Lutte aux Urgences – le combat continue – et autres actus significatives…

AFP/Archives / Aurore MESENGE Manifestation des personnels des urgences à l’appel du collectif Inter-Urgences le 6 juin 2019 à Paris

 

Lutte aux Urgences

– le combat continue –

et autres actus significatives…

 

Urgences: les grévistes votent la poursuite du mouvement

 

 

Le collectif Inter-Urgences a annoncé lundi soir avoir voté la poursuite du mouvement de grève entamé mi-mars dans les urgences hospitalières, les 70 millions d’euros débloqués par le gouvernement étant jugés « insatisfaisants ».

Les propositions de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, « sont insatisfaisantes au regard de nos revendications. Le collectif a donc voté la poursuite du mouvement de grève », ont annoncé dans un communiqué les grévistes, qui estiment à près de 120 le nombre de services concernés.

Au regard d’un budget hospitalier global de 82 milliards d’euros pour 2019, l’enveloppe octroyée représente une augmentation de « 0,08% », « ce qui paraît bien peu pour répondre à la crise majeure que traversent les services d’urgences », ajoute le collectif.

Après trois mois de grève, Agnès Buzyn avait tenté vendredi d’apaiser la colère en promettant 70 millions d’euros de mesures immédiates, dont 55 millions consacrés à la généralisation et la revalorisation d’une prime de risque de 100 euros net mensuels, versée dès juillet à tous les professionnels des services d’urgence, hors médecins.

Il s’agit là d’un « effort », mais qui « reste bien loin » des 300 euros d’augmentation de salaire réclamés, note le collectif, qui rappelle qu’il réclame en outre 10.000 emplois supplémentaires.

Le ministère avait également annoncé une enveloppe de 15 millions d’euros censée permettre « aux services d’urgences en tension » de « renforcer leurs effectifs paramédicaux durant la période estivale et de maintenir ainsi un maximum de lits ouverts ». Mais ce coup de pouce ne représente qu' »une personne de plus pendant 60 jours » par service d’accueil des urgences – il y en a plus de 500 dans le secteur public -, relèvent les grévistes.

Le collectif appelle à une « action » devant les agences régionales de santé (ARS) jeudi et à une nouvelle « manifestation nationale » le 2 juillet, a-t-il précisé.

https://www.afp.com/fr/infos/334/urgences-les-grevistes-votent-la-poursuite-du-mouvement-doc-1hl7kk2

 

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MOYEN-ORIENT :

LES USA PREMIERS

POURVOYEURS DE GUERRE

 

AFP / Bases militaires américaines au Moyen-Orient

 

Suite au rejet par les USA des accords de paix sur le nucléaire, l’Iran a de nouveau repris l’enrichissement de l’uranium dont il a besoin, a des fins civiles, pour l’instant, et dans l’espoir d’un retour à ces accords de paix, encore formellement soutenus par les nations européennes qui souhaitent continuer à commercer avec l’Iran.

Les USA ont récemment accusé l’Iran d’avoir saboté deux pétroliers dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le commerce international.

En fait, c’est l’Iran qui a porté es premiers secours aux marins en difficulté. Les deux navires ont pu être sécurisés ensuite.

AFP / L’enrichissement de l’uranium

https://img.aws.la-croix.com/2017/10/13/1300883960/L-accord-nucleaire-iranien_1_1399_716.jpg

L'accord de 2015 sur le nucléaire iranien

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/11/iran-vers-une-nouvelle-etape-de-resistance-face-au-blocus-imperialiste-us-et-ue/

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/washington-envoie-des-renforts-au-moyen-orient-moscou-redoute-une-montee-des-tensions-doc-1hl0ew13

 

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HONG-KONG:DEUX MILLIONS

DE « GILETS NOIRS »

EN MANIF CONTRE LA RÉPRESSION

ET L’ARBITRAIRE DE PÉKIN

 

Joshua Wong, libéré, rejoint la mobilisation contre l’exécutif hongkongais à la solde de Pékin

AFP / ISAAC LAWRENCE Le militant prodémocratie Joshua Wong (c) s’exprime devant les médias après sa libération, à Hong Kong le 17 juin 2019

Le militant prodémocratie Joshua Wong, figure du « Mouvement des Parapluies », a annoncé lundi à sa sortie de prison qu’il allait grossir les rangs de l’immense mobilisation à Hong Kong, au moment où les manifestants réfléchissent aux stratégies pour maintenir la pression sur l’exécutif.

Des centaines de manifestants bloquaient lundi soir une rue près des bureaux de Mme Lam pour exiger un dialogue avec les autorités et le retrait des accusations d’émeutes, passibles de lourdes peines de prison, contre des manifestants ayant affronté le police le 12 juin.

Le militant prodémocratie Joshua Wong, figure du « Mouvement des Parapluies », a annoncé lundi à sa sortie de prison qu’il allait grossir les rangs de l’immense mobilisation à Hong Kong, au moment où les manifestants réfléchissent aux stratégies pour maintenir la pression sur l’exécutif.

Près de deux millions de manifestants vêtus de noir ont défilé dimanche, selon les organisateurs, pour demander la démission de la cheffe de l’exécutif Carrie Lam et le retrait de son projet de loi désormais suspendu, visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.

Des centaines de manifestants bloquaient lundi soir une rue près des bureaux de Mme Lam pour exiger un dialogue avec les autorités et le retrait des accusations d’émeutes, passibles de lourdes peines de prison, contre des manifestants ayant affronté le police le 12 juin.

Le chef de la police Stephen Lo a affirmé lundi soir que seules « quelques personnes » avaient eu un comportement d’émeutier ce jour-là, semblant revenir en arrière par rapport à des déclarations précédentes de Mme Lam qui avait décrit la manifestation du 12 juin comme « une émeute organisée ». Pékin avait aussi évoqué une émeute, mais M. Lo s’est montré moins péremptoire, soulignant que le seuil pour engager des poursuites serait « très élevé ».

En ébullition depuis plusieurs mois du fait de ce projet, l’ex-colonie britannique a été le théâtre ces deux derniers dimanches de manifestations d’une ampleur record, et d’un rassemblement non autorisé mercredi qui a entraîné la plus violente répression policière depuis la rétrocession en 1997.

En 2014, alors âgé de 17 ans, Joshua Wong fut une des figures de proue du « Mouvement des Parapluies » qui avait bloqué le cœur financier de la ville pendant des semaines pour demander le suffrage universel.

Eligible à une libération anticipée pour bonne conduite, il a dès sa sortie de prison lundi ajouté sa voix au concert de critiques contre la cheffe de l’exécutif pro-Pékin.

– Carrie Lam « plus qualifiée » –

« Elle n’est plus qualifiée pour être la dirigeante de Hong Kong », a-t-il déclaré aux journalistes. « Elle doit assumer ses responsabilités et démissionner ». « Je vais également me battre avec tous les Hongkongais contre la loi maléfique sur l’extradition vers la Chine ».

Dans le même temps, la Chine a affirmé qu’elle continuerait de « soutenir fermement la cheffe de l’exécutif et les efforts du gouvernement de la Région administrative spéciale pour gouverner conformément à la loi ».

Selon ses détracteurs, le projet de loi placerait la population à la merci du système judiciaire de Chine continentale, opaque et sous influence du Parti communiste. Les milieux d’affaires craignent que la réforme nuise à l’image internationale et à l’attractivité de la place financière.

Les énormes rassemblements des derniers jours ont aussi été une nouvelle manifestation de la défiance populaire envers leurs dirigeants.

Voilà des années que de nombreux Hongkongais dénoncent une ingérence grandissante de Pékin, en violation du principe « Un pays, deux systèmes » qui garantit à Hong Kong, en théorie jusqu’en 2047, une semi-autonomie et des libertés inexistantes ailleurs en Chine.

AFP / ISAAC LAWRENCE Des manifestants face aux policiers qui tentent de dégager les routes à Hong Kong, le 17 juin 2019

Le tollé provoqué par la répression policière de la manifestation de mercredi a finalement contraint Mme Lam à annoncer samedi la suspension du texte controversé. Mais cela n’a pas dissuadé les foules de grossir les rangs d’une « marche noire » dimanche, pour exiger l’abandon total du projet de loi.

Les organisateurs ont affirmé que « près de deux millions de personnes » avaient manifesté, soit près du double du nombre revendiqué le dimanche d’avant, qui était déjà historique dans une ville de 7,3 millions d’habitants.

La police a évoqué le chiffre de 338.000 participants au plus fort de la manifestation dimanche.

– « Seconde chance » –

AFP / Anthony WALLACE Manifestation à Hong Kong contre le projet de loi d’extradition vers la Chine, le 17 juin 2019

AFP / Dale DE LA REY Manifestation monstre à Hong Kong le 16 juin 2019 pour exiger le retrait d’un projet de loi autorisant les extradictions vers la Chine

 

AFP / DALE DE LA REY Manifestants en noir contre le projet de loi sur les extraditions vers la Chine à Hong Kong, le 16 juin 2019

 

AFP / HECTOR RETAMAL Des centaines de milliers de manifestants défilent à Hong Kong, le 16 juin 2019

 

« La balle est dans le camp du gouvernement », estime Matt, un manifestant qui refuse comme tous les autres de donner son identité complète. « Les Hongkongais sont devenus plus unis. »

« Nous devons rester ici jusqu’à ce que Carrie Lam change d’avis », insiste Candy, 32 ans.

Certains s’interrogent toutefois sur l’effet réel de son éventuelle démission sur un exécutif dont Pékin contrôle les rouages.

« Le gouvernement chinois enverra juste une autre Carrie Lam et rien ne changera », peste Kok, un étudiant en design de 21 ans.

Mme Lam avait justifié la répression des manifestations par la violence de certains participants. L’opposition l’accuse de s’être servie des agissements d’une infime minorité pour se déchaîner sur l’ensemble des protestataires, en grande majorité pacifiques.

Des dizaines de milliers de personnes avaient été dispersées à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.

Mme Lam a présenté dimanche « ses excuses ». Son principal conseiller Bernard Chan a estimé lundi qu’aucun chef de l’exécutif n’oserait proposer à nouveau le texte sur l’extradition: « J’espère que les gens donneront une seconde chance à Carrie Lam ».

Sa reculade représente une volte-face rare de la part d’autorités qui avaient refusé de céder le moindre pouce de terrain aux protestataires de 2014.

Ces manifestations massives, 30 ans après Tiananmen, constituent aussi selon des experts une rare défaite du président chinois Xi Jinping, à quelques mois du 70ème anniversaire de la proclamation de la République populaire.

« Xi Jinping tente de projeter l’image d’un supernationaliste », rappelle Willy Lam, de l’Université chinoise de Hong Kong. L’affaire hongkongaise entame cette image, selon lui: « le dirigeant de 1,4 milliard de Chinois est incapable de contrôler un territoire de 7 millions d’habitants ».

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/joshua-wong-libere-rejoint-la-mobilisation-contre-lexecutif-hongkongais-doc-1hk8t210

https://www.afp.com/fr/infos/334/hong-kong-nouvelle-manifestation-record-excuses-de-la-cheffe-de-lexecutif-doc-1hj95515

 

AFP / Anthony WALLACE Fleurs et prières devant le lieu où est mort un opposant au projet de loi controversé autorisant les extraditions vers la Chine, à Hong Kong le 16 juin 2019

 

AFP / Anthony WALLACE Des centaines de milliers de personnes rassemblée le 16 juin 2019 à Hong Kong pour dénoncer le projet d’extraditions vers la Chine

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FOOT, FRIC ET POLITIQUE…

PLATINI EN GARDE A VUE !

 

Attribution du Mondial-2022 au Qatar: Michel Platini en garde à vue

AFP/Archives / FABRICE COFFRINI Michel Platini en 2015

 

L’ancien patron de l’UEFA Michel Platini et l’ancienne conseillère sports de Nicolas Sarkozy, Sophie Dion, ont été placés mardi en garde à vue dans le cadre de l’enquête française pour corruption sur les conditions d’attribution de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar, a-t-on appris de sources concordantes.

L’ex-secrétaire général de l’Élysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, est pour sa part entendu en audition libre par les enquêteurs de l’office anticorruption de la police judiciaire (OCLCIFF), à Nanterre, près de Paris, selon une source judiciaire et une source proche de l’enquête, confirmant une information de Mediapart.

Le parquet national financier (PNF) a ouvert en 2016 une enquête préliminaire pour « corruption privée », « association de malfaiteurs », « trafic d’influence et recel de trafic d’influence » autour des conditions d’attribution par la Fédération internationale de football (FIFA), des Coupes du monde de football 2018 en Russie et 2022 au Qatar.

La justice française s’intéresse en particulier à « une réunion secrète » au Palais de l’Elysée le 23 novembre 2010, à laquelle participaient Nicolas Sarkozy, le prince du Qatar, Tamim bin Hamad al-Thani, et Michel Platini alors président de l’UEFA et vice-président de la Fifa. Cette réunion avait été révélée par l’hebdomadaire France Football.

La désignation du Qatar, richissime émirat gazier, par les membres du comité exécutif de la Fifa, avait été l’un des déclencheurs de la grave crise qui a secoué la Fifa à partir de 2015.

En octobre 2015, l’ancien président de la Fifa Sepp Blatter, contraint au départ, avait mis en cause la France. Selon lui, « un arrangement diplomatique » existait pour que les Mondiaux 2018 et 2022 aient lieu en Russie puis aux Etats-Unis, un plan qui aurait échoué à cause de « l’interférence gouvernementale de M. Sarkozy », qui avait réfuté toute intervention.

M. Blatter avait été entendu comme témoin en Suisse en 2017 à la demande de la justice française. Il a été suspendu 6 ans par la Fifa « de toute activité liée au football » pour un paiement controversé de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros), à son ex-ami et allié Michel Platini, lui aussi suspendu 4 ans.

D’autres enquêtes distinctes ont été ouvertes en Suisse et aux Etats-Unis.

https://www.afp.com/fr/infos/334/attribution-du-mondial-2022-au-qatar-michel-platini-en-garde-vue-doc-1hm0aa6

https://siena.rosselcdn.net/sites/default/files/dpistyles_v2/ena_16_9_extra_big/2019/06/18/node_402640/1465483/public/2019/06/18/B9719986421Z.1_20190618183105_000%2BGTSDSG33I.1-0.jpg?itok=IYDypb9U

 

 

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En juin, ne fais pas tout ce qu’il te plait, que ce soit en Normandie ou ailleurs… ( UNE SUITE AU DÉBAT )

 

De nouveaux éléments sur ce difficile débat…

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/16/en-juin-ne-fais-pas-tout-ce-quil-te-plait-que-ce-soit-en-normandie-ou-ailleurs/

 

 

 

En juin, ne fais pas tout ce qu’il te plait, que ce soit en Normandie ou ailleurs…

 A propos de « la face cachée des libérateurs », et y compris en réponse au récent article de M. Bibeau, Le jour J – « Le jour le plus long » de l’invasion de l’Europe, sur la mémoire de ces évènements…

 

 

 

Selon M. Bibeau : « Peu importe la ridicule polémique à propos de quel camp impérialiste – Soviétique ou d’Amérique – … », etc…, mais… « la Seconde Guerre mondiale prit fin définitivement avec l’effondrement de l’un des deux camps impérialistes et le commencement d’un nouvel affrontement entre le camp impérialiste atlantique et le capital des pays « émergents » d’un tiers-monde « libéralisé » et mondialisé. »

L’histoire est-elle une succession de « modes » intellectuelles ou bien un sujet important, et même, essentiel, d’analyses dialectiques qui permettent d’avancer ?

Dans sa volonté de confusionniste, M. Bibeau ne sait donc plus lui-même où il en est…

« Impérialisme atlantique » et « capital des pays « émergents »… ce n’est donc pas l’opposition de deux forces équivalente en termes de stade de développement économique, et c’est donc même une contradiction avec sa première affirmation d’un « impérialisme soviétique »…

Mais c’est aussi et surtout une contradiction dans sa propre théorie qui veut un développement élevé des forces productives par le capitalisme, avant de pouvoir considérer une alternative « communiste » possible.

Dans cette logique, il devrait au contraire attribuer un rôle progressiste au développement du capitalisme…

…fût-ce ce qu’il nous présente généralement comme le « capitalisme soviétique » !(*)

Tout étant relatif, au sens dialectique du terme, le développement du capitalisme à effectivement un aspect progressiste, par rapport aux modes de productions antérieurs.

Reste à déterminer jusqu’à quel point, selon les situations… Un exercice de dialectique qu dépasse largement le contenu d’un post, et, semble-t-il, les « dispositions » intellectuelles de M. Bibeau, quelles qu’en soient les causes.

Quoi qu’il en soit, le mythe du passage direct du capitalisme au communisme est le meilleur moyen de garantir la pérennité de ce système capitaliste en dénigrant le rôle révolutionnaire progressiste d’une phase de transition socialiste.

Les crimes de guerre commis par les uns ou les autres sont effectivement également entièrement et radicalement condamnables. Il n’y a pas de raisons, pour autant, qu’ils échappent à l’analyse dialectique.

Il est donc de bon ton, depuis peu, de déterrer publiquement les exactions US….

« Égaliser » au nom de son prétendu « anti-impérialisme », toutes les causes et les conséquences de ces exactions, c’est donc un bon moyen, pour M. Bibeau et ses semblables, de nier toutes les stratégies de luttes anti-fascistes et anti-impérialistes mises en œuvre sur le terrain, avec, c’est un fait, des compromis tactiques de diverses sortes, mais là non plus, pas tous équivalents et susceptibles d’analyses critiques dialectiques, ce qui le dépasse, évidemment, on le constate, et quelles qu’en soient les raisons et ses motivations réelles…

Comme exemple, le film « la face cachée des libérateurs » montre la progression du degré de violence des exactions US selon les territoires occupés, Grande-Bretagne, France, Allemagne…

Il y a donc là un effort de recherche et d’analyse dialectique qui vaut d’être souligné, et même si ce n’est pas d’une dialectique marxiste, c’est donc d’un apport positif considérable du point de vue de la recherche historique réelle et non galvaudée.

Dans le même ordre d’idée, il serait également utile de faire la même démarche concernant l’avancée des troupes soviétiques, de façon à cerner la réalité du problème dans ses véritables proportions et sans préjugés « idéologiques ». L’idéologie ML n’a son utilité que sur la base d’une analyse du réel, et dans le but d’en mettre en œuvre les leçons.

Et ce type de démarche reste également à faire concernant non seulement les exactions nazies, selon les pays occupés, mais aussi concernant la nature même des principes d’occupations mis en œuvre, très différents, notamment entre Europe de l’Ouest et Europe de l’Est, par les nazis.

Pour un timide « aperçu »… >>>

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hungerplan

https://fr.wikipedia.org/wiki/Generalplan_Ost#Des_expulsions_et_une_extermination_massives

Ceci-dit, en rappelant encore que cela explique en grande partie la violence de la résistance, puis de la répression soviétique, sans pour autant justifier les excès, dans aucun des cas.

Cela différencie aussi la cause des exactions, mais sans en justifier pour autant aucune, évidemment.

Luniterre

(* https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/17/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-1/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss

-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/ )

 

PS : en outre, la violence US en Normandie est d’autant plus absurde et « inexcusable » à tous points de vues que toute l’Opération Overlord elle-même était tout à fait inutile d’un point de vue strictement stratégique, sauf considérée d’un point de vue purement politique et idéologique, anticommuniste et anti-soviétique.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/06/6-juin-1944-acte-i-de-la-societe-du-spectacle-une-boucherie-strategiquement-utile/

 

 

 

 

 

SUR AGORAVOX, UNE RÉPONSE DE M. BIBEAU…

 

Robert Bibeau 16 juin 15:45

@Luniterre

Comme pratique du confusionnisme (votre nouvelle marotte idéaliste) on ne saurait trouver mieux que votre post… vous tirez dans toutes les directions multipliant les accusations personnelles-personnalisées — ce qui est anti-matérialiste pour à la fin proposez qu’au lieu de tirer les apprentissages qui s’imposent face à ces deux guerres abominables — chacun devrait analyser dans le détail le nombre de bombes — de rockets — de tués — de blessés — d’exterminés — par pays — nationalité afin de découvrir quoi au juste ??? Pour quelle utilité face à la 3e guerre mondiale en préparation MAINTENANT ET ICI ???

cE FUT ET C’EST TOUJOURS LE PROBLÈME DES INTELLECTUELS GAUCHISANTS QUE DE DÉBLATÉRER SUR LE PASSÉ AFIN DE MASQUER LEUR LACHETÉ DANS LE PRÉSENT — MAINTENANT 

Vous écrivez ceci : « Quoi qu’il en soit, le mythe du passage direct du capitalisme au communisme est le meilleur moyen de garantir la pérennité de ce système capitaliste en dénigrant le rôle révolutionnaire progressiste d’une phase de transition socialiste.«   En effet, mes recherches m’ont amené à découvrir et comprendre que ce que la go-gauche appelle LA PHASE DE TRANSITION SOCIALISTE — ne fut que mystification bolchevique puis communiste et socialiste dans près de 40 pays dans le monde qui se sont dit »socialistes«  = j’ignore s’ils furent authentiquement »socialiste« ou non MAIS je constate tristement que tous ces pays sans aucune exception en ce 16 juin 2019 sont des pays intégrés au mode de production capitaliste à son stade impérialiste décadent 

Pour l’avenir de ma classe sociale prolétarienne c’est la seule et unique chose qui me préoccupe = il semble à l’évidence que la phase de transition »socialiste » mène invariablement quelque soient les méandres au capitalisme et jamais au communisme tant souhaité.

Nous devons donc en tirer les leçons et chercher une autre voie vers le communisme prolétarien 

Merci pour votre post monsieur

Robert Bibeau 


 

UNE RÉPONSE TML

Luniterre        16 juin 17:42

@Robert Bibeau

Le propre du confusionnisme c’est aussi et d’abord de déformer les écrits des autres pour en contourner le fond :

« chacun devrait analyser dans le détail le nombre de bombes — de rockets — de tués — de blessés — d’exterminés — par pays — nationalité afin de découvrir quoi au juste ??? Pour quelle utilité face à la 3e guerre mondiale en préparation MAINTENANT ET ICI ??? »

Ce n’est aucunement ce que j’ai écrit… A moins d’un réel problème de lecture de votre part…

S’il y a une leçon à tirer, c’est bien la capacité de résistance de l’URSS, à partir d’un système économique différent, même si cela n’exclut, pas, bien au contraire, une analyse critique dialectique, que vous refusez en tentant d’« égaliser » tout au rabot de votre gauchisme primaire et même simpliste.

De plus, cette capacité de résistance s’est exprimée face à un adversaire qui ne menait pas la même politique d’occupation, à l’Est et à l’Ouest, et cela n’est pas essentiellement une question de type d’armement ni de quantité de munitions et de bombes utilisées…

Des « subtilités d’analyses inutiles » me direz vous…>>>échappatoire bien commode, tout simplement… (…à propos de « lâcheté » !).

Sinon, personnellement, j’assume pleinement mes écrits, en essayant de les rendre aussi clairs que possible, et je ne tente pas de me cacher derrière une sorte de « neutralité d’auteur », qui n’existe nullement, et singulièrement dans le contexte actuel.

Luniterre

 

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REÇUE PAR E-MAIL, CETTE AUTRE CONTRIBUTION AU DÉBAT,

…ET UNE RÉPONSE TML A LA SUITE.

 

Bonsoir Camarade,

Je prend connaissance de votre article en réponse à Mr Bibeau ( que je qualifie toujours d’idiot utile ) sur La face cachée des libérateurs et notamment sur ce petit paragraphe « Les crimes de guerre commis par les uns ou les autres sont effectivement également entièrement et radicalement condamnables. Il n’y a pas de raisons, pour autant, qu’ils échappent à l’analyse dialectique »

Cher Camarade, comment osez-vous faire un amalgame de la très très très très juste colère et indignation des soldats de l’Armée rouge, des partisans soviétiques, des militants bolchéviques intègres qui étaient en tête des bataillons pour bouter le nazi hors de l’URSS  avec les réels et atroces crimes de guerre commis par les troupes du 3ème Reich, des américains, des anglais, and co, lors de la guerre impérialiste de 1940/1945 .

Vous « discutez » de la réalité, ou non, de la mise en œuvre d’une économie socialiste en URSS pour aller vers une économie communiste, dès 1917, MAIS vous oubliez tout simplement que l’URSS, jusqu’à la mort en 1953 de son grand dirigeant intègre, courageux Joseph Staline, fut sans cesse, une forteresse assiégée !

Je vous rappelle qu’à la mort de Lénine la Russie soviétique était encore un pays déchiré, affamé, arriéré, quasi moyenâgeux. Son dirigeant intègre Joseph Staline en fit la deuxième puissance mondiale qui se lança a l’assaut du cosmos, le pays où on lisait le plus de livres dans le monde et où, plutôt que de faire un tiercé, on jouait aux échecs. Dans des conditions– qu’il faut toujours avoir a l’esprit car « il faut juger alors avec les yeux d’alors » aurait dit Aragon – d’une violence et d’une dureté extrêmes, des circonstances historiques terribles et implacables, il fut l’homme, a qui nous devons notre liberté et notre vie et qui concrétisa le rêve de Spartacus : « je reviendrai et je serai des millions ».

Les nazis décimèrent, sans aucun état d’âme, les populations entières des villes et villages de l’URSS. Une majorité des populations de confession juive qui vivaient sur le sol russe depuis plus de cinq cents ans furent complètement éradiquées par les fascistes nazis.

Et vous avez le culot d’oser prétendre que les troupes soviétiques, le gouvernement soviétique auraient du faire preuve de mansuétude ??????????

Je vous rappelle quelques faits :

* Après l’invasion de l’U.R.S.S. par les nazis, le père Coughlin, chef du «Front chrétien » pro-nazi, déclarait le 7 juillet 1941 dans son journal Social Justice : La guerre de l’Allemagne contre la Russies est une bataille pour la chrétienté… Nous nous souvenons que le communisme athée a été conçu et est né surtout en Russie, par l’intermédiaire de juifs impies !!!!

Quel peuple, aurait pu à la fois résister aux tueries de la guerre civile après les tueries de la guerre de 14/18 et conserver un idéal dans son avenir ? Les peuples de Russie, désormais Union Soviétique, ne baissèrent pas les bras et continuèrent dans la voie du socialisme.


Un véritable enthousiasme de masse soulève les montagnes et finalement, c’est l’Union Soviétique, son Armée Rouge, son peuple ( femmes, hommes, enfants ) galvanisés par la pugnacité et la fidélité au Communisme et à l’être humain de son gouvernement conduit par Joseph Staline qui va écraser le 3ème Reich et sauver la civilisation au prix d’une saignée humaine de la population soviétique dont l’ampleur nous est inconcevable : 28 millions de morts…..et la quasi-totalité du territoire soviétique détruite. Ainsi sur les 196 divisions que comptait la Wehrmacht, 176 combattirent contre les Soviétiques sur le front de l’Est ( tout les peuples de l’Union Soviétique étaient entrés en Résistance contre l’occupant nazi, aux côtés des soldats de l’Armée Rouge, en mettant en œuvre la politique de la terre brûlée, avec les unités de partisans qui harcelaient sans répit les divisions allemandes, tous unis contre l’envahisseur barbare )

Je me répète : vous osez prétendre que l’Armée Rouge, le gouvernement soviétique auraient du faire preuve de mansuétude !!!!!!!!!!

Le gouvernement soviétique conduit par le grand Joseph Staline, savait très bien qu’Hitler, mis au pouvoir grâce aux concours des banquiers Allemands, Américains, Français, Anglais, Italiens. avait clairement exprimé ses visées par rapport à l’URSS, centre pour lui, du « judéo-bolchévisme ». Les soviétiques avaient depuis longtemps compris le message à savoir que le monde capitaliste allait aider Hitler à détruire l’URSS. En effet les puissances occidentales passaient accords secrets sur accords secrets sur le dos de l’URSS.
Sur la base de ces informations l’industrie lourde fut donc mise au service de la production d’armement. Les peuples de l’URSS rentraient dans une nouvelle période de difficultés, (ils sortaient à peine de la guerre de 14/18 et de la coalition des puissances capitalistes qui voulaient détruire le pouvoir des soviets de 1918 à 1924) dans la phase de préparation d’une nouvelle guerre défensive dont l’enjeu était tout autant la destruction de l’URSS qu’un nouveau partage du monde.

Et oui cette guerre impérialiste était commandée par une logique économique et géo-stratégique tellement forte qu’elle explique celles d’aujourd’hui qui sont en cours

Et vous osez laisser sous entendre que les soldats de l’Armée Rouge, le gouvernement soviétique, face à la barbarie des hordes du 3ème Reich, auraient commis des crimes de guerre !!!!!!!!!!!!

Et puique j’y suis je vous remémore qu’à la mort de Staline le peuple soviétique communie dans une immense douleur car tous savent ce qu’ils doivent a Staline, aucun n’a oublié le contenu de son discours du 3 juillet 1941 alors que les nazis sont à 30 kilomètres de Moscou et que les soi-disant pays démocratiques souhaitent voir l’URSS anéantie par la Wehrmatch « Soeurs, frères, camarades… Toutes les forces du peuple pour écraser l’ennemi !…… En avant vers notre victoire ! » ces mots qui allaient galvaniser et tremper la volonté de résistance du peuple. Ils savent, que s’ ils savent lire, a qui ils le doivent, ils savent que si leurs enfants sont ouvriers, ingénieurs, médecins, professeurs, a qui ils le doivent. Eux qui ont tant souffert savent qu’il a souffert et eu faim tout comme eux.

Après la mort de Staline en 1953 les renégats incrustés au sein du Parti Communiste de l’Union Soviétique ont tout mis en œuvre pour rétablir le capitalisme. Les adversaires de la dictature du prolétariat n’ont cessé d’affirmer que Staline incarnait, non pas la dictature des travailleurs, mais sa propre dictature autocratique. Le mot Goulag devint synonyme de «dictature stalinienne». Or, ceux qui étaient dans le Goulag du temps de Staline font maintenant partie de la nouvelle bourgeoisie au pouvoir. Les exploiteurs, les traîtres, les soi-disant démocrates, les trotskistes ont crié victoire et encensé le premier des contre-révolutionnaires, Khrouchtchev et ensuite ceux qui l’ont suivi, les Brejnev, Gorbatchev et consorts. D’un pays en plein essor à la mort de Staline, malgré les ravages de la guerre due à l’intervention étrangère de 1917 à 1923 et de 1940 à 1945, les renégats ont réintroduit un capitalisme sauvage qui ne génère que chômage, misère, reculs de civilisation et où règnent en maîtres l’incompétence, la corruption, la prévarication, la prostitution et une mafia omnipotente.

Je suppose qu’en utilisant cet infâme amalgame vous pensez vous concilier les faveurs des crapules anti communistes et anti soviétiques.

 

*********************

 

NOTRE RÉPONSE

 

Sur quelques points « cités ici en italiques »

 

 

« Et vous avez le culot d’oser prétendre que les troupes soviétiques, le gouvernement soviétique auraient du faire preuve de mansuétude ?????????? »

>>>Où avez vous lu une telle assertion?

« Je me répète : vous osez prétendre que l’Armée Rouge, le gouvernement soviétique auraient du faire preuve de mansuétude !!!!!!!!!! »

>>>même question…!

« Et vous osez laisser sous entendre que les soldats de l’Armée Rouge, le gouvernement soviétique, face à la barbarie des hordes du 3ème Reich, auraient commis des crimes de guerre !!!!!!!!!!!! »

>>>Je ne prétends rien du tout de tel, ni son contraire, du reste, n’ayant pas participé à ces évènements, vu mon « jeune âge » >>> bientôt 70 ans…

>>>vous semblez ne pas avoir regardé le film joint: il parle des viols perpétrés par les soldats US au cours de leurs périples, avec une intensité croissante en Allemagne.

>>>il ne fait qu’évoquer, vers la fin, les exactions similaires éventuellement commises par les soldats de l’Armée Rouge, notamment à Berlin. >>> c’est un sujet d’histoire qui n’a pas de raison d’être occulté, s’il recouvre, malheureusement, une réalité, et même dans le cas contraire, vu qu’il s’agirait donc de démonter ces accusations.

>>>c’est un sujet sur lequel je n’ai pas encore étudié, et donc sur lequel je ne me prononce pas >>>je propose simplement l’idée que c’est à éclaircir sans « tabou », dans un cas comme dans l’autre, car l’histoire a besoin de vérité, quelle qu’elle soit.

>>>en Occident, la réalité de ces viols est évidemment généralement considérée comme incontestable, et c’est plutôt sur l’ampleur du phénomène qu’il y a discussion.

>>>en Russie, certains médias, orientés « ouest » ont traduit et republié des passages du livre de l’historien britannique Beevor, qui en en a fait un thème important dans son livre sur la chute de Berlin.

>>>cela fait donc évidemment polémique et on trouve donc également désormais des tentatives d’historiens russes pour éclaircir le sujet. Mes capacités dans la langue russe sont encore insuffisantes pour retraduire des textes aussi longs en français.

>>>si vous avez de la documentation historique sérieuse sur le sujet, merci de nous la communiquer, pour publication, qui serait donc en démenti, si je considère que vous semblez penser que cela est une affabulation occidentale de plus!

« Je suppose qu’en utilisant cet infâme amalgame vous pensez vous concilier les faveurs des crapules anti communistes et anti soviétiques. »

>>>si vous suivez régulièrement TML, vous constaterez que je ne suis pas vraiment du genre « conciliant » avec qui que ce soit, et c’est même généralement plutôt le contraire qui m’est imputé…!

>>>en tant que matérialiste dialectique je ne m’intéresse, tant en histoire que dans les autres domaines, qu’à la réalité des faits, et à l’analyse que l’on peut en faire.

Bien à vous,

Fraternellement,

Luniterre

 

UNE PRÉCISION UTILE

D’une manière générale, les récents débats sont une occasion utile de préciser ce qu’est la méthode d’analyse dialectique et ce qu’elle implique comme approche historique, notamment sur toutes les questions concernant l’URSS, et singulièrement, concernant la période dite « stalinienne ». Une autre occasion s’est trouvée à propos d’un article(*) critiquant la politique de l’UE en la qualifiant de « répression stalinienne »…

« … à propos de « répression stalinienne », c’est effectivement donner dans le consensus anticommuniste et antisoviétique, et donc, d’une manière ou d’une autre, légitimer le capitalisme. Non pas qu’il faille opposer un panégyrique fétichiste de Staline, comme le font encore certains, au panégyrique fétichiste du capitalisme, même « anti-libéral », mais simplement une analyse matérialiste dialectique de l’histoire du socialisme en URSS, dont on puisse tirer des leçons utiles aujourd’hui, face aux problématiques insolubles que révèle l’analyse matérialiste dialectique de la présente crise du capital.»

Luniterre

 

(*  http://mai68.org/spip2/spip.php?article3862#forum3457  )

France, Françafrique, et autres actus importantes…

 

 

France,

Françafrique,

et autres

actus importantes…

 

 

 

 

FRANCE : URGENCES EN LUTTE

https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/d471f0630c79db802576af95598e164f72e2594c.jpg

 

AFP / Philippe LOPEZ Des personnels hospitaliers manifestent près du ministère de la Santé à Paris, le 11 juin 2019

 

Encouragés par la colère des services d’urgence qui dure depuis trois mois et a poussé Agnès Buzyn à de premières concessions la semaine dernière, des personnels hospitaliers se sont mobilisés mardi, jour du vote de la loi Santé au Sénat.

A Paris, en fin de matinée, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant le ministère, dont une majorité de militants CGT, FO et SUD, a constaté une journaliste de l’AFP. Les syndicats avaient appelé à cette journée de mobilisation pour « élever le rapport de force » face à la ministre de la Santé.

A leurs côtés se trouvaient des membres du collectif Inter-Urgences, à l’origine du mouvement parti de la capitale mi-mars et qui n’a cessé de s’étendre depuis, avec selon le collectif 95 services d’urgences en grève dimanche.

Reçus à Paris par le directeur adjoint de cabinet de Mme Buzyn, les représentants syndicaux n’ont pas caché leur déception. « Nous ne sommes pas entendus, il va falloir nous montrer plus agressifs, plus virulents », a affirmé l’urgentiste Christophe Prudhomme, de la CGT-Santé.

« Le mouvement de grève est illimité, tant qu’on n’aura pas ce qu’on veut on n’arrêtera pas », a ajouté Candice Laparge du collectif Inter-Urgences.

Mme Buzyn avait déjà tenté jeudi dernier, alors que plus de 200 urgentistes manifestaient à Paris, de désamorcer la crise en promettant une « stratégie d’ensemble » mêlant primes pour les personnels, crédits pour les travaux nécessaires et commande d’un rapport pour l’automne.

Des mesures qu’elle a rappelées mardi mais qui ont été jugées « insuffisantes » par le collectif Inter-Urgences et les syndicats.

– « Pas de mesures miracles » –

Plusieurs actions ont également eu lieu en régions.

Les urgentistes du centre hospitalier de Valence (Drôme) ont débrayé pendant cinq minutes. « On ne retrouve plus l’essence du métier qui était de prendre soin, prendre le temps », s’est désolée Mélanie Chambre, infirmière ici depuis 7 ans.

Ils étaient plusieurs dizaines (soignants, techniciens, agents administratifs…) à se réunir à Lille devant l’agence régionale de santé. « Les urgences vont très mal, les secteurs gériatrique et psychiatrique souffrent, les personnels n’en peuvent plus », a fait valoir Christophe Zauwers, militant CGT et agent de l’hôpital de Denain (Nord).

A Nice, pour la première fois depuis l’annulation de nombreuses opérations en septembre au CHU (environ 8.000 salariés), le doyen de la faculté de médecine Patrick Baqué est sorti du rang pour se joindre au personnel mobilisé devant l’hôpital.

« Il n’y a pas d’écoute, pas de dialogue », a-t-il affirmé, déplorant « une gestion autoritaire voire autoritariste de l’hôpital qui aboutit à un sentiment d’abandon et d’humiliation de plusieurs catégories de personnel ».

La ministre de la Santé a de son côté défendu son action, qui « ne peu(t) pas se réduire à ce (qu’elle a) annoncé la semaine dernière », a-t-elle affirmé à Libération.

« Les urgences payent lourdement tous les problèmes d’organisation » et « il n’y a pas de mesures miracles qui permettraient d’éteindre le feu rapidement », a-t-elle ajouté.

Mme Buzyn a assuré que son projet de loi Santé visait notamment à « améliorer l’accueil en ville en amont » et à « ne pas laisser les urgences seules faire face à l’afflux de patients » dans les établissements.

Le texte, adopté fin mars par les députés, a été adopté en première lecture mardi par le Sénat.

Sur le terrain, cette réforme semble bien éloignée des préoccupations immédiates. « J’ai vu l’hôpital se dégrader parfois, mais là c’est la dégringolade », raconte Andrée, aide-soignante depuis 38 ans à Gien (Loiret).

Ces deux dernières semaines, le mouvement de grève a franchi un palier avec la recrudescence d’arrêts de travail pour échapper aux assignations: à Lons-le-Saunier, puis à Paris (Saint-Antoine, Lariboisière), des médecins et des infirmiers se sont faits porter pâles, poussant les autorités sanitaires à recourir aux réquisitions ou au volontariat des autres soignants.

Pour contenir cette poussée de fièvre, le directeur de l’AP-HP, Martin Hirsch, a promis « des réponses fortes », à commencer par une hausse des effectifs de ses services d’urgence « parallèlement au nombre de patients », et ce « maintenant, en 2019 ».

Ces renforts se feront via « des embauches supplémentaires, on ne les prend(ra) pas dans certains hôpitaux », a-t-il affirmé sur France Info. Rappelant sur BFMTV qu’il s’agissait « d’une centaine de postes qu’on a proposé de rajouter aux urgences », il a insisté sur le fait que la direction de l’AP-HP « s’engage dans la durée, dès maintenant et pour les années qui viennent ».

https://www.afp.com/fr/infos/334/hopital-les-syndicats-tentent-detendre-la-greve-doc-1hf12f6

 

 

 

MALI : NOUVELLES TUERIES EN FRANÇAFRIQUE

 

https://www.lamanchelibre.fr/photos/galeries/721901/1280-tab.jpg

 

AFP / Simon MALFATTO Civils dogons et peuls tués au Mali

 

Nouvelle tuerie dans le centre au Mali: le gouvernement reconnaît sa responsabilité

 

Nouvelle tuerie dans le centre au Mali: le gouvernement reconnaît sa responsabilité

MALIAN PRESIDENCY/AFP/Archives / Handout Un soldat malien dans les ruines du village peul d’Ogossagou attaqué le 25 mars 2019 par de présumés chasseurs dogon

Les autorités maliennes ont reconnu mardi qu’il leur incombait de protéger la population et d’oeuvrer à la réconciliation entre communautés de plus en plus antagonistes dans le centre du pays, après une tuerie de civils au bilan officiel provisoire d’une centaine de morts.

L’attaque du village dogon de Sobane Da (bien: Sobane Da), dans la zone de Bandiagara, à l’est de Mopti, siège du gouvernorat régional, a débuté dimanche soir, pour s’achever vers le milieu de la nuit, selon des témoignages concordants.

Elle fait suite au massacre le 23 mars à Ogossagou de quelque 160 Peuls, attribué à des chasseurs dogons, dans cette région proche de la frontière avec le Burkina Faso, devenue la plus sanglante du pays.

Les assaillants sont entrés dans le village « en criant +Allah akbar, Allah akbar+ » (« Dieu est le plus grand » en arabe), selon les habitants et le gouverneur régional, le général Sidi Alassane Touré.

Depuis l’apparition en 2015 dans la région du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs « groupes d’autodéfense ».

Le chef du gouvernement, Boubou Cissé, accompagné des ministres de la Défense et de l’Administration territoriale, s’est rendu mardi sur les lieux, où il s’est incliné devant la mémoire de « ces innocentes victimes de la discorde et de la haine ».

« Toutes ces victimes de l’horreur et de la barbarie nous rappellent la responsabilité qui nous incombe, en tant que dirigeants, de renforcer et d’accélérer les efforts sécuritaires, économiques et politiques entrepris en faveur de la paix et de la réconciliation », a-t-il reconnu.

– Bilans contradictoires –

La France, qui intervient militairement au Mali contre les jihadistes depuis 2013, a appelé Bamako à « redoubler d’efforts dans le centre du pays, afin de mettre fin au plus vite à l’engrenage des violences intercommunautaires », dans une déclaration de son ministères des Affaires étrangères.

Mardi, le flou persistait sur le bilan de la tuerie. Celui, « provisoire », de 95 morts et 19 disparus, donné lundi par le gouvernement sur la base d’une mission de militaires venus du poste de Diankabou, à 17 km, pourrait être nettement revu à la baisse.

« Avec les éléments de la protection civile, nous avons minutieusement fouillé, et nous avons sorti 35 corps », a indiqué le gouverneur, faisant état de « 11 adultes et 24 enfants » inhumés. Le général Touré a expliqué l’écart entre les deux bilans par des extrapolations des villageois à partir du nombre de membres de chaque famille, en présumant que tous avaient péri.

Mais le maire de la commune de Sangha, dont dépend le village, Ali Dolo, a maintenu l’estimation d’une centaine de morts, soulignant que certains corps avaient été calcinés.

https://www.lamanchelibre.fr/photos/galeries/721901/8052-tab.jpg AFP / AFP Mali

Par ailleurs, en pleine foire hebdomadaire de Bandiagara, au coeur du « pays dogon », le président de l’association des commerçants de la ville a été égorgé lundi par des hommes armés qui sont repartis sans être inquiétés, a-t-on appris auprès de ses proches.

– ‘Question de survie’ –

Lundi soir, le président Ibrahim Boubacar Keïta, qui a annoncé écourter un voyage officiel en Suisse, a appelé à briser le « cycle de vengeance, de vendetta ». Il a au contraire exhorté à des « retrouvailles » entre Maliens, « qui seules vont nous permettre de rebondir et permettre à notre nation de survivre. Car nous sommes en question de survie ».

Le prédécesseur de M. Cissé, Soumeylou Boubèye Maïga, avait présenté le 18 avril la démission de son gouvernement, après une série de manifestations. Les participants à ces rassemblements accusaient le gouvernement d’incapacité à assurer la protection des populations et de ses propres militaires.

Les autorités ont attribué l’attaque de dimanche à des « terroristes », apparemment en référence au groupe de Koufa.

Selon le chercheur malien Ousmane Diallo, spécialiste de cette région, « le mode d’opération – hommes à moto, référence à Dieu lorsqu’ils sont arrivés… – indique effectivement qu’ils ont utilisé des méthodes jihadistes », mais de nombreuses questions demeurent : « Les jihadistes ont-ils monté l’opération pour attiser les conflits intercommunautaires ? Ont-ils voulu se venger? ».

Dans un communiqué sur le massacre d’Ogossagou publié le 31 mars, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda, dont fait partie le groupe de Koufa, se présentait comme le « rempart » des Peuls.

« Votre guerre et vos agressions contre nos parents et frères peuls ne resteront pas sans réponse », affirmait-il à l’intention de la France, du gouvernement malien et de « ses milices ».

https://www.afp.com/fr/infos/334/nouvelle-tuerie-dans-le-centre-au-mali-le-gouvernement-reconnait-sa-responsabilite-doc-1he9ri5

 

HONG-KONG:LE RETOUR DES PARAPLUIES

 

https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/dccda2eb00e59c44119311d8f1ac04f8ef0549a6.jpg

 

De violents affrontements ont opposé mercredi à Hong Kong des policiers tentant d’empêcher des manifestants de faire irruption dans le Parlement de la ville, où des dizaines de milliers de protestataires dénonçaient un projet du gouvernement d’autoriser les extraditions vers la Chine.

La police a fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène pour repousser la foule des manifestants vêtus de noir, pour la plupart des jeunes et notamment des étudiants.

Les affrontements ont éclaté près du Conseil législatif (LegCo, Parlement) après 15H00 (07H00 GMT), à l’expiration du délai que les protestataires avaient donné au gouvernement pour qu’il renonce à son texte, et se poursuivaient en début de soirée. Il s’agit des pires violences politiques depuis des années à Hong Kong.

Les manifestants étaient mobilisés en vue de l’examen en deuxième lecture par le Legco du projet de loi. Mais alors que la foule enflait, l’assemblée dominée par les députés pro-Pékin a annoncé le report des débats à une « date ultérieure ».

 

Ces scènes faisaient écho à l’immense mouvement prodémocratie de l’automne 2014, quand les manifestants avaient paralysé pendant deux mois des quartiers entiers de la mégapole et avaient combattu les policiers.

Les protestataires ont bloqué des grandes voies de circulation du centre-ville à l’aide de barrières métalliques, d’autres arrachaient les pavés des trottoirs.

Puis ils sont rentrés dans l’avant-cour du LegCo pour tenter de prendre le bâtiment. Des projectiles divers, dont des barres métalliques, ont été lancés sur les policiers, dont l’un a été évacué inconscient.

Les forces de l’ordre ont repoussé les manifestants à coups de matraques et de gaz au poivre, pour finir par tirer des balles en caoutchouc ainsi que des gaz lacrymogènes afin d’évacuer un côté du Parlement encerclé.

Le chef de la police Stephen Lo a défendu ses troupes, déclarant qu’elles avaient fait preuve de « retenue » jusqu’à ce que des « gangsters » tentent de prendre le LegCo.

L’ex-colonie britannique avait déjà été le théâtre dimanche de la plus importante manifestation jamais organisée depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, réunissant selon les organisateurs un million de personnes.

 

AFP / DALE DE LA REY Blocage d’artères à Hong Kong par des protestataires, le 12 juin 2019

Mais cette mobilisation spectaculaire dans une ville de sept millions d’habitants n’a pas fait bouger la cheffe du gouvernement local Carrie Lam, qui a rejeté toute éventualité de retirer le projet de loi.

Matthew Cheng, l’adjoint de Mme Lam, a appelé les protestataires à se retirer pacifiquement. « J’appelle également les citoyens à faire preuve de retenue » et « à ne pas défier la loi », a-t-il dit.

Le texte a suscité les critiques de pays occidentaux ainsi qu’une levée de boucliers de Hongkongais qui redoutent une justice chinoise opaque et politisée, et pensent que cette réforme nuira à l’image internationale et l’attractivité du territoire semi-autonome.

Au terme de l’accord de 1984 entre Londres et Pékin qui a présidé à son retour dans le giron chinois, Hong Kong jouit d’une semi-autonomie et de libertés n’existant pas en Chine continentale et ce, en théorie, jusqu’en 2047.

AFP / Anthony WALLACE Une femme médite devant les forces de l’ordre, le 12 juin 2019 à Hong Kong

La ville est cependant depuis une dizaine d’années le théâtre de soubresauts politiques en raison de l’inquiétude générée par l’ingérence grandissante de Pékin dans ses affaires intérieures.

Plus d’une centaine d’entreprises et de commerces avaient annoncé leur fermeture en signe de solidarité avec les opposants au texte. Les principaux syndicats étudiants ont appelé au boycottage des cours.

– Il y aura du « sang » –

Les protestataires ne décoléraient pas. « C’est le gouvernement qui force les gens à l’escalade », assurait Lau Ka-chun, un manifestant de 21 ans.

AFP / Anthony WALLACE Les manifestants utilisent des barrières métalliques pour monter des barricades, le 12 juin 2019 à Hong Kong

« Ce n’est pas suffisant de reporter la réunion » du LegCo, disait Charles Lee, étudiant de 23 ans. « Gagner du temps n’est pas notre but ultime. Ils doivent le retirer ».

Le projet doit permettre les extraditions vers toutes les juridictions avec lesquelles aucun accord bilatéral n’existe, y compris la Chine continentale.

Un vote final sur le texte était attendu le 20 juin. Les autorités n’ont pas annoncé de date pour la reprise des débats au LegCo.

« La seule chose responsable à faire à présent c’est que Carrie Lam retire ce projet maléfique, ou au moins le mette au placard pour résoudre la crise », a déclaré le député démocrate Fernando Cheung. « Si elle passe en force, si elle demande à la police de faire usage de la violence, j’ai peur que les enfants de Hong Kong ne soient blessés, qu’il y ait du sang ».

Le projet, disent les autorités, doit combler un vide juridique et faire que la ville ne soit plus un asile pour certains criminels. Elles assurent que des garde-fous existent en matière de droits humains et qu’il ne visera pas les opposants politiques.

Mais après des années de tensions, nombre de Hongkongais ne croient plus aux promesses de leur exécutif.

Lors du « Mouvement des parapluies » de la fin 2014, les manifestants avaient réclamé l’élection du chef de l’exécutif au suffrage universel. Pékin n’avait rien lâché.

https://www.afp.com/fr/infos/334/hong-kong-la-manifestation-vire-laffrontement-avec-la-police-doc-1hf9xs3

 

 

SOUDAN : APRES LE BAIN DE SANG,QUEL COMPROMIS POSSIBLE ?

 

https://www.myt.mu/sinformer/kinews/timthumb/timthumb.php?src=https://img.myt.mu/kinews/AFP/88e9174f4eec4e45b76963b64bddbc6d0d779d3e.jpg&w=975

La vie a repris timidement à Khartoum mercredi, après la décision de la contestation soudanaise de mettre fin au mouvement de désobéissance civile lancé après la répression meurtrière, afin de donner une chance à une reprise de pourparlers avec les généraux au pouvoir.

Malgré la réouverture de certains magasins, le fonctionnement des transports publics et l’appel de la contestation à reprendre le travail, beaucoup d’habitants semblent toutefois préférer rester chez eux en raison du déploiement toujours massif de forces de sécurité, lourdement armées.

Après trois jours de quasi paralysie de la capitale, un représentant de la médiation éthiopienne a annoncé mardi soir que les deux camps avaient accepté de revenir prochainement à la table des négociations.

Les pourparlers entre les deux camps ont été suspendus le 20 mai, chaque partie voulant diriger la future instance censée mener la transition pendant trois ans.

Une campagne de désobéissance civile avait été lancée dimanche pour maintenir la pression sur les généraux au pouvoir, après le net durcissement de la répression enclenchée avec la dispersion sanglante le 3 juin du sit-in installé depuis le 6 avril devant le QG de l’armée.

Après le renversement par l’armée du président Omar el-Béchir le 11 avril, les manifestants avaient refusé de lever le camp, exigeant un transfert du pouvoir aux civils.

Mardi soir, le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné fermement les violences contre les civils et demandé qu’elles cessent immédiatement. Il a souligné l’importance du respect des droits humains et appelé à la reprise du dialogue.

Après la venue le 7 juin du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, les efforts diplomatiques de la communauté internationale pour instaurer une médiation devraient s’accentuer avec l’arrivée du secrétaire d’Etat américain adjoint chargé de l’Afrique, Tibor Nagy.

Il doit rencontrer au cours des deux prochains jours les représentants de chaque partie. Le Département d’Etat a précisé que l’émissaire appellerait aussi « à la fin des attaques contre les civils ».

Selon un comité de médecins proche de la contestation, plus d’une centaine de personnes ont été tuées depuis le durcissement de la répression et plus de 500 blessées, la majorité dans la dispersion du sit-in. Les autorités estiment à 61 le nombre de morts, dont 49 par « tirs à balles réelles » à Khartoum.

– Patrouilles et mitrailleuses –

Mercredi matin un correspondant de l’AFP a parcouru différents quartiers de la capitale et observé des bus attendant leurs passagers aux arrêts habituels ainsi que des magasins dont les rideaux de fer étaient relevés.

Le principal marché d’or de la capitale est toutefois resté fermé et les passants étaient peu nombreux.

« Je continue de rester chez moi car je suis inquiet de la présence des forces de sécurité qui sont armées », a expliqué Samar Bachir.

Des véhicules équipés de mitrailleuses des Forces de soutien rapide (RSF) –paramilitaires accusés d’être à l’origine de la dispersion du sit-in et de la répression qui a suivi– patrouillent dans divers quartiers de la capitale.

En réaction au lancement du mouvement de désobéissance civile, l’armée avait promis dimanche un « renforcement de la sécurité ».

Plusieurs habitants ont aussi affirmé à l’AFP rester chez eux car internet n’a pas encore été totalement rétabli dans la capitale, après une coupure quasi totale lundi soir, rendant le travail de bureau plus compliqué.

Quelques entreprises privées ont également prolongé les congés de l’Aïd el Fitr, fête qui marque la fin du mois de jeûne musulman du ramadan, jusqu’à la fin de la semaine.

– Médiations –

Née en décembre d’une colère contre le triplement du prix du pain dans un pays en plein marasme économique, la contestation a rapidement pris une tournure politique.

L’annonce de la reprise des négociations intervient alors que les meneurs de la contestation avaient annoncé lundi soir qu’ils publieraient sous peu la composition de leur propre instance dirigeante avec un Premier ministre.

« La détente au Soudan invite à l’optimisme quant à un accord sur une période de transition fondée sur un partenariat réel et solide » entre les parties, a réagi Anwar Gargash, le numéro deux de la diplomatie des Emirats arabes unis.

Selon des experts, les Emirats, l’Egypte et l’Arabie saoudite semblent soutenir les généraux tandis que Washington plaide pour une transition menée par les civils.

Après sa visite au Soudan, le secrétaire d’Etat américain adjoint Tibor Nagy est attendu à Addis Abeba pour s’entretenir avec les dirigeants éthiopiens et ceux de l’Union africaine, organisation qui a suspendu le 6 juin le Soudan face à l’escalade des violences.

https://www.afp.com/fr/infos/334/soudan-fin-du-mouvement-de-desobeissance-civile-la-vie-reprend-timidement-doc-1hg1am2

 

 

BRESIL : LULA TOMBÉ DANS UN PIEGE ?https://www.oeildafrique.com/sites/default/files/lula-011.jpg

Les responsables de l’enquête anticorruption Lava Jato (Lavage express) au Brésil ont manoeuvré pour empêcher le retour de l’ex-président de gauche Lula au pouvoir l’an dernier, rapporte dimanche The Intercept, sur la base de fuites potentiellement explosives.

Le site d’investigation — cofondé par le journaliste américain Glenn Greenwald –, a lancé ces accusations après avoir eu accès à un grand volume de messages privés échangés notamment sur Telegram entre les procureurs et le juge Sergio Moro, chargé de Lava Jato, et obtenus par « une source anonyme ». Ce juge est aujourd’hui le ministre de la Justice du président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

« Alors qu’ils ont assuré longtemps qu’ils étaient apolitiques et motivés par la seule lutte anticorruption, les procureurs de Lava Jato ont en fait comploté entre eux sur les moyens d’empêcher le retour au pouvoir de Lula et de son Parti des Travailleurs », écrit le site.

Si leur véracité est établie, ces échanges battent en brèche la supposée nécessaire impartialité du juge Moro, qui aurait fourni des indications et conseils aux procureurs contre sa bête noire, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, qu’il avait condamné en première instance en 2017.

Sergio Moro, le ministre brésilien de la Justice, le 19 février 2019 à Brasilia

AFP/Archives / Sergio LIMA Sergio Moro, ministre brésilien de la Justice, le 19 février 2019 à Brasilia

D’autres messages révèlent aussi que les procureurs avaient eux-mêmes « de sérieux doutes sur des preuves suffisantes de la culpabilité de Lula » dans l’affaire de l’obtention d’un triplex en pot-de-vin et qui l’a finalement envoyé en prison, pour huit ans et 10 mois après une révision récente de sa peine.

Sa condamnation a empêché Lula, le favori des intentions de vote à l’époque, de se représenter à la présidentielle d’octobre dernier. Il n’a cessé de clamer son innocence et de se dire victime d’une machination politique destinée à l’empêcher de se présenter à un troisième mandat, après ceux de 2003 à 2010.

Pour sa part, le candidat du parti de Lula à la présidentielle, Fernando Haddad, a exigé une enquête approfondie sur ce qui pourrait devenir selon lui « le plus grand scandale institutionnel de l’histoire de la République ».

Si les informations publiées par The Intercept se vérifient, « beaucoup vont devoir être emprisonnés, des procès devraient être annulés et une grande farce serait dévoilée au monde », a ajouté celui qui a perdu la présidentielle au deuxième tour face à Jair Bolsonaro.

– « Sortis de leur contexte » –

Dans une réaction rapide, les responsables de Lava Jato se sont dits « sereins » face aux accusations selon lesquelles ils auraient agi dans l’illégalité, tout en déplorant d’avoir été « les victimes de l’action criminelle d’un pirate qui a mené des activités très graves contre le parquet, la vie privée et la sécurité de ses membres ».

Le juge Moro a de son côté « déploré la non-identification de la source (…) responsable du piratage criminel des portables des procureurs » et le fait que le site « ne soit pas entré en contact (avec lui) avant la publication, ce qui est contraire aux règles de base du journalisme ».

Les messages illégalement obtenus ont été « sortis de leur contexte », se défend-il.

 

Sur le fond, il dément toute irrégularité dans son comportement lors de l’enquête tentaculaire qui a permis de mettre sous les verrous des centaines de responsables politiques et économiques en cinq ans, en relation avec un gigantesque réseau de pots-de-vin autour des marchés publics du groupe Petrobras.

« Les archives obtenues par notre site sur le Brésil sont parmi les plus importantes de l’Histoire du journalisme », a écrit dans un Tweet le cofondateur de The Intercept, Glenn Greenwald.

« Elles contiennent des secrets explosifs sous la forme de chats, d’audios, de vidéos, de photos et autres documents » sur le procureur de Lava Jato, Deltan Dallagnol, le juge Moro et « un grand nombre de responsables qui continuent d’exercer une importante influence politique et économique au Brésil et dans d’autres pays ».

« Nos reportages ne font que commencer », a-t-il averti.

https://www.afp.com/fr/infos/334/bresil-lava-jato-enquete-pour-empecher-le-retour-au-pouvoir-de-lula-selon-intercept-doc-1hd9n83

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chine-USA, 2014-2019 : Chronique d’une guerre économique annoncée…

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Chine-USA, 2014-2019 :

Chronique d’une guerre

économique annoncée…

 

 

Nous écrivions, en 2014, déjà, à propos des relations économiques sino-américaines :

« …les actions chinoises, prisonnières d’un marché fermé, sont probablement très largement surévaluées par les chinois eux-mêmes, car ils n’ont, pour la plupart des épargnants et investisseurs locaux, pas le choix d’aller voir ailleurs…

A savoir que contrairement à la France, par exemple, l’épargne, même populaire, joue un rôle de base dans les flux financiers intérieurs.

L’ouverture des marchés provoquera vraisemblablement une baisse des cours des valeurs chinoises, un appauvrissement des épargnants, et une ruée sur les valeurs étrangères. En somme, tous les ingrédients d’une crise sévère…

On comprend donc la prudence des réformateurs [du PC chinois] « libéraux », qui voudraient faire du Yuan une monnaie de réserve…

Officiellement, ils ont plutôt le soutien de leurs homologues américains et européens, mais je pense que c’est, de la part de ces hypocrites, un moyen de faire pression sur les « conservateurs »[du PC chinois] pour qu’ils réévaluent autoritairement le yuan à la hausse…

Le yuan convertible, lié à l’ouverture des marchés financiers chinois, et à leur « réajustement » brutal conséquent, aura plutôt tendance à dévisser carrément, dans un premier temps, qui peut être assez long, et en réalité, causer du tort à la finance US.

C’est pourquoi je pense qu’il y a une complicité objective entre les « conservateurs » chinois, protectionnistes, et les financiers US importants.

Le statuquo est leur intérêt commun :

_Pouvoir prolongé du dollar côté impérialistes US.

_Superprofits du « shadow-banking » côté bureaucrates chinois. »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

Depuis lors, la bulle chinoise a éclaté, une première fois, en 2015, mais la « libéralisation » ne s’est faite, effectivement, que de façon très limitée en termes d’ouverture, et le serpent de mer du Yuan convertible est resté, pour l’essentiel, un mythe…

Néanmoins, et aussi bien contrairement aux « vœux » et même aux quasi-injonctions US, que contrairement à tous les «pronostics » des « experts européens », le Yuan a simplement et inexorablement suivi, en cinq ans, la pente, « déclinante » en valeur de change, que notre analyse de 2014 démontrait, contre tout ce petit monde, comme étant sa pente naturelle selon les lois basiques de l’économie, considérées sous l’angle du matérialisme dialectique, c’est à dire également du point de vue des fondamentaux du ML.

Si l’on avait encore un doute, voici les graphes « google » du change du Yuan sur les cinq dernières années :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme on peut le voir, il semble y avoir un « rebond » du Yuan par rapport au Dollar en Février 2018, mais c’est en réalité le Dollar lui-même qui a eut un « creux » sévère à ce moment, ce que révèle la comparaison Dollar/Euro de l’époque, alors que le Yuan lui-même était dans un de ses moments les plus bas… !

Vue sur cinq ans, la pente apparaît bien pour ce qu’elle est, c’est à dire d’ordre structurelle, et non conjoncturelle. Elle traduit le lent arrimage de l’économie chinoise au reste du monde, et non pas seulement à son tuteur originel US, dont elle se détache donc bien inexorablement, attisant la fureur de Trump, et surtout, des détenteurs du capital financier US, qui voient le capital financier chinois s’amarrer à tous les marchés économiques et financiers qui étaient jusque là leur empire incontesté.

Une occasion, donc, de republier l’étude faisant suite à l’éclatement de la bulle de 2015, qui annonçait donc, tout aussi inexorablement, la suite actuelle, sans passer par la boule de cristal ni le marc de café, mais simplement par un usage approprié de l’outil d’analyse ML, encore largement assez affûté pour explorer les entrailles de la crise actuelle au scalpel, n’en déplaise à ses contempteurs qui veulent le reléguer au musée des « illusions perdues ».

Alors même qu’ils nous traitent de « dogmatiques », ce sont bien leurs illusions qui se perdent, avec cette crise !

Luniterre

 

PS:

trouvée sur le net, ce 13/06/2019, cette carte récente figurant la capitalisation boursière par pays…

…telle qu’elle se trouvait en 2017. Une évolution encore plus nette dans le sens de nos études précédentes sur ce sujet: les USA passent de 26 000 à 32 000 Mds USD, et la Chine de 11 000 à 14 000 Mds USD. La Grande Bretagne régresse de 6000 à 4000, le reste de l’Europe n’apparait même plus, sauf sa part englobée dans le capital US… Selon nos dernières infos, la Russie tourne toujours autour de 300 Mds USD, ce qui ferait, sur cette carte le chiffre « impressionant » de 0,3!

 

 

 

 

[01/09/2015]

 

 

La structuration actuelle du capitalisme chinois a des racines beaucoup plus anciennes que celles qu’on lui attribue généralement. Elles ont commencé d’être irriguées par les flux financiers internationaux dès la période de la « diplomatie du ping-pong » maoïste et du rapprochement Chine-USA, en 1972.

Deng Xiaoping n’a fait que formaliser officiellement et généraliser ces tendances structurelles qui restent des facteurs déterminants de la crise.
C’est parce qu’ils ont appris au cœur même du système que les dirigeants actuels en conservent la maitrise, tout en réagissant d’une manière qui prend au dépourvu la plupart des « économistes » occidentaux, alors qu’elle est essentiellement cohérente avec la dynamique particulière de cette forme hybride, à plusieurs titres, de capitalisme.

 

La situation actuelle est telle que seuls ceux qui, soit par intérêts diverses, soit comme victimes de la « doxa » médiatique, (…soit les deux) ne voulaient pas chercher à comprendre, peuvent se dire « surpris ». Mais il se trouve qu’ils sont légions…


Jusqu’à très récemment, la « doxa » était encore: « le Yuan est sous-évalué, maintenu volontairement à un cours trop bas par les autorités chinoises… » etc…
Et qui plus est, une « doxa » véhiculée par de soi-disant « experts », et généralement reconnus comme tels. En voici un « exemplaire », qui prétendait « prévoir » l’évolution du Yuan sur l’année 2014…:


“Le yuan pourrait atteindre le niveau de 5,8 face au dollar fin 2014”
Eric Buffandeau : Directeur Adjoint Etudes, Veille et Prospective @ BPCE _le 13 Décembre 2013
« Quoi qu’il en soit, je pense que le yuan peut s’apprécier en 2014 jusqu’à un niveau de 1 dollar pour 5,8 yuans fin 2014 (contre près de 6,1 aujourd’hui). Certains experts jugent qu’un niveau de 1 dollar pour 3 à 4 yuans correspondrait à une parité réaliste. D’ailleurs, si l’on tient compte de la sous-évaluation du yuan de 41 % par rapport au dollar, on obtient 3,7 yuans pour 1 dollar. Face à l’euro, la parité pourrait passer à 1 euro pour 7,4 yuans fin 2014 contre 8,3 aujourd’hui, du fait surtout d’un recul attendu de l’euro face au dollar (en raison d’une croissance potentielle plus forte aux Etats-Unis qu’en Europe).
Si de nombreuses controverses existent sur l’évolution des devises, la convertibilité croissante du yuan ne peut, en toute logique, que favoriser son appréciation. »
( http://www.cafeduforex.com/archive/article/le-yuan-atteindre-niveau-58-face-dollar-fin-2014# )


Quel flair « fabuleux » !!
Mais il n’est évidemment pas le seul à confondre les causes et les effets. En ce qui concerne la « bonne tenue » du Yuan jusqu’à ces dernières semaines, voici un autre exemple de confusion, encore récente, alors que les bourses chinoise étaient à la veille de leur hausse spectaculaire:


« L’énigme du yuan »(14 avril 2014)
« Avant la crise mondiale, les gouvernements des pays avancés appelaient déjà la Chine à réévaluer sa monnaie afin de réduire les déséquilibres courants. La Banque populaire de Chine a entrepris l’appréciation graduelle du yuan à partir de juillet 2005. Depuis, le taux de change réel du yuan s’est apprécié de 40 %, soit à peu près 3 % par an. »
( http://www.blog-illusio.com/article-l-enigme-du-yuan-123326073.html )


Alors que l’origine de cette politique du « Yuan fort », en dépit des réformes « libérales » du gouvernement chinois, était déjà claire pour les rares observateurs objectifs:


« Le yuan continue de battre des records »
Le Monde.fr | 03.05.2013 |
« La politique d’internationalisation du yuan lancée ces dernières années par Pékin et la création notamment d’un yuan offshore utilisé hors des frontières sont aussi de nature à favoriser l’appréciation du renminbi.
____Une politique qui ne satisfait pas totalement Washington, toujours en demande d’un yuan moins compétitif. La monnaie chinoise reste « considérablement » sous évaluée, aux yeux de la première économie mondiale, qui demande une nouvelle fois à Pékin de hâter l’appréciation de sa monnaie. »
( http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/05/03/le-yuan-continue-de-battre-des-records_3170469_3216.html#hGQPdaBgWzWgKxlJ.99 )


La Chine affirme donc officiellement vouloir « libéraliser » pour s’adapter au marché des changes et au marché financier mondial, mais contrôle arbitrairement son taux de change à un niveau élevé pour complaire à Washington… Les deux parties tiennent en apparence et très formellement le même langage, mais en réalité c’est une façon de tenir la même corde par les deux bouts, tout en essayant d’en tirer discrètement le plus possible, dès que l’autre relâche la tension…
Certains acteurs de ce jeu, in fine, avaient tout de même déjà senti une odeur de roussi dans cette cuisine:


(27/05/2015 )
« Le FMI considère désormais que le yuan « n’est plus sous évalué ». Une prise de position symbolique à visée pragmatique en faveur de la Chine, alors que (…) Si Washington a souligné récemment les progrès réalisés avec une appréciation de 30% depuis 2010 de la monnaie chinoise, les Etats-Unis continuent à estimer que la monnaie chinoise est largement sous-évaluée et qu’un yuan faible favorise outrageusement les exportations chinoises.(…)
« Un choix « pragmatique » pour le FMI(…)
« L’économie chinoise traverse une passe difficile. Elle subit l’inflation, les prix de ses exportations augmentent fortement, et le coût du travail qualifié grimpe plus vite que la production. Or, si l’économie chinoise ralentit, cela va se répercuter sur toutes les économies. Il y a donc un aspect pragmatique dans ce soutien du FMI à l’économie chinoise. »
( http://www.latribune.fr/economie/international/le-fmi-accepte-un-yuan-a-faible-valeur-un-camouflet-pour-les-etats-unis-473642.html )

Mais aujourd’hui, devant le fait accompli, une « doxa » chassant l’autre, la nouvelle mode consiste à résumer la situation en se contentant de souligner le lien évident entre commerce extérieur de la Chine et dévaluation du Yuan.
Et courte vue dans le temps et courte vue dans la distance semblent être concomitants chez tous ces fameux « experts ».
Si ce sont les dévaluations successives et un temps quotidiennes qui ont déclenché le plus de réactions fébriles, un mois auparavant, c’était le « krach » des places financières chinoises qui les mettaient dans cet état.
Et malgré le nouveau Krach qui a suivi de près la dévaluation, c’est à peine si l’on arrive actuellement à trouver dans ces médias de « spécialistes » où en sont les cours actuels des valeurs chinoises…
Le fait que la situation se soit stabilisée de ce côté ne signifie pourtant pas que les causes des brutaux « réajustements » des bourses chinoises n’aient aucun rapport avec celui de la monnaie.

 

 

Un autre aspect quasi-rituel de la « doxa » concernant l’économie chinoise,

consiste à évoquer à tout propos la « concurrence »

que le Yuan ferait au Dollar… 

 

Et de nous annoncer depuis des années que le Yuan est sur le point de devenir une monnaie de « réserve » à l’instar de l’Euro et du Dollar… Et il est vrai que les chinois eux-même, dans ce domaine, ne sont pas avares de bonnes paroles…
La moindre de leur initiative en ce sens est scrutée et relayée par nos « experts », qui en ont aussitôt l’eau à la bouche, alors que la réalité présente devrait leur rappeler que dans ce domaine, précisément, il y a loin de la coupe aux lèvres.


Mais vouloir à la fois le beurre et l’argent du beurre est un défi économique constant qui ne semble pas les intimider plus que ça, et qui explique en grande partie l’aveuglement de ces « experts » européens…

Si les experts chinois et US n’hésitent pas à user de double langage à leurs fins de propagandes respectives, au moins n’en sont-ils pas eux-même les dupes, alors que nos « experts » européens sont manifestement à la fois les dupes des uns et des autres.


En effet, comment peut-on à la fois exiger des chinois qu’il maintiennent un cours élevé du Yuan, grâce à leur contrôle autoritaire des taux de change, et qu’ils fassent des « réformes libérales » pour arriver à une convertibilité du Yuan sur le marché libre.
En réalité, un « Yuan fort » selon ces « experts » US et européens, c’est d’abord et essentiellement, un Yuan assez élevé pour limiter le déficit de la balance commerciale de leurs pays avec la Chine.


Mais comme le soulignait déjà en 2010, assez lucidement, ce chroniqueur, relativement avisé, de Libre Afrique, même s’il est aussi victime de la doxa du Yuan sous-évalué:


« De nombreux économistes, citant les réserves d’environ 2,400 milliards de dollars étrangers,
( 3,840 milliards de dollars fin 2014, et désormais en « retrait » à 3,690 milliards de dollars fin juin. NDTML)  estiment que le renminbi («monnaie du peuple », aussi appelée le yuan) est en fait sous-évalué.


Ils sont en désaccord sur l’ampleur de la sous-évaluation, et il y a une bonne raison pour cela :
personne ne peut connaître la vraie valeur d’une monnaie à moins que cette monnaie fluctue librement et qu’il n’y ait pas de restrictions sur les flux de capitaux. À moins que la Chine permette ces deux choses, les économistes ne peuvent que continuer à produire des estimations très variables de la sous-évaluation du yuan. »
( http://www.libreafrique.org/print/871 )


Effectivement, encore une fois, comment serait-il possible de parler de « libre convertibilité » de la monnaie d’un pays dont les valeurs financières ne sont pas elles-même évaluée sur un marché libre?

 

De sorte que pour comprendre le tournant actuel de l’économie chinoise, et de par le fait, mondiale, vu l’importance de ce pays, 2ème puissance économique mondiale, il est nécessaire de comprendre l’histoire de la structuration de son type de capitalisme.


Sa caractéristique particulière reste la dichotomie fondamentale entre son marché financier, que l’on peut presque littéralement qualifier d' »interne », et l’essentiel de l’activité industrielle et commerciale qui génère la richesse économique chinoise, et qui est liée à la fois au commerce extérieur et aux capitaux étrangers.
Nous avons déjà vu, lors d’une première étude sur l’économie chinoise:
                                                                                                    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/08/en_relisant_lenine_qui_parlait_deja_de_chine/ 

que cette activité commerciale extérieure est en réalité contrôlée à 60% par les capitaux étrangers, et notamment US.


Alors que, de son côté, le marché financier chinois est pour l’essentiel constitué par la capitalisation boursière des « anciennes » entreprises publiques, dont certaines le sont encore en partie, du fait d’une participation financière importante de l’État, et qui reste même majoritaire dans certains cas.
Généralement en situation de monopole dans leur secteur d’activité, ces entreprises ne sont bien souvent ni concurrentielles en termes de développement technologique, ni rentables, financièrement.

http://articles.chicagotribune.com/2014-04-21/news/sns-rt-us-china-reform-enterprises-20140421_1_soes-president-xi-jinping-li-yining )


C’est sur la masse énorme de ces entreprises, et dont certaines sont elles mêmes gigantesques, qu’est basé le marché boursier chinois « continental », sur ses deux places essentielles de Shanghai et Shenzhen, depuis le début des années 90.
Alors comment expliquer la formation d’une bulle « spéculative » telle que leur valeur ait pu faire un bond de 150% en à peine un an, jusqu’à son éclatement actuel ?


A la différence de la France, notamment, l’actionnariat chinois est essentiellement composé d’épargnants issus des classes moyennes, voire plus modestes, et qui n’ont souvent pas d’autre moyen pour se constituer un patrimoine familial, notamment en vue de leur retraite.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/07/08/nouveau-krach-des-bourses-chinoises_4675402_3234.html
et  www.federal-finance.fr/federalfinance/file/fichierff/pj/marches_special_chine_8564044930743157812.pdf )


Et cela d’autant plus qu’ils n’ont pratiquement et tout simplement pas d’autres possibilité d’investissement, depuis l’éclatement de la bulle immobilière chinoise…

http://www.latribune.fr/blogs/pekin-business/20141027tribf9d18755a/comment-la-chine-va-traiter-sa-bulle-immobiliere.html )


Ce « rally » boursier, largement encouragé, à l’origine, par les autorités chinoises ne relève donc pas entièrement d’un « choix », qui, en faits et en droit, n’existe pas.


Et pour deux très simples raisons:
L’accès des épargnants chinois au capital des entreprises étrangères, même s’il est assoupli par les dernières réformes, reste difficile et contingenté par la réglementation.
Mais bien évidemment, il en va de même pour l’accès des investisseurs étrangers au capital des entreprises chinoises.


Celles ci ne sont donc pas réellement soumises à une évaluation des marchés financiers internationaux, et c’est pourquoi leur cotation peut être considérée comme n’ayant qu’un rapport très lointain avec leur valeur réelle, sinon carrément aucun, car sans une immersion dans un marché libre, elle est évidemment tout à fait impossible à estimer sérieusement.


Et cela nous ramène au côté actuellement encore illusoire des réformes entreprises pour la convertibilité du Yuan.
Rappelez vous notre chroniqueur de « Libre Afrique »:
« personne ne peut connaître la vraie valeur d’une monnaie à moins que cette monnaie fluctue librement et qu’il n’y ait pas de restrictions sur les flux de capitaux. »


Les flux de capitaux, en Chine, dès l’ouverture des marchés, ont été nettement séparés en deux grands courants, avec seulement, entre eux, des « passerelles », ou plutôt, on va le voir, des « écluses », au fonctionnement très compliqué, et surtout, très « contrôlées » par les bureaucrates chinois…


Il est clair que le flux initial, qui a permis le décollage économique, est celui des Investissements Directs Etrangers (IDE), et notamment en provenance des USA.
Il faut bien comprendre que ces IDE, même massifs, sont donc devenus , dans le cadre défini par la réglementation chinoise, des investissements en capital industriel productif, ou en capital commercial, mais n’avaient donc pas accès aux marchés financiers locaux, même pour lever des fonds d’investissements productifs, en vue de développer les entreprises ainsi crées.


Mais il est néanmoins clair que ce développement a généré une classe moyenne de plus en plus abondante et épargnante, et désireuse de placer son épargne.
On vient de voir qu’elle ne pouvait le faire que sur le marché financier et dans les entreprises contrôlées par la bureaucratie chinoise.
C’est ainsi qu’une bonne partie des plus-values générées par les capitaux étrangers se retrouve concentrée sur le marché financier chinois, indépendamment de tout critère de concurrence et de rentabilité…


C’est, pour l’essentiel, un flux constant et à sens unique, paradoxalement alimenté par la bonne santé du commerce extérieur chinois et tant qu’elle dure.
C’est donc un flux qui contribue à la « bonne santé » financière apparente des entreprises chinoise, mais aussi et surtout, en fait, à masquer leurs défaillances structurelles profondes et toutes les dérives possibles de leur gestion.


Mais plus grave, encore, ce flux, déjà fermé, en fait, à la dynamique des marchés extérieurs, l’est aussi à celle des PME et du marché intérieur chinois, qui demeure très faible, en proportion du commerce extérieur, et surtout financée par le « shadow banking »,

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/03/17/2562_chine_shadow_banking_explication/

  http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140513trib000829636/le-shadow-banking-un-casse-tete-chinois-estime-a-3.100-milliards-d-euros.html )

 faute d’être considérée sérieusement par ces institutions « officielles ».
C’est notamment faute de pouvoir ni développer ce marché intérieur ni relancer suffisamment le commerce extérieur que les autorités chinoises ont allumé cette bombe à retardement de la bulle boursière, la seule qu’ils étaient sûrs de mettre à feu rapidement, tant elle correspond aux tendances structurelles profondes de la société chinoise, telle qu’elle a évolué depuis la « démocratie nouvelle » initiée par Mao.


Ce genre de jeu dangereux reste possible tant que les bureaucrates chinois en contrôlent tous les ressorts essentiels, et surtout les gigantesques réserves de devises, qui permettent d’en « lisser » les ratés les plus criants, à défaut de contribuer à des investissements plus créatifs.
On comprend bien que si une telle gestion perdure, c’est qu’elle correspond aux intérêts à court terme de cette bureaucratie.


En effet, si les parois « externes » de ce marché financier sont particulièrement étanches, la « réglementation interne », en revanche, y était, jusqu’à ces derniers mois, entièrement à la discrétion de ses principaux acteurs, qui sont ces bureaucrates eux-mêmes, à la fois « juges » et surtout « parties »…


Il faut bien comprendre que si la majorité des actionnaires sont de petits épargnants, ils ne sont donc, dans ce contexte et par définition, en tant qu’individus, d’aucun poids dans les décisions…

Leur seul « pouvoir » est d’acheter ou de vendre de modestes lots d’actions, selon l’engouement ou la rumeur du moment…
Toute choses assez facile à contrôler, jusqu’à un certain point.


De sorte que ce type de boursicotage massif à tendance à tenir davantage, le plus souvent, du casino géant que de l’investissement durable.
Et comme au casino, il n’y a qu’un gagnant réel: le maitre des lieux.


C’est ce principe basique, dès l’origine des marchés financiers chinois, qui en explique à la fois les aléas erratiques, mais surtout, indépendamment de ceux-ci, leur surévaluation chronique, qui est donc structurelle et non conjoncturelle.


En effet, quelle que soit la valeur hypothétique des entreprises chinoises, elles sont l’unique objet du boursicotage massif de ces nouvelles « classes moyennes », et la demande pour ces actions augmente constamment avec le développement de cette nouvelle classe sociale, c’est à dire, paradoxalement, avec le commerce extérieur, qui lui, dépend des capitaux étrangers…

Mais l’influence directe de ces capitaux étrangers sur les marchés financiers chinois est donc encore très marginale, et quasiment négligeable en ce qui concerne leurs grandes tendances, même avec la réforme à son nouveau stade.

L’un des paradoxes actuellement apparents, on vient de le voir avec la crise actuelle, est que le reste de l’économie mondiale dépend en grande partie, par contre, de la situation en Chine…


Alors que la surévaluation chronique des valeurs chinoises tient à la concentration forcée de l’épargne « populaire » sur un marché fermé sur lui-même, à l’abri d’une évaluation réelle, et quasi entièrement contrôlé par la bureaucratie. Situation malsaine entre toutes et potentiellement explosive en cas de contact brutal avec la réalité extérieure.


Toutefois, au sein même de cette bureaucratie, certains ont une vision plus large, et sans doute, aussi, d’autres ambitions, et voudraient voir cet état de fait évoluer. Ce sont ceux que l’on peut appeler « réformateurs », et qui, notamment, souhaitent réellement faire du Yuan une monnaie de réserve internationale, et donc, du capitalisme chinois, un challenger réel pour l’impérialisme US, et non pas seulement un ingénieux ramasse miettes de sa finance, aussi grosses ces miettes soient-elles.


Il faut donc déjà bien comprendre, à ce stade, que ces deux tendances de la société chinoise ne sont que deux formes du capitalisme, dont l’une, la plus bureaucratique, est directement issue de la période « maoïste », comme on le verra plus loin, et qu’il n’y a donc pas lieu de parler de lutte sociale progressiste, ni dans un cas ni dans l’autre.
Il s’agit de deux formes, ou deux voies, de l’adaptation de la Chine aux flux mondiaux de la finance, et de deux façons de
déterminer la place qu’elle peut y occuper en tant qu’État capitaliste.

A l’étape actuelle de son évolution, le capitalisme chinois est de nature hybride, à plusieurs titres, mais dont aucun n’a de rapport avec le socialisme, sauf pour la propagande officielle.
Formellement,
il présente toutes les caractéristiques d’un capitalisme monopoliste d’État, avec une forte concentration de capitaux financiers et industriels.
Mais en tant que tel il ne survit que par l’apport du commerce extérieur et des capitaux étrangers.
Il a donc également retrouvé, avec sa stratégie d' »ouverture », les caractéristiques d’un État bourgeois comprador, qu’il avait perdu à la suite de sa lutte de libération nationale.

Le flux de l’épargne individuelle est une des passerelles, ou « écluses », entre ces deux modes essentiels de son existence.
Mais il en a également un troisième, car, désormais à son tour exportateur de capitaux, il s’est donc naturellement et inévitablement trouvé une
vocation impérialiste, notamment à travers les BRICS. C’est là quasiment un autre sujet, que nous n’aborderons donc que de façon marginale.
C’est donc, à bien des égards, une situation assez originale, difficile à comprendre, et encore plus à gérer, surtout pour les « réformateurs » qui souhaitent en sortir, en ce qui concerne sa dualité basique, conscients de son instabilité potentielle.

 

 

Entre flux mondial et flux chinois, une série d’écluses,

à sens unique, ou presque…


Il faut bien comprendre, également, que ce capitalisme monopoliste d’état, qui s’est formé dès le début des années 70, n’est pas issu d’une hypothétique « utopie socialiste » qui aurait été « trahie » à la mort de Mao, mais déjà d’un capitalisme bureaucratique d’État qui avait nom « Démocratie Nouvelle », selon la formule de Mao.


Si le statut de la « bourgeoisie nationale » à évolué selon les époques, il n’a jamais été remis en cause en tant que tel. Si certaines fractions de cette bourgeoisie ont été sérieusement « bousculées » pendant les violences de la prétendue « Révolution culturelle », n’ont été radicalement éliminées, en faits, que celles qui s’opposaient ouvertement à la fraction « maoïste », les autres retrouvant progressivement leurs prébendes bureaucratiques.


Quant au passage « constitutionnel » à la prétendue « étape socialiste de la dictature du prolétariat », il ne fut « officialisé » qu’en 1975, alors que le processus de collaboration avec l’impérialisme US avait déjà largement dépassé le stade « diplomatique », y compris dans le domaine des finances…


Par quel bout que l’on prenne l’histoire de ce pays, le socialisme n’a jamais existé en Chine, qu’à l’état de chimère théorique.


Dès la fin réelle des troubles de la « Révolution culturelle », au tournant des années 68-70, et telle qu’elle avait permis une relative stabilisation du pouvoir « maoïste », le rapprochement Chine-USA a permis une
première « passerelle » financière avec la bourse de Hong-Kong.
Après une intense préparation due aux « bons soins » du Dr Kissinger,
la première entrevue Nixon-Mao a lieu dès Février 1972.
Dans le courant de cette même année 1972 apparaitront les premières entreprises de l' »État socialiste » cotées à la bourse de Hong Kong…


Mais comment cela pourrait-il être une simple coïncidence…?


De cette lointaine époque, il reste encore la « Shenzhen International Holdings Ltd » introduite en bourse le 25/09/1972, et donc toujours accessible aux investisseurs étrangers, nostalgiques ou non du « maoïsme »…!


Une autre entreprise, dont l’histoire semble avoir été plus mouvementée, vient de disparaitre tout récemment de cette catégorie, rachetée au « groupe d’état » CITIC GROUP par une autre firme chinoise bien connue des internautes, et ça ne s’invente pas: « Alibaba »!

Avant cette opération elle était encore inscrite sous le nom de CITIC 21CN COMPANY LIMITED, introduite à la bourse de Hong Kong le 6 Juillet 1972.
Les diverses mutations plus anciennes que nous avons pu en tracer sont « 21CN CyberNet Corporation Limited », en 2004, et « Easy Concepts International Limited  » en 2000, époque à laquelle elle semble avoir appartenu à « Easyknit International Limited », dont elle aurait été séparée à la suite d’un procès dont les traces sont fort heureusement conservées…en anglais (officiel Hong Kong )!
(
PDF 9026 Ko: http://www.idt.gov.hk/english/doc/easyconcept_easyknit_report.pdf )


Telle qu’elle existait en 1972, son activité semble avoir été dans les télécommunications, ce qui ne l’a pas empêché d’être un temps sous la coupe d' »Easyknit », clairement orienté « textile »… Au moment de la dernière transaction, sa valeur résidait dans une compétence particulière en matière de « codes barres », qu' »Alibaba » a reconverti dans les produits pharmaceutiques, d’où ce nouveau patronyme…:
« Alibaba Health Information Technology Ltd. »


Si toutes les entreprises cotées à la bourse de Hong Kong, restent visiblement référencées avec leur premier numéro d’introduction, il se trouve, en outre et par chance, que la première liste des entreprises publiques cotées a conservé les dates d’introduction quelles que soient leurs mutations formelles par la suite.
Désormais totalement privatisée,
« Alibaba Health Information Technology Ltd. » perd cette trace de son origine « maoïste »…. (tout en restant immatriculée 000241)


En passant du groupe « Citic » au groupe « Alibaba », son destin est emblématique des mutations fondamentales respectives de ces groupes, et elles mêmes sont tout à fait symptomatiques de la mutation du capitalisme chinois dans son ensemble, mais c’est une question qui nécessite précisément une première approche de sa structuration au fil du temps.


De la même époque, il reste encore, inscrites à Hong Kong en 1973, sept entreprises.

(  List of Red Chip Companies (Main Board) Updated: 31/07/2015 )

https://www.hkex.com.hk/eng/stat/smstat/chidimen/cd_rcmb.htm )

L’ensemble de ces entreprises publiques, à la fois d’ « État socialiste » et cotées à Hong Kong, forment donc une première catégorie d’actions accessibles aux capitaux étrangers, et de loin la plus ancienne, d’où son nom usuel, « Red Chips », qui est une antithèse ironique des « Blue Chips » US du Dow Jones, considérée comme le gratin de cet indice, par analogie aux « jetons bleus », du jeu de poker…


Cette liste « rouge » comprend 139 titres, parmi les plus grosses entreprises chinoises, et totalise encore autour de 12% de la valeur totale des actions chinoises, et constituait encore plus de 25% de celles accessibles aux capitaux étrangers, jusque à la dernière « réforme libérale », au tournant 2014-2015, réforme, qui fut en grande partie l’un des détonateurs de la présente crise…


A ce stade de l’analyse, il est donc utile, en fonction des débats en cours dans ce qui reste du mouvement ML et de la gauche à prétentions « marxistes », de caractériser la nature de cette nouvelle structuration du capitalisme chinois au tournant des années 70.


Il est d’usage, de la part de ses thuriféraires pseudo-« marxistes » de se référer à la NEP initiée par Lénine en Russie pour en justifier la compatibilité avec un développement économique prétendument « socialiste ».
La notion de « capitalisme d’Etat », telle que définie par Lénine, en préambule de la NEP, comprends différents aspects, dont l’étude n’est évidemment pas l’objet du présent article, mais il est important de comprendre que l’essentiel des « compromis » portait sur le développement d’un petit capitalisme endogène et non sur les concessions étrangères, qui n’ont jamais représenté, avec l’ensemble des entreprises « mixtes » qu’une part estimée entre 1 et 3 % du commerce extérieur soviétique, loin des 60% du cas de la Chine!


Et il faut également considérer que la part du commerce extérieur dans l’économie globale de l’URSS était, en outre et fondamentalement, beaucoup moins importante que dans le cas de la Chine.


Mais indépendamment de ces chiffres, déjà significatifs, c’est le processus même d’intervention des flux de capitaux financiers qui distingue la nature de ces deux types de capitalisme « d’État ».


Dans le cas soviétique, l’intervention directe du capital financier est quasiment nulle, car il n’y a pas de place boursière pour la spéculation sur la valeurs des entreprises. La part du capital étranger est strictement définie par les concessions dans la sphère productive, et se trouve donc apparentée au capital industriel productif.


L’articulation dialectique entre capital financier et capital productif est au cœur même du processus impérialiste et du capitalisme monopoliste d’état, et bien que ce soit un sujet qui nécessite également un autre article, dans le contexte mondial actuel, cet exemple historique est déjà une manière utile de l’aborder.


Dans le cas Chinois, dès l’époque maoïste de la « diplomatie du ping-pong » la transmutation du capitalisme bureaucratique d’État se fait
par l’intervention directe du capital financier sur la place boursière de Hong Kong, dans un cadre spéculatif par définition.
Dès lors, l’accumulation du capital par la bureaucratie du PCC se fait par la
concentration directe du capital financier et spéculatif dans la sphère industrielle. L’axe principal de ce type de « croissance » ne porte donc déjà plus sur le développement d’un petit capitalisme endogène. C’est le processus caractéristique de la constitution d’un capitalisme monopoliste d’État, qui est tout à fait différent du « capitalisme d’Etat » défini par Lénine.
La création des places boursières à l’intérieur même de la Chine « populaire » au début des années 90 n’est que l’aboutissement logique de ce processus, et non son « commencement » ou son « ouverture ».


Dans le cas de l’URSS la restauration du capitalisme, via l’émergence d’un capitalisme bureaucratique d’État, mais lié davantage aux prébendes bureaucratiques, à la corruption, au « marché noir », et donc essentiellement à une économie « parallèle », a suivi un
processus tout à fait différent. La tentative de constitution d’un capitalisme monopoliste d’État n’y a réellement eut lieu que tardivement, avec l’ouverture véritable aux flux financiers internationaux, début des années 90 et sans l’équivalent du préalable « maoïste » des années 70-80. C’est l’explication principale de son échec, encore actuel, dans le genre.


Alors que la bureaucratie chinoise, confrontée à l’échec chronique de ses tentatives de développement économique, depuis le « Grand Bond en Avant » catastrophique de Mao, n’a donc pas hésité à faire
massivement appel au capitaux étrangers pour tenter d’y remédier.
Mais tout en privilégiant ce
système capitaliste néo-comprador, notamment avec les « zones spéciales », la bureaucratie chinoise entendait bien conserver le monopole du marché financier intérieur.
Attirer les capitaux étrangers tout en les excluant du marché financier intérieur, voilà la gageure sur laquelle reposait sa survie en tant que classe et son développement éventuel.

 

Jusqu’à aujourd’hui, elle s’y est fort bien employée, avec une ingéniosité financière remarquable, qu’il est nécessaire de comprendre pour y retrouver tous les ressorts qui ont présidé à la genèse de la situation actuelle, et les limites entre lesquelles elle peut encore évoluer.
Il est clair que dans l’optique de cette gageure, le système des « Red Chips », via la bourse de Hong Kong, devait être nécessairement limité.


Le système néo-comprador des « zones spéciales », en compensant son exclusion du marché financier intérieur par des avantages autrement extensifs (droits de douane, rapatriement des investissements et des bénéfices, fiscalité, extra-territorialité) a permis le décollage exponentiel de l’économie chinoise,
dans le cadre de la mondialisation impérialiste.


La problématique de la bureaucratie était donc de
drainer vers le marché financier intérieur une partie de la plus-value extorquée aux prolétaires chinois, essentiellement dans ces « zones spéciales », par les capitaux étrangers.

Mais c’est aussi dans ces « zones spéciales » que s’est formée, avec les premières « réformes », la nouvelle « classe moyenne » dont le rôle est devenu fondamental pour ce système hybride entre capitalisme néo-comprador et capitalisme monopoliste d’Etat de type relativement primitif.


C’est pourquoi le fonctionnement des marchés financiers chinois continentaux repose, dès le début des annnées 90, sur un système double, avec deux classes d’actions, simplement dénommées A et B.


Les actions A sont les actions des sociétés chinoises continentales cotées en Yuans et accessibles, à l’origine, aux actionnaires chinois exclusivement. Ce sont, encore aujourd’hui, les actions typique de la classe moyenne, représentant plus de 55% du total de la capitalisation chinoise, et, jusqu’aux dernières réformes, la presque totalité sur les places de Shanghai et Shenzhen.


Les actions B, accessibles aux investisseurs étrangers, cotées en dollars, sont également des actions de sociétés chinoises continentales, mais leur émission est contingentée. Elles n’ont jamais représenté qu’une part infime du total, autour de 0,5%.
Toutefois, le rôle de ces actions B est important pour le système, comme moyen d’injecter des devises étrangères fortes dans le système, sans qu’elles y aient de prise réelle.


De plus, certaines sociétés chinoises ont les deux systèmes de financement, A et B, et cela permet de mesurer le décalage entre flux financiers « externes » et « internes ».

 

 

 


(Classes d’actions

http://kraneshares.com/an-asset-allocators-guide-to-the-alphabet-soup-of-chinese-share-classes/#   )


De manière chronique, même si avec des fluctuations importantes, la valorisation des actions A à toujours été supérieures à celle des actions B. Ce paradoxe apparent s’explique parfaitement si l’on comprend que la valeur des actions B est influencée par la réalité des flux externes, internationaux, alors que les actions A font l’objet de la spéculation et du boursicotage intensif des investisseurs et épargnants locaux.


De ce fait, la cupidité des investisseurs étrangers s’est naturellement manifestée en direction du marché des actions A, et le gouvernement chinois, fidèle à sa stratégie, leur a ouvert dès 2002, des quotas  dans ces actions (*), de volume total sensiblement équivalent à celui des actions B, mais de plus, strictement réservé aux investisseurs institutionnels.

(* dits QFII:  http://www.szse.cn/main/en/Products/AboutQFII/   )


De ce fait, le marché des actions B en a tendance à perdre encore de son faible dynamisme, et la question de sa « fusion » avec le marché des actions A revient régulièrement comme une sorte de serpent de mer,  surtout ressuscité par ceux qui ne comprennent rien à la logique particulière de la finance chinoise!

(   http://www.ft.com/intl/cms/s/0/254b3b6e-5a2a-11e2-a02e-00144feab49a.html

http://blogs.reuters.com/george-chen/2011/04/28/what-happened-to-b-shares/  )

 

Car en effet, cette « fusion » en ouvrant une brèche d’accessibilité plus facile aux capitaux étrangers sur le marché A en détruirait la dynamique interne forte, qui est de concentrer l’épargne de la « classe moyenne » sur des entreprises en réalité fort peu compétitives, ce que souligne, précisément, et bien involontairement, l’anémie relative du marché B.


Parallèlement à ce système, déjà assez complexe, non seulement les « passerelles » financières
« Red Chips » avec Hong Kong ont perduré, mais d’autres classes d’actions chinoises s’y sont également développées. Citons notamment les actions H, qui y sont cotées en dollars de Hong Kong. L’ensemble des actions chinoises continentales cotées à Hong Kong représentent environ 40% du total de la capitalisation boursière chinoise.
C’est évidemment une « passerelle » beaucoup plus large, à priori, pour les capitaux étrangers, mais elle a donc pour « inconvénient », tout à fait logique en réalité, de « souffrir » du même syndrome chronique que les actions B, à plus grande échelle.

 

C’est ce que révélait, en décembre 2014, au moment même de la mise en œuvre de la dernière réforme « libérale », le  » Shanghai-Hong Kong Stock Connect « , destinée à « élargir » la passerelle financière entre les flux de capitaux, une étude graphique comparative qui permet de comprendre cet aspect déterminant de la crise.


De plus, le court commentaire joint aux graphes souligne que le « record » de 3000 point battu à ce moment par l’indice SSE Composite, repose néanmoins sur une politique monétaire à hauts risques, dans un contexte de « ralentissement » économique déjà caractérisé.


Aujourd’hui, 10 mois après cette publication , et 3 mois après le premier krach significatif de la bourse de Shanghai, il est remarquable que ce « record » n’était que le début d’une envolée spectaculaire, initiée précisément fin 2014, avec le lancement du
« Shanghai-Hong Kong Stock Connect « , le 17 Novembre !


C’est pourquoi il nous parait nécessaire d’y ajouter un graphique plus récent, racontant, en quelque sorte, la « suite de l’histoire », avec ce basculement au dessus du seuil des 5000 points, en Juin dernier…


« 8 décembre [2014] (Reuters) – L’indice composite de la Bourse de Shanghai a franchi lundi le seuil des 3.000 points, à un plus haut de près de quatre ans, en dépit d’un solde des échanges commerciaux chinois mitigés au titre du mois de novembre, annonciateur de nouvelles déceptions lors de la publication, vendredi, des chiffres de la production industrielle et de l’investissement pour la même période.

 

Suite de l’histoire…:

SSE COMPO 2014 2015

 

Les attentes d’une politique monétaire plus accommodante de la part de la Banque populaire de Chine (PBoC), confortées par la baisse surprise des taux directeurs le 21 novembre, peuvent expliquer cette envolée des indices boursiers chinois malgré le contexte de net ralentissement de la croissance économique.


Pourtant, les investisseurs non résidents semblent beaucoup moins convaincus que les investisseurs domestiques des vertus d’un nouvel assouplissement monétaire pour relancer l’économie chinoise, comme le montre la divergence croissante entre l’indice des actions A de la Bourse de Shanghai, libellées en yuans et réservées aux investisseurs résidents, et l’indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong, et même l’indice des entreprises chinoises cotées à la Bourse de Hong Kong.

 

 

L’évolution comparée des indices des actions A et B de la Bourse de Shenzhen, libellées en dollar de Hong Kong et réservées aux investisseurs non résidents, n’envoie pas un message différent.

 

 

 

 

Le retour à une politique de stimulation monétaire conforme à l’ancienne école est porteuse de nombreux risques, prévient Jonathan Lowe, de JP Morgan Asset Management.
Il peut en effet compromettre le rééquilibrage de l’économie chinoise vers un modèle plus autocentré et tourné vers la demande intérieure plutôt qu’axé sur l’export et l’investissement, au risque de perpétuer une mauvaise allocation des capitaux et d’alourdir le ratio d’endettement.
La relative stagnation des indices des actions chinoises accessibles aux non-résidents montrent que ces derniers redoutent que la Chine ne renoue avec ses vieux démons du surinvestissement. »
http://bourse.lesechos.fr/forex/infos-et-analyses/graphes-la-banque-de-chine-ne-convainc-pas-les-investisseurs-etrangers-1018695.php


De cet « instantané » pris au moment du décollage de cette « bulle », comme de toutes les études sérieuses sur cette question, il ressort nettement que ce sont les actions A qui tirent en permanence les marchés financiers chinois vers le haut, avec une dynamique spéculative massive qui leur est propre et qui ne correspond nullement à la réaité du développement économique de leurs entreprises. La « bulle » n’est en réalité qu’une exacerbation momentanée de cet effet, encouragée par le gouvernement chinois lui-même, qui tente de l’utiliser pour régler provisoirement les incuries les plus urgentes de son système hybride, quitte à en faire subir les conséquences à une partie de la « classe moyenne », sur laquelle il repose pourtant.


Ce décalage entre fondamentaux économiques et valeurs spéculatives a finalement sauté aux yeux du chroniqueur anglais du « Guardian » … après la bataille, le 16 Juillet 2015:
« The fact that Chinese stocks were climbing ever higher while the Chinese economy was cooling should have been an unmistakable warning of a bubble, but it caused surprisingly little concern. (Another reason to worry might have been the disparity in prices between so-called “A-shares”, which can only be purchased by investors inside China to keep the domestic market shielded from outside foreign manipulation, and stakes in the same companies available to foreign investors through the Hong Kong exchange, known as “H-Shares”. This disparity suggested Chinese investors were bidding up prices well beyond any reasonable approximation of their value.) In fact, drawn by the casino-like profits to be made in the boom, more and more small investors flocked to the thousands of brokerage houses that are now proliferating in every Chinese city in order to buy and sell while staring up at flickering electronic data boards charting the rise and fall of equity prices. »
http://www.theguardian.com/world/2015/jul/16/why-chinas-stock-market-bubble-was-always-bound-burst


Mais ce qui est plus remarquable, encore, c’est que le journaliste du « Guardian » a pris le temps de rechercher des traces évidentes de la volonté consciente des autorités chinoises de manipuler autoritairement le marché des actions A à la hausse, en toute connaissance des causes et des effets…:


« When the Shanghai index reached a new pinnacle of 4,000 in April, a column in the People’s Daily effused that this “was only the start of a bull market”.
“What’s a bubble?” it asked insouciantly. “Tulips and bitcoins are bubbles … But if A-shares are seen as the bearer of the Chinese dream, then they contain massive investment opportunities.”(…)
(…)And so the bubble grew and grew:
…the value of the A-shares inside China grew to be nearly double the equivalent shares of the same companies on the Hong Kong exchange. Ordinary Chinese people had become so intoxicated by bull-market euphoria that stories began to proliferate about people leaving their jobs, and even their families, to become day traders, often using funds borrowed from high-interest rate “shadow banks” or loans taken out against their homes.
(…)Of course, some observers could see the inherent weakness in this seemingly irrepressible market, but with so much money to be made, it was easy to ignore or disparage warnings of anomalies and irregularities.
Few wanted to ruin the heady ride with naysaying and pessimism, particularly as some 7% of households had invested 15-20% of all their assets in shares. When the World Bank released its China Economic Update Report this spring, noting that the state had gone beyond its role as a regulator and guarantor for financial systems and engaged in more active interference, its officials met with strong opposition from the Chinese government.
(…)It was a prescient warning, given what followed. But almost immediately after the report appeared,
the chapter containing these cautions suddenly vanished: unspecified Chinese officials had taken umbrage at such direct criticism, and forced the World Bank to redact the offending portion of its analysis. « 


Au delà des mesures non moins autoritaires pour « limiter la casse » au lendemain du krach, ce sont plutôt les bureaucrates du PCC les plus accros à ce système qui ont repris l’initiative, en tentant de lancer ce slogan pour le moins « décalé »..:


« The extent of the party’s belated panic may have been best captured by the absurd instruction given by party propaganda officials to students at Tsinghua University School of Economics and Management, who were told to loudly chant, at the start of their graduation ceremony,
“Revive the A-shares! Benefit the people!” (After news of this effort went viral, the chant was changed at the last minute to something more anodyne.) »


Mais la volonté pathtétique des bureaucrates « conservateurs » du PCC pour s’accrocher au système des actions A, tel qu’il a fait leur fortune jusqu’ici, ne peut que se heurter inexorablement à la réalité.

C’est pourquoi la volonté des éléments « réformateurs » a néanmoins abouti, au fil des années, à un élargissement progressif des étroites « passerelles » entre les flux de capitaux continentaux et externes. Les actions B, puis les QFII, ont connu des élargissements successifs, soit de leurs quotas, soit de leurs champs d’application, et parfois les deux.


Mais le lancement du
 » Shanghai-Hong Kong Stock Connect « , le 17 Novembre 2014, était d’une envergure bien supérieure dans cette optique. C’est la première ébauche réelle d’un tentative d’ajustement des cours à un niveau commun entre les différentes classes d’actions.

Cela a une importance évidente si l’on considère le cas d’une entreprise avec des actions réparties dans plusieurs classes… Et dont les valeurs respectives fluctuent en partie en fonction de la dynamique propre à chaque marché d’action, à chaque indice dans lequel elles sont incluses. Quelle est, entre deux cotations simultanées, la vraie valeur d’une telle entreprise? C’est un exemple pratique de la vraie question de l’intégration de la Chine aux flux financiers mondiaux: quelle est la valeur globale réelle de son économie? De la réponse dépend en grande partie la place qu’elle pourrait y occuper, en tant que pôle néo-impérialiste, si elle arrive à une autonomie financière suffisante par rapport au secteur néo-comprador de son économie.


C’est un article du « Monde », du 10/11/2014, quelques jours avant l’ouverture, qui définissait le principe de la nouvelle connexion
 » Shanghai-Hong Kong Stock Connect «  , précisément par la métaphore d’une « écluse », définitivement plus adaptée, dans ce cas, que celle de la « passerelle »:


« Le nouveau programme, dont l’approbation a été annoncée lundi par Pékin, est parfois surnommé « train direct » : les banques et fonds présents sur la place de Shanghaï seront autorisés à investir en yuans dans des actions cotées à Hongkong, et vice versa.
Il permet au gouvernement chinois d’ouvrir progressivement l’écluse qui sépare le marché boursier de Chine continentale de celui de Hong kong, donc du reste du monde. »
http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/11/10/la-chine-entrouve-ses-marches-financiers_4521211_3234.html


En effet, les niveaux de cotation sont en grande partie conditonnés par le sens et le volume des flux de capitaux. C’est la concentration unidirectionnelle de l’épargne des « classes moyennes » vers le marché des actions A qui crée un flux interne le maintenant à un niveau élevé, quoi que sa principale et réelle source, en terme de plus-value, provienne des capitaux étrangers investis dans les activités économiques tournées vers le commerce extérieur, qui engendre la « richesse » relative de ces classes.


Bien évidemment, les bureaucrates chinois sont conscients du risque d’inversion du flux, c’est pourquoi la réglementation de cette « écluse », si elle reste, par définition, à double sens, n’en est pas moins différenciée entre ces deux sens, de façon à garantir un niveau plus élevé d’un côté que de l’autre, même en fonctionnant à plein régime…:


« Quotas
Northbound and southbound trading will be subject to separate sets of aggregate and daily quotas at launch. The northbound aggregate quotas is set at RMB 300 billion, while the southbound aggregate is set at RMB250 billion. The quotas is calculated on a netting basis at the end of each trading day.
The daily quota limits the maximum net buy value of cross-boundary trades under the scheme. The northbound daily quotas is set at RMB13 billion while the southbound daily quota is set at RMB10.5 billion. »
https://en.wikipedia.org/wiki/Shanghai-Hong_Kong_Stock_Connect


Dans le jargon des financiers chinois, « northbound » signifie le flux de capitaux dans le sens Hong Kong>>Shanghai, et « southbond », l’inverse.

Aussi bien en volume global qu’en quota quotidien, le flux « vers Shanghai », où sont initialement et principalement cotées les actions A, doit, en tout état de cause, rester supérieur…

Le « risque », relatif, pour les autorités chinoises continentales, est que les quotas n’étant pas obligatoirement atteints, le flux puisse s’inverser tout de même… La réglementation complète est en fait beaucoup plus compliquée que les quotas pruncipaux résumés ci-dessus. Et de plus, elle évolue en fonction de la pratique. Un bon aperçu, dans cet article:


http://www.dorsey.com/eu-shanghai-hong-kong-stock-connect-part-one/


Comme on l’a vu, le marché des actions A, même notoirement surcoté, restait essentiellement attractif pour l’investissement spéculatif, et ce flux, fortement encouragé par d’autre mesures de la part des autorités continentales, est resté dominant jusqu’à l’éclatement de la bulle.


Aujourd’hui, entre incertitudes et réajustements, le destin de la Chine, que l’on avait longtemps cru fixé, plus par aveuglement que sur des conclusions d’analyses sérieuses, est à nouveau à redéfinir, dans le contexte de crise mondiale de l’impérialisme.


Les dévaluations successives à partir du 11 Août n’ont pas empêché la rechute du Lundi 24, journée noire pour toutes les places financières, montrant à nouveau l’interdépendance des flux de capitaux, et surtout,
leur dépendance à l’égard du « moteur » économique chinois, et de sa nature hybride entre capitalisme comprador et capitalisme monopoliste d »Etat, encore incapable de devenir un pôle financier suffisamment endogène par rapport à sa base économique.


En tant que tel, il ne peut survivre encore longtemps sans un taux de croissance anormalement élevé, et disproprtionné par rapport au développement relativement insuffisant de son marché intérieur. Alors qu’en France on crie victoire à la perspective de 1% de croissance, la Chine tremble à moins de 7%!

Or, dans le contexte de crise chronique, le maintient d’un tel taux ne parait pas être une option crédible.
Les fondamentaux qui ont amené à cette situation ne peuvent désormais qu’entrainer une suite de krachs et de dévaluations plus ou moins « contrôlées », jusqu’à un ajustement réaliste dans l’arrimage de la Chine aux flux mondiaux de capitaux,
mais avec des « dégâts collatéraux » dont le prolétariat et la « classe moyenne » chinoises seront les premières et les principales victimes.


Ce processus, générateur d’approfondissement de la crise mondiale, peut aboutir à une évolution de la nature hybride du capitalisme chinois vers un mode plus classique de pôle impérialiste réellement capable de concurrencer le pôle US.

C’est une situation de crise typique où le repartage du monde par un affrontement armé entre les deux pôles rivaux risque d’être la « solution » incontournable pour la survie du système.


L’autre solution est le réveil, déjà manifeste, de la classe ouvrière chinoise et la réouverture d’une perspective socialiste réelle, bien différente de celle précédemment transformée, non pas en utopie, mais carrément en chimère cauchemardesque, par le maoïsme.

 

Luniterre

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

 

 

Quelques nouveaux éléments du débat en cours… (SUITE)

 

RÉACTUALISÉ EN TEMPS RÉEL…

 

A LA SUITE DE…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/02/proverbe-chinois-tu-ne-mordras-pas-la-main-qui-te-nourrit/

(…intégrés directement dans l’article, et auxquels s’ajoute donc aujourdhui cette réponse à une question du camarade du groupe RCC-CHB…

« Comment comprendre cela de toi nous concernant, tu crois vraiment que nous sommes « nourris » par le PCC ? » )

 

Bonjour,

Ce que je crois ??? La « croyance » ne faisant pas partie de la méthodologie matérialiste dialectique, je n’ai rien à « croire » ou « ne pas croire », à ce sujet comme aux autres… !

Comme je te l’ai dit, je t’accorde, néanmoins jusqu’ici et à priori, le « crédit » de la sincérité…

Dans la mesure où tu amènes le débat sur ce type de questionnement, et en parlant, semble-t-il, au nom de ton groupe RC (« nous »?) c’est peut-être un crédit à reconsidérer, d’un point de vue matérialiste dialectique, précisément :

En effet…

« Ce n’est donc pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c’est, inversement, leur être social qui détermine leur conscience. » (Karl Marx : préface de la Contribution à la critique de l’économie politique) 

Cet article, comme de nombreux autres sur TML, ne vise pas particulièrement telle ou telle secte pseudo- « m-l », mais le choix politique et idéologique fondamental sur le type de société à proposer comme perspective politique alternative, c’est à dire anticapitaliste, et donc de rupture avec l’économie de marché.

L’expérience de la NEP, nécessaire en son temps, à montré, par son échec en quelques années, les limites d’un « compromis tactique », même si parfois nécessaire, lors de la transition socialiste : il est clair que la transition vers la collectivisation complète eut été moins brutale si opérée plus tôt, et notamment, avant la « crise des grains » (1928) qui a contraint à une mutation accélérée et traumatisante, bien que d’autant plus indispensable et urgente.

En Chine, le cas est différent : une transition socialiste n’a jamais été réellement amorcée, sauf à considérer comme telle la politique « communaliste » de Mao Zedong, déjà aux antipodes du concept marxiste de transition (Sur le « socialisme communaliste », relire Engels, Anti-Dürhing) et qui a malheureusement « concrétisé » la « théorie » maoïste au prix de millions de morts (GBA, 16,5 millions « officiels », GRCP, ???). La transition du capitalisme national bureaucratique vers le capitalisme monopoliste d’Etat s’est tout d’abord opérée, déjà sous Mao, via une phase comprador entièrement accomplie en Kollaboration avec l’impérialisme US, à partir de 1972.

Cela n’empêchait pas la Chine de financer, en France, les pseudos « partis marxistes-léninistes » qui étaient ses zélateurs « idéologiques », à l’époque, comme le sont divers groupuscules encore aujourd’hui, dont le tien.

Savoir ou « croire » qui finance directement qui, ce n’est pas sans importance, mais ce n’est donc pas l’essentiel.

En 1947 Staline proposait de l’argent et des armes à Thorez, qui refusait en prétendant en avoir déjà…

En réalité Thorez mentait effrontément à Staline, ses « réseaux », sur le terrain, ne se consacrant déjà plus qu’à la propagande électorale… (et à négocier la fin des grèves… !)

Aujourd’hui, faire l’éloge de l’économie de marché ou tenter de construire une alternative en rupture avec le capitalisme, c’est le choix à faire pour tous ceux qui se réclament du mouvement ouvrier.

Ce qui nous ramène au propos de Marx : ceux qui font l’éloge de l’économie de marché sont déterminés par leur être social, leur intérêt de classe, et/ou l’intérêt de classe qu’ils choisissent donc de défendre.

Luniterre

 

ENCORE UNE SUITE AU DÉBAT…

De la part du camarade du RCC-CHB:

Là tu t’éloignes de ma question en bottant en touche sur la notion de  » croyance », or ce qui est « matérialiste » ici c’est que le proverbe chinois dit « tu ne mordra pas la main qui te nourrit », c’est une sorte d’épitaphe pour présenter nos échanges, alors je repose ma question: crois tu vraiment sérieux de nous appliquer ce proverbe ? En d’autres termes crois tu que nos positions relèvent de ce proverbe ? Et quelle preuve « matérialiste » en as tu ?

Bien à toi

 

 

UNE RÉPONSE TML…

Franchement, qui détourne le sujet??? Le sujet c’est le capitalisme, c’est l’économie de marché.

 

Je lis votre prose, et j’y constate l’éloge de l’économie de marché: c’est juste une évidence, et une « preuve », si tu en veux une. 

 

Le titre de l’article est évidemment humoristique, formellement, et quant au fond je l’assume totalement comme s’appliquant de manière générique à tous éloges faits consciemment de l’économie de marché et d’autant plus et surtout, lorsque cela se fait sous un faux nez « marxiste-léniniste », ce qui s’applique donc au RCC-CHB, vu le contenu de la brochure.

-SOCIALISME A LA CHINOISE-

 

Même si la nourriture ainsi ingérée reste « spirituelle », pourquoi pas, comme je te l’ai dit, et même démontré, c’est un aspect secondaire de la question, on ne peut néanmoins pas dire que vous crachiez dans cette soupe idéologique!

 

(…Ni même que vous « mordiez » la « main du marché », si tu veux, tant qu’à faire, filer la métaphore jusqu’au bout!)

 

Note, au passage que la formule officielle, selon J-C Delaunay, économiste vivant actuellement en Chine et grand zélateur de ce régime, c’est bien « économie de marché socialiste »:  社会主义市场经济 (shehui zhuyi shichang jingji), et non pas « socialisme de marché ».

 

Ce qui ne fait aucune différence quant au fond, précisément, qui reste le capitalisme, l’économie de marché.

 

Même emballé sous un verbiage « marxisant », c’est donc un choix politique conscient, qui n’est donc pas celui d’une alternative au capitalisme, d’une rupture avec le capitalisme, mais bien d’un masque pseudo-« marxiste-léniniste » dont vous fardez le capitalisme chinois, rajoutant simplement votre couche à celle dont il se maquille déjà grossièrement.

 

Luniterre

 

 

DE LA PART DU CAMARADE  DU RCC-CHB, UNE RÉPONSE NOURRIE DE LONGUES CITATIONS, PLUS OU MOINS « COUPÉES »…

 

Bon, je vois que l’accusation implicite de « corruption » devient sous ta prose de la « corruption idéologique ». Les formules peuvent différer « socialisme de marché » ou « économie socialiste de marché » ou encore « économie de démocratie populaire » ou encore « économie de transition au socialisme-communisme », peu importe, l’essentiel ici est de prendre en compte ces indications non dogmatique de Staline dans les « problèmes économiques… » :

–  »  On dit que les lois économiques revêtent un caractère spontané, que l’action de ces lois est inéluctable et que la société est impuissante devant elles. C’est faux. C’est fétichiser les lois et se faire l’esclave de ces lois. Il est prouvé que la société n’est pas impuissante devant les lois; qu’elle peut, en connaissant les lois économiques et en s’appuyant sur elles, limiter la sphère de leur action, les utiliser dans l’intérêt de la société et les « dompter », comme cela se passe à l’égard des forces de la nature et de leurs lois, comme le montre l’exemple cité plus haut sur le débordement des grands fleuves ».

– « On dit que certaines lois économiques, y compris la loi de la valeur, qui fonctionnent chez nous, sous le socialisme, sont des lois « transformées » ou même « foncièrement transformées » sur la base de l’économie planifiée. Cela est également faux. On ne peut « transformer » des lois, et encore moins les « transformer foncièrement ». Si on peut les transformer, on peut aussi les abolir, en y substituant des lois nouvelles. La thèse de la « transformation » des lois est une survivance de la fausse formule sur l’« abolition » et l’« élaboration » des lois. Bien que la formule de la transformation des lois économiques soit depuis longtemps chose courante chez nous, force nous sera d’y renoncer, pour être plus exact. On peut limiter la sphère d’action de telles ou telles lois économiques, on peut prévenir leur action destructive, si tant est qu’elle s’exerce, mais on ne saurait les « transformer » ou les « abolir ». Par conséquent, quand on parle de « conquérir » les forces de la nature ou les forces économiques, de les « dominer », etc., on ne veut nullement dire par là qu’on peut « abolir » les lois de la science ou les « élaborer ». Au contraire, on veut seulement dire par là que l’on peut découvrir des lois, les connaître, les assimiler, apprendre à les appliquer en pleine connaissance de cause, à les utiliser dans l’intérêt de la société et les conquérir par ce moyen, les soumettre à sa domination. Ainsi, les lois de l’économie politique sous le socialisme sont des lois objectives qui reflètent la régularité des processus intervenant dans la vie économique indépendamment de notre volonté. Nier cette thèse, c’est au fond nier la science; or nier la science, c’est nier la possibilité de toute prévision, — c’est donc nier la possibilité de diriger la vie économique ».

– Prendre en compte aussi cette indication non dogmatique dans un texte peu connu de Lénine intitulé « Sur l’infantilisme ‘de gauche’ et les idées petites bourgeoises » (mai 1918), voici ce que dit Lénine à propos du « capitalisme d’état » : «  Nous ne savons pas organiser nos propres forces pour la surveillance, charger un directeur ou un contrôleur bolchevik de surveiller, disons, une centaine de saboteurs qui viennent travailler chez nous. Dans cette situation, lancer des phrases telles que ‘la socialisation la plus résolue’, ‘l’écrasement’, ‘briser définitivement’, c’est se mettre le doigt dans l’œil. Il est typique, pour un révolutionnaire petit-bourgeois, de ne pas remarquer qu’il ne suffit pas au socialisme d’achever, de briser, etc. ; cela suffit au petit propriétaire exaspéré contre le grand, mais le révolutionnaire prolétarien ne saurait tomber dans une pareille erreur. (…) Or, ils (nos communistes de gauche) n’ont pas songé que le capitalisme d’état serait un pas en avant par rapport à l’état actuel des choses dans notre République des soviets. (…) Aucun communiste non plus n’a nié, semble t-il, que l’expression de République socialiste des Soviets traduit la volonté du pouvoir des soviets d’assurer la transition au socialisme, mais n’entend nullement signifier que le nouvel ordre économique soit socialiste. Mais que signifie le mot transition ? Ne signifie t-il pas, appliqué à l’économie, qu’il y a dans le régime en question des éléments, des fragments, des parcelles, à la fois de capitalisme et de socialisme ? Tout le monde en conviendra. Mais ceux qui en conviennent ne se demandent pas toujours quels sont précisément les éléments qui relèvent de différents types économiques et sociaux qui coexistent en Russie. Or, là est toute la question. Enumérons ces éléments : 1) l’économie patriarcale, c’est à dire dans une très grande mesure, l’économie naturelle paysanne ; 2) la petite production marchande (cette rubrique comprend la plupart des paysans qui vendent du blé) ; 3) le capitalisme privé ; 4) le capitalisme d’état ; 5) le socialisme. La Russie est si grande et d’une telle diversité que toutes ces formes économiques et sociales s’y enchevêtrent étroitement. Et c’est ce qu’il y a de particulier dans notre situation. (…) Ce n’est pas le capitalisme d’état qui est ici aux prises avec le socialisme, mais la petite bourgeoisie et le capitalisme privé qui luttent, au coude à coude, à la fois contre le capitalisme d’état et contre le socialisme. La petite bourgeoisie s’oppose à toute intervention de la part de l’Etat, à tout inventaire, à tout contrôle, qu’il émane d’un capitalisme d’état ou d’un socialisme d’état ». 

L’expérience Chinoise en cours est consécutive à la division du MCI sous le coup du révisionnisme Krouchtchévien et l’opposition semi-révisionniste maoïste et de la défaite du camp socialiste avec la restauration du capitalisme en URSS et dans les démocraties populaires d’Europe. Malgré tous ces défauts Marx et Engels ont soutenu la première expérience de Révolution Prolétarienne qui est allée « à l’assaut du ciel » même si ils la trouvaient prématuré. Ils l’ont étudié pour les expériences postérieures après sa défaite. Il en est de même de la seconde expérience, celle de l’URSS matrice des autres expériences Chinoise, Coréenne, Vietnamienne, Cubaine.

Comment peut-on dire de la Chine qu’elle est « capitaliste » voire « impérialiste » et continuer à dire que Cuba est socialiste, ou le Vietnam ou la Corée du Nord ? C’est aussi l que gît le dogmatisme, la maladie infantile qui est au fond l’influence délétère dans le mouvement ouvrier de la petite bourgeoisie radicalisée incapable de réflexion scientifique et matérialiste dialectique à partir du réel.

Mais évite à l’avenir de jeter à la tête de l’autre des insultes du genre « on ne mord pas la main qui te nourrit », c’est indigne d’une discussion où c’est l’argumentation à partir des faits et dans l’objectif de la révolution prolétarienne qui prime.

Bien à toi

 

 

 

UNE RÉPONSE TML…

Bonjour,

Comme je te l’ai expliqué, je n’ai rien à retirer à mes propos, sur le fond, et je ne manquerai pas de les réitérer, selon les nécessités du débat.

Ici, tu n’hésites donc pas à pratiquer un « glissement sémantique » des plus grossiers pour tenter de t’appuyer sur une suite de citations tout à fait à contre-emploi, ce qui infère donc un doute sur ta bonne foi, à moins que tu n’arrives vraiment pas à comprendre le sens le plus élémentaire des phrases citées !

« Les formules peuvent différer « socialisme de marché » ou « économie socialiste de marché » ou encore « économie de démocratie populaire » ou encore « économie de transition au socialisme-communisme », peu importe, l’essentiel ici est de prendre en compte ces indications non dogmatique de Staline dans les « problèmes économiques… » »

Alors qu’il n’y a évidemment aucun rapport entre les textes cités, les fondamentaux qu’ils nous expliquent, et la réalité des fondamentaux du capitalisme-impérialisme en Chine, qui n’est donc en rien une économie de transition, selon ces mêmes fondamentaux !

Que tu te sentes personnellement atteint par l’idée de corruption au premier degré me rassurerait plutôt sur l’intégrité de ton engagement personnel, mais cela n’élude donc pas le problème d’ensemble de l’influence de la Chine et du PCC sur le mouvement ouvrier, en France et ailleurs, que cette influence soit « purement idéologique » ou plus concrète, économiquement parlant. Dans la mesure où il s’agit d’une influence idéologique capitaliste-impérialiste, cela ne fait donc pas de différence, quant au fond, comme je te l’ai facilement démontré, par le contre-exemple des relations entre l’URSS et le parti thorezien d’après guerre.

Tu tentes donc de « noyer le poisson », non seulement sous tes protestations, que je pourrais prendre pour sincères, mais aussi sous ces citations, qui, même si charcutées par tes soins, surtout celle de Lénine, sont déjà, en tout état de cause, parmi les références idéologiques de base de la Tribune Marxiste-Léniniste, avec, également, le rapport Jdanov de 1947 :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/05/05mai1918_lenine_sur-linfantilisme-de-gauche.pdf

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2014/02/rapport-jdanov-____-1947.pdf

 

Ces références sont d’autant plus à contre-emploi sous ta plume que tu enchaînes aussitôt avec un de ces raisonnements parfaitement idéalistes qui sont maintenant l’une des marques caractéristiques du groupuscule auquel tu adhères, semble-t-il :

« Comment peut-on dire de la Chine qu’elle est « capitaliste » voire « impérialiste » et continuer à dire que Cuba est socialiste, ou le Vietnam ou la Corée du Nord ? C’est aussi [là] que gît le dogmatisme, la maladie infantile qui est au fond l’influence délétère dans le mouvement ouvrier de la petite bourgeoisie radicalisée incapable de réflexion scientifique et matérialiste dialectique à partir du réel. »

Alors que ce type de raisonnement tout fait anti-dialectique est également tout à fait étranger à la démarche d’étude et de recherche pratiquée sur TML.

(Il se peut, néanmoins, effectivement, que d’autres groupes pratiquent ainsi, sans analyse dialectique réelle…)

Il s’agit, tout au contraire, si tu nous lisais plus attentivement, d’étudier et de comprendre l’évolution de ces différents pays selon le contexte mondial et le contexte qui leur est propre et non de les ranger péremptoirement dans telle ou telle catégorie, au gré des proclamations formelles des uns ou des autres.

Cuba a tenté, à l’origine, un développement socialiste, nécessairement rendu impossible par le blocus impérialiste et par le mode de développement limité imposé par l’état de régression capitaliste de l’URSS.

Néanmoins il n’est pas passé dans le camp impérialiste, à ce jour, et la petite bourgeoisie nationale-castriste qui en était l’avant-garde, à l’origine, se mue à son tour en bourgeoisie nationale des plus classiques, même si en conservant, espérons le pour les cubains, quelques pans de ses acquis sociaux primitifs.

La RPDC suit une évolution assez similaire, semble-t-il, avec néanmoins un historique relationnel assez différent dans ses rapports avec la Chine et l’URSS, et maintenant, la Russie.

Le Vietnam suit, avec quelques décennies de décalage, un parcours davantage comparable à celui de la Chine de Mao au tournant des années 70, et de Deng Xiaoping, par la suite. Ce pays développe déjà depuis près de deux décennies une économie financière, avec deux places boursières, à Hô-Chi-Minh-Ville (2000) et Hanoï (2005). Il est donc d’ores et déjà intégré aux flux du capitalisme financier mondialisé, tout comme la Chine. Il tend donc à développer son propre capitalisme monopoliste d’Etat, tout comme la Chine, également, même si à une échelle réduite, proportionnellement, évidemment. Ayant déjà largement dépassé le stade de « bourgeoisie nationale », il tend donc inéluctablement, selon sa propre nature, à former un pôle impérialiste secondaire, appelé à devenir plus ou moins l’un des vassaux de tel ou tel pôle impérialiste principal, Chine ou USA.

Mais que ce soit dans l’un ou l’autre cas, il n’y a évidemment pas, concernant aucun de ces pays ou d’autres, de situations figées. Il ne s’agit ici que d’un résumé des tendances de fond actuelles, et non pas, bien évidemment, d’une étude exhaustive, à faire par ailleurs, et en dehors d’un contexte essentiellement polémique.

Bonne fin de WE,

Luniterre

 

 

Sur le même thème ou des thèmes connexes, d’autres échanges plus anciens:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/20/retour-sur-les-mensonges-du-rcc-chb-a-propos-de-lhistoire-economique-de-lurss/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/09/03/du-socialisme-a-la-chinoise-au-socialisme-a-la-soral/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/09/08/social-chauvinisme-et-gauchisme-2-voies-actuelles-de-kollaboration-de-classe-avec-limperialisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/16/heritiers-doctobre-quelques-elements-au-debat/

 

 

REÇUE LE 10/06/2019, UNE NOUVELLE RÉPONSE DU CAMARADE RCC-CHB:

Re-bonjour,

 

Donc ni la Chine, ni Cuba, ni le Vietnam, ni la RPCD ne sont « socialistes » selon ta décision péremptoire. Qu’étaient donc ces Etats, selon toi, à l’époque de l’existence du camp socialiste ?

Sur les citations de Staline et Lénine auxquelles je n’aurais « rien compris », non seulement je retiens le « surtout Lénine », mais je constate que tu évites soigneusement de dire en quoi cela n’a rien à voir avec le sujet débattu, à savoir socialisme et marché dans les différentes expériences d’édifications du socialisme.

Staline rejette clairement tes allégations et affirmations non « démontrées » que les lois économiques tout comme celles de la nature ne peuvent être « abolies » et que même dans les conditions de la lutte des classes en URSS, comme l’ont anticipé scientifiquement Marx et Engels, « les stigmates du capitalisme » marquent forcément toute la période de transition au socialisme, première phase du communisme.

Ce que montrent l’exemple en cours des rescapés du camp socialiste vaincu dans les années 89/91, c’est que le niveau de développement des forces productives est déterminant pour fixer les tâches de la transition, c’est ce qui expliquent les différences entre Chine, Vietnam, Cuba, RPDC sans oublier le contexte du rapport des forces internes et externes entre capital et travail.

Même l’URSS qui est, pour l’instant, l’expérience d’édification socialiste qui a été le plus loin dans la socialisation des moyens de production a été contrainte de faire la NEP, c’est à dire de tenir compte du niveau de développement des forces productives.

C’est d’ailleurs une fois rétabli voire dépassé le niveau économique d’avant guerre et devant la menace interne de la « crise des ciseaux » provoquée par les Nepmens (bourgeoisie profitant en partie de l’attaque trotskiste) et la pression externe des menaces d’agression impérialiste, surtout l’écrasement du mouvement ouvrier Allemand par le Nazisme que la direction bolchevique lança la contre-attaque de la suppression de la propriété privée des moyens de production et des Sovkhozes et Kholkhozes pour déboucher sur la Constitution socialiste de 1935.

Ce que tu n’a pas remarqué dans les citations, c’est justement l’appel à la contextualisation et à une lecture scientifique à partir du scalpel du matérialisme dialectique de la lutte des classes à partir des réalités économiques internes (état des forces productives et des rapports de production) et de sa corrélation avec la lutte des classes au plan de l’environnement international.

Asséner « capitalisme » et « impérialiste » dès que la réalité n’est pas conforme à tes « convictions théoriques », c’est ignorer comme le rappelait Lénine dans les thèses d’avril que si « la vie est verte, la théorie est grise », pour t’en faciliter la compréhension, c’est-à-dire que la vie bouge parce que dialectique et la théorie figée.

Bien à toi  

 

 

POINT PAR POINT, PUIS, SUR LE FOND, LA RÉPONSE TML:

 

Quelques précisions, à nouveau…

 

« Donc ni la Chine, ni Cuba, ni le Vietnam, ni la RPCD ne sont « socialistes » selon ta décision péremptoire. Qu’étaient donc ces Etats, selon toi, à l’époque de l’existence du camp socialiste ? »

 

>>>Ce qui est péremptoire, c’est de cautionner une appellation sans analyser le contenu, et simplement parce que cela arrange bien votre petit discours « politique ».

>>>Il s’agit simplement des réalités économiques et sociales actuelles. Les différentes étapes de l’évolution de la Chine sont détaillées à tous points de vues dans les articles en lien sur TML, depuis des années. Je t’en remets quelques uns à la suite. Aucune de ces étapes n’est « socialiste » au sens ML du terme.

Concernant les autres pays, je t’ai résumé ce qu’il en est de leur évolution, tentatives de construction socialiste à Cuba et en RPDC, se muant en bourgeoisies nationales anti-impérialistes, et, au Vietnam, passage très rapide, après la libération du Sud, de la bourgeoisie nationale anti-impérialiste vietnamienne au stade du capitalisme monopoliste d’Etat et à l’économie financière.

 

« Sur les citations de Staline et Lénine auxquelles je n’aurais « rien compris », non seulement je retiens le « surtout Lénine », [ que tu as passablement charcuté… !] mais je constate que tu évites soigneusement de dire en quoi cela n’a rien à voir avec le sujet débattu, à savoir socialisme et marché dans les différentes expériences d’édifications du socialisme. »

 

Les citations de Lénine et de Staline concernent deux époques pour le moins très différentes, et c’est donc déjà une manipulation grossière que de les juxtaposer, outre le charcutage, pour tenter de valider ton propos.

 

« Staline rejette clairement tes allégations et affirmations non « démontrées » que les lois économiques tout comme celles de la nature ne peuvent être « abolies » »

 

Ici, tu semble faire dire à Staline que les lois de la nature peuvent réellement être abolies, alors qu’il explique précisément le contraire, et notamment dans les passages que tu penses avoir soigneusement choisi…

 

« … on ne veut nullement dire par là qu’on peut « abolir » les lois de la science ou les « élaborer ». Au contraire, on veut seulement dire par là que l’on peut découvrir des lois, les connaître, les assimiler, apprendre à les appliquer en pleine connaissance de cause, à les utiliser dans l’intérêt de la société et les conquérir par ce moyen, les soumettre à sa domination. Ainsi, les lois de l’économie politique sous le socialisme sont des lois objectives qui reflètent la régularité des processus intervenant dans la vie économique indépendamment de notre volonté. Nier cette thèse, c’est au fond nier la science; or nier la science, c’est nier la possibilité de toute prévision, — c’est donc nier la possibilité de diriger la vie économique ».

 

Donc, difficile de croire que tu as vraiment compris le bouquin de Staline, vu que la façon de comprendre les lois économiques et de les utiliser, c’est le thème central du bouquin, et notamment à propos de la loi de la valeur.

 

« …et que même dans les conditions de la lutte des classes en URSS, comme l’ont anticipé scientifiquement Marx et Engels, « les stigmates du capitalisme » marquent forcément toute la période de transition au socialisme, première phase du communisme. »

 

C’est une des raisons pour laquelle la loi de la valeur reste en partie valide sous le socialisme, et peut être utilisée pour la planification et les échanges.

 

« Ce que montrent l’exemple en cours des rescapés du camp socialiste vaincu dans les années 89/91, c’est que le niveau de développement des forces productives est déterminant pour fixer les tâches de la transition, c’est ce qui expliquent les différences entre Chine, Vietnam, Cuba, RPDC sans oublier le contexte du rapport des forces internes et externes entre capital et travail. »

 

Les conditions expliquent la mutation des pays comme Cuba et la RPDC vers un régime de type national-bourgeois, adapté à la Résistance anti-impérialiste, ce qu’aurait pu faire l’Albanie, eut-elle été gérée de façon moins sectaire et réellement dogmatique, effectivement, dans son cas.

 

Rien n’obligeait ni la Chine ni le Vietnam à faire allégeance au Capital financier international, si ce n’est l’avidité de leurs dirigeants.

 

« Même l’URSS qui est, pour l’instant, l’expérience d’édification socialiste qui a été le plus loin dans la socialisation des moyens de production a été contrainte de faire la NEP, c’est à dire de tenir compte du niveau de développement des forces productives. »

 

La NEP est évidemment une nécessité, aussitôt après la guerre civile.

 

« C’est d’ailleurs une fois rétabli voire dépassé le niveau économique d’avant guerre et devant la menace interne de la « crise des ciseaux » provoquée par les Nepmens (bourgeoisie profitant en partie de l’attaque trotskiste) »

 

Tu connais donc assez mal l’histoire de l’URSS, manifestement…

 

Ce n’est pas la « crise des ciseaux », surmontée, qui a entraîné la fin de la NEP, mais la « crise des grains », en 1928.

 

« …et la pression externe des menaces d’agression impérialiste, surtout l’écrasement du mouvement ouvrier Allemand par le Nazisme que la direction bolchevique lança la contre-attaque de la suppression de la propriété privée des moyens de production et des Sovkhozes et Kholkhozes pour déboucher sur la Constitution socialiste de 1935. »

 

Les nazis prennent le pouvoir en 1933, la collectivisation, elle, démarre dès 1928 et la « crise des grains », même si la fin de la NEP n’est officialisée qu’en 1930.

 

La nouvelle Constitution est établie fin 1936.

 

« Ce que tu n’a pas remarqué dans les citations, c’est justement l’appel à la contextualisation et à une lecture scientifique à partir du scalpel du matérialisme dialectique de la lutte des classes à partir des réalités économiques internes (état des forces productives et des rapports de production) et de sa corrélation avec la lutte des classes au plan de l’environnement international. »

 

Cette contextualisation, c’est, bien ce qui est fait dans les analyses publiées sur TML, et surtout sur la Chine… Il faut simplement les lire, elles sont très solidement étayées par toutes les données économiques et sociales largement disponibles, concernant ce pays.

 

« Asséner « capitalisme » et « impérialiste » dès que la réalité n’est pas conforme à tes « convictions théoriques », c’est ignorer comme le rappelait Lénine dans les thèses d’avril que si « la vie est verte, la théorie est grise », pour t’en faciliter la compréhension, c’est-à-dire que la vie bouge parce que dialectique et la théorie figée. »

 

Contrairement à d’autres, je n’ai pas de préjugés idéologiques, ni même de « convictions théoriques » pré-établies. Si je reste ML, ce n’est pas par fétichisme à l’égard des textes, même fondamentaux, mais tout simplement parce que le ML continue d’être un outil opérationnel, et précisément, un « scalpel matérialiste dialectique » comme tu le dis si bien.

 

Précisément, cela ne m’amène pas à juxtaposer des bouts de textes d’auteurs et d’époques différentes, parlant de situations différentes, pour simplement juxtaposer des termes et des mots qui paraîtraient coller avec mon propos…

 

Ce qui est typiquement la méthode dogmatique, et même, scolastique.

 

Dans le livre de Staline, que tu « cites » à ta manière, il est précisément question de la différence entre économie socialiste et économie capitaliste.

 

Les « stigmates » de l’ancienne société, capitaliste, font que la loi de la valeur continue d’avoir une influence limitée, notamment dans la répartition de la consommation individuelle. Même s’il subsiste une production de type marchand, celle des Kolkhozes, dans le cas de l’URSS, ce n’en est pas moins une production de type socialiste, vu que les moyens de production, terres et machines, sont socialisés.

 

Ce que tu ne sembles pas comprendre, ou bien ne pas vouloir admettre, c’est la différence entre « production marchande » et « économie de marché ». L’économie de marché, elle, est régie à la fois par la loi de la valeur et la loi du marché, d’où son nom, c’est-à-dire la loi de l’offre et de la demande, la concurrence entre capitalistes de toutes sortes, qui entraîne les crises, dont l’actuelle, qui touche aussi la Chine capitaliste, donc.

 

Comme l’explique Marx,

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf

la loi de la valeur,elle, tend à rétablir un équilibre précaire et relatif, entre deux crises, sans pour autant régler les problèmes sociaux, dus à l’insolvabilité chronique, relative et parfois totale des classes sociales les plus pauvres, dont le prolétariat industriel.

 

Sous le capitalisme, économie de marché, les deux lois sont en interaction dialectique, faisant osciller les prix autour de la valeur, sans jamais réellement les faire correspondre saufs exceptions très provisoires.

 

Sous le socialisme l’économie de marché disparaît vu qu’il n’y a plus de concurrence réelle entre producteurs.

 

Même sur les marchés où les kolkhoziens vendent leurs excédents, l’Etat peut intervenir pour fixer les prix.

L’essentiel, la production de base du Kolkhoze, ayant d’ores et déjà été négociée entre l’Etat et le Kolkhoze, directement entre producteurs socialisés, donc.

 

Il n’y a donc pas du tout d’économie de marché, répondant à la loi du marché, principe économique antinomique du socialisme ( pas d’ « économie de marché socialiste », un oxymore absurde, ni autre formule équivalente) :

 

« Il est certain que l’absence de propriété privée des moyens de production et leur socialisation à la ville comme à la campagne ne peuvent que limiter la sphère d’action de la loi de la valeur et le degré de sa réaction sur la production. C’est dans le même sens qu’intervient dans l’économie nationale la loi du développement harmonieux (proportionnel), qui a remplacé la loi de concurrence et d’anarchie de la production. »

 

C’est là un aspect essentiel du propos de Staline, qui ne peut donc pas du tout être interprété comme tu tentes de le faire.

 

Un autre aspect est l’utilisation possible de la loi de la valeur dans l’organisation de la production, et donc, dans la planification. Ce sujet, qui dépasse largement le cadre d’un mail, est traité à plusieurs reprises sur TML, notamment dans ce texte :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/economie-politique-du-socialisme/

 

Le texte de Lénine, en Mai 1918, est écrit dans une période d’accalmie relative, qui donnait à penser que la guerre civile était en train de finir, alors que le plus dur était encore à venir, en réalité.

 

Le contexte de 1918 n’est donc pas du tout celui de 1921, mais néanmoins, les grandes lignes de la future NEP sont déjà dans ce texte.

 

Et notamment, la distinction claire entre secteur Socialiste à proprement parler et secteur Capitaliste d’Etat, néanmoins contrôlé par l’Etat, comme son nom l’indique !

 

Du reste, dans l’esprit de Lénine, dès 1918, et la production et la répartition des deux secteurs devait s’effectuer sous le contrôle populaire, et donc, échapper à la loi du marché :

 

« Ce qui prédomine actuellement en Russie, c’est le capitalisme petit bourgeois, à partir duquel il n’est qu’un seul et même chemin pour parvenir aussi bien au grand capitalisme d’Etat qu’au socialisme, et ce chemin passe par la même étape intermédiaire qui s’appelle « inventaire et contrôle exercés par le peuple entier sur la production et la répartition des produits ».

 

Néanmoins, la loi du marché, s’imposant encore dans les autres secteurs, a mené à la faillite de la NEP.

 

La différence avec la Chine, c’est que l’économie chinoise, relativement indépendante, suite à la libération nationale, mais au bord d’une nouvelle faillite, après celle du GBA, et suite à la GRCP, s’est trouvée mise sous perfusion financière US dès 1972. Dès lors elle a pris un essor capitaliste comprador puis monopoliste d’Etat, et enfin actuellement, une économie financière de type impérialiste, concurrentielle face aux USA.

 

Bonne fin de soirée,

 

Luniterre

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee/


 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/08/en_relisant_lenine_qui_parlait_deja_de_chine/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/

 

 

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UNE TENTATIVE D’ÉCLAIRCISSEMENT, DE LA PART DU RCC-CHB…

 

Bonsoir,

En effet il manque dans cette phrase CE QUI EST EN MAJUSCULE:  » Staline rejette clairement tes allégations et affirmations non « démontrées » EN AFFIRMANT que les lois économiques tout comme celles de la nature ne peuvent être « abolies » et que même dans les conditions de la lutte des classes en URSS, comme l’ont anticipé scientifiquement Marx et Engels, « les stigmates du capitalisme » marquent forcément toute la période de transition au socialisme, première phase du communisme ». TOUT CE QUE TU BRODES LA DESSUS EST DONC FAUX;

En fait la « crise des grains » et la « crise des ciseaux » sont des facteurs internes pour la contre-offensive bolchevique pour socialiser par l’élimination des Nepmens et des Koulaks. Le fait que les Nazis prennent le pouvoir en 33 n’invalide pas du tout le facteur externe lui même comme les facteurs internes soumis à un processus.

La vraie et seule question sérieuse que tu soulèves ici réside dans tes propos suivants :  » Ce que tu ne sembles pas comprendre, ou bien ne pas vouloir admettre, c’est la différence entre « production marchande » et « économie de marché » ». C’est aussi une preuve de ton emprisonnement dogmatique.

En effet Staline montre justement la différence entre « production marchande » et « capitalisme » du point de vue de l’évolution historique dans le sens que l’une a fécondé l’autre avec la propriété privée des moyens de production industrielle pour faire court, il montre la différence pour combattre les révisionnistes qui comme Krouchtchev voulaient « abolir les lois du marché » pour passer au communisme. Tes positions conduisent objectivement à enjamber l’étape de la transition socialiste au communisme, étape déterminée par l’état réel des forces productives et de la lutte des classes à l’intérieur et à l’extérieur. 

De quel type « d’économie de marché » est issue la transition au socialisme-comunisme si ce n’est « l’économie de marché capitaliste » à différents stades de développement selon les expériences (URSS, Chine, Cuba, Vietnam, RPDC) ? Voilà pourquoi je disais que peu importe les appellations que les communistes des différents pays donnent en citant Lénine lui même qui est conscient du tâtonnement inévitable dans l’expérience de la première révolution socialiste victorieuse dans l’édification socialiste.

D’AILLEURS ON PEUT DIRE QUE LA REVOLUTION D’OCTOBRE 1917 EST SOCIALISTE DU POINT DE VUE DE LA PRISE DU POUVOIR POLITIQUE DU PROLETARIAT ALLIE A LA PAYSANNERIE PAUVRE, MAIS LE « COMMUNISME DE GUERRE » ET LA NEP SONT DES TRANSITIONS IMPOSEES PAR LA REALITE DE L’AGRESSION IMPERIALISTE (« communisme de guerre ») ET DE L’ETAT SOUS DEVELOPPE DES FORCES PRODUCTIVES. CE QUI EST VRAI POUR L’URSS EST ICI VALABLE DANS UN CONTEXTE EVOLUTIF DE RAPPORT DES FORCES DIFFERENTS POUR LES EXPERIENCES ACTUELLES EN COURS DES RESCAPES DU CAMP SOCIALISTE.  

Ces différents stades de développement de « l’économie de marché » imposent forcément des étapes d’édification socialiste dans lesquelles les « stigmates du capitalisme » dont parlaient Marx-Engels et leur amplitude vont déterminées les tâches de la marche ou pour parler comme Mao de la longue marche vers le communisme. C’est là tout l’art dont parle Staline: apprendre à contenir les lois du marché et non se fourvoyer en cherchant à les abolir.

Or tu sembles dire être d’accord avec Staline pour ensuite t’en éloigner de fait pour lui opposer (sic!) Lénine quand tu dis  » Du reste, dans l’esprit de Lénine, dès 1918, et la production et la répartition des deux secteurs devait s’effectuer sous le contrôle populaire, et donc, échapper à la loi du marché ». C’est le « DONC ECHAPPER A LA LOI DU MARCHE », ce qui est totalement incongru comme interprétation de Lénine. Qu’est ce donc ce galimatias que le « contrôle populaire » = « échapper à la loi du marché » ? La confusion est ici totale.

Bien à toi

 

 

UNE NOUVELLE RÉPONSE, POINT PAR POINT…

 

Bonsoir,

Si ta formule précédente voulait bien dire carrément le contraire du propos de Staline, ce passage, revu et « corrigé » ne veut carrément plus rien dire de compréhensible du tout, et donc, le mieux serait de le revoir entièrement en fonction de l’idée que tu veux vraiment exprimer, ou bien de l’oublier simplement !

« En effet il manque dans cette phrase CE QUI EST EN MAJUSCULE:  » Staline rejette clairement tes allégations et affirmations non « démontrées » EN AFFIRMANT que les lois économiques tout comme celles de la nature ne peuvent être « abolies » et que même dans les conditions de la lutte des classes en URSS, comme l’ont anticipé scientifiquement Marx et Engels, « les stigmates du capitalisme » marquent forcément toute la période de transition au socialisme, première phase du communisme ». TOUT CE QUE TU BRODES LA DESSUS EST DONC FAUX;

En fait la « crise des grains » et la « crise des ciseaux » sont des facteurs internes pour la contre-offensive bolchevique pour socialiser par l’élimination des Nepmens et des Koulaks. Le fait que les Nazis prennent le pouvoir en 33 n’invalide pas du tout le facteur externe lui même comme les facteurs internes soumis à un processus. »

Ensuite…

« La vraie et seule question sérieuse que tu soulèves ici réside dans tes propos suivants :  » Ce que tu ne sembles pas comprendre, ou bien ne pas vouloir admettre, c’est la différence entre « production marchande » et « économie de marché » ». C’est aussi une preuve de ton emprisonnement dogmatique.

En effet Staline montre justement la différence entre « production marchande » et « capitalisme » du point de vue de l’évolution historique dans le sens que l’une a fécondé l’autre avec la propriété privée des moyens de production industrielle pour faire court, il montre la différence pour combattre les révisionnistes qui comme Krouchtchev voulaient « abolir les lois du marché » pour passer au communisme. »

>>> au contraire, Khrouchtchev a aboli les avancées du 19ème Congrès et fait réviser le Manuel Économique dans le sens d’abolir les nouvelles avancées définies par l’influence de Staline sur ces questions, et notamment l’utilisation marxiste de la loi de la valeur dans les échanges économiques socialistes, au sens, précisément, de la Critique du Programme de Gotha.

>>>de fait il a ainsi aboli le principe même de l’économie de transition et restauré le capitalisme.

>>>Il n’a donc pas pu abolir une « loi du marché » qui n’existait plus en URSS, mais au contraire, il l’a introduite par ses réformes !

« Tes positions conduisent objectivement à enjamber l’étape de la transition socialiste au communisme, étape déterminée par l’état réel des forces productives et de la lutte des classes à l’intérieur et à l’extérieur. »

Mes positions sont celles de Marx, sur la question des échanges en valeur-travail (quantum de travail), définies pour la période de transition, dans la Critique du Programme de Gotha.

Ce sont également ces positions sur la question que Staline reprend dans son bouquin de 1952.

« De quel type « d’économie de marché » est issue la transition au socialisme-comunisme si ce n’est « l’économie de marché capitaliste » à différents stades de développement selon les expériences (URSS, Chine, Cuba, Vietnam, RPDC) ? Voilà pourquoi je disais que peu importe les appellations que les communistes des différents pays donnent en citant Lénine lui même qui est conscient du tâtonnement inévitable dans l’expérience de la première révolution socialiste victorieuse dans l’édification socialiste.

D’AILLEURS ON PEUT DIRE QUE LA REVOLUTION D’OCTOBRE 1917 EST SOCIALISTE DU POINT DE VUE DE LA PRISE DU POUVOIR POLITIQUE DU PROLETARIAT ALLIE A LA PAYSANNERIE PAUVRE, MAIS LE « COMMUNISME DE GUERRE » ET LA NEP SONT DES TRANSITIONS IMPOSEES PAR LA REALITE DE L’AGRESSION IMPERIALISTE (« communisme de guerre ») ET DE L’ETAT SOUS DEVELOPPE DES FORCES PRODUCTIVES. CE QUI EST VRAI POUR L’URSS EST ICI VALABLE DANS UN CONTEXTE EVOLUTIF DE RAPPORT DES FORCES DIFFERENTS POUR LES EXPERIENCES ACTUELLES EN COURS DES RESCAPES DU CAMP SOCIALISTE. »

>>>tantôt tu cherches à différencier chaque situation, ce que je fais également, mais donc sans aboutir pour autant aux mêmes conclusions, cas par cas…

>>>tantôt, comme ici, tu veux faire de la NEP, qui est bien une situation particulière, une recette quasiment générale et obligatoire pour tous les cas… !

>>>encore une attitude parfaitement dogmatique !

« Ces différents stades de développement de « l’économie de marché » imposent forcément des étapes d’édification socialiste dans lesquelles les « stigmates du capitalisme » dont parlaient Marx-Engels et leur amplitude vont déterminées les tâches de la marche ou pour parler comme Mao de la longue marche vers le communisme. C’est là tout l’art dont parle Staline: apprendre à contenir les lois du marché et non se fourvoyer en cherchant à les abolir. »

>>>tu n’as donc décidément toujours rien compris au texte de Staline, vu que précisément il parle d’utilisation maîtrisée et contrôlée de la loi de la valeur pour contrer et même anéantir les effets de la loi du marché, qui n’a plus cours sous le socialisme :

« Il est certain que l’absence de propriété privée des moyens de production et leur socialisation à la ville comme à la campagne ne peuvent que limiter la sphère d’action de la loi de la valeur et le degré de sa réaction sur la production. C’est dans le même sens qu’intervient dans l’économie nationale la loi du développement harmonieux (proportionnel), qui a remplacé la loi de concurrence et d’anarchie de la production. »

« Or tu sembles dire être d’accord avec Staline pour ensuite t’en éloigner de fait pour lui opposer (sic!) Lénine quand tu dis  » Du reste, dans l’esprit de Lénine, dès 1918, et la production et la répartition des deux secteurs devait s’effectuer sous le contrôle populaire, et donc, échapper à la loi du marché ». C’est le « DONC ECHAPPER A LA LOI DU MARCHE », ce qui est totalement incongru comme interprétation de Lénine. Qu’est ce donc ce galimatias que le « contrôle populaire » = « échapper à la loi du marché » ? La confusion est ici totale. »

Ce que Lénine explique:

« Ce qui prédomine actuellement en Russie, c’est le capitalisme petit bourgeois, à partir duquel il n’est qu’un seul et même chemin pour parvenir aussi bien au grand capitalisme d’Etat qu’au socialisme, et ce chemin passe par la même étape intermédiaire qui s’appelle « inventaire et contrôle exercés par le peuple entier sur la production et la répartition des produits ».

Donc Lénine ne s’oppose pas à Staline, même par on ne sait trop quelle anticipation. Au contraire, il pose des bases que Staline reprend dans son texte.

Ce qui est donc tout à fait « incongru », ou bien plutôt, carrément révélateur, c’est de supposer, comme tu le fais implicitement, que ce contrôle populaire doit s’opérer dans le but d’aboutir à une production et à une répartition de nature capitaliste, et non socialiste… !

Si tu y vois une « opposition Lénine/Staline», c’est que tu n’as donc toujours pas compris la dialectique marxiste de l’interaction de la loi de la valeur et de la loi du marché et leur évolution, et donc, pour l’essentiel, leur séparation, par la fin du marché, de l’économie de marché, sous le socialisme (*), ce qui ne signifie pas la fin de toute production marchande, ni de tout type d’échange marchand (Exemple Etat/Kolkhoze), sous ce même socialisme, comme te l’explique Staline, après Marx (Critique du Programme de Gotha, échanges selon les quantum de travail, voir aussi >>> https://tribunemlreypa.wordpress.com/economie-politique-du-socialisme/ )

Bonne nuit,

Luniterre

(* https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf )

 

 

 

ESSAI DE SYNTHÈSE

 

Bonjour,

Ce débat, que nous avons déjà eu par le passé, sous une forme assez peu différente, à propos de l’économie de l’URSS, au lieu de la Chine, a donc tendance à tourner en rond, et par le fait, devenir tout à fait inutile, ou presque.

 

Voici donc une tentative de synthèse, extrêmement simplifiée, sur les notions de base qui semblent encore t’échapper, faute d’une formation correcte dans ton organisation, ou que tu as peut-être oubliées, ne les pratiquant pas couramment.

 

Ce que l’on appelle couramment, aujourd’hui, loi du marché, c’est le principe même de concurrence impitoyable que les capitalistes se livrent entre eux, sur la base de l’offre et de la demande.

 

C’est un facteur important de la formation des prix, mais ce n’est pas le seul, ni même, le plus fondamental, comme nous l’explique Marx, mais c’est le plus intuitif à comprendre dans le monde actuel, et donc, commençons par là.

 

La «  demande  », c’est le passage à l’acte d’achat par le client, dans n’importe quel domaine de commerce ou d’activité.

 

Cela implique donc une clientèle qui a un besoin et/ou un désir pour un produit ou service et de l’argent pour le payer.

 

Le capitaliste qui répond à ce besoin ne le fait pas pour répondre réellement à ce besoin mais pour valoriser son capital, et donc en retirer un profit.

 

Lorsque la demande est forte sur tel ou tel produit ou service, le capitaliste investit pour y répondre en escomptant le meilleur profit possible.

 

La concurrence fait que plusieurs capitalistes se portent vers la même clientèle, à priori profitable pour eux, et rivalisent en faisant baisser les prix, ce qui réduit le profit, voire même l’annule pratiquement, au point que ce secteur de clientèle cesse d’être rentable.

 

Les capitaux initialement investis dans ce secteur ont alors tendance à migrer vers d’autres secteurs, qui apparaissent à nouveau rentables, jusqu’à ce que le même phénomène de concurrence ne fasse à nouveau baisser les prix, et ainsi de suite…

 

Dans la pratique les phénomènes de marchés sont évidemment plus complexes, mais c’est ici un exemple qui suffit pour montrer l’instabilité chronique d’une économie de marché, outre le fait qu’elle ne répond qu’aux besoins de ceux qui ont déjà de l’argent.

 

Un autre facteur de formation des prix, c’est évidemment le coût de production. Comme il varie aussi en fonction des techniques de production, il n’est donc pas identique entre concurrents, même sur un même secteur d’activité. Il varie donc également constamment en fonction même de cette évolution technique.

 

Ce qui complique encore les phénomènes de marchés, qui tous, en outre, influent sur le coût de la main d’œuvre, à travers le salaire, le plus basique devant répondre au moins aux besoins de survie du travailleur.

 

En schématisant au plus simple, on peut dire que le coût de production, c’est la masse du travail accumulé dans le produit sous diverses forme, y incluant du travail qui a servi à produire les moyens de production.

 

C’est donc ce coût qui a tendance à refléter, pourrait on dire, la valeur-travail, selon la loi de la valeur.

 

Ce qui permet de comprendre en quoi la loi de la valeur, basée sur les quantum de travail social accumulés, est relativement indépendante de la loi du marché, et ne la suit donc pas réellement.

 

La loi du marché fait varier les prix en fonction de l’offre et de la demande, mais un produit ne peut se vendre durablement en dessous de son coût de production, ni en dessous de sa valeur.

 

Si le coût de production diminue, il entraîne aussi, tôt ou tard, selon l’intensité de la concurrence, une baisse du prix, qui, à son tour, influe sur la demande, etc…

 

Il y a donc une interaction dialectique constante «  prix/valeur  » qui fait que l’équilibre n’est jamais réellement atteint, ni encore moins, stable, dans une économie de marché, outre le fait que seulement une partie des besoins, ceux des plus aisés, sont relativement satisfaits.

 

C’est pourquoi une économie de transition, qui planifie la production en fonction des besoins sociaux réels est nécessairement plus équilibrée et rationnelle qu’une économie de marché.

 

La mesure de la production, ce sont les quantums de travail accumulés. La planification cherche un équilibre entre les quantums de travail à fournir et les besoins sociaux qu’il est donc possible de satisfaire.

 

C’est ce que Marx explique dans la Critique du Programme de Gotha. C’est ce principe que Staline essaye de remettre en vigueur, à l’occasion du 19ème congrès. C’est ce qu’il illustre particulièrement par l’exemple comparatif de la valeur du pain et du blé, et aussi celle du coton.

 

Rien à voir avec l’économie de marché et la loi du marché. C’est même tout le contraire.

 

La problématique de l’URSS, à cette époque, malgré ses succès considérables, c’est l’empirisme et les méthodes approximatives de la planification, sous l’influence principale des économistes gauchistes qui avaient influencé la pensée soviétique dès ses débuts.

 

Le rejet de la loi de la valeur comme devant s’appliquer au secteur économique socialiste était largement majoritaire dans toutes les tendances, que ce soit chez Boukharine ou Preobrajensky.

Trotsky, quant à lui, est resté accroché à l’idée que les mécanismes de marché continuaient et même, devaient continuer à exister en URSS, et dans tous les secteurs, y compris supposément «  socialiste  ».

 

Il en faisait même un principe régulateur, en fonction duquel le plan aurait du être établi, selon lui.

 

Alors que même sous le capitalisme, comme nous l’explique Marx, c’est la loi de la valeur, et non la loi du marché, qui tend à réguler la production, et les prix, en fonction du coût de production, ce qui est plus logique.

 

Ce sont au contraire les libéraux qui prônent «  la main du marché  » comme facteur de régulation. On voit bien ce qu’il en est, avec la crise actuelle, les inégalités, injustices sociales et catastrophes de tous ordres que cela génère.

 

En espérant que cela t’aidera à comprendre le sens de notre débat, et le texte de Staline, par voie de conséquence.

 

Bonne journée,

 

Luniterre

 

*****************

Re-bonjour
Dans mon essai de synthèse, je n’ai pas pu résumer davantage la notion de quantum de travail.
Cela se trouve dans les toutes premières pages du Capital de Marx. A vrai dire, il n’est guère possible de formuler cela plus brièvement et clairement que Marx ne l’a fait lui-même.
Le mieux serait donc que tu les (re-)lises. En PJ, une édition PDF de ces huit premières pages. Lire ( ou relire) les huit premières pages du Capital n’est pas vraiment un luxe inutile, pour un marxiste.

MARX – CAPITAL – I-1- VALEUR – QUANTUM DE TRAVAIL

A partir de là tu pourras comprendre également comment Marx définit l’économie de la période de transition, dans la Critique du Programme de Gotha, qui repose, précisément sur cette notion.
Le bouquin de Staline, également, repose essentiellement, même sans la nommer, sur cette notion, en lien avec la loi de la valeur, et il se réfère, du reste, explicitement à la Critique du Programme de Gotha. Loi de la valeur, quantum de travail, ces sont des notions de base de l’économie de transition.
Pour nous, ce n’est donc pas une question de pure théorie, vu que le parti ne pourra se construire que sur un projet d’alternative politique anticapitaliste.
Bonne fin de journée,
Luniterre

UNE RÉPONSE A CET ESSAI DE SYNTHÈSE…

Merci du cours sur la loi de la valeur et loi du marché, mais n’est ce pas là encore botter en touche sur le fond du débat posé : peut-on scientifiquement qualifier les expériences de transition au socialisme en cours des rescapés du camp socialiste de « capitalisme » voire « d’impérialisme » sous le prétexte qu’y existent les lois du marché ? Ont-elles, ces expériences, raison de tenir en compte les lois du marchés dans la planification du processus de développement des forces productives ? Est-il incongru ou est-ce de la trahison que le Parti Communiste dans ces pays fassent des concessions à la bourgeoisie nationale, cherche même à l’associer à la résistance contre l’encerclement capitaliste pour franchir les étapes dotant le pays des forces productives permettant d’aller de l’avant dans l’édification d’une société de moyenne aisance, puis d’aisance vers le socialisme ?

Le combat de Staline contre les révisionnistes gauchistes qui pensaient la marche vers le communisme en terme « d’abolition du marché, des lois du marché » est une formidable aide (cours) pour comprendre les expériences chinoises, vietnamienne, cubaine et coréenne.

Merci de ton cours synthèse, mais tu ne réponds pas à l’équation qui t’es posée, je me cite :  » Or tu sembles dire être d’accord avec Staline pour ensuite t’en éloigner de fait pour lui opposer (sic!) Lénine quand tu dis  » Du reste, dans l’esprit de Lénine, dès 1918, et la production et la répartition des deux secteurs devait s’effectuer sous le contrôle populaire, et donc, échapper à la loi du marché ». C’est le « DONC ECHAPPER A LA LOI DU MARCHE », ce qui est totalement incongru comme interprétation de Lénine. Qu’est ce donc ce galimatias que le « contrôle populaire » = « échapper à la loi du marché » ? La confusion est ici totale ».

Même la planification doit tenir compte des « lois du marché », le « marché et donc ses lois » conduisent au capitalisme sur la base de la propriété privée des moyens de production, une fois le capitalisme aboli par l’expropriation, le « marché et donc ses lois » continue à se manifester sous le socialisme, d’ailleurs Marx et Engels le suggèrent à travers « les stigmates » et la formule à « chacun selon son travail ».

Bien à toi

.
.
.

UNE NOUVELLE SYNTHÈSE TML…

 

Bonjour,

 

Ton gros problème, comme celui de beaucoup de gens qui se réclament de Marx aujourd’hui, c’est de confondre loi de la valeur et loi du marché.

 

La question est carrément  : est-ce un confusionnisme volontaire, ou bien une réelle incompréhension des fondamentaux du marxisme  ?

 

Si ce n’est pas du confusionnisme délibéré de ta part, il te faut donc absolument éclaircir cette question pour pouvoir continuer ce débat.

 

Dans l’ordre, relire les huit premières pages du Capital (en PJ sur TML  : https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/06/marx-capital-i-1-valeur-quantum-de-travail.pdf ), qui explique la notion de quantum de travail,

puis la partie 1 de la Critique du Programme de Gotha, (https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/ ) qui explique le principe de l’économie de transition sur la base des quantum de travail,

et ensuite, pour comprendre l’interaction des deux lois, loi de la valeur, loi du marché, il faut étudier le Chapitre 10 du Livre III du Capital, mais qui nécessite une lecture du 9, également, en fait (https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf ).

A partir de là tu pourras vraiment comprendre le livre de Staline de 1952 (https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf ).

Autrement tant que cette confusion persiste, il n’y a pas vraiment d’avancée possible.

 

La loi de la valeur peut être positivement utilisée pour développer l’économie de transition, alors que la loi du marché est un facteur corrosif et destructeur et qui doit donc être éliminé autant que faire se peut :

«  Il est certain que l’absence de propriété privée des moyens de production et leur socialisation à la ville comme à la campagne ne peuvent que limiter la sphère d’action de la loi de la valeur et le degré de sa réaction sur la production. C’est dans le même sens qu’intervient dans l’économie nationale la loi du développement harmonieux (proportionnel), qui a remplacé la loi de concurrence et d’anarchie de la production.  »

Le constat que tu ne comprends toujours pas ce que Staline a voulu dire, ou bien que tu tentes d’utiliser son texte dans un but confusionniste se trouve donc à nouveau ici  :

«  Le combat de Staline contre les révisionnistes gauchistes qui pensaient la marche vers le communisme en terme « d’abolition du marché, des lois du marché » est une formidable aide (cours) pour comprendre les expériences chinoises, vietnamienne, cubaine et coréenne.  »

 

L’essentiel du texte de Staline vise à critiquer l’erreur qui consiste à ne pas comprendre l’utilisation marxiste de la loi de la valeur sous le socialisme, et non pas, évidemment, de la loi du marché  ! Sinon, il n’aurait pas combattu le trotskysme, qui préconisait précisément cela, comme je te l’explique dans la synthèse  :

«  Trotsky, quant à lui, est resté accroché à l’idée que les mécanismes de marché continuaient et même, devaient continuer à exister en URSS, et dans tous les secteurs, y compris supposément «  socialiste  ».

Il en faisait même un principe régulateur, en fonction duquel le plan aurait du être établi, selon lui.  »

 

Et tu me dis  :

«  Même la planification doit tenir compte des « lois du marché »  »

 

Donc, jusqu’à preuve du contraire, tu adopte à 100% la position trotskyste, et non la position marxiste-léniniste, telle que définie par Staline  !

 

Une autre preuve que tu n’as pas compris les fondamentaux marxistes de la transition, c’est ton dernier mot  :

«  d’ailleurs Marx et Engels le suggèrent à travers « les stigmates » et la formule à « chacun selon son travail ».  »

 

Alors que la formule «  à chacun selon son travail  » se rapporte évidemment à la notion de quantum de travail, et donc à la loi de la valeur, et non à l’économie de marché, à la loi du marché  !

 

Les «  stigmates  » sont essentiellement la nécessité de continuer à utiliser les quantum de travail, comme forme résiduelle de la loi de la valeur, mais débarrassée, néanmoins, de son parasite mercantile, la loi du marché.

 

Et sinon, à propos de bourgeoisie nationale, les marxistes-léninistes distinguent les étapes, de libération nationale, où il existe encore une phase de compromis nécessaire, et avec la bourgeoisie nationale, et avec l’économie de marché, mais, dans la mesure du possible, sous le contrôle du prolétariat, ce qu’ils doivent évidemment s’efforcer d’imposer, et l’étape de construction du socialisme, où la bourgeoisie perd le pouvoir, et qui se construit donc entièrement sous la dictature du prolétariat, qui élimine l’économie de marché en la remplaçant par une économie de transition planifiée en valeur-travail.

 

Le cas de la NEP illustre effectivement la situation d’une étape de transition socialiste dans un pays déjà sous dictature du prolétariat, où la bourgeoisie a donc perdu tout pouvoir, mais où les forces productives ont été ravagées et où un compromis temporaire avec l’économie de marché peut être justifié et même nécessaire, dans certaines limites, que Lénine a très bien définies, du reste, et qui ne sont donc pas du tout à confondre avec une étape de «  libération nationale  », qui elle, inclut un accord politique avec une fraction de bourgeoisie nationale encore existante et résistante face à l’impérialisme.

Dans l’étape de libération nationale, il n’est évidemment pas question de construction du socialisme, mais simplement d’amélioration des conditions de vie des masses. Les prétentions éventuellement «  socialistes  » de la bourgeoisie nationale ne doivent pas être validées par les marxistes-léninistes, sauf à duper le prolétariat sur les étapes et aller à l’échec sur les deux objectifs, indépendance et socialisme. Duperie que l’on a vu trop souvent, et avec les résultats catastrophiques dont on subit encore les conséquences.

 

Dans une étape socialiste type NEP le but, par définition, est d’encourager le socialisme, et non pas, le capitalisme. C’est pourquoi Lénine distingue les secteurs économiques, c’est à dire les secteurs totalement privés, entièrement capitalistes, mais qui n’échappent néanmoins pas à un contrôle possible de la part du pouvoir prolétarien, le secteur socialiste, qui répond donc déjà aux lois économiques de transition (…voir ci-dessus), et le secteur «  capitaliste d’Etat  », qui est un secteur économique mixte, par définition, mais qui reste essentiellement sous le contrôle de l’Etat prolétarien, par définition, et également, et directement, sous celui des masses, pour « inventaire et contrôle exercés par le peuple entier sur la production et la répartition des produits », comme nous l’indique Lénine.

Il ne s’agit donc pas d’un secteur qui répond prioritairement à la loi du marché, mais d’un secteur dont la place et le rôle est négocié par l’Etat dans l’économie de transition, dans sa planification.

 

Autrement dit, le but n’est pas de favoriser le développement de l’économie de marché, ce qui aboutit inévitablement à la liquidation du socialisme, mais de favoriser le développement du secteur socialiste, en s’efforçant de le rendre hégémonique, en y intégrant progressivement les entreprises de type intermédiaire du secteur «  capitaliste d’Etat  », puis toutes les autres, au fur et à mesure.

 

Cette étape type NEP n’est donc pas de la même nature de classe que l’étape «  libération nationale  », qui reste une étape bourgeoise par nature, même si le prolétariat arrive à y jouer un rôle essentiel.

 

Le cas où la bourgeoisie nationale reprend le dessus dans la lutte de libération nationale reste, jusqu’à présent, le plus fréquent, et à partir de là, l’éventualité d’une régression est tout aussi fréquente, soit vers un nouveau système comprador, soit vers le développement d’une économie financière et d’un pôle impérialiste secondaire, voire même dominant.

A titre d’exemple, la Chine a donc bien suivi cette voie, depuis la compradorisation du régime maoïste en 1972.

 

Luniterre

UNE DERNIÈRE ESQUIVE DU RCC-CHB…

Re-bonjour,

Merci pour tes recommandations de relecture.
MAIS FONDAMENTALEMENT IL S’AGIT ICI DE RECONNAÎTRE DE TA PART QUE LA LOI DU MARCHE NE S’ABOLIT PAS Y COMPRIS SOUS LE SOCIALISME. Son aspect « corrosif et destructeur » est contenable, contrôlable, réductible sous le socialisme où se met en branle d’autres lois, notamment celle de la correspondance entre, de tête rapidement, production toujours plus socialisée et accaparement toujours plus social sur la base de la socialisation des secteurs stratégiques et de la planification, etc.
Ton vrai problème est d’être prisonnier de LA LETTRE AU DETRIMENT DE L’ESPRIT DU ML ET d’ÊTRE INCAPABLE DE VRAIMENT CONTEXTUALISER A PARTIR DU REEL, DU RAPPORT DES FORCES.
Souffre que je n’entre pas le débat, hors de propos ici, de la loi de la valeur et de la loi de marché sous le socialisme. Staline nous en parle assez dans les problèmes économiques et avant lui Marx dans le capital dont tu dis d’ailleurs qu’il n’y a pas meilleur et plus clair exposé.
Bien à toi 

 

UNE CLARIFICATION POUR CONCLURE…?

 

Ce qui est pathétique, c’est ta façon de « ne pas souffrir » le débat sur le fond : « …de tête rapidement, production toujours plus socialisée et accaparement toujours plus social sur la base de la socialisation des secteurs stratégiques et de la planification, etc. »

Très rapidement, en effet, c’est le moins que l’on puisse dire, alors que la loi économique fondamentale du socialisme, c’est évidemment « la loi du développement harmonieux (proportionnel), qui a remplacé la loi de concurrence et d’anarchie de la production.  »

 

Et non la loi du marché, comme l’explique Staline, donc, dans son livre, dont c’est le sujet essentiel, et que tu ne comprends toujours pas :

«  Il est certain que l’absence de propriété privée des moyens de production et leur socialisation à la ville comme à la campagne ne peuvent que limiter la sphère d’action de la loi de la valeur et le degré de sa réaction sur la production. C’est dans le même sens qu’intervient dans l’économie nationale la loi du développement harmonieux (proportionnel), qui a remplacé la loi de concurrence et d’anarchie de la production.  »

 

Concernant l’esprit et la lettre, je t’explique suffisamment la possibilité d’utiliser un secteur capitaliste sous contrôle, dans une situation du type NEP, qui est évidemment très provisoire, soit nettement moins de 10 ans, en l’occurrence, et qui aurait même gagnée à être finie plus tôt pour une collectivisation moins traumatisante, avant d’avoir à subir les conséquences graves de la crise qu’elle a entraîné.

De plus, mais est-il besoin de le rappeler, (à ton intention, oui, manifestement) le principe même de la NEP exclu l’intervention du capital financier (bourse), comme acteur de l’économie socialiste.

Il n’est évidemment pas question, sinon, de fixer dogmatiquement une limite de temps impérative pour la disparition totale de l’économie de marché, mais le plus vite le mieux, évidemment.

 

Ce qui est déterminant, c’est bien de mettre en œuvre la loi du développement harmonieux et proportionnel, basée sur la valeur-travail, dans la planification, et non la loi du marché.

 

Ta volonté d’éviter le débat sur le fond, tant pour comprendre les fondamentaux de l’économie de transition socialiste que pour une claire distinction des étapes du processus révolutionnaire marque donc ta volonté de camper sur des postions confusionnistes, à 100% trotskystes, sur le fond.

 

Dans ces conditions, on comprend bien que tu balayes d’un revers de manche le « formalisme » des fondamentaux du Marxisme-Léninisme !!!

 

Luniterre

 

 

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VOIR AUSSI…

Une intervention de G. Bad, en réponse à:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/02/maoistes-cherchent-mao-ou-licor-a-cor-et-a-cri/

Algérie: la lutte continue !

 

 

1er vendredi de manifestations depuis l’annulation de la présidentielle

AFP / RYAD KRAMDI Des manifestants algériens dans la rue pour le 16e vendredi consécutif à Alger le 7 juin 2019

 

 

 

Algérie: la lutte continue !

 

Les Algériens se sont à nouveau massivement mobilisés pour un 16e vendredi consécutif, le premier depuis l’annulation de la présidentielle qu’ils rejetaient en bloc et au lendemain de déclarations du président par intérim réaffirmant sa volonté d’organiser néanmoins un scrutin à très court terme.

Un impressionnant déploiement policier dès la matinée dans le centre d’Alger n’a pas empêché une foule massive de converger après la grande prière musulmane hebdomadaire, en début d’après-midi, aux abords de la Grande Poste, point de ralliement de la contestation dans la capitale, où plusieurs centaines de personnes étaient déjà rassemblées en chantant « Y en a marre de ce pouvoir ».

Les manifestants ont crié « dégagez! » à Abdelkader Bensalah, président par intérim, et au général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée devenu de facto l’homme fort du pays depuis la démission du président Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril, sous la pression de ce mouvement de contestation inédit.

AFP / RYAD KRAMDI Une Algérienne manifeste à Alger le 7 juin 2019

Difficile à évaluer avec précision, faute de comptage officiel, la mobilisation a semblé intacte à Alger où plusieurs artères du centre débordaient de manifestants, selon des journalistes de l’AFP. Le cortège s’est dispersé dans le calme en fin d’après-midi.

Des manifestants ont également défilé à nouveau massivement dans de nombreuses autres villes du pays, selon des médias et les réseaux sociaux.

Après le départ de l’impopulaire Premier ministre Ahmed Ouyahia, l’abandon d’un 5e mandat par M. Bouteflika puis sa démission après 20 ans au pouvoir, les manifestants qui défilent chaque vendredi depuis le 22 février ont à nouveau obtenu gain de cause, le 2 juin: le Conseil constitutionnel a constaté « l’impossibilité » de tenir le scrutin du 4 juillet, faute de candidats sérieux.

« Personne ne veut se présenter et participer à cette mascarade. Le pouvoir semble manquer de figure consensuelle » pour le représenter, « cela est évident aujourd’hui », note Dalia Ghanem Yazbeck, chercheuse au Carnegie Middle East Center basé à Beyrouth.

AFP / RYAD KRAMDI La police algérienne face à des manifestants lors du 16e vendredi consécutif de protestation le 7 juin 2019 à Alger

C’est une victoire de la contestation « dans le sens où (l’élection) n’aura pas lieu » et « c’est ce que la rue voulait », explique à l’AFP la chercheuse, mais c’est aussi « un non-évènement car (l’élection) était, logistiquement parlant, impossible à organiser ».

En outre, le chef de l’Etat par intérim, qui avait convoqué la présidentielle avortée, a maintenu jeudi soir le cap sans faire de concession à la contestation qui exige avant tout scrutin le départ du pouvoir des anciens fidèles de M. Bouteflika – dont M. Bensalah lui-même – et des réformes politiques confiées à des institutions de transition.

– « Mascarade » –

Dans un discours télévisé, M. Bensalah a lui insisté pour une élection « dans les meilleurs délais » et chargé le futur président élu de mener les réformes réclamées. Quant au « dialogue » auquel il a appelé « la classe politique », largement discréditée aux yeux des manifestants, et une vague « société civile », semble d’ores et déjà rejetée par les manifestants à Alger.

« La seule condition pour dialoguer est qu’ils (les dirigeants actuels) partent tous », affirme Massi, chômeur de 26 ans. Pour Hamid, fonctionnaire de 45 ans, « il y a deux conditions au dialogue: ne pas fixer de feuille de route (préalable) et dialoguer avec le vrai détenteur de pouvoir, c’est-à-dire l’armée (…) ça ne sert à rien de dialoguer avec Bensalah qui ne décide de rien ».

 

Quoiqu’il en soit, M. Bensalah, à qui la Constitution a confié l’intérim pour 90 jours, n’aura personne à qui transmettre le pouvoir à l’issue de ce délai, le 9 juillet, et sortira donc du « cadre constitutionnel » dont le haut commandement de l’armée, véritable détenteur du pouvoir, refusait jusqu’ici absolument de s’écarter.

Le président par intérim a invoqué la situation « exceptionnelle » pour justifier la prolongation de fait de son mandat jusqu’à l’élection d’un nouveau chef de l’Etat, hors de tout cadre légal.

C’est la 2e fois qu’une présidentielle est annulée en moins de trois mois en Algérie. Incapable de calmer la contestation née de sa volonté de briguer un 5e mandat, M. Bouteflika avait annulé celle du 18 avril, tentant lui aussi de gagner du temps en prolongeant sine die son mandat. Une manoeuvre qui avait démultiplié la colère.

– « Réveillez-vous »! –

Difficile de connaître le prochain pas d’un pouvoir qui semble naviguer à vue depuis le début de la contestation.

« Les autorités sont « dans l’improvisation », estime Dalia Ghanem Yazbeck, « il n’y a pas de solutions sur le long terme et contrairement à ce que les dirigeants ont pensé au début, le mouvement (de contestation) ne s’épuise pas ».

C’est l’armée qui a les clés et la façon dont elle entend résoudre la crise suscite désormais de nombreuses questions.

« Les options ne sont pas illimitées », note la chercheuse. « Les ressources coercitives sont toujours une option pendant les temps de crises politiques, surtout lorsque les acteurs, notamment l’armée ne veut pas perdre son pouvoir, regardons ce qui s’est passé au Soudan ».

La sanglante répression à Khartoum par l’armée d’un mouvement de contestation qui a chassé le président Omar el-Béchir est dans toutes les têtes en Algérie.

« A ceux qui appellent à négocier avec l’armée » en Algérie « réveillez-vous (…) on ne négocie jamais avec un militaire », écrivait jeudi un tweeto algérien au-dessus d’images de la répression soudanaise.

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/algerie-1er-vendredi-de-manifestations-depuis-lannulation-de-la-presidentielle-doc-1ha9pe9

6 Juin 1944, « Acte I » de la Société du Spectacle: Une boucherie stratégiquement utile ???

 

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6 Juin 1944 : Grand Show à l’Américaine

 

 

« Acte I » de la Société du Spectacle :

 

 

Les acteurs, par milliers,

meurent pour de vrai !

 

 

Une boucherie stratégiquement utile ???

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Comme l’a révélé le film historique éponyme sorti en 2017, Churchill était loin de soutenir avec enthousiasme le projet de débarquement en Normandie. Son opposition n’était pas nouvelle, mais elle a ressurgi au dernier moment, alors qu’il semblait s’être aligné sur les positions US depuis quelques temps déjà…

En réalité, c’est même essentiellement lui qui est à l’origine des premières opérations de débarquement en Afrique, puis en Sicile et en Italie.

Le choix de l’Italie résultait déjà pour lui d’un compromis, alors qu’il préconisait plutôt un débarquement dans les Balkans. Ce choix stratégique se comprend très bien, à tous points de vues en fonction de la situation politique et militaire de l’époque, et surtout de son point de vue de Premier Ministre de la Grande-Bretagne, dont il défendait d’abord les intérêts impériaux, c’est-à-dire impérialistes, en fait. Ceci-dit, il est à considérer, en fonction de son expérience tragique aux Dardanelles en 1915 (200 000 morts), que la préoccupation de ne pas sacrifier inutilement des vies humaines faisait réellement partie de ses considérations importantes. C’est notamment ce qu’évoque le film de 2017, centré sur ses scrupules et ses hésitations les tout derniers jours avant le 6 Juin.

Bien évidemment, les deux types de préoccupations, dans ce cas, ne sont pas incompatibles. La disproportion des forces britanniques et US suffit à le comprendre : les généraux US s’affirment clairement prêts à sacrifier une partie importante de leurs troupes pour réussir cette percée sur le continent, alors que Churchill, qui a déjà du avaler la couleuvre de voir cette opération se préparer à partir de son territoire, se voit sur le point de sacrifier le meilleur de ses troupes pour le profit de l’impérialisme US en train de supplanter la Grande-Bretagne, et largement, comme leader du monde occidental.

En réalité, la première grande puissance à être réduite par l’opération Overlord, ce n’est pas l’Allemagne, mais bien la Grande-Bretagne, qui avait joué jusque là le rôle de citadelle invincible et d’avant poste de l’Occident « libre ».

A considérer la carte d’ensemble des opérations militaires de l’époque, on ne peut que constater que cela semble même avoir été une des préoccupations essentielles du choix « stratégique » US.

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En effet, aucun autre argument de cet ordre ne tient sérieusement la route, ni ne résiste à l’analyse.

En réalité, non seulement les difficultés rencontrées sur le front italien sont relatives, mais elle le sont d’autant plus que ce front se trouve en partie dégarni de ses troupes en raison de l’option US sur la Normandie. A l’origine, et déjà suite au compromis initialement accepté par Churchill, c’était, selon lui, sur ce front qu’aurait du porter une accentuation massive de l’intervention US.

Et malgré cela, Rome est déjà libérée le 4 Juin 1944, alors que l’Opération Overlord se trouve finalement retardée à plusieurs reprises. De quoi faire certainement regretter Churchill de ne pas avoir été suivi, et de quoi renforcer ses réticences clairement exprimées des derniers jours avant le D Day.

Que l’intervention US ait également eu pour but de pouvoir contenir au plus vite l’avancée soviétique sur le front Est, c’est maintenant une évidence suffisamment établie, à cette très grosse nuance près, là aussi, que le choix stratégique churchillien était évidemment et très largement la meilleure option dans ce sens. Son plan initial visant les Balkans eut même été un encore plus court chemin, dans ce but, qui n’était donc pas absent, non plus, des préoccupations de l’anticommuniste Churchill.

Là encore, donc, l’une des « raisons historiques », généralement invoquée, du choix normand, n’est donc évidemment pas la bonne, en tous cas, sur le plan stratégique, et surtout, considéré dans l’optique d’une stratégie supposée essentiellement anti-nazie.

Force est donc de constater, en prenant simplement un peu de recul sur l’analyse de ces événements, que d’autres motivations, d’autres objectifs stratégiques se dissimulent donc derrière ce choix historique, derrière un tel déploiement de moyens, derrière une telle désinvolture à sacrifier des milliers de vies humaines supplémentaires, y compris et surtout, dans ce qui était le propre camp de ces décideurs, se voulant pourtant le fer de lance d’un occident « humaniste » !

Sur le plan géostratégique l’offensive US en Europe n’avait donc pas pour seul but de réduire la puissance nazie, mais bien aussi et surtout, d’affirmer la puissance US face aux puissances européennes déjà déchues par leur capitulation face au nazisme et devenue « alliées » surtout faute d’autres choix possibles.

Dans cette optique, baser l’armée US principalement en Grande-Bretagne visait donc déjà à réduire relativement la puissance de ce pays, le seul qui n’avait donc pas capitulé. La démonstration était faite aussi directement que possible et grandeur nature, que la Grande-Bretagne n’avait pas réellement les moyens de la victoire qu’elle promettait dans ses proclamations, et notamment, par la voix de Churchill!

Ensuite, débarquer en France et marcher au plus vite sur Paris, c’est bien ce que les USA escomptaient faire dans un laps de temps réduit, et qui eut été tout à fait comparable au « Blitzkrieg » nazi de Juin 40, et à sa rapidité à s’instituer en force occupante, dont ils visaient ni plus ni moins à prendre la place, faisant de la France leur arrière cour européenne en tant que quasi-colonie. Il est désormais bien connu que tous les plans et dispositions concrètes avaient été prévus dans ce sens, sauf la difficulté de marginaliser le Général de Gaulle, auquel on doit au moins reconnaître le mérite de nous avoir relativement soulagés d’une telle humiliation, à défaut d’avoir réellement libéré la France.

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Toutefois, dans ce relatif « compromis » restituant à De Gaulle une place qu’il aurait eu du mal à imposer réellement sur le terrain, ressort l’autre véritable motivation stratégique US, à savoir contenir et réduire l’avancée du communisme en Europe. En effet l’aura de De Gaulle était des plus utiles pour imposer le désarmement des maquis, essentiellement contrôlés par les communistes et les forces politiques progressistes françaises.

A défaut d’un régime quasi-colonial, ce fut donc un relatif « protectorat » animé de quelques velléités gaullo-indépendantistes!

 

Et c’est bien en vue de signifier aux peuples européens la « dette de sang » qu’ils allaient avoir envers les USA que la boucherie spectaculaire et inévitable sur les plages de Normandie prenait dès l’origine son sens stratégique réel.

 

En effet, il apparaissait clairement, jusqu’en Juin 44, et malgré la belle percée sur le front italien, que le gros de l’effort de guerre avait été assumé, pour l’essentiel, en Europe, par l’URSS. Et en plus de l’avancée désormais irrésistible de l’Armée Rouge, c’est bien la validité et la légitimité du projet communiste qui était en train de s’établir parmi les populations européennes ayant subi quatre années d’exactions nazies. Idées communistes relayées, sur le terrain, par les diverses avant-gardes locales de la Résistance.

Créer une « dette de sang » spectaculaire et qui puisse passer pour comparable à celle, incommensurable, de l’URSS, et de la prétendre « stratégiquement » encore plus décisive, telle est la véritable motivation du « choix normand », quant au fond.

Une « dette de sang » qui pouvait devenir un investissement stratégique à longue portée, à condition de le doubler d’une intense campagne de propagande et de manipulation idéologique et historique pour la faire valider comme un tournant décisif de l’histoire et sans alternative qui eut possiblement permis d’éviter le bain de sang planifié du 6 Juin 1944.

Une « dette » validée chaque année par les serviteurs européens de l’empire US, avec renouvellement des « grand messes du sacrifice des innocents », chaque 6 Juin qui passe, et avec particulièrement d’emphase à chaque millésime qui le permet, et aujourd’hui, donc, celui des 75 ans.

Une « dette » qui conserve, paradoxalement et plus que jamais, sa « validité » et son importance géostratégique, pour l’empire US, dans les circonstances politiques présentes et si ce n’est plus essentiellement pour faire pièce à l’idéologie communiste, ce n’en est pas moins pour contenir et, éventuellement, mater concrètement, les nouvelles velléités d’indépendance des peuples, et notamment à nouveau, du peuple russe et de ses alliés à travers le monde.

Pierre Grindsable

 

https://frontdeslaics.wordpress.com/2019/06/06/6-juin-1944-acte-i-de-la-societe-du-spectacle-une-boucherie-strategiquement-utile/

 

A la suite, quelques extraits d’articles d’historiens tout ce qu’il y a d’  « occidentaux », mais dont le recoupement permet de comprendre la réalité dissimulée derrière les discours et proclamations officiels, et jusque dans les « livres d’histoires » formatés pour la jeunesse occidentale, pourtant supposée ne pas devoir avaler de « fake news » « fake history » et autres « couleuvres complotistes » !!!

 

Churchill, notice wikipédia :

« Alors que le général Eisenhower recherche un juste équilibre des forces alliées entre les armées engagées dans la conquête de l’Italie et celles devant participer à l’operation Overlord, Churchill préconise vainement de prélever des troupes pour une intervention à Rhodes. Il est en effet persuadé, à tort, [NDTML :Chacune des options proposées par Churchill, lorsqu’elles sont évoquées, lui sont systématiquement imputées à son tort, voire à son âge…], qu’une telle intervention pourrait faire basculer la Turquie alors neutre, dans le camp des alliés. Concernant l’approche directe centrée sur l’operation Overlord, l’échec du raid de Dieppe en août 1942 en a montré les dangers. Néanmoins il s’y rallie et à partir de 1944, la stratégie américaine prévaut. Néanmoins lorsque les Alliés organisent un débarquement en Provence, Churchill eût préféré que l’armée alliée stationnée en Italie marchât sur Vienne et Berlin, y devançant les Soviétiques. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Winston_Churchill#cite_ref-Bédarida368_310-0

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Churchill, autre notice biographique :

« En 1941, l’URSS rejoignit le camp allié ainsi que Winston [Churchill] l’avait depuis longtemps pronostiqué. Lors de la mondialisation du conflit, Churchill se rendit en URSS et aux USA pour discuter de vives voix avec ses homologues. Il échangea des notes nombreuses avec Roosevelt après la signature de la charte de l’Atlantique entre les 9 et 12 août 1941, texte dont la teneur était autant éthique que stratégique. Dès 1943, il préféra à l’idée d’un débarquement allié en Normandie, un débarquement d’Afrique en Sicile puis en Italie, décision effectivement prise en janvier 1943 lors de la conférence de Casablanca (opération Husky). La Royal Air Force entreprit également des raids aériens sur l’Allemagne.

http://histgeo.free.fr/troisieme/guerremondiale/Churchill.html

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Campagne d’Italie, notice wikipédia, extraits :

« La campagne d’Italie est née d’un compromis entre les Alliés à la conférence de Casablanca en janvier 1943 :

  • les Américains étaient en faveur d’une attaque de front, c’est-à-dire par la voie la plus courte, la Manche, pour atteindre le cœur de l’Allemagne ;
  • Churchill, de son côté pensait que les Balkans, en tant que « ventre mou de l’Axe » constituaient un objectif idéal. »

(…)

«  Pendant ce temps, fin août 1943, lors de la conférence de Québec, les Américains donnèrent leur accord à un débarquement en Italie à la condition que leurs Alliés reconnaissent la priorité à l’opération Overlord en Normandie. La suite de la campagne d’Italie se ferait avec des effectifs diminués. »

(…)

« À la conférence de Téhéran (28 novembre – 1er décembre 1943), les Alliés décidèrent que seules des actions d’importance modeste seraient entreprises en Italie. L’essentiel de l’effort devait se porter sur le débarquement en Normandie au printemps 1944.

Hitler remplaça Rommel par Kesselring en tant que commandant en chef des forces du sud-ouest de l’Europe. Il allait résister de longs mois le long de la Ligne Gustave, dont la clé de voûte était le mont Cassin.

Churchill plaida auprès d’Eisenhower pour le bien-fondé d’un nouveau débarquement allié au nord de la Ligne Gustave. Ce dernier finit par accepter un débarquement à Anzio le 22 janvier 1944. Le débarquement s’effectue si facilement que le général américain Lucas, commandant les troupes débarquées, craignant un piège, ne poursuit pas son attaque et préfère renforcer ses positions ce qui donne le temps à Kesselring, d’abord surpris, de réagir. Il installe de l’artillerie lourde sur les montagnes dominant la plaine où ont débarqué les Alliés et les écrase sous son tir. « Tête de pont, tête de mort » déclare Kesselring.

Alexander ramena l’essentiel des forces dont il disposait au printemps sur l’ouest de la ligne Gustave, et après avoir persuadé Kesselring qu’il préparait un nouveau débarquement à Civitavecchia, il adopta le plan présenté par le général français Alphonse Juin qui consistait à déborder par la gauche la position du Mont Cassin sur laquelle les Alliés butaient depuis 5 mois ; cette offensive fut menée avec 13 divisions le 11 mai.

Le 17 mai, le mont Cassin, débordé sur sa droite par les Polonais du 2e Corps et pris à revers2, était évacué et la prise des villes de Pontecorvo et Pico sur la ligne Hitler ouvrait la route de Rome. Le 23 mai, la tête de pont sur Anzio obtenait la rupture. Les armées allemandes étaient en cours d’encerclement, mais le général américain Clark préféra libérer Rome le 4 juin.

Les armées allemandes avaient eu le temps de se replier jusque sur la Ligne gothique, une autre ligne de défense sur les Apennins. Kesselring put se réorganiser d’autant plus qu’un certain nombre de divisions alliées furent prélevées du front italien pour participer à l’opération Anvil, le débarquement en Provence. Il recevait lui-même huit nouvelles divisions. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_d%27Italie_(Seconde_Guerre_mondiale)

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A propos du film historique « Churchill », sur les derniers jours précédant le débarquement :

Dans la revue « Historia » :

« Dardanelles et Dieppe

« Le film montre un chef d’État peu enclin à soutenir « Overlord », un homme hanté par les souvenirs de la Grande Guerre, traumatisé par l’échec de la bataille des Dardanelles (avril 1915-janvier 1916), qui se solda par une déroute et fit 180 000 morts côté allié, mais aussi par le fiasco du débarquement à Dieppe, le 19 août 1942.

Pour l’historien Olivier Wieviorka, plusieurs facteurs expliquent la résistance de Winston Churchill : « Le vétéran de la Grande Guerre craignait une réédition de la grande boucherie à laquelle il avait assisté aux premières loges. De même, l’initiateur du débarquement raté de Gallipoli, monté dans le détroit des Dardanelles en 1915, redoutait la répétition de cet échec cinglant. Mais d’autres motifs pesèrent. Malgré sa pugnacité, le Royaume-Uni était une puissance modeste, dont l’armée ne rassemblait en 1945 « que » 4,5 millions d’hommes. Ce facteur incitait le Premier ministre à plaider pour une stratégie visant l’ennemi sur ses marges afin d’économiser ses troupes ; forte de ses 11 millions d’hommes, la puissante Amérique souhaitait en revanche en finir au plus vite, en frappant le Reich sur son point fort. Ajoutons enfin que Churchill tenait à contrôler la Méditerranée, qui, via le canal de Suez, commandait la route des Indes. À cette aune, le théâtre italien devait rester prioritaire. Le rapport des forces dictait cependant sa loi : au vu de leur puissance, les États-Unis pouvaient imposer leurs vues. »

https://www.historia.fr/%C3%A0-l%C3%A9cran/quand-le-seigneur-de-la-guerre-doutait-d%C2%AB-overlord-%C2%BB

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Autre revue à propos du film historique « Churchill », sur les derniers jours précédant le débarquement :

« Churchill »: pourquoi le vieux lion s’opposa au Débarquement (VIDÉO)

« Symbole de la résistance britannique contre les Nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill était pourtant opposé au Débarquement du 6 juin 1944. C’est ce moment historique peu connu que raconte le film « Churchill », qui sort ce mercredi.

C’est l’un des dirigeants britanniques les plus respectés de l’Histoire, mais il s’opposa au Débarquement allié du 6 juin 1944. Le film Churchill, qui sort ce mercredi 31 sur les écrans français, raconte comment le vieux lion tint tête aux Américains avant de céder finalement.

Winston Churchill (1874-1965) impressionna ses compatriotes et le monde entier par sa détermination et son aptitude à galvaniser la population lors de la bataille d’Angleterre (le « Blitz ») en 1940-1941, alors qu’il était Premier ministre. Mais le film n’est pas un biopic: il raconte les 6 jours qui, en juin 1944, ont précédé le Débarquement allié sur les plages de Normandie.

« Ce plan finira en massacre », dit Churchill à Dwight Eisenhower, commandant suprême des forces alliées, au général Montgomery, chef des troupes terrestres, et au roi George-VI, lors de leurs dernières réunions avant le Jour-J.

Vétéran de la Première guerre mondiale, le Premier ministre est alors rongé par la culpabilité: il fut l’initiateur du débarquement raté de Gallipoli, monté dans le détroit des Dardanelles en 1915 contre l’Empire ottoman, qui se solda par un échec cinglant et la mort de 250.000 hommes côté allié. Plus jamais ça, se dit-il. Il craint que le Débarquement prévu par les Américains n’envoie à nouveau des milliers de jeunes soldats à la mort.

Il finira par céder, après ces six jours. Aigri de ne pas avoir été entendu, mais conscient qu’il faut aller de l’avant, il ne ménagera pas sa peine en s’engageant aux côtés des Alliés: »

http://www.francesoir.fr/culture-cinema/churchill-film-winston-pourquoi-le-vieux-lion-sopposa-au-debarquement-video-critique-avis-note-bande-annonce-vf-vostfr-normandie-seconde-guerre-mondiale

 

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Dans « La Croix », égalementsur le film :

« Churchill », à quelques jours de l’opération Overlord

Alors que les Alliés s’apprêtent à débarquer en Normandie, le premier ministre britannique, hanté par l’échec d’un débarquement pendant la Première Guerre mondiale, s’y oppose fermement.

  • Corinne Renou-Nativel,
  • le 30/05/2017 à 17:44

« L’image glorieuse d’Alliés indéfectiblement unis pour le Débarquement en Normandie de juin 1944 a balayé comme fétu de paille un fait pourtant important : Winston Churchill, le premier ministre du Royaume-Uni que l’histoire retient comme l’homme ayant mené son pays à la victoire, s’y est opposé avec virulence.

Le film de Jonathan Teplitzky retrace les six jours qui ont précédé cette opération décisive dans la défaite allemande et la fin de la guerre. Il montre un homme affaibli par son âge – à 70 ans, Churchill est le plus vieux des dirigeants alliés – auquel s’ajoutent alcoolisme mondain et dépression.

L’entrée dans le conflit des Américains a réduit son poids dans le front antinazi : l’armée britannique ne rassemble que 4,5 millions de soldats contre 11 millions pour celle des États-Unis. Les divergences de vues découlent de ces forces déséquilibrées : Winston Churchill entend économiser ses troupes en attaquant l’armée allemande sur ses marges par des débarquements plus modestes à Bordeaux, ainsi qu’en Italie afin de contrôler la Méditerranée, étape sur la route des Indes ; le général américain Eisenhower, auquel se rallie pleinement le Britannique ­Montgomery, veut mettre au plus vite un point final à la guerre en attaquant le Reich sur sa ligne de défense la plus forte.

Dans l’intimité d’un homme vieillissant

Le long métrage de Jonathan ­Teplitzky entre dans l’intimité d’un homme vieillissant, paralysé par sa responsabilité dans le catastrophique débarquement de Gallipoli le 25 avril 1915, à l’entrée du détroit des Dardanelles en Turquie, qui fit des milliers de morts britanniques.

À Churchill qui refuse le sacrifice de jeunes gens innocents, Eisenhower et Montgomery lui rappellent qu’il s’agit pourtant là d’un des fondements de la guerre et du prix à payer pour la victoire.

(…)« Le premier ministre émeut lorsqu’il réclame, si débarquement il doit y avoir, de se trouver sur un navire britannique parmi ses soldats – il faudra l’intervention du roi George VI pour le faire renoncer. »

https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Churchill-quelques-jours-loperation-Overlord-2017-05-30-1200851318

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Notice wikipédia du film :

« Juin 1944. 48 heures avant le débarquement de Normandie, Winston Churchill s’oppose à l’opération Overlord soutenue par le général américain Dwight Eisenhower.

En effet, Churchill est brusquement pris d’un doute sérieux sur le succès de cette opération en se remémorant l’échec cuisant subi à Gallipoli en 1915, qui consistait également en un débarquement surprise d’un corps expéditionnaire sur la presqu’ile du même nom, au cours de laquelle des dizaines de milliers de jeunes soldats australiens et britanniques avaient été tués.

Churchill affronte alors l’état-major de l’armée britannique, Montgomery en tête, et le commandant suprême allié, Eisenhower, qui écarte très fermement ses objections. Churchill se rend alors compte qu’il ne contrôle plus l’effort de guerre comme en 1940, qu’il ne peut plus imposer ses vues aux chefs qu’il a nommés et qu’Eisenhower lui-même écarte toutes ses tentatives de reprise en main très fermement, même s’il y met les formes : le pouvoir du monde est désormais entre les mains des États-Unis et la Grande-Bretagne doit s’y plier aussi.

Dépité, Churchill décide alors de débarquer à la tête de ses troupes à Utah Beach ; il faut alors l’intervention très ferme de George VI pour l’en dissuader. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Churchill_(film)

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Quelques supposés « ratés » analysés sommairement par « Le Point » :

« Mésentente. Au départ, Churchill n’était pas favorable à un débarquement sur les côtes nord de la France : le Premier ministre britannique veut affaiblir les puissances de l’Axe par l’aviation, la marine et des offensives en Méditerranée, notamment sur le sol italien. Mais les Allemands résistent, les Soviétiques réclament depuis longtemps un second front, et les Alliés s’entendent finalement sur une percée à l’ouest, lors des grandes conférences de l’année 1943. Churchill cède d’autant plus rapidement que les Russes progressent désormais vite à l’est… Il faut contrer leur expansionnisme !

Essai sanglant. Fin avril 1944, les Américains répètent en grandeur nature le débarquement sur les plages britanniques de Slapton Sands, dont on juge qu’elles ressemblent à celles d’Omaha et d’Utah, en France. L’opération Tiger, qui mobilise 30 000 hommes et 200 bateaux, tourne vite au drame : les Allemands, alertés, torpillent facilement les navires bourrés d’hommes et de munitions, faisant 750 tués et 300 blessés. Les GI sont enterrés en secret pour ne pas démoraliser les troupes : ils seront officiellement morts au combat, deux mois plus tard.

Codes égarés. À quelques semaines du jour J, les services secrets sont sur les dents. Militaires et politiques sont tenus à la plus grande discrétion, ce qui n’empêche pas les bavures. La plus rocambolesque concerne un officier britannique qui égare un porte-documents avec le plan de communication radio du débarquement et ses codes secrets. Fin de l’angoisse quand un chauffeur de taxi scrupuleux rapporte la sacoche à Scotland Yard…

Retard. Au départ, le D Day est fixé au 1er mai 1944 pour profiter des bonnes conditions climatiques. Mais le général Eisenhower, responsable des opérations, se rend compte qu’il n’a pas assez de barges pour assurer le transport des troupes : il faut accélérer la production au maximum et retarder le débarquement d’un mois. On choisit le 5 juin, puis le 6, en fonction d’une météo plus clémente et d’une nuit de pleine lune, favorable à l’aviation.

Guerre de bocage. Si le débarquement permet de mettre en place une tête de pont efficace en seulement quelques jours, la suite est nettement plus compliquée. Le commandement allié avait prévu de mener une offensive éclair, avec chars et aviation, mais la bataille de Normandie s’enlise dans la boue et le bocage, avec les fantassins en première ligne et les Allemands en embuscade dans les chemins et derrière les haies. Sans compter les civils, mal prévenus des attaques et des bombardements, qui payent un lourd tribut sur le terrain (14 000 morts pour la seule Basse-Normandie).

Exactions. On a longtemps caché ce genre d’informations, mais des historiens évoquent désormais le comportement abusif de certains GI sur les populations. À titre d’exemple, on a recensé environ deux cents cas de viols et une trentaine de meurtres dans le seul département de la Manche pendant les opérations. Des chiffres à relativiser lorsqu’on les compare à la masse de soldats débarquée sur la période (plus de 1,5 million). Les coupables ont parfois été arrêtés et condamnés.

Omaha Beach. Le débarquement des Américains sur la plage normande tourne à la catastrophe. Gênés par le brouillard, les bombardiers alliés ont manqué leurs cibles, les défenses allemandes sont intactes. Les barges sont larguées trop loin des côtes, la houle est forte, les tanks et le matériel coulent à pic, la plupart des embarcations sont prises pour cibles. Et quand elles accostent, le courant les a fait dériver par rapport aux objectifs. Les premiers arrivants courent au massacre, sans compter la marée qui se met à recouvrir trop vite la plage. « Tout ce qui était susceptible de rater a raté », a reconnu plus tard le général Eisenhower. En un jour, trois mille GI vont rester sur le sable, morts ou blessés.

De Gaulle contre Eisenhower. Le 6 juin, le général américain et le chef de la France Libre doivent diffuser leur appel l’un à la suite de l’autre. Mais Eisenhower demande aux Français d’obéir « aux ordres que je serai appelé à donner… » De Gaulle est furieux, il refuse d’apparaître comme le vassal des Américains : il tonne, proteste, Eisenhower l’envoie « au diable », Churchill menace de « l’enchaîner » et de le renvoyer à Alger ! Il obtient finalement que son propre message ne soit diffusé que l’après-midi du 6 juin, dans lequel il demande aux Français de suivre « les consignes » données par son gouvernement : « La bataille suprême est engagée… C’est la bataille de France ! » L’honneur est sauf.

Déception à Falaise. Ce devait être la dernière bataille, celle qui permettrait, à l’arrière de Caen, en août 1944, de prendre au piège les divisions blindées allemandes de Normandie en opérant la jonction des troupes américaines et anglo-canadiennes, par un large mouvement d’encerclement. Mais les Alliés ne sont pas assez rapides, la poche se révèle poreuse, et plus de 50 000 soldats allemands parviennent à s’enfuir, même si le gros de la Wehrmacht est mis hors de combat. Les Anglais et les Américains se renverront longtemps la responsabilité de cette demi-victoire.

Reportage gâché. Robert Capa, l’envoyé spécial du magazine américain Life, fait partie du contingent débarqué sur Omaha Beach la sanglante. Le célèbre photographe mitraille les soldats qui tentent d’échapper au feu ou à la noyade, au plus près de l’action. Mais sur la centaine de clichés du D Day, seuls onze seront publiables, les autres ayant été détruits au cours de leur développement, à la suite d’une erreur d’un laborantin. Ce sont à ce jour les documents les plus saisissants du D Day, mondialement connus.

https://www.lepoint.fr/histoire/les-10-rates-du-debarquement-05-06-2014-1832570_1615.php#site

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Plus percutant, encore, sur « Valeurs Actuelles », qu’on ne saurait soupçonner de « gauchisme » !

« Normandie – 6 juin 1944. Évoqué dès 1942, le choix des plages du Cotentin et du Calvados n’a été finalement arrêté que six mois avant le jour J. Après un détour par les Balkans… Et l’incroyable opération Fortitude, qui leurra les Allemands avec un immense succès.

Si les Britanniques ont joué un rôle décisif dans le succès du 6 juin 1944 — ne serait-ce que pour avoir tenu quatre ans face à Hitler et ainsi pu offrir à l’armada alliée la base arrière sans laquelle rien n’eût été possible —, c’est peu dire que le choix de la Normandie pour déclencher la « bataille suprême » (Charles de Gaulle) n’était pas le leur…

On l’ignore généralement : ce n’est pas en France, mais en Yougoslavie que Churchill aurait préféré voir Américains, Britanniques et Canadiens faire porter le gros de leurs efforts pour la libération de l’Europe. Et ce n’est qu’à l’extrême fin de l’année 1943 — à la conférence de Téhéran, entre le 28 novembre et le 1er décembre — que le principe et le lieu de l’opération Overlord, arrêtés par Roosevelt, en août précédent, ont été entérinés par Churchill.

Pourquoi le premier ministre britannique tenait-il tant aux Balkans ? Pour une raison qui, rétrospectivement, apparaît largement recevable : barrer la route de l’Europe centrale et orientale aux Soviétiques, qui, depuis la capitulation de la VIe armée allemande à Stalingrad (février 1943) et surtout la bataille de Koursk (juillet-août 1943), avancent à grandes enjambées vers l’ouest. À ses proches, il ne cesse de le répéter : la priorité consistant à débarrasser l’Europe de Hitler n’implique pas nécessairement d’en livrer une partie à Staline. Il se dit que prendre pied en Slovénie ou en Istrie puis remonter vers Vienne par la trouée de Ljubljana (entre les Alpes et les Balkans) frappera les Allemands de stupeur et permettra d’aller rapidement à la rencontre des Soviétiques dans plusieurs directions à la fois : Prague, Budapest, et surtout les champs pétrolifères de Roumanie, essentiels à la machine de guerre allemande… Ce qui, dans l’esprit de Churchill, n’exclut nullement un second débarquement en Provence (comme celui qui aura effectivement lieu, le 15 août 1944) visant à la fois la libération du territoire français et, via la vallée du Rhône et la trouée de Belfort, l’invasion de l’Allemagne.

Quand Staline a invité Churchill, à Moscou, en août 1942, celui-ci lui a dessiné un crocodile. Et il lui a dit, à propos du prochain débarquement allié en Afrique du Nord dont il a personnellement convaincu Roosevelt : « Vous vous occupez de la gueule, et une fois les Allemands chassés d’Afrique, nous nous occupons du ventre mou [« soft underbelly »] : l’Italie puis les Balkans. »

Satisfait de la perspective d’un nouveau front en Italie, Staline n’a pas cillé. Mais, malgré les toasts échangés, Churchill a bien compris que la perspective de voir les Anglo-Saxons pousser jusqu’aux Balkans, et même au-delà, ne le remplissait pas de joie… Garder les mains libres en Europe orientale : voilà sa seule priorité, quitte à porter seul l’effort de guerre à l’est. Ce qu’il veut, c’est que les Alliés s’engagent à fond à l’ouest. Et qu’au sud, ils bornent leur progression à la plaine du Pô. Une vision qui convient parfaitement à Roosevelt, dont les troupes, débarquées en Sicile en juillet 1943, remontent avec les pires difficultés vers Rome, en raison de l’étroitesse et du relief de la péninsule, qui limitent les possibilités de percée. Le « vrai » second front, c’est par un choc frontal avec la Wehrmacht, dans les grandes plaines de l’Europe du Nord-Ouest, que l’Américain souhaite l’ouvrir. Parce que la manoeuvre y sera plus facile, mais aussi et surtout parce que le chemin à parcourir pour envahir le poumon industriel de l’Allemagne, la Ruhr, est bien plus court.

Churchill ayant finalement cédé au nom du principe « qui paye commande » (que ferait le Royaume-Uni sans les crédits accordés par Washington ? ), les Alliés tombent donc rapidement d’accord sur la Normandie. Stratégiquement idéale, la traversée du pas de Calais a été écartée d’emblée, justement parce qu’elle va de soi et que les Allemands ne peuvent pas ne pas s’y préparer. Plus à l’ouest, la Bretagne risquerait de se transformer en souricière pour les Alliés si la Wehrmacht parvenait à les bloquer sur une ligne Saint-Malo Saint-Nazaire. Quant au golfe de Gascogne, il se situe à la limite du rayon d’action des chasseurs, qui auront besoin de tenir le ciel de longues heures le jour J. Sans parler des batteries géantes du mur de l’Atlantique installées depuis plusieurs mois déjà sur le littoral aquitain… »

https://www.valeursactuelles.com/histoire/le-debarquement-secrets-et-stratagemes-46009

https://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1009146-La_lib%C3%A9ration_de_lEurope_et_le_front_germano-sovi%C3%A9tique.jpg

 

 

 

Caen « libéré »

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