Solidarité

Soudan: le rêve de Souchon détourné …par la réalité!

 

 

 

Soudan :

malgré la répression sanglante

et le black-out du net,

le combat continue!

 

 

Tout comme les peuples d’Algérie et de bien d’autres pays du monde, le peuple du Soudan donne une leçon de résistance à ce qui reste de la « gauche » occidentale…!

La mobilisation de dimanche est d’autant plus impressionnante que le Conseil militaire bloque depuis des semaines l’accès à internet, outil stratégique pour rallier les manifestants, dès le début du mouvement de contestation, en décembre 2018.

En prévision des rassemblements, les paramilitaires des RSF avaient été déployés sur plusieurs places de Khartoum, à bord de leurs pick-ups chargés de mitrailleuses.

Épicentre de la contestation, à son étape précédente, le sit-in devant le QG de l’armée, entamé le 6 avril, a été dispersé dans le sang environ deux mois plus tard.

Au moins 128 personnes ont péri dans la dispersion du sit-in et la dispersion qui a suivi les jours suivants, selon des médecins proches de la contestation.

Ce sont donc sept nouvelles victimes qui viennent s’ajouter à ce lourd bilan, mais qui ne décourage pas, malgré cela et le black-out du net, la résistance !

Le retour aux méthodes « anciennes », simples et directes, reste, au Soudan comme ailleurs, l’avenir véritable de la résistance et des luttes de masses ! (*)

Les nouvelles autorités accusent des « snipers » d’être à l’origine des tirs à balles réelles. De l’usage des « snipers » dans ce genre de circonstances, vu les précédents en Ukraine et en Syrie, notamment, on sait ce qu’il en est…!

Luniterre

(* https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/17/par-ou-commencer-lenine-sur-le-role-du-journal-nouvelle-traduction/ )

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httbps://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/01/soudan-malgre-la-repression-sanglante-et-le-black-out-du-net-le-combat-continue/

 

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. . . Ou le rêve de Souchon enfin dépassé par la réalité!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Algériens-Berbères : un seul et même combat !

 

 

Des manifestants algériens brandissent le drapeau amazigh, le 21 juin 2019, à Alger. 

Algériens-Berbères :

un seul et même combat !

 

Le pouvoir algérien durcit le ton. Au moins 16 manifestants ont été placés sous mandat de dépôt par la justice à Alger, dimanche 23 juin, selon plusieurs avocats réunis au sein d’un collectif de défense. Trois autres ont été renvoyés au commissariat pour un complément d’enquête.

Ces manifestants sont accusés d’avoir brandi ou possédé des drapeaux berbères lors de la manifestation de vendredi et ils sont poursuivis pour « atteinte à l’unité nationale » et « atteinte à l’emblème nationale ». En attendant l’instruction de leur dossier, ils ont donc été placés en détention. Les avocats ont annoncé leur intention de faire appel de cette décision.

La stupéfaction était grande parmi les militants des droits de l’homme réunis à la sortie du tribunal de Sidi M’hamed. La décision de la justice algérienne leur paraît inédite depuis le début des manifestations en février. « Je suis très en colère. Le général Gaïd Salah [le chef d’état-major de l’armée] n’a rien compris. Il ne sait plus ce qui se passe dans son pays et il attise la division. On se fait accuser de crime pour un drapeau », confie à franceinfo Othmane Aouameur, activiste et militant des droits de l’homme.

« Le drapeau berbère est devenu un symbole d’unité »

Les militants soulignent que cette décision n’a aucun fondement juridique. « C’est une décision absurde. (…) Ils n’auraient même pas dû être interpellés », a déclaré à la presse Aouicha Bekhti. Selon cette avocate membre du réseau contre la répression, la justice s’est appuyée sur l’article 79 du Code pénal pour leur reprocher une « atteinte à l’intégrité du territoire ». L’identité berbère (ou amazighe) est un sujet sensible en Algérie, où un quart de la population, soit environ 10 millions de personnes, est berbérophone« Mais le drapeau amazigh est devenu un symbole de l’unité nationale », répond Othmane Aouameur.

Moi je me considère amazigh, même si je ne le suis pas, en solidarité avec mes frères. [Othmane Aouameur à france info]

Lors de la manifestation de vendredi, une centaine de personnes ont pourtant été arrêtées par les forces de l’ordre en possession de ce drapeau, après la consigne donnée par le général Ahmed Gaïd Salah de ne tolérer aucun autre drapeau que « l’emblème national ». Une grande partie de ces manifestants ont été rapidement libérés, mais certains ont finalement été présentés devant le procureur de la République.

« La liberté n’a aucun sens dans un pays en otage »

« Le pouvoir tente d’utiliser la carte de la division pour détourner le mouvement de son but. Ce n’est pas la justice qui décide, car celle-ci est toujours dans les mains du système », poursuit Nassim Yassa, secrétaire national chargé de la jeunesse au sein du Rassemblement pour la culture et la démocratie.

Je pense que c’est un grave dérapage du pouvoir. Ils veulent désorienter un mouvement pacifique, mais ce que n’a pas compris le pouvoir, c’est que le peuple est déterminé à obtenir le départ du système. [Nassim Yassa à france info ]

De son côté, Aouicha Bekhti a tenu à transmettre une déclaration de Messoud Leftissi, son client visé par un mandat de dépôt, avant son incarcération à la prison d’El Harrach : « La liberté n’a aucun sens dans un pays en otage. Continuez à vous battre pour libérer l’Algérie. »

https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/algerie/on-se-fait-accuser-de-crime-pour-un-drapeau-en-algerie-16-personnes-en-detention-provisoire-pour-avoir-manifeste-avec-l-embleme-berbere_3503753.html

Mais ces arrestations n’ont pas empêché un 19ème Vendredi de lutte, malgré une mobilisation policière renforcée et à nouveau à l’affût des drapeaux berbères, néanmoins présents. Interventions et provocations policières délibérées qui n’ont néanmoins pas entraîne d’affrontement direct.

Illustration : Un homme brandit le drapeau amazigh

Des Algériens manifestent contre le régime à Alger le 28 juin 2019

AFP / RYAD KRAMDI Des Algériens manifestent contre le régime à Alger le 28 juin 2019

Un dispositif policier particulièrement important au coeur d’Alger n’a pas empêché une forte mobilisation vendredi pour la 19e grande manifestation hebdomadaire contre le régime, au lendemain d’une nouvelle fin de non-recevoir de l’armée aux revendications des protestataires.

Sous un soleil de plomb, une foule massive a sillonné toute l’après-midi les rues du centre de la capitale, au milieu de très nombreux policiers en uniforme et en civil, selon un journaliste de l’AFP.

Une centaine de fourgons de police –bien plus que d’habitude– y étaient garés, ainsi que des canons à eau et des bulldozers antibarricades.

Après le début de la marche, la police, d’habitude passive dès que la foule est dense, a ciblé les porteurs de symboles berbères, notamment de drapeaux, conformément aux instructions données la semaine précédente par le chef d’état-major de l’armée.

Le général Ahmed Gaïd Salah est devenu l’homme fort du pays depuis que la contestation a poussé le président Abdelaziz Bouteflika à la démission le 2 avril.

Des policiers ont notamment fait usage de sprays lacrymogènes pour se replier après être allés arrêter un porteur de drapeau berbère, provoquant la colère des manifestants. Ceux-ci ont été calmés par les bénévoles chargés de faire respecter le mot d’ordre pacifique de la contestation.

Le cortège s’est dispersé sans incidents en fin d’après-midi, comme ceux recensés par l’agence officielle APS dans 31 autres régions, sur 48. Des manifestations étaient prévues dans la soirée dans six régions du Sud saharien.

– « Campagne violente et féroce » –

A Alger, 18 manifestants arrêtés avec des drapeaux berbères le 21 juin ont été inculpés d' »atteinte à l’unité nationale », infraction passible de 10 ans d’emprisonnement, et placés en détention provisoire. Plusieurs autres, à Alger et ailleurs, ont eux été placés sous contrôle judiciaire.

Depuis plusieurs semaines, la police mène chaque vendredi matin, avant que la foule soit trop nombreuse, des arrestations à Alger.

Vendredi, elle a encore procédé à de très nombreux contrôles d’identité et le journaliste de l’AFP a vu une dizaine de personnes être arrêtées, sans qu’il soit possible d’en déterminer les raisons.

 

 

Défilé dans les rues d'Alger pour la 19e manifestation hebdomadaire

AFP / RYAD KRAMDI Défilé dans les rues d’Alger pour la 19e manifestation hebdomadaire

Ahmed, manifestant de 54 ans, s’est dit « impressionné par le nombre de policiers ». « Je n’ai jamais vu ça. Ils veulent nous faire peur, mais ils ont tort, la peur est (désormais) derrière nous », a-t-il assuré à l’AFP.

Doyen des partis d’opposition en Algérie, le Front des forces socialistes (FFS) a dénoncé une « campagne violente et féroce destinée à créer la terreur et la résignation (…) dans l’espoir de briser ce sursaut populaire pacifique ».

« Le pouvoir visiblement désemparé souhaite provoquer l’irréparable et pousse la situation vers le pourrissement et le chaos », au lieu d' »écouter les revendications légitimes du peuple algérien », poursuit le parti dans un communiqué.

– Instrumentalisation? –

Durant la semaine, le général Gaïd Salah, qui fut durant 15 ans un pilier de la présidence Bouteflika (1999-2019), a appelé les Algériens à « comprendre » les décisions de l’armée, alors qu’ils ont réclamé encore vendredi, comme chaque semaine, que le chef d’état-major « dégage » et un « Etat civil, pas militaire ».

Le commandement de l’armée rejette semaine après semaine leurs revendications: l’instauration d’instances de transition, débarrassées de tous les anciens fidèles d’Abdelaziz Bouteflika et chargées de réformer le pays avant la tenue d’une présidentielle.

Jeudi, le général Gaïd Salah a accusé les partisans d’une telle transition de vouloir protéger les responsables politiques et hommes d’affaires liés à Bouteflika et visés par les nombreuses enquêtes pour corruption récemment ouvertes, qui ont conduit plusieurs d’entre eux en détention préventive.

Des figures de la contestation et des observateurs s’inquiètent d’une possible instrumentalisation de la justice au profit de luttes de clan au sommet et réclament que ce soit le futur pouvoir élu qui mène à bien les enquêtes sur la présidence Bouteflika.

 

 

 

Défilé dans les rues d’Alger pour la 19e manifestation hebdomadaire

AFP / RYAD KRAMDI Défilé dans les rues d’Alger pour la 19e manifestation hebdomadaire

« Ceux qui veulent instaurer des phases de transition (…) veulent protéger la corruption en reportant la lutte lancée contre elle », a accusé le général. Il a réitéré n’avoir aucune ambition politique tout en réaffirmant implicitement que l’armée resterait aux commandes tant qu’un nouveau président ne serait pas élu.

L’annulation de la présidentielle du 4 juillet place le pouvoir intérimaire dans une situation délicate, la Constitution prévoyant que le président par intérim Abdelkader Bensalah rende les rênes du pays à un président élu d’ici le 9 juillet, un délai trop court pour organiser un nouveau scrutin.

https://www.afp.com/fr/infos/334/alger-mobilisee-pour-la-19e-fois-malgre-un-fort-deploiement-policier-doc-1hy6sa9

 

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Résistance

& Solidarité !

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L’arrestation de plusieurs citoyens vendredi dernier, à Alger, pour avoir simplement défilé avec le drapeau amazigh lors des manifs de cette 18e «Silmiya», a donné lieu à un formidable élan de solidarité pour exiger leur libération.

Rappelons que 17 manifestants ont été présentés ce dimanche devant les tribunaux de Sidi M’hamed et Bab El Oued, et placés sous mandat de dépôt pour «atteinte à l’unité nationale». Ils sont actuellement incarcérés à la prison d’El Harrach. Des rassemblements se sont ainsi tenus avant-hier devant le tribunal de Sidi M’Hamed et à Baïnem (où se trouve le tribunal de Bab El Oued) à l’appel du Réseau de lutte contre la répression, pour la libération des détenus d’opinion et pour les libertés démocratiques.

Le Réseau «a appris avec sidération la décision inacceptable rendue par les tribunaux de Sidi M’hamed et Bab El Oued, cet après-midi, 23 juin 2019. L’ensemble des prévenus ont été mis sous mandat de dépôt, sous l’inculpation d’ ‘‘atteinte à l’unité nationale par le port d’un emblème autre que l’emblème national’’», peut-on lire dans un communiqué rendu public dimanche

Et de préciser : «Le port de l’emblème amazigh est une revendication identitaire reconnue par la Constitution et par les lois de ce pays, elle ne constitue nullement, par conséquent, une menace pour l’unité nationale.» Le Réseau a ensuite appelé à «rejoindre le rassemblement populaire initié par les familles et les comités citoyens de Aïn Benian aujourd’hui même (dimanche, ndlr) à 18h, au rond-point Aissani. Tous déterminés à poursuivre le combat pour les libertés démocratiques en Algérie !» Dans une courte vidéo diffusée par l’un des participants au rassemblement de Guyotville, on voit les manifestants brandir des pancartes reproduisant ce même slogan : «Libérez les détenus du drapeau amazigh et tous les détenus d’opinion». Ils ont également scandé : «Atalqou el messdjounine, nahnou amazighiyine» (Libérez les prisonniers, nous sommes Amazighs).

 

«à bas la dictature !»

Un autre rassemblement sest tenu hier devant le tribunal de Sidi Mhamed, rue Abane Ramdane, aux cris de «A bas la dictature», «A bas la répression», «Libérez les détenus,  libérez les innocents»…

Les slogans entonnés appelaient, par ailleurs, à la libération du pouvoir judiciaire  : «Libérez la justice», «Ya lil âre ya lil âre adala be’tilifoune» (Quelle honte, justice du téléphone), «Adala bel awamer» (Justice aux ordres), «Adala intiqaliya machi intiqamiya» (Pour une justice transitionnelle, non à la justice vengeresse)… Gaïd salah en a une nouvelle fois pris pour son grade, lui dont le discours, où il s’en prenait au drapeau amazigh, a été, faut-il le rappeler, à l’origine de cette vague de répression : «Y en a marre des généraux», «Les Algériens khawa-khawa, wel Gaïd Salah maâ el khawana» (Les Algériens sont des frères, Gaïd Salah est avec les traîtres), «Had echaâb la yourid hokm el askar min djadid» (Ce peuple ne veut pas d’un nouveau régime militaire), «Ennidhal ennidhal hatta yasqota ennidham» (La lutte jusqu’à la chute du régime), «Pouvoir assassin !» «Djazair horra democratia» (Algérie libre et démocratique), «Dawla madania, machi askaria» (Etat civil, pas militaire), «Dawla madania, machi poulicia» (Etat civil, non à l’Etat policier).

D’autres slogans tenaient à rappeler à l’autocrate qui a pris le relais de Boutef IV que l’identité amazighe qu’il assimile presque à un «délit» est inscrite dans notre ADN immémorial et sur les tablettes de nos lois : «Amazighiya-djazairiya» (Amazighe et algérienne), «Houwiyati djazairia, ma rahiche djarima» (Mon identité est amazighe, ce n’est pas un crime), «Al amazighiya houwiya djazairiya» (l’amazighité est une identité algérienne), «L’amazighité est protégée par la Constitution», «Chamal Ifriqiya d’Imazighen» (L’Afrique du Nord, des Amazighs).

Actions de protestation dans plusieurs localités

Des rassemblements et actions citoyennes ont été initiés dans d’autres localités pour dénoncer ces incarcérations arbitraires. C’est notamment le cas des villes dont sont issus quelques-uns des citoyens arrêtés vendredi dernier. Des habitants de Haïzer, dans la wilaya de Bouira, ont protesté devant la cour de Bouira en criant «Pouvoir assassin !» «Ulac smah ulac» (Pas de pardon). D’après la liste des détenus publiée par le Réseau de lutte contre la répression, au moins trois citoyens originaires de cette commune ont été interpellés à Alger en ce 18e vendredi : Hamza Roudjate, Akli Oukbi et Ali Lakehal.

A Ifri Ouzellaguen, dans la wilaya de Béjaïa, les citoyens ont observé une grève générale et ont fait une marche en soutien à l’ensemble des détenus du hirak et aussi pour exiger la libération d’un enfant de la ville qui figure parmi ces détenus : Tahar Oudihat. Ces actions ont été menées à l’appel du Collectif des citoyens d’Awzellaguen (CCA) et dont Tahar était membre. «Nous appelons l’ensemble de la population d’Ifri Ouzellaguen (citoyens, comités de village, comités de quartier, associations, entreprises et établissements privés et étatiques) à une : grève générale de 8h à 12h ; une marche citoyenne à 10h, du marché communal (souk) jusqu’au carré des martyrs (mairie) (…) ;
rassemblement à la place des Martyrs», détaille l’appel du CCA diffusé sur sa page Facebook en précisant : «Les transporteurs, le secteur de la santé et les pharmacies sont appelés à assurer leurs services.»

Selon une vidéo de la manif’ postée par Yani Aidali, un membre du Réseau de lutte contre la répression, les citoyens d’Ifri Ouzellaguen ont hissé plusieurs banderoles et pancartes appelant à la libération des manifestants embastillés. Sur une large banderole, on peut lire : «Ifri Ouzellaguen, terre des hommes libres, exige la libération des détenus d’opinion». Sur d’autres bannières accrochées aux artères principales, ces mots d’ordre : «Libérez Tahar», «Libérez la justice, libérez les détenus». Même revendications exprimées à travers les pancartes exhibées : «Libérez les détenus», «Libérez Tahar Oudihat», «A bas la dictature».

«Prenez-moi à la place  de mon fils !»

A Naciria cette fois, dans la wilaya de Boumerdès, les citoyens ont marché dimanche soir pour dire «Libérez tous les détenus d’opinion», comme le proclame une banderole. Les manifestants mettaient en avant également des pancartes qui disaient : «Libérez Bacha Bilal». Il s’agit là aussi d’un enfant de la ville, président de l’association Arrach n’Laâzib.

Sur une vidéo publiée sur la page Facebook de Bordj Menaïel News, on découvre avec émotion l’admirable maman de Bilal qui prend la parole lors d’un rassemblement nocturne. Elle parle dans un mégaphone, avec beaucoup d’assurance. Ses mots, pleins de dignité, sont ceux d’une véritable mère-courage : «Moi aussi je porte ce drapeau.

Prenez-moi à sa place, tout simplement !» lâche-t-elle d’emblée en caressant un étendard berbère. «Il a 23 ans, vous l’emmenez en prison, vous gâchez son avenir, vous le poussez à détester l’Algérie (…). C’est pour ça (en désignant l’emblème berbère) qu’il a été embarqué ? Eh bien voilà, je le porte aussi. Vous avez des yeux pour voir, vous avez une conscience, vous avez des enfants, prenez-moi, moi aussi, pourquoi vous ne m’arrêtez pas ? J’ai 52 ans, je suis malade, je suis atteinte d’un cancer.

Prenez-moi et relâchez mon fils. Ne gâchez pas sa vie. Rana chabîne lamrar, notre vie est déjà assez difficile comme ça.» Bouleversant ! Il nous faut aussi citer cet appel du Collectif des avocats pour le changement et la dignité : «Nous réitérons notre engagement et notre disponibilité à prendre en charge juridiquement toutes personnes arrêtées et/ou poursuivies dans le cadre des manifestations de la révolution populaire pacifique, et cela, devant toutes les juridictions d’Algérie, tribunaux et cours.

Contactez le Collectif au numéro suivant : 0672 900 637.» Peut-être pourraient-ils faire quelque chose pour ce jeune médecin néphrologue, le Dr Khaled Chouater, exerçant à l’hôpital de Bordj Bou Arréridj. Il a été placé sous mandat de dépôt hier, en raison d’une simple photo prise dans son bureau dans laquelle il pose fièrement avec le drapeau amazigh, et qu’il a diffusée sur les réseaux sociaux.

Retenons enfin ce message de Messaoud Leftissi, l’un des manifestants arrêtés vendredi, qu’il a transmis à son avocate Me Aouicha Bekhti : «Madame, s’il vous plaît, j’insiste ! Dites aux Algériens dehors que je suis plus que jamais déterminé. Etre libre dans un pays pris en otage n’a aucun sens. Dites leur de continuer à libérer le pays.» Respect !

https://www.elwatan.com/edition/actualite/solidarite-avec-les-manifestants-incarceres-pour-port-du-drapeau-amazigh-liberez-les-detenus-liberez-la-justice-25-06-2019

https://www.algerie-eco.com/wp-content/uploads/2019/06/64656695-1279838692191519-6454104203886329856-n.jpg

Une semaine après la Fête de la Musique à Nantes: où est Steve?

 

 

 

 

Plusieurs centaines de personnes ont pris le départ de la marche organisée à Nantes en hommage à Steve Maia Caniço, disparu le soir de la fête de la musique après une charge de la police en bord de Loire. / © France Télévisions - Elodie Soulard

Plusieurs centaines de personnes ont pris le départ de la marche organisée à Nantes en hommage à Steve Maia Caniço, disparu le soir de la fête de la musique après une charge de la police en bord de Loire. / © France Télévisions – Elodie Soulard

 

À Nantes, une marche en hommage

à Steve Maia Caniço, disparu

pendant la fête de la musique

 

À Nantes, une marche en hommage à Steve Maia Caniço a rassemblé près d’un millier de personnes. Le jeune homme a disparu pendant la fête de la musique, après une intervention policière pour mettre fin à une soirée techno organisée en bord de Loire.

 

Par Eleonore Duplay Publié le 29/06/2019 à 15:13 Mis à jour le 29/06/2019 à 16:51

 

Sur la banderole en tête du cortège, cette question, lancinante : « Où est Steve? » Devant la préfecture de Nantes, entre 700 et 900 personnes ont pris le départ de la marche organisée par les proches de Steve Maia Caniço, disparu une semaine auparavant, juste après l’intervention policière pendant une fête techno organisée sur le quai Wilson.

 

14 personnes avaient été repêchées dans la Loire après que les policiers aient utilisé des grenades lacrymogènes et des LBD pour mettre un terme à la soirée.

 

Depuis, les proches du jeune homme, qui ne savait pas nager, n’ont plus de nouvelles. Son téléphone a cessé d’émettre, et les recherches organisées le long du fleuve n’ont rien donné, alors qu’une information judiciaire a été ouverte pour déterminer les circonstances de l’intervention des policiers nantais.

 

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/sites/regions_france3/files/styles/asset_list_medium/public/assets/images/2019/06/29/marche_steve_2-4317886.jpg?itok=Hf9dRt4B

Les pancartes en carton sont nombreuses à pointer la responsabilité des forces de l’ordre. / © France Télévisions – Elodie Soulard

 

Une responsabilité pointée par la plupart des slogans affichés sur les pancartes en carton : « Les jeunes participants de la fête de la musique ne doivent pas être traités comme des casseurs, colère des parents », « Messieurs des forces de l’ordre, avez un sens de la réponse proportionnée qui pose question »….

 

Partie de la préfecture de Nantes, la marche s’est étoffée en cours de route, pour s’achever à près d’un millier de participants, dans le calme et la dignité sur les bords de Loire, quai Wilson, à l’endroit où le jeune homme de 24 ans a disparu dans la nuit du vendredi 21 juin au samedi 22 juin.

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/sites/regions_france3/files/styles/asset_list_medium/public/assets/images/2019/06/29/marche_steve_4-4317994.jpg?itok=Bpjwxyai

À l’arrivée sur le quai Wilson, la marche rassemblait près d’un millier de personnes. / © France Télévisions – Elodie Soulard

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/nantes-marche-hommage-steve-maia-canico-disparu-fete-musique-1692666.html

POUR MÉMOIRE:

 

 

 

STEVE MAIA CANICO, 24 ANS, EST TOUJOURS PORTÉ « DISPARU » DEPUIS LA NUIT DU 21 AU 22 JUIN.

 

 

Belfort debout contre la casse industrielle en France !

 

 

 

Belfort manifeste contre le « plan social » de General Electric et les engagements non tenus par les milieux d’affaires et les politiciens du système.

 

AFP / SEBASTIEN BOZON Manifestation dans les rues de Belfort pour faire reculer le « rouleau compresseur » de General Electric, le 22 juin 2019

 

Belfort debout

contre la casse industrielle

en France !

 

 

Salariés, syndicats, habitants, élus locaux et nationaux : la population de Belfort s’est massivement mobilisée samedi pour faire reculer le « rouleau compresseur » de General Electric – qui veut supprimer 1.050 emplois en France -, et clamer que ses sites industriels ont encore un avenir.

Dans la manifestation, qui a rassemblé 5.000 personnes selon la préfecture, 8.000 selon l’intersyndicale, ressortaient les écharpes tricolores de nombreux élus ainsi que des gilets jaunes. De nombreux habitants de Belfort étaient venus en famille.

« On est là avec les enfants, pour qu’on nous voie dans toute la France et qu’on nous soutienne. Il faut se mobiliser pour notre région, montrer que c’est une région qui a un savoir-faire et qu’il faut le garder », a témoigné Abdelkader Boutaa, ingénieur chez GE.

AFP / SEBASTIEN BOZON Banderole étalée aux pieds du Lion de Belfort, en soutien aux salariés de General Electric, le 22 juin 2019

Une immense banderole « Soutien aux salariés de General Electric » s’étalait aux pieds du célèbre lion en grès rose de Belfort, sculpté par Bartholdi.

« Belfort debout, soulève-toi », a scandé la foule, à laquelle le délégué CFE-CGC Philippe Petitcolin a lancé: « L’important, c’est de mettre fin au massacre de GE ! ».

Lors d’une conférence de presse réunissant élus de gauche et de droite et syndicalistes, il a appelé Emmanuel Macron à « faire reculer le rouleau compresseur mis en marche par General Electric ».

A l’issue de la manifestation, une délégation, composée de l’intersyndicale, du maire LR de Belfort Damien Meslot et de la présidente (PS) de la région Bourgogne-Franche-Comté Marie-Guite Dufay, a été reçue à la préfecture.

La préfète du Territoire-de-Belfort, Sophie Elizéon, a assuré les participants de l’implication « quotidienne et personnelle » du ministre de l’Economie dans ce dossier. Début juin, Bruno Le Maire avait appelé GE à revoir à la baisse le nombre de suppressions d’emplois.

– La promesse non tenue de GE –

AFP / SEBASTIEN BOZON Jean-Luc Mélenchon dans la manifestation, le 22 juin 2019 à Belfort, contre le plan social de General Electric

 

D’abord sonnés par l’annonce fin mai, par GE, de la suppression de 1.050 emplois en France, les salariés se sont vite mobilisés pour dire leur refus d’un plan social qui signerait, selon eux, l’arrêt de mort de l’entité belfortaine du groupe, qui produit des turbines à gaz, alors que le marché peut repartir.

Belfort doit en payer le prix fort : sur les 1.050 emplois supprimés, près de 1.000 concernent la ville, dont près de 800 dans l’entité de turbines à gaz, les autres dans des « fonctions support ». Au total, GE emploie 4.300 salariés à Belfort.

Par deux fois cette semaine, les salariés ont empêché la tenue de la première réunion d’information-consultation qui devait lancer le plan social.

En dépit de ces actions, « la procédure information-consultation », qui lance le plan social, a bel et bien « officiellement commencé », a indiqué vendredi à l’AFP une source proche du dossier.

AFP / SEBASTIEN BOZON Manifestation dans les rues de Belfort pour faire reculer le « rouleau compresseur » de General Electric, le 22 juin 2019

Jeudi, l’intersyndicale, qui assigne GE en référé, demandera au tribunal de grande instance de Belfort la suspension du plan social tant que les pistes de diversification du site n’auront pas été étudiées.

« Tous les experts s’accordent à dire que le marché de la turbine à gaz va rebondir rapidement, pour remplacer le charbon, remplacer le nucléaire, pour accompagner la montée en puissance du renouvelable », a insisté samedi Philippe Petitcolin.

Appelant à « préserver les savoir-faire et qualifications ouvrières qui sont concentrés ici à Belfort », Jean-Luc Mélenchon a pointé un « pacte de corruption » qui avait été dénoncé par le député Olivier Marleix (LR). Ce dernier a saisi la justice en janvier, pour qu’elle enquête sur les circonstances de la vente du pôle énergie d’Alstom à GE.

« Tout cela s’est passé sous l’autorité, maintenant lointaine, de François Hollande, mais M. Macron avait déjà des responsabilités (…) et maintenant, la chaîne de commandement dans cette entreprise est faite de proches de M. Macron. Donc, là il y a un grave soupçon », a dit M. Mélenchon.

En 2015, le rachat du pôle Energie d’Alstom par GE s’était accompagné de la promesse de créer 1.000 emplois nets en France d’ici à la fin 2018. Une promesse non tenue, pour laquelle GE a dû payer des indemnités, avant d’annoncer finalement plus d’un millier de suppressions d’emplois.

https://www.afp.com/fr/infos/334/belfort-manifeste-contre-le-rouleau-compresseur-de-general-electric-doc-1hq6yg8

 

 

Mai 2019: Eurovision à Tel-Aviv

 

 

MARCHE DU RETOUR

À la date du 30 mars 2019, soit un an après le début du mouvement, 270 manifestants Palestiniens ont été tués et 29000 blessés selon un recensement de l’agence humanitaire de l’ONU

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marche_du_retour#cite_ref-RFI190330_166-0

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20190329-grande-marche-retour-an-apres-lourd-bilan-humanitaire

 

2019 : le Mai Algérien !

 

 

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AFP / RYAD KRAMDI Manifestation d’étudiants algériens contre le régime le 7 mai 2019 à Alger

2019 : le Mai Algérien !

 

Algérie: des milliers d’étudiants défilent, dès les premiers jours du ramadan !

 

Des milliers d’étudiants et d’enseignants ont défilé en Algérie pour le 11e mardi consécutif, premières manifestations depuis le début lundi du mois de jeûne de ramadan qui fait planer les craintes d’un essoufflement du mouvement de contestation.

Plusieurs milliers d’étudiants ont manifesté, comme chaque mardi depuis le début du mouvement populaire de contestation le 22 février, aux abords de la Grande Poste, bâtiment emblématique du centre d’Alger, devenu le point de ralliement des manifestations dans la capitale, ont constaté des journalistes de l’AFP.

De nombreux étudiants ont aussi manifesté dans de nombreuses autres villes du pays, selon les médias algériens et les réseaux sociaux.

« Nous poursuivrons les marches et les manifestations durant et après le ramadan », a expliqué à l’AFP Kheredine, étudiant en 2e année de chimie.

https://www.mesactions.com/media/articles/afp/algerie-des-milliers-d-etudiants-defilent-premieres-manifestations-du-rama/manifestation-d-etudiants-algeriens-contre-le-regime-le-7-mai-2019-a-alger.jpg

AFP / RYAD KRAMDI Manifestation d’étudiants algériens contre le régime le 7 mai 2019 à Alger

« C’est vrai qu’il fait chaud et que nous jeûnons, mais nous voulons prévenir le régime que la mobilisation continue et qu’il n’y aura pas de jeûne du mouvement », a ajouté, à côté de lui, un de ses enseignants Sedik Ait qui porte une pancarte sur laquelle est écrit en anglais: « Si vous croyez que nous sommes fatigués, vous vous trompez! ».

Durant le mois de ramadan, les musulmans s’abstiennent notamment de manger, boire ou fumer du lever au coucher du soleil.

Le président Abdelaziz Bouteflika a été contraint le 2 avril à la démission sous les pressions conjuguées d’un mouvement inédit de contestation et de l’armée. Mais les contestataires réclament le départ de l’ensemble du « système » au pouvoir et refusent que celui-ci gère la transition post-Bouteflika.

Ils rejettent notamment la présidentielle convoquée le 4 juillet par le chef de l’Etat par intérim Abdelkader Bensalah, ancien fidèle de M. Bouteflika, pour élire un successeur à ce dernier. Un processus fortement appuyé par le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, pilier du régime Bouteflika, désormais de facto l’homme fort du pays.

« Dégagez tous! », « il n’y aura pas d’élection » le 4 juillet, ont notamment scandé les étudiants.

Cette manifestation se déroule également quelques jours après l’arrestation et l’incarcération de Saïd Bouteflika, frère et influent conseiller du chef de l’Etat déchu, parfois décrit comme un président-bis, et deux très puissants anciens chefs des services de renseignement, les généraux Mohamed Medienne, dit « Toufik » et Athmane Tartag, alias « Bachir ».

Sur une immense banderole, sous la mention « Mafia 4 » (référence au nom d’un jeu vidéo), les photos des trois personnes arrêtées côtoyaient celle du général Gaïd Salah, pourtant largement considéré comme étant à l’origine de leur arrestation.

https://www.afp.com/fr/infos/334/algerie-des-milliers-detudiants-defilent-premieres-manifestations-du-ramadan-doc-1g910q2

https://www.afp.com/fr/infos/334/algerie-que-cachent-les-trois-arrestations-dans-le-clan-bouteflika-doc-1g77ae2

 

 

 

Loin de la Une des médias, la Résistance Palestinienne continue !

 

AFP / MAHMUD HAMS Des manifestants palestiniens à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, le 30 mars 2019

 

Loin de la Une des médias,

la Résistance Palestinienne continue !

 

 

Cinq roquettes ont été tirées dans la nuit de samedi à dimanche depuis la bande de Gaza vers Israël, provoquant des tirs de chars israéliens sur des positions militaires du Hamas, quelques heures après une manifestation palestinienne de masse à la frontière entre Israël et la bande de Gaza.

Les tirs de roquettes sur Israël et la riposte des chars israéliens n’ont pas fait de victime, ont précisé l’armée et des témoins à Gaza.

Les chars israéliens ont tiré sur des positions du mouvement islamiste Hamas dans le centre de la bande de Gaza et à l’est de la ville de Gaza, ont précisé les témoins.

Des dizaines de milliers de Gazaouis ont convergé samedi vers la frontière israélienne où les violences avec les soldats israéliens ont fait quatre morts et des centaines de blessés palestiniens, sans atteindre l’intensité susceptible de provoquer l’escalade redoutée.

Les Gazaouis, appelés à se rassembler en masse pour le premier anniversaire du mouvement de protestation appelé « grandes marches du retour », se sont rassemblés près de la frontière avec des drapeaux palestiniens sous des pluies éparses, ont constaté les journalistes de l’AFP.

Les haut-parleurs des mosquées ont relayé les appels à manifester et des bus ont acheminé les Gazaouis vers la frontière de l’enclave coincée entre Israël, Egypte et Méditerranée.

AFP / MAHMUD HAMS Heurts entre manifestants palestiniens et forces de sécurité israéliennes à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, le 30 mars 2019

Après des semaines de tensions et dans un contexte compliqué par l’approche des élections législatives israéliennes, cet anniversaire a suscité de vives craintes qu’un nouveau conflit éclate avec l’Etat hébreu.

L’armée israélienne avait déployé des milliers de soldats et des dizaines de tireurs d’élite, ainsi que des chars et de l’artillerie.

– Quatre Palestiniens tués –

Des affrontements ont bien éclaté, mais sans commune mesure avec, par exemple, le bain de sang qui avait coïncidé avec l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem le 14 mai 2018 (plus de 60 morts).

AFP / Jack GUEZ Des soldats israéliens derrière une barrière de terre près de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, à Nahal Oz, le 30 mars 2019

A Malaka, à l’est de la ville de Gaza, la plupart des Gazaouis se sont tenus hors de portée des tireurs d’élite israéliens postés de l’autre côté de l’hermétique barrière.

Mais ici comme ailleurs sur la frontière, des poignées de Palestiniens se sont approchés à quelques dizaines de mètres, ont incendié des pneus pour obscurcir la visibilité des tireurs et ont lancé des pierres vers les soldats avant de se replier.

La barrière a aussi essuyé des jets d’engins explosifs, a affirmé l’armée israélienne. Les soldats ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes et en ouvrant le feu.

Trois adolescents palestiniens de 17 ans, l’un atteint au visage alors qu’il manifestait à l’est de Gaza, et deux autres touchés par des tirs israéliens lors d’affrontements dans le sud de l’enclave, ont été tués, a rapporté le ministère gazaoui de la Santé.

Très tôt samedi, un autre Palestinien de 20 ans avait été tué au cours d’une manifestation nocturne, selon des témoins.

En tout, plus de 300 Palestiniens ont été blessés, dont 64 par des tirs à balles réelles, a indiqué le ministère de la Santé gazaoui.

L’armée israélienne a dénombré 40.000 participants à la mobilisation.

AFP / Jack GUEZ Un véhicule militaire des forces israéliennes en position à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, le 30 mars 2019 à Nahal Oz

Les Gazaouis étaient appelés à marquer le premier anniversaire d’une mobilisation contre le blocus imposé par Israël depuis plus de dix ans, et pour le droit à revenir sur les terres qu’eux-mêmes ou leurs parents ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948.

La mobilisation du jour délivre un « message très important » à Israël et à la communauté internationale, a affirmé à l’AFP Bassem Naïm, un haut responsable du Hamas: « des milliers et des milliers de personnes (se réunissent) pacifiquement pour faire entendre leur voix contre les actes d’agression et le siège » imposés par Israël.

– Mises en garde –

La question était de savoir si le Hamas, au pouvoir à Gaza, chercherait à contenir la violence ou s’il lui laisserait libre cours, au risque d’une escalade avec l’Etat hébreu, qui avait multiplié les mises en garde.

Israël et le mouvement islamiste se sont livré trois guerres depuis que le Hamas a pris le pouvoir en 2007 dans l’enclave, éprouvée par les conflits, la pauvreté et l’enfermement.

Depuis le 30 mars 2018, des milliers de Gazaouis prennent part toutes les semaines aux « marches du retour » le long de la frontière, presque systématiquement accompagnées de violences.

Au moins 262 Palestiniens ont été tués depuis cette date, au cours des manifestations ou dans des frappes israéliennes de représailles à des actes hostiles en provenance du territoire.

Deux soldats israéliens ont été tués.

Palestiniens et défenseurs des droits humains accusent Israël d’usage excessif de la force. Israël dit ne faire que défendre sa frontière.

Le Hamas et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu passent tous deux pour réticents à un nouvel affrontement. Mais ils sont sous pression.

Le premier a fait face récemment à des manifestations contre le marasme économique à Gaza, qu’il a sévèrement réprimées.

Quant au Premier ministre israélien, confronté à une forte concurrence aux élections du 9 avril, il est accusé par ses adversaires de faiblesse face au Hamas.

Le voisin égyptien, intermédiaire traditionnel entre le Hamas et Israël, s’emploie à instaurer une trêve durable.

Le Hamas cherche dans les tractations à alléger le blocus israélien. Israël justifie le blocus par la nécessité de contenir le Hamas. Il réclame le retour au calme le long de la frontière.

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/gaza-manifestations-massives-la-frontiere-israelienne-quatre-morts-palestiniens-doc-1f81dh9

 

 

GUERRE ET PAIX SUR LES CHAMPS-ÉLYSÉES : Vu par Sophie Tissier

Une manifestation de gilets jaunes sur les Champs-Elysées à Paris, le 16 mars 2019. / © Zakaria ABDELKAFI / AFP

 

 

 

« Une figure des gilets jaunes, Sophie Tissier, veut organiser une manifestation sur les Champs-Élysées samedi

Le gouvernement envisage d’interdire les manifestations sur les Champs-Élysées, pour la 19e journée de mobilisation des gilets jaunes. Sophie Tissier, figure du mouvement, a annoncé préparer un rassemblement sur l’avenue, samedi 23 mars.

Les manifestations vont-elles se poursuivrent sur les Champs-Élysées, après le saccage de l’avenue lors de « l’Acte 18 » des gilets jaunes, samedi 16 mars ? Une des figures du mouvement, Sophie Tissier, a annoncé une initiative en ce sens : « Oui, nous sommes en train de préparer une déclaration de manifestation pour samedi », sur CNEWS.

Dans le même temps, elle a ajouté : « On appelle au calme, on demande au Black bloc de ne pas venir et à tous les gilets jaunes pacifiques de revenir sur les Champs-Élysées. »

https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/figure-gilets-jaunes-sophie-tissier-veut-organiser-manifestation-champs-elysees-samedi-1641198.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De la Résistance – En Palestine et à Gaza – Témoignage

 

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Tarek Loubani,

médecin urgentiste canadien :

 

« J’ai été le premier médecin ciblé par un sniper à Gaza »

 

 » Les autres secouristes m’ont vu à terre. Ils ont tout d’abord pensé que j’étais tombé, avant d’apercevoir la marre de sang autour de moi. Le secouriste qui m’a soigné s’appelle Musa Abuhassanin. Or Musa Abuhassanin a été tué une heure plus tard, touché en pleine poitrine par un autre sniper israélien. »

 

 

ENTRETIEN :

Tarek Loubani, médecin urgentiste canadien, a été victime d’un tir israélien alors qu’il soignait des manifestants palestiniens. Il raconte.

 

Propos recueillis par Armin Arefi

Modifié le 15/03/2019 à 19:55 – Publié le 15/03/2019 à 18:59 | Le Point.fr

https://www.europalestine.com/spip.php?article81

Le docteur Tarek Loubani est un medecin urgentiste canadien d'origine palestinienne. Habitue de la medecine humanitaire, ce professeur associe a la University of Western Ontario a evolue dans des zones de conflit d'Irak en Egypte.

Le docteur Tarek Loubani est un médecin urgentiste canadien d’origine palestinienne. Habitué de la médecine humanitaire, ce professeur associé à la University of Western Ontario a évolué dans des zones de conflit d’Irak en Égypte.

© Khalil Hamra/AP/SIPA / AP / Khalil Hamra/AP/SIPA

 

 

Des « crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité ». Voilà comment une commission d’enquête de l’ONU a jugé la riposte israélienne à la « marche du retour », ces manifestations de Palestiniens qui, chaque vendredi depuis le 30 mars 2018, se mobilisent pour tenter de traverser la frontière entre la bande de Gaza et Israël, pour revenir sur la terre dont leurs ancêtres ont été chassés à l’issue de la guerre israélo-arabe de 1948 et alerter sur la situation dramatique de Gaza, soumis depuis 2007 à un double blocus économique israélo-égyptien. Dénonçant une « instrumentalisation » par le Hamas, qui dirige d’une main de fer le minuscule territoire depuis un coup d’État en 2007, l’État hébreu n’a pas hésité à faire usage de la force, notamment à l’aide de snipers postés de l’autre côté de la barrière de séparation, faisant 251 morts et des milliers de blessés.

 

Mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, les enquêteurs, qui n’ont pas obtenu l’autorisation d’Israël pour se rendre sur place, ont interrogé 325 victimes, témoins et sources, et ont recueilli plus de 8 000 documents. Et leurs conclusions sont sans appel : « Plus de 6 000 manifestants non armés ont été touchés par des tireurs d’élite militaires » israéliens, estime la commission qui explique qu’il existe des « motifs raisonnables de croire que des tireurs d’élite israéliens ont tiré sur des journalistes, du personnel de santé, des enfants et des personnes handicapées, en sachant qu’ils étaient clairement reconnaissables comme tels ». Un rapport balayé d’un revers de main par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu : « Le Conseil [des droits de l’homme de l’ONU] établit de nouveaux records d’hypocrisie et d’attitude mensongère, motivé par sa haine obsessive d’Israël », a-t-il réagi sur Twitter.

 

 

Le docteur Tarek Loubani est un médecin urgentiste canadien d’origine palestinienne. Habitué de la médecine humanitaire, ce professeur associé à la University of Western Ontario a évolué dans des zones de conflits d’Irak en Égypte, où il a été emprisonné sept semaines en 2013 sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. Le 14 mai 2018, jour de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem, Tarek Loubani était à Gaza pour prendre en charge les manifestants de la « marche du retour », dont 59 ont été tués par des tirs israéliens. Or lui-même a été visé par un tir de sniper qui lui a traversé les deux genoux. Dans une interview au Point, le médecin urgentiste, de passage à Paris pour participer à une conférence organisée par l’Association France Palestine Solidarité et l’Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine, rappelle qu’il était clairement identifiable le jour où lui et dix-huit autres secouristes ont été pris pour cible.

 

Le Point : Pourquoi vous êtes-vous rendu à Gaza ?

israel-palestine-gaza- © Armin Arefi/ Le Point

Le docteur Tarek Loubani

 

Tarek Loubani : Trois critères principaux définissent les pays où je me rends. Le premier est que celui-ci doit nécessiter un besoin. Dans le cas de Gaza, le besoin est énorme. Le deuxième critère est qu’il doit exister dans ce pays une possibilité d’amélioration de la situation. Or, il est envisageable de changer beaucoup de choses à Gaza, car l’enclave possède, en dépit de l’occupation israélienne (le blocus, NDLR), des gens bien entraînés, très intéressants, et accédant à des postes à haute responsabilité. Troisièmement, la question est de savoir si je peux contribuer à améliorer la situation du secteur de la santé du pays. En sachant que je possède l’expertise dont ils ont besoin, que je sais parler la langue et que je connais la culture du lieu, la réponse était oui. Mais je ne me suis pas rendu à Gaza par romantisme. À vrai dire, je n’aime pas Gaza.

Comment avez-vous réussi à pénétrer dans l’enclave ?

De 2011 à 2014, j’allais à Gaza depuis l’Égypte. Mais à partir de 2014, j’ai essayé d’y pénétrer à partir d’Israël. Or, lorsque je suis arrivé à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, les Israéliens m’ont refusé l’entrée en m’accusant d’activités terroristes. J’ai été emprisonné deux ou trois jours dans le centre de détention de l’aéroport. Mais Israël restant un État de droit, j’ai pu le poursuivre en justice. Et j’ai eu le privilège d’échapper à l’administration militaire israélienne qui juge habituellement les Palestiniens, sans qu’ils bénéficient d’aucun droit. Or, les Israéliens, qui m’accusaient de terrorisme, ont été incapables d’apporter la moindre preuve. Au contraire, j’ai pu leur démontrer que j’étais vraiment un médecin humanitaire qui n’avait jamais eu recours à la violence. Ainsi, au bout de six mois, j’ai fini par gagner mon procès.

 

Dans quel état se trouvent les services de santé à Gaza ?

Le blocus a endommagé le système de santé à trois niveaux. Il a tout d’abord touché le personnel. Les médecins sont aujourd’hui démotivés. Il faut savoir, par exemple, qu’ils n’ont pas reçu de salaire depuis 2013. Beaucoup ne se présentent pas au travail, car ils doivent travailler ailleurs pour payer leur loyer. Par exemple, j’ai plusieurs étudiants qui ne pouvaient pas assister à mes cours, car ils vendaient des fruits au marché. C’est fou ! Une autre nécessité pour un médecin est de pouvoir échanger ses idées avec ses confrères à l’étranger, et d’y séjourner pour parfaire ses connaissances. Or ceci est tout bonnement impossible à Gaza, où il n’est possible d’aller nulle part depuis 2006. Le deuxième secteur touché est celui des médicaments et du matériel. D’après l’ONG Médecins sans frontières, 45 % des médicaments essentiels sont indisponibles dans l’enclave, le terme consacré étant « en rupture de stock ». Cela signifie que vous ne pouvez pas fournir aux malades les traitements dont ils ont besoin pour rester en vie. Et lorsque vous souffrez d’une maladie chronique comme le diabète ou la tension artérielle, et que celle-ci n’est pas traitée, vous pouvez développer une pathologie grave comme l’insuffisance rénale, qui peut in fine entraîner la mort.

 

La marche du retour, ce sont 22 000 blessés, 200 amputations, 300 morts. Ce sont des chiffres de guerre. 

 

Les hôpitaux gazaouis fonctionnent-ils encore ?

Il y a un vrai problème de vétusté des infrastructures. D’un côté, les immeubles sont en ruines et leurs murs sont fissurés. De l’autre, il y a des pénuries d’eau et d’électricité. Si je dois suturer un patient, il faut me presser de peur de me retrouver tout à coup dans la pénombre, ce qui augmente le risque d’infections. Outre les coupures d’électricité, nous avons également un problème d’accès à une eau propre pour laver le matériel. Le système de filtrage est si mauvais qu’on y retrouve du sel et du nitrate. Il faut donc utiliser des techniques de filtrage très chères pour se débarrasser du nitrate, qui est très dangereux. En revanche, il arrive souvent que l’on ait recours à de l’eau salée pour laver nos appareils qui, par conséquent, finissent par rouiller. Or ceux-ci sont ensuite utilisés sur des patients.

Comment les services de santé ont-ils géré la « marche du retour » ?

La « marche du retour » a détruit le système de santé de Gaza. Celui-ci n’est pas en train de s’écrouler, il est déjà à terre. Imaginez que la marche du retour soit un poids de 100 kilogrammes sur vos épaules. Si vous êtes jeunes, cela vous ferait mal, mais vous arriverez à le supporter. Prenez maintenant un vieil homme rongé par le cancer. Face à la charge, il s’écoulerait sur le champ et mourrait devant vous. Voilà ce qui s’est passé à Gaza. Le système de santé était sur le point de s’écrouler au moindre choc. Or, la marche du retour, ce sont 22 000 blessés, 200 amputations, 300 morts. Ce sont des chiffres de guerre.

Officiellement, le but de la marche du retour pour les Palestiniens était de revenir sur la terre de leurs ancêtres, qui fait aujourd’hui partie de l’État d’Israël, et dont ils ont été expulsés en 1948. D’autres affirment qu’elle visait à alerter sur la situation économique et sociale catastrophique à Gaza. Quel était d’après vous le but de ce mouvement ?

Je ne suis pas un activiste politique. Mon domaine, c’est la médecine. J’ignore pourquoi les Palestiniens ont participé à cette marche. Maintenant, ce que j’ai vu de mes propres yeux, ce sont des manifestants pacifiques et désarmés qui ont été abattus de très près de façon disproportionnée. (D’après le président de la commission de l’ONU, Santiago Canton, l’enquête a montré qu’« une majorité écrasante des manifestants n’étaient pas armés, même s’ils n’étaient pas tout le temps pacifiques », NDLR). Mes mots sont ceux du rapport de la Commission d’enquête des Nations unies qui vient d’être rendue public. Se basant sur des centaines d’interviews et de preuves qu’elle a recueillies, elle conclut qu’Israël a apparemment délibérément visé des enfants, des handicapés, des personnes âgées et du personnel médical (elle estime que les manifestations étaient essentiellement de « nature civile » et qu’il existe des « motifs raisonnables de croire que des tireurs d’élite israéliens ont tiré sur des journalistes, du personnel de santé, des enfants et des personnes handicapées, en sachant qu’ils étaient clairement reconnaissables comme tels », NDLR). Cela concorde avec ce que j’ai vu.

Israël affirme que la marche du retour a été instrumentalisée par le Hamas. En avez-vous été témoin ?

Je ne connais pas le niveau exact d’implication du Hamas et je ne suis pas un spécialiste de la politique intérieure de Gaza. Ce que je peux dire, c’est que je n’ai aperçu aucun responsable ni membre du Hamas durant ces manifestations. Cela rassemblait davantage à un mouvement populaire qui était à mon avis trop grand pour le Hamas. D’ailleurs, s’il l’avait organisée, cette marche n’aurait probablement pas eu le même succès. De toute façon, je ne me suis pas rendu sur place sur invitation du Hamas mais de groupes de secouristes qui œuvraient sur la ligne de front.

Lorsqu’on m’a tiré dessus, j’étais clairement identifié comme un médecin, et ceci depuis plusieurs heures

N’était-il pas dangereux de vous trouver à cet endroit alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait autorisé ses snipers à tirer contre tout manifestant se trouvant à moins de 300 mètres de la barrière de sécurité séparant Gaza d’Israël ?

À mon tour de vous poser une question : ces règles d’engagement concernaient-elles également le personnel médical ? Je ne l’ai en tout cas jamais entendu de la part de l’armée israélienne. En outre, lorsque je suis arrivé sur place, il y avait déjà eu six semaines de manifestations et aucun secouriste n’avait été visé avant moi. Or, le jour où j’ai été pris pour cible, un total de dix-neuf secouristes l’ont été. J’ai été le premier médecin à avoir été ciblé à Gaza. Et lorsqu’on m’a tiré dessus, j’étais clairement identifié comme un médecin, et ceci depuis plusieurs heures.

Qu’entendez-vous par là ?

Je portais un uniforme vert de l’hôpital, qui me recouvrait entièrement le corps. J’étais donc clairement identifié comme un médecin. En outre, je n’étais pas au milieu de la foule mais excentré sur le côté. J’ai été touché alors que j’avais rejoint un groupe d’autres secouristes qui portaient des vestes de haute visibilité. Par ailleurs, lorsque j’ai été ciblé, aucune fumée de gaz lacrymogène ou de pneu brûlé n’obstruait la vue des snipers. J’étais donc clairement visible des trois tours depuis lesquelles les soldats israéliens pouvaient me tirer dessus. D’ailleurs, je sais que c’est le sniper situé au nord qui m’a tiré dessus, à 100-150 mètres de moi. Il était si près et pouvait voir qui j’étais, ce que je faisais, d’autant qu’il avait une lunette de tir. Je n’avais aucune raison de penser que je pourrais être pris pour cible.

Le secouriste qui m’a soigné s’appelle Musa Abuhassanin. Il a été tué une heure plus tard, touché en pleine poitrine par un autre sniper israélien

Estimez-vous avoir été délibérément pris pour cible ?

Je ne sais pas si j’étais visé, car je ne sais pas ce qui s’est passé dans le cerveau du soldat. Ce que je sais, c’est que j’étais clairement identifiable et le soldat israélien aurait dû savoir que j’étais un médecin. Je pense par conséquent qu’il est très probable que le soldat m’ait ciblé spécifiquement. Dans le cas contraire, la balle aurait ricoché par terre et aurait pénétré ma jambe de bas en haut. Or, celle qui m’a touché avait une trajectoire descendante et m’a donc traversé les deux jambes. Cela ressemble clairement à du « kneecapping », une pratique de l’armée israélienne qui est de viser les gens dans les genoux. Le sniper aurait donc attendu que je me trouve de profil afin que mes deux genoux soient touchés. J’ai eu beaucoup de chance, car dans tous les cas, j’aurais dû être amputé ou avoir une jambe sévèrement brisée.

 

 

Le docteur Tarek Lubani (deuxième en partant de la gauche) pose lors d’une manifestation de la marche du retour. Le secouriste Musa Abuhassanin (deuxième en partant de la droite) est mort le 14 mai 2018 après avoir reçu une balle de sniper en pleine poitrine. 

© DR

Vous souvenez-vous du moment où vous avez été touché ?

Lorsque les snipers tiraient, la première chose que nous entendions était le son de la balle frappant le sol, puis celui du tireur. Cela est dû au fait que la vitesse de la basse est plus rapide que celle du son. Il y avait deux types de son d’impact. Le premier, tranchant, était celui d’une balle qui explose. Ces balles « butterfly » (papillon) explosent au contact de la cible et provoquent l’amputation. Médecins sans frontières et d’autres organisations ont rapporté son usage étendu par l’armée israélienne durant la marche du retour. Le second son, plus sourd, est celui d’une balle « normale ». Lorsque j’ai été touché, la première chose que j’ai entendue a été le bruit d’une balle sur ma droite. La première chose à laquelle j’ai alors pensé et que quelqu’un avait sûrement été touché. Puis je me suis soudain rendu compte que je regardais vers le ciel. Et je me suis dit : « Oh, c’est moi qui ai été visé. » À ce moment précis, j’ai ressenti une incroyable douleur et j’ai crié aussi fort que je pouvais. J’étais déjà en train de m’écrouler. Le temps s’est ralenti. Je me suis alors demandé si j’avais entendu un bruit d’impact tranchant ou sourd. Je n’osais pas regarder mes pieds. Je ne pensais qu’à une seule et unique chose : « Ont-ils pris ma jambe ? » Les autres secouristes m’ont vu à terre. Ils ont tout d’abord pensé que j’étais tombé, avant d’apercevoir la marre de sang autour de moi. Le secouriste qui m’a soigné s’appelle Musa Abuhassanin. Or Musa Abuhassanin a été tué une heure plus tard, touché en pleine poitrine par un autre sniper israélien.

 

 

GRANDE MARCHE

DE LA RÉPUBLIQUE À L’OPÉRA

 

LE SAMEDI 30 MARS 2019

DE 14 H À 17 H 30

 

(AVEC UN RASSEMBLEMENT DE 14 H À 15 H

À RÉPUBLIQUE, AVANT DE DÉFILER)

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/03/19/30-mars-2018-30-mars-2019-1-an-de-marches-du-retour-a-gaza-tous-a-paris-manif-de-solidarite/

 

 

 

 

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