Russie

Du rayonnement quantique de l’œuvre de Marx!

 

 

 

Niels Bohr – 1922

 

 

A propos de nos derniers articles opposant la dialectique de Werner Heisenberg à celle d’Althusser, un lecteur nous écrit:

C’est très intéressant.

Un livre devenu introuvable sur le même sujet : les 6 articles de Niels Bohr, chez Vrin.

Il m’a semblé que le point de vue de Lénine sur la matière était celui de Bohr, qui répondait aux néopositivistes .

 

 

Ce qui nous amène à préciser encore notre point de vue >>>

 

Bonjour, camarade !

Effectivement, les réflexions de Lénine sur le matérialisme et la dialectique sont importantes pour éviter le confusionnisme qui se dégageait, déjà à cette époque, des interprétations idéalistes de l’évolution nouvelle de la physique au début du XXème siècle. Néanmoins, il faut bien constater également que par la force des choses elles ne peuvent précisément y répondre que dans les limites de la physique quantique encore dans ses balbutiements, fussent-ils géniaux, et déjà révolutionnaires, à cette époque.

La contribution fondamentale de Werner Heisenberg ne commence, pour sa part qu’en 1927, et la confirmation expérimentale de la « non-localité » est toute récente. Personnellement, le sujet a commencé à me passionner avec les expériences d’Alain Aspect, finalisées en 1982. Ma propre réflexion épistémologique d’autodidacte m’a alors amené à comprendre ces choses tout à fait à la manière du « Manuscrit de 1942 » dont à l’époque je ne soupçonnais même pas l’existence, et pour cause ! Découvert en France au tournant des années 2000, ce texte est donc évidemment resté important pour moi.

Dans la mesure où Heisenberg représente incontestablement une autorité compétente concernant les fondamentaux de la physique moderne, dont il est l’un des pères les plus éminents, ce texte continue donc effectivement d’influencer mon approche de la dialectique, et, me semble-t-il aujourd’hui, influence donc ma façon de lire Marx, et notamment, le Capital, évidemment !

C’est donc, je le suppose, ce qui crée le malentendu à la lecture de mes articles. Malentendu certainement irréductible par rapport aux développements, ou plutôt aux régressions, à mon sens, de la pensée « marxiste » actuelle en France…

Même si elle peut paraître avoir un prolongement idéaliste, dans sa conclusion de 1942, qu’il semble n’avoir pas développé par la suite, du reste, la pensée de Heisenberg constitue néanmoins une avancée considérable de la dialectique. Évidemment, Heisenberg n’était pas marxiste, bien que certains de ses biographes lui prêtent une phase « spartakiste » dans sa jeunesse. Mais Darwin ou Einstein ne l’étaient pas non plus, et pourtant, on ne saurait les exclure du champ de la dialectique, sauf à en faire un nouvel obscurantisme.

La question fondamentale reste le rapport entre la conscience humaine et la réalité objective, et même de savoir et définir ce qu’on entend par réalité objective. Évidemment cette problématique recouvre et inclut celle du rapport entre connaissance et réalité objective, au cœur même du débat « quantique » !

C’est donc bien la solution éventuelle que nous apportons à cette problématique, et même, à cette « double » problématique, qui nous permettra d’avancer dans nos analyses, et donc dans la solution des problèmes analysés, tant qu’à faire !

Évidemment, l’étude des simples contradictions, internes ou non, est d’un intérêt immédiat indispensable mais ne règle en rien la problématique la plus fondamentale de la nature intrinsèque des éléments en contradiction et de la connaissance que nous en avons.

Or aussi bien les développements de la science que l’expérience que nous avons dans notre pratique sociale quotidienne nous montrent que c’est bien là que réside la véritable difficulté, et qui, faute d’être surmontée, ne peut mener qu’à de nouveaux échecs, comme nous en avons tant connu ces dernières années, voire même, carrément accumulé, à vrai dire !

L’étude des contradictions, et même de la contradiction interne éventuelle de tel ou tel phénomène mène certes à en comprendre le mouvement immédiat et permet quelques adaptations tactiques, voire stratégiques à moyen terme, mais ne nous renseigne en rien sur la connaissance nécessaire en profondeur de l’essence des phénomènes, qu’il est particulièrement absurde de ramener à cette seule contradiction, fut-elle interne.

Même si l’essence de la dialectique peut être définie de manière simplifiée comme l’étude des contradictions, il ne s’en suit nullement pour autant que la contradiction soit par elle-même l’essence de tous les phénomènes.

Cette absurdité, qui fait de la contradiction l’essence de tous phénomènes aboutit donc soit à donner un statut ontologique à la contradiction elle-même, soit, si l’on lui refuse ce statut, à nier, par voie de conséquence incontournable, le statut ontologique de tout phénomène, et donc à retomber complètement dans l’idéalisme métaphysique le plus absolu !

En réalité il s’agit donc là d’une interprétation schématique, dogmatique, mécaniste et donc tout à fait fausse de la dialectique. Il semble évident, même chez Hegel, que la contradiction ne dépouille pas de leur essence les phénomènes en contradiction, même s’ils sont, précisément, d’essences contradictoires.

La contradiction interne elle-même procède de deux essences contradictoires au sein du même phénomène, et ne substitue nullement « l’essence de la contradiction » aux essences contradictoires en présence. Et la synthèse éventuelle produit bien une nouvelle essence du phénomène, ou un phénomène d’une nouvelle essence, et non pas, essentiellement, ni immédiatement, une nouvelle contradiction !

Le maoïsme, qui en arrive à réduire pratiquement la dialectique à la contradiction interne des phénomènes et l’essence des phénomènes à cette contradiction se situe donc d’emblée en dehors du champ du marxisme et même du matérialisme dialectique, pour rejoindre tout à fait celui de la métaphysique et de l’idéalisme. Le fait que l’on ait pu produire des milliers de pages pour accréditer une une telle idée au nom du marxisme est simplement un désastre écologique de plus pour notre époque…

Et bien évidemment, et même surtout, un désastre mental pour les « penseurs de gauche » qui s’en sont fait, et quelques uns encore aujourd’hui, les vecteurs!

Même chez Hegel l’étude des contradictions est un moyen de connaissance de l’évolution des essences en contradiction, et non une fin en soi. La connaissance ne se limite donc pas à la simple étude des contradictions, qui n’est précisément que le moyen d’étude et de connaissance des essences elles-mêmes, ainsi révélées, par le jeu des contradictions.

La science moderne, quant à elle, en nous révélant une multiplicité jusques là insoupçonnée des modes de l’être de la nature, ne nous a évidemment pas rapproché d’une conception moniste qui se dégagerait naturellement de l’ensemble comme une formulation scientifique globale de l’essence de l’Univers, une définition ontologique intégrant en un seul système de pensée l’ensemble des connaissance humaines. Non seulement il n’apparaît pas une telle conception ontologique déterministe globale de la nature, cohérente avec sa diversité nouvellement révélée, mais ces avancées de la science en repoussent même l’échéance éventuelle, voire même, en invalident la possibilité.

Pour autant, cela ne nous mène donc pas à revenir à une conception idéaliste du monde. La réalité du monde n’a pas besoin d’être entièrement déterministe pour exister en dehors de notre conscience humaine.

Ce qui s’éloigne radicalement de nous, avec l’émergence des nouvelles connaissances scientifiques, ce sont seulement les représentations entièrement déterministes du monde. Non pas parce qu’elles étaient incomplètes, mais bien parce qu’elles étaient fausses. Et si aucune n’a réellement dominé sur les autres, c’est bien parce qu’aucune d’entre elles n’était donc, par la force des choses, réellement opérationnelle.

Vouloir restaurer une conception néo-lyssenkiste de la nature, par exemple, comme certains le tentent encore au nom du « marxisme », c’est donc bien vouloir faire tourner à l’envers non seulement la roue de l’histoire sociale, mais c’est carrément revenir en arrière par rapport au développement des connaissances humaines, c’est carrément de l’obscurantisme, en fin de compte.

La conception lyssenkiste de la science soviétique est nettement l’un des facteurs essentiels du renversement du rapport de forces dans la lutte des classes en URSS, et si Staline a clairement commencé à en prendre conscience à partir de 1950, il semble que le mal était fait et que ses dernières tentatives, pour avisées qu’elles furent, et même apparemment et formellement réussies, au 19ème Congrès, n’ont donc pas permis de rétablir un rapport de force favorable au prolétariat, en profondeur.

Le lyssenkisme est resté une des bases idéologiques du khrouchtchevisme, et ce n’est donc pas un hasard !

Une représentation actuelle du monde, tel que « régionalisé », en termes d’agencement des connaissances humaines, par la dialectique de Werner Heisenberg, n’en reste pas moins une approche dialectique, et même une approche dialectique d’ensemble.

De plus, les connexions nomologiques qui relient entre elles différentes « régions » de la connaissance, comme la physique et la chimie, la chimie et la biologie, sont depuis longtemps déjà, du ressort de la science, et non pas spéculatives. Il n’y a pas de raison qu’elles excluent les nouvelles « régions » de la connaissance humaine et leur réalité intrinsèque dans la nature, comme le montre, par exemple, l’émergence d’une chimie quantique.

Une compréhension globale du monde peut donc rester opérationnelle si elle renonce à un dogmatisme absolument déterministe pour considérer d’un point de vue épistémologique les ensembles de connexions nomologiques propres à chacune des « régions » de la connaissance et les ensembles de connexions nomologiques qui les relient entre elles.

Comme le montre l’exemple de la chimie quantique, ces connexions nomologiques entre régions de la connaissance sont bien du ressort de la science et correspondent bien à une réalité objective, même si non entièrement déterministes.

Ces connexions nomologiques sont donc d’une importance particulière, du point de vue d’une épistémologie dialectique, en ce qu’elle sont le reflet historique de la structuration de la nature en strates de complexité concentriques au sens ou elles sont nécessairement incluses l’une dans l’autre par ces connexions.

Ce ne sont pas seulement des traces historiques qui restent comme vestiges purement symboliques, mais bien des connexions fonctionnelles qui marquent la persistance et la permanence de l’interaction entre strates d’évolution, au-delà et en sus de leurs connexions « régionales » spécifiques.

Néanmoins, il est clair que si une bonne compréhension dialectique de chaque « région » comprend également une approche des connexions « inter-régionales » il n’est pas pour autant indispensable à tout chimiste ou à tout biologiste de maîtriser les arcanes de la physique quantique pour être rationnellement opérationnel dans sa propre « région », même en termes de recherche, à moins, évidemment, d’avoir à travailler sur ces connexions « inter-régionales » elles-mêmes.

Si la physique des particules reste la strate de base commune à toute les autres, elle leur communique donc, dans une certaine mesure, ses propres relations d’indétermination, sans pour autant leur enlever leurs spécificités tant comme régions de réalité que comme régions de la connaissance humaine.

Du point de vue de la stratification historique de l’évolution des différentes régions de réalité de la nature, ce sont évidemment les connexions « inter-régionales » qui sont essentielles à la compréhension de l’ensemble. Ce sont elles qui sont aujourd’hui, en un sens, l’essence de la dialectique, bien plus que la simple formulation de l’évidence immédiate des diverses contradictions.

Cette approche épistémologique de la dialectique est fonctionnelle en ce qu’elle nous permet précisément, au-delà des contradictions immédiates, de saisir la permanence de l’interaction des strates d’évolution, y compris et surtout, dans le domaine social et économique.

Ce qui nous ramène donc directement au Capital de Marx, et à l’ensemble de l’œuvre de Marx, du reste, qui ne peut être lue, à cette lumière, que comme ce qu’elle est vraiment, en réalité, une étude de l’ensemble des strates d’évolution de la société, tant dans leur historicité générale que dans la permanence de leur interaction. Cet aspect essentiel de sa démarche est manifestement ce qui a amené Marx a quelques tentatives de prospection, qui, malgré l’indétermination inhérente au sujet, se sont en grande partie avérées pertinentes, et notamment, en ce qui concerne la loi de la valeur.

Pour ce qui nous concerne immédiatement, c’est bien une compréhension dialectique de cette loi, incluant donc la permanence historique plus que jamais actuelle des interactions entre strates d’évolution, qui peut nous aider à avancer à nouveau.

Non seulement la loi de la valeur continue à manifester ses effets dans le monde capitaliste actuel, mais elle s’y manifeste encore, à des degrés divers et dans des proportions variables selon les régions (géographiques, celles là!) sous toutes les formes de l’économie marchande héritées depuis l’aube des civilisations, et même depuis les premiers trocs entre tribus, dont le principe est examiné dès les premières pages du Capital.

Aujourd’hui, même la masse écrasante du capital financier n’a pas aboli les effets immédiats de cette loi, et cela même sous les espèces du capital « fictif » qui ne le sont que tant qu’elles continuent de circuler dans leur sphère « naturelle » d’évolution du capital. Un trader habile qui thésaurise néanmoins prudemment une partie de ses gains aura certainement plus vite fait, à partir de cette fraction de valeur issue du capital « fictif », d’acquérir la berline de luxe de ses rêves que le petit artisan industrieux dans le secteur productif, la sienne. En sortant de l’usine, pourtant, les deux exemplaires identiques du même modèle de berline représentent exactement la même quantité de plus-value extraite du prolétariat industriel.

Le capitalisme financier est aujourd’hui la forme essentielle de domination du capitalisme. Elle n’en contient pas moins en elle-même toutes les formes antérieures qui ont abouti à sa formation. Le même trader achète aussi bien, avec ses gains, les produits d’un petit agriculteur indépendant sur un marché villageois ou un objet artisanal décoratif, sur le même marché.

La loi de la valeur ne sera évidemment pas abolie du jour au lendemain par le premier décret du pouvoir prolétarien. Non seulement elle continuera à se manifester sous diverses formes plus ou moins spontanées, mais la forme économique de transition, en rupture avec le capitalisme, continue elle-même d’être une évolution de sa forme.

La désuétude complète de la loi de la valeur n’est absolument assurée qu’avec la disparition du travail productif humain, comme nous le rappelle Marx dès les Grundrisse, en 1857. C’est à dire avec l’automatisation et la robotisation complète de la production, et même des services, pourrait-on ajouter, aujourd’hui.

D’ici là, seul un développement suffisant des forces productives à l’échelle mondiale, c’est à dire suffisant pour couvrir l’essentiel des besoins sociaux, ce qui est loin d’être le cas, permettrait d’en reléguer les effets au plan des vestiges sans incidences sociales réelles.

Mais pour la forme économique de la phase de rupture avec le capitalisme, Marx nous en donnait déjà le principe, dans les Grundrisse, à propos du rapport entre temps libre et temps de travail :

Seine Tendenz aber immer, einerseits disposable time zu schaffen, andrerseits to convert it into surplus labour. Gelingt ihm das erstre zu gut, so leidet es an Surplusproduktion, und dann wird die notwendige Arbeit unterbrochen, weil keine surplus labour vom Kapital verwertet werden kann. Je mehr dieser Widerspruch sich entwickelt, um so mehr stellt sich heraus, daß das Wachstum der Produktivkräfte nicht mehr gebannt sein kann an die Aneignung fremder surplus labour, sondern die Arbeitermasse selbst ihre Surplusarbeit sich aneignen muß. Hat sie das getan – und hört damit die disposable time auf, gegensätzliche Existenz zu haben –, so wird einerseits die notwendige Arbeitszeit ihr Maß an den Bedürfnissen des gesellschaftlichen Individuums haben, andrerseits die Entwicklung der gesellschaftlichen Produktivkraft so rasch wachsen, daß, obgleich nun auf den Reichtum aller die Produktion berechnet ist, die disposable time aller wächst. Denn der wirkliche Reichtum ist die entwickelte Produktivkraft aller Individuen. Es ist dann keineswegs mehr die Arbeitszeit, sondern die disposable time das Maß des Reichtums.

Mais sa tendance [du capital] est toujours de créer d’un côté du temps disponible, et, d’un autre côté, de le convertir en surtravail. S’il réussit trop bien dans la première entreprise, il souffre alors de surproduction et le travail nécessaire se trouve interrompu faute de ce que du surtravail puisse être valorisé par le capital. Plus cette contradiction se développe, plus il s’avère que la croissance des forces productives ne peut plus être enchaînée à l’appropriation de surtravail d’autrui, mais qu’il faut que ce soit la masse ouvrière elle-même qui s’approprie son surtravail. Lorsqu’elle a fait cela – et que, par là, le temps disponible cesse d’avoir une existence contradictoire, alors, d’un côté, le temps de travail nécessaire aura sa mesure dans les besoins de l’individu social, d’un autre côté, le développement de la force productive sociale croîtra si rapidement que, bien que la production soit désormais calculée pour la richesse de tous, le temps disponible de tous s’accroîtra. Car la richesse réelle est la force productive développée de tous les individus. Ce n’est plus alors aucunement le temps de travail, mais le temps disponible qui est la mesure de la richesse. 

 

C’est évidemment ce principe qu’il reprendra en 1875, dans la Critique du Programme de Gotha, même si sous la formulation en quantum de travail qu’il aura très précisément déjà exposé, entre temps, dans les toutes premières pages du Capital, à propos de la loi de la valeur.

Sur la question du principe économique de transition il y a donc également une très grande cohérence et continuité dans l’œuvre de Marx, n’en déplaise aux révisionnistes de tous poils, althusseriens ou non, et autres gauchistes et adeptes de la wertkritik.

La question qui se pose, en termes de forme économique en rupture avec le capitalisme n’est donc pas la rupture avec la loi de la valeur, mais avec sa forme immédiatement oppressive et dominante, à savoir, sa forme capitaliste financière.

Dans les métropoles impérialistes, qui sont elles-mêmes des pôles oppressifs pour d’autres peuples, d’autres nations, via leurs exportations de capitaux, et dans ces nations opprimées elles-mêmes, la situation peut présenter une différence dans le cas, pour ces dernières, de survivance éventuelle d’une bourgeoisie nationale résistante face à l’impérialisme.

Mais en aucun cas le développement du capitalisme financier dans ces nations ne peut représenter une forme de rupture avec le capitalisme, en substitution du capitalisme « national » antérieur ! Cela peut paraître être une sorte de Lapalissade, de truisme, mais le redire reste malheureusement nécessaire, au moins pour la gauche française, dont une partie encore relativement importante continue de légitimer le concept de « socialisme de marché », ou « économie de marché socialiste », version chinoise et/ou vietnamienne…

Dans les métropoles impérialistes, partout où domine le capital financier, le capitalisme monopoliste d’État est un instrument entre ses mains et il n’existe plus de bourgeoisie nationale telle qu’elle puisse y jouer le moindre rôle politique.

Directement ou non, c’est l’ensemble de l’économie de marché qui est contrôlée par le capital financier. Même la petite production dépend, en fin de compte, du capital financier pour son financement.

Une forme économique de transition ne supprime pas non plus pour autant l’ensemble de la petite production du jour au lendemain, et c’est donc là une autre survivance de la loi de la valeur, sous une autre forme que celle, proprement dite, de la rupture avec le capitalisme, telle qu’esquissée par Marx dans les Grundrisse et redéfinie avec plus de précision dans la Critique du Programme de Gotha.

Pour autant, cette survivance de petite production, de petit commerce, est bien un facteur potentiel de restauration du capitalisme, dans la mesure où elle constitue précisément également une survivance, même si débarrassée du capital financier, de l’économie de marché.

Le pouvoir de classe prolétarien, dans les premières années de la transition, se trouve donc confronté non seulement à la nécessité de développer une économie socialiste proprement dite, selon le principe marxiste de rupture anticapitaliste, mais aussi confronté à la nécessité de contrôler la survivance de la part résiduelle de l’économie de marché, c’est à dire à la nécessité de la réduire, bien évidemment, et non de la développer, comme germe potentiel de restauration du capitalisme.

La seule expérience à grande échelle que nous ayons de ce processus reste, que cela plaise ou non, celle de l’URSS de l’époque socialiste proprement dite, qui a pris fin avec la contre-révolution khrouchtchevienne, au milieu des années 50. La seule tentative de bilan de cette expérience reste celle, que cela plaise ou non, que Staline lui-même a esquissé en 1952, en vue de la préparation du 19ème et dernier Congrès du Parti Bolchevique.

Cela se trouve donc dans son dernier ouvrage sur ces questions :

Les problèmes économiques du socialisme en URSS

Il reste donc nécessaire de relire cet ouvrage à la lumière du matérialisme dialectique, et notamment en ce qui concerne la loi de la valeur et ses formes de survivances à l’époque du socialisme en reconstruction, dans les années immédiates d’après guerre.

Elles y sont de trois formes, essentiellement.

__La survivance de l’économie de marché proprement dite, essentiellement limitée aux marchés kolkhoziens.

__La survivance des échanges monétaires, eux mêmes sous deux formes :

_la distribution des biens de consommation.

_les échanges au sein de l’appareil productif, en vue de les rendre proportionnels en valeur-travail.

__Le développement d’échanges en nature, non-monétaires, entre kolkhozes et SMT (Stations Machines-Tracteurs), qui sont un pas en avant vers la réduction de la sphère monétaire et le recul de la prégnance de la loi de la valeur.

A cette étape la loi économique générale est celle du développement harmonieux et proportionnel entre forces productives et besoins sociaux. Elle repose donc nécessairement sur des échanges équivalents, entre producteurs, sur la base de la valeur-travail, que cela soit formalisé ou non sous forme monétaire. Le principe, l’essence de cette strate de développement économique est donc le stade correspondant d’évolution de la loi de la valeur décrit aussi bien dans les Grundrisse que dans la Critique du Programme de Gotha.

Il n’y a plus, et depuis longtemps, et même depuis Octobre 17, en réalité, plus aucune place pour le capitalisme financier dans l’économie socialiste.

Le secteur résiduel de l’économie de marché, celui des kolkhozes, ne laisse aucune place réelle à l’accumulation de capital, au-delà de l’épargne familiale et individuelle, restant en rapport des besoins sociaux.

On peut discuter à l’infini de l’efficience relative de la loi générale de l’économie socialiste, de ses divers défauts d’application, de la prégnance excessive de la bureaucratie, etc…

La victoire de l’URSS sur l’Allemagne nazie, après seulement dix ans de développement réellement entièrement socialiste, suite à l’échec de la NEP, est la preuve éclatante, à plus d’un titre, de son fonctionnement et de son potentiel énorme de développement, sans précédent dans l’histoire de l’humanité, à l’échelle d’un pays-continent.

Pour venir complètement à bout de cet édifice économique de dix ans de développement socialiste, il a fallu plus de trois décennies aux révisionnistes khrouchtcheviens et à leur successeurs.

Ce qui n’empêche pas la mémoire populaire russe d’en avoir conservé le souvenir et de le manifester encore régulièrement à chaque occasion possible.

Chercher à comprendre les causes et les processus de la contre-révolution est donc plus que jamais une nécessité et peut donc contribuer à comprendre les nouvelles formes que peut revêtir le principe économique marxiste de transition dans le contexte actuel.

Pour autant, cela ne peut mener les marxistes-léninistes à abandonner le principe économique marxiste de transition lui-même au profit du capitalisme financier, même revêtu des habits faussement « rouges » des prétendus « socialisme de marché », « économie de marché socialiste », etc.

De plus, même les performances économiques de ce système, que l’on nous présente comme spectaculaires, mais en réalité étalées sur un demi-siècle, voir 70 ans, selon ses différents thuriféraires, n’ont donc absolument rien d’exceptionnelles, en fin de compte, mais surtout, ne représentent aucune forme d’alternative pour les autres peuples, sinon une soumission au capitalisme financier ainsi nouvellement constitué.

Et comme toute forme de capitalisme, même avec ce développement, celle ci a laissé en marge des centaines de millions de prolétaires, dans des conditions de pauvreté qui sont tout à fait équivalentes à celles des autres métropoles impérialistes, que ce capitalisme financier est en train de challenger, en tant qu’impérialisme émergeant.

Veut-on seulement contribuer au développement d’un nouveau pôle du capitalisme financier, un nouveau pôle d’exploitation du prolétariat, et en fin de compte, tôt ou tard, un nouveau facteur de guerre, ou bien veut-on enfin un développement économique qui réponde aux besoins sociaux du prolétariat, des classes populaires, et qui ouvre une perspective d’alternative à l’ensemble des peuples du monde, à leurs besoins sociaux essentiels encore loin d’être satisfaits? Telle est à nouveau la seule question qui se pose aux révolutionnaires, que ce soit en France ou ailleurs.

A ce propos, et comme illustration dialectique concrète, on peut citer cette image que fait Staline pour décrire le principe d’une utilisation contrôlée de la loi de la valeur:

« …avec le temps, avec le progrès des connaissances humaines, les hommes ayant appris à construire des barrages et des stations hydrauliques, on a trouvé moyen de détourner de la société les inondations qui paraissaient autrefois inéluctables. Bien plus : on a appris à museler les forces destructives de la nature, à les dompter pour ainsi dire, à faire servir la puissance des eaux à la société et à l’exploiter pour irriguer les champs, pour obtenir de l’énergie électrique. Est-ce à dire que l’on ait par là même aboli les lois de la nature, les lois de la science, que l’on ait créé de nouvelles lois de la nature, de nouvelles lois de la science ? Évidemment non. La vérité est que toute cette opération tendant à prévenir l’action des forces destructives de l’eau et à l’exploiter dans l’intérêt de la société, s’effectue sans que les lois de la science soient le moins du monde violées, changées ou abolies, sans que de nouvelles lois de la science soient créées. Au contraire, toute cette opération se fait sur la base exacte des lois de la nature, des lois de la science, car une violation quelconque des lois de la nature, la moindre atteinte à ces lois amènerait la désorganisation, l’échec de cette opération. »

Contribuer à la circulation des flux de capitaux financiers ou leur opposer la résistance d’un barrage révolutionnaire qui amènera un nouveau type de développement, enfin réellement au service de l’humanité, telle est l’alternative.

Mais les constructeurs de barrages ne se contentent pas non plus de connaître les lois de l’hydraulique. Ils doivent aussi tenir compte des strates géologiques sur les quelles leur ouvrage va s’appuyer et penser leur projet en fonction, tant architecturalement qu’en termes de matériaux disponibles. Leur ouvrage est en réalité à la rencontre de plusieurs « régions » de la connaissance et de l’expérience humaine. C’est en tenant compte, dans l’analyse de la situation du chantier, de l’ensemble des lois réelles de ces diverses « régions » de la science que leur projet pourra atteindre son but.

 

Luniterre

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La Gauche Française au stade du « Terre-platisme » ! (Synthèse du débat)

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Le matérialisme dialectique au 21ème Siècle : Lumière quantique ou crétinisme obscurantiste néo-lyssenkiste, il faut choisir!

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AUTRES ARTICLES DU CYCLE >>>

 

Sur la démarche épistémologique d’Heisenberg

et sur Le Manuscrit de 1942 :

 

 

Heisenberg contre Althusser :

épistémologie de la physique moderne

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Werner Heisenberg, Le Manuscrit de1942 :

émergence dialectique des strates de réalité

 

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Sur le contexte historique :

 

1939 – Einstein, auteur du premier chantage

à l’arme de destruction massive !

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« Farm Hall » déclassifié :

Hiroshima – Nagasaki,

le nucléaire US sans justification possible !

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/27/farm-hall-declassifie-hiroshima-nagasaki-le-nucleaire-us-sans-justification-possible/

 

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Красное знамя – символ нашей победы! – Le Drapeau Rouge est le symbole de notre Victoire!

 

 

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/ru/f/f9/Victory_Banner.jpg

 

 

 

 

 

 

Soviet Znamya Pobedy.svg

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/28/красное-знамя-символ-нашей-победы-le-drapeau-rouge/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/28/%d0%ba%d1%80%d0%b0%d1%81%d0%bd%d0%be%d0%b5-%d0%b7%d0%bd%d0%b0%d0%bc%d1%8f-%d1%81%d0%b8%d0%bc%d0%b2%d0%be%d0%bb-%d0%bd%d0%b0%d1%88%d0%b5%d0%b9-%d0%bf%d0%be%d0%b1%d0%b5%d0%b4%d1%8b-le-drapeau-rouge/

 

 

Oui ! Il faut sauver le trotskyste Jean Dugenêt !!! (…héritier spirituel de La Bruyère!)

« Avec le prétendu « Programme de Transition » de Léon Trotsky, le Capital a pris dès 1938 une hypothèque sur le mouvement ouvrier. Hypothèque renouvelée par les thoreziens avec les accords du CNR en 1943, et prolongée encore aujourd’hui aussi bien par les trotskystes que par les néo-thoreziens et leur « frexit de gauche ». Sans lever clairement et complètement cette hypothèque révisionniste, il n’y aura pas de renouveau réel de la gauche prolétarienne en France ! »

Pierre GRINDSABLE

 

https://i2.wp.com/etat-du-monde-etat-d-etre.net/wp-content/uploads/ours-polaire-calotte-rechauffement.jpg

 

 

Mais néanmoins…

Oui ! Il faut sauver

le trotskyste Jean Dugenêt !!!

 

 

[…qui se prend pour l’héritier spirituel de Jean de La Bruyère!!! ]

https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L180xH180/auton112602-a6cb1.jpg

Au cours du débat sur le « programme de transition » de Trotsky, ce post d’anthologie qu’il nous adresse, suivi de notre réponse…

 

Voir l’original du débat sur >>>

https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L335xH95/siteon0-e5814.png

Transition anticapitaliste :

En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

Est-il hors de propos de parler de transition anticapitaliste aujourd’hui ? Le capitalisme, malgré sa crise mondiale chronique et toutes les tragédies et toutes les (…)

2404 visites 18 nov. 2019 | 99 réactions | Luniterre    

 

+Réédition sur TML >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/18/en-2019-pour-refonder-la-gauche-francaise-marxisme-ou-trotskysme-il-faut-choisir/

 

Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 Jean Dugenêt Jean Dugenêt 20 novembre 08:03

@Luniterre
On ne peut pas vraiment dire que tout ce que vous racontez soit clair. Je vais donc essayer d’en venir à l’essentiel. J’espère par la même occasion apporter quelques éclaircissements à Fifi.
[NDLR >>> voir également son post et notre réponse, à la suite…*]
Luniterre dit qu’il est Marxiste-Léniniste. Cela ne nous avance pas beaucoup puisque Trotsky aussi disait qu’il était marxiste léniniste. Il faut cependant bien saisir l’énorme différence qu’il y avait entre les deux.
Comme vous dites : il faut partir des faits.
En premier lieu et pour bien vous différencier des trotskistes avec une autre étiquette, il faut dire haut et fort que vous défendez le stalinisme au moins jusqu’en mai 1943 c’est à dire y compris avec l’accord Staline-Hitler (Pacte de non-agression Ribbentrop Molotov) puis que vous défendez la politique de Mao. Vous faites partie de ceux que tout le monde appelait dans les années 1960-70 les maoïstes. C’est à dire que vous assumez tout à la fois les millions de morts du stalinisme et ceux du maoïsme.
Donc, sauf si vous m’expliquez que c’est totalement impropre, je dirai, pour faire simple et être clair, que vous êtes maoïste.
Il est assez curieux, dans ces conditions, que vous ayez trouvé bon de nous comparer avec le PRCF. Vous êtes en effet complètement d’accord avec ce que défend ce parti, au moins pour assumer le stalinisme, comme le fait Annie Lacroix-Riz. Cette dernière regrette que le PCF soit allé trop loin dans la condamnation des crimes de Staline à partir du rapport de Khrouchtchev sur « les abus du culte de la personnalité ». Vous qui n’êtes pas impliqué par ce rapport puisque pour cette période vous défendez Mao, je suppose que vous défendez, vous aussi, tout le stalinisme de cette époque.
Je rappelle que Staline a exterminé tous les bolcheviks de 1917 et tous les cadres de l’armée rouge qui ont gagné la guerre civile. Je mets au défi tous les staliniens (que ce soit vous ou Annie Lacroix-Riz) de me citer un nom d’un bolchevik qui aurait survécu.
C’est dire que pour vous, en 1917, il n’y avait que deux vrais bolcheviks : Lénine et Staline. Tous les autres se sont avérés être des traîtres vendus, selon les circonstances, au trotskisme, au capitalisme américain ou au nazisme.
Voilà quelques faits très éclairants qui vous rapprochent du PRCF. Il est vrai, par contre, que vous êtes actuellement très différents du PRCF puisque vous êtes contre le Frexit.
Notons ainsi, quelques constances dans votre politique, car vous défendez à la fois l’accord Staline-Hitler et la pleine collaboration actuelle avec l’UE.
C’est vrai, et je suis sur ce point entièrement d’accord avec Fifi, cela est très différent de notre politique. Nous comprenons que vous n’avez rien à faire d’un nouveau CNR.
Ce n’est pas sans intérêt pour moi de discuter avec un maoïste. Cela ne m’était jamais arrivé auparavant. J’ai eu l’impression que c’était une espèce en voie de disparition mais je suis ravi d’apprendre que nous avons évité la catastrophe écologique : il reste quelques survivants.
Vous avez noté, à juste titre, que le trotskisme avait complètement disparu dans l’URSS. En effet, avec l’accusation de « trotskisme », les bourreaux de Staline brassaient très large puisqu’ils qualifiaient ainsi tous ceux qui critiquaient Staline lesquels étaient donc tous exterminés. Le trotskisme, comme vous l’avez justement remarqué, n’a pu survivre que dans les démocraties capitalistes car quelques uns ont été assassinés par les services de Staline mais il n’a pas pu tous les supprimer. J’ai l’impression que vous le regrettez. J’aimerais donc pour terminer faire une évaluation de votre dangerosité. J’aimerais savoir ce qui se passerait si vous aviez l’occasion de m’assassiner. Le feriez vous ?

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NOTRE RÉPONSE >>>

Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 

Luniterre 20 novembre 10:02

@Jean Dugenêt

Trop drôle !!! M. Jean Dugenêt, je n’ai évidemment aucune intention de vous assassiner, et cela d’autant moins que vous me faites bien rire ! Les occasions étant rares de rire avec la réalité du vécu politique, ce serait donc vraiment dommage ! Il est vrai que tourner globalement la politique en dérision est souvent une occasion de rire, comme le font parfois encore quelques rares humoristes talentueux, mais dans votre cas, le plus drôle et le plus improbable, c’est que vous semblez faire le sketch directement de l’intérieur même de la classe politique, sans avoir à la caricaturer le moins du monde.

Pour commencer, quelques titres d’articles sur Mao et le maoïsme, que vous auriez du trouver sur TML, si vous aviez cherché un tant soit peu !

Rien que dans les rubriques sous le titre du blog, il y a déjà celui-ci >>>

Chine  : capitalisme ou socialisme ? __ Aux racines du révisionnisme maoïste 

Le mensonge du maoïsme

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/28/le-mensonge-du-maoisme/

Mao déclassifié…1954 : Les premiers ravages du maoïsme en France…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/01/25/mao_declassifie_3_1954_les_p remiers_ravages_du_maoisme_en_france/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/08/de-mao-a-xi-deux-visages-et-deux-formes-du-capitalisme-detat-en-chine/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

De Mao à Ma, ou la « philosophie » chinoise du capitalisme !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/10/de-mao-a-ma-ou-la-philosophie-chinoise-du-capitalisme/

Tout ça pour ça… ?! Ou les éternels démons kollabos de la petite bourgeoisie maoïste

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/08/tout-ca-pour-ca-ou-les-eternels-demons-kollabos-de-la-petite-bourgeoisie-maoiste/

Janvier 1968, Révolution « culturelle » dans le Hunan : la gauche prolétarienne écrasée par le pouvoir maoïste !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/09/janvier-1968-revolution-culturelle-dans-le-hunan-la-gauche-proletarienne-ecrasee-par-le-pouvoir-maoiste/

Le maoïsme, une « dialectique » de la trahison

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/04/le-maoisme-une-dialectique-de-la-trahison/

Etc…

Bref, je n’ai pas que ça à faire, et si je devais recenser tous les articles consacrés, sur TML, à la critique du maoïsme, et depuis ses origines en 1927, je pense même que cela ne tiendrait pas dans les 10 000 caractères qui sont la limite d’un post sur Agoravox !

Par votre incapacité à analyser simplement le contenu d’un blog internet au XXIème siècle vous faites la preuve plus qu’évidente de votre incapacité quasi monumentale à analyser quoi que ce soit en termes de documentation, et donc également, en termes d’analyse et de recherche historique !

Votre démarche pour le moins stupide et carrément ridicule est une bonne illustration de l’incapacité générale de la classe politique française dont le prolétariat est précisément lassé au point de s’en désintéresser totalement, et notamment de se détourner de ses joutes électorales de plus en plus pitoyables.

Il n’y a donc aucun besoin d’attenter à votre vie, pas plus qu’à celle de vos pairs dans cette classe de minables, et dont vous êtes donc l’archétype particulièrement drôlatique, et c’est donc bien là votre mérite essentiel !

Luniterre

 

 

 

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 Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 novembre 09:59

@Jean Dugenêt
Je suis entièrement d’accord avec ton analyse en ce qui concerne la disparition de toute la classe politique qui a fait la révolution d’octobre, par Staline, qui les a tous fait zigouiller.

Sur le maoïsme, je ne me prononce pas, je ne connais pas le sujet suffisamment.

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Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 

Luniterre 20 novembre 11:24

@Fifi Brind_acier

En tentant de couvrir votre compère, l’inénarrable Dugenêt, vous courrez simplement le risque de vous couvrir vous-même de ridicule, et c’est vraiment dommage, vu la relativement bonne qualité de vos posts, surtout en comparaison des siens, évidemment !

Le « défi » qu’il pose est simplement un de plus parmi les poncifs trotskystes relayés complaisamment par l’ « historiographie » au service du système. Même sur Google, média asservi parmi tant d’autres, il suffit de cinq minutes pour le relever :

Boudienny, Kalinine, Kirov, Jdanov, Vorochilov, Kaganovitch,Dzierżyński, Molotov, Joukov, etc…

Bien entendu, une fois dénoncé ce genre de mensonge trotskyste éhonté et relayé par le système, reste à faire une analyse réellement marxiste de l’histoire de l’URSS, mais ce n’est donc certainement pas possible en suivant la logique absurde et même grotesque de la mythologie trotskyste.

Le présent article sur la pensée économique de Trotsky en est déjà un élément, au-delà de la problématique connexe de son prétendu « programme de transition ».

Luniterre

 

 

 

 

Le cauchemar du trotskyste…!

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Deux liens vidéos récemment envoyés à M. Viriato, défenseur invétéré de Trotsky et du trotskysme dans nos colonnes…

 

« Même si tu ne comprends pas le russe…

Ouvre simplement les yeux…

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Moscou >>>1937-1940 >>>

 

 

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Komsomolsk-sur-Amour >>> 9 Mai 2019 >>>

 

 

 

 

En espérant que tu ne nous fasses pas une syncope!

Luniterre

 

 

 

Le « Pschitt » final du pseudo-« Rojava » et du révisionnisme de Bookchin-Öcalan

https://lepoing.net/wp-content/uploads/2018/06/big_1494118404_image.jpg

 

 

Le « Pschitt » final du pseudo-« Rojava »

et du révisionnisme

de Bookchin-Öcalan

 

 

La pitoyable mais indispensable volte-face du PYD/PKK concernant ses alliances en Syrie est une illustration on ne peut plus lumineuse de la cohérence des analyses développées sur TML concernant la situation actuelle de la crise du système capitaliste-impérialiste mondial et de l’évolution des rapports de forces.

 

Les forces politiques prétendant s’exprimer au nom du prolétariat ayant depuis longtemps abandonné les fondamentaux du Marxisme-Léninisme se sont trouvées réduites pratiquement à néant et les organisations groupusculaires résiduelles qui prétendaient continuer le combat en sont venues pour survivre à passer des alliances sans bases de classe réelles et surtout sans analyse ni de classe ni du stade de développement économique des forces en présences, ni de leur rôle réel dans le monde actuel.

 

La complaisance de la bourgeoisie impérialiste « libérale » à l’égard des idéologies gauchistes « libertaires » a permis à leurs tenants de se draper d’une apparence de légitimité « révolutionnaire » dont ils étaient, pour certains, les dupes « sincères » et bien involontaires, mais pour d’autres, et notamment la plupart des cadres de ces mouvements, les manipulateurs opportunistes et plus ou moins habiles, selon les cas…

 

Au moment où cette comédie déjà devenue dramatique et même sanglante depuis des années en Syrie tourne à nouveau à la tragédie, apparaît encore plus nettement ce que ces gauchistes opportunistes refusaient de voir : les seules forces anti-impérialistes encore en état de résister et même de contre-attaquer sont celles des bourgeoisies nationales que l’impérialisme US n’a pas encore réussi à réduire, et à la tête desquelles se trouve la Russie.

 

En Europe occidentale, les forces « de gauche » qui se prétendent « anti-impérialistes » mais appellent de fait soit à la Kollaboration de classe avec l’impérialisme US, soit avec le social-impérialisme chinois se trouvent maintenant potentiellement démasquées, et d’autant plus que depuis la « résolution » du Parlement Européen du 19 Septembre dernier concernant la « mémoire » de la lutte antifasciste de la 2ème GM elles se sont révélées incapables d’assumer pleinement la Victoire de l’URSS acquise grâce aux forces productives nées du développement de l’économie socialiste sous l’impulsion politique de Joseph Staline.

 

Et cela alors que la bourgeoisie nationale russe, elle, assume pleinement et revendique même hautement l’héritage de cette victoire ! Bien évidemment, elle tend à en mettre en valeur essentiellement l’aspect patriotique et nationaliste, mais cela inclus aussi, de fait, le développement des forces productives socialistes de l’époque, ce que nos opportunistes sociaux-chauvins et néo-thoreziens pseudos « marxistes-léninistes » en France sont bien dans l’incapacité de faire, et pour cause… !

 

L’opportunisme local du pseudo- « Rojava » se réclame, quant à lui, de l’idéologie de Murray Bookchin, un « théoricien » US originellement communiste, passé par à peu près toutes les phases de dégénérescence révisionniste, à commencer par le trotskysme, pour finir « communaliste » dans une lignée écolo-libérale-libertaire du plus grand confusionnisme, mais en ayant donc contribué essentiellement à la dégénérescence révisionniste d’Öcalan, leader du PKK/PYD, un mouvement déjà auparavant grandement contaminé par la dégénérescence révisionniste maoïste, qui incluait déjà une forme de « socialisme » communaliste utopique, ayant, sur le terrain, en Chine, entraîné la mort de 16,5 millions de personnes, très officiellement, et possiblement le double, selon certaines études.

 

Pour en finir avec toutes ces impasses, souvent tragiques, auxquelles mènent ces formes de révisionnisme, que ce soit le maoïsme, le trotskysme, le thorezisme ou le révisionnisme « libertaire » de Bookchin-Öcalan, il n’y a pas de chemin plus court que celui qui nous ramène à l’étude des fondamentaux du ML, en vue d’acquérir la capacité collective d’analyse des situations concrètes et d’une expression politique directement compréhensible par le prolétariat et les classes populaires, sans détour opportuniste d’aucune sorte, « frexit », « nouveau CNR », « démocratie nouvelle », ou autre.

 

La force politique du prolétariat est à reconstruire à partir de zéro, et non à partir des groupuscules résiduels actuels, qu’ils soient maoïstes, trotskystes, gauchistes ou sociaux-chauvins néo-thoreziens.

 

Une des premières bases d’unification et d’action militante devrait logiquement être le soutien aux luttes anti-impérialistes actuelles, en tenant pleinement compte du fait qu’elles sont encore principalement à l’initiative des bourgeoisies nationales survivantes, et en premier lieu, de la bourgeoisie nationale russe.

 

Luniterre

 

PS >>> en republication, à la suite, un article initialement paru sur Solydairinfo, quelques jours seulement avant l’agression turque contre la Syrie, et critiquant spécifiquement une de ces formes de révisionnisme caractéristique d’un groupuscule pseudo- « marxiste-léniniste » cherchant à justifier « théoriquement » son soutien à la manœuvre impérialiste US dite « Rojava », actuellement en déconfiture totale…

 

Et encore à la suite, un reportage sur le terrain diffusé par France-Culture et qui montre, précisément, les limites et la réalité de l’ « utopie » au pseudo- « Rojava »!

 

 

 

Le « ROCML », une nouvelle forme de révisionnisme

 

Le « Rojava » en 2019 !!!

 

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2019/10/06/le-rocml-une-nouvelle-forme-de-revisionnisme/

EN RÉPONSE A UN ARTICLE DU SITE « ROCML » >>>

 ROCML – IMPERIALISME – Septembre 2019

Un gros travail d’approche de la question impérialiste actuelle, et fort bien documenté…

Dommage que ce soit pour en arriver à une conclusion aussi grossièrement révisionniste…

Et en apparence également grossièrement contradictoire avec votre soutien à la prétendue « cause nationale kurde » dans la zone (à l’Est de l’Euphrate) encore actuellement occupée par les forces impérialistes US et françaises en Syrie, et rebaptisée « Rojava »…(1)

Dans cette zone d’occupation sous l’autorité des armées franco-US, appliquée sur le terrain par leurs proxys se drapant abusivement du drapeau kurde, vous prétendez donc, non moins abusivement, soutenir une cause de libération nationale, alors qu’au terme de votre laborieuse « analyse » vous arrivez à en conclure sur des positions clairement gauchistes, niant ce même droit à la libération et à l’indépendance nationale, et pour cause…

Vous en arrivez à une pseudo « définition » de l’impérialisme qui s’écarte expressément de celle de Lénine et Staline, pour aboutir à celle que le gauchiste Bibeau impute à Rosa Luxemburg (*):

« Nous ne nous soucions pas de savoir qui a attaqué en premier, qui est « l’agresseur » ou les « raisons » de chaque capitale nationale impliquée. Parce que la question sous-jacente est que l’impérialisme n’est pas la politique d’un État ou d’un groupe d’États déterminés, c’est une phase du développement capitaliste mondial, un degré de développement du capitalisme dans son ensemble. Et l’ensemble détermine les partis : il n’y a pas d’État ou de bourgeoisie qui ne soit impérialiste, car aucun d’entre eux ne peut ignorer les conditions générales. Aucune capitale nationale ne peut se développer librement à l’intérieur des frontières de ses États. Elle doit « sortir » – et par conséquent jouer et entrer en collision dans le jeu impérialiste mondial – pour assurer les conditions de sa propre reproduction et de son accumulation. »

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/peut-on-planifier-le-developpement-215353

Dans cette définition particulièrement caricaturale, qui plait tant à M. Bibeau et ses semblables, il est clair que toutes les nations étant impérialistes parce qu’intégrées à l’économie mondiale, il n’y a donc plus sur Terre que des nations impérialistes et donc en réalité plus d’impérialisme du tout ! C’est une négation, en réalité, de la notion d’impérialisme elle-même.

Alors que la domination impérialiste est clairement, il faut donc le rappeler pour vous, le résultat de la domination du capital financier, et de la domination mondiale des pôles financiers les plus importants, qui dominent effectivement les autres nations par l’exportation massive de leurs capitaux.

Bien évidemment, ce sont les flux de capitaux financiers drainant la plus-value extraite du prolétariat des nations dominées vers les pôles impérialistes qui indiquent la localisation et l’identification de ces pôles.

Ranger dans le camp « impérialiste » une nation, même aussi importante que la Russie, qui, depuis 2014, n’exporte quasiment plus de capitaux, sauf évasion fiscale, et en importe encore très peu, mais toujours bien davantage qu’elle n’en exporte, et avec une balance qui est donc déficitaire de manière chronique, et non pas occasionnelle ou « volatile » selon vos termes, c’est donc aboutir également à une négation de la définition de l’impérialisme.

Les flux de plus-value extraite du prolétariat russe par le capital financier international restent donc néanmoins dérisoires, de par le fait de cette situation, suite aux « sanctions » à répétition depuis 2014, et dans ces condition il est clair que le caractère « national » de la bourgeoisie russe tend plutôt à se renforcer qu’à se réduire.

Faire cette analyse évidente n’a rien à voir avec une quelconque « nostalgie de l’URSS », car l’analyse ML de l’URSS postérieure à la contre-révolution de 1953-56 amène déjà à caractériser celle-ci comme un État de bourgeoisie nationale-bureaucratique, à l’instar de la Chine maoïste antérieure à 1972 (Accords Mao-Nixon), même si avec un parcours historique évidemment très différent ! (2 )

Pour vous en sortir avec cette pitoyable rhétorique qui est la vôtre, vous voilà donnant également une définition tout à fait caricaturale et ridicule de ce que peut être une bourgeoisie « nationale »…

« Par bourgeoisie nationale on entend ici une bourgeoisie dont les intérêts seraient en contradiction (et non en simple concurrence) avec les bourgeoisies impérialistes en général. Or cette caractérisation réduit fortement le périmètre d’une éventuelle bourgeoisie nationale, incluant tout au plus des entreprises d’envergure réduite, aux techniques de production de complexité limitée. »

Alors que Marx notait déjà, en 1847, et donc bien avant le développement du stade impérialiste, dans le Manifeste :

« Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations.

Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays.

Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour. Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l’adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n’emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe. »

Il n’y a donc, à l’évidence, mais qu’il est donc nécessaire de vous rappeler, jamais eu de « bourgeoisie nationale chimiquement pure » telle que vous prétendez la définir.

Pour tenter de justifier votre propos vous essayez, de manière à la fois tout à fait dogmatique et idéaliste de faire porter le débat éventuel sur la question de limite entre les différents stade du capitalisme, alors que Lénine nous explique précisément ce qu’il en est:

« Inutile de dire, évidemment, que toutes les limites sont, dans la nature et dans la société, conventionnelles et mobiles; qu’il serait absurde de discuter, par exemple, sur la question de savoir en quelle année ou en quelle décennie se situe l’instauration « définitive » de l’impérialisme. »

L imperialisme stade supreme du capitalisme – Lenine – 1916

http://marx.be/fr/content/vii-limperialisme-stade-particulier-du-capitalisme

Mais ce qui est évidemment inutile pour Lénine vous est donc absolument indispensable pour votre dérisoire « démonstration » !

Il est évident qu’il n’est pas de bourgeoisie, « nationale » ou même « comprador », comme le montre l’exemple de la Chine, qui n’aspire à devenir elle-même un pôle impérialiste, fut-il « secondaire »…

Tout est à la fois une question de type de développement, d’accumulation de capital financier, et en fin de compte, de rapport de force.

Mais ce qui caractérise non pas la prétendue « limite », mais l’évolution d’un type à l’autre, c’est donc la dialectique d’accumulation de forces, productives et financières, et les sauts « qualitatifs » auxquels elle peut mener.

Le tableau que vous citez, mis en relation avec les flux actuels et les capitalisations boursières aux principaux pôles (3), démontre précisément le contraire de votre propos !

Il y a bien une différence de stade de développement capitaliste entre la Chine et la Russie.

Bien évidemment, l’État de « bourgeoisie nationale » ne peut être que précaire et transitoire, et n’en réduit pas pour autant la contradiction entre bourgeoisie et prolétariat.

Le front uni possible est donc lui-même précaire et transitoire et ne doit en rien empiéter sur l’autonomie politique et organisationnelle du prolétariat, ce que Lénine avait déjà parfaitement défini en son temps, dans le principe, et qui n’est à réactualiser que dans les formes d’application, essentiellement.

Le front uni n’exclut donc pas, bien au contraire, l’établissement d’un rapport de force entre bourgeoisie nationale et prolétariat, ce qui fait logiquement et naturellement partie de la dialectique du front uni.

Mais quoi qu’il en soit, c’est donc selon les circonstances particulières de chaque pays opprimé concerné, et le résultat concret de la rhétorique du «  ROCML » , particulièrement confuse, par nécessité, ne semble donc viser qu’à valider « théoriquement » , au prix de nier, en pratique, la Résistance nationale syrienne appuyée par la Russie, la politique de Kollaboration de classe avec l’impérialisme, promue en Syrie sous le vocable de « Rojava- « Kurdistan de l’Ouest » »( 4 ), et tout cela prétendument au nom du «marxisme-léninisme », on ne peut plus grossièrement « révisé » pour la circonstance !

Pablo Leonidas

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(* Citation vraisemblablement entièrement apocryphe, dont M. Bibeau lui-même et incapable de nous préciser l’origine réelle, bien qu’elle résume l’essentiel de sa « pensée » politique!)

(__1  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/08/tout-ca-pour-ca-ou-les-eternels-demons-kollabos-de-la-petite-bourgeoisie-maoiste/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/23/les-lecons-dafrin-pour-en-finir-avec-le-mcdo-marxisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/29/syrie-liberation-de-la-ghouta-et-pschiiit-du-mythe-rojava/    )

(__2  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/      )

(__3  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee/   )

(__4  http://www.kedistan.net/wp-content/uploads/2015/10/charte-tev-dem.pdf     )

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/03/ba870-capture16.jpg

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/03/9776a-capture13.jpg

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/03/aa716-capture14.jpg

 

 

 

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Kurdes de Syrie : le crépuscule du Rojava

 

10/10/2019 (mis à jour à 16:21)

Par Eric Biegala

L’armée turque est entrée au nord-est de la Syrie, le Président Erdogan profitant du retrait américain ordonné par Donald Trump. Cette offensive devrait entraîner la disparition d’un régime politique original établi par les Kurdes, construit sur les bases d’une utopie libertaire : le communalisme.

Des femmes syriennes s'enfuient sous les bombardements turcs sur la ville de Ras al-Ain, dans le nord-est de la Syrie, dans la province de Hasakeh, le long de la frontière turque, le 9 octobre 2019.

Des femmes syriennes s’enfuient sous les bombardements turcs sur la ville de Ras al-Ain, dans le nord-est de la Syrie, dans la province de Hasakeh, le long de la frontière turque, le 9 octobre 2019.• Crédits : Delil SouleimanAFP

Trois petits jours, à peine, auront suffi au Président turc Recep Tayyip Erdoğan pour mettre ses menaces à exécution et lancer l’opération armée « Source de paix » contre les Kurdes de Syrie, dans le nord-est du pays. Trois jours après que le Président américain lui aura donné son accord formel, dimanche dernier, et quand bien même Donald Trump a pu sembler se raviser depuis, allant jusqu’à se risquer à mettre en garde son homologue turc. Un premier bilan des frappes visant les positions des YPG, les Unités de protection du peuple kurde, fait état d’une dizaine de morts, dont des civils, des blessés mais aussi des milliers de déplacés fuyant les zones bombardées. Sans parler de la résurgence possible de l’organisation Etat Islamique. Une utopie sociale mis en pratique dans la région est aussi menacée : la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord.

Les Kurdes et le régime syrien

Lorsque, à la mi-2012, les troupes de Bachar al-Assad décident d’évacuer la quasi totalité des provinces nord et nord-est de Syrie, laissant toute la zone aux Kurdes, le régime fait le pari que ces derniers préserveront la région des avancées de la rébellion. C’est un pari risqué : si les Kurdes de Syrie ne revendiquent pas une indépendance stricto sensu, ils entendent tout de même administrer leur territoire de façon autonome et suivant les principes d’une idéologie bien précise : celle du PKK, ancien « compagnon de route » du régime syrien.

 Crédits : Visactu

A vrai dire, si Bachar-el-Assad et avant lui la Syrie baathiste de son père, Hafez el-Assad, n’ont jamais fait de cadeau aux 1,5 millions de Kurdes de Syrie, réprimant sans vergogne toute velléité d’autonomie voire seulement de liberté d’usage de la langue, ils ont en revanche soutenu, financé, armé et entraîné les rebelles kurdes de Turquie, ceux du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) depuis 1981 et jusqu’en 1998. C’est en effet à partir du territoire syrien que les militants armés du PKK lancent leurs premières attaques en Turquie en 1984. Jusqu’à l’automne 1998, le leader du PKK lui-même, Abdullah Öcalan, a sa résidence permanente à Damas. Quant à ses cadres, on les rencontre régulièrement dans les quelques grands hôtels de la capitale syrienne où ils ont pris pension, très vraisemblablement aux frais du régime. 

 

Or, le parti kurde le plus important dans le nord-syrien en 2012, celui à qui le régime laisse les clefs de la région, est le PYD : le Partiya Yekita Demokrat, ou Parti de l’Union Démocratique. Parti kurde syrien mais surtout « parti-frère » du PKK, construit dans le pays par des cadres du PKK sur le même modèle, avec la même idéologie. Comme le PKK, le PYD est aussi flanqué d’une branche armée, sa milice : les Unités de Protection du Peuple ou Yekîneyên Parastina Gel (YPG). Depuis les premières manifestations de défiance envers le régime syrien, vite transformées en rébellion armée, ces miliciens de l’YPG se sont davantage retrouvés du côté de la répression des manifestations que de leur organisation, n’hésitant pas à détruire complètement quelque centre communautaire, ou le QG d’une formation politique d’opposition au régime.

Quand celui-ci évacue quasi complètement le nord et le nord-est du pays, le PYD et les YPG investissent les centres du pouvoir administratif ou économique et contrôlent le terrain sur trois régions, correspondant approximativement aux zones où la population est majoritairement kurde : le gouvernorat d’Al-Hasakeh, à l’extrême nord-est, région frontalière de l’Irak et de la Turquie ; le district de Kobanî sur la frontière turque et celui d’Afrine au Nord-Ouest du pays, lui aussi frontalier de la Turquie au Nord et à l’Ouest. Ces trois « cantons » constituent la base de ce « Rojava » ou Rojavayê Kurdistanê en langue kurde, c’est-à-dire Kurdistan occidental

Le régime de Bachar al-Assad a conservé, jusqu’à aujourd’hui, une présence résiduelle dans le gouvernorat d’Al Hasakah : il y tient l’aéroport de Qamishli, où les avions de Damas atterrissent encore régulièrement ; quelques quartiers de la ville s’étageant jusqu’à la frontière turque, ainsi que la base militaire d’artillerie de Kawkab, 7 km à l’est de l’autre vraie ville du gouvernorat : Al-Hasakah. Une sorte de modus vivendi y a été trouvé avec les Kurdes qui n’ont jamais vraiment pris le parti de la rébellion et l’ont même combattue à l’occasion. C’est aussi dans ce gouvernorat d’Al-Hasakah que se trouvent une partie des ressources d’hydrocarbures du pays. Des ressources qui seront exploitées par les Kurdes, lesquels – comme d’autres acteurs du conflit syrien dès qu’ils mettront la main dessus – vendront ce pétrole et ce gaz naturel au principal acheteur possible dans la région : le régime lui-même !

Lorsque le PYD et ses YPG se retrouvent maître des trois cantons du Rojava, à l’été 2012 et surtout à partir de mars 2013, les transferts de combattants et surtout de cadres du PKK en provenance de Turquie ou du nord Irakien (où le groupe armé dispose de bases arrières) vont se poursuivre, voire se multiplier. En Turquie, en effet, l’heure est à la détente, voire à la paix. Le chef du PKK Abdullah Öcalan, embastillé dans l’île-prison d’Imrali au sud d’Istanbul depuis 1999, et le pouvoir de Recep Tayyip Erdoğan ont entamé des discussions baptisées « processus de résolution ». A l’été 2013, le leader du PYD, Saleh Muslim est même officiellement invité à Istanbul par le ministre des Affaires étrangères turc pour y participer. Ces pourparlers prévoient un arrêt de la lutte armée en Turquie et un retrait des combattants du PKK hors du territoire turc. Ceux-ci se replient en effet, en nombre, sur le nord-irakien et surtout dans le Rojava syrien… Résultat de quoi, une bonne partie des combattants des YPG en Syrie, notamment ceux qui affronteront les djihadistes de l’organisation Etat Islamique à partir de l’été 2014, semblent être arrivés de Turquie. C’est en tout cas ce qu’indique la recension de leurs « morts au combat ». Les YPG en effet indiquent systématiquement le lieu de naissance de leurs combattants dans les avis de décès et selon un décompte de l’Atlantic Council, entre janvier 2013 et janvier 2016, 49 % des « morts au combat » des YPG en Syrie étaient nés en Turquie, contre 44% nés en Syrie. Autrement dit, près de la moitié des combattants YPG disparus lors d’affrontements étaient probablement des citoyens turcs.   

Le tournant de Kobanî

L’hiver 2013-2014 et le printemps 2014 voient sur le théâtre syrien la montée en puissance d’un nouvel acteur : l’organisation Etat Islamique. Les djihadistes au drapeau noir contrôlent alors, dans le nord de la Syrie, la totalité du territoire qui sépare les trois « cantons » du Rojava. En juin-juillet 2014, ils se rendent maîtres de Mossoul et de la province d’Anbar, dans l’Irak voisin. L’été finissant voit leur règne et la proclamation de leur « Califat », qui englobe un tiers de l’Irak et autant, en proportion, du territoire syrien. Potentiellement, un nouvel Etat est en train de naître, avec 8 à 10 millions de « sujets ». En septembre 2014, les troupes de cette organisation Etat Islamique en expansion lancent une offensive d’importance en Syrie : sur Kobanî, l’un des trois cantons kurdes, sur la frontière turco-syrienne.

 Crédits : Visactu

Bousculés pendant des semaines, les Kurdes y perdent peu à peu du terrain. Début novembre, les djihadistes contrôlent 60% de la ville, ce sera leur ultime avancée. Lentement mais régulièrement, les YPG les repoussent, renversent la vapeur et reprennent le terrain perdu, aidés par un contingent de Kurdes irakiens et de rebelles syriens arabes arrivés en renfort via la Turquie. Surtout, les YPG, qui se battront pied à pied et avec l’énergie du désespoir dans les rues de Kobanî, bénéficieront très vite du soutien occidental. La coalition internationale emmenée par les Etats-Unis qui vient juste de se constituer pour justement « réduire et éradiquer » l’organisation Etat Islamique, conduira plusieurs centaines de missions de bombardement en appui aux Kurdes. A eux seuls, les bombardiers stratégiques B1 américains tireront quelques 1700 armes de précision sur et autour de Kobanî. Des parachutages d’armes, de munitions, ou d’aides médicales seront également organisés au profit des défenseurs de l’enclave. A la fin du mois de janvier 2015, les djihadistes sont effectivement repoussés : l’organisation Etat Islamique perd la bataille de Kobanî. C’est sa première défaite.

Et la première victoire militaire Kurde, arrachée de haute lutte et sur des combattants motivés idéologiquement. Un symbole extrêmement fort pour le groupe armé kurde, qui professe des idéaux exactement contraires à ceux des djihadistes.

C’est aussi, et surtout, pour les Kurdes des YPG, la première alliance militaire tactique d’importance jamais conclue. Et pas avec n’importe qui : avec l’armée des Etats-Unis d’Amérique. Des Etats-Unis pour qui, le PKK figure pourtant au rayon des « entités terroristes ». En l’occurrence, la relation tactique a reposé sur des choses aussi précises que la désignation des positions djihadistes au plus près de la ligne de contact durant la bataille, parfois simplement à l’aide de coordonnées transmises indirectement aux bombardiers, via un téléphone portable ou une tablette ! Et ce jusqu’à 20 ou 30 fois par jour !

L’US Air Force s’en souviendra : tout comme elle peut utiliser l’armée irakienne ou les peshmergas kurdes en Irak pour l’aider à cibler les djihadistes ; en Syrie, elle peut également compter sur les Kurdes des YPG. Qui plus est, ceux-ci pourront aussi occuper le terrain à l’occasion d’une reconquête, ce qui évitera aux Occidentaux, aux Américains en particulier, d’engager leurs soldats face au « Califat ». « No boots on the ground » est en effet le slogan favori du cabinet Obama en 2014-2015.

C’est aussi avec la bataille de Kobanî que les relations des Kurdes avec la Turquie vont à nouveau se détériorer. Pendant les premières semaines de l’offensive djihadiste sur la ville, la Turquie autorise l’arrivée sur son sol  de plusieurs dizaines de milliers de réfugiés, mais empêche dans le même temps tout renfort de franchir la frontière dans l’autre sens, pour épauler les défenseurs de l’enclave. Même si elle finira par autoriser un contingent de Kurdes irakiens et de rebelles syriens de l’Armée Syrienne Libre à y accéder. En Turquie même, des manifestations de soutien aux défenseurs de Kobanî, organisées dans les villes kurdes, tournent à l’émeute : une trentaine de manifestants sont tués.

Durant l’année 2015 et les suivantes, sur le théâtre syrien, le partenariat militaire kurdo-américain va toutefois se poursuivre et s’accélérer. En quelques mois, les forces des YPG, appuyés par l’aviation occidentale, attaquent et réduisent les positions de l’organisation Etat Islamique qui lui sont le plus accessibles ; d’abord à Tal Abyad, entre les cantons de Kobanî et d’Al Hasakah. Avec la conquête de Tal Abyad, les YPG contrôlent dorénavant une bonne partie de la frontière turco-syrienne et poussent également vers l’Ouest, récupérant d’autres zones non majoritairement kurdes. Ankara s’en inquiète de plus en plus ouvertement. D’autant qu’au printemps 2015, cette même Turquie, pour des motifs de politique intérieure, a relancé sa guerre contre le PKK.

Pour présenter un visage moins évidemment kurde le long de cette frontière turque, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) sont officiellement fondées en octobre 2015. Elles regroupent des brigades syriennes arabes, des forces tribales et des Chrétiens autour des YPG qui en demeure pourtant le contingent le plus important et le fer de lance. En 2015-2016, ces FDS sont les seules forces qui affrontent les djihadistes de l’organisation Etat Islamique en Syrie. Elles grignotent son territoire, reprenant Aïn Issa, au sud de Kobanî, fin 2015, puis Mambij, à l’Ouest de l’Euphrate, à l’été 2016. En plus des avions de la coalition internationale qui les appuient, les combattants des FDS sont maintenant épaulés sur le terrain par un contingent de plus en plus important de soldats occidentaux des forces spéciales : jusqu’à 2 000 Américains, environ 200 Français et peut-être autant de Britanniques sont présents à leurs côtés. Raqqa, la « capitale » de l’organisation Etat Islamique en Syrie est conquise en octobre 2017. Dans la foulée, les FDS poursuivent leurs avancées dans la province sud-est de Deir Ez-Zor. Fin 2017, elles contrôlent pratiquement toute la zone à l’est de l’Euphrate ; près d’un tiers du territoire syrien est dorénavant passé sous leur coupe, dont l’essentiel des régions productrices d’hydrocarbures. Et les FDS ne se contentent pas de conquérir cet immense territoire, elles entendent aussi l’administrer et y mettre en oeuvre concrètement les principes idéologiques du « communalisme démocratique », édictés du fond de sa cellule par Abdullah Öcalan, le leader incontesté du PKK

 Crédits : Visactu

L’utopie sociale en pratique

Emprisonné depuis 1999 en Turquie, Abdullah Öcalan et son PKK ont professé pendant des années le marxisme-léninisme classique de ces mouvements « révolutionnaires » nés dans les années 70, autoritaire, mâtiné de considérations locales. Un premier virage idéologique est pris dans les années 90, avant qu’un second n’intervienne dans les années 2002-2004, à la lecture par Öcalan – du fond de sa prison d’Imrali – de l’œuvre de Murray Bookchin, théoricien libertaire américain auquel il emprunte bientôt ses concepts fondamentaux. Le premier d’entre eux est l’organisation sociale et sociétale en « communes », communautés réduites d’individus s’administrant eux-mêmes et promouvant « le développement de coopératives autogérées au sein des municipalités », le tout pour « mettre en place un modèle économique diamétralement opposé au productivisme et au capitalisme mondialisé », résume le politologue Olivier Grojean dans son dernier ouvrage consacré au PKK.

La dimension anticapitaliste, issue du marxisme, [NDLR >>> en réalité le « communalisme » tel que décrit complaisamment dans cet article n’a aucun rapport avec le marxisme et le socialisme, si ce n’est précisément, la critique radicale qu’Engels en a fait dans son célèbre Anti-Dühring!] demeure fondamentale mais elle est associée à un rejet des structures d’un Etat comme de celles d’une Nation. Il ne s’agit donc pas de constituer en Syrie un Kurdistan autogéré sur le modèle de l’Etat-Nation. D’ailleurs, les références ethniques kurdes disparaissent peu à peu du Rojava. Celui-ci est rebaptisé Fédération Démocratique de la Syrie du Nord, laquelle se dote d’une Constitution en décembre 2016. Fin 2017, les représentants de plus de 3 000 « communes » y sont élus.

Les deux autres principes fondamentaux de ce « communalisme démocratique » sont l’écologie et l’égalité stricte de genre. Si les témoignages d’une politique soucieuse de l’environnement dans le Rojava sont rares, l’évolution du statut de la femme y est en revanche évident. Chaque président de commune, chaque cadre administratif ou politique y est doublé d’un co-président ou d’un alter-ego du sexe opposé. A côté des YPG, un contingent de femmes combattantes (YPJ) participe à toutes les batailles contre l’organisation Etat Islamique.

Combattantes kurdes à Kobane, dans le nord de la Syrie, le 20 juin 2015Combattantes kurdes à Kobane, dans le nord de la Syrie, le 20 juin 2015• Crédits : Ahmet SikGetty

Mais cette arrivée des femmes à un niveau d’égalité avec les hommes, mesure imposée et pas forcément choisie par les premiers intéressés, ne passe pas forcément très bien dans la société syrienne, notamment dans les villages arabes de l’Est du pays, aux traditions patriarcales et conservatrices bien ancrées. Avec les nouveaux droits alloués aux femmes, les divorces se sont effectivement multipliés… De nouvelles cours de justice ont été mises en place ; « Il y a un premier niveau, qui serait celui d’une justice civile, où l’on tente de régler les différents par le consensus de la communauté : ce sont les « tribunaux du peuple » » , explique Nadim Houry, qui dirige le think tank Arab Reform Initiative et arpente le Kurdistan syrien depuis des années ; « l’autre instance judiciaire ce sont les « tribunaux pour la protection du peuple », qui eux sont censés juger les djihadistes, les membres de Daech ; mais ils ne jugent que les Syriens, pas les étrangers ; et ils ont aboli la peine de mort… Ce n’est d’ailleurs pas une justice revancharde, comme en Irak ; les peines encourues sont dans une logique  de réintégration, à terme, dans la société. »

L’expérience et le projet politique du Rojava sont aujourd’hui cités en référence par nombre de mouvements ou partis de gauche occidentaux, un peu à l’image – en son temps – de l’organisation sociales de l’armée Zapatiste de Libération Nationale du sous-commandant Marcos au Chiapas. Le 22 janvier dernier, trois élus de la France Insoumise, dont les députés Danièle Obono et Mathilde Panot se rendaient ainsi « en visite de solidarité » dans le Nord-Est syrien. Venue des Etats-Unis, Janet Biehl, la compagne de Murray Bookchin (décédé en 2006), les avait précédée dès 2014, accompagnée d’une dizaine d’universitaires. En 2015, le journaliste et éditeur américain Wes Enzinna assurera des cours pendant quelques semaines à l’Académie Mésopotamienne des Sciences Sociales de Qamishli, l’université du Rojava. Les combats contre l’organisation Etat Islamique inspireront également nombre d’Occidentaux, souvent idéologiquement proches de la gauche radicale et plus ou moins aguerris, qui viendront se battre et parfois se faire tuer dans les rangs des YPG…

L’expérience politique du « communalisme démocratique » est à vrai dire une petite révolution dans ces terres moyen-orientales où l’on compte peu de régimes ou de traditions politiques libérales… même si le libéralisme supposé du Rojava laisse parfois à désirer. « Les centaines de communes en activités depuis 2015 n’ont pas de véritable soutien populaire, note ainsi Dan Wilkofsky dans un article sur le site de l’Atlantic Council ; « et ce parce qu’elle n’ont finalement rempli qu’un rôle administratif, distribuant par exemple l’aide humanitaire et relayant les demandes de la population aux autorités supérieures. Les comités économiques ou de sécurité et autre, qui auraient pu octroyer aux communes un véritable pouvoir de décision sont en fait restés les bras croisés, pendant que le PYD exerçait son contrôle de fait sur ces communes ». Le mode de fonctionnement des communes du Rojava semble passer par une sorte de clientélisme favorisant largement le PYD et lui assurant la mainmise sur la plupart d’entre elles. 

« Ce n’est pas une démocratie parfaite, concède encore Nadim Houry ; l’opposition politique, quand elle existe, est mal tolérée ; la justice est rudimentaire… Il n’en reste pas moins que l’administration fonctionne effectivement et que le Rojava a réussi à maintenir sur son territoire une vraie forme de sécurité ; ce sont les cantons de Syrie où le taux de criminalité est le plus bas du pays. » En résumé, le niveau de liberté et de sécurité dans le Rojava est sans commune mesure avec ce que l’on peut trouver ailleurs en Syrie, qu’il s’agisse des territoires tenus par le régime ou la rébellion, sans parler bien sûr des djihadistes. Le « Communalisme » de cette Fédération Démocratique de la Syrie du Nord soutient sans doute aussi la comparaison avec le niveau de liberté garanti par quelques uns des Etats de la région : l’Iran, l’Irak et même peut-être avec une démocratie formelle comme la Turquie, surtout depuis que le régime de cette dernière dérive vers l’autoritarisme d’un seul homme. Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait un hasard si cette dérive est concomitante de l’avènement du Rojava en Syrie.

Appétits turcs sur le Rojava

Ce sont les suites et la conséquence politiques de la bataille de Kobanî et de la défiance des Kurdes pour le parti et la personne du Président Recep Tayyip Erdoğan. Aux législatives de juin 2015, le petit parti pro-kurde de Turquie (légal), le HDP, passe pour la première fois dans le pays le seuil des 10%, indispensable pour siéger au Parlement. Il se retrouve avec 80 députés ! Surtout, ce résultat fait perdre sa majorité à l’AKP d’Erdogan, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2002. Pour récupérer cette majorité, ce dernier jouera à fond la carte de l’ultra nationalisme turc, en vue de rallier les voix de l’extrême droite, viscéralement opposée à toute reconnaissance des Kurdes ou à toute normalisation avec le PKK. Pour ce faire, Erdoğan relance donc la guerre contre le PKK ; c’est, pour paraphraser Clausewitz, la continuation de la politique par d’autres moyens. A l’automne, Erdoğan convoque une législative anticipée. Sa tactique a payé : il récupère une bonne partie des voix de l’extrême droite et son parti, l’AKP retrouve une majorité confortable à la Chambre : 58% des sièges. Mais la guerre avec les Kurdes, elle, se poursuit. 

Le PKK, de son côté, a décidé de répondre aux assauts de l’armée de l’air turque sur ses bases arrières dans la montagne irakienne en investissant les centres-villes des principales agglomérations Kurdes de Turquie… Il y arme des jeunes, il y transfert également quelques combattants aguerris, vétérans des affrontements contre l’organisation Etat Islamique en Syrie. A la fin de l’année, la branche Jeunes du PKK le YDG-H, omniprésent dans ces centres-villes, se rebaptise YPS et son drapeau reprend exactement le design de celui des YPG syriens, seules les couleurs sont légèrement différentes. Les centres-villes kurdes de Turquie se transforment alors en véritables camps retranchés, avec barricades, sacs de sable, défenseurs armés de Kalachnikovs et organisation sociale type : encadrement bicéphale avec égalité stricte des sexes et « communalisme démocratique », comme en Syrie.

La Turquie mettra quatre mois pour réduire militairement ces bastions du PKK au coeur des cités… le quartier de Sur à Diarbakir, la ville de Cizre, celle de Nusaybin… Les centres-villes eux-mêmes sont attaqués à l’artillerie et aux blindés. Des centaines de civils, coincés dans ces combats en seront les victimes. Au sortir de la bataille, certaines citées comme Nusaybin, sur la frontière syrienne, offrent le spectacle de véritable champs de ruines, difficiles à distinguer de ce qui se passe dans la Syrie voisine.

En août 2016, Ankara lance sa première opération militaire en Syrie même. Ostensiblement, il s’agit d’attaquer les dernières positions de l’organisation Etat Islamique sur la frontière turco-syrienne. Incidemment – et les Turcs ne s’en cachent pas – il s’agit aussi de couper toute velléité kurde de s’emparer de cette portion du territoire syrien, qui autoriserait une continuité territoriale de la totalité du Rojava, depuis le canton d’Afrine à l’ouest jusqu’à la frontière irakienne à l’est. Ankara enfonce un coin militaire entre les deux parties du Rojava. Ce nouveau front, turco-kurde en Syrie, se stabilise à la fin mars 2017.

 Crédits : Visactu

La Turquie d’Erdoğan attendra près d’un an, avant de relancer une autre offensive, directement conte les Kurdes des YPG, cette fois : sur le canton d’Afrine au début 2018. Les objectifs de cette opérations sont assez nébuleux ; celle-ci s’explique sans doute par une sorte d’opportunisme tactique : isolés, les YPG du canton d’Afrine ne combattent pas directement l’organisation Etat Islamique. Ils ne disposent donc pas, pour les épauler, des forces spéciales occidentales, américaines et françaises, soldats de l’OTAN auxquels la Turquie, elle-même membre de l’Alliance atlantique aurait été malvenue de s’attaquer. Seul un minuscule contingent russe basé à Afrine fait office de garde-fou contre la Turquie. Mais Erdoğan négocie directement avec Poutine le retrait de ces hommes et la non-intervention russe, notamment de ses puissantes batteries de missiles anti-aériens, avant de lancer son offensive sur Afrine.

Le canton et la ville elle-même sont complètement réduits en trois mois d’une opération militaire bizarrement intitulée « Rameau d’olivier ». En mars 2018, les YPG renoncent à défendre Afrine et l’évacuent. Cette victoire turque, relativement rapide donne des ailes à Erdoğan qui, assez vite, évoque la possibilité d’attaquer la totalité du Rojava, avec pour objectif d’établir un cordon de sécurité, une zone tampon de plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur sur le côté syrien de la frontière, d’où serait éradiqué toute présence des YPG. Ce qui mettrait un terme définitif à l’expérience de la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord. 

Jusqu’à décembre dernier, la présence militaire occidentale semblait pouvoir empêcher toute nouvelle opération turque contre le Rojava. Mais le 14 décembre, suite à une discussion téléphonique avec Recep Tayyip Erdoğan, Donald Trump annonçait, à la surprise générale, le repli imminent du contingent américain. Une décision présidentielle américaine tellement peu concertée qu’elle était immédiatement suivie par la démission de son ministre de la Défense, l’ancien général James Mattis puis par celle du principal diplomate en charge de la coordination de la lutte contre l’organisation Etat Islamique Brett McGurk.

Depuis, Washington a quelque peu tempéré les ardeurs de son « commandant en chef ». On parle toujours d’un repli, mais « progressif ». De leur côté, les Kurdes du PYD et même les cadres du PKK multiplient les prises de contact avec les Russes, ou même avec le régime de Bachar-el-Assad. Il en est certains dans les rangs kurdes pour soutenir en effet qu’un retour des troupes du régime dans les cantons de Kobanî ou le gouvernorat d’al-Hasakah, en lieu et place des Américains, suffirait peut-être à dissuader la Turquie d’attaquer. 

Le nouveau revirement de Donald Trump dimanche dernier, même s’il a ensuite été nuancé, en aura décidé autrement.

Véhicule blindé turc sur le point de traverser la frontière syrienne le 9 octobre 2019 à Akcakale, en Turquie.

Véhicule blindé turc sur le point de traverser la frontière syrienne le 9 octobre 2019 à Akcakale, en Turquie. • Crédits : Burak KaraGetty

Avec la collaboration d’Eric Chaverou

Eric Biegala

https://www.franceculture.fr/geopolitique/kurdes-de-syrie-le-crepuscule-du-rojava

 

 

Nouveau débat avec un zélateur du social-impérialisme chinois

 

EN RÉPONSE A…

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/communisme-un-seve-et-ca-repart-218171

POUR UN PRÉCÉDENT DÉBAT AVEC LE MÊME, VOIR >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/10/21/en-reponse-a-un-adepte-de-deng-xiaoping-et-successeurs/

 

(Luniterre|attribut_html) Luniterre 30 septembre 09:30

Staline a sans aucun doute commis des erreurs, sur les trente années où il a joué un rôle essentiel dans la politique mondiale. Une époque particulièrement troublée et violente de l’histoire de l’humanité, où il a du relever une Russie ruinée par l’Occident, et autant, et même davantage au cours de la « guerre civile » soutenue par l’Occident, que par la guerre de 1914-17 contre l’Allemagne.

Néanmoins il reste le véritable vainqueur de la 2ème GM face au nazisme, grâce au développement économique socialiste qu’il avait alors réussi en URSS, ce que l’Occident ne lui pardonne toujours pas, comme le montre la récente « résolution » du « Parlement européen », directement adressée à la Fédération de Russie, lui enjoignant expressément de formuler des jugements de valeurs sur sa propre histoire tout à fait à l’opposé de ce qu’ils sont actuellement, et principalement sur cette période dite « stalinienne » de construction du socialisme en URSS, précédant la seconde guerre mondiale.

Ce qui constitue délibérément une ingérence directe dans les affaires intérieures de la Fédération de Russie.

Alors que ce qui a permis la Victoire de l’Armée Rouge sur le Nazisme, c’est donc bien la construction du socialisme en URSS, et donc essentiellement le développement de son industrie socialiste, à partir de la fin de la NEP.

Cela s’est donc fait en une dizaine d’année, à l’initiative d’un leader communiste qui s’appelle effectivement Joseph Staline. C’est ce que les Russes n’ont pas oublié, contrairement à ce qui se passe en Occident, et que ce « Parlement européen » voudrait effacer de leur mémoire en imposant à la Fédération de Russie une politique de propagande idéologique dans ce sens.

La Fédération de Russie ne se revendique aucunement du socialisme mais assume pleinement, et même le plus souvent, avec fierté, en célébrant de fait à chaque anniversaire historique possible, la reconstruction de sa défense militaire, durant cette période socialiste qui a précédé la seconde guerre mondiale, et qui lui a finalement permis de vaincre le nazisme sur son propre sol et dans une grande partie du reste de l’Europe.

Il ne s’agit pas non plus d’opposer à cette résolution « européenne » le retour au culte de la personnalité, mais la gauche prétendument « révolutionnaire », « communiste », « antifasciste », etc… doit donc pleinement et ouvertement assumer cette époque historique dite « stalinienne », même si, bien évidemment, avec la distance critique nécessaire, celle que donne l’outil d’analyse encore irremplaçable qu’est le Marxisme-Léninisme.

Tant qu’elle ne le fera pas, elle continuera de reculer et sera incapable d’organiser la Résistance et la contre-offensive nécessaires, y compris face au social-fascisme hypocritement encouragé par l’UE, en pratique, comme en Ukraine.

Ceux qui en rajoutent au lieu de faire véritablement une analyse marxiste-léniniste du bilan de l’URSS de cette époque sont simplement les lèches-bottes du système capitaliste financier mondialisé actuel, incluant évidemment la Chine, seconde puissance financière mondiale derrière les USA.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/27/resolution-du-parlement-europeen-vers-une-nouvelle-guerre-de-classe-contre-la-russie/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/10/21/en-reponse-a-un-adepte-de-deng-xiaoping-et-successeurs/

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

Luniterre

 

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CN46400 CN46400 30 septembre 12:47

@Luniterre
Vous avez, sur le sujet un point de vue que j’ai longtemps partagé. Curieusement c’est D Losurdo, que d’aucun cataloguent comme stalinien pur jus, qui m’a expédié sur le Tome 27 page 268 où, avant d’étudier le système Taylor, Lenine écrit : « 
Comparé aux nations avancées, le Russe travaille mal… ».
Mais j’ai été plus loin et j’ai découvert(p243à p402), avec surprise, que Lénine, six mois après octobre, démontrait par le menu que « 
dans les conditions de la Russie, le capitalisme d’état serait un immense progrès ». Il était donc déjà armé pour répondre au « renégat Kautski » qui allait lui reprocher d’avoir pris le pouvoir pour lancer une révolution socialiste.
Sur cette lancée j’ai parcouru les 45 volumes, et découvert que la NEP était un capitalisme d’état dont Lénine parlait abondamment dans au moins 6 volumes (27,32,33,36,42,45) Et que, dans son esprit, il s’agissait d’une politique pour « 
plusieurs générations ». Par exemple, quand Lénine perd totalement ses moyens physiques (mi 1923), un consortium de capitalistes US est en train de négocier un contrat portant sur l’exploitation totale du Kamchaka pendant 60 ans avec une base militaire pour se protéger du Japon. Dans une réunion publique, un ouvrier, dubitatif, interpelle Lénine qui répond :
Que rapporte le Kamtchaka à la République ? Rien !
Que rapportera-t-il ? un peu ! (5%)
Mais, surtout, il permettra à des milliers de prolétaires soviétiques de se frotter aux techniques les plus modernes….
Et j’en ai donc déduis que l’idée : NEP= recul provisoire n’était pas de Lénine, c’était donc un mensonge qui n’était attribuable à personne d’autre que Staline. Sève, par d’autres chemins, arrive à la même destination.
A partir de cette constatation les « erreurs » de Staline sont, pour moi, devenues ce quelles sont, c’est à dire des crimes. Et son régime n’avait donc plus qu’une lointaine parenté avec le socialisme léniniste.
D’ailleurs, comment peut-on expliquer l’apathie des prolos soviétiques en 91, lorsque les gros bonnets du régime au sortir des magasins spéciaux de la nomenclatura, ont fait main basse sur les avoirs qui étaient censés appartenir au peuple ?

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 30 septembre 22:51

@CN46400
Toujours la même argumentation pathétique…
On a déjà vu ça ensemble il y a quelques années déjà…
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/10/21/en-reponse-a-un-adepte-de-deng-xiaoping-et-successeurs/

Lénine a pensé la NEP, même si sans le nom, dès 1918…
https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/05/05mai1918_lenine_sur-linfantilisme-de-gauche.pdf
La NEP était une solution de reconstruction provisoire des forces productives en parallèle du secteur socialiste, et non « à la place de… »
Que Lénine voyait peut-être sur une plus longue durée que ce qui a eu lieu, mais c’est la réalité qui prime sur le prévisionnel, en économie, en fonction de l’évolution sur le terrain, et non dans les livres.
Une succession de crises ont rapidement condamné la NEP et il était donc plus qu’urgent de passer à autre chose, et précisément d’autant plus rapidement face à la montée du fascisme.
Aujourd’hui les économistes russes défendent également cet héritage de Staline comme le tournant salvateur de la Russie, même si effectivement dramatique par bien des aspects.
II s’agissait, même en économie, d’une guerre de classe.
De plus, vous faites dans le confusionnisme délibéré entre les périodes de l’URSS, celle de 1991, archi-révisionniste, n’ayant évidemment rien à voir avec celle des années 30, ni même, des années 50.
https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/07/graphe-duree-de-vie-urss-russie.jpg

Luniterre

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CN46400 CN46400 1er octobre 09:37

@Luniterre

« La NEP était une solution de reconstruction provisoire des forces productives en parallèle du secteur socialiste, et non « à la place de… »« 

Nos points de vue se rapprochent puisque vous admettez, enfin, que Lénine avait posé la NEP pour une longue durée. Il vous reste à revisiter Marx pour apprendre, ou réapprendre que le communisme(Marx) ou le socialisme (Engels) ne peut exister que sur la base d’une accumulation primitive du capital qui ne peut être réalisée que par le capitalisme naturel où d’état comme le proposait Lénine dès avril 1918. Idée reprise après la guerre civile et en 1979 par Deng Xiao Ping. Je suppose que vous ne partagez pas avec Souslov (années 70) l’idée que grâce à l’existence de l’URSS, les pays du tiers monde pourraient éviter la phase capitaliste du développement….

Ceci posé, je vous renvoie à tous les textes, et ils sont nombreux, où Lénine explique que la Russie de 1920 est un pays pré-capitaliste, où les  »forces productives du capitalisme avancé«  n’existent pratiquement pas, et que, plus qu’à reconstruire c’est la première chose à construire. Et pour aller plus vite, il table sur le capitalisme allemand humilié par le traité de Versailles et le capitalisme US ou il espère jouer sur la concurrence neo-impérialiste avec les anglais et français.

Alors on peut admettre que Staline, marxiste bien moins éclairé que Lénine, ignare des pays du capitalisme avancés, ait jugé que l’urgence commandait le recours au »socialisme dans un seul pays« avec toutes les contraintes (travail et exode rural forcé) qui vont avec et le fouet de la terreur contre tous les anciens qui pourrait être tenté par une quelconque critique et contre les arrivistes qui se planquent dans le PC dont on exécute, au pif, 800 000 membres en 37-38 pour être, presque sûr, sinon d’en avoir éliminé le plus grand nombre, du moins de les avoir tous effrayés.

J’admets parfaitement que Staline ait été à la hauteur des évènements entre 38 (Munich) et 45, donc que le complexe militaro-industriel fût opérationnel. Et qu’aujourd’hui encore, cette puissance est utile à la Russie de Poutine.

Mais je constate qu’elle est encore, 90 ans après Staline, à la traîne sur le terrain des produits manufacturés, preuve si besoin était, de la carence de l’accumulation primitive du capital, responsable des pénuries, et donc de la chute de 91. Et que, bien sûr, Le capitalisme restauré est le plus »sauvage » qui soit, trop content d’avoir, par dessus le marché, hérité de l’interdiction du droit de grève….

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 1er octobre 16:29

@CN46400
Vous cherchez toujours dans les « livres » une justification à votre propre « déni théorique » d’une évidence que vous constatez vous-même sur le terrain.

La différence actuelle entre le capitalisme russe et le chinois est carrément une différence de stade : avec les accords Mao-Nixon le capitalisme chinois national-maoïste est précisément passé directement, dès 1972, du stade « national » au stade néo-comprador et financier, subventionné massivement par le capital financier US, via Hong Kong, déjà, alors que le capital national bureaucratique de l’URSS révisionniste était déjà gangrené par la mafia issue des goulags « libérés » et n’a été « compradorisé » que durant une décennie, sous Eltsine, mais toujours sous la coupe de la mafia, et n’a ensuite pu revenir au stade « national » où il est toujours, que depuis les années 2000. Soit plus de trente ans d’avance dans le développement capitaliste financier, en Chine.

>>>contre-partie positive >>> la bourgeoisie nationale russe reste relativement indépendante du capital financier, même si par la force des choses, alors que la bureaucratie chinoise n’est elle-même qu’un appendice du capital financier, et rien d’autre.

Luniterre

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CN46400 CN46400 1er octobre 16:54

@Luniterre

Au delà des livres, la Chine capitaliste financière ou non, socialiste ou non, affiche désormais une santé économique infiniment meilleure à celle de toutes les ex républiques soviétiques, même prise ensemble, et y compris la totalité du COMECON. Avec 1,3 du Pib affecté à l’armée (10% pour les USA et 4,4 pour la Russie) ; 77ans d’espérance de vie (79 aux USA-70 en Russie), 11,4 de mortalité infantile (8 aux USA, 10 en Russie). En clair le « capitalisme chinois » est nettement plus performant que le pseudo socialiste stalinien ou post stalinien.

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 2 octobre 14:56

@CN46400
Votre sauf-conduit opportuniste et purement rhétorique reste donc toujours le même ! Alors qu’il faut pouvoir comparer ce qui est comparable, et désormais, à trois quart de siècle dans le temps…

>>>les 10 ans post-NEP qui ont permis à l’URSS de devenir la seconde puissance mondiale et de vaincre le nazisme, première puissance industrielle européenne.

>>>les 70 ans de « Chine Populaire » qui auraient éventuellement permis à ce pays d’atteindre un niveau comparable… Mais avec la sueur de 275 millions de travailleurs « mingongs » qui ont encore aujourd’hui très officiellement un statut « légal » et surtout, social et économique, de citoyens de seconde catégorie !

…La véritable base économique du prétendu « socialisme à la chinoise » qui n’a jamais existé ailleurs que dans les beaux discours.

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/07/graphe-duree-de-vie-urss-russie.jpg

Luniterre

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CN46400 CN46400 2 octobre 17:33

@Luniterre
Et il y a une inconnue que personne ne pourra élucider ? Hitler serait-il arrivé au pouvoir en Allemagne si le développement de l’URSS avait compensé, pour le capital allemand, les pertes de la crise de 1929… ?
Quand au 10 ans post-NEP c’est aussi des travailleurs forcés par millions, un exode rural forcé (collectivisation) aussi et pour couronner le tout 780 000 communistes exécutés en 37-38 pour instaurer la trouille comme méthode de gouvernement.
Et pour couronner le tout, une industrie qui n’est jamais parvenue à réduire les pénuries de produits manufacturés.
Les mingongs qui, une fois l’an, prennent les gares TGV d’assaut pour passer les fêtes de fin d’année dans leur campagne sont dans une tout autre situation qu’on a connu, il y a un siècle et plus, à un autre niveau évidemment, en France. 

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 2 octobre 20:36

@CN46400

>>>RE >>>point par point >>>

__Et il y a une inconnue que personne ne pourra élucider ? Hitler serait-il arrivé au pouvoir en Allemagne si le développement de l’URSS avait compensé, pour le capital allemand, les pertes de la crise de 1929… ?

>>>ici, on ne comprend tout simplement pas ce que vous voulez dire !

__Quand au 10 ans post-NEP c’est aussi des travailleurs forcés par millions, un exode rural forcé (collectivisation)

>>>les mauvaises conditions de la collectivisation sont une conséquence de l’échec de la NEP

>>>son aspect relativement autoritaire, et parfois, réellement dramatique, était imposé par l’urgence de surmonter cette crise

>>>c’est un fait reconnu aujourd’hui par les historiens russes de l’économie de cette époque.

__aussi et pour couronner le tout 780 000 communistes(?) exécutés en 37-38 pour instaurer la trouille comme méthode de gouvernement.

>>>vous reprenez ici les chiffres du « livre noir » bidonné de Courtois

>>>les chiffres issus des archives historiques sont ici >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/06/en-reponse-au-mensonge-mediatique/

__Et pour couronner le tout, une industrie qui n’est jamais parvenue à réduire les pénuries de produits manufacturés.

>>>certainement moins qu’on le prétend aujourd’hui… >>>Le peuple russe n’a pas fait la guerre contre les nazis pour défendre un éventuel « droit à la misère » !!!

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/07/graphe-duree-de-vie-urss-russie.jpg

__Les mingongs qui, une fois l’an, prennent les gares TGV d’assaut pour passer les fêtes de fin d’année dans leur campagne sont dans une tout autre situation qu’on a connu, il y a un siècle et plus, à un autre niveau évidemment, en France. 

>>>Il y a un siècle et plus… effectivement >>>les conditions de vie des mingongs aussi en sont là

>>>le salaire d’un mingong à Shanghai, le plus élevé de Chine, actuellement, est la moitié du « smic » de Hong Kong, à coût de la vie comparable dans les deux villes, et ce qui ne permet une vie décente ni à l’un ni à l’autre, mais explique tout de même la désaffection du peuple de HK pour la perspective d’intégration… !

 

Luniterre

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CN46400 CN46400 3 octobre 09:53

@Luniterre
1-Lisez Lénine et vous apprendrez que pour lui, une des vertu de la NEP siégeait dans l’accord classe ouvrière-paysannerie. Laquelle venait, avec la réforme agraire, de toucher les dividendes de son appuis à la révolution soviétique. Par la collectivisation, Staline brisait cet accord…
2-Les 780 000 exécutions de 37-38 sont listée par l’association « Mémorial », que tous les ex-soviétiques peuvent consulter. Courtois, et les autres, jouent surtout sur les goulags, et leurs millions de pensionnaires qui devaient être nourris et soignés (Ex : Cancer de Soljenitsine…) si on voulait obtenir du travail. Ils les comparent, incidemment, aux camps d’extermination hitlériens d’où on ne revenait jamais alors qu’on pouvait faire plusieurs séjours dans les goulags.
3— Le
« socialisme dans un seul pays » était, c’est admis, un anticapitalisme, alors qu’on ne peut en dire autant de la NEP, c’est vrai. Mais s’il a finalement échoué, c’est qu’il n’a pas été reconnu par les populations concernées comme une solution crédible aux problèmes de la société, donc comme un « socialisme », à cause, surtout, des pénuries de produits manufacturés et aussi des inégalités bureaucratiques, souvent vexatoires.

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 3 octobre 10:46

@CN46400
Vous continuez donc de ramer, de façon assez pathétique, sur la fin inévitable de la NEP, que Lénine n’avait pas anticipé, c’est sûr ! Il avait par contre, et évidemment, à tort, anticipé la fin de la guerre civile en Mai 1918, en écrivant son fameux texte >>>
https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/05/05mai1918_lenine_sur-linfantilisme-de-gauche.pdf

Mais cela lui a donc bien été utile quatre ans plus tard, à la fin de cette guerre « civile », sponsorisée par l’impérialisme, en fait… Il se réfère dès lors à ce texte devenu d’actu pour quelques années encore, mais pas autant qu’il l’anticipait, et là aussi, à tort, mais on peut supposer qu’il se serait adapté, étant avant tout un pragmatique, et non pas un rhétoricien livresque comme vous l’êtes aujourd’hui, faute d’argument concret !

Concernant la liste « Mémorial » il n’y a évidemment pas contestation sur le nombre de décès durant cette période, mais sur le fait que tous soient réellement liés aux purges >>>
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/11/lacroix-riz-histoire-sovietique-suite-du-debat-sur-lgs_1936-38_les-purges-expurgees/

Et pour finir, toujours ce confusionnisme entre les périodes de l’histoire de l’URSS, alors que la mémoire de Staline, ne vous en déplaise, reste plébiscitée par les Russes, au point que Poutine continue précisément de la récupérer à son profit, ce qui exacerbe donc la rancœur des « parlementaires » de l’UE, au service du capital financier, et qui tentent de briser la résistance de la bourgeoisie nationale Russe, en même temps que celle du peuple Russe, du reste.

Pour l’instant, c’est un échec, malgré le secours d’idéologues de votre genre !

Le combat continue !

Luniterre

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CN46400 CN46400 3 octobre 13:29

@Luniterre
« ici, on ne comprend tout simplement pas ce que vous voulez dire ! »
C’est pourtant simple pour tout marxiste qui sait que tout capitaliste, allemand comme US, recherche d’abord du profit. Les bourgeois allemands ont, quasi unanimement, appuyé Hitler pour dette raison. Qu’auraient-ils fait si une partie importante d’entre-eux avaient tiré une partie importante de leurs profits de l’exploitation en URSS ?
Pourquoi Trump hésite par rapport à la Chine ? Parce que des capitaliste US, en affaire en Chine lui disent : mollo…. !

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 3 octobre 13:56

@CN46400
En bon français votre phrase initiale était donc bien tout à fait incompréhensible, et pour cause… ! Car le sens, pour le moins très indirect, était donc de faire l’apologie de la Kollaboration de classe entre le social-impérialisme chinois et son tuteur US dont il tente encore vainement de se « libérer » pour ne plus amasser de capital financier que pour son propre compte, mais toujours à la sueur de son propre prolétariat, et notamment, des mingongs. Processus qui est en assez bonne voie…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

Dont acte…

Luniterre

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CN46400 3 octobre 13:06

@Luniterre
SVP, cessez de me plaindre, et je vous sait gré d’avoir concédé que Lénine et Staline sont deux individus qui concevaient le socialisme différemment. Sur les deux, nos points de vues divergent, et je suis fort aise d’approuver Sève quand il différencie sans contestation possible les deux démarches.
Les 80 pages de Lénine sur le
« capitalisme d’état » de avril-mai 1918, n’ont rien à voir avec la guerre civile qui n’est alors, pas commencée. C’est après le 11 novembre 18, dans 6 mois donc, que les impérialistes occidentaux entreront en scène. En fait Lénine prépare la réponse au « renégat Kaustky » qui lui reproche d’avoir poussé Kérensky dans les poubelles de l’histoire et d’avoir pris le pouvoir dans un pays arriéré ou « le socialisme est impossible ». Lénine répond que la chaîne capitaliste s’est rompue à la hauteur de « l’anneau le plus fragile », pas là où « les professeurs l’auraient souhaité ». Et qu’il faut donc envisager « le développement des force productives » que Marx et Engels postulaient déjà réalisé avant la prise du pouvoir du prolétariat.
Enfin, Staline plébiscité par les russes… bof, comme Louis14, Napoléon, De Gaulle ou…Chirac par les français, degré voisin de zéro de la politique !

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 3 octobre 14:13

@CN46400
Vous en êtes véritablement à pinailler sur des points d’histoire, qui, de plus, et de toutes façons, ne vont pas dans votre sens >>>

La guerre civile russe est l’ensemble des événements qui déchirent l’ancien Empire russe durant plus de cinq années, de la fin 1917 à 1923, le gros des combats étant terminé en 1921. Elle se situe dans le prolongement de la révolution russe d’octobre 1917 ; l’essentiel des campagnes militaires se poursuit jusqu’à la proclamation de la NEP.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_russe

Il y a bien une accalmie relative au moment de la rédaction de ce texte, de l’avis de tous les historiens.

Et sinon vous n’expliquez pas non plus, et pour cause, l’acharnement de l’UE à faire renoncer Poutine et le gouvernement fédéral à l’héritage historique de l’URSS. Vous ne pouvez que botter en touche pour ne pas avoir à assumer véritablement votre faux-fuyant irresponsable, en fait, vis à vis de la situation faite ainsi à la Russie.

Luniterre

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Le Malthusianisme contre les « Routes de la Soie »: décrypter les discours officiels!

[  UNE NOUVELLE SUITE AU DÉBAT, EN MARGE DE:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/11/devoir-de-vacances-resume-ce-quil-faut-retenir/  ]

 

A propos de deux articles du canadien Matthew Ehret parus sur le « Saker francophone » et largement repris par la blogosphère gauchisante française…

Récemment cités dans un échange de posts en commentaires sur TML, voici l’ « explication de texte » que nous en avons proposé, et donc en marge de la publication de :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/11/devoir-de-vacances-resume-ce-quil-faut-retenir/

 

 

 

 

Bonjour,

Les deux articles que vous citez:

https://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-loccident-a-t-il-detruit-sa-propre-base-industrielle

https://lesakerfrancophone.fr/poutine-defie-les-malthusiens-la-fusion-nucleaire-devient-une-priorite-nationale-pour-la-russie

sont du même auteur, Matthew Ehret, qui joue très clairement dans le camp du capitalisme chinois, et donc, il faut évidemment comprendre que les développements idéologiques qu’il nous propose sont au service des intérêts du capitalisme chinois.

D’un point de vue ML, c’est à dire du point de vue du matérialisme dialectique, il reste essentiel de comprendre les mouvements de la base économique, qui conditionnent ceux des superstructures idéologique, sans pour autant, négliger l’action en retour de celles-ci, dont ces articles sont un exemple. Le malthusianisme n’est lui-même que l’une des superstructures idéologiques du capitalisme, et qui « ressurgit » uniquement en fonction de ses propres besoins en termes de restructuration, et ici, éventuellement, ceux du capitalisme financier US.

Bien évidemment, Matthew Ehret nous présente l’alliance Chine-Russie comme une sorte de « partenariat équitable », et c’est bien ce que la Chine prétend promouvoir, officiellement, avec son système auto-centré des « nouvelles routes de la soie »…

Or les disproportions et les disparités, et même, les inégalités, sont énormes, entre ces deux grands pays. A tous points de vue, et en premier lieu, dans leurs histoires économiques ces dernières décennies, en dépit d’un passé formellement commun dans les références au ML.

Au stade actuel, la Russie est encore en train de se remettre, difficilement, des conséquences de l’effondrement de l’URSS, et d’abord, de son effondrement économique.

Une des caractéristiques de cette situation, c’est que la période comprador etlsinienne qui a suivi cet effondrement a été un échec total en termes de développement économique, même en termes de développement du capitalisme comprador.

Ce qui a permis à une fraction survivante de la bourgeoisie nationale bureaucratique de reprendre le pouvoir et de redémarrer une phase de développement d’un capitalisme essentiellement « national ». D’où l’émergence importante, et même massive, d’une nouvelle idéologie nationaliste, en Russie, reprenant même en compte une partie importante de l’ancien patriotisme de l’URSS, dans ses diverses composantes, y compris « stalinienne », notamment au titre de la Grande Guerre Patriotique.

En rapport de sa superficie, la Russie reste relativement peu peuplée et dispose par contre d’importantes ressources naturelles, mais de peu d’industrie de transformation en produits finis. Elle a donc une marge extensive pour se développer encore sur la base d’un capitalisme national, même pour répondre à ses propres besoins, sans nécessairement pour cela aiguiser les contradictions de classe au point de rupture.

Le développement démographique, dans ce cadre, et compte tenu de sa faiblesse actuelle, reste encore un élément moteur complémentaire et même nécessaire de ce type de développement économique.

C’est sur cette base économique qu’il faut comprendre le discours de Poutine. Mais sans perdre de vue que le rapport de proportion, sauf évidemment, en superficie territoriale, est à peu près dans tous les domaines, et notamment, financier, de 1 à 20 en faveur de la Chine.

En population, il est pratiquement de 1 à 10.

L’un des atouts majeurs de la Russie c’est qu’elle peut survivre, même avec un niveau de développement modeste, en quasi-autarcie, y compris sur le plan alimentaire.

Ce n’est pas du tout le cas de la Chine, qui, malgré son développement économique, perd son autonomie alimentaire et se trouve dépendante, non seulement pour son développement industriel, mais simplement pour son approvisionnement alimentaire, de son commerce extérieur, de ses exportation industrielles, de ses importations alimentaires, mais aussi de ses exportations de capitaux, notamment pour l’ achat de terres agricoles à l’étranger.

Le déficit agroalimentaire de la Chine, apparu au début des années 2000, tourne maintenant autour de 60 à 70 Mds de dollars et tend à se creuser.

Le projet de réseau économique autocentré des « routes de la soie » est donc vital pour le capitalisme chinois, alors que son développement ne peut qu’accentuer cette dépendance : la Chine doit nourrir 20% de la population mondiale avec moins de 10% des terres arables disponibles (seulement 8%, selon certaines études), et moins de 7% des ressources en eau. Et ce ratio tend nettement à empirer avec l’industrialisation continue.

Il y a une autre différence fondamentale et essentielle entre le capitalisme chinois et le capitalisme russe, également, dans leur rapport au capitalisme financier US.

Comme on l’a vu, la phase comprador eltsinienne a complètement échoué en Russie, et la pénétration des capitaux étrangers y reste réduite et n’est pas un facteur de dépendance.

En 2017, le flux d’IDE entrants en Russie était de 25 Mds de dollars, contre 136 en Chine… Et de plus, en baisse par rapport à 2016 (37 Mds) et il est à nouveau fortement en baisse en 2018 (10 Mds).

Alors que le développement du capitalisme chinois a nettement réussi sa mutation comprador dès 1972 et les accords Mao-Nixon, incluant, outre la collaboration stratégique antisoviétique, la pénétration des capitaux US via Hong Kong et le système des « Red Chips », toujours actuellement en fonction, même si ce n’est plus le canal essentiel d’investissements US en Chine.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

Depuis, l’interdépendance de ces deux économies capitalistes a évidemment bien évolué dans le sens d’un rééquilibrage en faveur de la Chine, tel que décrit dans différentes études parues sur TML, du reste (*), mais elle n’en a pas pour autant totalement disparu, ce qui permet de fait à la Chine d’avoir une marge de négociation assez extensible en termes économiques, avant d’en venir à une confrontation directe, éventuellement militaire.

Alors que la Russie, militairement de plus en plus encerclée, n’a précisément que ses moyens militaires, même comme arme de négociation :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/06/nouveaux-missiles-russes-la-paix-en-europe-est-elle-menacee-et-par-quoi-et-par-qui/

Lorsque Trump est arrivé au pouvoir il est clair qu’une fraction du capital US peu investie en Chine était à l’œuvre derrière lui et entendait jouer la carte de la Russie contre la Chine, un peu à la manière dont Kissinger avait initialement joué, et très habilement, la Chine de Mao contre l’URSS… Manifestement, l’idée d’une « ouverture à l’Ouest » pour désenclaver la Russie ne déplaisait pas à Poutine, mais les concessions qu’il était prêt à faire étaient sans aucun doute insuffisantes aux yeux du capital US, ce qui explique le revirement brutal, malgré l’enclenchement de la « guerre économique » avec la Chine… !

 

Luniterre

 

(* https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/08/en_relisant_lenine_qui_parlait_deja_de_chine/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/07/guerre-commerciale-la-chine-reajuste-le-yuan-a-la-baisse-pour-contrer-trump/ )

 

UNE SUITE AU DÉBAT…

 

POST EN RÉPONSE DU 17/08/2019:

 

« j’avais fait un copier coller de votre texte pour vous répondre alinéa par alinéa mais votre site n’acceptant pas les discrimination j’ai été conrtaint de revoir ma copie. Je vous transmets ci après le produit de me cogitations en espérant ne rien avoir oublié.

Le malthusianisme est ancré profondément dans la doctrine néolibérale sociale ou pas. La réduction drastique de nucléaire est en cours, les énergies renouvelables ne pourront satisfaire les besoins que de 1 à 2 milliards d’individu. Les barbecues géants ne sont pas près d’être éradiqués

Compte tenu de ce qui précède le progrès économique et par conséquent social va disparaître et la pression démographique nécessairement repartir. Il y aura de plus en plus un décalage entre les besoins et les crédits alloué par l’Etat pour les satisfaire et c’est déjà le cas.
Cela ne peut condamner les classes privilégiées c’est à dire ceux qui détiennent le capital et leurs alliés qui multiplient les génuflexions dans l’espoir de grappiller les miettes ?

En quoi la surpopulation reste-t-elle une question d’équilibre : Quelles fractions de notre environnement faut-il réserver à la végétation, au le monde animal, l’Humanité, aux équilibres naturels qui ont permis ce que nous sommes devenus à partir de l’observation et sans intervention de scientifiques découpant l’ADN en rondelles ( en spirales) pour le modifier ailleurs toujours pour un profit plus grands. S’il ne s’agissait que de le réparer pour soulager des souffrances je dirais allons y.

Les réductions drastiques doivent être réservées au luxe insolent affiché par les capitalistes et leurs valets cela nous ramène à la lutte des classes et à l’impôt, à la remise en cause d’une politique des revenus scandaleuse. Les ressources rares doivent être partagées équitablement dans l’intérêt collectif, on peut aller chercher ailleurs celles qui sont insuffisantes sur terre par exemple l’hélium 3 sur la lune. Il est aberrent de brûler des hydrocarbures au lieu de les réserver pour des industries de transformations alors que nous saurons dans quelques années en toute sécurité produire de l’électricité à partir de la fusion thermonucléaire. Les programmes sont en cours.

Toutes les potentialités de l’économie circulaire, c’est-à-dire le recyclage encore et encore, doivent être mises en œuvre. Les chinois ont commencé à le faire.

En complément il faut poursuivre les recherches pour trouver les solutions les mieux adaptées aux problèmes auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés en particulier pour maîtriser la fusion thermonucléaire, réduire les déchets de longue durée les utiliser pour produire de l’électricité et non pas les enfouir ou fabriquer des munitions tant avec le plutonium que de l’uranium appauvri.

Je ne m’identifie pas aux classes moyennes mais souhaite une solution globale pour une avancée et non un recul social. Mais si nous poursuivons dans la voie dans laquelle nous sommes engagés notre descendance se retrouvera dans des conditions proches de celles du moyen âge. De décroissance en décroissance du bulbe elle retournera au village primitif, c’est bien là notre plus gros problème à résoudre car il n’y a pire que celui qui ne veut savoir. L’ignorance n’appelle pas systématiquement le savoir, ce serait plutôt le contraire.

Vous imputez à l’auteur une propagande délibérée pour le nucléaire, afin d’amener subrepticement une propagande pour le capitalisme chinois, que je n’ai pas ressentie. C’est me semble-t-il un procès d’intention.

Tchernobyl est consécutif à une erreur ce procédure et ses conséquences à l’absence de confinement mais n’a pas eu les conséquences décrites par les médias et tous ceux qui militent en faveur de l’abandon du nucléaire. L’erreur, la faute sans doute, à Fukushima a été d’implanter des réacteurs dans une zone sismique.

Les centrales étasuniennes ont connu elles aussi quelques déboires mais je n’ai pas eu le temps d’aller voir mais le nombre des victimes du nucléaire civil est sans commune mesure avec celles des conflits qui ont ravagés la planète depuis plus d’un siècle.
Personnellement je le jauge le système chinois aux résultats obtenus en matière d’emploi de pouvoir d’achat et de protection sociale, qui sont accessibles à tous.

Vous lui reprochez d’avoir atteint le stade combiné du capitalisme financier et du capitalisme monopoliste d’État, que vous qualifiez stade de l’impérialisme, l’ensemble masqué sous un vocabulaire « marxiste-léniniste » dont il se drape encore, selon les besoins de sa propagande alors que j’ai lu sur votre site, je ne sais plus si vous en êtes l’auteu,r que pour être à même de nettoyer les écuries il fallait y entrer.

C’est comme si vous écriviez que la programme du CNR élaboré par Pierre Villon qui fut à la base des trente glorieuses était un programme capitaliste alors qu’il n’était qu’une étape en direction de la socialisation des moyens de production et d’échange qui hélas à été abandonné pour des raisons que vous savez.

Les proportions économiques sont de 1 à 20 entre la Russie et le Chine écrivez-vous ! Si vous comparez avec Cuba c’est encore pire mais ne prouve rien.

La Russie et la Chine n’ont pas d’ambitions impérialistes affichées, l’avenir nous dira ce qu’il en est réellement par contre ce qu’ils entreprennent, l’Inde, la Turquie, le Venezuela et quelques autres, leur soutien à la Syrie est de nature à freiner voire à annihiler les prétentions de l’impérialisme occidental à dominer sans partage les ressources et les peuples de la planète. En France que faisons-nous ?
Les révolutionnaires de salon ne font rien ou (et) ratiocinent, l’état de l’opinion est à l’avenant.

Je partage votre appréciation sur la direction actuelle du PCF incapable d’élaborer une pensée cohérente car elle ne se débarrasse pas de son anti stalinisme viscéral

et de ses utopies. J’ajoute simplement que ce doit être sur une base marxiste tout en compte tenant compte des enseignements du passé des échecs, des reculs, des renoncement et des avancées qu’il convient de mettre en exergue car elles sont tues par l’Histoire officielle. » [ Jack Freychet ]

 

UNE RÉPONSE TML:

Bonjour,

Le développement du capitalisme chinois est incontestable et rappelle, par bien des côtés celui de nos « trente glorieuses » d’après-guerre, avec effectivement les progressions sociales y afférentes.

En France, les « trente glorieuses » correspondent également au redéploiement de l’impérialisme français et au passage du colonialisme « à l’ancienne » au néo-colonialisme de domination essentiellement financière, avec le système « françafrique », toujours en vigueur, en faits.

Ce redéploiement n’a été possible que sur la base des accords de collaboration de classe promus par le thorezisme dans tous les domaines et prolongés sous Waldeck-Rochet et Marchais.

Vous dites que le programme du CNR était « une étape en direction de la socialisation des moyens de production et d’échange qui hélas à été abandonné pour des raisons que vous savez. »

C’est effectivement ce qu’il aurait du être si les clauses en avaient été sérieusement négociées d’un point de vue prolétarien.

Or l’histoire, dès le 8 Mai 1945 à Sétif (*), montre que ce n’était pas le cas et que la direction du PCF avait entériné la reconstruction de l’impérialisme français comme une contre-partie des concessions sociales accordées. Elle n’avait, en conséquence, prévu aucune possibilité, ni légale ni clandestine, de maintient des forces armées prolétariennes issues de la Résistance, qui se sont donc trouvées intégrées aux forces armées de l’impérialisme en voie de reconstruction ou dissoutes.

Il est donc évidemment possible de dire que le programme du CNR était un « programme capitaliste », et d’autant plus qu’il ne faisait aucune mention expresse d’une alternative socialiste possible.

Ce n’est donc pas pour autant ce qui aurait pu le rendre condamnable, si, en tant que programme de front uni de libération antifasciste il avait été correctement négocié, avec des clauses prévoyant le maintient et même la pérennisation des structures politiques populaires et prolétariennes issues de la Résistance, en lieu et place de leur dissolution au profit de la reconstitution de l’État impérialiste français. Et de fait, cela aurait donc du inclure le maintient et la pérennisation des organisations militaires issues de la Résistance, sous une forme ou une autre, genre « garde nationale », telle que sous la Commune de Paris.

A ces conditions, le rapport de force se serait trouvé certainement très différent lors des conflits sociaux de 1947-48 !!!

A ce sujet, le rapport Jdanov est sans ambiguité :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

Et encore moins, en fonction des débats de la conférence du Kominform, en 1947, également :

The Cominform — Minutes of the Three Conferences 1947/1948/1949, édité par Giuliano Procacci, Feltrinelli Editore (Milan, 1994)

Concernant les stades de développement des capitalismes russes et chinois, il est évident que les rapports de proportions ne suffisent pas à caractériser leur différences, même s’il donnent une bonne indication, compte tenu qu’il s’agit de deux très grands pays d’importance géopolitique et géostratégiques comparables. Du reste, ma réponse précise leurs degrés de dépendances respectives vis à vis des capitaux financiers étrangers, et principalement US, en pratique. Mais là encore, il ne s’agit pas d’une étude complète, abordée par ailleurs sur TML, et qui donne notamment la comparaison en termes d’exportation de capitaux, critère ML effectivement décisif en termes de caractérisation du stade impérialiste.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

Il en ressort que la Chine est devenue exportatrice de capitaux, et cela dans tous les domaines, alors que la Russie, outre la disproportion déjà évoquée reste importatrice, même si dérisoirement, ses rares exportations de capitaux étant de plus généralement du ressort de l’évasion fiscale et non pas réellement de l’investissement productif.

Selon ce critère et d’autres, il est donc approprié de distinguer deux stades de développement du capitalisme différents entre la Chine et la Russie, dont l’un est le stade impérialiste et l’autre le stade encore essentiellement « national ».

Il est donc politiquement juste d’en tenir compte dans les soutiens nécessaires aux différentes luttes de libération et/ou de résistance nationale, dont celle de la Russie, sans négliger la priorité que nous devons faire aux luttes sociales, comme celle pour la défense des retraites, en Russie, également.

Dans les circonstances actuelles, où le prolétariat industriel est essentiellement démobilisé et dépolitisé, en plus d’être socialement minoritaire, où les classes moyennes en voie de prolétarisation se révoltent sporadiquement, mais sur des bases de classe qui restent idéologiquement petites-bourgeoises, la question du front uni reste posée, et même si elle se pose différemment qu’aux époques précédentes, la priorité doit toujours combiner l’actualité des revendications sociales les plus unificatrices et l’autonomie politique et organisationnelle de l’avant-garde prolétarienne, qui reste encore, manifestement, à construire !

Luniterre

(* https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/14/le-8-mai-1945-a-setif-kateb-yacine-se-souvient/ )

 

 

Nouveaux missiles russes : la Paix en Europe est-elle menacée ? Et par quoi et par qui?

https://img.aws.la-croix.com/2019/04/02/1201012881/LC-OTAN-ETATS-MEMBRES-V2-290319_0_729_405.jpg

 

 

https://www.medias-presse.info/wp-content/uploads/2018/03/Bases-US-contre-Russie.jpg

 

 

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Nouveaux missiles russes :

la Paix en Europe

…est-elle menacée ?

Et par quoi et par qui?

 

 

La Russie a une nouvelle fois refusé de détruire ses nouveaux missiles déployés en Europe, ce que l’OTAN prétend être en violation d’un traité conclu en 1987, comme l’a répété vendredi le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg, à l’issue d’une réunion du conseil Otan-Russie.

« Nous n’avons pas vu une quelconque indication de la volonté de la Russie de se mettre en conformité avec le Traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) en détruisant ces missiles avant le 2 août… » Date à la quelle les États-Unis menacent de se retirer, au terme d’un préavis de six mois.

 

En réponse à cette menace, Vladimir Poutine a ratifié, mercredi 3 juillet, la suspension de la participation russe au traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Ce traité, signé en 1987, pendant la guerre froide, interdisait aux deux parties d’utiliser des missiles terrestres d’une portée de 500 à 5 000 km.

 

L’accord bilatéral conclu par Washington et Moscou en 1987 avait permis l’élimination des missiles balistiques et de croisière SS20 russes et Pershing américains déployés en Europe.

En février dernier, Washington a accusé Moscou de violer le traité et a pris la décision – qui deviendra effective le 2 août – de se retirer du traité FNI. La Russie avait déployé des nouveaux missiles Novator 9M729, en affirmant que leur portée n’était que de 480 km alors que l’OTAN et les Etats-Unis l’estiment à 1 500 km.

 

Jens Stoltenberg a reconnu que « les défenses actuelles ne sont pas en mesure d’abattre un missile de croisière tiré depuis la Russie ». Mais il a affirmé que « l’Europe n’a pas l’intention de déployer de nouveaux missiles armés de têtes nucléaires en Europe ».

L’Otan exige donc que la Russie détruise son nouveau système de missiles avant le 2 août, ultimatum fixé par l’OTAN pour renégociation selon ses nouvelles conditions ou liquidation du traité.

« Notre objectif est de sauver le traité. Il reste 4 semaines avant le 2 août », a-t-il insisté. « En 1987, la Russie a détruit des missiles de croisière en quelques semaines. Il suffit d’en avoir la volonté politique », a-t-il rappelé.

 

On se rappellera donc à ce propos que la signature de ce traité a précédé de peu la liquidation de l’URSS, en fin de compte, et donc par voie de conséquences la disparition quasi effective pour une décennie complète de la Russie sur la scène internationale en tant que nation souveraine apte à défendre ses droits.

Ce dont s’est souvenu l’écrivain et ancien diplomate, mais anticommuniste notoire, Fédorovski, à l’occasion du 25ème « anniversaire » de cet effondrement :

« N’oublions pas que ces oligarques ont agi avec la complicité des banques occidentales. Les sorties de capitaux étaient considérables: 120 milliards de dollars par an quittaient le pays chaque année dans un contexte où 50% de la population frôlait le seuil de pauvreté. La fin de l’URSS était un cadeau géopolitique immense pour l’Occident, mais au lieu d’associer la Russie au concert des nations européennes, elle a été marginalisée. Aujourd’hui, nous le payons.

_Nous payons donc des erreurs commises en 1991?

Le meilleur exemple de ce cordon sanitaire reste l’élargissement de l’OTAN, qui s’est fait contre les promesses faites à Gorbatchev.

Il faut préciser quelque peu la chronologie. J’étais aux réunions diplomatiques sous George Bush (père) et sous son secrétaire d’État James Baker, ils ne voulaient pas du concept de «cordon sanitaire» forgé par Zbigniew Brzeziński et qui n’a été appliqué qu’à partir de la présidence de Bill Clinton dans la deuxième moitié des années 1990. C’est sous l’influence du «Grand échiquier» de Brzeziński que l’on a commencé à parler de l’utilité pour les États-Unis d’une Russie faible et d’une Ukraine forte. Autant vous dire que cela a laissé des traces dans la mémoire contemporaine des Russes. Le meilleur exemple de ce cordon sanitaire reste l’élargissement de l’OTAN, qui s’est fait contre les promesses faites à Gorbatchev. Il se trouve que j’étais présent aux accords conclus sur ce point avec les Américains. Ils ont été complètement bafoués et les partisans de l’avancement de l’OTAN vont aujourd’hui jusqu’à nier l’existence même de ces accords. Ces accords ont bel et bien existé: le deal diplomatique concernait la réunification de l’Allemagne, que l’URSS acceptait. En échange, les Américains s’engageaient à respecter les intérêts géostratégiques de la Russie.

Tous ces événements sont pour les Russes un grand échec national. »

 

Mais aujourd’hui la Russie semble bien avoir tiré les leçons de cette catastrophe et être à nouveau capable de prendre des mesures pour défendre sa souveraineté et son indépendance :

« Les tentatives de rejeter la faute sur la Russie pour la disparition du traité INF sont injustifiées », a affirmé la représentation de la Russie auprès de l’Otan dans un communiqué.

« Nous avons attiré l’attention sur les risques réels d’aggravation de la situation militaire et politique en Europe », a-t-elle ajouté.

Si les Etats-Unis se retirent du traité, « nous avons confirmé ne pas avoir l’intention de déployer des systèmes de missiles correspondants en Europe et dans d’autres régions, à moins que des missiles américains à portée intermédiaire et à courte portée ne soient déployés », a-t-elle déclaré. « Nous avons demandé aux pays de l’OTAN de faire la même déclaration », a-t-elle précisé.

Le conseil Otan-Russie est l’instance de consultation créée en 2002 entre les deux blocs. Ses réunions se tiennent au niveau des ambassadeurs. Jens Stoltenberg n’a pas annoncé de nouvelle réunion avant le 2 août

 

La Russie a mis en garde lundi contre une crise des missiles comparable à celle de Cuba, en 1962, si les États-Unis s’avisent de déployer en retour en Europe des missiles nucléaires à portée intermédiaire. Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a assuré mardi qu’une telle hypothèse n’était pas à l’étude.

L’ambassadrice américaine à l’Otan, Kay Bailey Hutchison, a déclaré de son côté que Washington envisageait seulement pour le moment de déployer des missiles conventionnels. « Toutes les options sont sur la table mais nous ne pensons qu’à des systèmes conventionnels, il est important que nos alliés européens le sachent », a-t-elle dit.

La plupart des pays européens ne sont pas favorables au déploiement de missiles nucléaires américains en Europe, une initiative qui rappellerait la course aux armements des années 1980 entre les États-Unis et l’Union soviétique.

Sources utilisées:

https://www.afp.com/fr/infos/334/moscou-refuse-de-detruire-ses-nouveaux-missiles-deployes-en-europe-affirme-lotan-doc-1id10z5

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/07/03/la-russie-sort-du-traite-sur-les-forces-nucleaires-intermediaires_5484979_3210.html

https://www.ouest-france.fr/europe/russie/l-otan-demande-la-russie-de-detruire-son-nouveau-missile-nucleaire-6415515

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/12/16/31002-20161216ARTFIG00255-vladimir-fedorovski-la-chute-de-l-urss-est-encore-un-traumatisme-national-en-russie.php

https://www.cairn.info/revue-relations-internationales-2011-3-page-85.htm

 

Conséquences géostratégiques :

 

Quelle menace réelle

pour la paix en Europe ?

 

La rhétorique de la communication occidentale, et surtout US/OTAN, tente de se justifier en traitant séparément la question des missiles de la question de l’équilibre général des forces en présences, et notamment et surtout, des forces dites « conventionnelles » et réellement susceptible d’intervenir sur le terrain, ce qu’elles font déjà concrètement, d’une manière ou d’une autre, depuis des décennies, et singulièrement, depuis la dissolution de l’URSS.

Ces interventions diverses, que ce soit directement ou par l’intermédiaire de leurs alliés locaux, se fait principalement, sinon presque exclusivement, sur le territoire des anciennes républiques alliées de l’URSS, à l’époque. Cela s’est caractérisé par des conflits ouverts ( Serbie, Kosovo, Ukraine…), ou des implantations de forces militaires exogènes produisant une situation potentiellement explosive, comme en Pologne et dans les pays baltes, notamment.

Profitant de l’affaiblissement provisoire de la Russie, les USA et l’OTAN ont donc avancé partout leurs pions, sous formes de bases militaires, dans ces pays, et cela au mépris de leurs engagements.

C’est ce que montrent de façon on ne peut plus explicite les cartes représentant la situation de ces bases en Europe.

Mais la situation ne se résume pas non plus à un simple rapport de force Russie/OTAN. En effet, si l’OTAN est une alliance où les USA sont clairement la force principale et dominante, elle n’en est pas moins une alliance regroupant également désormais pratiquement tous les pays de l’UE, y compris les pays de l’Europe de l’Est, anciens alliés de l’URSS et donc de la Russie de l’époque.

C’est donc tout aussi clairement une extension de la domination de l’impérialisme US sur ces pays et l’utilisation, notamment géostratégique, par l’implantation militaire, que les USA font de cette domination peut difficilement être considérée comme un facteur de paix avec la Russie…

Mais ce n’est pas tout, ni même nécessairement, le plus inquiétant pour la paix en Europe. En effet, en dehors du cadre de l’OTAN, les USA disposent de bases militaire implantées en Europe, certaines depuis la deuxième guerre mondiale, et d’autres qui sont venues s’ajouter ensuite, notamment depuis la chute de l’URSS, et qui ne sont pas nécessairement soumises, pour leur utilisation, au consentement des autres membres de l’OTAN.

 

 

https://expresselevatortohell.files.wordpress.com/2013/01/us-military-reach.gif?w=910&h=495

https://www.geostrategia.fr/wp-content/uploads/2018/02/Capture-d%C3%A9cran-2.png

 

 

C’est ce qui permet de comprendre les « menaces » de Trump de retirer les USA de l’OTAN au cas où les autres puissances européennes refuseraient de financer suffisamment cette organisation, à son gré. Ce n’est en rien un gage d’indépendance qu’il s’apprêterait à offrir à l’Europe, mais bien au contraire, une menace d’agir et d’intervenir, y compris et surtout, en Europe de l’Est, sans même avoir à demander le simple avis de ses supposés « alliés » de l’Europe Occidentale.

Autrement dit, c’est la menace d’entreprendre directement et pour son propre compte une confrontation, sur le sol européen, avec la Russie !

Autrement dit, encore, les USA ont bel et bien les moyens de pression et de chantage pour plier, en fait, leurs « alliés » de l’Europe Occidentale à leur domination et à leur volonté de dominer également la Russie par un rapport de force qui n’exclut manifestement pas la confrontation militaire, et tout d’abord, de type « conventionnelle ».

C’est bien pourquoi ils espèrent obliger la Russie à détruire ses missiles, qui forment actuellement un rempart difficilement franchissable, de l’aveu même de l’OTAN, et surtout en considérant, paradoxalement, en apparence, que ces missiles peuvent très bien être utilisés sans têtes nucléaires, en tant qu’armes « conventionnelles », mais qui assureraient la défaite d’une tentative US de nouvelle extension vers L’Est… !

 

En conclusion, il serait donc suicidaire, pour la Russie, de renoncer à cette défense sans contrepartie significative de la part des USA et de ses alliés de l’OTAN, et on ne voit pas bien ce qu’elle pourrait être, sinon le retrait de leurs troupes et de leurs armements stratégiques en deçà d’une portée possible sur la Russie, c’est à dire, en fait, un retrait quasi total de l’Europe.

L’OTAN n’est que l’un des visages multiples de la domination impérialiste US et il ne doit pas nous faire oublier l’essentiel, qui est la présence des forces armées US sur le territoire européen, où elles n’ont légitimement plus rien à faire, et cela depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, en réalité.

C’est le maintien de leur présence et la politique générale de domination US, notamment à travers le Plan Marshall, qui a entraîné une situation conflictuelle de tension permanente en Europe au cours de la deuxième moité du 20ème siècle, et c’est le maintien et l’accentuation de cette politique qui renouvelle et exacerbe les risques de guerre en Europe depuis le début du 21ème.

Certains partis et mouvements nationalistes et souverainistes appellent régulièrement au retrait de la France de l’OTAN. Certains partis qui se disent « de gauche », voire d’extrême-gauche », et même « marxistes-léninistes » réclament également ce retrait. Or ce retrait a déjà eu lieu, provisoirement, sous De Gaulle, et jusqu’à l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, réintégration entérinée effectivement en 2009.

Le retrait de la France de l’OTAN n’a en rien changé le rapport de force écrasant dont bénéficie l’impérialisme US vis à vis des nations qu’il cherche constamment à dominer, et à écraser carrément, sinon.

C’est donc un mot d’ordre parfaitement ridicule, sinon complice, objectivement, de l’impérialisme, français, d’abord, et US, in fine, vu le résultat.

La seule manière de faire avancer la paix en Europe, ce n’est donc évidemment pas un tel retrait, ni même simplement le démantèlement de l’OTAN, mais bien le retrait pur et simple, et sans conditions, de toutes les forces et dispositifs militaires US de tous les territoires européens.

 

Dans ces conditions, des négociations de paix pour le désarmement nucléaire et le démantèlement de tous les missiles en batteries sur le sol européen auraient enfin pleinement leur sens.

Luniterre

Pour la paix en Europe !

 

Retrait inconditionnel

de toutes les troupes US

du sol européen !

 

Négociations

de désarmement nucléaire

et conventionnel !

 

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