La Société de l’Arnaque, un thème de réflexion pour 2018…!!

 

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UN THÈME DE RÉFLEXION POUR 2018…:

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   «  La Société de l’Arnaque,

ou « fake-capitalism », c’est le stade suprême

de la Société spectaculaire marchande,

celui où le Spectacle de la monnaie de singe

(QE, DTS, Revenu Universel, etc…),

a totalement fini de remplacer

la marchandise, dont la valeur tend vers zéro

(production robotisée)… »

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Pour nourrir une réflexion sur ce thème…

 

« Robotisation » et « fake-capitalism »,

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Les aléas de l’IA,

de Marx à « Terminator »,

en passant par Benoît Hamon…

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/26/les-aleas-de-lia-de-marx-a-terminator-en-passant-par-benoit-hamon/

 

 

Avec la robotisation et l’automatisation de la production, et même, de plus en plus, des services, les possibilités d’élargissement du capital s’en trouvent-elles augmentées ou au contraire, réduites ?

La baisse tendancielle du taux de profit, dans le processus d’élargissement « productif », amène inexorablement à la deuxième réponse, la réduction… La domination de classe des capitalistes prendra-t-elle fin « naturellement », par un simple tarissement des sources de profits du secteur « productif », cédant « généreusement » la place aux rêveurs gauchistes et autres pseudo- « communistes prolétariens » ou bien la classe dominante a-t-elle déjà une stratégie en œuvre pour « ne rien lâcher » de ses privilèges exorbitants et de son pouvoir… ?

Un débat s’est engagé sur le sujet à partir de l’article :

« Les robots et la révolution »

http://www.proletaire.altervista.org/marxisme/textes/robots-revolution.php

étude écrite sur le sujet par notre camarade WH du site « Les prolétaires de fer »,

Ce débat, constitué d’un échange de mails sur le fond du sujet à permis de dégager les contours essentiels de cette problématique et de voir que l’évolution de la crise ne mène évidemment pas à un surgissement « spontané » du communisme comme solution à la crise…

La bourgeoisie, qui possède le contrôle de tous les leviers du système, a déjà réfléchi à la question, et cela n’a pas échappé non plus au camarade Do, du site VLR, qui nous apporte également cette réflexion, dans un autre échange de mails sur le sujet :

« Peut-être doit-on préciser que c’est parce que l’exploitation de l’homme par l’homme, et donc le capitalisme, n’ayant plus d’objet quand les machines font tout le boulot, que le pouvoir, pour se conserver au moins en tant que tel, doit nécessairement transformer SA société capitaliste en société de l’arnaque. En effet, à ce stade, le pouvoir n’étant plus nécessaire, sa conservation ne peut qu’être une arnaque totale. C’est là, pour parler comme les anciens, que le pouvoir devient visiblement ce qu’il était déjà essentiellement : une maladie mentale. »

Avec encore cette précision supplémentaire que la « maladie de la domination » est pratiquement inséparable de la « maladie de l’accumulation », le capitalisme étant, à travers le processus d’élargissement productif, la « synthèse idéale » de ces deux maladies, assez indissolubles de toutes façons.

Face à l’échéance du « taux zéro » le fake-capitalism tente donc de reconstituer cette « synthèse » via un système d’arnaque institutionnalisé, tant sur le plan monétaire que commercial.

C’est là qu’il est important de comprendre, également, que les « systèmes » type « revenu universel », actuellement basés sur le principe de la « monnaie hélicoptère » de Milton Friedman, ne sont qu’un jalon nécessaire à l’établissement d’un tel système global, reposant entièrement sur une monnaie de singe imposée à grande échelle, c’est à dire quasiment une « fausse monnaie institutionnalisée », à cours forcé par le pouvoir, et telle que déjà largement ébauchée par les « Quantitative Easings » et autres « Droits de Tirage Spéciaux »…

Conserver le contrôle de tous les circuits, production, même « automatisée », distribution, communication, pseudo-« info », « planche à billets », fut-elle totalement « électronique », etc… telle est la seule obsession de la classe dominante actuelle, du moins pour sa partie la plus « consciente », son « avant-garde », en quelque sorte (Attali et autres consorts de « think tanks »…), face à l’échéance du « taux zéro » et de la robotisation totale.

Le surgissement de l’IA, et surtout de l’IA en tant qu’entité autonome, c’est un paramètre supplémentaire que par définition personne ne maîtrise réellement, in fine, mais cela n’empêche donc pas certains de jouer avec le feu (Google), dans le but d’être les mieux placé dans cette course à l’échalote, d’ici la disparition totale de la « productivité » humaine…

La constitution d’une organisation de résistance prolétarienne capable de passer à la contre-offensive et d’arrêter ces manipulateurs mortifères avant l’échéance robotique/IA autonome reste une urgence absolue.

Avoir une vue claire et lucide de ces choses est notre premier atout, même s’il n’est pas suffisant. Encore faut-il le faire comprendre à un plus grand nombre de camarades, ce qui n’est manifestement pas une chose simple, malgré l’évidence… !

Quelques éléments de réflexion, donc, à la suite, republiés simultanément sur TML et sur le blog du camarade WH :

Sur TML, sous le titre :

Les aléas de l’IA, de Marx à « Terminator », en passant par Benoît Hamon…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/26/les-aleas-de-lia-de-marx-a-terminator-en-passant-par-benoit-hamon/

 

Sur « Les prolétaires de fer » :

Robots, IA, Taux de profit zéro : vers une singularité économique ?

http://www.proletaire.altervista.org/marxisme/textes/robots-IA.php

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« La Société de l’Arnaque, ou « fake-capitalism », c’est le stade suprême de la Société spectaculaire marchande, celui où le Spectacle de la monnaie de singe (QE, DTS, Revenu Universel, etc…), a totalement fini de remplacer la marchandise, dont la valeur tend vers zéro (production robotisée)… »

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Encore plus récent sur TML…:

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   NOUVEAU :

Une étude en réponse

aux allégations mensongères du type

« capitalisme=socialisme » 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

  

Le marxisme était-il à la base

du socialisme en URSS,

et quelles leçons peut-on en tirer ?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

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Palestine – Manif à Paris, 4 janvier 2018, pour la libération d’Ahed Tamimi et des enfants palestiniens emprisonnés !

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https://i0.wp.com/mai68.org/spip2/IMG/jpg/Liberez-Ahed-Tamimi.jpg

 

 

Chères amies, Chers amis,

L’année 2018, que nous vous souhaitons à toutes et à tous la meilleure possible, commence sous le signe de la résistance. Cette résistance extraordinaire des Palestiniens, y compris très jeunes, qui sont déterminés à défendre leurs droits, comme la jeune Ahed Tamimi, sa famille, mais aussi tous les autres qui risquent leurs vies quotidiennement parce que ni Netanyahou, ni Trump ne peuvent les faire taire.

A leurs manifestations pacifiques, l’occupant israélien répond par toujours plus de terreur, de colonisation, de démolitions de maisons palestiniennes et d’emprisonnement d’enfants. Ces derniers sont plus de 700 à être incarcérés, en toute illégalité dans les geôles de l’occupant.

L’armée israélienne a carte blanche pour tuer, et ne cherche même plus à justifier ses crimes les plus odieux, comme celui d’Ibrahim Abu Thuriya, amputé des deux jambes suite aux bombardements israéliens de 2008-2009, et assassiné le 15 décembre dernier tandis qu’il manifestait à Gaza.

C’est le même jour, que cette même armée a quasiment laissé pour mort le petit cousin d’Ahed, Mohamed Tamimi, lui logeant une balle dans la tête lors d’une manifestation contre les déclarations de Trump. C’est au même moment qu’Ahed Tamimi, 16 ans, a tenté de repousser les soldats qui occupent en permanence sa maison et son village de Nabi Saleh.

La vidéo de sa résistance ayant fait le tour du monde, Israel veut se venger, la maintenant en détention dans des conditions éprouvantes, ainsi que sa mère et sa cousine. Netanyahou prépare contre elles un procès destiné à faire « un exemple », qui doit se dérouler le 8 janvier devant un tribunal militaire.

Les dirigeants israéliens, qui ont appelé à la marquer dans sa chair, à violer Ahed —pour avoir porté atteinte à la « virilité » de leur armée—, doivent savoir que la jeune fille et sa famille ne sont pas isolés, pas plus que les milliers d’enfants palestiniens constamment persécutés, kidnappés, torturés par l’occupant israélien.

La pétition en français lancée sur le site d’Avaaz a dépassé les 250.000 signatures en moins quelques jours seulement. Et nous vous invitons à continuer de la signer et faire signer : https://secure.avaaz.org/campaign/fr/free_ahed_mor_fb1/

Mais cela ne suffit pas ! Nous devons manifester dans toutes les villes de France, comme c’est le cas dans le reste du monde pour la libération d’Ahed, de sa famille, et celle des centaines d’enfants palestiniens emprisonnés.

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A PARIS, ET AVEC DE NOMBREUSES AUTRES

ASSOCIATIONS,

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NOUS VOUS DONNONS RENDEZ-VOUS :

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CE JEUDI 4 JANVIER, À PARTIR DE 17 H 30

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A LA PLACE DU CHÂTELET,

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POUR DÉFILER JUSQU’À LA PLACE

DE LA RÉPUBLIQUE

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NOUS COMPTONS SUR VOTRE PRÉSENCE

MASSIVE !

Premiers signataires : CAPJPO-EuroPalestine, Enfants de Palestine, Droits Devant !! Association Femmes Plurielles, ISM France, Nanterre Palestine, Avec Naplouse, One Justice, Campagne européenne contre le blocus de Gaza, Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, Les Désobéissants, le Collectif Ni Guerre ni Etat de Guerre, Comité Israël Palestine Chateaubriant…

 

 

 

 

UNE FAMILLE DE LUTTE!!
Nariman, la mère d’Ahed, également emprisonnée

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Notre solidarité avec la résistance héroïque du peuple palestinien est notre seule planche de salut contre la barbarie. Car ce qui s’expérimente sous nos yeux, c’est la possibilité de venir à bout des résistances, de toutes les résistances.

Saluons par la même occasion, la résistance des jeunes refuzniks israéliens qui passent des mois en prison pour refus d’être incorporés dans une armée d’occupation, et les 63 lycéens israéliens qui ont publié jeudi dernier dans le quotidien Yedioth Ahronoth une lettre ouverte annonçant qu’ils refuseront de servir « dans une armée aux ordres d’un gouvernement raciste qui viole les droits humains élémentaires .« Nous avons décidé de ne pas participer à l’occupation et à l’oppression du peuple palestinien », ont-ils averti le gouvernement israélien.

Nous vous souhaitons une très bonne année BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) et toute la santé et l’énergie qui vont avec !

Amicalement,

CAPJPO-EuroPalestine

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article13782

 

SUR LE MÊME THÈME:

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If not now

 

when ?

 

 

Si pas maintenant,

 

quand ?

 

 

 

 

 

RESISTANCE !!

 

jusqu’au cœur

 

des Citadelles…!!

 

USA-Israël

 

Grève de la faim en Palestine

 

Manif anti-AIPAC de la jeunesse juive US

 

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https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/04/24/if-not-now-when-resistances-au-coeur-des-citadelles/

 

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Ahed Tamimi : Une gifle à l’occupant sioniste…!!

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L’enfant sait qu’en giflant le soldat dans la cour de sa maison c’est toute l’armée d’occupation qu’elle a humilié.

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« 
Enlevez-moi les menottes que je vous montre » a répondu la jeune Ahed Tamimi au juge qui lui demandait comment elle a fait pour gifler un soldat.


C’est signe d’une détermination sans faille. Sa façon à elle de signifier que sa cause est juste, que le tribunal de l’occupant ne peut rien contre sa volonté de résister.


De sa place d’accusée elle raille la justice du puissant.


La gamine de 16 ans signifie à ses bourreaux que c’est elle la plus forte malgré la prison et les menottes aux mains.


Elle sait qu’en giflant les soldats dans la cour de sa maison c’est toute l’armée d’occupation qu’elle a humilié.


Elle sait que cette gifle restera à jamais le symbole d’une lutte de libération contre l’oppression.
Elle sait que c’est ce symbole-là qui est en accusation. C’est ce qui fait sa force et sa détermination.


« 
Enlevez-moi les menottes que je vous montre » a-t-elle répliqué au représentant de l’autorité qu’elle accuse d’occuper son pays.


Le juge, c’est moi et c’est toi l’accusé… L’enfant sait que l’Histoire lui donne raison.


La Palestine est au rendez-vous !

Al Faraby
Mardi, 02 janvier 2018

Pétition « Libérez A’hed Tamimi »
https://www.change.org/p/benyamin-netanyahou-libérez-l-enfant-a-hed-tamimi

 

 

 

 

« L’information m’est parvenue tard dans le nuit du mardi 19 décembre 2017.
Il était aux environs de minuit.Je n’aime pas ces informations qui arrivent si tard… en général, elles sont porteuses de mauvaises nouvelles.
Quand le téléphone sonne, j’hésite à deux fois avant de prendre l’appel… Je vérifie toujours le nom de l’appelant qui s’affiche à l’écran.
Mardi soir… j’ai très vite pris l’appel.

« Al Faraby? »
« c’est moi… qu’y a-t-il? »
« Ils ont arrêté A’hed »
« la gamine? »
« …oui »

S’en suivent les détails et une série de recommandations pour mettre au plus vite une campagne d’informations et de mobilisations pour exiger la libération immédiate de l’enfant Palestinienne de 16 ans, A’hed Tamimi, arrêtée par les forces d’occupation.

Cette nuit, A’hed dormira en prison.
Et moi… et nous ?
Impossible de fermer les yeux.

Al Faraby
Mercredi, 20 décembre 2017 »

 

https://www.change.org/p/benyamin-netanyahou-lib%C3%A9rez-l-enfant-a-hed-tamimi

 

 

 

 

 

SOURCE:

https://assawra.blogspot.fr/2018/01/lenfant-sait.html

 

Un faux post « Luniterre » créé par M. Bibeau…

Énième mise au point

à l’égard du site

« les 7 du Québec »…

 

Énième mise au point…   (    )

__1_TML n’a non seulement jamais sollicité les republications de ses articles sur « les 7 du Québec », mais il n’en a, de plus, aucunement le besoin…
Il n’y a donc aucune « frustration »…

__2_Jusqu’à une époque récente M. Bibeau semblait se présenter lui-même comme le « directeur » du site. A présent il se dit « producteur »… Il n’en est pas moins le principal responsable en titre, jusqu’à preuve du contraire, et surtout, pour les articles dont il s’attribue la responsabilité lui-même, comme c’est le cas pour la republication en question.

__3_ Il n’y a donc pas lieu de « débattre du fond » sur un site où la republication des textes devient prétexte à de telles manipulations. Il suffit que les liens soient posés pour l’accessibilité aux publications originales sur TML. Chacun peut juger sur cette base.

__4_Concernant l’Albanie, il n’y a jamais eu aucune connexion entre TML et l’Albanie, ni même avec le PC d’Albanie, du reste. Les seules évocations de la problématique albanaise sur TML se trouvent ici :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/18/doctobre-a-la-chute-de-lurss-problematique-du-rapport-de-force-et-de-la-superstructure/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

Chacun pourra constater qu’elles n’ont aucun rapport avec la démarche que M. Bibeau tente de nous imputer, selon la méthode manipulatoire qui est couramment la sienne.

__5_Concernant l’histoire de l’URSS, les études sur le sujet sont suffisamment nombreuses sur TML pour que le lecteur puisse y trouver de quoi nourrir sa réflexion. D’autres, toujours plus détaillées et précises, sont en cours de préparation.
Pas mal de liens déjà regroupés à la suite de :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

Luniterre

 

Le post ci-dessus a été publié sur TML à la suite de

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/31/la-puce-a-loreille-de-maitre-bibeau/

et proposé comme mise au point, également, sur le site « les 7 du Québec », où il a été validé.

Le POST-SCRIPTUM ci dessous a été rajouté par la suite sur TML et n’a nullement été adressé au site « les 7 du Québec », sous aucune forme.

C’est donc la seule responsabilité de ce site « les 7 du Québec » d’en avoir repris le texte, précédé d’un fragment de citation de Marx non spécifié comme tel, du reste, et sans raison crédible aucune, supposément « en réponse à tribunemlreypa », ce qui n’a aucun sens, de plus, dans le contexte de cette publication entièrement falsifiée… !

 

 

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POST-SCRIPTUM:  (    )

Comme les lecteurs de TML le savent, il nous est arrivé à maintes reprises de tenter de débattre avec M. Bibeau, et principalement de ce sujet qui est devenu son obsession: la négation du socialisme comme phase de transition, et d’une manière plus générale, la négation d’une phase de transition possible entre capitalisme et communisme, ce qui équivaut à nier la possibilité d’aboutir à ce dernier, en réalité, sous un discours et une phraséologie formellement « de gauche », ce qui est le propre du « gauchisme », nouvelle forme de collaborationnisme, en réalité, désormais, donc!

Lors d’une précédente tentative, où nous avions répondu sur son blog, nous avions republié ce qui touchait précisément au fond de ce problème, republication qui se trouve donc toujours ici:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/05/de-la-iiieme-internationale-a-la-crise-actuelle-du-capital/

C’est compte tenu de la redondance, du caractère dilatoire et de la mauvaise foi manipulatrice de M. Bibeau que nous avons renoncé à renouveler l’expérience de débattre avec lui, sauf précisément à nous trouver contraint de dénoncer ses procédés malhonnêtes, comme c’est le cas ici.

Luniterre

 

 

Il va de soi que nous avertissons M. Bibeau de retirer ce post.

Ce qui est en question ici, ce ne sont évidemment pas d’éventuels « droits d’auteur », mais bien le principe même de la falsification comme argument, tout comme dans l’article de M. Bibeau, à l’origine de cette polémique, qui est basé sur une citation tronquée et raboutée, et donc truquée, quant à sa signification réelle. La falsification est le procédé courant des pseudo-« historiens » et autres propagandistes au service du système.

Pour ce qui est du fond, nous assistons là à une énième contorsion de M. Bibeau pour tenter de raccrocher son discours supposément «révolutionnaire » à l’échéance d’une alternative au capitalisme qu’il s’acharne pourtant à rendre impossible en prophétisant un prétendu « communisme prolétarien » qui surgirait « spontanément », (et à l’échelle mondiale…!), de la crise du capital, sans intervention d’une avant-garde politique organisée et sans programme économique de transition, basé sur une économie équilibrée (planifiée démocratiquement) entre forces productives et besoins sociaux recensés.

C’est son pseudo- »communisme prolétarien mondial », entièrement chimérique, qu’il tente maintenant de faire passer pour une « phase de transition », afin de se redonner une crédibilité, manifestement tout à fait introuvable, dans son cas.

Manque de crédibilité notoirement mis en lumière par ses manœuvres et manipulations incessantes.

Luniterre

 

 

La puce à l’oreille… (…de « Maître » Bibeau )

 

 

« N’est-ce pas dire assez que le mode de production, les rapports dans lesquels les forces productives se développent, ne sont rien moins que des lois éternelles, mais qu’ils correspondent à un développement déterminé des hommes et de leurs forces productives, et qu’un changement survenu dans les forces productives des hommes amène nécessairement un changement dans leurs rapports de production ? »

Karl Marx, (Misère de la philosophie, 1847).

 

 

Comment accorder la moindre crédibilité aux derniers ratiocinements de M. Bibeau, dont l’obsession est d’empêcher à tout prix la renaissance d’une alternative réelle au capitalisme depuis qu’il a renié ses engagements « marxistes-léninistes », dont on comprenait déjà qu’ils étaient une tentative de duper les militants de ce courant, et qui a malheureusement fait illusion un temps au près de certains… ?? (Mais pas à TML, par exemple, où sa duplicité était déjà clairement perçue…)  

 

Dans son dernier article sur VLR, http://mai68.org/spip2/spip.php?article1085 , (CAPITALISME ET SOCIALISME SONT-ILS IDENTIQUES ?), dès les premières lignes il n’hésite pas à proférer une énormité et à se contredire lui-même au point que le reste de l’article ne vaut pas même d’être lu, ce qui fait que le reste de ses attaques contre les articles récents de TML sur le sujet nous avait à vrai dire échappé… :

« Partout dans le monde le mode de production capitaliste se présente en substance sous une forme unique, mais superficiellement sous des apparences différentes. Il n’y a qu’un seul mode de production mondialisé. À l’identique au niveau des moyens de production et des forces productives (industries, technologies, énergie, sciences, transports, matière première, main-d’œuvre), mais différentiées au niveau des rapports sociaux de production, reflétant ainsi un certain niveau d’autonomie des instances politique et idéologique »

Un seul mode de production, mais des rapports sociaux de production différents…

Une absurdité suffisante pour s’arrêter là, donc…

Et malgré tout, une certaine autonomie…

Alors que l’autonomie des états n’a manifestement qu’un rapport secondaire avec le mode de production…

Actuellement, de plus, selon M. Bibeau lui-même, le capitalisme est quasiment le mode de production universel sur la planète…

Mais essayons d’aller plus loin :

« Tantôt, le capitalisme sera qualifié de sauvage, de « libéral » et même de « néolibéral », de concurrentiel, de non interventionniste et de libertarien. On dira parfois un capitalisme de droite, un capitalisme démocratique-électoraliste et parlementaire, ou encore un capitalisme nationaliste et patriotique (fascisme italien et corporatisme salazarien ou franquiste). À d’autres moments le capitalisme sera dit « social », socialiste, de gauche et interventionniste, dirigiste, ou même totalitaire (national-socialisme allemand). Parfois même on le qualifiera de « communiste » comme en Russie soviétique, à Cuba, au Vietnam, en Corée du Nord, au Burkina Fasso, en Albanie, en Chine communiste et chez les Khmers rouges cambodgiens de triste mémoire. »

Effectivement, donc, pour le confusionniste Bibeau, tout cela, c’est la même chose, et socialisme = fascisme ! C’est l’antienne de l’anticommuniste bourgeois depuis des lustres, et manifestement, c’est le nouveau « credo » de M. Bibeau, qu’il ne manque pas une occasion de nous assener, en l’enveloppant à peine dans son discours gauchisant d’opérette !

Mais la Tartufferie de M. Bibeau ne fait là que commencer « en douceur », pourrait-on dire… :

« Récemment notre webmagazine a publié un article intitulé « Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou socialisme ? » générant une grande confusion reflétée par les interventions qui se sont confrontées venant de différents horizons de la gauche éclectique. »

Que ce soit clair : personne à TML n’a sollicité M. Bibeau pour la republication de notre article sur son blog, et s’il n’avait pas voulu lui-même y introduire une prétendue « grande confusion », il n’avait qu’à s’en abstenir, mais là encore, la manipulation est donc évidente, et la « reprise » indirecte, d’ailleurs, d’après d’autres republications qui n’avaient, quant à elles, rien de « confus » !!

Ce qui est « confus », en réalité, c’est le « globi-boulga » que M. Bibeau fait pour déformer le propos de l’ article, et notamment en utilisant des bouts de phrases appartenant à deux passages très différents du texte pour fabriquer une pseudo- »citation » qui lui aurait prétend-t-il « mis la puce à l’oreille » !!

Il est évident qu’un état ne peut être indépendant que s’il contrôle complètement sa propre monnaie. Même si ce n’est pas non plus le seul critère d’indépendance, tout aussi évidemment.

Le contrôle de la création monétaire implique de contrôler les banques, c’est à dire, en pratique, de les nationaliser.

Mais cela ne suffit encore pas à déterminer la nature sociale ou non de la politique suivie, des choix de gestion.

(…)

C’est l’élaboration démocratique du plan, avec la participation de tous, qui fait la différence entre socialisme réel, démocratique prolétarien, et pouvoir bureaucratique, régénérateur de capitalisme.”

Ce que M. Bibeau a “coupé” par ses “trois petits points entre parenthèse”, c’est tous simplement le corps de l’article, qui explique la différence entre capitalisme et socialisme, que ce Tartuffe “ne saurait voir”, tout comme son mentor moliéresque…

Ce socialisme qui vise à faire correspondre, de manière nécessairement planifiée, la production aux besoins sociaux et aux besoins vitaux réels de sa population. »

Escamotage qui lui permet d’étaler son confusionnisme grossier entre prétendue “planification capitaliste”, généralement inexistante, et de toute façons, le cas échéant, réalisée en fonction du marché et non des besoins sociaux, à la mode trotskyste/khrouchtchévienne et/ou “à la chinoise”, avec les résultats que l’on connait, mais que Bibeau fourre dans son “globi-boulga” “socialiste-fasciste-capitaliste”, etc…

En fin de compte il semble donc que l’idée même de planification lui fasse horreur, y compris et surtout si cette planification est démocratique, comme il nous le reproche précisément dans la “citation” qui lui a “mis la puce à l’oreille”… :

« C’est l’élaboration démocratique du plan, avec la participation de tous, qui fait la différence entre socialisme réel, démocratique prolétarien, et pouvoir bureaucratique, régénérateur de capitalisme.”

Surtout que la suite du texte précisait :

 « Avec les moyens modernes de communication et d’échange, à l’ère de l’internet, une élaboration interactive et démocratique du plan, faisant correspondre besoins sociaux et production, c’est devenu tout à fait possible.”

Une autre puce dans l’œil lui aura sans doute empêché de voir ce passage, parmi d’autres qu’il n’a pas su lire ni comprendre.

Mais sa non-lecture et/ou sa mauvaise foi n’ont pas de limites et il va jusqu’à nous prêter une opinion que nous avions précisément critiqué dans l’article suivant sur le sujet et qu’il mentionne même dans ses notes !

« …au delà de la cohérence qui s’impose, ce point de vue, considéré de façon univoque, implique que la politique économique n’a pas de possibilité réelle d’influer sur la fonction et le rôle économique de la monnaie, mais lui est au contraire totalement inféodée.

Par contre, elle vise à suggérer qu’un simple choix de politique monétaire différent pourrait ouvrir des possibilités économiques autrement inexistantes par elles mêmes, du point de vue des forces productives, et pourrait amener, par ce simple choix, un nouveau type de développement économique, éventuellement à tendance plus « sociale »…

C’est ce qui nous a été fortement suggéré, à l’occasion des « primaires de gauche », avec la « victoire » de Benoit Hamon, bâtie sur le mythe du « Revenu Universel »… Mythe étrangement sponsorisé par d’importants lobbys médiatiques, pour en arriver à ce résultat. »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/17/une-monnaie-reellement-socialiste-sera-t-elle-forcement-devalorisee/

Alors que M. Bibeau n’hésite pas à mentir au point de renverser l’ensemble de notre propos par cette affirmation :

« Les allégations de l’auteur suggèrent que le simple choix d’une politique monétaire qualifiée de « socialiste » c’est-à-dire prétendument indépendante, nationaliste et planificatrice, pourrait ouvrir des possibilités économiques autrement inexistantes dans un mode de production sans planification nationale populiste. Ceci revient à prétendre que le développement des moyens de production et des forces productives sociales, sont déterminées par les rapports sociaux de production, ou encore que les instances politique, gouvernementale et idéologique déterminent l’instance économique et l’ensemble du mode de production.”

Alors que tout l’article démontre précisément que c’est le développement équilibré (et donc planifié…) d’une économie socialiste prolétarienne qui implique une politique monétaire indépendante, qui en en est en quelque sorte une conséquence naturelle et non une cause première…!

Mais M. Bibeau préfère se gratter les puces en rêvant d’une prétendue “révolution mondiale” d’un seul élan, tout à fait introuvable en raison même des inégalités de développement qu’il se trouve obligé de nier, en réalité.

Un avantage de la mondialisation, toutefois : tous les traitements anti-puces de la planète sont à portée de main en quelques clics. Nous lui souhaitons bon courage dans sa recherche…

Luniterre

Articles de TML sur le sujet :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/11/monnaie-monnaie-capitalisme-ou-socialisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/17/une-monnaie-reellement-socialiste-sera-t-elle-forcement-devalorisee/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/14/monnaie-monnaie-quelques-elements-nouveaux-au-debat-sur-agoravox-et-vlr-mai-68/

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Soutien à Nadine : Déjà plus de 53 000 Signatures

Soutien à Nadine conductrice du car

(Drame de Millas)

Déjà plus de 53 000 Signatures

 

La pétition, déjà à plus de 53 000 signatures, continue de circuler en solidarité avec Nadine, conductrice du car scolaire accidenté à Millas, et accusée, à tort selon plusieurs témoignages, d’être responsable de cet accident qui a coûté la vie à 6 enfants et en a blessé dix sept autres.

Adressée à justice française

Soutien à Nadine conductrice du car (Drame de Millas)

https://www.change.org/p/justice-fran%C3%A7aise-soutien-%C3%A0-nadine-conductrice-du-car-drame-de-millas

« Soutient à Nadine conductrice du car de Millas accusée à tort par l´état Français ! Plusieurs témoignages d’habitant de Millas et ses alentours ont affirmé que les barrières dysfonctionnaient par moment! Merci de partager au maximum 

SNCF = ÉTAT ( a ne pas oublier ) 

Enorme soutient aux familles des victimes 

reposez en paix petit ange � »

Cette pétition sera remise à:

  • justice française

https://www.change.org/p/justice-fran%C3%A7aise-soutien-%C3%A0-nadine-conductrice-du-car-drame-de-millas

 

 

 

 

http://mai68.org/spip2/IMG/pdf/SNCF_Samedi-16decembre2017_21h30_Salses-le-Chateau.pdf

 

CI-DESSUS, UN EXEMPLE DE DÉFAILLANCE DE FONCTIONNEMENT D’UN PASSAGE A NIVEAU, RELEVÉ LE SOIR MÊME DU DRAME, A SALSES-LE-CHATEAU. CI-DESSOUS, D’AUTRES INFOS SUR LE SUJET:

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/pyrenees-orientales/perpignan/drame-millas-avocate-familles-demande-que-soient-rapidement-effectuees-expertises-1392211.html

(…)jeudi 27 décembre, l’avocate de certaines familles de victimes de l’accident de Millas a réclamé que les expertises sur le fonctionnement du passage à niveau, où la collision entre un car scolaire et un train a fait six morts et plusieurs blessés le 14 décembre, commencent rapidement.

« Le magistrat instructeur a demandé des expertises, mais pour l’instant aucune n’a été faite », a indiqué Me Jehanne Collard à l’AFP.

« Il s’agit de vérifier si le feu était allumé et si le signal sonore a fonctionné. Il faut que ces expertises soient effectuées très rapidement », a-t-elle expliqué.

Une troisième famille s’est jointe jeudi à la constitution de partie civile, a précisé Me Collard.

La conductrice du car scolaire a été mise en examen le 20 décembre pour « homicides et blessures involontaires par imprudence » et placée sous contrôle judiciaire, avec notamment l’interdiction de conduire.

Versions contradictoires


Elle a toujours assuré avoir vu les barrières du passage à niveau levées.

Sa version contredit les premières « constatations matérielles » dont avait fait état le procureur de Marseille et qui allaient « plutôt dans le sens d’une barrière (du passage à niveau) fermée », tout comme les témoignages du conducteur du TER et des chauffeurs des véhicules qui se trouvaient de l’autre côté de la voie.

La conductrice affirme que le feu et la sonnerie ne fonctionnaient pas au moment où elle est passée.

« C’est possible, d’où l’importance des résultats de l’expertise », selon Me Jehanne Collard, estimant que si c’est le cas, cela met « en cause aussi la SNCF ».

Lancée il y a sept jours, une pétition en soutien à la conductrice était sur le point

de rassembler 50.000 signatures jeudi à 15 h. »

NDLR: ACTUELLEMENT PLUS DE 53 000 DÉJÀ

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/accident-bus-millas-position-barrieres-au-centre-enquete-1386757.html

(…)La conductrice du car scolaire, percuté jeudi par un TER à Millas, dans les Pyrénées-Orientales, a été entendue par les enquêteurs ce samedi. Elle réaffirme au procureur, après que son patron nous l’ai confié, que les barrières du passage à niveau étaient levées au moment de l’accident.

D’autres témoignages vont dans ce sens, notamment ceux de deux collégiennes, présentes dans le car situé derrière celui accidenté.

« Elle a subi un choc terrible. Ma fille (ndlr ma petite fille) ne veut pas aller à l’école, alors qu’elle aime bien l’école. Elle m’a dit ce qu’il s’est passé. La barrière ne s’est pas refermée, elle est restée ouverte. Les clignotants rouges qui s’allument normalement ne se sont pas allumés. », racontait jeudi soir, Mme Cargol, la grand-mère de l’une des victimes.

Samedi matin, une collégienne affirmait devant les caméras de France 3 que les barrières ne s’étaient pas baissées au moment de l’accident. « On a vu le train arriver, mais les barrières ne se sont pas baissées, il n’y avait pas de feux clignotants, c’est là que le train et l’autocar se sont percutés. Ça a fait un gros bruit. »

 

https://www.change.org/p/justice-fran%C3%A7aise-soutien-%C3%A0-nadine-conductrice-du-car-drame-de-millas

« Robotisation » et « fake-capitalism », le débat continue…

 

 

 

« Robotisation » et « fake-capitalism »,

le débat continue…

 

Les aléas de l’IA,

 

de Marx à « Terminator »,

 

en passant par Benoît Hamon…

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/26/les-aleas-de-lia-de-marx-a-terminator-en-passant-par-benoit-hamon/

 

 

 

Effondrement du Rana Plaza : plus de 1000 prolétaires assassinés sur l’autel de la « rentabilité »

 

 

Sans théorie révolutionnaire, il ne peut pas y avoir de mouvement révolutionnaire.

V. I. Lénine

 

 

Millas: la vérité sortirait-elle de la bouche des enfants?

MILLAS :

La vérité sortirait-elle

de la bouche des enfants ?

 

https://embedftv-a.akamaihd.net/34fa38dd9ea10f1a6b47d3a28f659d10

https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/accident/accident-de-car-dans-les-pyrenees-orientales/accident-de-millas-une-collegienne-temoigne-de-la-collision_2518087.html

Clarisse était à bord du bus qui suivait celui qui a été fauché par un TER jeudi 14 décembre à Millas (Pyrénées-Orientales) et a donc assisté à l’accident. « On sortait du bus et c’est là qu’on a vu que le train arrivait, les barrières ne se sont pas baissées, il n’y avait pas de feu clignotant et le train a percuté le bus. Ca a fait un gros bruit. » C’est justement la question des barrières qui est au cœur de l’enquête. Lors d’une conférence de presse donnée vendredi 15 décembre, le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, a expliqué que de nombreux témoignages évoquaient des barrières fermées.

« On était très choqué »

Clarisse a tout de suite compris ce qu’il s’était passé. « On était très choqué et puis, quand on a vu nos camarades de classe, on a pleuré parce qu’ils étaient tous ensemble. Je me sens toujours triste », explique la collégienne. Clarisse connaissait des gens qui étaient dans le bus, elle a eu des nouvelles de certains de ses camarades, et d’autres non.

 

Voir aussi:

https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/accident/accident-de-car-dans-les-pyrenees-orientales/elle-etait-tres-protectrice-avec-les-enfants-apres-l-accident-de-millas-le-desarroi-de-ceux-qui-cotoyaient-la-conductrice-du-bus_2527125.html

Une pétition, déjà à plus de 34 000 signatures, circule en solidarité avec Nadine, conductrice du car scolaire accidenté à Millas, et accusée, à tort selon plusieurs témoignages, d’être responsable de cet accident qui a coûté la vie à 6 enfants et en a blessé dix sept autres.

Adressée à justice française

Soutien à Nadine conductrice du car (Drame de Millas)

https://www.change.org/p/justice-fran%C3%A7aise-soutien-%C3%A0-nadine-conductrice-du-car-drame-de-millas

« Soutient à Nadine conductrice du car de Millas accusée à tort par l´état Français ! Plusieurs témoignages d’habitant de Millas et ses alentours ont affirmé que les barrières dysfonctionnaient par moment! Merci de partager au maximum 

SNCF = ÉTAT ( a ne pas oublier ) 

Enorme soutient aux familles des victimes 

reposez en paix petit ange � »

Cette pétition sera remise à:

  • justice française

https://www.change.org/p/justice-fran%C3%A7aise-soutien-%C3%A0-nadine-conductrice-du-car-drame-de-millas

Les aléas de l’IA, de Marx à « Terminator », en passant par Benoît Hamon…

 

Les aléas de l’IA,

 

 

de Marx à « Terminator »,

 

 

en passant

 

par Benoît Hamon…

 

 

 

 

Suite à la publication sur AgoraVox , par le camarade WH, du site « Les prolétaires de fer », d’un article important concernant l’impact de l’Intelligence Artificielle et de la robotique sur l’évolution du capitalisme, s’en est suivi un échange de correspondance sur cette question de fond, que nous republions ici.

« Les robots et la révolution

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/les-robots-et-la-revolution-199948

 

Employés de service, ingénieurs, médecins, professions du droit, fonctionnaires de l’administration, etc. peuvent tous être remplacés par des machines. Même les métiers (…)

2433 visites 23 déc. 2017 | 56 réactions | proletaire-de-fer   + Partager

 

NDLR: l’ensemble du débat est maintenant également en ligne sur le site du camarade WH, sous le titre:

Robots, IA,Taux de profit zéro : vers une singularité économique ?

http://proletaire.altervista.org/marxisme/textes/robots-IA.php

 

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Bonjour, camarade

 

Ton article est en fait paru avant que je ne trouve ton message, néanmoins, ce fut donc l’occasion de me pencher sur ce sujet, que je connaissais mal, de toutes façons.

Un premier tour d’horizon rapide m’a néanmoins mené à un article assez remarquable, qui a commencé à nourrir ma réflexion, en complément du tien :

https://medium.com/@MichaelMcBride/did-karl-marx-predict-artificial-intelligence-170-years-ago-4fd7c23505ef

Dans cet article, les citations de Marx sont tirées des « Grundrisse ».

https://www.marxists.org/archive/marx/works/download/Marx_Grundrisse.pdf

https://www.marxists.org/archive/marx/works/1857/grundrisse/index.htm

Elles semblent indiquer que si Marx voyait bien une possibilité que les machines accèdent à une sorte de conscience et deviennent donc des « robots » au sens étymologique du terme, il ne considérait pas néanmoins cette conscience comme une forme de conscience indépendante de l’humanité.

Si l’on s’en tient à cette ligne d’horizon, la possibilité de passer du socialisme (phase économique de transition) au communisme reste une possibilité envisageable.

Toutefois, dans l’optique des recherches actuelles, si l’on te suit bien, il apparaît que cette ligne puisse être dépassée, car une machine complexe, en réseau, capable de se réparer, de se reproduire en version « améliorée » et capable de définition de ses propres buts, cela dépasse largement cette ligne et pose ce type de machine comme un saut dans l’évolution que nous aurions créé nous-même, mais qui nous dépasserait largement par ses capacités et même par son degré d’autonomie comme entité indépendante, y compris dans ses buts et motivations. Une forme de vie « artificielle » au départ, mais devenant éventuellement concurrente, à terme.

Peut-on maintenir l’IA durablement dans la dépendance et au service de l’humanité, telle est la question, semble-t-il, au delà de cette ligne d’horizon…

Tant que l’on reste en deçà, la baisse tendancielle du taux de profit règle l’évolution des conflits politiques et sociaux, et notamment l’évolution de la crise actuelle.

Toutefois, le communisme n’est donc pas une issue « automatique » en quelque sorte, et les classes dominantes peuvent aussi anticiper et chercher à se prolonger à travers un autre mode de domination, par un contrôle totalement monopoliste des circuits de production, de distribution, de communication, etc… Au sens strict du terme, excluant toute notion de concurrence entre groupes sur un même secteur d’activité, induisant donc un simulacre de capitalisme reposant sur une monnaie de singe type « revenu universel » et qui pourrait paraître comme une continuation « raisonnable » du système failli…

Un type de société qui est déjà en partie « dans les tuyaux », par bien des aspects…

Mais cela suppose encore le maintien du contrôle des machines « robotisées » et autres par les classes dominantes.

Par contre, leur autonomisation totale en tant qu’entités « robotisées », au sens étymologique, ne travaillant que pour elles-mêmes, c’est un facteur qui, par définition, échappe à notre prospective et renvoie à des situations dignes de scénarios de science-fiction, et très conflictuelles, inévitablement. L’accès aux ressources naturelles les plus limitées étant l’enjeu, in fine.

L’idée d’une orientation du développement technologique au service collectif de l’humanité, par antithèse avec les pratiques actuelles, est peut-être un enjeu politique à mettre en avant, en conclusion provisoire de cette première approche du sujet.

Qu’en penses-tu ?

Amicalement,

Luniterre

 

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Bonjour camarade,

L’article du lien que tu m’as envoyé est très intéressant, je ne connaissais pas ces citations de Marx, qui confirment bien l’intérêt de lire Marx aujourd’hui. Je vais donc chercher un peu d’autres citations de Marx dans les liens que tu m’as donnés pour voir ce qu’il a pu dire d’intéressant sur ce sujet. Reste à bien comprendre ce qu’il essayait de dire.

Il explique que les machines tendent vers l’intelligence. On sait que Marx suivait les évolutions technologiques de son époque, il a pu constater que les machines au cours de l’histoire étaient passées des outils primitifs à des machines de plus en plus complexes. En prolongeant virtuellement cette tendance, il était possible de prévoir l’apparition d’intelligences artificielles. Mais le fait qu’il l’ait écrit il y a un certain temps renforce évidemment le prestige du marxisme…

Et ces citations devraient être mises en avant afin de répondre aux fossoyeurs du marxisme, qui prévoient régulièrement son enterrement depuis plus d’un siècle, en vain évidemment.

Sur la question de savoir si finalement la machine va se retourner contre l’homme, je pense que cela relève d’une forme de mythe populaire. C’est cet éternel problème du créateur qui voit sa machine se retourner contre lui. C’était aussi la dialectique du maître et de l’esclave chez Hegel.

Mais il faut se souvenir que dans cette dialectique (que reprend Marx en fait), c’est la nature de l’homme qui pousse l’esclave à se révolter.

« La classe possédante et la classe prolétaire représentent la même aliénation humaine. Mais la première se sent à son aise dans cette aliénation; elle y trouve une confirmation, elle reconnaît dans cette aliénation de soi sa propre puissance, et possède en elle l’apparence d’une existence humaine; la seconde se sent anéantie dans cette aliénation, y voit son impuissance et la réalité d’une existence inhumaine. Elle est, pour employer une expression de Hegel, dans l’avilissement, la révolte contre cet avilissement, révolte à laquelle la pousse nécessairement la contradiction qui oppose sa nature [souligné par Marx] humaine à sa situation dans la vie, qui constitue la négation franche, catégorique, totale de cette nature. »

Karl Marx, La sainte famille, 1844
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900i.htm

Les machines ont une nature fondamentalement différente de celle des êtres vivants, elles ne sont pas le produit de la lutte pour l’existence entre espèces et de la sélection naturelle, elles n’ont donc pas d’instinct de survie et donc n’ont aucune raison non plus de mener une guerre à l’humanité. Le fait que les machines aient des capacités qui se rapprochent voire dépassent celles des hommes nous fait oublier qu’elles ne sont pas des êtres vivants et nous pousse à transposer sans réfléchir toutes les catégories de la vie sur les machines, d’où ces inquiétudes.

La réflexion sur les machines nous oblige à réfléchir en même temps à ce qu’est l’homme et la vie telle qu’on la connaît, qui est soumise contrairement aux machines aux lois décrites par Darwin dans L’origine des espèces.

Peut-être qu’il pourrait exister à terme une véritable vie artificielle qui, par auto-réplication, entrerait elle aussi dans la compétition pour la survie, avant tout contre les autres machines !
Mais je n’y crois pas car à vrai dire les machines contrairement à la vie apparaissent directement avec une intelligence, et même probablement très supérieure à celle de l’homme. Qui dit intelligence dit la possibilité de produire de façon si optimisée et avec un tel recyclage qu’aucun problème de ressources ne se poserait, et que de toute façon ces ressources pousseraient plutôt les machines à aller dans l’espace qu’à chercher chez les humains…

Il ne faut pas oublier que le processus de production consomme de moins en moins de ressources, que l’énergie elle-même deviendra de plus en plus abondante (avec la fusion nucléaire) et que les ressources aussi le seront (avec le minage d’astéroïdes (     https://www.challenges.fr/challenges-soir/des-mines-sur-les-asteroides-c-est-peut-etre-pour-bientot_20388 ). A ce sujet, la robotique ouvre de grandes possibilités pour la conquête spatiale.

Il faut bien voir que la lutte pour l’existence de Darwin suppose la rareté des ressources, qui entraîne la concurrence et donc toute l’évolution pour s’armer contre les autres formes de vie afin de s’accaparer les moyens de survie.

Les machines précisément ont été crées pour accroître notre production et mettre fin à la rareté. Elles seront donc suffisamment intelligentes et productives pour se passer de lutte pour la survie, ce qui exclut donc en théorie tout processus comparable à la vie telle qu’on la connaît.

Je suis personnellement très optimiste sur le sort de l’humanité, et je ne peux m’empêcher de constater que tous ceux qui crient au danger sur les IA sont souvent des capitalistes. Ce qui est certain est que les IA condamnent le capitalisme. Donc on comprend pourquoi ils les craignent.

Qui dit fin du capitalisme ne dit pas automatiquement communisme.

Tu dis en effet :

« Toutefois, le communisme n’est donc pas une issue « automatique » en quelque sorte, et les classes dominantes peuvent aussi anticiper et chercher à se prolonger à travers un autre mode de domination, par un contrôle totalement monopoliste des circuits de production, de distribution, de communication, etc… Au sens strict du terme,excluant toute notion de concurrence entre groupes sur un même secteur d’activité, induisant donc un simulacre de capitalisme reposant sur une monnaie de singe type « revenu universel » et qui pourrait paraître comme une continuation « raisonnable » du système failli… « 

Marx prédisait qu’avec les machines le chômage serait important ce qui provoquerait la révolution.

Cependant en attendant d’en arriver à un tel développement des machines, ta théorie semble pouvoir être un stade intermédiaire.

Cette théorie est intéressante, et permet de réfléchir aux éventuelles évolutions que le capitalisme pourrait réaliser pour continuer à survivre. Comme je n’ai pas de réponse toute faite, tu m’excuseras si je cite quelques passages un peu longs des classiques du marxisme.

Ici, il est question en fait d’un monopole unique. Jusque là en effet, la production tendait à être rationalisée à l’intérieur d’une entreprise, tout en étant à l’extérieur, sous le jeu de lac oncurrence, et donc des lois du capitalisme, comme l’expliquait Marx :

« La société tout entière a cela de commun avec l’intérieur d’un atelier, qu’elle aussi a sa division du travail. Si l’on prenait pour modèle la division du travail dans un atelier moderne, pour en faire l’application à une société entière, la société la mieux organisée pour la production des richesses serait incontestablement celle qui n’aurait qu’un seul entrepreneur en chef, distribuant la besogne selon une règle arrêtée d’avance aux divers membres de la communauté. Mais il n’en est point ainsi. Tandis que dans l’intérieur de l’atelier moderne la division du travail est minutieusement réglée par l’autorité de l’entrepreneur, la société moderne n’a d’autre règle, d’autre autorité, pour distribuer le travail, que la libre concurrence. »

Karl Marx, Misère de la philosophie, 1847
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/06/km18470615h.htm

Et jusque là, on associait effectivement au socialisme cette idée d’un monopole unique, avec une planification centralisée, là où l’impérialisme se limite à des monopoles en concurrence entre eux, avec chacun leur propre planification, comme l’expliquait Lénine :

« Naturellement, les trusts n’ont jamais donné, ne donnent pas jusqu’à présent, ni ne peuvent donner une planification intégrale. Ils introduisent pourtant une planification; les magnats du Capital escomptent par avance le volume de la production à l’échelle nationale ou même internationale et règlent cette production d’après un plan, mais nous restons cependant en régime capitaliste, dans une nouvelle phase, certes, mais indéniablement en régime capitaliste. « 

Lénine, L’état et la révolution, 1917
https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er4.htm

Pourtant dans sa critique de la théorie de l’ultra-impérialisme de Kautsky, il reconnaît cependant que le capitalisme tend bien vers un monopole unique:

« Si, par point de vue purement économique, on entend une « pure » abstraction, tout ce qu’on peut dire se ramène à la thèse que voici : le développement se fait dans le sens des monopoles et, par conséquent, dans celui d’un monopole universel, d’un trust mondial unique. »

Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1915
https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp7.htm

Ce serait donc une sorte d’impérialisme unique avec une classe exploiteuse presque féodale en fait, une sorte d’oligarchie unique à la tête d’une économie centralisée.

Engels avait déjà envisagé cette possibilité, mais soulignant qu’elle ne serait pas viable très longtemps :

« C’est cette réaction des forces productives en puissante croissance contre leur qualité de capital, c’est cette nécessité grandissante où l’on est de reconnaître leur nature sociale, qui obligent la classe des capitalistes elle même à les traiter de plus en plus. dans la mesure tout au moins où c’est en général possible à l’intérieur du rapport capitaliste, comme des forces de production sociales.

(…) Dans les trusts, la libre concurrence se convertit en monopole, la production sans plan de la société capitaliste capitule devant la production planifiée de la société socialiste qui s’approche. Tout d’abord, certes, pour le plus grand bien des capitalistes. Mais, ici, l’exploitation devient si palpable qu’il faut qu’elle s’effondre. Pas un peuple ne supporterait une production dirigée par des trusts, une exploitation à ce point cynique de l’ensemble par une petite bande d’encaisseurs de coupons. »

Friedrich Engels, Socialisme utopique ou socialisme scientifique, 1872
https://www.marxists.org/francais/marx/80-utopi/utopi-3.htm

Mais l’expérience historique nous permet aussi de vérifier si un monopole unique est possible. En URSS, le rétablissement du capitalisme a montré que le capitalisme contient semble-t-il une force centrifuge qui ne tolère pas la planification centralisée (voire précisément la réforme de 1957 qui met fin en pratique à la planification centralisée en URSS en créant des sortes de bureaucraties économiques locales en concurrence).

Il y a dans l’autre sens, l’expérience du Japon actuellement, dont la banque centrale est propriétaire d’un nombre important d’actions. Cela semble rejoindre ta théorie selon laquelle les capitalistes pourraient finir par faire une sorte de monopole unique qui tienne avec de la monnaie de singe ou une autre solution. Reste que ça n’empêche pas l’économie japonaise de sombrer lentement (la chute de la démographie dissimule le chômage). Et surtout une telle solution ne serait viable visiblement qu’à l’échelle mondiale avec une monnaie unique, car si un pays fait trop de monnaie de singe, le cours de sa monnaie peut s’en faire ressentir (voir le Vénézuela, pour d’autres raisons), sauf les Etats-Unis qui peuvent se le permettre avec leur armée, mais pour combien de temps encore ?

Finalement, dans les conditions actuelles, l’ultra-impérialisme semble être irréaliste. Mais dans quelques années, dans un nouveau contexte après une phase de crise et peut-être de guerre.

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« L’idée d’une orientation du développement technologique au service collectif de l’humanité, par antithèse avec les pratiques actuelles, est peut-être un enjeu politique à mettre en avant, en conclusion provisoire de cette première approche du sujet. « 

Le sujet est tellement complexe qu’il est difficile de terminer par une conclusion définitive. A la croisée de la technique, de l’économie, de la politique, de la biologie, de la philosophie peut-être aussi, il y a une vaste réflexion à poursuivre, c’est un sujet qui intéresse beaucoup d’ailleurs, et nous avons notre mot à dire, face à ces illusions de « revenu universel ».

Je pense que nous pourrions poursuivre également ta réflexion sur l’économie planifiée et la loi de la valeur sous le socialisme, avec les nouvelles technologies comme tu le dis. Nous devrions faire un texte en commun sur ce sujet, à partir à la fois de la critique du programme de Gotha de Marx, l’expérience soviétique (tu avais cité le point de vue de Staline dans Les problèmes économiques du socialisme en URSS dans un de tes articles mais il y a aussi Cinq conversations avec les économistes soviétiques ( http://www.communisme-bolchevisme.net/download/Staline_Cinq_conversations_avec_les_economistes.pdf ), et enfin les possibilités actuelles (avec internet, les super ordinateurs, etc.). Avec pour finir éventuellement une critique du « revenu universel » que tu avais commencée il me semble pendant les élections.

Un texte commun (sous forme de contribution respective, ou de dialogue), donnerait une force importante. Et tu peux si tu le souhaites publier cet échange par mail, qui à mon avis intéressera certainement d’autres gens que nous.

A bientôt.

WH

 

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Bonjour, camarade

Pour résumer la situation en gestation, il y a deux plans parallèles d’évolution sociétale, mais qui se croisent évidemment de manière dialectique.

L’IA et l’automatisation de tous les procès de production, et même des services et de l’ingénierie sont liés, et le problème de l’autonomisation de l’IA et de son rapport global avec l’humanité vient se greffer en quelque sorte « naturellement » dessus, comme un aspect incontournable de l’évolution.

Pour simplifier, nous devons considérer chacun de ces aspects dans leurs conséquences spécifiques avant de pouvoir comprendre leur interaction.

En premier lieu, nous devons conserver à l’esprit que l’influence de l’automatisation possède sa propre limite dans le cadre du développement capitaliste.

Arrivée à un stade de généralisation suffisante, elle supprime carrément la possibilité de valorisation du capital par le procès de production. (taux de profit devenu égal à zéro)

Et donc le « capital », qui n’en est plus vraiment, ne peut survivre que de manière totalement « fictive », alors qu’il est déjà depuis longtemps en grande partie « fictif » dans la sphère financière.

Il ne représentera plus, à terme, que de manière très formelle la domination de classe des « possédants » qui ne posséderont plus eux-même les moyens de production et les divers leviers de l’économie qu’à travers des titres de propriétés purement formels et pratiquement devenus sans aucune valeur réelle…

Néanmoins, il paraît douteux qu’ils s’en dessaisissent spontanément au profit d’une organisation à but social collectif, les ramenant au niveau hiérarchique du commun…

Il y a donc tout lieux de penser qu’à travers leurs différents « think tanks » et autres lobbys manipulatoires ils tentent d’ores et déjà d’anticiper et de préparer des stratégies « alternatives » pour maintenir leur domination.

C’est dans cette optique qu’il faut très certainement reconsidérer le développement des lobbys divers menant campagne pour le « revenu universel » et autres projets du même genre. En fait, il apparaissait clairement que leur motivation était et est encore la prétendue « raréfaction du travail », causée par la robotisation et l’apparition de l’IA…

Y-a-t-il ou non « raréfaction du travail », et à quelle échelle ?

C’est, en réalité, un faux problème. Tant que l’automatisation ne sera pas généralisée il y aura possibilité de valoriser le capital par le procès de production et il y aura donc des salariés, des inégalités salariales à plusieurs niveaux, et notamment entre pays, et des « armées de chômeurs » de plus en plus importantes pour faire pression sur le niveau des salaires et maintenir un reste de « rentabilité ».

Mais comme cette « rentabilité » tend à devenir dérisoire et même à disparaître totalement, à terme, il y a lieu, pour les « possédants » de maintenir les prix à un niveau artificiellement élevé, qui ne peut être obtenu que par une disparition de l’effet de concurrence inhérent au capitalisme supposé « libéral »… Il s’agit donc d’une entente de fait sur ce niveau des prix, induisant un monopolisme total en pratique, sinon formalisé.

Cela n’exclut pas le maintient formel d’une pseudo- « concurrence » d’ordre purement « spectaculaire », aussi bien au sens littéral que plus fondamentalement « debordien »…

En un sens ce « fake-capitalism » serait l’aboutissement du concept même de « société du spectacle ».

Cependant elle ne serait plus « spectaculaire marchande » qu’au sens d’un gigantesque « jeu de monopoly » entièrement biaisé, via le « revenu universel », qui distribue largement une véritable monnaie de singes aux participants « de base » pour la leur reprendre systématiquement au nom des « titres de propriétés » des possédants, devenus tout à fait fictifs, eux aussi, faute de la moindre rentabilité réelle, mais qui ne seront évidemment pas remis en cause… et encore moins réellement, en jeu…

Ce « fake-capitalism » probablement déjà en gestation dans certains tuyaux particuliers n’est pas non plus un réel « impérialisme » ni « super-impérialisme », car il n’a plus aucune marge de valorisation réelle liée à l’inégalité entre pays, du fait de l’automatisation qui égalise les coûts de production et annule le taux de profit réel.

Il s’agit d’un « capitalisme » monopoliste bureaucratique, mais qui est devenu, fondamentalement, un « fake-capitalism », reposant entièrement sur une dictature bureaucratique déguisée en démocratie et s’appuyant sur l’utilisation imposée d’une monnaie fictive.

Il ne s’agit pas ici de faire une prospective absolument affirmative, mais de comprendre l’une des tendances « alternatives » qui se dessinent, face à la crise, au sein du système.

Entre cette situation apparemment « extrême » et notre situation actuelle il y a évidemment toute une gamme de situations intermédiaires possibles, et certainement, d’autres alternatives encore, dont certaines que l’on espère meilleures et pour lesquelles on souhaiterait pouvoir œuvrer utilement. Encore faut-il pouvoir les déterminer clairement.

Si l’on reconsidère les différentes phases du projet « RU-Hamon », on est en droit de penser que ses différentes présentations, au delà de leurs maladresses intrinsèques, sont autant de tentatives différentes de trouver un compromis avec les procédés actuels de tentatives de résolution de la crise.

Les véritables promoteurs de ce système d’ « assistanat social » en sont en fait à tenter de prendre quelques longueurs d’avance sur la faillite du système actuel et à se poser en roue de secours incontournable, dans l’espoir d’être aux meilleures places pour contrôler les tuyaux et manettes du « fake capitalism » appelé à succéder au « vrai » déjà potentiellement failli.

Ce qui rend leur entreprise hasardeuse, c’est le « juste » dosage nécessaire à la transition de l’une à l’autre de ces deux formes de domination de classe.

La « solution » actuelle et provisoire à la crise repose déjà sur l’injection massive de « fausse monnaie » via les QE, les DTS et autres subterfuges de la finance mondialisée.

La faible reprise qui se manifeste actuellement nécessiterait plutôt le retrait d’une partie importante de ce surplus monétaire, pour éviter un dérapage éventuel d’une inflation hors de contrôle, plutôt qu’une injection nouvelle de « fausse monnaie », même à objectif « social » et de prétendue relance de de la consommation.

Hamon et sa « caravane du RU » sont passés déjà trop tard par rapport à la crise de 2008, ou trop tôt, par rapport à l’échéance inévitable de la baisse du taux de profit. Il fallait donc, dans l’instant, pouvoir financer l’une ou l’autre de ses « solutions RU » avec du véritable argent, ponctionné par voie fiscale, sur ce qui reste de l’économie réelle et sur la vie des ménages…

Autrement dit, le remède s’avérait pire que le mal et tout à fait apte à tuer dans l’oeuf la faible relance en vue, d’une manière ou d’une autre…

Mais loin d’abdiquer, Hamon se replace dans cette course à l’échalote et attend son heure… D’autres sont déjà depuis longtemps dans les « starting-blocks », comme Bernard Friot et son « salaire à vie », un « fake-salary » pour un « fake-capitalism »…

En pratique, tant que le capitalisme financier arrivera à survivre en parasite du capital industriel productif et commercial, en parasite, également, des nouvelles entreprises de services, il n’abandonnera pas la proie pour l’ombre et se contentera de sauvegarder ses marges bénéficiaires par tous les moyens, y compris par des ententes aujourd’hui encore formellement « illicites » sur les prix… mais qui le seront de moins en moins, au fil des nécessités…

Quand ces « ententes » auront suffisamment de contrôle sur ce qui était supposé être un « marché libre », alors des solutions telles que le RU trouveront « naturellement » leur place au sein du « fake capitalism » en voie de formation et reposant sur une monnaie de singe.

Mais cela montre aussi que le capitalisme en faillite, s’il supprime définitivement la fiction du marché libre, n’en supprime pas pour autant la lutte acharnée entre cliques et clans diverses pour s’approprier le contrôle des restes…

Cette course à l’échalote est en quelque sorte le pendant « post-mortem » de ce qu’était l’ « accumulation primitive » à l’aube du capitalisme moderne…

Parmi les objectifs de cette course, le développement et le contrôle de l’IA figure en très bonne place, sinon la toute première, un fine. Mais c’est un objectif qui n’est pas à la portée des « petits-joueurs », et on comprend pourquoi une entreprise comme Google, qui a déjà le contrôle d’une bonne partie des « tuyaux » du système, s’y investit au maximum et tente de prendre de l’avance dans ce domaine.

De nombreux autres concurrents sont également dans les « starting-blocks » dans ce domaine et on ne voit pas qu’aucune « barrière éthique » puisse sérieusement y être mise…

IA + robotique + monnaie de singe, telle est l’une des recettes de l’avenir pour « sortir de la crise » tout en sauvegardant l’ « essentiel » du système, sa domination de classe, métamorphosée en féodalité bureaucratique monopoliste.

L’une des autres solutions, mais malheureusement pas incompatible, c’est le développement de l’état de guerre larvée actuelle et même son extension, en vue d’accroître les possibilités de « reconstruction » post-conflits, dans un cycle, déjà classique, de pourrissement de l’impérialisme, qui deviendrait aussi progressivement une sorte de « fake-imperialism », de par le fait, mais un « fake » qui tue, massacre et détruit tout pour de vrai, néanmoins… ! Un moyen de plus de conserver « sous contrôle » des populations toujours aussi systématiquement paupérisées et «généreusement secourues » par l’assistanat en monnaie de singe…

Dans cette prospective de fin d’un monde la possibilité que l’IA devienne une entité en soi et pour soi paraît presque être un moindre mal… Surtout si elle parvient à créer, comme tu le supposes, un équilibre entre ses propres nécessité et le renouvellement des ressources naturelles, équilibre que le « fake-capitalism » exclut d’entrée de jeu, celui-ci reposant par définition sur le maintient délibéré d’une « société de consommation » entièrement artificielle et tout à fait dérisoire.

Mais le stade ou le « fake-capitalism » aura tout à fait remplacé le « vrai » est encore relativement loin et comme on l’a vu, d’ici là l’économie reste soumise à la dualité « loi du marché/loi de la valeur » et sous la double pression de la baisse tendancielle du taux de profit et des ersatz que le système utilise pour tenter d’y remédier.

Si le passage direct au communisme reste une utopie, dans ces conditions, faute d’un développement équilibré des forces productives, celui-ci peut néanmoins être atteint, si une telle volonté politique émerge, comme phase de transition socialiste prolétarienne, faisant correspondance, via une planification démocratique interactive, entre besoins sociaux réels et forces productives socialisées. Cela nous ramène donc, effectivement, à cette problématique de planification basée sur la valeur-travail, débarrassée de l’influence de la loi du marché et se traduisant par l’utilisation d’une monnaie qui reflète cet équilibre en valeur-travail et qui soit, précisément, le contraire d’une monnaie de singe, telle que le « revenu universel » veut nous l’imposer.

En conclusion supplémentaire, il me semble que l’idée de poursuivre réflexions et échanges sur nos recherches respectives, avec pour but d’avancer vers une convergence d’analyses et de prises de positions reste évidemment la bonne !

Avec, également, l’espoir que cela aide à avancer d’autres recherches et d’autres propositions constructives, de la part d’autres camarades.

A bientôt,

Amicalement,

Luniterre

 

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Une nouvelle réponse du camarade WH:

 

Les citations de Marx sur l’intelligence artificielle pourraient t’intéresser, au-delà de l’aspect technique, sur la signification économique en tout cas :


http://proletaire.altervista.org/pdf/marx-intelligence-artificielle.pdf

J’ai retrouvé les citations du lien que tu m’avais passé, et mis la traduction en français de passages plus longs, afin de pouvoir étudier l’ensemble du point de vue de Marx sur ce sujet.

La robotique moderne semble être le résultat de l’accumulation de toute la technique et des connaissances passées. La technique est à la fois un produit de la société et de l’histoire (c’est à dire des sociétés passées). Le capitalisme, qui a accéléré le développement des machines, rend en même temps la machine étrangère à l’homme, une force hostile à l’ouvrier, puis au capitaliste lui-même, en ce sens que c’est tout le mode de production capitaliste qui est détruit par les machines (le travail comme le capital, puisque les deux sont liés).

Sur la thèse des robots qui finiraient par détruire l’humanité, je pense qu’il faut mener plutôt une recherche du côté de la biologie que de la robotique. La question de savoir si les machines vont spontanément se doter de fonctions de survie, donc de lutte, et possiblement, contre nous, est à chercher dans les lois de l’évolution du monde vivant décrites par Darwin. Or, comme les lois de l’économie, celles-ci ne peuvent évidemment ni être crées ni être détruites, mais simplement s’appliquer ou non en fonction du contexte. Le contexte dans lequel existent et existeront les machines semble être celui d’une relative abondance, et donc même si les machines (ou certaines machines), pourraient mener une vie indépendante du contrôle de l’humanité, cela n’implique pas nécessairement une lutte contre l’humanité.

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La limite du développement des machines que peut réaliser le capitalisme est effectivement le taux de profit zéro, c’est à dire qu’à la fin la valeur du capital investi dépasse tellement la plus-value que le taux de profit est inexistant.

Mais ce qui compte dans le taux de profit, c’est la valeur du capital constant, c’est à dire la valeur des machines et non les machines en elles-mêmes. Or la fabrication de machines à l’aide d’autres machines (dont la limite est la réplication sans travail humain), fait baisser la valeur du capital constant :

« Etant donné la proportion suivant laquelle la machine transmet de la valeur au produit, la grandeur de cette quote-part dépendra de la valeur originaire de la machine. Moins elle contient de travail, moins elle ajoute de valeur au produit. Moins elle transmet de valeur, plus elle est productive et plus le service qu’elle rend se rapproche de celui des forces naturelles. Or la production de machines au moyen de machines diminue évidemment leur valeur, proportionnellement à leur
extension à leur efficacité. »

Karl Marx, Le Capital, Tome I, IV, XV, II
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-15-2.htm

Par conséquent il est difficile de se dire ce qu’il va se produire quand les machines seront capables de se fabriquer elles-mêmes.

En réalité le taux de profit zéro semble être une sorte de limite mathématique vers laquelle le capitalisme converge sans jamais l’atteindre. Cela signifie plutôt que la loi de la valeur ne s’appliquerait plus, c’est à dire que nous serions sortis de l’économie capitaliste mais pas pour autant dans le communisme…

Reste à essayer de comprendre ce que pourrait être cette économie intermédiaire.

Tu écris à juste titre :

« Et donc le « capital », qui n’en est plus vraiment, ne peut survivre que de manière totalement « fictive », alors qu’il est déjà depuis longtemps en grande partie « fictif » dans la sphère financière.

Il ne représentera plus, à terme, que de manière très formelle la domination de classe des « possédants » qui ne posséderont plus eux-même les moyens de production et les divers leviers de l’économie qu’à travers des titres de propriétés purement formels et pratiquement devenus sans aucune valeur réelle… »

Si la reproduction capitaliste devient impossible par l’industrie, il reste la possibilité pendant un temps de s’enrichir par le vol (comme on le voit déjà avec la spéculation financière), mais par vol j’entends ici un vol organisé et par la force militaire, ce qui nous ramènerait à une forme féodalisme.

A la fin, la survie de la classe dominante ne passerait plus par la reproduction du capital mais par le fait de s’accaparer le plus possible les machines elles-mêmes, ou du moins les plus développées, afin d’obtenir un monopole technologique. Mais ce monopole technologique n’aurait en soi aucune utilité commerciale, étant donné que la masse de la population serait au chômage.

A ce sujet du demandes :

« Y-a-t-il ou non « raréfaction du travail », et à quelle échelle ? »

Il y a bien une raréfaction du travail. Simplement jusque là elle était relative, c’est à dire qu’elle s’effectuait sur un secteur et la force de travail pouvait être déplacée dans d’autres. Avec le développement des IA, on assiste à une raréfaction absolue du travail, étant donné que plus aucun travail, ni manuel, ni intellectuel, n’est hors de portée d’une machine, et que ces machines sont utilisées pour produire d’autres machines, ce qui fait baisser leur prix.

Mais à quoi pourrait ressembler la société vers laquelle se dirige le capitalisme, le « fake capitalisme » comme tu dis ?

« IA + robotique + monnaie de singe, telle est l’une des recettes de l’avenir pour « sortir de la crise » tout en sauvegardant l’ «essentiel » du système, sa domination de classe, métamorphosée en féodalité bureaucratique monopoliste. »

Cela suppose en quelque sorte une économie planifiée ou semi-planifiée dans laquelle la classe dominante se réserverait une part importante pour ses propres besoins pendant qu’elle allouerait une petite partie pour la population désormais improductive, survivant grâce à un « revenu universel » ou un « salaire à vie ». Ici il n’y aurait plus de classe exploiteuse, on ne pourrait même pas parler de capitalisme, la loi de la valeur ne s’appliquerait pas.

La principale contradiction résiderait ici dans le fait que la lutte des classes ou la lutte entre nations consisterait à s’accaparer les machines pour pouvoir répartir dans son intérêt les objets qu’elles fabriquent.

Or l’existence d’une telle division, nie la possibilité d’un monopole unique, qu’elle suppose pourtant. Il est assez facile de voir à quoi pourrait ressembler cette féodalité bureaucratique. On voit même facilement comment passer de cette
féodalité bureaucratique au communisme, celui-ci étant en fait à portée de main presque sans transition. Par contre le passage de la société actuelle au « fake capitalisme » reste assez obscur.

Car avant ce « fake capitalisme », il y a encore quelques possibilités pour le capitalisme de survivre.

D’abord, rétablir l’esclavage dans les pays semi-colonisés, afin d’obtenir une plus-value plus importante et donc de faire remonter (mais temporairement seulement) le taux de profit. Dans Cinq conversations avec les économistes soviétiques, Staline disait que « quand le capitalisme est dans l’ennui il retourne aux vieilles méthodes et aux plus sauvages de l’esclavage. ». Il faisait référence à l’Allemagne nazie, mais aujourd’hui on voit encore l’esclavage revenir, en Libye, à mettre en lien donc avec notre sujet.

Ensuite, le problème de la monnaie de singe est celui de la valeur de la monnaie. Déjà il faut rappeler que les quantiative easing actuels sont utilisés pour acheter des obligations (et des actions dans quelques pays comme le Japon ou la Suisse). Ils ne sont pas distribués comme un revenu universel, l’argent reste confiné dans les hautes sphères de la finance sans jamais passer dans les mains de la population.

Mais la monnaie de singe des banques centrales n’est qu’une petite partie de tout le capital fictif en circulation, celui créé par les banques privées par le crédit, avec comme seule « régulation » un taux de fonds propres d’au moins 8% je crois par rapport à l’argent créé  ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_B%C3%A2le ), ce sont des règles fixées au niveau mondial par la banque des règles internationaux. Autrement dit pour l’instant l’argent n’est pas imprimé par une banque centrale unique, celle-ci ne fait que donner ce droit à un nombre limité de banques, une sorte d’accord entre les voleurs pour se partager le marché de l’argent.

Le but des quantitative easing des banques centrales serait donc en quelque sorte de ramasser les cadavres derrière les banques privées en nationalisant les pertes c’est à dire la masse de prêts pourris qui apparaissent lorsque le cycle de la monnaie de singe continue alors que le cycle industriel a déjà ralenti (voir la crise de 2008 et les crédits subprimes dans le secteur automobile et immobilier, mais dans tous le secteurs aujourd’hui !).

« La faible reprise qui se manifeste actuellement nécessiterait plutôt le retrait d’une partie importante de ce surplus monétaire, pour éviter un dérapage éventuel d’une inflation hors de contrôle, plutôt qu’une injection nouvelle de « fausse monnaie », même à objectif « social » et de prétendue relance de de la consommation. »

Je pense au contraire qu’il n’y aucun risque d’inflation incontrôlée étant donné que jamais l’argent imprimé ne circule dans l’économie réelle. La seule inflation qu’on observe, c’est celle des actions, sans rapport avec l’économie réelle en fait.

L’idée que les banques centrales puissent imprimer de l’argent directement pour le distribuer à la population revient en fait à celle du revenu universel, et était déjà proposée en 1969 par  Milton Friedman sous le nom d’ « hélicoptère monétaire » :


https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9licopt%C3%A8re_mon%C3%A9taire

La différence est qu’ici l’argent circulerait dans l’économie réelle ce qui pour le coup provoquerait surement une véritable inflation.

Le principal problème c’est que dans le système actuel, il existe différentes banques centrales avec différentes monnaies, en concurrence les unes avec les autres. Si un pays utilise la planche à billet, sa monnaie peut voir son prix chuter par rapport aux autres monnaies, ce qui n’est pas un problème pour un pays producteur comme la Chine, mais un danger mortel pour des pays parasitaires qui ne produisent presque plus rien mais exportent des capitaux et importent des marchandises, comme c’est le cas des Etats-Unis et de la France.
Voir sa monnaie dévaluée, c’est prendre le risque de voir le prix des marchandises importées faire s’effondrer le marché intérieur.

La seule solution pour échapper à ce problème serait que les principaux pays de la planète arrivent à se mettre d’accord sur une monnaie unique à l’échelle mondiale, ou du moins, une monnaie commune, qui serait un panier de plusieurs monnaies, ce que sont à priori les DTS. Et peut-être le tout centralisé non pas dans un pays, mais fonctionnant comme le bitcoin mais avec le sceau officiel des principales banques centrales de la planète.

Cela pourrait très bien s’accompagner d’une pseudo-démocratie mondiale. D’où la thèse de l’ultra-impérialisme. Mais je vois difficilement les rivalités entre grandes puissances impérialistes se résoudre aussi pacifiquement. Cela ne serait possible que si les élites américaines par exemple, acceptaient de se désintégrer (comme l’ont fait les élites soviétiques pendant la chute de l’URSS) afin d’être intégrées au nouveau jeu mondial dans lequel les chinois auraient sans doute l’avantage.

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Pour revenir à l’idée du socialisme,

« Cela nous ramène donc, effectivement, à cette problématique de planification basée sur la valeur-travail, débarrassée de l’influence de la loi du marché et se traduisant par l’utilisation d’une monnaie qui reflète cet équilibre en valeur-travail et qui soit, précisément, le contraire d’une monnaie de singe, telle que le « revenu universel » veut nous l’imposer. »

Dans les conditions actuelles, et avec la technologie disponible, il devient possible d’imaginer de façon plus claire une économie fonctionnant sans crises, de façon rationnelle et démocratique, répondant aux besoins sociaux et aux problèmes que posent la robotisation de la production.

Il y a un article d’un camarade qui a été écrit à ce sujet :
https://progreshumain.wordpress.com/2015/01/02/economie-planifiee-et-informatique/

Je cite un passage de l’article :

« Dans les années 1990 deux universitaires britanniques, Paul Cockshott et Allin Cottrell, un économiste et un spécialiste en informatique,ont montré mathématiquement la viabilité et la supériorité d’une économie centralisée, notamment dans leur ouvrage commun Towards a new socialism (Nottingham, 1993).

On disait autrefois que le calcul central des valeur-travail de toute une économie serait possible que pour le monde de Robinson Crusoé… Aujourd’hui, nous disent les deux auteurs cités, cela serait tout-à-fait faisable grâce à l’informatique moderne. »

La planification suppose le recensement des besoins sociaux, ce qui est très facile avec internet, ainsi qu’un nombre importants de calculs pour répartir le travail de façon rationnelle, ce qui est faisable avec des ordinateurs, et en particulier avec les super-ordinateurs.

L’argent ne serait alors qu’une simple unité informatique qui comptabiliserait le nombre d’heures de travail effectuées, sachant qu’une partie de cet argent serait automatiquement mis en commun pour des investissements ou des services publics. Un véritable contrôle démocratique sur la planification est absolument nécessaire. Et d’ailleurs en URSS c’était le soviet suprême, élu au suffrage universel, qui fixait le plan quinquennal. Qui pourrait croire aujourd’hui qu’une assemblée puisse servir à quelque chose !

Mais de nos jours l’idée d’un plan quinquennal n’est plus tout à fait juste. Avec l’informatique moderne, il devient possible d’avoir à la fois une économie dirigée à long terme et une adaptation à très court terme de toute l’économie dont l’objectif est d’assurer les besoins sociaux et l’absence de chômage. A terme, la diminution du temps de travail et les progrès de la productivité mèneraient à la disparition de l’argent et donc au communisme.

Reste à savoir si le développement des machines nous y amènera par une étape intermédiaire socialiste, ou par un « fake capitalisme », stade que les classiques du marxisme n’avaient pas prévu mais qui est possible.

C’est un sujet vaste et très intéressant. Je publierai cette discussion en entier de mon côté lorsqu’elle sera terminée. Peut-être que nous pourrons tirer quelques conclusions ensuite pour faire un bilan.

Il reste encore à aborder la question des perspectives qu’ouvrent la robotisation des forces armées. Un état robotisé changerait complètement les règles du jeu politique, et peut-être aussi celles de la stratégie révolutionnaire !

Amicalement,

WH

 

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De nouvelles précisions apportées en réponse au camarade WH:

 

 

Bonjour, camarade

 

La question centrale de l’évolution du capitalisme « moderne » reste donc de savoir ce qui se passe lorsque la « limite » de l’automatisation intégrale de la production est atteinte.

Le taux de profit tend réellement vers zéro avec le système de libre concurrence, et les tenants du système en sont parfaitement conscients, pour ceux qui « comptent » réellement, dans tous les sens du terme…

Et depuis longtemps…

Ils ne sont pas du tout sceptiques sur la validité du marxisme, sur ce point… Il suffit de voir le rôle important du « marxien » Attali, par exemple !

Ils ont donc depuis longtemps commencé, soit « spontanément », sous l’emprise de la nécessité, pour les « inconscients », soit délibérément, pour les Tartuffes les plus affutés parmi eux, à mettre en place des stratégies de « compensation »…

Les plus basiques restant celles décrites par Marx lui-même, mais inexorablement insuffisantes face à cette échéance quasi- « techniquement incontournable »…

La plus efficace reste incontestablement le développement d’une économie de « services » ou le principe même du « service » est marchandisé et transformé en un produit comportant une part standard de main d’œuvre « consommable » et une part d’usage de matériel technique et éventuellement, de matières « consommables », parts également tout à fait « standardisées ».

Ce qui transforme la production de « services » en un nouveau type de production par elle-même, soit en un nouvel aspect de la production industrielle « modernisée », selon le principe « néo-classique » des « chaînes de valeurs » (certaines à l’échelle mondiale, désormais) qui sont en quelque sorte l’alter-ego de la « chaîne de production » purement mécanique de l’époque « classique », inaugurée avec l’emblématique « Ford T » et si bien caricaturée par Charlie Chaplin !

Y-a-t-il réellement « création de valeur » à travers ces processus ? C’est une question à laquelle la plupart des économistes « modernes », et pas seulement « néo-classiques », ont répondu oui et depuis déjà assez longtemps.

A ce sujet, il est important de comprendre comment le « marxiste » ou « marxien » JM Harribey tente d’étendre cette notion aux « services non-marchands », et principalement, aux « services publics ». Pour ma part je pense que si tel doit être le cas, il faut en réalité cesser de parler de services « non-marchands », et même de services publics « non-marchands », du fait qu’ils se trouvent, de toutes façons et en permanence, confrontés à la « menace » de la privatisation, et donc, contraints d’adopter des critères de « rentabilité », sous prétexte d’ « efficacité », qui les éloignent tout à fait de leur « mission originelle » et en font quasiment des entreprises « capitalistes d’Etat » tout à fait « concurrentielles » à terme, y compris dans le sens du taux de profit tendant vers zéro avec l’automatisation…

Car en effet, ce qui ressort de ton exposé sur la question, c’est qu’aucun secteur ne peut y échapper, et pas davantage les « services », qui peuvent pratiquement tous être « robotisés », à terme.

De sorte que la « marchandisation des services » n’est encore qu’une façon de repousser le problème, même si encore et de loin la plus efficace, à l’heure actuelle.

L’autre « technique » jouant sur la distorsion « loi de la valeur/loi du marché » est de maintenir un niveau de prix artificiellement élevé en dépit de la supposée « libre concurrence ».

L’ « affaire » de l’entente entre opérateurs téléphoniques est tout à fait emblématique à cet égard et quasiment le prototype de ce que sera le « fake-capitalism », à cette différence près que de telles pratiques deviendront systématiques et ne seront évidemment plus jamais portées devant les tribunaux…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_l%27entente_entre_trois_op%C3%A9rateurs_de_t%C3%A9l%C3%A9phonie_mobile_en_France

https://www.lesechos.fr/29/06/2007/lesechos.fr/300184223_telephonie-mobile—l-entente-entre-les-operateurs-est-confirmee.htm

https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/20120530trib000701112/mobile-l-entente-entre-operateurs-des-annees-2000-definitivement-reconnue.html

Il n’y a donc pas besoin d’un réel « monopole » formellement établi et beaucoup trop « voyant » pour la crédibilité du système, et donc inefficace pour sa prolongation, en fait.

La rivalité entre « groupes », si elle persiste effectivement, ce qui semble être le cas, n’est donc plus réellement une « concurrence » au sens commercial du terme, tirant les prix vers le bas, et finalement « trop bas » (taux zéro), mais une rivalité pour le contrôle des « tuyaux » de l’informatique mondialisée et des différents moyens de communication et d’échanges.

Cela, évidemment, n’exclut pas, bien au contraire, hélas, les « coups bas », les « coups tordus » et même malheureusement, les guerres…

Le « fake-impérialism » n’est pas moins sanguinaire que le « vrai », voire même, davantage, vu que l’impérialisme essentiellement « financier » de la fin du 20ème siècle atteint également ses limites, sans destructions massives supplémentaires…

Le pourrissement par la guerre à la fois larvée et extensive est manifestement, du reste, un autre moyen actuellement en cours pour prolonger la vie du système et retarder l’échéance du seuil du taux zéro, via des « zones à reconstruire », pourrait-on dire…

Question « monnaie », le principe d’une « fausse monnaie unique » peut très bien fonctionner avec trois à cinq monnaies « de réserve » ayant des rapports relativement « négociés » entre elles, comme c’est déjà le cas actuellement, en fait… Surtout si l’on comprend comment fonctionnent les relations entre le dollar US et le Yuan chinois, par exemple, et comment ce Yuan chinois s’est trouvé intégré aux DTS sur une base tout à fait « non conforme » en regard des statuts « officiels » de cet organisme monétaire.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/10/03/entree-historique-du-yuan-aux-dts-du-fmi-ou-le-bal-des-diables-boiteux/

Là encore, in fine, tout sera une question de rapport de force entre « féodaux » survivants de la finance mondialisée…

Une première conclusion qui semble donc s’imposer, à mon avis, c’est qu’il n’y a pas de « rupture » visible, surtout aux yeux du « grand public » de la « société spectaculaire marchande », qui n’a jamais mieux mérité son nom, entre capitalisme financier encore « accro » à ce qui reste de plus-value extractible et « fake-capitalism » reposant sur une féodalité financière purement bureaucratique, même si encore déguisée des couleurs chatoyantes d’un pseudo- « libéralisme » virant à la Tartufferie systématique…

Les deux formes coexistent déjà, et l’une prendra simplement la place de l’autre, même si avec quelques horions entre les protagonistes, qui auront, de toutes façons, et jusqu’au bout, des œufs dans les deux paniers…

C’est donc à nous de tenter de construire une alternative en tenant compte de cette évolution étrange, eu partie paradoxale et inattendue du système actuel.

Il est clair, comme nous l’explique Marx, que la limite du « taux zéro » est aussi celle de l’influence immédiate de la loi de la valeur.

A terme, cependant, le « fake-capitalism » maintient partiellement une loi de l’offre et de la demande, même si le « marché » en question est totalement « contrôlé » et quasiment « truqué », pourrait-on dire.

Mais surtout, et de plus, il ne vise pas du tout à répondre réellement aux besoins sociaux des populations, mais au contraire à les maintenir dans la dépendance d’un système qui a pour but de défendre et de préserver les privilège de la classe dominante, devenue effectivement une sorte de féodalité financière bureaucratique.

De sorte que le passage au communisme nécessitera toujours une phase de transition pour restructurer le développement des forces productives en fonction des besoins sociaux réels.

La question reste donc de savoir s’il est possible ou non de créer une transition socialiste avant d’arriver à ce stade, encore relativement lointain, et qui ne garanti toujours rien, en réalité, en matière d’ « inéluctabilité » du communisme.

Cela nous ramène donc à la dernière partie de ta réponse, qui contient quelques éléments déjà anciens en réponse, et dont j’ignorais l’existence, en fait… Le « new socialism » n’a pas bénéficié d’une publicité délirante, et on comprend aisément pourquoi…

Une idée pourtant simplement frappée au coin du bon sens…

En réalité, je pense aussi que les choses sont encore beaucoup plus simples, actuellement.

L’important est d’abord de recenser les besoins sociaux les plus urgents et d’arriver à un consensus démocratique largement majoritaire sur ce sujet, via un processus interactif d’élaboration du premier plan, processus qui pourrait déjà être celui de l’élaboration du programme du parti prolétarien et de ses organisations de masse, pourquoi-pas ?

La crédibilité de ce programme, tout comme la faisabilité du plan, résidera dans le recensement des forces productives existantes et/ou nécessaires à développer pour sa réalisation, et dans la concordance des deux recensements, besoins et forces, évaluées en valeur-travail, assez simplement avec les moyens modernes dont nous disposons aujourd’hui.

Tout est une affaire de volonté politique, en réalité.

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin ! » nous disait si bien Lénine.

Luniterre

 

Post-scriptum :

De par le fait, l’ « ultra-libéralisme » apparent dans l’évolution actuelle, à court terme, du système, n’est qu’une ultime tentative de gratter encore tout ce qui peut l’être en matière d’extraction de plus-value avant la chute définitive du rideau sur le capitalisme « productif » et son lever sur un monde entièrement robotisé, à taux de profit nul et à « marché truqué » obligatoire pour sauver la domination des « possédants ».

 

Toutes les jérémiades de la petite-bourgeoisie « gauchisante » et même parfois pseudo- « marxiste-léniniste », néo-thorézienne, sociale-chauvine et autre, contre cet « ultra-libéralisme », et appelant à un retour de l’interventionnisme « étatique », « national », etc… tout cela ne peut faire qu’accélérer le processus de mise en place de l’alternative « fake-capitalism », en parallèle des restes de l’ancien, « authentique capitalisme productif », et non aucunement avancer vers une transition socialiste !

 

Il est donc utile de tenir compte de cette perspective dans la lutte idéologique contre toutes ces formes de révisionnisme, aboutissant toutes à vouloir créer, peu ou prou, une forme ou l’autre de « front anti-libéral » qui n’est qu’un moyen de détourner les luttes sociales vers des buts qui sont aux antipodes d’une alternative socialiste prolétarienne.

 

 

*********************

 

Bonjour camarade,

Rappelons l’importance du débat actuel, vu l’état actuel de décomposition actuelle du pseudo-marxisme. Cet échange est passionnant et je pense que nous tenons quelque chose. Le mail est assez long, je voulais faire un post-scriptum mais tu as répondu avant, ce sera donc une double réponse.

Sur les stratégies du capitalisme pour survivre, je vois plutôt l’excroissance du secteur tertiaire comme un résultat de l’impérialisme, c’est à dire du parasitisme économique qui conduit à diviser le monde en pays semi-colonisés producteurs et en pays parasites consommateurs vivant de la tonte de coupons. Les services ne créent pas de valeur, du moins pas selon la théorie de la valeur de Marx, j’avais écrit un texte là-dessus :

http://www.proletaire.altervista.org/marxisme/textes/valeur.php#VI3

Cela signifie que l’enrichissement des pays impérialistes se fait presque exclusivement sur le dos d’autres pays. Du coup il paraît improbable que le secteur des services puisse sauver le capitalisme, surtout quand on sait qu’il sera l’un des premiers touchés par la robotisation, comme tu l’as rappelé.

L’autre solution, celle de prix artificiellement élevés n’est pas une nouveauté en effet, c’est en fait tout simplement un système de cartels et on pense en effet à l’arnaque SFR-Bouygues-Orange. Sans concurrence, il n’y aurait tout simplement aucune application de la loi de la valeur, qui suppose que les prix diminuent sous l’effet de la concurrence, jusqu’à atteindre le seuil incompressible des frais de production (ou à osciller autour), qui est précisément la valeur de la marchandise.

« Les conditions suivantes doivent être remplies pour que les prix auxquels les marchandises

s’échangent correspondent approximativement à leurs valeurs :

1. L’échange doit cesser d’être un événement exceptionnel ou occasionnel ;

2. Les marchandises, pour autant qu’elles soient échangées par troc,
doivent être produites en quantités correspondant approximativement
aux besoins des parties en présence (cette condition résultera de
l’échange lui-même, car c’est l’expérience qui fera connaître quelles
sont les quantités qui seront nécessaires) ;

3. Aucun monopole, soit naturel, soit artificiel, ne doit permettre à
l’une des parties de vendre au-dessus de la valeur, ni la contraindre
de céder au-dessous (nous entendons par monopole accidentel celui dont
profite l’acheteur ou le vendeur lorsque se présente un rapport
exceptionnel entre l’offre et la demande).

L’hypothèse que, dans chaque branche de production, la marchandise est
vendue à sa valeur, signifie que cette valeur est le point autour
duquel les prix de cette marchandise oscillent et auquel s’établit
l’équilibre de leurs hausses et de leurs baisses continuelles. »

Karl Marx, Le Capital, Tome III, §2, X
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/kmcap3_09.htm

Mais les monopoles capitalistes ne peuvent pas supprimer longtemps la
concurrence, ils peuvent tout au plus la limiter temporairement. Le
monopole est le contraire de la libre concurrence, mais il ne supprime
pas la concurrence. Pour supprimer la concurrence, il faudrait un
monopole de toute les entreprises.

Mais si nous nous arrêtions là, le féodalisme bureaucratique ne serait
pas très différent de l’impérialisme.

« Une première conclusion qui semble donc s’imposer, à mon avis, c’est
qu’il n’y a pas de « rupture » visible, surtout aux yeux du « grand
public » de la « société spectaculaire marchande », qui n’a jamais
mieux mérité son nom, entre capitalisme financier encore « accro » à
ce qui reste de plus-value extractible et « fake-capitalism » reposant
sur une féodalité financière purement bureaucratique, même si encore
déguisée des couleurs chatoyantes d’un pseudo- « libéralisme » virant
à la Tartufferie systématique…

Les deux formes coexistent déjà, et l’une prendra simplement la place
de l’autre, même si avec quelques horions entre les protagonistes, qui
auront, de toutes façons, et jusqu’au bout, des œufs dans les deux
paniers… »

Du coup je ne suis pas vraiment d’accord avec cette conclusion, car
précisément ta propre thèse va dans le sens d’une rupture. Simplement
il est difficile de théoriser le passage du capitalisme au « fake-capitalism ».

La baisse tendancielle du taux de profit produit des crises dans le
présent. Ce qui se produira quand le taux de profit sera nul ou
presque est en revanche une question qui n’a presque jamais été abordée.

Le taux de profit zéro, comme je l’avais souligné dans le précédent
mail, ressemble à une limite mathématique, ou disons pour emprunter
une métaphore à la physique, à l’horizon des événements d’un trou
noir, une sorte de singularité économique.

Je ne vais rien t’apprendre, mais je l’écris pour moi-même, la formule
du taux de profit et la loi de la baisse tendancielle du taux de profit :

taux de profit = p / (c + v)

Le taux de profit d’une entreprise, c’est la plus-value divisée par le
capital investi. Le capital investi est composé des salaires, c’est à
dire le capital variable (v) et de la matière première, des outils
ainsi que des machines, c’est à dire le capital constant (c).

Là j’écris encore pour le lecteur. Marx a simplement montré comment la
valeur du capital constant augmentait sans cesse à cause de la
concurrence que se livrent les capitalistes. A chaque fois qu’un
capitaliste acquiert une nouvelle technologie pour produire avec moins
de travail humain, les autres doivent s’aligner sur lui pour ne pas
disparaître. En moyenne, l’industrie voit ainsi le capital constant
augmenter, tandis que la plus-value elle, est limitée. Et donc le taux
de profit moyen diminue. Ce qui ne signifie pas d’ailleurs, absence de
profits. Les capitalistes en avance technologique bénéficient
temporairement d’une plus-value extra, tant que leurs concurrents
n’ont pas adopté les nouvelles machines.

Mais Marx a écrit aussi qu’il existe des facteurs antagonistes, qui
ralentissent cette baisse, et il cite le fait que les machines
participent à la production d’autres machines (voir la citation dans
le mail précédent).

Je rappelle ici, même si tu le sais déjà (je l’écris pour ceux qui
nous lisent), que le travail humain seul crée la valeur, tandis que
les machines (comme d’ailleurs, la matière première et les outils), ne
font que transmettre une partie de leur valeur aux produits fabriqués.

Comme tu l’écris :

« La question centrale de l’évolution du capitalisme « moderne » reste
donc de savoir ce qui se passe lorsque la « limite » de
l’automatisation intégrale de la production est atteinte. »

La limite du capitalisme, la singularité économique, c’est quand les
machines pourront se fabriquer elles-mêmes sans l’intervention du
travail humain.

C’est réellement le point de bascule historique, mais étrangement, on
ne trouve pas de texte de Marx sur ce sujet (ou alors j’ai mal cherché!).

Une telle machine, capable de se répliquer, de se réparer, tout en
produisant d’autres objets, y compris de nouvelles machines, serait en
quelque sorte la « machine zéro », la plus brillante invention de
notre siècle. Ce n’est pas irréaliste, c’est bien ce vers quoi tend
tout le progrès technique. La « machine zéro » pourrait être par
exemple fabriquée un jour par une entreprise comme IBM, Intel, ou
Google. Imaginons ce qui se passerait.

IBM a réussi à mettre au point la « machine zéro ». La « machine zéro
» aurait-elle une valeur ? Étant donné qu’elle nécessite en moyenne
encore un certain temps de travail humain pour être produite, elle a
encore de la valeur, et cette valeur se transmettra en partie aussi à
tous les objets qu’elle produit, ainsi qu’aux autres machines qu’elle
produirait. Simplement la deuxième génération de machines, disons la «
machine zéro’», n’aurait qu’une fraction de la valeur de la génération
précédente, et peu à peu la valeur se diluerait, tout simplement parce
qu’une machine (par l’usure mécanique), ne transmet qu’une fraction de
sa valeur, ce qui fait qu’au bout de quelques générations, la «
machine zéro’’’’ » par exemple, n’aurait aucune valeur. Elle serait
comme disait Marx comme une « force naturelle », ce serait pareil que
de l’air ou que la force du vent.

Ensuite, si IBM (ou une autre entreprise, c’était simplement un
exemple), commence à essayer de vendre des produits fabriqués par la «
machine zéro », il n’y aura au début aucun problème, et l’entreprise
réalisera des profits importants, car tout sera fabriqué avec un coût
nul. Ce sera comme vendre de l’air.

Quant aux autres entreprises, elles seront bientôt contraintes de
développer leur propre « machine zéro » ou bien elles seront battues
dans la concurrence. Dans les deux cas, toutes les entreprises
finiront par être équipées de la « machine zéro » et donc les
premières entreprises à l’avoir développée perdront leur avantage
technologique et donc la possibilité de rentabiliser la machine.

Nous aurions donc une poignée d’entreprises qui posséderaient la «
machine zéro », et qui finiraient par réduire en poussière toutes les
autres dans la concurrence. En effet, les entreprises qui possèdent la
« machine zéro » pourraient réduire leurs coûts presque à zéro et donc
faire baisser leurs prix pour conquérir de nouveaux marchés. Un
processus ravageur pour l’économie mondiale qui ne laisserait debout
qu’un nombre très réduit d’entreprises, celles qui possèdent la «
machine zéro ». On pourrait répondre que les quelques « entreprises
zéro » (celles qui possèdent la « machine zéro ») se mettraient
d’accord entre elles et formeraient un cartel pour se partager le
marché, mais les perspectives de profit sont bien plus intéressantes
pour une « entreprise zéro » qui réduirait ses prix très près de zéro
pour éliminer toute la concurrence dans tous les domaines de
l’industrie et pouvoir ensuite espérer former un monopole à elle toute seule.

A ce moment précis, nous aurions atteint la singularité, c’est à dire
cette zone inconnue de l’économie, un peu comme l’horizon des
événements où on ne sait pas ce qui se passe de l’autre côté.
En effet, le taux de profit, c’est p / (c + v).

Mais dans notre cas, avec la « machine zéro », p tend vers zéro car il
n’y a plus d’exploitation du travail humain, plus de plus-value.

Cela signifie aussi qu’il n’y a plus de salaires payés car plus aucun
travailleurs, donc v tend vers zéro également.

Quand à c, la valeur du capital constant, là encore cette variable
tend vers zéro car une machine qui fabrique toute seule d’autres
machines dilue peu à peu la valeur de la « machine zéro ».

Autrement dit, p tend vers zéro, c tend vers zéro et v tend vers zéro.

C’est un cas assez problématique en mathématiques, quand on cherche la
limite d’une fraction et que le numérateur comme le dénominateur tendent vers zéro.

On remarquera qu’en mathématiques on ne peut pas diviser par zéro, et
que zéro divisé par zéro est une énigme encore plus difficile à résoudre.

Si c’est la plus-value qui disparaît en premier, alors le taux de
profit tend vers zéro. Si c’est la valeur du capital constant qui
disparaît en premier, le taux de profit moyen tend alors dans un
premier temps vers l’infini avant de s’effondrer lorsque la plus-value aura disparu.

D’où le nom de singularité économique. La définition de wikipédia pour
une singularité en mathématiques :

« En mathématiques, une singularité est en général un point, une valeur
ou un cas dans lequel un certain objet mathématique n’est pas bien
défini ou bien subit une transition. « 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Singularit%C3%A9_(math%C3%A9matiques)

Le mot de transition est intéressant. En réalité le « fake capitalisme »
semble précisément être cette transition entre le capitalisme et le
communisme. Non pas une transition consciemment organisée mais plutôt
une transition chaotique et incontrôlée, qui resterait dans un état
intermédiaire tant qu’il n’y a pas de révolution, mais qui la
provoquerait certainement car la fin de la loi de la valeur rend
difficile sinon impossible l’existence d’une classe dominante.

Ce qui est certain est qu’une fois que la plus-value n’existe plus,
c’est à dire une fois que tous les objets fabriqués, y compris les
machines, ne nécessitent en moyenne plus aucun travail humain pour
être fabriqués, alors la valeur de tout objet correspond à celle de
l’air, c’est à dire zéro. Il n’y a donc plus ni valeur, ni marché.

La loi de la valeur ne s’appliquera plus. Notons que les classiques du
marxisme pensaient que la loi de la valeur cesserait complètement de
s’appliquer uniquement dans la société communiste, après une phase
inférieure du communisme (le socialisme). Là encore, je ne t’apprends rien.

Ainsi Marx parlait du communisme, c’est à dire en fait « une phase
supérieure de la société communiste », qui pourrait advenir « quand,
avec le développement multiple des individus, les forces productives
se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse
collective jailliront avec abondance », alors à ce moment là « la
société pourra écrire sur ses drapeaux « De chacun selon ses
capacités, à chacun selon ses besoins ! » » (Karl Marx, Critique du
programme de Gotha, 1875)

Or ici nous voyons que le capitalisme semble arriver de lui-même à
sortir du champ d’application historique de la loi de la valeur.

En réalité, il semble se dessiner deux scénarios. Ou bien la
révolution se produit avant la singularité économique, et dans ce cas
le schéma classique du marxisme (capitalisme → socialisme →
communisme) semble être encore d’actualité. Ou bien la révolution ne
se produit pas avant la singularité, auquel cas le capitalisme
disparaît mais un autre système apparaît, une sorte d’état instable
indéfini qui ne serait ni le capitalisme ni le communisme mais une «
féodalité bureaucratique ».

Nous avons esquissé précédemment l’idée que le capitalisme, bien que
mort, laisserait cependant en vie la classe dominante, qui pourrait
alors essayer de prolonger ses privilèges, en dépit du fait que la fin
de l’application de la loi de la valeur rend précisément inutile toute
domination. Nous sommes pourtant d’accord sur le fait que la classe
dominante ne va pas l’entendre ainsi et cherchera par tous les moyens
à maintenir une forme de suprématie sur la société.

Pourtant, cette société serait sans doute instable et difficilement
viable à long terme, elle contiendrait en elle des contradictions
importantes, et qui mèneraient de toute façon à sa fin rapidement.

En effet si la classe dominante parvenait à instaurer une sorte de
système à base de « revenu universel » et de monnaie de singe tout en
luttant pour le monopole technologique, à quoi lui serviraient donc la
population humaine, désormais improductive ? Elle serait surtout
perçue comme une menace à éliminer, et donc osons dire les choses
comme elles seraient, ce serait probablement une guerre d’extermination.

Notons qu’on pourrait en arriver là avec une brillante logique sans la
moindre mauvaise intention, par le simple fait que les divers
monopoles féodaux technologiques seraient en concurrence (non pas
commerciale, mais militaire) dans des batailles qui impliqueraient des
armées robotiques (là encore ce n’est pas de la science fiction :
https://en.wikipedia.org/wiki/Military_robot ). Et donc la masse de la
population serait vue comme inutile « au mieux » et une menace « au
pire », même si la paix sociale serait achetée relativement facilement.

A la fin, étant donné que la classe dominante (qui ne serait donc plus
dominante que sur l’aspect militaire), tout comme la population,
seraient superflues pour le fonctionnement du système productif, ce
qui signifie que la guerre de classe ne se ferait même plus pour
échapper à la misère et survivre quotidiennement, mais pour survivre tout court.

La population serait alors entièrement constituée de prolétaires, mais
non plus au sens du prolétariat ouvrier, mais au sens plus ancien du
prolétariat, c’est à dire celui de citoyens pauvres comme à Rome, qui
n’avaient souvent aucun travail à cause de la concurrence des
esclaves. De ce fait, à Rome, le prolétariat vivait de la charité ou
du vol et Lénine, remarquait que « Le prolétaire de Rome vivait au
dépens de la société » (Lénine, L’impérialisme et la scission du socialisme, 1916).

Il y aurait probablement encore pendant un temps une couche de
techniciens et d’ingénieurs étant donné qu’ils seront les derniers à
voir leur travail disparaître. Leur rôle dans la révolution ne serait
pas un rôle principal, mais sans doute un rôle décisif. En effet, avec
un état dont l’armée est faite de robots, ceux qui maîtrisent la
technologie jouent un rôle clé dans la répression et donc aussi dans la révolution.

Il est assez facile d’être optimiste car dans ces conditions, on voit
mal comment une minorité totalement inutile pourrait vaincre une
majorité (certes totalement « inutile » également, mais bien plus
nombreuse), le tout sans l’aide d’une classe intermédiaire mais
simplement à l’aide d’une technologie dont ils n’auraient pas le
contrôle exclusif. Les armées robotiques peuvent en effet très
facilement changer de camp. En réalité, tout semble indiquer au
contraire que la féodalité bureaucratique serait une sorte de phase de
guerre de classe dans laquelle la classe dominante n’a aucune chance de l’emporter.

Je suis conscient que tout cela peut sembler très théorique alors que
nous ne parlons pas ici d’un futur très éloigné. Si le public était
informé de l’état actuel de la science et de la technologie, il
verrait qu’il s’agit là d’une question qui nous concerne dans un
avenir pas si lointain.

Quoi qu’il en soit, cette discussion est des plus intéressantes. On ne
pourra pas dire après que les marxistes sont restés bloqués au 19ème siècle…

« En réalité, je pense aussi que les choses sont encore beaucoup plus simples, actuellement.

L’important est d’abord de recenser les besoins sociaux les plus
urgents et d’arriver à un consensus démocratique largement majoritaire
sur ce sujet, via un processus interactif d’élaboration du premier
plan, processus qui pourrait déjà être celui de l’élaboration du
programme du parti prolétarien et de ses organisations de masse, pourquoi-pas ? »

J’ai remarqué que dans ton approche (programme de 8 points), tu
tentais en fait de décrire le socialisme sans mettre le mot
socialisme. Je comprends pourquoi, ça évite d’avoir à justifier toute
l’histoire de l’URSS, ce qui permet de se concentrer sur les
possibilités présentes et futures. Il faudrait dans ce cas avoir une
description plus complète de ce que serait le socialisme aujourd’hui.
Même si tu ne veux pas trop rentrer dans les détails pour ne pas faire
« dogmatique » qui a réfléchi tout seul sans écouter les masses. Mais si
nous n’écrivons pas ce que doit être le socialisme aujourd’hui,
personne ne le fera. ça ne signifie pas faire un texte définitif, mais
écrire peut-être un manifeste plus détaillé. Sur le fond je suis
parfaitement d’accord sur l’ébauche, sur l’idée par exemple de parler
de la planification avec l’informatique moderne et des autres
possibilités. Il y a d’autres point sur lesquels je suis moins d’accord.

Il reste très difficile de rattacher ce programme à des revendications concrètes immédiates comme nous en avions déjà discuté, et pourtant c’est bien la seule alternative. Pour être honnête je ne crois pas qu’on peut convaincre directement des personnes en disant « voilà ça c’est le socialisme, je vous explique comment ça marche ». A mon avis le mieux est que ce projet soit présenté comme réponse à la crise, et doit effectivement insister plus sur le futur que sur le passé, même s’il faut défendre le bilan du socialisme en URSS par ailleurs. Mais à l’heure actuelle, ce bilan, quoi qu’on en pense nous-mêmes, représente un boulet (à cause des préjugés), il faut partir de la situation présente pour justifier le projet, et la crise qui est en cours de préparation nous donnera bientôt des arguments.

Pour essayer d’avancer la discussion, il serait peut-être intéressant de faire un bilan, qui tourne essentiellement autour de la question du « féodalisme bureaucratique » et de la singularité économique. Pour ce qui est de ton ébauche de programme économique, je t’enverrai un autre mail pour essayer de développer ce sujet dans le sens dont nous avons parlé.

Amicalement,

WH

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Bonjour, camarade,

Toutes ces questions peuvent paraître compliquées, mais comme tu le dis, cette problématique, avec les progrès rapides de la robotisation, n’est pas tellement loin devant nous, surtout pour les jeunes générations actuelles, évidemment.

Qui qu’il en soit, et même pour les plus anciens, les prémisses actuelles en sont importantes, car elles conditionnent le sens que nous devons donner à nos luttes, pour qu’elles soient fertiles, et non de l’énergie et des forces gaspillées dans de vains combats, comme on en a tant connu.

Je ne pense évidemment pas que le secteur des services puisse sauver le système, mais il semble contribuer puissamment à freiner sa chute, et il la freine d’autant plus qu’il est étroitement imbriqué avec le secteur productif.

Ici encore, le cas de la téléphonie mobile est emblématique. Le produit technologique par lui-même n’a manifestement aucune valeur réelle en dehors des services nécessaires pour le rendre opérationnel.

A tel point qu’il n’est parfois lui-même plus qu’un accessoire du service vendu.

C’est le cas typique d’une « chaîne de valeur » qui intègre produit et service de manière indissoluble, de la conception à la consommation.

Dans bien d’autres domaines les services standardisés sont traités comme des valeurs d’usage potentiellement échangeables.

Aussi bien la nature que la place des services dans la société actuelle sont tout-à-fait différents de ce qu’ils étaient à l’époque de Marx, ainsi que le rapport de proportion avec le secteur productif au sens strict et classique du terme.

Il paraît difficile de considérer aujourd’hui qu’à peine plus de 20% des actifs, et à condition d’y adjoindre transports et agriculture, fassent vivre les 80% restants sur la valeur de ce qu’ils produisent.

Ces 80% ne sont pas non plus simplement tous les « danseuses » des impérialistes français…

Dans une organisation économique fondée sur les « chaînes de valeur » il est donc assez logique de penser qu’ils y ont une place suffisamment « rentable » pour le capital, tant que les processus d’extraction de la plus-value sont encore valides.

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2569348?sommaire=2587886

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2016/03/01/29006-20160301ARTFIG00273-plus-de-75-des-francais-travaillent-desormais-dans-le-secteur-tertiaire.php

C’est donc là un sujet qui nécessite une étude à part, mais qui est essentielle pour comprendre la situation actuelle.

Sinon, pour le reste, la limite de coexistence du capitalisme « productif » avec le « fake-capitalism » est évidemment la limite du point de singularité que tu décrit si bien, où le taux de profit « naturel » sur le secteur productif se trouve réduit à zéro du fait de l’automatisation généralisée, au point que les machines s’entretiennent et se répliquent elles-mêmes sans intervention de main d’œuvre.

Ce point de singularité, c’est bien le point où la source de plus-value et de valorisation « productive » du capital disparaît, où, du fait de l’égalisation des prix par la concurrence, si elle reste libre, tous les investisseurs sont amenés à vendre à prix coûtant pour simplement ne pas disparaître…

Comme le précise aussi Marx dans les « Grundrisse », c’est aussi le point ou s’arrête l’effet de la loi de la valeur.

A partir de cette limite, sans entente de type « monopoliste », version « fake-capitalism » sur les prix, les investisseurs n’ont tous simplement plus de raison d’investir et leur histoire s’arrête avec leur compte en banque…

C’est pourquoi il m’est apparu que la classe dominante ne pouvait simplement attendre cette échéance sans avoir, d’ores et déjà, de stratégie de « contournement » du problème.

Des stratégies qui semblent déjà au moins en partie en place, dans bien des secteurs de l’économie.

Mais comme tu le dis, un tel système économique, un tel « fake-capitalism », basé essentiellement sur la coercition et un « rationnement » économique savamment dosé, type « revenu universel » ou « salaire à vie », pour la grande masse de la population, serait extrêmement fragile et instable, et miné par de nouvelles contradictions internes, qui ne seront plus réellement de l’ordre de la concurrence « économique », mais simplement de l’ordre de l’affrontement entre clans néo-féodaux de bureaucrates « financiers » cherchant à contrôler les « tuyaux » du système.

Le mieux est donc que le prolétariat siffle la fin de cette partie nauséabonde avant qu’elle n’ait totalement ravagé la planète…

Que ce soit actuellement ou passé le point de singularité, une phase de transition est nécessaire pour remettre en correspondance forces productives et besoins sociaux.

Actuellement, le programme prolétarien ne peut évidemment porter que sur une situation qui tienne encore compte de la loi de la valeur et l’utilise au mieux à son avantage pour établir cette correspondance.

Les « 8 points » sont ceux qui sont issus d’un de nos débats précédents, ayant fait polémique avec l’orientation proposée par l’OCF, mais il est assez clair, dans les diverses présentations qui en ont été faites, qu’il s’agit d’une phase de transition socialiste, au sens de la CPG de Marx, de l’État et la Révolution, des Problèmes économiques du socialisme en URSS et de toutes les leçons que l’on peut tirer de ces diverses tentatives, tout en évitant les travers auxquelles elles se sont heurtées.

Quoi qu’il en soit, ces « 8 points » ne sont là que comme point de départ possible d’un débat qui doit être bien plus large et même dépasser le cadre de ce qui reste du mouvement ML ou supposé tel, actuellement presque entièrement dominé par l’opportunisme néo-thorézien et le social-chauvinisme, quand ce n’est pas les restes du maoïsme sous ses diverses formes, y compris « gauchistes ».

Amicalement,

Luniterre

 

Post-scriptum:

Évidemment, l’idée de faire une synthèse de cette problématique est intéressante. Sur le fond, il y a une grande convergence entre nos approches et les quelques nuances restantes peuvent aussi y être précisées utilement, pour la suite du débat, auquel on doit espérer que d’autres camarades se mêleront. Le but restant d’ouvrir une perspective politique nouvelle pour sortir de l’impasse actuelle de la pseudo « gauche révolutionnaire » française.

 

 

**********************

 

 

Bonjour camarade,

 

Comme je suis à peu près d’accord avec ta réponse, je n’ai pas grand
chose à ajouter.

Excepté peut-être sur cette question du secteur tertiaire, il ne faut
pas oublier que la plupart des marchandises que nous consommons sont
fabriquées à l’étranger, dans les semi-colonies. Pour les importer il
faut bien avoir des rentrées quelque part, ce qui signifie ou bien de
la monnaie de singe ou bien une rente coloniale.

Comme le décrivait si bien Hobson que cite Lénine dans L’impérialisme
et la scission du socialisme (voir sa citation prophétique sur le made
in China et la désindustrialisation des pays impérialistes) :

« La perspective du partage de la Chine provoque chez Hobson
l’appréciation économique que voici :

« Une grande partie de l’Europe occidentale pourrait alors prendre
l’apparence et le caractère qu’ont maintenant certaines parties des
pays qui la composent — le Sud de l’Angleterre, la Riviera, les
régions d’Italie et de Suisse les plus fréquentées des touristes et
peuplées de gens riches — à savoir : de petits groupes de riches
aristocrates recevant des dividendes et des pensions du lointain
Orient, avec un groupe un peu plus nombreux d’employés professionnels
et de commerçants et un nombre plus important de domestiques et
d’ouvriers occupés dans les transports et dans l’industrie travaillant
à la finition des produits manufacturés. Quant aux principales
branches d’industrie, elles disparaîtraient, et la grande masse des
produits alimentaires et semi-ouvrés affluerait d’Asie et d’Afrique
comme un tribut.»
« Telles sont les possibilités que nous offre une plus large alliance
des Etats d’Occident, une fédération européenne des grandes puissances
: loin de faire avancer la civilisation universelle, elle pourrait
signifier un immense danger de parasitisme occidental aboutissant à
constituer un groupe à part de nations industrielles avancées, dont
les classes supérieures recevraient un énorme tribut de l’Asie et de
l’Afrique et entretiendraient, à l’aide de ce tribut, de grandes
masses domestiquées d’employés et de serviteurs, non plus occupés à
produire en grandes quantités des produits agricoles et industriels,
mais rendant des services privés ou accomplissant, sous le contrôle de
la nouvelle aristocratie financière, des travaux industriels de second
ordre. Que ceux qui sont prêts à tourner le dos à cette théorie »
(il aurait fallu dire : à cette perspective)

« comme ne méritant pas d’être examinée, méditent sur les conditions
économiques et sociales des régions de l’Angleterre méridionale
actuelle, qui en sont déjà arrivées à cette situation. Qu’ils
réfléchissent à l’extension considérable que pourrait prendre ce
système si la Chine était soumise au contrôle économique de semblables
groupes de financiers, de « placeurs de capitaux » (les rentiers), de
leurs fonctionnaires politiques et de leurs employés de commerce et
d’industrie, qui drainent les profits du plus grand réservoir
potentiel que le monde ait jamais connu afin de les consommer en
Europe. Certes, la situation est trop complexe et le jeu des forces
mondiales trop difficile à escompter pour qu’une prévision — celle-ci
ou toute autre — de l’avenir dans une seule direction puisse être
considérée comme la plus probable. Mais les influences qui régissent à
l’heure actuelle l’impérialisme de l’Europe occidentale s’orientent
dans cette direction, et si elles ne rencontrent pas de résistance, si
elles ne sont pas détournées d’un autre côté, c’est dans ce sens
qu’elles orienteront l’achèvement de ce processus. » »

Lénine, L’impérialisme et la scission du socialisme, 1916
https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/10/vil191610001.htm

Pour ce qui est des tentatives de sauvetage du capitalisme, on aurait
pu citer aussi l’obsolescence programmée, la marchandisation à
outrance, etc.

Je pense que nous aurons l’occasion d’en redébattre, je publie déjà
cette longue discussion, qui est absolument utile pour éclairer notre
action.

Amicalement,

WH