Unité CGT-GJ : Le baiser qui tue ?

 

 

 

 

Unité CGT-GJ :

 

Le baiser qui tue ?

 

 

On reproche assez souvent au mouvement GJ son manque d’unité et surtout, son manque de cohérence dans les revendications…

En étudiant la liste des 42 revendications, émise depuis le 29 Novembre, on a déjà vu que cette apparence hétéroclite tient plus à la formulation, parfois maladroite, il est vrai, qu’au fond, qui reflète fort bien, en réalité, la diversité des préoccupations sociales urgentes qui ont motivé le mouvement depuis son origine.

Dès le départ, l’hostilité manifestée par les confédérations syndicales n’a pas permis un débat réellement structuré sur ces revendications.

Dépassées par ce mouvement qu’elles n’ont pu endiguer, et cela au grand dam du gouvernement macronien, de plus, elle ont parfois tenté de prendre le train en marche, ici et là, le plus souvent poussées par la base, mais sans réellement investir leurs compétences pour aider les GJ à reformuler leurs revendications de manière appropriée, et dans le respect de leurs motivations. Bien au contraire, les rares fois où une ébauche de convergence se produit elles contribuent à brouiller l’originalité du message GJ et au lieu de l’éclairer, elles l’incitent hypocritement, par leurs manœuvres de récupération, à céder aux sirènes de la démagogie et de la surenchère verbale. En fait , tout en prétendant renforcer le mouvement elles contribuent à en donner une image réductrice et coïncidant, par contre, avec l’image que les médias au service du pouvoir s’acharnent déjà à donner de lui  !

Une nouvelle forme, particulièrement vicieuse, de kollaboration de classe et de liquidationnisme.

L’exemple nous en est donné par un tract CGT en provenance de Martigues et appelant à une manifestation commune CGT-GJ le Samedi 5 Janvier 2019.

En effet, qui ne souhaiterait pas à la fois une hausse de salaire, plus de service public, plus d’accès à la santé, plus de démocratie, et moins d’impôts ???

Mais en quoi ce genre de généralités constitueraient-elles une plate-forme revendicative cohérente, comme ose le prétendre le secrétaire général de l’Union Locale CGT sur France 3 ??? (1) En quoi seraient-elle un apport positif au mouvement GJ ?

Les deux seuls revendications assez clairement formulée sur ce tract sont, il est vrai, les deux premières :

_La suppression des taxes et de toutes TVA.

_Le retour de l’ISF.

Même si une autre ligne fait une allusion vague à une « fiscalité équitable », le seul processus proposé implicitement par ce tract est donc concrètement l’idée que le retour de l’ISF pourrait compenser à la fois la « suppression des taxes » et celle « de toutes TVA » !

 

 

 

 

Bien évidemment la revendication de rétablissement de l’ISF, emblématique en matière de justice fiscale, n’est pas que purement symbolique, et on comprend bien qu’elle soit reprise par le mouvement GJ. Toutefois, en faire une ressource majeure, sinon la ressource unique, comme dans ce tract CGT, d’une « fiscalité équitable », cela relève effectivement de la pure démagogie. Si l’on veut véritablement chercher à comprendre et à expliquer ce que pourrait être une fiscalité réellement plus équitable, il est donc absolument nécessaire de dénoncer cette démagogie.

C’est nécessaire autant pour poser les bases d’un débat utile au sein du mouvement GJ que pour renouer avec l’image extrêmement positive qui était la sienne à l’origine, et que le pouvoir, et ici, avec l’aide de la CGT, s’ingénie à détruire.

En effet, bon an mal an, l’ISF rapportait à l’Etat 4 à 5 Milliards d’Euros, au grand maximum.

« En 2008, il a rapporté 4,2 milliards d’euros, soit environ 1,5 % des recettes fiscales de l’État ou 0,5 % du total des prélèvements obligatoires. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%B4t_de_solidarit%C3%A9_sur_la_fortune

 

« Pour sa dernière année d’existence,[2017] l’ISF a été rentable. Selon un rapport d’information de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, les recettes générées se sont élevées à 5,56 milliards d’euros. Un record. Initialement, la loi de finances 2017 ne tablait d’ailleurs que sur 5,4 milliards d’euros après les 5,2 milliards d’euros constatés en 2016. (…) L’Etat n’a toutefois pas réellement encaissé 5,56 milliards d’euros l’an passé. L’ISF était en effet plafonné afin que l’ensemble des impôts des redevables ne dépasse pas 75% de leurs revenus. Ainsi, le plafonnement a retiré 1,33 milliard d’euros de recettes en 2016. Le produit net de l’ISF a donc été de 4,23 milliards d’euros. »

https://argent.boursier.com/impots/actualites/pour-sa-derniere-annee-lisf-a-rapporte-4-23-milliards-deuros-5045.html

Ces 4,2 Milliards sont donc à comparer avec la nature des autres recettes fiscales, et notamment, avec la TVA, que la CGT voudrait donc, selon ce tract, voir disparaître et compenser essentiellement par le retour de l’ISF :

http://www.senat.fr/rap/l18-147-1/l18-147-130.png

http://www.senat.fr/rap/l18-147-1/l18-147-19.html

Comme on le voit, même si le montant total prévisionnel de la TVA collectée par l’Etat est en baisse pour 2019, avec 130,3 Milliards d’Euros, c’est tout de même plus de 31 fois le montant de l’ISF… !!!

De la part de responsables syndicaux supposés avoir une formation militante et donc au moins quelques notions rudimentaires d’économie, rédiger et diffuser un tract présenté ainsi, et voulant, de plus et très explicitement, avec la symbolique de l’image en tête, représenter l’alliance éventuelle du mouvement GJ et du syndicalisme, c’est délibérément à la fois manipuler les GJ locaux et donner d’eux une image particulièrement négative qui ne peut concourir qu’à enterrer leur mouvement tout en prétendant « être solidaires ».

Alors que dès le début du mouvement GJ, au moment où se construisait encore le rapport de force qui allait contraindre le pouvoir macronien à un recul tactique, le débat social a porté d’une manière générale sur la pression économique induite par l’ensemble des prélèvements obligatoires, une très grande confusion s’était établie sur toutes ces questions, et notamment celle de la frontière entre cotisations sociales (« charges sociales ») et taxes et impôts à proprement parler.

Le rôle des syndicats, et notamment de la CGT, aurait du être d’intervenir pour clarifier ces questions et proposer des solutions revendicatives à la hauteur des enjeux.

En effet il est clair qu’après la TVA, une taxe injuste parmi d’autres, mais de loin la plus massive, la pression la plus forte en termes de prélèvements obligatoires ne vient pas réellement d’un impôt puisqu’il s’agit de celle de la CSG, dont le produit est destiné à financer la protection sociale et qui reste donc, fondamentalement, une forme supplémentaire de cotisation sociale et donc de « charge sociale », mais entièrement assumée par le contribuable.

Et donc, cette confusion des genres, instituée par Michel Rocard, alors premier ministre du deuxième mandat de « Tonton » en 1991, nous ramène néanmoins en grande partie à un problème de justice et d’égalité fiscale…

…Ou d’injustice et d’inégalité, bien que selon les termes du dit Rocard ce devait être un instrument de « justice sociale »… !

http://discours.vie-publique.fr/notices/903372600.html

En effet, l’idée, pertinente dans son principe, consiste à faire « cotiser » tous ceux qui bénéficient de la Sécu sans pour autant cotiser via leur travail. Outre les salaires (« revenus d’activité »), cette « cotisation » supplémentaire, pour eux, s’étend donc aux revenus des retraites (« revenus de remplacement »), aux revenus du patrimoine (foncier, « revenu immobiliers » >>> loyers), aux revenus de placements (« revenus mobiliers » >>> capital >>> dividendes).

A l’origine, à sa fondation, en 1991, le taux unique s’élevait à 1,1% sur tous les types de revenus, du salarié au capital. La notion de progressivité était donc déjà absente, dès le départ, quoi qu’ait tenté de prétendre Rocard à ce sujet :

**************

« M. le Premier ministre. La contribution sociale généralisée est donc un impôt, c’est notre seul point d’accord. [ NDLR : A nouveau contesté par d’autres juristes, depuis] Plus exactement, c’est juridiquement une imposition car elle pèse sur l’ensemble des revenus sans contrepartie directe sous forme de prestation.

M. René Dosière. C’est clair !

M. le Premier ministre. La jurisprudence du Conseil constitutionnel est là pour le confirmer, et il ne m’appartient pas de la remettre en cause.

M. Jean-Marie Demange. C’est certain !

M. le Premier ministre. Il s’agit donc d’une forme d’imposition nouvelle directement affectée à la sécurité sociale. C’est une imposition plus juste.

Deuxièmement, la contribution sociale généralisée est non déductible.

M. Charles Ehrmann. Embêtant !

M. le Premier ministre. C’est ce qui fonde sa légère progressivité par rapport au revenu disponible et donc son caractère de justice sociale. (Rires et exclamations sur plusieurs bancs des groupes du Rassemblement pour la République et Union pour la démocratie française.)

M. Eric Raoult. il vaut mieux entendre ça qu’être sourd !

M. le Premier ministre. Retenir la déductibilité fiscale comme en matière de cotisations sociales serait, mesdames, messieurs les députés, confirmer l’inéquité actuelle. Je ne m’y résoudrai pas ! (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)

M. Pierre Pasquini. Et nous non plus !

M. Jean-Marie Demange. Oui, quelle démagogie !

M. le Premier ministre. Troisièmement, la contribution sociale généralisée pèsera sur tous les revenus. Oui, les revenus du patrimoine y contribueront, et les revenus de remplacement également.

M. Jean-Claude Lefort. C’est le pâté de cheval et d’alouette !

M. le Premier ministre. Chacun paiera dorénavant les charges de solidarité nationale en fonction de son revenu et sur la base d’un principe fort simple : à revenu égal, prestations égales et contribution égale . (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste.)

Je crois pour ma part à ce vieux principe républicain qui veut que la contribution de tous aux dépenses de tous soit répartie en fonction des possibilités de chacun. Cela remonte à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.(…) »

 

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Comme on peut le voir à travers ce fragment d’ « anthologie » du débat politique français, l’hypocrisie et le cynisme de la classe politique ne datent pas d’hier et Macron en remet une couche avec ses vœux 2019 :

« Vous le voyez, nous sommes en train de vivre plusieurs bouleversements inédits : le capitalisme ultralibéral et financier trop souvent guidé par le court terme et l’avidité de quelques-uns, va vers sa fin ; notre malaise dans la civilisation occidentale et la crise de notre rêve européen sont là.» (2 )

 

Dans un cas comme dans l’autre, c’est, selon l’expression populaire, « l’hôpital qui se moque de la charité » !

 

Depuis 1991 le taux de CSG n’a cessé d’augmenter, et vient de passer, en 2019, de 8,3% à 9,2% sur les revenus d’activité… !

 

Une certaine différenciation s’est toutefois opérée, et encore tout récemment, donc, sous la pression du mouvement des Gilets Jaunes, aboutissant à des taux différenciés en vue de soulager les retraites les plus modestes.

 

Des exonérations existaient déjà pour les très petites retraites depuis quelques années, mais l’annulation de la hausse pour certaines aboutit donc à une différenciation encore plus grande, évidemment bienvenue dans le cadre de la crise actuelle.

 

Rappelons tout de même qu’il s’agit là de cas de retraités qui se situent, le plus souvent, en dessous du seuil de pauvreté, à 1026 euros/mois pour une personne vivant seule, par exemple. (3)

 

Rappelons encore, précisément pour rester cohérents dans l’élaboration de nos revendications, que la liste du 29 Novembre (dite des 42 Revendications, ou « directives du peuple » – (4) posait 1200 euros net comme minimum de retraite.

 

Ce minimum doit donc soit être exonéré lui-même, soit être augmenté d’une quote-part reversée au titre de la CSG, ce qui serait évidemment, en réalité, encore plus cohérent !

 

Dans les conditions actuelles d’inégalité sociale extrême où l’Etat se voit dans la nécessité d’exonérer les plus faibles retraites, parler de contribution sociale « généralisée » n’est donc plus réellement le terme adapté. En serait-on pour autant arrivés à un état de « justice sociale » réelle, comme le prétendent nos politiciens de service depuis Rocard ?

 

 

Si le budget de la Sécu a quasiment atteint l’équilibre en 2018, ce n’est donc évidemment pas sans l’apport de la CSG, qui y contribue pour 23% :

http://www.senat.fr/rap/l17-077-1/l17-077-11.gif

 

Si l’on s’en tient au résultat pour 2018, cela représente donc 114 Milliards d’euros (sur 498), franchissant ainsi la barre des 100 Milliards qui n’était que « frôlée » en 2017, avec 99,4 Milliards, déjà.

« En 2017 (avant l’augmentation des taux), pour l’ensemble des attributaires, le rendement de la CSG nette s’est élevé à 99,4 milliards d’euros. La composante la plus importante de la CSG est celle assise sur les revenus d’activités »(5)

 

Difficile d’anticiper ce qu’il en sera réellement en 2019, mais ces 114 Milliards sont donc à comparer, désormais, avec les 130 Milliards prévus au titre de la TVA. « Impôt » ou « cotisation sociale », quoi qu’il en soit, la CSG est devenue le deuxième prélèvement obligatoire, après la TVA, et loin devant l’impôt sur le revenu, qui ne représente plus, si l’on ose dire, « que » 70 Milliards d’euros… En est-on arrivés pour autant à plus de « justice sociale » dans la répartition des charges, avec ce système « hybride », mi-impôt mi-cotisation?

 

Dans le débat de 1991 un député rappelait déjà, à ce propos, la célèbre recette du pâté d’alouette, à savoir, une alouette pour un cheval… Voyons ce qu’il en était, en 2017, de l’origine de ces charges sociales…

 

 

 

https://fr.wikipedia.org/api/rest_v1/page/graph/png/Contribution_sociale_g%C3%A9n%C3%A9ralis%C3%A9e/0/5a3e8a3dfdebbcf78322bc0bc1b5bdf2e6aaf3dd.png

 

On n’a donc pas ici de chiffres exacts en pourcentages, mais le rapport de proportion visible montre que la plus grande partie des 99,4 Milliards d’euros de CSG de cette année là incombent au »cheval » des salariés et des retraités. De plus, il est à considérer que les revenus du patrimoine sont aussi parfois ceux de familles de classes moyennes et non réellement de capitalistes invétérés…

Au final, la part incombant réellement aux revenus du capital reste ultra-minoritaire. Une « alouette » très peu déplumée, en fait…

Bien évidemment, il faut tenir compte que cette somme globale, pour faramineuse qu’elle soit, n’est donc que pour 23% du budget de la Sécu, et que la répartition totale va peut être dans un sens différent… Or qu’en est-il réellement ?

 

En 2016, la répartition globale, incluant donc la CSG, se situait ainsi :

 

http://www.senat.fr/rap/l17-077-1/l17-077-14.gif

 

Ici les critères retenus sont donc différents, mais on a, pour point de comparaison, la part des revenus d’activité (salaires), des revenus de remplacement (retraites), et des revenus du capital.

Or il se trouve que l’on a, pour 2018, et suite à l’augmentation de la CSG, la situation suivante :

http://www.senat.fr/rap/l17-077-1/l17-077-15.gif

 

On constate ici, avec des critères identiques, les deux schémas se faisant suite dans le document d’origine (6), que la part imposée au capital a encore diminué, et que celle à la charge des salariés, par contre, a encore nettement augmenté.

 

Outre ce constat d’évidence, le document, issu du sénat, et qui n’a donc rien d’un pamphlet révolutionnaire, constate :

 

« Le résultat brut de la mesure d’augmentation de la CSG est négatif pour la sécurité sociale de 0,5 milliard d’euros et positif pour l’État de 5,94 milliards d’euros, via l’ajustement de la fraction de TVA et l’affectation du prélèvement de solidarité. »

http://www.senat.fr/rap/l17-077-1/l17-077-16.gif

 

Comme on peut le voir encore ici, l’ambivalence du statut de la CSG n’est, en pratique non plus, pas forcément levée. Et d’autant moins qu’on a déjà vu, à propos de la TICPE (3), que la destination finale des recettes fiscales est souvent loin de leur but originellement invoqué, et ce qui est étiqueté « social » dans les recettes du budget général de l’Etat, est en fait soumis au sort commun de ses dépenses et autres dettes dont l’aspect « social » est loin d’être le maître mot.

 

Autre exemple, en 2019, la CSG sur les revenus du capital continue, quant à elle, de baisser… ! (7) Le taux global d’imposition sur le capital, le PFU, dit « flat tax », reste certes constant, et son aspect « social », très formellement aussi, par l’instauration d’un « prélèvement de solidarité » qui remplace une série d’autres taxes préexistantes. Néanmoins, il s’agit là clairement encore d’un impôt et non d’une participation aux charges sociales :

« A compter du 1er janvier 2019, un prélèvement de solidarité sur les revenus du patrimoine et les produits de placement au taux de 7,50% est instauré. L’assiette du prélèvement est identique à celle de la CSG sans qu’il soit toutefois possible d’y échapper pour les non-résidents. Le produit du prélèvement est par ailleurs affecté au budget de l’Etat, et non à celui de la sécurité sociale, comme la CSG et la CRDS. » (7)

 

Du reste, l’instauration de cette « flat tax » elle-même, en remplacement, en 2018, de la fiscalité préexistante sur le capital, était évidemment loin d’être « mal vécue » par ce type de contribuable… :

https://youtu.be/l1oZeFFPMf8

Autrement dit, de la part de ce petit monde, c’est encore  …« Merci Macron, président des riches » !

 

En conclusion provisoire, ce qui ressort donc de la situation actuelle, ce n’est pas seulement l’accentuation de la pression fiscale mais l’accentuation globale de la pression induite par l’ensemble des prélèvements obligatoires, à la fois en charges, en taxes et en impôts.

 

Or, ce qui rend cette pression de plus en plus insupportable, en réalité, c’est précisément le mouvement de transfert des charges sociales vers le budget de l’Etat et la fiscalité. Et cela parce que ce mouvement, comme on vient de le voir, n’est pas neutre. Ce n’est pas une suite d’opérations « blanches » de transferts d’un compte sur un autre. C’est à travers toute l’évolution de ce processus, un transfert de plus en plus lourd de la part des charges sociales incombant au capital vers le monde du travail, vers l’ensemble des catégories populaires et prolétariennes, et de plus en plus, avec l’approfondissement de la crise, vers les classes moyennes.

 

Outre les processus liés à la CSG depuis 1991 et le gouvernement Rocard, il y a aussi, comme on l’a vu dans un précédent article(8), tous les processus complexes d’ « allègement » des charges sociales des entreprises dont le poids, en réalité, se retrouve systématiquement, via les méandres de la fiscalité, sur le dos des travailleurs, d’une manière ou d’une autre.

 

Commencée en 1993 avec le gouvernement Balladur, cette stratégie n’a pas cessé depuis, avec 82 vagues de « mesures » de ce type, au fil des dernières décennies (9), et poursuivie avec le gouvernement Macron, malgré son « arrêt » formel du CICE, remplacé par un « allègement » encore plus direct et qui sera donc directement compensé par une surcharge fiscale supplémentaire, de 40 Milliards, pour 2019.(8)

 

Bien entendu, la piste revendicative de réduction des impôts et taxes pesant sur le pouvoir d’achat est une piste pour améliorer celui-ci, et l’idée, émise par Priscillia Ludosky dans sa réponse à Emmanuel Macron, évoquant la solution d’allègement de la TVA sur les produits de première nécessité est bien à rajouter la liste des revendications utiles. En tous cas, plus utile et cohérente que les « solutions » déjà engagées par Macron et qui aboutissent à répondre à un mouvement de révolte contre la fiscalité par un alourdissement global de celle-ci.

 

Cependant, comme on l’a vu, ce qui est essentiel, pour la réussite de toute revendication immédiate sur le pouvoir d’achat, c’est de briser le mouvement de transfert des charges sociales sur la fiscalité. Faute de quoi, à l’évidence, une réduction, pourtant bien nécessaire, de celle-ci, sera nécessairement « compensée » au profit du système par une réduction de la protection sociale sur tous les plans, et dont les travailleurs feront encore les frais, dans tous les sens du terme !

 

C’est pourquoi l’élaboration d’une nouvelle liste de revendications mise à jour en fonction de l’expérience doit reprendre ces points et les développer dans toutes les directions possibles.

C’est cette orientation stratégique qu’indique ce point exprimé dans la liste du 29 Novembre :

« Que les GROS (Macdo, google, Amazon, Carrefour…) payent GROS et que les petits (artisans, TPE PME) payent petit. »

 

Orientation encore exprimée concrètement par la revendication d’abrogation du CICE : une abrogation réelle de cette « usine à gaz » fiscale pseudo « compétitive » et de son nouvel avatar permettrait donc immédiatement une économie budgétaire de 40 Milliards qui devrait donc être répercutée en baisses réelles de taxes, et évidemment, en premier lieu, en baisse de TVA sur les produits de premières nécessité !

 

40 Milliards, c’est aussi quatre fois la valeur du « plan Macron » édicté le 10 Décembre dernier, comme simple avance, en réalité, sur ses « promesses électorales » : une « promesse » qui consistait donc déjà à piocher encore une fois de plus dans la poche du contribuable pour créer l’illusion momentanée d’une « hausse du pouvoir d’achat » sans le moindre effort de la part du capitalisme financier dont il ose pourtant se faire le Tartuffe « pourfendeur » au soir du 31 Décembre…

 

Il est clair que pour le smicard, pour le retraité sous ou près du seuil de pauvreté, pour la ou le responsable d’une famille monoparentale en limite de survie, pour tous ceux dont les ressources sont simplement insuffisantes en regard des besoins incompressibles et incontournables de la vie quotidienne, il importe peu que le soulagement se présente sous la forme d’une réduction de TVA sur les produits de première nécessité ou sous la forme d’une augmentation de leur revenu de base.

 

Toutes les pistes revendicatives utiles sont à explorer, mais en tenant compte tant de l’expérience déjà acquise par le mouvement GJ que du bilan des luttes sociales du passé, le mouvement pourra donc éviter d’entériner des fausses solutions comme celles du 10 Décembre, tout comme de céder à la démagogie anarcho-syndicaliste du genre de celle exprimée par le tract CGT de Martigues.

On constate ainsi que la CSG, si elle ne correspond plus du tout à sa vocation de « justice sociale » et de plus « généralisée », doit donc au contraire être « différenciée » selon les inégalités entre catégories sociales et donc logiquement se transformer plutôt en une suite de « Contributions Sociales Différenciées », de façon à rétablir une ébauche réelle de « justice sociale »

 

Il n’est pas question, ici, de proposer des « solutions » toutes faites, mais simplement d’évoquer des pistes de réflexion en fonction à la fois de l’analyse globale de la situation et de la réalité du mouvement.

 

Comme exemple, on a vu que la somme « officielle » des prélèvements dits « sociaux » sur les revenus du capital, en cumulant CSG et impôt dit de « solidarité » reste plafonnée à 17,2% dont seulement 9,7 sont réellement reversés au financement de la sécu (CSG+CRDS)(7). Transformer l’ensemble des 17,2% en une « Contribution Sociale du Capital » peut être une piste, et voire même, porter le tout au taux de base actuel de la TVA, à savoir 20%… !

 

Autre exemple, on a évoqué le fait que les revenus du patrimoine sont parfois ceux de familles de classes moyennes qui investissent dans le logement locatif, qui manque tant sur le marché, pour d’autres familles encore plus modestes. En fonction des logements ainsi loués, et sous condition d’une limitation des loyers, dans un rapport loyer/surface à définir, une réduction de la CSG sur ces revenus du patrimoine pourrait donc avoir une réelle fonction sociale et donc se « différencier », comme « Contribution au Logement Social », du régime général actuel, utile par ailleurs pour resocialiser un tant soit peu l’argent de la spéculation immobilière.

 

Ce n’est que dans le débat sur des réalités concrètes, et non dans les proclamations démagogiques que des pistes revendicatives peuvent s’ouvrir pour mettre le pouvoir macronien devant les responsabilités sociales qu’il est incapable d’assumer et le contraindre à reculer réellement, et non à simplement feinter en puisant encore davantage dans la poche des contribuables, comme il l’a fait le 10 Décembre.

 

Si la feinte macronienne du 10 Décembre a pu avoir un début d’effet corrosif sur l’unité du mouvement, cela tient en grande partie au fait qu’il a réussi, et avec le silence complice des confédérations syndicales, à évacuer le problème fondamental de la répartition des charges sociales.

 

Il a pu contourner ainsi la revendication stratégique essentielle de l’augmentation du SMIC, dont la revendication est à 1300 euros en salaire net dans la liste du 29 Novembre.

 

Là encore on a déjà vu (8) que l’originalité d’une revendication en salaire net est essentielle en ce qu’elle peut aboutir à en faire un critère de définition légale du salaire de base, autour du quel peut s’articuler un système unique et progressif des charges sociales, aboutissant également à la fin de toutes les « usines à gaz » fiscales de dégrèvements arbitraires des charges, ayant tous abouti à des fiascos en matière d’emploi.

 

Un système unique et progressif de répartition des charges tiendra donc compte à la fois de la taille de l’entreprise en chiffre d’affaire et du nombre de salariés, avec clairement en vue d’aboutir à un soulagement des charges pour les plus petites et un report du poids sur les plus grosses, et donc sans altérer l’équilibre du budget de la Sécu. Les droits sociaux et l’accès aux soins des salariés étant conservés comme c’est déjà le cas actuellement, indépendamment de leur niveau de rémunération.

 

Là encore, il ne s’agit pas ici de proposer une « formule miracle » mais de poser ce problème comme essentiel dans les débats sur l’élaboration des revendications GJ, en vue non seulement de conserver l’unité sociale qui était celle du mouvement au matin du 17 Novembre, mais carrément de l’établir sur des fondations solides pour cette lutte sociale qui n’aboutira que par sa durée et sa résistance globale.

 

Comme le montre l’expérience actuelle, le mouvement GJ ne peut absolument pas compter, pour l’élaboration de ses propres revendications, sur les compétences des confédérations syndicales dont l’agenda est déjà fixé par leurs propres objectifs, de kollaboration de classe, en réalité. Il doit donc trouver en lui-même la force de le faire par ses débats internes et son contact avec la réalité sociale la plus large, sur le terrain.

Le mouvement GJ ne peut plus compter sur les confédérations syndicales, non plus, pour la lutte contre la répression, alors que la solidarité avec les victimes était l’un des points forts essentiels en Mai 68, aboutissant d’abord à l’amnistie du 23 Mai (10), quelques jours avant la conclusion des Accords de Grenelle.

 

Luniterre

 

 

NOTES:

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( __1 https://www.francetvinfo.fr/economie/automobile/essence/gilets-jaunes-tract-commun-avec-la-cgt_3132029.html )

( __2  verbatim macron voeux 2019 )

( __3  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/30/et-la-marquise-dansait-sur-les-champs-elysees-en-flammes-explication-de-texte/  )

( __4  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/02/gilets-jaunes-un-cahier-de-revendications-adresse-a-lassemblee-nationale/ )

( __5  https://fr.wikipedia.org/wiki/Contribution_sociale_g%C3%A9n%C3%A9ralis%C3%A9e#Historique )

 

( __6  http://www.senat.fr/rap/l17-077-1/l17-077-16.html )

( __7  https://www.cbanque.com/placement/cotisations-sociales.php )

( __8  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/26/noel-en-prison-pour-combien-de-gilets-jaunes-et-pour-quel-combat/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/13/pourquoi-et-comment-une-augmentation-reelle-du-smic-doit-concretement-favoriser-lemploi/ )

( __9  http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/approfondissements/allegements-charges-sociales-manque-gagner-pour-securite-sociale.html )

( __10  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/31/gj-amnistie-une-idee-qui-fait-son-chemin/ )

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Quelques articles importants

pour comprendre le mouvement GJ  :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/31/gj-amnistie-une-idee-qui-fait-son-chemin/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/26/noel-en-prison-pour-combien-de-gilets-jaunes-et-pour-quel-combat/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/02/gilets-jaunes-un-cahier-de-revendications-adresse-a-lassemblee-nationale/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/30/et-la-marquise-dansait-sur-les-champs-elysees-en-flammes-explication-de-texte/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/10/gilets-jaunes-ce-que-nous-voulons-tout-mais-dabord-lessentiel/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/20/ghosn-lantithese-du-gilet-jaune/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/13/pourquoi-et-comment-une-augmentation-reelle-du-smic-doit-concretement-favoriser-lemploi/

 

********************

 

Addenda :

 

 

Un nouvel exemple

de kollaborationnisme

de la bureaucratie CGT

 

 

L’ historienne Annie Lacroix-Riz victime d’un attaque diffamatoire de la part de la bureaucratie syndicale CGT, lui répond par une longue lettre qui trouve ici sa place comme exemple supplémentaire de la kollaboration de classe actuelle de la direction CGT avec le capitalisme.

Dans cette lettre ce constat, et le commentaire qu’il nous inspire :

« La CGT est désormais passée, avec ce document censé « former » ses militants responsables, à la charge ouverte, absolument inqualifiable. »

La barricade n’a, c’est bien connu, que deux côtés…

>>> « La CGT est désormais passée… » …du mauvais côté, celui du système capitaliste.

Et en fait depuis longtemps, malgré quelques efforts pour le dissimuler, et ici par sa rhétorique dans le style « antifa » d’opérette…

>>> « absolument inqualifiable »… ??? >>> Kollabo de classe est le qualificatif approprié dans cette situation.

Et en plus, compte tenu de ses travaux historiques, quelle ingratitude !!

Mais il est vrai que remettre au jour ou même simplement rappeler quelques vérités historiques est rarement le moyen de se faire des amis en France…

Quoi qu’il en soit, et sans nécessairement partager les mêmes engagements politiques, on lui souhaite bon courage face à une telle adversité.

 

Luniterre

**********************************

 

Réponse à une attaque inqualifiable

de la direction de la CGT,

 

Annie Lacroix-Riz

 

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7

Le Pecq, le 10 janvier 2019

J’ai été avisée, le 9 janvier 2019 d’une attaque nominale lancée contre moi par une fiche anonyme, à l’en-tête officiel de la CGT, intitulée Fiche n° 17 / Extrême droite et médias — Campagne contre l’extrême droite. Extrême droite et médias (texte ci-joint).

À la fin d’un paragraphe intitulé « Plusieurs exemples de publications liées à l’extrême droite », je suis ainsi désignée, pour avoir été interviewée  comme mon excellente et vaillante collègue belge Anne Morelli, qui a lutté contre les guerres impérialistes contre la Yougoslavie et l’Irak et s’est rendue sur place en pleins bombardements  par « Béatrice Pignède, qui a travaillé pendant quinze ans pour la télévision (France 3, Arte) avant de se rapprocher de Soral, Dieudonné et Thierry Meyssan, auteur d’un livre complotiste sur le 11 septembre et lui aussi favorable à la liberté d’expression des négationnistes. En 2004 elle réalise un documentaire, “Propagande de guerre, propagande de paix”, où interviennent notamment Annie Lacroix-Riz et Jean Bricmont. Tous deux naviguent dans des mouvances conspirationnistes et ont participé en 2005 à la conférence anti-impérialiste “Axis for Peace » organisée par Thierry Meyssan. »

Notons que même Wikipédia (voir ci-dessous) rend compte de façon factuelle de ce documentaire de 2004 de Béatrice Pignède, décédée en 2015, dans les termes suivants : « Son documentaire Propagande de guerre, propagande de paix en 2004 fait intervenir notamment deux historiennes Anne Morelli et Annie Lacroix-Riz, comparant les thèmes de propagande lors de la guerre en Irak avec ceux développées lors d’autres conflits. » (https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9atrice_Pign%C3%A8de ) Naturellement, je n’ai rien à retrancher de ce que j’ai déclaré dans cette interview, et je ne suis responsable à aucun titre de l’évolution politique de cette journaliste, qui avait été exclue de la télévision pour esprit critique, que je ne connaissais que comme telle, et que je n’ai pas revue depuis 2005.

Le document accusateur de la CGT semble avoir été établi à l’usage de la formation de ses cadres, supposés conduire, grâce aux préceptes ainsi dispensés, une efficace lutte idéologique « contre l’extrême droite ».

Je serais donc « rouge brune », ainsi qu’il ressort de mon compagnonnage de septembre 2018 avec nombre d’amis et camarades qui sont l’honneur du mouvement ouvrier et des intellectuels progressistes? https://www.youtube.com/watch?v=CRvwFM8A1-4

L’amalgame

Le texte de la CGT est inspiré par le même esprit de terrorisme intellectuel que celui du Decodex du Monde, des Check News (en anglais, naturellement, langue maternelle des intéressés) de Libération et de leurs surgeons multiples de divers organes de « grande presse ». Il fleure également bon,

 d’une part, la détestable fiche Wikipédia, cas fréquent, la mienne comprise (voir lien ci-dessus), rédigée par des scripteurs d’extrême droite. Ceux-ci ont définitivement interdit de séjour tout « discutant » de bonne foi qui osait contester ma mutation en fascisto- négationniste (les amateurs de « discussion » sur ce site peuvent essayer de contester le contenu de ma fiche, ils en comprendront d’emblée les méthodes), et,

 d’autre part, la littérature de la mouvance prétendument « antifasciste ». Mouvance extrêmement hétéroclite, puisque s’y retrouvent des conservateurs ou réactionnaires de la « Nouvelle » ou de l’« Ancienne » droite, tel Pierre-André Taguieff, aux côtés de membres du parti socialiste ou directement utilisés par ses organisations, tel Rudy Reichstadt, « lancé » par le ministère de l’éducation nationale sous la présidence Hollande, et qui a déjà mené contre moi une campagne ignominieuse me taxant de « conspirationniste », au motif que j’aurais inventé une « synarchie » qui n’existe pas, comme l’écrit mon collègue Olivier Dard, professeur à Paris 4, et conférencier favori de l’Action française (voir le document ci-joint « Lettre ouverte à mes amis de l’UJRE sur une curieuse invitation, samedi 10 mars 2018 »).

Je signale pour mémoire que la « fiche n°17 » fustige Maurras, « Maître » dont Olivier Dard vante les mérites en tout lieu, manifestement sans choquer l’historiographie dominante issue de l’Institut d’études politiques, qui a cautionné sa fiche de commémoration du centenaire de Maurras et a été fort fâchée de la renonciation à la publication, devant l’ampleur du scandale. Mes camarades du PRCF savent d’ailleurs que cet universitaire avait été invité (mais pas moi) il y a quelques mois à Montreuil, municipalité dirigée par le PCF, à un « débat » sur l’extrême droite, à laquelle il appartient : c’est un Montreuillois qui m’en a informée, information qui nous a permis de réagir à cette invitation unilatérale.

L’épisode de la tentative de commémoration de Maurras est conté ici : « Apparences et réalités de la commémoration de Charles Maurras », paru les 15-17 mai 2018 sur le site Lescrises.fr, https://www.les-crises.fr/de-charles-maurras-a-son-biographe-olivier-dard/

https://www.les-crises.fr/apparences-et-realites-de-la-commemoration-de-charles-maurras-2e-partie-une-commemoration-celebration-par-un-biographe-faisant-lunanimite-des-historiens-du-consensus/

https://www.les-crises.fr/de-lurgence-de-la-reedition-des-collabos-au-role-du-haut-comite-aux-commemorations-nationales-de-2011-a-2018/

La littérature qui me qualifie de « rouge brune », à l’exemple de la « fiche n° 17 » de la CGT, est toujours caractérisée par l’amalgame entre, d’une part, la droite et l’extrême droite, et, d’autre part, la vraie « gauche », c’est-à-dire celle qui se bat pour la suppression du capitalisme, but officiel initial, à ma connaissance, de la CGT, longtemps maintenu. La fraction « européiste » de la Confédération ne supporte plus la gauche qui récuse l’orientation de la Confédération européenne des syndicats, à laquelle elle appartient depuis l’ère Thibault. Elle juge aussi intolérable la mise en cause de l’orientation « occidentale », adhésion à l’OTAN incluse, qui viole pareillement toutes les traditions de lutte et d’analyse de la CGT-CGTU.

Il s’agit du même amalgame que celui qui a eu cours dans l’entre-deux-guerres, et qui a conduit ses initiateurs à la collaboration (de classe puis tout court), alors que ses victimes ont compté parmi les héros, français et étrangers, de la Résistance : je renvoie pour cette comparaison à mon ouvrage De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2008, 408 p., et à la contribution « La défaite de 1940 : l’interprétation de Marc Bloch et ses suites », au colloque Marc Bloch, Rouen, 8-10 février 2012 ». Cette dernière figure dans le récent ouvrage de 2015, Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants, 1939-1949, Montreuil, Le Temps des cerises, 2015, 250 p., épuisé, mais qui sera réédité chez Delga. Ces travaux montrent, pièces d’archives à l’appui, l’opposition entre syndicalisme de lutte et syndicalisme de collaboration de classe, opposition particulièrement nette à la fin des années 1930 préludant à la guerre générale.

La russophobie

Notons avec intérêt que la CGT, dans ses documents de « formation » des cadres, désigne à la vindicte les ennemis russes de la France  ce qui nous ramène au temps où René Belin, second de Jouhaux et promis à sa succession, et futur « ministre du Travail et de la Production industrielle » dissolvant la CGT par décret, le 10 novembre 1940, hurlait « Sus aux Russes » et « À bas les Sénégalais de Staline » avec les siens. Ceux-ci le suivirent sous l’Occupation et bénéficièrent d’énormes prébendes étatiques et patronales après l’abrogation de la CGT (voir mes ouvrages Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013, 816 p., et Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine, Paris, Dunod-Armand Colin, 2016, 496 p., index Belin).

La Russie de Poutine offrirait l’exemple-type de la distribution d’argent étranger irriguant une information malhonnête et tronquée. La CGT n’a, à ma connaissance, jamais protesté contre ce qui caractérise l’information d’aujourd’hui, c’est-à-dire la gigantesque influence, financière et idéologique, dont disposent les États-Unis et toutes les institutions qu’ils contrôlent pour corrompre l’information en général et nos « élites » journalistiques en particulier. Il est parmi elle nombre de spécimens des French-American Young Leaders, qui ont remplacé la grossière propagande de Guerre froide d’après-guerre du Reader’s Digest par une intoxication « française » à flots continus. Ne manquez pas, je vous prie, d’en consulter la liste instructive, https://frenchamerican.org/young-leaders/earlier-classes/

Alors, par exemple, je suis également nazie parce que j’ai été accueillie plusieurs fois sur le site Les.crises, dont le responsable, Olivier Berruyer, est harcelé par les chouchous des médias – telle Cécile Vaissié, dont l’ahurissant ouvrage Les réseaux de Poutine en France (2016), a bénéficié d’un écho énorme, de la gauche « Médiapart » à l’extrême droite  et qui est accusé par ces mêmes médias de répandre des « fausses nouvelles » (Fake News, c’est mieux) et de se soumettre aux diktats d’un Poutine prêt à fondre sur la France?

Alors, par exemple, je suis également nazie parce que, jamais invitée sur le service public de télévision quand Frédéric Taddeï y animait une émission, j’ai été invitée par lui à participer à une émission de « débat » (d’indéniable débat) sur l’extrême droite, sur RT, le 17 octobre 2017 : https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/54680-interdit-dinterdire-montee-nationalismes-droites-extremes-retour-annees-30; https://www.youtube.com/watch?v=Csu-lbTum8k . J’y ai figuré aux côtés de Thomas Guénolé, aujourd’hui traité par LREM en délinquant, https://francais.rt.com/france/57708-il-y-a-pire-que-ceux-qui-tabassent-aurore-berge-saisit-justice-contre-cadres-insoumis ? Après la saisie gouvernementale de tous fichiers et adresses de LFI, démarche exorbitante des droits et libertés des citoyens qu’on avait peu vue mise en œuvre depuis la répression anticommuniste 1° de 1939-1940, sous la pression explicite de Berlin (voir De Munich à Vichy) et 2° des années 1950, sous la pression explicite de Washington, on passe à la case prison pour subversion? Avec les approbations et encouragements de la CGT contre ces « rouges-bruns »? J’assure ce politiste de toute ma solidarité.

Je profite aussi de l’occasion pour rendre hommage au grand politiste-historien progressiste américain, William Blum, ancien du Département d’État et honnête homme, qui a, à partir de 1967, mis sa vie (en ruinant sa carrière) au service de la vérité sur l’impérialisme américain, et qui vient de mourir. Je recommande vivement à mes correspondants la lecture des Guerres scélérates, Lyon, Parangon,‎ 2004 (Killing Hope: U.S. Military and CIA interventions since World War II, Monroe, Maine, Common Courage Press, 2003, édition complétée de son ouvrage essentiel, The CIA: A Forgotten History, Londres et New Jersey, Zed Books, 1986). Ils connaîtront ainsi mieux le principal corrupteur de la planète de l’après-Deuxième Guerre mondiale. Rouge-brun, aussi, feu William Blum?

Mon éditeur, ami et camarade Aymeric Monville serait aussi un « rouge-brun » pour avoir sur RT Royaume-Uni exposé clairement et honnêtement depuis octobre 2018 la transformation du présent régime en dictature de droite, puis les développements du mouvement social en cours? Qu’il soit également assuré de mon soutien : https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/giletsjaunes-notre-camarade-aymeric-monville-explique-la-situation-sur-russia-today-international/

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/video-prcf-russia-today-francais-attaches-aux-refus-de-lamericanisation-aymeric-monville/

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/le-bilan-de-lannee-macronique-par-a-monville-et-rt-video/

Historienne marxiste et communiste

Je rappelle à mes lecteurs et correspondants que je compte parmi les rarissimes historiens marxistes de France, et, horresco referens, communistes en sus. Nul n’a jamais pu trouver dans un mes écrits ou une mes interventions la moindre complaisance pour le fascisme et le racisme. Je me permets à cet égard de renvoyer à la liste de mes travaux, qu’ils trouveront sur http://www.historiographie.info/cv.html et sur le texte ci-joint (CV de mes travaux).

Y figure notamment mon ouvrage en relecture, consacré à La non-épuration, particulièrement éclairant, je crois, sur l’appareil d’État, notamment policier et judiciaire, qui, après la Libération, a été chargé de rétablir un total statu quo, de gommer la Collaboration des plus grands coupables, et de bafouer, à un degré qu’il est difficile d’imaginer, les anciens résistants, morts ou survivants. Lesquels avaient été en majorité des militants, français et étrangers, du PCF et de la CGTU, puis de la CGT réunifiée, puis de la CGT clandestine de Frachon et Costes. Cet ouvrage sera dédié aux FTP-MOI (et je pense particulièrement à mon cher ami et camarade Léon Landini, lutteur infatigable) et au grand magistrat Paul Didier, honneur unique d’une « Magistrature déshonorée », pour reprendre le titre d’un ouvrage de Virginie Sansico (La justice déshonorée 1940-1944, Paris, Tallandier, 2015).

J’ai par ailleurs, par mes travaux sur la CGT dans l’après-guerre, objet d’une thèse d’État, seule thèse d’État consacrée à ce sujet, et par de nombreux autres travaux, relatifs aux années 1930-1950, montré mon attachement au mouvement syndical et mon admiration pour la CGT combative des Frachon, des Costes et des Croizat : « CGT et revendications ouvrières face à l’État, de la Libération aux débuts du Plan Marshall (septembre 1944-décembre 1947). Deux stratégies de la Reconstruction », 4 vol. (2 de texte: 1215 p., 2 de notes: 978 p. + table des matières, index et errata), thèse d’État soutenue à l’Université de Paris I, le 7 novembre 1981. Jury: J. Bouvier, J.-M. Mayeur, A. Prost, R. Trempé, C. Willard. Cette thèse a été publiée en deux ouvrages: La CGT de la Libération à la scission (1944-1947), Paris, Éditions Sociales, 1983, 400 p., et Le choix de Marianne: les relations franco-américaines de 1944 à 1948, Paris, Éditions Sociales, 1986, 222 p., qui va faire l’objet, en 2019, d’une réédition chez Delga. Sans oublier, et il est d’autres contributions, Scissions syndicales déjà mentionné, et Aux origines du carcan européen, 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, réédition augmentée, 2016, 165 p., où j’évoque les prestations comparées, dans les années 1950, du syndicalisme de connivence, sous stricte tutelle patronale, étatique et américaine, et de la CGT de Frachon alors résolument anti-« européiste ».

La direction de la CGT s’est, à cette date, sa position sur le mouvement social en cours le démontre avec éclat, ralliée à une conception du syndicalisme que ses refondateurs de la Libération, les lutteurs de la CGTU, ont combattue pendant leurs longues décennies d’honneur (pas d’honneurs) : elle a abdiqué ses traditions, et classerait aujourd’hui ses anciens chefs, héros de la Résistance intérieure, parmi les communistes qu’elle ose qualifier de « rouges-bruns ». Léon Landini aussi?

Il ne s’agit évidemment pas la première attaque contre moi : mes correspondants et les habitués de mon site ont été informés de nombreux autres assauts, et ont eu à plusieurs reprises, je les en remercie à nouveau, l’occasion de me soutenir contre d’autres assaillants, de fausse gauche, de droite et d’extrême droite (« Ukrainiens » cléricaux compris).

Je ne cache pas cependant ma sidération et mon indignation de ce que la direction de la CGT, Confédération au service de laquelle j’ai encore récemment, contre les insupportables prétentions des héritiers de Louis Renault (2011-2014), mis mon travail d’historienne, ait eu l’audace de me classer à l’extrême droite. Témoignent de ce travail au service de la science historique et du mouvement ouvrier les articles http://www.historiographie.info/renaultcharst.pdf et http://www.historiographie.info/mediapart0711.pdf (sans oublier Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013, 816 p., où Renault occupe une place notable, et les luttes ouvrières un chapitre entier, le 10).

La CGT, dont j’ai été membre précoce de l’Institut d’histoire sociale, m’en a chassée sans tambours ni trompettes, à la fin des années 1990, dans la discrétion nécessaire à l’arrivée, prévue en vue d’adhésion imminente à la Confédération européenne des syndicats, de Bernard Thibault : non pas parce qu’elle me trouvait « brune », mais parce qu’elle me trouvait beaucoup trop « rouge ». Sollicitant avec succès d’autres historiens plus conformes à ses nouvelles conceptions de l’histoire socio-économique (et qui apprécient légitimement de se voir reconnus et honorés par les représentants les plus éminents de la classe ouvrière et des salariés de France), elle m’a systématiquement effacée, dans des conditions qui seraient comiques si elles n’étaient honteuses, de ses bibliographies et de ses colloques : notamment, en 2013, d’un colloque sur Croizat, pour lequel elle a invité des historiens dont aucun n’avait jamais travaillé sur Croizat, un des personnages importants de ma thèse sur la CGT, scandale étendu à Michel Étiévent, auquel j’ai réagi, en vain (texte joint sur la réplique piteuse de l’IHS à propos de ce seul dernier, sans réponse à ma propre protestation).

La CGT est désormais passée, avec ce document censé « former » ses militants responsables, à la charge ouverte, absolument inqualifiable. J’ai naturellement l’intention d’interroger Philippe Martinez, ancien militant et responsable CGT de Renault, sur les raisons de cet affront anonyme, et de mettre au défi la direction de la Confédération de trouver une déclaration ou un écrit de ma part qui ait pu donner lieu à cette accusation infamante. Je remercie par avance tous mes correspondants de diffuser au maximum cette adresse de protestation. J’ai besoin de leur soutien contre une initiative qui s’inscrit dans une entreprise de destruction et de criminalisation de la gauche, la vraie, et de l’histoire scientifique et indépendante des financements des puissants, français ou étrangers.

Cette dernière sera assurément sévère sur le changement de camp (que nous savons tous momentané, si durable qu’il ait été) de la vieille Confédération.

Amitiés et remerciements anticipés à tous,

Annie Lacroix-Riz, historienne et syndicaliste (Snes, 1967-1985, Snesup, 1985 jusqu’à cette date).

S’il est des fautes de frappe, vous les imputerez à mon émotion.

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Pièces jointes:

curriculum vitae annie lacroix-riz décembre 2018

lettre ouverte à mes amis de l_ujre sur une curieuse invitation, samedi 10 mars 2018

adresse aux adhérents – croizat – 17-09-2013

cgt extreme droite fiche 17

 

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Sur le même thème, un article du camarade Jimmy Dalleedoo sur Agoravox, auquel nous avons répondu :

« La CGT a-t-elle été débordée par le mouvement des gilets jaunes ou attend-elle le moment propice pour frapper fort ? »

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-cgt-a-t-elle-ete-debordee-par-211637

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Luniterre 16 janvier 19:30

 

Selon l’auteur,

 « Il y a donc trois solutions :

1- La CGT détient encore des restes de cette puissance qu’est l’analyse dialectique et elle attend que se cristallise la contradiction ci-dessus exposée pour ensuite frapper fort.

 

2- La CGT ne veut pas intégrer les gilets jaunes car la bureaucratie syndicale est consciente qu’elle sera débordée par la base révolutionnaire.

 

3- La CGT voudrait intégrer le mouvement des gilets jaunes, mais ces derniers rejettent en bloc toute organisation syndicale. »

 

Aucune des trois, en réalité, même s’il y reste des éléments sincères, à la base :

__1-la CGT n’utilise de « dialectique » que pour justifier ses propres contorsions.( >>> réponse de Martinez à Annie Lacroix-Riz…)

__2 & 3-la bureaucratie CGT intégrera les GJ si elle voit qu’elle peut arriver à les manipuler et à les manœuvrer dans le sens de la kollaboration de classe pour laquelle elle est tout simplement payée… :

« L’argent prélevé auprès des entreprises du secteur privé (0,016 % de leur masse salariale — cette contribution se substituant à leur ancienne cotisation formation) vient abonder désormais le nouveau Fonds pour le financement du dialogue social, mis en place par la loi sur la formation de 2014 et dont le premier bilan vient d’être présenté. Les 82,3 M€ ainsi récoltés, ajoutés aux 32,5 M€ de subventions de l’Etat (soit 114,8 M€ au total) sont répartis selon des critères plus clairs : environ 40 M€ vont pour la formation des élus, et 73 M€ pour la tenue des réunions paritaires notamment.

De même, on sait désormais que dans cette enveloppe globale, la CGT a perçu 17,6 M€, le Medef 11,4 M€ etc. (voir infographie). Même précision, enfin, par branche patronale : de la très puissante Union des industries et métiers de la métallurgie (1,9 M€) au très petit Groupement français des golfs (74 €), en passant par les entreprises du médicament (196 000 €), les salons de coiffure (56 500 €) ou encore la maroquinerie (42 000 €), le site de l’association gérant ces sommes (AGFPN) détaille les montants décrochés par chacune des 330 branches ayant passé le cap des contrôles. Car chacune d’elle doit montrer patte blanche dans un rapport certifié par les commissaires aux comptes. Celles qui refusent encore après plusieurs mises en demeure ont vu leurs versements suspendus. »

http://s1.lprs1.fr/images/2016/12/19/6472584_1.JPG

http://www.leparisien.fr/economie/syndicats-on-y-voit-enfin-plus-clair-19-12-2016-6471543.php

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/01/05/unite-cgt-gj-le-baiser-qui-tue/

Luniterre

Répondre Lien permanent

 

 

 

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ANNIE LACROIX-RIZ NOUS COMMUNIQUE LES « EXCUSES » DE MARTINEZ… !

Chers camarades,

Je viens de recevoir du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, un coup de fil personnel d’excuses, qui, m’a-t-il annoncé, seront notifiées officiellement par la CGT lundi 14 janvier 2019.

J’ai eu ce soir l’assurance formelle que le texte ignominieux de la « fiche n° 17 », document théoriquement affecté à la formation des cadres de la Confédération, et dont le secrétaire général m’assure ignorer l’origine, sera également retiré lundi.

Philippe m’a également précisé qu’il n’avait pas l’habitude de régler les désaccords idéologiques par de telles méthodes.

J’en prends acte, et demande évidemment à tous les sites amis d’annoncer cette démarche, qui sera naturellement rendue également publique sur mon site.

De la même façon, sera annoncé le texte public de la CGT, que j’essaierai de communiquer dès réception, sachant que je serai alors absente, pour plusieurs jours, de mon bureau (et de mon ordinateur).

Je remercie chaleureusement les innombrables correspondants, cégétistes notamment, qui m’apportent leur soutien et montrent qu’ils connaissent ma véritable position, dimension scientifique incluse, à l’égard de la Confédération et de ses luttes.

 

 

Fraternellement à tous,

 

Annie

 

http://www.historiographie.info/verbatim.html

 

 

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26 commentaires

  1. ANNIE LACROIX-RIZ NOUS COMMUNIQUE LES « EXCUSES » REÇUES DE MARTINEZ…!

    Chers camarades,

    Je viens de recevoir du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, un coup de fil personnel d’excuses, qui, m’a-t-il annoncé, seront notifiées officiellement par la CGT lundi 14 janvier 2019.

    J’ai eu ce soir l’assurance formelle que le texte ignominieux de la « fiche n° 17 », document théoriquement affecté à la formation des cadres de la Confédération, et dont le secrétaire général m’assure ignorer l’origine, sera également retiré lundi.
    Philippe m’a également précisé qu’il n’avait pas l’habitude de régler les désaccords idéologiques par de telles méthodes.
    J’en prends acte, et demande évidemment à tous les sites amis d’annoncer cette démarche, qui sera naturellement rendue également publique sur mon site.

    De la même façon, sera annoncé le texte public de la CGT, que j’essaierai de communiquer dès réception, sachant que je serai alors absente, pour plusieurs jours, de mon bureau (et de mon ordinateur).
    Je remercie chaleureusement les innombrables correspondants, cégétistes notamment, qui m’apportent leur soutien et montrent qu’ils connaissent ma véritable position, dimension scientifique incluse, à l’égard de la Confédération et de ses luttes.

    Fraternellement à tous,

    Annie

    http://www.historiographie.info/verbatim.html

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