anti-impérialisme

Marxisme-Léninisme ou Trotskysme ? – Un nouveau débat sur l’histoire de l’URSS et sa chute

Marxisme-Léninisme

ou Trotskysme ?

 

 

 

 

Marxisme-Léninisme ou Trotskysme ?

Un nouveau débat sur ce thème, suscité, cette fois ci, par la republication d’un article cubain sur la chute de l’URSS et le rôle de Gorbatchev, comme élément décisif, mais éventuellement manipulé par l’impérialisme US.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/13/la-verite-se-fraye-un-chemin-au-sujet-de-la-chute-de-lurss-les-aveux-de-gorbatchev/

 

Bien évidemment, si l’action de Gorbatchev est le déclencheur, les causes sont à aller chercher en amont, dans le temps, et dans l’évolution relativement dégradée de l’économie soviétique.

Pour bien comprendre les tenants et aboutissants de ce débat il faut avoir en tête quelques données de base sur l’histoire de l’URSS, en général, et sur son histoire économique, en particulier.

 

Concernant l’histoire général, le centenaire d’Octobre a été l’occasion de cette synthèse, qui aborde néanmoins, également, les questions économiques :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

(à la suite, un récapitulatif des liens sur l’histoire de l’URSS)

 

Concernant l’histoire économique, le bicentenaire de Marx à été l’occasion d’une remise à jour sur ce thème, et notamment en lien avec sa signification dans l’actualité :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

 

Concernant la pensée « économique » de Trotsky, un premier débat avait déjà eu lieu:

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

 

L’intérêt du nouveau débat, au delà de la confusion dans laquelle il semble démarrer, c’est précisément que se dégagent, au fur et à mesure, les principales déformations par lesquelles la « gauche » française en vient à accréditer entièrement la vision historique réactionnaire que la bourgeoisie tente de valider grâce à une multitude de plumitifs à sa solde.

Pour en arriver là, la gauche française doit nécessairement en arriver à rejeter, quant au fond, l’essence de la dialectique matérialiste, pour la remplacer par le sophisme idéaliste le plus absurde, et c’est bien ce processus que révèle ce débat.

 

Comme le montrent de multiples exemples de « recyclages » dans les rouages de la sociale-démocratie, et en vue de la « regonfler » comme roue de secours du système, le Trotskysme est la pépinière idéale de sa perpétuation…

 

La compréhension du processus par lequel ce « miracle » s’accomplit n’est donc pas inutile. C’est bien le processus qui est ici en cause, et non ses « victimes », bien que l’influence de l’idéologie dominante ne puisse être une justification de tels renoncements « conscients ».

 

Et finalement, quant au fond, quel est l’intérêt principal de ce débat?

 

La question essentielle n’est donc pas de passer des heures à décortiquer les contorsions pitoyables de Trotsky, même si formulées de manière grandiloquente et pseudo-littéraire, mais de savoir ce que nous voulons comme principes de rupture avec le capitalisme et de transition socialiste.

Concernant la NEP, on admet évidemment qu’une « coexistence » provisoire était possible et nécessaire entre économie de marché et secteur économique socialiste, mais cette « coexistence » n’a de sens que parce que le secteur socialiste, politiquement prédominant, précisément, constitue un début de rupture avec l’économie de marché et la loi du marché.

Si ce n’est pas le cas, il n’y a effectivement pas lieu de parler de rupture avec le capitalisme, et donc pas lieu de parler non plus de transition, ni de socialisme, ni d’État prolétarien. On a simplement un mix capital privé-capital d’État, qui s’oriente soit vers une phase comprador, soit vers une concentration monopoliste, après un stade de capitalisme plus ou moins « national » et précaire.

Dans les conditions actuelles de développement du capitalisme il est raisonnable de penser que si cette phase de « coexistence » ne disparaît pas tout à fait, notamment en ce qui concerne les petits producteurs et, d’une manière générale, les TPE, elle sera néanmoins encore plus réduite, tant dans sa durée que dans son impact économique sur le secteur socialiste.

La question importante est donc: voulons nous vraiment créer et développer une économie de transition socialiste, c’est à dire réellement en rupture avec l’économie de marché et la loi du marché, ou bien voulons nous simplement une économie de marché très hypothétiquement « régulée », prétendument « planifiée », mais en fonction du marché (Trotsky, Pablo), et coexistant simplement avec un secteur formellement « capitaliste d’État », mais en réalité, capitaliste tout court, dans ce contexte?

Selon l’interprétation que l’on fait de l’histoire de l’URSS, il semble donc nettement que se dessinent aussi les choix d’options pour la gauche française.

Le 2ème choix, celui qui ne mets pas la priorité sur la rupture avec l’économie de marché, est celui qui choisit la voie de la collaboration de classe, en réalité, à travers quelque formule que ce soit, qu’elle se présente ou non comme « socialisme de marché », du reste, car de toutes façons, appellation « socialisme de marché » ou non, c’est de pas de socialisme du tout, qu’il s’agit, dans ce cas. C’est le choix trotskyste, entre autres, et qu’il soit formellement « pabliste » ou non, du reste!

 

Luniterre

 

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Viriato

juillet 14, 2018 à 7:48

Et la classe ouvrière soviétique dans tout cela?

Car c’est bien joli, quoique assez peu marxiste (moins encore léniniste) « d’expliquer » la chute de l’URSS par les manoeuvres de la C.I.A. , le pourrissement et les manœuvres des hautes instances de la bureaucratie soviétique et par la libération des délinquants du Goulag (depuis quand le lumpen-prolétariat joue un rôle politique?).

Si sont cela les « raisons », ce ne sont que les effets manifestes de la décomposition de l’URSS.

Et c’est cela qu’il faut expliquer.

En fait la ligne Gorbatchov vient de loin, depuis Boukharine et représente et a représentée la bourgeoisie internationale et interne sous la forme de l’aile droite de la bureaucratie soviétique au sein du parti et de l’état soviétique. Staline, l’autre aile de la bureaucratie, le centre, a « rectifié » à sa manière tantôt gauchiste, tantôt droitière, toujours brutale, le cours de choses pour perpétuer la domination de la bureaucratie, petite, moyenne mais surtout haute.

Le résultat, Khrouchev, n’est que le produit de cette situation impossible, car la construction du socialisme dans un seul pays isolé, en dehors des échanges internationaux, appauvri par des guerres, famines et catastrophes par imprévision des dirigeants politiques, est impossible. Les faits l’ont démontré. Seule une révolution socialiste dans des grands pays capitalistes aurait pu aider l’URSS et la sortir de l’impasse où elle se trouvait.

Après, il y a eu la « rectification » Brejnev qui, suivant la ligne en zig-zag (de la droite vers le gauchisme et après à droite encore) pratiquée depuis Boukharine, a « centré », « stabilisé » le gouvernail. Bien que la situation pourrissait devant les yeux de tout le monde et tous cherchaient des solutions pour s’en sortir, la situation n’était pas encore prête pour passer directement au capitalisme, but inavouable mais ardemment désiré de la bourgeoisie en formation qui fut la bureaucratie soviétique.

Gorbatchov n’est que la fin du cycle et s’il a été « aidé » par l’impérialisme, ce n’est qu’un épiphénomène d’un processus bien plus profond et bien plus complexe.

C’est cela qu’il faudrait expliquer et avec une analyse marxiste. Analyse qui prend en compte le lumpen-prolétariat (très à la marge), les activités des ennemis (comme facteur secondaire) et la dégénérescence des dirigeants (encore un facteur secondaire) pour se centrer sur la dynamique sociale, sur le développement du processus, sur la lutte de classes internationale et nationale, sur l’histoire de luttes au sein du parti et de l’état.

Luniterre aperçoit ces facteurs mais sa planche de salut, Staline, ne lui permet pas d’avancer sur une véritable analyse marxiste-léniniste.

Réponse

 

tribunemlreypa

juillet 14, 2018 à 12:31

« Et la classe ouvrière soviétique dans tout cela? »

C’est bien là la question centrale de l’histoire du socialisme en URSS, en effet.

Une analyse ML consiste à partir des réalités historiques concrètes, et non fantasmées selon les critères idéalistes.
Lorsque Gorbatchev arrive au pouvoir il est clair que la classe ouvrière a déjà perdu le pouvoir depuis plusieurs décennies. Le commentaire TML, ici, ne vise pas à refaire l’analyse de la contre-révolution khrouchtchevienne, ce qui a déjà été développé dans d’autres articles sur TML, mais simplement à recadrer la transition comprador qui s’est opérée sous Gorbatchev et sous Eltsine, et qui n’est précisément qu’une phase particulière de l’évolution du capitalisme national-bureaucratique vers un capitalisme comprador, sous Eltsine, donc.

Le commentaire TML vise donc à recadrer historiquement l’action et la pression exercées par l’impérialisme US dans ce processus, au tournant des années 80-90, et non à en faire un facteur décisif d’une « contre-révolution » déjà depuis longtemps achevée.

Il faut simplement lire et ne pas réinterpréter avec un regard qui voit une URSS à la fois révisionniste et « socialiste », et qui aurait cessé d’être « socialiste » avec le démantèlement de l’URSS…

Dans les divers commentaires, sur les divers sites où cet article est paru, on voit bien s’exprimer cette tendance idéaliste, évidemment entretenue à la fois par les révisionnistes et les trotskystes.

Dommage que tu y joignes ta voix !

Concrètement, au stade régressif du capitalisme où se trouvait la bourgeoisie khrouchtchevienne par rapport à son homologue occidentale, il était inévitable que la pègre déjà constituée en mafia primitive dans les camps arrive à jouer un rôle moteur dans l’accumulation primitive du capital, à ce stade.

Ce que montre l’histoire économique de la période fin-Brejnev/Gorbatchev, c’est précisément que c’est la mafia qui a réalisé l’essentiel de cette accumulation primitive, et non la bureaucratie, même corrompue, et dépendante, en fait, de la mafia.
C’est l’explosion de la mafia, au moment de la chute de l’URSS, qui est à l’origine de la classe des oligarques, et non la bureaucratie, essentiellement frustrée de son butin.

C’est la violence de ces mutations qui explique à la fois la popularité de Poutine, qui rétablit un début d’ordre social, même si capitaliste, et le peu de popularité du KPRF et de ses satellites, restés englués dans l’opportunisme tous azimuts.

Et Staline, dans tout ça ?

Il est clair qu’il ne joue plus de rôle que comme symbole mémoriel, durant toute cette période, et effectivement, encore en dehors de la renaissance d’un mouvement ML conséquent, en Russie, malgré une popularité non démentie, même de l’aveu de ses ennemis et des ennemis de classe du prolétariat, qui sont généralement les mêmes, sauf pour quelques idéalistes éventuellement récupérables…

On ne peut pas à la fois reprocher à Staline d’avoir « rectifié » régulièrement une partie essentielle de la bureaucratie et d’en avoir « perpétué » la domination.

Effectivement le rapport de forces dans la lutte de classes en URSS avait déjà changé, potentiellement, dès l’après-guerre, et c’est ce qui s’est traduit, notamment, par l’élimination de Jdanov, due aux « bons soins » (affaire dite des « blouses blanches », dans le jargon réac français), de la faction Beria-Malenkov-Krouchtchev, alors encore unie dans sa marche vers le pouvoir.

Étonnante analyse « marxiste », que celle qui juge à la fois « les activités des ennemis (comme facteur secondaire) » (sic) et finalement qu’il faudrait «  se centrer sur la dynamique sociale, sur le développement du processus, sur la lutte de classes internationale et nationale, sur l’histoire de luttes au sein du parti et de l’état. »

Il faudrait savoir…!

Un choix à faire…

Luniterre

Réponse

 

Viriato

juillet 14, 2018 à 3:40

Ce n’est pas « la maffia » qui a règné sous Brejnev et ceux qui s’en sont suivis, mais le baronnies, les « féodalités » crées par la soif de pouvoir des hautes bureaucraties locales et par le mélange des forces capitalistes encore présentes (marché de travail parallèle, distribution parallèle, marché de main d’oeuvre parallèle, salaires à double circuit tout cela selon les lois du marché soviétique) et des pressions internationales car le marché externe à joué aussi son rôle.

Les tendances centrifuges étaient très fortes et correspondaient d’une part aux besoin d’une économie planifiée bureaucratique avec tous ses dysfonctionnements qui essaient d’être résolues localement. Le retard technologique contribuait aussi comme la pression militaire impérialiste.

Les maffias ont surgit après la Perestroika, avec Eltsine notamment comme phénomène passager de l’éclosion du capitalisme, vite mis en sourdine, mis à sa place si l’on veut.

Jdanov a été laissé de côté quand la politique stalinienne en a décidé ainsi. Son discours de 1948 qui reproche aux partis italien et français d’avoir suivi une ligne de droite capitularde en 1945, correspondait au commencement de la Guerre Froide, mais la tendance de fond, manifesté par Beria qui proposait déjà en 1945 la cession de l’Allemagne de l’est aux puissances occidentales et le même type de réformes que ont pratiqué après Gorbatchov et sa suite, était carrément de droite, d’entente avec les impérialistes.

Jdanov a subi le destin de tant d’autres staliniens qui devaient s’adapter aux changements de la politique extérieur soviétique dont le mouvement « communiste » de ce temps était subordonné.

La politique proposée par Béria était trop prématurée et il a été saqué par la bureaucratie qui voulait maintenir le statu quo imposé par Staline avec des réformes et surtout la sécurité de rester en vie tout le long de leut jouissance des privilèges liés à leur fonction. voilà le sens de la dénonciation de Staline par une de ses lieutenants le plus sanguinaires, Khrouchov.

La longue suite des coups de barre à droite, la tendance principale avec des coups à gauche chaque fois moins capables de « redresser » le cours, ont fini par aboutir à Gorbatchov et Eltsine.

Voilà les faits, s’ils correspondent aux analyses de certains trotskistes, car pour certains d’entre-eux cela n’était qu’un capitalisme d’état comme pour les maoistes et certains ML, Betelheim parmi eux , je dis avec Valmont « Ce n’est pas ma faute ».

 

Réponse

tribunemlreypa

juillet 14, 2018 à 4:11

A l’évidence, et pas plus que la bureaucratie khrouchtchevienne n’est sortie toute armée d’un placard à la mort de Staline, la mafia n’a pu prendre le pouvoir et se constituer en oligarchie au jour de la chute de l’URSS et de la prise du contrôle du pouvoir par Eltsine!

Cette histoire de l’accumulation primitive opérée par la mafia est relativement bien connue, mais évidemment occultée par la bourgeoisie et ses cireurs de pompes idéologiques trotskystes et autres…

Concernant les circonstances de la mort de Jdanov et le resurgissement de son cas avec l’« affaire des blouses blanches », précisément juste « avant » la mort de Staline, et en réalité, comme l’une de ses causes, il faut donc se pencher sérieusement « sur la dynamique sociale, sur le développement du processus, sur la lutte de classes internationale et nationale, sur l’histoire des luttes au sein du parti et de l’état. » comme tu le dis si bien, dans ton premier post, et non pas répéter les légendes bourgeoises et trotskystes à ce sujet!

Luniterre

PS: Et sinon « marché parallèle », que tu évoques, bureaucratie et mafia, ne vois tu pas le lien…? C’est jouer sur les mots, non? Eltsine ne fait que consacrer politiquement le pouvoir économique de fait de la mafia, installé depuis la fin de l’ère Brejnev, mais seulement masqué par la rente pétrolière qui en nivelait les aspérités sociales.

Réponse

 

Viriato

juillet 16, 2018 à 4:27

Maqué mafia!

Depuis quand le crime organisé est une catégorie politique? Les procédés, brutaux, dit « administratifs » étaient la marque de fabrique de Staline.

Qu’une délinquance ait persisté dans une société de grande pénurie (qui était confondue à dessein avec le « socialisme » qui est, par définition une société d’abondance et profondément démocratique) et qu’elle ait resurgit lors de la désorganisation totale de la société post-URSS c’est un fait, mais lui donner n’importe quelle importance politique est absurde.

Ce qui existait, comme il existent encore des restes en Russie, c’étaient des pouvoirs locaux développés dans ce vaste pays qui avaient leur propre clientèle bureaucratique moyenne et petite et qui se sont développés encore plus avec Khrouchov.

Ce phénomène qui était consubstantiel, « nécessaire », avec le manque complet de démocratie prolétarienne, était contenu et réprimé par la fraction Staline (fraction objective qui n’avait besoin d’être constituée) car il menaçait tout l’édifice bureaucratique.

Mais il était contenu à un prix trop élevé pour la haute bureaucratie qui ne rêvait que d’augmenter ses privilèges, de devenir comme ses pairs capitalistes (voilà un de sens de la coexistence pacifique). Staline en était un obstacle dans cette course de vitesse au capitlaisme et comme il s’opposait à la tendance principal, celle qui découlait de tout l’ensemble de ce hybride impossible : la construction du socialisme en un seul pays, cette absurdité théorique et pratique, il a été éliminé: physiquement peut-être, politiquement sans doute.

Il n’y a pas, il ne peut pas avoir de socialisme dans un pays arriéré et en dehors des échanges internationaux. il est nécessaire une série des pays développés au moins. Toute l’histoire du XX siècle est là pour le prouver.

Depuis Boukharine, les communistes russes ont essayé de faire la quadrature du cercle, et ils n’ont pas réussi et ne pouvaient pas réussir. Staline n’a fait qu’éviter que la barre aille trop à droite mettant en danger l’ensemble de la bureaucratie car les traditions d’Octobre restaient encore vives en URSS, mais il ne pouvait pas aller à l’encontre des forces économiques et sociales trop puissantes pour ses capacités. Ses coups de barre continuels de droite à gauche et inversement sont là pour le prouver.

A l’impossibilité d’un chemin qui aurait dû être tout d’abord de dire la vérité, de tenir l’ensemble du pouvoir des soviets, développer l’économie planifiée, la démocratie prolétarienne et mettre le centre sur le développement de la révolution mondiale, le seul chemin prolétaire; il a choisi de soutenir la bureaucratie interne par tous les moyens terribles à sa disposition, tout en subordonnant le mouvement communiste international aux intérêts à courte vue de cette bureaucratie. La gauche, toute opposition a été ainsi liquidée.

Probablement il a commencé par un tout petit erreur idéologique et politique mais l’égratignure s’est transformée en gangrène et une fois sur la pente glissante du « socialisme dans un seul pays » il n’a pu que boire la coupe jusqu’à la lie, se transformant personnellement d’un menchévique par essence (il n’a jamais été idéologiquement autre chose qu’un menchévique de gauche au mieux) en un contrerévolutionnaire objectif.

Bien sur, les « trotskystes » (?) disent cela aussi, mais beaucoup d’autres gens aussi et si ces gens disent qu’il y a le jour et la nuit, je ne vois pas pourquoi je dois penser autrement seulement parce qu’ils le disent. Ils peuvent se tromper sur beaucoup de choses mais le constat de fait d’une politique qu’aujourd’hui ont peut connaitre par ses documents et ses témoignages est l’apanage de tous. Les fait sont têtus et celui qui voudrait aller contre se perdra.

 

Réponse

 

tribunemlreypa

juillet 16, 2018 à 9:16

Effectivement, les faits sont têtus, et c’est pourquoi la politique de Trotsky n’a connu aucune réalisation concrète, où que ce soit dans le monde, et encore moins, évidemment, à l’échelle mondiale, d’une « révolution mondiale » introuvable ailleurs que dans les fantasmes des petits bourgeois idéalistes, et dont l’idéalisme n’est, en réalité que le masque de l’opportunisme et du menchévisme dont Trotsky n’est jamais réellement sorti, sauf, par pur opportunisme, en s’alliant très provisoirement avec les gauchistes dont il ne partageait même pas non plus réellement les options politiques, sur la NEP, notamment…

L’accumulation primitive du capital n’est pas un système économique, un mode de production à proprement parler. Elle est simplement un catalyseur violent qui accélère la transition entre deux formes. En URSS, c’est la mafia qui a joué ce rôle. Libre à toi de nier cette évidence. Malheureusement pour l’idéalisme petit bourgeois auquel tu sembles décidément faire à peu près toutes les concessions, dans ce que tu nies pourtant être un manifeste trotskyste, les faits sont effectivement têtus!!

La véritable révolution mondiale, non fantasmée, se construit en luttant pas à pas, pays par pays, contre l’impérialisme et le capitalisme, et avec la solidarité internationaliste entre ces luttes.

Luniterre

PS:

« Il n’y a pas, il ne peut pas avoir de socialisme dans un pays arriéré et en dehors des échanges internationaux. il est nécessaire une série des pays développés au moins. Toute l’histoire du XX siècle est là pour le prouver. »

L’URSS, par définition, ce n’était pas « un seul pays », mais en plus, sur 1/6ème du globe, avant même l’extension du camp socialiste après guerre…

« arriéré »… La Russie tsariste était un pays capitaliste-impérialiste émergent, tout comme l’est la Chine aujourd’hui, et donc avec des niveaux de développement différents selon les secteurs.

la Russie tsariste comptait déjà plus de 80 000 km de voies ferrées… A l’heure actuelle, 86 000, soit seulement 6 000 de plus…

Ceci-dit, la guerre civile, sous Trotsky, en avait effectivement détruit 60%…
Il a effectivement contribué à en reconstruire une partie, et donc, non, il n’a pas eu tout faux, sauf ce qui était politiquement essentiel.

Il est évident que la bourgeoisie est prête à détruire les forces productives, et surtout en cas de révolution…

« le « socialisme » qui est, par définition une société d’abondance et profondément démocratique »

Avant la société d’abondance, il faut donc d’abord reconstruire les forces productives…
L’exemple actuel de la Syrie, comme tant d’autres, nous montre que l’impérialisme n’a pas changé sous ce rapport et que le degré de destruction des forces productives qu’il infligera au prolétariat sera lui-même à la mesure de ces forces, et donc, voir le socialisme comme une corne d’abondance à portée de la main dès la prise du pouvoir ou même rapidement, c’est simplement de l’utopie et de l’idéalisme petit-bourgeois à un degré élevé d’aveuglement. Dommage que tu en arrives là…

Quant à la démocratie, au sens prolétarien du terme, elle commence d’abord par avoir un contenu de classe, d’où son nom : dictature du prolétariat !

Même avec tous ses défauts, l’URSS de l’époque stalinienne reste une expérience constructive dont on peut tirer des leçons utiles, contrairement au trotskysme, qui n’est que bavardages gauchisants au secours de l’idéologie bourgeoise et de son anticommunisme et anti-soviétisme.

Réponse

tribunemlreypa

juillet 16, 2018 à 5:49

Pour finir, essayons de voir s’il y a la moindre cohérence dans tes propos sur ce sujet…

Le socialisme est selon toi et Trotsky impossible à construire dans un seul pays, même comme la Russie, selon ce propos…

Il fallait donc renoncer et dire cette « vérité » au prolétariat…

Il fallait donc, en toute logique, proclamer la nécessité de sauvegarder le capitalisme en Russie… Même si prétendument « planifié », selon la loi du marché, dans un régime prétendument démocratique « prolétarien », mais basé sur le capitalisme et l’économie de marché, etc… tout le programme de « transition » de Trotsky, effectivement…

Et continuer à parler de révolution mondiale au reste du monde…

Ne vois-tu pas l’absurdité ?

Est-ce le propos de Lénine, en outre ?

Non. Même en proposant d’utiliser le capitalisme d’État, Lénine proposait de développer aussi le secteur socialiste de l’économie, de façon clairement distincte du capitalisme d’État. Ce n’est pas l’un ou l’autre, mais l’un et l’autre, et même, plus précisément, l’un au service de l’autre, c’est à dire, évidemment, le capitalisme d’État au service du socialisme.

Mais selon toi et Trotsky, il fallait renoncer au socialisme.

Mais tu reproches constamment à Staline que ce qu’il a fait « ce n’est pas du socialisme »… En toute logique tu devrais donc l’en féliciter…

Mais ce n’est pas non plus ce que tu fais en commençant par affirmer, dans ton premier post, à propos de la période Brejnev :

« la situation pourrissait devant les yeux de tout le monde et tous cherchaient des solutions pour s’en sortir, la situation n’était pas encore prête pour passer directement au capitalisme, but inavouable mais ardemment désiré de la bourgeoisie en formation qui fut la bureaucratie soviétique. »

Donc ici, selon toi, l’URSS aurait été socialiste sous Brejnev, mais pas sous Staline… Brejnev aurait donc réussi là où Staline avait, selon toi, échoué, vu l’impossibilité… qui ne l’était donc plus sous Brejnev… Mais heureusement pour les mânes de Trotsky, et en bon apôtre de ce genre d’idée, il cherchait donc néanmoins à « s’en sortir », du socialisme, qu’il aurait donc instauré malgré lui et par accident, en quelque sorte…

Et là encore tu dois donc te féliciter de la venue du « sauveur » Gorbatchev, qui a enfin remis de l’ordre dans tout ça…

Ne vois tu pas l’absurdité et l’aspect grotesque de tout ce galimatias archi-incohérent, qui affirme à peu près tout et le contraire de tout, juste pour aligner une phraséologie « de gauche », semble-t-il simplement ?

Relis toi et essaye simplement de rester cohérent…

Bon courage à toi,

Luniterre

Réponse

 

Viriato

juillet 17, 2018 à 1:32

Il faudrait commencer par définir ce qui est Socialisme.

J’ai dit que c’est une société d’abondance et démocratique. On aurait pu ajouter que c’est une société où le pouvoir politique et économique bourgeois a été supprimé.

L’URSS ne répondait pas à ses caractéristiques, c’est un fait reconnu par tous. Il était un état ouvrier profondément en déliquescence, profondément rongé par une bureaucratie toute puissante qui profitait de l’exploitation de la classe ouvrière et paysanne. Les maoïstes, certains trotskystes (Tony Cliff, Socialisme et Barbarie, Socialisme par en Bas etc.) et les ML l’ont qualifiée de « capitalisme d’état » (une absurdité selon mon idée). Un « capitalisme » sans capitalistes est une absurdité.

Ton argumentaire n’a comme autre base que coller « trotskisme » à cette critique objective. Critique faite par un tas de personnes à gauche dont la liste est longue.

Quant aux « incohérences » je ne les voit pas, par contre tu ne lis pas ce que j’écris et réponds à côté.

Que est ce qui vient faire ceci « tu dois donc te féliciter de la venue du « sauveur » Gorbatchev »? De l’impossibilité objective de construire une société d’abondance et démocratique prolétaire dans un pays arriéré et encerclé par l’impérialisme, un fait objectif prouvé par l’histoire, tu m’accuses de vouloir « le capitalisme » pour la Russie…

Quand il n’y a pas d’arguments on attaque ad hominem, c’est bien connu.

L’économie planifiée, le monopole du commerce extérieur, ne sont que des outils pour créer une société d’abondance condition nécessaire pour le développement de la démocratie prolétarienne. Mais le socialisme ne se décrète pas, c’est un état de fait et la société de pénurie (j’espère que tu ne contredis pas ceci), obligée de dépenser dans l’entretien d’une énorme bureaucratie privilégié ce qui résulte dans un manque de démocratie prolétarienne et d’autres terribles distorsions est un régime qui peut avoir des caractéristiques propres de ses origines mais ce n’est pas du socialisme ou alors on ne se comprends pas sur le sens des mots.

Bien sur, tu peux accepter ce que le système stalinien disait de lui, mais aujourd’hui il y a des témoignages et des documents qui prouvent tout autre chose. Rien que la lecture de Jésus Hernandez, membre fondateur du Parti Communiste Espagnol et participant en la guerre civile, donne la mesure de la situation économique de l’URSS en 1938-39. Une pénurie aiguë des articles le plus élémentaires, un régime interne de terreur. La Iejovchina.

Bien sur, c’était la faute de la menace de guerre, et encore car les erreurs grossiers de la direction économique et politique, la répression qui a fait des centaines de milliers de communistes (ou bureaucrates) ont largement contribué à cet état de fait, mais peut-on parler de « socialisme » sans dénaturer complètement le sens du mot? Non, évidemment.

C’était une société qui aurait pu aller au socialisme après la liquidation de la bureaucratie suite à une deuxième révolution politique si l’environnement international ce serait amélioré avec l’éclosion d’une révolution dans un grand pays.

En fait, ce que l’on a vu c’est une tendance vers le capitalisme, contrée à peine pour éviter et arbitrer les disputes au sein de la haute bureaucratie, sans pouvoir freiner sa dérive jusqu’à Gorbatchov.

Autrement, Non, sous Brejnev a été le dernier gros efforts d’une partie de la haute bureaucratie pour freiner les tendances ouvertes vers le capitalisme des Andropov, Gorbatchov et tutti quanti qui poussaient pour. Une autre partie de la bureaucratie préférait garder le statu quo malgré que la situation était invivable et que les tendances pro-capitalistes se développaient partout. Les baronnies, les véritables « royaumes » particuliers ou des satrapes se développaient en Bielorussie, Kazakhstan, etc et à l’intérieur de la Russie même, où chacun veillait pour les siens formant des clientèles et exploitant qui mieux mieux les travailleurs soviétiques qu’eux, n’avaient mot à dire.

Que dans cet environnement, que certains insistent à faire passer pour « socialisme » et « marxisme-léninisme » des types comme Cheverdnadze, Gorbatchov et Eltsine soient devenus des anti-xommunistes forcenés et des ardent partisans de l’impérialisme ce n’est que le résultat de l’écrasement de la démocratie prolétarienne en premier lieu et d’une politique dont le premier responsable est celui qui l’a proclamée « socialiste » non pas parce qu’elle l’était mais pour assurer son pouvoir sous la bannière de la Révolution d’Octobre.

Bon, que est-ce qu’il y avait donc en URSS?

Du socialisme? Quoi en fait?

Que est-ce que c’est que le socialisme? Est-ce que la démocratie prolétarienne est consubstantielle au socialisme?

Sans définir ces points, comment peut-on discuter?

Réponse

 

tribunemlreypa

juillet 17, 2018 à 2:25 

Manifestement, tu ne vois toujours pas tes propres contradictions et absurdités, alors même que tu les soulignes :

«Il faudrait commencer par définir ce qui est Socialisme.
J’ai dit que c’est une société d’abondance et démocratique. On aurait pu ajouter que c’est une société où le pouvoir politique et économique bourgeois a été supprimé.
L’URSS ne répondait pas à ses caractéristiques, c’est un fait reconnu par tous. Il était un état ouvrier profondément en déliquescence, profondément rongé par une bureaucratie toute puissante qui profitait de l’exploitation de la classe ouvrière et paysanne. » 

Donc, selon toi, ou plutôt, selon cette partie de ton propos, l’URSS n’était pas socialiste…

De quelle époque de l’URSS parles-tu ici, on ne le sait pas, et donc ce propos est censé couvrir l’ensemble des différentes périodes historiques de l’URSS. Prenons le pour tel…

Aussitôt, directement, tu enchaines avec :

« Les maoïstes, certains trotskystes (Tony Cliff, Socialisme et Barbarie, Socialisme par en Bas etc.) et les ML l’ont qualifiée de « capitalisme d’état » (une absurdité selon mon idée). Un « capitalisme » sans capitalistes est une absurdité. »

Aussitôt après, donc, tu critiques ceux qui verraient dans l’URSS une forme de capitalisme… L’URSS, donc, selon ta critique de cette position, n’était donc pas capitaliste, et d’autant moins que tu affirmes donc qu’il n’y avait pas de capitalistes en URSS.

Donc l’URSS, qui n’était pas socialiste, à aucune époque de son histoire, n’était pas non plus capitaliste, à aucune époque de son histoire, et ne comprenait aucun élément capitaliste, à aucune époque de son histoire… !

L’URSS, à la « lumière » de ton analyse, est donc un cas pour le moins étrange, quasiment « hors sol », selon une image actuelle, pour ne pas dire, sur une autre planète, en quelque sorte… !

On pourrait encore analyser d’autres aspects de ton post, qui suivent ce type de raisonnement absurde, mais le mieux serait encore que tu te relises, à nouveau, et que tu essayes de rendre ton propos cohérent.

En l’état actuel, bonjour la dialectique …!

Bon courage,

Luniterre

Réponse

tribunemlreypa

juillet 18, 2018 à 2:37

Pour continuer de reprendre les choses simples à la base, qui semble t’avoir échappé…

« Pouvoir bourgeois » ???

Le socialisme est, par définition, une économie de transition. C’est la plus basique de ses définitions, avec la dictature du prolétariat, sur laquelle elle repose, politiquement.

S’il n’y a plus de capitalisme, il n’y a plus de pouvoir bourgeois… Donc, quelle qu’en soit la forme, on est dans un régime socialiste.

Ce que montre la NEP, néanmoins, c’est la possibilité de survivance provisoire et partielle, minoritaire, d’un secteur économique capitaliste sous la dictature du prolétariat, et soumis à cette dernière.

Cela peut donc comprendre également différentes formes de capitalisme d’État, distinctes du secteur économique socialiste.

A ce stade, donc, capitalisme et bourgeoisie n’ont pas totalement disparus, mais ils n’ont plus de pouvoir politique.

Avec la liquidation de la NEP, la situation est plus simple, il n’existe plus qu’un secteur socialiste, même s’il comprend une variété de formes, dont celle des Kolkhozes.

Différentes formes, mais elles ont toutes un trait fondamental en commun : la propriété collective des moyens de production.

Il s’agit d’une économie planifiée, en fonction des besoins et des priorités de survie et de développement de la société. Il peut effectivement y avoir lieu de critiquer les défauts du système, dont la bureaucratie, mais il s’agit donc bien de socialisme.

A ce stade, ce n’est pas une société d’abondance, car la priorité collective est de survivre à l’encerclement impérialiste.

Avec Khrouchtchev, le capitalisme recommence là où il s’est arrêté avec la fin de la NEP, et donc par le renoncement à la propriété collective des moyens de production. Avec l’autonomie financière des entreprises, celles ci deviennent, de fait, propriétaires des moyens de production. Le cas des Kolkhozes est même très officiellement exemplaire à cet égard. Il y a réintroduction des notions de profit et de marché, et donc, du capitalisme.

C’est pourquoi la ligne du 20ème Congrès peut être considérée comme le point de basculement de la nature de classe de l’État soviétique. C’est pourquoi on ne peut parler globalement d’URSS sans distinction de période, sauf à valider les conceptions idéalistes bourgeoises les plus réactionnaires, comme le font les trotskystes…

Cette pratique, qui est aussi malheureusement la tienne, à quelques nuances près, mais à l’identique, quant au fond, ne permet évidemment pas d’y comprendre quoi que ce soit de réel, et introduit même les confusions les plus absurdes, surtout dans ton cas, malheureusement !

A noter à nouveau que si le socialisme était réellement impossible dans les conditions de l’URSS, c’est une thèse du genre de Cliff que Trotsky et ses adeptes auraient du valider, et toi même aussi, logiquement, à leur suite… Alors que tu valides plutôt la thèse inverse, semble-t-il… Selon laquelle le socialisme, qui était impossible en URSS, y aurait néanmoins survécu de 1917 à 1989…

Une thèse manifestement sponsorisée par l’industrie pharmaceutique des neuroleptiques… !

Luniterre

Réponse

 

Viriato

juillet 18, 2018 à 7:06 

Evidemment les confusions sont de ton côté.

Confondre la nature du pouvoir de l’état avec le système économique qui prévaut c’est qui ressort de ton dernier post.

Il s’agissait d’un dictature du prolétariat avec des graves déformations bureaucratiques déjà vers la fin de la vie de Lénine et avec ses propres mots. Et la nature de l’état était l’héritage de la révolution prolétarienne, de la démocratie des soviets.

Mais pour le système économique, il s’agissait d’une économie qui jusqu’à 1929 était fondamentalement de marché, la NEP, plus le monopole du commerce extérieur et le contrôle par l’état des industries et un début de planification. L’Italie après guerre avait 75 % de ses moyens de production en mains de l’état, cela ne fait pas Socialisme.

Une chose est un « processus de construction du socialisme » qui dans les termes signifie qu’il n’y avait pas de Socialisme et une autre les profondes tendances capitalistes souterraines qui se manifestaient (marché parallèle de main d(oeuvre, de la distribution, des salaires etc) precisement parce que les tendances socialistes étaient entravées par le poids du gaspillage bureaucratique, des erreurs politiques, du manque de démocratie prolétarienne.

Cette « processus » avait comme origine la Révolution d’Octobre et son héritage a été dévoyée d’abord vers la droite (‘ »enrichissez-vous! » « dénoncez les super industrialisateurs » de Boukharine-Staline de la période 1925-1929) et « redressé » vers le gauchisme absurde de la collectivisation forcée et la liquidation de l’agriculture soviétique (plus du 50% du cheptel perdu « grâce » au virage ultra gauchiste à 180° de Staline) sous un régime où la démocratie prolétaire et les soviets avaient disparue.

Si cela est du socialisme et même un « processus vers le socialisme » je me fais moine.

C’était en fait la consolidation du pouvoir de la bureaucratie et prendre la route vers un « processus de restauration du capitalisme » comme la logique des forces déclenchées et les faits historiques l’ont montré. Et cela malgré les coups brutaux à gauche don,nés par Staline et certains de leurs disciples.

Toute l’histoire de la Russie de cette époque, handicapée par le manque (plutôt le ratage fruit de la « direction » politique stalinienne) des révolutions en Europe et ailleurs, a été une lutte entre la droite et le centre après la mort de Lénine et ces deux fractions ou lignes répondaient aux intérêts de la bureaucratie qui, par la force des tendances profondes liées au développement arriéré de l’URSS, tendaient vers le capitalisme.

Tu dis « Avec Khrouchtchev, le capitalisme recommence là où il s’est arrêté avec la fin de la NEP, et donc par le renoncement à la propriété collective des moyens de production. Avec l’autonomie financière des entreprises, celles ci deviennent, de fait, propriétaires des moyens de production. Le cas des Kolkhozes est même très officiellement exemplaire à cet égard. Il y a réintroduction des notions de profit et de marché, et donc, du capitalisme. »

En sortant Khroutchev…de ton chapeau. Le bras droit de Staline, tout d’un coup, dénonce son menteur et devient capitaliste…par la grâce du Saint Esprit?.

Et tu parles de « processus »…Il est où le « processus » là?

Evidement dans la lutte entre les tendances de droite et centriste au sein de la bureaucratie car le prolétariat était soumis à la dictature de cette bureaucratie qui l’exploitait.

Mais pour que Khroutchev ait pu développer des politiques telles c’est parce que les tendances de fond de la société et de l’économie lui en permettaient et même le prédisposaient pour sauver l’ensemble du système.

Je te signale que une tendance encore plus à droite s’était fait jours avec l’autre camarade intime de Staline, Béria, qui voulait des politiques à la Gorbatchov dès 1945…(voir les aveux de son fils sous forme de biographie de son père).

Kroutchov a triomphé parce qu’il représentait un compromis entre les factions à l’intérieur de la bureaucratie, compromis acceptable et en direction du capitalisme mais moderement encore. Après des allers-retours, Gorbatchov finira le véritable processus, la restauration du capitalisme.

Car l’alternative était « capitalisme ou socialisme » mais le socialisme impliquait une révolution politique pour débarquer la bureaucratie (c’est la justification que l’équipe Mao va donner pour mobiliser les masses lors de la Révolution Culturelle, même si on peut discuter l’honnêteté du discours), la restauration de la démocratie soviétique, des soviets donc; le nivellement des salaires contre la bureaucratie, la discussion des choix politiques et économiques.

Aucune des tendances à l’intérieur de la bureaucratie pouvait proposer cela, moins encore Staline qui, voyant l’impossibilité d’éviter les tendances centrifuges, les tendances capitalistes parallèles, l’impossibilité de soutenir la course aux armements et d’arriver à la productivité du travail du monde capitaliste, a voulu freiner la dérive perceptible par …des « mesures administratives » (euphémisme impropre d’un marxiste pour signaler des crimes).

C’était évidement un chemin sans issue et la véritable conception idéaliste est de faire croire qu’il s’agissait des « personnes », des « renégats », des « Khroutchev ». L’analyse marxiste des forces économiques profondes qui se réflétent et s’imposent dans la conscience politique est remplacé par la théorie idéaliste des « grands » ou « petits » dirigeants.

Si c’est cela le « Socialisme » ou même un « processus vers le socialisme » personne en voudra. La planification économique servait qui? Directement à la bureaucratie et à une couche de spécialistes qui tirait tous leurs revenus, parfois des centaines de fois supérieurs au salaire moyen ouvrier (et cela sous Staline qui l’a justifié « théoriquement » ‘tout dépend des cadres’, monument théorique à la gloire de la bureaucratie…) de leur position dominante sans discussion possible dans l’appareil du parti et de l’état.

Elle aurait pu servir à terme au prolétariat s’il y avait eu au moins une possibilité de démocratie prolétarienne, du pouvoir de soviets. Mais c’était un processus en direction du capitalisme et une économie au service des 10 à 15 % de la population à tout casser, sous des formes rappelant l’oppression tsariste et féodale, où le gaspillage, la gabegie, le salaire aux pièces, les circuits parallèles contraient les bénéfices de la planification centralisée…mais non démocratique.

Ces tendances, incontrôlables, qui apparaissent déjà avant la guerre, sont tellement mûres que Béria, premier couteau de Staline, les propose dès 1945! C’était aller trop vite en besogne et il a payé de sa vie son aventurisme. Mais c’était reculer pour mieux sauter.

Bref, tout montre que le socialisme est impossible en un seul pays, arriéré de surcroit. Tout le XX siècle est là pour le montrer et ceux qui ne veulent pas voir ont comme putching ball de consolation….un fantasme irréel qui n’existe plus: « le trotskysme » catégorie indéfinissable (comme toute les autres d’ailleurs. Il n’existe plus qu’une droite, un centre et une gauche du mouvement ouvrier) mais encore bonne pour ceux qui ne veulent pas analyser les fait er reconnaitre les évidences.

 

Réponse

tribunemlreypa

juillet 18, 2018 à 1:27

« Évidemment les confusions sont de ton côté. »

Assez comique… !

Tu fais manifestement beaucoup d’efforts pour ne pas sortir de ce dilemme absurde…

Ici tu tentes de démontrer par A+B que l’URSS n’était pas socialiste…

Elle était donc bien capitaliste, selon toi, dans cet exposé, et depuis le début, donc…

Donc il n’y a pas eu de contre-révolution, selon cette « logique » ni en 53, ni en 91, et à quoi bon batailler pour cela , donc…?

Sinon pour démontrer que la Révolution Socialiste est impossible dans un seul pays, et donc, qu’elle n’a pas eu lieu, en fait…?

A quoi bon en parler, alors ?

D’autant qu’il n’y avait donc pas, possiblement, selon toi, de secteur économique socialiste, même dans l’URSS primitive de la NEP…

« Mais pour le système économique, il s’agissait d’une économie qui jusqu’à 1929 était fondamentalement de marché, la NEP, plus le monopole du commerce extérieur et le contrôle par l’état des industries et un début de planification. L’Italie après guerre avait 75 % de ses moyens de production en mains de l’état, cela ne fait pas Socialisme. »

Donc, ici, selon toi, Lénine s’est carrément gouré en parlant de secteur économique socialiste, parmi les modes de production existants en Russie soviétique…

Remarque bien que cela colle tout à fait avec ce qu’on peut lire dans les propos « économiques » de Trotsky et également, tout à fait avec les analyses de son plus proche héritier politique, Michel Raptis, dit « Pablo » !!

Ces deux là considèrent en effet l’économie soviétique comme étant entièrement une économie de marché, et s’ils parlent de « socialisme », ce ne peut être que de « socialisme de marché », ce qui est clairement exprimé par Raptis, d’après les textes de Trotsky lui-même…

Et encore peut-être n’avait-il pas suffisamment remarqué ce passage, désormais mieux connu, tant il lui paraissait naturel et allant de soi :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Néanmoins tu admets que l’URSS a été fondée sur la base de la dictature du prolétariat…

« Confondre la nature du pouvoir de l’état avec le système économique qui prévaut c’est qui ressort de ton dernier post.
Il s’agissait d’un dictature du prolétariat avec des graves déformations bureaucratiques déjà vers la fin de la vie de Lénine et avec ses propres mots. Et la nature de l’état était l’héritage de la révolution prolétarienne, de la démocratie des soviets. »

Donc, en suivant ton propos, la dictature du prolétariat en Russie soviétique avait pour but d’établir, sous le vocable « socialisme » une économie de marché, qu’il aurait donc fallut, en toute logique, baptiser « socialisme de marché »…

On est donc ici effectivement en plein trotskysme, tel que réellement pensé par Trotsky lui-même, et clairement exprimé par son disciple Raptis…

Le problème est, vois-tu, que pour vendre cette salade au prolétariat, il faut arriver à l’emballer suffisamment pour en cacher la véritable nature, ce que les trotskystes s’ingénient à faire, effectivement, avec le succès pour le moins relatif qu’on leur connait…

Car « socialisme de marché » , c’est pas de socialisme du tout, et cela commence à être suffisamment évident, pour le prolétariat mondial, notamment avec son avatar chinois…

Comme tu l’interprètes toi-même :

« Une chose est un « processus de construction du socialisme » qui dans les termes signifie qu’il n’y avait pas de Socialisme… »

Néanmoins, dans ce galimatias tu persiste à voir des « tendances socialistes » qui auraient été en lutte contre les « tendances capitalistes »…

En somme, il y aurait eu lutte de classes… La belle découverte !

Mais ces « tendances socialistes » évoquées une seule fois dans ton post, on ne voit donc plus du tout comment elles auraient pu survivre, ni sur quelle base économique et sociale…

Concrètement c’est bien ton propos qui est entièrement tissé de confusionnisme…

Pour mémoire, tu nous infligeait, dans un précédent post, cette affirmation :

« Les maoïstes, certains trotskystes (Tony Cliff, Socialisme et Barbarie, Socialisme par en Bas etc.) et les ML l’ont qualifiée de « capitalisme d’état » (une absurdité selon mon idée). Un « capitalisme » sans capitalistes est une absurdité. »

Au point où tu en es de tes élucubrations, on ne sait plus si tu veux nous parler d’un « capitalisme sans capitalistes » ou bien d’un pouvoir des « capitalistes sans capitalisme »… Dans un cas comme dans l’autre, on nage en pleine absurdité, et tu continues à te contredire, d’un post à l’autre, et au sein même de chacun de tes post, sans que ton point de vue ne s’éclaircisse pour autant, sauf comme trotskyste effectivement très « orthodoxe », et même précisément au sens de Michel Raptis, que tu voues pourtant aux gémonies, façon Molière : « Cachez cet héritier politique que je ne saurais voir ! »

Tu es en train de nous parler d’une dictature prolétarienne exercée, selon toi, par une bourgeoisie bureaucratique entièrement capitaliste, en fait, selon cette logique, et qui aurait donc développé une économie de marché durant près de trois quart de siècle, et qu’elle aurait baptisé « socialisme », ce qui était donc, en fait, exactement le programme de Trotsky, mais qui, simplement aurait donc été frustré de ne pas être aux commandes de ce « processus »…

Et comme, de toutes façons, le « socialisme dans un seul pays est une impossibilité », il fallait bien que quelqu’un remette de l’ordre là dedans, et ce fut Gorbatchev, en quelque sorte le dernier de la liste des trotskystes sponsorisés… (voir l’article ci-dessus…)

Tout étant rentré dans le « bon ordre » capitaliste mondial, il n’y a plus qu’à attendre la « bonne révolution mondiale », et d’ici là, Trotsky peut enfin reposer en paix, et même assez longuement, semble-t-il…

Effectivement, la Révolution Socialiste dans un seul pays, sur 1/6ème des terres émergées, et qui a rayonné de son influence sur 1/3 de la planète, cela n’était donc finalement qu’un cauchemar… Le cauchemar du bourgeois et de ses séides idéalistes diverses…

Mais c’est encore le cas, manifestement!

Luniterre

Réponse

 

Viriato

juillet 19, 2018 à 7:39

Tu confonds les choses complètement.

Une chose est une société démocratique prolétarienne d’abondance, le socialisme. L’URSS n’est jamais arrivée à ce stade. C’est un fait objectif.

Une autre chose est le régime politique sorti de la Révolution d’Octobre, une forme de la dictature du prolétariat très déformée par le pouvoir de la bureaucratie qui n’avait d’autre base que d’être les héritiers de cette révolution. C’est le régime de Staline qui a dérivé jusqu’à Gorbatchov et le capitalisme avec des zig-zags entre la droite et le centre.

Une autre un processus économique qui, à ses débuts avait l’intention de s’orienter vers le développement des forces productives, la collectivisation de terres, le contrôle du commerce extérieur et la planification de l’économie. Ce processus a été mal conduit et dévoyé par les erreurs de droite lors de la faible industrialisation pendant la NEP (par le tandem Boukharine-Staline) , par le cours gauchiste des années 30, l’isolement forcé des échanges internationaux mais qui se répercutaient sur l’économie soviétique, la formation de circuites parallèles à caractère capitaliste.

Quand même ce processus a jeté les bases d’une industrialisation lourde du pays, d’une collectivisation des terres malgré la gabegie terrible provoquée par le manque de démocratie prolétaire de gestion et de planification, mais surtout l’imprévision politique et économique du duo Boukharine-Staline.
C’est la démonstration des possibilités d’une économie planifiée, comme deuxième expérience ouvrière internationale, malgré ses déformations que l’on défend l’URSS. Elle nous donne l’aperçu des possibilités qui peut donner une économie organisée selon un plan d’ensemble (même si cette planification était bureaucratique et de plus en plus sous des critères capitalistes).

Mais une économie planifiée, ce n’est pas le socialisme qui est une société démocratique et d’abondance, deux éléments inexistants en URSS. Le manque de ces éléments d’ailleurs a été une des faiblesses qui a provoqué sa chute.

Naturellement, on ne peut pas défendre l’éclosion d’une monstrueuse bureaucratie, du manque totale de démocratie soviétique, des illusions sur un prétendu « socialisme » qui n’était de fait que des formes économiques socialistes mélangées à des formes capitalistes au service d’une bureaucratie toute puissante, dirigée par Staline avec des très fortes tendances inégalitaires et vers le capitalisme. Ces tendances l’ont emporté.

Ce fut donc un processus inachevé et déformé presque depuis ses débuts, Lénine s’en est aperçu à la fin de ses jours et ses commentaires lors de ses derniers écrits sur les déformations bureaucratiques sont là pour le constater.

En fait, lui s’attendait à une révolution européenne et mondiale qui aurait pu sortir le révolution russe de l’impasse.

Staline lui-même a écrit jusqu’à 1924 que la construction du socialisme « dans un seul pays » était impossible.

La défense de l’URSS découle de considérations politiques. Est le deuxième essai du prolétariat mondial après La Commune et de son étude on peut trouver beaucoup des leçons a apprendre mais c’est tout sauf un modèle de « socialisme » plutôt de déformation bureaucratique d’une révolution socialiste.

Révolution socialiste car initiée par la classe ouvrière, mais assez rapidement dévoyée par les forces assemblées de l’arriération interne (150 millions de paysans semi-illétrés), le blocus capitaliste, le retard technique et industriel (la production industriel en 1922 correspondait à 13% de la production de 1914 et les usines avaient été abandonnés par les ouvriers qui étaient passés de 6 millions à 1,5 millions dans la grande industrie totalement en ruines pour la plupart), mais surtout par la démoralisation du prolétariat qui n’a pas vu venir la révolution européenne et par la formation d’une bureaucratie soviétique (qui était composée en bonne partie par l’ex-bureaucratie tsariste).

Alors et malgré ton point de vue, l’URSS était un régime de dictature du prolétariat par ses origines, très déformée par la dictature d’une bureaucratie soviétique toute puissante qui elle s’appuyait et se soutenait sur les acquis et l’aura de la Révolution d’Octobre et qui a mis en place des formes socialistes encore très déformées de planification socialiste avec des éléments économiques du capitalisme mais au service de la haute bureaucratie fondamentalement.

Voilà pourquoi et voilà comment s’expliquent les luttes à l’intérieur de l’URSS, l’éclosion d’un Khroutchov, main droite de Staline, comme Deus ex Machina des forces développées à l’intérieur de l’URSS et qui pointaient vers le capitalisme et le triomphe finale de Gorbatchov quand la bureaucratie a pu s’assurer du pillage à son profit privée des restes d’une économie qu’était entrée dans une crise profonde.

La société de pénurie et sans démocratie (que certains voudraient nous vendre pour du « socialisme »), sans croissances du fait du pillage grossier par les diverses bureaucraties, encerclée et forcée de dépenser des milliards pour sa défense, allait vers l’effondrement si une révolution prolétarienne ne pouvait pas la redresser, mais cela fut impossible suite à la persécution implacable de toute tendance de gauche, immédiatement qualifiée de « trotskyste » même si elle ne l’était pas, comme ce fut le cas dès 1940 où ils ont été fusillés avec tous les autres représentants de la gauche. Depuis lors, il n’y a eu que les tendances de droite, hystériquement anti-communistes qui ont été tolérées.

Il ne restait que « l’option » de la transformation de la haute bureaucratie en classe capitaliste. C’est ce qui est arrivé.

Voilà les forces objectives qui ont menée l’URSS vers la Russie capitaliste. Pas besoin de chercher des Khroutchov , « ce type qui n’avait jamais lu un libre » selon V. Molotov, pour « expliquer  » les choses.

Trotsky sort de tout ça grandi et son livre « La Révolution Trahie » est le meilleurs analyse marxiste sur la question. Cela ne fait pas de moi un « trotskyste » (c’est quoi ça?) moins encore un « Pabliste » (Michel Raptis) mais quelqu’un qui n’a pas peur de corriger son point de vue devant la masse des faits et documents disponibles.

Réponse

 

tribunemlreypa

juillet 19, 2018 à 11:18

 

De plus en plus pathétique, mais révélateur, en même temps… !

Qui « confond » quoi ???!

A vouloir « unifier », à la manière trotskyste typique, et idéaliste bourgeoise, également, les différentes époques et processus de l’histoire de l’URSS sous le vocable « bureaucratie stalinienne » tu en expurges de plus en plus ce que tu tentais toi-même de décrire comme « tendances socialistes » dans tes précédents posts…  A quoi bon, de toutes façons ? Ce que tu essayes de contourner, c’est le fait évident qu’un État ne peut être « neutre » dans la lutte des classes… En tant que superstructure, il doit nécessairement être le reflet des infrastructures économiques qui justifient son existence. Il a donc une nature de classe correspondant nécessairement au régime social et économique en cours de développement. C’est à la fois une évidence et le B-A-BA du marxisme-léninisme… ! Un décalage peut évidemment se produire en période révolutionnaire, ou même, contre-révolutionnaire (A ce sujet, voir le graphique révélateur joint récemment à :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/19/ne-khotim-umirat-na-rabote-pour-ne-pas-mourir-au-travail-finalement-le-vent-se-leve-a-lest/ )

mais ce ne peut être, tout aussi évidemment, qu’une courte phase de transition entre deux processus différents de développement des forces productives, et deux processus de nature de classe différente, donc !

Vouloir « unifier » peu ou prou les différentes périodes de l’histoire soviétique sous un même processus, cela confine donc à l’absurde, et, de toutes façons, cela n’exonère pas de devoir en déterminer, in fine, la nature de classe !

__Une dictature du prolétariat correspond à un régime socialiste, aussi imparfait soit-il…

__Un régime économique capitaliste correspond à une dictature de la bourgeoisie, fut-elle comprador, nationale, national-bureaucratique ou capitaliste monopoliste d’Etat et impérialiste…

Il n’y a évidemment pas de possibilité qu’une « dictature du prolétariat » soit en correspondance, sur près de trois quarts de siècles (!!!), avec un régime économique tel que tu le considère, et qui est nécessairement capitaliste, selon ta définition elle-même…

Sinon tu en reviens toi-même au concept effectivement absurde de « capitalisme sans capitalistes », que tu prétendais critiquer dans un de tes premiers posts !

Si dictature prolétarienne il y a eu, et sur une période durablement significative, il y a donc eu socialisme, sur cette période, encore une fois, et même si très imparfait…

En regard de cette problématique fondamentale, à laquelle tu ne saurais échapper, d’un point de vue ML, le fait que ta « théorie » soit 100% raccord avec le trotskysme-pablisme, c’est à dire le trotskysme le plus « orthodoxe » historiquement, dans son genre, cela est effectivement purement anecdotique, mais ce n’en est pas moins une autre réalité incontournable !

Bon courage, encore, pour le cas où tu voudrais réellement sortir de ce dilemme absurde…

Luniterre

Réponse

 

Viriato

juillet 20, 2018 à 7:24

 

La pléthore de qualificatifs péjoratifs inutiles font penser plus à la projection qu’autre chose.

Ce « détail » théorique, « Un régime économique capitaliste correspond à une dictature de la bourgeoisie »; propre des dogmatiques ou de ceux qui voient les choses en « blanc et noir » sans comprendre les processus ni les nuances, est à la base de la « défense » d’une « socialisme » qui n’a jamais existé comme forme réelle de démocratie prolétarienne et d’abondance productive et de consommation.

La dictature du prolétariat peut très bien avoir un régime économique capitaliste et les bolchéviques avaient pensée au tout début à établir qu’un contrôle ouvrier sur la production plus la répartition de terres (mesure on ne peut plus capitaliste). Après, la prédominance de la NEP (conçue pour des décennies à ses débuts) montre que cela est bien possible.

Toute la question était comment garder le pouvoir soviétique, d’une classe ouvrière affaiblie par la guerre et la famine, dans ces conditions. Il y avait deux lignes: celle qui voulait pousser une industrialisation par l’imposition des paysans à fin de « tenir », en attendant la révolution en occident. C’était la ligne de Trotsky et de l’Opposition de gauche.

L’autre, celle de Boukharine-Staline était de continuer la NEP pour « des décennies », pousser la polarisation de la campagne créant une bourgeoisie paysanne riche qui serait imposée pour industrialiser le pays. Cette mesure de droite était contrebalancer par la théorie du « socialisme en un seul pays » nouvauté révisionniste qui allait à l’encontre de tout ce qui avait dit Lénine et tous les socialistes de leur temps, Staline inclus jusqu’à 1924

C’est cette option qui a prévalue et qui, sans voir que les paysans n’allaient pas fournir du blé sans une contrepartie industrielle d’échange, a conduit la NEP à la faillite et, une fois liquidé la droite par Staline, forcé le tour à 180° de la collectivisation forcée catastrophique de terres et l’industrialisation à marches forcées. De la droite à l’ultra-gauche.

Tu dis « Il n’y a évidemment pas de possibilité qu’une « dictature du prolétariat » soit en correspondance, sur près de trois quarts de siècles »

A partir d’une société arriérée, encerclée par l’impérialisme, dirigée par des droitiers ou des centristes (Boukharine-Staline), à des fortes composantes capitalistes parallèles, plombée par une bureaucratie rapace, sans démocratie ouvrière et qui tendait fortement vers le capitalisme sans l’éclosion d’une révolution politique contre la dictature de la bureaucratie, il est impossible de lui donner le qualificatif de « socialisme » ou les mots perdent tout leur signification.

Mais il ne s’agissait pas d’une dictature de la bourgeoisie, il n’y avait pas les éléments nécessaires, l’héritage, la possession des moyens de production pour faire de la bureaucratie corrompue, une bourgeoisie comme le prétendirent beaucoup des théoriciens de différentes tendances. C’était donc tout au plus c’est un régime de dictature du prolétariat très déformée, dégénérée, dont le seul lien avec le prolétariat sont les formes socialistes de l’économie, malgré leur déformation importante, mais surtout l’origine qui se trouve dans le Révolution d’Octobre et dont les dirigeants s’en réclament car ils proviennent de ce magnifique mouvement des masses et ils ne sont pas des capitalistes, mais surtout ne profitaient sans avoir besoin encore au temps de Staline, de devenir une bourgeoisie à part entière.

Et arrête avec le « pablisme », la seule chose que tu sembles connaitre du mouvement trotskyste. Informe-toi un peu avant de lancer des accusations absurdes. Je ne suis pas « trotskyste » et j’ai déjà répété cent fois que ces catégories ont perdu tout de leur valeur; il n’y a qu’une droite, un centre et une gauche dans toutes les anciennes tendances, donc leurs anciennes dénominations ont perdu complètement de leur validité.

Par contre je pense que c’était Trotsky qui avait raison à cette époque et que leur analyse sur un tas de questions garde sa validité, de même que je pense que certains écrits de Kautsky, Bernstein, Plekhanov, Mao, Rosa Luxembourg, Labriola et même le Staline sur la Question Nationale et un tas d’autres, quand ils étaient marxistes, gardent toute sa valeur. Mais mon guide est Lénine.

Le réflexe ridicule de s’éffaroucher des qu’on lit le mot « Trotsky » ou « trotskyste » et enfourcher sa cote de mailles dépareillée tout en brandissant une lance rouillée, ne peut pas servir à faire avancer ni la discussion théorique ni la compréhension de la période.

Réponse

tribunemlreypa

juillet 20, 2018 à 9:23


« La pléthore de qualificatifs péjoratifs inutiles font penser plus à la projection qu’autre chose. »

Il n’y a rien de péjoratif à simplement constater l’évolution erratique de ta démarche vers le renoncement aux fondamentaux du matérialisme dialectique.

Au moins, le mérite de ce débat est de la mettre en lumière, non pour pointer ta dérive personnelle, mais parce qu’elle est particulièrement illustrative de celle suivie par la « gauche » idéaliste et opportuniste petite bourgeoise en France, et cela depuis des décennies. Elle a effectivement contaminé et dissous ce qui restait de l’avant-garde prolétarienne, et elle continue activement d’empêcher sa reconstitution.

« Ce « détail » théorique, « Un régime économique capitaliste correspond à une dictature de la bourgeoisie » ; propre des dogmatiques» (…) « La dictature du prolétariat peut très bien avoir un régime économique capitaliste »

Évidemment, tu peux toujours chercher à noyer le poisson et même à l’emballer dans de la phraséologie prétendument « anti-dogmatique », toujours est-il que le poisson est bel et bien pris dans le filet du révisionnisme le plus basique qui soit !

Rien n’oblige personne, et surtout pas dans le monde actuel, à se référer au matérialisme dialectique…

Toujours est-il que la relation entre infrastructures et superstructures est l’un de ses fondamentaux incontournables…

Ceci-dit, la science ne vaut jamais, en fin de compte, que par l’expérience. Je ne te refais pas le résumé déjà inclus dans mon précédent post, mais il faut pourtant bien en tenir compte pour comprendre que si tu prétends établir une correspondance de trois quarts de siècle entre une superstructure constituée en dictature du prolétariat et une base (infrastructure), constituée en un régime économique et social capitaliste, il faudrait donc bien admettre que le fondement de la dialectique marxiste est complètement caduque !

Une analyse ML de l’histoire de l’URSS montre assez facilement que ce n’est pas le cas, ce qui se trouve même, de plus, illustré par l’actualité :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/19/ne-khotim-umirat-na-rabote-pour-ne-pas-mourir-au-travail-finalement-le-vent-se-leve-a-lest/

Mais bien entendu, tu refuseras probablement de voir cette évidence et tu continueras donc à vouloir démontrer la quadrature du cercle dans lequel tu tournes en rond.

Le constat est simplement que cela n’a plus rien à voir avec la dialectique marxiste, même si tu cherches encore à t’en affubler, à l’instar des trotskystes, dont tu ne veux pas être non plus, tout en étant entièrement en accord avec les thèses révisionnistes de Trotsky, ce que tu revendiques, tout en te réclamant de Lénine, comme le font les trotskystes, également, et y compris en essayant de lui faire endosser leur propre révisionnisme, notamment sur la question de la révolution mondiale :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/20/lenine-sur-le-role-primordial-du-socialisme-dans-un-seul-pays/

Concernant « Pablo », même constat, il n’y a évidemment toujours rien à retirer sur le fait qu’il soit entièrement raccord avec son maitre à penser, Trotsky, même si cela dérange l’hypocrisie de la majorité des trotskystes, dont tu ne veux pas être, j’ai bien compris, malgré la concordance totale de ta pensée avec ce duo !

Dans la mesure où l’essentiel de ton argumentaire est maintenant dans la répétition de tes dernières affirmations, il me semble donc que nous avons fait le point sur l’état actuel de nos divergences au sujet de l’histoire de l’URSS. Dont acte, et merci pour avoir fait l’effort de préciser et mettre au jour le fond de ta pensée, qui en avait bien besoin, en attente d’évolution ultérieure, positivement souhaitable.

Luniterre

Réponse

 

 

 

Lénine, sur le rôle primordial du socialisme dans un seul pays

 

 

 

 

Lénine,

 

sur le rôle primordial

du socialisme

dans un seul pays

 

La révolution mondiale

et le socialisme dans un seul pays

 

Par le camarade WH

 

La victoire de la révolution mondiale est impossible en une seule bataille.

En général, la révolution n’éclate pas dans tous les pays, « Les exploiteurs ne sont battus que dans un seul pays, et c’est là bien entendu le cas typique, la révolution simultanée dans plusieurs pays étant une rare exception »1.

Pourquoi la révolution ne peut-elle pas éclater dans tous les pays en même temps ?

D’après Lénine, « L’inégalité du développement économique et politique est une loi absolue du capitalisme. »2, les conditions pour que la révolution réussisse peuvent n’être réunies que dans un petit nombre de pays. Pendant la révolution de 1917, Lénine observait que « le mouvement commence plus facilement dans les pays qui n’appartiennent pas au nombre des pays exploiteurs, pouvant piller avec plus de facilité et ayant les moyens de corrompre les couches supérieures de leurs ouvriers. »3.

La révolution a éclaté en Russie parce qu’il s’agissait du pays le plus faible, avec le moins de possibilité de corrompre la classe ouvrière. « La situation d’ensemble dans notre pays est défavorable à l’épanouissement de l’opportunisme “ socialiste ” au sein des masses ouvrières. »4, en effet, en Russie en 1917, « La catégorie des ouvriers et des employés privilégiés est très peu nombreuse. »4. Au contraire, « Ces partis pseudo-socialistes d’Europe occidentale, presque tous ministrables, dans le genre de ceux de Tchernov et de Tsérétéli, ne réalisent rien et n’ont aucune base solide. »3.

Lénine fustigeait « l’absurde théorie gauchiste de la « révolution permanente » »5 de Trotsky. En effet, la révolution mondiale n’est pas un processus qui se joue en une bataille, mais une série de phases d’attaques et de phases de défenses. « L’activité historique n’est pas aussi rectiligne que le trottoir de la perspective Nevski, disait le grand révolutionnaire russe Tchernychevski. Celui qui n’« admet » la révolution du prolétariat qu’« à la condition » qu’elle se déroule avec facilité et sans heurt ; que l’action commune des prolétaires des différents pays soit acquise d’emblée ; que la possibilité de défaites soit exclue d’avance ; que la révolution suive une voie large, dégagée, bien droite ; qu’on n’ait pas, en marchant à la victoire, à faire parfois les plus grands sacrifices, à « résister dans une forteresse assiégée » ou à se frayer un passage par d’étroits sentiers de montagne, impraticables, tortueux, et pleins de périls, – celui-là n’est pas un révolutionnaire, celui-là ne s’est pas affranchi du pédantisme de l’intellectuel bourgeois, celui-là glissera toujours, en fait, dans le camp de la bourgeoisie contre-révolutionnaire comme nos socialistes-révolutionnaires de droite, nos mencheviks et même (bien que plus rarement) nos socialistes-révolutionnaires de gauche. »6.

Lorsque la vague révolutionnaire se heurte aux remparts des pays capitalistes les plus forts qui ne peuvent pas être vaincus au premier assaut, la révolution mondiale passe dans une phase défensive. « Il s’ensuit », d’après Lénine, « que la victoire du socialisme est possible au début dans un petit nombre de pays capitalistes ou même dans un seul pays capitaliste pris à part. »2. Les premiers pays socialistes doivent utiliser la trêve avec les pays capitalistes pour se développer et se préparer à la guerre. « Le prolétariat victorieux de ce pays, après avoir exproprié les capitalistes et organisé chez lui la production socialiste, se dresserait contre le reste du monde capitaliste en attirant à lui les classes opprimées des autres pays, en les poussant à s’insurger contre les capitalistes, en employant même, en cas de nécessité, la force militaire contre les classes d’exploiteurs et leurs États. »2.

Mais, tant qu’il est trop faible, le premier pays socialiste ne peut pas prendre l’initiative de l’attaque et doit se contenter d’accumuler des forces en vue de la bataille. « tant que n’a pas éclaté une révolution socialiste internationale, embrassant plusieurs pays, assez forte pour vaincre l’impérialisme international, le premier devoir des socialistes victorieux dans un seul pays (particulièrement arriéré) est de ne pas accepter la bataille contre les géants impérialistes, de s’efforcer de l’éviter, d’attendre que la lutte des impérialistes entre eux les affaiblisse encore plus, qu’elle rapproche encore la révolution dans les autres pays. »7. Les « communistes de gauche » dirigés par Trotsky combattaient cette ligne, « Cette simple vérité, nos « communistes de gauche » ne l’ont pas comprise en janvier, en février et en mars; ils craignent aujourd’hui encore de la reconnaître ouvertement, elle se fraie un chemin à travers tous leurs balbutiements embrouillés : « On ne saurait, d’une part, ne pas admettre… mais on doit, d’autre part, reconnaître… » »7.

Le socialisme dans un seul pays n’est qu’une étape de la révolution mondiale. « Certes la victoire définitive du socialisme est impossible dans un seul pays. »3, écrivait Lénine, mais « Lorsqu’on nous parle des difficultés de notre œuvre, lorsqu’on nous dit que la victoire du socialisme n’est possible qu’à l’échelle mondiale, nous ne voyons là qu’une manœuvre désespérée de la bourgeoisie et de ses partisans conscients ou inconscients pour déformer la vérité la plus incontestable. »3.

La troisième phase de la révolution mondiale est donc l’affrontement militaire entre les pays socialistes et les pays capitalistes. Cet affrontement est inévitable, en effet, « Nous ne vivons pas seulement dans un Etat, mais dans un système d’Etats, et l’existence de la République soviétique à coté d’Etats impérialistes est impensable pendant une longue période. En fin de compte, l’un ou l’autre doit l’emporter. Et avant que cette fin arrive, un certain nombre de terribles conflits entre la République soviétique et les Etats bourgeois est inévitable. Cela signifie que la classe dominante, le prolétariat, si seulement il veut dominer et s’il domine en effet, doit en faire la preuve aussi par son organisation militaire. »8.

Tant que le premier pays socialiste n’est pas plus fort que les pays capitalistes, il doit se préparer à la défense et non à l’attaque. « à partir de la victoire du gouvernement socialiste dans un pays, il faut trancher les questions non pas du point de vue de la préférence à donner à tel ou tel impérialisme, mais exclusivement du point de vue des conditions les plus favorables au développement et au renforcement de la révolution socialiste qui a déjà commencé. Autrement dit : le principe qui doit maintenant servir de base à notre tactique n’est pas de savoir lequel des deux impérialismes il est préférable d’aider aujourd’hui, mais de savoir quel est le moyen le plus sûr et le plus efficace d’assurer à la révolution socialiste la possibilité de s’affermir ou tout au moins de se maintenir dans un seul pays, jusqu’au moment où d’autres pays viendront se joindre à lui. »9.

La préparation à la guerre est d’autant plus importante que le pays à défendre était précisément faible puisque la révolution y a éclaté, et il doit devenir le plus fort.

D’après Lénine, « la victoire du socialisme dans un seul pays n’exclut nullement, d’emblée, toutes les guerres en général. Au contraire, elle les suppose. Le développement du capitalisme se fait d’une façon extrêmement inégale dans les différents pays. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement sous le régime de la production marchande. D’où cette conclusion inéluctable. le socialisme ne peut triompher simultanément dans tous les pays. Il triomphera d’abord dans un seul ou dans plusieurs pays, tandis que les autres resteront pendant un certain temps des pays bourgeois ou prébourgeois. Cela donnera nécessairement lieu à des frictions, et incitera en outre directement la bourgeoisie des autres pays à écraser le prolétariat victorieux de l’État socialiste. Dès lors, la guerre de notre part serait légitime et juste. Ce serait une guerre pour le socialisme, pour l’émancipation des autres peuples du joug de la bourgeoisie. Engels avait parfaitement raison lorsque, dans sa lettre à Kautsky en date du 12 septembre 1882, il reconnaissait nettement la possibilité de «guerres défensives» du socialisme déjà vainqueur. Il pensait précisément à la défense du prolétariat victorieux contre la bourgeoisie des autres pays. »10.

[1] : Lénine, La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky, 1918

[2] : Lénine, Du mot d’ordre des états-unis d’Europe, 1916

[3] : Lénine, Troisième congrès des Soviets des députés ouvriers, soldats et paysans de Russie, 10-18 (23-31) janvier 1918

[4] : Lénine, Le socialisme et la guerre, 1915

[5] : Lénine, La violation de l’unité au cri de « vive l’unité ! », 1914

[6] : Lénine, Lettre aux ouvriers américains, 20 août 1918

[7] : Lénine, Sur l’infantilisme « de gauche » et les idées petites- bourgeoises, 1918

[8] : Lénine, VIII CONGRES DU P.C. (b)R., (18-23 MARS 1919), RAPPORT D’ACTIVITÉS DU COMITÉ CENTRAL, LE 18 MARS

[9] : Lénine, Contribution à l’histoire d’une paix malheureuse, 1918

[10] : Lénine, Le programme militaire de la révolution prolétarienne, 1916

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http://www.proletaire.altervista.org/marxisme/textes/principes-marxisme-leninisme.php#4

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Israël détruit Khan Al-Ahmar au bulldozer, en même temps que la solution à deux États

 

 

 

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Israël détruit

Khan Al-Ahmar au bulldozer

en même temps

que la solution à deux États

(English text below)

 

 

 

Jonathan CookIsraël a finalement construit, la semaine dernière, une voie d’accès au village de Khan Al Ahmar en Cisjordanie, après avoir temporisé un demi-siècle. Mais les seuls véhicules autorisés sont les bulldozers qui doivent balayer les maisons de ses 200 habitants.

Si une seule communauté pouvait symboliser la fin de la solution à deux États, c’est bien celle de Khan Al-Ahmar.

C’est pour cette raison qu’un détachement de diplomates européens a laissé un instant ses bureaux climatisés, vers la fin de la semaine dernière, pour se traîner vers les collines chaudes et poussiéreuses à l’extérieur de Jérusalem, et être témoin des préparatifs pour la destruction du village. La police israélienne s’y trouvait aussi, battant sauvagement les résidents et leurs soutiens alors qu’ils tentaient de bloquer l’accès aux grosses machines.

La Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne ont présenté leur protestation officielle. Leur dénonciation fait écho à celle de plus de 70 élus démocrates à Washington, en mai dernier – un exemple rare de politiciens américains manifestant leur solidarité avec les Palestiniens.

Il serait gratifiant de croire que les gouvernements occidentaux se soucient des habitants de Khan Al-Ahmar – ou des milliers d’autres palestiniens soumis à un nettoyage ethnique progressif par l’entité israélienne dans les terres avoisinantes, mais dont la détresse a attiré beaucoup moins d’attention.

En vérité, raser Khan Al-Ahmar et transférer par la force toute sa population constituent des crimes de guerre.

Mais en réalité, les politiciens occidentaux sont plus concernés par renforcer l’illusion d’un processus de paix qui a expiré il y a de nombreuses années, que par les exactions contre les Palestiniens, sous occupation israélienne, qui durent depuis trop longtemps.

Les capitales occidentales comprennent ce qui est en jeu. Israël veut que Khan Al-Ahmar disparaisse afin que des colonies juives puissent être construites à sa place, sur un terrain identifié « E1 ».

Cela mettrait la dernière pièce en place pour qu’Israël construise un bloc essentiel de nouvelles résidences pour les colons, afin de couper la Cisjordanie en deux. Ces mêmes colonies fermeraient l’accès aux Palestiniens de Cisjordanie à Jérusalem-Est, la capitale prévue pour un futur État palestinien, se moquant ainsi de tout accord de paix.

L’effacement de Khan Al-Ahmar n’est pas surgi de nulle part. Israël a foulé aux pieds le droit international depuis des décennies, menant une forme d’annexion rampante qui a causé un peu plus qu’un inconfortable jeu de chaises musicales chez les politiciens occidentaux.

Les Bédouins habitant Khan Al-Ahmar, de la tribu des Jahalin, ont déjà été ethniquement nettoyés à deux reprises par Israël, mais ces crimes de guerres sont passés inaperçus.

La première fois c’était dans les années 1950, quelques années après la création d’Israël, quand 80% des Palestiniens ont été chassés de leurs foyers pour ouvrir la voie à la création d’un État juif.

Bien qu’ils auraient dû bénéficier de la protection de la citoyenneté israélienne, les Jahalin ont été chassés du Néguev vers la Cisjordanie, contrôlée alors par la Jordanie, afin d’ouvrir la voie aux immigrants juifs.

Une génération plus tard, en 1967, alors qu’ils s’étaient à peine ré-installés, les Jahalin furent de nouveau attaqués par des soldats israéliens qui occupaient la Cisjordanie. Les pâturages où les Jahalin avaient été transférés avec leurs chèvres et leurs moutons ont été saisis pour construire une colonie exclusivement réservée aux Juifs – Kfar Adumim – en violation des lois de la guerre.

Depuis lors, les Jahalin se sont installés dans une zone floue de la légalité selon l’entité israélienne. Comme d’autres Palestiniens, dans les 60% de la Cisjordanie déclarés sous contrôle israélien par le processus de paix d’Oslo, ils se sont vus refuser des permis de construire, forçant trois générations à vivre dans des baraques en tôle et dans des tentes.
»
Israël a aussi refusé de raccorder le village aux réseaux d’eau potable, d’électricité et d’égouts, dans le but de rendre la vie si insupportable aux Jahalin qu’ils finiraient par partir.

Quand en 2009, une association caritative italienne a aidé à établir la première école à Khan Al-Ahmar – fabriquée en terre et en pneus – et Israël a intensifié sa bataille juridique pour démolir le village.

Maintenant, les Jahalin sont sur le point d’être à nouveau chassés de leurs terres. Cette fois, ils doivent être réinstallés de force à côté d’une décharge de la ville palestinienne d’Abu Dis, entourée de tous côtés par les colonies et les murs israéliens.

Dans ce nouvel emplacement, ils seront forcés d’abandonner leur mode de vie pastoral. Ibrahim Abu Dawoud, un résident, a déclaré : « Pour nous, quitter le désert signifie la mort ».

Un autre indice de la dramatique situation des Palestiniens, est l’intention de l’administration Trump de proposer dans son plan de paix – exposé d’un jour à l’autre – que l’espèce de bidonville qu’est Abu Dis serve de capitale pour un futur pseudo-État palestinien au lieu de Jérusalem-Est – si jamais Israël choisit d’en reconnaître un.
»
La destruction de Khan Al-Ahmar serait la première démolition d’une communauté palestinienne entière depuis les années 90, quand Israël était ostensiblement engagé dans le processus de paix d’Oslo.

Maintenant, enhardi par le soutien indéfectible de Washington, le gouvernement de Benyamin Netanyahu, avance à un rythme effréné pour réaliser sa vision du Grand Israël. Il veut annexer les terres sur lesquelles des villages comme Khan Al-Ahmar résistent encore et effacer leurs populations palestiniennes.

Il y a cependant, un obstacle mineur ; jeudi dernier, la Cour suprême israélienne a tenté de dissiper les nuages orageux qui commencent à s’accumuler en Europe en émettant une injonction temporaire de suspension des travaux de démolition.

Le sursis risque d’être de courte durée. Il y a quelques semaines, la même cour – avec un jury dominé par des juges s’identifiant au mouvement des colons – a soutenu la destruction de Khan Al-Ahmar.

La Cour Suprême a commencé également à accepter l’argument du gouvernement israélien selon lequel les décennies d’accaparement des terres par les colons devraient être légalisées rétroactivement – même si cela viole la loi israélienne et internationale – si cela est effectué de « bonne foi ».

Qu’importe ce que croient les juges, rien n’est de « bonne foi » dans le comportement des colons ou du gouvernement de l’entité israélienne envers les communautés telles que Khan Al-Ahmar.

Saeb Erekat, le négociateur vétéran des Palestiniens, pour la paix, a récemment alerté qu’Israël et les États-Unis étaient sur le point de « liquider » le projet d’un État palestinien.

L’Union européenne, qui semble plus désespérée que d’habitude, a réaffirmé ce mois-ci son engagement en faveur de la solution à deux États, tout en incitant à ce que les « obstacles » à sa réalisation soient plus clairement identifiés.

C’est Israël qui fait figure d’éléphant dans la pièce – avec sa persistante mauvaise foi. Ce que montre très nettement Khan Al-Ahmar, rien n’arrêtera la lente annihilation des communautés palestiniennes jusqu’à ce que les gouvernements occidentaux trouvent le cran d’imposer des sanctions [réelles] et sévères à l’entité israélienne.

* Jonathan Cook a obtenu le Prix Spécial de journalisme Martha Gellhorn. Il est le seul correspondant étranger en poste permanent en Israël (Nazareth depuis 2001). Ses derniers livres sont : « Israel and the Clash of Civilisations : Iraq, Iran and the to Remake the Middle East » (Pluto Press) et « Disappearing Palestine : Israel’s Experiments in Human Despair » (Zed Books). Consultez son site personnel.

Articles du même auteur.

25 juin 2018 – Jonathan Cook – Traduction : Chronique de Palestine – Fadhma N’sumer

 

https://www.chroniquepalestine.com/israel-detruit-khan-al-ahmar-au-bulldozer-en-meme-temps-que-la-solution-a-deux-etats/

 

 

 

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Israel finally built an access road to the West Bank village of Khan al-Ahmar last week, after half a century of delays. But the only vehicles allowed along it are the bulldozers scheduled to sweep away its 200 inhabitants’ homes.

If one community has come to symbolize the demise of the two-state solution, it is Khan al-Ahmar.

It was for that reason that a posse of European diplomats left their air-conditioned offices late last week to trudge through the hot, dusty hills outside Jerusalem and witness for themselves the preparations for the village’s destruction. That included the Israeli police viciously beating residents and supporters as they tried to block the advance of heavy machinery.

Britain, France, Germany, Italy, and Spain have submitted a formal protest. Their denunciations echoed those of more than 70 Democratic lawmakers in Washington in May – a rare example of US politicians showing solidarity with Palestinians.

It would be gratifying to believe that Western governments care about the inhabitants of Khan al-Ahmar – or the thousands of other Palestinians who are being incrementally cleansed by Israel from nearby lands but whose plight has drawn far less attention.

After all, the razing of Khan al-Ahmar and the forcible transfer of its population are war crimes.

But in truth, Western politicians are more concerned about propping up the illusion of a peace process that expired many years ago that the long-running abuse of Palestinians under Israeli occupation.

Western capitals understand what is at stake. Israel wants Khan al-Ahmar gone so that Jewish settlements can be built in its place, on land it has designated as “E1”.

That would put the final piece in place for Israel to build a substantial bloc of new settler homes to sever the West Bank in two. Those same settlements would also seal off West Bank Palestinians from East Jerusalem, the expected capital of a future Palestinian state, making a mockery of any peace agreement.

The erasure of Khan al-Ahmar has not arrived out of nowhere. Israel has trampled on international law for decades, conducting a form of creeping annexation that has provoked little more than uncomfortable shifting in chairs from Western politicians.

Khan al-Ahmar’s Bedouin inhabitants, from the Jahalin tribe, have been ethnically cleansed twice before by Israel, but these war crimes went unnoticed.

The first time was in the 1950s, a few years after Israel’s creation, when 80 percent of Palestinians had been driven from their homes to clear the path for the creation of a Jewish state.

Although they should have enjoyed the protection of Israeli citizenship, the Jahalin were forced out of the Negev and into the West Bank, then controlled by Jordan, to make way for new Jewish immigrants.

A generation later in 1967, when they had barely re-established themselves, the Jahalin were again under attack from Israeli soldiers occupying the West Bank. The grazing lands the Jahalin had relocated to with their goats and sheep were seized to build a settlement for Jews only, Kfar Adumim, in violation of the laws of war.

Ever since the Jahalin have dwelt in a twilight zone of Israeli-defined “illegality”. Like other Palestinians in the 60 percent of the West Bank declared under Israeli control by the Oslo peace process, they have been denied building permits, forcing three generations to live in tin shacks and tents.

Israel has also refused to connect the village to the water, electricity and sewage grids, in an attempt to make life so unbearable the Jahalin would opt to leave.

When an Italian charity helped in 2009 to establish Khan al-Ahmar’s first school – made from mud and tires – Israel stepped up its legal battle to demolish the village.

Now, the Jahalin are about to be driven from their lands again, as though they are nothing more than wayward cattle. This time they are to be forcibly resettled next to a waste dump by the Palestinian town of Abu Dis, hemmed in on all sides by Israeli walls and settlements.

In the new location, they will be forced to abandon their pastoral way of life. As a resident, Ibrahim Abu Dawoud observed: “For us, leaving the desert is death.”

In another indication of the Palestinians’ dire predicament, the Trump administration is expected to propose in its long-awaited peace plan that the slum-like Abu Dis, rather than East Jerusalem, serve as the capital of a future pseudo-Palestinian state – if Israel ever chooses to recognize one.

Khan al-Ahmar’s destruction would be the first demolition of a complete Palestinian community since the 1990s when Israel ostensibly committed to the Oslo process.

Now emboldened by Washington’s unstinting support, Benjamin Netanyahu’s government is racing ahead to realize its vision of a Greater Israel. It wants to annex the lands on which villages like Khan al-Ahmar stand and remove their Palestinian populations.

There is a minor hurdle. Last Thursday, the Israeli supreme court tried to calm the storm clouds gathering in Europe by issuing a temporary injunction on the demolition works.

The reprieve is likely to be short-lived. A few weeks ago the same court – in a panel dominated by judges identified with the settler movement – backed Khan al-Ahmar’s destruction.

The Supreme Court has also been moving towards accepting the Israeli government’s argument that decades of land grabs by settlers should be retroactively sanctioned – even though they violate Israeli and international law – if carried out in “good faith”.

Whatever the judges believe, there is nothing “good faith” about the behavior of either the settlers or Israel’s government towards communities like Khan al-Ahmar.

Saeb Erekat, the Palestinians’ veteran peace negotiator, recently warned that Israel and the US were close to “liquidating” the project of Palestinian statehood.

Sounding more desperate than usual, the Europe Union reaffirmed this month its commitment to a two-state solution, while urging that the “obstacles” to its realization be more clearly identified.

The elephant in the room is Israel itself – and its enduring bad faith. As Khan al-Ahmar demonstrates all too clearly, there will be no end to the slow-motion erasure of Palestinian communities until western governments find the nerve to impose biting sanctions on Israel.

(A version of this article first appeared in the National, Abu Dhabi.)

Jonathan Cook won the Martha Gellhorn Special Prize for Journalism. His books include “Israel and the Clash of Civilisations: Iraq, Iran and the Plan to Remake the Middle East” (Pluto Press) and “Disappearing Palestine: Israel’s Experiments in Human Despair” (Zed Books). He contributed this article to PalestineChronicle.com. Visit: www.jonathan-cook.net.

http://www.palestinechronicle.com/by-razing-khan-al-ahmar-israel-will-bulldoze-illusions-of-peace-process/

https://i2.wp.com/www.palestinechronicle.com/wp-content/uploads/2018/07/Khan-al-Ahmar-1.jpg

Sud Syrie: nouvelle avancée des forces de libération nationale

 

 

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Sud Syrie:

nouvelle avancée

des forces de libération

nationale

 

Les forces du régime syrien, soutenues par la Russie, ont progressé lundi face aux rebelles dans le sud du pays en guerre, reprenant le contrôle de plusieurs localités et bombardant un secteur sensible situé près d’Israël.

Après une offensive éclair lancée le 19 juin, le pouvoir de Bachar al-Assad a réussi à faire plier les rebelles dans la province méridionale de Deraa, les contraignant à accepter un accord dit de « réconciliation » parrainé par Moscou, qui s’apparente en fait à une capitulation.

Il a désormais ouvert un nouveau front dans le Sud, bombardant depuis dimanche les territoires insurgés dans la province voisine de Qouneitra, secteur sensible situé près de la ligne de démarcation du plateau du Golan qui est occupé en majeure partie par Israël.

Lundi, le régime a repris dans l’ouest de Deraa cinq localités rebelles, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Avec cette progression, le régime contrôle plus de 90% de la province de Deraa », a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

L’immense majorité de ces localités ont été cédées par les rebelles dans le cadre de l’accord parrainé par Moscou, dévoilé le 6 juillet et qui prévoit un abandon par les insurgés de leur artillerie lourde et moyenne ainsi que le retour des institutions étatiques dans le secteur.

– Raids meurtriers –

Certains groupes ont refusé l’accord, et le régime utilise alors la force. Il a ainsi pu reprendre une colline près de la localité d’al-Hara, dans la province de Deraa, a annoncé lundi l’agence de presse officielle Sana.

Cette zone était le théâtre de violents combats: elle était sous contrôle de Hayat Tahrir al-Cham, coalition jihadiste dominée par l’ex-branche d’Al-Qaïda et exclue de l’accord.

Quelque 30 combattants de Hayat Tahrir al-Cham ont ainsi été tués depuis dimanche dans des raids aériens du régime et de son allié russe, a indiqué l’OSDH.

Seul un petit pan de la province de Deraa échappe encore aux forces d’Assad. Il s’agit d’un bastion de jihadistes affiliés au groupe Etat islamique (EI), mais le régime et son allié russe le bombardent depuis plusieurs jours.

L’accord prévoit aussi l’évacuation vers Idleb, province dominée par les insurgés dans le nord-ouest syrien, des rebelles refusant de vivre en territoire gouvernemental.

 

Dimanche, des centaines de combattants et de civils ont ainsi pris la route de l’exil, abandonnant le chef-lieu de Deraa, berceau de la révolte anti-Assad de 2011.

Appuyé par ses alliés indéfectibles, Iran et Russie en tête, le pouvoir de Bachar al-Assad est déterminé à asseoir son pouvoir sur l’intégralité du pays, ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350.000 morts et des millions de réfugiés.

Multipliant les victoires face aux rebelles et aux jihadistes, il contrôle déjà plus de 60% du territoire syrien.

– Missiles israéliens –

Et il a dorénavant porté son attention sur les secteurs rebelles de Qouneitra. Lundi, pour le deuxième jour consécutif, des raids aériens ont visé la province, selon l’OSDH.

Les forces du régime ont grignoté du terrain avec la reconquête d’une première localité, Mashara, confirmée par l’OSDH et les médias d’Etat syriens.

Lundi, l’agence officielle Sana a rapporté la mort d’un journaliste employé par la chaîne pro-régime Sama à capitaux privés. Il a été blessé par un obus « tiré par les groupes terroristes » sur cette localité de Mashara, précise l’agence, utilisant la terminologie du régime pour désigner les rebelles.

Les hostilités à Qouneitra risquent d’avoir des retombées sur le plan humanitaire. Quelque 160.000 déplacés sont toujours massés dans cette province, selon l’ONU. Ils s’y étaient réfugiés pour fuir les violences à Deraa.

Israël voit d’un mauvais oeil ces développements à sa frontière et a intensifié ses incursions militaires en Syrie.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l’armée israélienne a tiré des missiles sur une position militaire du régime dans la province d’Alep, dans le nord de la Syrie, selon les médias d’Etat syriens.

« Six Syriens et trois autres combattants, dont la nationalité n’a pas été établie, ont été tués dans cette frappe », selon l’OSDH.

Israël, qui est toujours officiellement en état de guerre avec Damas, s’inquiète de voir intervenir dans le conflit en Syrie deux de ses ennemis: l’Iran, et le Hezbollah libanais.

Israël met régulièrement en garde contre un ancrage iranien en Syrie. Mercredi déjà, des tirs de missiles israéliens avaient visé des positions du régime à Qouneitra.

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/le-regime-syrien-progresse-dans-le-sud-face-aux-rebelles-doc-17q24f3

 

https://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2018/07/forces_loyalistes_syrie_camion_deraa_0-1728x800_c.jpg

Gaza, L’autre Foot…

 

 

 

 

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Gaza,

L’autre Foot…

 

 

Au coup de sifflet, crampons au pied et maillots orange fluo, les joueurs s’élancent sur le terrain en gazon artificiel de Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, appuyés sur leurs béquilles en métal.

« J’étais gardien de but avant ma blessure », explique Islam Amoum, 27 ans, qui a perdu sa jambe gauche lors d’une frappe israélienne pendant la guerre de 2014. « Désormais, le handicap n’est plus un obstacle à mes ambitions », poursuit-il.

Islam est l’un des 15 joueurs de la seule équipe de footballeurs amputés de Gaza. Tous ont entre 16 et 40 ans. Ils se retrouvent chaque lundi sur le terrain pour échanger quelques passes, travailler leurs accélérations et leur dextérité.

 

Pour les préparer, Khaled al-Mahbouh, l’entraîneur bénévole de 32 ans, pioche dans des vidéos diffusées sur internet et sollicite les conseils de spécialistes.

« J’aimerais prendre des cours et me former à l’étranger, car les personnes amputées ont besoin d’entraînements spécifiques et de béquilles adaptées », mais l’argent manque, regrette-t-il.

En plus de l’entraînement hebdomadaire, les joueurs répètent chaque jour des exercices dans une salle qui leur est réservée au sein de l’association des handicapés physiques à Deir el-Balah.

« Les entraînements sont difficiles mais amusants », raconte l’un des gardiens de but, Abdelmajid Abou Milak, 25 ans, qui a perdu sa main après avoir été blessé par un obus israélien.

Désormais, « je pense que je suis capable de rivaliser avec les autres gardiens », ajoute-t-il avec malice.

 

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© Fournis par AFP Photo d’un gardien de but d’une équipe palestinienne de football rassemblant des joueurs amputés d’un ou plusieurs membres, le plus souvent dans le cadre du conflit avec Israël, prise le 9 juillet 2018 dans la bande de Gaza

 

– « Equipe des héros » –

Le petit groupe a gagné le surnom d' »équipe des héros ». Une fierté pour Fouad Abou Ghalioun, 62 ans, à l’origine du projet.

« J’ai eu l’idée de former cette équipe en regardant un match de foot, Turquie – Grande-Bretagne, entre deux équipes de joueurs amputés, à la fin de l’année dernière », se souvient-il.

« J’ai alors pensé que je pouvais réaliser le rêve de centaines d’amputés à Gaza, qui ont perdu un membre soit à cause de l’occupation (israélienne), soit dans des accidents », poursuit-il. Il souhaite désormais former un championnat local et, un jour, être reconnu par la Fédération internationale (Fifa).

« La majorité des joueurs sont des blessés de guerre », selon Fouad Abou Ghalioun. Il espère que d’autres amputés viendront rejoindre l’équipe, notamment des Palestiniens blessés lors des affrontements et des manifestations qui ont eu lieu ces derniers mois à la frontière de l’enclave dirigée par le mouvement islamiste Hamas.

Depuis le 30 mars, au moins 139 Gazaouis ont été tués et plus de 4.000 blessés par des tirs israéliens le long de la barrière qui sépare Gaza d’Israël. Selon le ministère de la Santé local, des centaines de blessés ont dû être amputés.

 

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© Fournis par AFP Photo de joueurs d’une équipe palestinienne de football rassemblant des personnes amputées, pour la plupart dans le cadre du conflit avec Israël, prise le 9 juillet 2018 à Deir al Balah, dans la bande de Gaza

 

Les Palestiniens manifestent afin de dénoncer le blocus israélien, qui dure depuis plus de dix ans, et pour exiger le retour des réfugiés palestiniens chassés ou qui ont fui en 1948 lors de la création de l’Etat d’Israël.

Israël a justifié sa riposte en affirmant qu’elle était nécessaire pour défendre ses frontières. Aucun Israélien n’a été tué.

« L’équipe des héros » veut renvoyer une autre image du handicap. Elle a disputé deux matches le mois dernier, à Rafah, dans le sud de l’enclave, et dans le camp de réfugiés de Nuseirat (centre).

Quelque 3.000 personnes sont venues voir les joueurs s’affronter sur le terrain, à cinq contre cinq, signale fièrement l’entraîneur.

« Le public vient applaudir les joueurs parce que ça lui plaît, pas par pitié », explique-t-il.

 

On « procure du plaisir aux spectateurs, de la joie », ajoute M. Mahbouh, qui nourrit l’espoir que l’enthousiasme se transmettra aussi à des institutions palestiniennes, arabes ou internationales et les incitera à offrir un soutien financier et logistique. De quoi leur permettre, un jour, de disputer des compétitions locales ou internationales.

A 13 ans, Ibrahim Khattab participe aux entraînements mais ne dispute pas encore de match. Mais cela n’empêche pas le garçon, qui a perdu sa jambe gauche lors de la guerre de 2014, de nourrir de grandes ambitions.

« Je rêve de devenir un joueur célèbre et de soulever la coupe après une victoire de la Palestine! », s’exclame-t-il.

 

 

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© Fournis par AFP Photo de joueurs d’une équipe palestinienne de football rassemblant des personnes amputées, pour la plupart dans le cadre du conflit avec Israël, prise le 9 juillet 2018 à Deir al Balah, dans la bande de Gaza

 

 

 

 

 

 

L’Irlande donne l’exemple…

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L’Irlande

 

montre l’exemple !

 


C’est chose faite.

(NDLR : en premier vote par les sénateurs irlandais)


Tout commerce d’un produit ou service en provenance des colonies juives en Cisjordanie occupée est interdit par la loi. Le coupable encourt 5 ans d’emprisonnement ferme ou une amende de 250.000 €
Ainsi en a décidé ce mercredi 11 juillet 2018 le sénat Irlandais… ouvrant, par là-même, la voie vers une mise en conformité du discours avec la pratique.
Autrement dit, l’Irlande montre au reste de l’Europe l’exemple à suivre.
Assez de paroles… il est temps de passer aux actes… et ça se résume en trois lettres :
BDS, comme (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

Al Faraby

Jeudi, 12 juillet 2018

 

 

https://assawra.blogspot.com/2018/07/lirlande-donne-lexemple.html

 

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https://www.aa.com.tr/fr/monde/lieberman-appelle-%C3%A0-la-fermeture-imm%C3%A9diate-de-lambassade-disra%C3%ABl-%C3%A0-dublin/1202129

 

Lieberman appelle à la fermeture immédiate de l’ambassade d’Israël à Dublin

en réponse au vote du sénat irlandais pour l’interdiction des biens et services en provenance des colonies israéliennes illégales implantées dans les territoires palestiniens occupés

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a appelé jeudi à la fermeture immédiate de l’ambassade israélienne dans la capitale irlandaise Dublin. Lieberman a ainsi réagi au vote, la veille, par le sénat irlandais en faveur de l’interdiction des importations de biens et services en provenance des colonies israéliennes implantées sur les territoires palestiniens occupés.

Lieberman a exprimé sa désapprobation via Twitter, estimant que « ça ne sert à rien d’appeler l’ambassadeur d’Irlande en Israël pour une réprimande », et « qu’il n’y a rien à discuter avec les oppresseurs d’Israël ». Pour lui, Israël doit fermer son ambassade à Dublin immédiatement.

A la suite du vote, le ministère israélien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur irlandais à Tel-Aviv pour le réprimander après la décision du Sénat de son pays, a rapporté la Société audiovisuelle israélienne, mercredi.

Peu avant de convoquer le diplomate irlandais, le ministère israélien des Affaires étrangères a émis un communiqué qui critique le vote.

« Le Sénat irlandais a donné son soutien à une initiative de boycott d’Israël populiste, dangereuse et extrémiste qui amoindrit les chances de dialogue entre Israël et les Palestiniens », lit-on dans le communiqué, dont une copie est parvenue à Anadolu.

Les Palestiniens ont salué la résolution et ont appelé les autres pays de l’UE à adopter une législation similaire.

Mercredi, la chambre haute du parlement irlandais a voté en

Le projet de loi évoque également des peines pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison contre toute personne qui aiderait une tierce personne à impo faveur d’un projet de loi qui punirait « quiconque importe ou tente d’importer des biens, des services ou des ressources naturelles en provenance des colonies israéliennes illégalement établies dans les territoires palestiniens occupés en 1967 ». rter des biens des colonies.

Lors du vote, 25 sénateurs ont appuyé le texte présenté par la sénatrice indépendante Francis Black. Vingt sénateurs ont voté contre et 14 autres se sont abstenus.

Le projet de loi doit maintenant être approuvé par la chambre basse du parlement.

 

https://www.aa.com.tr/fr/monde/lieberman-appelle-%C3%A0-la-fermeture-imm%C3%A9diate-de-lambassade-disra%C3%ABl-%C3%A0-dublin/1202129

 

 

 

 

 

 

 

Syrie : Israël et l’Occident obligés d’admettre leur défaite… !

 

 

 

Syrie : Israël et l’Occident

obligés d’admettre leur défaite… !

 

 

Deux extraits de presse :

 

Lu sur ATLANTICO… : « la Russie est-elle en train de réussir la première opération militaire étrangère de l’histoire moderne du Moyen-Orient qui se traduise par un succès ?

« Atlantico : Selon l’historien Kamal Alam, la Russie aurait réussi là où les Etats-Unis auraient échoué, en Irak et en Afghanistan, en menant avec succès une contre-insurrection en Syrie. L’historien indique alors « Pour la première fois dans l’histoire moderne, une intervention militaire étrangère a triomphé au Moyen Orient ». Comment évaluer cette déclaration ? Comment la Russie est-elle parvenue à un tel résultat ?

Roland Lombardi : Tout d’abord, même si je suis assez d’accord avec Kamal Alam, il est bon toutefois de rappeler qu’il faut toujours rester très prudent quant à prédire l’issue positive ou négative d’une intervention militaire. Surtout que, même si Assad a sauvé son régime, la reconquête totale du territoire n’est pas certaine ou peut être encore assez longue. Il demeure encore plusieurs poches de rébellion. Daesh contrôle toujours quelques villages sur l’Euphrate et reste présent dans le centre du pays. Les Kurdes administrent le nord-est du pays et contrôlent près d’un tiers de la Syrie.

Enfin, les Turcs renforcent leur présence dans le Nord. Néanmoins, il est vrai qu’avec la puissance et l’expertise militaire des Russes et l’efficacité de leurs négociateurs (aidés en cela par les Turcs, les Egyptiens et même les Saoudiens et les Qataris qui sont depuis allés à Canossa), ce n’est probablement qu’une question de temps. De plus, avec les tensions régionales actuelles, et même si je n’y crois pas un seul instant, tout pourrait éventuellement dérailler. Scénario peu probable… »

 

 

Sur Libération : « …En réalité, sans jamais le reconnaître officiellement, l’Etat hébreu ne s’est pas arrêté là. Plusieurs groupes rebelles locaux ont bénéficié d’armes et de liquidités dans l’espoir de contenir les jihadistes liés à l’Etat islamique ou Al-Qaeda, mais aussi les forces chiites, au premier rang desquelles le Hezbollah. Réfugiés et rebelles sunnites formant pour un temps une sorte de «bouclier humanitaire» d’environ 25 000 personnes à l’intérieur de la zone tampon.

Désormais, la donne a changé, et ces programmes pourraient en subir les conséquences, selon plusieurs experts interrogés par Libération. Les Israéliens se sont faits à l’idée qu’Al-Assad, sur les épaules des Russes et avec l’appui des Iraniens, allait reprendre l’ensemble de la zone. »

 

 

Deux constats réalistes publiés récemment sur Libération et Atlantico donnent donc la mesure du retour à une certaine raison, contrainte et forcée, de la part des médias stipendiés par l’impérialisme et le sionisme…

Ils regardent avec d’autant plus de stupeur, et même, de relative stupidité, leur propre blessure, qu’ils sont incapables de penser autrement qu’en termes d’interventionnisme et de rapports de domination économiques…

Ainsi de la prétendue « neutralité » de l’Etat sioniste, qui reconnaît avoir fait de l’ « humanitaire » dans le sud syrien pour camoufler son soutien logistique aux armées « rebelles » cherchant à détruire le régime syrien laïc et indépendant.

Atlantico, pour sa part, y voit assez justement l’évolution de la Russie, qui a su retenir les leçons de sa longue histoire de confrontation avec l’Occident, mais oublie simplement l’essentiel, qui est la capacité du peuple et de la nation syrienne à résister à l’impérialisme, capacité sans laquelle aucune « aide » militaire extérieure n’aurait pu faire une telle différence stratégique. Le succès de l’entraide entre nations en lutte contre l’impérialisme c’est précisément d’y trouver un intérêt commun au delà des inégalités de taille entre les pays et de fonctionner sur la base du respect mutuel, sans nécessairement mettre au premier plan les enjeux financiers, et surtout pas, de manière inégalitaire extrême, comme le pratiquent couramment les impérialistes, ce que l’auteur admet, en fait, même si de façon indirecte.

Mais tout d’abord, en republication ci-dessous, le bref article de Libération, qui fait, pratiquement de l’intérieur, le constat inexorable de l’échec de la stratégie sioniste.

L’intégrale du long article d’Atlantico, à la suite, souligne la portée historique de l’évolution de cette situation, et même s’il n’ose pas le dire aussi crûment, c’est l’aveu d’une première défaite historique de l’impérialisme depuis la déroute du Vietnam, il y a bientôt un demi-siècle…

 

Pour notre part, nous serions tentés de dire que c’est une victoire encore plus grande et plus nette, car elle ne souffre pas de l’ambiguïté du prétendu « communisme » du Mouvement de Libération National au Vietnam, ambiguïté toujours actuelle, du reste, avec la prétendue « économie de marché socialiste » qui en résulte, et qui s’intègre désormais, pour l’essentiel, dans l’économie financière mondialisée de l’impérialisme.

 

Dans ce type de lutte, l’alliance du prolétariat avec la bourgeoisie nationale est un moyen de faire reculer l’impérialisme, mais aucunement un moyen de construire le socialisme. Cette construction exige la formation préalable d’une force politique prolétarienne autonome, éventuellement au cours de la lutte de Libération, mais qui doit devenir dominante pour transformer cette lutte en révolution socialiste.

 

Cela ne peut absolument pas se faire par la fusion des forces politiques des deux classes dans un seul et même parti, fut-il autoproclamé « communiste » !!

 

Luniterre

 

 

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Dans le Golan,

l’avancée d’Al-Assad

 

oblige Israël à revoir ses plans

 

 

Par Guillaume Gendron, Envoyé spécial sur le plateau du Golan — 12 juillet 2018 à 06:05

La reconquête des zones rebelles limitrophes du Golan par les forces loyalistes syriennes, épaulées par la Russie et l’Iran, oblige l’Etat hébreu à repenser sa stratégie militaire et (politico-)« humanitaire ».

Mercredi après-midi, alors que l’avion du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou était quelque part dans le ciel entre Tel-Aviv et Moscou, en route pour parler, pour la troisième fois en six mois, de la «situation syrienne», les alarmes ont retenti à nouveau sur le plateau du Golan.

Un missile Patriot israélien venait de détruire un drone, «de provenance syrienne» a immédiatement précisé Tsahal. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Israël a répliqué en bombardant trois positions de l’armée syrienne pour faire bonne mesure. Aucun blessé n’a été signalé.   

«La nouvelle normalité», soupirent les experts, alors que les locaux se sont accoutumés aux bruits des chasseurs israéliens en raid nocturne sur des «positions iraniennes» en Syrie. Pendant longtemps, cette zone, capturée à la Syrie en 1967 par les Israéliens et annexée en 1981, était surnommée la «frontière silencieuse». La guerre civile syrienne a chamboulé cet état de fait, les inquiétudes des Israéliens ravivées ces dernières semaines par l’offensive des forces de Bachar al-Assad sur les provinces rebelles de Deraa et Kuneitra. Depuis le début du mois de juillet, Tsahal, en état d’alerte, a renforcé ses troupes sur le plateau.

A lire aussiDeraa, berceau de la révolte syrienne, tombeau de la rébellion

Casquette de trucker et moustache drue, Amir Duvedevani, réserviste dans les services secours locaux, pointe vers une colline scindée par les barbelés israéliens : «Depuis sept ans, d’un côté vous avez le calme, de l’autre, l’enfer.» D’un côté la pente est verte, hérissée d’oliviers, de l’autre, la terre pelée, sans plus aucun arbre. Au pied de la colline : les tentes des quelques milliers de réfugiés syriens, l’un des trois camps constitués depuis 2012 le long de la zone tampon entre Israël et la Syrie, officiellement toujours en guerre. «La plupart vivent ici depuis le début de la guerre sans électricité, ils se chauffent au bois…» À travers les jumelles, à un kilomètre de là, on voit un groupe d’hommes affairés autour d’une moto, quelques silhouettes d’enfants. D’ici, on entend même le chant du muezzin.

«Package»

Depuis 2013, Israël fournit une aide humanitaire à ces réfugiés, dans le cadre de l’opération «Bon voisin». «Depuis le début, on a traité 5 000 personnes dans nos hôpitaux, pour un coût d’environ 250 millions d’euros. A quoi s’ajoute la nourriture, les tentes, les produits pour bébé à hauteur de 100 millions d’euros», résume le lieutenant-colonel de réserve Marco Moreno, architecte de l’opération. À l’origine secret-défense, le programme a ensuite été largement médiatisé par Israël, qui y voit le moyen de redorer son image et l’espoir de changer les préjugés de ses voisins arabes. «La motivation première, c’est notre sécurité, rationalise Moreno. Israël n’a jamais voulu interférer dans ce conflit, mais on s’est dit qu’en créant du lien, ces populations empêcheraient l’implantation de groupes radicaux qui pourraient nous attaquer plus tard. C’était aussi la chose éthique à faire.» 

En réalité, sans jamais le reconnaître officiellement, l’Etat hébreu ne s’est pas arrêté là. Plusieurs groupes rebelles locaux ont bénéficié d’armes et de liquidités dans l’espoir de contenir les jihadistes liés à l’Etat islamique ou Al-Qaeda, mais aussi les forces chiites, au premier rang desquelles le Hezbollah. Réfugiés et rebelles sunnites formant pour un temps une sorte de «bouclier humanitaire» d’environ 25 000 personnes à l’intérieur de la zone tampon.

Désormais, la donne a changé, et ces programmes pourraient en subir les conséquences, selon plusieurs experts interrogés par Libération. Les Israéliens se sont faits à l’idée qu’Al-Assad, sur les épaules des Russes et avec l’appui des Iraniens, allait reprendre l’ensemble de la zone. Comme l’a signifié mardi le ministre de la Défense israélien Avigdor Liberman, Israël «n’exclut plus» le dialogue avec Damas. «Israël n’a jamais voulu choisir de camp dans ce conflit, les leçons de la guerre civile libanaise ont été retenues, rappelle Sarit Zehavi, une ancienne du renseignement militaire, qui a fondé un centre de recherche sécurité consacré au front nord-israélien. Après tout, la dynastie Al-Assad a gardé la frontière calme pendant quarante ans. Le problème, c’est que là, ils ne viennent pas seuls : les Iraniens font partie du package.» 

Allers-retours moscovites

C’est le cauchemar israélien : que les forces Al-Qods‎ [forces spéciales des Gardiens de la Révolution islamique (GRI) en Iran ndlr] ou le Hezbollah établissent des bases à quelques kilomètres d’Israël, qu’il faudrait alors déloger par la force, au risque de se trouver aspiré pour de bon dans le bourbier syrien. Plutôt que d’en arriver là, Nétanyahou préfère trouver un arrangement que Moscou imposerait à Al-Assad, la raison de ses allers-retours moscovites. Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a déjà indiqué que le départ de tous les éléments iraniens était «irréaliste». Pour l’expert indépendant Stéphane Cohen, ancien chef de liaison israélien avec l’ONU dans la région, Israël pourrait envisager un accord informel limitant la présence iranienne à au moins 50 kilomètres de la Jordanie et d’Israël, avec des restrictions sur le type d’équipements et de troupes déployés. En échange, Israël arrêterait son soutien aux forces rebelles («c’est déjà le cas», assure Cohen) et pourrait geler l’opération «Bon voisin», avec les risques politiques et humanitaires que cela comporte.

 

http://www.liberation.fr/amphtml/planete/2018/07/12/dans-le-golan-l-avancee-d-al-assad-oblige-israel-a-revoir-ses-plans_1665862

 

 

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Syrie : la Russie est-elle en train de réussir la première opération militaire étrangère de l’histoire moderne du Moyen-Orient qui se traduise par un succès ?

Atlantico : Selon l’historien Kamal Alam, la Russie aurait réussi là où les Etats-Unis auraient échoué, en Irak et en Afghanistan, en menant avec succès une contre-insurrection en Syrie. L’historien indique alors « Pour la première fois dans l’histoire moderne, une intervention militaire étrangère a triomphé au Moyen Orient ». Comment évaluer cette déclaration ? Comment la Russie est-elle parvenue à un tel résultat ?

Roland Lombardi : Tout d’abord, même si je suis assez d’accord avec Kamal Alam, il est bon toutefois de rappeler qu’il faut toujours rester très prudent quant à prédire l’issue positive ou négative d’une intervention militaire. Surtout que, même si Assad a sauvé son régime, la reconquête totale du territoire n’est pas certaine ou peut être encore assez longue. Il demeure encore plusieurs poches de rébellion. Daesh contrôle toujours quelques villages sur l’Euphrate et reste présent dans le centre du pays. Les Kurdes administrent le nord-est du pays et contrôlent près d’un tiers de la Syrie.

Enfin, les Turcs renforcent leur présence dans le Nord. Néanmoins, il est vrai qu’avec la puissance et l’expertise militaire des Russes et l’efficacité de leurs négociateurs (aidés en cela par les Turcs, les Egyptiens et même les Saoudiens et les Qataris qui sont depuis allés à Canossa), ce n’est probablement qu’une question de temps. De plus, avec les tensions régionales actuelles, et même si je n’y crois pas un seul instant, tout pourrait éventuellement dérailler. Scénario peu probable puisque, malgré les apparences, la situation reste néanmoins sous un relatif contrôle des Russes et des Américains.

Pour en revenir donc sur le succès russe en Syrie, les raisons sont multiples. Je ne reviendrai pas sur les détails strictement militaires qui ont permis à la Russie de s’imposer sur le terrain. Le colonel Michel Goya l’a déjà très bien expliqué dans une remarquable analyse en septembre 2017. Il y décrit avec une grande précision tous les aspects techniques et tactiques de la réussite militaire russe en Syrie et j’invite d’ailleurs vivement vos lecteurs à la lire.

Pour ma part, je dirai rapidement que les Russes n’agissent et ne prennent jamais de risques qu’avec un plan et une stratégie mûrement réfléchis. Certains « spécialistes » français, plus par idéologie et un anti-Poutine viscéral, avaient pourtant prédit, au début de l’implication directe des Russes en septembre 2015, que la Syrie serait pour l’armée russe un bourbier et un nouvel Afghanistan. Mais comparer l’intervention russe en Syrie avec l’invasion soviétique de l’Afghanistan en 1979 était une pure aberration. Tout d’abord car le contexte local et international n’était absolument pas le même. De plus, les stratèges russes ont toujours appris de leurs erreurs (Afghanistan, première guerre de Tchétchénie) ou de leurs cafouillages (Géorgie) passés. Aussi, on n’oublie trop souvent que la Russie est l’un des rares pays (avec l’Etat algérien dans les années 1990) à avoir « remporté » une guerre asymétrique (Tchétchénie dans les années 2000). 

Par ailleurs, l’état des forces des armées russes s’est sensiblement amélioré depuis 2008 et la guerre en Géorgie. L’armée russe bénéficie d’un plan de modernisation extrêmement ambitieux (23 000 milliards de roubles jusqu’en 2020) et prévoit un renouvellement de 70% des matériels. Les premiers effets de ce programme, mais également des évolutions tactiques et opérationnelles, ont été constatés lors de l’affaire de Crimée, où l’intervention russe fut un modèle de professionnalisme.

Mais en définitive, le succès russe en Syrie est sûrement dû à une stratégie beaucoup plus globale alliant tactique et outil militaire modernisés et expérimentés à l’efficacité d’une diplomatie internationale, régionale mais aussi locale (je rappelle la création, sur le terrain, par les Russes, d’un Centre de réconciliation destiné aux négociations de guerre, la protection des transferts de combattants, l’aide aux populations en coordination avec les autorités civiles, les ONG et l’ONU). De toute évidence, il est aussi certain que les réussites diplomatiques du Kremlin, de ses diplomates et de ses négociateurs, entreront dans l’histoire…

Tout cela est au service d’une grande politique (et des fins géopolitiques) claire, cohérente et constante. Poutine n’a pas fait que lire Clausewitz, il applique ses principes : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » ! Car au Moyen-Orient, les Russes font de la politique, leur politique. Et à la différence des Occidentaux, celle-ci est fondée sur le réalisme et leurs propres intérêts nationaux… et pas seulement commerciaux ! Elle prime sur tout le reste et n’est nullement soumise, comme malheureusement pour la politique de la France dans cette région, au commerce, à l’émotionnel ou à une quelconque idéologie. Là est la véritable clé.

Comment comparer cette situation avec les interventions américaines en Irak et en Afghanistan ? Quelles ont été les erreurs commises ?

Vous savez, en tant qu’historien et géopolitologue, je n’aime pas trop comparer les époques, les situations ou les évènements. Néanmoins, comme je l’évoquais plus haut, on peut relever de grandes différences entre les opérations américaines en Irak ou en Afghanistan et celles des Russes en Syrie : Tout d’abord et principalement, les buts de guerre. Concrètement, le « pourquoi » de ces interventions et pour quelle politique. Très rapidement, nous savons que durant des décennies, la politique américaine dans la région était centrée sur le monopole des approvisionnements stratégiques du Moyen-Orient (pétrole et gaz).

Cet impérialisme américain se basait alors sur les concepts bien connus des néo conservateurs et de certains idéologues de Washington (qui par ailleurs n’avaient qu’une connaissance très limitée des réalités, des particularités et des spécificités sociologiques et ethniques d’un monde arabo-musulman trop souvent fantasmé, idéalisé et « mythifié ») : le regime change et le nation bulding. Beaucoup de « savants » et « conseillers » de la côte Est américaine, comme à Paris d’ailleurs, ont alors cru naïvement que les démocraties pouvaient naître d’un claquement de doigts au Proche-Orient et, plus grave, qu’on pouvait dès lors, pour faire tomber les méchantes dictatures, miser sur des islamistes prétendument « modérés » ! On a vu le résultat en Irak, en Afghanistan et également en Libye !

Du côté de Moscou, rien de tout cela. Pour comprendre la politique russe en Méditerranée et au Moyen-Orient, il faut relire deux de mes analyses sur le sujet (à contre-courant de la doxa « anti-russe » et du Poutine bashing ambiant et où j’annonçais d’ailleurs les futurs succès russes…). La première fut écrite en février 2013  et la seconde, en octobre 2016

Dans cette dernière, j’écrivais alors : « Certes, la Russie, Etat phare de l’orthodoxie chrétienne, a réactivé, depuis quelques décennies, (…) une véritable  » géopolitique de l’orthodoxie « , dans le Sud de l’Europe (Serbie), en Méditerranée (Grèce et Chypre) et au Moyen-Orient (Chrétiens d’Orient). Ainsi, Poutine a relancé la politique simple mais ancestrale de la Russie : se désenclaver afin d’accéder aux mers chaudes, avec pour verrou la Crimée (de retour dans le giron russe), et en s’appuyant notamment  sur  les  chrétiens  d’Orient, vecteurs de progrès, comme  relais  d’influence. Ceci explique d’ailleurs les positions russes sur l’Ukraine, la Crimée mais en partie aussi la Syrie ». J’ajoutais que : « parallèlement à cette géopolitique de l’orthodoxie, il ne faut pas perdre de vue que la Russie est aussi une puissance musulmane (elle est notamment membre observateur de l’OCI, l’Organisation de la coopération islamique), d’où l’attention qu’elle porte particulièrement à l’évolution politique du monde arabo-musulman » et que « de fait donc, la Russie est bel et bien une puissance musulmane puisque l’islam est la religion de nombreuses minorités ethniques en Russie. Il y a près de 10 000 mosquées en Russie et la plus grande d’Europe, inaugurée en 2015, se trouve d’ailleurs à Moscou. L’islam est implanté depuis près de 1300 ans dans certaines régions comme le Nord-Caucase, dans l’Oural et près de la Volga. Aujourd’hui, près de 15 % de la population russe est musulmane soit entre 20 et 22 millions (la plus importante des minorités) sur 150 millions d’habitants. C’est donc cette proximité très ancienne avec l’islam, qui fait des Russes de fins connaisseurs de cette religion. L’Institut d’études orientales (IVA) de l’Académie des sciences de Moscou est justement, avec ses deux cents ans d’existence, l’un des meilleurs centres de recherches et de réflexions sur l’islam et l’Orient de la planète. Le plus célèbre de ses élèves (et plus tard professeur) étant Evgueni Primakov ». Par ailleurs, « si la Fédération possède près de 2 500 km de frontières avec l’islam, c’est aussi, comme on l’a vu, l’évolution identitaire même des musulmans de Russie qui préoccupe le Kremlin. Eviter la fragmentation sociale et préserver la paix de l’une des plus anciennes sociétés multi-culturelles de la planète seront le principal défi de Moscou dans les décennies à venir. (…) Napoléon disait que  » les Etats font la politique de leur géographie « . Nous pouvons le paraphraser en affirmant que  » les Etats font aussi la politique de leur démographie « . Et c’est à partir de ce postulat, où politique interne et géopolitique s’imbriquent et se confondent désormais, que nous pouvons comprendre la politique russe actuelle en Méditerranée et au Moyen-Orient ». Pour finir, j’expliquais que « la Russie, au contraire encore une fois de l’Occident, s’interdit toute leçon de morale en relations étrangères. Pour Moscou, il n’y a pas de dogme moral et de manichéisme dans ses perceptions du monde et on connaît les notions, de non-intervention et de non ingérence, si chères au Kremlin et élevées comme principes diplomatiques incontournables ». Son message était donc très clair depuis le début : « Gérez vos pays comme bon vous semble mais nous ne voulons pas d’islamistes, « modérés » ou pas, au pouvoir ; en échange et en cas de besoin, vous pourrez toujours compter sur notre fidélité et notre soutien ! ». Tout le cœur et le moteur des actions russes au Moyen-Orient sont dans ces lignes ! C’est une grande différence, vous en conviendrez, avec les politiques américaines et occidentales en général…

Au regard du cas syrien, quelles sont les leçons à tirer de l’action russe ?

Même s’il ne faut surtout pas enterrer trop vite l’influence de la puissance américaine dans la région, que cela nous plaise ou non, le résultat est sans appel : la Russie est devenue le nouveau maître du jeu avec qui il faut à présent compter et le véritable « Juge de Paix » incontournable de la région. Véritable fer de lance occidental de la lutte contre l’islam radical et jihadiste, les dirigeants russes ont compris que cette question était vitale pour eux. Malheureusement, les responsables français pas encore…

En attendant, même sous l’ère soviétique, Moscou n’avait jamais atteint un tel leadership dans cette partie du monde.

D’autre part, les diplomates russes se sont révélés être les dignes successeurs d’Evgeni Primakov. La Russie a démontré avec succès les bénéfices d’une politique claire, réaliste et pragmatique. Grâce à sa politique de puissance décomplexée au Moyen-Orient, imperméable aux rivalités internes de la région, Poutine parle à tout le monde et tous les grands acteurs locaux se tournent dorénavant vers le Kremlin : la coopération avec Israël, et ce dans tous les domaines, est beaucoup plus profonde qu’on ne le pense et l’Iran, le « partenaire » en Syrie, à présent en grande difficulté, ne peut plus compter que sur les Russes…

Quant à la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite, ses anciens adversaires géopolitiques dans la zone, ils sont depuis allés à Canossa (cf. le partenariat russo-turc en Syrie et le dernier accord entre l’OPEP et la Russie, sur le dos des Iraniens…) et se sont grandement, d’une manière ou d’une autre, rapprochés de Moscou. Les responsables palestiniens isolés (Abbas et Hamas) cherchent aujourd’hui le soutien du Président russe et tous les nouveaux (et futurs) autocrates arabes (militaires algériens, le Président Sissi, le maréchal Haftar en Libye et même MBS à Riyad…) ont tous les yeux de Chimène pour le « Tsar » Poutine, ce dernier ayant démontré avec Assad, qu’il était un allié fiable, solide et sérieux. Enfin, au-delà des bénéfices politiques et géostratégiques, grâce à son intervention en Syrie, la Russie n’a jamais autant vendu d’armes (la guerre ça sert aussi à ça !) et les signatures de contrats commerciaux ont explosé !

Quelle leçon pour les dirigeants et les diplomates français qui se renient dès qu’ils le peuvent en sacrifiant les intérêts stratégiques de la France pour, et souvent en vain, une simple signature au bas d’un chèque de nos chers « amis » (mais surtout clients) du Golfe !

J’aime à répéter la phrase de Michel Rocard sur Radio-Orient, le 28 février 1986 (à propos de la politique d’«abandon» française envers les Chrétiens du Liban pendant la guerre civile) : « Dans le monde arabe, c’est la parole qui engage l’honneur ; on y est respecté en fonction de ses amitiés. (…) Quand, devant un Arabe, on laisse tomber ses propres amis, fussent-ils des ennemis de l’Arabe en question, on se déconsidère ». Tout est dit et cela résume assez bien les raisons, et par-dessus tout le succès, des positions et de la politique russes vis-à-vis du régime de Damas mais également de toute la région…

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/syrie-russie-en-train-reussir-premiere-operation-militaire-etrangere-histoire-moderne-moyen-orient-se-traduise-succes-roland-3449612.html

 

 

 

Syrie ,

 

nouvelle offensive

anti-impérialiste dans le Sud :

 

En avant

 

vers la libération totale !

 

 

 

https://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/07/armee_syrienne_offensive-1728x800_c.jpg

 

 

 

https://i1.wp.com/img.over-blog-kiwi.com/0/78/07/19/20180616/ob_d820ee_armee-syrienne-c-sputnik-mikhail-vo.jpg

LA GAUCHE RÉFORMISTE ET MYSTIFICATRICE (Que fait la gauche dans le lit des patrons ?)

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Un article de M.Bibeau sur TML ?

Si, c’est possible, malgré les polémiques assez violentes qui nous opposent couramment…

Pas de sectarisme de notre part, donc, mais une certaine unité de style et de fond, quant aux articles publiés, dans le but de promouvoir la cause prolétarienne, malmenée d’abord par ses prétendus supporters « gauchistes » de tous poils, qui représentent, pour 99% d’entre eux, la voie de garage et l’impasse, bien avant la voie prolétarienne.

Ce que nous pratiquons, ce n’est pas la censure, mais simplement, une ligne éditoriale cohérente.

Et pour commencer, le post favorable que nous avons joint à la republication de cet article sur VLR, où s’est également instituée un débat sur la problématique soulignée par nous dans ce post…

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http://mai68.org/spip2/spip.php?article1890#forum1169

« Il me semble, pour une fois, que le jour où M. Bibeau a commencé à taper cet article sur son clavier, il s’était carrément levé du bon pied, et on ne peut que lui donner raison, sur l’ensemble de cet article !

Effectivement, même si une grande avidité n’est pas absente des motivations de la bourgeoisie, elle se trouve simplement être l’héritière d’une société de classes rendue initialement nécessaire pour le développement des forces productives.

 

Historiquement, il n’y a pas de jugement moral sur la constitution de la société en classes, dans le processus du développement des forces productives ! La nécessité d’un tel développement est liée à l’instinct de survie de l’espèce humaine et il est une adaptation de la hiérarchie naturelle de tous les groupes d’êtres vivants dans leur processus d’adaptation aux conditions naturelles de l’environnement.

 

En retour, et comme pour tout groupe d’êtres vivants, cette adaptation modifie elle-même le milieu, de manière consciente ou non. Et cette modification du milieu influe à son tour sur l’évolution, etc… C’est ce que l’on appelle un mouvement dialectique.


L’être humain a la capacité (…en principe) de comprendre cette évolution et éventuellement d’agir d’autant plus consciemment dessus, ce qui fait une différence avec d’autres phénomènes dialectiques, mais n’en reste pas moins un phénomène dialectique, et même au sens le plus fort du terme.

 

La transition vers une société sans classes sociales dominantes, et même sans classes, tout simplement, c’est une voie possible de cette évolution, actuellement.

 

Elle implique donc, néanmoins, une action consciente de la part du prolétariat pour une transformation radicale des rapports de production. Cela passe par la perte des illusions réformistes, c’est à dire, notamment, par la prise de conscience que les « acquis-sociaux », en régime capitaliste, ne sont jamais pérennes et, désormais, tout à fait condamnés par la crise et la concurrence acharnée qui va avec, entre groupes de capitalistes.

 

Mon désaccord avec M. Bibeau persiste néanmoins, semble-t-il, sur la façon de penser la transition. »

 

Luniterre

 

 

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LA GAUCHE RÉFORMISTE ET MYSTIFICATRICE

 

(Que fait la gauche dans le lit des patrons ?)

 

Les lois du capital ne sont pas avantageuses pour les salariés

 

« La loi Travail n’est pas bonne pour les salariés et pour les jeunes. Elle ne le sera pas non plus pour l’économie de la France. Alors que le chômage et la précarité augmentent, en affaiblissant les conventions collectives au profit des accords d’entreprise, cette loi (et les autres) accroit la concurrence entre les entreprises poussant à l’alignement sur le « moins offrant » pour les salariés. Cette logique de dumping social va engendrer davantage de flexibilité et de précarité et remettre en cause nombre d’acquis sociaux » (1).

 

Notre collègue Robert Gil jette un regard dubitatif et subjectif sur ces mesures gouvernementales dites « Loi travail » et « Loi SNCF ». Ainsi, notre chroniqueur présente correctement les conséquences de ces lois sur la majorité des travailleurs, mais il se leurre quand il annonce des effets négatifs pour « l’ensemble de l’économie de la France ». En effet, cette loi, et toutes celles que le gouvernement français promulgue, sont faites, non pas pour accroître l’emploi, réduire le chômage, renforcer les « acquis sociaux » (sic), augmenter la production de biens et de services, ou satisfaire les besoins de la population, mais essentiellement pour renforcer l’économie des riches – comprendre – augmenter la productivité du travail salarié tout en réduisant son coût par unité – et cela est bon pour le capital français n’en déplaise à la gauche idéaliste et utopiste.

Ainsi, l’auteur semble rêver d’une économie politique alternative, et il annonce que : « Le chômage et la précarité sont des fléaux pour la France. Les créations d’emplois, dans le privé comme dans le public, sont nécessaires pour répondre aux besoins de la société. La stabilité et la qualité des emplois sont non seulement gage de progrès social et de qualité de vie pour les salariés, mais sont un facteur de création d’emplois. » Depuis quand l’économie capitaliste a-t-elle pour vocation d’améliorer la qualité de vie des salariés ? Au temps de la croissance et de la valorisation facile du capital, des miettes – appelées « acquis sociaux » par les bobos – ont bien été accordées aux ouvriers, mais aujourd’hui, que la crise s’abat sur le système tout entier, la fonction de valorisation du capital exige que le capital retire ces avantages (que la gauche appelle des « acquis » oubliant que rien n’est jamais acquis sous la dictature du capital) afin de maintenir les taux de profit – mission ultime de ce mode de production moribond.

L’auteur avoue son incompréhension profonde des finalités du mode de production capitaliste quand il s’insurge : « Tous les pays qui ont fait l’expérience d’une telle réforme du droit du travail (Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Allemagne) en mesurent aujourd’hui les conséquences néfastes ». Néfastes pour qui suis-je porté à lui demander ? La gauche grecque au pouvoir à Athènes est citée en exemple par l’administration bruxelloise pour avoir « redressé » l’économie hellénique (2). Chacun sait qui a été sacrifié pour « redresser », « rentabiliser » et payer la rançon aux banquiers européens. Les ouvriers grecs sont les plus miséreux de l’Union européenne. Le PIB de la Grèce a chuté de 25% et ce n’est pas fini, d’autres ponctions sont prévues. Il parait que Donald Trump (populiste de droite) s’inspire du modèle Tsipras (populiste de gauche).

Notre collaborateur constate cependant que : « le Medef et les multinationales demandent de plus en plus de protection pour maintenir les bénéfices et les droits des entreprises envers et contre tout et distribuer toujours plus de dividendes aux actionnaires, pour mémoire pour le seul deuxième trimestre de cette année les dividendes des actionnaires dans le monde sont en hausse, pour atteindre la somme folle de 372 milliards d’euros ! » L’économie capitaliste française se porte bien alors !?… Comme le disait justement Tchouang Tseu : « l’on ne sait pas ce que l’on doit admirer le plus, la ruse des dirigeants ou l’idiotie des gouvernés ». Que ce soit à l’assemblé ou au sénat il n’y a aucun salarié, ouvrier ou employé qui siège, car malheureusement les électeurs votent pour ceux qui les « plument », ou alors, font la politique de l’autruche en s’abstenant ou votant nul, ce qui a le même résultat : maintenir au pouvoir une petite caste de privilégié qui vit sur notre dos ! » (3)

Les trois pas de danse de la gauche réformiste

La politique des réformistes-populistes de gauche – Podemos, Syriza, les Insoumis, Québec Solidaire, travailliste britannique, « progressiste » mexicain, ou communistes -socialistes – se résume ainsi :

1) Ils font croire que l’État bourgeois tente d’améliorer « l’économie » en assimilant « l’économie nationale » au « bienêtre social » de l’État providence qu’il faudrait défendre. 2) Ils avisent l’État bourgeois « bien intentionné », mais égaré, que « l’économie des riches » n’ira pas mieux et que le prolétariat souffrira de ces mesures – programmes – lois – et règlements dangereux qui précarisent et paupérisent les travailleurs, comme si l’État ne le savait pas… 3) Enfin, ils laissent entendre que l’équipe des sous-fifres politiques au pouvoir à Paris, à Ottawa, à Québec, à Londres, à Mexico, à Berlin, ou à Washington est incompétente et devrait être remplacée par une équipe réformiste gauchiste qui défendrait les intérêts de la nation tout entière, celui des riches et celui des pauvres tous égaux devant la loi, et tous égaux face au bulletin de scrutin, et c’est à travers ces mascarades électorales que le prolétariat pourra choisir l’équipe de thuriféraires populistes de gauche (qui fera la même chose que l’équipe populiste de droite qui là précédée).

La bourgeoisie n’a pas d’animosité, elle est seulement désespérée

Pour notre part, nous croyons que la bourgeoisie est parfaitement compétente à défendre ses intérêts de classe et la hausse du chômage et la baisse du pouvoir d’achat du prolétariat ne font pas partie de ses intérêts, ni même de ses préoccupations, quoique les riches n’ont pas d’aversion particulière contre les travailleurs salariés, et s’ils pouvaient les avantager ils le feraient comme ils l’ont fait dans le passé. Aujourd’hui, ce n’est plus possible, car les concurrents allemands, italiens, britanniques, hollandais, russes, chinois ont déjà effectué ces « ajustements structurels » et les capitalistes français n’ont plus le choix, ils doivent mettre le Code du travail et la rémunération du travail salarié – et les conditions d’exploitation de l’esclave salarié – au diapason de l’Europe unifiée sous peine de périclités à l’avantage de leurs concurrents mondialisés.

Ni les mélenchonistes, ni les gauchistes populistes, ni les altermondialistes, ni la droite populiste ne peuvent enrayer – détourner – stopper ou réguler ce processus d’ajustement structurel et surtout personne ne peut revenir en arrière à l’époque précédant la mondialisation. Le vin est versé et il devra être ingurgité jusqu’à la lie.

Le prolétariat français (comme les prolétaires de plusieurs pays) a compris tout ceci – voilà la véritable avant-garde – et il sait que les mascarades électorales sont des jérémiades pour inciter à « voter » pour une clique de réformistes ou pour une autre identique, alors qu’aucune réforme de ce système décadent n’est envisageable. Non camarade, les ouvriers ne votent pas pour ceux qui les « plument », ils ne votent pas du tout, car ces polichinelles sont tous pareils, incapables de résoudre les contradictions de ce mode de production moribond. (4)

Robert Bibeau

 

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-gauche-reformiste-et-mystificatrice/

 

NOTES

 

1. Source : Robert Gil (2018) Toujours moins pour les uns, toujours plus pour les autres.

http://www.les7duquebec.com/7-daill…

2. Tsipras, l’homme de gauche du capital grec, sponsor et ami du parti Syriza.

https://www.lemonde.fr/idees/articl…

3. Source : Robert Gil (2018) Toujours moins pour les uns, toujours plus pour les autres.

http://www.les7duquebec.com/7-daill…

4. Robert Bibeau. (2018) Les mascarades électorales. L’Harmattan, Paris. 150 pages.

 

 

 

Syrie : Nouvelle avancée des forces de libération dans le Sud

Syrie :

Nouvelle avancée

des forces de libération

dans le Sud

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Les rebelles dans le sud de la Syrie, qui ont subi jeudi un déluge de feu sans précédent de la part du régime dans cette région, ont annoncé en soirée un retour aux négociations avec les Russes qui veulent les convaincre de rendre leurs armes.

« Les bombardements n’ont pas cessé un seul instant », a déclaré à l’AFP Samer Homsi, 47 ans, qui a fui la ville de Deraa avec sa femme et ses quatre enfants.

Acculés, les rebelles n’ont ainsi eu d’autre choix que de reprendre des négociations entamées la semaine dernière et dont ils avaient annoncé l’échec mercredi.

– « Enfer » –

« Les pourparlers vont reprendre », a déclaré à l’AFP un porte-parole des rebelles, Hussein Abazeed.

« Nous nous sommes mis d’accord sur une cessation des hostilités immédiate des deux côtés pour avoir un nouveau round de négociations. Nous demandons de réelles garanties et le parrainage de l’ONU pour les négociations », a indiqué de son côté dans un communiqué le commandement rebelle.

Dans le même temps, l’OSDH a indiqué que les raids s’étaient arrêtés dans le sud après 24 heures de bombardements.

Selon un correspondant de l’AFP qui se trouvait à l’entrée de la ville de Deraa, le pilonnage de jeudi a été le plus violent depuis le début le 19 juin de l’assaut lancé par le régime pour reprendre la totalité de la province, qui borde la Jordanie et le plateau du Golan en majeure partie occupé par Israël.

Six civils, dont une femme et quatre enfants, ont péri à Saida dans l’ouest de la province, selon l’ONG, ce qui porte à 149 le nombre de civils, dont 30 enfants, tués depuis le 19 juin. La ville de Saida été ensuite reprise par le régime selon les médias officiels et l’OSDH.

 

Pour la première fois depuis plus de trois ans, les forces du régime ont réussi jeudi à atteindre la frontière jordanienne dans la province de Deraa, selon l’OSDH.

Les rebelles ont laissé aux forces du régime une large bande frontalière, d’environ 275 km2, a précisé M. Abdel Rahmane.

Mais le principal poste-frontière de Nassib est toujours entre leurs mains, a-t-il dit.

Les bombardements dans le sud syrien avaient repris mercredi après l’échec des négociations avec des représentants russes qui cherchent, au nom du régime, à convaincre les insurgés de rendre les armes.

Après avoir repris de larges pans du territoire grâce au soutien militaire de l’allié russe, le régime a désormais dans son viseur les provinces méridionales de Deraa et Qouneitra.

Dans ses reconquêtes, le pouvoir a adopté une stratégie alliant bombardements meurtriers et négociations pour des accords dits de « réconciliation » qui s’apparentent à une capitulation.

Plus de 30 localités de la province de Deraa sont passées sous contrôle du régime en vertu de ces accords, outre celles reprises par la force, permettant à ce dernier d’avoir la main sur plus de 60% de la province.

– Réunion de l’ONU –

Mercredi, les Russes avaient insisté pour que les rebelles rendent en une seule fois l’artillerie lourde et refusé d’accorder des passages sûrs aux insurgés et civils pour se rendre vers d’autres régions rebelles.

Depuis 2011, toutes les initiatives internationales visant à trouver une solution au conflit en Syrie qui a fait plus de 350.000 morts ont échoué.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit tenir jeudi une réunion d’urgence pour discuter de la situation dans le sud, où les violences ont poussé quelque 330.000 personnes à la fuite depuis le 19 juin selon les Nations unies.

D’après le Comité international de secours (CIS), les familles déplacées doivent lutter contre des températures très élevées, jusqu’à 45°, des vents du désert, des scorpions et serpents.

Certains déplacés ont trouvé refuge près des frontières jordanienne et israélienne, où ils vivent dans un dénuement total. Des cas d’enfants souffrant de diarrhée ont été rapportés, selon le CIS.

Ni la Jordanie ni Israël ne veut accueillir les déplacés et, face au risque d’une crise humanitaire, l’organisation Human Rights Watch a appelé les deux pays à ouvrir leurs frontières.

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/syrie-intensement-bombardes-les-rebelles-du-sud-reprennent-les-negociations-doc-1766il2

 

 

https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/d61cb7a211d6fe14c87018fa02ca9418c3fd2c62.jpg

 

 

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Depuis 2012…

 

Requiem pour un massacre

 

Onusien « oublié »

Une vidéo prise par des soldats autrichiens en 2012 suscite une vive polémique en Autriche depuis quelques jours. La vidéo publiée par le journal autrichien Falter montre des soldats autrichiens envoyer à une mort quasi certaine leurs homologues syriens, non sans un certain cynisme.

 

De notre correspondante à Vienne,

http://www.rfi.fr/europe/20180504-syrie-une-video-devoile-le-role-cynique-soldats-autrichiens-massacre

 

Ce sont des soldats intégrés aux forces de maintien de la paix de l’ONU dans le Golan, à la frontière entre la Syrie et Israël, qui ont pris cette vidéo. Celle-ci publiée vendredi dernier par le journal autrichien Falter, sur son site internet. Les soldats, que l’on ne voit pas, filment ce que Falter présente comme des trafiquants syriens en train de préparer une embuscade. Une heure plus tard, une jeep blanche, avec neuf policiers syriens, s’approche du check-point des Autrichiens. On entend alors les soldats laisser passer la jeep sans prévenir les policiers du guet-apens qui les attend, décrypte Falter. On entend même un des soldats dire à son collègue: « on devrait leur dire », mais rien ne se passe et finalement, on voit les policiers se faire tuer. Les soldats autrichiens font alors des commentaires assez cyniques, mis en exergue par Falter, sur la scène à laquelle ils assistent.

« Honte d’être Autrichien »

La vidéo a choqué bon nombre d’Autrichiens. En seulement une semaine, elle a été vue près de 490 000 fois, rentrant ainsi dès les premiers jours dans le TOP 15 des tendances YouTube en Autriche. Sur Twitter, les réactions sont indignées, à l’image de ce jeune étudiant qui écrit : « J’ai honte d’être Autrichien. Ils envoient des policiers syriens à une mort certaine et font des blagues dessus ». Face à la polémique, le ministère autrichien de la Défense a annoncé qu’une commission spéciale d’enquête avait commencé des investigations samedi dernier sur cette affaire. L’ONU devrait participer à cette enquête : toute la question est de savoir s’il était du devoir des soldats autrichiens de prévenir les policiers syriens de l’embuscade, si cela faisait  partie de leur mission fixée par l’ONU.

 

 

 

GAZA – 3 juillet – Avec les femmes palestiniennes, le combat continue !

"Je suis venue afin de terminer la marche qu'avait commencée ma fille", a expliqué Rim Abou Irmana, 43 ans, brandissant un portrait de sa fille Wasal, 15 ans, tuée par des tirs israéliens le 14 mai. Photo Mahmud HAMS/AFP

 

Ces manifestations sont pacifiques, nous ne faisons que défendre nos terres et nos droits", a-t-elle ajouté. Photo Mahmud HAMS/AFP

 

 

AFP, publié le mardi 03 juillet 2018 à 20h59

Des milliers de Palestiniennes ont manifesté mardi le long de la barrière qui sépare Gaza du territoire israélien, la première marche de femmes depuis le début de la mobilisation dans l’enclave il y a trois mois.

Depuis fin mars, l’enclave palestinienne est le théâtre de manifestations contre le blocus israélien et pour le droit au retour des Palestiniens sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont dû fuir à la création d’Israël, en 1948.

Venues en bus de toute l’enclave, souvent accompagnées de leurs enfants, les manifestantes se sont dirigées par groupes à une cinquantaine de mètres de la barrière qui sépare la bande de Gaza du territoire israélien, a constaté l’AFP.

Une poignée d’entre elles ont atteint la clôture, drapeaux palestiniens à la main et keffieh recouvrant leur visage, avant de rebrousser chemin.

Dix-sept personnes ont été blessées par des tirs israéliens, a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère de la Santé de l’enclave, Ashraf al-Qodra.

« Je suis venue afin de terminer la marche qu’avait commencée ma fille », a expliqué Rim Abou Irmana, 43 ans, brandissant un portrait de sa fille Wasal, 15 ans, tuée par des tirs israéliens le 14 mai.

« Ces manifestations sont pacifiques, nous ne faisons que défendre nos terres et nos droits », a-t-elle ajouté, tenant son jeune fils par la main.

Depuis le début des manifestations le 30 mars, au moins 138 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. Aucun Israélien n’a été tué.

Les manifestations ont culminé le 14 mai, jour du transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, quand au moins 62 Palestiniens ont été tués.

 

 

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Venues en bus de toute l'enclave, souvent accompagnées de leurs enfants, les manifestantes se sont dirigées par groupes à une cinquantaine de mètres de la barrière qui sépare la bande de Gaza du territoire israélien. Photo Mahmud HAMS/AFP

 

 

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