partir de zéro… Pas sûr qu’elle y soit forcément bien accueillie, de plus…

C’est pourquoi certains cèdent à ce genre de sirène[les manips US des manifs à HK], pensant qu’une intervention internationale permettrait de prolonger le statut spécial de cette enclave.

En réalité, couler rapidement cette enclave encore actuellement rentable pour le PCC, c’est aussi un moyen de pression possible pour l’occident >>> d’où ce genre de provocation. »

>>>l’intégration finale de HK au continent ne peut pas voir une « égalisation » des styles de vie, car HK n’a pas de ressources en dehors des activités financières et commerciales appelées à disparaître dans cette nouvelle configuration >>> émigration plus ou moins « forcée » !

Luniterre

 

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 23:41,    par do

Je ne vois pas en quoi l’intégration totale de Hong Kong à la chine l’empêcherait de continuer à être un place financière, comme l’est par exemple Shangai ? Et dans ce cas les Hongkongais bénéficieraient des mêmes lois que ceux de la Chine continentale, et seraient du coup moins exploités qu’actuellement, me semble-t-il ?

Mais si tel était le cas, si Hong Kong cessait d’être une place financière, et que les prolos de Hong Kong se retrouvent très très pauvres, je pense qu’alors des capitalistes chinois auraient forcément l’idée de délocaliser des usines de la Chine continentale vers Hong Kong pour bénéficier, dans un premier temps, de bas salaires. Du coup, si l’intégration est totale, les ouvriers de Hong Kong bénéficieront des mêmes avantages que ceux de Chine continentale, non ? et ils bénéficieront aussi des « trentes glorieuses » chinoises ? Et leurs salaires augmenteront, non ?

Je continue donc à penser, pour le moment, que le prolétariat hongkonguais a intérêt à l’intégration totale à la Chine.

C’est la bourgeoisie hongkongaise qui ne veut pas cette intégration.

A+
do
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UNE RÉPONSE TML PROPOSÉE:

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 02:33, par Luniterre

 

Bonsoir camarade;

Tu continue de penser… mais selon un mode idéaliste, c’est à dire qui ne tient pas compte des réalités pourtant connues et analysées, et que je t’ai déjà mentionné plusieurs fois:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

La place financière de HK n’a d’intérêt pour le capital chinois que dans le cadre du processus d’accumulation expliqué dans cette étude, et qui arrivera à son terme avec la mise « à niveau » des flux de capitaux entre la Chine et le reste du monde telle que ce type d' »écluse » financière ne sera plus nécessaire…

La bourse principale de la Chine est Shanghai, et la seconde, que les chinois ont déjà développé au cours de ce processus est Shenzhen qui se trouve à la distance faramineuse de 24 kilomètres de Hong Kong centre…!

Quant à « délocaliser » de l’industrie pour profiter de la chute du niveau de vie à HK, c’est un truc que les capitalistes chinois feraient certainement …s’il y avait là la moindre place pour y implanter de nouvelles usines, ce qui n’est évidemment pas le cas!

Selon les sources les services représentent plus de 92% de l’activité (incluant finance et commerce), l’industrie autour de 7% et l’agriculture moins de 1%.

Pour réindustrialiser sérieusement, il faudrait commencer par raser pas mal d’immeubles, et vu la hauteur moyenne à HK, cela fait beaucoup de monde en exil, déjà, rien que dans ce but…

Ne vois-tu pas l’impasse, pourtant évidente, si tu te penches un peu sur la question?

Penser, c’est déjà très bien, mais étudier concrètement le sujet n’est pas forcément inutile non plus…

Bien à toi,

Luniterre

 

 

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 12:43, par do

Bonjour,

Je ne vois pas ce qui empêche d’installer des machines à coudre dans des bureaux pour les transformer en usines à vêtements. Pareil pour des montres ou des ordinateurs, etc. Il n’y a pas besoin de raser des immeubles pour cela.

Bien à toi,
do
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Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 14:15,     par Luniterre

 

Bonjour camarade,

Ton problème reste précisément que tu ne vois pas…

Ce genre d’activités est déjà celui de l’industrie actuelle à Hong Kong, et il a donc atteint ses limites, semble-t-il.

L’électronique, dans ces conditions, se limite au montage, sans possibilité réelle de produire les composants.

Pour développer, il faut des industries de base, voire de l’industrie lourde.

On en revient donc au même problème…!

Sincèrement, je pense qu’on a fait le tour de la question…

Amicalement,

Luniterre

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Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 14:32, par do

Si Hong Kong cesse d’être une place financière, des bureaux vont se libérer et de nouvelles machines à coudre vont pouvoir les envahir, non ?

Amicalement,
do
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UNE RÉPONSE TML PROPOSÉE:

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 14:59,    par Luniterre

Camarade, il est pourtant bien connu que ce type de production a déjà atteint ses limites en Chine, et pas seulement à Hong Kong…!

La Chine en est déjà elle-même à « délocaliser » vers le Bangladesh ou d’autres pays, dont la main d’œuvre est encore à plus bas prix qu’à Hong Kong, qui a donc atteint ses limites, également, dans ce domaine, comme dans les autres qui lui étaient accessibles.

L’avenir de Hong Hong est des plus limités pour ses habitants des classes populaires et moyennes, et que ce soit sous le capitalisme chinois ou le capitalisme occidental, qui les manipule effectivement sans vraiment proposer d’alternative réelle, et pour cause…

Une seule solution : la Révolution !

Contre le capitalisme, qu’il soit chinois ou occidental !!!

Luniterre

 

 

 

 

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