Humour

Plus fort que Greta, l’écolo qui sauvera la vie du monde en plantant avec ses mains…

 

 

 

PLANTAGE ÉCOLO

 

Un nouvel Hymne écolo en débat…

 

« par exemple je connait des agriculteurs qui plantent encore leurs graines à la main, ce qui leur permet en autre d’avoir une production plus bio que le bio, plus diversifiée et de ne pas avoir la banque à rembourser »

 

Celui-là n’a pas pensé à la main, ni aux doigts… Ce doit être encore un de ces vieux staliniens productivistes…!

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/06/greta-thunberg-egerie-sans-avenir-steinfeld-ma-tuer/

 

Dominique

septembre 17, 2019 à 10:04  

Cela [NDLR >>> le réacteur Steinfeld] ne fera qu’une technologie de plus dont les nuisances s’ajouteront aux nuisances des technologies plus anciennes. Les capitalistes ne monopolisent pas seulement les moyens de production mais aussi les moyens de recherche, cette fausse science appelée recherche appliquée dont le seul but est de déposer des brevets pour enrichir des actionnaires. Le Capital est inséparable du productivisme industriel et ce n’est pas le Capital qui extermine le vivant mais la société industrielle. Son histoire est têtue: elle nous montre non seulement qu’aucune nouvelle technologie n’a remplacé les anciennes (par exemple je connait des agriculteurs qui plantent encore leurs graines à la main, ce qui leur permet en autre d’avoir une production plus bio que le bio, plus diversifiée et de ne pas avoir la banque à rembourser) et que leurs nuisances s’additionnent.

De plus il est totalement faux de prétendre que cette ces réacteurs solaires sont neutres en carbone car leur fabrication et leur mise en oeuvre dépendent de filières industrielles globalisées qui sont tout sauf neutre en carbone et dont le seul déploiement est un facteur de destruction du vivant. Car il ne faut pas oublier que la société industrielle est d’abord une solution finale par extermination de la vie. Là aussi l’histoire de la catastrophe industrielle est têtue: le rythme de cette solution finale par extermination du vivant n’a cessé d’accélérer avec chaque nouvelle technologie et il accélère encore aujourd’hui avec chaque nouvelle technologie industrielle, même celles labellisées vertes ou durables.

Il faut aussi voir à quoi va servir cette énergie: à alimenter un nombre toujours croissant de biens de consommation de masse à l’obsolescence programmée et de plus en plus programmable à distance dont la construction nécessite toujours plus de destruction du vivant.

Donc désolé, mais je ne peux partager votre scientisme, cette religion qui est la pire de toute car elle n’ose pas s’affirmer en tant que telle et qui n’a rien d’autre à proposer que de plus en plus de technologies dont la mise en oeuvre nique le vivant, et de plus en plus de technologies de plus en plus spécialisées, ce qui impliquent qu’elles renforcent de plus en plus la hiérarchie du productivisme industriel, cette hiérarchie féroce qui va des enfants esclaves dans leurs mines, usines ou plantations aux actionnaires dans leurs tours d’ivoire.

Le productivisme industriel est la pire des hiérarchies du mode de vie industriel car, contrairement aux hiérarchies du pouvoir et de la richesse, la hiérarchie productiviste fait de tous les prolétaires des collabos en impuissance, ce qui les transforme en quelque chose plus proche du débile mental que de l’être humain libre. C’est d’ailleurs les bourgeois qui ont promus le productivisme en premier, ceci afin de remplacer l’esclavagisme par une idéologie de domination totale qui soit applicable à toutes les races et même à la race élue. Donc quand je vois quelqu’un se prétendre à la fois anticapitaliste et productiviste, je suis mort de rire.

Cette naïveté était compréhensible du temps de Marx mais aujourd’hui nous savons que la société industrielle n’a jamais tenu ses promesses et qu’elle est une double catastrophe sociale et environnementale qui n’a aucune solution à proposer. Nous savons aussi que le seul moyen pour arrêter cette solution finale par extermination totale de la vie est de l’arrêter. Nous sommes de plus en plus nombreux à l’avoir compris et à avoir dépassé le stade du déni.

Vive la résistance!
Vive la vie!

Réponse

Luniterre

septembre 18, 2019 à 1:42  

Bonjour,

On ne va pas reprendre ici ce débat point par point, vu qu’il a déjà eu lieu sur VLR, avec les mêmes arguments pitoyables que tu avances ici…

Le lecteur curieux s’y reportera donc, cela fera un peu de visite en plus chez le camarade Do !

http://mai68.org/spip2/

J’y ai peut-être malgré tout loupé un de tes posts, car je me souviens d’avoir posé la question : où veut tu arrêter le curseur du temps dans le recul technologique ?

Quelque part entre le néolithique et le XVIIème siècle, semble-t-il, selon tes posts, mais où, plus précisément ?

Pour ma part, comme je te l’ai dit au début de ce débat, j’ai tout simplement besoin, pour y voir, d’une paire de verres optiques prismatiques qui n’existaient pas avant le 20ème siècle…

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4012#forum3604

Je recolle donc ce post, à la suite…

Sur la question du cycle du carbone dans la fabrication du Steinfeld, il t’a été répondu ici :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4268#forum3915

Je recolle également à la suite…

Il me semble que ça le fait à nouveau, pour l’essentiel.

Sinon, un petit « rappel », il y a 821 millions de personnes qui souffrent simplement d’un mal chronique sur cette planète :

la faim.

https://www.lejdd.fr/International/voici-pourquoi-la-faim-dans-le-monde-a-encore-progresse-3910056

https://www.lafaimexpliquee.org/La_faim_expliquee/Faits_et_chiffres.html

En 2015, 25 000 vies par jour s’arrêtaient dans le monde à cause de ce fléau.

https://www.planetoscope.com/mortalite/32-nombre-de-deces-dus-a-la-malnutrition-dans-le-monde.html

Pour les vivants, selon ton principe, il serait donc bon, effectivement, que tu commences sérieusement à mettre tes doigts dans la terre pour y planter de quoi les nourrir « bio » !

Note que je fais de gros efforts, à l’heure qu’il est, pour te répondre poliment…

Sinon, tu écris très bien tes posts, question style… Dommage que ce soit pour radoter les mêmes …

Bon, ça a failli m’échapper quand même, et je préfère donc en rester là…

Luniterre

Réponse

Luniterre

septembre 18, 2019 à 1:45  

Le « productivisme », une condition de la révolution prolétarienne

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4012#forum3604

26 juillet 16:44, par Luniterre

Bonjour à tous,

Débat intéressant…

Juste un gros bémol, à propos de « productivisme »…

En fait, il n’existe tout simplement pas de société humaine, ni même d’humanité tout court, sans productivisme…

L’industrie de la pierre taillée, productrice d’outils indispensables pour la chasse, commence il y a 3,3 millions d’années, avec l’Australopithèque, qui était un hominidé, mais pas encore un être humain, selon les scientifiques…!

Depuis, on n’a fait que « perfectionner » le système, sous diverses formes… Ce qui renvoie « dos à dos » MM. Bibeau et Dominique…

La question réelle est donc bien le choix de la production envisagée, c’est à dire, en vue de quels besoins à satisfaire.

C’est donc la définition des besoins à satisfaire qui est réellement déterminante, in fine.

Le capitalisme possède sa propre dynamique interne sur la base des besoins solvables, et donc sur ce seul critère de solvabilité.
C’est manifestement cela qu’il est impératif de changer.

Reste donc à définir le niveau de développement « productif », « industriel », que l’on veut atteindre, en tenant évidemment compte de la limite des ressources naturelles de la planète…

M. Dominique nous parle des moulins à vent de Don Quichotte… Cela nous ramène au début du 17e siècle… Pour ma part, très égoïstement, j’ai régulièrement besoin d’une bonne paire de lunettes dotée de verres prismatiques qui n’apparaissent qu’au 20e siècle… Il va donc falloir négocier sérieusement !!!

Un point sur lequel on peut donc néanmoins lui donner raison, c’est qu’un recul brutal de civilisation, en termes de niveau de développement industriel, cela règlera effectivement et très efficacement le problème de la surpopulation.

Et donc, pour l’essentiel, celui des ressources de la planète, si elles ne sont pas déjà épuisées avant !

Pour mémoire, le « socialisme « localiste »-communaliste » de Mao Zedong à fait très officiellement, en quatre ans, de 1959 à 1962, 16,5 millions de morts… Et évidemment le double, ou même le triple, selon d’ »autres sources « …

Luniterre

Réponse

Luniterre

septembre 18, 2019 à 1:46 

L’enfer du permafrost arctique
http://mai68.org/spip2/spip.php?article4268#forum3915

10 septembre 17:45, par Luniterre

Un point pour Dominique ???

« L’autre grand intérêt de ce carburant c’est qu’en brûlant il n’émet que le Co2 capturé lors de sa fabrication, donnant ainsi un bilan carbone nul sur l’ensemble du cycle de production-consommation ! »

Ceci est évidemment faux car pour produire une tel réacteur, il faut en une série de technologies industrielles globalisées dont le bilan carbone n’est pas pris en compte et dont la seule mise en oeuvre suffit pour niquer le vivant. »

Effectivement, ta remarque est pertinente, jusqu’à un certain point… Mais la phrase précise >>> « sur l’ensemble du cycle productiion-consommation », sous-entendu >>> du carburant lui-même, et cela n’infère rien de la production du dispositif lui-même !

La phrase est peut-être ambiguë, mais la question technique ne l’est pas : reste effectivement à comparer avec d’autres technologies, qui posent évidemment toutes cette même problématique, dont les panneaux solaires, qui restent une option complémentaire valable.

En réponse à une question d’un lecteur, la question thermodynamique est évoquée ici >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/09/recherches-de-steinfeld-un-reacteur-qui-fait-reagir/

Note que l’usage de l’énergie solaire ne pose autrement pas de problème écologique réel, et donc, une fois le cycle amorcé, le carburant « neutre » par lui-même, question carbone, peut servir aussi aux industries de fabrication des divers composants du réacteur Steinfeld, [ >>> et donc réduire, sinon annuler, leur bilan carbone, également >>> Note rajoutée au 18/09/2019 à l’intention des durs à la comprenette…] tout comme à d’autres productions socialement utiles, d’ailleurs.

Sans être vraiment versé dans la technologie, j’ai aussi un passé lointain d’ouvrier de l’industrie automobile et métallurgique et je reste persuadé que l’orientation de la recherche vers cette technologie ou d’autres similaires est possible, si la volonté politique s’en trouve !

Luniterre

PS >>> sinon, c’est l’option retour en arrière, quelque part entre le néolithique et le XVIIe siècle >>> tu ne nous a toujours pas précisé où tu souhaites vraiment placer le curseur de la machine à remonter le temps…!

 

AU BERCEAU DU CAPITALISME FINANCIER…

 

 

Luniterre

septembre 18, 2019 à 11:17

Une autre grosse … qui est récurrente dans tes propos, c’est l’inversion du lien de causalité entre développement du capitalisme et développement des moyens de productions industriels… A te lire, c’est clairement le mode de production industriel qui est à l’origine du capitalisme, et non l’inverse…

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4012#forum3579

« Quand aux limites du capitalisme, ce sont celles de la société industrielle dont il est l’outil économique. Comme cette société ne respecte aucune des limites fixées par le vivant, les limites de ce mode de vie sont la disparition totale du vivant dont nous faisons parties pour le meilleur comme pour le pire, ce qui est bien parti pour.

Je n’ai jamais parlé de réformer le capitalisme mais de le détruire en arrêtant le mode de vie industriel dont il est l’outil économique, mode de vie mortifère qui est comme le capitalisme, non réformable. »

Et aujourd’hui :

« Le Capital est inséparable du productivisme industriel et ce n’est pas le Capital qui extermine le vivant mais la société industrielle. »

Ce qui, au passage, reste une défense implicite du capitalisme, contrairement à tes proclamations, mais ce n’est pas le plus … du point de vue de la vérité historique.

Le capitalisme a commencé à accumuler bien avant l’apparition de l’outil industriel, et même dès le moyen-âge, en fait :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/19/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-2/

« [le capitalisme financier joue] , dès l’origine de la formation du capitalisme, un rôle pivot essentiel à l’intersection du capital commercial et du capital bancaire. C’est ce que Marx observait déjà à propos de l’accumulation primitive du capital :

« Les différentes méthodes d’accumulation primitive que l’ère capitaliste fait éclore se partagent d’abord, par ordre plus ou moins chronologique, le Portugal, l’Espagne, la Hollande, la France et l’Angleterre, jusqu’à ce que celle-ci les combine toutes, au dernier tiers du XVII° siècle, dans un ensemble systématique, embrassant à la fois le régime colonial, le crédit public, la finance moderne et le système protectionniste. »

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

Marx avait déjà nettement une conscience historique de l’origine ancienne et même moyenâgeuse du capital financier :

« Avec les dettes publiques naquit un système de crédit inter­national qui cache souvent une des sources de l’accumulation primitive chez tel ou tel peuple. C’est ainsi, par exemple, que les rapines et les violences vénitiennes forment une des bases de la richesse en capital de la Hollande, à qui Venise en décadence prêtait des sommes considérables. A son tour, la Hollande, déchue vers la fin du XVII° siècle de sa suprématie industrielle et commer­ciale, se vit contrainte à faire valoir des capitaux énormes en les prêtant à l’étranger et, de 1701 à 1776, spécialement à l’Angleterre, sa rivale victorieuse. Et il en est de même à présent de l’Angleterre et des États-Unis. Maint capital qui fait aujourd’hui son apparition aux États-Unis sans extrait de naissance n’est que du sang d’enfants de fabrique capitalisé hier en Angleterre. »

(…)
« Le système du crédit public, c’est-à-dire des dettes publiques, dont Venise et Gênes avaient, au moyen âge, posé les premiers jalons, envahit l’Europe définitivement pendant l’époque manufacturière. Le régime colonial, avec son commerce maritime et ses guerres commerciales, lui servant de serre chaude, il s’installa d’abord en Hollande. La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. Il n’y a donc pas à s’étonner de la doctrine moderne que plus un peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit public, voilà le credo du capital. Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l’incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnables. »

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

« Marx, Gilet Jaune ! », serait-on tentés de s’exclamer… S’ils font, incidemment, du « marxisme », toutefois, nos Gilets Jaunes sont un peu comme M. Jourdain, qu faisait de la prose sans le savoir, et donc, sans réellement déranger le « bourgeois gentilhomme » qui nous gouverne  !

Quoi qu’il en soit, ce n’est donc pas d’un phénomène entièrement nouveau, dont Lénine nous parle, mais bien d’un saut qualitatif dans son rôle économique et social.

Dans la deuxième moitié du XXème, siècle avec les travaux historiques du français Fernand Braudel et d’autres, l’origine historique du capital financier a même pu être tracée avec plus de précision, jusqu’à l’étymologie elle-même du mot « Bourse », sur une place de Bruges où se situait l’auberge « Ter Buerse », éponyme de la famille propriétaire, Van der Buerse. C’était évidemment le lieu de rencontre pour les affaires importantes en ce temps… (fin XIIIème et XIVème siècle). D’autres traces, encore plus anciennes (XII ème siècle), se trouvaient à Paris, sur le « Grand Pont » de l’Île de la Cité remplacé depuis par le Pont au Change, dont le nom reste évocateur de ses fonctions passées.

Ce dont Lénine nous parle, ce n’est donc pas d’un phénomène nouveau en soi, mais bien nouveau, néanmoins, par la constitution d’une nouvelle oligarchie financière au sein même de la bourgeoisie déjà devenue la classe dominante dans la plupart des pays où s’est opérée la révolution industrielle.

C’est avec la révolution industrielle, avec l’essor du capitalisme productif industriel, que la bourgeoisie devient réellement une classe dominante hégémonique, mais ce n’est que pendant les toutes premières décennies de cette révolution que le capitaliste industriel semble à lui seul sur le point de réellement dominer la société. »

Dès le début du 20ème siècle, c’est la domination du capital financier qui conditionne le développement industriel, et non l’inverse ! On y est encore.

Le capital financier est devenu hégémonique au point qu’il n’existe quasiment plus de « petit capital productif » qui n’en dépende, d’une manière ou d’une autre.

Luniterre

 

 

LE PONT AU CHANGE

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/92/Pont_au_Change_in_1577.jpg

1577

 

https://pbs.twimg.com/media/CxEF2J1WQAEU9R9.jpg

1752

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/76/P1140649_Carnavalet_H_Robert_demolition_maisons_pont_au_Change_rwk.jpg

1788

 

 

https://proxy.duckduckgo.com/iu/?u=http%3A%2F%2Fthejigsawpuzzles.com%2Fimg-puzzle-6391793-1024%2FPont-au-Change-Paris&f=1&nofb=1

 

 

 

 

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Proverbe chinois: Tu ne mordras pas la main qui te nourrit!

 

Reçue en réponse à nos articles

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/17/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-1/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/19/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-2/

 

cette jolie brochure illustrée,

-« SOCIALISME A LA CHINOISE »-

qui illustre très bien l’un de nos propos sur le révisionnisme:

« Il suffit de voir les multiples formes dallégeances actuelles des quelques pseudos « M-L » français à l’égard du PC chinois… Il faudrait pratiquement un livre pour chacun de ces personnages, soit un gâchis d’énergie considérable…

Il est donc bien plus simple de montrer lécart entre les fondamentaux du ML et la réalité du capitalisme en Chine  !

Cest donc lun des fils conducteurs de ces articles et il répond, pour l’essentiel, à la question de savoir ce qu’est le révisionnisme… »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/01/comment-definir-brievement-ce-quest-le-revisionnisme/

.

.

La seule réponse complémentaire éventuellement utile est donc une simple image…:

 

la voix de son maitre

 

Malgré tout, un bref échange avec le camarade qui nous a renvoyé cette brochure… Échange qui a le mérite de résumer les précédents, interminables, que nous avions eu entre nous… Interminables au point d’en être impubliables sans coupures qui en eussent perdu le fil…

En réponse à notre envoi, [les deux articles sus-mentionnés] :

Re bonjour,

Oui tu l’avais déjà reçu[la brochure…], c’est une façon de rappeler nos divergences à ce propos. La question du révisionnisme pose la question, au vu de l’expérience historique, de la lettre ou l’esprit du ML. Or c’est là où pêchent beaucoup de ML de nos jours. Prendre en compte l’esprit et éviter de se fourvoyer en « thalmudiste » pour citer Staline, c’est prendre en compte le rapport des forces évolutif dans la lutte des classes au plan national et international, c’est seulement ainsi que l’application du matérialisme historique et dialectique peut avoir, à terme, prise sur le réel.

Ceci dit tes productions ont une certaine utilité même marquées par le dogmatisme.

Bien à toi camarade   

Réponse de TML :

Re…

La divergence porte sur la relation entre les fondamentaux du ML et la réalité économique et sociale du monde actuel.

Bien entendu il y a des évolutions considérables depuis l’époque de Lénine, tout comme il y en avait entre l’époque de Lénine et celle de Marx.

Néanmoins les fondamentaux du capitalisme et de l’impérialisme sont toujours actuels et actifs, c’est le moins que l’on puisse dire… La différence essentielle porte sur le degré de développement du capitalisme financier, encore bien plus élevé aujourd’hui, et notamment en Chine.

Pour que la thèse chinoise tienne la route, il faudrait pouvoir démontrer que ce capitalisme financier est d’une nature de classe nouvelle… Car la réalité économique chinoise, ce n’est pas seulement « économie de marché dite socialiste », ce qui est déjà un oxymore évident, bien que nié comme tel, mais c’est aussi et même surtout « économie financière », et il faudrait donc assumer le concept d' »économie financière dite socialiste » pour être franc et honnête…!

(Le fait qu’une partie du capital financier soit plus ou moins sous le contrôle de l’Etat ne change en rien la nature de classe de ce capital financier… Cela change, au contraire, la nature de classe de l’Etat, qui passe du stade national-bourgeois à celui de capitalisme monopoliste d’Etat et d’impérialiste…!)

Le concept d' »économie financière socialiste » existe bien, cependant, comme concept « social-démocrate » et il faudrait donc l’assumer comme tel, pour être plus clairs, et en un sens, relativement plus honnêtes, avec ce que vous proposez aux travailleurs.

Il n’y a pas d’utilité à se dire « marxiste-léniniste » pour défendre un tel concept, sauf précisément à vouloir duper les travailleurs sur vos objectifs réels.

Evidemment le PC chinois y est poussé par sa longue histoire révisionniste et opportuniste, mais lui emboiter le pas, c’est faire un choix délibéré, et donc de même nature de classe, révisionniste et opportuniste, et non pas réellement anticapitaliste et prolétarien.

En te souhaitant d’arriver à plus de lucidité, et surtout, plus de cohérence dans ton engagement politique, dans la mesure où je veux bien croire à ta sincérité, vu l’énergie et le temps que tu sembles y consacrer, même vu par la lucarne de nos ordis…!

Bon courage, donc!

Amicalement,

Luniterre

 

Suite du nouveau débat avec ce camarade…

Ces facteurs sont niés par tes assertions:

1) le PCC a fait une révolution anti-féodale, anti-semi-coloniale et a rejoint les démocraties populaires du camp socialiste;

2) le PCC a bénéficié des expériences du camp socialiste, notamment celle de l’URSS;

3) l’expérience de l’URSS est à considérer comme première expérience, tout comme l’a été la Commune

4) le phénomène de la « mondialisation » c’est à dire de la remondialisation, donc l’impérialisme consécutive de la défaite du camp socialiste.

Bien à toi

Réponse TML :

Bonjour,

Comme je te l’ai dit, on ne va pas encore refaire le débat…

Ces facteurs, bien au contraire, et notamment la « mondialisation », sont tout à fait pris en compte… !

Le maoïsme a joué son rôle révolutionnaire en temps qu’idéologie de la fraction progressiste de la bourgeoisie nationale et de la petite bourgeoisie chinoise.

Concernant la paysannerie, qui formait initialement le gros de ses troupes de base, le projet maoïste a vite trouvé ses limites, mortelles, avec le Grand Bond en Avant.

L’intégration de la bourgeoisie nationale maoïste aux flux financiers internationaux, et principalement US, a commencé, sous Mao, dès 1972, suite aux entrevues avec Kissinger et Nixon.

Voir du « socialisme » dans cette histoire relève de la pure croyance et non du matérialisme historique !

Sur la rhétorique de type « social-démocrate » de l’actuel PCC, même si déguisée, précisément, sous une couche de révisionnisme pseudo « marxiste-léniniste », tu n’a donc pas de réponse réelle…

Entre la foi d’une croyance et l’analyse, le débat n’est guère possible, et nous avons donc à nouveau fait le point.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/06/2000_maoisme_critique-doc-chb.pdf

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/28/le-mensonge-du-maoisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/10/de-mao-a-ma-ou-la-philosophie-chinoise-du-capitalisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/chine-capitalisme-ou-socialisme-aux-racines-du-maoisme/

 

Luniterre

Réponse de ce camarade :

A mon avis, il n’y a pas de de « social-démocratisation » du PCC, il y a dénonciation de « l’ancienne voie du protectionnisme et de l’unilatéralisme » et non le protectionnisme en soi, et cela à partir du constat objectif d’une économie mondialisée dans laquelle l’hégémonisme US/UE est de plus en plus remise en cause par des économies « émergentes » du Sud, remise en cause qui à pour réponse « l’ancienne voie du protectionnisme et de l’unilatéralisme ».

Tous les autres 11 points, c’est dire que l’hégémonisme impérialiste ça suffit car on est plus dans la situation du « rattrapage », mais de « l’égalité » voire du « dépassement » techno économique qu’illustre la guerre à Huawei.

Considérer le PCC comme « la bourgeoisie nationale » est une affirmation sans aucun fondement sérieux, le PCC a été membre de l’IC (Komintern) et a combattu la bourgeoisie nationale qui s’est majoritairement réfugiée à Taïwan sous protection du nucléaire US avant de rejoindre le camp socialiste en tant que Démocratie populaire transition vers le socialisme, première étape du communisme. 

Le PCC a ensuite combattu sur des positions semi-révisionnistes le révisionnisme krouchtchevien avant d’ériger les contradictions au sein du camp socialiste en contradiction principale en choisissant les « quatre modernisations » dont l’ouverture contrôlée à la remondialisation capitaliste pour notamment opérer le « rattrapage » économico-technologique, voire le « dépassement » économico-technologique.      

L’affrontement de classe prend ici des formes et des dimensions inédites dans la perception d’un ML dogmatique d’un « socialisme de marché » qui pourfend le « capitalisme de marché » pour ainsi dire.

Et ne pas y voir des formes inédites d’affrontement de classe, formes inédites avec un autre type de rapport de forces dont Cuba, la RPDC, le Vietnam sont des exemples particuliers chacun, et réduire cette complexité de la lutte des classes à une simpliste « intégration de la bourgeoisie nationale maoïste aux flux financiers internationaux, et principalement US, a commencé, sous Mao, dès 1972, suite aux entrevues avec Kissinger et Nixon », relève d’une faculté étonnante à ignorer le réel tel qu’il se présente et non pas tel que nous voulons qu’il soit. 

Ceci dit la lutte des classes entre le PCC et l’impérialisme n’est pas qu’extérieure, elle est aussi interne, car que fera à un moment de crise majeure la bourgeoisie interne ? Voilà de quoi alimenter la grande question de Lénine avec la NEP: QUI L’EMPORTERA ?

Bien à toi  

Réponse TML :

Bonjour,

Quelques précisions, sans « refaire le débat » :

« A mon avis, il n’y a pas de de « social-démocratisation » du PCC, »

La ligne du parti est le reflet de la situation économique de la Chine : un pays qui a atteint le stade du capitalisme monopoliste d’Etat, sous l’influence dominante du capitalisme financier, en partie lié à l’Etat, ce qui est une des caractéristiques de ce stade du capitalisme. Il se prétend malgré tout « socialiste », exactement à l’instar des autre états au même stade de développement qui se trouvent gouvernés par des partis sociaux-démocrates. Qu’il persiste à s’affubler d’un faux nez « marxiste-léniniste » n’y change rien.

« le PCC a été membre de l’IC (Komintern) et a combattu la bourgeoisie nationale qui s’est majoritairement réfugiée à Taïwan sous protection du nucléaire US avant de rejoindre le camp socialiste en tant que Démocratie populaire transition vers le socialisme, première étape du communisme. »

L’IC (Komintern) a soutenu les luttes anti-colonialistes, en Chine et ailleurs, sans sectarisme, fidèle en cela à la pensée stratégique de Lénine. Cela n’infère en rien sur la justesse de ligne et d’idéologie de ces partis.

Du reste les raisons de sa dissolution par Staline ne sont pas seulement ni même essentiellement une « concession diplomatique » faite à l’Occident, mais aussi la nécessité de couper l’une des racines de l’opportunisme et du révisionnisme en voie de développement. (…n’a pas suffit!  …et malheureusement, idem pour le Kominform, malgré de bons débuts.)

La bourgeoisie nationale en Chine, comme ailleurs, ne formait pas un bloc et une partie de ses factions s’est donc regroupée derrière Mao, sans que cela n’exclut de luttes féroces entre elles, comme la suite l’a prouvé, notamment avec la « GRCP ».

Dans les liens à la suite de mon précédent mail, il y a, outre les études TML, deux autres sources d’études, celles du camarade WH et celles …du CHB !

Et chacune de ces études cite encore bien d’autres sources, que tu peux également vérifier : toutes concordent pour démontrer la nature petite-bourgeoise et nationale-bourgeoise du maoïsme.

Cette nature de classe évolue donc, néanmoins, sous la pression du rapport de forces, au tournant des années 70 et amène la Chine dans le camp de l’impérialisme US : il ne s’agit donc pas non plus de « réduire cette complexité de la lutte des classes à une simpliste « intégration de la bourgeoisie nationale maoïste aux flux financiers internationaux, et principalement US, commencée, sous Mao, dès 1972, suite aux entrevues avec Kissinger et Nixon », mais c’est néanmoins un élément d’une importance considérable en ce qu’il amorce le développement du capitalisme financier chinois, sur une base en grande partie comprador, avant l’accumulation suffisante pour constituer un capitalisme monopoliste d’Etat.

Ces mutations du capitalisme chinois depuis ce tournant du maoïsme sont principalement étudiée ici :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

Donc il est tout à fait faux de dire que cela relèverait « d’une faculté étonnante à ignorer le réel tel qu’il se présente et non pas tel que nous voulons qu’il soit. » Alors que c’est donc manifestement tout le contraire !

C’est, au contraire, une démarche pour ne pas éluder le problème de cette évolution complexe du capitalisme chinois, si tu prends la peine de l’étudier.

« Ceci dit la lutte des classes entre le PCC et l’impérialisme n’est pas qu’extérieure, elle est aussi interne, car que fera à un moment de crise majeure la bourgeoisie interne ? »

La grande bourgeoisie bureaucratique chinoise, qu’elle soit dans le parti ou en dehors, c’est aujourd’hui une seule classe sociale, reposant sur le capitalisme monopoliste d’Etat et le capital financier, et elle a effectivement largement dépassé le stade de « bourgeoisie nationale  pour venir efficacement concurrencer son homologue US, avec qui elle continue néanmoins d’avoir des liens multiples de participations croisées, caractéristiques de ce stade de développement du capitalisme, et qui s’appelle l’impérialisme.

Et tout comme il y avait des luttes de clans au sein de la bourgeoisie nationale du temps de Mao, il y en a au sein de la bourgeoisie monopoliste chinoise actuelle. Les luttes internes au sein de la bourgeoisie, en Chine comme ailleurs sont un aspect de la lutte des classes, qui continue donc, y compris entre prolétariat et bourgeoisie, lutte qui reste la contradiction fondamentale du capitalisme.

Luniterre

UNE SUITE A CE DÉBAT SE TROUVE DÉSORMAIS ICI:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/08/quelques-nouveaux-elements-du-debat-en-cours-suite/

 

Voir également, sur le même thème, deux articles récents:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/24/la-chine-est-elle-capitaliste-vers-une-prolongation-au-debat-du-cuem/

 

 

 

 

Manipulations policières (suite) : l’attentat de Saint-Germain en Laye, 1881

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b4/Saint-Germain-en-Laye_-_Statue_de_Thiers001.jpg

 

Manipulations policières :

l’attentat de Saint-Germain en Laye, 1881.

 

Question manipulations policières, après toutes les provocations effectuées durant le mouvement GJ, la bombinette du cycliste lyonnais a sans doute joué un rôle, et continue même de le faire, mais elle ne suffit pas à expliquer un tel renversement de tendance, concernant la situation politique globale.

 

Il faut bien constater que le système a en grande partie « repris la main »…

Une main que les GJ lui ont tendu, en réalité, par leur aveuglement « apolitique », même si c’est bien involontairement, pour la plupart…

Éviter de tomber dans les pièges manipulatoires est une leçon utile en toutes époques, et dans ce sens, l’histoire d’Auguste Vaillant reste terriblement d’actualité.

Mais ceci dit, et contrairement à diverses hypothèses avancées aujourd’hui dans la presse anarchiste, ce n’est pas Louis Andrieux qui a pu manigancer le coup de la « bombe Vaillant ». En effet, son bouquin parait en 1885, et il ne peut donc y parler d’une affaire se déroulant fin 1893 !

 

http://mai68.org/spip2/spip.php?article3764

http://serpent-libertaire.over-blog.com/2014/10/le-mensonge-terroriste-4.html

 

Louis Andrieux a été Préfet de Police de Paris de 1879 à 1881, et a eu ensuite, et même avant, une carrière politique (centre-droit).

Néanmoins, en tant que Préfet de Police, il a effectivement manipulé les mouvements anarchistes, et notamment en finançant leur journal, « la Révolution sociale », par des voies « détournées »…

 

Journal sans lequel écrivait notamment Louise Michel, mais qui n’était pas au courant de l’origine réelle des fonds… !

C’est ce qu’il raconte effectivement dans ses mémoires, avant de raconter également son implication relative dans un autre projet d’attentat au Palais Bourbon, mais donc plus ancien de douze ans et inabouti, de fait :

 

Louis Andrieux, Souvenirs d’un préfet de police, 1885.

 

DEUX EXTRAITS

 

Le fonds des reptiles – L’anarchie subventionnée. Les collaborateurs inconscients du préfet de police.

Le sujet choisi pour le précédent chapitre répondait à une intention lénitive. Après les orages qu’avaient soulevés les récits d’intervention en des matières délicates, il était bon de calmer les esprits par le spectacle d’une œuvre de charité.

Je crains d’aborder de nouveau un sujet irritant. Je m’y décide parce que je crois faire une œuvre utile en contribuant à répandre la méfiance entre les divers adhérents des groupes révolutionnaires.

« Soupçonnons-nous les uns les autres, » telle est leur maxime ; elle est juste et salutaire

Æquum et salutare,

comme on dit à l’église.

Elle est juste, car dans leurs rangs la police recrute facilement des agents ; tous ne valent pas la peine d’être achetés, mais beaucoup sont à vendre.

Elle est salutaire, car la méfiance qu’ils ont les uns vis-à-vis des autres contribue à leur impuissance beaucoup plus qu’à leur sûreté. Citoyens, il y aura toujours des traîtres parmi vous.

Les socialistes révolutionnaires ne se bornaient plus à des déclamations dans les réunions publiques ou privées. La dynamite des nihilistes les empêchait de dormir et, pour stimuler le zèle des compagnons, ils se proposaient, eux aussi, de faire entendre la grande voix des explosions ultima ratio.

Il était question de faire sauter le Palais-Bourbon M. Gambetta en avait été avisé, et quelques précautions avaient été prises.

Mais, en même temps qu’ils songeaient à étonner le monde par la destruction de mon honorable ami M. Truelle, les compagnons voulaient avoir un journal pour propager leurs doctrines.

Si j’ai combattu leurs projets de propagande par le fait, j’ai du moins favorisé la divulgation de leurs doctrines par la voie de la presse, et je n’ai pas de raisons pour me soustraire plus longtemps à leur reconnaissance.

Les compagnons cherchaient un bailleur de fonds ; mais l’infâme capital ne mettait aucun empressement à répondre à leur appel. Je poussai par les épaules l’infame capital, et je parvins à lui persuader qu’il était de son intérêt de favoriser la publication d’un journal anarchiste.

On ne supprime pas les doctrines en les empêchant de se produire, et celles dont il s’agit ne gagnent pas à être connues.

Donner un journal aux anarchistes, c’était d’ailleurs placer un téléphone entre la salle des conspirations et le cabinet du préfet de police. On n’a pas de secrets pour un bailleur de fonds, et j’allais connaître, jour par jour, les plus mystérieux desseins. Le Palais-Bourbon allait être sauvé ; les représentants du peuple pouvaient délibérer en paix.

Ne croyez pas, d’ailleurs, que j’offris brutalement aux anarchistes les encouragements du préfet de police.

J’envoyai un bourgeois, bien vêtu, trouver un des plus actifs et des plus intelligents d’entre eux. Il expliqua qu’ayant acquis quelque fortune dans le commerce de la droguerie, il désirait consacrer une partie de ses revenus à favoriser la propagande socialiste.

Ce bourgeois qui voulait être mangé n’inspira aucune suspicion aux compagnons. Par ses mains, je déposai un cautionnement dans les caisses de l’État, et le journal la Révolution sociale fit son apparition.

C’était un journal hebdomadaire, ma générosité de droguiste n’allant pas jusqu’à faire les frais d’un journal quotidien.

Mlle Louise Michel était l’étoile de ma rédaction. Je n’ai pas besoin de dire que « la grande citoyenne » était inconsciente du rôle qu’on lui faisait jouer, et je n’avoue pas sans quelque confusion le piège que nous avions tendu à l’innocence de quelques compagnons des deux sexes.

Tous les jours, autour d’une table de rédaction, se réunissaient les représentants les plus autorisés du parti de l’action on dépouillait en commun la correspondance internationale on délibérait sur les mesures à prendre pour en finir avec « l’exploitation de l’homme par l’homme » ; on se communiquait les recettes que la science met au service de la révolution.

J’étais toujours représenté dans les conseils, et je donnais au besoin mon avis.

Mon but était surtout de surveiller plus facilement les honorables compagnons, en les groupant autour d’un journal.

Louis Andrieux, Souvenirs d’un préfet de police, 1885.

 

[…]

 

La statue de M. Thiers. L’explosion de Saint Germain. La caisse noire de l’avenir.

Les compagnons avaient décidé en principe que le Palais-Bourbon devait sauter.

Mais les hommes qui mettent leurs actes d’accord avec leurs principes se font de plus en plus rares, et personne ne se proposait pour porter les cartouches de dynamite dans les caves du palais.

Dame l’aventure n’était pas sans péril on veut bien préparer un meilleur avenir social, mais on veut en profiter : être à la bataille, c’est très bien ; être au partage du butin, c’est mieux encore.

On délibéra sur la question de savoir s’il ne conviendrait pas de commencer par quelque monument plus accessible : la Banque de France, le palais de l’Elysée, la préfecture de police, le ministère de l’intérieur furent tour à tour discutés, puis abandonnés à raison de la surveillance trop active dont ils sont l’objet. La destruction d’une église semblait plus facile; il fut aussi question du monument expiatoire.

Enfin on convint que, pour se faire la main, on s’attaquerait d’abord je vous le donne en mille à la statue de M. Thiers, récemment inaugurée à Saint-Germain.

Les fêtes de l’inauguration avaient d’ailleurs appelé l’attention sur cette statue, et on se rappelle par quelle apostrophe indignée M. Olivier Pain avait protesté, au nom des vaincus de la Commune, contre les louanges décernées au « sinistre vieillard ». Avoir rêvé d’ensevelir la représentation nationale sousles ruines du palais législatif, et aboutir à briser une statue dans les environs de Paris, c’est ressembler au héron de la fable.

Qui fut tout heureux et tout aise

De rencontrer un limaçon.

Nous étions bien loin des menaces proférées le 13 mai 1881 par M » » Louise Michel dans le groupe révolutionnaire du dix-huitième arrondissement, alors que, dans un élan irréfléchi, la « grande citoyenne » s’écriait :

« Mais regardez donc ce qui se passe en Russie regardez le grand parti nihiliste, voyez ses membres qui savent si hardiment et si glorieusement mourir ! Que ne faites-vous comme eux? Manque-t-il donc de pioches pour creuser des souterrains, de dynamite pour faire sauter Paris, de pétrole pour tout incendier?

« Imitez les nihilistes, etje serai à votre tête alors seulement nous serons dignes de la liberté, nous pourrons la conquérir sur les débris d’une société pourrie qui craque de toutes parts et dont tout bon citoyen doit se débarrasser par le fer et le feu, nous établirons le nouveau monde social. »

Les compagnons partirent pour Saint-Genrain emportant l’infernale machine c’était une boite à sardines, remplie de fulmicoton et soigneusement enveloppée dans un mouchoir.

Je connaissais ce complot plein d’horreur je savais l’heure du départ pour Saint-Germain je connaissais aussi l’heure du crime projeté.

Qu’allais-je faire ?

Il fallait que l’acte fût consommé pour que la répression fut possible.

Je n’hésitai point à sacrifier le libérateur du territoire pour sauver le Palais-Bourbon.

Quand la nuit fut venue, les compagnons, se glissant dans l’ombre à travers les arbres séculaires, arrivèrent jusqu’à la statue.

La pâle lueur de la lune éclairait le visage de ce vieillard en bronze, qui, sous ses lunettes, semblait regarder d’un air narquois les conspirateurs. L’un d’eux plaça la boite à sardines sur le socle de la statue, entre les pieds du fauteuil où M. Thiers est assis.

Une longue mèche pendait le long du piédestal. L’un des compagnons y mit le feu, tandis que ses camarades, autour des arbres voisins, parsemaient le sol de proclamations révolutionnaires puis, quand le feu commença à monter lentement le long de la mèche, les compagnons s’enfuirent à toutes jambes, jusqu’au bas de la colline et continuant leur course à travers la plaine, ils escaladèrent les barrières du chemin de fer.

Quand ils rentrèrent à Paris, ils attendirent avec impatience les nouvelles de Saint-Germain. Ils n’avaient pas assisté au spectacle des ruines qu’ils avaient faites ils n’en savaient pas l’étendue.

Quelle ne fut pas leur déception, lorsqu’ils apprirent qu’ils avaient tout au plus réussi a réveiller quelques paisibles habitants de la silencieuse cité de Saint-Germain !

La statue était intacte une large tache noire à peine visible sur le bronze était la seule trace de l’attentat.

Je connaissais les noms des conspirateurs; j’avais voyagé avec eux, du moins par procuration j’avais tout vu, tout entendu, et l’occasion me paraissait bonne pour mettre la main sur ce nid de dynamiteurs.

J’examinai la question de droit. J’ouvris mon Code pénal la disposition applicable devait être celle de l’article 237, ainsi conçu « Quiconque aura détruit,abattu, mutilé ou dégradé des monuments, statues et autres objets destinés à l’utilité ou à la décoration publique, et élevés par l’autorité publique ou avec son autorisation,sera puni d’un emprisonnement d’un mois à deux ans. et d’une amende de cent francs a cinq cents francs. »

Les compagnons n’avaient ni détruit, ni dégradé le libérateur du territoire « destiné à la décoration publique » ils s’étaient bornés à lui faire une tache sous son fauteuil, et j’avais beau relire l’article 287, ce cas n’était pas prévu par le Code pénal. TI

— Il y avait du moins la tentative, me direz vous.

Oui mais le maximum de la peine n’étant que de deux ans d’emprisonnement, nous étions en matière correctionnelle, et, en cette matière, la tentative de délit n’est punissable qu’autant que la loi le dit formellement. Les compagnons ne pouvaient être inquiétés tout au plus, aurais-je pu les faire condamner à quinze francs d’amende pour tapage nocturne. J’estimai qu’il était préférable de ne pas leur montrer l’œil de la police et de continuer à les surveiller, assistant invisible à leurs conciliabules jusqu’au moment où il conviendrait d’éteindre la mèche …ou de l’éventer.

Mais cet avortement du grand complot amollit les courages, et les tentatives ne furent pas renouvelées.

Le socialiste Maria se rendait compte de l’effet moral produit par ce coup manqué, lorsque, le 6 juillet 1881, dans la réunion du cercle révolutionnaire des cinquième et quinzième arrondissements, il déplorait l’insuccès du « fait de Saint Germain ».

Il ajoutait :

« Le suffrage universel est la plus grande duperie du siècle. Ce n’est point par le vote, mais parl ‘action qu’il faut attaquer les gouvernants.

« Nous devons organiser une caisse formidable, car beaucoup de compagnons se dévoueraient s’ils savaient que derrière eux ils ne laissent pas dans la misère femmes et enfants. Ce n’est pas avec nos cotisations de deux sous par semaine que nous pourrons jamais les rassurer à cet égard.

« Il y a une quantité de banquiers et de détenteurs de la fortune publique chez lesquels nous pourrions entrer par n’importe quel moyen pour nous approprier un ou plusieurs millions. Nous en serions quittes pour cinq ans de prison.

« Soyez sûrs qu’avec le levier de l’or, nous aurions bientôt renversé les dirigeants et accompli la Révolution.»

Louis Andrieux, Souvenirs d’un préfet de police, 1885.

 

SOURCES:

TOME I: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65129d.texteImage

TOME II: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k616781.texteImage

 

EN DOC PDF:

TOME I: Louis-Andrieux-Souvenirs-dun-prefet-de-police-1885-TOME-I_

TOME II: Louis-Andrieux-Souvenirs-dun-prefet-de-police-1885-TOME-2_

 

Il n’y a donc pas de doute que le tandem Dupuy/Puibaraud reste le principal responsable, en termes de manipulations, dans l’affaire Vaillant du 9 Décembre 1893 au Palais-Bourbon!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/27/de-lanarchie-policiere-et-de-la-vie-intime-des-commissariats/

 

 

A noter encore, pour l’anecdote, que ce Louis Andrieux est le père « naturel » de …Louis Aragon ! Enfant qu’il n’a jamais reconnu, mais dont il a néanmoins entretenu la maman par des voies également tout à fait indirectes, pour ne pas faire scandale, ni dans sa famille, ni dans celle de cette jeune femme, qui passait officiellement pour la « sœur » …de son fils, supposé être un fils « adoptif » …de sa grand-mère, donc ! Tout étant au mieux, ainsi, dans le « meilleur des mondes », ou presque !!!

Luniterre

 

LOUIS ARAGON, CHANTÉ PAR JEAN FERRAT

https://youtu.be/RRVdZx9ABDU6

 

EXTRAIT DU POÈME :

 

« …Je ne dis pas cela pour démoraliser Il faut regarder le néant

En face pour savoir en triompher Le chant n’est pas moins beau quand il décline

Il faut savoir ailleurs l’entendre qui renaît comme l’écho dans les collines

Nous ne sommes pas seuls au monde à chanter et le drame est l’ensemble des chants

Le drame il faut savoir y tenir sa partie et même qu’une voix se taise

Sachez le toujours le chœur profond reprend la phrase interrompue

Du moment que jusqu’au bout de lui même le chanteur a fait ce qu’il a pu

Qu’importe si chemin faisant vous allez m’abandonner comme une hypothèse

J’écrirai ces vers à bras grands ouverts qu’on sente mon cœur quatre fois y battre

Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant

Je suis le faucheur ivre de faucher qu’on voit dévaster sa vie et son champ

Et tout haletant du temps qu’il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

 

Louis Aragon

Épilogue, 1960

 

 

De l’Anarchie Policière et de La Vie Intime des Commissariats…

https://frontdeslaics.wordpress.com/2019/05/27/de-lanarchie-policiere-et-de-la-vie-intime-des-commissariats/

https://pbs.twimg.com/media/D7XBqXSXYAEjGKh?format=jpg&name=small

 

 

De l’Anarchie Policière

et de La Vie Intime

des Commissariats…

Question titre, on a rien inventé, « l’Anarchie Policière » et la « Vie Intime des Commissariats » sont deux titres déjà assez anciens, l’un fin XIXème, et l’autre début XXème siècle… Ce qu’ils ont en commun, c’est de relater, entre autres choses, l’explosion d’une bombe à l’Assemblée Nationale, le 9 Décembre 1893… Une bombe dont la « conception » ressemble fort à celle du cycliste lyonnais de la Rue Victor Hugo, la semaine dernière, à deux jours des élections européennes…

Le cours de l’Histoire eut-il été différent sans ce drame de dernière minute ? Difficile de conjecturer… Depuis six mois, le pouvoir Macronien s’est ingénié à faire dériver la protestation par toutes sortes de provocations émaillant les « Actes » hebdomadaires des « Gilets Jaunes ». Mouvement qui, par sa structure anarchique elle-même se prête idéalement à toutes les manipulations… Mais comme si cela ne suffisait pas, les « hasards » du calendrier ont parsemé la veille des « Actes » importants d’attentats et d’incendie diverses, posant le pouvoir en « sauveur de la Nation », le clou du Spectacle étant évidemment l’incendie de Notre-Dame, qui le pose carrément à la fois en « sauveur de la mémoire » et en « bâtisseur de l’Avenir », avec son plan de « Reconstruction en cinq ans » !

Dans ce contexte le cycliste lyonnais fait un peu « petit bras » et l’on s’interroge encore, y compris faute de toute revendication, sur le sens de ce « bouquet final » pré-électoral… [NDTML: l’article est sorti avant l’épisode « arrestation du suspect ».]

Toujours est-il que sa bombe était donc suffisamment « calibrée » pour faire à la fois beaucoup de bruit et tout de même, hélas, suffisamment de blessés légers pour ne pas être tout à fait ridicule…

C’était le principe même de la bombe du 9 Décembre 1893, à l’Assemblée Nationale, qui, elle, par contre, a bien permis un « changement » en son temps, à savoir la toute première des lois dites « scélérates », visant à restreindre les libertés publiques au prétexte du « maintien de l’ordre », et dont la « loi anti-casseur » de Macron est la dernière héritière, incontestablement…

Tout changement est relatif…

Dans le domaine des manipulations policières, le mouvement des Gilets Jaunes nous montre encore, s’il en était besoin, que l’on a pas inventé grand chose de neuf… L’équipement et l’armement de la police s’est « modernisé », les méthodes, elles restent les mêmes…

Sauf peut-être, question intox…

A l’époque, au gré des circonstances politiques, il paraissait nécessaire que les fauteurs de « désordre » soient idéologiquement identifiés, tous « extrêmes », de droite, de gauche, anars, nationalistes, etc…

Aujourd’hui c’est l’ « anonymat » qui semble être la force de persuasion de la nécessité d’une « remise en ordre » : ce cycliste printanier en bermuda, avec son petit sac en papier kraft à la main, prêt à être posé incidemment à peu près n’importe où où se promène le français moyen, ce pourrait donc être votre voisin de palier…

Du reste, ne le reconnaissez vous pas derrière ses lunettes de soleil et sous son casque de promeneur à vélo ?

C’est la question stupide qui nous est posée par la diffusion de ces « photos », extraites de vidéos qui nous suggèrent donc, en réalité, l’inefficacité totale du prétendu système de surveillance, et donc, la « permanence » de la « menace » qui pèse sur nous tous..

A moins qu’elle ne soient purement et simplement un encouragement manipulatoire à d’autres interventions de criminels en liberté plus ou moins surveillée, du genre « fichés S » ! C’était déjà, en 1893, ce genre de scénario bien huilé qui a permis le psycho-drame du 9 Décembre à l’Assemblée, qui nous est donc relaté par ses protagonistes, sous les titres assez humoristiques de cette époque, assez lointaine, mais pas pour tout…

En republication, voici donc l’intégrale de « L’Anarchie policière », mais tout d’abord, pour planter le décor, l’extrait correspondant, pour l’affaire du 9 Décembre 1893, de « LA VIE INTIME DES COMMISSARIATS »…

Pierre GRINDSABLE

https://pbs.twimg.com/media/D7bY7crWsAQxmaw.jpg

EXTRAIT:

IV. LE PÉRIL ANARCHISTE

Ce qui inquiétait surtout Dupuy, [NDLR: Président du Conseil, puis Président de l’Assemblée Nationale, en cette même année 1893] c’était la propagande libertaire qui s’étalait au grand jour et tenait les esprits dans un état de rébellion latent.

—Les socialistes et les fauteurs de coups d’état, dit-il un jour à Puibaraud [ Président du comité des inspecteurs généraux, puis nommé Directeur général des recherches – http://www.sfhp.fr/index.php?post/2009/05/02/Notice-biographique-Louis-Puibaraud ], je m’en charge! Je sais par où les prendre, mais je m’avoue effrayé par ce virus d’anarchie qui s’est introduit dans l’organisme social où il exerce de sournois et terribles ravages. C’est ce virus, surtout, qu’il s’agit d’éliminer. Il constitue à mes yeux le véritable péril, Dupuy n’avait pas tort de parler du péril anarchiste, péril dont on serait tenté de sourire aujourd’hui, il faut se reporter à l’époque pour en mesurer l’étendue. En 1893, la vague de terreur qu’avaient déchaînée, deux ans plus tôt, les exploits dé Ravachol et de sa bande, était dissipée. L’horreur qu’inspiraient aux gens tranquilles les propagandistes par le fait, s’atténuait sous le renom de justiciers que leur prêtaient les théoriciens de l’anarchie, A la faveur de nos divisions intestines, la doctrine libertaire s’insinuait jusque dans les salons aristocratiques et les milieux bourgeois, C’était se donner brevet d’intellectuel que d’y voir la religion de l’avenir et d’y respirer « un parfum de floréal ». Tout le quartier latin chantait avec Laurent Tailhade :

Vienne ton jour, Déesse aux yeux si beaux,

Dans un matin vermeil de Salamine,

Anarchie! o porteuse de flambeaux!

L’anarchie trouvait des avocats complaisants et des zélateurs jusque dans les grands quotidiens, Octave Mirbeau écrivait : «L’anarchie c’est le développement de l’individu dans un sens normal et harmonique. On peut la définir d’un mot : l’utilisation spontanée de toutes les énergies humaines continuellement gaspillées par l’État, et je comprends pourquoi toute une jeunesse artiste et pensante, l’élite contemporaine, regarde impatiemment se lever cette aube attendue, où elle entrevoit non seulement un idéal de justice, mais un idéal de beauté ». Le peuple, de son côté, impressionné par ce débordement de lyrisme, acclamait les propagandistes par le fait, comme des libérateurs. Il avait fini par ne plus s’émouvoir de leurs attentats, D’ailleurs, on lui représentait que ces attentats ne visaient que ses tyrans, les souverains, les chefs d’état, les satisfaits, les magistrats, les policiers. Et le peuple disait ; « Que ces gens-là se débrouillent! Ça n’est pas notre affaire! »

Le peuple sera même tenté d’applaudir au geste de Vaillant, jetant sa bombe en pleine Chambre des députés, tant il se soucie peu des parlementaires, et s’il arrivait qu’une bombe fût jetée à l’adresse de la foule anonyme, comme celle d’Émile Henry au café Terminus de la gare Saint-Lazare, la foule anonyme était gardée sur la pente de l’indignation par le mot de Laurent Tailhade: « Qu’importe la mort de vagues humanités, si le geste est beau? » Le pire, c’est que les vulgaires malfaiteurs, les criminels de droit commun, n’avaient qu’à se réclamer de la doctrine anarchiste, pour se donner figure de héros et d’apôtres, Un trait de l’aberration commune s’en trouve dans le Journal de Jules Renard, qui nous montre une dame de ses amies, désolée d’ignorer le petit nom de Ravachol. C’est qu’apparemment l’image de Ravachol, depuis qu’il avait cessé de nuire, hantait voluptueusement ses nuits. Et cette aberration s’était développée au point qu’il venait de se fonder un parti « d’anarchistes chrétiens », Tel était l’état des esprits en 1893, à l’avènement de M.Charles Dupuy, et c’est ce qui poussait M, Puibaraud à répondre à ses objurgations ;

— Je m’engage à vous délivrer du péril anarchiste, si vous me faites voter des lois en conséquence, Je m’y déclare impuissant avec la législation actuelle. A quoi nous sert d’arrêter lès libertaires, au cours d’une émeute, puisqu’ils s’en tirent avec une condamnation bénigne pour port d’arme prohibée ou refus de circuler? Là belle affaire!  A quoi nous sert d’interdire leurs réunions, puisqu’ils jouissent, comme le commun des mortels, chez nous, du droit d’association? Comment faire cesser leur propagande, tant que vous n’aurez pas modifié la loi sur la presse et restreint ses libertés? Même alors, il restera aux libertaires les tréteaux de la Cour d’assises, pour y étaler complaisamment leurs théories en public, que les journaux reproduisent à des milliers d’exemplaires. Supprimez la publicité des débats. Il faut mettre les anarchistes hors la loi et revenir, pour eux, au délit d’opinion.

— C’est mon avis, confessait l’Excellence, mais trouverais-je jamais, à la Chambre, une majorité pour y consentir? Je vois déjà Jaurès, tonnant à la tribune, m’opposer les garanties de la liberté individuelle, la déclaration des Droits de l’homme, les immortels principes do 1789, un tas de grands mots vides avec lesquels on pipe la foule, un tas de billevesées avec lesquels il est impossible de gouverner.

Et tous deux étaient tombés d’accord qu’il n’y avait de salut possible que dans le vote de lois d’exception et qu’il fallait s’employer à y décider les parlementaires. Pour être plus à même de pulvériser l’anarchie, M, Puibaraud rêvait d’être à la Préfecture de Police le collaborateur de M. Lépine. Il n’y avait pourtant pas d’hommes plus dissemblables, et moins enclins à sympathiser. Le premier, franc, sec et net, le second, papelard, cauteleux et retors. M, Lépine allait de l’avant. Puibaraud ne hasardait pas un geste qui ne fût calculé. L’Un fondait droit sur l’obstacle, l’autre le minait en dessous. Tous deux étaient de rudes jouteurs, mais l’arme favorite de Puibaraud, c’était la chausse-trape. La première fois qu’il s’ouvrit de son désir au ministre, ce dernier lui opposa cette diversité d’humeurs. 

— Pensez-Vous que M. Lépine puisse accepter cette combinaison? 

— Si nos humeurs sont différentes, répondit Puibaraud, elles concourent au même but, La fin seule est, ici, à envisager, Je n’entends nullement m’immiscer dans les prérogatives de M. Lépine. Nous collaborerons côte à côte, chacun dans notre sphère. Il y a là-bas, quatre brigades, les brigades dé recherches, dont j’assumerais volontiers la direction.

— Mais ces brigades font partie de la police municipale.

— … que M. Lépine est en voie de réorganiser. Je sais que, dans son esprit, le chef actuel do la police municipale, M. Gaillot, est sacrifié, M. Lépine ne verra donc aucun inconvénient à réduire, dès maintenant ses pouvoirs. Au reste, vous êtes le chef du Gouvernement, la décision suprême vous appartient»

Je ne sais quel fût l’avis de M, Lépine, ni même s’il fut consulté, ce que je sais c’est que, quelques semaines après cet entretien, M. Puibaraud s’installait, comme directeur général des recherches à la caserne de la Cité. Seulement, ce n’était pas M. Dupuy qui l’y envoyait, c’était M, Raynal, son successeur à l’Intérieur, car à cette époque troublée, les ministères tombaient comme des châteaux de cartes. Son ministère avait été renversé le 25 novembre 1893, M. Dupuy devait revenir sur l’eau, comme président du Conseil, six mois plus tard, et ce qui prouve qu’il n’avait pas perdu tout crédit, c’est que le jour même où il était renversé pour céder la place à Casimir Périer, il prenait possession du fauteuil présidentiel de ce dernier, à la Chambre des députés. M. Dupuy présidait les débats,le 9 novembre 1893, lorsque Vaillant jeta sa bombe. Il y eut plusieurs blessés,mais peu grièvement.M. Dupuy fit preuve, ce jour-là, d’un sang-froid extraordinaire,en s’écriant, sitôt le premier mouvement de stupeur passé : « La séance continue!» Quand on vantait le sang-froid de Dupuy devant le compagnon Charles Jacot, ce dernier disait, en se tordant de rire «Ah! là bravoure de Dupuy! Elle ne lui coûtait pas cher!,,, Il savait mieux que personne que l’engin était inoffensif.» Et Jacot contait à qui voulait l’entendre que la bombe Vaillant était un coup monté par la police, avec la complicité de Dupuy :

« — Parfaitement », disait-il, « Je suis au courant. Je connais les dessous de l’affaire. Vaillant, lui, y est allé franc jeu, bon argent, mais on l’a manœuvré. On le savait décidé à risquer sa vie pour l’Idée. Il avait disparu. On le cherchait. C’est l’un de ses anciens camarades, le nommé R .. dit Georges, qu’on avait fait sortir exprès de prison, qui finit par le dénicher à Choisy-le-Roy, (octobre 1893), en filant sa maîtresse, la dame Maréchal. Il en avise son chef de file, le sieur M… soi-disant agent d’assurances et publiciste, mais en réalité, agent de police. Sur le rapport de M…, un fonctionnaire est envoyé à Vaillant, qu’il trouve dans une profonde misère, Il se donne à lui comme anarchiste-cambrioleur, prêt à subvenir aux besoins du parti. Il lui remet cinq louis, ce qui permet à Vaillant de se dépêtrer de son garni et de venir louer une chambre à Paris. C’est dans cette chambre qu’il confectionne sa bombe. Georges lui en avait fourni les éléments, Ces éléments provenaient du laboratoire municipal. C’est pour cela que la boîte à clous de Vaillant a fait si peu de dégâts, Le laboratoire municipal avait pris ses précautions. Et, d’ailleurs, Georges no fut jamais inquiété. Le jour même, il était allé se reconstituer prisonnier, pour, en cas de dénonciation, se ménager un alibi, mais Vaillant n’était pas homme a dénoncer quelqu’un » 1.

[NOTE en bas de page]1. Jacot racontait bien d’autres choses. Il prétendait que Ravachol et sa bande avaient été armés de leur redoutable dynamite par un agent de ta troisième brigade, alors sous les ordres de l’officier de paix Fédée. Cet agent, un nommé Laux, aurait révélé à Fougoux (une casserole de son service) l’existence d’un dépôt de cent cartouches de dynamite dans une carrière de pierres meulières en exploitation à Epinay-sur-Orge et les moyens de s’en emparer. Fougoux appartenait au groupe libertaire de Saint Denis,dont faisaient partie Ravachol et Simon Il leur glisse le t tuyau » dans l’oreille, La nuit suivante, Ravachol et Simon allaient au lieu dit se saisir des cartouches. Jacot accusait encore la police politique d’avoir fait suggérer à Henry, l’idée de jeter sa bombe au Café Terminus pour prouver à la foule qu’elle était aussi exposée que les magistrats aux attentais anarchistes.  Il allait même jusqu’à menacer de faire des révélations sur l’assassinat de Carnot. C’est alors qu’on vous l’interna à Bicêtre,d’où il se plaignait de ne pouvoir sortir,en dépit de l’attestation favorable des médecins. Il se disait persécuté par la police, depuis qu’il avait refusé de lui servir d’indicateur. Il se défendait comme il pouvait. Et il est vrai qu’il avait réussi a faire annuler par la Cour de cassation (25 septembre 1893-28 août 1897) deux jugements de relégation prononcés contre lui.]

Je laisse à Jacot la responsabilité de ses propos, et j’avoue, bien que l’administration ait paru s’en émouvoir, puisqu’il fut, à ce moment, je ne sais sous quel prétexte, coffré à la Santé d’où il ne fut libéré que le 10 janvier 1894 (jour même de la condamnation de Vaillant à la peine dé mort), qu’il est permis de n’y point croire, mais il faut reconnaître que jamais bombe plus anodine n’était intervenue plus à propos. Le lendemain, le gouvernement pouvait faire voter des restrictions au droit d’association. C’était un minimum de satisfaction pour Puibaraud. Ce n’est qu’après l’assassinat de Carnot qu’il se verra armé de la loi du 28 juillet 1894,rétablissant le délit d’opinion. Encore cette loi ne fut-elle votée parle Parlement qu’avec répugnance, tant elle était en contradiction avec l’idéal républicain. Le parti socialiste montrait qu’il désapprouvait cet arsenal de lois de circonstance, en les traitant de «lois scélérates ».

N’importe, Puibaraud pouvait se croire désormais les mains libres. Il se mit à traquer tout ce qui était suspect d’anarchie avec une rigueur, impitoyable et à déférer, pêle-mêle, aux tribunaux tout ce qui lui tombait sous la main. On n’a pas oublié le procès des Trente, qui fut suivi d’un acquittement presque général. En dépit de leur bonne volonté, les juges n’avaient pu relever contre la plupart des inculpés aucune ombre de délit, mais la terreur était jetée chez les. compagnons et les obligeait à se terrer .

Et, pour achever son ouvrage, Puibaraud entreprit de déchaîner la frousse aussi chez les bourgeois. On ne pouvait plus faire un pas dans Paris sans rencontrer, sur son chemin, des boites à sardines, munies de poudre verte. Les concierges en trouvaient le matin, déposées devant leur loge, dans les escaliers, dans leur poubelle, qui auraient été bien en peine d’éclater, mais dont la vue suffisait pour affoler les locataires, et ces bombes, portées avec précaution au laboratoire municipal, étaient déclarées le lendemain, dans les journaux, extrêmement dangereuses. Il y en avait qui éclataient, mais dans des endroits où elles étaient sûres de ne blesser personne, un urinoir écarté, une impasse déserte, L’émoi du public n’en était pas moins vif. Et comme pour punir Tailhade de son mot sur la beauté du Geste, une bombe lui éclatait en plein visage, un soir qu’il dînait chez Foyot (avril 1894).

La foule voulait bien applaudir en spectatrice aux exploits des propagandistes par le fait, mais, du moment qu’elle y risquait sa peau, elle était la première à demander que l’on fit cesser le jeu. Il ne faisait plus bon se donner pour libertaire en 1894. On se serait cru revenu aux plus beaux jour? de la panique de 1891. J’en reçus confirmation, dans mon poste d’officier de paix, au XIXe arrondissement. Deux de mes agents avaient peine, un soir, à traîner au poste un malandrin pris de boisson, arrêté pour scandale et outrages dans un bal-musette.de la rue de Flandre. Le malandrin, fourni de muscles,se débattait. Le public»- à son accoutumé, manifestait contre les agents et voulait leur arracher leur proie des mains : « Pourquoi est-ce qu’on l’arrête, cet homme? » Il suffit qu’une voix criât « C’est un anarcho ! » pour qu’immédiatement la foule tournât sa fureur contre lui, C’est à lo protéger que les agents durent, dès lors, s’employer,sans quoi la foule vous l’eût assommé séance tenante, sans autre forme de procès.

Ce revirement d’opinion était l’œuvre de Puibaraud, qui n’épargnait rien pour arriver à ses fins. Voici, d’ailleurs, une anecdote qui achèvera de vous édifier sur la nature de ses procédés.[ Fin du Chapitre IV]

>>>LE TEXTE ORIGINAL INTÉGRAL EN PDF:

LA VIE INTIME DES COMMISSARIATS – ERNEST RAYNAUD

…OU LES MÉMOIRES D’UN FLIC POÈTE!

   « Comme le poète, le commissaire est appelé à se pencher sur la misère humaine, à y compatir et à la soulager ; comme le soldat, il est appelé à protéger et à défendre ses concitoyens à ses propres risques, quelquefois au péril de sa vie même, et s’il est forcé de sévir, il a licence, comme le prêtre, de pardonner et d’absoudre. »

Le Code et la Muse sont-ils incompatibles ? Pas à en juger la vie d’Ernest Gabriel Nicolas Raynaud (1864-1936), commissaire de police et membre de la Société des poètes français. Dans La vie intime des commissariats se côtoient en effet préfets et littérateurs, inhumations matinales, crimes horrifiques et constats d’adultère, rivalités de services et manœuvres tortueuses, rondes dans les théâtres subventionnés et les lieux de plaisir… Ernest Raynaud revendique la fonction pacificatrice de son métier, celle d’avant le glissement sémantique qui métamorphosera le « gardien de la paix » en « représentant des forces de l’ordre ».

La vie intime des commissariats livre un témoignage savoureux, savamment émaillé d’anecdotes, de remarques piquantes et de citations choisies, sur l’exercice du métier de commissaire de quartier, se faisant tout autant l’écho des crises politiques traversées et des milieux artistiques et littéraires de son époque que des pratiques culturelles du Paris populaire de la fin du XIXe siècle et du début du XXe.

https://criminocorpus.hypotheses.org/13454

L’Anarchie policière

 

L’Anarchie policière 1891-1894

Mémoires d’un séquestré

Les dessous des affaires Ravachol et Vaillant

Paris, imprimerie de A. Malverge, 1901

PRÉFACE

En écrivant mes mémoires j’obéis à un impé­rieux besoin, je remplis un devoir que ma cons­cience m’impose.

Depuis plus de huit ans, je lutte et je souffre tout ce qui est humainement possible de souffrir ; outrages, menaces, provocations, prison, crimi­nellement infligé, cachot, tentatives réitérées de corruption et d’empoisonnement, artifices crimi­nels contre ma raison» tout a été employé. J’ai tout souffert sans succomber. Depuis cinq mois, je suis interné sans être, sans avoir jamais été moralement malade.

C’est encore sans haine, que je vais essayer de démasquer et de confondre quelques-uns des élé­ments pourris, membres des Autorités adminis­tratives et judiciaires,- qui, par leur servilisme, peut-être inconscient, mais certainement criminel, conduisent fatalement la France et la République au déshonneur et à la ruine,

La vérité empêchera peut-être, pour l’avenir, le retour à cette politique d’expédients, que nos trop célèbres Hommes d’État ont osé qualifier : Gou­vernement scientifique ; j’espère que l’immense majorité du Peuple Français tiendra à l’honneur de les répudier en les repoussant comme des cri­minels imbéciles.

Charles JACOT

lre partie

Depuis près de vingt ans, je suis et j’étudie l’évolution sociale, j’ai été en relations avec la plupart des militants des différentes écoles et plus particulièrement avec ceux qui ont essayé de se faire les meneurs des indisciplinés que l’on dési­gne sous le titre : Les Anarchistes.

Les Anarchistes

J’y ai connu un grand nombre d’hommes stu­dieux, ils sont pour la plupart restés dans l’ombre.

Seuls, quelques misérables, la honte de l’huma­nité ont vu leurs noms livrés à la publicité parce qu’ils ont fait de l’idée anarchiste, une industrie et qu’ils se sont vendus à la Police, par leurs arti­fices criminels ; ils ont réussi à armer quelques égarés aigris par la misère et l’injustice que l’on rencontre encore à chaque pas dans une société où l’on ose parler de la Justice Idéale et où l’on trace en tout et partout : Droits de l’homme. Liberté, Égalité, Fraternité.

Pendant plusieurs années, ils sont parvenus à jeter la terreur, semer la mort ; ils ont porté atteinte à l’intérêt général et tout cela en pure perte, car le but poursuivi n’a pu et ne pourra jamais être atteint.

1er Mai 1891.

Affaire Paul Décamps, Dardare et Léveillé, Ravachol.

L’intérêt de la vérité m’oblige à remonter au 1er Mai 1891 et à l’échauffourée où quelques compa­gnons engagèrent la lutte avec les gendarmes de la banlieue parisienne.

A la suite de cette affaire, trois compagnons furent traduits en Justice, deux furent condamnés. Paul Décamps, mécanicien, à 5 ans de prison, Dardare, ciseleur, à trois ans de la même peine, le troisième, était un protégé, il fut acquitté.

Les provocateurs, policiers nombreux à St-Denis, surent tirer parti de ces condamnations. Ils se firent les apologistes de la violence, faisant tout leur possible pour pousser les sincères à l’action ; dans ce but, les réunions se multiplièrent, on y hurlait vengeance pour Décamps et Dardare écroués à Poissy.

Quand la Police jugea les esprits suffisamment échauffés, on fît connaître le dépôt de Dynamite de Soisis-sous-Etioles ; la mission de le dénoncer fut confiée à un certain Laux se disant anarchiste, mais en réalité agent à la 3e brigade ; ce fut lui qui désigna le dépôt de Dynamite à Fougoux, un dévoué déjà condamné par contumace comme gérant du Père Peinard, sa présence à Paris était certainement connue, on ne l’arrêtait pas, car, ils espéraient se servir de lui. Dès qu’il connut le dépôt de dynamite, il s’empressa de le faire con­naître à ses amis de St-Denis, notamment à Ravachol et à Simon. Une expédition fut décidée ; le coup ayant réussi, Ravachol prit la direction des opérations ; il s’agissait de frapper les magis­trats ayant instruit et requis contre Décamps et Dardare ; c’est dans ce but que furent accomplis les attentats de la rue de Clichy et du boulevard St-Germain, qui heureusement, ne causèrent la mort de personne.

On sait ce qu’il advint de Ravachol et de Simon, je veux m’abstenir de répéter, ce qui a été publié ; mon but est tout simplement de faire connaître quelques vérités inédites destinées à démontrer que si la Police n’avait pas préparé, poussé et pourvu aux moyens d’action, rien, absolument rien n’aurait jamais été accompli.

1893

Dès les premiers mois de 1393, le Ministre de l’Intérieur, Charles Dupuis, voulant jouer au grand politique et gagner le titre de sauveur, fit essayer l’achat de tous les anarchistes jugés susceptibles de le servir ; on commença par les Prisons.

1° Il réussit à s’assurer le concours du sieur R,,, dit Georges ; cet individu, ancien élève des Collectivistes, exclus du groupe de l’agglomé­ration parisienne, s’était jeté dans l’anarchie ; il vivait d’expédients n’ayant jamais accompli aucun espèce de métier ; il ne tarda pas à être arrêté ; pendant environ dix-huit mois, il disparut de la circulation ; on ne le revit qu’au printemps 1893 et il commença par se distinguer en qualité de provocateur, plusieurs fois il fut expulser des réunions de la Bourse du Travail ; ce fut lui qui essaya, mais sans succès, de provoquer une mani­festation sur la voie publique, à propos les accusa­tions de Yves Guyot, à la salle Favier le jour du metting de protestation contre les brutalités policières pendant la journée du Mai 1803, il menaça de se servir d’un revolver qu’il tenait déjà à la main, il ne réussit qu’à se faire mettre à la porte,

Il prit une part active aux troubles du Quartier Latin en servant d’intermédiaire pour soudoyer les renverseurs de kiosques et tramways ; mais il fut interrompu dans ses opérations par un Juge d’instruction de M. Quentin, qui lança contre lui un mandat d’amener pour fait de provocation à l’insu­bordination militaire, en réunion publique.

Nous le retrouverons un peu plus loin.

Dupuis parvint à s’assurer le concours du sieur M… détenu à Ste-Pélagie ; on commença par le gracier et il fut libéré le 18 Juin 1893, ce qui lui permit, à lui aussi, de jouer un rôle aux troubles du Quartier Latin ; c’est par son intermédiaire que furent soudoyés les scarpes de la Maubert, clients habituels de la mère Alexandre, du père Lunette et du Château Rouge. Les tentatives de provocation à l’émeute ne réussirent pas, les tentatives de corrup­tion avaient presque toutes échouées. Hamard alors secrétaire du contrôle envoyé en Angleterre, ne put entrer en relation avec Charles Malatot ; le résultat de son voyage se réduisit à ramener le compagnon Garderat qu’il trouve à Londres dans une profonde misère ; ce malheureux s’était réfugié en Angleterre, à la suite d’un jugement par défaut qui l’avait condamné à deux ans de prison, en qualité de gérant du Père Peinard ; il accepta un secours de Hamard et il se laissa ramener à Paris où il resta quelques semaines en relations avec le Contrôle, ne voulant rendre aucun service inavouable, il rompit et réussit à entrer à l’hôpital sous un nom d’emprunt, à sa sortie, il fut arrêté, il fit opposition à son jugement et il fut réduit à quelques mois, qu’il subit à Ste-Pélagie.

Garderat est mort, mon devoir est de déclarer, que s’il a reçu quelque argent à la Préfecture de police, il ne leur a jamais rendu de services, ses relations ayant été rompues au cours de la période d’observation.

Moi-même, en mai 1893, je fus obligé d’entrer en relations avec Hamard, nos relations ne durèrent que vingt jours pendant lesquels je fis quel­ques compte-rendus de réunions publiques ; les sommes que j’ai reçu d’Hamard ne s’élèvent qu’à 65 francs. Immédiatement après ma rupture je fus arrêté, j’en savais trop long, il ne pouvait plus me laisser ma liberté ; depuis, je n’ai pour ainsi dire plus cessé d’être en prison, j’en suis de ce mo­ment au centième mois de séquestration.

Deux relégations, prononcées en première ins­tance contre moi, ont été annulées comme illégales, par arrêt de Cour d’appel en date des 25 septembre 1893[1] et 28 août 1897.

Ne pouvant se débarrasser de moi par la reléga­tion, on me séquestra. (La force prime le droit.)

Ce qui m’est personnel sera publié ultérieure­ment.

Dupuis ayant échoué dans ses provocations à l’émeute ordonna de changer de système et de pousser à l’action individuelle ; le mot d’ordre de­vint propagande par le fait.

La provocation à la propagande par le fait ne de­vient efficace que si il y a insinuation, le résultat peut se faire attendre, et par l’insinuation l’in­fluence d’un homme est toujours restreinte, je puis même affirmer qu’elle ne dépasse pas trois sujets en aucun cas ; il faut même beaucoup de provoca­teurs pour faire accomplir un seul acte.

(La police doit en savoir quelque chose).

Pour arriver à trouver un sujet disposé à se sa­crifier pour aller jeter une bombe à la Chambre, il leur a fallu du temps et de l’argent. Ce ne fut qu’au mois d’octobre 1893 que le sieur R. dit Georges se crût en mesure de faire connaître un sujet (c’était Vaillant), il en informa son chef de file, un nom­mé M., se disant agent d’assurance et même jour­naliste, mais en réalité agent de police. M. fit un rapport et l’on s’empressa de le faire contrôler.

Un fonctionnaire fut envoyé à Choisy-le-Roy, il fut présenté à Vaillant comme étant un cambrioleur dans la haute classe, disposé à faire quelque chose pour aider à la propagande par le fait ; ce person­nage, avant d’entrer chez Vaillant, avait eu soin de retirer le ruban qui ornait sa boutonnière et de rentrer ses bijoux, il ne voulait sans doute pas pa­raître trop rupin, et la décoration aurait révélé le policier ; le fait d’aller jeter une bombe à la Cham­bre fit le sujet de l’entretien, et le policier une fois convaincu, se retira en annonçant une prochaine visite.

 la deuxième visite, il fut décidé que Vaillant recevrait une somme de 100 francs qui lui serait remise par l’intermédiaire de Georges; avec les 100 francs qu’il reçut Vaillant paya quelques petites dettes, et avec le reste il fut louer une chambre à Paris ; c’est dans cette chambre qu’il confectionna sa bombe en collaboration avec Georges ; ce fut lui qui apporta les tubes acides et matières explosives d’où provenaient-ils ; du laboratoire municipal, probablement.

L’engin, une fois terminé, Georges pour se créer un alibi, disparut sans avertissement, laissant

Vaillant faire les démarches nécessaires pour se procurer une entrée à la Chambre.

Georges était allé se constituer prisonnier pour payer six mois de prison qui lui avait été infligé pour la provocation faite à Saint-Quentin dont j’ai déjà parlé plus haut.

Il était donc détenu le 9 décembre 1893, date de l’attentat contre la Chambre, mais cette détention était récente, Vaillant ne la connaissait pas ; il est cependant à remarquer qu’il avait soin de se tenir au courant de tout ce qui se rapportait au mouvement anarchiste.

De sa prison il écrivit à sa maîtresse, Madame Maréchal, pour lui demander l’adresse de Georges, afin, disait-il, de pouvoir lui écrire, dans la même lettre il chargeait sa maîtresse d’une commission pour Paul Reclus ; cette lettre a certainement passé entre les mains du juge d’instruction, je crois même me rappeler que Paul Reclus fut un moment inquiété, mais il n’est pas à ma connaissance que l’instruction ai cherché à s’occuper du dit Georges.

On comprendra peut-être maintenant la bravoure de Charles Dupuis et son fameux : Messieurs, la séance continue, elle ne lui coûtait pas cher cette bravoure, il savait mieux que personne que l’engin était inoffensif.

A cette date j’étais séquestré à la Prison de la Santé, d’où je fus libéré le 10 janvier 1894, le jour même où la Cour condamnait Vaillant à la peine de mort.

Ce ne fut que le 6 février que je fus mis au courant des faits, à cette date Vaillant était exécuté. J’ai vu la lettre de Vaillant dans laquelle il est question du dit Georges, j’en ai pris connaissance au journal le Figaro ; elle est écrite sur papier ad­ministratif des prisons, son authenticité ne peut être mise en doute.

Le 8 mars suivant j’étais arrêté à nouveau, mis à la disposition du juge d’instruction Henri Meyer, accusé d’affiliation à une association de malfai­teurs ayant poussé à l’accomplissement des atten­tats ; le cynisme de la Police et du juge instruc­teur étaient par trop fort ; comparcent de tous les crimes, ils cherchaient à en charger une foule de malheureux qu’ils savaient innocents, je ne pus m’empêcher de lui faire connaître la vérité à ce trop perspicace magistrat, et je lui remis par écrit toute l’histoire du malheureux Vaillant, qu’il était par­venu à envoyer à l’échafaud ; de ma vie je n’ai vu un homme en un pareil état, il pleurait du sang.

Mes déclarations me valurent un non-lieu immé­diat en matière d’anarchie.

Ayant refusé de transiger et de m’en laisser im­poser, je fus retenu sous prétexte d’insoumission à une interdiction de séjour contre laquelle il a toujours été de mon devoir de protester, car elle est criminellement établie.

Je fus renvoyé le 28 avril 1894 devant la neuvième chambre où je fus condamné par ordre à trois ans de prison.

Le 5 Mai suivant je fus enlevé de Mazas et conduit au Dépôt des condamnés sans qu’il fut tenu compte de mes protestations. J’étais encore dans les délais d’appel et quelques jours plus tard je partais pour Poissy où je fis connaissance de quelques compagnons victimes comme moi des manœuvres criminelles des industriels de l’anar­chie.

Avec l’autorisation des déclarants j’écrivis au Préfet de Police pour lui annoncer que j’étais en mesure de lui faire d’importantes déclarations re­lativement aux matières explosives.

Le Préfet de Police délégua immédiatement Monsieur Fédée à Poissy pour recevoir mes décla­rations ; elles furent reçues au cabinet du directeur, le 21 juin 1894, M. Fédée était accompagné de son secrétaire ; immédiatement après leur départ, je fus isolé de la détention : mis au secret où je fus retenu près d’un mois, ce fut en étant au secret que l’on vint m’informer que Fédée avait laissé une somme de 20 francs entre les mains du directeur pour être mise à ma disposition.

Par mes déclarations au Préfet de police, j’ai voulu jeter le désarroi dans les services de la Sûreté ; j’étais certain que c’était le meilleur moyen d’arrê­ter la liste des attentats et de mettre fin aux exploits de l’anarchie policière.

J’ai la satisfaction d’avoir réussi, car les révoca­tions dans l’état major eurent lieu immédiatement.

Cette satisfaction je l’ai déjà payée de 100 mois de séquestration dont plus de 94 dans les prisons par suite de jugements irréguliers et d’un faux. Je suis en instance de révision contre sept jugements successifs ; depuis plusieurs mois le Garde des sceaux est régulièrement saisi de mon affaire par le juge d’instruction, Monsieur Henri Huët. Qu’attend-on pour me faire rendre justice.

Interné à Bicètre depuis le 4 janvier je ne suis et je n’ai jamais été moralement malade, c’est donc une séquestration, je la considère comme étant plus criminelle que celle subie dans les prisons, car elle est plus hypocrite.

Ma sortie a été signée le 25 mars par Monsieur le docteur Foré et l’on ne me renvoie pas. Je demande ma mise en liberté et justice??

Bicètre, 26 mai 1901.

Charles Jacot.

[1] L’information donnée par Jacot est relatée par le Petit Journal en date du 26 septembre de cette année et par L’Express du Midi le jour suivant : « Paris 26 septembre. L’anarchiste Jacot, condamné par la 8e chambre correctionnelle pour infraction à un arrêté d’expulsion à six mois de prison et en plus à la relégation, faisait appel hier devant la chambre des appels correctionnels. Jacot a présenté sa défense lui-même sur les faits. Me Félicien Paris a discuté la prévention en droit et la cour adoptant l’opinion de la défense a confirmé la peine à six mois de prison, mais a déclaré qu’il n’y avait pas lieu d’appliquer la relégation. Jacot a accueilli la lecture de l’arrêt en criant : « Honneur aux magistrats indépendants et libres et à bas la police ! », puis, s’est retiré, enchanté, en saluant la cour. »

 

 

 

http://www.atelierdecreationlibertaire.com/alexandre-jacob/2014/02/lanarchie-policiere/#.XOwFJI868bg

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Argentine : « Evita Revival », ou l’éternel combat féminin… !

 

 

 

Argentine: cent femmes défilent en hommage à « Evita », née il y a 100 ans

Des fêmmes vêtues comme Eva Peron (1919-1952) célèbrent le centenaire de la populaire "Evita", le 6 mai 2019 à Buenos Aires

AFP / JUAN MABROMATA Des fêmmes vêtues comme Eva Peron (1919-1952) célèbrent le centenaire de la populaire « Evita », le 6 mai 2019 à Buenos Aires

 

Argentine : « Evita Revival »,

ou l’éternel combat féminin… !

Cent femmes vêtues comme Eva Peron ont défilé lundi dans le centre de Buenos Aires pour célébrer le centenaire de la naissance de la mythique Argentine, populaire épouse de l’ex-président Juan Peron.

L’initiative est décrite par les organisateurs comme « artistico-politique et autogestionnaire » pour l’un des nombreux hommages à « Evita », née le 7 mai 1919, épouse de Juan Peron (président en 1945-1955 et 1973-1974) et surnommée « le porte-drapeau des humbles ».

Des femmes célèbrent le centenaire de la naissance d'Eva Peron (1919-1952) en affichant une banderole contre le président Mauricio Macri avec un jeu de mots sur le surnom "Evita" (évite le macrisme), le 6 mai 2019 à Buenos Aires

AFP / JUAN MABROMATA Des femmes célèbrent le centenaire de la naissance d’Eva Peron (1919-1952) en affichant une banderole contre le président Mauricio Macri avec un jeu de mots sur le surnom « Evita » (évite le macrisme), le 6 mai 2019 à Buenos Aires

Les cent femmes, qui portaient des vêtements évoquant les tenues les plus connues d’Eva Peron, se sont rassemblées à l’Obélisque pour aller jusqu’au ministère de la Santé et du Développement social.

C’est là que le 22 août 1951, quelque deux millions de personnes ont exhorté « Evita » à se porter candidate à la vice-présidence aux côtés de son mari. Neuf jours plus tard, sous la pression de l’armée et malade d’un cancer qui allait l’emporter en 1952 à l’âge de 33 ans, Eva Peron annonçait à la radio qu’elle y renonçait.

Portrait d'Eva Peron (1919-1952), pris en 1951 à Buenos Aires

AFP/Archives / Portrait d’Eva Peron (1919-1952), pris en 1951 à Buenos Aires

Les cent « Evita » portaient un foulard vert noué au poignet, symbole de la lutte pour la légalisation de l’avortement en Argentine, ce que selon elles Eva Peron aurait soutenu. Leur procession avait une tonalité d’opposition au président de droite actuel, Mauricio Macri, avec notamment le déploiement d’une banderole usant d’un jeu de mot sur « Evita » et affichant: « Evite le macrisme ».

 

Le vote des femmes a été autorisé en Argentine en 1947 sous l’insistance d’Eva Peron, et son effigie est présente sur les billets de 100 pesos, même si le gouvernement actuel a arrêté de les faire imprimer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/argentine-cent-femmes-defilent-en-hommage-evita-nee-il-y-100-ans

 

 

 

Mouvement GJ: le Drouet nouveau est arrivé!

Une petite lueur d’espoir, pour sortir le mouvement GJ de l’impasse où il s’est fourré, avec ces quelques réflexions de la part d’Eric Drouet, qui fait un constat extrêmement lucide sur bien des points, quoi que typique de l’ « anarchisme de droite », dans cette vidéo :

 

 

Deux constats particuliers, à l’écoute, néanmoins, au delà du constat général, et qui caractérisent très bien la nature de classe ambiguë de ce mouvement de révolte :

 

__1_Il appelle à se regrouper sur des manifs centrales auxquelles les prolétaires n’ont tout simplement pas les moyens financiers de participer chaque semaine…

>>> soit il n’en a pas conscience, le plus probable, soit c’est un choix délibéré…

>>>dans les deux cas, cela caractérise une nature de classe typiquement « classe  moyenne en voie de prolétarisation» et non réellement prolétarienne, de ce mouvement GJ… [ ATTENTION >>> ne pas lire « petit bourgeois de droite »!!!]

 

__2_Concernant les « Européennes », il ne se prononce pas pour l’abstention, mais pour faire barrage au plus efficace contre Macron, ce qui, pour le moins, n’exclut pas le vote FN (…RN), mais y mène directement, très objectivement !!!

[ATTENTION >>> ne pas lire « petit bourgeois social-fasciste », mais plutôt : « élément semi-prolétarien déclassé », « anarchiste de droite » ou autre formule caractéristique de ce type de situation sociale]

 

De quoi réfléchir, en tous cas…

Luniterre

 

Censuré sur France2…

Le Molière des GJ…

 

 

«Sauvons la cathédrale du cœur…» de la flambée « caritative » spéculative et spectaculaire marchande !

 

 

 

 

 

« Sauvons la cathédrale du cœur…

 

 

Un texte émouvant rédigé par un curé de campagne de passage à Paris. Bouleversé, il appelle à ce que Notre-Dame-de-Paris soit laissée en l’état, c’est-à-dire arrachée aux mains des prédateurs par les flammes de l’incendie et enfin rendue au peuple et à son libre usage.

 

[ NDLR: Autrement dit, ce qui reste à éteindre, c’est la flambée spéculative de l’incendie spectaculaire marchand… !]

 

Frères et soeurs,

Hier, Notre-Dame de Paris a brûlé. En son temps, le Christ nous a donné l’exemple en chassant les marchands du temple. Tous les vrais chrétiens doivent, aujourd’hui, chasser les marchands de temples du temple de leur cœur. Sans quoi ils succomberont aux manoeuvres obscènes des spéculateurs en tout genre, politiciens, fraudeurs du fisc, grenouilles de bénitier, incultes en quête de racines, ou groupes pollueurs, hâtifs de tirer la couverture à eux. Qu’on rappelle aux mains qui ne deviennent généreuses qu’à la mesure de la gloire qu’elles en tirent, ces mots de vérité : « Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent » (Mt 6:24).

Quel contraste entre ce sombre manège, et le spectacle solennel que les rues de Paris offraient hier soir : l’antique passion du feu nous réunissait, et le silence du recueillement planait sur la ville, un silence de feu qui me rappelait celui des extases pascaliennes, un silence que nul faste, nulle cagnotte, nul don défiscalisé n’achètera jamais. Nous avons vécu la grandeur d’un moment de temps pur et chacun, pour peu qu’il participât à cette grande communion, jusqu’au plus indécent preneur de selfie, ne pouvait tout à fait en sortir indemne.

Cependant, frères et sœurs, je vous le dis : il est moins urgent de reconstruire la cathédrale de pierre que de sauver la cathédrale du cœur. Je m’étonne de constater que ceux qui chassent leurs prochains comme des vauriens en leur répétant à l’envi qu’ils n’ont pas un centime à leur consacrer, laissent ainsi ruisseler des flots d’or quand il en va de l’image d’une capitale que peuple l’égoïsme, la cupidité, les logements vides, la chasse aux pauvres et à l’étranger, les divertissements frivoles. Je m’étonne aussi de cet activisme effréné qui les a saisis, passée la nouvelle, là où le Roi David aurait couvert des semaines durant sa face de cendres, là où l’Empereur de Chine se serait astreint à trois jours de bains d’eau lustrale. Ceux qui nous gouvernent ne se sont-ils pas demandé quelle main les avait frappés ? Sont-ils à ce point orgueilleux que même la catastrophe la plus inattendue ne puisse prendre à leurs yeux la figure d’un présage ?

La vérité, frères et sœurs, est que le Royaume des cieux est plus proche, aujourd’hui, des habitants délogés de Notre-Dame-des-Landes que des touristes encombrant le parvis de Notre-Dame-de Paris par la grâce d’Airbnb. Victor Hugo disait de la cathédrale qu’elle était un art magnifique produit par des vandales : les merveilles du monde ont toutes d’abord été cabanes. Le Christ n’est-il pas né dans une étable ?

Notre monde souffre d’un mal et d’un orgueil inextirpable, celui du refus de rien laisser mourir, de rien laisser changer. L’histoire a pour nous le rythme de la rénovation. Mais les replâtrages successifs n’ont pour seul sens que de figer le véritable mouvement, d’empêcher tout renouvellement et toute conversion. Victor Hugo ajoutait que l’art oublié des cathédrales, l’académisme l’avait tué. Or, le péril qui nous guette aujourd’hui n’est plus celui des pédants férus de latin ou de grec. Il est plus grave et plus pressant. Il a à son service une armée de preneurs de sons et de cameramen, déchaîne des tempêtes de flashs et les sirènes des convois spéciaux, réunit les puissants, les riches et les maîtres du spectacle dans une lugubre conspiration. Je veux parler de la pulsion tétanique à conserver qui saisit les âmes, sidérées par l’évidence éblouissante de la catastrophe. En somme, il ne faut surtout pas que quoi que ce soit puisse se produire, le triomphe du sinistre Viollet-le-Duc, maître de l’architecture en toc, se doit d’être éternel !

Frères et soeurs, ce qu’incarne vraiment pour nous la cathédrale de Paris, qui hier enfin nous a été rendue, c’est la possibilité de penser et d’habiter ce monde, une possibilité dont ceux qui nous gouvernent sont du tout au tout dépourvus. Hier, la cathédrale a pour nous cessé d’être cette vague masse architecturale qui se découpe parfois au coin des rues, cette énième vieillerie muséifiée inscrite au « patrimoine de l’humanité », qu’on ne visite qu’à travers son téléphone. Si les coeurs de tous les Parisiens se sont étranglés au spectacle de l’incendie, ce n’est pas de contempler impuissants la disparition d’un fleuron du tourisme français, mais de n’avoir jamais habité ni vécu avec la cathédrale qu’ils frôlaient tous les jours. Chaque coeur murmurait : « Eh quoi ! voilà qu’on nous enlève cette bâtisse majestueuse, cette maison abandonnée de Dieu, ce legs des âges livré à la plus basse exploitation par des pillards endimanchés, avant même qu’elle ait pu nous appartenir, avant même que nous n’y ayions prêté la moindre attention, alors même que nous n’avions pas pu en faire usage ! ». Ce dont on nous avait privé, en proie aux flammes, redevenait commun, l’objet d’une commune déploration et d’une commune colère.

Tandis que j’arpentais les ruelles du quartier de la Huchette, les vastes trottoirs du pont de la Tournelle, je sinuais entre la foule arrêtée par l’éclat du brasier. J’entendis une voix s’exclamer : « c’est beau ». Et une autre : « j’aimerais qu’ils ne reconstruisent jamais. » Je ne suis pas loin de leur donner raison. Le cœur a quelquefois besoin de retrouver l’âpreté d’un désert. Cet édifice ne serait-il pas plus vivant de voir le bois incendié de son transept servir d’engrais à la poussée des chèvrefeuilles, l’Île Saint-Louis de vivre un peu moins au rythme des touristes, les êtres de se rassembler vraiment sur son parvis pour y parler de leur condition, tandis que les cœurs secs des fantassins de la mission sentinelle s’en éloigneraient un peu et que ces lieux, alors, retrouveraient peut-être quelque chose de sacré ? Notre-Dame, enfin arrachée à ses profanateurs par le brasier, pourrait alors revenir au peuple, qui en ferait usage pour abriter les pauvres et les exilés, prendre soin des malades et des malheureux, servir les saines révoltes et les dignes fureurs, en somme, rétablir un semblant de justice divine en ce monde.

Les ruines de la cathédrale, rendues à l’usage populaire, nous rappelleraient que les choses passent, expliqueraient aux puissants, si imposant ou ridicule que soit leur règne, que celui-ci touche à sa fin, et que leur monde finira dans un embrasement sans cri ni gémissement, un évanouissement qui réjouira les cœurs à la façon d’un feu de joie.

Si la cathédrale nous émeut, mes frères et sœurs, c’est aussi qu’elle nous rappelle que la pensée, la vie, et le travail n’ont pas toujours été choses distinctes, qu’il fut un temps où les ruines qu’on produisait n’étaient pas parkings souterrains, canettes en aluminium millénaires et boyaux de métropolitains. Comme le dit Victor Hugo, l’intelligence humaine a peut-être un jour quitté l’architecture pour l’imprimerie, ceci a tué cela. Mais, pour ceux qui pensaient déjà hier à tirer parti du désastre alors que le feu n’avait pas encore accompli son œuvre, le livre est depuis longtemps un espace de vacuité, toute intelligence a cessé d’exister, tandis qu’une vaine Ambition sert de Bible. La cathédrale n’appelle pas un sauvetage patrimonial digne d’un Sisyphe, voué à finir lacéré par la tartufferie de ses mécènes, mais témoigne de l’urgence de réapprendre à penser et vivre par nos propres moyens, pour quitter la prison d’informations et d’images qui nous sépare, et retrouver le pouvoir expressif d’une production collective, manuelle et durable.

Un curé de campagne en visite à Paris

 

[ NDLR : En quelque sorte, un curé qui a lu Marx, et surtout, Debord… !]

 

http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/sauvons-la-cathedrale-du-coeur-a161845450

 

 

Une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippines

 

Florent DETROIT/AFP/Archives / Florent DETROIT La grotte de Callao dans le nord de l’île de Luçon, le 9 aout 2011

 

Une nouvelle espèce humaine

découverte aux Philippines !!

 

La famille s’agrandit: des chercheurs ont annoncé mercredi avoir découvert une nouvelle espèce humaine aux caractères morphologiques singuliers, qui vivait sur l’île de Luçon, aux Philippines, il y a plus de 50.000 ans.

L’analyse de treize restes fossiles (dents, phalanges de pied et de main, fragments de fémur) trouvés dans la grotte de Callao, et appartenant à au moins trois individus dont un enfant, ont conduit ces scientifiques à considérer qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce, qu’ils ont nommée Homo luzonensis.

Elle présente à la fois « des éléments ou caractères très primitifs ressemblant à ceux des Australopithèques et d’autres, modernes, proches de ceux des Homo sapiens », explique Florent Détroit, paléoanthropologue au musée de l’Homme à Paris et principal auteur de l’étude parue dans la revue Nature. Cela en fait une espèce « mosaïque », dit-il.

Cet Homo luzonensis « était probablement petit si on en juge par la taille de ses dents » mais « ce n’est pas un argument suffisant » pour l’affirmer, indique le chercheur.

Florent DETROIT/AFP/Archives / Florent DETROIT Une vue de l’île de Luçon, le 9 août 2011

Homo luzonensis, qui n’est pas un ancêtre direct de l’homme moderne, serait une espèce voisine, contemporaine d’Homo sapiens, mais avec un certain nombre de caractères primitifs. Deux des fossiles analysés ont été datés directement par la méthode des séries de l’uranium et sont âgés respectivement de 50.000 ans et de 67.000 ans.

Il s’agit des plus anciens restes humains connus aux Philippines, précédant les premiers Homo sapiens datés de 30.000 à 40.000 ans, mis au jour sur l’île de Palawan, au sud-ouest de l’archipel.

– Débats en vue –

Leur analyse morphologique a réservé bien des surprises.

Florent DETROIT/AFP/Archives / Florent DETROIT Comparaison entre des dentitions, sur l’île de Luçon le 15 mars 2019

D’abord au niveau des dents: les prémolaires d’Homo luzonensis présentent des ressemblances avec celles des Australopithèques (des hominines d’Afrique disparus il y 2 millions d’années) et d’autre espèces anciennes du genre Homo comme Homo habilis ou Homo erectus. Entre autres, ces dents ont deux ou trois racines alors que celles d’Homo sapiens en ont généralement une, parfois deux, soulignent les chercheurs.

En revanche, les molaires sont très petites et leur morphologie très simple ressemble à celle des hommes modernes. « Un individu possédant ces caractéristiques combinées ne peut être classé dans aucune des espèces connues aujourd’hui », relève Florent Détroit.

Les os du pied aussi sont très surprenants: la phalange proximale présente une courbure très marquée et des insertions très développées pour les muscles assurant la flexion du pied. Cela ne ressemble pas à une phalange d’Homo sapiens mais à celle d’un Australopithèque, hominine qui était probablement à la fois bipède et arboricole.

« Nous ne disons pas du tout que Homo luzonensis vivait dans les arbres car l’évolution du genre Homo montre que ce genre est caractérisé par une stricte bipédie depuis 2 millions d’années », souligne Florent Détroit.

Florent DETROIT/AFP/Archives / Armand SALVADORE NUJARES Le chantier de fouilles dans la grotte de Callao dans le nord de l’île de Luçon, le 9 aout 2011

La « réapparition » de caractéristiques primitives chez Homo luzonensis s’explique peut-être par l’endémisme insulaire, selon lui.

Pendant le Quaternaire, l’île de Luçon n’a jamais été accessible à pied sec. Si des hominines se trouvaient là, il faut qu’ils aient trouvé un moyen de traverser la mer.

Aux yeux du chercheur, les résultats de l’étude « montrent très clairement que l’évolution de l’espèce humaine n’est pas linéaire ». « Elle est plus complexe qu’on ne le pensait jusqu’à récemment ».

Il s’agit d' »une découverte remarquable » qui « va sans aucun doute susciter beaucoup de débats scientifiques », estime Matthew Tocheri de l’Université Lakehead au Canada, dans un commentaire publié dans Nature.

Florent Détroit s’attend à ce que certains collègues « s’interrogent sur la légitimité à décrire une nouvelle espèce à partir d’un si petit assemblage de fossiles ».

A ses yeux, « ce n’est pas grave de créer une nouvelle espèce ». Cela permet d’attirer l’attention sur ces fossiles qui semblent « différents ». « Si dans le futur, des collègues montrent que l’on s’est trompé et que ces restes correspondent à une espèce que l’on connaissait déjà, tant pis, ce n’est pas grave, on oubliera »…

https://www.afp.com/fr/infos/334/une-nouvelle-espece-humaine-decouverte-aux-philippines-doc-1fj3x22

[NDLR :Dans cette « découverte » les scientifiques assument donc le risque de l’erreur au profit du buzz médiatique dont ils pensent avoir besoin..

On rappellera à ce propos qu’ils ne sont pas les premiers…

Et même que dans certains cas l’ « erreur » était volontaire…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Homme_de_Piltdown

https://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/piltdown.html

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/paleontologie-mystere-crane-piltdown-enorme-canular-scientifique-leve-63883/ ]

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ae/Piltdown_gang_%28dark%29.jpg/600px-Piltdown_gang_%28dark%29.jpg

 

 

 

https://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/userfiles/image/piltdown.jpg

Miracle à St Nazaire : la montagne jaune accouche de cinq souris…

[ Nouvelle édition remise à jour suite aux débats provoqués par les republications sur AGORAVOX et VLR

Miracle à St Nazaire : la montagne jaune accouche d’une souris verte… !

 Miracle à St Nazaire : la montagne jaune accouche d'une souris verte… !

Wikipédia nous le dit, St Nazaire, altitude, 6 mètres… Pas de montagne pour justifier notre titre, donc, sauf l’Assemblée des Assemblées GJ, la 2ème du (…)

1287 visites 10 avr. 2019 |

http://mai68.org/spip2/spip.php?article3408#forum2938

http://mai68.org/spip2/spip.php?article3388#forum2927 ]

 

 

 

Miracle à St Nazaire :

la montagne jaune accouche

de cinq souris…

 

 

Wikipédia nous le dit, St Nazaire, altitude, 6 mètres… Pas de montagne pour justifier notre titre, donc, sauf l’Assemblée des Assemblées GJ, la 2ème du genre, après Commercy. Trois jours de débats marathons, selon l’avis même des participants… Prendre de la hauteur, vu la rhétorique finalement employée, cela semble avoir été néanmoins une de leurs préoccupations…

Le résultat tient donc officiellement en cinq documents PDF, totalisant difficilement 8 pages, en y incluant celles à demi ou aux trois quarts blanches…

Mais la qualité se juge à l’intensité du contenu, et non à la longueur du texte…

Nous étions évidemment dans l’attente d’une plate-forme regroupant les revendications sociales du mouvement, après les ébauches de Commercy, aussi insuffisantes fussent-elles…

Dans le doc principal on a cette phrase remarquable :

« Nous revendiquons – l’augmentation générale des salaires, des retraites et des minimas sociaux;- des services publics pour toutes et tous. »

On devra s’en contenter…

 

ST NAZAIRE 1 – SOCIAL

 

A noter, de plus, que ce bref passage « revendicatif » ne figurait tout simplement même pas dans la déclaration originelle lue en séance, à 3:59:30 sur la vidéo Youtube « en direct »: https://youtu.be/Z6nFIBSMlb0  [ = -2:19:07 sur facebook ]

 

Y’a-t-il eu un amendement ultérieur pour corriger cette énorme et révélatrice bévue? On cherche!

>>> apparait effectivement à partir de 4:52:50 sur Youtube, soit 10 petites minutes avant la fin du raout! (5:02:30 >>> « il est né le divin enfant » >>> Ouf !!! )

La VO :

« …nous continuons à débattre, à nous battre contre toutes les formes d’inégalités, d’injustice, de discrimination, et pour la solidarité et la dignité.

Conscients de l’urgence environnementale, nous affirmons « fin du monde, fin du mois, même logique, même combat ! »

La VF :

« …nous continuons à débattre, à nous battre contre toutes les formes d’inégalités, d’injustice, de discrimination, et pour la solidarité et la dignité.

Nous revendiquons – l’augmentation générale des salaires, des retraites et des minimas sociaux ;- des services publics pour toutes et tous.

Notre solidarité et nos luttes vont tout particulièrement aux 9 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Conscients de l’urgence environnementale, nous affirmons « fin du monde, fin du mois, même logique, même combat ! »

 

Trois jours de travail intense pour découvrir qu’il y a encore, en France, des pauvres et des revendications sociales !

Ces gens oublient tout simplement l’essentiel, c’est à dire la difficulté de survivre au quotidien, au profit de leurs considérations écolos plus ou moins millénaristes, même s’il s’en défendent formellement.

C’est ce que prouve irréfutablement le processus laborieux de leur déclaration « centrale » et l’absence de toute revendication concrètement exprimée à l’issue de trois jours de palabres intensifs.

Ils sont tout à fait incapables de se concentrer sur l’essentiel et de définir des objectifs sociaux stratégiques, pourtant évidents, et qui ne nécessitent aucunement de tels palabres.

Mais on voudra charitablement admettre que pour ce petit monde, ce n’est qu’un début… !

Rappelons que la liste originelle du 29 Novembre, pour discutable et insuffisante qu’elle fut, contenait néanmoins des propositions chiffrées :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/02/gilets-jaunes-un-cahier-de-revendications-adresse-a-lassemblee-nationale/

 

Une évolution des principales se trouve ici :

https://gjles42revendications.wordpress.com/2019/04/03/mouvement-social-10-objectifs-revendicatifs-pour-le-1er-mai-et-ensuite/

 

Et en doc PDF :

https://gjles42revendications.files.wordpress.com/2019/04/10-propositions-pour-une-nouvelle-plate-forme.pdf

 

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Un point qui peut à priori sembler positif est la quasi disparition du RIC, sans tambours ni trompettes, ni même, la moindre explication !

Il semble avoir été remplacé par la fièvre « municipaliste » qui s’est emparée des débats et aboutit donc à une proposition pour le moins informelle d’ « Assemblées citoyennes », au niveau des communes, dont on ne sait s’il s’agit de parlements locaux, qui feraient donc doublons avec les conseils municipaux, ou bien d’ Assemblées Générales, et dans ce cas, on voit tout de suite l’impasse pour tout ce qui dépasse la taille d’un village… Dans chaque quartier ? Il faudrait donc une structure de coordination, c’est à dire à nouveau un Conseil Municipal bis, et élu au suffrage indirect, de plus… Un Sénat communal, en quelque sorte !

Vision fumeuse, pitoyable et pathétique de niaiserie… A moins qu’il ne s’agisse carrément de se substituer aux autres formes de pouvoir, mais rien ne l’indique. Et dans ce cas il faut véritablement définir un projet global qui permette une gestion et une planification économique collective, sauf à retomber dans une forme particulièrement primitive de capitalisme, même « autogestionnaire »!

 

ST NAZAIRE 2 – ASSEMBLEES COMMUNALES

 

Effectivement, se contenter de dire, comme dans ce document « qu’il faudra sortir du capitalisme » ne signifie pas nécessairement y mettre fin, le renverser en tant que système et Etat de domination de classe mais bien plus probablement, dans la logique de cette assemblée, développer des processus économiques et « écologiques » marginaux, même si à relativement grande échelle, à la manière des communautés « écologiques » amish aux USA, mais bien évidemment, plutôt dans un style « bobo » que l’on connait déjà…

Mais il est vrai que c’est traditionnellement une démarche d’une bonne partie de la gauche française qui se voulait, et se veut encore « autogestionnaire ».

De plus, il y a nettement une influence, clairement revendiquée, également, du « municipalisme », dans une partie apparemment dominante de cette assemblée, et même si la référence à Murray Bookchin n’est pas forcément explicite (…du moins, on n’est pas encore tombé dessus), la référence à ses disciples du Rojava est clairement faite en conséquence de cette « convergence » idéologique, outre la motion de solidarité, votée à nouveau à St Nazaire, après Commercy.

C’est donc, encore en outre et de fait, une motion d’allégeance à l’impérialisme US, même si par ce biais particulièrement hypocrite ! Évidemment, il y a certainement un tas de gens sincères, à la base de ce truc là, mais à la « tête », même si elle ne se veut pas comme telle, on est donc en droit d’en douter énormément…!

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Un bon point de rattrapage, toutefois, sur la question européenne : un appel, bref mais presque clair, au boycott !

« …nous faisons le choix de ne donner aucune consigne de vote ou même de participation à ces élections. Nous condamnons toutes les tentatives de constitution de liste politique au nom des gilets jaunes ! »

Peut être interprété comme on veut, en fait, et permettre au GJ de faire campagne pour son parti ou groupuscule favori…

 

ST NAZAIRE 3 – ELECTIONS EUROPEENNES

 

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Peut être considéré comme un autre bon point la demande d’annulation des peines contre les GJ. Pourquoi pas l’amnistie ? Un débat semble avoir eu lieu entre ces deux formulations… Or « annulation des peines » ne semble pas pouvoir exister réellement, en fait, en dehors d’une loi d’amnistie…

En dehors d’une loi d’amnistie, une condamnation ne peut être annulée que par un autre jugement, un autre tribunal, appel ou cassation. In fine, il reste la Cour de Révision :

« En vingt ans, près de 3000 condamnés ont ainsi demandé l’annulation de leur condamnation. Parmi eux, la Commission a estimé que seuls 75 dossiers, transmis à la Cour de révision, répondaient à tous les critères. Certains cas célèbres, comme ceux de Dominici, Seznec, Mis et Thienot, Turquin ou encore Raddat ont été rejetés. La Cour de révision a, au final, annulé 45 condamnations, soit 1,5% des demandes. »

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/04/06/01016-20110406ARTFIG00428-l-annulation-d-un-jugement-une-decision-exceptionnelle.php

 

En substituant, et surtout après débat, (visible dans une de leur vidéos), le terme « annulation » au terme « amnistie », cette « assemblée » a seulement fait une preuve supplémentaire de sa stupidité, car elle ne semble pas pour autant être un ramassis d’ignares…

  Là encore, une confusion introduite, donc…

De toute façon, le cas échéant, il suffisait de consulter le net, tout de même appréciable pour ce genre d’info. Rentrer le terme « annulation de la condamnation » dans la lucarne prend quelques secondes et la lecture des résultats, quelques minutes… C’était certainement faisable au cours de ce débat… Le résultat est sans appel, si l’on ose dire… !

 

ST NAZAIRE 4 – AMNISTIE — ANNULATION

 

De plus, et pour mémoire, il existe déjà une pétition réclamant clairement l’amnistie, et qui totalise déjà 77 208 signatures ! Pourquoi ne pas lui avoir apporté de soutien public supplémentaire ???

 

https://amnistiegj.fr/

Pour mémoire encore, avant même son démarrage l’idée en était lancée ici même, sur TML, suite à un échange avec le camarade Do, sur son site VLR, le tout premier à avoir pointé cette lacune du mouvement GJ…

La solution « loi d’amnistie » a le double mérite de pouvoir être très rapide, et qui, de plus, est nécessairement collective.

C’est ce qui s’est passé le 23 Mai 1968, pour les faits commis depuis le début du mois. Cette loi a aussitôt rendu politiquement possible l’ouverture des négociations sur les revendications sociales dites « Accords de Grenelle », dès les 25 et 26 Mai… Accords signés le 27 !

On ne peut donc pas dire que cette amnistie reflétait la défaite du mouvement, qui était alors au contraire dans une phase ascendante, question rapport de force.

Après, historiquement, on peut effectivement discuter du rôle des syndicats à ce moment, mais ce n’est pas le sujet, ici…

« Rejuger », par contre, ne peut se faire que individuellement et au terme d’une procédure longue et coûteuse, quelle que soit la voie juridique empruntée.

Donc la demande d’amnistie reste la démarche logique à faire, mais elle n’a précisément de chance réelle d’aboutir que dans un rapport de force favorable. C’est pourquoi elle doit s’intégrer dans le mouvement global de lutte sociale, et non pas être une demande séparée. Ce qui est primordial, stratégiquement, c’est d’abord d’établir la légitimité populaire d’une plate-forme revendicative répondant aux besoins sociaux fondamentaux et donc reconnue par les masses les plus larges.

La légitimité de la demande d’amnistie découle ensuite, et très rapidement, du fait que les victimes de la répression policière sont alors publiquement reconnues comme porteuses de la légitimité sociale, qui dépasse donc le droit formel caractérisant les infractions commises au cours de la lutte et dans le but de la faire aboutir.

C’est ce que l’expérience historique des luttes nous enseigne, et c’est une de ses leçons utiles…

L’idée d’un lien entre amnistie et lutte revendicative était déjà abordée ici :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/26/noel-en-prison-pour-combien-de-gilets-jaunes-et-pour-quel-combat/

Sur l’amnistie :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/31/gilets-jaunes-condamnes-une-loi-damnistie-cest-possible/

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/31/gj-amnistie-une-idee-qui-fait-son-chemin/

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/01/08/amnistie-totale-pour-dettinger-drouet-et-tous-les-gj-poursuivis-et-emprisonnes/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/01/12/gj-amnistie-la-petition-deja-plus-de-13-000-signatures/

 

 

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Enfin, cerise encore verte, sur le gâteau jaune, mais qui, espérerons le, mûrira un de ces jours vers sa couleur naturelle finale en apothéose de cette révolution en marche, une déclaration très osée sur la « convergence écologique » :

 

ST NAZAIRE 5 – ECOLOGIE

 

« C’est la même logique d’exploitation infinie du capitalisme qui détruit les êtres humains et la vie sur Terre. »

Alléluia !!!

 

En réalité, en fin de compte, en revenir aux fondamentaux revendicatifs sociaux qui ont permis le 17 Novembre, c’est certainement la seule solution pour sortir le mouvement GJ de la nasse où il s’est fourré lui-même.

 

Alors, pourquoi pas, dès le 1er Mai ?

 

Luniterre