Été chaud, sujet brûlant… Y’a l’feu, M. Collomb !! DASH OU CANADAIR, c’est pas la même chose !

 

Été chaud, sujet brûlant…

 

 

 

 

Des économies de bouts de chandelles

qui mettent le feu aux poudres… !

SOUTENUE PAR SOLYDAIRINFO,

CETTE PÉTITION Change.org :

Pour une commande de Canadair

et des négociations rapides avec l’entreprise Viking Air.

 

On accuse les loups, les cigarettes, un complot, la bêtise, la malveillance…

Peu importe pour l’instant car La France brule !

Des milliers d’hectares ravagés. Des blessés. Des milliers de pompiers mobilisés. Et 19 vieux avions bombardiers d’eau luttant dans des conditions extrèmes pour éteindre les flammes.

(…) « La flotte française de Canadair arrive bientôt en fin de vie », écrit M. Muselier dans un courrier daté de mardi, adressé au président de la République.

La Sécurité civile dispose de 23 appareils dont 12 Canadair dont le plus ancien a 20 ans et de 9 Trackers de 58 ans !

Et les 88 pilotes de la sécurité civile et les avions font face à un scénario exceptionnel de prise de plusieurs feux quasi en même temps dans plusieurs départements différents. Les Canadair sont presque tous indisponibles : les 12 appareils font l’objet d’une inspection après la rupture du train d’atterrissage d’un appareil le 1er août. Aujourd’hui 6 appareils ont été remis en service. Quatre autres devraient les rejoindre d’ici à ce week-end. Sur les deux restants, un est endommagé le 1er août dernier et le second est en maintenance.

 

Y’a l’feu, M. Collomb !! DASH OU CANADAIR,

c’est pas la même chose !

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/07/27/ya-lfeu-m-collomb-dash-ou-canadair-cest-pas-la-meme-chose/

Note de Solydairinfo :

En France, l’industrie aéronautique est tout à fait capable de produire un tel engin, d’utilité publique… mais seulement dans un autre modèle de développement économique et social… De plus, cela peut être un objectif de coopération avec d’autres nations dans le même besoin…

Dans le Manifeste :

POUR DÉBATTRE D’UNE ALTERNATIVE POLITIQUE

ET ÉCONOMIQUE A LA CRISE!

8 points du débat de fond

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/tract-octobre-et-8-points-pdf.pdf

 

1917-2017 : Octobre arrive !! Que faire du centenaire ? Un premier élément de réponse…

 

1917-2017 : Octobre arrive !!

Que faire du centenaire ?

Un premier élément de réponse…

Quelle fut la véritable portée historique d’Octobre, de la Révolution Bolchévique, sinon la naissance de l’URSS, cinq ans plus tard, en fait, mais devenant rapidement le pivot historique, la pierre d’angle du XXème siècle… ?

C’était déjà le constat d’une première approche de la question :

Que faire d’Octobre ? La question du centenaire de la Révolution Bolchévique

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/24/que-faire-doctobre-la-question-du-centenaire-de-la-revolution-bolchevique/

Célébrer Octobre, c’est donc célébrer 70 ans d’URSS…

70 ans qui ont profondément marqué le monde, celui du XXème siècle,et le nôtre aussi, en réalité…

Dans ses écoles, dans ses livres d’histoire, l’Occident ne raconte guère les 70 ans de cette pierre angulaire que comme une sorte de bloc monolithique, et quasiment sous la forme exclusive d’une légende noire, à laquelle l’Occident « libérateur » aurait mis fin, sauvant la veuve et l’orphelin du maléfice bolchévique-stalinien!

100 ans après, qu’y aurait-il donc à commémorer, célébrer, fêter ? La naissance de la première et de la plus grande nation socialiste peut-elle être saluée et honorée par ceux qu’elle a eu mission de libérer, les travailleurs ?

Vu de France, vu d’Occident, la question paraît devoir entraîner une réponse négative, selon l’historiographie officielle, les médias officiels, les syndicats et partis politiques officiels, etc…

Néanmoins, dans la France de M. Macron, qui profite encore de l’été pour réduire pratiquement à néant le droit social, le travailleur syndicaliste, militant politique, ou tout simplement un tant soit peu conscient de ce qui l’attend à la rentrée peut s’interroger…

Quelle image les russes ont-ils eux-même gardé de leur passé socialiste ? Octobre arrive…!! Ce centenaire a-t-il un sens pour nos luttes politiques et sociales ?

Le débat a surgi, vif et acerbe, entre quelques militants marxistes-léninistes… Faut-il opposer à la « légende noire » une « légende rouge », en réalité « repeinte en rose », pour en gommer les aspérités dérangeantes, ou bien suffit-il simplement, pour ouvrir le débat de fond, de parler de la réalité des faits et de la perception que le peuple russe en a lui-même ?

C’est cette dernière option, la réalité historique sans fard, avec sa grandeur et ses faiblesses, qu’ont choisi une poignée de militants marxistes-léninistes, désormais regroupés dans le Collectif Marxiste-Léniniste OCTOBRE !

Voici leur première publication, leur manifeste, en quelque sorte, qui est, pour l’essentiel, un appel au débat sur ces questions de fond :

__Quelles leçons tirer de l’histoire d’Octobre et de l’histoire de l’URSS ?

__Quelles perspectives d’alternative politique et sociale ouvrir dans la France du XXIème siècle ?

Leur but est que ce message circule et soit diffusé, le plus directement possible, dans les quartiers ouvriers et populaires, là où sont les véritables héritiers d’Octobre, ceux qui ont quelques enseignements réellement utiles à tirer de l’histoire.

C’est pourquoi il a été pensé sous la forme d’un tract recto-verso, avec, d’un côté, une approche résumée de la portée historique d’Octobre, et de l’autre, les points fondamentaux à débattre pour une alternative aujourd’hui !

Le tract en version PDF:

Tract CELEBRONS OCTOBRE!

 

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1917-2017

Les travailleurs doivent-ils fêter

le centenaire de la Révolution d’Octobre  ?

Même si l’URSS n’a été officiellement créée qu’en 1922, la Révolution d’Octobre en est incontestablement l’acte fondateur. Lors de sa dissolution, en 1991, elle était encore potentiellement la seconde puissance mondiale.

Son effondrement devait être la «  fin de l’histoire  », la «  libération  des peuples de l’Est  », le «  développement économique par le capitalisme  », etc…

Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après cette «  libération  », plus de 55% des Russes, même selon les instituts de sondage US, s’affirment nostalgiques de l’URSS, et LÉNINE et STALINE y sont considérés parmi les chefs d’Etat russes les plus populaires.

Pourtant, le retour au pouvoir d’un parti communiste, même s’il en reste d’influents, n’y semble pas imminent…

Gorbatchev, liquidateur de l’URSS en 1991, avait déjà depuis des années livré officiellement l’économie de son pays aux bandes maffieuses constituées par les gangs tout droit sortis des anciens goulags. C’était ce qu’il prétendait être la «  perestroïka  »(reconstruction)  !! Parachevant cette ruine économique tragique et entraînant un appauvrissement généralisé de la population, sous l’ère Eltsine, ces gangs de futurs «  oligarques  » se sont affrontés de manière sanglante pendant des années, jusqu’à ce que le clan Poutine, issu du KGB, prenne le dessus et impose son ordre, toujours en place, depuis 1999. Aujourd’hui, la Russie reste un état capitaliste «  émergent  », capable de défendre militairement son indépendance, mais d’une puissance financière à peu près équivalente à celle de l’Espagne, infiniment plus petite…

Aujourd’hui la Russie Soviétique qui suscite la nostalgie n’est donc pas celle, dégénérée, de Gorbatchev, déjà ravagée depuis longtemps par le capitalisme, mais bien celle qui est sortie de terre à l’issue de la Grande Révolution d’Octobre, il y a cent ans.

Celle qui a émergé du néant, saignée à blanc par la 1ère guerre mondiale, puis par la guerre «  civile  », guerre soutenue en fait par toutes les puissances impérialistes occidentales, dont la France.

Celle qui dès 1917, organisait le pouvoir réel des ouvriers et paysans sur la société, alors que chez nous « démocratie » rime encore avec ploutocratie, oligarchie et surtout duperie! Celle qui, en 20 ans, est devenue, à partir d’un pays totalement ruiné, une puissance économique industrielle capable de résister à l’Allemagne Nazie, puissance dominante en Europe, et de la vaincre!

Une nouvelle fois ruinée par cet effort immense, l’URSS se releva à nouveau en quelques années, sans déchoir de son rang de deuxième puissance mondiale.

Avec la prétendue « libéralisation économique », véritable rétablissement du capitalisme, entrepris par Khrouchtchev, s’ouvrira une ère de stagnation économique et de recul social, parachevée sous l’ère Gorbatchev.

Néanmoins, de nombreux acquis sociaux de la première période y ont perduré suffisamment pour que l’on puisse comprendre à la fois la nostalgie actuelle et la méfiance à l’égard des divers «  communistes  », héritiers de l’ère Gorbatchev, même s’ils font mine de s’en défendre et n’hésitent pas à se référer formellement à Lénine et Staline pour tenter de capter une part de leur prestige historique.

Les véritables communistes sont parfaitement conscients des légendes noires, mensonges et calomnies déversées par la bourgeoisie pendant des dizaines d’années sur leur propre histoire. Ils ne se contentent pas de proclamations nostalgiques mais tirent les leçons utiles de l’histoire de l’édification de l’Union Soviétique, qui a rayonné un temps sur le tiers de la planète.

Leur but n’est pas de la reconstituer en l’état, mais de construire un nouveau projet d’alternative prolétarienne, à la fois digne du Grand Octobre et capable de répondre, en 2017, au chaos de la crise du capitalisme ainsi qu’à sa mascarade de démocratie !

« NOUS NE SOMMES RIEN ? SOYONS TOUT ! » – Eugène POTTIER – « L’Internationale »

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POUR DÉBATTRE D’UNE ALTERNATIVE POLITIQUE

ET ÉCONOMIQUE A LA CRISE!

Toutes les richesses créées, en biens et services socialement utiles, sont le fruit du travail, devenu précaire et de plus en plus mal payé, des forces vives productives qui sont la force essentielle de la société.

Leur fonction naturelle est de répondre aux besoins sociaux des travailleurs et de leurs familles.

Avec la crise, le fait qu’elles soient détournées au profit de l’accumulation du capital apparait de plus en plus flagrant.

Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits, alors que prolifèrent les services et productions superfétatoires et de luxe, gaspillant les ressources de la planète.

Rendre aux forces productives vives leur fonction sociale première, c’est l’exigence de l’heure!

Dans ce but, il est nécessaire de rendre à chacun le pouvoir de s’y impliquer, en y participant par son travail, afin de recevoir en échange la juste part qui lui en revient, pour soi-même et sa famille.

8 points du débat de fond :

___1_Refonte complète des institutions politiques et de l’état, en donnant tout le pouvoir aux travailleurs, qui doivent être représentés par eux-mêmes et avoir le droit de révoquer leurs élus. Donner à la démocratie prolétarienne la direction de l’économie.
Électivité et révocabilité du personnel de l’appareil d’état (police, armée, justice, responsables administratifs).
Élus politiques, cadres et officiers, dont le salaire est ramené au salaire des ouvriers et ouvriers qualifiés, selon grade et responsabilités.

__2_Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital. Cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.

L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels.

__3_Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__4_Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__5_Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__6_Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__7_Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__8_Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

                                 Tribune Marxiste-Léniniste

 

                                                   Célébrons

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               OCTOBRE !

                                            https://tribunemlreypa.wordpress.com/

 

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A voir sur SOLYDAIRINFO, le point de la situation au Donbass

 

Leçon du Donbass :

Effacez l’histoire d’un peuple,

et vous pourrez alors le contrôler

et l’amener à sa perte

A voir sur SOLYDAIRINFO, le point de la situation au Donbass:

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/07/18/lecon-du-donbass-effacez-lhistoire-dun-peuple-et-vous-pourrez-alors-le-controler-et-lamener-a-sa-perte/

 

https://dnipress.com/site/assets/files/6691/cm-qgpze3uk.jpg

 

De Juillet à Octobre… Ou comment la petite bourgeoisie voit les Révolutions!

 

De Juillet

à Octobre…

Ou comment

la petite bourgeoisie

voit les Révolutions!

 

Le chroniqueur québecois Robert Bibeau, qui se prétendait très abusivement « marxiste-léniniste », il y a quelques années, et se pose désormais en fer de lance « gauchiste » du combat contre cette idéologie, à laquelle, de toutes façons, il n’avait rien compris, fait maintenant la promotion d’un article vantant les « mérites » de l’ouvrage anticommuniste de Chantal de Crisenoy, « Lénine face aux moujiks », visant à démontrer que Lénine était un ennemi acharné de la paysannerie russe…

A noter qu’il fait cette démarche à partir d’un article tout à fait dithyrambique sur le sujet, paru sur « Reporterre », média de la bobocratie écolo qui veut se donner bonne conscience en prétendant combattre le « capitalisme financier » pour espérer sauver ce qui reste de l’autre, à savoir, le sien… Antienne rebattue, tant à l’ « extrême-gauche » qu’à l’extrême-droite, des classes moyennes précarisées par la crise du système…

Convergence fortuite ?

C’est la question que l’on se pose légitimement, tant les logiques intrinsèques des trois propos, à savoir celle du commentaire de Bibeau, celle de l’article de « Reporterre », et celle du livre lui-même sont fusionnelles et paraissent n’en faire qu’une, quant au fond : celle de l’anticommunisme sous forme spécifique d’anti-léninisme.

Il se trouve que le camarade WH, animateur du blog « Les prolétaires de fer », a publié récemment, sur le site de l’association « Les vais amis de l’URSS », une réponse fort bien argumentée…

Il nous semble donc juste de la republier sur TML, avec, cependant, quelques précisions historiques qui manquent encore dans cette excellente étude, déjà pratiquement exhaustive pour l’essentiel, à savoir l’analyse politique de cette démarche anticommuniste. (*)

La première précision, sur le plan historique, concerne l’évolution du statut de la propriété de la terre, de la Russie tsariste à l’URSS.

La propriété des mir de l’ancienne Russie, qui concernait la petite paysannerie de l’époque, était déjà une propriété commune, où les parcelles de terres étaient attribuées en fonction des besoins.

Ce mode de répartition, en voie d’être détruit par la « réforme » capitaliste de Stolypine, fondait néanmoins les rapports sociaux entre les paysans, alors que la bourgeoisie encourageait la propriété privée des koulaks, s’appropriant une grande partie des terres abandonnées par la noblesse.

Les koulaks formaient potentiellement une nouvelle aristocratie rurale, et non pas une « petite paysannerie propriétaire », comme il est dit systématiquement dans les articles « historiques » des ouvrages bourgeois… !

Le slogan « La terre à ceux qui la travaillent ! » ne peut pas se comprendre en dehors de sa mise en pratique dans ce cadre.

Il a été formalisé juridiquement par le « Décret sur la terre » du 8 Novembre 1917, qui était bel et bien un décret de nationalisation de toutes les terres, (hors les jardinets particuliers), et un système de répartition locale assez proche des mir, en réalité. Il ne reconnaissait donc pas de « petits paysans propriétaires », en aucune manière, et encore moins de « gros », comme les koulaks.

Logiquement, ceux-ci auraient du être réduits aux parcelles correspondant à leurs besoins familiaux, mais bien évidemment, ils interprétaient cette loi comme une consécration des droits abusivement acquis sous et depuis Stolypine…

Le conflit de classe était donc inévitable, et eut lieu, en fait, tout au long de la période menant à la « dékoulakisation », rendue incontournable, et même nécessaire pour sauver, en réalité, l’URSS d’une famine encore pire que celle déjà engendrée par leur rétention spéculative, puis par leur destruction des produits agricoles.

Cette réalité, à la fois économique et historique, est aujourd’hui établie par les économistes russes eux-même, non suspects de « communisme », et dont Nikolaï Starikov est un exemple significatif :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/15/encore-une-legende-noire-demythifiee-lholodomor/

Mais il est clair que Bibeau et ses semblables n’ont que faire, ni de la vérité historique, ni de l’évidence économique.

Luniterre

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(*Dans un courrier récent, le camarade WH a convenu que cette précision était nécessaire. Il n’y a donc évidemment pas de contradiction politique, quant au fond, sur ce sujet, entre son approche et la mienne.)

 

L’article de « Reporterre » :

https://reporterre.net/Le-mepris-meurtrier-de-Lenine-pour-la-paysannerie

Le commentaire de Bibeau :

http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/le-mepris-meurtrier-de-lenine-pour-la-paysannerie/

 

 

La réponse (ci-dessous) du camarade WH :

https://www.eklablog.com/profile/28441046

– Lénine, génie meurtrier ?

 

Alors que l’on célèbre le centenaire de la révolution d’octobre 1917, les calomnies contre l’histoire du marxisme s’amoncèlent : Lénine était-il un meurtrier de masse ?

C’est en tout cas la thèse très «originale» proposée par cet article paru au Québec : http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/le-mepris-meurtrier-de-lenine-pour-la-paysannerie/

[ET EN PARTICULIER CE LIVRE PARU EN MAI 2017 : Lénine face aux moujiks, de Chantal de Crisenoy, éditions La Lenteur, mai 2017. NDLR]

Nous verrons vite à quel point cette originalité consiste à pisser dans le sens du vent du discours mensonger bourgeois (et souvent trotskyste) sur l’histoire des bolchéviques et de l’URSS.

Ce qui est certain, c’est qu’il y a une continuité entre Lénine et Staline. Mais la question est aussi de savoir si cette continuité constitue une continuité d’une lignée de meurtriers sanguinaires, ou d’une continuité vis à vis de la doctrine de Karl Marx.

Cela serait en effet plus embarrassant, puisqu’on nous avait expliqué que l’expérience soviétique était une vulgaire «trahison» du marxisme.

Qui n’a pas entendu des dizaines de fois ces thèses maintenant bien connues ?

Nous allons donc pour une fois faire parler directement le barbu et le «meurtrier» au lieu de laisser à la parole à des déformateurs professionnels.

Et si on écoutait ce qu’ils ont dit réellement ?

 

« La doctrine de Marx, notait Lénine, suscite dans l’ensemble du monde civilisé, la plus grande hostilité et la haine de toute la science bourgeoise (officielle comme libérale), qui voit dans le marxisme quelque chose comme une « secte malfaisante ». On ne peut pas s’attendre à une autre attitude, car dans une société fondée sur la lutte des classes, il ne saurait y avoir de science sociale « impartiale ». Toute la science officielle et libérale défend, d’une façon ou de l’autre, l’esclavage salarié, cependant que le marxisme a déclaré une guerre implacable à cet esclavage. »

Dès le début de l’article, les mensonges commencent :

1) Lénine se méfiait avec raison des moujiks, de la paysannerie russe, qui est une classe inféodée – exploitée sous le mode de production féodal – précapitaliste.

On voit déjà la première déformation évidente de la théorie de Lénine sur la paysannerie, puisque les bolcheviques ne voyaient pas la paysannerie comme un bloc monolithique. Il existait en Russie la paysannerie pauvre, issue de l’ancien système féodal, et la paysannerie propriétaire, issue de la réforme du libéral Stolypine. A la fin du 19ème, les réformes du régime tsariste visaient à engager le développement du capitalisme dans l’agriculture, grâce à une nouvelle classe de petits propriétaires terriens, les fameux «koulaks». C’est précisément ce qui eut lieu, de sorte qu’il est impossible de considérer la paysannerie de l’époque comme une classe sociale unique à l’intérêt unique.

 

2) Lénine savait que la paysannerie ne pouvait être le pivot – la force motrice d’une révolution PROLÉTARIENNE, anticapitaliste et antibourgeoise, antipropriété privée des moyens de production.

C’est incomplet. La révolution prolétarienne devait être menée par l’alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie pauvre.

« Je formule clair et net le programme agraire en tenant compte d’un fait nouveau : la scission plus profonde des ouvriers agricoles et des paysans pauvres avec les paysans aisés. » (Lénine, Lettres sur la tactique, écrites en avril, t. XX p. 103.)

« Ce qu’il y a d’original dans l’actualité russe, c’est la transition de la première étape de la révolution, qui a donné le pouvoir à la bourgeoisie par suite du degré insuffisant de conscience et d’organisation du prolétariat, — à sa deuxième étape qui doit donner le pouvoir au prolétariat et aux couches pauvres de la paysannerie. » (Lénine, Thèses d’Avril, t. XX, p. 88, éd. russe.)

« Seuls les ouvriers révolutionnaires, s’il sont soutenus par les paysans pauvres sont en mesure de briser la résistance des capitalistes, de conduire le peuple à la conquête de la terre sans rachat, à la liberté complète, à la victoire sur la famine, à la victoire sur la guerre, à une paix juste et durable. » (Lénine, Les enseignements de la révolution, t. XX I, p. 77, éd. Russe.)

 

Lénine avait en effet retenu les leçons de la Commune de Paris, expérience révolutionnaire dans laquelle les paysans (propriétaires massivement de leur terre depuis 1792 et classe encore majoritaire) avaient soutenu la réaction contre les communards. En Russie il existait encore de larges couches de paysannerie pauvre, qui étaient donc appelées à jouer un rôle important dans la victoire des bolcheviques.

 

3) La paysannerie rêve de devenir propriétaire de ses moyens de production (terre-eau-semence-instruments agricole et bétails). Par essence la paysannerie tend vers la propriété privée – individuelle, vers le mode de production capitaliste-bourgeois, qui en retour, nous en convenons, le dépouillera de ses propriétés, de ses moyens de production et fera du paysan un prolétaire urbain misérable et aliéné.

4) Lénine avait compris tout cela et ce fut son grand mérite.

Non cela n’a rien à voir avec les conceptions de Lénine sur la question agraire. Lénine distinguait bien les paysans pauvres, dont l’intérêt ne divergeait pas de celui de la classe ouvrière, et les paysans moyens, qui eux cherchaient effectivement à s’accaparer des terres.

Notre ami invente donc ici une «divergence» entre l’intérêt de classe de la paysannerie pauvre (sous prétexte de l’inclure dans la paysannerie en général), et l’intérêt de classe de la classe ouvrière.

Si donc il y avait une telle divergence d’intérêt, pourquoi avoir choisi la faucille et le marteau comme symbole pour les communistes ? La faucille et le marteau ne devraient-ils pas se battre l’un contre l’autre selon notre ami ?

5) Mais Lénine fut pris au piège de son génie tactique, car ne disposant pas – ne dirigeant pas – d’une multitude de prolétaires russes pour mener une révolution PROLÉTARIENNE ANTICAPITALISTE et ANTIBOURGEOISE (classe embryonnaire en Russie tsariste féodale et capitaliste marchande à peine industrialisée) il poursuivit la chimère d’une révolution prolétarienne sans prolétariat.

Pauvre Lénine, si génial et fourbe à la fois ! Là encore, on voit les vieux préjugés opportunistes mencheviques de la IIème internationale…

 

« La préparation du prolétariat à ses taches révolutionnaires, en particulier dans les conditions de l’impérialisme, suppose une remise en question des dogmes opportunistes, tels ceux qui dominaient dans la IIe Internationale.

 

« Premier dogme : sur les conditions de la prise du pouvoir par le prolétariat. Les opportunistes assurent que le prolétariat ne peut ni ne doit prendre le pouvoir, s’il ne constitue pas lui-même la majorité dans le pays. De preuves, aucune ; car on ne saurait justifier ni théoriquement, ni pratiquement cette thèse absurde. Admettons, répond Lénine à ces messieurs de la IIe Internationale. Mais advienne une situation historique (guerre, crise agraire, etc.) dans laquelle le prolétariat, qui forme la minorité de la population, aurait la possibilité de grouper autour de lui l’immense majorité des masses laborieuses, pourquoi ne prendrait- il pas le pouvoir ? Pourquoi le prolétariat ne profiterait-il pas de la situation internationale et intérieure favorable, pour percer le front du Capital et hâter le dénouement général ? » » (Staline, Des principes du léninisme)

 

Les bolcheviques considéraient en effet que la seule classe capable de diriger la révolution socialiste devait être le prolétariat. Si les bolcheviques s’intéressaient d’abord à la classe ouvrière des villes, c’est précisément parce que les marxistes considèrent que le rôle directeur de la révolution ne peut pas être attribué arbitrairement à n’importe quelle classe.

Il faut d’abord bien sur que la classe en question ait intérêt au renversement du capitalisme. En cela, aussi bien la classe ouvrière des villes que les paysans pauvres y avaient intérêt. Mais cela ne suffit pas pour déterminer qui doit diriger l’action révolutionnaire.

 

« Il ne s’agit pas de savoir quelle classe aujourd’hui forme la majorité, ou quelle classe est la plus pauvre, mais bien quelle classe se fortifie et quelle classe se désagrège.

 

Et comme le prolétariat est la seule classe qui grandisse et se renforce sans cesse, qui fasse progresser la vie sociale et rallie autour de soi tous les éléments révolutionnaires, nous avons le devoir de reconnaître en lui la force principale du mouvement actuel. » (Staline, Anarchisme ou socialisme)

 

En Russie, la classe ouvrière des villes représentait donc encore une minorité, mais elle se développait sans cesse. Il existait des millions d’ouvriers dans les principales villes en Russie, ce nombre n’a eu de cesse de croître pendant toute la période de développement du capitalisme partout en Russie. Il fallait donc reconnaître que c’était à la classe ouvrière qu’appartenait le rôle principal dans la révolution socialiste. Premier point.

En Russie, la paysannerie se divisait d’une part en paysannerie pauvre, dont les intérêts étaient les mêmes que ceux de la classe ouvrière des villes (renversement de l’aristocratie et de la bourgeoisie), et d’autre part en paysannerie de petits propriétaires. Il fallait donc allier la classe ouvrière avec la paysannerie pauvre, d’une part, et obtenir la neutralité des paysans moyens d’autre part (d’où le mot d’ordre sur la terre).

 

« Pourquoi avons-nous réussi à renverser le pouvoir de la bourgeoisie et à instaurer le pouvoir du prolétariat ? Parce que nous avons préparé Octobre sous le mot d’ordre de dictature du prolétariat et de la paysannerie pauvre; parce que, nous basant sur ce mot d’ordre, nous avons mené une lutte systématique contre la politique de conciliation des partis petits-bourgeois; parce que, nous basant sur ce mot d’ordre, nous avons mené une lutte systématique contre les hésitations de la paysannerie moyenne dans les Soviets ; parce que ce n’est qu’avec ce mot d’ordre que nous pouvions vaincre les hésitations du paysan moyen, briser la politique de conciliation des partis petits-bourgeois et rassembler une armée politique capable d’engager la lutte pour le passage du pouvoir aux mains du prolétariat. Il est à peine besoin de démontrer que sans ces conditions préalables, qui décidèrent du sort de la Révolution d’Octobre, nous n’aurions pu obtenir l’appui de la paysannerie dans son ensemble, ni pendant Octobre ni après Octobre. » (Staline, Les questions du léninisme)

 

6) Lénine imagina donc un parti politique “révolutionnaire » regroupant le peu de réels prolétaires que comptait alors la Russie. Ce parti organisé comme une armée secrète – sous discipline militaire chargée d’encadrer les forces de classe disponibles en Russie a cette époque, soient des millions de paysans-moujiks, en lutte à la fois contre l’aristocratie féodale, contre la bourgeoisie encore mal assurée et contre les contingents de moujiks – paysans récalcitrants et ayant une sainte frayeur de ces bolchéviques qui menacaient de NATIONALISER – d’étatiser la terre – les moyens de production agraires – le sang et l’âme de la paysannerie…

Le sang et l’âme ! Nous y sommes… Eh bien, quelle faible connaissance historique. Le parti bolchevique n’avait pas pour charge d’encadrer la paysannerie. A l’époque, les paysans de tous types étaient davantage encadrés par le parti socialiste-révolutionnaire, parti de la bourgeoisie des campagnes qui tentait alors d’embrigader la paysannerie pauvre dans une lutte purement paysanne. C’est ce parti qui exerçait alors la plus grande influence sur les campagnes… jusqu’à leur soutien et leur participation au gouvernement provisoire après la révolution de février. Ce gouvernement continuant la guerre, c’est à ce moment que les bolcheviques purent gagner en popularité auprès des paysans pauvres. Et ils ne s’y trompèrent pas puisque durant la guerre civile qui opposa l’armée rouge à la coalition blanche et impérialiste, de quel côté se trouvèrent ces partis représentant les «paysans récalcitrants» (à «tout état» hein paraît-il), et bien du côté des armées blanches !

« À titre d’exemple, que peut-il y avoir de plus incontestable et de plus clair que la vérité suivante : le gouvernement qui donnerait au peuple exténué par trois ans d’une guerre de brigandage le pouvoir des Soviets, la terre, le contrôle ouvrier et la paix serait invincible ? La paix, c’est le principal. Si, après maints efforts déployés en toute conscience pour obtenir une paix générale et juste, il apparaissait en fait que cette paix ne peut pas être obtenue en ce moment, n’importe quel moujik comprendrait qu’il faut bien accepter une paix non point générale, mais séparée et injuste. Le moujik, fût-il le plus fruste et le plus illettré, le comprendrait et tiendrait en estime le gouvernement qui lui procurerait même une telle paix. » (Lénine, De la gale, 1918)

On parle ensuite de la «nationalisation» des terres, là encore il n’en fut rien. Il n’en était évidemment rien sous la NEP, ni après. Les terres furent en partie nationalisées sous la forme de fermes d’état (sovkhoze), et en grande partie remises aux paysans pauvres sous la forme de fermes collectives (kolkhoz). Staline envisageait une nationalisation progressive des kolkhozes grâce au renforcement du lien avec l’industrie (stations de machines et tracteurs qui fournissaient gratuitement le matériel d’exploitation aux kolkhoz et y introduisaient les techniques agricoles modernes).

7) Ne jamais oublier que pour le paysan russe le mot « État » signifiait le Tsar de toutes les Russies, l’aristocratie et les princes propriétaires fonciers honnis.

8) Ainsi, Lénine – génial – a fait un compromis et promis LA TERRE À CEUX QUI LA TRAVAILLENT. La parcellisation des terres entraina les famines et obligea l’ÉTAT soviétique capitaliste à renier sa promesse et à collectiviser les moyens de production agraire afin de nourrir les populations que Staline et les bolchéviques du Parti militaire dirigeaient vers les villes afin de les prolétariser et de construire l’industrie lourde et légère. On ne saute pas par-dessus un mode de production. L’évolution requérait que la Russie – URSS – passe par le mode de production capitaliste avant d’espérer accéder au mode de production prolétarienne communiste.

Ce qui entraîna les famines, ce sont avant tout les koulaks qui refusaient la collectivisation des terres, attaquaient les kolkhoz, tuaient les paysans pauvres, etc. Mais cela, notre ami n’en a pas eu vent, et répète ainsi de façon très originale la propagande bourgeoise sur la famine.

Ensuite, il est intéressant d’étudier le point de vue de Karl Marx sur la Russie.

« Je parle d’un ‘grand savant et critique russe’ avec la haute considération qu’il mérite. Celui-ci (Tchernitchevsky) a traité, dans des articles remarquables, la question si la Russie doit commencer par détruire, comme le veulent les économistes libéraux, la commune rurale pour passer au régime capitaliste, ou si, au contraire, elle peut, sans éprouver les tortures de ce régime, s’en approprier tous les fruits en développant ses propres données historiques. Il se prononce dans le sens de la dernière solution… Je partageais ses vues sur cette question… Pour pouvoir juger en connaissance de cause du développement économique de la Russie contemporaine, j’ai appris le russe et puis étudié, pendant de longues années, les publications officielles et autres ayant rapport à ce sujet. Je suis arrivé à ce résultat: si la Russie continue à marcher dans le sentier suivi depuis 1861, elle perdra la plus belle chance que l’histoire ait jamais offerte à un peuple pour subir toutes les péripéties fatales du régime capitaliste… Si la Russie tend à devenir une nation capitaliste à l’instar des nations de l’Europe occidentale, et pendant les dernières années elle s’est donné beaucoup de mal en ce sens, elle n’y réussira pas sans avoir préalablement transformé une bonne partie de ses paysans en prolétaires et après cela, amenée une fois au giron du régime capitaliste, elle en subira les lois impitoyables comme d’autres peuples profanes. » (Karl Marx, 1877)

On voit donc qu’à l’inverse de notre ami opportuniste, à l’inverse des mencheviques, Marx (tout comme le «meurtrier» Lénine donc !), considérait que les conditions économiques du passage au socialisme étaient réunies en Russie !

« La Russie est à l’avant-garde du mouvement révolutionnaire de l’Europe.

Le Manifeste communiste avait pour tâche de proclamer la disparition inévitable et prochaine de la propriété bourgeoise. Mais en Russie, à côté de la spéculation capitaliste qui se développe fiévreusement et de la propriété foncière bourgeoise en voie de formation, plus de la moitié du sol est la propriété commune des paysans. Il s’agit, dès lors, de savoir si la communauté paysanne russe, cette forme déjà décomposée de l’antique propriété commune du sol, passera directement à la forme communiste supérieure de la propriété foncière, ou bien si elle doit suivre d’abord le même processus de dissolution qu’elle a subi au cours du développement historique de l’Occident.

La seule réponse qu’on puisse faire aujourd’hui à cette question est la suivante : si la révolution russe donne le signal d’une révolution prolétarienne en Occident, et que toutes deux se complètent, la propriété commune actuelle de la Russie pourra servir de point de départ à une évolution communiste. » (Karl Marx, 1882)

Marx conditionnait certes ce passage à la victoire du socialisme en Europe de l’ouest. On conçoit en effet vite les difficultés d’un tel passage dans un pays retardataire isolé et encerclé par les capitalistes. Cela semblait impossible à l’époque de Marx car il n’existait aucune véritable base industrielle en Russie. Il n’en était rien en 1917, époque à laquelle il devenait donc possible de «sauter un mode de production» dans les campagnes, de passer directement de la communauté paysanne (mir) au kolkhoz, puis enfin au sovkhoze.

Notre ami ignore donc complètement le point de vue de Marx, de Lénine, etc. avant de formuler son propos et ses vieux arguments déjà maintes fois resservis par les mencheviques et plus tard les trotskystes.

Là encore, nous avons non seulement les textes, mais aussi la pratique. Lorsque Khrouchtchev prit le pouvoir en URSS et mis fin au socialisme, sa réforme de 1957 démantela le système des S.M.T. (stations de machines et tracteurs), privatisa l’agriculture (soit le vœux pieux de nos amis opportunistes), ce qui conduisit à un désastre économique tel que l’URSS était obligée d’importer du blé des États-Unis pour ne pas que les ventres soient vides ! Oui, un beau succès en comparaison des affreux affameurs du peuple et propagateurs de famines qu’auraient été soit-disant les bolcheviques…

9) Bref, Lénine dirigea une révolution bourgeoise embrigadant et encadrant des millions de paysans – sous la botte de prolétaires (peu nombreux), enrégimentés dans un parti militarisé combattant des paysans récalcitrants – des aristocrates désespérés – des bourgeois émergents qui furent tous vaincus ce qui permit au petit parti bolchévique d’édifier le mode de production capitaliste – rebaptisée « socialiste » sur les épaules de l’immense paysannerie russe prolétarisée (comme dans les autres pays capitalistes).

La bonne vielle thèse du capitalisme d’état soviétique ! Donc, notre ami reproche aux bolcheviques d’avoir voulu «sauter un mode de production», et ensuite, d’avoir été des «capitalistes d’état». Mais il faut choisir, ça ne peut pas être les deux.

Les bolcheviques ont en effet achevé la révolution bourgeoise en éliminant les restes du régime tsariste. Mais dire que la révolution bolchevique se limite à cet aspect, c’est se moquer du monde. La révolution bolchevique était bien une révolution socialiste, puisqu’elle a introduit la démocratie prolétarienne, la propriété sociale des moyens de production, etc. Quel genre de révolution bourgeoise crée des institutions et des rapports de production socialiste ?

Là encore notre ami ne connaît rien. Dès la période de la NEP (qui prit fin en 1929), 76% des moyens de production de l’économie nationale étaient propriété sociale, c’est à dire propriété d’état prolétarien. La période qui suivit, à savoir celle de la planification et de la collectivisation, permit de transformer le reste (essentiellement dans les campagnes) en propriété collective (kolkhoz), qui n’était donc pas encore propriété d’état socialiste. Tandis que par la suite, il fallait nationaliser progressivement les kolkhoz pour que la totalité des moyens de production soit propriété sociale.

Ensuite, dire que la paysannerie a été «prolétarisée» est complètement faux. En fait, notre ami ne comprend même pas la question des classes sociales sous le socialisme. Le socialisme est précisément la période de transition entre la société capitaliste et la phase haute de la société communiste.

« Mais, avant de réaliser un changement socialiste, il faut une dictature du prolétariat, dont une condition première est l’armée prolétarienne. Les classes ouvrières devront conquérir sur le champ de bataille le droit à leur propre émancipation.. » (Karl Marx et Friedrich Engels, La Commune de 1871, 1870-71)

« Entre la société capitaliste et la société communiste, se place la période de transformation révolutionnaire de l’une en l’autre. A cette période correspond également une phase de transition politique où l’État ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat. » (Karl Marx, Critique du programme de Gotha, 1875)

« Le prolétariat est forcé, en tant que prolétariat, de s’abolir lui-même et du coup d’abolir son contraire dont il dépend, qui fait de lui le prolétariat : la propriété privée. » (Karl Marx)

Dans la société socialiste, le prolétariat s’abolit lui-même en tant que classe. En devenant la classe dominante et en transformant l’ancienne propriété privée en propriété publique de tout le peuple, précisément plus aucune classe ne peut être qualifiée de «prolétaire». La classe ouvrière n’est le prolétariat que sous le capitalisme. Lorsqu’elle devient propriétaire des moyens de production, elle n’est donc plus prolétaire (le mot prolétaire dérive du latin, proles, qui signifie bras, la classe qui n’a rien, ou que ses bras pour survivre). Précisément sous le socialisme la classe ouvrière n’est plus une classe qui n’a rien. Le peuple tout entier devient propriétaire des moyens de production, c’est ce qu’on appelle la propriété sociale des moyens de production.

C’est cette propriété sociale, propriété de tout le peuple, qui permet de réaliser la planification démocratique, et le mot d’ordre «de chacun selon ses moyens, à chacun selon son travail». Dans la société socialiste telle qu’elle existait sous Staline, il n’y avait donc plus de capitalisme, plus de classe exploiteuse, plus de profit et plus de prolétariat.

« Staline argumentait que, avec la croissance rapide de l’industrie soviétique et particulièrement avec la classe ouvrière détenant le pouvoir politique par l’intermédiaire du Parti Bolchevik, le mot « prolétariat » n’était plus exact. « Le prolétariat », déclara Staline, désigne la classe ouvrière sous l’exploitation capitaliste, ou travaillant sous les rapports de production de type capitaliste, tels que ceux qui ont existé pendant la première douzaine d’années d’existence de l’Union soviétique, particulièrement sous la NEP. Mais étant donné que l’exploitation directe des ouvriers par les capitalistes pour le profit était maintenant supprimée, la classe ouvrière ne doit plus être appelée « prolétariat ».

Selon ce point de vue, les exploiteurs n’existant plus, les ouvriers, gouvernant maintenant le pays dans leur propre intérêt par l’intermédiaire du Parti Bolchevik, ne ressemblaient plus « au prolétariat » classique. Donc, « la dictature du prolétariat » n’était plus un concept pertinent. Ces nouvelles conditions appelaient à un nouveau type d’État. » (Zhukov, Inoy 231; 292; Staline, « Projet 800-1 »)

Je ne m’attarderai pas sur les points 10 et 11 qui n’ajoutent rien, si ce n’est de la bêtise, dont j’ai déjà critiqué les arguments plus hauts. Notre ami s’enfonce encore dans les accusations de «militarisme». Là encore il n’a rien inventé, les opportunistes comme Kautsky et la deuxième internationale toute entière lançaient (en cœur avec la bourgeoisie impérialiste), ces accusations contre les bolcheviques

« Sans défendre la république socialiste par les armes, nous ne pouvions pas exister. La classe dominante n’abandonnerait jamais son pouvoir à la classe opprimée. Mais cette dernière devait démontrer dans les faits qu’elle était capable, non seulement de renverser les exploiteurs, mais aussi de s’organiser, de tout mettre en jeu pour se défendre. Nous avons toujours dit: « Il y a guerre et guerre, » Nous avons condamné la guerre impérialiste, nous n’avons pas nié la guerre en général. Ils n’ont rien compris, ceux qui ont essayé de nous accuser de militarisme. Et lorsque, j’ai eu l’occasion de lire le compte rendu de la conférence des jaunes à Berne, où Kautsky a employé cette expression : chez les bolcheviks, ce n’est pas le socialisme, c’est le militarisme, j’ai souri en haussant les épaules. Comme s’il y avait eu dans l’histoire une seule grande révolution que n’ait pas accompagnée la guerre. Bien sûr que non ! Nous ne vivons pas seulement dans un État, mais dans un système d’États, et l’existence de la République soviétique à coté d’États impérialistes est impensable pendant une longue période. En fin de compte, l’un ou l’autre doit l’emporter. Et avant que cette fin arrive, un certain nombre de terribles conflits entre la République soviétique et les États bourgeois est inévitable. Cela signifie que la classe dominante, le prolétariat, si seulement il veut dominer et s’il domine en effet, doit en faire la preuve aussi par son organisation militaire. » (Lénine, 18 mars 1919)

Je laisserai le dernier mot à Lénine, pour qu’il puisse se rendre justice lui-même, oui ces mots n’ont rien perdu de leur justesse aujourd’hui.

« Que dit-on du bolchevisme ? La presse bourgeoise vilipende les bolcheviks. Vous ne trouverez pas un journal qui ne reprenne contre eux l’accusation, devenue courante, de violer la démocratie. Si nos mencheviks et nos socialistes-révolutionnaires, dans leur candeur d’âme (mais peut-être s’agit-il ici de tout autre chose que de candeur, ou bien d’une candeur qu’on dit pire que fourberie ?), pensent avoir découvert et inventé l’accusation, lancée contre les bolcheviks, de violer la liberté et la démocratie, ils s’abusent de la façon la plus comique. Il n’est pas à l’heure actuelle, dans les pays richissimes, un seul des journaux richissimes qui dépensent des dizaines de millions pour les diffuser, sèment le mensonge bourgeois et exaltent la politique impérialiste en dizaines de millions d’exemplaires, – il n’est pas, dis-je, un seul de ces journaux qui ne reprenne contre le bolchevisme ces arguments et ces accusations massues, à savoir que l’Amérique, l’Angleterre et la Suisse sont des États avancés, fondés sur la souveraineté du peuple, alors que la République bolchevique est un État de brigands qui ignore la liberté, que les bolcheviks portent atteinte à l’idée même de la souveraineté populaire et qu’ils ont été jusqu’à dissoudre la Constituante. Ces terribles accusations lancées contre les bolcheviks sont reprises dans le monde entier. » (Lénine, De l’état)

 

W. H.

 

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14 Juillet 2017 : Bienvenue « In the New France », le pays des « gens qui ne sont rien »…

 14 Juillet 2017 : Bienvenue « In the New France », le pays des « gens qui ne sont rien »...

Trump est l’invité « d’honneur » de Macron, au motif prétexté de la célébration du centenaire de l’intervention US en France, dès la première guerre (…)

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14 Juillet 2017 : 

Bienvenue « In the New France »,

le pays des « gens qui ne sont rien »…

Trump est l’invité « d’honneur » de Macron, au motif prétexté de la célébration du centenaire de l’intervention US en France, dès la première guerre mondiale, en 1917.

Une reconnaissance officielle tardive, en fait, pour ce qui est d’admettre que de « victoire française » dans ce conflit, il n’y eut déjà pas, en réalité, tant cette intervention US fut décisive dans le renversement du rapport de forces.

Elle consacrait la réalité de l’arrivée des USA au tout premier plan des puissances mondiales, et comme puissance montante dont on ne connaissait pas encore réellement les limites…

(…)

Ce que le G20 confirme, au delà des rodomontades verbales, c’est que la « regimbade » du pantin Macron, même relayée par son Tartuffe-écolo Hulot, sur la question « climatique », demeurée controversée quant au fond, était une regimbade à bon marché, en réalité, si le prix en était donc de rétablir très officiellement l’image des USA comme « libérateurs » de la planète, et cela dès 1917!

Il est vrai que depuis la seconde moitiée du XXème siècle, elle avait quelque peu souffert… !

Mais l’image de la France que Macron tente de nous imposer est bien aussi une pâle copie de ce modèle sociétal impérialiste…

Son image de la « réussite » n’est que celle empruntée à son « sponsor » Xavier Niel, le Pape des « strat-up », et mise en scène directement en son royaume ubuesque de la « Station F », « The New France », d’où 90% des passagers de ce train infernal seront inexorablement débarqués, selon ses propres statistiques, et donc rejetés dans la masse « des gens qui ne sont rien », selon le mot du Président…

Dans une autre France, donc, un autre pays, celui de ceux qui travaillent vraiment, de ceux qui voudraient encore pouvoir gagner leur vie au travail, des retraités qui voudraient bien vivre tranquillement leurs dernières années sur le fruit de leur travail, des mères de famille qui espèrent un avenir pour leurs enfants, et de tant d’autres, supposés avoir une vie devant eux…

 

C’est d’une autre société, en réalité, dont il s’agit ici, une société qui reste en devenir, et nécessite impérativement une alternative au système actuel !

 

14 Juillet 2017 : Bienvenue « In the New France »,

le pays des « gens qui ne sont rien »…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/08/14-juillet-2017-bienvenue-in-the-new-france-le-pays-des-gens-qui-ne-sont-rien/

 

 

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14 JUILLET – Geste indécent !

 

À l’attention : Emmanuel MACRON

Compte tenu de l’augmentation des violences guerrières sur la planète et des agressions contre les peuples dans lesquelles les deux nations, France et USA, sont impliquées, nous considérons que l’invitation du Président Macron au Président Trump pour le 14 Juillet 2017 est un geste indécent et inapproprié au rétablissement de la paix dans les régions du monde ensanglantées par des conflits.

 

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14 Juillet 2017 : Bienvenue « In the New France », le pays des « gens qui ne sont rien »…

 

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14 Juillet 2017 :

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Bienvenue « In the New France »

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le pays des « gens qui ne sont rien »…

 

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Trump est l’invité « d’honneur » de Macron, au motif prétexté de la célébration du centenaire de l’intervention US en France, dès la première guerre mondiale, en 1917.

Une reconnaissance officielle tardive, en fait, pour ce qui est d’admettre que de « victoire française » dans ce conflit, il n’y eut déjà pas, en réalité, tant cette intervention US fut décisive dans le renversement du rapport de forces.

Elle consacrait la réalité de l’arrivée des USA au tout premier plan des puissances mondiales, et comme puissance montante dont on ne connaissait pas encore réellement les limites…

Néanmoins l’historiographie officielle avait, dès 1918, réussi à gommer cette évidence des esprits et des manuels scolaires, tant était encore présent le mythe de la « grandeur française » soutenu par l’Empire colonial encore très solide en termes d’implantation territoriale.

En pratique, la puissance financière et économique avait déjà pris le pas, dans l’univers moderne encore naissant, sur l’extension territoriale, et les empires britanniques et français étaient déjà entrés dans leur phase déclinante.

Si la deuxième guerre mondiale a confirmé spectaculairement l’effondrement de la puissance française, difficilement limité par l’éphémère « sursaut » gaulliste, plus symbolique que réel, elle aurait pu ménager la susceptibilité de nos voisins britanniques tant la résistance de leurs îles fut opiniâtre, et pour l’essentiel, couronnée de succès.

On sait aujourd’hui, même si cette réalité est également encore le plus souvent occultée, que Churchill ne souhaitait pas, initialement, le débarquement en France, à partir de ses côtes britanniques, mais plutôt le renforcement de la tête de pont alliée en Italie, ce qui était, du reste, la voie du bon sens à tous points de vue, sur le plan géostratégique et sur le plan de l’économie de moyens, et encore plus, de l’économie de vies humaines.

Qui s’en rappelle? Très exactement à la veille du débarquement en Normandie, Rome tombait déjà, et avec beaucoup moins de moyens militaires engagés, et de plus, pour ce qui nous concerne, une participation très active de l’armée française…

Le débarquement en Normandie, pour les USA, représentait donc avant tout et bien davantage un enjeu géopolitique et symbolique vis à vis de ses propres « alliés », plutôt qu’une opération prétendument vitale pour en finir avec la puissance allemande…

C’était une manière d’effacer ce qui restait des prétentions britanniques à avoir contribué en premier lieu à la défaite allemande, et par le sacrifice spectaculairement tragique et en réalité tout à fait inutile de milliers de jeunes soldats sur nos plages, tenter d’effacer la dette de sang immense que l’Europe entière devait à l’Union Soviétique pour avoir terrassé l’essentiel des forces nazies sur les fronts de l’Est.

Le spectacle de la mort concentrée sur les plages de Normandie est d’abord et avant tout une des premières grandes victoires du pouvoir de l’image sur la réalité, et d’autant plus que les acteurs y ont été, néanmoins et pour ce qui les concerne, véritablement sacrifiés comme des pions. C’est une prolongation moderne du pouvoir mythique spectaculaire du sacrifice « religieux », au sens basique du terme, qui « relie » les humains.

Aujourd’hui, si Trump a quelque peu écorné l’image de l' »Amérique » par son comportement fantasque et caricatural, il n’en représente pas moins la puissance encore dominante des USA, difficilement challengée par l’occupation de quelques îlots stratégiques en Mer de Chine…

Au delà des rodomontades verbales, il n’hésite pas à y réaffirmer, par la présence de sa marine militaire, sa capacité à les récupérer le cas échéant, et sans coup férir, très probablement, vu la réaction très passive des chinois…

C’est néanmoins un foyer de guerre potentielle supplémentaire qu’il n’hésite pas non plus à entretenir, parmi tous ceux déjà très actifs qui ravagent la planète.

Dans l’univers moderne, la puissance militaire n’est le plus souvent que la prolongation de la puissance financière par d’autres moyens…

A défaut de puissance industrielle, en voie de délitement total, la France de Macron, comme celle de Hollande, Sarkozy et prédécesseurs, tente de sauver les restes de sa puissance financière et de son pré carré africain, qui lui est en quelque sorte concédé par les USA, au prix d’une caution politique désormais systématique, sinon d’un renfort militaire direct, pour leur opérations extérieures diverses…

La « regimbade » de Macron sur la question « climatique », demeurée controversée quant au fond, était une regimbade à bon marché, en réalité, si le prix en était de rétablir très officiellement l’image des USA comme « libérateurs » de la planète, et cela dès 1917!


C’était donc, en fait, une sorte d’extension temporelle dans la soumission à l’impérialisme US, pour justifier, en la « redorant » formellement, l’actualisation de la soumission présente…
La « réussite » de Macron n’est que celle d’un simple tour de prestidigitation, dont les ficelles, au demeurant grossières, sont néanmoins assez bien dissimulées à grand renfort de communication univoque sur tous les médias au service du système, c’est à dire la très grande majorité.

L’une des dernières « ficelles » du pantin Macron a déjà bien failli craquer complètement suite au « show » de la « station F » où il s’est mis en vedette aux bons soins de Xavier Niel, le « Pape » des « start-up »…

Macron s’y est mis en scène, ostensiblement et de lui-même, comme une « start-up » qui aurait réussi… En réalité c’est donc bien l’image qu’il veut délibérément donner de sa conception de la réussite « à la française », mais plus précisément « in the New France », dans le royaume imaginaire de Xavier Niel, comme chef de gare de ce train fantôme vers un futur pour le moins incertain, sinon carrément chimérique et délétère…


En effet, si, à première vue, le royaume des start-up est aussi celui de la création d’emplois en CDI, cette notion de « durée indéterminée » prend un tout autre sens, en fonction des statistiques de survie des dites « start-up »…
Concrètement, selon « les Echos », 60% des start-up françaises n’atteignent pas le cap des 4 ans…

https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0211800593832-diriger-une-start-up-le-ba-ba-2065687.php

 

Tandis que pour « 1001 startups », pourtant site dédié, mais donc assez honnête, semble-t-il, 74% des start-up tournent à perte, et au final, 90% échouent carrément!

http://1001startups.fr/chiffres-cles-startups-france/


Si la notion de « réussite », pour l’avenir de la société française, tient dans les 10% de start-up survivantes, c’est bien une image extrêmement restrictive de l’humanité, et même franchement dégradée, que Macron veut nous imposer, et si les vies de la grande masse des autres humains, non embarqués dans ce train infernal, « ne sont rien », selon ses propres dires, il y a donc sans aucun doute possible, et malgré la brosse à reluire médiatique en mouvement perpétuel autour de sa personne « jupitérienne », de quoi s’inquiéter sérieusement…

Si l’objectif « entrepreneurial » du « startupper » est la « création de valeurs », c’est à dire, en clair et selon les critères mêmes de cette vision économique, la reproduction et l’élargissement du capital investi, on en voit tout de suite les limites, surtout en termes d’utilité sociale.

Combiner utilité sociale réelle et élargissement du capital, cela reste tout aussi antinomique, sinon plus encore, dans l’univers des start-up, que dans le reste de l’économie capitaliste.
Et c’est toujours, dans le meilleur des cas, limiter le concept de « réussite » humaine à celui de l’élargissement du capital.

Mais on comprend bien qu’après avoir, des décennies durant, abandonné au duo américano-chinois et à sa cousine germaine Merkel le champ du développement industriel, le capital français cherche à se recentrer, sinon à se concentrer tout de suite, sur ce domaine illusoire et éphémère des start-up pour se redonner un peu de volume en termes d’investissement ayant au moins l’apparence d’une « productivité », et marginalement, une très relative efficacité, en termes de création d’emploi…

Pour faire face à la crise mondiale, et en plus faire face à son déclassement inexorable dans l’ordre du capital productif, le capital « français » tente aujourd’hui d’entraîner l’ensemble de la vie économique et sociale du pays dans cette spirale en réalité tout à fait destructrice de ce qui y reste d’encore à peu près sain. La seule « création de valeurs » liées aux « chaines de valeur » de la mondialisation, obère, ici comme ailleurs, toute possibilité de développement économique réellement endogène et relié à des échanges internationaux véritablement équitables, c’est à dire autrement que sur l’étiquette…

C’est dans le cadre de cette contrainte absolue de «  compétitivité internationale  » que le capital «  français  » se trouve face à la nécessité de précariser tout ce qui reste d’emploi en dehors de la sphère des start-up, déjà précaire par nature. Il ne s’agit pas seulement de sauvegarder des super-profits, mais de tenter de sauvegarder son modeste rang de puissance impérialiste désormais secondaire.

C’est la réalité de ce déclassement qui consacre cette nécessité, et non une volonté perverse de surexploitation, même si c’est bien ce qui en résultera, inévitablement.

La perte des «  acquis sociaux  » de la très mythique «  libération  » est une conséquence inéluctable de la réduction des super-profits que le capital «  français  » a pu provisoirement encore retirer de son empire colonial restructuré en forme de «  Françafrique  », aujourd’hui en voie de délitement, tout comme sa capacité industrielle, sous la poussée de l’émergence chinoise.

Ces «  acquis sociaux  » étaient d’abord et avant tout le fruit de la collaboration de classe du parti thorézien et de la bourgeoisie monopoliste française pour la reconstitution éphémère des restes de l’Empire colonial. Ils étaient le prix du sang des indigènes écrasés par le néocolonialisme «  à la française  », cherchant à se rapprocher progressivement du modèle US, mais avec nettement moins d’efficacité…

De plus, tant que l’URSS était debout, tant que des luttes anti-impérialistes se développaient à travers le monde, le risque du retour à une radicalité dans les luttes sociales persistait, et le rôle de collaboration de classe des partis révisionnistes, comme le parti thorézien en France, était précieux pour la bourgeoisie, et il lui fallait donc lâcher du lest « social » de temps à autre, pour intégrer au système une partie de l’aristocratie ouvrière et de la bureaucratie réviso-réformiste.

C’est dans ces conditions que l’illusion réformiste a pu s’enraciner dans les masses et que s’est forgé le mythe du CNR comme forme embryonnaire d’une transition vers le socialisme et celui, en conséquence, des « acquis sociaux » comme fruit de la lutte de classe. Alors qu’il s’agissait précisément de tenter d’y mettre fin et de barrer la voie de toute alternative au système.

Aujourd’hui n’existent plus aucunes des conditions qui ont permis ce « compromis », au demeurant et par nature tout à fait stérile comme alternative au capitalisme.

Aujourd’hui l’URSS a disparu et la Chine est devenue l’un des poumons essentiels de la finance impérialiste mondialisée.

La « Françafrique » s’est réduite comme peau de chagrin sous la pression de nos « amis » chinois et américains, et il en revient surtout, politiquement, la trace des millions de cadavres que la France y a laissé, comme au Rwanda.

Vouloir entretenir l’illusion réformiste des « acquis sociaux » et le mythe du CNR c’est vouloir faire tourner à rebours la roue de l’histoire, vouloir contribuer à sauvegarder l’impérialisme français, vouloir sauvegarder à tout prix les prébendes de la bureaucratie syndicale et politique constituée à cette époque révolue. C’est l’idéologie de classe d’une petite bourgeoisie bureaucratique qui en était le produit et dont la fonction essentielle était celle d’un relai pour la collaboration de classe.

Aujourd’hui, les condition économiques et sociales qui ont permis l’existence d’une telle classe et la survie de cette bureaucratie réviso-réformiste n’existent plus. Aujourd’hui la fonction de collaboration de classe que la bourgeoisie veut encore accorder à la frange bureaucratique résiduelle n’est plus que celle d’un auxiliaire pour la liquidation des derniers restes de ces « acquis sociaux ». C’est aussi dans cette perspective qu’il faut considérer l’épisode ubuesque du « Revenu Universel » et la mansuétude et même le soutien médiatique dont ont bénéficié les « collectifs démocratiques », genre « nuits debout » et autres foyers de « mobilisation » anarcho-spontanéistes et anarcho-syndicalistes. Il s’agit toujours de barrer la voie qui mènerait à un véritable réveil de la conscience de classe, à la constitution d’une véritable alternative prolétarienne.

C’est la constitution d’une telle alternative qui est la seule voie possible pour un modèle de développement économique et social endogène mettant en correspondance le développement des forces productives et la réponse aux besoins sociaux réels. C’est une révolution qui rend au travail sa véritable valeur et finalité. C’est la fin des illusions réformistes, la Révolution du Retour au Réel…!

Luniterre

Nous ne sommes rien,

Soyons tout !

Eugène Pottier- « L’Internationale »


 

 

2017, POUR SORTIR DE L’IMPASSE… LA RÉVOLUTION DU RETOUR AU RÉEL !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/ 

 

 

 

 

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De la Station F à la Station R . . . ! Réussite de la Résistance !!!

 

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De la Station F  à la Station R . . . !

 

      « The New France… »

« Station F… »

L’endroit « tendance » où Macron a fait fureur …à l’Américaine !

« Une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien »

 

 

 

 

Une Française « qui n’est rien »

répond à Emmanuel Macron

 

 

 

Et de par le monde, il y a des « petits » peuples qui tentent de résister à la « mondialisation » impérialiste « à l’américaine… »

 

                        Il y en a même qui…  

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        RÉUSSISSENT !

 

Selon les autorités de la RPDC, le lancement, décidé et supervisé par le Maréchal Kim Jong-un, a permis à l’engin d’atteindre une altitude de 2 802 km. Il a volé sur une distance de 933 km, avant de tomber dans la mer de l’Est. Toujours selon les médias de la RPDC, la Corée du Nord, puissance nucléaire, serait désormais dotée d’ICBM lui permettant de « frapper tout endroit au monde« . 

Philippe Pons, auteur de l’ouvrage Corée du Nord, un Etat-guérilla en mutation, et correspondant au Japon pour Le Monde, parlait ainsi, en mai 2017 de ce qu’il intitule « la rationalité de Pyongyang » :

« Les programmes nucléaires et balistiques nord-coréens ne sont plus une monnaie d’échange dans une négociation : ils relèvent d’une nécessité stratégique »

Selon Pons, la République de la Corée du Nord  »fait preuve de la même farouche indépendance (qu’autrefois) en défiant Washington autant que Pékin ». Depuis 2016, sa nucléarisation est une réalité irréversible qui se heurte à l’obsession américaine de la non-prolifération. Toujours d’après Pons, « les programmes nucléaires et balistiques nord-coréens ne sont plus une monnaie d’échange dans une négociation : ils relèvent d’une nécessité stratégique. »

Sur le plan de sa politique interne, la population se désunirait rapidement si ses terribles conditions de vie ne trouvaient plus de raison dans le budget de la défense du pays. L’ennemi commun permet au pouvoir de se maintenir, la politique de dissuasion étant devenue une condition sine qua non de sa permanence. En outre, la stratégie de Kim Jong-Un vise dans une certaine mesure la normalisation de ses relations avec les Etats-Unis, dans le but de relancer sa croissance économique, ayant conscience que sa force nucléaire est peut-être à l’avenir ce que le pétrole est aux pays du Golfe.(EXTRAIT DU JDD…)

 

INTERVIEW : L’historienne Juliette Morillot analyse les enjeux du nouveau tir de missile balistique opéré ce mardi par la Corée du Nord…

 

Corée du Nord: «Ce tir de missile permet au régime de garantir son existence»

 

Propos recueillis par Anissa Boumediene, pour « 20 Minutes »

Publié le 04/07/17 à 19h35 — Mis à jour le 04/07/17 à 19h35

 

 

La Corée du Nord a affirmé ce mardi avoir testé avec succès un missile intercontinental, ce qui serait une avancée majeure dans ses efforts pour être en mesure de menacer les Etats-Unis du feu nucléaire. La Télévision centrale coréenne a indiqué que le projectile tiré ce mardi avait atteint une altitude de 2.802 km et volé sur une distance de 933 km.

Un essai dont le calendrier ne doit rien au hasard, puisqu’il intervient le jour de la fête de l’indépendance américaine, célébrée chaque 4 juillet outre-Atlantique. « Ce type n’a-t-il rien de mieux à faire de sa vie ? », a écrit un Donald Trump furieux sur Twitter au sujet du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

 

Le président américain a demandé à Pékin, principal soutien international de Pyongyang, de « mettre fin à cette absurdité une bonne fois pour toutes ». Pour Juliette Morillot, historienne spécialiste de la Corée du Nord et coauteure de La Corée du Nord en 100 questions (éd. Tallandier), ce tir nord-coréen « permet à Pyongyang de garantir son existence ».

Si la Corée du Nord dispose effectivement de missiles intercontinentaux, quel degré de menace cela représente-t-il ?

Si c’est avéré, c’est une nouvelle de grande importance : on parle de tirs capables de toucher l’Alaska. Il ne s’agit certes pas du cœur des Etats-Unis, mais symboliquement, le sol américain peut être atteint par Pyongyang. Et un tel tir, réalisé le jour de la fête de l’indépendance américaine, c’est très fort. C’est un message clair envoyé aux Etats-Unis.

Certains experts estiment que ce tir est raté et doutent de la capacité de Pyongyang à miniaturiser une tête nucléaire pour la monter sur un missile, ainsi que de sa maîtrise de la technologie de rentrée dans l’atmosphère. Mais ce qu’il faut y voir, c’est avant tout les progrès technologiques très réguliers accomplis par la Corée du Nord dans son programme nucléaire. Contrairement à son père, Kim Jong-un a mis en place une nouvelle politique dans le cadre de laquelle les ingénieurs nord-coréens sont encouragés à multiplier les essais nucléaires pour apprendre. Et on observe que depuis ce tournant fin 2011, cette nouvelle gestion du programme balistique de Pyongyang est efficace.

Faut-il y voir de la pure provocation de la part de Pyongyang ?

Il y a une part évidente de provocation, mais dans le même temps, la Corée du Nord se sent menacée par les Américains, et de fait, elle l’est. En atteste il y a quelques semaines l’annonce par Trump de l’envoi d’un porte-avions américain dans la zone. Kim Jong-un craint que Donald Trump, qui a 28.000 soldats américains postés sur le sol sud-coréen, ne décide d’envoyer ses troupes envahir la Corée du Nord. D’ailleurs, entre Donald Trump et Kim Jong-un, c’est bien Donald Trump qui est le plus imprévisible des deux. Les tensions ont d’ailleurs atteint un pic en début d’année lorsque Donald Trump s’est dit prêt à régler seul, et si besoin par la force, la question nord-coréenne.

La Corée du Nord, elle, reste sur sa position, inébranlable. Tandis que Trump a tout tenté avec la Chine, intermédiaire dans le dossier et alliée de Pyongyang, sans succès.

Que peut-il se passer désormais ?

Entre la « patience stratégique » de Barack Obama et les gesticulations de Donald Trump, on voit bien que les Américains ne parviennent pas à trouver le moyen de gérer le dossier nord-coréen.

Plusieurs scénarios sont à craindre : soit Trump réagit de manière intempestive, soit un dérapage – américain ou coréen — met le feu aux poudres. Ce sont des possibilités qu’il faut envisager. Mais si les Américains se lançaient dans la voie de frappes ciblées, les conséquences pourraient être cataclysmiques ! D’autant que la capitale sud-coréenne, Séoul, est très proche de la frontière avec la Corée du Nord et Kim Jong-un pourrait décider de frapper son voisin du Sud en représailles.

Comment éviter cela et tenter de mettre un terme à ce conflit ?

Il y a une multiplication des essais nucléaires nord-coréens depuis 2006, malgré l’interdiction par l’ONU de ses programmes nucléaire et balistique. Mais il ne fait absolument aucun doute que les sanctions décidées par l’ONU ne servent strictement à rien. Ce n’est pas non plus par la voie de la Chine qu’une solution sera trouvée : Pékin n’acceptera jamais des troupes étrangères à ses portes, c’est pourquoi elle n’est pas près de laisser tomber son allié nord-coréen. D’autant que la Chine ne souhaite pas que les deux Corées soient réunifiées.

Il y a toute une somme d’intérêts particuliers et contradictoires qui sont en jeu dans la balance : la Russie suit le dossier de près, tout comme la Chine, et les Etats-Unis ont besoin d’être présents dans la région.

Mais dans le même temps, la Corée du Sud, via son nouveau président Moon Jae-in, est pour sa part plus dans l’apaisement : elle souhaite ramener la Corée du Nord au dialogue, et cherche à relancer la diplomatie entre les deux Corées par différents biais, souhaitant même associer Pyongyang à l’organisation des JO d’hiver qui doivent se dérouler en Corée du Sud en 2018. Et surtout, il a gelé le déploiement du bouclier antimissile THAAD sur son sol, auquel les Américains sont pourtant si attachés.

Quelles sont les attentes véritables de Kim Jong-un ?

La Corée du Nord se sent menacée et aujourd’hui, Kim Jong-un a l’impression d’être comme David contre Goliath. Aux yeux des Nord-Coréens, le programme balistique est légitime et justifié dans le sens où, en tant que petit pays cerné de grandes puissances, il représente leur assurance-vie. Pour eux, seule l’arme nucléaire garantit leur existence. C’est également, selon eux, ce qui leur permet de montrer qu’ils sont capables de se défendre et de tenir la dragée haute à des puissances comme les Etats-Unis.

Ce que veut vraiment Kim Jong-un aujourd’hui, c’est signer un traité de paix sur la péninsule, obtenir un pacte de non-agression des Etats-Unis et la reconnaissance du régime nord-coréen par les Américains.

 

SOURCES:

http://www.20minutes.fr/monde/2099167-20170704-coree-nord-tir-missile-permet-regime-garantir-existence

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http://www.lejdd.fr/international/asie/mais-pourquoi-la-coree-du-nord-continue-de-tirer-des-missiles-balistiques-3380225

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/07/04/la-coree-du-nord-a-tire-un-nouveau-missile-balistique_5155093_3216.html

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Pour plus d’info sur le conflit USA/RPDC, voir la première version de

De la Station F à la Station R…

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/07/04/de-la-station-f-a-la-station-r/

sur SOLYDAIRINFO, avec de nombreux liens sur l’historique et la situation actuelle.

 

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« Nous ne sommes rien, Soyons tout ! »
Eugène Pottier
« L’Internationale »

 

 

 

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Rwanda : « Génocide » et/ou massacre néocolonial ?

 

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Rwanda:

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« Génocide »

et/ou massacre néocolonial ?

 

 

 

Il est clair pour nous que l’intérêt de republier les articles récents de « France Info » sur les massacres de 1994 au Rwanda réside dans la dénonciation de l’impérialisme, du néocolonialisme et de la « Françafrique » en particulier, puisque c’est son implication qui est ici directement mise en cause.

Rwanda: 1 Million de petits Grégory ?

Mais d’une manière plus générale, l’« exemplarité » particulièrement morbide de ce cas est fondamentalement utile, donc, pour dénoncer l’impérialisme et ses ravages, quelques soient l’époque, le lieu, et les puissances impérialistes impliquées.

Dans le cas du Rwanda il peut à la limite paraître douteux de parler de « génocide », dans la mesure où cela renvoie à une notion de conflit interethnique auquel les puissances étrangères seraient donc précisément « étrangères », c’est à dire dégagée de toute responsabilité, in fine. Dans le cas du « génocide » rwandais la responsabilité de la France, malgré l’évidence aujourd’hui pratiquement étable, n’a jamais été mise en cause à ce titre précis, même en rôle de complicité.

De plus, si l’on se rapporte à l’étude des origines supposées « ethniques » du conflit, simplement en se référant à l’étude Wikipédia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Rwanda , on constate que la différenciation « Hutu/Tutsi » semble plus tenir à des normes de catégories socio-professionnelles, assez semblables à celles des « castes » indiennes, avec, en prime, le même style de hiérarchisation féodale, plutôt qu’à des origines ethniques réellement différentes.

Le fait est que cette « différenciation » a été depuis très longtemps instrumentalisée par les différentes puissances coloniales et néocoloniales qui se disputent les richesses économiques et les ressources minières de cette région d’Afrique.

Là est la vraie cause du malheur de ce peuple, comme de tant d’autres et la dure réalité c’est que des centaines de milliers de personnes, et probablement largement plus d’un million, au cours des conflits qui ont ensanglanté ce pays et ses voisins, ont été massacrées et continuent de l’être en « périphérie » du Rwanda, au profit des impérialistes qui manipulent les belligérants, sur le terrain.

L’épisode particulièrement extrême du « génocide » de 1994 n’est que la partie apparente de ces conflits, et sert en partie, à travers une indignation pseudo-humaniste, à en masquer la réalité permanente, celle du néocolonialisme et de l’impérialisme, qu’il soit français ou autre.

L’ambiguité de cette démarche « humaniste » cautionnée par l’ONU, est pourtant rendue flagrante par la définition même du concept « officiel », selon l’ONU, de « génocide » :

Convention-ONU-genocide_ DEFINITION 1948     (doc PDF)

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Définition reprise mot pour mot, dans sa partie essentielle, par notre « Larousse » national… :

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/g%C3%A9nocide/36589

Crime contre l’humanité tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux ; sont qualifiés de génocide les atteintes volontaires à la vie, à l’intégrité physique ou psychique, la soumission à des conditions d’existence mettant en péril la vie du groupe, les entraves aux naissances et les transferts forcés d’enfants qui visent à un tel but.”

Comme on peut le constater, si l’on reprend l’histoire réelle du Rwanda, même selon Wikipédia, aucun des critères ci-dessus : « Nation, ethnie, race, religion », ne s’applique à la situation rwandaise !

Reste : l’impérialisme !!!

Même « France Info », où nous avons puisé nos infos les plus récentes sur le sujet, semble capable d’une approche plus « dialectique » de la notion de « génocide » :

http://www.francetvinfo.fr/politique/un-genocide-c-est-quoi_42483.html

Cela reste d’autant plus flagrant, dans le cas du Rwanda, que l’étude récente qui à fait « remonter » le million de cadavres des victimes de la Françafrique à la surface de l’actu portait précisément non seulement sur le cas de la période du « génocide », mais sur l’histoire plus complète des ravages de la Françafrique dans cette région du monde. C’est ce qui ressort d’un passionnant article récemment paru sur « Le Monde Diplo », et que nous republions donc ici, à la suite…

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La France accusée d’avoir réarmé

les génocidaires rwandais

in « Le Monde Diplo »

https://blog.mondediplo.net/2017-06-30-La-France-accusee-d-avoir-rearme-les-genocidaires

par Sabine Cessou, 30 juin 2017

C’est une bombe qu’a lancée le dernier numéro de la revue XXI, paru le 28 juin, avec son enquête sur les crimes commis par la France en Afrique. Au sommaire, la revue revient sur trois exemples. Tout d’abord, le massacre commis au camp de Thiaroye au Sénégal en 1944 à l’encontre de « tirailleurs », et qui a fait l’objet en 1988 d’un film du réalisateur sénégalais Ousmane Sembène, interdit en France pendant dix ans. Ensuite, l’agenda caché de la France, qui a poussé en vain à une sécession d’une partie du Nigeria, sous couvert de mission humanitaire au Biafra. Et puis son rôle en 1994 au Rwanda, qu’on savait déjà plus que problématique, mais qui s’avère carrément scandaleux et criminel.

« Réarmez-les ! »

Patrick de Saint-Exupéry, ancien reporter au Figaro et fondateur de la revue XXI, jette un nouveau pavé dans la mare. Le journaliste est réputé pour ses enquêtes sur le rôle de la France au Rwanda, un pays qu’il a couvert et sillonné durant le génocide des Tutsis — entre 800 000 et 1 million de morts entre avril et juin 1994.

Auteur en 2004 du livre L’inavouable : la France au Rwanda, il s’est intéressé à la déclassification annoncée en avril 2014 par François Hollande des archives de la France sur cette période très trouble de son histoire post-coloniale. Et s’est rendu compte qu’on avait, parmi les 83 documents rendus publics dans la foulée, nombre d’éléments « sans intérêt », comme le menu d’un déjeuner offert par l’Élysée à Juvénal Habyarimana, président du Rwanda d’avant le génocide. Comment l’expliquer ?

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« Réarmez-les ! » — Illustration de Miles Hyman

Récit de Patrick de Saint-Exupéry, XXI, n° 39 (automne 2017)

Au fil du temps, la réponse parvient aux oreilles du journaliste. Il apprend qu’en 2014, deux hauts fonctionnaires français sont allés trier les archives à déclassifier, y ouvrant « une boîte de Pandore bien vite refermée ». Comme l’a expliqué Patrick de Saint-Exupéry devant une salle bondée, lors de la présentation du numéro 39 de la revue XXI à Paris, le 27 juin dernier : « Ils vont en parler dans un cercle restreint, où ils se soulagent du poids du secret ». L’un de ces deux hauts fonctionnaires a trouvé un ordre de « réarmer » les génocidaires en fuite. Il est tombé sur les documents qui font état des droits de retrait formulés par des soldats français qui ne veulent pas obéir. « L’ordre est confirmé », lit-il sur une note au-dessus de la signature HV. Les initiales de Hubert Védrine, alors secrétaire général de l’Élysée. Conclusion sans appel de Patrick de Saint-Exupéry sur l’impossible reconnaissance de son rôle au Rwanda par la France officielle, de droite comme de gauche, puisque le gouvernement de l’époque était de cohabitation : « L’histoire du Rwanda interpelle le politique au premier chef, avec cette politique secrète et qui le reste. Le problème de fond que pose le Rwanda est celui-ci : l’Élysée a compromis l’armée française et entaché l’honneur du pays. »

« Une connerie sans nom »

Le témoignage de l’ancien officier de l’armée de terre française Guillaume Ancel, présent aux côtés de Patrick de Saint-Exupéry le 27 juin au siège des éditions des Arènes, a corroboré les révélations de la revue XXI. Ancien de l’opération Turquoise (22 juin-21 août 1994), puis de l’intervention française à Sarajevo en 1995, Il le dit sans prendre de gants :

« On part en juin avec la légion étrangère et du matériel pour faire des frappes aériennes, pour une opération humanitaire au Rwanda. En fait, l’ordre est de remettre au pouvoir le gouvernement que nous avons toujours soutenu. Un scénario classique dans la Françafrique. Ce n’est pas la peine d’avoir fait Saint-Cyr, à notre arrivée au Rwanda, pour comprendre que ces gens commettent des crimes de masse. Lorsque l’opération créée une “zone humanitaire sûre” pour permettre aux génocidaires de passer vers le Zaïre voisin, on est très mal à l’aise. On assiste au passage de membres du gouvernement rwandais qui ont du sang jusqu’au cou, avec pour ordre de leur demander : “S’il vous plaît, ne restez pas dans la zone humanitaire”. On est informés. Le sommet de l’État est informé. Une note de la DGSE [du 4 mai 1994] a alerté sur le fait qu’on sera plus tard accusés de complicité. Emblématique de cette politique, ce qui se passe à Biserero, où la mission est de stopper le Front patriotique rwandais (FPR) avec interdiction de s’occuper des rescapés. Des soldats ont désobéi pour retourner à Biserero. »

Plus tard, au cours de la deuxième quinzaine de juillet 1994, alors que le FPR a mis fin au génocide et pris le contrôle de Kigali (1), sur la base militaire de Cyangugu, dans le sud du Rwanda, Guillaume Ancel assiste au départ d’un convoi français d’armes à destination des camps de réfugiés rwandais au Zaïre, lesquels comprennent bon nombre de génocidaires en fuite. Un convoi qui s’ébranle deux mois après l’embargo voté par les Nations unies sur les livraisons d’armes au Rwanda. Ordre lui est donné de détourner l’attention des journalistes présents pendant que dix camions chargés d’armes — « non pas confisquées mais livrées par conteneurs sans doute durant le génocide », précise l’ex-capitaine — quittent la base.

« Le briefing du soir à Cyangugu a été sanglant, raconte Guillaume Ancel. Je demande des explications sur les camions. Le commandant essaie de me dire qu’on livre des armes aux forces débandées au Zaïre pour qu’elles soit “moins dangereuses” pour nous. La directive vient du sommet de l’État. C’est avec de tels prétextes qu’on a justifié cette connerie sans nom, qui a consisté à militariser les camps de réfugiés. Le nouveau gouvernement rwandais va alors se battre contre eux en ensanglantant tout l’Est zaïrois. Quel esprit malade peut-il défendre une telle décision dans une démocratie ? »

Un passé qui incrimine des personnalités politiques encore actives

Lire aussi Colette Braeckman, « Rwanda, retour sur un aveuglement international », Le Monde diplomatique, mars 2004. « La version officielle sur les évènements tragiques de Sarajevo et du Rwanda est une fable, dénonce Guillaume Ancel. Quel système de contrôle démocratique a-t-on sur la réalité de nos interventions militaires faites au nom de la France ? » Cet ancien officier qui tient un blog intitulé « Ne pas subir » , a déjà publié un roman sur ce dont il a été témoin au Rwanda (2). Et dénoncé l’incurie des politiques français à Sarajevo (3), qui ont là encore placé l’armée dans une position intenable — puisqu’elle avait ordre de protéger des civils sans s’en prendre aux agresseurs serbes de la ville bosniaque.

Guillaume Ancel défend aussi des valeurs. Et non simplement l’entre-soi de ces élites françaises peu enclines à faire leur examen de conscience quant à leurs erreurs de lecture récurrentes sur les situations politiques africaines. Lesquelles sont encore nombreuses aujourd’hui, notamment au Burundi voisin. Il élude la question des pressions qu’il peut subir, pour qu’il se taise enfin, comme les autres. « Quand on cessera de faire pression sur moi, je cesserai d’écrire », lance-t-il. Heureusement pour ses concitoyens, il est loin d’avoir fini, puisqu’il planche aujourd’hui sur un nouvel ouvrage sur le rôle de la France au Rwanda, à paraître.

Sabine Cessou

 

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