Gauchistes, kollabos d’hier et d’aujourd’hui…!

« Gauchistes »

et/ou

Kollabos ?

 

A propos du « document du GIC », baptisé « thèses sur le bolchevisme » et aujourd’hui ressorti des tiroirs poussiéreux du « gauchisme hollandais » de 1934 par quelques renégats ex-« marxistes-léninistes »…

Le temps passe, mais les procédés de l’anticommunisme restent les même, reposant d’abord sur le mensonge, la façon de manipuler l’histoire pour les besoins de la propagande « gauchiste », besoins qui sont, à la base, ceux du système en place.

Dans la logorrhée de ces « thèses », tout repose sur le fait que les bolcheviques auraient constamment manipulé une alliance contre nature entre le prolétariat industriel et la paysannerie !

(Doc PDF)  GIC 1934

Extrait:

« 19. L’oeuvre des bolcheviks a été de créer la direction de la révolution russe et de développer une tactique appropriée. Ils ont accompli ce qui paraissait impossible : la création d’une alliance entre deux classes antagonistes, les masses paysannes en lutte pour la propriété privée, et le prolétariat en lutte pour le communisme. »

Et ce leitmotive traverse constamment cette logorrhée jusqu’à sa conclusion :

« Sous l’autorité dictatoriale de l’intelligentsia jacobine, il a conduit le prolétariat (orienté vers le socialisme) et la paysannerie (orientée vers le capitalisme) à un soulèvement révolutionnaire contre l’État absolutiste, le féodalisme et la bourgeoisie, dans le but d’abattre l’absolutisme féodal-capitaliste. Habile à tourner toute chose à son avantage, il a réuni les intérêts de classe antagonistes des prolétaires et des paysans, grâce à son intelligence du caractère de classe des lois du développement social. »

De sorte que ce « GIC » passait en fait son temps à reprocher aux bolcheviques d’avoir réussi à unir les classes prolétariennes et populaires de Russie, alors que, selon lui, il aurait du les diviser et les opposer… :

« En 1917, les travailleurs russes ont ébauché une politique de classe, communiste et autonome. Il leur manquait toutefois les bases sociales nécessaires pour réussir, puisque la victoire de la révolution prolétarienne devait être aussi une victoire sur la paysannerie. »

Et c’est là où on arrive au mensonge fondamental sur lequel repose cette logorrhée, formellement bien tournée, dans le sens de l’intox « sociologique » bourgeois de l’époque, et que seuls des gauchistes particulièrement bornés peuvent « récupérer » aujourd’hui, compte tenu des connaissances historiques actuellement assez facilement accessibles :

« Les slogans économiques de la révolution bolchevique font apparaître son caractère de révolution bourgeoise. Pour les masses paysannes, les bolcheviks symbolisaient l’expropriation violente des grands domaines par l’action spontanée de la petite paysannerie avide de terres. Les bolcheviks ont parfaitement exprimé, dans leur pratique et dans leurs slogans (la Paix et la Terre), les intérêts des paysans en lutte pour la sauvegarde de la petite propriété privée (intérêts capitalistes). Loin de soutenir les intérêts du prolétariat socialiste contre la propriété terrienne féodale et capitaliste, ils se sont ainsi fait, en ce qui concerne la question agraire, les tenants effrontés des intérêts du petit capitaliste. »

On a déjà eu, récemment dans nos colonnes :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/15/de-juillet-a-octobre-ou-comment-la-petite-bourgeoisie-voit-les-revolutions/

l’occasion de faire une mise au point sur cette question de la propriété de la terre en Russie, à la veille de la Révolution.

Le plus simple est de republier ici l’extrait concerné par ce problème de la propriété de la terre, avant de poursuivre, sur la base de ces éléments :

« La première précision, sur le plan historique, concerne l’évolution du statut de la propriété de la terre, de la Russie tsariste à l’URSS.

La propriété des mir de l’ancienne Russie, qui concernait la petite paysannerie de l’époque, était déjà une propriété commune, où les parcelles de terres étaient attribuées en fonction des besoins.

Ce mode de répartition, en voie d’être détruit par la « réforme » capitaliste de Stolypine, fondait néanmoins les rapports sociaux entre les paysans, alors que la bourgeoisie encourageait la propriété privée des koulaks, s’appropriant une grande partie des terres abandonnées par la noblesse.

Les koulaks formaient potentiellement une nouvelle aristocratie rurale, et non pas une « petite paysannerie propriétaire », comme il est dit systématiquement dans les articles « historiques » des ouvrages bourgeois… !

Le slogan « La terre à ceux qui la travaillent ! » ne peut pas se comprendre en dehors de sa mise en pratique dans ce cadre.

Il a été formalisé juridiquement par le « Décret sur la terre » du 8 Novembre 1917, qui était bel et bien un décret de nationalisation de toutes les terres, (hors les jardinets particuliers), et un système de répartition locale assez proche des mir, en réalité. Il ne reconnaissait donc pas de « petits paysans propriétaires », en aucune manière, et encore moins de « gros », comme les koulaks.

Logiquement, ceux-ci auraient du être réduits aux parcelles correspondant à leurs besoins familiaux, mais bien évidemment, ils interprétaient cette loi comme une consécration des droits abusivement acquis sous et depuis Stolypine…

Le conflit de classe était donc inévitable, et eut lieu, en fait, tout au long de la période menant à la « dékoulakisation », rendue incontournable, et même nécessaire pour sauver, en réalité, l’URSS d’une famine encore pire que celle déjà engendrée par leur rétention spéculative, puis par leur destruction des produits agricoles.

Cette réalité, à la fois économique et historique, est aujourd’hui établie par les économistes russes eux-même, non suspects de « communisme », et dont Nikolaï Starikov est un exemple significatif :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/15/encore-une-legende-noire-demythifiee-lholodomor/

Mais il est clair que Bibeau et ses semblables n’ont que faire, ni de la vérité historique, ni de l’évidence économique. »

 

Nous n’avons même pas à modifier la conclusion, vu que le Sieur Bibeau est parmi les nouveaux éditeurs de cette « perle » du passé gauchiste !

 

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui comme hier, les gauchistes, renégats ou non du marxisme-léninisme, qui se veulent plus marxistes que Marx lui-même, ont simplement « oublié » que ce toujours étonnant Marx avait déjà compris le rôle véritable de la paysannerie russe dans la Révolution à venir :

 

« Le Manifeste communiste avait pour tâche de proclamer la disparition inévitable et prochaine de la propriété bourgeoise. Mais en Russie, à côté de la spéculation capitaliste qui se développe fiévreusement et de la propriété foncière bourgeoise en voie de formation, plus de la moitié du sol est la propriété commune des paysans. Il s’agit, dès lors, de savoir si la communauté paysanne russe, cette forme déjà décomposée de l’antique propriété commune du sol, passera directement à la forme communiste supérieure de la propriété foncière, ou bien si elle doit suivre d’abord le même processus de dissolution qu’elle a subi au cours du développement historique de l’Occident.

La seule réponse qu’on puisse faire aujourd’hui à cette question est la suivante : si la révolution russe donne le signal d’une révolution prolétarienne en Occident, et que toutes deux se complètent, la propriété commune actuelle de la Russie pourra servir de point de départ à une évolution communiste. »

Karl Marx, Friedrich Engels

Le manifeste du Parti communiste – Préface à l’édition russe de 1882
Londres, 21 janvier 1882

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1882/01/kmfe18820121.htm

 

 

Bien entendu, en 1917, la situation avait quelque peu changé, mais comme on l’a vu, plutôt dans le sens d’une exacerbation du conflit entre petits paysans communautaires des mir et nouveau capitalistes ruraux, les « koulaks », prenant progressivement la place des nobles déchus.

 

Relu ainsi posément à la lumière d’une approche historique réaliste, c’est tout le propos de ce « document » qui s’effondre comme un château de cartes biaisées empilées à la hâte et par la haine anticommuniste.

 

Il ne vaut donc pas la peine d’être examiné plus en détail pour toutes les calomnies qu’il développe sur son sujet…

 

A signaler, tout de même, ce morceau d’anthologie « visionnaire » dans le genre, qui fait du bolchevisme le « complice » du fascisme, alors qu’il en fut le fossoyeur…

« L’Union soviétique apparaît comme le solide soutien économique, et donc politique, de la plupart des dictatures fascistes les plus réactionnaires en Europe. »

Etc…

Se passe de plus de commentaires !

Sauf pour attirer l’attention du lecteur sur le fait que les collaborateurs antisoviétiques d’hier et les kollabos gauchistes d’aujourd’hui sont, fondamentalement, de la même lignée « spirituelle » !

Luniterre

 

 

ÉPISODE 2 : Bibeau vole au secours du GIC !!

 

JE NE PENSE PAS QUE LES RÉVOLUTIONNAIRES PROLÉTARIENS DEVRAIENT S’OFFUSQUER QUE DES CAMARADES AIENT EN 1934 – JE RÉPÈTE EN 1934 – QUESTIONNÉ ET ANALYSÉ CE QUI SE PASSAIT EN URSS.

Je crois au contraire qu’il était et qu’il est sain de questionner l’évolution du développement du mode de production en Russie avant – en – et après 1917.

Pourquoi est-ce nécessaire (ce qui ne signifie pas qu’il faille endosser toute critique) Mais l’expectative est de mise. Pourquoi ?

Parce que l’URSS est aujourd’hui dissoute – désintégrée et le prolétariat russe lourdement exploité par une bourgeoisie russe qui doit bien venir de quelque part — d’ou et quand est-elle apparue et comment ?

Pour ma part chaque fois que j’ai posé ces questions lors de mon parcours militant de gauche (1972-2014 environ) on m’a rétorqué stupidement que Kroutchev avait revirer sa veste et de dirigeant d’un parti prolétarien communiste il était du jour au lendemain devenu RÉVISIONNISTE – MENTEUR – FRAUDEUR ETC…

Il m’a fallu courage et murissement pour en venir à répudier une telle explication socratique – thomiste – kantienne – hégélienne – idéaliste – contre matérialiste – qui balaie du revers de la main les concepts scientifiques du matérialisme dialectique et historique.

Un homme ou une clique dans un parti ne fait pas l’histoire de l’humanité surtout pas l’histoire d’un mode de production.

Le texte des camarades du Council Correspondence, Chicago, vol. 1, n° 3, décembre 1934. Précédente mise en ligne sur http://www.left-dis.nl. sont sérieuses (meme si j’ai des critiques à formuler) et mérite mieux que ces ragots pleurnicheurs à propos de l’anti-communisme…

Soyons sérieux camarades le grand capital ne se préoccupe pas des partis communistes dégénérés – sectarisés – groupusculisés et il n’a pas de temps à perdre à s’occuper de ce qui est en train de s’anémier.

Nous sommes entre nous et prenons le temps de critiquer scientifiquement – sérieusement – ce document impressionnant que je découvre à l’aube de mon travail militant.

QUE doit-on comprendre et répondre à ceci :  » 6. L’économie russe était un mélange de production agricole de type archaïque, caractéristique des pays asiatiques, et d’économie industrielle moderne, caractéristique de l’Europe. Le servage, sous diverses formes, survivait en pratique pour l’immense majorité de la paysannerie russe, et entravait le développement d’une agriculture de type capitaliste qui commençait à peine à s’ébaucher. Ces nouvelles méthodes allaient simplement entraîner la dislocation du village russe (1), et faire naître une situation d’indigence indescriptible, tandis que le paysan restait enchaîné à une terre qui ne pouvait désormais plus le nourrir. » FIN DE CITATION

robert bibeau      http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/1934-12-theses-sur-le-bolchevismegic/

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Luniterre

9 août 2017 à 17 05 11 08118

http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/1934-12-theses-sur-le-bolchevismegic/#comment-195328 

L’article mentionné en lien ne vise certainement pas à « pleurnicher »… ( sur le sort du GIC ?)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/09/gauchistes-kollabos-dhier-et-daujourdhui/

Mais à en démonter simplement le principe manipulatoire assez évident, quoi que noyé dans une logorrhée assez bien amorcée pour noyer le mensonge historique sur la paysannerie russe, le même, du reste, repris à l’envie par la droite et l’ »extrême-gauche » anti-léniniste, anti-bolchévique.

La vérité sur cette pauvre « citation », partie de cette logorrhée pseudo-savante et pseudo-sociologique, c’est précisément qu’il y a une continuité de la résistance du mir, du village communautaire paysan, par rapport à la paysannerie capitaliste naissante-avortée de la « réforme » Stolypine.

Cette continuité va précisément de la lutte contre Stolypine (finalement assassiné par un SR en 1911) à la lutte contre les koulaks et à l’établissement des kolkhozes, des sovkhozes et des SMT, qui n’étaient pas une décision « d’en haut », mais au départ l’initiative (du temps de la NEP) d’un sovkhoze désireux de partager ses moyens techniques surnuméraires avec les kolkhozes nécessiteux. Initiative peu à peu généralisée et facteur essentiel du développement économique soviétique, tant agricole que industriel.

Sans cette synergie ville-industrie-campagne, dont les SMT ont été le pivot économique, ni la victoire contre le fascisme, ni la reconstruction après guerre n’auraient été possible. On peut en critiquer tel ou tel aspect, mais le résultat est un fait. On comprend qu’il déplaise aux « gauchistes » de service, aujourd’hui comme hier, alors qu’ils présentaient l’URSS comme collabo du nazisme… (ci-dessus dans les « thèses »!)

Quelques docs d’époque en français:

http://www.persee.fr/docAsPDF/geo_0003-4010_1941_num_50_282_11692.pdf

http://www.persee.fr/docAsPDF/geo_0003-4010_1946_num_55_300_12551.pdf

http://www.persee.fr/docAsPDF/estat_1149-3755_1950_num_5_1_9457.pdf

L’enjeu de la lutte pour ou contre le démantèlement des SMT n’était donc pas une lutte purement symbolique. Ce démantèlement opéré par les khrouchtchéviens, avec, incidemment, l’approbation « idéologique » formelle de Mao Zedong (*), est une de ses « mutations » de la société soviétique, parmi d’autres, moins visibles mais aux effets tout aussi délétères.

Cette lutte autour des choix d’orientation économique est une lutte parmi d’autres, comme par exemple celle autour des orientations « scientifiques » de Lyssenko, etc…, qui ont donc bien leurs racines dans la période antérieure dite « stalinienne », mais qui est précisément loin de former un « bloc », si l’on prend la peine de l’étudier sérieusement. Et ces luttes ont, nécessairement, des bases économiques et sociales, des bases de classe.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

Le thème de l’économie soviétique sera à l’étude, début Novembre, au forum du centenaire, qui se tiendra à Moscou:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/09/octobre-revolution-avenir-un-forum-en-novembre-a-moscou/

(Les modalités d’inscription sont dans l’article)

Bonne lecture, et, éventuellement, bon voyage!

Luniterre

( * sur la collusion Mao-Khrouchtchev contre l’économie socialiste:
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/ )

 

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