Marx + 200 ans : Quelle signification de son détour russe ?

 

Marx + 200 ans :

 

Quelle signification de son détour russe ?

 

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Deux cent ans après la naissance de Marx, plusieurs types d’attitudes , évidemment assez contrastés, se manifestent, à l’occasion de cette commémoration, outre l’indifférence apparente, sans doute la plus répandue…

Mais dans les milieux médiatiques divers, journalistiques et supposément « intellectuels », et, inévitablement, dans les milieux « politiques », il est de bon ton, sinon incontournable, de s’exprimer sur le sujet…

La meute serrée des anticommunistes professionnels qui occupent majoritairement ce terrain en profitent plus que jamais pour sortir les crocs et ressortir tous les poncifs mensongers archi-rebattus sur le sujet.

Néanmoins, la crise de 2008 est passée par là et a laissé des traces profondes que seule une analyse marxiste permet de décrypter et bon nombre d’analystes ont été obligés de reconnaître la pertinence de l’outil théorique marxiste, qu’ils utilisaient déjà, pour la plupart, en catimini et depuis longtemps…

Évidemment, c’est dans le but d’espérer maîtriser de l’intérieur les paradoxes pourtant incontournables du système, et non pas de relancer la lutte de classe…

A ce jeu, les dirigeants du PC chinois, prétendants à la fois au trône de la domination financière mondiale et à l’héritage officiel du « camp socialiste », sont donc les plus intéressés, et surtout au sens financier du terme, à se poser en « héritiers légitimes » de Marx, en rappelant à nouveau les références formelles de leur parti au penseur germanique… Dans leur cas, c’est même d’une sorte d’OPA qu’il s’agit, concernant ce titre, avec l’octroi « généreux » d’une statue géante à la ville de Trêve, ville natale de Marx… !

 

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Faire « coller » à tout prix, et au moins à celui de cette statue, l’image de Marx à leur parti, c’est donc encore un enjeu important pour cette nation chinoise devenue le challenger quasi officiellement reconnu de l’impérialisme US. Le capitalisme chinois veut continuer à utiliser cette image « sociale » pour populariser ses opérations commerciales et financières de conquête et d’extension sur les marchés occidentaux. Marx utilisé comme image de marque, et par des affairistes dont l’efficacité est désormais incontestable, cela tend donc à prouver que Marx est loin d’être « dévalué » dans l’inconscient collectif des populations, même en Occident, en dépit de la guerre idéologique incessante que les médias y mènent contre tout ce qui pourrait rappeler positivement la moindre opposition politique réellement alternative au système capitaliste.

En Russie, la culture officielle de l’ère Poutine a tellement bien récupéré la « nostalgie soviétique » que cette image positive de Marx s’y trouve également incluse de fait, même si de manière très indirecte. Cette confusion « culturelle » est possiblement l’origine du lapsus révélateur de l’ambassadrice britannique à l’ONU, s’adressant à son homologue russe en attribuant la nationalité russe à Marx !

En réalité, historiquement, il est clair que c’est le détour russe de la pensée de Marx qui a laissé le plus d’empreinte dans la mémoire culturelle planétaire, dans l’inconscient collectif des peuples.

Le détour chinois n’étant que la conséquence résiduelle des luttes de libération anticolonialistes de la première moitié du XXème siècle, nées dans le sillage de l’URSS, alors encore une puissance ascendante.

Les références au marxisme des mouvements nationalistes anticolonialistes de ce temps étaient déjà assez vagues, et celles de Mao particulièrement, qui se vantait lui-même de n’avoir jamais lu le Capital… !(1)  Si Mao a bel et bien été l’initiateur de la conversion du capitalisme « national » chinois à la finance internationale (1), nul doute que ses successeurs ont paradoxalement mieux compris que lui les principes de fonctionnement du capitalisme…

C’est à la rigueur en ce sens que leur référence au marxisme n’est pas totalement usurpée, tout comme celle des économistes « marxiens », qui, à l’instar de Jacques Attali, utilisant leur réelle culture « marxiste » au mieux pour leurs affaires, n’en tentent pas moins de s’affubler d’une image « progressiste » en prétendant détenir la « véritable » interprétation des textes de Marx !

Le vrai paradoxe de toute cette histoire, finalement, c’est que les seuls partis à dévaloriser totalement l’utilisation de la pensée marxiste sont les partis « de gauche » et « populaires » pratiquant néanmoins couramment une logorrhée démagogique très formellement « anticapitaliste ». Et même parmi les multiples micro-partis et groupuscules se réclamant de Marx, on n’y trouve nulle trace des principes fondamentaux commençant au Chapitre 1 du Livre I du Capital, concernant la loi de la valeur, et encore moins aux principes économiques de transition de la Critique du Programme de Gotha, sauf, à la rigueur, pour les dénigrer et les rejeter… ! (3)

Autre unanimité de la gauche, dans ce même genre, le dénigrement systématique du détour russe de la pensée de Marx… La gauche est clairement le meilleur pourvoyeur de l’idéologie anticommuniste, dans ce sens, en aidant au mieux la bourgeoisie à couper la classe ouvrière de toute référence possible à l’histoire de ses luttes. Ce paradigme évident de Kollaboration de classe extrême s’est déjà largement manifesté à l’occasion du centenaire de la Révolution d’Octobre, et donc pas plus tard que l’an dernier, évidemment.

Alors que si la méthode marxiste a une efficacité reconnue pour comprendre la crise actuelle du capitalisme, il n’y a évidemment aucune raison pour qu’elle en ait moins dans l’analyse économique et historique de l’URSS, et donc qu’elle permette de rétablir non seulement la vérité historique à son sujet, mais de comprendre aussi pourquoi la mémoire de l’URSS est restée vive et positive en Russie, au point que Poutine éprouve constamment la nécessité de la récupérer au profit de la propagande de son gouvernement et de son parti.

Entre centenaire d’Octobre et bicentenaire de Marx, c’était déjà la démarche reprise dans une étude sur les aléas de la pensée marxiste chez les économistes soviétiques, en janvier dernier, après une approche similaire mais plus ancienne, dans une polémique contre le courant Wertkritik.( 3 )

 

Davantage centrée sur ce thème, c’est donc cette étude de janvier 2018 qu’il nous semble particulièrement approprié de republier aujourd’hui, comme expression de la pensée de Marx par son détour historique majeur, en URSS.

Mais en guise de préambule, c’est aussi l’occasion de rappeler avant tout que le marxisme n’est pas un dogme. Par conséquent, il n’a rien à « sauvegarder » ou à renier. Le marxisme est d’abord une philosophie, une approche dialectique de la réalité du monde, autant qu’elle puisse se percevoir, avec les connaissances et les données d’une époque.

Le Capital décrit les bases de fonctionnement du capitalisme industriel, encore « émergent » et en fort développement, à l’époque de Marx.

Les prémisses du capitalisme financier sont déjà là, également abordées par Marx, mais c’est Hilferding, et surtout Lénine, qui en tireront les conséquences en expliquant la formation de l’impérialisme moderne, encore actuel.

C’est l’impérialisme qui permet la survie du capitalisme, malgré les cycles de crise.

C’est donc cet aspect du problème qui avait, nécessairement, échappé en partie à Marx.

Par contre, la logique interne du capitalisme industriel et son évolution vers l’automatisation et la robotique sont présentes dans l’œuvre de Marx, dès ses débuts, dans le texte aujourd’hui célèbre des Grundrisse.

Cette évolution du capitalisme s’est donc poursuivie en parallèle et même en combinaison avec celle de l’impérialisme.

D’où la distorsion apparente entre le monde de l’ « avenir » tel qu’entrevu par Marx et celui que nous avons réellement connu.

Sur le plan économique, le point de convergence reste l’horizon, encore lointain mais déjà en vue, de la robotisation totale et ses conséquences sur la survie du système de domination de classe de la bourgeoisie financière.

C’est le passage irréversible du capitalisme industriel à la société de l’arnaque totale, ou « fake-capitalism », le stade suprême de la société spectaculaire marchande, déjà en gestation depuis la deuxième guerre mondiale, phénomène d’origine US et base idéologique de cet impérialisme. Évolution du système par ailleurs également largement abordée sur TML, et notamment dans ces trois articles:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/03/la-societe-de-larnaque-un-theme-de-reflexion-pour-2018/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/

 

Luniterre

 

(_1 __V. Molotov sur Mao Tsé-toung : « C’est un homme intelligent, un leader paysan, une sorte de Pougatchev chinois. Bien sûr, il était loin d’être marxiste. Il est venu pour le soixante-dixième anniversaire de Staline, en 1949. Il est resté quelque chose comme six semaines à la datcha de Staline. Il a été un peu souffrant. Nous sommes allés lui rendre visite Mikoyan et moi. Nous avons eu un entretien. Il nous a fait goûter du thé vert chinois. Je me souviens qu’il a dit notamment : « Je n’ai jamais lu Le Capital de Marx. » Pourquoi a-t-il dit ça ? Pour montrer qu’il n’avait rien d’un doctrinaire ? » (V. Molotov, cité dans Conversations avec Molotov — 140 entretiens avec le bras droit de Staline —, Félix Tchouev, Albin Michel, 1995, pp. 119-120.)

(_2__https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/ )

(_3__ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/20/contre-la-schizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-lenine-1-marx-et-ca-repart/

__https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/24/contre-la-schizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-deuxieme-partie/

__https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/09/08/1949-1960-chine-urss-marx-au-banc-dessai-de-lhistoire-contre-la-wertkritik-3eme-partie/    )

 

 

 

 

 

 

 

 

Le marxisme était-il à la base

du socialisme en URSS,

et quelles leçons peut-on en tirer ?

 

 

Les bolchéviques ont-ils établi leur programme économique en fonction des critères et des lois économiques décrites par Marx, et s’y sont-ils tenus au cours du développement de l’URSS, et quelles leçons peut-on tirer de l’expérience ?

 

Comme on l’a rappelé à l’occasion du centenaire d’Octobre,le capitalisme, provisoirement vaincu, pendant quelques décennies, par cette Révolution en Russie puis dans l’ensemble des pays qui ont formé l’URSS et quelques autres, à la suite, est un type de relation économique lié à l’histoire de la bourgeoisie, une classe sociale qui a déjà 1000 ans d’existence et dont l’expérience économique et politique est à la fois multiséculaire et multiforme, avec une grande faculté d’adaptation et une grande capacité de se « conserver » et de « réagir », au sens précisément « réactionnaire » contre tout ce qui la menace, avec à la fois une férocité implacable dans la répression et une grande rouerie pour renverser les rôles et se poser dans le rôle de la « victime » des révolutionnaires qui veulent se libérer de sa domination.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

Ceci dit, mille ans d’histoire, ce n’est pas mille ans au pouvoir et il lui a fallu près des trois-quarts de ce temps, soit plus de 7 siècles pour devenir tout à fait la classe dominante, après de nombreuses tentatives insuffisantes et rechutes sous la coupe de l’aristocratie.

Mais ce qui a fait la force irrésistible de son ascension, ce sont les fondamentaux de son développement économique, ceux qui lui ont permis d’élargir et d’accumuler le capital qui en a fait la classe des possédants, et d’abord et avant tout, des possédants des moyens de production.

Ce sont ces fondamentaux, les lois économiques qui sous-tendent son développement, que Marx a tout d’abord étudié, analysé et décrit dans son œuvre majeure, Le Capital.

C’est à partir de la logique interne du mode de production capitaliste que Marx a pu montrer que ce développement menait à des cycles de crises et à une limite en possibilité d’élargissement du capital, et donc aussi à une limite à la fonction dominatrice de cette classe dans l’histoire des sociétés et civilisations humaines. Néanmoins l’histoire humaine montre qu’aucune classe dominante, surtout sur un temps aussi long, ne cède cette fonction de bon gré ni par goût de favoriser le progrès humain… !

C’est ce que l’on a vu, récemment, avec la crise actuelle et le rôle grandissant de la robotique, accélérant, en fait, le processus de la crise systémique en cours.

Alors même qu’elle n’a plus d’opposition réelle, en tant que force politique organisée, la bourgeoisie s’acharne à échafauder des stratégies de plus en plus complexes, tortueuses et souvent carrément machiavéliques pour survivre à tout prix à l’impasse de sa propre crise.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/03/la-societe-de-larnaque-un-theme-de-reflexion-pour-2018/

Par simple comparaison on peut imaginer, même sans connaître l’histoire en détail, la folle énergie qu’elle a dépensé au cours de la survie de l’URSS pour en venir à bout, et par tous les moyens.

En URSS même, la bourgeoisie ne s’est pas évaporée entièrement dans l’émigration et on peut imaginer aussi toutes les stratégies d’adaptation et la duplicité qu’elle a pu déployer pour compenser sa défaite sur le terrain de la lutte sociale et militaire.

L’idée même de socialisme n’a quant à elle guère plus d’un siècle et demi, et ses premières concrétisations sur le terrain, encore moins.

Si Marx a eu mille ans d’histoire de la bourgeoisie à étudier pour en déduire les lois fondamentales du capitalisme, il n’avait pas même un siècle de développement du prolétariat industriel à étudier pour comprendre ses possibilités de réorganisation de l’économie et les fondamentaux d’un nouveau développement économique qui pourrait s’en dégager. Il n’a pu progresser, dans ce domaine, que par approches successives et par déductions prospectives, au fur et à mesure des questions qui se posaient aux partis prolétariens.

C’est en 1875, et en réponse aux propositions programmatiques d’unification du parti social-démocrate allemand, alors encore un parti prolétarien, qu’il a formulé au mieux les principes d’un programme économique de transition entre capitalisme et communisme, qu’il a lui-même désigné comme première phase du communisme, et que l’on a couramment désigné par la suite comme socialisme, pour la distinguer de la phase supérieure du communisme, dans sa forme aboutie. Forme qui n’est donc jamais apparue nulle part sur la planète, vu le rapport de forces constamment dominant en faveur du capitalisme, même à l’apogée de l’extension du socialisme.

Ce texte essentiel de Marx, c’est la célèbre Critique du Programme de Gotha, dont le passage clef reprend, comme principe de base économique de la transition la non moins célèbre Loi de la valeur, basée sur la notion de valeur-travail, telle qu’il l’a mis à la base de toute son œuvre, et d’abord de son ouvrage majeur, au chapitre 1 du Livre 1 du Capital… !

http://inventin.lautre.net/livres/MARX-Le-Capital-Livre-1.pdf

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Une évidence qui est aujourd’hui ignorée ou même le plus souvent carrément reniée par la plupart des prétendus « marxistes » et autres pseudos « communistes prolétariens »…

Mais dès la rédaction du Capital il en avait posé le principe de base, celui de la planification :

« Représentons-nous enfin une réunion d’hommes libres travaillant avec des moyens de production communs, et dépensant, d’après un plan concerté, leurs nombreuses forces individuelles comme une seule et même force de travail social. Tout ce que nous avons dit du travail de Robinson se reproduit ici, mais socialement et non individuellement. Tous les produits de Robinson étaient son produit personnel et exclusif, et, conséquemment, objets d’utilité immédiate pour lui. Le produit total des travailleurs unis est un produit social. Une partie sert de nouveau comme moyen de production et reste sociale ; mais l’autre partie est consommée et, par conséquent, doit se répartir entre tous. Le mode de répartition variera suivant l’organisme producteur de la société et le degré de développement historique des travailleurs. Supposons, pour mettre cet état de choses en parallèle avec la production marchande, que la part accordée à chaque travailleur soit en raison son temps de travail. Le temps de travail jouerait ainsi un double rôle. D’un côté, sa distribution dans la société règle le rapport exact des diverses fonctions aux divers besoins ; de l’autre, il mesure la part individuelle de chaque producteur dans le travail commun, et en même temps la portion qui lui revient dans la partie du produit commun réservée à la consommation. Les rapports sociaux des hommes dans leurs travaux et avec les objets utiles qui en proviennent restent ici simples et transparents dans la production aussi bien que dans la distribution. »

C’est ce principe qu’il a ensuite développé dans la Critique du Programme de Gotha (Ci-après dénommée CPG) en réponse aux conditions concrètes auxquelles le parti social-démocrate allemand devait faire face, lors de la rédaction de son programme d’unification :

« Si nous prenons d’abord le mot « produit du travail » (Arbeitsertrag) dans le sens d’objet créé par le travail (Produkt der Arbeit), alors le produit du travail de la communauté, c’est « la totalité du produit social » (das gesellschaftliche Gesamtprodukt).

Là-dessus, il faut défalquer :
Premièrement : un fonds destiné au remplacement des moyens de production usagés;
Deuxièmement : une fraction supplémentaire pour accroître la production;
Troisièmement : un fond de réserve ou d’assurance contre les accidents, les perturbations dues à des phénomènes naturels, etc.

Ces défalcations sur le « produit intégral du travail » sont une nécessité économique, dont l’importance sera déterminée en partie, compte tenu de l’état des moyens et des forces en jeu, à l’aide du calcul des probabilités; en tout cas, elles ne peuvent être calculées en aucune manière sur la base de l’équité.

Reste l’autre partie du produit total, destinée à la consommation.

Mais avant de procéder à la répartition individuelle, il faut encore retrancher :

Premièrement les frais généraux d’administration qui sont indépendants de la production.
Comparativement à ce qui se passe dans la société actuelle, cette fraction se trouve d’emblée réduite au maximum et elle décroît à mesure que se développe la société nouvelle.

Deuxièmement : ce qui est destiné à satisfaire les besoins de la communauté : écoles, installations sanitaires, etc.
Cette fraction gagne d’emblée en importance, comparativement à ce qui se passe dans la société actuelle, et cette importance s’accroît à mesure que se développe la société nouvelle.

Troisièmement : le fonds nécessaire à l’entretien de ceux qui sont incapables de travailler, etc., bref ce qui relève de ce qu’ on nomme aujourd’hui l’assistance publique officielle. » (in CPG)

 

Bien évidemment, il s’agit ici des conditions de l’époque, et ce n’est pas le détail de leur liste qui importe, mais le principe même de fonds collectifs adaptés aux besoins sociaux collectifs et au développement économique de la collectivité.

C’est là, en quelque sorte, l’équivalent de ce que nous avons ébauché récemment, comme actualisation, avec les huit points proposés au débat par le Collectif Marxiste-léniniste Octobre! :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/

Selon le même principe fondamental, la loi de la valeur et la notion de valeur-travail, Marx décrit ensuite le mode de répartition individuelle entre les travailleurs devenus producteurs associés collectivement, en fonction des quantums de travail socialement nécessaires :

« Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est à une société communiste non pas telle qu’elle s’est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste; une société par conséquent, qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l’ancienne société des flancs de laquelle elle est issue. Le producteur reçoit donc individuellement – les défalcations une fois faites – l’équivalent exact de ce qu’il a donné à la société. Ce qu’il lui a donné, c’est son quantum individuel de travail. Par exemple, la journée sociale de travail représente la somme des heures de travail individuel; le temps de travail individuel de chaque producteur est la portion qu’il a fournie de la journée sociale de travail, la part qu’il y a prise. Il reçoit de la société un bon constatant qu’il a fourni tant de travail (défalcation faite du travail effectué pour les fonds collectifs) et, avec ce bon, il retire des stocks sociaux d’objets de consommation autant que coûte une quantité égale de son travail. Le même quantum de travail qu’il a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d’elle, en retour, sous une autre forme.

C’est manifestement ici le même principe que celui qui règle l’échange des marchandises pour autant qu’il est échange de valeurs égales. Le fond et la forme diffèrent parce que, les conditions étant différentes, nul ne peut rien fournir d’autre que son travail et que, par ailleurs, rien ne peut entrer dans la propriété de l’individu que des objets de consommation individuelle. Mais pour ce qui est du partage de ces objets entre producteurs pris individuellement, le principe directeur est le même que pour l’échange de marchandises équivalentes : une même quantité de travail sous une forme s’échange contre une même quantité de travail sous une autre forme.

Le droit égal est donc toujours ici dans son principe… le droit bourgeois, bien que principe et pratique ne s’y prennent plus aux cheveux, tandis qu’aujourd’hui l’échange d’équivalents n’existe pour les marchandises qu’en moyenne et non dans le cas individuel.

En dépit de ce progrès, le droit égal reste toujours grevé d’une limite bourgeoise. Le droit du producteur est proportionnel au travail qu’il a fourni; l’égalité consiste ici dans l’emploi DU TRAVAIL comme unité de mesure commune. » (in CPG)

En Septembre 1917, c’est à dire on ne peut guère plus « à la veille » de la Révolution d’Octobre, Lénine reprenait, dans son célèbre ouvrage L’État et la Révolution, les principes de base de la Critique du Programme de Gotha pour en faire ceux du développement du socialisme en Russie…

LENINE Chapitre V L’Etat et la Revolution (pdf)

Pourtant, malgré la fin des hostilités avec l’Allemagne, grâce à la paix signée à Brest-Litovsk, la mise en œuvre de cet aspect fondamental du socialisme est retardée par la nouvelle guerre enclenchée par les armées blanches, bientôt soutenues par toutes les puissances impérialistes occidentales.

Ce que l’on appellera par la suite le « communisme de guerre » est d’abord une suite de mesures empiriques pour faire face à l’urgence, notamment basées sur les réquisitions nécessaires.

C’est, en Mai 1918, dans une période d’accalmie relative, que Lénine proposera pour la première fois un plan de relance économique faisant cohabiter cinq types de relations économiques, y incluant à la fois la paysannerie individuelle et le secteur économique socialiste, basé sur la propriété collective des principaux moyens de production. C’est le premier plan réel de ce qui deviendra la NEP en 1921, à l’issue de la guerre civile. Ce n’est donc pas un plan entièrement socialiste, mais si le « marché » continue d’y jouer un rôle important, il n’en est pas non plus la force essentielle, encore moins, donc, la force dirigeante, et on ne peut pas parler, à son sujet, de « socialisme de marché », comme tentent de le faire aujourd’hui les révisionnistes, et notamment, les « prochinois »… ! On ne peut pas non plus parler, à son sujet de « capitalisme d’Etat », comme tentent également de le faire la plupart des anarchistes et des gauchistes, car s’il comporte bien un autre secteur économique défini par Lénine comme « capitalisme d’État », ce n’est pas non plus le secteur dominant, et, de plus, il se trouve donc sous la domination de l’État prolétarien.

1918_Lénine_Sur l’infantilisme ‘de gauche’_(pdf)

Une question importante qui se posait alors pour les économistes soviétiques était donc la nature de la relation entre secteur socialiste et secteur privé. En ce qui concerne le secteur privé, il ne faisait pas de doute que la loi du marché y était dominante et marquait fortement la fluctuation des prix.

C’est malgré tout l’intervention de l’État prolétarien qui a permis à plusieurs reprises de rétablir l’équilibre, et notamment l’occasion de la célèbre « crise des ciseaux » en 1923.

Pour les deux principaux économistes soviétiques de l’époque, Boukharine et Preobrajensky, bien que en désaccord sur de nombreux points et appartenant à des factions opposées, il y avait consensus sur le fait que la loi de la valeur ne devait plus s’appliquer au secteur économique socialiste, alors même qu’il était pourtant encore en interaction avec le secteur privé. Cela correspondait à ce qui est aujourd’hui la position de nos gauchistes contemporains, et en raison de cette domination idéologique « gauchiste », il était donc impossible de gérer ce secteur rationnellement, notamment à l’aide des concepts marxistes tels que ceux de la CPG.

Alors même que ces économistes se posaient pratiquement en doctrinaires du marxisme, par exemple en publiant ensemble un opuscule intitulé « L’ABC du communisme » !!

Les « interprétations » déformées de Marx faites par ces deux économistes ont déjà été abordées, sur TML, à l’occasion de cet article :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/29/e-ou-a-une-seule-lettre-peut-elle-changer-le-cours-de-lhistoire/

Trotsky, pour sa part, bien qu’officiellement allié à l’ »opposition de gauche » et le plus souvent présenté comme son « leader », préconisait d’établir le plan en tenant d’abord compte du marché, le soumettant ainsi à la loi du marché, en réalité, qui devait donc aussi réguler le secteur socialiste. Et cela même lorsqu’il s’est avéré que la NEP amenait finalement le retour des crises et du capitalisme et menaçait la survie du socialisme. Étant ainsi le précurseur du « socialisme de marché », Trotsky était surtout, en fait, le précurseur de la restauration intégrale du capitalisme !

C’est cette dérive, en réalité tout à fait droitière, que l’on a pu mettre en évidence lors des différentes phases du débat désormais regroupées sous le titre :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

Le décès de Lénine est survenu en 1924, alors que la NEP venait déjà de connaître une première crise sous l’influence encore considérable du marché, et que la polémique entre les économistes soviétiques battait son plein. Concrètement, on sait seulement qu’il avait rejeté les thèses de Preobrajensky, alors leader des économistes de l’ « opposition de gauche ».

Comme on l’a vu, l’opportunisme de Trotsky le menait à la fois à se poser en leader de cette « opposition » et à défendre des options ultra-droitières en économie, au point de préconiser le maintien et même l’extension de la NEP alors même qu’elle était entrée dans un cycle de crise irréversible.

Contrairement à une idée reçue, son exclusion, en 1927, assurera donc concrètement la domination des conceptions économiques « gauchistes » concernant la gestion du secteur économique socialiste, qui allait devenir largement dominant dès le début des années 30. Ces conceptions économiques, qui assuraient essentiellement que la loi de la valeur n’avait plus cours dans le secteur socialiste, sont devenues quasiment la doxa officielle du parti en dépit des nécessités pragmatiques de la gestion sur le terrain.

En témoigne, entre autres, ce traité d’économie politique publié en France par Louis Ségal en 1936 :

« Dans la société socialiste, le travail ne revêt pas la forme de la valeur et ne se manifeste pas comme propriété de la marchandise. Mais cela ne veut pas dire que la loi de la valeur ne disparaît que lorsque la société socialiste est déjà entièrement construite et que dans la période de transition vers le socialisme la loi de la valeur continue d’être en vigueur. La loi de la valeur, comme loi du développement social, est abolie dès le commencement de la période de transition. La dictature du prolétariat une fois instaurée, la société s’engage dans la voie de l’abolition de la production marchande et de son remplacement par la production socialiste. “

http://d-meeus.be/marxisme/Segal/paragraphes/chap02sec07.html

 

Dans ces conditions, on comprend mieux que la violence des luttes politiques à l’intérieur du parti ne traduisait pas seulement des luttes d’influence entre factions pour le contrôle du pouvoir, mais d’abord la difficulté d’imposer à l’ensemble une politique cohérente de gestion économique de développement du socialisme.

Malgré le handicap causé par ces luttes, malgré la difficulté, à cause des conceptions « gauchistes » erronées dominantes chez les économistes soviétiques de l’époque, de mener une politique de planification cohérente, le développement économique global de l’URSS, tant industriel qu’agricole, au cours des seules onze années qui ont suivi la fin de la NEP, et donc basé essentiellement sur le secteur socialiste, a permis de hisser l’URSS au niveau des plus grandes puissances économiques « occidentales », et notamment de l’Allemagne, qui se posait en menace directe contre l’URSS et en « rempart » des valeurs de l’Occident.

Il est clair que malgré les contradictions interne de l’Occident, notamment entre le nazisme et l’impérialisme US, le monde capitaliste n’avait pas renoncé à écraser l’URSS et laissait volontiers, même si hypocritement, cette mission au nazisme !

Il est tout aussi évident que cette menace contraignait le développement économique de l’URSS à se concentrer sur des objectifs de défense militaire et de survie qui étaient un frein à celui des objectifs sociaux, malgré tout atteints, pour l’essentiel, si l’on compare l’URSS de 1941 à la Russie de 1917. Rien d’autre ne peut expliquer, à l’évidence, la volonté farouche avec laquelle les citoyens soviétiques ont défendu leur nouvelle patrie et finalement écrasé l’envahisseur nazi.

Dans ces conditions, les plus difficiles et les plus dramatiques, des toutes premières décennies du socialisme en URSS, il est en réalité tout à fait impossible de parler d’ »échec du socialisme », contrairement à ce que nous assène la propagande médiatique encore actuelle au service du système.

Ne pouvant pas totalement dénigrer la réalité incontournable de la victoire de l’URSS sur le nazisme, cette propagande a donc le besoin d’assimiler l’une à l’autre puissance pour pouvoir nier, en fin de compte, la victoire du socialisme, et pour cela, elle a fondamentalement besoin de l’appui des groupes politiques prétendument d’ « exrême-gauche » dont le crédo idéologique repose sur la négation du caractère socialiste de l’URSS, tout comme de certains soi-disant « communistes prolétariens » qui tentent d’assimiler capitalisme et socialisme, et même, assez logiquement dans cet esprit néo-Kollabo, socialisme et fascisme… C’est le cas typique des récentes diatribes de M. Bibeau, par exemple…

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/capitalisme-et-socialisme-sont-ils-identiques/#comment-203379

Il ne s’agit pas, ici, de points de doctrine ou de polémique, mais bien de réalité économique objective. On a vu que la planification socialiste supposait l’établissement de fonds pour les besoins sociaux collectifs. Or quel besoin social plus urgent sinon celui de la survie de la collectivité elle-même face à la menace nazie ?

Il est donc évident que le processus d’accumulation nécessaire pour l’organisation de la défense et ensuite le passage à la contre-offensive n’est pas un processus d' »accumulation » au sens capitaliste du terme, ni « primitive » ni autrement, mais bien le résultat d’une nécessité collective de l’économie socialiste naissante.

Il est également clair qu’à l’issue de la 2ème guerre mondiale l’Occident capitaliste, et notamment l’impérialisme US, n’entendaient toujours « rien lâcher » face au développement économique de l’URSS en voie de reconstruction et de son influence grandissante sur le reste du monde.

De sorte que la nécessité collective d’organiser la défense ne pouvait toujours pas être mise de côté et continuait de peser sur le développement des autres objectifs sociaux.

Incontestablement, cette pression était l’un des objectifs fondamentaux de la « guerre froide » entretenue par l’Occident capitaliste, en combinaison avec le « Plan Marshall » pour secourir les économies défaillantes de l’Europe de l’Ouest, alors que la machine industrielle US avait pu tourner à plein régime sans subir le moindre dommage sur son propre sol.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/la-doctrine-jdanov-du-front-anti-imperialiste/

De son côté, l’URSS devait à la fois relever ses propres ruines et contribuer à relever celles de l’Europe de l’Est, soit sur l’ensemble des régions les plus ravagées par la guerre, tant du fait des nazis que des bombardements US.

Malgré tout, elle y est parvenue, pour l’essentiel, en quelques années, et il est donc tout à fait impossible, là encore, de parler d’ « échec du socialisme » !!

Dans la mesure où il a répondu à l’essentiel des exigences sociales collectives et des urgences de l’époque en matière de défense de la collectivité, malgré les errements politiques diverses des factions en luttes d’influence, et notamment des tentatives trotskystes et révisionnistes pour sauvegarder et rétablir l’économie de marché, on peut donc affirmer que le développement économique de l’URSS était encore, dans la première décennie d’après guerre, de nature socialiste, et non de nature capitaliste, et que s’il y a lieu de critiquer les errements politiques qui ont amené un retournement de situation décisif à partir du XXème Congrès, il n’y a pas lieu d’établir une confusion entre la construction du socialisme en URSS jusqu’à cette époque avec le développement du capitalisme, sous quelque forme que ce soit.

Ceux qui pratiquent cet amalgame se font délibérément les agents auxiliaires, mais effectivement indispensables au système, comme on l’a vu, de la bourgeoisie et du capitalisme.

Par contre, il y a nettement lieu de distinguer deux grandes périodes dans l’histoire de l’URSS, même si chacune d’entre elles comprend encore plusieurs phases très distinctes.

Cette séparation principale en deux phases autour de ce point de basculement que représente le XXème Congrès du PCUS est essentielle parce qu’elle distingue nettement, quant au fond, deux grandes périodes de nature sociales et économiques différentes.

Mais le risque de confusion est ici bien réel et les confusionnistes ne se privent pas d’en jouer pour embrouiller les pistes de réflexion d’un public peu averti de l’histoire réelle de l’URSS et surtout, conditionné par les versions quasi similaires que se plaisent à en donner et la bourgeoisie, et les trotskystes, et les gauchistes, ainsi que la plupart des anarchistes…

Cette question a déjà été abordée en détail dans de nombreux articles sur TML (*) et on y reviendra ici que sur quelques points qui permettent de comprendre le bilan de l’influence des fondamentaux du marxisme sur cette première période, celle de l’édification et de la défense du socialisme.

En effet, avant que cette période ne s’achève, et malheureusement, par la contre-révolution khrouchtchevienne, un premier bilan de fond avait été tenté par les bolcheviques autour de la préparation du XIXème Congrès du parti, qui allait donc devenir, de par le fait, le dernier congrès bolchevique en URSS.

De plus, il s’agissait précisément de trancher enfin la question des lois économiques du développement du socialisme, en vue d’établir un manuel économique édité par l’académie des sciences de l’URSS, et qui devait en quelque sorte être la synthèse de l’expérience du socialisme en URSS.

Une première tentative en vue de remettre les économistes soviétiques au travail sur cette question avait précédemment été faite, juste avant la guerre, et cette question de fond débattue pour la première fois avec l’idée que la loi de la valeur pouvait être utilisée dans le travail de planification de l’économie socialiste.

Toutefois, en raison des circonstances faisant évidemment passer au premier plan d’autres urgences, on comprend qu’elle n’ait pu être tranché, et le débat en était donc resté là, pour l’essentiel, jusqu’à la préparation du XIXème Congrès, en 1952. L’idée devenue classique de sa non-utilisation continuait donc de dominer, tandis que l’influence de la loi du marché était préconisée par les nouveaux révisionnistes et les résidus du trotskysme, qui étaient souvent les mêmes…

Ici il est important de comprendre que s’il existe bien des lois économiques propres au développement du socialisme, le fait de les étudier et de les comprendre est évidemment un atout considérable pour la gestion de la planification, mais cela reste quand même distinct de leur réalité propre. De même que le fait de connaître ou non les lois de la physique ne les empêche pas de s’exercer dans notre environnement, bien que, à l’évidence, leur connaissance permette d’améliorer la technologie mise en œuvre par la civilisation humaine…

La difficulté vient donc de la manière de comprendre et de distinguer ce qui, dans l’histoire encore naissante du socialisme, est de l’ordre des fondamentaux trans-historiques, c’est à dire de ses lois naturelles, en quelque sorte, d’avec les formes qu’ils ont pris selon les circonstances concrètes de leur application, depuis l’époque de Marx.

Dans l’exposé même de la CPG, du reste, il faut encore distinguer ce qui est de la forme et de l’ordre du fondamental, à savoir, la règle de l’échange en valeur-travail, pour la période de transition, assortie d’une part importante de « défalcation », pour les besoins sociaux collectifs, mais qui non seulement n’en altère pas le principe, mais lui donne, au contraire, tout son sens, spécifiquement socialiste.

La forme « bon de travail », en tant que simple forme, ne doit pas retenir notre attention outre mesure, c’est à dire autrement que comme référence à l’esprit de l’époque et moyen commode, dans cet esprit, d’expliquer le principe de l’échange en valeur-travail. Ce principe, à travers la notion de quantums de travail socialement nécessaire, n’est ni plus ni moins qu’une application conséquente, au problème de la transition, de la loi de la valeur, telle que développée à la base de l’œuvre de Marx, Capital, L I,ch 1.

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-I-1.htm

La première difficulté vient donc de ce que cette idée, reprise par Lénine, comme nous l’avons vu au départ, n’a malgré tout pas été mise en œuvre consciemment dans les premières décennies de l’URSS et finalement complètement abandonnée presque aussitôt que promulguée, après le XIXéme Congrès, qui a précédé de peu la victoire des révisionnistes, puis ouvertement rejetée par ceux-ci.

C’est là que l’on comprend bien que leur volonté de remettre au premier plan des stratégies de marché dans la gestion de l’URSS est aux antipodes d’une conception socialiste et constitue bel et bien une contre-révolution, même si déguisée sous un langage de « socialisme réformé ».

Jusque là, à cette non-mise en œuvre consciente des principes de la CPG, deux raisons historiques, dont l’une était effectivement incontournable : la nécessité d’en passer par la NEP.

Toutefois cela n’eut altéré que faiblement les chances de les mettre en œuvre dans le secteur socialiste de l’économie soviétique, n’eût été l’influence prépondérante des économistes « de gauche », dont Preobrajensky et même Boukharine, généralement plutôt considéré « droitier », et qui avaient donc la même vue sur ce point essentiel .

Contrairement à une opinion largement répandue, il semble donc que Staline avait jusque là nettement « ménagé » les restes de la « gauche » pour endiguer la poussée de la droite, et qu’il n’ait pas voulu imposer cette idée de manière « autoritaire », en dépit de la légende actuelle à son sujet.

Il entendait donc faire de l’établissement du Manuel le lieu de l’éclaircissement nécessaire à ce sujet, et cela devait venir, logiquement, à la suite du XIXème Congrès. C’est pourquoi on retrouve trace de ces idées nouvelles dans les premières éditions du Manuel, 1954 et 55, en raison de l’influence de ces débats, et en dépit de la mort précoce de Staline, presque certainement une conséquence de ces luttes internes au parti, selon la plupart des historiens russes, tout comme celle d’Andreï Jdanov, précédemment, du reste.

Mais la trace la plus révélatrice et la plus intéressante de cette époque reste donc le livre que Staline avait écrit sur ces questions en vue de la préparation du XIXème Congrès. Tout à fait à l’opposé d’un exposé synthétique de la globalité du problème, et du reste, tel qu’il le présente lui-même, il s’agit essentiellement d’une suite de réponses aux différentes propositions, qu’il avait lui-même sollicitées, pour l’établissement du Manuel et pour les débats en vue du XIXème Congrès.

Il est clair que la synthèse finale, pour l’époque, devait être faite, par les économistes soviétiques, à l’occasion des travaux de rédaction du Manuel, à la suite du Congrès.

Compte tenu des nouvelles circonstances crées par sa mort et la prise du pouvoir par les révisionnistes, nous n’en avons donc plus que des bribes, mais qui ne manquent pas d’intérêt, si on sait les réinterpréter par rapport au contexte.

Quoi qu’il en soit, la synthèse reste à faire, et avec le recul du temps, elle doit évidemment tenir compte de toute l’évolution politique et économique, depuis.

En ce qui concerne l’ouvrage de Staline lui-même, et même si ce n’est pas formulé de manière aussi synthétique, il y est clairement fait mention de trois types de relations économiques dans le socialisme en URSS.

Si l’on veut bien admettre que la loi du développement harmonieux, telle que présentée dans cet ouvrage, est la loi en quelque sorte « naturelle » de l’économie politique socialiste, il s’agit donc clairement d’une loi qui repose sur l’échange en valeur-travail, tel que décrit par Marx dans la CPG, et les allusions que Staline fait à ce texte ne sont pas là par hasard… C’est aussi clairement ce qu’il nous explique concrètement avec cette histoire célèbre et parfaitement significative d’échanges pain-céréales-coton. Ici, c’est l’expression monétaire, le prix, qui reste la mesure relative des choses, mais manifestement, cela ne change rien au principe, qui est celui exprimé dans la CPG, et cela introduit, au contraire, l’idée d’une monnaie socialiste qui traduit la nature de ce type d’échange, à l’instar des bons de travail de la CPG, en valeur-travail.Dans un précédent article abordant le sujet, nous avions déjà cité ce passage, avec une explication de cette problématique:

« C’est donc en partie par la correspondance proportionnelle, pour l’évaluation, entre termes monétaires et quantums de travail, que se détermine l’équilibre du plan, et selon sa réalisation, le développement ou non du socialisme. Discutons en un exemple concret, dans l’URSS de ce temps, que nous transposerons dans le nôtre, ensuite:

 » Il y a quelque temps on avait décidé de régler, dans l’intérêt de la culture cotonnière, le rapport des prix du coton et des céréales, de préciser le prix des céréales vendues aux cultivateurs de coton et de relever les prix du coton livré à l’État. Dès lors, nos dirigeants de l’industrie et nos spécialistes de la planification apportèrent une proposition qui ne pouvait que surprendre les membres du Comité central, puisque cette proposition fixait le prix d’une tonne de céréales à peu près au même niveau que celui d’une tonne de coton ; au surplus, le prix d’une tonne de céréales était le même que celui d’une tonne de pain cuit. Les membres du Comité central ayant fait remarquer que le prix d’une tonne de pain cuit devait être supérieur à celui d’une tonne de céréales, en raison des frais supplémentaires nécessités par la mouture et la cuisson ; que le coton en général coûtait bien plus cher que les céréales, témoin les prix mondiaux du coton et des céréales, les auteurs de la proposition ne purent rien dire d’explicite. Force fut au Comité central de prendre la chose en mains propres, de diminuer les prix des céréales et de relever ceux du coton. Que serait-il advenu si la proposition de ces camarades avait reçu force légale ? Nous aurions ruiné les cultivateurs et serions restés sans coton  »

(Les problèmes économiques du socialisme en URSS_J. Staline_1952 )

Les problemes economiques du socialisme en URSS (pdf)

Dans cet exemple, bien qu’il n’y soit question que de prix, on voit bien en quoi l’échelle des valeurs y parait décalée. La différence entre une tonne de blé et une tonne de pain réside évidemment dans le travail supplémentaire qui y est incorporé, sous diverses formes, directes, par le travail des meuniers, des boulangers, et indirectes, par une part du travail de ceux qui ont fabriqué le moulin et le matériel de boulangerie.

Et cela n’a évidemment pas changé depuis, ni ne peut changer.

Pareillement, l’écart entre une tonne de coton et une tonne de blé réside essentiellement dans la différence des quantums de travail nécessaires pour les obtenir, en fonction des moyens de production engagés.

Aujourd’hui comme hier, même si les techniques ont considérablement évolué, obtenir une tonne de coton livrable à la filature est différent d’obtenir une tonne de blé livrable au moulin.

Au jour de la rédaction de cet article, la différence sur le cours mondial s’établissait ainsi:

COTON : 1344 EUROS/TONNE (0.68 DOLL/POUND )

BLÉ : 155 EUROS/TONNE

Bien évidemment, cela tient en partie à la conjoncture des marchés, à des tendances particulièrement contraires, ce jour là, mais même en supposant une tendance plutôt haussière sur le blé et baissière sur le coton, il reste impossible que ces valeurs viennent à s’égaliser.

Un rapide aperçu du travail nécessaire à l’obtention d’une balle de coton nous en fournit tout de suite la raison.

(Voir les illustrations de cet article)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/economie-politique-du-socialisme/

En régime socialiste, l’établissement des prix ne se fait pas en tenant compte des fluctuations anarchiques du marché mondial, mais en tenant le compte le plus exact possible du travail socialement nécessaire.

Cette application utile de la loi de la valeur permet d’équilibrer le plan et de rendre possibles les échanges entre tous les secteurs de la vie économique sur une base équitable. »

C’est cette même idée que l’on retrouve encore, même si quelque peu édulcorée, dans les premières éditions du Manuel.

Ce que Staline signifie par cet exemple est que ce principe devrait être à la base de la gestion de l’économie soviétique, ce qui n’était malheureusement pas encore le cas:

«  La loi du développement harmonieux de l’économie nationale a surgi en contrepoids à la loi de concurrence et d’anarchie de la production sous le capitalisme. Elle a surgi sur la base de la socialisation des moyens de production, après que la loi de concurrence et d’anarchie de la production a perdu sa force. Elle est entrée en vigueur parce que l’économie socialiste d’un pays ne peut être réalisée que sur la base de la loi du développement harmonieux de l’économie nationale. C’est dire que la loi du développement harmonieux de l’économie nationale offre à nos organismes de planification la possibilité de planifier correctement la production sociale. Mais on ne doit pas confondre la possibilité avec la réalité. Ce sont deux choses différentes. Pour transformer cette possibilité en réalité, il faut étudier cette loi économique, s’en rendre maître, il faut apprendre à l’appliquer en pleine connaissance de cause ; il faut dresser des plans qui reflètent pleinement les dispositions de cette loi. On ne saurait dire que nos plans annuels et nos plans quinquennaux reflètent pleinement les dispositions de cette loi économique. »

(Les problèmes économiques du socialisme en URSS_J. Staline_1952 )

Il n’est donc pas douteux que c’est là le principe fondamental et central de l’économie socialiste soviétique, même s’il n’a pu être formulé correctement et encore moins, mis en œuvre correctement, du fait des influences idéologiques contradictoires et non encore éclaircies.

Le fait qu’il implique, dans ce contexte concret, une politique monétaire socialiste, est aussi flagrant, mais comme on vient de le voir, cela ne l’altère donc en rien, quant au fond.

Le type de relation économique induit par le système kolkhozien est à la fois autre et partie prenante de l’ensemble. Ici, le caractère « marchand » de l’échange ressort davantage, car il ne peut se plier totalement à un schéma centralisé et doit faire l’objet, dans ce cadre, d’accords particuliers dont le schéma d’ensemble doit tenir compte. Les limites du caractère « marchand » de ce type d’échange sont néanmoins parfaitement définies par Staline, et parfaitement en accord avec les principes concrets de la CPG, et même presque formellement et littéralement, du reste. Il n’y a donc là aucune réelle contradiction, mais au contraire, complémentarité, dans les conditions concrètes de l’URSS de ce temps:

« Par conséquent, notre production marchande n’est pas une production marchande ordinaire, elle est d’un genre spécial, une production marchande sans capitalistes, qui se préoccupe pour l’essentiel des marchandises appartenant à des producteurs socialistes associés (Etat, kolkhozes, coopératives), et dont la sphère d’action est limitée à des articles de consommation personnelle, qui ne peut évidemment pas se développer pour devenir une production capitaliste et doit aider, avec son « économie monétaire », au développement et à l’affermissement de la production socialiste.

Aussi ont-ils absolument tort, ceux qui déclarent que, du moment que la société socialiste maintient les formes marchandes de la production, il y a lieu, soi-disant, de rétablir chez nous toutes les catégories économiques propres au capitalisme : la force de travail comme marchandise, la plus-value, le capital, le profit du capital, le taux moyen du profit, etc. Ces camarades confondent la production marchande avec la production capitaliste et estiment que, du moment qu’il y a production marchande, il doit y avoir aussi production capitaliste. Ils ne comprennent pas que notre production marchande se distingue foncièrement de la production marchande sous le capitalisme. »

(Les problèmes économiques du socialisme en URSS_J. Staline_1952 )

De plus, les kolkhozes, à travers le système des SMT (Stations de Machines et Tracteurs), sont un moyen d’avancer, encore davantage, vers l’étape suivante, celle des échanges en nature, sans traduction monétaire nécessaire, et ils sont donc aussi le moyen d’avancer vers le communisme, et donc porteurs, concrètement, de la troisième forme d’échanges socialistes de cette époque, et la plus avancée, en réalité.

C’est toute la signification de la réponse de Staline à Sanina et Venger, et ce pourquoi elle a été violemment rejetée par Mao Zedong, soutien inconditionnel de Khrouchtchev sur ce point fondamental.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/

C’est la première forme de relation économique socialiste, aussi, assez logiquement, à pâtir de la victoire des révisionnistes, car il n’en est plus fait mention, dès les premières éditions du Manuel.

Quoi qu’il en soit, encore une fois et quant au fond, les trois formes, les trois types d’échanges de cette époque du socialisme, s’articulent autour du principe fondamental de l’échange en valeur-travail qui prévaut pour la période de transition.

C’est donc ce principe qui prévaudra, dans les formes concrètes adaptées à notre époque, et en fonction des nouveaux moyens technologiques et de communication, pour une phase de transition nécessaire, et pratiquement jusqu’à l’horizon de l’automatisation totale, en tenant compte, évidemment, de la limite des ressources naturelles disponibles et de leur renouvellement.

La synthèse la plus simple et la plus résumée que l’on puisse faire de tout cela, c’est qu’avec le socialisme la loi de la valeur cesse d’être la force régulatrice « spontanée » du marché, qui a, pour l’essentiel, disparu, mais que l’on doit l’utiliser, au sens de la CPG (quantums de travail socialement nécessaires), c’est à dire au sens de la mesure de la valeur-travail, pour régler les échanges selon l’équilibre du plan, prédéterminé non par le marché, mais par le recensement des besoins sociaux, la définition démocratique des besoins sociaux collectifs (« défalcation », au sens de la CPG), et le recensement correspondant des ressources et des forces productives existantes et nécessaire à développer pour l’aboutissement du plan/programme.

Le principe général de l’économie de transition peut ainsi être résumé en une formule selon laquelle il consiste à faire coïncider la production de valeurs d’usages avec les besoins sociaux réels et urgents, par une conception collective de la notion d’échange d’équivalents entre producteurs, une notion qui inclus donc également les besoins incontournables des secteurs non-productifs de la population.

Luniterre

 

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(* Quelques articles de fond sur l’histoire de l’URSS :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/18/doctobre-a-la-chute-de-lurss-problematique-du-rapport-de-force-et-de-la-superstructure/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/14/un-siecle-apres-la-revolution-doctobre-1917-comprendre-lhistoire-de-lurss/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/15/de-juillet-a-octobre-ou-comment-la-petite-bourgeoisie-voit-les-revolutions/   )

Une autre approche de la question de l’économie de transition et de sa planification, qui transposait déjà, dès les années 90, les leçons de l’échec de l’URSS dans une perspective tenant compte des technologies nouvelles et notamment, de l’informatique: 

 

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Démocratie prolétarienne

et planification socialiste :

 

le rôle de l’informatique

et de l’interactivité

Équilibrer une économie socialiste, cela signifie faire correspondre l’organisation et le développement des forces productives aux besoins sociaux réels de la population, en commençant par ceux qui sont absolument vitaux, et cela inclut aussi la détermination et le choix des besoins collectifs, dans tous les domaines.

Évidemment, c’est l’ensemble qui doit tenir compte des ressources disponibles, qui ne sont pas illimitées. Il y a donc des choix à faire, des choix collectifs, bien évidemment, mais qui doivent aussi tenir compte des besoins pour la consommation individuelle.

(…)

Ce qui tenait de la gageure, mais n’a pas empêché l’URSS de se développer, tant qu’elle a tenté de s’en tenir aux fondamentaux du socialisme, tout cela peut être désormais grandement facilité par les nouvelles technologies et le développement de l’interactivité qui fait de la démocratie directe une application pratique…

La cohérence des principes fondamentaux du marxisme pour la phase de transition avec ces développements technologiques, c’est le thème principal de nos études, sur TML, depuis l’échec des luttes contre la Loi El Khomri, et les leçons que nous avons tenté d’en tirer… Un message difficilement reçu par la plupart des pseudos- »marxistes », plutôt désireux de protéger leur petit cocon gaucho-utopiste et idéaliste bourgeois, en réalité.

 

Pourtant, une telle réflexion avait déjà été tentée, dès les années 90, et assez paradoxalement, en Grande Bretagne, par un économiste (Cockshott) et un informaticien (Cottrell), restés associés depuis, pour ce combat !

 

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Être humains en Mai 2018 : « Nous sommes tous des palestiniens… ! »

 

Pour être encore des humains en Mai 2018 :

 

 

 

« Nous sommes tous

des palestiniens… ! »

 

 

 

https://i0.wp.com/s1.lprs1.fr/images/2018/05/16/7719645_96660be8-5912-11e8-aba9-269965d92401-1_1000x625.jpg

 

Valenton hisse le drapeau palestinien

en hommage aux victimes de Gaza

 

A l’appel de la Ville (PCF), près d’une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant la mairie pour apporter leur soutien aux victimes palestiniennes.

L’ambiance était au recueillement ce mercredi sur l’esplanade de la mairie. A l’appel de la Ville, près d’une cinquantaine de personnes se sont rassemblées pour condamner les massacres « effroyables », selon la maire (PCF), perpétrés par l’armée israélienne à la frontière de la bande de Gaza dans la nuit de lundi. Françoise Baud a rappelé dans son discours l’engagement de la commune à « défendre les droits des peuples palestiniens et israéliens à disposer chacun d’un Etat libre et indépendant ». Le Conseil municipal qui s’est d’ailleurs prononcé à l’unanimité pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine, s’est dit « horrifié par ces crimes de guerre et cette répression impitoyable du droit élémentaire de manifester pacifiquement ».

Les drapeaux français accrochés à la devanture de la mairie ont été mis en berne en soutien aux victimes de l’offensive israélienne dans les territoires palestiniens. « Ce sera notre façon de dénoncer le manque de courage des plus hautes autorités de notre pays, l’installation illégale de l’ambassade américaine à Jérusalem ainsi que leur inaction pour protéger le peuple palestinien », a déclaré l’élue pendant que flottaient les couleurs du drapeau palestinien sur le fronton de la bâtisse.

 

http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/valenton-hisse-le-drapeau-palestinien-en-hommage-aux-victimes-de-gaza-16-05-2018-7719645.php

 

 

 

 

 

 

 

Marx aujourd’hui, en peu de mots…

 

 

 

Marx aujourd’hui,

en peu de mots…

Post en réponse à cet article sur Agoravox :

Si Karl Marx revenait parmi nous : il renierait « Le Capital » !

 

 

Le marxisme n’est pas un dogme. Par conséquent, il n’a rien à « sauvegarder » ou à renier. Le marxisme est d’abord une philosophie, une approche dialectique de la réalité du monde, autant qu’elle puisse se percevoir, avec les connaissances et les données d’une époque.

 

Le Capital décrit les bases de fonctionnement du capitalisme industriel, encore « émergent » et en fort développement, à l’époque de Marx.

 

Les prémisses du capitalisme financier sont déjà là, également abordées par Marx, mais c’est Hilferding, et surtout Lénine, qui en tireront les conséquences en expliquant la formation de l’impérialisme moderne, encore actuel.

 

C’est l’impérialisme qui permet la survie du capitalisme, malgré les cycles de crise.

C’est donc cet aspect du problème qui avait, nécessairement, échappé en partie à Marx.

 

Par contre, la logique interne du capitalisme industriel et son évolution vers l’automatisation et la robotique sont présentes dans l’œuvre de Marx, dès ses débuts, dans le texte aujourd’hui célèbre des Grundrisse.

 

Cette évolution du capitalisme s’est donc poursuivie en parallèle et même en combinaison avec celle de l’impérialisme.

 

D’où la distorsion apparente entre le monde de l’ « avenir » tel qu’entrevu par Marx et celui que nous avons réellement connu.

 

Sur le plan économique, le point de convergence reste l’horizon, encore lointain mais déjà en vue, de la robotisation totale et ses conséquences sur la survie du système de domination de classe de la bourgeoisie financière.

 

C’est le passage irréversible du capitalisme industriel à la société de l’arnaque totale, ou « fake-capitalism », le stade suprême de la société spectaculaire marchande, déjà en gestation depuis la deuxième guerre mondiale, phénomène d’origine US et base idéologique de cet impérialisme.

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/03/la-societe-de-larnaque-un-theme-de-reflexion-pour-2018/

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/

 

 

Luniterre

 

 

 

RÉFLEXION COMPLÉMENTAIRE…

L’action du blog TML vise uniquement à rappeler quelques évidences, quelques fondamentaux, tout en les remettant dans le contexte actuel .

Reste la nécessité de refonder une idéologie ML collective qui réponde à la problématique de notre époque et constitue donc un renouvellement important.

Elle ne peut reposer que sur le lien entre les fondamentaux et la réalité actuelle, sans fard et sans culture de l’illusion.

 

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POUR GAZA, POUR LA PALESTINE : RASSEMBLEMENT Mardi 15 mai dès 18h Place des Terreaux Lyon

Halte aux massacres :

RASSEMBLEMENT Mardi 15 mai

dès 18h Place des Terreaux Lyon

 

 

lundi 14 mai 2018, Par Le Collectif 69

 

URGENT !!

 

 

 

Aux côtés de Gaza, aux côtés du peuple palestinien

Halte aux massacres

Justice pour la Palestine !

La journée de ce lundi 14 mai s’achève dans le sang à Gaza.

Le jour du transfert de l’ambassade des Etats unis à Jérusalem, Israël poursuit les massacres sans que l’Europe et la France ne bougent.

70 ans après les premiers massacres et du grand exode.

Nous ne pouvons pas rester silencieux face aux drames d’un peuple.

Nous appelons à nous rassembler

Mardi 15 mai dès 18h

Place des Terreaux Lyon 69001

Venez avec des drapeaux palestiniens, des bougies, des messages…

Que vive la Palestine !

 

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Lundi 14 mai : Au moins 58 Palestiniens ont été assassinés à #Gaza et plus de 2410 autres blessés

Le bilan est provisoire ce lundi 14 mai à 16h20. Tandis que Mme Mogherini appelait à la retenue (après 40 morts par balles réelles sur des manifestants pacifiques !) … la France est encore à ce moment aux abonnés absents.

Al-Jazeera – Au moins 41 Palestiniens ont été assassinés à Gaza et plus de 1900 autres blessés alors que l’armée israélienne tirait à balles réelles, avec des gaz lacrymogènes et des grenades incendiaires sur les manifestants rassemblés le long de plusieurs points près de la barrière avec Israël.

La manifestation de lundi précède les commémorations annuelles de la Nakba, ou « catastrophe », lorsque l’État d’Israël a été établi le 15 mai 1948, après l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens de leurs villes et villages.

Les manifestations ont également été planifiées de façon à coïncider avec le déménagement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, conformément à la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre dernier, renforçant les tensions et provoquant la colère des Palestiniens.

Depuis lundi matin, les Palestiniens de la bande de Gaza assiégée tentent dans le cadre de la Grande Marche de Retour, de franchir la barrière hautement fortifiée qui sépare l’enclave d’Israël.

Des dizaines de milliers de Palestiniens sont arrivés pour participer au rassemblement.

Des manifestations ont également débuté dans les villes de Ramallah et d’Hébron, en Cisjordanie occupée, en réponse à la décision de déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem. A Ramallah, les Palestiniens devraient protester depuis le centre-ville jusqu’au poste de contrôle militaire de Qalandia, le principal barrage militaire séparant Ramallah de Jérusalem.

Les manifestations dans la bande de Gaza font partie d’une initiative qui dure depuis plusieurs semaines et qui réclame le Droit au Retour des réfugiés palestiniens dans les zones d’où ils ont été expulsés en 1948.

« Le nombre de personnes qui se présentent pour participer est sans précédent par rapport aux sept dernières semaines de protestation », a déclaré à Al Jazeera le journaliste local Maram Humaid.

Environ 70% des deux millions d’habitants de la bande de Gaza sont des descendants de réfugiés.

Depuis le début des manifestations le 30 mars, les forces israéliennes ont assassiné au moins 90 Palestiniens dans l’enclave sous blocus et en ont blessé plus de 10 500.

http://collectif69palestine.free.fr/spip.php?article1231

 

 

 

 

Black Blocs : « révolutionnaires » ou petits « Gapone » des grands boulevards ?

 

 

 

 

https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2018/05/ee36eb84-1daa-42e9-8ee8-0c70ff3b5182/640_042_csk-32817082.jpg

 

Black Blocs :

« révolutionnaires »

ou petits « Gapone »

des grands boulevards ?

 

 

A propos du débat sur les « Black Blocs » , notamment développé sur VLR…

 

LE BLACK BLOC ET LA PETITE-BOURGEOISIE RADICALISÉE

Déclaration du MILI suite au 1er mai 2018

Cortège de tête

Bruno et do parlent du Black bloc

Black Bloc – Discussion entre Robert et do sur le Black Bloc

La casse en manif et les événements du 1er mai à Paris

Le Black Bloc ne déborde pas le mouvement, il EST le mouvement !

 

Il y a d’autres sujets autrement brûlants et fondamentaux de par le monde…

Néanmoins quelques questions à ce propos le dépassent lui-même et sont de toutes les époques de luttes…

__légalité

__légitimité

__manipulations

__contenu de classe

Il est évident que la lutte contre l’ordre social bourgeois est amenée à « déborder », et de plus en plus largement, à mesure que la lutte se développe, le cadre de la « légalité » actuelle, et même, évidemment et finalement, tout à fait, sans quoi il ne peut y avoir construction d’un autre ordre social, par définition, le nouveau remplaçant totalement l’ancien, à terme.

Mais tout aussi évidemment, ce n’est pas un processus linéaire, mais un processus dialectique, donc complexe, où les phases de luttes différentes s’entremêlent encore longtemps avant qu’une légalité socialiste prolétarienne s’impose durablement.

Les « Black Blocs » se présentent donc comme un moyen « ouvert à tous » de franchir ce cadre…

En quoi ce franchissement est-il utile au mouvement prolétarien ? Quelle perspective politique ouvre-t-il réellement ?

Le « Black Bloc » fait parler des manifestations sociales, qui, autrement, seraient passées sous silence par les médias… C’est à la fois un argument des « pour », évident au premier degré, et des « contre », car il donne des mouvements sociaux une image négative de violence gratuite, de dégradation et de pillage. C’est à dire une image dissuasive, faite pour isoler la modeste « avant-garde des luttes sociales » qui reste mobilisée, de manif en manif, du reste des « mécontents silencieux », qui, las des « grèves par procurations », pourraient eux-mêmes se mobiliser sur le terrain.

Évidemment, c’est cette image qui est véhiculée par les médias et cela semble donc au moins une raison d’être et de durer des « Black Blocs », avec toutes les suspicions de complicités et de manipulations policières et politiques qui vont avec…

Le fait est que cela recoupe une bonne partie des témoignages sur le sujet. On ne peut donc balayer d’un revers ces assertions.

Pour autant, le « Black Bloc » tend à être reconnu « sociologiquement » comme un réceptacle de diverses révoltes et frustrations sociales engendrées par la crise. Une révolte dont il serait en quelque sorte la « quintessence », le « mouvement » lui-même, selon certains… Autrement dit, il aurait vocation à incarner la légitimité des luttes sociales et à se substituer aux autres formes actuellement considérées comme « représentatives », syndicats et autres collectifs, front social, etc…

Le fait de sa présence, le 1er Mai, relativement impressionnante sinon réellement « massive », et soulignée par les médias, serait l’indice de son émergence, et voire même, de son avenir en tant que tel.

Le fait qu’avec le développement de la crise son recrutement soit de plus en plus assuré, cela contient également une logique facilement vérifiable mais n’en altère pas l’orientation politique, actuellement.

Le problème est que par définition cette orientation politique reste indéfinie en tant que projet d’alternative, au delà d’une révolte à l’instant T de la manif, et dont l’aspect pillage semble être la seule atteinte, faussement symbolique, au capital. En effet, au delà de son insignifiance dans le rapport de force économique, elle ne donne encore qu’une image du « chacun pour soi » qui n’est qu’un prolongement de l’idéologie au pouvoir, et donc, finalement, davantage une justification et un renforcement, dans l’esprit du « spectateur », peu enclin à crever l’écran, même pour ce ridicule profit.

Le fait est, également, que dans un mouvement social arc-bouté à la « défense » d’ « acquis sociaux » inéluctablement condamnés par la crise, dans le cadre du système, ce « Black Bloc » prenant de l’extension devient effectivement un substitut potentiel à l’échec inévitable. C’est en ce sens qu’il est réellement le « mouvement » tel que déjà durablement engagé dans une impasse.

Cela ne l’empêche pas d’arborer les couleurs d’un apparent « radicalisme » évocateur de Mai 68, et de clamer haut et fort un prétendu « anticapitalisme » qui le verrait sauter le mur au fond de l’impasse.

En bonne entente avec le préfet de police, c’est impossible, tout à fait incompatible, penserez vous… Alors qu’un « anticapitalisme » dépourvu de toute perspective politique réelle n’est en rien un danger pour le système, voire même, un exutoire commode pour recycler les jeunes énergies révoltées, comme on le voit notamment au « Rojava », zone syrienne occupée par l’impérialisme US et Français…

« Black Bloc » et « Rojava » ne sont, pour le moins, pas incompatibles, et les passerelles entre ces deux « univers » bien entretenues par les puissances occupantes.

La « sincérité » de tous ces éléments manipulés n’est pourtant pas nécessairement en cause, même en ce qui concerne quelques éléments qui jouent consciemment « double jeu » en se croyant engagés dans un « compromis tactique » qui ferait d’eux des « stratèges révolutionnaires » très supposément avisés…

Des petits « Gapone » des grands boulevards, en quelque sorte… A cette différence près que le Pope Gapone a réellement emmené la foule prolétarienne au fond de l’impasse du « Dimanche Rouge » le 9 Janvier 1905, où plus de 1000 sont tombés sous les balles, les coups des sabres cosaques et les sabots des chevaux… Leur mort tragique a définitivement délégitimé le pouvoir tsariste et la nouvelle bourgeoisie « moderniste » (Stolypine) qui le soutenait encore.

A cette différence près, également, que l’indic manipulateur Gapone avait donc réellement fini par incarner la légitimité des revendications populaires et prolétariennes de son temps, (*) au point de ne plus savoir lui-même, réellement, semble-t-il, où était sa vraie place.

(Pour mémoire il est mort pendu en 1906 comme « traître à la cause », et par un autre indic « socialiste-révolutionnaire », celui-là…)

Le Pope Gapone a donc, malgré sa courte vie, changé le cours de l’histoire, que cela fut ou non son souhait !

Lénine lui-même, pourtant conscient de la manipulation déjà plus que probable, a invité les vrais révolutionnaires à investir et pousser ce mouvement effectivement jusqu’à sa limite.

Au delà des manipulations, dont il sont nécessairement l’objet, la vraie question des « Blacks Blocs » est donc de savoir s’ils incarnent ou non une légitimité qui déborderait réellement la légalité du système non seulement sur le plan formel juridique mais aussi et surtout, en terme d’alternative politique perceptible par les masses populaires et prolétariennes, et là, la réponse est évidemment non… !

Enfin, la question de la composition sociologique de cette mouvance est importante, mais pas déterminante non plus, contrairement à ce qu’affirme, une fois de plus, l’inénarrable M Bibeau, dans un de ces globi-boulgas dont il a le secret, mais qui n’est donc pas non plus une spécialité canadienne, tant s’en faut… ! Selon lui, cette composition serait entièrement « petite-bourgeoise », allant du lumpen au « fils à papa » des beaux quartiers, en rupture de ban, à l’instar des « proto-bobos », pseudos « dirigeants » de Mai 68…

Une définition précise de « classe moyenne » est effectivement incertaine, comme il le souligne justement, mais sa définition extensive de « petite-bourgeoisie » ne l’est pas moins, et même fausse, en ce qu’elle y inclut des couches sociales de travailleurs qui, s’ils ne sont pas directement dans le secteur « productif » mais bien dans des fonctions économiques et sociales prolétariennes, sont néanmoins tout à fait à inclure dans le prolétariat, au sens basique du terme.

Cela soulève la question du rôle de certains secteurs des activités de services proches du secteur productif, même si indirectement, et de plus en plus proches et liés, avec les technologies actuelles. Quelle serait la « valeur » d’un téléphone, par exemple, sans le service, qui, le plus souvent, est vendu directement avec ? Mais on aborde là une autre question, celle de la limite entre les pratiques opérationnelles de l’économie classique et néo-classique, zone restée quasiment « terra incognita » de la pensée marxiste, que l’on ne peut donc qualifier de « contemporaine », de ce fait… Un autre et vaste sujet !

Luniterre

(* http://www.gauchemip.org/spip.php?article15133 )

A propos de légitimité révolutionnaire, voire aussi :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/02/palestine-jour-de-la-terre-une-lecon-de-resistance-donnee-au-monde/

 

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/29/un-demi-siecle-apres-mai-68-en-finir-avec-la-gauche-kollaborationniste/

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HOLOCAUSTE IMPÉRIALISTE – Trump à Jérusalem : La fête des assassins !

 

 

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HOLOCAUSTE  IMPÉRIALISTE

 

Trump à Jérusalem :

 

La fête des assassins !

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Gaza-sur- Sang :

 

 

2200 blessés

 

52 morts

 

aujourd’hui

(bilan provisoire)

 

Les Etats-Unis inaugurent leur ambassade à Jérusalem, bain de sang à Gaza

 

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Un Palestinien blessé par des tirs israéliens est évacué par d’autres manifestants, le 14 mai 2018 dans la bande de Gaza, à la frontière avec Israël / © AFP / MAHMUD HAMS

 

L’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, concrétisant une des promesses les plus controversées du président Donald Trump, s’est traduite par un bain de sang lundi dans la bande de Gaza, où 43 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. [ NDLR: 52 SELON UN NOUVEAU BILAN PROVISOIRE, A 15 HEURES]

Du fait de ce lourd bilan, cette journée de festivités côté israélien et américain constitue la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de 2014 dans la bande de Gaza.

Tandis qu’officiels américains et israéliens endimanchés ont célébré en grande pompe un moment « historique » et la force de leur alliance sous une vaste tente blanche plantée dans l’enceinte de la nouvelle ambassade, des dizaines de milliers de Palestiniens ont protesté, à quelques dizaines de kilomètres de là, dans la bande de Gaza sous blocus.

Les plus résolus ont affronté, au péril de leur vie, les tirs des soldats israéliens en allant lancer des pierres et en tentant de forcer la barrière de sécurité lourdement gardée.

Israël avait prévenu qu’il emploierait « tous les moyens » pour protéger ses soldats et la barrière, et empêcher ainsi le scénario cauchemar d’une incursion en Israël de Palestiniens susceptibles de s’en prendre aux populations civiles riveraines.

Selon le dernier bilan provisoire du ministère de la Santé gazaoui, 43 Palestiniens, dont un garçon de 14 ans, ont été tués, et des centaines d’autres blessés.

– « Crimes de guerre » –

Le gouvernement palestinien établi en Cisjordanie occupée a accusé Israël d’avoir commis un « horrible massacre » à Gaza. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « particulièrement inquiet ». L’Union européenne a exhorté toutes les parties à « la plus grande retenue ».

Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé un recours injustifié aux tirs à balles réelles, la première fustigeant une « violation abjecte » des droits de l’Homme et des « crimes de guerre ».

Dans l’enceinte de l’ambassade américaine, rien n’aurait permis de discerner ce qui se passait au même moment à Gaza. Seul le conseiller et gendre de M. Trump, Jared Kushner, présent avec son épouse Ivanka –la fille du président– parmi des centaines d’invités triés sur le volet, a paru faire une référence oblique aux évènements.

 

« Ceux qui provoquent les violences font partie du problème, pas de la solution », a-t-il dit.

Au moment où le bilan s’alourdissait d’heure en heure, M. Trump a de son côté salué le transfert à Jérusalem de l’ambassade des Etats-Unis comme « un grand jour pour Israël ».

« Félicitations, cela faisait longtemps qu’on attendait », a ensuite déclaré M. Trump dans un message vidéo aux participants. Comme le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rayonnant, après lui, M. Trump a justifié sa décision comme la reconnaissance d’une réalité historique.

Il a affirmé que les Etats-Unis restaient « pleinement engagés dans la recherche d’une paix « durable » entre Israéliens et Palestiniens.

L’inauguration est pourtant largement perçue comme un acte de défi envers la communauté internationale dans une période de grande inquiétude pour la stabilité régionale.

Outre l’opposition au transfert de l’ambassade, les Palestiniens protestent aussi contre le blocus de Gaza et l’occupation. L’armée israélienne a dénié le caractère pacifiste de la mobilisation, la qualifiant « d’opération terroriste » conduite par le Hamas, mouvement islamiste qui gouverne l’enclave palestinienne et auquel il a livré trois guerres en dix ans.

L’aviation israélienne a bombardé plusieurs positions du Hamas au cours de la journée.

L’armée avait déclaré la périphérie de Gaza zone militaire close. Elle a pratiquement doublé ses effectifs combattants autour de l’enclave et en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël où étaient aussi prévus des rassemblements.

Les alentours de l’ambassade américaine placés sous la surveillance de centaines de policiers avaient aussi été bouclés.

Réalisant un engagement de campagne de M. Trump, ce transfert de l’ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem constitue une rupture de plus avec des décennies de diplomatie américaine et de consensus international. Le statut de Jérusalem est l’une des questions les plus épineuses de l’insoluble conflit israélo-palestinien.

La décision américaine comble les Israéliens qui y voient la reconnaissance d’une réalité de 3.000 ans pour le peuple juif. Elle coïncide avec le 70e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël.

Mais l’initiative unilatérale américaine ulcère les Palestiniens pour lesquels elle représente le summum du parti pris outrancièrement pro-israélien de M. Trump. Ils l’interprètent comme la négation de leurs revendications sur Jérusalem.

A Gaza, Bilal Fasayfes, 31 ans, a ainsi pris avec son épouse et ses deux enfants un des bus affrétés à Khan Younès (sud) pour transporter les manifestants à la frontière. « On se fiche que la moitié des gens se fassent tuer, on continuera à y aller pour que l’autre moitié vive dignement », dit-il.

– La « Nakba » mardi –

Israël s’est emparé de Jérusalem-Est en 1967 et l’a annexée. Tout Jérusalem est sa capitale « éternelle » et « indivisible », dit-il. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

La sensibilité du sujet est exacerbée par la religion: Jérusalem est sainte pour musulmans, juifs et chrétiens.

La décision de M. Trump ignore aussi les objections des capitales arabes. La Ligue arabe tiendra une réunion d’urgence mercredi au sujet de ce déménagement, a indiqué un responsable de l’organisation panarabe.

Pour la communauté internationale, Jérusalem-Est reste un territoire occupé et les ambassades ne doivent pas s’installer dans la ville tant que le statut n’en a pas été réglé par la négociation entre les deux parties.

L’inauguration de l’ambassade, provisoirement installée dans les locaux de ce qui était le consulat américain en attendant la construction d’une nouvelle représentation, a lieu dans une période éminemment sensible.

Les Palestiniens perçoivent comme une « provocation » la date choisie, précédant de 24 heures les commémorations de la « Nakba », la « catastrophe » qu’a constitué la création d’Israël pour des centaines de milliers d’entre eux chassés ou ayant fui de chez eux en 1948.

Gaza est ainsi, depuis le 30 mars, le théâtre d’une « marche du retour » qui voit des milliers de Palestiniens se rassembler le long de la frontière.

Depuis cette date, 97 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne.

En butte aux accusations d’usage excessif de la force, celle-ci affirme ne tirer à balles réelles qu’en dernier recours.

[ NDLR: Affirmation particulièrement mensongère et criminelle, comme le montre le constat fait par MÉDECINS DU MONDE >>> VOIR CI-DESSOUS]

 

https://www.romandie.com/news/Les-Etats-Unis-inaugurent-leur-ambassade-a-Jerusalem-bain-de-sang-a-Gaza/917757.rom

 

 

Palestine – Gaza : « la force excessive » dénoncée

 

Ce lundi, 41 civils palestiniens ont été tués par des tirs de soldats israéliens. Plus de 500 blessés sont à déplorer et le bilan s’alourdit d’heure en heure. Ces violences surviennent alors que de nombreux Palestiniens manifestent contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem. Face à cette situation survenue 70 ans après l’exode palestinien de 1948 et année de création de l’Etat d’Israël, Médecins du Monde pousse un cri d’alerte. Et dénonce la fragilisation totale du système de santé.

Médecins du Monde « condamne l’usage excessif de la force exercée en Israël contre les civils palestiniens dans la Bande de Gaza ». Depuis le 30 mars, les civils « manifestent pour réclamer leur droit au retour ». Cette marche du retour a pris de l’ampleur suite à l’annonce de Donald Trump de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem.

Cette colère s’exprime 70 ans après la Nakba, lorsque 750 000 Palestiniens ont fui leur territoire entre 1948 et 1949. Les 5,3 millions de Palestiniens considérés comme réfugiés demandent donc à retourner sur leurs terres, et réclament « le respect de leurs droits fondamentaux ».

Depuis le 30 mars, la violence d’Israël a provoqué la mort de 80 Palestiniens et 8 500 civils ont été blessés, rapporte MdM. « Le personnel de santé et les infrastructures médicales sont également la cible des attaques abusives israéliennes. On recense plus de 169 agents de santé blessés et 19 ambulances endommagées. »

Faire face aux pénuries de médicaments

Une situation désastreuse alors que « le système de santé à Gaza fait face aux pénuries de médicaments essentiels et n’a pas assez de moyens pour traiter l’ensemble des blessés. Ainsi, (…), sur les 148 types de médicaments nécessaires pour répondre aux victimes de traumatismes, un tiers n’est actuellement pas disponible dans la Bande de Gaza ».

L’accès aux soins et aux vivres est minimal. « Avec quelques heures d’électricité par jour, des difficultés à importer des médicaments et du matériel médical, à référer des patients vers des structures de soins adaptées, le blocus a des effets désastreux sur la santé des civils », précise le Dr Jean-François Corty, directeur des Opérations Internationales de MdM. L’association appelle à :

La cessation de l’usage excessif de la force contre les civils ;

La fin des entraves au droit à la vie, à la santé et à manifester des Palestiniens ;

L’arrêt de la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie et la fin sans condition du blocus de la Bande de Gaza.

https://www.ladepeche.fr/article/2018/05/14/2797495-palestine-gaza-la-force-excessive-denoncee.html

 

 

 

Ambassade à Jérusalem.

52 Palestiniens tués

dont 8 enfants

lors de manifestations

à Gaza

 

 

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/760b4d0c6524c62b1e72bc6e7b69431a-gaza-37-palestiniens-tues-en-marge-de-l-inauguration-de-l-ambassade-us-jerusalem.jpg?width=1260&height=712&fill=0&focuspoint=48%2C98&cropresize=1

 

Ouest-France, avec AFP et Reuters

Des milliers de personnes manifestent dans la bande de Gaza, le long de la frontière avec Israël, contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, ce lundi 14 mai. Jour qui marque également le 70e anniversaire de la création de l’État d’Israël. Des affrontements ont éclaté entre Palestiniens et soldats israéliens. Il y a au moins 52 morts et 900 blessés, selon le dernier bilan des services de secours locaux.

Des milliers de Palestiniens se sont rassemblés en différents points aux environs de la frontière entre la bande de Gaza et Israël, ce lundi matin, peu avant l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, réalisant la promesse controversée du président Donald Trump. De petits groupes ont tenté de s’approcher au péril de leur vie de la barrière de sécurité lourdement gardée par l’armée israélienne. Des heurts ont éclaté, faisant au moins 52 morts parmi les Palestiniens et 900 blessés, dont 450 par balles réelles, selon un dernier bilan des services de secours locaux à 15 h. Parmi les blessés, figurent deux journalistes locaux, d’après le Croissant-Rouge palestinien mais aussi « huit enfants de moins de 16 ans », selon l’ambassadeur palestinien à l’ONU.

 

 

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/d045d149bd87132634335266da1fbc4b-tension-jerusalem-10-palestiniens-tues-gaza-par-des-tirs-israeliens_0.jpg?width=940&height=0&fill=0&focuspoint=50%2C25&cropresize=1

 

Une inauguration le jour du 70e anniversaire de la création d’Israël

L’armée israélienne s’attend à ce que des dizaines de milliers de Palestiniens protestent dans la bande de Gaza sous blocus mais aussi en Cisjordanie occupée en marge de l’inauguration de la nouvelle ambassade des États-Unis, prévue dans l’après-midi. Une cérémonie qui a lieu le même jour que le 70e anniversaire de la création de l’État d’Israël. La tension sur place est aussi nourrie par le mouvement de protestation de la « Grande Marche du Retour », qui doit culminer mardi 15 mai, jour que les Palestiniens appellent la « Nakba » (la « catastrophe »), marquant l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d’Israël.

 

De son côté, le président américain Donald Trump a salué le transfert à Jérusalem de l’ambassade des États-Unis, y voyant « un grand jour pour Israël ». Le gouvernement palestinien basé en Cisjordanie occupée a, lui, accusé Israël de commettre un « horrible massacre » dans la bande de Gaza.

 

 

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/dd114c1a21f2e3823a4ab26e126df8ab-tension-jerusalem-10-palestiniens-tues-gaza-par-des-tirs-israeliens.jpg?width=940&height=0&fill=0&focuspoint=49%2C25&cropresize=1

 

 

La Turquie pointe la responsabilité des États-Unis

« L’administration américaine est autant responsable qu’Israël de ce massacre », a réagi sur Twitter le porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag. « En transférant son ambassade à Jérusalem, l’administration américaine a sapé les chances d’un règlement pacifique et provoqué un incendie qui causera davantage de pertes humaines, des destructions et des catastrophes dans la région », a-t-il ajouté.

L’armée avait prévenu dimanche et lundi les Gazaouis par tracts distribués par les airs qu’ils s’exposaient en prenant part aux manifestations et qu’elle ne permettrait pas qu’on s’en prenne à la barrière de sécurité, aux soldats ou aux civils israéliens riverains du territoire palestinien.Un comité de l’ONU monte au créneau

Face à ses violences, dans une déclaration écrite, le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale « exhorte l’État (Israël) à mettre immédiatement fin à l’usage disproportionné de la force contre les manifestants palestiniens, à s’abstenir de tout acte qui pourrait faire de nouvelles victimes et à garantir que les blessés palestiniens aient un accès rapide et sans entrave aux soins médicaux ».

 

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/0371682cc16cecc1a8143016020c84d1-tension-jerusalem-10-palestiniens-tues-gaza-par-des-tirs-israeliens_2.jpg?width=940&height=0&fill=0&focuspoint=50%2C25&cropresize=1

 

Les 18 experts indépendants de ce comité, qui dépend du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, se disent « gravement préoccupés par le fait que de nombreuses personnes décédées ou blessées ne semblaient représenter aucune menace imminente au moment où elles ont été abattues ».

Amnesty international dénonce, elle, une « violation abjecte » des droits de l’Homme.

 

https://www.ouest-france.fr/monde/gaza/tension-jerusalem-10-palestiniens-tues-gaza-par-des-tirs-israeliens-5758665

 

 

 

 

IRAK: nouvelle victoire du front anti-impérialiste !

https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/mon/4dc2548babb738d299a61a6458e08fa48edb8b0b.jpg

 

 

IRAK :

 

 

vers une nouvelle victoire

des forces politiques

de la Résistance !

Un point sur la situation politique en Irak,

à lire sur:

 

 

FRONT des LAïCS

 

 

https://frontdeslaics.wordpress.com/2018/05/14/irak-vers-une-nouvelle-victoire-des-forces-politiques-de-la-resistance/

 

 

https://i0.wp.com/img.lemde.fr/2018/05/13/0/0/1632/1224/1068/0/60/0/14556ad_fd610367e5004c2d88cc6a9f8e31af40-fd610367e5004c2d88cc6a9f8e31af40-0.jpg

 

 

                                                 Raëd Fahmi, secrétaire du Parti communiste irakien, le 14 février 2018 à Bagdad (afp)

 

Voir aussi:  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/27/elections-en-irak-front-uni-anti-imperialiste/

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GAZA 7 ème semaine : RÉSISTER !!

 

 

GAZA

7 ème semaine:

RÉSISTER !!

 

 

 

Un Palestinien a été tué, vendredi, par des tirs de soldats israéliens lors du septième vendredi consécutif de manifestations à la frontière entre l’État hébreu et la bande de Gaza, dans le cadre de « la grande marche du retour ».

Un manifestant palestinien a trouvé la mort, vendredi 11 mai, alors qu’il manifestait à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël.

Au moins 170 autres personnes ont été blessées par des militaires israéliens, selon des médecins gazaouis. Sept sont dans un état critique, dont un adolescent de 16 ans atteint d’une balle en plein visage.

Les Palestiniens s’étaient rassemblés une nouvelle fois dans le cadre de la « Grande marche du retour », une initiative qui devrait culminer mardi prochain, 15 mai, jour anniversaire de la Nakba (la catastrophe) vécue par des centaines de milliers de Palestiniens déplacés lors du conflit autour de la création de l’État d’Israël en 1948.

 

Depuis le début du mouvement, il y a six semaines, au moins 44 Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens le long de la frontière Gaza-Israël.

Dans un rapport publié vendredi, l’ONG Save the Children (*) estime qu’au moins 250 enfants gazaouis ont été atteints par des balles réelles lors des manifestations, qui ont débuté le 30 mars, et qu’au total, près de 700 enfants ont été blessés depuis le début des rassemblements palestiniens en lisière de la bande de Gaza.

 

Plus de 5 000 manifestants, selon les Israéliens

Selon l’armée israélienne, plus de 5 000 Palestiniens ont participé, vendredi, à la manifestation à cinq endroits le long de la frontière.

« Les émeutiers ont brûlé des pneus, lancé des pierres vers la barrière de sécurité et les soldats israéliens. Ils ont également fait voler des cerf-volants auxquels étaient attachés des engins incendiaires », a affirmé l’armée dans un communiqué.

Les troupes israéliennes ont riposté en tirant « selon les règles d’engagement », ajoute le communiqué sans donner d’autres précisions.

L’armée israélienne est en butte aux critiques dénonçant un usage excessif de la force. L’ONU et l’Union européenne ont réclamé des enquêtes indépendantes.

Avec AFP et Reuters

http://www.france24.com/fr/20180511-gaza-israel-marche-retour-sixieme-vendredi-meurtrier

 

 

 

https://i.stci.uk/sites/default/files/styles/large/public/field/image/gaza.png?itok=4QgoVifK

 

 

(*) Hundreds of children, some as young as eight years old, have been shot by live ammunition in the Gaza protests, an analysis by Save the Children has shown.

Out of more than 500 detailed injuries in children, at least 250 (some 50 percent) were hit with live bullets, according to data collected by the Palestinian Ministry of Health in Gaza, which is also being used by the United Nations in its reporting.

The true number could be even higher. The Ministry have reported that so far 689 children have been injured, however the details of these injuries have not yet been revealed.

Almost 8,000 people, including almost 700 children, have been injured in protests since 30 March. This includes 4,150 people (52 per cent) who were hospitalized and 2,017 (25 per cent) were shot with live ammunition. There have been no reported injuries on the Israeli side but it has been reported that there have been Palestinian attempts to cross illegally cross into Israel. Protestors have also flown kites over the border wall, which have at times had flammable materials attached. 

All parties must ensure that children are protected in accordance with the Geneva Conventions and other relevant international law. We are deeply concerned by the high number of children who have been hit by live ammunition and we agree with the High Commissioner for Human Rights that this could suggest an excessive use of force and may amount to unlawful killing and maiming,” said Jennifer Moorehead, Save the Children’s Country Director for the Occupied Palestinian Territory.

We support the UN Secretary General’s call for independent investigations to be carried out and any perpetrators to be held to account. We strongly urge all protests to remain peaceful, and call on all sides to tackle the long-term causes of this conflict and promote dignity and security for both Israelis and Palestinians.”

Through MAAN Development Center, a partner NGO on the ground that provides psychological support and referral services to the injured, Save the Children has reached more than 200 children, including more than 125 of those who have been shot with live ammunition.

MAAN has prioritised the most severe cases and found that children have been repeatedly shot in the legs, arms and even chest, head, and neck, with dozens of new injuries happening every week.

Conditions in hospitals are rapidly deteriorating with children often being discharged early to make room for new patients expected to arrive in the next wave of protests.

Gaza has been under an Israeli air, sea and land blockade for more than 10 years and has suffered three wars from which it has never fully recovered,” said Moorehead.

The stalled reconciliation process between the Palestinian Authority that rules the West Bank and the de facto authority in Gaza have further deepened the economic and social distress of children and their families in Gaza, with power cuts across the strip and salary cuts of thousands of PA employees. A general reduction in donor assistance and the pending cuts to the UNRWA budget have compounded people’s woes.

This has meant an already very difficult humanitarian situation in Gaza has gone from bad to worse with almost every aspect of life – from employment, education and electricity to health and sanitation – being negatively impacted,” said Moorehead.

The result has been devastating for the children of Gaza  – physically and psychologically. Many have been injured, and many more have seen their parents or loved ones either hurt at the protests, or suffering increasing hardship in their daily lives.

Save the Children is deeply concerned at the prospect of further violence and we fear that even more children could be injured or lose their lives.

Children and families are telling our staff that they are losing hope of conditions ever improving in Gaza. We’re calling for an urgent lifting of the Israeli blockade that has crippled the economy and for increased donor engagement to alleviate the urgent daily needs of almost two million people in Gaza.”

 

***Notes to editors***

Protests in Gaza are scheduled to culminate on 15 May when a general strike has been called in the Strip to mark Israeli Independence Day also known as the Nakba or “catastrophe” by Palestinians who found themselves displaced by the ensuing conflict.

Some 1.3 million of Gaza’s 1.9 million inhabitants are refugees or are descendant from those who were displaced by the fighting that broke out 70 years ago.

Save the Children is one of the largest non-governmental organisations working in Gaza, addressing the immediate humanitarian and long-term development needs of children and adults. We have over 30 years of experience on the ground and currently implement programs in the areas of education, child protection, livelihoods and economic opportunities, and psychosocial health. We also provide some water and sanitation services and work through partners to provide a range of other services.

BRoll, Case Studies and Photos are available https://storycentral.savethechildren.org.uk/pages/search.php?search=%21collection55502&k=974ea34c29

 

 

 

 

Au septième vendredi…

 

 

Hommes, femmes, jeunes et vieux…

tout le monde est appelé à participer à la « Marche pour le Retour » du 14 mai 2018. Ensemble, nous avancerons en direction de nos terres, nos villages et nos foyers.
Nous briserons toutes les barrières accumulées depuis des décennies pour nous dissuader d’avancer.
Toutes les barrières tomberont, surtout celles dans nos têtes.


Plus rien n’empêchera nos cœurs de battre.
Le sol tremblera sous nos pieds et nos pas se succéderont par centaines de milliers, par millions… toujours dans la même direction.
Nos yeux, fixés à l’horizon, porteront loin nos regards. Nos têtes, hautes jusqu’aux cieux, surplomberont tous les murs, ceux d’ici et d’ailleurs.


Et quand nous arriverons, nous allumerons un feu de joie.

Al Faraby,
Samedi, 12 mai 2018

 

https://assawra.blogspot.fr/2018/05/au-septieme-vendredi.html