trotskysme

La Dialectique peut-elle (Encore) casser des briques ???

 

 

 

Au stade actuel du développement des mouvements de masse à travers la planète, il apparaît clairement que ce n’est pas le réveil de la révolte populaire et prolétarienne qui pose réellement des questions aux révolutionnaires, mais bien à nouveau l’organisation du prolétariat en tant que classe politiquement autonome et capable de structurer le mouvement de masse autour d’une perspective d’alternative réelle au capitalisme.

Or cette autonomie de classe ne peut se construire sur les valeurs idéologiques des classes populaires en voie de prolétarisation mais encore imprégnées des valeurs « classes moyennes » qui sont en réalité celles de la petite-bourgeoisie idéaliste, fut-elle formellement d’« extrême-gauche ».

Pour l’instant, ce sont ces valeurs idéologiques diverses qui dominent le mouvement et empêchent, en pratique, l’expression autonome des catégories prolétariennes les plus exploitées par le capital, et même la simple formulation collective de leurs revendications les plus immédiates, comme l’augmentation du SMIC, et surtout, à propos des retraites, l’établissement d’un « plancher » à un niveau décent.

A travers toutes ces manipulations idéologiques, qu’elles soient trotskystes, anarcho-écologistes, pseudos-« communistes » PCF et « dissidents » pro-chinois et autres, ce sont donc diverses fractions de la petite bourgeoisie, en fin de compte, qui tentent d’utiliser la colère populaire pour réajuster en leur faveur le rapport de force dans lequel elles se situent par rapport à la grande bourgeoisie financière monopoliste, mais sans vouloir réellement assumer les conséquences d’une alternative prolétarienne, et y faisant donc obstacle, concrètement, derrière un langage pseudo- « contestataire » et même parfois très formellement « anticapitaliste ».

Leur perspective politique, même sous un vocabulaire « révolutionnaire », n’est tout au plus qu’un réaménagement « constitutionnel » de l’État au service du capital, sous une forme RIC, 6ème république, etc., mais jamais une remise en cause de la nature de classe de cet Etat, et encore moins, la perspective d’un Etat réellement prolétarien.

La voie d’une réelle transition socialiste prolétarienne passe par la constitution d’un parti prolétarien réellement ML, et donc, cela nécessite de retrouver les bases de la dialectique, telle qu’elle peut se comprendre au vu du niveau des connaissances scientifiques actuelles, et des concepts généraux qui s’en dégagent.

La formation d’un noyau du parti prolétarien passe d’abord par l’auto-formation des éléments conscients de cette problématique, et par leur regroupement en vue de créer, autour de la formation collective, la dynamique de groupe, la synergie rayonnante qui permettra de commencer à structurer le mouvement de masse autour d’une perspective politique réellement prolétarienne.

Luniterre

 

 

RÉCENT SUR LE SUJET >>>

 

De la fonction épistémologique de la dialectique – Extrait de thèse

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/12/07/de-la-fonction-epistemologique-de-la-dialectique-extrait-de-these/

 

 

La Gauche Française au stade du « Terre-platisme » !

(Synthèse du débat)

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/12/04/la-gauche-francaise-au-stade-du-terre-platisme-synthese-du-debat/

 

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La Gauche Française au stade du « Terre-platisme » !

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4801

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/12/01/le-materialisme-dialectique-au-21e-lumiere-quantique-ou-cretinisme-obscurantiste-neo-lyssenkiste-il-faut-choisir/

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/12/02/marxisme-leninisme-ou-terre-platisme-il-faut-choisir/

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Marx à l’ère quantique : nécessité d’une relecture dialectique !

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/29/marx-a-lere-quantique-necessite-dune-relecture-dialectique/

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ET D’AUTRES ARTICLES DU CYCLE >>>

Sur la démarche épistémologique d’Heisenberg

et sur Le Manuscrit de 1942 :

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Heisenberg contre Althusser : épistémologie de la physique moderne contre pseudo-« scientisme » révisionniste !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/25/heisenberg-contre-althusser-epistemologie-de-la-physique-moderne-contre-pseudo-scientisme-revisionniste/

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.

Werner Heisenberg, Le Manuscrit de1942 :

émergence dialectique des strates de réalité

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/26/werner-heisenberg-le-manuscrit-de1942-emergence-dialectique-des-strates-de-realite/

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Sur le contexte historique :

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1939 – Einstein, auteur du premier chantage à l’arme de destruction massive !

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/26/1939-einstein-auteur-du-premier-chantage-a-larme-de-destruction-massive/

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« Farm Hall » déclassifié : Hiroshima – Nagasaki,

le nucléaire US sans justification possible !

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/27/farm-hall-declassifie-hiroshima-nagasaki-le-nucleaire-us-sans-justification-possible/

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Oui ! Il faut sauver le trotskyste Jean Dugenêt !!! (…héritier spirituel de La Bruyère!)

« Avec le prétendu « Programme de Transition » de Léon Trotsky, le Capital a pris dès 1938 une hypothèque sur le mouvement ouvrier. Hypothèque renouvelée par les thoreziens avec les accords du CNR en 1943, et prolongée encore aujourd’hui aussi bien par les trotskystes que par les néo-thoreziens et leur « frexit de gauche ». Sans lever clairement et complètement cette hypothèque révisionniste, il n’y aura pas de renouveau réel de la gauche prolétarienne en France ! »

Pierre GRINDSABLE

 

https://i2.wp.com/etat-du-monde-etat-d-etre.net/wp-content/uploads/ours-polaire-calotte-rechauffement.jpg

 

 

Mais néanmoins…

Oui ! Il faut sauver

le trotskyste Jean Dugenêt !!!

 

 

[…qui se prend pour l’héritier spirituel de Jean de La Bruyère!!! ]

https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L180xH180/auton112602-a6cb1.jpg

Au cours du débat sur le « programme de transition » de Trotsky, ce post d’anthologie qu’il nous adresse, suivi de notre réponse…

 

Voir l’original du débat sur >>>

https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L335xH95/siteon0-e5814.png

Transition anticapitaliste :

En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

Est-il hors de propos de parler de transition anticapitaliste aujourd’hui ? Le capitalisme, malgré sa crise mondiale chronique et toutes les tragédies et toutes les (…)

2404 visites 18 nov. 2019 | 99 réactions | Luniterre    

 

+Réédition sur TML >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/18/en-2019-pour-refonder-la-gauche-francaise-marxisme-ou-trotskysme-il-faut-choisir/

 

Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 Jean Dugenêt Jean Dugenêt 20 novembre 08:03

@Luniterre
On ne peut pas vraiment dire que tout ce que vous racontez soit clair. Je vais donc essayer d’en venir à l’essentiel. J’espère par la même occasion apporter quelques éclaircissements à Fifi.
[NDLR >>> voir également son post et notre réponse, à la suite…*]
Luniterre dit qu’il est Marxiste-Léniniste. Cela ne nous avance pas beaucoup puisque Trotsky aussi disait qu’il était marxiste léniniste. Il faut cependant bien saisir l’énorme différence qu’il y avait entre les deux.
Comme vous dites : il faut partir des faits.
En premier lieu et pour bien vous différencier des trotskistes avec une autre étiquette, il faut dire haut et fort que vous défendez le stalinisme au moins jusqu’en mai 1943 c’est à dire y compris avec l’accord Staline-Hitler (Pacte de non-agression Ribbentrop Molotov) puis que vous défendez la politique de Mao. Vous faites partie de ceux que tout le monde appelait dans les années 1960-70 les maoïstes. C’est à dire que vous assumez tout à la fois les millions de morts du stalinisme et ceux du maoïsme.
Donc, sauf si vous m’expliquez que c’est totalement impropre, je dirai, pour faire simple et être clair, que vous êtes maoïste.
Il est assez curieux, dans ces conditions, que vous ayez trouvé bon de nous comparer avec le PRCF. Vous êtes en effet complètement d’accord avec ce que défend ce parti, au moins pour assumer le stalinisme, comme le fait Annie Lacroix-Riz. Cette dernière regrette que le PCF soit allé trop loin dans la condamnation des crimes de Staline à partir du rapport de Khrouchtchev sur « les abus du culte de la personnalité ». Vous qui n’êtes pas impliqué par ce rapport puisque pour cette période vous défendez Mao, je suppose que vous défendez, vous aussi, tout le stalinisme de cette époque.
Je rappelle que Staline a exterminé tous les bolcheviks de 1917 et tous les cadres de l’armée rouge qui ont gagné la guerre civile. Je mets au défi tous les staliniens (que ce soit vous ou Annie Lacroix-Riz) de me citer un nom d’un bolchevik qui aurait survécu.
C’est dire que pour vous, en 1917, il n’y avait que deux vrais bolcheviks : Lénine et Staline. Tous les autres se sont avérés être des traîtres vendus, selon les circonstances, au trotskisme, au capitalisme américain ou au nazisme.
Voilà quelques faits très éclairants qui vous rapprochent du PRCF. Il est vrai, par contre, que vous êtes actuellement très différents du PRCF puisque vous êtes contre le Frexit.
Notons ainsi, quelques constances dans votre politique, car vous défendez à la fois l’accord Staline-Hitler et la pleine collaboration actuelle avec l’UE.
C’est vrai, et je suis sur ce point entièrement d’accord avec Fifi, cela est très différent de notre politique. Nous comprenons que vous n’avez rien à faire d’un nouveau CNR.
Ce n’est pas sans intérêt pour moi de discuter avec un maoïste. Cela ne m’était jamais arrivé auparavant. J’ai eu l’impression que c’était une espèce en voie de disparition mais je suis ravi d’apprendre que nous avons évité la catastrophe écologique : il reste quelques survivants.
Vous avez noté, à juste titre, que le trotskisme avait complètement disparu dans l’URSS. En effet, avec l’accusation de « trotskisme », les bourreaux de Staline brassaient très large puisqu’ils qualifiaient ainsi tous ceux qui critiquaient Staline lesquels étaient donc tous exterminés. Le trotskisme, comme vous l’avez justement remarqué, n’a pu survivre que dans les démocraties capitalistes car quelques uns ont été assassinés par les services de Staline mais il n’a pas pu tous les supprimer. J’ai l’impression que vous le regrettez. J’aimerais donc pour terminer faire une évaluation de votre dangerosité. J’aimerais savoir ce qui se passerait si vous aviez l’occasion de m’assassiner. Le feriez vous ?

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NOTRE RÉPONSE >>>

Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 

Luniterre 20 novembre 10:02

@Jean Dugenêt

Trop drôle !!! M. Jean Dugenêt, je n’ai évidemment aucune intention de vous assassiner, et cela d’autant moins que vous me faites bien rire ! Les occasions étant rares de rire avec la réalité du vécu politique, ce serait donc vraiment dommage ! Il est vrai que tourner globalement la politique en dérision est souvent une occasion de rire, comme le font parfois encore quelques rares humoristes talentueux, mais dans votre cas, le plus drôle et le plus improbable, c’est que vous semblez faire le sketch directement de l’intérieur même de la classe politique, sans avoir à la caricaturer le moins du monde.

Pour commencer, quelques titres d’articles sur Mao et le maoïsme, que vous auriez du trouver sur TML, si vous aviez cherché un tant soit peu !

Rien que dans les rubriques sous le titre du blog, il y a déjà celui-ci >>>

Chine  : capitalisme ou socialisme ? __ Aux racines du révisionnisme maoïste 

Le mensonge du maoïsme

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/28/le-mensonge-du-maoisme/

Mao déclassifié…1954 : Les premiers ravages du maoïsme en France…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/01/25/mao_declassifie_3_1954_les_p remiers_ravages_du_maoisme_en_france/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/08/de-mao-a-xi-deux-visages-et-deux-formes-du-capitalisme-detat-en-chine/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

De Mao à Ma, ou la « philosophie » chinoise du capitalisme !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/10/de-mao-a-ma-ou-la-philosophie-chinoise-du-capitalisme/

Tout ça pour ça… ?! Ou les éternels démons kollabos de la petite bourgeoisie maoïste

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/08/tout-ca-pour-ca-ou-les-eternels-demons-kollabos-de-la-petite-bourgeoisie-maoiste/

Janvier 1968, Révolution « culturelle » dans le Hunan : la gauche prolétarienne écrasée par le pouvoir maoïste !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/09/janvier-1968-revolution-culturelle-dans-le-hunan-la-gauche-proletarienne-ecrasee-par-le-pouvoir-maoiste/

Le maoïsme, une « dialectique » de la trahison

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/04/le-maoisme-une-dialectique-de-la-trahison/

Etc…

Bref, je n’ai pas que ça à faire, et si je devais recenser tous les articles consacrés, sur TML, à la critique du maoïsme, et depuis ses origines en 1927, je pense même que cela ne tiendrait pas dans les 10 000 caractères qui sont la limite d’un post sur Agoravox !

Par votre incapacité à analyser simplement le contenu d’un blog internet au XXIème siècle vous faites la preuve plus qu’évidente de votre incapacité quasi monumentale à analyser quoi que ce soit en termes de documentation, et donc également, en termes d’analyse et de recherche historique !

Votre démarche pour le moins stupide et carrément ridicule est une bonne illustration de l’incapacité générale de la classe politique française dont le prolétariat est précisément lassé au point de s’en désintéresser totalement, et notamment de se détourner de ses joutes électorales de plus en plus pitoyables.

Il n’y a donc aucun besoin d’attenter à votre vie, pas plus qu’à celle de vos pairs dans cette classe de minables, et dont vous êtes donc l’archétype particulièrement drôlatique, et c’est donc bien là votre mérite essentiel !

Luniterre

 

 

 

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 Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 novembre 09:59

@Jean Dugenêt
Je suis entièrement d’accord avec ton analyse en ce qui concerne la disparition de toute la classe politique qui a fait la révolution d’octobre, par Staline, qui les a tous fait zigouiller.

Sur le maoïsme, je ne me prononce pas, je ne connais pas le sujet suffisamment.

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Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 

Luniterre 20 novembre 11:24

@Fifi Brind_acier

En tentant de couvrir votre compère, l’inénarrable Dugenêt, vous courrez simplement le risque de vous couvrir vous-même de ridicule, et c’est vraiment dommage, vu la relativement bonne qualité de vos posts, surtout en comparaison des siens, évidemment !

Le « défi » qu’il pose est simplement un de plus parmi les poncifs trotskystes relayés complaisamment par l’ « historiographie » au service du système. Même sur Google, média asservi parmi tant d’autres, il suffit de cinq minutes pour le relever :

Boudienny, Kalinine, Kirov, Jdanov, Vorochilov, Kaganovitch,Dzierżyński, Molotov, Joukov, etc…

Bien entendu, une fois dénoncé ce genre de mensonge trotskyste éhonté et relayé par le système, reste à faire une analyse réellement marxiste de l’histoire de l’URSS, mais ce n’est donc certainement pas possible en suivant la logique absurde et même grotesque de la mythologie trotskyste.

Le présent article sur la pensée économique de Trotsky en est déjà un élément, au-delà de la problématique connexe de son prétendu « programme de transition ».

Luniterre

 

 

 

 

En 2019, pour refonder la gauche française, Marxisme ou trotskysme il faut choisir !

 

 

 

 

En 2019, pour refonder la gauche française,

 

Marxisme ou trotskysme

il faut choisir !

 

Une réédition avec les sous-titres,

telle que proposée sur >>>

https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L335xH95/siteon0-e5814.png

Transition anticapitaliste :

En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

Est-il hors de propos de parler de transition anticapitaliste aujourd’hui ? Le capitalisme, malgré sa crise mondiale chronique et toutes les tragédies et toutes les (…)

2404 visites 18 nov. 2019 | 99 réactions | Luniterre    

 

+ Extrait (…comique!) des réactions >>>

https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L180xH180/auton112602-a6cb1.jpg

Au cours du débat sur le « programme de transition » de Trotsky, un post d’anthologie que nous adresse « Jean Dugenêt », qui se présente comme l’héritier spirituel de Jean de La Bruyère…

( « bruyère » >>> »genêt »!!!) suivi de notre réponse…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/20/oui-il-faut-sauver-le-trotskyste-jean-dugenet-heritier-spirituel-de-la-bruyere/

 

Plus sérieux >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/24/contrainte-sociale-et-domination-de-classe-extrait-du-debat-trotsky-contre-marx/

 

L’originale reste disponible à la même adresse >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/14/transition-anticapitaliste-en-revenir-a-marx-ne-passe-pas-par-trotsky/

 

 

 

Est-il hors de propos de parler de transition anticapitaliste aujourd’hui ?

Le capitalisme, malgré sa crise mondiale chronique et toutes les tragédies et toutes les catastrophes qu’il entraîne, ne semble pas sur le point de céder la place en tant que « modèle » économique, en tant que système social.

Pourtant, aujourd’hui, on ne compte plus les foyers de révoltes sociales qui s’allument à travers le monde. En France voici déjà le premier anniversaire du 17 Novembre qui a vu s’allumer la révolte des « Gilets Jaune ». Ce mouvement, miné par ses propres incohérences et surtout, par son incapacité chronique à former un cahier de revendications unitaires et compréhensibles de tous, n’en finit pas de s’éteindre lentement, mais déjà le front des luttes sociales se cristallise à nouveau sur la question cruciale des retraites, qui a vu naître, par le passé, de grands mouvement sociaux, dont l’un relativement victorieux, c’était en 1995 !

Les récentes révoltes montrent que le rapport de force sur le terrain social peut brusquement s’inverser, et parfois en quelques jours seulement. Si ces luttes n’aboutissent pas ou piétinent après un départ prometteur, c’est bien le plus souvent par manque de perspective politique alternative au système en place, par incapacité à former une alternative qui soit, précisément, une transition anticapitaliste.

Dans certaines franges des classes moyennes et de la petite bourgeoisie en voie de prolétarisation du fait de la crise, il est donc néanmoins resté de bon ton de se proclamer « anticapitaliste », et même et surtout, de disserter sans fin sur la question !

La mode antérieure qui consistait à parler encore de socialisme est passée, essentiellement en raison de la faillite la plus complète de la sociale-démocratie, incarnée par François Hollande, qui se fait élire comme pourfendeur de la finance, avant d’introduire Macron, le fils chéri et le champion de celle-ci dans les arcanes du pouvoir, et finalement, comme son propre successeur ! Un fils chéri qui a bien « tué le père » social-démocrate, mais certainement pas la mère financière !!!

Ainsi semble être morte en France l’image du socialisme, qui, depuis « Germinal », avait fait rêver tant de générations ! C’est incontestablement pourquoi parler de « transition socialiste » aujourd’hui, cela prête à confusion, voire même fait « complètement ringard » ! C’était donc pourtant, à l’origine même du terme, la formulation signifiant une rupture avec le système capitaliste. Mais ces dernières années, il est vrai, ce que l’on entendait encore par « socialisme » était déjà devenu suffisamment flou pour que le souffle de l’échec d’un mandat présidentiel social-démocrate en emporte l’image.

Que l’on baptise « socialisme » ou non l’alternative nécessaire au capitalisme, c’est donc à la limite un point secondaire, l’essentiel étant de comprendre les fondamentaux de cette problématique politique, économique et sociale.

 

 

_I -UNE TRANSITION NÉCESSAIRE A L’ÉCHELLE DE CHAQUE

PAYS, EN RUPTURE AVEC L’ÉCONOMIE DE MARCHÉ

 

Une alternative qui soit en rupture avec le capitalisme nécessite donc déjà de comprendre réellement ce que capitalisme signifie aujourd’hui. Il ne suffit donc pas de pourfendre la finance, et surtout pas en paroles seulement, pour se poser en « anticapitaliste ».

Comme le montre la guerre commerciale en cours, le pouvoir de la finance n’est immense que parce qu’il contrôle l’appareil productif. L’enjeu reste le contrôle de l’appareil productif à l’échelle mondiale parce que c’est lui qui reste la source essentielle de l’accumulation du capital, basée précisément sur les rapports de production capitalistes qui permettent l’extraction de la plus-value, sur la base du travail productif humain.

Pour autant, et comme le montre l’histoire, il ne suffit pas que le contrôle de l’appareil productif change de mains, que ce soit d’un groupe financier à l’autre, d’un État à l’autre, ni même d’un groupe financier à l’État, pour que les rapports de production changent, pour que cesse l’accumulation du capital sur la base de l’extraction de la plus-value.

Et c’est donc là qu’en revenir à Marx permet d’éclaircir les confusions essentielles les plus courantes sur le sujet. Quels que soient les préjugés les plus répandus, c’est incontestablement Marx qui a le mieux défini les processus d’accumulation du capital sur la base de l’extraction de la plus-value. La valeur qui finit par s’accumuler sous la forme du capital, et même du capital financier, est donc d’abord le produit du travail humain.

La notion de valeur-travail est à la base même de l’approche critique que Marx fait du capitalisme. C’est sur la base de cette notion qu’il a pu nous expliquer les processus complexes d’extraction de la plus-value. C’est l’implication générale de cette notion dans la vie économique et sociale que l’on désigne donc généralement comme le concept marxiste de Loi de la valeur. Bien entendu, dans la mesure où il s’agit d’une loi objective de l’économie classique, Marx n’en est pas plus l’ « inventeur » que Newton n’est celui de la gravité ou Einstein celui de la relativité. Les pommes tombaient des pommier dès avant Newton et les galaxies dérivent dans l’univers depuis la nuit des temps, c’est le cas de le dire ! Néanmoins Marx est de loin celui qui en a fourni l’explication la plus élaborée, et la plus visionnaire, même encore aujourd’hui, sur les question de l’impact économique de la robotique, par exemple ! C’est en ce sens qu’il n’est pas abusif de parler de théorie marxiste de la valeur. Si Marx a mis la loi de la valeur à la base de son œuvre majeure, Le Capital, dès le Chapitre 1 du Livre I, ce n’est sans doute pas par hasard et se réclamer marxiste sans en avoir au moins compris les bases et les implications essentielles est donc une prétention nettement abusive, même si elle reste couramment celle de la plupart des pseudos- « marxistes » actuels, au sein de la gauche française !

 

Quoi qu’il en soit, si le contrôle de l’appareil productif est donc aussi celui de la source de la plus-value elle-même, sa réalisation finale n’est possible que sur le marché et le contrôle des marchés, comme le montre également la guerre commerciale actuelle, reste un enjeu majeur de la lutte entre les capitalistes. En effet, la production capitaliste, pour être validée, ne doit pas principalement répondre à des besoins sociaux vitaux et essentiels, mais principalement à des besoins solvables, indépendamment de leur urgence ou de leur futilité sociale. De sorte que si le marché tend à répartir les forces productives entre les différentes régions du globe et entre les différents pays selon des critère complexes qui aboutissent à la validation capitaliste de la production, ce n’est certainement pas en fonction de la nécessité sociale, ni même de l’utilité sociale en général. Il en va évidemment de même pour la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production.

L’absence de l’utilité sociale comme critère essentiel de la répartition des forces productives est d’autant plus flagrante et même criante avec le développement de la société de consommation moderne qui tend par tous les moyens possibles, et principalement, médiatiques et publicitaires, à créer artificiellement des besoins dans les zones économiques à forte ou relativement forte solvabilité, quitte à démultiplier la frustration dans les zones économiques déjà complètement arriérées en termes de développement économique et social, du fait de leur trop faible solvabilité au regard des critères de rentabilité du capital.

Mais ce qui est terriblement évident à l’échelle mondiale n’en est pas moins vrai à l’échelle de chaque pays et tend à exacerber les inégalités sociales, à l’intérieur de chaque pays, où que ce soit sur le globe, comme le montrent précisément les différents foyers de révolte qui s’y allument.

Évidemment, la solution idéale serait bien que toutes ces révoltes se coordonnent à l’échelle planétaire et engendrent une force politique suffisamment puissante pour régler à la fois les problèmes de la répartition mondiale et à l’intérieur de chaque pays. C’est formellement une belle idée mais concrètement rien de plus, et d’autant moins que chaque révolte particulière se trouve déjà actuellement confrontée à l’impasse, à l’absence de perspective politique alternative locale, en dépit des bons niveaux de coordinations spontanées atteints grâce au système moderne des « réseaux sociaux ».

Marx lui-même, bien qu’étant le principal promoteur de l’internationalisme en son temps, avait parfaitement conscience de ce type de limitation et entendait donc bien la transition révolutionnaire comme une rupture anticapitaliste à l’échelon national d’abord :

« Den Kommunisten ist ferner vorgeworfen worden, sie wollten das Vaterland, die Nationalität abschaffen. Die Arbeiter haben kein Vaterland. Man kann ihnen nicht nehmen, was sie nicht haben. Indem das Proletariat zunächst sich die politische Herrschaft erobern, sich zur nationalen Klasse erheben, sich selbst als Nation konstituieren muß, ist es selbst noch national, wenn auch keineswegs im Sinne der Bourgeoisie. » ( http://www.mlwerke.de/me/me04/me04_459.htm#Kap_II)

« Les communistes ont également été accusés de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat doit d’abord conquérir le pouvoir politique, s’élever au rang de classe nationale, se constituer lui-même en tant que nation, il est encore lui-même national, même si en aucune manière dans le sens de la bourgeoisie. »

En 1888 Engels proposait une variante de ce passage, qui, à notre avis, en éclaire précisément le sens, c’est à dire le caractère de classe du pouvoir « national » ainsi nouvellement constitué :

Engels 1888 _ « Den Kommunisten ist ferner vorgeworfen worden, sie wollten das Vaterland, die Nationalität abschaffen. Die Arbeiter haben kein Vaterland. Man kann ihnen nicht nehmen, was sie nicht haben. Indem das Proletariat zunächst sich die politische Herrschaft erobern, sich zur führenden Klasse der Nation erheben, sich selbst als Nation konstituieren muß, ist es selbst noch national, wenn auch keineswegs im Sinne der Bourgeoisie. »

« Les communistes ont également été accusés de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat doit d’abord conquérir le pouvoir politique, s’élever comme classe dirigeante de la nation, se constituer lui-même en tant que nation, il est encore lui-même national, même si en aucune manière dans le sens de la bourgeoisie. »

En effet, ce qui sépare le pouvoir de la classe prolétarienne du sens bourgeois de la nation, c’est bien la rupture avec le capitalisme, la transition anticapitaliste qui commence avec cette prise de pouvoir prolétarienne, sinon, à quoi bon faire une révolution prétendument « anticapitaliste » ?

C’est déjà clairement dans ce sens, du reste, que Marx, en 1875, avait tenté d’apporter des modifications au programme du parti socialiste allemand en voie de constitution, lors du Congrès de Gotha. Même si cette démarche est restée en son temps inaboutie, et ne fut pas publiée par Engels avant 1891, ce texte n’en est pas moins devenu rapidement la référence essentielle concernant les principes économiques de la transition. Non pas dans les formes concrètes adaptées aux conditions spécifiques de cette époque, mais bien dans les principes fondamentaux qui les sous-tendent et qui y sont clairement explicités.

 

 

_ II – LA RUPTURE AVEC LE CAPITALISME COMMENCE

DÈS LA PRISE DU POUVOIR PAR LE PROLÉTARIAT

 

Marx n’en définit donc pas moins expressément, dès la prise du pouvoir par le prolétariat, cette transition comme une première forme du communisme :

« Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est à une société communiste non pas telle qu’elle s’est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste ; une société par conséquent, qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l’ancienne société des flancs de laquelle elle est issue. »

Dans ce texte Marx nous explique précisément en quoi cette première forme se distingue de la forme supérieure et achevée du communisme.

C’est cette forme transitionnelle du communisme que l’on a eu ensuite pour habitude de nommer socialisme, avant que ce terme ne perde toute signification en tant que perspective politique, tant sous l’influence des divers courants révisionnistes se réclamant abusivement du marxisme, que, finalement, des sociaux-démocrates résiduels.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Comme Marx nous l’explique dans ce texte le socialisme-première forme du communisme est une phase de transition entre capitalisme et phase supérieure du communisme, une phase de transition qui repose sur des échanges économiques en valeur-travail.

Par la suite le principe en a été résumé par une formule :

>>> « De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail ! »

C’est donc une phase dont le but est d’avancer vers le communisme-phase supérieure dont le principe était déjà résumé par Marx lui-même dans cet ouvrage :

>>> « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! » 

Ce qui distingue essentiellement ces deux phases, en dernière analyse, c’est bien le niveau de développement des forces productives. Dans la phase supérieure c’est la valeur d’usage de la production qui prend le dessus sur la valeur d’échange, de sorte qu’il n’y a plus de lien contraignant entre valeur-travail et valeur d’échange, et progressivement, à mesure que la production répond le plus largement aux besoins, c’est la loi de la valeur elle-même qui tombe en désuétude, voire disparaît même carrément avec la robotisation complète de la production (Marx, Grundrisse).

Dans la première phase, basée sur les échanges en valeur-travail, l’utilisation contrôlée de la loi de la valeur sert donc à établir la correspondance entre forces productives (travail) et besoins sociaux, par le moyen du plan, démocratiquement élaboré.

Comme on l’a vu, et comme l’évidence le confirme chaque jour, l’économie capitaliste mondiale, fondée sur le marché et la finance, ne répond nullement aux besoins sociaux de l’humanité, et il en va de même au sein de chaque pays, même si de manière inégale entre les pays. La cause première en est la répartition des forces productives en fonction des intérêts des marchés et donc des capitalistes, et non en fonction des besoins sociaux réels, de la nécessité ou de l’utilité sociale.

En ne répondant qu’à la solvabilité des marchés, non seulement la répartition capitaliste des forces productives ne répond pas aux besoins sociaux réels, mais se trouve de plus contrainte de fluctuer et de varier sans cesse en fonction du fait que la solvabilité des marchés est-elle même fluctuante, ce qui entraîne sans arrêt des « restructurations » et des délocalisations d’entreprises, entraînant avec elles reculs sociaux, chômage, migrations, et malgré tous ces expédients, approfondissement de la crise, désormais chronique et insoluble.

C’est pourquoi, dès la prise du pouvoir par le prolétariat, le but n’est pas seulement de prendre le contrôle de l’appareil de production, ce qui, en soit, précisément, ne change rien à la répartition des forces productives, ni aux rapports sociaux de production, mais bien de commencer à changer cette répartition et ces rapports sociaux en fonction des intérêts des classes prolétariennes et populaires, en fonction de leurs besoins sociaux réels.

Bien entendu l’élaboration démocratique d’un plan ne peut se faire en un tournemain, ni même englober rapidement la totalité de l’économie, mais aussi bien les premières mesures du pouvoir révolutionnaire que les premières ébauches du plan doivent évidemment aller dans ce sens, faute de perdre toute signification en termes de transition anticapitaliste.

Les efforts du pouvoir révolutionnaire doivent donc d’abord aller dans le sens d’un recensement démocratique des besoins sociaux réels les plus urgents à résoudre, et progressivement, de l’ensemble, dans le but de répartir les forces productives disponibles en fonction et donc pour répondre à ces besoins les plus urgents, et assez rapidement, de développer les forces productives nécessaires pour répondre à l’ensemble.

Dans cette démarche, c’est bien la nécessité et l’utilité sociales qui sont les guides, et non pas les forces du marché et leur solvabilité, les lois de l’offre et de la demande, la loi du marché, celle qui, précisément, crée les déséquilibres et la crise chronique du capitalisme.

L’une des premières conséquences d’une répartition fonctionnelle des forces productives, en réponse aux besoins sociaux, c’est que les plus vitaux d’entre eux étant satisfaits, le travail peut également enfin être réellement partagé et réparti entre tous les travailleurs disponibles, éradiquant ainsi radicalement le chômage en répondant concrètement au principe : « de chacun selon ses besoins à chacun selon son travail ». L’expression monétaire de la valeur-travail étant sur cette base l’expression comptable du nouvel équilibre ainsi créé et non plus le reflet de la soumission de l’économie aux fluctuations du marché, à la loi de l’offre et de la demande, la loi du marché.

Comme l’expérience des 35 heures le montre, en régime capitaliste une revendication telle qu’un partage du travail menant à l’éradication du chômage est tout à fait impossible à réaliser, car le chômage est une nécessité intrinsèque vitale pour le capitalisme. C’est donc une revendication qui fait entièrement partie du programme de la transition socialiste, et non une revendication immédiatement réalisable dans le cadre du système actuel, quel que soit le rapport de force.

Mais comme l’expérience des « gilets jaunes » le montre, aucun mouvement social ne peut se développer avec force et aboutir à quelque résultat positif sans une plate-forme unitaire de revendications immédiatement réalisables et répondant à une partie significative des difficultés sociales vécues par le prolétariat et les couches populaires.

Pour autant, les maigres victoires sociales ainsi acquises restent précaires dans la durée, et le plus souvent, sont remises en cause rapidement par le capital.

Depuis la victoire de 1995, qui était en réalité davantage celle d’une sauvegarde que d’une amélioration réelle, ce sont une suite d’échecs et de reculs sur les grandes questions sociales qui ont frappé le mouvement social. La victoire sur le retrait du CPE en 2006 est restée également sans lendemain, autrement que comme le souvenir de la dernière victoire sur une revendication immédiate et de sauvegarde, également, en fait.

Dans le contexte actuel le pronostic sur l’ampleur, la durée et la force du mouvement social dont la grève du 5 Décembre pourrait être le point de départ reste impossible, mais quoi qu’il en soit, le contexte mondial de révolte impose d’avancer aux révolutionnaires prolétariens qui se réclament du marxisme, et même de marcher sur leurs deux jambes.

Ces deux jambes sont donc le programme unitaire des revendications immédiates et le programme de transition anticapitaliste. Il est clair que pour l’instant le premier pas reste à faire d’un côté comme de l’autre, mais la réflexion sur ces deux thèmes, sur la base d’un retour aux fondamentaux marxistes que nous venons de rappeler, devrait normalement recommencer à se développer, sauf à considérer que le mouvement révolutionnaire prolétarien est d’ores et déjà complètement anéanti dans ce pays.

 

 

_ III – LA GAUCHE FRANÇAISE ACTUELLE ET

SON RENONCEMENT A LA TRANSITION ANTICAPITALISTE 

 

Parmi les rares qui se réclament encore du marxisme dans ce qui reste de la gauche française se trouvent principalement les divers courants se partageant les restes du PCF, pour ne pas dire son cadavre politique, et les divers courants se réclamant du trotskysme.

Concernant le PCF résiduel et ses satellites pseudo « marxistes-léninistes » en paroles, mais néo-thoreziens assumés en pratique, il s’agit donc déjà depuis des lustres d’une succession de programmes électoraux réformistes peu ou prou inspirés par le souvenir des « Jours Heureux », selon eux, de la Kollaboration de classe instituée après guerre sous l’égide du CNR et qui n’avait naturellement aucune prétention à être une transition socialiste en aucune manière, reposant au contraire sur l’ « unité nationale » avec la bourgeoisie nationale résistante. Bien entendu, dans les conditions historiques de l’époque, un gouvernement provisoire issu de la Résistance était légitime, et aurait même pu l’être également d’un point de vue prolétarien, si le programme du CNR avait été négocié dans la perspective de maintenir la légitimité de la Résistance prolétarienne organisée en tant que force politique et militaire autonome, avec sa propre perspective de transition socialiste, ce qui n’a donc évidemment pas été le cas. Le thorezisme étant, dès cette époque, une idéologie de Kollaboration de classe et de capitulation face à la bourgeoisie monopoliste et face à l’impérialisme US.

Cette problématique historique et son héritage actuel dans le PCF et ses satellites n’est donc pas notre sujet, sauf à le résumer comme absence évidente de toute perspective de transition socialiste actuelle par ces courants politiques.

Reste donc la mouvance trotskyste, infiniment divisée, mais qui présente au moins un point commun concernant l’héritage de son « maître-à-penser » : le « Programme de transition » rédigé par Léon Trotsky lui-même.

On ne s’épuisera pas non plus ici à tenter de comprendre l’incompréhensible dédale des scissions trotskystes, mais on cherchera simplement à examiner, à partir de quelques exemples concrets qui s’y réfèrent, la logique interne éventuelle de ce programme et en quoi il répond ou non aux critères marxistes de la transition prolétarienne.

Tout récemment l’une des multiples fractions internes du NPA, parmi celles qui se réfèrent expressément au trotskysme, sous le « label » « Révolution Permanente » a précisément tenté de défendre « l’actualité brûlante » de ce « Programme de transition » de cette manière :

« Prenons un exemple. Face aux licenciements ou aux fermetures d’usines, les dirigeants syndicaux acceptent souvent des réductions de salaire en échange du maintien des emplois. Un programme transitionnel consiste à répartir les heures de travail sans réduction de salaire, non seulement en évitant les licenciements, mais aussi en intégrant davantage de personnes dans le monde du travail. Dans le premier cas, les licenciements sont évités mais sur la base de la garantie du profit du capitaliste. Dans le second cas, le chômage est combattu en donnant la priorité à la classe ouvrière et non à l’entreprise.

En ce sens, le programme de transition tente d’établir un pont entre la lutte pour les revendications les plus élémentaires et immédiates de la classe ouvrière et du peuple et une solution anticapitaliste et socialiste . »

https://www.revolutionpermanente.fr…

Il est donc clair que cette prétendue « transition » s’entend comme une sorte de phase réformiste « radicale » du capitalisme qui verrait celui-ci réaliser un partage de type « socialiste » du travail, alors qu’à l’évidence l’expérience des 35 heures a déjà largement démontré l’impasse de cette démarche en termes de lutte contre le chômage.

Il est évident que le chômage est une variable d’ajustement indispensable au capital pour maintenir la pression sur les salaires et jouer du « chantage à l’emploi » en toutes circonstances. Il est clair que lorsque le rapport de force sera en faveur du prolétariat et des classes populaires sur cette question, il y aura nettement lieu d’imposer la réalisation de cette revendication dans le cadre d’une transition révolutionnaire et réellement socialiste, et non pas de tenter de négocier un accord boiteux avec le capital sur ce point.

Mais cette démarche réformiste trotskyste est effectivement réellement préconisée dans le texte de 1938 de Trotsky lui-même, sous la forme d’une « échelle mobile des heures de travail »…

En 2019 « Révolution Permanente » écrit donc aussi à ce propos : « En ce sens, le programme de transition tente d’établir un pont entre la lutte pour les revendications les plus élémentaires et immédiates de la classe ouvrière et du peuple et une solution anticapitaliste et socialiste . »

C’est également, en fait, la paraphrase d’un autre passage du « programme » de Trotsky : « Il faut aider les masses à trouver, au cours de leurs luttes quotidiennes, ce qui fera le pont entre leurs revendications actuelles et le programme de la révolution socialiste. Ce pont doit consister en un système de revendications transitoires, qui partent des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvrière et qui conduisent invariablement à une seule et même conclusion : la conquête du pouvoir par le prolétariat. »

Formellement, cela paraît partir d’une bonne intention, mais quelle peut bien être l’utilité d’un prétendu « pont » placé entre les revendications sociales prolétariennes et leur réalisation par la transition révolutionnaire socialiste ?

Dans le même chapitre que son « échelle mobile des heures de travail », Trotsky place une « échelle mobile des salaires », présentée également comme une avancée politique révolutionnaire. Or qu’en est-il vraiment à ce sujet ? Une telle échelle mobile est par contre une revendication immédiate tout à fait justifiée dans le cadre du système actuel et elle a même été réalisée durant plus de trois décennies en France, en tant qu’ « acquis social » de l’époque dite des « trente glorieuses ». Elle a été perdue en 1982, sous le gouvernement « socialiste » de Mauroy… Cela traduit simplement le recul des forces sociales, déjà à cette époque. Elle n’a évidemment jamais entraîné la moindre avancée révolutionnaire… !

Alors à quoi bon mélanger des revendications qui font normalement partie d’une transition révolutionnaire anticapitaliste et des revendications immédiates parfaitement compatibles avec le système en place, si ce n’est pour semer la confusion la plus totale sur ce qu’est réellement la conception marxiste de la transition ?

A propos du même passage textuellement cité sur son site, le groupe trotskyste « Lutte Ouvrière » écrit pour sa part :

« Ce programme n’est pas une liste de revendications qui pourraient être partiellement obtenues. Aucune n’est réaliste dans le cadre du capitalisme, aucune n’est acceptable par la bourgeoisie sans la pression révolutionnaire des masses. »

« Acceptables » ou non, on voit bien que la confusion est totale et aboutit en pratique à tenter de mettre les masses en mouvement ou à faire dériver leur mouvement existant vers des objectifs « hybrides » entre capitalisme et socialisme, c’est à dire des leurres politiques qui ne correspondent à aucune réalité. Et évidemment surtout pas d’un point de vue marxiste !

 

 

_ IV -AUX ORIGINES DE CE RENONCEMENT DE LA GAUCHE,

LE « PROGRAMME DE TRANSITION » DE LÉON TROTSKY 

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L’un des autres thèmes récurrent du « programme » trotskyste est le mythe d’un prétendu « contrôle ouvrier » qui s’exercerait pendant ce « pont » transitoire, selon lui, entre capitalisme et socialisme. L’instrument en est supposément le « comité d’usine » qui partagerait, littéralement, le pouvoir avec le patronat dans l’entreprise :

« Dès le moment de l’apparition du comité dans l’usine , s’établit de fait une dualité de pouvoir. De par sa nature même, c’est une situation de transition, car elle renferme en elle-même deux régimes inconciliables : capitaliste et prolétarien. La signification primordiale des comités d’usine consiste précisément en ce qu’ils ouvrent, sinon une période directement révolutionnaire, du moins une période pré-révolutionnaire, entre régime bourgeois et prolétarien. »

[С момента возникновения комитета на заводе устанавливается фактически двоевластие. По самому существу своему оно является переходным состоянием, ибо заключает в себе два непримиримых режима : капиталистический и пролетарский. Принципиальное значение заводских комитетов в том именно и состоит, что они открывают, если не прямо революционный, то пред-революционный период — между буржуазным и пролетарским режимом. ] [Переходная программа IV интернационала – Лев Д. Троцкий (1938 г.)]

https://www.marxists.org/russkij/tr… )

Difficile d’affirmer de manière plus claire le caractère « hybride » et donc fondamentalement chimérique et révisionniste de cette prétendue « période pré-révolutionnaire » !

Quant à la « dualité de pouvoir » de tels « comités d’usine », faut-il rappeler que les « comités d’entreprises » institués par la Kollaboration de classe thorezienne dès 1945, ont eu sensiblement toutes les prérogatives que Trotsky leur attribue, voire même davantage, et cela depuis trois quarts de siècle, bientôt, sans que cela ait précisément généré la moindre ébauche de transition anticapitaliste ?

Quant à la durée supposée d’un tel « pont », on pourrait croire, en se laissant impressionner par la logorrhée pseudo- « révolutionnaire » du « maître » qu’il s’agit donc d’une sorte de brève veillée d’armes pré-insurrectionnelle, avant l’assaut final, mais manifestement cela rend absurde le concept même d’une « transition hybride » supposée nécessaire avant la transition anticapitaliste réelle, et c’est bien ce qui nous est confirmé, en fait, par la conception de la lutte contre le chômage selon Trotsky lui-même : 

« En particulier, la lutte contre le chômage est inconcevable sans une organisation large et hardie de GRANDS TRAVAUX PUBLICS. Mais les grands travaux ne peuvent avoir une importance durable et progressiste, tant pour la société que pour les chômeurs eux-mêmes, que s’ils font partie d’un plan général, conçu pour un certain nombre d’années. Dans le cadre d’un tel plan, les ouvriers revendiqueront la reprise du travail, au compte de la société, dans les entreprises privées fermées par suite de la crise. Le contrôle ouvrier fera place, dans ces cas, à une administration directe par les ouvriers. »Trotsky – programme de transition

C’est à dire à l’autogestion dans le cadre, en réalité toujours capitaliste, de ce régime prétendument « hybride ». L’autogestion dans le cadre du capitalisme est parfois utile pour sauver, au moins provisoirement, quelques emplois, effectivement, mais ne mène précisément à rien de plus, et surtout pas vers une « transition » quelle qu’elle soit, comme de multiples expériences l’ont abondamment prouvé !

En parallèle, et de façon particulièrement absurde sur une durée de plusieurs années, Trotsky préconise, en termes ronflants de « gauchisme » purement formel, l’organisation de « milices ouvrières » d’auto-défense, et notamment, prétendument « antifascistes », vu le contexte de l’époque. Hors comment même ose-t-il « imaginer » des chantiers publics de « Grands Travaux », durant des années, et encadrés par une telle milice, sinon en Kollaboration avec la police et les forces armées du système ?

Et finalement, sous l’occupation nazie, pas une seule de ces « milices ouvrières » d’usine n’a été formée, mais par contre, l’ « internationalisme » qui était supposé provoquer une « fraternisation » avec les soldats occupants a simplement déclenché une répression fatale à ces tentatives pour le moins aussi « idéalistes » qu’absurdes.

En réalité, que ce soit dans la durée, le contenu ou les applications, le prétendu « pont » que constitue le « Programme de transition » trotskyste est simplement une impasse qui ne peut que dévoyer le mouvement social de toute perspective de transition anticapitaliste réelle, et sinon le mener carrément à un régime prétendument « hybride » de Kollaboration de classe, mais toutjours capitaliste, au final !

En cela il ne se distingue pas, fondamentalement, du réformisme révisionniste thorezien, incluant également pratiquement le même « programme » de nationalisations rebaptisées, surenchère oblige, « expropriations », au motif de non-indemnisation, ce qui ne change rien quant à leur nature capitaliste monopoliste d’Etat, pas même incompatible avec l’impérialisme, ce que l’on a pu voir, précisément, à la « libération », avec les massacres en Algérie sous l’égide du CNR.

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_ V-LES ORIGINES HISTORIQUES RÉELLES DU TROTSKYSME

ET LEUR PERSISTANCE NÉFASTE ACTUELLE 

 

La question historique de connaître les conceptions économiques de Trotsky est-elle pour autant entièrement éclaircie à la lecture de son prétendu « Programme de transition » ?

Pour une majorité de militants de ce courant, qui ne sont pas forcément du genre à se poser des questions, ni même à aller beaucoup plus loin dans leurs lectures, et même à supposer qu’ils aient réellement étudié ce document, cela ne fait guère de doute, et notamment à « Lutte ouvrière », par exemple :

« L’actualité du Programme de Transition

Un programme n’est pas un dogme, c’est un guide pour l’action. Et le Programme de Transition, bien qu’il ait été écrit il y a 80 ans, reste le guide le plus sûr. Et même si, depuis, la société a connu des évolutions et des transformations, par bien des aspects le monde d’aujourd’hui ressemble à celui de 1938. Et surtout, ce programme se fonde sur une analyse marxiste, scientifique, du capitalisme en crise par le seul dirigeant révolutionnaire qui était capable d’en tirer des conclusions générales pour guider la classe ouvrière dans sa lutte vers la révolution sociale. »

https://www.lutte-ouvriere.org/publ…

On vient pourtant de voir ce qu’il en est… !

Si la fin tragique de Trotsky en a fait, bien inutilement, une sorte de « martyr », cela ne doit pas nous empêcher d’examiner, précisément à la lumière du matérialisme historique et du matérialisme dialectique, la validité de son œuvre en tant que prétendu marxiste, et en termes de perspectives politiques proposées. C’est le cas où l’on serait tenté de renverser la proposition de Marx sur la critique des armes, fussent-elles résumées à un piolet, qui ne saurait donc, ici, remplacer l’arme de la critique. Le statut de victime ne constitue nullement, en soi-même, un sceau de validité idéologique révolutionnaire.

La question historique reste donc de savoir si ces concepts « transitionnels » de Trotsky, parfois totalement aberrants, sinon délirants, comme la perspective d’un « gouvernement ouvrier et paysan » qui n’est très explicitement pas censé se réaliser réellement, (bien que encore basé sur ce « programme de transition » prévu, lui, pour « des années »…), mais néanmoins supposé avoir une « fonction éducative »(sic) , si ce genre de concepts, donc, est juste le reflet de circonstances fortuites et provisoires, l’aberration d’un instant, ou bien réellement et profondément le reflet de la conception pseudo « marxiste » de Trotsky.

La question est rarement posée, même par les trotskystes eux-mêmes, et pour cause, de savoir si Trotsky avait réellement une pensée économique. Le fait est qu’il n’a écrit aucun ouvrage de fond sur la question.

Néanmoins, du fait qu’il a passé les dernières années de sa vie à dénigrer les réalisations de l’URSS on supposera donc qu’il avait quelques propositions alternatives à faire, et qu’elles sont donc le reflet de sa pensée économique. Il devrait logiquement être possible, en suivant ce fil, d’y percevoir une certaine cohérence, s’il s’en trouve effectivement une.

Avant nous, cette démarche a en réalité déjà été tentée par un éminent militant trotskyste, et même « historique » au sens où il fut parmi les proches de Trotsky lors de la création de la prétendue « 4e internationale » dans la grange d’Alfred Rosmer, le 3 Septembre 1938, à Périgny, en banlieue parisienne. Il en est resté l’un des principaux dirigeants jusqu’en 1965. Évincé, sinon formellement « exclu » par la suite, et devenu responsable d’une des nombreuses mouvances minoritaires, ce Michel Raptis, dit « Pablo », n’en était pas moins qualifié, manifestement, pour connaître la pensée et l’œuvre du « Maître »… C’est en 1990, dans le numéro 35 de la revue « 4e internationale » qu’il a fait en quelque sorte la synthèse de cette réflexion. De sa part il ne s’agit aucunement de développer un point de vue essentiellement critique, mais bien au contraire de dresser un véritable panégyrique de la pensée économique de Trotsky, telle qu’elle se dégage de ce fil suivi dans son œuvre.

Or la « cohérence » qui se dégage de cette démarche est typiquement, et dès l’introduction, celle qui a amené tous les révisionnistes au prétendu « socialisme de marché », et encore aujourd’hui, dans sa forme « à la chinoise », héritée du maoïsme :

« Cet exposé sera centré surtout sur les conceptions de Léon Trotsky concernant les problèmes de la « transition du capitalisme au socialisme » »

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index…

Comme on l’a vu, c’est le socialisme qui est lui-même une phase de transition entre capitalisme et communisme, c’est à dire une première phase communiste et donc le début d’une rupture anticapitaliste, précisément par la formation d’un secteur économique socialiste concernant les entreprises et les ressources essentielles.

Parler de « transition » entre capitalisme et socialisme, cela nous ramène donc bien au « pont »-impasse du « Programme de transition » et c’est donc nécessairement parler d’une prolongation du capitalisme, en réalité, même si déguisée formellement en « hybride » supposé entre capitalisme et socialisme.

Il est donc également clair pour Raptis que Trotsky ne considérait pas l’URSS comme socialiste, ni sous la NEP, ni après (Trotsky parle d’ « État ouvrier », puis d’ « État ouvrier dégénéré », mais rarement d’État socialiste, et seulement pour se contredire lui-même aussitôt !

« De nouvelles entreprises grandioses, de nouvelles productions, des branches entières de l’industrie ont été créées. La capacité du prolétariat organisé en État à conduire l’économie par de nouvelles méthodes et à créer des valeurs matérielles à un rythme sans précédent a été démontrée dans la pratique. Tout cela dans le contexte d’un capitalisme mondial expirant. Le socialisme, en tant que système, a prouvé pour la première fois son droit à la victoire historique non pas dans les pages du « Capital », mais dans la pratique des centrales hydroélectriques et des hauts fourneaux. Marx préférerait sans doute cette méthode de preuve. Néanmoins, criminellement irréfléchies sont les allégations selon lesquelles l’URSS est déjà entrée dans le socialisme.  »

[Созданы новые грандиозные предприятия, новые производства, целые отрасли промышленности. Показана на деле способность организованного в государство пролетариата вести хозяйство новыми методами и создавать материальные ценности в небывалых ранее темпах. Все это – на фоне издыхающего мирового капитализма. Социализм, как система, впервые доказал свое право на историческую победу не на страницах « Капитала », а практикой гидростанций и доменных печей. Маркс несомненно предпочел бы этот способ доказательства. Однако, преступно легкомысленны утверждения, будто СССР уже вступил в социализм.] [ http://www.magister.msk.ru/library/… ]

 

A quelque moment que ce soit, il prétend y voir donc toujours une « étape intermédiaire » entre capitalisme et socialisme proprement dit.

Une société hybride, dont la nature de classe reste formellement imprécise, mais pour laquelle il préconise en quelque sorte une première version de son « pont » programmatique révisionniste.

 

 

_ VI – LE TROTSKYSME, UN RENIEMENT TOTAL

DES FONDAMENTAUX DU MARXISME

 

Or, considéré d’un point de vue marxiste, il y a nécessairement dans tout Etat, une base économique dominante, et qui a une nature de classe déterminée, et donc pas de situation hybride possible, en termes de mode de production. Prolétariat ou bourgeoisie, socialisme ou capitalisme, il y a nécessairement un mode de production dominant et déterminé, qui caractérise la nature de classe d’un système, d’un État.

La façon dont Trotsky considérait la situation en URSS et la façon dont il a conçu son « Programme de transition » ne sont précisément différentes en rien dans leurs déformations des fondamentaux du marxisme, et c’est en cela, effectivement, que le trotskysme conserve une certaine cohérence interne, en tant que forme de révisionnisme, et c’est ce que l’on voit bien à travers la lecture que Raptis fait lui-même de Trotsky :

« Plan et industrialisation font partie de sa conception plus générale de la NEP couvrant la période de « transition du capitalisme au socialisme ». Ils s’inscrivent dans une économie de marché dominée encore aussi bien par la loi de la valeur que par la rente foncière absolue et différentielle. »

C’est à dire tous les fondamentaux du capitalisme !

Mais en bon trotskyste, il n’est pas à une contradiction près et souligne donc de lui-même celle qu’il a effectivement pu relever chez Trotsky, qu’il paraphrase ainsi :

«  Le plan « viole » constamment la loi de la valeur qui régit encore cette économie par le rôle multiple de l’Etat, de son budget, et de ses autres interventions. »

(Trotsky >>> « l’économie planifiée de la période de transition, même basée sur la loi de la valeur, la viole à chaque pas et établit des rapports d’échange inégal entre différentes branches de l’industrie. » https://www.marxists.org/francais/t… )

Alors que précisément, selon les principes économiques de transition développé par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, l’État prolétarien établi le plan et contrôle sa réalisation par une utilisation maîtrisée de la Loi de la valeur, et non pas en la « violant » !!! C’est cette utilisation maîtrisée qui permet d’établir la correspondance entre les besoins démocratiquement définis par le plan et la répartition des forces productives, définie en fonction et en conséquence, pour y répondre. C’est bien là ce qui permet, au contraire du « programme » trotskyste, de réduire la part résiduelle de l’économie de marché, encore soumise à la loi de l’offre et de la demande, c’est à dire à la loi du marché, qui précisément, elle, fait constamment dériver les prix hors de l’équilibre potentiellement induit par l’action « spontanée » de la loi de la valeur !

C’est précisément là, de plus, la cause directe de l’échec final de la NEP, par une situation de crise économique engendrée par les vices intrinsèques de l’économie de marché, dont Trotsky souhaitait effectivement le maintien, et même l’extension au secteur socialiste, et réaffirmant encore cela expressément cela en 1936, soit huit ans après la « Crise des grains » qui fut fatale à la NEP, dans son ouvrage majeur, dit « la révolution trahie » :

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur.   »

( https://www.marxists.org/francais/t…)

Manifestement, cette affirmation selon laquelle la loi du marché doit s’étendre au secteur économique « socialiste », « et pour longtemps encore », répond déjà très concrètement à la question de savoir si les concepts « transitionnels » de Trotsky sont juste l’aberration d’un moment ou bien le reflet de sa pensée économique réelle.

Du reste, Raptis nous rappelle que pour Trotsky, et tel qu’il l’affirme dès 1932, dans un texte aujourd’hui introuvable en français, c’est donc bien en réalité l’ensemble du plan qui doit être soumis à la loi du marché :

« Les innombrables participants vivants à l’économie, qu’ils soient étatiques ou privés, collectifs ou individuels, doivent déclarer leurs besoins et leur importance relative, non seulement par l’intermédiaire des calculs statistiques des commissions du plan mais aussi par la pression directe de l’offre et de la demande. Le plan est vérifié et, dans une large mesure, réalisé par le marché. »

[« Бесчисленные живые участники хозяйства, государственные и частные, коллективные и единоличные, должны заявлять о своих нуждах и о своей относительной силе не только через статистические выкладки плановых комиссий, но и непосредственным давлением спроса и предложения. План проверяется и, в значительной мере, осуществляется через рынок. »] [http://www.magister.msk.ru/library/… ]

Pour Trotsky, c’est clairement le marché qui est prétendument le « régulateur » de l’économie, tout à fait à l’instar des actuels « ultra-libéraux » et de leur tragique et assassine « main du marché » ! Le plan, selon Trotsky, se réduit ainsi quasiment à un plan « marketing »…

« La régulation du marché lui-même doit s’appuyer sur les tendances détectables par son intermédiaire . Les plans directeurs produits par les ministères doivent démontrer leur efficacité économique par des calculs commerciaux. » [Регулирование самого рынка должно опираться на обнаруживаемые через его посредство тенденции. Предначертания канцелярий должны доказать свою хозяйственную целесообразность через коммерческую калькуляцию.][ibidem]

Et c’est ainsi, en se basant sur les prix du marché, qu’il prétendait en arriver à stabiliser la monnaie…

« Le système de l’économie de transition est impensable sans le contrôle par le rouble. Cela présuppose, à son tour, un rouble égal à lui-même . Sans une unité (monétaire) stable le prévisionnel commercial ne peut qu’accroître le chaos. »[Система переходного хозяйства немыслима без контроля рублем. Это предполагает, в свою очередь, что рубль равен самому себе. Без устойчивой единицы коммерческий расчет способен только увеличить хаос.][ibidem] 

Alors que pour Marx, selon la loi de la valeur, et à l’évidence, de plus, c’est la formation de la valeur, sous sa forme finale avant expression du prix, et qu’il appelle « Valeur de marché », qui conditionne l’offre et la demande, et régule donc, en dernier ressort, le marché !!!

Et non l’inverse !!!

C’est ce qui explique que les prix se rapprochent à nouveau de cette « Valeur de marché », entre deux crises…

Alors que la loi du marché, celle de l’offre et de la demande, a au contraire tendance à introduire une distorsion constante entre prix et valeur, ce qui entraîne, précisément, les crises !

Et y compris et surtout, sous la NEP, d’où son échec inévitable…

« Même l’économiste ordinaire se rend compte que sans le moindre changement de l’offre ou de la demande occasionné par des circonstances extérieures le rapport des deux peut changer à la suite d’un changement dans la valeur de marché des marchandises. Même lui, il doit reconnaître que l’offre et la demande doivent être égales pour obtenir la valeur de marché quelle qu’elle soit. Ceci signifie que le rapport entre l’offre et la demande n’explique pas la valeur de marché, mais au contraire que c’est elle qui explique les fluctuations de l’offre et de la demande. »

( Marx, Capital, III, 10)

De plus, même l’ « équilibre » provisoire qui peut s’établir, entre deux, crises, dans l’économie de marché, ne répond jamais qu’aux demandes et aux besoins solvables et rentables financièrement, et non pas à des critères d’utilité sociale, et encore moins, de nécessité sociale urgente pour les plus démunis, pour les catégories les plus socialement défavorisées, ce qui est par exemple typiquement illustré par la réalité des 275 millions de travailleurs migrants « mingongs » en Chine prétendument « socialiste de marché » !

Prétendre rétablir un équilibre économique à partir d’une « planification » établie sur les prix du marché, fixés par l’offre et la demande, c’est donc bien une aberration totale, comme Marx nous l’explique :

« Il est évident que les lois internes effectives régissant la production capitaliste ne peuvent trouver leur explication dans l’interaction de l’offre et la demande. (Nous écartons une analyse plus approfondie de ces deux éléments moteurs de la société qui n’aurait pas sa place ici.) Car ces lois n’apparaissent comme réalisées dans toute leur pureté que lorsque l’offre et la demande cessent d’agir, à savoir quand elles coïncident. En réalité, elles ne coïncident jamais. Si cela devait arriver une fois en passant, ce serait tout à fait par hasard ; au point de vue scientifique, cette probabilité est nulle et n’a pas à être considérée. » ( Marx, Capital, III, 10)

Ce n’est donc évidemment pas la loi du marché qui est le régulateur de l’économie (la « main du marché » des ultra-libéraux !), mais la LOI DE LA VALEUR, et cela quel que soit le régime, capitalisme ou socialisme, et d’où l’intérêt de réduire au maximum le poids de l’économie de marché, dès le début de la transition socialiste, avec pour but de l’éradiquer autant que possible, et même complètement, aussitôt que possible. C’est en ce sens, déjà défini par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, que l’économie socialiste doit être développée, et non dans le sens inverse, à la Trotsky-Khrouchtchev-Deng Xiaoping !!

Dans le même texte de 1932, Trotsky tente à nouveau de justifier son prétendu principe « transitionnel » hybride entre capitalisme et socialisme en avançant qu’il aurait même ses propres lois économiques…

« Закономерности переходного общества весьма отличаются от закономерностей капитализма. Но не меньше отличаются они от будущих закономерностей социализма, т. е. гармонического хозяйства, растущего на основе выверенного и обеспеченного динамического равновесия. »

« Les lois de la société de transition se distinguent singulièrement des lois du capitalisme. Mais elles ne se distinguent pas moins des futures lois du socialisme, c’est-à-dire de l’économie harmonieuse, se développant sur la base d’un équilibre dynamique ajusté et garanti. »

http://www.magister.msk.ru/library/…

Effectivement, on vient de voir ce qu’il en est !!!

La « troisième voie » révisionniste de Trotsky, ce n’est pas autre chose que l’actuel et prétendu « socialisme de marché », c’est à dire, pas de socialisme du tout !

Et on est prévenus… Pour ce qui est d’un « équilibre économique dynamique ajusté et garanti », c’est à dire normalement par la planification de transition socialiste, évidemment, on repassera !!!

Le « pont » trotskyste « de transition » n’est rien d’autre qu’une impasse politique qui mène tout au plus à un énième gouvernement social-démocrate plus ou moins « rougi » et « reverdi » sur sa « gauche » par la Kollaboration de classe, et rien d’autre.

Alors que même pour une revendication aussi évidente que l’éradication du chômage par le partage du travail, cela ne peut se faire que par une nouvelle répartition des forces productives en fonction de la réponse à apporter à l’ensemble des besoins sociaux les plus vitaux et les plus urgents, et cela n’est possible que par une économie de transition réellement socialiste, basée sur une utilisation contrôlée de la loi de la valeur, et non sur la loi du marché, alors que pour Trotsky :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

in « le Marxisme[…de Trotsky !] et notre époque » 

https://www.marxists.org/francais/t…

Alors que des luttes massives ne cessent de se développer un peu partout sur la planète, la question reste posée, pour tous ceux qui cherchent réellement une rupture avec le capitalisme, d’un retour nécessaire aux fondamentaux du Marxisme.

Au jour même du 1er anniversaire du 17 Novembre, et à trois semaine du 5 Décembre, personne ne sait vraiment à quel niveau la lutte de classe peut se développer, en France, mais une chose reste certaine, la barricade, elle, n’a toujours que deux cotés !

Luniterre

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/14/transition-anticapitaliste-en-revenir-a-marx-ne-passe-pas-par-trotsky/

Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

Transition Anticapitaliste :

En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 

 

Une réédition avec les sous-titres, telle que proposée sur >>>AgoraVox le média citoyen

 

Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 Transition anticapitaliste : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

2404 visites 18 nov. 2019 | 99 réactions

est maintenant disponible ici >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/18/en-2019-pour-refonder-la-gauche-francaise-marxisme-ou-trotskysme-il-faut-choisir/

 

 

Est-il hors de propos de parler de transition anticapitaliste aujourd’hui ?

Le capitalisme, malgré sa crise mondiale chronique et toutes les tragédies et toutes les catastrophes qu’il entraîne, ne semble pas sur le point de céder la place en tant que « modèle » économique, en tant que système social.

Pourtant, aujourd’hui, on ne compte plus les foyers de révoltes sociales qui s’allument à travers le monde. En France approche le premier anniversaire du 17 Novembre qui a vu s’allumer la révolte des « Gilets Jaune ». Ce mouvement, miné par ses propres incohérences et surtout, par son incapacité chronique à former un cahier de revendications unitaires et compréhensibles de tous, n’en finit pas de s’éteindre lentement, mais déjà le front des luttes sociales se cristallise à nouveau sur la question cruciale des retraites, qui a vu naître, par le passé, de grands mouvement sociaux, dont l’un relativement victorieux, c’était en 1995 !

 

Les récentes révoltes montrent que le rapport de force sur le terrain social peut brusquement s’inverser, et parfois en quelques jours seulement. Si ces luttes n’aboutissent pas ou piétinent après un départ prometteur, c’est bien le plus souvent par manque de perspective politique alternative au système en place, par incapacité à former une alternative qui soit, précisément, une transition anticapitaliste.

Dans certaines franges des classes moyennes et de la petite bourgeoisie en voie de prolétarisation du fait de la crise, il est donc néanmoins resté de bon ton de se proclamer « anticapitaliste », et même et surtout, de disserter sans fin sur la question !

La mode antérieure qui consistait à parler encore de socialisme est passée, essentiellement en raison de la faillite la plus complète de la sociale-démocratie, incarnée par François Hollande, qui se fait élire comme pourfendeur de la finance, avant d’introduire Macron, le fils chéri et le champion de celle-ci dans les arcanes du pouvoir, et finalement, comme son propre successeur ! Un fils chéri qui a bien « tué le père » social-démocrate, mais certainement pas la mère financière !!!

Ainsi semble être morte en France l’image du socialisme, qui, depuis « Germinal », avait fait rêver tant de générations ! C’est incontestablement pourquoi parler de « transition socialiste » aujourd’hui, cela prête à confusion, voire même fait « complètement ringard » ! C’était donc pourtant, à l’origine même du terme, la formulation signifiant une rupture avec le système capitaliste. Mais ces dernières années, il est vrai, ce que l’on entendait encore par « socialisme » était déjà devenu suffisamment flou pour que le souffle de l’échec d’un mandat présidentiel social-démocrate en emporte l’image.

 

Que l’on baptise « socialisme » ou non l’alternative nécessaire au capitalisme, c’est donc à la limite un point secondaire, l’essentiel étant de comprendre les fondamentaux de cette problématique politique, économique et sociale.

Une alternative qui soit en rupture avec le capitalisme nécessite donc déjà de comprendre réellement ce que capitalisme signifie aujourd’hui. Il ne suffit donc pas de pourfendre la finance, et surtout pas en paroles seulement, pour se poser en « anticapitaliste ».

Comme le montre la guerre commerciale en cours, le pouvoir de la finance n’est immense que parce qu’il contrôle l’appareil productif. L’enjeu reste le contrôle de l’appareil productif à l’échelle mondiale parce que c’est lui qui reste la source essentielle de l’accumulation du capital, basée précisément sur les rapports de production capitalistes qui permettent l’extraction de la plus-value, sur la base du travail productif humain.

Pour autant, et comme le montre l’histoire, il ne suffit pas que le contrôle de l’appareil productif change de mains, que ce soit d’un groupe financier à l’autre, d’un État à l’autre, ni même d’un groupe financier à l’État, pour que les rapports de production changent, pour que cesse l’accumulation du capital sur la base de l’extraction de la plus-value.

 

Et c’est donc là qu’en revenir à Marx permet d’éclaircir les confusions essentielles les plus courantes sur le sujet. Quels que soient les préjugés les plus répandus, c’est incontestablement Marx qui a le mieux défini les processus d’accumulation du capital sur la base de l’extraction de la plus-value. La valeur qui finit par s’accumuler sous la forme du capital, et même du capital financier, est donc d’abord le produit du travail humain.

La notion de valeur-travail est à la base même de l’approche critique que Marx fait du capitalisme. C’est sur la base de cette notion qu’il a pu nous expliquer les processus complexes d’extraction de la plus-value. C’est l’implication générale de cette notion dans la vie économique et sociale que l’on désigne donc généralement comme le concept marxiste de Loi de la valeur. Bien entendu, dans la mesure où il s’agit d’une loi objective de l’économie classique, Marx n’en est pas plus l’ « inventeur » que Newton n’est celui de la gravité ou Einstein celui de la relativité. Les pommes tombaient des pommier dès avant Newton et les galaxies dérivent dans l’univers depuis la nuit des temps, c’est le cas de le dire ! Néanmoins Marx est de loin celui qui en a fourni l’explication la plus élaborée, et la plus visionnaire, même encore aujourd’hui, sur les question de l’impact économique de la robotique, par exemple ! C’est en ce sens qu’il n’est pas abusif de parler de théorie marxiste de la valeur. Si Marx a mis la loi de la valeur à la base de son œuvre majeure, Le Capital, dès le Chapitre 1 du Livre I, ce n’est sans doute pas par hasard et se réclamer marxiste sans en avoir au moins compris les bases et les implications essentielles est donc une prétention nettement abusive, même si elle reste couramment celle de la plupart des pseudos- « marxistes » actuels, au sein de la gauche française !

Quoi qu’il en soit, si le contrôle de l’appareil productif est donc aussi celui de la source de la plus-value elle-même, sa réalisation finale n’est possible que sur le marché et le contrôle des marchés, comme le montre également la guerre commerciale actuelle, reste un enjeu majeur de la lutte entre les capitalistes. En effet, la production capitaliste, pour être validée, ne doit pas principalement répondre à des besoins sociaux vitaux et essentiels, mais principalement à des besoins solvables, indépendamment de leur urgence ou de leur futilité sociale. De sorte que si le marché tend à répartir les forces productives entre les différentes régions du globe et entre les différents pays selon des critère complexes qui aboutissent à la validation capitaliste de la production, ce n’est certainement pas en fonction de la nécessité sociale, ni même de l’utilité sociale en général. Il en va évidemment de même pour la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production.

 

L’absence de l’utilité sociale comme critère essentiel de la répartition des forces productives est d’autant plus flagrante et même criante avec le développement de la société de consommation moderne qui tend par tous les moyens possibles, et principalement, médiatiques et publicitaires, à créer artificiellement des besoins dans les zones économiques à forte ou relativement forte solvabilité, quitte à démultiplier la frustration dans les zones économiques déjà complètement arriérées en termes de développement économique et social, du fait de leur trop faible solvabilité au regard des critères de rentabilité du capital.

 

Mais ce qui est terriblement évident à l’échelle mondiale n’en est pas moins vrai à l’échelle de chaque pays et tend à exacerber les inégalités sociales, à l’intérieur de chaque pays, où que ce soit sur le globe, comme le montrent précisément les différents foyers de révolte qui s’y allument.

Évidemment, la solution idéale serait bien que toutes ces révoltes se coordonnent à l’échelle planétaire et engendrent une force politique suffisamment puissante pour régler à la fois les problèmes de la répartition mondiale et à l’intérieur de chaque pays. C’est formellement une belle idée mais concrètement rien de plus, et d’autant moins que chaque révolte particulière se trouve déjà actuellement confrontée à l’impasse, à l’absence de perspective politique alternative locale, en dépit des bons niveaux de coordinations spontanées atteints grâce au système moderne des «réseaux sociaux ».

 

Marx lui-même, bien qu’étant le principal promoteur de l’internationalisme en son temps, avait parfaitement conscience de ce type de limitation et entendait donc bien la transition révolutionnaire comme une rupture anticapitaliste à l’échelon national d’abord :

« Den Kommunisten ist ferner vorgeworfen worden, sie wollten das Vaterland, die Nationalität abschaffen. Die Arbeiter haben kein Vaterland. Man kann ihnen nicht nehmen, was sie nicht haben. Indem das Proletariat zunächst sich die politische Herrschaft erobern, sich zur nationalen Klasse erheben, sich selbst als Nation konstituieren muß, ist es selbst noch national, wenn auch keineswegs im Sinne der Bourgeoisie. » ( http://www.mlwerke.de/me/me04/me04_459.htm#Kap_II)

« Les communistes ont également été accusés de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat doit d’abord conquérir le pouvoir politique, s’élever au rang de classe nationale, se constituer lui-même en tant que nation, il est encore lui-même national, même si en aucune manière dans le sens de la bourgeoisie. »

En 1888 Engels proposait une variante de ce passage, qui, à notre avis, en éclaire précisément le sens, c’est à dire le caractère de classe du pouvoir « national » ainsi nouvellement constitué :

Engels 1888 _ « Den Kommunisten ist ferner vorgeworfen worden, sie wollten das Vaterland, die Nationalität abschaffen. Die Arbeiter haben kein Vaterland. Man kann ihnen nicht nehmen, was sie nicht haben. Indem das Proletariat zunächst sich die politische Herrschaft erobern, sich zur führenden Klasse der Nation erheben, sich selbst als Nation konstituieren muß, ist es selbst noch national, wenn auch keineswegs im Sinne der Bourgeoisie. »

« Les communistes ont également été accusés de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat doit d’abord conquérir le pouvoir politique, s’élever comme classe dirigeante de la nation, se constituer lui-même en tant que nation, il est encore lui-même national, même si en aucune manière dans le sens de la bourgeoisie. »

 

En effet, ce qui sépare le pouvoir de la classe prolétarienne du sens bourgeois de la nation, c’est bien la rupture avec le capitalisme, la transition anticapitaliste qui commence avec cette prise de pouvoir prolétarienne, sinon, à quoi bon faire une révolution  prétendument « anticapitaliste »? C’est déjà clairement dans ce sens, du reste, que Marx, en 1875, avait tenté d’apporter des modifications au programme du parti socialiste allemand en voie de constitution, lors du Congrès de Gotha. Même si cette démarche est restée en son temps inaboutie, et ne fut pas publiée par Engels avant 1891, ce texte n’en est pas moins devenu rapidement la référence essentielle concernant les principes économiques de la transition. Non pas dans les formes concrètes adaptées aux conditions spécifiques de cette époque, mais bien dans les principes fondamentaux qui les sous-tendent et qui y sont clairement explicités.

Marx n’en définit donc pas moins expressément, dès la prise du pouvoir par le prolétariat, cette transition comme une première forme du communisme :

« Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est à une société communiste non pas telle qu’elle s’est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste; une société par conséquent, qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l’ancienne société des flancs de laquelle elle est issue. »

Dans ce texte Marx nous explique précisément en quoi cette première forme se distingue de la forme supérieure et achevée du communisme.

C’est cette forme transitionnelle du communisme que l’on a eu ensuite pour habitude de nommer socialisme, avant que ce terme ne perde toute signification en tant que perspective politique, tant sous l’influence des divers courants révisionnistes se réclamant abusivement du marxisme, que, finalement, des sociaux-démocrates résiduels.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Comme Marx nous l’explique dans ce texte le socialisme-première forme du communisme est une phase de transition entre capitalisme et phase supérieure du communisme, une phase de transition qui repose sur des échanges économiques en valeur-travail.

Par la suite le principe en a été résumé par une formule :

>>> « De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail ! »

C’est donc une phase dont le but est d’avancer vers le communisme-phase supérieure dont le principe était déjà résumé par Marx lui-même dans cet ouvrage :

>>> « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! » 

Ce qui distingue essentiellement ces deux phases, en dernière analyse, c’est bien le niveau de développement des forces productives. Dans la phase supérieure c’est la valeur d’usage de la production qui prend le dessus sur la valeur d’échange, de sorte qu’il n’y a plus de lien contraignant entre valeur-travail et valeur d’échange, et progressivement, à mesure que la production répond le plus largement aux besoins, c’est la loi de la valeur elle-même qui tombe en désuétude, voire disparaît même carrément avec la robotisation complète de la production (Marx, Grundrisse).

Dans la première phase, basée sur les échanges en valeur-travail, l’utilisation contrôlée de la loi de la valeur sert donc à établir la correspondance entre forces productives (travail) et besoins sociaux, par le moyen du plan, démocratiquement élaboré.

Comme on l’a vu, et comme l’évidence le confirme chaque jour, l’économie capitaliste mondiale, fondée sur le marché et la finance, ne répond nullement aux besoins sociaux de l’humanité, et il en va de même au sein de chaque pays, même si de manière inégale entre les pays. La cause première en est la répartition des forces productives en fonction des intérêts des marchés et donc des capitalistes, et non en fonction des besoins sociaux réels, de la nécessité ou de l’utilité sociale.

En ne répondant qu’à la solvabilité des marchés, non seulement la répartition capitaliste des forces productives ne répond pas aux besoins sociaux réels, mais se trouve de plus contrainte de fluctuer et de varier sans cesse en fonction du fait que la solvabilité des marchés est-elle même fluctuante, ce qui entraîne sans arrêt des « restructurations » et des délocalisations d’entreprises, entraînant avec elles reculs sociaux, chômage, migrations, et malgré tous ces expédients, approfondissement de la crise, désormais chronique et insoluble.

 

C’est pourquoi, dès la prise du pouvoir par le prolétariat, le but n’est pas seulement de prendre le contrôle de l’appareil de production, ce qui, en soit, précisément, ne change rien à la répartition des forces productives, ni aux rapports sociaux de production, mais bien de commencer à changer cette répartition et ces rapports sociaux en fonction des intérêts des classes prolétariennes et populaires, en fonction de leurs besoins sociaux réels.

Bien entendu l’élaboration démocratique d’un plan ne peut se faire en un tournemain, ni même englober rapidement la totalité de l’économie, mais aussi bien les premières mesures du pouvoir révolutionnaire que les premières ébauches du plan doivent évidemment aller dans ce sens, faute de perdre toute signification en termes de transition anticapitaliste.

Les efforts du pouvoir révolutionnaire doivent donc d’abord aller dans le sens d’un recensement démocratique des besoins sociaux réels les plus urgents à résoudre, et progressivement, de l’ensemble, dans le but de répartir les forces productives disponibles en fonction et donc pour répondre à ces besoins les plus urgents, et assez rapidement, de développer les forces productives nécessaires pour répondre à l’ensemble.

 

Dans cette démarche, c’est bien la nécessité et l’utilité sociales qui sont les guides, et non pas les forces du marché et leur solvabilité, les lois de l’offre et de la demande, la loi du marché, celle qui, précisément, crée les déséquilibres et la crise chronique du capitalisme.

L’une des premières conséquences d’une répartition fonctionnelle des forces productives, en réponse aux besoins sociaux, c’est que les plus vitaux d’entre eux étant satisfaits, le travail peut également enfin être réellement partagé et réparti entre tous les travailleurs disponibles, éradiquant ainsi radicalement le chômage en répondant concrètement au principe : « de chacun selon ses besoins à chacun selon son travail ». L’expression monétaire de la valeur-travail étant sur cette base l’expression comptable du nouvel équilibre ainsi créé et non plus le reflet de la soumission de l’économie aux fluctuations du marché, à la loi de l’offre et de la demande, la loi du marché.

Comme l’expérience des 35 heures le montre, en régime capitaliste une revendication telle qu’un partage du travail menant à l’éradication du chômage est tout à fait impossible à réaliser, car le chômage est une nécessité intrinsèque vitale pour le capitalisme. C’est donc une revendication qui fait entièrement partie du programme de la transition socialiste, et non une revendication immédiatement réalisable dans le cadre du système actuel, quel que soit le rapport de force.

 

Mais comme l’expérience des « gilets jaunes » le montre, aucun mouvement social ne peut se développer avec force et aboutir à quelque résultat positif sans une plate-forme unitaire de revendications immédiatement réalisables et répondant à une partie significative des difficultés sociales vécues par le prolétariat et les couches populaires.

Pour autant, les maigres victoires sociales ainsi acquises restent précaires dans la durée, et le plus souvent, sont remises en cause rapidement par le capital.

 

Depuis la victoire de 1995, qui était en réalité davantage celle d’une sauvegarde que d’une amélioration réelle, ce sont une suite d’échecs et de reculs sur les grandes questions sociales qui ont frappé le mouvement social. La victoire sur le retrait du CPE en 2006 est restée également sans lendemain, autrement que comme le souvenir de la dernière victoire sur une revendication immédiate et de sauvegarde, également, en fait.

Dans le contexte actuel le pronostic sur l’ampleur, la durée et la force du mouvement social dont la grève du 5 Décembre pourrait être le point de départ reste impossible, mais quoi qu’il en soit, le contexte mondial de révolte impose d’avancer aux révolutionnaires prolétariens qui se réclament du marxisme, et même de marcher sur leurs deux jambes.

 

Ces deux jambes sont donc le programme unitaire des revendications immédiates et le programme de transition anticapitaliste. Il est clair que pour l’instant le premier pas reste à faire d’un côté comme de l’autre, mais la réflexion sur ces deux thèmes, sur la base d’un retour aux fondamentaux marxistes que nous venons de rappeler, devrait normalement recommencer à se développer, sauf à considérer que le mouvement révolutionnaire prolétarien est d’ores et déjà complètement anéanti dans ce pays.

 

Parmi les rares qui se réclament encore du marxisme dans ce qui reste de la gauche française se trouvent principalement les divers courants se partageant les restes du PCF, pour ne pas dire son cadavre politique, et les divers courants se réclamant du trotskysme.

 

Concernant le PCF résiduel et ses satellites pseudo « marxistes-léninistes » en paroles, mais néo-thoreziens assumés en pratique, il s’agit donc déjà depuis des lustres d’une succession de programmes électoraux réformistes peu ou prou inspirés par le souvenir des « Jours Heureux », selon eux, de la Kollaboration de classe instituée après guerre sous l’égide du CNR et qui n’avait naturellement aucune prétention à être une transition socialiste en aucune manière, reposant au contraire sur l’ « unité nationale » avec la bourgeoisie nationale résistante. Bien entendu, dans les conditions historiques de l’époque, un gouvernement provisoire issu de la Résistance était légitime, et aurait même pu l’être également d’un point de vue prolétarien, si le programme du CNR avait été négocié dans la perspective de maintenir la légitimité de la Résistance prolétarienne organisée en tant que force politique et militaire autonome, avec sa propre perspective de transition socialiste, ce qui n’a donc évidemment pas été le cas. Le thorezisme étant, dès cette époque, une idéologie de Kollaboration de classe et de capitulation face à la bourgeoisie monopoliste et face à l’impérialisme US.

Cette problématique historique et son héritage actuel dans le PCF et ses satellites n’est donc pas notre sujet, sauf à le résumer comme absence évidente de toute perspective de transition socialiste actuelle par ces courants politiques.

 

Reste donc la mouvance trotskyste, infiniment divisée, mais qui présente au moins un point commun concernant l’héritage de son « maître-à-penser »: le « Programme de transition » rédigé par Léon Trotsky lui-même.

On ne s’épuisera pas non plus ici à tenter de comprendre l’incompréhensible dédale des scissions trotskystes, mais on cherchera simplement à examiner, à partir de quelques exemples concrets qui s’y réfèrent, la logique interne éventuelle de ce programme et en quoi il répond ou non aux critères marxistes de la transition prolétarienne.

 

Tout récemment l’une des multiples fractions internes du NPA, parmi celles qui se réfèrent expressément au trotskysme, sous le « label » « Révolution Permanente » a précisément tenté de défendre « l’actualité brûlante » de ce « Programme de transition » de cette manière :

« Prenons un exemple. Face aux licenciements ou aux fermetures d’usines, les dirigeants syndicaux acceptent souvent des réductions de salaire en échange du maintien des emplois. Un programme transitionnel consiste à répartir les heures de travail sans réduction de salaire, non seulement en évitant les licenciements, mais aussi en intégrant davantage de personnes dans le monde du travail. Dans le premier cas, les licenciements sont évités mais sur la base de la garantie du profit du capitaliste. Dans le second cas, le chômage est combattu en donnant la priorité à la classe ouvrière et non à l’entreprise.

En ce sens, le programme de transition tente d’établir un pont entre la lutte pour les revendications les plus élémentaires et immédiates de la classe ouvrière et du peuple et une solution anticapitaliste et socialiste .»

https://www.revolutionpermanente.fr/Le-programme-de-transition-un-manifeste-de-lutte-d-une-brulante-actualite

Il est donc clair que cette prétendue « transition » s’entend comme une sorte de phase réformiste « radicale » du capitalisme qui verrait celui-ci réaliser un partage de type « socialiste » du travail, alors qu’à l’évidence l’expérience des 35 heures a déjà largement démontré l’impasse de cette démarche en termes de lutte contre le chômage.

Il est évident que le chômage est une variable d’ajustement indispensable au capital pour maintenir la pression sur les salaires et jouer du « chantage à l’emploi » en toutes circonstances. Il est clair que lorsque le rapport de force sera en faveur du prolétariat et des classes populaires sur cette question, il y aura nettement lieu d’imposer la réalisation de cette revendication dans le cadre d’une transition révolutionnaire et réellement socialiste, et non pas de tenter de négocier un accord boiteux avec le capital sur ce point.

 

Mais cette démarche réformiste trotskyste est effectivement réellement préconisée dans le texte de 1938 de Trotsky lui-même, sous la forme d’une « échelle mobile des heures de travail »…

En 2019 « Révolution Permanente » écrit donc aussi à ce propos : « En ce sens, le programme de transition tente d’établir un pont entre la lutte pour les revendications les plus élémentaires et immédiates de la classe ouvrière et du peuple et une solution anticapitaliste et socialiste .»

C’est également, en fait, la paraphrase d’un autre passage du « programme » de Trotsky : « Il faut aider les masses à trouver, au cours de leurs luttes quotidiennes, ce qui fera le pont entre leurs revendications actuelles et le programme de la révolution socialiste. Ce pont doit consister en un système de revendications transitoires, qui partent des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvrière et qui conduisent invariablement à une seule et même conclusion : la conquête du pouvoir par le prolétariat. »

 

Formellement, cela paraît partir d’une bonne intention, mais quelle peut bien être l’utilité d’un prétendu « pont » placé entre les revendications sociales prolétariennes et leur réalisation par la transition révolutionnaire socialiste ?

Dans le même chapitre que son « échelle mobile des heures de travail », Trotsky place une « échelle mobile des salaires », présentée également comme une avancée politique révolutionnaire. Or qu’en est-il vraiment à ce sujet ? Une telle échelle mobile est par contre une revendication immédiate tout à fait justifiée dans le cadre du système actuel et elle a même été réalisée durant plus de trois décennies en France, en tant qu’ « acquis social » de l’époque dite des « trente glorieuses ». Elle a été perdue en 1982, sous le gouvernement « socialiste » de Mauroy… Cela traduit simplement le recul des forces sociales, déjà à cette époque. Elle n’a évidemment jamais entraîné la moindre avancée révolutionnaire… !

 

Alors à quoi bon mélanger des revendications qui font normalement partie d’une transition révolutionnaire anticapitaliste et des revendications immédiates parfaitement compatibles avec le système en place, si ce n’est pour semer la confusion la plus totale sur ce qu’est réellement la conception marxiste de la transition ?

 

A propos du même passage textuellement cité sur son site, le groupe trotskyste « Lutte Ouvrière » écrit pour sa part :

« Ce programme n’est pas une liste de revendications qui pourraient être partiellement obtenues. Aucune n’est réaliste dans le cadre du capitalisme, aucune n’est acceptable par la bourgeoisie sans la pression révolutionnaire des masses. »

« Acceptables » ou non, on voit bien que la confusion est totale et aboutit en pratique à tenter de mettre les masses en mouvement ou à faire dériver leur mouvement existant vers des objectifs « hybrides » entre capitalisme et socialisme, c’est à dire des leurres politiques qui ne correspondent à aucune réalité. Et évidemment surtout pas d’un point de vue marxiste !

 

L’un des autres thèmes récurrent du « programme » trotskyste est le mythe d’un prétendu « contrôle ouvrier » qui s’exercerait pendant ce « pont » transitoire, selon lui, entre capitalisme et socialisme. L’instrument en est supposément le « comité d’usine » qui partagerait, littéralement, le pouvoir avec le patronat dans l’entreprise :

« Dès le moment de l’apparition du comité dans l’usine , s’établit de fait une dualité de pouvoir. De par sa nature même, c’est une situation de transition, car elle renferme en elle-même deux régimes inconciliables : capitaliste et prolétarien. La signification primordiale des comités d’usine consiste précisément en ce qu’ils ouvrent, sinon une période directement révolutionnaire, du moins une période pré-révolutionnaire, entre régime bourgeois et prolétarien. »

[С момента возникновения комитета на заводе устанавливается фактически двоевластие. По самому существу своему оно является переходным состоянием, ибо заключает в себе два непримиримых режима: капиталистический и пролетарский. Принципиальное значение заводских комитетов в том именно и состоит, что они открывают, если не прямо революционный, то пред-революционный период — между буржуазным и пролетарским режимом. ] [Переходная программа IV интернационала – Лев Д. Троцкий (1938 г.)]

( https://www.marxists.org/russkij/trotsky/1938/agonia.htm )

Difficile d’affirmer de manière plus claire le caractère « hybride » et donc fondamentalement chimérique et révisionniste de cette prétendue « période pré-révolutionnaire » !

Quant à la « dualité de pouvoir » de tels « comités d’usine », faut-il rappeler que les « comités d’entreprises » institués par la Kollaboration de classe thorezienne dès 1945, ont eu sensiblement toutes les prérogatives que Trotsky leur attribue, voire même davantage, et cela depuis trois quarts de siècle, bientôt, sans que cela ait précisément généré la moindre ébauche de transition anticapitaliste ?

Quant à la durée supposée d’un tel « pont », on pourrait croire, en se laissant impressionner par la logorrhée pseudo- « révolutionnaire » du « maître » qu’il s’agit donc d’une sorte de brève veillée d’armes pré-insurrectionnelle, avant l’assaut final, mais manifestement cela rend absurde le concept même d’une « transition hybride » supposée nécessaire avant la transition anticapitaliste réelle, et c’est bien ce qui nous est confirmé, en fait, par la conception de la lutte contre le chômage selon Trotsky lui-même : 

« En particulier, la lutte contre le chômage est inconcevable sans une organisation large et hardie de GRANDS TRAVAUX PUBLICS. Mais les grands travaux ne peuvent avoir une importance durable et progressiste, tant pour la société que pour les chômeurs eux-mêmes, que s’ils font partie d’un plan général, conçu pour un certain nombre d’années. Dans le cadre d’un tel plan, les ouvriers revendiqueront la reprise du travail, au compte de la société, dans les entreprises privées fermées par suite de la crise. Le contrôle ouvrier fera place, dans ces cas, à une administration directe par les ouvriers. »Trotsky – programme de transition

C’est à dire à l’autogestion dans le cadre, en réalité toujours capitaliste, de ce régime prétendument « hybride ». L’autogestion dans le cadre du capitalisme est parfois utile pour sauver, au moins provisoirement, quelques emplois, effectivement, mais ne mène précisément à rien de plus, et surtout pas vers une « transition » quelle qu’elle soit, comme de multiples expériences l’ont abondamment prouvé !

 

En parallèle, et de façon particulièrement absurde sur une durée de plusieurs années, Trotsky préconise, en termes ronflants de « gauchisme » purement formel, l’organisation de « milices ouvrières » d’auto-défense, et notamment, prétendument « antifascistes », vu le contexte de l’époque. Hors comment même ose-t-il « imaginer » des chantiers publics de « Grands Travaux », durant des années, et encadrés par une telle milice, sinon en Kollaboration avec la police et les forces armées du système ?

Et finalement, sous l’occupation nazie, pas une seule de ces « milices ouvrières » d’usine n’a été formée, mais par contre, l’ « internationalisme » qui était supposé provoquer une « fraternisation » avec les soldats occupants a simplement déclenché une répression fatale à ces tentatives pour le moins aussi « idéalistes » qu’absurdes.

 

En réalité, que ce soit dans la durée, le contenu ou les applications, le prétendu « pont » que constitue le « Programme de transition » trotskyste est simplement une impasse qui ne peut que dévoyer le mouvement social de toute perspective de transition anticapitaliste réelle, et sinon le mener carrément à un régime prétendument « hybride » de Kollaboration de classe, mais toutjours capitaliste, au final !

En cela il ne se distingue pas, fondamentalement, du réformisme révisionniste thorezien, incluant également pratiquement le même « programme » de nationalisations rebaptisées, surenchère oblige, « expropriations », au motif de non-indemnisation, ce qui ne change rien quant à leur nature capitaliste monopoliste d’Etat, pas même incompatible avec l’impérialisme, ce que l’on a pu voir, précisément, à la « libération », avec les massacres en Algérie sous l’égide du CNR.

 

La question historique de connaître les conceptions économiques de Trotsky est-elle pour autant entièrement éclaircie à la lecture de son prétendu « Programme de transition » ?

Pour une majorité de militants de ce courant, qui ne sont pas forcément du genre à se poser des questions, ni même à aller beaucoup plus loin dans leurs lectures, et même à supposer qu’ils aient réellement étudié ce document, cela ne fait guère de doute, et notamment à « Lutte ouvrière », par exemple :

« L’actualité du Programme de Transition

Un programme n’est pas un dogme, c’est un guide pour l’action. Et le Programme de Transition, bien qu’il ait été écrit il y a 80 ans, reste le guide le plus sûr. Et même si, depuis, la société a connu des évolutions et des transformations, par bien des aspects le monde d’aujourd’hui ressemble à celui de 1938. Et surtout, ce programme se fonde sur une analyse marxiste, scientifique, du capitalisme en crise par le seul dirigeant révolutionnaire qui était capable d’en tirer des conclusions générales pour guider la classe ouvrière dans sa lutte vers la révolution sociale. »

https://www.lutte-ouvriere.org/publications/brochures/le-trotskysme-seul-programme-pour-lemancipation-des-exploites-114339.html

 

On vient pourtant de voir ce qu’il en est… !

 

Si la fin tragique de Trotsky en a fait, bien inutilement, une sorte de « martyr », cela ne doit pas nous empêcher d’examiner, précisément à la lumière du matérialisme historique et du matérialisme dialectique, la validité de son œuvre en tant que prétendu marxiste, et en termes de perspectives politiques proposées. C’est le cas où l’on serait tenté de renverser la proposition de Marx sur la critique des armes, fussent-elles résumées à un piolet, qui ne saurait donc, ici, remplacer l’arme de la critique. Le statut de victime ne constitue nullement, en soi-même, un sceau de validité idéologique révolutionnaire.

 

La question historique reste donc de savoir si ces concepts « transitionnels » de Trotsky, parfois totalement aberrants, sinon délirants, comme la perspective d’un « gouvernement ouvrier et paysan » qui n’est très explicitement pas censé se réaliser réellement, (bien que encore basé sur ce « programme de transition » prévu, lui, pour « des années »…), mais néanmoins supposé avoir une « fonction éducative »(sic) , si ce genre de concepts, donc, est juste le reflet de circonstances fortuites et provisoires, l’aberration d’un instant, ou bien réellement et profondément le reflet de la conception pseudo « marxiste » de Trotsky.

La question est rarement posée, même par les trotskystes eux-mêmes, et pour cause, de savoir si Trotsky avait réellement une pensée économique. Le fait est qu’il n’a écrit aucun ouvrage de fond sur la question.

Néanmoins, du fait qu’il a passé les dernières années de sa vie à dénigrer les réalisations de l’URSS on supposera donc qu’il avait quelques propositions alternatives à faire, et qu’elles sont donc le reflet de sa pensée économique. Il devrait logiquement être possible, en suivant ce fil, d’y percevoir une certaine cohérence, s’il s’en trouve effectivement une.

 

Avant nous, cette démarche a en réalité déjà été tentée par un éminent militant trotskyste, et même « historique » au sens où il fut parmi les proches de Trotsky lors de la création de la prétendue « 4ème internationale » dans la grange d’Alfred Rosmer, le 3 Septembre 1938, à Périgny, en banlieue parisienne. Il en est resté l’un des principaux dirigeants jusqu’en 1965. Évincé, sinon formellement « exclu » par la suite, et devenu responsable d’une des nombreuses mouvances minoritaires, ce Michel Raptis, dit « Pablo », n’en était pas moins qualifié, manifestement, pour connaître la pensée et l’œuvre du « Maître »… C’est en 1990, dans le numéro 35 de la revue « 4ème internationale » qu’il a fait en quelque sorte la synthèse de cette réflexion. De sa part il ne s’agit aucunement de développer un point de vue essentiellement critique, mais bien au contraire de dresser un véritable panégyrique de la pensée économique de Trotsky, telle qu’elle se dégage de ce fil suivi dans son œuvre.

 

Or la « cohérence » qui se dégage de cette démarche est typiquement, et dès l’introduction, celle qui a amené tous les révisionnistes au prétendu « socialisme de marché », et encore aujourd’hui, dans sa forme « à la chinoise », héritée du maoïsme :

« Cet exposé sera centré surtout sur les conceptions de Léon Trotsky concernant les problèmes de la « transition du capitalisme au socialisme » »

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53

Comme on l’a vu, c’est le socialisme qui est lui-même une phase de transition entre capitalisme et communisme, c’est à dire une première phase communiste et donc le début d’une rupture anticapitaliste, précisément par la formation d’un secteur économique socialiste concernant les entreprises et les ressources essentielles.

Parler de « transition » entre capitalisme et socialisme, cela nous ramène donc bien au « pont »-impasse du « Programme de transition » et c’est donc nécessairement parler d’une prolongation du capitalisme, en réalité, même si déguisée formellement en « hybride » supposé entre capitalisme et socialisme.

Il est donc également clair pour Raptis que Trotsky ne considérait pas l’URSS comme socialiste, ni sous la NEP, ni après (Trotsky parle d’ « État ouvrier », puis d’ « État ouvrier dégénéré », mais rarement d’État socialiste, et seulement pour se contredire lui-même aussitôt !

« De nouvelles entreprises grandioses, de nouvelles productions, des branches entières de l’industrie ont été créées. La capacité du prolétariat organisé en État à conduire l’économie par de nouvelles méthodes et à créer des valeurs matérielles à un rythme sans précédent a été démontrée dans la pratique. Tout cela dans le contexte d’un capitalisme mondial expirant. Le socialisme, en tant que système, a prouvé pour la première fois son droit à la victoire historique non pas dans les pages du « Capital », mais dans la pratique des centrales hydroélectriques et des hauts fourneaux. Marx préférerait sans doute cette méthode de preuve. Néanmoins, criminellement irréfléchies sont les allégations selon lesquelles l’URSS est déjà entrée dans le socialisme. »

[Созданы новые грандиозные предприятия, новые производства, целые отрасли промышленности. Показана на деле способность организованного в государство пролетариата вести хозяйство новыми методами и создавать материальные ценности в небывалых ранее темпах. Все это – на фоне издыхающего мирового капитализма. Социализм, как система, впервые доказал свое право на историческую победу не на страницах « Капитала », а практикой гидростанций и доменных печей. Маркс несомненно предпочел бы этот способ доказательства. Однако, преступно легкомысленны утверждения, будто СССР уже вступил в социализм.] [ http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm ]

A quelque moment que ce soit, il prétend y voir donc toujours une « étape intermédiaire » entre capitalisme et socialisme proprement dit.

Une société hybride, dont la nature de classe reste formellement imprécise, mais pour laquelle il préconise en quelque sorte une première version de son « pont » programmatique révisionniste.

Or, considéré d’un point de vue marxiste, il y a nécessairement dans tout Etat, une base économique dominante, et qui a une nature de classe déterminée, et donc pas de situation hybride possible, en termes de mode de production. Prolétariat ou bourgeoisie, socialisme ou capitalisme, il y a nécessairement un mode de production dominant et déterminé, qui caractérise la nature de classe d’un système, d’un État.

La façon dont Trotsky considérait la situation en URSS et la façon dont il a conçu son « Programme de transition » ne sont précisément différentes en rien dans leurs déformations des fondamentaux du marxisme, et c’est en cela, effectivement, que le trotskysme conserve une certaine cohérence interne, en tant que forme de révisionnisme, et c’est ce que l’on voit bien à travers la lecture que Raptis fait lui-même de Trotsky:

« Plan et industrialisation font partie de sa conception plus générale de la NEP couvrant la période de « transition du capitalisme au socialisme ». Ils s’inscrivent dans une économie de marché dominée encore aussi bien par la loi de la valeur que par la rente foncière absolue et différentielle. »

C’est à dire tous les fondamentaux du capitalisme !

Mais en bon trotskyste, il n’est pas à une contradiction près  et souligne donc de lui-même celle qu’il a effectivement pu relever chez Trotsky, qu’il paraphrase ainsi :

« Le plan « viole » constamment la loi de la valeur qui régit encore cette économie par le rôle multiple de l’Etat, de son budget, et de ses autres interventions. »

(Trotsky >>> « l’économie planifiée de la période de transition, même basée sur la loi de la valeur, la viole à chaque pas et établit des rapports d’échange inégal entre différentes branches de l’industrie. » https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/07/300705a.htm )

Alors que précisément, selon les principes économiques de transition développé par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, l’État prolétarien établi le plan et contrôle sa réalisation par une utilisation maîtrisée de la Loi de la valeur, et non pas en la « violant » !!! C’est cette utilisation maîtrisée qui permet d’établir la correspondance entre les besoins démocratiquement définis par le plan et la répartition des forces productives, définie en fonction et en conséquence, pour y répondre. C’est bien là ce qui permet, au contraire du « programme » trotskyste, de réduire la part résiduelle de l’économie de marché, encore soumise à la loi de l’offre et de la demande, c’est à dire à la loi du marché, qui précisément, elle, fait constamment dériver les prix hors de l’équilibre potentiellement induit par l’action « spontanée » de la loi de la valeur !

 

C’est précisément là, de plus, la cause directe de l’échec final de la NEP, par une situation de crise économique engendrée par les vices intrinsèques de l’économie de marché, dont Trotsky souhaitait effectivement le maintien, et même l’extension au secteur socialiste, et réaffirmant encore cela expressément cela en 1936, soit huit ans après la « Crise des grains » qui fut fatale à la NEP, dans son ouvrage majeur, dit « la révolution trahie »:

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

( https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp2.htm)

 

Manifestement, cette affirmation selon laquelle la loi du marché doit s’étendre au secteur économique « socialiste », « et pour longtemps encore », répond déjà très concrètement à la question de savoir si les concepts « transitionnels » de Trotsky sont juste l’aberration d’un moment ou bien le reflet de sa pensée économique réelle.

Du reste, Raptis nous rappelle que pour Trotsky, et tel qu’il l’affirme dès 1932, dans un texte aujourd’hui introuvable en français, c’est donc bien en réalité l’ensemble du plan qui doit être soumis à la loi du marché :

« Les innombrables participants vivants à l’économie, qu’ils soient étatiques ou privés, collectifs ou individuels, doivent déclarer leurs besoins et leur importance relative, non seulement par l’intermédiaire des calculs statistiques des commissions du plan mais aussi par la pression directe de l’offre et de la demande. Le plan est vérifié et, dans une large mesure, réalisé par le marché. »

[« Бесчисленные живые участники хозяйства, государственные и частные, коллективные и единоличные, должны заявлять о своих нуждах и о своей относительной силе не только через статистические выкладки плановых комиссий, но и непосредственным давлением спроса и предложения. План проверяется и, в значительной мере, осуществляется через рынок. »] [http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm ]

 

Pour Trotsky, c’est clairement le marché qui est prétendument le « régulateur » de l’économie, tout à fait à l’instar des actuels « ultra-libéraux » et de leur tragique et assassine « main du marché » ! Le plan, selon Trotsky, se réduit ainsi quasiment à un plan « marketing »…

« La régulation du marché lui-même doit s’appuyer sur les tendances détectables par son intermédiaire . Les plans directeurs produits par les ministères doivent démontrer leur efficacité économique par des calculs commerciaux. » [Регулирование самого рынка должно опираться на обнаруживаемые через его посредство тенденции. Предначертания канцелярий должны доказать свою хозяйственную целесообразность через коммерческую калькуляцию.][ibidem]

Et c’est ainsi, en se basant sur les prix du marché, qu’il prétendait en arriver à stabiliser la monnaie…

« Le système de l’économie de transition est impensable sans le contrôle par le rouble. Cela présuppose, à son tour, un rouble égal à lui-même . Sans une unité (monétaire) stable le prévisionnel commercial ne peut qu’accroître le chaos. »[Система переходного хозяйства немыслима без контроля рублем. Это предполагает, в свою очередь, что рубль равен самому себе. Без устойчивой единицы коммерческий расчет способен только увеличить хаос.][ibidem] 

Alors que pour Marx, selon la loi de la valeur, et à l’évidence, de plus, c’est la formation de la valeur, sous sa forme finale avant expression du prix, et qu’il appelle « Valeur de marché », qui conditionne l’offre et la demande, et régule donc, en dernier ressort, le marché !!!

Et non l’inverse !!!

C’est ce qui explique que les prix se rapprochent à nouveau de cette «Valeur de marché », entre deux crises…

Alors que la loi du marché, celle de l’offre et de la demande, a au contraire tendance à introduire une distorsion constante entre prix et valeur, ce qui entraîne, précisément, les crises !

Et y compris et surtout, sous la NEP, d’où son échec inévitable…

« Même l’économiste ordinaire se rend compte que sans le moindre changement de  l’offre ou  de la demande occasionné  par des  circonstances extérieures le rapport des deux peut changer à la suite d’un changement dans la valeur de marché des marchandises. Même lui, il doit reconnaître que l’offre et la demande doivent être égales pour obtenir la valeur de marché quelle qu’elle soit. Ceci signifie que le rapport entre l’offre et la demande n’explique pas la valeur de marché, mais au contraire que c’est elle qui explique les fluctuations de l’offre et de la demande. »

( Marx, Capital, III, 10)

De plus, même l’ « équilibre » provisoire qui peut s’établir, entre deux, crises, dans l’économie de marché, ne répond jamais qu’aux demandes et aux besoins solvables et rentables financièrement, et non pas à des critères d’utilité sociale, et encore moins, de nécessité sociale urgente pour les plus démunis, pour les catégories les plus socialement défavorisées, ce qui est par exemple typiquement illustré par la réalité des 275 millions de travailleurs migrants « mingongs » en Chine prétendument « socialiste de marché » !

Prétendre rétablir un équilibre économique à partir d’une « planification » établie sur les prix du marché, fixés par l’offre et la demande, c’est donc bien une aberration totale, comme Marx nous l’explique :

« Il est évident que les lois internes effectives régissant la production capitaliste ne peuvent trouver leur explication dans l’interaction de l’offre et la demande. (Nous écartons une analyse plus approfondie de ces deux éléments moteurs de la société qui n’aurait pas sa place ici.) Car ces lois n’apparaissent comme réalisées dans toute leur pureté que lorsque l’offre et la demande cessent d’agir, à savoir quand elles coïncident. En réalité, elles ne coïncident jamais. Si cela devait arriver une fois en passant, ce serait tout à fait par hasard ; au point de vue scientifique, cette probabilité est nulle et n’a pas à être considérée. » ( Marx, Capital, III, 10)

 

Ce n’est donc évidemment pas la loi du marché qui est le régulateur de l’économie (la « main du marché » des ultra-libéraux!), mais la LOI DE LA VALEUR, et cela quel que soit le régime, capitalisme ou socialisme, et d’où l’intérêt de réduire au maximum le poids de l’économie de marché, dès le début de la transition socialiste, avec pour but de l’éradiquer autant que possible, et même complètement, aussitôt que possible. C’est en ce sens, déjà défini par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, que l’économie socialiste doit être développée, et non dans le sens inverse, à la Trotsky-Khrouchtchev-Deng Xiaoping !!

Dans le même texte de 1932, Trotsky tente à nouveau de justifier son prétendu principe « transitionnel » hybride entre capitalisme et socialisme en avançant qu’il aurait même ses propres lois économiques…

« Закономерности переходного общества весьма отличаются от закономерностей капитализма. Но не меньше отличаются они от будущих закономерностей социализма, т. е. гармонического хозяйства, растущего на основе выверенного и обеспеченного динамического равновесия. »

« Les lois de la société de transition se distinguent singulièrement des lois du capitalisme. Mais elles ne se distinguent pas moins des futures lois du socialisme, c’est-à-dire de l’économie harmonieuse, se développant sur la base d’un équilibre dynamique ajusté et garanti. »

http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm

Effectivement, on vient de voir ce qu’il en est !!!

La « troisième voie » révisionniste de Trotsky, ce n’est pas autre chose que l’actuel et prétendu « socialisme de marché », c’est à dire, pas de socialisme du tout!

Et on est prévenus… Pour ce qui est d’un « équilibre économique dynamique ajusté et garanti », c’est à dire normalement par la planification de transition socialiste, évidemment, on repassera!!!

Le « pont » trotskyste « de transition » n’est rien d’autre qu’une impasse politique qui mène tout au plus à un énième gouvernement social-démocrate plus ou moins « rougi » et « reverdi » sur sa « gauche » par la Kollaboration de classe, et rien d’autre.

Alors que même pour une revendication aussi évidente que l’éradication du chômage par le partage du travail, cela ne peut se faire que par une nouvelle répartition des forces productives en fonction de la réponse à apporter à l’ensemble des besoins sociaux les plus vitaux et les plus urgents, et cela n’est possible que par une économie de transition réellement socialiste, basée sur une utilisation contrôlée de la loi de la valeur, et non sur la loi du marché, alors que pour Trotsky:

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

in « le Marxisme[…de Trotsky!]  et notre époque » 

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

 

Alors que des luttes massives ne cessent de se développer un peu partout sur la planète, la question reste posée, pour tous ceux qui cherchent réellement une rupture avec le capitalisme, d’un retour nécessaire aux fondamentaux du Marxisme.

A trois jours du 1er anniversaire du 17 Novembre, et à trois semaine du 5 Décembre, personne ne sait vraiment à quel niveau la lutte de classe peut se développer, en France, mais une chose reste certaine, la barricade, elle, n’a toujours que deux cotés!

Luniterre

 

 

 

 

Le cauchemar du trotskyste…!

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Deux liens vidéos récemment envoyés à M. Viriato, défenseur invétéré de Trotsky et du trotskysme dans nos colonnes…

 

« Même si tu ne comprends pas le russe…

Ouvre simplement les yeux…

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Moscou >>>1937-1940 >>>

 

 

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Komsomolsk-sur-Amour >>> 9 Mai 2019 >>>

 

 

 

 

En espérant que tu ne nous fasses pas une syncope!

Luniterre

 

 

 

De l’évidence du mensonge trotskyste!

La republication de notre article

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/01/guerre-de-classe-la-gauche-joue-desormais-perdant-pourquoi/

sur le site trotskyste britannique « socialist fight » a finalement été l’occasion de révéler les contradictions insolubles des positions trotskystes concernant leur conception d’une pseudo « transition », qui en outre, a besoin d’une déformation délibérément mensongère de la ligne politique ML proposée par Staline pour tenter de se justifier…

(NDLR >>> les passages des posts soulignés en rouge et en gras le sont par nous.)

Pour mémoire, l’ensemble des liens vers les débats au sujet du trotskysme avec M. Viriato, et vers les articles connexes, se trouvent regroupés sous ce titre:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

 

 

 

CLASS WAR: THE “LEFT” NOW PLAYS LOSER! WHY?

01/11/2019 by socialistfight

By Luniterre

This is a discussion article from a French comrade who is a more-or-less uncritical defender of the USSR and Stalinism itself. However, it does emphasise the proletarian property forms as the basis for the USSR victory over Hitler and as Trotskyists we would agree with that aspect. Trotskyists say that victory was achieved despite the betrayals of Stalin and the massive errors he made in seeking to conciliate first the ‘democratic’ imperialists and then Nazism itself in the Stalin Hitler pact of 23 August 1939. Responses are invited to the comrade’s piece. Socialist Fight

 

 “There is a class war, that’s a fact. But it is my class, the class of the rich, that is leading this war and is winning it. »

No one has really forgotten this “shock” statement by billionaire Warren Buffet. It was on the US CNN channel in 2005.

After the 2008 crisis and its exponential financial “solution”, he even affirmed the definitive nature of this victory… !

Until very recently, almost 15 years later, history, despite the exacerbated violence of the various conflicts on the planet, still seemed to prove him right. Recently, however, the multiple and massive popular revolts around the world have somehow reintroduced a serious doubt about this statement. Nevertheless, despite their massive nature, all these struggles seem to be systematically misled into dead ends, for lack of a political perspective that is really an alternative to the system in place, and which therefore seems to remain irremovable. This is despite the glaring evidence of the gigantic inequalities it continues to deepen and the economic and ecological aberrations it generates.

 There is a class war, that’s a fact. But it is my class, the class of the rich, that is leading this war and is winning it. »

Nevertheless, the generator of this global catastrophe is perfectly identified, and especially since the 2008 crisis: it is clearly the global domination of financial capital over practically all forms of expression of power.

Liberal “democracy” is now  just a closed field where the various lobbies clash for the sharing of lucrative influences, via their political puppets, increasingly pitifully agitated on the scene, and of which Trump seems to be the archetype, caricatural in the extreme.

And class war, in the ideological and cultural field, has never really ceased, quite the contrary! The bourgeoisie is constantly tracking down the slightest reminiscence of the period when an alternative to capitalism seemed possible, and still was, to a certain extent.

On the one hand, the absurdity of the current system is so obvious that a substantial part of the intelligentsia and the middle classes at its service regularly declare themselves more or less “anti-capitalist”, even if this does not lead to any consequences other than purely formal and quickly recovered protest movements in the various forms of reformism of its political class. But on the other hand, the real fear that still seems to be holding the bourgeoisie is the possible resurgence of the “communist spectrum” that it therefore never ceases to pursue wherever it could take shape.

Contrary to the hopes it had for the “fall of the wall” and over the period 1989-92, it is the so-called “end of history” that already belongs squarely to the past, and if an “end” seems to be approaching again with great strides, it is indeed the possibly apocalyptic “end” of the system itself, not necessarily due to one no longer knows which hypothetical “enemy”, but quite simply to its own contradictions. Under these conditions, the system constantly keeps an eye open for all traces of memory, whatever they may be, from the Soviet period. This is what we saw on the occasion of the centenary of October, which saw a whole battery of “specialists” and “historians”, sometimes very officially appointed, and otherwise, indirectly, to ensure a deep sleep of this terrible ghost…

But the system, failing to solve its own crisis, has every interest in maintaining itself the millenarian “messianism” of a forthcoming apocalyptic end, whether “ecological” or not, and against which it can therefore pose itself as a “rampart of humanity”, and thus try to prolong itself, through some “shock” formulas, as the only possible “alternative” to the catastrophe it has caused itself…

For the bourgeoisie, anything that is not itself or directly dependent on itself is in its eyes “apocalyptic”. Since the birth of the USSR, it has striven to forge an “apocalyptic” vision of it, to the point of trying to turn it into a nightmare myth that unites its own class, and even above its own internal conflicts of interest. Thus, the true Nazi monster potentially created in 1919 by the Treaty of Versailles could be nurtured as a potential antidote to this nightmare, despite its excesses in the very heart of European and international capitalism.

But the bourgeoisie had clearly underestimated the bulimia of this monster created in its midst, and whose deep nature was therefore no different from itself. She simply expected that this bulimia nervosa would only be oriented towards the East…

This “error of perspective” finally led him to an inversion, even if very temporary, in the attribution of the role of the monsters to be exorcised…

This is what a remarkable film recently found by one of our comrades reminds us of and presented on TML. This film dates back to 1943, shortly after the Soviet victory of Stalingrad. Produced on behalf of the US authorities, it was obviously conceived by filmmakers who already had a surprisingly relevant historical overview of the entire “Eastern Front”, given the limited distance from these very recent events for them and for the world of that time!

https://my.pcloud.com/publink/show?code=XZUUn8kZMKew9HkqsdyqR7hwHoT88m6hYjek

Obviously, these filmmakers had access to first-hand sources, which still makes them an exceptional historical doc today. But what is most characteristic, compared to the current “official” views of the time, is the importance they attach to the social life of the Soviet economic infrastructure that made the war effort possible and effective.

It is clear from this film that the victory of this war effort is indeed the victory of the entire Soviet socialist society, not that of a Machiavellian tyrant backed by a handful of despotic generals and bureaucrats. It is the victory of the Soviets who mobilized by the millions, whether on the front lines or as supporters, behind enemy lines, or simply at their workstations, all essential to the war effort.

It is an insight into Soviet reality, in this 1943 US film, which is therefore concretely the antithesis of the so-called “historical” vision given to us in current textbooks, Wikipedia notices, TV shows, etc.

And of course, it is also the antithesis, also, of the one now “officially” voted in the European Parliament by its “resolution” on the “memory” of the Second World War, and which makes the USSR bear direct responsibility for the outbreak of the war!

And it is in this sense that this film is particularly significant today!

Indeed, the European Parliament, by directly addressing its “resolution” assimilating communism to Nazism to the Parliament of the Russian Federation, therefore expressly enjoins the Russian government to stop in practice commemorating this Soviet victory.

And for what real reason, if not to try again to erase the memory, not only of this victory, but of the Soviet socialist society that made it possible?

Indeed, why so much effort and sacrifice, on the part of Soviet citizens, if not to defend this country, the USSR, that they had just rebuilt almost entirely in about ten years, since the end of the NEP and the beginning of collectivization?

Why would they have made so much effort and sacrifice, if their country were at all in line with the nightmare vision that school textbooks, Wikipedia and other media nowadays give?

Why so much effort and sacrifice for this country, if the European Parliament’s “resolution” of 19/09/2019 is not simply a false manipulation of history?

Through Russian national memory, what is still commemorated massively today, on every possible occasion, and with the support of the Government of the Russian Federation, is not only the celebration of victory, but it is precisely the memory of this collective effort and all the sacrifices that have been necessary to build this victory, step by step.

It is in this sense that these commemorations have become a popular national communion that still constitutes an essential part of the Russian soul today.

 

 

And so it happens that this Russian collective memory coincides entirely with the reality filmed in 1943 by American filmmakers, and not with the current nightmarish Western cartoon that the European Parliament has just “legalized” by its vote.

This vote is, on the “memorable” ground where it claims to be, a declaration of ideological war, no more and no less.

What the European Parliament expressly aims at, in the expectations of its vote, is the whole of the Soviet socialist period which made it possible to build this capacity to defeat fascism. This is a particularly moving historical moment of this period, which we can still understand in the 1943 film, and it shows us precisely what real socialism meant in the USSR, for the working class and all the working classes of this country. This ideological act of war fomented by the European Parliament is therefore also, and even above all, an act of class war.

But how does the French “left” stand in the face of this class act of war? Is it really on the side of the proletariat and the working classes? Is it able to lead a counter-offensive?

In fact, for decades now, it has constantly denigrated the USSR, whether during its lifetime or after its fall! And to self-flagellate for the period when she supported her…

She stands as “antifascist” but finds itself unable to take up the challenge, when the memory of the USSR is attacked, which is really the country that made the main part of the war effort against Nazism, inflicted its first defeat on it at the gates of Moscow, as early as December 1941 and finally defeated it in Stalingrad before defeating it permanently in Berlin !

A large part of the left even finds itself squarely in support of this “resolution”, and if another part sketches out protests, it is always in order to nevertheless support its fundamental anti-Sovietism, directly or indirectly. None of these rhetorical “sketches”, however convoluted and sophisticated they may be, assume the essential part of what precisely and truly made the USSR strong at that time: the construction of socialism and the development of the productive forces it made possible in the decade preceding the war.

The victory of the USSR over Nazism is not simply the victory of the army of one nation over another, but first and foremost the victory of the construction of socialism, a victory of the proletariat and the working classes, precisely, in class war!

And certainly the greatest historical proletarian victory in this class war, of which today the billionaire financiers, like Warren Buffet, who are completing the destruction of the planet, dare to proclaim themselves winners!

To reduce the responsibility for the proletarian historical victory of the USSR to that of a single man, its political leader, Joseph Stalin, and at the same time to try to make him a kind of demiurge concentrating in his person all the strength of a country the size of a continent and to present him as an irresponsible and paranoid despotic bureaucrat, a caricature of an operetta devil, such is the communication strategy led by the West, from right to left, for decades, as a counter-offensive in this class war, to hide the more than guilty tolerance shown by the bourgeoisie towards its own truly monstrous progeny, Nazism!

Unable historically to erase the criminal behaviour of this ideological avatar of its own class, the bourgeoisie has very officially disowned it as it knows how to do from any progeny classified as unworthy, driving it out through the wide door of its humanist proclamations, to let it enter through the small window of its urgent needs, as it continues to do in Ukraine, for example.

This is what typically emerges from this resolution of 19 September 2019, which in fact endorses European regimes legalising and encouraging anti-communism, anti-Soviet and Russophobia.

While claiming to equate communism with Nazism, it is, in fact, an attempt to erase the responsibility of the “liberal” West and its Munich complacency towards Nazism, that is, its real responsibility in the genesis of the Second World War, the deadliest of all, and which murdered more than 25 million Soviet citizens in five years!

How can the current left claim to call itself antifascist by endorsing, directly or hypocritically, this lie of the European bourgeoisie and by sitting, in fact, on this mountain of proletarian corpses?

How can she, for a single second, speak on behalf of the proletarian and popular revolts that are rising everywhere, today, all over the world?

Not only it cannot, but it is therefore quite natural that it is rejected by the proletariat for what it really is: an emanation of “liberal” thought enslaved to the system that destroys the planet and condemns it every day to further social decline, and in many countries to ever-increasing poverty.

If some rare elements of the left, sincerely decided to put an end to this system, are still on the left, this film can be a source of reflection for them on the historical reality of class war.

And in the face of the bourgeoisie’s ideological offensive expressed in this “European resolution”, it must logically be time for them to make an essential political choice: that of the side in which they really want to stand in the class war.

As early as 1941, just six months after its “triumphant” entry into the USSR, the Nazi army was stopped at the gates of Moscow and pushed back 200 km. For Nazism, this was the real beginning of the end.

In class war, there is no defeat that is irremediable. But without an appropriate counter-offensive, victory remains for the Warren Buffet and their political zealots, right and “left” combined. They are the camp determined to keep the deadly system in place.

They are the camp of the destroyers of the planet, the camp of the imperialist financiers for whom the memory of the USSR and its antifascist victory is intolerable. The false European resolution of 19 September 2019 is the result of their ideology in the class war.

The antifascist victory of the proletariat in the Second World War is obviously not based on the shoulders of a single man, Joseph Stalin, but on those of an entire socialist country rebuilt in about ten years on the basis of its class ideology, the heritage of the October Revolution, the heritage of Marx and Lenin: Marxism-Leninism.

As long as the left continues to reject the fundamentals that allowed the historical victory of the proletariat, it will remain in the camp of the enemies of the proletariat, in the camp of the bourgeoisie, and, while claiming to be “antifascist”, in the camp of the neo-Nazis, in the end. And its defeat will only be the scrapping of one of the system’s many disposable stooge, and not that of the proletariat, which is now trying to raise its head by its many revolts on the planet.

 

https://socialistfight.com/2019/11/01/class-war-the-left-now-plays-loser-why/

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5 thoughts on “CLASS WAR: THE “LEFT” NOW PLAYS LOSER! WHY?”

Viriato04/11/2019 at 16:11

Luniterre is a retired worker, a ML militant all his life, coming from a maoist group which he has abandoned to come back to “defend the fondamentals on Marx-Engels and Lenine” and somewhat back to Staline because, as I understand his point of view, he is the incarnation of the history of URSS, in its socialist period, which every real Marxist-leninist must defend.
He is publishing for some years a blog “Tribune Marxiste-Leniniste” where he defends often an anti-imperialist correct political position on questions such as Ukraine, Syria, Libya and others important matters.
We have been discussing from some time about the URSS and Trotski.
His position is that Trotsky is a “revisionist” who stands in a sort of Khroutchevist, Deng-Tsiao Ping position, defending a “transitional society between capitalism and socialism putting emphasis on market as the regulatory means to past through this “transitional step” to socialism.
This has been a long discussion where his position has been qualified by Viriato as “misrepresentation” of L.T.’s real position.

Recently there has been exchanges after he published the piece that has been reproduced on SF.
As this is just an introductory piece to explain his position I do not copy the rest of the exchanges.
Perhaps he would do it but for the moment he accepts that I republish what follows.

A reflection, on this subject and a brief research >>> on the class nature of the USSR >>> it is clear that Trotsky did not consider it at all socialist, neither under the NEP, nor after >>> he always speaks of “workers state”, then “degenerated workers state”, but never of socialist state !

At any given time, he always sees it as an “intermediate stage” between capitalism and socialism itself.

A hybrid society, whose class nature therefore remains imprecise, to say the least, if not downright indeterminate.

However, considered from a Marxist point of view, there is necessarily a dominant economic base, and which has a determined class nature, and therefore no possible hybrid situation, in terms of mode of production. Proletariat or bourgeoisie, socialism or capitalism, there is necessarily a dominant and determined mode of production, which characterizes the class nature of a system, beyond the very provisional situations of dual power.

Socialism itself is, by its very nature, a transitional phase, and it begins as soon as the process of breaking with capitalism is initiated under the dictatorship of the proletariat.

To the extent that this was clearly the case in the USSR, this makes it a socialist country, as long as this process lasts, until the mid-1950s, when the regression begins to take place seriously, under the power of the revisionists.

Of course, the causes of this regression have some of their roots in the defects, which need to be studied without prejudice in the previous period . Stalin himself had undertaken to analyse the economic problems of socialism in the USSR, shortly before his death:
https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

The ML is unconditional on nothing but fundamentals, and as long as they remain operational in today’s society!

Luniterre”

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Chris Barratt06/11/2019 at 18:20

It is great to see this far more healthy discussion of the USSR and socialism’s victory over Nazism in WW2 on the SF website. I am totally sympathetic with the spirit of the main thrust of the article: that there is no real Marxist working class politics that does not cheer on the victory of the Red Army over Hitlerism. And it is in this spirit that a proper critique of Stalinism is possible. The leadership of the CPSU certainly (partly because of their state-building work) became more bureaucratic after Lenin’s death. But the crucial slide was in the Stalin group’s inability to dialectically keep Lenin’s understanding of monopoly-capitalism as a system of constantly unfolding global economic crisis (whether expanding or collapsing) in their heads while cautiously pursuing peaceful coexistence tactics (necessary because of the dangers from surrounding imperialist encirclement). They retreated from Lenin’s cutting-edge revolutionary politics in favour of the dunder-headed stupidities of “popular frontism” and chiding world CPs if they strayed from supporting anything that looked like anti-imperialist nationalism.
Stalin’s policies were in this way disastrous for any attempt at maintaining Leninist levels of understanding in the CPSU and the Comintern. Stalin’s book “Economic Problems” (1952)has much good material but, as the EPSR book against today’s Stalinists (“Unanswered Polemics against Lalkar/Proletarian”) explains, totally screws up Leninist perspectives by stating the anti-Marxist position that “capitalism will no longer be able to expand as it has in the past, because it is hemmed in by the socialist states, therefore communist revolution is no longer required, because the socialist camp will simply be more productive and imperialism will be educated into disappearing by active peace campaigning and the great socialist example of the USSR”.
I am paraphrasing but it is all there in Stalin’s book– and this revisionist nonsense destroyed all socialist revolutionary understanding in the party leadership, and, following Stalin’s logic, the idealist idiot Gorbachev then liquidated the USSR in 1987-91. Blaming everything on Kruschev is silly: why was he Stalin’s protégé if he was such a pro-Western fool? Anyway, at times Kruschev was as sympathetic to Third World revolution (eg Cuba) as the Stalin group ever were.
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tribunemlreypaYour comment is awaiting moderation.07/11/2019 at 00:47 

And instead of telling lies about Stalin’s book, just read it!

>>> “It is said that the contradictions between capitalism and socialism are stronger than the contradictions among the capitalist countries. Theoretically, of course, that is true. It is not only true now, today; it was true before the Second World War. And it was more or less realized by the leaders of the capitalist countries. Yet the Second World War began not as a war with the U.S.S.R., but as a war between capitalist countries. Why? Firstly, because war with the U.S.S.R.,as a socialist land, is more dangerous to capitalism than war between capitalist countries; for whereas war between capitalist countries puts in question only the supremacy of certain capitalist countries over others, war with the U.S.S.R. must certainly put in question the existence of capitalism itself. Secondly, because the capitalists, although they clamour, for “propaganda” purposes, about the aggressiveness of the Soviet Union, do not themselves believe that it is aggressive, because they are aware of the Soviet Union’s peaceful policy and know that it will not itself attack capitalist countries.

After the First World War it was similarly believed that Germany had been definitely put out of action, just as certain comrades now believe that Japan and Germany have been definitely put out of action. Then, too, it was said and clamoured in the press that the United States had put Europe on rations; that Germany would never rise to her feet again, and that there would be no more wars between capitalist countries. In spite of this, Germany rose to her feet again as a great power within the space of some fifteen or twenty years after her defeat, having broken out of bondage and taken the path of independent development. And it is significant that it was none other than Britain and the United States that helped Germany to recover economically and to enhance her economic war potential. Of course, when the United States and Britain assisted Germany’s economic recovery, they did so with a view to setting a recovered Germany against the Soviet Union, to utilizing her against the land of socialism. But Germany directed her forces in the first place against the Anglo-French-American bloc. And when Hitler Germany declared war on the Soviet Union, the Anglo-French-American bloc, far from joining with Hitler Germany, was compelled to enter into a coalition with the U.S.S.R. against Hitler Germany.

Consequently, the struggle of the capitalist countries for markets and their desire to crush their competitors proved in practice to be stronger than the contradictions between the capitalist camp and the socialist camp.

What guarantee is there, then, that Germany and Japan will not rise to their feet again, will not attempt to breakout of American bondage and live their own independent lives? I think there is no such guarantee.

But it follows from this that the inevitability of wars between capitalist countries remains in force.

It is said that Lenin’s thesis that imperialism inevitably generates war must now be regarded as obsolete, since powerful popular forces have come forward today in defence of peace and against another world war. That is not true.

The object of the present-day peace movement is to rouse the masses of the people to fight for the preservation of peace and for the prevention of another world war. Consequently, the aim of this movement is not to overthrow capitalism and establish socialism — it confines itself to the democratic aim of preserving peace. In this respect, the present-day peace movement differs from the movement of the time of the First World War for the conversion of the imperialist war into civil war, since the latter movement went farther and pursued socialist aims.

It is possible that in a definite conjuncture of circumstances the fight for peace will develop here or there into a fight for socialism. But then it will no longer be the present-day peace movement; it will be a movement for the overthrow of capitalism.

What is most likely is that the present-day peace movement, as a movement for the preservation of peace, will, if it succeeds, result in preventing a particular war, in its temporary postponement, in the temporary preservation of a particular peace, in the resignation of a bellicose government and its supersession by another that is prepared temporarily to keep the peace. That, of course, will be good. Even very good. But, all the same, it will not be enough to eliminate the inevitability of wars between capitalist countries generally. It will not be enough, because, for all the successes of the peace movement, imperialism will remain, continue in force — and, consequently, the inevitability of wars will also continue in force.

To eliminate the inevitability of war, it is necessary to abolish imperialism.”

P 34-37

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/11/economic-problems-of-socialism-in-the-ussr-stalin-1952.pdf

 

____https://youtu.be/6-RYboIeCxA

 

Posted by Luniterre

https://tribunemlreypa.wordpress.com/

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Viriato06/11/2019 at 21:35

The problem to a lot of people is:
If Staline was so wrong, what rests?
Luniterre sticks then to Staline because he made the equation: Staline=URSS and marxists must defend the URSS. For him it is ununderstandable the industrial power that permits the defeate of the german nazi army without the steel had of Staline.

And whatever that costs, it is the result that counts.

Trotski becomes impossible to admit because he was the main political enemy of Staline. Then he looks for whatever phrase pu idea L.T. could be wrong or he thinks he is wrong. Then L.T. is a revisionnist or worse in this completely wrong conception.

Conceive that a man could be wrong and still can be correct in the majority of their writtings, is difficult to admit because in the mechanical and antidialectic point of view so long difused, the “great leaders” do not fail or cannot be wrong. Lénine, in their conception, could never be wrong, nor Staline or just slight errors because not aware ort misled by the people around, disguised revisionnists or rightists.

The other problem is the terrible practice of the “trotskists” that has a record of leftism mixed with rightism everywhere and there absolute incapacity of developpe a mass party, or win workers, or even, try tyo win workers instead of passing all their time discussing theory and by this, not going to the working masses.

And the only ones that develope a mass party as Bolivian and Sri Lankais, fail miserably when the ckassfight tells them “Hic Rhodes, Hic salta” (this is the moment to prove what you are capable of) Both, when a revolution has exploded in their countries, have transformed to menchevism of the worst kind and make the revolution fail.

There is a full range of opportunistics devainces coming of so called “trotskist” partys going from anarcho-unionism, to all out pro-imperialists rightists passing through the whole scope of centrists, nationalists to even people more occupied with “constructiong atomic refuges” as Posadas.

It is very difficult to identified to this tendancy that has produced almost nothing but historics studies. In France there is a national-anarcho-republican “trotskism”, a centrists “trotskism” that goes right, indirectly pro-imperialists, in every international problem and a liquidation-capitulation-“trotskism” that has abandoned and transformed itself in a sort of left socialdemocratic party with all out pro-impertialists positions. There are also little sects that call themselves “trotkists” that are not.

It is then not surprising that honest militants look with a deep sense of distrust those so called trotskists and, deduce that the tree should be judged by their fruits more when there is not real trotskists as SF is, or, having seen so many trotskists that begin well and finish awfull, they wait and see from the distance.

Again “Hic Rhodes, hic salta!”

Even if their analisis could be faultless, people will take them, used their studies and wait to see how this good analisis are implemented in the reality of the class fight. That’s the real arena.

Politically they are right, but that it is not enough. Generalities are necesary but no one will follow the ones with so a long history of errors and “going out of the tracks”.

The problem also is that there is nothing else that rests. Stalinism is a no way issue. Then people sticks to leninism and take from Trotski whatever they feel good.

True troskist have an enourmous responsability on their shoulders, because of the heritage of Trotski but also of their “comrades”, and becaue if they fail again, …I do not find a phrase to describe the catastrophe that this would signify. Well, they will continue to analise and publish, but as a club of marxologists.

Marxism, leninism could collapse as a party and humanity will need to rediscover everything again.

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Viriato07/11/2019 at 16:14

Hi Chris, could you please tell me where did you get this quotation”? Page of the book please, because L. is saying that is an outright lie.Stalin’s book “Economic Problems” (1952) has much good material but, as the EPSR book against today’s Stalinists (“Unanswered Polemics against Lalkar/Proletarian”) explains, totally screws up Leninist perspectives by stating the anti-Marxist position that “capitalism will no longer be able to expand as it has in the past, because it is hemmed in by the socialist states, therefore communist revolution is no longer required, because the socialist camp will simply be more productive and imperialism will be educated into disappearing by active peace campaigning and the great socialist example of the USSR”.

Thanks.

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Pour l’instant, le constat est que la « question » de Viriato a été publiée aussitôt que postée, alors que notre réponse, avec le texte original de Staline, délibérément paraphrasé de façon grossièrement mensongère par M. Chris Barratt, est elle restée en attente depuis (07/11/2019 at 00:43) .

 

Et quant au fond, la pseudo « question » de Viriato, évidemment restée sans réponse, n’a donc lieu d’être qu’en apparence vu l’évidence de la réponse, que nous lui avions communiquée directement par mail.

Pour bien comprendre, au delà de l’évidence mensongère, les enjeux essentiels du débat concernant la perspective de la transition
économique anti-capitaliste, il est donc utile de republier un récapitulatif des récents échanges à ce sujet… >>>

 

 

 

Viriato >>>

« IL faudrait faire un effort et arrêter de dire n’importe quoi quand même.

Ce n’est pas polémiquer ni honnête de preter à Trotski des conceptions de principe qu’il n’a jamais eu.

Même la meconnaissance complète de la question ne justifie pas des tirades semblables:

« C’est cette question qui sépare les conceptions ML du trotskysme, qui se base quant à lui sur la persistance du marché et introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même.

Tout comme les libéraux Trotsky assignait un rôle « régulateur » au marché ! »

Tout d’abord, même Marx « Assigne un rôle régulateur au marché » car en capitalisme cela est un fait et les fait sont têtus.

Que cette régulation par le marché, les crises, la guerre soit LA régulation du capitalisme c’est un fait et c’est incontestable.

On a accusé pendant des décennies Trotski de ne pas comprendre la nécessité des étapes avant le socialisme et on a accusé son « dogmatisme » de proposer le socialisme partout pour « découvrir » en 2019 (!) qu’en fait il « était pour la persistance du marché »…et qu’il aurait « introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même ». Même Staline n’a pas osé l’accuser d’une telle absurdité.

Je sais que Luniterre ne connait pas le sujet, mais quand même, la simple logique, dans un article qui n’en avait nullement besoin, il aurait duû pousser à s’abstenir de donner matière à rire.
Il a tiré, d’une lecture biaisée, à propos d’un conseil adressé en 1932 en pleine cacophonie de l’aventure ultra gauchiste de superindustrialisation et collectivisation des terres forcée, de proposer de laisser jouer les lois du marché un certain temps pour éviter les gaspillages et gabegie du saut dans le vide stalinien de 1930.

De là, à généraliser ce conseil ponctuel et nécessaire (d’ailleurs la planification à outrance a fini par utiliser beaucoup d’élements de la régulation par le marché de manière sousterraine) comme sa conception de principes, signifie ne rien connaitre de la question et se tromper de bout en bout.

Comme on dit « l’ignorance est insolente »

V.

*******************

Luniterre

EN ITALIQUES, LE TEXTE DU CAMARADE VIRIATO, LE RESTE ÉTANT MES OBSERVATIONS >>>

« IL faudrait faire un effort et arrêter de dire n’importe quoi quand même.

Ce n’est pas polémiquer ni honnête de preter à Trotski des conceptions de principe qu’il n’a jamais eu.

Même la meconnaissance complète de la question ne justifie pas des tirades semblables:

« C’est cette question qui sépare les conceptions ML du trotskysme, qui se base quant à lui sur la persistance du marché et introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même. »

>>> in la « révolution trahie » >>> https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp9.htm

Qualifier de transitoire ou d’intermédiaire le régime soviétique, c’est écarter les catégories sociales achevées comme le capitalisme (y compris le « Capitalisme d’Etat ») et le socialisme. Mais cette définition est en elle-même tout à fait insuffisante et risque de suggérer l’idée fausse que la seule transition possible pour le régime soviétique actuel mène au socialisme. Un recul vers le capitalisme reste cependant parfaitement possible. Une définition plus complète sera nécessairement plus longue et plus lourde.

L’U.R.S.S. est une société intermédiaire entre le capitalisme et le socialisme, dans laquelle: a)les forces productives sont encore trop insuffisantes pour donner à la propriété d’Etat un caractère socialiste; b)le penchant à l’accumulation primitive, né du besoin, se manifeste à travers tous les pores de l’économie planifiée; c)les normes de répartition, de nature bourgeoise, sont à la base de la différenciation sociale; d)le développement économique, tout en améliorant lentement la condition des travailleurs, contribue à former rapidement une couche de privilégiés; e)la bureaucratie, exploitant les antagonismes sociaux, est devenue une caste incontrôlée, étrangère au socialisme; f)la révolution sociale, trahie par le parti gouvernant, vit encore dans les rapports de propriété et dans la conscience des travailleurs; g)l’évolution des contradictions accumulées peut aboutir au socialisme ou rejeter la société vers le capitalisme; h)la contre-révolution en marche vers le capitalisme devra briser la résistance des ouvriers; i)les ouvriers marchant vers le socialisme devront renverser la bureaucratie. La question sera tranchée en définitive par la lutte de deux forces vives sur les terrains national et international.

Les doctrinaires ne seront naturellement pas satisfaits par une définition aussi vague. Ils voudraient des formules catégoriques; oui et oui, non et non. Les questions de sociologie seraient bien plus simples Si les phénomènes sociaux avaient toujours des contours précis. Mais rien n’est plus dangereux que d’eliminer, en poursuivant la précision logique, les éléments qui contrarient dès maintenant nos schémas et peuvent demain les réfuter. Nous craignons par-dessus tout, dans notre analyse, de faire violence au dynamisme d’une formation sociale qui n’a pas de précédent et ne connaît pas d’analogue. La fin scientifique et politique que nous poursuivons nous interdit de donner une définition achevée d’un processus inachevé, elle nous impose d’observer toutes les phases du phénomène, d’en faire ressortir les tendances progressistes et réactionnaires, de révéler leur interaction, de prévoir les diverses variantes du développement ultérieur et de trouver dans cette prévision un point d’appui pour l’action.

fin du chapitre!

+ TEXTE DE 1932 >>>

« Закономерности переходного общества весьма отличаются от закономерностей капитализма. Но не меньше отличаются они от будущих закономерностей социализма, т. е. гармонического хозяйства, растущего на основе выверенного и обеспеченного динамического равновесия. »

« Les lois de la société de transition se distinguent singulièrement des lois du capitalisme. Mais elles ne se distinguent pas moins des futures lois du socialisme, c’est-à-dire de l’économie harmonieuse, se développant sur la base d’un équilibre dynamique ajusté et garanti. »

Trotsky a donc le mérite d’être cohérent avec lui-même, mais pas avec Marx >>>

« Tout comme les libéraux Trotsky assignait un rôle « régulateur » au marché ! »

selon toi >>>

« Tout d’abord, même Marx « Assigne un rôle régulateur au marché » car en capitalisme cela est un fait et les fait sont têtus.

Que cette régulation par le marché, les crises, la guerre soit LA régulation du capitalisme c’est un fait et c’est incontestable. »

selon Marx >>>

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf

>>> Cela fait maintenant pas mal de temps que je t’ai recommandé cette lecture !!!

« On a accusé pendant des décennies Trotski de ne pas comprendre la nécessité des étapes avant le socialisme et on a accusé son « dogmatisme » de proposer le socialisme partout pour « découvrir » en 2019 (!) qu’en fait il « était pour la persistance du marché »…et qu’il aurait « introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même ». Même Staline n’a pas osé l’accuser d’une telle absurdité. »

>>> Staline y fait nettement allusion, dans un texte d’après guerre, me semble-t-il

« Je sais que Luniterre ne connait pas le sujet, mais quand même, la simple logique, dans un article qui n’en avait nullement besoin, il aurait duû pousser à s’abstenir de donner matière à rire.
Il a tiré, d’une lecture biaisée, à propos d’un conseil adressé en 1932 en pleine cacophonie de l’aventure ultra gauchiste de superindustrialisation et collectivisation des terres forcée, de proposer de laisser jouer les lois du marché un certain temps pour éviter les gaspillages et gabegie du saut dans le vide stalinien de 1930.

>>>vers les 10 ans de développement qui ont permis la victoire contre le nazisme!

+ in la « révolution trahie » >>>

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp2.htm

+ en 1939 >>> in « le Marxisme[…de Trotsky]  et notre époque » >>>

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Trotsky >>> un révisionniste au moins assez cohérent avec lui-même, jusqu’à un certain point!

Pour Marx >>>

« Même l’économiste ordinaire se rend compte que sans le moindre changement de  l’offre ou  de la demande occasionné  par des  circonstances extérieures le rapport des deux peut changer à la suite d’un changement dans la valeur de marché des marchandises. Même lui, il doit reconnaître que l’offre et la demande doivent être égales pour obtenir la valeur de marché quelle qu’elle soit.Ceci signifie que le rapport entre l’offre et la demande n’explique pas la valeur de marché, mais au contraire que c’est elle qui explique les fluctuations de l’offre et de la demande. »

***************************

« De là, à généraliser ce conseil ponctuel et nécessaire (d’ailleurs la planification à outrance a fini par utiliser beaucoup d’élements de la régulation par le marché de manière sousterraine) comme sa conception de principes, signifie ne rien connaitre de la question et se tromper de bout en bout.

Ciomme on dit « l’ignorance est insolente » >>> A LIRE >>>

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf

Amicalement,

Luniterre

******************

Viriato

Voilà ce que je réponds à ta critique de ma critique. Je ne comprends pas vraiment comment tu polémiques.

Une chose se sont les conceptions du socialisme qui à l’époque et aujourd’hui correspondaient au passage d’une société capitaliste développée à une étape supérieure.

Autre, l’amalgame que tu fais de ce qui est une critique et des propositions pour un pays très arriéré qui essaie de s’approcher de la planification socialiste (dans les faits, bureaucratique) et nécessité pour un certain temps quelques lois du marché car son niveau de développement le situe bien en deçà d’un pays capitaliste avancé.

La longue tirade sur le caractère transitoire de l’URSS, qu’il a développé dans « La Révolution Trahi » est complétement cohérent avec les faits.

Il s’agit d’une société qui lutte pour arriver au socialisme mais dont le destin final n’est pas assuré au milieu de l’encerclement capitaliste, les menaces de guerre à l’extérieur et, selon sa conception et ce qui a été prouvé après, par une couche dirigeante bureaucratisée.

Cela est très important, à moins que tu prétendes que l’URSS était déjà une économie socialiste et un pays plus avancé que les pays capitalistes de l’époque.

Quant à dire que T. serait pour une « société de transition entre le Socialisme et le capitalisme, c’est tordre le cou à son argumentaire et prendre ce qui a été la tactique des Fronts Populaires et qu’il a combattu farouchement, pour sa propre conception des choses.

Une chose sont les pas intermédiaires entre une société arriérée pour la faire s’approcher du socialisme et une autre est ce que tu lui reproches à tort. (Lénine : « on aura besoin de la NEP pendant des décennies » Encore un « révisionniste » ?) Donc appliquer des mécanismes de marché dans une société qui venait de sortir d’une économie à prédominance de marché, la NEP, plus des entreprises nationalisées ce qui ne signifie pas « socialistes » où toute l’histoire économique de la seconde moitié du XX s. a été « socialiste ».

Le changement de la NEP n’a pas été « planifié » ni même prévue par l’équipe dirigeant et a été faite, passant de l’accusation de « super industrialisateurs » dirigée à Préobrayenski et aux trotskistes qui demandaient une croissance industrielle de 17% au détriment de la paysannerie riche et moyenne.

Le virage ultra gauchiste de Staline a fait passer le taux d’industrialisation de 17% à 50% en un premier moment et « dans l’ivresse du succès » à 100% et cela encore au détriment de la paysannerie. Ce cours a provoqué la perte de la moitié du cheptel soviétique et provoqué une famine terrible.

C’est alors que T. a propose de revenir sur certains mécanismes du marché pour pallier aux effets dévastateurs de l’improvisation, des plans aventuriers et la gabegie bureaucratique.

Mais pour toute personne qui regarde les faits, il est facile de voir qu’il ne propose cela que pour alléger les effets terribles de l’improvisation des mêmes qui s’étaient esclaffés de T. l’accusant de vouloir aller trop vite car « il y avait de NEP pour des décennies »

Voilà l’origine des phrases que tu mets en avant et de leur portée.

Mais déduire de là que T. prétendait une « étape de transition » entre la société socialiste et capitaliste en tant que formulation générale ne correspond pas aux faits et fait preuve d’une méconnaissance de la question.

Quant à la question du rôle régulateur du marché, cela vient de tous les économistes classiques, avant Marx et il faut être aveugle pour ne pas en faire le constat.

Qu’on soit pour la planification socialiste démocratique est une chose (un projet à futur pour le moment) mais nier la fonction régulatrice du marché, de l’offre et de la demande sous le capitalisme et les sociétés de « démocratie populaire » (la terre était souvent dans les mains des paysans propriétaires).

Aujourd’hui, même à l’ère de la finance et des monopoles, le marché régule encore une bonne partie du capitalisme.

En URSS Staline a laissé les Kolkhoziens vendre les produits qu’ils produisaient dans leurs lopins de terre, des produits qui finirent par devenir une partie très importante des denrées alimentaires soviétiques, au marché libre. Cette mesure a vu son étendue s’amplifier encore sous Staline et ses successeurs.

C’est-à-dire, Staline, on peut dire qu’il « a appliqué le conseil de Trotski » par la force des lois économiques de la société de transition soviétique laissant une partie importante de la production agricole se réguler par l’offre et la demande. Ainsi comme le marché parallèle du travail, des échanges entre entreprises, des salaires etc.

Comme tu vois, Staline qui dirigeait l’économie planifiée (que non socialiste encore) a eu besoin, comme tu le fais dire à Trotski qui écrivait pour la réalité de la NEP, « Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur »

Donc, ni société « intermédiaire » ni fanatisme pour le marché. Analyse concrète de la réalité concrète.

Les seuils qui ont proposé de tels sociétés intermédiaires ont été précisément ceux qui ont organisé ce type des sociétés, les soviétiques sous Staline, dans les pays de « Démocratie Populaire », non ? Plus ceux qui encore le proposent dont on ne trouve que des révisionnistes et des staliniens.

Quant à la phrase que tu soulignes « L’U.R.S.S. est une société intermédiaire entre le capitalisme et le socialisme » ne signifie rien d’autre que pour T., en 1935, la société soviétique était non plus capitaliste mais loin d’être une société socialiste achevée.

Si on lit le livre, on peut voir comment les différences de salaire (de 1 à 1000 !), la pénurie d’éléments matériels indispensable pour la vie courante, l’état de désindustrialisation encore manifeste en comparaison des pays capitalistes avancés, la ruine encore manifeste de l’agriculture (voilà pourquoi Staline a introduit des mécanismes du marché, ce que je ne lui reproche pas d’ailleurs, serait absurde, car en période de pénurie, même Lénine a proposé le marché, la NEP) le degré de culture et de civilisation du pays se trouvait très loin de ce qu’on pouvait entendre pour une société socialiste moderne et plus avancée que le capitalisme.

Voilà tout et le paragraphe où il présente les alternatives de la société soviétique sous la triple emprise de son arriération relative, de l’encerclement capitaliste mais aussi de la gabegie, du gaspillage, de l’incurie et du profit de la bureaucratie et dit qu’il ne peut que montrer ou : une révolte du prolétariat, la fin du règne bureaucratique et le redressement sur des bases socialistes ; ou : la transformation de la bureaucratie en classe capitaliste, ne peut pas être plus claire. D’ailleurs, c’est cequi est arrivé.

Quant à ceci « Staline y fait nettement allusion, dans un texte d’après-guerre, me semble-t-il »…

Staline écrivait peu des articles théoriques et il n’a jamais voulu polémiquer contre Trotski, alors il procédait par allusions sans développer ses arguments.

Et pourtant il aurait pu. Sur la révolution chinoise, mais il avait nommé Chang Kai Sheik à la table d’honneur de l’Internationale Communiste.

Ou lors de la révolution allemande mais sa presse a écrit « Après Hitler, nous ! » Trotski quand même a fait des contributions brillantes dans les deux cas, et pas qu’une.

Et sur un tas d’autres questions.

Les autres citations de Marx n’ont rien à faire avec la question discutée. »

************************

Luniterre

Bonjour, camarade!

Franchement, je suis fatigué de batailler pour des sujets aussi évidents et que l’on a déjà vu plusieurs fois, comme cette histoire de lopins, etc. !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/19/inedit-de-trotsky-un-echange-de-correspondance-suite-a-la-synthese-de-letude/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

En fait, toute ton argumentation tient réellement dans la dernière ligne >>>

« Les autres citations de Marx n’ont rien à faire avec la question discutée. »

Malheureusement, te voilà encore le « marxiste » qui refuse de lire Marx !!!

Mais tu n’es pas le seul, ce qui condamne la pensée de Marx à rester un outil essentiellement utilisé par les économistes au service du système !!! Un comble !

Le chapitre 10 du livre III est l’aboutissement du raisonnement de Marx concernant la formation des prix, dans la dialectique d’interaction entre valeur et marché >>> autrement dit la relation dialectique entre formation de la valeur et formation du prix. C’est à dire exactement le fond du problème !!! C’est pourquoi la lecture du chapitre 9 est également nécessaire, pour réellement comprendre, mais tu peux lire une première fois le 10, pour saisir le principe, et revenir sur le 9, pour comprendre plus en détail. Quoi qu’il en soit, cela suppose évidemment d’avoir déjà réellement compris la loi de la valeur ! (Capital,I,1)

(Nécessaire aussi pour comprendre la Critique du Programme de Gotha, base économique de la transition socialiste)

Lorsque Trotsky écrit, en 1939, dans son précis didactique d’ensemble sur le « Marxisme » >>>

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

Il théorise bel et bien, d’une manière générale, et non circonstancielle, concernant l’URSS !!!

Ce qui est exactement l’inverse du propos de Marx !!!

Pour Marx, et à l’évidence, de plus, c’est la formation de la valeur, sous sa forme finale avant expression du prix, et qu’il appelle Valeur de marché, qui conditionne l’offre et la demande, et régule donc, en dernier ressort, le marché !!!

C’est ce qui explique que les prix se rapprochent à nouveau de cette «Valeur de marché », entre deux crises…

Alors que la loi du marché, celle de l’offre et de la demande, a au contraire tendance à introduire une distorsion constante entre prix et valeur, ce qui entraîne, précisément, les crises !

Et y compris, sous la NEP, d’où son échec inévitable.

Le « marché » kolkhozien ne portait donc, par contre, que sur une partie suffisamment faible de l’économie soviétique pour rester sous contrôle et il est donc resté maîtrise, jusqu’à l’avènement du révisionnisme khrouchtchevien >>> achat de blé aux USA >>> dépendance !

…Vu ???

Cela règle l’essentiel du débat, quant au fond, c’est à dire, à la base économique.

Concernant le fait de déterminer la nature de classe de l’URSS, capitaliste, transition socialiste ou transition « hybride », tu te contredis sans arrêt, et donc je ne perdrais pas mon temps à te reprendre point par point… Le mieux serait que tu fasses un point personnel sur ce que tu penses réellement toi-même de la question !

Amicalement,

Luniterre

Une réflexion complémentaire, envoyée au camarade, à ce propos, et une brève recherche >>> sur la nature de classe de l’URSS >>> il est clair que Trotsky ne la considérait pas du tout socialiste, ni sous la NEP, ni après >>> il parle toujours d’ « État ouvrier », puis d’ « État ouvrier dégénéré », mais jamais d’État socialiste !

A quelque moment que ce soit, il y voit toujours une « étape intermédiaire » entre capitalisme et socialisme proprement dit.

Une société hybride, dont la nature de classe reste donc imprécise, pour le moins, sinon carrément indéterminée.

Or, considéré d’un point de vue marxiste, il y a nécessairement une base économique dominante, et qui a une nature de classe déterminée, et donc pas de situation hybride possible, en termes de mode de production. Prolétariat ou bourgeoisie, socialisme ou capitalisme, il y a nécessairement un mode de production dominant et déterminé, qui caractérise la nature de classe d’un système, au-delà des situations très provisoires de double pouvoir.

Le socialisme est lui-même, par essence, une phase de transition, et il commence dès que le processus de rupture avec le capitalisme est entamé sous la dictature du prolétariat.

Dans la mesure où c’était manifestement le cas en URSS, cela en fait donc bien un pays socialiste, tant que ce processus dure, jusqu’au milieu des années 50, lorsque la régression commence à s’opérer sérieusement, sous le pouvoir des révisionnistes.

Bien entendu, les causes de cette régression ont une partie de leurs racines dans les défaillances, qu’il est nécessaire d’étudier sans préjugés, dans la période précédente. Staline lui-même avait entrepris une analyse concernant les problèmes économiques du socialisme en URSS, peu avant sa mort :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

Le ML n’est inconditionnel de rien, sauf des fondamentaux, et tant qu’ils restent opérationnels dans la société actuelle !

Amicalement,

Luniterre

 

RECUES PAR MAIL >>>

LES BASES ECONOMIQUES TELLES QUE (RE)VUES PAR LE CAMARADE >>>

 

N’étant pas précisément spécialiste en L. Trotsky je laisserais aux plus calés le soin de te répondre…s’ils répondent.

Moi je ne fais que répondre à ce qui me semble le plus évident.

Si la discussion a trainée pendant longtemps est qu’on n’est pas d’accord tout simplement sur cette question spécifique. Sur les autres ont est presque toujours d’accord au moins sur l’international car sur les GJs par exemple on a divergé mais ce n’est pas important. Des considérations différentes sur des question tactiques devraient pouvoir être laissés à la critique du temps.

De ta réponse sur la question même, je ne comprends pas encore que viennent faire des citations théoriques que, si je les aie un peu oubliés, je ne vois pas qu’est-ce que viennent faire dans la discussion.

Marx et les classiques, Trotski inclus, maintiennent que la valeur n’est pas fixée par l’offre et la demande mais au contraire que le prix oscille autour de sa valeur. Ca c’est archi connu mais n’enlève rien à ce que j’ai affirmé : que l’économie capitaliste est régulée (surtout à l’époque de Marx, en 1935 et même encore) par le marché, les crises, la guerre.
Que les gouvernements et la finance participent à cette régulation c’est un fait aussi, mais les uns n’ont pas de prise par-dessus les intérêts des capitalistes et la finance régule en « dérégulant ».

Je n’ai pas dit plus.

Qu’est-ce qui a là de si terrible ? Ils me semblent des lapalissades, des évidences qu’on constate tous les jours dans la vie courante.

Si un dirigeant politique de l’envergure de L.T. ne connait pas ça, cela faisait des longues années qu’on l’aurait dénoncé pour cette grossière faute, surtout qu’on ne s’est pas privé de le déformer pour l’attaquer.

Il y aurait fallu attendre jusqu’à 2019 pour trouver cela ? Je pense que tu fais fausse route. »

 

***********************

RÉPONSE TML >>>

 

Sur les notions économiques que tu as non seulement « oubliées », mais carrément inversées, tout à fait à la manière trotskyste, évidemment!!!

Ton problème, c’est tout simplement que tu refuses de (re)lire Marx comme je te le conseille, tout simplement !

Tu dis que tu n’est pas non plus « spécialiste en LT (Trotsky, je suppose!), mais simplement, tu ne lis pas non plus les citations que je t’en fais >>> la « révolution trahie » est écrite en 1936, soit plus de six ans APRÈS la fin de la NEP, et pourtant Trotsky écrit que les entreprises socialistes doivent être soumises à la loi du marché POUR LONGTEMPS !!!!

>>> in la « révolution trahie » >>>

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp2.htm

 Dans son bouquin d’ordre GÉNÉRAL sur le « marxisme », selon lui, il établit la loi du marché comme régulateur de l’économie, d’une manière GÉNÉRALE, et non pas spécialement en lien avec l’éconmie de l’URSS >>>

>>> en 1939 >>> in « le Marxisme[…de Trotsky]  et notre époque » >>>

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

 

ALORS QUE POUR MARX >>>

« Même l’économiste ordinaire se rend compte que sans le moindre changement de  l’offre ou  de la demande occasionné  par des  circonstances extérieures le rapport des deux peut changer à la suite d’un changement dans la valeur de marché des marchandises. Même lui, il doit reconnaître que l’offre et la demande doivent être égales pour obtenir la valeur de marché quelle qu’elle soit.Ceci signifie que le rapport entre l’offre et la demande n’explique pas la valeur de marché, mais au contraire que c’est elle qui explique les fluctuations de l’offre et de la demande. » (Capital, III,  10)

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf

 

Ce qui est exactement l’inverse du propos de Trotsky !!!

Même sans être « spécialiste », cela devrait t’aider à comprendre que pour Marx, et à l’évidence, de plus, c’est la formation de la valeur, sous sa forme finale avant expression du prix, et qu’il appelle « Valeur de marché », qui conditionne l’offre et la demande, et régule donc, en dernier ressort, le marché !!!

Et non l’inverse !!!

C’est ce qui explique que les prix se rapprochent à nouveau de cette «Valeur de marché », entre deux crises…

Alors que la loi du marché, celle de l’offre et de la demande, a au contraire tendance à introduire une distorsion constante entre prix et valeur, ce qui entraîne, précisément, les crises !

Et y compris, sous la NEP, d’où son échec inévitable.

Le « marché » kolkhozien ne portait donc, par contre, que sur une partie suffisamment faible de l’économie soviétique pour rester sous contrôle et il est donc resté maîtrisé, jusqu’à l’avènement du révisionnisme khrouchtchevien >>> achat de blé aux USA >>> dépendance !

Vu ???

Cela règle l’essentiel du débat, quant au fond, c’est à dire, à la base économique. >>>

Ce n’est évidemment pas la loi du marché qui est le régulateur de l’économie (la « main du marché » des ultra-libéraux!), mais la LOI DE LA VALEUR, et quel que soit le régime, capitalisme ou socialisme, et d’où l’intérêt de réduire au maximum le poids de l’économie de marché, dès le début de la transition socialiste, avec pour but de l’éradiquer autant que possible, et même complètement, dès que possible. C’est en ce sens, déjà défini par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, et logiquement choisi par Staline, que l’économie socialiste doit être développée, et non dans le sens inverse, à la Trotsky-Khrouchtchev-Deng Xiaoping !!!

 

Luniterre

 

Encore une suite au débat… M. Viriato n’aime pas les réponses point par point que nous lui faisons… L’échange ci-dessous a eu lieu par mail, en réalité, mais M. Viriato a tenu à reposter son texte sur TML, où nous lui avons donc répondu en reproduisant également l’original de notre réponse. Voici cet échange. Comme on peut encore le constater, que ce soit dans les posts du site « socialist fight » ou dans le débat à la suite de

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/05/de-la-valeur-des-investissements-chinois-dans-le-mouvement-ouvrier-francais/

M. Viriato s’avère incapable de clarifier sa position sur le principe économique de la transition, soit marxiste, en rupture avec l’économie de marché, soit trotskyste, c’est à dire « ni capitaliste-ni socialiste », c’est à dire fondamentalement anti-marxiste, et donc bien capitaliste, en dernière analyse. Et comme le montre le débat, il refuse donc de prendre en compte les fondamentaux de l’économie marxiste dans la perspective politique de la transition, insistant sur la nécessité d’y « introduire une dose de marché »!

Alors que la tentation du marché, comme principe économique, c’est pour la gauche inévitablement celle de la Kollaboration de classe, comme le montre l’histoire de sa déchéance actuelle… « Le Marché…? Vous en reprendrez bien une petite dose…? »

On voit le résultat!

 

Viriato >>>

Si le propriétaire d’un blog a le droit de publier ou de ne pas publeir des commentaires (et il y en a eu bien plus des échanges que ce qui Luniterre en a publié ) au moins il devrait publier complet les réponses qu’il m’attribue. Charchutées ne valent rien et c’est très facile d’en faire la « critique ».

Par souci de vérité je publie intégralement celle, la dernière, qui n’ apparait pas à la place de celle qui est totalemente tronquée, que je ne retrouve pas, mais dont les arguments sont semblables.
J’espère que Luniterre ne s’opposera pas à cette élémentaire mesure de discusion démocratique. Je peux comprendre ses difficultés devant mes arguments mais ou il publie les réponses complètes ou il fait avancer ses droites de propriétaire du blog.
»
« Non, mon problème est de comprendre pourquoi tu ramènes la loi de valeur dans une polémique qui n’en a pas besoin.

A mon avis, c’est parce que tu restes sur les généralités et oublies son application pratique.
Quand je dis « la société capitaliste se régule par la loi de l’offre et de la demande », cela ne veut pas dire que je conteste la loi de la valeur.
De même pour les prix qui oscillent autour de cette loi mais dont tous les économistes, soviétiques compris s’en sont servis pour planifier et calculer.

Une chose est la définition exacte de la quantité de travail social intégré dans la marchandise et une autre est le calcul exact de cette valeur. Les prix qui oscillent autour de la valeur sont plus pratiques et peuvent bien servir pour calculer et planifier et souvent ne sont pas loin de la valeur réelle.

Cet aspect de la discussion, même si je me trompe, ne peut pas aller plus loin.

La question qu’on discute est si les avis de Trotski sur la nécessité d’appliquer les lois du marché à l’économie soviétique mal planifiée des années 32, étaient un avis correct ou les débuts d’une déviation social-démocrate, boukharinien (Kroutchev n’en est qu’un mauvais disciple), dengsiaopiste.

Non, évidemment non, je ne connais pas « la pensée économique » de Léon Trotski (L.T.) s’il a eu une pensée différente de celle de Marx à ce sujet. Cela m’étonnerait, car, pourquoi alors s’appeler « marxiste » ? bien sûr, tu dis que c’est à tort.

Cela m’oblige à lire encore des textes que j’oublie, la mémoire n’est plus ce qu’elle était. C’est en partie pour cela que je préfère que répondent des vrais « spécialistes » du bonhomme car moi il me faudrait fouiller longtemps car les textes que tu proposes, ce sont des citations hors contexte ou que ne disent rien sur les questions débattues (bien que si, sur les questions qui t’intéressent)

Autrement, sur le fait réel, concret, que les dirigeants soviétiques se sont vus obligés d’ouvrir les marchés à la production individuelle à la campagne mais aussi en ville (le travail au noir était une vraie institution en URSS) et tous les marchés parallèles qui se sont développés, faisant dire vrai à L.T. sur la nécessité d’instiller une dose de marché afin de réguler les échanges dans le cadre d’une économie planifiée à ses débuts était correct, pas un mot ?

Comment argumenter de généralités quand maintenant nous savons ce qui s’est réellement passé ? Les phénomènes dont j’ai fait mention ont commencé avec la planification et il faudrait quand même les expliquer.

A mon avis, ils ne peuvent s’expliquer que par le degré totalement arriéré de la production agricole antérieure aux sovkhozes et kolkhozes mais qui persista longtemps et qui nécessitait des mécanismes de transition.

Il est évident qu’en URSS, et cela depuis la NEP, il y a eu une lutte de tendances entre les conceptions de droite et centristes. La première dont la tête était Boukharine proposait, assez dogmatiquement, « des décennies de NEP » sans tenir cure de la nécessaire industrialisation sans laquelle les paysans enrichis n’allaient pas échanger le blé contre des assignats sans valeur.

C’est le sens de la critique de l’Opposition de Gauche (dont la tête économiste était le malheureux Preobrajenski, fusillé après 1930 et s’avoir relié à Staline…par Staline).
Quand le virage à 180° s’est produit, ils s’imposaient des mesures de transition et non pas « l’ivresse de la victoire » passant de 17% à 50% et à 100% d’augmentation annuelle de la production industrielle en un effort qui ne comptait pas, qui ne pouvait pas compter avec la base matérielle pour le faire.

Malgré cela, l’héroïsme des travailleurs soumis à des terrible épreuves a fini par avancer de manière importante mais non pas comme cela a été dit, les informations sérieuses disent aujourd’hui que les résultats étaient faits comme étaient faites les statistiques dans tous les pays de « Démocratie Populaire ». Ces faits là aujourd’hui, personne d’informée les discutent car au manque de prévision et de préparation s’ajoutait la gabegie et l’incurie (quand ce n’était pas le profit ou le vol) des bureaucrates à tous les niveaux.

Que dans ces conditions, quelques problèmes auraient pu bien être résolus par une dose de marché, ce sont les faits qui ont donné la réponse. Le marché kolkhozien, le travail au noir et les circuits parallèles.

Voilà tout. La loi de la valeur rentre là comme une chaussette dans une fusée. ».

 

REPONSE TML… >>>

Re…

Comme d’hab, ton texte en italique, le mien (et celui de Marx en rouge!) à la suite des >>>

 

« Non, mon problème est de comprendre pourquoi tu ramènes la loi de valeur dans une polémique qui n’en a pas besoin.

>>> Effectivement, si tu ne comprends pas cela, on a un gros problème !!!

>>>C’est la base du Marxisme !!!

A mon avis, c’est parce que tu restes sur les généralités et oublies son application pratique.
Quand je dis « la société capitaliste se régule par la loi de l’offre et de la demande », cela ne veut pas dire que je conteste la loi de la valeur.

>>>Précisément, tu rejettes ainsi l’approche que fait Marx de la loi de la valeur !

>>>Tu « acceptes » la loi de la valeur au sens des économistes « marxiens » libéraux et révisionniste ! Assez consternant, de ta part, et vu ton expérience passée !


De même pour les prix qui oscillent autour de cette loi mais dont tous les économistes, soviétiques compris s’en sont servis pour planifier et calculer.

>>>  « se servir des prix », cela veut nécessairement dire, tels que fixés par le marché !

Une chose est la définition exacte de la quantité de travail social intégré dans la marchandise et une autre est le calcul exact de cette valeur.

>>> un point intéressant, mais qui n’était déjà pas sans solution du temps de Marx >>> « Bons de travail » dans la CPG, et qui peut évidemment trouver une solution plus moderne avec les moyens informatiques.

Même sans ordis, une solution aurait pu être trouvée en URSS, sauf les blocages dus à l’influence du « gauchisme » et du révisionnisme (incluant le trotskysme) >>> c’était enfin le but du 19ème Congrès, effacé par le 20ème de Khrouchtchev.

 

Les prix qui oscillent autour de la valeur sont plus pratiques et peuvent bien servir pour calculer et planifier et souvent ne sont pas loin de la valeur réelle.

>>>  les prix « pas loin de la valeur » >>> un cas de figure à priori rare et fortuit, comme Marx nous l’explique >>>

>>> « Il est évident que les lois internes effectives régissant la production capitaliste ne peuvent trouver leur explication dans l’interaction de l’offre et la demande. (Nous écartons une analyse plus approfondie de ces deux éléments moteurs de la société qui n’aurait pas sa place ici.) Car ces lois n’apparaissent comme réalisées dans toute leur pureté que lorsque l’offre et la demande cessent d’agir, à savoir quand elles coïncident. En réalité, elles ne coïncident jamais. Si cela devait arriver une fois en passant, ce serait tout à fait par hasard ; au point de vue scientifique, cette probabilité est nulle et n’a pas à être considérée. » ( Capital, III, 10)

>>> on en revient donc à « se servir des prix » >>> mais des prix qui sont fixés par qui, sinon par le marché ???

>>>un cercle vicieux dont on connais le résultat >>>la restauration rapide du capitalisme

Cet aspect de la discussion, même si je me trompe, ne peut pas aller plus loin.

>>>Manifestement tu te trompes gravement sur ce sujet.

>>>Marx nous explique que c’est la loi de la valeur qui est le régulateur de l’économie, et toi, tu nous « expliques » (comment?) que c’est le marché qui régule >>> c’est exactement « la main du marché » des ultra-libéraux !!! Un comble, pour quelqu’un qui se veut marxiste, et sans doute sincère !!!

La question qu’on discute est si les avis de Trotski sur la nécessité d’appliquer les lois du marché à l’économie soviétique mal planifiée des années 32, étaient un avis correct ou les débuts d’une déviation social-démocrate, boukharinien (Kroutchev n’en est qu’un mauvais disciple), dengsiaopiste.

>>> le but d’une économie de transition est nécessairement de réduire le marché au minimum, avec pour but de le supprimer complètement, à terme.

>>>les reculs type NEP, si parfois nécessaires, sont donc nécessairement très provisoires, car sources potentielles de renouveau du capitalisme, et surtout, FACTEURS DE CRISES !!!

Non, évidemment non, je ne connais pas « la pensée économique » de Léon Trotski (L.T.) s’il a eu une pensée différente de celle de Marx à ce sujet. Cela m’étonnerait, car, pourquoi alors s’appeler « marxiste » ? bien sûr, tu dis que c’est à tort.

>>>Je viens de te mettre sous les yeux l’évidence de cette contradiction entre la pensée de Marx et celle de Trotsky, qui n’est pas fortuite, mais constante, et de plus, résumée et généralisée dans son texte de 1939 !!!

>>>Que veux tu de plus ???

Cela m’oblige à lire encore des textes que j’oublie, la mémoire n’est plus ce qu’elle était. C’est en partie pour cela que je préfère que répondent des vrais « spécialistes » du bonhomme car moi il me faudrait fouiller longtemps car les textes que tu proposes, ce sont des citations hors contexte ou que ne disent rien sur les questions débattues (bien que si, sur les questions qui t’intéressent)

>>>je t’ai cité un extrait, qui doit effectivement être compris dans l’ensemble >>>loi de la valeur >>> formation des prix >>> interaction loi du marché/loi de la valeur.

>>>Ça se trouve donc essentiellement dans les deux chapitres indiqués, 9 et 10 du Livre III. Mais tu peux également relire Capital, I, 1 , avant, et la CPG, 1, pour comprendre le principe de son application à l’économie de transition.


Autrement, sur le fait réel, concret, que les dirigeants soviétiques se sont vus obligés d’ouvrir les marchés à la production individuelle à la campagne mais aussi en ville (le travail au noir était une vraie institution en URSS) et tous les marchés parallèles qui se sont développés, faisant dire vrai à L.T. sur la nécessité d’instiller une dose de marché afin de réguler les échanges dans le cadre d’une économie planifiée à ses débuts était correct, pas un mot ?

>>>Un mot ??? Ou deux >>>Pas correct !!! >>>et on a déjà largement vu pourquoi !

>>>Et on le revoit à la suite…

 

Comment argumenter de généralités quand maintenant nous savons ce qui s’est réellement passé ? Les phénomènes dont j’ai fait mention ont commencé avec la planification et il faudrait quand même les expliquer.

A mon avis, ils ne peuvent s’expliquer que par le degré totalement arriéré de la production agricole antérieure aux sovkhozes et kolkhozes mais qui persista longtemps et qui nécessitait des mécanismes de transition.

>>> Evidemment, mais de manière limitée et contrôlée, et provisoire, et non comme principe de planification !

>>>Chercher à contrôler le marché résiduel pour le réduire, et non pour le développer, et surtout pas, dans le secteur industriel déjà socialisé, comme Trotsky le propose !!!

Il est évident qu’en URSS, et cela depuis la NEP, il y a eu une lutte de tendances entre les conceptions de droite et centristes. La première dont la tête était Boukharine proposait, assez dogmatiquement, « des décennies de NEP » sans tenir cure de la nécessaire industrialisation sans laquelle les paysans enrichis n’allaient pas échanger le blé contre des assignats sans valeur.

C’est le sens de la critique de l’Opposition de Gauche (dont la tête économiste était le malheureux Preobrajenski, fusillé après 1930 et s’avoir relié à Staline…par Staline).
Quand le virage à 180° s’est produit, ils s’imposaient des mesures de transition et non pas « l’ivresse de la victoire » passant de 17% à 50% et à 100% d’augmentation annuelle de la production industrielle en un effort qui ne comptait pas, qui ne pouvait pas compter avec la base matérielle pour le faire.

>>> Boukharine, Preobrajensky, (*) on a déjà vu ce qu’il en était avec eux, et donc, inutile de revenir dessus !

>>>Mais tu admets tout de même le résultat, qui est une réussite pour tout ce qui est essentiel, et en premier lieu, la défense indispensable de l’URSS !

Malgré cela, l’héroïsme des travailleurs soumis à des terrible épreuves a fini par avancer de manière importante mais non pas comme cela a été dit, les informations sérieuses disent aujourd’hui que les résultats étaient faits comme étaient faites les statistiques dans tous les pays de « Démocratie Populaire ». Ces faits là aujourd’hui, personne d’informée les discutent car au manque de prévision et de préparation s’ajoutait la gabegie et l’incurie (quand ce n’était pas le profit ou le vol) des bureaucrates à tous les niveaux.

>>>Ici tu essaie de répéter et de sauver encore le blabla des critiques bourgeois et trotskystes !

>>>C’est ce genre de blabla que les soldats nazis avaient cru aussi, avant de se trouver face à des chars T34 à côté desquels leurs « panzer » faisaient figure de boites à sardines, et avant de recevoir la musique assez rythmée des orgues de Staline !!!

 

Que dans ces conditions, quelques problèmes auraient pu bien être résolus par une dose de marché, ce sont les faits qui ont donné la réponse. Le marché kolkhozien, le travail au noir et les circuits parallèles.

>>> j’aime bien « auraient pu être résolus » !!! >>> les mêmes soldats nazis ont compris à leurs dépens que les solutions essentielles avaient été bel et bien trouvées !!!

>>>Bien entendu, il restait encore un tas de problèmes à résoudre, et c’est bien de nouvelles solutions que Staline cherchait après la guerre, mais en s’appuyant sur la loi de la valeur, notamment, mais certainement pas sur celle du marché !!!

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

 

Voilà tout. La loi de la valeur rentre là comme une chaussette dans une fusée. »

>>>comme un missile prolétarien dans la guerre de classe, oui !

 

Amicalement revu et corrigé…

 

Luniterre

(* Notamment dans >>>https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/29/e-ou-a-une-seule-lettre-peut-elle-changer-le-cours-de-lhistoire/  )

 

L’échange s’est donc encore poursuivi par voie de mails, notamment à propos de la fausse « citation » de Staline proposée par les trotskystes britanniques, mais il faut reconnaître que faute de clarification sur ces questions fondamentales pourtant évidentes, il a cessé d’être véritablement amical !

Luniterre

 

 

Les citations de Marx dans leur contexte >>> extrait de Capital, III, 10 >>>

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/11/marx-capital-iii-10-extrait-loi-du-marche.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

Débats autour du film « La Bataille de Russie »!

 

https://my.pcloud.com/publink/show?code=XZUUn8kZMKew9HkqsdyqR7hwHoT88m6hYjek

 

 

 

A propos de la republication, sur VLR, de l’article inspiré par le lien entre l’actualité et le film :

Guerre de classe : la « gauche » joue désormais perdant ! Pourquoi ?

httfps://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/01/guerre-de-classe-la-gauche-joue-desormais-perdant-pourquoi/

Guerre de classe : la « gauche » joue désormais perdant ! Pourquoi ?

2 novembre 19:44, par do

Salut Luniterre,

Ton article est excellent. Notamment :

« Mais le système, faute de résoudre sa propre crise, a tout intérêt à entretenir lui-même le « messianisme » millénariste d’une fin apocalyptique prochaine, qu’elle soit « écologique » ou non, et contre laquelle il peut donc se poser en « rempart de l’humanité », et ainsi tenter de se prolonger, à travers quelques formules « choc », comme seule « alternative » possible …à la catastrophe qu’il a engendré lui-même ! »

et

« La victoire de l’URSS sur le nazisme, ce n’est pas simplement la victoire de l’armée d’une nation sur une autre, mais c’est d’abord la victoire de la construction du socialisme, une victoire du prolétariat et des classes populaires, précisément, dans la guerre de classes ! »

Puis-je me permettre toute fois quelques remarques ?

Je ne comprends pas pourquoi tu te limites à accuser le « capital financier ». C’est le capital tout court qu’il faut accuser ! La fortune de Rockefeller ne s’est pas faite originellement grâce à la banque, mais au pétrole. Plus récemment, Bill Gates a construit sa fortune grâce à internet. et plus récemment encore Marc Zukerberg a fait fortune avec internet.

Quand tu parles d’« idéologie de classe », tu fais une erreur de vocabulaire, je suppose. c’est de « théorie » qu’il faut parler et non d’idéologie. Une idéologie est figée. tandis qu’ne théorie peut évoluer. C’est pourquoi Marx disait : « Je ne suis pas marxiste ».

Amicalement,
do
http://mai68.org

******************

Bonjour, camarade !

Tout d’abord, merci d’avoir porté attention à cet article, et notamment, d’avoir pris le temps de visionner le film, je suppose !

Les questions que tu poses, même d’un point de vue critique, sont tout à fait pertinentes. Par contre, elles mériteraient chacune une étude et/ou un article séparé et spécifique.

L’article est déjà long et tente de suivre une ligne de masse essentielle sur les questions qui lui sont propres, et donc ne peut interférer avec d’autres problématiques qui ont aussi leurs propres besoins en termes de développement d’un ligne de masse, c’est à dire accessible et compréhensible à la majorité des élément progressistes et avancés dans ce pays. Le niveau général étant nettement en constante régression depuis des années, on ne peut pas trop charger la barque à chaque sortie, sauf à la faire couler… !

Reprenons donc ces deux points brièvement, « idéologie » et « capital financier », sans la prétention de les épuiser dans un post…

Des deux, « idéologie » est le plus complexe. Commençons donc par là…

Selon mon habitude, je reviens aux définitions originelles et basiques qui nous sont données des choses dans les ouvrages de référence, pour les confronter avec ma propre perception.

A l’origine les fondateurs de l’idéologie, (Condillac, Destutt de Tracy), comme courant philosophique et politico-économique au tournant du XVIIIème et du XIXème siècle, étudient la formation des idées humaines à partir des sensations physiques et matérielles, et constituent de fait une forme primitive de matérialisme dialectique. En ce sens ils s’opposent carrément à l’obscurantisme religieux, et constituent un courant « révolutionnaire » au sens bourgeois du terme, dans leur contexte. Ils sont incontestablement une des origines lointaines du libéralisme économique. En matière d’économie, ils constituent aussi une ébauche des théories modernes de la valeur, avec une approche évidemment libérale, aujourd’hui devenue réactionnaire !

C’est en ce sens qu’ils sont les pères (…ou grands-pères) de l’idéologie bourgeoise actuelle.

L’idéologie dominante de la classe dominante !

Dans une phase de transition réellement anticapitaliste (socialisme), c’est le prolétariat qui devient provisoirement la classe dominante, avant d’arriver à expurger totalement la bourgeoisie en tant que classe et d’unifier toutes les couches populaires au point que toutes, prolétariat et autres classes populaires, fusionnent et disparaissent totalement en tant que classe…

Ce que l’expérience de l’URSS nous apprend, à coup sûr, c’est que ce n’est pas un processus rapide… ! Et qui, de plus, n’est nullement à l’abri d’un retour en arrière.

Le prolétariat, en tant que classe provisoirement dominante, mais assez longuement, néanmoins, au cours de ce processus, peut-il se passer de développer sa propre idéologie ?

Telle est la question que tu poses, semble-t-il.

La critique situationniste fondamentale de l’idéologie est assez juste, mais suppose, dans son application concrète immédiate, la négation de la phase de transition, la négation du socialisme. En ce sens, c’est assez typiquement une forme de gauchisme.

L’intérêt de cette critique réside, par contre, dans son approche tout à fait juste et utile de l’évolution « spectaculaire » du capitalisme. Sa limite, dans ce domaine, c’est précisément d’avoir réduit presque complètement le capitalisme à sa seule dimension « spectaculaire », ce qui est encore loin d’être le cas. Mais effectivement, Debord et ses camarades ont mis le doigt sur un aspect nouveau du capitalisme, à l’époque, et qui se développe encore, mais que les pseudos-« marxistes » déjà bornés de l’époque n’avaient pas su appréhender !

Dans ce domaine, et pour la compréhension du capitalisme moderne, l’apport des situationnistes reste donc valable et bien utile, et encore même sous-estimé, à mon sens. On pourrait même dire encore « inexploité » du point de vue de l’analyse nécessaire !

D’un autre côté, vu la façon dont les choses ont tourné, à l’époque, après Mai 68, et en fonction de ses limites propres, telles que résumées ci-dessus, et en grande partie déterminées par les origines sociales de ses membres, il peut aussi être vu à son tour, d’un point de vue critique, comme une « idéologie » !!!

Tu parles également, en lien avec cette problématique, du rôle de la théorie…

L’ensemble du corpus théorique du ML, tant qu’il n’est pas mis en mouvement par les masses ou même simplement par un parti politique influent, tant qu’il reste dans les bibliothèques, en quelque sorte, ne peut donc être qualifié d’idéologie.

Pourtant, il est bien l’héritage de plus d’un siècle et demi de réflexions et de luttes, et en ce sens il est bien l’héritage théorique du mouvement ouvrier.

La question actuelle est bien de refonder le mouvement ouvrier et populaire, à moins de se satisfaire de la situation de la gauche actuelle, ce qui est une façon de se satisfaire du capitalisme, en fait, et de la kollaboration de classe !

Alors que le ML est un outil théorique formidable pour analyser et comprendre le monde en mouvement, et plus que jamais, le monde actuel.

En tant qu’outil théorique il nous permet une approche rationnelle de la réalité du monde.

Cela suppose effectivement de faire abstraction de tous les préjugés idéologiques hérités des courants politiques qui ont mené le mouvement ouvrier dans l’impasse actuelle.

En résumé, la méthode est de confronter directement ce que les classiques ont écrit sur les sujets qui nous concernent encore avec les données de terrain actuelles, notamment économiques, concernant ces sujets. Évidemment cela suppose de tenir compte des données sur une période suffisamment longue pour comprendre l’évolution et le mouvement des choses.

Il en va de même pour l’histoire, en confrontant l’évolution des réalités sociales et économiques avec les actions et les écrits des différents protagonistes.

Il n’y a pas à partir d’un préjugé que tel a forcément plutôt raison et tel autre tort… ! Pas de préjugé idéologique, donc !

L’histoire des révolutions est par essence l’histoire de changements brutaux et rapides. Les révolutionnaires sont amenés à prendre des décisions de même nature, rapidement et brutalement, qui sont souvent une question de survie du mouvement et doivent tenir compte de l’évolution elle-même rapide de la situation. Il leur faut donc analyser en permanence et tenter à chaque tournant de faire un pas de plus vers le but, vers le socialisme. C’est une des raisons, mais pas la seule, pour lesquelles je ne suis pas l’adepte d’une idéologie anti-autoritaire…

Avancées et reculs sanctionnent impitoyablement les bonnes et les mauvaises analyses, les succès politiques et les erreurs. En ce sens, ce n’est pas non plus du tout une question d’idéologie.

Néanmoins, les grands traits d’analyses qui caractérisent la situation d’une époque entière amène à produire aussi bien une littérature de fond qu’un matériel d’agit-prop, des journaux, des revues, et désormais, des blogs, sites, etc.

Dans la mesure où l’ensemble sert à porter utilement le mouvement vers son but, il n’est donc pas abusif de qualifier l’ensemble d’idéologie prolétarienne, au bon sens du terme.

Évidemment, l’ensemble d’une idéologie devient mauvais et cesse d’être prolétarien si les acteurs politiques, à tous niveaux, et surtout au niveau des leaders, cessent de percevoir le mouvement de la réalité et transforment donc cette idéologie en dogme, peu ou prou. C’est malheureusement ce qu’on voit encore couramment… Les raisons en sont multiples et le dogmatisme formel assez rare, en réalité. Tandis que des intérêts diverses, plus ou moins bureaucratiques et/ou kollaborationnistes sont souvent à l’origine d’idéologies figées, en réalité sur une forme ou l’autre de révisionnisme, adapté pour la circonstance et aux intérêts détournés… Ce ne sont pas les exemples qui manquent, notamment dans les micro-partis de la pseudo- « extrême-gauche » et du social-chauvinisme sous ses diverses formes…

Actuellement, il n’existe pas de mouvement prolétarien réellement organisé, et donc pas d’idéologie prolétarienne à proprement parler.

Mais le ML n’en reste pas moins un outil d’analyse essentiel pour ceux qui veulent bien s’en emparer dans le sens défini par cette méthode d’approche rationnelle de la réalité.

D’une manière générale la société de classe n’est pas vraiment un phénomène rationnel en soi. Simplement l’aboutissement d’une évolution du développement des forces productives. Une évolution inconsciente, en grande partie, et héritière d’un atavisme culturel précisément conditionné jusque dans l’inconscient collectif par l’idéologie de la classe dominante.

Pour qu’une transition aboutisse il faut donc qu’elle dure assez longtemps pour que de nouvelles valeurs culturelles arrivent à s’enraciner, en correspondance avec l’évolution des rapports sociaux. C’est aussi l’un des rôles d’une idéologie prolétarienne révolutionnaire.

Les révolutions, en tant que réajustements brutaux, mais nécessaires, des rapports économiques et sociaux, sont le surgissement également brutal des lueurs de la raison dans un univers culturel et collectif mental qui n’est pas forcément rationnel, et même généralement pas, du fait de l’atavisme idéologique hérité de la classe dominante et qui persiste donc, en profondeur, comme forme d’obscurantisme qui tend à regagner, et souvent assez rapidement, le peu de terrain perdu dans l’inconscient collectif.

C’est aussi contre ce phénomène que l’idéologie prolétarienne peut représenter une forme d’autorité réellement progressiste et révolutionnaire. Il y a évidemment tout une dialectique nécessaire entre spontanéité et initiative « autoritaire » révolutionnaire qui ne peut se résumer en un post et d’autant moins qu’elle ne peut se comprendre qu’en fonction de situations concrètes.

Concernant la problématique capitalisme/capitalisme financier, il me semble que nous l’avions déjà abordé, même si de manière succincte, mais c’est donc l’occasion d’y revenir, dans le contexte actuel, et notamment créé par cette agression idéologique contre la culture nationale russe actuelle.

D’une manière résumée et générale, le matérialiste dialectique étudie les situations en cherchant à comprendre essentiellement le mouvement de la base économique vers les superstructures, ce qui éclaire, généralement, le mouvement en sens inverse.

Ce qui domine la base économique actuelle, à l’échelle mondiale, c’est bien le capitalisme financier. Il n’est pas vraiment de « petit capital », sous cette domination, qui échappe à son emprise.

Les exemples que tu cites, comme toutes les start-up qui réussissent, sont des capitalistes qui passent évidemment très rapidement à l’échelle supérieure, ou sont carrément absorbées par le capital financier. Actuellement, que ce soit Gates ou Zuckerberg, il ne fait aucun doute qu’ils appartiennent à cette sphère, et depuis longtemps !

Dans les métropoles impérialistes le pouvoir du capital financier est absolu. Même s’il subsiste des secteurs d’activités formellement indépendants, ils en dépendent néanmoins pour leurs financements, leurs besoins en crédits d’investissements, etc.

Ces secteurs n’ont pas de pouvoir réel. Même si le capitalisme reste le fond de leur nature, il n’ont pas de capacité de reprendre par eux-mêmes la société en main.

Prendre le pouvoir sur le capital financier, pour le prolétariat, c’est prendre le pouvoir tout court. Cela ne signifie pas que ces « petits capitalistes » résiduels ne constituent pas un danger réactionnaire, bien au contraire.

Il y a plusieurs aspects, dans cette question, comme il y a plusieurs types de « petits capitalistes », du reste. Et donc plusieurs aspects tactiques et stratégiques, également.

Du jour au lendemain le pouvoir révolutionnaire ne va pas nationaliser toutes les boulangeries, les épiceries de quartier, etc.

Le but du prolétariat est évidemment de contrôler rapidement tous les secteurs essentiels pour les faire fonctionner en fonction des besoins sociaux.

Tant qu’ils sont fournis en farine, les boulangers peuvent, et même doivent, continuer à fabriquer le pain quotidien… !

C’est la planification démocratique des forces productives, et principalement des grandes entreprises, en fonction des besoins essentiels, qui marque le début de la rupture avec le capitalisme. Et donc, dans cet exemple, essentiellement le contrôle des moulins et de leur approvisionnement.

Le socialisme n’a pas à développer la petite entreprise capitaliste, dans un pays relativement développé comme le nôtre, mais il y a certainement un temps d’intégration à déterminer selon les secteurs, selon les cas. Et évidemment un contrôle prolétarien à exercer concernant les conditions de travail, les rapports sociaux…

Un secteur de petites entreprises autogérées et/ou coopératif n’est évidemment pas à exclure non plus.

Pas de dogmatisme. L’essentiel est que le processus de correspondance entre forces productives et besoins sociaux réels se développe.

Les petites entreprises, même autogérées, constituent de toutes façons une survivance du marché qui doit progressivement être supprimé, à mesure que la correspondance s’établit.

C’est bien la rupture avec l’économie de marché qui marque le début de la transition et de la construction du socialisme.

C’est cette question qui sépare les conceptions ML du trotskysme, qui se base quant à lui sur la persistance du marché et introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même.

Tout comme les libéraux Trotsky assignait un rôle « régulateur » au marché !

Dans une économie moderne, une fois le prolétariat débarrassé du capital financier, le petit capitaliste n’est pas l’ennemi éventuellement le plus dangereux, mais bien toujours le capital financier s’appuyant sur les métropoles impérialistes encore debout.

Une alliance tactique du prolétariat et des TPE-PME des secteurs non-essentiels n’est pas forcément à exclure dans les premiers temps de la transition. La transition est par essence un processus évolutif et non figé. L’essentiel est d’aller vers toujours plus de correspondance directe entre forces productives et besoins, et donc constamment de moins en moins d’économie de marché, et non pas l’inverse.

D’une certaine façon, il en va donc de même à l’échelle internationale. Les pays ou domine encore un capital « national », comme la Russie, l’Iran, etc., ne seront pas forcément les ennemis d’une révolution prolétarienne dans l’une des métropoles impérialistes, ce qui affaiblirait, en leur faveur, l’ensemble de la domination impérialiste.

Dans le rapport de forces actuel ces bourgeoisies nationales sont même actuellement les seules forces organisées à résister efficacement à l’impérialisme et qui contribuent donc à l’affaiblir.

Bien entendu, comme on l’a vu à l’occasion de la réforme des retraites en Russie, cela ne nous dispense pas d’être solidaires avec les luttes sociales dans ces pays, tout en restant attentifs aux manipulations impérialistes qui pourraient en être faites.

Quoi qu’il en soit, et pour l’instant, d’une manière générale, cibler principalement le capitalisme financier est un mot d’ordre stratégique qui tient compte à la fois du fond et des contingences tactiques. Mais là encore, cela ne saurait évidemment dispenser les ML de soutenir les luttes sociales dans les TPE-PME !

En espérant avoir répondu à tes questions,

Bien à toi,

Amicalement,

Luniterre

>>> + UNE INTERVENTION EN POST

DU CAMARADE VIRIATO

A PROPOS DE TROTSKY

ET DU STATUT ÉCONOMIQUE DE L’URSS,

ET NOTRE RÉPONSE A LA SUITE !!!

« IL faudrait faire un effort et arrêter de dire n’importe quoi quand même.

Ce n’est pas polémiquer ni honnête de preter à Trotski des conceptions de principe qu’il n’a jamais eu.

Même la meconnaissance complète de la question ne justifie pas des tirades semblables:

« C’est cette question qui sépare les conceptions ML du trotskysme, qui se base quant à lui sur la persistance du marché et introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même.

Tout comme les libéraux Trotsky assignait un rôle « régulateur » au marché ! »

Tout d’abord, même Marx « Assigne un rôle régulateur au marché » car en capitalisme cela est un fait et les fait sont têtus.

Que cette régulation par le marché, les crises, la guerre soit LA régulation du capitalisme c’est un fait et c’est incontestable.

On a accusé pendant des décennies Trotski de ne pas comprendre la nécessité des étapes avant le socialisme et on a accusé son « dogmatisme » de proposer le socialisme partout pour « découvrir » en 2019 (!) qu’en fait il « était pour la persistance du marché »…et qu’il aurait « introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même ». Même Staline n’a pas osé l’accuser d’une telle absurdité.

Je sais que Luniterre ne connait pas le sujet, mais quand même, la simple logique, dans un article qui n’en avait nullement besoin, il aurait duû pousser à s’abstenir de donner matière à rire.
Il a tiré, d’une lecture biaisée, à propos d’un conseil adressé en 1932 en pleine cacophonie de l’aventure ultra gauchiste de superindustrialisation et collectivisation des terres forcée, de proposer de laisser jouer les lois du marché un certain temps pour éviter les gaspillages et gabegie du saut dans le vide stalinien de 1930.

De là, à généraliser ce conseil ponctuel et nécessaire (d’ailleurs la planification à outrance a fini par utiliser beaucoup d’élements de la régulation par le marché de manière sousterraine) comme sa conception de principes, signifie ne rien connaitre de la question et se tromper de bout en bout.

Comme on dit « l’ignorance est insolente »

V.

*******************

Luniterre

EN ITALIQUES, LE TEXTE DU CAMARADE VIRIATO, LE RESTE ÉTANT MES OBSERVATIONS >>>

« IL faudrait faire un effort et arrêter de dire n’importe quoi quand même.

Ce n’est pas polémiquer ni honnête de preter à Trotski des conceptions de principe qu’il n’a jamais eu.

Même la meconnaissance complète de la question ne justifie pas des tirades semblables:

« C’est cette question qui sépare les conceptions ML du trotskysme, qui se base quant à lui sur la persistance du marché et introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même. »

>>> in la « révolution trahie » >>> https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp9.htm

Qualifier de transitoire ou d’intermédiaire le régime soviétique, c’est écarter les catégories sociales achevées comme le capitalisme (y compris le « Capitalisme d’Etat ») et le socialisme. Mais cette définition est en elle-même tout à fait insuffisante et risque de suggérer l’idée fausse que la seule transition possible pour le régime soviétique actuel mène au socialisme. Un recul vers le capitalisme reste cependant parfaitement possible. Une définition plus complète sera nécessairement plus longue et plus lourde.

L’U.R.S.S. est une société intermédiaire entre le capitalisme et le socialisme, dans laquelle: a)les forces productives sont encore trop insuffisantes pour donner à la propriété d’Etat un caractère socialiste; b)le penchant à l’accumulation primitive, né du besoin, se manifeste à travers tous les pores de l’économie planifiée; c)les normes de répartition, de nature bourgeoise, sont à la base de la différenciation sociale; d)le développement économique, tout en améliorant lentement la condition des travailleurs, contribue à former rapidement une couche de privilégiés; e)la bureaucratie, exploitant les antagonismes sociaux, est devenue une caste incontrôlée, étrangère au socialisme; f)la révolution sociale, trahie par le parti gouvernant, vit encore dans les rapports de propriété et dans la conscience des travailleurs; g)l’évolution des contradictions accumulées peut aboutir au socialisme ou rejeter la société vers le capitalisme; h)la contre-révolution en marche vers le capitalisme devra briser la résistance des ouvriers; i)les ouvriers marchant vers le socialisme devront renverser la bureaucratie. La question sera tranchée en définitive par la lutte de deux forces vives sur les terrains national et international.

Les doctrinaires ne seront naturellement pas satisfaits par une définition aussi vague. Ils voudraient des formules catégoriques; oui et oui, non et non. Les questions de sociologie seraient bien plus simples Si les phénomènes sociaux avaient toujours des contours précis. Mais rien n’est plus dangereux que d’eliminer, en poursuivant la précision logique, les éléments qui contrarient dès maintenant nos schémas et peuvent demain les réfuter. Nous craignons par-dessus tout, dans notre analyse, de faire violence au dynamisme d’une formation sociale qui n’a pas de précédent et ne connaît pas d’analogue. La fin scientifique et politique que nous poursuivons nous interdit de donner une définition achevée d’un processus inachevé, elle nous impose d’observer toutes les phases du phénomène, d’en faire ressortir les tendances progressistes et réactionnaires, de révéler leur interaction, de prévoir les diverses variantes du développement ultérieur et de trouver dans cette prévision un point d’appui pour l’action.

fin du chapitre!

+ TEXTE DE 1932 >>>

« Закономерности переходного общества весьма отличаются от закономерностей капитализма. Но не меньше отличаются они от будущих закономерностей социализма, т. е. гармонического хозяйства, растущего на основе выверенного и обеспеченного динамического равновесия. »

« Les lois de la société de transition se distinguent singulièrement des lois du capitalisme. Mais elles ne se distinguent pas moins des futures lois du socialisme, c’est-à-dire de l’économie harmonieuse, se développant sur la base d’un équilibre dynamique ajusté et garanti. »

Trotsky a donc le mérite d’être cohérent avec lui-même, mais pas avec Marx >>>

« Tout comme les libéraux Trotsky assignait un rôle « régulateur » au marché ! »

selon toi >>>

« Tout d’abord, même Marx « Assigne un rôle régulateur au marché » car en capitalisme cela est un fait et les fait sont têtus.

Que cette régulation par le marché, les crises, la guerre soit LA régulation du capitalisme c’est un fait et c’est incontestable. »

selon Marx >>>

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf

>>> Cela fait maintenant pas mal de temps que je t’ai recommandé cette lecture !!!

« On a accusé pendant des décennies Trotski de ne pas comprendre la nécessité des étapes avant le socialisme et on a accusé son « dogmatisme » de proposer le socialisme partout pour « découvrir » en 2019 (!) qu’en fait il « était pour la persistance du marché »…et qu’il aurait « introduit donc une étape de « transition » entre le capitalisme et la transition socialiste elle-même ». Même Staline n’a pas osé l’accuser d’une telle absurdité. »

>>> Staline y fait nettement allusion, dans un texte d’après guerre, me semble-t-il

« Je sais que Luniterre ne connait pas le sujet, mais quand même, la simple logique, dans un article qui n’en avait nullement besoin, il aurait duû pousser à s’abstenir de donner matière à rire.
Il a tiré, d’une lecture biaisée, à propos d’un conseil adressé en 1932 en pleine cacophonie de l’aventure ultra gauchiste de superindustrialisation et collectivisation des terres forcée, de proposer de laisser jouer les lois du marché un certain temps pour éviter les gaspillages et gabegie du saut dans le vide stalinien de 1930.

>>>vers les 10 ans de développement qui ont permis la victoire contre le nazisme!

+ in la « révolution trahie » >>>

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp2.htm

+ en 1939 >>> in « le Marxisme[…de Trotsky]  et notre époque » >>>

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Trotsky >>> un révisionniste au moins assez cohérent avec lui-même, jusqu’à un certain point!

Pour Marx >>>

« Même l’économiste ordinaire se rend compte que sans le moindre changement de  l’offre ou  de la demande occasionné  par des  circonstances extérieures le rapport des deux peut changer à la suite d’un changement dans la valeur de marché des marchandises. Même lui, il doit reconnaître que l’offre et la demande doivent être égales pour obtenir la valeur de marché quelle qu’elle soit.Ceci signifie que le rapport entre l’offre et la demande n’explique pas la valeur de marché, mais au contraire que c’est elle qui explique les fluctuations de l’offre et de la demande. »

***************************

« De là, à généraliser ce conseil ponctuel et nécessaire (d’ailleurs la planification à outrance a fini par utiliser beaucoup d’élements de la régulation par le marché de manière sousterraine) comme sa conception de principes, signifie ne rien connaitre de la question et se tromper de bout en bout.

Ciomme on dit « l’ignorance est insolente » >>> A LIRE >>>

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf

Amicalement,

Luniterre

******************

Viriato

Voilà ce que je réponds à ta critique de ma critique. Je ne comprends pas vraiment comment tu polémiques.

Une chose se sont les conceptions du socialisme qui à l’époque et aujourd’hui correspondaient au passage d’une société capitaliste développée à une étape supérieure.

Autre, l’amalgame que tu fais de ce qui est une critique et des propositions pour un pays très arriéré qui essaie de s’approcher de la planification socialiste (dans les faits, bureaucratique) et nécessité pour un certain temps quelques lois du marché car son niveau de développement le situe bien en deçà d’un pays capitaliste avancé.

La longue tirade sur le caractère transitoire de l’URSS, qu’il a développé dans « La Révolution Trahi » est complétement cohérent avec les faits.

Il s’agit d’une société qui lutte pour arriver au socialisme mais dont le destin final n’est pas assuré au milieu de l’encerclement capitaliste, les menaces de guerre à l’extérieur et, selon sa conception et ce qui a été prouvé après, par une couche dirigeante bureaucratisée.

Cela est très important, à moins que tu prétendes que l’URSS était déjà une économie socialiste et un pays plus avancé que les pays capitalistes de l’époque.

Quant à dire que T. serait pour une « société de transition entre le Socialisme et le capitalisme, c’est tordre le cou à son argumentaire et prendre ce qui a été la tactique des Fronts Populaires et qu’il a combattu farouchement, pour sa propre conception des choses.

Une chose sont les pas intermédiaires entre une société arriérée pour la faire s’approcher du socialisme et une autre est ce que tu lui reproches à tort. (Lénine : « on aura besoin de la NEP pendant des décennies » Encore un « révisionniste » ?) Donc appliquer des mécanismes de marché dans une société qui venait de sortir d’une économie à prédominance de marché, la NEP, plus des entreprises nationalisées ce qui ne signifie pas « socialistes » où toute l’histoire économique de la seconde moitié du XX s. a été « socialiste ».

Le changement de la NEP n’a pas été « planifié » ni même prévue par l’équipe dirigeant et a été faite, passant de l’accusation de « super industrialisateurs » dirigée à Préobrayenski et aux trotskistes qui demandaient une croissance industrielle de 17% au détriment de la paysannerie riche et moyenne.

Le virage ultra gauchiste de Staline a fait passer le taux d’industrialisation de 17% à 50% en un premier moment et « dans l’ivresse du succès » à 100% et cela encore au détriment de la paysannerie. Ce cours a provoqué la perte de la moitié du cheptel soviétique et provoqué une famine terrible.

C’est alors que T. a propose de revenir sur certains mécanismes du marché pour pallier aux effets dévastateurs de l’improvisation, des plans aventuriers et la gabegie bureaucratique.

Mais pour toute personne qui regarde les faits, il est facile de voir qu’il ne propose cela que pour alléger les effets terribles de l’improvisation des mêmes qui s’étaient esclaffés de T. l’accusant de vouloir aller trop vite car « il y avait de NEP pour des décennies »

Voilà l’origine des phrases que tu mets en avant et de leur portée.

Mais déduire de là que T. prétendait une « étape de transition » entre la société socialiste et capitaliste en tant que formulation générale ne correspond pas aux faits et fait preuve d’une méconnaissance de la question.

Quant à la question du rôle régulateur du marché, cela vient de tous les économistes classiques, avant Marx et il faut être aveugle pour ne pas en faire le constat.

Qu’on soit pour la planification socialiste démocratique est une chose (un projet à futur pour le moment) mais nier la fonction régulatrice du marché, de l’offre et de la demande sous le capitalisme et les sociétés de « démocratie populaire » (la terre était souvent dans les mains des paysans propriétaires).

Aujourd’hui, même à l’ère de la finance et des monopoles, le marché régule encore une bonne partie du capitalisme.

En URSS Staline a laissé les Kolkhoziens vendre les produits qu’ils produisaient dans leurs lopins de terre, des produits qui finirent par devenir une partie très importante des denrées alimentaires soviétiques, au marché libre. Cette mesure a vu son étendue s’amplifier encore sous Staline et ses successeurs.

C’est-à-dire, Staline, on peut dire qu’il « a appliqué le conseil de Trotski » par la force des lois économiques de la société de transition soviétique laissant une partie importante de la production agricole se réguler par l’offre et la demande. Ainsi comme le marché parallèle du travail, des échanges entre entreprises, des salaires etc.

Comme tu vois, Staline qui dirigeait l’économie planifiée (que non socialiste encore) a eu besoin, comme tu le fais dire à Trotski qui écrivait pour la réalité de la NEP, « Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur »

Donc, ni société « intermédiaire » ni fanatisme pour le marché. Analyse concrète de la réalité concrète.

Les seuils qui ont proposé de tels sociétés intermédiaires ont été précisément ceux qui ont organisé ce type des sociétés, les soviétiques sous Staline, dans les pays de « Démocratie Populaire », non ? Plus ceux qui encore le proposent dont on ne trouve que des révisionnistes et des staliniens.

Quant à la phrase que tu soulignes « L’U.R.S.S. est une société intermédiaire entre le capitalisme et le socialisme » ne signifie rien d’autre que pour T., en 1935, la société soviétique était non plus capitaliste mais loin d’être une société socialiste achevée.

Si on lit le livre, on peut voir comment les différences de salaire (de 1 à 1000 !), la pénurie d’éléments matériels indispensable pour la vie courante, l’état de désindustrialisation encore manifeste en comparaison des pays capitalistes avancés, la ruine encore manifeste de l’agriculture (voilà pourquoi Staline a introduit des mécanismes du marché, ce que je ne lui reproche pas d’ailleurs, serait absurde, car en période de pénurie, même Lénine a proposé le marché, la NEP) le degré de culture et de civilisation du pays se trouvait très loin de ce qu’on pouvait entendre pour une société socialiste moderne et plus avancée que le capitalisme.

Voilà tout et le paragraphe où il présente les alternatives de la société soviétique sous la triple emprise de son arriération relative, de l’encerclement capitaliste mais aussi de la gabegie, du gaspillage, de l’incurie et du profit de la bureaucratie et dit qu’il ne peut que montrer ou : une révolte du prolétariat, la fin du règne bureaucratique et le redressement sur des bases socialistes ; ou : la transformation de la bureaucratie en classe capitaliste, ne peut pas être plus claire. D’ailleurs, c’est cequi est arrivé.

Quant à ceci « Staline y fait nettement allusion, dans un texte d’après-guerre, me semble-t-il »…

Staline écrivait peu des articles théoriques et il n’a jamais voulu polémiquer contre Trotski, alors il procédait par allusions sans développer ses arguments.

Et pourtant il aurait pu. Sur la révolution chinoise, mais il avait nommé Chang Kai Sheik à la table d’honneur de l’Internationale Communiste.

Ou lors de la révolution allemande mais sa presse a écrit « Après Hitler, nous ! » Trotski quand même a fait des contributions brillantes dans les deux cas, et pas qu’une.

Et sur un tas d’autres questions.

Les autres citations de Marx n’ont rien à faire avec la question discutée. »

************************

Luniterre

Bonjour, camarade!

Franchement, je suis fatigué de batailler pour des sujets aussi évidents et que l’on a déjà vu plusieurs fois, comme cette histoire de lopins, etc. !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/19/inedit-de-trotsky-un-echange-de-correspondance-suite-a-la-synthese-de-letude/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

En fait, toute ton argumentation tient réellement dans la dernière ligne >>>

« Les autres citations de Marx n’ont rien à faire avec la question discutée. »

Malheureusement, te voilà encore le marxiste qui refuse de lire Marx !!!

Mais tu n’es pas le seul, ce qui condamne la pensée de Marx à rester un outil essentiellement utilisé par les économistes au service du système !!! Un comble !

Le chapitre 10 du livre III est l’aboutissement du raisonnement de Marx concernant la formation des prix, dans la dialectique d’interaction entre valeur et marché >>> autrement dit la relation dialectique entre formation de la valeur et formation du prix. C’est à dire exactement le fond du problème !!! C’est pourquoi la lecture du chapitre 9 est également nécessaire, pour réellement comprendre, mais tu peux lire une première fois le 10, pour saisir le principe, et revenir sur le 9, pour comprendre plus en détail. Quoi qu’il en soit, cela suppose évidemment d’avoir déjà réellement compris la loi de la valeur ! (Capital,I,1)

(Nécessaire aussi pour comprendre la Critique du Programme de Gotha, base économique de la transition socialiste)

Lorsque Trotsky écrit, en 1939, dans son précis didactique d’ensemble sur le « Marxisme » >>>

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

Il théorise bel et bien, d’une manière générale, et non circonstancielle, concernant l’URSS !!!

Ce qui est exactement l’inverse du propos de Marx !!!

Pour Marx, et à l’évidence, de plus, c’est la formation de la valeur, sous sa forme finale avant expression du prix, et qu’il appelle Valeur de marché, qui conditionne l’offre et la demande, et régule donc, en dernier ressort, le marché !!!

C’est ce qui explique que les prix se rapprochent à nouveau de cette «Valeur de marché », entre deux crises…

Alors que la loi du marché, celle de l’offre et de la demande, a au contraire tendance à introduire une distorsion constante entre prix et valeur, ce qui entraîne, précisément, les crises !

Et y compris, sous la NEP, d’où son échec inévitable.

Le « marché » kolkhozien ne portait donc, par contre, que sur une partie suffisamment faible de l’économie soviétique pour rester sous contrôle et il est donc resté maîtrise, jusqu’à l’avènement du révisionnisme khrouchtchevien >>> achat de blé aux USA >>> dépendance !

…Vu ???

Cela règle l’essentiel du débat, quant au fond, c’est à dire, à la base économique.

Concernant le fait de déterminer la nature de classe de l’URSS, capitaliste, transition socialiste ou transition « hybride », tu te contredis sans arrêt, et donc je ne perdrais pas mon temps à te reprendre point par point… Le mieux serait que tu fasses un point personnel sur ce que tu penses réellement toi-même de la question !

Amicalement,

Luniterre

Une réflexion complémentaire, envoyée au camarade, à ce propos, et une brève recherche >>> sur la nature de classe de l’URSS >>> il est clair que Trotsky ne la considérait pas du tout socialiste, ni sous la NEP, ni après >>> il parle toujours d’ « État ouvrier », puis d’ « État ouvrier dégénéré », mais jamais d’État socialiste !

A quelque moment que ce soit, il y voit toujours une « étape intermédiaire » entre capitalisme et socialisme proprement dit.

Une société hybride, dont la nature de classe reste donc imprécise, pour le moins, sinon carrément indéterminée.

Or, considéré d’un point de vue marxiste, il y a nécessairement une base économique dominante, et qui a une nature de classe déterminée, et donc pas de situation hybride possible, en termes de mode de production. Prolétariat ou bourgeoisie, socialisme ou capitalisme, il y a nécessairement un mode de production dominant et déterminé, qui caractérise la nature de classe d’un système, au-delà des situations très provisoires de double pouvoir.

Le socialisme est lui-même, par essence, une phase de transition, et il commence dès que le processus de rupture avec le capitalisme est entamé sous la dictature du prolétariat.

Dans la mesure où c’était manifestement le cas en URSS, cela en fait donc bien un pays socialiste, tant que ce processus dure, jusqu’au milieu des années 50, lorsque la régression commence à s’opérer sérieusement, sous le pouvoir des révisionnistes.

Bien entendu, les causes de cette régression ont une partie de leurs racines dans les défaillances, qu’il est nécessaire d’étudier sans préjugés, dans la période précédente. Staline lui-même avait entrepris une analyse concernant les problèmes économiques du socialisme en URSS, peu avant sa mort :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

Le ML n’est inconditionnel de rien, sauf des fondamentaux, et tant qu’ils restent opérationnels dans la société actuelle !

Amicalement,

Luniterre

 

RECUES PAR MAIL >>>

LES BASES ECONOMIQUES TELLES QUE (RE)VUES PAR LE CAMARADE >>>

 

N’étant pas précisément spécialiste en L. Trotsky je laisserais aux plus calés le soin de te répondre…s’ils répondent.

Moi je ne fais que répondre à ce qui me semble le plus évident.

Si la discussion a trainée pendant longtemps est qu’on n’est pas d’accord tout simplement sur cette question spécifique. Sur les autres ont est presque toujours d’accord au moins sur l’international car sur les GJs par exemple on a divergé mais ce n’est pas important. Des considérations différentes sur des question tactiques devraient pouvoir être laissés à la critique du temps.

De ta réponse sur la question même, je ne comprends pas encore que viennent faire des citations théoriques que, si je les aie un peu oubliés, je ne vois pas qu’est-ce que viennent faire dans la discussion.

Marx et les classiques, Trotski inclus, maintiennent que la valeur n’est pas fixée par l’offre et la demande mais au contraire que le prix oscille autour de sa valeur. Ca c’est archi connu mais n’enlève rien à ce que j’ai affirmé : que l’économie capitaliste est régulée (surtout à l’époque de Marx, en 1935 et même encore) par le marché, les crises, la guerre.
Que les gouvernements et la finance participent à cette régulation c’est un fait aussi, mais les uns n’ont pas de prise par-dessus les intérêts des capitalistes et la finance régule en « dérégulant ».

Je n’ai pas dit plus.

Qu’est-ce qui a là de si terrible ? Ils me semblent des lapalissades, des évidences qu’on constate tous les jours dans la vie courante.

Si un dirigeant politique de l’envergure de L.T. ne connait pas ça, cela faisait des longues années qu’on l’aurait dénoncé pour cette grossière faute, surtout qu’on ne s’est pas privé de le déformer pour l’attaquer.

Il y aurait fallu attendre jusqu’à 2019 pour trouver cela ? Je pense que tu fais fausse route. »

 

***********************

RÉPONSE TML >>>

 

Sur les notions économiques que tu as non seulement « oubliées », mais carrément inversées, tout à fait à la manière trotskyste, évidemment!!!

Ton problème, c’est tout simplement que tu refuses de (re)lire Marx comme je te le conseille, tout simplement !

Tu dis que tu n’est pas non plus « spécialiste en LT (Trotsky, je suppose!), mais simplement, tu ne lis pas non plus les citations que je t’en fais >>> la « révolution trahie » est écrite en 1936, soit plus de six ans APRÈS la fin de la NEP, et pourtant Trotsky écrit que les entreprises socialistes doivent être soumises à la loi du marché POUR LONGTEMPS !!!!

>>> in la « révolution trahie » >>>

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp2.htm

 Dans son bouquin d’ordre GÉNÉRAL sur le « marxisme », selon lui, il établit la loi du marché comme régulateur de l’économie, d’une manière GÉNÉRALE, et non pas spécialement en lien avec l’éconmie de l’URSS >>>

>>> en 1939 >>> in « le Marxisme[…de Trotsky]  et notre époque » >>>

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

 

ALORS QUE POUR MARX >>>

« Même l’économiste ordinaire se rend compte que sans le moindre changement de  l’offre ou  de la demande occasionné  par des  circonstances extérieures le rapport des deux peut changer à la suite d’un changement dans la valeur de marché des marchandises. Même lui, il doit reconnaître que l’offre et la demande doivent être égales pour obtenir la valeur de marché quelle qu’elle soit.Ceci signifie que le rapport entre l’offre et la demande n’explique pas la valeur de marché, mais au contraire que c’est elle qui explique les fluctuations de l’offre et de la demande. » (Capital, III,  10)

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf

 

Ce qui est exactement l’inverse du propos de Trotsky !!!

Même sans être « spécialiste », cela devrait t’aider à comprendre que pour Marx, et à l’évidence, de plus, c’est la formation de la valeur, sous sa forme finale avant expression du prix, et qu’il appelle « Valeur de marché », qui conditionne l’offre et la demande, et régule donc, en dernier ressort, le marché !!!

Et non l’inverse !!!

C’est ce qui explique que les prix se rapprochent à nouveau de cette «Valeur de marché », entre deux crises…

Alors que la loi du marché, celle de l’offre et de la demande, a au contraire tendance à introduire une distorsion constante entre prix et valeur, ce qui entraîne, précisément, les crises !

Et y compris, sous la NEP, d’où son échec inévitable.

Le « marché » kolkhozien ne portait donc, par contre, que sur une partie suffisamment faible de l’économie soviétique pour rester sous contrôle et il est donc resté maîtrisé, jusqu’à l’avènement du révisionnisme khrouchtchevien >>> achat de blé aux USA >>> dépendance !

Vu ???

Cela règle l’essentiel du débat, quant au fond, c’est à dire, à la base économique. >>>

Ce n’est évidemment pas la loi du marché qui est le régulateur de l’économie (la « main du marché » des ultra-libéraux!), mais la LOI DE LA VALEUR, et quel que soit le régime, capitalisme ou socialisme, et d’où l’intérêt de réduire au maximum le poids de l’économie de marché, dès le début de la transition socialiste, avec pour but de l’éradiquer autant que possible, et même complètement, dès que possible. C’est en ce sens, déjà défini par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, et logiquement choisi par Staline, que l’économie socialiste doit être développée, et non dans le sens inverse, à la Trotsky-Khrouchtchev-Deng Xiaoping !!!

 

Luniterre

 

 

 

 

 

 

 

Les trotskystes, nouveaux Kollabos « officiels » du pouvoir macronien

 

 

 

 

« En réponse (…trotskyste!)

« Mais qui sont donc les véritables « pilleurs » professionnels ? »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les trotskystes,

nouveaux Kollabos « officiels »

du pouvoir macronien

 

 

A propos d’un article du NPA/ « Révolution Permanente » republié sur Framavox, ( https://framavox.org/d/4zQX7YB0/casseurs-et-casseurs ) site de la FI, ce post récent :

 

L’auteur de cet article tente de justifier la violence actuelle sur les Champs Élysées, qui serait « symboliquement » anticapitaliste, selon lui. Tout en constatant l’utilisation qu’en fait le pouvoir dans le rapport de force actuel :

 » En effet, le « Grand débat » de Macron n’aura pas permis d’en finir avec les manifestations de rue. Pour retourner l’opinion publique, le gouvernement joue dans la surenchère. »

Alors qu’en effet la révolte est profonde et même enracinée dans une partie encore minoritaire de la population, mais le pouvoir a jusqu’à présent réussi par ce moyen à couper cette minorité importante et inorganisée de la grande masse qui soutenait le mouvement le 17 Novembre et les jours suivants. Le spectacle de la violence a commencé dès le 24 Novembre à Paris, et ce 16 Mars, c’est bis repetita, en plus « violent », pour être sûr que les beaux jours de Mai, et notamment le 1er, ne ramèneront pas la contestation massive dans la rue.

Le problème n’est pas « violence ou pacifisme », comme voudraient le faire croire à la fois le pouvoir et les « gauchistes », qui ont remplacé l’extrême-droite dans le rôle des « casseurs » de service hebdomadaire, mais bien le rapport de force social autour des revendications rejetées au second plan par le « spectacle » des émeutes macroniennes.

Ici, le NPA, qui est le véritable auteur de l’article, joue pleinement son rôle de Kollabo du système.

https://revolutionpermanente.fr/Mais-qui-sont-donc-les-veritables-pilleurs-professionnels

Tout en récupérant quelques éléments justement révoltés qui tombent dans ce panneau pourtant grossier !

Luniterre

 

 

Sur la situation suite à l’acte 18, voir aussi :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/03/17/a-marseille-comme-a-paris-le-double-spectacle-de-la-pseudo-revolution-en-france/

 

Sur les violences aux Champs-Élysées, voir aussi cette vidéo republiée sur VLR, avec ce post en réponse :

 

 

« C’EST LA FAUTE À MACRON !

Dégâts énormes aux Champs-Élysées

http://mai68.org/spip2/spip.php?article3241

(Vidéo enregistrée sur France 3 le 17 mars 2019 à 19h29)

Les dégâts causés par les Gilets Jaunes, c’est la faute à Macron !

Au lieu de ne penser qu’à la répression,

Il n’a qu’à augmenter de façon conséquente les salaires et les retraites !

Les capitalistes peuvent payer ! »

POST EN RÉPONSE :

Oui, le système capitaliste et le pouvoir macronien sont fondamentalement responsables de la violence sociale, qui est celle de l’exploitation à laquelle ils soumettent les salariés.

C’est en ce sens que la révolte est tout aussi fondamentalement justifiée, y compris lorsqu’elle s’en prend « violemment » aux symboles institutionnels de ce pouvoir, et notamment, aux banques.

Cependant, il faut rester conscients de l’utilisation tactique et stratégique que le pouvoir fait actuellement de la violence des manifestants, même lorsqu’ils sont sincèrement et légitimement révoltés.

L’incendie de la banque Tarneaud est parfaitement emblématique de cette problématique. Geste « inconscient » d’une révolte sincère ou manipulation politique délibérée, on ne saura sans doute jamais, mais si l’incendie s’était effectivement propagé à l’immeuble d’habitation situé au dessus, comme cela semble avoir même réellement commencé, il est clair que la responsabilité retombait totalement, politiquement et médiatiquement, sur le mouvement GJ et son inorganisation chronique.

Les affrontements violents en manif sont de toutes façons inévitables dans la mesure où ils sont voulus par le pouvoir lui-même, à ses fins de communications.

Le seul moyen de dépasser cette problématique et même de la retourner contre le pouvoir est l’organisation réelle de la résistance prolétarienne. Une organisation qui soit capable de promouvoir une plate-forme revendicative unitaire qui reconstruise le consensus populaire ultra-majoritaire du 17 Novembre.

Tant que ce ne sera pas le cas, le rapport de force restera instable, mais principalement favorable au pouvoir, malheureusement.

La problématique n’est pas « violence ou pacifisme », car cette problématique elle-même est voulue par le pouvoir pour tenter de se camper dans le rôle du « démocrate pacifiste », ce qu’il réussi fort bien avec la complicité à la fois réelle, de certains « écolos », et objective, de la part de leurs sympathisants abusés par ces illusions.

La problématique réelle est de restaurer de manière visible et lisible pour tous la légitimité des revendications sociales, légitimité qui « délégitimera », et de façon flagrante, la violence du pouvoir dans le regard du public le plus large, et rendra donc d’autant plus suspectes les provocations du type « banque Tarneaud », permettant au mouvement de les dénoncer clairement et de les retourner contre le pouvoir lui-même, tout en revendiquant l’organisation d’une résistance prolétarienne conséquente !

Luniterre

SUR LE MÊME THÈME:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/03/17/a-marseille-comme-a-paris-le-double-spectacle-de-la-pseudo-revolution-en-france/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/03/17/les-trotskystes-nouveaux-kollabos-officiels-du-pouvoir-macronien/

 

 

A propos du 17 Novembre, Le dilemme… A nouveau, que faire ?

 

https://i1.wp.com/images.charentelibre.fr/2014/10/09/5645cf617971bb340f4e09a3/golden/il-y-a-un-an-les-routiers-avaient-mene-plusieurs-journees-daction-contre-lecotaxe-notamment-sur-la-rn-10.jpg

 

 

 

A propos du 17 Novembre,

 

Le dilemme…

 

A nouveau, que faire ?

 

 

A propos de cette initiative « spontanée » qui semble suffisamment « déborder » ses initiateurs pour générer de nouveaux enjeux politiques et susciter des manœuvres et réactions de toutes parts, un vif débat s’est inévitablement institué entre militants du mouvement ouvrier. Ici le débat n’est pas un luxe, mais une nécessité, et il ne s’agit donc pas d’états d’âme, mais d’analyse politique. Foncer tête plus ou moins baissée, c’est aller plus ou moins dans le mur! Pour les militants ouvriers, le but est de ne pas aller dans le mur tout en étant présents avec les masses en révolte contre le système, sans faire le jeu de l’extrême-droite, on est tous d’accord là dessus.

Mais néanmoins, en clair, le choix de la tactique « spontanée » (blocage routier un Samedi) est une erreur « spontanée » qui peut être lourde de conséquences. Il est donc stupide et contre-productif de vouloir éventuellement en prendre la tête, et même simplement d’en cautionner le principe.

Cela ne gêne évidemment pas l’extrême-droite qui tente, et avec un relatif succès, d’instrumentaliser cette révolte populaire spontanée. En cas de succès elle espère ramasser la mise, politiquement, et en cas d’échec, voire même de violences, elle tentera de se “victimiser” démagogiquement en vue de rattraper le coup. L’extrême-droite n’a que faire de l’unité populaire sur le terrain et n’en subira pas les conséquences, en cas d’échec.

Les effets d’un blocage routier, un Samedi, étant nécessairement limités, et sans “lendemain” immédiat de lutte populaire possible, l’enjeu est essentiellement symbolique.

Néanmoins, le risque de violence et d’affrontement n’est pas pour autant négligeable.

Le pouvoir peut essayer des provocations pour se relégitimer, ce dont il a manifestement le plus grand besoin, à court et moyen terme.

Dans le feu de l’action des affrontements peuvent simplement surgir assez naturellement entre usager de la route, même un week-end, évidemment.

C’est donc une occasion de division au sein des classes populaires elles-même, et c’est le piège dans lequel les “initiateurs” se sont mis eux-même et que le pouvoir, et dans une certaine mesure, l’extrême-droite aussi, peuvent être tenté de refermer brutalement.

Il ne faut donc pas sous-estimer ce risque et il parait même approprié de le traiter clairement dans une intervention ouvrière éventuelle.

Concernant l’immédiateté de la revendication, elle est flagrante et concerne effectivement les conditions de travail et même de simple survie de nombreuses catégories populaires et prolétariennes.

Elle est donc pleinement légitime et justifie l’élan de colère qui aboutit à cette initiative et malheureusement à la situation dangereuse qu’elle génère.

Elle est aussi le reflet de la cassure opérée depuis longtemps entre les couches populaires réellement prolétariennes et la prétendue “gauche” politique, qui n’organise plus, pour l’essentiel, que les couches populaires proches des classes “moyennes” et une partie encore politisée de ce qui était jadis considéré comme l’”aristocratie ouvrière”.

Vu le contexte, foncer tête baissée ne mène donc qu’à un piège, mais il est tout aussi stupide d’ignorer, voire de mépriser, cette expression de la colère populaire, comme le font les syndicats et la majorité des trotskystes, semble-t-il.

C’est là le fond du dilemme et ce qui doit nous guider sur ces sables plus que mouvants!

Une organisation ouvrière cohérente devrait à notre avis être présente sur place avec un message de soutien sans faille aux revendications immédiates qui sont pleinement justifiées, contrairement à l’”analyse” syndicale-trotskyste visant à en substituer d’autres, néanmoins justifiées, sur les salaires, mais actuellement hors contexte et peu perceptibles, sauf comme prétexte pour se défiler et botter en touche sans mouiller le maillot…

Ce soutient sans faille aux revendications immédiates doit néanmoins être assorti d’une brève synthèse de la situation et de ses enjeux, tels qu’ils peuvent être perçus par les masses et permettre aux éléments les plus lucides de faire un pas en avant dans l’unité ouvrière, et non dans le social-chauvinisme.

C’est à cela que nous devons réfléchir, sans « états d’âme », et sans précipitation, non plus.

D’organisation ouvrière cohérente, il n’y a plus, et il n’y aura sans doute pas avant longtemps, mais le meilleur moyen d’ y remédier, à très court terme, c’est tout de même de réfléchir avec les outils d’analyse marxiste-léniniste que nous ont légué les combats historiques du mouvement ouvrier, et d’agir en conséquence, dans la mesure de nos moyens.

Luniterre

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EN PJ, QUELQUES LIENS VERS LES ELEMENTS DU DEBAT EN COURS:

Le communiqué de la cgt sur le sujet (PDF):       CGT 17 NOVEMBRE 2018

Le journal « l’Humanité »:

https://www.humanite.fr/manifestation-le-detournement-des-coleres-carburant-de-lextreme-droite-662989

Les syndicats « solidaires », qui ne le sont pas, sur ce coup!:

https://solidaires.org/IMG/pdf/2018-10-25_manip_ed-2.pdf?16096/438921bd808ad546a6707ce852347e5cabadc39f

https://www.anti-k.org/2018/10/25/hausse-des-prix-de-lessence-blocage-du-pays-le-17-novembre-et-manipulation-de-lextreme-droite/

 

Un débat chez les trotskystes, au sein du NPA, notamment à Lyon:

https://tendanceclaire.org/breve.php?id=30716

 

Un débat à la FI lyonnaise:

https://framavox.org/d/6SHwG02P/le-17-novembre-que-faire

 

LO botte en touche, style CGT:

https://www.lutte-ouvriere.org/editoriaux/face-la-hausse-des-prix-des-carburants-augmentation-generale-des-salaires-des-pensions-et-des-114532.html

 

A COMPLÉTER…!

 

>>>la position « officielle » du NPA:

https://npa2009.org/communique/justice-sociale-ce-nest-pas-le-17-novembre-que-nous-pourrons-nous-faire-entendre

 

>>>manifestement assez mal perçue…:

>>>voir les réponses…!

Depuis le 08/11, la position du PRCF, des plus floues jusque là, s’est « clarifiée », à leur façon…

https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/17-novembre-faut-il-oui-ou-non-participer-lappel-a-la-resistance-de-leon-landini-17nov-resistance/

A ce sujet voir ce nouvel article, bref et révélateur:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/13/frexit-or-not-frexit-nouvelles-contorsions-au-sein-du-social-chauvinisme/

AUTRE PERSPECTIVE:

 

 

« Par où commencer? »

 

– Lénine, sur le rôle du journal –

Nouvelle traduction !!

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/17/par-ou-commencer-lenine-sur-le-role-du-journal-nouvelle-traduction/