Anticolonialisme

La « gauche » française satellisée par le social-impérialisme chinois!

 

[ DÉBAT RÉACTUALISÉ EN TEMPS RÉEL ! ]

 

 

 

Effectivement, Hong Kong sert de « plaque tournante » pour le capital US en Chine depuis 1972 et les accords Mao-Nixon.

C’est le cordon ombilical qui a permis à la bourgeoisie nationale maoïste de se « compradoriser » avant d’accumuler suffisamment de capital financier pour se poser en rival de l’Oncle Sam dans ce domaine comme dans les autres.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee

Il est clair que cette rivalité les amènera à rompre ce cordon, progressivement ou brutalement, si nécessaire, en fonction de l’ingérence US.

Pour des millions de gens qui travaillent à Hong Kong sans être forcément ni des bourgeois ni des petits bourgeois (Smic à 4,12 euros de l’heure!), ce sera la fin d’un monde et l’exil pour retrouver du travail ailleurs, pour une grande partie de cette population.

On peut leur reprocher de jouer en partie le jeu de l’impérialisme US et occidental, mais il est clair que leur condition sociale est en train de se dégrader rapidement et qu’ils n’ont clairement aucune confiance dans le prétendu « socialisme à la chinoise », qui n’est bien qu’une autre forme de capitalisme et d’impérialisme (social-impérialisme) et qui ne leur apporte aucune solution, précisément, en réponse à leurs problèmes sociaux.

La gauche française, en se portant caution du social-impérialisme chinois contre l’impérialisme US se couvre une fois de plus de ridicule, et perd encore un peu plus de crédibilité, si tant est qu’elle en eut encore !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/19/gilets-noirs-gilets-jaunes-hong-kong-france-contre-le-capital-un-seul-proletariat

 

Luniterre

 

 

UN ÉCHANGE AVEC LE CAMARADE DO, SUR SON SITE VLR:

Salut Luniterre,

Ne trouves-tu pas que tu te contredis quelque peu ?

Aujourd’hui tu dis :

« La gauche française, en se portant caution du social-impérialisme chinois contre l’impérialisme US se couvre une fois de plus de ridicule, et perd encore un peu plus de crédibilité, si tant est qu’elle en eut encore ! »

Mais tu disais ici :

http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

« Dans le monde, c’est l’impérialisme US qui est à l’initiative de la plupart des guerres. Les autres ne font que suivre ou « compléter » ses interventions, et le plus souvent en complicité et coordination avec lui.

« Il est donc bien l’ennemi numéro 1 des peuples et du prolétariat de tous les pays, même si chacun doit d’abord lutter concrètement contre son propre impérialisme… !

« Chacun contre son impérialisme, et tous contre l’impérialisme US !! Et tous activement solidaires avec les luttes en cours… Palestine, Syrie, Yémen, Donbass, etc.. !!! »

Amicalement,
do
http://mai68.org

 

RÉPONSE PROPOSÉE:

 

Effectivement, il y a une situation particulièrement complexe à Hong Kong, et je ne prétends pas détenir une solution…

Je ne suis même pas sûr qu’il y en ait une, en réalité, dans le contexte actuel… Sauf la Révolution, évidemment!!!

Si le mouvement continue, Pékin a le choix entre lâcher du lest sur des réformes sociales qui couperont les manipulateurs de leur base populaire ou réprimer carrément, au risque de liquider Hong Kong plus rapidement que prévu en tant que place financière et commerciale internationale.

Pour l’instant le PCC semble jouer sur le temps, comme Macron l’a fait avec les GJ. Il n’est pas certain non plus que les USA aient intérêt à pousser le bouchon trop loin à Hong Kong. Ils ne peuvent évidemment pas se permettre une intervention militaire, et pousser Pékin à intervenir n’est pas forcément leur but à court terme. Ils ont aussi leurs intérêts dans la place.

Quoi qu’il en soit, il est évidemment juste de dénoncer les manœuvres et les manipulations US dans cette affaire, et je n’ai pas manqué de les mentionner comme bien réelles, y compris dans l’article.

Mais il est absurde et indigne de faire porter le chapeau aux manifestants qui sont certainement sincères pour la très grande majorité et ne sont pas vraiment des suppôts de l’impérialisme, même si certains se laissent bercer par l’illusion que les USA les soutiendront vraiment.

La gauche française pro-chinoise en est assez clairement au point de soutenir une éventuelle intervention de répression contre les manifestants, qui ne sont pas réellement différents, dans leurs préoccupations, des GJ français, même s’ils ont évidemment tort d’espérer une intervention étrangère, improbable, et qui ne leur apportera rien, de toutes façons.

Si les hongkongais en sont arrivés là, c’est aussi parce qu’ils sont conscients que le « socialisme à la chinoise » n’est qu’un leurre et qu’il ne leur apportera aucune amélioration, bien au contraire. C’est aussi ce qu’il faut constater, comme état de fait révélé par cette situation.

Si Carrie Lam avait réellement eut l’intention de régler les questions sociales importantes à Hong Kong, et déjà connues lors de son accès au pouvoir, et notamment celle du logement, elle aurait pu commencer à le faire… De même, au moins remettre le smic de HK en proportion du coût de la vie sur place, cela signifiait clairement le doubler et même le tripler…

Mais la bourgeoisie « socialiste de marché » est aussi pingre que la Macronie et ne veut rien lâcher, pour l’instant.

Il faut donc dénoncer à la fois et les manipulations US et la propagande pro-chinoise, qui fait passer la masse en mouvement des hongkongais pour des « nantis » juste accros à des « privilèges », qui n’existent plus, en réalité, que pour une minorité d’entre eux, ce qui explique la mobilisation massive.

Le fait que les USA soient encore l’impérialisme N°1 sur la planète ne doit pas nous amener à en soutenir un autre contre lui, mais seulement les nations indépendantes, les peuples en lutte et, éventuellement, les bourgeoisies nationales en voie de résistance anti-impérialiste, comme la Russie, l’Iran, la Syrie, le Yémen, le Venezuela, etc…

En tant que puissance financière challenger des USA la Chine ne rentre pas dans cette catégorie et sa contradiction avec les USA est bien de nature inter-impérialiste. Concrètement, pour l’instant, c’est bien la Chine qui menace d’écraser la révolte populaire à Hong Kong, et pas les USA, même si leur rôle est bien à condamner dans cette affaire.

Pas de contradiction, donc, mais simplement une analyse dialectique du réel, avec toute sa complexité.

Luniterre

 

 

UNE SUITE AU DÉBAT…

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 14:05, par do

La Chine et la Libye, Benghazi et Hong Kong

Salut Luniterre

La révolte de Hong Kong, si elle était du type prolétariene, se déploirait contre la bourgeoisie de Hong Kong , et PAS contre la Chine continentale.

On peut comparer Le Hong Kong de la Chine actuelle au Benghazi de la Libye de 2011. À Benghazi aussi, on pouvait dire que la révolte était « populaire ». Pourtant elle était manipulée par l’Occident pour détruire la Libye. Même si je ne pense pas que la révolte de Hong Kong réussisse à détruire la Chine. La stratégie de l’impérialisme US n’est que celle de l’épine dans le pieds. Elle n’a pas les moyens de faire mieux, ou pire selon le camp que l’on choisi.

Mais, il me semble que ceux qui ont soutenu la Libye contre l’Occident devraient soutenir la Chine pour la même raison exactement.

Certes Kadhafi n’a jamais trahi et Mao Tsé Toung si, mais ce n’est pas une raison pour faire payer la Chine actuelle dans son ensemble pour la trahison de Mao il y a presque cinquante ans. Ce serait une vengeance aveugle qui ferait vraiment le jeu de l’impérialisme US dont tu dis comme le Che, et je suis absolument d’accord, qu’il est l’ennemi numéro 1.

J’ai envie de le redire : « La révolte de Hong Kong, si elle était du type prolétariene, se déploirait contre la bourgeoisie de Hong Kong, et PAS contre la Chine continentale. »

Bien à toi,
do
http://mai68.org

 

 

Répondre à ce message

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 16:03,

par Luniterre

Bonjour, camarade…
Tu as envie de le redire… : « La révolte de Hong Kong, si elle était du type prolétarienne, se déploirait contre la bourgeoisie de Hong Kong, et PAS contre la Chine continentale. »

Malheureusement cela va complètement à l’envers d’une analyse dialectique de la situation… :

C’est complètement méconnaitre le rôle de « plaque tournante financière » que la bourgeoisie maoïste a assigné à Hong Kong, et pas depuis hier, mais depuis 1972 !!! La « rétrocession » n’est qu’un épisode dans ce processus, mais qui n’en change pas la dynamique globale, celle d’une « passerelle-écluse » entre capitaux chinois continentaux et capitaux occidentaux, principalement US, avec évidemment un « éclusier » qui contrôle les niveaux d’entrée et de sortie, et qui se trouve être le capital financier chinois continental, contrôlé entièrement par le PCC.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

L’adversaire de classe principal du prolétariat en voie de formation à Hong Kong est donc bien la bourgeoisie « rouge » de Pékin, et non pas la bourgeoisie résiduelle et supplétive de Hong Kong, qui reste là pour la forme, nécessaire tant que ce système « Shanghai-Hong Kong Stock Connect » a encore une utilité pour la bourgeoisie financière continentale.

Ce qui est donc appelé à disparaitre avec une intégration de plus en plus grande de la finance chinoise aux marchés internationaux.

Ce qui condamne donc la population laborieuse de Hong Kong à un exil, et des plus incertains, pour beaucoup, vu le « recyclage » économique que cela implique et la réduction, et même la disparition inévitable de la plupart des activités économiques actuelles de Hong Kong.

Carrie Lam n’est que le relai de Pékin, dans cette « transition », et les hongkongais ont raison de ne pas s’y tromper !

Luniterre

 

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 17:14, par do

Le prolétariat de Hong Kong n’est pas en formation, il est complètement formé depuis un bon bout de temps. J’en veux pour preuve la paye si basse et les « logements » dignes du film « La montagne sacrée » de Jodorowsky. D’ailleurs le prolétariat est si maltraité à Hong Kong qu’on pourrait se demander s’il ne s’agit pas de sous-prolétariat.

S’il s’agissait à Hong Kong d’une révolte du prolétariat et sous-prolétariat contre la « bourgeoisie rouge » de Chine continentale, depuis le mois de juin, date où elle a commencé, ça fait longtemps que cette révolte aurait gagné la majeure partie de la chine. Et la Chine serait peut-être même au bord de la révolution.

Tel n’est pas le cas. Il semble que le prolétariat de Chine continentale est hostile au mouvement de révolte qui secoue Hong Kong.

Par ailleurs, cela fait déjà un certain temps que la place financière de Hong Kong est dépassée par plusieurs autres villes de Chine dont Shangai. C’est peut-être pour cela, entre autres, que la bourgeoisie de Hong Kong veut que cette ville quitte la Chine et manipule sa petite bourgeoisie en ce sens dans cette révolte.

Bien à toi,
do
http://mai68.org

 

UNE RÉPONSE TML PROPOSÉE:

[Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 19:04, par Luniterre]

 

Quand je parle de « prolétariat en voie de formation » je ne parle pas du prolétariat en général, mais des nouvelles couches sociales qui se trouvent en voie de prolétarisation du fait de la politique financière chinoise.

Ce sont évidemment celles qui sont à l’origine de la révolte, tout comme les nouvelles catégories sociales en voie de prolétarisation sont à l’origine des « Gilets Jaunes » en France.

Sur les questions de fond, la politique financière chinoise est étudiée depuis pas mal de temps sur TML dans différents documents dont tu ne sembles pas avoir pris connaissance.

La question du système « Shanghai-Hong Kong Stock Connect » est abordée dans celui-ci:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

Il est évident que Hong Kong ne quittera pas la Chine…

La situation à Hong Kong et sur le continent est évidemment complètement différente et la problématique sociale aussi. Le capitalisme chinois connait encore un développement style « 30 glorieuses » qui pour l’instant laisse espérer une amélioration de son sort au prolétariat continental, alors que le prolétariat de Hong Kong se trouve directement impacté par la crise et l’évolution locale qui est donc bien différente et n’implique pas des revendications communes avec le continent, mais, au contraire, bien spécifiques à cette situation locale.

Plus le barrage médiatique évident des autorités >>> pas de solidarité possible dans ces conditions.

Luniterre

 

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

 

22 août 19:37,     par do

Tu dis : « La situation à Hong Kong et sur le continent est évidemment complètement différente et la problématique sociale aussi. Le capitalisme chinois connait encore un développement style « 30 glorieuses » qui pour l’instant laisse espérer une amélioration de son sort au prolétariat continental, alors que le prolétariat de Hong Kong se trouve directement impacté par la crise et l’évolution locale »

Conclusion : Le prolétariat de Hong Kong a intérêt à une intégration totale de Hong Kong avec la Chine et pas à une séparation. Donc, il ne participe pas au mouvement de révolte de Hong Kong qui réclame cette séparation.

A+
do
mai68.org

Répondre à ce message

 

 

UNE RÉPONSE TML PROPOSÉE:

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 20:45, par Luniterre

 

Je dis effectivement : « La situation à Hong Kong et sur le continent est évidemment complètement différente et la problématique sociale aussi »… etc

Conclusion : tu as donc déjà oublié ce qui s’est dit dans l’autre fil… :

Gilets Noirs, Gilets Jaunes, Hong Kong, France, contre le capital, un seul prolétariat !

21 août 18:31, par Luniterre 

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4206#forum3769

 

« En deux mots, la situation à Hong Kong et en France […et en Chine continentale aussi…] présente tout de même quelques différences essentielles…

Hong Kong est un cul de sac, une impasse totale, question avenir économique et social >>> quand le capital financier chinois aura fini de presser ce citron financier et commercial (pratiquement, très peu d’industrie locale, hors services) , il en jettera la peau et la population se trouvera définitivement paupérisée, si elle reste là >>> elle est donc condamnée à émigrer pour un avenir des plus incertains, en Chine continentale, où elle devra se faire une place à partir de zéro… Pas sûr qu’elle y soit forcément bien accueillie, de plus…

C’est pourquoi certains cèdent à ce genre de sirène[les manips US des manifs à HK], pensant qu’une intervention internationale permettrait de prolonger le statut spécial de cette enclave.

En réalité, couler rapidement cette enclave encore actuellement rentable pour le PCC, c’est aussi un moyen de pression possible pour l’occident >>> d’où ce genre de provocation. »

>>>l’intégration finale de HK au continent ne peut pas voir une « égalisation » des styles de vie, car HK n’a pas de ressources en dehors des activités financières et commerciales appelées à disparaître dans cette nouvelle configuration >>> émigration plus ou moins « forcée » !

Luniterre

 

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 23:41,    par do

Je ne vois pas en quoi l’intégration totale de Hong Kong à la chine l’empêcherait de continuer à être un place financière, comme l’est par exemple Shangai ? Et dans ce cas les Hongkongais bénéficieraient des mêmes lois que ceux de la Chine continentale, et seraient du coup moins exploités qu’actuellement, me semble-t-il ?

Mais si tel était le cas, si Hong Kong cessait d’être une place financière, et que les prolos de Hong Kong se retrouvent très très pauvres, je pense qu’alors des capitalistes chinois auraient forcément l’idée de délocaliser des usines de la Chine continentale vers Hong Kong pour bénéficier, dans un premier temps, de bas salaires. Du coup, si l’intégration est totale, les ouvriers de Hong Kong bénéficieront des mêmes avantages que ceux de Chine continentale, non ? et ils bénéficieront aussi des « trentes glorieuses » chinoises ? Et leurs salaires augmenteront, non ?

Je continue donc à penser, pour le moment, que le prolétariat hongkonguais a intérêt à l’intégration totale à la Chine.

C’est la bourgeoisie hongkongaise qui ne veut pas cette intégration.

A+
do
http://mai68.org

Répondre à ce message

 

 

UNE RÉPONSE TML PROPOSÉE:

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 02:33, par Luniterre

 

Bonsoir camarade;

Tu continue de penser… mais selon un mode idéaliste, c’est à dire qui ne tient pas compte des réalités pourtant connues et analysées, et que je t’ai déjà mentionné plusieurs fois:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

La place financière de HK n’a d’intérêt pour le capital chinois que dans le cadre du processus d’accumulation expliqué dans cette étude, et qui arrivera à son terme avec la mise « à niveau » des flux de capitaux entre la Chine et le reste du monde telle que ce type d' »écluse » financière ne sera plus nécessaire…

La bourse principale de la Chine est Shanghai, et la seconde, que les chinois ont déjà développé au cours de ce processus est Shenzhen qui se trouve à la distance faramineuse de 24 kilomètres de Hong Kong centre…!

Quant à « délocaliser » de l’industrie pour profiter de la chute du niveau de vie à HK, c’est un truc que les capitalistes chinois feraient certainement …s’il y avait là la moindre place pour y implanter de nouvelles usines, ce qui n’est évidemment pas le cas!

Selon les sources les services représentent plus de 92% de l’activité (incluant finance et commerce), l’industrie autour de 7% et l’agriculture moins de 1%.

Pour réindustrialiser sérieusement, il faudrait commencer par raser pas mal d’immeubles, et vu la hauteur moyenne à HK, cela fait beaucoup de monde en exil, déjà, rien que dans ce but…

Ne vois-tu pas l’impasse, pourtant évidente, si tu te penches un peu sur la question?

Penser, c’est déjà très bien, mais étudier concrètement le sujet n’est pas forcément inutile non plus…

Bien à toi,

Luniterre

 

 

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 12:43, par do

Bonjour,

Je ne vois pas ce qui empêche d’installer des machines à coudre dans des bureaux pour les transformer en usines à vêtements. Pareil pour des montres ou des ordinateurs, etc. Il n’y a pas besoin de raser des immeubles pour cela.

Bien à toi,
do
http://mai68.org

Répondre à ce message

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 14:15,     par Luniterre

 

Bonjour camarade,

Ton problème reste précisément que tu ne vois pas…

Ce genre d’activités est déjà celui de l’industrie actuelle à Hong Kong, et il a donc atteint ses limites, semble-t-il.

L’électronique, dans ces conditions, se limite au montage, sans possibilité réelle de produire les composants.

Pour développer, il faut des industries de base, voire de l’industrie lourde.

On en revient donc au même problème…!

Sincèrement, je pense qu’on a fait le tour de la question…

Amicalement,

Luniterre

Répondre à ce message

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 14:32, par do

Si Hong Kong cesse d’être une place financière, des bureaux vont se libérer et de nouvelles machines à coudre vont pouvoir les envahir, non ?

Amicalement,
do
http://mai68.org

Répondre à ce message

 

 

UNE RÉPONSE TML PROPOSÉE:

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 14:59,    par Luniterre

Camarade, il est pourtant bien connu que ce type de production a déjà atteint ses limites en Chine, et pas seulement à Hong Kong…!

La Chine en est déjà elle-même à « délocaliser » vers le Bangladesh ou d’autres pays, dont la main d’œuvre est encore à plus bas prix qu’à Hong Kong, qui a donc atteint ses limites, également, dans ce domaine, comme dans les autres qui lui étaient accessibles.

L’avenir de Hong Hong est des plus limités pour ses habitants des classes populaires et moyennes, et que ce soit sous le capitalisme chinois ou le capitalisme occidental, qui les manipule effectivement sans vraiment proposer d’alternative réelle, et pour cause…

Une seule solution : la Révolution !

Contre le capitalisme, qu’il soit chinois ou occidental !!!

Luniterre

 

 

 

 

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Algérie: Résistance anti-système sans faille! – Soudan: une solution « provisoire » finalement négociée!

 

 

 

 

Des Algériens manifestent contre le pouvoir à Alger, le 5 juillet 2019

AFP / RYAD KRAMDI Des Algériens manifestent contre le pouvoir à Alger, le 5 juillet 2019

 

A Alger, les manifestants refusent massivement « l’appel au dialogue » du pouvoir  « civil » de Bensalah, caution du pouvoir militaire.

Une foule immense a défilé dans les rues d’Alger malgré la chaleur et un important dispositif policier, lors du 20e vendredi de manifestations contre le pouvoir, rejetant une proposition de sortie de crise du président par intérim.

Mercredi, le président par intérim Abdelkader Bensalah a proposé la création d’une instance de dialogue pour organiser le scrutin, promettant que l’Etat et l’armée en seront absents.

Mais dès la fin de la prière hebdomadaire musulmane, les rues d’Alger ont été envahies par une foule dense, qui a marqué son rejet de cette proposition.

Depuis la démission du président algérien Abdelaziz Bouteflika le 2 avril sous la pression de la rue et de l’armée, la contestation refuse que le « système » en place organise l’élection présidentielle et réclame au préalable le départ de tous les anciens soutiens de l’ex-dirigeant, resté près de 20 ans au pouvoir.

Les slogans ont à nouveau ciblé le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée, et détenteur du pouvoir réel –selon la contestation et des observateurs– depuis le départ de M. Bouteflika.

« Gaïd Salah dégage », « Gaïd Salah est avec les traîtres », ont scandé les manifestants à l’adresse de celui qui a maintes fois refusé leurs revendications.

Les Algériens, dont le pays célébrait le 57e anniversaire de la guerre d’indépendance, sont sortis dans la rue à l’appel de personnalités voulant faire de ce 5 juillet un jour de manifestations massives « concrétisant la libération de l’Homme, après la libération de la patrie ».

Criant « Partez, libérez l’Algérie », les manifestants à Alger ont forcé un cordon de policiers à quelques mètres de l’esplanade de la Grande poste, bâtiment emblématique des rassemblements, a constaté un journaliste de l’AFP. Des témoins ont rapporté une dizaine d’arrestations parmi les manifestants.

Des manifestants dans les rues d'Alger, le 14 juin 2019. 

AFP / RYAD KRAMDI Des manifestants dans les rues d’Alger, le 14 juin 2019

 

– « Mêmes propositions » –

« Ils (le pouvoir) sont en train de reformuler les mêmes propositions. Leur seul objectif est de maintenir le système en place. Donc pas de dialogue dans ces conditions », a lancé une manifestante de 28 ans, Linda Hamrouche.

Un premier appel au dialogue, lancé début juin par M. Bensalah et limité à la classe politique, avait aussi reçu une fin de non-recevoir de la contestation.

La présidentielle, prévue le 4 juillet et rejetée par les manifestants, a été annulée faute de candidat.

https://scd.france24.com/fr/files_fr/imagecache/rfi_16x9_1024_578/article/image/algerie-manif8mars-mareehumaine.jpg

 

 

Alors que le délai de 90 jours prévu par la Constitution pour l’intérim expire théoriquement le 9 juillet, M. Bensalah a dit qu’il resterait à son poste jusqu’à l’élection d’un nouveau président.

Ali, 47 ans, compte manifester « jusqu’à l’élection d’un président légitime ». « On a réalisé un grand objectif: Bensalah ne conduira pas le dialogue, il est +out+ même s’il reste en poste. »

– « Libérez les détenus » –

Samedi, des partis politiques, des représentants de la société civile et des personnalités doivent tenir une réunion intitulée « Assises nationales du dialogue ».

Cette initiative « vise à mettre en place des mécanismes pour sortir de la crise et aller, dans des délais raisonnables, vers l’organisation » d’une présidentielle, a déclaré l’ex-ministre Abdelaziz Rahabi.

Une autre revendication de la contestation est l’arrêt des arrestations, qualifiées d' »attaque flagrante contre la liberté d’expression » par l’ONG Amnesty International.

Vendredi, des dizaines de manifestants affichaient des tee-shirts « Libérez (Lakhdar) Bouregaâ », en référence au célèbre vétéran de la guerre d’indépendance, incarcéré dimanche notamment pour « atteinte au moral des troupes ».

« Quand on arrive à mettre en prison un héros de la guerre quelques jours avant (l’anniversaire de) l’indépendance, c’est qu’il ne reste plus rien à espérer de ce pouvoir », juge Lila Bouregaâ, nièce de l’ancien combattant.

Les protestataires ont également appelé à libérer les personnes emprisonnées pour avoir brandi le drapeau berbère, interdit par M. Gaïd Salah.

Des échauffourées ont émaillé la fin de la manifestation à Alger quand des policiers ont arraché des drapeaux berbères des mains de manifestants ou ceux accrochés au sommet des réverbères près de la Grande poste.

Pour se replier, des policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes. Les manifestants ont riposté en leur lançant des bouteilles d’eau vide. Le cortège s’est ensuite dispersé, à l’image des manifestations ayant eu lieu dans 21 des 48 régions algériennes, selon l’agence de presse APS.

D’autres manifestations sont prévues en soirée dans le sud du pays.

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/alger-les-manifestants-refusent-massivement-lappel-au-dialogue-du-pouvoir-doc-1ic3y76

 

https://static.lematin.ma/files/lematin/images/articles/2019/07/8434bc5d0599f483eab07b9a0cf72038.jpg

 

 

Manifestation en Algérie : forte mobilisation attendue pour la fête de l’indépendance

 

 

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Khartoum en liesse après un accord de transition entre généraux et contestataires

 

Khartoum en liesse après un accord de transition entre généraux et contestataires

AFP / ASHRAF SHAZLY Des Soudanais célèbrent l’accord entre la contestation et les militaires, à Khartoum, le 5 juillet 2019

Des centaines de Soudanais ont laissé éclater leur joie vendredi dans les rues de Khartoum, après la conclusion d’un accord entre le pouvoir et la contestation sur une instance de transition, premier signe de sortie de crise après des mois de tensions.

« Le sang des martyrs n’a pas coulé pour rien », ont clamé les manifestants en référence aux victimes de la répression des manifestations.

Après deux nuits de négociations, le Conseil militaire, au pouvoir depuis la destitution du président Omar el-Béchir le 11 avril, et les meneurs du mouvement de protestation se sont accordés sur une présidence alternée de la future instance appelée à diriger la transition pendant trois ans.

C’était le principal point de discorde qui avait abouti à la suspension des discussions en mai.

 

 

 

 

AFP / Les dates clés de la crise politique au Soudan

La tension s’était accrue avec la dispersion le 3 juin d’un sit-in devant le siège de l’armée à Khartoum, faisant des dizaines de morts parmi les manifestants et provoquant un tollé international.

« Nous avons traversé une phase difficile. Nous avons souvent eu le sentiment que notre révolution avait été détournée, mais aujourd’hui nous pouvons célébrer notre victoire », s’est félicité Mohamed Hussein.

Aucun membre des forces de sécurité ou des paramilitaires des redoutées Forces de soutien rapide (RSF) n’était présent pendant ces défilés.

– « Percée » –

L’Union européenne (UE) a salué comme « une percée » l’accord et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé, dans un communiqué, « toutes les parties prenantes à assurer la mise en œuvre rapide, inclusive et transparente de l’accord et à résoudre les problèmes en suspens par la voie du dialogue ».

C’est grâce à des médiateurs éthiopiens et de l’Union africaine (UA) que les deux parties avaient repris le dialogue mercredi.

 

 

Des Soudanais célèbrent l'accord entre la contestation et les militaires, à Khartoum, le 5 juillet 2019

 

 AFP / ASHRAF SHAZLY Des Soudanais célèbrent l’accord entre la contestation et les militaires, à Khartoum, le 5 juillet 2019

« Les deux camps se sont mis d’accord sur l’instauration d’un Conseil souverain, avec une alternance entre les militaires et les civils, pour une période de trois ans ou un peu plus », a dit le médiateur de l’UA, Mohamed El-Hacen Lebatt, lors d’une conférence de presse.

Les militaires vont d’abord présider la transition pendant 21 mois et les civils prendront la relève durant 18 mois, pour une période totale de trois ans et trois mois, selon l’Association des professionnels soudanais (SPA), acteur majeur de la contestation.

Le Conseil souverain sera composé de cinq militaires et six civils, dont cinq issus de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC).

En conférence de presse, des leaders de l’ALC ont assuré que l’accord final, qui va être rédigé par un comité d’experts, pourrait être signé la semaine prochaine, lors d’une cérémonie à laquelle seront conviés des chefs d’Etat.

Ils ont également indiqué que la liste des candidats de l’ALC pour le Conseil souverain et le poste de Premier ministre était prête à être dévoilée la semaine prochaine.

Après trois décennies marquées par le pouvoir autoritaire d’Omar el-Béchir, Amnesty International a espéré que l’accord constituerait un pas vers « la fin des crimes horribles » perpétrés contre le peuple soudanais.

« Cet accord doit être jugé par la manière dont ceux qui ont le pouvoir maintenant prendront leurs responsabilités pour respecter les droits fondamentaux du peuple », assène l’ONG dans un communiqué.

– « Nouvelle phase » –

L’accord a été salué par les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite, deux grands soutiens du Conseil militaire.

Il s’agit d’une « étape importante » qui pourrait ouvrir la voie à « une nouvelle phase de sécurité et de stabilité » pour le Soudan, selon la diplomatie saoudienne.

Le numéro deux du Conseil militaire, le général Mohammed Hamdan Daglo, surnommé « Hemeidti », a déclaré vouloir « rassurer toutes les forces politiques (…) et tous ceux qui ont participé au changement » que l' »accord n’exclura personne ».

https://www.corsematin.com/media_corsematin/imagecache/cm-article-fullscreen-625xauto/afp/2019-07/2019-07-05/227b7caf4316bb876d4d2731533feda7f5eb5e05_xwh_1800x1189_xwh.jpg

AFP / ASHRAF SHAZLY Des Soudanais célèbrent l’accord entre la contestation et les militaires, à Khartoum, le 5 juillet 2019

Les deux camps se sont aussi mis d’accord pour « une enquête minutieuse, transparente, nationale et indépendante, sur les différents incidents violents malheureux des dernières semaines », a affirmé M. Lebatt.

La contestation réclamait depuis des semaines une enquête indépendante et internationale sur la dispersion du sit-in. Les généraux avaient refusé.

Depuis le 3 juin, la répression a fait 136 morts, dont une centaine dans la seule dispersion du sit-in, selon un comité de médecins proche de la contestation. Les autorités parlent de 71 morts depuis la même date.

Avant le 3 juin, des dizaines de personnes avaient été tuées dans la répression des manifestations, déclenchées le 19 décembre pour protester contre le triplement du prix du pain, avant de se transformer en contestation du régime de M. Béchir.

https://www.afp.com/fr/infos/334/khartoum-en-liesse-apres-un-accord-de-transition-entre-generaux-et-contestataires-doc-1id3vf3

 

 

 

Marxisme-Léninisme, Marx, Lénine, ML, en deux mots, c’est quoi? (Partie 2)

 

 

 

 

 

 

Marxisme-léninisme,

Marx, Lénine, ML,

en deux mots, c’est quoi?

(Partie 2)

 

Comme on l’a vu dans la première partie de notre exposé,

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/17/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-1/

le premier but politique du marxisme, tant à l’époque de Marx que de celle de Lénine, c’est la Révolution Prolétarienne, c’est à dire la rupture d’avec le capitalisme, par une étape de transition socialiste fondée sur la dictature du prolétariat. Terme qui n’a réellement son sens que par une transformation radicale des rapports de production et de toutes les superstructures de la société en fonction des besoins sociaux du prolétariat et de l’ensemble des classes populaires.

Mais on le voit bien, tant à propos des USA qui continuent à vouloir régenter le monde selon leurs intérêts, qu’à propos de la Chine, qui conteste ce leadership en avançant partout ses propres intérêts économiques et financiers, la différence entre l’époque de Marx et la notre, c’est la prégnance exponentielle du capitalisme financier sur l’économie de la planète.

Or, depuis l’époque de Lénine, précisément, la domination du capital financier est associée à la notion d’impérialisme, un autre mot qui fâche… Quoi que nettement moins que le concept de dictature du prolétariat, chacun pouvant, dans le langage courant, renvoyer à l’autre l’épithète d’ « impérialiste », pour fustiger sa domination, tout comme il est courant de lancer l’épithète de « fasciste » à propos de tout comportement un tant soit peu autoritaire…

Il importe donc de préciser la définition ces notions, considérées à l’aune des fondamentaux du marxisme-léninisme, qui sont, de plus, une des sources reconnues de ces définitions.

Lénine, reprenant et synthétisant les travaux de Hilferding, définit la constitution du capital financier, à son époque, comme une conséquence inéluctable de la formation des monopoles, avec le développement des forces productives, et devant inévitablement aboutir à la constitution d’une oligarchie financière :

1.       « Une part toujours croissante du capital industriel, écrit Hilferding, n’appartient pas aux industriels qui l’utilisent. Ces derniers n’en obtiennent la disposition que par le canal de la banque, qui est pour eux le représentant des propriétaires de ce capital. D’autre part, force est à la banque d’investir une part de plus en plus grande de ses capitaux dans l’industrie. Elle devient ainsi, de plus en plus, un capitaliste industriel. Ce capital bancaire -c’est-à-dire ce capital-argent- qui se transforme ainsi en capital industriel, je l’appelle « capital financier ». « Le capital financier est donc un capital dont disposent les banques et qu’utilisent les industriels.« 

2.       Cette définition est incomplète dans la mesure où elle passe sous silence un fait de la plus haute importance, à savoir la concentration accrue de la production et du capital, au point qu’elle donne et a déjà donné naissance au monopole. Mais tout l’exposé de Hilferding, en général, et plus particulièrement les deux chapitres qui précèdent celui auquel nous empruntons cette définition, soulignent le rôle des monopoles capitalistes.

3.       Concentration de la production avec, comme conséquence, les monopoles; fusion ou interpénétration des banques et de l’industrie, voilà l’histoire de la formation du capital financier et le contenu de cette notion.

4.       Il nous faut montrer maintenant comment la « gestion » exercée par les monopoles capitalistes devient inévitablement, sous le régime général de la production marchande et de la propriété privée, la domination : d’une oligarchie financière. »

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme

Chapitre III. LE CAPITAL FINANCIER ET L’OLIGARCHIE FINANCIÈRE


Pour autant, s’il prend évidemment une forme et une puissance nouvelle, déjà décuplée, à l’époque de Lénine, le capital financier n’est pas un phénomène nouveau en soi, pas plus que son influence sur la constitution d’une oligarchie.

Il a, dès l’origine de la formation du capitalisme, un rôle pivot essentiel à l’intersection du capital commercial et du capital bancaire. C’est ce que Marx observait déjà à propos de l’accumulation primitive du capital :

« Les différentes méthodes d’accumulation primitive que l’ère capitaliste fait éclore se partagent d’abord, par ordre plus ou moins chronologique, le Portugal, l’Espagne, la Hollande, la France et l’Angleterre, jusqu’à ce que celle-ci les combine toutes, au dernier tiers du XVII° siècle, dans un ensemble systématique, embrassant à la fois le régime colonial, le crédit public, la finance moderne et le système protectionniste. »

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

 

Marx avait déjà nettement une conscience historique de l’origine ancienne et même moyenâgeuse du capital financier :

« Avec les dettes publiques naquit un système de crédit inter­national qui cache souvent une des sources de l’accumulation primitive chez tel ou tel peuple. C’est ainsi, par exemple, que les rapines et les violences vénitiennes forment une des bases de la richesse en capital de la Hollande, à qui Venise en décadence prêtait des sommes considérables. A son tour, la Hollande, déchue vers la fin du XVII° siècle de sa suprématie industrielle et commer­ciale, se vit contrainte à faire valoir des capitaux énormes en les prêtant à l’étranger et, de 1701 à 1776, spécialement à l’Angleterre, sa rivale victorieuse. Et il en est de même à présent de l’Angleterre et des États-Unis. Maint capital qui fait aujourd’hui son apparition aux États-Unis sans extrait de naissance n’est que du sang d’enfants de fabrique capitalisé hier en Angleterre. »

(…)

« Le système du crédit public, c’est-à-dire des dettes publiques, dont Venise et Gênes avaient, au moyen âge, posé les premiers jalons, envahit l’Europe définitivement pendant l’époque manufacturière. Le régime colonial, avec son commerce maritime et ses guerres commerciales, lui servant de serre chaude, il s’installa d’abord en Hollande. La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. Il n’y a donc pas à s’étonner de la doctrine moderne que plus un peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit public, voilà le credo du capital. Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l’incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnables. »

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

« Marx, Gilet Jaune ! », serait-on tentés de s’exclamer… S’ils font, incidemment, du « marxisme », toutefois, nos Gilets Jaunes sont un peu comme M. Jourdain, qu faisait de la prose sans le savoir, et donc, sans réellement déranger le « bourgeois gentilhomme » qui nous gouverne  !

Quoi qu’il en soit, ce n’est donc pas d’un phénomène entièrement nouveau, dont Lénine nous parle, mais bien d’un saut qualitatif dans son rôle économique et social.

Dans la deuxième moitié du XXème, siècle avec les travaux historiques du français Fernand Braudel et d’autres, l’origine historique du capital financier a même pu être tracée avec plus de précision, jusqu’à l’étymologie elle-même du mot « Bourse », sur une place de Bruges où se situait l’auberge « Ter Buerse », éponyme de la famille propriétaire, Van der Buerse. C’était évidemment le lieu de rencontre pour les affaires importantes en ce temps… (fin XIIIème et XIVème siècle). D’autres traces, encore plus anciennes (XII ème siècle), se trouvaient à Paris, sur le « Grand Pont » de l’Île de la Cité remplacé depuis par le Pont au Change, dont le nom reste évocateur de ses fonctions passées.

Ce dont Lénine nous parle, ce n’est donc pas d’un phénomène nouveau en soi, mais bien nouveau, néanmoins, par la constitution d’une nouvelle oligarchie financière au sein même de la bourgeoisie déjà devenue la classe dominante dans la plupart des pays où s’est opérée la révolution industrielle.

C’est avec la révolution industrielle, avec l’essor du capitalisme productif industriel, que la bourgeoisie devient réellement une classe dominante hégémonique, mais ce n’est que pendant les toutes premières décennies de cette révolution que le capitaliste industriel semble à lui seul sur le point de réellement dominer la société.

Car très vite les progrès rapides de la technologie et la rationalisation des processus de production qui en découlent sont un tel enjeu de concurrence entre capitalistes qu’ils mènent non seulement à la concentration de la production, mais finalement au monopole lui-même, par la nécessité des moyens financiers gigantesques qu’ils mettent en jeu, y compris et d’abord, pour poursuivre le processus « progrès technique-concentration », et qui dépassent ceux générés par chaque industriel séparément, aussi inventif et créatif soit-il. C’est là que le capital-argent, par le truchement du banquier, reprend le dessus sur l’industriel et institue, jusqu’à ce jour, la domination du banquier sur l’industriel proprement dit.

Ce que Lénine résume par cette définition :

« 2.      Si l’on devait définir l’impérialisme aussi brièvement que possible, il faudrait dire qu’il est le stade monopoliste du capitalisme. Cette définition embrasserait l’essentiel, car, d’une part, le capital financier est le résultat de la fusion du capital de quelques grandes banques monopolistes avec le capital de groupements monopolistes d’industriels; et, d’autre part, le partage du monde est la transition de la politique coloniale, s’étendant sans obstacle aux régions que ne s’est encore appropriée aucune puissance capitaliste, à la politique coloniale de la possession monopolisée de territoires d’un globe entièrement partagé.

3.      Mais les définitions trop courtes, bien que commodes parce que résumant l’essentiel, sont cependant insuffisantes, si l’on veut en dégager des traits fort importants de ce phénomène que nous voulons définir. Aussi, sans oublier ce qu’il y a de conventionnel et de relatif dans toutes les définitions en général, qui ne peuvent jamais embrasser les liens multiples d’un phénomène dans l’intégralité de son développement, devons-nous donner de l’impérialisme une définition englobant les cinq caractères fondamentaux suivants : 1) concentration de la production et du capital parvenue à un degré de développement si élevé qu’elle a créé les monopoles, dont le rôle est décisif dans la vie économique; 2) fusion du capital bancaire et du capital industriel, et création, sur la base de ce « capital financier », d’une oligarchie financière; 3) l’exportation des capitaux, à la différence de l’exportation des marchandises, prend une importance toute particulière; 4) formation d’unions internationales monopolistes de capitalistes se partageant le monde, et 5) fin du partage territorial du globe entre les plus grandes puissances capitalistes. L’impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s’est affirmée la domination des monopoles et du capital financiers, où l’exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s’est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes. »

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme

Chapitre VII. L’IMPÉRIALISME, STADE PARTICULIER DU CAPITALISME

 

Il est donc clair, dès l’époque de Lénine, que la caractéristique essentielle de l’impérialisme est l’exportation de capitaux, et non plus l’exportation de marchandises, ni même le colonialisme au premier degré :

« 1.       Ce qui caractérisait l’ancien capitalisme, où régnait la libre concurrence, c’était l’exportation des marchandises. Ce qui caractérise le capitalisme actuel, où règnent les monopoles, c’est l’exportation des capitaux. »

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme

Chapitre IV. L’EXPORTATION DES CAPITAUX

 

Bien évidemment la base économique d’une nation impérialiste reste son secteur productif, secteur originel de son développement, et notamment par les exportations de produits manufacturés de haute technologie, mais arrive un stade ou la rentabilité des capitaux exportés lui permet de continuer à dominer, même avec une balance commerciale déficitaire… Et cela se comprend d’autant mieux qu’une grande partie des produits importés sont en quelque sorte à la fois le produit et le retour, et sous une autre forme, et en plus des bénéfices, des capitaux exportés.

C’est le cas des USA, actuellement, et y compris dans leurs relations avec la Chine, où ils ont encore de nombreux investissements, d’où proviennent aussi, en retour, une partie des exportations chinoises qui creusent formellement le déficit commercial US.

Cependant la Chine, aujourd’hui, est non seulement exportatrice de produits industriels de plus haute technologie, mais aussi, globalement, exportatrice de capitaux, ayant également noué, non seulement avec les USA, mais avec bien d’autres pays, des systèmes de participations croisées, caractéristiques de son stade de développement, et qui la font rentrer dans le concert dissonant des nations impérialistes.

Sa phase d’intégration au marché mondial, depuis les accords Mao-Nixon, en 1972, a suivi très exactement le cours décrit par Hobson, au début du siècle, et repris en citation par Lénine dans son ouvrage de 1916, à cette nuance près, évidemment, que les USA ont pris le leadership impérialiste à l’Europe, entre temps…. Le décalage temporel résultant de la « parenthèse » due à l’influence progressiste de l’URSS, à laquelle Mao a mis fin très vite, une fois au pouvoir, au point de passer ouvertement dans le camp impérialiste à la suite de sa prétendue « grande révolution culturelle prolétarienne » :

« 12.       La perspective du partage de la Chine provoque chez Hobson l’appréciation économique que voici:

« Une grande partie de l’Europe occidentale pourrait alors prendre l’apparence et le caractère qu’ont maintenant certaines parties des pays qui la composent: le Sud de l’Angleterre, la Riviera, les régions d’Italie et de Suisse les plus fréquentées des touristes et peuplées de gens riches – à savoir: de petits groupes de riches aristocrates recevant des dividendes et des pensions du lointain Orient, avec un groupe un peu plus nombreux d’employés professionnels et de commerçants et un nombre plus important de domestiques et d’ouvriers occupés dans les transports et dans l’industrie travaillant à la finition des produits manufacturés. Quant aux principales branches d’industrie, elles disparaîtraient, et la grande masse des produits alimentaires et semi-ouvrés affluerait d’Asie et d’Afrique comme un tribut. »

« Telles sont les possibilités que nous offre une plus large alliance des Etats d’Occident, une fédération européenne des grandes puissances: loin de faire avancer la civilisation universelle, elle pourrait signifier un immense danger de parasitisme occidental aboutissant à constituer un groupe à part de nations industrielles avancées, dont les classes supérieures recevraient un énorme tribut de l’Asie et de l’Afrique et entretiendraient, à l’aide de ce tribut, de grandes masses domestiquées d’employés et de serviteurs, non plus occupées à produire en grandes quantités des produits agricoles et industriels, mais rendant des services privés ou accomplissant, sous le contrôle de la nouvelle aristocratie financière, des travaux industriels de second ordre. Que ceux qui sont prêts à tourner le dos à cette théorie » (il aurait fallu dire: a cette perspective) « comme ne méritant pas d’être examinée, méditent sur les conditions économiques et sociales des régions de l’Angleterre méridionale actuelle, qui en sont déjà arrivées à cette situation. Qu’ils réfléchissent à l’extension considérable que pourrait prendre ce système si la Chine était soumise au contrôle économique de semblables groupes de financiers, de « placeurs de capitaux » (les rentiers), de leurs fonctionnaires politiques et de leurs employés de commerce et d’industrie, qui drainent les profits du plus grand réservoir potentiel que le monde ait jamais connu, afin de les consommer en Europe. Certes, la situation est trop complexe et le jeu des forces mondiales trop difficile à escompter pour que ladite ou quelque autre prévision de l’avenir dans une seule direction puisse être considérée comme la plus probable. Mais les influences qui régissent à l’heure actuelle l’impérialisme de l’Europe occidentale s’orientent dans cette direction, et si elles ne rencontrent pas de résistance, si elles ne sont pas détournées d’un autre côté, c’est dans ce sens qu’elles joueront. [HOBSON: ouvr. cité, pp. 103, 205, 144, 335, 386.] »

13.       L’auteur a parfaitement raison: si les forces de l’impérialisme ne rencontraient pas de résistance, elles aboutiraient précisément à ce résultat. La signification des « Etats-Unis d’Europe » dans la situation actuelle, impérialiste, a été ici très justement caractérisée. Il eût fallu seulement ajouter que, à l’intérieur du mouvement ouvrier également, les opportunistes momentanément vainqueurs dans la plupart des pays, « jouent » avec système et continuité, précisément dans ce sens. L’impérialisme, qui signifie le partage du monde et une exploitation ne s’étendant pas uniquement à la Chine, et qui procure des profits de monopole élevés à une poignée de pays très riches, crée la possibilité économique de corrompre les couches supérieures du prolétariat; par là même il alimente l’opportunisme, lui donne corps et le consolide. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, ce sont les forces dressées contre l’impérialisme en général et l’opportunisme en particulier, forces que le social-libéral Hobson n’est évidemment pas en mesure de discerner. »

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme

Chapitre VIII. LE PARASITISME ET LA PUTRÉFACTION DU CAPITALISME

 

A présent cette phase d’intégration de type comprador et néo-coloniale est pour l’essentiel terminée et le capitalisme monopoliste d’Etat chinois se pose clairement en challenger de son ex-tuteur financier, l’impérialisme US. Ce qu’illustrent parfaitement les tensions commerciales et diplomatiques entre ces deux frères ennemis.

Mettre l’accent sur les guerres commerciales et financières que se livrent les états impérialistes ne doit pas pour autant nous faire oublier leurs infrastructures et bases militaro-industrielles.

En effet, si hors du continent Nord-Américain lui-même, le colonialisme au premier degré par la puissance US s’est essentiellement manifesté aux Philippines et à Cuba, à l’aube du siècle dernier, c’est néanmoins l’interventionnisme militaire direct qui a le plus souvent permis, depuis, d’imposer le néo-colonialisme à la mode US.

Et l’influence décisive de sa puissance financière à travers le monde ne serait certainement pas ce qu’elle est sans les bases militaires qu’elle s’y est octroyée, à peu près partout. Néanmoins, sur le terrain économique, le néo-colonialisme reste une affaire d’investissement financiers, d’exportation de capitaux. Il en va de même pour la France, avec sa zone d’influence néo-coloniale « Françafrique ».

Comme le soulignait Lénine :

« 14.   La politique coloniale et l’impérialisme existaient déjà avant la phase contemporaine du capitalisme, et même avant le capitalisme. Rome, fondée sur l’esclavage, faisait une politique coloniale et pratiquait l’impérialisme. Mais les raisonnements « d’ordre général » sur l’impérialisme, qui négligent ou relèguent à l’arrière-plan la différence essentielle des formations économiques et sociales, dégénèrent infailliblement en banalités creuses ou en rodomontades, comme la comparaison entre « la Grande Rome et la Grande-Bretagne« . Même la politique coloniale du capitalisme dans les phases antérieures de celui-ci se distingue foncièrement de la politique coloniale du capital financier. »

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme

Chapitre VI. LE PARTAGE DU MONDE ENTRE LES GRANDES PUISSANCES

Toutefois, l’aspect « pacifiste » de l’expansionnisme financier chinois ne doit pas faire illusion. La Chine a prouvé, notamment dans les nombreuses îles disséminée entre le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei, qu’elle était déterminée à imposer ses revendications territoriales par la force, en dépit de leur caractère manifestement abusif. Et cela dans une région particulièrement stratégique, tant en termes de ressources maritimes, halieutiques et minières sous-marines, qu’en termes de trafic maritime commercial, soit 60 000 navires, ce qui représente trois fois le trafic du canal de Suez, six fois celui de Panama, et en termes de fret, équivaut au quart du commerce mondial.

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Si les ambitions militaires de la Chine, dans d’autres régions du globe, restent limitées, elles sont simplement à la mesure du rapport de force, qui lui indiquent de privilégier l’expansionnisme financier, soutenu par une réserve monétaire importante.

Le cas du fascisme allemand et italien, ainsi que de l’expansionnisme japonais, à l’époque précédant la seconde guerre mondiale, était effectivement différent et atypique par rapport à la définition de l’impérialisme moderne. Il s’agissait de nations ayant atteint un grand niveau de développement économique et industriel sans toutefois avoir eu part aux partages coloniaux précédents en proportion de leur puissances et se sont trouvées des voies directes de compensations militaires, sur un mode particulièrement barbare et rétrograde, ce qui a donc précipité leur échec.

Compte tenu de la part des intérêts qu’elles ont encore en commun, les deux première puissances mondiales actuelles, USA et Chine, n’ont pas réellement de raison immédiate d’en venir à un conflit armé ouvert, mais on ne saurait l’exclure, à plus long terme.

En comparaison de la « discrétion » relative de l’impérialisme chinois, l’activisme militaire russe peut paraître disproportionné, et, de fait, il constitue un prétexte commode aux critiques de tous bords, sinon unanimes, en Occident, pour parler d’ « impérialisme russe », or, en tout et pour tout, en dehors des interventions de soutien à ses proches alliés, la Russie n’a fait que récupérer la modeste presqu’île de Crimée, certes stratégique, mais qui lui avait été indûment retirée par la politique calamiteuse de Khrouchtchev, à l’époque de l’URSS. Non seulement cela ne justifie en rien l’épithète d’ « impérialiste », la concernant, mais il convient précisément, à l’aune des fondamentaux du ML, de remettre les choses en proportion, concernant le « militarisme » de la Russie :

Pour 2017, le budget de l’armée US représente à lui seul 40% du budget militaire total de la planète ! Et il est plus que douze fois supérieur à celui de la Russie ! Qui est lui-même inférieur à celui de la France, grande donneuse de leçons et pourvoyeuse de conflits à travers le monde, et en Afrique, notamment !

http://www.lepoint.fr/monde/budget-militaire-la-france-depensera-plus-que-la-russie-en-2017–12-12-2016-2089696_24.php

http://hist.science.online.fr/storie/politiq_incorrect/PaxAmericana/puissance-militaire.htm

La Russie a effectivement hérité du passé soviétique une industrie militaire d’un bon niveau et a réussi à la rendre à nouveau fonctionnelle, avec en réalité peu de moyens. Ce qui est simplement une nécessité pour sa survie, dans le contexte international actuel, et nullement une preuve de volonté « expansionniste ».

Ce meilleur rapport coût/efficacité est d’ailleurs reconnu et envié jusqu’au sein de l’armée US elle-même…

http://pqasb.pqarchiver.com/mca-members/doc/1868134384.html?FMT=TG

Le véritable impérialisme, effectivement, ne peut aller sans gâchis matériel, financier, et humain, en fin de compte !

Voilà donc pour l’ « impérialisme militaire »…

Quid de l’ « impérialisme financier » de la Russie ?

Si le budget militaire US représente à lui seul 40% du budget militaire mondial, il en va de même déjà simplement pour la capitalisation boursière située aux USA, qui représente donc également 40% du total mondial. Sur l’ensemble mondial des titres financiers, ce sont largement plus de 50% qui sont contrôlés par des américains…

Par comparaison, la capitalisation boursière de la Chine, son challenger, équivaut à 40% …de celle des USA, soit environ 16% du total mondial.

La capitalisation boursière de la Russie, pour sa part, représente moins de 1,5% de la capitalisation US, soit aux environs de 0,6% du total mondial !

Une seule entreprise américaine, comme Apple, représente à elle seule plus du double de la capitalisation boursière totale en Russie… !

Et qu’en est-il de l’exportation « massive » de capitaux russes qui devrait être la manifestation essentielle de cet « expansionnisme » dévergondé… ?

Comparons les chiffres chinois et russes pour l’année 2016 :

La Chine a exporté en 2016 pour 183 Milliards de Dollars de capitaux, et en a importé 133, soit un différentiel POSITIF, pour l’export, de 50 Mds de Dollars.

https://www.tradesolutions.bnpparibas.com/fr/implanter/chine/investir

Cette même année, la Russie a importé en tout moins de 33 Milliards de Dollars, et n’en a exporté que 22, soit un solde NÉGATIF de près de 11 Mds.

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/File/438470

Et encore, selon la source, environ 70% de ces 22 Mds exportés le sont vers des « zones à fiscalité privilégiée », et ne sont donc pas réellement de l’investissement productif. Plutôt de l’évasion fiscale, en termes moins diplomatiques…

Autant dire, en dépit de quelques cas spectaculaires manifestement montés en épingle par la propagande médiatique occidentale, que l’ « exportation » de capitaux russes, déjà basicalement déficitaire, est donc en réalité carrément à considérer comme négligeable, du point de vue des critères qui en feraient l’expression d’un « impérialisme russe ».

Comment donc peut on considérer un pays, certes capitaliste, mais qui n’exporte quasiment pas de capitaux et dont la capitalisation boursière est des plus réduites, surtout en proportion de sa taille et de son importance géostratégique, à l’échelle d’un continent ?

Ses seules ressources économiques conséquentes reposent sur l’exportation de ses matières premières, et non pas sur leur transformation, et effectivement sur l’exportation d’armes, la seule industrie de pointe qu’elle a réussi à sauver de la débâcle finale de l’URSS sous Gorbatchev et Eltsine. Et qui la sauve plus que probablement d’être néo-colonisée par l’Occident.

 

Il s’agit donc d’un pays capitaliste, certes, mais non pas encore arrivé au stade impérialiste, et même loin de là, si l’on considère le laps de temps qu’il a fallu à la Chine pour atteindre ce stade, près d’un demi-siècle, et dans un cadre économique largement plus favorable.

 

Le cas de la Russie, pour spectaculaire qu’il soit, en raison de sa taille, le plus grand pays du monde, et de son importance géostratégique évidente, n’est pourtant pas unique. Et l’on retrouve, à des échelles évidemment très variables, cette situation de bourgeoisie nationale luttant pour conserver son indépendance, et généralement et principalement, face à l’impérialisme US, quoi que d’autres puissances impérialistes, dont la France, ne dédaignent pas d’intervenir en charognards pour tenter de profiter des zones de conflits ainsi créées, comme en Syrie.

 

Outre la Syrie, qui tente vaillamment de survivre en tant qu’Etat indépendant, la liste est désormais assez longue : Iran, Irak, Yémen, Venezuela, Nicaragua, etc… sans oublier la Palestine, qui reste, au XXI ème siècle, un des derniers cas de colonialisme au premier degré, et validé, néanmoins, par la majorité des pays occidentaux.

 

Il est clair que la situation des prolétaires de ces pays est particulièrement complexe, car ils doivent à la fois lutter pour améliorer leurs conditions de vie, y compris face à leur bourgeoisie nationale, et faire front contre l’impérialisme.

Ce que l’histoire prouve, c’est que collaborer avec l’impérialisme, contre leur propre bourgeoisie nationale, cela ne fait systématiquement qu’empirer la situation et repousser encore plus loin tout espoir d’émancipation sociale.

 

Ce que l’histoire prouve également, c’est qu’il ne doivent jamais renoncer à l’indépendance de leurs organisations de classe, parti, syndicats et autres organisations de masse et de lutte. Là où de telles organisations n’existent pas, leur priorité est de les créer, de manière tout à fait autonome, tout en s’impliquant dans la lutte de libération nationale, si une telle lutte est possible.

 

Des objectifs communs avec la bourgeoisie nationale peuvent amener des compromis tactiques de type « front uni », mais il faut toujours garder à l’esprit que les objectifs stratégiques diffèrent, à plus long terme, et ne pas entretenir ni cultiver d’illusions, ne pas confondre les étapes, celle de la lutte anti-impérialiste et celle de la révolution socialiste, y compris lorsque la bourgeoisie nationale se pare du titre de « socialiste » dans le but d’élargir sa base et d’endormir les revendications sociales.

 

Dans les pays impérialistes les prolétaires en lutte doivent non seulement combattre leur propre bourgeoisie en tant que bourgeoisie capitaliste et impérialiste, mais aussi manifester activement leur solidarité avec les peuples du monde en lutte contre l’impérialisme, que ce soit l’impérialisme US, un autre, ou même le leur ! Ces manifestations de solidarité sont d’autant plus utiles et importantes que c’est l’affaiblissement général de l’impérialisme qui crée des situations locales où une révolution devient possible. C’est aussi une des leçons essentielles de l’histoire.

Les prolétaires des pays impérialistes doivent non seulement éviter de tomber dans le piège de soutenir leur propre impérialisme contre les peuples opprimés, mais ils doivent aussi éviter de tomber dans le piège du social-chauvinisme qui consiste à s’illusionner sur le caractère « national » de leur propre bourgeoisie et être tentés par un compromis quel qu’il soit, tactique ou stratégique, avec leur propre bourgeoisie.

 

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale il n’existe plus de « bourgeoisie nationale » dans aucun des grands pays d’Europe occidentale, et notamment pas, en France. C’est encore une leçon de l’histoire, et simplement, de plus, aujourd’hui, un constat d’analyse.

 

La stratégie de front uni tactique contre le fascisme durant la deuxième guerre mondiale était non seulement justifiée, mais elle aurait du être assumée comme telle dès le début du conflit. Par contre, la mise en pratique qui en a finalement été faite a renoncé à l’autonomie politique du prolétariat et a passé avec la bourgeoisie, sous la forme du CNR, un compromis stratégique inadéquate, sauf pour la reconstitution de l’impérialisme français, ce qui s’est traduit, aussitôt la libération, par une reprise de l’agressivité colonialiste française, avec des milliers de morts à la clef, à commencer par ceux de Sétif, le 8 Mai 1945.

 

Une leçon de l’histoire qui doit absolument contribuer à séparer les véritables marxistes-léninistes des divers résidus du social-chauvinisme néo-thorezien.

 

Luniterre

 

Mai 2019: Eurovision à Tel-Aviv

 

 

MARCHE DU RETOUR

À la date du 30 mars 2019, soit un an après le début du mouvement, 270 manifestants Palestiniens ont été tués et 29000 blessés selon un recensement de l’agence humanitaire de l’ONU

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marche_du_retour#cite_ref-RFI190330_166-0

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20190329-grande-marche-retour-an-apres-lourd-bilan-humanitaire

 

Les leçons du recul israélien à Gaza

 

 

En 36 heures, les Palestiniens ont lancé près de 700 missiles, dont certains d’une portée moyenne de 40 km.

65 % de ces missiles ont atteint leurs cibles.

 

Les leçons de Gaza,

selon le Hezbollah

(Concernant les concessions concrètes cédées par Israël à Gaza, voir:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/09/gaza-recul-israelien-face-a-la-resistance/ )

 

 

 

La guerre est finie avant même d’avoir commencé. C’est l’impression qui ressort après les deux jours de confrontations à Gaza qui se sont terminés par un cessez-le feu, suite à une médiation du Qatar et de l’Égypte, qui ont soudain recommencé à travailler ensemble.


Pourtant, pendant la période de la campagne électorale et même après sa victoire aux élections, le Premier ministre réélu Benjamin Netanyahu n’avait pas caché son intention de lancer une vaste opération contre Gaza pour briser le Hamas et le Jihad islamique. En fait, cette idée est dans l’air depuis que les Palestiniens ont lancé, en mars 2018, le processus des « Marches du retour » qui dérange au plus haut point les autorités israéliennes. D’ailleurs, depuis la grande confrontation de 2008-2009 – au cours de laquelle au bout de plus de trois semaines, l’armée israélienne qui avait entamé une offensive aérienne doublée d’une autre terrestre n’a pas pu atteindre ses objectifs déclarés –, les Israéliens lancent régulièrement des attaques contre Gaza à la fois pour tâter le terrain et maintenir la pression sur les Palestiniens et pousser la population à quitter les lieux.

Selon les informations véhiculées par les médias israéliens, l’attaque qui a commencé à la fin de la semaine dernière devait être plus importante que celles qui ont eu lieu au cours des dix dernières années. Mais à peine les avions israéliens ont-ils commencé à lancer des raids sur les cibles prévues à Gaza que des dizaines de missiles ont commencé à pleuvoir sur les colonies et les localités israéliennes du sud. En 36 heures, les Palestiniens ont lancé près de 700 missiles, dont certains d’une portée moyenne de 40 km. 65 % de ces missiles ont atteint leurs cibles, malgré le bouclier de protection israélo-américain qui, en principe, est destiné à les intercepter. En réalité, les Palestiniens ont précisé par la suite qu’ils ont trouvé le moyen de neutraliser le bouclier de protection (appelé « la voûte d’acier ») en lançant plusieurs missiles en même temps, ce qui réduit l’efficacité de l’interception.

Ce n’était pas la seule mauvaise surprise réservée aux Israéliens pendant ces 36 heures de confrontation. En effet, les autorités israéliennes ont découvert que les Palestiniens détiennent des missiles de type Badr 3, dont l’un a été lancé sur la ville d’Ashkelon. D’une portée de 40 km, il est doté d’une tête qui peut porter une charge de 250 kg d’explosifs. Apparemment, ces missiles sont fabriqués à Gaza, ce qui signifie que les Palestiniens réussissent à se procurer les matériaux pour les fabriquer en dépit du blocus sévère qui leur est imposé. Dans le même contexte, le film diffusé par les brigades Ezzedine al-Qassam (la branche armée du Hamas) au sujet de ce missile lancé sur Ashkelon montre en toile de fond un train. Ce qui a été interprété comme un avertissement adressé par les Palestiniens aux Israéliens sur la possibilité de cibler la prochaine fois des installations précises et vitales.

Le missile Badr 3 et les missiles Kornet ont donc constitué le clou de ces 36 heures d’affrontements qui ont provoqué une polémique interne en Israël, avec un flot de critiques adressées au Premier ministre aussi bien par des députés du parti Bleu Blanc de Benny Gantz et Yaïr Lapid que par d’autres du Likoud (comme Gideon Saer). D’ailleurs, toujours selon les médias israéliens, au cours de la réunion du cabinet réduit dimanche, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer l’arrêt de cette offensive. Il semblerait ainsi que le chef d’état-major, le général Aviv Kochavi, et le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, auraient été très fermes pour réclamer la conclusion d’un cessez-le feu, car, selon eux, « le front interne » n’est pas prêt pour une opération d’envergure. D’ailleurs, les chiffres sont en eux-mêmes significatifs car le bilan de ces 36 heures a été, du côté palestinien, 29 morts et 150 blessés, pour la plupart des civils, alors que du côté israélien, il y a eu 4 morts et plusieurs dizaines de blessés.
Pour toutes ces raisons, les médiations du Qatar et de l’Égypte ont été rapidement couronnées de succès et un cessez-le feu a été conclu, avec des mesures concrètes qui sont actuellement sous étude.


Il y aura certainement de longues évaluations et des analyses détaillées de ce qui s’est passé au cours de ces 36 heures, sur le plan militaire proprement dit. Mais la première leçon à en tirer, selon les milieux proches du Hezbollah, c’est que les propos du secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, sur l’incapacité des Israéliens à mener une nouvelle guerre contre le Liban sont confirmés. Si les Israéliens n’ont pas marqué un seul point dans la bande de Gaza, soumise à un blocus strict depuis des années et surveillée par tous les satellites américains et israéliens installés dans son ciel, comment pourraient-ils lancer une offensive au Liban où le Hezbollah possède des milliers de missiles ? Les sources proches du Hezbollah estiment aussi que s’il s’agissait d’un test de la part du Premier ministre israélien, il a dû être concluant. Les rapports de force militaires ne sont plus en faveur des Israéliens, qui restent certainement les plus forts et de loin, mais ils doivent tenir compte de la capacité de nuisance des mouvements de résistance. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les États-Unis ont désormais recours aux sanctions économiques, à Gaza, mais aussi au Liban, en Syrie et en Iran.

Scarlett HADDAD
Mai 2019

 

 

 

 

https://assawra.blogspot.com/2019/05/les-lecons-de-gaza-selon-le-hezbollah.html

http://mai68.org/spip2/spip.php?article3653

Syrie : un nouveau pas en avant vers la libération totale !

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/frappes-sur-des-secteurs-jihadistes-en-syrie-150-000-deplaces-en-une-semaine/un-enfant-au-milieu-des-ruines-d-un-batiment-dans-le-village-de-rabaa-jour-sit.jpg

AFP / OMAR HAJ KADOUR Un enfant au milieu des ruines d’un bâtiment dans le village de Rabaa Jour, situé dans l’ultime bastion jihadiste du nord-ouest de la Syrie, le 6 mai 2019

 

 

 

Syrie :

un nouveau pas en avant

vers la libération totale !

 

 

Frappes sur des secteurs jihadistes en Syrie, 150.000 déplacés en une semaine

 

Plus de 150.000 personnes ont fui en une semaine des secteurs tenus par des jihadistes dans le nord-ouest de la Syrie, où les forces du régime de Bachar al-Assad et de l’allié russe ont intensifié leurs frappes meurtrières.

Mardi, 13 civils ont été tués, principalement dans des raids aériens du régime ou de son allié russe contre des villages de la province d’Idleb ou de la province voisine de Hama, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Dominé par Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, la province d’Idleb est le dernier grand bastion jihadiste à échapper au pouvoir syrien, après plus de huit ans d’un conflit dévastateur.

La moitié des quelque trois millions d’habitants de la province sont des déplacés, échoués à Idleb après avoir fui d’autres bastions rebelles ou jihadistes reconquis par le pouvoir et ses alliés.

Ces dernières semaines, les forces prorégime et celles de Russie ont intensifié leurs frappes aériennes contre certains secteurs aux mains du HTS dans les provinces d’Idleb et de Hama.

En une semaine, « plus de 152.000 femmes, enfants et hommes ont été déplacés », a indiqué à l’AFP un porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), David Swanson.

« Nous nous alarmons des informations concernant des attaques aériennes sur des centres de population et des infrastructures civiles, qui ont fait des centaines de morts et de blessés parmi les civils », a-t-il déploré.

Les raids ont mis hors-service 12 hôpitaux et dix écoles depuis fin avril, selon un communiqué d’Ocha.

Cette escalade est la plus grave depuis que Moscou et Ankara, parrain de certains groupes rebelles, ont dévoilé en septembre 2018 un accord sur une « zone démilitarisée », qui devait séparer les territoires insurgés des zones gouvernementales dans la région et éviter une offensive du régime.

Mardi encore, des dizaines de véhicules et de camionnettes, transportant femmes et enfants coincés entre les matelas et les piles d’effets personnels emportés à la hâte, ont fui le sud d’Idleb en direction du nord, relativement épargné et également sous contrôle de HTS, selon un correspondant de l’AFP sur place.

Certains partent sur leurs tracteurs, emportant avec eux leur bétail.

– « La plus terrifiante » –

c’est la troisième fois qu’Abou Ahmed se retrouve déplacé par le conflit, après avoir fui un village du sud d’Idleb avec sa femme et leurs trois enfants.

« Cette fois-ci, c’était la plus terrifiante. Les avions n’ont pas arrêté, ni les obus », dit le quadragénaire. « On a encore une longue route, on ne sait pas où on va, mais on veut en finir avec les bombardements ».

Le président français Emmanuel Macron a exprimé son « extrême préoccupation » face à « l’escalade de violence » et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a réclamé une « désescalade urgente ».

Entre le 29 avril et le 6 mai, au moins 12 installations médicales ont été touchées par des raids, « endommageant des infrastructures qui fournissaient des services de santé essentiels à plus de 100.000 personnes », a déploré Ocha dans son communiqué.

Trois travailleurs médicaux ont été tués dans ces attaques, d’après l’ONU.

Dans la province de Lattaquié, bastion du régime Assad jouxtant Idleb, les jihadistes de Houras al-Din, groupuscule lié à Al-Qaïda, ont lancé plusieurs assauts contre des positions du régime. Neuf combattants loyalistes et trois assaillants ont péri, selon l’OSDH.

– « Offensive limitée » –

Appuyé par la Russie, l’Iran et le Hezbollah libanais, le pouvoir a multiplié ces dernières années les victoires face aux insurgés et jihadistes, jusqu’à asseoir son contrôle sur près des deux-tiers du pays.

A maintes reprises, il a martelé sa détermination à reconquérir toute la Syrie, déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 370.000 morts et laissé des villes et des régions entières en ruines.

Aron Lund, expert du think-tank The Century Foundation, n’exclut pas « une offensive limitée à Idleb, grignotant certains secteurs », dans l’objectif « d’affaiblir HTS » ou d’obtenir « des concessions ».

Un scénario d’autant plus plausible que deux autoroutes passant par Idleb -reliant les territoires aux mains du régime à Alep (nord), Hama (centre) et Lattaquié (nord-ouest)- n’ont pu rouvrir jusque-là.

L’expert Fabrice Balanche envisage lui aussi une offensive. « La partie nord (d’Idleb) restera encore pour quelque temps un fief de HTS adossé à la frontière turque » mais « l’armée syrienne aura plus de facilité à reprendre le sud ».

Et rétablir la circulation sur les deux autoroutes permettra de redonner une bouffée d’oxygène à Alep qui selon M. Balanche « demeure isolée car privée de la plus grande partie de son arrière-pays et mal reliée au reste de la Syrie ».

 

 

La poche d'Idleb, ultime grand bastion jihadiste

AFP / Sophie RAMIS La poche d’Idleb, ultime grand bastion jihadiste

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/frappes-sur-des-secteurs-jihadistes-en-syrie-150000-deplaces-en-une-semaine-doc-1g87a75

 

 

Gaza : recul israélien face à la Résistance !

 

Photo prise le 5 mai 2019 des restes d'un immeuble détruit par des bombardements israéliens dans dans la ville palestinienne de Gaza"

 AFP / MAHMUD HAMS Photo prise le 5 mai 2019 des restes d’un immeuble détruit par des bombardements israéliens dans dans la ville palestinienne de Gaza

 

Gaza : recul israélien face à la Résistance !

 

Trêve respectée après une escalade meurtrière entre groupes palestiniens et Israël

 

Les responsables palestiniens à Gaza ont annoncé un cessez-le-feu avec Israël lundi après le plus grave accès de violence depuis des années, mais aucun règlement à long terme n’est en vue.

Après deux jours d’escalade durant lesquels 25 civils et combattants ont été tués dans la bande de Gaza et quatre civils en Israël, les tirs de l’enclave palestinienne et les représailles israéliennes ont cessé avant le lever du jour, en début de ce mois de jeûne musulman du ramadan, selon un journaliste de l’AFP à Gaza.

Sans confirmer cette trêve, l’armée israélienne a annoncé la levée de toutes les restrictions imposées aux populations civiles israéliennes voisines de Gaza.

Des Palestiniens portent un enfant blessé à Beit Lahia, au nord de la bande de Gaza, le 5 mai 2019"

AFP / ANAS BABA Des Palestiniens portent un enfant blessé à Beit Lahia, au nord de la bande de Gaza, le 5 mai 2019

 

L’Egypte, pays voisin et intermédiaire traditionnel, a forgé l’accord de cessation des hostilités entré en vigueur à 04H30 (01H30 GMT), ont indiqué un responsable du mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza et un autre du Jihad islamique, deux bêtes noires de l’Etat hébreu. L’accord a été confirmé par un responsable égyptien.

L’enclave palestinienne et les villes israéliennes voisines ont été le théâtre samedi et dimanche de la plus grave flambée de violences depuis la guerre de Gaza de 2014, faisant redouter un quatrième conflit en 11 ans.

L’accord, comme de précédents conclus après des épisodes de violence, vise à un allègement du strict blocus imposé par Israël à Gaza depuis plus de 10 ans, a dit le responsable du Jihad islamique sous couvert de l’anonymat. Israël justifie le blocus par la nécessité de contenir le Hamas, qui refuse son existence.

– « Règles du jeu » –

https://images.lanouvellerepublique.fr/image/upload/t_1020w/f_auto/5ccffa991b6a8d13218b45ff.jpg

AFP / JACK GUEZ Photo prise le 6 mai 2019 de dégâts dans un immeuble de la ville israélienne d’Ashdod causés par un tir de roquette de la bande de Gaza. Un cessez-le-feu est intervenu ce jour après deux jours d’un nouvel accès de violence entre Israël et l’enclave palestinienne

L’accord prévoit des mesures quant à l’étendue des zones de pêche gazaouies en Méditerranée autorisée par Israël, ainsi qu’une amélioration de l’approvisionnement en électricité et en combustible, des préoccupations primordiales dans l’étroite enclave de deux millions d’habitants durement éprouvés par les guerres, la pauvreté et la réclusion, selon lui.

Pendant deux jours, les groupes palestiniens à Gaza ont tiré environ 690 roquettes dont plus de 500 ont atteint le territoire israélien, et au moins 35 sont tombées dans des zones urbaines, selon l’armée israélienne.

L’aviation et l’artillerie israéliennes ont en retour frappé plus de 350 objectifs du Hamas et du Jihad islamique dans la bande de Gaza, visant des combattants des groupes armés et des installations militaires ou sécuritaires.

Au moins neuf des Palestiniens tués ont été identifiés comme des combattants du Hamas et du Jihad islamique. L’armée israélienne, pour la première fois depuis des années, a ouvertement revendiqué l’élimination d’un Palestinien présenté comme le responsable d’importants transferts d’argent de l’Iran à destination du Hamas et du Jihad islamique.

Deux Palestiniennes enceintes et deux bébés comptent aussi au nombre des personnes tuées, selon le ministère gazaoui de la Santé relevant du Hamas.

« Nous soutenons Israël à 100% dans la défense de ses citoyens », a tweeté le président américain Donald Trump, un proche allié du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Ce dernier a affirmé dans un communiqué que « la campagne n’est pas terminée et réclamé de la patience et du sang-froid ».

Il a confirmé dans un autre communiqué qu’Israël avait « renouvelé sa politique d’élimination de chefs terroristes ». Israël a « tué des dizaines de terroristes du Hamas et du Jihad islamique. Nous avons changé les règles du jeu et le Hamas l’a bien compris ».

– « Capitulation » -[israélienne…!]

La bande de Gaza est en proie aux poussées de fièvre répétées, en l’absence de toute reconnaissance d’Israël par le Hamas et de tout horizon politique pour un règlement du conflit israélo-palestinien. Depuis des mois, l’Egypte et l’ONU s’emploient régulièrement à éteindre les incendies.

Photo prise le 5 mai 2019 à Gaza des restes d'un immeuble touché par un raid aérien israélien"

AFP / MAHMUD HAMS Photo prise le 5 mai 2019 à Gaza des restes d’un immeuble touché par un raid aérien israélien

 

Le gendre et conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, a récemment promis de dévoiler son plan de règlement du conflit après le ramadan, qui s’achève début juin.

La dernière flambée de violences en date remettait en cause un accord conclu fin mars seulement.

Les groupes palestiniens de Gaza sont frustrés de la non-application selon eux par Israël de cet accord et de précédents sur un allègement du blocus et l’entrée de fonds qataris dans l’enclave.

Pour Israël, la toute dernière escalade est une agression contre les civils israéliens de la part d’organisations se servant selon l’Etat hébreu de civils palestiniens comme boucliers humains.

Elle est intervenue à un moment délicat pour le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu, avant la journée de la Mémoire mercredi, la fête nationale jeudi, et le concours de l’Eurovision à Tel-Aviv du 14 au 18 mai.

Netanyahu, vainqueur des législatives d’avril, est par ailleurs engagé dans les négociations en vue du prochain gouvernement. Son principal rival aux élections, le général Benny Gantz, a dénoncé le cessez-le-feu comme une « capitulation face au chantage ».

 

https://www.lanouvellerepublique.fr/france-monde/pluie-de-roquettes-contre-israel-un-palestinien-tue-dans-des-represailles-a-gaza

https://www.afp.com/fr/infos/334/treve-respectee-apres-une-escalade-meurtriere-entre-groupes-palestiniens-et-israel-doc-1g566p24

 

 

Agression impérialiste au Yémen : Florence Parly joue les « saintes-nitouches » pour le compte de l’industrie française d’armements !

https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/6ed293c1287aa3b4a9877519e33b36a31169661b.jpg

 

Agression impérialiste au Yémen :

Florence Parly joue les « saintes-nitouches »

pour le compte de l’industrie française d’armements !

 

La France a reconnu mercredi qu’un navire saoudien allait effectuer un chargement d’armes mais assuré qu’elle ne disposait d' »aucune preuve » permettant d’affirmer que des armes françaises sont utilisées dans la guerre meurtrière menée au Yémen par l’Arabie. [sic]

« Il y aura chargement d’armes en fonction et en application d’un contrat commercial », a déclaré sans plus de précisions la ministre française des Armées Florence Parly sur la chaîne BFMTV et la radio RMC, interrogée sur le cargo saoudien Bahri Yanbu, qui s’est arrêté au large du port du Havre (nord-ouest), mercredi vers 16H30 (14H30 GMT).

Le navire n’entrera pas dans le port avant jeudi matin, a indiqué la capitainerie à un correspondant de l’AFP, sans plus de précision.

Selon le site d’investigation Disclose, le navire doit prendre livraison de « huit canons de type Caesar » que l’Arabie saoudite pourrait utiliser dans la guerre qu’elle livre au Yémen aux rebelles houthis, minorité chiite soutenue par l’Iran, grand rival de Ryad.

Mme Parly n’a pas précisé la nature des armes qui seront chargées ni leur destination. Selon une source gouvernementale, « il ne peut pas s’agir de canons Caesar puisqu’il n’y a aucune livraison de Caesar en cours ». Le Caesar est un camion équipé d’un système d’artillerie.

La ministre des Armées l’a répété: « A la connaissance du gouvernement français, nous n’avons pas d’éléments de preuve selon lesquels des victimes au Yémen sont le résultat de l’utilisation d’armes françaises ».

Paris a invariablement affirmé que ces armements ne sont utilisés que de manière défensive et pas sur la ligne de front.

Or, selon une note de la Direction du renseignement militaire (DRM), révélée par Disclose mi-avril, 48 canons Caesar produits par l’industriel français Nexter « appuient les troupes loyalistes, épaulées par les forces armées saoudiennes, dans leur progression en territoire yéménite ». Une carte de la DRM estime que « 436.370 personnes » sont « potentiellement concernées par de possibles frappes d’artillerie », dont celles des canons français.

– Tollé –

« Mme Parly dit qu’elle n’a pas de preuves. Mais la question n’est pas de savoir si nous avons des preuves mais de chercher par tous les moyens (à savoir) si des armes françaises sont utilisées contre des civils. On l’avait fait en Syrie quand il y a eu des doutes sur les armes chimiques », a déclaré à l’AFP le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.

Les déclarations de Mme Parly ont suscité un tollé parmi les ONG. Cela « montre de nouveau l’obstination de la France à poursuivre ses transferts d’armes à ce pays malgré le risque indéniable et parfaitement connu des autorités françaises qu’elles soient utilisées contre des civils », a commenté Bénédicte Jeannerod, directrice France de Human Rights Watch. Parmi les dizaines de milliers de personnes tuées au Yémen, on compte de nombreux civils.

Neuf ONG, dont l’Observatoire des armements, réclament « l’établissement d’une commission parlementaire permanente de contrôle des ventes d’armes, comme en Suède, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas », a indiqué de son côté Tony Fortin, de l’Observatoire des Armements.

Amnesty International appelle à « la suspension » du chargement, « afin d’établir notamment s’il s’agit de canons Caesar ». « Un tel transfert serait en effet contraire aux règles du Traité sur le commerce des armes que la France a signé et ratifié », juge Aymeric Elluin, d’Amnesty International France. Ce traité de l’ONU, entré en vigueur en 2014, vise à réguler le commerce des armes dans le monde.

Estimant que la livraison de ces armes violait ce traité, l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) a annoncé mercredi soir dans un communiqué le dépôt d’un référé (recours en urgence) devant le tribunal administratif de Montreuil « exigeant que soit levé le dédouanement (c’est-à-dire l’autorisation pour le cargo de prendre la mer, avec son chargement) ».

– Un moratoire –

« La France trahit les traités internationaux pour du business », estime auprès de l’AFP le député communiste Jean-Paul Lecoq, qui avait interpellé mardi le gouvernement à ce sujet, lors d’une séance houleuse à l’Assemblée nationale.

La Ligue des droits de l’Homme et le mouvement de la paix appellent à un rassemblement jeudi à 18H00 (16H00 GMT) au Havre, non loin du quai où doit accoster le Bahri Yanbu, « afin de dénoncer ces ventes d’armes (…) qui ont bien servi à tuer quantité de civils au Yémen ».

Le Bahri Yanbu a déjà suscité la polémique lors de son passage dans le port belge d’Anvers, où des ONG belges soupçonnent la compagnie nationale saoudienne Bahri d’avoir régulièrement, depuis l’été dernier, chargé des armes ou des munitions à destination de Ryad.

La section belge d’Amnesty International a réclamé mercredi la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire après la révélation par plusieurs médias belges que des fusils d’assaut et des équipements militaires produits en Wallonie ont été utilisés dans le conflit yéménite « en contradiction flagrante avec le Traité sur le commerce des armes, qui impose notamment le principe de précaution ».

 

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/yemen-la-france-confirme-un-prochain-chargement-darmes-sur-un-cargo-saoudien-doc-1ga0oj6

 

 

PARIS: Notre-Dame assassinée, YEMEN: Enfants assassinés par les armes françaises !!!

https://www.francetvinfo.fr/image/75ncjufp5-7a88/1200/450/19109591.jpg

PARIS : Notre-Dame assassinée

 

[Le discours de Macron oublié… ]

 

 

 

 

 

 

 

 

YEMEN : la France assassine les enfants

 

[Rapport dévoilé sur les ventes d’armes…]

 

 

 

https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_640_360/public/000_1dw9bh.jpg?itok=K2koXpU_

 

 

 

https://static.euronews.com/articles/stories/03/18/01/32/880x495_cmsv2_08f751cd-5a45-503e-92bb-d70db6da39c3-3180132.jpg

 

 

https://i1.wp.com/scd.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_16x9_1024_578/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/2018-10-21t160929z_1598217213_rc15d59d45f0_rtrmadp_3_yemen-security-diphtheria_0.jpg

 

 

 

 

 

Des armes françaises sont bien utilisées au Yémen,

selon une note « confidentiel Défense »

Les révélations de Disclose en partenariat avec la cellule investigation de Radio France contredisent le discours officiel sur l’absence d’armes françaises dans la guerre au Yémen. Une note secrète du renseignement français recense celles qui sont utilisées sur le terrain et leurs conséquences sur les populations civiles.

 

 

 

« Je n’ai pas connaissance du fait que des armes [françaises] soient utilisées directement au Yémen », affirmait la ministre des Armées, Florence Parly le 20 janvier 2019, sur France Inter. Et pourtant : elles sont présentes sur terre, sur mer et dans les airs, si l’on en croit un rapport de 15 pages classé « confidentiel Défense » de la Direction du renseignement militaire (DRM), daté du 25 septembre 2018, révélé par Disclose en partenariat avec la cellule investigation de Radio France.

Ce document précise que des armes françaises vendues à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, sont bien utilisées dans la guerre que mènent les deux pays au Yémen, contre les rebelles houthis, une minorité chiite soutenue par l’Iran.

Chars Leclerc, obus flèche, Mirage 2000-9, radar Cobra, blindés Aravis, hélicoptères Cougar et Dauphin, frégates de classe Makkah, corvette lance-missiles de classe Baynunah ou canons Caesar : dans cette note, le renseignement militaire français établit une liste détaillée de l’armement fourni aux Saoudiens et aux Émiriens qui serait impliqué dans le conflit.

La DRM établit une carte des zones à risques dans lesquels les civils yéménites sont susceptibles d’être touchés par les canons français. Or, 28 millions de Yéménites vivent toujours sous les bombardements. Depuis le début du conflit, plus de 8 300 civils ont été tués (dont 1 283 enfants), selon les chiffres publiés en mars 2019 par Yemen Data Project, une ONG qui collecte et recoupe les informations sur les frappes de la coalition.

Ce document confidentiel intitulé « Yémen – Situation sécuritaire » a été transmis au chef de l’État, Emmanuel Macron, à Matignon, mais aussi à la ministre des Armées, Florence Parly, et au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors du conseil de défense restreint consacré à la guerre au Yémen, qui s’est tenu le 3 octobre 2018, à l’Élysée.

Il vient contredire la version des autorités françaises d’une situation « sous contrôle » et d’une utilisation uniquement « défensive » de l’armement français au Yémen.

Des civils à portée de tir des canons français

Depuis le début de la guerre, une batterie de canons Caesar est déployée le long de la frontière saoudo-yéménite. Fabriqué à Roanne (Loire) par l’entreprise Nexter, détenue à 100% par l’État français, le canon Caesar, monté sur un châssis de camion, peut tirer six obus par minute, dans un rayon de 42 kilomètres. La Direction du renseignement militaire précise que ces canons déployés le long de la frontière avec le Yémen sont au nombre de « 48 », ajoutant qu’ils « appuient les troupes loyalistes, épaulées par les forces armées saoudienne, dans leur progression en territoire yéménite ». Autrement dit : les tirs de canons français ouvrent la voie pour les blindés et les chars déployés au Yémen. Donc pas uniquement dans le cadre d’une action défensive.

S’appuyant sur une carte baptisée « Population sous la menace des bombes », le renseignement militaire français estime par ailleurs que « 436 370 personnes » sont « potentiellement concernée par de possibles frappes d’artillerie. » Y compris donc par les tirs de canons français.

 

Extrait d’un document confidentiel défense présentant la « population potentiellement concernée par de possibles frappes d’artillerie » au Yémen, soit « 436 370 personnes » (DISCLOSE)

 

En croisant les zones de tirs des canons Caesar indiquées sur la carte de la DRM, avec les informations fournies par la base de données de l’ONG Acled (Armed Conflict Location and Event Data Project) qui recense tous les bombardements au Yémen, on constate qu’entre mars 2016 et décembre 2018, 35 civils sont morts au cours de 52 bombardements localisés dans le champ d’action des canons français.

Les livraisons d’armes françaises continuent

Bien qu’étant informé de ces risques, l’État français poursuit ses livraisons. Ainsi, 147 canons devraient être expédiés vers le royaume saoudien d’ici 2023. Disclose a remonté la piste d’une de ces livraisons expédiée en septembre 2018 : 10 canons Caesar chargés depuis le site de production de Nexter à Roanne (Loire). Direction : Le Havre. Avant d’être embarqués dans les cales du Bahri Jazan, un cargo de la compagnie saoudienne Bahri. Le navire lève l’ancre le 24 septembre 2018, puis arrive à destination 19 jours plus tard, dans le port de Jeddah, en Arabie saoudite.

Par ailleurs, toujours selon nos informations, un contrat secret baptisé ARTIS, signé en décembre 2018, par Nexter avec l’Arabie saoudite, prévoit la livraison de véhicules blindés Titus (la dernière génération des blindés Nexter), mais aussi de canons tractés 105LG.

Ces informations contredisent là encore la version officielle des autorités françaises. Interrogée le 20 janvier 2019 sur France Inter, Florence Parly affirmait : « Nous n’avons récemment vendu aucune arme qui puisse être utilisée dans le cadre du conflit yéménite. » Après avoir dit trois mois auparavant le 30 octobre 2018, sur BFM TV : « Nous n’avons pas de négociations avec l’Arabie saoudite. »

Des chars fabriqués en France déployésau Yémen

L’équipement français fourni à la coalition engagée au Yémen ne s’arrête pas là. Il concerne aussi les chars de combat. « À ma connaissance, les équipements terrestres vendus à l’Arabie saoudite sont utilisés non pas à des fins offensives mais à des fins défensives, à la frontière entre le Yémen et l’Arabie saoudite », expliquait la ministre des Armées, le 4 juillet 2018, devant la Commission de la Défense nationale.

 

 

La note de la Direction du renseignement militaire datée du 25 septembre 2018 indique pourtant, là encore, que le char Leclerc, vendu dans les années 90 aux Émirats arabes unis, est bien utilisé sur le champ de bataille au Yémen.

Pour le comprendre, il faut entrer dans le détail de cette note de 15 pages. Si la DRM écrit qu’« aucun élément ne permet de conclure à la présence de matériel français sur les fronts actifs » du conflit, elle précise plus loin que de l’armement français se retrouve bien dans certaines zones de cette guerre.

Selon le renseignement militaire, 70 chars de combat Leclerc sont ainsi mobilisés dans le cadre d’un « engagement principalement défensif ». « Dans le cadre des opérations loyalistes et de la coalition vers la ville portuaire d’al-Hudaydah, les Leclerc émiriens ne sont pas observés en première ligne », peut-on lire. Mais le document ajoute cette précision d’importance : « Ils sont néanmoins déployés sur l’emprise d’al-Khawkhah, à 115 kilomètres d’al-Hudaydah. »

Sur une carte intitulée « Matériels terrestres de la coalition au Yémen », la DRM identifie quatre zones du Yémen où des chars français sont présents : à al-Khawkhah et Mocha, deux localités le long de la Mer rouge, ainsi qu’à Ma’rib, à l’intérieur du pays, et à Aden ; dans ces deux derniers cas, la DRM se fait plus prudente en notant : « Leclerc possible ».

Dans un tableau récapitulatif, le renseignement militaire français écrit au sujet de ces chars Leclerc ont pu être observés « au Yémen et déployé en position défensive », ou pour certains « en attente de déploiement au Yémen ».

Selon la note confidentiel défense, les chars Leclerc ont pu être observés \"au Yémen et déployé en position défensive\", ou pour certains \"en attente de déploiement au Yémen\".Selon la note confidentiel défense, les chars Leclerc ont pu être observés « au Yémen et déployé en position défensive », ou pour certains « en attente de déploiement au Yémen ». (DISCLOSE)


D’après les recherches effectuées par Disclose à partir d’images tournées sur les lignes de front, puis recoupées par des vues satellites, les chars Leclerc ont participé à plusieurs grandes offensives de la coalition, à l’image de l’assaut qui s’est déroulé entre juin et décembre 2018 sur la côte ouest. En novembre 2018, les chars français sont au cœur de la bataille d’Al-Hodeïda qui a fait 55 victimes civiles, selon l’Acled.

Quant aux munitions, « les [chars] Leclerc n’emploieraient que des munitions françaises, les munitions chinoises n’ayant pas été qualifiées », estime le renseignement français : des « obus flèches et [des] obus explosifs. » « La maintenance des véhicules émiriens, dont les Leclerc, est réalisée, après rapatriement par mer, aux EAU [Émirats arabes unis] », précise encore la note.

Le renseignement français reconnait aussi ses limites. À plusieurs reprises, la DRM admet qu’elle ne dispose d’« aucune information sur [l’]emploi au Yémen ou à la frontière saoudo-yéménite » de « mortier de 120 mm » ou de « missile[s] antichar Milan 3 » de fabrication française. Dans un passage consacré aux « unités blindées mécanisées appuyées par l’artillerie », la DRM écrit qu’elle n’est « pas en mesure d’évaluer de manière précise le dispositif saoudien actuel à la frontière, du fait d’un manque de capteurs dans la zone. »

Un système de guidage laser français

Dans cette guerre, ce sont les attaques aériennes qui sont les plus meurtrières. « Ryad conduit depuis mars 2015 une campagne de frappes aériennes massive et continue contre les territoires tenus par la rébellion houthie au Yémen : elle réalise en moyenne 120 sorties aériennes quotidiennes », écrivent les analystes du renseignement militaire français. Depuis 2015, la coalition aurait « réalisé environ 24 000 frappes, dont 6 000 au cours de l’année 2018 », précise la DRM.

« Nous ne fournissons rien à l’armée de l’air saoudienne. Il vaut mieux que les choses soient dites de manière définitive pour éviter qu’il y ait de la répétition sur le sujet », affirmait le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, le 13 février 2019.

Pourtant, quatre mois plus tôt, la note de la DRM, adressée notamment au cabinet du ministre, précise que certains avions de chasse saoudiens sont bien équipés du dernier cri de la technologie française en matière de guidage laser : le pod Damoclès, fabriqué par Thales. Fixé sous les avions de combat, ce dispositif permet aux pilotes de guider tous les types de missiles, y compris le missile américain Raytheon qui, selon une enquête de la chaîne CNN, a tué 12 enfants et trois adultes yéménites, le 20 septembre 2016, dans le district d’Al-Mutama, dans le nord du Yémen.

Cette technologie française figure dans un tableau de la DRM intitulé : « Principaux matériels saoudiens engagés dans le cadre du conflit yéménite », même si le document nuance plus loin : « pourrait être employé au Yémen ».

Les pods Damoclès équipent aussi des avions de combat émiriens vendus par la France, comme le Mirage 2000-9 au sujet duquel la DRM n’a aucun doute : il « opère au Yémen » (sans préciser avec quel missile) depuis une base militaire, en Erythrée.

Principaux matériels émiriens engagés dans le cadre du conflit yéménite : le Mirage 2000-9 opère au Yémen, et le Damoclès \"pourrait être employé au Yémen\".Principaux matériels émiriens engagés dans le cadre du conflit yéménite : le Mirage 2000-9 opère au Yémen, et le Damoclès « pourrait être employé au Yémen ». (DISCLOSE)

Des éléments confirmés par un rapport britannique de la Chambre des communes qui a enquêté sur les licences d’exportation de composants de pods Damoclès à destination de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

Mais la liste ne s’arrête pas là. L’hélicoptère de transport d’assaut AS-532 A2 Cougar chargé du transport des troupes saoudiennes fait également partie du matériel militaire français utilisé au Yémen, tout comme l’avion ravitailleur A 330 MRTT, capable de ravitailler en kérosène plusieurs chasseurs de la coalition en même temps.

L\'hélicoptère de transport d\'assaut AS-532 A2 Cougar \"opère au Yémen depuis la base de Khamis Mushait (Arabie saoudite)\" et l\'avion-ravitailleur A330 MRTT FRA \"opère au Yémen, probablement depuis la base de Jeddah (Arabie saoudite)\".L’hélicoptère de transport d’assaut AS-532 A2 Cougar « opère au Yémen depuis la base de Khamis Mushait (Arabie saoudite) » et l’avion-ravitailleur A330 MRTT FRA « opère au Yémen, probablement depuis la base de Jeddah (Arabie saoudite) ». (DISCLOSE)

Des bateaux français engagés dans le blocus maritime

« C’est la priorité de la France que la situation humanitaire s’améliore et que l’aide humanitaire puisse passer », déclarait la ministre des Armées, Florence Parly, le 30 octobre 2018, sur BFM TV.

Pourtant, là encore si l’on en croit la note, deux navires de fabrication française « participe[nt] au blocus naval » de la coalition. Ce qui empêche l’aide humanitaire de nourrir et de soigner 20 millions de Yéménites. Selon le document, la frégate saoudienne de classe Makkah (Naval Group) et la corvette lance-missiles émiratie de classe Baynunah (Constructions Mécaniques de Normandie, CMN), participent à ce blocus. La corvette Baynunah appuierait même « des opérations terrestres menées sur le littoral yéménite », précise le renseignement militaire. Autrement dit : des bombardements sur la côte.

Une troisième frégate al-Madinah de fabrication française a également participé à ce blocus, estime la DRM, avant d’être la cible d’une attaque des rebelles houthis, en janvier 2017.

Extraits du document \"confidentiel Défense\" qui indique que certaines frégates et corvettes vendues par la France à l\'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis ont participé au blocus naval au Yémen. Extraits du document « confidentiel Défense » qui indique que certaines frégates et corvettes vendues par la France à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis ont participé au blocus naval au Yémen. (DISCLOSE)

Officiellement, les navires saoudiens et émiratis font respecter l’embargo de l’ONU sur les armes à destination des Houthis en inspectant les chargements suspects. Mais tout porte à croire qu’ils bloquent l’accès à la nourriture, au carburant et aux médicaments, dans ce qui peut s’apparenter à une véritable stratégie militaire.

>> A lire aussi : Yémen : La stratégie de la famine

Une situation qui peut constituer « un crime de guerre » selon le groupe d’experts des Nations unies qui a enquêté sur place. « Le risque juridique existe, c’est clair et net », affirmait en février 2019 le président de ce groupe d’experts, Kamel Jendoubi, à la cellule investigation de Radio France.

Interrogé sur le sujet en janvier 2019, Naval Group nous précisait qu’en tant qu’industriel son action s’inscrit dans le strict cadre de la règlementation française en matière de vente d’armes à l’exportation.

Fin 2017, les Émirats arabes unis ont acquis deux corvettes françaises Godwind 2500. « Ce contrat vient consolider notre relation en matière navale et compléter une coopération très forte ces dernières années sur toutes les armes », déclarait le président français, Emmanuel Macron, lors de sa visite officielle à Abou Dabi, le 9 novembre 2017.

Depuis 2014, la France est signataire du Traité sur le commerce des armes (TCA) qui contraint le gouvernement français à « n’autoriser aucun transfert d’armes » dès lors que celles-ci pourraient servir à commettre « des attaques contre les civils ou des biens de caractère civil (…) ou d’autres crimes de guerre ». « Nous sommes complètement fidèles dans les ventes d’armes au traité du commerce international des armes que nous respectons totalement », affirmait le ministre de l’Europe et des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, devant la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, le 13 février 2019.

La note de la Direction du renseignement militaire fissure désormais cette version officielle.

Matignon n’a « pas connaissance de victimes civiles » à cause d’armes françaises

Après avoir contacté la présidence de la République, Matignon, le ministère des Armées ainsi que le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, nous avons reçu une réponse du cabinet du Premier ministre « au titre de la CIEEMG [Commission interministérielle pour l’exportation du matériel de guerre] placée auprès de Matignon ». Le cabinet du Premier ministre, Edouard Philippe, explique que les « exportations de matériels militaires » avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis « ne se sont pas interrompues en bloc après 2015, mais [que] leur autorisation au cas par cas fait naturellement l’objet d’une vigilance renforcée. »

Matignon précise que « la coalition arabe lutte aussi contre Daech et al-Qaïda dans la Péninsule arabique, qui sont présents au Yémen et qui représentent une menace pour notre propre sécurité » et que « des actions offensives sont régulièrement menées depuis le Yémen vers le territoire de nos partenaires de la région. »

« Les risques pour les populations civiles sont évidemment en tête des critères d’examen pris en compte [dans l’exportation de matériel de guerre] », ajoute le cabinet du Premier ministre, insistant sur « l’importance que les armées [françaises] accordent au droit international humanitaire dans la conduite de nos opérations. Ce sont des exigences que nous faisons valoir auprès de nos partenaires émiriens et saoudiens, auxquels incombent la responsabilité de les respecter. »

« À notre connaissance, les armes françaises dont disposent les membres de la coalition sont placées pour l’essentiel en position défensive, à l’extérieur du territoire yéménite ou sur des emprises de la coalition, mais pas sur la ligne de front, conclut Matignon. Nous n’avons pas connaissance de victimes civiles résultant de leur utilisation sur le théâtre yéménite. »

>> Lire la réponse intégrale du cabinet du Premier ministre

L’enquête de Disclose est publiée sur le site Made in France. Disclose est un média d’investigation à but non lucratif dont la cellule investigation de Radio France est partenaire.

 

https://made-in-france.disclose.ngo/fr/

 

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/armee-et-securite/des-armes-francaises-sont-bien-presentes-au-yemen-selon-une-note-confidentiel-defense_3397913.html