anti-impérialisme

Solidarité avec la résistance anti-impérialiste en Iran !!

Solidarité avec la résistance

anti-impérialiste en Iran !!

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Le « printemps perse » est terminé (au moins sa première étape)

 

 

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Le « printemps perse » est terminé (au moins sa première étape)…

Au moment où ces lignes sont écrites,[This article was originally published in Greek on January 7, 2018. By P. Pap for avantgarde. Translated by PK] des dizaines de milliers de personnes sont dans les rues d’Iran – exprimant leur détermination à défendre leur pays contre les plans des États-Unis et de leurs États clients. Le commandant en chef des Gardiens de la révolution a annoncé que le récent complot contre l’Iran avait été vaincu. (Par le mot « complot », il ne se référait pas aux manifestations, il se référait à ceux qui se cachent derrière les manifestants pour faire avancer leur agenda réactionnaire.)

Avant cela, l’Iran a vu quelque chose qui a été décrit par de nombreux médias occidentaux comme « une vague de manifestations anti-gouvernementales massives » ou même « une insurrection contre le régime ». Un examen plus attentif révèle une réalité quelque peu différente. Anthony Cordesman, analyste stratégique de haut niveau de l’important groupe de réflexion américain du CSIS, note avec justesse que « beaucoup voient ce qu’ils veulent voir dans les derniers troubles, en particulier ceux qui veulent que le régime tombe ». Le New York Times rapporte avec une grande tristesse que Téhéran est « particulièrement calme » et décrit la déception de (quelques douzaines) d’étudiants universitaires dont la manifestation n’a pas attiré grand monde. Ils décrivent les rassemblements comme « relativement peu nombreux … n’entraînant que quelques centaines à la fois ». Le Centre Wilson admet avec regret que « malgré les protestations, peu de choses vont changer en Iran ». Geopolitical Futures écrit que « à ce stade, compte tenu de leur format réduit et que l’économie iranienne a été bien pire que cela ces dernières années, nous ne pensons pas encore que la République islamique soit en danger de chuter ».

Bien sûr, un certain nombre de photos censées représenter des manifestations anti-gouvernementales massives ont circulé – des photos de différents endroits et à différentes époques. Les photos d’une manifestation pro-gouvernementale, le soulèvement à Bahreïn, même des scènes d’un film ont été abusivement présentées comme des photographies de manifestations anti-gouvernementales en Iran. Eh bien, au moins, ils n’utilisaient plus les photos de la place Tahrir …

Conclusion 1 : aucune manifestation anti-gouvernementale ou anti-régime massive n’a eu lieu en Iran. Les seuls qui ont « vu » de telles manifestations étaient le MEK, une organisation anti-régime de la diaspora iranienne et un animal de compagnie des services secrets de l’Empire, profondément ancré dans leurs plans ; le fils du Shah ; et une partie de la gauche trop excitée et rêveuse qui a célébré un « triomphe » après l’autre depuis les années 90.

Conclusion 2 : Aucune personne sérieuse ne s’attendait à ce que ce mouvement renverse un quelconque régime. En dehors de la « gauche » susmentionnée.

Conclusion 3 : Cette sorte de « gauche » semble vouloir prouver qu’elle est plus papiste que le pape. Nous nous demandons le pourquoi de cela.

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 Du déjà-vu…

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Mais si l’on prenait le sentiment général ici en Occident, il faudrait arriver à une conclusion qui ressemble à ceci :

Le peuple se lève et organise des rassemblements pacifiques massifs contre le régime. (Les rassemblements, de loin plus massifs qui ne sont pas contre le gouvernement, sont « oubliés ».)

Des préoccupations humanitaires surgissent tout autour du monde civilisé occidental, car les dictateurs n’ont pas été influencés par les Lumières et, par conséquent, sont enclins à commencer à massacrer leur propre peuple.

La violence éclate, des coups de feu sont tirés, des policiers et des civils tombent morts.

Avec des jeu de mots, les victimes sont toutes portées contre le régime.

Une opinion publique occidentale – qui pourrait être incapable de trouver le pays sur une carte du monde – s’arme de sa supériorité morale et se lance dans une autre mission civilisatrice afin de lui apporter la démocratie et les droits de l’homme.

Et que penser si les dernières élections ont eu un taux de participation de 70% (beaucoup plus élevé que la plupart des pays occidentaux), avec 41 millions de personnes qui ont voté ? Ces gens, cela, ne veut rien dire ? Ils ne représentent pas Le Peuple ? Ceux qui vraiment disent quelque chose seraient donc les quelques dizaines qui ont déchiré l’affiche du « dictateur ». Ce sont ces gens qui exigent « la liberté, la démocratie » et d’autres mots gentils…

L’accompagnement habituel des gauchistes occidentaux – avec à leur actif combien de succès contre leur propre classe bourgeoise, en réalité ? – découvre l’internationalisme et prend la tâche de renverser la classe bourgeoise d’un autre pays, qui se trouve être un ennemi de son propre pays. (Peu de gens s’inquiètent que leur « internationalisme » soit aligné sur l’ « internationalisme » de Trump, Haley et Netanyahu – encore une fois.)

Ce jeu a été répété d’innombrables fois et le modèle est malheureusement prévisible. Une autre révolution de couleur a commencé, annonçant une nouvelle intervention impérialiste.

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 Un peu de sociologie (ce que les Marxistes de terrain appellent « Marxisme »)

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Étant donné l’agression occidentale contre l’Iran et les récentes campagnes de propagande honteuses et manifestement fausses contre la Syrie, il faut être très prudent quant à la validité des rapports des médias occidentaux. Cette fois, ils parlent de problèmes économiques qui ont amené les gens à sortir dans les rues. Inflation, chômage, inégalité, corruption.

Laissez-nous examiner ces revendications…

Source : FMI

La ligne bleue représente l’inflation, qui était proche de 50% en 1995 et de près de 35% en 2014. L’idée que l’inflation actuelle de 10,1% pourrait déclencher une sorte de rébellion est donc ridicule.

Voyons maintenant le chômage en Iran. C’est 11,4%. Seulement, ces taux n’ont rien d’inhabituel dans le pays : en 2010, le taux de chômage était de 13,5% et en 2015 de 11,1%. Donc, l’idée que le chômage actuel de 11,4% pourrait déclencher une sorte d’insurrection est également ridicule.

Source : Banque mondiale

Laissez-nous examiner l’inégalité. Il est mesuré avec l’indice de Gini (0 égalité absolue, 100 inégalité absolue). La République islamique d’Iran a un indice de Gini d’environ 37. La Grèce a un score similaire, tandis que les États-Unis ont un score de 41, l’État sioniste environ 43 et le Royaume-Uni 32,5. Les indices les plus élevés se trouvent en Afrique et en Amérique latine, avec des scores compris entre 50 et 60, tandis que les plus faibles sont autour de 25. Le niveau d’inégalité en République islamique n’est pas très élevé. (Source : Banque mondiale)

En ce qui concerne la corruption, il y a ce que l’on appelle « l’indice de perception de la corruption », sur la base duquel l’Iran occupe une place importante dans la corruption (il est le 131e moins transparent sur 176 pays). Mais cet indicateur est clairement biaisé. Afin d’obtenir une image de l’ampleur du parti pris, cette liste nomme la RPDC comme le pays le plus corrompu de la planète, alors que les 20 pays les plus corrompus comprennent le Venezuela, le Soudan, l’Irak, l’Afghanistan, la Somalie et la Libye.

Ce qui précède ne nie pas le fait que le gouvernement Ruhani est en effet un gouvernement libéral, qui a en effet pris des mesures antipopulaires. Et malgré le fait que les niveaux actuels de chômage et d’inflation ne sont pas sans précédent, les personnes qui en sont victimes ont effectivement le droit (et devraient) se battre contre cela. Les manifestations initiales ont en effet été provoquées par des griefs économiques légitimes. Il y a aussi un malaise parce que, avant les élections, Ruhani a attisé des espérances selon lesquelles l’accord nucléaire – avec l’assouplissement subséquent des sanctions – apporterait une revitalisation de l’économie et créerait plus d’emplois. Ces attentes n’ont pas été satisfaites jusqu’à présent.

Mais regardons quelques données sur l’économie et la société iraniennes qui ne sont pas susceptibles d’être mentionnées par les médias occidentaux. La chute des prix du pétrole, l’échec de la République islamique à protéger ses transactions par des produits dérivés et le coût de l’économie souterraine qui s’est développée sur la base des sanctions ont pesé sur l’économie iranienne, mais le principal problème est les sanctions. À titre indicatif, signalons que l’Iran a exporté 2,5 millions de barils de pétrole par jour en 2011 ; à la fin de 2013, ce nombre était tombé à 1,1 million.

Source : Council for Foreign Relations

En 2011, les recettes d’exportation iraniennes s’élevaient à 99 milliards de dollars. En 2012, ils sont tombés à 68,3 milliards de dollars, 48,8 milliards de dollars en 2013, 50,7 milliards de dollars en 2014, 29,4 milliards de dollars en 2015 (avec la chute des prix du pétrole) et en 2016, 36,2 milliards de dollars.

Ce qui retarde l’économie iranienne, ce sont les sanctions. Celles-ci ne sont pas causées par les dirigeants iraniens, mais par les impérialistes. Si l’on se préoccupe du niveau de vie et des griefs économiques du peuple iranien et si on veut se mobiliser pour cela, on devrait frapper à la porte de l’ambassade américaine et des bureaux de l’Union européenne – et exiger que toutes les sanctions contre l’Iran soient levées immédiatement.

Certaines autres données sociologiques que nous n’entendrons pas dans les médias occidentaux concernent les réalisations de la révolution iranienne. Un indicateur important de la qualité de vie d’une population est l’indice de développement humain (IDH), qui est fonction de l’espérance de vie, de l’alphabétisation, de l’éducation et de la qualité de vie. Or cet indice a explosé depuis la Révolution : de 0,542 en 1975, il était de 0,739 en 2012. C’est une formidable réussite pour une colonie qui n’a obtenu son indépendance que depuis 39 ans.

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Quelques notes sur l’action de l’impérialisme (que des « marxistes » de pacotille appellent «théories du complot»)

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Commençons par placer l’Iran sur la carte. L’image date de 2012, mais on peut facilement avoir une vue d’ensemble : l’Iran est un pays encerclé par des bases américaines.

 

 

Continuons avec les mémoires du général quatre étoiles Wesley Clark. Le général dit que dix jours après le 11 septembre, le Pentagone faisait déjà des plans pour l’invasion de l’Irak et invoque un document contenant le fameux plan « sept pays en cinq ans », l’Iran étant la cible finale. Il a dit plus ou moins la même chose à Democracy Now en 2007. Notons également que l’Iran a été inclus dans « l’Axe du Mal » de Bush en 2002 (avec l’Irak et la RPDC).

En 2009, le Brookings Institute a publié une brochure très intéressante et complète intitulée « Quel Chemin vers la Perse ? Options pour une nouvelle stratégie américaine vers l’Iran ». Notez que le chapitre 6 de cette étude s’intitule « La révolution de velours : soutenir un soulèvement populaire », et le chapitre 7 s’intitule « Inspirer une insurrection : soutenir les groupes minoritaires et d’opposition iraniens ».

En octobre 2017, l’Institut CATO a également publié une brochure intéressante sur le sujet, examinant des alternatives similaires.

L’administration Trump a fait tout ce qui était en son pouvoir pour forger un axe anti-iranien. En février, Trump a qualifié l’Iran de « plus grand sponsor du terrorisme dans le monde ». Puis est venu son voyage au Moyen-Orient en mai, après quoi Téhéran a été frappé par une attaque terroriste.

Le 2 juin 2017, le New York Times a écrit sur le « Prince noir » ou « L’Ayatollah Mike », les surnoms par lesquels Michael D’Andrea, le nouveau chef des opérations clandestines de la CIA contre l’Iran, est connu. Parmi ses nombreuses références figurent l’assassinat d’Imad Mughniyeh ( l’homme n ° 2 du Hezbollah ) en 2008 à Damas et des milliers d’exécutions extrajudiciaires par drones au Pakistan. Le journal a noté : « Le nouveau rôle de M. D’Andrea est celui de l’un des nombreux mouvements à l’intérieur de l’agence d’espionnage qui signalent une approche plus musclée des opérations secrètes … « Il peut mener un programme très agressif, mais très intelligemment », a déclaré Robert Eatinger, ancien avocat de la C.I.A. qui était profondément impliqué dans le programme de drones de l’agence. « 

Le même jour, le Wall Street Journal publiait un rapport sur le « nouveau centre de mission créé par la CIA pour faire monter la pression en Iran », indiquant que cette action reflétait la décision du gouvernement de faire du pays une cible prioritaire pour les espions Américains.

Mentionnons également que le chef de la CIA est Mike Pompeo, un faucon anti-iranien et l’un des adversaires les plus durs de l’approche d’Obama à ce sujet.

En outre, une réunion entre les responsables américains et israéliens a eu lieu en décembre 2017 pour discuter d’une « stratégie visant à contrer l’agression iranienne au Moyen-Orient ». Il s’est avéré que « les États-Unis et Israël sont d’accord sur les différents développements dans la région et en particulier ceux qui sont liés à l’Iran. Nous sommes parvenus à des accords sur la stratégie et la politique nécessaires pour contrer l’Iran. Notre entente porte sur la stratégie globale mais aussi sur les objectifs concrets, les moyens d’action et les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs ». Le 1er janvier 2018, nous avons appris que les États-Unis avaient donné le feu vert à l’Etat sioniste pour assassiner le chef des gardes révolutionnaires.

Ce qui précède prouve hors de tout doute que l’Iran est dans la ligne de mire de l’impérialisme, et que la politique étrangère américaine est devenue encore plus dure à son égard. Nous ne savons pas s’il y a des escrocs qui veulent remettre en question ce fait, mais il nous semble nous souvenir de certains qui ont qualifié d ‘« imaginaire » l’agression impérialiste également bien connue et documentée contre la Syrie, prétendant même que les États-Unis étaient en … une sorte d’alliance avec Assad contre la … révolution.

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 Quelques éléments de politique

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Les révolutions ne se produisent pas sans leadership politique ou sans planification. Le fait qu’une personne soit affectée par un problème ne signifie pas nécessairement que cette personne connaît également la solution du problème – un chômeur grec peut penser que ce sont les immigrés qui sont responsables de son chômage. Quand on voit des gens descendre dans la rue, il faut d’abord demander sur quel programme ils se mobilisent ; qui conduit ; qui finance ; quelle idéologie prévaut. Ce qui précède est si simple qu’il devrait aller de soi. Hélas, ce n’est pas vraiment le cas.

Alors, que se passe-t-il en Iran ? Qui sont les gens qui manifestent ? Quel est ce mouvement que nous voyons dans les rues, avec lequel Trump, le MEK, les gauchistes de pacotille et divers idiots utiles se précipitent pour déclarer leur solidarité ?

En fait, il n’y a pas de mouvement unique. Il y en a au moins trois ou quatre. Le premier est constitué par les islamistes (inspirés des principes de la Révolution de 1979), des gens à principes qui se méfient des réformes libérales et de l’attitude pro-occidentale (selon les normes iraniennes) du président Hassan Ruhani. Il semble que ce sont eux qui ont dirigé le mouvement que nous avons vu dans les rues au cours des premiers jours. Ce mouvement exprimait des exigences économiques basées sur des problèmes réels et une opposition à une politique économique libérale existante du gouvernement, très probablement dans le contexte d’une lutte interne entre les deux principaux camps politiques dans le pays (une lutte qui ne se limite pas au niveau économique mais s’étend à la politique étrangère, au rôle de la religion, etc.). Le Kayhan, un journal de Principes proche du ministère du Renseignement, a reconnu que les gens ont des motifs pour leurs plaintes économiques et qu’ils ont raison d’être dans la rue. Même le guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Khamenei, critiquait la politique économique du gouvernement. Un jour avant le début des manifestations, il a déclaré que le pays faisait face à des prix élevés, à de l’inflation et à la récession, et a appelé les autorités à résoudre les problèmes. Il n’a pas parlé contre les protestations tant qu’elles étaient pacifiques ; il est intervenu seulement quelques jours après le début des violences, le 2 janvier (après cinq jours de protestations), affirmant que « les ennemis ont utilisé divers moyens pour infliger des coups à la nation iranienne et aux institutions islamiques au cours des derniers développements dans le pays ».

Le deuxième mouvement, les réformistes, est l’évolution du Mouvement Vert de 2009, qui a contribué à l’ascension de Ruhani à la présidence. Le mouvement réformiste pousse à une réforme libérale et a récemment contribué à la levée de l’obligation des femmes de porter le hijab. Ce mouvement n’a pas pris les rues cette fois, se distanciant des manifestations. Ruhani lui-même, cependant, a reconnu qu’il y avait de vrais problèmes économiques et des raisons de manifester, et a décrit les manifestations initiales (avant le déclenchement de la violence) comme « une opportunité, pas une menace ».

Pour avoir une idée des différences en termes de politique économique entre les fondamentalistes et les réformistes, on peut lire le passage suivant de Cordesman : « La Banque mondiale et le FMI ont tous deux trouvé qu’Ahmadinejad a quitté son poste après avoir créé un cauchemar et mal géré le gouvernement et le développement, la dette, les subventions alimentaires et énergétiques, l’expansion du secteur public et les obstacles à l’industrie privée et à un développement effectif devenant l’un des leaders les plus incompétents de l’histoire de l’Iran. » Les réformes de Ruhani vont dans la direction opposée.

Ces deux mouvements font pression pour les politiques qu’ils jugent appropriées dans le contexte de l’État iranien, mais ils ne sont pas intéressés à renverser la République islamique. Peu importe si l’on est d’accord ou pas avec leurs politiques, les gens ont le droit de sortir dans la rue et de faire pression pour ce qu’ils pensent être mieux. Le gouvernement iranien et la Constitution iranienne reconnaissent ce droit, après tout.

Il y a aussi un troisième mouvement qui, contrairement aux deux premiers, s’intéresse à cela : renverser le régime iranien avec l’aide de l’impérialisme et au service de l’impérialisme. Les leaders de ce mouvement sont basés principalement en dehors de l’Iran, et sont devenus les animaux de compagnie des services secrets des différents pays de l’Empire, entièrement intégrés dans leurs plans. Ils maintiennent un petit réseau de partisans en Iran, mais la majeure partie est à l’étranger. L’organisation de base de ce mouvement est le MEK, les « Moudjahidin du peuple », qui se cachent derrière le « Conseil national de la Résistance iranienne », basé en France. En 2012, Haaretz a écrit que l’organisation avait assassiné des scientifiques nucléaires iraniens au nom de l’Etat sioniste, le gouvernement américain en étant conscient. Le MEK peut être trouvé dans tous les documents sérieux de l’impérialisme, ils sont décrits comme une armée par procuration potentielle sur le terrain lors d’une attaque contre l’Iran et en tant que régime Kollabo à la « Quisling » potentiel pour le lendemain de l’agression.

( Sur l’image, Maryam Radjavi,Leader du MEK, avec McCain)

Un bref défilement vers le bas sur le site web du MEK révélera un certain nombre d’articles avec des titres tels que  » les Etats-Unis avec le peuple iranien « ,  » des manifestants iraniens prêts à mourir pour un changement de régime », « merci Trump mais nous avons besoin de plus de soutien », « Trump a raison sur l’Iran » etc. Et il y a aussi le fils du Shah, une figure politique active de la diaspora (basée sur – quelle surprise ! – Washington) avec ses partisans. Nous soutenons la répression impitoyable contre ces agents de l’impérialisme et nous nous réjouissons des nouvelles sur le démantèlement de leurs cellules.

Et puis il y a les différentes minorités d’Iran. Les manifestations dans les régions kurdes de l’Iran sont un mouvement différent qui n’est pas lié à ce qui précède. Par exemple, lorsque le Parti de la liberté du Kurdistan appelle la communauté internationale ( c’est-à-dire l’OTAN ) à l’aider contre le régime, tout le monde peut comprendre qu’il ne mobilise pas les gens dans un agenda lié aux problèmes économiques.

Il y a eu plusieurs reportages sur le fait que des slogans réactionnaires ont été chantés dans les manifestations. À côté des slogans exprimant la nostalgie de la monarchie dictatoriale du Shah, appelant à « Mort au dictateur » (apparemment Khamenei) et « Mort à Ruhani », il y a des vidéos montrant de petites foules scandant « Nous sommes de la race d’Aryaee [Aryens], nous ne vénérons pas les Arabes « ,  » Mort au Hezbollah « ,  » Quittons la Syrie, pensons à nous « , » Je donne ma vie pour l’Iran, pas pour Gaza et le Liban « . Qui a scandé ces slogans ? Et qui a ouvert le feu contre la police et les manifestants ?

Il est extrêmement improbable que le premier mouvement, celui des fondamentalistes, ait soulevé de tels slogans, car il reste attaché aux principes de la révolution de 1979. Le deuxième mouvement, celui des réformistes, ne devait en aucun cas psalmodier « Mort à Ruhani » ni appeler au renversement du régime. Les personnes qui ont soulevé ces slogans viennent probablement du troisième mouvement (pro-monarchistes et MEK), qui ont trouvé l’opportunité de se cacher derrière les manifestants afin de faire avancer leur programme réactionnaire. Dans toutes les vidéos liées, les foules qui chantent ces slogans sont petites ; mais manipuler des images pour fabriquer une « réalité » à présenter au monde extérieur n’est pas une tâche difficile pour quelqu’un ayant les moyens appropriés (accès aux médias occidentaux).

Il est révélateur que, lorsque les autorités ont demandé aux manifestants de quitter la rue après le déclenchement de la violence, les manifestants l’ont fait. Le peuple iranien a tiré des leçons de ce qui se passe dans la région. Ils ont vu ce qui s’est passé en Syrie, où l’insurrection islamiste s’est cachée sous un véritable mouvement de réforme politique qui se déroulait dans les rues à ce moment-là. Oui, un certain nombre de personnes sont mécontentes et ont des griefs économiques légitimes, mais elles n’ont pas pris la rue pour renverser leur gouvernement ou le régime iranien et ne sont pas devenues des idiots utiles du MEK, de l’Etat sioniste et des Etats-Unis. Ce sont probablement les mêmes personnes qui ont participé aux manifestations massives qui ont suivi, condamnant l’intervention des États-Unis et de l’État sioniste dans leur pays.

Si quelqu’un de la « Gauche trop excitée » veut préciser lequel de ces mouvements ils soutiennent, nous attendons avec intérêt d’en entendre parler. Mais gardons à l’esprit que la consigne « je soutiens le peuple iranien qui se lève pour renverser le régime » a déjà été prise par le MEK.

 

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Réactionnaires vs progressistes, ou comment les mots peuvent perdre tout leur sens

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Plusieurs « marxistes » occidentaux ont été en compétition les uns avec les autres en peignant le régime iranien avec des couleurs « réactionnaires ». Ils pensent probablement que l’insulte aux régimes des pays qui se trouvent être la cible de « leur » classe bourgeoise leur vaudra une médaille d’indépendance de classe. Ce qu’ils réussissent vraiment à faire, c’est soutenir leur propre bourgeoisie, en s’alignant sur elle au niveau de la propagande. Le mot « dictatorial » (qui vient de l’académie violemment anti-communiste de la guerre froide, qui a divisé la planète en démocraties libérales et en dictatures) est aussi largement utilisé.

Avec quoi exactement comparent-ils le régime politique iranien ? Le comparent-ils avec les régimes des pays voisins ? Essaient-ils de dire, par exemple, que l’Iran est réactionnaire par rapport à l’Arabie saoudite ? En comparaison avec l’état sioniste, peut-être ? Le comparent-ils avec les régimes de leurs propres pays, pour lesquels ils n’ont jamais utilisé de telles caractérisations ?

Nous demandons :

__Est-ce réactionnaire qu’une nation de 80 millions de personnes puisse ne plus vivre sous le joug impérialiste ?

__Est-ce réactionnaire que le surplus produit par la classe ouvrière iranienne ne soit pas volé par les impérialistes étrangers ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran n’ait pas de bases militaires américaines ? (C’est le seul pays de la région dans ce cas.)

Si l’on se penche sur les courants de l’Islam au Moyen-Orient, on verra essentiellement trois d’entre eux. Le wahhabisme d’Arabie saoudite, les Frères musulmans et l’islam chiite avec l’Iran comme centre politique et religieux. Les deux premiers courants utilisent le sectarisme et essaient de fomenter des divisions et des dissensions religieuses, et c’est précisément la raison pour laquelle ils ont une longue histoire de collaboration avec les impérialistes contre les nationalistes arabes laïques et le panarabisme. Le troisième courant prend fermement position contre le sectarisme et l’intolérance religieuse et appelle à l’unité des musulmans indépendamment de la doctrine contre l’Etat sioniste et l’Amérique.

Est-ce réactionnaire ?

__Est-ce réactionnaire que les arbres de Noël soient décorés à Bagdad et que les dirigeants de l’Axe de la Résistance félicitent les chrétiens à Noël ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran envoie des armes et de l’aide à la Palestine (sunnite) ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran ait contribué – pas seulement en paroles, mais en actes, et en actes qui ont coûté du sang – à l’écrasement de l’Etat Islamique et des autres « rebelles » djihadistes impériaux en Syrie ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran soutienne le Hezbollah, sans lequel le Liban serait désormais une province de l’Etat sioniste ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran soutienne les Ansarullah (Houthis) au Yémen ?

__Est-ce réactionnaire que l’Axe de la Résistance n’ait pas permis à l’impérialisme de faire du Moyen-Orient son terrain de jeu ?

OK, mais les femmes sont obligées de porter le hijab, et c’est réactionnaire, dirait un libéral. Hélas (pour les « libéraux » et les gauchistes de service…), ce n’est plus le cas, les femmes sont libres de ne pas porter de hijab si elles le souhaitent.

Le régime politique de l’Iran est bien sûr un régime bourgeois autoritaire, et si nous étions en Iran, nous serions dans l’opposition. Le programme communiste ne peut que se battre pour un Moyen-Orient socialiste sur les ruines de tous les régimes bourgeois. Mais la question au Moyen-Orient à ce stade n’est pas le socialisme ou le capitalisme (si quelqu’un pense que c’est la question, nous l’exhortons à nous montrer les forces politiques qui s’intéressent au socialisme, afin que nous puissions les soutenir aussi). La question est de savoir si le Moyen-Orient sera sous le talon de l’Empire ou non. Le dilemme est soit la résistance anti-impérialiste, soit la recolonisation.

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Réactionnaire vs progressiste

– restituer le sens des mots

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Voici une liste de choses qui sont vraiment réactionnaires :

__Les travailleurs des pays du Sud travaillant comme des esclaves et les surplus qu’ils produisent sont volés non seulement par leur propre bourgeoisie, mais aussi par Wall Street et la City.

__Plus d’un quart de siècle de croisade de l’Empire pour réaffirmer son hégémonie au Moyen-Orient et sur la planète, qui a fait des millions de morts, des destructions incalculables et menace désormais de mettre la planète en feu (nucléaire).

__Les États-Unis ont plus de 800 bases autour du globe, d’où les opérations de répression de tout mouvement progressiste – plus encore des mouvements révolutionnaires – vont commencer. (Soit dit en passant, que les camarades trop excités nous disent, est-ce que les Etats-Unis ont déjà soutenu un mouvement progressiste ?) Ils ne l’ont pas fait, n’est-ce pas ?

 __La doctrine diviser pour régner de l’Empire.

__Les forces que l’Empire utilise comme auxiliaires dans le contexte de sa doctrine de diviser pour régner : les factions les plus obscurantistes de l’islam politique qui utilisent le sectarisme et fomentent la division selon des principes religieux.

__L’Etat sioniste et la tactique de l’apartheid et du nettoyage ethnique qu’il emploie contre les Palestiniens.

__La monarchie la plus obscurantiste de la planète est un allié du monde occidental libre, l’Arabie Saoudite, qui mène depuis près de trois ans une guerre quasi-génocidaire contre le Yémen avec le soutien de l’Empire.

Un autre mot que nous entendons souvent est le mot « antidémocratique », utilisé en Occident pour décrire les « États voyous » (Iran, RPDC, Syrie, Cuba, Venezuela, etc.), comme si des pays se trouvant être la cible de l’impérialisme et sous un siège constant pouvaient survivre sans maintenir un état d’urgence.

Ce qui est vraiment antidémocratique, ce sont les fonctionnaires du Département d’Etat qui déclarent qu’ils ne respectent pas la souveraineté nationale d’un pays et qu’ils se réservent le droit d’intervenir où et quand ils le veulent – et de le faire effectivement.

C’est la grande image. C’est cela le vrai tableau, les États qui résistent sont en fait les vrais défenseurs de la démocratie contre le despotisme mondial de Wall Street, note le blogueur Gowans (*).

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Les tâches des communistes

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Les communistes en Iran ont un travail très difficile. D’une part, ils doivent maintenir leur indépendance politique et leur programme et ne pas capituler devant le clergé ou n’importe quelle partie de la bourgeoisie iranienne. En même temps, ils doivent reconnaître que leur ennemi numéro un est l’impérialisme qui menace à la fois le pays et les forces de résistance dans tout le Moyen-Orient. Nous sommes très réservés lorsque nous critiquons la gauche dans les pays qui se trouvent en ligne de mire de l’impérialisme – dans la mesure où elle ne s’est pas transformée en porte-parole de l’OTAN et n’a pas été formée pendant les troubles (comme cela a été le cas une soi-disant « gauche » syrienne que divers escrocs ont promu). Nous comprenons combien il est difficile de prendre la bonne position – internationaliste, c’est-à-dire correspondant aux intérêts de la révolution mondiale – face aux diverses pressions nationales.

Les communistes en Occident ont des tâches beaucoup plus simples. Nous avons la chance d’être confrontés à un seul ennemi, et celui qui se trouve à proximité : « la nôtre », la classe bourgeoise domestique. Nous devons défendre le droit de l’Iran à l’autodétermination contre l’agression impérialiste, à laquelle « notre » pays participe. Mais une intervention impérialiste ne commence pas de manière militaire directe. L’Empire a grandement amélioré ses méthodes. Avant les bombes vient une révolution colorée (généralement enracinée dans les problèmes réels de la population), suivie par les campagnes de diabolisation bien connues contre la direction et le peuple de « l’ennemi ». En Occident, cela a été historiquement lié aux missions et au devoir de « civiliser les barbares ». Le droit international a été façonné en conséquence, y compris des concepts tels que la « responsabilité de protéger » (R2P) et « l’intervention humanitaire ». Ce sont des idéologies profondément racistes qui empoisonnent l’esprit du prolétariat domestique, et nous devons nous y opposer totalement et activement. Nous devons également contrer les campagnes de propagande « humanitaire » qui suivront sans aucun doute. Nous devons saper le niveau de confiance que le prolétariat domestique éprouve à l’égard de sa bourgeoisie en exposant ses mensonges humanitaires tels qu’ils sont réellement : des prétextes pour le vol impérialiste et la soumission des autres peuples sous son joug. Nous devons exiger la levée immédiate des sanctions qui portent préjudice à nos frères et sœurs de classe en Iran, et sont responsables de leurs problèmes économiques et de leurs griefs.

En Grèce, [pays de l’auteur de l’article original**] nous devons lutter contre la politique étrangère du gouvernement, qui tente de moderniser stratégiquement le pays au détriment des peuples de la région, s’alliant à l’État sioniste, vendant des armes à l’Arabie Saoudite et intensifiant ses provocations contre la Turquie. Mentionnons ici que les navires qui ont bombardé la Syrie en avril dernier ont quitté un port grec. Mentionnons également que ce crime n’a pas suscité d’opposition ou de protestation significative. Bien sûr ! Avec une grande partie de la gauche qui paraphrase la propagande ennemie sur le « dictateur qui assassine son propre peuple », qui était là pour se mobiliser ?

Les divers communistes en Grèce et en Occident feraient bien de cesser de se cacher derrière les déclarations du Tudeh. Ils ont des tâches différentes de ce parti. Et s’ils ont, comme ils le prétendent, de bonnes suggestions sur ce que le prolétariat iranien doit faire, ils devraient les traduire en farsi et les y envoyer. Le prolétariat iranien ne peut pas les lire en grec, et c’est une honte terrible de manquer d’une telle sagesse …

Tout développement progressiste au Moyen-Orient et sur la planète exige la défaite et la dissolution de la Sainte-Alliance de nos jours, qui a son siège à Washington depuis 1945. Il y a des forces au Moyen-Orient qui font plus qu’assez à cette fin. L’Axe de Résistance (Muqawama), la principale force qui lutte pour libérer la Palestine et empêcher le Moyen-Orient de devenir une zone dominée par l’OTAN, se renforce après une dure bataille contre les forces de l’Empire. Les « rebelles » impérialistes « djihadistes » ont été écrasés en Syrie. L’EI a été anéanti en Syrie et en Irak ( au moins jusqu’à ce que l’Empire ait engendré la version 2 de l’EI). L’impérialisme est entravé par la discorde et la confusion et ses contradictions internes qui se creusent.

Il est temps que le prolétariat conscient de l’Occident soit enfin à la hauteur de ses tâches. Le premier pas dans cette direction consiste à tirer des conclusions du flot sanglant des opérations de changement de régime dont nous avons été témoins au cours des sept dernières années. Malheureusement, les articles écrits par la « gauche » sur l’Iran montrent que nous avons probablement encore un long chemin à parcourir ; néanmoins, nous sommes optimistes.

[Note des traducteurs français : on voudrait bien pouvoir l’être aussi… !]

[Viriato/Luniterre]

** Source grecque de la traduction anglaise :

https://avantgarde2009.wordpress.com/2018/01/11/iran-groundhog-day/

(* https://gowans.wordpress.com/ )

Source de la traduction française, sur TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/15/solidarite-avec-la-resistance-anti-imperialiste-en-iran/

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EN GUISE DE VŒUX, 4 THÈMES DE RÉFLEXION POUR 2018…

 

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EN GUISE DE VŒUX,

 

4 THÈMES DE RÉFLEXION POUR 2018…:

 

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   «  La Société de l’Arnaque,

ou « fake-capitalism », c’est le stade suprême

de la Société spectaculaire marchande,

celui où le Spectacle de la monnaie de singe

(QE, DTS, Revenu Universel, etc…),

a totalement fini de remplacer

la marchandise, dont la valeur tend vers zéro

(production robotisée)… »

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Avec la robotisation et l’automatisation de la production, et même, de plus en plus, des services, les possibilités d’élargissement du capital s’en trouvent-elles augmentées ou au contraire, réduites ?

La baisse tendancielle du taux de profit, dans le processus d’élargissement « productif », amène inexorablement à la deuxième réponse, la réduction… La domination de classe des capitalistes prendra-t-elle fin « naturellement », par un simple tarissement des sources de profits du secteur « productif », cédant « généreusement » la place aux rêveurs gauchistes et autres pseudo-  « communistes prolétariens » ou bien la classe dominante a-t-elle déjà une stratégie en œuvre pour « ne rien lâcher » de ses privilèges exorbitants et de son pouvoir… ?

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/03/la-societe-de-larnaque-un-theme-de-reflexion-pour-2018/

 

 

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/26/les-aleas-de-lia-de-marx-a-terminator-en-passant-par-benoit-hamon/

 

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Le marxisme était-il à la base

du socialisme en URSS,

et quelles leçons peut-on en tirer ?

Une étude en réponse

aux allégations mensongères du type

« capitalisme=socialisme »

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Comme on l’a rappelé à l’occasion du centenaire d’Octobre, le capitalisme provisoirement vaincu, pendant quelques décennies, par cette Révolution en Russie puis dans l’ensemble des pays qui ont formé l’URSS et quelques autres, à la suite, est un type de relation économique lié à l’histoire de la bourgeoisie, une classe sociale qui a déjà 1000 ans d’existence et dont l’expérience économique et politique est à la fois multiséculaire et multiforme, avec une grande faculté d’adaptation et une grande capacité de se « conserver » et de « réagir », au sens précisément « réactionnaire » contre tout ce qui la menace, avec à la fois une férocité implacable dans la répression et une grande rouerie pour renverser les rôles et se poser dans le rôle de la « victime » des révolutionnaires qui veulent se libérer de sa domination.

Ceci dit, mille ans d’histoire, ce n’est pas mille ans au pouvoir et il lui a fallu près des trois-quarts de ce temps, soit plus de 7 siècles pour devenir tout à fait la classe dominante, après de nombreuses tentatives insuffisantes et rechutes sous la coupe de l’aristocratie. (…)

L’idée même de socialisme n’a quant à elle guère plus d’un siècle et demi, et ses premières concrétisations sur le terrain, encore moins.

Si Marx a eu mille ans d’histoire de la bourgeoisie à étudier pour en déduire les lois fondamentales du capitalisme, il n’avait pas même un siècle de développement du prolétariat industriel à étudier pour comprendre ses possibilités de réorganisation de l’économie et les fondamentaux d’un nouveau développement économique qui pourrait s’en dégager. Il n’a pu progresser, dans ce domaine, que par approches successives et par déductions prospectives, au fur et à mesure des questions qui se posaient aux partis prolétariens…

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

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Le marxisme était-il à la base

du socialisme en URSS,

et quelles leçons peut-on en tirer ?

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

 

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Démocratie prolétarienne

et planification socialiste :

 

le rôle de l’informatique

et de l’interactivité

Équilibrer une économie socialiste, cela signifie faire correspondre l’organisation et le développement des forces productives aux besoins sociaux réels de la population, en commençant par ceux qui sont absolument vitaux, et cela inclut aussi la détermination et le choix des besoins collectifs, dans tous les domaines.

Évidemment, c’est l’ensemble qui doit tenir compte des ressources disponibles, qui ne sont pas illimitées. Il y a donc des choix à faire, des choix collectifs, bien évidemment, mais qui doivent aussi tenir compte des besoins pour la consommation individuelle.

(…)

Ce qui tenait de la gageure, mais n’a pas empêché l’URSS de se développer, tant qu’elle a tenté de s’en tenir aux fondamentaux du socialisme, tout cela peut être désormais grandement facilité par les nouvelles technologies et le développement de l’interactivité qui fait de la démocratie directe une application pratique…

La cohérence des principes fondamentaux du marxisme pour la phase de transition avec ces développements technologiques, c’est le thème principal de nos études, sur TML, depuis l’échec des luttes contre la Loi El Khomri, et les leçons que nous avons tenté d’en tirer… Un message difficilement reçu par la plupart des pseudos- »marxistes », plutôt désireux de protéger leur petit cocon gaucho-utopiste et idéaliste bourgeois, en réalité.

Pourtant, une telle réflexion avait déjà été tentée, dès les années 90, et assez paradoxalement, en Grande Bretagne, par un économiste (Cockshott) et un informaticien (Cottrell), restés associés depuis, pour ce combat !

 

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De l’époque du Manifeste communiste

à nos jours…

Trois époques,

Trois évolutions de la stratégie

révolutionnaire

 Par notre camarade WH, du site « Les prolétaires de fer »

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/trois-epoques-trois-evolutions-de-la-strategie-revolutionnaire/

 

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« Pax Americana » à Cuba… ? L’Oncle Sam « ne lâche rien » !!

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« Pax Americana » à Cuba… ?

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L’Oncle Sam « ne lâche rien » !!

Le journal El Heraldo Cubano. En Busca de la Verdad (Le héraut cubain. À la recherche de la vérité) a publié le 15 décembre dernier un article d’Arthur Gonzàlez qui décrit et commente ce que la presse de Miami rapporte des analyses faites par certaines revues et institutions étasuniennes sur l’économie cubaine ainsi que des déclarations de soi-disant « super-analystes ». . . et il pose cette question :
Que se passerait-il dans n’importe quel pays du monde si son économie se voyait soumise à une guerre économique pendant 58 ans ?

La presse de Miami s’est récemment fait l’écho de certaines analyses de la situation actuelle de l’économie cubaine élaborées par la revue spécialisée Cuba Standard*, où on affirme qu’ « il y a peu d’espoir que l’économie de l’île finisse l’année 2017 avec une croissance positive ».

L’approche colportée par la presse yankee est bien entendu la même qu’ils essayent depuis 58 ans d’inculquer à leurs lecteurs, pour accuser le système socialiste d’être incapable de satisfaire les besoins du peuple, mais ils omettent de mentionner les actions de la guerre économique qui vise à faire mourir les cubains de faim.

Aujourd’hui, ils prétendent que Raul Castro quittera le pouvoir en 2018 avec une économie en récession, mais sans exposer les véritables causes des difficultés qu’affronte le pays pour alimenter onze millions de cubains, maintenir la gratuité des coûteux services de santé et d’un système éducatif grâce auquel aucun cubain n’a à débourser un centime pour que ses enfants puissent aller à l’école et à l’université.

L’économie cubaine dépense chaque année des millions de pesos pour que ses écoles d’art ne cessent pas de fonctionner, en dépit du prix très élevé des instruments de musique, ou pour les budgets destinés aux écoles spécialisées pour les enfants souffrant de graves handicaps physiques et psychiques. Pas un mot de tout cela.

Les analyses se centrent toujours sur ce que la politique yankee veut vendre à propos de Cuba : « la résistance de la bureaucratie gouvernementale, la lenteur à autoriser les investissements étrangers et la petite échelle des mesures qui sont prises… », mais silence total sur les conséquences de la guerre économique, comme si elle n’en avait pas de très graves.

Il y a bien sûr de nombreuses erreurs dans l’économie cubaine, les expériences et les mesures qui sont appliquées ne correspondent pas dans bien des cas à la réalité, ni aux potentialités existant sur le territoire national, ou à sa force de travail d’un haut niveau professionnel et technique, capable de mener à bien bon nombre de ces propositions, mais le cœur du problème, ce ne sont pas les erreurs, mais les obstacles rencontrés chaque jour pour obtenir un financement onéreux, ou pour acquérir des matières premières, des machines et des intrants.

Ces économistes qui, depuis leur bureau, apportent des solutions idéalistes, n’ont pas besoin de jongleries pour voir que les paiements sont faits avec le peu d’argent qu’il y a en caisse, ou pour savoir comment on fait face au harcèlement bancaire exercé par les Etats-Unis à l’encontre des entités qui osent effectuer la moindre transaction financière avec Cuba socialiste.

On trouve un exemple de la façon dont est déformée la situation interne à Cuba dans les déclarations de Richard Feinberg, ex-fonctionnaire américain et chercheur associé à la Brookings Institution** quand il a dit : « Par bien des aspects, le mandat présidentiel de 10 ans de Raul Castro, qui prendra fin en février 2018, a été totalement décevant, l’économie cubaine est paralysée et la réforme économique est en stagnation. »

Que se passerait-il dans n’importe quel pays du monde si son économie se voyait soumise à une guerre économique pendant 58 ans ? Pourrait-il résister comme Cuba et préserver ces conquêtes sociales si détestées des yankees ?

Les super-analystes devraient tenir compte du fait que depuis les annonces du 17 décembre 2014***, le gouvernement des Etats-Unis a infligé des amendes à 11 entités (7 américaines et 4 étrangères).

Jusqu’au 1er janvier 2016, le gouvernement américain a infligé en tout 52 amendes pour cause de « violation des régimes de sanctions contre Cuba » et la valeur cumulée de ces sanctions s’élevait à 14 404 358 605 dollars.

Une des dernières victimes de cette politique a été la compagnie d’assurance américaine American Internacional Group (AIG), dont la sanction s’est élevée à 148 698 dollars.
D’après l’OFAC****, l’AIG est impliqué dans 29 « violations du blocus » pour avoir couvert par une assurance plusieurs envois de marchandises destinées à Cuba ou en provenance de ce pays, à travers des filiales au Canada.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump, Washington a encore infligé trois sanctions, entre autres à l’entreprise American Honda Finance Corporation, spécialisée dans le financement de véhicules automobiles pour les acheteurs, loueurs et distributeurs indépendants autorisés des produits Honda et Acura, avec une amende de 87 255 dollars.

Avec ce couteau sur la gorge, peut-il y avoir à Cuba des investissements étrangers et du développement économique ?

Après avoir constaté les progrès dans le secteur du tourisme, Trump a appliqué de nouvelles sanctions pour limiter les voyages individuels des américains à Cuba et les échanges commerciaux avec des entreprises d’Etat. Il a de plus inventé la fable des fausses atteintes « à la santé » des ses diplomates à La Havane, dans le seul but de produire un effet paralysant sur les investissements étrangers et le tourisme, ce qui influe aussi de façon négative sur le secteur des travailleurs non étatiques, dont les gîtes touristiques et les restaurants privés.

Il est très facile de critiquer et de faire des suggestions sans percevoir la rigueur d’une économie en guerre totale. Les changements réalisés passent toujours par l’affrontement avec une politique d’hostilité qui vise à détruire le système politique, ce que ne subissent pas d’autres pays du monde occidental.

Toutefois, dans la ville de Miami, sans guerre économique ni actions subversives, il paraît que les gens sont très endettés et que le coût de la vie est élevé, ce qui oblige des millions de ses résidents à faire des miracles pour survivre grâce à leur salaire.

Une étude récente du site internet de finances personnelles Wallet Hub sur les « meilleures et les pires villes des Etats-Unis pour le contrôle des dépenses en 2017 » a analysé la situation financière des résidents de Miami et la capacité dont ils disposent pour faire face à leurs dépenses mensuelles. La ville y est très mal notée : elle occupe la 176è place sur 182 villes américaines.

L’étude a analysé cinq aspects financiers des habitants de chaque ville, Miami obtenant la pire note parmi les 182 villes et ayant le plus fort endettement indépendamment des hypothèques. Miami est une des villes qui a le plus fort pourcentage de population non assurée et le pourcentage le plus faible de foyers possédant des économies destinées aux urgences.

Miami devra-t-elle procéder à des changements dans son système politique et économique ?

Cuba a besoin de moderniser son système économique et elle y travaille tranquillement, mais toute analyse sur ce thème ne peut laisser de côté les effets de la guerre économique, celle qui perdure depuis 58 ans pour éviter que se développe le système socialiste.

Ce n’est pas pour rien que des analystes du Council on Foreign Relations sont arrivés à la conclusion que :
L’opposition des Etats-Unis à la Révolution cubaine et le soutien à la démocratie et au développement dans cet hémisphère sont parvenus à contrer les ambitions de Cuba d’étendre son modèle économique et son influence politique. »

C’est pour cela que José Marti affirmait :

« En résolvant le problème social sans catastrophes ni violence, on résoudrait le problème industriel qui en est à l’origine. »

Notes du traducteur :

  • *Brookings Institution : l’un des plus anciens think tanks américains ayant son siège à Washington, qui se donne pour mission de « fournir des recommandations imaginatives et pratiques sur trois grands points : affermir la démocratie américaine ; améliorer le bien-être économique et social, la sécurité et les opportunités de tous les Américains ; et de sécuriser un système international plus ouvert, plus sûr, plus prospère et coopératif. » (NDT)
  • ** Cuba Standard : revue électronique sur l’économie cubaine et les échanges commerciaux avec l’île, propriété du groupe Cuba Media LLC, basé à Miami, qui publie aussi CubaNews.(NDT)
  • ***17 décembre 2014  : date de l’annonce par Raul Castro et Barack Obama du rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis, laissant entrevoir la possibilité d’une fin de l’embargo américain.(NDT)
  • **** OFAC  : Office of Foreign Assets Control, organisme américain de contrôle financier.(NDT)

SOURCE:

http://cubacoop.org/spip.php?page=article&id_article=3574

En Corée, la RPDC aux JO d’Hiver: Un petit pas vers la Paix?

 

En Corée, la RPDC aux JO d’Hiver:

Un petit pas vers la Paix?

La Corée du Nord aux JO-2018 : « Un grand pas en avant dans l’esprit olympique » Thomas Bach, président du CIO

17h26, le 09 janvier 2018, modifié à 18h17, le 09 janvier 2018

À l’issue de discussions exceptionnelles qui se sont tenues mardi, les deux pays ont convenu que la Corée du Nord allait envoyer une délégation aux JO d’hiver de Pyeongchang, en février prochain.

La décision d’envoyer une délégation de Corée du Nord aux jeux Olympiques d’hiver en Corée du Sud constitue « un grand pas en avant dans l’esprit olympique », a réagi mardi le président du Comité international olympique, Thomas Bach.

À l’issue de discussions exceptionnelles qui se sont tenues mardi entre le Nord et le Sud, les deux pays ont convenu que la Corée du Nord allait envoyer une délégation aux jeux Olympiques d’hiver qui se tiennent à Pyeongchang du 9 au 25 février, à 80 km de la frontière nord-coréenne. « Le CIO accueille avec une grande satisfaction les propositions sur lesquelles la Corée du Sud et la Corée du Nord sont tombées d’accord », a commenté le CIO dans un communiqué. « Ces propositions marquent un grand pas en avant dans l’esprit olympique », a déclaré Thomas Bach, président du CIO, cité dans le communiqué.

Le représentant nord-coréen à Lausanne. Le CIO attend maintenant « les rapports et propositions officiels » issus de la réunion de mardi et « va discuter des propositions » portant notamment sur le nombre et l’identité des sportifs retenus par le Comité national olympique nord-coréen. Il va maintenant revenir à la Commission exécutive du CIO de décider des modalités de la participation nord-coréenne (drapeau, hymne, cérémonies…), a précisé l’instance. Dans le même temps, le représentant nord-coréen au CIO, Chang Ung, se trouve à Lausanne pour « une réunion d’information déjà prévue depuis plusieurs semaines », a ajouté le CIO.

Une première rencontre entre nord-coréens et sud-coréens depuis deux ans. La Corée du Nord s’est déclarée mardi prête à envoyer des athlètes et une délégation de haut rang aux prochains jeux Olympiques en Corée du Sud, lors d’un exceptionnel face-à-face après les tensions provoquées par les ambitions nucléaires de Pyongyang. Séoul a profité de cette première rencontre en plus de deux ans pour demander que soit organisée parallèlement aux Jeux d’hiver une réunion des familles séparées par la guerre (1950-53), l’un des héritages les plus douloureux du conflit. Les discussions se sont tenues à Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu, dans la zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule.

Le CIO s’annonce « flexible » envers les sportifs nord-coréens. Lundi, à la veille des négociations inter-coréennes, le CIO avait annoncé qu’il se montrerait « le plus flexible possible » envers les sportifs nord-coréens désireux de participer aux prochains JO d’hiver. En 1988, la Corée du Nord avait boycotté les Jeux d’été organisés à Séoul. En 2014, aucun athlète nord-coréen n’avait réalisé les minima pour les Jeux d’hiver de Sotchi, en Russie.

http://www.europe1.fr/sport/la-coree-du-nord-aux-jo-2018-un-grand-pas-en-avant-dans-lesprit-olympique-3541679

 

 

Complément d’info :

Les vœux du Nouvel An

du Président Kim Jong-un au peuple coréen :

Chers citoyens du pays entier et vaillants officiers et soldats de l’Armée populaire,

Chers compatriotes,

Nous tous, nous remémorons avec émotion débordants de joie et de dignité les exploits dignes de fierté que nous avons accomplis l’année passée par un travail assidu et exaltant, en suant loyalement, et saluons une nouvelle année 2018 avec de nouveaux espoirs et attentes.

A l’occasion du nouvel an plein d’espoirs, je souhaite santé, bonheur, réussite et prospérité à toutes les familles, et je souhaite que soient exaucés des vœux de nouvel an de nos enfants et le beau rêve de tout notre peuple.

Camarades,

En jetant un regard rétrospectif sur l’année dernière, année où j’ai suivi inlassablement la marche pour la prospérité de la patrie, en puisant grande force et sagesse dans la force de volonté et la sincérité d’un peuple constamment confiant et attaché au Parti malgré les multiples difficultés et épreuves, je suis touché à la pensée de la valeur éminente de ce peuple avec lequel je mène la révolution.

Je remercie de tout cœur, en leur adressant mes vœux de bonne année, au nom du Parti du travail de Corée et du gouvernement de notre République, le peuple entier et tous les officiers et soldats de l’Armée populaire qui, en partageant la volonté et le sentiment du Parti et en soutenant sa décision pendant des journées de lutte difficile mais glorieuse, ont remporté des victoires prodigieuses dignes d’être mentionnées dans l’histoire cinq fois millénaire de la nation.

Je tiens à adresser mes vœux de bonne année aux compatriotes du Sud et de la diaspora qui luttent pour la réunification du pays, de même qu’aux peuples progressistes et amis du monde entier qui se sont prononcés contre la guerre d’agression et ont manifesté une ferme solidarité avec notre juste cause. (…)

http://naenara.com.kp/fr/news/?22+3432

Le discours intégral en doc PDF :

MESSAGE NOUVEL AN RPDC

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Corée, RPDC

Quelques liens sur le sujet, sur TML et Solydairinfo :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/19/a-lassaut-du-ciel/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/21/a-lassaut-du-ciel-suite/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/27/en-reponse-a-un-ami-ecologiste-sur-le-nucleaire-militaire-coreen/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/03/01/debat-sur-le-nucleaire-coreen-suite/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/04/18/agression-us-en-coree-le-point-de-la-situation-actuelle/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/05/de-la-station-f-a-la-station-r-reussite-de-la-resistance/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/12/coree-solidarite-avec-la-resistance-de-la-rpdc/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/07/31/communistes-ou-kollabos-de-limperialisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/18/bombardements-us-en-coree-le-vrai-visage-de-loncle-sam/

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Palestine – Manif à Paris, 4 janvier 2018, pour la libération d’Ahed Tamimi et des enfants palestiniens emprisonnés !

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https://i0.wp.com/mai68.org/spip2/IMG/jpg/Liberez-Ahed-Tamimi.jpg

 

 

Chères amies, Chers amis,

L’année 2018, que nous vous souhaitons à toutes et à tous la meilleure possible, commence sous le signe de la résistance. Cette résistance extraordinaire des Palestiniens, y compris très jeunes, qui sont déterminés à défendre leurs droits, comme la jeune Ahed Tamimi, sa famille, mais aussi tous les autres qui risquent leurs vies quotidiennement parce que ni Netanyahou, ni Trump ne peuvent les faire taire.

A leurs manifestations pacifiques, l’occupant israélien répond par toujours plus de terreur, de colonisation, de démolitions de maisons palestiniennes et d’emprisonnement d’enfants. Ces derniers sont plus de 700 à être incarcérés, en toute illégalité dans les geôles de l’occupant.

L’armée israélienne a carte blanche pour tuer, et ne cherche même plus à justifier ses crimes les plus odieux, comme celui d’Ibrahim Abu Thuriya, amputé des deux jambes suite aux bombardements israéliens de 2008-2009, et assassiné le 15 décembre dernier tandis qu’il manifestait à Gaza.

C’est le même jour, que cette même armée a quasiment laissé pour mort le petit cousin d’Ahed, Mohamed Tamimi, lui logeant une balle dans la tête lors d’une manifestation contre les déclarations de Trump. C’est au même moment qu’Ahed Tamimi, 16 ans, a tenté de repousser les soldats qui occupent en permanence sa maison et son village de Nabi Saleh.

La vidéo de sa résistance ayant fait le tour du monde, Israel veut se venger, la maintenant en détention dans des conditions éprouvantes, ainsi que sa mère et sa cousine. Netanyahou prépare contre elles un procès destiné à faire « un exemple », qui doit se dérouler le 8 janvier devant un tribunal militaire.

Les dirigeants israéliens, qui ont appelé à la marquer dans sa chair, à violer Ahed —pour avoir porté atteinte à la « virilité » de leur armée—, doivent savoir que la jeune fille et sa famille ne sont pas isolés, pas plus que les milliers d’enfants palestiniens constamment persécutés, kidnappés, torturés par l’occupant israélien.

La pétition en français lancée sur le site d’Avaaz a dépassé les 250.000 signatures en moins quelques jours seulement. Et nous vous invitons à continuer de la signer et faire signer : https://secure.avaaz.org/campaign/fr/free_ahed_mor_fb1/

Mais cela ne suffit pas ! Nous devons manifester dans toutes les villes de France, comme c’est le cas dans le reste du monde pour la libération d’Ahed, de sa famille, et celle des centaines d’enfants palestiniens emprisonnés.

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A PARIS, ET AVEC DE NOMBREUSES AUTRES

ASSOCIATIONS,

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NOUS VOUS DONNONS RENDEZ-VOUS :

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CE JEUDI 4 JANVIER, À PARTIR DE 17 H 30

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A LA PLACE DU CHÂTELET,

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POUR DÉFILER JUSQU’À LA PLACE

DE LA RÉPUBLIQUE

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NOUS COMPTONS SUR VOTRE PRÉSENCE

MASSIVE !

Premiers signataires : CAPJPO-EuroPalestine, Enfants de Palestine, Droits Devant !! Association Femmes Plurielles, ISM France, Nanterre Palestine, Avec Naplouse, One Justice, Campagne européenne contre le blocus de Gaza, Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, Les Désobéissants, le Collectif Ni Guerre ni Etat de Guerre, Comité Israël Palestine Chateaubriant…

 

 

 

 

UNE FAMILLE DE LUTTE!!
Nariman, la mère d’Ahed, également emprisonnée

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Notre solidarité avec la résistance héroïque du peuple palestinien est notre seule planche de salut contre la barbarie. Car ce qui s’expérimente sous nos yeux, c’est la possibilité de venir à bout des résistances, de toutes les résistances.

Saluons par la même occasion, la résistance des jeunes refuzniks israéliens qui passent des mois en prison pour refus d’être incorporés dans une armée d’occupation, et les 63 lycéens israéliens qui ont publié jeudi dernier dans le quotidien Yedioth Ahronoth une lettre ouverte annonçant qu’ils refuseront de servir « dans une armée aux ordres d’un gouvernement raciste qui viole les droits humains élémentaires .« Nous avons décidé de ne pas participer à l’occupation et à l’oppression du peuple palestinien », ont-ils averti le gouvernement israélien.

Nous vous souhaitons une très bonne année BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) et toute la santé et l’énergie qui vont avec !

Amicalement,

CAPJPO-EuroPalestine

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article13782

 

SUR LE MÊME THÈME:

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If not now

 

when ?

 

 

Si pas maintenant,

 

quand ?

 

 

 

 

 

RESISTANCE !!

 

jusqu’au cœur

 

des Citadelles…!!

 

USA-Israël

 

Grève de la faim en Palestine

 

Manif anti-AIPAC de la jeunesse juive US

 

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https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/04/24/if-not-now-when-resistances-au-coeur-des-citadelles/

 

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Ahed Tamimi : Une gifle à l’occupant sioniste…!!

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L’enfant sait qu’en giflant le soldat dans la cour de sa maison c’est toute l’armée d’occupation qu’elle a humilié.

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« 
Enlevez-moi les menottes que je vous montre » a répondu la jeune Ahed Tamimi au juge qui lui demandait comment elle a fait pour gifler un soldat.


C’est signe d’une détermination sans faille. Sa façon à elle de signifier que sa cause est juste, que le tribunal de l’occupant ne peut rien contre sa volonté de résister.


De sa place d’accusée elle raille la justice du puissant.


La gamine de 16 ans signifie à ses bourreaux que c’est elle la plus forte malgré la prison et les menottes aux mains.


Elle sait qu’en giflant les soldats dans la cour de sa maison c’est toute l’armée d’occupation qu’elle a humilié.


Elle sait que cette gifle restera à jamais le symbole d’une lutte de libération contre l’oppression.
Elle sait que c’est ce symbole-là qui est en accusation. C’est ce qui fait sa force et sa détermination.


« 
Enlevez-moi les menottes que je vous montre » a-t-elle répliqué au représentant de l’autorité qu’elle accuse d’occuper son pays.


Le juge, c’est moi et c’est toi l’accusé… L’enfant sait que l’Histoire lui donne raison.


La Palestine est au rendez-vous !

Al Faraby
Mardi, 02 janvier 2018

Pétition « Libérez A’hed Tamimi »
https://www.change.org/p/benyamin-netanyahou-libérez-l-enfant-a-hed-tamimi

 

 

 

 

« L’information m’est parvenue tard dans le nuit du mardi 19 décembre 2017.
Il était aux environs de minuit.Je n’aime pas ces informations qui arrivent si tard… en général, elles sont porteuses de mauvaises nouvelles.
Quand le téléphone sonne, j’hésite à deux fois avant de prendre l’appel… Je vérifie toujours le nom de l’appelant qui s’affiche à l’écran.
Mardi soir… j’ai très vite pris l’appel.

« Al Faraby? »
« c’est moi… qu’y a-t-il? »
« Ils ont arrêté A’hed »
« la gamine? »
« …oui »

S’en suivent les détails et une série de recommandations pour mettre au plus vite une campagne d’informations et de mobilisations pour exiger la libération immédiate de l’enfant Palestinienne de 16 ans, A’hed Tamimi, arrêtée par les forces d’occupation.

Cette nuit, A’hed dormira en prison.
Et moi… et nous ?
Impossible de fermer les yeux.

Al Faraby
Mercredi, 20 décembre 2017 »

 

https://www.change.org/p/benyamin-netanyahou-lib%C3%A9rez-l-enfant-a-hed-tamimi

 

 

 

 

 

SOURCE:

https://assawra.blogspot.fr/2018/01/lenfant-sait.html

 

Bombardements US en Corée : le vrai visage de l’Oncle Sam

 

 

Alors que le monde observe avec une inquiétude grandissante les tensions croissantes et la rhétorique belliqueuse entre les États-Unis et la Corée du Nord, l’un des aspects les plus remarquables de la situation est l’absence de toute reconnaissance publique de la raison sous-jacente des craintes nord-coréennes – ou, comme l’a qualifié l’ambassadeur des Nations Unies Nikki Haley, « l’état de paranoïa » – à savoir, l’horrible campagne de bombardement incendiaire menée par les Etats-Unis pendant la guerre de Corée et le nombre sans précédent de victimes.

Même si l’on ne connaîtra jamais tous les faits, les preuves disponibles permettent de conclure que les bombardements perpétrés sur les villes et les villages de la Corée du Nord ont fait plus de morts parmi les civils que toute autre campagne de bombardement de l’histoire.

L’historien Bruce Cumings décrit la campagne de bombardement comme « probablement l’un des pires épisodes de violence américaine déchaînée contre un autre peuple, mais c’est certainement celui que les Américains connaissent le moins« .

La campagne, menée de 1950 à 1953, a tué 2 millions de Nord-Coréens, selon le Général Curtis LeMay, chef du Commandement aérien stratégique et organisateur du bombardement de de Tokyo et d’autres villes japonaises. En 1984, LeMay a déclaré au Bureau de l’Histoire de l’Armée de l’Air que le bombardement de la Corée du Nord avait « tué 20 pour cent de la population« .

D’autres sources citent un nombre légèrement inférieur. Selon un ensemble de données élaboré par des chercheurs du Centre for the Study of Civil War (CSCW) et de l’International Peace Research Institute, Oslo (PRIO), la « meilleure estimation » des décès de civils en Corée du Nord est de 995 000, avec une estimation basse de 645 000 et une estimation élevée de 1,5 million.

Bien que la moitié des estimations de LeMay, le CSCW/PRIO estime que 995 000 morts dépassent encore le nombre de victimes civiles de toute autre campagne de bombardement, y compris les bombardements alliés de villes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale, qui ont fait entre 400 000 et 600 000 morts, les bombardements incendiaires et nucléaires de villes japonaises, qui ont causé entre 330 000 et 900 000 morts ; et les bombardements en Indochine entre 1964 et 1973, qui ont causé entre 121000 et 361000 morts au cours de Operation Rolling Thunder, Operation Linebacker, and Operation Linebacker II (Vietnam) ; Operation Menu and Operation Freedom Deal (Cambodia), and Operation Barrel Roll (Laos).

Le lourd bilan des bombardements en Corée du Nord est d’autant plus remarquable que la population du pays est relativement modeste : seulement 9,7 millions d’habitants en 1950. En comparaison, il y avait 65 millions de personnes en Allemagne et 72 millions au Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les attaques lancées par l’armée de l’air américaine contre la Corée du Nord utilisaient les tactiques de bombardement qui avaient été mises au point pendant la Seconde Guerre mondiale pour bombarder l’Europe et le Japon : des explosifs pour détruire des bâtiments, du napalm et d’autres armes incendiaires pour allumer des incendies massifs, et des tirs nourris pour empêcher les équipes de lutte contre l’incendie d’éteindre les flammes.

Le recours à de telles tactiques n’allait pas de soi. Selon les politiques américaines en vigueur au début de la guerre de Corée, les bombardements incendiaires dirigés contre les populations civiles étaient interdits. Un an plus tôt, en 1949, plusieurs amiraux de la marine américaine avaient condamné ces tactiques lors de témoignages devant le Congrès. Au cours de cette « révolte des amiraux », la Marine avait contesté ses collègues de la Force aérienne, soutenant que les attaques menées contre les populations civiles étaient contre-productives du point de vue militaire et violaient les normes morales internationales.

Arrivant à un moment où les tribunaux de Nuremberg avaient sensibilisé le public aux crimes de guerre, les critiques des amiraux de la marine reçurent un écho auprès de l’opinion publique. Par conséquent, il était interdit d’attaquer les populations civiles dans le cadre de la politique américaine au début de la guerre de Corée. Lorsque le général George E. Stratemeyer de la Force aérienne a demandé la permission d’utiliser les mêmes méthodes de bombardement sur cinq villes nord-coréennes que celles qui avaient « mis le Japon à genoux« , le général Douglas MacArthur a rejeté la demande en invoquant la « politique générale ».

Cinq mois après le début de la guerre, alors que les forces chinoises étaient intervenues aux côtés de la Corée du Nord et les forces de l’ONU battaient en retraite, le général MacArthur changea de position et accepté la demande du général Stratemeyer, le 3 novembre 1950, d’incendier la ville nord-coréenne de Kanggye et plusieurs autres villes : « Brûlez-la si vous voulez. Mieux encore, Strat, brûlez et détruisez en guise de leçon tout ville ou village qui aurait à vos yeux un intérêt militaire pour l’ennemi. » Le même soir, le chef d’état-major de MacArthur a déclaré à Stratemeyer que le bombardement incendiaire de Sinuiju avait également été approuvé. Dans son journal, Stratemeyer résume ainsi les instructions : « Chaque bâtiment, chaque site et chaque village en Corée du Nord devient une cible militaire et tactique » Stratemeyer a donné l’ordre à la Cinquième Force aérienne et au Commandement des bombardiers de « détruire tous les moyens de communication et toutes les installations, usines, villes et villages ».

Bien que l’Armée de l’air ait été directe dans ses propres communications internes au sujet de la nature de la campagne de bombardement – y compris avec des cartes montrant le pourcentage exact de chaque ville qui avait été incinérée -, les communications à la presse ont décrit la campagne de bombardement comme une campagne axée uniquement sur « les concentrations de troupes ennemies, les dépôts, les bâtiments militaires et les lignes de communication. »

Les ordres donnés à la Cinquième armée de l’air étaient plus clairs : « Les avions sous le contrôle de la Cinquième armée de l’air détruiront toutes les autres cibles, y compris tous les bâtiments pouvant servir d’abris ».

En moins de trois semaines après l’assaut initial contre Kanggye, dix villes avaient été incendiées, dont Ch’osan (85 %), Hoeryong (90 %), Huich’on (75 %), Kanggye (75 %), Kointong (90 %), Manp’ochin (95 %), Namsi (90 %), Sakchu (75 %), Sinuichu (60 %) et Uichu (20 %).

Le 17 novembre 1950, le général MacArthur dit à l’ambassadeur US en Corée John J. Muccio, « Malheureusement, cette région sera transformée en désert ». Par « cette région », MacArthur voulait dire toute la zone comprise entre « nos positions actuelles et la frontière ».

Pendant que la Force aérienne continuait de brûler des villes, elle suivait attentivement les niveaux de destruction qui en résultaient :

* Anju – 15%
* Chinnampo (Namp’o) – 80%
* Chongju (Chŏngju) – 60%
* Haeju – 75%
* Hamhung (Hamhŭng) – 80%
* Hungnam (Hŭngnam) – 85%
* Hwangju (Hwangju County) – 97%
* Kanggye – 60% (estimée précédemment à 75%)
* Kunu-ri (Kunu-dong) – 100%
* Kyomipo (Songnim) – 80%
* Musan – 5%
* Najin (Rashin) – 5%
* Pyongyang – 75%
* Sariwon (Sariwŏn) – 95%
* Sinanju – 100%
* Sinuiju – 50%
* Songjin (Kimchaek) – 50%
* Sunan (Sunan-guyok) – 90%
* Unggi (Sonbong County) – 5%
* Wonsan (Wŏnsan) – 80%

En mai 1951, une équipe internationale d’enquête déclarait : « Les membres, tout au long de leur voyage, n’ont pas vu une seule ville qui n’avait pas été détruite, et il y avait très peu de villages intacts ».

Le 25 juin 1951, le général O’Donnell, commandant du Far Eastern Air Force Bomber Command, a témoigné en réponse à une question du sénateur Stennis (« … La Corée du Nord a été pratiquement détruite, n’est-ce pas ? »)

« Oh, oui… je dirais que tout, ou presque, du nord de la péninsule coréenne, est dans un état terrible. Tout est détruit. Il n’y a plus rien debout digne de ce nom… Juste avant l’arrivée des Chinois, nos avions étaient cloués au sol. Il n’ y avait plus rien à bombarder en Corée. »

En août 1951, le correspondant de guerre Tibor Meray déclarait qu’il avait été témoin « d’une dévastation totale entre le fleuve Yalu et la capitale » et « qu’il n’y avait plus de villes en Corée du Nord », ajoutant que « j’avais l’impression de voyager sur la Lune parce qu’il n’ y avait que des dévastations… Chaque ville n’était plus qu’un alignement de cheminées. »

Plusieurs facteurs se sont combinés pour intensifier la mortalité des attaques aux bombes incendiaires. Comme on l’avait appris au cours de la Seconde Guerre mondiale, les attaques incendiaires pouvaient dévaster les villes à une vitesse incroyable : l’attaque à la bombe incendiaire de la Royal Air Force à Würzburg, en Allemagne, dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, n’avait pris que 20 minutes pour envelopper la ville dans une tempête de feu avec des températures estimées à 1500-2000°C.

La sévérité de l’hiver nord-coréen a également contribué au bilan macabre des attaques. A Pyongyang, la température moyenne en janvier est de -13. Les bombardements les plus importants ont eu lieu en novembre 1950, ceux qui ont échappé à la mort par le feu ont donc été exposés au de mort par le froid dans les jours et les mois qui ont suivi. Les survivants ont créé des abris de fortune dans des canyons, des grottes ou des caves abandonnées. En mai 1951, une délégation de la Fédération démocratique internationale des femmes (WIDF) s’est rendue dans la ville bombardée de Sinuiju :

« L’écrasante majorité des habitants vivent dans des tranchées creusées à même la terre et renforcées par du bois de récupération. Certains de ces abris ont des toits en tuiles et en bois, récupérés dans des bâtiments détruits. D’autres vivent dans des caves qui restées intactes après le bombardement et d’autres encore dans des tentes chaumées avec des charpentes récupérées des bâtiments détruits et dans des huttes faites de briques et de décombres posés sans mortier. »

A Pyongyang, la délégation a décrit une famille de cinq membres, dont un enfant de trois ans et un nourrisson de huit mois, qui vivaient dans un espace souterrain de deux mètres carrés, auquel on ne pouvait accéder qu’en rampant dans un tunnel de trois mètres.

Un troisième facteur était l’utilisation intensive du napalm. Mis au point à l’Université Harvard en 1942, la substance collante et inflammable a été utilisée pour la première fois pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est devenu une arme clé pendant la guerre de Corée, où 32 557 tonnes ont été utilisées, selon une logique que l’historien Bruce Cumings caractérisait ainsi : « Ce sont des sauvages, ce qui nous donne le droit de répandre du napalm sur des innocents ». Longtemps après la guerre, Cumings a décrit une rencontre avec un survivant âgé :

« Dans un coin de rue se tenait un homme (je pense que c’était un homme ou une femme avec de larges épaules) qui avait une curieuse croûte violette sur chaque partie visible de sa peau – épaisse sur ses mains, mince sur ses bras, couvrant entièrement sa tête et son visage. Il était chauve, il n’avait pas d’oreilles ni de lèvres, et ses yeux, sans paupières, étaient d’un blanc grisâtre, sans pupilles… Cette croûte violacée est le résultat d’un contact avec le napalm, puis le corps de la victime, non traitée, a été laissé pour guérir d’une façon ou d’une autre. »

Pendant les pourparlers d’armistice à la fin des combats, les commandants américains n’avaient plus de villes à prendre pour cible. Afin de mettre la pression sur les négociations, ils ont dirigé les bombardiers vers les grands barrages coréens. Comme l’a rapporté le New York Times, l’inondation causée par la destruction d’un barrage « a nettoyé » 40 km de la vallée et détruit des milliers d’hectares de riz récemment semé. 

Dans le sillage des bombardements incendiaires contre l’Allemagne et le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale, un groupe de recherche du Pentagone composé de 1 000 membres a procédé à une évaluation exhaustive connue sous le nom de « United States Strategic Bombing Survey ». L’USSBS a publié 208 volumes pour l’Europe et 108 volumes pour le Japon et le Pacifique, comprenant un dénombrement des victimes, des entretiens avec les survivants et des enquêtes économiques. Ces rapports rédigés industrie par industrie étaient si détaillés que General Motors a utilisé les résultats pour poursuivre avec succès le gouvernement américain pour des dommages de 32 millions de dollars causés à ses usines allemandes.

Après la guerre de Corée, aucun bilan des bombardements n’a été effectué, à part les cartes internes de l’armée de l’air montrant la destruction ville par ville. Ces cartes sont restées secrètes pendant vingt ans. Au moment où les cartes ont été discrètement déclassifiées en 1973, l’intérêt des États-Unis pour la guerre de Corée s’était depuis longtemps estompé. Ce n’est qu’au cours des dernières années que le tableau complet a commencé à se dessiner dans les études d’historiens tels que Taewoo Kim de l’Institut coréen d’analyse de la défense, Conrad Crane de l’Académie militaire américaine et Su-kyoung Hwang de l’Université de Pennsylvanie.

En Corée du Nord, le souvenir se perpétue. Selon l’historien Bruce Cumings, « C’est la première chose que mon guide a évoqué avec moi. » Cumings écrit : « La campagne sans entrave des bombardements incendiaires sur le Nord a duré trois ans, donnant lieu à un désert et à un peuple taupe survivant qui avait appris à aimer l’abri des grottes, des montagnes, des tunnels et des redoutes, un monde souterrain qui est devenu la base de la reconstruction d’un pays et un souvenir pour construire une haine féroce dans les rangs de la population ».

Aujourd’hui encore, cette campagne de bombardements incendiaires perpétré contre les villes et les villages de la Corée du Nord demeure pratiquement inconnu du grand public et n’est pas reconnu dans les discussions médiatiques sur la crise, en dépit de son importance évidente dans la poursuite par la Corée du Nord de son programme de dissuasion nucléaire. Sans connaître et confronter ces faits, on ne peut pas comprendre la peur qui est au cœur des attitudes et des actions de la Corée du Nord.

Ted Nace

https://www.legrandsoir.info/etat-de-peur-comment-la-campagne-de-bombardement-la-plus-meurtriere-de-l-histoire-a-cree-la-crise-actuelle-en-coree.html

 

Article original:

 

State of Fear:

How History’s Deadliest Bombing Campaign Created Today’s Crisis in Korea

 

https://www.counterpunch.org/2017/12/08/state-of-fear-how-historys-deadliest-bombing-campaign-created-todays-crisis-in-korea/

As the world watches with mounting concern the growing tensions and bellicose rhetoric between the United States and North Korea, one of the most remarkable aspects of the situation is the absence of any public acknowledgement of the underlying reason for North Korean fears—or, as termed by United Nations Ambassador Nikki Haley, “state of paranoia”—namely, the horrific firebombing campaign waged by the U.S. Air Force during the Korean War and the unprecedented death toll that resulted from that bombing.

Although the full facts will never be known, the available evidence points toward the conclusion that the firebombing of North Korea’s cities, towns, and villages produced more civilian deaths than any other bombing campaign in history.

Historian Bruce Cumings describes the bombing campaign as “probably one of the worst episodes of unrestrained American violence against another people, but it’s certainly the one that the fewest Americans know about.”

The campaign, carried out from 1950 to 1953, killed 2 million North Koreans, according to General Curtis LeMay, the head of the Strategic Air Command and the organizer of the firebombing of Tokyo and other Japanese cities. In 1984, LeMay told the Office of Air Force History that the bombing of North Korea had “killed off 20 percent of the population.”

Other sources cite a somewhat lower number. According to a data set developed by researchers at the Centre for the Study of Civil War (CSCW) and the International Peace Research Institute, Oslo (PRIO), the “best estimate” of civilian deaths in North Korea is 995,000, with a low estimate of 645,000 and a high estimate of 1.5 million.

Though half of LeMay’s estimate, the CSCW/PRIO estimate of 995,000 deaths still exceeds the civilian death tolls of any other bombing campaign, including the Allied firebombing of German cities in World War II, which claimed an estimated 400,000 to 600,000 lives; the firebombing and nuclear bombing of Japanese cities, which caused an estimated 330,000 to 900,000 deaths; and the bombing of Indochina from 1964 to 1973, which caused an estimated 121,000 to 361,000 deaths overall during Operation Rolling Thunder, Operation Linebacker, and Operation Linebacker II (Vietnam); Operation Menu and Operation Freedom Deal (Cambodia), and Operation Barrel Roll (Laos).

The heavy death toll from the bombing of North Korea is especially notable in view of the relatively modest population of the country: just 9.7 million people in 1950. By comparison, there were 65 million people in Germany and 72 million people in Japan at the end of World War II.

The attacks by the U.S. Air Force against North Korea used the firebombing tactics that had been developed in the World War II bombing of Europe and Japan: explosives to break up buildings, napalm, and other incendiaries to ignite massive fires, and strafing to prevent fire-fighting crews from extinguishing the blazes.

The use of these tactics was not a foregone conclusion. According to United States policies in effect at the onset of the Korean War, firebombing directed at civilian populations was forbidden. A year earlier, in 1949, a series of U.S. Navy admirals had condemned such tactics in testimony before Congressional hearings. During this “Revolt of the Admirals,” the Navy had taken issue with their Air Force colleagues, contending that attacks carried out against civilian populations were counterproductive from a military perspective and violated global moral norms.

Coming at a time when the Nuremberg tribunals had heightened public awareness of war crimes, the criticisms of the Navy admirals found a sympathetic ear in the court of public opinion. Consequently, attacking civilian populations was forbidden as a matter of U.S. policy at the beginning of the Korean War. When Air Force General George E. Stratemeyer requested permission to use the same firebombing methods on five North Korean cities that “brought Japan to its knees,” General Douglas MacArthur denied the request, citing “general policy.”

Five months into the war, with Chinese forces having intervened on the side of North Korea and UN forces in retreat, General MacArthur changed his position, agreeing to General Stratemeyer’s request on November 3, 1950, to burn the North Korean city of Kanggye and several other towns: “Burn it if you so desire. Not only that, Strat, but burn and destroy as a lesson to any other of those towns that you consider of military value to the enemy.” The same evening, MacArthur’s chief of staff told Stratemeyer that the firebombing of Sinuiju had also been approved. In his diary, Stratemeyer summarized the instructions as follows: “Every installation, facility, and village in North Korea now becomes a military and tactical target.” Stratemeyer sent orders to the Fifth Air Force and Bomber Command to “destroy every means of communications and every installation, factory, city, and village.”

While the Air Force was blunt in its own internal communications about the nature of the bombing campaign—including maps showing the exact percentage of each city that had been incinerated—communications to the press described the bombing campaign as one directed solely at “enemy troop concentrations, supply dumps, war plants, and communication lines.”

The orders given to the Fifth Air Force were more clear: “Aircraft under Fifth Air Force control will destroy all other targets including all buildings capable of affording shelter.”

Within less than three weeks of the initial assault on Kanggye, ten cities had been burned, including Ch’osan (85%), Hoeryong (90%), Huich’on (75%), Kanggye (75%), Kointong (90%), Manp’ochin (95%), Namsi (90%), Sakchu (75%), Sinuichu (60%), and Uichu (20%).

On November 17, 1950, General MacArthur told U.S. Ambassador to Korea John J. Muccio, “Unfortunately, this area will be left a desert.” By “this area” MacArthur meant the entire area between “our present positions and the border.”

As the Air Force continued burning cities, it kept careful track of the resulting levels of destruction:

* Anju – 15%
* Chinnampo (Namp’o)- 80%
* Chongju (Chŏngju) – 60%
* Haeju – 75%
* Hamhung (Hamhŭng) – 80%
* Hungnam (Hŭngnam) – 85%
* Hwangju (Hwangju County) – 97%
* Kanggye – 60% (reduced from previous estimate of 75%)
* Kunu-ri (Kunu-dong)- 100%
*Kyomipo (Songnim) – 80%
* Musan – 5%
* Najin (Rashin) – 5%
* Pyongyang – 75%
* Sariwon (Sariwŏn) – 95%
* Sinanju – 100%
* Sinuiju – 50%
* Songjin (Kimchaek) – 50%
* Sunan (Sunan-guyok) – 90%
* Unggi (Sonbong County) – 5%
* Wonsan (Wŏnsan)- 80%

In May 1951, an international fact-finding team stated, “The members, in the whole course of their journey, did not see one town that had not been destroyed, and there were very few undamaged villages.”

On June 25, 1951, General O’Donnell, commander of the Far Eastern Air Force Bomber Command, testified in answer to a question from Senator Stennis (“…North Korea has been virtually destroyed, hasn’t it?):

Oh, yes; … I would say that the entire, almost the entire Korean Peninsula is just a terrible mess. Everything is destroyed. There is nothing standing worthy of the name … Just before the Chinese came in we were grounded. There were no more targets in Korea.”

In August 1951, war correspondent Tibor Meray stated that he had witnessed “a complete devastation between the Yalu River and the capital.” He said that there were “no more cities in North Korea.” He added, “My impression was that I am traveling on the moon because there was only devastation…. [E]very city was a collection of chimneys.”

Several factors combined to intensify the deadliness of the firebombing attacks. As had been learned in World War II, incendiary attacks could devastate cities with incredible speed: the Royal Air Force’s firebombing attack on Würzburg, Germany, in the closing months of World War II had required only 20 minutes to envelop the city in a firestorm with temperatures estimated at 1500–2000°C.

Another factor contributing to the deadliness of attacks was the severity of North Korea’s winter. In Pyongyang, the average low temperature in January is 8° Fahrenheit. Since the most severe bombing took place in November 1950, those who escaped immediate death by fire were left at risk of death by exposure in the days and months that followed. Survivors created makeshift shelters in canyons, caves, or abandoned cellars. In May 1951 a visiting delegation to the bombed city of Sinuiju from the Women’s International Democratic Federation (WIDF) reported:

The overwhelming majority of the inhabitants live in dug-outs made of earth supported from salvaged timber. Some of these dug-outs have roofs made of tiles and timber, salvaged from destroyed buildings. Others are living in cellars that remained after the bombardment and still others in thatched tents with the frame-work of destroyed buildings and in huts made of unmortared brick and rubble.”

In Pyongyang, the delegation described a family of five members, including a three-year-old child and an eight-month-old infant, living in an underground space measuring two square meters that could only be entered by crawling through a three-meter tunnel.

A third deadly factor was the extensive use of napalm. Developed at Harvard University in 1942, the sticky, flammable substance was first used in War War II. It became a key weapon during the Korean War, in which 32,557 tons were used, under a logic that historian Bruce Cumings characterized: “They are savages, so that gives us the right to shower napalm on innocents.” Long after the war, Cumings described an encounter with one aging survivor:

On a street corner stood a man (I think it was a man or a woman with broad shoulders) who had a peculiar purple crust on every visible part of his skin—thick on his hands, thin on his arms, fully covering his entire head and face. He was bald, he had no ears or lips, and his eyes, lacking lids, were a grayish white, with no pupils…. [T]his purplish crust resulted from a drenching with napalm, after which the untreated victim’s body was left to somehow cure itself.”

During armistice talks at the conclusion of the fighting, U.S. commanders had run out of cities and towns to target. In order to place pressure on the negotiations, they now turned the bombers toward Korea’s major dams. As reported in New York Times, the flood from the destruction of one dam “scooped clean” twenty-seven miles of river valley and destroyed thousands of acres of newly planted rice.

In the wake of the firebombing campaigns against Germany and Japan during World War II, a Pentagon research group comprising 1,000 members carried out an exhaustive assessment known as the United States Strategic Bombing Survey. The USSBS released 208 volumes for Europe and 108 volumes for Japan and the Pacific, including casualty counts, interviews with survivors, and economic surveys. These industry-by-industry reports were so detailed that General Motors used the results to successfully sue the U.S. government for $32 million in damages to its German plants.

After the Korean War, no survey of the bombing was done other than the Air Force’s own internal maps showing city-by-city destruction. These maps were kept secret for the next twenty years. By the time the maps were quietly declassified in 1973, America’s interest in the Korean War had long since faded. Only in recent years has the full picture begun to emerge in studies by historians such as Taewoo Kim of the Korea Institute for Defense Analyses, Conrad Crane of the U.S. Military Academy, and Su-kyoung Hwang of the University of Pennsylvania.

In North Korea, the memory of lives on. According to historian Bruce Cumings, “It was the first thing my guide brought up with me.” Cumings writes: “The unhindered machinery of incendiary bombing was visited on the North for three years, yielding a wasteland and a surviving mole people who had learned to love the shelter of caves, mountains, tunnels and redoubts, a subterranean world that became the basis for reconstructing a country and a memento for building a fierce hatred through the ranks of the population.”

To this day, the firebombing of North Korea’s cities, towns, and villages remains virtually unknown to the general public and unacknowledged in media discussions of the crisis, despite the obvious relevance to North Korea’s pursuit of a nuclear deterrent. Yet without knowing and confronting these facts, the American public cannot begin to comprehend the fear that lies at the heart of North Korean attitudes and actions.

More articles by:Ted Nace

Ted Nace is the Director of CoalSwarm. He is the founder of Peachpit Press and the author of Gangs of America and Climate Hope: On the Front Lines of the Fight Against Coal.

 

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Corée, RPDC

Quelques liens sur le sujet, sur TML et Solydairinfo :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/19/a-lassaut-du-ciel/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/21/a-lassaut-du-ciel-suite/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/27/en-reponse-a-un-ami-ecologiste-sur-le-nucleaire-militaire-coreen/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/03/01/debat-sur-le-nucleaire-coreen-suite/

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/04/18/agression-us-en-coree-le-point-de-la-situation-actuelle/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/05/de-la-station-f-a-la-station-r-reussite-de-la-resistance/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/12/coree-solidarite-avec-la-resistance-de-la-rpdc/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/07/31/communistes-ou-kollabos-de-limperialisme/

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Une monnaie réellement socialiste sera-t-elle forcément dévalorisée ?

 

 

Une monnaie réellement socialiste

sera-t-elle forcément dévalorisée ?

 

 

 

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A l’occasion des réactions suscitées par la republication de l’article

 

Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme ?

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/11/monnaie-monnaie-capitalisme-ou-socialisme/

 

sur divers sites, dont

 

https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L335xH95/siteon0-e5814.png

 

 

Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme ?

 

 Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme ?

 

« Notre société est fondamentalement absurde et profondément injuste à cause d’un système monétaire qui est, de fait, une énorme supercherie. » C’est ce que nous (…)

1564 visites 13 déc. 2017 | 8 réactions | Luniterre   + Partager

 

 

ET SUR LE SITE VLR/ MAI 68 :

 

 

 

se trouve donc posée la question de la relation entre politique monétaire et politique économique.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/14/monnaie-monnaie-quelques-elements-nouveaux-au-debat-sur-agoravox-et-vlr-mai-68/

Les médias au service du système ne manquent pas une occasion de rappeler le lien à établir, selon eux, entre orientation politique sociale et dévaluation monétaire, voire carrément, faillite économique…

L’effondrement de l’URSS et du « Bloc de l’Est » étant pour eux l’illustration et la consécration de cette « thèse incontournable ».

« Thèse » renforcée par les diverses tentatives réformistes à prétentions sociales effectuées par les sociaux-démocrates et les « socialistes » occidentaux, aboutissant à des fiascos à peine moins spectaculaires…

Selon ce « principe » ce sont les choix économiques, en l’occurrence, mener une politique supposément « sociale », qui entraîne une défaillance d’abord économique et finalement monétaire…

Mais selon d’autres thèses, plus originales, ce sont les choix de politique monétaire qui conditionnent entièrement les politiques économiques.

Autrement dit, les choix de politique économique n’ont de sens que s’ils sont cohérents avec une politique monétaire pré-établie…

Ce qui pourrait passer pour une lapalissade, car effectivement on ne voit pas bien l’intérêt de mener une politique monétaire et une politique économique qui soient contradictoires !!

Mais là où ça n’est pas le cas, en fait, c’est qu’au delà de la cohérence qui s’impose, ce point de vue, considéré de façon univoque, implique que la politique économique n’a pas de possibilité réelle d’influer sur la fonction et le rôle économique de la monnaie, mais lui est au contraire totalement inféodée.

Par contre, elle vise à suggérer qu’un simple choix de politique monétaire différent pourrait ouvrir des possibilités économiques autrement inexistantes par elles mêmes, du point de vue des forces productives, et pourrait amener, par ce simple choix, un nouveau type de développement économique, éventuellement à tendance plus « sociale »…

C’est ce qui nous a été fortement suggéré, à l’occasion des « primaires de gauche », avec la « victoire » de Benoit Hamon, bâtie sur le mythe du « Revenu Universel »… Mythe étrangement sponsorisé par d’importants lobbys médiatiques, pour en arriver à ce résultat.

Mythe qui s’est fort heureusement finalement effondré avec la campagne du premier tour « pour de vrai », et avec sa « caravane du RU » supposé tester la formule, sur le modèle d’un « simulateur » qui n’ a fait que mettre en évidence l’absurdité du système.

Avec « seulement » 100 milliards d’euros supposément empruntés à la BCE, contre un coût de 400 à 600 milliards pour le « RU » (… selon ses différentes « formules » avancées au cours de la campagne électorales…), le programme de Mélenchon n’en ressort pas moins de ce type de choix politique…

Bien évidemment, en cas de « souci », en réalité plus que probable, il lui serait resté l’issue d’un « replis stratégique » à la Tsipras… Bonjour le « progrès social » !

De l’autre côté, rappelons que les lobbys ayant fait la campagne de Benoît Hamon étaient ceux qui avaient déjà fait la campagne de Hollande, cinq ans plus tôt… :

« Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

http://www.lejdd.fr/Election-presidentielle-2012/Actualite/L-integralite-du-discours-de-Francois-Hollande-au-Bourget-467953

Alors qu’à l’évidence, avec tous les emplâtres déjà essayés depuis des décennies, si la crise du capitalisme pouvait se régler par un tour de « magie monétaire », ça se saurait…

Quand à l’ « effondrement » de l’URSS, si la liquidation totale est bien l’œuvre de Gorbatchev, elle n’en est pas moins l’aboutissement de plus de trois décennies de destruction systématique de ses bases socialistes, depuis l’avènement du khrouchtchevisme, et sa « consécration », saluée par l’Occident, y compris « à gauche », lors du XXème Congrès du PCUS, en 1956.

Alors que quatre ans plus tôt, au XIXème Congrès, et dernier du Parti Bolchévique, à proprement parler, c’est un nouveau pas en avant de la construction socialiste qui était proposé, faisant le bilan des acquis et des difficultés passées, l’URSS étant néanmoins à l’apogée de sa puissance, malgré les destructions et les sacrifices consentis pour vaincre le nazisme.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/20/le-dernier-congres-bolchevique-ou-sest-exprimee-la-ligne-marxiste-leniniste/

Et alors qu’en Occident, jusque dans les partis «communistes » français et italiens, alors les premiers partis dans leurs pays respectifs, on avait capitulé devant le roi dollar et son expansionniste « Plan Marshall »,

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

l’URSS, non seulement ne renonçait pas à son indépendance monétaire, mais se préparait bel et bien, selon les recherches actuelles des historiens russes, à se séparer carrément du dollar comme monnaie de réserve, pour lui substituer une « zone rouble » dépassant déjà les frontières, non seulement de l’URSS, mais aussi de l’Europe de l’Est, pour s’étendre à d’autres nations « occidentales », mais désireuses d’échapper aux griffes de l’Oncle Sam…

ЗА ЧТО УБИЛИ СТАЛИНА

http://www.specnaz.ru/articles/195/27/1743.htm

Il est plus clair ainsi qu’un retour aux fondamentaux du marxisme concernant l’utilisation maîtrisée de la loi de la valeur pour la période de transition n’était non seulement pas un handicap économique d’aucune sorte, mais au contraire une base solide pour établir le rouble à la fois comme unité de compte de la valeur-travail en URSS et comme monnaie de réserve, adossée à un développement économique endogène, indépendant et équilibré, permettant de négocier sur une base bilatérale équitable, aussi bien avec les autres nations socialistes qu’avec toutes celles réellement éprises d’indépendance.

Dès sa prise de pouvoir en 1953, et avant même de commencer ses « réformes » contre-révolutionnaires et néo-trotskystes de type « socialisme de marché », c’est ce premier volet de la nouvelle politique économique socialiste que Khrouchtchev s’est empressé de liquider, donnant des gages à l’Oncle Sam de sa fidélité au roi dollar comme monnaie de réserve…

Concernant les « mystères » historiques encore réellement assez opaques de cette étonnante prise de pouvoir, une bonne partie des historiens russes, aujourd’hui, n’hésitent pas à y voir une relation de cause à effet… !

Concernant les considérations « économiques » développées par de pseudos « marxistes-léninistes » français, on se rappellera, à ce propos, la désopilante « avancée théorique » du pathétique « Collectif Défense » :

« Lorsque, sous le socialisme, les prix des marchandises diminuent sous l’effet de la loi de la valeur à cause de la diminution des coûts de production, les salaires sont valorisés, le pouvoir d’achat augmente et la loi de la valeur perd de son intensité et finit par disparaître à terme, car le pouvoir d’achat augmente alors que la monnaie se dévalorise. Ainsi, soit c’est la force de travail qui se dévalorise avec le capitalisme à cause de la diminution des coûts de production et de l’augmentation de la productivité, soit c’est la monnaie avec le socialisme pour les mêmes causes et avec les mêmes lois, mais avec un objectif différent, celui de libérer les travailleurs au lieu de les asservir. »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/02/loi-de-la-valeur-pour-eclaircir-le-debat-du-collectif-defense-2eme-volet/

On avait déjà vu, précédemment, la grande nouveauté « gauchiste » de la Wertkritik selon laquelle le développement du chômage massif menait tout droit à « l’abolition du travail », et dans la foulée, de la loi de la valeur et de l’argent, tant qu’à faire…

On avait alors rappelé le comique ancien Ferdinand Lop, qui, à la suite de Rochefort, avait mis à son programme « l’extinction du paupérisme après dix heures du soir »…

Et on avait donc redécouvert, avec le « Collectif Défense » et ses semblables, que selon leur prétendu « socialisme » la monnaie se dévalorise, avec pour objectif « de libérer les travailleurs au lieu de les asservir. »

A tous points de vues, et d’abord idéologique, une véritable « monnaie de singes »…

Luniterre

 

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ANNEXES:

Également en doc PDF:

ANNEXES

 

L’édition de 1955 du Manuel de l’Académie des Sciences de l’URSS est la dernière à contenir encore des traces de l’orientation issue des débats du XIXème Congrès. Toutefois le principe des échanges directs, sans utilisation de la monnaie, et qui avaient été un des enjeux de ces débats, n’y figure déjà plus de manière explicite. L’année suivante, au XXème Congrès, c’est l’ensemble qui est remis en cause par les khrouchtcheviens. La liquidation totale des SMT et donc de ces échanges sera bientôt engagée, et définitive, à partir de 1959.

 A la suite, quelques extraits significatifs de l’édition 1955, ainsi que de l’ouvrage de préparation du XIXème Congrès, « Les problèmes économiques du socialisme en URSS » :

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32.4. La monnaie et ses fonctions dans l’économie socialiste.

 

Dans la société socialiste, la monnaie est une nécessité puis qu’existent une production marchande et la loi de la valeur.

« Avant la révolution socialiste, les socialistes écrivaient qu’il serait impossible de le supprimer immédiatement [l’argent], […] Il faut de très nombreuses conquêtes techniques et, ce qui est beaucoup plus difficile et plus important, des progrès dans l’organisation, pour supprimer l’argent ; […]

Pour le supprimer, on doit organiser la répartition des produits alimentaires pour des centaines de millions d’hommes ; c’est une affaire de longue haleine. »

V. Lénine, « Comment on trompe le peuple avec les mots d’ordre de liberté et d’égalité », Discours prononcé au 1er Congrès de l’enseignement extra-scolaire de Russie, Œuvres, t. 29, p. 361.

P. 371.

En régime socialiste, la monnaie change complètement de nature conformément aux besoins du développement de l’économie socialiste. À la différence de ce qui se passe en régime capitaliste, où elle se transforme en capital et est un moyen de s’approprier le travail non rémunéré d’autrui, la monnaie, dans la société socialiste, est un moyen d’organiser l’édification économique dans l’intérêt des masses populaires conformément aux exigences de la loi économique fondamentale du socialisme. Elle exprime les rapports de production socialistes.

En régime socialiste, la monnaie joue le rôle d’équivalent général dans l’ensemble de l’économie nationale. La forme monétaire est utilisée non seulement pour la circulation des articles de consommation et des moyens de production qui sont des marchandises, mais aussi pour la circulation économique des moyens de production qui, n’étant pas au fond des marchandises, conservent néanmoins la forme marchandise. L’unité de l’économie nationale de la société socialiste, la liaison indissoluble et l’interdépendance de la production des moyens de production et de celle des articles de consommation, ainsi que de l’industrie d’État et de la production kolkhozienne, exigent une mesure unique pour l’expression et le calcul du travail social dépensé dans la production. Dans la société socialiste, où existent deux formes de propriété socialiste, cette mesure universelle du travail social ne peut être que la monnaie.

Si, en régime capitaliste, la monnaie est l’instrument d’un recensement spontané du travail social, qui s’effectue à l’insu des producteurs par l’intermédiaire des fluctuations du marché, dans l’économie socialiste la monnaie est l’instrument économique de la gestion planifiée de l’économie ; elle sert la production et la répartition du produit social.

Par conséquent, dans la société socialiste, la monnaie est l’équivalent général, l’instrument économique de la planification de l’économie nationale, le moyen permettant d’assurer un recensement et un contrôle d’ensemble de la production et de la répartition du produit social, ainsi que de la mesure du travail et de la rémunération.

La nouvelle nature de la monnaie en régime socialiste s’exprime par le fait qu’en conservant son ancienne forme, elle change de contenu social et de destination par rapport aux fonctions de la monnaie en régime capitaliste.

La monnaie remplit avant tout la fonction de mesure de la valeur des marchandises, c’est-à-dire qu’elle sert à mesurer la quantité de travail social qu’elles renferment. En régime socialiste, l’existence de deux formes principales de production socialiste fait que le bilan de l’activité économique d’une entreprise, la comparaison des résultats du travail des entreprises et des branches fournissant des produits différents, le volume de la production de diverses branches de l’économie nationale et de l’économie nationale dans son ensemble ne peuvent être exprimés qu’en monnaie. Comme les moyens de production, sans être des marchandises, gardent la forme marchandises et la forme valeur, la monnaie dans sa fonction de mesure de la valeur permet aussi de calculer le travail social dépensé pour produire les moyens de production.

On sait que seule une marchandise-monnaie, ayant une valeur propre, peut remplir le rôle de mesure de la valeur. Cette marchandise-monnaie, c’est l’or.

En Union soviétique comme dans les autres pays du camp socialiste, c’est l’or qui joue le rôle d’équivalent général. La monnaie soviétique a une teneur en or et est une monnaie-or. Dans la société socialiste, la monnaie ne peut remplir sa fonction de mesure de la valeur des marchandises qu’en vertu de cette liaison avec l’or. Lénine rattachait l’abolition de la monnaie-or à la victoire du socialisme à l’échelle mondiale.

Pour le moment, disait-il, il faut nous montrer ménagers de l’or en R.S.F.S.R., le vendre aussi cher que possible et acheter avec cet or des marchandises aussi bon marché que possible.

V. Lénine, « Sur le rôle de l’or aujourd’hui et après la victoire complète du socialisme », Œuvres, t. 33, p. 109.

Partant du fait que l’or se présente comme un équivalent général, l’État soviétique a, lors de la réforme monétaire de 1922-1924, fixé la teneur en or du rouble. Par la suite, celle-ci a été fixée d’une manière indirecte en établissant le cours du rouble soviétique par rapport au franc, puis au dollar. En 1950, l’augmentation du pouvoir d’achat du rouble et la diminution du pouvoir d’achat du dollar et des autres monnaies capitalistes ont incité l’État soviétique à fixer directement à 0,222 168 gramme d’or la teneur en or du rouble. Le cours de celui-ci par rapport aux monnaies étrangères a été relevé en conséquence.

L’État soviétique extrait et accumule l’or en tant que monnaie mondiale pour le commerce avec les pays du marché mondial capitaliste, comme avec les pays du marché mondial du camp socialiste.

Il utilise la monnaie dans sa fonction de mesure de la valeur comme le moyen d’assurer la direction planifiée, le recensement et le contrôle de la production et de la répartition du produit social, comme l’instrument permettant de réaliser la gestion équilibrée. Ainsi, la confrontation des prix de revient planifiée et réels permet d’élucider les raisons pour lesquelles le prix de revient planifié a été dépassé et d’arrêter les mesures nécessaires pour abaisser le prix de revient et accroître la rentabilité de l’entreprise.

Comme mesure de la valeur, la monnaie est pour l’État socialiste un élément de la planification des prix. Dans l’économie socialiste, le prix est l’expression monétaire, déterminée par le plan, de la valeur d’une marchandise.

Dans l’économie socialiste, la monnaie sert aussi d’étalon des prix. En U.R.S.S., l’étalon des prix est le rouble.

En régime socialiste la monnaie est un moyen de circulation. C’est en cette qualité qu’elle intervient lors de la vente et de l’achat des articles de consommation courante et qu’elle est mise à profit pour développer la circulation des marchandises.

Dans l’économie socialiste, la monnaie est un moyen de paiement, quand il s’agit, par exemple, de payer leur salaire aux ouvriers et aux employés, et aussi de verser leur revenu en argent aux kolkhoziens, quand les entreprises socialistes obtiennent des avances ou les remboursent, quand on acquitte les impôts. L’État socialiste utilise la monnaie, moyen de paiement, pour contrôler l’activité des entreprises socialistes. Ainsi, les banques ne délivrent de l’argent à ces dernières que dans la mesure où elles ont exécuté leur plan de production. En exigeant le remboursement des prêts à la date prévue, la banque stimule l’accomplissement du plan par l’entreprise, faute de quoi celle-ci ne peut réunir les fonds nécessaires pour se libérer de sa dette.

En régime socialiste, la monnaie est un moyen d’accumulation socialiste et d’épargne. Les entreprises d’État et les kolkhoz déposent leur argent en banque. Les revenus, sous leur forme monétaire, et l’argent liquide des entreprises et des organisations sont utilisés pour concourir à l’accumulation socialiste, développer la production, constituer des réserves, satisfaire les besoins matériels et culturels de la population. Le bien-être croissant des travailleurs entraîne une augmentation de leurs économies, qui sont déposées à la caisse d’épargne.

Dans la société socialiste, l’or est une monnaie universelle. La réserve-or est avant tout une réserve de monnaie universelle dont l’État dispose, en tant que moyen d’achat et de paiement, pour le règlement de ses comptes internationaux en matière de commerce extérieur.

La stabilité de la monnaie soviétique est garantie non seulement par une réserve en or, mais encore et surtout par l’énorme quantité de marchandises concentrées entre les mains de l’État et mises en circulation aux prix fermes fixés par le plan. Aucune monnaie capitaliste ne possède une couverture aussi solide.

(NDLR: A cette époque, la garantie or d’une monnaie était encore une sécurité importante, mais déjà plus essentielle, par rapport à l’équilibre économique du pays. Cette dernière clause était donc clairement une anticipation sur la nécessité de faire face au dollar. Résistance aussitôt abandonnée par l’arrivée au pouvoir de Khrouchtchev…)

http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap32sect04.html    )

 

 

32.1. La nécessité de la production marchande en régime socialiste ; ses particularités.

La nécessité de la production marchande en régime socialiste résulte de l’existence de deux formes essentielles de production socialiste : la forme étatique et la forme kolkhozienne. Dans les entreprises d’État, les moyens de production et les objets produits sont propriété du peuple tout entier. Dans les kolkhoz, les moyens de production (bêtes de trait et bétail de rapport, matériel agricole, bâtiments d’exploitation, semences, etc.) et les produits obtenus sont propriété d’un groupe, propriété coopérative-kolkhozienne. Les moyens principaux, déterminants de la production agricole (la terre et les machines des S.M.T.), sont propriété d’État. La production des entreprises d’État appartenant à l’État socialiste, alors que celle des kolkhoz appartient à ces derniers, les relations économiques entre l’industrie et l’agriculture prennent nécessairement la forme d’échanges de marchandises par achat et vente. Et comme toujours quand il s’agit d’achat et de vente, le producteur de marchandises perd son droit de propriété sur la marchandise au profit de celui qui l’a acquise.

Lénine a indiqué que « échange des produits de la grande industrie (“socialisée”) contre les produits paysans, telle est la substance économique du socialisme » (V. Lénine, « Plan de la brochure L’Impôt en nature », Œuvres, t. 32, p. 342) ; que l’échange des marchandises permet de vérifier la justesse des rapports qui existent entre l’industrie et l’agriculture, entre la classe ouvrière et la paysannerie. Cette thèse de Lénine reste vraie pour toute la première phase du communisme. C’est avant tout dans les kolkhoz et chez les kolkhoziens, par la circulation marchande, par voie de stockage et d’achats, que l’État soviétique se procure des denrées alimentaires pour la population des villes et des matières premières pour l’industrie. À leur tour, les kolkhoz et les kolkhoziens ne peuvent se procurer l’argent dont ils ont besoin pour acquérir des produits industriels qu’en vendant leur production marchande à l’État, aux coopératives et sur les marchés kolkhoziens.

Ainsi, les produits agricoles et les matières premières que l’État et les coopératives reçoivent du secteur kolkhozien par voie de stockage et d’achats, aussi bien que les denrées agricoles vendues sur les marchés kolkhoziens par les kolkhoz et les kolkhoziens, sont des marchandises. Il en est de même pour les articles industriels, et surtout les objets de consommation individuelle, produits par les entreprises d’État et achetés par les kolkhoz et les kolkhoziens. Étant des marchandises, les produits industriels et agricoles de consommation courante parviennent à la population urbaine également par l’achat et la vente. Dans ce cas, les marchandises cessent d’être la propriété de l’État ou des coopératives ou la propriété personnelle des kolkhoziens pour devenir la propriété personnelle des ouvriers et des employés.

La production marchande est, en régime socialiste, une production marchande d’un type à part, une production marchande sans propriété privée des moyens de production, sans capitalistes. Elle est, dans l’essentiel, le fait de producteurs socialistes collectifs (État, kolkhoz, coopératives). Grâce à ces conditions économiques déterminantes que sont la propriété sociale des moyens de production, l’abolition du salariat et de l’exploitation de l’homme par l’homme, elle se trouve placée, en régime socialiste, dans des limites déterminées. Elle ne peut se transformer en production capitaliste ; elle est au service de la société socialiste.

La production marchande n’a pas ici une extension aussi illimitée et universelle qu’en régime capitaliste. En régime socialiste, la sphère de la production et de la circulation marchandes est limitée principalement aux objets de consommation individuelle ; la force de travail n’est pas une marchandise ; la terre et le sous-sol sont la propriété de l’État et ne peuvent être ni vendus, ni achetés. Les entreprises d’État — usines, fabriques, mines, centrales électriques avec leurs fonds fixes essentiels (instruments de production, bâtiments, installations, etc.) — ne sauraient être vendues ou achetées ; elles ne peuvent être remises par une organisation d’État à une autre qu’en vertu d’une autorisation spéciale, et ne sont donc pas des marchandises susceptibles d’être vendues et achetées.

Les moyens de production fabriqués dans le secteur d’État : machines, métaux, charbon, pétrole, etc., sont répartis pour la plupart entre les entreprises d’État. Les plans de l’économie nationale prévoient l’attribution à chaque entreprise de fonds matériels dont le montant est déterminé par son programme de production. Ces fonds sont fournis par les entreprises productrices aux entreprises consommatrices en vertu de contrats passés entre elles. Quand des moyens de production sont livrés à telle ou telle entreprise, l’État socialiste en conserve l’entière propriété. Lorsque des directeurs d’entreprise ont reçu de l’État socialiste des moyens de production, ils n’en deviennent pas pour autant les propriétaires ; ils sont les représentants de l’État, chargés par lui de les utiliser conformément aux plans qu’il a établis. Les machines agricoles essentielles : tracteurs, moissonneuses-batteuses, etc., ne sont pas vendues aux kolkhoz mais concentrées dans des entreprises d’État : les stations de machines et de tracteurs, qui les utilisent pour desservir les kolkhoz.

Les moyens de production achetés par les coopératives de production, les kolkhoz et les kolkhoziens : véhicules automobiles, équipements destinés à l’exploitation collective du kolkhoz, ciment, fer, briques, charbon, bois de charpente, machines agricoles simples et matériel divers, sont des marchandises. Les moyens de production vendus aux États étrangers le sont également. Dans ces cas, il y a vente et achat ; les marchandises changent de propriétaires.

Ainsi, les moyens de production fabriqués par des entreprises d’État et répartis à l’intérieur du secteur d’État ne sont pas, en fait, des marchandises. Mais étant donné que les objets de consommation, les matières premières agricoles et une partie des moyens de production sont des marchandises et que l’économie socialiste forme un tout dont les parties constituantes sont étroitement liées, les moyens de production circulant à l’intérieur du secteur d’État conservent, eux aussi, la forme marchandise. Ils sont donc exprimés en valeur et évalués en termes monétaires, ce qui est indispensable pour la réalisation de la gestion équilibrée, pour le recensement et la comptabilité.

( http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap32sect01.html  )

 

 

 

35.3. L’exploitation collective des kolkhoz. La planification de la production kolkhozienne.

 

Libérés de la nécessité de dépenser des sommes considérables pour acheter ou louer de la terre, ainsi que pour se procurer les principaux moyens de production, les kolkhoz peuvent utiliser leurs revenus croissants pour développer leur exploitation collective. L’exploitation collective du kolkhoze, organisée sur des terres appartenant à l’État, met en œuvre l’outillage moderne concentré dans les S.M.T. et qui est la propriété du peuple entier. Les moyens de production de l’artel et les produits obtenus par lui sont propriété coopérative-kolkhozienne.

Conformément à la nature de l’artel agricole, entreprise de type coopératif, les moyens de production socialisés font partie du fonds indivis du kolkhoz. Le fonds indivis du kolkhoz comprend les instruments de travail du kolkhoz, le bétail de trait et le bétail de rapport, les bâtiments, les moyens de transport, les entreprises auxiliaires, les plantations diverses, les ouvrages d’irrigation, les matériaux et l’argent destinés à développer l’économie collective. Il convient d’y ajouter les bâtiments à destination sociale et culturelle (clubs kolkhoziens, salles de lecture, jardins d’enfants, etc.) L’augmentation constante de fonds indivis est la condition essentielle du développement de l’économie collective des kolkhoz, de l’accroissement de la richesse kolkhozienne.

Les kolkhoz consacrent leurs ressources à construire des locaux d’exploitation, des étables, des canaux d’irrigation et d’assèchement, des réservoirs d’eau, à défricher le sol, à édifier des centrales électriques kolkhoziennes et d’autres ouvrages. Les fonds investis par eux dans l’économie collective, qu’il s’agisse de leurs ressources propres ou du travail des kolkhoziens, sans compter les dépenses effectuées pour augmenter le cheptel, se sont élevés à environ 40 milliards de roubles en 1946-1950 et à 52 milliards en 1951-1954. Les kolkhoz ont en outre dépensé plus de 11 milliards de roubles en 1946-1950, et 6 milliards en 1951-1954 pour accroître leur bétail collectif et leur volaille.

Grandes entreprises socialistes, les kolkhoz doivent être gérés selon un plan ; ils ne sauraient exister et se développer spontanément. Le développement planifié de l’économie collective des kolkhoz dans la voie d’un essor continu est la base de l’élévation du niveau de vie matérielle et culturelle des kolkhoziens. Faisant partie du système de l’économie socialiste, les kolkhoz doivent, en développant le plus possible leur exploitation collective, accroître toujours plus leur production marchande dans la proportion nécessaire à l’approvisionnement des villes et des centres industriels, aux besoins du commerce extérieur et à la création de réserves. On applique dans les kolkhoz une planification à long terme visant à promouvoir un essor rapide de l’agriculture dans les délais les plus brefs et en fonction de laquelle sont dressés les plans annuels.

Le point de départ de la planification par l’État de la production kolkhozienne est la planification de la production marchande mise par les kolkhoz à la disposition de l’État.

La production marchande des kolkhoz s’accroît en même temps que l’économie collective. La gestion planifiée de l’agriculture prévoit la nécessité d’une utilisation plus productive des terres cultivées. L’indice le plus important des résultats de l’activité économique des kolkhoz est l’obtention du maximum de production globale de l’agriculture et de l’élevage pour 100 hectares de terre (labours, prés, pâturages) et par journée-travail dépensée.

Le plan d’État de développement de l’économie rurale prévoit un accroissement des livraisons à l’État des produits de l’agriculture et de l’élevage au titre des stockages obligatoires d’État, du paiement en nature des S.M.T., du règlement des contrats et des achats. Les S.M.T. se voient fixer le volume des travaux à effectuer à l’aide de tracteurs dans les kolkhoz. Les kolkhoz doivent, avec le concours des S.M.T., prévoir dans leur plan un niveau de production qui assure l’exécution intégrale des tâches assignées par le plan d’État pour la livraison et la vente à l’État des produits de l’agriculture et de l’élevage, et l’entière satisfaction des besoins de l’économie collective et des kolkhoziens eux-mêmes. Ils déterminent à cet effet, comme ils l’entendent, la superficie des emblavures, le niveau des rendements, le cheptel par espèces et la productivité de l’élevage, le système des mesures agrotechniques et zootechniques. Les plans d’ensemencement et d’élevage sont discutés et ratifiés par les assemblées générales des kolkhoziens.

Ce mode de planification développe l’initiative des kolkhoz en vue d’obtenir le maximum de produits par hectare de terrain. Il renforce en même temps la responsabilité des kolkhoz et des S.M.T. quant à la livraison à l’État de la quantité nécessaire de produits de l’agriculture et de l’élevage.

Ce mode de planification est appelé à accroître chez les kolkhoziens et les travailleurs des S.M.T. l’intérêt pour un développement dans les kolkhoz d’une économie à branches multiples, compte tenu des conditions naturelles et économiques des diverses régions du pays, et à multiplier les initiatives en ce sens.

L’un des grands avantages des entreprises agricoles socialistes est qu’elles peuvent développer une économie à branches multiples qui permet d’associer rationnellement les différentes branches de la production rurale, avant tout l’agriculture et l’élevage et d’obtenir le maximum de production à l’hectare. Dans les kolkhoz qui combinent judicieusement, en conformité avec les conditions naturelles et économiques de la région, la production des céréales, des plantes industrielles, des fourrages et des légumes, ainsi que l’élevage, la main-d’œuvre est utilisée de façon plus complète et plus régulière au cours de l’année, les indices de productivité du travail et les revenus sont plus élevés. Les rentrées de fonds se font plus régulièrement tout au long de l’année, ce qui permet de financer en temps voulu les mesures économiques appliquées.

L’économie à branches multiples n’abolit pas, mais suppose au contraire la spécialisation des régions, des districts et des exploitations elles-mêmes par branche, par culture et par espèce de bétail. Une gestion rationnelle de l’exploitation rurale socialiste exclut aussi bien l’universalisme de la petite agriculture où l’on cultive de tout, principalement en vue de la consommation propre, que le développement unilatéral des exploitations capitalistes, qui se spécialisent généralement dans une culture déterminée (monoculture).

La spécialisation de l’économie rurale socialiste signifie, premièrement, l’utilisation la plus complète des conditions naturelles et économiques concrètes propres à chaque région et district pour obtenir méthodiquement un produit nécessaire à la société (tel le coton dans les républiques soviétiques d’Asie centrale) ; deuxièmement, une combinaison judicieuse des branches économiques d’activité fondamentales et complémentaires et avant tout de l’agriculture et de l’élevage, des cultures céréalières, industrielles et potagères ; troisièmement, selon les particularités régionales, un choix de cultures et de bétail tel qu’il assure le maximum de produits de haute qualité avec le minimum de dépenses en travail et en moyens par unité de produit.

La répartition planifiée de la production rurale dans le pays doit répondre, elle aussi, à ces exigences. Tout schématisme dans la répartition géographique des cultures et des variétés de bétail, toute application uniforme des assolements et de l’agrotechnique ne tenant pas compte des particularités naturelles et économiques de la région va à l’encontre des principes d’une gestion rationnelle de l’économie socialiste planifiée.

http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap35sect03.html  )

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« LES PROBLÈMES ÉCONOMIQUES DU SOCIALISME EN URSS »

Le texte intégral en PDF:

Les problèmes économiques du socialisme en URSS

Pages 7 à 10_

« On ne peut pas non plus considérer comme une réponse l’opinion d’autres pseudo marxistes qui pensent qu’il conviendrait peut-être de prendre le pouvoir, de procéder à l’expropriation des petits et moyens producteurs à la campagne et de socialiser leurs moyens de production. Les marxistes ne peuvent pas non plus s’engager dans cette voie insensée et criminelle qui enlèverait à la révolution prolétarienne toute possibilité de victoire et rejetterait pour longtemps la paysannerie dans le camp des ennemis du prolétariat.

Lénine a répondu à cette question dans ses ouvrages sur « l’impôt en nature » et dans son fameux « plan coopératif ». La réponse de Lénine se ramène brièvement à ceci :

a) ne pas laisser échapper les conditions favorables à la prise du pouvoir ; le prolétariat prendra le pouvoir sans attendre le moment où le capitalisme sera en mesure de ruiner les millions de petits et moyens producteurs individuels ;

b) exproprier les moyens de production dans l’industrie et les remettre en possession du peuple ;

c)pour les petits et moyens producteurs individuels, on les groupera progressivement en des coopératives de production, c’est-à-dire en de grosses entreprises agricoles, les kolkhozes ;

d)développer par tous les moyens l’industrie et assigner aux kolkhozes une base technique moderne, celle de la grande production ; ne pas les exproprier mais, au contraire, les fournir abondamment de tracteurs et autres machines de premier ordre ;

e) pour assurer l’alliance économique de la ville et des campagnes, de l’industrie et de l’agriculture, on maintiendra pour un temps la production marchande (échange par achat et vente), comme la forme la seule acceptable pour les paysans des relations économiques avec la ville, et on développera à fond le commerce soviétique, le commerce d’État et le commerce coopératif et kolkhozien, en éliminant du commerce tous les capitalistes.

L’histoire de notre édification socialiste montre que cette voie de développement, tracée par Lénine, s’est entièrement vérifiée.

Il ne peut faire de doute que pour tous les pays capitalistes qui possèdent une classe plus on moins nombreuse de petits et moyens producteurs, cette voie de développement est la seule possible et rationnelle pour la victoire du socialisme.

On dit que la production marchande doit néanmoins, en toutes circonstances, aboutir et aboutira absolument au capitalisme. Cela est faux. Pas toujours ni en toutes circonstances ! On ne peut identifier la production marchande à la production capitaliste. Ce sont deux choses différentes. La production capitaliste est la forme supérieure de la production marchande. La production marchande ne conduit au capitalisme que si la propriété privée des moyens de production existe ; que si la force de travail apparaît sur le marché comme une marchandise que le capitaliste peut acheter et exploiter pour la production ; que si, par conséquent, il existe au pays un système d’exploitation des ouvriers salariés par les capitalistes. La production capitaliste commence là où les moyens de production sont détenus par des particuliers, tandis que les ouvriers, dépourvus des moyens de production, sont obligés de vendre leur force de travail comme une marchandise. Sans cela, il n’y a pas de production capitaliste.

Et bien, si ces conditions ne sont pas réunies, qui transforment la production marchande en production capitaliste, si les moyens de production ne sont plus une propriété privée, mais la propriété socialiste, si le salariat n’existe pas et la force de travail n’est plus une marchandise, si le système d’exploitation a été depuis longtemps aboli, comment faire alors : peut-on considérer que la production marchande aboutira quand même au capitalisme ? Évidemment non. Or, notre société est précisément une société où la propriété privée des moyens de production, le salariat et l’exploitation n’existent plus depuis longtemps.

On ne peut pas considérer la production marchande comme une chose se suffisant à elle-même, indépendante de l’ambiance économique. La production marchande est plus vieille que la production capitaliste. Elle existait sous le régime d’esclavage et le servait, mais n’a pas abouti au capitalisme. Elle existait sous le féodalisme et le servait, sans toutefois aboutir au capitalisme, bien qu’elle ait préparé certaines conditions pour la production capitaliste. La question se pose : pourquoi la production marchande ne peut-elle pas de même, pour un temps, servir notre société socialiste sans aboutir au capitalisme, si l’on tient compte que la production marchande n’a pas chez nous une diffusion aussi illimitée et universelle que dans les conditions capitalistes ; qu’elle est placée chez nous dans un cadre rigoureux grâce à des conditions économiques décisives comme la propriété sociale des moyens de production, la liquidation du salariat et du système d’exploitation ?

On dit qu’après que la propriété sociale des moyens de production s’est installée dans notre pays et que le salariat et l’exploitation ont été liquidés, la production marchande n’a plus de sens, qu’il faudrait pas conséquent l’éliminer.

Cela est également faux. A l’heure actuelle, il existe chez nous deux formes essentielles de production socialiste : celle de l’État, c’est-à-dire du peuple entier, et la forme kolkhozienne, que l’on ne peut pas appeler commune au peuple entier. Dans les entreprises d’État, les moyens de production et les objets fabriqués constituent la propriété du peuple entier. Dans les entreprises kolkhoziennes, bien que les moyens de production (la terre, les machines) appartiennent à l’État, les produits obtenus sont la propriété des différents kolkhozes qui fournissent le travail de même que les semences ; les kolkhozes disposent pratiquement de la terre qui leur a été remise à perpétuité comme de leur bien propre, quoiqu’ils ne puissent pas la vendre, l’acheter, la donner à bail ou la mettre en gage.

L’État ne peut donc disposer que de la production des entreprises d’État, les kolkhozes bénéficiant de leur production comme de leur bien propre. Mais les kolkhozes ne veulent pas aliéner leurs produits autrement que sous la forme de marchandises, en échange de celles dont ils ont besoin. Les kolkhozes n’acceptent pas aujourd’hui d’autres relations économiques avec la ville que celles intervenant dans les échanges par achat et vente de marchandises. Aussi la production marchande et les échanges sont-ils chez nous, à l’heure actuelle, une nécessité pareille à celle d’il y a trente ans, par exemple, époque à laquelle Lénine proclamait la nécessité de développer par tous les moyens les échanges.

Certes, lorsqu’au lieu de deux principaux secteurs de production, État et kolkhozes, il se formera un seul secteur universel investi du droit de disposer de tous les produits de consommation du pays, la circulation des marchandises avec son « économie monétaire » aura disparu comme un élément inutile de l’économie nationale. D’ici là, aussi longtemps que les deux principaux secteurs de production existeront, la production marchande et la circulation des marchandises resteront en vigueur comme un élément nécessaire et très utile dans le système de notre économie nationale. Comment sera-t-il procédé à la formation d’un seul secteur universel ? Par simple absorption du secteur kolkhozien dans le secteur d’État, ce qui est peu probable (ceci pouvant être considéré comme une expropriation des kolkhozes), ou par la constitution d’un seul organisme économique national (avec des représentants de l’industrie d’État et des kolkhozes), ayant le droit d’abord de recenser tous les produits de consommation du pays et, avec le temps, de répartir la production, par exemple, sous forme d’échange des produits ? C’est là une autre question qui demande un examen à part.

Par conséquent, notre production marchande n’est pas une production marchande ordinaire, elle est d’un genre spécial, une production marchande sans capitalistes, qui se préoccupe pour l’essentiel des marchandises appartenant à des producteurs socialistes associés (État, kolkhozes, coopératives), et dont la sphère d’action est limitée à des articles de consommation personnelle, qui ne peut évidemment pas se développer pour devenir une production capitaliste et doit aider, avec son « économie monétaire », au développement et à l’affermissement de la production socialiste.

Aussi ont-ils absolument tort, ceux qui déclarent que, du moment que la société socialiste maintient les formes marchandes de la production, il y a lieu, soit-disant, de rétablir chez nous toutes les catégories économiques propres au capitalisme : la force de travail comme marchandise, la plus-value, le capital, le profit du capital, le taux moyen du profit, etc. Ces camarades confondent la production marchande avec la production capitaliste et estiment que, du moment qu’il y a production marchande, il doit y avoir aussi production capitaliste. Ils ne comprennent pas que notre production marchande se distingue foncièrement de la production marchande sous le capitalisme.

Bien plus, je pense qu’il faut renoncer à certaines autres notions empruntées au Capital , où Marx se livrait à l’analyse du capitalisme, et artificiellement accolées à nos rapports socialistes. Je veux parler entre autres de notions telles que le travail « nécessaire » et le « surtravail », le produit « nécessaire » et le « surproduit », le temps « nécessaire » et le « temps extra ». Marx a analysé le capitalisme afin d’établir l’origine de l’exploitation de la classe ouvrière, la plus-value, et de fournir à la classe ouvrière privée des moyens de production une arme spirituelle pour renverser le capitalisme. On comprend que Marx se sert ici de notions (catégories) qui répondent parfaitement aux rapports capitalistes. Mais il serait plus qu’étrange de se servir actuellement de ces notions, alors que la classe ouvrière, loin d’être privée du pouvoir et des moyens de production, détient au contraire le pouvoir et possède les moyens de production. Les propos sur la force de travail comme marchandise et sur le « salariat » des ouvriers sonnent d’une façon assez absurde sous notre régime : comme si la classe ouvrière, possédant les moyens de production, se salariait elle-même et se vendait à elle-même sa force de travail. Il n’est pas moins étrange de parler aujourd’hui de travail « nécessaire » et de « surtravail » : comme si dans nos conditions, le travail des ouvriers donné à la société en vue d’élargir la production, de développer l’instruction, la santé publique, d’organiser la défense nationale, etc., n’était pas aussi nécessaire à la classe ouvrière, aujourd’hui au pouvoir, que le travail dépensé pour subvenir aux besoins personnels de l’ouvrier et de sa famille.

Il est à noter que Marx dans sa Critique du programme de Gotha , où il analyse non plus le capitalisme, mais entre autres la première phase de la société communiste, reconnaît que le travail consacré à la société pour élargir la production, pour l’instruction, la santé publique, les frais d’administration, la constitution de réserves, etc., est aussi nécessaire que le travail dépensé pour subvenir aux besoins de consommation de la classe ouvrière.

Je pense que nos économistes doivent en finir avec ce défaut de concordance entre les vieilles notions et le nouvel état de choses dans notre pays socialiste, en substituant aux notions anciennes des notions appropriées à la nouvelle situation.

Nous avons pu tolérer ce défaut de concordance un certain temps. Mais l’heure est venue où nous devons enfin remédier à ce défaut. »

CONCLUSION DU LIVRE:


« La question se pose : qu’Est-ce donc que le kolkhoze possède en propre, où est la propriété kolkhozienne dont il peut disposer eu toute liberté, comme il l’entend ? Cette propriété, c’est la production du kolkhoze, le fruit de la production kolkhozienne : blé, viande, beurre, légumes, coton, betterave, lin, etc., sans compter les bâtiments et les exploitations personnelles des kolkhoziens dans leurs enclos. Le fait est qu’une partie considérable de cette production, les excédents de la production kolkhozienne arrivent sur le marché (*) et s’intègrent de cette façon au système de la circulation des marchandises. C’est ce qui empêcha actuellement d’élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale. C’est donc de ce côté là qu’il faut activer le travail pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale.

(* NDTML: Une précision utile: ici se trouve donc la seule et unique mention du « marché » en lien avec l’économie socialiste de l’URSS à cette époque!)

Pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale, il faut que les excédents de la production kolkhozienne soient éliminés de la circulation des marchandises et intégrés au système d’échange de produits entre l’industrie d’État et les kolkhozes. Là est l’essentiel.

Nous n’avons pas encore de système développé d’échange de produits, mais il existe des embryons de cet échange sous forme de « paiement en marchandises » pour les produits agricoles. On sait que la production des kolkhozes cultivant le coton, le lin, la betterave, etc., est depuis longtemps « payée en marchandises » ; il est vrai que cela ne se fait que partiellement, pas en totalité, mais cela se fait tout de même. Remarquons en passant que le terme « paiements en marchandises », n’est pas heureux, qu’il faudrait le remplacer par « échange de produits ». La tâche est d’organiser dans toutes les branches de l’agriculture ces embryons d’échanges de produits et de les développer pour en faire un vaste système d’échange, de façon que les kolkhozes reçoivent pour leur production de l’argent, mais surtout les articles dont ils ont besoin. Ce système nécessitera un accroissement considérable de la production livrée par la ville au village ; il faudra donc l’introduire sans trop de précipitation au fur et à mesure de l’accumulation des articles produits par la ville. Mais il faut l’introduire méthodiquement, sans hésiter, en restreignant pas à pas la sphère de la circulation des marchandises et en élargissant la sphère des échanges de produits.

Ce système, en restreignant la sphère de la circulation des marchandises, aidera à passer du socialisme au communisme. En outre, il permettra d’inclure la propriété essentielle des kolkhozes, la production kolkhozienne, dans le système d’ensemble de la planification nationale.

Ceci sera un moyen réel et décisif pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale dans nos conditions actuelles.

Ce système est-il avantageux pour la paysannerie kolkhozienne ?

Il l’est incontestablement. Avantageux parce que la paysannerie kolkhozienne recevra de l’État des produits en quantité beaucoup plus grande et à des prix meilleur marché qu’avec le système de circulation des marchandises. Tout le monde sait que les kolkhozes qui ont passé des contrats avec le Gouvernement pour des échanges de produits (« paiement en marchandises ») bénéficient d’avantages infiniment plus grands que les kolkhozes qui n’en ont pas conclu. Si l’on étend le système d’échanges des produits à tous les kolkhozes du pays, toute notre paysannerie kolkhozienne bénéficiera de ces avantages.» 

28 septembre 1952. » 

 

 

 

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