anti-révisionnisme

Marxisme-Léninisme ou Trotskysme ? – Un nouveau débat sur l’histoire de l’URSS et sa chute

Marxisme-Léninisme

ou Trotskysme ?

 

 

 

 

Marxisme-Léninisme ou Trotskysme ?

Un nouveau débat sur ce thème, suscité, cette fois ci, par la republication d’un article cubain sur la chute de l’URSS et le rôle de Gorbatchev, comme élément décisif, mais éventuellement manipulé par l’impérialisme US.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/13/la-verite-se-fraye-un-chemin-au-sujet-de-la-chute-de-lurss-les-aveux-de-gorbatchev/

 

Bien évidemment, si l’action de Gorbatchev est le déclencheur, les causes sont à aller chercher en amont, dans le temps, et dans l’évolution relativement dégradée de l’économie soviétique.

Pour bien comprendre les tenants et aboutissants de ce débat il faut avoir en tête quelques données de base sur l’histoire de l’URSS, en général, et sur son histoire économique, en particulier.

 

Concernant l’histoire général, le centenaire d’Octobre a été l’occasion de cette synthèse, qui aborde néanmoins, également, les questions économiques :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

(à la suite, un récapitulatif des liens sur l’histoire de l’URSS)

 

Concernant l’histoire économique, le bicentenaire de Marx à été l’occasion d’une remise à jour sur ce thème, et notamment en lien avec sa signification dans l’actualité :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

 

Concernant la pensée « économique » de Trotsky, un premier débat avait déjà eu lieu:

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

 

L’intérêt du nouveau débat, au delà de la confusion dans laquelle il semble démarrer, c’est précisément que se dégagent, au fur et à mesure, les principales déformations par lesquelles la « gauche » française en vient à accréditer entièrement la vision historique réactionnaire que la bourgeoisie tente de valider grâce à une multitude de plumitifs à sa solde.

Pour en arriver là, la gauche française doit nécessairement en arriver à rejeter, quant au fond, l’essence de la dialectique matérialiste, pour la remplacer par le sophisme idéaliste le plus absurde, et c’est bien ce processus que révèle ce débat.

 

Comme le montrent de multiples exemples de « recyclages » dans les rouages de la sociale-démocratie, et en vue de la « regonfler » comme roue de secours du système, le Trotskysme est la pépinière idéale de sa perpétuation…

 

La compréhension du processus par lequel ce « miracle » s’accomplit n’est donc pas inutile. C’est bien le processus qui est ici en cause, et non ses « victimes », bien que l’influence de l’idéologie dominante ne puisse être une justification de tels renoncements « conscients ».

 

Et finalement, quant au fond, quel est l’intérêt principal de ce débat?

 

La question essentielle n’est donc pas de passer des heures à décortiquer les contorsions pitoyables de Trotsky, même si formulées de manière grandiloquente et pseudo-littéraire, mais de savoir ce que nous voulons comme principes de rupture avec le capitalisme et de transition socialiste.

Concernant la NEP, on admet évidemment qu’une « coexistence » provisoire était possible et nécessaire entre économie de marché et secteur économique socialiste, mais cette « coexistence » n’a de sens que parce que le secteur socialiste, politiquement prédominant, précisément, constitue un début de rupture avec l’économie de marché et la loi du marché.

Si ce n’est pas le cas, il n’y a effectivement pas lieu de parler de rupture avec le capitalisme, et donc pas lieu de parler non plus de transition, ni de socialisme, ni d’État prolétarien. On a simplement un mix capital privé-capital d’État, qui s’oriente soit vers une phase comprador, soit vers une concentration monopoliste, après un stade de capitalisme plus ou moins « national » et précaire.

Dans les conditions actuelles de développement du capitalisme il est raisonnable de penser que si cette phase de « coexistence » ne disparaît pas tout à fait, notamment en ce qui concerne les petits producteurs et, d’une manière générale, les TPE, elle sera néanmoins encore plus réduite, tant dans sa durée que dans son impact économique sur le secteur socialiste.

La question importante est donc: voulons nous vraiment créer et développer une économie de transition socialiste, c’est à dire réellement en rupture avec l’économie de marché et la loi du marché, ou bien voulons nous simplement une économie de marché très hypothétiquement « régulée », prétendument « planifiée », mais en fonction du marché (Trotsky, Pablo), et coexistant simplement avec un secteur formellement « capitaliste d’État », mais en réalité, capitaliste tout court, dans ce contexte?

Selon l’interprétation que l’on fait de l’histoire de l’URSS, il semble donc nettement que se dessinent aussi les choix d’options pour la gauche française.

Le 2ème choix, celui qui ne mets pas la priorité sur la rupture avec l’économie de marché, est celui qui choisit la voie de la collaboration de classe, en réalité, à travers quelque formule que ce soit, qu’elle se présente ou non comme « socialisme de marché », du reste, car de toutes façons, appellation « socialisme de marché » ou non, c’est de pas de socialisme du tout, qu’il s’agit, dans ce cas. C’est le choix trotskyste, entre autres, et qu’il soit formellement « pabliste » ou non, du reste!

 

Luniterre

 

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Viriato

juillet 14, 2018 à 7:48

Et la classe ouvrière soviétique dans tout cela?

Car c’est bien joli, quoique assez peu marxiste (moins encore léniniste) « d’expliquer » la chute de l’URSS par les manoeuvres de la C.I.A. , le pourrissement et les manœuvres des hautes instances de la bureaucratie soviétique et par la libération des délinquants du Goulag (depuis quand le lumpen-prolétariat joue un rôle politique?).

Si sont cela les « raisons », ce ne sont que les effets manifestes de la décomposition de l’URSS.

Et c’est cela qu’il faut expliquer.

En fait la ligne Gorbatchov vient de loin, depuis Boukharine et représente et a représentée la bourgeoisie internationale et interne sous la forme de l’aile droite de la bureaucratie soviétique au sein du parti et de l’état soviétique. Staline, l’autre aile de la bureaucratie, le centre, a « rectifié » à sa manière tantôt gauchiste, tantôt droitière, toujours brutale, le cours de choses pour perpétuer la domination de la bureaucratie, petite, moyenne mais surtout haute.

Le résultat, Khrouchev, n’est que le produit de cette situation impossible, car la construction du socialisme dans un seul pays isolé, en dehors des échanges internationaux, appauvri par des guerres, famines et catastrophes par imprévision des dirigeants politiques, est impossible. Les faits l’ont démontré. Seule une révolution socialiste dans des grands pays capitalistes aurait pu aider l’URSS et la sortir de l’impasse où elle se trouvait.

Après, il y a eu la « rectification » Brejnev qui, suivant la ligne en zig-zag (de la droite vers le gauchisme et après à droite encore) pratiquée depuis Boukharine, a « centré », « stabilisé » le gouvernail. Bien que la situation pourrissait devant les yeux de tout le monde et tous cherchaient des solutions pour s’en sortir, la situation n’était pas encore prête pour passer directement au capitalisme, but inavouable mais ardemment désiré de la bourgeoisie en formation qui fut la bureaucratie soviétique.

Gorbatchov n’est que la fin du cycle et s’il a été « aidé » par l’impérialisme, ce n’est qu’un épiphénomène d’un processus bien plus profond et bien plus complexe.

C’est cela qu’il faudrait expliquer et avec une analyse marxiste. Analyse qui prend en compte le lumpen-prolétariat (très à la marge), les activités des ennemis (comme facteur secondaire) et la dégénérescence des dirigeants (encore un facteur secondaire) pour se centrer sur la dynamique sociale, sur le développement du processus, sur la lutte de classes internationale et nationale, sur l’histoire de luttes au sein du parti et de l’état.

Luniterre aperçoit ces facteurs mais sa planche de salut, Staline, ne lui permet pas d’avancer sur une véritable analyse marxiste-léniniste.

Réponse

 

tribunemlreypa

juillet 14, 2018 à 12:31

« Et la classe ouvrière soviétique dans tout cela? »

C’est bien là la question centrale de l’histoire du socialisme en URSS, en effet.

Une analyse ML consiste à partir des réalités historiques concrètes, et non fantasmées selon les critères idéalistes.
Lorsque Gorbatchev arrive au pouvoir il est clair que la classe ouvrière a déjà perdu le pouvoir depuis plusieurs décennies. Le commentaire TML, ici, ne vise pas à refaire l’analyse de la contre-révolution khrouchtchevienne, ce qui a déjà été développé dans d’autres articles sur TML, mais simplement à recadrer la transition comprador qui s’est opérée sous Gorbatchev et sous Eltsine, et qui n’est précisément qu’une phase particulière de l’évolution du capitalisme national-bureaucratique vers un capitalisme comprador, sous Eltsine, donc.

Le commentaire TML vise donc à recadrer historiquement l’action et la pression exercées par l’impérialisme US dans ce processus, au tournant des années 80-90, et non à en faire un facteur décisif d’une « contre-révolution » déjà depuis longtemps achevée.

Il faut simplement lire et ne pas réinterpréter avec un regard qui voit une URSS à la fois révisionniste et « socialiste », et qui aurait cessé d’être « socialiste » avec le démantèlement de l’URSS…

Dans les divers commentaires, sur les divers sites où cet article est paru, on voit bien s’exprimer cette tendance idéaliste, évidemment entretenue à la fois par les révisionnistes et les trotskystes.

Dommage que tu y joignes ta voix !

Concrètement, au stade régressif du capitalisme où se trouvait la bourgeoisie khrouchtchevienne par rapport à son homologue occidentale, il était inévitable que la pègre déjà constituée en mafia primitive dans les camps arrive à jouer un rôle moteur dans l’accumulation primitive du capital, à ce stade.

Ce que montre l’histoire économique de la période fin-Brejnev/Gorbatchev, c’est précisément que c’est la mafia qui a réalisé l’essentiel de cette accumulation primitive, et non la bureaucratie, même corrompue, et dépendante, en fait, de la mafia.
C’est l’explosion de la mafia, au moment de la chute de l’URSS, qui est à l’origine de la classe des oligarques, et non la bureaucratie, essentiellement frustrée de son butin.

C’est la violence de ces mutations qui explique à la fois la popularité de Poutine, qui rétablit un début d’ordre social, même si capitaliste, et le peu de popularité du KPRF et de ses satellites, restés englués dans l’opportunisme tous azimuts.

Et Staline, dans tout ça ?

Il est clair qu’il ne joue plus de rôle que comme symbole mémoriel, durant toute cette période, et effectivement, encore en dehors de la renaissance d’un mouvement ML conséquent, en Russie, malgré une popularité non démentie, même de l’aveu de ses ennemis et des ennemis de classe du prolétariat, qui sont généralement les mêmes, sauf pour quelques idéalistes éventuellement récupérables…

On ne peut pas à la fois reprocher à Staline d’avoir « rectifié » régulièrement une partie essentielle de la bureaucratie et d’en avoir « perpétué » la domination.

Effectivement le rapport de forces dans la lutte de classes en URSS avait déjà changé, potentiellement, dès l’après-guerre, et c’est ce qui s’est traduit, notamment, par l’élimination de Jdanov, due aux « bons soins » (affaire dite des « blouses blanches », dans le jargon réac français), de la faction Beria-Malenkov-Krouchtchev, alors encore unie dans sa marche vers le pouvoir.

Étonnante analyse « marxiste », que celle qui juge à la fois « les activités des ennemis (comme facteur secondaire) » (sic) et finalement qu’il faudrait «  se centrer sur la dynamique sociale, sur le développement du processus, sur la lutte de classes internationale et nationale, sur l’histoire de luttes au sein du parti et de l’état. »

Il faudrait savoir…!

Un choix à faire…

Luniterre

Réponse

 

Viriato

juillet 14, 2018 à 3:40

Ce n’est pas « la maffia » qui a règné sous Brejnev et ceux qui s’en sont suivis, mais le baronnies, les « féodalités » crées par la soif de pouvoir des hautes bureaucraties locales et par le mélange des forces capitalistes encore présentes (marché de travail parallèle, distribution parallèle, marché de main d’oeuvre parallèle, salaires à double circuit tout cela selon les lois du marché soviétique) et des pressions internationales car le marché externe à joué aussi son rôle.

Les tendances centrifuges étaient très fortes et correspondaient d’une part aux besoin d’une économie planifiée bureaucratique avec tous ses dysfonctionnements qui essaient d’être résolues localement. Le retard technologique contribuait aussi comme la pression militaire impérialiste.

Les maffias ont surgit après la Perestroika, avec Eltsine notamment comme phénomène passager de l’éclosion du capitalisme, vite mis en sourdine, mis à sa place si l’on veut.

Jdanov a été laissé de côté quand la politique stalinienne en a décidé ainsi. Son discours de 1948 qui reproche aux partis italien et français d’avoir suivi une ligne de droite capitularde en 1945, correspondait au commencement de la Guerre Froide, mais la tendance de fond, manifesté par Beria qui proposait déjà en 1945 la cession de l’Allemagne de l’est aux puissances occidentales et le même type de réformes que ont pratiqué après Gorbatchov et sa suite, était carrément de droite, d’entente avec les impérialistes.

Jdanov a subi le destin de tant d’autres staliniens qui devaient s’adapter aux changements de la politique extérieur soviétique dont le mouvement « communiste » de ce temps était subordonné.

La politique proposée par Béria était trop prématurée et il a été saqué par la bureaucratie qui voulait maintenir le statu quo imposé par Staline avec des réformes et surtout la sécurité de rester en vie tout le long de leut jouissance des privilèges liés à leur fonction. voilà le sens de la dénonciation de Staline par une de ses lieutenants le plus sanguinaires, Khrouchov.

La longue suite des coups de barre à droite, la tendance principale avec des coups à gauche chaque fois moins capables de « redresser » le cours, ont fini par aboutir à Gorbatchov et Eltsine.

Voilà les faits, s’ils correspondent aux analyses de certains trotskistes, car pour certains d’entre-eux cela n’était qu’un capitalisme d’état comme pour les maoistes et certains ML, Betelheim parmi eux , je dis avec Valmont « Ce n’est pas ma faute ».

 

Réponse

tribunemlreypa

juillet 14, 2018 à 4:11

A l’évidence, et pas plus que la bureaucratie khrouchtchevienne n’est sortie toute armée d’un placard à la mort de Staline, la mafia n’a pu prendre le pouvoir et se constituer en oligarchie au jour de la chute de l’URSS et de la prise du contrôle du pouvoir par Eltsine!

Cette histoire de l’accumulation primitive opérée par la mafia est relativement bien connue, mais évidemment occultée par la bourgeoisie et ses cireurs de pompes idéologiques trotskystes et autres…

Concernant les circonstances de la mort de Jdanov et le resurgissement de son cas avec l’« affaire des blouses blanches », précisément juste « avant » la mort de Staline, et en réalité, comme l’une de ses causes, il faut donc se pencher sérieusement « sur la dynamique sociale, sur le développement du processus, sur la lutte de classes internationale et nationale, sur l’histoire des luttes au sein du parti et de l’état. » comme tu le dis si bien, dans ton premier post, et non pas répéter les légendes bourgeoises et trotskystes à ce sujet!

Luniterre

PS: Et sinon « marché parallèle », que tu évoques, bureaucratie et mafia, ne vois tu pas le lien…? C’est jouer sur les mots, non? Eltsine ne fait que consacrer politiquement le pouvoir économique de fait de la mafia, installé depuis la fin de l’ère Brejnev, mais seulement masqué par la rente pétrolière qui en nivelait les aspérités sociales.

Réponse

 

Viriato

juillet 16, 2018 à 4:27

Maqué mafia!

Depuis quand le crime organisé est une catégorie politique? Les procédés, brutaux, dit « administratifs » étaient la marque de fabrique de Staline.

Qu’une délinquance ait persisté dans une société de grande pénurie (qui était confondue à dessein avec le « socialisme » qui est, par définition une société d’abondance et profondément démocratique) et qu’elle ait resurgit lors de la désorganisation totale de la société post-URSS c’est un fait, mais lui donner n’importe quelle importance politique est absurde.

Ce qui existait, comme il existent encore des restes en Russie, c’étaient des pouvoirs locaux développés dans ce vaste pays qui avaient leur propre clientèle bureaucratique moyenne et petite et qui se sont développés encore plus avec Khrouchov.

Ce phénomène qui était consubstantiel, « nécessaire », avec le manque complet de démocratie prolétarienne, était contenu et réprimé par la fraction Staline (fraction objective qui n’avait besoin d’être constituée) car il menaçait tout l’édifice bureaucratique.

Mais il était contenu à un prix trop élevé pour la haute bureaucratie qui ne rêvait que d’augmenter ses privilèges, de devenir comme ses pairs capitalistes (voilà un de sens de la coexistence pacifique). Staline en était un obstacle dans cette course de vitesse au capitlaisme et comme il s’opposait à la tendance principal, celle qui découlait de tout l’ensemble de ce hybride impossible : la construction du socialisme en un seul pays, cette absurdité théorique et pratique, il a été éliminé: physiquement peut-être, politiquement sans doute.

Il n’y a pas, il ne peut pas avoir de socialisme dans un pays arriéré et en dehors des échanges internationaux. il est nécessaire une série des pays développés au moins. Toute l’histoire du XX siècle est là pour le prouver.

Depuis Boukharine, les communistes russes ont essayé de faire la quadrature du cercle, et ils n’ont pas réussi et ne pouvaient pas réussir. Staline n’a fait qu’éviter que la barre aille trop à droite mettant en danger l’ensemble de la bureaucratie car les traditions d’Octobre restaient encore vives en URSS, mais il ne pouvait pas aller à l’encontre des forces économiques et sociales trop puissantes pour ses capacités. Ses coups de barre continuels de droite à gauche et inversement sont là pour le prouver.

A l’impossibilité d’un chemin qui aurait dû être tout d’abord de dire la vérité, de tenir l’ensemble du pouvoir des soviets, développer l’économie planifiée, la démocratie prolétarienne et mettre le centre sur le développement de la révolution mondiale, le seul chemin prolétaire; il a choisi de soutenir la bureaucratie interne par tous les moyens terribles à sa disposition, tout en subordonnant le mouvement communiste international aux intérêts à courte vue de cette bureaucratie. La gauche, toute opposition a été ainsi liquidée.

Probablement il a commencé par un tout petit erreur idéologique et politique mais l’égratignure s’est transformée en gangrène et une fois sur la pente glissante du « socialisme dans un seul pays » il n’a pu que boire la coupe jusqu’à la lie, se transformant personnellement d’un menchévique par essence (il n’a jamais été idéologiquement autre chose qu’un menchévique de gauche au mieux) en un contrerévolutionnaire objectif.

Bien sur, les « trotskystes » (?) disent cela aussi, mais beaucoup d’autres gens aussi et si ces gens disent qu’il y a le jour et la nuit, je ne vois pas pourquoi je dois penser autrement seulement parce qu’ils le disent. Ils peuvent se tromper sur beaucoup de choses mais le constat de fait d’une politique qu’aujourd’hui ont peut connaitre par ses documents et ses témoignages est l’apanage de tous. Les fait sont têtus et celui qui voudrait aller contre se perdra.

 

Réponse

 

tribunemlreypa

juillet 16, 2018 à 9:16

Effectivement, les faits sont têtus, et c’est pourquoi la politique de Trotsky n’a connu aucune réalisation concrète, où que ce soit dans le monde, et encore moins, évidemment, à l’échelle mondiale, d’une « révolution mondiale » introuvable ailleurs que dans les fantasmes des petits bourgeois idéalistes, et dont l’idéalisme n’est, en réalité que le masque de l’opportunisme et du menchévisme dont Trotsky n’est jamais réellement sorti, sauf, par pur opportunisme, en s’alliant très provisoirement avec les gauchistes dont il ne partageait même pas non plus réellement les options politiques, sur la NEP, notamment…

L’accumulation primitive du capital n’est pas un système économique, un mode de production à proprement parler. Elle est simplement un catalyseur violent qui accélère la transition entre deux formes. En URSS, c’est la mafia qui a joué ce rôle. Libre à toi de nier cette évidence. Malheureusement pour l’idéalisme petit bourgeois auquel tu sembles décidément faire à peu près toutes les concessions, dans ce que tu nies pourtant être un manifeste trotskyste, les faits sont effectivement têtus!!

La véritable révolution mondiale, non fantasmée, se construit en luttant pas à pas, pays par pays, contre l’impérialisme et le capitalisme, et avec la solidarité internationaliste entre ces luttes.

Luniterre

PS:

« Il n’y a pas, il ne peut pas avoir de socialisme dans un pays arriéré et en dehors des échanges internationaux. il est nécessaire une série des pays développés au moins. Toute l’histoire du XX siècle est là pour le prouver. »

L’URSS, par définition, ce n’était pas « un seul pays », mais en plus, sur 1/6ème du globe, avant même l’extension du camp socialiste après guerre…

« arriéré »… La Russie tsariste était un pays capitaliste-impérialiste émergent, tout comme l’est la Chine aujourd’hui, et donc avec des niveaux de développement différents selon les secteurs.

la Russie tsariste comptait déjà plus de 80 000 km de voies ferrées… A l’heure actuelle, 86 000, soit seulement 6 000 de plus…

Ceci-dit, la guerre civile, sous Trotsky, en avait effectivement détruit 60%…
Il a effectivement contribué à en reconstruire une partie, et donc, non, il n’a pas eu tout faux, sauf ce qui était politiquement essentiel.

Il est évident que la bourgeoisie est prête à détruire les forces productives, et surtout en cas de révolution…

« le « socialisme » qui est, par définition une société d’abondance et profondément démocratique »

Avant la société d’abondance, il faut donc d’abord reconstruire les forces productives…
L’exemple actuel de la Syrie, comme tant d’autres, nous montre que l’impérialisme n’a pas changé sous ce rapport et que le degré de destruction des forces productives qu’il infligera au prolétariat sera lui-même à la mesure de ces forces, et donc, voir le socialisme comme une corne d’abondance à portée de la main dès la prise du pouvoir ou même rapidement, c’est simplement de l’utopie et de l’idéalisme petit-bourgeois à un degré élevé d’aveuglement. Dommage que tu en arrives là…

Quant à la démocratie, au sens prolétarien du terme, elle commence d’abord par avoir un contenu de classe, d’où son nom : dictature du prolétariat !

Même avec tous ses défauts, l’URSS de l’époque stalinienne reste une expérience constructive dont on peut tirer des leçons utiles, contrairement au trotskysme, qui n’est que bavardages gauchisants au secours de l’idéologie bourgeoise et de son anticommunisme et anti-soviétisme.

Réponse

tribunemlreypa

juillet 16, 2018 à 5:49

Pour finir, essayons de voir s’il y a la moindre cohérence dans tes propos sur ce sujet…

Le socialisme est selon toi et Trotsky impossible à construire dans un seul pays, même comme la Russie, selon ce propos…

Il fallait donc renoncer et dire cette « vérité » au prolétariat…

Il fallait donc, en toute logique, proclamer la nécessité de sauvegarder le capitalisme en Russie… Même si prétendument « planifié », selon la loi du marché, dans un régime prétendument démocratique « prolétarien », mais basé sur le capitalisme et l’économie de marché, etc… tout le programme de « transition » de Trotsky, effectivement…

Et continuer à parler de révolution mondiale au reste du monde…

Ne vois-tu pas l’absurdité ?

Est-ce le propos de Lénine, en outre ?

Non. Même en proposant d’utiliser le capitalisme d’État, Lénine proposait de développer aussi le secteur socialiste de l’économie, de façon clairement distincte du capitalisme d’État. Ce n’est pas l’un ou l’autre, mais l’un et l’autre, et même, plus précisément, l’un au service de l’autre, c’est à dire, évidemment, le capitalisme d’État au service du socialisme.

Mais selon toi et Trotsky, il fallait renoncer au socialisme.

Mais tu reproches constamment à Staline que ce qu’il a fait « ce n’est pas du socialisme »… En toute logique tu devrais donc l’en féliciter…

Mais ce n’est pas non plus ce que tu fais en commençant par affirmer, dans ton premier post, à propos de la période Brejnev :

« la situation pourrissait devant les yeux de tout le monde et tous cherchaient des solutions pour s’en sortir, la situation n’était pas encore prête pour passer directement au capitalisme, but inavouable mais ardemment désiré de la bourgeoisie en formation qui fut la bureaucratie soviétique. »

Donc ici, selon toi, l’URSS aurait été socialiste sous Brejnev, mais pas sous Staline… Brejnev aurait donc réussi là où Staline avait, selon toi, échoué, vu l’impossibilité… qui ne l’était donc plus sous Brejnev… Mais heureusement pour les mânes de Trotsky, et en bon apôtre de ce genre d’idée, il cherchait donc néanmoins à « s’en sortir », du socialisme, qu’il aurait donc instauré malgré lui et par accident, en quelque sorte…

Et là encore tu dois donc te féliciter de la venue du « sauveur » Gorbatchev, qui a enfin remis de l’ordre dans tout ça…

Ne vois tu pas l’absurdité et l’aspect grotesque de tout ce galimatias archi-incohérent, qui affirme à peu près tout et le contraire de tout, juste pour aligner une phraséologie « de gauche », semble-t-il simplement ?

Relis toi et essaye simplement de rester cohérent…

Bon courage à toi,

Luniterre

Réponse

 

Viriato

juillet 17, 2018 à 1:32

Il faudrait commencer par définir ce qui est Socialisme.

J’ai dit que c’est une société d’abondance et démocratique. On aurait pu ajouter que c’est une société où le pouvoir politique et économique bourgeois a été supprimé.

L’URSS ne répondait pas à ses caractéristiques, c’est un fait reconnu par tous. Il était un état ouvrier profondément en déliquescence, profondément rongé par une bureaucratie toute puissante qui profitait de l’exploitation de la classe ouvrière et paysanne. Les maoïstes, certains trotskystes (Tony Cliff, Socialisme et Barbarie, Socialisme par en Bas etc.) et les ML l’ont qualifiée de « capitalisme d’état » (une absurdité selon mon idée). Un « capitalisme » sans capitalistes est une absurdité.

Ton argumentaire n’a comme autre base que coller « trotskisme » à cette critique objective. Critique faite par un tas de personnes à gauche dont la liste est longue.

Quant aux « incohérences » je ne les voit pas, par contre tu ne lis pas ce que j’écris et réponds à côté.

Que est ce qui vient faire ceci « tu dois donc te féliciter de la venue du « sauveur » Gorbatchev »? De l’impossibilité objective de construire une société d’abondance et démocratique prolétaire dans un pays arriéré et encerclé par l’impérialisme, un fait objectif prouvé par l’histoire, tu m’accuses de vouloir « le capitalisme » pour la Russie…

Quand il n’y a pas d’arguments on attaque ad hominem, c’est bien connu.

L’économie planifiée, le monopole du commerce extérieur, ne sont que des outils pour créer une société d’abondance condition nécessaire pour le développement de la démocratie prolétarienne. Mais le socialisme ne se décrète pas, c’est un état de fait et la société de pénurie (j’espère que tu ne contredis pas ceci), obligée de dépenser dans l’entretien d’une énorme bureaucratie privilégié ce qui résulte dans un manque de démocratie prolétarienne et d’autres terribles distorsions est un régime qui peut avoir des caractéristiques propres de ses origines mais ce n’est pas du socialisme ou alors on ne se comprends pas sur le sens des mots.

Bien sur, tu peux accepter ce que le système stalinien disait de lui, mais aujourd’hui il y a des témoignages et des documents qui prouvent tout autre chose. Rien que la lecture de Jésus Hernandez, membre fondateur du Parti Communiste Espagnol et participant en la guerre civile, donne la mesure de la situation économique de l’URSS en 1938-39. Une pénurie aiguë des articles le plus élémentaires, un régime interne de terreur. La Iejovchina.

Bien sur, c’était la faute de la menace de guerre, et encore car les erreurs grossiers de la direction économique et politique, la répression qui a fait des centaines de milliers de communistes (ou bureaucrates) ont largement contribué à cet état de fait, mais peut-on parler de « socialisme » sans dénaturer complètement le sens du mot? Non, évidemment.

C’était une société qui aurait pu aller au socialisme après la liquidation de la bureaucratie suite à une deuxième révolution politique si l’environnement international ce serait amélioré avec l’éclosion d’une révolution dans un grand pays.

En fait, ce que l’on a vu c’est une tendance vers le capitalisme, contrée à peine pour éviter et arbitrer les disputes au sein de la haute bureaucratie, sans pouvoir freiner sa dérive jusqu’à Gorbatchov.

Autrement, Non, sous Brejnev a été le dernier gros efforts d’une partie de la haute bureaucratie pour freiner les tendances ouvertes vers le capitalisme des Andropov, Gorbatchov et tutti quanti qui poussaient pour. Une autre partie de la bureaucratie préférait garder le statu quo malgré que la situation était invivable et que les tendances pro-capitalistes se développaient partout. Les baronnies, les véritables « royaumes » particuliers ou des satrapes se développaient en Bielorussie, Kazakhstan, etc et à l’intérieur de la Russie même, où chacun veillait pour les siens formant des clientèles et exploitant qui mieux mieux les travailleurs soviétiques qu’eux, n’avaient mot à dire.

Que dans cet environnement, que certains insistent à faire passer pour « socialisme » et « marxisme-léninisme » des types comme Cheverdnadze, Gorbatchov et Eltsine soient devenus des anti-xommunistes forcenés et des ardent partisans de l’impérialisme ce n’est que le résultat de l’écrasement de la démocratie prolétarienne en premier lieu et d’une politique dont le premier responsable est celui qui l’a proclamée « socialiste » non pas parce qu’elle l’était mais pour assurer son pouvoir sous la bannière de la Révolution d’Octobre.

Bon, que est-ce qu’il y avait donc en URSS?

Du socialisme? Quoi en fait?

Que est-ce que c’est que le socialisme? Est-ce que la démocratie prolétarienne est consubstantielle au socialisme?

Sans définir ces points, comment peut-on discuter?

Réponse

 

tribunemlreypa

juillet 17, 2018 à 2:25 

Manifestement, tu ne vois toujours pas tes propres contradictions et absurdités, alors même que tu les soulignes :

«Il faudrait commencer par définir ce qui est Socialisme.
J’ai dit que c’est une société d’abondance et démocratique. On aurait pu ajouter que c’est une société où le pouvoir politique et économique bourgeois a été supprimé.
L’URSS ne répondait pas à ses caractéristiques, c’est un fait reconnu par tous. Il était un état ouvrier profondément en déliquescence, profondément rongé par une bureaucratie toute puissante qui profitait de l’exploitation de la classe ouvrière et paysanne. » 

Donc, selon toi, ou plutôt, selon cette partie de ton propos, l’URSS n’était pas socialiste…

De quelle époque de l’URSS parles-tu ici, on ne le sait pas, et donc ce propos est censé couvrir l’ensemble des différentes périodes historiques de l’URSS. Prenons le pour tel…

Aussitôt, directement, tu enchaines avec :

« Les maoïstes, certains trotskystes (Tony Cliff, Socialisme et Barbarie, Socialisme par en Bas etc.) et les ML l’ont qualifiée de « capitalisme d’état » (une absurdité selon mon idée). Un « capitalisme » sans capitalistes est une absurdité. »

Aussitôt après, donc, tu critiques ceux qui verraient dans l’URSS une forme de capitalisme… L’URSS, donc, selon ta critique de cette position, n’était donc pas capitaliste, et d’autant moins que tu affirmes donc qu’il n’y avait pas de capitalistes en URSS.

Donc l’URSS, qui n’était pas socialiste, à aucune époque de son histoire, n’était pas non plus capitaliste, à aucune époque de son histoire, et ne comprenait aucun élément capitaliste, à aucune époque de son histoire… !

L’URSS, à la « lumière » de ton analyse, est donc un cas pour le moins étrange, quasiment « hors sol », selon une image actuelle, pour ne pas dire, sur une autre planète, en quelque sorte… !

On pourrait encore analyser d’autres aspects de ton post, qui suivent ce type de raisonnement absurde, mais le mieux serait encore que tu te relises, à nouveau, et que tu essayes de rendre ton propos cohérent.

En l’état actuel, bonjour la dialectique …!

Bon courage,

Luniterre

Réponse

tribunemlreypa

juillet 18, 2018 à 2:37

Pour continuer de reprendre les choses simples à la base, qui semble t’avoir échappé…

« Pouvoir bourgeois » ???

Le socialisme est, par définition, une économie de transition. C’est la plus basique de ses définitions, avec la dictature du prolétariat, sur laquelle elle repose, politiquement.

S’il n’y a plus de capitalisme, il n’y a plus de pouvoir bourgeois… Donc, quelle qu’en soit la forme, on est dans un régime socialiste.

Ce que montre la NEP, néanmoins, c’est la possibilité de survivance provisoire et partielle, minoritaire, d’un secteur économique capitaliste sous la dictature du prolétariat, et soumis à cette dernière.

Cela peut donc comprendre également différentes formes de capitalisme d’État, distinctes du secteur économique socialiste.

A ce stade, donc, capitalisme et bourgeoisie n’ont pas totalement disparus, mais ils n’ont plus de pouvoir politique.

Avec la liquidation de la NEP, la situation est plus simple, il n’existe plus qu’un secteur socialiste, même s’il comprend une variété de formes, dont celle des Kolkhozes.

Différentes formes, mais elles ont toutes un trait fondamental en commun : la propriété collective des moyens de production.

Il s’agit d’une économie planifiée, en fonction des besoins et des priorités de survie et de développement de la société. Il peut effectivement y avoir lieu de critiquer les défauts du système, dont la bureaucratie, mais il s’agit donc bien de socialisme.

A ce stade, ce n’est pas une société d’abondance, car la priorité collective est de survivre à l’encerclement impérialiste.

Avec Khrouchtchev, le capitalisme recommence là où il s’est arrêté avec la fin de la NEP, et donc par le renoncement à la propriété collective des moyens de production. Avec l’autonomie financière des entreprises, celles ci deviennent, de fait, propriétaires des moyens de production. Le cas des Kolkhozes est même très officiellement exemplaire à cet égard. Il y a réintroduction des notions de profit et de marché, et donc, du capitalisme.

C’est pourquoi la ligne du 20ème Congrès peut être considérée comme le point de basculement de la nature de classe de l’État soviétique. C’est pourquoi on ne peut parler globalement d’URSS sans distinction de période, sauf à valider les conceptions idéalistes bourgeoises les plus réactionnaires, comme le font les trotskystes…

Cette pratique, qui est aussi malheureusement la tienne, à quelques nuances près, mais à l’identique, quant au fond, ne permet évidemment pas d’y comprendre quoi que ce soit de réel, et introduit même les confusions les plus absurdes, surtout dans ton cas, malheureusement !

A noter à nouveau que si le socialisme était réellement impossible dans les conditions de l’URSS, c’est une thèse du genre de Cliff que Trotsky et ses adeptes auraient du valider, et toi même aussi, logiquement, à leur suite… Alors que tu valides plutôt la thèse inverse, semble-t-il… Selon laquelle le socialisme, qui était impossible en URSS, y aurait néanmoins survécu de 1917 à 1989…

Une thèse manifestement sponsorisée par l’industrie pharmaceutique des neuroleptiques… !

Luniterre

Réponse

 

Viriato

juillet 18, 2018 à 7:06 

Evidemment les confusions sont de ton côté.

Confondre la nature du pouvoir de l’état avec le système économique qui prévaut c’est qui ressort de ton dernier post.

Il s’agissait d’un dictature du prolétariat avec des graves déformations bureaucratiques déjà vers la fin de la vie de Lénine et avec ses propres mots. Et la nature de l’état était l’héritage de la révolution prolétarienne, de la démocratie des soviets.

Mais pour le système économique, il s’agissait d’une économie qui jusqu’à 1929 était fondamentalement de marché, la NEP, plus le monopole du commerce extérieur et le contrôle par l’état des industries et un début de planification. L’Italie après guerre avait 75 % de ses moyens de production en mains de l’état, cela ne fait pas Socialisme.

Une chose est un « processus de construction du socialisme » qui dans les termes signifie qu’il n’y avait pas de Socialisme et une autre les profondes tendances capitalistes souterraines qui se manifestaient (marché parallèle de main d(oeuvre, de la distribution, des salaires etc) precisement parce que les tendances socialistes étaient entravées par le poids du gaspillage bureaucratique, des erreurs politiques, du manque de démocratie prolétarienne.

Cette « processus » avait comme origine la Révolution d’Octobre et son héritage a été dévoyée d’abord vers la droite (‘ »enrichissez-vous! » « dénoncez les super industrialisateurs » de Boukharine-Staline de la période 1925-1929) et « redressé » vers le gauchisme absurde de la collectivisation forcée et la liquidation de l’agriculture soviétique (plus du 50% du cheptel perdu « grâce » au virage ultra gauchiste à 180° de Staline) sous un régime où la démocratie prolétaire et les soviets avaient disparue.

Si cela est du socialisme et même un « processus vers le socialisme » je me fais moine.

C’était en fait la consolidation du pouvoir de la bureaucratie et prendre la route vers un « processus de restauration du capitalisme » comme la logique des forces déclenchées et les faits historiques l’ont montré. Et cela malgré les coups brutaux à gauche don,nés par Staline et certains de leurs disciples.

Toute l’histoire de la Russie de cette époque, handicapée par le manque (plutôt le ratage fruit de la « direction » politique stalinienne) des révolutions en Europe et ailleurs, a été une lutte entre la droite et le centre après la mort de Lénine et ces deux fractions ou lignes répondaient aux intérêts de la bureaucratie qui, par la force des tendances profondes liées au développement arriéré de l’URSS, tendaient vers le capitalisme.

Tu dis « Avec Khrouchtchev, le capitalisme recommence là où il s’est arrêté avec la fin de la NEP, et donc par le renoncement à la propriété collective des moyens de production. Avec l’autonomie financière des entreprises, celles ci deviennent, de fait, propriétaires des moyens de production. Le cas des Kolkhozes est même très officiellement exemplaire à cet égard. Il y a réintroduction des notions de profit et de marché, et donc, du capitalisme. »

En sortant Khroutchev…de ton chapeau. Le bras droit de Staline, tout d’un coup, dénonce son menteur et devient capitaliste…par la grâce du Saint Esprit?.

Et tu parles de « processus »…Il est où le « processus » là?

Evidement dans la lutte entre les tendances de droite et centriste au sein de la bureaucratie car le prolétariat était soumis à la dictature de cette bureaucratie qui l’exploitait.

Mais pour que Khroutchev ait pu développer des politiques telles c’est parce que les tendances de fond de la société et de l’économie lui en permettaient et même le prédisposaient pour sauver l’ensemble du système.

Je te signale que une tendance encore plus à droite s’était fait jours avec l’autre camarade intime de Staline, Béria, qui voulait des politiques à la Gorbatchov dès 1945…(voir les aveux de son fils sous forme de biographie de son père).

Kroutchov a triomphé parce qu’il représentait un compromis entre les factions à l’intérieur de la bureaucratie, compromis acceptable et en direction du capitalisme mais moderement encore. Après des allers-retours, Gorbatchov finira le véritable processus, la restauration du capitalisme.

Car l’alternative était « capitalisme ou socialisme » mais le socialisme impliquait une révolution politique pour débarquer la bureaucratie (c’est la justification que l’équipe Mao va donner pour mobiliser les masses lors de la Révolution Culturelle, même si on peut discuter l’honnêteté du discours), la restauration de la démocratie soviétique, des soviets donc; le nivellement des salaires contre la bureaucratie, la discussion des choix politiques et économiques.

Aucune des tendances à l’intérieur de la bureaucratie pouvait proposer cela, moins encore Staline qui, voyant l’impossibilité d’éviter les tendances centrifuges, les tendances capitalistes parallèles, l’impossibilité de soutenir la course aux armements et d’arriver à la productivité du travail du monde capitaliste, a voulu freiner la dérive perceptible par …des « mesures administratives » (euphémisme impropre d’un marxiste pour signaler des crimes).

C’était évidement un chemin sans issue et la véritable conception idéaliste est de faire croire qu’il s’agissait des « personnes », des « renégats », des « Khroutchev ». L’analyse marxiste des forces économiques profondes qui se réflétent et s’imposent dans la conscience politique est remplacé par la théorie idéaliste des « grands » ou « petits » dirigeants.

Si c’est cela le « Socialisme » ou même un « processus vers le socialisme » personne en voudra. La planification économique servait qui? Directement à la bureaucratie et à une couche de spécialistes qui tirait tous leurs revenus, parfois des centaines de fois supérieurs au salaire moyen ouvrier (et cela sous Staline qui l’a justifié « théoriquement » ‘tout dépend des cadres’, monument théorique à la gloire de la bureaucratie…) de leur position dominante sans discussion possible dans l’appareil du parti et de l’état.

Elle aurait pu servir à terme au prolétariat s’il y avait eu au moins une possibilité de démocratie prolétarienne, du pouvoir de soviets. Mais c’était un processus en direction du capitalisme et une économie au service des 10 à 15 % de la population à tout casser, sous des formes rappelant l’oppression tsariste et féodale, où le gaspillage, la gabegie, le salaire aux pièces, les circuits parallèles contraient les bénéfices de la planification centralisée…mais non démocratique.

Ces tendances, incontrôlables, qui apparaissent déjà avant la guerre, sont tellement mûres que Béria, premier couteau de Staline, les propose dès 1945! C’était aller trop vite en besogne et il a payé de sa vie son aventurisme. Mais c’était reculer pour mieux sauter.

Bref, tout montre que le socialisme est impossible en un seul pays, arriéré de surcroit. Tout le XX siècle est là pour le montrer et ceux qui ne veulent pas voir ont comme putching ball de consolation….un fantasme irréel qui n’existe plus: « le trotskysme » catégorie indéfinissable (comme toute les autres d’ailleurs. Il n’existe plus qu’une droite, un centre et une gauche du mouvement ouvrier) mais encore bonne pour ceux qui ne veulent pas analyser les fait er reconnaitre les évidences.

 

Réponse

tribunemlreypa

juillet 18, 2018 à 1:27

« Évidemment les confusions sont de ton côté. »

Assez comique… !

Tu fais manifestement beaucoup d’efforts pour ne pas sortir de ce dilemme absurde…

Ici tu tentes de démontrer par A+B que l’URSS n’était pas socialiste…

Elle était donc bien capitaliste, selon toi, dans cet exposé, et depuis le début, donc…

Donc il n’y a pas eu de contre-révolution, selon cette « logique » ni en 53, ni en 91, et à quoi bon batailler pour cela , donc…?

Sinon pour démontrer que la Révolution Socialiste est impossible dans un seul pays, et donc, qu’elle n’a pas eu lieu, en fait…?

A quoi bon en parler, alors ?

D’autant qu’il n’y avait donc pas, possiblement, selon toi, de secteur économique socialiste, même dans l’URSS primitive de la NEP…

« Mais pour le système économique, il s’agissait d’une économie qui jusqu’à 1929 était fondamentalement de marché, la NEP, plus le monopole du commerce extérieur et le contrôle par l’état des industries et un début de planification. L’Italie après guerre avait 75 % de ses moyens de production en mains de l’état, cela ne fait pas Socialisme. »

Donc, ici, selon toi, Lénine s’est carrément gouré en parlant de secteur économique socialiste, parmi les modes de production existants en Russie soviétique…

Remarque bien que cela colle tout à fait avec ce qu’on peut lire dans les propos « économiques » de Trotsky et également, tout à fait avec les analyses de son plus proche héritier politique, Michel Raptis, dit « Pablo » !!

Ces deux là considèrent en effet l’économie soviétique comme étant entièrement une économie de marché, et s’ils parlent de « socialisme », ce ne peut être que de « socialisme de marché », ce qui est clairement exprimé par Raptis, d’après les textes de Trotsky lui-même…

Et encore peut-être n’avait-il pas suffisamment remarqué ce passage, désormais mieux connu, tant il lui paraissait naturel et allant de soi :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Néanmoins tu admets que l’URSS a été fondée sur la base de la dictature du prolétariat…

« Confondre la nature du pouvoir de l’état avec le système économique qui prévaut c’est qui ressort de ton dernier post.
Il s’agissait d’un dictature du prolétariat avec des graves déformations bureaucratiques déjà vers la fin de la vie de Lénine et avec ses propres mots. Et la nature de l’état était l’héritage de la révolution prolétarienne, de la démocratie des soviets. »

Donc, en suivant ton propos, la dictature du prolétariat en Russie soviétique avait pour but d’établir, sous le vocable « socialisme » une économie de marché, qu’il aurait donc fallut, en toute logique, baptiser « socialisme de marché »…

On est donc ici effectivement en plein trotskysme, tel que réellement pensé par Trotsky lui-même, et clairement exprimé par son disciple Raptis…

Le problème est, vois-tu, que pour vendre cette salade au prolétariat, il faut arriver à l’emballer suffisamment pour en cacher la véritable nature, ce que les trotskystes s’ingénient à faire, effectivement, avec le succès pour le moins relatif qu’on leur connait…

Car « socialisme de marché » , c’est pas de socialisme du tout, et cela commence à être suffisamment évident, pour le prolétariat mondial, notamment avec son avatar chinois…

Comme tu l’interprètes toi-même :

« Une chose est un « processus de construction du socialisme » qui dans les termes signifie qu’il n’y avait pas de Socialisme… »

Néanmoins, dans ce galimatias tu persiste à voir des « tendances socialistes » qui auraient été en lutte contre les « tendances capitalistes »…

En somme, il y aurait eu lutte de classes… La belle découverte !

Mais ces « tendances socialistes » évoquées une seule fois dans ton post, on ne voit donc plus du tout comment elles auraient pu survivre, ni sur quelle base économique et sociale…

Concrètement c’est bien ton propos qui est entièrement tissé de confusionnisme…

Pour mémoire, tu nous infligeait, dans un précédent post, cette affirmation :

« Les maoïstes, certains trotskystes (Tony Cliff, Socialisme et Barbarie, Socialisme par en Bas etc.) et les ML l’ont qualifiée de « capitalisme d’état » (une absurdité selon mon idée). Un « capitalisme » sans capitalistes est une absurdité. »

Au point où tu en es de tes élucubrations, on ne sait plus si tu veux nous parler d’un « capitalisme sans capitalistes » ou bien d’un pouvoir des « capitalistes sans capitalisme »… Dans un cas comme dans l’autre, on nage en pleine absurdité, et tu continues à te contredire, d’un post à l’autre, et au sein même de chacun de tes post, sans que ton point de vue ne s’éclaircisse pour autant, sauf comme trotskyste effectivement très « orthodoxe », et même précisément au sens de Michel Raptis, que tu voues pourtant aux gémonies, façon Molière : « Cachez cet héritier politique que je ne saurais voir ! »

Tu es en train de nous parler d’une dictature prolétarienne exercée, selon toi, par une bourgeoisie bureaucratique entièrement capitaliste, en fait, selon cette logique, et qui aurait donc développé une économie de marché durant près de trois quart de siècle, et qu’elle aurait baptisé « socialisme », ce qui était donc, en fait, exactement le programme de Trotsky, mais qui, simplement aurait donc été frustré de ne pas être aux commandes de ce « processus »…

Et comme, de toutes façons, le « socialisme dans un seul pays est une impossibilité », il fallait bien que quelqu’un remette de l’ordre là dedans, et ce fut Gorbatchev, en quelque sorte le dernier de la liste des trotskystes sponsorisés… (voir l’article ci-dessus…)

Tout étant rentré dans le « bon ordre » capitaliste mondial, il n’y a plus qu’à attendre la « bonne révolution mondiale », et d’ici là, Trotsky peut enfin reposer en paix, et même assez longuement, semble-t-il…

Effectivement, la Révolution Socialiste dans un seul pays, sur 1/6ème des terres émergées, et qui a rayonné de son influence sur 1/3 de la planète, cela n’était donc finalement qu’un cauchemar… Le cauchemar du bourgeois et de ses séides idéalistes diverses…

Mais c’est encore le cas, manifestement!

Luniterre

Réponse

 

Viriato

juillet 19, 2018 à 7:39

Tu confonds les choses complètement.

Une chose est une société démocratique prolétarienne d’abondance, le socialisme. L’URSS n’est jamais arrivée à ce stade. C’est un fait objectif.

Une autre chose est le régime politique sorti de la Révolution d’Octobre, une forme de la dictature du prolétariat très déformée par le pouvoir de la bureaucratie qui n’avait d’autre base que d’être les héritiers de cette révolution. C’est le régime de Staline qui a dérivé jusqu’à Gorbatchov et le capitalisme avec des zig-zags entre la droite et le centre.

Une autre un processus économique qui, à ses débuts avait l’intention de s’orienter vers le développement des forces productives, la collectivisation de terres, le contrôle du commerce extérieur et la planification de l’économie. Ce processus a été mal conduit et dévoyé par les erreurs de droite lors de la faible industrialisation pendant la NEP (par le tandem Boukharine-Staline) , par le cours gauchiste des années 30, l’isolement forcé des échanges internationaux mais qui se répercutaient sur l’économie soviétique, la formation de circuites parallèles à caractère capitaliste.

Quand même ce processus a jeté les bases d’une industrialisation lourde du pays, d’une collectivisation des terres malgré la gabegie terrible provoquée par le manque de démocratie prolétaire de gestion et de planification, mais surtout l’imprévision politique et économique du duo Boukharine-Staline.
C’est la démonstration des possibilités d’une économie planifiée, comme deuxième expérience ouvrière internationale, malgré ses déformations que l’on défend l’URSS. Elle nous donne l’aperçu des possibilités qui peut donner une économie organisée selon un plan d’ensemble (même si cette planification était bureaucratique et de plus en plus sous des critères capitalistes).

Mais une économie planifiée, ce n’est pas le socialisme qui est une société démocratique et d’abondance, deux éléments inexistants en URSS. Le manque de ces éléments d’ailleurs a été une des faiblesses qui a provoqué sa chute.

Naturellement, on ne peut pas défendre l’éclosion d’une monstrueuse bureaucratie, du manque totale de démocratie soviétique, des illusions sur un prétendu « socialisme » qui n’était de fait que des formes économiques socialistes mélangées à des formes capitalistes au service d’une bureaucratie toute puissante, dirigée par Staline avec des très fortes tendances inégalitaires et vers le capitalisme. Ces tendances l’ont emporté.

Ce fut donc un processus inachevé et déformé presque depuis ses débuts, Lénine s’en est aperçu à la fin de ses jours et ses commentaires lors de ses derniers écrits sur les déformations bureaucratiques sont là pour le constater.

En fait, lui s’attendait à une révolution européenne et mondiale qui aurait pu sortir le révolution russe de l’impasse.

Staline lui-même a écrit jusqu’à 1924 que la construction du socialisme « dans un seul pays » était impossible.

La défense de l’URSS découle de considérations politiques. Est le deuxième essai du prolétariat mondial après La Commune et de son étude on peut trouver beaucoup des leçons a apprendre mais c’est tout sauf un modèle de « socialisme » plutôt de déformation bureaucratique d’une révolution socialiste.

Révolution socialiste car initiée par la classe ouvrière, mais assez rapidement dévoyée par les forces assemblées de l’arriération interne (150 millions de paysans semi-illétrés), le blocus capitaliste, le retard technique et industriel (la production industriel en 1922 correspondait à 13% de la production de 1914 et les usines avaient été abandonnés par les ouvriers qui étaient passés de 6 millions à 1,5 millions dans la grande industrie totalement en ruines pour la plupart), mais surtout par la démoralisation du prolétariat qui n’a pas vu venir la révolution européenne et par la formation d’une bureaucratie soviétique (qui était composée en bonne partie par l’ex-bureaucratie tsariste).

Alors et malgré ton point de vue, l’URSS était un régime de dictature du prolétariat par ses origines, très déformée par la dictature d’une bureaucratie soviétique toute puissante qui elle s’appuyait et se soutenait sur les acquis et l’aura de la Révolution d’Octobre et qui a mis en place des formes socialistes encore très déformées de planification socialiste avec des éléments économiques du capitalisme mais au service de la haute bureaucratie fondamentalement.

Voilà pourquoi et voilà comment s’expliquent les luttes à l’intérieur de l’URSS, l’éclosion d’un Khroutchov, main droite de Staline, comme Deus ex Machina des forces développées à l’intérieur de l’URSS et qui pointaient vers le capitalisme et le triomphe finale de Gorbatchov quand la bureaucratie a pu s’assurer du pillage à son profit privée des restes d’une économie qu’était entrée dans une crise profonde.

La société de pénurie et sans démocratie (que certains voudraient nous vendre pour du « socialisme »), sans croissances du fait du pillage grossier par les diverses bureaucraties, encerclée et forcée de dépenser des milliards pour sa défense, allait vers l’effondrement si une révolution prolétarienne ne pouvait pas la redresser, mais cela fut impossible suite à la persécution implacable de toute tendance de gauche, immédiatement qualifiée de « trotskyste » même si elle ne l’était pas, comme ce fut le cas dès 1940 où ils ont été fusillés avec tous les autres représentants de la gauche. Depuis lors, il n’y a eu que les tendances de droite, hystériquement anti-communistes qui ont été tolérées.

Il ne restait que « l’option » de la transformation de la haute bureaucratie en classe capitaliste. C’est ce qui est arrivé.

Voilà les forces objectives qui ont menée l’URSS vers la Russie capitaliste. Pas besoin de chercher des Khroutchov , « ce type qui n’avait jamais lu un libre » selon V. Molotov, pour « expliquer  » les choses.

Trotsky sort de tout ça grandi et son livre « La Révolution Trahie » est le meilleurs analyse marxiste sur la question. Cela ne fait pas de moi un « trotskyste » (c’est quoi ça?) moins encore un « Pabliste » (Michel Raptis) mais quelqu’un qui n’a pas peur de corriger son point de vue devant la masse des faits et documents disponibles.

Réponse

 

tribunemlreypa

juillet 19, 2018 à 11:18

 

De plus en plus pathétique, mais révélateur, en même temps… !

Qui « confond » quoi ???!

A vouloir « unifier », à la manière trotskyste typique, et idéaliste bourgeoise, également, les différentes époques et processus de l’histoire de l’URSS sous le vocable « bureaucratie stalinienne » tu en expurges de plus en plus ce que tu tentais toi-même de décrire comme « tendances socialistes » dans tes précédents posts…  A quoi bon, de toutes façons ? Ce que tu essayes de contourner, c’est le fait évident qu’un État ne peut être « neutre » dans la lutte des classes… En tant que superstructure, il doit nécessairement être le reflet des infrastructures économiques qui justifient son existence. Il a donc une nature de classe correspondant nécessairement au régime social et économique en cours de développement. C’est à la fois une évidence et le B-A-BA du marxisme-léninisme… ! Un décalage peut évidemment se produire en période révolutionnaire, ou même, contre-révolutionnaire (A ce sujet, voir le graphique révélateur joint récemment à :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/19/ne-khotim-umirat-na-rabote-pour-ne-pas-mourir-au-travail-finalement-le-vent-se-leve-a-lest/ )

mais ce ne peut être, tout aussi évidemment, qu’une courte phase de transition entre deux processus différents de développement des forces productives, et deux processus de nature de classe différente, donc !

Vouloir « unifier » peu ou prou les différentes périodes de l’histoire soviétique sous un même processus, cela confine donc à l’absurde, et, de toutes façons, cela n’exonère pas de devoir en déterminer, in fine, la nature de classe !

__Une dictature du prolétariat correspond à un régime socialiste, aussi imparfait soit-il…

__Un régime économique capitaliste correspond à une dictature de la bourgeoisie, fut-elle comprador, nationale, national-bureaucratique ou capitaliste monopoliste d’Etat et impérialiste…

Il n’y a évidemment pas de possibilité qu’une « dictature du prolétariat » soit en correspondance, sur près de trois quarts de siècles (!!!), avec un régime économique tel que tu le considère, et qui est nécessairement capitaliste, selon ta définition elle-même…

Sinon tu en reviens toi-même au concept effectivement absurde de « capitalisme sans capitalistes », que tu prétendais critiquer dans un de tes premiers posts !

Si dictature prolétarienne il y a eu, et sur une période durablement significative, il y a donc eu socialisme, sur cette période, encore une fois, et même si très imparfait…

En regard de cette problématique fondamentale, à laquelle tu ne saurais échapper, d’un point de vue ML, le fait que ta « théorie » soit 100% raccord avec le trotskysme-pablisme, c’est à dire le trotskysme le plus « orthodoxe » historiquement, dans son genre, cela est effectivement purement anecdotique, mais ce n’en est pas moins une autre réalité incontournable !

Bon courage, encore, pour le cas où tu voudrais réellement sortir de ce dilemme absurde…

Luniterre

Réponse

 

Viriato

juillet 20, 2018 à 7:24

 

La pléthore de qualificatifs péjoratifs inutiles font penser plus à la projection qu’autre chose.

Ce « détail » théorique, « Un régime économique capitaliste correspond à une dictature de la bourgeoisie »; propre des dogmatiques ou de ceux qui voient les choses en « blanc et noir » sans comprendre les processus ni les nuances, est à la base de la « défense » d’une « socialisme » qui n’a jamais existé comme forme réelle de démocratie prolétarienne et d’abondance productive et de consommation.

La dictature du prolétariat peut très bien avoir un régime économique capitaliste et les bolchéviques avaient pensée au tout début à établir qu’un contrôle ouvrier sur la production plus la répartition de terres (mesure on ne peut plus capitaliste). Après, la prédominance de la NEP (conçue pour des décennies à ses débuts) montre que cela est bien possible.

Toute la question était comment garder le pouvoir soviétique, d’une classe ouvrière affaiblie par la guerre et la famine, dans ces conditions. Il y avait deux lignes: celle qui voulait pousser une industrialisation par l’imposition des paysans à fin de « tenir », en attendant la révolution en occident. C’était la ligne de Trotsky et de l’Opposition de gauche.

L’autre, celle de Boukharine-Staline était de continuer la NEP pour « des décennies », pousser la polarisation de la campagne créant une bourgeoisie paysanne riche qui serait imposée pour industrialiser le pays. Cette mesure de droite était contrebalancer par la théorie du « socialisme en un seul pays » nouvauté révisionniste qui allait à l’encontre de tout ce qui avait dit Lénine et tous les socialistes de leur temps, Staline inclus jusqu’à 1924

C’est cette option qui a prévalue et qui, sans voir que les paysans n’allaient pas fournir du blé sans une contrepartie industrielle d’échange, a conduit la NEP à la faillite et, une fois liquidé la droite par Staline, forcé le tour à 180° de la collectivisation forcée catastrophique de terres et l’industrialisation à marches forcées. De la droite à l’ultra-gauche.

Tu dis « Il n’y a évidemment pas de possibilité qu’une « dictature du prolétariat » soit en correspondance, sur près de trois quarts de siècles »

A partir d’une société arriérée, encerclée par l’impérialisme, dirigée par des droitiers ou des centristes (Boukharine-Staline), à des fortes composantes capitalistes parallèles, plombée par une bureaucratie rapace, sans démocratie ouvrière et qui tendait fortement vers le capitalisme sans l’éclosion d’une révolution politique contre la dictature de la bureaucratie, il est impossible de lui donner le qualificatif de « socialisme » ou les mots perdent tout leur signification.

Mais il ne s’agissait pas d’une dictature de la bourgeoisie, il n’y avait pas les éléments nécessaires, l’héritage, la possession des moyens de production pour faire de la bureaucratie corrompue, une bourgeoisie comme le prétendirent beaucoup des théoriciens de différentes tendances. C’était donc tout au plus c’est un régime de dictature du prolétariat très déformée, dégénérée, dont le seul lien avec le prolétariat sont les formes socialistes de l’économie, malgré leur déformation importante, mais surtout l’origine qui se trouve dans le Révolution d’Octobre et dont les dirigeants s’en réclament car ils proviennent de ce magnifique mouvement des masses et ils ne sont pas des capitalistes, mais surtout ne profitaient sans avoir besoin encore au temps de Staline, de devenir une bourgeoisie à part entière.

Et arrête avec le « pablisme », la seule chose que tu sembles connaitre du mouvement trotskyste. Informe-toi un peu avant de lancer des accusations absurdes. Je ne suis pas « trotskyste » et j’ai déjà répété cent fois que ces catégories ont perdu tout de leur valeur; il n’y a qu’une droite, un centre et une gauche dans toutes les anciennes tendances, donc leurs anciennes dénominations ont perdu complètement de leur validité.

Par contre je pense que c’était Trotsky qui avait raison à cette époque et que leur analyse sur un tas de questions garde sa validité, de même que je pense que certains écrits de Kautsky, Bernstein, Plekhanov, Mao, Rosa Luxembourg, Labriola et même le Staline sur la Question Nationale et un tas d’autres, quand ils étaient marxistes, gardent toute sa valeur. Mais mon guide est Lénine.

Le réflexe ridicule de s’éffaroucher des qu’on lit le mot « Trotsky » ou « trotskyste » et enfourcher sa cote de mailles dépareillée tout en brandissant une lance rouillée, ne peut pas servir à faire avancer ni la discussion théorique ni la compréhension de la période.

Réponse

tribunemlreypa

juillet 20, 2018 à 9:23


« La pléthore de qualificatifs péjoratifs inutiles font penser plus à la projection qu’autre chose. »

Il n’y a rien de péjoratif à simplement constater l’évolution erratique de ta démarche vers le renoncement aux fondamentaux du matérialisme dialectique.

Au moins, le mérite de ce débat est de la mettre en lumière, non pour pointer ta dérive personnelle, mais parce qu’elle est particulièrement illustrative de celle suivie par la « gauche » idéaliste et opportuniste petite bourgeoise en France, et cela depuis des décennies. Elle a effectivement contaminé et dissous ce qui restait de l’avant-garde prolétarienne, et elle continue activement d’empêcher sa reconstitution.

« Ce « détail » théorique, « Un régime économique capitaliste correspond à une dictature de la bourgeoisie » ; propre des dogmatiques» (…) « La dictature du prolétariat peut très bien avoir un régime économique capitaliste »

Évidemment, tu peux toujours chercher à noyer le poisson et même à l’emballer dans de la phraséologie prétendument « anti-dogmatique », toujours est-il que le poisson est bel et bien pris dans le filet du révisionnisme le plus basique qui soit !

Rien n’oblige personne, et surtout pas dans le monde actuel, à se référer au matérialisme dialectique…

Toujours est-il que la relation entre infrastructures et superstructures est l’un de ses fondamentaux incontournables…

Ceci-dit, la science ne vaut jamais, en fin de compte, que par l’expérience. Je ne te refais pas le résumé déjà inclus dans mon précédent post, mais il faut pourtant bien en tenir compte pour comprendre que si tu prétends établir une correspondance de trois quarts de siècle entre une superstructure constituée en dictature du prolétariat et une base (infrastructure), constituée en un régime économique et social capitaliste, il faudrait donc bien admettre que le fondement de la dialectique marxiste est complètement caduque !

Une analyse ML de l’histoire de l’URSS montre assez facilement que ce n’est pas le cas, ce qui se trouve même, de plus, illustré par l’actualité :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/19/ne-khotim-umirat-na-rabote-pour-ne-pas-mourir-au-travail-finalement-le-vent-se-leve-a-lest/

Mais bien entendu, tu refuseras probablement de voir cette évidence et tu continueras donc à vouloir démontrer la quadrature du cercle dans lequel tu tournes en rond.

Le constat est simplement que cela n’a plus rien à voir avec la dialectique marxiste, même si tu cherches encore à t’en affubler, à l’instar des trotskystes, dont tu ne veux pas être non plus, tout en étant entièrement en accord avec les thèses révisionnistes de Trotsky, ce que tu revendiques, tout en te réclamant de Lénine, comme le font les trotskystes, également, et y compris en essayant de lui faire endosser leur propre révisionnisme, notamment sur la question de la révolution mondiale :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/20/lenine-sur-le-role-primordial-du-socialisme-dans-un-seul-pays/

Concernant « Pablo », même constat, il n’y a évidemment toujours rien à retirer sur le fait qu’il soit entièrement raccord avec son maitre à penser, Trotsky, même si cela dérange l’hypocrisie de la majorité des trotskystes, dont tu ne veux pas être, j’ai bien compris, malgré la concordance totale de ta pensée avec ce duo !

Dans la mesure où l’essentiel de ton argumentaire est maintenant dans la répétition de tes dernières affirmations, il me semble donc que nous avons fait le point sur l’état actuel de nos divergences au sujet de l’histoire de l’URSS. Dont acte, et merci pour avoir fait l’effort de préciser et mettre au jour le fond de ta pensée, qui en avait bien besoin, en attente d’évolution ultérieure, positivement souhaitable.

Luniterre

Réponse

 

 

 

Lénine, sur le rôle primordial du socialisme dans un seul pays

 

 

 

 

Lénine,

 

sur le rôle primordial

du socialisme

dans un seul pays

 

La révolution mondiale

et le socialisme dans un seul pays

 

Par le camarade WH

 

La victoire de la révolution mondiale est impossible en une seule bataille.

En général, la révolution n’éclate pas dans tous les pays, « Les exploiteurs ne sont battus que dans un seul pays, et c’est là bien entendu le cas typique, la révolution simultanée dans plusieurs pays étant une rare exception »1.

Pourquoi la révolution ne peut-elle pas éclater dans tous les pays en même temps ?

D’après Lénine, « L’inégalité du développement économique et politique est une loi absolue du capitalisme. »2, les conditions pour que la révolution réussisse peuvent n’être réunies que dans un petit nombre de pays. Pendant la révolution de 1917, Lénine observait que « le mouvement commence plus facilement dans les pays qui n’appartiennent pas au nombre des pays exploiteurs, pouvant piller avec plus de facilité et ayant les moyens de corrompre les couches supérieures de leurs ouvriers. »3.

La révolution a éclaté en Russie parce qu’il s’agissait du pays le plus faible, avec le moins de possibilité de corrompre la classe ouvrière. « La situation d’ensemble dans notre pays est défavorable à l’épanouissement de l’opportunisme “ socialiste ” au sein des masses ouvrières. »4, en effet, en Russie en 1917, « La catégorie des ouvriers et des employés privilégiés est très peu nombreuse. »4. Au contraire, « Ces partis pseudo-socialistes d’Europe occidentale, presque tous ministrables, dans le genre de ceux de Tchernov et de Tsérétéli, ne réalisent rien et n’ont aucune base solide. »3.

Lénine fustigeait « l’absurde théorie gauchiste de la « révolution permanente » »5 de Trotsky. En effet, la révolution mondiale n’est pas un processus qui se joue en une bataille, mais une série de phases d’attaques et de phases de défenses. « L’activité historique n’est pas aussi rectiligne que le trottoir de la perspective Nevski, disait le grand révolutionnaire russe Tchernychevski. Celui qui n’« admet » la révolution du prolétariat qu’« à la condition » qu’elle se déroule avec facilité et sans heurt ; que l’action commune des prolétaires des différents pays soit acquise d’emblée ; que la possibilité de défaites soit exclue d’avance ; que la révolution suive une voie large, dégagée, bien droite ; qu’on n’ait pas, en marchant à la victoire, à faire parfois les plus grands sacrifices, à « résister dans une forteresse assiégée » ou à se frayer un passage par d’étroits sentiers de montagne, impraticables, tortueux, et pleins de périls, – celui-là n’est pas un révolutionnaire, celui-là ne s’est pas affranchi du pédantisme de l’intellectuel bourgeois, celui-là glissera toujours, en fait, dans le camp de la bourgeoisie contre-révolutionnaire comme nos socialistes-révolutionnaires de droite, nos mencheviks et même (bien que plus rarement) nos socialistes-révolutionnaires de gauche. »6.

Lorsque la vague révolutionnaire se heurte aux remparts des pays capitalistes les plus forts qui ne peuvent pas être vaincus au premier assaut, la révolution mondiale passe dans une phase défensive. « Il s’ensuit », d’après Lénine, « que la victoire du socialisme est possible au début dans un petit nombre de pays capitalistes ou même dans un seul pays capitaliste pris à part. »2. Les premiers pays socialistes doivent utiliser la trêve avec les pays capitalistes pour se développer et se préparer à la guerre. « Le prolétariat victorieux de ce pays, après avoir exproprié les capitalistes et organisé chez lui la production socialiste, se dresserait contre le reste du monde capitaliste en attirant à lui les classes opprimées des autres pays, en les poussant à s’insurger contre les capitalistes, en employant même, en cas de nécessité, la force militaire contre les classes d’exploiteurs et leurs États. »2.

Mais, tant qu’il est trop faible, le premier pays socialiste ne peut pas prendre l’initiative de l’attaque et doit se contenter d’accumuler des forces en vue de la bataille. « tant que n’a pas éclaté une révolution socialiste internationale, embrassant plusieurs pays, assez forte pour vaincre l’impérialisme international, le premier devoir des socialistes victorieux dans un seul pays (particulièrement arriéré) est de ne pas accepter la bataille contre les géants impérialistes, de s’efforcer de l’éviter, d’attendre que la lutte des impérialistes entre eux les affaiblisse encore plus, qu’elle rapproche encore la révolution dans les autres pays. »7. Les « communistes de gauche » dirigés par Trotsky combattaient cette ligne, « Cette simple vérité, nos « communistes de gauche » ne l’ont pas comprise en janvier, en février et en mars; ils craignent aujourd’hui encore de la reconnaître ouvertement, elle se fraie un chemin à travers tous leurs balbutiements embrouillés : « On ne saurait, d’une part, ne pas admettre… mais on doit, d’autre part, reconnaître… » »7.

Le socialisme dans un seul pays n’est qu’une étape de la révolution mondiale. « Certes la victoire définitive du socialisme est impossible dans un seul pays. »3, écrivait Lénine, mais « Lorsqu’on nous parle des difficultés de notre œuvre, lorsqu’on nous dit que la victoire du socialisme n’est possible qu’à l’échelle mondiale, nous ne voyons là qu’une manœuvre désespérée de la bourgeoisie et de ses partisans conscients ou inconscients pour déformer la vérité la plus incontestable. »3.

La troisième phase de la révolution mondiale est donc l’affrontement militaire entre les pays socialistes et les pays capitalistes. Cet affrontement est inévitable, en effet, « Nous ne vivons pas seulement dans un Etat, mais dans un système d’Etats, et l’existence de la République soviétique à coté d’Etats impérialistes est impensable pendant une longue période. En fin de compte, l’un ou l’autre doit l’emporter. Et avant que cette fin arrive, un certain nombre de terribles conflits entre la République soviétique et les Etats bourgeois est inévitable. Cela signifie que la classe dominante, le prolétariat, si seulement il veut dominer et s’il domine en effet, doit en faire la preuve aussi par son organisation militaire. »8.

Tant que le premier pays socialiste n’est pas plus fort que les pays capitalistes, il doit se préparer à la défense et non à l’attaque. « à partir de la victoire du gouvernement socialiste dans un pays, il faut trancher les questions non pas du point de vue de la préférence à donner à tel ou tel impérialisme, mais exclusivement du point de vue des conditions les plus favorables au développement et au renforcement de la révolution socialiste qui a déjà commencé. Autrement dit : le principe qui doit maintenant servir de base à notre tactique n’est pas de savoir lequel des deux impérialismes il est préférable d’aider aujourd’hui, mais de savoir quel est le moyen le plus sûr et le plus efficace d’assurer à la révolution socialiste la possibilité de s’affermir ou tout au moins de se maintenir dans un seul pays, jusqu’au moment où d’autres pays viendront se joindre à lui. »9.

La préparation à la guerre est d’autant plus importante que le pays à défendre était précisément faible puisque la révolution y a éclaté, et il doit devenir le plus fort.

D’après Lénine, « la victoire du socialisme dans un seul pays n’exclut nullement, d’emblée, toutes les guerres en général. Au contraire, elle les suppose. Le développement du capitalisme se fait d’une façon extrêmement inégale dans les différents pays. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement sous le régime de la production marchande. D’où cette conclusion inéluctable. le socialisme ne peut triompher simultanément dans tous les pays. Il triomphera d’abord dans un seul ou dans plusieurs pays, tandis que les autres resteront pendant un certain temps des pays bourgeois ou prébourgeois. Cela donnera nécessairement lieu à des frictions, et incitera en outre directement la bourgeoisie des autres pays à écraser le prolétariat victorieux de l’État socialiste. Dès lors, la guerre de notre part serait légitime et juste. Ce serait une guerre pour le socialisme, pour l’émancipation des autres peuples du joug de la bourgeoisie. Engels avait parfaitement raison lorsque, dans sa lettre à Kautsky en date du 12 septembre 1882, il reconnaissait nettement la possibilité de «guerres défensives» du socialisme déjà vainqueur. Il pensait précisément à la défense du prolétariat victorieux contre la bourgeoisie des autres pays. »10.

[1] : Lénine, La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky, 1918

[2] : Lénine, Du mot d’ordre des états-unis d’Europe, 1916

[3] : Lénine, Troisième congrès des Soviets des députés ouvriers, soldats et paysans de Russie, 10-18 (23-31) janvier 1918

[4] : Lénine, Le socialisme et la guerre, 1915

[5] : Lénine, La violation de l’unité au cri de « vive l’unité ! », 1914

[6] : Lénine, Lettre aux ouvriers américains, 20 août 1918

[7] : Lénine, Sur l’infantilisme « de gauche » et les idées petites- bourgeoises, 1918

[8] : Lénine, VIII CONGRES DU P.C. (b)R., (18-23 MARS 1919), RAPPORT D’ACTIVITÉS DU COMITÉ CENTRAL, LE 18 MARS

[9] : Lénine, Contribution à l’histoire d’une paix malheureuse, 1918

[10] : Lénine, Le programme militaire de la révolution prolétarienne, 1916

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http://www.proletaire.altervista.org/marxisme/textes/principes-marxisme-leninisme.php#4

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La vérité se fraye un chemin au sujet de la chute de l’URSS – (Les aveux de Gorbatchev)

https://heraldocubano.files.wordpress.com/2017/09/gorbachov-bush.jpg?w=940

Con Gerorge Bush,

director de la CIA

y presidente de EEUU

 

 

La vérité se fraye un chemin

 

au sujet de la chute de l’URSS

 

 

Se abre paso la verdad sobre la caída de la URSS.

Arthur González

 

‘My Ambition was to Liquidate Communism’

Mikhail Gorbachev

 

 

 

Le site « les vrais amis de l’URSS » vient de republier, sous le titre : «  GORBATCHEV AVOUE : « Le but de ma vie était l’anéantissement du communisme » » un article repris récemment sur différents sites, dont celui de Danielle Bleitrach. Le voici donc à nouveau, avec, tout d’abord, la présentation critique du site « les vrais amis de l’URSS », ensuite, celle de Danielle Bleitrach. Enfin, à la suite de l’article, dans sa version française, notre propre commentaire.

 

La traduction choisie ici, avec quelques retouches, est celle de Michel Taupin, plus fidèle au texte d’Arthur Gonzales que celle de Danielle Bleitrach. Même s’il connaît un regain d’intérêt suite à sa reprise nouvelle dans la presse cubaine, ce texte a été publié originellement en espagnol en Septembre 2017, sur le site de l’auteur, El Heraldo Cubano, basé en Espagne, semble-t-il. En pièce jointe PDF, la version publiée sur le site Radio Habana Cubana, et qui semble avoir été la référence pour Danielle Bleitrach.

Les propos cités de Gorbatchev auraient été prononcés en 1999, et le texte semble encore en être reproduit dans un article en anglais sur le site indien « Revolutionary Democracy », généralement fiable comme source. Nous le joignons à la suite du texte espagnol.

 

Présentation « les vrais amis de l’URSS »

Un article intéressant, même s’il occulte le fait que le capitalisme avait déjà fait son retour en URSS avec Khrouchtchev.

Comme précisé dans d’autres articles, ce retour du capitalisme sous Khrouchtchev était embryonnaire et l’accumulation du capital faible. 

(http://lesvraisamisdelurss.eklablog.fr/en-quoi-la-contre-revolution-de-palais-revisionniste-de-khrouchtchev-a-a113803614)

Khrouchtchev était déjà le pion de la CIA, mais les résultats de cette première tentative réussie n’allait pas assez vite aux yeux des USA. Il fallait donc faire en sorte de précipiter les choses.

C’est ce qu’a mis en oeuvre la CIA du temps de Gorbatchev.

Je précise que je ne partage pas complètement l’introduction de Danielle Beitrach, par exemple la Chine n’a jamais été un pays socialiste ! »

http://lesvraisamisdelurss.eklablog.fr/gorbatchev-avoue-le-but-de-ma-vie-etait-l-aneantissement-du-communisme-a146257540

 

Présentation D. Bleitrach :

« Les Cubains, auteurs de l’article, disent de Gorbatchev qu’il est un « hijo de puta » et ils donnent ici des preuves de la manière dont il a été l’instrument de la CIA. Il n’y a pas eu effondrement spontané mais bien trahison au profit de la CIA, de celui qui était à la tête de l’Etat, capable donc comme le dit le texte d’y imposer un personnel à sa botte, non seulement en URSS mais dans toute l’Europe.

Des partis ont résisté comme les Chinois en pleine scission, mais aussi le parti communiste cubain, à cause de sa volonté d’indépendance et son recentrage sur le tiers monde et l’Amérique latine. Les Russes savent tout cela et leur rancune à l’égard du parti communiste qui de fait les a trahi explique les difficultés des communistes dans un pays qui regrette massivement l’URSS. L’histoire du PCF reste à écrire dans le cadre de cette trahison, comme celle de bien des partis européens étroitement liés à Moscou. j’ai personnellement vécu ces moments et peu à peu ils prennent sens (note de Danielle Beitrach). »

https://histoireetsociete.wordpress.com/2018/07/10/gorbatchev-avoue-le-but-de-ma-vie-etait-laneantissement-du-communisme/

 

Se abre paso la verdad sobre la caída de la URSS.

Par Arthur González, traduction Michel Taupin

 

Gorbatchev a avoué lors d’un discours à l’Université américaine en Turquie : « L’objectif de ma vie était la destruction du communisme … ma femme m’a soutenu pleinement et l’a même compris avant que j’ai réussi à trouver des camarades de lutte, parmi eux A.N. Yakovlev et Shevardnadze. »

Récemment, la CIA a déclassifié certains documents qui stipulent que « le magnat de la finance George Soros et la CIA, ont aidé Gorbatchev à dissoudre l’URSS ».

A leur sujet, l’analyste et ancien employé de la NSA, l’Agence nationale de sécurité, Wayne Madsen, a déclaré que le milliardaire George Soros, avait fourni en 1987 une couverture économique au gouvernement de Mikhaïl Gorbatchev, à travers une ONG de la CIA connue sous le nom d’Institut d’études de sécurité est-ouest, IEWSS, pour son acronyme en anglais.

Les informations stipulent que Soros et la CIA ont favorisé la promotion de deux termes orchestrés par l’occident dans ces années, la « perestroïka » (ouverture) et « Glasnost » (transparence) de sorte que les deux expressions servaient de déstabilisant pour accélérer la disparition de l’URSS .

Ces documents de la CIA prouvent que ce qui est arrivé n’a pas été le résultat d’un acte « spontané et démocratisant » de Gorbatchev parce que le système socialiste était « épuisé et brisé », comme ils veulent faire croire au monde.

En Turquie, Gorbatchev lui-même a déclaré :

« Pour l’atteindre, j’ai profité de ma position dans le parti et le pays, je devais remplacer toute la direction du PCUS et de l’URSS ainsi que la direction de tous les pays socialistes de l’Europe. »

La vérité est que c’était la CIA avec l’argent de l’Organisation Soros, qui a conçu et exécuté cette grande opération, avec tout le soutien du leader soviétique d’alors.

Gorbatchev et Bush père, tous deux ont joué le rôle de fossoyeurs de l’URSS.

L’ancien analyste Wayne Madsen affirme que le plan visant à éliminer le bloc socialiste en Europe de l’Est, a été organisé par les deux coprésidents de l’IEWWS de Soros, Joseph Nye, économiste de Harvard, et Whitney MacMillan, président de la multinationale de l’agro-industrie Cargill, qui avait entretenu des relations commerciales avec l’Union soviétique dans les années soixante-dix.

Non satisfait des résultats obtenus en 1991, la CIA et Soros ont concentré leurs efforts à provoquer un coup d’état dans la nouvelle Fédération de Russie, et à encourager le séparatisme dans ses régions afin de l’affaiblir au maximum.

Le rapport Nye et MacMillan, laisse présager la fin de l’Union soviétique et les éléments du nouveau modèle pour les futures relations de Moscou avec les États-Unis, pour passer à l’ère capitaliste, et ils disent : « Toute nouvelle évaluation des relations de l’Occident avec une Union Soviétique ouverte doit partir d’une position de force au lieu d’un équilibre des forces. »

Le rapport de l’IEWWS daté de 1987, et son application pratique, était une façon sans effusion de sang, de dépecer l’URSS par étapes.

Ce document exhorte l’Occident à prendre des avantages sur l’Union soviétique agonisante, dans la nouvelle carte géopolitique qui s’approchait, en particulier dans le Tiers Monde, une région qui jusque-là était sous influence soviétique.

Madsen note que Soros et ses organisations alliées « des droits de l’homme », ont travaillé activement pour détruire la Fédération de Russie, en appuyant les mouvements indépendantistes dans Kuzbass (Sibérie), à travers les droites allemandes qui cherchaient à restaurer Königsberg et la Prusse orientale, et qui ont financé les nationalistes de Lituanie et d’autres nationalistes de républiques et régions autonomes comme le Tatarstan, l’Ossétie du Nord, l’Ingouchie, la Tchétchénie, entre autres, dans le but d’encourager le séparatisme dans les républiques autonomes socialistes soviétiques.

L’activité d’ingérence de Soros contre la Russie n’a pas cessé, elle a même augmenté grâce à ses bases opérationnelles réparties sur les territoires environnants, en particulier l’Ukraine, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Finlande, la Suède, la Moldavie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, la Turquie, la Roumanie, la Mongolie, le Kirghizistan, le Kazakhstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan en relation avec des groupes terroristes unis aux fascistes ukrainiens et aux néo-nazis moldaves sionistes.

Récemment, le président russe Vladimir Poutine, a expulsé plusieurs organisations de Soros, l’Open Society Foundation et d’autres ONG de la CIA qui opèrent dans des circonstances similaires sur le territoire russe, y compris la NED (National Endowment for Democracy), l’Institut républicain International, la Fondation MacArthur et la Freedom House (Maison de la liberté), les considérant comme indésirables et une menace pour la sécurité de l’Etat russe.

Ce n’est pas pour le plaisir que Mikhaïl Gorbatchev a reçu le prix Nobel de la paix, c’est parce qu’il a suivi avec diligence les directives de la CIA et de George Soros.

La CIA ne se repose pas et a l’intention d’éliminer toute trace de socialisme sur terre, c’est pourquoi ses plans contre Cuba et maintenant contre le Venezuela, où rien ne survient par la grâce du saint-esprit, mais comme l’a dit saint Jean : « Et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous libérera. » 8-32. 

C’est pourquoi chaque jour le monde vérifie ce dont les Yankees sont capables pour étendre leurs intérêts hégémoniques, et des mensonges qu’ils inventent, créant des modèles préconçus parmi les masses, au moyen de campagnes de presse, il en résulte ce que José Martí a ainsi sagement affirmé : « Trouver une vérité réjouit tout autant que de voir naître un enfant ».

http://mesactus.canalblog.com/archives/2018/07/10/36551597.html

 

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Notre commentaire:

 

Bonjour, camarades

 

Effectivement, la bourgeoisie bureaucratique khrouchtchevienne était encore une bourgeoisie nationale de gagne-petits, formée en marge de l’échelle des salaires relativement ouverte, sous la forme d’une petite bourgeoisie bureaucratique, déjà sous Staline. La thèse albanaise d’une fourchette salariale « réduite » sous Staline ne correspond pas à la réalité historique, et, quoi qu’il en soit, c’était essentiellement un artifice de propagande, de la part des albanais, parmi d’autres, et peu efficaces, finalement, en ce qui concerne la survie et le renouvellement du mouvement ML, malheureusement, de toutes façons.

Que cette faction khrouchtchevienne ait été instrumentalisée par les américains, cela ne faisait déjà plus guère de doutes, selon les historiens russes qui ont étudié sérieusement la question. Néanmoins, c’était une faction qui voulait simplement jouir de ses privilèges bureaucratiques sans être inquiétée pour cela, et cherchait un modus vivendi avec l’Occident, sans renoncer pour autant à une relative indépendance de l’URSS.

Alors que Staline voulait non seulement une indépendance radicale à l’égard du dollar, comme monnaie de réserve internationale, mais aussi en revenir radicalement aux principes de le l’économie de transition socialiste, tels que ceux de la Critique du Programme de Gotha, qui sont à la base de son livre « Les problèmes économiques du socialisme en URSS » et des débats du 19ème et dernier Congrès du Parti Bolchevique, en 1952. C’eut été, effectivement, la fin de la petite bourgeoisie bureaucratique qui s’était incrustée en parasite dans l’État socialiste.

 

Khrouchtchev offrait donc des garanties de continuer avec le dollar comme monnaie de réserve, ce qui devait, à moyen terme, aboutir à une liquidation de l’URSS en tant que groupe de nations indépendantes. Néanmoins il est avéré que la bureaucratie khrouchtchevienne ne l’entendait pas exactement ainsi, et, tout en négociant une nouvelle forme de «coexistence pacifique », elle a fait « rapatrier » dans ses propres banques « européennes », entièrement sous son contrôle, la parties « américaine » de ses réserves en dollar, ce qui a contribué à déstabiliser l’équilibre de la finance US (Naissance des « euro-dollars »).

 

A ce sujet, voir la thèse de Flora Sfez :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/07/these-flora-sfez.pdf

 

Il est avéré, aujourd’hui, que l’URSS n’a pas profité directement de cette spéculation, mais qu’elle a profité de l’affaiblissement financier US qui en a résulté. Il y a donc un jeu de rapport de force où l’URSS joue sa place comme nation « concurrentielle », mais en ayant renoncé, au départ, à un affrontement sur les fondamentaux, aussi bien politiques que économiques, et se comporte donc en nation capitaliste nationale-bureaucratique.

Une amorce de spéculation financière internationale n’a commencé effectivement en URSS que sous l’ère Gorbatchev.

Ce sont ces facteurs, entre autres, qui déterminent la nature de classe de la bourgeoisie khrouchtchevienne comme nationale-bureaucratique, et non comme « sociale-impérialiste ».

 

Un autre facteur essentiel de désagrégation de l’économie soviétique est l’émergence de la mafia, avec la « libération » des goulags, constitués, en réalité et à 80%, de détenus de droit commun. A noter que la première « libération » massive de cette engeance a eu lieu à l’initiative de Beria, peu avant sa mort, et alors qu’il entrait en lutte pour le pouvoir, avec l’aide de sa propre faction, contre celle de Khrouchtchev, après avoir été son allié, dans l’après guerre, contre Andreï Jdanov.

 

L’émergence de la mafia, en collusion avec une partie de la bureaucratie, se poursuivra au fil des années, au point de contrôler, sous Gorbatchev, l’essentiel des secteurs « rentables » de l’économie, et notamment, via le racket, la quasi totalité des entreprises nouvelles crées sous la « perestroïka ». C’est le facteur essentiel qui a poussé à la « compradorisation » de l’économie russe, sous Eltsine.

 

Il y a donc, au fil de l’histoire de l’URSS révisionniste, une lente désagrégation de l’économie soviétique, une « décentralisation », en partie voulue par les « réformes » khrouchtcheviennes et suivantes, en partie forcée, sous la pression de la mafia montante, et donc il n’y a pas de constitution, à aucune étape, d’un capitalisme financier caractéristique d’un capitalisme monopoliste d’État. Il n’y a donc pas non plus de relation de type « social-impérialiste » dont la bourgeoisie bureaucratique aurait retiré un bénéfice financier quelconque.

 

Il y a recherche d’alliance avec d’autres bourgeoisies nationales-bureaucratiques du même type, et cela inclut aussi des rapports de hiérarchie, et même de rivalité, avec la bourgeoisie nationale-bureaucratique maoïste, par exemple. Recherche d’une zone d’influence, également, via le soutien aux luttes de libération nationales, mais cela ne peut pas être assimilé à une forme d’impérialisme, au sens ML du terme.

Il est important de comprendre cela pour pouvoir comprendre la situation actuelle, notamment le rôle actuel de la Russie sous Poutine, et les rapports de forces internationaux.

 

Luniterre

 

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Se abre paso la verdad sobre la caída de la URSS.

Arthur González

 

En PJ PDF, sur Radio Habana:

articulo radio habana sobre Gorbatchov

http://www.radiohc.cu/especiales/exclusivas/166172-gorbachov-se-confiesa-&quotel-objetivo-de-mi-vida-fue-la-aniquilacion-del-comunismo%E2%80%9D

 

Gorbachov confesó durante un discurso en la universidad norteamericana de Turquía:

El objetivo de mi vida fue la aniquilación del comunismo…mi esposa me apoyó plenamente y lo entendió incluso antes que yo […] para lograrlo logré encontrar compañeros de lucha, entre ellos A.N. Yakovlev y E. A. Shevardnadze”.

Recientemente la CIA desclasificó algunos documentos donde se afirma que “el magnate financiero George Soros y la CIA, ayudaron a Gorbachov a proporcionar la posterior disolución de la URSS.

Sobre ellos el analista y ex empleado de la NSA, Agencia de Seguridad Nacional, Wayne Madsen, afirmó que el multimillonario George Soros, proporcionó en 1987 cobertura económica, al gobierno de Mijaíl Gorbachov, a través de una ONG de la CIA conocida como el Instituto de Estudios de Seguridad Este-Oeste, IEWSS, por sus siglas en inglés.

La información expone que Soros y la CIA promovieron la difusión de dos términos orquestados desde Occidente en aquellos años, la “perestroika” (apertura) y la “glasnost” (transparencia) para que ambas sirvieran como ente desestabilizador en acelerar la desaparición de la URSS.

Esos documentos de la CIA prueban que lo sucedido no fue producto de un acto “espontáneo y democratizador” de Gorbachov, debido a que el sistema socialista estaba “agotado y quebrantado”, como quieren hacerle creer al mundo.

En Turquía el propio Gorbachov afirmó:

Para lograrlo aproveché mi posición en el Partido y en el país, tuve que sustituir a toda la dirección del PCUS y de la URSS, así como a la dirección de todos los países socialista de Europa”.

La verdad es que fue la CIA con el dinero de la Organización Soro, quien diseñó y ejecutó esa gran operación, con todo el apoyo del entonces líder soviético.

El ex analista Wayne Madsen asegura que el plan diseñado para eliminar el bloque socialista de Europa oriental, fue organizado por dos copresidentes del IEWWS de Soros, Joseph Nye, economista de Harvard, y Withney MacMillan, presidente del agro multinacional Cargill, quien había mantenido relaciones comerciales con la Unión Soviética en los años setenta del siglo XX.

No satisfechos con los resultados alcanzados, en 1991 la CIA y Soros centraron sus esfuerzos en provocar un fuerte golpe en la nueva Federación de Rusia, estimulando el separatismo en sus regiones con el fin de debilitarla al máximo.

El informe de Nye y MacMillan, augura el fin de la Unión Soviética y los elementos del nuevo modelo para las futuras relaciones de Moscú con Estados Unidos, para pasar a la era capitalista, y, según ellos, “cualquier nueva evaluación de las relaciones de Occidente con una Unión Soviética aperturista, tiene que partir de una posición de fuerza en vez de un equilibrio de poder”.

El informe del IEWWS fechado en 1987, y su aplicación práctica, fue una forma incruenta de ir despedazando a la URSS por etapas.

En dicho documento se exhorta a Occidente a tomar ventajas respecto de la agonizante Unión Soviética, en el nuevo mapa geopolítico que se avecinaba, en particular en el Tercer Mundo, un área que hasta entonces había sido de influencia soviética.

Madsen apunta que Soros y sus aliadas organizaciones de “derechos humanos”, trabajaron activamente para destruir la Federación de Rusia, apoyaron los movimientos independentistas en Kuzbass (Siberia), a través de los derechistas alemanes que buscaban restaurar Konigsberg y Prusia Oriental, y estos financiaron a nacionalistas lituanos y de otras repúblicas autónomas y regiones como Tatarstán, Osetia del Norte, Ingushetia, Chechenia, entre otras, con el propósito de estimular el separatismo en las llamadas Repúblicas Autónomas Socialistas Soviéticas.

La actividad injerencista de Soros contra Rusia no se ha detenido, se ha incrementado provocativamente a través de sus bases operativas repartidas en los territorios aledaños, en particular Ucrania, Estonia, Letonia, Lituania, Finlandia, Suecia, Moldavia, Georgia, Azerbaiyán, Turquía, Rumania, Mongolia, Kirguistán, Kazajstán, Tayikistán y Uzbekistán, unido a grupos de corte terroristas en coalición con fascistas ucranianos y neonazis moldavos sionistas.

Recientemente, el presidente ruso Vladimir Putin, expulsó a varias organizaciones de Soros como, la Fundación Open Society Foundation y otras ONG de la CIA que operaban en similares circunstancias en territorio ruso, incluidas la NED (Fundación Nacional para la Democracia), el Instituto Republicano Internacional, la Fundación MacArthur y la Freedom House, considerándolas como indeseables y una amenaza para la seguridad del Estado ruso.

No por gusto Mijaíl Gorbachov fue premiado con el Nobel de la Paz, pues siguió diligentemente las orientaciones de la CIA y de George Soros.

La CIA no descansa y pretende eliminar todo vestigio de socialismo en la tierra, por eso sus planes contra Cuba y ahora en Venezuela, donde nada es casual ni por obra y gracias del espíritu santo, pero como dijo San Juan: 8-32, “Y conoceréis la verdad y la verdad os hará libres”.

Por eso cada día el mundo comprueba de lo que son capaces los yanquis para lograr sus intereses hegemónicos y las mentiras que tejen, creando patrones preconcebidos entre las grandes masas mediante sus campañas de prensa; de ahí que sabiamente José Martí afirmara:

Hallar una verdad regocija tanto como ver nacer un hijo”.

https://heraldocubano.wordpress.com/2017/09/18/se-abre-paso-la-verdad-sobre-la-caida-de-la-urss/

 

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‘My Ambition was to Liquidate Communism’

Mikhail Gorbachev

My ambition was to liquidate communism, the dictatorship over all the people. Supporting me and urging me on in this mission was my wife, who was of this opinion long before I was. I knew that I could only do this if I was the leading functionary. In this my wife urged me to climb to the top post. While I actually became acquainted with the West, my mind was made up forever. I decided that I must destroy the whole apparatus of the CPSU and the USSR. Also, I must do this in all of the other socialist countries. My ideal is the path of social democracy. Only this system shall benefit all the people. This quest I decided I must fulfil.

I found friends that had the same thoughts as I in Yakovlev and Shevernadze, they all deserve to be thanked for the break-up of the USSR and the defeat of Communism.

World without communism is going to be much better. After year 2000 the world will be much better, because it shall develop and prosper. But there are countries which shall try to struggle against this. China for one. I was in Peking during the time of the protests on Tienanmen Square, where I really thought that Communism in China is going to crash. I sternly demanded of the Chinese leadership that I want to speak to the protesters, but they did not allow me to do so. If Communism would fall in China, all the world would be better off, and on the road to peace.

I wanted to save the USSR, but only under social democracy rule. This I could not do. Yeltsin wanted power, he did not know anything about democracy or what I intended to do. We wanted the democratic USSR to have rights and freedom.

Then Yeltsin broke up the USSR and at that time I was not in the Kremlin, all the newspaper reporters asked me whether I shall cry? I did not cry, because I really managed to destroy Communism in the USSR, and also in all other European Socialist countries. I did not cry, because I knew that I fulfilled my main aim, that was the defeat of communism in Europe. But you must also know, that communism must be defeated in Asia also, to make the transition quicker to democracy and freedom in the whole world.

The liquidation of the USSR is not beneficial to the USA, since they have now no mighty democratic country (the former USSR) which I wanted to call the Union of Independent Sovereign Republics. I could not accomplish all of this. All the small countries now are thanking the USA for the help. I wanted the USA and the former USSR to be partners without the scourge of Communism, these could have been the ruling countries of the world. The road towards democracy will be a long one, but it is coming very quickly. The whole world must now defeat the last remnants of communism!

This is from an interview by newspapers with Gorbachev in Ankara, Turkey where he was a guest at a seminar at the American University. It was published in the ‘Dialog’ newspaper in the Czech Republic. Courtesy: ‘Northstar Compass’, Toronto, February, 2000.

 

http://www.revolutionarydemocracy.org/rdv6n1/gorbach.htm

 

En réponse à une plume « rouge » du capitalisme chinois…

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En réponse

à une plume « rouge »

du capitalisme chinois…

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Article des Échos du 6 juillet 2018

commenté par Bruno Drewski

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 Et donc, voir à la suite nos observations,

qui portent sur l’ensemble…!

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Les Echos, Organe central de la haute bourgeoisie affairiste en France (est-elle encore « française »? …Question !) dénonce ce qui est dans l’intérêt des peuples et ce qui ne correspond pas à l’idéologie libérale, une idéologie (de dupe) qui ne dit pas son nom …Le moralisme bourgeois n’est qu’hypocrisie ! Les Echos lavés à l’eau de Vichy ont choisi leur camp dans la guerre commerciale mondiale.

BD

Comment la Chine a dupé Américains et Européens à l’OMC

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301924542058-comment-la-chine-a-dupe-americains-et-europeens-a-lomc-2190447.php

RICHARD HIAULT / Grand reporter Le 06/07 à 17:19Mis à jour à 19:08 

 Face au risque de guerre commerciale entre la Chine, les Etats-Unis et l’Union européenne, se pose la question d’une réforme de l’Organisation mondiale du commerce.

En 2001, Américains et Européens pensaient naïvement que la Chine allait se diriger vers une économie de marché et respecter les règles (néolibérales) de l’Organisation mondiale du commerce. Près de vingt ans plus tard, ils déchantent. (…Ils ont trouvé plus malins qu’eux)

En acceptant  la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en 2001, les dirigeants occidentaux se sont largement fourvoyés. Quelque vingt ans plus tard, l’UE et les Etats-Unis prennent conscience d’avoir été dupés (« dupés » cela veut dire que leur propre duperie idéologique n’a pas marché et s’est heurtée à plus malin). Le réveil est douloureux. Montée des mouvements populistes, contestation de la mondialisation,  creusement des inégalités et risque de guerre commerciale en sont la manifestation (Tiens donc ! Les peuples reviennent sur la scène …Les bourgeois occidentaux pensaient avoir atteint la « fin de l’histoire » …à leur seul profit). Les Occidentaux payent aujourd’hui leur naïveté face aux réalités du monde chinois.

En arrimant la Chine au système commercial bâti dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, par le GATT puis par l’OMC, Bruxelles et Washington pensent à l’époque que Pékin allait adapter son économie (« adapter », c’est-à-dire se soumettre aux dogmes des grands prêtres de la divinité « marché »). La Chine irait progressivement vers l’économie de marché et respecterait les règles d’une économie libérale non centralisée (et v’la t’y pas qu’ils avaient leur propres principes dans l’empire de la pensée unique ! Un scandale inadmissible au royaume de la pensée unique !). L’Europe et l’Amérique pensent du coup s’ouvrir un marché de plus d’un milliard de consommateurs avides de made in America ou de made in Europe (voilà ! ils voulaient bien conquérir le marché des autres mais refusaient qu’on vienne conquérir le leur …Quel toupet ces Chinois ! Ils se prennent pour égaux en droit et pensent que l’ère coloniale c’est terminé !).

Bill Clinton défend l’intégration chinoise à l’OMC

En 1999, Bill Clinton, alors président des Etats-Unis, défend ardemment cette adhésion. « Nous avons obtenu de nouvelles garanties, très strictes, contre un brusque afflux d’importations chinoises. Nous avons maintenu les règles les plus contraignantes possible contre le dumping des produits chinois qui ont tant endommagé l’économie américaine par le passé. L’entrée de la Chine à l’OMC encouragera le pays à jouer selon les règles internationales », clame-t-il. De belles promesses restées quasi lettre morte.

Car, depuis son intégration, la Chine joue son propre jeu (inimaginable à l’heure de la « fin de l’histoire » !!!). Elle a pris une trajectoire bien différente de ce que les Occidentaux anticipent alors. « L’OMC a été conçue comme une organisation internationale visant à faciliter le commerce entre des économies de marché, dans lequel le rôle de l’Etat reste limité » (si ce n’est pas de l’idéologie à l’heure où l’on claironnait la fin de l’idéologie, cela en avait tout l’air !), explique dans une  note parue en mai dernier Elvire Fabry, chercheuse senior à l’institut Jacques-Delors. En 2001, le défi est colossal pour Pékin. Son économie repose sur un très large secteur public et un rôle prédominant des entreprises d’Etat (et pourquoi pas ?). Les Occidentaux donnent un délai de quinze ans pour opérer la mue via des privatisations et une libéralisation des entreprises d’Etat (ils « donnent un délai » …en bon colonialistes qu’ils sont restés). Sinon, tout le système de l’OMC sera en péril. Une mise en garde qui aujourd’hui apparaît prémonitoire.

Renforcement des pouvoirs du président Xi Jinping (on sait qu’en France et aux USA, le président n’a, lui, aucun pouvoir!!!), président à vie (où ont ils vu cela ? …c’est leur seul argument ???), régime de plus en plus autoritaire (tout régime politique fait preuve d’autorité, la question est de savoir contre qui ?), omniprésence de l’Etat dans l’économie (ils pensaient en avoir fini avec le socialisme les « non idéologues »), larges subventions et persistance des entreprises publiques caractérisent la Chine actuelle (et oui !!! Pourtant on avait assuré dans tous les médias « pluralistes mais monolithiquement alignés » que le libéralisme était désormais un horizon définitif et indépassable …et patatra !!! v’la les Chinois, les BRICS, l’ALBA, etc.). Un registre bien loin des standards de l’Occident (avec leurs résultats brillants tant pour les peuples du Sud poussés à « migrer » faute de perspectives et ceux de l’Ouest poussés au chômage). Tant et si bien que Washington et Bruxelles ont refusé, en 2016, d’accorder comme promis le statut d’économie de marché à la Chine (horreur et damnation !!!).

La Chine ne respecte pas les règles de l’OMC

 

L’erreur est d’avoir pu penser qu’en Chine, le capitalisme d’Etat pourrait céder le pas au capitalisme de marché. Que le pays aurait pu adopter les valeurs occidentales de démocratie. Car pour Pékin, le modèle de l’Occident est en déclin. (et oui ! Tous les peuples du monde le constatent, la démocratie vidée de son contenu populaire (« populiste ») les amènent vers le déclin !) 

Autre différence et de taille : la Chine n’a pas la même notion du temps que les Européens et les Américains (ils auraient pu quand même embaucher quelques historiens mais ce n’est pas une matière  décrétée « rentable ». Ils en paient donc le prix). Un exemple ? Jamais une entreprise occidentale ne financerait un projet qui ne serait pas rentable (« rentable » voulant dire apportant un bénéfice immédiat aux propriétaires des moyens de production et d’échange). Pas la Chine qui pense à très long terme (quel scandale pour des bourgeois comptables !!!). Avec sa puissance financière publique accumulée depuis des décennies, elle ne se préoccupe pas en priorité d’une rentabilité à court terme si ses intérêts stratégiques le lui commandent (défendre des intérêts stratégiques à long terme, voilà l’ennemi de la bourgeoisie devenue stérile). Cela lui est d’autant plus facile que l’Etat garde la mainmise sur l’économie (quel scandale pour des libéraux-libertaires et des impérialistes néocolonialistes !). Ce qui est impensable dans le système capitaliste tel que l’Occident le pratique, cela ne l’est pas en Chine (mais ils n’osent quand même pas encore employer le mot qui fache …socialisme).

 Les entreprises d’Etat représentent aujourd’hui près de 40 % des principaux actifs industriels chinois et 80-90 % de part de marché dans les industries stratégiques. (cela on pouvait le savoir et on le savait mais les médias autocensurés ne voulaient pas remettre en cause l’idéologie de la fin de l’histoire)

En mai dernier, l’ambassadeur de l’Union européenne à l’OMC estimait que les problèmes actuels de distorsions économiques mondiales et de surcapacités de production sont dus à des modes de fabrication qui ne sont pas fondés sur les principes du marché. Depuis 2001, observe encore Elvire Fabry, d’importants programmes de subventions publiques chinoises ont concerné autant l’industrie de l’acier et du verre, que du papier ou encore des pièces détachées dans l’automobile. Et si un effort de libéralisation de l’économie chinoise a bien été engagé, depuis la crise financière l’importance des entreprises d’Etat n’a fait que se renforcer (tiens une contradiction que les économistes libéraux sont bien incapables d’expliquer !). « Elles représentent aujourd’hui près de 40 % des principaux actifs industriels chinois et 80-90 % de part de marché dans les industries stratégiques. » (vraie question « idéologique » donc, « le socialisme à la chinoise » est-ce du capitalisme d’Etat ou du socialisme avec secteur capitaliste sousn contrôle ? En tous cas, cela prouve que les questions idéologiques se posent, ce que les libéraux ne voulaient pas voir …Ils en sont pour leurs frais ! On va quand même pas pleurer sur leur sort, d’autant plus que c’est nous qui payons les conséquences de leurs politiques et pas encore eux) 

Au bout du compte,  la Chine a beau vanter les mérites du libre-échange et de l’ouverture des marchés, elle s’en dédouane. Interrogé sur la naïveté des Occidentaux, Pascal Lamy, ex-directeur général de l’OMC, concède dans un entretien au « Monde » en juin dernier : « La Chine a payé, son accession en 2001, bien plus cher que d’autres pays en développement […]. On aurait dû faire mieux sur deux points : les subventions publiques aux entreprises et l’accès aux marchés publics, dès lors que la Chine se développait rapidement. » Il faut y ajouter le pillage de la propriété intellectuelle et le transfert forcé de technologies que dénoncent de plus en plus fortement l’Union européenne et les Etats-Unis (sauf que, en France, 75% environ des actions d’espionnage visant les entreprises françaises proviennent des services secrets des USA …mais il est interdit de le dire dans les médias et les experts des services d’intelligence économique français qui se sont occupés de ce dossier …ont été licenciés ou placardisés ! Haro sur la Chine et la Russie, mais laissez la porte ouverte à nos amis et maîtres US, allemands ou israéliens !). Outre que les marchés sont plus fermés en Chine qu’ailleurs, les entreprises étrangères font face à toutes sortes d’intimidations si elles ne transfèrent pas leur savoir-faire dans l’empire du Milieu (ils sont vraiment amoraux ces Chinois, ils osent défendre leurs intérêts !!!).

« Made in China 2025 » inquiète

Le plan du gouvernement chinois « Made in China 2025 » offre une illustration parfaite des pratiques locales. Pour les partenaires économiques de la Chine, en Europe et aux Etats-Unis, ce plan aurait pu leur offrir des opportunités. « En principe, l’économie mondiale a de bonnes raisons d’accueillir la Chine dans sa quête d’une capacité d’innovation accrue, à condition que la Chine respecte les principes et les règles de l’ouverture des marchés et de la concurrence loyale » (la concurrence « loyale » pour les Chinois …elle remonte aux guerres de l’opium !), relevait le Mercator Institute for China Studies dans son  étude « Made in China 2025 » parue en 2016. « Cependant, ‘Made in China 2025‘, dans sa forme actuelle, représente exactement le contraire : le gouvernement intervient systématiquement sur les marchés nationaux afin de favoriser et de faciliter la domination économique des entreprises chinoises et de désavantager les concurrents étrangers. » Washington et Bruxelles ont raison de tempêter contre Pékin (Pékin devrait capituler en rase campagne n’est-ce pas ? elle aurait alors « raison » aux yeux des donneurs d’ordre de la rue du mur (Wall street) et du bunker bruxellois …comme l’ont fait la Grèce, Chypre, l’Arabie saoudite, la Libye post 2011, l’Ukraine, l’Argentine, le Mexique, la Roumanie, l’Italie et tant d’autres pays « mirifiques » …où les pauvres sont devenus plus pauvres et les riches plus riches …En Chine, 400 millions de gens sont sortis de la pauvreté au cours des dernières deux décennies et les 400 millions de pauvres restant devraient en sortir dans la décennie qui vient !!! …un scandale !!!). L’heure est à un rééquilibrage des relations commerciales et à une  réforme des règles de l’OMC. Encore faudra-t-il pour Bruxelles et Washington faire venir à la table des négociations la Chine. Et ne pas être une nouvelle fois ses dupes. (la guerre commerciale US est lancée et les pays de l’UE ont donc le choix, ou continuer à se soumettre à l’oncle Sam et son économie virtuelle désindustrialisée au profit du secteur militaro-industriel, énergétique et pharmaceutique, ou s’intégrer dans l’axe de développement « une ceinture une route » …en rétablissant des politiques de développement économique national, c’est-à-dire de planification étatique plus ou moins poussée)

Richard Hiault

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Toute la lutte entre le capitalisme chinois et le capitalisme occidental est pratiquement résumée dans cette phrase

(…y incluant les « remarques » de Drewski !):

« Et si un effort de libéralisation de l’économie chinoise a bien été engagé, depuis la crise financière l’importance des entreprises d’Etat n’a fait que se renforcer (tiens une contradiction que les économistes libéraux sont bien incapables d’expliquer !). « Elles représentent aujourd’hui près de 40 % des principaux actifs industriels chinois et 80-90 % de part de marché dans les industries stratégiques. » (vraie question « idéologique » donc, « le socialisme à la chinoise » est-ce du capitalisme d’Etat ou du socialisme avec secteur capitaliste sousn contrôle ? »

 

Mais le même Richard Hiault écrivait en Juin 2016 :

« Sur un plan global, la dette totale de la Chine s’élève à 225 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. Le ratio dette publique rapporté au PIB est de 40 % du PIB. L’endettement des ménages offre un ratio similaire. Comparés aux standards internationaux, ces deux ratios ne sont pas très élevés, observe le FMI. 

 

En revanche, la dette des entreprises atteint environ 145 % du PIB. Selon les calculs de l’institution multilatérale, les entreprises d’Etat représentent à elles seules 55 % de la dette totale des entreprises. C’est un niveau bien plus élevé que  leur part dans la production totale du pays, qui n’est que de 22 %. Une situation inquiétante lorsqu’on sait que ces entreprises d’Etat sont loin d’être toutes rentables. »

https://www.lesechos.fr/13/06/2016/lesechos.fr/0211024634690_le-fmi-s-inquiete-de-l-endettement-trop-eleve-des-entreprises-chinoises.htm

Ce 22% de part de production pour les entreprises d’Etat, c’est précisément le chiffre retenu comme référence par Wikipédia…

Ce chiffre, en part de production, a le mérite d’être cohérent avec un autre de 2003, à 28%, et un autre, en 1999, également à 28%, mais en part de PIB.

http://www.revue-economie-et-humanisme.eu/bdf/docs/r366_29_mutationeconomique.pdf

https://www.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2003-2-page-35.html

A savoir que le secteur d’Etat, à la mort de Mao, ne représentait déjà plus que 30% de la production, et que le capital US y était déjà présent depuis 1972, via Hong Kong.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

https://hal-inalco.archives-ouvertes.fr/hal-01323541/document

Les « sociétés d’Etat » du capitalisme chinois, sont, d’ores et déjà, des sociétés par actions, pour 90% d’entre elles…

http://www.lepoint.fr/economie/la-chine-reforme-le-statut-de-ses-entreprises-etatiques-26-07-2017-2145968_28.php

La participation du capital privé aux sociétés d’Etat n’est donc pas nouvelle, qu’il soit chinois ou étranger. La seule limite, c’est le manque d’attractivité de ces entreprises, actuellement non rentables, intrinsèquement.

https://www.lemonde.fr/international/article/2017/07/27/la-chine-accelere-la-reforme-des-entreprises-d-etat_5165725_3210.html

Le protectionnisme du capitalisme chinois s’exerce principalement au niveau du capitalisme financier, sur ses propres marchés boursiers. En effet, la plupart des actions vendues à l’étranger ne sont pas cotées sur les marché chinois, sauf à Hong Kong, et avec des limites strictes.

Par contre c’est l’investissement économique direct qui a permis l’essor des exportations chinoises, contrôlées à 60% par des capitaux étrangers, et notamment US…

Actuellement la guerre économique fait rage entre ceux qui bénéficient de cette manne, principalement aux USA, et ceux qui en pâtissent, principalement en Europe, mais aussi aux USA (…le clan qui soutient et manipule Trump !).

Dans ce contexte, que signifie une prétendue statistique telle que…

« Elles représentent aujourd’hui près de 40 % des principaux actifs industriels chinois… »

Absolument rien, car qui juge des « principaux actifs industriels chinois », sinon, l’auteur lui-même, dans ce contexte ?

L’article représente donc bien la frustration des capitalistes européens, et notamment français, dans cette lutte, car déjà plumés depuis longtemps par le tandem Chine-USA, et bientôt, à nouveau, par leur « allié » US à lui-seul !

 

Mais il représente aussi le penchant d’une bonne partie de la « gauche » française à se faire les chantres du capitalisme monopoliste chinois, et ici, via la plume « rouge » de Bruno Drewski…

En effet, de « socialisme », même « avec secteur capitaliste sous contrôle », il n’y a nullement en Chine, et il n’y en a même jamais eu, en réalité.

C’est simplement l’histoire d’un capitalisme national-bureaucratique qui a réussi à se muer en capitalisme monopoliste d’Etat, en repassant par la case comprador des USA, et qui veut naturellement, aujourd’hui, jouer pour son propre compte.

Luniterre

 

Récapitulatif des liens sur l’économie chinoise à la suite de :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/24/comment-la-chine-pourrait-bientot-rafler-la-mise-au-casino-mondial

 

 

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LA GAUCHE RÉFORMISTE ET MYSTIFICATRICE (Que fait la gauche dans le lit des patrons ?)

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Un article de M.Bibeau sur TML ?

Si, c’est possible, malgré les polémiques assez violentes qui nous opposent couramment…

Pas de sectarisme de notre part, donc, mais une certaine unité de style et de fond, quant aux articles publiés, dans le but de promouvoir la cause prolétarienne, malmenée d’abord par ses prétendus supporters « gauchistes » de tous poils, qui représentent, pour 99% d’entre eux, la voie de garage et l’impasse, bien avant la voie prolétarienne.

Ce que nous pratiquons, ce n’est pas la censure, mais simplement, une ligne éditoriale cohérente.

Et pour commencer, le post favorable que nous avons joint à la republication de cet article sur VLR, où s’est également instituée un débat sur la problématique soulignée par nous dans ce post…

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http://mai68.org/spip2/spip.php?article1890#forum1169

« Il me semble, pour une fois, que le jour où M. Bibeau a commencé à taper cet article sur son clavier, il s’était carrément levé du bon pied, et on ne peut que lui donner raison, sur l’ensemble de cet article !

Effectivement, même si une grande avidité n’est pas absente des motivations de la bourgeoisie, elle se trouve simplement être l’héritière d’une société de classes rendue initialement nécessaire pour le développement des forces productives.

 

Historiquement, il n’y a pas de jugement moral sur la constitution de la société en classes, dans le processus du développement des forces productives ! La nécessité d’un tel développement est liée à l’instinct de survie de l’espèce humaine et il est une adaptation de la hiérarchie naturelle de tous les groupes d’êtres vivants dans leur processus d’adaptation aux conditions naturelles de l’environnement.

 

En retour, et comme pour tout groupe d’êtres vivants, cette adaptation modifie elle-même le milieu, de manière consciente ou non. Et cette modification du milieu influe à son tour sur l’évolution, etc… C’est ce que l’on appelle un mouvement dialectique.


L’être humain a la capacité (…en principe) de comprendre cette évolution et éventuellement d’agir d’autant plus consciemment dessus, ce qui fait une différence avec d’autres phénomènes dialectiques, mais n’en reste pas moins un phénomène dialectique, et même au sens le plus fort du terme.

 

La transition vers une société sans classes sociales dominantes, et même sans classes, tout simplement, c’est une voie possible de cette évolution, actuellement.

 

Elle implique donc, néanmoins, une action consciente de la part du prolétariat pour une transformation radicale des rapports de production. Cela passe par la perte des illusions réformistes, c’est à dire, notamment, par la prise de conscience que les « acquis-sociaux », en régime capitaliste, ne sont jamais pérennes et, désormais, tout à fait condamnés par la crise et la concurrence acharnée qui va avec, entre groupes de capitalistes.

 

Mon désaccord avec M. Bibeau persiste néanmoins, semble-t-il, sur la façon de penser la transition. »

 

Luniterre

 

 

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LA GAUCHE RÉFORMISTE ET MYSTIFICATRICE

 

(Que fait la gauche dans le lit des patrons ?)

 

Les lois du capital ne sont pas avantageuses pour les salariés

 

« La loi Travail n’est pas bonne pour les salariés et pour les jeunes. Elle ne le sera pas non plus pour l’économie de la France. Alors que le chômage et la précarité augmentent, en affaiblissant les conventions collectives au profit des accords d’entreprise, cette loi (et les autres) accroit la concurrence entre les entreprises poussant à l’alignement sur le « moins offrant » pour les salariés. Cette logique de dumping social va engendrer davantage de flexibilité et de précarité et remettre en cause nombre d’acquis sociaux » (1).

 

Notre collègue Robert Gil jette un regard dubitatif et subjectif sur ces mesures gouvernementales dites « Loi travail » et « Loi SNCF ». Ainsi, notre chroniqueur présente correctement les conséquences de ces lois sur la majorité des travailleurs, mais il se leurre quand il annonce des effets négatifs pour « l’ensemble de l’économie de la France ». En effet, cette loi, et toutes celles que le gouvernement français promulgue, sont faites, non pas pour accroître l’emploi, réduire le chômage, renforcer les « acquis sociaux » (sic), augmenter la production de biens et de services, ou satisfaire les besoins de la population, mais essentiellement pour renforcer l’économie des riches – comprendre – augmenter la productivité du travail salarié tout en réduisant son coût par unité – et cela est bon pour le capital français n’en déplaise à la gauche idéaliste et utopiste.

Ainsi, l’auteur semble rêver d’une économie politique alternative, et il annonce que : « Le chômage et la précarité sont des fléaux pour la France. Les créations d’emplois, dans le privé comme dans le public, sont nécessaires pour répondre aux besoins de la société. La stabilité et la qualité des emplois sont non seulement gage de progrès social et de qualité de vie pour les salariés, mais sont un facteur de création d’emplois. » Depuis quand l’économie capitaliste a-t-elle pour vocation d’améliorer la qualité de vie des salariés ? Au temps de la croissance et de la valorisation facile du capital, des miettes – appelées « acquis sociaux » par les bobos – ont bien été accordées aux ouvriers, mais aujourd’hui, que la crise s’abat sur le système tout entier, la fonction de valorisation du capital exige que le capital retire ces avantages (que la gauche appelle des « acquis » oubliant que rien n’est jamais acquis sous la dictature du capital) afin de maintenir les taux de profit – mission ultime de ce mode de production moribond.

L’auteur avoue son incompréhension profonde des finalités du mode de production capitaliste quand il s’insurge : « Tous les pays qui ont fait l’expérience d’une telle réforme du droit du travail (Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Allemagne) en mesurent aujourd’hui les conséquences néfastes ». Néfastes pour qui suis-je porté à lui demander ? La gauche grecque au pouvoir à Athènes est citée en exemple par l’administration bruxelloise pour avoir « redressé » l’économie hellénique (2). Chacun sait qui a été sacrifié pour « redresser », « rentabiliser » et payer la rançon aux banquiers européens. Les ouvriers grecs sont les plus miséreux de l’Union européenne. Le PIB de la Grèce a chuté de 25% et ce n’est pas fini, d’autres ponctions sont prévues. Il parait que Donald Trump (populiste de droite) s’inspire du modèle Tsipras (populiste de gauche).

Notre collaborateur constate cependant que : « le Medef et les multinationales demandent de plus en plus de protection pour maintenir les bénéfices et les droits des entreprises envers et contre tout et distribuer toujours plus de dividendes aux actionnaires, pour mémoire pour le seul deuxième trimestre de cette année les dividendes des actionnaires dans le monde sont en hausse, pour atteindre la somme folle de 372 milliards d’euros ! » L’économie capitaliste française se porte bien alors !?… Comme le disait justement Tchouang Tseu : « l’on ne sait pas ce que l’on doit admirer le plus, la ruse des dirigeants ou l’idiotie des gouvernés ». Que ce soit à l’assemblé ou au sénat il n’y a aucun salarié, ouvrier ou employé qui siège, car malheureusement les électeurs votent pour ceux qui les « plument », ou alors, font la politique de l’autruche en s’abstenant ou votant nul, ce qui a le même résultat : maintenir au pouvoir une petite caste de privilégié qui vit sur notre dos ! » (3)

Les trois pas de danse de la gauche réformiste

La politique des réformistes-populistes de gauche – Podemos, Syriza, les Insoumis, Québec Solidaire, travailliste britannique, « progressiste » mexicain, ou communistes -socialistes – se résume ainsi :

1) Ils font croire que l’État bourgeois tente d’améliorer « l’économie » en assimilant « l’économie nationale » au « bienêtre social » de l’État providence qu’il faudrait défendre. 2) Ils avisent l’État bourgeois « bien intentionné », mais égaré, que « l’économie des riches » n’ira pas mieux et que le prolétariat souffrira de ces mesures – programmes – lois – et règlements dangereux qui précarisent et paupérisent les travailleurs, comme si l’État ne le savait pas… 3) Enfin, ils laissent entendre que l’équipe des sous-fifres politiques au pouvoir à Paris, à Ottawa, à Québec, à Londres, à Mexico, à Berlin, ou à Washington est incompétente et devrait être remplacée par une équipe réformiste gauchiste qui défendrait les intérêts de la nation tout entière, celui des riches et celui des pauvres tous égaux devant la loi, et tous égaux face au bulletin de scrutin, et c’est à travers ces mascarades électorales que le prolétariat pourra choisir l’équipe de thuriféraires populistes de gauche (qui fera la même chose que l’équipe populiste de droite qui là précédée).

La bourgeoisie n’a pas d’animosité, elle est seulement désespérée

Pour notre part, nous croyons que la bourgeoisie est parfaitement compétente à défendre ses intérêts de classe et la hausse du chômage et la baisse du pouvoir d’achat du prolétariat ne font pas partie de ses intérêts, ni même de ses préoccupations, quoique les riches n’ont pas d’aversion particulière contre les travailleurs salariés, et s’ils pouvaient les avantager ils le feraient comme ils l’ont fait dans le passé. Aujourd’hui, ce n’est plus possible, car les concurrents allemands, italiens, britanniques, hollandais, russes, chinois ont déjà effectué ces « ajustements structurels » et les capitalistes français n’ont plus le choix, ils doivent mettre le Code du travail et la rémunération du travail salarié – et les conditions d’exploitation de l’esclave salarié – au diapason de l’Europe unifiée sous peine de périclités à l’avantage de leurs concurrents mondialisés.

Ni les mélenchonistes, ni les gauchistes populistes, ni les altermondialistes, ni la droite populiste ne peuvent enrayer – détourner – stopper ou réguler ce processus d’ajustement structurel et surtout personne ne peut revenir en arrière à l’époque précédant la mondialisation. Le vin est versé et il devra être ingurgité jusqu’à la lie.

Le prolétariat français (comme les prolétaires de plusieurs pays) a compris tout ceci – voilà la véritable avant-garde – et il sait que les mascarades électorales sont des jérémiades pour inciter à « voter » pour une clique de réformistes ou pour une autre identique, alors qu’aucune réforme de ce système décadent n’est envisageable. Non camarade, les ouvriers ne votent pas pour ceux qui les « plument », ils ne votent pas du tout, car ces polichinelles sont tous pareils, incapables de résoudre les contradictions de ce mode de production moribond. (4)

Robert Bibeau

 

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-gauche-reformiste-et-mystificatrice/

 

NOTES

 

1. Source : Robert Gil (2018) Toujours moins pour les uns, toujours plus pour les autres.

http://www.les7duquebec.com/7-daill…

2. Tsipras, l’homme de gauche du capital grec, sponsor et ami du parti Syriza.

https://www.lemonde.fr/idees/articl…

3. Source : Robert Gil (2018) Toujours moins pour les uns, toujours plus pour les autres.

http://www.les7duquebec.com/7-daill…

4. Robert Bibeau. (2018) Les mascarades électorales. L’Harmattan, Paris. 150 pages.

 

 

 

Trois débats d’actu sur TML

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/10/c3a9ventail.jpg?w=940

 

 

Trois débats

sur TML :

 

 

En marge de l’article

Comment la Chine pourrait bientôt rafler la mise au casino mondial… !

 

>>>Un débat avec M. Hum sur la possibilité de construire une économie de transition, avec une politique monétaire adaptée.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/24/comment-la-chine-pourrait-bientot-rafler-la-mise-au-casino-mondial/

 

Également sur le thème de la transition, en marge de la querelle « familiale » des Schiappa père et fille…

 

Émancipation Ouvrière : faut-il se libérer ou non de l’économie de marché?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/22/emancipation-ouvriere-faut-il-se-liberer-ou-non-de-leconomie-de-marche/

 

 

En réponse à un article de M. Bibeau sur un prétendu « déclin » de l’impérialisme US…

 

 

De la fin de l’Empire à la libération prolétarienne…

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/24/de-la-fin-de-lempire-a-la-liberation-proletarienne/

 

https://i1.wp.com/www.les7duquebec.com/wp-content/uploads/2018/06/effondrement-etats-unis-800x445.jpg?zoom=2

 

 

 

 

Le mensonge du maoïsme

Le mensonge du maoïsme

 

(PAR LE CAMARADE WH )

 

Introduction

a- Contexte historique

b- La dégénerescence du parti communiste chinois

b (suite) – Marx et Lénine auraient-ils été maoïstes ?

c- La nature de classe de la révolution chinoise

d- La lutte entre Staline et Mao

e- La « socialisme » chinois

f- La base de l’opposition à Khrouchtchev

g- La soumission de la Chine à l’impérialisme américain

h- La lutte contre le prétendu « hoxhaïsme » masque une véritable lutte contre le marxisme

i- Autres textes

 

 

Introduction

Le maoïsme désigne les courants de pensée se réclamant du communisme et de la Chine de Mao ainsi que de son idéologie. Il existe diverses variantes de maoïsme. Nous n’entrerons pas ici en détails sur ce qui différencie chacune de ces variantes. Malgré toutes leurs différences, ces différentes variantes de maoïsme prétendent toutes se placer dans la continuité du marxisme-léninisme, l’idéologie officielle de l’URSS de Staline. D’autre part, le maoïsme assume un certain nombre de ruptures avec le marxisme-léninisme. J’entends ici démontrer que le maoïsme n’a aucune continuité avec le marxisme-léninisme et est de bout en bout une rupture avec ce dernier. Nous démontrerons que, loin d’être le successeur de Marx et Lénine, Mao est le successeur des innombrables révolutionnaires bourgeois et petits-bourgeois auxquels se sont confrontés Marx et Lénine de leur vivant. Enfin, nous démontrerons que ni la Chine de Mao, ni l’idéologie de Mao ne peuvent être considérés comme communistes.

 

a- Contexte historique

Il faut d’abord poser le contexte, comprendre l’histoire de la Chine. Je vais donc faire un rapide résumé, qui ira juqsu’à la fondation du parti communiste chinois.

Au cours du 19ème siècle, la Chine est entrée dans le giron des puissances coloniales européennes (la France et l’Angleterre). Le pays était alors au stade féodal, et les seigneurs féodaux chinois obéissaient aux puissances coloniales. Le principal intérêt pour la France et l’Angleterre était le commerce, notamment de l’opium. Une série de révoltes anti-féodales (révolte des Taipings) peu connues en occident ont traversé toute la Chine, mettant en difficulté la dynastie Qing.

Au début du 20ème siècle, le capitalisme en Europe a atteint le stade impérialiste. Le partage du globe n’avait plus pour but d’exporter des marchandises produites en Europe mais le partage de zones d’influence où exporter les capitaux. L’Angleterre, le Japon puis les Etats-Unis se sont contestés le contrôle de la Chine.

En même temps que les investissements arrivaient en Chine, une bourgeoisie et un prolétariat apparaissaient, le développement de l’industrie allait de pair avec l’émergence d’intellectuels qui s’inspiraient des idées occidentales. Des idées nationalistes, marxistes et anarchistes sont apparues en Chine et en 1911, une révolution a fait de la Chine une république. Quelques années plus tard fut créé le Kuomintang, dirigé par Sun-Yat-Set, menant la révolution bourgoise et soutenu alors à la fois par le prolétariat et la paysannerie.

Dans les années 1920, le régime nationaliste de Sun-Yat-Set recevait le soutient de l’URSS, qui voyait dans cette république nouvellement créée un allié contre les puissances impérialistes et une première étape vers la révolution prolétarienne en Chine.

 

b- La dégénérescence du parti communiste chinois

Le parti communiste chinois a été fondé en 1921 sur le modèle du parti bolchevique et a développé des syndicats ouvriers ainsi que des associations paysannes.

Il n’est pas nécessaire d’entrer en détail sur la politique léniniste vis à vis des pays semi-coloniaux, mais Staline résumait ainsi le contenu de la politique de la IIIème internationale.

« Dans les pays comme l’Egypte ou la Chine, où la bourgeoisie nationale s’est déjà scindée en partis révolutionnaire et conciliateur, mais où la fraction conciliatrice de la bourgeoisie ne peut encore se souder à l’impérialisme, les communistes ne peuvent déjà plus se donner pour but la constitution d’un front national unique contre l’impérialisme. De la politique du front national unique, ils doivent passer à la politique du bloc révolutionnaire des ouvriers et de la petite bourgeoisie. Ce bloc peut revêtir la forme d’un parti unique, d’un parti ouvrier – paysan, comme le Kuomintang, à condition toutefois que ce parti soit réellement le bloc de deux forces: le parti communiste et le parti de la petite bourgeoisie révolutionnaire. Dévoiler la duplicité et l’irrésolution de la bourgeoisie nationale et mener une lutte décisive contre l’impérialisme, telles sont les tâches de ce bloc. Un tel parti, dualiste par sa composition, est nécessaire et rationnel s’il ne lie pas les mains au parti communiste, s’il ne gêne pas sa liberté d’agitation et de propagande, s’il n’empêche pas le ralliement des prolétaires autour du P. C, s’il facilite la direction effective du mouvement révolutionnaire par le P. C. Un tel parti n’est ni nécessaire ni rationnel s’il ne répond pas à toutes ces conditions, car il ne pourrait qu’amener la dilution des éléments communistes parmi les éléments bourgeois et enlever au P. C. la direction de l’armée prolétarienne. »

Staline, Les taches politiques de l’université des peuples d’Orient (Discours à l’U. C. T. O. le 18 mai 1925)

 

« Quelles sont les étapes de la révolution chinoise ? A mon avis, elles doivent être au nombre de trois : première étape, la révolution du front national général unifié, la période de Canton, lorsque la révolution dirigeait ses coups principalement contre l’impérialisme étranger, et que la bourgeoisie nationale soutenait le mouvement révolutionnaire; deuxième étape, la révolution démocratique bourgeoise, après l’apparition des armées nationales sur le fleuve Yang – Tsé, alors que la bourgeoisie nationale s’est retirée de la révolution et que le mouvement agraire s’est développé en une puissante révolution de dizaines de millions de paysans (actuellement la révolution chinoise en est à la deuxième étape de son développement) ; troisième étape, la révolution soviétique, qui n’a pas encore eu lieu, mais qui viendra. »

Staline, A PROPOS DE LA CHINE, Extrait du discours prononcé à l’assemblée plénière commune du Comité central et de la Commission centrale de contrôle, à la séance du 1er août 1927 : « La situation internationale et la défense de l’U.R.S.S. »

Le problème est survenu quand à la mort de Sun-Yat-Set, Tchang-Kai-Chek (c’est à dire l’aile droite du Kuomintang) a pris le contrôle et a mené une offensive contre le parti communiste, éliminant un certain nombre d’entre eux, en particulier dans les villes. La répression a commencé à Shangaï en 1927 puis s’est poursuivie aussi bien dans les villes que dans les campagnes contrôlées par le Kuomintang. Le parti s’est débarassé de son aile gauche, qui comprenait essentiellement des membres du parti communiste.

La partie paysanne du parti communiste chinois s’est retrouvée alors plus importante relativement, et dans les années qui ont suivi, c’est en fin de compte cette aile rurale qui a pris l’ascendant au sein du PCC, permettant à un de ses représentants, Mao Zedong, d’en prendre le contrôle.

La dégénersence du PCC en parti de la paysannerie et de la bourgeoisie rurale était facilitée par le fait que la formation idéologique était encore faible au sein du parti. Dans les années 1930, Mao abandonnait ouvertement la lutte urbaine ouvrière pour se consacrer à « l’encerclement des villes par les campagnes ».

Ce tournant de la politique du PCC et de sa base sociale permet déjà de caractériser Mao comme un révolutionnaire paysan et non comme un marxiste, comme le confirma le grand diplomate soviétique Viatcheslav Molotov.

« C’est un homme intelligent, un leader paysan, une sorte de Pougatchev chinois. Bien sûr, il était loin d’être marxiste. Il est venu pour le soixante-dixième anniversaire de Staline, en 1949. Il est resté quelque chose comme six semaines à la datcha de Staline. Il a été un peu souffrant. Nous sommes allés lui rendre visite Mikoyan et moi. Nous avons eu un entretien. Il nous a fait goûter du thé vert chinois. Je me souviens qu’il a dit notamment : « Je n’ai jamais lu Le Capital de Marx. » Pourquoi a-t-il dit ça ? Pour montrer qu’il n’avait rien d’un doctrinaire ? »

V. Molotov, cité dans Conversations avec Molotov — 140 entretiens avec le bras droit de Staline, Félix Tchouev

Emelian Pougatchev avait mené entre 1774 et 1775 une révolte paysane sous le règne de Catherine II. On peut sans aucun doute dire que Molotov et les soviétiques en général ne se trompaient pas sur le cas de Mao, voyant en lui et dans sa ligne politique non pas un marxiste, mais l’équivalent de qui en Russie avant la révolution, s’appelait le parti socialiste-révolutionnaire (parti de la paysannerie et de la bourgeoisie rurale, adversaire des bolcheviques).

Mao (tout comme les maoïstes actuels) présentent leur théorie sur la guerre populaire comme un nouveau type de stratégie révolutionnaire. Pourquoi ? Pour voiler le fait qu’ils ne considèrent plus le prolétariat urbain comme la force principale de la révolution mais la paysannerie et la petite bourgeoisie rurale.

L’internationale communiste tenta de reprendre le contrôle en envoyant un groupe de 28 bolcheviques chinois formés en URSS, de nouveaux cadres formés pour refaire du PCC un parti bolchevique.

Mais ils ne réussirent pas à imposer la ligne juste au PCC, qui qualifièrent leur position de gauchiste. Parmi ces 28 bolcheviques, Wang Ming a tout de même pu occuper des postes importants à l’intérieur du PCC mais sans en faire changer la ligne idéologique. Dès les années 1930, le PCC s’opposait à la politique de Staline et du Comintern.

« Puis vint la troisième période, la période de la guerre de résistance contre le Japon. Lorsque les impérialistes japonais ont envahi la Chine, nous avons cessé de combattre le Kuomintang et combattu l’impérialisme japonais à la place. À ce moment-là, nos camarades [le groupe des 28] pouvaient aller ouvertement aux villes des régions du Kuomintang. Wang Ming, qui avait précédemment fait l’erreur de pousser une ligne opportuniste «de gauche», a maintenant fait l’erreur de pousser une ligne droite opportuniste. Il avait d’abord mené la politique d’ultra-gauche de l’Internationale communiste, et cette fois il a mené une politique d’extrême droite. Lui aussi a été un de nos bons enseignants par exemple négatif et il a éduqué notre Parti. Nous avons eu un autre bon enseignant par exemple négatif à Li Li-san. Leur principale erreur à l’époque était le dogmatisme, transplant mécaniquement l’expérience étrangère. Notre parti a liquidé leurs lignes erronées et a vraiment trouvé le moyen d’intégrer la vérité universelle du marxisme-léninisme aux conditions concrètes de la Chine. En conséquence, dans la quatrième période où Tchang Kaï-chek a lancé une offensive contre nous, il nous a été possible de le renverser et de fonder la République populaire de Chine.

L’expérience de la révolution chinoise, c’est-à-dire la construction de zones de base rurales, encerclant les villes à partir de la campagne et finalement s’emparant des villes, peut ne pas s’appliquer à beaucoup de vos pays, bien qu’elle puisse servir de référence. Je vous supplie de ne pas transplanter mécaniquement l’expérience chinoise. L’expérience de tout pays étranger ne peut servir qu’à titre de référence et ne doit pas être considérée comme un dogme. La vérité universelle du marxisme-léninisme et les conditions concrètes de vos propres pays – les deux doivent être intégrés. »

Mao Zedong, Quelques expériences dans l’histoire de notre parti, 25 Septembre 1956

D’après Mao, le Comintern ne comprenait pas le cas spécifique de la Chine. Mais il ne s’appuie nulle part sur les textes du Comintern ou de Staline pour en faire une critique. Les textes de Staline montrent au contraire que le Comintern considérait qu’il y avait une bien distinction entre la révolution dans les pays impérialistes comme la Russie et la révolution dans les semi-colonies comme la Chine.

« Lénine disait que les Chinois allaient bientôt avoir leur 1905. Certains camarades comprirent que cela signifiait qu’il devait y avoir une répétition parmi les Chinois de la même chose qui eut lieu ici en Russie en 1905. Ce n’est pas vrai, camarades. Lénine n’a nullement dit que la révolution chinoise serait une réplique de la révolution de 1905 en Russie. Tout ce qu’il disait, c’était que les Chinois auraient leur 1905. Cela veut dire que, outre les traits généraux de la Révolution de 1905, la révolution chinoise aurait ses particularités propres, qui ne manqueraient pas d’imprimer son empreinte à la révolution chinoise. »

Staline, Les perspectives de la révolution en Chine, Discours prononcé à la Commission chinoise de l’ECCI, 30 novembre 1926

« Quel est le point de départ que prennent l’Internationale communiste et les Partis communistes en général, lorsqu’ils abordent les problèmes du mouvement révolutionnaire dans les pays coloniaux et dépendants ?

C’est la distinction stricte entre la révolution dans les pays impérialistes, dans les pays opprimant les autres peuples, et la révolution dans les pays coloniaux et dépendants, dans les pays subissant le joug impérialiste des autres Etats. La révolution dans les pays impérialistes, c’est une chose : là, la bourgeoisie opprime les autres peuples ; là, elle est contre-révolutionnaire à tous les stades de la révolution ; là, l’élément national, comme élément de lutte libératrice fait défaut. La révolution dans les pays coloniaux et dépendants, c’est différent : là, le joug de l’impérialisme des autres Etats est un des facteurs de la révolution ; là, ce joug ne peut manquer d’atteindre aussi la bourgeoisie nationale ; là, la bourgeoisie nationale, à un certain stade et pour un certain laps de temps, peut soutenir le mouvement révolutionnaire de son pays contre l’impérialisme; là, l’élément national comme élément de lutte pour la libération, est un facteur de la révolution. Ne pas faire cette distinction, ne pas comprendre cette différence, identifier la révolution dans les pays impérialistes avec la révolution dans les pays coloniaux, c’est sortir de la voie du marxisme, de la voie du léninisme ; c’est s’engager dans la voie des partisans de la IIe Internationale. »

Staline, A PROPOS DE LA CHINE, Extrait du discours prononcé à l’assemblée plénière commune du Comité central et de la Commission centrale de contrôle, à la séance du 1er août 1927 : « La situation internationale et la défense de l’U.R.S.S. »

Staline et le Comintern reconnaissaient donc bien une différence entre la révolution bolchevique et la révolution chinoise. Simplement c’est sur la nature de cette différence que Mao n’était pas d’accord.

Cette différence, là voici. Tandis que pour Staline, la bourgeoisie nationale en Chine ne pouvait être un allié qu’à certains stades de la révolution, et qu’elle devrait finir par être considérée comme un adversaire, Mao considérait que la révolution ne devrait pas aller jusqu’à l’étape de la révolution socialiste, c’est à dire que l’alliance avec la bourgeoisie nationale devrait être préservée et le pays se développer sur cette base.

« Il y avait l’oppression par la bourgeoisie étrangère en Chine, donc la bourgeoisie nationale de Chine est partiellement révolutionnaire; en vue de cela la coalition avec la bourgeoisie nationale est permise, en Chine les communistes et la bourgeoisie forment un bloc.

Ce n’est pas artificiel. Marx en 1848 aussi avait une coalition avec la bourgeoisie, quand il éditait le Neue Rheinische Zeitung, mais ce ne fut pas pendant longtemps. »

Staline, Cinq conversations avec les économistes soviétiques, 1950

A l’inverse, Mao envisageait la construction du « socialisme » avec la bourgeoisie nationale pendant « un certain temps ».

« Tout au long de la période historique de la lutte contre l’impérialisme et la féodalité, nous devons gagner et nous unir à la bourgeoisie nationale pour qu’elle se range du côté du peuple contre l’impérialisme. Même après que la tâche d’opposition à l’impérialisme et à la féodalité ait été accomplie, nous devons maintenir notre alliance avec la bourgeoisie nationale pendant un certain temps. Cela sera avantageux dans le traitement de l’agression impérialiste, dans l’expansion de la production et la stabilisation du marché et aussi dans la conquête et le remodelage des intellectuels bourgeois. »

Mao Zedong, Quelques expériences dans l’histoire de notre parti, 25 Septembre 1956

Nous voyons donc que Mao divergeait des positions de Staline et du Comintern. Il menait une lutte s’appuyant non pas sur le prolétariat urbain mais sur la paysannerie et la bourgeoisie des campagnes. Sa politique visait non pas à s’allier temporairement avec la bourgeoisie nationale comme étape de la révolution mais à fonder un système intégrant à la fois la classe ouvrière, la paysannerie, la petite bourgeoisie et la bourgeoisie nationale, ce qu’il appellera la « démocratie nouvelle ». Cela questionne donc la nature même de la révolution chinoise et de la république née en 1949.

 


b (suite) – Marx et Lénine auraient-ils été maoïstes ?

Après sa fondation en 1921, le parti communiste chinois s’est construit sur les bases du marxisme-léninisme. Mais dès la fin des années 1920, et en particulier avec la victoire de la ligne de Mao, le PCC est devenu le parti de la paysannerie et de la bourgeoisie rurale.

Achevant sa transformation en parti de type populiste, il a cessé de voir le prolétariat urbain comme la force principale de la révolution, se concentrant sur la paysannerie.

Cette nouvelle plateforme idéologique, ainsi que cette nouvelle base sociale faisait du parti « communiste » chinois l’équivalent russe du parti socialiste-révolutionnaire au début du 20ème siècle. Le maoïsme se rattache aussi de fait à toute l’histoire du populisme européen. Nous commencerons donc par celui-ci.

Lénine raconte ainsi comment le marxisme est né en opposition au populisme.

« Au début de la première période, la doctrine de Marx est loin d’être dominante. Elle n’est que l’une des très nombreuses fractions ou courants du socialisme. Les formes dominant dans le socialisme sont celles qui au fond s’apparentent au populisme de chez nous : incompréhension de la base matérialiste du mouvement historique, incapacité de discerner le rôle et l’importance de chacune des classes de la société capitaliste, camouflage de la nature bourgeoise des réformes démocratiques à l’aide de différentes phrases pseudo-socialistes sur le « peuple », la « justice », le « droit » etc. »

Lénine, Les destinées historiques de la doctrine de Karl Marx, 1er mars 1913

Karl Heinzen était l’un de ces socialistes petits bourgeois qui prêchait la soumission du mouvement communiste naissant à la bourgeoisie progressiste républicaine. Vers 1847-1848 en Allemagne, démocrates bourgeois et communistes étaient alors unis brièvement et par tactique contre l’ancien régime. Les communistes affirmaient en même temps leur propre doctrine indépendante.

« parce que l’Allemagne se trouve à la veille d’une révolution bourgeoise, parce qu’elle accomplira cette révolution dans des conditions plus avancées de la civilisation européenne et avec un prolétariat infiniment plus développé que l’Angleterre et la France au XVII° et au XVIII° siècle, et que par conséquent, la révolution bourgeoise allemande ne saurait être que le prélude immédiat d’une révolution prolétarienne. »

Karl Marx, Le manifeste du parti communiste, 1847

Engels réfuta les thèses de Heinzen, et du même coup, le point central de ce qui sera plus tard la théorie maoïste.

« A qui M. Heinzen adresse-t-il ses prêches révolutionnaires ? Avant tout aux petits paysans, à cette classe qui est, à notre époque, la moins apte de toutes à prendre une initiative révolutionnaire. Depuis 600 ans, tout mouvement progressif provient des villes, et cela est tellement vrai que les mouvements démocratiques indépendants [provenant] des ruraux (Wat Tyler, Jack Cade, la Jacquerie, la guerre, des paysans), premièrement prirent toujours une tournure réactionnaire, et, deuxièmement, furent toujours battus. Le prolétariat industriel des villes est devenu le fer de lance de toute la démocratie moderne ; les petits bourgeois, et plus encore les paysans, dépendent complètement de son initiative. La Révolution française de 1789 et l’histoire récente de l’Angleterre, de la France et des Etats de l’est de l’Amérique, le prouvent. Or, M. Heinzen place son espoir aujourd’hui, en plein dix-neuvième siècle, dans l’assaut des paysans ! »

Friedrich Engels, Les communistes et Karl Heinzen, Octobre 1847


Marx également, ne donnait pas à la paysannerie et à la petite bourgeoisie le rôle principal dans la révolution. Cela semble évident à quiconque connaît un peu le marxisme, mais il vaut mieux parfois répéter les évidences.

« Petits industriels, marchands et rentiers, artisans et paysans, tout l’échelon inférieur des classes moyennes de jadis, tombent dans le prolétariat; d’une part, parce que leurs faibles capitaux ne leur permettant pas d’employer les procédés de la grande industrie, ils succombent dans leur concurrence avec les grands capitalistes; d’autre part, parce que leur habileté technique est dépréciée par les méthodes nouvelles de production. De sorte que le prolétariat se recrute dans toutes les classes de la population.

(…)

De toutes les classes qui, à l’heure présente, s’opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique.

Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu’elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l’envers la roue de l’histoire. »

Karl Marx, Le manifeste du parti communiste, 1847

Les « socialistes » dans le genre Heinzen furent battus par le marxisme mais se déguisèrent alors en marxistes pour mieux le combattre de l’intérieur.

Cela veut-il dire que la paysannerie n’a aucun rôle à jouer dans la révolution ? Dans les pays retardataires comme la Russie ou la Chine du 20ème siècle, la paysannerie constituait l’écrasante majorité de la population. Il était donc impossible d’envisager une révolution sans la participation active de la paysannerie (ou du moins, des paysans pauvres), comme soutien au prolétariat.

L’ »erreur » des maoïstes est qu’ils attribuent à la paysannerie et à la « périphérie » en général ce rôle principal qui ne peut être que celui du prolétariat urbain pour un marxiste.

Le plus grand mensonge du maoïsme est de se présenter comme une nouveauté alors qu’il ne s’agit que d’une nouvelle variante des théories populistes combattues par Marx et Lénine de leur vivant. Simplement, ces nouvelles variantes ont fini par se dire « marxistes » puis « marxistes-léninistes » lorsqu’elles furent battues et qu’il fallait profiter du prestige de cette idéologie pour duper leurs sympathisants.

« La Révolution de 1848 porte un coup mortel à toutes ces formes bruyantes, bigarrées, tapageuses du socialisme d’avant Marx. Dans tous les pays, la révolution montre à l’œuvre les différentes classes de la société. Le massacre des ouvriers par la bourgeoisie républicaine, dans les journées de juin 1848, à Paris, achève de fixer la nature socialiste du prolétariat, du prolétariat seul. La bourgeoisie libérale redoute l’indépendance de cette classe, cent fois plus que la pire réaction. Le libéralisme peureux rampe devant cette dernière. La paysannerie se contente de l’abolition des vestiges du féodalisme et se range du côté de l’ordre ; elle ne balance que rarement entre la démocratie ouvrière et le libéralisme bourgeois. Toutes les doctrines sur le socialisme hors-classes et la politique hors-classes se révèlent un vain bavardage.

La doctrine de Marx remporte une victoire complète et s’étend en largeur. Lentement mais sûrement, se poursuivent la sélection et le rassemblement des forces du prolétariat, sa préparation aux batailles futures.

La dialectique de l’histoire est telle que la victoire du marxisme en matière de théorie oblige ses ennemis à se déguiser en marxistes. Le libéralisme, pourri à l’intérieur, tente de reprendre vie sous la forme de l’opportunisme socialiste. »

Lénine, Les destinées historiques de la doctrine de Karl Marx, 1er mars 1913

Concernant le parti socialiste-révolutionnaire, on sait qu’en Russie, avant la révolution de 1917, il existait principalement quatre courants se réclamant du socialisme :

La tendance économiste du parti social-démocrate, qui furent connus ensuite sous le nom de mencheviks. Ils s’inspiraient du réformisme européen et refusaient toute lutte politique indépendante du prolétariat,

La tendance politique du parti-social-démocrate, qui furent connus ensuite sous le nom de bolcheviques. Ils s’appuyaient sur le marxisme et défendaient une révolution sociale dirigée par le prolétariat,

Les anarchistes, qui s’appuyaient sur la petite bourgeoisie et utilisaient les méthode de terrorisme,

Enfin le parti socialiste-révolutionnaire, parti de la paysannerie et de la petite bourgeoisie, qui était lui-même divisé en plusieurs tendances. Il utilisait également les méthodes de terrorisme.

Le combat de Lénine contre les mencheviks est bien connu. Sa dénonciation des anarchistes l’est aussi. Mais on connaît moins son attitude vis à vis du parti socialiste-révolutionnaire. Pourquoi ? Parce qu’en occident, la paysannerie ne représentait et ne représente plus qu’une minorité de la population. Donc il n’existe aucun équivalent de ce parti.

Cependant la critique que Lénine en a fait est très utile pour confondre le maoïsme et identifier sa véritable nature de classe.

Les mencheviks, les anarchistes et les socialistes-révolutionnaires avaient de nombreuses nuances, mais ils avaient un point commun. Ils représentaient tous au fond l’intérêt de la petite bourgeoisie, n’étaient pas des révolutionnaires conséquents, et devaient par conséquent finir par passer à la bourgeoisie à un moment donné.

La critique des socialistes-révolutionnaires faite par Lénine a d’abord consisté à positionner les SR par rapport aux autres courants socialistes en Russie.

« ils se sont assis entre deux tabourets, entre le marxisme russe (dont ils n’ont emprunté que quelques maigres lambeaux) et le narodisme libéral quasi-socialiste. »

Lénine, Les thèses de base contre les socialistes-révolutionnaires, Novembre-Décembre 1902

D’après Lénine, les SR n’avaient aucune base sociale précise mais donnaient le rôle principal à la paysannerie au détriment du mouvement ouvrier.

« Une attitude peu enthousiaste envers le mouvement ouvrier conduit inévitablement à l’éloignement, et par suite de cette distance, le parti socialiste-révolutionnaire n’a aucune base sociale. Il ne s’appuie sur aucune classe sociale, car le terme de classe ne peut s’appliquer à un groupe d’intellectuels instables qui qualifient leur imprécision et leur manque de principe d ‘«ampleur».

Lénine, Les thèses de base contre les socialistes-révolutionnaires, Novembre-Décembre 1902

« en adoptant une attitude dédaigneuse à l’égard de l’idéologie socialiste et en cherchant à compter simultanément et dans une égale mesure sur l’intelligentsia, le prolétariat et la paysannerie, le Parti socialiste-révolutionnaire y mène inévitablement (qu’il le veuille ou non) et l’asservissement idéologique du prolétariat russe par la démocratie bourgeoise russe. Une attitude dédaigneuse à l’égard de la théorie, de l’évasion et de la tergiversation à l’égard de l’idéologie socialiste joue inévitablement un rôle les mains de l’idéologie bourgeoise. En tant que strates sociales comparables au prolétariat, l’intelligentsia russe et la paysannerie russe ne peuvent servir de pilier qu’à un mouvement démocratique bourgeois. Ce n’est pas seulement une considération qui découle nécessairement de nos enseignements dans leur ensemble (qui considèrent le petit producteur, par exemple, comme révolutionnaire seulement dans la mesure où il fait une rupture nette avec la société de l’économie marchande et du capitalisme et se place au point de vue du prolétariat) – non, c’est aussi un fait absolu qui commence déjà à se faire sentir. Au moment de la révolution politique et au lendemain de cette révolution, ce fait se fera inévitablement sentir avec encore plus de force. Le socialisme-révolutionnarisme est l’une des manifestations de l’instabilité idéologique petite-bourgeoise et de la vulgarisation petite-bourgeoise du socialisme, contre laquelle la social-démocratie doit mener et mènera toujours une guerre déterminée. »

Lénine, Pourquoi les sociaux-démocrates doivent déclarer une guerre déterminée et implacable contre les socialistes-révolutionnaires, Juin-Juillet 1902

En 1902, Lénine voyait déjà dans le parti-socialiste révolutionnaire un parti qui finirait par s’agenouiller devant la démocratie bourgeoise (voir précisément, à partir de février 1917). Et on peut dire la même chose du maoïsme dont la « démocratie nouvelle » est une nouvelle formule de la démocratie bourgeoise.

Il notait déjà une absence de principes et de véritable théorie, et le rejet plus ou moins assumé du marxisme (les SR prétendaient « l’améliorer », comme les maoïstes aujourd’hui, par amélioration il faut entendre, révision dans le sens de l’opportunisme petit bourgeois).

« La contradiction réside dans le fait qu’en réalité, le parti des «socialistes-révolutionnaires» n’adhère pas du tout au socialisme révolutionnaire scientifique (= marxisme) dans les questions relatives au mouvement international et russe de la classe ouvrière. En réalité, le trait caractéristique de ce «parti» est l’absence totale de principe dans toutes les questions fondamentales les plus importantes du socialisme moderne. »

Lénine, Les thèses de base contre les socialistes-révolutionnaires, Novembre-Décembre 1902

Enfin, à propos de la « démocratie nouvelle » des maoïstes, une note intéressante de Lénine montre que déjà les SR entretenaient la confusion entre démocratie bourgeoise et démocratie socialiste.

« Idéologie petit-bourgeoise : corrompt la conscience de classe du prolétariat, le rend inapte à une position indépendante vis-à-vis de la démocratie bourgeoise (parce que les socialistes-révolutionnaires s’efforcent de confondre la démocratie sociale et bourgeoise, tout en étant une branche de celle-ci). »

Lénine, Esquisse d’un article contre les socialistes-révolutionnaires, Juillet 1903

 

c- La nature de classe de la révolution chinoise

La révolution chinoise était d’après Mao lui-même une révolution démocratique bourgeoise et non une révolution prolétarienne.

« Dans sa première étape ou première phase, la révolution dans une colonie ou semi-colonie reste essentiellement, par son caractère social, une révolution démocratique bourgeoise, et ses revendications tendent objectivement à frayer la voie au développement du capitalisme ; néanmoins, elle n’est déjà plus une révolution de type ancien, dirigée par la bourgeoisie et se proposant d’établir une société capitaliste et un État de dictature bourgeoise, mais une révolution de type nouveau, dirigée par le prolétariat et se proposant d’établir, à cette première étape, une société de démocratie nouvelle et un État de dictature conjointe de toutes les classes révolutionnaires.

(…)

La première étape de la révolution chinoise (étape qui se subdivise elle-même en nombreux stades intermédiaires) est, par son caractère social, une révolution démocratique bourgeoise d’un type nouveau, elle n’est pas encore une révolution socialiste prolétarienne ; néanmoins, elle fait partie depuis longtemps de la révolution mondiale socialiste prolétarienne, elle en constitue même, maintenant, une part considérable et est pour elle une grande alliée. La première phase ou première étape de cette révolution n’est certainement pas et ne peut être l’édification d’une société capitaliste de dictature bourgeoise ; elle doit s’achever par l’édification d’une société de démocratie nouvelle placée sous la dictature conjointe de toutes les classes révolutionnaires chinoises, à la tête desquelles se trouve le prolétariat chinois ; puis on fera passer la révolution à la seconde étape, celle de l’édification de la société socialiste en Chine.

(…)

La révolution, dont la tâche principale, à l’étape actuelle, est de combattre l’impérialisme étranger et les forces intérieures féodales, est une révolution démocratique bourgeoise et non une révolution socialiste visant à renverser le capitalisme. »

Mao Zedong, La démocratie nouvelle, 1940

Mais tandis que Marx ne voyait dans la révolution bourgeoise qu’« un prélude immédiat à la révolution prolétarienne » (Karl Marx, Le manifeste du parti communiste, 1847), Mao lui considérait que la révolution bourgeoise en Chine devait être au milieu entre la dictature de la bourgeoisie et la dictature du prolétariat. Plus exactement, la révolution bourgeoise en Chine devait aboutir à la « dictature conjointe de toutes les classes révolutionnaires », à savoir la bourgeoisie, la petite bourgeoisie, la classe ouvrière et la paysannerie.

L’un des plus grands mensonges du maoïsme est de confondre les révolutions nationales-démocratiques dirigées contre l’impérialisme et la révolution socialiste.

Mais dès 1920, Lénine mettait en garde contre ce qui sera plus tard le maoïsme.

« La nécessité de lutter résolument contre la tendance à parer des couleurs du communisme les courants de libération démocratique bourgeois des pays arriérés ; l’Internationale communiste ne doit appuyer les mouvements nationaux démocratiques bourgeois des colonies et des pays arriérés qu’à la condition que les éléments des futurs partis prolétariens, communistes autrement que par le nom, soient dans tous les pays arriérés groupés et éduqués dans l’esprit de leurs tâches particulières, tâches de lutte contre les mouvements démocratiques bourgeois de leur propre nation ; l’Internationale communiste doit conclure une alliance temporaire avec les démocrates bourgeois des colonies et des pays arriérés, mais pas fusionner avec eux, et maintenir fermement l’indépendance du mouvement prolétarien, même sous sa forme la plus embryonnaire. »

Lénine, Projets de thèses sur Questions nationales et coloniales, Pour le deuxième congrès de l’Internationale communiste, 5 Juin 1920

On comprend en fait que Lénine prévoyait déjà une possible déviation du marxisme dans le mouvement communiste au sein des semi-colonies. Cette déviation contre laquelle Lénine préparait la lutte devint une réalité avec Mao.

« Si nous ne suivons pas la voie du capitalisme de dictature bourgeoise, alors, peut-être pouvons-nous suivre la voie du socialisme de dictature prolétarienne ? Non, c’est également impossible. »

Mao Zedong, La démocratie nouvelle, 1940

Mao semblait donc chercher la voie du milieu entre dictature de la bourgeoisie et dictature du prolétariat. D’après Lénine, il s’agit bien sur d’une vieille théorie opportuniste (et non d’une « amélioration » du marxisme). A vrai dire, notre état bourgeois aussi prétend être « au-dessus des classes », n’être ni la dictature de la bourgeoisie ni la dictature du prolétariat. La formule de Mao est donc, dans le fond comme dans la forme, une plateforme démocratique bourgeoise, de dictature de la bourgeoisie déguisée en pouvoir équitablement partagé.

« Le point le plus important, que ne comprennent pas les socialistes et qui constitue leur myopie théorique, leur emprisonnement dans les préjugés bourgeois et leur trahison politique envers le prolétariat, c’est que dans la société capitaliste, dès que s’aggrave la lutte des classes qui est à sa base, il n’y a pas de milieu entre la dictature de la bourgeoisie et la dictature du prolétariat. Tous les rêves d’une solution intermédiaire ne sont que lamentations réactionnaires de petits bourgeois. »

Lénine, Thèses sur la démocratie bourgeoise et la dictature prolétarienne, 4 Mars 1919

En résumé, il n’est pas injuste de voir dans la révolution chinoise l’équivalent de la révolution française de 1789. Une révolution dans laquelle les « classes révolutionnaires » (c’est à dire le tiers-état) renversent l’aristocratie.

Front populaire, « démocratie » populaire, guerre populaire, république populaire, gouvernement populaire, les maoïstes cuisinent le mot « populaire » à toutes les sauces.

Il est vrai qu’il existait en Europe de l’est ce qu’on appelait les « démocraties populaires », pour insister sur le fait qu’il ne s’agissait pas de démocraties socialistes mais de systèmes où les partis bourgeois participaient encore. Il ne s’agissait pas d’un système définitif, mais d’une courte période de transition après la seconde guerre mondiale, le temps de former des partis communistes capables d’établir la dictature du prolétariat.

En dehors de ce contexte, parler de gouvernement populaire, c’est parler en opportuniste.

« L’ »Etat populaire libre » était une revendication inscrite au programme des social-démocrates allemands des années 70 et qui était devenue chez eux une formule courante. Ce mot d’ordre, dépourvu de tout contenu politique, ne renferme qu’une traduction petite-bourgeoise et emphatique du concept de démocratie. Dans la mesure où l’on y faisait légalement allusion à la république démocratique, Engels était disposé à « justifier », « pour un temps », ce mot d’ordre à des fins d’agitation. Mais c’était un mot d’ordre opportuniste, car il ne tendait pas seulement à farder la démocratie bourgeoise; il marquait encore l’incompréhension de la critique socialiste de tout Etat en général. Nous sommes pour la république démocratique en tant que meilleure forme d’Etat pour le prolétariat en régime capitaliste; mais nous n’avons pas le droit d’oublier que l’esclavage salarié est le lot du peuple, même dans la république bourgeoise la plus démocratique. Ensuite, tout Etat est un « pouvoir spécial de répression » dirigé contre la classe opprimée. Par conséquent, aucun Etat n’est ni libre, ni populaire. Cela, Marx et Engels l’ont maintes fois expliqué à leurs camarades de parti dans les années 70. »

Lénine, L’état et la révolution, 1917

La comparaison entre le parti socialiste-révolutionnaire russe et le maoïsme est valable. Dans ce cas, nous devons considérer que la Chine est devenue ce que la Russie serait devenue s’il n’y avait eu que la révolution bourgeoise de février 1917 et pas la révolution socialiste d’octobre. Après février 1917, les SR formaient avec les mencheviks et les cadets (la bourgeoisie libérale), un bloc qui gouvernait le pays. Ce gouvernement, comme celui de Mao en Chine plus tard, mentait en réalité sur sa propre nature. En effet, sans révolution socialiste, les mots de « gouvernement populaire » ne faisaient que masquer la démocratie bourgeoise, c’est à dire la dictature de la bourgeoisie.

« La question du pouvoir est certainement la question la plus importante de toute révolution. Quelle classe détient le pouvoir ? Tel est le fond du problème.

(…)

La question du pouvoir ne saurait être ni éludée, ni reléguée à l’arrière-plan, car c’est la question fondamentale, celle qui détermine tout le développement de la révolution, sa politique extérieure et intérieure.

(…)

Jusqu’à présent, le pouvoir d’Etat, en Russie, reste en réalité aux mains de la bourgeoisie, qui n’est tenue qu’à faire des concessions partielles (qu’elle commence à reprendre dès le lendemain), à distribuer des promesses (qu’elle n’a pas l’intention de tenir), à rechercher les moyens de masquer sa domination (pour berner le peuple par les apparences d’une «coalition loyale»), etc., etc. En paroles, nous avons un gouvernement populaire, démocratique, révolutionnaire ; en réalité, il s’agit d’un gouvernement antipopulaire, anti­démocratique, contre-révolutionnaire, bourgeois : telle est la contradiction fondamentale qui a duré jusqu’à présent et a été à l’origine de l’instabilité et des hésitations du pouvoir, de ce «chassé-croisé ministériel» auquel se sont livrés, avec un zèle si désastreux (pour le peuple), MM. les socialistes-révolutionnaires et les mencheviks. »

Lénine, Une des questions fondamentales de la révolution, 14 Septembre 1917

De la même manière, comment peut-on affirmer que la classe ouvrière était au pouvoir en Chine après la révolution alors même qu’elle ne constituait que 2% de des membres P »C »C, le reste étant des bourgeois, petits bourgeois et paysans ?

La Chine de Mao ne pouvait être qu’une chose, une dictature de la bourgeoisie.

 

d- La lutte entre Staline et Mao

En 1950, dans Cinq conversations avec les économistes soviétiques, soit un an apès la révolution chinoise, Staline indiquait clairement que « la révolution chinoise nous rappelle un peu la révolution bourgeoise française de 1789 ». La révolution a été mené par le parti « communiste » chinois, d’où la confusion sur la nature du système politique et économique chinois. « La confusion sur cette question arrive parce que nos cadres n’ont pas une éducation économique profonde. », concluait Staline, pour qui la révolution chinoise n’en était qu’« à sa première étape de développement ».

Au même moment, en URSS, Staline était confronté à la lutte contre une bureaucratie échappant à tout contrôle depuis que la seconde guerre mondiale avait affaibli les rangs des communistes. Ces derniers entretenaient la confusion entre les mouvements communistes et les mouvements révolutionnaires bourgeois pseudo-communistes tels que celui de Tito en Yougoslavie, et du second Tito, surnom que Staline donnait en privé à Mao.

En public en effet, ni Staline, ni Mao ne pouvaient mettre en lumière les divergences idéologiques très importantes entre l’URSS et la Chine. La guerre de Corée nécessitait une alliance entre ces deux pays ce qui incitait les deux parties à garder leur critiques. En particulier la Chine pour qui le soutien de l’URSS et du mouvement communiste internetional imposait de masquer le contenu bourgeois de la révolution chinoise par une forme prolétarienne.

Mao notait l’attitude hostile de Staline après la victoire de la révolution chinoise.

« Staline a fait un certain nombre de mauvaises choses en rapport avec la Chine. (…) lorsque la guerre a éclaté, il se montra sceptique à notre endroit. Quand nous avons gagné la guerre, il soupçonna que c’était là une victoire du genre de celle de Tito et en 1949 et 1950, il exerça sur nous une très forte pression. »

Mao Zedong, Sur les dix réalisations majeures, 25 avril 1956

 

 

On sait que vers la fin de sa vie, Staline préparait de nombreux règlements de compte, probablement aussi avec la Chine, tout comme il avait déjà initié une lutte ouverte avec la ligne yougoslave.

Ecoutons donc la version de Mao.

« D’une manière générale, c’est nous les Chinois qui avons compris le monde objectif de la Chine, et non les camarades concernés par les questions chinoises de l’Internationale communiste. Ces camarades de l’Internationale communiste ne comprenaient tout simplement pas, ou on pouvait dire qu’ils ne comprenaient absolument pas la société chinoise, la nation chinoise ou la révolution chinoise.

Mao Zedong, Discours à une conférence de travail élargie convoquée par le Comité central du Parti communiste de Chine, 30 janvier 1962

 

« Ils [Staline et le Comintern] n’ont pas permis à la Chine de faire la révolution: c’était en 1945. Staline voulait empêcher la Chine de faire la révolution, disant que nous ne devrions pas avoir de guerre civile et coopérer avec Tchang Kaï-chek sinon la nation chinoise périrait. Mais nous n’avons pas fait ce qu’il a dit. La révolution était victorieuse. Après la victoire de la révolution, il soupçonna la Chine d’être une seconde Yougoslavie et moi d’être un second Tito. Plus tard, quand je suis allé à Moscou pour signer le Traité sino-soviétique d’alliance et d’assistance mutuelle, nous avons dû passer par une autre lutte. Il n’était pas disposé à signer un traité. Après deux mois de négociations il a enfin signé. Quand Staline a-t-il commencé à avoir confiance en nous ? C’était à l’époque de la campagne Resist America, Aid Corea, à partir de l’hiver 1950. Il en est alors venu à croire que nous n’étions pas Tito, pas la Yougoslavie. Mais maintenant nous sommes devenus des «aventuriers de gauche», des «nationalistes», des «dogmatiques», des «sectaires», tandis que les Yougoslaves sont devenus des «marxistes-léninistes». De nos jours, la Yougoslavie va bien, elle va bien. J’entends qu’elle est redevenue « socialiste ». Donc le camp socialiste est intérieurement très compliqué aussi. En fait, c’est aussi très simple. Un seul principe est impliqué: c’est le problème de la lutte des classes – le problème de la lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie, le problème de la lutte entre le marxisme-léninisme et l’anti-marxisme-léninisme, le problème de la lutte Marxisme-léninisme et révisionnisme. »

Mao Zedong, Discours devant le dixième plénum du huitième comité central, 24 Septembre 1962

D’après Mao, Staline se serait donc trompé sur la révolution chinoise. Mais qu’en est-il des faits ? Staline considérait effectivement Mao comme un second Tito, c’est à dire un révolutionnaire démocratique bourgeois et non un socialiste. La prise du pouvoir par le P »C »C n’avait donc rien d’un changement politique, ni en fait d’une révolution. Le P »C »C et le Kuomintang n’étaient à partir des années 1930 que les deux ailes de la bourgeoisie (l’une, rurale, et l’autre urbaine).

En 1950, Staline décrivait simplement la réalité de la Chine. Il voyait déjà que la Chine n’était pas sur le chemin du socialisme.

« En Chine nous ne pouvons pas même parler de construction du socialisme dans les villes ou dans la campagne. Quelques entreprises ont été nationalisées mais c’est une goutte dans l’océan. »

Staline, Cinq conversations avec les économistes soviétiques, 1950

La mort de Staline en 1953 fit que les divergences sino-soviétiques n’ont jamais éclaté publiquement. Aujourd’hui encore, de nombreux communistes qui se réclament du marxisme-léninisme ou du maoïsme ignorent (délibérement ou non) ces divergences idéologiques. Ils affirment simplement que Staline a fait des erreurs et que Mao a corrigé ces erreurs (« 30% ») en conservant ce qu’il y avait de juste dans la politique de Staline (« 70% »). Le problème c’est que Mao parle à 100% de ses désaccords et à 0% de ce sur quoi il est d’accord. En réalité, il n’y avait aucun accord entre Staline et Mao sur aucune question politique sérieuse.

En se revendiquant de Marx et Lénine, Mao essayait de profiter du prestige et à la légitimité de Marx et Lénine. D’après Lénine pourtant, on ne peut pas juger un parti sur son étiquette.

« Là où le marxisme est populaire parmi les ouvriers, ce courant politique, ce « parti ouvrier bourgeois », invoquera avec véhémence le nom de Marx. On ne peut le leur interdire, comme on ne peut interdire à une firme commerciale de faire usage de n’importe quelle étiquette, de n’importe quelle enseigne ou publicité. On a toujours vu, au cours de l’histoire, qu’après la mort de chefs révolutionnaires populaires parmi les classes opprimées, les ennemis de ces chefs tentaient d’exploiter leur nom pour duper ces classes. »

Lénine, L’impérialisme et la scission du socialisme, 1916

 

e- Le « socialisme » chinois

Voici comment Mao décrivait l’économie chinoise en 1953, soit quatre années après la « révolution ».

« L’économie capitaliste telle qu’elle existe actuellement en Chine est, pour la plus grande partie, une économie capitaliste, placée sous le contrôle du gouvernement populaire, liée sous diverses formes avec l’économie socialiste que représente le secteur d’Etat et soumise à la surveillance des ouvriers. Ce n’est donc plus une économie capitaliste ordinaire, mais une économie capitaliste particulière, une économie capitaliste d ‘Etat d’un type nouveau. Si elle existe, c’est surtout pour satisfaire les besoins du peuple et de l’Etat, et non pas pour permettre aux capitalistes de réaliser des bénéfices. Certes, le travail des ouvriers procure encore une part de profit aux capitalistes, mais cette part est faible et ne représente qu’environ le quart du profit global ; les trois quarts restants sont destinés aux ouvriers (fonds de bien-être), à l’Etat (impôt sur le revenu) ainsi qu’à l’accroissement des équipements de production (une petite partie du profit qu’ils rapportent revient aux capitalistes). Ainsi, cette économie capitaliste d’ Etat d’un type nouveau revêt, dans une très grande mesure, un caractère socialiste et offre des avantages aux ouvriers et à l’Etat. »

Mao Zedong, SUR LE CAPITALISME D’ÉTAT, 9 juillet 1953, Commentaire écrit sur un document de la Conférence nationale sur le travail économique et financier tenue à l’été 1953

Le principal mensonge dans le « socialisme » chinois est de prétendre qu’il s’agirait d’un capitalisme d’état différent de ce qu’on trouve dans n’importe quel pays capitaliste. Le « gouvernement populaire » étant la dictature de la bourgeoisie chinoise, on ne saurait parler de socialisme. Quant aux aides sociales pour les travailleurs, il ne s’agit pas non plus d’un critère pour qualifier un pays de socialiste (sinon la France serait un pays socialiste).

Pour qu’on puisse parler de socialisme, il faut que la plus grande partie de l’économie soit nationalisée et que le prolétariat se trouve à la tête de l’état, ce qui comme nous l’avons vu (et comme nous allons encore en avoir des preuves), n’était pas le cas. Aucun de ces deux critères n’était réuni.

Le système économique chinois était un mix public-privé, pour être plus exact, une participation des capitalistes privés au secteur public. Autrement dit un secteur public de façade qui permettait aux capitalistes privés d’obtenir des profits.

« 5. Gestion mixte État-privé les commandes passées par l’Etat à des entreprises privées pour traiter des matériaux ou fabriquer des marchandises, l’Etat fournissant toutes les matières premières et prenant tous les produits finis; et les ordres placés de même, avec l’état prenant pas tout mais la plupart des produits finis – ce sont les trois formes de capitalisme d’Etat à adopter dans le cas de l’industrie privée.

(…)

7. Avec environ 3 800 000 travailleurs et vendeurs, l’industrie privée et le commerce constituent un atout important pour l’État et jouent un rôle important dans l’économie nationale et les moyens de subsistance de la population. Non seulement ils fournissent des biens à l’État, mais ils peuvent aussi accumuler des capitaux et former des cadres pour l’État.

8. Certains capitalistes se tiennent à distance de l’État et n’ont pas changé leur mentalité de profits avant tout. Certains travailleurs avancent trop vite et ne veulent pas permettre pas aux capitalistes de réaliser des profits. Nous devrions essayer d’éduquer ces travailleurs et ces capitalistes et les aider graduellement (mais le plus tôt possible) à s’adapter à notre politique d’État, à savoir faire en sorte que l’industrie et le commerce chinois servent principalement l’économie et les moyens de subsistance du peuple et les capitalistes et ainsi s’engager sur la voie du capitalisme d’Etat.

Le tableau suivant montre la répartition des bénéfices dans les entreprises d’État capitalistes:

Impôt sur le revenu 34,5%
Fonds de bien-être social 15,0%
Fonds de capitalisation 30,0%
Dividendes aux capitalistes 20,5%
__________________________________________________

Total 100,0%

9. Il est nécessaire de continuer à éduquer les capitalistes dans le patriotisme, et à cette fin nous devrions systématiquement cultiver un certain nombre d’entre eux qui ont une vision plus large et sont prêts à pencher vers le Parti communiste et le gouvernement populaire, de sorte que la plupart des d’autres capitalistes peuvent être convaincus à travers eux.

10. La mise en œuvre du capitalisme d’État doit non seulement reposer sur ce qui est nécessaire et réalisable (voir le programme commun), mais elle doit aussi être volontaire de la part des capitalistes, car c’est une entreprise coopérative et une coopération, elle n’admet aucune coercition. C’est différent de la façon dont nous avons traité avec les propriétaires [terriens].

(…)

13. L’un est le chef tandis que l’autre est le conduit; l’un ne cherche aucun profit privé tandis que l’autre cherche encore un certain profit privé, et ainsi de suite; c’est là que résident les différences. Mais dans l’état actuel des choses, l’industrie privée et le commerce servent principalement l’économie nationale et les moyens de subsistance du peuple (qui, en ce qui concerne la distribution des bénéfices, absorbent environ les trois quarts du total). Par conséquent, nous pouvons et devons persuader les travailleurs dans les entreprises privées d’agir de la même manière que dans les entreprises d’État, à savoir augmenter la production et pratiquer l’économie, augmenter la productivité du travail, réduire les coûts de production et augmenter la quantité et la qualité, servant ainsi l’intérêt à la fois du secteur public et du secteur privé et de celui du travail et du capital. »

Mao Zedong, LA SEULE ROUTE POUR LA TRANSFORMATION DE L’INDUSTRIE CAPITALISTE ET DU COMMERCE, 7 septembre 1953, Esquisse d’une conversation avec des représentants des partis démocratiques et des milieux industriels et commerciaux le 7 septembre 1953

Ces citations accablantes de Mao révèlent quoi qu’on en dise la véritable nature du « socialisme » chinois.

Le point 7 révèle que Mao considèrait que le capitalisme privé sert l’intérêt général (coucou la main invisible). Il approuvait également la participation des capitalistes à la gestion de l’état (« populaire »).

Le point 8 condamne les travailleurs qui « veulent aller trop vite » et qui refusaient que les capitalistes fassent des profits en les exploitant. Il existait donc bien une classe exploiteuse en Chine, et d’après le point précédent, elle possédait également les commandes de l’état (quelle différence avec les autres pays capitalistes ?).

Le point 9 invite les capitalistes à être de bons patriotes et à intégrer le parti communiste. Autrement dit Mao nous révèle qu’en plus d’approuver la présence des capitalistes à la direction de l’état, il recommandait leur présence au sein du parti « communiste ».

Le point 10 rejette toute action violente contre les capitalistes. N’est-ce pas suffisament clair ?

 

f- La base de l’opposition à Khrouchtchev

Après la mort de Staline, Khrouchtchev mena le camp révisionniste au pouvoir en URSS, qui cessa de fait d’être un pays socialiste.

Dans un premier temps, Mao voyait d’un mauvais oeil Khrouchtchev, le considérant comme un nouveau Staline. Mais il se ravisa bien vite en voyait la politique menée par celui-ci, notamment la réforme de 1957 qui démontrait clairement que l’URSS était devenu un pays capitaliste (fin de la planification centralisée, destruction du système des machines et tracteurs qui louaient gratuitement des moyens de production aux kholkozes, etc.).

Sur la question agricole précisément, il faut savoir qu’en URSS, une partie de la production était assurée par des fermes d’état (sovkozes) et une autre partie par des coopératives paysannes (kholkozes), qui ne possédaient pas la terre ni les moyens de production mais seulement le produit de leur travail qu’ils échangeaient avec l’état à prix fixé.

Ce système permettait d’effectuer une transition vers la nationalisation complète de l’agriculture, en offrant gratuitement à tous les kholkozes des machines, des tracteurs et l’aide de scientifiques. Il existait donc en URSS deux types de propriétés socialistes (d’état, et les coopératives paysannes), la seconde étant héritée de la vielle propriété communale qui avait subsisté en Russie.

En Chine, la politique menée par Mao lors du grand bon en avant consistait au contraire à accorder aux paysans la propriété de la terre et de leurs moyens de production, en faisant des petits producteurs privés, développant de fait la production marchande dans lesquelles les lois du capitalisme ne pouvaient manquer de s’appliquer. La catastrophe agricole des « communes populaires » chinoise s’explique par le développement inégal du capitalisme, à la concurrence qui fait que quelques paysans deviennent de riches exploitants tandis que la majorité des paysans finit ruinée et doit partir en ville pour survivre. L’absence de planification réelle empêchait la Chine de faire correctement le passage d’une économie paysanne à celle d’une économie industrielle.

La politique de Khrouchtchev de privatiser l’agriculture soviétique constitue une régression vers une économie plus primitive, et au fond plus proche de ce qui existait en Chine et que proposait Mao. On comprend donc que Mao désapprouvait la politique de Staline et approuvait celle de Khrouchtchev.

« En Chine, dans le secteur de l’agriculture, bon nombre de moyens de productions doivent encore être considérés comme des marchandises. A mon avis, la dernière des trois lettres de Staline, placées en annexes de son livre exprime un point de vue presque totalement erroné. On y distingue une grande méfiance à l’égard des paysans, ainsi que la volonté de ne pas relâcher le contrôle sur les machines agricoles. D’un côté, Staline dit que les moyens de production appartiennent à l’Etat, tandis que de l’autre, il affirme que ceux-ci sont trop chers pour les paysans. En réalité, il se trompe lui-même. L’Etat exerce un contrôle asphyxiant sur les paysans et Staline n’a pas trouvé la bonne méthode et la bonne voie qui mène du capitalisme au socialisme et du socialisme au communisme. Pour lui, c’est une chose très embarassante.

(…)

La sphère d’action de la production marchande n’est pas limitée aux articles de connsommation personnelle. Certains moyens de production appartiennent aussi à la catégorie des marchandises. Si l’on considère les produits agricoles comme des marchandises. (…)

En Chine nous devons nous seulement fournir des produits de consommation, mais aussi les moyens de production destinés à l’agriculture. Staline, lui, ne voulait pas vendre les moyens de production aux paysans. C’est Khrouchtchev qui a modifié cette politique. »

Mao Zedong, Critique de « Les problèmes économiques du socialisme en URSS » de Staline

[ Note de TML :

l’ensemble de ce passage, comparant les systèmes d’échanges agricoles en URSS et en Chine, comprend un certain nombre d’erreurs et d’approximations historiques qui peuvent prêter à confusion et doivent donc être corrigées et précisées.

Les kolkhozes pouvaient échanger avec les SMT (Stations Machines et Tracteurs) de différentes manières.

L’une d’elle consistait à un échange en nature entre les services des SMT et une partie de la récolte des kolkhozes, qui allait donc approvisionner directement le secteur industriel, sans échange monétaire.

Un type d’échange proto-communiste et défendu comme tel par Staline lors du 19ème et dernier congrès du Parti Bolchevique.

Pour le reste, la récolte des Kolkhozes non consommée sur place était effectivement échangée à des tarifs convenus entre l’État et les Kolkhozes, et par l’État seul, si nécessaire.

En Chine, si les terres sont effectivement restées la propriété privée des paysans, elles étaient néanmoins cultivées en commun, sur une base communale et coopérative, effectivement propriétaire des machines agricoles.

L’échec rapide et violent du « grand bond en avant » vient précisément de l’échelle communale à laquelle se déroulaient la gestion et l’autonomie économique, qui devait être quasiment autarcique, créant ainsi de grandes inégalités, liées à l’inégalité des ressources, et donc des échanges qui en découlaient, recréant inévitablement des rapports de type capitalistes.

Ce type de « socialisme » utopique rural et communaliste avait pourtant déjà été critiqué pour cette raison, par Engels, comme menant inévitablement à la restauration du capitalisme le plus classique, avec lequel il ne rompt pas véritablement, malgré les apparences.

Sur ces questions, voir :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf   ]

**************

 

 

D’un point de vue personnel, Mao reconnaissait préférer Khrouchtchev à Staline.

« Quand je suis venu chez Staline, je me suis senti comme un élève devant son maître, alors que maintenant avec Khrouchtchev, nous nous sentons entre camarades, nous sommes à l’aise. »

Mao Zedong, Déclaration à la Conférence des partis communistes et ouvriers à Moscou en 1957

Dans une deuxième période, la Chine de Mao et l’URSS de Khrouchtchev sont devenus des adversaires. Il est ici inutile de citer Mao, c’est un fait bien connu. Si connu que le maoïsme est précisément connu pour son opposition à l’URSS de Khrouchtchev.

Mais sur quelle base cette opposition était menée, c’est ce sur quoi les maoïstes mentent une fois de plus.

Tandis qu’ils prétendent que cette opposition se faisait sur la base de la lutte contre le révisionnisme, les citations précédentes attestent qu’il n’en est rien, que Mao s’entendait très bien avec Khrouchtchev au moment où celui appliquait précisément les réformes les plus anti-communistes qui soient.

La réalité c’est que l’URSS de Khrouchtchev et la Chine de Mao étaient deux pays capitalistes (dans le fond), « socialistes » (dans la forme) et qui se disputaient en tant que deux nations rivales sur le plan international, en terme de territoires et d’influence idéologique sur le mouvement « communiste » international.

C’est ce que prouve le fait que Mao n’a pas considéré immédiatement Khrouchtchev comme un révisionniste mais l’a combattu dès que les intérêts de l’URSS et de la Chine sont entrés en conflits (notamment dans les années 1960).

Mao a profité du fait que son opposition à Staline était restée secrète pour jouer la carte de l’anti-révisionnisme, pour prétendre que son opposition à Khrouchtchev se faisait sur une base idéologique marxiste-léniniste. La réalité est que Mao et Khrouchtchev étaient deux révisionnistes à l’idéologie à peu près similaire et que chacun combattait l’autre au nom du marxisme-léninisme, bien que dans les faits, ni l’un ni l’autre n’était marxiste-léniniste.

Mao inventa la théorie des trois mondes pour former autour de la Chine un front d’alliance contre son ennemi principal (d’abord les Etats-Unis, puis l’URSS).

Mao utilisa à nouveau le thème de l’opposition au révisionnisme pour se maintenir au pouvoir dans le vaste jeu de dupes de la « révolution culturelle ».

 

g- La soumission de la Chine à l’impérialisme américain

La Chine de Mao a tenté avec le grand bond en avant de construire son économie de façon indépendante. Mais cela n’était possible que tant que l’URSS offrait un soutien gratuit (ce fut le cas durant la période de Staline). L’industrie lourde chinoise a pu se développer en partie grâce à l’aide soviétique.

En effet le système économique chinois restait le capitalisme. Un pays socialiste comme l’URSS pouvait développer de façon indépendante son économie grâce à la planification, qui permettait de produire en priorité les moyens de productions (l’industrie lourde), puis de développer l’industrie légère. Mais la Chine n’était pas un pays socialiste, c’était un pays capitaliste. Or le capitalisme tend à favoriser les secteurs les plus rentables. Il ne prend pas en compte les besoins de la population, mais uniquement la demande solvable à court terme, c’est à dire la demande immédiate, ce qui pousse à développer l’industrie légère. Mais comment développer l’industrie légère sans industrie lourde pour produire les moyens de productions ? Sans le soutien soviétique, la Chine ne pouvait plus développer son industrie lourde à moins de passer par une longue phase de développement du capitalisme, ce qui signifiait entrer dans la division internationale du travail et faire de la Chine une semi-colonie des pays impérialistes occidentaux.

En 1968, la bourse de Hong Kong permit aux entreprises d’état chinoises d’ouvrir leur capital aux investisseurs étranger.

Dès 1972, les accords entre Mao et Richard Nixon, ainsi que la visite de Kissinger ont incité les investisseurs américains à investir en Chine. Mao utilisa les anciennes colonies anglaises comme Hong Kong pour établir de nouvelles relations avec les capitalistes occidentaux et le commerce mondial. La bourse de Hong Kong servit de base à l’ouverture de la Chine au marché mondial. Les « Red Chip » (voir les entreprises entrées en bourse en 1972, donc de l’ère de Mao), ces entreprises d’état chinoises, furent donc vendues aux investisseurs américains, faisant de la bourgeoisie chinoise une bourgeoisie comprador. Les investissements étrangers furent ouverts, ce qui fit de la Chine l’atelier du monde, important des capitaux et exportant des marchandises. Aujourd’hui encore, plusieurs grandes sociétés d’état en Chine sont ces sociétés de l’ère maoïste.

Après la mort de Mao, Deng Xiaoping continua la politique initiée par Mao. Le monde actuel est en grande partie le résultat de cette politique qui a fait de la Chine un pays atelier pendant des décennies, avant de devenir seulement dans la dernière décennie un pays impérialiste capable de concurrencer l’impérialisme américain.

 

h- La lutte contre le prétendu « hoxhaïsme » masque une véritable lutte contre le marxisme

Enver Hoxha (se prononce « hodja ») était le dirigeant de l’Albanie socialiste. Il est connu pour avoir été très critique envers le maoïsme et la politique menée par Mao.

L’apport de de Hoxha n’est pas tant sur la réussite du socialisme en Albanie (qui s’effondra peu après l’effondrement de l’URSS, car trop petit et trop isolé à cause de la victoire du révisionnisme en URSS). Son véritable apport est d’avoir découvert et critiqué la véritable nature du maoïsme. Son véritable apport est d’avoir mené une critique du maoïsme, du point de vue du marxisme-léninisme, et non d’une nouvelle idéologie qu’il aurait inventé.

Toutefois, le maoïsme a besoin du « hoxhaïsme ». Dans la stratégie des maoïstes pour combattre le marxisme, Hoxha est ce qu’on appelle un « homme de paille ». C’est cette diversion qui permet aux maoïstes de lutter subrepticement contre les principes fondamentaux du marxisme. Au lieu d’attaquer directement et ouvertement le marxisme-léninisme, ils s’en prennent à Hoxha, critiquent son action politique. Au lieu de répondre à son analyse de la Chine, ils l’ignorent, et se contentent de prononcer des slogans comme à leur habitude.

Si toutefois on veut parler de l’Albanie et de son dirigeant Hoxha, celui-ci a tendu la main à de nombreuses reprises à la Chine maoïste, avant de découvrir petit à petit quel genre de « pays socialiste » était la Chine et quel grand « marxiste-lénininste » était Mao. Comme le reste du monde, les albanais ont cru un temps à la propagande selon laquelle la Chine était un « grand pays socialiste ». Les albanais n’ont pas attendu la mort de Mao pour critiquer le maoïsme. Il aura fallu quelques années pour que la politique girouette de Mao éveille les soupçons du PTA (Parti du Travail d’Albanie) et conduise Enver Hoxha à dissiper le brouillard entretenu par les maoïstes sur la réalité chinoise. Dès le milieu des années 1960, Hoxha avait parfaitement caractérisé l’essence du maoïsme, à savoir une idéologie de révolution bourgeoise d’émancipation nationale mais non de révolution socialiste.

Enver Hoxha résumait son point de vue sur le maoïsme de façon on ne peut plus claire.

« J’ai indiqué dans un des mes écrits qu’il fallait abattre les mythes, et je pensais précisément au mythe de Mao Tsétoung, ce mythe qui le présentait comme un ‘grand’ marxiste-léniniste. Mao Tsétoung n’est pas un marxiste-léniniste, mais un démocrate révolutionnaire progressiste et c’est à travers ce prisme qu’il faut, à mon sens, étudier son oeuvre. »

Enver Hoxha, La révolution chinoise peut-elle être qualifiée de prolétarienne ?, Réflexions sur la Chine, Tome II

Ce qui différencie les « hoxhaïstes » (ou du moins certains d’entre eux) des maoïstes, ce n’est pas que les uns premiers seraient restés bloqués à une version trop ancienne du marxisme, comme aiment à le faire croire les maoïstes. Non, c’est que les premiers sont des vrais marxistes, et que les seconds ne sont pas des marxistes du tout. Voilà la différence entre les « hoxhaïstes » et les maoïstes.

« Le problème se pose uniquement ainsi : idéologie bourgeoise ou idéologie socialiste. Il n’y a pas de milieu (car l’humanité n a pas élaboré une « troisième » idéologie; et puis d’ailleurs, dans une société déchirée par les antagonismes de classes, il ne saurait jamais exister d’idéologie en dehors ou au dessus des classes). C’est pourquoi tout rapetissement de l’idéologie socialiste, tout éloignement vis-à-vis de cette dernière implique un renforcement de l’idéologie bourgeoise. »

Lénine, Que faire ?, 1902

C’est pourquoi le maoïsme doit être combattu implacablement.

 

 

i- Autres textes

En complément de ce dossier, il existe un grand nombre de documents de critique marxiste du maoïsme :

Polémique sino-albanaise : PCC et PTA

La démystification de la révolution chinoise (page 90) :

Impérialisme et anti-impérialisme

Quelques articles du journal l’émancipation sur le maoïsme (1979-1982) : L’Emancipation, numeros 1 à 8, 1979-1983

(n°1 en entier : pages 2 à 26 – n°2, deuxième article : page 40 – n°3, troisième article page 74 – n°7, troisième article page 184)

Une comparaison entre les thèses opportunistes du P »C »F de Thorez et celles de Mao : Du parti de Thorez à la pensée Mao

Bien que l’usage du terme « stalinisme » et « hoxhaïsme » me semble innaproprié, ce site publie un grand nombre de documents importants sur la critique du maoïsme :

http://ciml.250x.com/archive/maoism.html traduit en français avec google traduction : ici en français

Quelques articles du camarade Luniterre : Mao déclassifié, partie 1, partie 2, partie 3 (sur les ravages du maoïsme en France dès les années 1950), partie 4.

Sur la continuité de la Chine de Mao avec la Chine contemporaine et la crise actuelle du système impérialiste mondial :

Chine : capitalisme ou socialisme ? Aux racines du maoïsme

De la structuration maoïste de la bulle chinoise

A voir également, à titre de complément, les liens entre Mao et l’oligarchie anglo-saxonne (Yale association) et les liens entre la Chine de Mao et la fondation Rockefeller.

 

****************************

 

Source:

http://www.proletaire.altervista.org/marxisme/textes/le-mensonge-du-maoisme.php

 

 

 

 

Émancipation Ouvrière : faut-il se libérer ou non de l’économie de marché?

Émancipation Ouvrière :

 

Au delà des démêlées de la famille Schiappa,

 

2 questions en débat…

 

__Rompre ou non avec la logique de marché ?

 

 

__Faire ou non de cette rupture le fond

d’un vrai programme de transition ?

 

 

EXTRAITS D’UN DÉBAT EN COURS SUR LE SITE VLR :

 

Nouvelle remise à jour au 03/07/2018

A noter que le débat, dans sa dernière partie, dérive davantage sur question de l’impérialisme, question incontournable, également…

 

 

http://mai68.org/spip2/spip.php?article1812#forum1104

 

Déjà republié sur TML, à la suite de:

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/16/lutte-des-schiappa-ou-lutte-des-classes/

 

 

Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ? 17 juin 12:43 (post anonyme)

NB : Le papa de Marlène ( Une des nombreuses Nadine M de Macron ) est trotskyste ( Lambertiste ) et ex délégué FO // Il a publié un texte court pour recadrer et morigéner sa greluche arriviste de fille / Ce « post » ou « tweet » ou « hashtag » a été publié sur le site « tendance claire du NPA »…

Effectivement nous devons exiger la création immédiate de 6,5 millions d’emplois et un alignement immédiat des salaires français sur les salaires suisses ( salaire médian en France = 2200 euros / en Suisse 6 400 CHF = 5600 euros ) et alignement immédiat des droits sociaux en France sur ceux du Danemark , ou mieux encore de la Libye époque MK !!!

En fait c’est fastoche : créer 12500 sovkhozes dans les 12500 plus petits villages + 1000 en Guyane + 110 à Miquelon / créer 5 villes de 100 000 habitants + 100 villages de 4000 en Guyane – Déplacer la capitale à Pézenas-Agde et trouver une méthodologie efficace pour que les 4 millions de franciliens qui rêvent de quitter cette région puissent le faire – Ajouter 200 000 habitants dans la Creuse et ce qu’il faut dans tous les départements à démographie calamiteuse – Délocaliser les JO dans la vallée de la Charente – Participer à fond à la grande muraille verte d’Afrique-forêt de Lilengo et y installer des réacteurs steinfeld, des « torre atnosferica » et quelques villes nouvelles …

Alors va-y Macron ! Montre nous que tu es la réincarnation de Saint Simon et que Julliard ne délire pas !

Répondre à ce message

 

 

Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

17 juin 20:56,

 

par Luniterre

 

PRÉCISION UTILE : « Tendance claire » n’a fait que republier dans ses « brèves » un article du « Monde » résumant cette polémique familiale. Les « brèves » de « Tendance claire » ne sont en rien l’expression de sa ligne mais une sorte de compilation éclectique sur les sujets d’actu. Parfois on y retrouve même des articles venant de TML ou des blogs en lien direct avec…Suivant son historique assez précis sur Wikipédia, JM Schiappa est bien un authentique « lambertiste », dans la mouvance de D. Gluckstein, et donc actuellement du POID. Sur le fond, le POID revendique et reprend à l’identique le manifeste du POI… (voir en PJ)

Le différend POID/POI semblait donc uniquement porter sur des problèmes de fonctionnement interne entre les deux tendances, également sociales-chauvines dans leur souci de défendre et d’opposer la « République Française » aux institutions européennes, comme revendication préalable, tout à fait à l’instar du PRCF, par exemple.

Mais même sans ce travers opportuniste assez caricatural, le « programme de transition » de Trotsky est bien la recherche d’une étape intermédiaire où un prétendu « contrôle ouvrier » s’exercerait au sein du système, mais sans en finir avec lui… Une situation de collaboration de classe, même si relativement conflictuelle…

Alors que par définition une véritable économie de transition est néanmoins une économie de rupture avec le capitalisme et l’économie de marché, et doit utiliser la notion de valeur-travail pour une répartition équilibrée des taches et de la production, en fonction des besoins.

C’est ce que Marx explique clairement dans la Critique du Programme de Gotha, et ce que Trotsky escamote assez habilement dans ses textes, remettant au premier plan la loi du marché pour régler la production, notamment dans sa critique de l’URSS.

C’est pourquoi la tendance « Pabliste », fondée par Raptis, présent aux côtés de Trotsky lors de la fondation de la IVe Internationale, serait en réalité la plus « orthodoxe » d’un point de vue historique trotskyste, en revendiquant en quelque sorte la paternité du « socialisme de marché » !

Mais le réformisme « lambertiste » n’est pas forcément loin derrière !

Rien à voir, de toutes façons, ni avec Marx ni avec Lénine, sauf, tant qu’à faire, à considérer un Attali comme « marxiste » et un Xi Jinping comme « léniniste »…

Luniterre

Répondre à ce message

 

 

 

Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

18 juin 04:17

 

Je n’interprète pas le « programme de transition » comme un programme destiné à être appliqué mais comme un outil pour mobiliser les masses sur un ensemble de revendications légitimes , compréhensibles immédiatement malgré l’aliénation et les traditions réformistes – Ce programme doit être totalement inacceptable pour la classe dominante qui , ne cédant strictement rien, déclenche une répression exagérée et une riposte révolutionnaire des masses … Ce qui « transite » c’est donc la conscience des masses qui va du syndicalisme défensif et réformiste à une politisation révolutionnaire … Je crois que le vieux Léon a élaboré ce truc à partir de la théorie du renversement de la praxis – Maintenant il se peut que les lambertrucs ou les pablomachins soient abrutis au point de penser que c’est un programme à réaliser !Répondre à ce message

 

Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ? 18 juin 16:55, par Luniterre

Considéré ainsi, du point de vue du renversement de la praxis, il faudrait donc plutôt accorder le point « marxiste » à Schiappa fille, précisément en relevant le défi du mot d’ordre :


« Un vrai salaire, un vrai travail »

Même si le premier aspect reste « capitalisme compatible », dans le principe, il ne l’est déjà plus, en temps de crise actuelle !

« Un vrai travail » ouvre encore davantage la brèche, si les rares marxistes idéologiquement « survivants » arrivent à lui donner son sens par leur agit-prop programmatique, avec pour but d’ouvrir ce débat basique au sein de la classe prolétarienne.

Ce « renversement », c’est tout simplement ce que ce court article propose, ni plus, ni moins !

Concernant Trotsky et son prétendu « programme de transition », c’est aussi la fonction pédagogique qu’avance le camarade Viriato, pour sa défense, en post sur TML.

Cette fonction « éducative » est effectivement évoquée par Trotsky lui-même, du reste, dans ce texte.

Le problème est que cette fonction est liée à des pratiques qui sont précisément de l’ordre de la collaboration de classe, fut-elle relativement conflictuelle.

Toutes les pratiques de « cogestion », type « contrôle ouvrier », en système capitaliste, sont très facilement récupérable, par définition, par le système. C’est ce que l’on a vu depuis l’origine des syndicats, comités d’entreprises, coopératives, entreprises « autogérées », etc…

Ces formes ne représentent en rien une transition entre capitalisme et communisme, dans la mesure où elles restent immergées dans des rapports économiques de marché.

La question est de savoir, en ce qui concerne le trotskysme, si cela correspondait à un choix délibéré de la part de Trotsky, ou simplement à une suite de formules approximatives de sa part…

Le seul trotskyste (et de plus, un leader historique de cette mouvance) a avoir tenté une approche synthétique de la pensée économique de Trotsky est précisément Michel Raptis (lien lcr-be en PJ), dit « Pablo » et fondateur du courant éponyme, aujourd’hui quasiment disparu et voué aux gémonies « révisionnistes » par les autres courants trotskystes…

Or il ressort clairement de cette synthèse que Trotsky considérait la phase de transition comme un « socialisme de marché ».

Et donc son « programme de transition » n’est pas qu’un « instrument pédagogique », mais bien un objectif politique à réaliser, semble-t-il, dans le contexte de son époque.

Aujourd’hui, les mots d’ordres type « contrôle ouvrier » sont constamment repris par les différentes sectes trotskystes, comme héritage revendiqué de ce « programme ». C’est sous ce rapport que l’on peut effectivement les caractériser comme telles. Le « lambertisme » va même plus loin en se réclamant carrément de la démocratie parlementaire « républicaine », tout à fait à la manière d’un Mélenchon, avec lequel il s’allie bien volontiers, du reste !

En ce qui concerne le rôle « régulateur » du marché, tout à fait à l’instar des libéraux pur jus, Trotsky l’avait en quelque sorte théorisé lui-même, à la fin de sa vie, dans son ouvrage sur le marxisme, à vocation précisément didactique :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »


In « Le Marxisme et notre époque », Trotsky, 1939

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Si le trotskysme est bien un « renversement », c’est, d’abord, celui des fondamentaux du marxisme !

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

19 juin 01:49

Il y a quand même un petit souci : c’est quoi la NEP ? Sinon la persistance du marché mondial , donc du capitalisme … Pour l’économie de l’URSS certains ont parlé de capitalisme d’état et d’autres de capitalisme mal développé géré par une bureaucratie autoritaire et progressiste + armée pléthorique …

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

19 juin 04:06,

par Luniterre

 

 

La période de la NEP, concrètement, débute en Mars 1921 et se termine avec la « crise des grains », courant 1928, même si le décret officiel ne paraît qu’en 1930. Soit à peine 8 ans en tout, et ne concernait, de toutes façons, qu’une partie limitée des 5 secteur économiques existants alors en Russie, tels que définis par Lénine lui-même, dès 1918, dans ce qui est le texte fondateur de la notion de coexistence du socialisme et du capitalisme d’État, qui sont deux secteurs distincts, contrairement à une confusion généralement volontairement entretenue… ( y compris par Trotsky).

******************

Lénine en 1918 :


« Parmi les gens qui se sont intéressés à l’économie de la Russie, personne, semble t il, n’a nié le caractère transitoire de cette économie. Aucun communiste non plus n’a nié, semble t il, que l’expression de République socialiste des Soviets traduit la volonté du pouvoir des Soviets d’assurer la transition au socialisme, mais n’entend nullement signifier que le nouvel ordre économique soit socialiste.

Mais que veut dire le mot transition ? Ne signifie t il pas, appliqué à l’économie, qu’il y a dans le régime en question des éléments, des fragments, des parcelles, à la fois de capitalisme et de socialisme ? Tout le monde en conviendra. Mais ceux qui en conviennent ne se demandent pas toujours quels sont précisément les éléments qui relèvent, de différents types économiques et sociaux qui coexistent en Russie. Or, là est toute la question.

Enumérons ces éléments :

1__l’économie patriarcale, c’est à dire, en grande mesure, l’économie naturelle, paysanne ;

2__la petite production marchande (cette rubrique comprend la plupart des paysans qui vendent du blé) ;

3__le capitalisme privé ;

4__le capitalisme d’Etat ;

5__le socialisme.

La Russie est si grande et d’une telle diversité que toutes ces formes économiques et sociales s’y enchevêtrent étroitement. Et c’est ce qu’il y a de particulier dans no­tre situation.

Quels sont donc les types qui prédominent ? Il est évident que, dans un pays de petits paysans, c’est l’élément petit bourgeois qui domine et ne peut manquer de dominer ; la majorité, l’immense majorité des agriculteurs sont de petits producteurs. L’enveloppe du capitalisme d’Etat (monopole du blé, contrôle exercé sur les propriétaires d’usines et des commerçants, coopératives bourgeoises) est déchirée çà et là par les spéculateurs., le blé étant l’objet principal de la spéculation.

C’est dans ce domaine précisément que se déroule la lutte principale. Quels sont les adversaires qui s’affrontent dans cette lutte, si nous parlons par catégories économiques, comme le « capitalisme d’Etat » ? Sont ce le quatrième et le cinquième élément de ceux que je viens d’énumérer ? Non, bien sûr. Ce n’est pas le capitalisme d’Etat qui est ici aux prises avec le socialisme, mais la petite bourgeoisie et le capitalisme privé qui luttent, au coude à coude, à la fois contre le capitalisme d’Etat et contre le socialisme. « 


Lénine,

Sur l’infantilisme « de gauche » et les idées petites-bourgeoises

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2014/01/1918_lc3a9nine_sur-linfantilisme-de-gauche_.pdf/

*****************

Ceci-dit, il est clair que l’économie soviétique évolue très vite, à partir de 1921, également contrairement à une idée reçue. Avant la « crise des grains », une première crise, dite « des ciseaux », montre précisément déjà que le marché est impuissant à réguler l’économie.

De nouveaux rapports de production apparaissent dans l’agriculture, avec les kolkhozes, les sovkhozes, et surtout, en fin de compte, les Stations de Machines et Tracteurs, qui font le lien entre les deux et avec la production industrielle urbaine. Les SMT sont en quelque sorte l’âme du développement économique socialiste, et, de plus, leur origine est une initiative spontanée de coordination entre un sovkhoze et différents kolkhozes environnants pour une répartition de l’utilisation du matériel lourd.

De sorte qu’au moment de la « crise des grains », qui rendait urgente la fin de la NEP, l’alternative existait déjà, là aussi, contrairement à une idée reçue.

Ce qui a retardé la fin de la NEP, ce sont les luttes internes du parti bolchévik, notamment autour de ces questions économiques, et on ne peut pas les résumer en un post.

Eut-elle été liquidée plus tôt, la transition eut été sans doute moins brutale, alors que la crise des grains avait déjà fait des dégâts considérables en 1928.

Sur l’histoire économique de l’URSS :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/29/e-ou-a-une-seule-lettre-peut-elle-changer-le-cours-de-lhistoire/

Quelques éléments aussi, dans l’article sur le centenaire d’Octobre :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

Sur la fin de la NEP :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/15/encore-une-legende-noire-demythifiee-lholodomor/

Bonne lecture,

(Et d’autres à découvrir, sur l’histoire de l’URSS, sur TML…)

 

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

19 juin 16:21

Merci pour toutes ces informations qui, cependant ne sont que des infos parmi d’autres ! Si le sujet était simple on le saurait et Staline n’aurait pas pondu sa fadaise du « socialisme dans un seul pays » et n’aurait pas liquidé tous ses rivaux en s’appuyant sur la promotion « appel de Lénine » = 200 000 ex menchéviks – SR recrutés pour marginaliser les vrais bolcheviks et intégrer les NEPmen au parti via l’appareil d’état !!! Staline n’aurait pas non plus soutenu le nationaliste bourgeois Chang Haï Check contre Mao …etc…

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

20 juin 00:50,

par Luniterre

Pour ma part j’essaie d’étudier l’histoire de l’URSS à partir de documents russes, autant que possible. Si vous avez des sources valables pour attester de votre vision caricaturale de l’histoire, merci de nous les communiquer.

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

20 juin 03:03

Je trouve presque qu’il y a trop de documents et d’articles et de livres sur ce sujet … Les thèses les plus convaincantes sur l’URSS , Staline …etc me paraissent être celles des bordiguistes, ( pcint.org ) même si ce micro parti me paraît pas « vivant » . Eux au moins ont lu  » Critique des programmes de G et E  » … et se réfèrent à un marxisme pas trop déformé . Je ne dis pas que ce qu’ils disent est parfait …

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

21 juin 02:35,

par Luniterre

 

 

Le bordiguisme est, pour le moins,une source très partisane et indirecte, en ce qui concerne le développement économique de l’URSS, réduite selon ce courant à une seule composante, le capitalisme d’État. A partir de quelle époque, cela n’est pas très clair. En 1924 Bordiga faisait encore l’éloge de Lénine et de l’URSS, semble-t-il :

https://www.marxists.org/francais/bordiga/works/1924/02/bordiga_lenine.htm

Concernant les idées programmatiques de Bordiga, si l’on se fie à son texte de 1920, son manifeste ne comportait aucun projet de transition économique, inspiré ou non de la CPG, à proprement parler :

http://www.pcint.org/03_LP/497/497_bordiga-but-communistes.htm

Ce n’est plus le cas à la fondation de son nouveau mouvement, en 1953 :

https://sinistracomunistainternazionale.com/2017/10/03/il-programma-comunista-nr-1-1953-il-programma-rivoluzionario-immediato/

Ici en anglais :

https://libcom.org/library/immediate-program-revolution-amadeo-bordiga

Texte apparemment introuvable en français… A moins que vous n’en ayez la référence, et merci, dans ce cas, ne nous la signaler.

Ce texte contient effectivement quelques propositions programmatiques de base intéressantes, donc, par contre.

Le lien avec la CPG, s’il existe, est très indirect, néanmoins, et , de plus partiel, rejetant ce qui fait le fondement de l’économie de transition expliqué par Marx en ce qui concerne l’échange d’équivalents en valeur travail entre producteurs, tout en tenant compte des besoins sociaux des secteurs non productifs.

En effet, en creusant plus, je trouve cette étude :

https://fr.internationalism.org/revue-internationale/201609/9446/annees-1950-et-60-damen-bordiga-et-passion-du-communisme

Étude assez intéressante, et qui cite notamment Bordiga sur son rejet d’utiliser la notion de valeur d’échange dans la phase de transition.

Si lecture de la CPG il y a eu, le principe de base en est donc néanmoins expurgé dans la pratique politique et l’idéologie du bordiguisme.

En Russie, ce principe était par contre mis en avant par Lénine, en Septembre 1917 , dans l’État et la Révolution (Chap 5), on ne peut guère plus à la veille de la Révolution d’Octobre…

La guerre civile, puis la nécessaire NEP, et finalement, les controverses sur les questions économiques en ont empêché la mise en œuvres, c’est un fait.

Que ce soit Trotsky, Boukharine ou Preobrajensky, aucun ne préconisait d’y revenir, ce qui était, de toutes façons, en contradiction avec leurs thèses économiques respectives.

Staline a mené le développement économique de l’URSS de façon en partie empirique, certes, mais assez efficace en en fin de compte, ce que la bourgeoisie tente aujourd’hui de dissimuler à tout prix.

De plus, même si ce fut tardif, il est le seul à avoir envisagé et proposé d’en revenir aux principes de la CPG, en faisant le bilan de l’URSS en 1952, en préparation du 19e Congrès :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

Ce qui est aussi possiblement l’une des causes de son décès « mystérieux » selon nombre d’historiens russes.

Il ne s’agit pas de faire un panégyrique mais de rendre à chacun ce qui, historiquement, lui revient réellement, d’une part, et de tirer les leçons de l’expérience globale, d’autres part, indépendamment du rôle personnel de tel ou tel, et surtout, des images médiatiques qui leurs sont accolées par le système.

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

21 juin 05:47

Vers la fin des années 70 les bordiguistes ( pcint .org ) ont édité un N° de « programme communiste » intitulé « le trotskysme » où ils tiraient à boulets rouges sur le programme de transition et la révolution permanente, puis ils ont retiré cette brochure en reconnaissant qu’elle était réductrice et surtout a-historique / Par la suite ils citaient souvent Trotsky surtout « terrorisme et communisme » et les écrits militaires…
Pour eux la révolution russe , prévue par Marx dans sa longue correspondance avec Plekhanov , n’est pas , contrairement au diagnostic de Gramsci , une révolution contre « le capital » de Marx, mais une révolution double politiquement prolétarienne et paysanne mais économiquement bourgeoise ( liquidation des formes féodales , des koulaks , industrialisation, alphabétisation, électrification …etc. ) .
En conséquence ils vouent aux gémonies la théorie stalinienne du socialisme dans un seul pays car pour eux les 2 principales réussites de la révolution c’est la création de la troisième internationale et le congrès de Bakou . Ils n’opposent pas à Staline des critiques démocratiques petites bourgeoises et reconnaissent qu’il industrialisé et modernisé l’URSS .
Dans un article Engels fut interrogé sur une éventuelle prise de pouvoir des communistes dans un pays pré capitaliste . Il a répondu que dans ce cas les communistes seraient obligés d’industialiser et de moderniser en employant grosso modo les mêmes méthodes que la bourgeoisie et qu’à force d’employer ces méthodes les communistes risquaient de devenir des capitalistes banals ( la pratique modifie la pensée ).
Ouf ! Là je me suis accroché car il faudrait faire plus long ou, mieux, donner la parole à un bordiguiste AOC !

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

22 juin 04:06,

par Luniterre

 

 

Lénine caractérisait la Russie comme un impérialisme. Les formes féodales étaient déjà en voie de disparition avancée. Le servage était aboli depuis 1861, soit plus d’un demi siècle avant 1917. Les koulaks ne sont pas une classe féodale à proprement parler. C’est, au contraire, la naissance d’une classe « moyenne » paysanne au sens occidental du terme, voulue par la réforme de Stolypine(1906). Ils sont, par contre, dès cette réforme, en lutte contre les villages paysans communautaires, les « mir », qui sont une forme économique communautaire effectivement  » précapitaliste », mais non féodale. La noblesse détient encore beaucoup de terres mais abandonne progressivement l’agriculture. Enfin l’industrie, même si en retard sur l’Europe, est en plein essor. De plus, y a déjà un important capitalisme financier russe, interconnecté, dirait on aujourd’hui, avec le capital occidental, via les participations croisées (relire Lénine). Selon les critères actuels, il faudrait plutôt parler de nation capitaliste émergente ayant rapidement atteint le stade impérialiste. C’est principalement du fait de la persistance du tsarisme que la Révolution y a eu nécessairement un caractère double.

À noter, pour bien comprendre, que l’ouvrier russe est aussi souvent un paysan du mir, et donc souvent avec une activé double, et un fort esprit communautaire. En 1917, le soldat au front est donc aussi souvent ouvrier et paysan du mir… !

La société russe à la veille d’Octobre est donc une société assez originale, tant dans son évolution que dans ses structures sociales, et peut difficilement être comparée à ce qui se passe en Occident…

La Révolution d’Octobre à mis fin à l’existence du capitalisme financier en Russie. Même avec la NEP il n’a pu y reprendre pied. Avec la fin de la NEP, c’est quasiment la fin de l’économie de marché, sauf pour quelques formes résiduelles. Même avec les écarts de salaires qui restent considérables, l’accumulation reste dérisoire et tout au plus de type petit bourgeois, sans possibilité de valorisation par le cycle productif.

Dans ces conditions, il n’est donc pas approprié de parler de capitalisme, tout simplement, même s’il y a beaucoup de critiques à apporter à cette forme de socialisme empirique.

Le retour à une logique de marché pour « réguler » le plan (Trotsky), aurait donc bien été une mesure contre-révolutionnaire, en plus d’une absurdité anti-marxiste ( reprenant le concept bourgeois de primauté de la loi du marché sur la loi de la valeur..!)

Avancer davantage dans la transition socialiste imposait donc bien d’en revenir aux principes de la CPG. Ce qui était déjà de simple bon sens en 1875 ne l’était pas moins en 1952. En réalité la réflexion que Staline avait tiré de sa pratique empirique avait déjà abouti avant la guerre et devait déboucher sur une initiative pour la rédaction collective du manuel d’économie de l’Académie soviétique. Reportée de plus de 10 ans, donc, et finalement inaboutie dans ce sens ML, sauf, en partie, pour les éditions 1954 et 55, qui conservent quelques traces des travaux préparatoires du 19e Congrès.

Aujourd’hui les conditions matérielles, techniques, et de communication, en plus, sont bien meilleures qu’à l’époque, sans même remonter jusqu’à 1875… Veut on tenter à nouveau d’unir le prolétariat sur la base d’un projet de transition socialiste, telle est la question. La démocratie formelle n’a évidemment aucun sens en dehors du contenu politique qu’on lui donne.

Aujourd’hui, outre les conditions matérielles, les principes de base de la CPG sont largement accessibles à une grande partie du prolétariat et peuvent se traduire en revendications claires, sous des formes simplifiées, pour le plus grand nombre.

C’est ce type de démarche qui devrait unir les rares communistes « survivants » au delà de leurs diverses origines idéologiques.

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

 

23 juin 01:58

Je croyais que Lénine définissait l’économie russe 1917  » Quelques îlots de capitalisme dans un océan de petite production  » et que des problèmes ridiculement basiques typiques de l’accumulation primitive comme créer un réseau routier et ferroviaire efficace n’étaient pas réglés… Le méchant Trotsky s’est farci d’abord la création + l’organisation+ la victoire de l’armée rouge , ensuite la modernisation et l’extention du réseau ferroviaire . Cela a dû le fatiguer !

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

24 juin 04:27,

 

par Luniterre

 

Par définition, une nation capitaliste émergente combine différents niveaux de développement, et la petite production y reste longtemps très importante. C’est toujours le cas, aujourd’hui, si l’on pense à l’Inde, par exemple. Ça l’était donc encore davantage au début du 20e siècle. Ce constat n’est donc évidemment pas en contradiction avec les analyses que Lénine a développé dans son bouquin sur l’impérialisme, et notamment pas, à propos de la Russie.

(Ceci dit, la formule « Quelques îlots de capitalisme dans un océan de petite production » ne semble pas lui appartenir. En avez vous la référence ?)

Sinon, question chemin de fer, en 1917, la Russie comptait déjà plus de 80 000 km de voies… (86 000, à l’heure actuelle)

Ceci-dit, la guerre civile en avait effectivement détruit 60%…

A titre de comparaison, à l’heure actuelle, en 2018, le réseau français en compte 30 000…

Enfin, à part détruire et reconstruire les chemins de fer, Trotsky a effectivement joué un rôle positif dans les premières années de la Révolution…

Mais le but de la Révolution reste de construire une alternative au capitalisme… Ce n’est pas une histoire de « gentils/méchants »… Plutôt une histoire de choix politiques. La NEP a été une nécessité provisoire, mais à la fin des années 20, elle avait fini de remplir son rôle positif et se retournait contre la Révolution en ranimant toutes les tares du capitalisme. Trotsky a fait, entre autres, le mauvais choix de vouloir la prolonger, et ses critiques économiques du « stalinisme » vont dans ce sens, avec l’idée absurde que le marché régulera le plan.

Ce n’est donc pas une critique constructive, dans la mesure où elle n’apporte qu’une « solution » contre-révolutionnaire, en fin de compte.

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

26 juin 03:33

La Russie n’était pas une nation mais un empire au sens féodal du terme ! Ce qui fait une grosse différence avec l’impérialisme USA – Europe – OTAN qui est le stade suprême du K !
Dans  » Deux tactiques …  » ( 1905 ) Lénine exprime que c’est la révolution démocratique ( donc bourgeoise ) qui est à l’ordre du jour – Le prolétariat doit y participer mais en s’organisant dans une stricte indépendance de classe .
Il fait l’hypothèse d’une incapacité de la bourgeoisie à rompre avec l’autocratie . Donc : le parti communiste pourrait prendre la tête de la révolution démocratique qui devient une révolution double : économiquement capitaliste et politiquement prolétarienne … Pour raccourcir cette phase pénible : tout faire pour qu’une révolution purement prolétarienne en Allemagne et dans plusieurs pays d’Europe triomphe et aide la Russie à développer l’industrie et les progrès corollaires sans employer trop les mêmes méthodes que la bourgeoisie …
On retrouve cette thèse dans  » Marcher séparément / Frapper ensemble  » !
De cela découle que la thèse stalinienne du « Socialisme dans un seul pays » n’est pas fidèle au projet initial … Et cela explique beaucoup de réalités car le prolétariat n’a pas vraiment combattu contre Eltsine et ses politiques ineptes , ni Poutine et ses dérives . De plus le parti communiste est devenu très réactionnaire ( nationalisme , patriotisme , moralisme … etc . ).

 

 

 

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

30 juin 08:11,

 

par Luniterre

 

Je comprends que vous teniez absolument à aller contre l’évidence et la réalité historique, mais il me parait utile, pour les quelques lecteurs qui suivraient éventuellement notre débat, de rappeler que Lénine distinguait absolument le sens de l’impérialisme antique, au sens romain du terme, du sens moderne, au sens de la domination du capital financier.

« La politique coloniale et l’impérialisme existaient déjà avant la phase contemporaine du capitalisme, et même avant le capitalisme. Rome, fondée sur l’esclavage, faisait une politique coloniale et pratiquait l’impérialisme. Mais les raisonnements « d’ordre général » sur l’impérialisme, qui négligent ou relèguent à l’arrière-plan la différence essentielle des formations économiques et sociales, dégénèrent infailliblement en banalités creuses ou en rodomontades, comme la comparaison entre « la Grande Rome et la Grande-Bretagne « . Même la politique coloniale du capitalisme dans les phases antérieures de celui-ci se distingue foncièrement de la politique coloniale du capital financier. « 

http://www.marx.be/fr/content/vi-le-partage-du-monde-entre-les-grandes-puissances

Bien évidemment Lénine continuait de lutter pour la révolution mondiale, même après le reflux du début des années 20 en Europe, mais il ne renonçait pas pour autant à la Révolution Socialiste en Russie, tout en étant conscient de ses limites.
Mais même en période plus ascendante des luttes il tenait évidemment compte de l’inégalité du développement capitaliste entre les nations, et il en avait déjà tiré les conclusions essentielles dès 1915 :

« Les Etats-Unis du monde (et non d’Europe) sont la forme politique d’union et de liberté des nations que nous rattachons au socialisme en attendant que la victoire totale du communisme amène la disparition définitive de tout Etat, y compris l’Etat démocratique.

Toutefois, comme mot d’ordre indépendant, celui des Etats-Unis du monde ne serait guère juste, d’abord parce qu’il se confond avec le socialisme ; en second lieu, parce qu’il pourrait conduire à des conclusions erronées sur l’impossibilité de la victoire du socialisme dans un seul pays et sur l’attitude du pays en question envers les autres.

L’inégalité du développement économique et politique est une loi absolue du capitalisme. Il s’ensuit que la victoire du socialisme est possible au début dans un petit nombre de pays capitalistes ou même dans un seul pays capitaliste pris à part.

Le prolétariat victorieux de ce pays, après avoir exproprié les capitalistes et organisé chez lui la production socialiste, se dresserait contre le reste du monde capitaliste en attirant à lui les classes opprimées des autres pays, en les poussant à s’insurger contre les capitalistes, en employant même, en cas de nécessité, la force militaire contre les classes exploiteuses et leurs Etats.

La forme politique de la société où le prolétariat triomphera en renversant la bourgeoisie sera une république démocratique, centralisant de plus en plus les forces du prolétariat d’une nation ou de plusieurs dans la lutte contre les Etats qui ne sont pas encore passés au socialisme.

La suppression des classes est impossible sans la dictature de la classe opprimée, du prolétariat. La libre union des nations sous le socialisme est impossible sans une lutte opiniâtre, plus ou moins longue, des républiques socialistes contre les Etats retardataires.

C’est pour ces raisons et à la suite de nombreuses discussions sur ce point, pendant et après la Conférence des sections du P.O.S.D.R. à l’étranger, que la rédaction de l’Organe central en est venue à considérer comme erroné le mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe. »

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/08/vil19150823.htm

Il n’y a donc aucun rapport, quant au fond, entre le fait que la Révolution ait du passer par une étape démocratique bourgeoise, assez brève, au demeurant, et le fait qu’elle ait du survivre, dans sa phase socialiste, de façon relativement isolée.

Par contre, à l’issue de la deuxième guerre mondiale, la lutte internationale était effectivement surtout de nature anti-impérialiste et anti-colonialiste. Cela a incontestablement favorisé les dérives révisionnistes de nature sociale-chauvines, comme le maoïsme, par exemple.

En Occident, PCF et PCI étaient déjà, de toutes façons, gangrenés par le révisionnisme et le social-chauvinisme, et avaient même renoncé à combattre réellement l’impérialisme, et surtout pas le leur, en premier ! (Rapport Jdanov, 1947)

Aujourd’hui c’est, en plus, l’ensemble de l’ »extrême-gauche », sauf rares exceptions, qui, sous un langage formellement « gauchiste » collabore objectivement, et même souvent, très activement (Rojava), avec l’impérialisme US.

C’est à quoi aboutissent tous les « beaux discours » idéalistes petits-bourgeois sur la « révolution socialiste mondiale »/ou rien, car « pas possible dans un seul pays », etc…

Encore beaucoup plus réac, en réalité et au final, que les dérives de l’URSS, certes critiquables, mais qui n’en continuait pas moins la lutte contre l’impérialisme. Un esprit de résistance qui subsiste en grande partie jusque dans la Russie de Poutine, même si c’est au niveau d’unité populaire dont est capable la bourgeoisie nationale.

Luniterre

En PJ/PDF un petit topo, trouvé sur le net, sur la question historique du socialisme dans un seul pays, qui vaut essentiellement par les importantes citations des classiques sur le sujet :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/06/le-socialisme-dans-un-seul-pays-ml-ou-pas.pdf

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

30 juin 19:55

 

Si vous voulez dire que la noblesse et les marchands riches russes avaient des villas sur la côte d’azur ou des hôtels en Italie , plus des actions dans les industries occidentales , et si vous pensez que cela transforme la Russie de 1917 en pays capitaliste développé « impérialiste » , vous délirez carrément !
Si l’URSS type Staline / Brejnev c’est du socialisme et si vous avez raison : alors je ne suis pas socialiste : non merci ! Il me paraît évident que dans nomenklatura et l’intelligentsia il y avait des équivalents fonctionnels du patronat et que la classe ouvrière était encore plus exploitée et dominée qu’en Europe …

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

 

30 juin 22:25,

 

par Luniterre

 

 

Deux approches étranges de votre part:

__Vous tenez à nier le caractère impérialiste de la Russie tsariste, contre l’évidence des études à ce sujet faites par Lénine, qui se serait donc totalement fourvoyé, à vous en croire… On se demande bien comment il a pu être ce leader révolutionnaire que l’on connait, et suffisamment, grâce aux traces historiques qu’il a laissé!

__Il ne s’agit toujours pas de faire une défense inconditionnelle de l’URSS, mais d’en tirer les leçons utile en termes d’expérience constructive. Après la guerre « civile » qui était, en réalité et pour l’essentiel, déjà une agression impérialiste occidentale, la Russie était pratiquement « tabula rasa »… Or non seulement le développement économique soviétique a permis de relever les ruines, mais en plus de corriger les carences essentielles de l’ancien régime dans la plupart des domaines sociaux, santé, éducation, etc..

De plus, il a permis la défaite du nazisme… Un détail…

Et à la suite, une nouvelle reconstruction…

Sinon, historiquement, Staline et Brejnev, ce sont deux périodes bien différentes dans l’histoire de l’URSS et dans la mémoire des russes.

La période Staline reste celle, précisément de la construction et du développement, alors que celle de Brejnev était déjà la période de stagnation, mais où la vie était encore relativement facile et tranquille, grâce à la rente pétrolière…

La chute, cruellement ressentie par les russes, commence réellement avec Gorbatchev, même si les prémisses remontent effectivement au coup d’État khrouchtchevien.

Le pire étant évidemment la période Eltsine, avec la mafia quasiment installée au pouvoir. Une mafia qui s’était constituée, à une échelle moindre, mais de plus en plus prégnante, sous les périodes Khrouchtchev, Brejnev, et qui a contrôlé l’essentiel de l’économie depuis la période Gorbatchev.

La nostalgie, au sens d’une mémoire positive, qu’ont encore les russes pour leur passé soviétique, à l’opposé du « gauchisme » occidental, a donc ses raisons. Personne ne parle de revenir à un système à l’identique, mais tirer des leçons constructives, c’est tout à fait l’opposé de cautionner la haine anticommuniste et antisoviétique de l’Occident, aujourd’hui muée en simple haine anti-russe, sans que cela fasse de différence réelle: le résultat est toujours de cautionner l’agressivité impérialiste et non pas de chercher à construire une alternative réelle.

J’ai bien évidemment compris que ce n’est pas, de toutes façons, le but de votre propos, qui semble bien s’inscrire dans la dérive actuelle de l' »extrême-gauche », déjà abordée dans le post précédent et dans divers articles sur TML et ici même.

Du reste, vous reconnaissiez vous même, dans un post précédent, que le bordiguisme a cessé d’être un parti vivant. Surtout en France, effectivement!

Il y a, là aussi, une leçon d’histoire à tirer…

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

 

1er juillet 01:04,

par do

 

« Il me paraît évident que dans nomenklatura et l’intelligentsia il y avait des équivalents fonctionnels du patronat et que la classe ouvrière était encore plus exploitée et dominée qu’en Europe … »

Il est vrai que le parti communiste russe servait de bourgeoisie de remplacement. Mais le prolétariat russe était bien moins exploité qu’en Europe :

Bip Bip – 4 octobre 1957 – Spoutnik, exploit soviétique et honte américaine (vidéo 2’21)

http://mai68.org/spip/spip.php?article7433

Extrait de « La grande histoire de la conquête spatiale »

Enregistré sur France 5 le 21 juin 2014 à 23h

On n’arrête pas de nous dire, dans la propagande télévisuelle que les Soviétiques étaient des incapables, que tout ce qu’ils ont fabriqué, ils en ont piqué la technologie aux autres grâce à leurs espions. Mais, là, pour envoyer Spoutnik dans l’espace, ils avaient espionné QUI ? les extra-terrestres ? Ou bien avaient-ils fabriqué une machine à voyager dans le temps pour espionner les Amerloques dans le futur ?

Et c’est pas tout, car le premier être vivant dans l’espace, ce fut la chienne russe Leika. Le premier homme dans l’espace fut le soviétique Youri Gagarine, la première femme dans l’espace fut aussi soviétique, de même que le premier homme qui est sorti de sa fusée dans l’espace ! Etc.

Voici un extrait légèrement adapté de mon journal sur les retraites qui parle de la station Mir :

http://mai68.org/spip/spip.php?article10097

En Russie, il n’y a jamais eu de communisme, seulement du capitalisme d’État. Voir dans les annexes de la théorie du concept « le spectacle de l’effondrement du communisme » :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1701

Du point de vue de l’économie et de l’exploitation (dans le sens de la diminution de cette dernière), le faux-communisme à la Russe était tout de même bien mieux que le capitalisme privé, dit « libéral ».

Alors qu’en Amérique, par exemple, il y a plusieurs centaines de patrons pour exploiter la population ; en URSS, il n’y en avait qu’un seul dont le plus célèbre est peut-être Staline. Comme chaque patron américain cherche à profiter autant de la population américaine que le seul Staline de la population russe, les salariés américains sont forcément beaucoup plus exploités que ceux de la Russie prétendue « communiste ».

Et, du point de vue économique, contrairement à ce que prétendent les mensonges les plus éhontés qui ont cours aujourd’hui, le capitalisme d’État (le pseudo-communisme) a cent fois prouvé sa supériorité sur le capitalisme privé (dit « libéral »).

Le fait que toute concurrence ait été supprimée en URSS a permis de supprimer aussi le gaspillage qui va avec. Puisqu’aujourd’hui il est besoin d’expliquer cela au moins un tout petit peu, songez par exemple que si en Amérique cent entreprises concurrentes font des recherches identiques, ce pays devra les financer cent fois tandis que dans la Russie de Staline, il suffisait de les financer une seule fois !

De plus, en URSS, au lieu qu’il y ait concurrence entre les chercheurs, il y avait solidarité. C’est-à-dire qu’en Russie dite « communiste » les chercheurs s’entraidaient alors qu’en Amérique la concurrence les pousse à se tirer dans les pattes.

C’est ainsi qu’un pays au départ complètement sous-développé comme la Russie du début du 20e siècle a pu gagner non pas la course à la Lune, qui n’était qu’un leurre extrêmement cher et inutile, mais bel et bien la course à l’espace.

En effet, Mir était la toute première station spatiale, et elle avait été fabriquée par les soviétiques. Elle faisait la fierté des communistes russes… et la honte des capitalistes américains

Quelques années après qu’ils aient dû abandonner leurs voyages dans la Lune, on a pu se moquer pendant quinze ans des Américains, de leur « supériorité » et de leur haute technologie en soulignant qu’ils avaient changé de rêve : « Les Américains ne vont plus dans la Lune, ils vont dans Mir ! ». !

Car oui, pour la station spatiale, étape indispensable à une éventuelle conquête spatiale dont je n’ai certainement pas dit que je l’approuvais, l’URSS avait tout bonnement quinze ans d’avance sur l’Amérique. C’est bien pour ça que, dès qu’ils en ont eu les moyens, les Américains ont imposé aux Russes la suppression de la preuve de leur défaite philosophique : les aides américaines au maintien du pouvoir d’Eltsine en Russie, puis de son successeur, se sont marchandées notamment à propos de la date de la destruction de Mir !

Cliquer ici pour l’article et les commentaires

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

 

1er juillet 04:52

La société de consommation c’est nul ! Mais la société de privation c’est pire !
L’idéologie du travail c’est pénible , le stakhanovisme c’est pire !
Il ne s’agit pas de dire « du mal » de l’URSS qui est passée d’une société féodale précapitaliste à un capitalisme mal développé dirigé par l’état

Les succès de l’URSS en matière d’industrie militaire et de recherche scientifique sont incontestables, mais pour obtenir ça ils ont surexploité et opprimé la classe ouvrière . Ils n’avait d’ailleurs pas le choix vu l’agressivité des puissances impérialistes qui ont pour le moment gagné la guerre froide .

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

 

1er juillet 12:49,

 

par do

 

 

Salut,

C’est tout simplement faux !

Non : les salariés soviétiques n’étaient pas plus exploités qu’en Occident. Il ne pouvaient tout simplement pas simultanément être exploitées à l’usine et faire la queue pour acheter de la vodka !

En réalité, les salariés savaient que la hiérarchie dite « communiste » était plus ou moins une imposture, et les « communistes » savaient que les salariés le savaient.

À partir de là, il y a eu un échange entre les deux : Nous les salariés on bosse pas ou peu, vous l’acceptez, et en échange on prend pas le risque de vous démettre du pouvoir.

Bien à toi,
do
http://mai68.org

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

 

1er juillet 06:47,

 

par Luniterre

 

 

« Comme chaque patron américain cherche à profiter autant de la population américaine que le seul Staline de la population russe, les salariés américains sont forcément beaucoup plus exploités que ceux de la Russie prétendue « communiste ». »

Assez amusant comme formule…

En réalité, il y avait bien une hiérarchie des salaires assez extensive en URSS, variable selon les époques, mais dont le pic semble avoir été d’environ 40 pour un, alors qu’en Occident, aujourd’hui, cela peut atteindre 1000 pour un…

L’enrichissement et l’accumulation personnelle étaient donc très limités, et d’autant plus qu’il n’y avait pas d’élargissement possible de la « richesse » personnelle accumulée dans le cycle productif, et donc pas de capitalisme, à proprement parler.Tout au plus faudrait-il donc effectivement parler de petite bourgeoisie bureaucratique. Une petite bourgeoisie qui tenait son pouvoir du prolétariat, et dont elle était issue, en grande partie. Une partie d’entre elle tenait réellement à l’idéologie bolchévique de ses origines et entendait en continuer le combat. Rien n’indique que la motivation des Staline, Jdanov, Kirov, Kaganovitch et bien d’autres, même encore après eux, n’ait d’abord été la grandeur et la réussite économique et sociale de l’URSS, et non pas leur intérêt particulier.

Par contre, ce que montre l’étude attentive de l’URSS, c’est que cette « bureaucratie », loin de former un bloc homogène, était elle même stratifiée socialement et politiquement, et traversée de conflits permanents, avec formation progressive d’intérêts sectoriels et locaux contradictoires, aboutissant aux baronnies bureaucratiques locales, développant effectivement des intérêts parasitaires et mafieux qui seront la base économique et sociale de la contre-révolution khrouchtchevienne, ouvrant finalement littéralement la porte, (… du Goulag >>>80% de droits communs), à l’influence de la mafia sur l’économie, se développant encore sous Brejnev, prenant pratiquement le contrôle total sous Gorbatchev, et finalement le pouvoir, sous Eltsine.

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/10/lenfer-des-gangs-de-la-fin-de-lurss-a-la-russie-actuelle.pdf

Cité en illustration de :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

Poutine représentant en quelque sorte, contre l’oligarchie mafieuse, à laquelle il a mis un frein relatif, un retour à l’ordre national bureaucratique bourgeois, mais encore incapable d’accumuler un capital financier suffisant pour se muer en impérialisme, contrairement à ce que prétendent les « gauchistes » français et leurs mentors impérialistes français et US.

Le total cumulé du capital financier russe avoisine à peine celui de l’Espagne au vu des dernières estimations possibles.

Quoi qu’il en soit, même la lutte de la bourgeoisie bureaucratique dégénérée, sous Khrouchtchev et Brejnev, constituait encore l’axe d’un front de résistance contre l’impérialisme et a permis quelques avancées dans les luttes de libération nationales, dont Cuba, entre autres.

Aujourd’hui la Russie de Poutine joue en partie à nouveau ce rôle, et c’est déjà un début de résistance, même si insuffisante, alors qu’il n’y en a plus guère ailleurs, en Europe, et notamment pas, en France !

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

 

1er juillet 18:26,

 

par Luniterre

 

 

« En réalité, les salariés savaient que la hiérarchie dite « communiste » était plus ou moins une imposture, et les « communistes » savaient que les salariés le savaient.

À partir de là, il y a eu un échange entre les deux : Nous les salariés on bosse pas ou peu, vous l’acceptez, et en échange on prend pas le risque de vous démettre du pouvoir. »

En ce qui concerne notamment la période Brejnev, cela reflète effectivement une bonne partie de la réalité… Couplé avec les avantages matériels tirés de la rente pétrolière, qui, relativement, profitaient également à toute la population, cela a laissé le souvenir d’une période assez tranquille dans la mémoire des russes, un peu comme nos « trente glorieuses », en France, même s’ils avaient conscience de la stagnation réelle de cette période, encore aujourd’hui littéralement dénommée comme telle.

La mémoire qu’ont les russes de leur passé soviétique (…et post-) est multiforme, même si parfois composite entre les périodes, contrairement à l’image forgée par le système en Occident, qui est pratiquement univoque, de droite à gauche, avec seulement des nuances formelles qui ne reflètent encore que d’autres préjugés « politiques » occidentaux.

Ce qui y rend les débats sur le sujet assez stériles, la plupart du temps, préjugés contre préjugés, et tous forgés sur la même base voulue par le système pour se garantir contre un éventuel retour de flamme néo-bolchévique. Dans ce processus la plupart des sectes gauchistes et gauchisantes sont en réalité d’un grand secours pour le système, et de plus en plus, semble-t-il. La Kollaboration est de plus en plus éhontée et directe, comme autour du prétendu « Rojava »…!

Luniterre

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/23/les-lecons-dafrin-pour-en-finir-avec-le-mcdo-marxisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/27/le-big-mic-mac-stade-supreme-du-mcdo-marxisme/

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

 

 

Marlène Schiappa, le 16 mai.

 

 

 

Lutte des Schiappa

ou lutte des classes ?

 

 

 

« Un vrai travail, un vrai salaire » ???

 

Le « projet » du gouvernement Macron ?

 

Et si on le prenait à la lettre ?

 

Un « projet » pour la communication, et qu’il est bien évidemment incapable de réaliser, et surtout au sens prétendu de lutter contre la pauvreté!

 

__« Un vrai salaire », même au sens capitaliste du terme, cela signifie qu’un emploi par famille, couple avec enfants en bas âge et/ou en période scolaire, permet à cette famille de vivre décemment selon les critères sociaux de l’époque, permettant à la génération suivante de continuer dans des conditions au moins équivalentes.

Or ce n’est déjà plus le cas pour de nombreuses familles qui ne peuvent survivre, et souvent difficilement, sans l’apport d’au moins deux salaires…

La prétendue « égalité des sexes », tant prônée par Schiappa fille, c’est, actuellement, et même « à salaires égaux », une division par deux du niveau de vie du prolétariat en France, et non aucunement, un « progrès social ».

Tout son langage « communicant » sur le sujet n’est qu’une caution « décalée », « anticonformiste », en apparence, des reculs sociaux rendus inévitables par la crise systémique du capitalisme.

Sur ce seul point, c’est déjà ce qu’un marxiste a à dire…

 

__« Un vrai travail », cela veut dire une activité professionnelle réellement utile à la communauté, que ce soit en matière de production ou de services. Cela signifie que production et services sont organisés pour répondre aux besoins sociaux réels, et d’abord à ceux des travailleurs eux-mêmes et ceux de leurs familles.

L’utilité sociale est le critère d’un « vrai travail », et non le profit financier.

 

Sans profit financier, pas de salaire ?

Si production et services peuvent être organisés pour répondre à l’ensemble des besoins sociaux, la question réelle est donc bien celle de l’organisation des services et de la répartition, et non celle du profit financier.

Un équilibre entre production et besoins se passe précisément de profits au sens financier du terme.

La seule accumulation nécessaire est celle qui est suffisante pour le renouvellement et le développement, et qui n’a rien à voir avec l’accumulation du profit capitaliste. ( 1 )

C’est, là encore, ce qu’un marxiste a à dire, à propos d’un « vrai travail », objectif évidemment incompatible, donc, avec le capitalisme…

Alors que enfoncer une porte ouverte sur la signification « collective » de la phrase « de Marx ou pas tout à fait »,  selon Schiappa père, c’est se payer de mots et donner, à bon compte, une prétendue « leçon de marxisme » !

 

__« L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », cela signifie, au delà de l’aspect évidemment collectif de leur organisation, que la transition pour sortir du capitalisme se fait précisément sur la base d’un échange d’équivalents entre travailleurs, en matière de produits et de services, en tenant compte des besoins collectifs de la société. C’est effectivement le sens d’un « vrai travail », émancipateur, et non pas exploité.

C’est le sens politiquement utile de cette phrase qu’un marxiste doit rappeler, et non pas simplement l’aspect collectif de l’action politique, qui est évidemment commun à tous les partis politiques, fussent-ils ultra-réactionnaires, et même sociaux-fascistes… !

Mais en fait de « marxiste », on a affaire ici, avec Schiappa père, à un trotskyste, dans la variété « lambertiste », et qui a en commun avec les autres d’être une forme à peine déguisée de réformisme. Son programme ( 2 ) a toutes les caractéristiques d’une sociale-démocratie « gauchisante » en termes de langage, et sociale-chauvine dans ses objectifs clairement exposés, avec, bien évidemment, l’habituelle et caricaturale ( 3 ) formule prétendument «marxiste » sur la « socialisation des moyens de production et d’échange », qui, dans la logique réformiste du « programme de transition » de Trotsky ( 4 ), se résume à leur « nationalisation » dans le cadre d’un capitalisme monopoliste d’État relooké, en réalité, en « socialisme de marché » ( 5 ), avec de nouvelles formes de collaboration de classe, pompeusement baptisées « contrôle ouvrier » !

 

Conclusion, entre un père « lambertiste » et sa fille « macroniste » il y a, à plusieurs titres, « match nul » ! Néanmoins, un tel « match » est révélateur de la dégénérescence de la classe politique française et de sa complaisance pour la régression sociale et culturelle voulue et orchestrée par le système, pour tenter de survivre à sa propre crise interne.

 

Luniterre

 

(    1    https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondament aux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/   )

        https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/   )

 

(    2   POID-manifeste lambertiste   )

 

(    3    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/29/un-demi-siecle-apres-mai-68-en-finir-avec-la-gauche-kollaborationniste/ 

« Le « gauchiste » moyen débat des éventuelles formes que pourrait prendre le pouvoir ouvrier, localement ou à l’échelle nationale, et même internationale, de ses formes plus ou moins démocratiques, conseil, syndicat ou autre, il discute doctement de savoir si elles correspondent ou non à la conception marxiste de la dictature du prolétariat, et même de savoir s’il faut conserver ou rejeter cette conception, mais il oublie que l’essentiel est dans le contenu social et économique du programme et non dans les formes.« Le « gauchiste » moyen débat des éventuelles formes que pourrait prendre le pouvoir ouvrier, localement ou à l’échelle nationale, et même internationale, de ses formes plus ou moins démocratiques, conseil, syndicat ou autre, il discute doctement de savoir si elles correspondent ou non à la conception marxiste de la dictature du prolétariat, et même de savoir s’il faut conserver ou rejeter cette conception, mais il oublie que l’essentiel est dans le contenu social et économique du programme et non dans les formes.

Au mieux il a sa liste de « mesures » d’un réformisme plus ou moins démagogique ou « radical », genre « répartition des richesses » (… du capital), à la fin desquelles il glisse comme certificat final de « marxisme » une ou deux lignes sur la « socialisation des moyens de production », mais la finalité sociale de l’ensemble du processus de production n’y est jamais autrement définie ni remise en question. »   )

 

(    4    Trotsky – programme de transition  )

 

(    5     https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53 )

 

 

VOIR A LA SUITE LES TWEETS SUJETS DE L’ARTICLE ET LE SUIVI DU DÉBAT SUR LE SITE  VLR…

 

 

 

 

POUR MÉMOIRE, COPIES DES MESSAGES CITÉS :

 

 

 

 

 

 

 

EXTRAITS D’UN DÉBAT EN COURS SUR LE SITE VLR :

 

http://mai68.org/spip2/spip.php?article1812#forum1104

 

 

Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ? 17 juin 12:43 (post anonyme)

NB : Le papa de Marlène ( Une des nombreuses Nadine M de Macron ) est trotskyste ( Lambertiste ) et ex délégué FO // Il a publié un texte court pour recadrer et morigéner sa greluche arriviste de fille / Ce « post » ou « tweet » ou « hashtag » a été publié sur le site « tendance claire du NPA »…

Effectivement nous devons exiger la création immédiate de 6,5 millions d’emplois et un alignement immédiat des salaires français sur les salaires suisses ( salaire médian en France = 2200 euros / en Suisse 6 400 CHF = 5600 euros ) et alignement immédiat des droits sociaux en France sur ceux du Danemark , ou mieux encore de la Libye époque MK !!!

En fait c’est fastoche : créer 12500 sovkhozes dans les 12500 plus petits villages + 1000 en Guyane + 110 à Miquelon / créer 5 villes de 100 000 habitants + 100 villages de 4000 en Guyane – Déplacer la capitale à Pézenas-Agde et trouver une méthodologie efficace pour que les 4 millions de franciliens qui rêvent de quitter cette région puissent le faire – Ajouter 200 000 habitants dans la Creuse et ce qu’il faut dans tous les départements à démographie calamiteuse – Délocaliser les JO dans la vallée de la Charente – Participer à fond à la grande muraille verte d’Afrique-forêt de Lilengo et y installer des réacteurs steinfeld, des « torre atnosferica » et quelques villes nouvelles …

Alors va-y Macron ! Montre nous que tu es la réincarnation de Saint Simon et que Julliard ne délire pas !

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

17 juin 20:56,

 

par Luniterre

 

PRÉCISION UTILE : « Tendance claire » n’a fait que republier dans ses « brèves » un article du « Monde » résumant cette polémique familiale. Les « brèves » de « Tendance claire » ne sont en rien l’expression de sa ligne mais une sorte de compilation éclectique sur les sujets d’actu. Parfois on y retrouve même des articles venant de TML ou des blogs en lien direct avec…Suivant son historique assez précis sur Wikipédia, JM Schiappa est bien un authentique « lambertiste », dans la mouvance de D. Gluckstein, et donc actuellement du POID. Sur le fond, le POID revendique et reprend à l’identique le manifeste du POI… (voir en PJ)

Le différend POID/POI semblait donc uniquement porter sur des problèmes de fonctionnement interne entre les deux tendances, également sociales-chauvines dans leur souci de défendre et d’opposer la « République Française » aux institutions européennes, comme revendication préalable, tout à fait à l’instar du PRCF, par exemple.

Mais même sans ce travers opportuniste assez caricatural, le « programme de transition » de Trotsky est bien la recherche d’une étape intermédiaire où un prétendu « contrôle ouvrier » s’exercerait au sein du système, mais sans en finir avec lui… Une situation de collaboration de classe, même si relativement conflictuelle…

Alors que par définition une véritable économie de transition est néanmoins une économie de rupture avec le capitalisme et l’économie de marché, et doit utiliser la notion de valeur-travail pour une répartition équilibrée des taches et de la production, en fonction des besoins.

C’est ce que Marx explique clairement dans la Critique du Programme de Gotha, et ce que Trotsky escamote assez habilement dans ses textes, remettant au premier plan la loi du marché pour régler la production, notamment dans sa critique de l’URSS.

C’est pourquoi la tendance « Pabliste », fondée par Raptis, présent aux côtés de Trotsky lors de la fondation de la IVe Internationale, serait en réalité la plus « orthodoxe » d’un point de vue historique trotskyste, en revendiquant en quelque sorte la paternité du « socialisme de marché » !

Mais le réformisme « lambertiste » n’est pas forcément loin derrière !

Rien à voir, de toutes façons, ni avec Marx ni avec Lénine, sauf, tant qu’à faire, à considérer un Attali comme « marxiste » et un Xi Jinping comme « léniniste »…

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

18 juin 04:17

 

Je n’interprète pas le « programme de transition » comme un programme destiné à être appliqué mais comme un outil pour mobiliser les masses sur un ensemble de revendications légitimes , compréhensibles immédiatement malgré l’aliénation et les traditions réformistes – Ce programme doit être totalement inacceptable pour la classe dominante qui , ne cédant strictement rien, déclenche une répression exagérée et une riposte révolutionnaire des masses … Ce qui « transite » c’est donc la conscience des masses qui va du syndicalisme défensif et réformiste à une politisation révolutionnaire … Je crois que le vieux Léon a élaboré ce truc à partir de la théorie du renversement de la praxis – Maintenant il se peut que les lambertrucs ou les pablomachins soient abrutis au point de penser que c’est un programme à réaliser !Répondre à ce message

 

Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ? 18 juin 16:55, par Luniterre

Considéré ainsi, du point de vue du renversement de la praxis, il faudrait donc plutôt accorder le point « marxiste » à Schiappa fille, précisément en relevant le défi du mot d’ordre :


« Un vrai salaire, un vrai travail »

Même si le premier aspect reste « capitalisme compatible », dans le principe, il ne l’est déjà plus, en temps de crise actuelle !

« Un vrai travail » ouvre encore davantage la brèche, si les rares marxistes idéologiquement « survivants » arrivent à lui donner son sens par leur agit-prop programmatique, avec pour but d’ouvrir ce débat basique au sein de la classe prolétarienne.

Ce « renversement », c’est tout simplement ce que ce court article propose, ni plus, ni moins !

Concernant Trotsky et son prétendu « programme de transition », c’est aussi la fonction pédagogique qu’avance le camarade Viriato, pour sa défense, en post sur TML.

Cette fonction « éducative » est effectivement évoquée par Trotsky lui-même, du reste, dans ce texte.

Le problème est que cette fonction est liée à des pratiques qui sont précisément de l’ordre de la collaboration de classe, fut-elle relativement conflictuelle.

Toutes les pratiques de « cogestion », type « contrôle ouvrier », en système capitaliste, sont très facilement récupérable, par définition, par le système. C’est ce que l’on a vu depuis l’origine des syndicats, comités d’entreprises, coopératives, entreprises « autogérées », etc…

Ces formes ne représentent en rien une transition entre capitalisme et communisme, dans la mesure où elles restent immergées dans des rapports économiques de marché.

La question est de savoir, en ce qui concerne le trotskysme, si cela correspondait à un choix délibéré de la part de Trotsky, ou simplement à une suite de formules approximatives de sa part…

Le seul trotskyste (et de plus, un leader historique de cette mouvance) a avoir tenté une approche synthétique de la pensée économique de Trotsky est précisément Michel Raptis (lien lcr-be en PJ), dit « Pablo » et fondateur du courant éponyme, aujourd’hui quasiment disparu et voué aux gémonies « révisionnistes » par les autres courants trotskystes…

Or il ressort clairement de cette synthèse que Trotsky considérait la phase de transition comme un « socialisme de marché ».

Et donc son « programme de transition » n’est pas qu’un « instrument pédagogique », mais bien un objectif politique à réaliser, semble-t-il, dans le contexte de son époque.

Aujourd’hui, les mots d’ordres type « contrôle ouvrier » sont constamment repris par les différentes sectes trotskystes, comme héritage revendiqué de ce « programme ». C’est sous ce rapport que l’on peut effectivement les caractériser comme telles. Le « lambertisme » va même plus loin en se réclamant carrément de la démocratie parlementaire « républicaine », tout à fait à la manière d’un Mélenchon, avec lequel il s’allie bien volontiers, du reste !

En ce qui concerne le rôle « régulateur » du marché, tout à fait à l’instar des libéraux pur jus, Trotsky l’avait en quelque sorte théorisé lui-même, à la fin de sa vie, dans son ouvrage sur le marxisme, à vocation précisément didactique :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »


In « Le Marxisme et notre époque », Trotsky, 1939

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Si le trotskysme est bien un « renversement », c’est, d’abord, celui des fondamentaux du marxisme !

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

19 juin 01:49

Il y a quand même un petit souci : c’est quoi la NEP ? Sinon la persistance du marché mondial , donc du capitalisme … Pour l’économie de l’URSS certains ont parlé de capitalisme d’état et d’autres de capitalisme mal développé géré par une bureaucratie autoritaire et progressiste + armée pléthorique …

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

19 juin 04:06,

par Luniterre

 

 

La période de la NEP, concrètement, débute en Mars 1921 et se termine avec la « crise des grains », courant 1928, même si le décret officiel ne paraît qu’en 1930. Soit à peine 8 ans en tout, et ne concernait, de toutes façons, qu’une partie limitée des 5 secteur économiques existants alors en Russie, tels que définis par Lénine lui-même, dès 1918, dans ce qui est le texte fondateur de la notion de coexistence du socialisme et du capitalisme d’État, qui sont deux secteurs distincts, contrairement à une confusion généralement volontairement entretenue… ( y compris par Trotsky).

******************

Lénine en 1918 :


« Parmi les gens qui se sont intéressés à l’économie de la Russie, personne, semble t il, n’a nié le caractère transitoire de cette économie. Aucun communiste non plus n’a nié, semble t il, que l’expression de République socialiste des Soviets traduit la volonté du pouvoir des Soviets d’assurer la transition au socialisme, mais n’entend nullement signifier que le nouvel ordre économique soit socialiste.

Mais que veut dire le mot transition ? Ne signifie t il pas, appliqué à l’économie, qu’il y a dans le régime en question des éléments, des fragments, des parcelles, à la fois de capitalisme et de socialisme ? Tout le monde en conviendra. Mais ceux qui en conviennent ne se demandent pas toujours quels sont précisément les éléments qui relèvent, de différents types économiques et sociaux qui coexistent en Russie. Or, là est toute la question.

Enumérons ces éléments :

1__l’économie patriarcale, c’est à dire, en grande mesure, l’économie naturelle, paysanne ;

2__la petite production marchande (cette rubrique comprend la plupart des paysans qui vendent du blé) ;

3__le capitalisme privé ;

4__le capitalisme d’Etat ;

5__le socialisme.

La Russie est si grande et d’une telle diversité que toutes ces formes économiques et sociales s’y enchevêtrent étroitement. Et c’est ce qu’il y a de particulier dans no­tre situation.

Quels sont donc les types qui prédominent ? Il est évident que, dans un pays de petits paysans, c’est l’élément petit bourgeois qui domine et ne peut manquer de dominer ; la majorité, l’immense majorité des agriculteurs sont de petits producteurs. L’enveloppe du capitalisme d’Etat (monopole du blé, contrôle exercé sur les propriétaires d’usines et des commerçants, coopératives bourgeoises) est déchirée çà et là par les spéculateurs., le blé étant l’objet principal de la spéculation.

C’est dans ce domaine précisément que se déroule la lutte principale. Quels sont les adversaires qui s’affrontent dans cette lutte, si nous parlons par catégories économiques, comme le « capitalisme d’Etat » ? Sont ce le quatrième et le cinquième élément de ceux que je viens d’énumérer ? Non, bien sûr. Ce n’est pas le capitalisme d’Etat qui est ici aux prises avec le socialisme, mais la petite bourgeoisie et le capitalisme privé qui luttent, au coude à coude, à la fois contre le capitalisme d’Etat et contre le socialisme. « 


Lénine,

Sur l’infantilisme « de gauche » et les idées petites-bourgeoises

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2014/01/1918_lc3a9nine_sur-linfantilisme-de-gauche_.pdf/

*****************

Ceci-dit, il est clair que l’économie soviétique évolue très vite, à partir de 1921, également contrairement à une idée reçue. Avant la « crise des grains », une première crise, dite « des ciseaux », montre précisément déjà que le marché est impuissant à réguler l’économie.

De nouveaux rapports de production apparaissent dans l’agriculture, avec les kolkhozes, les sovkhozes, et surtout, en fin de compte, les Stations de Machines et Tracteurs, qui font le lien entre les deux et avec la production industrielle urbaine. Les SMT sont en quelque sorte l’âme du développement économique socialiste, et, de plus, leur origine est une initiative spontanée de coordination entre un sovkhoze et différents kolkhozes environnants pour une répartition de l’utilisation du matériel lourd.

De sorte qu’au moment de la « crise des grains », qui rendait urgente la fin de la NEP, l’alternative existait déjà, là aussi, contrairement à une idée reçue.

Ce qui a retardé la fin de la NEP, ce sont les luttes internes du parti bolchévik, notamment autour de ces questions économiques, et on ne peut pas les résumer en un post.

Eut-elle été liquidée plus tôt, la transition eut été sans doute moins brutale, alors que la crise des grains avait déjà fait des dégâts considérables en 1928.

Sur l’histoire économique de l’URSS :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/29/e-ou-a-une-seule-lettre-peut-elle-changer-le-cours-de-lhistoire/

Quelques éléments aussi, dans l’article sur le centenaire d’Octobre :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

Sur la fin de la NEP :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/15/encore-une-legende-noire-demythifiee-lholodomor/

Bonne lecture,

(Et d’autres à découvrir, sur l’histoire de l’URSS, sur TML…)

 

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

19 juin 16:21

Merci pour toutes ces informations qui, cependant ne sont que des infos parmi d’autres ! Si le sujet était simple on le saurait et Staline n’aurait pas pondu sa fadaise du « socialisme dans un seul pays » et n’aurait pas liquidé tous ses rivaux en s’appuyant sur la promotion « appel de Lénine » = 200 000 ex menchéviks – SR recrutés pour marginaliser les vrais bolcheviks et intégrer les NEPmen au parti via l’appareil d’état !!! Staline n’aurait pas non plus soutenu le nationaliste bourgeois Chang Haï Check contre Mao …etc…

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

20 juin 00:50,

par Luniterre

Pour ma part j’essaie d’étudier l’histoire de l’URSS à partir de documents russes, autant que possible. Si vous avez des sources valables pour attester de votre vision caricaturale de l’histoire, merci de nous les communiquer.

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

20 juin 03:03

Je trouve presque qu’il y a trop de documents et d’articles et de livres sur ce sujet … Les thèses les plus convaincantes sur l’URSS , Staline …etc me paraissent être celles des bordiguistes, ( pcint.org ) même si ce micro parti me paraît pas « vivant » . Eux au moins ont lu  » Critique des programmes de G et E  » … et se réfèrent à un marxisme pas trop déformé . Je ne dis pas que ce qu’ils disent est parfait …

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

21 juin 02:35,

par Luniterre

 

 

Le bordiguisme est, pour le moins,une source très partisane et indirecte, en ce qui concerne le développement économique de l’URSS, réduite selon ce courant à une seule composante, le capitalisme d’État. A partir de quelle époque, cela n’est pas très clair. En 1924 Bordiga faisait encore l’éloge de Lénine et de l’URSS, semble-t-il :

https://www.marxists.org/francais/bordiga/works/1924/02/bordiga_lenine.htm

Concernant les idées programmatiques de Bordiga, si l’on se fie à son texte de 1920, son manifeste ne comportait aucun projet de transition économique, inspiré ou non de la CPG, à proprement parler :

http://www.pcint.org/03_LP/497/497_bordiga-but-communistes.htm

Ce n’est plus le cas à la fondation de son nouveau mouvement, en 1953 :

https://sinistracomunistainternazionale.com/2017/10/03/il-programma-comunista-nr-1-1953-il-programma-rivoluzionario-immediato/

Ici en anglais :

https://libcom.org/library/immediate-program-revolution-amadeo-bordiga

Texte apparemment introuvable en français… A moins que vous n’en ayez la référence, et merci, dans ce cas, ne nous la signaler.

Ce texte contient effectivement quelques propositions programmatiques de base intéressantes, donc, par contre.

Le lien avec la CPG, s’il existe, est très indirect, néanmoins, et , de plus partiel, rejetant ce qui fait le fondement de l’économie de transition expliqué par Marx en ce qui concerne l’échange d’équivalents en valeur travail entre producteurs, tout en tenant compte des besoins sociaux des secteurs non productifs.

En effet, en creusant plus, je trouve cette étude :

https://fr.internationalism.org/revue-internationale/201609/9446/annees-1950-et-60-damen-bordiga-et-passion-du-communisme

Étude assez intéressante, et qui cite notamment Bordiga sur son rejet d’utiliser la notion de valeur d’échange dans la phase de transition.

Si lecture de la CPG il y a eu, le principe de base en est donc néanmoins expurgé dans la pratique politique et l’idéologie du bordiguisme.

En Russie, ce principe était par contre mis en avant par Lénine, en Septembre 1917 , dans l’État et la Révolution (Chap 5), on ne peut guère plus à la veille de la Révolution d’Octobre…

La guerre civile, puis la nécessaire NEP, et finalement, les controverses sur les questions économiques en ont empêché la mise en œuvres, c’est un fait.

Que ce soit Trotsky, Boukharine ou Preobrajensky, aucun ne préconisait d’y revenir, ce qui était, de toutes façons, en contradiction avec leurs thèses économiques respectives.

Staline a mené le développement économique de l’URSS de façon en partie empirique, certes, mais assez efficace en en fin de compte, ce que la bourgeoisie tente aujourd’hui de dissimuler à tout prix.

De plus, même si ce fut tardif, il est le seul à avoir envisagé et proposé d’en revenir aux principes de la CPG, en faisant le bilan de l’URSS en 1952, en préparation du 19e Congrès :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

Ce qui est aussi possiblement l’une des causes de son décès « mystérieux » selon nombre d’historiens russes.

Il ne s’agit pas de faire un panégyrique mais de rendre à chacun ce qui, historiquement, lui revient réellement, d’une part, et de tirer les leçons de l’expérience globale, d’autres part, indépendamment du rôle personnel de tel ou tel, et surtout, des images médiatiques qui leurs sont accolées par le système.

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

21 juin 05:47

Vers la fin des années 70 les bordiguistes ( pcint .org ) ont édité un N° de « programme communiste » intitulé « le trotskysme » où ils tiraient à boulets rouges sur le programme de transition et la révolution permanente, puis ils ont retiré cette brochure en reconnaissant qu’elle était réductrice et surtout a-historique / Par la suite ils citaient souvent Trotsky surtout « terrorisme et communisme » et les écrits militaires…
Pour eux la révolution russe , prévue par Marx dans sa longue correspondance avec Plekhanov , n’est pas , contrairement au diagnostic de Gramsci , une révolution contre « le capital » de Marx, mais une révolution double politiquement prolétarienne et paysanne mais économiquement bourgeoise ( liquidation des formes féodales , des koulaks , industrialisation, alphabétisation, électrification …etc. ) .
En conséquence ils vouent aux gémonies la théorie stalinienne du socialisme dans un seul pays car pour eux les 2 principales réussites de la révolution c’est la création de la troisième internationale et le congrès de Bakou . Ils n’opposent pas à Staline des critiques démocratiques petites bourgeoises et reconnaissent qu’il industrialisé et modernisé l’URSS .
Dans un article Engels fut interrogé sur une éventuelle prise de pouvoir des communistes dans un pays pré capitaliste . Il a répondu que dans ce cas les communistes seraient obligés d’industialiser et de moderniser en employant grosso modo les mêmes méthodes que la bourgeoisie et qu’à force d’employer ces méthodes les communistes risquaient de devenir des capitalistes banals ( la pratique modifie la pensée ).
Ouf ! Là je me suis accroché car il faudrait faire plus long ou, mieux, donner la parole à un bordiguiste AOC !

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

22 juin 04:06,

par Luniterre

 

 

Lénine caractérisait la Russie comme un impérialisme. Les formes féodales étaient déjà en voie de disparition avancée. Le servage était aboli depuis 1861, soit plus d’un demi siècle avant 1917. Les koulaks ne sont pas une classe féodale à proprement parler. C’est, au contraire, la naissance d’une classe « moyenne » paysanne au sens occidental du terme, voulue par la réforme de Stolypine(1906). Ils sont, par contre, dès cette réforme, en lutte contre les villages paysans communautaires, les « mir », qui sont une forme économique communautaire effectivement  » précapitaliste », mais non féodale. La noblesse détient encore beaucoup de terres mais abandonne progressivement l’agriculture. Enfin l’industrie, même si en retard sur l’Europe, est en plein essor. De plus, y a déjà un important capitalisme financier russe, interconnecté, dirait on aujourd’hui, avec le capital occidental, via les participations croisées (relire Lénine). Selon les critères actuels, il faudrait plutôt parler de nation capitaliste émergente ayant rapidement atteint le stade impérialiste. C’est principalement du fait de la persistance du tsarisme que la Révolution y a eu nécessairement un caractère double.

À noter, pour bien comprendre, que l’ouvrier russe est aussi souvent un paysan du mir, et donc souvent avec une activé double, et un fort esprit communautaire. En 1917, le soldat au front est donc aussi souvent ouvrier et paysan du mir… !

La société russe à la veille d’Octobre est donc une société assez originale, tant dans son évolution que dans ses structures sociales, et peut difficilement être comparée à ce qui se passe en Occident…

La Révolution d’Octobre à mis fin à l’existence du capitalisme financier en Russie. Même avec la NEP il n’a pu y reprendre pied. Avec la fin de la NEP, c’est quasiment la fin de l’économie de marché, sauf pour quelques formes résiduelles. Même avec les écarts de salaires qui restent considérables, l’accumulation reste dérisoire et tout au plus de type petit bourgeois, sans possibilité de valorisation par le cycle productif.

Dans ces conditions, il n’est donc pas approprié de parler de capitalisme, tout simplement, même s’il y a beaucoup de critiques à apporter à cette forme de socialisme empirique.

Le retour à une logique de marché pour « réguler » le plan (Trotsky), aurait donc bien été une mesure contre-révolutionnaire, en plus d’une absurdité anti-marxiste ( reprenant le concept bourgeois de primauté de la loi du marché sur la loi de la valeur..!)

Avancer davantage dans la transition socialiste imposait donc bien d’en revenir aux principes de la CPG. Ce qui était déjà de simple bon sens en 1875 ne l’était pas moins en 1952. En réalité la réflexion que Staline avait tiré de sa pratique empirique avait déjà abouti avant la guerre et devait déboucher sur une initiative pour la rédaction collective du manuel d’économie de l’Académie soviétique. Reportée de plus de 10 ans, donc, et finalement inaboutie dans ce sens ML, sauf, en partie, pour les éditions 1954 et 55, qui conservent quelques traces des travaux préparatoires du 19e Congrès.

Aujourd’hui les conditions matérielles, techniques, et de communication, en plus, sont bien meilleures qu’à l’époque, sans même remonter jusqu’à 1875… Veut on tenter à nouveau d’unir le prolétariat sur la base d’un projet de transition socialiste, telle est la question. La démocratie formelle n’a évidemment aucun sens en dehors du contenu politique qu’on lui donne.

Aujourd’hui, outre les conditions matérielles, les principes de base de la CPG sont largement accessibles à une grande partie du prolétariat et peuvent se traduire en revendications claires, sous des formes simplifiées, pour le plus grand nombre.

C’est ce type de démarche qui devrait unir les rares communistes « survivants » au delà de leurs diverses origines idéologiques.

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

 

23 juin 01:58

Je croyais que Lénine définissait l’économie russe 1917  » Quelques îlots de capitalisme dans un océan de petite production  » et que des problèmes ridiculement basiques typiques de l’accumulation primitive comme créer un réseau routier et ferroviaire efficace n’étaient pas réglés… Le méchant Trotsky s’est farci d’abord la création + l’organisation+ la victoire de l’armée rouge , ensuite la modernisation et l’extention du réseau ferroviaire . Cela a dû le fatiguer !

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

24 juin 04:27,

 

par Luniterre

 

Par définition, une nation capitaliste émergente combine différents niveaux de développement, et la petite production y reste longtemps très importante. C’est toujours le cas, aujourd’hui, si l’on pense à l’Inde, par exemple. Ça l’était donc encore davantage au début du 20e siècle. Ce constat n’est donc évidemment pas en contradiction avec les analyses que Lénine a développé dans son bouquin sur l’impérialisme, et notamment pas, à propos de la Russie.

(Ceci dit, la formule « Quelques îlots de capitalisme dans un océan de petite production » ne semble pas lui appartenir. En avez vous la référence ?)

Sinon, question chemin de fer, en 1917, la Russie comptait déjà plus de 80 000 km de voies… (86 000, à l’heure actuelle)

Ceci-dit, la guerre civile en avait effectivement détruit 60%…

A titre de comparaison, à l’heure actuelle, en 2018, le réseau français en compte 30 000…

Enfin, à part détruire et reconstruire les chemins de fer, Trotsky a effectivement joué un rôle positif dans les premières années de la Révolution…

Mais le but de la Révolution reste de construire une alternative au capitalisme… Ce n’est pas une histoire de « gentils/méchants »… Plutôt une histoire de choix politiques. La NEP a été une nécessité provisoire, mais à la fin des années 20, elle avait fini de remplir son rôle positif et se retournait contre la Révolution en ranimant toutes les tares du capitalisme. Trotsky a fait, entre autres, le mauvais choix de vouloir la prolonger, et ses critiques économiques du « stalinisme » vont dans ce sens, avec l’idée absurde que le marché régulera le plan.

Ce n’est donc pas une critique constructive, dans la mesure où elle n’apporte qu’une « solution » contre-révolutionnaire, en fin de compte.

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

26 juin 03:33

La Russie n’était pas une nation mais un empire au sens féodal du terme ! Ce qui fait une grosse différence avec l’impérialisme USA – Europe – OTAN qui est le stade suprême du K !
Dans  » Deux tactiques …  » ( 1905 ) Lénine exprime que c’est la révolution démocratique ( donc bourgeoise ) qui est à l’ordre du jour – Le prolétariat doit y participer mais en s’organisant dans une stricte indépendance de classe .
Il fait l’hypothèse d’une incapacité de la bourgeoisie à rompre avec l’autocratie . Donc : le parti communiste pourrait prendre la tête de la révolution démocratique qui devient une révolution double : économiquement capitaliste et politiquement prolétarienne … Pour raccourcir cette phase pénible : tout faire pour qu’une révolution purement prolétarienne en Allemagne et dans plusieurs pays d’Europe triomphe et aide la Russie à développer l’industrie et les progrès corollaires sans employer trop les mêmes méthodes que la bourgeoisie …
On retrouve cette thèse dans  » Marcher séparément / Frapper ensemble  » !
De cela découle que la thèse stalinienne du « Socialisme dans un seul pays » n’est pas fidèle au projet initial … Et cela explique beaucoup de réalités car le prolétariat n’a pas vraiment combattu contre Eltsine et ses politiques ineptes , ni Poutine et ses dérives . De plus le parti communiste est devenu très réactionnaire ( nationalisme , patriotisme , moralisme … etc . ).

 

 

 

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

30 juin 08:11,

 

par Luniterre

 

Je comprends que vous teniez absolument à aller contre l’évidence et la réalité historique, mais il me parait utile, pour les quelques lecteurs qui suivraient éventuellement notre débat, de rappeler que Lénine distinguait absolument le sens de l’impérialisme antique, au sens romain du terme, du sens moderne, au sens de la domination du capital financier.

« La politique coloniale et l’impérialisme existaient déjà avant la phase contemporaine du capitalisme, et même avant le capitalisme. Rome, fondée sur l’esclavage, faisait une politique coloniale et pratiquait l’impérialisme. Mais les raisonnements « d’ordre général » sur l’impérialisme, qui négligent ou relèguent à l’arrière-plan la différence essentielle des formations économiques et sociales, dégénèrent infailliblement en banalités creuses ou en rodomontades, comme la comparaison entre « la Grande Rome et la Grande-Bretagne « . Même la politique coloniale du capitalisme dans les phases antérieures de celui-ci se distingue foncièrement de la politique coloniale du capital financier. « 

http://www.marx.be/fr/content/vi-le-partage-du-monde-entre-les-grandes-puissances

Bien évidemment Lénine continuait de lutter pour la révolution mondiale, même après le reflux du début des années 20 en Europe, mais il ne renonçait pas pour autant à la Révolution Socialiste en Russie, tout en étant conscient de ses limites.
Mais même en période plus ascendante des luttes il tenait évidemment compte de l’inégalité du développement capitaliste entre les nations, et il en avait déjà tiré les conclusions essentielles dès 1915 :

« Les Etats-Unis du monde (et non d’Europe) sont la forme politique d’union et de liberté des nations que nous rattachons au socialisme en attendant que la victoire totale du communisme amène la disparition définitive de tout Etat, y compris l’Etat démocratique.

Toutefois, comme mot d’ordre indépendant, celui des Etats-Unis du monde ne serait guère juste, d’abord parce qu’il se confond avec le socialisme ; en second lieu, parce qu’il pourrait conduire à des conclusions erronées sur l’impossibilité de la victoire du socialisme dans un seul pays et sur l’attitude du pays en question envers les autres.

L’inégalité du développement économique et politique est une loi absolue du capitalisme. Il s’ensuit que la victoire du socialisme est possible au début dans un petit nombre de pays capitalistes ou même dans un seul pays capitaliste pris à part.

Le prolétariat victorieux de ce pays, après avoir exproprié les capitalistes et organisé chez lui la production socialiste, se dresserait contre le reste du monde capitaliste en attirant à lui les classes opprimées des autres pays, en les poussant à s’insurger contre les capitalistes, en employant même, en cas de nécessité, la force militaire contre les classes exploiteuses et leurs Etats.

La forme politique de la société où le prolétariat triomphera en renversant la bourgeoisie sera une république démocratique, centralisant de plus en plus les forces du prolétariat d’une nation ou de plusieurs dans la lutte contre les Etats qui ne sont pas encore passés au socialisme.

La suppression des classes est impossible sans la dictature de la classe opprimée, du prolétariat. La libre union des nations sous le socialisme est impossible sans une lutte opiniâtre, plus ou moins longue, des républiques socialistes contre les Etats retardataires.

C’est pour ces raisons et à la suite de nombreuses discussions sur ce point, pendant et après la Conférence des sections du P.O.S.D.R. à l’étranger, que la rédaction de l’Organe central en est venue à considérer comme erroné le mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe. »

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/08/vil19150823.htm

Il n’y a donc aucun rapport, quant au fond, entre le fait que la Révolution ait du passer par une étape démocratique bourgeoise, assez brève, au demeurant, et le fait qu’elle ait du survivre, dans sa phase socialiste, de façon relativement isolée.

Par contre, à l’issue de la deuxième guerre mondiale, la lutte internationale était effectivement surtout de nature anti-impérialiste et anti-colonialiste. Cela a incontestablement favorisé les dérives révisionnistes de nature sociale-chauvines, comme le maoïsme, par exemple.

En Occident, PCF et PCI étaient déjà, de toutes façons, gangrenés par le révisionnisme et le social-chauvinisme, et avaient même renoncé à combattre réellement l’impérialisme, et surtout pas le leur, en premier ! (Rapport Jdanov, 1947)

Aujourd’hui c’est, en plus, l’ensemble de l’ »extrême-gauche », sauf rares exceptions, qui, sous un langage formellement « gauchiste » collabore objectivement, et même souvent, très activement (Rojava), avec l’impérialisme US.

C’est à quoi aboutissent tous les « beaux discours » idéalistes petits-bourgeois sur la « révolution socialiste mondiale »/ou rien, car « pas possible dans un seul pays », etc…

Encore beaucoup plus réac, en réalité et au final, que les dérives de l’URSS, certes critiquables, mais qui n’en continuait pas moins la lutte contre l’impérialisme. Un esprit de résistance qui subsiste en grande partie jusque dans la Russie de Poutine, même si c’est au niveau d’unité populaire dont est capable la bourgeoisie nationale.

Luniterre

En PJ/PDF un petit topo, trouvé sur le net, sur la question historique du socialisme dans un seul pays, qui vaut essentiellement par les importantes citations des classiques sur le sujet :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/06/le-socialisme-dans-un-seul-pays-ml-ou-pas.pdf

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

30 juin 19:55

 

Si vous voulez dire que la noblesse et les marchands riches russes avaient des villas sur la côte d’azur ou des hôtels en Italie , plus des actions dans les industries occidentales , et si vous pensez que cela transforme la Russie de 1917 en pays capitaliste développé « impérialiste » , vous délirez carrément !
Si l’URSS type Staline / Brejnev c’est du socialisme et si vous avez raison : alors je ne suis pas socialiste : non merci ! Il me paraît évident que dans nomenklatura et l’intelligentsia il y avait des équivalents fonctionnels du patronat et que la classe ouvrière était encore plus exploitée et dominée qu’en Europe …

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Réponse proposée par Luniterre

Samedi 30/06/2018

Deux approches étranges de votre part:

__Vous tenez à nier le caractère impérialiste de la Russie tsariste, contre l’évidence des études à ce sujet faites par Lénine, qui se serait donc totalement fourvoyé, à vous en croire… On se demande bien comment il a pu être ce leader révolutionnaire que l’on connait, et suffisamment, grâce aux traces historiques qu’il a laissé!

__Il ne s’agit toujours pas de faire une défense inconditionnelle de l’URSS, mais d’en tirer les leçons utile en termes d’expérience constructive. Après la guerre « civile » qui était, en réalité et pour l’essentiel, déjà une agression impérialiste occidentale, la Russie était pratiquement « tabula rasa »… Or non seulement le développement économique soviétique a permis de relever les ruines, mais en plus de corriger les carences essentielles de l’ancien régime dans la plupart des domaines sociaux, santé, éducation, etc..

De plus, il a permis la défaite du nazisme… Un détail…

Et à la suite, une nouvelle reconstruction…

Sinon, historiquement, Staline et Brejnev, ce sont deux périodes bien différentes dans l’histoire de l’URSS et dans la mémoire des russes.

La période Staline reste celle, précisément de la construction et du développement, alors que celle de Brejnev était déjà la période de stagnation, mais où la vie était encore relativement facile et tranquille, grâce à la rente pétrolière…

La chute, cruellement ressentie par les russes, commence réellement avec Gorbatchev, même si les prémisses remontent effectivement au coup d’État khrouchtchevien.

Le pire étant évidemment la période Eltsine, avec la mafia quasiment installée au pouvoir. Une mafia qui s’était constituée, à une échelle moindre, mais de plus en plus prégnante, sous les périodes Khrouchtchev, Brejnev, et qui a contrôlé l’essentiel de l’économie depuis la période Gorbatchev.

La nostalgie, au sens d’une mémoire positive, qu’ont encore les russes pour leur passé soviétique, à l’opposé du « gauchisme » occidental, a donc ses raisons. Personne ne parle de revenir à un système à l’identique, mais tirer des leçons constructives, c’est tout à fait l’opposé de cautionner la haine anticommuniste et antisoviétique de l’Occident, aujourd’hui muée en simple haine anti-russe, sans que cela fasse de différence réelle: le résultat est toujours de cautionner l’agressivité impérialiste et non pas de chercher à construire une alternative réelle.

J’ai bien évidemment compris que ce n’est pas, de toutes façons, le but de votre propos, qui semble bien s’inscrire dans la dérive actuelle de l' »extrême-gauche », déjà abordée dans le post précédent et dans divers articles sur TML et ici même.

Du reste, vous reconnaissiez vous même, dans un post précédent, que le bordiguisme a cessé d’être un parti vivant. Surtout en France, effectivement!

Il y a, là aussi, une leçon d’histoire à tirer…

Luniterre

 

 

 

 

 

IL FAUT CHOISIR !

 

OU…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les capitalistes nous ont baisé-e-s ! » (…Littéralement ???)

 

 

Ou de l’utilité, parfois, de l’écriture inclusive…:

 

 

« Les capitalistes

nous ont baisé-e-s ! »

 

(…Littéralement ???)

 

 

https://i0.wp.com/www.lehall.com/evenement/femmesenchansons/mlf/images/torchon_brule.jpg

https://i2.wp.com/resize-elle.ladmedia.fr/r/,900,forcey/img/var/plain_site/storage/images/societe/l-actu-en-images/10-victoires-pour-les-femmes-en-10-images/toutes-dans-la-rue-avec-le-mlf/47207877-1-fre-FR/Toutes-dans-la-rue-avec-le-MLF.jpg

Le système ne lâche rien sans contre-partie, et systématiquement, à son avantage, de plus ! Les présumés « acquis sociaux », même rebaptisés « conquis sociaux », ne sont que des concessions provisoires et permettant une exploitation collective plus efficace, sous d’autres aspects, généralement plus difficiles à discerner. Le cas du néo-colonialisme, « françafrique » et autres, conséquence honteuse mais couverte par la gauche traditionnelle des accords du CNR de 1943, où le PCF s’est associé à la reconstruction de l’impérialisme français, en est un exemple encore peu reconnu, malgré son évidence.

 

La prétendue « libération de la femme », conséquence présumée de Mai 68, même si elle n’est pas complètement galvaudée, en est un autre, tout aussi flagrant et tout aussi peu reconnu, malgré, là encore, son évidence !

 

C’est ce que le camarade Do, sur son site VLR, qui, lui, une fois de plus, fait honneur à son titre, a récemment souligné par un bref article qui vaut d’être mis en avant et republié, ci-après, à propos d’une des nombreuses évocations de Mai 68 dans les médias !

 

.

.

 ..

  

« Les capitalistes nous ont baisé-e-s ! »

 

 

 

Bonjour à toutes et à tous,

« Le droit à l’autonomie économique des femmes grâce à leur travail n’est pas encore pleinement reconnu et la notion de salaire d’appoint reste encore très présente », écrit Hélène Fauvel, le rapporteur d’une étude du Conseil économique social et environnemental (CESE) publiée mardi 25 février 2014.

Si, après mai 68, au sein du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la contraception) et du MLF (Mouvement de Libération de la Femme) l’on réclamait le droit au travail pour les femmes, c’était pour qu’elles aient un droit réel au divorce. En effet, comment divorcer si, dès le lendemain, l’on se retrouve sans rien à la rue ?

Ce droit est un des rares, avec le droit à la contraception et à l’avortement, à avoir été obtenu, et finalement par conséquent assez facilement, dans les années qui ont suivi mai 68. Aujourd’hui, l’on peut comprendre pour quelle subtile raison les capitalistes l’ont accordé.

En effet, dans les années 1960-70, il suffisait d’un seul salaire, celui de l’homme généralement, pour nourrir une famille. Alors qu’aujourd’hui, deux salaires, celui de l’homme ET celui de la femme (salaire d’appoint !) suffisent à peine.

Si les capitalistes ont accepté une pseudo-égalité entre les hommes et les femmes, avec en particulier le droit au travail des femmes, et le droit à la contraception et à l’avortement afin justement qu’elles puissent faire effectivement leur boulot dans les entreprises sans être sans arrêt obligées de s’occuper des gosses, c’est pour à moyen terme diviser les salaires par deux. C’est-à-dire pour pouvoir exploiter les travailleurs et travailleuses deux fois plus qu’auparavant.

Nous n’avons pas fait attention à cela, après les années de lutte féministe (les années qui ont directement suivi mai 68) et nous avons eu grand tort. Il aurait fallu faire des grèves très dures à chaque baisse de salaire, au lieu de se dire que c’était pas bien grave puisque maintenant il y avait deux salaires à la maison.

Maintenant, nous avons besoin d’une révolution !

Bien à vous,
do
http://mai68.org

 

 

 

 

http://mai68.org/spip2/spip.php?article1725

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Il est donc évident que la réduction proportionnelle des salaires et l’augmentation du chômage sont deux conséquences qui arrangent bien le capital, pour tenter de faire face à sa crise, liée à la mondialisation et à la concurrence acharnée qui en résulte.

 

La mondialisation accélérée est aussi une conséquence des luttes de cette époque, dans le tiers-monde, et non dans les métropoles où s’exprimait le MLF. Elle était devenue indispensable à la survie de l’impérialisme US, et c’est toujours le cas. Le camarade Do nous dit  « Il aurait fallu faire des grèves très dures à chaque baisse de salaire, au lieu de se dire que c’était pas bien grave puisque maintenant il y avait deux salaires à la maison »…

En réalité, il aurait surtout fallu comprendre la nécessité d’être activement et réellement solidaires du camp anti-impérialiste, tout en maintenant ouverte la perspective d’une Révolution Socialiste en France.

 

Aujourd’hui, alors qu’un axe de résistance anti-impérialiste tente de se reconstituer, de la Russie à l’Iran, avec des fronts stratégiques aussi importants que la Palestine, la Syrie, le Yémen, l’Ukraine, etc… , il n’est peut-être pas encore trop tard pour y penser… Mieux vaut tard que jamais !

 

Luniterre