Syrie

Le « Pschitt » final du pseudo-« Rojava » et du révisionnisme de Bookchin-Öcalan

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Le « Pschitt » final du pseudo-« Rojava »

et du révisionnisme

de Bookchin-Öcalan

 

 

La pitoyable mais indispensable volte-face du PYD/PKK concernant ses alliances en Syrie est une illustration on ne peut plus lumineuse de la cohérence des analyses développées sur TML concernant la situation actuelle de la crise du système capitaliste-impérialiste mondial et de l’évolution des rapports de forces.

 

Les forces politiques prétendant s’exprimer au nom du prolétariat ayant depuis longtemps abandonné les fondamentaux du Marxisme-Léninisme se sont trouvées réduites pratiquement à néant et les organisations groupusculaires résiduelles qui prétendaient continuer le combat en sont venues pour survivre à passer des alliances sans bases de classe réelles et surtout sans analyse ni de classe ni du stade de développement économique des forces en présences, ni de leur rôle réel dans le monde actuel.

 

La complaisance de la bourgeoisie impérialiste « libérale » à l’égard des idéologies gauchistes « libertaires » a permis à leurs tenants de se draper d’une apparence de légitimité « révolutionnaire » dont ils étaient, pour certains, les dupes « sincères » et bien involontaires, mais pour d’autres, et notamment la plupart des cadres de ces mouvements, les manipulateurs opportunistes et plus ou moins habiles, selon les cas…

 

Au moment où cette comédie déjà devenue dramatique et même sanglante depuis des années en Syrie tourne à nouveau à la tragédie, apparaît encore plus nettement ce que ces gauchistes opportunistes refusaient de voir : les seules forces anti-impérialistes encore en état de résister et même de contre-attaquer sont celles des bourgeoisies nationales que l’impérialisme US n’a pas encore réussi à réduire, et à la tête desquelles se trouve la Russie.

 

En Europe occidentale, les forces « de gauche » qui se prétendent « anti-impérialistes » mais appellent de fait soit à la Kollaboration de classe avec l’impérialisme US, soit avec le social-impérialisme chinois se trouvent maintenant potentiellement démasquées, et d’autant plus que depuis la « résolution » du Parlement Européen du 19 Septembre dernier concernant la « mémoire » de la lutte antifasciste de la 2ème GM elles se sont révélées incapables d’assumer pleinement la Victoire de l’URSS acquise grâce aux forces productives nées du développement de l’économie socialiste sous l’impulsion politique de Joseph Staline.

 

Et cela alors que la bourgeoisie nationale russe, elle, assume pleinement et revendique même hautement l’héritage de cette victoire ! Bien évidemment, elle tend à en mettre en valeur essentiellement l’aspect patriotique et nationaliste, mais cela inclus aussi, de fait, le développement des forces productives socialistes de l’époque, ce que nos opportunistes sociaux-chauvins et néo-thoreziens pseudos « marxistes-léninistes » en France sont bien dans l’incapacité de faire, et pour cause… !

 

L’opportunisme local du pseudo- « Rojava » se réclame, quant à lui, de l’idéologie de Murray Bookchin, un « théoricien » US originellement communiste, passé par à peu près toutes les phases de dégénérescence révisionniste, à commencer par le trotskysme, pour finir « communaliste » dans une lignée écolo-libérale-libertaire du plus grand confusionnisme, mais en ayant donc contribué essentiellement à la dégénérescence révisionniste d’Öcalan, leader du PKK/PYD, un mouvement déjà auparavant grandement contaminé par la dégénérescence révisionniste maoïste, qui incluait déjà une forme de « socialisme » communaliste utopique, ayant, sur le terrain, en Chine, entraîné la mort de 16,5 millions de personnes, très officiellement, et possiblement le double, selon certaines études.

 

Pour en finir avec toutes ces impasses, souvent tragiques, auxquelles mènent ces formes de révisionnisme, que ce soit le maoïsme, le trotskysme, le thorezisme ou le révisionnisme « libertaire » de Bookchin-Öcalan, il n’y a pas de chemin plus court que celui qui nous ramène à l’étude des fondamentaux du ML, en vue d’acquérir la capacité collective d’analyse des situations concrètes et d’une expression politique directement compréhensible par le prolétariat et les classes populaires, sans détour opportuniste d’aucune sorte, « frexit », « nouveau CNR », « démocratie nouvelle », ou autre.

 

La force politique du prolétariat est à reconstruire à partir de zéro, et non à partir des groupuscules résiduels actuels, qu’ils soient maoïstes, trotskystes, gauchistes ou sociaux-chauvins néo-thoreziens.

 

Une des premières bases d’unification et d’action militante devrait logiquement être le soutien aux luttes anti-impérialistes actuelles, en tenant pleinement compte du fait qu’elles sont encore principalement à l’initiative des bourgeoisies nationales survivantes, et en premier lieu, de la bourgeoisie nationale russe.

 

Luniterre

 

PS >>> en republication, à la suite, un article initialement paru sur Solydairinfo, quelques jours seulement avant l’agression turque contre la Syrie, et critiquant spécifiquement une de ces formes de révisionnisme caractéristique d’un groupuscule pseudo- « marxiste-léniniste » cherchant à justifier « théoriquement » son soutien à la manœuvre impérialiste US dite « Rojava », actuellement en déconfiture totale…

 

Et encore à la suite, un reportage sur le terrain diffusé par France-Culture et qui montre, précisément, les limites et la réalité de l’ « utopie » au pseudo- « Rojava »!

 

 

 

Le « ROCML », une nouvelle forme de révisionnisme

 

Le « Rojava » en 2019 !!!

 

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2019/10/06/le-rocml-une-nouvelle-forme-de-revisionnisme/

EN RÉPONSE A UN ARTICLE DU SITE « ROCML » >>>

 ROCML – IMPERIALISME – Septembre 2019

Un gros travail d’approche de la question impérialiste actuelle, et fort bien documenté…

Dommage que ce soit pour en arriver à une conclusion aussi grossièrement révisionniste…

Et en apparence également grossièrement contradictoire avec votre soutien à la prétendue « cause nationale kurde » dans la zone (à l’Est de l’Euphrate) encore actuellement occupée par les forces impérialistes US et françaises en Syrie, et rebaptisée « Rojava »…(1)

Dans cette zone d’occupation sous l’autorité des armées franco-US, appliquée sur le terrain par leurs proxys se drapant abusivement du drapeau kurde, vous prétendez donc, non moins abusivement, soutenir une cause de libération nationale, alors qu’au terme de votre laborieuse « analyse » vous arrivez à en conclure sur des positions clairement gauchistes, niant ce même droit à la libération et à l’indépendance nationale, et pour cause…

Vous en arrivez à une pseudo « définition » de l’impérialisme qui s’écarte expressément de celle de Lénine et Staline, pour aboutir à celle que le gauchiste Bibeau impute à Rosa Luxemburg (*):

« Nous ne nous soucions pas de savoir qui a attaqué en premier, qui est « l’agresseur » ou les « raisons » de chaque capitale nationale impliquée. Parce que la question sous-jacente est que l’impérialisme n’est pas la politique d’un État ou d’un groupe d’États déterminés, c’est une phase du développement capitaliste mondial, un degré de développement du capitalisme dans son ensemble. Et l’ensemble détermine les partis : il n’y a pas d’État ou de bourgeoisie qui ne soit impérialiste, car aucun d’entre eux ne peut ignorer les conditions générales. Aucune capitale nationale ne peut se développer librement à l’intérieur des frontières de ses États. Elle doit « sortir » – et par conséquent jouer et entrer en collision dans le jeu impérialiste mondial – pour assurer les conditions de sa propre reproduction et de son accumulation. »

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/peut-on-planifier-le-developpement-215353

Dans cette définition particulièrement caricaturale, qui plait tant à M. Bibeau et ses semblables, il est clair que toutes les nations étant impérialistes parce qu’intégrées à l’économie mondiale, il n’y a donc plus sur Terre que des nations impérialistes et donc en réalité plus d’impérialisme du tout ! C’est une négation, en réalité, de la notion d’impérialisme elle-même.

Alors que la domination impérialiste est clairement, il faut donc le rappeler pour vous, le résultat de la domination du capital financier, et de la domination mondiale des pôles financiers les plus importants, qui dominent effectivement les autres nations par l’exportation massive de leurs capitaux.

Bien évidemment, ce sont les flux de capitaux financiers drainant la plus-value extraite du prolétariat des nations dominées vers les pôles impérialistes qui indiquent la localisation et l’identification de ces pôles.

Ranger dans le camp « impérialiste » une nation, même aussi importante que la Russie, qui, depuis 2014, n’exporte quasiment plus de capitaux, sauf évasion fiscale, et en importe encore très peu, mais toujours bien davantage qu’elle n’en exporte, et avec une balance qui est donc déficitaire de manière chronique, et non pas occasionnelle ou « volatile » selon vos termes, c’est donc aboutir également à une négation de la définition de l’impérialisme.

Les flux de plus-value extraite du prolétariat russe par le capital financier international restent donc néanmoins dérisoires, de par le fait de cette situation, suite aux « sanctions » à répétition depuis 2014, et dans ces condition il est clair que le caractère « national » de la bourgeoisie russe tend plutôt à se renforcer qu’à se réduire.

Faire cette analyse évidente n’a rien à voir avec une quelconque « nostalgie de l’URSS », car l’analyse ML de l’URSS postérieure à la contre-révolution de 1953-56 amène déjà à caractériser celle-ci comme un État de bourgeoisie nationale-bureaucratique, à l’instar de la Chine maoïste antérieure à 1972 (Accords Mao-Nixon), même si avec un parcours historique évidemment très différent ! (2 )

Pour vous en sortir avec cette pitoyable rhétorique qui est la vôtre, vous voilà donnant également une définition tout à fait caricaturale et ridicule de ce que peut être une bourgeoisie « nationale »…

« Par bourgeoisie nationale on entend ici une bourgeoisie dont les intérêts seraient en contradiction (et non en simple concurrence) avec les bourgeoisies impérialistes en général. Or cette caractérisation réduit fortement le périmètre d’une éventuelle bourgeoisie nationale, incluant tout au plus des entreprises d’envergure réduite, aux techniques de production de complexité limitée. »

Alors que Marx notait déjà, en 1847, et donc bien avant le développement du stade impérialiste, dans le Manifeste :

« Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations.

Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays.

Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour. Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l’adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n’emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe. »

Il n’y a donc, à l’évidence, mais qu’il est donc nécessaire de vous rappeler, jamais eu de « bourgeoisie nationale chimiquement pure » telle que vous prétendez la définir.

Pour tenter de justifier votre propos vous essayez, de manière à la fois tout à fait dogmatique et idéaliste de faire porter le débat éventuel sur la question de limite entre les différents stade du capitalisme, alors que Lénine nous explique précisément ce qu’il en est:

« Inutile de dire, évidemment, que toutes les limites sont, dans la nature et dans la société, conventionnelles et mobiles; qu’il serait absurde de discuter, par exemple, sur la question de savoir en quelle année ou en quelle décennie se situe l’instauration « définitive » de l’impérialisme. »

L imperialisme stade supreme du capitalisme – Lenine – 1916

http://marx.be/fr/content/vii-limperialisme-stade-particulier-du-capitalisme

Mais ce qui est évidemment inutile pour Lénine vous est donc absolument indispensable pour votre dérisoire « démonstration » !

Il est évident qu’il n’est pas de bourgeoisie, « nationale » ou même « comprador », comme le montre l’exemple de la Chine, qui n’aspire à devenir elle-même un pôle impérialiste, fut-il « secondaire »…

Tout est à la fois une question de type de développement, d’accumulation de capital financier, et en fin de compte, de rapport de force.

Mais ce qui caractérise non pas la prétendue « limite », mais l’évolution d’un type à l’autre, c’est donc la dialectique d’accumulation de forces, productives et financières, et les sauts « qualitatifs » auxquels elle peut mener.

Le tableau que vous citez, mis en relation avec les flux actuels et les capitalisations boursières aux principaux pôles (3), démontre précisément le contraire de votre propos !

Il y a bien une différence de stade de développement capitaliste entre la Chine et la Russie.

Bien évidemment, l’État de « bourgeoisie nationale » ne peut être que précaire et transitoire, et n’en réduit pas pour autant la contradiction entre bourgeoisie et prolétariat.

Le front uni possible est donc lui-même précaire et transitoire et ne doit en rien empiéter sur l’autonomie politique et organisationnelle du prolétariat, ce que Lénine avait déjà parfaitement défini en son temps, dans le principe, et qui n’est à réactualiser que dans les formes d’application, essentiellement.

Le front uni n’exclut donc pas, bien au contraire, l’établissement d’un rapport de force entre bourgeoisie nationale et prolétariat, ce qui fait logiquement et naturellement partie de la dialectique du front uni.

Mais quoi qu’il en soit, c’est donc selon les circonstances particulières de chaque pays opprimé concerné, et le résultat concret de la rhétorique du «  ROCML » , particulièrement confuse, par nécessité, ne semble donc viser qu’à valider « théoriquement » , au prix de nier, en pratique, la Résistance nationale syrienne appuyée par la Russie, la politique de Kollaboration de classe avec l’impérialisme, promue en Syrie sous le vocable de « Rojava- « Kurdistan de l’Ouest » »( 4 ), et tout cela prétendument au nom du «marxisme-léninisme », on ne peut plus grossièrement « révisé » pour la circonstance !

Pablo Leonidas

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(* Citation vraisemblablement entièrement apocryphe, dont M. Bibeau lui-même et incapable de nous préciser l’origine réelle, bien qu’elle résume l’essentiel de sa « pensée » politique!)

(__1  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/08/tout-ca-pour-ca-ou-les-eternels-demons-kollabos-de-la-petite-bourgeoisie-maoiste/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/23/les-lecons-dafrin-pour-en-finir-avec-le-mcdo-marxisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/29/syrie-liberation-de-la-ghouta-et-pschiiit-du-mythe-rojava/    )

(__2  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/      )

(__3  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee/   )

(__4  http://www.kedistan.net/wp-content/uploads/2015/10/charte-tev-dem.pdf     )

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/03/ba870-capture16.jpg

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Kurdes de Syrie : le crépuscule du Rojava

 

10/10/2019 (mis à jour à 16:21)

Par Eric Biegala

L’armée turque est entrée au nord-est de la Syrie, le Président Erdogan profitant du retrait américain ordonné par Donald Trump. Cette offensive devrait entraîner la disparition d’un régime politique original établi par les Kurdes, construit sur les bases d’une utopie libertaire : le communalisme.

Des femmes syriennes s'enfuient sous les bombardements turcs sur la ville de Ras al-Ain, dans le nord-est de la Syrie, dans la province de Hasakeh, le long de la frontière turque, le 9 octobre 2019.

Des femmes syriennes s’enfuient sous les bombardements turcs sur la ville de Ras al-Ain, dans le nord-est de la Syrie, dans la province de Hasakeh, le long de la frontière turque, le 9 octobre 2019.• Crédits : Delil SouleimanAFP

Trois petits jours, à peine, auront suffi au Président turc Recep Tayyip Erdoğan pour mettre ses menaces à exécution et lancer l’opération armée « Source de paix » contre les Kurdes de Syrie, dans le nord-est du pays. Trois jours après que le Président américain lui aura donné son accord formel, dimanche dernier, et quand bien même Donald Trump a pu sembler se raviser depuis, allant jusqu’à se risquer à mettre en garde son homologue turc. Un premier bilan des frappes visant les positions des YPG, les Unités de protection du peuple kurde, fait état d’une dizaine de morts, dont des civils, des blessés mais aussi des milliers de déplacés fuyant les zones bombardées. Sans parler de la résurgence possible de l’organisation Etat Islamique. Une utopie sociale mis en pratique dans la région est aussi menacée : la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord.

Les Kurdes et le régime syrien

Lorsque, à la mi-2012, les troupes de Bachar al-Assad décident d’évacuer la quasi totalité des provinces nord et nord-est de Syrie, laissant toute la zone aux Kurdes, le régime fait le pari que ces derniers préserveront la région des avancées de la rébellion. C’est un pari risqué : si les Kurdes de Syrie ne revendiquent pas une indépendance stricto sensu, ils entendent tout de même administrer leur territoire de façon autonome et suivant les principes d’une idéologie bien précise : celle du PKK, ancien « compagnon de route » du régime syrien.

 Crédits : Visactu

A vrai dire, si Bachar-el-Assad et avant lui la Syrie baathiste de son père, Hafez el-Assad, n’ont jamais fait de cadeau aux 1,5 millions de Kurdes de Syrie, réprimant sans vergogne toute velléité d’autonomie voire seulement de liberté d’usage de la langue, ils ont en revanche soutenu, financé, armé et entraîné les rebelles kurdes de Turquie, ceux du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) depuis 1981 et jusqu’en 1998. C’est en effet à partir du territoire syrien que les militants armés du PKK lancent leurs premières attaques en Turquie en 1984. Jusqu’à l’automne 1998, le leader du PKK lui-même, Abdullah Öcalan, a sa résidence permanente à Damas. Quant à ses cadres, on les rencontre régulièrement dans les quelques grands hôtels de la capitale syrienne où ils ont pris pension, très vraisemblablement aux frais du régime. 

 

Or, le parti kurde le plus important dans le nord-syrien en 2012, celui à qui le régime laisse les clefs de la région, est le PYD : le Partiya Yekita Demokrat, ou Parti de l’Union Démocratique. Parti kurde syrien mais surtout « parti-frère » du PKK, construit dans le pays par des cadres du PKK sur le même modèle, avec la même idéologie. Comme le PKK, le PYD est aussi flanqué d’une branche armée, sa milice : les Unités de Protection du Peuple ou Yekîneyên Parastina Gel (YPG). Depuis les premières manifestations de défiance envers le régime syrien, vite transformées en rébellion armée, ces miliciens de l’YPG se sont davantage retrouvés du côté de la répression des manifestations que de leur organisation, n’hésitant pas à détruire complètement quelque centre communautaire, ou le QG d’une formation politique d’opposition au régime.

Quand celui-ci évacue quasi complètement le nord et le nord-est du pays, le PYD et les YPG investissent les centres du pouvoir administratif ou économique et contrôlent le terrain sur trois régions, correspondant approximativement aux zones où la population est majoritairement kurde : le gouvernorat d’Al-Hasakeh, à l’extrême nord-est, région frontalière de l’Irak et de la Turquie ; le district de Kobanî sur la frontière turque et celui d’Afrine au Nord-Ouest du pays, lui aussi frontalier de la Turquie au Nord et à l’Ouest. Ces trois « cantons » constituent la base de ce « Rojava » ou Rojavayê Kurdistanê en langue kurde, c’est-à-dire Kurdistan occidental

Le régime de Bachar al-Assad a conservé, jusqu’à aujourd’hui, une présence résiduelle dans le gouvernorat d’Al Hasakah : il y tient l’aéroport de Qamishli, où les avions de Damas atterrissent encore régulièrement ; quelques quartiers de la ville s’étageant jusqu’à la frontière turque, ainsi que la base militaire d’artillerie de Kawkab, 7 km à l’est de l’autre vraie ville du gouvernorat : Al-Hasakah. Une sorte de modus vivendi y a été trouvé avec les Kurdes qui n’ont jamais vraiment pris le parti de la rébellion et l’ont même combattue à l’occasion. C’est aussi dans ce gouvernorat d’Al-Hasakah que se trouvent une partie des ressources d’hydrocarbures du pays. Des ressources qui seront exploitées par les Kurdes, lesquels – comme d’autres acteurs du conflit syrien dès qu’ils mettront la main dessus – vendront ce pétrole et ce gaz naturel au principal acheteur possible dans la région : le régime lui-même !

Lorsque le PYD et ses YPG se retrouvent maître des trois cantons du Rojava, à l’été 2012 et surtout à partir de mars 2013, les transferts de combattants et surtout de cadres du PKK en provenance de Turquie ou du nord Irakien (où le groupe armé dispose de bases arrières) vont se poursuivre, voire se multiplier. En Turquie, en effet, l’heure est à la détente, voire à la paix. Le chef du PKK Abdullah Öcalan, embastillé dans l’île-prison d’Imrali au sud d’Istanbul depuis 1999, et le pouvoir de Recep Tayyip Erdoğan ont entamé des discussions baptisées « processus de résolution ». A l’été 2013, le leader du PYD, Saleh Muslim est même officiellement invité à Istanbul par le ministre des Affaires étrangères turc pour y participer. Ces pourparlers prévoient un arrêt de la lutte armée en Turquie et un retrait des combattants du PKK hors du territoire turc. Ceux-ci se replient en effet, en nombre, sur le nord-irakien et surtout dans le Rojava syrien… Résultat de quoi, une bonne partie des combattants des YPG en Syrie, notamment ceux qui affronteront les djihadistes de l’organisation Etat Islamique à partir de l’été 2014, semblent être arrivés de Turquie. C’est en tout cas ce qu’indique la recension de leurs « morts au combat ». Les YPG en effet indiquent systématiquement le lieu de naissance de leurs combattants dans les avis de décès et selon un décompte de l’Atlantic Council, entre janvier 2013 et janvier 2016, 49 % des « morts au combat » des YPG en Syrie étaient nés en Turquie, contre 44% nés en Syrie. Autrement dit, près de la moitié des combattants YPG disparus lors d’affrontements étaient probablement des citoyens turcs.   

Le tournant de Kobanî

L’hiver 2013-2014 et le printemps 2014 voient sur le théâtre syrien la montée en puissance d’un nouvel acteur : l’organisation Etat Islamique. Les djihadistes au drapeau noir contrôlent alors, dans le nord de la Syrie, la totalité du territoire qui sépare les trois « cantons » du Rojava. En juin-juillet 2014, ils se rendent maîtres de Mossoul et de la province d’Anbar, dans l’Irak voisin. L’été finissant voit leur règne et la proclamation de leur « Califat », qui englobe un tiers de l’Irak et autant, en proportion, du territoire syrien. Potentiellement, un nouvel Etat est en train de naître, avec 8 à 10 millions de « sujets ». En septembre 2014, les troupes de cette organisation Etat Islamique en expansion lancent une offensive d’importance en Syrie : sur Kobanî, l’un des trois cantons kurdes, sur la frontière turco-syrienne.

 Crédits : Visactu

Bousculés pendant des semaines, les Kurdes y perdent peu à peu du terrain. Début novembre, les djihadistes contrôlent 60% de la ville, ce sera leur ultime avancée. Lentement mais régulièrement, les YPG les repoussent, renversent la vapeur et reprennent le terrain perdu, aidés par un contingent de Kurdes irakiens et de rebelles syriens arabes arrivés en renfort via la Turquie. Surtout, les YPG, qui se battront pied à pied et avec l’énergie du désespoir dans les rues de Kobanî, bénéficieront très vite du soutien occidental. La coalition internationale emmenée par les Etats-Unis qui vient juste de se constituer pour justement « réduire et éradiquer » l’organisation Etat Islamique, conduira plusieurs centaines de missions de bombardement en appui aux Kurdes. A eux seuls, les bombardiers stratégiques B1 américains tireront quelques 1700 armes de précision sur et autour de Kobanî. Des parachutages d’armes, de munitions, ou d’aides médicales seront également organisés au profit des défenseurs de l’enclave. A la fin du mois de janvier 2015, les djihadistes sont effectivement repoussés : l’organisation Etat Islamique perd la bataille de Kobanî. C’est sa première défaite.

Et la première victoire militaire Kurde, arrachée de haute lutte et sur des combattants motivés idéologiquement. Un symbole extrêmement fort pour le groupe armé kurde, qui professe des idéaux exactement contraires à ceux des djihadistes.

C’est aussi, et surtout, pour les Kurdes des YPG, la première alliance militaire tactique d’importance jamais conclue. Et pas avec n’importe qui : avec l’armée des Etats-Unis d’Amérique. Des Etats-Unis pour qui, le PKK figure pourtant au rayon des « entités terroristes ». En l’occurrence, la relation tactique a reposé sur des choses aussi précises que la désignation des positions djihadistes au plus près de la ligne de contact durant la bataille, parfois simplement à l’aide de coordonnées transmises indirectement aux bombardiers, via un téléphone portable ou une tablette ! Et ce jusqu’à 20 ou 30 fois par jour !

L’US Air Force s’en souviendra : tout comme elle peut utiliser l’armée irakienne ou les peshmergas kurdes en Irak pour l’aider à cibler les djihadistes ; en Syrie, elle peut également compter sur les Kurdes des YPG. Qui plus est, ceux-ci pourront aussi occuper le terrain à l’occasion d’une reconquête, ce qui évitera aux Occidentaux, aux Américains en particulier, d’engager leurs soldats face au « Califat ». « No boots on the ground » est en effet le slogan favori du cabinet Obama en 2014-2015.

C’est aussi avec la bataille de Kobanî que les relations des Kurdes avec la Turquie vont à nouveau se détériorer. Pendant les premières semaines de l’offensive djihadiste sur la ville, la Turquie autorise l’arrivée sur son sol  de plusieurs dizaines de milliers de réfugiés, mais empêche dans le même temps tout renfort de franchir la frontière dans l’autre sens, pour épauler les défenseurs de l’enclave. Même si elle finira par autoriser un contingent de Kurdes irakiens et de rebelles syriens de l’Armée Syrienne Libre à y accéder. En Turquie même, des manifestations de soutien aux défenseurs de Kobanî, organisées dans les villes kurdes, tournent à l’émeute : une trentaine de manifestants sont tués.

Durant l’année 2015 et les suivantes, sur le théâtre syrien, le partenariat militaire kurdo-américain va toutefois se poursuivre et s’accélérer. En quelques mois, les forces des YPG, appuyés par l’aviation occidentale, attaquent et réduisent les positions de l’organisation Etat Islamique qui lui sont le plus accessibles ; d’abord à Tal Abyad, entre les cantons de Kobanî et d’Al Hasakah. Avec la conquête de Tal Abyad, les YPG contrôlent dorénavant une bonne partie de la frontière turco-syrienne et poussent également vers l’Ouest, récupérant d’autres zones non majoritairement kurdes. Ankara s’en inquiète de plus en plus ouvertement. D’autant qu’au printemps 2015, cette même Turquie, pour des motifs de politique intérieure, a relancé sa guerre contre le PKK.

Pour présenter un visage moins évidemment kurde le long de cette frontière turque, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) sont officiellement fondées en octobre 2015. Elles regroupent des brigades syriennes arabes, des forces tribales et des Chrétiens autour des YPG qui en demeure pourtant le contingent le plus important et le fer de lance. En 2015-2016, ces FDS sont les seules forces qui affrontent les djihadistes de l’organisation Etat Islamique en Syrie. Elles grignotent son territoire, reprenant Aïn Issa, au sud de Kobanî, fin 2015, puis Mambij, à l’Ouest de l’Euphrate, à l’été 2016. En plus des avions de la coalition internationale qui les appuient, les combattants des FDS sont maintenant épaulés sur le terrain par un contingent de plus en plus important de soldats occidentaux des forces spéciales : jusqu’à 2 000 Américains, environ 200 Français et peut-être autant de Britanniques sont présents à leurs côtés. Raqqa, la « capitale » de l’organisation Etat Islamique en Syrie est conquise en octobre 2017. Dans la foulée, les FDS poursuivent leurs avancées dans la province sud-est de Deir Ez-Zor. Fin 2017, elles contrôlent pratiquement toute la zone à l’est de l’Euphrate ; près d’un tiers du territoire syrien est dorénavant passé sous leur coupe, dont l’essentiel des régions productrices d’hydrocarbures. Et les FDS ne se contentent pas de conquérir cet immense territoire, elles entendent aussi l’administrer et y mettre en oeuvre concrètement les principes idéologiques du « communalisme démocratique », édictés du fond de sa cellule par Abdullah Öcalan, le leader incontesté du PKK

 Crédits : Visactu

L’utopie sociale en pratique

Emprisonné depuis 1999 en Turquie, Abdullah Öcalan et son PKK ont professé pendant des années le marxisme-léninisme classique de ces mouvements « révolutionnaires » nés dans les années 70, autoritaire, mâtiné de considérations locales. Un premier virage idéologique est pris dans les années 90, avant qu’un second n’intervienne dans les années 2002-2004, à la lecture par Öcalan – du fond de sa prison d’Imrali – de l’œuvre de Murray Bookchin, théoricien libertaire américain auquel il emprunte bientôt ses concepts fondamentaux. Le premier d’entre eux est l’organisation sociale et sociétale en « communes », communautés réduites d’individus s’administrant eux-mêmes et promouvant « le développement de coopératives autogérées au sein des municipalités », le tout pour « mettre en place un modèle économique diamétralement opposé au productivisme et au capitalisme mondialisé », résume le politologue Olivier Grojean dans son dernier ouvrage consacré au PKK.

La dimension anticapitaliste, issue du marxisme, [NDLR >>> en réalité le « communalisme » tel que décrit complaisamment dans cet article n’a aucun rapport avec le marxisme et le socialisme, si ce n’est précisément, la critique radicale qu’Engels en a fait dans son célèbre Anti-Dühring!] demeure fondamentale mais elle est associée à un rejet des structures d’un Etat comme de celles d’une Nation. Il ne s’agit donc pas de constituer en Syrie un Kurdistan autogéré sur le modèle de l’Etat-Nation. D’ailleurs, les références ethniques kurdes disparaissent peu à peu du Rojava. Celui-ci est rebaptisé Fédération Démocratique de la Syrie du Nord, laquelle se dote d’une Constitution en décembre 2016. Fin 2017, les représentants de plus de 3 000 « communes » y sont élus.

Les deux autres principes fondamentaux de ce « communalisme démocratique » sont l’écologie et l’égalité stricte de genre. Si les témoignages d’une politique soucieuse de l’environnement dans le Rojava sont rares, l’évolution du statut de la femme y est en revanche évident. Chaque président de commune, chaque cadre administratif ou politique y est doublé d’un co-président ou d’un alter-ego du sexe opposé. A côté des YPG, un contingent de femmes combattantes (YPJ) participe à toutes les batailles contre l’organisation Etat Islamique.

Combattantes kurdes à Kobane, dans le nord de la Syrie, le 20 juin 2015Combattantes kurdes à Kobane, dans le nord de la Syrie, le 20 juin 2015• Crédits : Ahmet SikGetty

Mais cette arrivée des femmes à un niveau d’égalité avec les hommes, mesure imposée et pas forcément choisie par les premiers intéressés, ne passe pas forcément très bien dans la société syrienne, notamment dans les villages arabes de l’Est du pays, aux traditions patriarcales et conservatrices bien ancrées. Avec les nouveaux droits alloués aux femmes, les divorces se sont effectivement multipliés… De nouvelles cours de justice ont été mises en place ; « Il y a un premier niveau, qui serait celui d’une justice civile, où l’on tente de régler les différents par le consensus de la communauté : ce sont les « tribunaux du peuple » » , explique Nadim Houry, qui dirige le think tank Arab Reform Initiative et arpente le Kurdistan syrien depuis des années ; « l’autre instance judiciaire ce sont les « tribunaux pour la protection du peuple », qui eux sont censés juger les djihadistes, les membres de Daech ; mais ils ne jugent que les Syriens, pas les étrangers ; et ils ont aboli la peine de mort… Ce n’est d’ailleurs pas une justice revancharde, comme en Irak ; les peines encourues sont dans une logique  de réintégration, à terme, dans la société. »

L’expérience et le projet politique du Rojava sont aujourd’hui cités en référence par nombre de mouvements ou partis de gauche occidentaux, un peu à l’image – en son temps – de l’organisation sociales de l’armée Zapatiste de Libération Nationale du sous-commandant Marcos au Chiapas. Le 22 janvier dernier, trois élus de la France Insoumise, dont les députés Danièle Obono et Mathilde Panot se rendaient ainsi « en visite de solidarité » dans le Nord-Est syrien. Venue des Etats-Unis, Janet Biehl, la compagne de Murray Bookchin (décédé en 2006), les avait précédée dès 2014, accompagnée d’une dizaine d’universitaires. En 2015, le journaliste et éditeur américain Wes Enzinna assurera des cours pendant quelques semaines à l’Académie Mésopotamienne des Sciences Sociales de Qamishli, l’université du Rojava. Les combats contre l’organisation Etat Islamique inspireront également nombre d’Occidentaux, souvent idéologiquement proches de la gauche radicale et plus ou moins aguerris, qui viendront se battre et parfois se faire tuer dans les rangs des YPG…

L’expérience politique du « communalisme démocratique » est à vrai dire une petite révolution dans ces terres moyen-orientales où l’on compte peu de régimes ou de traditions politiques libérales… même si le libéralisme supposé du Rojava laisse parfois à désirer. « Les centaines de communes en activités depuis 2015 n’ont pas de véritable soutien populaire, note ainsi Dan Wilkofsky dans un article sur le site de l’Atlantic Council ; « et ce parce qu’elle n’ont finalement rempli qu’un rôle administratif, distribuant par exemple l’aide humanitaire et relayant les demandes de la population aux autorités supérieures. Les comités économiques ou de sécurité et autre, qui auraient pu octroyer aux communes un véritable pouvoir de décision sont en fait restés les bras croisés, pendant que le PYD exerçait son contrôle de fait sur ces communes ». Le mode de fonctionnement des communes du Rojava semble passer par une sorte de clientélisme favorisant largement le PYD et lui assurant la mainmise sur la plupart d’entre elles. 

« Ce n’est pas une démocratie parfaite, concède encore Nadim Houry ; l’opposition politique, quand elle existe, est mal tolérée ; la justice est rudimentaire… Il n’en reste pas moins que l’administration fonctionne effectivement et que le Rojava a réussi à maintenir sur son territoire une vraie forme de sécurité ; ce sont les cantons de Syrie où le taux de criminalité est le plus bas du pays. » En résumé, le niveau de liberté et de sécurité dans le Rojava est sans commune mesure avec ce que l’on peut trouver ailleurs en Syrie, qu’il s’agisse des territoires tenus par le régime ou la rébellion, sans parler bien sûr des djihadistes. Le « Communalisme » de cette Fédération Démocratique de la Syrie du Nord soutient sans doute aussi la comparaison avec le niveau de liberté garanti par quelques uns des Etats de la région : l’Iran, l’Irak et même peut-être avec une démocratie formelle comme la Turquie, surtout depuis que le régime de cette dernière dérive vers l’autoritarisme d’un seul homme. Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait un hasard si cette dérive est concomitante de l’avènement du Rojava en Syrie.

Appétits turcs sur le Rojava

Ce sont les suites et la conséquence politiques de la bataille de Kobanî et de la défiance des Kurdes pour le parti et la personne du Président Recep Tayyip Erdoğan. Aux législatives de juin 2015, le petit parti pro-kurde de Turquie (légal), le HDP, passe pour la première fois dans le pays le seuil des 10%, indispensable pour siéger au Parlement. Il se retrouve avec 80 députés ! Surtout, ce résultat fait perdre sa majorité à l’AKP d’Erdogan, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2002. Pour récupérer cette majorité, ce dernier jouera à fond la carte de l’ultra nationalisme turc, en vue de rallier les voix de l’extrême droite, viscéralement opposée à toute reconnaissance des Kurdes ou à toute normalisation avec le PKK. Pour ce faire, Erdoğan relance donc la guerre contre le PKK ; c’est, pour paraphraser Clausewitz, la continuation de la politique par d’autres moyens. A l’automne, Erdoğan convoque une législative anticipée. Sa tactique a payé : il récupère une bonne partie des voix de l’extrême droite et son parti, l’AKP retrouve une majorité confortable à la Chambre : 58% des sièges. Mais la guerre avec les Kurdes, elle, se poursuit. 

Le PKK, de son côté, a décidé de répondre aux assauts de l’armée de l’air turque sur ses bases arrières dans la montagne irakienne en investissant les centres-villes des principales agglomérations Kurdes de Turquie… Il y arme des jeunes, il y transfert également quelques combattants aguerris, vétérans des affrontements contre l’organisation Etat Islamique en Syrie. A la fin de l’année, la branche Jeunes du PKK le YDG-H, omniprésent dans ces centres-villes, se rebaptise YPS et son drapeau reprend exactement le design de celui des YPG syriens, seules les couleurs sont légèrement différentes. Les centres-villes kurdes de Turquie se transforment alors en véritables camps retranchés, avec barricades, sacs de sable, défenseurs armés de Kalachnikovs et organisation sociale type : encadrement bicéphale avec égalité stricte des sexes et « communalisme démocratique », comme en Syrie.

La Turquie mettra quatre mois pour réduire militairement ces bastions du PKK au coeur des cités… le quartier de Sur à Diarbakir, la ville de Cizre, celle de Nusaybin… Les centres-villes eux-mêmes sont attaqués à l’artillerie et aux blindés. Des centaines de civils, coincés dans ces combats en seront les victimes. Au sortir de la bataille, certaines citées comme Nusaybin, sur la frontière syrienne, offrent le spectacle de véritable champs de ruines, difficiles à distinguer de ce qui se passe dans la Syrie voisine.

En août 2016, Ankara lance sa première opération militaire en Syrie même. Ostensiblement, il s’agit d’attaquer les dernières positions de l’organisation Etat Islamique sur la frontière turco-syrienne. Incidemment – et les Turcs ne s’en cachent pas – il s’agit aussi de couper toute velléité kurde de s’emparer de cette portion du territoire syrien, qui autoriserait une continuité territoriale de la totalité du Rojava, depuis le canton d’Afrine à l’ouest jusqu’à la frontière irakienne à l’est. Ankara enfonce un coin militaire entre les deux parties du Rojava. Ce nouveau front, turco-kurde en Syrie, se stabilise à la fin mars 2017.

 Crédits : Visactu

La Turquie d’Erdoğan attendra près d’un an, avant de relancer une autre offensive, directement conte les Kurdes des YPG, cette fois : sur le canton d’Afrine au début 2018. Les objectifs de cette opérations sont assez nébuleux ; celle-ci s’explique sans doute par une sorte d’opportunisme tactique : isolés, les YPG du canton d’Afrine ne combattent pas directement l’organisation Etat Islamique. Ils ne disposent donc pas, pour les épauler, des forces spéciales occidentales, américaines et françaises, soldats de l’OTAN auxquels la Turquie, elle-même membre de l’Alliance atlantique aurait été malvenue de s’attaquer. Seul un minuscule contingent russe basé à Afrine fait office de garde-fou contre la Turquie. Mais Erdoğan négocie directement avec Poutine le retrait de ces hommes et la non-intervention russe, notamment de ses puissantes batteries de missiles anti-aériens, avant de lancer son offensive sur Afrine.

Le canton et la ville elle-même sont complètement réduits en trois mois d’une opération militaire bizarrement intitulée « Rameau d’olivier ». En mars 2018, les YPG renoncent à défendre Afrine et l’évacuent. Cette victoire turque, relativement rapide donne des ailes à Erdoğan qui, assez vite, évoque la possibilité d’attaquer la totalité du Rojava, avec pour objectif d’établir un cordon de sécurité, une zone tampon de plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur sur le côté syrien de la frontière, d’où serait éradiqué toute présence des YPG. Ce qui mettrait un terme définitif à l’expérience de la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord. 

Jusqu’à décembre dernier, la présence militaire occidentale semblait pouvoir empêcher toute nouvelle opération turque contre le Rojava. Mais le 14 décembre, suite à une discussion téléphonique avec Recep Tayyip Erdoğan, Donald Trump annonçait, à la surprise générale, le repli imminent du contingent américain. Une décision présidentielle américaine tellement peu concertée qu’elle était immédiatement suivie par la démission de son ministre de la Défense, l’ancien général James Mattis puis par celle du principal diplomate en charge de la coordination de la lutte contre l’organisation Etat Islamique Brett McGurk.

Depuis, Washington a quelque peu tempéré les ardeurs de son « commandant en chef ». On parle toujours d’un repli, mais « progressif ». De leur côté, les Kurdes du PYD et même les cadres du PKK multiplient les prises de contact avec les Russes, ou même avec le régime de Bachar-el-Assad. Il en est certains dans les rangs kurdes pour soutenir en effet qu’un retour des troupes du régime dans les cantons de Kobanî ou le gouvernorat d’al-Hasakah, en lieu et place des Américains, suffirait peut-être à dissuader la Turquie d’attaquer. 

Le nouveau revirement de Donald Trump dimanche dernier, même s’il a ensuite été nuancé, en aura décidé autrement.

Véhicule blindé turc sur le point de traverser la frontière syrienne le 9 octobre 2019 à Akcakale, en Turquie.

Véhicule blindé turc sur le point de traverser la frontière syrienne le 9 octobre 2019 à Akcakale, en Turquie. • Crédits : Burak KaraGetty

Avec la collaboration d’Eric Chaverou

Eric Biegala

https://www.franceculture.fr/geopolitique/kurdes-de-syrie-le-crepuscule-du-rojava

 

 

Syrie : Nouvelle victoire des forces de libération !

De la fumée s'échappe du village de Maar Hattat dans la province d'Idleb en Syrie, après un bombardement, le 20 août 2019
AFP / Omar HAJ KADOUR De la fumée s’échappe du village de Maar Hattat dans la province d’Idleb en Syrie, après un bombardement, le 20 août 2019

Syrie :

Nouvelle victoire des forces de libération !

 

Syrie: les« rebelles » et leurs « alliés » jihadistes se retirent d’un secteur clé du nord-ouest

 

Les jihadistes et rebelles ont été contraints mardi de se retirer de secteurs clés de la région d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, face à l’avancée des troupes du régime, soutenues par Moscou, sur fond de tensions entre Ankara et Damas.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les groupes anti-Assad ont quitté la ville stratégique de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb, ainsi que des secteurs dans le nord de la province voisine de Hama.

La majeure partie de la province d’Idleb et des segments des provinces voisines d’Alep, de Hama et de Lattaquié échappent toujours au contrôle de Bachar al-Assad, après huit années de conflit, malgré les reconquêtes de la majorité du territoire par le régime.

Cette région, dominée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) et abritant des groupes rebelles proturcs, est la cible depuis fin avril de bombardements quasi quotidiens de Damas et de son allié russe, qui ont tué environ 880 civils selon l’OSDH.

Mardi, huit civils, dont trois enfants, ont été tués dans des raids russes contre plusieurs localités du sud-est d’Idleb, d’après l’Observatoire.

Un porte-parole de HTS a nié dans un communiqué publié sur Telegram le retrait du groupe du nord de Hama, évoquant un « repositionnement » des combattants après d’intenses bombardements du régime.

Localisation de Khan Cheikhoun en Syrie, ville dans laquelle sont entrées les forces du régime le 18 août d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme

AFP / Sophie RAMIS Localisation de Khan Cheikhoun en Syrie, ville dans laquelle sont entrées les forces du régime le 18 août d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme

Le retrait des rebelles et jihadistes intervient après que les forces du régime se sont emparées de la moitié de Khan Cheikhoun et ont réussi à bloquer l’autoroute Alep-Damas devant l’arrivée d’un convoi militaire turc.

Cette route, dans le viseur du régime depuis des mois, traverse Idleb et relie les deux métropoles sous son contrôle.

Un important poste d’observation turc dans la ville de Morek, à environ dix kilomètres au sud de Khan Cheikhoun, se retrouve désormais encerclé par les forces du régime et les soldats turcs ne peuvent se retirer qu’à travers des routes sous contrôle gouvernemental, a précisé à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Mais le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a exclu « pour le moment » tout retrait de Morek, l’un des postes d’observations possédé par Anakara à Idleb et dans ses environs, en vertu d’accords conclus avec Moscou.

– « Jouer avec le feu » –

Lundi, la Turquie avait dépêché un convoi militaire d’environ 50 véhicules, après l’entrée des forces prorégime dans Khan Cheikhoun.

Mais celui-ci avait dû s’arrêter après des bombardements russes et syriens qui ont tué trois civils, selon Ankara. Les trois morts sont des combattants rebelles proturcs, selon l’OSDH.

Ankara a « fermement » condamné l’attaque, exhortant mardi Damas à ne pas « jouer avec le feu ».

Le président syrien a répliqué en affirmant que « les derniers combats à Idleb ont révélé (…) le soutien clair et illimité d’Ankara aux terroristes », lors de la visite d’une délégation russe à Damas.

IDLEB

AFP / Sophie RAMIS Idleb, ultime bastion jihadiste en Syrie

 

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a lui mis en garde contre de nouvelles attaques des jihadistes contre « les civils » et la base russe de Hmeimim.

« Nous avons prévenu nos collègues turcs que nous y répondrions », a ajouté M. Lavrov lors d’une conférence de presse en Russie.

La Turquie, parrain de groupes rebelles à Idleb, est présente dans cette région en vertu d’un accord conclu en septembre 2018 à Sotchi afin d’éviter une offensive d’envergure du régime.

Cet accord, qui prévoyait la création d’une « zone démilitarisée » devant servir de tampon entre les territoires du régime et ceux tenus par les jihadistes et rebelles, n’a été que partiellement respecté, les jihadistes ayant refusé de se retirer.

– « Maintenir Astana » –

Selon l’analyste Sam Heller, du centre de réflexion International Crisis Group (ICG), il n’est pas clair si Damas et Moscou vont avancer « ou s’arrêter pour consolider leurs nouvelles positions et exercer des pressions sur Ankara » pour mettre en oeuvre l’accord de Sotchi.

Mais, « pour la Russie, maintenir la coalition d’Astana est une priorité », a souligné l’analyste Samuel Ramani, en référence au processus de négociations sur la Syrie lancé en 2017 par Moscou, Ankara et Téhéran, dans la capitale du Kazakhstan (rebaptisée Nur-Sultan).

Deux fillettes syriennes blessées par des bombardements sont allongées sur un lit d'hôpital dans le nord de la province d'Idleb, le 20 août 2019

AFP / Zein Al RIFAI Deux fillettes syriennes blessées par des bombardements sont allongées sur un lit d’hôpital dans le nord de la province d’Idleb, le 20 août 2019

Depuis fin avril, plus de 400.000 personnes ont été déplacées par les violences, d’après l’ONU.

Mardi, le comité international de la Croix-Rouge (CICR) a qualifié la situation à Idleb, qui abrite environ trois millions de personnes, de « désastre humanitaire ».

« Une nouvelle escalade pourrait pousser des centaines de milliers de personnes supplémentaires à fuir », a mis en garde Rehana Zawar, directrice du CICR en Syrie.

Déclenchée en 2011 après la répression par le régime de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé des millions de personnes.

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/syrie-rebelles-et-jihadistes-se-retirent-dun-secteur-cle-du-nord-ouest-doc-1jn1ac14

 

Plus de précisions concernant

la situation et les forces et pays

engagés dans cette importante

bataille d’Idlib

 

 

Damas a lancé une offensive dans la province d’Idlib, appuyé par son allié russe. Des groupes djihadistes et des «rebelles» soutenus par la Turquie ont dû reculer. Un convoi militaire envoyé par Ankara a été attaqué par des avions russes et syriens. Bassam Tahhan, politologue franco-syrien, livre à Sputnik son analyse sur cette séquence.

Situation explosive en Syrie. Les forces de l’Armée arabe syrienne, soutenues par la Russie, ont lancé une offensive dans la région d’Idlib, située dans le nord-ouest du pays. La zone, ainsi que de nombreuses parties des provinces voisines d’Alep, de Hama et de Lattaquié échappent toujours au contrôle de Damas, qui a par ailleurs reconquis une grande partie du territoire perdu au cours des huit années de conflit qu’a connu le pays. La région d’Idlib est majoritairement sous contrôle du groupe terroriste Hayat Tahrir al-Cham* (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda*) ainsi que de groupes dits «rebelles», soutenus par la Turquie.

 

L’avancée des soldats de Bachar el-Assad et de leur allié russe dans la province d’Idlib a forcé leurs ennemis à reculer. Ils ont notamment quitté la ville stratégique de Khan Cheikhoun. Selon une source militaire qui s’est confiée à Sputnik, les voies d’approvisionnement du groupe terroriste Front Al-Nosra* en Syrie ont été coupées par l’armée gouvernementale au nord-ouest de Khan Cheikhoun. Concernant le nord d’Hama, un porte-parole du HTS a assuré dans un communiqué que les forces du groupe djihadiste n’avaient pas quitté la zone avant d’assurer qu’elles avaient procédé à un «repositionnement» de ses soldats. Les combattants proturcs du Front national de libération (FNL) ont, eux aussi, fait savoir par voie de communiqué qu’ils n’avaient pas quitté le nord d’Hama et qu’ils avaient réalisé un «redéploiement» tactique en vue de «poursuivre la résistance».

 

Des affrontements qui s’inscrivent dans un contexte de tensions de plus en plus vives entre Damas et Ankara. La Turquie est présente dans la région en vertu d’un accord signé en septembre 2018 à Sotchi et qui prévoit la création d’une «zone démilitarisée», censée servir de tampon entre les territoires contrôlés par Damas et ceux tenus par les djihadistes et les «rebelles». Le 19 août, un convoi militaire envoyé par Ankara et composé d’une cinquantaine de véhicules a été forcé de s’arrêter suite à des bombardements d’avions syriens et russes. Un événement condamné «fermement» par Ankara, qui a prévenu Damas de ne pas «jouer avec le feu».

Bachar el-Assad a de con côté affirmé lors de la visite d’une délégation russe à Damas que «les derniers combats à Idlib ont révélé […] le soutien clair et illimité d’Ankara aux terroristes». Du côté de Moscou, Sergei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a prévenu que de nouvelles attaques des djihadistes contre les civils ou la base russe de Hmeimim provoqueraient une réaction: «Nous avons prévenu nos collègues turcs que nous y répondrions.»

 

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Sputnik France s’est entretenu avec le politologue franco-syrien et spécialiste de la région Bassam Tahhan afin de faire le point sur une situation complexe qui sent la poudre.

 

Sputnik France: Que s’est-il passé ces derniers jours dans la province d’Idlib?

Bassam Tahhan: «L’armée syrienne a attaqué Khan Cheikhoun, qui est une petite ville située à un carrefour routier très stratégique. Damas avait besoin d’en reprendre le contrôle pour que l’accès à la ville d’Alep par l’autoroute reprenne vie. L’axe routier qui relie Damas à Alep est extrêmement important pour diverses raisons, notamment économiques, Alep étant une ville industrielle très importante malgré la guerre.

Les islamistes gênaient le trafic normal entre la capitale et Alep en forçant l’armée et les usagers à utiliser une route nationale qui proposait un itinéraire détourné très fastidieux à emprunter. De plus, Khan Cheikhoun est une ville-clé qui commande l’accès vers la côte et Lattaquié, ainsi que vers l’intérieur du pays en direction d’autres villes comme Hama. Les islamistes rançonnaient illégalement les individus qui passaient par Khan Cheikhoun. L’armée syrienne a donc privé les djihadistes d’une manne financière.»

 

Sputnik France: Plusieurs groupes opposés à Damas clament qu’ils ne se sont pas retirés de la région au nord d’Hama. Qu’en est-il réellement?

Bassam Tahhan: «Après la chute Khan Cheikhoun, des villages situés entre cette ville et Hama ont été libérés par les forces armées syriennes. C’est d’ailleurs le cas un petit peu partout à proximité de Khan Cheikhoun. Il est évident que les islamistes et les rebelles vont dire qu’ils ne se sont pas retirés. Mais ils ont reculé. Forcément, il reste des islamistes dans les alentours de Hama, mais les déclarations des groupes islamistes et rebelles tiennent plus de la menace envers Damas: “Vous avez gagné une bataille, mais pas la guerre”. Il faut s’attendre à des attaques contre l’armée syrienne, que ce soit du côté d’Idlib ou de Hama. Reste que l’armée syrienne a réalisé un coup de maître en s’interposant entre Idlib et le nord de Hama. Le message est clair: tôt ou tard, Idlib tombera dans le giron de Damas.»

Sputnik France: La situation semble très tendue entre Damas et Moscou d’un côté et Ankara de l’autre après l’attaque d’un convoi turc par les forces syriennes et russes. Pourrait-on voir se durcir les relations entre la Russie et la Turquie?

Bassam Tahhan: «Je ne pense pas. Les Turcs se sont avancés quand ils ont compris que l’armée syrienne se trouvait aux abords de Khan Cheikhoun. Ils voulaient faire vite et occuper la ville. Ils ont donc envoyé un convoi militaire. Dans la logique turque, ce convoi n’avait pas pour but de s’opposer à l’armée syrienne, mais devait permettre l’installation de nouveaux centres d’observation. Il faut noter que les aviations syrienne et russe ont bombardé la zone afin de stopper le convoi. Cela prouve bien que Vladimir Poutine respecte ses engagements pris lors du premier sommet d’Astana, quand il a déclaré aux Turcs que Moscou se réservait le droit d’intervenir. Vous avez aujourd’hui un centre d’observation turc qui se trouve isolé et encerclé par l’armée syrienne. Tôt ou tard, après négociation, les soldats qui occupent ce centre vont quitter les lieux. Mais ce n’est qu’un détail. Globalement, je ne vois pas la situation ternir les relations entre Moscou et Ankara.»

Sputnik France: Vient-on d’assister à un pas de plus vers la reconquête totale de la province d’Idlib par les forces de Damas?

Bassam Tahhan: «Je crois que tout se jouera par étapes. Pour le moment, les Syriens vont consolider leurs positions. Mais rien n’indique qu’ils ne reprendront pas l’offensive d’ici quelques semaines, au contraire. Que ce soit du côté russe ou du côté de Damas, il est impossible de tolérer la présence sur le sol syrien de 15.000 islamistes étrangers turcophones et de 10.000 islamistes étrangers arabophones sans parler des Syriens du HTS.»

 

Sputnik France: Quid de la position de la France?

Bassam Tahhan: «Tout cela s’est déroulé alors que Vladimir Poutine était à Brégançon avec le Président Macron. Il faut relever que Vladimir Poutine a bien précisé que l’armée russe continuerait d’assister l’armée syrienne pour se battre contre les terroristes. Se faisant, il a dénoncé l’attitude en porte-à-faux de la France vis-à-vis de la question djihadiste en Syrie. La France met en avant la protection des civils d’Idlib, mais ces civils souffrent du joug djihadiste dans la région. Cet argument est un faux argument.»

Sputnik France: Bachar el-Assad pourrait-il prochainement reprendre le contrôle de l’ensemble du territoire syrien à l’aide de ses alliés, dont la Russie?

Bassam Tahhan: «L’armée syrienne, avant de s’attaquer à l’Est de l’Euphrate où sont les Kurdes soutenus par les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, se concentrera sur la libération d’Idlib. C’est une priorité pour Damas, car le danger numéro un pour l’intégrité territoriale syrienne est celui des islamistes présents dans la région. Il est toujours possible de négocier avec les Kurdes qui recherchent l’autonomie. La mise en place d’une union fédérale est une option. À Idlib, il n’y a aucune négociation possible. Ce sont des terroristes. Il faut les neutraliser. D’ailleurs, si Poutine défend autant Assad, c’est qu’il est conscient de ces islamistes représentent un danger également pour la Russie.»

* organisations terroristes interdites en Russie

https://fr.sputniknews.com/international/201908211041961495-tahhan-le-message-est-clair-tot-ou-tard-idlib-tombera-dans-le-giron-de-damas/

 

 

Syrie: nouveau recul des complices terroristes de l’impérialisme!

Syrie: l’armée syrienne et ses alliés progressent à Idleb,

malgré un avion de Damas abattu par des jihadistes

 

 

 

 

 

Des rebelles sériens près d'un avion du régime abattu près de Khan Cheikhoun, dans le sud de la procince d'Idleb, le 14 août 2019 en Syrie

AFP / Omar HAJ KADOUR Des « rebelles » sériens près d’un avion du régime abattu près de Khan Cheikhoun, dans le sud de la procince d’Idleb, le 14 août 2019 en Syrie

 

Un avion de l’armée syrienne a été abattu mercredi par des jihadistes et son pilote capturé, une première depuis l’escalade militaire des derniers mois dans le nord-ouest de la Syrie pilonné par les forces du régime qui gagnent du terrain.

Un correspondant de l’AFP sur place a constaté une épaisse fumée noire se dégageant des débris de l’avion, sur lequel apparaît le drapeau syrien.

La majeure partie de la province d’Idleb ainsi que des segments des provinces voisines d’Alep, de Hama et de Lattaquié échappent toujours au contrôle du président Bachar al-Assad, huit ans après le début du conflit.

Cette région, dominée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) et qui abrite quelques groupes rebelles, est la cible depuis fin avril de bombardements quasi quotidiens du régime et de son allié russe.

 

Les débris d'un avion du régime abattu par des jihadistes près de la ville de Khan Cheikhoun, le 14 août 2019 dans la province d'Idleb, en Syrie

AFP / Omar HAJ KADOUR Les débris d’un avion du régime abattu par des jihadistes près de la ville de Khan Cheikhoun, le 14 août 2019 dans la province d’Idleb, en Syrie

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), l’avion abattu mercredi, un Soukhoï, participait aux opérations de pilonnage des zones tenues par HTS et des groupes rebelles.

Il survolait une zone à l’est de Khan Cheikhoun, une ville stratégique du sud de la province d’Idleb, a indiqué le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane, selon lequel le pilote est « aux mains » de HTS.

Le groupe jihadiste a revendiqué l’incident dans un communiqué, indiquant que l’avion s’est écrasé dans la localité de Latamné, à quelques kilomètres de Khan Cheikhoun.

L’avion a été abattu alors que les forces du régime progressent en direction de Khan Cheikhoun, située sur l’autoroute principale qui traverse Idleb et relie la capitale Damas à la métropole d’Alep (nord), toutes deux sous contrôle gouvernemental.

AFP / Sophie RAMIS Syrie

« Les forces du régime se trouvent désormais à quatre kilomètres à l’ouest de Khan Cheikhoun, après avoir conquis cinq villages » environnants, avait indiqué plus tôt M. Abdel Rahmane. « Seuls des champs agricoles les séparent de la ville ».

À l’est, les combattants pro-Assad se trouvent à six kilomètres et tentent de s’emparer d’une colline située à proximité de la ville, avait-il précisé.

Des combats et des bombardements faisaient rage en début de soirée notamment à l’est de la ville, a indiqué le directeur de l’OSDH alors que les forces prorégime consolidaient leurs positions sur le front ouest, dans le cadre d’une relative avancée sur le terrain aux dépens des jihadistes et des rebelles.

Au fil des ans, le régime de Damas a réussi à consolider son emprise sur plus de 60% du pays, avec le soutien de la Russie et de l’Iran.

– Secouristes tués –

 

Des familles syriennes fuient les combats dans la province d'Idleb, le 14 août 2019

AFP / Omar HAJ KADOUR Des familles syriennes fuient les combats dans la province d’Idleb, le 14 août 2019

Mercredi, les raids russes sur plusieurs localités et villages du sud d’Idleb ont tué quatre civils à Maaret Hourma et dans ses environs, dont un secouriste des Casques blancs, ainsi qu’un conducteur ambulancier et un infirmier de la Syrian American Medical Society (SAMS).

Quatre autres civils ont été tués dans la soirée dans des frappes du régime sur la localité de Maaret al-Noomane.

Les combats ont par ailleurs tué 16 membres des forces prorégime et 31 combattants jihadistes et rebelles, selon l’OSDH

L’intensité des bombardements et l’avancée des forces prorégime ont provoqué d’importants déplacements de population dans la région.

Abou Ahmad et sa femme ont fui la localité de Maaret al-Noomane, située non loin de Khan Cheikhoun dans le sud d’Idleb, pour se réfugier dans la localité de Dana, plus au nord.

« Les avions bombardent, l’artillerie bombarde (…) la situation est très mauvaise », déplore Abou Ahmad, 55 ans, en s’arrêtant près de la ville de Sarmada au nord de Khan Cheikoun. « Nous voulions juste nous sauver. Nous avons abandonné nos moutons et nos maisons et avons fui ».

Assise près de lui dans un pick-up, Oum Ahmad regrette d’avoir tout laissé derrière elle. « Nous avons abandonné notre maison, nos biens et notre terre riche en pastèques, raisins et figues », dit-elle, deux enfants assis sur ses genoux.

– Faire pression –

La région d’Idleb a fait l’objet d’un accord sur une « zone démilitarisée » conclu en septembre 2018 par Ankara, parrain des rebelles, et Moscou. Mais celui-ci n’a été que partiellement appliqué, les jihadistes ayant refusé de se retirer.

AFP / Muhammad HAJ KADOUR Un famille de déplacés syriens, qui ont fuit leur ville natale de Khan Cheikhoun, arrive dans la ville de Binnish, dans la province d’Idleb, le 14 août 2019 en Syrie

Selon l’analyste Nawar Oliver, du centre Omran basé en Turquie, Damas et Morscou cherchent non seulement à progresser sur le terrain mais aussi à faire pression sur HTS, les rebelles et la Turquie.

Damas et Moscou « n’hésiteront pas (…) à contrôler tout ce qu’ils peuvent », souligne-t-il.

[>>> NDLR >>> c’est à dire reconstituer l’intégrité territoriale de la Syrie, tout simplement!!!  ]

Depuis fin avril, plus de 820 civils ont péri dans les bombardements et plus de 1.280 combattants jihadistes et rebelles ainsi que 1.140 membres des forces prorégime sont morts dans les affrontements, selon l’OSDH.

Plus de 400.000 personnes ont été déplacées dans cette région qui abrite trois millions de personnes, d’après l’ONU, qui met en garde contre une « catastrophe » humanitaire.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé des millions de personnes.

https://www.afp.com/fr/infos/334/syrie-les-proregime-progressent-idleb-un-avion-de-damas-abattu-par-des-jihadistes-doc-1jj2ah12

https://www.boursedirect.fr/fr/actualites/categorie/a-la-une/syrie-les-proregime-progressent-a-idleb-un-avion-de-damas-abattu-par-des-jihadistes-afp-616985ab92ab11af48f4b15a68d26894c6c4e30d

 

https://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/07/armee_syrienne_offensive-1728x800_c.jpg

 

 

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Syrie : un nouveau pas en avant vers la libération totale !

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/frappes-sur-des-secteurs-jihadistes-en-syrie-150-000-deplaces-en-une-semaine/un-enfant-au-milieu-des-ruines-d-un-batiment-dans-le-village-de-rabaa-jour-sit.jpg

AFP / OMAR HAJ KADOUR Un enfant au milieu des ruines d’un bâtiment dans le village de Rabaa Jour, situé dans l’ultime bastion jihadiste du nord-ouest de la Syrie, le 6 mai 2019

 

 

 

Syrie :

un nouveau pas en avant

vers la libération totale !

 

 

Frappes sur des secteurs jihadistes en Syrie, 150.000 déplacés en une semaine

 

Plus de 150.000 personnes ont fui en une semaine des secteurs tenus par des jihadistes dans le nord-ouest de la Syrie, où les forces du régime de Bachar al-Assad et de l’allié russe ont intensifié leurs frappes meurtrières.

Mardi, 13 civils ont été tués, principalement dans des raids aériens du régime ou de son allié russe contre des villages de la province d’Idleb ou de la province voisine de Hama, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Dominé par Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, la province d’Idleb est le dernier grand bastion jihadiste à échapper au pouvoir syrien, après plus de huit ans d’un conflit dévastateur.

La moitié des quelque trois millions d’habitants de la province sont des déplacés, échoués à Idleb après avoir fui d’autres bastions rebelles ou jihadistes reconquis par le pouvoir et ses alliés.

Ces dernières semaines, les forces prorégime et celles de Russie ont intensifié leurs frappes aériennes contre certains secteurs aux mains du HTS dans les provinces d’Idleb et de Hama.

En une semaine, « plus de 152.000 femmes, enfants et hommes ont été déplacés », a indiqué à l’AFP un porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), David Swanson.

« Nous nous alarmons des informations concernant des attaques aériennes sur des centres de population et des infrastructures civiles, qui ont fait des centaines de morts et de blessés parmi les civils », a-t-il déploré.

Les raids ont mis hors-service 12 hôpitaux et dix écoles depuis fin avril, selon un communiqué d’Ocha.

Cette escalade est la plus grave depuis que Moscou et Ankara, parrain de certains groupes rebelles, ont dévoilé en septembre 2018 un accord sur une « zone démilitarisée », qui devait séparer les territoires insurgés des zones gouvernementales dans la région et éviter une offensive du régime.

Mardi encore, des dizaines de véhicules et de camionnettes, transportant femmes et enfants coincés entre les matelas et les piles d’effets personnels emportés à la hâte, ont fui le sud d’Idleb en direction du nord, relativement épargné et également sous contrôle de HTS, selon un correspondant de l’AFP sur place.

Certains partent sur leurs tracteurs, emportant avec eux leur bétail.

– « La plus terrifiante » –

c’est la troisième fois qu’Abou Ahmed se retrouve déplacé par le conflit, après avoir fui un village du sud d’Idleb avec sa femme et leurs trois enfants.

« Cette fois-ci, c’était la plus terrifiante. Les avions n’ont pas arrêté, ni les obus », dit le quadragénaire. « On a encore une longue route, on ne sait pas où on va, mais on veut en finir avec les bombardements ».

Le président français Emmanuel Macron a exprimé son « extrême préoccupation » face à « l’escalade de violence » et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a réclamé une « désescalade urgente ».

Entre le 29 avril et le 6 mai, au moins 12 installations médicales ont été touchées par des raids, « endommageant des infrastructures qui fournissaient des services de santé essentiels à plus de 100.000 personnes », a déploré Ocha dans son communiqué.

Trois travailleurs médicaux ont été tués dans ces attaques, d’après l’ONU.

Dans la province de Lattaquié, bastion du régime Assad jouxtant Idleb, les jihadistes de Houras al-Din, groupuscule lié à Al-Qaïda, ont lancé plusieurs assauts contre des positions du régime. Neuf combattants loyalistes et trois assaillants ont péri, selon l’OSDH.

– « Offensive limitée » –

Appuyé par la Russie, l’Iran et le Hezbollah libanais, le pouvoir a multiplié ces dernières années les victoires face aux insurgés et jihadistes, jusqu’à asseoir son contrôle sur près des deux-tiers du pays.

A maintes reprises, il a martelé sa détermination à reconquérir toute la Syrie, déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 370.000 morts et laissé des villes et des régions entières en ruines.

Aron Lund, expert du think-tank The Century Foundation, n’exclut pas « une offensive limitée à Idleb, grignotant certains secteurs », dans l’objectif « d’affaiblir HTS » ou d’obtenir « des concessions ».

Un scénario d’autant plus plausible que deux autoroutes passant par Idleb -reliant les territoires aux mains du régime à Alep (nord), Hama (centre) et Lattaquié (nord-ouest)- n’ont pu rouvrir jusque-là.

L’expert Fabrice Balanche envisage lui aussi une offensive. « La partie nord (d’Idleb) restera encore pour quelque temps un fief de HTS adossé à la frontière turque » mais « l’armée syrienne aura plus de facilité à reprendre le sud ».

Et rétablir la circulation sur les deux autoroutes permettra de redonner une bouffée d’oxygène à Alep qui selon M. Balanche « demeure isolée car privée de la plus grande partie de son arrière-pays et mal reliée au reste de la Syrie ».

 

 

La poche d'Idleb, ultime grand bastion jihadiste

AFP / Sophie RAMIS La poche d’Idleb, ultime grand bastion jihadiste

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/frappes-sur-des-secteurs-jihadistes-en-syrie-150000-deplaces-en-une-semaine-doc-1g87a75

 

 

SYRIE, LIBÉRATION DE LA GHOUTA : une vidéo retrouvée

Cette vidéo, le plus souvent diffusée, à l’époque, avec l’URL  https://youtu.be/ICXs7O65Q6E , avait donc disparu de nos blogs, ayant été retirée de youtube.

Après quelques recherches, la voici donc retrouvée sous une autre URL, dans une version même plus longue, semble-t-il, en termes de vues significatives.

 

 

 

A sauvegarder absolument, comme doc historique à opposer au discours falsifié des médias occidentaux.

 

Et merci au blogueur qui l’a préservée ici:

http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/cartes-video-photos-le-point-sur-la-bataille-de-la-ghouta-est-au-24-mars-2018-southfront

 

Source ici:

https://maps.southfront.org/overview-of-battle-for-eastern-ghouta-on-march-24-2018-maps-video-photos/

 

Autre source:

https://off-guardian.org/2018/03/25/video-syrian-arab-army-liberates-key-town-in-east-ghouta/

 

ET FINALEMENT, UNE SAUVEGARDE EFFECTUÉE PAR LE CAMARADE DO, SUR SON SITE VLR !!!

http://mai68.org/spip2/spip.php?article3050

 

Avec un commentaire de remerciement, proposé par TML:

 

 

Un grand merci pour cette précieuse sauvegarde, camarade !

Un moment d’histoire et d’humanité qui donne tout son sens aux combats que nous menons.

L’utopie sociale ne prendra pas forme par le miracle de notre simple désir intellectuel, mais par la transformation, pied à pied, du réel. Sur ce chemin l’impérialisme US et ses séides ne sont pas juste une formule de propagande pour faire joli dans le texte, mais bien une réalité cruelle dont les peuples sont heureux d’être libérés.

On peut rester à disserter derrière son écran et décider, par commodité intellectuelle, mais, le plus souvent, par intérêt, que les nations qui résistent sont des « dictatures », des « impérialismes », et que les troupes US et leurs séides sont des « libérateurs », mais sur le terrain, ceux qui ont choisi de faire front contre l’impérialisme US, s’ils savent le prix à payer, savent aussi pourquoi, à l’arrivée, et c’est ce que nous montrent ces images, à la fois tragiques et superbes.

Le combat continue !

Luniterre

 

 

 

 

Proche-Orient : La violence peut elle cesser ?

 

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Enas Khammash, 23 ans, sa fille de 18 mois et son bébé, portées en terre ensemble, le 9 Août, à Jafarawi

 

 

Proche-Orient :

 

La violence peut elle cesser ?

 

 

La guerre en Syrie dure depuis sept ans et a succédé à une série de conflits en Irak et en Iran, deux pays encore sous forte pression.

La Palestine, bafouée depuis 70 ans, continue d’être réduite par le colonialisme sioniste.

Dans la nuit du 8 au 9 Août, lors d’un raid aérien israélien qui a touché Jafarawi, dans le centre de la bande de Gaza, Enas Khammash, une Palestinienne de 23 ans, enceinte de 9 mois, et sa fille Bayan de 18 mois ont été tuées alors qu’elles se trouvaient dans leur chambre à coucher. Le mari de cette femme a été blessé.

Le 10 octobre, Aliza Bin-Noun, ambassadrice d’Israël en France a osé demander à France 2 d’annuler la diffusion d’un reportage sur la jeunesse mutilée par les snipers sionistes dans la bande de Gaza. Heureusement, le reportage est passé, montrant l’héroïsme de la Résistance Populaire palestinienne.

Depuis le 30 Mars, 198 morts et des milliers de blessés, dont de nombreux mutilés.

Leur seul tort était de vouloir retrouver la dignité et le droit de vivre, de travailler et de cultiver, sur leurs terres ancestrales, volées par l’occupant sioniste.

La presse française et occidentale, en général, nous parle sans cesse d’une guerre « contre le terrorisme ». Or, au vu de ces derniers mois, il apparaît clairement qu’en Syrie le « terrorisme » est en fait manipulé par les impérialistes US et leurs alliés, y compris dans le monde arabe, pour justifier ces guerres et recoloniser, directement ou non, les peuples et les nations qui leur résistent.

Ce sont essentiellement ces manipulations du terrorisme qui ont engendré la guerre en Syrie et jeté sur les routes des millions de réfugiés. Les accueillir, en France ou ailleurs, cela ne constitue pas une justification pour continuer la guerre. C’est la volonté réelle de mettre fin à l’agression impérialiste, y compris celle de la France, encore présente en Syrie dans la zone d’occupation rebaptisée « Rojava », qui sera le vrai signal de la paix et du début d’une reconstruction durable.

Ce qui maintient encore aujourd’hui l’état de guerre en Syrie, c’est la présence des impérialistes US et de leurs alliés, dont les impérialistes français. Le prétexte en était donc l’invasion terroriste, en réalité provoquée par eux-mêmes, et qu’ils ne combattaient que très mollement, dans l’espoir que cela détruirait la nation syrienne et la mettrait à leur botte, avec un gouvernement directement manipulé par eux.

Mais c’était sans compter sur la solidarité traditionnelle de la Russie avec la nation syrienne, remontant déjà à l’ère soviétique, ainsi que sur celle de l’Iran.

C’est l’appui de la Russie à la nation Syrienne qui a commencé à faire reculer le terrorisme, et même obligé les USA et à la France à éliminer une partie de leurs pions terroristes pour les remplacer par le système d’occupation « Rojava », relativement moins sanguinaire que celui de Daech. Pour autant, ce système d’occupation impérialiste instrumentalise maintenant les justes revendications des minorités kurdes pour maintenir la division de la Syrie à l’Est de l’Euphrate et faire obstacle à l’unité nationale syrienne et à la paix. Il est la preuve que les impérialistes US et français veulent continuer la guerre et se moquent bien du droit des peuples, en réalité.

Alors que tous ont leur place dans un règlement politique global de la situation au Proche-Orient, une fois débarrassé de l’ingérence impérialiste !

L’Iran, pour sa part dans le combat anti-impérialiste, s’était déjà engagé dans un soutien sans faille à la Résistance, au Liban et en Palestine.

La chute de la nation syrienne aurait été non seulement une victoire pour les impérialistes US et leurs alliés, mais aussi pour les sionistes.

Cela aurait été non seulement une défaite mortelle pour la Syrie elle-même, mais aussi une grave défaite pour le Liban et la Palestine, et pour tous les peuples qui luttent pour leur indépendance.

Jusqu’à un passé récent, Israël arrivait encore à entretenir des relations relativement amicales avec la Russie, du fait de l’émigration de nombreux juifs d’origine russe en Israël.

Mais récemment, suite à un piège tendu par l’aviation israélienne, et au mépris de leurs accords passés, un avion russe a été abattu avec 15 soldats russes à bord.

Estimant sa confiance trahie, la Russie a encore renforcé son alliance avec la Syrie, en lui fournissant un armement de défense anti-aérienne (batteries de missiles S-300) susceptible d’empêcher le renouvellement d’une telle tragédie. Du même coup, cela met également un frein sérieux aux interventions israéliennes contre les positions défendues par l’Iran et ses alliés en Syrie.

C’est donc l’ensemble de la Résistance régionale, Syrie, Iran, Liban, Palestine, qui s’en trouve grandement renforcée !

Ce n’est que par la synchronisation et l’unité des forces locales de la Résistance, en Iran, au Liban, en Palestine, en Syrie, en Irak, au Yémen, et avec leur allié traditionnel, la Russie, que l’impérialisme et son allié sioniste pourront être vaincus !

Cette situation de guerre, voulue et encore actuellement maintenue par les impérialistes, à déjà fait des milliers de victimes et déplacé des millions de personnes, et certaines, jusqu’en Occident, y compris en France.

Toutes, indépendamment de leurs origines nationales, ethniques et religieuses, ont le même intérêt à un règlement pacifique global respectant le droit des peuples au Proche-Orient. Toutes ces personnes, déplacées et réfugiées, se trouvent aujourd’hui dans des situations sociales précaires qui en font un réservoir de main d’œuvre à bon marché, y compris pour les capitalistes français, qui sont déjà les complices des impérialistes US et les responsables de la guerre, dans les pays d’origine des réfugiés.

La lutte pour une vie décente, que ce soit en Occident ou pour le droit des peuples au Proche-Orient, c’est toujours une seule et même lutte. C’est une lutte qui doit à la fois être solidaire de la Résistance des peuples, sur place, au Proche-Orient, et solidaire de la lutte des travailleurs, en Occident, contre le capitalisme, qui est la base de l’impérialisme et la cause des guerres.

Luniterre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Syrie : Les parasites impérialistes US et français s’accrochent à l’Est de l’Euphrate

Syrie :

 

Les parasites impérialistes

 

US et français s’accrochent

à l’Est de l’Euphrate

 

Ce qui s’explique à la fois par la défaite, sur le terrain, de leurs proxys terroristes et par le renforcement régional général de la situation de la résistance induit par l’isolement des sionistes, suite à leur trahison envers la Russie, et qui a entrainé la livraison des lance missiles S-300 àla Syrie.

 

« Lavrov accuse les USA d’essayer de créer un quasi-État en Syrie

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© REUTERS / Nour Fourat

International

18:14 12.10.2018(mis à jour 19:38 12.10.2018)

Washington essaie de créer un quasi-Etat à l’est de l’Euphrate avec le concours de ses alliés en Syrie, d’après le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

 

 

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Avec le concours de leurs alliés en Syrie, les États-Unis cherchent à créer un État illégitime sur les territoires syriens situés à l’est de l’Euphrate, a déclaré vendredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans une interview accordée aux médias RT France, Le Figaro et Paris Match dont des extraits ont été publiés par le ministère russe des Affaires étrangères.

«Je ne crois pas qu’Idlib soit la seule région posant des problèmes en Syrie. Il y a de vastes territoires à l’est de l’Euphrate où se produisent des choses absolument inacceptables. Les États-Unis essaient d’utiliser ces territoires avec l’aide de leurs alliés syriens, avant tout les minorités Kurdes, pour y créer une structure quasi-étatique», a indiqué M.Lavrov.

[NDLR : En réalité, comme on l’a déjà vu sur TML, les minorités kurdes ne représentent que trois petites enclaves, au Nord-Ouest (actuellement provisoirement contrôlé par la Turquie), au Nord-Est, et au centre de la frontière Nord, à Kobané. L’extension sur toute la rive Est de l’Euphrate n’a pu se faire qu’en réutilisant des transfuges des groupes terroristes et des combattants étrangers également armés par les USA et la France, certains venant également de France, avec la bénédiction des services secrets de l’impérialisme Français, qui avaient déjà ravagé la Libye, en 2011.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/23/les-lecons-dafrin-pour-en-finir-avec-le-mcdo-marxisme/

Voir également (cartes):  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/08/tout-ca-pour-ca-ou-les-eternels-demons-kollabos-de-la-petite-bourgeoisie-maoiste/   Mais encore: https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/29/syrie-liberation-de-la-ghouta-et-pschiiit-du-mythe-rojava/ ]

Selon le ministre russe, Washington cherche à tout faire pour créer à l’Est de l’Euphrate des conditions de vie normales pour les habitants des régions concernées. Il y crée des organes du pouvoir alternatifs aux organes syriens et œuvre activement pour le retour et l’hébergement des réfugiés.

«Or ni les États-Unis ni la France ne veulent créer de conditions pour le retour des réfugiés sur les territoires contrôlés par le gouvernement syrien jusqu’à ce qu’un processus politique digne de confiance n’y commence, comme l’Occident nous l’indique», a poursuivi le ministre. La question se pose de savoir «pourquoi il ne faut pas attendre le début d’un processus digne de confiance sur la rive orientale de l’Euphrate contrôlée par les États-Unis et leurs alliés sur place», a poursuivi le ministre.

Les États-Unis veulent soit jeter les bases d’un nouvel État, soit mener «un jeu dangereux avec le Kurdistan irakien, avec l’idée du grand Kurdistan», estime M.Lavrov.

«Il n’est pas exclu que les États-Unis œuvrent pour que la situation reste tendue sur la rive orientale de l’Euphrate pour que personne ne se calme. Dans cette situation confuse, ils peuvent plus facilement atteindre leurs objectifs. Cela n’a jamais mené à rien de bon», a conclu le ministre.

https://fr.sputniknews.com/international/201810121038482087-russie-lavrov-usa-syrie-accusation-tentative-etat/

 

 

 

 

 

Avion russe abattu : Le piège criminel tendu par les sionistes

 

 

 

 

 

Avion russe abattu :

 

Le piège criminel

tendu par les sionistes

 

Le ministère russe de la Défense a tenu Israël responsable de l’accident de d’un avion de reconnaissance russe en Syrie, lundi.

Mais le président Vladimir Poutine s’est montré plus conciliant, évoquant des « circonstances accidentelles ».

Le président russe Vladimir Poutine est intervenu mardi 18 septembre pour calmer les tensions entre la Russie et Israël après les accusations portées contre Tsahal par le ministère russe de la Défense. Celui-ci a accusé Israël d’avoir causé la destruction d’un avion de reconnaissance russe, accidentellement abattu lundi par l’armée syrienne.

Le ministère russe de la Défense a indiqué que l’appareil, un Iliouchine Il-20, transportait 15 soldats lorsqu’il a été abattu par une batterie antiaérienne de l’armée syrienne de façon accidentelle. Selon lui, l’appareil a disparu des écrans radar alors qu’il se trouvait à 35 km des côtes syriennes, au moment où les forces israéliennes et françaises procédaient à des frappes dans le secteur.

 

Dans cette affaire, Moscou estime que l’aviation israélienne a délibérément créé une situation « dangereuse » dans le secteur de Lattaquié, alors que l’avion russe s’apprêtait à atterrir sur la base de Hmeimim, située dans la province du même nom. « Nous considérons comme hostile cette initiative de l’armée israélienne », a dit Igor Konachenkov, porte-parole du ministère. « Du fait des actes irresponsables de l’armée israélienne, 15 militaires russes ont trouvé la mort. Ce n’est absolument pas conforme à l’esprit du partenariat russo-israélien. »

« Nous nous réservons le droit de réagir par des mesures équivalentes », a-t-il poursuivi dans une déclaration sur la télévision russe.

Poutine apaise les tensions

Adoptant un ton plus conciliant, le président russe Vladimir Poutine a expliqué mardi après-midi que le crash de l’avion militaire russe était dû à « un enchaînement de circonstances accidentelles tragiques ». Un geste qui a pour but d’apaiser les tensions entre ces deux pays qui entretiennent des relations cordiales depuis plusieurs années.

Au préalable, le ministère russe de la Défense avait convoqué l’ambassadeur israélien pour évoquer cet incident qualifié d’acte hostile. Mais côté israélien, les forces armées ont réfuté les critiques, affirmant dans un communiqué que la responsabilité de l’incident incombait aux batteries antiaériennes syriennes qui ont « fait feu sans discernement » et « sans se préoccuper » de la présence d’un appareil russe en vol.

Tsahal ajoute que ses chasseurs ont pris pour cible un complexe de l’armée syrienne et qu’ils « étaient déjà revenus dans l’espace aérien israélien » lorsque l’Il-20 a été abattu.

Des F-16 israéliens cachés derrière les avions russes ?

Selon le ministère russe de la Défense, les chasseurs F-16 de l’armée israélienne, menant des frappes aériennes, se sont servis de l’Il-20 pour se couvrir et s’approcher de leurs cibles au sol tout en échappant à la défense antiaérienne syrienne.

« En se cachant derrière l’appareil russe, les pilotes israéliens l’ont placé dans la ligne de tir du système de défense antiaérienne syrien. L’Il-20 a été abattu par un missile S-200 », a expliqué Igor Konachenkov. Pour lui, les pilotes israéliens ont nécessairement vu l’appareil russe car ce dernier était en phase d’approche à une hauteur de 5 000 mètres. « Malgré tout, ils ont volontairement mené cette provocation », a-t-il affirmé.

 

Avec AFP et Reuters

Première publication : 18/09/2018

 

https://www.france24.com/fr/20180918-avion-russe-abattu-syrie-russie-accuse-israel-f16-tensions-diplomatie-poutine-armee

 

 

 

 

 

 

 

Sud Syrie: nouvelle avancée des forces de libération nationale

 

 

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Sud Syrie:

nouvelle avancée

des forces de libération

nationale

 

Les forces du régime syrien, soutenues par la Russie, ont progressé lundi face aux rebelles dans le sud du pays en guerre, reprenant le contrôle de plusieurs localités et bombardant un secteur sensible situé près d’Israël.

Après une offensive éclair lancée le 19 juin, le pouvoir de Bachar al-Assad a réussi à faire plier les rebelles dans la province méridionale de Deraa, les contraignant à accepter un accord dit de « réconciliation » parrainé par Moscou, qui s’apparente en fait à une capitulation.

Il a désormais ouvert un nouveau front dans le Sud, bombardant depuis dimanche les territoires insurgés dans la province voisine de Qouneitra, secteur sensible situé près de la ligne de démarcation du plateau du Golan qui est occupé en majeure partie par Israël.

Lundi, le régime a repris dans l’ouest de Deraa cinq localités rebelles, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Avec cette progression, le régime contrôle plus de 90% de la province de Deraa », a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

L’immense majorité de ces localités ont été cédées par les rebelles dans le cadre de l’accord parrainé par Moscou, dévoilé le 6 juillet et qui prévoit un abandon par les insurgés de leur artillerie lourde et moyenne ainsi que le retour des institutions étatiques dans le secteur.

– Raids meurtriers –

Certains groupes ont refusé l’accord, et le régime utilise alors la force. Il a ainsi pu reprendre une colline près de la localité d’al-Hara, dans la province de Deraa, a annoncé lundi l’agence de presse officielle Sana.

Cette zone était le théâtre de violents combats: elle était sous contrôle de Hayat Tahrir al-Cham, coalition jihadiste dominée par l’ex-branche d’Al-Qaïda et exclue de l’accord.

Quelque 30 combattants de Hayat Tahrir al-Cham ont ainsi été tués depuis dimanche dans des raids aériens du régime et de son allié russe, a indiqué l’OSDH.

Seul un petit pan de la province de Deraa échappe encore aux forces d’Assad. Il s’agit d’un bastion de jihadistes affiliés au groupe Etat islamique (EI), mais le régime et son allié russe le bombardent depuis plusieurs jours.

L’accord prévoit aussi l’évacuation vers Idleb, province dominée par les insurgés dans le nord-ouest syrien, des rebelles refusant de vivre en territoire gouvernemental.

 

Dimanche, des centaines de combattants et de civils ont ainsi pris la route de l’exil, abandonnant le chef-lieu de Deraa, berceau de la révolte anti-Assad de 2011.

Appuyé par ses alliés indéfectibles, Iran et Russie en tête, le pouvoir de Bachar al-Assad est déterminé à asseoir son pouvoir sur l’intégralité du pays, ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350.000 morts et des millions de réfugiés.

Multipliant les victoires face aux rebelles et aux jihadistes, il contrôle déjà plus de 60% du territoire syrien.

– Missiles israéliens –

Et il a dorénavant porté son attention sur les secteurs rebelles de Qouneitra. Lundi, pour le deuxième jour consécutif, des raids aériens ont visé la province, selon l’OSDH.

Les forces du régime ont grignoté du terrain avec la reconquête d’une première localité, Mashara, confirmée par l’OSDH et les médias d’Etat syriens.

Lundi, l’agence officielle Sana a rapporté la mort d’un journaliste employé par la chaîne pro-régime Sama à capitaux privés. Il a été blessé par un obus « tiré par les groupes terroristes » sur cette localité de Mashara, précise l’agence, utilisant la terminologie du régime pour désigner les rebelles.

Les hostilités à Qouneitra risquent d’avoir des retombées sur le plan humanitaire. Quelque 160.000 déplacés sont toujours massés dans cette province, selon l’ONU. Ils s’y étaient réfugiés pour fuir les violences à Deraa.

Israël voit d’un mauvais oeil ces développements à sa frontière et a intensifié ses incursions militaires en Syrie.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l’armée israélienne a tiré des missiles sur une position militaire du régime dans la province d’Alep, dans le nord de la Syrie, selon les médias d’Etat syriens.

« Six Syriens et trois autres combattants, dont la nationalité n’a pas été établie, ont été tués dans cette frappe », selon l’OSDH.

Israël, qui est toujours officiellement en état de guerre avec Damas, s’inquiète de voir intervenir dans le conflit en Syrie deux de ses ennemis: l’Iran, et le Hezbollah libanais.

Israël met régulièrement en garde contre un ancrage iranien en Syrie. Mercredi déjà, des tirs de missiles israéliens avaient visé des positions du régime à Qouneitra.

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/le-regime-syrien-progresse-dans-le-sud-face-aux-rebelles-doc-17q24f3

 

https://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2018/07/forces_loyalistes_syrie_camion_deraa_0-1728x800_c.jpg

Syrie : Israël et l’Occident obligés d’admettre leur défaite… !

 

 

 

Syrie : Israël et l’Occident

obligés d’admettre leur défaite… !

 

 

Deux extraits de presse :

 

Lu sur ATLANTICO… : « la Russie est-elle en train de réussir la première opération militaire étrangère de l’histoire moderne du Moyen-Orient qui se traduise par un succès ?

« Atlantico : Selon l’historien Kamal Alam, la Russie aurait réussi là où les Etats-Unis auraient échoué, en Irak et en Afghanistan, en menant avec succès une contre-insurrection en Syrie. L’historien indique alors « Pour la première fois dans l’histoire moderne, une intervention militaire étrangère a triomphé au Moyen Orient ». Comment évaluer cette déclaration ? Comment la Russie est-elle parvenue à un tel résultat ?

Roland Lombardi : Tout d’abord, même si je suis assez d’accord avec Kamal Alam, il est bon toutefois de rappeler qu’il faut toujours rester très prudent quant à prédire l’issue positive ou négative d’une intervention militaire. Surtout que, même si Assad a sauvé son régime, la reconquête totale du territoire n’est pas certaine ou peut être encore assez longue. Il demeure encore plusieurs poches de rébellion. Daesh contrôle toujours quelques villages sur l’Euphrate et reste présent dans le centre du pays. Les Kurdes administrent le nord-est du pays et contrôlent près d’un tiers de la Syrie.

Enfin, les Turcs renforcent leur présence dans le Nord. Néanmoins, il est vrai qu’avec la puissance et l’expertise militaire des Russes et l’efficacité de leurs négociateurs (aidés en cela par les Turcs, les Egyptiens et même les Saoudiens et les Qataris qui sont depuis allés à Canossa), ce n’est probablement qu’une question de temps. De plus, avec les tensions régionales actuelles, et même si je n’y crois pas un seul instant, tout pourrait éventuellement dérailler. Scénario peu probable… »

 

 

Sur Libération : « …En réalité, sans jamais le reconnaître officiellement, l’Etat hébreu ne s’est pas arrêté là. Plusieurs groupes rebelles locaux ont bénéficié d’armes et de liquidités dans l’espoir de contenir les jihadistes liés à l’Etat islamique ou Al-Qaeda, mais aussi les forces chiites, au premier rang desquelles le Hezbollah. Réfugiés et rebelles sunnites formant pour un temps une sorte de «bouclier humanitaire» d’environ 25 000 personnes à l’intérieur de la zone tampon.

Désormais, la donne a changé, et ces programmes pourraient en subir les conséquences, selon plusieurs experts interrogés par Libération. Les Israéliens se sont faits à l’idée qu’Al-Assad, sur les épaules des Russes et avec l’appui des Iraniens, allait reprendre l’ensemble de la zone. »

 

 

Deux constats réalistes publiés récemment sur Libération et Atlantico donnent donc la mesure du retour à une certaine raison, contrainte et forcée, de la part des médias stipendiés par l’impérialisme et le sionisme…

Ils regardent avec d’autant plus de stupeur, et même, de relative stupidité, leur propre blessure, qu’ils sont incapables de penser autrement qu’en termes d’interventionnisme et de rapports de domination économiques…

Ainsi de la prétendue « neutralité » de l’Etat sioniste, qui reconnaît avoir fait de l’ « humanitaire » dans le sud syrien pour camoufler son soutien logistique aux armées « rebelles » cherchant à détruire le régime syrien laïc et indépendant.

Atlantico, pour sa part, y voit assez justement l’évolution de la Russie, qui a su retenir les leçons de sa longue histoire de confrontation avec l’Occident, mais oublie simplement l’essentiel, qui est la capacité du peuple et de la nation syrienne à résister à l’impérialisme, capacité sans laquelle aucune « aide » militaire extérieure n’aurait pu faire une telle différence stratégique. Le succès de l’entraide entre nations en lutte contre l’impérialisme c’est précisément d’y trouver un intérêt commun au delà des inégalités de taille entre les pays et de fonctionner sur la base du respect mutuel, sans nécessairement mettre au premier plan les enjeux financiers, et surtout pas, de manière inégalitaire extrême, comme le pratiquent couramment les impérialistes, ce que l’auteur admet, en fait, même si de façon indirecte.

Mais tout d’abord, en republication ci-dessous, le bref article de Libération, qui fait, pratiquement de l’intérieur, le constat inexorable de l’échec de la stratégie sioniste.

L’intégrale du long article d’Atlantico, à la suite, souligne la portée historique de l’évolution de cette situation, et même s’il n’ose pas le dire aussi crûment, c’est l’aveu d’une première défaite historique de l’impérialisme depuis la déroute du Vietnam, il y a bientôt un demi-siècle…

 

Pour notre part, nous serions tentés de dire que c’est une victoire encore plus grande et plus nette, car elle ne souffre pas de l’ambiguïté du prétendu « communisme » du Mouvement de Libération National au Vietnam, ambiguïté toujours actuelle, du reste, avec la prétendue « économie de marché socialiste » qui en résulte, et qui s’intègre désormais, pour l’essentiel, dans l’économie financière mondialisée de l’impérialisme.

 

Dans ce type de lutte, l’alliance du prolétariat avec la bourgeoisie nationale est un moyen de faire reculer l’impérialisme, mais aucunement un moyen de construire le socialisme. Cette construction exige la formation préalable d’une force politique prolétarienne autonome, éventuellement au cours de la lutte de Libération, mais qui doit devenir dominante pour transformer cette lutte en révolution socialiste.

 

Cela ne peut absolument pas se faire par la fusion des forces politiques des deux classes dans un seul et même parti, fut-il autoproclamé « communiste » !!

 

Luniterre

 

 

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Dans le Golan,

l’avancée d’Al-Assad

 

oblige Israël à revoir ses plans

 

 

Par Guillaume Gendron, Envoyé spécial sur le plateau du Golan — 12 juillet 2018 à 06:05

La reconquête des zones rebelles limitrophes du Golan par les forces loyalistes syriennes, épaulées par la Russie et l’Iran, oblige l’Etat hébreu à repenser sa stratégie militaire et (politico-)« humanitaire ».

Mercredi après-midi, alors que l’avion du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou était quelque part dans le ciel entre Tel-Aviv et Moscou, en route pour parler, pour la troisième fois en six mois, de la «situation syrienne», les alarmes ont retenti à nouveau sur le plateau du Golan.

Un missile Patriot israélien venait de détruire un drone, «de provenance syrienne» a immédiatement précisé Tsahal. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Israël a répliqué en bombardant trois positions de l’armée syrienne pour faire bonne mesure. Aucun blessé n’a été signalé.   

«La nouvelle normalité», soupirent les experts, alors que les locaux se sont accoutumés aux bruits des chasseurs israéliens en raid nocturne sur des «positions iraniennes» en Syrie. Pendant longtemps, cette zone, capturée à la Syrie en 1967 par les Israéliens et annexée en 1981, était surnommée la «frontière silencieuse». La guerre civile syrienne a chamboulé cet état de fait, les inquiétudes des Israéliens ravivées ces dernières semaines par l’offensive des forces de Bachar al-Assad sur les provinces rebelles de Deraa et Kuneitra. Depuis le début du mois de juillet, Tsahal, en état d’alerte, a renforcé ses troupes sur le plateau.

A lire aussiDeraa, berceau de la révolte syrienne, tombeau de la rébellion

Casquette de trucker et moustache drue, Amir Duvedevani, réserviste dans les services secours locaux, pointe vers une colline scindée par les barbelés israéliens : «Depuis sept ans, d’un côté vous avez le calme, de l’autre, l’enfer.» D’un côté la pente est verte, hérissée d’oliviers, de l’autre, la terre pelée, sans plus aucun arbre. Au pied de la colline : les tentes des quelques milliers de réfugiés syriens, l’un des trois camps constitués depuis 2012 le long de la zone tampon entre Israël et la Syrie, officiellement toujours en guerre. «La plupart vivent ici depuis le début de la guerre sans électricité, ils se chauffent au bois…» À travers les jumelles, à un kilomètre de là, on voit un groupe d’hommes affairés autour d’une moto, quelques silhouettes d’enfants. D’ici, on entend même le chant du muezzin.

«Package»

Depuis 2013, Israël fournit une aide humanitaire à ces réfugiés, dans le cadre de l’opération «Bon voisin». «Depuis le début, on a traité 5 000 personnes dans nos hôpitaux, pour un coût d’environ 250 millions d’euros. A quoi s’ajoute la nourriture, les tentes, les produits pour bébé à hauteur de 100 millions d’euros», résume le lieutenant-colonel de réserve Marco Moreno, architecte de l’opération. À l’origine secret-défense, le programme a ensuite été largement médiatisé par Israël, qui y voit le moyen de redorer son image et l’espoir de changer les préjugés de ses voisins arabes. «La motivation première, c’est notre sécurité, rationalise Moreno. Israël n’a jamais voulu interférer dans ce conflit, mais on s’est dit qu’en créant du lien, ces populations empêcheraient l’implantation de groupes radicaux qui pourraient nous attaquer plus tard. C’était aussi la chose éthique à faire.» 

En réalité, sans jamais le reconnaître officiellement, l’Etat hébreu ne s’est pas arrêté là. Plusieurs groupes rebelles locaux ont bénéficié d’armes et de liquidités dans l’espoir de contenir les jihadistes liés à l’Etat islamique ou Al-Qaeda, mais aussi les forces chiites, au premier rang desquelles le Hezbollah. Réfugiés et rebelles sunnites formant pour un temps une sorte de «bouclier humanitaire» d’environ 25 000 personnes à l’intérieur de la zone tampon.

Désormais, la donne a changé, et ces programmes pourraient en subir les conséquences, selon plusieurs experts interrogés par Libération. Les Israéliens se sont faits à l’idée qu’Al-Assad, sur les épaules des Russes et avec l’appui des Iraniens, allait reprendre l’ensemble de la zone. Comme l’a signifié mardi le ministre de la Défense israélien Avigdor Liberman, Israël «n’exclut plus» le dialogue avec Damas. «Israël n’a jamais voulu choisir de camp dans ce conflit, les leçons de la guerre civile libanaise ont été retenues, rappelle Sarit Zehavi, une ancienne du renseignement militaire, qui a fondé un centre de recherche sécurité consacré au front nord-israélien. Après tout, la dynastie Al-Assad a gardé la frontière calme pendant quarante ans. Le problème, c’est que là, ils ne viennent pas seuls : les Iraniens font partie du package.» 

Allers-retours moscovites

C’est le cauchemar israélien : que les forces Al-Qods‎ [forces spéciales des Gardiens de la Révolution islamique (GRI) en Iran ndlr] ou le Hezbollah établissent des bases à quelques kilomètres d’Israël, qu’il faudrait alors déloger par la force, au risque de se trouver aspiré pour de bon dans le bourbier syrien. Plutôt que d’en arriver là, Nétanyahou préfère trouver un arrangement que Moscou imposerait à Al-Assad, la raison de ses allers-retours moscovites. Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a déjà indiqué que le départ de tous les éléments iraniens était «irréaliste». Pour l’expert indépendant Stéphane Cohen, ancien chef de liaison israélien avec l’ONU dans la région, Israël pourrait envisager un accord informel limitant la présence iranienne à au moins 50 kilomètres de la Jordanie et d’Israël, avec des restrictions sur le type d’équipements et de troupes déployés. En échange, Israël arrêterait son soutien aux forces rebelles («c’est déjà le cas», assure Cohen) et pourrait geler l’opération «Bon voisin», avec les risques politiques et humanitaires que cela comporte.

 

http://www.liberation.fr/amphtml/planete/2018/07/12/dans-le-golan-l-avancee-d-al-assad-oblige-israel-a-revoir-ses-plans_1665862

 

 

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Syrie : la Russie est-elle en train de réussir la première opération militaire étrangère de l’histoire moderne du Moyen-Orient qui se traduise par un succès ?

Atlantico : Selon l’historien Kamal Alam, la Russie aurait réussi là où les Etats-Unis auraient échoué, en Irak et en Afghanistan, en menant avec succès une contre-insurrection en Syrie. L’historien indique alors « Pour la première fois dans l’histoire moderne, une intervention militaire étrangère a triomphé au Moyen Orient ». Comment évaluer cette déclaration ? Comment la Russie est-elle parvenue à un tel résultat ?

Roland Lombardi : Tout d’abord, même si je suis assez d’accord avec Kamal Alam, il est bon toutefois de rappeler qu’il faut toujours rester très prudent quant à prédire l’issue positive ou négative d’une intervention militaire. Surtout que, même si Assad a sauvé son régime, la reconquête totale du territoire n’est pas certaine ou peut être encore assez longue. Il demeure encore plusieurs poches de rébellion. Daesh contrôle toujours quelques villages sur l’Euphrate et reste présent dans le centre du pays. Les Kurdes administrent le nord-est du pays et contrôlent près d’un tiers de la Syrie.

Enfin, les Turcs renforcent leur présence dans le Nord. Néanmoins, il est vrai qu’avec la puissance et l’expertise militaire des Russes et l’efficacité de leurs négociateurs (aidés en cela par les Turcs, les Egyptiens et même les Saoudiens et les Qataris qui sont depuis allés à Canossa), ce n’est probablement qu’une question de temps. De plus, avec les tensions régionales actuelles, et même si je n’y crois pas un seul instant, tout pourrait éventuellement dérailler. Scénario peu probable puisque, malgré les apparences, la situation reste néanmoins sous un relatif contrôle des Russes et des Américains.

Pour en revenir donc sur le succès russe en Syrie, les raisons sont multiples. Je ne reviendrai pas sur les détails strictement militaires qui ont permis à la Russie de s’imposer sur le terrain. Le colonel Michel Goya l’a déjà très bien expliqué dans une remarquable analyse en septembre 2017. Il y décrit avec une grande précision tous les aspects techniques et tactiques de la réussite militaire russe en Syrie et j’invite d’ailleurs vivement vos lecteurs à la lire.

Pour ma part, je dirai rapidement que les Russes n’agissent et ne prennent jamais de risques qu’avec un plan et une stratégie mûrement réfléchis. Certains « spécialistes » français, plus par idéologie et un anti-Poutine viscéral, avaient pourtant prédit, au début de l’implication directe des Russes en septembre 2015, que la Syrie serait pour l’armée russe un bourbier et un nouvel Afghanistan. Mais comparer l’intervention russe en Syrie avec l’invasion soviétique de l’Afghanistan en 1979 était une pure aberration. Tout d’abord car le contexte local et international n’était absolument pas le même. De plus, les stratèges russes ont toujours appris de leurs erreurs (Afghanistan, première guerre de Tchétchénie) ou de leurs cafouillages (Géorgie) passés. Aussi, on n’oublie trop souvent que la Russie est l’un des rares pays (avec l’Etat algérien dans les années 1990) à avoir « remporté » une guerre asymétrique (Tchétchénie dans les années 2000). 

Par ailleurs, l’état des forces des armées russes s’est sensiblement amélioré depuis 2008 et la guerre en Géorgie. L’armée russe bénéficie d’un plan de modernisation extrêmement ambitieux (23 000 milliards de roubles jusqu’en 2020) et prévoit un renouvellement de 70% des matériels. Les premiers effets de ce programme, mais également des évolutions tactiques et opérationnelles, ont été constatés lors de l’affaire de Crimée, où l’intervention russe fut un modèle de professionnalisme.

Mais en définitive, le succès russe en Syrie est sûrement dû à une stratégie beaucoup plus globale alliant tactique et outil militaire modernisés et expérimentés à l’efficacité d’une diplomatie internationale, régionale mais aussi locale (je rappelle la création, sur le terrain, par les Russes, d’un Centre de réconciliation destiné aux négociations de guerre, la protection des transferts de combattants, l’aide aux populations en coordination avec les autorités civiles, les ONG et l’ONU). De toute évidence, il est aussi certain que les réussites diplomatiques du Kremlin, de ses diplomates et de ses négociateurs, entreront dans l’histoire…

Tout cela est au service d’une grande politique (et des fins géopolitiques) claire, cohérente et constante. Poutine n’a pas fait que lire Clausewitz, il applique ses principes : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » ! Car au Moyen-Orient, les Russes font de la politique, leur politique. Et à la différence des Occidentaux, celle-ci est fondée sur le réalisme et leurs propres intérêts nationaux… et pas seulement commerciaux ! Elle prime sur tout le reste et n’est nullement soumise, comme malheureusement pour la politique de la France dans cette région, au commerce, à l’émotionnel ou à une quelconque idéologie. Là est la véritable clé.

Comment comparer cette situation avec les interventions américaines en Irak et en Afghanistan ? Quelles ont été les erreurs commises ?

Vous savez, en tant qu’historien et géopolitologue, je n’aime pas trop comparer les époques, les situations ou les évènements. Néanmoins, comme je l’évoquais plus haut, on peut relever de grandes différences entre les opérations américaines en Irak ou en Afghanistan et celles des Russes en Syrie : Tout d’abord et principalement, les buts de guerre. Concrètement, le « pourquoi » de ces interventions et pour quelle politique. Très rapidement, nous savons que durant des décennies, la politique américaine dans la région était centrée sur le monopole des approvisionnements stratégiques du Moyen-Orient (pétrole et gaz).

Cet impérialisme américain se basait alors sur les concepts bien connus des néo conservateurs et de certains idéologues de Washington (qui par ailleurs n’avaient qu’une connaissance très limitée des réalités, des particularités et des spécificités sociologiques et ethniques d’un monde arabo-musulman trop souvent fantasmé, idéalisé et « mythifié ») : le regime change et le nation bulding. Beaucoup de « savants » et « conseillers » de la côte Est américaine, comme à Paris d’ailleurs, ont alors cru naïvement que les démocraties pouvaient naître d’un claquement de doigts au Proche-Orient et, plus grave, qu’on pouvait dès lors, pour faire tomber les méchantes dictatures, miser sur des islamistes prétendument « modérés » ! On a vu le résultat en Irak, en Afghanistan et également en Libye !

Du côté de Moscou, rien de tout cela. Pour comprendre la politique russe en Méditerranée et au Moyen-Orient, il faut relire deux de mes analyses sur le sujet (à contre-courant de la doxa « anti-russe » et du Poutine bashing ambiant et où j’annonçais d’ailleurs les futurs succès russes…). La première fut écrite en février 2013  et la seconde, en octobre 2016

Dans cette dernière, j’écrivais alors : « Certes, la Russie, Etat phare de l’orthodoxie chrétienne, a réactivé, depuis quelques décennies, (…) une véritable  » géopolitique de l’orthodoxie « , dans le Sud de l’Europe (Serbie), en Méditerranée (Grèce et Chypre) et au Moyen-Orient (Chrétiens d’Orient). Ainsi, Poutine a relancé la politique simple mais ancestrale de la Russie : se désenclaver afin d’accéder aux mers chaudes, avec pour verrou la Crimée (de retour dans le giron russe), et en s’appuyant notamment  sur  les  chrétiens  d’Orient, vecteurs de progrès, comme  relais  d’influence. Ceci explique d’ailleurs les positions russes sur l’Ukraine, la Crimée mais en partie aussi la Syrie ». J’ajoutais que : « parallèlement à cette géopolitique de l’orthodoxie, il ne faut pas perdre de vue que la Russie est aussi une puissance musulmane (elle est notamment membre observateur de l’OCI, l’Organisation de la coopération islamique), d’où l’attention qu’elle porte particulièrement à l’évolution politique du monde arabo-musulman » et que « de fait donc, la Russie est bel et bien une puissance musulmane puisque l’islam est la religion de nombreuses minorités ethniques en Russie. Il y a près de 10 000 mosquées en Russie et la plus grande d’Europe, inaugurée en 2015, se trouve d’ailleurs à Moscou. L’islam est implanté depuis près de 1300 ans dans certaines régions comme le Nord-Caucase, dans l’Oural et près de la Volga. Aujourd’hui, près de 15 % de la population russe est musulmane soit entre 20 et 22 millions (la plus importante des minorités) sur 150 millions d’habitants. C’est donc cette proximité très ancienne avec l’islam, qui fait des Russes de fins connaisseurs de cette religion. L’Institut d’études orientales (IVA) de l’Académie des sciences de Moscou est justement, avec ses deux cents ans d’existence, l’un des meilleurs centres de recherches et de réflexions sur l’islam et l’Orient de la planète. Le plus célèbre de ses élèves (et plus tard professeur) étant Evgueni Primakov ». Par ailleurs, « si la Fédération possède près de 2 500 km de frontières avec l’islam, c’est aussi, comme on l’a vu, l’évolution identitaire même des musulmans de Russie qui préoccupe le Kremlin. Eviter la fragmentation sociale et préserver la paix de l’une des plus anciennes sociétés multi-culturelles de la planète seront le principal défi de Moscou dans les décennies à venir. (…) Napoléon disait que  » les Etats font la politique de leur géographie « . Nous pouvons le paraphraser en affirmant que  » les Etats font aussi la politique de leur démographie « . Et c’est à partir de ce postulat, où politique interne et géopolitique s’imbriquent et se confondent désormais, que nous pouvons comprendre la politique russe actuelle en Méditerranée et au Moyen-Orient ». Pour finir, j’expliquais que « la Russie, au contraire encore une fois de l’Occident, s’interdit toute leçon de morale en relations étrangères. Pour Moscou, il n’y a pas de dogme moral et de manichéisme dans ses perceptions du monde et on connaît les notions, de non-intervention et de non ingérence, si chères au Kremlin et élevées comme principes diplomatiques incontournables ». Son message était donc très clair depuis le début : « Gérez vos pays comme bon vous semble mais nous ne voulons pas d’islamistes, « modérés » ou pas, au pouvoir ; en échange et en cas de besoin, vous pourrez toujours compter sur notre fidélité et notre soutien ! ». Tout le cœur et le moteur des actions russes au Moyen-Orient sont dans ces lignes ! C’est une grande différence, vous en conviendrez, avec les politiques américaines et occidentales en général…

Au regard du cas syrien, quelles sont les leçons à tirer de l’action russe ?

Même s’il ne faut surtout pas enterrer trop vite l’influence de la puissance américaine dans la région, que cela nous plaise ou non, le résultat est sans appel : la Russie est devenue le nouveau maître du jeu avec qui il faut à présent compter et le véritable « Juge de Paix » incontournable de la région. Véritable fer de lance occidental de la lutte contre l’islam radical et jihadiste, les dirigeants russes ont compris que cette question était vitale pour eux. Malheureusement, les responsables français pas encore…

En attendant, même sous l’ère soviétique, Moscou n’avait jamais atteint un tel leadership dans cette partie du monde.

D’autre part, les diplomates russes se sont révélés être les dignes successeurs d’Evgeni Primakov. La Russie a démontré avec succès les bénéfices d’une politique claire, réaliste et pragmatique. Grâce à sa politique de puissance décomplexée au Moyen-Orient, imperméable aux rivalités internes de la région, Poutine parle à tout le monde et tous les grands acteurs locaux se tournent dorénavant vers le Kremlin : la coopération avec Israël, et ce dans tous les domaines, est beaucoup plus profonde qu’on ne le pense et l’Iran, le « partenaire » en Syrie, à présent en grande difficulté, ne peut plus compter que sur les Russes…

Quant à la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite, ses anciens adversaires géopolitiques dans la zone, ils sont depuis allés à Canossa (cf. le partenariat russo-turc en Syrie et le dernier accord entre l’OPEP et la Russie, sur le dos des Iraniens…) et se sont grandement, d’une manière ou d’une autre, rapprochés de Moscou. Les responsables palestiniens isolés (Abbas et Hamas) cherchent aujourd’hui le soutien du Président russe et tous les nouveaux (et futurs) autocrates arabes (militaires algériens, le Président Sissi, le maréchal Haftar en Libye et même MBS à Riyad…) ont tous les yeux de Chimène pour le « Tsar » Poutine, ce dernier ayant démontré avec Assad, qu’il était un allié fiable, solide et sérieux. Enfin, au-delà des bénéfices politiques et géostratégiques, grâce à son intervention en Syrie, la Russie n’a jamais autant vendu d’armes (la guerre ça sert aussi à ça !) et les signatures de contrats commerciaux ont explosé !

Quelle leçon pour les dirigeants et les diplomates français qui se renient dès qu’ils le peuvent en sacrifiant les intérêts stratégiques de la France pour, et souvent en vain, une simple signature au bas d’un chèque de nos chers « amis » (mais surtout clients) du Golfe !

J’aime à répéter la phrase de Michel Rocard sur Radio-Orient, le 28 février 1986 (à propos de la politique d’«abandon» française envers les Chrétiens du Liban pendant la guerre civile) : « Dans le monde arabe, c’est la parole qui engage l’honneur ; on y est respecté en fonction de ses amitiés. (…) Quand, devant un Arabe, on laisse tomber ses propres amis, fussent-ils des ennemis de l’Arabe en question, on se déconsidère ». Tout est dit et cela résume assez bien les raisons, et par-dessus tout le succès, des positions et de la politique russes vis-à-vis du régime de Damas mais également de toute la région…

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/syrie-russie-en-train-reussir-premiere-operation-militaire-etrangere-histoire-moderne-moyen-orient-se-traduise-succes-roland-3449612.html

 

 

 

Syrie ,

 

nouvelle offensive

anti-impérialiste dans le Sud :

 

En avant

 

vers la libération totale !

 

 

 

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