Mini-Krach à Paris : onde de choc ou Tsunami ?

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HYDRE BICEPHALE VF

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Mini-Krach à Paris:

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Onde de Choc

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 Ou Tsunami ?

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MINI KRACH

 

 

Malgré quelques reculs significatifs sur le terrain, comme en Syrie, essentiellement face aux bourgeoisies nationalistes « émergentes » qui tentent de relever la tête, c’est toujours, en arrière-plan de la crise capitaliste mondiale, l’hydre bicéphale USA-Chine qui continue d’imposer sa loi d’airain au prolétariat et aux peuples du monde, tout en réglant ses comptes pour décider laquelle de ses deux têtes imposera ses volontés à l’autre…


Le nouveau mini-krach de Paris, en ce début de semaine, en est l’illustration:
« La Bourse de Paris se rapproche des 4.000 points ! L’indice CAC 40 a terminé sa première séance de la semaine en retrait de 3,20 % à 4.066 points, après avoir touché un plus bas depuis fin 2014… (…)
Depuis quelques semaines, les investisseurs empilent la somme de toutes leurs peurs. Il y a d’abord la peur concernant la croissance économique et notamment sur les économies américaines et chinoises. Si la plupart des marchés asiatiques étaient fermés ce lundi en raison du Nouvel an chinois, la poursuite de l’hémorragie qui touche les réserves de la banque centrale de la deuxième économie du monde , fait craindre une poursuite de la baisse du yuan, ce qui pourrait pénaliser les pays émergents partenaires de la Chine.
Concernant les Etats-Unis, les craintes de récession restent vives alors que la croissance ralentit et que les créations d’emplois en janvier ont été inférieurs aux attentes. Cela entraîne un surcroît d’incertitude sur ce que fera la Fed en mars prochain . En attendant, les actions américaines souffrent depuis le début de l’année. Le Nasdaq perdait 2,82 % après l’ouverture des marchés à Wall Street. Ce dernier plonge de 12,9% depuis le début de l’année, au plus bas depuis octobre 2014. »(*)


Et pourtant, peu avant cette « coupure » du Nouvel An Chinois, la banque centrale de ce pays s’était déjà lourdement saignée pour complaire aux volontés US de maintenir un cours artificiellement élévé du Yuan, qui, jusque là, garantissait un fonctionnement des flux de capitaux dans le « bon » sens, c’est à dire essentiellement favorable à l’économie US.
 » Pékin continue de puiser dans son « bas de laine » pour soutenir le yuan.Les seuils de prudence préconisés par le FMI pourraient être enfoncés…(…) Mais comme rien ne laisse présager que la tendance va s’arrêter, certains experts, comme ceux de la Société Générale, tirent la sonnette d’alarme : encore quelques mois, et la Chine pourrait se retrouver au- dessous du seuil minimal de précaution qu’ils évaluent à 2.800 milliards de dollars, à partir des préconisations du FMI. Le pays serait alors à court de munitions et, de guerre lasse, devrait laisser les marchés décider d’eux-mêmes la valeur du yuan…(…)
Las, ce bel ordonnancement (de la réforme « libérale » NDLR) est mis à mal par les craintes d’un ralentissement plus important que prévu de l’économie (la croissance est ressortie à 6,9 % en 2015, au plus bas depuis vingt-cinq ans), craintes alimentées par les décisions des autorités chinoises elles-mêmes : en août dernier, quand le mécanisme de fixation du cours du yuan par rapport au dollar a été modifié à la surprise générale ; et en janvier, avec quatre baisses successives de ce même cours. Chaque fois, l’onde de choc planétaire a été brutale, les investisseurs y voyant une dévaluation compétitive.
Résultat : des capitaux qui prennent la tangente, à la recherche de meilleurs placements. Bloomberg évoque 1.000 milliards de dollars l’année dernière. »(**)


En réalité, les capitalistes chinois les plus « modernistes » savent très bien que leur propre intérêt ne coincide déjà plus depuis plusieurs années avec ceux de Wall Street et ils tentent de profiter de la crise pour ramener le Yuan « en douceur » à un cours plus réaliste et conforme à une circulation plus « équilibrée » (… en leur faveur) des flux de capitaux. C’est cette tendance qui fait pression à la baisse progressive du cours du Yuan. Mais du fait d’avoir trop longtemps attendu, pour ne pas rentrer frontalement en conflit avec les USA, cette réforme s’avère chaotique et même inévitablement périlleuse pour l’ensemble du système…

recul du Yuan


Ainsi tout en envoyant des signes « rassurants » pour ses partenaires, c’est bien cette politique que la banque centrale chinoise a tenté au tournant de l’année:
« En fin d’année dernière, dans le communiqué publié à l’issue d’une de ces nombreuses conférences entre caciques du Parti dont il a le secret, le gouvernement a annoncé, entre autres priorités pour 2016, sa volonté de mener une politique monétaire plus « flexible ». Depuis,les analystes s’échinent à interpréter le nouveau sésame de cette politique, mais ils sont au moins d’accord sur un point : le yuan va continuer à se déprécier par rapport au dollar, et Pékin fera tout pour éviter que cela ne soit perçu comme une série de dévaluations compétitives qui ne diraient pas leur nom…(…)


Mi-décembre, la PBOC a annoncé (en vue de l’intégration du Yuan aux DTS du FMI . NDLR) qu’elle allait valoriser le yuan par rapport à un panier de devises (et non plus seulement par rapport au dollar) ce qui, pour les initiés, n’était pas une nouveauté. Plus surprenant en revanche fut la publication des pondérations de ce panier, permettant à chacun de vérifier que la devise chinoise s’est bien appréciée ces derniers mois. Analysant cet effort apparent de transparence, Natixis y a surtout vu un changement de politique monétaire permettant d’affaiblir, « doucement mais sûrement », le yuan par rapport au dollar, tout en maintenant la promesse de stabilité faite au FMI (stabilité non pas par rapport au seul billet vert, mais par rapport au fameux panier, CQFD). « La banque centrale prépare de manière évidente les marchés à interpréter une baisse du yuan contre le dollar non pas comme une dévaluation, mais de manière conforme à ses objectifs de politique monétaire », ont abondé les stratèges de la Société Générale.


C’est bien ce qui se passe avec cette baisse du cours pivot de mercredi, la septième d’affilée. Ce qui a le plus surpris au fond, selon ING, c’est l’ampleur du coup de canif, supérieur à ce que le nouveau mécanisme de fixation mis en place en août prévoit. « La faiblesse du yuan gagne en vitesse », renchérissent les analystes de HSBC, pour qui « le marché doit accepter que des dépréciations modestes fassent partie des ajustements macroéconomiques du pays ». Reste à voir si ces mouvements graduels, plutôt qu’un ajustement important mais en une fois, réussiront à calmer les sorties de capitaux du pays… »(***)


Mais les USA ne sont pas prêts à courir le risque d’un chaos monétaire, qui, même s’il affecterait gravement et simultanément les deux géants de l’économie mondiale, verrait, in fine, au sortir d’une crise violente, la suprématie du Dollar définitivement balayée…
Outre ses affidés bureaucrates du PCC dans la place chinoise, l’impérialisme US peut compter sur le soutien financier, bon gré mal gré, de ses vassaux « occidentaux »…
« Comme en 1985, certains économistes parient sur une action concertée des banques centrales pour faire baisser le dollar… et soutenir le yuan.
Les Etats-Unis et la Chine vont-ils enfin trouver un terrain d’entente provisoire sur la très sensible question des devises ? La parité dollar-renminbi a longtemps empoisonné leurs relations économiques et diplomatiques. Mais, aujourd’hui, le dollar menace par sa vigueur alors que, à l’opposé, la devise chinoise inquiète, les marchés redoutant un krach. De quoi rapprocher les deux pays pour trouver une solution. « Si le renminbi baisse plus que la marge de tolérance de la Chine et si ses réserves continuent à fondre en dépit des mesures, une action concertée sur les changes deviendrait une option prioritaire. Elle permettrait à la Chine de mieux gérer la délicate transition vers les changes flottants, qui peut provoquer de grands dégâts si elle échoue. Par le passé, les interventions coordonnées sur les devises se sont d’ailleurs produites dans des conditions où les désordres sur les monnaies étaient bien moins problématiques », estime Alan Ruskin, stratège sur les changes à la Deutsche Bank »(****)


Et pour ceux qui n’auraient encore pas bien compris l’importance vitale pour les USA de cette politique monétaire qui repose sur un Yuan surévalué par rapport au Dollar:
« Les Etats-Unis interviennent très rarement sur les marchés des changes. Ils l’ont fait dans des situations exceptionnelles de grandes tensions politiques ou géopolitiques (crise des missiles de Cuba, assassinat du président Kennedy, 11 septembre 2001)…(…)
Pour la Fed, le dollar fort est un handicap supplémentaire alors que les craintes de ralentissement économique, du fait de la Chine, se renforcent. »(****)


Évidemment, certains nous reprocherons encore de puiser des infos dans la presse économique « bourgeoise », et c’est incontestablement aujourd’hui le cas, mais précisément, il s’agit bien de la presse au service des intérêts du capital financier qui domine la planète, et qui tente de comprendre ce qui se passe dans son propre système pour savoir où mettre son pognon…


Et si l’on « tamise » la part d’intox destinée à endormir la méfiance des petits épargnants, il y a bien de grandes lignes de confrontations stratégiques qui se dessinent et qui se reflètent dans l’actu violente qui déchire la planète et dégrade les conditions de vie du prolétariat et du peuple.

A vrai dire, ces grandes lignes sont simplement celles qui se dégageaient déjà de nos premières études sur l’économie chinoise, il y a deux ans, alors que tous les « spécialistes » soutenaient que le Yuan était, prétendaient-ils, « largement sous-évalué » …

Aujourd’hui, avec la crise, c’est simplement la réalité des données objectives du système économique et financier chinois qui tend inexorablement à prendre le dessus sur les politiques monétaires arbitrairement décidées à Washington, même si c’est encore avec la complicité de la majorité des bureaucrates stipendiés du PCC.

Yuan fort ou Yuan faible, il y a bien deux orientations contradictoires qui se dégagent dans la politique économique chinoise, et qui ont réellement des conséquences diamétralement opposées tant dans l’issue éventuelle de la crise, et pour l’instant, sur son développement, que dans l’équilibre ou le déséquilibre des relations internationales, et donc sur les conflits qui en découlent.

Pour l’instant la fraction capitaliste qui domine au sein du PCC est celle qui cherche à tout prix à maintenir un compromis avec l’impérialisme US, dans la mesure où celui-ci lui laisse les places financières chinoises comme relative « chasses gardées ». C’est la fraction du « Yuan fort » artificiellement maintenu, avec la bénédiction des alliés de l’impérialisme US, qui vont jusqu’à tenter de lui faire une place, au demeurant plutôt symbolique, dans les « Droits de Tirage Spéciaux » (DTS) du FMI, et cela tout à fait en dépit des statuts actuels de cet organisme, concernant la « libre convertibilité » des monnaies incluses…

Concernant la signature du tristement fameux accord commercial « Trans-Pacifique », la Chine déclare officiellement ne pas vouloir « politiser les questions  économiques et commerciales » (5) , tout en s’abritant derrière les protestations justement véhémentes de la Russie, alors que si l’on compare le volume respectif des échanges commerciaux entre ces deux pays et les USA, on comprend tout de suite l’aspect ubuesque de cette attitude chinoise…

Quel « courage anti-impérialiste » de la part de ces bureaucrates de la finance chinoise !

Ceci-dit notre propos n’est pas non plus de substituer aux illusions entretenues par la bureaucratie actuelle des illusions sur les « libéraux » partisans d’un Yuan « librement convertible »,  car dans les deux cas les victimes du capitalisme sont toujours les prolétaires, et même une bonne partie des nouvelles « classes moyennes » chinoises!

En Chine comme dans la plupart des nations émergentes la solution de la crise passe par le développement d’une économie endogène, et par voie de conséquence, nécessairement socialiste, à très court terme, même si, dans certains cas, avec une première phase de type « démocratique populaire » où la petite bourgeoisie « nationale » conserve un rôle relativement important, sans toutefois pouvoir être au détriment du rôle politique dirigeant du prolétariat.

 

 
Luniterre

 

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Articles cités:

( *  http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/021680903356-la-bourse-de-paris-se-rapproche-des-4000-points-1198565.php    )

( ** http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/021679128468-les-reserves-de-change-de-la-chine-sous-pression-1198269.php   )

(  ***     http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/021601361974-pourquoi-pekin-abaisse-le-yuan-en-douceur-1190121.php )

 

( ****  http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/021661935304-un-plaza-bis-pour-eviter-le-krach-du-yuan-1196457.php  )

 

( 5 « Лу Кан призвал не политизировать торгово-экономические вопросы. » http://www.vz.ru/news/2016/2/5/792598.print.html  )

 

 

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 Articles parus précédemment sur TML, et qui anticipaient déjà précisément cette réalité politique et économique:

 

 « Crise, CAC, Krach, Chine, nouvelle année, nouvelle secousse ! »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/01/09/crise-cac-krach-chine-nouvelle-annee-nouvelle-secousse/

   ( CET ARTICLE COMPREND UN RÉCAPITULATIF EXHAUSTIF DES LIENS VERS LES ARTICLES PLUS ANCIENS )

 

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   Cet article abordait déjà, notamment, la question de la surévaluation chronique du Yuan, encouragée par les USA…:

« La Chine, le yuan et le dollar,
Nouvelle contribution au débat, Sur la nature sociale et économique de l’état chinois actuel. »
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

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    « Krach boursier, dévaluation du Yuan, deux conséquences inéluctables
De la structuration« maoïste » de la bulle chinoise« 


https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

 

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Cet article est la première étude de fond, sur TML, de l’économie chinoise. Les fondamentaux évolutifs qui s’en dégagent restent à la base des analyses actuelles, que l’actu confirme chaque jour davantage …:

 

  « En relisant Lénine… …qui parlait déjà de Chine ! »
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/08/en_relisant_lenine_qui_parlait_deja_de_chine/

 

 

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Quelques articles récents qui reflètent le débat qui se poursuit avec ceux qui cherchent à comprendre… :

 

 

« Chine : capitalisme ou socialisme ?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/01/16/chine-capitalisme-ou-socialisme/

 

  « A propos de l’intégration du Yuan aux DTS du FMI … »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/01/14/a-propos-de-lintegration-du-yuan-aux-dts-du-fmi/

« Crise et confusionnisme … : Pour y voir plus clair ! »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/01/13/crise-et-confusionnisme-pour-y-voir-plus-clair/

 

« En réponse, point par point, aux attaques « idéologiques » contre notre ligne éditoriale »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/01/23/en-reponse-point-par-point-aux-attaques-ideologiques-contre-notre-ligne-editoriale/

 

« CORRESPONDANCES CRITIQUES (ET NOS RÉPONSES…) 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/01/27/correspondances-critiques-et-nos-reponses/

 

 

 

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