Nouveaux missiles russes : la Paix en Europe est-elle menacée ? Et par quoi et par qui?

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Nouveaux missiles russes :

la Paix en Europe

…est-elle menacée ?

Et par quoi et par qui?

 

 

La Russie a une nouvelle fois refusé de détruire ses nouveaux missiles déployés en Europe, ce que l’OTAN prétend être en violation d’un traité conclu en 1987, comme l’a répété vendredi le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg, à l’issue d’une réunion du conseil Otan-Russie.

« Nous n’avons pas vu une quelconque indication de la volonté de la Russie de se mettre en conformité avec le Traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) en détruisant ces missiles avant le 2 août… » Date à la quelle les États-Unis menacent de se retirer, au terme d’un préavis de six mois.

 

En réponse à cette menace, Vladimir Poutine a ratifié, mercredi 3 juillet, la suspension de la participation russe au traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Ce traité, signé en 1987, pendant la guerre froide, interdisait aux deux parties d’utiliser des missiles terrestres d’une portée de 500 à 5 000 km.

 

L’accord bilatéral conclu par Washington et Moscou en 1987 avait permis l’élimination des missiles balistiques et de croisière SS20 russes et Pershing américains déployés en Europe.

En février dernier, Washington a accusé Moscou de violer le traité et a pris la décision – qui deviendra effective le 2 août – de se retirer du traité FNI. La Russie avait déployé des nouveaux missiles Novator 9M729, en affirmant que leur portée n’était que de 480 km alors que l’OTAN et les Etats-Unis l’estiment à 1 500 km.

 

Jens Stoltenberg a reconnu que « les défenses actuelles ne sont pas en mesure d’abattre un missile de croisière tiré depuis la Russie ». Mais il a affirmé que « l’Europe n’a pas l’intention de déployer de nouveaux missiles armés de têtes nucléaires en Europe ».

L’Otan exige donc que la Russie détruise son nouveau système de missiles avant le 2 août, ultimatum fixé par l’OTAN pour renégociation selon ses nouvelles conditions ou liquidation du traité.

« Notre objectif est de sauver le traité. Il reste 4 semaines avant le 2 août », a-t-il insisté. « En 1987, la Russie a détruit des missiles de croisière en quelques semaines. Il suffit d’en avoir la volonté politique », a-t-il rappelé.

 

On se rappellera donc à ce propos que la signature de ce traité a précédé de peu la liquidation de l’URSS, en fin de compte, et donc par voie de conséquences la disparition quasi effective pour une décennie complète de la Russie sur la scène internationale en tant que nation souveraine apte à défendre ses droits.

Ce dont s’est souvenu l’écrivain et ancien diplomate, mais anticommuniste notoire, Fédorovski, à l’occasion du 25ème « anniversaire » de cet effondrement :

« N’oublions pas que ces oligarques ont agi avec la complicité des banques occidentales. Les sorties de capitaux étaient considérables: 120 milliards de dollars par an quittaient le pays chaque année dans un contexte où 50% de la population frôlait le seuil de pauvreté. La fin de l’URSS était un cadeau géopolitique immense pour l’Occident, mais au lieu d’associer la Russie au concert des nations européennes, elle a été marginalisée. Aujourd’hui, nous le payons.

_Nous payons donc des erreurs commises en 1991?

Le meilleur exemple de ce cordon sanitaire reste l’élargissement de l’OTAN, qui s’est fait contre les promesses faites à Gorbatchev.

Il faut préciser quelque peu la chronologie. J’étais aux réunions diplomatiques sous George Bush (père) et sous son secrétaire d’État James Baker, ils ne voulaient pas du concept de «cordon sanitaire» forgé par Zbigniew Brzeziński et qui n’a été appliqué qu’à partir de la présidence de Bill Clinton dans la deuxième moitié des années 1990. C’est sous l’influence du «Grand échiquier» de Brzeziński que l’on a commencé à parler de l’utilité pour les États-Unis d’une Russie faible et d’une Ukraine forte. Autant vous dire que cela a laissé des traces dans la mémoire contemporaine des Russes. Le meilleur exemple de ce cordon sanitaire reste l’élargissement de l’OTAN, qui s’est fait contre les promesses faites à Gorbatchev. Il se trouve que j’étais présent aux accords conclus sur ce point avec les Américains. Ils ont été complètement bafoués et les partisans de l’avancement de l’OTAN vont aujourd’hui jusqu’à nier l’existence même de ces accords. Ces accords ont bel et bien existé: le deal diplomatique concernait la réunification de l’Allemagne, que l’URSS acceptait. En échange, les Américains s’engageaient à respecter les intérêts géostratégiques de la Russie.

Tous ces événements sont pour les Russes un grand échec national. »

 

Mais aujourd’hui la Russie semble bien avoir tiré les leçons de cette catastrophe et être à nouveau capable de prendre des mesures pour défendre sa souveraineté et son indépendance :

« Les tentatives de rejeter la faute sur la Russie pour la disparition du traité INF sont injustifiées », a affirmé la représentation de la Russie auprès de l’Otan dans un communiqué.

« Nous avons attiré l’attention sur les risques réels d’aggravation de la situation militaire et politique en Europe », a-t-elle ajouté.

Si les Etats-Unis se retirent du traité, « nous avons confirmé ne pas avoir l’intention de déployer des systèmes de missiles correspondants en Europe et dans d’autres régions, à moins que des missiles américains à portée intermédiaire et à courte portée ne soient déployés », a-t-elle déclaré. « Nous avons demandé aux pays de l’OTAN de faire la même déclaration », a-t-elle précisé.

Le conseil Otan-Russie est l’instance de consultation créée en 2002 entre les deux blocs. Ses réunions se tiennent au niveau des ambassadeurs. Jens Stoltenberg n’a pas annoncé de nouvelle réunion avant le 2 août

 

La Russie a mis en garde lundi contre une crise des missiles comparable à celle de Cuba, en 1962, si les États-Unis s’avisent de déployer en retour en Europe des missiles nucléaires à portée intermédiaire. Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a assuré mardi qu’une telle hypothèse n’était pas à l’étude.

L’ambassadrice américaine à l’Otan, Kay Bailey Hutchison, a déclaré de son côté que Washington envisageait seulement pour le moment de déployer des missiles conventionnels. « Toutes les options sont sur la table mais nous ne pensons qu’à des systèmes conventionnels, il est important que nos alliés européens le sachent », a-t-elle dit.

La plupart des pays européens ne sont pas favorables au déploiement de missiles nucléaires américains en Europe, une initiative qui rappellerait la course aux armements des années 1980 entre les États-Unis et l’Union soviétique.

Sources utilisées:

https://www.afp.com/fr/infos/334/moscou-refuse-de-detruire-ses-nouveaux-missiles-deployes-en-europe-affirme-lotan-doc-1id10z5

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/07/03/la-russie-sort-du-traite-sur-les-forces-nucleaires-intermediaires_5484979_3210.html

https://www.ouest-france.fr/europe/russie/l-otan-demande-la-russie-de-detruire-son-nouveau-missile-nucleaire-6415515

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/12/16/31002-20161216ARTFIG00255-vladimir-fedorovski-la-chute-de-l-urss-est-encore-un-traumatisme-national-en-russie.php

https://www.cairn.info/revue-relations-internationales-2011-3-page-85.htm

 

Conséquences géostratégiques :

 

Quelle menace réelle

pour la paix en Europe ?

 

La rhétorique de la communication occidentale, et surtout US/OTAN, tente de se justifier en traitant séparément la question des missiles de la question de l’équilibre général des forces en présences, et notamment et surtout, des forces dites « conventionnelles » et réellement susceptible d’intervenir sur le terrain, ce qu’elles font déjà concrètement, d’une manière ou d’une autre, depuis des décennies, et singulièrement, depuis la dissolution de l’URSS.

Ces interventions diverses, que ce soit directement ou par l’intermédiaire de leurs alliés locaux, se fait principalement, sinon presque exclusivement, sur le territoire des anciennes républiques alliées de l’URSS, à l’époque. Cela s’est caractérisé par des conflits ouverts ( Serbie, Kosovo, Ukraine…), ou des implantations de forces militaires exogènes produisant une situation potentiellement explosive, comme en Pologne et dans les pays baltes, notamment.

Profitant de l’affaiblissement provisoire de la Russie, les USA et l’OTAN ont donc avancé partout leurs pions, sous formes de bases militaires, dans ces pays, et cela au mépris de leurs engagements.

C’est ce que montrent de façon on ne peut plus explicite les cartes représentant la situation de ces bases en Europe.

Mais la situation ne se résume pas non plus à un simple rapport de force Russie/OTAN. En effet, si l’OTAN est une alliance où les USA sont clairement la force principale et dominante, elle n’en est pas moins une alliance regroupant également désormais pratiquement tous les pays de l’UE, y compris les pays de l’Europe de l’Est, anciens alliés de l’URSS et donc de la Russie de l’époque.

C’est donc tout aussi clairement une extension de la domination de l’impérialisme US sur ces pays et l’utilisation, notamment géostratégique, par l’implantation militaire, que les USA font de cette domination peut difficilement être considérée comme un facteur de paix avec la Russie…

Mais ce n’est pas tout, ni même nécessairement, le plus inquiétant pour la paix en Europe. En effet, en dehors du cadre de l’OTAN, les USA disposent de bases militaire implantées en Europe, certaines depuis la deuxième guerre mondiale, et d’autres qui sont venues s’ajouter ensuite, notamment depuis la chute de l’URSS, et qui ne sont pas nécessairement soumises, pour leur utilisation, au consentement des autres membres de l’OTAN.

 

 

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C’est ce qui permet de comprendre les « menaces » de Trump de retirer les USA de l’OTAN au cas où les autres puissances européennes refuseraient de financer suffisamment cette organisation, à son gré. Ce n’est en rien un gage d’indépendance qu’il s’apprêterait à offrir à l’Europe, mais bien au contraire, une menace d’agir et d’intervenir, y compris et surtout, en Europe de l’Est, sans même avoir à demander le simple avis de ses supposés « alliés » de l’Europe Occidentale.

Autrement dit, c’est la menace d’entreprendre directement et pour son propre compte une confrontation, sur le sol européen, avec la Russie !

Autrement dit, encore, les USA ont bel et bien les moyens de pression et de chantage pour plier, en fait, leurs « alliés » de l’Europe Occidentale à leur domination et à leur volonté de dominer également la Russie par un rapport de force qui n’exclut manifestement pas la confrontation militaire, et tout d’abord, de type « conventionnelle ».

C’est bien pourquoi ils espèrent obliger la Russie à détruire ses missiles, qui forment actuellement un rempart difficilement franchissable, de l’aveu même de l’OTAN, et surtout en considérant, paradoxalement, en apparence, que ces missiles peuvent très bien être utilisés sans têtes nucléaires, en tant qu’armes « conventionnelles », mais qui assureraient la défaite d’une tentative US de nouvelle extension vers L’Est… !

 

En conclusion, il serait donc suicidaire, pour la Russie, de renoncer à cette défense sans contrepartie significative de la part des USA et de ses alliés de l’OTAN, et on ne voit pas bien ce qu’elle pourrait être, sinon le retrait de leurs troupes et de leurs armements stratégiques en deçà d’une portée possible sur la Russie, c’est à dire, en fait, un retrait quasi total de l’Europe.

L’OTAN n’est que l’un des visages multiples de la domination impérialiste US et il ne doit pas nous faire oublier l’essentiel, qui est la présence des forces armées US sur le territoire européen, où elles n’ont légitimement plus rien à faire, et cela depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, en réalité.

C’est le maintien de leur présence et la politique générale de domination US, notamment à travers le Plan Marshall, qui a entraîné une situation conflictuelle de tension permanente en Europe au cours de la deuxième moité du 20ème siècle, et c’est le maintien et l’accentuation de cette politique qui renouvelle et exacerbe les risques de guerre en Europe depuis le début du 21ème.

Certains partis et mouvements nationalistes et souverainistes appellent régulièrement au retrait de la France de l’OTAN. Certains partis qui se disent « de gauche », voire d’extrême-gauche », et même « marxistes-léninistes » réclament également ce retrait. Or ce retrait a déjà eu lieu, provisoirement, sous De Gaulle, et jusqu’à l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, réintégration entérinée effectivement en 2009.

Le retrait de la France de l’OTAN n’a en rien changé le rapport de force écrasant dont bénéficie l’impérialisme US vis à vis des nations qu’il cherche constamment à dominer, et à écraser carrément, sinon.

C’est donc un mot d’ordre parfaitement ridicule, sinon complice, objectivement, de l’impérialisme, français, d’abord, et US, in fine, vu le résultat.

La seule manière de faire avancer la paix en Europe, ce n’est donc évidemment pas un tel retrait, ni même simplement le démantèlement de l’OTAN, mais bien le retrait pur et simple, et sans conditions, de toutes les forces et dispositifs militaires US de tous les territoires européens.

 

Dans ces conditions, des négociations de paix pour le désarmement nucléaire et le démantèlement de tous les missiles en batteries sur le sol européen auraient enfin pleinement leur sens.

Luniterre

Pour la paix en Europe !

 

Retrait inconditionnel

de toutes les troupes US

du sol européen !

 

Négociations

de désarmement nucléaire

et conventionnel !

 

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