Le capitalisme peut-il mourir par arrêt du coeur « rouge » de la Chine?

 

 

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Le capitalisme

 

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peut-il mourir.

 

 

par arrêt du cœur

 

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« rouge » de la Chine?

 

 

 

 

KRACH CHINE


A l’issue de la seconde guerre mondiale, les USA se sont durablement imposés comme super-puissance planétaire hégémonique. Quasiment intacte sur son propre sol et dans ses infrastructures, la source des dollars semblait intarissable et capable d’inonder de son flot le reste de la planète dévasté par la guerre.


Dévastée par la guerre, l’URSS l’était encore plus que tout autre pays, avec 26 millions de morts sacrifiés pour vaincre le fascisme.

Malgré son refus de céder à la fascination du dollar, l’URSS parvint à nouveau à se reconstruire en quelques années et à demeurer la seconde puissance économique mondiale.

Mais surtout, elle devint la base du combat anti-impérialiste mondial.
Et le camp socialiste et anti-impérialiste ne cessait de croitre et de s’étendre, malgré la gangrène révisionniste qui affectait la plupart des partis communistes, dès le début des années 50.


Vers la fin des années 60, l’impérialisme US s’est donc trouvé acculé à une économie de guerre ruineuse, à cause de son interventionnisme permanent pour assurer sa survie, avec notamment son engagement massif au Vietnam.
Briser l’unité du front anti-impérialiste était donc pour l’impérialisme US une nécessité vitale.
Sous l’influence de la gangrène révisionniste et du social-chauvinisme une fêlure principale était déjà ouverte entre l’URSS et la Chine.


L’impérialisme US, sous la férule de Nixon et surtout de son ingénieux « conseiller », le Dr Kissinger, a su habilement en tirer partie pour intégrer la Chine au flot de la finance impérialiste mondiale, faisant ainsi d’une pierre deux coups stratégiques essentiels:
-Isoler l’URSS et réduire encore son poids économique relatif, déjà hypothéqué par la bureaucratie révisionniste.
-Amorcer un nouveau flux financier de capitaux spéculatifs, susceptibles de maintenir la domination du dollar.


C’est la manière dont s’est effectué cet arrimage au capitalisme financier mondial, dès le début des années 70, qui a progressivement structuré le capitalisme chinois selon un mode de fonctionnement qui est toujours le sien à l’heure actuelle.
Mais, ce qu’il est encore plus important de comprendre, c’est le nouvel « équilibre » mondial que ce processus semblait avoir inauguré, en entrainant la chute de l’URSS.


En réalité, et comme processus fondamentalement impérialiste, il constitue un déséquilibre permanent qui est à la base de la crise mondiale et de son caractère chronique, avec des soubresauts de plus en plus violents ces dernières années.
Le fait que la « crise chinoise » entraine dans son sillage un nouvel approfondissement généralisé de la crise, pratiquement dans tous les autres pays, est symptomatique de l’impasse dans laquelle l’impérialisme US a entrainé la planète.


Même s’ils se gardent bien de remettre au premier plan, et pour cause, les liens fondamentaux entre l’économie chinoise et la finance US, qui se sont clairement tissés au détriment de la « puissance » européenne, certains observateurs « économiques » ne s’en inquiètent pas moins de la tournure des évènements… Exemple, avec cette chronique du site « Challenges ». Extraits:


« Pourquoi le ralentissement de la croissance chinoise inquiète les Bourses


Les craintes des marchés concernant l’économie de la Chine ont été accentuées vendredi par la publication d’un indicateur d’une activité manufacturière en forte baisse dans ce pays parfois qualifié d' »usine du monde ».


(…) « L’investisseur a peur! » a résumé Franklin Pichard, le directeur de Barclays Bourse. Il « s’interroge sur la réalité du niveau de croissance chinoise, craignant qu’un atterrissage trop brutal de l’économie n’entraîne un ralentissement plus prononcé de l’économie mondiale », juge-t-il.


(…) Pourquoi une telle inquiétude?


La croissance chinoise était de 7,4% l’an dernier, à son plus bas niveau depuis 1990, et a encore reculé à 7% pour les deux premiers trimestres de 2015. C’est bien au-dessus des taux de la plupart des autres puissances économiques mais la dévaluation surprise du yuan le 11 août fait soupçonner une réalité pire que ce que Pékin veut bien reconnaître.


(…) En quoi une croissance ralentie pose-t-elle problème sur le plan intérieur?
Les experts jugent que le parti communiste doit continuer à améliorer les conditions de vie des Chinois pour préserver son pouvoir. Et le taux de croissance permettant au gouvernement de créer assez d’emplois pour endiguer la contestation sociale est généralement estimé autour de 7%.


En quoi est-ce un problème international?


Au lendemain de la crise financière de 2008, avec des économies américaine et européenne affaiblies, le monde attendait de la Chine qu’elle tire vers le haut la croissance planétaire.


(…) Après la dévaluation surprise de près de 2% du yuan le 11 août, qui a entraîné sa chute de près de 5% la semaine dernière face au dollar, la monnaie chinoise devrait encore baisser d’ici la fin de l’année, peut-être jusqu’à 6,6 yuans pour un dollar, contre 6,4 actuellement, selon la banque japonaise Nomura. »

(   http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20150821.CHA8623/pourquoi-le-ralentissement-de-la-croissance-chinoise-inquiete-la-bourse.html   )

 

 

Ce qui est remarquable, dans ce constat assez lucide, sur ces quelques points, c’est que la dévaluation du Yuan semble être désormais acceptée comme une nécessité inexorable… Alors que jusqu’à ces tous derniers moments avant cet « épisode », le cri unanime, USA en tête, envers la Chine était: « le Yuan doit être réévalué, …il est maintenu artificiellement bas pour doper le commerce extérieur chinois, …pour faire une concurrence déloyale, » etc…
Et cette antienne était aussi bien acceptée par les analystes économiques « marxistes », mais en fait révisionnistes, qui louangeaient la capacité du Yuan à devenir « prochainement » une monnaie « de réserve » concurrente du dollar…
Alors que ce processus, s’il doit aboutir, non seulement n’aura rien d' »anti-impérialiste », mais passera par une nouvelle restructuration, particulièrement brutale, du capitalisme chinois, entrainant une nouvelle crise généralisée, en Chine et ailleurs.


C’était notamment la conclusion d’une de nos études en réponse à la polémique avec les partisans du « socialisme à la chinoise »…:

« La Chine, le yuan et le dollar

Nouvelle contribution au débat sur la nature sociale et économique de l’état chinois actuel. »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/


« Essai de conclusion provisoire :
(…) les actions chinoises, prisonnières d’un marché fermé, sont probablement très largement surévaluées par les chinois eux-mêmes, car ils n’ont, pour la plupart des épargnants et investisseurs locaux, pas le choix d’aller voir ailleurs…
A savoir que contrairement à la France, par exemple, l’épargne, même populaire, joue un rôle de base dans les flux financiers intérieurs.


L’ouverture des marchés provoquera vraisemblablement une baisse des cours des valeurs chinoises, un appauvrissement des épargnants, et une ruée sur les valeurs étrangères. En somme, tous les ingrédients d’une crise sévère…


On comprend donc la prudence des réformateurs « libéraux », qui voudraient faire du Yuan une monnaie de réserve…
Officiellement, ils ont plutôt le soutien de leurs homologues américains et européens, mais je pense que c’est, de la part de ces hypocrites, un moyen de faire pression sur les « conservateurs » pour qu’ils réévaluent autoritairement le yuan à la hausse…


Le yuan convertible, lié à l’ouverture des marchés financiers chinois, et à leur « réajustement » brutal conséquent, aura plutôt tendance à dévisser carrément, dans un premier temps, qui peut être assez long, et en réalité, causer du tort à la finance US.

C’est pourquoi je pense qu’il y a une complicité objective entre les « conservateurs » chinois, protectionnistes, et les financiers US importants.
Le statuquo est leur intérêt commun :

_Pouvoir prolongé du dollar côté impérialistes US.
_Superprofits du « shadow-banking » côté bureaucrates chinois. »


Mais comme nous l’avons expliqué au début, cette situation n’est pas due à une « trahison » de la part des successeurs de Mao. Elle a ses racines dans la période maoïste elle-même, dans sa conception révisionniste et sociale-chauvine de la « Démocratie Nouvelle », cristallisée, aussitôt après la mascarade sanglante de la « Révolution culturelle », par la « diplomatie du ping pong » et son avatar collaborationniste, directement issu de la philosophie « De la contradiction »: la « Théorie des trois mondes ».


Comprendre que la logique interne du capitalisme chinois actuel est lié à ses origines maoïstes et à son inéluctable virage collaborationniste avec l’impérialisme US, c’est l’objet d’une nouvelle étude de fond, actuellement en cours, et à paraitre prochainement sur TML, sous le titre:

« Krach boursier, dévaluation du Yuan, deux conséquences inéluctables
De la structuration « maoïste » de la bulle chinoise »

 

Mais d’ores et déjà, cette actualité vient à nous rappeler qu’il n’y a rien à espérer du moindre compromis structurel avec la finance impérialiste en terme d’indépendance nationale, et que seule la voie d’un développement réellement endogène, et donc réellement socialiste, par nécessité, peut mettre fin à la domination impérialiste. Les reliquats d’un capitalisme « national » ne peuvent être, si nécessaires, qu’un accessoire secondaire et très provisoire, pour les pays en retard de développement ou sous la pression d’un blocus économique difficilement contournable.

 

C’est dans ce sens que peut avoir lieu un débat sur la possibilité d’une « NEP » du 21ème siècle, et non dans celui d’une prétendue « nouvelle forme » de socialisme, essentiellement fondée sur l’investissement financier « étranger », c’est a dire à dominante US, en pratique, même si à travers le relai « chinois ».


 

Ce qui ne signifie pas que de nouvelles formes de pouvoir prolétarien ne jailliront pas, à l’avenir, de l’initiative des masses, et pourquoi pas en Chine, où, comme le mentionne fort à propos l’article de « Challenges », la limite commence à se tendre entre le pouvoir pseudo-« communiste » et la classe ouvrière de l' »usine du monde ».

Ce sera alors aux communistes authentiques d’ouvrir à ce réveil la perspective d’un socialisme réel et réellement endogène par son mode de développement.


Luniterre

 

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FM_TML_2J_

 

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