trotskysme

Les trotskystes, nouveaux Kollabos « officiels » du pouvoir macronien

 

 

 

 

« En réponse (…trotskyste!)

« Mais qui sont donc les véritables « pilleurs » professionnels ? »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les trotskystes,

nouveaux Kollabos « officiels »

du pouvoir macronien

 

 

A propos d’un article du NPA/ « Révolution Permanente » republié sur Framavox, ( https://framavox.org/d/4zQX7YB0/casseurs-et-casseurs ) site de la FI, ce post récent :

 

L’auteur de cet article tente de justifier la violence actuelle sur les Champs Élysées, qui serait « symboliquement » anticapitaliste, selon lui. Tout en constatant l’utilisation qu’en fait le pouvoir dans le rapport de force actuel :

 » En effet, le « Grand débat » de Macron n’aura pas permis d’en finir avec les manifestations de rue. Pour retourner l’opinion publique, le gouvernement joue dans la surenchère. »

Alors qu’en effet la révolte est profonde et même enracinée dans une partie encore minoritaire de la population, mais le pouvoir a jusqu’à présent réussi par ce moyen à couper cette minorité importante et inorganisée de la grande masse qui soutenait le mouvement le 17 Novembre et les jours suivants. Le spectacle de la violence a commencé dès le 24 Novembre à Paris, et ce 16 Mars, c’est bis repetita, en plus « violent », pour être sûr que les beaux jours de Mai, et notamment le 1er, ne ramèneront pas la contestation massive dans la rue.

Le problème n’est pas « violence ou pacifisme », comme voudraient le faire croire à la fois le pouvoir et les « gauchistes », qui ont remplacé l’extrême-droite dans le rôle des « casseurs » de service hebdomadaire, mais bien le rapport de force social autour des revendications rejetées au second plan par le « spectacle » des émeutes macroniennes.

Ici, le NPA, qui est le véritable auteur de l’article, joue pleinement son rôle de Kollabo du système.

https://revolutionpermanente.fr/Mais-qui-sont-donc-les-veritables-pilleurs-professionnels

Tout en récupérant quelques éléments justement révoltés qui tombent dans ce panneau pourtant grossier !

Luniterre

 

 

Sur la situation suite à l’acte 18, voir aussi :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/03/17/a-marseille-comme-a-paris-le-double-spectacle-de-la-pseudo-revolution-en-france/

 

Sur les violences aux Champs-Élysées, voir aussi cette vidéo republiée sur VLR, avec ce post en réponse :

 

 

« C’EST LA FAUTE À MACRON !

Dégâts énormes aux Champs-Élysées

http://mai68.org/spip2/spip.php?article3241

(Vidéo enregistrée sur France 3 le 17 mars 2019 à 19h29)

Les dégâts causés par les Gilets Jaunes, c’est la faute à Macron !

Au lieu de ne penser qu’à la répression,

Il n’a qu’à augmenter de façon conséquente les salaires et les retraites !

Les capitalistes peuvent payer ! »

POST EN RÉPONSE :

Oui, le système capitaliste et le pouvoir macronien sont fondamentalement responsables de la violence sociale, qui est celle de l’exploitation à laquelle ils soumettent les salariés.

C’est en ce sens que la révolte est tout aussi fondamentalement justifiée, y compris lorsqu’elle s’en prend « violemment » aux symboles institutionnels de ce pouvoir, et notamment, aux banques.

Cependant, il faut rester conscients de l’utilisation tactique et stratégique que le pouvoir fait actuellement de la violence des manifestants, même lorsqu’ils sont sincèrement et légitimement révoltés.

L’incendie de la banque Tarneaud est parfaitement emblématique de cette problématique. Geste « inconscient » d’une révolte sincère ou manipulation politique délibérée, on ne saura sans doute jamais, mais si l’incendie s’était effectivement propagé à l’immeuble d’habitation situé au dessus, comme cela semble avoir même réellement commencé, il est clair que la responsabilité retombait totalement, politiquement et médiatiquement, sur le mouvement GJ et son inorganisation chronique.

Les affrontements violents en manif sont de toutes façons inévitables dans la mesure où ils sont voulus par le pouvoir lui-même, à ses fins de communications.

Le seul moyen de dépasser cette problématique et même de la retourner contre le pouvoir est l’organisation réelle de la résistance prolétarienne. Une organisation qui soit capable de promouvoir une plate-forme revendicative unitaire qui reconstruise le consensus populaire ultra-majoritaire du 17 Novembre.

Tant que ce ne sera pas le cas, le rapport de force restera instable, mais principalement favorable au pouvoir, malheureusement.

La problématique n’est pas « violence ou pacifisme », car cette problématique elle-même est voulue par le pouvoir pour tenter de se camper dans le rôle du « démocrate pacifiste », ce qu’il réussi fort bien avec la complicité à la fois réelle, de certains « écolos », et objective, de la part de leurs sympathisants abusés par ces illusions.

La problématique réelle est de restaurer de manière visible et lisible pour tous la légitimité des revendications sociales, légitimité qui « délégitimera », et de façon flagrante, la violence du pouvoir dans le regard du public le plus large, et rendra donc d’autant plus suspectes les provocations du type « banque Tarneaud », permettant au mouvement de les dénoncer clairement et de les retourner contre le pouvoir lui-même, tout en revendiquant l’organisation d’une résistance prolétarienne conséquente !

Luniterre

SUR LE MÊME THÈME:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/03/17/a-marseille-comme-a-paris-le-double-spectacle-de-la-pseudo-revolution-en-france/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/03/17/les-trotskystes-nouveaux-kollabos-officiels-du-pouvoir-macronien/

 

 

Publicités

A propos du 17 Novembre, Le dilemme… A nouveau, que faire ?

 

https://i1.wp.com/images.charentelibre.fr/2014/10/09/5645cf617971bb340f4e09a3/golden/il-y-a-un-an-les-routiers-avaient-mene-plusieurs-journees-daction-contre-lecotaxe-notamment-sur-la-rn-10.jpg

 

 

 

A propos du 17 Novembre,

 

Le dilemme…

 

A nouveau, que faire ?

 

 

A propos de cette initiative « spontanée » qui semble suffisamment « déborder » ses initiateurs pour générer de nouveaux enjeux politiques et susciter des manœuvres et réactions de toutes parts, un vif débat s’est inévitablement institué entre militants du mouvement ouvrier. Ici le débat n’est pas un luxe, mais une nécessité, et il ne s’agit donc pas d’états d’âme, mais d’analyse politique. Foncer tête plus ou moins baissée, c’est aller plus ou moins dans le mur! Pour les militants ouvriers, le but est de ne pas aller dans le mur tout en étant présents avec les masses en révolte contre le système, sans faire le jeu de l’extrême-droite, on est tous d’accord là dessus.

Mais néanmoins, en clair, le choix de la tactique « spontanée » (blocage routier un Samedi) est une erreur « spontanée » qui peut être lourde de conséquences. Il est donc stupide et contre-productif de vouloir éventuellement en prendre la tête, et même simplement d’en cautionner le principe.

Cela ne gêne évidemment pas l’extrême-droite qui tente, et avec un relatif succès, d’instrumentaliser cette révolte populaire spontanée. En cas de succès elle espère ramasser la mise, politiquement, et en cas d’échec, voire même de violences, elle tentera de se “victimiser” démagogiquement en vue de rattraper le coup. L’extrême-droite n’a que faire de l’unité populaire sur le terrain et n’en subira pas les conséquences, en cas d’échec.

Les effets d’un blocage routier, un Samedi, étant nécessairement limités, et sans “lendemain” immédiat de lutte populaire possible, l’enjeu est essentiellement symbolique.

Néanmoins, le risque de violence et d’affrontement n’est pas pour autant négligeable.

Le pouvoir peut essayer des provocations pour se relégitimer, ce dont il a manifestement le plus grand besoin, à court et moyen terme.

Dans le feu de l’action des affrontements peuvent simplement surgir assez naturellement entre usager de la route, même un week-end, évidemment.

C’est donc une occasion de division au sein des classes populaires elles-même, et c’est le piège dans lequel les “initiateurs” se sont mis eux-même et que le pouvoir, et dans une certaine mesure, l’extrême-droite aussi, peuvent être tenté de refermer brutalement.

Il ne faut donc pas sous-estimer ce risque et il parait même approprié de le traiter clairement dans une intervention ouvrière éventuelle.

Concernant l’immédiateté de la revendication, elle est flagrante et concerne effectivement les conditions de travail et même de simple survie de nombreuses catégories populaires et prolétariennes.

Elle est donc pleinement légitime et justifie l’élan de colère qui aboutit à cette initiative et malheureusement à la situation dangereuse qu’elle génère.

Elle est aussi le reflet de la cassure opérée depuis longtemps entre les couches populaires réellement prolétariennes et la prétendue “gauche” politique, qui n’organise plus, pour l’essentiel, que les couches populaires proches des classes “moyennes” et une partie encore politisée de ce qui était jadis considéré comme l’”aristocratie ouvrière”.

Vu le contexte, foncer tête baissée ne mène donc qu’à un piège, mais il est tout aussi stupide d’ignorer, voire de mépriser, cette expression de la colère populaire, comme le font les syndicats et la majorité des trotskystes, semble-t-il.

C’est là le fond du dilemme et ce qui doit nous guider sur ces sables plus que mouvants!

Une organisation ouvrière cohérente devrait à notre avis être présente sur place avec un message de soutien sans faille aux revendications immédiates qui sont pleinement justifiées, contrairement à l’”analyse” syndicale-trotskyste visant à en substituer d’autres, néanmoins justifiées, sur les salaires, mais actuellement hors contexte et peu perceptibles, sauf comme prétexte pour se défiler et botter en touche sans mouiller le maillot…

Ce soutient sans faille aux revendications immédiates doit néanmoins être assorti d’une brève synthèse de la situation et de ses enjeux, tels qu’ils peuvent être perçus par les masses et permettre aux éléments les plus lucides de faire un pas en avant dans l’unité ouvrière, et non dans le social-chauvinisme.

C’est à cela que nous devons réfléchir, sans « états d’âme », et sans précipitation, non plus.

D’organisation ouvrière cohérente, il n’y a plus, et il n’y aura sans doute pas avant longtemps, mais le meilleur moyen d’ y remédier, à très court terme, c’est tout de même de réfléchir avec les outils d’analyse marxiste-léniniste que nous ont légué les combats historiques du mouvement ouvrier, et d’agir en conséquence, dans la mesure de nos moyens.

Luniterre

**********************************

EN PJ, QUELQUES LIENS VERS LES ELEMENTS DU DEBAT EN COURS:

Le communiqué de la cgt sur le sujet (PDF):       CGT 17 NOVEMBRE 2018

Le journal « l’Humanité »:

https://www.humanite.fr/manifestation-le-detournement-des-coleres-carburant-de-lextreme-droite-662989

Les syndicats « solidaires », qui ne le sont pas, sur ce coup!:

https://solidaires.org/IMG/pdf/2018-10-25_manip_ed-2.pdf?16096/438921bd808ad546a6707ce852347e5cabadc39f

https://www.anti-k.org/2018/10/25/hausse-des-prix-de-lessence-blocage-du-pays-le-17-novembre-et-manipulation-de-lextreme-droite/

 

Un débat chez les trotskystes, au sein du NPA, notamment à Lyon:

https://tendanceclaire.org/breve.php?id=30716

 

Un débat à la FI lyonnaise:

https://framavox.org/d/6SHwG02P/le-17-novembre-que-faire

 

LO botte en touche, style CGT:

https://www.lutte-ouvriere.org/editoriaux/face-la-hausse-des-prix-des-carburants-augmentation-generale-des-salaires-des-pensions-et-des-114532.html

 

A COMPLÉTER…!

 

>>>la position « officielle » du NPA:

https://npa2009.org/communique/justice-sociale-ce-nest-pas-le-17-novembre-que-nous-pourrons-nous-faire-entendre

 

>>>manifestement assez mal perçue…:

>>>voir les réponses…!

Depuis le 08/11, la position du PRCF, des plus floues jusque là, s’est « clarifiée », à leur façon…

https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/17-novembre-faut-il-oui-ou-non-participer-lappel-a-la-resistance-de-leon-landini-17nov-resistance/

A ce sujet voir ce nouvel article, bref et révélateur:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/13/frexit-or-not-frexit-nouvelles-contorsions-au-sein-du-social-chauvinisme/

AUTRE PERSPECTIVE:

 

 

« Par où commencer? »

 

– Lénine, sur le rôle du journal –

Nouvelle traduction !!

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/17/par-ou-commencer-lenine-sur-le-role-du-journal-nouvelle-traduction/

 

 

 

 

 

Inédit de Trotsky: un échange de correspondance suite à la synthèse de l’étude

SUITE A …

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

 

 

 

En réponse à une énième réflexion de M. Viriato sur le thème de la « non-pensée » économique de Trotsky…


« Sa « pensée économique » qu’il n’a presque jamais, à ma connaissance limitée, développée sauf pour insister sur les questions politiques, son véritable but, était marxiste et non par ce qu’à un moment il a pu parler de régulation d’une transition entre la NEP et la planification bureaucratique, qu’il cesse de l’être. »

 

Cet échange de correspondance :

 

De la part de TML:

 

Un dirigeant « marxiste » qui n’a pas de pensée économique… n’est donc pas un marxiste, effectivement ! Ceci dit, il n’en écrit pas moins de nombreuses pages sur le sujet de l’économie, sujet qu’il ne connait donc pas, selon ta logique… Assez unique, il faut le dire … Grave, en tous cas, même si franchement comique ! Mais effectivement, au point où on en est, mieux vaut en rire, tout simplement.

Luniterre

 

PS: un simple militant « marxiste » qui n’a pas une formation économique de base, sur les questions abordées dans notre débat n’est pas véritablement un marxiste non plus, de fait, tant ces questions sont basiques et devraient être connues de tous les activistes intervenant dans l’agit-prop.
Je ne comprends toujours pas pourquoi tu ne te mets pas à l’étude de ces notions élémentaires !

 

****************************

 

UNE RÉPONSE DE M. VIRIATO:

 

Mais, qui a parlé d’un marxiste sans pensée économique?
Trotsky est avant tout un marxiste. Comment peux-tu nier l’évidence?
Ce que je conteste est ta généralisation abusive.
Quand Staline s’est trompé en soutenant les absurdités de Boukharine a t-il été non marxiste? Ou s’est-il trompé (ou représenté indirectement les intérêts des capitalistes agraires soviétiques)?

Pour toi, du moment que quelqu’un se trompe, même peu, même sur une question aléatoire, à un moment donné…ça y est, il n’est pas marxiste, ne l’a jamais été, ne le sera jamais.

C’est totalement absurde, même Marx s’est trompé et Lénine et surtout Staline.

Surtout en économie, où tant des social-démocrates, révisionnistes et pires continuèrent à utiliser les thèses marxistes en économie (même des capitalistes) et s’il y a un secteur de la superstructure où on peut relativement facilement se tromper, s’est bien en économie.

Le Manuel d’économie de Staline est truffé d’erreurs graves (sa critique a été faite entre autre par des marxistes. Mao Tse Tung par exemple ou il n’était pas de conception marxiste celui-là non plus?

Tu confonds et faites une amalgame entre la conception idéologique consciente d’une individu (même limité, erronée ou incomplète) et son action (qui peut être poussée par des influences d’autres classes ou forces sociales).

Ainsi, tout erreur, toute appréciation fausse à un moment précis, devient un crime et « mérite » condamnation et c’est ainsi, avec cette conception sans médiations, profondément mécaniste (mais surtout de défense de l’aristocratie bureaucratique)que l’on a liquidé tant des marxistes en URSS.

Ta conception est profondément dogmatique, le propre des centristes. Ainsi vu les choses, comment explique tu donc que les sources de littérature marxiste, l’agitation et propagande marxiste, ça a été fondamentalement et très majoritairement le fait des révisionnistes, des social-démocrates, des petits-bourgeois, etc?
Tu ne voit pas que les sources du mouvement ouvrier sont multiples et que c’est par la libre critique (interdite sous Staline, le mécaniste) qu’elle se développe?

J’ai une « formation économique » naturellement, partielle, oubliée ou mal souvenue, mais j’ai étudié la question comme tout marxiste. Mais la politique c’est de l’économie concentrée et je suis convaincu que les questions économiques ne peuvent s’expliquer sans l’intervention de la politique, de la lutte de classes.

Mais passer tout mon temps à étudier la valeur-travail qui pour l’instant n’a jamais été appliquée nulle part…

La société soviétique qui venait de sortir brusquement de la NEP, donc du capitalisme quoi, pour s’attaquer au tout début d’industrialisation planifiée (sauf quelques essais auparavant) devait trouver les éléments économiques nécessaires pour la guider: Une monnaie stable, des statistiques fiables, une régulation.

Comment passer de la NEP régulée par le marché, avec une monnaie instable,sans aucun type de statistique fiable (ceci a duré tout le long de l’URSS), un système de régulation par des ukases et par le royaume indiscuté des « cadres »?

La seule possibilité était la démocratie prolétaire (impossible sans une révolution contre la bureaucratie, le centre et la droite politiques) et l’application de la démocratie prolétaire nécessitait, pour un temps une transition où le marché devait et pouvait encore jouer un rôle.

Mais se prendre de ce constat logique pour affirmer que ces idées du pur sens commun étaient des thèses Boukharinistes, même Gorbatchoviennes il n’y a que toi pour l’affirmer. D’ailleurs ce n’est qu’un écran de fumée pour cacher la collusion objective, factuel entre Boukharine et Staline, et toute l’histoire de la collaboration-lutte entre la droite et le centre contre la gauche et les travailleurs soviétiques.

C’est cela qu’il faudrait étudier et non pas se pencher sur des études académiques sur la « valeur-travail ».

Amitiés

V.

 

***************************

DE NOTRE PART, QUELQUES OBSERVATIONS

SUR LES POINTS QUI CONCERNENT LE FOND DU DÉBAT:

 

« Mais passer tout mon temps à étudier la valeur-travail qui pour l’instant n’a jamais été appliquée nulle part… »

Si Marx a passé l’essentiel de son temps sur le sujet, c’est bien parce que la loi de la valeur-travail est la loi fondamentale de l’économie, et qu’elle est trans-historique, entre toutes les époques de l’économie marchande, y incluant la transition socialiste, et meurt, MAIS SEULEMENT avec elle, dans le communisme >>> relire la CPG !

AUTREMENT DIT, sous la transition, elle agit différemment mais ne disparaît pas! >>>relire la CPG!

C’est cette réalité qui est niée par les gauchistes, dont la pseudo « gauche ouvrière » du parti bolchevique. Niée également par Boukharine et Preobrajensky. Niée par la majorité du parti bolchevique, jusqu’au débat pour le 19ème Congrès, en 1952.

Ce que Marx étudie, dans les chapitres 9 et 10 du Volume III, que tu sembles refuser obstinément de lire, c’est l’interaction entre loi de la valeur et loi du marché, c’est à dire la loi de l’offre et de la demande. Ce qu’il démontre c’est que c’est la loi de la valeur-travail qui tend à stabiliser les prix et à réguler l’économie, y compris et d’abord, capitaliste, et non la loi du marché, l’offre et la demande. Ce qu’il démontre aussi c’est que les tentatives d’ajuster offre et demande en suivant le marché, c’est précisément ce qui déclenche les crises, surproduction ou sous-production, alternativement et inéluctablement. C’est la loi de l’offre et de la demande qui est typiquement le principe des crises et des inégalités de l’économie de marché.

« La société soviétique qui venait de sortir brusquement de la NEP, donc du capitalisme quoi, pour s’attaquer au tout début d’industrialisation planifiée (sauf quelques essais auparavant) devait trouver les éléments économiques nécessaires pour la guider: Une monnaie stable, des statistiques fiables, une régulation. »

__1_La NEP n’est pas toute l’économie de l’URSS, même à ses débuts. Les SMT, par exemple, ont été créées dans le secteur agricole socialiste, sous la NEP, qui n’était donc pas aussi réduit qu’on le prétend généralement pour charger la collectivisation de tous les maux !

__2_Une régulation par le marché, c’est une antinomie, sauf pour les ultra-libéraux ultra-réacs et leur introuvable « main du marché » !

« Comment passer de la NEP régulée par le marché, avec une monnaie instable,sans aucun type de statistique fiable (ceci a duré tout le long de l’URSS), un système de régulation par des ukases et par le royaume indiscuté des « cadres »? »

__3_ « la NEP régulée par le marché, avec une monnaie instable »

Si tu te relisais en réfléchissant, tu écrirais moins de bêtises…

Si la monnaie était instable, c’est bien que l’économie l’était aussi ! Et donc, la fameuse « main du marché » avait déjà foiré, selon la logique qui est la sienne !

« La seule possibilité était la démocratie prolétaire (impossible sans une révolution contre la bureaucratie, le centre et la droite politiques) et l’application de la démocratie prolétaire nécessitait, pour un temps une transition où le marché devait et pouvait encore jouer un rôle. »

Réintégrer le marché dans l’économie soviétique, tu devrais comprendre que cela réintègre aussi la loi de la valeur, mais en interaction avec la loi du marché, donc, et selon le mode de fonctionnement de l’économie capitaliste, et façon non maîtrisée, et donc, impossible à planifier correctement, en fonction des besoins réels et surtout, des priorités politiques urgentes, comme la défense de l’URSS, dont Trotsky ne se souciait qu’en paroles, il est vrai, et vu de l’extérieur… Accessoirement, c’était aussi en contradiction, de toutes façons, avec l’idéologie de la « gauche » dont Trotsky était supposémment le leader!

« Mais se prendre de ce constat logique pour affirmer que ces idées du pur sens commun étaient des thèses Boukharinistes, même Gorbatchoviennes il n’y a que toi pour l’affirmer. D’ailleurs ce n’est qu’un écran de fumée pour cacher la collusion objective, factuel entre Boukharine et Staline, et toute l’histoire de la collaboration-lutte entre la droite et le centre contre la gauche et les travailleurs soviétiques. »

La convergence, on l’a vu, au tournant des années 30, est reconnue par la plupart des historiens, et même des intellos trotskystes…

Luniterre

 

******************************************

 

UNE RÉPONSE DE M. VIRIATO

 

 

« je manque peut-être de connaissances économiques mais je ne peux pas accepter des amalgames tels « Preobrajensky et Boukharine », les deux théoriciens de chemins totalement divers, l’un à droite et l’autre à gauche lors de la polémique sur « l’accumulation primitive socialiste » (terme critiqué certes).

Cela ne te viens pas à l’esprit que la montagne des plumitifs occupés de la « critique du trotskisme » auraient trouvé depuis longtemps « le cours droitier de Trotsky allié de Boukharine » sui la plus minime chose aurait été décelée dans les écrits ou les actes de Trotsky?

C’est invraisemblable de coller à Trotsky une supposé « partisan de l’économie de marché » à la chinoise et partisan des thèses de Boukharine.

Boukharine a été le précurseur non seulement de Deng Siao Ping mais de Gorbatchov et Khrouchev; direct ou indirectement car les forces économiques d’un pays arriéré hors des circuits d’échanges et encerclé militairement, l’en conduisaient inévitablement.

Trotsky avait critiqué en 1923-1927, par ses écrits et par le biais de Preobrajensky et contre Boukharine, un tel cours.

Tout ce que je sais est que tu discutes sur une loi, qui, selon toi, je n’ai pas les actes du XIX Congrès du PCUS, où l’on aurait discuté seulement d’une loi, qui n’a pas été appliquée. La suite de ce Congrès a été …le triomphe de Khroutchev, après avoir « écarté » Béria qui était encore plus à droite.

A quoi donc a servie cette « discussion » d’autre qu’un exercice réthorique inutile? Les forces internes de la société bureaucratique ont balayée ce bavardage.

Tout cela, cette discussion prétendument « économique », ne sert qu’à noyer le poisson, à cacher la lutte politique entre les tendances de droite, de centre et de gauche au sein du parti et de l’état qui est la seule chose qu’intéresse.

Voilà pourquoi je ne rentre que très à la marge sur la question économique. Car, à quoi bon de discutailler sur une loi qui n’a pas été appliqué ou qui s’applique théoriquement de manière plus juste que la loi de l’offre et la demande?

Cela devient une pure question académique et moi ce qui m’intéresse est la lutte de classes en URSS. Savoir concrètement qui avait raison sur les questions fondamentales qui ont amené l’écroulement de l’URSS et la défaite temporaire du communisme.

Autrement, que est-ce que t’as pensé des documents « trotskystes » (du SF) que je t’ai fait parvenir?

Continues tu à penser que tous les trotskystes sont « la même chose » et que les thèses défendues dans ces documents sont « Boukharinistes » etc. Les M-L seraient tous « corrects » et ne présenteraient pas le même tableau? Ou un des autres?

Tu te bats contre des moulins à vent. Si tu veux faire la critique de LO, ou du NPA ou du POI (deux versions) faites-la à partir d’un critère juste; mais parler des « trotskystes » quand manifestement ils en sont très loin, au moins de sa version « orthodoxe », tu trouves cela juste?

Un minimum d’hônnêteté oblige à faire le distinguo.

Amicalement

V.

 

*********************************************

 

 

De notre part, quelques efforts d’explications:

 

Tu parles d’un minimum d’ honnêteté…

 

Je pense avoir fait tout à fait preuve d’honnêteté en t’indiquant les documents qui attestent des prises de position des uns et des autres, et essentiellement sur le problème de la loi de la valeur.

 

( Pour mémoire:

BOUKHARINE – EN RUSSE – ECONOMIE DE TRANSITION – LOI DE LA VALEUR – 1920 –

BOUKHARINE – ECONOMIE DE TRANSITION – LOI DE LA VALEUR – 1920 – VFR

 

PREOBRAJENSKY – EN RUSSE – NOUVELLE ECONOMIQUE – 1924

PREOBRAJENSKY – EN ANGLAIS – NOUVELLE ECONOMIQUE – 1924

+ le texte discuté, retraduit du russe,¨+ tous les textes de Trotsky déjà mentionnés dans nos précédents débats.)

 

Tu cherches à minimiser ce problème, alors que c’est évidemment le problème de fond de toute pensée économique, avec celui de la loi du marché.

 

Pour mémoire, c’est à partir de la loi de la valeur, et par la différence entre valeur d’échange et valeur d’usage que Marx a pu expliquer le phénomène de la plus-value et l’utilisation qui en est faite par les capitalistes.

 

La loi de la valeur n’est pas plus une « invention » de Marx que la loi de la gravité n’est une « invention » de Newton et d’Einstein…

 

Cette loi économique, à l’instar des lois de la physique, s’exerce dans son milieu naturel, l’économie marchande, qu’on le veuille ou non, qu’on la comprenne ou non, de même que la loi de la gravité s’exerce globalement dans l’univers naturel qui est le sien, c’est à dire le notre, en l’occurrence !

 

 

Même l’analphabète total des contrées les plus oubliées de la civilisation moderne tient les deux pieds sur terre grâce à la loi de la gravité, dont il ignore pourtant le moindre mot…

 

 

S’il vient à commercer les produit de sa culture avec qui que ce soit, du monde moderne « civilisé » ou non, il se trouvera confronté à la loi de la valeur, bien qu’il n’en ait évidemment aucune conscience… Il y a même gros à parier, que, de par le fait, il soit tout aussi directement confronté à la loi du marché… !

 

 

Pour ce qui concerne notre débat, la question de la transition est celle du passage de l’économie marchande à l’économie communiste, c’est à dire au communisme dans sa phase supérieure.

 

C’est le principe économique de cette phase de transition qui est décrit dans la CPG de Marx.

 

Il nous explique quels éléments, dans la transition, restent comme vestiges provisoires de l’économie marchande, bien que en rupture avec le capitalisme.

Le plus important, c’est donc le principe de l’échange direct, entre producteurs, en valeur-travail.

Échange qui tient néanmoins compte des besoins collectifs, et donc du plan, qui doit donc lui aussi être établi en valeur-travail, pour répondre à ces besoins tout en restant en équilibre.

 

 

En résumé, la loi de la valeur-travail est apparue, comme base de l’économie humaine, avec la civilisation marchande et l’économie marchande et s’éteindra avec elle, n’ayant plus d’objet sur lequel s’exercer.

 

 

Cela, c’est, même si extrêmement résumé, le principe de la dialectique marxiste concernant la transition vers le communisme.

 

 

Maintenant, essayons de résumer les principaux aspects du révisionnisme, sur cette question :

 

__le révisionnisme dit « de gauche », c’est celui qui affirme que la loi de la valeur cesse de s’appliquer, cesse son effet, son action naturelle, autrement dit, dès le début de la transition, dès les premiers pas du socialisme.

 

Dans cette catégorie, de par leurs théories économiques fondamentales développées dans les années 20, et Boukharine et Preobrajensky y rentrent. C’est simplement le constat d’une réalité historique qui découle de la lecture de leurs écrits fondamentaux en économie, lecture que tu refuses toujours de faire, semble-t-il.

 

Dans cette catégorie rentrent également, évidemment, la plupart des groupuscules et tendances gauchistes de toutes époques, et la « wertkritik », aujourd’hui, courant influent chez les intellos de tous ces groupuscules dans leurs avatars actuels, mais aussi au NPA, par exemple, et chez certains fascistes du style « rouge-brun », chez pas mal de sionistes, également, les fondateurs de ce courant étant souvent eux-mêmess des « sionistes de gauche ».

 

Historiquement, il est important de comprendre que la base ouvrière du PCF était, à l’origine, un conglomérat de groupuscules gauchistes et anarcho-syndicalistes majoritairement acquis à cette vision de l’économie de transition.

 

 

C’était aussi l’idée dominante à la base du parti bolchevique, semble-t-il, et qui explique que l’influence de Boukharine et Preobrajensky ait été aussi grande.

 

Sous cette influence dominante dans la pensée économique, la vision gauchiste de la transition économique, supposée débarrassée de la loi de la valeur-travail, est donc restée largement majoritaire, et cela jusqu’au 19ème Congrès, en 1952. C’est, là aussi, simplement un constat historique. (>>>relire Louis Segal)

 

 

__le révisionnisme de droite, plus couramment dit « révisionnisme », tout court, par distinction du « gauchisme », désignant le révisionnisme de gauche.

 

A la base de la « sociale-démocratie » moderne, c’est celui qui préconise, à l’inverse, que et la loi de la valeur et la loi du marché continuent d’avoir cours pendant la transition. Pour les sociaux-démocrates « modernes » le discours s’arrête là, du reste, se limitant au réformisme le plus formel.

 

Dans ses expressions les plus « gauchisantes » le révisionnisme de droite prétend essentiellement « réguler » le marché dans un sens formellement plus « social ».

 

Sur ce principe « idéologique » de base il y a une infinité de formes que peut prendre ce révisionnisme, dont la forme « moderne » khrouchtchevienne est la plus flagrante, avec les formes thoreziennes et togliattistes. L’expression « socialisme de marché » (Deng Xiaoping) n’est que la formulation encore plus « moderne » de ce révisionnisme, mais qui ne se distingue en rien, fondamentalement, du révisionnisme social-démocrate des origines.

 

Le lien fondamental et direct entre ce révisionnisme et le capitalisme, c’est l’attachement à la logique du marché comme principe « moteur » de l’économie, quel que soit le dosage théorique de « régulation » et de « planification » affirmé pour le faire accepter par la classe ouvrière et les couches populaires.

 

Affirmer carrément, comme le fait Trotsky, que c’est le marché lui-même qui est le principe de régulation, c’est se placer en fait non seulement nettement dans ce courant révisionniste, mais en plus, formellement, dans les discours les plus droitiers de ce courant. Que ce soit en 1932 ou en 1939, comme on l’a vu dans notre premier débat :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

 

La théorie économique de Trotsky ne se distingue en rien, fondamentalement, de celle des ultra-libéraux. C’est simplement un emballage formellement marxisant de leur fameuse et ridicule « main du marché ». Tout étant relatif, Keynes est « à gauche » de Trotsky, en considérant leurs discours respectifs.

 

C’est, là encore, un simple constat historique, simplement débarrassé de tout préjugés idéologiques.

 

****************************

Historiquement, également, le fait est que nos trois personnages, au cours des années 20 et 30, ont suivi des parcours personnels qui n’ont rien de rectiligne, pour ne pas dire carrément très sinueux, en pratique et dans les faits.

 

La « querelle » théorique de Preobrajensky et Boukharine, très « médiatisée », au milieu des années 20, selon les moyens de l’époque, ne reflète que la volonté des protagonistes, en réalité, de se tailler chacun sa propre coterie, sa propre faction, dans la base gauchisante du parti.

 

Ensuite, les positions concrètes de chacun ont évolué essentiellement en fonction de l’évolution des alliances de factions, et surtout à mesure que l’échec de la NEP se précisait, et non pas sans distorsions avec leurs positions théoriques exprimées dans leurs controverses.

 

Il faut donc distinguer leurs parcours politiques concrets de leurs positions idéologiques initialement développées dans leurs écrits. Ce que tu as du mal, également, à comprendre et à admettre :

 

__1_malgré leurs querelles théorique sur la prétendue « accumulation socialiste primitive », Preobrajensky et Boukharine avaient une position commune sur le statut de la loi de la valeur dans la transition.

 

__2_Avec l’échec de la NEP et le tournant des années 30, leurs évolutions politiques n’ont pratiquement plus aucun rapport avec leurs théories économiques initiales et se rapprochent de celle de Trotsky, à savoir, en revenir à la NEP, sous une forme ou sous une autre, et à l’économie de marché, de toutes façons.

La convergence « objective » se fait sur la base des positions révisionnistes de droite de Trotsky, en matière d’économie. Positions également raccord 100% avec celles de Rioutine, de plus.

 

__3_l’alliance initiale de Trotsky avec la « gauche » du parti est purement une des premières alliances de circonstances de cette époque, en opposition avec celle que Boukharine fait avec Staline. C’est évidemment le manque de cohérence entre le point de vue de Trotsky concernant le rôle du marché et les thèses de base de la « gauche » et de Preobrajensky, sur la loi de la valeur, qui rendent cette alliance « de gauche » particulièrement bancale et inopérante, d’où son échec rapide.

 

__4_l’alliance de Boukharine avec Staline ne vaut guère mieux, effectivement, quant au fond, et n’a de sens que tant que dure la NEP, de toutes façons… On connaît la suite…

 

__5_ Preobrajensky, comme Boukharine, a fait pour le moins quelques figures avant de converger avec lui et avec Trotsky sur le principe de ranimer la NEP et l’économie de marché, autrement dit, de passer franchement à droite.

 

__6_Trotsky a su habilement se conserver une image « de gauche », due à son éviction précoce du jeu politique, alors qu’il était encore, sur le papier, le leader d’une « gauche du parti », qui, concrètement, s’était en grande partie ralliée, comme Kollontaï, et dissoute, pour le reste.

 

__7_la majorité des groupuscules trotskystes continuent de jouer de cette image pour abuser de la sincérité des militants de base, dont tu es. Leurs dirigeants, pour la plupart, sont consciemment des opportunistes formellement « de gauche », ce qui ne t’a pas échappé, ni à ton pote Gerry (Socialist Fight), du reste. Mais le fait de vouloir sauvegarder le mythe trotskyste « par la base » ne change rien à la réalité historique du trotskysme, qui est celle d’un révisionnisme de droite.

 

Le seul tort de « Pablo » est simplement d’avoir eu le courage de l’assumer.

 

Ayant été un proche de Trotsky, notamment lors de la fondation de la « 4ème Internationale » à Perigny, en 1938, c’est plutôt à mettre à son crédit, même si c’est à combattre, effectivement, sur le plan politique, parmi toutes les autres formes de trotskysme.

 

Toutes sont à combattre, sur le plan idéologique, mais des alliances tactiques, avec des éléments ayant des positions correctes sur tel ou tel point restent évidemment possibles et peuvent contribuer à la récupération des éléments qui le méritent, et dont je ne doute pas que tu feras partie un jour…

 

Amicalement,

 

Luniterre

 

 

 

***************************************************

 

En réponse un long courrier de M. Viriato, dont l’extrait ci dessous concerne le sujet de notre débat  :

 

«  Eh non, il n’y a pas de « révisionnisme de gauche » à moins que tu inventes le terme…

Il y a le révisionnisme qui est de droite, qui l’a toujours été d’ailleurs et qui « revise » les idées fondamentales du M-L et il y a le « gauchisme », la maladie infantile du communisme qui est du dogmatisme centriste qui peut aller et va presque toujours à droite confronté avec la réalité (car le gauchisme souvent ne se confronte pas à la réalité politique nationale).
Mais ce n’est pas un révisionnisme et se pose souvent comme défenseur des « principes » même s’il ne comprends un mot à la dialectique matérialiste ni à la méthodologie communiste. Voir LO par exemple.

L’Opposition de Gauche et Lénine à la fin de sa vie, se sont portés contre la bureaucratisation croissante du parti et de l’état.

Je n’ai pas défini la politique du centriste menchévique Staline comme droitière car elle ne l’était pas. Même il a lutte toute sa vie contre la droite (bien que parfois, par manque d’orientation de Lénine, il a été entraîné vers la droite: entre février et avril 1917; entre 1924-1928 par Boukharine, à la fin de sa vie par Béria, plutôt il a laissé tomber et facilité le passage de la droite).

Il est passé du centre (un centre plutôt clandestin car il écrivait peu ou pas et on ne sait rien de ses positions avant 1917; il était une figure de deuxième rang) à la droite et en 1928 et en 1937-39 au gauchisme et il a souvent révisé des thèses du marxisme mais essentiellement il était à ses débuts un socialiste, idéologiquement de la forme menchévique de gauche et à la fin de sa vie, objectivement, quand la défense de la bureaucratie était son seul Nord, un contrerévolutionnaire.

Sur la loi de la valeur…Quelle a été la loi appliquée en URSS? Tu l’as dit toi même, une loi du marché déformée et tous les économistes qui ont étudié l’économie soviétique le confirment.

C’est tout ce que l’on peut dire car ce qui est vraiment important pour un communiste est la classe ou la couche sociale qui était aux commandes. Car même si la loi de la valeur travail était parfaitement appliquée en URSS, à quoi cela pouvait servir si l’aristocratie bureaucratique était aux commandes?
A la classe ouvrière le fait une belle jambe si c’est une loi ou l’autres qui l’exploite, non?

Ceci  » Pour ce qui concerne notre débat, la question de la transition est celle du passage de l’économie marchande à l’économie communiste, c’est à dire au communisme dans sa phase supérieure. » ce n’est qu’une question purement académique en ce qui concerne l’URSS où il n’y a jamais eu de « communisme » ni de « transition vers le communisme ». A peine des formes socialistes déformées par le règne de la bureaucratie… (9 années de planification, cinq ans de guerre dévastatrice, et encore 8 années de planification avec des « apports » bureaucratiques et bourgeois de plus en plus présents. Cela ne fait pas une « transitions vers le communisme » ou je ne comprends pas le sens des mots.

Comme on dit, l’humanité se pose les questions qu’elle peut résoudre, non? On verra cette question quand elle sera d’actualité ou on en discutera théoriquement si on a le loisir.

tu dis  » Le plus important, c’est donc le principe de l’échange direct, entre producteurs, en valeur-travail.

Échange qui tient néanmoins compte des besoins collectifs, et donc du plan, qui doit donc lui aussi être établi en valeur-travail, pour répondre à ces besoins tout en restant en équilibre »

Et alors, pourquoi don Lénine s’engage dans la NEP? Peut-être que le « principe d’échange direct » seul est possible dans une économie avancée et sous un régime très démocratique où chacun peut donner son point de vue et contrôler l’ensemble de la planification, non?

Mais quand « les besoins collectifs » sont mesurés à l’aune des besoins de la bureaucratie, de la défense contre un ennemi puissant, contre le manque flagrant d’industrialisation, quand la démocratie au parti et parmi les masses a été complètement supprimée, avec des statistiques farfelues ou inexistantes, comment peut-on faire cela?

Que reste donc comme moyens de régulation réels et pas fantasmé? Le marché (la NEP) ou le commandement bureaucratique (après la NEP).

Ou une forme hybride, transitoire où les éléments de marché et les besoins réels de masses, connus par le va-et-vient des informations véritables (et non pas les trucages des bureaucrates qui craignaient pour leurs vies et leurs privilèges). Des informations véritables qui ne pouvaient surgir que par la participation démocratique de la base (et par l’orientation politique d’un parti centralisé mais surtout démocratique).

A la « fin de la NEP » (je te signale que pour Lénine la NEP devrait durer « au moins une décennie ») suite à l’imprévision de Boukharine (Staline suivait car il n’était pas de force théorique pour s’opposer à Boukharine)la loi qui régulait la NEP était la loi de l’offre et la demande. Elle a continuée à réguler sous une forme déformée (marchés parallèles, commerce kolkhozien, artisanat) la société soviétique.

La planification bureaucratique, sans démocratie à la base, avec un régime très répressif, ne pouvait que rencontrer des difficultés énormes, au début « réglés » par la contrainte mais finalement comme c’est le cas toujours, par « les accords entre entreprises » par les besoins, par la demande.

Il y avait des employés exclusivement destinés à prospecter, rechercher et trouver les biens nécessaires en dehors du plan, pour l’accomplissement des plans, et cela se payait en troc ou par des services réciproques ou par des emprunts ou une trésorerie cachée. Il y avait belle et bien une économie marchande en URSS.(…)  »

 

 

*************************

Réponse de TML :

A PROPOS DE:

« Tout ce que je sais est que tu discutes sur une loi, qui, selon toi, je n’ai pas les actes du XIX Congrès du PCUS, où l’on aurait discuté seulement d’une loi, qui n’a pas été appliquée. La suite de ce Congrès a été …le triomphe de Khroutchev, après avoir « écarté » Béria qui était encore plus à droite. »(Dans le courrier précédent)

 

La suite de ce Congrès a été la mort de Staline…

 

Le fait est que la majorité, à ce congrès, a entériné, suite aux débats également préalables au Congrès, le fait que la loi économique fondamentale du socialisme incluait une utilisation maitrisée de la loi de la valeur et donc de la production marchande, mais sans concession au capitalisme et à la loi du marché.

 

La discussion sur l’initiative de la rédaction collective du Manuel (économique de l’académie des sciences de l’URSS), déjà abordée en préparation, notamment dans les réponses de Staline développées dans « Les Problèmes économiques du socialisme » occupe une partie importante des débats et du compte-rendu, que malheureusement tu ne peux pas comprendre, en russe.

 

A titre indicatif, la racine du mot « manuel » est учебник , indépendamment de ses déclinaisons, et tu peux donc déjà en vérifier la prégnance dans le texte:

 

 

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/03/19-d181d18ad0b5d0b7d0b4-d0b2d0bad0bf-d0b1-d0bad0bfd181d181-1952.pdf

 

 

Une traduction reste à faire.

 

 

Le 19ème Congrès n’est donc pas à confondre avec le 20ème, qui consacre effectivement le triomphe de Khrouchtchev et de la ligne révisionniste et qui prend en tous points le contre-pied du 19ème.

 

De par le fait, le 19ème Congrès est celui qui clos, même si involontairement, la période socialiste de l’URSS, et celui qui en tire en grande partie le bilan et les leçons, de par le fait, également.

 

Même si c’est encore insuffisant en termes d’analyse, vu que cela n’a pas suffit pour arrêter le révisionnisme, ce n’est pas, néanmoins, une raison pour en négliger l’intérêt historique comme première pierre d’un reconstruction qui reste évidemment à faire!

 

Luniterre

 

En français, voir:

 

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

 

*********************************************

ADDENDA EN RÉPONSE A TON DERNIER MAIL

 

Sinon, pour le reste, je regrette d’avoir perdu beaucoup de temps à essayer de t’expliquer les choses simplement…

 

En fait, tu persistes à confondre, à la base, les lois fondamentales de l’économie avec celles édictées par les différents gouvernements…

 

Est-ce que la transition peut se faire en conservant la loi du marché, en conservant la loi de la valeur, ou aucune des deux?

 

Le gauchisme, ou révisionnisme « de gauche », prétend passer au communisme sans utiliser ni l’une ni l’autre, effectivement.

 

Le révisionnisme de droite, sous ses différentes formes, dont le trotskysme, prétend passer au communisme en conservant les deux pendant la période de transition, la loi du marché s’imposant, de par le fait, comme base de ce capitalisme « planifié ».

 

Le marxisme explique, lui, que la loi de la valeur continue d’être utilisée, pendant la transition, sous des formes nouvelles, qui excluent la loi du marché, et qui sont la base de l’économie socialiste. Ce que Lénine reprend en Septembre 1917, dans l’Etat et la Révolution. En 1918, conscient des difficultés momentanées et des formes multiples de l’économie soviétique, il propose d’adjoindre le capitalisme d’Etat aux quatre autres formes, dont la forme socialiste, soit cinq formes en tout.

 

Cette idée n’est reprise qu’avec la NEP, en 1921. Lénine disparait, début 1924, et il n’était déjà plus en état de santé pour juger du développement de la NEP depuis un bon moment, ses derniers textes valides remontant au début 1923. Il était déjà gravement handicapé depuis un an, de plus, par sa maladie.

 

Il faut donc partir d’une situation où coexistent cinq modes de production, pour comprendre comment elle évolue.

 

La loi de la valeur et la loi du marché coexistent, en mix et à des degrés divers, selon les secteurs, jusqu’à la fin de la NEP.

 

Avec la collectivisation, Trotsky lui-même admet que le marché disparaît, pour l’essentiel, même s’il a subsisté, de façon marginale, avant de reprendre son essor sous Khrouchtchev.

 

La loi de la valeur n’est pas non plus utilisée, de manière consciente et encore moins, maîtrisée.

 

 

C’est effectivement l’empirisme, qui domine, dans la planification.

 

D’où le constat de la nécessité d’en revenir à ce principe basique pour réguler la transition, qui n’aboutit qu’au 19ème Congrès, à la veille de la mort de Staline, et comme l’une de ses causes, en fait.

 

Le marché, la loi du marché, elle, ne régule rien du tout, que ce soit sous le capitalisme ou sous le socialisme.

 

La prétendue régulation par le marché c’est la thèse des ultra-libéraux, remontant à Adam Smith, et dont Trotsky n’a été qu’un de ses relais dans l’histoire du capitalisme, et dont le trotskysme actuel, sous ses différentes formes, n’est qu’une collection hétéroclite de ses nouveaux avatars.

 

Tu t’obstines donc dans ce choix.

 

C’est ton problème.

 

Nous avons donc refait, une fois de plus, le tour du problème, sans que cela ait rapproché nos positions d’un iota, même si cela a permis quelques éclaircissements, dans mes efforts d’explications, auxquels je mets néanmoins un terme, à nouveau, en l’état actuel du débat, qui n’a plus d’issue concrète possible en vue.

 

Luniterre

 

 

 

Malgré tout, le débat s’est encore prolongé, même si de manière quelque peu lapidaire…

Aboutissant néanmoins à quelques avancées, finalement, dont cette « trouvaille », en réponse à :


« Si tu trouves là, comme dans La Révolution Trahie confirmation à tes accusations, je vais essayer de regarder l’ensemble de la question. »

>>>

La Révolution trahie

Léon Trotsky

LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET LES ZIGZAGS DE LA DIRECTION

 

https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp2.htm

  « L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

 

 

Peut-on affirmer de manière plus claire que la loi du marché (…et à nouveau, ici, comme « régulateur »!!) s’étend aussi au secteur « socialiste », (…qui cesse donc de l’être, ipso facto!), et pour « longtemps », c’est à dire pour très longtemps, même, et déjà, évidemment, bien au delà de la NEP, vu que ce texte est écrit en 1936 !!!

 

Luniterre

 

 

LE MOT DE LA FIN…?

 

>>>Une réaction de M. Viriato

(extrait)

 

« Bref, il n’y a pas un seul qui soit assez bon pour toi.

Trotsky « révisionniste de droite », Boukhariniste, tous ces suiveurs, à tort ou à raison, des réformistes partisans d’un « Programme de Transition » a vouer aux gemonies.

Que est-ce qui reste? »

(…)

« Et tu n’as pas compris le premier mot du programme de transition fait pour une époque non-révolutionnaire. »

 

>>> Réponse de TML

Et qui, grâce à lui, ne risque pas de le devenir !

Le « programme de trahison («transition » en trotskyste…) » se comprend très bien comme prolongement « naturel » de la pensée de Trotsky et comme miel réformiste empoisonné mais assez collant et sucré pour engluer les rares éléments ouvriers encore attirés par la voie marxiste…

Il se comprend très bien comme stade de transition carriériste pour une frange « contestataire » de la petite bourgeoisie qui a besoin de cette rampe de lancement vers les sinécures lucratives de la social-démocratie, à laquelle le trotskysme dédie ses « meilleures » roues de secours (Jospin, Mélenchon, etc…), lui évitant ainsi une faillite totale qui serait naturellement la sienne.

Le trotskysme continue donc de remplir une fonction modeste mais vitale de rouage du système capitaliste-impérialiste et sa division même fait sa « force » dans le sens où elle laisse toujours l’espoir aux éléments sincères qu’il en sortira un jour quelque chose de neuf, la énième « 4ème internationale », dont on serait bien en peine de compter les innombrables avatars… !

Le trotskysme produit donc des ersatz d’analyses « marxistes » suffisamment crédibles pour attirer le chaland vers son « programme de trahison », en adaptant ses formules selon les pays et contextes, mais toujours en recyclant les poubelles de l’anticommunisme et de l’anti-sovietisme déjà bien remplies par les autres idéologues du système dont il est le relais « de gauche ».

Une affaire qui marche,donc, même si modestement, en apparence, juste ce que le système attend de lui en échange de quelques strapontins médiatiques, syndicaux et autres.

Je n’ai pas la prétention à moi tout seul d’y mettre fin et de briser ce rideau d’illusions…

Je n’ai pas de raison de m’y accrocher non plus…

J’ai simplement entrepris, ces dernières années, une nouvelle étude des fondamentaux du ML pour déjà essayer de comprendre ce qui avait foiré dans ma jeunesse « maoïste »… En grattant à peine, avec les outils modernes à notre disposition (pour combien de temps encore… ? Profitons-en!), j’ai rapidement découvert la supercherie immense qui s’était cachée sous ce vocable « maoïste » et ses divers avatars pseudos- « ML »…

Cela m’a amené à étudier l’évolution de la Chine, de nation « maoïste » à cette forme de capitalisme planétaire qui est aujourd’hui la sienne, et qui en fait le « digne » challenger de l’impérialisme US.

D’une manière générale, l’étude de l’évolution actuelle de l’impérialisme mène, accessoirement, à comprendre le rôle de roue de secours de ces courants « de gauche », trotskystes, maoïstes, anars et autres gauchistes de tous poils.

Je ne vois pas de raison d’en épargner un seul, même s’il y a des éléments certainement sincères parmi eux… Rajouter de l’eau à ces moulins ne fait que broyer un peu plus le prolétariat.

L’histoire de l’URSS reste une plaie ouverte par la bourgeoisie, et en réalité, uniquement par elle, sous ses divers avatars « de gauche », dans l’histoire de la classe ouvrière. Elle ne cicatrisera pas si nous continuons à aider les idéologues du système à la maintenir ouverte.

Nous avons l’outil ML pour en comprendre les différentes phases et périodes de façon dialectique et remettre les vraies responsabilités aux personnages et factions à qui elles incombent. Pas besoin de se vautrer dans l’anticommunisme et l’anti-soviétisme à la Trotsky, ce qui fait 100% le jeu de la bourgeoisie, quelle que soit la sincérité du relais.

L’outil ML est encore suffisamment performant, et même largement, pour se passer de rallonges, et surtout pas trotskystes, évidemment !

Des études autres que réellement ML ont déjà été republiées et citées sur TML, y compris en provenance de Socialist Fight, avec cet excellent article :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/01/09/ian-donovan-sur-socialist-fight-une-these-sur-le-conflit-israel-palestine/

Ponctuellement, des alliances tactiques peuvent exister entre marxistes-léninistes et éléments sincères venant du trotskysme, comme je l’ai déjà mentionné.

Amicalement,

Luniterre

 

 

 

 

 

Inédit de Trotsky : une page d’ Histoire particulièrement révélatrice ! ( Synthèse )

NDLR: un long fil de discussion est déjà ouvert, suite à l’annonce de la première publication de cette synthèse:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/08/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-suite-synthese/

Pour maintenir la cohérence du fil, il s’y poursuivra, dans la mesure où les intervenants restent les mêmes.

Si de nouveaux intervenants souhaitent s’exprimer ici, à la suite de cette republication, cela reste évidemment possible!

Luniterre

 

Voir également, depuis le 19/08/2018:

Inédit de Trotsky: un échange de correspondance suite à la synthèse de l’étude

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/19/inedit-de-trotsky-un-echange-de-correspondance-suite-a-la-synthese-de-letude/

 

 

 

 

Synthèse des polémiques récemment développées

 

                                           Sur

 

TML :

 

 

 

Un nouveau débat historique sur l’URSS et la question de sa nature de classe nous a récemment amené à la redécouverte d’un texte de Trotsky, écrit en 1932, et republié en France, en 1933, sous le titre : « L’Économie soviétique en danger, signal d’alarme, le danger menace de plus près ! », supputant manifestement que l’URSS était sur le point de s’effondrer…

Étrangement, ce texte n’a jamais été réédité en français, depuis, et reste quasi introuvable, sauf en bibliothèques, avec seulement six exemplaires connus de cette édition française, dont deux seulement en France (Nanterre et BNF).

http://www.worldcat.org/title/economie-sovietique-en-danger-signal-dalarme-le-danger-menace-de-plus-pres-par-l-trotsky/oclc/458398127

Inaccessible, même sur le net, au commun des mortels autodidacte, donc…

L’intérêt historique en était néanmoins apparent par diverses citations, dont l’une, courte mais significative, par Michel « Pablo »-Raptis, dans son étude sur la pensée économique de Trotsky… ( 1 )

La question est venue en débat à la suite de :

De la réalité historique (ou non ? …selon Trotsky ) du socialisme en URSS

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/22/de-la-realite-historique-ou-non-selon-trotsky-du-socialisme-en-urss/

C’est à partir du fragment cité par « Pablo »-Raptis que nous avons pu remonter jusqu’à une version anglaise du texte, accessible sur le net, et de là, à l’original russe de Trotsky…

On doit évidemment s’interroger sur les raisons de cette carence des trotskystes français, qui auraient en quelque sorte ainsi « censuré » cette partie essentielle de l’œuvre de leur maître à penser… !! Ce que ce débat a montré, comme d’autres avant, c’est que les « inédits » et autres textes « oubliés », que ce soient ceux de Trotsky ou de Mao, comme on l’a également déjà vu, ne sont pas restés « inédits » par hasard !

Ce que la suite du débat a montré, également, c’est précisément la nécessité d’en revenir au texte russe de Trotsky lui-même, et non à sa « traduction » anglaise, délibérément édulcorée, semble-t-il, si l’on veut réellement comprendre la vraie nature de la pensée économique de Trotsky !     A présent, ce travail de traduction, concernant le passage débattu, directement à partir du texte russe, est terminé, et quelques nouvelles précisions s’en sont dégagées, en guise de conclusion. Les voici, et, à la suite, ce passage essentiel, dans cette nouvelle traduction, donc, et encore à la suite, l’original russe et la version anglaise.

En effet on peut mesurer à quel point, et surtout sur les derniers paragraphes, le « traducteur » anglais s’est éloigné du texte russe pour en édulcorer la portée méprisante manifeste du texte de Trotsky, spécifiquement dirigée contre le système des Kolkhozes, et non des « fermes collectives » en général…

Il leur fait délibérément le procès d’intention de mener un commerce « individualiste », et non pas même simplement de se comporter en « paysans indépendants », ou même d’être avec eux sur les marchés (« bazars »), alors qu’évidemment une telle catégorie de « paysans individuels » n’existe plus, à cette époque, ce qui dénote l’inculture politique de ce « traducteur » outre sa mauvaise foi, sauf pour faire « avaler » ce texte au lecteur anglophone, spéculant, pour le coup, sur son ignorance. Procédé typiquement trotskyste, et c’est même en cela, seulement, qu’il est « fidèle » à son maître ! Le terme единоличниками utilisé par Trotsky signifie littéralement « individualistes ». Dans le contexte, il ne peut donc plus faire allusion aux anciennes exploitations familiales, mais bien aux productions des lopins « individuels » des Kolkhoziens, qui pouvaient tout à fait légitimement vendre leurs excédents sur le marché. Par la suite, les critiques récurrentes (bourgeoises et trotskystes) porteront sur la différence de « rendement » entre lopins et cultures collectives, passant tout à fait à la trappe cette évidence qu’il ne s’agit pas du tout du même type de culture, principalement maraichère et petit élevage, sur les lopins, et de type extensif et céréalière, en collectif. Il est évident que le Kolkhozien ne faisait pas son pain familial à partir de quelques épis de blé semés dans un coin de son jardin, entre les poireaux et les salades, mais ce genre d’évidence « échappe » mystérieusement à ces « experts en soviétologie » !!

Finalement, après avoir travaillé directement sur le texte russe de Trotsky, il apparait précisément nécessaire de souligner l’emploi du mot базар [« bazar »] qu’il utilise pour caractériser les marchés Kolkhoziens, qu’il oppose expressément ( « bazar asiatique ») à la notion économique globale de « marché » ( рынок ), comprise comme loi de l’offre et de la demande, autrement dit, la loi du marché. Il est en effet clair que c’est là, pour lui, ici, un moyen de souligner concrètement le rôle « régulateur » qu’il entend faire essentiellement jouer à cette loi, tant dans la définition du plan que dans son application. Et cela tout à fait en conformité et cohérence avec ce qui s’avère être systématiquement le fond de sa pensée économique, et notamment en matière de transition.

Considérer que la loi du marché est l’élément régulateur essentiel de l’économie, en lieu et place de la loi de la valeur, c’est, rappelons le, carrément une inversion de la dialectique marxiste qui définit l’interaction de ces deux lois ( 2 ). Comme on l’a déjà vu lors du premier débat de fond sur la question ( 3 ), cette « inversion »-révision des fondamentaux du marxisme n’est pas limitée, chez lui, à la problématique de la transition, mais correspond bien à sa prétendue « lecture », « relecture » en réalité, de Marx. Elle n’en constitue, finalement et formellement, qu’une sorte de paraphrase « marxisante », seulement propre à séduire les « intellectuels » petits bourgeois et les ignorants. Elle n’est jamais, malgré ce vernis « rouge », qu’une vulgaire réinterprétation du mythe libéral de la « main du marché » ! Et, de plus, comme le souligne Michel « Pablo »-Raptis, un de ses disciples de la toute première heure de la pseudo « IVe Internationale », cela constitue pratiquement une anticipation de ce qu’est aujourd’hui le « socialisme de marché », qui n’est en rien une forme de « socialisme » …sauf pour les trotskystes/ »pablistes », évidemment !! ( 1 )

Bien évidemment, outre ce vice fondamental, la rhétorique de Trotsky se raccroche désespérément à toutes les faiblesses et défauts inévitables de la jeune URSS, pour tenter d’en prédire l’échec prochain, qui eut « justifié » son argumentation et ses vaines tentatives de reprendre pied dans la politique soviétique. Or déjà en 1932 son argumentation contient elle-même sa propre contradiction en reconnaissant, notamment, et de façon très appuyée, dès l’introduction de cet ouvrage, les succès de l’économie soviétique, sur le point de décoller, …et donc sur la « pente », en réalité très ascendante, qui en fera la seconde puissance mondiale en seulement une douzaine d’années ! Et cela, de plus, incluant la seconde guerre mondiale, dont elle sortira encore grandie, même si profondément blessée. Le pronostic expressément « alarmiste » contenu dans le titre, surtout en français (l’original, plus sobre, s’arrêtait à « …en danger ! ») s’est donc avéré totalement faux, contrairement à la supposée lucidité prêtée à Trotsky par ses adeptes…

Bien entendu, il ne s’agit pas, pour autant, de considérer comme insignifiants les défauts qui, combinés avec les séquelles de la guerre dans les superstructures de l’URSS, finiront par ouvrir la porte aux révisionnistes dont Trotsky n’était, finalement, qu’un précurseur formellement « gauchisant » pour mieux dissimuler le fond de sa pensée.( 4 )

En effet, la politique qu’il propose pour les Kolkhozes, (« Cela ne veut pas dire, pour autant, que la collectivisation, déjà à son premier stade, mène à la liquidation du marché. La collectivisation ne peut être viable que dans la mesure où elle laisse en vigueur l’intérêt personnel des kolkhoziens, en construisant leurs rapports mutuels, comme les rapports des kolkhozes avec le monde extérieur, sur les fondements du calcul commercial. » ) , c’est évidemment et très précisément une « anticipation » de la future politique liquidationniste de Khrouchtchev à l’égard des Kolkhozes ( 5 ), et de ses « réformes », avec leurs conséquences désastreuses sur le plan économique et social, induisant une dépendance irréversible à l’égard des livraisons de blé occidental, et principalement, US, et un recul, également irréversible, des conditions de vie en URSS, seulement provisoirement « soulagé » pendant quelques années « brejneviennes » par la rente pétrolière. ( 6 ). C’est ce que révèle la véritable cassure démographique en URSS, causée principalement non pas par l’effondrement de l’URSS elle-même, qui n’a fait qu’accentuer le phénomène, mais bien par la contre-révolution khrouchtchevienne :

Naturellement, et selon l’habitude de Trotsky, ce texte se veut une critique cinglante de la politique économique de l’URSS.

En 1932, la situation de l’URSS est celle d’une grande mutation, avec l’abandon de la NEP et l’amorce décisive de l’industrialisation. La collectivisation agricole s’était incontestablement enclenchée dans des conditions particulièrement dramatiques, suite à la « crise des grains » et à la pénurie engendrée par l’action spéculative des Koulaks, exacerbée par les mauvaises conditions climatiques. On sait aujourd’hui, par les historiens et économistes russes contemporains, que la collectivisation était devenue incontournable, dans ces conditions, même si elle intervenait trop tard pour enrayer la catastrophe alimentaire en cours. Du moins en a-t-elle éradiqué les causes qui étaient, selon eux, chroniques depuis la fin du XIXe siècle. ( 7 )

Naturellement, Trotsky, comme ses adeptes après lui, adopte le point de vue occidental, anticommuniste et anti-soviétique, en réalité, qui inverse les effets et les causes, et charge au maximum la politique de l’URSS.

Mais au delà de cet aspect historique polémique, ce qui est particulièrement en cause, dans ce passage, ce sont bien les principes fondamentaux de l’économie de transition.

Veut-on, par la révolution prolétarienne, construire le socialisme ? Veut-on une économie de transition socialiste qui soit donc réellement une rupture avec le capitalisme ?

Ou bien veut-on simplement une politique de « nationalisations » des grandes entreprises, assortie formellement d’une « planification », mais qui reste dans le cadre d’une économie de marché, à la base ?

Une telle alternative n’a évidemment de socialisme que le nom, et c’est ce qui s’appelle, aujourd’hui, « socialisme de marché »… « Pablo »-Raptis n’a donc fait que réactualiser le langage de son maître à penser, sans en altérer aucunement le sens réel, ce que refusent de voir, et même, cherchent à dissimuler, les responsables actuels des différents groupuscules trotskystes qui se disputent l’héritage de l’ « orthodoxie » de ce « maître » ! (A rappeler que « Pablo »-Raptis était tout à fait personnellement et directement proche de Trotsky lui-même lors de la très confidentielle fondation de la IVe internationale, à Périgny, en 1938.)

Mais c’est bien d’une question de choix de société qu’il s’agit ici, et non pas seulement d’une querelle byzantine sur les différents sens du mot « marché ». Dans une économie de transition, en rupture avec le capitalisme, ce qui guide la planification, selon Marx, c’est la définition collective des besoins sociaux, qui, précisément, cesse d’être livrée aux aléas du marché, mais exprime la volonté politique collective du prolétariat et le choix des priorités qu’il se donne, en fonction, évidemment, des moyens et ressources disponibles, qui, à ce stade, sont nécessairement limités.

Il est clair, par contre, que dans la logique du marché, « trotskyste » ou non, ce sont les besoins individuels solvables qui s’expriment et donnent la mesure, entrant évidemment en contradiction avec les nécessités collectives « non rentables » en termes de marché, et que les phénomènes d’inégalités, d’injustice sociales et finalement, de crise économique, ne peuvent que renaître inévitablement, même après une période d’équilibre précaire provisoirement retrouvée. C’est ce que montre l’expérience de la NEP, faisant inévitablement ressurgir le capitalisme et ses tares mortelles.

Il est tout aussi évident que l’économie de transition ne saurait, de manière tout à fait utopique, se débarrasser du jour au lendemain des stigmates de l’économie marchande, mais ce que Marx nous explique, essentiellement dans la Critique du Programme de Gotha, c’est la possibilité de combiner plan collectif et échanges entre producteurs régulés en valeur-travail, en fonction du plan décidé, et non en fonction des aléas du marché. C’est, selon Marx, ce principe d’échange, encore formellement « marchand », au sens de la valeur travail considérée comme mesure de l’échange, qui permet la correspondance entre forces productives et besoins sociaux, individuels et collectifs, et non la loi du marché, ici définie par Trotsky comme principe régulateur, tout à fait à la manière des ultra-libéraux bourgeois et de leur prétendue « main du marché » !! De plus, ici, il associe expressément « démocratie » et « économie de marché »… !

Comme on l’a déjà vu ( 2 ), il finira, en 1939, par « théoriser » cette dérive dans un opuscule destiné à résumer, à sa façon (!), les principes du marxisme :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Rappelons encore, pour mémoire, mais c’est une évidence, que la planification, en économie de marché, ne produit au mieux que des effets marginaux et n’interrompt en rien les cycles de crises du capitalisme, comme le montre, à grande échelle, l’économie chinoise actuelle.

A noter encore, l’habituelle duplicité de Trotsky, dans cet ouvrage, où il commence, dès les premières lignes, contraint par l’évidence et la nécessité de se trouver quelques lecteurs, par faire les louanges des réussites de la construction du socialisme en URSS, pour, aussitôt après, s’emparer des difficultés évidentes et incontournables et en venir à dénigrer la nature socialiste de la même URSS, reprenant sa logique absurde de l’impossibilité d’une telle construction…

Rappelons encore cette évidence, effectivement « oubliée », tant par Trotsky que par ses adeptes modernes, qu’une économie de transition, c’est précisément une économie de transition vers le communisme, et une première phase du communisme, donc, où subsistent donc encore les traces de l’économie marchande, à travers les échanges en valeur-travail, et que c’est en fonction de cette problématique qu’on l’a communément baptisé socialisme, mais que vouloir inventer, comme le fait Trotsky, déjà, ici, et plus tard, avec son « programme de transition », une « transition vers la transition », et en plus, basée sur l’économie de marché, c’est carrément se moquer du monde et en pratique, mettre précisément un obstacle de plus sur la route du socialisme et du communisme, mais il apparaît d’autant plus évident, à la « lumière » de ce texte, que c’est là, de toutes façons, sa fonction politique essentielle.

Ce concept absurde d’une « transition vers la transition » est expressément formulé, du reste, quelques lignes plus loin, dans ce texte de 1932 :

« Закономерности переходного общества весьма отличаются от закономерностей капитализма. Но не меньше отличаются они от будущих закономерностей социализма, т. е. гармонического хозяйства, растущего на основе выверенного и обеспеченного динамического равновесия. »

« Les lois de la société de transition se distinguent singulièrement des lois du capitalisme. Mais elles ne se distinguent pas moins des futures lois du socialisme, c’est-à-dire de l’économie harmonieuse, se développant sur la base d’un équilibre dynamique ajusté et garanti. »

A noter, de plus, que cette prétendue « transition vers la transition socialiste » se présente d’emblée comme un renoncement à l’équilibre économique…

On comprend aisément pourquoi… !  

Il est à remarquer que Trotsky utilise ici le terme закономерность, assez peu courant, et qui n’a qu’un sens possible, dans le contexte, celui de loi en tant que « principe de fonctionnement économique », comme on pourrait parler des lois de la physique, de la biologie, etc… Alors que закон, plus courant, peut s’entendre aussi bien pour « les lois de la physique » que pour « les lois de la République », par exemple… ! Il n’est donc pas douteux qu’il nous parle ici d’un stade de transition qu’il entend distinguer du socialisme lui-même, qui se comprend pourtant, dans la pensée marxiste, au sens de la « phase de transition » considérée comme la première phase du communisme, selon le principe économique posé par Marx lui-même, notamment dans la Critique du Programme de Gotha :

     https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

  A souligner encore que ce « développement créatif », de la part de Trotsky, dès 1932, donc, est cohérent avec la stratégie qu’il prétendait construire autour de son célèbre « Programme de Transition » (IVe Internationale, 1938), toujours considéré comme une base du trotskysme actuel, et qui ne peut donc toujours pas être considéré comme un réel programme de transition, au sens marxiste du terme, c’est à dire comme base de la transition socialiste, première phase du communisme.

Il nous est couramment reproché, sur TML, d’être un blog « stalinien »…

En réalité, ce qui nous intéresse, entre autres sujets importants, sur TML, c’est de comprendre les leçons historiques que l’on peut tirer de l’expérience de l’URSS, aussi bien dans les qualités qui lui ont en réalité permis un décollage économique exponentiel, malgré les circonstances dramatiques de sa naissance, ce que Trotsky est bien obligé de reconnaître, et qui permettra, moins de dix ans après, d’arrêter les nazis aux portes de Moscou, que dans les défauts intrinsèques qui ont amené la contre-révolution khrouchtchevienne et l’effondrement final de l’URSS.

Les leçons du processus de transition en URSS sont à chercher aussi bien dans ses qualités et succès que dans ses échecs et défauts, et cela fait de TML un blog qui justifie sa revendication au marxisme-léninisme, et non singulièrement un blog « stalinien »… !

Finalement, le seul effet notable du trotskysme, en se prétendant le « meilleur ami critique » de l’URSS, c’est clairement d’avoir ouvert une porte « de gauche » à l’anti-soviétisme et à l’anticommunisme et encore aujourd’hui, en la maintenant ouverte en collusion avec les autres idéologues du système, de les aider à empêcher la reconstruction d’une avant garde prolétarienne marxiste-léniniste.

Avec des « amis » de cet acabit la cause prolétarienne n’aurait guère besoin d’autres ennemis… Malheureusement, ils sont déjà légions, rien que dans le genre faussaires et manipulateurs…

Le trotskysme, à lui seul, reste une maladie chronique de la « gauche » française et un mouvement réellement marxiste ne pourra renaitre, en France, sans se libérer complètement d’avec ce mensonge !

Luniterre 

( __1 http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53 )

( __2 https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf )

( __3 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/ )

( __4 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/  )

( __5 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/ )

( __6 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/ )

( __7 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/15/encore-une-legende-noire-demythifiee-lholodomor/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/28/holodomor-hoax-joseph-stalins-crime-that-never-took-place/ )

Ici, en Ukraine, un de ces marchés kolkhoziens, « bazars », selon Trotsky… :

*********************************

LE PASSAGE ESSENTIEL DE 1932

OU TROTSKY FAIT LE POINT

SUR SES PRINCIPES ÉCONOMIQUES

.

« Conditions et méthodes de l’économie planifiée

Quels sont les organes de construction et d’application du plan ? Quelles sont les méthodes de contrôle et de régulation ? Quelles sont les conditions de son succès ?

A cet égard, trois systèmes doivent faire l’objet d’une brève analyse : (1) les départements spéciaux de l’Etat, c’est-à-dire le système hiérarchique des commissions de plan, au centre et localement ; (2) le commerce, en tant que système de régulation du marché ; (3) la démocratie soviétique, en tant que système de régulation vivante par les masses de la structure de l’économie.

S’il existait un esprit universel, du type de celui qui se projette dans la fantaisie scientifique de Laplace – un esprit qui pourrait enregistrer simultanément tous les processus de la nature et de la société, qui pourrait mesurer la dynamique de leur mouvement, qui pourrait prévoir les résultats de leurs interactions – un tel esprit, bien sûr, pourrait a priori établir un plan économique sans faille et exhaustif, en commençant par le nombre d’acres de blé jusqu’au dernier bouton pour un gilet. La bureaucratie imagine souvent qu’un tel esprit est à sa disposition ; c’est pourquoi elle se libère si facilement du contrôle du marché et de la démocratie soviétique. Mais, en réalité, la bureaucratie se trompe terriblement dans son estimation de ses ressources spirituelles.

Dans son œuvre, elle est obligée de s’appuyer, en réalité, sur les proportions (et on est même endroit de dire, les disproportions) héritées de la Russie capitaliste, des données de la structure économique des nations capitalistes contemporaines, et finalement de l’expérience des succès et des erreurs de l’économie soviétique elle-même. Mais même la combinaison la plus correcte de tous ces éléments permettra de construire seulement le cadre extrêmement imparfait d’un plan, pas plus.

Les innombrables participants vivants à l’économie, qu’ils soient étatiques ou privés, collectifs ou individuels, doivent déclarer leurs besoins et leur importance relative, non seulement par l’intermédiaire des calculs statistiques des commissions du plan mais aussi par la pression directe de l’offre et de la demande. Le plan est vérifié et, dans une large mesure, réalisé par le marché. La régulation du marché lui-même doit s’appuyer sur les tendances détectables par son intermédiaire . Les plans directeurs produits par les ministères doivent démontrer leur efficacité économique par des calculs commerciaux. Le système de l’économie de transition est impensable sans le contrôle par le rouble. Cela présuppose, à son tour, un rouble égal à lui-même . Sans une unité (monétaire) stable le prévisionnel commercial ne peut qu’accroître le chaos.

Les processus de construction économique ne se déroulent pas encore au sein d’une société sans classes. Les questions de la répartition du revenu national constituent l’axe central du plan. Il se déplace sous l’action directe de la lutte de classe et celle des groupes sociaux, y compris les différentes couches du prolétariat lui-même. Ce sont les questions sociales et économiques les plus importantes : le lien entre la ville et le village, c’est-à-dire l’équilibre entre ce que l’industrie obtient de l’agriculture et ce qu’elle lui fournit ; l’interrelation entre l’accumulation et la consommation, entre le fond d’équipement et le fonds pour les salaires ; la régulation des salaires pour différentes catégories de travail ( ouvriers qualifiés et non qualifiés, employés , spécialistes, bureaucratie dirigeante ) ; finalement, la répartition de cette part du revenu national qui revient au village, entre les différentes strates de la paysannerie. Toutes ces questions, de par leur nature même, ne permettent pas les décisions à priori de la bureaucratie, qui s’est mise à l’abri de l’intervention de millions de personnes concernées.

La lutte des intérêts vitaux, en tant que facteur fondamental de la planification, nous introduit dans le royaume de la politique, qui est l’économie concentrée. Les instruments des groupes sociaux de la société soviétique sont – devraient être : les Soviets, les syndicats, les coopératives, et avant tout le parti au pouvoir. Ce n’est seulement que par l’interaction de ces trois éléments, la planification étatique, le marché et la démocratie soviétique, que peut s’effectuer la direction correcte de l’économie de l’époque de transition et que peut être garanti, non pas le dépassement complet des contradictions et des disproportions en quelques années (c’est utopique !), mais leur adoucissement, et par cela même le renforcement de la base matérielle de la dictature du prolétariat jusqu’à ce moment où une nouvelle révolution victorieuse élargira l’arène de la planification socialiste et reconstruira son système. 

ÉTOUFFEMENT DE LA NEP, INFLATION MONÉTAIRE ET LIQUIDATION DE LA DÉMOCRATIE SOVIÉTIQUE

La nécessité d’introduire la NEP, c’est à dire la restauration des rapports de marché, a été déterminée, en son temps, avant tout,par l’existence de 25 millions d’exploitations agricoles indépendantes. Cela ne veut pas dire, pour autant, que la collectivisation, déjà à son premier stade, mène à la liquidation du marché. La collectivisation ne peut être viable que dans la mesure où elle laisse en vigueur l’intérêt personnel des kolkhoziens, en construisant leurs rapports mutuels, comme les rapports des kolkhozes avec le monde extérieur, sur les fondements du calcul commercial. Cela signifie qu’une collectivisation correcte et économiquement justifiée, au stade actuel, ne doit pas mener à l’abrogation de la NEP, mais à une réforme progressive de ses méthodes.

La bureaucratie, néanmoins, est allé directement de l’avant : dans les premiers temps, il pouvait lui sembler, vu ainsi, qu’elle suivait la ligne de moindre résistance. Les succès véridiques et incontestables des forces centralisées du prolétariat, elle les a identifiés aux succès de sa planification à priori. Autrement dit, la révolution socialiste, elle l’a identifiée à elle même. Le problème interdit du lien avec le village, elle l’a masqué par la collectivisation administrative. Étant confrontée aux disproportions à travers la NEP, elle a liquidé la NEP. Les méthodes de marché, elle les a remplacées par l’élargissement des méthodes de contraintes.

Une unité monétaire ferme, sous la forme du Chervonetz, constituait un instrument important de la NEP. En état de vertige, la bureaucratie décida qu’elle se tenait déjà sur ses deux jambes sur le sol de l’harmonie économique ; que les succès d’aujourd’hui garantissaient la progression des futurs succès et que le Chervonetz ne constituait pas un frein à l’envergure du plan, mais au contraire, une source indépendante d’investissements. A la place de la régulation des éléments matériels du processus économique, la bureaucratie a commencé à boucher les accrocs à l’aide de la planche à billets. En d’autres mots, elle a pris le chemin de l’inflation « optimiste ».

Après l’étranglement de la NEP, les fameuses « six conditions de Staline », le calcul économique, le travail aux pièces, etc, se sont changé en un ensemble de paroles vides. Le calcul économique est impensable sans le lien avec le marché. Le Chervonetz est la mesure du cette jonction. Quelle signification peuvent avoir pour l’ouvrier quelques roubles supplémentaires par mois si il est obligé d’acheter les produits vitaux manquants au bazar [marché des producteurs] à un prix décuplé ?

La restauration des bazars est apparue comme l’aveu de l’inopportunité de la liquidation de la NEP, mais un aveu empirique, partiel, improvisé et contradictoire. Appeler les bazars une forme « soviétique » (socialiste ?) de commerce, en contrepoids au commerce privé et à la spéculation, cela signifie de l’aveuglement. Le commerce de bazar, même de la part du Kolkhoze, dans son ensemble, constitue une spéculation sur le besoin en produits de ravitaillement de la ville la plus proche, et, par ses conséquences, mène à une différentiation sociale, c’est à dire à l’enrichissement de la minorité des Kolkhozes les plus heureusement situés. Mais en premier lieu ce ne sont pas les Kolkhozes qui font le commerce, mais des Kolkhoziens en particulier, en parallèle des individualistes. Le commerce des Kolkhoziens, en vendant leurs excédents à des prix spéculatifs, mène à une différentiation entre Kolkhozes. Ainsi le bazar développe des forces centrifuges dans le village « socialiste ».

En abolissant le marché et en restaurant les bazars asiatiques, la bureaucratie a créé, comme parachèvement de tout, les conditions de la danse la plus barbare des prix, et, en conséquence, elle a placé une mine et sous le plan et sous le calcul commercial. Il en est résulté une aggravation du chaos économique.

En parallèle s’étendait l’ossification, qui ne date pas d’hier, des syndicats, des soviets et du parti. Se heurtant aux frictions entre la ville et la campagne, aux revendications du côté de différentes parties de la paysannerie et du prolétariat, la bureaucratie interdisait de la façon la plus résolue quelques revendications, protestations et critique que ce soit. Le seul droit qu’elle a finalement laissé aux ouvriers, c’est le droit de dépasser les consignes de production. Chaque tentative d’action de la base sur la conduite de l’économie est immédiatement ramenée à une déviation droitiste ou gauchiste, c’est à dire pratiquement à un délit de droit commun. Finalement le sommet de la bureaucratie s’est déclaré infaillible dans la sphère de la planification socialiste (bien que ses collaborateurs et leaders se soient souvent révélés les pires saboteurs). Ainsi s’est trouvée liquidée la mécanique basique de la construction socialiste – le système adaptable et souple de la démocratie soviétique. Devant la réalité économique et ses difficultés la bureaucratie s’est trouvée seulement armée d’une ébauche de plan déformée et faussée, et de sa volonté administrative, également considérablement meurtrie. »

***************************************************

LE TEXTE RUSSE D’ORIGINE :

 

УСЛОВИЯ И МЕТОДЫ ПЛАНОВОГО ХОЗЯЙСТВА

Каковы органы построения и проведения плана ? Каковы методы его проверки и регулирования ? Каковы условия его успешности ?

Три системы приходится подвергнуть в этой связи краткому рассмотрению : 1) специальные государственные органы, т. е. иерархическую систему плановых комиссий, в центре и на местах ; 2) торговлю, как систему рыночного регулирования ; 3) советскую демократию, как систему живого воздействия масс на структуру хозяйства.

Если б существовал универсальный ум, рисовавшийся научной фантазии Лапласа : ум, регистрирующий одновременно все процессы природы и общества, измеряющий динамику их движения, предугадывающий результаты их взаимодействия, – такой ум мог бы, конечно, априорно построить безошибочный и законченный хозяйственный план, начиная с числа гектаров пшеницы и кончая пуговицей на жилете. Правда, бюрократии нередко кажется, что она-то именно и обладает подобным умом : поэтому она так легко освобождает себя от контроля рынка и советской демократии. На самом деле бюрократия жестоко ошибается в оценке своих духовных ресурсов. В своем творчестве она вынуждена, на самом деле, опираться на пропорции (с таким же правом можно сказать : диспропорции), унаследованные от капиталистической России ; на данные об экономической структуре современных капиталистических наций ; наконец, на опыт успехов и ошибок самого советского хозяйства. Но даже самое правильное комбинирование всех этих элементов может позволить построить лишь крайне несовершенный проволочный каркас плана, не более того.

Бесчисленные живые участники хозяйства, государственные и частные, коллективные и единоличные, должны заявлять о своих нуждах и о своей относительной силе не только через статистические выкладки плановых комиссий, но и непосредственным давлением спроса и предложения. План проверяется и, в значительной мере, осуществляется через рынок. Регулирование самого рынка должно опираться на обнаруживаемые через его посредство тенденции. Предначертания канцелярий должны доказать свою хозяйственную целесообразность через коммерческую калькуляцию. Система переходного хозяйства немыслима без контроля рублем. Это предполагает, в свою очередь, что рубль равен самому себе. Без устойчивой единицы коммерческий расчет способен только увеличить хаос.

Процессы хозяйственного строительства происходят пока еще не в бесклассовом обществе. Вопросы распределения национального дохода составляют центральную ось плана. Она перемещается под непосредственным действием борьбы классов и социальных групп, в том числе и разных слоев самого пролетариата. Важнейшие социальные и экономические вопросы : смычка города и деревни, т. е. баланс того, что промышленность получает от сельского хозяйства, и того, что она дает ему ; взаимоотношение между накоплением и потреблением, между фондом капитального строительства и фондом заработной платы ; регулирование оплаты разных категорий труда (квалифицированные и неквалифицированные рабочие, служащие, специалисты, правящая бюрократия) ; наконец, распределение той доли национального дохода, которая приходится на деревню, между разными слоями крестьянства, – все эти вопросы, по самому существу своему, не допускают априорных решений бюрократии, оградившей себя от вмешательства заинтересованных миллионов.

Борьба жизненных интересов, в качестве основного фактора планирования, вводит нас в царство политики, которая есть концентрированная экономика. Орудиями социальных групп советского общества являются (должны являться) : советы, профессиональные союзы, кооперативы и, прежде всего, правящая партия. Только взаимодействием трех элементов : государственного планирования, рынка и советской демократии, может осуществляться правильное руководство хозяйством переходной эпохи и обеспечиваться – не полное преодоление противоречий и диспропорций в несколько лет (это утопия !), а их смягчение и тем самым упрочение материального базиса диктатуры пролетариата до того момента, как новая победоносная революция расширит арену социалистического планирования и перестроит его систему.

УДУШЕНИЕ НЭПА, ДЕНЕЖНАЯ ИНФЛЯЦИЯ И ЛИКВИДАЦИЯ СОВЕТСКОЙ ДЕМОКРАТИИ

Необходимость введения НЭПа, т. е. восстановления рыночных отношений, определялась в свое время прежде всего наличием 25 миллионов самостоятельных крестьянских хозяйств. Это не значит, однако, что коллективизация уже на первой стадии своей ведет к ликвидации рынка. Коллективизация может быть жизненна лишь в той мере, в какой оставляет в силе личную заинтересованность колхозников, строя их взаимные отношения, как и отношения колхоза с внешним миром, на основах коммерческого расчета. Это значит, что правильная, экономически обоснованная коллективизация на данной стадии должна была вести не к упразднению НЭПа, а лишь к постепенному преобразованию его методов.

Бюрократия пошла, однако, напролом : на первых порах ей могло при этом казаться, что она идет по линии наименьшего сопротивления. Подлинные и неоспоримые успехи централизованных усилий пролетариата она отождествила с успехами своего априорного планирования. Иначе сказать : социалистическую революцию она отождествила с собою. Неразрешенную проблему смычки с деревней она замаскировала административным коллективизированием. Наталкиваясь на диспропорции через НЭП, она ликвидировала НЭП. Рыночные методы она заменила расширением методов принуждения.

Устойчивая денежная единица, в виде червонца, составляла важнейшее орудие НЭПа. В состоянии головокружения бюрократия решила, что она уже стоит обеими ногами на почве экономической гармонии ; что сегодняшние успехи автоматически обеспечивают прогрессию дальнейших успехов и что червонец является не уздой для планового размаха, а, наоборот, самостоятельным источником капиталовложений. Вместо регулирования материальных элементов хозяйственного процесса бюрократия стала затыкать прорехи при помощи печатного станка. Другими словами, она стала на путь « оптимистической » инфляции.

После административного удушения НЭПа пресловутые « шесть условий Сталина » – хозяйственный расчет, сдельная заработная плата и пр. – превращались в пустой набор слов. Хозяйственный расчет немыслим без рыночных отношений. Метром смычки является червонец. Какое значение имеют для рабочего несколько лишних рублей в месяц, если нехватающие жизненные продукты он вынужден покупать на базаре по удесятеренной цене ?

Восстановление базаров явилось признанием несвоевременности ликвидации НЭПа, но признанием эмпирическим, частичным, непродуманным и противоречивым. Называть базары формой « советской » (социалистической ?) торговли, в противовес частной торговле и спекуляции, значит заниматься самообольщением. Базарная торговля даже со стороны колхоза, как целого, является спекуляцией на нужде ближайшего города в предметах продовольствия и, по последствиям своим, ведет к социальной дифференциации, т. е. к обогащению меньшинства более счастливо расположенных колхозов. Но главное место в торговле занимают не колхозы, а отдельные колхозники, наряду с единоличниками. Торговля колхозников, продающих свои избытки по спекулятивным ценам, ведет к дифференциации внутри колхозов. Так базар развивает в « социалистической » деревне центробежные силы.

Упразднив рынок и восстановив азиатские базары, бюрократия создала, в довершение всего, условия самой варварской пляски цен, следовательно, подвела мину и под план, и под коммерческий расчет. Результатом явилось усугубление экономического хаоса.

Параллельно шло начавшееся не вчера окостенение профессиональных союзов, советов и партии. Наталкиваясь на трения между городом и деревней, на требования со стороны разных частей крестьянства и пролетариата, бюрократия все решительнее запрещала какие бы то ни было требования, протесты и критику. Единственное право, которое она в конце концов оставила рабочим, это право превышать производственные задания. Всякая попытка воздействия снизу на хозяйственное руководство немедленно подводится под правый или левый уклон, т. е. практически под уголовное преступление. Бюрократическая верхушка в конце концов объявила себя непогрешимой в сфере социалистического планирования (несмотря на то, что ее сотрудниками и вдохновителями оказывались зачастую злостные вредители). Так оказалась ликвидирована основная механика социалистического строительства – гибкая и эластичная система советской демократии. Пред лицом хозяйственной действительности и ее затруднений бюрократия оказалась вооружена лишь погнутым и измятым проволочным каркасом плана и своей административной волей, тоже изрядно помятой.

http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm

*********************************

LE TEXTE ANGLAIS

Conditions and Methods of Planned Economy

What are the organs of constructing and applying the plan like ? What are the methods of checking and regulating it ? What are the conditions for its success ?

In this connection three systems must be subjected to a brief analysis : (1) special state departments, that is, the hierarchical system of plan commissions, in the centre and locally ; (2) trade, as a system of market regulation ; (3) Soviet democracy, as a system for the living regulation by the masses of the structure of the economy.

If a universal mind existed, of the kind that projected itself into the scientific fancy of Laplace – a mind that could register simultaneously all the processes of nature and society, that could measure the dynamics of their motion, that could forecast the results of their inter-reactions – such a mind, of course, could a priori draw up a faultless and exhaustive economic plan, beginning with the number of acres of wheat down to the last button for a vest. The bureaucracy often imagines that just such a mind is at its disposal ; that is why it so easily frees itself from the control of the market and of Soviet democracy. But, in reality, the bureaucracy errs frightfully in its estimate of its spiritual resources. In its projections it is necessarily obliged, in actual performance, to depend upon the proportions (and with equal justice one may say the disproportions) it has inherited from capitalist Russia, upon the data of the economic structure of contemporary capitalist nations, and finally upon the experience of successes and mistakes of the Soviet economy itself. But even the most correct combination of all these elements will allow only a most imperfect framework of a plan, not more.

The innumerable living participants in the economy, state and private, collective and individual, must serve notice of their needs and of their relative strength not only through the statistical determinations of plan commissions but by the direct pressure of supply and demand. The plan is checked and, to a considerable degree, realized through the market. The regulation of the market itself must depend upon the tendencies that are brought out through its mechanism. The blueprints produced by the departments must demonstrate their economic efficacy through commercial calculation. The system of the transitional economy is unthinkable without the control of the ruble. This presupposes, in its turn, that the ruble is at par. Without a firm monetary unit, commercial accounting can only increase the chaos.

The processes of economic construction are not yet taking place within a classless society. The questions relating to the allotment of the national income compose the central focus of the plan. It shifts with the direct development of the class struggle and that of social groups, and among them, the various strata of the proletariat itself. These are the most important social and economic questions : the link between the city and the village, that is, the balance between that which industry obtains from agriculture and that which it supplies to it ; the interrelation between accumulation and consumption, between the fund for capital construction and the fund for wages ; the regulation of wages for various categories of labour (skilled and unskilled workers, government employees, specialists, the managing bureaucracy) ; and finally the allotment of that share of national income which falls to the village, between the various strata of the peasantry. All these questions by their very nature do not allow for a priori decisions by the bureaucracy, which has fenced itself off from intervention by concerned millions.

The struggle between living interests, as the fundamental factor of planning, leads us into the domain of politics, which is concentrated economics. The instruments of the social groups of Soviet society are – should be : the Soviets, the trade unions, the co-operatives, and in first place the ruling party. Only through the inter-reaction of these three elements, state planning, the market and Soviet democracy, can the correct direction of the economy of the transitional epoch be attained. Only thus can be assured, not the complete surmounting of contradictions and disproportions within a few years (this is utopian !), but their mitigation, and through that the strengthening of the material bases of the dictatorship of the proletariat until the moment when a new and victorious revolution will widen the arena of socialist planning and will reconstruct the system.

Suppression of the NEP, Monetary Inflation, and Liquidation of Soviet Democracy

The need to introduce the NEP, to restore market relationships, was determined first of all by the existence of 25 million independent peasant proprietors. This does not mean, however, that collectivization even in its first stage leads to the liquidation of the market. Collectivization becomes a viable factor only to the extent to which it involves the personal interest of the members of the collective farms, by shaping their mutual relations, and the relations between the collective farms and the outside world, on the basis of commercial calculation. This means that correct and economically sound collectivization at this stage should lead not to the elimination of the NEP but to a gradual reorganization of its methods.

The bureaucracy, however, went the whole way. At first it might have thought that it was taking the road of least resistance. The genuine and unquestionable successes of the centralized efforts of the proletariat were identified by the bureaucracy with the successes of its a priori planning. Or to put it differently : it identified the socialist revolution with itself. By administrative collectivization it masked the unsolved problem of establishing a link with the village. Confronting the disproportions of the NEP, it liquidated the NEP. In place of market methods, it enlarged the methods of compulsion.

The stable currency unit, in the form of the chervonets, constituted the most important weapon of the NEP. While in its state of dizziness, the bureaucracy decided that it was already standing firmly with both feet on the soil of economic harmony, that the successes of today automatically guaranteed the progression of subsequent successes, that the chervonets was not a bridle that checked the scope of the plan but on the contrary provided an independent source of capital funds. Instead of regulating the material elements of the economic process the bureaucracy began to plug up the holes by means of printing presses. In other words, it took to the road of “optimistic” inflation.

After the administrative suppression of the NEP, the celebrated “six conditions of Stalin” – economic accounting, piecework wages, etc. – became transformed into an empty collection of words. Economic accounting is unthinkable without market relations. The chervonets is the yardstick of the link. Of what possible use for the worker can a few extra rubles a month be if he is compelled to purchase the necessities of life in the open market at ten times their former price ?

The restoration of open markets came as an admission of the inopportune liquidation of the NEP, but an admission that was empirical, partial, thoughtless, and contradictory. To label the open markets as a form of “Soviet” (socialist ?) trade, in contrast to private trade and speculation, is to practice self-deception. Open-market trading even on the part of the collective farm as a whole ends up as speculation on the necessities required in the nearest city, and as a result leads to social differentiation, that is, to the enrichment of the minority of the more fortunately situated collective farms. But the chief place in the open market is occupied not by the collectives but by individual members of the collectives and by the independent peasants. The trading of the members of the collective farms, who sell their surplus at speculative prices, leads to differentiation within the collectives. Thus the open market develops centrifugal forces within the “socialist” village.

By eliminating the market and by installing Asiatic bazaars in its place the bureaucracy has created, to consummate everything, the conditions for the wildest gyration of prices, and consequently has placed a mine both under the plan and under commercial calculation. As a result, economic chaos has been redoubled.

Parallel to this the ossification of the trade unions, the Soviets, and the party, which didn’t start yesterday, continues. Coming up against the friction between the city and the village, against the demands from various sections within the peasantry, from the peasantry as a whole, and from the proletariat, the bureaucracy more and more resolutely ruled out any demands, protests, and criticism whatsoever. The only prerogative which it ultimately left to the workers was the right to exceed production limits. Any attempt to influence economic management from below is immediately described as a right or a left deviation, that is, practically made a capital offence. The bureaucratic upper crust in the last analysis, has pronounced itself infallible in the sphere of socialist planning (disregarding the fact that its collaborators and inspirers have turned out often to be criminal plotters and saboteurs). Thus the basic mechanism of socialist construction – the adaptable and elastic system of Soviet democracy – was liquidated. Face to face with the economic reality and its difficulties, the bureaucracy turned out to be armed only with the twisted and collapsed carcass of the plan, with its own administrative will also considerably deflated.

The Soviet Economy in Danger (L. Trotsky, October 1932)

https://www.marxists.org/archive/trotsky/1932/10/sovecon.htm

**************************************************************

SUR LE MÊME THÈME:

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/20/marxisme-leninisme-ou-trotskysme-un-nouveau-debat-sur-lhistoire-de-lurss-et-sa-chute/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/22/de-la-realite-historique-ou-non-selon-trotsky-du-socialisme-en-urss/

 

 ***********************

 

 

 

 

Les Kolkhozes : passé « révolu » ou mémoire révolutionnaire ?

 

 

Comme on vient encore de le voir,

 https://solydairinfo.wordpress.com/2018/08/08/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

 

 

les Kolkhozes ont longtemps été le poumon du développement économique de l’URSS, en assurant le lien entre la ville et la campagne, entre l’agriculture et l’industrie, notamment via les Stations Machines Tracteurs et les nouveaux types d’échanges économiques, de nature communiste, sans intermédiaire monétaire, qui avaient commencé à se nouer autour, et cela jusqu’à la contre-révolution khrouchtchevienne.

Dès 1932, sentant le vent tourner, Trotsky tente une nouvelle attaque contre l’URSS, attaque dont l’économie des Kolkhozes est une des cibles essentielle, et pour cause…

Cherchant à dénigrer ce développement, il traite de « bazars » les marchés de producteurs kolkhoziens…

Ici, quelques vues retrouvées, marchés kolkhoziens de diverses régions et époques, images de ce passé « révolu », mais dont la mémoire reste, elle, révolutionnaire !

 

БАЗАР ИЛИ РЫНОК ?

BAZAR OU MARCHÉ ?

 

 

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Магазины и рынки СССР ( 74 фото )

https://www.fresher.ru/manager_content/6-2017/kakimi-byli-rynki-v-sssr/8.jpg

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

https://x-true.info/uploads/posts/2018-02/medium/1518571487_0.jpg

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

https://i0.wp.com/worldcrisis.ru/pictures/2178846/Union_16.jpg

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a5/%D0%91%D0%B0%D0%B7%D0%B0%D1%80%2C_%D0%91%D0%B5%D0%BD%D0%B4%D0%B5%D1%80%D1%8B%2C_1938_%D0%B3%D0%BE%D0%B4.jpg

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

https://i0.wp.com/statehistory.ru/img_lib2/2017/03/1488318831_e649.jpg

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

https://img-fotki.yandex.ru/get/6603/28101686.26e/0_7ff21_bdac5f21_L

https://zumok.ru/uploads/posts/2017-08/1502029824_image-72.jpg

https://strana-sssr.net/images/sovetskii-bazar.jpg

https://strana-sssr.net/images/torgovlja-na-rynke.jpg

https://i0.wp.com/statehistory.ru/img_lib2/2017/03/1488318832_6fa5.jpg

https://cdn.fishki.net/upload/post/2018/03/25/2548755/03ed3aa462fcee21b29108f8d57631c4.jpg

Рынки Советского Союза: было всё, и даже больше!

***************************

 

 

 

 

 

Inédit de Trotsky : une page d’ Histoire particulièrement révélatrice ! ( Suite – Synthèse )

 

 

 

A découvrir sur

 

FRONT des LAïCS

 

et sur

 

Solydairinfo

 

Une nouvelle synthèse des polémiques récemment développées sur TML :

 

 

Un nouveau débat historique sur l’URSS et la question de sa nature de classe nous a récemment amené à la redécouverte d’un texte de Trotsky, écrit en 1932, et republié en France, en 1933, sous le titre : « L’Économie soviétique en danger, signal d’alarme, le danger menace de plus près ! », supputant manifestement que l’URSS était sur le point de s’effondrer…

 

Étrangement, ce texte n’a jamais été réédité en français, depuis, et reste quasi introuvable, sauf en bibliothèques, avec seulement six exemplaires connus de cette édition française, dont deux seulement en France (Nanterre et BNF).

 

Inaccessible, même sur le net, au commun des mortels autodidacte, donc…

 

L’intérêt historique en était néanmoins apparent par diverses citations, dont l’une, courte mais significative, par Michel « Pablo »-Raptis, dans son étude sur la pensée économique de Trotsky…

 

https://frontdeslaics.wordpress.com/2018/08/08/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2018/08/08/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

 

La synthèse est maintenant également republiée

sur TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

 

 

 

 

 

Inédit de Trotsky : une page d’ Histoire particulièrement révélatrice !

Inédit

 

 

de Trotsky

 

 

 

 

Une page d’Histoire

 

 

particulièrement

 

 

révélatrice !

 

 

L’un de nos lecteurs à l’esprit critique particulièrement acéré, mais fort utilement en l’occurrence, M.Viriato nous a proposé, à la suite de

De la réalité historique (ou non? …selon Trotsky ) du socialisme en URSS

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/22/de-la-realite-historique-ou-non-selon-trotsky-du-socialisme-en-urss/

une traduction française d’un texte de Trotsky actuellement inédit sur le net, en Français. En réalité c’est carrément ce livre de Trotsky, écrit en 1932, et republié en français en 1933, « L’économie soviétique en danger », dont est extrait ce texte, qui est tout simplement introuvable, même en version papier, semble-t-il. Google n’en localise que 6 exemplaires, en bibliothèques, à travers le monde, dont deux en France (Nanterre et BNF). Aucun répertorié disponible, en vente d’occasion…

http://www.worldcat.org/title/economie-sovietique-en-danger-signal-dalarme-le-danger-menace-de-plus-pres-par-l-trotsky/oclc/458398127

Sur le net, nous avons retrouvé la traduction anglaise, incidemment déjà citée dans notre débat, par un extrait de l’article de Raptis-« Pablo », qui s’y réfère dans son étude sur la pensée économique de Trotsky… A partir de là, on peut s’interroger sur les raisons de cette carence des trotskystes français, qui auraient en quelque sorte ainsi « censuré » cette partie essentielle de l’œuvre de leur maître à penser… !!

Bien évidemment, le débat qui a repris sur ce sujet montre que les « inédits » et autres textes « oubliés », que ce soient ceux de Trotsky ou de Mao, comme on l’a également déjà vu, ne sont pas restés « inédits » par hasard ! Ce que la suite du débat a montré, c’est précisément la nécessité d’en revenir au texte russe de Trotsky lui-même, et non à sa « traduction » anglaise, délibérément édulcorée, semble-t-il, si l’on veut réellement comprendre la vraie nature de la pensée économique de Trotsky.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/25/a-propos-dun-texte-de-trotsky-actuellement-inedit-en-traduction-francaise/

 

A présent, ce travail de traduction à partir du texte russe est terminé, et quelques nouvelles précisions s’en dégagent, en guise de conclusion:

 

« Conditions et méthodes de l’économie planifiée

Quels sont les organes de construction et d’application du plan ? Quelles sont les méthodes de contrôle et de régulation ? Quelles sont les conditions de son succès ?

A cet égard, trois systèmes doivent faire l’objet d’une brève analyse : (1) les départements spéciaux de l’Etat, c’est-à-dire le système hiérarchique des commissions de plan, au centre et localement ; (2) le commerce, en tant que système de régulation du marché ; (3) la démocratie soviétique, en tant que système de régulation vivante par les masses de la structure de l’économie.

S’il existait un esprit universel, du type de celui qui se projette dans la fantaisie scientifique de Laplace – un esprit qui pourrait enregistrer simultanément tous les processus de la nature et de la société, qui pourrait mesurer la dynamique de leur mouvement, qui pourrait prévoir les résultats de leurs interactions – un tel esprit, bien sûr, pourrait a priori établir un plan économique sans faille et exhaustif, en commençant par le nombre d’acres de blé jusqu’au dernier bouton pour un gilet. La bureaucratie imagine souvent qu’un tel esprit est à sa disposition ; c’est pourquoi elle se libère si facilement du contrôle du marché et de la démocratie soviétique. Mais, en réalité, la bureaucratie se trompe terriblement dans son estimation de ses ressources spirituelles.

Dans son œuvre, elle est obligée de s’appuyer, en réalité, sur les proportions (et on est même endroit de dire, les disproportions) héritées de la Russie capitaliste, des données de la structure économique des nations capitalistes contemporaines, et finalement de l’expérience des succès et des erreurs de l’économie soviétique elle-même. Mais même la combinaison la plus correcte de tous ces éléments permettra de construire seulement le cadre extrêmement imparfait d’un plan, pas plus.

Les innombrables participants vivants de l’économie, qu’ils soient étatiques ou privés, collectifs ou individuels, doivent déclarer  leurs besoins et leur importance relative, non seulement par l’intermédiaire des calculs statistiques des commissions du plan mais aussi par la pression directe de l’offre et de la demande. Le plan est vérifié et, dans une large mesure, réalisé par le marché. La régulation du marché lui-même doit s’appuyer sur les tendances détectables par son intermédiaire . Les plans directeurs produits par les ministères doivent démontrer leur efficacité économique par des calculs commerciaux. Le système de l’économie de transition est impensable sans le contrôle par le rouble. Cela présuppose, à son tour, un rouble égal à lui-même . Sans une unité (monétaire) stable le prévisionnel commercial ne peut qu’accroître le chaos.

Les processus de construction économique ne se déroulent pas encore au sein d’une société sans classes. Les questions de la répartition du revenu national constituent l’axe central du plan.  Il se déplace sous l’action directe de la lutte de classe et celle des groupes sociaux, y compris les différentes couches du prolétariat lui-même. Ce sont les questions sociales et économiques les plus importantes : le lien entre la ville et le village, c’est-à-dire l’équilibre entre ce que l’industrie obtient de l’agriculture et ce qu’elle lui fournit ; l’interrelation entre l’accumulation et la consommation, entre le fond d’équipement et le fonds pour les salaires ; la régulation des salaires pour différentes catégories de travail ( ouvriers qualifiés et non qualifiés, employés , spécialistes, bureaucratie dirigeante ) ; finalement, la répartition de cette part du revenu national qui revient au village, entre les différentes strates de la paysannerie. Toutes ces questions, de par leur nature même, ne permettent pas les décisions à priori de la bureaucratie, qui s’est mise à l’abri de l’intervention de millions de personnes concernées.

La lutte des intérêts vitaux, en tant que facteur fondamental de la planification, nous introduit dans le royaume de la politique, qui est l’économie concentrée. Les instruments des groupes sociaux de la société soviétique sont – devraient être : les Soviets, les syndicats, les coopératives, et avant tout le parti au pouvoir. Ce n’est seulement que par l’interaction de ces trois éléments, la planification étatique, le marché et la démocratie soviétique, que peut s’effectuer la direction correcte de l’économie de l’époque de transition et que peut être garanti, non pas le dépassement complet des contradictions et des disproportions en quelques années (c’est utopique !), mais leur adoucissement, et par cela même le renforcement de la base matérielle de la dictature du prolétariat jusqu’à ce moment où une nouvelle révolution victorieuse élargira l’arène de la planification socialiste et reconstruira son système. 

ÉTOUFFEMENT DE LA NEP, INFLATION MONÉTAIRE ET LIQUIDATION DE LA DÉMOCRATIE SOVIÉTIQUE

La nécessité d’introduire la NEP, c’est à dire la restauration des rapports de marché, a été déterminée, en son temps, avant tout,par l’existence de 25 millions d’exploitations agricoles indépendantes. Cela ne veut pas dire, pour autant, que la collectivisation, déjà à son premier stade, mène à la liquidation du marché. La collectivisation ne peut être viable que dans la mesure où elle laisse en vigueur l’intérêt personnel des kolkhoziens, en construisant leurs rapports mutuels, comme les rapports des kolkhozes avec le monde extérieur, sur les fondements du calcul commercial. Cela signifie qu’une collectivisation correcte et économiquement justifiée, au stade actuel, ne doit pas mener à l’abrogation de la NEP, mais à une réforme progressive de ses méthodes.

La bureaucratie, néanmoins, est allé directement de l’avant : dans les premiers temps, il pouvait lui sembler, vu ainsi, qu’elle suivait la ligne de moindre résistance. Les succès véridiques et incontestables des forces centralisées du prolétariat, elle les a identifiés aux succès de sa planification à priori. Autrement dit, la révolution socialiste, elle l’a identifiée à elle même. Le problème interdit du lien avec le village, elle l’a masqué par la collectivisation administrative. Etant confrontée aux disproportions à travers la NEP, elle a liquidé la NEP. Les méthodes de marché, elle les a remplacées par l’élargissement des méthodes de contraintes.

Une unité monétaire ferme, sous la forme du Chervonetz, constituait un instrument important de la NEP. En état de vertige, la bureaucratie décida qu’elle se tenait déjà sur ses deux jambes sur le sol de l’harmonie économique ; que les succès d’aujourd’hui garantissaient la progression des futurs succès et que le Chervonetz ne constituait pas un frein à l’envergure du plan, mais au contraire, une source indépendante d’investissements. A la place de la régulation des éléments matériels du processus économique, la bureaucratie a commencé à boucher les accrocs à l’aide de la planche à billets. En d’autres mots, elle a pris le chemin de l’inflation « optimiste ».

Après l’étranglement de la NEP, les fameuses « six conditions de Staline », le calcul économique, le travail aux pièces, etc, se sont changé en un ensemble de paroles vides. Le calcul économique est impensable sans le lien avec le marché. Le Chervonetz est la mesure du cette jonction. Quelle signification peuvent avoir pour l’ouvrier quelques roubles supplémentaires par mois si il est obligé d’acheter les produits vitaux manquants au bazar [marché des producteurs] à un prix décuplé ?

La restauration des bazars est apparue comme l’aveu de l’inopportunité de la liquidation de la NEP, mais un aveu empirique, partiel, improvisé et contradictoire. Appeler les bazars une forme « soviétique » (socialiste?) de commerce, en contrepoids au commerce privé et à la spéculation, cela signifie de l’aveuglement. Le commerce de bazar, même de la part du Kolkhoze, dans son ensemble, constitue une spéculation sur le besoin en produits de ravitaillement de la ville la plus proche, et, par ses conséquences, mène à une différentiation sociale, c’est à dire à l’enrichissement de la minorité des Kolkhozes les plus heureusement situés. Mais en premier lieu ce ne sont pas les Kolkhozes qui font le commerce, mais des Kolkhoziens en particulier, en parallèle des individualistes. Le commerce des Kolkhoziens, en vendant leurs excédents à des prix spéculatifs, mène à une différentiation entre Kolkhozes. Ainsi le bazar développe des forces centrifuges dans le village « socialiste ».

En abolissant le marché et en restaurant les bazars asiatiques, la bureaucratie a créé, comme parachèvement de tout, les conditions de la danse la plus barbare des prix, et, en conséquence, elle a placé une mine et sous le plan et sous le calcul commercial. Il en est résulté une aggravation du chaos économique.

En parallèle s’étendait l’ossification, qui ne date pas d’hier, des syndicats, des soviets et du parti. Se heurtant aux frictions entre la ville et la campagne, aux revendications du côté de différentes parties de la paysannerie et du prolétariat, la bureaucratie interdisait de la façon la plus résolue quelques revendications, protestations et critique que ce soit. Le seul droit qu’elle a finalement laissé aux ouvriers, c’est le droit de dépasser les consignes de production. Chaque tentative d’action de la base sur la conduite de l’économie est immédiatement ramenée à une déviation droitiste ou gauchiste, c’est à dire pratiquement à un délit de droit commun. Finalement le sommet de la bureaucratie s’est déclaré infaillible dans la sphère de la planification socialiste (bien que ses collaborateurs et leaders se soient souvent révélés les pires saboteurs). Ainsi s’est trouvée liquidée la mécanique basique de la construction socialiste – le système adaptable et souple de la démocratie soviétique. Devant la réalité économique et ses difficultés la bureaucratie s’est trouvée seulement armée d’une ébauche de plan déformée et faussée, et de sa volonté administrative, également considérablement meurtrie. »

 

*********************************

 

(Le 07/08/2018)

Maintenant la traduction de ce passage essentiel pour comprendre la nature réelle du trotskysme est terminée, mais néanmoins il reste important de laisser provisoirement les deux versions se recouper…

En effet on peut mesurer à quel point, et surtout sur ces derniers paragraphes, le « traducteur » anglais s’est éloigné du texte russe pour en édulcorer la portée méprisante manifeste du texte de Trotsky, spécifiquement dirigée contre le système des Kolkhozes, et non des « fermes collectives » en général…

Il leur fait délibérément le procès d’intention de mener un commerce « individualiste », et non pas même simplement de se comporter en « paysans indépendants », ou même d’être avec eux sur les marchés (« bazars »), alors qu’évidemment une telle catégorie de « paysans individuels » n’existe plus, à cette époque, ce qui dénote l’inculture politique de ce « traducteur » outre sa mauvaise foi, sauf  pour faire « avaler » ce texte au lecteur anglophone, spéculant, pour le coup, sur son ignorance. Procédé typiquement trotskyste, et c’est même en cela, seulement, qu’il est « fidèle » à son maître! Le terme единоличниками utilisé par Trotsky signifie littéralement « individualistes ». Dans le  contexte, il ne peut donc plus faire allusion aux anciennes exploitations familiales, mais bien aux productions des lopins « individuels » des Kolkhoziens, qui pouvaient tout à fait légitimement vendre leurs excédents sur le marché. Par la suite, les critiques récurrentes (bourgeoises et trotskystes) porteront sur la différence de « rendement » entre lopins et cultures collectives, passant tout à fait à la trappe cette évidence qu’il ne s’agit pas du tout du même type de culture, principalement maraichère et petit élevage, sur les lopins, et de type extensif et céréalière, en collectif. Il est évident que le Kolkhozien ne faisait pas son pain familial à partir de quelques épis de blé semés dans un coin de son jardin, entre les poireaux et les salades, mais ce genre d’évidence « échappe » mystérieusement à ces « experts en soviétologie »!!

Finalement, après avoir travaillé directement sur le texte russe de Trotsky, il apparait précisément nécessaire de souligner l’emploi du mot базар [« bazar »] qu’il utilise pour caractériser les marchés Kolkhoziens, qu’il oppose  expressément ( « bazar asiatique ») à la notion économique globale de « marché » (рынок), comprise comme loi de l’offre et de la demande, autrement dit, la loi du marché. Il est en effet clair que c’est là, pour lui, ici, un moyen de souligner concrètement le rôle « régulateur » qu’il entend faire essentiellement jouer à cette loi, tant dans la définition du plan que dans son application. Et cela tout à fait en conformité et cohérence avec ce qui s’avère être systématiquement le fond de sa pensée économique, et notamment en matière de transition.

Considérer que la loi du marché est l’élément régulateur essentiel de l’économie, en lieu et place de la loi de la valeur, c’est, rappelons le, carrément une inversion de la dialectique marxiste qui définit l’interaction de ces deux lois ( 1 ). Comme on l’a déjà vu lors du premier débat de fond sur la question ( 2 ), cette « inversion »-révision  des fondamentaux du marxisme n’est pas limitée, chez lui, à la problématique de la transition, mais correspond bien à sa prétendue « lecture », « relecture » en réalité, de Marx. Elle n’en constitue, finalement et formellement, qu’une sorte de paraphrase « marxisante », seulement propre à séduire les « intellectuels » petits bourgeois et les ignorants. Elle n’est jamais, malgré ce vernis « rouge », qu’une vulgaire réinterprétation du mythe libéral de la « main du marché »! Et, de plus, comme le souligne Michel « Pablo »-Raptis, un de ses disciples de la toute première heure de la pseudo « IVème Internationale », cela constitue pratiquement une anticipation de ce qu’est aujourd’hui le « socialisme de marché », qui n’est en rien une forme de « socialisme » …sauf pour les trotskystes/ »pablistes », évidemment!! ( 3 )

Bien évidemment, outre ce vice fondamental, la rhétorique de Trotsky se raccroche désespérément à toutes les faiblesses et défauts inévitables de la jeune URSS, pour tenter d’en prédire l’échec prochain, qui eut « justifié » son argumentation et ses vaines tentatives de reprendre pied dans la politique soviétique. Or déjà en 1932 son argumentation contient elle-même sa propre contradiction en reconnaissant les succès de l’économie soviétique, sur le point de décoller, sur la « pente », en réalité très ascendante, qui en fera la seconde puissance mondiale en seulement une douzaine d’années, incluant la seconde guerre mondiale, dont elle sortira encore grandie, même si profondément blessée. Bien entendu, il ne s’agit pas, pour autant, de considérer comme insignifiants les défauts qui, combinés avec les séquelles de la guerre dans les superstructures de l’URSS, finiront par ouvrir la porte aux révisionnistes dont Trotsky n’était, finalement, qu’un précurseur formellement « gauchisant » pour mieux dissimuler le fond de sa pensée.( 4 )

En effet, la politique qu’il propose pour les Kolkhozes, (« Cela ne veut pas dire, pour autant, que la collectivisation, déjà à son premier stade, mène à la liquidation du marché. La collectivisation ne peut être viable que dans la mesure où elle laisse en vigueur l’intérêt personnel des kolkhoziens, en construisant leurs rapports mutuels, comme les rapports des kolkhozes avec le monde extérieur, sur les fondements du calcul commercial. » ) , c’est évidemment et très précisément une « anticipation » de la future politique liquidationniste de Khrouchtchev à l’égard des Kolkhozes ( 5 ), et de ses « réformes », avec leurs conséquences désastreuses sur le plan économique et social, induisant une dépendance irréversible à l’égard des livraisons de blé occidental, et principalement, US, et un recul, également irréversible, des conditions de vie en URSS, seulement provisoirement « soulagé » pendant quelques années « brejneviennes » par la rente pétrolière. ( 6 ). C’est ce que révèle la véritable cassure démographique en URSS, causée principalement non pas par l’effondrement de l’URSS elle-même, qui n’a fait qu’accentuer le phénomène, mais bien par la contre-révolution khrouchtchevienne:

Le seul effet notable du trotskysme, en se prétendant le « meilleur ami critique » de l’URSS, c’est clairement d’avoir ouvert une porte « de gauche » à l’anti-soviétisme et à l’anticommunisme et encore aujourd’hui, en la maintenant ouverte en collusion avec les autres idéologues du système, de les aider à empêcher la reconstruction d’une avant garde prolétarienne marxiste-léniniste.

Avec des « amis » de cet acabit la cause prolétarienne n’aurait guère besoin d’autre ennemis… Malheureusement, ils sont déjà légions, rien que dans le genre faussaires et manipulateurs… Le trotskysme, à lui seul, reste une maladie chronique de la « gauche » française et un mouvement réellement marxiste ne pourra renaitre, en France, sans se libérer complètement d’avec ce mensonge!

Luniterre 

 

( __1   https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf   )

( __2  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/  )

( __3   http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53   )

( __4  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/ 

( __5   https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/   )

( __6   https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/   )

 

 

********************La traduction française des derniers paragraphes, initialement effectuée par de M. Viriato, à partir du texte anglais, donc, ce qui explique les distorsions ici flagrantes…

« L’unité monétaire stable, sous forme de tchervonets, constituait l’arme la plus importante de la NEP. Alors que dans son état de vertige, la bureaucratie a décidé qu’elle se tenait déjà fermement les deux pieds sur le sol de l’harmonie économique, que les succès d’aujourd’hui garantissaient automatiquement la progression des succès ultérieurs, que les tchervonets n’était pas une bride qui vérifiait la portée du plan mais au contraire fournissait une source indépendante de fonds de capitaux. Au lieu de réglementer les éléments matériels du processus économique, la bureaucratie a commencé à boucher les trous au moyen de presses à imprimer. En d’autres termes, il s’est engagé sur la voie de l’inflation « optimiste ».

Après la suppression administrative de la NEP, les célèbres « six conditions de Staline » – comptabilité économique, salaires à la pièce, etc. – s’est transformé en un recueil de mots vides. La comptabilité économique est impensable sans relations avec le marché. Le tchervonets est la mesure du lien. Quelle est l’utilité possible pour le travailleur de quelques roubles supplémentaires par mois s’il est contraint d’acheter les nécessités de la vie sur le marché libre à dix fois leur ancien prix ?

La restauration de l’ouverture des marchés est venue comme un aveu de la liquidation inopportune de la NEP, mais un aveu empirique, partiel, irréfléchi et contradictoire. Qualifier les marchés ouverts comme une forme de commerce « soviétique » (socialiste ?), par opposition au commerce privé et à la spéculation, c’est pratiquer l’auto-illusion. Le commerce à marché ouvert, même de la part de la ferme collective dans son ensemble, finit par devenir une spéculation sur les nécessités requises dans la ville la plus proche, ce qui conduit à une différenciation sociale, c’est-à-dire à l’enrichissement de la minorité des fermes collectives les plus fortunées. Mais la principale place sur le marché libre n’est pas occupée par les collectifs mais par les membres individuels des collectifs et par les paysans indépendants. Le commerce des membres des fermes collectives, qui vendent leurs surplus à des prix spéculatifs, conduit à une différenciation au sein des collectifs. Ainsi, le marché ouvert développe des forces centrifuges au sein du village « socialiste ».

En éliminant le marché et en installant des bazars asiatiques à sa place, la bureaucratie a créé, pour tout consommer, les conditions de la giration la plus sauvage des prix, et par conséquent a placé une mine à la fois sous le plan et sous le calcul commercial. En conséquence, le chaos économique a été redoublé.

Parallèlement, l’ossification des syndicats, des Soviétiques et du parti, qui n’a pas commencé hier, se poursuit. Face aux frictions entre la ville et le village, face aux revendications des différentes sections de la paysannerie, de l’ensemble de la paysannerie et du prolétariat, la bureaucratie a de plus en plus résolument écarté toute revendication, protestation et critique quelle qu’elle soit. La seule prérogative qu’elle a finalement laissée aux travailleurs était le droit de dépasser les limites de production. Toute tentative d’influencer la gestion économique par le bas est immédiatement décrite comme une déviation vers la droite ou vers la gauche, c’est-à-dire comme un crime passible de la peine capitale. La haute croute bureaucratique, en dernière analyse, s’est prononcée infaillible dans le domaine de la planification socialiste (sans tenir compte du fait que ses collaborateurs et inspirateurs se sont souvent révélés être des complices et des saboteurs criminels).

Ainsi, le mécanisme de base de la construction socialiste – le système adaptable et élastique de la démocratie soviétique – a été liquidé. Face à la réalité économique et à ses difficultés, la bureaucratie s’est avérée n’être armée que de la carcasse tordue et effondrée du plan, avec sa propre volonté administrative également considérablement déflatée. »

 

 

LE TEXTE RUSSE D’ORIGINE:

 

УСЛОВИЯ И МЕТОДЫ ПЛАНОВОГО ХОЗЯЙСТВА

Каковы органы построения и проведения плана? Каковы методы его проверки и регулирования? Каковы условия его успешности?

Три системы приходится подвергнуть в этой связи краткому рассмотрению: 1) специальные государственные органы, т. е. иерархическую систему плановых комиссий, в центре и на местах; 2) торговлю, как систему рыночного регулирования; 3) советскую демократию, как систему живого воздействия масс на структуру хозяйства.

Если б существовал универсальный ум, рисовавшийся научной фантазии Лапласа: ум, регистрирующий одновременно все процессы природы и общества, измеряющий динамику их движения, предугадывающий результаты их взаимодействия, – такой ум мог бы, конечно, априорно построить безошибочный и законченный хозяйственный план, начиная с числа гектаров пшеницы и кончая пуговицей на жилете. Правда, бюрократии нередко кажется, что она-то именно и обладает подобным умом: поэтому она так легко освобождает себя от контроля рынка и советской демократии. На самом деле бюрократия жестоко ошибается в оценке своих духовных ресурсов. В своем творчестве она вынуждена, на самом деле, опираться на пропорции (с таким же правом можно сказать: диспропорции), унаследованные от капиталистической России; на данные об экономической структуре современных капиталистических наций; наконец, на опыт успехов и ошибок самого советского хозяйства. Но даже самое правильное комбинирование всех этих элементов может позволить построить лишь крайне несовершенный проволочный каркас плана, не более того.

Бесчисленные живые участники хозяйства, государственные и частные, коллективные и единоличные, должны заявлять о своих нуждах и о своей относительной силе не только через статистические выкладки плановых комиссий, но и непосредственным давлением спроса и предложения. План проверяется и, в значительной мере, осуществляется через рынок. Регулирование самого рынка должно опираться на обнаруживаемые через его посредство тенденции. Предначертания канцелярий должны доказать свою хозяйственную целесообразность через коммерческую калькуляцию. Система переходного хозяйства немыслима без контроля рублем. Это предполагает, в свою очередь, что рубль равен самому себе. Без устойчивой единицы коммерческий расчет способен только увеличить хаос.

Процессы хозяйственного строительства происходят пока еще не в бесклассовом обществе. Вопросы распределения национального дохода составляют центральную ось плана. Она перемещается под непосредственным действием борьбы классов и социальных групп, в том числе и разных слоев самого пролетариата. Важнейшие социальные и экономические вопросы: смычка города и деревни, т. е. баланс того, что промышленность получает от сельского хозяйства, и того, что она дает ему; взаимоотношение между накоплением и потреблением, между фондом капитального строительства и фондом заработной платы; регулирование оплаты разных категорий труда (квалифицированные и неквалифицированные рабочие, служащие, специалисты, правящая бюрократия); наконец, распределение той доли национального дохода, которая приходится на деревню, между разными слоями крестьянства, – все эти вопросы, по самому существу своему, не допускают априорных решений бюрократии, оградившей себя от вмешательства заинтересованных миллионов.

Борьба жизненных интересов, в качестве основного фактора планирования, вводит нас в царство политики, которая есть концентрированная экономика. Орудиями социальных групп советского общества являются (должны являться): советы, профессиональные союзы, кооперативы и, прежде всего, правящая партия. Только взаимодействием трех элементов: государственного планирования, рынка и советской демократии, может осуществляться правильное руководство хозяйством переходной эпохи и обеспечиваться – не полное преодоление противоречий и диспропорций в несколько лет (это утопия!), а их смягчение и тем самым упрочение материального базиса диктатуры пролетариата до того момента, как новая победоносная революция расширит арену социалистического планирования и перестроит его систему.

УДУШЕНИЕ НЭПА, ДЕНЕЖНАЯ ИНФЛЯЦИЯ И ЛИКВИДАЦИЯ СОВЕТСКОЙ ДЕМОКРАТИИ

Необходимость введения НЭПа, т. е. восстановления рыночных отношений, определялась в свое время прежде всего наличием 25 миллионов самостоятельных крестьянских хозяйств. Это не значит, однако, что коллективизация уже на первой стадии своей ведет к ликвидации рынка. Коллективизация может быть жизненна лишь в той мере, в какой оставляет в силе личную заинтересованность колхозников, строя их взаимные отношения, как и отношения колхоза с внешним миром, на основах коммерческого расчета. Это значит, что правильная, экономически обоснованная коллективизация на данной стадии должна была вести не к упразднению НЭПа, а лишь к постепенному преобразованию его методов.

Бюрократия пошла, однако, напролом: на первых порах ей могло при этом казаться, что она идет по линии наименьшего сопротивления. Подлинные и неоспоримые успехи централизованных усилий пролетариата она отождествила с успехами своего априорного планирования. Иначе сказать: социалистическую революцию она отождествила с собою. Неразрешенную проблему смычки с деревней она замаскировала административным коллективизированием. Наталкиваясь на диспропорции через НЭП, она ликвидировала НЭП. Рыночные методы она заменила расширением методов принуждения.

Устойчивая денежная единица, в виде червонца, составляла важнейшее орудие НЭПа. В состоянии головокружения бюрократия решила, что она уже стоит обеими ногами на почве экономической гармонии; что сегодняшние успехи автоматически обеспечивают прогрессию дальнейших успехов и что червонец является не уздой для планового размаха, а, наоборот, самостоятельным источником капиталовложений. Вместо регулирования материальных элементов хозяйственного процесса бюрократия стала затыкать прорехи при помощи печатного станка. Другими словами, она стала на путь « оптимистической » инфляции.

После административного удушения НЭПа пресловутые « шесть условий Сталина » – хозяйственный расчет, сдельная заработная плата и пр. – превращались в пустой набор слов. Хозяйственный расчет немыслим без рыночных отношений. Метром смычки является червонец. Какое значение имеют для рабочего несколько лишних рублей в месяц, если нехватающие жизненные продукты он вынужден покупать на базаре по удесятеренной цене?

Восстановление базаров явилось признанием несвоевременности ликвидации НЭПа, но признанием эмпирическим, частичным, непродуманным и противоречивым. Называть базары формой « советской » (социалистической?) торговли, в противовес частной торговле и спекуляции, значит заниматься самообольщением. Базарная торговля даже со стороны колхоза, как целого, является спекуляцией на нужде ближайшего города в предметах продовольствия и, по последствиям своим, ведет к социальной дифференциации, т. е. к обогащению меньшинства более счастливо расположенных колхозов. Но главное место в торговле занимают не колхозы, а отдельные колхозники, наряду с единоличниками. Торговля колхозников, продающих свои избытки по спекулятивным ценам, ведет к дифференциации внутри колхозов. Так базар развивает в « социалистической » деревне центробежные силы.

Упразднив рынок и восстановив азиатские базары, бюрократия создала, в довершение всего, условия самой варварской пляски цен, следовательно, подвела мину и под план, и под коммерческий расчет. Результатом явилось усугубление экономического хаоса.

Параллельно шло начавшееся не вчера окостенение профессиональных союзов, советов и партии. Наталкиваясь на трения между городом и деревней, на требования со стороны разных частей крестьянства и пролетариата, бюрократия все решительнее запрещала какие бы то ни было требования, протесты и критику. Единственное право, которое она в конце концов оставила рабочим, это право превышать производственные задания. Всякая попытка воздействия снизу на хозяйственное руководство немедленно подводится под правый или левый уклон, т. е. практически под уголовное преступление. Бюрократическая верхушка в конце концов объявила себя непогрешимой в сфере социалистического планирования (несмотря на то, что ее сотрудниками и вдохновителями оказывались зачастую злостные вредители). Так оказалась ликвидирована основная механика социалистического строительства – гибкая и эластичная система советской демократии. Пред лицом хозяйственной действительности и ее затруднений бюрократия оказалась вооружена лишь погнутым и измятым проволочным каркасом плана и своей административной волей, тоже изрядно помятой.

http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm

 

********************************************

 

 

A propos du texte inédit de Trotsky : Nouvelle mise à jour importante, au 04/08/2018

.

.

.

.

Nouvelle mise à jour

importante le 04/08/2018

>>>Publication d’une partie significative

de la traduction effectuée directement

à partir du texte russe de Trotsky!

+Nouvel ajout, au 06/08/2018…

 

La traduction n’est pas encore tout à fait terminée, mais, néanmoins, en arrivant à ce stade, il est important de laisser provisoirement les deux versions se recouper…

En effet on peut mesurer à quel point, et surtout sur ces derniers paragraphes, le « traducteur » anglais s’est éloigné du texte russe pour en édulcorer la portée méprisante manifeste du texte de Trotsky, spécifiquement dirigée contre le système des Kolkhozes, et non des « fermes collectives » en général…

Il leur fait délibérément le procès d’intention de mener un commerce « individualiste », et non pas même simplement de se comporter en « paysans indépendants », ou même d’être avec eux sur les marchés (« bazars »), alors qu’évidemment une telle catégorie de « paysans individuels » n’existe plus, à cette époque, ce qui dénote l’inculture politique de ce « traducteur » outre sa mauvaise foi, sauf  pour faire « avaler » ce texte au lecteur anglophone, spéculant, pour le coup, sur son ignorance. Procédé typiquement trotskyste, et c’est même en cela, seulement, qu’il est « fidèle » à son maître! Le terme единоличниками utilisé par Trotsky signifie littéralement « individualistes ». Dans le  contexte, il ne peut donc plus faire allusion aux anciennes exploitations familiales, mais bien aux productions des lopins « individuels » des Kolkhoziens, qui pouvaient tout à fait légitimement vendre leurs excédents sur le marché. Par la suite, les critiques récurrentes (bourgeoises et trotskystes) porteront sur la différence de « rendement » entre lopins et cultures collectives, passant tout à fait à la trappe cette évidence qu’il ne s’agit pas du tout du même type de culture, principalement maraichère et petit élevage, sur les lopins, et de type extensif et céréalière, en collectif. Il est évident que le Kolkhozien ne faisait pas son pain familial à partir de quelques épis de blé semés dans un coin de son jardin, entre les poireaux et les salades, mais ce genre d’évidence « échappe » mystérieusement à ces « experts en soviétologie »!!

Luniterre

(+au 27/07/2018>>> voir *Addenda ,  dans l’article)

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/25/a-propos-dun-texte-de-trotsky-actuellement-inedit-en-traduction-francaise/