histoire

Entre pseudo- « camarades » réformistes et sociaux-chauvins…

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Entre pseudo- « camarades »

réformistes et sociaux-chauvins…

 

 

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

https://www.lacoccinelle.net/1060106-jacques-brel-jaures.html

 

ls étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s’appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grand-parents
Entre l’absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d’être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laissent au visage un teint de cendres
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

On n’peut pas dire qu’ils furent esclaves
De là à dire qu’ils ont vécu
Lorsque l’on part aussi vaincus
C’est dur de sortir de l’enclave
Et pourtant l’espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux yeux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu’à la vieillesse
Oui not’bon Maître, oui not’Monsieur

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Si par malheur ils survivaient
C’était pour partir à la guerre
C’était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelque sabreur
Qui exigeait du bout des lèvres
Qu’ils aillent ouvrir au champ d’horreur
Leurs vingt ans qui n’avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui not’bon Maître
Couverts de prèles oui not’Monsieur
(*)

Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l’ombre d’un souv’nir
Le temps de souffle d’un soupir

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

JACQUES BREL

https://proxy.duckduckgo.com/iu/?u=http%3A%2F%2Frockimages.r.o.pic.centerblog.net%2Fyla1c9qr.jpg&f=1&nofb=1

 

 

Quand le PRCF écrit au PCF, ça donne …

[lu sur Agoravox]

 

« Chers militants et camarades communistes du PCF, cher camarade Fabien Roussel,

Le 3 septembre 2019, vous avez prononcé, camarade Roussel, un discours en conclusion du colloque Jean Jaurès à Toulouse à l’occasion du 160e anniversaire de la naissance de celui qui fut le leader de la SFIO et qui revendiquait sa proximité intellectuelle avec les principes du marxisme-léninisme. » (sic)

 

D’où ce post en réponse >>>

Luniterre 17 septembre 22:51

Un point d’histoire foireux dès le départ….
« colloque Jean Jaurès à Toulouse à l’occasion du 160e anniversaire de la naissance de celui qui fut le leader de la SFIO et qui revendiquait sa proximité intellectuelle avec les principes du marxisme-léninisme. »
Rappelons tout de même que ce pauvre Jaurès est mort assassiné le 31 Juillet 1914, en tentant de défendre une cause tout à fait internationaliste, celle de la paix.
Jaurès était, pour le reste, tout à fait un réformiste assumé, avec une forte tendance au social-chauvinisme, mais avec cette limite, celle de la paix. Sur le plan du pacifisme et de
l’internationalisme, même relatif, il était donc minoritaire au sein de son propre parti, essentiellement conséquent dans le social-chauvinisme, et qui s’est donc rallié aussitôt aux partisans de la guerre.

Le concept de marxisme-léninisme n’a été utilisé comme tel, considéré comme un ensemble idéologique par certains bolcheviques, que dans les années qui ont suivi la mort de Lénine, soit dix ans après celle de Jaurès… !
L’utilisation du terme n’est véritablement officialisée que dans les années 30, et par Staline seulement en 1937.
(in Matérialisme dialectique et matérialisme historique)

Parler de « Jaurès marxiste-léniniste », même et surtout par « proximité revendiquée », cela prête donc à sourire, aussi bien dans la forme que sur le fond… !
Mais cela situe le niveau politique du reste de l’article…
Du PRCF, c’est le genre de chose à quoi s’attendre, de toutes façons.

Luniterre

 

Luniterre 18 septembre 00:09

Pour l’info des lecteurs, précisons encore que… [l’auteur de cette introduction étonnante…]

Fadi Kassem, secrétaire national adjoint du PRCF

C’est aussi…

Fadi Kassem, agrégé d’histoire et diplômé de Sciences Po Paris

https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/appel-aux-communistes-de-france-4nov17-19172017revolution/

>>> encore une petite pierre dans le jardin de nos « grandes écoles »…

Dur, dur, la culture !

Luniterre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

https://proxy.duckduckgo.com/iu/?u=http%3A%2F%2Fhexagone.me%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F07%2FBREL-Jacques-1967_NB.jpg&f=1&nofb=1

 

 

 

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Le Malthusianisme contre les « Routes de la Soie »: décrypter les discours officiels!

[  UNE NOUVELLE SUITE AU DÉBAT, EN MARGE DE:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/11/devoir-de-vacances-resume-ce-quil-faut-retenir/  ]

 

A propos de deux articles du canadien Matthew Ehret parus sur le « Saker francophone » et largement repris par la blogosphère gauchisante française…

Récemment cités dans un échange de posts en commentaires sur TML, voici l’ « explication de texte » que nous en avons proposé, et donc en marge de la publication de :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/11/devoir-de-vacances-resume-ce-quil-faut-retenir/

 

 

 

 

Bonjour,

Les deux articles que vous citez:

https://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-loccident-a-t-il-detruit-sa-propre-base-industrielle

https://lesakerfrancophone.fr/poutine-defie-les-malthusiens-la-fusion-nucleaire-devient-une-priorite-nationale-pour-la-russie

sont du même auteur, Matthew Ehret, qui joue très clairement dans le camp du capitalisme chinois, et donc, il faut évidemment comprendre que les développements idéologiques qu’il nous propose sont au service des intérêts du capitalisme chinois.

D’un point de vue ML, c’est à dire du point de vue du matérialisme dialectique, il reste essentiel de comprendre les mouvements de la base économique, qui conditionnent ceux des superstructures idéologique, sans pour autant, négliger l’action en retour de celles-ci, dont ces articles sont un exemple. Le malthusianisme n’est lui-même que l’une des superstructures idéologiques du capitalisme, et qui « ressurgit » uniquement en fonction de ses propres besoins en termes de restructuration, et ici, éventuellement, ceux du capitalisme financier US.

Bien évidemment, Matthew Ehret nous présente l’alliance Chine-Russie comme une sorte de « partenariat équitable », et c’est bien ce que la Chine prétend promouvoir, officiellement, avec son système auto-centré des « nouvelles routes de la soie »…

Or les disproportions et les disparités, et même, les inégalités, sont énormes, entre ces deux grands pays. A tous points de vue, et en premier lieu, dans leurs histoires économiques ces dernières décennies, en dépit d’un passé formellement commun dans les références au ML.

Au stade actuel, la Russie est encore en train de se remettre, difficilement, des conséquences de l’effondrement de l’URSS, et d’abord, de son effondrement économique.

Une des caractéristiques de cette situation, c’est que la période comprador etlsinienne qui a suivi cet effondrement a été un échec total en termes de développement économique, même en termes de développement du capitalisme comprador.

Ce qui a permis à une fraction survivante de la bourgeoisie nationale bureaucratique de reprendre le pouvoir et de redémarrer une phase de développement d’un capitalisme essentiellement « national ». D’où l’émergence importante, et même massive, d’une nouvelle idéologie nationaliste, en Russie, reprenant même en compte une partie importante de l’ancien patriotisme de l’URSS, dans ses diverses composantes, y compris « stalinienne », notamment au titre de la Grande Guerre Patriotique.

En rapport de sa superficie, la Russie reste relativement peu peuplée et dispose par contre d’importantes ressources naturelles, mais de peu d’industrie de transformation en produits finis. Elle a donc une marge extensive pour se développer encore sur la base d’un capitalisme national, même pour répondre à ses propres besoins, sans nécessairement pour cela aiguiser les contradictions de classe au point de rupture.

Le développement démographique, dans ce cadre, et compte tenu de sa faiblesse actuelle, reste encore un élément moteur complémentaire et même nécessaire de ce type de développement économique.

C’est sur cette base économique qu’il faut comprendre le discours de Poutine. Mais sans perdre de vue que le rapport de proportion, sauf évidemment, en superficie territoriale, est à peu près dans tous les domaines, et notamment, financier, de 1 à 20 en faveur de la Chine.

En population, il est pratiquement de 1 à 10.

L’un des atouts majeurs de la Russie c’est qu’elle peut survivre, même avec un niveau de développement modeste, en quasi-autarcie, y compris sur le plan alimentaire.

Ce n’est pas du tout le cas de la Chine, qui, malgré son développement économique, perd son autonomie alimentaire et se trouve dépendante, non seulement pour son développement industriel, mais simplement pour son approvisionnement alimentaire, de son commerce extérieur, de ses exportation industrielles, de ses importations alimentaires, mais aussi de ses exportations de capitaux, notamment pour l’ achat de terres agricoles à l’étranger.

Le déficit agroalimentaire de la Chine, apparu au début des années 2000, tourne maintenant autour de 60 à 70 Mds de dollars et tend à se creuser.

Le projet de réseau économique autocentré des « routes de la soie » est donc vital pour le capitalisme chinois, alors que son développement ne peut qu’accentuer cette dépendance : la Chine doit nourrir 20% de la population mondiale avec moins de 10% des terres arables disponibles (seulement 8%, selon certaines études), et moins de 7% des ressources en eau. Et ce ratio tend nettement à empirer avec l’industrialisation continue.

Il y a une autre différence fondamentale et essentielle entre le capitalisme chinois et le capitalisme russe, également, dans leur rapport au capitalisme financier US.

Comme on l’a vu, la phase comprador eltsinienne a complètement échoué en Russie, et la pénétration des capitaux étrangers y reste réduite et n’est pas un facteur de dépendance.

En 2017, le flux d’IDE entrants en Russie était de 25 Mds de dollars, contre 136 en Chine… Et de plus, en baisse par rapport à 2016 (37 Mds) et il est à nouveau fortement en baisse en 2018 (10 Mds).

Alors que le développement du capitalisme chinois a nettement réussi sa mutation comprador dès 1972 et les accords Mao-Nixon, incluant, outre la collaboration stratégique antisoviétique, la pénétration des capitaux US via Hong Kong et le système des « Red Chips », toujours actuellement en fonction, même si ce n’est plus le canal essentiel d’investissements US en Chine.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

Depuis, l’interdépendance de ces deux économies capitalistes a évidemment bien évolué dans le sens d’un rééquilibrage en faveur de la Chine, tel que décrit dans différentes études parues sur TML, du reste (*), mais elle n’en a pas pour autant totalement disparu, ce qui permet de fait à la Chine d’avoir une marge de négociation assez extensible en termes économiques, avant d’en venir à une confrontation directe, éventuellement militaire.

Alors que la Russie, militairement de plus en plus encerclée, n’a précisément que ses moyens militaires, même comme arme de négociation :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/06/nouveaux-missiles-russes-la-paix-en-europe-est-elle-menacee-et-par-quoi-et-par-qui/

Lorsque Trump est arrivé au pouvoir il est clair qu’une fraction du capital US peu investie en Chine était à l’œuvre derrière lui et entendait jouer la carte de la Russie contre la Chine, un peu à la manière dont Kissinger avait initialement joué, et très habilement, la Chine de Mao contre l’URSS… Manifestement, l’idée d’une « ouverture à l’Ouest » pour désenclaver la Russie ne déplaisait pas à Poutine, mais les concessions qu’il était prêt à faire étaient sans aucun doute insuffisantes aux yeux du capital US, ce qui explique le revirement brutal, malgré l’enclenchement de la « guerre économique » avec la Chine… !

 

Luniterre

 

(* https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/08/en_relisant_lenine_qui_parlait_deja_de_chine/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/07/guerre-commerciale-la-chine-reajuste-le-yuan-a-la-baisse-pour-contrer-trump/ )

 

UNE SUITE AU DÉBAT…

 

POST EN RÉPONSE DU 17/08/2019:

 

« j’avais fait un copier coller de votre texte pour vous répondre alinéa par alinéa mais votre site n’acceptant pas les discrimination j’ai été conrtaint de revoir ma copie. Je vous transmets ci après le produit de me cogitations en espérant ne rien avoir oublié.

Le malthusianisme est ancré profondément dans la doctrine néolibérale sociale ou pas. La réduction drastique de nucléaire est en cours, les énergies renouvelables ne pourront satisfaire les besoins que de 1 à 2 milliards d’individu. Les barbecues géants ne sont pas près d’être éradiqués

Compte tenu de ce qui précède le progrès économique et par conséquent social va disparaître et la pression démographique nécessairement repartir. Il y aura de plus en plus un décalage entre les besoins et les crédits alloué par l’Etat pour les satisfaire et c’est déjà le cas.
Cela ne peut condamner les classes privilégiées c’est à dire ceux qui détiennent le capital et leurs alliés qui multiplient les génuflexions dans l’espoir de grappiller les miettes ?

En quoi la surpopulation reste-t-elle une question d’équilibre : Quelles fractions de notre environnement faut-il réserver à la végétation, au le monde animal, l’Humanité, aux équilibres naturels qui ont permis ce que nous sommes devenus à partir de l’observation et sans intervention de scientifiques découpant l’ADN en rondelles ( en spirales) pour le modifier ailleurs toujours pour un profit plus grands. S’il ne s’agissait que de le réparer pour soulager des souffrances je dirais allons y.

Les réductions drastiques doivent être réservées au luxe insolent affiché par les capitalistes et leurs valets cela nous ramène à la lutte des classes et à l’impôt, à la remise en cause d’une politique des revenus scandaleuse. Les ressources rares doivent être partagées équitablement dans l’intérêt collectif, on peut aller chercher ailleurs celles qui sont insuffisantes sur terre par exemple l’hélium 3 sur la lune. Il est aberrent de brûler des hydrocarbures au lieu de les réserver pour des industries de transformations alors que nous saurons dans quelques années en toute sécurité produire de l’électricité à partir de la fusion thermonucléaire. Les programmes sont en cours.

Toutes les potentialités de l’économie circulaire, c’est-à-dire le recyclage encore et encore, doivent être mises en œuvre. Les chinois ont commencé à le faire.

En complément il faut poursuivre les recherches pour trouver les solutions les mieux adaptées aux problèmes auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés en particulier pour maîtriser la fusion thermonucléaire, réduire les déchets de longue durée les utiliser pour produire de l’électricité et non pas les enfouir ou fabriquer des munitions tant avec le plutonium que de l’uranium appauvri.

Je ne m’identifie pas aux classes moyennes mais souhaite une solution globale pour une avancée et non un recul social. Mais si nous poursuivons dans la voie dans laquelle nous sommes engagés notre descendance se retrouvera dans des conditions proches de celles du moyen âge. De décroissance en décroissance du bulbe elle retournera au village primitif, c’est bien là notre plus gros problème à résoudre car il n’y a pire que celui qui ne veut savoir. L’ignorance n’appelle pas systématiquement le savoir, ce serait plutôt le contraire.

Vous imputez à l’auteur une propagande délibérée pour le nucléaire, afin d’amener subrepticement une propagande pour le capitalisme chinois, que je n’ai pas ressentie. C’est me semble-t-il un procès d’intention.

Tchernobyl est consécutif à une erreur ce procédure et ses conséquences à l’absence de confinement mais n’a pas eu les conséquences décrites par les médias et tous ceux qui militent en faveur de l’abandon du nucléaire. L’erreur, la faute sans doute, à Fukushima a été d’implanter des réacteurs dans une zone sismique.

Les centrales étasuniennes ont connu elles aussi quelques déboires mais je n’ai pas eu le temps d’aller voir mais le nombre des victimes du nucléaire civil est sans commune mesure avec celles des conflits qui ont ravagés la planète depuis plus d’un siècle.
Personnellement je le jauge le système chinois aux résultats obtenus en matière d’emploi de pouvoir d’achat et de protection sociale, qui sont accessibles à tous.

Vous lui reprochez d’avoir atteint le stade combiné du capitalisme financier et du capitalisme monopoliste d’État, que vous qualifiez stade de l’impérialisme, l’ensemble masqué sous un vocabulaire « marxiste-léniniste » dont il se drape encore, selon les besoins de sa propagande alors que j’ai lu sur votre site, je ne sais plus si vous en êtes l’auteu,r que pour être à même de nettoyer les écuries il fallait y entrer.

C’est comme si vous écriviez que la programme du CNR élaboré par Pierre Villon qui fut à la base des trente glorieuses était un programme capitaliste alors qu’il n’était qu’une étape en direction de la socialisation des moyens de production et d’échange qui hélas à été abandonné pour des raisons que vous savez.

Les proportions économiques sont de 1 à 20 entre la Russie et le Chine écrivez-vous ! Si vous comparez avec Cuba c’est encore pire mais ne prouve rien.

La Russie et la Chine n’ont pas d’ambitions impérialistes affichées, l’avenir nous dira ce qu’il en est réellement par contre ce qu’ils entreprennent, l’Inde, la Turquie, le Venezuela et quelques autres, leur soutien à la Syrie est de nature à freiner voire à annihiler les prétentions de l’impérialisme occidental à dominer sans partage les ressources et les peuples de la planète. En France que faisons-nous ?
Les révolutionnaires de salon ne font rien ou (et) ratiocinent, l’état de l’opinion est à l’avenant.

Je partage votre appréciation sur la direction actuelle du PCF incapable d’élaborer une pensée cohérente car elle ne se débarrasse pas de son anti stalinisme viscéral

et de ses utopies. J’ajoute simplement que ce doit être sur une base marxiste tout en compte tenant compte des enseignements du passé des échecs, des reculs, des renoncement et des avancées qu’il convient de mettre en exergue car elles sont tues par l’Histoire officielle. » [ Jack Freychet ]

 

UNE RÉPONSE TML:

Bonjour,

Le développement du capitalisme chinois est incontestable et rappelle, par bien des côtés celui de nos « trente glorieuses » d’après-guerre, avec effectivement les progressions sociales y afférentes.

En France, les « trente glorieuses » correspondent également au redéploiement de l’impérialisme français et au passage du colonialisme « à l’ancienne » au néo-colonialisme de domination essentiellement financière, avec le système « françafrique », toujours en vigueur, en faits.

Ce redéploiement n’a été possible que sur la base des accords de collaboration de classe promus par le thorezisme dans tous les domaines et prolongés sous Waldeck-Rochet et Marchais.

Vous dites que le programme du CNR était « une étape en direction de la socialisation des moyens de production et d’échange qui hélas à été abandonné pour des raisons que vous savez. »

C’est effectivement ce qu’il aurait du être si les clauses en avaient été sérieusement négociées d’un point de vue prolétarien.

Or l’histoire, dès le 8 Mai 1945 à Sétif (*), montre que ce n’était pas le cas et que la direction du PCF avait entériné la reconstruction de l’impérialisme français comme une contre-partie des concessions sociales accordées. Elle n’avait, en conséquence, prévu aucune possibilité, ni légale ni clandestine, de maintient des forces armées prolétariennes issues de la Résistance, qui se sont donc trouvées intégrées aux forces armées de l’impérialisme en voie de reconstruction ou dissoutes.

Il est donc évidemment possible de dire que le programme du CNR était un « programme capitaliste », et d’autant plus qu’il ne faisait aucune mention expresse d’une alternative socialiste possible.

Ce n’est donc pas pour autant ce qui aurait pu le rendre condamnable, si, en tant que programme de front uni de libération antifasciste il avait été correctement négocié, avec des clauses prévoyant le maintient et même la pérennisation des structures politiques populaires et prolétariennes issues de la Résistance, en lieu et place de leur dissolution au profit de la reconstitution de l’État impérialiste français. Et de fait, cela aurait donc du inclure le maintient et la pérennisation des organisations militaires issues de la Résistance, sous une forme ou une autre, genre « garde nationale », telle que sous la Commune de Paris.

A ces conditions, le rapport de force se serait trouvé certainement très différent lors des conflits sociaux de 1947-48 !!!

A ce sujet, le rapport Jdanov est sans ambiguité :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

Et encore moins, en fonction des débats de la conférence du Kominform, en 1947, également :

The Cominform — Minutes of the Three Conferences 1947/1948/1949, édité par Giuliano Procacci, Feltrinelli Editore (Milan, 1994)

Concernant les stades de développement des capitalismes russes et chinois, il est évident que les rapports de proportions ne suffisent pas à caractériser leur différences, même s’il donnent une bonne indication, compte tenu qu’il s’agit de deux très grands pays d’importance géopolitique et géostratégiques comparables. Du reste, ma réponse précise leurs degrés de dépendances respectives vis à vis des capitaux financiers étrangers, et principalement US, en pratique. Mais là encore, il ne s’agit pas d’une étude complète, abordée par ailleurs sur TML, et qui donne notamment la comparaison en termes d’exportation de capitaux, critère ML effectivement décisif en termes de caractérisation du stade impérialiste.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

Il en ressort que la Chine est devenue exportatrice de capitaux, et cela dans tous les domaines, alors que la Russie, outre la disproportion déjà évoquée reste importatrice, même si dérisoirement, ses rares exportations de capitaux étant de plus généralement du ressort de l’évasion fiscale et non pas réellement de l’investissement productif.

Selon ce critère et d’autres, il est donc approprié de distinguer deux stades de développement du capitalisme différents entre la Chine et la Russie, dont l’un est le stade impérialiste et l’autre le stade encore essentiellement « national ».

Il est donc politiquement juste d’en tenir compte dans les soutiens nécessaires aux différentes luttes de libération et/ou de résistance nationale, dont celle de la Russie, sans négliger la priorité que nous devons faire aux luttes sociales, comme celle pour la défense des retraites, en Russie, également.

Dans les circonstances actuelles, où le prolétariat industriel est essentiellement démobilisé et dépolitisé, en plus d’être socialement minoritaire, où les classes moyennes en voie de prolétarisation se révoltent sporadiquement, mais sur des bases de classe qui restent idéologiquement petites-bourgeoises, la question du front uni reste posée, et même si elle se pose différemment qu’aux époques précédentes, la priorité doit toujours combiner l’actualité des revendications sociales les plus unificatrices et l’autonomie politique et organisationnelle de l’avant-garde prolétarienne, qui reste encore, manifestement, à construire !

Luniterre

(* https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/14/le-8-mai-1945-a-setif-kateb-yacine-se-souvient/ )

 

 

Adaptation

L’homme de Neandertal avait développé « l’oreille du surfeur » pour pêcher

Un homme habillé comme un homme de Neanderthal se lave dans une rivière des Alpes italiennes

AFP/Archives / MARCO BERTORELLO Un homme habillé comme un homme de Neanderthal se lave dans une rivière des Alpes italiennes

 

 

Adaptation

 

Quel est le point commun entre un surfeur, un kayakiste et l’homme de Neandertal? Une excroissance osseuse dans le conduit auditif connue du grand public sous le nom d' »oreille du surfeur », selon les résultats d’une étude publiée mercredi.

Connu médicalement sous le nom d’exostose, ce développement touche les personnes qui pratiquent des sports aquatiques dans des zones froides.

Et comme nos anciens cousins disparus il y a maintenant 40.000 ans n’étaient probablement pas à la recherche d’une bonne vague, les chercheurs ont conclu dans la revue scientifique PLOS ONE qu’ils s’adonnaient beaucoup plus à la pêche que ce que l’on estimait jusqu’ici.

Cette découverte « conforte un certain nombre d’arguments selon lesquels l’homme de Neandertal faisait preuve de flexibilité et d’adaptation », a expliqué l’auteur principal de l’étude, Erik Trinkaus, à l’AFP.

Pour les hommes préhistoriques, être capable de pécher signifiait un minimum d’évolution. « Avoir une certaine technologie, savoir quand les poissons vont remonter la rivière ou passer près de la rive… C’est un procédé plutôt élaboré », appuie ce chercheur de l’Université Washington à St Louis (Missouri).

Erik Trinkaus et ses collègues de l’Université de Bordeaux, en France, Sebastien Villotte et Mathilde Samsel, ont étudié les conduits auditifs, bien conservés, de 77 restes d’hommes de Neandertal et des premiers Homo sapiens retrouvés en Europe et Asie occidentale.

La moitié des 23 restes de Neandertal, vieux de 40.000 à 100.000 ans, présentent ces « oreilles de surfeurs », un taux bien supérieur à celui des Hommes modernes.

En 1911, le paléontologue français Marcellin Boule avait déjà fait des observations similaires. « L’orifice gauche est rétréci vers son milieu par des productions osseuses qui lui donnent une forme en sablier », avait-il alors écrit.

Mais, selon Erik Trinkaus, le plus dur reste à convaincre la communauté paléontologiste, qui avait fait déjà preuve de scepticisme en 2018 quand il avait été découvert que les plus anciennes formes d’art découvertes dans une grotte en Espagne étaient l’oeuvre de Neandertal et non d’humains plus récents.

« Comment peut-on dire que ça a été fait par Neandertal? Ils étaient trop bêtes pour faire ça! », était alors la critique souvent émise, regrette Erik Trinkaus.

« Ce sont les mêmes qui vont dire +Comment peut-on passer d’une excroissance osseuse dans l’oreille à la capacité de se nourrir?+ », regrette-t-il.

Le but final, pour lui, est pourtant de compléter le puzzle, encore inachevé, de l’histoire de Neandertal.

« Il faut essayer de les comprendre en tant que peuple », plaide-t-il.

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/lhomme-de-neandertal-avait-developpe-loreille-du-surfeur-pour-pecher-doc-1jj4ys3

https://www.nicematin.com/culture/quel-est-le-point-commun-entre-un-surfeur-un-kayakiste-et-lhomme-de-neandertal-405122

 

 

Sur le même thème:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/21/construction-de-bruniquel-la-premiere-pierre-de-lhumanite/

 

https://img.src.ca/2016/05/25/1250x703/160525_ex09o_grotte-bruniquel-structures_sn1250.jpg

 

 

Encore une « fake history » occidentale démentie: 1939 – A Brest-Litovsk, pas de parade germano-soviétique!

 

 

Reçu de la part du camarade Margyuy Totonak, ce passionnant document historique, qui lui permet donc de faire face aux calomnies fascistes reprises, malheureusement, par nombre de « gauchistes », et même de « maoïstes » divers : vu l’évolution finale de Mao et la politique actuelle de la Chine, on comprend aisément pourquoi…

Pas de temps suffisamment, malheureusement, pour une traduction qui ne soit pas approximative, et il nous semble donc plus approprié d’en résumer l’essentiel…

Il en ressort que, inévitablement, troupes allemandes et russes se sont retrouvées au même moment et au même endroit, en vue de la passation de commandement de la forteresse de Brest-Litovsk, suite aux accords bien connus…

 

Il semble bien que les allemands aient voulu donner une certaine solennité à cette passation en vue d’intimider les puissances occidentales, dans un esprit de « guerre psychologique » préparant leur offensive dans cette direction.

 

Selon l’auteur, qui semble donc avoir fait des recherches sérieuses, cela ne s’est concrètement pas produit, suite à l’insistance du commandant soviétique, pour une simple formalité de passation, sans défilé commun, et cette « légende » résulte de montages abusifs de quelques photos de cette rencontre évidemment bien réelle entre responsables locaux des deux armées et de quelques éléments de troupes soviétiques présents.

 

De leur côté il semble que les allemands aient donc eux-même accrédité cette légende dans le but d’intox défini ci-dessus.

 

Mais la meilleure réponse aux crétins et néo-kollabos qui colportent ce genre de ragots, fussent-ils maoïstes, c’est le film de reconstitution historique de la résistance héroïque des soldats russes et de leurs familles, qui ont donc occupé cette forteresse, suite à ces accords, et l’ont défendue jusqu’au bout, face à l’offensive nazie de 1941!

 

 

 

Egalement ici >>> https://youtu.be/l7LjEdFbnTQ

 

 

Le film semble exister également en version française, sous le titre

« La Bataille de Brest-Litovsk »

mais je n’arrive pas à le localiser sur le net.

 

Quelques kollabos ont bien existé en ce temps, dont on voit les ravages en début du film, mais il y en avait aussi en France, et au plus haut niveau du PCF, à l’époque, sans parler de ceux déjà ouvertement déclarés.

 

Plus, malheureusement, diverses « compromission tactiques » plus que douteuses, et tout à fait au plus haut niveau, également:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/11/mounette-dutilleul-ou-la-memoire-effacee-comment-appeler-les-choses-par-leur-nom/

 

 

Concernant Mao Zedong, les traces de sa félonie sont à jamais enregistrées pour l’histoire, même si d’aucuns refusent toujours de les voir…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2013/12/08/mao_declassifie_1/

 

Le prix en dollar de cette kollaboration continue toujours d’être payé sous la forme des « Red Chips », malgré les tensions commerciales actuelles:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

 

Le combat continue… !

 

Luniterre 

 

Фейк о совместном параде

 

https://kungurov.livejournal.com/120156.html

Фейк о совместном параде

July 6th, 2015

В посте о тупорылости топовых блогеров я мимоходом упомянул, что апеллировать к геббельсовскому  и резуновскому вранью сегодня – это, мягко говоря, дурной тон. И как пример, привел живучий фейк о якобы состоявшемся 22 сентября 1939 г. в Брест-Литовске совместном параде советских и германских войск в честь разгрома Польши. Миф этот сляпан довольно халтурно, и уже многократно разобран по косточкам. Вопрос давно и однозначно разрешен – никакого совместного парада не было. Но, судя по обилию тупых высеров в коментах, оказалось, что интернет-планктон в массе своей продолжает оперировать штампами геббельсовско-либерастной пропаганды.

Я вот здесь обещал фанату Геббельса и Резуна escapistus его публично выпороть, к чему и приступаю. Для начала давайте разберемся, какие сведения мы должны найти и изучить:

  1. Если парад имел место, должен был быть согласован регламент. Потому что парад – это ритуал, где нет мелочей.
  2. Кто командовал парадом? Кто его принимал? Если исходить из того, что немцы Брест покидали, командовать парадом должен был командир XIX механизированного корпуса Гейнц Гудериан, а принимать – командир 29-й танковой бригады РККА Семен Кривошеин.
  3. Если парад был совместным, значит над трибуной должны быть подняты два флага – Германии и СССР. Поскольку парад был приурочен к передаче города советским войскам, возможен такой вариант: сначала под германским флагом маршируют солдаты Вермахта, потом немцы торжественно спускают свой флаг под звуки гимна, советский флаг торжественно поднимается под гимн СССР, далее начинается прохождение торжественным маршем советских частей.
  4. Если парад имел место быть, должны остаться фотосвидетельства события. В прессе обоих государств событие должно получить освещение в дружественном по отношению к «партнеру» духе.

Давайте по пунктам. ПЕРВОЕ. Регламента парада нет. Известно лишь упоминание намерения провести парад одним из пунктов протокола о порядке передачи Бреста под юрисдикцию Советского Союза:

«Брест-Литовск, 21.9.1939.
Договоренность о передаче города Брест-Литовк и дальнейшее продвижение русс.[ких] войск.

1.) немецкие войска уходят из Брест-Литовска 22.9 в 14:00.
В частности:
8:00 Подход русского батальона для принятия крепости и земельной собственности города Брест.

10:00 Заседание смешанной комиссии в составе:
с русской стороны: капитан Губанов
ком.[иссар] бат.[альона] Панов /Panoff/
с немецкой стороны: подп.[олковник] Хольм /Holm/ (коменд.[ант города]
подп.[олковник] Зоммер /Sommer/ (устный переводчик)

14:00 Начало прохождения торжественным маршем русских и немецких войск перед командующими с обеих сторон со сменой флага в заключение. Во время смены флага играет музыка национальных гимнов…»

Должности Панова и Губанова  не указаны (что более чем странно), но можно допустить, что это были представители штаба 4-ой армии (командующий Василий Иванович Чуйков). Как следует из документа, в 10:00 должно было состояться заседание смешанной комиссии, которая по идее и должна согласовать регламент «парада» и процедуру передачи города. Но первые части Красной Армии вошли в город не в 8:00, как планировалось, а лишь около 14:00 22 сентября, хотя к северной окраине Бреста они вышли еще 21 числа. Никаких данных о заседании смешанной комиссии в 10:00 нет. Утром в Брест прибыл в одиночку на машине немецкого коменданта города Хольма комбриг Кривошеин, однако это была его личная инициатива.

Перед отъездом он дал команду своим частям не входить в город ранее 14:00, ссылаясь на распоряжение штаба армии. Кривошеин получил приказ занять Брест, для чего в ночь на 21 число начал марш из района Пружан, и с германской стороной он контактировал лишь постольку, поскольку это диктовалось необходимостью исполнить приказ.

То есть к утру 22 сентября протокол от 21 сентября, если он и был подписан сторонами (подтверждений этому нет), уже утратил силу де факто. Не исключаю, что это вообще фальшивка. Некоторые источники сообщают, что капитан Губанов и комиссар Панов были направлены в штаб XIX моторизованного корпуса Гудериана комбригом Кривошеиным. Эти сведения неверны. Последний в своих мемуарах утверждает, что разведку, направленную в Брест, возглавил батальонный комиссар Боровицкий. Факт его присутствия в Бресте подтверждается фотографиями.

С Боровицким в штаб 29-й бригады прибыла немецкая делегация в составе нескольких солдат и офицеров. Это был первый контакт Кривошеина с немцами (см. фото).

Так что, повторюсь, представленная выше копия протокола (а где оригинал, где русский экземпляр?) может быть фальшивкой, подтверждений визита Губанова и Панова в Брест нет. В направлении Кобрин-Брест действовала 32-я танковая бригада, передовым отрядом которой командовал капитан Губанов, но 32-я бригада не получала приказа занимать Брест. Мог ли Губанов контактировать с немцами? Теоретически мог. Но практически 32-ой бригаде было не до парадов, они вовсю разбирались с польской группировкой «Полесье», Кобрин был взят под контроль только 22 сентября.

Гудериан пишет, что «в качестве вестника приближения русских прибыл молодой русский офицер на бронеавтомобиле, сообщивший нам о подходе их танковой бригады», что полностью согласуется с данными Кривошеина. Вот здесь приводится донесение Кривошеина, правда, без ссылки на первоисточник (фамилия комиссара тут дана с ошибкой или, возможно, Кривошеин ошибся, когда 25 лет спустя, писал мемуары):

«Высланная мною разведка установила связь с частями немецкой армии, двигавшимися с Брест-Литовска на С[е]мятичи. Обнаружена мотоколонна в количестве 400 машин. Войска немецких частей встретили моих разведчиков с большим восторгом и приветствиями. Батальонный комиссар т. Боровенский, находившийся в составе разведки, был приглашен в штаб, где его ознакомили с обстановкой и вручили карту. Вместе с тов. Боровенским ко мне прибыла делегация в составе 2 офицеров и 6 солдат. Встретил их с оркестром, накормил обедом. Просят направить в их штаб постоянного делегата».

По ВТОРОМУ пункту данных очень мало. Польский исследователь Е. Издебски разыскал в архивах и опубликовал (Izdebski J. Przekazanie Rosjanom przez Wehrmacht Brzescia Litewskiego. – Wojskowy Przegland Historyczny, № 3-4, 1991.) план церемонии, утвержденный командиром 20 моторизованной дивизии генерал-лейтенантом М. фон Викторином. В плане подробно расписан порядок прохождения немецких частей, однако участие в «параде» советских войск описано лишь как гипотетически возможное:

«4) Совместно с русскими подразделениями в торжественном прохождении участвует 20 разведывательный батальон, голова колонны которого затем останавливается на уровне лиц, принимающих прохождение. После прощания командующего корпусом с русским командующим, командующий корпусом и командир 20 моторизованной дивизии маршируют во главе 20 разведывательного батальона, который является последней немецкой частью». (источник).

Абсолютно точно можно сказать, что с советскими командирами фон Викторин не контактировал, потому что он даже не знал о наличии у Кривошеина оркестра, и потому предполагал, что немецким музыкантам придется исполнить «Интернационал» в момент подъема советского флага. План Викторина отражает желание немцев провести совместный парад, но не может являться доказательством, того, что он состоялся.

ТРЕТЬЕ. Во время «парада» над площадью развивался только флаг Германии. Уже одно это полностью исключает версию «совместного парада».

ЧЕТВЕРТОЕ. Снимков действительно много. Но что мы на них видим?

Вот трибуна, на ней стоят немецкие офицеры и комбриг Кривошеин. Если бы парад был совместным, командный состав 29-й бригады присутствовал бы на мероприятии в обязательном порядке. А так мы видим лишь то, что немцы пригласили на свой парад советского командира в качестве гостя.

Вот идут немцы.


Опять идут немцы

Проходит германская техника.

Прошла. Торжественный спуск германского флага.

Вот пошли советские танки…

Стоп-стоп! А почему Т-26 идут под германским флагом? И, самое главное, куда делась трибуна с Гудерианом и Кривошеиным? Где толпы зрителей? Совершенно очевидно, что этот снимок сделан еще ДО «ПАРАДА», потому что немцы торжественно спустили флаг в ходе этого мероприятия. На этом снимке мы видим вход в город танков 4-го батальона 29-й бригады, которые проследовали по центральной улице Унии Любелькой (ныне ул. Ленина) к цитадели и вокзалу. Об этом подробнее будет рассказано ниже.

Где ХОТЬ ОДНА фотография, запечатлевшая проход советских войск перед трибуной с Гудерианом и Кривошеиным? Нет их!


Вот этот кадр может быть снимком парада? Однозначно нет! Телега с сеном справа тоже участвует в параде? Мы видим, как советские танки входят в город. Парада мы здесь не наблюдаем. Башня (костел?) на заднем плане говорит о том, что место съемки находится далековато от площади. Из немецких отчетов известно, что прохождение торжественным маршем частей XIX мехкорпуса завершилось в 16:45. После церемонии замены флага Гудериан попрощался с Кривошеиным и тут же уехал. В городе для утряски мелких вопросов остался лишь бывший комендант города подполковник Хольм.

Если бы совместный парад имел место быть, об этом обязательно рассказал бы Гудериан в своих мемуарах. Однако он ни о каком совместном параде не упоминает, а пишет следующее:

«В день передачи Бреста русским в город прибыл комбриг Кривошеин, танкист, владевший французским языком; поэтому я смог легко с ним объясниться. Все вопросы, оставшиеся неразрешенными в положениях министерства иностранных дел, были удовлетворительно для обеих сторон разрешены непосредственно с русскими. Мы смогли забрать все, кроме захваченных у поляков запасов, которые оставались русским, поскольку их невозможно было эвакуировать за столь короткое время. Наше пребывание в Бресте закончилось прощальным парадом и церемонией с обменом флагами в присутствии комбрига Кривошеина».

По словам Гудериана, парад был не совместным, а ПРОЩАЛЬНЫМ. Из советских командиров на нем лишь присутствовал Кривошеин в качестве ГОСТЯ. Собственно, фотографии именно это и подтверждают. Что же о событиях 21 сентября 1939 г. вспоминал Семен Кривошеин? Он в своих мемуарах «Межиборье» пишет следующее:

«…— Сейчас я хотел бы, с Вашего позволения, уточнить вопросы о параде на улицах Бреста в честь германских войск, уходящих из города, в честь большой дружбы советского и германского народов.

Дружба наших народов, дорогой генерал, не подлежит никакому сомнению. Что же касается парада, о котором вы только что изволили сказать, мне не все ясно. Какой парад вы имеете в виду? — спросил я.

И тут же перед моими глазами промелькнула картина: генерал Гудериан выводит на парад полки, две недели отдыхавшие в Бресте. Солдаты и офицеры начищены до блеска, материальная часть сверкает, а я веду по городу утомленных, не успевших привести себя в порядок танкистов. Городские обыватели будут говорить: «Вот немцы — настоящая западная культура, у них порядок, дисциплина…» Нет, старый лицемер, на парад ты меня не подобьешь! — решил я.

Как какой парад? Парад немецких войск и ваших славных танкистов, — ответил Гудериан.

Простите, господин генерал, но я все же вас не понимаю. В моем представлении, парад войск — это экзамен их строевой сколоченности, подтянутости и блеска формы. Но посудите сами, генерал, разве я могу вывести на парад свою танковую бригаду после 120-километрового ночного марша? Парадная форма находится в тылу, а вы по своему опыту знаете, что тыловые части всегда далеко отстают от танкистов. «А ля гер ком а ля гер!» — «На войне как на войне!» — говорят французы. Я не могу вывести людей и танки без того, чтобы не привести их в должный вид.

Если я правильно вас понял, вы, генерал, хотите нарушить соглашение нашего командования с командованием немецких войск? — ехидно спросил меня Гудериан. «Ишь, куда гнет, гад!» — подумал я про себя, но, вежливо улыбаясь, ответил:

Нет, соглашение, заключенное моим командованием, для меня непреложный закон. Нарушать его я не собираюсь. Заключив соглашение, мое и ваше командование не имело в виду устраивать такой парад, в котором одна часть войск будет дефилировать после длительного отдыха, а другая — после длительного похода.

Пункт о парадах записан в соглашении, и его нужно выполнять, — настаивал Гудериан.

Этот пункт соглашения мы с Вами должны выполнить так, — в категорической форме предложил я, — в 16 часов части вашего корпуса в походной колонне, со штандартами впереди, покидают город, мои части, также в походной колонне, вступают в город, останавливаются на улицах, где проходят немецкие полки, и своими знаменами приветствуют проходящие части. Оркестры исполняют военные марши.

Гудериан долго и многословно возражал, настаивая на параде с построением войск на площади. Видя, что я непреклонен, он наконец согласился с предложенным мною вариантом, оговорив, однако, что он вместе со мной будет стоять на трибуне и приветствовать проходящие части».

Как видим, ни о каком совместном параде даже речи не идет. Договорились лишь о том, что Кривошеин поприветствует уходящие из Бреста части Вермахта. Встреча с Гудерианом закончилась около 14 часов, а в 16 часов Кривошеин уже стоял на трибуне с Гудерианом. Даже если бы Семен Моисеевич и договорился с Гудерианом о параде, то его невозможно было подготовить за два часа. В городе в это время находился лишь один танковый батальон из 29-ой танковой бригады. Однако ему было не до парада, советские танкисты получили приказ заблокировать железную дорогу, что они и сделали, не допустив вывоза немцами польского имущества из города. Кривошеин пишет об этом так:

«Колонна моих танков уже шла по улице. Остановив головную машину, я узнал, что идет четвертый батальон: Приказал лейтенанту Мальцеву вызвать по радио начальника штаба. Через пять минут он явился. Я приказал ему на выходных стрелках железной дороги поставить танки, а танкистам для вида копаться в моторах, кроме того, немедленно расставить посты, организовать патрулирование, «оркестр» и четвертый батальон приготовить для участия в параде».

Итак, единственный вошедший в город батальон был занят блокированием железнодорожных путей, охраной польских арсеналов в крепости и патрулированием. О каком «параде» тут может идти речь? В беседе с комиссаром бригады Илларионовым Кривошеин раскрывает тему «парада» весьма детально:

«Теперь займемся подготовкой людей к проводам немецких частей из города. Через полчаса Гудериан будет пропускать мимо вон той трибуны свои полки. Разыщи, пожалуйста, нашего капельмейстера, передай ему мое приказание, чтобы шумел не меньше немцев. Видишь, что фашисты выкомаривают.

По площади проходил немецкий оркестр, человек 80. Впереди солдат с начищенными до блеска трубами, выступавшими фридриховским шагом, шествовал невозмутимый капельмейстер с солидной, метровой палкой в правой руке.

Танковой бригаде оркестр по штату не положен. Но взвод регулировщиков у нас был обучен игре на духовых инструментах. Он и представлял собой наш оркестр».

Сохранилась фотография советского оркестра – все восемь музыкантов. Рядом с немцами смотрятся, конечно, бледно.

Сам «парад» в воспоминаниях Кривошеина представлен так:

«В 16.00 я и генерал Гудериан поднялись на невысокую трибуну. Нас окружили офицеры немецкого штаба и без конца фотографировали. Пошли головные машины моторизованных полков. Гудериан приветствовал каждую машину, прикладывая руку к головному убору и улыбаясь. За пехотой пошла моторизованная артиллерия, потом танки. На бреющем полете пронеслись над трибуной десятка два самолетов. Гудериан, показывая на них, пытался перекричать шум моторов:

Немецкие асы! Колоссаль!

Я не удержался и тоже крикнул в ответ:

У нас есть лучше!

О, да! — ответил Гудериан без особой радости.

Потом опять пошла пехота на машинах. Некоторые из них, как мне показалось, я уже видел. Очевидно, Гудериан, используя замкнутый круг близлежащих кварталов, приказал мотополкам демонстрировать свою мощь несколько раз.

Наконец парад окончился. Мы с Гудерианом стали прощаться».

Никаких упоминаний об участии в торжественном марше частей Красной Армии нет ни в советских источниках, ни в германских. Нет ни одного снимка прохождения перед Гудерианом и Кривошеиным советских частей.

Откуда же растут ноги у фейка о совместном параде? Все очень просто: 22 сентября в Бресте находились кинохроникеры немецкой пропагандистской службы Die Deutsche Wochenschau. Операторы сняли торжественный марш германских частей и входящие в город за два часа до «парада» без всякой торжественности танки 4-го батальона 29-ой танковой бригады Кривошеина (на фото выше кинооператор попал в кадр). Далее небольшое волшебство на монтажном столе – и на киноэкране дело представлено так, будто РККА и Вермахт плечом к плечу маршировали в Бресте. Германия осенью 1939 г. всячески пыталась представить дело так, будто у нее с СССР чуть ли не союзнические отношения, дабы оказать этим давление на Великобританию и Францию.

https://youtu.be/fvYdVSMWcMk
[ndlr>>>cette video n’est plus accessible…]

Смотреть с 1:35. То, что это склейка, отлично видно по фону: в первом случае тротуары пусты, во втором – запружены народом, то есть съемка велась в разное время. А откуда взялись советские танкисты рядом с немецкими музыкантами?

Ответ находим в журнале боевых действий XIX моторизованного корпуса, опубликованный Издебски (Izdebski. S. 251]  Izdebski J.  Wojskowy Przegland Historyczny. 1991. № 3/4. S. 246-251):

«11.15 – Прибыл командир находящейся на марше к Бресту русской танковой бригады – комбриг Кривошеин. Он принят командующим корпусом и начальником штаба. Производит впечатление человека хорошо воспитанного, сдержанного и уверенного в себе. Вторично подробно обсуждена принятая днем ранее договоренность относительно передачи города. Во время разговора относительно сценария публичного мероприятия русский генерал выразил пожелание, чтобы его танки не принимали участия в торжественном прохождении, поскольку из-за этого их экипажи не будут иметь возможности увидеть марш немецких частей. Это пожелание вызвало соответствующие изменения во всем ходе церемонии; решено, что прохождения русских танковых частей не будет, но оркестр и экипажи танков займут места рядом с оркестром 20-й моторизованной дивизии напротив генералов, принимающих парад». (источник).

Как видим, заранее было решено, что СОВМЕСТНОГО парада не будет. Советские танкисты присутствовали на торжественном мероприятии в качестве зрителей, а не участников. У кого-то еще есть вопросы?

Осталось спросить дебилов типа dolboeb и escapistus: вы на каком основании продолжаете пропагандировать геббельсовские фейки? Вопрос риторический, можете не отвечать. Позорно обосрались – лучше помалкивайте.

UPD. Каменты, как всегда, доставляют. Упоротые срут кирпичами: раз Кривошеин стял на трибуне – значит парад был совместным. А вы слыхали о совместном российско-натовском параде победы на Красной площади? Как же так? Ведь 9 мая 2010 г. на трибуне стоял целый ряд верховных главнокомандующих стран НАТО. Там и Меркель была, ручкой махала. Победу праздновала. Совместную победу, ога. Если бы не немцы, русские бы стопудово Берлин не взяли.

 

 

 

A propos du maoïsme et de la Chine: un nouvel échange avec M. Drweski

DÉBAT ACTUALISÉ EN TEMPS RÉEL…!

 

 

 

 

Reçu de M. Bruno Drweski

« Dans votre analyse du « maoisme », vous négligez la vision à long terme par rapport au court terme et le fait que l’histoire a démontré que l’on ne peut passer au socialisme sans passer par l’étape du capitalisme (sur ce point, alors que les bolcheviks avaient raison sur le court terme et sur le très long terme, l’histoire de l’URSS et des autres pays socialistes, Chine comprise, a démonté que les mencheviks avaient raison sur le moyen terme, de la NEP à Gorbatchev, aux politiques chinoise et cubaine actuelles). L’idéal réaliste étant un capitalisme contrôlé par un Etat où le prolétariat et la légitimité prolétarienne gardent un « droit de veto » avec une vision « étatiste » permettant de garder le cap pour le long terme, en s’appuyant en plus sur un système d’éducation et une superstructure enseignant la supériorité du socialisme sur le capitalisme à terme. Rien n’est cependant tranché d’avance et cette voie étroite peut mener vers les dérives gorbatchéviennes ou néo Zhao Ziyang (« Tien an men » 1989).

Dans ce contexte, la seule chose possible pour un partisan du prolétariat est de garder en vue le long terme malgré des concessions sur les court et moyen termes, ce qui nécessite des campagnes visionnaires d’éducation politique, comme celles de la révolution culturelle proprement dite (1966-68) mais aussi comme celles contre le « droit bourgeois » des années 1971-76 qui prouvent que l’on n’avait pas renoncé aux acquis de la révolution culturelle à l’époque, et donc que Mao n’avait pas trahi en cautionnant la création des comités révolutionnaires après la tentative impossible de la Commune de Shanghaï. Aujourd’hui, sous la direction de Xi Jinping, le PCC en tenant compte des rapports de force existant dans la société chinoise (rapports entre bourgeoisie compradore, bourgeoisie nationale, prolétariat et petite bourgeoisie ; rapports entre la Chine et l’impérialisme mondialisé ; rapports entre la Chine côtière plus tournée vers le commerce international et la Chine de l’intérieur plus tournée vers le marché intérieur), réhabilite par petites touches certains éléments au moins de la révolution culturelle, ce qui démontre que les principes révolutionnaires vivent toujours dans la société et au sein du Parti communiste où une lutte de classe se déroule. Le problème étant de ne pas pousser la bourgeoisie nationale et la petite bourgeoisie parvenue dans les bras de la bourgeoisie compradore tout en donnant aux forces prolétariennes les moyens de participer aux décisions politiques. 

Mao, en raison de la pression impérialiste (Viet-nam, Cambodge, Laos, Corée) et du conflit armé avec l’URSS révisionniste en 1969 soutenant l’Inde voisine ‘social-démocrate’ du parti du Congrès contre la Chine, ne pouvait pas ne pas voir la menace extérieure mortelle qui pesait sur la Chine, il devait donc manoeuvrer à l’échelle internationale, qui ne pouvait qu’accompagner un certain recul tactique idéologique intérieur, ce qui avait, par la force des choses, un impact sur la question du pouvoir sur la scène intérieure où la bourgeoisie nationale marginalisée, voire éliminée de toute influence pendant la période 1966-69, exigeait des concessions pour prix de son appui renouvelé à l’Etat, comme elle l’avait fait en 1949. C’est là l’essence des conflits entre « les quatre » et Lin Biao (qui tendait vers un compromis avec l’URSS révisionniste) puis entre « les quatre » et Deng Xiaoping (qui tendait vers un compromis avec le capitalisme impérialiste US…). Mao, vieillissant, arbitrant ces luttes de classe sans jamais être en état de trancher définitivement vu l’état du rapport de force dont il n’était évidemment pas le maître …car ce n’était pas un dieu ! Même après la victoire de Deng (1976-78) pourtant, la faction « maoiste » n’a jamais disparu de la scène, ce qu’on peut constater aujourd’hui en lisant les polémiques politiques qui se déroulent dans les organisations du Parti communiste, dans les écoles du Parti et plus largement dans les médias chinois. Le « culte de Mao » qui se maintient en Chine, à la base de la société, est utilisé par les partisans de la ligne prolétarienne pour s’affirmer contre les déformations bourgeoises, et même les fractions les plus droitières ne peuvent ouvertement s’y opposer car elles savent qu’elles iraient à l’encontre des désirs populaires et qu’elles scieraient aussi la branche sur laquelle elles sont assises face à l’impérialisme US qui est en guerre contre les intérêts bourgeois nationaux et prolétariens (nationaux) chinois. Le peuple chinois, en bon praticien matérialiste, sait que la légitimité et la pensée maozedong résumant et prolongeant le marxisme-léninisme est une arme entre ses mains, ce qui explique pourquoi il ne l’a pas laissée tomber après 1978, malgré les tentatives des fractions droitières du Parti de la dénigrer.

On ne doit donc jamais, pour ne pas être éjecté du train de l’histoire, s’attaquer au drapeau rouge de Mao comme par exemple l’ont fait les partisans de Enver Hoxha qui, eux, ont été définitivement éjectés du train de l’histoire. En Chine, la lutte de classe se déroule au sein d’une superstructure toujours socialisante et d’une base économique qui l’est en partie, en Albanie, la lutte des classes est totalement désorganisée car elle a perdu toute base organisationnelle, idéologique et politique, à cause de l’aveuglement nationaliste, sectaire et bureaucratique de Enver Hoxha après 1976, puis de son successeur. A Cuba, la lutte des classes se déroule au sein d’un Etat socialisant, comme en Corée et au Viet-nam ou au Laos. Il faut donc bien sûr réanalyser l’étape de la révolution culturelle mais aussi celle de la campagne « Pi Lin pi Kong ! » (Dénonce Lin Biao, dénonce Confucius !) d’après 1971 et celle contre le droit bourgeois peu après, qui ont laissé des traces profondes dans la conscience du peuple chinois. Et replacer tout cela dans le long terme …dans le très long terme, car la lutte des classes se déroule sur plusieurs générations et l’histoire ne peut s’accélérer d’un coup de baguette magique comme le rêvaient certains révolutionnaires prolétariens radicaux en 1966, empruntant en fait sans en être conscient un chemin qu’avaient déjà tenté d’emprunter les trotskystes à la fin des années 1920. Si le trotskysme n’a pas réussi à s’implanter dans les masses d’aucun pays, comme le « hoxhaisme » plus tard, alors que le maoisme résiste lui d’une certaine façon visible, dans de nombreux pays (Inde, Népal, Pérou, Philippines, Belgique, Russie, Turquie …Chine !!!), il y a là « un signe pour ceux qui réfléchissent » …Mao a constitué une leçon historique magistrale de lutte des classes à l’intérieur du socialisme, mais ce n’est pas un dieu, ce n’est qu’un instrument de progression historique qui a montré le développement et les contradictions de la révolution prolétarienne.

A ce titre, même les antimaoistes l’étudient comme un « danger lucide et respectable » car eux comprennent les vrais enjeux en tant que classe dirigeante. …alors, le côté révolutionnaire doit lui aussi s’emparer de ses avancées, comme nous admettons le faire avec Rosa Luxemburg et Lénine, pourtant opposés sur des points fondamentaux, mais dans le cadre d’une même dynamique révolutionnaire. Soyons au moins envers la pensée Mao aussi créatifs et imaginatifs que Léninele fut face à Luxemburg, lorsqu’elle était vivante et lorsqu’elle a été assassinée et qu’ll a donné comme consigne d’éditer en Russie en pleine guerre civile la totalité de ses oeuvres, y compris celles polémisant avec lui ! Luxemburg a eu raison sur le long terme mais pas sur le court terme …il en va un peu de même avec Mao …la différence étant que Luxemburg ne participait pas au pouvoir alors que Mao en constituait un élément clef, d’où des contradictions par la force des choses moins palpables. Sachons utiliser la méthodologie matérialiste et refusons le culte magique des chefs révolutionnaires ou des …anti-chefs ! Les cultes magiques peuvent parfois être justifiés ou tout au moins compréhensibles comme étape, comme ce fut le cas au début de la révolution culturelle, mais au final, il faut savoir les relativiser …ce que Mao a lui-même tenté de faire dès la chute de Lin Biao !!! …alors même que les masses continuaient …et cela jusqu’à aujourd’hui à le célébrer de manière symbolique et quelque part « magique ». La ‘magie religieuse’ apparait nécessaire aux masses qui s’attachent aux ‘messages prophétiques’ en période de « basses eaux » révolutionnaires, mais, fondamentalement, c’est parce qu’elles utilisent la méthodologie matérialiste dans leurs luttes et opinions concrètes.»

Salut et Fraternité ! 

BD

RÉPONSE TML

Bonjour,

Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour l’effort d’apporter enfin au débat une contribution qui a au moins le mérite, rare ces temps ci, d’une relative cohérence interne. Néanmoins il apparaît d’autant plus clairement que cette cohérence interne repose sur un certain nombre de postulats dont il est nécessaire de contrôler la relation avec la réalité si l’on devait vouloir déduire une ligne politique correspondant à cette cohérence apparente.

Établir une ligne politique est une affaire de choix à faire en fonction des objectifs, eux mêmes déterminés par l’analyse et l’orientation idéologique qui y préside.

Par orientation idéologique, je n’entends nullement aucun préjugé idéologique, ni même aucun héritage idéologique, si ce n’est celui des fondamentaux, en tant qu’outils de recherche et d’analyse, et dans la mesure où ils sont constamment étalonnés à l’épreuve des faits et de l’évolution du réel.

A partir de l’analyse et de la définition des objectifs, il devrait pouvoir, par contre, se former une idéologie nouvelle, correspondant à la réalité de notre époque, et ouvrant une voie révolutionnaire prolétarienne appropriée aux conditions actuelles, c’est à dire une expression actuelle du marxisme-léninisme.

Le constat manifeste est que l’on est encore loin d’une telle situation.

Une des questions que pose notre débat, c’est la validité du maoïsme en tant qu’idéologie révolutionnaire prolétarienne.

La difficulté apparente réside dans la confusion intrinsèque introduite par cette doctrine elle-même.

Le maoïsme prétend clairement, avec son concept fondamental de « démocratie nouvelle », établir une « troisième voie » entre capitalisme et socialisme, avec un « troisième type » d’État, qui ne serait ni capitaliste ni socialiste, mais doté d’une nature de classe « interclassiste », qui n’a pas, selon cette « théorie », de nature de classe déterminée, ni bourgeoise, ni prolétarienne.

Or, si l’on veut bien accepter que l’idée est bien de dépasser le stade féodal, et non d’y revenir, il n’y a clairement pas d’alternative, et ce « raisonnement » outre le fait d’être une forme particulièrement grossière et grotesque de révisionnisme, ne correspond donc à aucune forme de réalité concrète et doit donc nécessairement correspondre à l’une ou l’autre de ces deux réalités essentielles en matière de nature de classe possible d’un État moderne.

Bien évidemment, chacune de ces deux réalités essentielles des États modernes n’est pas univoque et recouvre encore un grand nombres de possibles, et pour des raisons assez évidentes dans l’un comme dans l’autre cas.

Le socialisme est, par définition, une société de transition entre capitalisme et communisme, et doit donc assurer la transformation révolutionnaire de l’un à l’autre. Il est donc normal, comme nous l’explique Marx qu’il porte encore, et surtout à ses débuts, les stigmates du capitalisme, et ne peut donc en effacer toutes les traces du jour au lendemain.

Les formes subsistantes du capitalisme dans les premières phases de la transformation socialiste ne peuvent donc être déterminées ou choisies de manière arbitraire. Elle sont la résultante de l’évolution propre de chaque pays, mais néanmoins il est évidemment essentiel de les réduire autant que possible, et non pas de les développer, si l’on veut parler de socialisme. Cela suppose donc de développer également autant que possible un secteur économique véritablement socialiste, c’est dire planifié en fonction des besoins sociaux réels recensés, et non en fonction de la loi du marché. Dans ce secteur, le principe économique des échanges est celui de la valeur-travail, des quantum de travail nécessaires évalués par le plan, et non la loi du marché.

Dans une première phase du socialisme, l’existence d’un tel secteur socialiste n’est pas forcément incompatible avec une survivance du capitalisme d’État, mais il s’agit bien là de deux secteurs économiques distincts et la domination du secteur économique socialiste ne peut clairement être assurée que par la dictature du prolétariat.

Si l’on veut parler de la Chine actuelle et de sa prétention affirmée au socialisme, dans sa constitution, sur la base d’une « dictature démocratique ouvrière et paysanne » le décalage apparaît déjà comme énorme entre de telles prétentions et la réalité.

Même s’il reste une partie d’adhésions prolétariennes au PCC, l’évidence est bien que ni la classe ouvrière ni la paysannerie n’y sont les classes dominantes.

De plus, cet état de fait n’est pas nouveau ni même récent et la classe ouvrière, à l’époque où Mao définissait son concept de « démocratie nouvelle », était déjà ultra-minoritaire au sein du PCC.

Il existe encore manifestement un secteur capitaliste d’État, en Chine, mais tout aussi manifestement et en aucune façon, un secteur économique socialiste, jusqu’à preuve du contraire, et pour cause…

Et de plus, ce secteur capitaliste d’État lui-même est en voie de régression constante, et s’il concerne encore des secteurs économiques importants, il est également directement corrélé en interdépendance avec le capitalisme financier et les marchés boursiers. C’est un état de fait typique du capitalisme monopoliste d’État, et non du socialisme.

Il est donc vain de parler de la Chine actuelle comme d’un pays socialiste, et du reste, vous ne semblez pas non plus accréditer réellement cette idée, mais simplement tenter d’y voir des « restes de socialisme », ce qui impliquerait que la Chine ait connu une telle phase auparavant…

Vous parlez d’ « une superstructure toujours socialisante et d’une base économique qui l’est en partie »… Or, vous en conviendrez, parler d’une « superstructure toujours socialisante » qui ne reposerait sur aucune base correspondante est effectivement un concept purement ésotérique et il vous reste donc à trouver les éléments d’une « base économique qui l’est en partie »… Sans même préjuger du « socialisme en partie », cela ne semble pas se trouver dans le livre de M. Herrera non plus, suite au récent débat, mais peut-être avez vous de meilleures sources ? C’est ce que j’ai sollicité de votre part dans notre précédent échange et je reste disposé à publier et à débattre de ce que vous voudrez bien m’envoyer à ce titre !

Selon vous, également, comme selon la plupart des maoïstes, « Mao a constitué une leçon historique magistrale de lutte des classes à l’intérieur du socialisme »… Ce qui est une affirmation que la Chine était « socialiste » au moment de la GRCP. Or, constitutionnellement parlant, elle était toujours sous le régime de la « Démocratie Nouvelle », jusqu’en 1975, ce que ne contredit pas la republication, en 1967, des textes anciens de Mao, et notamment, « De la juste solution des contradictions au sein du peuple », même si ces textes, comme d’autres, plus récents à l’époque, parlent déjà également de « socialisme » et même de « dictature du prolétariat » qu’il faudrait défendre contre ses ennemis de l’intérieur, notamment.

Or à quel moment réellement le prolétariat est-il supposé avoir pris le pouvoir ? A quel moment la « Démocratie Nouvelle » est-elle supposée avoir cédé le pas à cette « dictature du prolétariat » ? Le flou et le double langage constants des différents dirigeants rend ce passage à peu près indiscernable… 

La simple « nationalisation » des principales industries suffirait-elle à caractériser ce passage ? C’est ce que tend à affirmer le camarade Viriato, dans un long débat que nous avons au fil des différents articles sur le sujet… Or, très concrètement, ce n’est pas ce qui était le vécu ressenti et exprimé par le prolétariat à l’époque même de la GRCP, et notamment pas, dans le Hunan, comme le montre l’histoire de Shengwulian.

Ce qui a entraîné l’ampleur des mouvements de masse prolétariens, qui ont dépassé les affrontements puérils mais violents entre bandes de gardes rouges semi-officiels, c’est donc bien un sentiment de lutte de classe, et de lutte de classe contre l’essentiel de la bureaucratie considérée comme une nouvelle bourgeoisie « rouge », et pas seulement un quarteron de dirigeants hostiles à la personne et aux choix politiques de Mao Zedong.

C’est manifestement ce que Mao Zedong n’avait pas anticipé et qui l’a amené rapidement à adopter la stratégie réactionnaire des « Comités révolutionnaires de triple alliance », à partir de la brève « Commune de Shanghai », puis une attitude carrément et violemment répressive, dès le début de 1968.

La mort de Mao, en 1976, marque certainement un tournant dans le rapport de forces entre les factions en lutte pour le pouvoir, mais pas une évolution décisive en matière de politique internationale, et notamment dans la Kollaboration avec l’impérialisme US, clairement et franchement inaugurée au tournant des années 1971-72, par Mao lui-même, et aussitôt matérialisée par la vente de parts sur l’industrie nationale au capital US, via Hong Kong et le système des « Red Chips », toujours en fonction, du reste.

Parler du révisionnisme du PCUS, c’est évidemment une des réalités consternantes de cette époque, mais la nature de classe des deux régimes, révisionniste maoïste et révisionniste soviétique, ne souffrait jusque là, en réalité, que de l’opposition de deux formes de nationalisme et de social-chauvinisme, et non pas réellement de deux natures de classe différentes, même si la formation de ces deux bourgeoisies nationales-bureaucratiques a effectivement été la résultante de deux histoires tout à fait différentes, contrairement à une idée reçue et entretenue par l’idéologie et les médias bourgeois, même « de gauche ».

L’option de Lin Biao pour un rapprochement avec l’URSS révisionniste, si avérée, eut donc été un pis aller, dans ce contexte, pour maintenir au moins l’unité anti-impérialiste des différentes bourgeoisies nationales, à défaut de front prolétarien, déjà en voie de reflux, à cette époque. D’une autre manière, mais assez efficace, c’est la Russie de Poutine, aujourd’hui, qui joue ce rôle de catalyseur des résistances nationales bourgeoises, sans pour autant entretenir d’ambiguïté sur sa nature de classe, ce qui est donc un point plutôt positif, en réalité, en permettant d’éviter le confusionnisme induit par la doctrine maoïste de « Démocratie Nouvelle », qui, effectivement, entretient encore des illusions, ici, et là, tout en menant à des échecs, également, jusqu’à présent.

La question d’un front uni anti-impérialiste reste donc posée, mais elle ne saurait être résolue en termes maoïstes, au vu de l’expérience.

En termes ML, la dialectique d’unité tactique possible avec une bourgeoisie nationale progressiste éventuelle, en fonction des circonstances concrètes, est suffisamment établie et se distingue précisément du confusionnisme maoïste. Tant que le prolétariat n’a pas pris le pouvoir en tant que classe dominante, une alliance de classes anti-impérialistes au pouvoir ne peut constituer ni la base ni la superstructure d’un prétendu « socialisme », sauf, précisément, à duper les masses, à sombrer dans le révisionnisme, et finalement, à aboutir à un échec, non seulement en termes de « socialisme », mais aussi en termes d’indépendance vis à vis de l’impérialisme, et c’est bien là l’une des leçons de l’expérience chinoise, avec celle de la mutation d’une bourgeoisie nationale-bureaucratique en bourgeoisie comprador et monopoliste d’Etat, à la suite.

En tant que seconde puissance financière mondiale, le statut actuel de la Chine en termes de stade de développement du capitalisme ne laisse place à aucun doute, à l’évidence, et vouloir même encore y voir le pouvoir d’une « bourgeoisie nationale » relève de l’aveuglement, à la rigueur encore possiblement attribuable à la foi religieuse en la doctrine maoïste de la « Démocratie Nouvelle », « bénéfice du doute » que je veux bien vous accorder pour ne pas envenimer davantage cette polémique.

Pour finir, vous évoquez, pêle mêle, Trotsky, Luxemburg et Hoxha, encore trois autres histoires différentes et sans rapport direct avec notre sujet.

Rapidement, si Trotsky a tenté de se poser en leader de « gauche » durant les années 20, c’était nettement par manque d’un autre créneau où se placer, vu la contradiction entre ses options économiques et celles de l’ « opposition de gauche » de ce moment. La suite et l’étude de ses écrits montrent pourtant que son « programme de transition » était bien de même nature que d’autres tentatives de « troisième voie » entre capitalisme et socialisme et constituait, précisément, le prototype du concept de « socialisme de marché », comme l’a établi lui-même un de ses partisans de la première heure de la « 4ème internationale », Michel Raptis. Rosa Luxemburg ne sert plus que de « caution idéologique » aux néo-gauchistes, ce qui, malheureusement, ne fait pas honneur à cette grande dame, dont la mémoire mérite mieux ! Hoxha a courageusement fait les premiers pas, fort utilement, dans la dénonciation du révisionnisme maoïste, mais il n’a effectivement pas su trouver la voie de l’unité anti-impérialiste qui lui aurait permis de désenclaver son pays, et, peut-être, d’en sauver au moins l’indépendance, comme l’ont fait Cuba et la RPDC.

Voilà ce qu’il m’a semblé utile de repréciser et de résumer, dans l’attente d’éléments concrets, de votre part, qui valideraient la qualification socialiste de la Chine.

Bien à vous,

Amicalement,

Luniterre

 

 

UNE SUITE A L’ÉCHANGE:

 

Reçu de M. Bruno Drweski:

Bien sûr qu’à l’étape actuelle c’est le conflit entre bourgeoisies impérialistes et compradores contre bourgeoisies nationales qui domine et, dans ce contexte, il faut appuyer (car les barricades n’ont toujours que deux côtés) des Etats aussi différents que la Chine, la Russie, l’Iran, la Syrie, Cuba, le Venezuela, la Corée (nord), la Bolivie, le Pakistan, Gaza, le Yemen d’ansarullah, le Liban du hezbollah et même parfois la Turquie. Les travailleurs de ces pays ne s’y trompent d’ailleurs en général pas, en faisant la distinction entre l’ennemi extérieur et ses agents compradores et les bourgeoisies nationales, certes opportunistes et toujours exploiteuses mais plus acceptables …Ce n’est pas un hasard si, en Chine, l’immense majorité des grèves ont lieu dans les entreprises à capitaux étrangers, beaucoup moins dans celles à capitaux chinois, et pas du tout dans les entreprises publiques d’Etat (ou communales ou coopératives ou provinciales ou commune populaire genre Nianji) …Tout simplement, les conditions n’y sont pas du tout les mêmes, ce qui explique que l’on ne peut réduire les entreprises publiques à un simple capitalisme …fut il d’Etat. Même dans des pays capitalistes, les entreprises publiques sont à la fois des éléments d’un capitalisme d’Etat et une préfiguration par certains aspects d’une évolution vers le socialisme. Analyse concrète de la réalité concrète ! Les travailleurs concernés savent de quoi ils parlent. La lutte contre la privatisation d’Aeroports de Paris n’est pas secondaire mais centrale dans le rapport de force entre classes aujourd’hui !!! J’ai d’ailleurs été salarié à Aeroports de Paris et donc j’ai une certaine expérience de cette réalité comparée aux employés des compagnies aériennes privées ou des aéroports appartenant aux chambres de commerce.

Et Mao a su magistralement analyser les rapports de classes réellement existant en Chine et dans le monde à son époque. A partir de ces analyses nous pouvons en développer d’autres pour aujourd’hui mais en innovant. La preuve de l’existence du pudding est qu’on le mange, la preuve de l’existence d’une forme sociale existante et d’un mouvement politique est qu’il existe concrètement. Certes, les communistes dans le monde sont partout affaiblis, mais ceux qui existent réellement au sein du PCC, au Népal, aux Philippines, en Grèce, en Turquie, à Cuba, en Inde, en Russie, en Syrie ou ailleurs ont sans doute plus les pieds sur terre que ceux qui sont de purs marxistes-léninistes de salon, sans aucun poids sur le rapport de force international et même local. Et le marxisme doit aussi réfléchir à toutes sortes de chose, comme par exemple la religion ou la question nationale, puisqu’elles n’ont pas disparu sous les socialismes. L’exigence d’analyse concrète de la situation concrète nous amène à compléter la pensée des classiques sur ces questions. Si la révolution en Iran a été islamique, patriotique et non marxiste dans son aile de masse, c’est que les masses réellement existantes et « matérialistes » dans leurs comportements réels, n’ont pas trouvé dans le marxisme-léninisme à l’étape actuelle toutes les réponses aux questions qu’elles se sont posées. Même constat pour la révolution palestinienne et l’apparition du hamas et du djihad islamique par rapport aux factions « socialistes » ou « marxistes ». On aurait déjà du y penser à l’époque du FLN algérien et de Nasser. 

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…ET UNE RÉPONSE DE TML:

 

Bonjour,

Merci de votre réponse rapide, et effectivement constructive, par certains aspects.

Comme je le rappelle au camarade Viriato dans les posts en commentaires, le caractère anti-impérialiste de la Révolution maoïste est incontestable, mais cela n’en fait pas pas pour autant une révolution prolétarienne, comme le montre l’expérience tragique de Shengwulian, et d’autres de la même époque, en Chine.

Le point de bascule d’un camp à l’autre étant néanmoins l’accord Mao-Nixon de 1972

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2013/12/08/mao_declassifie_1/

Que les rapports de classe ne soient pas uniformes et même relativement différenciés selon les secteurs économiques, c’est une évidence à laquelle je me suis trouvé personnellement également confronté en tant que prolétaire, et singulièrement, en bas de l’échelle sociale, même dans cette catégorie.

Cela n’en change pas pour autant la nature de classe capitaliste de ces rapports.

Et ce phénomène existe évidemment en Chine de nos jours, mais il existait déjà, en ce qui concerne les « travailleurs migrants », par exemple, du temps de Mao et de la GRCP, dont il est l’un des facteurs déterminants, même s’il n’y a déjà pas trouvé de solution, donc.

Comme vous l’observez justement:

« Si la révolution en Iran a été islamique, patriotique et non marxiste dans son aile de masse, c’est que les masses réellement existantes et « matérialistes » dans leurs comportements réels, n’ont pas trouvé dans le marxisme-léninisme à l’étape actuelle toutes les réponses aux questions qu’elles se sont posées. »

Le constat reste bien que les fondamentaux du ML, galvaudés par les strates successives de révisionnisme, dont le maoïsme, ont cessé d’être opérationnels, dans ces expressions dégénérées, comme outils théoriques utilisables directement par le prolétariat .

C’est pourquoi il faut donc les dégager de ces strates successives de scories contre-révolutionnaires pour les rendre à nouveau opérationnels en les confrontant à l’analyse factuelle des réalités actuelles, sans fard et sans préjugés idéologiques surannés.

Luniterre

 

 

REÇU VERS 15H 30, CE MAIL « TÉLÉPHONIQUE »

Le communisme est le mouvement du réel. S il ne l est pas c est soit que le marxisme est faux ou dépassé soit que nous n avons pas appris de ses échecs…mais aussi de ses succes. Et quoiqu on
pense aujourd hui de la Chine, de l Iran, de la Coree, de Cuba ou même de la Russie …dans le rapport de force de classe a l international entre forces de guerres et force de paix, ces formations révolutionnaires ou postrevolutionnaires sont plus progressistes que le bloc USA. Elles empêchent la guerre mondiale. Elles font donc partie du mouvement du réel et elles portent implicitement au moins un contenu prolétarien dans la mesure où il est dans l interet du prolétariat de les soutenir ….faute de mieux…et c est ce qu il fait.

Le véritable marxisme c est de répondre à un moment donné à une situation donnée. Mao zedong dans ses rêves a long terme etait un communiste prolétarien…dans son rapport a l etape ou se trouvait la societe réellement existante il a apporté les réponses les plus efficaces et les plus progressistes possibles et en ce sens il était…marxiste …comme Lenine lançant la NEP l etait aussi. L essentiel était de garder la vision superstructurelle pour le très long terme tout en faisant des compromis tactiques indispensables sur le court terme en observant la base matérielle et intellectuelle existante. Sinon on transforme le marxisme en religion dogmatique. . Et c est pour cela que la pensée maozedong constitue un guide utile à apprendre dynamiquement et non pas statiquement.

Le pacte ribbentrop Molotov est un exemple comparable aux accords Nixon Zhu enlai.  ..on le voit bien aujourd hui en Syrie, Coree, etc. La Chine ne s est pas soumise à l imperialisme et pour le moment au moins elle n est pas impérialiste.

RÉPONSE TML:

Re…

Le mieux serait peut-être de prendre un peu plus de temps pour une réponse véritablement utile au débat et éviter ainsi les raccourcis tentants sur le format « portable », mais qui nous ramènent donc dans les approximations, sinon dans le confusionnisme…

La plus grosse et la plus coquasse étant la dernière, par lequel je commencerai donc…

Comparer le pacte Mao-Nixon au pacte de non agression germano-soviétique est peut-être révélateur, en un sens…

En effet, ce pacte n’avait essentiellement pour but que de retarder l’agression fasciste, et si des accords économiques en ont découlé, ils sont d’importance mineure et ne comprenaient aucune emprise du capital allemand sur l’économie soviétique, qui restait donc indépendante à tous points de vues, et surtout, financièrement…

Ce n’était pas le cas du pacte Mao-Nixon qui a bien concrètement ouvert la porte de l’économie chinoise à la finance US, via Hong Kong et le système des « Red Chips » qui hypothéquait donc la propriété des entreprises nationales (« socialistes ») chinoises à l’aune de ce financement.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

 

De quelle « agression fasciste » Mao aurait-il donc du se protéger ?

…Ah, le fameux « social-impérialisme soviétique » !

Alors qu’à la même époque les peuples du monde voulant se libérer, et de quoi, sinon …de l’impérialisme US, s’appuyaient principalement, sinon presque exclusivement, sur l’aide de l’URSS, aussi révisionniste, effectivement, soit-elle.

Le révisionnisme consommé de la bourgeoisie nationale bureaucratique soviétique ne l’empêchait pas, néanmoins, de se défendre et de lutter contre l’impérialisme, fut-ce au nom du social-chauvinisme !

Alors que le pacte Mao-Nixon a marqué un basculement flagrant de la Chine dans le camp US et anti-soviétique, et donc porté un coup sévère à ce qui restait du front anti-impérialiste, et cela en pleine agression US poursuivie au Vietnam et dans bien d’autres contrées…

Difficile de faire pire… !

En regard de cela, le poids de vos affirmations annexes se trouve pour le moins relativisé, sinon totalement discrédité.

Dommage, en rapport de vos efforts précédents pour un débat constructif.

En ce qui concerne le maintien précaire de la paix dans le monde, elle est effectivement le résultat d’un rapport de forces constamment instable.

Le mouvement du réel, dont vous tentez de vous revendiquer…

Sur le terrain, la résistance la plus active ne vient pas de Chine, mais bien encore de Russie, y compris et notamment, pour ce qui nous concerne en Europe, grâce à la capacité nouvelle des missiles russes qui tiennent désormais en « respect » les forces US et Otanesques massivement et tout à fait abusivement implantées en Europe :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/06/nouveaux-missiles-russes-la-paix-en-europe-est-elle-menacee-et-par-quoi-et-par-qui/

Et cela malgré les difficultés économiques considérables que connaît ce pays, déjà imposées par les USA et l’UE en réaction à ses actions de résistance précédentes…

Et pendant ce temps là, la Chine s’approprie manu militari la partie de mer « de Chine » normalement en « copropriété », aux termes des lois internationales, avec ses voisins, dont le Vietnam…

 

 

Sinon, l’Iran fait effectivement également une très courageuse résistance, et également là, encore, par un effort démesuré en regard de ses moyens et des contraintes qu’il subit !

Tous actes de résistance constamment relayés et soutenus sur TML, sans que cela n’empêche, par ailleurs, le soutien aux luttes sociales prolétariennes dans ces pays.

Luniterre

 

 

 

UNE SUITE A L’ÉCHANGE…

Je sais mais le temps manque …

La guerre (pour le moment « seulement » commerciale) sino-US actuelle démontre bien que la Chine a su jouer l’impérialisme US. D’ailleurs, même les investissements des grosses firmes US en Chine sont de fait souvent non rapatriables car cela prendrait plus d’un an pour effectuer ce transfert, et les grosses firmes informatiques US s’effondreraient entretemps avec leurs clients en même temps …Donc l’Etat chinois a pris en otage les firmes clefs des USA, y compris en partie celles de l’armement qui ne peuvent fonctionner sans les productions informatiques faites en Chine. La Chine c’est Mao, mais c’est aussi Sun Tse …était il un … »pré-marxiste » ?

Le rapprochement tactique USA-Chine toléré par un Mao malade et poussé certes au départ trop loin par la faction Deng, a tout de même permis de reculer l’attaque US contre la Chine et, quand elle a eu lieu, il y a quelques mois, …Trump a du vite reculer, voir le cas Huawei. La Russie et la Chine aujourd’hui sont comme des frères siamois …mais avec une bourgeoisie compradore dans le cas russe implantée jusqu’au coeur du Kremlin alors qu’en Chine, depuis la chute de Zhao Ziyang, cette bourgeoisie là est tenue en général plus à la marge. 

…dans le couple sino-russe, la tête conceptuelle est plutôt à Pékin, le glaive et le bouclier à Moscou. C’est en partie ce couple qui permet à l’Iran et à la Syrie ou le Venezuela et Cuba ou encore la Corée et quelques autres de tenir. On ne peut pas négliger cet aspect des choses et donc y intégrer l’analyse des classes qui sont à la source de ces tensions. 

Pour ce qui est des peuples qui voulaient se libérer, malheureusement il y avait certes les peuples qui voulaient se libérer de l’impérialisme US et qui avaient peu d’autres solutions que de bénéficier de l’aide opportuniste d’un révisionnisme soviétique préparant déjà sa reddition gorbatchovo-eltsinienne à l’impérialisme US tandis que d’autres peuples voulaient se libérer de l’hégémonisme soviétique (ou même pas …Albanie, Yougoslavie) et ne voyaient pas d’autres solutions que de bénéficier de l’appui de l’impérialisme US … Il faudra bien faire l’analyse de la lutte des classes en Europe orientale, en Ethiopie, au Cambodge post-1978, en Afghanistan, au sud-Yemen et ailleurs, dans les pays où les peuples n’ont pas vraiment trouvé l’aide de l’URSS de l’époque si positive que cela. 

Aujourd’hui, la Chine ou la Russie ce sont surtout des bourgeoisies nationales au pouvoir, donc non compradores, non impérialistes mais où les forces des classes populaires et du prolétariat jouent plutôt un rôle d’appoint et non pas un rôle central dans les cercles du pouvoir. Donc il ne s’agit pas d’idéaliser ce système mais de constater qu’on a affaire à un système hybride qui, dans le jeu capitaliste mondialisé, joue un rôle qu’on peut qualifier d’opportuniste socialisant. En fait, en Chine, au niveau du et des pouvoirs, c’est une politique « menchevique » avec une aile bolchévique et une aile compradore, et en Russie, sous une autre forme, celle du pluralisme politique, c’est un peu la même chose, les communistes russes officiels étant dans le système comme force d’appoint et hors du gouvernement. Il n’y a pratiquement jamais eu dans l’histoire de formation sociale et politique « chimiquement pure », les différentes étapes de l’histoire s’entremêlent au niveau de la société et du coup aussi au niveau des pouvoirs. La France de de Gaulle par exemple était capitaliste droitière, mais le rapport de force de classe dans cette France là, forçait le régime a développer des éléments de « pré-communisme » dans certains domaines, à la fois sur le plan de la politique économique et sociale intérieure que sur le plan de la politique étrangère. Cette France là était capitaliste, mais pas comme les USA, l’Angleterre ou la RFA, ni comme l’Espagne ou la Grèce. Cela est encore plus vrai pour la Russie ou la Chine aujourd’hui, pour des raisons de classe mais aussi de légitimité du pouvoir qui ne peuvent totalement même s’ils le voulaient effacer le facteur communiste. Xi Jinping ne peut tout simplement pas décréter la fin de la RPC et la fusion du PCC avec le Kouomintang de Taïwan …même s’il le souhaitait …ce qu’il ne souhaite sans doute d’ailleurs pas. …Même Zhao Ziyang n’a pas pu le tenter !!!

UNE NOUVELLE RÉPONSE TML, POINT PAR POINT…

Bonjour,

Effectivement, le temps manque, et surtout dans un rapport de forces aussi disproportionné tel que nous le connaissons aujourd’hui. Chacun se retrouve avec une responsabilité d’autant plus grande et l’on ne peut se permettre une infinité de digressions. Le débat doit aller à l’essentiel pour aboutir à un ensemble d’éléments d’analyse susceptible d’unir les maigres forces du mouvement prolétarien encore subsistant, et, dans la mesure du possible, encore résistant !

Voici donc, à nouveau, et point par point, quelques précisions en réponses :

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« La guerre (pour le moment « seulement » commerciale) sino-US actuelle démontre bien que la Chine a su jouer l’impérialisme US. D’ailleurs, même les investissements des grosses firmes US en Chine sont de fait souvent non rapatriables car cela prendrait plus d’un an pour effectuer ce transfert, et les grosses firmes informatiques US s’effondreraient entre temps avec leurs clients en même temps …Donc l’Etat chinois a pris en otage les firmes clefs des USA, y compris en partie celles de l’armement qui ne peuvent fonctionner sans les productions informatiques faites en Chine. La Chine c’est Mao, mais c’est aussi Sun Tse …était il un … »pré-marxiste » ? »

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>>>Effectivement, tout en se « compadorisant », la bourgeoisie nationale maoïste a su concentrer pour son propre compte une partie importante de la plus-value extraite du prolétariat chinois par le capital US. C’est précisément ce processus extrêmement ingénieux qui est décrit et analysé dans :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

C’est donc ainsi qu’elle a constitué assez rapidement un stock de capital financier important, qui lui permet aujourd’hui d’être la seconde puissance financière au monde.

Toutefois, cette stratégie économique, aussi habile soit-elle, n’est pas celle d’une bourgeoisie nationale à la recherche d’un développement économique endogène, mais bien celle d’une bourgeoisie comprador qui rêve, en rentrant dans le jeu des puissances impérialistes, d’être « calife à la place du calife »

Il en reste encore une grande interdépendance avec l’économie et la finance US, comme vous le soulignez vous-même, et à ce jeu où ces deux là se tiennent « par la barbichette », pour rester poli, ni l’un ni l’autre n’ont intérêt à une guerre ouverte. Du moins, précisément, pas tant que la Chine n’arrive pas à se détacher complètement de cette interdépendance.

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« Le rapprochement tactique USA-Chine toléré par un Mao malade et poussé certes au départ trop loin par la faction Deng, a tout de même permis de reculer l’attaque US contre la Chine et, quand elle a eu lieu, il y a quelques mois, …Trump a du vite reculer, voir le cas Huawei. La Russie et la Chine aujourd’hui sont comme des frères siamois …mais avec une bourgeoisie compradore dans le cas russe implantée jusqu’au coeur du Kremlin alors qu’en Chine, depuis la chute de Zhao Ziyang, cette bourgeoisie là est tenue en général plus à la marge. » 

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>>>Vous cherchez, comme pas mal d’autres maoïstes qui n’assument pas, ou très difficilement, l’épisode « Mao-Nixon », à diminuer la responsabilité de Mao lui-même, dans cette affaire… Or, historiquement, il suffit de consulter le script des entretiens Mao-Kissinger pour constater que ce n’est pas le cas, et que sa responsabilité est entière.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2013/12/08/mao_declassifie_1/

De plus, il n’est pas douteux que Jiang Qing elle-même est une des chevilles ouvrières les plus importantes du rapprochement avec les USA, notamment via ses liens personnels étroits avec le champion pongiste Zhuang Zedong, pivot de la « diplomatie du ping-pong ».

Concernant le rôle résiduel de la bourgeoisie comprador, il est nécessairement différent en Russie et en Chine : La Chine a atteint le stade supérieur du capitalisme monopoliste d’État, avec une forte concentration de capital financier, ce qui n’est pas le cas de la Russie qui a même encore régressé, dans l’accumulation de capital financier, depuis 2014.

Autrement dit, la disproportion entre l’économie russe et l’économie chinoise s’est encore accrue, et la dépendance de la Russie à l’égard de la Chine aussi. Dans l’alliance obligée entre la Russie et la Chine, il n’y a évidemment aucune « égalité » au delà des sourires diplomatiques.

Mais comme vous avez pu également le remarquer, Poutine est lui-même un très fin tacticien et fait flèche de tout bois, y compris pour « rééquilibrer » cette alliance obligée, d’où ses tentatives récurrentes de rapprochement, tant avec les USA du Trump des débuts, qu’avec l’Europe, quand elle tente de se désolidariser, même très « timidement », de son mentor US.

Et en tous cas, la politique extérieur de résistance extrêmement courageuse que mène la Russie atteste que la bourgeoisie comprador résiduelle, même si encore d’une certaine importance, n’y joue plus qu’un rôle extrêmement secondaire.

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« …dans le couple sino-russe, la tête conceptuelle est plutôt à Pékin, le glaive et le bouclier à Moscou. C’est en partie ce couple qui permet à l’Iran et à la Syrie ou le Venezuela et Cuba ou encore la Corée et quelques autres de tenir. On ne peut pas négliger cet aspect des choses et donc y intégrer l’analyse des classes qui sont à la source de ces tensions. »

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ce que je viens de faire… ! 

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« Pour ce qui est des peuples qui voulaient se libérer, malheureusement il y avait certes les peuples qui voulaient se libérer de l’impérialisme US et qui avaient peu d’autres solutions que de bénéficier de l’aide opportuniste d’un révisionnisme soviétique préparant déjà sa reddition gorbatchovo-eltsinienne à l’impérialisme US tandis que d’autres peuples voulaient se libérer de l’hégémonisme soviétique (ou même pas …Albanie, Yougoslavie) et ne voyaient pas d’autres solutions que de bénéficier de l’appui de l’impérialisme US … Il faudra bien faire l’analyse de la lutte des classes en Europe orientale, en Ethiopie, au Cambodge post-1978, en Afghanistan, au sud-Yemen et ailleurs, dans les pays où les peuples n’ont pas vraiment trouvé l’aide de l’URSS de l’époque si positive que cela. » 

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.Encore une analyse de classe à faire… !

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« Aujourd’hui, la Chine ou la Russie ce sont surtout des bourgeoisies nationales au pouvoir, donc non compradores, non impérialistes mais où les forces des classes populaires et du prolétariat jouent plutôt un rôle d’appoint et non pas un rôle central dans les cercles du pouvoir. »

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Une différence majeure entre votre approche et mon analyse, c’est que les disproportions des deux économies, russe et chinoise, ne peuvent évidemment pas les placer dans la même catégorie, en tant que stade de développement du capitalisme.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/

Cela reste donc, actuellement, un point de divergence fondamental entre nos deux approches.

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« Donc il ne s’agit pas d’idéaliser ce système mais de constater qu’on a affaire à un système hybride qui, dans le jeu capitaliste mondialisé, joue un rôle qu’on peut qualifier d’opportuniste socialisant. En fait, en Chine, au niveau du et des pouvoirs, c’est une politique « menchevique » avec une aile bolchévique et une aile compradore, et en Russie, sous une autre forme, celle du pluralisme politique, c’est un peu la même chose, les communistes russes officiels étant dans le système comme force d’appoint et hors du gouvernement. Il n’y a pratiquement jamais eu dans l’histoire de formation sociale et politique « chimiquement pure », les différentes étapes de l’histoire s’entremêlent au niveau de la société et du coup aussi au niveau des pouvoirs. »

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Assez d’accord, sauf que rétro-maoïsme n’est pas bolchévisme, même « rétro »… !

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« La France de de Gaulle par exemple était capitaliste droitière, mais le rapport de force de classe dans cette France là, forçait le régime a développer des éléments de « pré-communisme » dans certains domaines, à la fois sur le plan de la politique économique et sociale intérieure que sur le plan de la politique étrangère. »

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La reconstruction de l’impérialisme français s’est faite grâce à la Kollaboration de classe du parti thorezien, et surtout, de sa direction. C’est un sujet couramment étudié sur TML, tant en matière de politique intérieure qu’extérieure.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/05/12/sous-legide-du-cnr-massacre-en-algerie-des-le-8-mai-1945/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/14/le-8-mai-1945-a-setif-kateb-yacine-se-souvient/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/13/pathetique-rififi-au-sein-du-cnr-revival/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/03/le-mythe-du-nouveau-cnr-vieux-serpent-de-mer-du-social-chauvinisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/11/mounette-dutilleul-ou-la-memoire-effacee-comment-appeler-les-choses-par-leur-nom/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

D’après ce que j’ai pu voir sur Agoravox, l’historien J. Cuny a également publié des recherches intéressantes à ce sujet. Échantillons…:

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/algerie-1944-quand-soumis-a-216209

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/1945-algerie-le-parti-communiste-216233

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/1945-1946-le-parti-communiste-216286

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/1943-1947-le-parti-communiste-216355

Etc…

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« Cette France là était capitaliste, mais pas comme les USA, l’Angleterre ou la RFA, ni comme l’Espagne ou la Grèce. »

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Effectivement, mais on vient de voir pourquoi !

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« C’est encore plus vrai pour la Russie ou la Chine aujourd’hui, pour des raisons de classe mais aussi de légitimité du pouvoir qui ne peuvent totalement même s’ils le voulaient effacer le facteur communiste. Xi Jinping ne peut tout simplement pas décréter la fin de la RPC et la fusion du PCC avec le Kouomintang de Taïwan …même s’il le souhaitait …ce qu’il ne souhaite sans doute d’ailleurs pas. …Même Zhao Ziyang n’a pas pu le tenter !!! »

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Ici vous tentez un raisonnement analogique, qui n’a donc pas grand chose de dialectique, mais qui, en tout état de cause, indique néanmoins des processus constitutifs de l’impérialisme, comme le montre précisément l’ « exemple français »… !

Une « chance », en quelque sorte, pour les peuples du monde, c’est que la Russie a accumulé, avec la décennie comprador Eltsine, un tel retard économique qu’elle n’est pas prête d’atteindre ce stade, à plusieurs décennies prêt, même, probablement.

Mais comme vous le dites si bien au début, le temps manque, malgré tout, à l’aune des objectifs de la lutte prolétarienne.

Bien à vous,

Amicalement,

Luniterre

 

SUITE DE L’ÉCHANGE…

 

Vous sous-estimez la force des lobbies oligarchiques pro-occidentaux en Russie et des agents d’influence placés à la fin des années 1980 en URSS. Pratiquement tous les ministères économiques et la banque nationale de Russie sont aux mains de personnes qui sont pro-oligarques, pro-USA, pro-Israël, anti-Chine, anti-Iran, anti-Cuba, …et qui ne s’en cachent même pas tant ils sont puissants. Il ne reste aux mains des « patriotes » de la bourgeoisie nationale russe que ce qu’on appelle là-bas « les ministères de force » qui, eux, par la force des choses ne peuvent être que « pro-chinois » non pas par admiration pour le « socialisme aux couleurs chinoises » mais parce que Beijing est la seule puissance qui offre quelque chose de concret à ceux des Russes qui n’acceptent pas le rôle de gardien de prison de l’impérialisme unipolaire qui leur est prévu par Washington. Il en va d’ailleurs de même en Chine où la lutte « interbourgeoise » est de la même nature, simplement le rapport de force au sein du PCC est moins favorable aux réprésentants de la tendance mondialiste capitaliste concentrée dans les régions côtières du pays. D’où la lutte en Chine entre partisans d’investissements recentrés vers l’intérieur du pays, vers le marché intérieur, et partisans d’une poursuite de la politique des années post-1978. Il y a donc en Chine un « jeu » plus équilibré qui permet aux forces prolétariennes à l’intérieur et à l’extérieur du PCC, organisées ou spontanées, d’imposer des compromis, des concesssions, des modifications. Je ne néglige pas le fait que les communistes chinois, dont Mao et Qiang Jing, dans les années 1970, ont surestimé la force de l’URSS « social-impérialiste », et donc sous-estimé celle du « tigre de papier », cela même les dirigeants chinois actuels le reconnaissent, mais les conversations Mao-Nixon sont malgré cela à ranger dans les mêmes « politesses » que les conversations Ribbentrop Molotov de 1939 ou le défilé militaire de « la victoire commune armée nazie-armée rouge » organisé en octobre 1939 par Koniev à …Brest-Litovsk. Cela fait partie des règles de la diplomatie, qu’on soit litvinovien, molotovien, Quiao Kuan hua ou Huang Hua. La lutte entre les « quatre » et Deng est à ranger dans la lutte des classes au sein du socialisme tout de même. Les quatre n’étaient pas des purs esprits idéalistes mais ils s’appuyaient sur une base matérielle et sociale de classe, comme leurs adversaires. Sinon le conflit n’aurait pas été si rude. Et si le PCC n’a pas fusionné avec le Kouomintang après 1978, il y a aussi à cela des raisons de classe car les capitalistes compradores des deux Etats auraient eu intérêt à la fusion des deux partis et à la réhabilitation du « nationalisme chinois ». Si cela ne s’est pas fait comme avec la RDA par exemple, c’est qu’il y a en Chine des rapports de classe différents. 

Mais, par ailleurs, et pour poursuivre ce que je viens d’écrire, il y a quelque chose de plus profond à extraire à la vue du jour, l’histoire du mouvement réel du communisme tend à prouver que les marxistes ont souvent sous-estimé dans les faits le rôle de la superstructure, même si le fondement de tout, c’est bien sûr, la base matérielle. …Alors que Marx ouvrait des portes dans cette direction qu’on a vite refermé en général par la suite. C’est ce qui explique à mes yeux pourquoi au final la révolution iranienne, par exemple a été islamique et que cela constitue comme un bilan des expériences révolutionnaires marxistes du XXe siècle, et que le hamas a repris le flambeau de la lutte armée ou que les communistes russes aujourd’hui, dans leur diversité, aient repris les éléments de recherche scientifique expérimentale de l’époque soviétique sur la para-psychologie et les p�hénomènes religieux qui n’étaient pas sortis des laboratoires de recherche, sauf à un degré minimal vers le secteur militaire. mais c’est un vaste sujet. On a déjà tellement la tête sous l’eau et les nez sur le guidon qu’on ne peut reprendre notre souffle alors que les adversaires maîtrisent tout …sans plus rien maîtriser du tout. Bref par dessus la question idéalisme-matérialisme qui se pose aujourd’hui en des termes différents qu’il y a deux cents ans, l’élément « spirituel » doit désormais être analysé en soi car il peut aider à comprendre pourquoi les Chinois ou les Russes ou les Iraniens etc ne sont pas « américains » et pourquoi aussi le « marxisme » est devenu pour beaucoup de « marxistes » avec ou sans guillemets, une croyance de type néo-religieux . Et si c’est ainsi, c’est que le phénomène religieux ne peut être traité de façon aussi simpliste que nous l’avons fait, la science la plus dure ayant d’ailleurs elle-aussi avancé quelque peu sur la question de la « création » depuis deux siècles. 

 

REPONSE TML

 

Re…

 

Effectivement, il y a une faiblesse originelle dans l’analyse marxiste du phénomène religieux, qui n’est pas seulement l’opium du peuple, mais bien une traduction, et directement dans l’inconscient collectif des peuples, des pratiques culturelles héritées de l’évolution des formes ancestrales de rapports sociaux, c’est à dire aussi et surtout, des rapports économiques, à différents stades de la relation « homme-nature ». Et cela depuis l’époque tribale, et dont on retrouve encore les traces dans les rituels actuels les plus populaires.

Pourtant, l’attachement du peuple russe à son passé soviétique montre que la situation, même à cet égard, n’est pas nécessairement sans issue.

C’est pourquoi il faut non seulement revenir aux fondamentaux, mais aussi continuer à avancer sur la question de la dialectique, non de manière purement intellectuelle, mais dans le but de saisir en pratique et en profondeur le lien en retour qu’exercent les superstructures idéologiques sur l’évolution de la conscience politique des masses, y compris et surtout, sur la façon dont évolue cet inconscient collectif, qui se manifeste également lors des périodes révolutionnaires.

C’est aussi pourquoi la formation d’une nouvelle expression idéologique du ML ne peut pas être laissée au hasard des polémiques sectaires, qui, de toutes façons, n’aboutissent qu’à confiner l’idéologie révolutionnaire dans le microcosme groupusculaire.

Actuellement les diverses expressions du ML en France ressortent effectivement du phénomène religieux sectaire, et de pas grand chose d’autre.

Toutefois, il n’en reste pas moins que l’analyse de la réalité doit d’abord partir de la base économique et de ce qu’elle nous indique comme évolutions possibles, et comme brèches essentielles par où l’idéologie révolutionnaire peut avancer dans les remparts idéologiques du système.

Ipso-facto vous reconnaissez malgré tout que la fraction nationale-bourgeoise est pour l’instant bien enracinée en Russie. Or cela repose précisément sur la base économique, et notamment sur le fait que la survie économique de la Russie est possible en totale autarcie, même si cela implique des sacrifices et des restrictions, stratégie de résistance à laquelle les Russes sont habitués, même s’ils rêvent, et bien légitimement, d’améliorer leur niveau social.

Alors que la bourgeoisie comprador, principalement issue des gangs mafieux « libérés » du Goulag, est prête à toutes les compromissions pour assurer son train de vie de classe de « parvenus ».

Je persiste donc à penser, et cela me paraît même être une évidence, que le rapport de force n’est pas en sa faveur. Une autre évolution possible est la « compradorisation » de la Russie au profit de la Chine. Mais rien ne sert de tirer des plans sur la comète, surtout aussi funestes, et pour l’instant le front des nations indépendantes est principalement groupé autour de la Russie, même si la Chine est en arrière plan « diplomatique », mais aussi et surtout économiquement intéressé, et on comprend aisément pourquoi ! Évidemment la situation risque de connaître une évolution drastique à l’issue de la période Poutine, mais précisément, on ne peut absolument rien pronostiquer à ce sujet.

Vous tenez à tout prix à exonérer, ou du moins, à atténuer la responsabilité du pouvoir maoïste dans sa période Kollabo, mais l’argument de la comparaison avec le pacte de non-agression germano-soviétique reste ce qu’il est, au vu de l’analyse, c’est à dire un contre-argument, en fait, et d’autant plus, encore une fois, qu’il ne s’agit pas que de diplomatie, ici, mais bien de la « compradorisation » de ce qui était jusque là une bourgeoisie bureaucratique nationale, et qui pouvait fort bien choisir d’autres alternatives, tant sur le plan diplomatique que économique, dans le contexte du rapport de forces de l’époque.

A cette absence de recherche d’une autre alternative, il y a bien une raison fondamentale :

La « théorie des trois mondes » n’est pas qu’une justification, après coup, d’une politique diplomatique élaborée dans l’urgence des circonstances, mais bien l’aboutissement du projet maoïste dont les fondements « théoriques » sont dans le « De la contradiction » de 1937, contenant déjà en germes et en termes à peine voilés, la perspective opportuniste de se tourner vers le camps impérialiste US déjà dominant, une fois la Chine libérée du Japon.

C’est donc, effectivement en un sens, à la « lumière » de la pensée maoïste elle-même qu’il faut analyser cette évolution et relire les écrits et documents d’époque.

Bonne journée à vous,

Luniterre

 

 

SUITE…

Je ne vois pas en quoi « de la contradiction » n’est pas une analyse marxiste, dialectique, même si elle intègre des éléments de la souplesse de pensée chinoise traditionnelle ?  …après tout, cette analyse a permis le basculement d’un quart de l’humanité dans la révolution victorieuse. 

La Syrie n’aurait pas militairement survécu en finale sans l’aide militaire russe …mais elle n’aurait pas économiquement survécu sans l’aide de la Chine qui a permis que la livre syrienne ne s’effondre pas. 

La théorie des trois mondes ce n’est pas une théorie en fait, c’est quelques phrases de Mao dites oralement et rassemblées dans un texte, d’ailleurs très court, écrit, lui, sous la supervision de Deng Xiaoping et des diplomates chinois …On peut supposer que c’est parce que, après 1972, Mao pouvait de moins en moins penser en profondeur pour des raisons physiques. Quoiqu’il en soit cette « théorie » est insuffisamment élaborée pour qu’on puisse même envisager de l’étudier comme élément de pensée politique historique, que ce soit en science politique ou économique, sans même parler de philosophie. Ce n’est tout au plus qu’une piste de réflexion pour l’époque, à laquelle Deng a du donner une apparence de cohérence puisqu’à l’époque il était obligatoire dans le système chinois de trouver une justification théorique à ses choix stratégiques. 

Fondamentalement, les questions que cette « théorie » posent réellement sont :

1. Est-ce que, qualitativement, dans les années 1970-80, l’URSS n’était pas déjà le capitalisme impérialiste (même s’il y eu surestimation de l’aile « russe » de cet impérialisme) ?

2. Est-ce que ledit « second monde » n’est pas une notion aujourd’hui réutilisable pour désigner tous les impérialismes secondaires par rapport à l’impérialisme central, celui des USA ? UE, Allemagne, France, Japon, voire Brésil, Inde et autres, sans exclure l’hypothèse d’un impérialisme russe ou chinois en gestation potentielle. 

3. Est-ce que le « tiers monde » existait à l’époque comme notion objective (le mouvement des Etats non alignés par exemple), et est-ce qu’il existe encore aujourd’hui sous une forme ou une autre, dans un espace plus ou moins définissable ?

Vous noterez que la faiblesse de cette « théorie » était réelle puisque avant même la fin de l’URSS, les officiels chinois ont remplacé dans les faits le concept de « social-impérialisme » par celui plus vague d’ « hégémonisme » …qui correspondait mieux au vécu des populations non russes de « l’empire soviétique ». 

Ce qui me semble plus intéressant c’est la phrase imposée par les Chinois dans le communiqué de Shanghai après la visite de Nixon sur les pays, les nations et les peuples; l’indépendance, la libération et la révolution, trois niveaux et pas seulement un seul, de réalité quelque peu négligés par le communisme en acte du XXe siècle. 

Prolétaires, peuples et nations opprimées du monde, Unissez vous !

PS. Il faut poser la question pourquoi les graines du « maoisme » fonctionnent toujours de façon assez massive dans la conscience des Chinois de base alors que les graines de « hoxhaisme » sont quasiment absentes de la conscience des Albanais qui semblent avoir totalement évacué de leur tête cette époque et toute pensée révolutionnaire ou simplement contestataire, hors groupuscule. D’une façon générale, il faut faire un état des lieux de l’état de conscience politique par rapport au communisme en tant que phénomène historique et en tant que « principes de vie » dans chacun des pays touchés par le mouvement du « communisme en acte », par le « socialisme réel », Sans ce travail, nous ne serons pas en état de faire le tri entre ce qui s’est enraciné parce que juste et potentiellement juste et ce qui s’est évanoui car totalement à côté du processus historique. Pourquoi les Russes ont repris le drapeau des tsars et pourquoi les Chinois n’ont pas fait appel à l’arsenal toujours existant du Kouomintang taïwanais ? Pourquoi les Serbes post-titistes ont mieux résisté que les Albanais hoxhaïstes ou post-titistes au Kosovo, ou les Croates ? Pourquoi les Est-Allemands sont ils plus « nostalgiques » que les Estoniens ? Pourquoi le communisme n’est pas un concept péjoratif chez beaucoup de Tchèques alors qu’il l’est chez les Polonais ou les Hongrois, sans parler des Roumains qui considèrent cependant à 60% que le meilleur chef d’Etat roumain du XXe siècle a été …Ceausescu ? Pourquoi les Cubains sont ils plus solides idéologiquement que les Chinois, sans parler de tous les Est-européens, post-soviétiques, post-Tito, post Hoxha ? En quoi le « socialisme » chinois est il différent ou pas du « socialisme » vietnamien ou laotien ? Enfin quel est le système social de la Corée (Nord), sa base de classe ?

RÉPONSE TML…

 

Le texte de 1937 de Mao, même s’il a joué un rôle important dans le cadre de la lutte de libération nationale, a fait l’objet de différentes approches critiques radicales sur TML(*), ce que je vous ai déjà signalé. Resterait à en faire une synthèse didactique, dans le contexte actuel, ce qui viendra en son temps.

Ce qui est important, dans notre débat, c’est de comprendre en quoi le texte de 1974 est cohérent avec la théorie maoïste de la contradiction, en quoi il en est un prolongement.

Dans la logique rhétorique manipulatoire qui est celle du texte de Mao de 1937, cette cohérence de pensée est évidente, et la question de savoir si ce texte de 1974 est directement ou non de Mao est secondaire, à cet égard, même si non dénuée d’importance, en tant qu’élément historique.

 

__1_Encore plus concrètement la critique de la notion de « social-impérialisme soviétique » s’est trouvée à nouveau exposée ici, comme je vous l’ai signalée :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

 

__2_la notion de « second monde » désigne simplement les impérialismes secondaires et pour la plupart vassaux des USA. C’est donc une façon non marxiste d’aborder cette question, de façon à pouvoir développer la rhétorique maoïste « De la contradiction » devant aboutir à justifier le passage dans le camp US, in fine

 

__3_Les pays traditionnellement dits « du tiers monde » sont l’ensemble des pays semi-colonisés, néo-colonisés, ou même encore colonisés (Palestine). C’est là encore adopter le langage de la bourgeoisie afin de créer un « terrain d’entente » avec elle, qui, à l’époque, excluait pour l’essentiel, sinon carrément, le soutien aux luttes de libération nationale, soutenues par l’URSS, même si ce soutien n’était pas exempt de critique possible, non plus.

Finalement, et comme vous le soulignez vous même, cette « théorie » a donc été un fiasco en termes de stratégie diplomatique, sauf à la résumer à ce qui était son but essentiel :

la Kollaboration avec l’impérialisme US !

 

Dans les pays actuellement néo-colonisés et « compradorisés » le maoïsme trouve naturellement un terrain pour survivre, en tant qu’idéologie adaptée à la paysannerie, mais l’expérience du Népal, après celle du Pérou, en montre bien les limites.

 

Concernant la mémoire des régimes soviétiques et pro-soviétiques passés elle est nécessairement variable selon les histoires locales, et pâtit, de plus, des abus et aberrations de la période révisionniste. Effectivement, Hoxha et surtout, son successeur, semblent avoir fait un gâchis de la chance qu’ils avaient avec un pays certes petit, mais qui aurait pu devenir une sorte de « Cuba » européen, et tout en n’étant donc plus réellement « socialiste » tenter de survivre de manière indépendante, comme le fait également la RPDC. Régresser vers un système national bourgeois est un pis aller dans un tel rapport de forces, et c’est pourquoi il faut soutenir également et Cuba, et la RPDC, et la Russie, et l’Iran, et la Syrie, etc..

Tout en restant lucides sur leur nature de classe bourgeoise nationale et nationale-bureaucratique bourgeoise, selon les cas, et instables, dans tous les cas, comme le montre l’histoire récente du Venezuela, du Nicaragua, de l’Équateur, etc…

Que la Chine « soutienne », plus ou moins équitablement, ces nations, c’est, pour elle, dans le contexte et dans le rapport de forces actuels, une nécessité tactique évidente, mais qui n’en change pas la nature de classe.

Le « socialisme de marché » (…également financier) vietnamien suit, avec quelques décennies de retard, un parcours très similaire à celui de la Chine et aboutira assez vite à former un pôle impérialiste secondaire, c’est à dire, précisément, du « second monde » en langage maoïste… !

 

Je pense que nous avons fait le tour de nos points d’accords et de désaccords, et je vous en remercie, pour la clarté que cela apporte aux débats et à nos lecteurs.

 

Luniterre

 

(*  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/10/de-mao-a-ma-ou-la-philosophie-chinoise-du-capitalisme/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/22/sur-la-nature-ontologique-ou-epistemologique-du-materialisme-dialectique/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/23/mao-un-materialiste-qui-ne-manquait-pas-d-essence/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2013/12/22/mao_declassifie_2_suite_critique_de_la_contradiction_1/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/01/25/mao_declassifie_3_1954_les_premiers_ravages_du_maoisme_en_france/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/04/08/798mao_declassifie_4/  )

 

 

 

Janvier 1968, Révolution « culturelle » dans le Hunan : la gauche prolétarienne écrasée par le pouvoir maoïste !

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/aa/China_Hunan.svg/1000px-China_Hunan.svg.png?uselang=fr

 

 

Janvier 1968

Révolution « culturelle »

dans le Hunan :

 

la gauche prolétarienne écrasée

par le pouvoir maoïste !

 

 

 

Deux documents intéressants retrouvés dans le cadre des polémiques récentes sur la nature de classe du prétendu « socialisme à la chinoise »…

En PDF, « Wither China ? » qui constitue en quelque sorte le manifeste de l’alliance des organisations de Gardes Rouges rebelles révolutionnaires dans le Hunan, dominante dans cette région, qui est celle d’origine de Mao lui-même, mais qui, de fait, a connu un rayonnement important dans toute la Chine, avant d’être totalement écrasée par le pouvoir maoïste, au terme d’une brève mais très violente guerre civile locale.

Pour comprendre le contexte historique de cet aspect volontairement « méconnu » par la gauche française, incapable de se sevrer de son passé maoïste, sous une forme ou sous une autre, nous publions également directement un extrait important d’une étude générale sur la GRCP, dans le passage précisément consacré aux circonstances de l’écrasement de ce mouvement Shengwulian.

Bien évidemment, la gauche prolétarienne dans le Hunan a commis des erreurs rédhibitoires qui l’ont conduit à la défaite, mais néanmoins elle avait commencé à discerner clairement la nature de classe bourgeoise bureaucratique du nouveau pouvoir en train de se mettre en place sous la forme maoïste des « Comités Révolutionnaires de triple alliance », une nature de classe capitaliste qui n’était pas fondamentalement différente de la nature de classe de la bureaucratie réactionnaire de Liu Shaoqi, qualifié de « Khrouchtchev chinois » par les dirigeants maoïstes.

La principale erreur, à court terme, mais la plus compréhensible, dans le contexte de l’époque, c’est de ne s’être pas libéré à temps de la ferveur quasi-religieuse envers le leadership « révolutionnaire » de Mao Zedong, habile manipulateur des « Gardes Rouges » durant les premiers mois de la GRCP, et habile manipulateur des forces de répression et du double langage, par la suite, pour circonvenir les mouvements de masses, une fois ses comptes réglés avec la faction de Liu Shaoqi.

Mais l’erreur la plus fondamentale de Shengwulian, assez bien cernée dans cette étude, actuellement une des mieux documentée sur le sujet, c’est de n’avoir pas su construire une réelle alternative programmatique, en termes de perspective économique et sociale, en terme de transformation des infrastructures, et pas seulement des superstructures.

Cela participe évidemment également de la croyance en l’effet « révolutionnaire socialiste » de la prise de pouvoir par le parti maoïste sur la société chinoise en 1949. Alors que l’institution et le développement même du « Capitalisme d’Etat » étaient clairement inscrits dans le programme maoïste de « Démocratie nouvelle » et encore renouvelé, en Juin 1967, par la republication du texte de Mao, « De la juste solution des contradictions au sein du peuple », contenant explicitement un appel, et donc renouvelé en pleine GRCP, à la collaboration de classe avec les capitalistes !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/08/de-mao-a-xi-deux-visages-et-deux-formes-du-capitalisme-detat-en-chine/

Il y a donc bien une leçon, encore urgente aujourd’hui, sinon plus que jamais, à tirer de cette expérience tragique : la primauté de la base, des infrastructures, sur les superstructures. C’est un rappel plus que jamais nécessaire que le retour aux fondamentaux du ML n’est pas une affaire de prétendu « dogmatisme », mais bien la nécessité, pour le prolétariat, de se réapproprier l’outil théorique qui est le sien afin de construire enfin une alternative sur la base du réel actuel, et non sur des chimères idéologiques héritées des multiples strates de la dégénérescence révisionniste de la « gauche » depuis des décennies, et notamment, depuis les contre-révolutions khrouchtcheviennes, en URSS, et maoïste, en Chine, derrière la phraséologie ronflante et illusoire de la GRCP.

En éliminant la fraction effectivement réactionnaire de Liu Shaoqi, Mao Zedong a néanmoins passé un compromis, ipso facto, avec celle, non moins réactionnaire, de Deng Xiaoping, et amorcé la mutation du capitalisme national bureaucratique chinois vers une forme comprador et collaborationniste avec l’impérialisme. Ce qui prendra concrètement forme dès sa célèbre poignée de main avec Nixon et l’afflux des dollars via la bourse de Hong Kong, en 1972.

Luniterre

 

 

Shengwulian

 Whither China? (1968)

 

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EXTRAIT

The brunt of the criticism developed in “Whither China?” was aimed at the revolutionary committees that were being installed in Hunan and across the country as new organs of local political authority. In Yang’s view, [NDTML>>>Yang Xiguang, un des principaux activistes du mouvement Shengwulian, alliance des Gardes Rouges rebelles révolutionnaires du Hunan], the revolutionary committee was a product of political compromise, if not a sheer retreat. He speculated that in endorsing the revolutionary committee, Mao perhaps was attempting to circumvent the opposition and preserve the revolutionary forces so that “the splendid name of ‘commune’ would not be tarnished by faulty practice.” Yang offered an apology, and perhaps at the same time a veiled criticism, of Mao’s retreat: “Comrade Mao Zedong once again made a broad retreat after September, in disregard of the wishes of those eager for unrealistic victories, so as to consolidate the achievements already gained and calm the bourgeoisie in order to prevent them from taking reckless measures. A political structure for seizure of power by the bourgeoisie— the revolutionary committee or preparatory revolutionary committee— has been established. . . . The extent of this retreat was unprecedented.”

For Yang, the revolutionary committee created a regime dominated by PLA officers and civilian bureaucrats. Because the old power holders continued to hold key positions in the new power structure, the bureaucratic ruling class or “red bourgeoisie” would regain its power. The so- called power seizures and the revolutionary committees were therefore an inherently limited solution to the current political impasse. They were, in Yang’s words, “a product of the ‘revolution of dismissing officials’ . . . that did not resolve the acute antagonism between the new bourgeoisie and the people.” “The revolution of dismissing officials is only bourgeois reformism that, in a zigzag fash-ion, changes the new bureaucratic bourgeois rule prior to the Cultural Revolution into another type of bourgeois rule by bourgeois bureaucrats and a few token mass representatives.”

The so-called power seizures, according to a text titled “A Manifesto on the Current Situation” and later attributed to Yang Xiguang, “were merely the substitution of a new dynasty for the old [gaichao huandai] that either made merely cosmetic changes or simply changed nothing. . . . What were changed were merely minor aspects of the old order, not its substance.” Expressing dissatisfaction with the direction of the Cultural Revolution, “Whither China?” criticized the “doctrine of two revolutions” (erci gem-ing lun), a widely held notion among many rebels that because the first cultural revolution was winding down, achieving major politi cal changes would have to await some future occasion. “People’s minds are greatly confused. Almost unanimously they say: ‘The first cultural revolution can do only so much. There is nothing we can do except wait for the second revolution.’ ” To the contrary, Yang argued that the tasks to be accomplished as the end of the movement must be determined by the basic antagonisms that had given rise to the Cultural Revolution in the first place: “the social contradictions between the masses and the new bureaucratic bourgeoisie.” “This means overthrow of the new bureaucratic bourgeoisie, complete redistribution of power and property, and the establishment of a new society— the ‘People’s Commune of China.’ ” Until these goals were accomplished, Yang concluded, “the Cultural Revolution cannot be brought to an end.”

In his call to carry out the Cultural Revolution to the end, Yang placed great hope in the political agency of the marginalized elements in Chinese society. In an essay titled “Report of an Investigation of the Rusticated Youth Movement in Changsha,” completed in late 1967 and apparently modeled on Mao’s essay on the Hunan peasant movement, Yang claimed that the rusticated youth “formed a massive revolutionary force that caused all of society to tremble before it.” Praising the rusticates’ rebellion against the hukou system and their desire to dismantle the rustication system, Yang argued that the rusticates’ protest movement “most clearly reveals the arousal of the sharpest social questions of the Cultural Revolution and most truly illustrates its theoretical nature.” Yang claimed that the rusticates’ mobilization represented a widening of the Cultural Revolution, indicating that the movement “is moving from the upper and middle strata of society toward the lower levels, and from the cities to the villages.” For the first time, he wrote, “the rusticated youth movement has brought onto the political stage the peasants’ fierce demands for change. The rusticated youth have moved from the cities to the villages, trapped in the acute contradictions of the three great differences. They have witnessed the extreme manifestations of inequality: the city exploiting the countryside, mental labor exploiting manual labor, and excessive price disparities between industrial and agricultural products. . . . In calling for changes to be brought about amid the Cultural Revolution, their burgeoning movement has reflected this fierce demand and portends a storm of peasant revolution.” Yang also urged the rusticates to carry out extensive social investigations to discover the “real causes” of their hardships. Like Yu Luoke, discussed in Chapter 3, who criticized the bloodline theory on behalf of the black youth who were discriminated against, Yang linked the rusticates’ apparently particular or particularistic grievances to a broader political critique, arguing that the rusticates’ struggles formed an integral part of transforming Chinese society and polity through removing the bureaucratic ruling class from power:

A new capitalist class has been formed in Chinese society: a privileged stratum. The form of China’s existent political power is essentially that of a bureaucratic structure; the privileged stratum that controls this structure is a mountain weighing on the Chinese people. By having the cities exploit the villages, they fill their wallets; their high salaries are the blood and sweat of the workers, peasants, and rusticated youth. The contradiction between the great mass of laboring people and this privileged stratum is becoming increasingly acute. . . . The rusticated youth are pressed by the privileged stratum to the lowest levels of society; they are its cheap labor force. All year long they cannot provide for themselves; they have neither a tile over their heads nor a speck of dirt under their feet. It is not that they are unwilling to work hard, so why is it they cannot provide for themselves? It is because the privileged stratum employs every ingenious method to exhaust their blood and sweat.Therefore, Yang argued, “the rusticated youth must overturn the great mountain pressing atop their heads— the privileged stratum’s bureaucratic organization. This is in fact the real cause and immediate goal of the Cultural Revolution.”

Among Shengwulian activists and sympathizers, Yang Xiguang was not the only one who produced dangerous political ideas. Similar analyses were articulated by several college students, such as Zhou Guohui and Zhang Yugang, who played active roles in Hunan’s mass politics. Zhou, a sophomore who led the University Storm and Thunder, a student group active in the Xiang River coalition, authored several widely circulated speeches in which he harshly criticized revolutionary committees for being “dominated by the capitalist power holders.” Zhang, an engineering student, drew up in late 1967 an essay titled “Our Program,” in which he argued that “although China’s economic infrastructure is still generally socialist, its entire vast superstructure has largely become capitalist.”  [NDTML >>> il n’y a pas de nouvelle superstructure qui puisse se développer sans une évolution équivalente dans les infrastructures, dans la base économique : https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/08/de-mao-a-xi-deux-visages-et-deux-formes-du-capitalisme-detat-en-chine/ ]  As a result, “this social revolution— the Cultural Revolution— is in substance the real beginning of the socialist revolution,” a statement that in effect called into question the socialist character of the Chinese state. Zhang claimed that the goal of the Cultural Revolution was to “overthrow the newly born corrupted bourgeois privileged stratum” and to “smash the old state apparatus that serves bourgeois privilege.”

Zhang contended that despite the mass movement unleashed by the Cultural Revolution, “many still have a very poor understanding of its objectives, and their revolts against the privileged stratum have been limited to changing the immediate circumstances in which they suffer repression . . . but have barely touched on the social-class origins of the reactionary line, as well as the bureaucratic institutions that serve it.” Therefore, “the seizure of power was regarded mostly as the dismissal of individual officials from their offices, and not as the overthrow of the privileged stratum and the smashing of the old state machine.” Asserting that “the political power is still in the hands of the bureaucrats, and the seizure of power is a change in appearance only whose nature is reformist,” Zhang declared that the Cultural Revolution “only begins from the present moment. . . . The movement in the whole is still in its rudimentary stage. Its historical mission is far from fulfilled. The long march of ten thousand li has made only its very first step.”

Mao had indeed stressed the corruptibility of cadres and their progeny, who he believed might evolve into a new privileged stratum or ruling class. But Mao insisted on differentiating the majority of good cadres from the bad ones. For the young Hunanese critics, this formula was far from satisfactory. In their view, what was at issue was neither the hidden landlords or capitalists conspiring against the revolution nor the cadres degenerating into the enemy of the revolution. The main challenge facing the Cultural Revolution was decidedly not purging individual bureaucrats but rather the removal of the new ruling class produced by the very social formation spawned by the revolution. The Maoist doctrine of the Cultural Revolution was therefore limited in both social analysis and political vision. “Whither China?” argued that the Cultural Revolution should not be a movement of using “some bureaucrats to attack other bureaucrats,” in however violent fashion, but rather a social revolution in which “one class overthrows another.” [souligné par nous-TML] “This is the fi rst time the revolutionary people have tried to overthrow their powerful enemies,” wrote Yang. “[But] how shallow their knowledge of this revolution was! Not only did they fail to consciously understand the necessity to completely smash the old state machinery and to overhaul the social system, they also did not even recognize the fact that their enemy formed a class. The revolutionary ranks were dominated by ideas of ‘revolution to dismiss officials’ [baguan gemin] and ‘revolution to drag out people’ [jiuren gemin]. . . . Therefore, in the final analysis, the fruit of the revolution was taken away by the capitalist class.” The political awakening of the masses, for Yang, found its ex-pression in the new ideas emerging from the mass movement: “ ‘The new trends of thought,’ reviled by the enemies as the ‘ultraleft trends of thought’ (i.e., ‘overthrowing the new bureaucratic bourgeoisie,’ ‘abolishing bureaucratic organs,’ ‘thoroughly smashing the state machinery’), roam among the revolutionary people like a ‘specter.’

 

The ideological weapon of the revolutionary people in winning victory in the great proletarian socialist revolution has begun to appear in a new form.” Intriguingly, the dynamic term “trends of thought” (sichao) was contrasted with the static “Thought” (sixiang) officially used to canonize Maoism. By late 1967, the line of political and ideological demarcation had become clearly visible. In resisting mass demobilization and political recentralization, some Shengwulian activists sailed into ideologically perilous waters. One of their main concerns was how a more vibrant and open socialism from below might prevail over hierarchy and state-imposed regimentation. What would a society without bureaucratic domination be like? How should Chinese society be managed after the abrupt breakdown of the statist order? Yang and his comrades used the achievement of a genuine popular democracy as the criterion for assessing the Cultural Revolution. From the ivory tower of contemporary academia, their ideas might appear to be fragmentary and unsophisticated. For example, although these critics were ardently critical of both bureaucratic-socialist and capitalist regimes, they developed no alternative economic ideas, nor did they form any idea of a comprehensive social program. They came to demand equality and redistribution of power and property but rarely thought— let alone carefully— about specific institutional arrangements of political participation and governance. [souligné par nous-TML] And they impetuously called for armed struggle when violent factional clashes were bringing the country to the brink of civil war. Their views were generally improvised during the most tumultuous months of the Cultural Revolution and had little time to systematize or mature. In particular, their radical antibureaucratic critique was seriously contradicted by their own attempt to uphold Mao as the supreme revolutionary leader. And although they contested the idea of rebuilding the party-state, they nevertheless advocated the establishment of a new party of Mao Zedong–ism “in order to realize Comrade Mao Zedong’s leadership in the Party . . . and to fulfi ll the task of the Cultural Revolution.” This stance is without doubt self-contradictory. But taken as a whole, these viewpoints with all their fragmentedness and contradictions powerfully expressed the inherent limits of late Maoism as it was being pushed practically to the point of explosion.

The Universality of the Singular

The ideas of Yang Xiguang and his peers marked the emergence of an alternative interpretation of the Cultural Revolution. They contributed to the construction of a language of critique through which individual or particular struggles could be widened and connected to one another, and to the development of a new political analysis of China’s state-socialist order, in which class power directly took the form of state power. Subversive ideas such as the “bureaucratic capitalist class” served the crucial articulating function of establishing a relation among diverse grievances and demands such that their meanings were modified as the result of the articulatory practice. In the motion and exchange between the local and national, the partial and the total, general causes were joined symbolically with these particular demands and had powerful consequences for the ways local events unfolded. The important question raised by the Shengwulian episode therefore pertains to how specific grievances that demanded political expression became the general concern of a politicized public, and, more important, how local, particular, or singular issues, when absorbed into larger processes and causes, are able to inject new meaning into the latter, sometimes with profoundly transformative effects. During late 1967 and early 1968, a significant political cleavage was tentatively in the making, and an alternative ideological logic emerged. The combination of locally based demands and the development of novel political ideas that informed and gave new meanings to specific incidents and grievances had a potentially explosive impact on the mass politics of the Cultural Revolution.

But such ruptural moments did not materialize. Condemned as anarchist and antiparty, these critical currents were swiftly crushed by national and local authorities. The political and theoretical activities of the activists were suppressed ruthlessly. They were denounced for calling for the discarding of party leadership and deliberately propa-gating a false image of a self-perpetuating bureaucratic class. With the reassertion of bureaucratic centralization and interpretive control, critical voices emergent in the movement were silenced, and political orthodoxy was reimposed.The sword of Damocles fell on the Shengwulian only a few weeks after “Whither China?” was completed. Hua Guofeng, a provincial party boss who would later become Mao’s successor, concluded after reading the essay that the Shengwulian was not only “counterrevolutionary in action” but also “reactionary in thought.” At a conference in Beijing on January 24, 1968, top leaders, such as Jiang Qing, Kang Sheng, Yao Wenyuan, Chen Boda, and Zhou Enlai, unanimously accused the Shengwulian of every heinous political crime imaginable. “Whither China?,” in the words of Kang Sheng, “is opposed to our great, glorious, and correct party and opposed to our peerless Chairman Mao, who has creatively developed Marxism-Leninism. . . . Not only is this opposed to the Cultural Revolution; it also repudiates the entire revolution that has been going on for de cades in China.”

Suggesting that the Hunanese critics had been influenced by Trotskyism, Kang refused to believe that ideas like these could have been produced by some middle-school students: “This theory absolutely could not have been written by a middle-school student, or even by a university student. There must be counterrevolutionary black hands manipulating them from behind.” The following exchange between the senior party leaders and the audience is worth quoting at length because it fully discloses the mind-set of those leaders, who had never failed to profess their faith in popular initiatives:

(Kang Sheng)(*) « I have noticed that Lenin is quoted: “A quotation from Lenin is very applicable to our state organs: ‘Our machinery of state . . . is very largely a survival of the past and has least of all undergone serious changes. It has only been slightly touched upon the surface, but in all other respects it is a most typical relic of the old state machine.’ ”I say that this is not the writing of a middle- school student or even a univer-sity student. I can prove it. Do any of you comrades present know what article by Lenin this statement is in, and when it was written?

(Premier Zhou: “Can anybody answer?”)

(Audience: “No.”)

(Premier Zhou: “Middle- school students cannot answer. Can cadres in gov-ernment departments answer?”)

(Kang Sheng) This passage was originally in Lenin’s proposal at the Twelfth Party Congress in 1923. . . . Lenin wrote this article with absolutely nothing of the meaning of Mr. Theoretician of the Shengwulian. What Lenin was talk-ing about was the judicial organs of the Soviet Union, which, at the time, were not effectively suppressing the counterrevolutionaries. . . . The Shengwulian distorted and vilified Lenin’s words, and by using Lenin’s words this way, went against the proletarian dictatorship. They truly deserve ten thousand deaths for this crime!(Long and enthusiastic applauses from the audience)

(Kang Sheng) If any of you still have doubts, please consult Volume 33 of Lenin’s Complete Works. Then you’ll be able to understand how vicious the tricks of these counterrevolutionaries are! They take advantage of the ignorance of middle-school students and young people about Marxism-Leninism in order to oppose our proletarian dictatorship. Comrades, even you didn’t recognize this piece, you didn’t know this article of Lenin’s. Therefore, I say to you that this document could not possibly have been written by a middle-school student, or even by a university student. »

In particular, Kang Sheng attacked the idea that a “newborn capitalist privileged stratum” had emerged in China and that the goal of the Cultural Revolution was to “smash the old state apparatus” and topple the new ruling elite, condemning it as “insane,” “shameless,” and “thoroughly reactionary.” Chen Boda, head of the CCRG, portrayed the Shengwulian as “a hodgepodge of social dregs left from the Old Society” and urged that the organization be immediately disbanded.

Although there is no indication that Mao personally authorized the suppression of the Shengwulian, he clearly was well aware of the developments in his home province and the threat they posed. At the historic meeting with Red Guard leaders in Beijing six months later, which effectively marked the end of the Red Guard movement (see Chapter 6), Mao made a disparaging reference to the “Shengwulian- style hodgepodge.” And during his visit to Hunan in June 1969, Mao again made reference to the “ultraleftist current of the Shengwulian,” noting that it “attempted in vain to reconstruct the party and the army.” On January 26, 1968, over 100,000 people attended a mass rally in Changsha. General Li Yuan, head of the Preparatory Revolutionary Committee, declared that the Shengwulian was a “hodgepodge of social dregs” consisting of “landlords, rich peasants, counterrevolutionaries, rightists, unrepentant capitalist roaders, KMT remnants, and Trotskyist bandits” and ordered that the group’s views and activities be “resolutely and thor-oughly discredited and purged.” At the rally, several groups affiliated with the Shengwulian repented for having allowed themselves to be hood-winked and solemnly vowed to join the battle against the black hands.

The provincial authorities mounted a drive to denounce the Shengwulian, and numerous rallies were staged to condemn the group for “negating the great, glorious, and correct Chinese Communist Party, the great socialist country, and the great People’s Liberation Army.” Documents produced by Shengwulian activists were duplicated and distributed to government offices, factories, and schools to be scrutinized at mandatory study sessions that ironically made it possible for “poisonous weeds” such as “Whither China?” to circulate widely and gain influence not only in the province but also across the country. When the bad news reached Hunan, Yang Xiguang went into hiding. After staying for a month in Changsha with Shengwulian supporters, he fled north and was captured in Wuhan by police agents and PLA soldiers, and remained in prison until the close of the Mao era.

Searches of the building once occupied by Yang’s group reportedly discovered “black materials used in bombarding the proletarian headquarters, as well as confidential party and state documents they had stolen, rifles and pistols, over 10,000 rounds of ammunition, cases of hand grenades, a large quantity of radio communication equipment, a metal case full of gold, silver, and jew-elry, and other military equipment.” In the meantime, a witch hunt was under way to uncover the hidden class enemies behind the Shengwulian. Yang’s parents fell under immediate suspicion. His mother was interrogated and denounced at numerous public meetings, and was forced to confess that she was indeed the black hand behind her son’s activities. Tormented and under extreme duress, she committed suicide.

By late February, the Shengwulian had been largely destroyed, and most of its leaders had been arrested. The suppression paved the way for the restoration of order in Hunan. On February 21, 1968, both the Workers’ Alliance and the Xiang River, together with ten other major mass organizations, announced their dissolution, “with all members returning to their original work units to participate in the great alliance.” This, as a post-Mao party history put it, showed that “the assorted ‘rebel’ organizations that had been active on Hunan’s political stage for the past year and half would dissolve and fade out.” Six weeks later, on April 8, the Hunan Provincial Revolutionary Committee officially came into being, thereby symbolizing the achievement of political unity and order in the province.

The Shengwulian case mediated and articulated a number of grievances and discontents that erupted during the Cultural Revolution, both locally and nationally. In Hunan, however, rebel militancy that resulted from the fracturing of mass politics may not be directly explained by the social divisions established in Chinese society before 1966, as some scholars have previously argued, according to whom the activists’ political orientations and actions were shaped by their positions in the pre–Cultural Revolution status quo. Rather, the emergent positions, identities, and politics of the recalcitrant rebels were the products of contingent, open-ended political processes that brought a variety of aspirations and demands into play. What is crucial is not merely the specificity and plurality of the struggles but also, more important, the overdetermined relations that diverse struggles established among themselves, as well as the unforeseeable generalizing effects that might follow.

Many of the conflicts in the Cultural Revolution were local or particular and involved specific groups making differential demands apparently unrelated to the others. However, a new discursive horizon opened up when singular events made implicit (or even explicit) references to broader social conditions and political issues and came to be associated with the development of a powerful critique of the existing structure of power. Through the critics’ creative reinterpretations of Maoist doctrine, local events and antagonisms were emptied of their contextual specificities and became emblems of new, wider struggles. Aggregated into conflicts only indirectly or even remotely connected to the originally dispersed incidents and grievances, individual struggles cumulatively became simplified and more abstract and ended as tokens in a remapped political space polarized into the people and the new ruling class.

As Ernesto Laclau and Chantal Mouffe argued, no political movements can ever remain confined within themselves. Through constant motion among diverse struggles, they are often transformed into examples and symbols of a broader resistance, “thus fueling and giving birth to other movements.” Mao and other national leaders well understood the political dangers that might result from the unforeseen convergence of an increasingly unruly mass movement, widespread social antagonisms, and catalyzing heterodox ideas. By swiftly suppressing the Shengwulian, they expediently averted a potentially explosive political situation.

(* retrouvé sur le net, le texte intégral du discours social-fasciste de Kang Cheng, encore actuellement relayé par les maoïstes français et une partie du PCF:  KANG CHENG CONDAMNE SHENGWULIAN – 24-01-1968  )

 

 

De la Chine de Mao à la Chine actuelle

…les mutations du capitalisme chinois :

 

 

 

Suite au débat du CUEM-Sorbonne, avec M. Herrera, auteur d’un livre tentant d’accréditer la thèse du « socialisme à la chinoise », le débat s’est donc prolongé sur TML, avec une intervention de M. Drweski, qui a tourné un peu court, puis par un échange avec le camarade Viriato, échange qui semblait devoir buter sur les mêmes écueils, après un début très polémique, mais qui a finalement porté ses fruits en matière d’éclaircissements sur le sujet. Nous l’avons donc retranscrit en republiant à la suite de l’article les posts et les mails dont il est constitué, ainsi que les extraits en PDF des pages citées du livre, et d’autres graphiques évoqués dans les mails.

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« La Chine est-elle capitaliste? » – Vers une prolongation au débat du CUEM???

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DEBAT VIRIATO-LUNITERRE SUR LIVRE DE HERRERA_pdf

HERRERA EXTRAITS_pdf

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/24/la-chine-est-elle-capitaliste-vers-une-prolongation-au-debat-du-cuem/

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Rappelons qu’un précédent et récent débat avait eu lieu sur le sujet de l’économie chinoise, avec M. Roland Diagne, dont un correspondant nous a également communiqué un texte de 2017, mais toujours d’actu concernant ce débat.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/29/la-chine-est-elle-capitaliste-une-nouvelle-contribution-au-debat/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/02/proverbe-chinois-tu-ne-mordras-pas-la-main-qui-te-nourrit/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/08/quelques-nouveaux-elements-du-debat-en-cours-suite/

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POUR ALLER PLUS LOIN, UNE ETUDE DE FOND SUR L’EVOLUTION DU CAPITALISME CHINOIS DEPUIS MAO :

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Chine-USA, 2014-2019 : Chronique d’une guerre économique annoncée…

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee/

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De Mao à Xi, deux visages et deux formes du capitalisme d’État en Chine

https://static01.nyt.com/newsgraphics/2017/11/03/xi-era/77e417073d1a20b7977af6bbe7f411f673f233ac/top-Artboard_1.jpg

 

 

De Mao à Xi,

deux visages et deux formes

du capitalisme d’État en Chine

 

 

Republié en Juin 1967, en pleine « Révolution Culturelle », le texte de Mao sur la « juste solution des contradictions au sein du peuple », prend une signification historique tout à fait révélatrice, aussi bien dans le contexte de l’époque, où le mouvement de masse avait largement débordé les « gardes rouges » chargés initialement de débusquer Liu Shaoqi et ses partisans, que aujourd’hui, dans les débats sur la réalité économique et politique du prétendu « socialisme à la chinoise ».

Alors que Liu Shaoqi est soumis à une première autocritique dès Octobre 1966, et se trouve, de fait, en état d’arrestation et subit une suite de mauvais traitements qui aboutiront finalement à sa mort, en 1969, la republication de ce texte correspond bel et bien à la réalité de l’action de Mao dès le début 1967 : rétablir, avec l’appui de l’armée, le pouvoir du PCC sur l’ensemble de l’Etat, et surtout, sur les masses populaires.

La « critique du capitalisme », si elle peut encore formellement se poursuivre, doit donc se limiter à la critique de Liu Shaoqi, qui n’est déjà plus qu’un cadavre politique, avant d’en devenir rapidement un au sens physique du terme. Autrement dit, un bouc émissaire idéal pour détourner la colère populaire de sa lutte contre le pouvoir de la bureaucratie, qu’il s’agit en réalité de rétablir, avec le personnel maoïste à la place de celui de Liu…

 

Autrement dit, encore, les discours révolutionnaires peuvent continuer de s’exprimer, à condition qu’ils n’entravent pas la remise en marche du « Capitalisme d’État » à la mode maoïste… !

 

Deux traces de cette « republication », fort opportune, de Juin 1967, et un extrait particulièrement significatif, dans ce contexte, mais qui n’a rien de paradoxal, en regard de la réalité économique et sociale du maoïsme, et encore moins de son évolution comprador et Kollabo de l’impérialisme US, dès 1972, cinq ans plus tard…

 

Luniterre

 

 

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[Le Monde, Mercredi 21 Juin 1967]

« En publiant un texte ancien de Mao Tse-toung la presse chinoise demande la juste solution des contradictions au sein du peuple

La presse de Pékin a reproduit lundi, en entier, le long discours du président Mao :  » De la juste solution des contradictions au sein du peuple « , publié il y a exactement dix ans, le 19 juin 1957. C’est la dernière œuvre d’importance qu’ait écrite le chef du parti.

Le Monde, Publié le 21 juin 1967 »

https://www.lemonde.fr/archives/article/1967/06/21/en-publiant-un-texte-ancien-de-mao-tse-toung-la-presse-chinoise-demande-la-juste-solution-des-contradictions-au-sein-du-peuple_2636677_1819218.html

 

[Pékin Information, en langue française, Mardi 27 Juin 1967]

« Les principaux textes publiés en français par les Editions en Langues étrangères ou dans la revue Pékin Information sont les suivants : 1)« Sur le problème de la coopération agricole ». Œuvre datant du 31 juillet 1955, dont 6 fragments sont reproduits dans les « Citations ». La traduction intégrale figure aussi dans les « Ecrits choisis », vol. III p. 140-168. 2)« De la juste solution des contradictions au sein du peuple ». C’est un discours important du 27 février 1957, dont une version révisée a été publiée au Quotidien du Peuple du 19 juin 1957, et qui a fourni 35 fragments aux « Citations ». Une traduction intégrale figure dans les « Ecrits choisis » vol. III, pp. 93 à 139. Le texte a été republié dans la revue Pékin Information N° 26 du 27 juin 1967, pp. 9 à 28. »

https://www.persee.fr/docAsPDF/polit_0032-342x_1969_num_34_2_6057.pdf

 

EXTRAIT :

 

« De la juste solution des contradictions au sein du peuple

Mao Zedong

Les industriels et les commerçants

Dans le domaine de la réforme de notre régime social, on a achevé en 1956, outre l’organisation des coopératives dans l’agriculture et l’artisanat, la transformation des entreprises de l’industrie et du commerce privés en entreprises mixtes, à capital privé et d’Etat. L’accomplissement rapide et sans à-coups de cette tâche est étroitement lié au fait que la contradiction entre la classe ouvrière et la bourgeoisie nationale a été traitée par nous comme une contradiction au sein du peuple. Cette contradiction de classes est-elle entièrement résolue ? Non, elle ne l’est pas encore ; il faudra une très longue période pour qu’elle le soit tout à fait. Pourtant, il y a des gens qui disent que les capitalistes sont déjà si bien rééduqués qu’ils ne se distinguent presque plus des ouvriers, et qu’ils n’ont plus besoin de poursuivre leur rééducation. D’autres soutiennent même que les capitalistes sont devenus meilleurs que les ouvriers. D’autres encore déclarent : Si la rééducation est nécessaire, pourquoi la classe ouvrière n’en a-t-elle pas besoin ? Ces opinions sont-elles justes ? Naturellement non.

Quand s’édifie une société socialiste, tout le monde a besoin d’être rééduqué, les exploiteurs comme les travailleurs. Qui dit que la classe ouvrière n’a pas besoin d’être rééduquée ? La rééducation des exploiteurs et celle des travailleurs sont évidemment de deux types différents, et il ne faut pas les confondre. Dans la lutte de classes et dans la bataille contre la nature, la classe ouvrière transforme la société dans son ensemble, et elle se transforme elle-même en même temps. La classe ouvrière doit constamment apprendre dans le cours de son travail et progressivement éliminer ses défauts; elle ne doit jamais s’arrêter. Ainsi, nous par exemple : Beaucoup d’entre nous font quelques progrès chaque année, c’est-à-dire que, chaque année, nous nous rééduquons. Moi-même, j’avais autrefois diverses idées non marxistes ; c’est plus tard que j’ai embrassé le marxisme. J’ai étudié un peu le marxisme dans les livres et fait ainsi ma première rééducation idéologique, mais je me suis surtout transformé dans le cours d’une lutte de classes prolongée. Et je dois continuer à étudier si je veux faire encore des progrès ; sinon, je me laisserai distancer. Les capitalistes seraient-ils si parfaits qu’ils n’auraient, eux, plus besoin de se rééduquer ?

Certains disent que la bourgeoisie chinoise n’a plus aujourd’hui son double caractère, qu’elle n’a plus qu’un seul caractère. Est-ce vrai ? Non. D’une part, les éléments bourgeois sont déjà devenus des membres du personnel administratif des entreprises mixtes et sont en train d’être transformés d’exploiteurs en travailleurs vivant de leur propre travail ; d’autre part, ils reçoivent encore de ces entreprises un intérêt fixe, cela signifie qu’ils n’ont pas encore rompu avec l’exploitation. Leur idéologie, leurs sentiments, leur mode de vie laissent subsister un fossé entre eux et la classe ouvrière. Comment peut-on prétendre alors qu’ils n’ont plus un double caractère ? Même quand ils cesseront de toucher leur intérêt fixe et ne porteront plus l’étiquette de bourgeois, ils auront encore besoin de poursuivre longtemps leur rééducation idéologique. Si la bourgeoisie n’avait plus son double caractère, comme on le prétend, alors la tâche d’étudier et de se rééduquer n’existerait plus pour les capitalistes.

Il faut dire que non seulement cette opinion ne correspond pas à la situation réelle des industriels et des commerçants, mais aussi qu’elle ne répond pas aux aspirations de la majorité d’entre eux. Ces dernières années, la plupart des industriels et des commerçants se sont mis volontiers à l’étude et ont obtenu des progrès notables. La rééducation des industriels et des commerçants ne peut s’effectuer à fond que dans le cours de leur travail; ils doivent travailler dans les entreprises aux côtés des ouvriers et des employés, faire des entreprises le terrain même de leur rééducation. Cependant, il est également important pour eux de modifier par l’étude certaines de leurs vieilles conceptions. Cette étude doit être librement consentie. Quand ils reviennent dans leurs entreprises, après plusieurs semaines de cours, beaucoup découvrent qu’ils trouvent plus facilement un langage commun avec les ouvriers et les représentants de la participation d’Etat, ce qui est tout au bénéfice du travail commun. Ils comprennent par leur propre expérience que la poursuite de l’étude et de la rééducation leur est profitable. L’idée qu’il n’est plus nécessaire d’étudier et de se rééduquer ne représente donc nullement le point de vue de la majorité des industriels et des commerçants, seuls pensent ainsi un petit nombre d’entre eux. »

MAO ZEDONG – 1957 – … des contradictions au sein du peuple

 

 

 

De la Chine de Mao à la Chine actuelle …les mutations du capitalisme chinois:

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/09/janvier-1968-revolution-culturelle-dans-le-hunan-la-gauche-proletarienne-ecrasee-par-le-pouvoir-maoiste/

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« La Chine est-elle capitaliste? » – Vers une prolongation au débat du CUEM???

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DEBAT VIRIATO-LUNITERRE SUR LIVRE DE HERRERA_pdf

HERRERA EXTRAITS_pdf

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/24/la-chine-est-elle-capitaliste-vers-une-prolongation-au-debat-du-cuem/

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POUR ALLER PLUS LOIN, UNE ETUDE DE FOND SUR L’EVOLUTION DU CAPITALISME CHINOIS DEPUIS MAO :

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Chine-USA, 2014-2019 : Chronique d’une guerre économique annoncée…

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee/

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Непокорённый! – Indomptable Léningrad!

Непокорённый !

Indomptable

Léningrad !

 

 

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La traduction du clip de Kipélov, réalisé en vue de la commémoration de la levée du siège de Léningrad. Avec des illustrations d’Ivan Bilibine, grand artiste illustrateur de livres de contes pour les enfants, images qui ont malheureusement un rapport relativement direct avec cette époque, car cet artiste fait partie des nombreuses victimes de la barbarie nazie (Ce blocus, le plus long de la guerre avec ses 28 mois (872 jours), a entraîné la mort de 1 800 000 Soviétiques, dont plus d’un million de civils – https://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_L%C3%A9ningrad ). Ivan Bilibine, dont la carrière artistique avait commencé dès la fin du 19ème siècle, a vécu un temps en France, avant de revenir en URSS, vivre et travailler à Léningrad). C’est donc également une occasion de lui rendre hommage.

Luniterre

 

Ci-dessous, à gauche, l’artiste portraitisé en 1901 par Boris Koustodiev, et à droite, « resitué » en quelque sorte, dans l’univers de ses contes par un autre artiste…

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/2a/1901._Portrait_of_Ivan_Bilibin_by_B._Kustodiev.jpg/800px-1901._Portrait_of_Ivan_Bilibin_by_B._Kustodiev.jpghttps://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/06/1628a-1-bilibin-1-anna-sokolova-giclee-art-print.jpg

Le Cavalier rouge, illustration pour « Vassilia la Belle »

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Непокорённый !

 

Небо Балтики давит свинцом,
Par un ciel de plomb sur la Baltique,
Город держит за горло блокада,
Le siège prend la ville à la gorge,
Медный всадник и ангел с крестом
Le Cavalier de Bronze, avec l’Ange à la croix,
Батальонам подвозят снаряды.
Apportent les munitions aux bataillons.
Львы из камня срываются с мест,
Les
Lions de pierre bondissent de leur socles,
Чтоб с бойцами подняться в атаку –
Pour se porter à l’attaque avec les combattants,
Непокорных жестокая месть.
Vengeance cruelle des rebelles.
Наступление. Крушение мрака.
Attaque. Déchirement de l’obscurité.

Непокоренный, прошедший сквозь ад,
Indomptable, ayant traversé l’enfer,
Непокоренный герой Ленинград,
Indomptable héroïque Leningrad,
Непокоренный на все времена
Indomptable pour l’éternité
Непокоренный город Петра!
Indomptable ville de Pierre!

Пишет Жизнь слабой детской рукой
Par la main faible d’un enfant la vie écrit
Даты смерти на саване снегаю.
Sur le linceul de neige les dates de la mort.
Что тогда бы случилось с тобой?
Qu’en aurait-il alors été de toi  ?
Смог остаться бы ты человеком?
Aurait tu été capable de rester humain  ?
Не сдаваться и в голос не выть,
De ne pas te rendre, de ne pas hurler
Убивая за хлебные крошки?
En tuant pour des miettes de pain  ?
Свет надежды сумел бы хранить
Aurais-tu été capable de conserver la lumière de l’espoir
Под раскаты немецкой бомбежки?
Sous les grondements des bombardements allemands  ?

Непокоренный, прошедший сквозь ад,
Indomptable, ayant traversé l’enfer,
Непокоренный герой Ленинград,
Indomptable héroïque Leningrad,
Непокоренный на все времена
Indomptable pour l’éternité
Непокоренный город Петра!
Indomptable ville de Pierre!

Чернота. Хрупкий ладожский лед,
Noirceur. Glace cassante du Lac Ladoga
Уходящие дети под воду.
Engloutissant les enfants sous l’eau.
Метроном отобьет скорбный счет
Un métronome bat la mesure funeste
Всех погибших в блокадные годы.
De tous ceux qui sont tombés durant ces années de siège.
Нервы города – к сердцу земли,
Les nerfs de la ville, enracinés au cœur de la Terre,
Силы взять и к весне возродиться,
Y puisent des forces pour ressurgir au printemps,
Медный всадник к победе летит,
Le Cavalier de Bronze vole vers la victoire,
Неподвластной забвению птицей.
Oiseau rebelle contre l’oubli.

Кипелов

Ici, une situation qui explique la dernière scène du clip de Kipélov: à la fin du siège, les inscriptions murales avertissant les habitants des zones exposées aux tirs nazis sont effacées, action marquant le retour de la paix, comme un effacement du cauchemar. Quelques unes de ces inscriptions ont été oubliées, lors de cette opération, et sont aujourd’hui préservées comme témoignage historique.

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Ivan Bilibine, Vassilia la Belle

 

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Ivan Bilibine, Maria Morevna et Kochtcheï l' »immortel »

 

 

 

 

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Le Cavalier de bronze ou Le Cavalier d’airain (« Медный всадник » en russe) est une statue équestre monumentale de Pierre le Grand qui se trouve à Saint-Pétersbourg. C’est une commande de Catherine II de Russie à laquelle le sculpteur français Étienne Maurice Falconet travailla durant douze ans. La statue est érigée sur un monolithe de granite à peine travaillé, l’une des plus grosses pierres jamais déplacées par l’homme. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cavalier_de_bronze_(Falconet)  )

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…Неподвластной забвению птицей…

 

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