De la guerre commerciale à la guerre monétaire : l’été en pente « douce » du Yuan chinois

 

En résumé et pour ne pas trop surchauffer votre cervelle douillettement endormie à l’ombre d’un parasol, Trump, qui avait violemment attaqué la guerre commerciale en taxant tout ce qui bougeait en direction des USA, fulmine à présent de ce que la monnaie de ses « amis » chinois fond comme un glaçon dans un gobelet de coke light éventé…

https://cap.img.pmdstatic.net/fit/http.3A.2F.2Fprd2-bone-image.2Es3-website-eu-west-1.2Eamazonaws.2Ecom.2Fcap.2F2018.2F07.2F19.2Fb32d7454-dab1-468b-9301-6318c58c64a0.2Ejpeg/750x375/background-color/ffffff/quality/70/picture.jpg

 

 

Du même coup, l’effet de ses mesures protectionnistes se dilue dans le cours des changes et avec lui, la rentabilité des capitaux US investis en Chine, alors même que les exportations chinoises qu’ils financent en grande partie, et y compris vers les USA, ne se trouvent même pas sérieusement ralenties par cette salve de taxes supposées meurtrières…

Ses « amis » chinois lui auraient-ils jouer un mauvais tour en « représailles » ?

 

C’est ce que n’hésite pas à avancer « La Tribune », parmi d’autres publications financières françaises… Un petit air de règlement de compte ? Les chinois, peu désireux de faire grimper la température de ce wok estival n’ont de cesse de protester de leur bonne foi… « Nous ? Manipuler notre monnaie nationale ? Est-ce notre faute si Trump fait « remonter » le dollar ? » etc…

Et il n’ont pas tout à fait tort, loin de là… En effet, la chanson US, reprise jusqu’ici par le chœur de ses « alliés », était déjà depuis très longtemps celle d’une sous-évaluation du yuan et un encouragement constant au pouvoir chinois à maintenir arbitrairement et autoritairement un cours élevé du yuan, à travers le système particulièrement rigide du « cours pivot » autour duquel le yuan ne peut pas graviter à plus de 2% d’écart.

Un déni absolu du « libéralisme » prétendu de l’Occident, mais qui arrangeait bien tout le monde, jusque là… « Tout le monde », c’est à dire surtout les financiers US et les bureaucrates « communistes » du PC chinois, dont la pompe à finance « nationale » est alimentée par l’épargne et le boursicotage frénétique de sa nouvelle « classe moyenne », eux mêmes provenant des salaires « améliorés » par les multinationales, principalement US, implantées en Chine…

La chute du yuan permet donc le maintient des exportations chinoises, mais il en baisse la rentabilité… La guerre commerciale peut donc y faire de victimes, mais qui sont d’abord les bureaucrates « amis communistes » de la finance US dans la place chinoise… Des victimes relatives, puisque si les bénéfices sont entamé, les parts de marché, elles, le sont nettement moins, et c’est bien ce qui déclenche la rage fulminante de Trump… De plus, l’économie endogène chinoise, jusque là bridée par la domination du commerce extérieur, pourrait enfin en profiter pour reprendre la main en Chine…

Tout le problème de la surévaluation de la monnaie et des finances chinoises, voulue et presque imposée par les USA, au départ, c’est bien, finalement, celui de l’atterrissage, avec plus ou moins de « douceur » et/ou de casse relative…

Les chinois n’ont donc pas à « manipuler » leur monnaie, pour qu’elle baisse, mais simplement à lui laisser suivre son cours « naturel ». Mais vu la pente imposée par l’Occident, en fait, c’est avec prudence qu’ils continuent d’utiliser le système du « cours pivot » pour simplement contrôler cette descente naturelle et éviter qu’elle ne devienne un cours torrentueux et sauvage, et ne fasse trop de dégâts au passage. De temps à autre, un petit largage de dollars surnuméraires puisés dans les réserves chinoises peut même faire office de contre-courant… provisoire…

Au bout du compte, de la guerre commerciale à la guerre des monnaies, Trump n’a pas fini de grimacer et de fulminer…

Ou de l’art de se tirer une balle dans le pied et de creuser le lit de la prochaine crise, au lieu de résoudre la présente…

Luniterre

 

PS : voici donc l’excellent article de « La Tribune », sauf pour son ton inutilement vindicatif, et, à la suite, pour mémoire et pour le fun, les protestations « éplorées » et quelque peu sarcastiques des chinois face aux fulminations de Trump…

 

A rappeler également que les causes de cette situation et leurs effets actuels, étaient déjà analysés et prévus, sur TML, dès nos premières études sur ces questions, en 2014… Elles sont, même si de façon encore édulcorées, confirmées par ce constat du FMI, aujourd’hui:

 

WASHINGTON (Reuters) – Le dollar est surévalué mais le yuan est en ligne avec les fondamentaux de l’économie chinoise tandis que près de la moitié des excédents de balances courantes sont désormais excessifs, ce qui accentue les risques de tensions commerciales et peut compromettre la croissance, estime le Fonds monétaire international (FMI).

https://www.usinenouvelle.com/article/le-dollar-surevalue-le-yuan-en-ligne-avec-ses-fondamentaux.N723809

 

A RELIRE SUR TML :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/24/comment-la-chine-pourrait-bientot-rafler-la-mise-au-casino-mondial/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/08/en_relisant_lenine_qui_parlait_deja_de_chine/

 

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Le yuan faible, « meilleure arme protectionniste » de la Chine face à Trump

 

Par Gabrielle Thin

 

La devise chinoise s’est beaucoup dépréciée jusqu’à atteindre son plus bas niveau depuis un an face au dollar. Une baisse alimentée par les autorités chinoises qui s’appuient sur le taux de change pour répliquer face aux Etats-Unis dans le contexte de tensions commerciales accrues.

Pékin a choisi ses armes dans la bataille commerciale que les Etats-Unis ont déclenché contre la puissance chinoise. Le yuan a atteint son plus bas niveau depuis plus d’un an ce vendredi en séance : la monnaie chinoise a baissé de 0,28% par rapport à la veille, à 6,7943 yuans pour un dollar. En tout, elle s’est dépréciée de 7,6% face à la devise américaine depuis la fin mars.

« La dépréciation du yuan face au dollar [constitue] la meilleure arme protectionniste de l’Empire du milieu [et] la meilleure réponse des autorités chinoises à l’augmentation des droits de douanes des Etats-Unis sur les produits exportés par la République populaire » analyse Marc Touati, du cabinet ACDEFI.

La Banque populaire de Chine (BPC) a abaissé le taux pivot autour duquel le yuan est autorisé à fluctuer dans une fourchette de 2% pour la septième séance consécutive à 6,7671 yuans pour un dollar, soit son plus faible niveau depuis le 14 juillet 2017. La devise n’est plus qu’à 0,11 yuan de son record de mars 2011 qui n’avait pas vu la monnaie aussi basse depuis le printemps 2008.

« Le yuan a perdu plus sur les trois dernier mois que sur les 12 mois qui ont suivi la dévaluation de 2015. Cela donne une idée des dégâts » relèvent les stratégistes de La Banque Postale Asset Management.

[Evolution du cours du yuan par rapport au dollar depuis 2005, courbe en bleu. Crédits: Economie et Stratégies]

Ayant connu des fluctuations très importantes face au dollar depuis une décennie, le phénomène ne suscite pas encore d’inquiétude généralisée.

« D’un point de vue fondamental, nous pensons que le yuan est comme beaucoup d’autres devises, il peut monter ou baisser en fonction des perspectives macroéconomiques et d’autres éléments comme cela », précise M.K. Tang, économiste chargé de la Chine chez Goldman Sachs interrogé par l’agence Reuters.

D’ailleurs, la baisse continue du yuan ne va pas à l’encontre des anticipations de marché puisque les autorités chinoises ne semblent pas encore désireuses de l’enrayer comme en témoigne le comportement de la banque centrale chinoise.

« S’il arrive que les responsables monétaires [chinois] soient gênés parce qu’ils trouvent que cela devient excessif alors il est très probable que les autorités trouveront les moyens de stabiliser la devise », ajoute M.K. Tang.

Une arme au cœur des tensions commerciales

Le contexte de tensions commerciales aggravées entre la Chine et les Etats-Unis, avec l’imposition de droits de douane de 25% sur des produits chinois correspondant à 34 milliards de dollars d’importations annuelles, à laquelle la Chine a répliqué en visant le même montant d’importations américaines est sans doute à l’origine de la décision des autorités chinoises.

Cette réponse est ainsi considérée comme « une compensation non négligeable aux exportateurs chinois pour leur perte de compétitivité liée à la hausse des droits de douane américains », d’après Rajiv Biswas, économiste du cabinet IHS Markit sollicité par l’AFP.

Donald Trump s’est d’ailleurs inquiété à la télévision américaine de cette « chute libre » de la devise asiatique qui défavorise largement l’économie américaine au dollar fort.

« La Chine, l’Union européenne et d’autres manipulent leurs devises et taux d’intérêt à la baisse, tandis que les Etats-Unis relèvent leurs taux, alors que le dollar est de plus en plus fort à chaque jour qui passe – retirant notre important avantage concurrentiel. Comme d’habitude, pas une situation équitable»  a réagi le président américain sur Twitter ce vendredi.

 

Cependant, à plus long terme, la poursuite de la baisse pourrait engendrer un climat d’incertitude préjudiciable aussi à l’économie chinoise puisqu’il sera plus difficile de maintenir la confiance des investisseurs étrangers dans l’achat d’actifs libellés en yuan. Elle alimente les craintes d’une diffusion des tensions commerciales au marché des changes. D’autant que la dévaluation a déjà produit des effets de contagion à nombre d’économies émergentes, comme en témoigne l’indice MSCI devises émergentes dont le cours a suivi celui du yuan.

[Cours des devises émergentes et du yuan depuis janvier 2017. Crédits: Bloomberg et LBPAM]

« Les investisseurs ne savent pas jusqu’où le yuan peut chuter », a fait valoir Ken Cheung, stratégiste sur les changes à la Mizuho Bank, cité par Reuters.

 

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/le-yuan-faible-meilleure-arme-protectionniste-de-la-chine-face-a-trump-785787.html

 

eventail

 

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Le récent déclin du yuan n’est pas une « manipulation »

 

http://french.china.org.cn/business/txt/2018-07/24/content_57817657.htm

 

Selon les experts, une possible guerre monétaire serait néfaste pour tout le monde.

Lundi, la Chine a rejeté les accusations des officiels américains suggérant que la Chine aurait délibérément dévalué sa devise pour obtenir un avantage dans les exportations, affirmant que ces accusations infondées pourraient entraîner une guerre monétaire qui nuirait aux deux pays, ainsi qu’à l’économie mondiale.

A la suite du récent renforcement du dollar US contre le yuan, l’euro et d’autres devises, et dans un contexte où les actions commerciales américaines semblent avoir échoué à remporter des concessions de la part de la Chine, le président américain Donald Trump a usé d’un élément de langage politique vieux mais populaire, qui qualifie la Chine de « manipulateur » de sa devise, alimentant les discussions sur une possible guerre monétaire entre les deux plus grandes économies mondiales.

« Nous ne pouvons pas écarter la possibilité d’une guerre financière ou d’une guerre monétaire après la guerre commerciale. Lorsque ce point sera atteint, tous les outils auront été utilisés », explique Song Guoyou, le directeur du Centre de diplomatie économique de l’Université Fudan. Celui-ci ajoute que si les Etats-Unis mettent à exécution toutes leurs menaces, la guerre commerciale pourrait s’étendre à d’autres domaines: « Si une guerre monétaire éclate, elle sera clairement destructives pour tous », souligne-t-il. 

Lors d’une interview avec la chaîne américaine d’information financière CNBC diffusée jeudi dernier, Donald Trump a déclaré que le yuan « chutait comme une pierre », ce qui désavantageait les Etats-Unis. Le président américain a fait suivre ce commentaire de quelques tweets, accusant explicitement la Chine, l’UE et d’autres pays de « manipuler » leur devise

Dans un effort apparent pour calmer le marché, le secrétaire du Trésor des Etats-Unis Steven Mnuchin a déclaré vendredi, qu’il n’y avait pas de guerre monétaire, ajoutant cependant que « l’affaiblissement de la devise [créait] sans aucun doute un avantage déloyal » pour la Chine.

Pour Song Guoyou, Steven Mnuchin ne « représente pas entièrement » l’opinion du président américain, car « la partie la plus imprévisible de cette guerre commerciale est le comportement de Donald Trump lui-même ». 

Selon lui, le président américain est « nerveux », car la récente dépréciation du yuan pourrait contrebalancer les droits de douane punitifs sur l’importation des produits chinois.

Le yuan a connu une tendance à la baisse et chuté de plus de 7 % depuis la fin du mois de mars. Lundi soir, il s’était cependant renforcé de 0,19 % à 6,7828 contre le dollar.

Lundi, lors d’une conférence de presse, Geng Shuang, un porte-parole du ministère chinoise des Affaires étrangères, a récusé les accusations de Donald Trump: « La partie chinoise n’a pas l’intention de stimuler ses exportations par le biais d’une dévaluation concurrentielle de sa devise. Il s’agit d’une position constante de la partie chinoise », a-t-il souligné.

Selon Lian Ping, l’économiste en chef de la Bank of Communications, la tendance à la baisse du yuan a été causée par une série de facteurs, incluant un dollar fort stimulé par les politiques économiques américaines et la hausse des taux d’intérêts américains: « Il n’y a aucun signe indiquant que la Chine interfère actuellement avec le taux de change du yuan », explique-t-il, soulignant que la guerre commerciale avait été initiée par les Etats-Unis pour faire pression sur le yuan.

« Le point de vue général est qu’en lançant une guerre commerciale, les Etats-Unis ont fait pression sur la Chine. Il n’est donc pas surprenant que les attentes du marché vis-à-vis d’une baisse du yuan se soient renforcées », engendrant un déclin dans sa valeur, note-t-il également. 

Selon He Weiwen, un ancien conseiller économique et commercial des consulats chinois à San Francisco et New York, le renouvellement du point de vue de M. Trump sur le yuan sert principalement des fins politiques plutôt qu’économiques: « Aux Etats-Unis, qualifier la Chine de manipulateur de sa devise est une question politiquement correcte. [Donald Trump] veut faire de la Chine un bouc-émissaire. »

 

 

 

 

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9 commentaires

  1. Ce qui conviendrait pour clarifier encore cette question, serait connaitre le poids des entreprises occidentales dans la masse d’exportations « chinoises » (en provenance de Chine plutôt).

    Quelques années auparavant, on a annoncé le début d’un retrait des « investisseurs » occidentaux de Chine. Les « capitaux » iraient en Afrique qui « se développe » comme jadis les « dragons » et la Chine, en devenant des sociétés « maquiladoras » et compradores ».

    Le risque pointé par l’article d’une accélération de la fuite des « investisseurs » peu contents que leurs gains en yuans fondent et la remontée relative du cours du yuan font penser à l’influence de ces « investisseurs » dans l’économie d’exportation chinoise.

    Autre question importante pour comprendre l’ensemble de la question est l’importance de l’économie interne de la Chine. Donc la puissance d’achat du marché interne et s’il pourrait remplacer une chute importante du marché externe. Bref, les atouts des « investisseurs ».

    Car si le marché interne peut absorber la production des « maquiladoras » chinoises, la Chine est indépendante. Hypothèse peu probable pour l’instant malgré le développement d’une « classe moyenne » qui se compte par centaines de million, il parait. Mais cette classe moyenne peut-elle se soutenir sans la mane des exportations? Je n’en sais rien mais je doute.

    Si les exportations « chinoises » sont réellement chinoises, la Chine est encore (politiquement) indépendante bien que très dépendante du marché externe et très sensible aux mesures de guerre économique. Si la guerre économique se développe trop et sans un marché interne important, l’économie chinoise, en ce cas, serait vouée à une chute rapide.

    Si les exportations « chinoises » sont en fait, majoritairement dépendantes des « investisseurs » japonais ou occidentaux, et le marché interne pas encore suffisamment développé, alors la Chine est un grand pays du tiers-monde avec une indépendance très relative et cible des « sanctions » et autres mesures de guerre économique.

    Ce sont les difficultés de ce type d’analyse qui ne prennent qu’une partie de la question et ne permettent pas de se faire une idée d’ensemble.

    1. La réponse à ton questionnement ne se trouve pas au premier degré dans l’article, dont ce n’est pas le sujet direct, mais indirectement, oui, en évoquant le contexte, qui, lui, se trouve mieux défini en profondeur par les études citées en lien.

      La question de l’indépendance relative de la Chine, dans la mesure où le capitalisme financier y est largement dominant depuis une trentaine d’années, est donc celle de son autonomie en tant que pôle financier.

      Est-elle simplement une place de transit, vivant en parasite d’un capitalisme comprador, ou bien a-t-elle une marge de manœuvre pour influer sur son propre développement et, en proportion, sur l’économie mondiale ?

      La question de la structuration du capitalisme financier chinois est développée dans cette étude :

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

      On ne peut la résumer en quelques mots, tant elle est complexe, et typiquement « chinoise », y compris au sens caricatural du terme, au point même que certains boursicoteurs chinois égarés en Occident n’arrivent plus à s’y retrouver…

      Ce qu’il faut comprendre, c’est le processus d’ « écluses » financières, à sens non pas tout à fait unique, mais à flux forcé dominant vers leurs places financières « fermées » par ce type d’ « écluses », et qui a donc permis, en parallèle du développement de l’économie comprador, et en grande partie en « dérivant » ses flux vers leurs « écluses », la constitution d’un capitalisme financier proprement chinois.

      C’est ce capitalisme financier chinois qui a commencé à s’implanter en Afrique, en Amérique Latine, et même en Europe (…PSA !). En ce sens, en tant que capitalisme monopoliste d’État exportateur de capitaux, le capitalisme financier chinois est un impérialisme comme un autre…

      Pour autant, la part d’économie comprador, si elle tend à se réduire, n’a pas évidemment disparu…

      En 2014, la part des exportations contrôlée par des capitaux étrangers était donc encore de 60% environ, ce qui laisse déjà un non négligeable 40% pour la finance chinoise à elle toute seule, en plus de son économie interne, même si celle-ci reste effectivement insuffisamment développée.

      Sur les 60% il faudrait en plus pouvoir estimer la part « dérivée » vers le capitalisme financier chinois, via le processus « éclusier »…

      Je ne trouve pas de chiffre fiable plus récent, mais dans la logique de ce développement il y a lieu de penser que l’autonomie du capitalisme financier chinois a continué de s’accroître par tout ces moyens, et il faudrait donc revoir ces proportions en ce sens. C’est manifestement cette évolution que traduit la « guerre » commerciale actuelle, en plus des phénomènes résurgents de la crise de 2008…

      C’est pourquoi les chinois se payent l’audace de laisser filer « doucement » leur monnaie vers son cours naturel, ce qui était encore impensable en 2014 :

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

      Pour l’instant, il semble donc que les chinois soient en train de « prendre la main », même si, globalement, le rapport de forces n’évolue que très lentement, à l’échelle planétaire.

      Selon que la Russie penchera d’un côté ou de l’autre, cela pourrait également faire une différence…

      Le mieux serait évidemment qu’elle reste indépendante, mais là encore, ce n’est pas gagné, c’est le moins que l’on puisse dire… !

      Luniterre

  2. Donc l’exportation des capitaux venant de Chine serait de 40% du total. Il faut dire qu’il y a beaucoup de ces 40% que ne font que des aller retours aux bourses asiatiques, notamment Hong Kong pour des raisons d’éviter la fiscalité ou autres de même nature.

    En Europe le taux « chinois » d’investissement est de l’ordre de …1% de la masse des exportations de capitaux vers l’Europe.

    C’est un « impérialisme » de tiers-monde où ils se placent eux-mêmes.

    Aujourd’hui, plein de pays du tiers-monde « exportent des capitaux », tous presque à des degrés et des magnitudes diverses. Mais pour devenir une véritable puissance impérialiste il y a des hiérarchies et des grandeurs.

    En fait il y a un grand impérialisme hégémonique et dominant et tous les autres secondaires (les Européens, les japonais) et ceux de troisième et quatrième ordre. Ces exportateurs des capitaux répondent à la nature du capitalisme d’aujourd’hui, assez « mondialisé ».

    Peut-être que les Chinois ont des « aspirations » mais pour devenir un vrai impérialisme qui joue dans la cours des grands, il faudra qu’ils obtiennent la permission des Etats-Unis.

    Et ce n’est pas gagné.

    1. Tableau 1 : Investissements chinois par pays

      http://www.lasyntheseonline.fr/idees/le_chiffre_de_la_semaine/bilan_des_ide_chinois_a_l_etranger_deja_un_stock_de_858_milliards_de,31,6120.html

      *****************************

      « Le stock d’IDE américain dans le monde progresse à nouveau de 9% en 2012 et s’élève à 4 453 Mds USD fin 2012. »

      « Selon la Banque de France, le stock d’investissement américain en France, établi en fonction du pays de l’investisseur ultime, s’est stabilisé autour de 94 Mds d’euros fin 2012 (19% du stock total d’IDE en France) . Les États-Unis maintiennent ainsi leur place de premier investisseur en France. »

      https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/ETATS-UNIS_-_Les_investissements_directs_etrangers_cle0dd94b.pdf

      « L’Union Européenne est le premier bénéficiaire d’IDE américains, pour une valeur de 1 536 milliards € en 2012.  »

      https://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/commission/affaires_europeennes/Divers/echanges_commerciaux_UE_-_Etats_Unis-1.pdf

      Remettons les choses en ligne aussi réelles que possible, en stocks d’IDE accumulés, même si les chiffres sont décalés en temps.

      Les IDE chinois ont, en %, progressé plus vite que ceux des USA, de l’avis général, et donc cette comparaison reste valable, en termes d’ordres de grandeurs et de proportions de stocks d’IDE.

      858/4453= 19,3%
      c’est le rapport des IDE chinois aux USA dans le monde

      103,3/1536=6,7%
      c’est le rapport des IDE chinois aux USA en UE, mais en tenant compte que le total chinois connu ne porte que sur GB+ALLEMAGNE+FRANCE+ITALIE
      Il faudrait donc ajouter au chiffre chinois tout le Benelux, l’Espagne, toute l’Europe de l’Est, et la Scandinavie, où ils sont aussi présents…
      Le chiffre tourne donc certainement autour de 10%, voire plus!

      19,2/94=20,5%
      c’est le rapport des IDE chinois aux USA en France

      ********************************


      « Donc l’exportation des capitaux venant de Chine serait de 40% du total. Il faut dire qu’il y a beaucoup de ces 40% que ne font que des aller retours aux bourses asiatiques, notamment Hong Kong pour des raisons d’éviter la fiscalité ou autres de même nature. »

      Ici tu mélanges carrément les chiffres concernant les exportations de marchandises et de capitaux…

      La comparaison ci-dessus est valable en termes de stocks d’IDE, c’est à dire de capitaux réellement investis dans le secteur productif.

      Le rapport 40/60 concerne le contrôle des exportations de marchandises à partir de la Chine. C’est aussi un chiffre qui exclut donc les problématiques de détournement fiscal.

      Cela signifie que 40% des marchandises exportées de Chine le sont entièrement et directement au profit du capitalisme chinois.

      Et sur les 60% qui bénéficient principalement aux capitalistes étrangers, ils en ont aussi une part, mais qui est difficile, voire impossible, à estimer réellement.

      **********************

      « Peut-être que les Chinois ont des « aspirations » mais pour devenir un vrai impérialisme qui joue dans la cours des grands, il faudra qu’ils obtiennent la permission des Etats-Unis. »

      Je pense que tu devrais réetudier sérieusement la notion de formation de l’impérialisme…

      Un pays ne « décide » pas de devenir impérialiste…

      C’est simplement un stade de développement de son économie capitaliste qui fait évoluer la nature du capitalisme d’une nation vers l’impérialisme, qu’elle le « veuille » ou non!!!

      Aujourd’hui, en ce qui concerne la Chine, seconde ou même première puissance économique mondiale, selon les critères de statistiques, ce stade est largement atteint…!

      « Le stock d’investissements directs français à l’étranger est estimé à 1 194,8 Md€ fin 2016 »

      A comparer aux 858,2 MdsUSD de la Chine. Là encore un ordre de grandeur qui ne place pas ces pays dans des catégories différentes!

      De plus, en termes de progression, il faut comprendre que ce stock est accumulé depuis plus d’un siècle, en ce qui concerne la France, et seulement depuis une vingtaine d’années, pour la Chine!!!

      https://www.cairn.info/revue-d-economie-financiere-2011-2-page-133.htm

      https://www.insee.fr/fr/statistiques/3303553?sommaire=3353488

      De même, avec respectivement autour de 150 et 160 Mds-USD de stocks d’IDE aux USA la Chine n’est guère « moins impérialiste » que la France!! Et toujours, évidemment, en tenant compte de la courte période sur laquelle s’est construit ce stock!!

      C’est bien pourquoi les USA s’en inquiètent et tentent de mettre un frein à son développement, pour tenter de contenir le rapport de force au stade actuel, où ils sont encore dominants mais voient clairement la Chine comme leur « challenger » numéro 1, ce que tu sembles refuser obstinément de voir, et on ne comprend pas pourquoi, là non plus…

      Luniterre

      1. INFO COMPLÉMENTAIRE

        L’impérialisme chinois à l’assaut de l’Afrique
        21 juillet 2018

        http://www.les7duquebec.com/7-au-front/limperialisme-chinois-a-lassaut-de-lafrique/

        Par  Mesloub Khider
        EDITORIAL IN ENGLISH-PORTUGESE-ITALIANO-SPANISH:

        http://www.les7duquebec.com/wp-content/uploads/2018/07/21.07.2018-ENGLISHMesloub.docx

        21.07.2018-ENGLISHMesloub
        « La tendance du capitalisme aux expansions soudaines constitue l’élément le plus important, le trait le plus remarquable de l’évolution moderne ; en fait l’expansion accompagne toute la carrière historique du capital, elle a pris dans sa phase finale actuelle, l’impérialisme une énergie si impétueuse qu’elle met en question toute l’existence civilisée de l’humanité. » Rosa Luxembourg.
         
        Autrefois chasse gardée des puissances colonialistes européennes, en particulier de la France et de l’Angleterre, l’Afrique glisse progressivement sous domination impérialiste de la Chine. Parmi les multiples pays africains massivement exploités par la puissance capitaliste chinoise s’illustre le Congo. Avant l’implantation des chinois,  le Congo était dominé par le capital « occidental ».  A la faveur de l’essor de la production du caoutchouc impulsée à la fin du 19ème siècle, longtemps le Congo a été éventré pour satisfaire la nouvelle demande en pneumatiques. De manière générale, l’exploitation effrénée des ressources naturelles de l’Afrique s’est traduite par la mort de millions d’Africains.
        De nos jours, au Congo le caoutchouc n’a plus les faveurs des investisseurs capitalistes. En effet, avec l’émergence de l’économie numérique, les sociétés minières chinoises en quête de profits  ont investi dans l’exploitation des gisements de cobalt. Pour alimenter les smartphones, les ordinateurs ou voitures électriques au lithium, matière première indispensable pour  la fabrication  de ces produits,  le capital chinois a investi directement dans les gisements du cobalt. En 2016, 60% du cobalt provenait du Congo.
        Une grande partie du cobalt extrait du Congo est acheminé vers la Chine. En 2016, environ 90% du cobalt chinois provenait du Congo, où les entreprises chinoises dominent l’industrie minière. Au début de l’année 2018, la voracité du capital Chinois pour le cobalt s’est aiguisée,  affermie par l’annonce de GEM – un fabricant de batteries – de l’achat  du tiers du cobalt expédié par Glencore (le plus gros producteur mondial de métal), soit près de la moitié de la production mondiale de 110 000 tonnes en 2017.  Cet investissement massif dans les gisements du cobalt répond à l’augmentation de la demande pour les voitures électriques, qui nécessite généralement 5-10 kilogrammes de cobalt par rapport aux Smartphones qui en nécessitent 5-10 grammes.
        Au Congo, selon les sources officielles, le nombre de travailleurs exerçant dans les mines s’élèverait à 100 000. Au mépris des règles de sécurité et d’hygiène, ces mineurs œuvrent avec des outils rudimentaires. D’après L’UNICEF,  40 000 enfants travailleraient dans ces exploitations minières, payés à moins d’un euro par jour. Certains œuvrent en surface aux lavages des minerais collectés dans les rivières locales (au péril de la santé publique NDLR).
        Sur ces gisements, un quart du cobalt proviendrait de mines «artisanales». Ces mines de fortune, exploitées par des mineurs locaux, vendent leurs extractions minières aux entreprises chinoises. En effet, pour d’évidentes raisons de rentabilité, ces entreprises chinoises préfèrent acheter du minerai artisanal pour la modicité de son prix, mais aussi pour ne pas devoir procurer des salaires stables aux mineurs congolais, et s’acquitter du coût de la sécurité sur les sites des gisements.
        Au plan strictement professionnel, les conditions de travail dans ces gisements sont très précaires. Les accidents de travail sont fréquents.  La mortalité élevée. Les éboulements souterrains réguliers. En dépit de ces risques, les ouvriers acceptent, faute de choix, de travailler dans ces conditions pour un salaire dérisoire.
        Outre les risques inhérents à la dangerosité du métier d’extraction du cobalt exercé de surcroît dans des conditions « artisanales », vient s’ajouter la dégradation écologique de l’espace environnemental, et les répercussions pathogènes  à long terme sur la santé des populations locales. Les dommages sanitaires sur ces populations se révèlent dramatiques. Effectivement, dans certaines aires géographiques minières, des études médicales ont constaté  l’apparition de pathologies inquiétantes. Sur certains habitants de régions minières on a relevé des concentrations urinaires de cobalt 43 fois plus élevées que la moyenne, des niveaux de plomb cinq fois plus élevés, des niveaux de cadmium et d’uranium quatre fois plus élevés. Et les taux  étaient encore plus élevés chez les enfants. En outre, ces régions connaissent une prévalence de malformations congénitales  auparavant inexistantes.
        La barbarie de ce monde en putréfaction provient de son ordre économique dont est issue sa structure politique. Partout où le capitalisme implante sa domination, l’abomination s’implante. Partout où le capital investit, il travestit la société. Partout où une seule usine se construit dans une région, toutes les spécialités de la médecine s’installent aussitôt après pour tenter de soigner les multiples nouvelles pathologies générées par la production morbide de cette usine. L’infecte économie capitaliste produit plus de maladies qu’elle ne peut payer de remèdes. Partout, en dépit d’une progression extraordinaire du budget de la sécurité sociale, la pathologie gagne sans cesse sur les soins apportés aux malades.
        Au plan géostratégique, la domination croissante de l’impérialisme chinois en Afrique inquiète de plus en plus  l’empire américain déclinant. Incapables de soutenir la concurrence devant la domination économique chinoise en Afrique, les États-Unis s’appuient sur leurs puissantes forces militaires pour contrer l’influence de la Chine. En effet,  en net recul sur le plan économique, les États-Unis, en guise d’investissements économique, de diplomatie et de partenariat politique, se rabattent sur leur supériorité militaire écrasante pour maintenir leur domination sur l’Afrique, notamment sous le couvert de » la lutte contre le terrorisme.  Faute de pouvoir engager des investissements financiers à l’instar de la Chine pourvue d’un trésor de guerre financier colossal, les États-Unis usent en effet de leurs forces militaires pour sécuriser leurs intérêts économiques stratégiques en Afrique.
        La supériorité militaire étasunienne est incontestable et écrasante. En comparaison avec la Chine dotée d’une seule base navale présente dans la Corne de l’Afrique, les Etats-Unis sont militairement présents dans 49 des 54 pays africains. Après le Proche-Orient transfiguré  (défiguré) en zones de guerres et de terrorismes permanents par les États-Unis et ses alliés sur fond d’intérêts économiques et géostratégiques, l’Afrique, objet de convoitises impérialistes, s’achemine-t-elle vers le même scénario ?

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