par tribunemlreypa

 

La Chine,

le yuan et le dollar

Nouvelle contribution au débat

sur la nature sociale

et économique

de l’état chinois actuel.

En marge des débats sur les positions à prendre sur la question du Donbass, un débat s’est à nouveau élevé entre les camarades de la région lyonnaise, sur la nature et le rôle de la Chine dans le système impérialiste. Tribune Marxiste-Léniniste a tenté d’apporter des éléments d’information sur le sujet.

Chers camarades,

Je ne tiens pas du tout à ranimer la polémique, mais, tout en restant aussi factuel que possible, à essayer d’avancer sur cette question :

« Autrement, tu peux me dire quels sont les raisons de la politique économique du gouvernement chinois d’acheter des bons de la dette US et UE, et l’origine et la cause de la spéculation immobilière en Chine autre que la recherche du profit maximale, l’âme même du Mode de Production Capitaliste?

Fraternellement »

(Dans le cours du débat, la question était adressée par un camarade ML, à un camarade ouvertement « prochinois », mais qui tente de raccorder cette attitude à une idéologie « ML », selon lui, ce qui parait, pour le moins, difficile…)

Eléments apportés au débat par Tribune Marxiste-Léniniste :

Concernant la spéculation immobilière, c’est une question que je ne connais pas et dont je m’abstiendrais donc de parler.

Concernant les investissements de l’état chinois en parts de la dette US et UE, qui sont une constante chronique de la politique chinoise, surtout envers le dollar, je crois que l’on peut faire le rapprochement, pour comprendre, avec l’ « incident » BNP, en France.

En effet, pourquoi la BNP s’est-elle trouvée dans l’obligation de régler une amende aussi colossale auprès du trésor US ? Pourquoi Hollande n’avait-il sérieusement aucune chance d’amoindrir le problème, en dépit de ses efforts pathétiques et pitoyables ? Pourquoi ne pouvait-il pas mieux défendre « son » impérialisme, auprès de « son » allié privilégié… ?

Tout simplement parce que le dollar reste, en dépit du déficit de la balance commerciale US et de sa dette « souveraine » abyssale, la monnaie de référence internationale, celle qui est largement prépondérante dans toutes les transactions commerciales et financières internationales. Pourquoi ? C’est évidemment une longue histoire, liée à l’émergence de l’impérialisme US comme puissance dominante, notamment à l’issue de la 2ème guerre mondiale. C’est un état de fait que les USA ont su habilement faire durer, notamment grâce à leur politique d’alliance avec la Chine, dès les années 70.

Mais on ne peut refaire l’histoire, et aujourd’hui comme hier, un pays ou une institution économique ou financière, quelle qu’elle soit, comme la BNP, est gravement handicapée si elle ne peut faire de transactions en dollars.

En ce qui concerne la dette Chinoise, elle est évidemment très faible, en comparaison, bien qu’elle croisse, elle aussi, très rapidement, désormais.

Et la balance commerciale chinoise reste largement excédentaire.

Alors pourquoi rester accro au dollar ? Déjà pour la simple raison qu’ils affluent d’eux-mêmes au pays, précisément à cause de cette activité commerciale. Mais alors, pourquoi ne pas les convertir en autre chose ? C’est ce que les chinois font, en partie, notamment en achetant de l’or…

Mais alors, pourquoi en conserver encore tant, et, en plus, les convertir en parts de la dette US ? Alors que la Chine est la deuxième puissance économique mondiale, et certainement la plus dynamique ? Pourquoi le yuan n’a-t-il pas une valeur sensiblement équivalente au dollar ?

La force du dollar ne réside manifestement plus dans le développement économique des USA, mais dans sa connexion aux flux mondiaux de capitaux. Ce sont les échanges constants, tant commerciaux que financiers, à l’échelle mondiale, qui fixent sa valeur, « librement », en termes de marché… De sorte que cette valeur devient une réalité assez stable, et relativement indépendante des aléas des économies locales, et surtout US, en fin de compte…

Ce qui ne signifie pas que les autorités US n’aient aucune prise dessus, comme l’ « incident » BNP le démontre, mais surtout, ce que le « monde » économique attend d’elles, c’est qu’elles garantissent le paiement des intérêts de la dette US. De sorte que les fluctuations inévitables du dollar sur le marché libre soient au moins compensées, et si possible positivement.

Acheter des parts de la dette US avec ses dollars, c’est un moyen de conserver ses dollars sans risque sérieux de perte, et même avec la probabilité d’un gain substantiel !

Mais alors, pourquoi le yuan ne tire-t-il pas une force sensiblement équivalente, ou même supérieure, de la dynamique prolongée de l’économie chinoise, depuis plus de trente ans, déjà ?

Tout simplement parce que cela suppose d’abord d’en déterminer la valeur réelle, non pas fixée arbitrairement par l’autorité chinoise, mais par une valeur d’échange, dans la pratique des marchés financiers.

Et pour que cette valeur d’échange reflète la santé économique réelle de la Chine actuelle, il faut donc que ces marchés financiers eux-mêmes la reflètent.

Et comme il s’agit, in fine, de fixer cette valeur sur les marchés internationaux, pour faire du yuan une véritable monnaie de réserve internationale, susceptible de réduire le quasi-monopole du dollar, il faut donc que ces marchés financiers eux-mêmes soient « librement » ouverts à l’international.

Afin notamment que le cours des actions des entreprises chinoises puisse être étalonné en comparaison réelle avec celui des entreprises étrangères. Et cela à deux titres, qui ne peuvent entièrement être confondus, surtout en l’état actuel du système chinois.

_1_ que les épargnants et investisseurs chinois puissent choisir, sur les marchés financiers chinois, entre les entreprises chinoises et des entreprises étrangères de fonctions et/ou de poids économiques sensiblement équivalents.

Ce qui suppose que des entreprises étrangères puissent être cotées en bourse sur les marchés chinois, et à priori, au moins, celles qui opèrent déjà localement sur le terrain productif et commercial. Ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle, alors que cela leur permettrait logiquement de se développer en levant des fonds sur place, et en reversant des dividendes aux épargnants et investisseurs locaux.

On en verra plus loin la raison impérieuse.

_2_que les investisseurs financiers étrangers puissent accéder « librement » à une part significative du capital des entreprises chinoises, sur les marchés financiers locaux, ce qui n’est pas non plus le cas, sauf pour une part réduite et prédéterminée, par des règlements très complexes, de façon peu attractive, mais peut-être suffisamment significative, au contraire, pour souligner l’impasse du capitalisme chinois.

A priori, on se dit que, finalement, le capitalisme chinois, ce n’est pas forcément la « foire d’empoigne » que nos médias laissent trop souvent sous–entendre…

En même temps on se demande où se déroule toute cette expansion économique exponentielle dans un pays aussi « fermé », et que certains se plaisent à nous décrire encore comme « protectionniste », voire « anti-impérialiste » !

En réalité cette expansion qui déborde sur nos « marchés européens », US, russe, et autres, a bien évidemment lieu en Chine, mais pratiquement dans une « autre Chine », quasi-parallèle, quoi que les deux soient évidemment imbriquées étroitement l’une dans l’autre, d’une manière que nous allons tenter de comprendre.

Il se trouve que c’est à la fois un lieu commun et une réalité que le développement chinois est dû, pour l’essentiel, et encore aujourd’hui, à son activité d’exportation.

Ce qui fait la force réelle de l’économie chinoise, par rapport aux autres pays, on l’a vu, c’est sa balance commerciale excédentaire.

Or si le capital étranger a formellement la route barrée vers les entreprises chinoises, il bénéficie par contre de conditions tout à fait avantageuses pour ses investissements industriels et commerciaux, notamment dans les « zones franches » qui lui sont dédiées et ont permis le démarrage de l’économie chinoise.

Mais le résultat est que ce commerce « extérieur » qui est le poumon économique et financier de la Chine, est en réalité contrôlé à 60% par les capitaux étrangers.

Ce sont ces capitaux que les économistes désignent sous le vocable IDE, pour « investissements directs étrangers ».

(Et sur lesquels le camarade Vincent Gouysse a fondé l’essentiel de ses études sur le cas chinois.)

On comprend donc bien que ces capitaux sont à priori complètement déconnectés du marché financier chinois, sur lesquels ils n’ont effectivement aucune prise directe, aussi paradoxal que cela puisse paraitre.

Considérés tels quels, ils répondent donc tout à fait à la définition du capital industriel et productif, par leur fonction locale.

Il en va de même des « joint-ventures », qui sont à participation mixte entre capitaux étrangers et chinois, dans le cadre d’accords définis par les autorités chinoises. Dans ce cas, il est donc tout à fait logique qu’elles soient durablement maintenues à l’écart des flux spéculatifs.

Mais il est bien évident que par l’activité qu’elles génèrent, par la la masse salariale et le flux d’épargne qu’elles créent, ces diverses formes d’investissements industriels influent grandement sur le développement du capitalisme chinois proprement dit, y compris dans ses composantes financières.

Il en va évidemment de même pour leur influence sur les capitaux financiers étrangers qui les ont soutenus au départ, par la valorisation internationale des entreprises dont elles sont les succursales locales.

Cette distinction entre les fonctions « industrielles » et « financières » du capital investi, en même temps que leur non-séparabilité, peut sembler particulièrement « chinoise », au sens figuré, mais il se trouve qu’elle est à la base même du processus impérialiste, depuis un siècle et plus, et il se trouve en outre que le cas chinois est particulièrement emblématique en raison de la vision prospective, et en l’occurrence, quasi-prophétique, qu’en a fait Lénine dans son livre de 1916.

Néanmoins, la spécificité de la situation actuelle réside dans ce paradoxe : si le marché financier chinois ne peut pas s’« ouvrir » suffisamment au vent du libéralisme mondialiste, le yuan ne pourra pas s’établir à sa valeur d’échange réelle, et il ne pourra pas se constituer en monnaie de réserve concurrente au dollar.

De sorte que le prétendu « protectionnisme » chinois, dans le cadre du système capitaliste actuel, milite en réalité pour maintenir la dépendance de la Chine au dollar… !

Evidemment, on peut toujours rêver que les motivations de la tendance « protectionniste » restent malgré tout « anti-impérialistes » quelque part, et il faudrait donc logiquement supposer que cette tendance ait conservé quelque chose de plus « populaire », voire « social », par rapport à la tendance plus « libérale »…

Or, si l’on étudie un tant soit peu l’histoire du capitalisme chinois, on n’ira pas jusqu’à dire que c’est le contraire qui est vrai, mais plutôt que cette tendance « protectionniste » est en en réalité encore plus réactionnaire et franchement antisociale que l’autre !

En effet elle correspond aux résidus de la bourgeoisie bureaucratique et monopoliste d’état qui a fondé le noyau dur du néo-capitalisme chinois et s’est attribué la part belle dans les marchés financiers intérieurs chinois, qui reposent essentiellement sur les règles quasi-maffieuses du « shadow-banking » institutionnalisé dès l’origine, et notamment sur l’usure abusive de l’épargnant chinois, petit et moyen, sans négliger la plus-value directe sur les prolétaires !

De sorte que l’investissement obligatoire de l’épargne chinoise dans ce circuit fermé permet d’y faire rentrer indirectement mais à coup sûr une bonne partie des flux générés par les capitaux étrangers dans l’économie chinoise, où ils deviennent la « chasse gardée » de ces bureaucrates !

Compte tenu des taux exponentiels pratiqués par le « shadow-banking », on comprend mieux cette vocation durable pour le « protectionnisme » !

Il y a donc une tendance plus « libérale » qui voudrait voir la Chine prendre sa vraie place dans l’économie mondiale capitaliste, quitte à sacrifier une partie des superprofits de la bureaucratie monopoliste actuelle.

L’appât du gain immédiat étant ce qu’il est, en Chine comme partout ailleurs, manifestement, ce n’est pas gagné !

Depuis deux décennies, déjà, les proclamations et déclarations dans ce sens, essentiellement en vue de « rassurer » les marchés occidentaux, sont récurrentes et on en trouve encore de multiples traces sur le net, avec les dates qui marquent leur époque, mais pourraient, pour la plupart, être du copié-collé !

Ceci-dit, il est évident que cette « libéralisation » ne signifierait, pour les prolétaires, qu’une autre forme d’exploitation, plus ou moins brutale, selon l’évolution du système.

L’un des arguments forts, et en grande partie réel, des plus « conservateurs » est qu’une telle ouverture, effectuée trop brutalement, pourrait avoir un effet délétère sur l’ensemble du système, y compris en occident !

Moyennant quoi, au-delà des « bonnes paroles », le statuquo a de l’avenir !

Luniterre

Pour ceux qui veulent aller plus loin, il y a déjà eu quelques articles sur le sujet, sur Tribune Marxiste-Léniniste :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/08/en_relisant_lenine_qui_parlait_deja_de_chine/

(republié sur :

http://lepcf.fr/En-relisant-Lenine-qui-parlait )

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/27/724_de-lenine-ou-pas_/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/06/21/1054_empire_usa_normandie_chine/

Avant de rédiger cet article, je me suis fait une « revue de presse » sur le net, pour actualiser certains points, et j’ai enregistré les docs qui me paraissaient significatives. (c’est-à-dire une bonne quarantaine, environ !)

Pour que ce travail puisse être utile à ceux que ces questions intéressent, voici un échantillonnage sélectionné pour illustrer les points essentiels de l’analyse, avec des notes et observations permettant de les y resituer, ainsi qu’une ébauche de conclusion, à la suite :

 

Tout d’abord, les chiffres les plus « frais » que j’ai pu trouver sur la réserve monétaire chinoise :

« Les réserves de change de la Chine, les plus importantes au monde, ont atteint à la fin du premier trimestre 2014 le niveau record de 3 950 milliards de dollars… La barre des 4 000 milliards de dollars devrait être franchie pour fin 2014, selon la banque centrale chinoise…

Cela représente une légère( ?) progression par rapport au montant de 3 820 milliards de dollars atteint fin 2013, selon les chiffres publiés par la banque centrale chinoise…

Les colossales réserves en devises étrangères de la Chine ont plus que décuplé en 10 ans…En 2003, elles étaient alors de seulement 500 milliards de dollars… » 

(Source : http://french.cri.cn/720/2014/05/20/542s384278.htm)

 

Concernant les conditions de convertibilité du Yuan

_1_cotation des entreprises étrangères :

http://french.peopledaily.com.cn/Economie/7059521.html
Français>>Economie
>>

Mise à jour 09.07.2010 13h41

« Les sociétés étrangères pourront être cotées en bourse en Chine dès l’année prochaine. »

(Bon, et demain on rase gratis… ! C’était en Juillet 2010 !)

 

_2_ accès des capitaux étrangers aux valeurs chinoises :

http://french.xinhuanet.com/economie/2014-06/12/c_133403017.htm

Ci-dessous, le court article officiel, dans son intégralité :

« La Chine assouplira son contrôle sur les QDII et les QFII

Publié le 2014-06-12 à 19:04 | french.xinhuanet.com

BEIJING, 12 juin (Xinhua) — La Chine a annoncé qu’elle allait assouplir son contrôle sur les investisseurs institutionnels domestiques qualifiés (QDII) et les investisseurs institutionnels étrangers qualifiés (QFII) afin de montrer sa détermination à accélérer la convertibilité du yuan dans le compte de capital.

La Banque populaire de Chine, la banque centrale du pays, a indiqué mercredi dans son rapport annuel de 2013 qu’elle augmenterait davantage le nombre d’investisseurs institutionnels relevant des programmes de QDII et de QFII, ainsi que leurs quotas d’investissement.

« Lorsque la situation le permettra, le pays supprimera l’approbation pour la qualification et les quotas afin que les institutions légitimes chinoises et étrangères puissent jouir des opportunités d’investissement », indique le rapport.

La Chine a introduit le programme des QFII en 2002 pour permettre aux investisseurs étrangers qualifiés d’utiliser le yuan offshore pour investir dans le marché des capitaux du pays. Actuellement, 229 institutions font partie de ce programme et un total de 150 milliards de dollars de quotas d’investissement leur ont été accordés.

Le programme des QDII a été quant à lui initié en 2006 pour permettre aux institutions chinoises d’investir à l’étranger. Plus de 100 institutions sont qualifiées à ce jour et un total de 76,79 milliards de dollars de quotas leur ont été accordés.

Guo Tianyong, professeur à l’Université centrale de Finance et d’Economie, a indiqué que la décision de la banque centrale de progressivement supprimer l’approbation montrait sa détermination à rendre le yuan convertible dans le compte de capital.

« Cela montre que le processus de convertibilité du yuan sera accéléré dans le futur », a-t-il indiqué.

 

Un article de fond assez correct, dont quelques passages significatifs, avec quelques bonnes questions :

http://www.atlantico.fr/decryptage/vers-yuan-convertible-chine-part-en-guerre-contre-hegemonie-dollar-antoine-brunet-838146.html

« Récemment, Pékin a annoncé qu’il allait autoriser, dans une région incluant la ville de Shanghai, une expérience y autorisant les entreprises et les banques, chinoises ou étrangères, à convertir librement des devises en yuans et des yuans en devises. Et ce non seulement pour leurs opérations commerciales avec l’étranger mais aussi pour toutes leurs opérations financières. Cela constitue un pas considérable en direction de la pleine convertibilité du yuan.

(…)

Pourquoi Pékin a-t-il maintenu le yuan inconvertible jusqu’à ce jour ?

(…)

Pourquoi Pékin choisit-il désormais de rendre prochainement le yuan convertible ?

(…)

Parce que la monnaie du monde constitue un enjeu décisif, la Chine contre-attaque. Puisque les Etats-Unis sont décidés à résister et à protéger le statut privilégié du dollar, Pékin se décide à jouer un atout majeur : il annonce, plus tôt qu’anticipé, un plan de passage du yuan inconvertible au yuan convertible. »

D’autres extraits qui illustrent l’influence grandissante de la tendance « libérale » :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/03/05/le-premier-ministre-chinois-entend-liberaliser-les-entreprises-publiques_4377698_3234.html

« Mercredi 5 mars au matin, en ouverture de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire, le chef de gouvernement a d’ailleurs porté un regard lucide sur les difficultés pesant désormais sur la deuxième économie mondiale.

(…)

Li Keqiang était attendu sur le rythme des réformes promises à la mi-novembre 2013 à l’issue du troisième plénum du Parti communiste chinois (PCC). En ce qui concerne la convertibilité du yuan et la fixation par le marché des taux d’intérêt, deux sujets sur lesquels la volonté de Pékin ne fait plus débat mais où tout est question de calendrier, le gouvernement annonce les prochaines étapes. Alors que les autorités fixent quotidiennement un cours pivot face aux devises étrangères au-dessus et en deçà duquel le marché ne peut faire bouger la monnaie que de 1 %, le premier ministre s’engage à élargir la bande de fluctuation du taux de change. »

 

http://www.lepoint.fr/economie/chine-le-yuan-librement-convertible-dans-la-future-zone-franche-de-shanghai-05-09-2013-1721193_28.php

«… La Chine affirme que son objectif est de rendre à terme le yuan totalement convertible et de se doter d’un système de taux de change flottant librement.
La valeur du yuan – que les États-Unis comme l’Europe jugent sous-évaluée – est en effet déterminée par la Banque centrale, qui fixe son taux quotidiennement, et non par la loi de l’offre et de la demande comme c’est le cas pour la plupart des grandes monnaies de la planète. »

http://www.broker-forex.fr/forum/viewtopic.php?id=3636

« ..La convertibilité du Yuan s’accélère et tous les yeux sont axés sur les résultats des efforts des décideurs chinois dans la Zone de libre-échange de Shanghai. Le processus pourrait être accéléré par les autorités en raison du ralentissement de l’économie chinoise et du manque de demande intérieure. »


D’autres liens sur le même thème :

http://affaires.lapresse.ca/economie/international/201405/13/01-4766232-le-yuan-pret-a-integrer-les-reserves-des-banques-centrales.php

http://www.latribune.fr/actualites/economie/20130905trib000783398/la-convertibilite-du-yuan-va-passer-par-shanghai.html

http://www.capital.fr/bourse/actualites/shanghai-vitrine-des-reformes-economiques-chinoises-875304

 

Une tentative précédente, dont on ignore le résultat… :

http://www.paixetdeveloppement.net/chine-shenzhen-un-nouveau-centre-financier-a-qianhai-pour-ouvrir-la-convertibilite-du-yuan/

« CHINE / SHENZHEN : un nouveau centre financier à Qianhai (pour ouvrir la convertibilité du yuan)

Publié le 4 juillet, 2012

La ville de Shenzhen, en Chine continentale, abritera une zone pilote où sera testée la convertibilité du yuan. La cité sera transformée en centre financier d’ici à 2020.Une coentreprise pour les Bourses

On ne change pas une machine dont les rouages sont encore bien huilés. Après avoir été l’antichambre des réformes économiques du pays dans les années 1980, la ville de Shenzhen s’apprête à jouer les figures de proue dans la réforme financière engagée par Pékin et le grand chantier de l’internationalisation du yuan. »

 

Pour ceux qui lisent l’anglais, un analyste qui ne croit pas que la « libéralisation » financière puisse aboutir rapidement… (Je partage son avis, en grande partie.)

http://www.bloomberg.com/news/2014-04-30/yuan-seismic-change-far-off-for-architect-of-hong-kong-peg.html

 

Les causes structurelles de la faiblesse et de la fragilité des marchés financiers chinois :

Actions A

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/d756a932-c339-11e3-af3c-6cbe7bb2ff3f/Lacc%C3%A8s_au_march%C3%A9_des_actions_de_classe_A_se_d%C3%A9mocratise

Actions B

http://www.oocities.org/droitchinois/actionb.html

« Toutefois, le rapprochement entre les actions A et B rencontre des difficultés techniques. Par exemple, le prix des actions peut s’avérer trop élevé à cause de l’écart entre le prix des actions A et B qui ont été émises par la même société. Si on prend toujours l’exemple de la société « Shanghai Vacuum Electron Devices Co., Ltd. », on constate que le cours de l’action B au 10 juin 1999 est de 0,30 dollar américain, soit 2, 48 Yuans par unité; le cours de l’action A quant à lui est de 12,79 yuans ! Enfin, tant que le Yuan n’est pas totalement convertible, la fusion entre les actions B et les actions A est impossible. »

Essai de conclusion provisoire :

Comme le montre ce dernier extrait, les actions chinoises, prisonnières d’un marché fermé, sont probablement très largement surévaluées par les chinois eux-mêmes, car ils n’ont, pour la plupart des épargnants et investisseurs locaux, pas le choix d’aller voir ailleurs…

A savoir que contrairement à la France, par exemple, l’épargne, même populaire, joue un rôle de base dans les flux financiers intérieurs.

L’ouverture des marchés provoquera vraisemblablement une baisse des cours des valeurs chinoises, un appauvrissement des épargnants, et une ruée sur les valeurs étrangères. En somme, tous les ingrédients d’une crise sévère…

On comprend donc la prudence des réformateurs « libéraux », qui voudraient faire du Yuan une monnaie de réserve…

Officiellement, ils ont plutôt le soutien de leurs homologues américains et européens, mais je pense que c’est, de la part de ces hypocrites, un moyen de faire pression sur les « conservateurs » pour qu’ils réévaluent autoritairement le yuan à la hausse…

Le yuan convertible, lié à l’ouverture des marchés financiers chinois, et à leur « réajustement » brutal conséquent, aura plutôt tendance à dévisser carrément, dans un premier temps, qui peut être assez long, et en réalité, causer du tort à la finance US.

C’est pourquoi je pense qu’il y a une complicité objective entre les « conservateurs » chinois, protectionnistes, et les financiers US importants.

Le statuquo est leur intérêt commun :

_Pouvoir prolongé du dollar côté impérialistes US.

_Superprofits du « shadow-banking » côté bureaucrates chinois.

 

Bon, et la « voie chinoise au socialisme » là-dedans ?

…pour ceux qui veulent bien y croire !

(Dont je ne suis pas… !)

Par contre, compte tenu des particularités locales de ce système, il ne parait pas abusif de parler de «forme chinoise de néo-capitalisme  » qui, inévitablement, sans un sursaut du prolétariat chinois, ouvrira rapidement la voie à un néo-impérialisme, plus classique, celui-là !

Luniterre

 

 

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