ML AU 21ème SIÈCLE [Marxisme-Léninisme, Marx, Lénine, ML, en deux mots, c’est quoi? (Partie 3)]

 

Marxisme-léninisme,

Marx, Lénine, ML,

en deux mots, cest quoi?

(Partie 3)

Le ML au 21ème siècle!

Comprendre la crise,

construire une alternative

au système de domination de classe

restructuré mondialement

sur la base du banco-centralisme.

Dans la première partie de cette brève étude :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/17/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-1/

Nous avons essentiellement vu comment, à l’époque de Marx et jusqu’à la fin du XIXème siècle s’est constitué le capital industriel, accumulé sur la base de la valeur-travail et par la transformation de la valeur d’usage de la force de travail en valeur d’échange, et d’une manière générale de la transformation de toutes valeurs d’usages en valeurs d’échange, sous la forme de marchandises.

Dans la deuxième partie :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/19/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-2/

Nous avons vu comment les principaux empires industriels, dès la fin du XIXème siècle, et surtout, dans la première partie du XXème siècle, se sont mués en empires financiers se partageant, par l’exportation de leurs capitaux financiers, et le plus souvent, en période de crise, par la violence, le reste du monde. Ce mouvement, aujourd’hui, au début du XXIème siècle, n’est, comme on le voit avec le cas de la Chine, pas encore complètement achevé, même si les risques de confrontation guerrière mondialisée sont relativement limités, désormais, du fait de l’équilibre de la terreur nucléaire.

Mais alors même que se constitue sous nos yeux, en quelques décennies, un nouvel empire industriel et financier, la Chine, qui vient bouleverser les équilibres mondiaux restés en réalité très instables, depuis la 2ème guerre mondiale, malgré l’équilibre de la terreur nucléaire, qui n’a donc pas empêché la multiplication des conflits locaux et régionaux, parfois d’importance et toujours aussi tragiques pour les populations concernées, les deux dernières grandes phase de crise aiguë à l’échelle mondiale, 2007-2008 et 2020(-Covid-19), ont fait apparaître un nouveau mode de domination de classe de la bourgeoisie, lui permettant à nouveau de survivre, en tant que classe dominante, aux crises récurrentes du système capitaliste.

Dès le milieu du XIXème siècle Marx nous donnait non seulement une explication des cycles de crises récurrentes du système capitaliste, mais une explication de l’évolution du système, sous le rapport de la loi de la valeur, en fonction de l’évolution des forces productives, et principalement, de leur modernisation technique et de leur concentration rapide, qui a abouti, par la suite, à la formation du capitalisme monopoliste d’État, base économique de l’impérialisme, phénomène que Lénine nous a expliqué dès 1916, lors de la grande confrontation mondiale de 1914-1918.

Sous l’effet combiné de la concurrence féroce que se livrent entre eux les capitalistes et de la modernisation constante des techniques de production à laquelle les contraint cette concurrence, se produisait donc, dès la fin du XIXème siècle, une baisse tendancielle du taux de profit, dont le principe est donc expliqué dans l’œuvre de Marx, dès les Grundrisse de 1857, et qui n’était compensée, précisément, que par la concentration des capitaux et la formation des monopoles financiers, aboutissant au développement du phénomène impérialiste, qui a permis, jusqu’ici, au système capitaliste, de survivre à ses propres contradictions internes.

En réalité, donc, si l’échéance de la fin du capitalisme a pu sembler proche, y compris pour Marx, à la fin du XIXème siècle, ce n’est pas essentiellement sous l’effet de ses contradictions internes, mais bien sous l’effet de l’émergence des luttes prolétariennes et populaires conscientes, en synergie avec ces contradictions, et non sous leur seul effet. Même si, dès l’époque de Marx, une lecture mécaniste et formellement « messianiste » de son œuvre a donc pu être faite par un nombre malheureusement déjà assez conséquent de crétins dogmatiques et gauchisants, notamment en France, ce n’en est pas du tout, néanmoins et bien évidemment, le sens réel : le bouleversement révolutionnaire nécessaire de l’ensemble de la société exige absolument l’intervention politique consciente du prolétariat constitué en tant que classe pour soi, et unissant l’ensemble des classes populaires opprimées par le capital, et d’abord à l’échelle nationale, ce qui est déjà résumé au mieux, dès le Manifeste de 1848 :

« Den Kommunisten ist ferner vorgeworfen worden, sie wollten das Vaterland, die Nationalität abschaffen. Die Arbeiter haben kein Vaterland. Man kann ihnen nicht nehmen, was sie nicht haben. Indem das Proletariat zunächst sich die politische Herrschaft erobern, sich zur nationalen Klasse erheben, sich selbst als Nation konstituieren muß, ist es selbst noch national, wenn auch keineswegs im Sinne der Bourgeoisie. » ( http://www.mlwerke.de/me/me04/me04_459.htm#Kap_II)

« Les communistes ont également été accusés de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat doit d’abord conquérir le pouvoir politique, s’élever au rang de classe nationale, se constituer lui-même en tant que nation, il est encore lui-même national, même si en aucune manière dans le sens de la bourgeoisie. »

En 1888 Engels proposait une variante de ce passage, qui, à notre avis, en éclaire précisément le sens, c’est à dire le caractère de classe du pouvoir « national » ainsi nouvellement constitué :

Engels 1888 _ « Den Kommunisten ist ferner vorgeworfen worden, sie wollten das Vaterland, die Nationalität abschaffen. Die Arbeiter haben kein Vaterland. Man kann ihnen nicht nehmen, was sie nicht haben. Indem das Proletariat zunächst sich die politische Herrschaft erobern, sich zur führenden Klasse der Nation erheben, sich selbst als Nation konstituieren muß, ist es selbst noch national, wenn auch keineswegs im Sinne der Bourgeoisie. »

« Les communistes ont également été accusés de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat doit d’abord conquérir le pouvoir politique, s’élever comme classe dirigeante de la nation, se constituer lui-même en tant que nation, il est encore lui-même national, même si en aucune manière dans le sens de la bourgeoisie. »

En effet, ce qui sépare le pouvoir de la classe prolétarienne du sens bourgeois de la nation, c’est bien la rupture avec le capitalisme, la transition anticapitaliste qui commence avec cette prise de pouvoir prolétarienne, sinon, à quoi bon faire une révolution prétendument « anticapitaliste » ?

C’est déjà clairement dans ce sens, du reste, comme on l’a vu en première partie, que Marx, en 1875, avait tenté d’apporter des modifications au programme du parti socialiste allemand en voie de constitution, lors du Congrès de Gotha, établissant ainsi dans sa critique, de fait, le principe économique de la transition socialiste, sur la base de la loi de la valeur et de l’échange direct, entres travailleurs-producteurs, en valeur-travail (quantums de travail).

Dans la partie 1 on a également vu comment, sous l’influence combinée et successive du gauchisme, du trotskysme et du révisionnisme khrouchtchevien, la réalisation de cette transition a finalement été mise en échec en URSS, et dans la partie 2, que le « socialisme à la chinoise » n’a jamais été lui-même qu’une caricature petite-bourgeoise et nationaliste de tous ces travers, jusqu’à sa mutation actuelle en social-impérialisme défiant le N°1 US.

Face à la mise en échec de l’URSS par les révisionnistes et à la caricature quasi orwellienne du « socialisme » que la Chine tente de promouvoir, la perspective d’une alternative à la domination de classe de la bourgeoisie, sous une forme ou sous une autre, semble donc s’être définitivement éloignée.

La Chine semble même être devenue, pour l’ensemble de la bourgeoisie, le modèle quasi idéal d’un système de manipulation et de contrôle des masses prolétariennes et populaires, un système qui lui a permis de survivre à la crise de 2007-2008, et qui a pris un tournant décisif avec l’actuelle « crise du Covid-19 ».

Mais la réalisation de ce modèle ne se fait pas sans contradictions au sein de la bourgeoisie impérialiste et mondialiste elle-même. C’est ce que révèle, entre autres symptômes, le fait que le Président de la première puissance impérialiste mondiale, Donald Trump, se voit censuré, privé directement de sa propre « liberté d’expression » par les monopoles high-tech les plus « modernistes » et mondialement les plus puissants de son propre pays !

https://frontdeslaics.wordpress.com/2020/07/29/expired-us-democracy/

Acharné à défendre la puissance économique de son empire US, et principalement face à la Chine, Donald Trump ne s’en trouve pas moins réduit au rôle de représentant d’une fraction en réalité « arriérée » du capital monopoliste mondialisé, et dans son propre pays lui-même. Ce que la crise du Covid-19 a donc mis en lumière, mais qui était déjà latent depuis 2008, c’est l’apparition d’une nouvelle strate de la bourgeoisie mondialiste, qui ne raisonne plus essentiellement en termes de contradictions inter-impérialistes, mais en termes de survie globale du système de domination de classe, face non seulement à la crise économique systémique, mais face à l’évolution des forces productives les plus modernes qui en sont la cause la plus fondamentale, donc, en termes de baisse tendancielle du taux de profit, une baisse qui ne peut plus, désormais, être compensée entièrement par la concentration des monopoles et les artifices du capitalisme financier impérialiste.

C’est ce qui s’est traduit, dès 2019, non seulement par le ralentissement d’une croissance déjà faible et maintenue à bout de bras par l’intervention constante des Banques Centrales, mais aussi et surtout, par l’accumulation exponentielle de la dette mondiale, battant records sur records, et dont les origines sont particulièrement concentrées aux USA, et surtout, en Chine, malgré l’apparence du contraire…

Les profits eux-mêmes records encore formellement réalisés ces dernières années, d’un côté comme de l’autre, ne sont donc que formellement la marque de domination des puissances impérialistes, dont la base économique est minée par l’évolution même de leurs forces productives les plus high-tech, et dont l’endettement global révèle la nature fictive, en réalité.

Survivre, en tant que classe dominante, à la nature fictive du capital actuellement généré par les monopoles à l’avant-garde des forces productive modernes, telle est la problématique que se pose la fraction la plus « moderniste » de la bourgeoisie.

Consciente du caractère inéluctable de cette évolution, elle ne cherche donc délibérément plus à en revenir à une situation ou la valeur-travail permettait l’accumulation du capital en transformant les valeurs d’usage, et notamment, la valeur de la force de travail, en valeurs d’échange. Cette fraction de la bourgeoisie est celle qui a pris pleinement conscience qu’avec la modernisation technologique des forces productives ( automatisation, informatisation, robotisation), la réduction de la part du travail humain productif dans l’économie amène inexorablement une réduction de la part du capital circulant en tant que valeur d’échange de la force de travail, et donc susceptible de transformer les valeurs d’usages produites en valeurs d’échange, base de la plus-value et du profit réel et non fictif.

En fait, cette fraction de la bourgeoisie, contrairement à nos pseudos- « marxistes » dogmatiques et gauchisants, a réellement lu Marx…

Cette fraction de la bourgeoisie a donc compris que cette incapacité du système a transformer la masse des valeurs d’usage produites en valeurs d’échange des produits du travail productif humain est donc bien une évidence structurelle de l’évolution du système, et non un effet « conjoncturel » qui se résoudrait par une quelconque et introuvable, depuis 2008 déjà, « politique de relance », quoi que ses discours, destinés à berner les nigauds, jusque dans ses propres rangs, ne le laisse paraître…

Elle a donc également compris que le maintient même du profit fictif du capital fictif, sans même parler de son élargissement, n’existe que par l’élargissement de la dette mondiale. Cette nouvelle fraction dominante est donc celle qui s’est placée aux postes stratégiques de gestion et de contrôle de la dette mondiale, dans les principales Banques Centrales.

Ce que montre l’évidence des politiques de gestion banco-centralistes du système depuis 2008, c’est que le contrôle de la dette mondiale n’est précisément possible que de manière concertée à l’échelle mondiale. Il se place donc au dessus des conflits internes du capitalisme financier impérialiste mondialisé, et il ne peut les laisser proliférer outre-mesure, sauf à laisser l’ensemble du système s’effondrer sous le poids de sa propre dette systémique.

Depuis 2008, les capitalistes financiers ne doivent leur survie, en tant que classe de parasites, qu’aux politiques monétaires « non conventionnelles », mais devenues systémiques, des Banques Centrales, ainsi qu’à leurs taux directeurs proches de 0% et même négatifs, comme on l’a encore vu ce 18 Juin dernier. Laisser survivre cette classe de parasites, ce n’est pas seulement pour « partager » le profit fictif avec eux, mais tout simplement parce que la spéculation boursière est actuellement la seule source du niveau élevé de capitalisation des entreprises monopolistes et donc une garantie nécessaire de leur survie dans un contexte d’endettement généralisé et systémique. Cette classe est donc entièrement, depuis 2008 déjà, sous le contrôle de la fraction banco-centraliste. Et par ce levier, les Banques Centrales contrôlent d’ores et déjà les orientations essentielles des politiques économiques des monopoles.

Elles ont donc toutes latitudes, en réalité, pour mener à bien, que ce soit progressivement, comme depuis 2008, ou plus « brutalement », comme avec la présente « crise du Covid », leurs projets de restructuration du système économique mondial, tenant compte de l’inéluctabilité de la rétractation du travail humain productif socialement nécessaire à l’économie globale.

Dès 2018, l’inéluctabilité d’une nouvelle crise importante, à échéance de deux ou trois ans, apparaissait comme évidente à la plupart des analystes économiques et financiers sérieux. Le fait qu’elle soit anticipée comme un excellent moyen d’avancer la restructuration plutôt que comme un écueil à éviter à tout prix, cela apparaissait déjà également nettement aux plus avisés d’entre eux, et le fait que le « Covid-19 », quelle que soit son origine réelle, en ait été le « déclencheur » idéal, est à priori purement anecdotique. Mais le fait qu’il ait permis d’expérimenter et de mettre en place des techniques drastiques de contrôle des populations, c’est, évidemment, une énorme cerise sur la « pièce-montée » putride de la bourgeoisie banco-centraliste, et tant en Chine qu’en Occident !

A souligner, à ce propos, que s’il y a encore des distorsions d’intérêts à court terme entre capitalistes chinois et occidentaux, il y a, d’ores et déjà, d’un côté comme de l’autre, et surtout entre Banques Centrales, une volonté d’en arriver à une monnaie virtuelle de « réserve internationale » qui ne soit ni le dollar ni le yuan, mais tout simplement une « monnaie Banques Centrales » mondiale, quel qu’en soit le signe.

Cette centralisation monétaire mondiale, qui existe déjà, de fait, par l’unification des politiques monétaires des principales Banques Centrales, est, comme on l’a vu, une nécessité structurelle du système pour la gestion de sa dette globale, générée par l’évolution de ses forces productives les plus modernes, et non pas le résultat d’une quelconque volonté perverse de domination de tel ou tel groupement, secte ou ethnie, même si de telles volontés peuvent éventuellement y trouver un exutoire malheureusement assez « naturel », en fin de compte. Ce besoin intrinsèque de centralisation monétaire est également concrètement exprimé par les monopoles eux-mêmes, avec leurs tentatives de création de « crypto-monnaies », que ce soit directement (« Libra »), ou indirectement (« Bitcoin »). Mais que les monopoles prennent formellement le pouvoir de création monétaire mondiale ou non, cela ne change donc rien au résultat final : les marges de profit fictives qui en résultent ne sont que celles décidées arbitrairement par la gestion centralisée de la dette.

Actuellement, ce pouvoir de gestion et de décision est nettement aux mains de la fraction qui contrôle les banques centrales, même si elle reste liée, organiquement et nécessairement, bien évidemment, à celle qui contrôle les monopoles, tant en Occident qu’en Chine. A mesure que la part du capital circulant comme valeur d’échange de la force de travail se rétrécit, il est de moins en moins de capital tout court qui ne soit pas, dès le départ, une dette, et ne le reste, au bout du compte, même s’il génère, en circulant, une part de profit de plus en plus fictive, et qui ne reste donc elle-même qu’une part de la dette globale, qui lui est attribuée, en dernière analyse et concrètement, par les Banques Centrales.

(Il est remarquable, au passage, que la « crise du Covid » et son « confinement » ont été une occasion de plus de réduire la part du capital productif résiduel circulant encore dans la sphère des TPE-PME, et donc aussi de régler leurs comptes aux velléités de révolte des classes moyennes et autres « gilets jaunes ».)

Dans ce jeu de dupes à l’échelle mondiale, seules les fractions qui contrôlent les Banques Centrales et la monnaie mondiale sont assurées, à terme, de leur part de ces profits fictifs qu’elles s’attribuent elles-même arbitrairement, comme gestionnaires de la dette globale systémique, et décideuses, de fait, des marges résiduelles allouées aux monopoles.

La gestion centralisée de la monnaie mondiale, ne représentant plus, à terme, que la circulation de la dette liée au développement des forces productives automatisées, informatisées, robotisées.

La part allouée au travail productif humain et encore porteuse de plus-value réelle se réduisant d’elle-même, la part allouée à la consommation de masse est donc appelée à se réduire elle-même drastiquement, ne représentant plus, et de plus en plus, qu’un pouvoir de mise en dépendance des masses prolétariennes et populaires, et non plus un pouvoir d’extorsion de plus-value. Cette « réduction » s’opère déjà et s’opérera de plus en plus et au mieux sous les prétextes « écologiques », « climatiques », « sanitaires », etc… même si ces discours idéologiques ont effectivement la prétention se s’emparer de problématiques néanmoins réelles, mais désormais manipulées, même si habilement et indirectement, dans l’intérêt de la restructuration banco-centraliste du système de domination de classe.

A terme, la « régulation » et la mise en dépendance absolue des masses prolétariennes et populaires se feront directement par les Banques Centrales, pourvoyeuses de « monnaie hélicoptère » allouée sous forme de « revenu universel » ou autres subsides de misère, qui seront formellement réparties par leurs relais étatiques résiduels dans ce qui restera comme vestiges des structures administratives étatiques « nationales ».

Le système de domination de classe ne peut survivre, d’ores et déjà, que sur la base du banco-centralisme mondialisé, et, à terme, qu’en finançant totalement à la fois, par le système de la dette, la production et la consommation. Ce qui est déjà en marche, donc, c’est bien le projet banco-centraliste de monopole absolu de toutes valeurs d’usages, asservissant l’ensemble des besoins sociaux au pouvoir d’une classe bourgeoise à la fois de plus en plus ultra-minoritaire et omnipotente.

Ce mouvement semble à priori concerner essentiellement les pays les plus avancés en termes de développement technologique et industriel, mais on constate en fait qu’il entraîne, par le biais de l’endettement massif et généralisé, l’ensemble des pays qui se sont placés sous leur domination, dans la sphère du capitalisme financier impérialiste mondialisé. Dans ces pays, dominés et néo-colonisés, en fait, où l’industrialisation n’est pas encore complètement achevée, il y a encore des regains locaux de développement du travail productif humain, mais le cas de la Chine, entre autres, montre que c’est une situation transitoire, et que le mouvement de tertiairisation de la structuration sociale des populations est évidemment incontournable et irréversible, à terme, comme il l’a déjà été depuis le milieu des années 70 dans les métropoles anciennement essentiellement industrielles en termes de composition sociale.

Dans l’ensemble des plus grandes parties du monde, métropoles impérialistes et pays néo-colonisés, la bourgeoisie capitaliste financière et banco-centraliste mondialisée est parvenue, et encore plus qu’avant, avec le « confinement » de la présente crise, à réduire la résistance sociale prolétarienne, déjà déstructurée et désorganisée, depuis des décennies, par l’influence de ses relais réformistes, révisionnistes, trotskystes, gauchistes, et autres variantes de l’opportunisme petit-bourgeois.

La seule forme de résistance que la marche en avant du banco-centralisme rencontre sur sa route est la même que celle qui tient encore tête aux formes plus anciennes de la domination impérialiste. C’est celle des bourgeoisies nationales résiduelles qui n’ont pas encore été complètement intégrées dans les flux mondiaux de circulation des capitaux financiers.

Comme on l’a vu dans la Partie 2 de cette brève étude, le cas de la Russie est particulièrement typique de cette résistance de la bourgeoisie nationale. En fait, le cas de la Russie est même d’autant plus exemplaire qu’elle est la seule nation d’importance continentale, géostratégiquement, à ne pas avoir succombé au syndrome de la dette. Ce qui lui permet de faire face, même si sur la base d’un développement économique réduit, de façon exceptionnellement autonome et indépendante. Cela se paye évidemment également par un appauvrissement social, mais la victoire de Poutine, lors de son récent référendum, montre que cette bourgeoisie nationale est capable, pour consolider sa résistance, de concessions sociales relatives.

Ce genre de situation, qui se retrouve, à des degrés divers, dans d’autres pays qui n’ont pas encore capitulé face  l’impérialisme et au banco-centralisme, n’est donc pas celle qui nous concerne, dans une métropole impérialiste telle que la France. Dans un contexte tel que le nôtre il n’y a pas d’autre alternative que d’ouvrir une période de transition en rupture avec le capitalisme ou de se soumettre complètement à son évolution banco-centraliste, ce qui est la voie de fait actuellement suivie par l’ensemble de la classe politique, y incluant la pseudo « extrême-gauche », pseudo « marxiste » ou non, et même pseudo « marxiste-léniniste » pour les rares cas qui s’en réclament encore, sous une forme néo-thorezienne ou non, pro-chinoise ou non.

En effet, le point de départ de cette rupture ne peut être que le constat de l’évolution des formes par lesquelles se manifeste la loi de la valeur sous la pression de l’évolution des forces productives modernes et de la restructuration banco-centraliste de la domination de classe qui en découle nécessairement. Et encore faut-il, à partir de ce constat, converger vers les objectifs politiques et économiques qui en découlent tout aussi logiquement et s’imposent donc nécessairement à tous ceux qui veulent réellement tenter de changer le cours de l’histoire actuelle des rapports de force sociaux et économiques.

Dans le contexte précédent, et ce qui n’était déjà pas compris par la plupart des pseudos « marxistes », la transition consistait à établir une équivalence en valeur travail aussi cohérente que possible entre forces productives et besoins sociaux, sur la base d’une évaluation en quantums de travail. C’est à la recherche d’une telle dynamique économique que s’était lancée l’URSS, dans sa reconstruction d’après guerre, et notamment à l’occasion du 19ème et dernier Congrès du Parti Bolchevique, en 1952. Mouvement brisé par la contre-révolution khrouchtchevienne, et son avatar ultime, la perestroïka gorbatchevienne, comme on l’a vu dans la Partie 1. Cela ressortait du principe économique de transition tel que défini par Marx dans sa Critique du Programme de Gotha. Ce principe n’est donc pas caduque pour autant, mais il doit évidement se comprendre dans le contexte concret du développement des forces productives auquel il s’applique, et celui-ci est évidemment aujourd’hui aussi différent de l’URSS d’après-guerre qu’il l’était alors de l’époque de Marx, déjà.

La différence essentielle, comme on l’a vu, c’est le développement des forces productives automatisées, informatisées, robotisées, et la réduction du travail humain productif socialement nécessaire. Cette situation n’était pour autant pas complètement étrangère à Marx, et même loin de là, puisqu’elle était déjà une conséquence inéluctable du développement général des forces productives sous l’emprise du capitalisme et qu’il a pu en décrire le principe dès 1857 dans les Grundrisse, qui ont servi de base au reste de son œuvre. Mais bien évidemment, et comme on l’a déjà vu également, le développement des luttes prolétariennes de son temps laissait donc entrevoir la probabilité d’une transition anticapitaliste largement avant ce stade de développement. Néanmoins, et aussi bien grâce à son œuvre majeure, Le Capital, que grâce à la Critique du Programme de Gotha et aux Grundrisse, nous ne sommes donc pas sans armes théoriques face à cette problématique. Le paradoxe étant que, actuellement, ce sont bien les tenants de la fraction banco-centraliste de la bourgeoisie qui s’en sont emparé pour tenter de régler le problème de cette configuration économique à leur manière et pour asseoir leur nouveau pouvoir!

Alors même que le développement de telles forces productives permet potentiellement de subvenir largement aux besoins sociaux de l’humanité entière, et cela tout en réduisant de plus en plus la charge de travail socialement nécessaire, qui doit normalement se partager entre tous les participants à la vie économique, selon leurs capacités.

Il ne s’agit donc aucunement de condamner ou de combattre le progrès de la technologie, mais bien de chercher à le mettre au service de l’humanité, et non pas d’une clique restreinte de manipulateurs banco-centralistes.

 

Depuis le début de cette année 2020 plus de 5 300 000 êtres humains sont déjà décédés par le seul manque d’alimentation, rappelons le, alors que l’impact du Covid, à 677 224 décès, reste celui d’une forte grippe saisonnière, même s’il se prolonge encore, malheureusement, par endroits.

En 2017, dernier chiffre connu, c’étaient 815 000 000 d’êtres humains qui souffraient d’un manque d’alimentation dans le monde, soit déjà un chiffre en « progression » de 38 000 000 par rapport aux 777 000 000 de 2915. Or, selon tous les analystes, cette situation n’a fait que se dégrader encore avec la présente « Crise du Covid » et son « confinement » social et économique.

Tels sont les « bienfaits sociaux » et les « progrès économiques » sous l’égide du capitalisme mondialisé et de son avatar banco-centraliste.

Au delà de quelques larmes de crocodiles à vocation essentiellement médiatique, il y a d’autant moins de « progrès » à attendre du système actuel que ses « projets » de restructuration de l’économie mondiale ne datent pas d’hier. La « prise de conscience » de ses « élites », à travers ses « think tanks », remontant officiellement à 1995, au « State Of The World Forum », charmante réunion incluant George Bush père, Margaret Thatcher, Václav Havel, Bill Gates, etc… à l' »initiative » de leur éternel complice en crimes contre l’humanité: Mikhaïl Gorbatchev! 

Ces « braves gens » en sont arrivés à la conclusion, lucide en un sens, que « dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale ». Leur problème se « réduisant » alors à la manière de gouverner 80 % de la population restante, devenant superflue dans la logique capitaliste.

La « solution » principalement envisagée étant le concept de « tittytainment, un mélange d’aliment physique et psychologique qui endormirait les masses et contrôlerait leurs frustrations et leurs protestations prévisibles. »  Le vocable de « tittytainment » faisant « allusion à l’effet endormant et léthargique que l’allaitement maternel produit chez le bébé quand il boit. »

Le moyen étant « l’omniprésence de divertissements abrutissants et une satisfaction suffisante des besoins primaires humains. » Une stratégie de « management » économique et social « à rapprocher de l’expression romaine Panem et circenses« 

A l’issue de la période de « confinement » que nous venons de subir, et au vu de ses suites et de ses effets sur le mental des populations, on ne peut malheureusement que constater que la mise en œuvre de ces pratiques infantilisantes et débilitantes est bien la seule chose qui a fait de très grands « progrès » dans le « Monde d’Après »!

On comprend donc bien que la sauvegarde des vies humaines « superflues » selon eux est non seulement le cadet de leur soucis, mais que les « limitations » actuelles de populations, qu’elles s’opèrent par la faim ou par la maladie, et pourquoi pas les deux ensemble, comme c’est en fait le cas, dans nombre de pays, sur le terrain, n’est pas du tout une « entrave » à leurs « projets de restructuration », mais bien au contraire un « coup de pouce » habilement déguisé en « tragique mais inévitable fatalité »…

Restituer l’ensemble des moyens de productions les plus modernes à ce qui doit être leur destination réelle, à savoir produire les valeurs d’usage répondant aux besoins sociaux de l’humanité n’est donc pas un luxe arbitrairement détourné de ses propriétaires monopolistes, ni, encore moins, une utopie, mais bien tout simplement une nécessité collective urgente, avant que le système banco-centraliste n’ait achevé de transformer l’humanité en un troupeau de moutons passivement en attente d’abattage, au gré des « régulations sociales » décidées par une classe de parasites omnipotents. Une classe qui n’a pas même sa justification « écologique » sous le rapport de la surpopulation, vu que l’histoire sociale montre que la population a nettement tendance à se stabiliser, voire à régresser en nombre, avec l’élévation généralisée du niveau de vie et l’accès de tous à une vie sociale et économique permettant l’épanouissement de la personnalité individuelle.

Une économie de transition anticapitaliste repose donc d’abord sur une répartition des forces productives et de la production elle-même non en vue du profit, fictif ou non, mais en fonction des besoins sociaux définis démocratiquement par la collectivité. L’inégalité apparente qui subsiste avec le développement des forces de production moderne, c’est la quantité importante de valeurs d’usages produites par un secteur industriel qui occupe peu de travail humain, en proportion, et de moins en moins, à mesure de la robotisation. Alors qu’elles répondent aux besoins de l’ensemble de la société et des travailleurs des autres secteurs. C’est donc une évolution qui semble mener à une inégalité dans l’échange, et donc en termes de valeurs d’échange. C’est bien celle, du reste, qui est, même si indirectement, une des origines de la crise actuelle, en termes de déficit de plus-value réellement capitalisable, remplacée par le profit fictif.

Mais c’est, par contre, précisément l’avantage d’une économie de transition moderne, de pouvoir distinguer la répartition de la force de travail, en fonction de l’évolution des moyens, sans avoir à y ajouter un profit fictif en compensation, et celle des besoins sociaux.

Cela ne signifie pas pour autant que les uns travaillent « inégalitairement » pour les autres et sans contre-partie équitable. C’est l’ensemble du travail encore socialement nécessaire à l’ensemble de la production et des services, en regard des besoins sociaux, qui est réparti, partagé, entre tous les participants à la vie économique en capacité de travailler, mettant ainsi concrètement en œuvre ce vers de l’Internationale:

« L’oisif ira loger ailleurs! »

L’ensemble de la production et des services étant répartis, eux, en fonction des besoins sociaux des participants à la vie économique, indépendamment du statut initial de cette production en tant que valeur d’échange ou production globale de l’industrie robotisée.

L’industrie robotisée, ne produisant plus directement, et pour l’essentiel, que des valeurs d’usage, donc, n’en est pas moins l’héritage collectif du travail des générations passées d’ouvriers, de techniciens et d’ingénieurs qui ont permis son aboutissement, ce qui ne constitue donc précisément aucune raison légitime d’en faire le moyen de monopoliser cette ressource.

La ressource industrielle robotisée n’étant pas essentiellement, et de moins en moins, créatrice de valeurs d’échange, est par nature, à terme, une propriété collective, reposant donc nécessairement sur un investissement collectif de la société, sauf à être accaparée, sur la base du capital fictif et de la dette, et monopolisée par une classe de parasites du type banco-centraliste.

Le premier levier de la transition économique est donc la prise de contrôle du crédit, non pas en vue de produire des intérêts, ni même un bénéfice sur les services ou la production, mais précisément en vue de répartir les forces productives en fonction des besoins sociaux réels par le contrôle démocratique de l’investissement. Cette répartition démocratique du crédit doit donc également aller avec une répartition équitable du travail encore socialement nécessaire et donc avec, à l’avenant, une répartition équitable de la masse salariale, permettant l’accès de toutes les catégories de travailleurs et de leurs familles à la satisfaction de leurs besoins sociaux.

Le contrôle démocratique du crédit est le premier moyen par lequel faire aboutir les revendications sociales des travailleurs et donc bien le premier levier de la transition économique, avec lequel faire avancer la suite des transformations économiques et sociales. Le contrôle démocratique du crédit implique un contrôle de la gestion des banques, et donc, en pratique leur nationalisation. Mais leur simple nationalisation ne suffit pas, par elle-même, à assurer un tel contrôle, qui nécessite donc un organisme démocratique les chapeautant toutes et dirigeant leur politique de crédit en fonction des orientations économiques et sociales décidées collectivement, selon les principes de transition socialiste prolétarienne.

Le précédent historique de la nationalisation des banques en 1945 a malheureusement fort bien illustré cette problématique en se limitant à l’aspect formel de la question, le fond étant la politique de contrôle du crédit qu’aurait dû exercer le « Conseil National du Crédit » (CNC), créé par la loi du 2 Décembre 1945. En réalité il n’a servi qu’à reconstituer les monopoles qui étaient au cœur de l’impérialisme français, et cela avec l’appui du PCF de Thorez.

Il est donc essentiel de comprendre qu’un nouveau CNC ne doit pas être, précisément, le financier d’une sorte de « nouveau CNR », mais bien le reflet de la volonté populaire pour une nouvelle répartition des forces productives en fonction des besoins sociaux collectifs les plus urgents, notamment dans le domaine de la santé publique, résumés dans une plate-forme unitaire de revendications immédiates.

A court terme, cet objectif de nationalisation du crédit peut donc être un moyen de se réapproprier la vie politique d’un point de vue prolétarien, en faisant avancer les revendications immédiates concrètes et en montrant la nécessité de faire correspondre enfin, au bout du compte et nécessairement, les forces productives et les besoins sociaux.

Il peut et doit donc également, dans cet objectif, catalyser les volontés et les aspirations à un développement économique endogène basé sur la possibilité concrète de relocaliser les forces productives manquantes à l’équilibre économique du pays, tout en recherchant et en favorisant la pratique, à l’échelle internationale, des échanges équitables avec les nations restées encore éventuellement indépendantes de la sphère banco-centraliste et impérialiste à ce moment de la transition en France.

Ce qui est essentiel, pour construire une économie de transition endogène, c’est la maîtrise des flux monétaires, via la maîtrise démocratique du crédit. Cette maîtrise est donc tout à fait indépendante du signe monétaire qui la porte, et n’implique donc pas une conflictualité non seulement stérile mais inutile sur la question de la sortie de l’euro ou autre simagrée nationaliste. Il ne s’agit donc pas de mener une politique sociale-chauvine isolationniste, mais au contraire une politique internationale d’entre-aide entre nations indépendantes et d’encourager, par l’exemple et par l’entre-aide économique équitable, leur libération totale du système banco-centraliste, et pour les plus avancées d’entre-elles, leur transition économique socialiste prolétarienne.

Luniterre

En doc PDF:

ML AU 21eme SIECLE – Marxisme-Leninisme_Marx_Lenine_ML_en deux mots_c-est quoi – ( Partie 3 )

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marxisme-leninisme-__marx-lenine-__ml-en-deux-mots-cest-quoi__partie-3/

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