De la Loi de la Valeur et de l’intégration de l’économie de services au secteur productif

 

https://i1.wp.com/www.volle.com/images/Image31.gif

http://www.volle.com/statistiques/structuremploi.htm

 

 

De la Loi de la Valeur

et de l’intégration

de l’économie de services

au secteur productif

 

 

En réponse à trois documents

reçus de la Librairie Tropiques

 

 

En PDF, ces trois documents, plus deux reçus « par retour du courrier », en première réponse de la part du libraire…

(A noter que cela n’eut point changé notre réponse, confirmant au contraire le caractère « rubelien » de la démarche de ce libraire, par ailleurs utile par la documentation qu’il peut fournir à la cause…)

 

WOLINSKI PIERRE juin 2019

 

reponses a pauline -de D. MAZUET

 

reponse a julien -de D. MAZUET

 

Rubel + exegese I

Exegese II

.

.

>>>UNE BONNE ALTERNATIVE A RUBEL >>> MARX TRADUIT PAR JP LEFEBVRE:

 

MARX – CAPITAL – LI c1 -4. Le caractere fetiche de la marchandise et son secret_pdf

 

 

Extrait de:

http://inventin.lautre.net/livres/MARX-Le-Capital-Livre-1.pdf

 

 

+ DOCUMENTS STATISTIQUES INSEE POUR COMPRENDRE LA STRUCTURATION ACTUELLE DE L’EMPLOI:

 

INSEE- TABLEAUX – EMPLOI PAR SECTEURS ACTIVITES

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/08/insee-tableaux-emploi-par-secteurs-activites.pdf

 

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1906677?sommaire=1906743

https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/1906743/tef2016.pdf

 

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1281283

https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/version-html/1281283/ip1201.pdf

INSEE – PART DES SERVICES 2008

 

 

Bonjour,

Comme vous avez pu le voir dans ma réponse à la réaction de M. J-M Harribey, tout comme dans ma note en réponse à la présentation du livre de M. P. Roubaud, mon approche de la problématique de l’intégration éventuelle de l’économie de services au secteur productif diffère radicalement de celle de ces deux personnages, mais il apparaît donc qu’elle diffère tout aussi radicalement de la vôtre.

En effet elle tient compte du fait que pour Marx la loi de la valeur est trans-historique, sur toute la période où le travail humain reste nécessaire à la survie de l’espèce humaine et où il reste à la base de la plupart des échanges économiques humains, se manifestant notamment sous la forme valeur d’échange.

L’œuvre de Marx porte essentiellement sur la période capitaliste proprement dite, et surtout sur celle singulièrement caractérisée par l’apparition du capitalisme industriel.

De sorte que la plupart des lecteurs généralisent ses propos sans tenir compte du fait qu’il parle spécifiquement ou non de cette période ou d’autres périodes historiques, ou même simplement des fondamentaux de la loi de la valeur dans ce qu’ils ont de trans-historique, sans s’attacher à une période particulière.

Ce travers est même systématiquement cultivé par bon nombre de pseudos- « marxistes » qui entendent nier carrément le caractère trans-historique de la loi de la valeur et ne la considérer que comme une caractéristique intrinsèque du capitalisme, née avec lui, et qui devrait donc le suivre immédiatement dans sa tombe, que nous souhaitons évidemment ouverte aussi prochainement que possible !

Cette lecture « simplifiée » de Marx, en réalité grossièrement révisée, s’est couramment répandue dans les courants gauchistes traditionnels, et, plus récemment, dans les diverses variantes dites de la « wertkritik », mais qui sont parfois les mêmes, désormais.

Cette « lecture » a profondément influencé la « gauche » française et, de façon moins connue, la majorité des économistes en URSS, jusqu’au lendemain de la deuxième guerre mondiale, alors que Staline a courageusement tenté d’en revenir aux fondamentaux de l’économie de transition, peu avant sa mort, en 1953 (D’aucuns, et notamment en Russie, y voyant explicitement un lien de cause à effet…). Les bases de cette forme de révisionnisme avaient été jetées là bas par Boukharine et Preobrajensky, en dépit des querelles sectaires et bureaucratiques qui les ont opposé dans la première décennie de la Révolution Bolchevique.

Cette forme de « relecture » révisionniste se retrouve, assez nettement, dans un style proche de celui de la wertkritik, dans le petit texte de Pierre Wolinski, que vous m’aviez précédemment communiqué.

Pour le reste, il ne dit pas forcément que des bêtises, mais cela suffit à le discréditer en tant que « marxiste », très hypothétique, pour le moins !

Et d’autant plus qu’il entend insister pour une lecture de Marx qui, précisément, prétend éviter le confusionnisme !

En prenant le plus grand soin de ne pas intervertir « A et B », selon son conseil « avisé », j’ai donc relu ce fameux passage de Marx, Capital, sur le caractère fétiche de la marchandise, passage lui-même « fétiche » de la wertkritik…

Sans toujours comprendre la nature de leur fétichisme pour ce texte, où A et B restent donc très formellement et très sagement à leur place…

Sauf effectivement à un passage précis qui semblait avoir été écrit pour la wertkritik, en un sens, et qui a donc attiré mon attention au point d’en revenir au texte allemand :

 

http://www.mlwerke.de/me/me23/me23_049.htm#Kap_1_4

 

« Wenn ich sage, Rock, Stiefel usw. beziehen sich auf Leinwand als die allgemeine Verkörperung abstrakter menschlicher Arbeit, so springt die Verrücktheit dieses Ausdrucks ins Auge. Aber wenn die Produzenten von Rock, Stiefel usw. diese Waren auf Leinwand – oder auf Gold und Silber, was nichts an der Sache ändert – als allgemeines Äquivalent beziehn, erscheint ihnen die Beziehung ihrer Privatarbeiten zu der gesellschaftlichen Gesamtarbeit genau in dieser verrückten Form.

Derartige Formen bilden eben die Kategorien der bürgerlichen Ökonomie. Es sind gesellschaftlich gültige, also objektive Gedankenformen für die Produktionsverhältnisse dieser historisch bestimmten gesellschaftlichen Produktionsweise, der Warenproduktion. Aller Mystizismus der Warenwelt, all der Zauber und Spuk, welcher Arbeitsprodukte auf Grundlage der Warenproduktion umnebelt, verschwindet daher sofort, sobald wir zu andren Produktionsformen flüchten. »

 

Ce que « marxists.org » traduit par :

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-I-4.htm

 

« Quand je dis que du froment, un habit, des bottes se rapportent à la toile comme à l’incarnation générale du travail humain abstrait, la fausseté et l’étrangeté de cette expression sautent immédiatement aux yeux. Mais quand les producteurs de ces marchandises les rapportent, à la toile, à l’or ou à l’argent, ce qui revient au même, comme à l’équivalent général, les rapports entre leurs travaux privés et l’ensemble du travail social leur apparaissent précisément sous cette forme bizarre.

Les catégories de l’économie bourgeoise sont des formes de l’intellect qui ont une vérité objective, en tant qu’elles reflètent des rapports sociaux réels, mais ces rapports n’appartiennent qu’à cette époque historique déterminée, où la production marchande est le mode de production social. Si donc nous envisageons d’autres formes de production, nous verrons disparaître aussitôt tout ce mysticisme qui obscurcit les produits du travail dans la période actuelle. »

 

Or le problème n’est pas seulement que cette « traduction-trahison » rajoute du froment là où Marx se contentait d’habits et de bottes, mais qu’elle déforme grossièrement ce passage pour induire précisément l’idée que capitalisme et production marchande sont une seule et même chose, d’une part, et que la forme valeur qui relie les marchandises entre elles par leur équivalence en travail humain « abstrait » n’est donc bien qu’une forme liée spécifiquement au mode de production capitaliste, tout comme cela ressort à la fois de la wertkritik et de Pierre Wolinski… !

Avec un peu de recherche on trouve néanmoins que cette « traduction » est reprise in-extenso de l’édition Pléiade de Maximilien Rubel, gauchiste anti-soviétique, en son temps, et dont la « traduction » passe encore «inaperçue » aujourd’hui comme hier, reçue à la fois par les « marxiens » et « gauchistes » de tous poils… !

Alors que, littéralement, le texte allemand se comprend tout à fait différemment et sans que ces distorsions d’interprétation ne soient possibles.

Voici, au plus direct et au plus simple :

« Quand je dis que habit, bottes, etc. font référence à la toile comme l’incarnation générale du travail humain abstrait, la folie de cette expression attire le regard. Mais lorsque les fabricants d’habits, de bottes, etc. réfèrent ces marchandises à la toile – ou à l’or et à l’argent, ce qui ne change rien – comme des équivalents généraux, la relation de leur travail privé avec le travail social global leur apparaît exactement sous cette forme folle.


De telles formes forment les catégories mêmes de l’économie bourgeoise. Elles sont socialement valables, c’est-à-dire des formes objectives de pensée pour les relations de production de ce mode de production sociale historiquement déterminé, la production marchande. Tout le mysticisme du monde des marchandises, toute la magie et l’effroi qui brouillent les produits de travail sur la base de la production de marchandises, disparaît donc immédiatement dès que nous fuyons vers d’autres formes de production. »

Aussi littérale que possible, elle est finalement proche de celle de J-P Lefebvre :

JP Lefebvre

http://inventin.lautre.net/livres/MARX-Le-Capital-Livre-1.pdf

«  Quand je dis qu’un habit, des bottes, etc. se réfèrent à la toile comme incarnation générale de travail humain abstrait, le caractère délirant de cette expression saute aux yeux. Mais quand les producteurs de l’habit, des bottes, etc. réfèrent ces marchandises à la toile, – ou à de l’or et de l’argent, ce qui ne change rien à l’affaire – comme équivalent universel, la relation de leurs travaux privés au travail social global leur apparaît exactement sous cette forme délirante.

C’est précisément ce genre de formes qui constituent les catégories de l’économie bourgeoise. Ce sont des formes de pensée qui ont une validité sociale, et donc une objectivité, pour les rapports de production de ce mode de production social historiquement déterminé qu’est la production marchande. Si donc nous nous en échappons vers d’autres formes de pro­duction, nous verrons disparaître instantanément tout le mysti­cisme du monde de la marchandise, tous les sortilèges qui voilent d’une brume fantomatique les produits du travail accompli sur la base de la production marchande. »

Alors que Rubel n’hésite pas à « souder » carrément entre elles deux phrases bien distinctes du texte de Marx, et à « traduire » « folie » par « fausseté et étrangeté » dans un premier temps, puis par «forme bizarre », achevant de dénier toute réalité à la notion de valeur, alors que le texte allemand passe clairement de « folie » apparente à « forme folle », mais néanmoins réelle, in fine, suggérant précisément l’inverse du propos …de Rubel, en fait !

Quand aux deux phrases « soudées », dès qu’elles reprennent leur indépendance initiale, il n’est dès lors plus possible de comprendre que Marx aurait voulu (…pour complaire par anticipation à MM. Rubel et Wolinski???) lier indéfectiblement « production marchande » et « capitalisme » !!!

Ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres que s’il faut, précisément et effectivement, en lisant Marx, ne pas se laisser tenter à lire B à la place de A, il faut surtout s’attacher à la cohérence du fond et revenir au texte original, lorsqu’elle paraît « manquer » en français.

Ici, la distorsion de « traduction rubelienne », dans la mesure où elle a une cohérence interne révisionniste, paraît nettement intentionnelle, mais on a vu que d’autres relèvent simplement de l’incohérence la plus totale, et n’aboutissent qu’à enlever tout sens réel au texte, justifiant absurdement la prétendue « difficulté de lire Marx », difficulté le plus souvent largement exagérée par les pseudos « marxistes » eux-même, qui tendent ainsi à s’approprier le texte comme simple support de leurs fort médiocres « exégèses »… !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/02/marx-capital-iii-9-et10-note-de-lecture-en-marge-de-trotsky-contre-marx/

C’est aussi pourquoi, indépendamment des différentes approches que Marx peut avoir d’un même thème, il est particulièrement vain, comme le fait M. Roubaud, de passer son temps à traquer, dans les différentes éditions françaises, la moindre contradiction entre les différentes formulations de Marx, qui ne sont souvent que des « biais de traductions » différents, tantôt intentionnels, tantôt fortuits.

J-M Harribey, de son côté, se réfère également à l’édition « Pléiade » rubelienne, comme beaucoup d’autres « marxiens » et la plupart des « gauchistes » .

Mais notre propos, ici, n’est pas de faire un procès inquisitorial en défense d’une « orthodoxie » formelle. Ne pas déformer le propos de Marx ne nous amène pas à penser le marxisme comme une bible ou un oracle qui aurait répondu par avance à tous nos questionnements.

Dans celui de M. J-M Harribey se trouve donc posée la question de la place et de la part de l’économie de services dans le développement actuel du capitalisme, dans son évolution. Même si cette question est fort mal posée, à travers le concept de « sphère économique des services non-marchands », la problématique du rapport de proportion entre le développement de l’économie de services et la rétraction continue du secteur industriel est une problématique bien réelle et qui passe bien par une question pertinente posée par J-M Harribey, même si sa réponse l’est nettement moins…

Comment un secteur industriel productif en rétraction constante peut-il continuer à reproduire une quantité de valeur suffisante pour être répartie entre d’autres secteurs en expansion également constante ?[VOIR TABLEAUX ET STATS EN LIENS, EN TÊTE DU TEXTE]

Et d’autant plus, dans un contexte de crise ?

La marchandisation et même la quasi- « industrialisation » des services, à travers leur standardisation, semble bien être une partie essentielle de la réponse, même si c’est précisément une réponse « marchande », et tout à fait au sens capitaliste du terme, et donc aux antipodes du concept de « sphère non-marchande ».

C’est ce que nous avons tenté d’aborder, aussi bien dans notre réponse à la présentation du livre de M. Pierre Roubaud, qui prétend démentir Marx sur ses fondamentaux, et également sur ce thème des services, que dans notre réponse au bref mail reçu de M. J-M Harribey, à la suite !

Pour mémoire, cet extrait, qui a suscité la réaction de M. J-M Harribey :

« Pour tous ceux qui ont réellement compris les fondamentaux de la Loi de la Valeur, il est clair que cette différenciation de quantification entre valeur d’échange et valeur d’usage du travail se poursuit, sous de nouvelles formes, avec le développement de l’économie de services :

la prestation de service marchandisée prévoit contractuellement la réalisation d’une tâche ou d’un service techniquement défini avec une grande précision, même, et surtout, si de façon standardisée. Outre l’utilisation de matériel ou de machines prévues à cet effet, et également de manière standardisée et pour un temps également quantifié de manière précise, cette prestation inclut généralement de manière quantifiée avec la même précision un temps de main-d’œuvre de qualification adaptée.

Même si la valeur d’usage de la main-d’œuvre ainsi considérée n’est réalisée et consommée qu’avec le service lui-même réalisé, elle est néanmoins incluse dans le prix forfaitaire de la prestation, qu’il soit payé avant ou après, peu importe…

Elle reste en partie à l’origine du bénéfice de l’entreprise pourvoyeuse et « productrice », en ce sens, de services. C’est en ce sens que cette partie du bénéfice de l’entreprise peut être considérée comme une plus-value.

La définition technique contractuelle précise du service à réaliser peut donc être dite « valeur d’usage » du travail, tandis que le salaire effectivement payé à l’ouvrier réalisant le service reste sa valeur d’échange.

La part de produits utilisés et l’usage de matériels et de machines peuvent être assimilés à une part de « travail mort » incluse dans la valeur du service ainsi « produit ».

Dans la mesure où de tels contrats de prestations de services peuvent être échangés et revendus avant d’être réalisés, ce qui se produit parfois, on peut considérer que la différence entre de tels services et une production marchande plus « classique », au sens capitaliste du terme, tend à s’effacer.

C’est notamment en ce sens qu’il convient de reconsidérer également la notion d’extension du secteur productif à différents types d’activités de services actuellement standardisées et marchandisées à grande échelle.

Sans que cela ne remette en cause réellement la validité de la Loi de la Valeur, bien au contraire. Ce n’est jamais qu’une évolution des formes par lesquelles elle s’exprime avec l’évolution actuelle du capitalisme.

Et de plus, cela règle, au passage le mythe des « services non-marchands » cher à MM. Harribey et Friot.

Pour qu’existe un « service non-marchand » il faudrait qu’il n’existe aucun équivalent de ce service actuellement commercialisé…

En effet, un service public est généralement budgétisé en comparaison de son équivalent commercialisé et il a peu de chance de subsister si son coût de fonctionnement est plus onéreux que l’achat contractuel de la prestation privée équivalente.

Dans cette logique concurrentielle le service public considéré n’est jamais que l’une des formes du capitalisme d’Etat, et c’est à ce titre qu’il peut être, effectivement, productif et créateur de valeur, au sens tout à fait classique du terme.

Les exceptions à cette règle continuent de subsister, mais elles sont de plus en plus résiduelles et liées au capitalisme par d’autres biais, de toutes façons. »

[https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/01/a-propos-dune-enieme-pseudo-refutation-de-la-theorie-marxiste-de-la-valeur/]

 

En complément, cet extrait de notre réponse à M. Harribey :

 

« Bien entendu il y avait dans ma brève note en réponse à M. Roubaud un aspect quelque peu provocateur, mais c’était néanmoins l’occasion de formuler de façon synthétique et condensée quelques fondamentaux qui me paraissent utiles pour avancer.

En effet, formellement, votre observation sur le fait que le service public n’est pas censé faire de bénéfice est évidemment juste et importante mais ne règle pas pour autant le problème, précisément en termes de validation, à laquelle vous tenez tant, et à juste titre, également.

Il se trouve que pour ma part je suis entièrement autodidacte et que j’ai notamment travaillé un temps comme ouvrier professionnel en espaces verts (arboriculture), dans la fonction publique territoriale. C’est également la période de ma vie où j’ai eu une activité syndicale assez intense, principalement comme délégué du personnel ouvrier au CTP.

J’ai donc une bonne connaissance de la concurrence « public-privé », vécue directement sur le terrain.

Avant de préciser davantage ce point, il me semble utile de préciser mon approche autodidacte du marxisme sur la question de la valeur.

Ce que nous rappelle précisément la citation en exergue, ( « L’égalité de travaux qui diffèrent entièrement les uns des autres ne peut consister que dans une abstraction de leur inégalité réelle, que dans la réduction à leur caractère commun de dépense de force humaine, de travail humain en général, et c’est l’échange seul qui opère cette réduction en mettant en présence les uns des autres sur un pied d’égalité les produits des travaux les plus divers. » ) sur le fond de la question, c’est que la valeur apparaît par l’échange de travaux, de produits de travaux, indépendamment de la forme que cela peut prendre, et c’est cela qui rend la loi de la valeur trans-historique, tant que la vie économique reste basée sur ce principe d’échange, quelle qu’en soit la forme.

Elle disparaitra avec la disparition du travail productif humain >>> robotisation intégrale (Grundrisse).

Mais son action pourrait cesser avant, avec le communisme dans sa phase supérieur, où l’échange de travaux cesserait d’être la mesure de la consommation.

La notion de valeur n’est donc pas réductible à la notion de circulation monétaire, même si, sous le capitalisme, elle ne s’en éloigne guère… !

Sur ce point, une des objections qui vous sont faites, par M. Zerbato, me semble-t-il, de mémoire, est en grande partie valide.

Il me semble qu’il reste une ambiguïté, également dans votre approche de la validation par le marché. Comme vous le remarquez vous même : « la tomate vendue par le paysan de BF est une marchandise, mais la production qu’il a réalisée s’est déroulée dans le cadre de rapports marchands simples et non pas dans un cadre de rapports sociaux capitalistes avec emploi de travail salarié. »[JM Harribey, dans sa réponse à B. Friot]

Du point de vue de la validation, c’est à dire de l’expression de la valeur d’échange, la notion de marché se réduit à la notion de lieu d’échange, et même simplement d’échange tout court, indépendamment, en un sens, de la nature des rapports sociaux entre les participants de l’échange.

La réalisation de la valeur réside dans la notion d’échange, et non pas spécialement dans la notion de marché.

En termes d’échange, la création et l’entretien d’un espace vert public se fait avec l’argent du contribuable local, que cet argent aille au service public territorial ou à une entreprise privée.

Les contribuables locaux sont essentiellement eux-mêmes une masse de travailleurs qui avancent cet argent issu du produit de leurs travaux.

L’échange se fait donc avec le produit du travail des jardiniers, qu’ils soient fonctionnaires ou non.

C’est cet échange, même si indirect, qui valide le travail des jardiniers, indépendamment du bénéfice éventuellement réalisé par une entreprise privée.

Dans le cas du travail effectué par le service public, la survaleur produite par les jardiniers est restée dans les caisses de la Ville ou de la communauté urbaine, pour être affectée à d’autres postes budgétaires, au lieu d’être comptabilisée comme bénéfice. Même si cela reste difficile à retracer, comptablement.

Concernant l’école, « payante » ou non, la situation n’est pas tellement différente, au fond, mais permet précisément d’aborder un autre aspect du problème…

Il est clair que la masse des contribuables qui financent par leurs impôts l’éducation nationale attend d’elle en retour une éducation de qualité pour ses enfants.

Dans la mesure où cet enseignement est bien assuré sans bénéfice réel pour l’Etat, on peut donc dire qu’il y a un échange d’équivalents qui « valide » effectivement le travail de l’E.N., sans pour autant annuler le caractère « marchand » de cet échange. Car avant d’être capitaliste, c’est le principe même de la validation par l’échange qui est « marchand » dans la formation de la valeur, et plus spécialement, le principe de l’échange d’équivalents, par définition.

Pour qu’il y ait réellement « service non-marchand » il faudrait au contraire s’acharner à démontrer l’absence d’équivalence dans l’échange, c’est à dire la non-formation de valeur, en fait !

Une situation qui se produit probablement plus couramment dans les milieux associatifs, du fait du bénévolat, notamment.

Bien entendu, la définition usuelle de « service non-marchand » s’attache au caractère « non lucratif » de l’activité, comme c’est en principe le cas pour l’éducation nationale, par exemple, mais c’est là une classification non-marxiste qui introduit une confusion sur le fond de votre propos, dans la mesure où vous semblez effectivement la reprendre et vous y tenir.

Pour être plus précis et même juste, tout simplement, il faudrait parler de « services marchands non capitalistes », au sens de l’accumulation de la plus-value.

Resterait à analyser ce que devient la sur-valeur potentiellement produite par les travailleurs du service public, si l’en est, et selon les cas, comme j’ai tenté de le faire en ce qui concerne les jardiniers… !

A noter, pour finir, que la notion d’échange marchand non-capitaliste est typiquement celle de l’économie socialiste de la phase de transition, telle que magistralement exposée dans la Critique du Programme de Gotha.

D’une manière générale, et même si ce n’est évidemment ni l’essentiel ni l’objectif central de son propos, on peut dire que l’œuvre de Marx constitue aussi une approche des rapports marchands « pré- » et « post- »capitalistes. Ce qui est évidemment et logiquement en cohérence avec le caractère trans-historique de la loi de la valeur, et reflète les différentes formes par lesquelles elle se manifeste, selon la nature des rapports économiques et sociaux. »

[https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/05/une-reaction-de-jean-marie-harribey-et-une-reponse-de-luniterre-a-propos-de-la-presentation-du-livre-de-m-pierre-roubaud/]

 

Les approches nouvelles ébauchées dans ces deux courts textes ne prétendent évidemment pas épuiser la question.

 

Il est clair qu’à l’époque de Marx la base économique de l’élargissement du capital résidait essentiellement dans le développement du secteur industriel, qui est l’objet central de son étude, et donc, logiquement de la définition qu’il nous donne du travail productif dans ce cadre :

 

 « Du simple point de vue du procès de travail en général, est productif le travail qui se réalise en un produit ou, mieux, une marchandise. Du point de vue de la production capitaliste, il faut ajouter: est productif le travail qui valorise directement le capital ou produit de la plus-value, c’est-à-dire le travail qui se réalise, sans aucun équivalent pour l’ouvrier qui l’exécute, en une plus-value représentée par un surproduit, donc en un incrément additionnel de marchandises pour celui qui monopolise les moyens de travail, le capitaliste. »

 

Pourtant, il est tout aussi évident qu’il ne limitait pas la notion de travail productif à ce seul cadre :

 

 « Du simple point de vue du procès de travail en général, est productif le travail qui se réalise en un produit ou, mieux, une marchandise. »

 

A rapprocher aussi de ce rappel que vous nous faites de la CPG :

 

« Et qu’est-ce qu’un travail « productif » ? Ce ne peut être que le travail qui produit l’effet utile qu’on se propose. Un sauvage, – et l’homme est un sauvage après avoir cessé d’être un singe -, qui abat une bête d’un coup de pierre; qui récolte des fruits, etc., accomplit un travail « productif ». »

 

Ce qui nous permet également ici de « ne pas mettre B à la place de A » et de considérer de manière tout à fait « orthodoxe » que d’autres secteurs économiques ont pu rentrer, non seulement depuis la préhistoire, mais aussi depuis la « révolution industrielle », dans la « sphère productive marchande », et même indépendamment du fait qu’ils soient, directement ou non, « producteurs de plus-value ».

 

Néanmoins, dans la logique intrinsèque du capitalisme, il y a tout lieu de penser que si un nouveau secteur économique se développe de manière significative, il soit bel et bien « producteur de plus-value », directement ou non !

 

C’est ce qui nous semble être le cas, actuellement de la plupart des services « marchandisés » et standardisés, et parfois même rendus quasiment inséparables d’un produit industriel spécifique, comme le smartphone, par exemple.

 

Bien entendu, on ne peut résumer en quelques lignes un tel sujet, qui pourrait, par contre, mobiliser utilement les facultés mentales de ce qui reste de l’ « intelligentsia de gauche », si elle voulait vraiment se rendre utile à la cause du prolétariat !

 

Dans le cadre de la concurrence « secteur publique/secteur privé » la question reste posée de savoir et de comprendre s’il peut subsister des secteurs économiques qui soient productifs et même « marchands », au sens originel de la valeur d’échange, sans être pour autant « productifs de plus-value ».

 

C’est en quelque sorte une question subsidiaire de la première, et c’est l’ensemble de ces questions nouvelles qui a une importance dans le but de développer un projet d’alternative anti-capitaliste économiquement viable et donc politiquement crédible, permettant de reconstruire à la fois l’unité du prolétariat et des couches sociales populaires en voie de prolétarisation, et même de conscientisation, à travers la révolte des « gilets jaunes », notamment.

 

Il est clair qu’un projet d’alternative qui prétendrait faire reposer économiquement tout le poids d’un nouveau développement, susceptible de répondre aux besoins sociaux de l’ensemble, sur les seules épaules du prolétariat industriel, a peu de chances de faire sonner le réveil de la conscience de classe !

 

Enfin, concernant le problème de la survaleur éventuellement produite par un secteur économique où, en principe, ne s’accumule pas de capital, il faut bien encore rappeler que la production de plus-value, qui permet une telle accumulation, n’est pas que le simple résultat d’un « ratio » calculé par le capitaliste entre le coût salarial et le prix de vente de son produit, mais bien la réalisation d’une valeur effectivement produite par l’ouvrier, au cours de son temps de travail contractuel, en plus de la valeur nécessaire et suffisante à la reproduction de sa force de travail.

 

Ce qui nous ramène au différentiel intrinsèque entre salaire comme valeur d’échange de la force de travail et valeur totale produite, comme valeur d’usage de cette force.

 

Dans le cas du service public, même en l’absence de capitalisation formelle de la plus-value, la survaleur, en termes de valeur d’usage de la force de travail, est bel et bien réalisée, sur le terrain, comme valeur d’usage consommée précisément par l’usager, fusse, par exemple, la pelouse tondue d’un parc public où il se promène… !

 

La question de savoir si Marx a ou non « inventé » une théorie de la valeur me paraît particulièrement oiseuse, tout comme celle de savoir si Newton a « inventé » la gravité, Darwin, l’évolution du vivant, Einstein, la relativité générale, etc…

 

La question de savoir si la loi de la valeur correspond à une réalité économique et quelles en sont les limites reste évidemment pertinente. C’est dans ce questionnement que se situent et ma démarche et les éléments de réponses que je tente d’y apporter.

 

Luniterre

A LA SUITE, DONC, CES BREFS ÉCHANGES AVEC LE LIBRAIRE DOMINIQUE MAZUET (+ un autre correspondant):

Bonjour,
et merci.
Je répondrai dès que possible et aussi scrupuleusement que me l’impose votre recension attentive.
Dans l’immédiat je dirai simplement ceci :
Assurément il n’y a pas, à proprement parler, de « loi de la valeur » dans la critique de l’économie politique par Marx, mais il y a bien une ontologie de la marchandise, décrite dialectiquement par Marx  (donc « posée d’abord » positivement), dès les premiers chapitres du Capital, qui déploie ensuite toutes ses déterminations historique contradictoires et tout le jeu des négations. Cette ontologie (on cette métaphysique si on veut) convoque la valeur comme détermination (« attribut » diraient les classiques)  et non substance, et comme objet phénoménologique (associé à la production de l’être social qu’exprime la marchandise) dont le travail est le sujet « historique » en tant qu’activité sociale à proprement parler « essentielle ».
 » Une fois cette tâche accomplie, mais seulement alors, le mouvement réel peut être exposé dans son ensemble. Si l’on y réussit, de sorte que la vie de la matière se réfléchisse dans sa reproduction idéale, ce mirage peut faire croire à une construction a priori.« 
Cf. pièces jointes, qui éclaireront je pense votre lecture des commentaires ( impeccables) de Pierre Wolinski, qui partent ( chronologiquement) de mon « explication de texte » sur le caractère fétiche de la marchandise et son secret.
fraternellement
Pontifex Marximus


Librairie Tropiques
56 et 63 Rue Raymond Losserand 75014 Paris
01 43 22 75 95
Le jeu. 8 août 2019 à 17:16, Stéphane Ligozat  a écrit :

Bonjour

Je suis en copie de vos échanges et je vous en remercie. La traduction de la Pléïade du passage (Quand je parle…) que vous dénoncez est mot pour mot identique à celle de Roy que Marx a révisé (j’ai acquis sur votre conseil le fac-similé de l’édition originale). Ceci ne contribue pas à éclaircir le débat.

Bien à vous

Le 08/08/2019 à 14:23, LIB TROPIQUES a écrit :

De sorte que la plupart des lecteurs généralisent ses propos sans tenir compte du fait qu’il parle spécifiquement ou non de cette période ou d’autres périodes historiques, ou même simplement des fondamentaux de la loi de la valeur dans ce qu’ils ont de trans-historique, sans s’attacher à une période particulière.

Bonjour Stéphane Ligozat
remarque fort exacte, et sur un point ( la reprise à peu près fidèle de la traduction de Roy révisée par Marx, pour le livre 1 du Capital) sur lequel Pierre Wolinski a déjà attiré mon attention depuis longtemps (il a fait l’effort de vérifier ça avec sa rigueur scientifique coutumière).
Je l’évoquerai dans ma réponse à Luniterre (en copie) car c’est lui (et non moi) qui dans le courriel auquel je répondais ( et que je vous ai transmis) dénonçait (mal à propos) la traduction de Rubel dans ce cas précis.
Traductions de Rubel  par ailleurs bien souvent critiquable mais pas pour le livre 1 de Capital où il n’a quand même pas été jusqu’à corriger les corrections de Marx !
à+


Librairie Tropiques
56 et 63 Rue Raymond Losserand 75014 Paris
01 43 22 75 95

 

Le jeu. 8 août 2019 à 18:51, <TML.info-Luniterre@gmx.fr> a écrit :
Qelle qu’en soit la cause, je ne fais que constater le décalage, pour le moins évident, entre le texte allemand de Marx et le texte français de Rubel, fut-il inspiré de celui de Roy…
Et également, constater la plus grande proximité de l’original avec le texte de JP Lefebvre.
L’autre traduction proposée pour le passage cité est un essai, de ma part, de traduction aussi littérale que possible, et qui se rapproche de celle de JP Lefebvre. 
Un simple constat.
Luniterre
************
Dont acte !
NB : jusqu’à preuve du contraire la traduction de Roy ( du livre 1 ) est en fait la traduction de Marx lui-même, revue et corrigée par ses soins, comme il n’en a pas fait mystère et au point qu’il en a dit ( comme vous savez) lui-même :
 » Ayant une fois entrepris ce travail de révision, j’ai été conduit à l’appliquer aussi au fond du texte original (la seconde édition allemande), à simplifier quelques développements, à en compléter d’autres, à donner des matériaux historiques ou statistiques additionnels, à ajouter des aperçus critiques, etc. Quelles que soient donc les imperfections littéraires de cette édition française, elle possède une valeur scientifique indépendante de l’original et doit être consultée même par les lecteurs familiers avec la langue allemande. »
Pour ce qui concerne les « imperfections littéraires », en fidèle lecteur de Marx, vous n’ignorez pas non plus à quel point Marx était attaché à soigner le style « sarcastique » qu’il affectionnait pour s’adresser à la « perspicacité gauloise ». Elles n’engagent donc pas le contenu ni la compréhension des concepts, mais simplement la rhétorique « bien française » qu’il se plaisait à appliquer à ses lecteurs français (Cf. Misère de la philosophie).


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Bonsoir,
après une première lecture attentive de votre message, je confirme que votre interprétation de la contribution de Pierre Wolinski est une totale méprise quant à son objet, son contexte et ses intentions.
Pour le reste , il me semble que tous les commentaires et observations que je pourrais faire figurent dans les documents que je vous ai précédemment transmis ce jour.
Si toutefois certains points appelaient selon vous des éclaircissements de ma part ou des objection de la votre, n’hésitez pas.

Bonne soirée.

Dominique Mazuet


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Bonjour,

Je viens de terminer la mise en ligne de ce texte,

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/08/de-la-loi-de-la-valeur-et-de-lintegration-de-leconomie-de-services-au-secteur-productif/

avec, entre autres PJ en liens, vos trois premiers documents, que j’avais donc évidemment pris la peine d’étudier attentivement. Les deux supplémentaires ne font que confirmer on ne peut plus nettement la pente « rubelienne » qui semble donc être la vôtre.

Mon texte en réponse est donc déjà une synthèse des réflexions que ces trois premiers textes m’ont inspiré, en complément, tout aussi évidemment, des éléments de débat déjà mis en jeu par MM. Roubaud et Harribey, à partir d’autres points de vue, également très divergents, mais également centrés sur la question de l’importance de plus en plus incontournable de l’économie de service, largement confirmée par toutes les statistiques disponibles, dont certaines en PJ également.

Je ne peux donc que constater que votre intention première de me répondre « scrupuleusement » a déjà fondu en quelques heures…

Vous semblez manifestement tenir à faire une défense du texte de Pierre Wolinski, mais faute de réponses et d’arguments nouveaux sur les différends fondamentaux et évidents qui nous opposent, je ne peux que constater, là encore, qu’il s’agit d’une sorte de crédo…

En m’excusant d’avoir éventuellement froissé votre foi, dont vous avez possiblement besoin pour survivre, dans le monde actuel, ce que je peux humainement comprendre, même si je ne la partage pas.

Amicalement,

 

Luniterre

« La Raison est une île qui vaut d’être défendue, même si cela nous condamne à y vivre en Robinson. Un vieux copain de Marx, de toutes façons! »

Eugène Sue – LES MYSTÈRES DU PEUPLE (Postface inédite)

 

 

Ce débat s’est poursuivi ici:

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/10/devoir-de-vacances/

 

Et l’ensemble à fait l’objet d’une première tentative de synthèse ici:

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/11/devoir-de-vacances-resume-ce-quil-faut-retenir/

 

 

 

 

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