Héritiers d’Octobre : Quelques éléments au débat…

Héritiers d’Octobre

Quelques éléments au débat…

 

Un camarade du Nord, militant des RCC-Cercle Henri Babusse nous écrit…

En fait, il nous renvoie une copie du texte

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/14/un-siecle-apres-la-revolution-doctobre-1917-comprendre-lhistoire-de-lurss/

annotée directement par lui. La voici, en version PDF

Héritiers d’Octobre (annotés RCC )

(Pour comprendre les observations de ce camarade, il faut savoir que son groupe, RCC-Cercle Henri Barbusse, soutient que la Chine est actuellement un pays socialiste…!)

Et notre réponse, en deux mails :

Bonjour, camarade


Je vois que tu as pris le temps de lire ce texte, qui, comme indiqué, et quoi que déjà assez long, n’est qu’un résumé et ne peut donc traiter à fond chacune des questions abordées, ce que tu n’as pas forcément saisi, vu certaines de tes observations.

Mais je prend donc néanmoins la peine de te répondre, en me limitant à ce qu’il y a de plus essentiel, par priorité, et non selon l’ordre de tes observations, par conséquent.

Tout d’abord, la démarche de recherche historique, et surtout dialectique, selon la méthode du matérialisme historique, amène à tenir compte des faits, des sources, et non des préjugés, aussi bien intentionnés soient-ils.

Un élément t’a semble-t-il échappé dans cette démarche, c’est précisément que, historiquement, le XIXème Congrès y est considéré comme le dernier tournant où les idées et principes ML ont pu s’exprimer comme ligne directrice du Parti bolchévique:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/20/le-dernier-congres-bolchevique-ou-sest-exprimee-la-ligne-marxiste-leniniste/


Il est donc clair que cela inclus à la fois les idées exprimées par Staline dans son ouvrage de préparation,


http://michel.delord.free.fr/jstal-probecosoc.pdf

les textes et travaux du Congrès, et encore ensuite, les premières éditions du Manuel Économique de l’Académie, de 1954 et 1955, qui en sont encore un reflet assez fidèle.

http://bolshevick.org/books/politekonomiya.pdf

http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/manuel.html

Ton assertion selon laquelle je « refuserais » de me « confronter » à tel ou tel texte est évidemment une absurdité grotesque et puérile de ta part et tu devrais le savoir, ou bien feins-tu de l’ignorer, vu le nombre d’études parues à ce sujet sur TML…!??

Mais ce qui est plus important, c’est la confusion qui se dégage de tes observations concernant le rapport entre loi du marché (loi de l’offre et de la demande) et loi de la valeur!

En fait tu nie carrément l’existence de la loi du marché, ce qui est tout de même un comble pour un marxiste…:
( le ‘’marché’’ n’est pas une loi, mais fonctionne avec ses lois dont notamment la loi de la valeur, laquelle se divise en valeur d’usage et valeur marchande, etc)


Alors que Marx a notamment consacré une bonne partie du Livre III du Capital, à ce sujet, et principalement le chapitre 10, que tu devrais donc relire d’urgence, avant de pouvoir t’engager dans un tel débat…

Le processus courant, tant chez les trotskystes, qui le tiennent de Trotsky lui-même ( voir Raptis et les textes de Trotsky sur le sujet), que chez les révisionnistes dit « modernes » est précisément d’entretenir en permanence la confusion entre ces deux lois économiques, et c’est précisément ce qu’ils ont fait, notamment à partir de 1957, avec le Congrès des économistes, qui a donc presque immédiatement suivi le XXème Congrès du PCUS, avec la consécration du khrouchtchevisme.

Mais d’une manière générale, il semble que tu n’as pas non plus compris grand chose à l’ouvrage de Staline auquel tu prétends te référer…
En effet tu fais un paquet pour le tout carrément anti-dialectique et même factuellement faux entre trois notions
__plus-value
__loi de la valeur
__persistance du marché

Mais il est flagrant, déjà, que ta phrase est peu claire:
(pourquoi ‘’même dans l’économie capitaliste’’ ? expression bizarre, car c’est là une clef fondamentale qui explique la plus value, cette loi en raison même de la persistance du marché sous le socialisme ne peut être aboli comme le rappelle Staline)

Essayons néanmoins…
__La plus-value est bien évidemment liée dialectiquement à la loi de la valeur, mais elle réside dans la différence entre valeur d’échange et valeur d’usage, concernant la force de travail, et même si elle a bien aussi un rapport dialectique au marché, elle n’y trouve donc nullement son origine.
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/04/valeur-loi-de-la-valeur-plus-value-un-essai-de-breve-definition/


Le fait qu’elle persiste dans la phase de transition, bien que resocialisée dans son utilisation, n’a donc rien à voir avec le fait que le marché y persiste ou non….!

__la persistance du marché est-elle inévitablement liée à la phase de transition? La fin de la NEP est déjà, en URSS, une réduction considérable de son emprise, sinon son élimination totale. Le seul « marché » qui reste est celui de l’échange des produits kolkhoziens, et il reste éventuellement sous le contrôle  de l’État, pour ce qui est des prix.


De plus et surtout, il n’est pas considéré, précisément par Staline lui-même, comme un élément permanent et durable du socialisme, et tendait à se réduire, et même disparaitre à terme, en tant que « marché », précisément, si la ligne du XIXème Congrès avait été suivie…

Ce sont même les mots conclusifs de son ouvrage:


« La question se pose : qu’Est-ce donc que le kolkhoze possède en propre, où est la propriété kolkhozienne dont il peut disposer eu toute liberté, comme il l’entend ? Cette propriété, c’est la production du kolkhoze, le fruit de la production kolkhozienne : blé, viande, beurre, légumes, coton, betterave, lin, etc., sans compter les bâtiments et les exploitations personnelles des kolkhoziens dans leurs enclos. Le fait est qu’une partie considérable de cette production, les excédents de la production kolkhozienne arrivent sur le marché et s’intègrent de cette façon au système de la circulation des marchandises. C’est ce qui empêcha actuellement d’élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale. C’est donc de ce côtélà qu’il faut activer le travail pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale.

Pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale, il faut que les excédents de la production kolkhozienne soient éliminés de la circulation des marchandises et intégrés au système d’échange de produits entre l’industrie d’État et les kolkhozes. Là est l’essentiel.

Nous n’avons pas encore de système développé d’échange de produits, mais il existe des embryons de cet échange sous forme de « paiement en marchandises » pour les produits agricoles. On sait que la production des kolkhozes cultivant le coton, le lin, la betterave, etc., est depuis longtemps « payée en marchandises » ; il est vrai que cela ne se fait que partiellement, pas en totalité, mais cela se fait tout de même. Remarquons en passant que le terme « paiements en marchandises », n’est pas heureux, qu’il faudrait le remplacer par « échange de produits ». La tâche est d’organiser dans toutes les branches de l’agriculture ces embryons d’échanges de produits et de les développer pour en faire un vaste système d’échange, de façon que les kolkhozes reçoivent pour leur production de l’argent, mais surtout les articles dont ils ont besoin. Ce système nécessitera un accroissement considérable de la production livrée par la ville au village ; il faudra donc l’introduire sans trop de précipitation au fur et à mesure de l’accumulation des articles produits par la ville. Mais il faut l’introduire méthodiquement, sans hésiter, en restreignant pas à pas la sphère de la circulation des marchandises et en élargissant la sphère des échanges de produits.

Ce système, en restreignant la sphère de la circulation des marchandises, aidera à passer du socialisme au communisme. En outre, il permettra d’inclure la propriété essentielle des kolkhozes, la production kolkhozienne, dans le système d’ensemble de la planification nationale.

Ceci sera un moyen réel et décisif pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale dans nos conditions actuelles.

Ce système est-il avantageux pour la paysannerie kolkhozienne ?

Il l’est incontestablement. Avantageux parce que la paysannerie kolkhozienne recevra de l’État des produits en quantité beaucoup plus grande et à des prix meilleur marché qu’avec le système de circulation des marchandises. Tout le monde sait que les kolkhozes qui ont passé des contrats avec le Gouvernement pour des échanges de produits (« paiement en marchandises ») bénéficient d’avantages infiniment plus grands que les kolkhozes qui n’en ont pas conclu. Si l’on étend le système d’échanges des produits à tous les kolkhozes du pays, toute notre paysannerie kolkhozienne bénéficiera de ces avantages.  28 septembre 1952. « 

Prétendre que le marché est inhérent au socialisme, c’est précisément ce que font tous les révisionnistes…
Alors qu’il était clair, pour Staline et les ML de son temps, que le socialisme est bien une phase de transition et doit donc évoluer progressivement vers un type d’échange non marchand, au sens ou s’exerce le marché libre, induisant la loi de l’offre et de la demande, la loi du marché, et non la loi du plan.

Le fait que la loi de la valeur puisse être utile pour établir le plan, de la façon, notamment expliquée par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, et reprise par Staline lors du XIXème congrès, et ensuite, par le Manuel Économique, dans ses deux première éditions, ce fait n’a précisément qu’un rapport indirect au marché, totalement absent, du reste, du texte de Marx, et pour cause, mais tout à voir avec la correspondance entre les besoins sociaux définis par le plan et les forces productives disponibles et à développer pour les satisfaire, les uns et les autres pouvant, précisément être évalués en valeur-travail.(Dans ce sens, il y a « échange marchand », donc « marchandise », mais pas nécessairement « marché »>>>loi de l’offre et de la demande, qui disparait, à terme, avec la réalisation du plan )

« Par conséquent, notre production marchande n’est pas une production marchande ordinaire, elle est d’un genre spécial, une production marchande sans capitalistes, qui se préoccupe pour l’essentiel des marchandises appartenant à des producteurs socialistes associés (État, kolkhozes, coopératives), et dont la sphère d’action est limitée à des articles de consommation personnelle, qui ne peut évidemment pas se développer pour devenir une production capitaliste et doit aider, avec son « économie monétaire », au développement et à l’affermissement de la production socialiste.  

Aussi ont-ils absolument tort, ceux qui déclarent que, du moment que la société socialiste maintient les formes marchandes de la production, il y a lieu, soit-disant, de rétablir chez nous toutes les catégories économiques propres au capitalisme : la force de travail comme marchandise, la plus-value, le capital, le profit du capital, le taux moyen du profit, etc. Ces camarades confondent la production marchande avec la production capitaliste et estiment que, du moment qu’il y a production marchande, il doit y avoir aussi production capitaliste. Ils ne comprennent pas que notre production marchande se distingue foncièrement de la production marchande sous le capitalisme. »  (page 9)

Cette confusion entre loi du marché, que tu nies, en fait, et loi de la valeur ressort nettement de tes observations:
(‘’ la loi de la valeur continue de s’y exercer assez sensiblement de la même manière que sous le capitalisme’’, ce passage est aussi bizarre, car l’expression de la loi de la valeur est liée à l’existence en soi du marché, est ce un référence ici à ‘’l’offre et la demande’’, ceci mérite explicitation!!?)

(‘’la loi de l’offre et de la demande n’y joue donc plus de rôle’’, puis “la loi de la valeur y joue en pratique un rôle nécessairement important, vu sous cet angle’’, finalement c’est confusionniste d’autant plus que la force de la loi de la valeur est déterminée aussi par “ la répartition de la production se faisant à la fois en fonction des besoins définis et de la capacité de travail et de la part prise au travail par chacun, la valeur-travail reste la mesure fondamentalement essentielle pour cette répartition’’, on touche là la question du niveau de développement des forces productives. C’est là un aspect du débat sur les expériences de ‘’socialisme de marché ‘’de la Chine, du Vietnam, de Cuba et de la Corée du Nord.)

L ‘idée d’utiliser la loi de la valeur de cette nouvelle manière pour l’établissement du plan n’est apparue dans les débats économiques en URSS qu’après guerre, et elle n’a donc abouti, très provisoirement, qu’au XIXème Congrès, avant d’être aussitôt rejetée, en pratique, par les khrouchtchéviens, mais d’abord, formellement, déformée dans un sens révisionniste, inspiré des thèses trotskystes, même si indirectement, en vue de rétablir la loi du marché.

Ce sera donc l’objet d’un autre mail…

Luniterre

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Bonsoir, camarade

 

Je t’apporte en complément quelques éléments qui t’aideront peut-être à mieux comprendre le changement qui s’est opéré en URSS à partir du XXème Congrès et que tu tentes à tout prix de minimiser pour maintenir la fiction d’une URSS “socialiste” quoi que sous l’emprise du révisionnisme.

Révisionnisme que tu sembles avoir du mal à caractériser comme tel, de toute manière, vu que tu sembles préférer parler de “déviation de droite”, (voire “de gauche”!), et même de “sociale-démocratie”!

Tu nous dis:

avant c’est le triomphe de la déviation de droite vers la social-démocratie. Il n’y a donc pas eu de ‘’changement de la nature de classe’’,

Une remarque importante, déjà, sur le fait que ce propos contient sa propre négation…

En effet, on se demande bien où et quand la social-démocratie a eu une nature de classe prolétarienne, et surtout, installée au pouvoir…!!

De plus on comprend mal pourquoi tu tiens également tant à minimiser, voire à nier carrément, la restauration du marché en URSS, alors que cela va dans le sens que tu préconises, avec ton organisation, en faveur d’un prétendu “socialisme de marché”!!

Il faudrait savoir…

Il y a peu de doc en français sur le sujet, mais néanmoins tu devrais connaitre l’étude de S. Roussel, publiée en 1972, et donc encore assez près des sources de la mutation révisionniste, à laquelle elle était manifestement favorable, son travail éludant, pour l’essentiel, les travaux et documents du XIXème congrès, et passant en quelque sorte directement de la fin de la NEP à la “réforme” khrouchtchevienne, présentée comme une antithèse du XIXème congrès et des principes staliniens.

En voici quelques extraits:

 

Le congrès des économistes de mai 1957…

La théorie défendue dans le manuel d’économie politique s’est révélée de moins en moins adaptée aux besoins de l’économie et ses faiblesses sont devenues évidentes à beaucoup.

… Par ailleurs, tout le monde est d’accord pour considérer que les théories soutenues dans le passé sont erronées :

a)  les thèses staliniennes ont, certes, constitué un pas en avant, mais il est faux d’affirmer : 1) que les biens de production ne sont pas des marchandises et qu’ils en ont seulement l’apparence ; 2) que la loi de la valeur dont l’action serait limitée à la sphère des biens de consommation n’agit sur la production que par l’intermédiaire des salaires ; 3) que la production marchande commence à entrer en contradiction avec la construction du communisme et qu’il est nécessaire d’organiser progressivement l’échange direct des produits .

b) la conception selon laquelle les fonctions de la monnaie se limiteraient à celles d’un instrument de comptabilité est également rejetée. Élaborée au moment où les économistes niaient l’existence de la production marchande et l’action de la loi de la valeur en régime socialiste, tout en reconnaissant la présence des catégories marchandes, cette théorie aurait compté, selon Ostrovitianov, encore des adeptes en 1957.

Enfin, si les discussions n’ont pas toujours été très positives, un consensus s’est néanmoins établi, sans ambiguïté sur un point: l’action de la loi de la valeur n’est pas limitée à certains secteurs, elle s’étend à toute l’économie.”

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Ainsi dès le Congrès de 1957, est-il généralement admis que l’action de la loi de la valeur s’étend à toute l’économie, qu’il s’agisse de biens de consommation ou de biens de ‘production et que, à l’exception de gens comme Sobol, les catégories monétaires-marchandes existent en système socialiste. Mais pour la plupart des auteurs, ces catégories héritées du passé, ne peuvent être considérées que comme une survivance. Utiles pendant la phase de transition, elles ne sont pas des catégories du socialisme et devront disparaître avec l’accession à la phase supérieure, avec l’avènement du communisme. Vers les années 60, un nouveau pas est, semble-t-il, franchi. Pour un auteur comme Kronrod (1), par exemple, les relations monétaires- marchandes ne doivent pas être considérées comme une survivance du passé résultant de l’existence de deux formes de propriété entre lesquelles s’effectuent les échanges par le moyen d’achats et de ventes, mais sont de l’essence même de la société socialiste, lui sont inhérentes du fait des contradictions qui sont propres à cette société et qui résultent de la division du travail. “

 

(1) la. A. Kronrod, Dengi v socialistiëeskom obSâestve (La monnaie dans la société socialiste), Moscou, 1960.

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1966:

Tout de suite après la réforme, un auteur comme G.S. Lisickin, par exemple, a pu soutenir des conceptions relativement hardies : le plan — qui conserve un rôle important — doit être établi à partir des indications fournies par le marché, doit être une émanation du marché, car, dit Lisickin : « la vie donne trop d’exemples que la loi de la valeur est le régulateur de l’économie »*.

enfin, il estime qu’il y a une modification des conceptions en profondeur et c’est sans doute là que se trouve la pierre d’angle de la réforme : le fait d’apprécier l’activité des entreprises en fonction des ventes et du profit réalisés donne un tout autre impact à la théorie du travail immédiatement social. La transformation de la marchandise en monnaie cesse d’être un acte formel et la vente permet désormais de savoir si le travail social est utilisé et réparti d’une façon judicieuse, de contrôler le bien-fondé des plans. C’est qu’en effet, nous dit-il « l’appréciation du travail utilisé dans une entreprise n’est plus l’affaire de cette entreprise, ni de l’organisme de planification, mais celle du consommateur. Indirectement, par le canal du commerce, c’est le consommateur qui exprime, en fin de compte, un jugement sur la question de savoir si une dépense en travail doit être faite et sa voix a un pouvoir prépondérant dans la détermination du rythme de croissance et du volume de telle ou telle production »*.”

( * G.S. Lisickin, Plan i rynok (Plan et marché), Moscou, 1966 )

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A propos de ce Lisickin, camarade, il se trouve que ces thèses sur le rapport entre “plan” conçu ainsi et marché sont exactement celles …de Trotsky!! Ce sont celles qu’il a constamment défendu, aussi bien sous la NEP que par la suite.

Même du point de vue de l’analyse du système capitaliste, elle sont en contradiction avec le marxisme en ce qu’elles accordent un rôle régulateur au marché, à la loi de l’offre et de la demande, alors que c’est précisément l’inverse qui se produit, à savoir que la loi de l’offre et de la demande engendre nécessairement les distorsions qui sont à l’origine des crises, et que c’est la loi de la valeur qui tend à rétablir un équilibre précaire entre deux crises, bien qu’elle corresponde à la réalité des valeurs autour desquelles oscillent les prix, sans pouvoir s’y fixer durablement.

(Voir Marx, Capital, Livre III, chap 10)

 

Ces thèses, anti-marxistes, et qui n’ont pas plus de validité sous un régime que sous l’autre, ne visent qu’à masquer vaguement, derrière un discours “de gauche”, le ralliement total de ces pseudos-”économistes” au capitalisme et à l’économie de marché, qui n’a de “sociale” ou de “socialiste” que le nom qu’on veut bien lui donner… (“social-démocrate”…!!!)

 

Enfin, beaucoup d’observations que tu fais sur ce texte tombent à plat, vu que la réponse se trouve généralement quelques lignes plus loin…

Mais le cas inverse se trouve aussi… Ainsi une section entière semble échapper à ta critique alors qu’elle constitue une réponse de fond à des remarques ultérieures, qui tendent à indiquer que tu as sauté le passage ou bien que tu ne l’as pas compris…

C’est le cas pour la nature de classe de la bureaucratie khrouchtchevienne, dont la formation est expliquée en tant que classe se détachant par sa base sociale et économique d’une simple bureaucratie freinant le bon fonctionnement d’un service par son incompétence. La différence étant expliquée dans le texte, le mieux est que tu le relise.

De même, il est justement expliqué pourquoi le “capitalisme d’État” n’est pas un système en soi, et donc pourquoi le Khrouchtchevisme n’est pas un “capitalisme d’État”, même si des éléments de capitalisme d’État régressifs sont le moyen essentiel de restauration du capitalisme en URSS.

Ce qui le caractérise, en fin de compte, c’est son aspect “national”, à l’instar du “maoïsme”, du “chavisme”, etc… En un sens, la Russie de Poutine est effectivement plus près de l’URSS de Brejnev et Khrouchtchev que de la Russie de Eltsine, et c’est ce qui est expliqué vers la fin du texte.

Mais tous ces régimes “nationaux”, de bourgeoisies “nationales”, plus ou moins “bureaucratiques” selon les cas, ne sont en rien des régimes socialistes, quoi qu’ils s’en réclament parfois. (Poutine a en plus l’honnêteté d’échapper à cette hypocrisie, même si d’aucun tentent de l’en affubler!)

Mais ces régimes, néanmoins, nécessitent notre soutien lorsqu’ils sont confrontés à l’agressivité impérialiste. L’URSS de Khrouchtchev et Brejnev a continué de soutenir des luttes anti-impérialistes, même si ce n’était pas sur une base de lutte de classe. Alors que la Chine de Mao a collaboré, pour l’essentiel, avec l’impérialisme US, à partir de 1972.

Quant à la “Chine socialiste” d’aujourd’hui, c’est bien ça qui est une galéjade dans la pseudo-”gauche” française!

Enfin, un dernier point qui semble t’échapper: la théorie gauchiste selon laquelle la loi de la valeur ne s’applique pas au socialisme est bien celle qui a dominé, de la fin de la NEP, (et même pendant, pour ce qui concerne le secteur économique socialiste), jusqu’aux débats menant au XIXème Congrès, en 1952.

C’est simplement un fait… Ainsi Louis Ségal, grand théoricien de son époque, et on ne peut plus stalinien, écrivait en 1936:

Dans la société socialiste, le travail ne revêt pas la forme de la valeur et ne se manifeste pas comme propriété de la marchandise. Mais cela ne veut pas dire que la loi de la valeur ne disparaît que lorsque la société socialiste est déjà entièrement construite et que dans la période de transition vers le socialisme la loi de la valeur continue d’être en vigueur. La loi de la valeur, comme loi du développement social, est abolie dès le commencement de la période de transition. La dictature du prolétariat une fois instaurée, la société s’engage dans la voie de l’abolition de la production marchande et de son remplacement par la production socialiste. “

 

Il faut donc étudier sérieusement l’histoire et ne pas se contenter de rabâcher des brochures de propagande mal ficelées et mal digérées…

 

Bon courage à toi et à tes camarades,

Luniterre

 

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UNE RÉPONSE DU CAMARADE ET LA NOTRE, A LA SUITE…

 

Bonjour Camarade Luniterre,

Il y a manifestement des compréhensions différentes entre nous des interventions de Staline rappelant à certains économistes soviétiques leurs errements sur la place et le rôle du marché, ses lois, leurs manifestations et comment cela peut être mis au service à la fois du développement national des forces productives et le socialisme dans la perspective du passage au communisme.

Là se situe le nœud de nos divergences. C’est aussi la problématique à laquelle sont confrontés les PC et et Etats rescapés du camp socialiste.

Staline rappelait que les lois de la nature tout comme de l’économie ne peuvent être “aboli”, on ne peut qu’œuvrer à restreindre les manifestations de celles ci en réunissant les conditions matérielles du développement des lois de l’économie socialiste, première phase du communisme. Ceci peut s’opérer progressivement ou en accélérer dépendamment de la situation concrète du niveau de développement des forces productives qui déterminent aussi le niveau des rapports sociaux.

Le marché de type particulier dont parle Staline en URSS – relativement réduit pour l’essentiel aux Kolkhozes – est ainsi à situer dans le cadre de l’alliance entre le prolétariat et la paysannerie pauvre et moyenne, fondement de la dictature ou la démocratie du pouvoir prolétarien en URSS.

 

D’autres expériences inspirées de la matrice des révolutions du XXéme – Chine, Corée, Vietnam, Cuba – et du XXIéme siècle offrent et offriront une variété de prégnance du “marché de type nouveau” selon les étapes du processus révolutionnaire dépendamment des tâches nationales, démocratiques et socialistes et leur rapport dialectique. Il y a une tendance chez toi, et c’est en cela que tes écrits (par alleurs d’un certain intérêt pour ne pas dire un intêrêt certain par leur accumulation de données malheureusement parfois mal digérées) à vouloir plaquer systématiquement le “modèle” soviétique sur les réalités d’autres expériences révolutionnaires. Or il s’agit de sinspirer et non pas de répéter l’expérience bolchevique comme guide pour l’action pour ne pas, en la matière, tomber dans la posture de “thalmudiste” comme le rappelait Staline sur la question chinoise en 1927.

Il ne s’agit point ici de la lettre, mais de l’esprit des synthèses et théories nées sous la plume de nos prédécesseurs communistes à partir des questions posées au courant du combat révolutionnaire. C’est là que pêche le raisonnement dogmatique doctrinaire qui tente de faire entrer par le forceps la “réalité” souvent mal perçue et comprise dans les préceptes théoriques tels qu’imaginés par une lecture livresque.

Pour prendre en compte mon observation critique sans le paraître toutefois, tu cites enfin des passages de Staline sur les problèmes économiques qui montrent bien à la fois l’état de niveau de construction du socialisme en URSS et les tâches qui en découlent pour avancer dans la direction du communisme. Et de la là tu m’attribues cette nouvelle bizarrerie selon laquelle “le marché est inhérent au socialisme”. Or, c’est Staline lui même qui montre que l’on ne peut abolir ni les “lois de la nature”, ni “ le marché et ses lois”.

Par contre tu introduits une autre bizarrerie les “lois du plan” (sic!!??), ce qui est confusionniste, car le gosplan, plan central, tient compte des lois de l’économie politique, du niveau des forces productives pour établir les obejctifs du plan quinquennal. C’est quoi donc “les lois du plan” ?

En outre tu oublies mon interpellation sur tes caractérisations “capitalisme d’Etat” versus “capitalisme monopoliste d’Etat” concernant le socialisme sous le pouvoir de révisionniste et même la Russie de la restauration capitaliste d’aujourd’hui; Dois je considéré que c’est une façon pour toi de reconnaître la bourde qui se tapit derrière ces notions ? De telles caractérisations antiscientifiques et antimarxiste-léninistes conduisent tout bonnement aux errements, hier de la ‘super puissance impérialisme soviétique’, de la Chine ou la Russie ‘impérialiste’, du ‘capitalisme d’Etat Cubain, Vietnamien’, etc. En fait au trotskisme ou la propagande bourgeoise dans une de ses multiples variétés.

Rien non plus sur l’économie souterraine et son développement d’abord souterrain comme son l’indique impulsé par les déviations de droite en matière économique (ce que tu décris relativement bien, mais en faisant l’apologie des déviations de gauche) qui a produit la fameuse “nomenklatura” sous le semi-trotskiste Krouchtchev puis le révisionniste Brejnev jusqu’à sa légalisation par Gorbatchev ce qui a donné les fameux “oligarques” tous issus du Pcus. Non l’URSS était socialiste sous les révisionnistes semi-trotskiste et sociaux démocrates, mais un socialisme miné par des processus de démantèlement progressif de droite et parfois même de gauche (Krouchtchev est son ‘passage au communisme dans 10 ans’, fantasme que Staline n’a jamais proféré). La nature de classe de l’Etat soviétique n’a changé qu’avec la restauration du capitalisme dans les années 89/91.

Prétendre que la social-démocratie n’a rien à voir avec le mouvement ouvrier est une absurdité et un négationnisme historique qui insulte Marx, Engels co-fondateur de la première Internationale puis après la mort de Marx de la seconde Internationale dont Lénine, Staline ont été membres avant sa faillite lors de la première guerre mondiale; C’est d’ailleurs pour l’essentiel après la seconde guerre mondiale que la social-démocratie est devenue au pouvoir de classe de la bourgeoisie social-impérialiste, expérience généralisée ainsi après l’expérience précédente Française (front populaire).

Enfin, il sert à quoi, mis à part l’exposé de l’immensité de connaissances, de citer des critiques confusionnistes d’hier, notamment de Staline sur les questions posées ? Nous avons surtout besoin aujourd’hui de comprendre l’essence du bolchevisme comme guide pour l’action pour contribuer au retour vers le futur communiste de l’humanité.

Bien à toi

Notre réponse…

Bonjour,

Ton problème, camarade, outre le plaidoyer, manifestement comique, mais emprunté à tes brochures de propagande pour le capitalisme « socialiste de marché », Chinois et autres, supposés « rescapés du camp socialiste », est que la seule argumentation qui te reste est de pure rhétorique, quand elle ne feint pas, tout simplement et pour l’essentiel, d’ignorer ce qui est pourtant clairement expliqué dans le texte…

Ainsi pour le thème du capitalisme d’État, résumé à nouveau dans ma réponse, en plus des éléments du texte que tu n’aurais donc pas lu entièrement, ou pas compris, encore une fois…! De plus, ce thème a déjà été traité plusieurs fois dans nos colonnes, notamment lors de controverses avec le canadien Robert Bibeau, et d’autres…

Et évoqué encore récemment ici:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

 
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

Et plus anciennement ici:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/20/lettre-ouverte-au-rocml-a-propos-des-sept-questions-sans-reponses/

Ainsi pour l’économie souterraine, qui est évidemment une des base de classe de la bureaucratie khrouchtchevienne, et surtout, par la suite, brejnevienne!

C’est une des bases du passage du simple phénomène « bureaucratique », nuisant simplement à l’efficacité, au phénomène d’accumulation primitive, constitutif d’une nouvelle bourgeoisie.

(Réalités déjà également évoquées dans d’autres études publiées sur TML, ce que tu feins aussi d’ignorer…)

Mais c’est précisément un argument qui milite contre ta propre rhétorique, visant à nier le caractère de classe du révisionnisme!

Quant à ton plaidoyer pour la sociale-démocratie, il fait simplement pitié par sa pseudo-« naïveté »…!

Personne n’ignore, évidemment, par exemple, que le parti bolchévique est lui-même issu d’une scission de gauche, mais pas seulement sur le papier, c’est à dire réellement prolétarienne, d’avec la sociale-démocratie russe… même si, comme son nom l’indique, elle était majoritaire dans ce parti (POSDR).

Pour le reste, ton seul argument « de fond » consiste à jouer sur les mots et à déformer carrément la pensée marxiste, que ce soit celle de Marx lui-même ou de Staline, en l’occurrence, sur les relations entre plan et « marché ».

Marché qui disparait bel et bien, en tant que loi de l’offre et de la demande, à partir du moment où le plan, répondant aux besoins, est réalisé.

Il n’y a pas à en sortir, sauf à vouloir à tout prix réintégrer le marché, alors qu’il n’y en a nul besoin…

Franchement, à moins d’aveuglement et de mécompréhension totale du marxisme, (mais ce qui revient au même, en pratique…), c’est là précisément une démarche typiquement révisionniste.

« Loi du plan »??? Oui, déjà, très formellement, le plan a une force de loi, dans les directives de la gestion du socialisme…

Ensuite, et encore plus fondamentalement, parce qu’il est le reflet concret des lois économiques du développement socialiste, telle que nommées, dans les circonstances de l’époque, par Staline lui-même, dans son texte!

Et plus fondamentalement, aussi et finalement, parce que ce texte, tout comme la Critique du Programme de Gotha, nous invite à réfléchir concrètement sur les possibilités de mettre le fonctionnement et le développement des forces productives en accord avec les besoins sociaux, et que cela ne peut venir, par définition et par expérience, ni du capitalisme, ni de son marché.

Il te reste encore la possibilité de jouer à l’infini sur les mots, entre les notions d’échange marchand et de marché, et je pourrais te citer encore cent fois assez clairement Marx et Staline à ce sujet, et tu me répondra en me traitant encore autant de fois et assez comiquement de « talmudiste » et de « trotskyste », bien qu’il ne faille sans doute pas, du moins supposons le, chercher de rapport entre ces deux épithètes, etc…

Bonne journée à toi,

Luniterre

 

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RE : LE MÊME MAIL ANNOTÉ EN ROUGE PAR LE CAMARADE, ET A NOUVEAU, EN BLEU, PAR MOI-MÊME, COMPTE TENU DU CARACTÈRE REDONDANT DE SES OBSERVATIONS, QUI NE NÉCESSITAIENT DONC PAS UNE RÉPONSE SÉPARÉE…

 

Bonjour,

 

En bleu, pour faciliter ta lecture… Quelques précisions sur ce que tu as décidément beaucoup de mal à comprendre, à supposer que tu essayes réellement, ce qui semble douteux, sur certains points, archi-redondants dans ce débat!!!

 

Ton problème, camarade, outre le plaidoyer, manifestement comique, mais emprunté à tes brochures de propagande pour le capitalisme « socialiste de marché », Chinois et autres, supposés « rescapés du camp socialiste », est que la seule argumentation qui te reste est de pure rhétorique, quand elle ne feint pas, tout simplement et pour l’essentiel, d’ignorer ce qui est pourtant clairement expliqué dans le texte… (le « tu » est malheureux car ce sont les brochures du Chb qui est, avec d’autres, CC59, etc, un des groupes de la reconstruction communiste en France)

Chacun s’approprie les béquilles mentales qu’il veut pour se rassurer dans ses préjugés… Certains pratiquent ainsi avec des vieilles brochures albanaises des années 70…  Les RCC ont créé leur propre matériel d’agit-prop, certes, mais cela n’en fait pas pour autant une référence…!

Ainsi pour le thème du capitalisme d’État, résumé à nouveau dans ma réponse, en plus des éléments du texte que tu n’aurais donc pas lu entièrement, ou pas compris, encore une fois…! De plus, ce thème a déjà été traité plusieurs fois dans nos colonnes, notamment lors de controverses avec le canadien Robert Bibeau, et d’autres… (il ne s’agit point de « thèmes traités » une fois pour toute, mais de la caractérisation sans aucune démonstration de l’URSS sous le règne des révisionnistes de « capitalisme d’Etat » pour ensuite caractériser sans aucune démonstration sérieuse encore une fois la Russie bourgeoise d’aujourd’hui de « capitalisme monopoliste d’Etat » ; ces procédés sont cavaliers et relèvent de méthode antiscientifique et anti-ML)

Si tu avais lu et compris les articles paru sur TML à ce sujet, la thèse du « Capitalisme d’Etat », comme celle du « Capitalisme Monopoliste d’Etat » concernant l’URSS, sont celles qui y sont CRITIQUÉES, et non adoptées!!!

L’URSS révisionniste y est caractérisée comme un capitalisme national bureaucratique d’État, à l’instar de la Chine maoïste ou du Venezuela chaviste, par exemple…

La Russie de Poutine rentre également dans cette catégorie de capitalisme national bureaucratique, mais actuellement en voie de mutation vers la forme Monopoliste d’Etat.

Et évoqué encore récemment ici:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

Et plus anciennement ici:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/20/lettre-ouverte-au-rocml-a-propos-des-sept-questions-sans-reponses/

Ainsi pour l’économie souterraine, qui est évidemment une des base de classe de la bureaucratie khrouchtchevienne, et surtout, par la suite, brejnevienne! (le « évidemment » ne le devient qu’après mon interpellation, mais là aussi accolé à l’expression « base de classe de la bureaucratie » est une phrase creuse qui n’éclaire en rien ni la nature de classe de l’Etat soviétique sous les révisionnistes, ni celle de la Russie bourgeoise compradore sous Yeltsine, ni celle de la Russie bourgeoise indépendante de l’impérialisme de Poutine)

Ce qui est évident, c’est que tu as du mal à lire exactement ce qui est écrit dans les textes, et non ce que tu crois y voir, en fonction de tes préjugés…!! Ce qui est déjà écrit, et depuis longtemps, dans les études citées et d’autres déjà parues sur TML n’a donc pas attendu tes « interpellations »!!

C’est une des bases du passage du simple phénomène « bureaucratique », nuisant simplement à l’efficacité, au phénomène d’accumulation primitive, constitutif d’une nouvelle bourgeoisie. ( l’économie souterraine a existé même sous Staline, elle était combattue, on l’élimine pas d’un coup de baguette magique, elle a été tolérée avec les révisionnistes comme conséquence des mesures de démantèlement progressif de l’économie socialiste – suppression des SMT, suppression du gosplan, introduction de catégories relevant de l’économe bourgeoise, etc – qui ont miné l’économie socialiste par un processus quantitatif à partir des années 56 jusqu’au saut qualitatif des années 89/91 de restauration du capitalisme ; on peut, comme tu le fais, aligner des mots ‘polémistes’ pour échapper à la précision et à la rigueur de l’analyse ML, rien n’y fait, car le Ml exige de fonder l’analyse sur des faits sur lesquels il faut séparer l’apparent de l’essence pour les comprendre du point de vue du prolétariat)   

Ce qui est également dit dans ce texte, comme dans les autres études, si tu avais compris, c’est précisément que la lutte de classe ne cesse pas, et donc que la classe bourgeoise khrouchtchevienne tire son origine et sa base sociale et économiques dans les luttes de classes qui ont évidemment eu lieu avant son accession au pouvoir, c’est à dire du vivant de Staline. Ce qui explique la facilité relative avec laquelle elle s’est emparée du pouvoir au moment de sa mort. Le rapport de force avait déjà été construit dans ces luttes anciennes.

 

(Réalités déjà également évoquées dans d’autres études publiées sur TML, ce que tu feins aussi d’ignorer…)

Mais c’est précisément un argument qui milite contre ta propre rhétorique, visant à nier le caractère de classe du révisionnisme! (c’est un peu fort de café cette affaire de « caractère de classe du révisionnisme », s’il y a ‘révision’ c’est au sein de la même classe sociale qu’une telle chose soit possible, mais est ce donc la classe bourgeoise qui « révise » l’idéologie du prolétariat, il suffit de poser la question pour faire apparaître l’absurdité de cette chose étrange et monstrueuse pour paraphraser le grand Lénine)

Le caractère de classe du révisionnisme, en tant qu’idéologie, tire évidemment son origine de sa base sociale et économique, c’est déjà ce qui a été dit et expliqué ci-dessus. Si tu ne vois pas le lien entre la base économique et sociale créée par l’économie souterraine et le développement de la bourgeoisie révisionniste, c’est uniquement ton problème…!!!

Quant à ton plaidoyer pour la sociale-démocratie, il fait simplement pitié par sa pseudo-« naïveté »…!

Personne n’ignore, évidemment, par exemple, que le parti bolchévique est lui-même issu d’une scission de gauche, mais pas seulement sur le papier, c’est à dire réellement prolétarienne, d’avec la sociale-démocratie russe… même si, comme son nom l’indique, elle était majoritaire dans ce parti (POSDR). (Ah ! vive lénine pour avoir « scissionné de gauche » d’avec le POSDR, mais alors A bas Marx et Engels d’avoir fondé la première Internationale et la Seconde Internationale « social-démocrate », nous ici dans une façon monstrueuse et étrange de faire l’histoire en niant un enseignement du matérialisme historique qui veut qu’une chose soit juste à un moment donné et erronée à un autre moment pazrce que les condtions matérielles qui la rendait juste ont laissé palec à d’autres conditions qui la rende injuste. C’est cela aussi être thalmudiste comme l’enseignaait staline à propos de la Chine en 1927)

Là tu tournes carrément en rond au fond du bocal de ta propre rhétorique… Pathétique!

Pour le reste, ton seul argument « de fond » consiste à jouer sur les mots et à déformer carrément la pensée marxiste, que ce soit celle de Marx lui-même ou de Staline, en l’occurrence, sur les relations entre plan et « marché ».

Marché qui disparait bel et bien, en tant que loi de l’offre et de la demande, à partir du moment où le plan, répondant aux besoins, est réalisé. (« le marché disparaît bel et bien » dis tu, c’est tout le contraire que dit justement Staline contre les « économistes » gauchistes soviétiques, manifestement camarades tu portes des lunettes déformantes pour lire ; Non le marché ne disparaît pas par le fait du saint esprit, il faut laisser cela au subjectivistes métaphysiques)

Le seul endroit ou Staline parle de « marché » encore survivant dans le socialisme en URSS à son époque, c’est précisément à propos du « marché » kolkhozien et pour expliquer le processus de sa disparition déjà en cours, via les échanges en nature… (passage final de son texte, entièrement cité dans ma première réponse).  Les lunettes déformantes sont donc, là aussi, celles qui sont solidement accrochées sur ton nez!

Il n’y a pas à en sortir, sauf à vouloir à tout prix réintégrer le marché, alors qu’il n’y en a nul besoin…

Franchement, à moins d’aveuglement et de mécompréhension totale du marxisme, (mais ce qui revient au même, en pratique…), c’est là précisément une démarche typiquement révisionniste.

« Loi du plan »??? Oui, déjà, très formellement, le plan a une force de loi, dans les directives de la gestion du socialisme… (Confusion totale entre loi faite par les humains qui a « force de loi » et lois de la nature ou/et de l’économie qui existent indépendamment de la conscience que les humains en ont ; c’est franchement pénible d’en revenir à rappeler ici Marx/Engels versus Hegel)

« Formellement » est-il précisé dans le texte…. Et factuellement aussi, donc… Nierais-tu, camarade, que les directives destinées à assurer la réalisation du plan avaient force de loi?  Encore une de tes « réflexions » particulièrement pathétiques…

Ensuite, et encore plus fondamentalement, parce qu’il est le reflet concret des lois économiques du développement socialiste, telle que nommées, dans les circonstances de l’époque, par Staline lui-même, dans son texte! (Oui, le plan scientifique doit tenir compte (et non refléter) des lois de la nature ou de l’économie, notamment du marché qui doit justement reflèter l’alliance ouvrière et paysanne, celle de la ville et de la campagne et cela en tenant compte des circonstances différentes entre par exemple l’URSS, les rescapés de la dafaite du camp socialiste que sont la Chine, Cuba, Vietnam, Corée et même dans chacune de ses expériences tenir compte des époques différentes)  

Ici encore, pathétique tentative pour raccorder ton histoire de « marché » de l’économie capitaliste chinoise à l’histoire de l’URSS…

Le capitalisme chinois moderne a son histoire propre, dont les racines ont été plantées par Mao lui-même, sur la base de son tragique « Grand Bond en Avant », dès 1958.

Pour une approche de cette époque:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/

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Et plus fondamentalement, aussi et finalement, parce que ce texte, tout comme la Critique du Programme de Gotha, nous invite à réfléchir concrètement sur les possibilités de mettre le fonctionnement et le développement des forces productives en accord avec les besoins sociaux, et que cela ne peut venir, par définition et par expérience, ni du capitalisme, ni de son marché. (Ces textes ML nous invitent surtout à comprendre que l’adéquation entre les forces productives et les besoins vitaux ne peut pas être une simple affaire de désir subjectif ou de proclamation péremptoire qui veut qu’en tout temps et en tout lieu il n’y aurait qu’une seule « solution » valable partout ; il faut abolir la technique reflexive qui consiste à enjamber la vie, la réalité objective, le rapport des forces de classes par le bien de la phrase « révolutionnaire » ; le marché en URSS était de « type nouveau » comme l’enseigne Staline différent du marché capitaliste, celui de la Chine, du Vietnam est aussi différent de calui de l’URSS tout en l’étant aussi du marché capitaliste et cela malgré leur intégration dans le « marché » impérialiste mondial ; Forcément tout marché – à l’époque esclavagiste, féodal, capitaliste, socialiste – garde les empreintes des lois du marché, ce qui fait l’aspect identité, mais est aussi différent selon les conditions du mode de production existant ; mais même en France, le marché est « différent » selon le rapport des forces de classes ; les travailleurs s’en rendent bien compte aujourd’hui, eux, qui regrettent la période des conquêtes sociales produites par leur luttes dans le contexte de l’existence de l’URSS et du camp socialiste, etc, ect ;      

« le marché en URSS était de « type nouveau » comme l’enseigne Staline »

(Souligné et mis en exergue par TML)

Voir réponse ci dessus sur le « marché » en URSS du temps de Staline et tel que vu par lui-même!!! Il faut simplement apprendre à lire, décidément…

Il te reste encore la possibilité de jouer à l’infini sur les mots, entre les notions d’échange marchand et de marché, et je pourrais te citer encore cent fois assez clairement Marx et Staline à ce sujet, et tu me répondra en me traitant encore autant de fois et assez comiquement de « talmudiste » et de « trotskyste », bien qu’il ne faille sans doute pas, du moins supposons le, chercher de rapport entre ces deux épithètes, etc… (Désolé attirer ton attention sur la parenté de certaines de tes analyses avec celles émanant des courants semi-trotskistes, c’est pas te « traiter de trotskiste » ; c’est bien de citer Marx et Staline, mais il est plus juste et judicieux de les citer à l’appui d’une démonstration à partir des faits, du rapport des forces de classe, laissons aux ML de la chaire le radotage incessant à coups de citations pour noyer le poisson, bien à toi camarade)  

Toutes les études publiées sur TML le sont à partir des faits concrets, et non des citations, qui viennent simplement éclairer le débat.

Tu rejettes non seulement les textes, mais d’abord les faits qui y sont clairement mentionnés et qui ne cadrent pas avec tes préjugés, fortement conditionnés par l’héritage du révisionnisme thorézien du PCF, manifestement.


Bonne journée à toi,

Luniterre

 

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ENCORE UNE AUTRE INTERPRÉTATION PAR LE CAMARADE…

Cet échange montre qu’une des sources de la tragédie qui a conduit à la défaite du MCI est la domination des déviations de droite et de gauche de la ligne ML.
En fait, l’impotence théorique dont la source semble être ta rupture de tout lien avec la classe, avec les masses populaires.

Concrètement cela conduit à une lecture livresque du ML, ainsi réduit à la phrase révolutionnaire sans prise sur la vie.

Indéniablement tu as accumulé beaucoup de connaissances, et parfois de données, mais mal digérées du point de vue ML (matérialisme dialectique et historique). Plus on te lit plus vient à l’esprit ce que Lénine disait de la phrase révolutionnaire des doctrinaires de gauche à savoir que la phraséologie révolutionnaire, expression d’une recherche vaine du purisme théorique, se manifeste surtout quand domine les éléments petits bourgeois radicalisés parce qu’aussi victimes du capitalisme et en particulier de sa crise. Ce passage est le condensé du désordre petit bourgeois qui caractérise tes prises de positions: « Si tu avais lu et compris les articles paru sur TML à ce sujet, la thèse du « Capitalisme d’Etat », comme celle du « Capitalisme Monopoliste d’Etat » concernant l’URSS, sont celles qui y sont CRITIQUÉES, et non adoptées!!!

L’URSS révisionniste y est caractérisée comme un capitalisme national bureaucratique d’État, à l’instar de la Chine maoïste ou du Venezuela chaviste, par exemple…

La Russie de Poutine rentre également dans cette catégorie de capitalisme national bureaucratique, mais actuellement en voie de mutation vers la forme Monopoliste d’Etat.« 

Il y a ici un nihilisme monstrueux de la réalité des combats anti-impérialistes, des alternatives anti-libérales et des orientations vers le socialisme que comportent ces expériences qu’elles soient dirigées par des PC comme en Chine ou des anti-libéraux anti-impérialistes Bolivariens ou des bourgeoisies nationales indépendantistes comme la Russie de Poutine. Cuba, Vietnam, RPDC ne sont pas non plus socialistes selon cette étrange façon de voir les expériences en cours. Quelle classe profite d’un tel égarement si ce n’est l’impérialisme.  

Or pour paraphraser toujours Lénine « la théorie est grise (c’est à dire figée) alors que la vie est verte (c’est à dire en mouvement). La jonction entre le prolétariat et les éléments petits bourgeois, quand ceux ci dominent, comme c’est le cas de nos jours, parce que les PC se sont effondrés minés par le révisionnisme de droite et de gauche, produit des réflexes « puristes » chez les militants en rupture de fait avec la classe ouvrière (qu’ils soient ouvriers éventuellement ne change rien à cette réalité) ainsi incapable d’utiliser le léninisme comme guide pour l’action à partir de l’analyse concrète de la réalité concrète (voir notre texte en pièce jointe). L’immodestie théorique rend encore plus difficile la possibilité de s’élever pour saisir l’essence en la séparant de l’apparent.

Mais nous ne désespérons pas de voir évoluer tes positions sous l’impulsion du mouvement de masse quand la petite bourgeoisie qui lutte contre la paupérisation aura montré ses limites et que le prolétariat sous l’impulsion de la reconstruction communiste idéologique débarrassé des déviations de droite et de gauche.

Bien à toi 

 


ET NOTRE MISE AU POINT…

Re…

Ton problème est bien que tu interprètes tout ce que tu lis à travers le prisme déformant de tes préjugés…

En quoi le fait de caractériser des régimes nationaux bourgeois pour ce qu’ils sont, et non pas pour ce qu’ils prétendent être, impliquerait de soutenir des agressions impérialistes contre eux?

Bien au contraire, ces régimes, comme celui de Bachar el-Assad, par exemple, ont bénéficié du soutien et de la propagande par voie de mailing, de notre part…

Encore plus récemment, via notre mailing tu as reçu des liens vers ces deux articles, entre autres:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/12/coree-solidarite-avec-la-resistance-de-la-rpdc/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/31/ete-2017-face-au-chaos-en-marche-faire-renaitre-la-resistance/

C’était dans notre dernier mailing, celui d’avant-hier…

Tu as donc des problèmes de mémoire, en plus, car même si tu n’as pas eu le temps de les lire, la présentation en était suffisamment explicite…

Je peux seulement te recommander l’usage du Ginkgo Biloba, et du reste, c’est un truc chinois… à base de feuilles de cet arbre magnifique.

Concernant le rapport entre Lénine et l’anti-impérialisme, rien ne vaut le texte original de Lénine, mieux que les brochures du CHB…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/04/12/2762_anti-imperialisme_lenine_sans_poussiere/

Plus court et plus efficace!

Bonne fin de journée,

Amicalement,

Luniterre

PS: On a déjà noté, également, que la Russie de Poutine, plus honnête, n’affichait pas de prétentions au « socialisme »… Elle n’en a pas moins notre soutien, en tant que régime national bourgeois, tant qu’elle résiste à l’impérialisme et/ou soutient des mouvements de résistance, comme en Syrie ou au Donbass, à ce titre et uniquement à ce titre.

 

 

 

 

Un siècle après la Révolution d’Octobre 1917, comprendre l’histoire de l’URSS

A nouveau sur la nature de classe

de l’Union Soviétique,

et sur l’importance de son évolution,

un siècle après la Révolution d’Octobre !

 

 

 

Un siècle après Octobre, et à la veille de son centenaire, il semble impossible, même pour les communistes marxistes-léninistes, de le célébrer avec un minimum de consensus, sinon d’unité, sur sa signification et surtout, sur ses conséquences…

Le fait qu’Octobre ait ouvert une période de transformations sociales radicales en Russie et dans les pays qui allaient devenir l’Union Soviétique, c’est le seul point qui permette à tous ceux qui se réclament du communisme de pouvoir, à la rigueur, être d’accord avec la première phrase d’un texte sur le sujet, et encore, à condition de ne pas s’éloigner de considérations très générales…

Le but du présent texte n’est pas de tenter la gageure tout à fait impossible de remédier à ce problème, mais simplement de tenter de résumer les principales pistes de traverses suivies par les « héritiers d’Octobre », ou du moins, ceux qui se sont prétendus tels, ou le prétendent encore… Le but n’est pas non plus de tenter de tracer une chimérique et puérile ligne médiane entre ces différentes pistes, mais bien d’en ouvrir une autre !

Une piste originale, non par souci d’originalité comme but en soi, mais une piste originale par souci de porter un regard sur l’histoire qui ne passe pas par le prisme déformant de considérations idéologiques héritées de tel ou tel courant préformaté.

Dès 1918 apparaît une scission potentiellement importante entre partisans de Lénine et « communistes de gauche », sur la question du « capitalisme d’État », question ajournée par la guerre civile et la nécessité immédiate des réquisitions en nature que l’on baptisera à posteriori « communisme de guerre ».

En parallèle, il y a, de plus, le conflit entre partisans d’un gouvernement centralisé et ceux d’un communisme formellement plus « libertaire », comme ceux de Kropotkine, qui croyaient possible une gestion économique décentralisée, au niveau communal.

Compte tenu de l’évidence imposées par la guerre civile et le soutien des impérialistes occidentaux aux armées blanches, on voit tout de suite, et les russes, fort heureusement pour eux, on vu tout de suite, l’impasse et la défaite radicale où cette voie menait.

Quant à la validité économique de ce modèle, il a en fait été tenté plus tard en Chine, sous l’égide de Mao et sous la forme de son « Grand Bond en Avant », avec ses « Communes Populaires », et avec le résultat inévitablement tragique que l’on connaît.

En son temps, Engels avait pourtant pris la peine de démonter le mécanisme fatal de cette utopie, telle que déjà proposée.

Elle pose la question du niveau d’organisation sociale et géographique au quel doit s’établir un équilibre économique pour permettre un développement endogène, démocratique et socialiste.

C’est un débat de fond qui ne peut être résumé ici en quelques lignes, mais qui est précisément déterminant à plusieurs carrefours de l’histoire de l’URSS, et c’est donc un sujet qui déborde le cadre de cet article, mais sur lequel on reviendra plus tard, au sujet de la question nationale et de son rapport à la mondialisation.

La question du « capitalisme d’État » ressurgit inévitablement en 1921, avec la NEP, proposée, ou « reproposée », serait-on tentés de dire, par Lénine.

Le débat reprend alors entre léninistes et « communistes de gauche » et génère la première grande confusion idéologique et polémique qui se prolonge encore aujourd’hui…

Dans cette polémique il était évidemment commode pour les opposants « de gauche » d’assimiler l’ensemble des solutions proposées par la majorité bolchevique (un pléonasme, en l’occurrence…) à une forme de rapport de production capitaliste qui serait donc ce « capitalisme d’État ».

Assimilation purement polémique et qui nécessitait d’en faire une autre, sur une base tout aussi confusionniste entre « capitalisme d’État » et « capitalisme monopoliste d’État », pour tenter de conserver une apparence de cohérence pseudo- « marxiste » à cette « théorie »…

Évidemment Lénine a répondu en démontrant facilement l’ambivalence de l’élément « capitaliste d’État », qui n’est pas un système en soit, mais seulement un élément d’un système, utilisable partiellement dans la période de transition socialiste.

De fait il nous décrit cette période comme composite entre différents types de rapports sociaux, et même différents types de modes de production.

Ce qui la caractérise comme socialiste, c’est précisément la prédominance du secteur économique socialiste, de l’État socialiste, du pouvoir prolétarien, et de son contrôle sur tous les secteurs de l’économie.

Et évidemment le fait que ce contrôle s’exerce dans le but du développement de l’économie socialiste, d’une répartition socialiste de la production en fonction des besoins sociaux recensés.

C’est précisément ce qui distingue le socialisme du « capitalisme d’État » au sens de son utilisation bourgeoise. Ce qui distingue la simple « propriété d’État » compatible avec le capitalisme, y compris et surtout avec le contrôle des monopoles financiers sur l’État, de l’utilisation socialiste qui peut en être faite.

En 1918, il ne s’agissait pas encore d’organisation de la production socialiste à grande échelle, mais simplement de la répartition des acquis. La question, pourtant, était déjà claire pour Lénine :

« On peut être résolu ou irrésolu en matière de nationalisation et de confiscation. Mais aucune  « résolution », fût-elle la plus grande qui soit, ne suffit pour assurer le passage de la nationalisation et des confiscations à la socialisation. Toute la question est là, précisément. Le malheur de nos « communistes de gauche», c’est que par ce naïf et puéril assemblage de mots : « La socialisation… la plus résolue », ils révèlent leur incompréhension totale du nœud de la question et de la situation « actuelle ». Les déboires des « communistes de gauche » viennent précisément de ce qu’ils ne voient pas le trait essentiel de la « situation actuelle », du passage des confiscations (pour lesquelles un homme politique doit surtout faire preuve de résolution) à la socialisation (qui exige des révolutionnaires d’autres qualités).

Hier, il fallait essentiellement nationaliser, confisquer, battre et achever la bourgeoisie et briser le sabotage avec le maximum de résolution. Aujourd’hui, il n’est que des aveugles pour ne pas voir que nous avons nationalisé, confisqué, brisé et démoli plus que nous n’avons réussi à compter . Or, la socialisation diffère de la simple confiscation précisément en ceci qu’on peut confisquer avec la seule « résolution », sans être compétent en matière de recensement et de répartition rationnelle de ce qui a été confisqué, tandis qu’on ne peut socialiser à défaut de cette compétence. »   (  1918_Lénine_Sur l’infantilisme ‘de gauche’_   )

Ce qui vaut pour les « confiscations » et nationalisations de la première période révolutionnaire vaut aussi, évidemment et encore plus, pour le développement de la production socialiste, et on reviendra donc également sur cette question.

Mais déjà, avec la NEP, c’est la question de la répartition et de l’interaction entre secteurs économiques et du rôle de chacun, qui se posait, dans le processus de développement économique.

La persistance d’un secteur privé implique la persistance d’une économie de marché, au moins jusqu’à un certain point, et qu’il était important de déterminer.

L’interaction des deux secteurs pose donc surtout, in fine, la question de l’interaction des lois économiques qui leurs sont propres.

Dans quelle mesure la loi du marché influe sur le secteur socialiste, et dans quelle mesure le contrôle de l’État prolétarien freine l’action de la loi du marché, c’est le débat fondamental qui anime la période de la NEP et qui n’a toujours pas été clairement tranché au jour d’aujourd’hui, entre ceux qui se veulent les « héritiers d’Octobre »…

Mais derrière ce débat évident gît une question encore plus fondamentale d’un point de vue marxiste, à savoir quel type de loi économique régit le secteur socialiste et s’il est différent ou non dans la période de transition et dans la phase supérieure de l’économie communiste.

La question est donc de savoir s’il existe une loi économique propre au développement socialiste, propre à la phase de transition, et cette question ne s’arrête donc pas avec la NEP, dans la mesure où cette phase de transition se poursuit au delà.

De plus, d’un point de vue marxiste, la loi la plus fondamentale, même dans l’économie capitaliste, n’est pas celle du marché, mais celle de la valeur.

Ces deux lois sont évidemment en interaction, donc, dans le système capitaliste, et même en interaction dialectique, nécessairement, mais cela veut dire aussi qu’elles ne sont pas identiques l’une à l’autre et ne doivent pas être confondues.

Les deux principaux économistes protagonistes du débat de l’époque de la NEP, Preobrajensky et Boukharine, ont développé chacun des conceptions assez originales sur le sujet.

Il se trouvent que l’un et l’autre furent associés respectivement aux tendances de « gauche » et de « droite » dans l’histoire du parti bolchevique, mais cela ne résume nullement la complexité du débat, qu’il est néanmoins nécessaire d’aborder pour comprendre les évolutions et les débats qui ont fait suite à la NEP.

Preobrajensky avait donc développé un concept d’« accumulation socialiste primitive », qu’il prétendait être une sorte d’analogie avec le concept marxiste d’accumulation primitive du capital.

Il s’agissait de permettre au secteur industriel socialiste de commencer à accumuler du capital en ponctionnant fiscalement de manière assez conséquente la paysannerie supposée continuer à se développer sur une base indépendante par ailleurs…

Pour Marx, l’accumulation primitive du capital s’est faite au détriment de diverses catégories et au profit d’une seule, la bourgeoisie.

Il s’agit clairement d’un processus antagoniste par lequel une classe en élimine une autre pour redévelopper de nouveaux rapports de production, et non d’une alliance de classes dans un but social commun.

Le concept « accumulation primitive » de Preobrajensky induit donc une situation de conflit permanent dans son processus même de développement et constitue une contradiction potentiellement antagoniste et non une alliance de classes. Il est à la fois une absurdité en soi et un déni formel du marxisme.

Lénine en avait, précisément, formulé un rejet catégorique, sans s’y attarder autrement.

Les conceptions de Boukharine, si elles sont formellement opposées à celles de Preobrajensky, sur le plan de la polémique théorique, et avec une argumentation en partie pertinente, n’en sont pas moins très proches quant à leurs conséquences concrètes possibles.

En effet, elles différaient surtout, en fin de compte, et c’est le cas de le dire, par le taux d’imposition à extraire de la paysannerie… et notamment des plus aisés, les koulaks.

Boukharine pensait que l’enrichissement des koulaks était principalement la base d’accumulation du capital en Russie soviétique et qu’elle bénéficierait en quelque sorte indirectement à l’économie socialiste, et cela sans risques, selon lui, de la remettre en cause ni de redémarrer un cycle classique d’accumulation du capital commercial et industriel menant à la restauration pure et simple du capitalisme… !

Évidemment, la crise économique renaissante et aboutissant à la fin de la NEP lui a donné rapidement tort, ce qu’il a bien voulu admettre, provisoirement, avant de se raviser en complicité, cette fois, avec les restes de l’opposition « de gauche », dont Preobrajensky, mais tous étant ralliés, pour le coup, à une hypothétique prolongation et/ou renouvellement de la NEP.

Le cas de Trotski est encore plus étrange et complexe dans ses méandres, malgré quelques constantes, on va le voir, dans le domaine des conceptions économiques.

La problématique de son cas, telle que posée encore aujourd’hui par les trotskystes eux-même, repose sur le fait qu’il refusait de croire possible l’édification du socialisme dans un pays isolé, fut-il aussi grand et bien pourvu en ressources naturelles, tel que l’est la Russie.

Dès lors son attitude ne peut apparaître qu’ambiguë et paradoxale jusqu’au bout, vu qu’il reconnaissait tout de même l’URSS pour un pays socialiste et qu’il prétendait la « défendre » à sa manière, c’est à dire en lui trouvant à peu près tous les défauts possibles et en corroborant, pour la plupart, les calomnies de la bourgeoisie à son sujet.

Primitivement associé à l’ « opposition de gauche », ce qui peut paraître cohérent dans l’optique d’une hypothétique « révolution mondiale », il a néanmoins évolué assez rapidement vers une conception personnelle du développement de la NEP, qu’il ne voyait pas comme une économie socialiste planifiée avec un secteur privé minoritaire, mais comme une économie reposant globalement et fondamentalement sur les lois du marché, et notamment les lois de l’offre et de la demande, même pour ce qui concerne la partie en propriété étatique, supposée « planifiée », mais finalement davantage en fonction de ces lois plus que des choix politiques et économiques de développement.

L’attitude de Trotsky en rapport des questions économiques est au départ difficile à cerner vu son alliance avec l’«opposition de gauche » qui défendait formellement des conceptions très opposées au secteur privé, et également en raison de son rapprochement, quoi que fluctuant, avec Preobrajensky.

Pourtant, il a développé ses conceptions économiques d’économie de marché « socialiste » dès la période de la NEP et s’y est tenu constamment par la suite et jusqu’à sa mort. Dans ce domaine, on ne saurait lui reprocher un manque de suite dans les idées, contrairement à Boukharine et Preobrajensky.

Ce fait a été étudié par un leader trotskyste « historique » de l’après-guerre, Michel Raptis, dit « Pablo », et qui fut pourtant rejeté par ses pairs, pour cette raison, entre autres, et donc tout simplement pour avoir été un trotskyste cohérent, autant que cela puisse être.

Dans un sens, cette conception, du reste, est relativement cohérente avec l’idée selon laquelle la révolution socialiste serait impossible dans un pays isolé, selon les trotskystes, et donc ce type d’ « économie socialiste de marché » représenterait une sorte de compromis d’attente d’une éventuelle révolution réelle… En fait il s’agit tout simplement d’une justification « théorique » de leur ralliement « tactique » soit à la social-démocratie, selon les cas, soit à diverses succédanés d’ « extrême-gauche » du réformisme petit-bourgeois.

En URSS, jusqu’au début des années 50, cette conception n’a jamais été mise en œuvre, sur le terrain, l’État socialiste s’efforçant de conserver la maîtrise du plan économique de développement et la maîtrise des prix, et cela jusqu’au XIXème congrès en 1952.

Mais dès l’année suivante et la prise du pouvoir par Khrouchtchev, la question est rediscutée, et surtout à la suite du XXème congrès, en 1956.

La question de la fixation des prix est cruciale en ce qu’elle a rapport à la façon dont la loi du marché et la loi de la valeur s’exercent ou non dans l’économie socialiste, et d’abord, évidemment, dans la phase de transition.

Pour ce qui concerne le secteur privé, même résiduel, il n’est pas douteux, même avec un contrôle étatique des prix, venant en partie contrecarrer la loi du marché, que la loi de la valeur continue de s’y exercer assez sensiblement de la même manière que sous le capitalisme.

De même, compte tenu des échanges entre secteur privé et secteur publique, la loi de la valeur, telle qu’héritée du capitalisme, continue de jouer un rôle dans ces échanges.

Mais à la différence de Trotsky, et même si pour des raisons divergentes entre eux, Preobrajensky, comme Boukharine ne voyaient aucun rôle, autrement que pour ces échanges relativement limités, pour la loi de la valeur dans le secteur socialiste. En ce sens il ont tout deux, en fait, influencé les fondamentaux de la pensée économique bolchevique dans un sens « gauchiste », contrairement à Trotsky, et contrairement à une idée reçue…

Même si leur influence s’est estompée avec la fin de la NEP, c’est cette conception fondamentale qui a alors prévalu pour les décennies suivantes et pratiquement jusqu’aux lendemains de la guerre.

Ainsi, sauf pour Trotsky, qui y voyait, de façon générale, la main du marché, l’influence de la loi de la valeur était considérée comme caduque dans l’économie socialiste soviétique.

En réalité, ni l’une ni l’autre conception ne ressortaient nécessairement d’une approche marxiste de l’économie de transition.

Et notamment pas de celle ébauchée par Marx lui-même dans sa célèbre Critique du Programme de Gotha, où il aborde cette question de manière simplifiée, certes, mais néanmoins en complète corrélation et cohérence avec sa propre définition de la loi de la valeur, au Chapitre 1 du Livre I du Capital… !

Dans la mesure où il s’agit d’une économie planifiée, où la production s’équilibre en fonction des besoins sociaux définis par le plan, la loi de l’offre et de la demande n’y joue donc plus de rôle, pour autant que le plan soit réalisé. Néanmoins, la répartition de la production se faisant à la fois en fonction des besoins définis et de la capacité de travail et de la part prise au travail par chacun, la valeur-travail reste la mesure fondamentalement essentielle pour cette répartition, et donc la loi de la valeur y joue en pratique un rôle nécessairement important, vu sous cet angle.

Et ce rôle est donc différent selon qu’il s’exerce de manière principalement classique, dans le secteur privé résiduel, en interaction dialectique avec le marché, et de façon tout à fait nouvelle, dans le secteur socialiste, où il peut précisément permettre l’équilibre, non moins dialectique, en valeur-travail, entre production et besoins.

En URSS, suite à la fin de la NEP, le secteur économique privé a progressivement disparu mais la production marchande n’en a pas moins continué à subsister sous la forme coopérative des kolkhozes, l’un des secteur essentiels de l’économie soviétique. Par extension et du fait des échanges économiques entre ce secteur et les autres, c’est l’ensemble de la production des biens de consommation individuelle courante qui se trouvait donc placée sous ce régime de production marchande, tout en restant sous le contrôle de l’État socialiste.

C’est en ce sens que la loi de la valeur continuait de s’y exercer sous les deux espèces et modes décrits précédemment, de manière distincte pour les secteurs économiques socialistes et privés, même si l’influence du marché s’y trouvait extrêmement réduite et entièrement sous contrôle, dans les échanges avec le secteur économique kolkhozien.

Le rôle économique de la loi de la valeur et sa double fonction en régime socialiste, pour la période de transition, malgré son caractère pratique évident, ne fut pas mis en lumière avant les débats en vue de la préparation du XIXème Congrès, en 1952.

A cette occasion cette conception économique parut comme nouvelle dans sa formulation, alors qu’elle résultait bien évidemment du bilan de la pratique de l’économie soviétique, le premier qui fut donc sérieusement ébauché d’un point de vue réellement marxiste et débarrassé des conceptions gauchistes de l’économie qui avaient prévalu jusque là, dans les cercles des théoriciens soviétiques.

En même temps, les conceptions trotskystes de l’extension des principes de l’économie de marché à l’ensemble de l’économie soviétique n’avaient pas complètement disparues non plus, ressurgissant sous la forme du révisionnisme moderne, qui, provisoirement battu à l’occasion de ce XIXème congrès, allait néanmoins triompher, sous l’influence des khrouchtcheviens, à l’issue du XXème, en 1956.

Dès 1957, dans les nouveaux débats entre économistes, c’est la distinction entre ces deux modes de fonctionnement, au profit de la production marchande, qui est d’abord formellement atténuée, mais déjà totalement, en pratique, avant d’être carrément abolie. Dans les années suivante c’est progressivement mais tout aussi officiellement, l’économie de marché qui est rétablie dans sa totalité, même si la « propriété d’État » subsiste encore, mais uniquement pour la forme.

C’est pourquoi il y a lieu de considérer les « réformes » khrouchtcheviennes comme des formes régressives de type « capitalisme d’État », utilisées non pas pour développer le socialisme, comme au temps de la NEP, mais au contraire, pour le détruire et le déconstruire dans ses infrastructures profondes, déjà enracinées par plusieurs décennies d’édification du socialisme.

Compte tenu des débats qui avaient tranché ces questions de fond au XIXème Congrès, il s’agissait donc bien, de la part des khrouchtcheviens, d’une action consciente et délibérée, et non d’une simple aberration de la pensée ou d’errements idéologiques qui eussent été néanmoins pourvus de motivations progressistes.

Il est donc juste de caractériser le XXème Congrès comme une contre-révolution politique, et le rétablissement, dans le principe de fonctionnement de l’URSS, du capitalisme.

C’est donc bien la nature de classe de l’URSS qui change, à cette occasion. C’est donc bien de l’abolition de la dictature du prolétariat dont il s’agit dans ce changement, et de la consécration de l’établissement d’un nouveau pouvoir de classe, de la dictature d’une nouvelle bourgeoisie bureaucratique.

Néanmoins, elle n’a pas surgi, du jour au lendemain, à l’occasion du XXème Congrès, comme un diable d’une boite, toute armée de pied en cape, avec tous ses privilèges et ses intérêts de classe dans ce capitalisme régressif.

La bureaucratie, phénomène de sclérose d’un fonctionnement institutionnel défaillant, que ce soit sous un régime ou sous l’autre, n’est pas une classe sociale et économique en soi, car pouvant se former dans toutes institutions, indépendamment de leur nature de classe originelle. Elle ne devient une classe en soi que par l’abus de ses prérogatives, dans la mesure ou cet abus abouti par une accumulation de prébendes, de privilèges, de réseaux d’influences et de corruption, à la formation de baronnies bureaucratiques locales qui se substituent, avec leurs intérêts propres, aux institutions légales du socialisme.

Comme on l’a vu, la lutte idéologique autour des conceptions différentes de la gestion de l’économie socialiste n’a jamais cessé. Elle est, incontestablement, le reflet dans le domaine idéologique, de la continuation de la lutte des classes. Même si les classes exploiteuses ont disparu en tant que formations sociales et économiques instituées, leur influence idéologique reste néanmoins prégnante à tous les niveaux de la société, et tend à s’exprimer partout où elle le peut, partout où des intérêts privés peuvent se reconstituer au détriment du socialisme.

Avec l’héritage de la NEP il y a eu, issus de l’ancien régime, un grand nombre de cadres, de techniciens, de spécialistes, qui ont été intégrés dans les institutions du socialisme, et le plus souvent avec des salaires et des rémunérations élevées, largement supérieures à la moyenne.

Tant par suite de cet héritage que par souci d’encourager la formation de nouveaux cadres techniques compétents, l’éventail des salaires et des rémunérations est resté très ouvert en URSS, et même s’il a varié selon les périodes, un ordre de 1 à 40 constitue un ordre de grandeur que l’on y retrouve couramment. (C’est-à-dire loin des légendes forgées à posteriori par les camarades albanais pour justifier leur propre politique ultra-égalitaire, par exemple.)

Même si elle a porté ses fruits en termes de développement économique rapide rendu nécessaire par les circonstances internationales, cette stratégie de rémunérations n’est pas sans avoir ses inconvénients en termes d’inégalités excessives et favorisant le phénomène du parasitisme bureaucratique.

De sorte qu’un courant idéologique révisionniste tel que le khrouchtchevisme, même s’il semble apparaître au devant de la scène politique assez soudainement en tant que courant idéologique constitué, n’en a pas moins ses racines sociologiques et économiques profondément implantées par une lutte d’influence souterraine prolongée, qui est bien, en fait, une lutte de classe, et pas seulement dans le domaine idéologique, mais reposant aussi sur une base d’intérêts bureaucratiques forgés au fil du temps dans des baronnies administratives locales, avant de former une classe en soi susceptible d’arriver au pouvoir.

Pour autant, même une fois arrivée au pouvoir, cette nouvelle bourgeoisie bureaucratique n’en continue pas moins de servir d’abord et d’institutionnaliser ses intérêts locaux déjà établis de manière officieuse.

La plupart des « réformes » khrouchtcheviennes visent à décentraliser la gestion au profit des baronnies locales désormais institutionnalisées et non à concentrer le capital qui s’y est accumulé.

Il n’y a donc pas de formation d’un capitalisme monopoliste d’état, qui prendrait, en tant que tel, le contrôle de la propriété économique.

La constitution d’un capitalisme monopoliste d’état suppose par définition la formation d’un capital financier spéculatif susceptible de dominer et de contrôler le capital industriel et productif. L’accumulation d’un tel capital financier et spéculatif ne s’est tout simplement jamais produite en URSS et elle n’est qu’à peine en train de s’amorcer dans la Russie de Poutine.

C’est aussi pourquoi la formulation assimilant « capitalisme d’état » et « capitalisme monopoliste d’État » est une galéjade d’idéologues pseudos- « marxistes » œuvrant laborieusement au service de la bourgeoisie occidentale, quelle que soit leur motivation formelle dans l’ordre des sectes d’idéalistes petit-bourgeois…

Ce sont les formes régressives de capitalisme d’État institutionnalisées par le révisionnisme khrouchtchevien lui-même qui mettent un frein au développement de l’économie de l’URSS. Ce sont les « réformes » khrouchtcheviennes qui amorcent le déclin de l’URSS sur la scène internationale.

A partir de sa prise de pouvoir la bureaucratie khrouchtchevienne tente d’y défendre ses intérêts en tant que bourgeoisie nationale bureaucratique, et en relative cohésion avec celles qui émergent du tiers-monde, comme autant de formes du capitalisme national bureaucratique, tout en essayant de conserver une influence prépondérante sur elles, dans son rapport de forces maintenu avec l’impérialisme US.

L’histoire des relations Khrouchtchev-Mao, et d’une manière générale, l’évolution des relations sino-soviétiques des décennies suivantes est emblématique de ce phénomène.

Toutefois le coût exorbitant de cette influence est sans commune mesure avec ce qu’elle peut rapporter à l’économie de l’URSS et constitue, en pratique, un frein supplémentaire à son développement.

De sorte que là non plus on ne saurait parler d’impérialisme ou de « social-impérialisme » sans en galvauder totalement la définition d’un point de vue marxiste-léniniste, tout comme c’était déjà le cas pour la prétendue mutation du khrouchtchevisme en « capitalisme monopoliste d’état » !

Mais l’évolution du capitalisme national bureaucratique en URSS ne s’est donc pas arrêté là.

Faute de pouvoir accumuler suffisamment de capital dans ses institutions officielles au regard de ses prétentions « socialistes » maintenues pour la façade et pour conserver le soutien relatif des couches populaires, la bourgeoisie bureaucratique a continué d’accumuler parallèlement dans l’économie souterraine, favorisant ainsi l’émergence de pouvoirs maffieux susceptibles même de lui faire concurrence.

Avec l’émergence de Gorbatchev et de sa « perestroïka », instituant officiellement le retour de l’entreprise privée, ce sont en fait les gangs de racketteurs issus des anciens goulags qui vont opérer l’accumulation la plus brutale et la plus rapide de capital dans les dernières années de l’URSS, au point de former, au prix de milliers de morts dans leurs règlements de comptes, la nouvelle couche sociale dite des « oligarques », aujourd’hui « rangés des voitures » et s’achetant l’apparence d’une conduite avec force dons à l’église et autres formes de « mécénat » envers diverses institutions « culturelles » !!

C’est dans ce maelstrom de décadence, culminant avec le « pouvoir » anarchique comprador de Eltsine, que le retour autoritaire d’une fraction nationale bureaucratique telle que celle de Poutine, issue de l’ancien KGB, a pu apparaître à la majorité des Russes comme une planche de salut, et d’autant plus qu’elle ne manque pas d’une référence culturelle aux grandes heures nationales de l’URSS, voguant ainsi sur la vague de la nostalgie.

Le présent article vise à résumer le résultat de quelques recherches récentes sur l’histoire de l’URSS, et notamment sur son aspect économique, et ne prétend nullement constituer une somme définitive et encore moins, exhaustive, sur le sujet, contrairement aux « études » et aux affirmations péremptoires et prétentions sectaires de certains supposés « marxistes-léninistes » et de leurs séides.

Il a fallu quatre siècles aux historiens pour comprendre, analyser et admettre enfin les enjeux, causes et conséquences de l’assassinat du « bon roi » Henri IV… Espérons qu’il en faudra beaucoup moins pour tirer les leçons de la contre-révolution khrouchtchévienne et de l’effondrement de l’URSS…

Un siècle après Octobre, la situation actuelle du prolétariat confronté à la crise l’exige!

Luniterre

CORÉE : SOLIDARITÉ AVEC LA RÉSISTANCE DE LA RPDC !!

 

Contre « le feu et la colère » de la rage impérialiste US

SOLIDARITÉ

avec

la RÉSISTANCE

de la RPDC !!

 

 

 

 

 

 

Si la République Populaire de Corée nous apparaît aujourd’hui comme un pays isolé, nous ne devons pas oublier qu’elle fut longtemps l’un des principaux soutien des luttes anti-impérialistes dans le monde :

A l’Assaut du CIEL ! (2) Une Brève histoire de solidarité internationaliste

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/21/a-lassaut-du-ciel-suite/

 

 

 

Aujourd’hui le camp anti-impérialiste est de plus en plus réduit sur la planète, depuis la mutation de la Chine en un nouveau pôle financier, mutation amorcée dès le début des années 70, avec les accords Mao-Nixon, et ensuite l’effondrement définitif de l’URSS, aux « bons soins » de Gorbatchev et Eltsine.

Hormis Cuba, dont le destin est encore « en balance », semble-t-il, la RPDC est donc le seul état à avoir constitué une force de résistance capable de le mettre à l’abri de l’agressivité de l’impérialisme US.

La motivation de ce petit pays est grande : on se rappellera qu’il fut la victime du plus épais tapis de bombe dont le bourreau US ait jamais couvert l’une de ses victimes…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/27/en-reponse-a-un-ami-ecologiste-sur-le-nucleaire-militaire-coreen/

Plus « frais » dans les mémoires, ceux du Vietnam nous donnent une idée de ce que cela a put être…

Il est donc juste que les marxistes-léninistes expriment et manifestent leur solidarité totale avec la résistance de la RPDC.

Cela fait notamment partie d’une conception du front uni anti-impérialiste telle qu’a tenté de la développer Andreï Jdanov en son temps, et notamment contre le révisionnisme et l’opportunisme des dirigeants de la « gauche » en Europe occidentale, et singulièrement contre l’attitude du PCF, qui n’a fait que dégénérer depuis, s’enfonçant toujours plus dans sa mutation kollaborationniste.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/la-doctrine-jdanov-du-front-anti-imperialiste/

( Sur l’attitude du PCF, voir spécialement « les bonnes feuilles »:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/  )

 

Pour autant, l’idéologie dominante actuellement en RPDC n’est plus le marxisme-léninisme, mais le Juché, hérité de Kim Il-sung et aujourd’hui essentiellement tourné vers l’indépendance nationale.

Dans le contexte international actuel, ce choix est donc tout à fait compréhensible et cela ne doit pas arrêter notre solidarité.

Comme nous l’avions déjà indiqué dans un article récent:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/31/ete-2017-face-au-chaos-en-marche-faire-renaitre-la-resistance/

c’est donc sans confusionnisme que les marxistes-léninistes soutiennent partout le droit des nations et des peuples à disposer d’eux-même, tout en montrant que la seule voie durable vers l’indépendance et la liberté est la voie du socialisme, la voie d’un développement équilibré entre forces productives et besoins sociaux, basé sur la valeur-travail, sur le pouvoir des travailleurs !

Mais dans l’immédiat et à court terme, la solidarité des ML français pourrait s’exprimer par l’exigence de reconnaissance de la RPDC par l’État français, seul geste qui, dans le contexte actuel, serait un signal suffisamment fort pour lui permettre de jouer le rôle diplomatique « pacifiste » auquel il prétend de façon purement formelle.

Cette exigence doit également s’accompagner d’une autre, tout aussi évidente : la levée immédiate des sanctions économiques qui visent à nouveau uniquement à réduire ce peuple à la misère pour le mettre à genoux devant l’impérialisme US.

Malheureusement on ne peut que constater que dans l’état actuel de déliquescence de la « gauche » française à quel point sont loin les élans de solidarités qui avaient autrefois contribué, tant ici qu’à l’échelle internationale, à mettre un sérieux frein à l’agressivité US, et finalement à la faire reculer dans l’ensemble du Sud-Est Asiatique, au point de l’affaiblir suffisamment pour encourager le renouveau des luttes à l’échelle planétaire.

Une des rares bonnes nouvelle et consolation des temps actuels pour les anti-impérialistes est précisément la continuité de la détermination farouche du peuple coréen à ne pas céder et à continuer d’avancer dans la voie de l’indépendance et de la réunification, malgré que cet objectif aille contre les intérêts majeurs des principales puissance impérialistes dans le monde, et notamment des USA et de la Chine.

Luniterre

Sur le même thème, voir aussi :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/19/a-lassaut-du-ciel/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/03/01/debat-sur-le-nucleaire-coreen-suite/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/18/agression-us-en-coree-le-point-de-la-situation-actuelle/

Et à la suite des communiqués de Sputnik News, quelques nouvelles illustrations également empruntées à ce média et qui reflètent, de la part des reporters russes, un regard tout de même moins univoque sur le sujet, que celui des occidentaux…

 

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Washington risque d’«apprendre à ses dépens la puissance des missiles nord-coréens»

 

© Sputnik. Igor Mikhalev

14:34 09.08.2017(mis à jour 14:59 09.08.2017) 

Le tir d’essai du missile Minuteman III réalisé par le Pentagone, les manœuvres au-dessus de la péninsule coréenne, ainsi que les menaces de la part du Président américain à l’encontre de la Corée du Nord, représentent pour Pyongyang des provocations qui la forcent à prendre des mesures de dissuasion.

Pyongyang menace d’attaquer les États-Unis en tant que «mesure de prévention» en réponse aux provocations de Washington, a annoncé l’agence nord-coréenne KCNA, citant un communiqué des Forces stratégiques du pays.

Selon le communiqué diffusé en Corée du Nord par l’agence, «la Corée du Nord étudie un plan opérationnel prévoyant de porter une frappe d’envergure» par des missiles balistiques stratégiques à moyenne et longue portée Hwasong-12, contre les bases militaires américaines de Guam, à 4.000 km de Pyongyang, dans le Pacifique, dès que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un prendra une décision en ce sens.

«Si ce plan est réalisé, les Américains seront les premiers à apprendre à leurs dépens la puissance des missiles nord-coréens», est-il indiqué dans le communiqué.

En outre, selon l’agence nord-coréenne, les États-Unis se font des illusions en pensant que les missiles de Pyongyang ne pourront pas attaquer le continent américain.

«Les États-Unis devraient savoir avec certitude que les missiles balistiques des troupes stratégiques nord-coréennes sont en alerte constante dans la direction de l’océan Pacifique», conclue la KCNA.

Le Président américain Donald Trump a déclaré mardi que Pyongyang ferait mieux de ne plus lancer de menaces à l’encontre des États-Unis, puisqu’il ne récolterait que «le feu et la colère».

La déclaration du dirigeant américain intervient sur fond de fortes tensions politiques entre Washington et Pyongyang. La Corée du Nord est accusée de poursuivre la réalisation de son programme nucléaire.

 

https://fr.sputniknews.com/international/201708091032582173-usa-coree-nord-puissance-missiles-menaces/

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La Corée du Nord menace d’attaquer aux missiles les bases US de Guam

© REUTERS/ KCNA

01:13 09.08.2017(mis à jour 15:13 09.08.2017)

La Corée du Nord menace d’attaquer aux missiles les bases militaires américaines à Guam, dans le Pacifique, suite à la déclaration du Président US Donald Trump qui a promis «le feu et la colère» à Pyongyang si ce dernier menaçait de nouveau son pays.

La Corée du Nord étudie la possibilité de frapper les bases militaires américaines de Guam, à 4.000 km de Pyongyang, dans le Pacifique, par des missiles balistiques stratégiques à moyenne et longue portée Hwasong-12, a annoncé l’agence nord-coréenne KCNA citant un communiqué des Forces stratégiques du pays.

«La Corée du Nord étudie un plan opérationnel prévoyant de porter une frappe d’envergure» contre ce site militaire, dès que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un prendra une décision en ce sens, lit-on dans un communiqué diffusé en Corée du Nord.

L’île de Guam abrite la base aérienne américaine d’Andersen où les bombardiers stratégiques B-1 font des escales de ravitaillement lors de leurs survols de la Corée du Sud, ainsi que la base navale d’Apra Harbor.

Pyongyang menace d’adopter cette «mesure de prévention» en réponse aux provocations de Washington.

Le Président américain Donald Trump a déclaré mardi que Pyongyang ferait mieux de ne plus lancer de menaces à l’encontre des États-Unis, puisqu’il ne récolterait que« le feu et la colère». 

En juillet dernier, la Corée du Nord a mené deux tests de missiles balistiques Hwasong-14. Selon les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon, ces missiles sont intercontinentaux. Les experts russes estiment qu’il s’agit de missiles à moyenne portée. Pyongyang a pour sa part annoncé le succès des deux essais de missiles intercontinentaux.

 

https://fr.sputniknews.com/international/201708091032578411-coree-nord-guam-missiles/

 

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BUFFET

 

MÉTRO

 

PETIT COMMERCE

 

SORTIE DU CIRQUE

 

 

MÉTALLURGIE

 

CLASS ROOM

 

JEU IMPROVISÉ

 

BALADE EN BARQUE

 

MÉTRO (2)

 

BALCONS

 

VOIE FERRÉE

 

 

OMBRELLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Et l’orchestre aussi…!

 

 

 

 

Octobre, Révolution, Avenir ! Un forum en Novembre, à Moscou !

Создано 2017-07-13 21:07

http://www.alternativy.ru/ru/node/15279

 

 

ОКТЯБРЬ. РЕВОЛЮЦИЯ. БУДУЩЕЕ!

OCTOBRE . RÉVOLUTION . AVENIR !

(Москва, 3-5 ноября 2017 г.)

 

100 лет отделяет нас от Великой Революции, изменившей мир.

100 ans nous séparent de la Grande Révolution qui a changé le monde.

100 лет соединяют нас с теми, кто в Октябре 1917-го превратил мечту о царстве свободы в практику его созидания.

100 ans nous unissent à ceux qui, en Octobre 1917, ont changé le rêve d’un empire de la liberté en pratique de sa construction.

100 лет великих свершений и трагедий. Подвигов и преступлений. Открытий и провалов. Развития и застоя. Ухода и возрождения.

100 ans de grandes réalisations et de tragédies.  D’actes de courage et de voies de faits. De découvertes et d’échecs. De développement et de stagnation. De retraite et de renaissance.

100 лет назад наши прадеды доказали, что созидание коммунизма возможно.

100 ans auparavant, nos arrières-grands-parents ont prouvé que le communisme est possible.

100 лет спустя нам предстоит доказать, что революционный драйв Октября жив

100 ans plus tard, il nous faudra prouver que l’énergie révolutionnaire d’Octobre est toujours vivante…

 

Всех, кому небезразличны судьбы Октябрьской Революции,

мы приглашаем принять участие в работе

Международного Форума

Цель Форумаобращение в будущее, а не только исторический анализ Революции и ее результатов. Что, кто и как может и должен сделать, для того, чтобы импульс Революции жил в XXI векена эти вопрос будут искать ответы участники Форума.

Форум соединит в себе достижения научных конференций и социальных форумов станет местом диалогов в рамках единого пространства теоретиков и практиков социального творчества.

Предваряет работу Форума серия из 3-х идущих одновременно международных научных конференций, посвященных философским, историческим и политикоэкономическим проблемам Революции и ее наследия. Конференции пройдут 3-4 ноября на базе Московского финансовоюридического университета.

Сам Форум состоится 5 ноября в пространстве «Красный Октябрь». Форум пройдет как серия открытых семинаров и круглых столов, дискуссий и перфомансов. Единство Форума обеспечат пленарные заседания, комплементарность и согласованность программы.

В Форуме примут участие ведущие ученые МГУ, СПбГУ, институтов РАН, других научнообразовательных центров России, стран Европы, Азии, Америки, Африки, политические деятели, художники, активисты различных общественных организаций и социальных движений.

Инициаторы Форума: журнал «Альтернативы» и Фонд Розы Люксембург.

 

MODALITÉS PRATIQUES DE PARTICIPATION:

Для участия в работе семинаров Форума или одной из его конференций необходимо до 15 сентября пройти регистрацию. ССЫЛКА НА РЕГИСТРАЦИЮ БУДЕТ ВЫСЛАНА ПОЗЖЕДО КОНЦА ИЮЛЯ.

Научные и общественные организации и инициативные группы могут до 15 сентября отправить на почту conf.buzgalin@mail.ru (в теме письма указатьОктябрь, заявка на семинар) заявку на тематический семинар (круглый стол), указав тему, модератора(ов), ФИО, должности и темы основных докладчиков (не менее 5), аннотацию мероприятия. Обращаем внимание, что индивидуальная регистрация всех участников семинара (круглого стола) по ссылке, которая будет выслана до конца июля, все равно обязательна!

В течение недели после подачи заявки оргкомитет пришлет подтверждение, что она получена.

До 10 октября будет выслано решение о включении в программу.

 

Проезд и проживание иногородних участников, как правило, НЕ оплачивается за счет оргкомитета.

 

Рекомендуемые отели в Москве:

 

http://www.president-hotel.ru/index/ [1] Президент отель

http://www.hotelwarsaw.ru [2] – Варшава

http://www.maanhotels.ru/akademical/ [3] Академическая

http://www.sevastopol-hotel.ru/ru/nomera-i-tseny/vtoroj-korpus [4] Севастополь Модерн

https://www.hotelsputnik.ru [5] Спутник

 

 

Для участников из стран бывшего СССР оргвзносы за участие не предусмотрены

 

Справки:

Тел.: +79253782559

Электронная почта: conf.buzgalin@mail.ru [6] 

 

ПРОГРАММА ФОРУМА

(проект):

 

3-4 ноября, МФЮА (ул. Введенского, 1а). Работа международных научных конференций:

Международная конференция «Философия Революции» (3 ноября; 2 секции). Соорганизаторы: Московский финансовоюридический университет (МФЮА), Центр современных марксистских исследований философского фта МГУ.

Проблемное поле:

1. Революция: социофилософское осмысление и феноменология;

2. Диалектика Революции: созидание и разрушение; прогресс и регресс; цели и средства; революция и контрреволюция; революции и реформы;

3. Теоретическая модель и практики социальных революций ХХ века: природа, предпосылки, движущие силы, результаты;

4. Социалистическая революция как социальное освобождение: экономика, и общество; классы и партии; человек и культура.

Международная конференция «Октябрь: уроки и вызовы истории» (4 ноября; 2-3 секции). Соорганизаторы: Московский финансовоюридический университет (МФЮА)

Проблемное поле:

5. Октябрь: что это было? Исторические события и их теоретическая квалификация

6. Истрия и историография Октября: «белые пятна», мифы, идеологемы;

7. История Октября: теоретические и политикоидеологические дискуссии.

Международная конференция «Политэкономия революции» (3-4 ноября; 4-5 секций). Соорганизаторы: Всемирная политэкономическая ассоциация, Московский финансовоюридический университет (МФЮА), журнал «Вопросы политической экономии»

Проблемное поле:

8. Октябрьская Революция: природа, противоречия, предпосылки; политикоэкономический взгляд;

9. Октябрьская Революция: социальноэкономические результаты;

10. Октябрьская Революция: влияние на мировое социальноэкономическое развитие;

11. Октябрь: 100 лет борьбы за социалистическую экономику. Уроки для XXI века.

 

5 ноября. «Красный октябрь» (Берсеневская набережная, 6 с.3).

Международный Форум «Революция: взгляд в будущее».

10.00 –11.45. Пленарное заседание

12. Открытие Форума. Презентация итогов работы международных научных конференций и программы Форума

13. Октябрь как будущее. Пленарная дискуссия.

12.00 – 13.30 и 14.15 – 15.45. Работа семинаров и круглых столов:

14. Революции и реформы в XXI веке: Кто? Как? Для чего? В чьих интересах?

15. СССР: природа, причины генезиса и ухода, уроки;

16. Кто сегодня творит историю: опыт и перспективы деятельности общественных сетей и движений в мире и в России;

17. Социализм будущего: Человек, культура, общество, экономика, технологии;

18. «Альтернативы есть!»: программные ориентиры демократических левых XXI века.

16.00 – 17.30. Фиеста «Революция» (заключительное пленарное заседание)

 

 

 

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Gauchistes, kollabos d’hier et d’aujourd’hui…!

« Gauchistes »

et/ou

Kollabos ?

 

A propos du « document du GIC », baptisé « thèses sur le bolchevisme » et aujourd’hui ressorti des tiroirs poussiéreux du « gauchisme hollandais » de 1934 par quelques renégats ex-« marxistes-léninistes »…

Le temps passe, mais les procédés de l’anticommunisme restent les même, reposant d’abord sur le mensonge, la façon de manipuler l’histoire pour les besoins de la propagande « gauchiste », besoins qui sont, à la base, ceux du système en place.

Dans la logorrhée de ces « thèses », tout repose sur le fait que les bolcheviques auraient constamment manipulé une alliance contre nature entre le prolétariat industriel et la paysannerie !

(Doc PDF)  GIC 1934

Extrait:

« 19. L’oeuvre des bolcheviks a été de créer la direction de la révolution russe et de développer une tactique appropriée. Ils ont accompli ce qui paraissait impossible : la création d’une alliance entre deux classes antagonistes, les masses paysannes en lutte pour la propriété privée, et le prolétariat en lutte pour le communisme. »

Et ce leitmotive traverse constamment cette logorrhée jusqu’à sa conclusion :

« Sous l’autorité dictatoriale de l’intelligentsia jacobine, il a conduit le prolétariat (orienté vers le socialisme) et la paysannerie (orientée vers le capitalisme) à un soulèvement révolutionnaire contre l’État absolutiste, le féodalisme et la bourgeoisie, dans le but d’abattre l’absolutisme féodal-capitaliste. Habile à tourner toute chose à son avantage, il a réuni les intérêts de classe antagonistes des prolétaires et des paysans, grâce à son intelligence du caractère de classe des lois du développement social. »

De sorte que ce « GIC » passait en fait son temps à reprocher aux bolcheviques d’avoir réussi à unir les classes prolétariennes et populaires de Russie, alors que, selon lui, il aurait du les diviser et les opposer… :

« En 1917, les travailleurs russes ont ébauché une politique de classe, communiste et autonome. Il leur manquait toutefois les bases sociales nécessaires pour réussir, puisque la victoire de la révolution prolétarienne devait être aussi une victoire sur la paysannerie. »

Et c’est là où on arrive au mensonge fondamental sur lequel repose cette logorrhée, formellement bien tournée, dans le sens de l’intox « sociologique » bourgeois de l’époque, et que seuls des gauchistes particulièrement bornés peuvent « récupérer » aujourd’hui, compte tenu des connaissances historiques actuellement assez facilement accessibles :

« Les slogans économiques de la révolution bolchevique font apparaître son caractère de révolution bourgeoise. Pour les masses paysannes, les bolcheviks symbolisaient l’expropriation violente des grands domaines par l’action spontanée de la petite paysannerie avide de terres. Les bolcheviks ont parfaitement exprimé, dans leur pratique et dans leurs slogans (la Paix et la Terre), les intérêts des paysans en lutte pour la sauvegarde de la petite propriété privée (intérêts capitalistes). Loin de soutenir les intérêts du prolétariat socialiste contre la propriété terrienne féodale et capitaliste, ils se sont ainsi fait, en ce qui concerne la question agraire, les tenants effrontés des intérêts du petit capitaliste. »

On a déjà eu, récemment dans nos colonnes :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/15/de-juillet-a-octobre-ou-comment-la-petite-bourgeoisie-voit-les-revolutions/

l’occasion de faire une mise au point sur cette question de la propriété de la terre en Russie, à la veille de la Révolution.

Le plus simple est de republier ici l’extrait concerné par ce problème de la propriété de la terre, avant de poursuivre, sur la base de ces éléments :

« La première précision, sur le plan historique, concerne l’évolution du statut de la propriété de la terre, de la Russie tsariste à l’URSS.

La propriété des mir de l’ancienne Russie, qui concernait la petite paysannerie de l’époque, était déjà une propriété commune, où les parcelles de terres étaient attribuées en fonction des besoins.

Ce mode de répartition, en voie d’être détruit par la « réforme » capitaliste de Stolypine, fondait néanmoins les rapports sociaux entre les paysans, alors que la bourgeoisie encourageait la propriété privée des koulaks, s’appropriant une grande partie des terres abandonnées par la noblesse.

Les koulaks formaient potentiellement une nouvelle aristocratie rurale, et non pas une « petite paysannerie propriétaire », comme il est dit systématiquement dans les articles « historiques » des ouvrages bourgeois… !

Le slogan « La terre à ceux qui la travaillent ! » ne peut pas se comprendre en dehors de sa mise en pratique dans ce cadre.

Il a été formalisé juridiquement par le « Décret sur la terre » du 8 Novembre 1917, qui était bel et bien un décret de nationalisation de toutes les terres, (hors les jardinets particuliers), et un système de répartition locale assez proche des mir, en réalité. Il ne reconnaissait donc pas de « petits paysans propriétaires », en aucune manière, et encore moins de « gros », comme les koulaks.

Logiquement, ceux-ci auraient du être réduits aux parcelles correspondant à leurs besoins familiaux, mais bien évidemment, ils interprétaient cette loi comme une consécration des droits abusivement acquis sous et depuis Stolypine…

Le conflit de classe était donc inévitable, et eut lieu, en fait, tout au long de la période menant à la « dékoulakisation », rendue incontournable, et même nécessaire pour sauver, en réalité, l’URSS d’une famine encore pire que celle déjà engendrée par leur rétention spéculative, puis par leur destruction des produits agricoles.

Cette réalité, à la fois économique et historique, est aujourd’hui établie par les économistes russes eux-même, non suspects de « communisme », et dont Nikolaï Starikov est un exemple significatif :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/15/encore-une-legende-noire-demythifiee-lholodomor/

Mais il est clair que Bibeau et ses semblables n’ont que faire, ni de la vérité historique, ni de l’évidence économique. »

 

Nous n’avons même pas à modifier la conclusion, vu que le Sieur Bibeau est parmi les nouveaux éditeurs de cette « perle » du passé gauchiste !

 

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui comme hier, les gauchistes, renégats ou non du marxisme-léninisme, qui se veulent plus marxistes que Marx lui-même, ont simplement « oublié » que ce toujours étonnant Marx avait déjà compris le rôle véritable de la paysannerie russe dans la Révolution à venir :

 

« Le Manifeste communiste avait pour tâche de proclamer la disparition inévitable et prochaine de la propriété bourgeoise. Mais en Russie, à côté de la spéculation capitaliste qui se développe fiévreusement et de la propriété foncière bourgeoise en voie de formation, plus de la moitié du sol est la propriété commune des paysans. Il s’agit, dès lors, de savoir si la communauté paysanne russe, cette forme déjà décomposée de l’antique propriété commune du sol, passera directement à la forme communiste supérieure de la propriété foncière, ou bien si elle doit suivre d’abord le même processus de dissolution qu’elle a subi au cours du développement historique de l’Occident.

La seule réponse qu’on puisse faire aujourd’hui à cette question est la suivante : si la révolution russe donne le signal d’une révolution prolétarienne en Occident, et que toutes deux se complètent, la propriété commune actuelle de la Russie pourra servir de point de départ à une évolution communiste. »

Karl Marx, Friedrich Engels

Le manifeste du Parti communiste – Préface à l’édition russe de 1882
Londres, 21 janvier 1882

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1882/01/kmfe18820121.htm

 

 

Bien entendu, en 1917, la situation avait quelque peu changé, mais comme on l’a vu, plutôt dans le sens d’une exacerbation du conflit entre petits paysans communautaires des mir et nouveau capitalistes ruraux, les « koulaks », prenant progressivement la place des nobles déchus.

 

Relu ainsi posément à la lumière d’une approche historique réaliste, c’est tout le propos de ce « document » qui s’effondre comme un château de cartes biaisées empilées à la hâte et par la haine anticommuniste.

 

Il ne vaut donc pas la peine d’être examiné plus en détail pour toutes les calomnies qu’il développe sur son sujet…

 

A signaler, tout de même, ce morceau d’anthologie « visionnaire » dans le genre, qui fait du bolchevisme le « complice » du fascisme, alors qu’il en fut le fossoyeur…

« L’Union soviétique apparaît comme le solide soutien économique, et donc politique, de la plupart des dictatures fascistes les plus réactionnaires en Europe. »

Etc…

Se passe de plus de commentaires !

Sauf pour attirer l’attention du lecteur sur le fait que les collaborateurs antisoviétiques d’hier et les kollabos gauchistes d’aujourd’hui sont, fondamentalement, de la même lignée « spirituelle » !

Luniterre

 

 

ÉPISODE 2 : Bibeau vole au secours du GIC !!

 

JE NE PENSE PAS QUE LES RÉVOLUTIONNAIRES PROLÉTARIENS DEVRAIENT S’OFFUSQUER QUE DES CAMARADES AIENT EN 1934 – JE RÉPÈTE EN 1934 – QUESTIONNÉ ET ANALYSÉ CE QUI SE PASSAIT EN URSS.

Je crois au contraire qu’il était et qu’il est sain de questionner l’évolution du développement du mode de production en Russie avant – en – et après 1917.

Pourquoi est-ce nécessaire (ce qui ne signifie pas qu’il faille endosser toute critique) Mais l’expectative est de mise. Pourquoi ?

Parce que l’URSS est aujourd’hui dissoute – désintégrée et le prolétariat russe lourdement exploité par une bourgeoisie russe qui doit bien venir de quelque part — d’ou et quand est-elle apparue et comment ?

Pour ma part chaque fois que j’ai posé ces questions lors de mon parcours militant de gauche (1972-2014 environ) on m’a rétorqué stupidement que Kroutchev avait revirer sa veste et de dirigeant d’un parti prolétarien communiste il était du jour au lendemain devenu RÉVISIONNISTE – MENTEUR – FRAUDEUR ETC…

Il m’a fallu courage et murissement pour en venir à répudier une telle explication socratique – thomiste – kantienne – hégélienne – idéaliste – contre matérialiste – qui balaie du revers de la main les concepts scientifiques du matérialisme dialectique et historique.

Un homme ou une clique dans un parti ne fait pas l’histoire de l’humanité surtout pas l’histoire d’un mode de production.

Le texte des camarades du Council Correspondence, Chicago, vol. 1, n° 3, décembre 1934. Précédente mise en ligne sur http://www.left-dis.nl. sont sérieuses (meme si j’ai des critiques à formuler) et mérite mieux que ces ragots pleurnicheurs à propos de l’anti-communisme…

Soyons sérieux camarades le grand capital ne se préoccupe pas des partis communistes dégénérés – sectarisés – groupusculisés et il n’a pas de temps à perdre à s’occuper de ce qui est en train de s’anémier.

Nous sommes entre nous et prenons le temps de critiquer scientifiquement – sérieusement – ce document impressionnant que je découvre à l’aube de mon travail militant.

QUE doit-on comprendre et répondre à ceci :  » 6. L’économie russe était un mélange de production agricole de type archaïque, caractéristique des pays asiatiques, et d’économie industrielle moderne, caractéristique de l’Europe. Le servage, sous diverses formes, survivait en pratique pour l’immense majorité de la paysannerie russe, et entravait le développement d’une agriculture de type capitaliste qui commençait à peine à s’ébaucher. Ces nouvelles méthodes allaient simplement entraîner la dislocation du village russe (1), et faire naître une situation d’indigence indescriptible, tandis que le paysan restait enchaîné à une terre qui ne pouvait désormais plus le nourrir. » FIN DE CITATION

robert bibeau      http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/1934-12-theses-sur-le-bolchevismegic/

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Luniterre

9 août 2017 à 17 05 11 08118

http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/1934-12-theses-sur-le-bolchevismegic/#comment-195328 

L’article mentionné en lien ne vise certainement pas à « pleurnicher »… ( sur le sort du GIC ?)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/09/gauchistes-kollabos-dhier-et-daujourdhui/

Mais à en démonter simplement le principe manipulatoire assez évident, quoi que noyé dans une logorrhée assez bien amorcée pour noyer le mensonge historique sur la paysannerie russe, le même, du reste, repris à l’envie par la droite et l’ »extrême-gauche » anti-léniniste, anti-bolchévique.

La vérité sur cette pauvre « citation », partie de cette logorrhée pseudo-savante et pseudo-sociologique, c’est précisément qu’il y a une continuité de la résistance du mir, du village communautaire paysan, par rapport à la paysannerie capitaliste naissante-avortée de la « réforme » Stolypine.

Cette continuité va précisément de la lutte contre Stolypine (finalement assassiné par un SR en 1911) à la lutte contre les koulaks et à l’établissement des kolkhozes, des sovkhozes et des SMT, qui n’étaient pas une décision « d’en haut », mais au départ l’initiative (du temps de la NEP) d’un sovkhoze désireux de partager ses moyens techniques surnuméraires avec les kolkhozes nécessiteux. Initiative peu à peu généralisée et facteur essentiel du développement économique soviétique, tant agricole que industriel.

Sans cette synergie ville-industrie-campagne, dont les SMT ont été le pivot économique, ni la victoire contre le fascisme, ni la reconstruction après guerre n’auraient été possible. On peut en critiquer tel ou tel aspect, mais le résultat est un fait. On comprend qu’il déplaise aux « gauchistes » de service, aujourd’hui comme hier, alors qu’ils présentaient l’URSS comme collabo du nazisme… (ci-dessus dans les « thèses »!)

Quelques docs d’époque en français:

http://www.persee.fr/docAsPDF/geo_0003-4010_1941_num_50_282_11692.pdf

http://www.persee.fr/docAsPDF/geo_0003-4010_1946_num_55_300_12551.pdf

http://www.persee.fr/docAsPDF/estat_1149-3755_1950_num_5_1_9457.pdf

L’enjeu de la lutte pour ou contre le démantèlement des SMT n’était donc pas une lutte purement symbolique. Ce démantèlement opéré par les khrouchtchéviens, avec, incidemment, l’approbation « idéologique » formelle de Mao Zedong (*), est une de ses « mutations » de la société soviétique, parmi d’autres, moins visibles mais aux effets tout aussi délétères.

Cette lutte autour des choix d’orientation économique est une lutte parmi d’autres, comme par exemple celle autour des orientations « scientifiques » de Lyssenko, etc…, qui ont donc bien leurs racines dans la période antérieure dite « stalinienne », mais qui est précisément loin de former un « bloc », si l’on prend la peine de l’étudier sérieusement. Et ces luttes ont, nécessairement, des bases économiques et sociales, des bases de classe.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

Le thème de l’économie soviétique sera à l’étude, début Novembre, au forum du centenaire, qui se tiendra à Moscou:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/09/octobre-revolution-avenir-un-forum-en-novembre-a-moscou/

(Les modalités d’inscription sont dans l’article)

Bonne lecture, et, éventuellement, bon voyage!

Luniterre

( * sur la collusion Mao-Khrouchtchev contre l’économie socialiste:
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/ )

 

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De la nature de classe de la contre-révolution khrouchtchévienne (nouveau débat avec l’OCF)

 

 

Comme on l’a vu, la question du centenaire d’Octobre repose, en réalité, la question du rôle historique de l’URSS, et c’est là toujours une question qui divise…

Une question qui divise, même parmi ceux qui prétendent en être les héritiers politiques…

Sur TML, l’un de nos principaux sujets ce sont précisément les questions de la recherche historique sur L’URSS, et principalement à partir des sources russes elles-mêmes, et des travaux en cours par les chercheurs russes…

Mais d’autres blogueurs français se sont soudain rappelés que l’un d’entre-eux avait déjà tout compris à ce sujet, et ce depuis bien des années, déjà, parait-il…

Polémique…

 

 

Ou de la redécouverte

d’un puits de science…

 

 

Deux camarades blogueurs, qui s’étaient engagés avec TML dans l’initiative du Collectif Marxiste-Léniniste OCTOBRE ! ont pris la responsabilité de rompre leur engagement. Ils l’ont prise délibérément, mais en se référant néanmoins ouvertement à l’avis du groupuscule « OCF » (« Organisation des Communistes de France » sic!), avis donc attendu par eux comme une sorte d’autorité de « référence » en matière de marxisme-léninisme… !

Le point essentiel selon eux où l’initiative du Collectif aurait été en contradiction avec cette « référence » serait la nature de classe de la contre-révolution khrouchtchévienne en URSS, au milieu des années 50 du siècle dernier…

En effet, alors que TML n’a jamais adhéré à ce groupuscule OCF, et on va vite comprendre pourquoi, nous n’en avions pas moins republié l’an dernier un article écrit sur ce sujet par le camarade VG, apparemment la « tête pensante » et principale autorité « théorique » de ce groupuscule…

C’était donc, précisément :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/09/26/sur-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne/

L’original de cet article remonte déjà à 2006, et l’un des camarades, WH, éditeur du blog « les prolétaires de fer », nous écrit aujourd’hui:

« Ce n’est pas un sujet « nouveau » qui nécessite de « nouvelles études ».
C’est un sujet étudié depuis longtemps, qui remonte pour être exact à la période où l’Albanie observait la transformation de l’URSS en pays capitaliste.

Le texte du camarade VG date quant à lui de 2006, et contenait déjà tout ce qu’il y a à savoir. »

Autrement dit, en 2006, en se basant sur les « observations » faites depuis l’Albanie et quelques décennnies plus tôt, le camarade VG aurait résumé dans son article la somme de toutes les connaissances utiles sur l’histoire de l’URSS… !

Ce camarade serait donc un puits de science inestimable, et du reste on avait déjà eu l’occasion d’un aperçu de sa sagacité lors d’un premier débat autour de l’émergence du capitalisme chinois…

En effet, ayant laborieusement étudié, durant des années, le développement de l’industrie nouvelle en Chine, ayant noirci des centaines de pages et publié nombre d’ouvrages sur le sujet, il prétendait dès 2007 que la Chine était sur le point de supplanter les USA comme super puissance impérialiste….

10 ans après, on voit ce qu’il en est…

Le capitalisme chinois est tout simplement rentré, et dès cette époque, dans la crise systémique débutant cette année là, comme les autres puissances économiques industrielles, avec ce handicap supplémentaire de dépendre encore et toujours de ses exportations industrielles, et toujours en majorité dépendantes des capitaux étrangers, et notamment US.

Ce qui définit une puissance impérialiste, c’est sa capacité à dominer les autres nations par sa capacité à parasiter leurs vies économiques par des exportations de capitaux, et non essentiellement par des exportations industrielles, surtout si elles sont elles-mêmes sous la coupe de capitaux étrangers, comme c’est le cas en Chine…

Au quel cas, l’impérialiste est le financeur, et en l’occurrence, les USA, qui utilisent ainsi la main d’oeuvre chinoise pour parasiter l’économie de leurs vassaux européens, dont la France, et d’autres…

Le capitalisme chinois est devenu effectivement exportateur de capitaux à son tour, au fil des ans, et même l’un des plus importants, en volume global, mais ce n’est qu’en 2015 que son bilan dans ce domaine est devenu positif, à savoir que ces exportations de capitaux ont commencé à l’emporter en volume sur les importations de capitaux étrangers en Chine… !

https://www.lesechos.fr/23/09/2016/LesEchos/22283-025-ECH_en-2015–la-chine-est-devenue-exportatrice-nette-de-capitaux.htm

 

Autrement dit, encore, ce n’est guère que depuis moins de deux ans que l’impérialisme chinois est devenu une réalité concrète, c’est-à-dire capable de grignoter, ici et là, un morceau du gâteau US dans le domaine financier, et manifestement encore loin du compte dans le domaine militaire, malgré les occupations maritimes chinoises d’îlots stratégiques dans le Sud-Est asiatique.

De là à l’inversion du rapport de forces, il y a encore de la marge, même si cette rivalité est déjà largement suffisante pour menacer la paix du monde !

Être un « visionnaire » du développement économique et industriel est une chose, être capable d’en faire une analyse marxiste-léniniste, une autre.

Dans ses laborieux pensums sur le sujet, le camarade VG a donc tout simplement oublié que l’étude du développement du capitalisme financier devait être le fil conducteur… Un détail… !

Mais passons sur ce détail et revenons en à la conception qu’il se fait, et qu’il impose aux autres camarades, de l’histoire de l’URSS…

Le crime de lèse-« maitre-à-penser » que nous aurions commis se trouverait donc dans la présentation faite sur TML de son fameux article de 2006. La voici , en italiques, avec nos commentaires d’aujourd’hui, répondant à leur critique :

 « Sur la nature de classe

de la contre-révolution

khrouchtchevienne »

___« Nous republions ci dessous le texte du camarade VG, écrit en 2006, et auquel nous avons fait plusieurs allusions dans le débat en cours.

(NDLA : il s’agissait précisément d’une autre controverse sur le thème du Capitalisme d’État et des interprétations qu’en font les gauchistes :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/09/30/socialisme-etou-capitalisme-detat-le-debat-continue/ )

 

__ « Il constitue une bonne ébauche d’étude comparative entre les fondamentaux du socialisme et ceux de la contre-révolution khrouchtchévienne. »

Arrêtons nous tout de suite sur ce tout 1er point…

Opposer la contre-révolution khrouchtchévienne au socialisme signifie déjà assez clairement, au départ, qu’ils ne sont pas de même nature !

__« Toutefois, si celle-ci a pu s’imposer relativement « en douceur », et sans résistance organisée, il faut donc en chercher les prémisses et les racines dans la période antérieure, où les fondamentaux du socialisme dominaient encore. »

Le fait que cette contre-révolution se soit imposée sans résistance consistante est une évidence historique que les camarades auront du mal à contester…

Le fait qu’il faille trouver des causes antérieures à cette situation ne leur échappe pas non plus tout à fait, c’est le sujet de l’article, du reste, mais c’est aussi sur la nature sociale et économique de ces causes, tout à fait absentes selon eux, dans la société socialiste soviétique, que le débat à finalement mal tourné.

Alors que pour nous:

__ « Il faut bien chercher à comprendre comment la bureaucratie khrouchtchévienne avait pu s’incruster « dans les tuyaux » de l’État socialiste, au point de sembler surgir comme un diable de sa boite, accéder au pouvoir en quelques mois,… »

Cette idée d’une formation ultra-rapide d’une nouvelle classe dominante est par contre toujours celle des camarades, d’après leur texte récent, qui a l’ « imprimatur » de leur Maitre-à-penser :

« Après la mort de Staline en 1953, une nouvelle classe exploiteuse réussit à se constituer et à prendre le pouvoir en la personne de Khrouchtchev. Dès 1956, la «déstalinisation» fut initiée, et le capitalisme rétabli, le pouvoir du peuple sur la société fut confisqué. Le marxisme fut abandonné, ou plutôt «révisé» pour faire croire que l’URSS était toujours socialiste alors qu’elle ne l’était plus. Ainsi on appelle «révisionnistes» les dirigeants soviétiques qui ont succédé à Staline. » (extrait de leur tract récent)

 

Autrement dit, en trois ans, de 1953 à 1956, s’est constituée une classe bourgeoise dominante qui n’existait absolument pas auparavant…

 

__ « …et pouvoir commencer à renverser la vapeur de la locomotive socialiste encore si bien lancée dans sa période de redéveloppement, suite aux ravages de la guerre. »

Le développement économique socialiste avait alors permis à l’URSS de se reconstruire et de se maintenir au premier plan des puissances mondiales, ce qui aurait donc du s’arrêter net selon les « historiens » de l’OCF…

Alors que pour nous:

__ « Incontestablement, si les ennemis du développement socialiste ont trouvé prise si rapidement, c’est grâce aux déficiences bureaucratiques et autoritaires dont il pâtissait déjà, même si leur discours démagogiques visaient à masquer leur propres responsabilités dans ce processus. »

Alors que selon les camarades de l’OCF, donc, il n’y avait jusque là aucune déficience bureaucratique, vu que le processus démocratique fonctionnait d’après eux à merveille, même s’il ne semble pas, ni pour la plupart des historiens, ni pour nous, que ce fut systématiquement le cas sur le terrain…:

__ « Le processus démocratique de contrôle populaire ne peut pas résider seulement dans un passage de la constitution, mais dans sa réalité sur le terrain. C’est une des leçons de l’histoire de l’URSS qu’il ne faut pas oublier.

De plus, si la contre-révolution khrouchtchévienne a rapidement remis en cause quelques fondamentaux du socialisme, dont la liquidation des Stations de Machines agricoles et Tracteurs (SMT), fut un exemple emblématique,… »

Cette remise en cause, citée par nous ici, n’a été effective qu’en 1959, en fait, sur le terrain :

http://www.persee.fr/docAsPDF/reco_0035-2764_1959_num_10_3_407358.pdf

 

__ «  …il faut aussi considérer que cette déconstruction s’est effectuée sur une grande durée, et que des éléments d’économie socialiste ont survécu assez longtemps pour duper le prolétariat, ainsi que divers avantages sociaux qui n’ont été définitivement liquidés que  suite à l’effondrement de l’URSS. »

Les SMT, donc, exemple connu, montrent déjà ce que le changement social et économique a eu d’ « instantané », (…6 ans après!) à partir de 1953…

 

Mais dans leur tract récent, pour l’OCF et ses adeptes :

« Malgré quelques apparents «acquis sociaux», il ne restait plus rien du socialisme. »

 

Les « acquis sociaux » ne peuvent absolument plus être « réels », pour eux, à partir se 1953, (…ou 56??), car ils seraient à la fois, inévitablement, un héritage du socialisme et de la Révolution d’Octobre, et donc, un déni de leur propre « théorie » de la transformation « instantanée » du socialisme en capitalisme !

 

Mais c’est évidemment cette dernière phrase de notre présentation qui les a donc fait sortir de leurs gonds… :

__ « En un certain sens, la contre-révolution khrouchtchévienne est aussi un type d’ »économie mixte », mais de type régressif, comme une antithèse de la NEP, en quelque sorte. »

C’est vrai qu’il y a là de quoi mettre à la torture les pauvres neurones de nos « grands penseurs »…

Beaucoup trop d’idées, sans doute, pour eux, quoi que pourtant simples, mais regroupées dans une seule phrase…

Décortiquons….

__ « une sorte d’« économie mixte »… »

Il s’agit donc d’une comparaison, d’une analogie…

Qu’est-ce qu’une société d’économie mixte ?

C’est une société contrôlée en majorité par des capitaux publics, dotée d’une mission de service public, d’utilité sociale, de tâches planifiées dans l’intérêt public, mais qui dégage néanmoins un bilan financier incluant un intérêt pécunier pour ceux qui en sont responsables. En quoi est-ce une forme de socialisme ? En rien, à priori, et ce n’est pas non plus ce que cette dernière phrase signifie.

Au contraire, et autrement dit, il s’agit bien, en fait, d’un élément typique du capitalisme d’état !

__ « De type régressif… : »

Cela signifie, assez logiquement, que, progressivement, l’intérêt public, dans ce processus, au fil du temps, s’efface au profit de l’intérêt pécunier.

Et il s’agit donc bien d’une forme de « régression » vers une forme de capitalisme éloignée du capitalisme d’état, éloignée de l’utilité sociale et de l’intérêt public.

__ « Comme une antithèse de la NEP… »

Encore trop de concepts accolés ensemble, ici, sans doute pour nos grands « théoriciens », mais difficilement séparables !

Toutefois le camarade WH, dans le même courrier déjà cité, où il proclame l’omniscience de Maitre VG, (…« Le texte du camarade VG date quant à lui de 2006, et contenait déjà tout ce qu’il y a à savoir. »), rajoute aussitôt ce qui semble être une lueur de sa part :


« Pendant ce temps toi tu compares la période Khrouchtchev à une NEP inversée ?! »

Semblant signifier par là qu’il aurait tout de même saisi le principe possible d’une démarche dialectique, processus qu’il avait pourtant rejeté dès la première ligne de son mail :

« Que vient faire la dialectique là dedans ? « 

En réponse à un précédent proposant simplement d’en revenir à cette méthode éprouvée…

Mais appuyons nous donc sur ce sursaut de conscience pour gagner du temps et aller plus loin…

Toutefois, avant de parler d’inversion, essayons de rappeler ce qu’est la NEP…

En fait, il nous en donne lui-même aussitôt l’approche et la plus directe qui soit par cette courte citation de Lénine :


« Mais le capitalisme d’État dans une société où le pouvoir appartient au capital, et le capitalisme d’État dans l’État prolétarien, sont deux notions différentes. Dans la société capitaliste, le capitalisme d’État est reconnu par l’État qui le contrôle dans l’intérêt de la bourgeoisie et contre le prolétariat. Dans l’État prolétarien, la même chose se fait au profit de la classe ouvrière pour lui permettre de résister à la bourgeoisie encore puissante et de lutter contre elle. « 
(Lénine, III° congrès de l’Internationale Communiste, Rapport sur la tactique du Parti Communiste de Russie, 5 juillet 1921   https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1921/07/vil19210705.htm        )

Prenons le cas d’une société mixte, telle qu’évoquée précédemment, et replaçons la dans le contexte de la NEP, tel qu’il y en eut… et dont Lénine parle lui-même des problèmes de gestion qu’elles pouvaient poser:

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1922/04/d11c/vil19220400-03c11.htm

C’est le cas typique d’un élément de « capitalisme d’état » et qui n’a donc pas forcément la même destinée selon le contexte et les motivations de ses responsables attitrés.

Il est clair que dans le contexte du socialisme et dans une optique politique révolutionnaire, c’est la qualité de la production ou du service répondant à l’utilité sociale et à l’intérêt public qui va primer, qui orientera l’évolution de la gestion, alors que dans une gestion capitaliste c’est l’intérêt pécunier des gérants qui aura tendance prévaloir…

Dans la société khrouchtchevienne il n’y a pas formellement de capitalisme privé, mais la gestion « réformée » des entreprises « décentralisée », surtout financièrement, permet aux gérants locaux, à tous les niveaux, de faire prévaloir insidieusement leur intérêt pécunier sur l’intérêt public, et c’est en cela qu’ils ont reconstitué un capitalisme d’état régressif, qui s’éloigne progressivement de l’utilité sociale, de l’intérêt collectif et public.

L’accumulation primitive se fait au niveau de baronnies bureaucratiques locales, y compris et surtout en lien avec l’économie « parallèle », et par le truchement du relationnel, de la cooptation et du népotisme.

En même temps, il paraît assez évident que cette bourgeoisie bureaucratique ne s’est pas mise en place, avec une telle base économique et sociale, du jour au lendemain, et quasiment dès la mort de Staline.

Le fait qu’elle ait pu se former et exister en tant que classe sociale ayant une base économique et sociale antérieure à sa prise de pouvoir, c’est pourtant ce que nient formellement ces camarades… !

Pour eux le processus d’ « accumulation »  de ce phénomène révisionniste s’est limité à la lutte idéologique et politique à l’intérieur du parti et de l’administration, sans avoir de base sociale et économique ! (Sauf, pour ne pas éluder leur propos, l’influence de l’étranger…)

Le fait, pourtant assez évident, que ces baronnies bureaucratiques aient pu se constituer avec leurs réseaux de relations et d’intérêts au cours de ce processus d’accumulation leur paraît tout à fait inconcevable…

Par contre, mais assez « logiquement », du moins selon ce raisonnement absurde, il leur paraît donc tout à fait naturel qu’un système économique qui fonctionnait entièrement, selon eux, à l’échelle de l’URSS, selon des rapports de production socialistes, passe, sinon instantanément, du moins en moins de trois ans, de la mort de Staline, au XXème Congrès, à des rapports de production entièrement capitalistes, sans que personne, quasiment, ne s’en aperçoive…!

C’est clairement ce que prétend la prose de ces camarades…

WH dans son mail :

« Dès lors qu’une classe exploiteuse s’était formée et dirigeait l’économie, que restait-il de socialisme? Il n’y avait plus de socialisme, mais un capitalisme d’état néo-bourgeois. »

Et comme on l’a déjà vu, dans le tract « approuvé » par l’OCF :

« Après la mort de Staline en 1953, une nouvelle classe exploiteuse réussit à se constituer et à prendre le pouvoir en la personne de Khrouchtchev. Dès 1956, la «déstalinisation» fut initiée, et le capitalisme rétabli, le pouvoir du peuple sur la société fut confisqué. »

 

En même temps on remarque que selon le camarade WH il s’agit d’un « capitalisme d’état néo-bourgeois », concept dont il devra également assumer la paternité, après celui de lutte de classe sans base économique et sociale, qu’il a donc assez crânement défendu au cours de ce débat…

Jusqu’ici la « doxa » héritée de la pensée albanaise était que la prise du pouvoir par les révisionnistes débouchait directement sur le capitalisme monopoliste d’état et le « social-impérialisme »…

 

Rappelons ici, pour mémoire, que cette confusion entre « capitalisme d’état » élément ambivalent et qui ne constitue aucunement un mode de production ou un système économique par lui-même, comme il est si bien expliqué par Lénine lui-même, et notamment dans le texte cité ici par le camarade WH, et capitalisme MONOPOLISTE d’état, cette confusion, c’est précisément la méthodologie par laquelle les « gauchistes », bordiguistes et autres, tentent d’embrouiller leurs adeptes pour faire passer Lénine pour un « traitre »…

Mais nous laisserons volontiers le camarade WH démêler ce problème avec son Maitre-à-penser de l’OCF!

 

La nature de la forme de capitalisme incontestablement restauré par les révisionnistes est une question importante, mais concernant le processus qui y a abouti, le fond de la question, c’est bien la coexistence ou non de rapports de production de natures différentes, que ce soit avant ou après le coup d’Etat khrouchtchévien, et le rapport de forces entre elles, et le moment où ce rapport de forces change radicalement, et toutes les citations du monde ne pourront plus rien changer à ce qu’a été la réalité économique et sociale sur le terrain.

En tant que point de non-retour, fixant la victoire de la contre-révolution khrouchtchévienne, le congrès de 1956 est simplement le moment à partir duquel le rapport de forces se trouve inversé de manière irréversible, alors qu’il était effectivement « en balance » depuis la guerre.

Mais cette inversion ne signifie pas non plus une transformation instantanée, ni même forcément rapide, de tous les rapports de production dans l’ensemble de la société soviétique.

Néanmoins, reposant sur de nouveaux fondamentaux politiques, elle ne peut plus, effectivement, être qualifiée de socialiste, du point de vue de l’analyse ML.

Reste donc à définir la nature de cette forme de capitalisme, par rapport aux autres, même si ce sujet était en réalité « évité » par ces camarades de l’OCF, lors du débat, et pour cause !

Une première approche de ce sujet se trouvait déjà dans les colonnes de TML, néanmoins, ce que nous leur avions signalé, du reste :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/20/lettre-ouverte-au-rocml-a-propos-des-sept-questions-sans-reponses/

Article sur le thème du « social-impérialisme », mais où il y a quelques éléments sur la nature de classe de la bureaucratie Khrouchtchevienne (…et successeurs!)

La restauration du capitalisme après plusieurs décennies de socialisme est un phénomène qui n’a évidemment pas de précédent dans l’histoire de la formation du capitalisme, et il doit donc être étudié comme tel, en évitant les analogies formelles avec d’autres phénomènes plus anciens.

Cette restauration ne peut prendre les voies de l’accumulation primitive des sociétés anciennes.

Même si l’on ne partage pas le fantasme d’une lutte de classe purement idéologique, sans base économique directe, telle que supposée par WH, notamment, il est néanmoins clair que ce front idéologique est essentiel dans la phase de transition.

La victoire du révisionnisme politique et idéologique n’est pas une « victoire » d’un « socialisme mou », « agonisant », (théorie d’un autre camarade en désaccord avec l’OCF), sauf si l’on considère que cette terminologie signifie déjà une volonté délibérée de renoncement au développement socialiste….

Il s’agit donc bien d’une contre-révolution. Le fait qu’elle n’ait pas suscité de réaction populaire massive (sauf en Georgie…) tient précisément à ce caractère « double » du révisionnisme, qui utilise habilement une apparence de langage ML, comme savent le faire les manipulateurs.

Outre l’évidence qu’il n’y a pas d’inversion flagrante et généralisée de la nature des rapports de production, le maintien d’un jeu à la fois de « coexistence pacifique » et de contradiction avec l’impérialisme US fait partie de ce double langage et de cette manipulation.

En 1957, soit peu après le XXème congrès, où ils avaient donné des gages à l’impérialisme US, notamment en renonçant aux projets de développement économiques de Staline qui auraient pu faire du rouble une monnaie de réserve internationale, ( http://www.specnaz.ru/articles/195/27/1743.htm ), ils ont donc « évacué » dans les filiales de leurs banques en Europe ( BCEN en France, Narodny à Londres) ce qui restait aux USA de leurs réserves monétaires en dollars…

Cette manœuvre étant à l’occasion l’un des facteurs déclenchant de la renaissance à grande échelle du capitalisme financier purement spéculatif en Europe ( BCEN >>>  « EUROBANK » >>> premiers « euro-dollars », voir thèse de Flora Sfez https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00923001/document et http://www.vtb.fr/about/history/ )

Même si l’URSS n’a pas profité directement de cette spéculation, elle a profité de l’affaiblissement financier US qui en a résulté. Il y a donc un jeu de rapport de force où l’URSS joue sa place comme nation « concurrentielle », mais en ayant renoncé, au départ, à un affrontement sur les fondamentaux, aussi bien politiques que économiques.

C’est un élément parmi d’autres qui apportent un autre éclairage dialectique  par rapport au point de vue de ce camarade qui voit donc l’URSS khrouchtchévienne comme une forme de socialisme « mou » mais néanmoins toujours réel :

«  ….si le capitalisme avait été rétabli en 1956, cela aurait voulu dire que l’URSS était en cohérence avec les pays impérialistes, c’est à dire que la partie aurait été en cohérence avec tout.

Mais l’URSS de 1956 était en contradiction avec le tout et cela même si elle était porteuse d’une contradiction très forte entre les idées capitaliste et les idées socialistes… »

Alors que, on vient de le voir, l’URSS de cette époque n’était donc plus en contradiction réellement fondamentale avec le tout, mais seulement en « concurrence », et les idées « de gauche » du révisionnisme, en France et ailleurs, n’étaient plus qu’une marchandise « démocratique » parmi celles d’autres partis « de gauche »… !

Elle était donc davantage « en cohérence » avec le tout, plutôt qu’en contradiction.

Ce qui ne l’empêchait pas d’élargir son influence internationale en soutenant les mouvements de libération nationaux, souvent animés par des castes de bourgeoisies bureaucratiques locales assez semblable à celle de Khrouchtchev, et c’est pourquoi le terme de « bourgeoisie nationale bureaucratique » nous paraît assez approprié pour caractériser sa nature de classe.

Ce qui n’excluait pas non plus concurrence et contradiction avec d’autres du même genre, comme ce fut le cas avec la bourgeoisie nationale bureaucratique maoïste, après une ébauche de réconciliation, au moment, précisément, de la mort de Staline. ( https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/ )

Dans un capitalisme de type national bureaucratique des éléments de capitalisme d’état peuvent subsister et même rester un « noyau dur », en complément des baronnies bureaucratiques locales et de l’économie « parallèle ».

Autour de certains éléments de ce capitalisme d’état il n’est pas bien difficile d’entretenir pour les masses l’illusion formelle du « socialisme », notamment autour des acquis sociaux maintenus et d’une gestion incluant une part de collaboration de classe avec l’aristocratie ouvrière.

Avec le secours de l’idéologie révisionniste et de son double langage, il n’y a donc pas de contradiction ouverte entre superstructure et infrastructure.

Luniterre

 

 

 

 

 

Prix du pétrole : Effondrement des cours et effondrement d’une théorie pseudo « marxiste-léniniste » !

Prix du pétrole :

Effondrement des cours

et effondrement d’une théorie

pseudo « marxiste-léniniste » !

 

 

 

L’effondrement récent des cours du brut, ces dernières années, a remis en lumière la capacité de l’impérialisme US à manipuler le cours des matières premières à l’échelle mondiale en vue de contrôler ses alliés, de neutraliser une partie importante de ses adversaires et de tenter d’en réduire d’autres brutalement à merci…

Aujourd’hui cette stratégie est largement utilisée contre la Russie de Poutine et le Vénézuéla de Maduro, entrainant néanmoins de fortes résistances.

La Russie a prouvé une capacité d’autonomisation économique déjà suffisante pour imposer aux USA de renouveler et d’augmenter les « sanctions économiques » déjà établies en vue d’affaiblir ce pays.

Cette stratégie n’est pas nouvelle, et avait déjà été un des facteurs aboutissant à l’effondrement de l’URSS dans la deuxième moitié des années 80.

Elle repose sur un axe USA-Arabie Saoudite où ce dernier pays fait en apparence le « sacrifice » provisoire de ses marges extensives sur le prix du baril… En réalité c’est précisément le caractère extensif de ces marges par rapport à ses coûts de production réduits, exceptionnellement bas du fait de ses facilités d’exploitation, qui lui permet de suivre son « allié », en réalité son suzerain, dans cette stratégie.

A terme la « perte » sera compensée par la reconquête de nouveaux marchés, perdus par certains producteurs faillis du fait de leurs coûts de production prohibitifs.

Impérialisme US et dumping commercial saoudien font, aujourd’hui comme hier, très bon ménage.

Aux USA eux-mêmes il peut y avoir une perte de revenus sur les ressources naturelles locales, du fait de ce « dumping », mais elle est largement compensée par la baisse des cours du brut à l’importation.

Les revenus de l’industrie US s’en trouvant même globalement améliorés, une bonne partie de leur « compétitivité » est retrouvée, à l’export, sur le marché mondial.

C’est précisément toute la différence entre une métropole impérialiste capable d’agir par le poids de sa finance mondialisée et une nation capitaliste « émergente » comme le Venezuela, la Russie ou d’autres, qui ont connu des sorts encore moins enviables !

Dans cette affaire la Chine se trouve relativement « neutralisée » vu qu’elle a elle-même besoin d’un cours des matières premières le plus bas possible, en vue de relancer ses exportations, également en berne, tout étant relatif…

On a déjà vu dans d’autres articles, plus approfondis sur le sujet, que son « développement » continue de dépendre de ses exportations, même s’il tend à s’autonomiser en tant que pôle financier, désormais exportateur de capitaux lui-même et donc maintenant le principal challenger impérialiste de l’expansionnisme US.

La seule pirouette, de pure façade, que la Chine puisse se permettre à ce propos, c’est de contraindre en plus la Russie à accepter de faire les transaction dans cette monnaie de singe qu’est le yuan chinois…

Malgré l’immensité des deux pays, le rapport de force est loin d’être égalitaire et l’ »amitié » n’est donc que de pure façade diplomatique, contrainte et forcée. Ce n’est pas un hasard si une partie de la défense stratégique russe est toujours orientée contre son « allié » chinois…

Pour fixer les idées, chacune des deux plus grandes grandes firmes US, Apple et Google, possède à elle seule un capital financier largement supérieur à la totalité du capital financier de la Russie…

Le rapport de proportion Chine/Russie, dans ce domaine, en milliards de dollars, tourne autour de 11000/ 300…

Le fait de présenter les BRICS comme une sorte d’ « alliance anti-impérialiste » relève soit de la duperie, soit de la farce, à moins qu’il ne relève de la complicité stipendiée avec l’impérialisme chinois…

C’est pourtant cette illusion grotesque que défendent divers groupements et tendances françaises se réclamant du « communisme », et même du « marxisme-léninisme » !!

Les BRICS ne sont que l’un des biais par lesquels l’impérialisme chinois tente de se créer une zone de suzeraineté sur un ensemble de vassaux, fondamentalement de la même manière que les USA ont créé la leur, même si avec plus de « diplomatie » dans la forme…

Une autre aberration, apparemment contradictoire, consiste, pour certains gauchistes, trotskystes, maoïstes, et également certains qui se prétendent « marxistes-léninistes », à présenter la Russie comme une puissance « impérialiste »…

Le fait que la Russie soit une nation capitaliste « émergente » et développe une certaine puissance militaire pour survivre n’en fait pas pour autant une puissance impérialiste, à moins de revoir complètement la définition léniniste de l’impérialisme, basée précisément sur la domination du capital financier.

Mais le comble du raffinement « théorique », pour ceux-ci qui se prétendent « marxistes-léninistes », est de chercher à prouver que le prétendu « impérialisme » russe actuel serait l’héritier direct d’un non moins prétendu « social-impérialisme soviétique », datant des dernières décennies de l’URSS…

Or, dans la dernière décennie de l’URSS, et en plein milieu, 1985, peu avant la plongée vers l’effondrement final, se trouve précisément le premier épisode de « contre-choc » pétrolier, c’est à dire de baisse brutale des cours du brut, déjà tout à fait orchestrée par l’axe USA-Arabie Saoudite, dans des conditions très similaires à l’actuelle, et qui a mis en lumière, dès cette époque, la dépendance de l’économie russe à l’égard de la rente pétrolière. Cette chute a également mis en lumière le fait que cette rente soit utilisée non seulement pour les besoins intérieurs de la Russie, mais également pour l’entretien dispendieux de sa zone d’influence, notamment sur l’Europe de l’Est, qui avait donc tout d’une coûteuse « danseuse » et rien d’une rente financière impérialiste telle que définie par Lénine dans son célèbre ouvrage…

Il en allait de même pour les rapports de l’URSS avec de nombreux pays du tiers-monde, et notamment avec Cuba.

Parler d’impérialisme ou de « social-impérialisme », à propos de la Russie et de l’URSS, c’est, aujourd’hui comme hier, un grossier déni du marxisme-léninisme.

Utilisée par les chinois dans leur propagande pseudo « marxiste-léniniste », et en réalité purement nationaliste et anti-soviétique, cette formule n’a abouti à rien d’autre qu’à leur collaboration avec l’impérialisme US.

Reprise par les albanais aux même fins nationalistes et isolationnistes, elle n’a abouti qu’au fiasco final de ce petit pays qui avait pourtant une capacité de résistance relativement extensive, du fait de ses ressources naturelles.

En URSS, la période « Brejnevienne », terminée en apparence avec la mort de Brejnev lui-même, se prolonge, en quelque sorte avec l’intermède gérontocratique Andopov-Tchernenko. C’est dans ce contexte instable en URSS que survient le « contre-choc » pétrolier, paralysant toute chance de nouveau développement économique de l’URSS, et même toute chance de survie, probablement.

Les « réformes » de Gorbatchev, à partir de 1985, ne feront qu’officialiser le retour à l’économie capitaliste déjà initié par les « réformes » de même nature de Khrouchtchev, dès la fin des années cinquante, en les amplifiant dans un sens ouvertement « libéral », déchainant une nouvelle vague d’accumulation primitive du capital de type maffieuse, mais incapable de relancer le développement global de l’activité économique.

Par comparaison, la période « brejnevienne », se caractérisant par une grande stabilité, comme corollaire de sa relative stagnation économique, est restée dans le souvenir de nombreux russes un peu comme celui de nos « trente glorieuses » en France…

Évidemment, cela n’a rien à voir avec la nature de classe du régime, considéré du point de vue de l’analyse marxiste-léniniste, et il n’y avait aucune illusion à ce sujet, pas plus que les Français ne pensent avoir vécu sous le « socialisme » des « trente glorieuses »…

Toutefois, les « acquis sociaux » de l’URSS étaient bel et bien un héritage lointain des conquêtes du socialisme et de la Révolution d’Octobre, même s’ils étaient, à ce moment précis, essentiellement entretenus par la rente pétrolière.

C’est pourquoi la nostalgie de l’URSS qui perdure actuellement et semble même étrangement se renouveler avec les générations, et cela même selon les observateurs occidentaux, qui n’y comprennent rien, présente un caractère ambigu où les souvenirs, la mémoire populaire des acquis, des faits historiques, de la victoire contre le fascisme, de la grandeur de l’URSS, jusque et y compris, à la veille de sa chute, tout cela se confond donc dans ce phénomène global de nostalgie populaire.

Pour autant de nombreux russes se penchent désormais sur leur propre histoire et cherchent à en démêler les arcanes à partir des documentations d’époque maintenant accessibles.

La seule période qui semble universellement exécrée est bien celle de Gorbatchev, qui a précipité, et semble-t-il, délibérément, le syndrome de la chute, par ses « réformes » aux effets désastreux et de toutes façons, absolument incontrôlables.

Bien évidemment, l’analyse historique marxiste-léniniste doit porter sur l’ensemble de la période soviétique pour en distinguer les différentes phases et leur nature de classe, mais elle ne peut se contenter de reprendre celles qui ont abouti aux formules inappropriées et grossièrement fausses de « social-impérialisme », qu’elles soient héritées de Chine ou d’Albanie.

Il s’avère pourtant évident qu’on ne peut pas à la fois parler de « social-impérialisme soviétique » et s’appuyer sur le fait que ce prétendu « empire » était entièrement dépendant de sa « rente pétrolière » pour sa survie économique, et surtout pour acheter une « paix sociale » à la manière du Vénézuela de Chavez-Maduro, aujourd’hui en faillite…

Aujourd’hui, pour tenter de redonner une certaine « actualité » à ces « théories », de prétendus « marxistes-léninistes » avancent ce mensonge grossier que la nostalgie russe pour l’URSS ne porterait que sur la période Lénine-Staline, et non sur l’ensemble. Même si les causes de cette nostalgie sont multiples et en grande partie confuses, le fait qu’elle soit globale est bien la réalité, que cela nous plaise ou non, et prétendre le contraire, c’est, notamment à l’occasion du centenaire d’Octobre, vouloir baser l’action d’agit-prop sur un mensonge  !

Cette attitude mensongère est à la fois grossièrement en contradiction avec le matérialisme dialectique et historique, avec le marxisme-léninisme, et avec le simple respect, du tant au peuple russe qu’au prolétariat français auquel ils prétendent s’adresser.

Alors que partir du niveau de conscience réel des masse populaires russes peut être un moyen, sinon de les faire avancer, ce qui appartient aux camarades russes eux-mêmes, du moins un moyen de faire avancer le niveau de conscience des masses prolétariennes et populaires françaises, et en partant de ce constat et en commençant à aborder la différenciation des périodes de l’histoire de l’URSS et leur signification.

C’est la démarche choisie et initiée par Tribune Marxiste-Léniniste,

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/03/100-ans-apres-octobre-vu-par-les-russes/

même si elle est rejetée, aujourd’hui, tant par ceux qui restent dans l’optique anti-soviétique traditionnelle et/ou gauchisante que par ceux-là même qui avaient prétendu y participer au départ, au nom du Marxisme-Léninisme !!

Luniterre

 

 

 

 

REBLOGUÉ  ÉGALEMENT SUR:

 

Prix du pétrole : Effondrement des cours et effondrement d’une théorie pseudo « marxiste-léniniste » !

 

ET SUR:

 

 

Prix du pétrole : Effondrement des cours et effondrement d’une théorie pseudo « marxiste-léniniste » !

 

 

100 ans après, Octobre vu par les Russes…!

 

 

En cette année 2017, en Octobre,

la Russie Soviétique

aurait pu avoir 100 ans…

 

Les capitalistes occidentaux ont réussi à persuader leurs peuples que l’URSS fut un échec d’un bout à l’autre…

Alors que potentiellement, lors de sa dissolution, en 1991, elle était encore la seconde puissance mondiale.

Son effondrement devait être la « fin de l’histoire », la « libération des peuples de l’Est », le « développement économique par le capitalisme », etc…

Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après cette «  libération  », plus de 55% des Russes, même selon les instituts de sondage US, s’affirment nostalgiques de l’URSS, et Lénine et Staline y sont considérés parmi les chefs d’Etat russes les plus populaires, que cela « choque » l’Occident ou non !

Pourtant, le retour au pouvoir d’un parti communiste, même s’il en reste d’influents, n’y semble pas imminent…

Gorbatchev, liquidateur de l’URSS en 1991, avait déjà depuis des années livré officiellement l’économie de son pays aux bandes maffieuses constituées par les gangs tout droit sortis des anciens goulags. C’était ce qu’il prétendait être la « perestroïka » (reconstruction)  !! Parachevant cette ruine économique tragique et entraînant un appauvrissement généralisé de la population, sous l’ère Eltsine, ces gangs de futurs « oligarques » se sont affrontés de manière sanglante pendant des années, jusqu’à ce que le clan Poutine, issu du KGB, prenne le dessus et impose son ordre, toujours en place, depuis 1999. Aujourd’hui, la Russie reste un état capitaliste «  émergent  », capable de défendre militairement son indépendance, mais d’une puissance financière à peu près équivalente à celle de l’Espagne, infiniment plus petite…

Aujourd’hui la Russie Soviétique qui suscite la nostalgie n’est donc pas celle, dégénérée, de Gorbatchev, déjà ravagée depuis longtemps par le capitalisme, mais bien celle qui est sortie de terre à l’issue de la Grande Révolution d’Octobre, il y a cent ans.

Celle qui a émergé du néant, saignée à blanc par la 1ère guerre mondiale, puis par la guerre « civile », guerre soutenue en fait par toutes les puissances impérialistes occidentales, dont la France.

Celle qui, dès 1917, organisait le pouvoir des Soviets, assemblées ouvrières et paysannes sur la société, alors que chez nous « démocratie » rime encore avec ploutocratie, oligarchie et surtout duperie !

Celle qui, en 20 ans, est devenue, à partir d’un pays totalement ruiné, une puissance économique industrielle capable de résister à l’Allemagne Nazie, puissance dominante en Europe, et de la vaincre!

Une nouvelle fois ruinée par cet effort immense, l’URSS se releva à nouveau en quelques années, sans déchoir de son rang de deuxième puissance mondiale

Avec la prétendue « libéralisation économique », véritable rétablissement du capitalisme, entrepris par Khrouchtchev, s’ouvrira une ère de stagnation économique et de recul social, parachevée sous l’ère Gorbatchev.

Néanmoins, de nombreux acquis sociaux de la première période y ont perduré suffisamment pour que l’on puisse comprendre à la fois la nostalgie actuelle et la méfiance à l’égard des divers «  communistes  », héritiers de l’ère Gorbatchev, même s’ils font mine de s’en défendre et n’hésitent pas à se référer formellement à Lénine et Staline pour tenter de capter une part de leur prestige historique.

Les véritables communistes sont parfaitement conscients des légendes noires, mensonges et calomnies déversées par la bourgeoisie pendant des dizaines d’années sur leur propre histoire. Ils ne se contentent pas de proclamations nostalgiques mais tirent les leçons utiles de l’histoire de l’édification de l’Union Soviétique, qui a rayonné un temps sur le tiers de la planète.

Leur but n’est pas de la reconstituer en l’état, mais de construire un nouveau projet d’alternative prolétarienne, à la fois digne du Grand Octobre et capable de répondre, en 2017, au chaos de la crise du capitalisme ainsi qu’à sa mascarade de démocratie, et notamment en Macronie !

« NOUS NE SOMMES RIEN ? SOYONS TOUT ! » – Eugène POTTIER – « L’Internationale »

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POUR DÉBATTRE D’UNE ALTERNATIVE POLITIQUE

ET ÉCONOMIQUE A LA CRISE!

 

Toutes les richesses créées, en biens et services socialement utiles, sont le fruit du travail, devenu précaire et de plus en plus mal payé, des forces vives productives qui sont la force essentielle de la société.

Leur fonction naturelle est de répondre aux besoins sociaux des travailleurs et de leurs familles.

Avec la crise, le fait qu’elles soient détournées au profit de l’accumulation du capital apparait de plus en plus flagrant.

Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits, alors que prolifèrent les services et productions superfétatoires et de luxe, gaspillant les ressources de la planète.

Rendre aux forces productives vives leur fonction sociale première, c’est l’exigence de l’heure!

Dans ce but, il est nécessaire de rendre à chacun le pouvoir de s’y impliquer, en y participant par son travail, afin de recevoir en échange la juste part qui lui en revient, pour soi-même et sa famille.

8 points du débat de fond :

___1_Refonte complète des institutions politiques et de l’état, en donnant tout le pouvoir aux travailleurs, qui doivent être représentés par eux-mêmes et avoir le droit de révoquer leurs élus. Donner à la démocratie prolétarienne la direction de l’économie.
Électivité et révocabilité du personnel de l’appareil d’état (police, armée, justice, responsables administratifs).
Élus politiques, cadres et officiers, dont le salaire est ramené au salaire des ouvriers et ouvriers qualifiés, selon grade et responsabilités. (Fourchette de 1 à 3)

__2_Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital. Cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.

L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels.

__3_Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__4_Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__5_Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__6_Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__7_Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__8_Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

 

Tribune Marxiste-Léniniste

Célébrons OCTOBRE !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/03/100-ans-apres-octobre-vu-par-les-russes/

 

 

 

ÉGALEMENT REPUBLIÉ SUR:

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2017/08/04/100-ans-apres-octobre-vu-par-les-russes/

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/08/04/100-ans-apres-octobre-vu-par-les-russes/

 

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/08/04/100-ans-apres-octobre-vu-par-les-russes/

 

 

 

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Rapport Jdanov, 1947 : Un message d’Alexandra Kollontaï

 

 

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1947

Многоуважаемый и дорогой Андрей Александрович, к многочисленным приветствиям, которые несутся к вам со всех концов нашей страны и всего мира в связи с Вашим докладом, хочу присоединить и мой голос.

Très estimé et très cher Andreï Alexandrovitch, aux nombreux messages de salutation qui affluent vers vous de tous les coins de notre pays et du monde entier, en lien avec votre Rapport, je tiens à y joindre ma voix.

Ваше выступление не только блестяще по глубине и анализу положения дел во всем мире, особенно в США, но и является историческим документом, указывающим ясный и четкий путь к будущему.

Votre intervention n’est pas seulement brillante par sa profondeur et son analyse de la situation de l’ensemble du monde, et particulièrement aux USA, mais elle est un document historique, indiquant un chemin clair et précis pour l’avenir.

У многих последнее время развился пессимизм, но Ваш анализ и ясные указания последующих этапов нашей политики и освободительного движения во всем мире приоткрывает еще одну дверь в будущее.

Pour beaucoup, ces derniers temps, s’est développé le pessimisme, mais votre analyse et vos indications claires des prochaines étapes de notre politique et du mouvement de libération dans le monde entier entrouvrent encore une autre porte vers l’avenir.

И на душе делается радостно и светло.

Et dans l’âme se fait la joie et la lumière.

Установка нашей партии так ярко передана в Вашем докладе, твердая и четкая, самый внушительный ответ поджигателям войны.

L’ancrage de notre parti est ainsi communiqué de façon éclatante dans votre Rapport, ferme et précis, la plus impressionnante réponse aux fauteurs de guerre.

Переводится ли Ваш доклад на другие языки, чтобы издать его отдельной брошюрой? Это было бы очень важно.

Votre Rapport sera-t-il traduit dans les autres langues, pour publication en tant que brochure séparée ? Ce serait très important.

Я не теряю связь с моими друзьями за границей и вижу, как они реагируют на Ваш доклад и его основные положения.

Je ne perds pas le contact avec mes amis à l’étranger et je vois comment ils réagissent à votre Rapport et à ses thèses essentielles.

Поздравляю Вас с огромным успехом и сердечно жму вашу руку. Всего наилучшего желает Вам старый соратник.

Je vous félicite pour cette énorme réussite et je vous serre cordialement la main. Une vieille partisane qui vous souhaite le meilleur,

А. Коллонтай.

 

 

Source:

Российский государственный архив социально-политической истории

(далее — РГАСПИ). Ф. 77. Оп. 2. Д. 108. Л. 1.

Le message est daté du 1er Novembre 1947

 

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Pour aller plus loin :

Le texte intégral et original du Rapport Jdanov :

Rapport sur la situation internationale __1947

https://tribunemlreypa.wordpress.com/la-doctrine-jdanov-du-front-anti-imperialiste/

et en PDF :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2014/02/rapport-jdanov-____-1947.pdf

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ÉTÉ 2017 : FACE AU CHAOS EN MARCHE, FAIRE RENAITRE LA RÉSISTANCE !!

ÉTÉ 2017 :

FACE AU CHAOS

EN MARCHE

FAIRE RENAITRE

LA RÉSISTANCE !!

 

 

 

 

 

 

Le chaos en marche au Venezuela n’est en rien le fruit du hasard mais bien le énième fruit pourrissant de la crise mondiale engendrée par la domination du capitalisme financier sur la planète.

Libye, Irak, Syrie, Yémen, etc… partout le chaos se répand parmi les peuples et les nations qui tentent simplement de se développer de manière indépendante, sans accepter de payer un tribut de vassalité à l’égard de l’impérialisme US.

Les seuls qui parviennent à éviter de sombrer totalement dans ce chaos sont ceux qui au fil des ans, au fil de difficiles combats, on réussi à constituer une force de résistance nationale suffisante pour que le prix à payer par les générateurs du chaos soit suffisamment élevé pour les faire hésiter, voire les amener à négocier.

On le voit bien avec la Syrie, notamment, qui, au fil des combats, a réussi à reconstituer sa capacité de résistance au point de passer à la contre-offensive.

On le voit encore mieux avec la République Populaire de Corée (RPDC), qui a maintenu son effort de développement parallèlement dans le domaine civil et militaire, au point de contraindre le géant US à pratiquer aujourd’hui des exercices de défense sur son propre sol !!

http://www.20minutes.fr/monde/2111451-20170731-coree-nord-nouveau-test-americain-reussi-interception-missile-intermediaire

Mais bien évidemment personne ne pense sérieusement que la RPDC a l’intention de s’en prendre militairement au géant nord-américain, armé jusqu’aux dents, comme aucun autre pays, et disposant de bases militaires partout sur la planète… Alors que manifestement la réciproque n’est pas vraie : l’impérialisme US n’a de cesse que de réduire à néant toute forme de résistance, tout peuple qui refuse sa domination, et en premier lieu, le peuple coréen, qui lui résiste victorieusement depuis plus d’un demi-siècle !

https://fr.sputniknews.com/international/201707291032438399-coree-nord-tir-missile-video/

 

En clair, si la RPDC renonçait au développement de ses forces armées, et notamment de son programme nucléaire et balistique, elle serait réduite à néant en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire…

Cette résistance farouche est sa seule chance de survivre, de continuer son développement civil, et éventuellement, de négocier sur un pied d’égalité, aussi bien avec les USA qu’avec ses puissants voisins chinois !!

http://www.francetvinfo.fr/monde/coree-du-nord/kim-jong-il/missile-nord-coreen-ce-que-veut-pyongyang-c-est-un-dialogue-avec-les-etats-unis_2305341.html

 

 

 

Mais le but du peuple coréen, tant au nord qu’au sud, c’est la réunification en une seule nation réellement indépendante.

A l’évidence, une telle nation réunifiée aurait une capacité de développement énorme dans tous les domaines et deviendrait un exemple pour les autres peuples du monde, désireux simplement de ne pas tomber entre les griffes des deux tigres qui se déchirent la planète, les USA et la Chine.

La Chine, pas plus que les USA, ne veut réellement d’une Corée réunifiée et souveraine. L’une comme l’autre des super-puissances jouent de cette division dans le bras de fer qui les oppose pour la suprématie planétaire, dans tous les domaines.

Après être rentrée, depuis la « diplomatie du ping-pong », initiée par Mao, dans une phase intense de collaboration servile avec l’impérialisme US, la Chine a réussi à se constituer elle-même comme pôle impérialiste concurrent de domination financière sur la planète.

A présent cette émergence financière se trouve freinée par la crise engendrée elle-même par cette bipolarisation Chine-USA, mais c’est précisément cette bipolarisation impérialiste qui entraine le monde vers le chaos et la guerre.

Comme le disait Deng Xiaoping lui-même :

« Il ne peut y avoir deux tigres sur la même colline”

 

Comme nous l’explique cette vidéo, au delà des rapports de force militaires, cependant, l’affrontement est total dans tous les domaines, et en tout premier lieu, dans le domaine financier. Pour les puissances impérialistes, USA, Chine, et d’autres plus anciennes, comme la France, la puissance militaire ne vise pas essentiellement à garantir leurs frontières et leur intégrité territoriale, mais bien au contraire à affirmer leur capacité de domination sur les autres nations, et d’en tirer profit.

Pour autant, la domination financière n’existe pas en dehors d’une relative maîtrise du développement économique. Ces puissances se partagent le monde en fonction de leur capacité d’exportation de capitaux, et par ce moyen, leur capacité de parasiter l’économie des nations en voie de développement.

Un tel mode de développement économique n’amène, on le voit bien, aucun équilibre, aucune zone de paix réelle sur la planète.

Les alliances se nouent et se dénouent mais elles ne sont généralement que des alliances de dupes.

Ceux qui voient dans la situation actuelle un retour aux alliances de l’époque du début de la « guerre froide » se trompent lourdement. Il n’y a pas d’alliance Chine-Russie contre l’impérialisme US, par exemple, mais bien un jeu de bascule permanent ou la Russie est la proie potentielle de la Chine comme des USA, en fin de compte.

En dépit des apparences la Chine ne fait aucune concession économique à la Russie, notamment sur le prix des matières premières, qui s’est effondré suite aux manœuvres et pressions US, aussi bien tournées contre le Venezuela, sur ce sujet, que contre la Russie, mais dont la Chine profite aussi pour tenter de relancer ses exportations.

Le rapport de force financier à cet égard, entre les deux pays, est éloquent. La capitalisation boursière en Russie est tombée en dessous de 300 Milliards de dollars, alors que celle de la Chine dépasse désormais les 11 000 Milliards de dollars.

Dans le cas de la Russie, comme dans le cas de la Corée du Nord, la survie et le développement d’une industrie militaire et d’une force militaire significative est le prix incontournable du maintien de sa souveraineté et la condition première d’un espoir de redécollage économique.

 

Toutefois, ce que montre l’expérience des mouvements de libération nationaux depuis la seconde guerre mondiale, c’est que l’indépendance et la liberté des peuples et des nations, de même que la paix dans le monde, ne peuvent se construire réellement dans le cadre du capitalisme, qui mène soit à la soumission envers une puissance impérialiste ou l’autre, en dépit des changements d’alliance, soit à la transformation en un nouveau pôle impérialiste, comme le montre l’histoire de la Chine.

Les marxistes-léninistes soutiennent partout le droit des nations et des peuples à disposer d’eux-même, tout en montrant que la seule voie durable vers l’indépendance et la liberté est la voie du socialisme, la voie d’un développement équilibré entre forces productives et besoins sociaux, basé sur la valeur-travail, sur le pouvoir des travailleurs !

C’est aussi la leçon essentielle qui nous est rappelée, à travers les soubresauts chaotiques qui ébranlent encore davantage le monde cet été, celle qui nous est donnée par l’occasion historique du centenaire de la Révolution d’Octobre, et dont les marxistes-léninistes s’efforcent enfin, en ce début du 21ème siècle, de tirer les conséquences utiles pour ouvrir une nouvelle perspective politique d’alternative prolétarienne au capitalisme.

Luniterre

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/23/1917-2017-octobre-arrive-que-faire-du-centenaire-un-premier-element-de-reponse/