Lettre ouverte aux aveugles de la « gauche » française

A la suite, réactualisé en temps réel, un débat avec le camarade Gérard Bad , portant notamment sur le rôle des GAFA dans l’évolution des forces productives et des rapports de production

 

https://c.pxhere.com/photos/33/18/monkey_sculpture_carving_art_wood_carving_animal_seeing_blind-1243701.jpg!d

 

 

Lettre ouverte aux aveugles de la « gauche » française

 

 

 

 

« La science consiste précisément à établir comment la loi de la valeur s’impose. »

Karl Marx, lettre à Ludwig Kugelmann, 11 Juillet 1868

 

La plupart des analystes, même prétendument « marxistes », n’ont pas réellement compris la mutation actuelle du système.

Alors que la réalité est pourtant sous nos yeux, avec la soumission et l’adaptation de l’ensemble du système, et même de la majorité de la fraction financière boursicoteuse, aux injonctions de la BCE, y compris de manière étendue, sinon généralisée, concernant la réduction des dividendes :

 

https://www.novethic.fr/actualite/gouvernance-dentreprise/gouvernance/isr-rse/33-milliards-d-euros-de-dividendes-prevus-en-2020-presque-moitie-moins-qu-en-2019-148483.html

 

https://www.bnains.org/archives/dividendes_CAC40_2020.php

 

https://www.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/la_bce_demande_aux_banques_de_ne_pas_verser_de_dividendes_au_moins_jusquen_octobre_2020.pdf

 

Etc…

 

Dans le contexte actuel il y a donc une période d’ajustement de la part restante attribuée au capital financier par la BCE. Une part qui est néanmoins fort bien acceptée par cette fraction financière qui est désormais son obligée.

Cela se traduit nettement, en dépit de la « crise du Covid-19 » et des perspectives économiques hyper mauvaises, par une stabilité tout à fait remarquable des indices boursiers depuis le moment de « chute » évidemment programmée de fin Février-début Mars :

 

 

Il n’y a donc que les imbéciles pour ne pas le voir, mais ils sont légions, et parmi eux, l’essentiel de la gauche française, même « extrême ».

De plus, il est tout aussi évident que la perspective de « reprise » n’existant que de manière conditionnée par la politique de crédit des Banques Centrales, dont la BCE en Europe, cette nouvelle situation n’est pas transitoire mais durable. La part restante attribuée au capital financier par les Banques Centrales sera réajustée de manière constante en fonction de leur politique de crédit, et non plus en fonction des seuls aléas des marchés, même financiers.

Il en ira ainsi durablement sauf dérapage et nouvelle bulle, mais qui ne fera qu’aboutir à renouveler l’opération « crise de peur-panique » sous une forme ou sous une autre, et renforcer encore la dépendance du système au crédit des Banques Centrales.

Que la « création monétaire » soit faite de manière directe ou indirecte, peu importe, le constat est que le système, depuis la crise de 2007-2008, ne survit que sous la perfusion monétaire des banques centrales, et la « crise du Covid-19 » ne fait que consacrer cette situation de manière définitive.

Ce qui change fondamentalement, dans la forme par laquelle se manifeste la loi de la valeur, c’est bien la relation entre crédit et circulation monétaire.

Il est plus que temps de s’en apercevoir et d’en tirer les conséquences.

Évidemment, la seule alternative réelle à la crise systémique désormais à la fois cyclique et permanente réside dans le réveil du prolétariat et des classes populaires, mais seulement s’il se transforme en force politique consciente de cette problématique, et ce n’est donc pas du tout ce qui ressort actuellement des grandes proclamations des uns et des autres sur l’« après Covid-19 ».

Luniterre

 

« La science consiste précisément à établir comment la loi de la valeur s’impose. »

Karl Marx, lettre à Ludwig Kugelmann, 11 Juillet 1868

 

 

SUR LE MÊME THÈME >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/05/02/de-la-source-economique-du-nouveau-pouvoir-des-banques-centrales/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/05/01/1er-mai-2020-resister-face-au-coup-detat-mondial-des-banques-centrales/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/04/26/crise-du-covid-19-le-coup-detat-des-banques-centrales-pour-les-nuls/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/05/04/crise-et-pandemie-de-loeuf-et-de-la-poule-qui-est-le-premier/

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Démasqués :

Le nouveau pouvoir des faux-monnayeurs

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/04/22/demasques-le-nouveau-pouvoir-des-faux-monnayeurs/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/04/24/sur-le-nouveau-pouvoir-des-faux-monnayeurs-des-banques-centrales-quelques-observations-complementaires/

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En réponse au plagiat grossier

effectué par Khider Mesloub

 

 

 

La nécessité d’une réponse ne réside pas dans l’appropriation grotesque du texte de notre article « Démasqués : le nouveau pouvoir des faux monnayeurs » par Khider Mesloub, mais dans la déformation fondamentale du sens, et précisément dans le masque nouveau dont ce plagiat voile ce nouveau pouvoir, en le présentant comme une simple continuation « accentuée » du pouvoir du capital financier « traditionnel » et déjà quasiment mondialisé depuis un siècle, même si avec de violents conflits internes.

Le point de départ de cette réponse, du reste, est une observation faite par le camarade Gérard Bad, qui, bien que ne manquant pas de remarquer le plagiat, n’en tente pas moins de voiler également le sens de l’original en le réduisant à une problématique « quantitative » dans la circulation monétaire et les rapports entre les Etats et les Banques centrales, sans comprendre que le sens même de cette nouvelle circulation monétaire et littéralement aussi le sens dans lequel s’exerce la nouvelle hiérarchie des pouvoirs planétaires, où le capital financier « traditionnel » a lui-même perdu le trône suprême et doit se contenter des strapontins dorés des obligés et débiteurs privilégiés.

Luniterre

 

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Coup d’Etat planétaire ourdi par l’oligarchie financière

dimanche 26 avril 2020, par Khider Mesloub

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5882

[NDLR >>> PRINCIPALE CIBLE DE CE PLAGIAT >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/04/22/demasques-le-nouveau-pouvoir-des-faux-monnayeurs/   ]

« Que chaque nation crèverait, qui cesserait de travailler, je ne veux pas dire pendant un an, mais pendant quelques semaines, chaque enfant le sait », Karl Marx, lettre à Ludwig Kugelmann, 11 juillet 1868. Comment les dirigeants les plus éminents, formés dans les plus grandes universités, ont-ils oublié ce truisme ? Quelles sont les véritables motivations de la stratégie politique de confinement totalement préjudiciable aux intérêts économiques et sanitaires des pays ? Aujourd’hui, il est clairement établi, eu égard aux conséquences catastrophiques provoquées par la décision d’arrêter la production (du moins certains secteurs secondaires), qu’il s’agit là d’un véritable sabordage généralisé de l’économie machiné par quelques fractions du capital financier aux intérêts menacés d’éclatement ces derniers mois, consécutivement à la fragilisation de la sphère spéculative. Aussi, ce sabordage de l’économie répond-il à un plan machiavélique et non à une « décision irrationnelle » des gouvernants, ces représentants des peuples censés défendre l’intérêt national et protéger les populations laborieuses des calamités économiques et sanitaires, mais en vrai entièrement soumis aux puissances financières. À l’évidence, les intérêts « sanitaires » ayant présidé à la stratégie de confinement sont totalement opposés aux intérêts vitaux des nations.

Une chose est sûre : le désordre et le cataclysme économiques actuels ne doivent rien au hasard. Ce désordre apparent s’inscrit dans la stratégie de la théorie du « chaos constructif » (ou « destruction créatrice », selon l’expression de Joseph Schumpeter) visant la mise en œuvre accélérée de la gouvernance mondiale du capital financier, dominé par la finance occidentale. À cet égard, dans un contexte de crise économique aiguë et de menace d’éclatement imminent de la « bulle financière », le Covid-19 a constitué, pour l’oligarchie financière, une opportunité inespérée pour accélérer ce processus de purgation de l’économie et de gouvernance mondialisée assurée par les banques centrales désormais seules institutions capables de renflouer les trésors publics des Etats, devenant ainsi les nouveaux maîtres et décideurs du monde. En effet, ces récentes dernières années, le différentiel entre l’économie réelle anémiée et la sphère financière artificiellement gonflée menaçait d’éclatement. Par cette opération de purge économique exécuté à la faveur de l’apparition du coronavirus, le capital financier escompte relancer l’économie à son profit, après avoir éliminé les secteurs et les entreprises insuffisamment adaptés à la globalisation contemporaine.

C’est dans cette perspective qu’il faut inscrire cette ultime tentative de sauvetage du capitalisme opérée par les fractions « modernistes » de la finance. Cette opération, effectuée dans une période de paix, donc sans conflits armées, a pour dessein la destruction simultanée d’une grande partie des forces productives (comme lors des deux Guerres mondiales) et d’une partie des capitaux financiers superflus, afin d’éviter, dans ce dernier cas, la réitération rapide de la constitution de la « bulle financière » susceptible de compromettre la reconstruction économique envisagée par les tenants de ce coup d’État financier.

De manière générale, le processus de financiarisation du capitalisme, en vigueur depuis plus trois décennies, ne résulte pas d’un dévoiement politique opéré par des Etats malveillants ou par des investisseurs avides d’argent facile, mais de la chute de la rentabilité des investissements « productifs », autrement dit du secteur de l’économie réelle, seule activité productrice de plus-value. Cette baisse drastique de la rentabilité dans l’économie réelle est due à l’augmentation exponentielle de la rentabilité du travail, obtenue grâce à l’accroissement considérable de l’automatisation des entreprises et de l’extension de la robotisation. Cette augmentation de la rentabilité entraîne inévitablement la réduction de la main-d’œuvre et, corrélativement, la diminution du capital injecté dans le circuit de la consommation via les salariés du secteur productif désormais réduits à la portion congrue, détruisant ainsi la dynamique de croissance du cycle production-consommation. Aussi, faute d’une relance durable de l’économie capitaliste, devenue impossible dans le cadre du fonctionnement actuel du système sclérosé, les fractions les plus « modernistes » du capital financier, se sont-elles résolues à œuvrer à la refondation d’un nouvel ordre mondial entièrement dominé par leur classe financière dominante. Aujourd’hui, le manque de réactivité des Etats devant la pandémie du Covid-19 s’éclaire à la lumière de l’actualité à posteriori moins dramatique en matière de mortalité que les prévisions catastrophistes annoncées par les médias inféodés aux puissances financières (l’Impérial Collège annonçait insidieusement, au début de l’épidémie, pour créer un climat de psychose légitimant les mesures de confinement et d’arrêt de l’économie, des millions morts).

Tout s’était passé comme si toutes les conditions avaient été délibérément réunies pour favoriser la stratégie de confinement avec son corollaire d’arrêt de l’économie. Ces « défaillances » sanitaires programmées, illustrées notamment par les carences en matière d’urgence médicale et l’absence d’équipements médicaux, dévoilent la stratégie du chaos fomentée par les différents gouvernements inféodés aux puissances financières. L’absence d’adoption de mesures sanitaires précoces, telles que les contrôles aux frontières et aux aéroports, la défaillance des masques, tests, gants, gels hydro alcooliques, respirateurs, les campagnes de dénigrement à l’encontre du professeur Didier Raoult, constituent des preuves irréfutables de la volonté des pouvoirs (contrôlés par les puissances financières) de saborder délibérément la « santé » économique et sanitaire des pays occidentaux (et, par extension, des autres pays dépendants, notamment les pays pauvres, entraînés malgré eux dans cette débâcle), aux fins d’enclencher cette « mutation » du capital financier, ce virus plus dangereux que le coronavirus. Cette stratégie criminelle dévoile la nature perverse des classes dirigeantes contemporaines.

Le Covid-19 n’a constitué qu’un prétexte opportun à la mise en œuvre de cette politique de sabordage économique, opérée « au nom de la sauvegarde sanitaire ». Or, d’un point de vue purement comptable, cette stratégie de confinement est dramatiquement coûteuse. Si l’on met en balance le coût de fabrication ou d’achat des matériels sanitaires et médicaux, et de construction d’établissements de soins complémentaires, même réalisés dans l’urgence, et le coût économique d’un arrêt complet de la production avec ses désolations collatérales en matière de chômage pandémique et de faillite d’entreprises, on constate immédiatement que la première option d’investissement urgente est plus rationnellement adaptée aux intérêts du pays, tant au niveau sanitaire qu’au niveau économique. Aussi, compte tenu de ces éléments, il est manifestement évident que le sabordage généralisé de l’économie constitue bien une planification ourdie par les élites financières et non l’œuvre d’une décision « irrationnelle » politique. C’est l’oligarchie financière mondiale dont les capitaux étaient menacés par l’éclatement imminent de la « bulle financière » qui a actionné cette opération de sabordage pour accélérer en sa faveur le processus de financiarisation de l’économie. Cette mutation économique était devenue la priorité primordiale pour les grands financiers mondialistes, bien avant l’intérêt national. Pour preuve de la mainmise des financiers dans ce coup d’État économique mené sous couverture sanitaire, la faiblesse de la perte du capital financier enregistrée au niveau des bourses, depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19 : comparativement à la crise de 2008, aujourd’hui les pertes sont plus faibles. Et comment expliquer cette faiblesse en matière de pertes boursières ? La réponse est dans la question.

En tout état de cause, cela prouve une chose : l’intérêt du capital financier est radicalement distinct des nations et des peuples. Le capital financier est, sous le rapport de la « valeur », un capital factice, mais aux capacités réelles de domination économique et politique. Actuellement, placé devant une crise insurmontable, le capital financier, dirigé par une élite cynique, a décidé de régler à sa manière les contradictions du capital. Quitte, comme on l’observe aujourd’hui, à tenter des « solutions » dramatiquement préjudiciables pour les économies nationales et les populations, les premières condamnées à la faillite, les secondes à la famine. Le capital financier est sans foi ni loi. Pour pérenniser sa domination de classe au moyen d’une restructuration du capitalisme, il est disposé à sacrifier des pans entiers de l’économie planétaire et à réduire à la misère des centaines de millions de personnes. Quitte à financer la « nouvelle économie », reconfigurée selon les intérêts du capital financier, par les Etats, autrement dit avec l’argent des contribuables (des travailleurs) et l’endettement. Or, l’endettement de l’État est assuré par les banques centrales. Aussi, avec l’expansion actuelle de l’endettement des États, se profile inéluctablement la perte de contrôle sur le développement de leur économie, aujourd’hui plus que jamais obéré par la crise précipitamment enclenchée par le capital financier. Avec l’aggravation de la crise économique, ces mêmes États sont condamnés à recourir au crédit pour renflouer leur trésorerie anémiée, afin de subventionner leurs rares survivantes entreprises, assurer la survie de leurs populations affamées par le nouvel ordre économique génocidaire qui se dessine. Inexorablement, pour bénéficier des crédits, les Etats doivent passer sous les fourches caudines des banques centrales. Autrement dit, les Etats vont devoir capituler devant le capital financier, abandonner leur indépendance.

Lentement mais sûrement, le pouvoir de l’oligarchie financière étend sa domination sur tous les pays, y compris contre une grande partie de la petite et moyenne bourgeoisie, aujourd’hui précarisée, paupérisée, prolétarisée, néanmoins toujours plein d’illusions sur les magnificences du capitalisme.

Qui a dit que le prolétariat avait disparu ? N’est-ce pas plutôt à la disparition définitive des « classes petites et moyennes bourgeoises » que nous assistons. À leur prolétarisation rampante, à leur précipitation irréversible dans la misère et la mendicité, à leur clochardisation. Aujourd’hui, Marx a gagné contre ses détracteurs qui encensaient le capitalisme triomphant, assurant éternellement bonheur et prospérité, élévation constante du niveau de vie, ascension définitive sociale, disparition de la paupérisation, le triomphe irréversible des classes moyennes, signant la fin de l’histoire, etc (sic). Aujourd’hui ne subsiste sur la scène historique que deux classes antagoniques : la bourgeoisie et le prolétariat. La première nous mène vers l’hécatombe. Le second doit empêcher cette perspective par son devoir de s’atteler à remplir sa mission historique d’émancipation de l’humanité, autrement dit la fin de la société de classe.

Mesloub Khider

 

Une réponse du camarade Gérard Bad :

Coup d’Etat planétaire ourdi par l’oligarchie financière

11 mai 09:53, par oeil de faucon

Cet article est tiré de Tribune ML sous le non « Coup d’État mondial des Banques Centrales ». Que faut il entendre par coup d’ état mondial ? Que je sache les banques centrales par exemple en Europe ont toutes un siège à la BCE, et ce n’ est pas l’ injection de 750 milliards d’ euros approuvés par les états, qui peuvent présenter un caractère de coup d’ Etat qui plus est mondial.

Résister
face au Coup d’État mondial des Banques Centrales !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/05/01/1er-mai-2020-resister-face-au-coup-detat-mondial-des-banques-centrales/

 

 

 

Post en réponse

proposé par TML :

 

Prévisualisation

Coup d’Etat planétaire ourdi par l’oligarchie financière

par Luniterre

 

 

Constater que Khider Mesloub a plagié l’article de TML est une chose, constater qu’il n’en a néanmoins pas compris l’essentiel, une autre !

Quant à le reformuler ainsi :

« Que je sache les banques centrales par exemple en Europe ont toutes un siège à la BCE, et ce n’ est pas l’ injection de 750 milliards d’ euros approuvés par les états, qui peuvent présenter un caractère de coup d’État qui plus est mondial. » [ Gérard Bad ]

C’est ne pas l’avoir compris non plus, ou bien, pas lu entièrement.

En effet, ce n’est pas ce qui y est dit.

Ce n’est pas l’importance relative de telle ou telle somme injectée, même si néanmoins réellement « astronomique », mais le sens de l’évolution économique et monétaire que la présente crise implique qui importe réellement, et constitue un changement irréversible dans l’évolution du système de domination de classe.

En réalité, c’est bien depuis 2008 que le système entier est sous perfusion monétaire par injections constantes de liquidités « astronomiques » et incapable de résorber cet excédent de liquidités par une augmentation de la valeur réellement dégagée du secteur productif.

L’idée originelle et « officielle » du QE et autres formes d’injections était en principe de relancer l’appareil productif et de permettre la revalorisation du capital dans le circuit productif.

Autrement dit, il y avait là une prétention à renouer un lien entre l’aspect spéculatif « fictif » du capital financier et son aspect d’investissement industriel « productif ».

Or cela n’a pas été le cas, et en ce sens le simple « sauvetage des banques » n’a aucunement permis un « sauvetage de l’économie réelle », en termes de développement.

Ce fut simplement un sauvetage relatif, de « maintien à flot », c’est à dire de stagnation, sans nouvelle valorisation significative possible.

Le « regonflage » d’une nouvelle bulle financière menait donc tout droit à un krach majeur, très prochainement, et qui a donc été évité en « crevant l’abcès » sous prétexte de « pandémie mondiale ».

Mais le résultat est bien que les politiques monétaires de type QE, historiquement et supposément « non conventionnelles », sont devenues la règle, et même la règle obligatoire, la condition sine qua non de la survie du système.

Donc dire que les États, les monopoles industriels et financiers, les banques d’affaires et de dépôt « normales », ou même les TPE-PME ou quelque acteur économique que ce soit, sont « d’accord » pour cette politique, ou « approuvent » les nouvelles « injections », quelles qu’en soient désormais les sommes, cela n’a réellement aucune signification, vu qu’ils n’ont aucun autre choix, sinon leur propre mort, en tant qu’États, banques, entreprises, etc… !

Et ce n’est donc pas par elle-même l’accumulation exponentielle d’endettement, ni même les excédents de liquidités en circulation, qui rendent impossible le retour en arrière, mais bien le fait qu’avec le développement de la robotisation de la production et des services, avec le recul de la part du travail productif humain dans l’économie mondiale, c’est l’évolution actuelle des forces productives qui mène à une évolution des formes par lesquelles se manifeste la loi de la valeur dans l’économie, et précisément, en l’occurrence, une transformation profonde de la relation entre crédit et circulation monétaire.

C’est ce qui est expliqué dans la série d’articles en lien, se terminant avec la « Lettre ouverte aux aveugles de la « gauche » française  » :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/05/06/lettre-ouverte-aux-aveugles-de-la-gauche-francaise/

Et du reste, il est significatif que Khider Mesloub ait tronqué l’essentiel de la citation de Marx, qui se terminait ainsi :

« La science consiste précisément à établir comment la loi de la valeur s’impose. »

Luniterre

 

 

A la suite, un échange utile avec le camarade Gérard Bad :

 

 

Bonjour matinal [  … reçu de Gérard Bad  ]

Ne pouvant te répondre au coup par coup, et comme tu poses la question d’un « coup d’ Etat mondial » des banques centrales, je vais faire un article complet sur le sujet puisque tu n’ es pas le seul à émettre cette idée. Le sieur F.Chesnais parle de « coup d’Etat fondateur de la dictature des créanciers.. »l’ expression «  dictature des créanciers nous vient de (Fitoussi 1995), (Bourguiba,1995) va plus loin avec «  sa tyrannie des marchés ». Par contre il aurait été intéressant que tu parles des GAFA et du Libra qui essaye de détrôner le dollar, ces GAFA américains et chinois sont devenus une puissance financière agissante qui menace les banques. Si ils parvenaient à s’imposer comme nouvelle monnaie universelle, comme l’ avait fait le dollar après la seconde guerre mondiale nous pourrions alors parler d’un bouleversement mondial au niveau de la monnaie internationale, monnaie qui deviendra alors complètement virtuelle comme Marx l’ avait prévu je cite:

« C’est pourquoi l’argent, sous sa forme immédiate, correspondant à une phase historique antérieure au capital, apparaît à celui-ci comme frais de circulation. Le capital s’efforcera donc de se convertir en une forme qui lui soit adéquate, en en faisant le représentant d’une phase de la circulation qui ne lui coûte pas de travail et n’a pas de valeur. Le capital cherche donc à supprimer l’argent sous sa forme et son existence traditionnelles et immédiates et à le transformer en un produit du capital, en en faisant un produit purement idéal, c’est-à-dire matériellement aboli. » Fondements t II p 186

Toute l’ histoire de la monnaie, de l’ or au billet jusqu aux signes de la monnaie scripturale et maintenant électronique l’ argent ne sortira plus des banques

Bien à toi et à te lire,

GB

Réponse TML >>>

 

Bonjour, camarade!

 

L’expression:

 

« coup d’Etat fondateur de la dictature des créanciers.. »

 

saisit assez bien un aspect immédiat de ce qui vient de se passer, mais ne va pas jusqu’à la racine de cette problématique, qui est l’évolution des formes par lesquelles se manifeste la loi de la valeur en fonction de l’évolution des forces productives.

 

A cet égard, par contre, tu as tout à fait raison de souligner le rôle particulier et particulièrement important, « qualitativement », si l’on peut dire, que jouent les GAFA, et y compris chinois, comme tu n’oublies pas, et fort à propos, de le noter.

 

« Qualitativement » s’entend ici au sens du changement de nature des rapports de production, avec le recul constant de la part du travail humain productif.

 

Par contre, il ne faut pas surévaluer l’apparition éventuelle de « monnaies dissidentes » virtuelles en concurrence des monnaies « marchandises » actuelles, vu qu’elles se placent précisément en concurrentes « marchandes » et non en sources de crédit réellement opérationnel, qui est devenu et restera, sauf révolution politique, l’apanage des Banques Centrales.

 

Les fluctuations des marchés financiers sont elles-mêmes désormais soumises à la pression des Banques Centrales, comme le montre leur nivellement actuel. Les acteurs du marché ne font eux-mêmes globalement plus grand chose d’autre que le même genre de théâtre d’ombres qu’est devenue depuis très longtemps la « démocratie » parlementaire bourgeoise.

 

Leur « tyrannie » n’est plus que celle de cabots kollabos, tenus en laisse par l’oligarchie des Banques Centrales.

 

Bien à toi,

 

Amicalement,

 

Luniterre

 

 

 

En réponse à un envoi de doc,

une réflexion sur les GAFA et la plus-value :

 

Bonsoir, camarade !

 

Je te remercie pour l’envoi des docs sur les GAFA

 

Le sujet sur les monnaies virtuelles « dissidentes » est intéressant, également, mais avec l’évolution actuelle cela ne change pas grand chose en termes de circulation monétaire.

 

Même si une grosse boite comme Facebook crée sa monnaie, tôt ou tard elle doit être convertible et donc soumise aux pressions du marché monétaire.

 

Évidemment, il peut y avoir concurrence avec une monnaie telle que le dollar, mais cela implique précisément une convertibilité souple, pour en faire une potentielle monnaie internationale qui, de facto, deviendrait, sur le marché des changes, une nouvelle monnaie de « réserve ».

 

Assez logiquement, un tel projet rencontrera l’opposition des banques centrales, à moins qu’il ne se place, d’une manière ou d’une autre, sous leur coupe en termes de crédit.

 

Auquel cas son « existence » ou non deviendrait purement anecdotique, réduite à un gadget commercial.

 

D’une manière générale, la plus-value réelle dégagée par les GAFA, contrairement aux apparences, est en réalité très réduite, sinon pratiquement insignifiante, en rapport de leur chiffre d’affaire, et même de leur bénéfice, qui provient en fait du quasi-monopole mondial qu’ils exercent sur la « production » de valeurs d’usages qui n’exigent pas ou très peu de travail humain vivant.

 

Dans certains cas, néanmoins, une partie importante de leur revenus qui proviennent de la publicité peut s’analyser, en partie, comme de la plus-value indirectement extorquée, lorsqu’il s’agit de pub pour des produits qui contiennent eux-mêmes encore une part de travail vivant.

 

Globalement, deux produits similaires « concurrents », de prix de vente égaux, et qui se partagent un même marché, contiennent tout deux une part de plus-value, disons pour simplifier, au prorata de la part de travail vivant qu’ils comportent encore.

 

S’ils ne comportent plus du tout de travail vivant, ils ne comportent plus de plus-value et ne peuvent générer un bénéfice qu’en situation de monopole ou d’entente entre monopoles « concurrents ».

 

Dans ce cas il y a monopole de la valeur d’usage. La « valeur d’échange » devient en fait la valeur d’utilité marginale, au sens néo-classique du terme.

 

A proprement parler, la notion de valeur d’échange disparaît donc derrière la valeur d’utilité marginale.

 

…Ou du moins, elle semble disparaître… !

 

Mais elle réapparaît « en creux », en quelque sorte, car la valeur d’utilité marginale ne peut fonctionner que si le « client » a de quoi payer pour satisfaire son besoin, éventuellement vital.

 

Or, si son argent ne provient plus de sa force de travail, dans un monde entièrement robotisé, d’où vient-il, sinon, indirectement, du crédit des Banques Centrales qui financent déjà la production ?

 

Et nécessairement indirectement, vu que faute de travail salarié, ce « crédit », pour le consommateur, ne peut apparaître que sous une forme non remboursable à son niveau.

 

C’est précisément ce qui vient de se passer avec la « crise du Covid-19 » et le chômage « partiel » mais massif et qui ne peut donc être financé que très partiellement par la valeur-travail, qui n’est plus générée en proportion. Il est donc financé directement par les États, eux-mêmes financés, directement ou non, par les crédits « débloqués » par les banques centrales…

 

Les Banques centrales en sont donc déjà à financer à la fois la production et la consommation.

 

C’est un avant-goût, en quelque sorte, d’une situation de monopole absolu et/ou de concertation entre monopoles pour une dictature de la valeur d’utilité à la fois marginale et entièrement contrôlée, aux deux bouts du cycle production-consommation, de façon à assurer la pérennité de la domination de classe.

 

Cette dictature de la valeur d’utilité marginale, qui prend progressivement en otage tous les besoins économiques de la vie, et qui repose donc de plus en plus sur le monopole des valeurs d’usages produites par des moyens de plus en plus robotisés, ne peut tenir que sous la coupe réglée par les Banques Centrales, maîtrisant donc complètement la source du crédit et de la création monétaire.

 

La crise de 2007-2008 a déjà jeté, par la force de la nécessité, et notamment sous la forme « QE », les bases « nouvelles » d’un tel système de domination de classe.

 

La « crise du Covid-19 » a permis de « pérenniser » ce qui était jusque là, hypothétiquement et « théoriquement », « non-conventionnel ». …Et de faire quelques pas en avant considérables vers la dictature de la valeur d’utilité marginale, basée sur le monopole des valeurs d’usages, …et le crédit des Banques Centrales !

 

Bien à toi,

 

Amicalement,

 

Luniterre

 

 

Sur les GAFA et la loi de la valeur,

une suite au débat avec le camarade Gérard Bad :

 

 

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Bonjour

voici dans un article sur les GAFA ce que j’ écrivais en 2018

Les GAFA et la loi de la valeur

« Nous sommes d’ accord pour dire que les GAFA ne créent pas de valeur tant qu’ils se positionnent comme une médiation qui n’ a pas plus d’ importance que la publicité. Encore que cette médiation est bien particulière du simple fait que sa ramification pénètre partout1 pour prélever de l’information en temps réel, dont les GAFA font ensuite commerce. Nous pouvons dire que l’informatisation de la société est l’ infrastructure sur laquelle se greffe celle des GAFA; que cet ensemble forme « la nouvelle économie ». […]

http://spartacus1918.canalblog.com/archives/2018/04/19/36325445.html

 

Réponse TML >>>

 

Bonjour, camarade!

Une assez bonne approche de la situation particulièrement transitoire de l’évolution actuelle des forces productives.

Avec, néanmoins, dès le départ, une grosse bévue sur la notion de valeur.

En effet, si une grande partie des revenus des GAFA provient de la publicité, cela ne peut néanmoins fonctionner que s’il y a des usagers pour les services qu’ils produisent, pour les produits qu’ils diffusent, même si souvent gratuitement.

Leur “production” sous toutes ses formes, représente donc une valeur d’usage, et même une valeur d’usage essentielle dans le monde actuel. Il est donc tout à fait faux de dire qu’ils ne produisent pas de valeur!

Par contre, c’est bien le caractère presque entièrement automatisé de cette “production” qui en réduit le caractère “productif” en termes de plus-value, et tend même à le réduire vers le point zéro de l’automatisation intégrale, ce qui n’en préserve pas moins son caractère de valeur d’usage.

Ce qui est important de comprendre, c’est donc comment cette valeur d’usage s’insère dans des circuits productifs et commerciaux “traditionnels” encore essentiellement fondés sur la valeur d’échange.

C’est bien en cela que la situation actuelle est spécifiquement transitoire.

Bien entendu, et comme tu le remarques fort justement toi-même, la tendance du capital est toujours de revenir à sa propre source, qui est la valorisation par accumulation de plus-value dans le circuit productif “traditionnel” où il reste encore une part importante de travail vivant.

Tendance qui ne peut, cependant, contredire fondamentalement la tendance à l’augmentation de la “productivité” par la robotisation et l’exclusion progressive mais irréversible du travail vivant…

Bien entendu, il y a une part importante de l’accumulation opérée par les GAFA qui se joue dans le domaine du capital financier “fictif”, mais il ne faut pas oublier que le lien entre “fictif” et “productif”, même s’il se distend à l’extrême, doit nécessairement se reconstruire sous une forme ou sous une autre pour la pérennité de la domination de classe.

C’est bien ce qui s’est produit, même si de façon insuffisante pour régler durablement le problème, avec la solution “QE” après 2008. Et c’est bien pourquoi ce type de solution est donc devenu systématique et systémique, avec la présente “crise du Covid-19”, par le crédit tous azimuts répandu par les Banques Centrales.

Le lien entre le capital “fictif” des GAFA et leur “production” spécifique s’effectue donc directement par le monopole des valeurs d’usage produites, ce qui en fait une évolution nouvelle et particulière, qui inaugure donc, en quelque sorte, une évolution caractéristique des rapports de production au sein du système de domination de classe.

D’ores et déjà, elle apparaît sous la forme de la valeur d’utilité marginale, qui coexiste donc, dans cette phase transitoire, avec la “bonne vieille” valeur d’échange: lorsqu’un travailleur salarié paye un produit ou un service venant de cette source nouvelle de valeur d’usage, il le fait néanmoins avec le prix de sa force de travail. Pourtant il est tout à fait impossible de définir cela comme “échange”, car l’échange avec un circuit de production entièrement automatisé, c’est bien un échange entre un humain et une machine, c’est à dire un non-échange, à proprement parler, sauf à prêter une personnalité complète à la machine.

La “personnalité” de la machine n’est que celle du monopole GAFA qui la contrôle, en tant que source de valeur d’usage.

Ce qui nous ramène bien au concept tout à fait opérationnel, dans ce cas, de valeur d’utilité marginale. …Et à son lien incontournable, d’ores et déjà, avec la circulation monétaire d’un nouveau genre en train de se mettre en place sous l’égide du nouveau pouvoir des Banques Centrales.

A noter que même s’il devait y avoir une “guerre” plutôt qu’une “fusion” entre GAFA et Banques Centrales, cela n’empêchera pas que ce type de circulation monétaire sera celui mis en place au final, même si les GAFA arrivent à dominer le circuit du crédit et de la création monétaire.

Bien à toi,

Amicalement,

Luniterre

 

Suite de l’échange >>>

Bonsoir,

Un autre texte sur les GAFA (http://spartacus1918.canalblog.com/archives/2018/03/29/36274911.html ), qui devrait te permettre de te rendre compte que la création de pl dans ces secteurs n’ est pas simple. Si nous prenons Amazon Nous pourrions penser qu’il y a création de valeur, seulement si il y a du travail salarié. Mais les GAFA embauchent des gens sans véritable statut, voir celui d’indépendant ou d’ auto entrepreneur de soi. Par conséquent sans travail salarié pas de pl, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’ exploitation. Si nous prenons Uber « le dit capitalisme de plate forme » il fait son profit en jouant sur un capital constant faible et sans salariés ou trés peu.

Tu verras mon autres textes, qui visait à alerter mes copains de l’ importance de ce nouveau capitalisme.

Pour qu’il n y est pas de confusion entre nous sur la pl, pour Marx est productif de pl celui ou celle qui fait fructifier le capital, et donne plusieurs exemples comme celui d’ une chanteuse qui chante pour un patron donc salariée, celui d’ un instituteur qui travail pour le privé en opposition avec celui qui est payé par l’ etat ( un mangeur de pl…)

En ce qui concerne la BCE, le « coup d’ Etat » je dirais plutôt le coup de force, vise entre autre à calmer les velléités souverainistes, et les récentes déclaration des eurocrates le prouve avec la dissidence allemande.

G.B.

 

Réponse TML >>>

 

Bonsoir, camarade!

Franchement, camarade, dans ce dernier mail tu parles de création de valeur sur la base du travail salarié, c’est à dire donc bien de plus-value…

Je ne trouve pas les chiffres précis de chiffre d’affaire pour les Gafa en 2019, mais il est certain que cela se chiffre en centaines de milliards de dollars et peut donc se comparer au budget annuel de pas mal d’États, dont la France…

(Question capitalisation boursière, il s’agit même carrément de milliers de milliards de dollars)

Quoi qu’il en soit, le chiffre d’affaire est essentiellement de la valeur générée annuellement par leur activité économique, et d’autant plus que leurs frais sont évidemment très limités, y compris et précisément en personnel salarié !

C’est donc bien pourquoi je t’ai déjà précisé : « D’une manière générale, la plus-value réelle dégagée par les GAFA, contrairement aux apparences, est en réalité très réduite, sinon pratiquement insignifiante, en rapport de leur chiffre d’affaire, et même de leur bénéfice, qui provient en fait du quasi-monopole mondial qu’ils exercent sur la « production » de valeurs d’usages qui n’exigent pas ou très peu de travail humain vivant. »

Mais l’analyse peut être plus complexe, et une partie de la plus-value générée dans le secteur productif s’y retrouve sous une autre forme.

 

« Dans certains cas, néanmoins, une partie importante de leur revenus qui proviennent de la publicité peut s’analyser, en partie, comme de la plus-value indirectement extorquée, lorsqu’il s’agit de pub pour des produits qui contiennent eux-mêmes encore une part de travail vivant. »

 

De fait, sans l’activité commerciale des Gafa, une partie importante de l’activité du secteur productif n’existerait pas à un tel stade de développement.

On ne peut donc les séparer totalement. C’est l’un des aspects actuels du développement des forces productives propre à notre époque et qui la distingue des précédentes.

 

Pour autant, cela ne résout pas la question fondamentale de la source de la valeur générée par les Gafa.

 

Ce n’est donc pas uniquement une part prélevée commercialement sur la plus-value, au sens classique de ce « partage » à l’époque de Marx. Néanmoins, en étudiant l’évolution de la loi de la valeur, y compris de manière prospective, telle qu’il l’a fait notamment dans les Grundrisse, Marx nous fournit pourtant la réponse à cette question.

 

Dans son analyse de l’automatisation de la production il est clairement expliqué que la l’action de la loi de la valeur cesse avec la fin de l’existence du travail productif humain, c’est à dire la robotisation totale de la production et des services.

 

Bien entendu, en 1857, la combativité du prolétariat l’incitait à penser que cette transition s’opérerait sous le socialisme, voire même sous la phase supérieure du communisme déjà en voie de réalisation.

 

Toutefois il est néanmoins clair dans ses texte que le rapport entre l’évolution des forces productives et l’action de la loi de la valeur se détermine jusqu’à un certain point indépendamment des superstructures politiques, communistes ou non.

Le fait que l’action de la loi de la valeur doive s’éteindre progressivement avec le développement de l’automatisation ne signifie donc pas nécessairement la fin du capitalisme, ou, à tout le moins, d’un système de domination de classe.

A l’évidence, l’automatisation de la production et des services a progressé beaucoup plus rapidement que la lutte des classes, et surtout que l’avancée de la conscience de classe, qui a même, tout aussi évidemment, fortement reculé, en comparaison des époques précédentes, dont celle de Marx.

C’est une évidence qu’il faut simplement assumer de manière cohérente dans nos analyses, ce que la plupart des pseudos- « marxistes » sont bien incapables de faire, et refusent même carrément, consciemment ou non, utilisant maintes formes de déni les plus diverses et toutes à la fois pitoyables et délétères pour le mouvement prolétarien.

Il nous faut donc comprendre l’évolution actuelle des formes par lesquelles se manifeste encore l’action de la loi de la valeur dans le contexte actuel, et non dans un contexte imaginaire qui n’existe plus.

Dans l’article envoyé par ton mail précédent tu parles assez clairement du capital accumulé par l’activité des Gafa, tout en niant d’entrée de jeu que cela puisse être de la valeur créée par leur activité… !

« Les GAFA et la loi de la valeur

 Nous sommes d’ accord pour dire que les GAFA ne créent pas de valeur tant qu’ils se positionnent comme une médiation qui n’ a pas plus d’ importance que la publicité. »

Or l’essentiel de l’activité des Gafa est caractérisé précisément par son automatisation presque totale, via les processus informatiques qui ne nécessitent donc, comme on l’a souligné au départ, qu’une proportion infinitésimale de travail vivant.

Il s’agit donc de services et même de produits qui n’ont le plus souvent même plus de supports matériels à proprement parler. Ce n’en sont pas moins des services et/ou des produits qui prennent un caractère incontournable et même essentiel dans l’économie actuelle. Ce sont donc d’abord et avant tout des valeurs d’usages indispensables, qui s’insèrent pratiquement et concrètement en tant que telles dans les circuits économiques.

En tant que telles elles représentent bien un ensemble de valeurs créées par l’activité de ces Gafa, sans générer pour autant de plus-value en proportion, et pour cause !

Elles n’en arrivent pas moins sur le marché, non pas en tant que valeurs d’échange, mais bien en tant que valeurs d’utilité marginales, au sens tout à fait néoclassique du terme, ce que j’ai déjà tenté de t’expliquer, du reste, ainsi que l’interpolation entre les deux types de valeurs désormais en circulation dans l’économie actuelle.

Ce que la fraction la plus avisée et consciente de la bourgeoisie a parfaitement compris et tente d’assumer concrètement et durablement par le contrôle monopoliste du crédit qu’elle peut exercer via les Banques Centrales.

Bien à toi,

Amicalement,

Luniterre

 

 

Relire Marx au 21ème siècle

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Marx retour à st Simon ?

Par Gérard Bad

Bonjour,

Voici le passage de K.Marx du T III du capital qui me taraude l’ esprit,c’ est un retour a saint Simon et je pense une interprétation de Engels qui admirait Saint Simon. Friedrich Engels rapprochait l’œuvre de Saint-Simon de celle de Hegel en des termes élogieux : « Hegel fut, avec Saint-Simon, la tête la plus encyclopédique de son temps. » Et il ajoutait : « Nous trouvons chez Saint-Simon une largeur de vue géniale. » En effet, Saint-Simon est le premier à analyser la Révolution française en termes de lutte des classes, en indiquant dès 1802 qu’entre les propriétaires et les non-propriétaires, il y a une « lutte qui, par la nature des choses, existe nécessairement toujours entre eux et vous ».La spécificité de Saint-Simon est d’y opposer la classe des « industriels » (encore dénommés « producteurs » ou « travailleurs » et composés des capitalistes industriels, banquiers, petits entrepreneurs et salariés) qui contribuent à la production sociale à celle des « oisifs » (usuriers, propriétaires terriens ou détenteurs de titres de la dette publique) considérés comme des consommateurs prédateurs. Autrement dit les « actifs » et les « oisifs ». Sachant que le TIII fut organisé et publié par Engels, je pense qu’il y a un problème à ce niveau :

«  Transformation du capitaliste réellement actif en un simple dirigeant et administrateur de capital d’ autrui et des propriétaires de capital en simples propriétaires, en simples capitalistes financiers. Même si les dividendes qu’ils touchent incluent l’ intérêt et le profit d’ entreprise, c’ est à dire le profit total ( car les émoluments du dirigeant sont ou devraient être un simple salaire pour une sorte de travail spécialisé, dont le prix est réglé sur le marché du travail comme pour n’importe quel autre travail), ce profit total ne sera plus perçu que sous la forme de l’ intérêt, c’ est à dire comme simple rémunération pour la propriété du capital qui est ainsi complètement séparé de sa fonction, dans le procès réel de reproduction, tout comme cette fonction, dans la personne du dirigeant, est séparée de la propriété du capital. Le profit se présente comme simple appropriation de surtravail d’ autrui (il ne s’ agit plus d’ une partie du profit, l’ intérêt, qui tire sa justification du profit de l’ emprunteur); il résulte de la conversion des moyens de production en capital, c’ est à dire leur aliénation, vis à vis des producteurs effectifs, de leur opposition, en tant que propriété étrangère, à tous les individus réellement actifs dans la production depuis le directeur jusqu’ au dernier journalier. » Capital T3,chap.XXVII, p 460/461 ed. Moscou)

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Réponse TML >>>

 

 

Bonjour, camarade !

 

Je viens seulement de trouver tes mails matinaux, sinon carrément « nocturnes », alors que de mon côté, presque aussi matinal, je rédigeais une courte réflexion sur la lecture de Marx au 21ème siècle…

 

Je te la livre donc telle qu’elle était sur le point de partir, même avant lecture de la citation de Marx qui te « taraude » à ce point…

 

Comme tu le verras, elle semble en quelque sorte répondre à ton interrogation, pour l’essentiel…

 

Notamment sur la question du rapport entre valeur d’échange et valeur d’usage chez Marx, et avec la notion de travail productif en général.

 

Je pense que c’est dans la relation entre ces trois éléments, valeur d’usage, valeur d’échange, et travail productif, que persiste encore une relative confusion dans ton raisonnement.

 

De ce point de vue, il n’y a donc plus aucun mystère…

 

Du moins, je l’espère pour toi, car cela est on ne peut plus simple si l’on fait simplement une lecture littérale des textes de Marx, et non pas biaisée par les interprétations dogmatiques qui se sont empilées dessus depuis la publication du Capital…

 

Pour mieux comprendre, il faut évidemment remettre cette citation dans son contexte, qui est le chapitre XXVII du Livre III du Capital,

« LE RÔLE DU CRÉDIT DANS LA PRODUCTION CAPITALISTE ».

 

La traduction « marxists.org » (…copie de « La Pléiade » de Rubel?), étant comme d’habitude assez obscure, pour le moins, je me suis donc reporté à http://inventin.lautre.net/livres/MARX-Le-Capital-Livre-3.pdf , pages 408-409 du bouquin et page 203 du doc PDF :

 

« 2° Accélération par le crédit des différentes phases de la circulation, de la métamorphose des marchandises, outre la métamorphose du capital; partant, accélération du procès de reproduction en général. (Par ailleurs, le crédit permet de garder plus longtemps séparés les actes de l’achat et de la vente et sert donc de base à la spéculation.) Contraction des fonds de réserve, ce qui peut être considéré d’un double point de vue: d’une part, comme une diminution du moyen en circulation et, d’autre part, comme la réduction de la partie du capital qui doit toujours exister sous forme argent.

Constitution de sociétés par actions. Les conséquences :

  • 1° Extension énorme de l’échelle de la production et entreprises qui auraient été impossibles à des capitaux isolés. En même temps, des entreprises, qui étaient jadis gouvernementales, se constituent en sociétés.
  • 2° Le capital, qui repose, par définition, sur le mode de production sociale et présuppose une concentration sociale de moyens de production et de force de travail, revêt ici directement la forme de capital social (capital d’individus directement associés) par opposition au capital privé; ses entreprises se présen­tent donc comme des entreprises sociales par opposition aux entreprises privées. C’est là la suppression du capital en tant que propriété privée à l’intérieur des limites du mode de production capitaliste lui-même.
  • 3° Transformation du capitaliste réellement actif en un simple dirigeant et administrateur de capital d’autrui et des propriétaires de capital en simples propriétaires, en simples capitalistes financiers. Même si les dividendes qu’ils touchent incluent l’intérêt et le profit d’entreprise. c’est-à-dire le profit total (car les émoluments du dirigeant sont ou devraient être un simple salaire pour une sorte particulière de travail spécialisé, dont le prix est réglé sur le marché du travail comme pour n’importe quel autre travail), ce profit total ne sera plus perçu que sous la forme de l’intérêt, c’est-à-dire comme simple rémunération pour la propriété du capital qui est ainsi complètement séparée de sa fonction dans le procès réel de reproduction. tout comme cette fonction, dans la personne du dirigeant. est séparée de la propriété du capital. Le profit se présente comme simple appropriation de surtravail d’autrui (il ne s’agit plus d’une partie du profit, J’intérêt, qui tire sa justification du profit de l’emprunteur); il résulte de la conversion des moyens de production en capital, c’est-à-dire de leur aliénation vis-à-vis des producteurs effectifs, de leur opposition, en tant que propriété étrangère, à tous les individus réellement actifs dans la production, depuis le directeur jusqu’au dernier jounalier. »

 

Il est donc caractéristique que ce passage se situe précisément dans un chapitre ou Marx examine le rôle du crédit sur l’évolution des formes du développement économique industriel de son temps. A noter que concrètement les deux situations sont évidemment compatibles et que le « directeur salarié » est aussi généralement un détenteur de capitaux sous cette forme « nouvelle » que décrit ici Marx, et même de capitaux de l’entreprise ou du monopole qu’il dirige comme « salarié », dans la plupart des cas, avec donc un fort intéressement au résultat de l’entreprise.

 

Néanmoins il s’agit ici clairement des prémisses de la transition du capitalisme industriel déjà « classique » en ce temps vers la formation des monopoles régis essentiellement par le capitalisme financier.

 

Aujourd’hui, grâce à Lénine, notamment, nous avons pu comprendre et analyser complètement cette évolution du capitalisme vers le stade impérialiste encore actuel.

 

Néanmoins, depuis 2008, et définitivement avec la présente « crise du Covid-19 », nous voilà déjà bien avancés sur le seuil d’une nouvelle mutation du système de domination de classe, et il se trouve que le crédit en est encore et plus que jamais le moyen essentiel…

 

A la suite, et tel quel, mon « précédent » mail, rédigé ce matin à l’aube…

 

Bien à toi,

 

Amicalement,

 

Luniterre

 

PS: Merci également pour les textes de F. Chesnais, tout à fait intéressants , mais que je n’ai pas encore eu le temps d’étudier suffisamment pour en parler!

 

 

 

MON MAIL  » MATINAL » >>>

 

*************************

 

 

Bonjour, camarade !

 

Une précision qui me semble nécessaire sur la lecture de Marx au 21ème siècle…

 

En effet, tu tentes de résumer :

 

«  Pour qu’il n y est pas de confusion entre nous sur la pl, pour Marx est productif de pl celui ou celle qui fait fructifier le capital, et donne plusieurs exemples comme celui d’ une chanteuse qui chante pour un patron donc salariée, celui d’ un instituteur qui travail pour le privé en opposition avec celui qui est payé par l’ etat ( un mangeur de pl…)  »

 

Alors qu’en fait, selon les passages, Marx parle du travail productif en général ou du travail spécifiquement productif de plus-value dans les conditions concrètes de son époque, celle de la « révolution industrielle »… et du capitalisme industriel encore en pleine phase ascensionnelle.

 

Il exprime clairement le fait que dans ces conditions seul est productif de plus-value pour le capital le travail productif industriel, stricto sensu, auquel il adjoint néanmoins déjà les activités de transport, qui sont un service complémentaire indispensable mais pas réellement productif au sens strictement considéré pour le reste des activités industrielles.

 

 

Alors que d’une manière plus générale, la valeur d’échange est simplement une évolution de forme de la valeur qui se base sur la valeur d’usage. L’échange n’ayant donc lieu au départ qu’entre deux valeurs d’usages avant de prendre une forme monétaire.

 

Mais fondamentalement l’échange selon Marx, en tant que processus fondateur de la dite valeur d’échange, n’a donc de sens qu’entre producteurs de valeurs d’usage, même si, ultérieurement, par le détour de la monnaie.

 

L’échange, même très indirect, entre producteurs, reste une des conditions de la circulation du capital nécessaire à la production de plus-value. C’est un des principe qu’il explique et exprime très clairement dès les Grundrisse.

 

C’est l’un des principes dont l’action se réduit et tend donc même à disparaître totalement avec l’automatisation de la production, ce qu’il explique aussi très bien dans les Grundrisse, et ce que j’ai tenté de te résumer en expliquant tout simplement qu’il n’y a plus réellement d’échange entre le consommateur et la production d’une industrie entièrement automatisée.

 

C’est une évidence qui n’a pas échappé à M. Hervé Hum, par exemple, qui a pourtant jusqu’ici eu beaucoup de mal à s’éclaircir les idées sur toutes ces questions. (https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/05/02/de-la-source-economique-du-nouveau-pouvoir-des-banques-centrales/#comment-7635 )

 

Néanmoins, cela ne va pas encore chez lui jusqu’à la compréhension de la valeur d’utilité marginale, pourtant nécessaire à la compréhension d’un système industriel monopoliste, et surtout, entièrement automatisé, tel qu’il se profile déjà dans bien des secteurs de la production.

 

Pour la bourgeoisie, l’utilité immédiate de la théorie de la valeur-travail a commencé à s’estomper dès les débuts balbutiants de l’automatisation industrielle, ce qui a donné naissance à la théorie néoclassique de l’utilité marginale.

 

L’utilité immédiate de cette théorie étant déjà de trouver une issue à la baisse tendancielle du taux de profit. Mais elle n’est évidemment pleinement opérationnelle qu’en situation de monopole, et même, de monopole absolu.

 

Ce qui n’était toujours pas complètement advenu dans le dernier quart du 20ème siècle, malgré les progrès déjà foudroyants de l’automatisation et la réduction drastique de la part du travail vivant dans la production industrielle, et avec elle, la réduction drastique de plus-value industrielle au sens classique du terme.

 

La théorie dite des « chaînes de valeur » est en quelque sorte une théorie hybride qui, à la fois, réintègre le rôle du travail productif industriel et tente d’y assimiler au maximum les activités de services périphériques. Mais finalement non pas pour les développer en tant que travail humain, bien évidemment, mais bien au contraire pour les « réduire » en tant que « coûts » de production…

 

Pour cette approche « théorique », c’est bien la machine qui est productive de valeur, et non pas le travail humain. Or à l’évidence, ce qui sort d’une chaîne de production entièrement automatisée reste incontestablement une valeur d’usage…

 

Le problème du capital restant donc toujours qu’elle n’a plus de valeur d’échange, mais bien seulement une valeur d’utilité marginale !

 

D’où la nécessité absolue, pour la classe dominante, d’en organiser le monopole absolu, avant l’échéance de la disparition complète du travail productif humain…

 

La disparition progressive de la valeur d’échange implique donc inévitablement la monopolisation du crédit ( et donc de la création monétaire), seule garantie possible du monopole des valeurs d’usage, c’est à dire, du point de vue de la domination de classe, du monopole de de leur transformation en valeurs d’utilité marginale.

 

La dette, publique et/ou privée, est la seule laisse par laquelle la classe dominante peut encore tenir l’ensemble du système social et de l’appareil productif entre ses mains. Et à ce stade, à l’évidence, peu importe le taux d’intérêt… Même un taux « négatif » reste une laisse efficace de domination, par la maîtrise de la création et de la circulation monétaire.

 

 

Bien à toi,

 

Amicalement,

 

Luniterre

 

 

***********************************************

Conclusion provisoire

par Gérard Bad

Je retiens donc ce qui me semble être ta thèse, il faudrait développer avec des exemples, sur ce sujet Tom Thomas, un ML que je considère positivement et avec qui je correspond, a publié notamment « l’ hégémonie du capital financier », mais aussi Loren Goldner qui fait partie de notre mouvement a lui aussi une bonne connaissance de Marx, si tu ne les connais pas je te ferai parvenir les liens.

« La disparition progressive de la valeur d’échange implique donc inévitablement la monopolisation du crédit ( et donc de la création monétaire), seule garantie possible du monopole des valeurs d’usage, c’est à dire, du point de vue de la domination de classe, du monopole de de leur transformation en valeurs d’utilité marginale.

La dette, publique et/ou privée, est la seule laisse par laquelle la classe dominante peut encore tenir l’ensemble du système social et de l’appareil productif entre ses mains. Et à ce stade, à l’évidence, peu importe le taux d’intérêt… Même un taux « négatif » reste une laisse efficace de domination, par la maîtrise de la création et de la circulation monétaire. »

 

 

 

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