économie-finance

En réponse à deux pitoyables « tours de bonneteau » pseudos-« marxistes »!

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[ SUR AGORAVOX]

Un siècle de trou noir sur la nature de l’URSS

   Un siècle de trou noir sur la nature de l'URSS

Pourquoi s’intéresser à la nature d’un régime économique qui s’est effondré depuis trente ans ? Parce que d’une part, dans la plupart des médias et dans le (…)

1416 visites 7 déc. 2019 | 63 réactions | M’bafo Pian   + Partager


  

Luniterre 9 décembre 21:52

 

Pour en finir avec ce « tour de bonneteau » pseudo-« marxiste » assez pitoyable…

Remettons simplement la phrase de Marx >>>

« Si les choses doivent se dérouler normalement, la croissance doit se faire plus rapidement dans la section II que dans la section I, parce que, sinon, la fraction de I(v + p), qui doit être convertie en marchandises IIc croîtrait plus rapidement que les IIc contre lesquelles seulement elle peut s’échanger  »

Dans son contexte, que voici, en doc PDF, pages 447 à 449 de Capital II >>>

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/12/marx-capital-ii-447-449.pdf

Dans ce passage Marx nous parle de l’accumulation du capital et de sa reproduction élargie, et cela se passe donc dans le système capitaliste, dans lequel, effectivement cette condition est nécessaire à l’élargissement et à l’accumulation, comme lien entre développement des forces productives et accroissement, à la fois du capital, et de la quantité totale de plus-value extraite, y incluant le train de vie (consommation) du capitaliste, c’est à dire une part de plus-value qui n’est pas réinvestie comme capital.

Dans ce schéma de principe Marx prend pour hypothèse de calcul que 50 % de la plus-value est réinvestie sous forme de capital, chaque année, que ce soit dans la section I ou la section II.

50 % de la plus-value sont donc retirés chaque année… Ce qui, déjà, fait une différence de fond avec une économie socialiste, qui n’a pas pour but une telle dérive du produit social.

Ensuite, plus-value, cela signifie, en analyse marxiste, que les salaires sont déjà payés, correspondant à minima aux besoins sociaux de la reproduction de la force de travail, ce qui, du reste, était précisément la définition du SMIG, ancêtre du SMIC…

Ce qui signifie aussi que ce qui est investi en capital variable dans la section I, se retrouve, in fine, dans la section II, également sous forme de consommation, et donc aussi de plus-value, qui, en régime socialiste, peut très bien être réinvestie en capital constant dans cette même section II, qui n’a pas plus pour « vocation » de générer les profits personnels des capitalistes.

Et donc, cette accumulation nouvelle de capital constant en section II, qui correspond bien à un développement de ses forces productives, constitue aussi un accroissement des débouchés nécessaires au développement de la production de la section I.

Et dans la section I elle-même, il reste encore 50 % de plus-value récupérables, qu’il est donc également possible de réinvestir.

Autrement dit, dans une gestion de type socialiste, et même dans les limites de ce schéma, il y a donc des possibilités de choix d’investissement, entre développement des forces productives, dans les deux sections, et accroissement du bien-être social, ce qui va évidemment de pair, avec cette limite, à l’époque de l’URSS socialiste, qu’il fallait néanmoins assurer le renforcement de la défense nationale face à l’Allemagne nazie, et encore face aux forces occidentales, après guerre.

Malgré ces contraintes, ce même « schéma de Marx » réinterprété dans le contexte socialiste, explique donc la reconstruction de l’économie soviétique, en une dizaine d’années, de la fin de la NEP à l’attaque allemande de 1941, stoppée en 6 mois, aux portes de Moscou.

Si les soviétique se sont battus aussi courageusement et de façon déterminée, pour défendre leur pays, y compris par les guérillas de partisans, c’est bien parce que malgré ces difficultés, leur niveau de vie s’était spectaculairement amélioré en une seule décennie de développement socialiste.

Ce que montre aussi ce film US, du reste >>>

https://my.pcloud.com/publink/show?code=XZUUn8kZMKew9HkqsdyqR7hwHoT88m6hYjek

 

Luniterre

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PS >>> voir aussi, mentionné dans un autre post, et mieux qu’un long discours, ce graphique sur la durée de vie en Russie et en URSS…

Le lecteur est invité à faire lui-même sa propre correspondance avec l’évolution des superstructures politiques, selon les périodes historiques…

 

Luniterre 10 décembre 03:09

Un correctif apporter à la relecture de Marx, mais qui va encore davantage contre le sens de l’article, si cela était encore nécessaire… !!!

En effet, dans la section I la partie de plus-value réinvestie est toujours de 50%, mais dans la section II elle varie, pour conserver, en proportion, le rapport c/v… Et donc elle commence à 20% et passe à 30% sur les deux années suivantes du cycle capitaliste. Il faudrait donc refaire le calcul pour les années 4 et 5, mais il ne semble pas qu’elle atteigne 50%, de toutes façons, ce qui augmente encore la marge de manœuvre pour une gestion socialiste de l’économie, en fin de compte !!!

La faillite de l’URSS est donc bien due à la gestion calamiteuse, et en fait, capitaliste, de Khrouchtchev et de ses successeurs, et non au système socialiste, qui avait fait ses preuves, en réalité, au cours de la période entièrement socialiste 1930-1952, malgré les difficultés de l’encerclement et même de la guerre.

Luniterre

 

 

 

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La Lutte des superclasses dans l’Histoire

   La Lutte des superclasses dans l'Histoire

Le communisme moderne fondé par Karl Marx et Friedrich Engels est basé sur la théorie de la lutte des classes. La lutte entre la classe capitaliste et la classe salariée (…)

1161 visites 29 nov. 2019 | 12 réactions | M’bafo Pian   + Partager

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Luniterre 9 décembre 11:27

@l’auteur

En fait, vous semblez n’avoir pas vraiment lu Marx, ou bien pas compris du tout…

Marx parle de modes de production et de rapports de production…

La lutte de classes est donc aussi entre classes dominantes et classes porteuses d’un nouveau mode de production.

Ce qui entraîne aussi une modification des rapports de production… Vu ???

Il n’a jamais prétendu que la classe exploitée était nécessairement porteuse d’un nouveau mode de production, et sur ce point, vous devriez comprendre.

Mais il se trouve que le mode de production le plus évolué apporte généralement une amélioration relative aux classes exploitées.

Il y a donc une interaction dialectique entre les luttes des différentes classes et l’évolution des modes de production…Vu ???

La problématique que vous tentez de poser sur les chômeurs est évidemment utile, néanmoins, vu, effectivement, l’évolution des techniques de production.

La question est donc : quel nouveau mode de production apparait avec la « classe des chômeurs », pour suivre votre tentative de raisonnement… ???

La réponse est évidemment, AUCUN, vu que par définition le chômeur est improductif !!!

Le pouvoir de classe reste donc à ceux qui contrôlent l’appareil productif, et c’est donc là qu’il faut chercher l’apparition éventuelle d’une future classe dominante, parmi les éléments qui sont à la pointe du progrès technologique et des techniques nouvelles de production, et non parmi les chômeurs.

Ce que Marx comprenait déjà, c’est précisément l’apparition d’un nouveau mode de production, basé sur de nouveaux rapports de production et sur une nouvelle forme de manifestation de la loi de la valeur, qu’il appelait donc « première phase du communisme » et que l’on a rebaptisé « socialisme » par la suite.

>>>Critique du Programme de Gotha

>>>https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Pour l’instant, cette solution est effectivement en échec, mais sous une forme renouvelée elle reste un mode de production possible, tant que le travail productif humain reste nécessaire à la société.

Le travail utile peut et même doit être partagé, dans ce type de rapports de production >>>plus de chômeurs !!!

Si le travail productif humain disparait totalement, par la robotisation totale de la société, production et services, on entre effectivement dans un nouveau paradigme, qui dépasse largement le cadre d’un post !

Luniterre

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/26/les-aleas-de-lia-de-marx-a-terminator-en-passant-par-benoit-hamon/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/30/en-reponse-a-gilles-questiaux-au-sujet-de-limplication-de-la-robotique-sur-levolution-du-systeme-capitaliste/

Sur ce sujet, voir aussi Marx, évidemment >>> Grundrisse

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La Gauche Française au stade du « Terre-platisme » !

 

me en France, il y a encore 10%

de la population qui pense que la Terre est plate…!

En France, il y a aussi encore une partie de la Gauche

qui tente de nous faire croire que la Chine

est un pays socialiste !

 

 

La Chine étant désormais la seconde puissance financière mondiale, et la puissance impérialiste montante, juste derrière les USA, on est naturellement et très logiquement amené à penser que les gens qui manipulent ces « partis de gauche » sont évidemment et tout d’abord intéressés au premier degré…

 

 

Mais que penser des quelques uns qui en arrivent

à croire sincèrement en un truc aussi gros ?

 

Ce sont, en quelque sorte,

les « Terre-platistes de gauche » !!!

 

 

 

La Gauche Française au stade du « Terre-platisme » !

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4801

 

SUR LE MÊME THÈME >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/12/01/le-materialisme-dialectique-au-21e-lumiere-quantique-ou-cretinisme-obscurantiste-neo-lyssenkiste-il-faut-choisir/

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/12/02/marxisme-leninisme-ou-terre-platisme-il-faut-choisir/

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Marx à l’ère quantique : nécessité d’une relecture dialectique !

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/29/marx-a-lere-quantique-necessite-dune-relecture-dialectique/

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ET D’AUTRES ARTICLES DU CYCLE >>>

Sur la démarche épistémologique d’Heisenberg

et sur Le Manuscrit de 1942 :

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Heisenberg contre Althusser : épistémologie de la physique moderne contre pseudo-« scientisme » révisionniste !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/25/heisenberg-contre-althusser-epistemologie-de-la-physique-moderne-contre-pseudo-scientisme-revisionniste/

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Werner Heisenberg, Le Manuscrit de1942 :

émergence dialectique des strates de réalité

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/26/werner-heisenberg-le-manuscrit-de1942-emergence-dialectique-des-strates-de-realite/

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Sur le contexte historique :

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1939 – Einstein, auteur du premier chantage à l’arme de destruction massive !

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/26/1939-einstein-auteur-du-premier-chantage-a-larme-de-destruction-massive/

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« Farm Hall » déclassifié : Hiroshima – Nagasaki,

le nucléaire US sans justification possible !

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/27/farm-hall-declassifie-hiroshima-nagasaki-le-nucleaire-us-sans-justification-possible/

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Du rayonnement quantique de l’œuvre de Marx!

 

 

 

Niels Bohr – 1922

 

 

A propos de nos derniers articles opposant la dialectique de Werner Heisenberg à celle d’Althusser, un lecteur nous écrit:

C’est très intéressant.

Un livre devenu introuvable sur le même sujet : les 6 articles de Niels Bohr, chez Vrin.

Il m’a semblé que le point de vue de Lénine sur la matière était celui de Bohr, qui répondait aux néopositivistes .

 

 

Ce qui nous amène à préciser encore notre point de vue >>>

 

Bonjour, camarade !

Effectivement, les réflexions de Lénine sur le matérialisme et la dialectique sont importantes pour éviter le confusionnisme qui se dégageait, déjà à cette époque, des interprétations idéalistes de l’évolution nouvelle de la physique au début du XXème siècle. Néanmoins, il faut bien constater également que par la force des choses elles ne peuvent précisément y répondre que dans les limites de la physique quantique encore dans ses balbutiements, fussent-ils géniaux, et déjà révolutionnaires, à cette époque.

La contribution fondamentale de Werner Heisenberg ne commence, pour sa part qu’en 1927, et la confirmation expérimentale de la « non-localité » est toute récente. Personnellement, le sujet a commencé à me passionner avec les expériences d’Alain Aspect, finalisées en 1982. Ma propre réflexion épistémologique d’autodidacte m’a alors amené à comprendre ces choses tout à fait à la manière du « Manuscrit de 1942 » dont à l’époque je ne soupçonnais même pas l’existence, et pour cause ! Découvert en France au tournant des années 2000, ce texte est donc évidemment resté important pour moi.

Dans la mesure où Heisenberg représente incontestablement une autorité compétente concernant les fondamentaux de la physique moderne, dont il est l’un des pères les plus éminents, ce texte continue donc effectivement d’influencer mon approche de la dialectique, et, me semble-t-il aujourd’hui, influence donc ma façon de lire Marx, et notamment, le Capital, évidemment !

C’est donc, je le suppose, ce qui crée le malentendu à la lecture de mes articles. Malentendu certainement irréductible par rapport aux développements, ou plutôt aux régressions, à mon sens, de la pensée « marxiste » actuelle en France…

Même si elle peut paraître avoir un prolongement idéaliste, dans sa conclusion de 1942, qu’il semble n’avoir pas développé par la suite, du reste, la pensée de Heisenberg constitue néanmoins une avancée considérable de la dialectique. Évidemment, Heisenberg n’était pas marxiste, bien que certains de ses biographes lui prêtent une phase « spartakiste » dans sa jeunesse. Mais Darwin ou Einstein ne l’étaient pas non plus, et pourtant, on ne saurait les exclure du champ de la dialectique, sauf à en faire un nouvel obscurantisme.

La question fondamentale reste le rapport entre la conscience humaine et la réalité objective, et même de savoir et définir ce qu’on entend par réalité objective. Évidemment cette problématique recouvre et inclut celle du rapport entre connaissance et réalité objective, au cœur même du débat « quantique » !

C’est donc bien la solution éventuelle que nous apportons à cette problématique, et même, à cette « double » problématique, qui nous permettra d’avancer dans nos analyses, et donc dans la solution des problèmes analysés, tant qu’à faire !

Évidemment, l’étude des simples contradictions, internes ou non, est d’un intérêt immédiat indispensable mais ne règle en rien la problématique la plus fondamentale de la nature intrinsèque des éléments en contradiction et de la connaissance que nous en avons.

Or aussi bien les développements de la science que l’expérience que nous avons dans notre pratique sociale quotidienne nous montrent que c’est bien là que réside la véritable difficulté, et qui, faute d’être surmontée, ne peut mener qu’à de nouveaux échecs, comme nous en avons tant connu ces dernières années, voire même, carrément accumulé, à vrai dire !

L’étude des contradictions, et même de la contradiction interne éventuelle de tel ou tel phénomène mène certes à en comprendre le mouvement immédiat et permet quelques adaptations tactiques, voire stratégiques à moyen terme, mais ne nous renseigne en rien sur la connaissance nécessaire en profondeur de l’essence des phénomènes, qu’il est particulièrement absurde de ramener à cette seule contradiction, fut-elle interne.

Même si l’essence de la dialectique peut être définie de manière simplifiée comme l’étude des contradictions, il ne s’en suit nullement pour autant que la contradiction soit par elle-même l’essence de tous les phénomènes.

Cette absurdité, qui fait de la contradiction l’essence de tous phénomènes aboutit donc soit à donner un statut ontologique à la contradiction elle-même, soit, si l’on lui refuse ce statut, à nier, par voie de conséquence incontournable, le statut ontologique de tout phénomène, et donc à retomber complètement dans l’idéalisme métaphysique le plus absolu !

En réalité il s’agit donc là d’une interprétation schématique, dogmatique, mécaniste et donc tout à fait fausse de la dialectique. Il semble évident, même chez Hegel, que la contradiction ne dépouille pas de leur essence les phénomènes en contradiction, même s’ils sont, précisément, d’essences contradictoires.

La contradiction interne elle-même procède de deux essences contradictoires au sein du même phénomène, et ne substitue nullement « l’essence de la contradiction » aux essences contradictoires en présence. Et la synthèse éventuelle produit bien une nouvelle essence du phénomène, ou un phénomène d’une nouvelle essence, et non pas, essentiellement, ni immédiatement, une nouvelle contradiction !

Le maoïsme, qui en arrive à réduire pratiquement la dialectique à la contradiction interne des phénomènes et l’essence des phénomènes à cette contradiction se situe donc d’emblée en dehors du champ du marxisme et même du matérialisme dialectique, pour rejoindre tout à fait celui de la métaphysique et de l’idéalisme. Le fait que l’on ait pu produire des milliers de pages pour accréditer une une telle idée au nom du marxisme est simplement un désastre écologique de plus pour notre époque…

Et bien évidemment, et même surtout, un désastre mental pour les « penseurs de gauche » qui s’en sont fait, et quelques uns encore aujourd’hui, les vecteurs!

Même chez Hegel l’étude des contradictions est un moyen de connaissance de l’évolution des essences en contradiction, et non une fin en soi. La connaissance ne se limite donc pas à la simple étude des contradictions, qui n’est précisément que le moyen d’étude et de connaissance des essences elles-mêmes, ainsi révélées, par le jeu des contradictions.

La science moderne, quant à elle, en nous révélant une multiplicité jusques là insoupçonnée des modes de l’être de la nature, ne nous a évidemment pas rapproché d’une conception moniste qui se dégagerait naturellement de l’ensemble comme une formulation scientifique globale de l’essence de l’Univers, une définition ontologique intégrant en un seul système de pensée l’ensemble des connaissance humaines. Non seulement il n’apparaît pas une telle conception ontologique déterministe globale de la nature, cohérente avec sa diversité nouvellement révélée, mais ces avancées de la science en repoussent même l’échéance éventuelle, voire même, en invalident la possibilité.

Pour autant, cela ne nous mène donc pas à revenir à une conception idéaliste du monde. La réalité du monde n’a pas besoin d’être entièrement déterministe pour exister en dehors de notre conscience humaine.

Ce qui s’éloigne radicalement de nous, avec l’émergence des nouvelles connaissances scientifiques, ce sont seulement les représentations entièrement déterministes du monde. Non pas parce qu’elles étaient incomplètes, mais bien parce qu’elles étaient fausses. Et si aucune n’a réellement dominé sur les autres, c’est bien parce qu’aucune d’entre elles n’était donc, par la force des choses, réellement opérationnelle.

Vouloir restaurer une conception néo-lyssenkiste de la nature, par exemple, comme certains le tentent encore au nom du « marxisme », c’est donc bien vouloir faire tourner à l’envers non seulement la roue de l’histoire sociale, mais c’est carrément revenir en arrière par rapport au développement des connaissances humaines, c’est carrément de l’obscurantisme, en fin de compte.

La conception lyssenkiste de la science soviétique est nettement l’un des facteurs essentiels du renversement du rapport de forces dans la lutte des classes en URSS, et si Staline a clairement commencé à en prendre conscience à partir de 1950, il semble que le mal était fait et que ses dernières tentatives, pour avisées qu’elles furent, et même apparemment et formellement réussies, au 19ème Congrès, n’ont donc pas permis de rétablir un rapport de force favorable au prolétariat, en profondeur.

Le lyssenkisme est resté une des bases idéologiques du khrouchtchevisme, et ce n’est donc pas un hasard !

Une représentation actuelle du monde, tel que « régionalisé », en termes d’agencement des connaissances humaines, par la dialectique de Werner Heisenberg, n’en reste pas moins une approche dialectique, et même une approche dialectique d’ensemble.

De plus, les connexions nomologiques qui relient entre elles différentes « régions » de la connaissance, comme la physique et la chimie, la chimie et la biologie, sont depuis longtemps déjà, du ressort de la science, et non pas spéculatives. Il n’y a pas de raison qu’elles excluent les nouvelles « régions » de la connaissance humaine et leur réalité intrinsèque dans la nature, comme le montre, par exemple, l’émergence d’une chimie quantique.

Une compréhension globale du monde peut donc rester opérationnelle si elle renonce à un dogmatisme absolument déterministe pour considérer d’un point de vue épistémologique les ensembles de connexions nomologiques propres à chacune des « régions » de la connaissance et les ensembles de connexions nomologiques qui les relient entre elles.

Comme le montre l’exemple de la chimie quantique, ces connexions nomologiques entre régions de la connaissance sont bien du ressort de la science et correspondent bien à une réalité objective, même si non entièrement déterministes.

Ces connexions nomologiques sont donc d’une importance particulière, du point de vue d’une épistémologie dialectique, en ce qu’elle sont le reflet historique de la structuration de la nature en strates de complexité concentriques au sens ou elles sont nécessairement incluses l’une dans l’autre par ces connexions.

Ce ne sont pas seulement des traces historiques qui restent comme vestiges purement symboliques, mais bien des connexions fonctionnelles qui marquent la persistance et la permanence de l’interaction entre strates d’évolution, au-delà et en sus de leurs connexions « régionales » spécifiques.

Néanmoins, il est clair que si une bonne compréhension dialectique de chaque « région » comprend également une approche des connexions « inter-régionales » il n’est pas pour autant indispensable à tout chimiste ou à tout biologiste de maîtriser les arcanes de la physique quantique pour être rationnellement opérationnel dans sa propre « région », même en termes de recherche, à moins, évidemment, d’avoir à travailler sur ces connexions « inter-régionales » elles-mêmes.

Si la physique des particules reste la strate de base commune à toute les autres, elle leur communique donc, dans une certaine mesure, ses propres relations d’indétermination, sans pour autant leur enlever leurs spécificités tant comme régions de réalité que comme régions de la connaissance humaine.

Du point de vue de la stratification historique de l’évolution des différentes régions de réalité de la nature, ce sont évidemment les connexions « inter-régionales » qui sont essentielles à la compréhension de l’ensemble. Ce sont elles qui sont aujourd’hui, en un sens, l’essence de la dialectique, bien plus que la simple formulation de l’évidence immédiate des diverses contradictions.

Cette approche épistémologique de la dialectique est fonctionnelle en ce qu’elle nous permet précisément, au-delà des contradictions immédiates, de saisir la permanence de l’interaction des strates d’évolution, y compris et surtout, dans le domaine social et économique.

Ce qui nous ramène donc directement au Capital de Marx, et à l’ensemble de l’œuvre de Marx, du reste, qui ne peut être lue, à cette lumière, que comme ce qu’elle est vraiment, en réalité, une étude de l’ensemble des strates d’évolution de la société, tant dans leur historicité générale que dans la permanence de leur interaction. Cet aspect essentiel de sa démarche est manifestement ce qui a amené Marx a quelques tentatives de prospection, qui, malgré l’indétermination inhérente au sujet, se sont en grande partie avérées pertinentes, et notamment, en ce qui concerne la loi de la valeur.

Pour ce qui nous concerne immédiatement, c’est bien une compréhension dialectique de cette loi, incluant donc la permanence historique plus que jamais actuelle des interactions entre strates d’évolution, qui peut nous aider à avancer à nouveau.

Non seulement la loi de la valeur continue à manifester ses effets dans le monde capitaliste actuel, mais elle s’y manifeste encore, à des degrés divers et dans des proportions variables selon les régions (géographiques, celles là!) sous toutes les formes de l’économie marchande héritées depuis l’aube des civilisations, et même depuis les premiers trocs entre tribus, dont le principe est examiné dès les premières pages du Capital.

Aujourd’hui, même la masse écrasante du capital financier n’a pas aboli les effets immédiats de cette loi, et cela même sous les espèces du capital « fictif » qui ne le sont que tant qu’elles continuent de circuler dans leur sphère « naturelle » d’évolution du capital. Un trader habile qui thésaurise néanmoins prudemment une partie de ses gains aura certainement plus vite fait, à partir de cette fraction de valeur issue du capital « fictif », d’acquérir la berline de luxe de ses rêves que le petit artisan industrieux dans le secteur productif, la sienne. En sortant de l’usine, pourtant, les deux exemplaires identiques du même modèle de berline représentent exactement la même quantité de plus-value extraite du prolétariat industriel.

Le capitalisme financier est aujourd’hui la forme essentielle de domination du capitalisme. Elle n’en contient pas moins en elle-même toutes les formes antérieures qui ont abouti à sa formation. Le même trader achète aussi bien, avec ses gains, les produits d’un petit agriculteur indépendant sur un marché villageois ou un objet artisanal décoratif, sur le même marché.

La loi de la valeur ne sera évidemment pas abolie du jour au lendemain par le premier décret du pouvoir prolétarien. Non seulement elle continuera à se manifester sous diverses formes plus ou moins spontanées, mais la forme économique de transition, en rupture avec le capitalisme, continue elle-même d’être une évolution de sa forme.

La désuétude complète de la loi de la valeur n’est absolument assurée qu’avec la disparition du travail productif humain, comme nous le rappelle Marx dès les Grundrisse, en 1857. C’est à dire avec l’automatisation et la robotisation complète de la production, et même des services, pourrait-on ajouter, aujourd’hui.

D’ici là, seul un développement suffisant des forces productives à l’échelle mondiale, c’est à dire suffisant pour couvrir l’essentiel des besoins sociaux, ce qui est loin d’être le cas, permettrait d’en reléguer les effets au plan des vestiges sans incidences sociales réelles.

Mais pour la forme économique de la phase de rupture avec le capitalisme, Marx nous en donnait déjà le principe, dans les Grundrisse, à propos du rapport entre temps libre et temps de travail :

Seine Tendenz aber immer, einerseits disposable time zu schaffen, andrerseits to convert it into surplus labour. Gelingt ihm das erstre zu gut, so leidet es an Surplusproduktion, und dann wird die notwendige Arbeit unterbrochen, weil keine surplus labour vom Kapital verwertet werden kann. Je mehr dieser Widerspruch sich entwickelt, um so mehr stellt sich heraus, daß das Wachstum der Produktivkräfte nicht mehr gebannt sein kann an die Aneignung fremder surplus labour, sondern die Arbeitermasse selbst ihre Surplusarbeit sich aneignen muß. Hat sie das getan – und hört damit die disposable time auf, gegensätzliche Existenz zu haben –, so wird einerseits die notwendige Arbeitszeit ihr Maß an den Bedürfnissen des gesellschaftlichen Individuums haben, andrerseits die Entwicklung der gesellschaftlichen Produktivkraft so rasch wachsen, daß, obgleich nun auf den Reichtum aller die Produktion berechnet ist, die disposable time aller wächst. Denn der wirkliche Reichtum ist die entwickelte Produktivkraft aller Individuen. Es ist dann keineswegs mehr die Arbeitszeit, sondern die disposable time das Maß des Reichtums.

Mais sa tendance [du capital] est toujours de créer d’un côté du temps disponible, et, d’un autre côté, de le convertir en surtravail. S’il réussit trop bien dans la première entreprise, il souffre alors de surproduction et le travail nécessaire se trouve interrompu faute de ce que du surtravail puisse être valorisé par le capital. Plus cette contradiction se développe, plus il s’avère que la croissance des forces productives ne peut plus être enchaînée à l’appropriation de surtravail d’autrui, mais qu’il faut que ce soit la masse ouvrière elle-même qui s’approprie son surtravail. Lorsqu’elle a fait cela – et que, par là, le temps disponible cesse d’avoir une existence contradictoire, alors, d’un côté, le temps de travail nécessaire aura sa mesure dans les besoins de l’individu social, d’un autre côté, le développement de la force productive sociale croîtra si rapidement que, bien que la production soit désormais calculée pour la richesse de tous, le temps disponible de tous s’accroîtra. Car la richesse réelle est la force productive développée de tous les individus. Ce n’est plus alors aucunement le temps de travail, mais le temps disponible qui est la mesure de la richesse. 

 

C’est évidemment ce principe qu’il reprendra en 1875, dans la Critique du Programme de Gotha, même si sous la formulation en quantum de travail qu’il aura très précisément déjà exposé, entre temps, dans les toutes premières pages du Capital, à propos de la loi de la valeur.

Sur la question du principe économique de transition il y a donc également une très grande cohérence et continuité dans l’œuvre de Marx, n’en déplaise aux révisionnistes de tous poils, althusseriens ou non, et autres gauchistes et adeptes de la wertkritik.

La question qui se pose, en termes de forme économique en rupture avec le capitalisme n’est donc pas la rupture avec la loi de la valeur, mais avec sa forme immédiatement oppressive et dominante, à savoir, sa forme capitaliste financière.

Dans les métropoles impérialistes, qui sont elles-mêmes des pôles oppressifs pour d’autres peuples, d’autres nations, via leurs exportations de capitaux, et dans ces nations opprimées elles-mêmes, la situation peut présenter une différence dans le cas, pour ces dernières, de survivance éventuelle d’une bourgeoisie nationale résistante face à l’impérialisme.

Mais en aucun cas le développement du capitalisme financier dans ces nations ne peut représenter une forme de rupture avec le capitalisme, en substitution du capitalisme « national » antérieur ! Cela peut paraître être une sorte de Lapalissade, de truisme, mais le redire reste malheureusement nécessaire, au moins pour la gauche française, dont une partie encore relativement importante continue de légitimer le concept de « socialisme de marché », ou « économie de marché socialiste », version chinoise et/ou vietnamienne…

Dans les métropoles impérialistes, partout où domine le capital financier, le capitalisme monopoliste d’État est un instrument entre ses mains et il n’existe plus de bourgeoisie nationale telle qu’elle puisse y jouer le moindre rôle politique.

Directement ou non, c’est l’ensemble de l’économie de marché qui est contrôlée par le capital financier. Même la petite production dépend, en fin de compte, du capital financier pour son financement.

Une forme économique de transition ne supprime pas non plus pour autant l’ensemble de la petite production du jour au lendemain, et c’est donc là une autre survivance de la loi de la valeur, sous une autre forme que celle, proprement dite, de la rupture avec le capitalisme, telle qu’esquissée par Marx dans les Grundrisse et redéfinie avec plus de précision dans la Critique du Programme de Gotha.

Pour autant, cette survivance de petite production, de petit commerce, est bien un facteur potentiel de restauration du capitalisme, dans la mesure où elle constitue précisément également une survivance, même si débarrassée du capital financier, de l’économie de marché.

Le pouvoir de classe prolétarien, dans les premières années de la transition, se trouve donc confronté non seulement à la nécessité de développer une économie socialiste proprement dite, selon le principe marxiste de rupture anticapitaliste, mais aussi confronté à la nécessité de contrôler la survivance de la part résiduelle de l’économie de marché, c’est à dire à la nécessité de la réduire, bien évidemment, et non de la développer, comme germe potentiel de restauration du capitalisme.

La seule expérience à grande échelle que nous ayons de ce processus reste, que cela plaise ou non, celle de l’URSS de l’époque socialiste proprement dite, qui a pris fin avec la contre-révolution khrouchtchevienne, au milieu des années 50. La seule tentative de bilan de cette expérience reste celle, que cela plaise ou non, que Staline lui-même a esquissé en 1952, en vue de la préparation du 19ème et dernier Congrès du Parti Bolchevique.

Cela se trouve donc dans son dernier ouvrage sur ces questions :

Les problèmes économiques du socialisme en URSS

Il reste donc nécessaire de relire cet ouvrage à la lumière du matérialisme dialectique, et notamment en ce qui concerne la loi de la valeur et ses formes de survivances à l’époque du socialisme en reconstruction, dans les années immédiates d’après guerre.

Elles y sont de trois formes, essentiellement.

__La survivance de l’économie de marché proprement dite, essentiellement limitée aux marchés kolkhoziens.

__La survivance des échanges monétaires, eux mêmes sous deux formes :

_la distribution des biens de consommation.

_les échanges au sein de l’appareil productif, en vue de les rendre proportionnels en valeur-travail.

__Le développement d’échanges en nature, non-monétaires, entre kolkhozes et SMT (Stations Machines-Tracteurs), qui sont un pas en avant vers la réduction de la sphère monétaire et le recul de la prégnance de la loi de la valeur.

A cette étape la loi économique générale est celle du développement harmonieux et proportionnel entre forces productives et besoins sociaux. Elle repose donc nécessairement sur des échanges équivalents, entre producteurs, sur la base de la valeur-travail, que cela soit formalisé ou non sous forme monétaire. Le principe, l’essence de cette strate de développement économique est donc le stade correspondant d’évolution de la loi de la valeur décrit aussi bien dans les Grundrisse que dans la Critique du Programme de Gotha.

Il n’y a plus, et depuis longtemps, et même depuis Octobre 17, en réalité, plus aucune place pour le capitalisme financier dans l’économie socialiste.

Le secteur résiduel de l’économie de marché, celui des kolkhozes, ne laisse aucune place réelle à l’accumulation de capital, au-delà de l’épargne familiale et individuelle, restant en rapport des besoins sociaux.

On peut discuter à l’infini de l’efficience relative de la loi générale de l’économie socialiste, de ses divers défauts d’application, de la prégnance excessive de la bureaucratie, etc…

La victoire de l’URSS sur l’Allemagne nazie, après seulement dix ans de développement réellement entièrement socialiste, suite à l’échec de la NEP, est la preuve éclatante, à plus d’un titre, de son fonctionnement et de son potentiel énorme de développement, sans précédent dans l’histoire de l’humanité, à l’échelle d’un pays-continent.

Pour venir complètement à bout de cet édifice économique de dix ans de développement socialiste, il a fallu plus de trois décennies aux révisionnistes khrouchtcheviens et à leur successeurs.

Ce qui n’empêche pas la mémoire populaire russe d’en avoir conservé le souvenir et de le manifester encore régulièrement à chaque occasion possible.

Chercher à comprendre les causes et les processus de la contre-révolution est donc plus que jamais une nécessité et peut donc contribuer à comprendre les nouvelles formes que peut revêtir le principe économique marxiste de transition dans le contexte actuel.

Pour autant, cela ne peut mener les marxistes-léninistes à abandonner le principe économique marxiste de transition lui-même au profit du capitalisme financier, même revêtu des habits faussement « rouges » des prétendus « socialisme de marché », « économie de marché socialiste », etc.

De plus, même les performances économiques de ce système, que l’on nous présente comme spectaculaires, mais en réalité étalées sur un demi-siècle, voir 70 ans, selon ses différents thuriféraires, n’ont donc absolument rien d’exceptionnelles, en fin de compte, mais surtout, ne représentent aucune forme d’alternative pour les autres peuples, sinon une soumission au capitalisme financier ainsi nouvellement constitué.

Et comme toute forme de capitalisme, même avec ce développement, celle ci a laissé en marge des centaines de millions de prolétaires, dans des conditions de pauvreté qui sont tout à fait équivalentes à celles des autres métropoles impérialistes, que ce capitalisme financier est en train de challenger, en tant qu’impérialisme émergeant.

Veut-on seulement contribuer au développement d’un nouveau pôle du capitalisme financier, un nouveau pôle d’exploitation du prolétariat, et en fin de compte, tôt ou tard, un nouveau facteur de guerre, ou bien veut-on enfin un développement économique qui réponde aux besoins sociaux du prolétariat, des classes populaires, et qui ouvre une perspective d’alternative à l’ensemble des peuples du monde, à leurs besoins sociaux essentiels encore loin d’être satisfaits? Telle est à nouveau la seule question qui se pose aux révolutionnaires, que ce soit en France ou ailleurs.

A ce propos, et comme illustration dialectique concrète, on peut citer cette image que fait Staline pour décrire le principe d’une utilisation contrôlée de la loi de la valeur:

« …avec le temps, avec le progrès des connaissances humaines, les hommes ayant appris à construire des barrages et des stations hydrauliques, on a trouvé moyen de détourner de la société les inondations qui paraissaient autrefois inéluctables. Bien plus : on a appris à museler les forces destructives de la nature, à les dompter pour ainsi dire, à faire servir la puissance des eaux à la société et à l’exploiter pour irriguer les champs, pour obtenir de l’énergie électrique. Est-ce à dire que l’on ait par là même aboli les lois de la nature, les lois de la science, que l’on ait créé de nouvelles lois de la nature, de nouvelles lois de la science ? Évidemment non. La vérité est que toute cette opération tendant à prévenir l’action des forces destructives de l’eau et à l’exploiter dans l’intérêt de la société, s’effectue sans que les lois de la science soient le moins du monde violées, changées ou abolies, sans que de nouvelles lois de la science soient créées. Au contraire, toute cette opération se fait sur la base exacte des lois de la nature, des lois de la science, car une violation quelconque des lois de la nature, la moindre atteinte à ces lois amènerait la désorganisation, l’échec de cette opération. »

Contribuer à la circulation des flux de capitaux financiers ou leur opposer la résistance d’un barrage révolutionnaire qui amènera un nouveau type de développement, enfin réellement au service de l’humanité, telle est l’alternative.

Mais les constructeurs de barrages ne se contentent pas non plus de connaître les lois de l’hydraulique. Ils doivent aussi tenir compte des strates géologiques sur les quelles leur ouvrage va s’appuyer et penser leur projet en fonction, tant architecturalement qu’en termes de matériaux disponibles. Leur ouvrage est en réalité à la rencontre de plusieurs « régions » de la connaissance et de l’expérience humaine. C’est en tenant compte, dans l’analyse de la situation du chantier, de l’ensemble des lois réelles de ces diverses « régions » de la science que leur projet pourra atteindre son but.

 

Luniterre

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Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

Transition Anticapitaliste :

En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 

 

Une réédition avec les sous-titres, telle que proposée sur >>>AgoraVox le média citoyen

 

Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

2404 visites 18 nov. 2019 | 99 réactions

est maintenant disponible ici >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/18/en-2019-pour-refonder-la-gauche-francaise-marxisme-ou-trotskysme-il-faut-choisir/

 

 

Est-il hors de propos de parler de transition anticapitaliste aujourd’hui ?

Le capitalisme, malgré sa crise mondiale chronique et toutes les tragédies et toutes les catastrophes qu’il entraîne, ne semble pas sur le point de céder la place en tant que « modèle » économique, en tant que système social.

Pourtant, aujourd’hui, on ne compte plus les foyers de révoltes sociales qui s’allument à travers le monde. En France approche le premier anniversaire du 17 Novembre qui a vu s’allumer la révolte des « Gilets Jaune ». Ce mouvement, miné par ses propres incohérences et surtout, par son incapacité chronique à former un cahier de revendications unitaires et compréhensibles de tous, n’en finit pas de s’éteindre lentement, mais déjà le front des luttes sociales se cristallise à nouveau sur la question cruciale des retraites, qui a vu naître, par le passé, de grands mouvement sociaux, dont l’un relativement victorieux, c’était en 1995 !

 

Les récentes révoltes montrent que le rapport de force sur le terrain social peut brusquement s’inverser, et parfois en quelques jours seulement. Si ces luttes n’aboutissent pas ou piétinent après un départ prometteur, c’est bien le plus souvent par manque de perspective politique alternative au système en place, par incapacité à former une alternative qui soit, précisément, une transition anticapitaliste.

Dans certaines franges des classes moyennes et de la petite bourgeoisie en voie de prolétarisation du fait de la crise, il est donc néanmoins resté de bon ton de se proclamer « anticapitaliste », et même et surtout, de disserter sans fin sur la question !

La mode antérieure qui consistait à parler encore de socialisme est passée, essentiellement en raison de la faillite la plus complète de la sociale-démocratie, incarnée par François Hollande, qui se fait élire comme pourfendeur de la finance, avant d’introduire Macron, le fils chéri et le champion de celle-ci dans les arcanes du pouvoir, et finalement, comme son propre successeur ! Un fils chéri qui a bien « tué le père » social-démocrate, mais certainement pas la mère financière !!!

Ainsi semble être morte en France l’image du socialisme, qui, depuis « Germinal », avait fait rêver tant de générations ! C’est incontestablement pourquoi parler de « transition socialiste » aujourd’hui, cela prête à confusion, voire même fait « complètement ringard » ! C’était donc pourtant, à l’origine même du terme, la formulation signifiant une rupture avec le système capitaliste. Mais ces dernières années, il est vrai, ce que l’on entendait encore par « socialisme » était déjà devenu suffisamment flou pour que le souffle de l’échec d’un mandat présidentiel social-démocrate en emporte l’image.

 

Que l’on baptise « socialisme » ou non l’alternative nécessaire au capitalisme, c’est donc à la limite un point secondaire, l’essentiel étant de comprendre les fondamentaux de cette problématique politique, économique et sociale.

Une alternative qui soit en rupture avec le capitalisme nécessite donc déjà de comprendre réellement ce que capitalisme signifie aujourd’hui. Il ne suffit donc pas de pourfendre la finance, et surtout pas en paroles seulement, pour se poser en « anticapitaliste ».

Comme le montre la guerre commerciale en cours, le pouvoir de la finance n’est immense que parce qu’il contrôle l’appareil productif. L’enjeu reste le contrôle de l’appareil productif à l’échelle mondiale parce que c’est lui qui reste la source essentielle de l’accumulation du capital, basée précisément sur les rapports de production capitalistes qui permettent l’extraction de la plus-value, sur la base du travail productif humain.

Pour autant, et comme le montre l’histoire, il ne suffit pas que le contrôle de l’appareil productif change de mains, que ce soit d’un groupe financier à l’autre, d’un État à l’autre, ni même d’un groupe financier à l’État, pour que les rapports de production changent, pour que cesse l’accumulation du capital sur la base de l’extraction de la plus-value.

 

Et c’est donc là qu’en revenir à Marx permet d’éclaircir les confusions essentielles les plus courantes sur le sujet. Quels que soient les préjugés les plus répandus, c’est incontestablement Marx qui a le mieux défini les processus d’accumulation du capital sur la base de l’extraction de la plus-value. La valeur qui finit par s’accumuler sous la forme du capital, et même du capital financier, est donc d’abord le produit du travail humain.

La notion de valeur-travail est à la base même de l’approche critique que Marx fait du capitalisme. C’est sur la base de cette notion qu’il a pu nous expliquer les processus complexes d’extraction de la plus-value. C’est l’implication générale de cette notion dans la vie économique et sociale que l’on désigne donc généralement comme le concept marxiste de Loi de la valeur. Bien entendu, dans la mesure où il s’agit d’une loi objective de l’économie classique, Marx n’en est pas plus l’ « inventeur » que Newton n’est celui de la gravité ou Einstein celui de la relativité. Les pommes tombaient des pommier dès avant Newton et les galaxies dérivent dans l’univers depuis la nuit des temps, c’est le cas de le dire ! Néanmoins Marx est de loin celui qui en a fourni l’explication la plus élaborée, et la plus visionnaire, même encore aujourd’hui, sur les question de l’impact économique de la robotique, par exemple ! C’est en ce sens qu’il n’est pas abusif de parler de théorie marxiste de la valeur. Si Marx a mis la loi de la valeur à la base de son œuvre majeure, Le Capital, dès le Chapitre 1 du Livre I, ce n’est sans doute pas par hasard et se réclamer marxiste sans en avoir au moins compris les bases et les implications essentielles est donc une prétention nettement abusive, même si elle reste couramment celle de la plupart des pseudos- « marxistes » actuels, au sein de la gauche française !

Quoi qu’il en soit, si le contrôle de l’appareil productif est donc aussi celui de la source de la plus-value elle-même, sa réalisation finale n’est possible que sur le marché et le contrôle des marchés, comme le montre également la guerre commerciale actuelle, reste un enjeu majeur de la lutte entre les capitalistes. En effet, la production capitaliste, pour être validée, ne doit pas principalement répondre à des besoins sociaux vitaux et essentiels, mais principalement à des besoins solvables, indépendamment de leur urgence ou de leur futilité sociale. De sorte que si le marché tend à répartir les forces productives entre les différentes régions du globe et entre les différents pays selon des critère complexes qui aboutissent à la validation capitaliste de la production, ce n’est certainement pas en fonction de la nécessité sociale, ni même de l’utilité sociale en général. Il en va évidemment de même pour la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production.

 

L’absence de l’utilité sociale comme critère essentiel de la répartition des forces productives est d’autant plus flagrante et même criante avec le développement de la société de consommation moderne qui tend par tous les moyens possibles, et principalement, médiatiques et publicitaires, à créer artificiellement des besoins dans les zones économiques à forte ou relativement forte solvabilité, quitte à démultiplier la frustration dans les zones économiques déjà complètement arriérées en termes de développement économique et social, du fait de leur trop faible solvabilité au regard des critères de rentabilité du capital.

 

Mais ce qui est terriblement évident à l’échelle mondiale n’en est pas moins vrai à l’échelle de chaque pays et tend à exacerber les inégalités sociales, à l’intérieur de chaque pays, où que ce soit sur le globe, comme le montrent précisément les différents foyers de révolte qui s’y allument.

Évidemment, la solution idéale serait bien que toutes ces révoltes se coordonnent à l’échelle planétaire et engendrent une force politique suffisamment puissante pour régler à la fois les problèmes de la répartition mondiale et à l’intérieur de chaque pays. C’est formellement une belle idée mais concrètement rien de plus, et d’autant moins que chaque révolte particulière se trouve déjà actuellement confrontée à l’impasse, à l’absence de perspective politique alternative locale, en dépit des bons niveaux de coordinations spontanées atteints grâce au système moderne des «réseaux sociaux ».

 

Marx lui-même, bien qu’étant le principal promoteur de l’internationalisme en son temps, avait parfaitement conscience de ce type de limitation et entendait donc bien la transition révolutionnaire comme une rupture anticapitaliste à l’échelon national d’abord :

« Den Kommunisten ist ferner vorgeworfen worden, sie wollten das Vaterland, die Nationalität abschaffen. Die Arbeiter haben kein Vaterland. Man kann ihnen nicht nehmen, was sie nicht haben. Indem das Proletariat zunächst sich die politische Herrschaft erobern, sich zur nationalen Klasse erheben, sich selbst als Nation konstituieren muß, ist es selbst noch national, wenn auch keineswegs im Sinne der Bourgeoisie. » ( http://www.mlwerke.de/me/me04/me04_459.htm#Kap_II)

« Les communistes ont également été accusés de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat doit d’abord conquérir le pouvoir politique, s’élever au rang de classe nationale, se constituer lui-même en tant que nation, il est encore lui-même national, même si en aucune manière dans le sens de la bourgeoisie. »

En 1888 Engels proposait une variante de ce passage, qui, à notre avis, en éclaire précisément le sens, c’est à dire le caractère de classe du pouvoir « national » ainsi nouvellement constitué :

Engels 1888 _ « Den Kommunisten ist ferner vorgeworfen worden, sie wollten das Vaterland, die Nationalität abschaffen. Die Arbeiter haben kein Vaterland. Man kann ihnen nicht nehmen, was sie nicht haben. Indem das Proletariat zunächst sich die politische Herrschaft erobern, sich zur führenden Klasse der Nation erheben, sich selbst als Nation konstituieren muß, ist es selbst noch national, wenn auch keineswegs im Sinne der Bourgeoisie. »

« Les communistes ont également été accusés de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat doit d’abord conquérir le pouvoir politique, s’élever comme classe dirigeante de la nation, se constituer lui-même en tant que nation, il est encore lui-même national, même si en aucune manière dans le sens de la bourgeoisie. »

 

En effet, ce qui sépare le pouvoir de la classe prolétarienne du sens bourgeois de la nation, c’est bien la rupture avec le capitalisme, la transition anticapitaliste qui commence avec cette prise de pouvoir prolétarienne, sinon, à quoi bon faire une révolution  prétendument « anticapitaliste »? C’est déjà clairement dans ce sens, du reste, que Marx, en 1875, avait tenté d’apporter des modifications au programme du parti socialiste allemand en voie de constitution, lors du Congrès de Gotha. Même si cette démarche est restée en son temps inaboutie, et ne fut pas publiée par Engels avant 1891, ce texte n’en est pas moins devenu rapidement la référence essentielle concernant les principes économiques de la transition. Non pas dans les formes concrètes adaptées aux conditions spécifiques de cette époque, mais bien dans les principes fondamentaux qui les sous-tendent et qui y sont clairement explicités.

Marx n’en définit donc pas moins expressément, dès la prise du pouvoir par le prolétariat, cette transition comme une première forme du communisme :

« Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est à une société communiste non pas telle qu’elle s’est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste; une société par conséquent, qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l’ancienne société des flancs de laquelle elle est issue. »

Dans ce texte Marx nous explique précisément en quoi cette première forme se distingue de la forme supérieure et achevée du communisme.

C’est cette forme transitionnelle du communisme que l’on a eu ensuite pour habitude de nommer socialisme, avant que ce terme ne perde toute signification en tant que perspective politique, tant sous l’influence des divers courants révisionnistes se réclamant abusivement du marxisme, que, finalement, des sociaux-démocrates résiduels.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Comme Marx nous l’explique dans ce texte le socialisme-première forme du communisme est une phase de transition entre capitalisme et phase supérieure du communisme, une phase de transition qui repose sur des échanges économiques en valeur-travail.

Par la suite le principe en a été résumé par une formule :

>>> « De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail ! »

C’est donc une phase dont le but est d’avancer vers le communisme-phase supérieure dont le principe était déjà résumé par Marx lui-même dans cet ouvrage :

>>> « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! » 

Ce qui distingue essentiellement ces deux phases, en dernière analyse, c’est bien le niveau de développement des forces productives. Dans la phase supérieure c’est la valeur d’usage de la production qui prend le dessus sur la valeur d’échange, de sorte qu’il n’y a plus de lien contraignant entre valeur-travail et valeur d’échange, et progressivement, à mesure que la production répond le plus largement aux besoins, c’est la loi de la valeur elle-même qui tombe en désuétude, voire disparaît même carrément avec la robotisation complète de la production (Marx, Grundrisse).

Dans la première phase, basée sur les échanges en valeur-travail, l’utilisation contrôlée de la loi de la valeur sert donc à établir la correspondance entre forces productives (travail) et besoins sociaux, par le moyen du plan, démocratiquement élaboré.

Comme on l’a vu, et comme l’évidence le confirme chaque jour, l’économie capitaliste mondiale, fondée sur le marché et la finance, ne répond nullement aux besoins sociaux de l’humanité, et il en va de même au sein de chaque pays, même si de manière inégale entre les pays. La cause première en est la répartition des forces productives en fonction des intérêts des marchés et donc des capitalistes, et non en fonction des besoins sociaux réels, de la nécessité ou de l’utilité sociale.

En ne répondant qu’à la solvabilité des marchés, non seulement la répartition capitaliste des forces productives ne répond pas aux besoins sociaux réels, mais se trouve de plus contrainte de fluctuer et de varier sans cesse en fonction du fait que la solvabilité des marchés est-elle même fluctuante, ce qui entraîne sans arrêt des « restructurations » et des délocalisations d’entreprises, entraînant avec elles reculs sociaux, chômage, migrations, et malgré tous ces expédients, approfondissement de la crise, désormais chronique et insoluble.

 

C’est pourquoi, dès la prise du pouvoir par le prolétariat, le but n’est pas seulement de prendre le contrôle de l’appareil de production, ce qui, en soit, précisément, ne change rien à la répartition des forces productives, ni aux rapports sociaux de production, mais bien de commencer à changer cette répartition et ces rapports sociaux en fonction des intérêts des classes prolétariennes et populaires, en fonction de leurs besoins sociaux réels.

Bien entendu l’élaboration démocratique d’un plan ne peut se faire en un tournemain, ni même englober rapidement la totalité de l’économie, mais aussi bien les premières mesures du pouvoir révolutionnaire que les premières ébauches du plan doivent évidemment aller dans ce sens, faute de perdre toute signification en termes de transition anticapitaliste.

Les efforts du pouvoir révolutionnaire doivent donc d’abord aller dans le sens d’un recensement démocratique des besoins sociaux réels les plus urgents à résoudre, et progressivement, de l’ensemble, dans le but de répartir les forces productives disponibles en fonction et donc pour répondre à ces besoins les plus urgents, et assez rapidement, de développer les forces productives nécessaires pour répondre à l’ensemble.

 

Dans cette démarche, c’est bien la nécessité et l’utilité sociales qui sont les guides, et non pas les forces du marché et leur solvabilité, les lois de l’offre et de la demande, la loi du marché, celle qui, précisément, crée les déséquilibres et la crise chronique du capitalisme.

L’une des premières conséquences d’une répartition fonctionnelle des forces productives, en réponse aux besoins sociaux, c’est que les plus vitaux d’entre eux étant satisfaits, le travail peut également enfin être réellement partagé et réparti entre tous les travailleurs disponibles, éradiquant ainsi radicalement le chômage en répondant concrètement au principe : « de chacun selon ses besoins à chacun selon son travail ». L’expression monétaire de la valeur-travail étant sur cette base l’expression comptable du nouvel équilibre ainsi créé et non plus le reflet de la soumission de l’économie aux fluctuations du marché, à la loi de l’offre et de la demande, la loi du marché.

Comme l’expérience des 35 heures le montre, en régime capitaliste une revendication telle qu’un partage du travail menant à l’éradication du chômage est tout à fait impossible à réaliser, car le chômage est une nécessité intrinsèque vitale pour le capitalisme. C’est donc une revendication qui fait entièrement partie du programme de la transition socialiste, et non une revendication immédiatement réalisable dans le cadre du système actuel, quel que soit le rapport de force.

 

Mais comme l’expérience des « gilets jaunes » le montre, aucun mouvement social ne peut se développer avec force et aboutir à quelque résultat positif sans une plate-forme unitaire de revendications immédiatement réalisables et répondant à une partie significative des difficultés sociales vécues par le prolétariat et les couches populaires.

Pour autant, les maigres victoires sociales ainsi acquises restent précaires dans la durée, et le plus souvent, sont remises en cause rapidement par le capital.

 

Depuis la victoire de 1995, qui était en réalité davantage celle d’une sauvegarde que d’une amélioration réelle, ce sont une suite d’échecs et de reculs sur les grandes questions sociales qui ont frappé le mouvement social. La victoire sur le retrait du CPE en 2006 est restée également sans lendemain, autrement que comme le souvenir de la dernière victoire sur une revendication immédiate et de sauvegarde, également, en fait.

Dans le contexte actuel le pronostic sur l’ampleur, la durée et la force du mouvement social dont la grève du 5 Décembre pourrait être le point de départ reste impossible, mais quoi qu’il en soit, le contexte mondial de révolte impose d’avancer aux révolutionnaires prolétariens qui se réclament du marxisme, et même de marcher sur leurs deux jambes.

 

Ces deux jambes sont donc le programme unitaire des revendications immédiates et le programme de transition anticapitaliste. Il est clair que pour l’instant le premier pas reste à faire d’un côté comme de l’autre, mais la réflexion sur ces deux thèmes, sur la base d’un retour aux fondamentaux marxistes que nous venons de rappeler, devrait normalement recommencer à se développer, sauf à considérer que le mouvement révolutionnaire prolétarien est d’ores et déjà complètement anéanti dans ce pays.

 

Parmi les rares qui se réclament encore du marxisme dans ce qui reste de la gauche française se trouvent principalement les divers courants se partageant les restes du PCF, pour ne pas dire son cadavre politique, et les divers courants se réclamant du trotskysme.

 

Concernant le PCF résiduel et ses satellites pseudo « marxistes-léninistes » en paroles, mais néo-thoreziens assumés en pratique, il s’agit donc déjà depuis des lustres d’une succession de programmes électoraux réformistes peu ou prou inspirés par le souvenir des « Jours Heureux », selon eux, de la Kollaboration de classe instituée après guerre sous l’égide du CNR et qui n’avait naturellement aucune prétention à être une transition socialiste en aucune manière, reposant au contraire sur l’ « unité nationale » avec la bourgeoisie nationale résistante. Bien entendu, dans les conditions historiques de l’époque, un gouvernement provisoire issu de la Résistance était légitime, et aurait même pu l’être également d’un point de vue prolétarien, si le programme du CNR avait été négocié dans la perspective de maintenir la légitimité de la Résistance prolétarienne organisée en tant que force politique et militaire autonome, avec sa propre perspective de transition socialiste, ce qui n’a donc évidemment pas été le cas. Le thorezisme étant, dès cette époque, une idéologie de Kollaboration de classe et de capitulation face à la bourgeoisie monopoliste et face à l’impérialisme US.

Cette problématique historique et son héritage actuel dans le PCF et ses satellites n’est donc pas notre sujet, sauf à le résumer comme absence évidente de toute perspective de transition socialiste actuelle par ces courants politiques.

 

Reste donc la mouvance trotskyste, infiniment divisée, mais qui présente au moins un point commun concernant l’héritage de son « maître-à-penser »: le « Programme de transition » rédigé par Léon Trotsky lui-même.

On ne s’épuisera pas non plus ici à tenter de comprendre l’incompréhensible dédale des scissions trotskystes, mais on cherchera simplement à examiner, à partir de quelques exemples concrets qui s’y réfèrent, la logique interne éventuelle de ce programme et en quoi il répond ou non aux critères marxistes de la transition prolétarienne.

 

Tout récemment l’une des multiples fractions internes du NPA, parmi celles qui se réfèrent expressément au trotskysme, sous le « label » « Révolution Permanente » a précisément tenté de défendre « l’actualité brûlante » de ce « Programme de transition » de cette manière :

« Prenons un exemple. Face aux licenciements ou aux fermetures d’usines, les dirigeants syndicaux acceptent souvent des réductions de salaire en échange du maintien des emplois. Un programme transitionnel consiste à répartir les heures de travail sans réduction de salaire, non seulement en évitant les licenciements, mais aussi en intégrant davantage de personnes dans le monde du travail. Dans le premier cas, les licenciements sont évités mais sur la base de la garantie du profit du capitaliste. Dans le second cas, le chômage est combattu en donnant la priorité à la classe ouvrière et non à l’entreprise.

En ce sens, le programme de transition tente d’établir un pont entre la lutte pour les revendications les plus élémentaires et immédiates de la classe ouvrière et du peuple et une solution anticapitaliste et socialiste .»

https://www.revolutionpermanente.fr/Le-programme-de-transition-un-manifeste-de-lutte-d-une-brulante-actualite

Il est donc clair que cette prétendue « transition » s’entend comme une sorte de phase réformiste « radicale » du capitalisme qui verrait celui-ci réaliser un partage de type « socialiste » du travail, alors qu’à l’évidence l’expérience des 35 heures a déjà largement démontré l’impasse de cette démarche en termes de lutte contre le chômage.

Il est évident que le chômage est une variable d’ajustement indispensable au capital pour maintenir la pression sur les salaires et jouer du « chantage à l’emploi » en toutes circonstances. Il est clair que lorsque le rapport de force sera en faveur du prolétariat et des classes populaires sur cette question, il y aura nettement lieu d’imposer la réalisation de cette revendication dans le cadre d’une transition révolutionnaire et réellement socialiste, et non pas de tenter de négocier un accord boiteux avec le capital sur ce point.

 

Mais cette démarche réformiste trotskyste est effectivement réellement préconisée dans le texte de 1938 de Trotsky lui-même, sous la forme d’une « échelle mobile des heures de travail »…

En 2019 « Révolution Permanente » écrit donc aussi à ce propos : « En ce sens, le programme de transition tente d’établir un pont entre la lutte pour les revendications les plus élémentaires et immédiates de la classe ouvrière et du peuple et une solution anticapitaliste et socialiste .»

C’est également, en fait, la paraphrase d’un autre passage du « programme » de Trotsky : « Il faut aider les masses à trouver, au cours de leurs luttes quotidiennes, ce qui fera le pont entre leurs revendications actuelles et le programme de la révolution socialiste. Ce pont doit consister en un système de revendications transitoires, qui partent des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvrière et qui conduisent invariablement à une seule et même conclusion : la conquête du pouvoir par le prolétariat. »

 

Formellement, cela paraît partir d’une bonne intention, mais quelle peut bien être l’utilité d’un prétendu « pont » placé entre les revendications sociales prolétariennes et leur réalisation par la transition révolutionnaire socialiste ?

Dans le même chapitre que son « échelle mobile des heures de travail », Trotsky place une « échelle mobile des salaires », présentée également comme une avancée politique révolutionnaire. Or qu’en est-il vraiment à ce sujet ? Une telle échelle mobile est par contre une revendication immédiate tout à fait justifiée dans le cadre du système actuel et elle a même été réalisée durant plus de trois décennies en France, en tant qu’ « acquis social » de l’époque dite des « trente glorieuses ». Elle a été perdue en 1982, sous le gouvernement « socialiste » de Mauroy… Cela traduit simplement le recul des forces sociales, déjà à cette époque. Elle n’a évidemment jamais entraîné la moindre avancée révolutionnaire… !

 

Alors à quoi bon mélanger des revendications qui font normalement partie d’une transition révolutionnaire anticapitaliste et des revendications immédiates parfaitement compatibles avec le système en place, si ce n’est pour semer la confusion la plus totale sur ce qu’est réellement la conception marxiste de la transition ?

 

A propos du même passage textuellement cité sur son site, le groupe trotskyste « Lutte Ouvrière » écrit pour sa part :

« Ce programme n’est pas une liste de revendications qui pourraient être partiellement obtenues. Aucune n’est réaliste dans le cadre du capitalisme, aucune n’est acceptable par la bourgeoisie sans la pression révolutionnaire des masses. »

« Acceptables » ou non, on voit bien que la confusion est totale et aboutit en pratique à tenter de mettre les masses en mouvement ou à faire dériver leur mouvement existant vers des objectifs « hybrides » entre capitalisme et socialisme, c’est à dire des leurres politiques qui ne correspondent à aucune réalité. Et évidemment surtout pas d’un point de vue marxiste !

 

L’un des autres thèmes récurrent du « programme » trotskyste est le mythe d’un prétendu « contrôle ouvrier » qui s’exercerait pendant ce « pont » transitoire, selon lui, entre capitalisme et socialisme. L’instrument en est supposément le « comité d’usine » qui partagerait, littéralement, le pouvoir avec le patronat dans l’entreprise :

« Dès le moment de l’apparition du comité dans l’usine , s’établit de fait une dualité de pouvoir. De par sa nature même, c’est une situation de transition, car elle renferme en elle-même deux régimes inconciliables : capitaliste et prolétarien. La signification primordiale des comités d’usine consiste précisément en ce qu’ils ouvrent, sinon une période directement révolutionnaire, du moins une période pré-révolutionnaire, entre régime bourgeois et prolétarien. »

[С момента возникновения комитета на заводе устанавливается фактически двоевластие. По самому существу своему оно является переходным состоянием, ибо заключает в себе два непримиримых режима: капиталистический и пролетарский. Принципиальное значение заводских комитетов в том именно и состоит, что они открывают, если не прямо революционный, то пред-революционный период — между буржуазным и пролетарским режимом. ] [Переходная программа IV интернационала – Лев Д. Троцкий (1938 г.)]

( https://www.marxists.org/russkij/trotsky/1938/agonia.htm )

Difficile d’affirmer de manière plus claire le caractère « hybride » et donc fondamentalement chimérique et révisionniste de cette prétendue « période pré-révolutionnaire » !

Quant à la « dualité de pouvoir » de tels « comités d’usine », faut-il rappeler que les « comités d’entreprises » institués par la Kollaboration de classe thorezienne dès 1945, ont eu sensiblement toutes les prérogatives que Trotsky leur attribue, voire même davantage, et cela depuis trois quarts de siècle, bientôt, sans que cela ait précisément généré la moindre ébauche de transition anticapitaliste ?

Quant à la durée supposée d’un tel « pont », on pourrait croire, en se laissant impressionner par la logorrhée pseudo- « révolutionnaire » du « maître » qu’il s’agit donc d’une sorte de brève veillée d’armes pré-insurrectionnelle, avant l’assaut final, mais manifestement cela rend absurde le concept même d’une « transition hybride » supposée nécessaire avant la transition anticapitaliste réelle, et c’est bien ce qui nous est confirmé, en fait, par la conception de la lutte contre le chômage selon Trotsky lui-même : 

« En particulier, la lutte contre le chômage est inconcevable sans une organisation large et hardie de GRANDS TRAVAUX PUBLICS. Mais les grands travaux ne peuvent avoir une importance durable et progressiste, tant pour la société que pour les chômeurs eux-mêmes, que s’ils font partie d’un plan général, conçu pour un certain nombre d’années. Dans le cadre d’un tel plan, les ouvriers revendiqueront la reprise du travail, au compte de la société, dans les entreprises privées fermées par suite de la crise. Le contrôle ouvrier fera place, dans ces cas, à une administration directe par les ouvriers. »Trotsky – programme de transition

C’est à dire à l’autogestion dans le cadre, en réalité toujours capitaliste, de ce régime prétendument « hybride ». L’autogestion dans le cadre du capitalisme est parfois utile pour sauver, au moins provisoirement, quelques emplois, effectivement, mais ne mène précisément à rien de plus, et surtout pas vers une « transition » quelle qu’elle soit, comme de multiples expériences l’ont abondamment prouvé !

 

En parallèle, et de façon particulièrement absurde sur une durée de plusieurs années, Trotsky préconise, en termes ronflants de « gauchisme » purement formel, l’organisation de « milices ouvrières » d’auto-défense, et notamment, prétendument « antifascistes », vu le contexte de l’époque. Hors comment même ose-t-il « imaginer » des chantiers publics de « Grands Travaux », durant des années, et encadrés par une telle milice, sinon en Kollaboration avec la police et les forces armées du système ?

Et finalement, sous l’occupation nazie, pas une seule de ces « milices ouvrières » d’usine n’a été formée, mais par contre, l’ « internationalisme » qui était supposé provoquer une « fraternisation » avec les soldats occupants a simplement déclenché une répression fatale à ces tentatives pour le moins aussi « idéalistes » qu’absurdes.

 

En réalité, que ce soit dans la durée, le contenu ou les applications, le prétendu « pont » que constitue le « Programme de transition » trotskyste est simplement une impasse qui ne peut que dévoyer le mouvement social de toute perspective de transition anticapitaliste réelle, et sinon le mener carrément à un régime prétendument « hybride » de Kollaboration de classe, mais toutjours capitaliste, au final !

En cela il ne se distingue pas, fondamentalement, du réformisme révisionniste thorezien, incluant également pratiquement le même « programme » de nationalisations rebaptisées, surenchère oblige, « expropriations », au motif de non-indemnisation, ce qui ne change rien quant à leur nature capitaliste monopoliste d’Etat, pas même incompatible avec l’impérialisme, ce que l’on a pu voir, précisément, à la « libération », avec les massacres en Algérie sous l’égide du CNR.

 

La question historique de connaître les conceptions économiques de Trotsky est-elle pour autant entièrement éclaircie à la lecture de son prétendu « Programme de transition » ?

Pour une majorité de militants de ce courant, qui ne sont pas forcément du genre à se poser des questions, ni même à aller beaucoup plus loin dans leurs lectures, et même à supposer qu’ils aient réellement étudié ce document, cela ne fait guère de doute, et notamment à « Lutte ouvrière », par exemple :

« L’actualité du Programme de Transition

Un programme n’est pas un dogme, c’est un guide pour l’action. Et le Programme de Transition, bien qu’il ait été écrit il y a 80 ans, reste le guide le plus sûr. Et même si, depuis, la société a connu des évolutions et des transformations, par bien des aspects le monde d’aujourd’hui ressemble à celui de 1938. Et surtout, ce programme se fonde sur une analyse marxiste, scientifique, du capitalisme en crise par le seul dirigeant révolutionnaire qui était capable d’en tirer des conclusions générales pour guider la classe ouvrière dans sa lutte vers la révolution sociale. »

https://www.lutte-ouvriere.org/publications/brochures/le-trotskysme-seul-programme-pour-lemancipation-des-exploites-114339.html

 

On vient pourtant de voir ce qu’il en est… !

 

Si la fin tragique de Trotsky en a fait, bien inutilement, une sorte de « martyr », cela ne doit pas nous empêcher d’examiner, précisément à la lumière du matérialisme historique et du matérialisme dialectique, la validité de son œuvre en tant que prétendu marxiste, et en termes de perspectives politiques proposées. C’est le cas où l’on serait tenté de renverser la proposition de Marx sur la critique des armes, fussent-elles résumées à un piolet, qui ne saurait donc, ici, remplacer l’arme de la critique. Le statut de victime ne constitue nullement, en soi-même, un sceau de validité idéologique révolutionnaire.

 

La question historique reste donc de savoir si ces concepts « transitionnels » de Trotsky, parfois totalement aberrants, sinon délirants, comme la perspective d’un « gouvernement ouvrier et paysan » qui n’est très explicitement pas censé se réaliser réellement, (bien que encore basé sur ce « programme de transition » prévu, lui, pour « des années »…), mais néanmoins supposé avoir une « fonction éducative »(sic) , si ce genre de concepts, donc, est juste le reflet de circonstances fortuites et provisoires, l’aberration d’un instant, ou bien réellement et profondément le reflet de la conception pseudo « marxiste » de Trotsky.

La question est rarement posée, même par les trotskystes eux-mêmes, et pour cause, de savoir si Trotsky avait réellement une pensée économique. Le fait est qu’il n’a écrit aucun ouvrage de fond sur la question.

Néanmoins, du fait qu’il a passé les dernières années de sa vie à dénigrer les réalisations de l’URSS on supposera donc qu’il avait quelques propositions alternatives à faire, et qu’elles sont donc le reflet de sa pensée économique. Il devrait logiquement être possible, en suivant ce fil, d’y percevoir une certaine cohérence, s’il s’en trouve effectivement une.

 

Avant nous, cette démarche a en réalité déjà été tentée par un éminent militant trotskyste, et même « historique » au sens où il fut parmi les proches de Trotsky lors de la création de la prétendue « 4ème internationale » dans la grange d’Alfred Rosmer, le 3 Septembre 1938, à Périgny, en banlieue parisienne. Il en est resté l’un des principaux dirigeants jusqu’en 1965. Évincé, sinon formellement « exclu » par la suite, et devenu responsable d’une des nombreuses mouvances minoritaires, ce Michel Raptis, dit « Pablo », n’en était pas moins qualifié, manifestement, pour connaître la pensée et l’œuvre du « Maître »… C’est en 1990, dans le numéro 35 de la revue « 4ème internationale » qu’il a fait en quelque sorte la synthèse de cette réflexion. De sa part il ne s’agit aucunement de développer un point de vue essentiellement critique, mais bien au contraire de dresser un véritable panégyrique de la pensée économique de Trotsky, telle qu’elle se dégage de ce fil suivi dans son œuvre.

 

Or la « cohérence » qui se dégage de cette démarche est typiquement, et dès l’introduction, celle qui a amené tous les révisionnistes au prétendu « socialisme de marché », et encore aujourd’hui, dans sa forme « à la chinoise », héritée du maoïsme :

« Cet exposé sera centré surtout sur les conceptions de Léon Trotsky concernant les problèmes de la « transition du capitalisme au socialisme » »

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53

Comme on l’a vu, c’est le socialisme qui est lui-même une phase de transition entre capitalisme et communisme, c’est à dire une première phase communiste et donc le début d’une rupture anticapitaliste, précisément par la formation d’un secteur économique socialiste concernant les entreprises et les ressources essentielles.

Parler de « transition » entre capitalisme et socialisme, cela nous ramène donc bien au « pont »-impasse du « Programme de transition » et c’est donc nécessairement parler d’une prolongation du capitalisme, en réalité, même si déguisée formellement en « hybride » supposé entre capitalisme et socialisme.

Il est donc également clair pour Raptis que Trotsky ne considérait pas l’URSS comme socialiste, ni sous la NEP, ni après (Trotsky parle d’ « État ouvrier », puis d’ « État ouvrier dégénéré », mais rarement d’État socialiste, et seulement pour se contredire lui-même aussitôt !

« De nouvelles entreprises grandioses, de nouvelles productions, des branches entières de l’industrie ont été créées. La capacité du prolétariat organisé en État à conduire l’économie par de nouvelles méthodes et à créer des valeurs matérielles à un rythme sans précédent a été démontrée dans la pratique. Tout cela dans le contexte d’un capitalisme mondial expirant. Le socialisme, en tant que système, a prouvé pour la première fois son droit à la victoire historique non pas dans les pages du « Capital », mais dans la pratique des centrales hydroélectriques et des hauts fourneaux. Marx préférerait sans doute cette méthode de preuve. Néanmoins, criminellement irréfléchies sont les allégations selon lesquelles l’URSS est déjà entrée dans le socialisme. »

[Созданы новые грандиозные предприятия, новые производства, целые отрасли промышленности. Показана на деле способность организованного в государство пролетариата вести хозяйство новыми методами и создавать материальные ценности в небывалых ранее темпах. Все это – на фоне издыхающего мирового капитализма. Социализм, как система, впервые доказал свое право на историческую победу не на страницах « Капитала », а практикой гидростанций и доменных печей. Маркс несомненно предпочел бы этот способ доказательства. Однако, преступно легкомысленны утверждения, будто СССР уже вступил в социализм.] [ http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm ]

A quelque moment que ce soit, il prétend y voir donc toujours une « étape intermédiaire » entre capitalisme et socialisme proprement dit.

Une société hybride, dont la nature de classe reste formellement imprécise, mais pour laquelle il préconise en quelque sorte une première version de son « pont » programmatique révisionniste.

Or, considéré d’un point de vue marxiste, il y a nécessairement dans tout Etat, une base économique dominante, et qui a une nature de classe déterminée, et donc pas de situation hybride possible, en termes de mode de production. Prolétariat ou bourgeoisie, socialisme ou capitalisme, il y a nécessairement un mode de production dominant et déterminé, qui caractérise la nature de classe d’un système, d’un État.

La façon dont Trotsky considérait la situation en URSS et la façon dont il a conçu son « Programme de transition » ne sont précisément différentes en rien dans leurs déformations des fondamentaux du marxisme, et c’est en cela, effectivement, que le trotskysme conserve une certaine cohérence interne, en tant que forme de révisionnisme, et c’est ce que l’on voit bien à travers la lecture que Raptis fait lui-même de Trotsky:

« Plan et industrialisation font partie de sa conception plus générale de la NEP couvrant la période de « transition du capitalisme au socialisme ». Ils s’inscrivent dans une économie de marché dominée encore aussi bien par la loi de la valeur que par la rente foncière absolue et différentielle. »

C’est à dire tous les fondamentaux du capitalisme !

Mais en bon trotskyste, il n’est pas à une contradiction près  et souligne donc de lui-même celle qu’il a effectivement pu relever chez Trotsky, qu’il paraphrase ainsi :

« Le plan « viole » constamment la loi de la valeur qui régit encore cette économie par le rôle multiple de l’Etat, de son budget, et de ses autres interventions. »

(Trotsky >>> « l’économie planifiée de la période de transition, même basée sur la loi de la valeur, la viole à chaque pas et établit des rapports d’échange inégal entre différentes branches de l’industrie. » https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/07/300705a.htm )

Alors que précisément, selon les principes économiques de transition développé par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, l’État prolétarien établi le plan et contrôle sa réalisation par une utilisation maîtrisée de la Loi de la valeur, et non pas en la « violant » !!! C’est cette utilisation maîtrisée qui permet d’établir la correspondance entre les besoins démocratiquement définis par le plan et la répartition des forces productives, définie en fonction et en conséquence, pour y répondre. C’est bien là ce qui permet, au contraire du « programme » trotskyste, de réduire la part résiduelle de l’économie de marché, encore soumise à la loi de l’offre et de la demande, c’est à dire à la loi du marché, qui précisément, elle, fait constamment dériver les prix hors de l’équilibre potentiellement induit par l’action « spontanée » de la loi de la valeur !

 

C’est précisément là, de plus, la cause directe de l’échec final de la NEP, par une situation de crise économique engendrée par les vices intrinsèques de l’économie de marché, dont Trotsky souhaitait effectivement le maintien, et même l’extension au secteur socialiste, et réaffirmant encore cela expressément cela en 1936, soit huit ans après la « Crise des grains » qui fut fatale à la NEP, dans son ouvrage majeur, dit « la révolution trahie »:

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

( https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp2.htm)

 

Manifestement, cette affirmation selon laquelle la loi du marché doit s’étendre au secteur économique « socialiste », « et pour longtemps encore », répond déjà très concrètement à la question de savoir si les concepts « transitionnels » de Trotsky sont juste l’aberration d’un moment ou bien le reflet de sa pensée économique réelle.

Du reste, Raptis nous rappelle que pour Trotsky, et tel qu’il l’affirme dès 1932, dans un texte aujourd’hui introuvable en français, c’est donc bien en réalité l’ensemble du plan qui doit être soumis à la loi du marché :

« Les innombrables participants vivants à l’économie, qu’ils soient étatiques ou privés, collectifs ou individuels, doivent déclarer leurs besoins et leur importance relative, non seulement par l’intermédiaire des calculs statistiques des commissions du plan mais aussi par la pression directe de l’offre et de la demande. Le plan est vérifié et, dans une large mesure, réalisé par le marché. »

[« Бесчисленные живые участники хозяйства, государственные и частные, коллективные и единоличные, должны заявлять о своих нуждах и о своей относительной силе не только через статистические выкладки плановых комиссий, но и непосредственным давлением спроса и предложения. План проверяется и, в значительной мере, осуществляется через рынок. »] [http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm ]

 

Pour Trotsky, c’est clairement le marché qui est prétendument le « régulateur » de l’économie, tout à fait à l’instar des actuels « ultra-libéraux » et de leur tragique et assassine « main du marché » ! Le plan, selon Trotsky, se réduit ainsi quasiment à un plan « marketing »…

« La régulation du marché lui-même doit s’appuyer sur les tendances détectables par son intermédiaire . Les plans directeurs produits par les ministères doivent démontrer leur efficacité économique par des calculs commerciaux. » [Регулирование самого рынка должно опираться на обнаруживаемые через его посредство тенденции. Предначертания канцелярий должны доказать свою хозяйственную целесообразность через коммерческую калькуляцию.][ibidem]

Et c’est ainsi, en se basant sur les prix du marché, qu’il prétendait en arriver à stabiliser la monnaie…

« Le système de l’économie de transition est impensable sans le contrôle par le rouble. Cela présuppose, à son tour, un rouble égal à lui-même . Sans une unité (monétaire) stable le prévisionnel commercial ne peut qu’accroître le chaos. »[Система переходного хозяйства немыслима без контроля рублем. Это предполагает, в свою очередь, что рубль равен самому себе. Без устойчивой единицы коммерческий расчет способен только увеличить хаос.][ibidem] 

Alors que pour Marx, selon la loi de la valeur, et à l’évidence, de plus, c’est la formation de la valeur, sous sa forme finale avant expression du prix, et qu’il appelle « Valeur de marché », qui conditionne l’offre et la demande, et régule donc, en dernier ressort, le marché !!!

Et non l’inverse !!!

C’est ce qui explique que les prix se rapprochent à nouveau de cette «Valeur de marché », entre deux crises…

Alors que la loi du marché, celle de l’offre et de la demande, a au contraire tendance à introduire une distorsion constante entre prix et valeur, ce qui entraîne, précisément, les crises !

Et y compris et surtout, sous la NEP, d’où son échec inévitable…

« Même l’économiste ordinaire se rend compte que sans le moindre changement de  l’offre ou  de la demande occasionné  par des  circonstances extérieures le rapport des deux peut changer à la suite d’un changement dans la valeur de marché des marchandises. Même lui, il doit reconnaître que l’offre et la demande doivent être égales pour obtenir la valeur de marché quelle qu’elle soit. Ceci signifie que le rapport entre l’offre et la demande n’explique pas la valeur de marché, mais au contraire que c’est elle qui explique les fluctuations de l’offre et de la demande. »

( Marx, Capital, III, 10)

De plus, même l’ « équilibre » provisoire qui peut s’établir, entre deux, crises, dans l’économie de marché, ne répond jamais qu’aux demandes et aux besoins solvables et rentables financièrement, et non pas à des critères d’utilité sociale, et encore moins, de nécessité sociale urgente pour les plus démunis, pour les catégories les plus socialement défavorisées, ce qui est par exemple typiquement illustré par la réalité des 275 millions de travailleurs migrants « mingongs » en Chine prétendument « socialiste de marché » !

Prétendre rétablir un équilibre économique à partir d’une « planification » établie sur les prix du marché, fixés par l’offre et la demande, c’est donc bien une aberration totale, comme Marx nous l’explique :

« Il est évident que les lois internes effectives régissant la production capitaliste ne peuvent trouver leur explication dans l’interaction de l’offre et la demande. (Nous écartons une analyse plus approfondie de ces deux éléments moteurs de la société qui n’aurait pas sa place ici.) Car ces lois n’apparaissent comme réalisées dans toute leur pureté que lorsque l’offre et la demande cessent d’agir, à savoir quand elles coïncident. En réalité, elles ne coïncident jamais. Si cela devait arriver une fois en passant, ce serait tout à fait par hasard ; au point de vue scientifique, cette probabilité est nulle et n’a pas à être considérée. » ( Marx, Capital, III, 10)

 

Ce n’est donc évidemment pas la loi du marché qui est le régulateur de l’économie (la « main du marché » des ultra-libéraux!), mais la LOI DE LA VALEUR, et cela quel que soit le régime, capitalisme ou socialisme, et d’où l’intérêt de réduire au maximum le poids de l’économie de marché, dès le début de la transition socialiste, avec pour but de l’éradiquer autant que possible, et même complètement, aussitôt que possible. C’est en ce sens, déjà défini par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, que l’économie socialiste doit être développée, et non dans le sens inverse, à la Trotsky-Khrouchtchev-Deng Xiaoping !!

Dans le même texte de 1932, Trotsky tente à nouveau de justifier son prétendu principe « transitionnel » hybride entre capitalisme et socialisme en avançant qu’il aurait même ses propres lois économiques…

« Закономерности переходного общества весьма отличаются от закономерностей капитализма. Но не меньше отличаются они от будущих закономерностей социализма, т. е. гармонического хозяйства, растущего на основе выверенного и обеспеченного динамического равновесия. »

« Les lois de la société de transition se distinguent singulièrement des lois du capitalisme. Mais elles ne se distinguent pas moins des futures lois du socialisme, c’est-à-dire de l’économie harmonieuse, se développant sur la base d’un équilibre dynamique ajusté et garanti. »

http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm

Effectivement, on vient de voir ce qu’il en est !!!

La « troisième voie » révisionniste de Trotsky, ce n’est pas autre chose que l’actuel et prétendu « socialisme de marché », c’est à dire, pas de socialisme du tout!

Et on est prévenus… Pour ce qui est d’un « équilibre économique dynamique ajusté et garanti », c’est à dire normalement par la planification de transition socialiste, évidemment, on repassera!!!

Le « pont » trotskyste « de transition » n’est rien d’autre qu’une impasse politique qui mène tout au plus à un énième gouvernement social-démocrate plus ou moins « rougi » et « reverdi » sur sa « gauche » par la Kollaboration de classe, et rien d’autre.

Alors que même pour une revendication aussi évidente que l’éradication du chômage par le partage du travail, cela ne peut se faire que par une nouvelle répartition des forces productives en fonction de la réponse à apporter à l’ensemble des besoins sociaux les plus vitaux et les plus urgents, et cela n’est possible que par une économie de transition réellement socialiste, basée sur une utilisation contrôlée de la loi de la valeur, et non sur la loi du marché, alors que pour Trotsky:

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

in « le Marxisme[…de Trotsky!]  et notre époque » 

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

 

Alors que des luttes massives ne cessent de se développer un peu partout sur la planète, la question reste posée, pour tous ceux qui cherchent réellement une rupture avec le capitalisme, d’un retour nécessaire aux fondamentaux du Marxisme.

A trois jours du 1er anniversaire du 17 Novembre, et à trois semaine du 5 Décembre, personne ne sait vraiment à quel niveau la lutte de classe peut se développer, en France, mais une chose reste certaine, la barricade, elle, n’a toujours que deux cotés!

Luniterre

 

 

 

 

Transition anticapitaliste : faut-il se libérer ou non de l’économie de marché?

La Transition Anticapitaliste en débat

 

Republication d’un débat ayant eu lieu sur VLR, à l’occasion des démêlées internes de la famille Schiappa,mais qui portait en fait sur des sujets de fond à nouveau en débat ces derniers temps sur TML…

 

2 questions en débat…

__Rompre ou non avec la logique de marché ?

__Faire ou non de cette rupture le fond

d’un vrai programme de transition ?

 

 

Nouvelle remise à jour au 03/07/2018

A noter que le débat, dans sa dernière partie, dérive davantage sur question de l’impérialisme, question incontournable, également…

http://mai68.org/spip2/spip.php?article1812#forum1104

Déjà republié sur TML, à la suite de:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/16/lutte-des-schiappa-ou-lutte-des-classes/

Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ? 17 juin 12:43 (post anonyme)

NB : Le papa de Marlène ( Une des nombreuses Nadine M de Macron ) est trotskyste ( Lambertiste ) et ex délégué FO // Il a publié un texte court pour recadrer et morigéner sa greluche arriviste de fille / Ce « post » ou « tweet » ou « hashtag » a été publié sur le site « tendance claire du NPA »…

Effectivement nous devons exiger la création immédiate de 6,5 millions d’emplois et un alignement immédiat des salaires français sur les salaires suisses ( salaire médian en France = 2200 euros / en Suisse 6 400 CHF = 5600 euros ) et alignement immédiat des droits sociaux en France sur ceux du Danemark , ou mieux encore de la Libye époque MK !!!

En fait c’est fastoche : créer 12500 sovkhozes dans les 12500 plus petits villages + 1000 en Guyane + 110 à Miquelon / créer 5 villes de 100 000 habitants + 100 villages de 4000 en Guyane – Déplacer la capitale à Pézenas-Agde et trouver une méthodologie efficace pour que les 4 millions de franciliens qui rêvent de quitter cette région puissent le faire – Ajouter 200 000 habitants dans la Creuse et ce qu’il faut dans tous les départements à démographie calamiteuse – Délocaliser les JO dans la vallée de la Charente – Participer à fond à la grande muraille verte d’Afrique-forêt de Lilengo et y installer des réacteurs steinfeld, des « torre atnosferica » et quelques villes nouvelles …

Alors va-y Macron ! Montre nous que tu es la réincarnation de Saint Simon et que Julliard ne délire pas !

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

17 juin 20:56,

par Luniterre

PRÉCISION UTILE : « Tendance claire » n’a fait que republier dans ses « brèves » un article du « Monde » résumant cette polémique familiale. Les « brèves » de « Tendance claire » ne sont en rien l’expression de sa ligne mais une sorte de compilation éclectique sur les sujets d’actu. Parfois on y retrouve même des articles venant de TML ou des blogs en lien direct avec…Suivant son historique assez précis sur Wikipédia, JM Schiappa est bien un authentique « lambertiste », dans la mouvance de D. Gluckstein, et donc actuellement du POID. Sur le fond, le POID revendique et reprend à l’identique le manifeste du POI… (voir en PJ)

Le différend POID/POI semblait donc uniquement porter sur des problèmes de fonctionnement interne entre les deux tendances, également sociales-chauvines dans leur souci de défendre et d’opposer la « République Française » aux institutions européennes, comme revendication préalable, tout à fait à l’instar du PRCF, par exemple.

Mais même sans ce travers opportuniste assez caricatural, le « programme de transition » de Trotsky est bien la recherche d’une étape intermédiaire où un prétendu « contrôle ouvrier » s’exercerait au sein du système, mais sans en finir avec lui… Une situation de collaboration de classe, même si relativement conflictuelle…

Alors que par définition une véritable économie de transition est néanmoins une économie de rupture avec le capitalisme et l’économie de marché, et doit utiliser la notion de valeur-travail pour une répartition équilibrée des taches et de la production, en fonction des besoins.

C’est ce que Marx explique clairement dans la Critique du Programme de Gotha, et ce que Trotsky escamote assez habilement dans ses textes, remettant au premier plan la loi du marché pour régler la production, notamment dans sa critique de l’URSS.

C’est pourquoi la tendance « Pabliste », fondée par Raptis, présent aux côtés de Trotsky lors de la fondation de la IVe Internationale, serait en réalité la plus « orthodoxe » d’un point de vue historique trotskyste, en revendiquant en quelque sorte la paternité du « socialisme de marché » !

Mais le réformisme « lambertiste » n’est pas forcément loin derrière !

Rien à voir, de toutes façons, ni avec Marx ni avec Lénine, sauf, tant qu’à faire, à considérer un Attali comme « marxiste » et un Xi Jinping comme « léniniste »…

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

18 juin 04:17

Je n’interprète pas le « programme de transition » comme un programme destiné à être appliqué mais comme un outil pour mobiliser les masses sur un ensemble de revendications légitimes , compréhensibles immédiatement malgré l’aliénation et les traditions réformistes – Ce programme doit être totalement inacceptable pour la classe dominante qui , ne cédant strictement rien, déclenche une répression exagérée et une riposte révolutionnaire des masses … Ce qui « transite » c’est donc la conscience des masses qui va du syndicalisme défensif et réformiste à une politisation révolutionnaire … Je crois que le vieux Léon a élaboré ce truc à partir de la théorie du renversement de la praxis – Maintenant il se peut que les lambertrucs ou les pablomachins soient abrutis au point de penser que c’est un programme à réaliser !Répondre à ce message

Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ? 18 juin 16:55, par Luniterre

Considéré ainsi, du point de vue du renversement de la praxis, il faudrait donc plutôt accorder le point « marxiste » à Schiappa fille, précisément en relevant le défi du mot d’ordre :


« Un vrai salaire, un vrai travail »

Même si le premier aspect reste « capitalisme compatible », dans le principe, il ne l’est déjà plus, en temps de crise actuelle !

« Un vrai travail » ouvre encore davantage la brèche, si les rares marxistes idéologiquement « survivants » arrivent à lui donner son sens par leur agit-prop programmatique, avec pour but d’ouvrir ce débat basique au sein de la classe prolétarienne.

Ce « renversement », c’est tout simplement ce que ce court article propose, ni plus, ni moins !

Concernant Trotsky et son prétendu « programme de transition », c’est aussi la fonction pédagogique qu’avance le camarade Viriato, pour sa défense, en post sur TML.

Cette fonction « éducative » est effectivement évoquée par Trotsky lui-même, du reste, dans ce texte.

Le problème est que cette fonction est liée à des pratiques qui sont précisément de l’ordre de la collaboration de classe, fut-elle relativement conflictuelle.

Toutes les pratiques de « cogestion », type « contrôle ouvrier », en système capitaliste, sont très facilement récupérable, par définition, par le système. C’est ce que l’on a vu depuis l’origine des syndicats, comités d’entreprises, coopératives, entreprises « autogérées », etc…

Ces formes ne représentent en rien une transition entre capitalisme et communisme, dans la mesure où elles restent immergées dans des rapports économiques de marché.

La question est de savoir, en ce qui concerne le trotskysme, si cela correspondait à un choix délibéré de la part de Trotsky, ou simplement à une suite de formules approximatives de sa part…

Le seul trotskyste (et de plus, un leader historique de cette mouvance) a avoir tenté une approche synthétique de la pensée économique de Trotsky est précisément Michel Raptis (lien lcr-be en PJ), dit « Pablo » et fondateur du courant éponyme, aujourd’hui quasiment disparu et voué aux gémonies « révisionnistes » par les autres courants trotskystes…

Or il ressort clairement de cette synthèse que Trotsky considérait la phase de transition comme un « socialisme de marché ».

Et donc son « programme de transition » n’est pas qu’un « instrument pédagogique », mais bien un objectif politique à réaliser, semble-t-il, dans le contexte de son époque.

Aujourd’hui, les mots d’ordres type « contrôle ouvrier » sont constamment repris par les différentes sectes trotskystes, comme héritage revendiqué de ce « programme ». C’est sous ce rapport que l’on peut effectivement les caractériser comme telles. Le « lambertisme » va même plus loin en se réclamant carrément de la démocratie parlementaire « républicaine », tout à fait à la manière d’un Mélenchon, avec lequel il s’allie bien volontiers, du reste !

En ce qui concerne le rôle « régulateur » du marché, tout à fait à l’instar des libéraux pur jus, Trotsky l’avait en quelque sorte théorisé lui-même, à la fin de sa vie, dans son ouvrage sur le marxisme, à vocation précisément didactique :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »


In « Le Marxisme et notre époque », Trotsky, 1939

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Si le trotskysme est bien un « renversement », c’est, d’abord, celui des fondamentaux du marxisme !

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

19 juin 01:49

Il y a quand même un petit souci : c’est quoi la NEP ? Sinon la persistance du marché mondial , donc du capitalisme … Pour l’économie de l’URSS certains ont parlé de capitalisme d’état et d’autres de capitalisme mal développé géré par une bureaucratie autoritaire et progressiste + armée pléthorique …

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

19 juin 04:06,

par Luniterre

La période de la NEP, concrètement, débute en Mars 1921 et se termine avec la « crise des grains », courant 1928, même si le décret officiel ne paraît qu’en 1930. Soit à peine 8 ans en tout, et ne concernait, de toutes façons, qu’une partie limitée des 5 secteur économiques existants alors en Russie, tels que définis par Lénine lui-même, dès 1918, dans ce qui est le texte fondateur de la notion de coexistence du socialisme et du capitalisme d’État, qui sont deux secteurs distincts, contrairement à une confusion généralement volontairement entretenue… ( y compris par Trotsky).

******************

Lénine en 1918 :


« Parmi les gens qui se sont intéressés à l’économie de la Russie, personne, semble t il, n’a nié le caractère transitoire de cette économie. Aucun communiste non plus n’a nié, semble t il, que l’expression de République socialiste des Soviets traduit la volonté du pouvoir des Soviets d’assurer la transition au socialisme, mais n’entend nullement signifier que le nouvel ordre économique soit socialiste.

Mais que veut dire le mot transition ? Ne signifie t il pas, appliqué à l’économie, qu’il y a dans le régime en question des éléments, des fragments, des parcelles, à la fois de capitalisme et de socialisme ? Tout le monde en conviendra. Mais ceux qui en conviennent ne se demandent pas toujours quels sont précisément les éléments qui relèvent, de différents types économiques et sociaux qui coexistent en Russie. Or, là est toute la question.

Enumérons ces éléments :

1__l’économie patriarcale, c’est à dire, en grande mesure, l’économie naturelle, paysanne ;

2__la petite production marchande (cette rubrique comprend la plupart des paysans qui vendent du blé) ;

3__le capitalisme privé ;

4__le capitalisme d’Etat ;

5__le socialisme.

La Russie est si grande et d’une telle diversité que toutes ces formes économiques et sociales s’y enchevêtrent étroitement. Et c’est ce qu’il y a de particulier dans no­tre situation.

Quels sont donc les types qui prédominent ? Il est évident que, dans un pays de petits paysans, c’est l’élément petit bourgeois qui domine et ne peut manquer de dominer ; la majorité, l’immense majorité des agriculteurs sont de petits producteurs. L’enveloppe du capitalisme d’Etat (monopole du blé, contrôle exercé sur les propriétaires d’usines et des commerçants, coopératives bourgeoises) est déchirée çà et là par les spéculateurs., le blé étant l’objet principal de la spéculation.

C’est dans ce domaine précisément que se déroule la lutte principale. Quels sont les adversaires qui s’affrontent dans cette lutte, si nous parlons par catégories économiques, comme le « capitalisme d’Etat » ? Sont ce le quatrième et le cinquième élément de ceux que je viens d’énumérer ? Non, bien sûr. Ce n’est pas le capitalisme d’Etat qui est ici aux prises avec le socialisme, mais la petite bourgeoisie et le capitalisme privé qui luttent, au coude à coude, à la fois contre le capitalisme d’Etat et contre le socialisme. « 


Lénine,

Sur l’infantilisme « de gauche » et les idées petites-bourgeoises

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2014/01/1918_lc3a9nine_sur-linfantilisme-de-gauche_.pdf/

*****************

Ceci-dit, il est clair que l’économie soviétique évolue très vite, à partir de 1921, également contrairement à une idée reçue. Avant la « crise des grains », une première crise, dite « des ciseaux », montre précisément déjà que le marché est impuissant à réguler l’économie.

De nouveaux rapports de production apparaissent dans l’agriculture, avec les kolkhozes, les sovkhozes, et surtout, en fin de compte, les Stations de Machines et Tracteurs, qui font le lien entre les deux et avec la production industrielle urbaine. Les SMT sont en quelque sorte l’âme du développement économique socialiste, et, de plus, leur origine est une initiative spontanée de coordination entre un sovkhoze et différents kolkhozes environnants pour une répartition de l’utilisation du matériel lourd.

De sorte qu’au moment de la « crise des grains », qui rendait urgente la fin de la NEP, l’alternative existait déjà, là aussi, contrairement à une idée reçue.

Ce qui a retardé la fin de la NEP, ce sont les luttes internes du parti bolchévik, notamment autour de ces questions économiques, et on ne peut pas les résumer en un post.

Eut-elle été liquidée plus tôt, la transition eut été sans doute moins brutale, alors que la crise des grains avait déjà fait des dégâts considérables en 1928.

Sur l’histoire économique de l’URSS :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/29/e-ou-a-une-seule-lettre-peut-elle-changer-le-cours-de-lhistoire/

Quelques éléments aussi, dans l’article sur le centenaire d’Octobre :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

Sur la fin de la NEP :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/15/encore-une-legende-noire-demythifiee-lholodomor/

Bonne lecture,

(Et d’autres à découvrir, sur l’histoire de l’URSS, sur TML…)

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

19 juin 16:21

Merci pour toutes ces informations qui, cependant ne sont que des infos parmi d’autres ! Si le sujet était simple on le saurait et Staline n’aurait pas pondu sa fadaise du « socialisme dans un seul pays » et n’aurait pas liquidé tous ses rivaux en s’appuyant sur la promotion « appel de Lénine » = 200 000 ex menchéviks – SR recrutés pour marginaliser les vrais bolcheviks et intégrer les NEPmen au parti via l’appareil d’état !!! Staline n’aurait pas non plus soutenu le nationaliste bourgeois Chang Haï Check contre Mao …etc…

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

20 juin 00:50,

par Luniterre

Pour ma part j’essaie d’étudier l’histoire de l’URSS à partir de documents russes, autant que possible. Si vous avez des sources valables pour attester de votre vision caricaturale de l’histoire, merci de nous les communiquer.

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

20 juin 03:03

Je trouve presque qu’il y a trop de documents et d’articles et de livres sur ce sujet … Les thèses les plus convaincantes sur l’URSS , Staline …etc me paraissent être celles des bordiguistes, ( pcint.org ) même si ce micro parti me paraît pas « vivant » . Eux au moins ont lu  » Critique des programmes de G et E  » … et se réfèrent à un marxisme pas trop déformé . Je ne dis pas que ce qu’ils disent est parfait …

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

21 juin 02:35,

par Luniterre

Le bordiguisme est, pour le moins,une source très partisane et indirecte, en ce qui concerne le développement économique de l’URSS, réduite selon ce courant à une seule composante, le capitalisme d’État. A partir de quelle époque, cela n’est pas très clair. En 1924 Bordiga faisait encore l’éloge de Lénine et de l’URSS, semble-t-il :

https://www.marxists.org/francais/bordiga/works/1924/02/bordiga_lenine.htm

Concernant les idées programmatiques de Bordiga, si l’on se fie à son texte de 1920, son manifeste ne comportait aucun projet de transition économique, inspiré ou non de la CPG, à proprement parler :

http://www.pcint.org/03_LP/497/497_bordiga-but-communistes.htm

Ce n’est plus le cas à la fondation de son nouveau mouvement, en 1953 :

https://sinistracomunistainternazionale.com/2017/10/03/il-programma-comunista-nr-1-1953-il-programma-rivoluzionario-immediato/

Ici en anglais :

https://libcom.org/library/immediate-program-revolution-amadeo-bordiga

Texte apparemment introuvable en français… A moins que vous n’en ayez la référence, et merci, dans ce cas, ne nous la signaler.

Ce texte contient effectivement quelques propositions programmatiques de base intéressantes, donc, par contre.

Le lien avec la CPG, s’il existe, est très indirect, néanmoins, et , de plus partiel, rejetant ce qui fait le fondement de l’économie de transition expliqué par Marx en ce qui concerne l’échange d’équivalents en valeur travail entre producteurs, tout en tenant compte des besoins sociaux des secteurs non productifs.

En effet, en creusant plus, je trouve cette étude :

https://fr.internationalism.org/revue-internationale/201609/9446/annees-1950-et-60-damen-bordiga-et-passion-du-communisme

Étude assez intéressante, et qui cite notamment Bordiga sur son rejet d’utiliser la notion de valeur d’échange dans la phase de transition.

Si lecture de la CPG il y a eu, le principe de base en est donc néanmoins expurgé dans la pratique politique et l’idéologie du bordiguisme.

En Russie, ce principe était par contre mis en avant par Lénine, en Septembre 1917 , dans l’État et la Révolution (Chap 5), on ne peut guère plus à la veille de la Révolution d’Octobre…

La guerre civile, puis la nécessaire NEP, et finalement, les controverses sur les questions économiques en ont empêché la mise en œuvres, c’est un fait.

Que ce soit Trotsky, Boukharine ou Preobrajensky, aucun ne préconisait d’y revenir, ce qui était, de toutes façons, en contradiction avec leurs thèses économiques respectives.

Staline a mené le développement économique de l’URSS de façon en partie empirique, certes, mais assez efficace en en fin de compte, ce que la bourgeoisie tente aujourd’hui de dissimuler à tout prix.

De plus, même si ce fut tardif, il est le seul à avoir envisagé et proposé d’en revenir aux principes de la CPG, en faisant le bilan de l’URSS en 1952, en préparation du 19e Congrès :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

Ce qui est aussi possiblement l’une des causes de son décès « mystérieux » selon nombre d’historiens russes.

Il ne s’agit pas de faire un panégyrique mais de rendre à chacun ce qui, historiquement, lui revient réellement, d’une part, et de tirer les leçons de l’expérience globale, d’autres part, indépendamment du rôle personnel de tel ou tel, et surtout, des images médiatiques qui leurs sont accolées par le système.

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

21 juin 05:47

Vers la fin des années 70 les bordiguistes ( pcint .org ) ont édité un N° de « programme communiste » intitulé « le trotskysme » où ils tiraient à boulets rouges sur le programme de transition et la révolution permanente, puis ils ont retiré cette brochure en reconnaissant qu’elle était réductrice et surtout a-historique / Par la suite ils citaient souvent Trotsky surtout « terrorisme et communisme » et les écrits militaires…
Pour eux la révolution russe , prévue par Marx dans sa longue correspondance avec Plekhanov , n’est pas , contrairement au diagnostic de Gramsci , une révolution contre « le capital » de Marx, mais une révolution double politiquement prolétarienne et paysanne mais économiquement bourgeoise ( liquidation des formes féodales , des koulaks , industrialisation, alphabétisation, électrification …etc. ) .
En conséquence ils vouent aux gémonies la théorie stalinienne du socialisme dans un seul pays car pour eux les 2 principales réussites de la révolution c’est la création de la troisième internationale et le congrès de Bakou . Ils n’opposent pas à Staline des critiques démocratiques petites bourgeoises et reconnaissent qu’il industrialisé et modernisé l’URSS .
Dans un article Engels fut interrogé sur une éventuelle prise de pouvoir des communistes dans un pays pré capitaliste . Il a répondu que dans ce cas les communistes seraient obligés d’industialiser et de moderniser en employant grosso modo les mêmes méthodes que la bourgeoisie et qu’à force d’employer ces méthodes les communistes risquaient de devenir des capitalistes banals ( la pratique modifie la pensée ).
Ouf ! Là je me suis accroché car il faudrait faire plus long ou, mieux, donner la parole à un bordiguiste AOC !

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

22 juin 04:06,

par Luniterre

Lénine caractérisait la Russie comme un impérialisme. Les formes féodales étaient déjà en voie de disparition avancée. Le servage était aboli depuis 1861, soit plus d’un demi siècle avant 1917. Les koulaks ne sont pas une classe féodale à proprement parler. C’est, au contraire, la naissance d’une classe « moyenne » paysanne au sens occidental du terme, voulue par la réforme de Stolypine(1906). Ils sont, par contre, dès cette réforme, en lutte contre les villages paysans communautaires, les « mir », qui sont une forme économique communautaire effectivement  » précapitaliste », mais non féodale. La noblesse détient encore beaucoup de terres mais abandonne progressivement l’agriculture. Enfin l’industrie, même si en retard sur l’Europe, est en plein essor. De plus, y a déjà un important capitalisme financier russe, interconnecté, dirait on aujourd’hui, avec le capital occidental, via les participations croisées (relire Lénine). Selon les critères actuels, il faudrait plutôt parler de nation capitaliste émergente ayant rapidement atteint le stade impérialiste. C’est principalement du fait de la persistance du tsarisme que la Révolution y a eu nécessairement un caractère double.

À noter, pour bien comprendre, que l’ouvrier russe est aussi souvent un paysan du mir, et donc souvent avec une activé double, et un fort esprit communautaire. En 1917, le soldat au front est donc aussi souvent ouvrier et paysan du mir… !

La société russe à la veille d’Octobre est donc une société assez originale, tant dans son évolution que dans ses structures sociales, et peut difficilement être comparée à ce qui se passe en Occident…

La Révolution d’Octobre à mis fin à l’existence du capitalisme financier en Russie. Même avec la NEP il n’a pu y reprendre pied. Avec la fin de la NEP, c’est quasiment la fin de l’économie de marché, sauf pour quelques formes résiduelles. Même avec les écarts de salaires qui restent considérables, l’accumulation reste dérisoire et tout au plus de type petit bourgeois, sans possibilité de valorisation par le cycle productif.

Dans ces conditions, il n’est donc pas approprié de parler de capitalisme, tout simplement, même s’il y a beaucoup de critiques à apporter à cette forme de socialisme empirique.

Le retour à une logique de marché pour « réguler » le plan (Trotsky), aurait donc bien été une mesure contre-révolutionnaire, en plus d’une absurdité anti-marxiste ( reprenant le concept bourgeois de primauté de la loi du marché sur la loi de la valeur..!)

Avancer davantage dans la transition socialiste imposait donc bien d’en revenir aux principes de la CPG. Ce qui était déjà de simple bon sens en 1875 ne l’était pas moins en 1952. En réalité la réflexion que Staline avait tiré de sa pratique empirique avait déjà abouti avant la guerre et devait déboucher sur une initiative pour la rédaction collective du manuel d’économie de l’Académie soviétique. Reportée de plus de 10 ans, donc, et finalement inaboutie dans ce sens ML, sauf, en partie, pour les éditions 1954 et 55, qui conservent quelques traces des travaux préparatoires du 19e Congrès.

Aujourd’hui les conditions matérielles, techniques, et de communication, en plus, sont bien meilleures qu’à l’époque, sans même remonter jusqu’à 1875… Veut on tenter à nouveau d’unir le prolétariat sur la base d’un projet de transition socialiste, telle est la question. La démocratie formelle n’a évidemment aucun sens en dehors du contenu politique qu’on lui donne.

Aujourd’hui, outre les conditions matérielles, les principes de base de la CPG sont largement accessibles à une grande partie du prolétariat et peuvent se traduire en revendications claires, sous des formes simplifiées, pour le plus grand nombre.

C’est ce type de démarche qui devrait unir les rares communistes « survivants » au delà de leurs diverses origines idéologiques.

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

23 juin 01:58

Je croyais que Lénine définissait l’économie russe 1917  » Quelques îlots de capitalisme dans un océan de petite production  » et que des problèmes ridiculement basiques typiques de l’accumulation primitive comme créer un réseau routier et ferroviaire efficace n’étaient pas réglés… Le méchant Trotsky s’est farci d’abord la création + l’organisation+ la victoire de l’armée rouge , ensuite la modernisation et l’extention du réseau ferroviaire . Cela a dû le fatiguer !

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

24 juin 04:27,

par Luniterre

Par définition, une nation capitaliste émergente combine différents niveaux de développement, et la petite production y reste longtemps très importante. C’est toujours le cas, aujourd’hui, si l’on pense à l’Inde, par exemple. Ça l’était donc encore davantage au début du 20e siècle. Ce constat n’est donc évidemment pas en contradiction avec les analyses que Lénine a développé dans son bouquin sur l’impérialisme, et notamment pas, à propos de la Russie.

(Ceci dit, la formule « Quelques îlots de capitalisme dans un océan de petite production » ne semble pas lui appartenir. En avez vous la référence ?)

Sinon, question chemin de fer, en 1917, la Russie comptait déjà plus de 80 000 km de voies… (86 000, à l’heure actuelle)

Ceci-dit, la guerre civile en avait effectivement détruit 60%…

A titre de comparaison, à l’heure actuelle, en 2018, le réseau français en compte 30 000…

Enfin, à part détruire et reconstruire les chemins de fer, Trotsky a effectivement joué un rôle positif dans les premières années de la Révolution…

Mais le but de la Révolution reste de construire une alternative au capitalisme… Ce n’est pas une histoire de « gentils/méchants »… Plutôt une histoire de choix politiques. La NEP a été une nécessité provisoire, mais à la fin des années 20, elle avait fini de remplir son rôle positif et se retournait contre la Révolution en ranimant toutes les tares du capitalisme. Trotsky a fait, entre autres, le mauvais choix de vouloir la prolonger, et ses critiques économiques du « stalinisme » vont dans ce sens, avec l’idée absurde que le marché régulera le plan.

Ce n’est donc pas une critique constructive, dans la mesure où elle n’apporte qu’une « solution » contre-révolutionnaire, en fin de compte.

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

26 juin 03:33

La Russie n’était pas une nation mais un empire au sens féodal du terme ! Ce qui fait une grosse différence avec l’impérialisme USA – Europe – OTAN qui est le stade suprême du K !
Dans  » Deux tactiques …  » ( 1905 ) Lénine exprime que c’est la révolution démocratique ( donc bourgeoise ) qui est à l’ordre du jour – Le prolétariat doit y participer mais en s’organisant dans une stricte indépendance de classe .
Il fait l’hypothèse d’une incapacité de la bourgeoisie à rompre avec l’autocratie . Donc : le parti communiste pourrait prendre la tête de la révolution démocratique qui devient une révolution double : économiquement capitaliste et politiquement prolétarienne … Pour raccourcir cette phase pénible : tout faire pour qu’une révolution purement prolétarienne en Allemagne et dans plusieurs pays d’Europe triomphe et aide la Russie à développer l’industrie et les progrès corollaires sans employer trop les mêmes méthodes que la bourgeoisie …
On retrouve cette thèse dans  » Marcher séparément / Frapper ensemble  » !
De cela découle que la thèse stalinienne du « Socialisme dans un seul pays » n’est pas fidèle au projet initial … Et cela explique beaucoup de réalités car le prolétariat n’a pas vraiment combattu contre Eltsine et ses politiques ineptes , ni Poutine et ses dérives . De plus le parti communiste est devenu très réactionnaire ( nationalisme , patriotisme , moralisme … etc . ).

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

30 juin 08:11,

par Luniterre

Je comprends que vous teniez absolument à aller contre l’évidence et la réalité historique, mais il me parait utile, pour les quelques lecteurs qui suivraient éventuellement notre débat, de rappeler que Lénine distinguait absolument le sens de l’impérialisme antique, au sens romain du terme, du sens moderne, au sens de la domination du capital financier.

« La politique coloniale et l’impérialisme existaient déjà avant la phase contemporaine du capitalisme, et même avant le capitalisme. Rome, fondée sur l’esclavage, faisait une politique coloniale et pratiquait l’impérialisme. Mais les raisonnements « d’ordre général » sur l’impérialisme, qui négligent ou relèguent à l’arrière-plan la différence essentielle des formations économiques et sociales, dégénèrent infailliblement en banalités creuses ou en rodomontades, comme la comparaison entre « la Grande Rome et la Grande-Bretagne « . Même la politique coloniale du capitalisme dans les phases antérieures de celui-ci se distingue foncièrement de la politique coloniale du capital financier. « 

http://www.marx.be/fr/content/vi-le-partage-du-monde-entre-les-grandes-puissances

Bien évidemment Lénine continuait de lutter pour la révolution mondiale, même après le reflux du début des années 20 en Europe, mais il ne renonçait pas pour autant à la Révolution Socialiste en Russie, tout en étant conscient de ses limites.
Mais même en période plus ascendante des luttes il tenait évidemment compte de l’inégalité du développement capitaliste entre les nations, et il en avait déjà tiré les conclusions essentielles dès 1915 :

« Les Etats-Unis du monde (et non d’Europe) sont la forme politique d’union et de liberté des nations que nous rattachons au socialisme en attendant que la victoire totale du communisme amène la disparition définitive de tout Etat, y compris l’Etat démocratique.

Toutefois, comme mot d’ordre indépendant, celui des Etats-Unis du monde ne serait guère juste, d’abord parce qu’il se confond avec le socialisme ; en second lieu, parce qu’il pourrait conduire à des conclusions erronées sur l’impossibilité de la victoire du socialisme dans un seul pays et sur l’attitude du pays en question envers les autres.

L’inégalité du développement économique et politique est une loi absolue du capitalisme. Il s’ensuit que la victoire du socialisme est possible au début dans un petit nombre de pays capitalistes ou même dans un seul pays capitaliste pris à part.

Le prolétariat victorieux de ce pays, après avoir exproprié les capitalistes et organisé chez lui la production socialiste, se dresserait contre le reste du monde capitaliste en attirant à lui les classes opprimées des autres pays, en les poussant à s’insurger contre les capitalistes, en employant même, en cas de nécessité, la force militaire contre les classes exploiteuses et leurs Etats.

La forme politique de la société où le prolétariat triomphera en renversant la bourgeoisie sera une république démocratique, centralisant de plus en plus les forces du prolétariat d’une nation ou de plusieurs dans la lutte contre les Etats qui ne sont pas encore passés au socialisme.

La suppression des classes est impossible sans la dictature de la classe opprimée, du prolétariat. La libre union des nations sous le socialisme est impossible sans une lutte opiniâtre, plus ou moins longue, des républiques socialistes contre les Etats retardataires.

C’est pour ces raisons et à la suite de nombreuses discussions sur ce point, pendant et après la Conférence des sections du P.O.S.D.R. à l’étranger, que la rédaction de l’Organe central en est venue à considérer comme erroné le mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe. »

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/08/vil19150823.htm

Il n’y a donc aucun rapport, quant au fond, entre le fait que la Révolution ait du passer par une étape démocratique bourgeoise, assez brève, au demeurant, et le fait qu’elle ait du survivre, dans sa phase socialiste, de façon relativement isolée.

Par contre, à l’issue de la deuxième guerre mondiale, la lutte internationale était effectivement surtout de nature anti-impérialiste et anti-colonialiste. Cela a incontestablement favorisé les dérives révisionnistes de nature sociale-chauvines, comme le maoïsme, par exemple.

En Occident, PCF et PCI étaient déjà, de toutes façons, gangrenés par le révisionnisme et le social-chauvinisme, et avaient même renoncé à combattre réellement l’impérialisme, et surtout pas le leur, en premier ! (Rapport Jdanov, 1947)

Aujourd’hui c’est, en plus, l’ensemble de l’ »extrême-gauche », sauf rares exceptions, qui, sous un langage formellement « gauchiste » collabore objectivement, et même souvent, très activement (Rojava), avec l’impérialisme US.

C’est à quoi aboutissent tous les « beaux discours » idéalistes petits-bourgeois sur la « révolution socialiste mondiale »/ou rien, car « pas possible dans un seul pays », etc…

Encore beaucoup plus réac, en réalité et au final, que les dérives de l’URSS, certes critiquables, mais qui n’en continuait pas moins la lutte contre l’impérialisme. Un esprit de résistance qui subsiste en grande partie jusque dans la Russie de Poutine, même si c’est au niveau d’unité populaire dont est capable la bourgeoisie nationale.

Luniterre

En PJ/PDF un petit topo, trouvé sur le net, sur la question historique du socialisme dans un seul pays, qui vaut essentiellement par les importantes citations des classiques sur le sujet :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/06/le-socialisme-dans-un-seul-pays-ml-ou-pas.pdf

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

30 juin 19:55

Si vous voulez dire que la noblesse et les marchands riches russes avaient des villas sur la côte d’azur ou des hôtels en Italie , plus des actions dans les industries occidentales , et si vous pensez que cela transforme la Russie de 1917 en pays capitaliste développé « impérialiste » , vous délirez carrément !
Si l’URSS type Staline / Brejnev c’est du socialisme et si vous avez raison : alors je ne suis pas socialiste : non merci ! Il me paraît évident que dans nomenklatura et l’intelligentsia il y avait des équivalents fonctionnels du patronat et que la classe ouvrière était encore plus exploitée et dominée qu’en Europe …

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

30 juin 22:25,

par Luniterre

Deux approches étranges de votre part:

__Vous tenez à nier le caractère impérialiste de la Russie tsariste, contre l’évidence des études à ce sujet faites par Lénine, qui se serait donc totalement fourvoyé, à vous en croire… On se demande bien comment il a pu être ce leader révolutionnaire que l’on connait, et suffisamment, grâce aux traces historiques qu’il a laissé!

__Il ne s’agit toujours pas de faire une défense inconditionnelle de l’URSS, mais d’en tirer les leçons utile en termes d’expérience constructive. Après la guerre « civile » qui était, en réalité et pour l’essentiel, déjà une agression impérialiste occidentale, la Russie était pratiquement « tabula rasa »… Or non seulement le développement économique soviétique a permis de relever les ruines, mais en plus de corriger les carences essentielles de l’ancien régime dans la plupart des domaines sociaux, santé, éducation, etc..

De plus, il a permis la défaite du nazisme… Un détail…

Et à la suite, une nouvelle reconstruction…

Sinon, historiquement, Staline et Brejnev, ce sont deux périodes bien différentes dans l’histoire de l’URSS et dans la mémoire des russes.

La période Staline reste celle, précisément de la construction et du développement, alors que celle de Brejnev était déjà la période de stagnation, mais où la vie était encore relativement facile et tranquille, grâce à la rente pétrolière…

La chute, cruellement ressentie par les russes, commence réellement avec Gorbatchev, même si les prémisses remontent effectivement au coup d’État khrouchtchevien.

Le pire étant évidemment la période Eltsine, avec la mafia quasiment installée au pouvoir. Une mafia qui s’était constituée, à une échelle moindre, mais de plus en plus prégnante, sous les périodes Khrouchtchev, Brejnev, et qui a contrôlé l’essentiel de l’économie depuis la période Gorbatchev.

La nostalgie, au sens d’une mémoire positive, qu’ont encore les russes pour leur passé soviétique, à l’opposé du « gauchisme » occidental, a donc ses raisons. Personne ne parle de revenir à un système à l’identique, mais tirer des leçons constructives, c’est tout à fait l’opposé de cautionner la haine anticommuniste et antisoviétique de l’Occident, aujourd’hui muée en simple haine anti-russe, sans que cela fasse de différence réelle: le résultat est toujours de cautionner l’agressivité impérialiste et non pas de chercher à construire une alternative réelle.

J’ai bien évidemment compris que ce n’est pas, de toutes façons, le but de votre propos, qui semble bien s’inscrire dans la dérive actuelle de l' »extrême-gauche », déjà abordée dans le post précédent et dans divers articles sur TML et ici même.

Du reste, vous reconnaissiez vous même, dans un post précédent, que le bordiguisme a cessé d’être un parti vivant. Surtout en France, effectivement!

Il y a, là aussi, une leçon d’histoire à tirer…

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

1er juillet 01:04,

par do

« Il me paraît évident que dans nomenklatura et l’intelligentsia il y avait des équivalents fonctionnels du patronat et que la classe ouvrière était encore plus exploitée et dominée qu’en Europe … »

Il est vrai que le parti communiste russe servait de bourgeoisie de remplacement. Mais le prolétariat russe était bien moins exploité qu’en Europe :

Bip Bip – 4 octobre 1957 – Spoutnik, exploit soviétique et honte américaine (vidéo 2’21)

http://mai68.org/spip/spip.php?article7433

Extrait de « La grande histoire de la conquête spatiale »

Enregistré sur France 5 le 21 juin 2014 à 23h

On n’arrête pas de nous dire, dans la propagande télévisuelle que les Soviétiques étaient des incapables, que tout ce qu’ils ont fabriqué, ils en ont piqué la technologie aux autres grâce à leurs espions. Mais, là, pour envoyer Spoutnik dans l’espace, ils avaient espionné QUI ? les extra-terrestres ? Ou bien avaient-ils fabriqué une machine à voyager dans le temps pour espionner les Amerloques dans le futur ?

Et c’est pas tout, car le premier être vivant dans l’espace, ce fut la chienne russe Leika. Le premier homme dans l’espace fut le soviétique Youri Gagarine, la première femme dans l’espace fut aussi soviétique, de même que le premier homme qui est sorti de sa fusée dans l’espace ! Etc.

Voici un extrait légèrement adapté de mon journal sur les retraites qui parle de la station Mir :

http://mai68.org/spip/spip.php?article10097

En Russie, il n’y a jamais eu de communisme, seulement du capitalisme d’État. Voir dans les annexes de la théorie du concept « le spectacle de l’effondrement du communisme » :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1701

Du point de vue de l’économie et de l’exploitation (dans le sens de la diminution de cette dernière), le faux-communisme à la Russe était tout de même bien mieux que le capitalisme privé, dit « libéral ».

Alors qu’en Amérique, par exemple, il y a plusieurs centaines de patrons pour exploiter la population ; en URSS, il n’y en avait qu’un seul dont le plus célèbre est peut-être Staline. Comme chaque patron américain cherche à profiter autant de la population américaine que le seul Staline de la population russe, les salariés américains sont forcément beaucoup plus exploités que ceux de la Russie prétendue « communiste ».

Et, du point de vue économique, contrairement à ce que prétendent les mensonges les plus éhontés qui ont cours aujourd’hui, le capitalisme d’État (le pseudo-communisme) a cent fois prouvé sa supériorité sur le capitalisme privé (dit « libéral »).

Le fait que toute concurrence ait été supprimée en URSS a permis de supprimer aussi le gaspillage qui va avec. Puisqu’aujourd’hui il est besoin d’expliquer cela au moins un tout petit peu, songez par exemple que si en Amérique cent entreprises concurrentes font des recherches identiques, ce pays devra les financer cent fois tandis que dans la Russie de Staline, il suffisait de les financer une seule fois !

De plus, en URSS, au lieu qu’il y ait concurrence entre les chercheurs, il y avait solidarité. C’est-à-dire qu’en Russie dite « communiste » les chercheurs s’entraidaient alors qu’en Amérique la concurrence les pousse à se tirer dans les pattes.

C’est ainsi qu’un pays au départ complètement sous-développé comme la Russie du début du 20e siècle a pu gagner non pas la course à la Lune, qui n’était qu’un leurre extrêmement cher et inutile, mais bel et bien la course à l’espace.

En effet, Mir était la toute première station spatiale, et elle avait été fabriquée par les soviétiques. Elle faisait la fierté des communistes russes… et la honte des capitalistes américains

Quelques années après qu’ils aient dû abandonner leurs voyages dans la Lune, on a pu se moquer pendant quinze ans des Américains, de leur « supériorité » et de leur haute technologie en soulignant qu’ils avaient changé de rêve : « Les Américains ne vont plus dans la Lune, ils vont dans Mir ! ». !

Car oui, pour la station spatiale, étape indispensable à une éventuelle conquête spatiale dont je n’ai certainement pas dit que je l’approuvais, l’URSS avait tout bonnement quinze ans d’avance sur l’Amérique. C’est bien pour ça que, dès qu’ils en ont eu les moyens, les Américains ont imposé aux Russes la suppression de la preuve de leur défaite philosophique : les aides américaines au maintien du pouvoir d’Eltsine en Russie, puis de son successeur, se sont marchandées notamment à propos de la date de la destruction de Mir !

Cliquer ici pour l’article et les commentaires

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

1er juillet 04:52

La société de consommation c’est nul ! Mais la société de privation c’est pire !
L’idéologie du travail c’est pénible , le stakhanovisme c’est pire !
Il ne s’agit pas de dire « du mal » de l’URSS qui est passée d’une société féodale précapitaliste à un capitalisme mal développé dirigé par l’état

Les succès de l’URSS en matière d’industrie militaire et de recherche scientifique sont incontestables, mais pour obtenir ça ils ont surexploité et opprimé la classe ouvrière . Ils n’avait d’ailleurs pas le choix vu l’agressivité des puissances impérialistes qui ont pour le moment gagné la guerre froide .

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

1er juillet 12:49,

par do

Salut,

C’est tout simplement faux !

Non : les salariés soviétiques n’étaient pas plus exploités qu’en Occident. Il ne pouvaient tout simplement pas simultanément être exploitées à l’usine et faire la queue pour acheter de la vodka !

En réalité, les salariés savaient que la hiérarchie dite « communiste » était plus ou moins une imposture, et les « communistes » savaient que les salariés le savaient.

À partir de là, il y a eu un échange entre les deux : Nous les salariés on bosse pas ou peu, vous l’acceptez, et en échange on prend pas le risque de vous démettre du pouvoir.

Bien à toi,
do
http://mai68.org

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

1er juillet 06:47,

par Luniterre

« Comme chaque patron américain cherche à profiter autant de la population américaine que le seul Staline de la population russe, les salariés américains sont forcément beaucoup plus exploités que ceux de la Russie prétendue « communiste ». »

Assez amusant comme formule…

En réalité, il y avait bien une hiérarchie des salaires assez extensive en URSS, variable selon les époques, mais dont le pic semble avoir été d’environ 40 pour un, alors qu’en Occident, aujourd’hui, cela peut atteindre 1000 pour un…

L’enrichissement et l’accumulation personnelle étaient donc très limités, et d’autant plus qu’il n’y avait pas d’élargissement possible de la « richesse » personnelle accumulée dans le cycle productif, et donc pas de capitalisme, à proprement parler.Tout au plus faudrait-il donc effectivement parler de petite bourgeoisie bureaucratique. Une petite bourgeoisie qui tenait son pouvoir du prolétariat, et dont elle était issue, en grande partie. Une partie d’entre elle tenait réellement à l’idéologie bolchévique de ses origines et entendait en continuer le combat. Rien n’indique que la motivation des Staline, Jdanov, Kirov, Kaganovitch et bien d’autres, même encore après eux, n’ait d’abord été la grandeur et la réussite économique et sociale de l’URSS, et non pas leur intérêt particulier.

Par contre, ce que montre l’étude attentive de l’URSS, c’est que cette « bureaucratie », loin de former un bloc homogène, était elle même stratifiée socialement et politiquement, et traversée de conflits permanents, avec formation progressive d’intérêts sectoriels et locaux contradictoires, aboutissant aux baronnies bureaucratiques locales, développant effectivement des intérêts parasitaires et mafieux qui seront la base économique et sociale de la contre-révolution khrouchtchevienne, ouvrant finalement littéralement la porte, (… du Goulag >>>80% de droits communs), à l’influence de la mafia sur l’économie, se développant encore sous Brejnev, prenant pratiquement le contrôle total sous Gorbatchev, et finalement le pouvoir, sous Eltsine.

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/10/lenfer-des-gangs-de-la-fin-de-lurss-a-la-russie-actuelle.pdf

Cité en illustration de :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

Poutine représentant en quelque sorte, contre l’oligarchie mafieuse, à laquelle il a mis un frein relatif, un retour à l’ordre national bureaucratique bourgeois, mais encore incapable d’accumuler un capital financier suffisant pour se muer en impérialisme, contrairement à ce que prétendent les « gauchistes » français et leurs mentors impérialistes français et US.

Le total cumulé du capital financier russe avoisine à peine celui de l’Espagne au vu des dernières estimations possibles.

Quoi qu’il en soit, même la lutte de la bourgeoisie bureaucratique dégénérée, sous Khrouchtchev et Brejnev, constituait encore l’axe d’un front de résistance contre l’impérialisme et a permis quelques avancées dans les luttes de libération nationales, dont Cuba, entre autres.

Aujourd’hui la Russie de Poutine joue en partie à nouveau ce rôle, et c’est déjà un début de résistance, même si insuffisante, alors qu’il n’y en a plus guère ailleurs, en Europe, et notamment pas, en France !

Luniterre

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Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

1er juillet 18:26,

par Luniterre

« En réalité, les salariés savaient que la hiérarchie dite « communiste » était plus ou moins une imposture, et les « communistes » savaient que les salariés le savaient.

À partir de là, il y a eu un échange entre les deux : Nous les salariés on bosse pas ou peu, vous l’acceptez, et en échange on prend pas le risque de vous démettre du pouvoir. »

En ce qui concerne notamment la période Brejnev, cela reflète effectivement une bonne partie de la réalité… Couplé avec les avantages matériels tirés de la rente pétrolière, qui, relativement, profitaient également à toute la population, cela a laissé le souvenir d’une période assez tranquille dans la mémoire des russes, un peu comme nos « trente glorieuses », en France, même s’ils avaient conscience de la stagnation réelle de cette période, encore aujourd’hui littéralement dénommée comme telle.

La mémoire qu’ont les russes de leur passé soviétique (…et post-) est multiforme, même si parfois composite entre les périodes, contrairement à l’image forgée par le système en Occident, qui est pratiquement univoque, de droite à gauche, avec seulement des nuances formelles qui ne reflètent encore que d’autres préjugés « politiques » occidentaux.

Ce qui y rend les débats sur le sujet assez stériles, la plupart du temps, préjugés contre préjugés, et tous forgés sur la même base voulue par le système pour se garantir contre un éventuel retour de flamme néo-bolchévique. Dans ce processus la plupart des sectes gauchistes et gauchisantes sont en réalité d’un grand secours pour le système, et de plus en plus, semble-t-il. La Kollaboration est de plus en plus éhontée et directe, comme autour du prétendu « Rojava »…!

Luniterre

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/23/les-lecons-dafrin-pour-en-finir-avec-le-mcdo-marxisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/27/le-big-mic-mac-stade-supreme-du-mcdo-marxisme/

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Autogestion du suicide ou suicide de l’autogestion?

Rhône Lyon: un étudiant stéphanois s’immole par le feu en pleine rue

Un étudiant de Lyon 2, âgé de 22 ans et originaire de Saint-Étienne, a tenté de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu, ce vendredi vers 14h50, devant le 367, rue Garibaldi à Lyon 7e.

  • Vu 283436 fois
  • Le 08/11/2019 à 19:05
  • mis à jour Aujourd’hui à 11:18
L'étudiant s'est immolé devant le restaurant universitaire du 7e arrondissement de Lyon. Capture Google maps
L’étudiant s’est immolé devant le restaurant universitaire du 7e arrondissement de Lyon. Capture Google maps

Juste avant de s’asperger d’essence devant le bâtiment du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires), il a publié un long message sur Facebook, dans lequel il évoque ses difficultés financières et se revendique de la lutte contre le fascisme et le libéralisme.

Message publié sur Facebook par l’étudiant

Capture écran FacebookCapture écran Facebook

Un témoin de la scène qui travaillait sur un chantier s’est précipité avec un extincteur pour éteindre les flammes et des pompiers de passage ont prodigué les premiers secours, avant l’arrivée des équipages alertés par les témoins.

Le jeune homme, originaire de Saint-Étienne, a été transporté dans un état très grave à l’hôpital Édouard-Herriot où il a été admis au Centre de Brûlés de Lyon.

D’après les pompiers il est brûlé à 90 %.

Ce samedi matin, Solidaires étudiant.e.s a réagi sur Facebook.

Dans l’ensemble, les utilisateurs des réseaux sociaux étaient nombreux à réagir à cet événement.

 

La précarité détruit nos vies.

Depuis hier après-midi, un de nos camarades et ami de Lyon est entre la vie et à la mort, à l’hôpital. En grande précarité financière, privé de bourse, désespéré, il s’est immolé par le feu devant le bâtiment du CROUS de Lyon. Nous n’avons pas suffisamment de mots pour exprimer notre douleur et notre tristesse.
Mais aussi notre dégoût face à ces institutions, le CROUS, l’Etat, l’Université, qui exercent chaque jour une violence trop commune contre les étudiant-e-s, qui ont guidé son geste profondément politique, acte de lutte contre un système qui broie toujours un peu plus. Ce système libéral qui crée les inégalités et nous précarise, fascisant et raciste qui nous divise, ainsi que celles et ceux qui nous l’imposent réforme après réforme, baisse de moyens après baisse de moyens, sont non seulement responsables mais aussi coupables.

Nous exprimons avant tout notre soutien et adressons nos pensées à ses camarades, ami-e-s et famille. Nous attendons et espérons sa rémission, pour retrouver, parmi nous et dans nos luttes, ce camarade et son sourire, syndicaliste impliqué, toujours prêt à aider les autres, chaleureux, humain.

A très bientôt, camarade.

L’image contient peut-être : texte
L’image contient peut-être : texte

Solidaires Etudiant-e-s Lyon

6 h

La précarité détruit nos vies

Depuis hier après-midi, un de nos camarades et ami est entre la vie et la mort, à l’hôpital. En grande précarité financière, privé de bourse, désespéré, il s’est immolé par le feu devant le bâtiment du CROUS de Lyon. Nous n’avons pas suffisamment de mots pour crier notre douleur et notre tristesse.

Notre dégoût, aussi, à l’égard de ces institutions qui l’ont poussé à l’irréparable, comme il l’a expliqué dans un message poignant. Car ce sont bien ces institutions inhumaines, cette précarité, cette violence trop commune que l’Etat et l’Université exercent contre les étudiant-e-s dans l’indifférence générale qui ont guidé son geste, profondément politique, acte désespéré mais aussi et surtout geste de lutte contre un système fascisant et raciste qui broie. Elles sont à ce titre responsables et coupables.

Nous pensons à lui et à ses proches, ami-e-s et sa famille. Nous attendons et espérons sa rémission, pour retrouver, parmi nous et dans nos luttes, ce camarade et son sourire, syndicaliste impliqué, toujours prêt à aider les autres, chaleureux, humain.

Pour reprendre son message « Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu ».

Nous t’aimons.

Université Lumière Lyon 2

il y a 14 heures

[Soutien psychologique] Un de nos étudiants a voulu mettre fin à ses jours ce vendredi. Une cellule d’écoute sera mise en place mardi 12 novembre à 14h sur le campus Porte des Alpes. Dans l’attente, vous pouvez contacter le 15, qui est informé de la situation, ou l’Unité psychiatrique d’urgence et de liaison (UPUL) au 04 78 61 86 42.

 

« J’ACCUSE MACRON, HOLLANDE, SARKOZY ET L’UE DE M’AVOIR TUÉ »

samedi 9 novembre 2019,

Un étudiant de Lyon 2, âgé de 22 ans et originaire de Saint-Étienne, a tenté de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu, ce vendredi vers 14h50, devant le restaurant universitaire du 7e arrondissement de Lyon.

Dans un message qu’il a posté sur Facebook il parle de la perte de sa bourse étudiante, de la survie, du chômage de masse et du fascisme.

Il est brûlé sur 90% du corps. Avant son geste ultime, il appelait, en guise de dernière volonté, à continuer à lutter. Voici sa lettre :

« Bonjour,

Aujourd’hui, je vais commettre l’irréparable, si je vise donc le bâtiment du CROUS à Lyon, ce n’est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l’enseignement supérieur et la recherche et par extension, le gouvernement. Cette année, faisant une troisième l2, je n’avais pas de bourses, et même quand j’en avais, 450€/mois, est ce suffisant pour vivre ?

J’ai eu la chance d’avoir des personnes formidables autour de moi, ma famille et mon syndicat, mais doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd’hui ? Et après ces études, combien de temps devrons nous travailler, cotiser, pour une retraite décente ? Pourrons nous cotiser avec un chômage de masse ?

Je reprends donc une revendication de ma fédération de syndicats aujourd’hui, avec le salaires étudiant et d’une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu’on ne perde pas notre vie à la gagner.

Passons à 32 heures de travail par semaine, pour ne plus avoir d’incertitudes vis à vis du chômage, qui conduit des centaines de personnes comme moi chaque année à ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.

Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nos diviser et créer et du libéralisme qui crée des inégalités. J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes que l’avenir de tous-tes, j’accuse aussi le Pen et les éditorialistes d’avoir crée des peurs plus que secondaires.

Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter, pour en finir définitivement avec tout ça.

Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu. Et désolée pour l’épreuve que c’est.

Au revoir »

Toutes nos pensées vers cet étudiant désespéré, entre la vie et la mort ce soir.

Sources :

Le Progrès https://www.leprogres.fr/rhone-69/2…Nantes Révoltée https://www.facebook.com/Nantes.Rev…


1ère REMARQUE >>>  24 h après le sacrifice dramatique de ce jeune, aucun commentaire dans les médias, rien aux infos, bref, le mépris habituel de la classe dirigeante. Tout notre soutien à sa famille et à ses proches.

2ème REMARQUE >>>

 

 

 

>>> EXEMPLE >>>

 

https://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_original_765/public/assets/images/farc_0.png?itok=vJ5OQyyX

 

 

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/29/colombie-les-accords-de-paix-trahis-par-le-gouvernement-nouveau-depart-de-la-lutte/

 

 

Bien évidemment, la lutte sociale en France est encore très loin du stade insurrectionnel, mais l’absence presque totale d’écho médiatique de cette tentative de suicide montre simplement l’impasse de ce type de geste de révolte. Nous ne pouvons que souhaiter le rétablissement de la santé de ce syndicaliste désespéré et que son sacrifice, autrement inutile, serve de leçon au mouvement social prolétarien!

TML-info

 

 

 

 

 

Débats autour du film « La Bataille de Russie »!

 

https://my.pcloud.com/publink/show?code=XZUUn8kZMKew9HkqsdyqR7hwHoT88m6hYjek

 

 

 

A propos de la republication, sur VLR, de l’article inspiré par le lien entre l’actualité et le film :

Guerre de classe : la « gauche » joue désormais perdant ! Pourquoi ?

httfps://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/01/guerre-de-classe-la-gauche-joue-desormais-perdant-pourquoi/

Guerre de classe : la « gauche » joue désormais perdant ! Pourquoi ?

2 novembre 19:44, par do

Salut Luniterre,

Ton article est excellent. Notamment :

« Mais le système, faute de résoudre sa propre crise, a tout intérêt à entretenir lui-même le « messianisme » millénariste d’une fin apocalyptique prochaine, qu’elle soit « écologique » ou non, et contre laquelle il peut donc se poser en « rempart de l’humanité », et ainsi tenter de se prolonger, à travers quelques formules « choc », comme seule « alternative » possible …à la catastrophe qu’il a engendré lui-même ! »

et

« La victoire de l’URSS sur le nazisme, ce n’est pas simplement la victoire de l’armée d’une nation sur une autre, mais c’est d’abord la victoire de la construction du socialisme, une victoire du prolétariat et des classes populaires, précisément, dans la guerre de classes ! »

Puis-je me permettre toute fois quelques remarques ?

Je ne comprends pas pourquoi tu te limites à accuser le « capital financier ». C’est le capital tout court qu’il faut accuser ! La fortune de Rockefeller ne s’est pas faite originellement grâce à la banque, mais au pétrole. Plus récemment, Bill Gates a construit sa fortune grâce à internet. et plus récemment encore Marc Zukerberg a fait fortune avec internet.

Quand tu parles d’« idéologie de classe », tu fais une erreur de vocabulaire, je suppose. c’est de « théorie » qu’il faut parler et non d’idéologie. Une idéologie est figée. tandis qu’ne théorie peut évoluer. C’est pourquoi Marx disait : « Je ne suis pas marxiste ».

Amicalement,
do
http://mai68.org

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Bonjour, camarade !

Tout d’abord, merci d’avoir porté attention à cet article, et notamment, d’avoir pris le temps de visionner le film, je suppose !

Les questions que tu poses, même d’un point de vue critique, sont tout à fait pertinentes. Par contre, elles mériteraient chacune une étude et/ou un article séparé et spécifique.

L’article est déjà long et tente de suivre une ligne de masse essentielle sur les questions qui lui sont propres, et donc ne peut interférer avec d’autres problématiques qui ont aussi leurs propres besoins en termes de développement d’un ligne de masse, c’est à dire accessible et compréhensible à la majorité des élément progressistes et avancés dans ce pays. Le niveau général étant nettement en constante régression depuis des années, on ne peut pas trop charger la barque à chaque sortie, sauf à la faire couler… !

Reprenons donc ces deux points brièvement, « idéologie » et « capital financier », sans la prétention de les épuiser dans un post…

Des deux, « idéologie » est le plus complexe. Commençons donc par là…

Selon mon habitude, je reviens aux définitions originelles et basiques qui nous sont données des choses dans les ouvrages de référence, pour les confronter avec ma propre perception.

A l’origine les fondateurs de l’idéologie, (Condillac, Destutt de Tracy), comme courant philosophique et politico-économique au tournant du XVIIIème et du XIXème siècle, étudient la formation des idées humaines à partir des sensations physiques et matérielles, et constituent de fait une forme primitive de matérialisme dialectique. En ce sens ils s’opposent carrément à l’obscurantisme religieux, et constituent un courant « révolutionnaire » au sens bourgeois du terme, dans leur contexte. Ils sont incontestablement une des origines lointaines du libéralisme économique. En matière d’économie, ils constituent aussi une ébauche des théories modernes de la valeur, avec une approche évidemment libérale, aujourd’hui devenue réactionnaire !

C’est en ce sens qu’ils sont les pères (…ou grands-pères) de l’idéologie bourgeoise actuelle.

L’idéologie dominante de la classe dominante !

Dans une phase de transition réellement anticapitaliste (socialisme), c’est le prolétariat qui devient provisoirement la classe dominante, avant d’arriver à expurger totalement la bourgeoisie en tant que classe et d’unifier toutes les couches populaires au point que toutes, prolétariat et autres classes populaires, fusionnent et disparaissent totalement en tant que classe…

Ce que l’expérience de l’URSS nous apprend, à coup sûr, c’est que ce n’est pas un processus rapide… ! Et qui, de plus, n’est nullement à l’abri d’un retour en arrière.

Le prolétariat, en tant que classe provisoirement dominante, mais assez longuement, néanmoins, au cours de ce processus, peut-il se passer de développer sa propre idéologie ?

Telle est la question que tu poses, semble-t-il.

La critique situationniste fondamentale de l’idéologie est assez juste, mais suppose, dans son application concrète immédiate, la négation de la phase de transition, la négation du socialisme. En ce sens, c’est assez typiquement une forme de gauchisme.

L’intérêt de cette critique réside, par contre, dans son approche tout à fait juste et utile de l’évolution « spectaculaire » du capitalisme. Sa limite, dans ce domaine, c’est précisément d’avoir réduit presque complètement le capitalisme à sa seule dimension « spectaculaire », ce qui est encore loin d’être le cas. Mais effectivement, Debord et ses camarades ont mis le doigt sur un aspect nouveau du capitalisme, à l’époque, et qui se développe encore, mais que les pseudos-« marxistes » déjà bornés de l’époque n’avaient pas su appréhender !

Dans ce domaine, et pour la compréhension du capitalisme moderne, l’apport des situationnistes reste donc valable et bien utile, et encore même sous-estimé, à mon sens. On pourrait même dire encore « inexploité » du point de vue de l’analyse nécessaire !

D’un autre côté, vu la façon dont les choses ont tourné, à l’époque, après Mai 68, et en fonction de ses limites propres, telles que résumées ci-dessus, et en grande partie déterminées par les origines sociales de ses membres, il peut aussi être vu à son tour, d’un point de vue critique, comme une « idéologie » !!!

Tu parles également, en lien avec cette problématique, du rôle de la théorie…

L’ensemble du corpus théorique du ML, tant qu’il n’est pas mis en mouvement par les masses ou même simplement par un parti politique influent, tant qu’il reste dans les bibliothèques, en quelque sorte, ne peut donc être qualifié d’idéologie.

Pourtant, il est bien l’héritage de plus d’un siècle et demi de réflexions et de luttes, et en ce sens il est bien l’héritage théorique du mouvement ouvrier.

La question actuelle est bien de refonder le mouvement ouvrier et populaire, à moins de se satisfaire de la situation de la gauche actuelle, ce qui est une façon de se satisfaire du capitalisme, en fait, et de la kollaboration de classe !

Alors que le ML est un outil théorique formidable pour analyser et comprendre le monde en mouvement, et plus que jamais, le monde actuel.

En tant qu’outil théorique il nous permet une approche rationnelle de la réalité du monde.

Cela suppose effectivement de faire abstraction de tous les préjugés idéologiques hérités des courants politiques qui ont mené le mouvement ouvrier dans l’impasse actuelle.

En résumé, la méthode est de confronter directement ce que les classiques ont écrit sur les sujets qui nous concernent encore avec les données de terrain actuelles, notamment économiques, concernant ces sujets. Évidemment cela suppose de tenir compte des données sur une période suffisamment longue pour comprendre l’évolution et le mouvement des choses.

Il en va de même pour l’histoire, en confrontant l’évolution des réalités sociales et économiques avec les actions et les écrits des différents protagonistes.

Il n’y a pas à partir d’un préjugé que tel a forcément plutôt raison et tel autre tort… ! Pas de préjugé idéologique, donc !

L’histoire des révolutions est par essence l’histoire de changements brutaux et rapides. Les révolutionnaires sont amenés à prendre des décisions de même nature, rapidement et brutalement, qui sont souvent une question de survie du mouvement et doivent tenir compte de l’évolution elle-même rapide de la situation. Il leur faut donc analyser en permanence et tenter à chaque tournant de faire un pas de plus vers le but, vers le socialisme. C’est une des raisons, mais pas la seule, pour lesquelles je ne suis pas l’adepte d’une idéologie anti-autoritaire…

Avancées et reculs sanctionnent impitoyablement les bonnes et les mauvaises analyses, les succès politiques et les erreurs. En ce sens, ce n’est pas non plus du tout une question d’idéologie.

Néanmoins, les grands traits d’analyses qui caractérisent la situation d’une époque entière amène à produire aussi bien une littérature de fond qu’un matériel d’agit-prop, des journaux, des revues, et désormais, des blogs, sites, etc.

Dans la mesure où l’ensemble sert à porter utilement le mouvement vers son but, il n’est donc pas abusif de qualifier l’ensemble d’idéologie prolétarienne, au bon sens du terme.

Évidemment, l’ensemble d’une idéologie devient mauvais et cesse d’être prolétarien si les acteurs politiques, à tous niveaux, et surtout au niveau des leaders, cessent de percevoir le mouvement de la réalité et transforment donc cette idéologie en dogme, peu ou prou. C’est malheureusement ce qu’on voit encore couramment… Les raisons en sont multiples et le dogmatisme formel assez rare, en réalité. Tandis que des intérêts diverses, plus ou moins bureaucratiques et/ou kollaborationnistes sont souvent à l’origine d’idéologies figées, en réalité sur une forme ou l’autre de révisionnisme, adapté pour la circonstance et aux intérêts détournés… Ce ne sont pas les exemples qui manquent, notamment dans les micro-partis de la pseudo- « extrême-gauche » et du social-chauvinisme sous ses diverses formes…

Actuellement, il n’existe pas de mouvement prolétarien réellement organisé, et donc pas d’idéologie prolétarienne à proprement parler.

Mais le ML n’en reste pas moins un outil d’analyse essentiel pour ceux qui veulent bien s’en emparer dans le sens défini par cette méthode d’approche rationnelle de la réalité.

D’une manière générale la société de classe n’est pas vraiment un phénomène rationnel en soi. Simplement l’aboutissement d’une évolution du développement des forces productives. Une évolution inconsciente, en grande partie, et héritière d’un atavisme culturel précisément conditionné jusque dans l’inconscient collectif par l’idéologie de la classe dominante.

Pour qu’une transition aboutisse il faut donc qu’elle dure assez longtemps pour que de nouvelles valeurs culturelles arrivent à s’enraciner, en correspondance avec l’évolution des rapports sociaux. C’est aussi l’un des rôles d’une idéologie prolétarienne révolutionnaire.

Les révolutions, en tant que réajustements brutaux, mais nécessaires, des rapports économiques et sociaux, sont le surgissement également brutal des lueurs de la raison dans un univers culturel et collectif mental qui n’est pas forcément rationnel, et même généralement pas, du fait de l’atavisme idéologique hérité de la classe dominante et qui persiste donc, en profondeur, comme forme d’obscurantisme qui tend à regagner, et souvent assez rapidement, le peu de terrain perdu dans l’inconscient collectif.

C’est aussi contre ce phénomène que l’idéologie prolétarienne peut représenter une forme d’autorité réellement progressiste et révolutionnaire. Il y a évidemment tout une dialectique nécessaire entre spontanéité et initiative « autoritaire » révolutionnaire qui ne peut se résumer en un post et d’autant moins qu’elle ne peut se comprendre qu’en fonction de situations concrètes.

Concernant la problématique capitalisme/capitalisme financier, il me semble que nous l’avions déjà abordé, même si de manière succincte, mais c’est donc l’occasion d’y revenir, dans le contexte actuel, et notamment créé par cette agression idéologique contre la culture nationale russe actuelle.

D’une manière résumée et générale, le matérialiste dialectique étudie les situations en cherchant à comprendre essentiellement le mouvement de la base économique vers les superstructures, ce qui éclaire, généralement, le mouvement en sens inverse.

Ce qui domine la base économique actuelle, à l’échelle mondiale, c’est bien le capitalisme financier. Il n’est pas vraiment de « petit capital », sous cette domination, qui échappe à son emprise.

Les exemples que tu cites, comme toutes les start-up qui réussissent, sont des capitalistes qui passent évidemment très rapidement à l’échelle supérieure, ou sont carrément absorbées par le capital financier. Actuellement, que ce soit Gates ou Zuckerberg, il ne fait aucun doute qu’ils appartiennent à cette sphère, et depuis longtemps !

Dans les métropoles impérialistes le pouvoir du capital financier est absolu. Même s’il subsiste des secteurs d’activités formellement indépendants, ils en dépendent néanmoins pour leurs financements, leurs besoins en crédits d’investissements, etc.

Ces secteurs n’ont pas de pouvoir réel. Même si le capitalisme reste le fond de leur nature, il n’ont pas de capacité de reprendre par eux-mêmes la société en main.

Prendre le pouvoir sur le capital financier, pour le prolétariat, c’est prendre le pouvoir tout court. Cela ne signifie pas que ces « petits capitalistes » résiduels ne constituent pas un danger réactionnaire, bien au contraire.

Il y a plusieurs aspects, dans cette question, comme il y a plusieurs types de « petits capitalistes », du reste. Et donc plusieurs aspects tactiques et stratégiques, également.

Du jour au lendemain le pouvoir révolutionnaire ne va pas nationaliser toutes les boulangeries, les épiceries de quartier, etc.

Le but du prolétariat est évidemment de contrôler rapidement tous les secteurs essentiels pour les faire fonctionner en fonction des besoins sociaux.

Tant qu’ils sont fournis en farine, les boulangers peuvent, et même doivent, continuer à fabriquer le pain quotidien… !

C’est la planification démocratique des forces productives, et principalement des grandes entreprises, en fonction des besoins essentiels, qui marque le début de la rupture avec le capitalisme. Et donc, dans cet exemple, essentiellement le contrôle des moulins et de leur approvisionnement.

Le socialisme n’a pas à développer la petite entreprise capitaliste, dans un pays relativement développé comme le nôtre, mais il y a certainement un temps d’intégration à déterminer selon les secteurs, selon les cas. Et évidemment un contrôle prolétarien à exercer concernant les conditions de travail, les rapports sociaux…

Un secteur de petites entreprises autogérées et/ou coopératif n’est évidemment pas à exclure non plus.

Pas de dogmatisme. L’essentiel est que le processus de correspondance entre forces productives et besoins sociaux réels se développe.

Les petites entreprises, même autogérées, constituent de toutes façons une survivance du marché qui doit progressivement être supprimé, à mesure que la correspondance s’établit.

C’est bien la rupture avec l’économie de marché qui marque le début de la transition et de la construction du socialisme.

C’est cette question qui sépare les conceptions ML du trotskysme, qui se base quant à lui sur la persistance du marché et introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même.

Tout comme les libéraux Trotsky assignait un rôle « régulateur » au marché !

Dans une économie moderne, une fois le prolétariat débarrassé du capital financier, le petit capitaliste n’est pas l’ennemi éventuellement le plus dangereux, mais bien toujours le capital financier s’appuyant sur les métropoles impérialistes encore debout.

Une alliance tactique du prolétariat et des TPE-PME des secteurs non-essentiels n’est pas forcément à exclure dans les premiers temps de la transition. La transition est par essence un processus évolutif et non figé. L’essentiel est d’aller vers toujours plus de correspondance directe entre forces productives et besoins, et donc constamment de moins en moins d’économie de marché, et non pas l’inverse.

D’une certaine façon, il en va donc de même à l’échelle internationale. Les pays ou domine encore un capital « national », comme la Russie, l’Iran, etc., ne seront pas forcément les ennemis d’une révolution prolétarienne dans l’une des métropoles impérialistes, ce qui affaiblirait, en leur faveur, l’ensemble de la domination impérialiste.

Dans le rapport de forces actuel ces bourgeoisies nationales sont même actuellement les seules forces organisées à résister efficacement à l’impérialisme et qui contribuent donc à l’affaiblir.

Bien entendu, comme on l’a vu à l’occasion de la réforme des retraites en Russie, cela ne nous dispense pas d’être solidaires avec les luttes sociales dans ces pays, tout en restant attentifs aux manipulations impérialistes qui pourraient en être faites.

Quoi qu’il en soit, et pour l’instant, d’une manière générale, cibler principalement le capitalisme financier est un mot d’ordre stratégique qui tient compte à la fois du fond et des contingences tactiques. Mais là encore, cela ne saurait évidemment dispenser les ML de soutenir les luttes sociales dans les TPE-PME !

En espérant avoir répondu à tes questions,

Bien à toi,

Amicalement,

Luniterre

>>> + UNE INTERVENTION EN POST

DU CAMARADE VIRIATO

A PROPOS DE TROTSKY

ET DU STATUT ÉCONOMIQUE DE L’URSS,

ET NOTRE RÉPONSE A LA SUITE !!!

« IL faudrait faire un effort et arrêter de dire n’importe quoi quand même.

Ce n’est pas polémiquer ni honnête de preter à Trotski des conceptions de principe qu’il n’a jamais eu.

Même la meconnaissance complète de la question ne justifie pas des tirades semblables:

« C’est cette question qui sépare les conceptions ML du trotskysme, qui se base quant à lui sur la persistance du marché et introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même.

Tout comme les libéraux Trotsky assignait un rôle « régulateur » au marché ! »

Tout d’abord, même Marx « Assigne un rôle régulateur au marché » car en capitalisme cela est un fait et les fait sont têtus.

Que cette régulation par le marché, les crises, la guerre soit LA régulation du capitalisme c’est un fait et c’est incontestable.

On a accusé pendant des décennies Trotski de ne pas comprendre la nécessité des étapes avant le socialisme et on a accusé son « dogmatisme » de proposer le socialisme partout pour « découvrir » en 2019 (!) qu’en fait il « était pour la persistance du marché »…et qu’il aurait « introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même ». Même Staline n’a pas osé l’accuser d’une telle absurdité.

Je sais que Luniterre ne connait pas le sujet, mais quand même, la simple logique, dans un article qui n’en avait nullement besoin, il aurait duû pousser à s’abstenir de donner matière à rire.
Il a tiré, d’une lecture biaisée, à propos d’un conseil adressé en 1932 en pleine cacophonie de l’aventure ultra gauchiste de superindustrialisation et collectivisation des terres forcée, de proposer de laisser jouer les lois du marché un certain temps pour éviter les gaspillages et gabegie du saut dans le vide stalinien de 1930.

De là, à généraliser ce conseil ponctuel et nécessaire (d’ailleurs la planification à outrance a fini par utiliser beaucoup d’élements de la régulation par le marché de manière sousterraine) comme sa conception de principes, signifie ne rien connaitre de la question et se tromper de bout en bout.

Comme on dit « l’ignorance est insolente »

V.

*******************

Luniterre

EN ITALIQUES, LE TEXTE DU CAMARADE VIRIATO, LE RESTE ÉTANT MES OBSERVATIONS >>>

« IL faudrait faire un effort et arrêter de dire n’importe quoi quand même.

Ce n’est pas polémiquer ni honnête de preter à Trotski des conceptions de principe qu’il n’a jamais eu.

Même la meconnaissance complète de la question ne justifie pas des tirades semblables:

« C’est cette question qui sépare les conceptions ML du trotskysme, qui se base quant à lui sur la persistance du marché et introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même. »

>>> in la « révolution trahie » >>> https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp9.htm

Qualifier de transitoire ou d’intermédiaire le régime soviétique, c’est écarter les catégories sociales achevées comme le capitalisme (y compris le « Capitalisme d’Etat ») et le socialisme. Mais cette définition est en elle-même tout à fait insuffisante et risque de suggérer l’idée fausse que la seule transition possible pour le régime soviétique actuel mène au socialisme. Un recul vers le capitalisme reste cependant parfaitement possible. Une définition plus complète sera nécessairement plus longue et plus lourde.

L’U.R.S.S. est une société intermédiaire entre le capitalisme et le socialisme, dans laquelle: a)les forces productives sont encore trop insuffisantes pour donner à la propriété d’Etat un caractère socialiste; b)le penchant à l’accumulation primitive, né du besoin, se manifeste à travers tous les pores de l’économie planifiée; c)les normes de répartition, de nature bourgeoise, sont à la base de la différenciation sociale; d)le développement économique, tout en améliorant lentement la condition des travailleurs, contribue à former rapidement une couche de privilégiés; e)la bureaucratie, exploitant les antagonismes sociaux, est devenue une caste incontrôlée, étrangère au socialisme; f)la révolution sociale, trahie par le parti gouvernant, vit encore dans les rapports de propriété et dans la conscience des travailleurs; g)l’évolution des contradictions accumulées peut aboutir au socialisme ou rejeter la société vers le capitalisme; h)la contre-révolution en marche vers le capitalisme devra briser la résistance des ouvriers; i)les ouvriers marchant vers le socialisme devront renverser la bureaucratie. La question sera tranchée en définitive par la lutte de deux forces vives sur les terrains national et international.

Les doctrinaires ne seront naturellement pas satisfaits par une définition aussi vague. Ils voudraient des formules catégoriques; oui et oui, non et non. Les questions de sociologie seraient bien plus simples Si les phénomènes sociaux avaient toujours des contours précis. Mais rien n’est plus dangereux que d’eliminer, en poursuivant la précision logique, les éléments qui contrarient dès maintenant nos schémas et peuvent demain les réfuter. Nous craignons par-dessus tout, dans notre analyse, de faire violence au dynamisme d’une formation sociale qui n’a pas de précédent et ne connaît pas d’analogue. La fin scientifique et politique que nous poursuivons nous interdit de donner une définition achevée d’un processus inachevé, elle nous impose d’observer toutes les phases du phénomène, d’en faire ressortir les tendances progressistes et réactionnaires, de révéler leur interaction, de prévoir les diverses variantes du développement ultérieur et de trouver dans cette prévision un point d’appui pour l’action.

fin du chapitre!

+ TEXTE DE 1932 >>>

« Закономерности переходного общества весьма отличаются от закономерностей капитализма. Но не меньше отличаются они от будущих закономерностей социализма, т. е. гармонического хозяйства, растущего на основе выверенного и обеспеченного динамического равновесия. »

« Les lois de la société de transition se distinguent singulièrement des lois du capitalisme. Mais elles ne se distinguent pas moins des futures lois du socialisme, c’est-à-dire de l’économie harmonieuse, se développant sur la base d’un équilibre dynamique ajusté et garanti. »

Trotsky a donc le mérite d’être cohérent avec lui-même, mais pas avec Marx >>>

« Tout comme les libéraux Trotsky assignait un rôle « régulateur » au marché ! »

selon toi >>>

« Tout d’abord, même Marx « Assigne un rôle régulateur au marché » car en capitalisme cela est un fait et les fait sont têtus.

Que cette régulation par le marché, les crises, la guerre soit LA régulation du capitalisme c’est un fait et c’est incontestable. »

selon Marx >>>

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf

>>> Cela fait maintenant pas mal de temps que je t’ai recommandé cette lecture !!!

« On a accusé pendant des décennies Trotski de ne pas comprendre la nécessité des étapes avant le socialisme et on a accusé son « dogmatisme » de proposer le socialisme partout pour « découvrir » en 2019 (!) qu’en fait il « était pour la persistance du marché »…et qu’il aurait « introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même ». Même Staline n’a pas osé l’accuser d’une telle absurdité. »

>>> Staline y fait nettement allusion, dans un texte d’après guerre, me semble-t-il

« Je sais que Luniterre ne connait pas le sujet, mais quand même, la simple logique, dans un article qui n’en avait nullement besoin, il aurait duû pousser à s’abstenir de donner matière à rire.
Il a tiré, d’une lecture biaisée, à propos d’un conseil adressé en 1932 en pleine cacophonie de l’aventure ultra gauchiste de superindustrialisation et collectivisation des terres forcée, de proposer de laisser jouer les lois du marché un certain temps pour éviter les gaspillages et gabegie du saut dans le vide stalinien de 1930.

>>>vers les 10 ans de développement qui ont permis la victoire contre le nazisme!

+ in la « révolution trahie » >>>

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp2.htm

+ en 1939 >>> in « le Marxisme[…de Trotsky]  et notre époque » >>>

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Trotsky >>> un révisionniste au moins assez cohérent avec lui-même, jusqu’à un certain point!

Pour Marx >>>

« Même l’économiste ordinaire se rend compte que sans le moindre changement de  l’offre ou  de la demande occasionné  par des  circonstances extérieures le rapport des deux peut changer à la suite d’un changement dans la valeur de marché des marchandises. Même lui, il doit reconnaître que l’offre et la demande doivent être égales pour obtenir la valeur de marché quelle qu’elle soit.Ceci signifie que le rapport entre l’offre et la demande n’explique pas la valeur de marché, mais au contraire que c’est elle qui explique les fluctuations de l’offre et de la demande. »

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« De là, à généraliser ce conseil ponctuel et nécessaire (d’ailleurs la planification à outrance a fini par utiliser beaucoup d’élements de la régulation par le marché de manière sousterraine) comme sa conception de principes, signifie ne rien connaitre de la question et se tromper de bout en bout.

Ciomme on dit « l’ignorance est insolente » >>> A LIRE >>>

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf

Amicalement,

Luniterre

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Viriato

Voilà ce que je réponds à ta critique de ma critique. Je ne comprends pas vraiment comment tu polémiques.

Une chose se sont les conceptions du socialisme qui à l’époque et aujourd’hui correspondaient au passage d’une société capitaliste développée à une étape supérieure.

Autre, l’amalgame que tu fais de ce qui est une critique et des propositions pour un pays très arriéré qui essaie de s’approcher de la planification socialiste (dans les faits, bureaucratique) et nécessité pour un certain temps quelques lois du marché car son niveau de développement le situe bien en deçà d’un pays capitaliste avancé.

La longue tirade sur le caractère transitoire de l’URSS, qu’il a développé dans « La Révolution Trahi » est complétement cohérent avec les faits.

Il s’agit d’une société qui lutte pour arriver au socialisme mais dont le destin final n’est pas assuré au milieu de l’encerclement capitaliste, les menaces de guerre à l’extérieur et, selon sa conception et ce qui a été prouvé après, par une couche dirigeante bureaucratisée.

Cela est très important, à moins que tu prétendes que l’URSS était déjà une économie socialiste et un pays plus avancé que les pays capitalistes de l’époque.

Quant à dire que T. serait pour une « société de transition entre le Socialisme et le capitalisme, c’est tordre le cou à son argumentaire et prendre ce qui a été la tactique des Fronts Populaires et qu’il a combattu farouchement, pour sa propre conception des choses.

Une chose sont les pas intermédiaires entre une société arriérée pour la faire s’approcher du socialisme et une autre est ce que tu lui reproches à tort. (Lénine : « on aura besoin de la NEP pendant des décennies » Encore un « révisionniste » ?) Donc appliquer des mécanismes de marché dans une société qui venait de sortir d’une économie à prédominance de marché, la NEP, plus des entreprises nationalisées ce qui ne signifie pas « socialistes » où toute l’histoire économique de la seconde moitié du XX s. a été « socialiste ».

Le changement de la NEP n’a pas été « planifié » ni même prévue par l’équipe dirigeant et a été faite, passant de l’accusation de « super industrialisateurs » dirigée à Préobrayenski et aux trotskistes qui demandaient une croissance industrielle de 17% au détriment de la paysannerie riche et moyenne.

Le virage ultra gauchiste de Staline a fait passer le taux d’industrialisation de 17% à 50% en un premier moment et « dans l’ivresse du succès » à 100% et cela encore au détriment de la paysannerie. Ce cours a provoqué la perte de la moitié du cheptel soviétique et provoqué une famine terrible.

C’est alors que T. a propose de revenir sur certains mécanismes du marché pour pallier aux effets dévastateurs de l’improvisation, des plans aventuriers et la gabegie bureaucratique.

Mais pour toute personne qui regarde les faits, il est facile de voir qu’il ne propose cela que pour alléger les effets terribles de l’improvisation des mêmes qui s’étaient esclaffés de T. l’accusant de vouloir aller trop vite car « il y avait de NEP pour des décennies »

Voilà l’origine des phrases que tu mets en avant et de leur portée.

Mais déduire de là que T. prétendait une « étape de transition » entre la société socialiste et capitaliste en tant que formulation générale ne correspond pas aux faits et fait preuve d’une méconnaissance de la question.

Quant à la question du rôle régulateur du marché, cela vient de tous les économistes classiques, avant Marx et il faut être aveugle pour ne pas en faire le constat.

Qu’on soit pour la planification socialiste démocratique est une chose (un projet à futur pour le moment) mais nier la fonction régulatrice du marché, de l’offre et de la demande sous le capitalisme et les sociétés de « démocratie populaire » (la terre était souvent dans les mains des paysans propriétaires).

Aujourd’hui, même à l’ère de la finance et des monopoles, le marché régule encore une bonne partie du capitalisme.

En URSS Staline a laissé les Kolkhoziens vendre les produits qu’ils produisaient dans leurs lopins de terre, des produits qui finirent par devenir une partie très importante des denrées alimentaires soviétiques, au marché libre. Cette mesure a vu son étendue s’amplifier encore sous Staline et ses successeurs.

C’est-à-dire, Staline, on peut dire qu’il « a appliqué le conseil de Trotski » par la force des lois économiques de la société de transition soviétique laissant une partie importante de la production agricole se réguler par l’offre et la demande. Ainsi comme le marché parallèle du travail, des échanges entre entreprises, des salaires etc.

Comme tu vois, Staline qui dirigeait l’économie planifiée (que non socialiste encore) a eu besoin, comme tu le fais dire à Trotski qui écrivait pour la réalité de la NEP, « Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur »

Donc, ni société « intermédiaire » ni fanatisme pour le marché. Analyse concrète de la réalité concrète.

Les seuils qui ont proposé de tels sociétés intermédiaires ont été précisément ceux qui ont organisé ce type des sociétés, les soviétiques sous Staline, dans les pays de « Démocratie Populaire », non ? Plus ceux qui encore le proposent dont on ne trouve que des révisionnistes et des staliniens.

Quant à la phrase que tu soulignes « L’U.R.S.S. est une société intermédiaire entre le capitalisme et le socialisme » ne signifie rien d’autre que pour T., en 1935, la société soviétique était non plus capitaliste mais loin d’être une société socialiste achevée.

Si on lit le livre, on peut voir comment les différences de salaire (de 1 à 1000 !), la pénurie d’éléments matériels indispensable pour la vie courante, l’état de désindustrialisation encore manifeste en comparaison des pays capitalistes avancés, la ruine encore manifeste de l’agriculture (voilà pourquoi Staline a introduit des mécanismes du marché, ce que je ne lui reproche pas d’ailleurs, serait absurde, car en période de pénurie, même Lénine a proposé le marché, la NEP) le degré de culture et de civilisation du pays se trouvait très loin de ce qu’on pouvait entendre pour une société socialiste moderne et plus avancée que le capitalisme.

Voilà tout et le paragraphe où il présente les alternatives de la société soviétique sous la triple emprise de son arriération relative, de l’encerclement capitaliste mais aussi de la gabegie, du gaspillage, de l’incurie et du profit de la bureaucratie et dit qu’il ne peut que montrer ou : une révolte du prolétariat, la fin du règne bureaucratique et le redressement sur des bases socialistes ; ou : la transformation de la bureaucratie en classe capitaliste, ne peut pas être plus claire. D’ailleurs, c’est cequi est arrivé.

Quant à ceci « Staline y fait nettement allusion, dans un texte d’après-guerre, me semble-t-il »…

Staline écrivait peu des articles théoriques et il n’a jamais voulu polémiquer contre Trotski, alors il procédait par allusions sans développer ses arguments.

Et pourtant il aurait pu. Sur la révolution chinoise, mais il avait nommé Chang Kai Sheik à la table d’honneur de l’Internationale Communiste.

Ou lors de la révolution allemande mais sa presse a écrit « Après Hitler, nous ! » Trotski quand même a fait des contributions brillantes dans les deux cas, et pas qu’une.

Et sur un tas d’autres questions.

Les autres citations de Marx n’ont rien à faire avec la question discutée. »

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Luniterre

Bonjour, camarade!

Franchement, je suis fatigué de batailler pour des sujets aussi évidents et que l’on a déjà vu plusieurs fois, comme cette histoire de lopins, etc. !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/19/inedit-de-trotsky-un-echange-de-correspondance-suite-a-la-synthese-de-letude/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

En fait, toute ton argumentation tient réellement dans la dernière ligne >>>

« Les autres citations de Marx n’ont rien à faire avec la question discutée. »

Malheureusement, te voilà encore le marxiste qui refuse de lire Marx !!!

Mais tu n’es pas le seul, ce qui condamne la pensée de Marx à rester un outil essentiellement utilisé par les économistes au service du système !!! Un comble !

Le chapitre 10 du livre III est l’aboutissement du raisonnement de Marx concernant la formation des prix, dans la dialectique d’interaction entre valeur et marché >>> autrement dit la relation dialectique entre formation de la valeur et formation du prix. C’est à dire exactement le fond du problème !!! C’est pourquoi la lecture du chapitre 9 est également nécessaire, pour réellement comprendre, mais tu peux lire une première fois le 10, pour saisir le principe, et revenir sur le 9, pour comprendre plus en détail. Quoi qu’il en soit, cela suppose évidemment d’avoir déjà réellement compris la loi de la valeur ! (Capital,I,1)

(Nécessaire aussi pour comprendre la Critique du Programme de Gotha, base économique de la transition socialiste)

Lorsque Trotsky écrit, en 1939, dans son précis didactique d’ensemble sur le « Marxisme » >>>

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

Il théorise bel et bien, d’une manière générale, et non circonstancielle, concernant l’URSS !!!

Ce qui est exactement l’inverse du propos de Marx !!!

Pour Marx, et à l’évidence, de plus, c’est la formation de la valeur, sous sa forme finale avant expression du prix, et qu’il appelle Valeur de marché, qui conditionne l’offre et la demande, et régule donc, en dernier ressort, le marché !!!

C’est ce qui explique que les prix se rapprochent à nouveau de cette «Valeur de marché », entre deux crises…

Alors que la loi du marché, celle de l’offre et de la demande, a au contraire tendance à introduire une distorsion constante entre prix et valeur, ce qui entraîne, précisément, les crises !

Et y compris, sous la NEP, d’où son échec inévitable.

Le « marché » kolkhozien ne portait donc, par contre, que sur une partie suffisamment faible de l’économie soviétique pour rester sous contrôle et il est donc resté maîtrise, jusqu’à l’avènement du révisionnisme khrouchtchevien >>> achat de blé aux USA >>> dépendance !

…Vu ???

Cela règle l’essentiel du débat, quant au fond, c’est à dire, à la base économique.

Concernant le fait de déterminer la nature de classe de l’URSS, capitaliste, transition socialiste ou transition « hybride », tu te contredis sans arrêt, et donc je ne perdrais pas mon temps à te reprendre point par point… Le mieux serait que tu fasses un point personnel sur ce que tu penses réellement toi-même de la question !

Amicalement,

Luniterre

Une réflexion complémentaire, envoyée au camarade, à ce propos, et une brève recherche >>> sur la nature de classe de l’URSS >>> il est clair que Trotsky ne la considérait pas du tout socialiste, ni sous la NEP, ni après >>> il parle toujours d’ « État ouvrier », puis d’ « État ouvrier dégénéré », mais jamais d’État socialiste !

A quelque moment que ce soit, il y voit toujours une « étape intermédiaire » entre capitalisme et socialisme proprement dit.

Une société hybride, dont la nature de classe reste donc imprécise, pour le moins, sinon carrément indéterminée.

Or, considéré d’un point de vue marxiste, il y a nécessairement une base économique dominante, et qui a une nature de classe déterminée, et donc pas de situation hybride possible, en termes de mode de production. Prolétariat ou bourgeoisie, socialisme ou capitalisme, il y a nécessairement un mode de production dominant et déterminé, qui caractérise la nature de classe d’un système, au-delà des situations très provisoires de double pouvoir.

Le socialisme est lui-même, par essence, une phase de transition, et il commence dès que le processus de rupture avec le capitalisme est entamé sous la dictature du prolétariat.

Dans la mesure où c’était manifestement le cas en URSS, cela en fait donc bien un pays socialiste, tant que ce processus dure, jusqu’au milieu des années 50, lorsque la régression commence à s’opérer sérieusement, sous le pouvoir des révisionnistes.

Bien entendu, les causes de cette régression ont une partie de leurs racines dans les défaillances, qu’il est nécessaire d’étudier sans préjugés, dans la période précédente. Staline lui-même avait entrepris une analyse concernant les problèmes économiques du socialisme en URSS, peu avant sa mort :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

Le ML n’est inconditionnel de rien, sauf des fondamentaux, et tant qu’ils restent opérationnels dans la société actuelle !

Amicalement,

Luniterre

 

RECUES PAR MAIL >>>

LES BASES ECONOMIQUES TELLES QUE (RE)VUES PAR LE CAMARADE >>>

 

N’étant pas précisément spécialiste en L. Trotsky je laisserais aux plus calés le soin de te répondre…s’ils répondent.

Moi je ne fais que répondre à ce qui me semble le plus évident.

Si la discussion a trainée pendant longtemps est qu’on n’est pas d’accord tout simplement sur cette question spécifique. Sur les autres ont est presque toujours d’accord au moins sur l’international car sur les GJs par exemple on a divergé mais ce n’est pas important. Des considérations différentes sur des question tactiques devraient pouvoir être laissés à la critique du temps.

De ta réponse sur la question même, je ne comprends pas encore que viennent faire des citations théoriques que, si je les aie un peu oubliés, je ne vois pas qu’est-ce que viennent faire dans la discussion.

Marx et les classiques, Trotski inclus, maintiennent que la valeur n’est pas fixée par l’offre et la demande mais au contraire que le prix oscille autour de sa valeur. Ca c’est archi connu mais n’enlève rien à ce que j’ai affirmé : que l’économie capitaliste est régulée (surtout à l’époque de Marx, en 1935 et même encore) par le marché, les crises, la guerre.
Que les gouvernements et la finance participent à cette régulation c’est un fait aussi, mais les uns n’ont pas de prise par-dessus les intérêts des capitalistes et la finance régule en « dérégulant ».

Je n’ai pas dit plus.

Qu’est-ce qui a là de si terrible ? Ils me semblent des lapalissades, des évidences qu’on constate tous les jours dans la vie courante.

Si un dirigeant politique de l’envergure de L.T. ne connait pas ça, cela faisait des longues années qu’on l’aurait dénoncé pour cette grossière faute, surtout qu’on ne s’est pas privé de le déformer pour l’attaquer.

Il y aurait fallu attendre jusqu’à 2019 pour trouver cela ? Je pense que tu fais fausse route. »

 

***********************

RÉPONSE TML >>>

 

Sur les notions économiques que tu as non seulement « oubliées », mais carrément inversées, tout à fait à la manière trotskyste, évidemment!!!

Ton problème, c’est tout simplement que tu refuses de (re)lire Marx comme je te le conseille, tout simplement !

Tu dis que tu n’est pas non plus « spécialiste en LT (Trotsky, je suppose!), mais simplement, tu ne lis pas non plus les citations que je t’en fais >>> la « révolution trahie » est écrite en 1936, soit plus de six ans APRÈS la fin de la NEP, et pourtant Trotsky écrit que les entreprises socialistes doivent être soumises à la loi du marché POUR LONGTEMPS !!!!

>>> in la « révolution trahie » >>>

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp2.htm

 Dans son bouquin d’ordre GÉNÉRAL sur le « marxisme », selon lui, il établit la loi du marché comme régulateur de l’économie, d’une manière GÉNÉRALE, et non pas spécialement en lien avec l’éconmie de l’URSS >>>

>>> en 1939 >>> in « le Marxisme[…de Trotsky]  et notre époque » >>>

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

 

ALORS QUE POUR MARX >>>

« Même l’économiste ordinaire se rend compte que sans le moindre changement de  l’offre ou  de la demande occasionné  par des  circonstances extérieures le rapport des deux peut changer à la suite d’un changement dans la valeur de marché des marchandises. Même lui, il doit reconnaître que l’offre et la demande doivent être égales pour obtenir la valeur de marché quelle qu’elle soit.Ceci signifie que le rapport entre l’offre et la demande n’explique pas la valeur de marché, mais au contraire que c’est elle qui explique les fluctuations de l’offre et de la demande. » (Capital, III,  10)

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf

 

Ce qui est exactement l’inverse du propos de Trotsky !!!

Même sans être « spécialiste », cela devrait t’aider à comprendre que pour Marx, et à l’évidence, de plus, c’est la formation de la valeur, sous sa forme finale avant expression du prix, et qu’il appelle « Valeur de marché », qui conditionne l’offre et la demande, et régule donc, en dernier ressort, le marché !!!

Et non l’inverse !!!

C’est ce qui explique que les prix se rapprochent à nouveau de cette «Valeur de marché », entre deux crises…

Alors que la loi du marché, celle de l’offre et de la demande, a au contraire tendance à introduire une distorsion constante entre prix et valeur, ce qui entraîne, précisément, les crises !

Et y compris, sous la NEP, d’où son échec inévitable.

Le « marché » kolkhozien ne portait donc, par contre, que sur une partie suffisamment faible de l’économie soviétique pour rester sous contrôle et il est donc resté maîtrisé, jusqu’à l’avènement du révisionnisme khrouchtchevien >>> achat de blé aux USA >>> dépendance !

Vu ???

Cela règle l’essentiel du débat, quant au fond, c’est à dire, à la base économique. >>>

Ce n’est évidemment pas la loi du marché qui est le régulateur de l’économie (la « main du marché » des ultra-libéraux!), mais la LOI DE LA VALEUR, et quel que soit le régime, capitalisme ou socialisme, et d’où l’intérêt de réduire au maximum le poids de l’économie de marché, dès le début de la transition socialiste, avec pour but de l’éradiquer autant que possible, et même complètement, dès que possible. C’est en ce sens, déjà défini par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, et logiquement choisi par Staline, que l’économie socialiste doit être développée, et non dans le sens inverse, à la Trotsky-Khrouchtchev-Deng Xiaoping !!!

 

Luniterre

 

 

 

 

 

 

 

Un combat actuel, pour l’abrogation totale du CICE, pour l’abolition totale de la CSG!

 

 

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771

L’ABOLITION TOTALE DE LA CSG, C’EST ÉGALEMENT POSSIBLE…

 

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771/u/25062987

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/12/urgence-pour-lhopital-urgence-totale-des-luttes-sociales/

 

 

Climat, Pollution, Migrations, Reculs Sociaux, Une seule cause, le capitalisme-impérialisme !

 

 

Climat, Pollution,

Migrations, Reculs Sociaux,

Une seule cause,

le capitalisme-impérialisme !

 

En vue d’être réélu en 2022 Macron est désormais …En Marche dans les pas de Marine Le Pen, (1) son adversaire fantoche de 2017, mais dont il doit néanmoins capter une partie des électeurs pour éviter que le simulacre de démocratie à l’horizon 2022 ne tourne au fiasco !

 

L’opération « panique climatique-la fin du monde en marche » étant déjà en bonne voie depuis qu’il a adoubé l’innocente Greta au sein même de son palais présidentiel, il lui fallait donc « élargir », car le socle électoral « écolo-bobo » est loin d’être suffisant pour verrouiller 2022.

 

La persistance résiduelle du mouvement « Gilet Jaune » autour des RIC, RIP et autres baudruches agitées par le RN et ses satellites atteste de l’assise large et de la base « populaire » que ce parti a donc réussi à contrôler durablement, malgré son échec grotesque en 2017.

Et confirmant ce constat, c’est bien le même Macron qui avait reçu à l’Élysée, vendredi 22 février, l’adolescente suédoise en affirmant avoir besoin de son soutien pour entraîner une « mobilisation » mondiale( 2 ), qui déclare, lundi 16 Septembre, à propos de l’immigration( 1 ) : « la question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas. Les bourgeois n’ont pas de problème avec cela : ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec »

 

Après Sarkozy et Hollande, cela devient donc une figure imposée du parcours présidentiel en France… Il y a un moment du quinquennat où une incursion sur les terres du social-fascisme paraît s’imposer… Pourtant, les précédents montrent que ce n’est en rien une garantie de victoire pour le sortant…

 

Cela semble par contre être devenu une nécessité intrinsèque du système : le parti familial des Le Pen ne doit pas arriver au pouvoir, mais son idéologie doit néanmoins non seulement perdurer dans la société, mais aussi recevoir une validation officielle pour accréditer sa « légitimité » dans l’esprit des électeurs, et, en réalité, l’y enraciner.

 

Il est pourtant clair que le système n’a aucune intention de mettre réellement fin à l’immigration…

Duplicité cultivée non pas par une sorte d’« humanisme » plus ou moins « contrôlé », mais tout simplement par intérêt, afin d’entretenir à la fois le dumping social et la division raciste du prolétariat, en France comme ailleurs.

 

Il doit donc y avoir, très officiellement, une « bonne » et une « mauvaise » immigration…

 

La « bonne » étant celle qui prétend en outre « justifier » l’image « droit-de-l’hommiste » que la bourgeoisie française tente de se conserver…

 

D’une pierre deux coups, alors que le résultat, tel que voulu réellement par le système, ne fait, tel que vécu sur le terrain des banlieues, aucune différence, aussi bien du côté des migrants que des autochtones…

 

Il n’empêche en rien l’idéologie sociale-fasciste d’y progresser, et c’est bien là le résultat réellement voulu par le système, de toutes façons…

 

Alors que dans les « beaux quartiers » la « nuance humaniste » du chef de l’État continue de faire illusion, notamment et surtout, parmi la bobocratie « de gauche » !

 

Et quant au fond réel, la cause des migrations, qu’elles soient purement « économiques », venant des pays pillés et appauvris par l’impérialisme, ou qu’elles soient pseudo- « politiques », venant des pays ou sévissent des guerres chroniques attisées par …l’impérialisme, c’est donc bien la même : le système capitaliste-impérialiste !

 

Si la question du climat peut encore faire débat, celle de la destruction de la planète par la pollution devient chaque jour une évidence de plus en plus inexorable. Et là aussi le système opère en réalité un « transfert idéologique » en sponsorisant médiatiquement et massivement une nouvelle angoisse « apocalyptique » sur le problème du climat… Alors que sa propre survie impose bel et bien d’un côté la surconsommation des pays riches, avec un renouvellement forcené encouragé par la pub et même imposé par l’obsolescence programmée, et sinon, directement par les « normes », dans le cas des automobiles, et de l’autre, la sous-consommation dans les pays dits « en voie de développement », dont le « développement » est limité, contrôlé, exploité, et sinon, …carrément bloqué par l’impérialisme ! (Cuba, Iran, Venezuela, etc…)

 

Le nouveau social-fascisme qui s’avance, en France comme ailleurs, n’a donc pas le visage caricatural d’un « remake » du nazisme ou autre forme de cette époque, ni même réellement celui de Le Pen et de ses clones familiaux, mais se caractérise précisément par son absence d’uniforme visible, même dans l’idéologie, pourrait-on dire, car il utilise toutes les nuances et contradictions du monde moderne pour les intégrer dans un seul spectacle médiatique ou chacun pense avoir sa place, et même, son propre « combat », alors que tous, en réalité, concourent au même résultat : la survie et la pérennité du système, par la valorisation et l’accumulation du capital !

 

Là est à la fois son point fort et son point faible : il doit en permanence escamoter et dissimuler le fait que la valeur produite par le travail est globalement largement plus que suffisante pour assurer à chaque être humain une vie décente et même agréable, sans luxe excessif.

 

Et c’est le cas aussi en France, immigration ou pas. C’est ce que prouvent, à suffisance, les données économiques réelles.( 3 )

 

La solution n’est pas de s’en prendre à telle ou telle catégorie d’immigrés, ni même de manière générale, mais bien de s’en prendre au capital. Ce qui peut transcender efficacement le racisme, c’est bien d’avoir, entre prolétaires, un intérêt commun dans la lutte contre le capital, un cahier de revendications commun. C’est le seul moyen de régler réellement les problèmes sociaux liés à l’immigration, quel qu’en soit le quota et les critères actuels.

Il reste évident que l’immigration ne peut être laissée hors de tout contrôle, quel que soit le régime au pouvoir, mais c’est bien le fait d’en faire un enjeu majeur de politique intérieure et l’objet d’un combat électoral et idéologique qui fait de la démarche actuelle de la classe politique française un tremplin délibérément construit pour le social fascisme!

Et le seul frein à la pollution, c’est bien aussi d’aboutir à un développement équilibré entre besoins réels et production, et cela passe aussi par un retour de la valeur produite par le travail sur le compte du travail, et non plus sur le compte du capital !

 

En matière de retour, avec l’objectif d’abrogation complète du CICE et de ses substituts, c’est l’abolition totale de la CSG, également tout à fait possible, comme première mesure, ( 4 ) qui doit donc devenir un objectif social unificateur du prolétariat et de toutes les classes populaires !

S’en prendre directement au capital, c’est attaquer à la racine le mal qui est la cause unique des dérives du monde actuel, que ce soit la pollution, les migrations, les reculs sociaux généralisés.

Alors que attendre du système qu’il veuille bien aménager des « solutions » partielles plus ou moins éphémères et fragmentaires, c’est simplement contribuer à sa survie et donc à l’enracinement encore plus durable de la cause unique de tous ces  maux! 

 

Luniterre

 

( 1  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/21/macron-reelu-en-2022-le-social-fascisme-deja-en-marche/

https://www.charentelibre.fr/2019/09/17/la-question-est-de-savoir-si-nous-voulons-etre-un-parti-bourgeois-ou-pas-macron-durcit-le-ton-sur-l-immigration,3487002.php   )

( 2  https://www.ouest-france.fr/environnement/climat/climat-emmanuel-macron-recu-greta-thunberg-la-demande-de-la-jeune-suedoise-6233711   )

 

( 3 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/12/urgence-pour-lhopital-urgence-totale-des-luttes-sociales/  )

 

( 4 https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771/u/25062987  )

 

RÉCENT, SUR LE MÊME THÈME >>>

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/21/macron-reelu-en-2022-le-social-fascisme-deja-en-marche/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/20/cest-aussi-par-greta-que-le-fascisme-avance/

 

SUR VLR, UN ÉCHANGE AVEC LE CAMARADE DO >>>

 

 

Climat/Pollution, Migrations, Reculs Sociaux, Une seule cause, le capitalisme-impérialisme ! 22 septembre 15:43, par do

Salut Luniterre,

Quand tu dis : « Il reste évident que l’immigration ne peut être laissée hors de tout contrôle, quel que soit le régime au pouvoir »

Même en régime communiste ou anarchiste ?

Soit je ne comprends rien à ce que tu dis ;

Soit tu t’exprimes très mal ;

Soit je ne suis absolument pas d’accord.

Bien à toi,
do
http://mai68.org/spip2

 

Climat/Pollution, Migrations, Reculs Sociaux, Une seule cause, le capitalisme-impérialisme !

par Luniterre

Dans un monde totalement unifié, où les frontières auront totalement disparu en tant que limites entre nations politiquement constituées, où elles n’auront pas plus de signification que les « limites » actuelles entre départements, régions et anciennes « provinces de France », devenues purement folkloriques, la liberté humaine aura réellement abouti à un monde meilleur, et on ne se posera même plus la question…!!!

Cela suppose donc d’avoir atteint un stade de développement économique et social équilibré à l’échelle de la planète. Certainement, on pourra alors parler de « communisme » ou d’ »anarchie », au sens anarcho-communiste du terme.

Et cela même si l’on est alors encore en phase économique « de transition », non pas au sens trotskyste, évidemment, mais bien au sens marxiste (de la CPG (*) >>> échanges économiques équilibrés en valeur-travail), on sera alors de toutes façons bien avancés dans la voie du communisme, et nos querelles idéologiques appartiendront à l’Histoire…

Le seul petit problème c’est que cette belle histoire reste donc encore à écrire…!

« Quand les hommes vivront d’amour,
Il n’y aura plus de misère
Et commenceront les beaux jours
Mais nous nous serons morts, mon frère

Quand les hommes vivront d’amour,
Ce sera la paix sur la terre
Les soldats seront troubadours,
Mais nous nous serons morts, mon frère »

(Je le crains fort, hélas…!)

D’ici là, les États indépendants, même anti-impérialistes, se voient inévitablement contraints de contrôler ce qui se passe à leurs frontières…

Plus ou moins selon les circonstances, mais les États encerclés économiquement, comme Cuba, l’Iran, la Russie, etc… y sont pratiquement contraints encore davantage que les autres, pour simplement survivre en tant qu’États indépendants de l’impérialisme, précisément.

Un bloc d’États socialistes indépendants ayant atteint un stade d’échange et de développement équilibré entre eux pourrait éventuellement anticiper ce stade dans les relations qu’ils auraient entre eux, mais on est là dans une hypothèse également très optimiste et bien avancée sur la voie de la victoire finale de la Révolution socialiste à l’échelle planétaire…!

« Dans la grande chaîne de la vie,
Où il fallait que nous passions,
Où il fallait que nous soyons,
Nous aurons eu la mauvaise partie

Quand les hommes vivront d’amour,
Il n’y aura plus de misère
Et commenceront les beaux jours,
Mais nous nous serons morts, mon frère

Mais quand les hommes vivront d’amour,
Qu’il n’y aura plus de misère
Peut-être songeront-ils un jour
À nous qui serons morts, mon frère

Nous qui aurons aux mauvais jours,
Dans la haine et puis dans la guerre
Cherché la paix, cherché l’amour,
Qu’ils connaîtront alors mon frère

Dans la grande chaîne de la vie,
Pour qu’il y ait un meilleur temps
Il faut toujours quelques perdants,
De la sagesse ici-bas c’est le prix

Quand les hommes vivront d’amour,
Il n’y aura plus de misère
Et commenceront les beaux jours,
Mais nous serons morts, mon frère »

https://youtu.be/cZfDRQ_kKOw

(En espérant qu’il y ait réellement un jour sur cette planète des humains pour raconter cette histoire au passé…!)

Luniterre

( * https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/ )

 

 

 

Plus fort que Greta, l’écolo qui sauvera la vie du monde en plantant avec ses mains…

 

 

 

PLANTAGE ÉCOLO

 

Un nouvel Hymne écolo en débat…

 

« par exemple je connait des agriculteurs qui plantent encore leurs graines à la main, ce qui leur permet en autre d’avoir une production plus bio que le bio, plus diversifiée et de ne pas avoir la banque à rembourser »

 

Celui-là n’a pas pensé à la main, ni aux doigts… Ce doit être encore un de ces vieux staliniens productivistes…!

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/06/greta-thunberg-egerie-sans-avenir-steinfeld-ma-tuer/

 

Dominique

septembre 17, 2019 à 10:04  

Cela [NDLR >>> le réacteur Steinfeld] ne fera qu’une technologie de plus dont les nuisances s’ajouteront aux nuisances des technologies plus anciennes. Les capitalistes ne monopolisent pas seulement les moyens de production mais aussi les moyens de recherche, cette fausse science appelée recherche appliquée dont le seul but est de déposer des brevets pour enrichir des actionnaires. Le Capital est inséparable du productivisme industriel et ce n’est pas le Capital qui extermine le vivant mais la société industrielle. Son histoire est têtue: elle nous montre non seulement qu’aucune nouvelle technologie n’a remplacé les anciennes (par exemple je connait des agriculteurs qui plantent encore leurs graines à la main, ce qui leur permet en autre d’avoir une production plus bio que le bio, plus diversifiée et de ne pas avoir la banque à rembourser) et que leurs nuisances s’additionnent.

De plus il est totalement faux de prétendre que cette ces réacteurs solaires sont neutres en carbone car leur fabrication et leur mise en oeuvre dépendent de filières industrielles globalisées qui sont tout sauf neutre en carbone et dont le seul déploiement est un facteur de destruction du vivant. Car il ne faut pas oublier que la société industrielle est d’abord une solution finale par extermination de la vie. Là aussi l’histoire de la catastrophe industrielle est têtue: le rythme de cette solution finale par extermination du vivant n’a cessé d’accélérer avec chaque nouvelle technologie et il accélère encore aujourd’hui avec chaque nouvelle technologie industrielle, même celles labellisées vertes ou durables.

Il faut aussi voir à quoi va servir cette énergie: à alimenter un nombre toujours croissant de biens de consommation de masse à l’obsolescence programmée et de plus en plus programmable à distance dont la construction nécessite toujours plus de destruction du vivant.

Donc désolé, mais je ne peux partager votre scientisme, cette religion qui est la pire de toute car elle n’ose pas s’affirmer en tant que telle et qui n’a rien d’autre à proposer que de plus en plus de technologies dont la mise en oeuvre nique le vivant, et de plus en plus de technologies de plus en plus spécialisées, ce qui impliquent qu’elles renforcent de plus en plus la hiérarchie du productivisme industriel, cette hiérarchie féroce qui va des enfants esclaves dans leurs mines, usines ou plantations aux actionnaires dans leurs tours d’ivoire.

Le productivisme industriel est la pire des hiérarchies du mode de vie industriel car, contrairement aux hiérarchies du pouvoir et de la richesse, la hiérarchie productiviste fait de tous les prolétaires des collabos en impuissance, ce qui les transforme en quelque chose plus proche du débile mental que de l’être humain libre. C’est d’ailleurs les bourgeois qui ont promus le productivisme en premier, ceci afin de remplacer l’esclavagisme par une idéologie de domination totale qui soit applicable à toutes les races et même à la race élue. Donc quand je vois quelqu’un se prétendre à la fois anticapitaliste et productiviste, je suis mort de rire.

Cette naïveté était compréhensible du temps de Marx mais aujourd’hui nous savons que la société industrielle n’a jamais tenu ses promesses et qu’elle est une double catastrophe sociale et environnementale qui n’a aucune solution à proposer. Nous savons aussi que le seul moyen pour arrêter cette solution finale par extermination totale de la vie est de l’arrêter. Nous sommes de plus en plus nombreux à l’avoir compris et à avoir dépassé le stade du déni.

Vive la résistance!
Vive la vie!

Réponse

Luniterre

septembre 18, 2019 à 1:42  

Bonjour,

On ne va pas reprendre ici ce débat point par point, vu qu’il a déjà eu lieu sur VLR, avec les mêmes arguments pitoyables que tu avances ici…

Le lecteur curieux s’y reportera donc, cela fera un peu de visite en plus chez le camarade Do !

http://mai68.org/spip2/

J’y ai peut-être malgré tout loupé un de tes posts, car je me souviens d’avoir posé la question : où veut tu arrêter le curseur du temps dans le recul technologique ?

Quelque part entre le néolithique et le XVIIème siècle, semble-t-il, selon tes posts, mais où, plus précisément ?

Pour ma part, comme je te l’ai dit au début de ce débat, j’ai tout simplement besoin, pour y voir, d’une paire de verres optiques prismatiques qui n’existaient pas avant le 20ème siècle…

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4012#forum3604

Je recolle donc ce post, à la suite…

Sur la question du cycle du carbone dans la fabrication du Steinfeld, il t’a été répondu ici :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4268#forum3915

Je recolle également à la suite…

Il me semble que ça le fait à nouveau, pour l’essentiel.

Sinon, un petit « rappel », il y a 821 millions de personnes qui souffrent simplement d’un mal chronique sur cette planète :

la faim.

https://www.lejdd.fr/International/voici-pourquoi-la-faim-dans-le-monde-a-encore-progresse-3910056

https://www.lafaimexpliquee.org/La_faim_expliquee/Faits_et_chiffres.html

En 2015, 25 000 vies par jour s’arrêtaient dans le monde à cause de ce fléau.

https://www.planetoscope.com/mortalite/32-nombre-de-deces-dus-a-la-malnutrition-dans-le-monde.html

Pour les vivants, selon ton principe, il serait donc bon, effectivement, que tu commences sérieusement à mettre tes doigts dans la terre pour y planter de quoi les nourrir « bio » !

Note que je fais de gros efforts, à l’heure qu’il est, pour te répondre poliment…

Sinon, tu écris très bien tes posts, question style… Dommage que ce soit pour radoter les mêmes …

Bon, ça a failli m’échapper quand même, et je préfère donc en rester là…

Luniterre

Réponse

Luniterre

septembre 18, 2019 à 1:45  

Le « productivisme », une condition de la révolution prolétarienne

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4012#forum3604

26 juillet 16:44, par Luniterre

Bonjour à tous,

Débat intéressant…

Juste un gros bémol, à propos de « productivisme »…

En fait, il n’existe tout simplement pas de société humaine, ni même d’humanité tout court, sans productivisme…

L’industrie de la pierre taillée, productrice d’outils indispensables pour la chasse, commence il y a 3,3 millions d’années, avec l’Australopithèque, qui était un hominidé, mais pas encore un être humain, selon les scientifiques…!

Depuis, on n’a fait que « perfectionner » le système, sous diverses formes… Ce qui renvoie « dos à dos » MM. Bibeau et Dominique…

La question réelle est donc bien le choix de la production envisagée, c’est à dire, en vue de quels besoins à satisfaire.

C’est donc la définition des besoins à satisfaire qui est réellement déterminante, in fine.

Le capitalisme possède sa propre dynamique interne sur la base des besoins solvables, et donc sur ce seul critère de solvabilité.
C’est manifestement cela qu’il est impératif de changer.

Reste donc à définir le niveau de développement « productif », « industriel », que l’on veut atteindre, en tenant évidemment compte de la limite des ressources naturelles de la planète…

M. Dominique nous parle des moulins à vent de Don Quichotte… Cela nous ramène au début du 17e siècle… Pour ma part, très égoïstement, j’ai régulièrement besoin d’une bonne paire de lunettes dotée de verres prismatiques qui n’apparaissent qu’au 20e siècle… Il va donc falloir négocier sérieusement !!!

Un point sur lequel on peut donc néanmoins lui donner raison, c’est qu’un recul brutal de civilisation, en termes de niveau de développement industriel, cela règlera effectivement et très efficacement le problème de la surpopulation.

Et donc, pour l’essentiel, celui des ressources de la planète, si elles ne sont pas déjà épuisées avant !

Pour mémoire, le « socialisme « localiste »-communaliste » de Mao Zedong à fait très officiellement, en quatre ans, de 1959 à 1962, 16,5 millions de morts… Et évidemment le double, ou même le triple, selon d’ »autres sources « …

Luniterre

Réponse

Luniterre

septembre 18, 2019 à 1:46 

L’enfer du permafrost arctique
http://mai68.org/spip2/spip.php?article4268#forum3915

10 septembre 17:45, par Luniterre

Un point pour Dominique ???

« L’autre grand intérêt de ce carburant c’est qu’en brûlant il n’émet que le Co2 capturé lors de sa fabrication, donnant ainsi un bilan carbone nul sur l’ensemble du cycle de production-consommation ! »

Ceci est évidemment faux car pour produire une tel réacteur, il faut en une série de technologies industrielles globalisées dont le bilan carbone n’est pas pris en compte et dont la seule mise en oeuvre suffit pour niquer le vivant. »

Effectivement, ta remarque est pertinente, jusqu’à un certain point… Mais la phrase précise >>> « sur l’ensemble du cycle productiion-consommation », sous-entendu >>> du carburant lui-même, et cela n’infère rien de la production du dispositif lui-même !

La phrase est peut-être ambiguë, mais la question technique ne l’est pas : reste effectivement à comparer avec d’autres technologies, qui posent évidemment toutes cette même problématique, dont les panneaux solaires, qui restent une option complémentaire valable.

En réponse à une question d’un lecteur, la question thermodynamique est évoquée ici >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/09/recherches-de-steinfeld-un-reacteur-qui-fait-reagir/

Note que l’usage de l’énergie solaire ne pose autrement pas de problème écologique réel, et donc, une fois le cycle amorcé, le carburant « neutre » par lui-même, question carbone, peut servir aussi aux industries de fabrication des divers composants du réacteur Steinfeld, [ >>> et donc réduire, sinon annuler, leur bilan carbone, également >>> Note rajoutée au 18/09/2019 à l’intention des durs à la comprenette…] tout comme à d’autres productions socialement utiles, d’ailleurs.

Sans être vraiment versé dans la technologie, j’ai aussi un passé lointain d’ouvrier de l’industrie automobile et métallurgique et je reste persuadé que l’orientation de la recherche vers cette technologie ou d’autres similaires est possible, si la volonté politique s’en trouve !

Luniterre

PS >>> sinon, c’est l’option retour en arrière, quelque part entre le néolithique et le XVIIe siècle >>> tu ne nous a toujours pas précisé où tu souhaites vraiment placer le curseur de la machine à remonter le temps…!

 

AU BERCEAU DU CAPITALISME FINANCIER…

 

 

Luniterre

septembre 18, 2019 à 11:17

Une autre grosse … qui est récurrente dans tes propos, c’est l’inversion du lien de causalité entre développement du capitalisme et développement des moyens de productions industriels… A te lire, c’est clairement le mode de production industriel qui est à l’origine du capitalisme, et non l’inverse…

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4012#forum3579

« Quand aux limites du capitalisme, ce sont celles de la société industrielle dont il est l’outil économique. Comme cette société ne respecte aucune des limites fixées par le vivant, les limites de ce mode de vie sont la disparition totale du vivant dont nous faisons parties pour le meilleur comme pour le pire, ce qui est bien parti pour.

Je n’ai jamais parlé de réformer le capitalisme mais de le détruire en arrêtant le mode de vie industriel dont il est l’outil économique, mode de vie mortifère qui est comme le capitalisme, non réformable. »

Et aujourd’hui :

« Le Capital est inséparable du productivisme industriel et ce n’est pas le Capital qui extermine le vivant mais la société industrielle. »

Ce qui, au passage, reste une défense implicite du capitalisme, contrairement à tes proclamations, mais ce n’est pas le plus … du point de vue de la vérité historique.

Le capitalisme a commencé à accumuler bien avant l’apparition de l’outil industriel, et même dès le moyen-âge, en fait :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/19/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-2/

« [le capitalisme financier joue] , dès l’origine de la formation du capitalisme, un rôle pivot essentiel à l’intersection du capital commercial et du capital bancaire. C’est ce que Marx observait déjà à propos de l’accumulation primitive du capital :

« Les différentes méthodes d’accumulation primitive que l’ère capitaliste fait éclore se partagent d’abord, par ordre plus ou moins chronologique, le Portugal, l’Espagne, la Hollande, la France et l’Angleterre, jusqu’à ce que celle-ci les combine toutes, au dernier tiers du XVII° siècle, dans un ensemble systématique, embrassant à la fois le régime colonial, le crédit public, la finance moderne et le système protectionniste. »

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

Marx avait déjà nettement une conscience historique de l’origine ancienne et même moyenâgeuse du capital financier :

« Avec les dettes publiques naquit un système de crédit inter­national qui cache souvent une des sources de l’accumulation primitive chez tel ou tel peuple. C’est ainsi, par exemple, que les rapines et les violences vénitiennes forment une des bases de la richesse en capital de la Hollande, à qui Venise en décadence prêtait des sommes considérables. A son tour, la Hollande, déchue vers la fin du XVII° siècle de sa suprématie industrielle et commer­ciale, se vit contrainte à faire valoir des capitaux énormes en les prêtant à l’étranger et, de 1701 à 1776, spécialement à l’Angleterre, sa rivale victorieuse. Et il en est de même à présent de l’Angleterre et des États-Unis. Maint capital qui fait aujourd’hui son apparition aux États-Unis sans extrait de naissance n’est que du sang d’enfants de fabrique capitalisé hier en Angleterre. »

(…)
« Le système du crédit public, c’est-à-dire des dettes publiques, dont Venise et Gênes avaient, au moyen âge, posé les premiers jalons, envahit l’Europe définitivement pendant l’époque manufacturière. Le régime colonial, avec son commerce maritime et ses guerres commerciales, lui servant de serre chaude, il s’installa d’abord en Hollande. La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. Il n’y a donc pas à s’étonner de la doctrine moderne que plus un peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit public, voilà le credo du capital. Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l’incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnables. »

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

« Marx, Gilet Jaune ! », serait-on tentés de s’exclamer… S’ils font, incidemment, du « marxisme », toutefois, nos Gilets Jaunes sont un peu comme M. Jourdain, qu faisait de la prose sans le savoir, et donc, sans réellement déranger le « bourgeois gentilhomme » qui nous gouverne  !

Quoi qu’il en soit, ce n’est donc pas d’un phénomène entièrement nouveau, dont Lénine nous parle, mais bien d’un saut qualitatif dans son rôle économique et social.

Dans la deuxième moitié du XXème, siècle avec les travaux historiques du français Fernand Braudel et d’autres, l’origine historique du capital financier a même pu être tracée avec plus de précision, jusqu’à l’étymologie elle-même du mot « Bourse », sur une place de Bruges où se situait l’auberge « Ter Buerse », éponyme de la famille propriétaire, Van der Buerse. C’était évidemment le lieu de rencontre pour les affaires importantes en ce temps… (fin XIIIème et XIVème siècle). D’autres traces, encore plus anciennes (XII ème siècle), se trouvaient à Paris, sur le « Grand Pont » de l’Île de la Cité remplacé depuis par le Pont au Change, dont le nom reste évocateur de ses fonctions passées.

Ce dont Lénine nous parle, ce n’est donc pas d’un phénomène nouveau en soi, mais bien nouveau, néanmoins, par la constitution d’une nouvelle oligarchie financière au sein même de la bourgeoisie déjà devenue la classe dominante dans la plupart des pays où s’est opérée la révolution industrielle.

C’est avec la révolution industrielle, avec l’essor du capitalisme productif industriel, que la bourgeoisie devient réellement une classe dominante hégémonique, mais ce n’est que pendant les toutes premières décennies de cette révolution que le capitaliste industriel semble à lui seul sur le point de réellement dominer la société. »

Dès le début du 20ème siècle, c’est la domination du capital financier qui conditionne le développement industriel, et non l’inverse ! On y est encore.

Le capital financier est devenu hégémonique au point qu’il n’existe quasiment plus de « petit capital productif » qui n’en dépende, d’une manière ou d’une autre.

Luniterre

 

 

LE PONT AU CHANGE

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/92/Pont_au_Change_in_1577.jpg

1577

 

https://pbs.twimg.com/media/CxEF2J1WQAEU9R9.jpg

1752

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/76/P1140649_Carnavalet_H_Robert_demolition_maisons_pont_au_Change_rwk.jpg

1788

 

 

https://proxy.duckduckgo.com/iu/?u=http%3A%2F%2Fthejigsawpuzzles.com%2Fimg-puzzle-6391793-1024%2FPont-au-Change-Paris&f=1&nofb=1