Indépendance Russe, Socialisme, Rôle de Staline : trois aspects de la « Résolution » du Parlement Européen

 

 

REÇUE PAR VOIE DE MAIL, CETTE DÉCLARATION DU PR-C

Bonjour,

voici le texte du parti concernant le vote au parlement européen d’un texte anti-communiste qui ne doit pas  susciter de pleurnicherie de notre part mais la volonté de mener la bataille politique pour abattre le capitalisme et construire le socialisme.
fraternellement

Michel Gruselle

secrétaire de la cellule Université recherche

Parti Révolutionnaire COMMUNISTES

 

01-10-2019

Vote au parlement européen : Le communisme un spectre qui hante toujours l’Europe !

« Importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe », c’est sous ce titre que le parlement européen vient de voter une résolution à l’occasion du 80e anniversaire du déclenchement de la deuxième guerre mondiale. Ce texte a été adopté par 535 voix allant de l’extrême droite, au socialistes en passant par les verts, la droite européenne et les centristes du parti macronien. Seul le groupe Gauche Unitaire Européenne s’y est opposé.

Que dit ce texte ? Il affirme que la guerre a été le résultat du pacte germano-soviétique et que les deux responsables en sont le nazisme et le communisme dont l’objectif était de se partager l’Europe. Il nie que pour Hitler la destruction de l’URSS, sa colonisation et l’éradication du socialisme furent l’un des objectifs majeurs du nazisme. Il passe sous silence le refus aux demandes des soviétiques de signer un pacte de non agression entre les occidentaux et l’URSS et la signature le 30 septembre 1938 des « accords de Munich » entre Hitler, l’Angleterre, la France, l’Italie et qui livrent la Téchécoslovaquie à Hitler. Il passe sous silence le rôle décisif de l’URSS dans la défaite du nazisme. Cette thèse si elle n’est pas nouvelle est ici remise à l’ordre du jour par le parlement européen, elle vise à évacuer la question centrale de la nature impérialiste de la guerre, de celle du nazisme et de la révolution socialiste et plus largement de l’affrontement toujours actuel de classe entre le capital et le travail. Elle vise à interdire les activités des partis révolutionnaires, ce qui est déjà le cas dans quelques pays de l’Union Européenne et à conforter par la force l’ordre social dominé par le grand capital dans un moment où la crise au sein du système impérialiste s’aiguise et se traduit par des affrontements de plus en plus violents faisant des millions de victimes. Il s’agit bien donc et de rien d’autre que d’un acte de guerre contre le mouvement ouvrier révolutionnaire et c’est comme cela que nous devons le prendre. Ce vote du parlement européen est la traduction directe de ce que nous affirmons : la nature impérialiste de la construction européenne, ce que le texte se plaît d’ailleurs à souligner en réaffirmant le rôle de l’alliance militaire de l’OTAN. Tout cela nous conforte dans notre analyse qu’il n’y a bien qu’une voie pour changer le monde : celle de la lutte des classes pour abattre le capitalisme et construire le socialisme !

 

RÉPONSE TML

Bonjour,

Le constat est bien qu’il s’agit d’un acte de guerre de classe, mais encore faut-il en comprendre tous les aspects et en tirer toutes les conséquences.

Le tract proposé par le PRCF et ses divers clones et alliés (*) a au moins le mérite d’esquisser une défense de la victoire soviétique, même s’il escamote complètement le rôle de la construction du socialisme en URSS, impulsée par la direction politique de Staline, et de manière particulièrement décisive, à partir de la fin de la NEP.

Or l’un des aspects essentiels de cette « résolution » vise expressément et particulièrement, cet héritage soviétique.

Un autre aspect tout aussi important dans le contexte actuel, c’est que cette « résolution » enjoint expressément au gouvernement de la Fédération de Russie de renier officiellement cet héritage dans sa communication envers le public et les autres nations.

Or non seulement le gouvernement russe n’a aucunement cédé à cette injonction, mais il s’est clairement exprimé au plus haut niveau de son ministère des affaires étrangères pour continuer d’assumer le rôle historique de l’URSS et de Staline au cours de la 2ème GM.

Il est donc clair que cette « résolution » visait à rabaisser politiquement et idéologiquement la bourgeoisie nationale russe à un rôle de relai « comprador » de l’idéologie impérialiste. Il est clair que la bourgeoisie européenne est bloquée dans son rôle de vassale de l’impérialisme US face à l’alliance potentielle que la bourgeoisie nationale russe tente de maintenir avec les classes populaires en Russie, sur la base de l’héritage soviétique, même si réduit, pour la circonstance, à son aspect d’unité nationale antifasciste et anti-impérialiste.

C’est, dans le contexte de la crise actuelle, pour la bourgeoisie européenne et occidentale dans son ensemble, la persistance d’une menace de renaissance de la lutte de classe à grande échelle, sur la base d’une relégitimation de l’héritage historique communiste de l’édification du socialisme en URSS, qui fut la base économique sur laquelle s’est construite la défaite du nazisme.

C’est pourquoi l’attaque idéologique frontale menée par cette « résolution » contre le gouvernement de la Fédération de Russie est aussi un acte de guerre de classe, en visant à le contraindre à renoncer à ce qui est encore actuellement la base idéologique de l’indépendance nationale russe. Cette attaque atteste que l’UE considère l’Etat Russe comme celui d’une bourgeoisie nationale récalcitrante et non pas comme un pôle impérialiste concurrent.

Il est clair que pour l’UE cette base idéologique de l’indépendance russe associe le rôle historique de Staline et la construction du socialisme qui en était la base économique.

Les trois aspects, construction du socialisme, rôle de Staline, indépendance nationale russe, même s’ils ont chacun leur spécificité, sont étroitement liés et céder sur l’un ou l’autre, c’est céder sur les trois, et reculer encore, au lieu d’avancer, dans la lutte de classe.

A cet égard, et face au défi de classe que cette « résolution » implique, la déclaration du PR-C est largement insuffisante, tout comme celle du PRCF & associés, même si elle a le mérite de rappeler la nécessité du passage au socialisme.

Elle ne lève pas non plus l’ambiguïté par rapport au rôle de l’UE en tant que force « supranationale » évoquée par le PRCF pour nous rappeler son option « frexit » comme objectif à la lutte de classe. La formule employée par le PR-C n’est pas clairement exclusive non plus d’une « étape frexit » comme objectif préalable, en réalité inutile et même contre-productif en matière d’antifascisme.

Luniterre

 

(* http://mai68.org/spip2/spip.php?article4418  )

 

 

 

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