Auteur : tribunemlreypa

Sur la nature « ontologique » ou épistémologique du matérialisme dialectique

 

 

 

 

Sur la nature « ontologique »

ou épistémologique

du matérialisme dialectique

 

Un ouvrage récent, assez pompeusement titré « L’Évangile de la philosophie et de la Révolution », n’avait guère attiré notre attention, jusqu’à ce qu’un camarade nous en demande une lecture critique… Beaucoup plus de maladresse et de confusion que de réelle « hérésie », dans ce nouvel « évangile », mais ce fut néanmoins l’occasion d’une réflexion sur la problématique généralement liée à ce genre d’ouvrage à prétention didactique : quelle nouvelle vision de la réalité veut-on apporter au lecteur ? Veut-on réellement l’aider à décrypter le réel voilé par les médias du système, ou bien veut-on lui suggérer une réalité « alternative » qui n’existe que dans la tête de l’auteur ?

Autrement dit, et pour aller au fond du problème, le matérialisme dialectique est-il une approche épistémologique pour comprendre la réalité du monde et la transformer, ou bien prétend-t-il nous révéler une science « alternative » décrivant une réalité « ontologique » totalement ignorée par la culture bourgeoise ?

Mao Zedong, qui voulait voir une telle « essence » des phénomènes dans leur « contradiction interne », nous parlait d’un œuf pour illustrer son propos… L’auteur du nouvel « Évangile révolutionnaire » nous parle d’une poire…

 

 

En réponse à un camarade nous proposant

la lecture de l’ouvrage récent

du camarade Jimmy Dalleedoo

 

 

 

 

Bonjour, camarade

Ce livre se présente directement comme un nouvel enseignement de la philosophie révolutionnaire, du matérialisme dialectique et historique, et il tente donc de les redéfinir.

Je l’ai donc abordé sous cet angle, et à partir de ses premiers propos sur le sujet, j’ai cherché comprendre de quelle façon il considère la méthode dialectique.

Malheureusement, et même si l’on fait la part d’une confusion extrême, la dominante qui en ressort est celle d’un idéalisme métaphysique tout à fait comparable à celui de Mao Zedong, même si formulé de manière encore largement plus maladroite.

Cette maladresse, à la rigueur, plaide pour la bonne foi, assez évidente, de l’auteur, mais n’excuse pas pour autant les approximations très grossières auxquelles il se livre, et qui auraient du être évitées, avec une étude plus sérieuse, à la base.

Ces approximations faussent, de toute manière, et de façon rédhibitoire, la réalité de son propos.

Pour te l’expliquer, je reprends, dans un premier temps, l’explication plus ancienne qui vaut pour la pseudo-»dialectique » de Mao Zedong, telle qu’exposée dans son « De la contradiction » et notamment à propos de son célèbre et pathétique « exemple de l’œuf »…

La « contradiction interne » de l’œuf n’est, à l’évidence et contrairement aux affirmations de Mao, qu’un moment possible de la suite de ses états possibles et des contradictions entre eux.

(>>>Contradictions de formes et d’états entre l’œuf et le poussin, entre l’œuf et la poule, entre le poussin et la poule.)

(A ce sujet,voir l’excellent exposé de Georges Politzer>>> Principes élémentaires de philosophie >>> Négation de la négation

https://www.marxists.org/francais/politzer/works/principes/principes_15.htm )

Cette contradiction est en partie, mais en partie seulement, déterminée par les caractéristiques intrinsèques de l’œuf, mais elle ne se développe que sous l’action des facteurs extérieurs, qui sont les conditions de la couvée.

Hors de ces conditions, l’œuf cesse, sous le rapport de la « contradiction interne » d’être un objet dialectique à proprement parler, et soit il se conserve tel quel, au froid, soit il pourrit et se dessèche, au chaud, mais dans les deux cas, encore en fonction des conditions extérieures.

Quant à ses caractéristiques internes, qu’elles soient conservées ou non, elles sont d’abord déterminées par l’histoire de l’évolution génétique de la race des poules, préalable extérieur indispensable à l’existence de tel ou tel œuf en particulier.

Et dans chaque cas, par les conditions matérielles de l’élevage des poules, environnement, nourriture, climat, etc…

La « contradiction interne » de l’œuf, qu’elle se développe ou qu’elle reste à l’état d’évènement potentiel, n’a d’existence ni de sens que par des facteurs en réalité entièrement extérieurs à l’œuf lui-même.

Elle n’est donc en rien une définition ontologique de l’œuf, qui nous parlerait de son « être », en quelque sorte.(…de son « essence », selon Mao Zedong)

L’existence de l’œuf tient au domaine spécifique des lois de la biologie, et la connaissance que nous en avons dérive de la science biologique.

La biologie de l’œuf est une réalité objective, indépendante du fait que nous la considérions d’un point de vue dialectique ou non.

Le fait d’utiliser la méthode dialectique dans l’approche scientifique du phénomène « œuf » peut être un plus appréciable mais n’en change pas pour autant la nature intrinsèque.

Voici ce qu’en pensent deux grands scientifiques modernes, adeptes du matérialisme dialectique :

« Le matérialisme dialectique n’est pas, et n’a jamais été, une méthode systématique pour la solution de problèmes physiques particuliers. L’analyse dialectique nous donne plutôt une vue d’ensemble et une série de signaux qui nous avertissent contre des formes particulières de dogmatisme et d’étroitesse de la pensée. Il nous dit :

(1) « rappelez-vous que l’histoire peut laisser une marque importante » ;

(2) « rappelez-vous que l’être et le devenir sont des aspects duaux de la nature » ;

(3) « rappelez-vous que les conditions changent et que les conditions nécessaires à l’enclenchement de certains processus peuvent être détruites par le processus lui-même » ;

(4) « rappelez-vous de prêter attention aux objets réels dans l’espace et le temps et de ne pas les perdre complètement dans des abstractions idéalisées » ;

(5) « rappelez-vous que des effets de contexte qualitatifs et l’interaction peuvent être perdus quand on isole les phénomènes » ;

et par-dessus tout,

(6)« rappelez-vous que toutes les autres mises en garde ne sont que des rappels et des signaux d’avertissement dont l’application aux différentes situations du monde réel est contingente ». (Richard Levins & Richard C. Lewontin, 1985, The Dialectical Biologist, Harvard University Press, Harvard)

Une approche dialectique de l’évolutionnisme amène, par exemple, à considérer que si la pression sélective exercée par l’environnement est le facteur principal, l’évolution des espèces modifie également cet environnement, et influe donc, en retour, sur les conditions de la pression sélective.

Le matérialisme dialectique ne se substitue en rien aux lois scientifiques spécifiques qui régissent les différents domaines d’investigations scientifiques, lois qui découlent de l’étude et de la recherche spécifique à chacun de ces domaines.

Le matérialisme dialectique est d’abord une méthodologie dans l’étude des sciences, une approche épistémologique, et en fin de compte, à la fois une philosophie des sciences et une philosophie dérivée de l’étude des sciences.

Il s’oppose donc tout à fait à la méthode dogmatique qui réduit la dialectique à la contradiction interne (Mao Zedong), et prétend y voir l’essence de tout phénomène, son « être » propre, en fin de compte, ce qui nous ramènerait à une conception ontologique et en fait, entièrement idéaliste et métaphysique de la dialectique.

Les lois de la dialectique sont celles que nous établissons pour notre méthodologie dans l’étude des sciences, mais elle ne se substituent en rien aux lois scientifiques spécifiques à chaque domaine.

En tant qu’élément de la philosophie matérialiste dialectique elles ressortent donc des sciences humaines, comme l’économie et la sociologie, et aucunement des sciences exactes, comme la physique et la chimie.

Elles n’en reposent pas moins sur les données scientifiques qu’elles intègrent, tout comme l’économie et la sociologie.

Pour en revenir aux confusions qui sont entretenues, même si involontairement, dans l’ouvrage de Jimmy Dalleedoo, elles se trouvent donc au départ du livre dans son ambition à exposer la doctrine philosophique du matérialisme. Elles résident principalement dans la façon dont il tente de distinguer matérialisme dialectique et matérialisme historique, et même, sans qu’il ne tente de l’expliquer, dialectique et matérialisme dialectique. L’auteur reconnaît pratiquement n’avoir pas été suffisamment clair sur ces questions, mais n’en poursuit pas moins son propos sur ces bases confuses. Sa conception idéaliste des lois de la dialectique, pratiquement similaire à celle de Mao Zedong, ressort néanmoins très nettement dans son passage sur ce qu’il nous présente comme « la 3ème loi : L’auto dynamisme »

A l’œuf de Mao il substitue une poire et tente d’en définir le cycle dialectique, mais de manière encore plus pathétique, si possible, ce qui est une gageure, et assez réussie, malheureusement !

«  Une poire tombe du poirier et finit à terre. Au bout d’un certain temps, cette poire subira des changements, car elle pourrira et des insectes apparaîtront du fait qu’elle pourrisse. A l’intérieur de cette poire, il existe des forces en opposition qui, se rencontrant dans une contradiction naturelle, feront subir à cette poire différents changements. C’est cette contradiction qui va créer une évolution, un changement à l’intérieur de la poire et engendrera son pourrissement. L’auto dynamisme est donc un phénomène naturel qui régit le mouvement. »

L’auteur observe le pourrissement de la poire comme un phénomène « interne », alors qu’à l’évidence il n’est du qu’à des facteurs externes, cryptogamiques ( moisissures, champignons), bactériens, etc…

« …des insectes apparaîtront », précise-t-il même, comme s’il s’agissait d’une sorte de « génération spontanée », issue de la poire elle-même !

Alors que si le cycle dialectique de la poire est comparable à celui de l’œuf, c’est précisément dans le cycle de la reproduction, via le pépin et l’arbre, et qu’il tient pareillement en priorité aux facteurs externes, à savoir l’évolution génétique de la race des poiriers, et aux conditions particulières de la plantation du sujet considéré, c’est à dire le terroir, incluant nature du sol, climat, méthode de culture, etc…

Le fait que le matérialisme dialectique soit d’abord et avant tout une méthodologie d’approche épistémologique et non un substitut des sciences est attesté par les classiques du ML, en outre, et il n’appartient qu’à nous, ML du XXIème siècle, de lui redonner son sens réel, débarrassé du formalisme dogmatique et révisionniste qui a contribué à son effacement de la culture populaire depuis plusieurs décennies déjà.

 

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Lénine

Sur la question de la dialectique

« Ainsi, dans toute proposition on peut (et on doit), comme dans une « maille », une « cellule », mettre en évidence les embryons de tous les éléments de la dialectique, montrant ainsi que la dialectique est inhérente à toute la connaissance humaine en général. Quant aux sciences de la nature, elles nous montrent (et, encore une fois c’est ce qu’il faut montrer sur tout exemple le plus simple) la nature objective avec ses mêmes qualités, le changement du particulier en général, du contingent en nécessaire, les passages, les modulations, la liaison mutuelle des contraires. C’est la dialectique qui est la théorie de la connaissance (de Hegel et) du marxisme : voilà à quel « aspect » de l’affaire (ce n’est pas un « aspect », mais le fond de l’affaire) Plékhanov, pour ne rien dire d’autres marxistes, n’a pas prêté attention.  »

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/00/surlaquestion.htm

 

Staline

Le matérialisme dialectique et le matérialisme historique

« Le matérialisme dialectique est la théorie générale du Parti marxiste-léniniste. Le matérialisme dialectique est ainsi nommé parce que sa façon de considérer les phénomènes de la nature, sa méthode d’investigation et de connaissance est dialectique, et son interprétation, sa conception des phénomènes de la nature, sa théorie est matérialiste.

(…)

Contrairement à la métaphysique, la dialectique regarde la nature, non comme une accumulation accidentelle d’objets, de phénomènes détachés les uns des autres, isolés et indépendants les uns des autres, mais comme un tout uni, cohérent, où les objets les phénomènes sont liés organiquement entre eux, dépendent les uns des autres et se conditionnent réciproquement. C’est pourquoi la méthode dialectique considère qu’aucun phénomène de la nature ne peut être compris si on l’envisage isolément, en dehors des phénomènes environnants ; car n’importe quel phénomène dans n’importe quel domaine de la nature peut être converti en un  non-sens si on le considère en dehors des conditions environnantes, si on le détache des ces conditions ; au contraire, n’importe quel phénomène peut être compris et justifié, si on le considère sous l’angle de sa liaison indissoluble avec les phénomènes environnants, si on le considère tel qu’il est conditionné par les phénomènes qui l’environnent. »

http://www.communisme-bolchevisme.net/materialisme_philosophique.htm

 

Le reste de l’ouvrage de Jimmy Dalleedoo peut contenir quelques points intéressants, naturellement, mais sur cette base plus que confuse, il faut donc absolument éviter d’en faire un ouvrage de référence.

De plus, ses conceptions idéalistes le poussent nettement à reconsidérer l’action militante ouvrière sous une nouvelle forme de « syndicalisme révolutionnaire », certes pleine de bonnes intentions, mais qui ne sont guère différentes, en fin de compte, de celles de l’anarcho-syndicalisme traditionnel qui handicape déjà fortement ce qui reste du mouvement ouvrier en France.

En espérant que ce camarade évolue encore, dans le sens réel du matérialisme dialectique ! 

Amicalement,

Luniterre

 

 

 

 

La question nationale et la situation actuelle en Espagne

 

 

En résumé, la position des ML sur la question nationale et ses conséquences sur l’analyse de la situation actuelle en Espagne…

(Sur le même thème, voir également:

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/11/catalogne-espagne-jaune-et-rouge-ou-bien-rouge-ou-jaune/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/14/sur-la-catalogne-un-nouvel-echange-avec-le-camarade-do-du-site-vlr-mai-68/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/15/dommage-pour-la-catalogne-un-topo-de-son-histoire-recente/   )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La situation en Espagne

 

Par le camarade WH, sur son site « Les prolétaires de fer »

15 octobre 2017

 

La situation actuelle en Espagne mérite que l’on s’intéresse au point de vue marxiste sur la question nationale. Aussi, avant de discuter du cas de l’Espagne, est-il important de rappeler ce point de vue, que je résume ici. Il s’agit du texte de Lénine, La révolution socialiste et le droit des nations à disposer d’elles-mêmes écrit en 1916, qui doit se comprendre avec d’autres textes sur la question nationale et également L’impérialisme et la scission du socialisme écrit également en 1916. Ces textes mettent en lumière les principes et la tactique des marxistes vis à vis de la question nationale, le lien entre la lutte des classes dans la nation opprimée et dans la nation qui l’opprime.

 

– Quel est d’abord le principe du marxisme ? L’exploitation d’une classe par une autre sera résolue par le socialisme. L’exploitation d’une nation par une autre sera résolue par le droit de séparation et l’alliance libre qui permettra une fusion de toutes les nations sur la base de l’égalité en droit des nations.

 

Il y a donc deux niveaux de lutte : lutte entre exploiteurs et exploités dans chaque pays, lutte entre nation exploiteuse et nation exploitée. Il s’agit donc de savoir quel est lien entre ces luttes.

« Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme, et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation.

Du jour où tombe l’antagonisme des classes à l’intérieur de la nation, tombe également l’hostilité des nations entre elles. »

Karl Marx, Le manifeste du parti communiste, 1847


Le rôle principal est donné à la lutte des classes, c’est à dire que seul le socialisme à l’échelle mondiale peut mettre fin définitivement à l’exploitation d’une nation par une autre. L’exploitation d’une classe par une autre a tendance à entraîner l’exploitation d’une nation par une autre, tel est le point de vue du marxisme (la formation des empires s’explique par les tentatives de la classe dominante d’échapper aux contradictions sociales en pillant d’autres pays pour corrompre une partie du peuple et acheter la paix sociale). Le marxisme lie donc la question des classes à celles de l’impérialisme, et affirme qu’il ne peut y avoir d’égalité et de paix entre les nations tant qu’il existe une classe exploiteuse au sein de l’une d’entre elles.

 

Mais cela veut-il dire qu’il faut pour autant négliger les luttes de libération nationales ? Certainement pas. Nous l’avons vu, l’exploitation de classe entraîne l’exploitation de nation. Mais cette exploitation de nation entraîne en retour un effet sur la lutte de classe, un effet recherché consciemment même, par la classe dominante de la nation exploiteuse, afin d’acheter la paix sociale dans son propre pays. Car si les individus qui forment une société au sein d’une nation sont liés entre eux par des rapports de classe, les nations elles-mêmes sont liées entre elles. Aussi est-il absurde d’essayer de comprendre séparément la lutte des classes et l’impérialisme.

 

Bref, le marxisme sait que nous ne vaincrons défintivement l’impérialisme que par la victoire mondiale du socialisme, mais il reconnaît aussi le rôle des luttes de libération nationale dans ce processus. De même que d’ailleurs, le marxisme sait que nous ne vaincrons définitivement la religion, les préjugés racistes, etc. que par la victoire du socialisme, il ne fait cependant pas de la lutte contre la religion et les préjugés racistes un sujet secondaire où il faudrait être tolérant. Comprenant bien que l’exploitation d’une nation par une autre, la religion, le racisme, etc. sont certes avant tout des produits du capitalisme (des effets) mais aussi des causes, qui renforcent le joug du capitalisme. Il faut comprendre le rapport de la cause et de l’effet de façon hégélienne et non de façon mécaniste. Nous luttons donc contre l’impérialisme, non avec l’illusion de vaincre l’impérialisme sans le socialisme, mais précisément en vue du socialisme, seule solution qui vaincra défintivement l’impérialisme.


– La révolution bourgeoise dans les nations opprimées peut être un point de départ à la révolution socialiste (même si cela ne s’est jamais produit), c’était en tout cas l’un des arguments de Lénine.


– Le principe du marxisme est le centralisme démocratique et la fusion des nations, mais l’autodétérmination des nations opprimées et le fédéralisme est préférable à l’inégalité nationale et mène aussi au centralisme démocratique. Ainsi Lénine reprend l’exemple de l’Irlande et de l’Angleterre où Marx prônait une séparation pour pouvoir retourner à l’unité ensuite, sur une base où les deux parties sont égales en droit.


– A l’époque de l’impérialisme, l’internationalisme prend une forme nouvelle : le prolétariat de la nation oppressive doit lutter pour le droit des nations opprimées à disposer d’elles-mêmes, sans quoi « ni la confiance, ni la solidarité de classe entre les ouvriers de la nation opprimée et de celle qui opprime ne sont possibles » (Lénine). Le prolétariat de la nation opprimée doit quant à lui avoir une politique indépendante de sa bourgeoisie, même dans la période où le prolétariat est allié avec la bourgeoisie (révolution bourgeoise, et guerres défensives contre l’impérialisme). Ces deux conditions permettent l’unité entre le prolétariat de la nation oppimée et celui de la nation qui l’opprime.

 

– Les revendications démocratiques bourgeoises en général, et celles des nations opprimées en particulier, ne sont pas un absolu, elles être doivent subordonnées à la révolution prolétarienne. C’est à dire que le prolétariat ne doit pas soutenir ces revendications pour elles-mêmes mais comme un moyen possible de réaliser la révolution socialiste contre la bourgeoisie. C’est là que le marxisme et le maoisme divergent notamment, les maoistes ayant une idéologie de révolution bourgeoise, et transforment cette alliance tactique et temporaire (des communistes et de certaines luttes de libérations nationales) en une alliance absolue, éternelle, qui n’est qu’une trahison du socialisme (comme le fut intégralement le « socialisme » en Chine).

 

Ce que les marxistes soutiennent par tactique et dans des contextes précis, les maoistes le tiennent en principe, c’est leur principe bourgeois de « démocratie nouvelle » (« démocratie » bourgeoise) qui nie au prolétariat le droit à sa révolution, comme d’ailleurs tous les opportunistes, mencheviques et réformistes. Il est très facile de rajouter des intentions prolétariennes à une pratique bourgeoise. Il est très facile de rajouter les mots « prolétariens » et « socialistes » et de jurer que c’est bien là l’objectif final, mais l’expérience chinoise du siècle dernier nous permet d’en douter.

 

Le soutien de certains pays impérialistes à certains processus d’autodétermination ne peut pas servir de prétexte à refuser le droit des nations opprimées à disposer d’elles-mêmes.


– « Un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre », cette phrase de Marx est particulièrement vraie à l’époque de l’impérialisme où la domination du capital financier crée dans les nations exploiteuses un « prolétariat bourgeois » (selon les mots d’Engels), une classe moyenne que la bourgeoisie impérialiste entretient grâce aux surprofits extorqués sur le dos des nations exploitées. La lutte contre l’impérialisme est une phrase creuse sans lutter contre l’opportunisme et le réformisme, qui y est lié. Les luttes économiques dans la nation exploiteuse tendent vers le social-chauvinisme et le social-impérialisme.

 

Là encore, on peut mettre les opportunistes actuels face à leurs propres contradictions. Comment prétendre lutter contre l’impérialisme tout en soutenant chez nous l’opportunisme des « acquis sociaux », financés précisément par le pillage impérialiste.

 

« Les gens les plus dangereux à cet égard sont ceux qui ne veulent pas comprendre que, si elle n’est pas indissolublement liée à la lutte contre l’opportunisme, la lutte contre l’impérialisme est une phrase creuse et mensongère. »

Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916

Lénine distingue trois types d’oppression nationale en 1916 : des nations opprimées au sein même des pays d’europe occidentale et aux états unis où les révolutions bourgeoises ont déjà eu lieu, pour ceux-là, il faut une séparation politique puis une fédération sur la base d’une alliance libre pour servir de base à une unité nouvelle ;
les pays d’Europe centrale et de l’est (empires austro-hongrois et russes), où les révolutions bourgeoises n’ont pas encore eu lieu, dans ces pays, il faut être pour le droit des nations à disposer d’elles-mêmes et prendre en compte la difficulté de fusionner les luttes des prolétariat de la nation opprimée et de la nation qui l’opprime ;
les pays semi-coloniaux (Perse, Turquie, Chine), dans ces pays le prolétariat doit soutenir le droit des nations à disposer d’elles-mêmes et la révolution bourgeoise et la guerre contre l’impérialisme.

 


– Lénine montre le lien entre le social-chauvinisme chez les opportunistes de la nation oppressive et le refus du droit des nations opprimées à disposer d’elles-mêmes. Ce lien s’est montré pendant la guerre impérialiste de 1914-1916 (Lénine écrit en 1916). Le droit des nations à disposer d’elles-mêmes à été utilisé à tort pour justifier les soit disant guerres défensives en 1914. Il faut considérer chaque conflit national dans son contexte particulier. Le droit des nations à disposer d’elles-mêmes n’est pas un principe général mais un mot d’ordre qui concerne les nations opprimées par une autre. Autrement, ce n’est qu’un principe de droit bourgeois prétenduement « au-dessus » des antagonismes.

 


– Le droit des nations opprimées à disposer d’elles-mêmes a un rôle comme mot d’ordre dans la nation oppressive : séparer les marxistes et les opportunistes (qui refusent la révolution prolétarienne et se limitent aux revendications démocratiques bourgeoises).

 


Nous pouvons maintenant analyser la situation en Espagne en prenant en compte tout ce qui vient d’être dit sur le droit des nations à disposer d’elles-mêmes.

 

Historiquement, la Catalogne est l’une des différentes nations qui constitue l’Espagne, avec des relations conflictuelles qui remontent à la loin. Contrairement à la France, l’Espagne n’a connu l’industrialisation que tardivement. Ainsi, la centralisation économique, base de toute intégration nationale (au niveau politique) ne s’y est pas réalisée complètement. En France, la centralisation a commencé avec Hugues Capet, qui a commencé à discipliner la féodalité, les rois de France ont progressivement construit le système qui s’est appelé plus tard la monarchie absolue, dont l’apogée se situe à l’époque du règne Louis XIV, et qui a permis ensuite le poursuite de cette centralisation par la révolution française, et en particulier par les jacobins, puis par l’empire et la république. La France a imposé une culture et une langue unique, au détriment de la langue d’oc et du breton par exemple, et cela n’a été possible que parce que la bourgeoisie française s’est développée de façon importante sur le plan économique tout au long de son histoire. C’est ce développement économique qui a permis l’émergence des routes, des cartes, des réseaux de poste, qui ont facilité la centralisation.

 

L’Espagne n’a pas connu un développement capitaliste aussi important parce qu’elle s’est contentée de s’enrichir par le commerce de l’or à partir de la découverte de l’Amérique et le pillage des colonies. Au lieu d’être réalisé par la bourgeoisie, ce processus s’est fait autour de la noblesse et de l’Eglise, qui conservait l’or ou bâtissait des cathédrales, là où la bourgeoisie anglaise par exemple, utilisait cette accumulation primitive pour investir dans l’industrie.

 

Au lieu d’avoir une bourgeoisie espagnole s’imposant et centralisant le pays sur le plan économique, linguistique et culturel, il s’est développé à des échelles plus petites diverses bourgeoisies, avec diverses langues et cultures. C’est ce qui explique que l’intégration nationale espagnole ne soit pas achevée. Lorsque la bourgeoisie espagnole a commencé à émerger, elle avait alors à faire face à des petites nations déjà solidement constituées, et donc plus difficiles à intégrer (tout comme la Russie, de façon encore plus importante avec l’Ukraine, les pays du Caucase, etc.).

 

Les trois langues de la Catalogne sont le catalan, devenu langue administrative, juridique et littéraire à partir du XIIème siècle, l’occitan et l’espagnol.

 

Aujourd’hui, la Catalogne est une région dont l’économie est basée sur l’agriculture à 2,8%, notamment la production de viande et de vin. L’industrie représente 37,2% du PIB catalan et les services 60%. Par comparaison, le PIB espagnol est moins basé sur l’industrie (29%) et davantage sur les services (67%). 19% des voitures produites en Espagne sont produites en Catalogne.

 

Avec ses 18 millions de visiteurs en 2016, la Catalogne est la première destination touristique de l’Espagne, en particulier Barcelone, le littoral et les stations et de ski dans les pyréennées. Cela explique le prix élevé des logements. Le prix moyen du mètre carré y est de 3700€, juste derrière Madrid (3397€). Certains économistes considèrent que l’immobilier espagnol est dans une bulle (c’est à dire que le prix augmente par la spéculation immobilière et peut s’effondrer, provoquant des dégâts financiers majeurs).

 

Le taux de chômage officiel de la Catalogne était de 17,5% en 2016, contre 20% dans toute l’Espagne. Avec ses 7 millions et demi d’habitants (dont un peu plus de 14% d’immigrés), la Catalogne représente environ 16,15% de la population espagnole (qui comptait au total 46,56 millions d’habitants en 2016). Le chômage de l’Espagne, Catalogne exclue, est donc probablement autour des 20,5%. Barcelone représente à elle seule 1,6 millions d’habitants, soit 21% de la population catalane.

La population catalane est assez semblable au reste de l’Espagne en terme d’âge et d’espérance de vie.

Les exportations de la Catalogne ont été multiplié par 3,5 en 20 ans. Sur 255 milliards d’euros, la Catalogne constitue 63,8 milliards d’euros d’exportations. Environ 30% des exportations espagnoles sont faites depuis la Catalogne et la région affichait en 2016 un excédent commercial de 27 milliards d’euros. La catalogne exporte 70% de sa production en Espagne.

 

Le secteur bancaire espagnol, qui est en grande difficulté depuis la crise économique de 2008, a récemment été affecté par la vente pour 1€ de la Banco Popular (6ème banque du pays) à la Banco Santander. Le secteur bancaire espagnol est très développé en Catalogne. C’est en effet en Catalogne que se trouve La Caixa, première caisse d’épargne d’Europe, et la Banc Sabadell, quatrième banque privée espagnole.

 

La Bourse de Barcelone est la deuxième bourse d’Espagne après celle de Madrid. La Catalogne reçoit 56% des investissements étrangers dans les fonds dédiés aux start-up.

 

En 2012, le président de la Catalogne, Artur Mas, envisageait un défaut de paiement de la dette catalane, tant celle-ci est élevée (41 milliards d’euro en 2012). Aujourd’hui, la dette de la Catalogne atteint un montant de 75,4 milliards d’euro, ce qui en fait la troisième région la plus endettée d’Espagne.

 

L’union europenne, qui dans ses textes se déclare opposée à toute secession régionale, participe néanmoins au renforcement économique, culturel et linguistique des régions dans le cadre du projet fédéraliste européen, dont l’Allemagne se sert pour contourner les nations déjà constituées, en espérant avoir dans le rapport de force européen, des interlocuteurs de moindre envergure.

 

Les vielles nations impérialistes du contient européen, fragilisées par 10 années de crise économique, deviennent des entités plus faciles à déstabiliser dans leur intégrité politique et territoriale. Tous les pays de l’union européenne, y compris l’Allemagne, ont une dette publique et privée très importante, un chômage réel qui n’a cessé d’augmenter. Tandis que l’Europe s’effondre, l’union européenne, dont la nation dominante est aujoud’hui l’Allemagne, tente de profiter de cette situation pour redessiner la carte à son avantage.

 

La Catalogne est donc une région développée économiquement, en relation avec l’économie espagnole et le capital financier international ; elle est en même temps une nation qui possède une identité culturelle et linguistique différente de celle l’Espagne.

 

On observe des points communs dans d’autres régions en Europe : Bretagne, Corse, Occitanie, Ecosse, nord de l’Italie et d’autres. Des régions qui pour des raisons économiques, voient les nations existantes comme un poids. Dans un contexte de crise économique mondiale, l’économie, socle de l’intégration nationale passée, ne croit plus suffisament. D’un autre côté, la question culturelle et linguistique sert de front pour faire reculer l’intégration nationale existante, le tout, aidé par des intérêts de certaines puissances impérialistes.

 

Y a-t-il une oppression nationale de l’Espagne sur la Catalogne ? Sur le plan économique, c’est faux. La Catalogne se développe depuis des années grâce à la dette de l’état espagnol. En effet, en tant que région au statut d’autonomie relatif, la Catalogne pourrait emprunter directement sur les marchés financiers, mais à quel prix ? Certainement pas le même que celui d’un état comme l’Espagne, qui, même s’il est tout autant en faillite, est suffisament stable pour payer sa dette grâce aux impôts. Sur le plan des impôts, le différentiel est peu important, il est surtout du au fait que les impôts sont payés par les villes alors que l’Espagne a connu un certain retard dans le développement urbain.

 

Sur le plan culturel et lingustique, là encore, le catalan est enseigné dans les écoles et couramment utilisé, il n’y a pas de répression culturelle. La Catalogne bénéficie d’une large autonomie sur ce plan. Bref, sur quoi repose donc les renvendications des indépendantistes catalans ? Etre indépendant de Madrid pour être dépendant directement de Bruxelles ?

 

La réalité est qu’une partie de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie catalane suit son intérêt, c’est à dire est persuadée de payer pour les « faignants » du reste de l’Espagne. Et en effet, pas besoin de l’Espagne pour le tourisme, ni pour exporter du vin en dehors de l’Espagne. Une autre partie de la bourgeoisie catalane vit du commerce avec l’Espagne, et d’ailleurs les grandes sociétés n’ont aucun problème avec les impôts. Le mouvement indépendantiste est donc un mouvement bourgeois et petit bourgeois, qui s’oppose à la bourgeoisie madrilène et à une partie de la bourgeoisie catalane. Du côté de Madrid, le pays est resté sans gouvernement pendant presque un an en 2016. Le gouvernement actuel fait face (en dépit des mensonges de « reprise » économique), à une véritable montée de la pauvreté, du « populisme », et voit donc le nationalisme comme une parfaite diversion dans laquelle il pourra détourner le peuple des véritables problèmes. De chaque côté, la bourgeoisie tente de mobiliser le prolétariat derrière la question nationale, ce qui est un succès moyen.

 

Par sa propre force interne, la Catalogne ne peut pas avoir son indépendance sans le soutien du prolétariat, car la bourgeoisie catalane est elle-même divisée. La question d’entraîner le prolétariat dans cette lutte est, pour la bourgeoisie des deux côtés, une nécessité absolue. Car la bourgeoisie catalne, divisée, ne peut à elle seule remporter son indépendance et la bourgeoisie madrilène utilise le nationalisme catalan pour faire resurgir un nationalisme espagnol, entraînant ainsi dans un conflit national sans issue où l’arme du chauvinisme est le chiffon rouge dont le toréador se sert pour diviser le prolétariat espagnol.

 

Dans cette situation, il est absurde de qualifier le processus d’indépendance actuel comme une lutte de libération nationale. En tant que mouvement populaire, il pourrait servir de base à un mouvement révolutionnaire socialiste si les communistes espagnols et catalans travaillaient à l’unité du prolétariat. Le problème, c’est que comme la Catalogne n’a rien d’une nation opprimée par l’Espagne, cette lutte de « libération » est totalement artificielle et le prolétariat espagnol ne comprend pas pourquoi la Catalogne veut se séparer du reste du pays, ce qui ouvre la porte au chauvinisme de part et d’autre.

 

Les marxistes sont de véritables internationalistes, ils reconnaissent le droit des nations opprimées à disposer d’elles-mêmes, et travaillent à l’unité du prolétariat de tous les pays, à l’indépendance du prolétariat de la politique de toute bourgeoisie, y compris lorsqu’il faut la soutenir tactiquement. Les marxistes mettent en avant non pas la culture nationale de la nation opprimée, mais la culture internationale du prolétariat, qui prend dans chaque culture nationale les aspects démocratiques socialistes.

 

Dans le cas présent, l’indépendance de la Catalogne tourne à la surenchère nationaliste, au moment où la crise économique s’aggrave et où c’est la question du renversement du capitalisme et de la « démocratie » bourgeoise qui est à l’ordre du jour.

« Est-ce que la reconnaissance du droit à l’autodétermination des nations exige vraiment le soutien de n’importe quelle revendication d’autodétermination émanant de n’importe quelle nation? La reconnaissance du droit pour tous les citoyens d’organiser des associations libres ne nous oblige nullement, nous, social-démocrates, à soutenir la formation de n’importe quelle association nouvelle, elle ne nous empêche nullement de nous prononcer et de faire de la propagande contre l’idée de former telle ou telle nouvelle association, si l’idée en est inopportune et déraisonnable. »

(Lénine, LA QUESTION NATIONALE DANS NOTRE PROGRAMME, 1903)

Source:

http://www.proletaire.altervista.org/recherche%20marxisme/actualite.php

Centenaire d’Octobre: …vers un sursaut unitaire ??

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Centenaire d’Octobre:

 

 …vers un sursaut unitaire

 

du Mouvement ML

 

en France?

 

 

 

En préambule d’un de nos articles sur le centenaire d’Octobre et l’histoire de l’URSS, nous écrivions :

« Un siècle après Octobre, et à la veille de son centenaire, il semble impossible, même pour les communistes marxistes-léninistes, de le célébrer avec un minimum de consensus, sinon d’unité, sur sa signification et surtout, sur ses conséquences…

Le fait qu’Octobre ait ouvert une période de transformations sociales radicales en Russie et dans les pays qui allaient devenir l’Union Soviétique, c’est le seul point qui permette à tous ceux qui se réclament du communisme de pouvoir, à la rigueur, être d’accord avec la première phrase d’un texte sur le sujet, et encore, à condition de ne pas s’éloigner de considérations très générales…  »

 

Or il se trouve que les camarades d’un autre blog ML lyonnais, « Unité Communiste-Lyon », ont entrepris précisément une initiative qui semble répondre exactement à cette considération…

 

Proposer un communiqué unitaire s’en tenant à des considérations d’ordre le plus général possible sur le sujet « Centenaire d’Octobre » et avec lesquelles il est par conséquent à peu près impossible d’être en désaccord, à moins d’être sectaire au dernier degré dans l’échelle de la bêtise… !

 

Un autre blog, «Éditions Prolétariennes », en quelque sorte héritier et dépositaire des traces les plus anciennes du mouvement ML français depuis la fin des années 60, a également décidé d’apporter son soutien à cette initiative.

 

Pour qui connait aussi bien l’histoire du mouvement ML lyonnais ces dernières années, que l’histoire, plus ancienne, du courant principal dont les « Éditions Prolétariennes » sont en quelque sorte la succession, il n’est pas difficile de comprendre l’abime qui sépare nos analyses, aussi bien d’un côté que de l’autre…

 

Néanmoins, sur TML, nous apportons également notre soutien à cette initiative, dont les auteurs admettent eux-même qu’elle peut avoir un aspect presque naïf, à l’évidence, dans le contexte actuel.

 

Elle a plutôt, à notre sens, un aspect carrément idéaliste, dans tous les sens du terme, y compris d’un point de vue critique marxiste, mais il se trouve qu’elle correspond malgré tout à ce que le mouvement ML français est actuellement capable de produire de meilleur, le reste étant essentiellement l’expression du sectarisme, du dogmatisme, et encore plus souvent, de l’opportunisme social-chauvin, sinon une combinaison plus ou moins alambiquée de ces diverses tares… !

 

VOICI DONC , EN L’ÉTAT ACTUEL, LE PROJET DE COMMUNIQUÉ PROPOSÉ PAR CES CAMARADES…

(A la suite les liens vers les sites parties prenantes, ainsi qu’un récapitulatif des principaux articles parus sur TML, concernant le centenaire d’Octobre et l’histoire de l’URSS.)

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La révolution prolétarienne est toujours le phare qui éclaire le monde !

La révolution prolétarienne d’octobre fête son premier centenaire. Elle fut plus qu’une lueur d’espoir pour tous les exploitées et toutes les exploités, pour les opprimées et les opprimés. Elle fut un phare immense, embrasant la nuit obscure.

En pleine grande guerre impérialiste, tandis que les prolétaires étaient sacrifiés par millions pour le repartage du monde au profit de grands trusts, elle fut l’incarnation du rejet de la guerre et de la volonté de paix.

En plein enfer colonial, elle apporta un espoir à tous les peuples souffrant sous le joug des impérialistes. Un espoir de pouvoir s’émanciper et se réaliser en tant que nation. Un espoir de chasser les occupants et les bourreaux. Au sein de cette prison des peuples qu’était l’Empire Russe, elle apporta un vent de liberté.

Au cœur d’une Europe pouilleuse et miséreuse, elle fut pour les prolétaires, pour les paysans et les paysannes une illustration du fait que les patrons et les patronnes, les créanciers, les créancières, les banquiers et banquières, en somme les parasites qui vivent de la sueur des autres n’étaient pas nécessaires. Qu’il était possible de gouverner sans eux. Qu’il était nécessaire de gouverner contre eux.

Dans les sociétés réactionnaires, traditionalistes, patriarcales, cette révolution fut également le point de départ d’avancées majeures, d’une possibilité d’émancipation, par delà des sexes, des genres, des préférences.

Octobre 1917 était tout cela. Elle était plus que «  la terre, le pain, la paix  », elle était l’incarnation des masses montant à l’assaut du ciel, sous la direction du Parti Bolchevik.

  Octobre 1917 était le point de bascule entre une société où la recherche du profit dicte sa loi et une où la satisfaction des besoins devient l’objectif. Une société rationnelle, juste, équitable, sans les pillages, sans les gâchis, sans l’anéantissement de la planète qui sont inhérents au capitalisme.

Voilà ce qu’était Octobre 1917.

Les «  historiens  » bourgeois voudraient remiser ces espoirs aux oubliettes. Peindre de sang la libération des masses. Tronquer et escamoter les faits. Mentir et inventer. Créer une fiction dans laquelle la Révolution était le coup d’Etat d’une clique, d’une bande de criminels. Voilà ce que la bourgeoisie voudrait.

Elle ne lésine pas sur les moyens. D’une part en attaquant le socialisme, en attaquant le communisme, en attaquant les fondements d’une société juste, sans états ni classe, en clamant que l’exploitation est la mère de toute vie.

De lautre en se faisant les porte-paroles dune ultragauche anticommuniste, prétendant que les révolutionnaires n’étaient pas assez purs, pas assez désintéressés, que la révolution est belle, sur le papier.

Elle ment sans honte dans les médias, dans les publications «  scientifiques  », dans les productions hollywoodiennes, dans ses romans. Elle ment dans les programmes scolaires, essayant de faire de la République des Soviet un symétrique du Reich nazi.

Dun côté comme de l’autre, leur idée est de faire de ce centenaire gênant une œuvre de musée des horreurs, ou de la minimiser, de la neutraliser, de l’aseptiser, d’en faire un fétiche du passé. Certains prétendus communistes vont certainement contribuer à cela. Ils n’acceptent qu’en façade l’idée révolutionnaire, font mine de le défendre, mais en sapent sans cesse les bases.

Nous ne les laisserons pas brader cet héritage ! Soyons unis autour de la défense de ce sommet de l’Histoire et de la lutte des classes.

Nous avons, entre nous, des désaccords, des controverses, des conflits, des dissensions -souvent, des haines -parfois. Nous sommes une multitude d’organisations et une multitude de points de vues.

Mais, aujourdhui, nous parlons dune seule voix, car sur ce point, nous sommes unanimes.

Nous parlons dune seule voix pour nous hisser à la hauteur de l’enjeu, à la hauteur de l’importance de cette célébration.

Nous parlons dune seule voix car, quelque soient nos désaccords, nous nous retrouvons sur une chose : La révolution prolétarienne n’est pas le passé. Elle est l’avenir de l’humanité.

Elle est lavenir, contre les menaces de guerre, contre le bellicisme, contre la volonté de lancer de nouveau les masses les unes contre les autres pour les profits d’une clique.

Elle est lavenir, contre lexploitation capitaliste, contre la misère qui s’accroît, contre la privation des biens les plus fondamentaux.

Elle est lavenir, contre la domination impérialiste -et de notre impérialisme, contre l’écrasement des peuples, contre la surexploitation colonialiste, contre la marche à la mort pour les profits.

Elle est lavenir, contre le carcan rétrograde et réactionnaire qui emprisonne l’ensemble de la population.

Elle est la condition pour que lhumanité de s’asphyxie pas, qu’elle continue à avancer sans faire de la Terre une poubelle toxique ou un champ de ruines.

Elle est la condition pour que lhumanité quitte cette ère d’obscurité . Pour que débute une Histoire dont le fil directeur n’est plus la succession des guerres, des crimes. Dont le moteur n’est plus la lutte pour la survie, contre l’oppression et l’exploitation. La révolution ouvre une aube nouvelle pour l’humanité, une nouvelle séquence dans son histoire. Nous sommes à l’orée de celle-ci.

La Révolution a une portée universelle, qui embrasse chaque partie de la planète. Partout dans le monde, partout sur la Terre, le prolétariat est la classe qui doit diriger, la seule classe à même de mettre fin à l’exploitation. La seule capable de mettre fin à la division en classes de la société, contre la division du monde en groupes hostiles et aux intérêts antagoniques.

Nous avons besoin dun Parti Communiste révolutionnaire pour former l’Etat-major de cette classe, pour aller vers la révolution.

Aujourdhui, nous ne formons quune seule voix, quune seule ligne, quun seul camp : celui de la révolution. Celui de la destruction du capitalisme et de l’impérialisme.

Dans dautres Etats, les communistes avancent sur le chemin de la révolution, sur le chemin de l’exercice d’un pouvoir populaire et démocratique. Nous les saluons et nous prenons exemple sur leur combat !

Aujourdhui, nous clamons que notre héritage, celui de 1917, n’est pas un héritage de musée, mais est une arme, un outil, pour construire l’avenir !

Le phare de 1917 nest pas mort. Il renaîtra et éclairera de nouveau le monde !

Le communisme est la jeunesse du monde !

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SUR L’UNITÉ COMMUNISTE-LYON :

https://unitecommuniste.fr/france/appel-a-un-communique-commun-des-organisations-communistes-pour-le-100-eme-anniversaire-de-la-revolution-doctobre/

 

AUX EDITIONS PROLETARIENNES :

http://humaniterouge.alloforum.com/100e-anniversaire-parler-seule-voix-t6666-1.html

 

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NOTRE APPROCHE HISTORIQUE DU SUJET :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/01/1917-2017-octobre-est-la-et-si-le-bolchevisme-etait-encore-une-idee-neuve/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/18/doctobre-a-la-chute-de-lurss-problematique-du-rapport-de-force-et-de-la-superstructure/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/14/un-siecle-apres-la-revolution-doctobre-1917-comprendre-lhistoire-de-lurss/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/15/de-juillet-a-octobre-ou-comment-la-petite-bourgeoisie-voit-les-revolutions/

 

 

DOMMAGE POUR LA CATALOGNE… Un topo de son histoire récente

DOMMAGE POUR LA CATALOGNE

Encore les racines et toujours pas de cerveau.

Barcelone n’est plus ce qu’elle fût. La glorieuse capitale de l’anarchisme ibérique s’est transformée en une mégapole traversée par toutes les modes ; celles du fric, mais aussi celle du fanatisme et du sentiment identitaire. En conséquence, c’est l’ennemi historique de l’anarchisme, le nationalisme, catalan, avec ses affairistes et ses politiciens, qui tiennent le haut du pavé et domine les esprits. Les événements de cet été, qui se sont succédé dans et autour de la capitale régionale, ont tour à tour mis en scène les uns et les autres.

Il y a d’abord eu cette attaque contre un bus de touristes par quatre individus cagoulés se réclamant du mouvement « Arran ». Heureusement, cette action particulièrement stupide n’a fait aucune victime. Selon son porte-parole, son but était purement médiatique. Nous savons que, de nos jours, le ridicule ne tue pas mais qu’il est un moyen de faire du bruit virtuel. Comment dit-on « buzz » en catalan ? En tout cas, « Arran » se traduit par racines. Rien d’original là-dedans car, dans notre monde moderne, la métaphore écolo-politicienne fonctionne à pleins tubes ; les racistes parlent de souche et les gauchistes auraient des racines. La spéculation immobilière fait flamber les loyers et ceux qui raisonnent avec leurs pieds (de vigne ?) attaquent des touristes, à chacun ses bouc-émissaires.

En politique, la tragédie n’est souvent pas loin de la farce. Quelques jours après cet incident sans gravité, mais intellectuellement pénible à supporter, les islamistes ont également choisi la cible touristique pour sévir. Le massacre du 17 août 2017, sur les Ramblas de Barcelone, et l’attaque de la plage de Cambrils ont mis en avant un autre pur produit du chauvinisme local que sont les « mossos de esquadra », la police catalane. Rappelons que, suite au mouvement dit des indignés qui l’étaient suffisamment à Barcelone pour obliger le « govern » (en dialecte catalan, on le dit comme ça pour dire gouvernement) à s’enfuir en hélicoptère en 2011, le pouvoir a édicté une série de lois répressives contre les contestataires qui l’avaient placé en si mauvaise posture. Ces lois ont permis aux politiciens catalans d’étancher leur rancune et aux célèbres « mossos » de s’illustrer dans une répression arbitraire qui connut son apogée avec deux séries d’opérations nommées « Pandora » et « Piñata » (voir encadré). Ces opérations furent du type de celles que tout État sait mener contre ses ennemis, un grand spectacle « sons et lumières », celui d’une foule de policiers sur-équipés et sur-armés s’agitant au son d’accusations mensongères : Les cibles étaient éloquentes, l’Athénée Anarchiste de Poble Sec, l’Athénée Libertaire de Sant Andreu, ainsi la maison occupée « Kasa de la Muntanya » …

Depuis 2015, vingt personnes poursuivies comme appartenant à la mouvance anarchiste [1] ont arbitrairement été placées sous les verrous … Et, tout cela s’est terminé sur deux jugements rendus en 2016 et 2017 par le haut tribunal espagnol, lequel a, à chaque fois, désavoué et annulé ces deux opérations en dénonçant l’action abusive du « govern » catalan. Dépités et s’essuyant la bave qui leur coulait des lèvres, flics et politiciens catalans ont dû relâcher leurs proies.

La sardane des menteurs.

Tout comme le dit un dicton, on ne peut pas courir deux lièvres à la fois, et les fameux « mossos de esquadra », trop occupés à persécuter des innocents, ont négligé des religieux criminels. Ce 17 août 2017, la camionnette meurtrière des Ramblas a donc pu courir comme elle l’a voulu et écraser de paisibles touristes dont un enfant de 7 ans. Aussitôt, les « mossos » se sont plaints que eux, pauvres petits policiers, étaient sans moyens (sauf visiblement contre les Anarchistes) et qu’ils avaient été mis à l’écart des renseignements détenus par les méchants flics espagnols. A leur suite, le chef du « govern » est monté au créneau pour déclarer, le 29 Août, qu’une police catalane ne suffisait pas et que « une armée catalane était indispensable » (pour mieux défoncer les portes des athénées libertaires qui leur font si peur ?). Ces mensonges d’État (pardon de govern) n’ont tenu que quelques jours car la presse a révélé que, l’an dernier déjà, la police belge avait pris directement contact avec un officier des « mossos de esquadra » pour lui signaler la dangerosité de l’iman de Ripoll et, en mai 2017, c’est la CIA qui avait informé les « mossos » du risque d’attentat qui planait sur les Ramblas. Les « mossos » et les politiciens catalans ont commencé par menacer les journalistes puis ont décidé de mentir, les yeux dans les yeux, que jamais de la vie, au grand jamais, ils n’avaient eu ces renseignements. Ce n’est que, une fois, placés devant l’évidence des preuves qu’ils ont piteusement fini par avouer qu’ils avaient sciemment menti.

Pour clore cette ronde, les nationalistes catalans se sont mobilisés pour transformer la marche du 26 août 2017, marche qui se déroulait en hommage aux victimes des attentats, en une démonstration de chauvinisme ; et cela, au mépris des victimes. Des drapeaux, des centaines de drapeaux catalans, étaient déployés en tête de cortège, sans aucun rapport avec les victimes des attentats. Il y était dénoncé, tenez-vous bien, l’islamophobie et, cela, tout en suscitant et en stimulant l’hispanophobie. Pour les catalanistes qui venaient d’être pris la main dans le sac, ou mieux, dans leur boîte à manipulations, cette récupération était primordiale pour relancer le processus sécessionniste dont le nouveau point culminant devait être le référendum du 01° octobre 2017 sur le thème du « pour ou contre » l’indépendance d’une mystification nommée « peuple catalan ».

[1http://www.elmundo.es/cataluna/2017/05/30/592db9b146163fd34e8b462b.html article intitulé « Críticas a los Mossos en el final del ’caso Pandora’ »

Source :

http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article883

NDLR: il semble que « Arran » soit l’un des deux groupuscules d’origine maoïste opérant au sein de la « CUP », l’alliance d' »extrême-gauche » Kollabo (… « Kollabobo »??) cautionnant la politique antisociale de Puigdemont et de sa « Generalitat » indépendantiste. Une faillite de plus pour le maoïsme…

C’est l’occasion de rappeler encore les tribulations du MRPP portugais, dans les années 70, parti maoïste manipulé par la CIA, qui en a exporté le « fleuron » Juan Manuel Barroso jusque dans les plus hautes sphères de la politique européenne, avant de le recaser directement dans la finance US de haut vol, dans tous les sens du terme…

Dans les deux cas une « faillite » politique très intéressée, en réalité!

 

SUR LE MÊME THÈME, MAIS EN CATALAN, A DÉCOUVRIR SUR LE NET:

 

 

Sur la Catalogne, un nouvel échange avec le camarade Do, du site VLR – Mai 68 !!

Catalogne – Espagne :

jaune et rouge

ou bien

Rouge OU Jaune ???

 

 

 

 

 

Un plaidoyer pour l’indépendance catalane, par le camarade Do, sur son site VLR – Mai 68, et notre réponse…

Un échange qui fait suite à la publication de notre « revue de presse » sur le sujet, et au débat qu’y s’en est également suivi…

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/11/catalogne-espagne-jaune-et-rouge-ou-bien-rouge-ou-jaune/#comments

 

L’article du camarade Do:

L’indépendance de la Catalogne profitera au prolétariat en général et catalan en particulier

Bonjour à toutes et à tous,

Au-delà du sentimentalisme et du particularisme culturel, Il existe diverses raisons pour lesquelles l’indépendance de la Catalogne sera profitable au prolétariat en général et catalan en particulier.

En effet, l’impérialisme espagnol exploite la bourgeoisie catalane ; et donc, celle-ci, pour compenser, est obligée d’exploiter encore plus le prolétariat catalan. Par conséquent, l’indépendance de la Catalogne permettra mécaniquement au prolétariat catalan d’être moins exploité.

De plus, l’indépendance de la Catalogne ne se fera pas sans une très grande mobilisation du prolétariat catalan. Celui-ci en profitera pour avancer ses pions et obtenir divers avantages, comme l’avait fait le prolétariat Français grâce à la résistance lors de la deuxième guerre mondiale (acquis du CNR – Conseil National de la Résistance).

Une révolution est beaucoup plus facile à faire dans un petit pays que dans un grand (« Small is beautiful »). La Catalogne sera un tout petit pays et pourra plus facilement nous faire une belle révolution qui servira ensuite d’exemple au monde entier, surtout avec son passé anarchiste antifranquiste.

Le grand capital ne s’y trompe pas et fait tout ce qu’il peut pour faire plier la volonté d’indépendance de la Catalogne.

À BAS LA MONARCHIE ESPAGNOLE !

VIVE LA RÉPUBLIQUE CATALANE !

Bien à vous,
do
14 octobre 2017
http://mai68.org

http://mai68.org/spip2/spip.php?article811

 

 

NOTRE RÉPONSE:

Bonjour, camarade !

 

Sans mettre aucunement en doute ta sincérité, plusieurs failles dans ton raisonnement, dont la plus grosse, pour ne pas dire « énorme », avec tout le respect que je te dois, est celle-ci :

 

« De plus, l’indépendance de la Catalogne ne se fera pas sans une très grande mobilisation du prolétariat catalan. Celui-ci en profitera pour avancer ses pions et obtenir divers avantages, comme l’avait fait le prolétariat Français grâce à la résistance lors de la deuxième guerre mondiale ( acquis du CNR  – Conseil National de la Résistance). »

 

En effet, tu parles également d’« impérialisme espagnol », qui exploiterait la nation catalane… Un peu dans le rapport Allemagne nazie/France « gaulliste » résistante…

 

Mais précisément, ta comparaison avec le CNR ne tient pas…

 

A la veille de la guerre, la France était une puissance impérialiste de tout premier plan, avec des possessions coloniales immenses, et qui n’avait que l’Angleterre comme rivale comparable, sur ce plan…

 

Ces possessions coloniales sont une des rares choses qu’elle a pu récupérer assez vite, contre l’Allemagne, et le Deal du CNR, tel que ficelé avec les dirigeants du PCF en 1943, bradait complètement l’autonomie de la résistance ouvrière et l’indépendance des maquis au profit de la reconstitution rapide de cet empire…

 

Moyennant quoi le massacre des patriotes algériens a pu commencer dès le 8 Mai 1945, en toute impunité et sans que la « gauche résistante » française ne lève même le petit doigt… !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/05/12/sous-legide-du-cnr-massacre-en-algerie-des-le-8-mai-1945

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/03/le-mythe-du-nouveau-cnr-vieux-serpent-de-mer-du-social-chauvinisme

Il est clair que, outre la capitulation des maquis, cette reconstitution, avec son cortège de misères et d’assassinats, était le prix à payer pour les « avantages sociaux » concédés par la bourgeoisie française à la bureaucratie collabo-révisionniste montante du PCF (Thorez-Duclos-Frachon et Cie…).

 

Non seulement ils en étaient le prix, mais ils en étaient d’abord la base économique sans laquelle ces « concessions » eussent été impossibles…

 

Hors, précisément, la bourgeoisie espagnole n’a plus les moyens de faire de telles concessions, et la bourgeoisie catalane n’est qu’une fraction de l’impérialisme espagnol en voie de décomposition avancée, même si encore une de ses fractions les plus aisées… Simplement, elle veut s’accaparer le meilleur des restes et ne rien lâcher aux autres… Elle n’a pas, pour autant, les moyens de faire des concessions réelles au prolétariat et sa fraction « gauchiste »-Kollabo, la « CUP », a déjà du cautionner ses propres mesures anti-sociales dans sa « Generalitat »…

 

De plus, du fait du relativement bon développement de cette « Generalitat » par rapport au reste de l’Espagne, nombre de prolétaires y sont en fait des « immigrés » de l’intérieur, venus des autres régions, plus pauvres, d’Espagne…

 

Ce n’est donc pas l’Espagne qui « exploite » la Catalogne, mais plutôt, à la limite, l’inverse…

 

Seulement, comme toute bourgeoisie, la catalane n’en a jamais assez…

 

Enfin, pour une « Europe », qui, soi-disant, « refuse » l’indépendance de la Catalogne… ne vois tu pas, camarade, que le spectacle de cette « dramatique » confrontation permet de détourner, précisément, l’attention du public ailleurs que sur les véritables luttes sociales ?

 

C’est le grand mérite des anarcho-syndicalistes catalans et espagnols, sur ce coup là, de ne pas tomber dans le piège, et de tenter de recentrer les luttes contre la répression en direction des vraies revendications…

 

Luniterre

 

A LA SUITE, EN REPUBLICATION, LES DEUX ARTICLES CITÉS:

 

 

 

 

 

 

8 MAI 1945

 

Massacres à Sétif:

 

 

Sous l’égide du CNR,

 

 

l’impérialisme français,

 

déjà reconstitué,

 

passe à l’offensive meurtrière…

 

 

…Où quand l’assassinat

 

de 30 000 prolétaires

 

inaugurait les « Jours Heureux »

 

de la collaboration de classe

 

thorézo-gaulliste que certains, à gauche,

 

rêvent de nous faire revivre !!

 

70 ans après, une occasion historique de comprendre la véritable nature du pacte réformiste conclu en 1943 et le véritable prix des « avancées sociales » qui en ont résulté en métropole: celui d’un réajustement par rapport aux systèmes corporatistes déjà existant chez les concurrents européens de l’impérialisme français, l’allemand, provisoirement à terre, et le britannique, qui avait su « tenir le coup » !  

 

 

Le 8 mai 1945, le général Keitel signait la reddition totale et sans condition de l’Allemagne nazie.

 

_Le jour même, le matin du 8 mai à Sétif, alors que l’Algérie était encore une colonie française, des Algériens se rassemblaient autour de la mosquée, des gens affluaient de toute part. Ceux des douars se rassemblaient à l’entrée de la ville. La manifestation prévue était pacifique. Sept à huit mille Algériens défilaient, précédés par les scouts de la ville, drapeau algérien en tête et banderoles déployées avec les inscriptions : « Pour la libération des peuples» ; « Vive l’Algérie libre et indépendante ». Malgré l’interdiction de banderoles politiques, le cortège se mit en route. Le sous-préfet donna l’ordre d’enlever les banderoles. La police se mit à tirer, pendant que des européens voulaient empêcher le défilé. Des coups de feu sont échangés. La juste colère des algériens éclate, la gendarmerie intervient. A onze heures, le calme est revenu. La nouvelle du massacre se répand.

 

A Guelma, peu d’Algériens assistent aux cérémonies officielles. Une manifestation est organisée avec des pancartes : « Vive la démocratie », « A bas l’impérialisme », «Vive l’Algérie indépendante». La police tire sur la foule et disperse les manifestants. Le 9 mai, Guelma est assiégée par des groupes armés des douars voisins venus venger leurs morts. D’autres défilés ont lieu à Batna, Biskra, Khenchela, Blida, Bel-Abbès, Saïda où la mairie fut incendiée. A Bône et à Djidjelli, des milliers de manifestants se joignirent aux manifestations officielles de la victoire contre le nazisme et sortirent leurs banderoles. A Alger, les fidèles ne se joignirent pas à la manifestation officielle de la Grande Mosquée.

 

 

En 1830, le débarquement des militaires français ouvrait la voie à la colonisation de l’Algérie qui commença dès 1836 dans la plaine de la Mitidja jusqu’en 1847, malgré la résistance héroïque d’Abd-el-Kader. Les colons rachetaient à vil prix les terres ou confisquaient celles des domaines des propriétaires fonciers algériens et turcs. Ils établirent ainsi d’immenses propriétés foncières. En 1844, Bugeaud organise l’administration.  Dès 1848, l’Algérie est divisée en 3 départements. En 1870, le décret Crémieux accorde la citoyenneté française aux 32 000 juifs d’Algérie, puis en 1889 à tous les enfants d’origine européennes nés en Algérie, pour renforcer la colonisation. Les Algériens musulmans, eux, sont régis par le code de l’indigénat (1881) et sont considérés comme des sujets et non des citoyens. Le pouvoir économique est représenté par l’assemblée des délégations financières des colons, des non-colons et des indigènes musulmans qui n’ont que 21 représentants sur 69 membres.

 

En Algérie, la colonisation a été une colonisation de peuplement. Les Algériens ont été spoliés, exploités par les colons, étaient considérés comme des citoyens de seconde zone, et massacrés alors qu’ils avaient participé à la première guerre mondiale. Les algériens ont remplacé en métropole le million de morts de la guerre dans les usines, sur les chantiers pour relever l’économie française. La révolution d’Octobre a affirmé le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et a accordé un soutien au mouvement de libération naissant qui a commencé à revendiquer l’égalité pour les musulmans en Algérie. Le refus de l’État français et des colons d’accéder à ces revendications légitimes a renforcé le sentiment national algérien.

 

Durant la seconde guerre mondiale, les Algériens musulmans ont contribué à la libération de la France. Aussi était-il d’autant plus légitime de faire valoir leur droit à disposer d’eux-mêmes, leur droit à l’indépendance.

 

Les fusillades et massacres du 8 mai 1945 étaient la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La lutte pour l’indépendance nationale avait dès lors franchi une étape supérieure. L’agitation se développa dans les campagnes. Les événements de Sétif et de Guelma furent considérés comme le signal de la guerre de libération nationale, les attaques contre des bâtiments officiels se sont multipliées.

 

La répression coloniale se déchaîna : à Sétif, à Guelma, la police, la gendarmerie, tirèrent sur la foule. Des européens organisèrent des milices et entreprirent la « chasse à l’arabe ». A Guelma le sous-préfet créa une milice approuvée par les présidents des Anciens Combattants, de la «France combattante et du secrétaire de l’Union locale des Syndicats».

 

L’armée organisa la « guerre » contre les mechtas qui subirent de jour et de nuit des attaques sanglantes. C’était une nouvelle guerre coloniale que la France et son armée engageait contre le peuple algérien ; la marine et l’aviation furent autorisées à mitrailler les douars par le gouvernement provisoire de la France.

 

Non seulement massacrés par l’armée française et les civils européens, le peuple algérien, ses masses populaires et son avant-garde nationale, furent condamnés politiquement par les partis de gauche représentés dans le gouvernement provisoire et qui se réclamaient de la résistance contre l’occupant nazi et le gouvernement de Pétain. Pour les socialistes on « avait sali la grande heure de la victoire des démocraties ».

 

Le Parti Communiste dénonça dans l’Humanité la collusion des « pseudo-nationalistes et des éléments hitlériens connus » et « Il faut tout de suite châtier impitoyablement et rapidement les organisateurs de la révolte et les hommes de main qui ont dirigés l’émeute » et encore « Ceux qui réclament l’indépendance de l’Algérie sont des agents conscients ou inconscients d’un autre impérialisme. Nous ne voulons pas changer notre cheval borgne pour un aveugle. » Certes il y eut par la suite condamnation des excès de la répression, la réclamation d’une « justice et rien que la justice », puis plus tard celle de l’amnistie. Mais la condamnation politique restait.

 

La terreur contre le peuple algérien permit au colonialisme de se maintenir jusqu’en 1962. Mais la volonté de se libérer n’était pas morte et après neuf années de préparation, la lutte de libération nationale allait reprendre en novembre 1954 et aboutir 8 ans plus tard à l’indépendance du peuple algérien.

 

Il y eu près de 50 000 algériens massacrés(*), exécutions massives de populations, d’otages, de suspects sans jugement, la torture fut pratiquée à grande échelle et le viol fut utilisé comme arme de guerre. Les exactions de l’Etat français en Algérie constituent un « crime contre l’humanité ».

 

Aujourd’hui, à Béziers notamment, Robert Ménard, maire affilié au Front National, s’attaque à la mémoire de la lutte de libération nationale menée par le peuple algérien. Il a osé débaptiser la « rue du 19 mars 1962 » (date des accords d’Evian traduits par un cessez-le-feu immédiat) pour la renommer au nom de Hélie Denoix de Saint-Marc, résistant et partisan de « l’Algérie française » ayant participé au putsch des généraux.

 

Face aux nostalgiques de « l’Algérie française », nous réaffirmons le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et notre combat contre l’impérialisme !

 

Nous soutenons également la lutte qui s’organise pour que l’Etat français reconnaisse officiellement le « crime contre l’humanité » qu’il a commis en Algérie et pour qu’une stèle en mémoire aux victimes algérienne soit érigée à Paris.

 

Hommage aux martyrs de la lutte de libération nationale algérienne !

 

Pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes!

 

A BAS L’IMPÉRIALISME !!

 

Prolétaires et peuples opprimés de tous les pays, unissons-nous !

 

Source:

http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/8-mai-1945-victoire-contre-le-nazisme-et-massacre-du-peuple-algerien-a117581376

et article d’origine:

http://drapeaurouge.over-blog.com/2015/05/8-mai-1945-victoire-contre-le-nazisme-et-massacre-du-peuple-algerien.html?utm_source=flux&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=politics

 

(*sur le bilan humain;

http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_S%C3%A9tif,_Guelma_et_Kherrata#Le_nombre_des_victimes

 

et aussi:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Alg%C3%A9rie#Le_massacre_du_8_mai_1945

 

 

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LE MYTHE

du « Nouveau CNR »

vieux serpent de mer

du social-chauvinisme!

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Avec la nouvelle vague populiste démagogique développée autour du « Frexit »,  lui-même sous produit direct de la démagogie sociale-fasciste du FN, ressurgit le mythe d’un « nouveau CNR » qui serait la clef de la « libération » du peuple et même du prolétariat, selon certains pseudos « marxistes-léninistes »…

Sur la base du vieux fond de social-chauvinisme déjà développé depuis  des mois sur le thème du « Frexit », on assiste maintenant à un nouveau concours de social-chauvinisme entre le programme Asselineau-CNR2.0 et celui du PRCF-CNR triple zéro… Voilà sans doute ce qui manquait pour « animer » cette campagne entre un candidat marginal du capital et un autre groupuscule supplétif du social-chauvin Mélenchon, lui-même supplétif de secours des autres supplétifs du capital…

EN 1944, le premier programme du CNR, comme document historique sur la liquidation de la résistance prolétarienne et la reconstitution de l’impérialisme français, le voici, en version originale :

http://fr.wikisource.org/wiki/Programme_du_Conseil_national_de_la_R%C3%A9sistance

et ses conséquences sanglantes, les voici :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Alg%C3%A9rie#Le_massacre_du_8_mai_1945

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/05/12/sous-legide-du-cnr-massacre-en-algerie-des-le-8-mai-1945/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_S%C3%A9tif,_Guelma_et_Kherrata

http://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_malgache_de_1947

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Indochine

Et n’oublions donc pas la « Françafrique », avec comme « fleuron » 800 000 morts en trois mois au Rwanda, cette « Françafrique » qui est toujours la fille naturelle du CNR, et qui offre encore des costards à François Fillon…

EN 2014, le PRCF fait surgir un « nouveau CNR » farce et attrape-nigauds au secours d’un souverainisme moribond.

http://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/pour-un-nouveau-c-n-r-appel-du-29-novembre-2014/

Et bien évidemment, dans un cas comme dans l’autre, il n’y est nullement question de socialisme !

Dans les deux cas, ceux qui prétendent justifier cette stratégie de collaboration de classe au nom du marxisme-léninisme et d’une prétendue « étape » vers le socialisme se font en réalité les liquidateurs de la cause réelle et des forces militantes ouvrières révolutionnaires.

Dans le premier cas, cette liquidation, étalée sur la décennie 1944-54, a pour l’essentiel réussi en s’appuyant sur la justification initiale du front anti-fasciste.

Ce front, avec ce qui restait de la bourgeoisie « nationale », était évidemment nécessaire à la résistance, mais, d’un point de vue ML n’impliquait nullement l’abandon de l’autonomie prolétarienne, qui aurait du permettre le passage victorieux à un nouveau développement de la lutte de classe, tel qu’il s’est présenté en 1946-47-48. Cette situation a été analysée par le Kominform dès 1947, et largement évoquée dans le Rapport d’Andreï Jdanov.

L’essentiel de cette analyse est conservée dans les Minutes du Kominform : The Cominform — Minutes of the Three Conferences 1947/1948/1949, édité par Giuliano Procacci, Feltrinelli Editore (Milan, 1994)

On en retrouve quelques éléments sur TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/andrei-jdanov-1947-rapport-sur-la-situation-internationale_/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

A ce sujet voir aussi :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/05/17/ligne-rouge-en-1969-un-des-rares-documents-ml-de-lepoque-maoiste/

Le point « culminant » du « nouveau CNR » du PRCF fut atteint lors d’une « grande manifestation nationale unitaire », le 30 Mai 2015, en « commémoration » du référendum de 2005…

Tellement grande que les participants on longtemps polémiqué pour savoir s’il avaient atteint le cap des 500 participants ou s’ils en avaient seulement réuni la moitié…(*)

Le camarade Viriato nous écrivait à l’époque : « Pourquoi tirer sur une ambulance ? »

Notre réponse d’alors reste toujours valable, malheureusement…  : Le problème est que si cette « ambulance », sous couvert de « front uni patriotique et populaire » tente d’emmener avec elle le reste des forces militantes ouvrières vers la morgue du « nouveau CNR », il vaut mieux qu’elle n’arrive pas à son but…

Pour y faire monter bon nombre de camarades, sans aucun doute sincères, les responsables de ce « front » jouent en permanence sur la confusion entre les termes de « progrès social » et de socialisme, alors que dans leur programme « nouveau CNR » cet objectif politique ne figure évidemment pas.

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En comparant sérieusement les deux programmes (trois, maintenant, avec celui d’Asselineau), et les deux situations, il est simplement temps de dénoncer cette supercherie.

Luniterre

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(*  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/05/31/30-mai-un-nouveau-tremblement-de-terre-a-paris/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/06/16/un-constat-lucide-sur-lechec-du-30-mai-a-paris/

 

 Sur le même thème, voir aussi:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/27/en-reponse-a-gilles-questiaux/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/01/06/de-petain-aux-le-pen-revolution-nationale-ou-revolution-socialiste-that-is-the-question/

(à noter que malheureusement, le camarade du blog RC-Paris est depuis monté dans l’ambulance « nouveau CNR », version Asselineau…)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/09/21/revolutionnaires-en-septembre-sociaux-chauvins-en-octobre-nouvelle-edition/     )

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Assassinat de Khadafi, démantèlement de la Libye, l’Afrique réclame justice devant la CPI

2011

L’intervention de Sarkozy en Libye :

Un crime

contre l’humanité !

Mort de Kadhafi : Sarkozy visé par une plainte pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité

Mort de Kadhafi : Sarkozy visé par une plainte pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité

Une quinzaine d’associations africaines a déposé une plainte auprès de la CPI à La Haye contre l’ex-président français, Nicolas Sarkozy. Elles estiment qu’il est responsable de la mort de Mouammar Kadhafi et de la déstabilisation de l’Afrique.

Une quinzaine d’associations africaines viennent de déposer une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI) contre l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy. Elles soutiennent que l’ex-chef de l’Etat serait à l’origine de l’assassinat, en 2011, de Mouammar Kadhafi, l’ancien président de la Jamahiriya libyenne.

Le Balai Citoyen, association du Burkina Faso, Y’en a marre, basée au Sénégal ou encore Le Peuple n’en veut plus, de Guinée… quinze associations issues de différents pays africains ont saisi la CPI le 7 octobre. Elles accusent Nicolas Sarkozy d’avoir déclenché une opération militaire française en Libye avec entre autres objectifs celui de faire assassiner le colonel Kadhafi. Selon leur analyse, ce bouleversement politique, dont elles attribuent à Nicolas Sarkozy la responsabilité, serait à la base de la mort de 50 000 personnes et de désordres majeurs dans la région.

Le chanteur Tiken Jah Fakoly en porte-parole

Réunis à Bamako, au Mali, pour l’occasion du dépôt de la plainte, le week-end des 7 et 8 octobre, les représentants de ces associations se sont regroupés sous le nom de Front international des sociétés civiles panafricaines (Fispa) pour donner de la résonance à leur action en justice. Ils se sont choisis comme porte-parole le médiatique chanteur de reggae ivoirien, Tiken Jah Fakoly.

«Nous portons cette plainte contre Nicolas Sarkozy pour l’assassinat de Kadhafi parce que cela a des conséquences dramatiques et néfastes sur le continent africain, et sur les populations africaines», explique auprès de RFI le militant guinéen Elie Kamano, membre du Fispa. Il ne s’agit donc pas tant d’une démarche judiciaire que politique, qu’Elie Kamano n’hésite pas à qualifier de «combat».

La plainte, déposée pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité par l’avocat du Fispa, doit désormais être examinée par la CPI. Si les membres du Fispa doutent que leur démarche aboutisse, ils estiment que cela permettra au moins de clarifier la situation. «Si la CPI ne réagit pas, cela veut dire qu’elle choisit ses clients», résume Tiken Jah Fakoly interrogé par RFI

La France a participé activement à l’intervention de l’OTAN en Libye, lancée en mars 2011, et qui a pris fin le 31 octobre de la même année, quelques jours après la mort de Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011. Cette intervention militaire était initialement conçue comme un dispositif de protection des populations civiles, mais Vladimir Poutine, ainsi que d’autres personnalités, avaient estimé que les frappes sortaient du cadre de la résolution décidée par le Conseil de sécurité des Nations unies. L’opération de l’OTAN avait ainsi été qualifiée de «croisade» par le président russe.

Après la mort du colonel Kadhafi à Syrte dans des circonstances encore non élucidées, l’effondrement de l’Etat libyen a donné l’opportunité à Daesh de s’implanter en Libye. Depuis, outre les affrontements politiques et la partition du pays, la présence de groupes terroristes islamistes s’est accrue dans le pays.

https://francais.rt.com/international/44366-mort-kadhafi-sarkozy-vise-par-plainte-crimes-guerre-humanite

 

 

 

 

 

 

Catalogne – Espagne : jaune et rouge ou bien Rouge ou Jaune ???

 

 

Drapeau de l'Espagne

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2 COULEURS…

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Mais 1 seule est la bonne…!

 

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Contrairement à une idée répandue

dans l' »extrême-gauche » française,

le mouvement ouvrier catalan n’est ni inféodé

ni à la remorque de la bourgeoisie nationaliste…

« Le refus du gouvernement central de négocier la possibilité d’un référendum et l’application disproportionnée et autoritaire de la loi a poussé de nombreux citoyens, qui étaient relativement indifférents, à réclamer maintenant ce référendum à cor et à cri. Indépendamment de leurs positons pour ou contre a l’indépendance. Les adhérents de la CGT sont le reflet de la société catalane. En ce sens, nous respectons l’opinion de chacun d’entre eux.

Mais nous ne soutenons pas le gouvernement catalan contre celui de Madrid. En tant qu’organisation syndicale, nos objectifs et préoccupations sont la défense des intérêts et des droits des travailleurs et des citoyens. »

Thomas Lanssens (Syndicaliste CGT)

 

La suite de cette interview et bien d’autres articles sur le sujet, dans une revue de presse complète et commentée, sur:

Solydairinfo

 

Catalogne – Espagne :

jaune et rouge

ou bien

Rouge OU Jaune ???

 

 

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/11/catalogne-espagne-jaune-et-rouge-ou-bien-rouge-ou-jaune/

 

 

MANIF FONCTIONNAIRES (…ET AUTRES) : 12 000 A LYON CE 10 OCTOBRE !

 

 

12000

 

à Lyon

 

Pas de photo vraiment représentative de l’importance du cortège, sur Lyon,

Jean-Claude Mailly, bien que conspué par bon nombre, a en quelque sorte monopolisé le devant de la scène médiatique…

 

12000, c’est évidemment moins qu’à Paris (photo Afp ci-dessus), mais plus que la dernière lyonnaise, du 21/09, qui avait tout de même « résisté » à 10000, alors qu’un reflux de la rue se faisait sentir ailleurs!

 

Et ici, vu sur Tahiti-info… L’origine locale de la photo (Afp) n’est pas précisée…

Quoi qu’il en soit, le mouvement social concerne toute la société française, même aux îles… Bon courage, pour les camarades de là bas!

 

 

 

 

 

Che ! 50 ans d’éternité !!

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Che

 

 

50 ans

 

 

d’éternité !!

 

 

 

 

 

Bolivie: l’armée rendra hommage à Che Guevara,

50 ans après l’avoir abattu

 

 

L’armée bolivienne participera pour la première fois à une cérémonie officielle en hommage à Ernesto « Che » Guevara, qu’elle avait abattu le 9 octobre 1967 dans le sud de la Bolivie, à l’occasion des 50 ans de sa mort.

« Nos forces armées vont participer à cet hommage aux côtés des familles des anciens combattants« , a annoncé le vice-ministre de la Coordination Alfredo Rada. L’armée et les anciens combattants étaient auparavant cantonnés aux hommages dans les casernes.

« Nous voulons que ce soit un moment d’expression de l’unité du peuple bolivien« , le contexte étant désormais « différent« , a-t-il ajouté, une allusion à l’époque où le guérilléro avait été capturé et exécuté par les soldats avec le feu vert du président René Barrientos, un farouche anticommuniste.

Le 8 octobre 1967, l’armée bolivienne, accompagnée de deux agents de la CIA cubano-américains, capturait le « Che » à la tête d’une poignée de guérilleros ayant survécu aux combats, à la faim et aux maladies. Blessé au combat, Ernesto Guevara fut conduit dans une école abandonnée du bourg de La Higuera où il passa sa dernière nuit. Le lendemain après-midi, le révolutionnaire fut sommairement exécuté par Mario Teran, un sergent bolivien.

A 39 ans, le « Che » au visage christique, dont la dépouille décharnée était exhibée comme un trophée dans la localité voisine de Vallegrande, entrait dans la légende.

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_bolivie-l-armee-rendra-hommage-a-che-guevara-50-ans-apres-l-avoir-abattu?id=9722159

 

Bolivie : cinq jours d’hommages au « Che »,

50 ans après sa mort

Le président bolivien, Evo Morales, a annoncé lundi cinq jours d’hommages, à partir de jeudi, à Ernesto « Che » Guevara, 50 ans après sa mort, le 9 octobre 1967.

Les cérémonies pour commémorer le révolutionnaire argentin seront organisées en présence de l’armée bolivienne, qui l’avait combattu puis exécuté. « Les forces armées, comme toujours, m’accompagnent dans toutes les activités. J’en ai parlé avec elles, elles m’accompagneront certainement, mais je le répète, les forces armées sont nées (au 19e siècle, ndlr) anti-impérialistes », a déclaré le président socialiste.

Plusieurs anciens militaires ont toutefois annoncé qu’ils ne participeraient pas aux commémorations, estimant que c’est a eux qu’il faudrait rendre hommage. « Nous n’y assisterons pas car nous considérons que c’est un acte politique », a déclaré Mario Moreira, un représentant des soldats ayant combattu le « Che », au journal Pagina Siete. L’Etat « a l’obligation de nous rendre hommage car nous avons défendu la patrie », a-t-il affirmé.

Lors des affrontements entre l’armée et la guérilla du « Che », 58 soldats avaient péri. Ernesto Guevara avait été fait prisonnier lors de combats le 8 octobre 1967 et fusillé le lendemain par l’armée bolivienne, alors conseillée par les Etats-Unis.

Le président Morales a précisé que la cérémonie principale d’hommage aura lieu lundi 9 octobre dans la ville de Vallegrande (sud-est), en présence des vice-présidents cubain et vénézuélien, des « quatre enfants du +Che+ et certains de ses frères » et de représentants d’organisations sociales d’Argentine et du Pérou.

https://www.lorientlejour.com/article/1075912/bolivie-cinq-jours-dhommages-au-che-50-ans-apres-sa-mort.html

 

 

Bolivie : les enfants du Che

pour le 50e anniversaire de sa mort

Création : lundi 11 septembre 2017 14:03 Écrit par infosoir

Les quatre enfants d’Ernesto Che Guevara se rendront en octobre en Bolivie pour le 50e anniversaire de la mort de leur père, a annoncé hier le président bolivien Evo Morales, cité par l’agence officielle ABI. «Ce sera un grand rassemblement des peuples contre le système capitaliste et il y aura les quatre enfants du Che à La Higuera», le village où le guérillero d’origine argentine a été exécuté en 1967, dans le sud du pays, a ajouté le président Morales, admirateur déclaré du «Che». Quatre des cinq enfants de Che Guevara -Aleida, Camilo, Ernesto et Celia – sont nés et vivent à Cuba. Une fille, née d’un premier mariage, est décédée en 1995. Ernesto Che Guevara a été capturé le 8 octobre 1967 par l’armée bolivienne, après avoir été blessé au combat, et exécuté le lendemain, mais les commémorations de sa mort se déroulent traditionnellement le 8 octobre, jour de sa capture. Sa mort à 39 ans avait marqué l’échec de son entreprise de créer un «foyer» de guérilla en Bolivie avec d’autres guérilleros – principalement cubains, boliviens et péruviens – en s’appuyant sur la paysannerie.

https://www.infosoir.com/actualite/18238-bolivie-les-enfants-du-che-pour-le-50e-anniversaire-de-sa-mort.html

 

Publié le 05 octobre 2017 à 16h15 | Mis à jour le 05 octobre 2017 à 17h55

La CIA «a torturé et assassiné»

Che Guevara, dit le président bolivien

Che Guevara en 1958.... (ARCHIVES AFP)

 

Agrandir

Che Guevara en 1958.

Archives Afp

Le président bolivien Evo Morales a accusé la CIA d’avoir «persécuté, torturé et assassiné» Ernesto «Che» Guevara, en 1967 en Bolivie, au premier des cinq jours d’hommage au guérillero, 50 ans après sa mort.

«L’histoire est claire. La CIA a persécuté, torturé et assassiné le Che Guevara. Les forces armées ont agi, soumises aux États-Unis sur décision (du président de l’époque, René) Barrientos», a écrit le président socialiste sur Twitter.

 

 

Le révolutionnaire argentin avait été capturé le 9 octobre 1967 par l’armée de Bolivie, où il était arrivé 11 mois plus tôt avec une cinquantaine de guérilleros. Le lendemain, il avait été exécuté par un soldat bolivien, sur ordre de ses supérieurs.

La Bolivie a débuté jeudi un programme d’hommage au Che, prévu jusqu’au lundi 9, avec des événements culturels, politiques et gastronomiques dans le village de Vallegrande, où ont été retrouvés les restes du Che.

Selon M. Morales, la cérémonie principale aura lieu le 9 octobre à Vallegrande, en présence des vice-présidents cubain et vénézuélien, des quatre enfants du Che, de certains de ses frères et de représentants d’organisations sociales d’Argentine et du Pérou.

 

http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201710/05/01-5139073-la-cia-a-torture-et-assassine-che-guevara-dit-le-president-bolivien.php

 

L’Amérique latine

se souvient

du Che Guevara,

50 ans après sa mort

08/10/2017

Professeure à la retraite au honduras, Maria Yolanda Chavarria porte un foulard affichant le Che alors qu’elle se prépare pour une manifestation contre le pouvoir en place – AFP / O Sierra

 

 

Pour les 50 ans de sa mort dans le maquis bolivien, Ernesto « Che » Guevara, figure mythique de l’action révolutionnaire armée pendant la Guerre froide, recevra des hommages à Cuba et en Bolivie.

À Cuba, où tous les écoliers commencent leur journée par prêter le serment des « pionniers » en jurant « être comme le ‘Che’, le mausolée qui abrite les restes du « guérillero héroïque » depuis 1997 à Santa Clara (centre) sera le cadre des cérémonies commémoratives.

Le président Raul Castro, successeur de son frère Fidel décédé en novembre 2016, devrait être présent dans cette ville où celui qu’il appelait « l’Argentin » remporta en 1958 une bataille décisive face aux troupes du dictateur Fulgencio Batista (1952-1958).

Comme c’est traditionnellement le cas à Cuba, l’hommage se tiendra le 8 octobre, jour anniversaire de la capture du « Che » par l’armée bolivienne.

Hommage militaire en Bolivie

Ses quatre enfants encore en vie, nés et résidant à Cuba, seront quand à eux attendus dans le sud de la Bolivie, où le guérillero a été exécuté le lendemain de sa capture, le 9 octobre 1967.

Mémorial à La Higuera en Bolivie où le « Che » a été exécuté – AFP / A/ Raldes

Auparavant cantonnée aux hommages dans les casernes, l’armée bolivienne participera aussi pour la première fois aux cérémonies officielles. La Paz souligne que « le contexte est différent » de celui de l’époque où le guérillero était capturé et exécuté par les soldats du pays andin avec le feu vert du président René Barrientos (1964-1969), un anti-communiste farouche.

Aujourd’hui le président socialiste Evo Morales, admirateur déclaré du « Che », affirme sa volonté de rassembler autour de cet épisode. Le 8 octobre 1967, l’armée bolivienne, accompagnée de deux agents de la CIA cubano-américains, capture le « Che » à la tête d’une poignée de guérilleros ayant survécu aux combats, à la faim et aux maladies. Blessé au combat, Guevara est conduit dans une école abandonnée du bourg de La Higuera où il passera sa dernière nuit. Le lendemain après-midi, le révolutionnaire est exécuté sommairement par Mario Teran, un sergent bolivien. À 39 ans, le guérillero entrait dans la légende alors que sa dépouille décharnée au visage christique étaient exhibés comme un trophée dans la localité voisine de Vallegrande.

Un saint cubain de la révolution

À Cuba, le « Che » a été érigé en véritable « saint de la révolution », souligne Michael Shifter, président du groupe de réflexion Dialogue interaméricain, à Washington. « Il représente les années romantiques de la révolution, chargées d’une bonne dose d’utopie, il n’est donc pas surprenant qu’il soit devenu une figure populaire, voire mythique ». Dans le monde entier, l’image-culte du guérillero – « la » photo du Cubain Alberto Korda prise en 1960 – continue de faire l’objet d’une forte récupération mercantile, reproduite sur des millions de T-shirts, posters et casquettes prisés par la jeunesse des cinq continents mais aussi des stars du sport ou de la musique.

Présent dans les magasins de souvenirs de Moscou – AFP / M. Antonov

L’extrême-gauche européenne née des événements de 1968 et une partie de l’intelligentsia avaient largement contribué à la popularisation de cet homme réputé pour son intransigeance et sa volonté de fer, malgré ses limites physiques liées à l’asthme. « S’il n’était pas mort en 1967 en Bolivie, l’Amérique latine serait aujourd’hui libre, souveraine, indépendante et socialiste (…) Car s’il était resté en vie, il aurait triomphé », assure dans un entretien à l’AFP son frère Juan Martin Guevara, âgé de 74 ans et qui vit en Argentine. « Lui, c’était tout ou rien! « .

Partisan de la violence politique

Après des études de médecine et de multiples voyages qui ont forgé ses convictions, le natif de Rosario (Argentine) avait fait la connaissance de Raul et Fidel Castro au Mexique avant de participer à la guérilla qui mena les « barbudos » au pouvoir à La Havane en 1959. De ses compagnons cubains il gardera le surnom de « Che » , interjection caractéristique du parler argentin familier pour attirer l’attention de l’interlocuteur, le saluer ou exprimer la surprise. Partisan de la violence politique, il supervisa pendant six mois la répression dans le sang des « contre-révolutionnaires » – ce qu’il ne reniera jamais -, et dirigea un temps la Banque centrale cubaine et le ministère de l’Industrie.

Le 21 novembre 1965, Guevar se trouve sur les bords du lac Tanganyika au Congo – Ph. AFP

Artisan du rapprochement de la révolution cubaine avec l’URSS, il se distancia ensuite des positions soviétiques favorables à la « coexistence pacifique » avec le bloc occidental pour défendre une stratégie de conquête du pouvoir par les armes, plus proche du maoïsme. Au milieu des années 1960, cela l’éloignera peu à peu de Cuba et des Castro, à l’époque alignés sur Moscou.

Mission au Congo

S’ensuivirent des mois de « disparition » alors qu’il était en mission secrète au Congo à tenter – sans succès – d’y imposer la révolution armée, avant d’engager en Bolivie sa dernière guérilla. Arrivé le 24 avril 1965 à la tête d’un petit corps expéditionnaire de Cubains d’ascendance africaine pour soutenir Laurent-Désiré Kabila (père de l’actuel président Joseph Kabila) et sa rébellion contre le pouvoir de Léopoldville – aujourd’hui Kinshasa -, il avait constaté que les dirigeants du maquis congolais n’avaient pas de maturité politique et il avait préféré partir au terme d’une aventure ratée de sept mois dans les montagnes du Sud-Kivu.

https://fr.metrotime.be/2017/10/08/actualite/lamerique-latinese-souvient-che-guevara-50-ans-apres-mort/

 

Cinquante ans après sa disparition,

Cuba rend hommage au «Che»

MEMOIRE Célébrées pour la première fois en l’absence de Fidel Castro, décédé fin 2016, les cérémonies seront présidées par son frère et successeur Raul ce dimanche à Santa Clara…

 

20 Minutes avec AFP

Publié le 08/10/17 à 13h57 — Mis à jour le 08/10/17 à 14h20

A Cuba, les portraits du Che sont omniprésents et il est devenu dans le monde entier une figure mythique. Il y a cinquante ans, Ernesto Che Guevara était assassiné en Bolivie.

 

A Cuba, les portraits du Che sont omniprésents et il est devenu dans le monde entier une figure mythique. Il y a cinquante ans, Ernesto Che Guevara était assassiné en Bolivie. — Alejandro Ernesto/EFE/SIPA

Il a disparu il y a cinquante ans, mais sa mémoire est toujours vive. Cuba honore dimanche à Santa Clara (centre) la figure légendaire de sa révolution, le guérillero argentin Ernesto « Che » Guevara, tué il y a 50 ans dans le maquis bolivien.

Un hommage différent

Célébrées pour la première fois en l’absence de Fidel Castro, décédé fin 2016, les cérémonies seront présidées par son frère et successeur Raul, dans cette ville située à 300 km à l’est de la capitale cubaine, où sont enterrés les restes du commandant de la Révolution et ceux de ses compagnons d’armes. Autre signe marquant un changement d’époque, ces commémorations interviennent au moment où les dernières guérillas de gauche du continent, en Colombie, rendent les armes (Farc) ou négocient la paix (ELN, fondée en 1964 en s’inspirant précisément du « Che »).

>> A lire aussi : Fidel Castro, l’éternel guérillero

Comment est mort le «Che» ?

Ernesto Guevara a été exécuté par un soldat bolivien à 39 ans le 9 octobre 1967, mais à Cuba le jour du « guérillero héroïque » est célébré chaque 8 octobre, jour de sa capture dans un obscur hameau andin. Lundi, seront aussi organisées des commémorations en Bolivie en présence des enfants du « Che » et du président Evo Morales qui a accusé cette semaine la CIA d’avoir « persécuté, torturé et assassiné » le « Che » lors de ses 11 mois de guérilla en Bolivie. Le corps du guérillero argentin, jeté dans une fosse en Bolivie, a été découvert et identifié il y a 20 ans avant de retourner en grande pompe à Cuba pour un hommage funèbre national.

Depuis 1997, plus de 4,7 millions de personnes ont visité le mausolée sous-terrain du Che surmonté d’une imposante statue de bronze à Santa Clara, qui le considère comme un fils adoptif depuis qu’il y remporta en décembre 1958 une victoire décisive contre les troupes du dictateur Fulgencio Batista (1952-1958). Et ce dimanche, les hommages se multiplient aussi sur le Toile, notamment sur Twitter où un internaute écrit : « La patrie vous contemple, fière, pour l’anniversaire de la chute au combat du Che.

Retrouvez notre diaporama : Ernesto Che Guevara, le révolutionnaire aux 1.000 visages.

Des concerts, images d’archives… et une application

Ces derniers jours, la presse cubaine a publié de nombreux articles et cahiers spéciaux à la gloire du « Che ». A la radio et la télévision cubaine, des concerts symphoniques et des images d’archives lui ont aussi rendu hommage avec des fragments de discours de celui qui fut aussi ministre de l’Industrie du premier gouvernement révolutionnaire cubain. Une application mobile baptisée « Siempre Che » (« Toujours Che »), et consacrée au mausolée de Santa Clara, doit aussi être présentée en marge des commémorations dans ce pays où l’accès à internet est l’un des plus limités au monde.

Jeudi, des milliers d’étudiants ont marché sur les pas du « Che » pour commémorer la bataille de Santa Clara et dimanche, plusieurs dizaines de jeunes doivent rejoindre les rangs des « Pionniers », organisation de jeunesse qui a pour consigne « Pionniers pour le communisme, nous serons comme le Che ».

Sur les pas du « Che »

Ernesto « Che » Guevara est né le 14 juin 1928 à Rosario, au sein d’une famille de la bourgeoisie argentine. Médecin de formation, il parcourt très jeune à vélo et à moto l’Amérique latine où il prend conscience de la misère des plus démunis du continent, et plus particulièrement les communautés indigènes. En 1955, il fait la rencontre de Fidel Castro en exil au Mexique et rejoint les rangs des révolutionnaires cubains dans la guérilla contre Batista. Dix ans plus tard, il s’éloignera de Cuba et des Castro pour mener de nouveaux combats.

« D’autres terres du monde réclament la contribution de mes modestes efforts », écrira-t-il en 1965 à Fidel Castro en prenant congé pour porter l’insurrection en Afrique notamment. Cette lettre se terminait par une phrase devenue célèbre : « Hasta la victoria, siempre » (« Jusqu’à la victoire, toujours ! »). 

« Une figure mythique »

Son image et ses portraits sont omniprésents à Cuba, et plus particulièrement le plus célèbre d’entre eux montrant le jeune guérillero argentin, les yeux farouches, portant béret, blouson et cheveux longs. Mythique, elle a fait le tour du monde, orné les murs de générations d’étudiants et fait aujourd’hui l’objet d’une forte récupération mercantile tout en restant omniprésente dans les manifestations à travers la planète.

« Certains considèrent Che Guevara comme un martyr de la lutte révolutionnaire (…) d’autres insistent sur son caractère sanguinaire et autoritaire », mais il est devenu « une figure mythique, emblématique de la révolution de la jeunesse et des luttes pour la justice et l’égalité sociale », résume le directeur de l’Institut des recherches cubaines de l’université de Floride, Jorge Duany.

http://www.20minutes.fr/monde/2146987-20171008-video-cinquante-ans-apres-disparition-cuba-rend-hommage-che