« Défense des acquis sociaux »: un concours de mystifications néo-thoreziennes…

 

« Défense des acquis sociaux »:

 

Un concours de mystifications

néo-thoreziennes…

 

 

Dans un article récent, notamment republié sur VLR ( http://mai68.org/spip2/spip.php?article2339 et ici en doc PDF:-recul sur les retraites- ), un autre micro-parti thorezien, le PR-C, qui se veut donc différent du PRCF, s’inquiète néanmoins d’un « recul de civilisation » qui serait la conséquence de la faillite du système actuel de protection sociale, et notamment de la retraite par répartition, à cette occasion.

Derrière une apparence de radicalité dans sa conclusion, cet article est une mystification kollaborationniste thorezienne (…sur le retour) de plus !

En fait, cette « conclusion » contient déjà sa propre contradiction :

« La lutte quotidienne pour la défense des acquis, pour la satisfaction des revendications immédiates est une absolue nécessité.

Mais, seule, elle ne suffit pas, la lutte politique est indispensable contre le capitalisme jusqu’à sa disparition et son remplacement par une société socialiste, pour permettre le développement social, économique au service du peuple. »

Si le socialisme est indispensable pour réellement « permettre le développement social, économique au service du peuple », il est donc fondamentalement faux d’affirmer que « la lutte quotidienne pour la défense des acquis, …est une absolue nécessité », alors qu’elle n’est précisément qu’une « nécessité » très relative, vu que ces « acquis » sont inévitablement condamnés par la crise du capitalisme, et donc réellement condamnés, sauf à en finir avec lui en tant que système économique.

On a donc là le discours classique d’un parti révisionniste et réformiste qui veut se donner une coloration « de gauche », et, en prime, s’adjuger le contrôle sur le mouvement ouvrier en se posant comme « seul parti » de la classe ouvrière, c’est à dire, en fait, comme seul interlocuteur de la kollaboration de classe réformiste, dans son cas.

Le tour de passe-passe est néanmoins assez habilement effectué en mettant cette « défense absolue » des « acquis sociaux » sur le même plan que « les revendications immédiates », qui sont effectivement les premiers pas dans la lutte des classes.

Effectivement, dans le cas de ce micro-parti, comme dans dans d’autres cas similaires, et notamment, le PRCF, on a affaire à de vieux chevaux de retour du révisionnisme et bien expérimentés dans le double langage.

La base idéologique qui leur est commune, du reste, c’est de faire de la politique issue du CNR l’alpha et l’omega de la lutte de classe, alors qu’elle n’est que l’expression de la kollaboration de classe qui a permis la liquidation de la résistance prolétarienne réelle, sur le terrain.

Ce discours vise à masquer a base économique réelle de cette politique, qui est la reconstruction de l’impérialisme français, au lendemain de la guerre, avec son nouveau cortège de crimes et de massacres.(*)

C’est ce masque en réalité hideux qui leur permet d’oser affirmer :

« Ce système a fait ses preuves. Pendant plus de 30 ans, en même temps que ce progrès de civilisation pour le peuple, Il a été un des facteurs du redressement du pays après la seconde guerre mondiale, la France a connu une forte expansion économique et sociale, ce système a apporté une part décisive dans l’amélioration générale de la santé, à l’allongement de la durée de vie. »

Bien entendu, ils prétendent que ce résultat mirifique serait entièrement du à l’action du PCF thorezien :

« Le capitalisme dont le but est la recherche du profit maximum n’a jamais admis cette conquête qui lui a été imposée, il a toujours recherché à reprendre cette conquête favorable au peuple. »

Alors qu’en réalité, à travers leur kollaboration de classe, le capital ne fait que négocier la paix sociale au meilleur prix pour ses intérêts, et s’arrange toujours pour faire baisser le prix, tout en maintenant la paix sociale.

A présent, les « acquis » se réduisent comme peau de chagrin et l’influence électorale du PCF est passée de 28,2% en 1946 à 2,7% en 2017…

D’une part, avec l’évolution de la crise, la bourgeoisie n’a plus les moyens de « financer » la kollaboration de classe à un niveau aussi élevé, et d’autre part, le PCF et ses micro-clones néo-thoreziens n’ont plus les moyens de « négocier », ayant perdu toute crédibilité, au fil des années et des luttes, à s’arc-bouter pour la « défense des acquis » au lieu de centrer la lutte sur la construction d’une alternative.

La lucidité et la clarté politique consistent au contraire à montrer que ces prétendus « acquis sociaux » sont condamnés, et même à court terme, désormais, par le système et que l’urgence est de construire l’alternative sur la base d’un programme réellement socialiste et élaboré démocratiquement, en vue d’établir une correspondance entre forces productives et besoins sociaux réels, sur le terrain.

Luniterre

 

(* https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/20/de-la-desolation-du-social-chauvinisme-en-deroute/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/07/2008-2018-situation-internationale-10-ans-de-crise-quel-remede/

 

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4 commentaires

  1. C’est toujours la même difficulté avec les articles de Luniterre.

    Il passe d’une lucidité générale à des erreurs tactiques gauchistes.

    La « défense des acquis sociaux » (qui n’en sont autre chose que l’expression de la collaboration de classes lors de la période de taux de profit suffisant plus les combats de la classe ouvrière, mais des combats menés sans mettre en danger le capitalisme) qui Luniterre conspue comme « révisionniste » …est une obligation.

    Si on ne se bat pas pour chaque parcelle de terrain, on ne se bâtera pas pour les grandes causes.

    Alors, d’un côté, sa critique de la supercherie des acquis sociaux (qui convenaient tant à la bourgeoisie comme à la bureaucratie politique et syndicale) mais aussi aux travailleurs dans le court terme (sous la philosophie de ‘vaut mieux oiseau en main qui cent qui volent’ et qui correspond tant au niveau politique de l’époque et à l’orientation générale des partis ouvriers influents) il passe allègrement à l’éternel gauchisme de:

    Les revendications partielles, les « programmes de transition » sont « révisionnistes », « trotskistes » etc.

    Vieille rengaine gauchiste complément indispensable de toute déviation de droite.

    Luniterre ne semble pas comprendre que pour arriver de Lyon à Paris il faut bien passer par Chalons (si l’on prend le train). Etant donné qu’aujourd’hui on se déplace en charrette plutôt question niveau d’organisation, de conscience politique, parti et autre, mieux vaut participer aux luttes qui existent.

    Naturellement sans se donner des titres qui ne correspondent pas comme par exemple « le parti de la classe ouvrière » quand on est une poignée et même si on pense qu’on est l’avant-garde consciente (ce qui est à prouver et qui n’est pas encore prouvé). Moins encore proclamer ce que l’on ne peut pas assurer. Le ridicule tue et éloigne les gens.

    Mais qu’il faut s’opposer à toutes les politiques de la réaction (tout en expliquant véritablement leur nature et l’historique réel) c’est obligatoire.

    J’aimerai bien demander à Luniterre (à part la reconstruction du parti, qui ne peut pas se faire en abstrait en dehors des combats de la classe) que propose donc-t-il?

    Faire son chemin à côté loin des luttes et du niveau réel de conscience des militants et de la masse?

    J’ai déjà donné et cela est une impasse encore pire.

    1. Bonjour, camarade

      Deux passages, que tu n’a pas bien lu, ou mal compris…. :

      « Si le socialisme est indispensable pour réellement « permettre le développement social, économique au service du peuple », il est donc fondamentalement faux d’affirmer que « la lutte quotidienne pour la défense des acquis, …est une absolue nécessité », alors qu’elle n’est précisément qu’une « nécessité » très relative, vu que ces « acquis » sont inévitablement condamnés par la crise du capitalisme, et donc réellement condamnés, sauf à en finir avec lui en tant que système économique. »

      (…)

      « Le tour de passe-passe est néanmoins assez habilement effectué en mettant cette « défense absolue » des « acquis sociaux » sur le même plan que « les revendications immédiates », qui sont effectivement les premiers pas dans la lutte des classes. »

      >>>Donc, une défense « relative », donc tactique, n’est effectivement pas une défense « absolue », qui passerait avant l’offensive politique nécessaire contre le capital.

      >>>Une défense tactique permet l’explication politique de l’offensive, et donc d’expliquer aussi la limite de la « défense des acquis », et donc de transformer la défaite inévitable sur ce plan en avancée politique, et, éventuellement, en victoire tactique sur tel ou tel point des « revendications immédiates. »

      >>>Une telle victoire tactique, débarrassée des illusions sur les « acquis sociaux » devient à son tour une victoire politique, utile pour améliorer le rapport de forces, et non renforcer les illusionnistes révisionnistes.

      >>>C’est pourquoi il nous faut un journal militant, en version papier, pour avancer politiquement sur le terrain, et pas seulement dans les polémiques, où les sociaux-chauvins sont aujourd’hui coincés mais nous font encore barrage, sur le terrain, tant que nous n’y allons pas.

      Luniterre

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