Front Uni anti-impérialiste

Marxisme-Léninisme, Marx, Lénine, ML, en deux mots, c’est quoi? (Partie 2)

 

 

 

 

 

 

Marxisme-léninisme,

Marx, Lénine, ML,

en deux mots, c’est quoi?

(Partie 2)

 

Comme on l’a vu dans la première partie de notre exposé,

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/05/17/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-1/

le premier but politique du marxisme, tant à l’époque de Marx que de celle de Lénine, c’est la Révolution Prolétarienne, c’est à dire la rupture d’avec le capitalisme, par une étape de transition socialiste fondée sur la dictature du prolétariat. Terme qui n’a réellement son sens que par une transformation radicale des rapports de production et de toutes les superstructures de la société en fonction des besoins sociaux du prolétariat et de l’ensemble des classes populaires.

Mais on le voit bien, tant à propos des USA qui continuent à vouloir régenter le monde selon leurs intérêts, qu’à propos de la Chine, qui conteste ce leadership en avançant partout ses propres intérêts économiques et financiers, la différence entre l’époque de Marx et la notre, c’est la prégnance exponentielle du capitalisme financier sur l’économie de la planète.

Or, depuis l’époque de Lénine, précisément, la domination du capital financier est associée à la notion d’impérialisme, un autre mot qui fâche… Quoi que nettement moins que le concept de dictature du prolétariat, chacun pouvant, dans le langage courant, renvoyer à l’autre l’épithète d’ « impérialiste », pour fustiger sa domination, tout comme il est courant de lancer l’épithète de « fasciste » à propos de tout comportement un tant soit peu autoritaire…

Il importe donc de préciser la définition ces notions, considérées à l’aune des fondamentaux du marxisme-léninisme, qui sont, de plus, une des sources reconnues de ces définitions.

Lénine, reprenant et synthétisant les travaux de Hilferding, définit la constitution du capital financier, à son époque, comme une conséquence inéluctable de la formation des monopoles, avec le développement des forces productives, et devant inévitablement aboutir à la constitution d’une oligarchie financière :

1.       « Une part toujours croissante du capital industriel, écrit Hilferding, n’appartient pas aux industriels qui l’utilisent. Ces derniers n’en obtiennent la disposition que par le canal de la banque, qui est pour eux le représentant des propriétaires de ce capital. D’autre part, force est à la banque d’investir une part de plus en plus grande de ses capitaux dans l’industrie. Elle devient ainsi, de plus en plus, un capitaliste industriel. Ce capital bancaire -c’est-à-dire ce capital-argent- qui se transforme ainsi en capital industriel, je l’appelle « capital financier ». « Le capital financier est donc un capital dont disposent les banques et qu’utilisent les industriels.« 

2.       Cette définition est incomplète dans la mesure où elle passe sous silence un fait de la plus haute importance, à savoir la concentration accrue de la production et du capital, au point qu’elle donne et a déjà donné naissance au monopole. Mais tout l’exposé de Hilferding, en général, et plus particulièrement les deux chapitres qui précèdent celui auquel nous empruntons cette définition, soulignent le rôle des monopoles capitalistes.

3.       Concentration de la production avec, comme conséquence, les monopoles; fusion ou interpénétration des banques et de l’industrie, voilà l’histoire de la formation du capital financier et le contenu de cette notion.

4.       Il nous faut montrer maintenant comment la « gestion » exercée par les monopoles capitalistes devient inévitablement, sous le régime général de la production marchande et de la propriété privée, la domination : d’une oligarchie financière. »

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme

Chapitre III. LE CAPITAL FINANCIER ET L’OLIGARCHIE FINANCIÈRE


Pour autant, s’il prend évidemment une forme et une puissance nouvelle, déjà décuplée, à l’époque de Lénine, le capital financier n’est pas un phénomène nouveau en soi, pas plus que son influence sur la constitution d’une oligarchie.

Il a, dès l’origine de la formation du capitalisme, un rôle pivot essentiel à l’intersection du capital commercial et du capital bancaire. C’est ce que Marx observait déjà à propos de l’accumulation primitive du capital :

« Les différentes méthodes d’accumulation primitive que l’ère capitaliste fait éclore se partagent d’abord, par ordre plus ou moins chronologique, le Portugal, l’Espagne, la Hollande, la France et l’Angleterre, jusqu’à ce que celle-ci les combine toutes, au dernier tiers du XVII° siècle, dans un ensemble systématique, embrassant à la fois le régime colonial, le crédit public, la finance moderne et le système protectionniste. »

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

 

Marx avait déjà nettement une conscience historique de l’origine ancienne et même moyenâgeuse du capital financier :

« Avec les dettes publiques naquit un système de crédit inter­national qui cache souvent une des sources de l’accumulation primitive chez tel ou tel peuple. C’est ainsi, par exemple, que les rapines et les violences vénitiennes forment une des bases de la richesse en capital de la Hollande, à qui Venise en décadence prêtait des sommes considérables. A son tour, la Hollande, déchue vers la fin du XVII° siècle de sa suprématie industrielle et commer­ciale, se vit contrainte à faire valoir des capitaux énormes en les prêtant à l’étranger et, de 1701 à 1776, spécialement à l’Angleterre, sa rivale victorieuse. Et il en est de même à présent de l’Angleterre et des États-Unis. Maint capital qui fait aujourd’hui son apparition aux États-Unis sans extrait de naissance n’est que du sang d’enfants de fabrique capitalisé hier en Angleterre. »

(…)

« Le système du crédit public, c’est-à-dire des dettes publiques, dont Venise et Gênes avaient, au moyen âge, posé les premiers jalons, envahit l’Europe définitivement pendant l’époque manufacturière. Le régime colonial, avec son commerce maritime et ses guerres commerciales, lui servant de serre chaude, il s’installa d’abord en Hollande. La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. Il n’y a donc pas à s’étonner de la doctrine moderne que plus un peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit public, voilà le credo du capital. Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l’incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnables. »

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

« Marx, Gilet Jaune ! », serait-on tentés de s’exclamer… S’ils font, incidemment, du « marxisme », toutefois, nos Gilets Jaunes sont un peu comme M. Jourdain, qu faisait de la prose sans le savoir, et donc, sans réellement déranger le « bourgeois gentilhomme » qui nous gouverne  !

Quoi qu’il en soit, ce n’est donc pas d’un phénomène entièrement nouveau, dont Lénine nous parle, mais bien d’un saut qualitatif dans son rôle économique et social.

Dans la deuxième moitié du XXème, siècle avec les travaux historiques du français Fernand Braudel et d’autres, l’origine historique du capital financier a même pu être tracée avec plus de précision, jusqu’à l’étymologie elle-même du mot « Bourse », sur une place de Bruges où se situait l’auberge « Ter Buerse », éponyme de la famille propriétaire, Van der Buerse. C’était évidemment le lieu de rencontre pour les affaires importantes en ce temps… (fin XIIIème et XIVème siècle). D’autres traces, encore plus anciennes (XII ème siècle), se trouvaient à Paris, sur le « Grand Pont » de l’Île de la Cité remplacé depuis par le Pont au Change, dont le nom reste évocateur de ses fonctions passées.

Ce dont Lénine nous parle, ce n’est donc pas d’un phénomène nouveau en soi, mais bien nouveau, néanmoins, par la constitution d’une nouvelle oligarchie financière au sein même de la bourgeoisie déjà devenue la classe dominante dans la plupart des pays où s’est opérée la révolution industrielle.

C’est avec la révolution industrielle, avec l’essor du capitalisme productif industriel, que la bourgeoisie devient réellement une classe dominante hégémonique, mais ce n’est que pendant les toutes premières décennies de cette révolution que le capitaliste industriel semble à lui seul sur le point de réellement dominer la société.

Car très vite les progrès rapides de la technologie et la rationalisation des processus de production qui en découlent sont un tel enjeu de concurrence entre capitalistes qu’ils mènent non seulement à la concentration de la production, mais finalement au monopole lui-même, par la nécessité des moyens financiers gigantesques qu’ils mettent en jeu, y compris et d’abord, pour poursuivre le processus « progrès technique-concentration », et qui dépassent ceux générés par chaque industriel séparément, aussi inventif et créatif soit-il. C’est là que le capital-argent, par le truchement du banquier, reprend le dessus sur l’industriel et institue, jusqu’à ce jour, la domination du banquier sur l’industriel proprement dit.

Ce que Lénine résume par cette définition :

« 2.      Si l’on devait définir l’impérialisme aussi brièvement que possible, il faudrait dire qu’il est le stade monopoliste du capitalisme. Cette définition embrasserait l’essentiel, car, d’une part, le capital financier est le résultat de la fusion du capital de quelques grandes banques monopolistes avec le capital de groupements monopolistes d’industriels; et, d’autre part, le partage du monde est la transition de la politique coloniale, s’étendant sans obstacle aux régions que ne s’est encore appropriée aucune puissance capitaliste, à la politique coloniale de la possession monopolisée de territoires d’un globe entièrement partagé.

3.      Mais les définitions trop courtes, bien que commodes parce que résumant l’essentiel, sont cependant insuffisantes, si l’on veut en dégager des traits fort importants de ce phénomène que nous voulons définir. Aussi, sans oublier ce qu’il y a de conventionnel et de relatif dans toutes les définitions en général, qui ne peuvent jamais embrasser les liens multiples d’un phénomène dans l’intégralité de son développement, devons-nous donner de l’impérialisme une définition englobant les cinq caractères fondamentaux suivants : 1) concentration de la production et du capital parvenue à un degré de développement si élevé qu’elle a créé les monopoles, dont le rôle est décisif dans la vie économique; 2) fusion du capital bancaire et du capital industriel, et création, sur la base de ce « capital financier », d’une oligarchie financière; 3) l’exportation des capitaux, à la différence de l’exportation des marchandises, prend une importance toute particulière; 4) formation d’unions internationales monopolistes de capitalistes se partageant le monde, et 5) fin du partage territorial du globe entre les plus grandes puissances capitalistes. L’impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s’est affirmée la domination des monopoles et du capital financiers, où l’exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s’est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes. »

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme

Chapitre VII. L’IMPÉRIALISME, STADE PARTICULIER DU CAPITALISME

 

Il est donc clair, dès l’époque de Lénine, que la caractéristique essentielle de l’impérialisme est l’exportation de capitaux, et non plus l’exportation de marchandises, ni même le colonialisme au premier degré :

« 1.       Ce qui caractérisait l’ancien capitalisme, où régnait la libre concurrence, c’était l’exportation des marchandises. Ce qui caractérise le capitalisme actuel, où règnent les monopoles, c’est l’exportation des capitaux. »

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme

Chapitre IV. L’EXPORTATION DES CAPITAUX

 

Bien évidemment la base économique d’une nation impérialiste reste son secteur productif, secteur originel de son développement, et notamment par les exportations de produits manufacturés de haute technologie, mais arrive un stade ou la rentabilité des capitaux exportés lui permet de continuer à dominer, même avec une balance commerciale déficitaire… Et cela se comprend d’autant mieux qu’une grande partie des produits importés sont en quelque sorte à la fois le produit et le retour, et sous une autre forme, et en plus des bénéfices, des capitaux exportés.

C’est le cas des USA, actuellement, et y compris dans leurs relations avec la Chine, où ils ont encore de nombreux investissements, d’où proviennent aussi, en retour, une partie des exportations chinoises qui creusent formellement le déficit commercial US.

Cependant la Chine, aujourd’hui, est non seulement exportatrice de produits industriels de plus haute technologie, mais aussi, globalement, exportatrice de capitaux, ayant également noué, non seulement avec les USA, mais avec bien d’autres pays, des systèmes de participations croisées, caractéristiques de son stade de développement, et qui la font rentrer dans le concert dissonant des nations impérialistes.

Sa phase d’intégration au marché mondial, depuis les accords Mao-Nixon, en 1972, a suivi très exactement le cours décrit par Hobson, au début du siècle, et repris en citation par Lénine dans son ouvrage de 1916, à cette nuance près, évidemment, que les USA ont pris le leadership impérialiste à l’Europe, entre temps…. Le décalage temporel résultant de la « parenthèse » due à l’influence progressiste de l’URSS, à laquelle Mao a mis fin très vite, une fois au pouvoir, au point de passer ouvertement dans le camp impérialiste à la suite de sa prétendue « grande révolution culturelle prolétarienne » :

« 12.       La perspective du partage de la Chine provoque chez Hobson l’appréciation économique que voici:

« Une grande partie de l’Europe occidentale pourrait alors prendre l’apparence et le caractère qu’ont maintenant certaines parties des pays qui la composent: le Sud de l’Angleterre, la Riviera, les régions d’Italie et de Suisse les plus fréquentées des touristes et peuplées de gens riches – à savoir: de petits groupes de riches aristocrates recevant des dividendes et des pensions du lointain Orient, avec un groupe un peu plus nombreux d’employés professionnels et de commerçants et un nombre plus important de domestiques et d’ouvriers occupés dans les transports et dans l’industrie travaillant à la finition des produits manufacturés. Quant aux principales branches d’industrie, elles disparaîtraient, et la grande masse des produits alimentaires et semi-ouvrés affluerait d’Asie et d’Afrique comme un tribut. »

« Telles sont les possibilités que nous offre une plus large alliance des Etats d’Occident, une fédération européenne des grandes puissances: loin de faire avancer la civilisation universelle, elle pourrait signifier un immense danger de parasitisme occidental aboutissant à constituer un groupe à part de nations industrielles avancées, dont les classes supérieures recevraient un énorme tribut de l’Asie et de l’Afrique et entretiendraient, à l’aide de ce tribut, de grandes masses domestiquées d’employés et de serviteurs, non plus occupées à produire en grandes quantités des produits agricoles et industriels, mais rendant des services privés ou accomplissant, sous le contrôle de la nouvelle aristocratie financière, des travaux industriels de second ordre. Que ceux qui sont prêts à tourner le dos à cette théorie » (il aurait fallu dire: a cette perspective) « comme ne méritant pas d’être examinée, méditent sur les conditions économiques et sociales des régions de l’Angleterre méridionale actuelle, qui en sont déjà arrivées à cette situation. Qu’ils réfléchissent à l’extension considérable que pourrait prendre ce système si la Chine était soumise au contrôle économique de semblables groupes de financiers, de « placeurs de capitaux » (les rentiers), de leurs fonctionnaires politiques et de leurs employés de commerce et d’industrie, qui drainent les profits du plus grand réservoir potentiel que le monde ait jamais connu, afin de les consommer en Europe. Certes, la situation est trop complexe et le jeu des forces mondiales trop difficile à escompter pour que ladite ou quelque autre prévision de l’avenir dans une seule direction puisse être considérée comme la plus probable. Mais les influences qui régissent à l’heure actuelle l’impérialisme de l’Europe occidentale s’orientent dans cette direction, et si elles ne rencontrent pas de résistance, si elles ne sont pas détournées d’un autre côté, c’est dans ce sens qu’elles joueront. [HOBSON: ouvr. cité, pp. 103, 205, 144, 335, 386.] »

13.       L’auteur a parfaitement raison: si les forces de l’impérialisme ne rencontraient pas de résistance, elles aboutiraient précisément à ce résultat. La signification des « Etats-Unis d’Europe » dans la situation actuelle, impérialiste, a été ici très justement caractérisée. Il eût fallu seulement ajouter que, à l’intérieur du mouvement ouvrier également, les opportunistes momentanément vainqueurs dans la plupart des pays, « jouent » avec système et continuité, précisément dans ce sens. L’impérialisme, qui signifie le partage du monde et une exploitation ne s’étendant pas uniquement à la Chine, et qui procure des profits de monopole élevés à une poignée de pays très riches, crée la possibilité économique de corrompre les couches supérieures du prolétariat; par là même il alimente l’opportunisme, lui donne corps et le consolide. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, ce sont les forces dressées contre l’impérialisme en général et l’opportunisme en particulier, forces que le social-libéral Hobson n’est évidemment pas en mesure de discerner. »

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme

Chapitre VIII. LE PARASITISME ET LA PUTRÉFACTION DU CAPITALISME

 

A présent cette phase d’intégration de type comprador et néo-coloniale est pour l’essentiel terminée et le capitalisme monopoliste d’Etat chinois se pose clairement en challenger de son ex-tuteur financier, l’impérialisme US. Ce qu’illustrent parfaitement les tensions commerciales et diplomatiques entre ces deux frères ennemis.

Mettre l’accent sur les guerres commerciales et financières que se livrent les états impérialistes ne doit pas pour autant nous faire oublier leurs infrastructures et bases militaro-industrielles.

En effet, si hors du continent Nord-Américain lui-même, le colonialisme au premier degré par la puissance US s’est essentiellement manifesté aux Philippines et à Cuba, à l’aube du siècle dernier, c’est néanmoins l’interventionnisme militaire direct qui a le plus souvent permis, depuis, d’imposer le néo-colonialisme à la mode US.

Et l’influence décisive de sa puissance financière à travers le monde ne serait certainement pas ce qu’elle est sans les bases militaires qu’elle s’y est octroyée, à peu près partout. Néanmoins, sur le terrain économique, le néo-colonialisme reste une affaire d’investissement financiers, d’exportation de capitaux. Il en va de même pour la France, avec sa zone d’influence néo-coloniale « Françafrique ».

Comme le soulignait Lénine :

« 14.   La politique coloniale et l’impérialisme existaient déjà avant la phase contemporaine du capitalisme, et même avant le capitalisme. Rome, fondée sur l’esclavage, faisait une politique coloniale et pratiquait l’impérialisme. Mais les raisonnements « d’ordre général » sur l’impérialisme, qui négligent ou relèguent à l’arrière-plan la différence essentielle des formations économiques et sociales, dégénèrent infailliblement en banalités creuses ou en rodomontades, comme la comparaison entre « la Grande Rome et la Grande-Bretagne« . Même la politique coloniale du capitalisme dans les phases antérieures de celui-ci se distingue foncièrement de la politique coloniale du capital financier. »

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme

Chapitre VI. LE PARTAGE DU MONDE ENTRE LES GRANDES PUISSANCES

Toutefois, l’aspect « pacifiste » de l’expansionnisme financier chinois ne doit pas faire illusion. La Chine a prouvé, notamment dans les nombreuses îles disséminée entre le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei, qu’elle était déterminée à imposer ses revendications territoriales par la force, en dépit de leur caractère manifestement abusif. Et cela dans une région particulièrement stratégique, tant en termes de ressources maritimes, halieutiques et minières sous-marines, qu’en termes de trafic maritime commercial, soit 60 000 navires, ce qui représente trois fois le trafic du canal de Suez, six fois celui de Panama, et en termes de fret, équivaut au quart du commerce mondial.

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Si les ambitions militaires de la Chine, dans d’autres régions du globe, restent limitées, elles sont simplement à la mesure du rapport de force, qui lui indiquent de privilégier l’expansionnisme financier, soutenu par une réserve monétaire importante.

Le cas du fascisme allemand et italien, ainsi que de l’expansionnisme japonais, à l’époque précédant la seconde guerre mondiale, était effectivement différent et atypique par rapport à la définition de l’impérialisme moderne. Il s’agissait de nations ayant atteint un grand niveau de développement économique et industriel sans toutefois avoir eu part aux partages coloniaux précédents en proportion de leur puissances et se sont trouvées des voies directes de compensations militaires, sur un mode particulièrement barbare et rétrograde, ce qui a donc précipité leur échec.

Compte tenu de la part des intérêts qu’elles ont encore en commun, les deux première puissances mondiales actuelles, USA et Chine, n’ont pas réellement de raison immédiate d’en venir à un conflit armé ouvert, mais on ne saurait l’exclure, à plus long terme.

En comparaison de la « discrétion » relative de l’impérialisme chinois, l’activisme militaire russe peut paraître disproportionné, et, de fait, il constitue un prétexte commode aux critiques de tous bords, sinon unanimes, en Occident, pour parler d’ « impérialisme russe », or, en tout et pour tout, en dehors des interventions de soutien à ses proches alliés, la Russie n’a fait que récupérer la modeste presqu’île de Crimée, certes stratégique, mais qui lui avait été indûment retirée par la politique calamiteuse de Khrouchtchev, à l’époque de l’URSS. Non seulement cela ne justifie en rien l’épithète d’ « impérialiste », la concernant, mais il convient précisément, à l’aune des fondamentaux du ML, de remettre les choses en proportion, concernant le « militarisme » de la Russie :

Pour 2017, le budget de l’armée US représente à lui seul 40% du budget militaire total de la planète ! Et il est plus que douze fois supérieur à celui de la Russie ! Qui est lui-même inférieur à celui de la France, grande donneuse de leçons et pourvoyeuse de conflits à travers le monde, et en Afrique, notamment !

http://www.lepoint.fr/monde/budget-militaire-la-france-depensera-plus-que-la-russie-en-2017–12-12-2016-2089696_24.php

http://hist.science.online.fr/storie/politiq_incorrect/PaxAmericana/puissance-militaire.htm

La Russie a effectivement hérité du passé soviétique une industrie militaire d’un bon niveau et a réussi à la rendre à nouveau fonctionnelle, avec en réalité peu de moyens. Ce qui est simplement une nécessité pour sa survie, dans le contexte international actuel, et nullement une preuve de volonté « expansionniste ».

Ce meilleur rapport coût/efficacité est d’ailleurs reconnu et envié jusqu’au sein de l’armée US elle-même…

http://pqasb.pqarchiver.com/mca-members/doc/1868134384.html?FMT=TG

Le véritable impérialisme, effectivement, ne peut aller sans gâchis matériel, financier, et humain, en fin de compte !

Voilà donc pour l’ « impérialisme militaire »…

Quid de l’ « impérialisme financier » de la Russie ?

Si le budget militaire US représente à lui seul 40% du budget militaire mondial, il en va de même déjà simplement pour la capitalisation boursière située aux USA, qui représente donc également 40% du total mondial. Sur l’ensemble mondial des titres financiers, ce sont largement plus de 50% qui sont contrôlés par des américains…

Par comparaison, la capitalisation boursière de la Chine, son challenger, équivaut à 40% …de celle des USA, soit environ 16% du total mondial.

La capitalisation boursière de la Russie, pour sa part, représente moins de 1,5% de la capitalisation US, soit aux environs de 0,6% du total mondial !

Une seule entreprise américaine, comme Apple, représente à elle seule plus du double de la capitalisation boursière totale en Russie… !

Et qu’en est-il de l’exportation « massive » de capitaux russes qui devrait être la manifestation essentielle de cet « expansionnisme » dévergondé… ?

Comparons les chiffres chinois et russes pour l’année 2016 :

La Chine a exporté en 2016 pour 183 Milliards de Dollars de capitaux, et en a importé 133, soit un différentiel POSITIF, pour l’export, de 50 Mds de Dollars.

https://www.tradesolutions.bnpparibas.com/fr/implanter/chine/investir

Cette même année, la Russie a importé en tout moins de 33 Milliards de Dollars, et n’en a exporté que 22, soit un solde NÉGATIF de près de 11 Mds.

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/File/438470

Et encore, selon la source, environ 70% de ces 22 Mds exportés le sont vers des « zones à fiscalité privilégiée », et ne sont donc pas réellement de l’investissement productif. Plutôt de l’évasion fiscale, en termes moins diplomatiques…

Autant dire, en dépit de quelques cas spectaculaires manifestement montés en épingle par la propagande médiatique occidentale, que l’ « exportation » de capitaux russes, déjà basicalement déficitaire, est donc en réalité carrément à considérer comme négligeable, du point de vue des critères qui en feraient l’expression d’un « impérialisme russe ».

Comment donc peut on considérer un pays, certes capitaliste, mais qui n’exporte quasiment pas de capitaux et dont la capitalisation boursière est des plus réduites, surtout en proportion de sa taille et de son importance géostratégique, à l’échelle d’un continent ?

Ses seules ressources économiques conséquentes reposent sur l’exportation de ses matières premières, et non pas sur leur transformation, et effectivement sur l’exportation d’armes, la seule industrie de pointe qu’elle a réussi à sauver de la débâcle finale de l’URSS sous Gorbatchev et Eltsine. Et qui la sauve plus que probablement d’être néo-colonisée par l’Occident.

 

Il s’agit donc d’un pays capitaliste, certes, mais non pas encore arrivé au stade impérialiste, et même loin de là, si l’on considère le laps de temps qu’il a fallu à la Chine pour atteindre ce stade, près d’un demi-siècle, et dans un cadre économique largement plus favorable.

 

Le cas de la Russie, pour spectaculaire qu’il soit, en raison de sa taille, le plus grand pays du monde, et de son importance géostratégique évidente, n’est pourtant pas unique. Et l’on retrouve, à des échelles évidemment très variables, cette situation de bourgeoisie nationale luttant pour conserver son indépendance, et généralement et principalement, face à l’impérialisme US, quoi que d’autres puissances impérialistes, dont la France, ne dédaignent pas d’intervenir en charognards pour tenter de profiter des zones de conflits ainsi créées, comme en Syrie.

 

Outre la Syrie, qui tente vaillamment de survivre en tant qu’Etat indépendant, la liste est désormais assez longue : Iran, Irak, Yémen, Venezuela, Nicaragua, etc… sans oublier la Palestine, qui reste, au XXI ème siècle, un des derniers cas de colonialisme au premier degré, et validé, néanmoins, par la majorité des pays occidentaux.

 

Il est clair que la situation des prolétaires de ces pays est particulièrement complexe, car ils doivent à la fois lutter pour améliorer leurs conditions de vie, y compris face à leur bourgeoisie nationale, et faire front contre l’impérialisme.

Ce que l’histoire prouve, c’est que collaborer avec l’impérialisme, contre leur propre bourgeoisie nationale, cela ne fait systématiquement qu’empirer la situation et repousser encore plus loin tout espoir d’émancipation sociale.

 

Ce que l’histoire prouve également, c’est qu’il ne doivent jamais renoncer à l’indépendance de leurs organisations de classe, parti, syndicats et autres organisations de masse et de lutte. Là où de telles organisations n’existent pas, leur priorité est de les créer, de manière tout à fait autonome, tout en s’impliquant dans la lutte de libération nationale, si une telle lutte est possible.

 

Des objectifs communs avec la bourgeoisie nationale peuvent amener des compromis tactiques de type « front uni », mais il faut toujours garder à l’esprit que les objectifs stratégiques diffèrent, à plus long terme, et ne pas entretenir ni cultiver d’illusions, ne pas confondre les étapes, celle de la lutte anti-impérialiste et celle de la révolution socialiste, y compris lorsque la bourgeoisie nationale se pare du titre de « socialiste » dans le but d’élargir sa base et d’endormir les revendications sociales.

 

Dans les pays impérialistes les prolétaires en lutte doivent non seulement combattre leur propre bourgeoisie en tant que bourgeoisie capitaliste et impérialiste, mais aussi manifester activement leur solidarité avec les peuples du monde en lutte contre l’impérialisme, que ce soit l’impérialisme US, un autre, ou même le leur ! Ces manifestations de solidarité sont d’autant plus utiles et importantes que c’est l’affaiblissement général de l’impérialisme qui crée des situations locales où une révolution devient possible. C’est aussi une des leçons essentielles de l’histoire.

Les prolétaires des pays impérialistes doivent non seulement éviter de tomber dans le piège de soutenir leur propre impérialisme contre les peuples opprimés, mais ils doivent aussi éviter de tomber dans le piège du social-chauvinisme qui consiste à s’illusionner sur le caractère « national » de leur propre bourgeoisie et être tentés par un compromis quel qu’il soit, tactique ou stratégique, avec leur propre bourgeoisie.

 

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale il n’existe plus de « bourgeoisie nationale » dans aucun des grands pays d’Europe occidentale, et notamment pas, en France. C’est encore une leçon de l’histoire, et simplement, de plus, aujourd’hui, un constat d’analyse.

 

La stratégie de front uni tactique contre le fascisme durant la deuxième guerre mondiale était non seulement justifiée, mais elle aurait du être assumée comme telle dès le début du conflit. Par contre, la mise en pratique qui en a finalement été faite a renoncé à l’autonomie politique du prolétariat et a passé avec la bourgeoisie, sous la forme du CNR, un compromis stratégique inadéquate, sauf pour la reconstitution de l’impérialisme français, ce qui s’est traduit, aussitôt la libération, par une reprise de l’agressivité colonialiste française, avec des milliers de morts à la clef, à commencer par ceux de Sétif, le 8 Mai 1945.

 

Une leçon de l’histoire qui doit absolument contribuer à séparer les véritables marxistes-léninistes des divers résidus du social-chauvinisme néo-thorezien.

 

Luniterre

 

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30 MARS – GAZA PALESTINE C’EST AUSSI A LYON !!

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MARCHONS

POUR LA PALESTINE !

 

LE SAMEDI 30 MARS 2019 ,

POUR GAZA

ET POUR TOUTE LA PALESTINE,

 

C’EST AUSSI A LYON !!

 

SAMEDI 30 MARS – 15H Place Jean Macé (Lyon 69007) Métro Jean Macé

Le 30 mars marque, chaque année, la journée de la terre en Palestine occupée et à travers le monde. Souvenir du 30 mars 1976 où l’armée israélienne, réprima brutalement un mouvement, contre la confiscation des terres, initié par les Palestiniens d’Israël. Le 30 mars rappelle l’attachement à la terre palestinienne volée, annexée et colonisée par l’occupant israélien.

Enfin, ce 30 mars 2019 marquera le 1er anniversaire du déclenchement des marches du retour à GAZA, qui se solde par un bilan terrible, de centaines de morts et près de 20 000 blessés. Les tueurs d’élite de l’armée israélienne, blessent, estropient, tuent. dans une scène renouvelée chaque semaine, sous les yeux du monde. Une récente commission d’enquête de l’ONU indique que des crimes de guerre et probablement des crimes contre l’humanité ont été commis par Israël.

Pendant ce temps le monde se tait et le Président Macron regarde ailleurs dans un silence complice. Lorsqu’il sort de son silence c’est pour mieux insulter les défenseurs des droits des Palestiniens les (nous) traitant d’antisémite ! vieille ficelle utilisée par les soutiens d’Israël pour tenter de nous faire taire. Nous ne nous laisserons pas intimider et appelons à manifester.

- Soutien aux droits du peuple palestinien

- Solidarité avec les Palestinien.ne.s de Gaza

- Droit au retour des réfugiés

- Boycott, désinvestissements et sanctions contre l’État d’Israël

- Exigeons du gouvernement français des sanctions contre Israël

 

http://collectif69palestine.free.fr/spip.php?article1309

 

 

https://www.europalestine.com/local/cache-vignettes/L131xH100/siteon0-e5814.png?1551269596

CAPJPO EuroPalestine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Proche-Orient : La violence peut elle cesser ?

 

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Enas Khammash, 23 ans, sa fille de 18 mois et son bébé, portées en terre ensemble, le 9 Août, à Jafarawi

 

 

Proche-Orient :

 

La violence peut elle cesser ?

 

 

La guerre en Syrie dure depuis sept ans et a succédé à une série de conflits en Irak et en Iran, deux pays encore sous forte pression.

La Palestine, bafouée depuis 70 ans, continue d’être réduite par le colonialisme sioniste.

Dans la nuit du 8 au 9 Août, lors d’un raid aérien israélien qui a touché Jafarawi, dans le centre de la bande de Gaza, Enas Khammash, une Palestinienne de 23 ans, enceinte de 9 mois, et sa fille Bayan de 18 mois ont été tuées alors qu’elles se trouvaient dans leur chambre à coucher. Le mari de cette femme a été blessé.

Le 10 octobre, Aliza Bin-Noun, ambassadrice d’Israël en France a osé demander à France 2 d’annuler la diffusion d’un reportage sur la jeunesse mutilée par les snipers sionistes dans la bande de Gaza. Heureusement, le reportage est passé, montrant l’héroïsme de la Résistance Populaire palestinienne.

Depuis le 30 Mars, 198 morts et des milliers de blessés, dont de nombreux mutilés.

Leur seul tort était de vouloir retrouver la dignité et le droit de vivre, de travailler et de cultiver, sur leurs terres ancestrales, volées par l’occupant sioniste.

La presse française et occidentale, en général, nous parle sans cesse d’une guerre « contre le terrorisme ». Or, au vu de ces derniers mois, il apparaît clairement qu’en Syrie le « terrorisme » est en fait manipulé par les impérialistes US et leurs alliés, y compris dans le monde arabe, pour justifier ces guerres et recoloniser, directement ou non, les peuples et les nations qui leur résistent.

Ce sont essentiellement ces manipulations du terrorisme qui ont engendré la guerre en Syrie et jeté sur les routes des millions de réfugiés. Les accueillir, en France ou ailleurs, cela ne constitue pas une justification pour continuer la guerre. C’est la volonté réelle de mettre fin à l’agression impérialiste, y compris celle de la France, encore présente en Syrie dans la zone d’occupation rebaptisée « Rojava », qui sera le vrai signal de la paix et du début d’une reconstruction durable.

Ce qui maintient encore aujourd’hui l’état de guerre en Syrie, c’est la présence des impérialistes US et de leurs alliés, dont les impérialistes français. Le prétexte en était donc l’invasion terroriste, en réalité provoquée par eux-mêmes, et qu’ils ne combattaient que très mollement, dans l’espoir que cela détruirait la nation syrienne et la mettrait à leur botte, avec un gouvernement directement manipulé par eux.

Mais c’était sans compter sur la solidarité traditionnelle de la Russie avec la nation syrienne, remontant déjà à l’ère soviétique, ainsi que sur celle de l’Iran.

C’est l’appui de la Russie à la nation Syrienne qui a commencé à faire reculer le terrorisme, et même obligé les USA et à la France à éliminer une partie de leurs pions terroristes pour les remplacer par le système d’occupation « Rojava », relativement moins sanguinaire que celui de Daech. Pour autant, ce système d’occupation impérialiste instrumentalise maintenant les justes revendications des minorités kurdes pour maintenir la division de la Syrie à l’Est de l’Euphrate et faire obstacle à l’unité nationale syrienne et à la paix. Il est la preuve que les impérialistes US et français veulent continuer la guerre et se moquent bien du droit des peuples, en réalité.

Alors que tous ont leur place dans un règlement politique global de la situation au Proche-Orient, une fois débarrassé de l’ingérence impérialiste !

L’Iran, pour sa part dans le combat anti-impérialiste, s’était déjà engagé dans un soutien sans faille à la Résistance, au Liban et en Palestine.

La chute de la nation syrienne aurait été non seulement une victoire pour les impérialistes US et leurs alliés, mais aussi pour les sionistes.

Cela aurait été non seulement une défaite mortelle pour la Syrie elle-même, mais aussi une grave défaite pour le Liban et la Palestine, et pour tous les peuples qui luttent pour leur indépendance.

Jusqu’à un passé récent, Israël arrivait encore à entretenir des relations relativement amicales avec la Russie, du fait de l’émigration de nombreux juifs d’origine russe en Israël.

Mais récemment, suite à un piège tendu par l’aviation israélienne, et au mépris de leurs accords passés, un avion russe a été abattu avec 15 soldats russes à bord.

Estimant sa confiance trahie, la Russie a encore renforcé son alliance avec la Syrie, en lui fournissant un armement de défense anti-aérienne (batteries de missiles S-300) susceptible d’empêcher le renouvellement d’une telle tragédie. Du même coup, cela met également un frein sérieux aux interventions israéliennes contre les positions défendues par l’Iran et ses alliés en Syrie.

C’est donc l’ensemble de la Résistance régionale, Syrie, Iran, Liban, Palestine, qui s’en trouve grandement renforcée !

Ce n’est que par la synchronisation et l’unité des forces locales de la Résistance, en Iran, au Liban, en Palestine, en Syrie, en Irak, au Yémen, et avec leur allié traditionnel, la Russie, que l’impérialisme et son allié sioniste pourront être vaincus !

Cette situation de guerre, voulue et encore actuellement maintenue par les impérialistes, à déjà fait des milliers de victimes et déplacé des millions de personnes, et certaines, jusqu’en Occident, y compris en France.

Toutes, indépendamment de leurs origines nationales, ethniques et religieuses, ont le même intérêt à un règlement pacifique global respectant le droit des peuples au Proche-Orient. Toutes ces personnes, déplacées et réfugiées, se trouvent aujourd’hui dans des situations sociales précaires qui en font un réservoir de main d’œuvre à bon marché, y compris pour les capitalistes français, qui sont déjà les complices des impérialistes US et les responsables de la guerre, dans les pays d’origine des réfugiés.

La lutte pour une vie décente, que ce soit en Occident ou pour le droit des peuples au Proche-Orient, c’est toujours une seule et même lutte. C’est une lutte qui doit à la fois être solidaire de la Résistance des peuples, sur place, au Proche-Orient, et solidaire de la lutte des travailleurs, en Occident, contre le capitalisme, qui est la base de l’impérialisme et la cause des guerres.

Luniterre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2008-2018 Situation internationale : 10 ans de crise, Quel remède ?

 

 

 

 

2008-2018

Situation internationale :

 

10 ans de crise,

 

Quel remède ?

 

Article disponible en format PDF:

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/2008-2018-situation-internationale-10-ans-de-crise-quel-remede.pdf

 

Dix ans après le krach de 2008 et le sauvetage in extremis du système bancaire à grand renfort de liquidités surnuméraires déversées par les banques centrales, l’économie réellement productive ne représente toujours, et même avec une disproportion décuplée, que quelques poignées de grains de maïs noyées dans la marmite d’huile bouillonnante de la finance mondialisée…

 

https://blogs.mediapart.fr/jaschaeffel/blog/030817/quand-va-donc-eclater-la-plus-grosse-bulle-financiere-de-l-histoire

 

Ce raz de marée sans précédent de liquidités injectées sur les marchés depuis 2008 a pris à nouveau essentiellement le chemin des actifs financiers, même si cela a permis, au passage de renflouer les banques naufragées…( 1 )

Cette manne financière était censée, en outre, non seulement enrayer le risque de récession, mais aussi et surtout, relancer l’investissement dans l’économie réellement productive et donc engendrer une « inflation maîtrisée » en lien avec une très hypothétique reprise de la croissance économique…

Or, en dépit de l’énormité des moyens financiers mis en œuvre, et qui ont donc essentiellement contribué à regonfler une nouvelle bulle financière, la « reprise », dix ans après la crise de 2008, reste des plus symboliques et, à peine ébauchée, elle retombe déjà comme un soufflé vite refroidi, et l’inflation suit la même courbe molle, et, de plus, essentiellement portée par la hausse de l’énergie, la hausse des taxes, et non pas par la consommation populaire, affaiblie par une avalanche de reculs sociaux rendus également incontournables pour la survie du capital. ( 2 )

En Europe, l’échéance de la fin des politiques monétaires de « sortie de crise » est annoncée pour Décembre 2018, tandis qu’aux USA, après un arrêt du flot de liquidités dès Octobre 2014, un plan de liquidation progressive des obligations et actifs toxiques ainsi emmagasinés par la FED s’est mis en place depuis Octobre 17… ( 3 )

Les conséquences réelles de ces politiques monétaires de « Quantitative Easing » sont donc encore à venir, en réalité, et elles risquent de barrer encore longtemps la route de la sortie de crise, sinon d’être elles-mêmes la cause d’une nouvelle crise majeure, qui verrait l’éclatement de la nouvelle bulle financière regonflée depuis dix ans, et sans possibilité, cette fois ci, de réemployer ce même « remède de cheval », sauf à tuer, à coup sûr, le malade…

A court terme, le risque d’un retour de la récession reste le plus grand (4), mais tant que l’excédent de liquidité n’est pas résorbé, et il ne peut l’être que très lentement, le risque de dérapage inflationniste n’est pas à exclure non plus, avec aussi peu de solutions possibles, sauf à risque, là encore, d’achever le malade.

C’est dans ce contexte fondamentalement instable, financièrement et économiquement, qu’éclate, et pour cause, la guerre économique entre les USA et la Chine.

Si la domination du capital financier US reste écrasante, ( 5 ) elle se heurte néanmoins à la difficulté de pouvoir continuer à se développer et à se valoriser dans le cycle productif.

Une poignée de grains de maïs « productifs », jetés dans une marmite financière trop grande éclateront et se dilueront sans conserver le gonflement « bénéfique » du pop-corn financier souhaité au départ… ( 6 ) L’éclatement cyclique de la bulle financière étant inévitable, l’impérialisme US tente néanmoins de sauver sa propre poignée de grains « productifs » dans l’espoir de regonfler sa part de pop-corn à l’issue de la crise, et même de manger celle des autres, si possible, et tant qu’à faire…

Sans le grain de maïs de l’économie productive, pas de pop-corn financier possible…

Si, avec le développement de l’industrie moderne, et encore plus, des nouvelles technologies, le capital financier est devenu le mode de domination indispensable à la survie du capitalisme, il n’en repose pas moins sur l’accumulation de plus-value effectuée dans le secteur productif. Conserver le contrôle d’une part essentielle du secteur productif reste donc la base de la domination de telle ou telle fraction du capital financier. Le pop-corn financier n’est jamais qu’une forme distendue et fictive de la valeur créée au départ dans le secteur productif.

Dans sa forme fictive et démesurément distendue le capital financier n’en conserve pas moins le pouvoir d’acquérir et de contrôler, à travers ses cartels et monopoles, des parts toujours plus importantes du secteur productif. C’est faute de le faire que l’aspect fictif de sa forme reprend le dessus et que la bulle éclate, que le pop-corn achève de se diluer dans l’huile refroidie de la débâcle financière et perd tout pouvoir de survie pour le capitaliste.

C’est ce que le capitaliste US a bien compris, après avoir investi plusieurs décennies durant dans le développement de l’ « atelier du monde », dans lequel il avait réussi à exploiter le prolétariat chinois avec la complicité de la bourgeoisie bureaucratique maoïste finissante, et surtout, de sa fraction comprador groupée autour de Deng Xiaoping. ( 7 )

En allumant ce contre feu face à la bourgeoisie nationale bureaucratique d’URSS, le capital financier US, provisoirement pris à la gorge par les luttes de libération nationales du tiers monde, au tournant des années 70, a pu se reconstituer et reprendre sa position dominante.

Néanmoins, la bourgeoisie bureaucratique chinoise, irriguée financièrement par ce flux US, en a profité pour accumuler patiemment son propre capital financier, en parasite comprador de l’exploitation US du prolétariat chinois et de la classe moyenne formée en marge de cette exploitation.

Depuis, elle n’a de cesse de s’émanciper en tant que nouveau pôle financier « indépendant », c’est à dire impérialiste à son tour.

Après avoir contribué à démanteler, avec la complicité financière des USA, les derniers restes stratégiques de l’industrie européenne, elle est désormais sur le point d’y arriver et se pose en challenger numéro 1, dans tous les domaines, de l’impérialisme US.

En total cumulé, incluant désormais officiellement Hong Kong, la Chine est, loin devant les autres, la seconde puissance financière mondiale derrière les USA, et sur le plan économique, également, voire même la première, selon différents critères statistiques, sur ce plan.

C’est ainsi que la stratégie manipulatrice de l’impérialisme US se retourne maintenant inévitablement contre lui, suivant simplement en cela les lois intrinsèques de l’économie capitaliste, auxquelles il ne saurait échapper, d’une manière ou d’une autre.

Mais cette guerre économique à laquelle il se trouve contraint pour conserver sa domination se déroule également sur le fond des guerres bien réelles, au sens basique et militaire du terme, qui se sont développées ces dernières décennies, et dont il est presque systématiquement à l’origine, directement ou non, en fonction de ses « alliances » avec diverses bourgeoisies vassales et comprador locales.

Sur ce plan, toutefois, il se heurte violemment à la résistance des peuples et des bourgeoisies nationales qui refusent d’être asservis à ses intérêts financiers et tentent de survivre indépendamment. ( 8 ) Ces mouvements de résistance, jadis plus ou moins soutenus et fédérés par la bourgeoisie nationale bureaucratique d’URSS ont néanmoins survécu à son effondrement et l’impérialisme US et ses vassaux occidentaux ont tenté de les réduire, non sans un relatif succès, comme en Libye, mais sans parvenir complètement à leur fins, sans parvenir à établir des régimes comprador suffisamment stables pour y préserver pleinement leurs intérêts.

L’URSS elles-même, entrée dans une phase comprador avec l’ère Gorbatchev-Eltsine, s’est effondrée en tant que structure fédérant diverses nations, mais la Russie comprador d’Eltsine n’a, pas plus que d’autres régimes fantoches « sponsorisés » par les USA, réussi à trouver une stabilité dans cette soumission, ouvrant finalement le passage à un retour de la bourgeoisie nationale russe, avec Poutine comme figure de proue.

Ruinée, économiquement, la bourgeoisie nationale russe s’appuie à nouveau sur l’exploitation de ses ressources naturelles en matières premières, comme elle le faisait déjà sous l’ère Brejnev, ( 9 ) et reconstitue son industrie militaire, héritée de la même époque, mais largement démantelée sous l’ère comprador Eltsine. Faute de pouvoir encore développer son industrie plus classique et sa finance elle tente de résister par une stratégie d’alliances avec les autre bourgeoisies nationales qui tentent elles aussi de résister à la domination US.

Le développement d’une industrie moderne et « compétitive » exige l’investissement de capitaux financiers très importants, tels qu’ils n’ont jamais pu être accumulés en Russie, depuis l’ère de la contre-révolution khrouchtchevienne (10), et pas non plus sous les ères bureaucratiques Brejnev et Gorbatchev, parasitées par le développement du capitalisme mafieux, issu des goulags « libérés », en marge de la bureaucratie, et, le plus souvent, en symbiose effective avec elle (11). C’est la grande différence de type de « développement » entre le capitalisme bureaucratique russe et le capitalisme bureaucratique chinois, irrigué, quant à lui, par les flux financiers US, dès 1972 et la célèbre entrevue Nixon-Mao.

 

 

L’importance du flux financier US, plus deux décennies d’expérience supplémentaires dans l’intégration aux flux de la finance mondialisée, ont irrémédiablement creusé l’écart entre ces deux géants, par ailleurs comparables, sur le plan géostratégique, par leur importance d’ordre planétaire.

Avec même un avantage à la Russie concernant les ressources naturelles et l’étendue de son territoire, qui en fait le plus grand pays du monde, en superficie, et l’un des mieux situé sur la planète, par rapport aux principales zones de développement économique.

A défaut d’en faire un concurrent réel en termes de capitalisme financier et industriel, cela en fait une cible évidemment extrêmement convoitée par les puissances impérialistes, aussi bien anciennes, US et européennes, que par la Chine.

Pour ne pas passer sous la domination de l’un ou de l’autre elle n’a que deux armes, dont l’une, l’exportation de matières premières, est par définition à double tranchant, du fait de la dépendance aux cours et à la concurrence en grande partie contrôlée par les USA. L’autre, c’est évidemment la force armée, coûteuse, et qui doit être rationalisée au maximum, en fonction des moyens.

La Russie, remarquée sur la scène internationale par le succès de son intervention de soutien à la bourgeoisie nationale syrienne, n’en opère pas moins à partir d’un budget extrêmement limité et en réalité inférieur à celui de la France, par exemple, qui intervient sur le même terrain en tant qu’alliée de l’impérialisme US, et dans l’espoir, à la fois, d’abattre la bourgeoisie nationale syrienne et de réduire l’influence de la Russie et de ses alliés en résistance contre l’impérialisme US.

Sur le plan financier il est également utile de rappeler que le total du capital financier russe avoisine difficilement celui de l’Espagne et reste déficitaire en termes d’échanges internationaux, entre exportation et importation de capitaux, et au total, à un niveau encore plus réduit.

Il est donc ridicule, à tous points de vue, de parler d’ « impérialisme russe », comme le font ceux qui rêvent simplement de dépecer la Russie, y incluant leurs complices de « gauche » et d’ « extrême-gauche », trotskystes, maoïstes, anarchistes, etc… (et parfois même, pseudo- « marxistes-léninistes »!)

Encerclée par les forces et les puissances OTANesques, sur les trois quarts de sa périphérie, et par la Chine, pour le reste, elle n’a d’autre choix que la résistance ou la soumission, comme semi-colonie, aux occidentaux ou à la Chine. C’est pourquoi il est vital, pour elle, de trouver des alliances en dehors de cette tenaille et c’est donc pourquoi elle se trouve obligée d’intervenir militairement partout ou une bourgeoisie nationale locale tente de survivre et sollicite de l’aide de sa part, comme cela se produisait du temps de l’URSS, du reste.

S’il est clair que le retour de la Russie sur le devant de la scène internationale est effectivement frappant, et à plus d’un titre, il faut donc bien comprendre que le rôle de l’agresseur, dans tous les conflits où elle se trouve mêlée, n’est généralement pas le sien, mais systématiquement, même si parfois indirectement, celui de l’impérialisme US et de ses alliés et complices. En réalité, ils n’ont de cesse, directement ou indirectement, de réduire son influence, et cela en dépit de leurs engagements pris au moment du démantèlement de l’URSS, sans parler de ceux d’avant.

Faute d’oser s’en prendre encore directement à la Russie, l’impérialisme US a donc tenté de renforcer son emprise partout où il le pouvait et notamment dans les autres régions d’importance géostratégique, géo-économiques, et donc d’importance géopolitique, de par le fait. Au premier rang desquelles, le Proche-Orient, évidemment.

Le Proche-Orient combine à la fois la chance, ou la malchance, trop souvent, d’être à la fois un carrefour géostratégique et une région riche en ressources naturelles essentielles stratégiquement, question pétrole et gaz.

Il est donc d’abord et avant tout le carrefour des convoitises impérialistes de toutes sortes et le lieu d’élection du fortin colonialiste sioniste, en voie d’expansion permanente, par tous les moyens criminels qu’on lui connaît. Mais ce fortin, Israël, avant-poste de contrôle au service des convoitises yankee, ne suffit plus, désormais, face à la révolte des autochtones palestiniens et des peuples environnants, à garantir la sécurité des ressources locales au profit de l’Occident. Un « remodelage » de toute la région a donc été entrepris, outre celui entamé par les sionistes, en vue de reconstituer une infrastructure néocoloniale à l’échelle régionale.

Après de multiples et sanglantes guerres locales fomentées par l’impérialisme et ses supplétifs terroristes locaux et « internationaux », ce plan est sur le point d’être mis totalement en échec, du à la résistance locale, soutenue par l’Iran et efficacement secondée par l’intervention russe, sollicitée par la bourgeoisie nationale syrienne.

L’Iran est clairement la poche de résistance locale qui a donné le plus de fil à retordre à toutes les tentatives impérialistes dans la région, (12) avec ses alliés libanais et syriens. Il est clairement, désormais, la cible centrale de la stratégie de déstabilisation et d’étranglement économique pratiqué par l’impérialisme, et par les USA, en premier lieu, avant une intervention militaire qui serait certainement, par contre, encore plus ardue, pour les impérialistes, que les précédentes…

Dans le même esprit kollaborationniste qui anime une grande partie de nos « démocrates » occidentaux et autres « gauchistes » prétendument « humanistes », l’Iran serait aussi un de ces « impérialismes » locaux à vocation expansionniste et prédatrice de son voisinage… Une sorte de version locale du prétendu « impérialisme russe ». Là encore, le ridicule n’arrête pas ces propagandistes zélés du véritable impérialisme, généralement le leur, en dépit d’un rapport de proportion encore plus dérisoire, si possible : le capital financier de l’Iran est de l’ordre du 1/5ème de celui de la Russie, sa capacité d’ « exportation » de capitaux quasiment indétectable, et quant à ses possibilités d’accueillir quelques investissements étrangers, on a rapidement vu ce qu’il en était dès que l’Oncle Sam-Trump a levé la main pour dire « stop ! »…

De Moscou à Téhéran, et dans toute les régions où ces deux pays ont des alliés, s’est donc ouverte une ligne de fracture solidarisant entre elles, par nécessité, les bourgeoisies nationales récalcitrantes et résistantes face à la rapacité de l’impérialisme, et de l’impérialisme US, en premier lieu.

C’est, actuellement, à l’échelle planétaire, le seul front sur lequel l’impérialisme a subit quelques revers significatifs, ces derniers mois, et cela après une suite d’agressions diverses, en Afghanistan, Irak, Lybie, etc… où tous ses objectifs sont loin d’avoir été atteints, cependant. Au Yémen, encore actuellement, le sort du combat est loin d’être décidé et la résistance continue, avec, là aussi, le soutien de l’Iran.

D’une manière générale, il n’y a pas, pour autant, d’illusions à se faire sur la nature sociale des bourgeoisies nationales, même en phase de résistance anti-impérialiste. Elles restent les tenantes d’un régime capitaliste, et ne font que les concessions sociales qui leur sont nécessaires pour obtenir une certaine cohésion populaire de soutien à leur régime, ou bien que le prolétariat les contraint à céder par ses luttes. Le cas de la réforme réactionnaire des retraites en Russie est exemplaire à ce sujet. (13) Les reculs sociaux leurs sont aussi en partie dictés par les restrictions financières et les sanctions économiques imposées par l’impérialisme. Elles se trouvent donc constamment à la fois dans la tentation de capituler pour espérer un relâchement de ce côté et dans celle de recréer une cohésion nationale au détriment de leur propre intérêt immédiat. Leur statut n’est donc jamais durablement fixé mais pour autant leur capitulation vis à vis de l’impérialisme n’a jamais apporté que des reculs sociaux encore pire pour le prolétariat, et une dégradation générale de ses conditions de vie et de lutte.

Pour les prolétaires de ces pays, la situation est particulièrement difficile et complexe, car il ne doivent en aucun cas renoncer à l’autonomie de leur classe et de leur organisation de classe, et la créer de façon tout à fait indépendante, le cas échéant, et continuer de la renforcer, quoi qu’il en soit. Néanmoins il doivent également absolument éviter de se faire le jouet des manipulations impérialistes visant à instrumentaliser leurs luttes au service des factions comprador de la bourgeoisie locale.

En occident, et, d’une manière générale, dans les métropoles impérialistes, il n’y existe évidemment plus du tout de restes significatifs de la bourgeoisie nationale, quoi que prétendent certains opportunistes, (14) et la situation est donc plus simple : il n’y a pas de transition possible qui ne soit directement une rupture avec le capitalisme et l’économie de marché, qui en est la base actuelle. C’est la réorganisation de la production et des services, en fonction des besoins sociaux les plus urgents, définis démocratiquement par le plan-programme, qui est le seul objectif politique pouvant unifier le prolétariat et les autres couches populaires dans une perspective d’avenir meilleur (15). La survivance de très petites entreprises, essentiellement individuelles, ou « autogérées » est peut être possible, dans un premier temps, jusqu’à leur intégration à un système coopératif en lien avec le plan, mais pour tout ce qui est vital et stratégiquement essentiel, c’est la détermination des besoins collectifs qui donne la direction à suivre, et non les aléas du marché.

Pour autant, même si les reculs sociaux se sont accélérés et accumulés depuis 2008, en Occident, les luttes sociales y sont encore loin d’avoir remis en cause le capitalisme et l’impérialisme. Tout au plus, elle n’ont fait que tenter, sans aucune chance de succès, d’en revenir au statu quo ante, tel qu’à l’époque d’avant la crise, sans percevoir le changement de paradigme impliqué par la mondialisation et l’émergence de l’empire industriel chinois et d’autres pays sur la scène internationale.

Même la gauche syndicale et politique s’est contentée, et se contente encore, en France notamment, de rabâcher son ronron réformiste, en usant, formellement, au plus fort des luttes, et pour ne pas perdre sa base, d’un langage un peu plus « radical » dans la formulation de ses revendications réformistes. Fondamentalement, elle reste dans le soutien de son propre impérialisme et de l’impérialisme US qui le chapeaute, et cela au nom de la « démocratie » et de l’ « humanisme » ! Accessoirement, une autre aile « gauche de la gauche » verse dans le soutien, plus ou moins clairement stipendié, à l’impérialisme chinois, feignant d’ignorer le fait que derrière ce prétendu « socialisme à la chinoise » se dissimule le même système d’exploitation capitaliste/impérialiste. (16)

Ce que les guerres du Proche-Orient ont mis en lumière, même si ce n’est pas encore perçu de tous, c’est la capacité de l’impérialisme, à travers la manipulation du terrorisme, à inverser les rôles et à se présenter comme défenseur des libertés, tout en agressant les peuples et les nations qui veulent simplement conserver leur indépendance et se développer économiquement en dehors de sa domination.

De la même façon, et encore plus efficacement, il parvient à inverser les responsabilités concernant les flots de réfugiés et de migrants engendrés par ses guerres d’agression. Il parvient, en manipulant les mouvements réellement humanistes à solidariser les population des métropoles avec les victimes de ses guerres, mais en en dissimulant les causes économiques et financières réelles et tente, de cette manière, de les légitimer.

Alors que ces flots de migrations, comme les précédents, iront simplement grossir la masse des prolétaires exploitables dans les métropoles, et, avec la crise, principalement accroître la masse des chômeurs, faire pression sur les salaires, creuser les inégalités et accentuer les conflits racistes inter-communautaires, pour le plus grand profit du capital.

Alors que le moyen évident, mais ainsi dissimulé par le capital, pour éviter ces guerres et ces flots de misère et de mort, c’est tout simplement la fin du système capitaliste et impérialiste.

Les prolétaires et l’ensemble des travailleurs des métropoles n’ont pas d’autres intérêts immédiats, quant au fond, que ceux des millions de victimes des guerres impérialistes du Proche-Orient et d’ailleurs.

C’est la crise intrinsèque du système capitaliste mondialisé qui engendre et exacerbe son agressivité destructrice. La finance impérialiste doit s’étendre partout où c’est encore possible pour trouver de nouvelles opportunités de profits, et cela passe par la destruction de tout ce qui lui résiste, destruction par elle-même « profitable » au sens capitaliste du terme, en engendrant de nouvelles inégalités sociales à l’échelle internationale et de nouveaux marchés de « reconstruction ».

Mais la finance mondialisée n’a jamais pour but de répondre réellement aux besoins des populations. La crise de 2007-2008, dite des « subprimes », a commencé avec les crédits litigieux accordés aux familles des classes populaires incapables de trouver un logement autrement. Le but de l’opération n’était évidemment pas de loger les pauvres, mais bien une vaste escroquerie financière, et « légale », qui plus est, au regard du système capitaliste.

Aujourd’hui le système tente encore de légitimer toutes les ruines et les guerres qui s’en sont suivies…

Alors qu’il n’a évidemment aucune motivation de répondre aux besoins réels des populations, mais seulement de continuer à entasser des profits.

Et pour y arriver il a désormais autant besoin, dans sa phase de crise systémique, des guerres réelles qu’il développe à tous propos que de la guerre économique, prélude potentiel à une confrontation généralisée, une troisième guerre mondiale, qui mènerait l’humanité encore plus près de sa fin que ne le fait l’exploitation actuelle des ressources humaines et naturelles.

La situation tragique du Proche-Orient est actuellement l’illustration sanglante de ce qu’est la nature réelle du capitalisme/impérialisme, mais les mêmes causes et les mêmes effets se retrouvent aux quatre coins de la planète.

Les prolétaires victimes des guerres, les prolétaires réfugiés, et tous les prolétaires des métropoles impérialistes elles-même n’ont pas d’intérêts différents, quant au fond.

Leur intérêt commun est d’assurer la défaite de l’impérialisme partout où les peuples résistent et préparer, par leur lutte et leur organisation de classe, l’avènement d’un monde gérant les ressources de la planète, la production et les services, en fonction des besoins sociaux réels des populations, et non en vue d’accumuler du capital !

La lutte anticapitaliste dans les métropoles n’a de sens que si elle intègre la solidarité avec les peuples déjà en lutte contre l’impérialisme, dans un mouvement de résistance globale, anticapitaliste et anti-impérialiste !

Dans le rapport de forces actuel, la compréhension de cette solidarité, nécessaire à la fois pour dépasser les clivages intra-communautaires et le stade de la kollaboration de classe pseudo- « humaniste », c’est un premier pas vers l’émergence d’une conscience de classe nouvelle, reflétant la réalité de la situation du prolétariat en ce début de 21ème siècle.

Luniterre

 

 

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NOTES :

 

( 1 __ https://blogs.mediapart.fr/jaschaeffel/blog/030817/quand-va-donc-eclater-la-plus-grosse-bulle-financiere-de-l-histoire

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/situation-eco-2018-gallois.pdf   )

( 2 __ https://www.tradingsat.com/actualites/marches-financiers/marche-zone-euro-l-inflation-estimee-a-12-sur-un-an-en-septembre-827321.html

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/10/04/20002-20181004ARTFIG00342-l-insee-revoit-sa-prevision-de-croissance-a-la-baisse-pour-2018.php

Alors qu’en janvier 2018, le ton, déjà prudent, était :

https://www.huffingtonpost.fr/jean-luc-ginder/pourquoi-il-ne-faut-pas-se-rejouir-trop-vite-de-la-reprise-economique-tant-attendue_a_23323826/ )

( 3 __ « Fed set to press the button to unwind quantitative easing (20/09/2017)»

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/usa-fed-unwind-qe-09-2017.pdf

Voir également :

https://www.worldfinance.com/banking/the-qe-reversal

https://wolfstreet.com/2018/10/04/feds-balance-sheet-normalization-reaches-285-billion/

https://wolfstreet.com/2018/08/03/fed-accelerates-qe-unwind-balance-sheet-normalization/   )

( 4 __ https://www.cnbc.com/2018/09/29/global-monetary-policy-is-getting-tighter-and-veteran-investor-boockvar-sees-a-red-flag.html )

( 5 __ https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/usa-chine-guerre-eco-doc-iris-03-10-2018.pdf

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/ )

( 6 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/10/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/15/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif-suite/ )

( 7 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/08/en_relisant_lenine_qui_parlait_deja_de_chine/ )

( 8 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/ )

( 8 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/ )

( 10 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/20/lettre-ouverte-au-rocml-a-propos-des-sept-questions-sans-reponses/ )

( 11 __ https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/10/lenfer-des-gangs-de-la-fin-de-lurss-a-la-russie-actuelle.pdf

Cité in :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/ )

( 12 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/15/solidarite-avec-la-resistance-anti-imperialiste-en-iran/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/09/10/appel-des-travailleurs-iraniens-de-la-metallurgie-aux-syndicalistes-et-aux-pacifistes-du-monde-entier/ )

( 13 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/19/ne-khotim-umirat-na-rabote-pour-ne-pas-mourir-au-travail-finalement-le-vent-se-leve-a-lest/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/29/russie-contre-la-reforme-des-retraites-le-combat-continue/ )

( 14 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/03/le-mythe-du-nouveau-cnr-vieux-serpent-de-mer-du-social-chauvinisme/ )

( 15 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/democratie-proletarienne-et-planification-socialiste-le-role-de-linformatique-et-de-linteractivite/ )

( 16 __ https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/l_imperialisme-chinois-a-l_assaut-de-l_afrique.pdf )

 

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1936 : Staline, Roi d’Espagne ? (A propos du rôle historique de l’URSS)

 

 

 

 

 

1936:

 

 

 

Staline

 

 

Roi d’Espagne ?

 

 

 

 

Principal fournisseur d’armes à la République Espagnole à partir de 1936, et presque dès le début du coup d’État franquiste, l’URSS faisait elle la pluie et le beau temps dans ce qui restait de l’Etat espagnol tentant de survivre ?

L’URSS a-t-elle d’elle même pris la décision d’intervenir, ou bien y a t-elle été « invitée », et par qui ? Et dans quel but politique ?

Plus de 80 ans plus tard, c’est une question qui divise encore non seulement les historiens mais de nombreux intervenants, encore actuellement, dans la vie politique, et pas seulement en Espagne…

Derrière le rôle de l’URSS, c’est le rôle personnel de Staline qui est mis en cause, comme une sorte de Deus ex machina, qui, de plus, aurait tenu entre ses seules mains tous les fils du problème et serait donc, pratiquement, la seule cause de son issue tragique, tout comme il « aurait pu », ou « aurait du », être le dieu salvateur de cette cause perdue… D’avance, ou pas ? That’s the shakespearian question of the problem…

Sur le site VLR du camarade Do vient de se développer un débat en plusieurs étapes sur ce sujet toujours brûlant, et dont les leçons historiques, si elles étaient correctement tirées, pourraient aider la gauche ouvrière contemporaine à sortir de son ornière… Il serait temps… !

Le sujet a donc démarré de manière pour le moins indirecte, à propos d’un article sur le véganisme, republié sur la « Tendance claire » du NPA, parti autoproclamé « anticapitaliste », en voie de déréliction, en réalité, comme le reste de la gauche française, et le camarade Do essaye d’en voir les causes dans une prétendue survivance du stalinisme, qui, depuis Mai 68, aurait étouffé les velléités de révolution en France… à l’instar de ce qui se serait passé en Espagne, selon lui, à partir de 1936…

Au cours du débat ainsi amorcé, il nous interpelle directement :

En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

21 septembre 02:48, par do

 

« Salut Luniterre,

Que penses-tu du rôle de Staline en Espagne en 1936-37-38-39 ?

A+,
do »

 

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Jusqu’à présent, sur TML, la Révolution espagnole n’était pas un de nos sujets de prédilection, mais comme il n’est pas dans nos principes d’esquiver la confrontation avec la réalité des faits et de l’histoire, bien au contraire, nous avons donc entrepris une relecture du sujet, avec un regard sans préjugés, selon notre habitude, également…

 

Voici donc, en republication, les deux parties essentielles du débat, y incluant les interventions autres que celles de Do et la notre, dans la mesure où elles concernent le fond du sujet… On remarquera notamment celle de M. Georges Gastaud, l’inénarrable « leader » de son groupuscule PRCF, qui, à cette occasion, sort de ses gonds pour sauver le lustre néo-thorezien de sa petite boutique en faillite…

 

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« En mai 68, il fallait virer les bureaucrates ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

dimanche 23 septembre 2018, par do (Date de rédaction antérieure : 20 septembre 2018).

Marxistes et anarchistes se font infiltrer et manipuler par ces abrutis vegans, eux-mêmes infiltrés et manipulés par des agents du pouvoir, et financés en sous-main par lui.

Si les végétariens non-militants, c’est-à-dire qui ne cherchent pas à imposer le végétarisme, peuvent être admis dans la contestation ; par contre, les végétaliens militants, qui veulent imposer leur idéologie aux autres, doivent être impérativement exclus.

 

(NDLR : sur ce court article, venant en quelque sorte « appuyer » une précédente critique d’une republication « Tendance Claire » du NPA, ( http://mai68.org/spip2/spip.php?article2220 ) le débat démarre avec un certain consensus des intervenants en faveur de cette attitude critique, mais se braque donc, à ce point, sur la question du « stalinisme » et du PCF en Mai 68, incluse dans le titre…)

 

En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

20 septembre 16:01 (Anonyme)

Pas tout à fait d’accord avec ton titre … A Sochaux – Montbéliard des staliniens ont emprunté le fusil du cousin chasseur pour reprendre l’usine malgré leur ambivalence . Discours anti gauchistes pré fabriqué par leurs chefs d’un côté et conscience de classe persistante ou renaissante … Rien à voir avec des adeptes de sectes comme les antispécistes chargés d’utiliser ou de crétiniser l’extrême gauche …
Pour expulser ces minets sectaires biberonnés à l’ethnocentrisme petit bourgeois nous aurons sûrement besoin de  » frapper ensemble  » avec la CGT abattoirs et la confédération paysanne .
Alors , même si je suis d’accord avec ton titre , je le trouve maladroit , trop sec , pas assez diplomatique …

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En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

21 septembre 00:52,

 

par Luniterre

 

Bonjour à tous,

Pour ma part, en tant que « stalinien » avisé j’attendais que ce débat prenne forme et donc le moment adapté pour y placer un autre « correctif »…

« En mai 68, il fallait virer les staliniens… »

En fait, on ne les a pas virés, pour la bonne raison qu’il n’y en avait plus, réellement, à la tête du PCF, mais des révisionnistes, oui, à foison, et multiformes…

«  Pas tout à fait d’accord avec ton titre … A Sochaux – Montbéliard des staliniens ont emprunté le fusil du cousin chasseur pour reprendre l’usine malgré leur ambivalence . Discours anti gauchistes pré fabriqué par leurs chefs d’un côté et conscience de classe persistante ou renaissante … »

Mais quelques uns, donc, encore à la base, et avec une très grande ambivalence, effectivement, déjà générée par le confusionnisme idéologique de l’époque…. Qui ne s’est guère éclairci depuis, du reste, voire même, a plutôt empiré…

Un doc « ligne rouge » de 1969 atteste cependant qu’une poignée de maos se voulant ML était tout près de l’analyse historique à faire, concernant la véritable nature du thorezisme et de ses héritiers :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/05/17/ligne-rouge-en-1969-un-des-rares-documents-ml-de-lepoque-maoiste/

Les docs sortis depuis des archives soviétiques montrent encore davantage ce que les véritables staliniens en URSS pensaient vraiment de Thorez et des thoreziens. Le problème est qu’il n’y avait pas d’alternative pour remplacer utilement cette direction opportuniste et qu’il leur fallait donc faire avec…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

Cette « ambivalence » se retrouvait également dans le PCMLF qui n’a pas tardé à reprendre un pli davantage « néo-thorezien » que ML, ce même pli que l’on retrouve encore dans les sectes PRCF, PCRF, PR-C, RCC, etc…

L’ « ambivalence » pseudo-marxiste se retrouve également, effectivement, chez toutes les sectes trotskystes, pour lesquelles l’ « ambivalence » est quasiment une raison d’exister, tout simplement, à la base de leurs principes, et notamment, de leur « programme de trahison » (« transition » en langage trotskyste…).

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

Luniterre

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En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

21 septembre 02:48,

 

par do

Salut Luniterre,

Que penses-tu du rôle de Staline en Espagne en 1936-37-38-39 ?

A+,
do
http://mai68.org

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En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

22 septembre 02:53

 

par Luniterre

Bonjour, camarade

La question de la Guerre d’Espagne n’a qu’un rapport très indirect, à priori, avec les restes du stalinisme en Mai 68…
De plus il me semble avoir déjà abordé cette question avec toi, ici même…

Comme je te l’ai dit, et paradoxalement, mon approche de la question est plutôt celle des anars et communistes libertaires que j’ai fréquenté à l’époque de la dissolution de VLR, première manière… Et parmi eux, des anciens de cette cause, qui en avaient transmis la mémoire aux générations actives de l’époque. Et donc encore un certain réalisme, même si le discours était politiquement orienté « anti-stalinien ». Il en ressortait qu’il n’y avait pas réellement de prime d’exemplarité de comportement d’un côté ou de l’autre.

Dans une guerre civile ou la moindre faction est dotée d’armes, les différents de toutes sortes, et pas forcément « idéologiques », se règlent plus facilement à coups de fusils qu’à coups d’arguments.

Plutôt que de détailler les responsabilités de tel ou tel crime ou massacre, il me paraît plus utile de cerner le contexte qui crée une telle situation et de comprendre les impasses qui en découlent, leurs causes et les solutions à trouver pour ne pas retomber dans ce genre de piège qui a assuré la victoire des fascistes.

Le « rôle de Staline » là dedans n’est pas forcément à négliger, mais à relativiser, à moins de considérer qu’un seul homme fait le cours de l’histoire par lui-même et que tous les autres en dépendent et sont directement manipulés par lui, ce qui est évidemment non seulement une conception idéaliste de l’histoire, mais tout simplement une absurdité, quant au fond.

En tous cas, d’un point de vue dialectique, il faut considérer la situation dans sa globalité, en commençant par la situation interne de l’URSS, qui concernait certainement Staline en premier lieu, et c’était déjà une situation de lutte difficile pour la construction du socialisme dans des conditions d’isolement et déjà, en grande partie, d’encerclement, et sous la pression de la montée du nazisme. L’aide matérielle que l’URSS pouvait apporter à l’Espagne était donc nécessairement limitée, sans même parler des conditions d’acheminement.

Quoi qu’il en soit, et contrairement à une légende assez établie en France, et même et surtout à gauche, on ne voit pas l’intérêt que l’URSS aurait pu avoir à une défaite de la République Espagnole.

Le fait qu’il aurait pu y avoir une contradiction entre ligne diplomatique et politique communiste ne tient pas non plus si l’on prend la peine d’étudier sérieusement l’ensemble des situations similaires auxquelles s’est trouvée confrontée l’URSS stalinienne. Au bout du compte on constate que ce sont les dirigeants opportunistes locaux qui prennent le plus souvent ce prétexte pour esquiver leur propre responsabilité dans les échecs et/ou les reculades de leurs partis.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

Là encore le concept idéaliste d’un Staline omnipotent par dessus les frontières est d’un grand secours à tous les indigents de la pensée pseudo-« marxiste »…

La vraie cause de l’échec de la Révolution espagnole est plus évidente si on la compare avec la Révolution bolchévique :

Manque d’unité autour d’un programme précis, manque de direction unifiée et centralisée, surtout sur le plan militaire, mais qui ne peut exister sans unité politique…

Cela pose le problème du choix des objectifs et des étapes pour y parvenir. Pour atteindre chacun des objectifs il faut unifier le maximum de forces pour y aboutir avant de passer à l’étape suivante, à l’objectif suivant, en unifiant toujours le maximum de forces possibles, mais qui ne sont plus forcément les mêmes.

Des éléments de collectivisation étaient peut-être possible dans le cadre de l’unité, notamment dans le cas d’entreprises abandonnées, ou dont les responsables sont passés à l’ennemi, comme cela s’est fait également au Donbass, à partir de 2014-15, mais à condition de ne pas rompre, précisément, l’unité du front.

Je n’ai pas une connaissance détaillée suffisante de chaque cas d’espèce durant cette période 1936-39, mais il semble que les causes de divisions internes du camp républicain ont été multiples et certainement pas à mettre toutes du côté des « staliniens », ou supposés tels.

Les causes essentielles de cet échec sont à chercher dans la structure et l’histoire interne de ce mouvement et non pas du côté de Moscou…

La Révolution bolchévique, quant à elle, a triomphé dans des conditions au moins aussi difficiles, face, également, à un interventionnisme étranger massif, et surtout et de plus, sans aucune aide extérieure réellement conséquente, et donc, par ses propres forces, en fin de compte.

Luniterre

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En mai 68, il fallait virer les bureaucrates ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

23 septembre 01:08,

 

par do

Salut Luniterre,

Sur la révolution espagnole, car je ne parle pas de « guerre d’Espagne » mais bien de « révolution espagnole », voici une partie de l’oeuvre de Staline, et c’est bien évidemment lui-même qui a pris une telle décision :

Alors que les anarchistes espagnols avaient livré tout l’or de la banque d’Espagne à l’URSS, qui avait promis de livrer des armes en échange ; Staline n’a voulu livrer ces armes qu’à la petite minorité de communistes espagnols (80 000 communistes inscrits en 1936, et 2 millions d’anarchistes inscrits à la CNT). Staline pouvait livrer les armes très facilement à l’anarchiste Barcelone, sur la mer méditerranée. Mais il n’a pas voulu livrer ses armes aux anarchistes. Il voulait les livrer aux « communistes ». Or, les communistes étaient dans les Asturies, sur la côte atlantique.

Pour parvenir à livrer les armes aux Asturies, il fallait franchir le détroit de Gibraltar. C’était très difficile parce que l’Angleterre avait livré Gibraltar à Franco pour qu’il s’en serve de central téléphonique et surtout pour contrôler ce passage maritime très étroit. Il a fallu attendre de très nombreux mois afin que la marine soviétique puisse franchir ce passage pour aller aux Asturies. Et, pendant ce temps-là, les franquistes gagnaient du terrain. Si la révolution espagnole a été vaincue, c’est largement de la faute à Staline et donc à l’imperfection de la révolution russe.

En fait, en 1936, le Parti ne veut pas d’une révolution qu’il ne contrôle pas. Il refuse d’être débordé sur sa gauche. En 1936, en Espagne, la révolution aurait pu être une vraie révolution et aurait eu des répercussions jusqu’en URSS où Staline aurait pu perdre son pouvoir afin qu’un vrai communisme y voit le jour.

Staline ne voulait pas l’établissement du fascisme en Espagne, et il n’a pas voulu empêcher qu’il y ait une révolution dans ce pays (il n’y avait pas encore eu Yalta), mais il ne voulait pas que cette révolution aille trop loin. Il voulait pouvoir la contrôler. C’est une des raisons essentielles de la défaite militaire de la révolution en Espagne en 1939.

La vraie responsabilité des anarchistes dans la défaite, c’est qu’il ne fallait pas faire confiance à Staline. Il fallait lui donner seulement un dixième de l’or espagnol et attendre qu’il livre un dixième des armes à Barcelone avant de lui donner un autre dixième de l’or, etc.

La révolution en Russie a fini par disparaître, mais c’est aussi de sa faute, car elle était par trop imparfaite. En effet, en Espagne, Staline ne s’est pas comporté correctement (lis donc l’« hommage à la Catalogne » d’Orwell ou regarde le film « Land and freedom » de Ken Loach.

Si Staline avait accepté que la révolution espagnole de 1936 ne soit pas dirigée par lui, Staline, mais par la population espagnole révolutionnaire elle-même, dont l’immense majorité était anarchiste ; alors, cette révolution aurait vaincu en Espagne. Et, ayant deux appuis, un « communiste » en Russie et un « anarchiste » en Espagne, la révolution aurait totalement vaincu dans le monde entier.

Le rapport avec mai 68, c’est que les raisons pour lesquelles Staline ne s’est pas comporté correctement en Espagne en 36, sont les mêmes pour lesquelles la bureaucratie staliniène a été contre-révolutionnaire à Paris en 68.

Amicalement,
do
http://mai68.org

L’anarchie telle qu’elle fut effectivement vécue en Espagne en 1936 (vidéo 94’44) :

http://www.mai68.org/spip2/spip.php…

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En mai 68, il fallait virer les bureaucrates ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

23 septembre 03:35,

 

par Marc Arakiouzo

De toute façon la définition du stade inférieur du socialisme c’est « économie mondiale planifiée »+ échange inégal + réduction de l’état à l’administration des choses. Si on se place de ce point de vue Staline est un non-marxiste, pas parce qu’il a fait en fonction du rapport de forces mondial, mais parce qu’il a fait croire que le socialisme est possible dans un seul pays !
Très vieux débat éternel resservi ici à cause du titre maladroit de l’article, d’une urgence très actuelle, qui essaye d’alerter les quelques structures anars ou coco ou gauchos ou zadeuses qui se laissent noyauter par des sectes antispécistes qui pourrissent l’ambiance et sont suspectes. Il faut essayer d’armer les naïfs, les trop scrupuleux, les ouverts à tout mais aussi à n’importe quoi … Il me parait vraiment nécessaire de piger aussi à quoi jouent les mélenchonistes avec leurs niaiseries du type « harmonie avec la nature et les animaux » et leur fraternité répugnante avec la cheftaine du L214 ???

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En mai 68, il fallait virer les bureaucrates ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

24 septembre 22:51,

 

par Luniterre

« stade inférieur du socialisme » ???

Qézaco ???

Marx parle de phase de transition entre capitalisme et communisme, et il l’appelle « phase inférieure » ou première phase du communisme. Il n’en s’agit pas moins, donc, d’une phase de rupture avec le capitalisme, et il nous en donne une définition de principe très précise, nécessaire et suffisante, dans la Critique du Programme de Gotha.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Le principe même de cette transition, c’est que les producteurs contrôlent eux-mêmes leurs échanges économiques en valeur-travail par la planification en fonction de leurs besoins sociaux définis collectivement.

C’est ce principe que reprend Lénine, en Septembre 1917,

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/12/lenine-chapitre-v-l-etat-et-la-revolution.pdf

pour le programme économique de la Révolution bolchevique, et qui définit le socialisme (…phase inférieure du communisme) et par suite l’existence d’un secteur économique socialiste en URSS, ce que niera Trotsky, partisan d’étendre le contrôle par la NEP et la loi du marché à l’ensemble des entreprises déjà socialisées.(*)

Ce principe est donc viable à l’échelle d’un pays isolé, surtout à l’échelle de l’URSS.

C’est en raison même, par contre, de l’inégalité de développement économique inhérente au système capitaliste-impérialiste que la révolution socialiste mondiale ne peut surgir d’un coup et se trouve elle même confrontée à la situation de devoir survivre dans des pays ou groupes de pays relativement isolés. Ce n’est que la solidarité anti-impérialiste internationale qui peut en assurer le développement général.

Luniterre

(* Léon Trotsky, dans « la révolution trahie » …par lui-même :

_
https://www.marxists.org/francais/t…

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

Cité in :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/19/inedit-de-trotsky-un-echange-de-correspondance-suite-a-la-synthese-de-letude/ )

Concernant les problèmes économiques du socialisme en URSS, voir :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

Et Staline lui-même :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

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En mai 68, il fallait virer les bureaucrates ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

25 septembre 00:02,

 

par Marc Arakiouzo

Il y a eu des trucs socialistes faits en URSS mais il n’y a pas eu une seule minute de socialisme , parce que c’est impossible. Dans un seul pays le nouveau pouvoir se heurte à la résistance mondiale, économique et militaire, du capital qui en plus alimente les oppositions , ils sont alors en difficulté permanente = état policier répugnant indispensable + complexe militaro industriel à financer. Cela aboutit à une surexploitation bestiale style stakhanovisme … Cela dit c’est un débat éternel qui tient dans l’opposition entre partage de la misère et partage des richesses ! Mais ça m’énerve de vous aider à foutre le bordel dans ce débat désormais parasité par des routines anti trotskystes vs antistaliniennes vs anticommunistes anars qui correspond à vos obsessions, pas aux miennes .

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En mai 68, il fallait virer les bureaucrates ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

24 septembre 04:45,

 

par Luniterre

(En réponse à Do)

Bonjour, camarade

Pour discutable qu’il soit, le transfert des réserves d’or de la banque d’Espagne est une décision collective de la République Espagnole et non des seuls anarchistes de la CNT.

Concernant le solde de ce compte avec l’URSS, les avis des historiens sont partagés et bon nombre estiment que le compte était effectivement soldé par les livraisons d’armes, voire même avant la fin du conflit.

Le reliquat, s’il existe, serait à régler entre l’URSS et la République espagnole, deux entités aujourd’hui disparues… L’affaire aurait des airs de celle de l’ « emprunt russe » et peu de signification, en réalité.

Par comparaison, la Révolution bolchevique s’est vue, quant à elle, totalement dépouillée de l’or des tsars, ce qui ne l’a pas empêché de triompher.

Le principe même de la guerre populaire est d’abord de s’emparer des armes de l’ennemi. Après le naufrage du Granma les frères Castro et le Che se sont retrouvés avec une vingtaine de survivants et encore moins de fusils…

Alors qu’en Espagne le rapport de forces, au départ, était assez équilibré, et de plus, comme tu le soulignes toi même, les anars constituaient assez largement la majorité de la gauche et du camp républicain. Dans le reste même de cette gauche les communistes du PCE étaient nettement minoritaires, même par rapport aux autres formations politiques républicaines, sociales-démocrates et autres réformistes.

Si les anars peuvent être considérés comme la force la plus radicale socialement, compte tenu des influences révisionnistes déjà présentes au sein de la 3e internationale, la responsabilité historique d’organiser et de structurer politiquement ce mouvement leur incombait donc principalement, y compris dans la conduite de la guerre révolutionnaire.

Or celle ci exige manifestement une stratégie d’ensemble et donc un commandement unifié auquel doivent obéir les différents corps de troupe.

A défaut d’unification de ces différents corps, et dans la mesure où ils dépendent de formations politiques différentes, il faut donc arriver à un accord sur leurs places et rôles respectifs sur la ligne de front et s’y tenir dans le cadre d’une stratégie globale de résistance et de contre-offensive.

C’est ce qui a été fait au Donbass et permis une victoire aussi difficile et déterminante que celle de Debaltsevo, par exemple.

De plus, cela limite les risques d’affrontements internes au sein du camp antifasciste, et évite qu’ils deviennent rédhibitoires, en tous cas.

En Ukraine, c’est dans le camp des fachos que le sang coule fréquemment entre combattants du même camp. En Espagne, c’était le contraire, avec, malheureusement plus de progrès de l’unité au sein de leur camp, au cours du conflit, et plus de divisions, à gauche.

Quoi qu’il en soit, en tant que force majoritaire, tant la responsabilité de l’unité politique antifasciste que de l’organisation de la résistance et de la contre-offensive incombait aux anarchistes et ils n’ont tout simplement pas été à la hauteur de leur tâche historique !

En fait ils n’ont pas su établir une démarche dialectique entre lutte antifasciste et révolution sociale, et au contraire, accentué la contradiction entre ces deux processus, au lieu de la réduire positivement et utilement.

Luniterre

Répondre à ce message

 

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En mai 68, il fallait virer les bureaucrates ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

24 septembre 23:34,

 

par do

Salut Luniterre

Je croyais que sur l’Espagne de 36 tu étais sur les positions anarchistes. À lire ton message, on dirait pas.

L’or de la banque d’Espagne était un trophée anarchiste. C’était donc à eux de décider ce qu’ils en faisaient, même si c’était au nom de la République d’Espagne.

En échange de cet or, Staline n’a pas livré les armes à la République Espagnole, mais aux seuls communistes des Asturies, parce qu’il pouvait leur donner des ordres. Note bien que s’il avait été révolutionnaire pour de vrai, il aurait envoyé des armes même sans rien en échange.

Comme j’ai expliqué, les Asturies étaient de l’autre côté du détroit de Gibraltar. Et il a fallu attendre 6 très longs mois pour que la flotte russe transportant les armes puisse passer Gibraltar, et arriver aux Asturies. Alors que Staline aurait pu les livrer immédiatement à Barcelone. En plus du temps perdu — et on sait que dans la guerre, le temps compte énormément — il n’y avait dans les Asturies que quelques milliers de bras communistes pour tenir les fusils de la révolution, alors qu’il y en avait des millions à Barcelone. Des millions d’anarchistes et non-anarchistes.

Il y avait bien entendu une stratégie anarchiste définie par la FAI (Fédération Anarchiste Ibérique). Celle -ci consistait avant tout à faire la révolution dans toutes les villes et tous les territoires conquis. Ainsi, les gens étaient très motivés pour défendre ce qu’il avaient obtenu. C’était la même stratégie que Makhno pendant la makhnovtchina.

Mais Staline ne voulait pas de ça, il prétendait qu’il fallait d’abord gagner la guerre et que pour la révolution, on verrait plus tard. Et il a militarisé de force les milices anarchistes. Quand je dis de force, c’est de force, c’est-à-dire les armes à la main. D’un seul coup, les anarchistes se sont retrouvés avec une hiérarchie et des chefs.

Alors beaucoup se sont rebellés, on les appelait les Incontrôlés (los incontrolados). Durruti était pour eux l’exemple à suivre. Mais, les communistes possédant les armes, c’est eux qui prenaient les décisions pour la République Espagnole. Celle-ci décida par conséquent qu’il fallait faire la chasse aux incontrôlés. Ce sont les communistes qui s’en chargèrent avec plaisir. Et ils furent aidés en cela par les Brigades internationales aux ordres de Moscou.

Les Espagnols révolutionnaires se sont alors dit que s’ils gagnaient la guerre, tout ce qu’ils auraient était au mieux une république bourgeoise. Et ils ne voulaient pas mourir pour une république bourgeoise. Et ils ont alors posés les armes, et puisqu’on n’a pas fait la révolution, on a perdu la guerre.

Staline est responsable de cette défaite volontaire. Il a préféré la défaite à l’anarchie.

Amicalement,
do
http://mai68.org

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En mai 68, il fallait virer les bureaucrates ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

25 septembre 05:55,

 

par Luniterre

Bonjour, camarade

Est-ce que le problème est de comprendre l’histoire d’un point de vue « stalinien », « anar », ou sur la base du matérialisme historique et dialectique ?

Tu nous dis :

« L’or de la banque d’Espagne était un trophée anarchiste »

En 1923 le groupe anarchiste de Durruti avait effectivement organisé un « casse » impressionnant à la banque d’Espagne pour alimenter ses caisses de solidarité militante…

Pour 1936 , tu es le seul à défendre l ’« appartenance » de l’or aux anars…

Une confusion ??

En tous cas, il y avait bien des dissensions, sinon une confusion, entre les différentes tendances anarchistes au sujet de la stratégie à adopter vis à vis du Front Populaire…

La question de l’unité antifasciste, à cette époque, comme la question de l’unité anti-impérialiste, aujourd’hui, dépasse le stade de la querelle anars/stals, anars/ML, etc …

Les anarchistes, à l’époque, étaient probablement majoritaires à gauche, mais la gauche, dans son ensemble, n’était au mieux que faiblement majoritaire dans la société espagnole. Elle ne pouvait donc vaincre le fascisme qu’en conservant son unité et en ralliant des catégories antifascistes « modérées » sur le plan des transformations sociales à appliquer rapidement.

Vouloir généraliser la révolution sociale avant d’avoir vaincu le fascisme, c’était tout simplement aller au suicide, et c’est exactement ce qui s’est passé. De l’avis général des historiens, les modérés semblent avoir rendu les armes bien avant les anars… Ce qui est tout à fait à l’honneur de ces derniers, même si c’était la conséquence d’une stratégie désastreuse au départ.

Que les « staliniens » ou supposés tels, de l’époque, en aient profité pour vider une querelle sectaire, cela ne peut effectivement pas être tout à fait exclu, mais il n’en demeure pas moins qu’une stratégie unitaire ne pouvait faire passer l’élimination des partis républicains antifascistes avant le fascisme lui-même, fussent-ils des éléments de la bourgeoisie nationale antifasciste ou de la classe moyenne démocrate antifasciste.

Mais comme je te l’ai déjà fait remarquer, une stratégie unitaire aurait pu comprendre un accord sur les entreprises pouvant ou non être saisie et nationalisées et/ou collectivisées.

Une telle volonté d’accord unitaire n’existait pas, ni du côté de certains anars, comme Durruti, qui croyaient sincèrement pouvoir griller les étapes, ni du côté de certains dirigeants supposés « staliniens », mais déjà révisionnistes, en fait, comme Carrillo, qui ne voulaient probablement rien collectiviser du tout…

La vraie cause de l’échec vient bien de la révolution espagnole elle-même, et non de Staline…

Les anars, s’ils avaient eu une stratégie unitaire cohérente, auraient certainement triomphé, même sans les armes venant d’URSS, même sans l’or de la Banque d’Espagne, tout comme les bolcheviques en Russie et les castristes à Cuba, dépourvus de moyens matériels, financiers, et d’aides extérieures… !

Luniterre

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Suite Forum VLR,

à propos de…

 

Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 03:59,

 

par Georges Gastaud du PRCF

 

(En réponse au camarade Do)

 

« Marre de ces attaques anticommunistes. Garde les prochaines pour toi. Et constate que depuis que les « staliniens » sont par terre, le monde du travail est écrasé alors que lorsque les méchants stals faisaient 30% en 1945, après d’innombrables sacrifices, nous avons eu tous les acquis sur lequel nous vivons encore aujourd’hui. Honneur à Croizat (Sécu, retraites par répartition, conventions collectives, Code du travail, comités d’entreprise), à Thorez (nationalisation des mines, statut du mineur, statut du fonctionnaire, SMIG), à Marcel Paul (nationalisation de l’électricité, du gaz), à Billoux (Renault), à Joliot-Curie (reconstruction de la recherche publique), à Wallon et Langevin (reconstruction de l’école), et cent autres choses qui méritent autre chose que des attaques sans fin.

Et en Espagne aussi marre des calomnies, c’est l’Internationale communiste et elle seule qui a monté les Brigades internationales et au PRCF, c’est un de ces organisateurs des Brigades, le camarade Jean Hemmen, qui a été fusillé POUR NOUS ET POUR TOI au Mont-Valérien. Respect !

Répondre à ce message

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

25 septembre 04:03,

 

par do

Salut Georges,

Ce n’était pas contre toi. Ni contre les communistes, ni même contre certains de ceux qui croient encore en Staline, mais contre la bureaucratie stalinienne.

Et ce que j’ai dit n’enlève rien à la valeur de bien des gens que tu cites.

Je sais bien que les Brigades Internationales étaient le fait de Staline. Mais sais-tu qu’elles ont assassiné nombre d’anarchistes et de membre du POUM, en Espagne, sous prétexte qu’ils ne voulaient pas obéir à la bureaucratie stalinienne ?

Sur Staline, j’ai aussi écrit ceci, et cela devrait te plaire, je suppose :

http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

Sur la contribution soviétique à la victoire de 1945, j’ai publié ceci ;

http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

Et ceci : http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

Mais il faut quand même accepter de regarder aussi les défauts de la bureaucratie stalinienne

Bien à toi,
do
http://mai68.org

Répondre à ce message

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 13:36,

par Georges (Gastaud, NDLR)

a) Je refuse d’appeler bureaucrates des gens comme Hemmen, permanent du Komintern, qui étaient des MILITANTS dévoués jusqu’à la mort, et d’entrer ainsi dans la problématique trotskiste

b) J’ai moi-même écrit sur les déviances de Staline, mais sans tomber dans les concepts faciles des trotskistes et des anars

c) Le POUM et les anars étaient eux-mêmes, politiquement parlant, des boulets pour le Front populaire espagnol qu’ils ne cessaient de diviser, notamment par leur anticléricalisme infantile, autre chose sont les méthodes utilisées contre eux.

d) Le pb actuel n’est sûrement pas qu’on oublierait de critiquer Staline, le pb est que toute la réaction, tous les eurocommunistes, tous les trotskistes, tous les anars, tous les néo-maos à la Badiou, crachent jour et nuit sur Staline pour démolir l’URSS en cachant ce fait massif : le monde va cent fois plus mal depuis que l’URSS, défauts compris, a été sabordé à partir de l’argument de l’ « antistalinisme ». L’antistalinisme n’est que l’envers du « stalinisme », un culte de la personnalité à l’envers. Il faut rester sur les positions du Testament de Lénine qui proposait une critique équilibrée de Staline et des AUTRES dirigeants bolcheviks et qui proposait des remèdes simples et prolétariens pour parer aux dangers d’enkystement de la révolution.

Amitiés et merci pour les liens. G.

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 15:08,

 

par do

Salut,

Tu dis : « Le POUM et les anars étaient eux-mêmes, politiquement parlant, des boulets pour le Front populaire espagnol »

Mais sans eux, il n’y aurait eu aucune, absolument aucune résistance au coup d’État de Franco !

Tu dis : « le monde va cent fois plus mal depuis que l’URSS, défauts compris, a été sabordée »

Je suis absolument d’accord ! depuis 1992, on s’enfonce absolument dans le pire. J’ai écrit déjà quelque chose comme ce qui suit sur mon site, mais je n’arrive pas à le retrouver : « Tout se passe comme si l’existence-même de l’URSS avait été l’assurance-vie de tous nos acquis sociaux, retraites, salaires, sécurité sociales, services publics, etc. »

Tu parles à propos de Staline d’un « culte de la personnalité à l’envers ». Et tu as cent fois raison. Et il est insupportable de voir faire dans les médias l’égalité entre Staline et Hitler. Dans quelques années, ils nous diront que si Staline était un méchant, par contre Hitler était un gentil !

J’ai lu, il y a longtemps, deux ou trois fois le Testament de Lénine pour essayer d’y trouver ce que les trotskistes y voient : Ils prétendent que Lénine a confié sa succession à Trotski. C’est tout à fait faux : Lénine dit du mal de Trotski ET du mal de Staline. Par contre, il ne donne aucune solution pour remédier aux problèmes que ça pose. Il pose bien le problème dans son petit livre, mais ne donne aucune solution…

Amitié,
do
http://mai68.org

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 20:40,

 

par Xarlo

Je n’entrerai pas dans l’échange ; simplement, j’aimerais rappeler que, quand Santiago Carrillo SG du PCE fit le baise-main à la reine franquiste Sofia et fit allégeance à Juan Carlos II, l’URSS n’était pas encore dissous. Depuis, tant au pays basque des deux côtés de la Bidasoa qu’en Catalogne-sud -dans une moindre mesure- le PCE a tout fait pour saboter le droit d’autodétermination de nos peuples ! jusqu’à disparaître du panorama politique espagnol et ici également, en Iparralde (pays basque de l’état français). Pour les cadres du PC du coin, nous sommes des réacs puisqu’ils ne nous contrôlent pas ; et un poil plus à gauche aussi, il faut bien l’avouer ! En règle générale, ils préfèrent se saborder plutôt que de reconnaître leurs erreurs ; de plus ils sont plus nationalistes -français ou espagnols- que la droite dure. Pour eux l’internationalisme commence outre-mer et la solidarité doit s’appliquer entre et au sein des Etats déjà constitués et donc éternels. Quant à la lutte des classes… A tel point que nous avons dû créer nos propres organisations politique (successivement HB, Herritarrok, Sortu…) et syndical (LAB), outre nos propres écoles (Ikastolak), notre propre chambre d’agriculture (proche de la Confédération paysanne), etc…

Répondre à ce message

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 21:53,

 

par do

Merci pour ces infos,

Amitié,
do
http://mai68.org

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 12:59,

 

par Annie

Peux-tu lire Le choix de la défaite, chapitre 7. Cette sortie contre l’URSS n’a pas de sens…

Amicalement,

Annie

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 13:07,

 

par do

Salut,

J’ai lu ce livre il y a trop longtemps.

Mais j’ai lu aussi, certes il y a bien plus longtemps encore, au moins une quinzaine de livres sur la révolution espagnole. Dont Orwell, Spanich cockpit, Les amis de Durruti, un livre sur le POUM, etc.

Je pense que si l’URSS de Staline a eu bien des qualités, notamment de nous débarrasser des nazis ; elle a eu aussi des défauts et il faut accepter de les voir.

Je verrais bien ce que tu dis au chapitre 7 de ton fameux et excellent livre.

Mais je doute qu’il vienne contredire le fait que Staline n’a pas été correct en Espagne. Notamment livrer les armes dans les Asturies au lieu de les livrer à Barcelone. Et tuer nombre d’anarchistes « incontrolés », et de poumistes. Orwell, dans les rangs du POUM, a dû fuir l’espagne pour ne pas se faire tuer par la bureaucratie stalinienne. Et ce fut de justesse, s’il a échappé à la mort. As-tu lu son livre Hommage à la Catalogne ?

Amicalement,
do
http://mai68.org

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 13:14,

 

par Bruno Drewski

Réaction d’un de mes camarades très en contact avec les Espagnols et actif dans le mouvement communiste international … je ne sais pas lui répondre « qui est-ce do ? » … je l’ai envoyé sur ton site mai68. Mais si tu veux m’envoyer un « complément d’enquête » … je le ferai suivre.

amicalement

> Message du 25/09/18 09:31

> De : « Patrick
> A : « Bruno DRWESKI »
> Copie à :
> Objet : re : tr : Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

> C’est la thèse classique des anars et des trots, plus ou moins héritée de la CNT et du POUM …

> C’est une vision totalement irréelle,

> Je t’en parlerai,

> Qui est ce do ?

> Patrick

> Message du 24/09/18 23:17
> De : « Bruno DRWESKI »
> A : « Patrick
> Copie à :
> Objet : tr : Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

> > Cher Patrick

> > Je ne connais pas assez l’histoire de la république espagnole pour répondre à cela … mais si tu as quelques billes sur le sujet … fais le moi savoir.

> > merci

> > Abrazo

> > Bruno

Répondre à ce message

Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68 25 septembre 13:32, par do

Salut,

Comme complément d’information, je peux lui dire de lire ces articles qui racontent une partie de ma vie :

http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

Qu’il sache aussi que j’ai lu au moins une quinzaine de livres sur la révolution espagnole.

Que je n’ai pas dit que du mal de Staline :

http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

Que je n’ai pas dit que du mal de l’URSS :

http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

Mais, que je pense qu’il faut accepter de voir aussi bien les défauts que les qualités, de même qu’il faut accepter de voir aussi bien les qualités que les défauts.

Amicalement,
do
http://mai68.org

Répondre à ce message

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 13:40,

 

par Bruno

Salut

Je ne prends pas part à ce débat dans la mesure où je connais mal ce sujet si ce n’est qu’entre les républicains et Franco, là je sais où penche mes sympathies, pour le reste j’avoue mon ignorance …c’est pour cela que j’ai envoyé ton texte à un connaisseur (engagé) du sujet avec qui un échange pourrait être créatif …à une étape ultérieure.

En attendant il voulait savoir qui yu étais, ce qui est normal car il a vécu plusieurs années au Brésil et est donc très loin des cercles politiques français.

En tout cas, c’est quelqu’un de très jovial et prêt à toutes les discussions même si sur le sujet espagnol il a sans doute lu tes auteurs mais aussi d’autres. Je pense que l’essentiel est d’enrichir le débat, de ton côté comme du sien,

on verra !

a bientôt

Répondre à ce message

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 13:58,

 

par Rémy‌

Merci pour ces très utiles rappels historiques que je partage totalement.

Amitiés.
Rémy‌

Répondre à ce message

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 13:31,

 

par Luniterre

Bonjour, camarade

Dans cet article, tu reprends l’essentiel de ce précédent :

En mai 68, il fallait virer les bureaucrates ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

http://mai68.org/spip2/spip.php?article2223

auquel tu ajoutes la réponse faite dans l’échange qui s’en est suivi entre nous, à ton initiative, au sujet de la Révolution espagnole ( « guerre d’Espagne » et « Révolution espagnole » sont difficilement séparables ou même distinctes, j’espère que tu l’admettras…).

Pour ma part, j’avais d’abord pointé cette confusion essentielle et restée commune à tes deux articles, entre « stalinisme » et révisionnisme, et notamment concernant la réalité de la situation politique du PCF en Mai 68.

En effet, il est tout à fait impossible d’attribuer la ligne politique du PCF de cette époque au « stalinisme », bien que les trotskystes continuent de pratiquer ainsi, afin de sauvegarder leur petit fond de commerce anti-soviétique et anticommuniste, en réalité, ouvert en marge de l’agit-prop au service du système depuis la faillite du trotskysme en URSS.

Staline meurt en Mars 1953 et la contre-révolution khrouchtchevienne bat aussitôt son plein.

Si Thorez, à Paris, renâcle quelque temps encore, ce n’est pas sur les fondamentaux de cette contre-révolution, qui était en tous points raccord avec ses propres fondamentaux révisionnistes,

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/09/declaration-thorez-times-1946.pdf

mais uniquement sur le fait que la nouvelle direction soviétique souhaitait un « rajeunissement » de la direction du PCF en la personne d’Auguste Lecœur, qui avait, en outre, le prestige d’un authentique résistant…

Dès qu’ils ont réussit à se débarrasser de Lecœur, au prix de la mort de René Camphin, autre authentique résistant, les thoreziens n’ont pas tardé à s’aligner sur les positions les plus droitières des khrouchtcheviens, et même à en rajouter largement par la suite… !

En fait, on ne voit pas où mène cette confusion de ta part, à part tenter de sauver une lecture légendaire de l’histoire de la Révolution Espagnole, qui, minée par ses divisions internes, y compris au sein du mouvement anarchiste, sa composante effectivement la plus importante, n’en déplaise à M. Georges Gastaud, était donc dans l’incapacité de vaincre.

De plus, dans cette affaire d’ « or espagnol », tu voudrais attribuer une sorte de rôle de « Robin des bois » aux anars espagnols… Or si cela a pu être vrai en 1923, cela ne l’était plus en 1936, comme je te l’ai expliqué dans l’un de mes posts en réponse :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article2223#forum1607

A quoi aboutit cette démarche, outre le fait qu’elle repose sur une approche idéaliste de l’histoire ?

A faire sortir M. Georges Gastaud de ses gonds archi-usés et rouillés par le social-chauvinisme ?

En réalité, et paradoxalement, tu lui sers involontairement la soupe en redorant le blason terni de l’histoire du PCF, en lui redonnant un lustre « stalinien » qu’il n’a jamais eu, en réalité, sauf en paroles flatteuses obligées par les circonstances historiques de l’époque…

Cela est largement attesté par tous les documents historiques désormais accessibles concernant les relations réelles entre le PCF et l’URSS d’époque stalinienne.

C’est pour ce genre de raison, entre autres duplicités, que M. Georges Gastaud est bien obligé de cautionner également cette lecture idéaliste et trotskyste de l’histoire, même si c’est pour tenter simplement de valoriser le lustre néo-thorezien qu’il veut à tout prix sauvegarder pour son groupuscule PRCF.

Alors que faire une étude matérialiste et dialectique de l’histoire aboutit à un résultat tout à fait différent, que ce soit concernant le stalinisme, l’histoire de l’URSS, du trotskysme, du mouvement libertaire espagnol, etc…

Il ne s’agit pas de faire reposer la démarche sur un préjugé en faveur de tel ou tel courant idéologique, mais simplement de remettre le rôle de chacun dans le contexte général de la lutte des classes, de la lutte antifasciste, et, aujourd’hui, de la lutte de résistance globale anti-impérialiste et anticapitaliste.

Cela peut difficilement être résumé dans un post… Concernant le débat auquel tu m’a invité sur le sujet du rapport entre Staline et la Révolution espagnole, c’est néanmoins ce que j’ai tenté de faire dans mes différents posts en réponse :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article2223#forum1589

http://mai68.org/spip2/spip.php?article2223#forum1593

http://mai68.org/spip2/spip.php?article2223#forum1597

http://mai68.org/spip2/spip.php?article2223#forum1607

Concernant l’histoire de l’URSS il y a maintenant quelques ébauches utiles et documentées, sur TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

(Avec de nombreux liens vers d’autres articles sur le sujet…)

Concernant la réalité du trotskysme aussi, et, notamment, sur la pensée économique de Trotsky :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/19/inedit-de-trotsky-un-echange-de-correspondance-suite-a-la-synthese-de-letude/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

Concernant l’histoire du PCF, également, même si la documentation sur la mort de René Camphin, par exemple, n’a pas encore été entièrement utilisée ( En son temps, cela viendra…) :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/12/23/pour-reconstruire-une-gauche-en-2016-sortir-enfin-les-cadavres-du-placard-thorezien/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/05/12/sous-legide-du-cnr-massacre-en-algerie-des-le-8-mai-1945/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/03/le-mythe-du-nouveau-cnr-vieux-serpent-de-mer-du-social-chauvinisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/11/mounette-dutilleul-ou-la-memoire-effacee-comment-appeler-les-choses-par-leur-nom/

Luniterre

Répondre à ce message

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 15:27,

 

par do

La révolution étant interdite, la guerre d’Espagne était perdue d’avance

Salut Luniterre,

Je n’ai pas répondu par manque de temps à ton post sur mon autre article concernant ce sujet.

Contrairement à ce que tu dis, ma vision de l’histoire de la révolution espagnole est la bonne. Il n’y a pas confusion de ma part entre les divers casses faits par Durruti et la prise de l’Or de la banque d’Espagne par les anarchistes. C’est bien eux qui ont pris cet or ! Qui d’autre sinon ?

Et dire que c’est la république espagnole, et pas les anarchistes, qui ont livré cet or à Staline n’a pas de sens, vu l’influence énorme qu’avaient les anarchistes sur elle au début ; la république n’existant plus dès le coup d’État de Franco, si les anarchistes n’avaient pas été là.

Sache aussi que, très en colère contre Staline, Diego Camacho (Abel Paz) m’a dit un jour que les anarchistes n’avaient pas demandé les Brigades Internationales à Staline. C’est Staline qui les a imposées, et, grâce à elles, a pu imposer la fin de la révolution espagnole et son remplacement par la guerre d’Espagne.

Car oui, il y a une énorme différence entre guerre d’Espagne et révolution espagnole. Faire la révolution, cela signifiait la faire dans toutes les villes, villages, et endroits contrôlés par les anarchistes. Staline a interdit ça, et a imposé de faire seulement la guerre.

Pour cela, avec l’aide de ses Brigades Internationales, il a militarisé de force les milices anarchistes, qui, du jour au lendemain, se sont retrouvées avec des chefs et une hiérarchie. Beaucoup se sont rebellés. On les appelle les incontrôlés (los incontrolados) et, comme j’ai déjà dit quelque part, Durruti était leur exemple incontesté.

C’est essentiellement à partir de là qu’il y a eu les divisions entre anarchistes. Pas avant. Car il y a eu des « anarchistes » qui ont accepté la militarisation et d’autres pas. Tu auras compris que les vrais anarchistes les plus courageux sont devenus des incontrôlés.

Et il y a eu la chasse aux incontrôlés décrétée par la République espagnole sous l’influence directe des « communistes ». Les « communistes » avaient les armes, donc c’est eux qui commandaient.

Comme quatre « anarchistes » (des traitres) avaient finalement accepté de participer à la république bourgeoise, une fraction des anarchistes a participé à la chasse aux incontrôlés. C’est ça, la division au sein des anarchistes, et Staline en est à la source.

Et, comme Guy Debord, je suis d’ailleurs sûr que c’est des « anarchistes » qui, participant à la chasse aux incontrôlés, ont assassiné Durruti sur le front de Madrid, mort d’une balle tirée dans son dos, alors qu’il n’avait que des anarchistes autour de lui. (Je précise que ce n’est pas l’avis de Diego Camacho qui, pensant que jamais un anarchiste n’aurait assassiné Durruti, croit plutôt à un accident)

La chasse aux incontrôlés cela voulait dire tuer ceux qui voulaient être jusqu’au bout des incontrôlés. Tel a été l’un des rôles essentiels des brigades internationales.

Si Staline avait tenu parole et livré ses armes à Barcelone, et s’il n’avait pas envoyé ses brigades internationales pour tout contrôler, la révolution espagnole aurait peut-être gagné la guerre.

Mais, comme j’ai déjà dit, la révolution ne se faisant plus dans les villes libérées, les gens ne voyant pas l’intérêt de mourir pour une république bourgeoise, ils ont donc cessés de se battre.

La révolution étant interdite, la guerre était perdue d’avance.

Amicalement,
do
http://mai68.org

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 17:56,

 

par Luniterre

Tu affirmes :

« Contrairement à ce que tu dis, ma vision de l’histoire de la révolution espagnole est la bonne. Il n’y a pas confusion de ma part entre les divers casses faits par Durruti et la prise de l’Or de la banque d’Espagne par les anarchistes. C’est bien eux qui ont pris cet or ! Qui d’autre sinon ? »

Si tu as une documentation sérieuse qui atteste cette version de l’histoire, il faut donc la publier, car on ne la trouve nulle part ailleurs, même chez les anars…

La responsabilité, selon les versions, est partagée entre Negrin et Caballero, qui ne sont jamais que des sociaux-démocrates…

Caballero, formellement un peu plus “à gauche”, semble parfois avoir été surnommé le “Lénine espagnol”, c’est dire si l’on peut douter, finalement, qu’il y ait eu de véritable dirigeants communistes à cette époque, même au PCE… La carrière ultérieure de Santiago Carrillo semble donc confirmer l’emprise précoce du révisionnisme sur ce parti, même s’il était, par ailleurs, sincèrement antifasciste, mais, effectivement, d’un point de vue démocratique bourgeois.

Concernant le point de vue anarchiste, voici ce que j’ai pu trouver, avec un peu de chance :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/09/correspondance-camacho-oliver.pdf

(Ici, il semble bien s’agir du même Camacho (Abel Paz) que tu cites dans ton post.)

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/09/durruti-dans-le-labyrinthe-miguel-amorc3b4s.pdf

Il semble en ressortir qu’une sorte de hold-up anarchiste ait été effectivement envisagé par certains, mais jamais mis en œuvre… Le simple fait de l’existence du projet semble même faire débat…

Mais peut-être as- tu mieux ?

Ce serait donc une sorte de scoop historique…

Luniterre

PS : pour le reste, ne vois tu pas que tu inverses le processus dialectique le plus évident en supposant qu’il aurait été plus facile d’unir les antifascistes sur un projet de révolution communiste éliminant de fait et d’abord la bourgeoisie nationale et les classes moyennes antifascistes, et cela sans risquer de les faire basculer dans le camp facho, ou, à tout le moins, de les rendre hostiles à la résistance…!!??

Sans même rappeler les divisions internes qui minaient, dès le départ, les factions apparemment “radicales” de la gauche espagnole… Ce que l’épreuve du feu n’a fait que révéler et creuser encore davantage…

Quel gâchis et quelle tragédie !

Staline a peut-être eu des torts, qui restent à prouver sérieusement, mais en attendant, il a surtout le dos large et rend bien des services, en tant que bouc émissaire, me semble-t-il !

En réalité, et même avec un point de vue critique, il mérite, historiquement parlant, mieux que ça !

Luniterre

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 19:21,

 

par do

Je n’ai pas le temps de relire la quinzaine (au moins) de bouquins que j’ai lu, il y a longtemps, sur la révolution espagnole. En plus, il faudrait que je retrouve les livres en question ! Mais piller la banque, c’est évidemment un truc d’anarchistes ! Les autres étaient beaucoup trop mou pour ça !

Staline a voulu diriger lui-même la révolution espagnole (qu’il a transformé de force en guerre d’Espagne) au lieu de laisser les Espagnols décider eux-mêmes de ce qu’ils avaient à faire.

Si Staline avait encore été révolutionnaire, et d’une il n’aurait pas demandé l’or espagnol pour aider la révolution, il l’aurait fait de lui-même sans rien demander en échange ; et de deux, il n’aurait pas décidé à la place des Espagnols de ce qu’il convenait de faire.

Salut,
do
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PS) je suis peut-être fatigué, ou tu t’es mal exprimé, mais je ne comprends pas ce que tu veux dire avec :

« ne vois tu pas que tu inverses le processus dialectique le plus évident en supposant qu’il aurait été plus facile d’unir les antifascistes sur un projet de révolution communiste éliminant de fait et d’abord la bourgeoisie nationale et les classes moyennes antifascistes, et cela sans risquer de les faire basculer dans le camp facho, ou, à tout le moins, de les rendre hostiles à la résistance… !!?? »

Pourrais-tu redire la même chose autrement ?

PPS) Pourrais-tu faire un article spécial qui s’appellerait tout simplement « Le révisionnisme » et où tu expliquerais ce qu’est très précisément le révisionnisme. En disant objectivement non seulement ce que tu entends par là, mais aussi ce que d’autres personnes entendent par là. Car j’ai l’impression que tous les communistes n’emploient pas le mot « révisionnisme » au mêmes sens.

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 19:32,

 

par do

Sauvegarde sur mai68.org des documents que tu fournis :

Durruti dans le labyrinthe : http://mai68.org/spip2/IMG/pdf/durr…

Correspondance entre Camacho et Oliver : http://mai68.org/spip2/IMG/pdf/corr…

Bien entendu, il s’agit du Diego Camacho dont je parle.

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 22:41,

 

par mivila

bjr camarade,

je croyais que vous etiez stalinien. je suis content que vous en soyez pas tomber dans cette orniere….

voici trois preuves que l’on ne peut pas defendre staline :

Staline aurait (d apres ceux qui s’en reclame) lutter contre la bureaucratie,
PB pourquoi a t il fait assassiner trotsky alors que Il l’a lui même dénoncé
Staline a signer le pacte germano sovietique (ca ne me choque pas perso, puis que c’est tactique)

PB mais pour quoi n’a t’il pas à ce moment la deplacer les usines vers l’est tout de suite plutot qu’attendre barbarossa.

Il y a eu des militants communistes qui ont eu le malheur de connaitre successivement le goulag puis les geoles hitlerienne.
PB c’est staline qui les a remis a hitler (exple margaret buber neuman)

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 22:54,

 

par do

Salut,

Je ne savais pas que Staline avait livré des communistes à Hitler. J’ai donc fait des recherches dans google au nom que tu cites, Margarete Buber-Neuman.

J’ai trouvé plusieurs articles confirmant ce que tu dis dont celui de Wikipédia, vu en premier, mais comme j’ai pas confiance en wikipédia quand il s’agit de politique, j’ai continué à chercher, tous les article que j’ai vu confirment ce que tu dis. Je livre ici un témoignage PDF :

http://mai68.org/spip2/IMG/pdf/Marg…

A+
do
http://mai68.org

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

27 septembre 06:31,

 

par Luniterre

Pour ma part, je ne me détermine pas en fonction de préjugés, « staliniens » ou « anti-staliniens » mais en fonction des faits et de la correspondance qu’il est possible d’établir entre les faits et les écrits des uns ou des autres.

La « livraison » de communistes à Hitler est souvent évoquée (…par les anticommunistes), mais sans que je n’ai pu trouver de base réelle jusqu’à présent.

C’est donc le premier cas qu’il m’est donné d’étudier et je remercie donc le camarade Mivila pour ce document.

Ceci dit, il s’agit ici d’un « portrait », établi par Pierre Rigoulot, et non réellement d’un témoignage, au premier degré et au sens réel du terme.

J’ai donc cherché à mieux connaître à la fois et Margarete Buber-Neumann et Pierre Rigoulot.

Pierre Rigoulot est un complice de Stéphane Courtois pour la rédaction du « Livre noir du communisme », ce qui situe déjà assez bien le personnage…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rigoulot

A propos de Margarete Buber-Neumann, sa bio nous est présentée ainsi :

« Dans les années 1920, Margarete Thüring adhère au Parti communiste d’Allemagne. Elle épouse Rafael Buber, fils du philosophe Martin Buber et communiste. Elle devient en 1928 employée d’Inprekorr1. Le couple Buber a deux filles, puis divorce en 1929. Elle vit ensuite avec Heinz Neumann (de), l’un des leaders du parti communiste allemand2. En 1932, Heinz Neumann s’oppose à Staline sur la stratégie à suivre vis-à-vis du parti nazi et est mis à l’écart. Le couple est toutefois envoyé en Espagne par le Komintern. »

Il n’y avait donc pas que des « staliniens » dans les Brigades Internationales…

La 3e Internationale, dès cette époque, en réalité, semble avoir été sérieusement noyautée…

Par la suite, Margarete Buber-Neumann fut effectivement, après son mari, victime des « purges » anti-trotskystes et contre les autres factions d’opposition en URSS. De fait, elle a eu réellement la chance de s’en tirer, et elle a pu finalement faire carrière dans l’anticommunisme, en fait, comme beaucoup d’autres opposants anti-soviétiques.

D’après Wikipédia en anglais (l’article français étant à « créer »), Neumann « … was sentenced to death on 26 November 1937 by the Military Collegium of the Supreme Court of the Soviet Union and shot the same day. »

Autrement dit, condamné à mort par la justice militaire de l’URSS.

Reste à savoir la nature réelle de leur activité anti-soviétique, et même sa réalité éventuelle. Faute de plus de doc sur le sujet, difficile de se faire une opinion fondée sur autre chose que des préjugés, et comme je n’en ai pas, je reste donc réservé sur ces deux cas.

Concernant l’histoire de l’or espagnol en 1936, il semble par contre bien établi que les anars n’y ont joué au mieux qu’un rôle secondaire, et non décisif, et que, de plus, ils étaient également divisés sur cette question.

Concernant l’idée de faire un article général sur le sujet du révisionnisme pour publication ici, pourquoi pas… ? Il me faudra en trouver le temps, néanmoins…

Concernant le processus dialectique, je peux tenter une autre image, en quelque sorte, qui est celle d’un écheveau emmêlé dont les différents fils sont les différents aspects de la réalité à laquelle nous sommes confrontés. Comme ont le voit, à toute époque, en 1936 comme aujourd’hui, elle est extrêmement complexe, même si chaque problème, pris isolément, peut paraître simple.

En réalité, agir sur une seule question fait évoluer l’ensemble de la situation, tant les fils sont emmêlés.

Pour ce qui nous concerne, on voudrait évidemment aller directement au cœur du problème global et tirer tout de suite le fil de la révolution prolétarienne…

Mais même si ce fil est au cœur de l’écheveau, peut on le tirer directement sans resserrer encore plus autour du prolétariat l’ensemble des fils qui l’emprisonnent ? A t-on les forces et les moyens de démêler l’ensemble de ces fils ou même de les briser tous avant qu’ils ne se resserrent, comme ce fut le cas en Espagne ?

Autrement dit, dans ce cas, monter directement à l’assaut de la bourgeoisie républicaine antifasciste, est-ce le meilleur moyen de vaincre le fascisme et d’assurer le triomphe de la Révolution ?

Il est évident que non. C’est seulement le moyen de se trouver contraint de combattre deux ennemis à la fois, alors que l’on arrive déjà pas à réunir les forces suffisantes pour en combattre efficacement un seul… !

Étant la force relativement la plus importante du camp antifasciste, le mouvement anarchiste avait probablement le moyen d’imposer certaines conditions qui lui auraient permis de développer son projet sans rentrer en conflit prématuré avec la bourgeoisie nationale républicaine.

La négociation, comme je l’ai suggéré par analogie au Donbass, aurait pu porter sur les critère aboutissant à nationaliser et/ou collectiviser telle ou telle entreprise.

Et aussi, évidemment, sur les améliorations sociales générales à apporter tout de suite…

Mais surtout, elle aurait du régler l’organisation, le rôle et la répartition des forces militaires en présence, comme cela a pu être fait au Donbass, également, avec une stratégie et un commandement antifasciste unique.

Avec la victoire sur le fascisme, dont elle eu été regardée comme l’intervenant principal, la mouvance anarchiste en serait sortie encore renforcée, et non affaiblie, et en meilleure position pour faire avancer son projet global, en eut-elle un de réellement cohérent.

Luniterre

https://fr.wikipedia.org/wiki/Margarete_Buber-Neumann

https://en.wikipedia.org/wiki/Heinz_Neumann

https://en.wikipedia.org/wiki/Military_Collegium_of_the_Supreme_Court_of_the­_Soviet_Union

https://fr.wikipedia.org/wiki/Inprecor

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rigoulot

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

27 septembre 14:59,

 

par do

Salut Luniterre,

Non, bien sûr, il n’y avait pas que des staliniens dans les brigades internationales. Orwell lui-même étant en contact avec des trotskistes anglais a fait partie, en quelques sortes, des brigades internationales, en partant combattre dans les rangs du POUM ; dont le dirigeant était l’ancien secrétaire de Trotski, et dont il s’était séparé politiquement je ne sais plus pourquoi. Il est à noter qu’une fois sur place, Orwell s’est senti plus proche des anarchistes que des poumistes ; mais, il est resté avec les poumistes par fidélité ou par amitié.

De toute façon, que ce soit les anarchistes ou pas qui se soient emparé de l’or de la banque d’Espagne ne change pas grand chose au fait que Staline a préféré attendre 6 mois (cela aurait pu être plus) pour livrer les armes aux Asturies, alors qu’il pouvait les livrer sans problème immédiatement à Barcelone. Mais il voulait diriger les choses à la place des Espagnols.

Quand à la bourgeoisie, la majorité des capitalistes espagnols soutenaient en fait Franco, comme d’ailleurs tout le capitalisme au niveau international ; et l’Espagne, étant très peu industrialisée, était surtout la proie de gros propriétaires terriens qui soutenaient tous Franco. Il n’y avait donc aucun compromis à faire.

Il faut noter d’ailleurs une erreur dans les analyses de Karl Marx, qui considère que les paysans sont fondamentalement réactionnaires. L’Andalousie et l’Aragon étaient essentiellement agricoles, pourtant l’ensemble des paysans étaient proche de la révolution anarchiste.

Amicalement,
do
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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

28 septembre 09:59,

 

par Luniterre

Bonjour, camarade !

« …que ce soit les anarchistes ou pas qui se soient emparé de l’or de la banque d’Espagne » , selon la logique que tu nous proposes toi même au départ, dans ce débat, cela change effectivement les données du problème. Et de manière simple et évidente : si les anars avaient été réellement responsables de la livraison de l’or espagnol à l’URSS, le contrat aurait effectivement été entre l’URSS et eux, en tant que première force représentative de la Révolution espagnole.

Mais en réalité, ce n’était donc pas le cas, et le contrat réel était bien entre la République Espagnole et l’URSS .

Et comme, selon toi, pour les anars, « Il n’y avait donc aucun compromis à faire », il est clair que l’URSS tenait compte du fait qu’une partie importante des anars était ouvertement hostile au gouvernement républicain du Front Populaire, et même prête à le combattre militairement, et, dès lors, il aurait été absurde de livrer des armes à une organisation hostile au gouvernement avec lequel elle venait de passer contrat !

Cela aurait même été compris comme le déni d’un engagement et un discrédit pour l’URSS.

Le débat au sein du mouvement anarchiste était connu bien avant 1936 et Staline ne pouvait l’ignorer, et devait, en toute logique, en tenir compte.

On ne voit pas pourquoi non plus les anars lui réclamaient éventuellement des armes sans se prononcer ouvertement sur la question et lui demander donc carrément de cesser de reconnaître et de soutenir la République Espagnole. En effet, on ne peut à la fois reconnaître un Etat, dans ces circonstances conflictuelles, et le combattre militairement de façon ouverte et publiquement reconnue.

La question reste donc bien celle de la nécessité ou non d’unir largement contre le fascisme, dans ces mêmes circonstances.

La bourgeoisie nationale républicaine était encore, via le PSOE, le premier parti de la gauche espagnole, en terme de soutien populaire, et loin devant le PCE, par exemple.

Au plus bas de son étiage électoral, en 1933, cette gauche bourgeoise républicaine représentait 3 118 000 voix, et au plus fort, en 1936, 4 450 000, soit un différentiel de 1 332 000 voix.

Compte tenu que la CNT avait appelé aux urnes, en 36, contrairement à 33, cela donne, en proportion, une idée approximative de son influence, même s’il faut y rajouter ceux qui ont persisté à s’abstenir…

Quoi qu’il en soit, s’opposer, sur cette base, à la fois au camp républicain et aux fascistes, qui, électoralement, pouvaient semble-t-il légitimement revendiquer la nullité de ces élections, où, en réalité, la droite était encore majoritaire, en nombre total de voix, c’était véritablement et évidemment aller au combat sur un rapport de forces extrêmement défavorable, et un échec sanglant assuré, ce qui n’a, hélas, pas manqué.

Il y a effectivement lieu de critiquer l’ambivalence du PCE, qui ne formait pas réellement une avant-garde prolétarienne, mais se posait plutôt en « aile gauche » de la social-démocratie, mais on ne peut reprocher à l’URSS de n’avoir pas tenu ses engagements.

Si une ligne révolutionnaire d’unité antifasciste menant à la Révolution socialiste était impossible à mettre en pratique, cela tient autant à l’ambivalence de l’attitude des anars que de celle du PCE, effectivement, et nullement à l’action de l’URSS, qui ne pouvait manifestement rien faire d’autre, dans une telle situation, sauf, à la rigueur, se garder d’intervenir, tout simplement !

Luniterre

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

29 septembre 15:48,

 

par do

Salut Luniterre,

Jamais les anarchistes n’ont combattu, ni voulu combattre la République. C’est même pour en prendre la défense qu’ils ont résisté militairement, après avoir pillé les armureries, au coup d’État de Franco.

Puisque l’or Espagnol est parti de Carthagène, sur la méditerranée ; les Soviétiques pouvaient très bien utiliser Carthagène, par exemple, pour livrer les armes à la République. Ainsi, ils n’auraient pas eu besoin de franchir le détroit de Gibraltar tenu par Franco. Ce qui leur a pris des mois, ce qui aurait pu leur prendre plus longtemps encore ; et, même, ils auraient très bien pu ne jamais pouvoir passer.

Mais, ils voulaient à tout prix livrer ces armes, non à la République en soi, mais aux communistes des Asturies à qui ils pouvaient donner des ordres.

Donc, que ce soit les anarchistes ou la République qui ait livrés l’or de la banque d’Espagne à l’URSS ne change effectivement pas grand chose.

Cependant, voici deux extraits de l’article de Wikipédia intitulé L’or de Moscou :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Or_de…

L’ordre de transfert et ses motivations

On parle aussi du danger des anarchistes de la FAI (Fédération anarchiste ibérique), et de leur intention d’attaquer les chambres fortes de la Banque d’Espagne et de transférer les réserves d’or à Barcelone, le bastion de la CNT (Confédération nationale du travail) et de la FAI, non seulement pour le maintenir en sécurité, mais aussi pour acheter du matériel de guerre pour leur propre compte. Ce plan aurait été préparé par Diego Abad de Santillán, un des plus ardents détracteurs de Negrín, mais de telles assertions sont considérées inexactes par l’historien libertaire Francisco Olaya Morales (es), qui estime que l’or est transféré à Carthagène non pour des raisons de sécurité, mais avec l’intention préconçue de l’envoyer à Moscou

Le 14 septembre 1936, des carabiniers et des miliciens entrent dans la Banque, envoyés par le Ministère de l’Hacienda en accord avec les comités syndicaux de la Banque de l’UGT (Union générale des Travailleurs, syndicat proche des socialistes) et la CNT (Confédération nationale du travail, anarcho-syndicalistes). Le directeur général du Trésor, Francisco Méndez Aspe, futur Ministre de l’Hacienda dans le gouvernement de Negrín, dirige l’opération d’appropriation. Il est accompagné du capitaine Julio López Masegosa et d’une cinquantaine de métalliers et de serruriers.

Ces extraits de Wikipédia laissent penser que ce sont les anarchistes qui ont forcé la République à prendre l’or de la banque d’Espagne pour le livrer à Moscou ; la menaçant, si elle ne le faisait pas, de prendre cet or eux-mêmes pour leur propre compte.

Amitié,
do
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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

 

30 septembre 04:35

 

Par Luniterre

 

Bonjour, camarade !

Après avoir affirmé qu’ « Il n’y avait donc aucun compromis à faire » avec la bourgeoisie nationale républicaine, http://mai68.org/spip2/spip.php?article2235#forum1637

tu te contredis encore :

« Jamais les anarchistes n’ont combattu, ni voulu combattre la République. C’est même pour en prendre la défense qu’ils ont résisté militairement, après avoir pillé les armureries, au coup d’État de Franco. »

Et manifestement contre l’évidence, vu la guerre civile menée également contre le gouvernement républicain, de façon plus ou moins larvée, au début, puis carrément ouverte, comme à Barcelone, en Mai 1937 :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_mai_1937_%C3%A0_Barcelone

On ne voit donc toujours pas pourquoi l’URSS aurait du les armer contre la République, à moins de vouloir la défaite de l’Espagne républicaine !

Concernant la qualité de l’armement soviétique, tu reprends les habituelles jérémiades anti-soviétiques sur le sujet, alors que c’est loin d’être l’avis général, sauf chez les anti-soviétiques, évidemment… :

http://chs.huma-num.fr/exhibits/show/marty-et-les-brigades-internat/guerre-d-espagne/des-armes-pour-l-espagne

De plus, selon les anars, ce sont bien eux-même qui ont refusé de traiter avec les russes… :

« Rosenberg proposa à Durruti et Besnard de les rencontrer pour un échange de points de vue, mais ceux-ci, considérant qu’ils n’avaient rien à dire à un ambassadeur, refusèrent. »

Miguel Amorôs

DURRUTI dans LE LABYRINTHE

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/09/durruti-dans-le-labyrinthe-miguel-amorc3b4s.pdf

Tu t’obstine également sur cette autre idée tout aussi évidemment fausse :

« les Soviétiques pouvaient très bien utiliser Carthagène, par exemple, pour livrer les armes à la République. Ainsi, ils n’auraient pas eu besoin de franchir le détroit de Gibraltar tenu par Franco. Ce qui leur a pris des mois, ce qui aurait pu leur prendre plus longtemps encore ; et, même, ils auraient très bien pu ne jamais pouvoir passer. »

Alors que les historiens de tous bords convergent sur le point d’arrivée des armes soviétiques, dès début Octobre 1936, avant même le départ de l’or pour Odessa, qui a lieu, quant à lui, le 25 Octobre… !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Or_de_Moscou#Appropriation_de_l’or_et_transfert_%C3%A0_Carthag%C3%A8ne

Et pour finir, tu tentes de sauvegarder ta première affirmation sur la responsabilité des anars dans la saisie de l’or de la Banque d’Espagne en découpant deux passages de l’article « l’or de Moscou » qui n’ont rien à voir entre eux…

Le premier rapporte une simple rumeur d’un projet avorté et démenti par les anars espagnols eux-même, (voir ci-dessous) et pour cause, car les présentant précisément comme agissant pour leur propre compte, et non pour celui de la République, ce qui les discrédite, une fois de plus !

Le deuxième fait allusion à leur accord syndical pour l’intervention des milices agissant sous les ordres de la République, par contre, et en exécution de ses directives, tout simplement !

Le point de vue des anars eux-mêmes était déjà dans les docs que je t’ai communiqué, et que tu as toi-même enregistrés sur VLR, de plus !

Bien évidemment, la présentation du contexte politique est faite de leur point de vue, dont j’ai déjà suffisamment démontré les contradictions internes et les incohérences dans mes posts précédents pour ne pas y revenir, mais la description des faits y est précisément et carrément en dénégation de toutes tes affirmations sur cette histoire d’or… :

Miguel Amorôs

DURRUTI dans LE LABYRINTHE

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/09/durruti-dans-le-labyrinthe-miguel-amorc3b4s.pdf

« Inquiet des projets belliqueux d’Hitler, le gouvernement soviétique cherchait à parer la menace en s’alliant aux démocraties bourgeoises ; c’est pourquoi il avait adhéré le 25 août au Comité de non-intervention, et Staline signé le 28, le lendemain de l’arrivée de Rosenberg à Madrid, un décret interdisant l’exportation d’armes en Espagne.

Cependant, quand il s’avéra que l’Allemagne et l’Italie ne respectaient pas leurs engagements et aidaient les insurgés, Staline révisa sa position : l’Espagne devenait un banc d’essai pour promouvoir, contre les États fascistes, une alliance entre les démocraties et l’Union soviétique. A cette fin, il fallait intervenir dans le conflit espagnol, certes pas pour venir en aide à la révolution, ce qui n’aurait pas été du goût des gouvernements français et anglais, mais pour consolider l’État « démocratique » bourgeois. Par le moyen du chantage aux armes, Staline tenait la République à sa merci. C’est sur son ordre direct que le 16 septembre le chef du service de contre-espionnage de l’Armée rouge, Uritsky, déclencha « l’opération “X’ » pour envoyer en Espagne des hommes et du matériel. A partir de ce moment, l’ambassadeur à Madrid, le consul russe à Barcelone et les conseillers militaires au ministère de la Guerre se mirent à fréquenter les différents protagonistes du camp républicain dans le but de les rallier aux objectifs de la politique russe.

C’est ainsi que Rosenberg proposa à Durruti et Besnard de les rencontrer pour un échange de points de vue, mais ceux-ci, considérant qu’ils n’avaient rien à dire à un ambassadeur, refusèrent.

On peut supposer que Rosenberg s’entretint avec Horacio M. Prieto, secrétaire du Comité national de la CNT, afin de le persuader des avantages d’une participation des anarchistes au gouvernement. En l’occurrence, il prêchait un convaincu. Il entreprit ensuite de circonvenir Largo Caballero en lui assurant que les livraisons d’armes russes étaient imminentes. De fait, les armes commencèrent à arriver le 4 octobre sur le Campeche, mais en petite quantité et, pour plus de la moitié, vieilles et hors d’usage. Aucune de ces armes ne s’égara du côté des unités anarchistes. Telle fut la première intervention de l’Union soviétique dans les affaires espagnoles. Quant à la seconde, ce fut l’envoi en Russie de l’or de la Banque d’Espagne, sous prétexte de le mettre hors d’atteinte des nationalistes — et des anarchistes ! Besnard et Durruti revinrent de Madrid les mains vides. « Marianet », qui restait optimiste, informait alors les Comités de l’« Organisation » du fait que par le truchement de Durruti était « sur le point de se réaliser une opération pour le compte de la Généralité et que [une fois] obtenu l’argent pour cette vente il pourrait servir à compléter la somme nécessaire » . Les jours passèrent et les promesses ne furent pas suivies d’effets. Ils firent alors une nouvelle tentative auprès de la Généralité, mais Garcia Oliver se démarqua, persuadé que toute l’affaire n’était qu’une manœuvre de Santillan à son encontre.

Ni lui ni Tarradellas ne voulurent débloquer les fonds, en conséquence de quoi le marché fut rompu. Dans ses Mémoires, Garcia Oliver se débarrasse de l’épisode en prétendant que les contacts de Besnard n’étaient pas dignes de confiance. C’est dans ce contexte que naquit le projet de recourir à l’or de la Banque d’Espagne. Santillan avait auparavant suggéré au précédent chef du gouvernement, Giral, de mettre cet or en lieu sûr dans un pays étranger. Devant le risque d’échec de l’opération montée par Besnard, Santillan avait envisagé un moyen d’agir parallèlement pour disposer des fonds nécessaires, à savoir de s’en emparer à la Banque d’Espagne. Pour ce faire il arma la colonne « Tierra y Libertad », chargée de mener à bien l’opération.

Mais au moment d’agir il flancha et dévoila son projet au Comité national et à divers dirigeants régionaux, qui le repoussèrent avec épouvante.

Antonov-Ovseenko fut informé de l’affaire par l’agent « X », infiltré dans les milieux anarcho-syndicalistes ; il s’empressa de répandre la nouvelle, les Russes trouvant là le meilleur des arguments en faveur du transfert de l’or. Quelques semaines plus tard, Caballero et Negrin le firent transporter à Carthagène avec un grand luxe de précautions — pour qu’il échappe aux anarchistes ! — [NDTML : …mais avec l’accord de la CNT, comme tu le mentionnes toi-même !] et là il fut embarqué pour Odessa, en paiement des armes que Staline voudrait bien consentir à livrer.

Quelqu’un proposa un nouveau plan, peut-être un autre infiltré, car l’attaché commercial de l’ambassade russe, Stachevski, fit courir le bruit que la CNT préparait un coup de main pour s’emparer de l’or au moment de l’embarquement. Quant à la colonne « Tierra y Libertad », elle fut comme prévu envoyée en Castille, où l’état-major, c’est-à-dire les Russes, lui assigna une position pilonnée par l’artillerie. Les miliciens finirent par se lasser de supporter le feu ennemi et d’accumuler les pertes ; ils se replièrent en désordre vers la capitale, ce qui fit d’eux l’objet de moqueries intéressées. »

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Correspondance entre Diego Camacho (« Abel Paz ») et Juan García Oliver

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/09/correspondance-camacho-oliver.pdf

« Lettre du 29 septembre 1971 Diego Camacho (Paris) à Garcia Oliver (Guadalajara, Mexique)

« Santillan parle aussi d’un de tes projets de former un corps de guérilleros qui devait agir derrière les lignes ennemies, mais il ne donne pas beaucoup de détails sur le sujet. Il me semble qu’il faut faire ressortir le projet, et je le fais, mais je pense qu’il faut en dire plus historiquement. Je te charge de m’éclairer sur ce fait.

Et enfin, il y a ce célèbre projet de prendre d’assaut la Banque d’Espagne, dont parle le même Santillan dans son livre « Pourquoi nous avons perdu la guerre ». On nous a beaucoup critiqués, nous les anarchistes, alléguant que nous avions commis les mêmes erreurs que les communards. Je pense qu’il serait utile de rappeler ce projet et d’exposer le pour et le contre, si c’est bien un projet et non un rêve de Santillan. Tu vois ?

Tout cela touche la lutte sociale et son histoire. L’individu disparait derrière les événements, même s’il en a été le moteur. Ce qui est important c’est l’élan collectif, même s’il est logique de reconnaître qu’il existe des individus qui poussent plus. »

« Lettre du 24 septembre 1972 Diego Camacho (Paris) à Garcia Oliver (Guadalajara, Mexique).

« Besnard parle de son voyage à Madrid avec Durruti et des discussions entre toi, Durruti et Santillan, etc.

Pour finir, c’est Santillan qui parle du projet d’attaque de la Banque d’Espagne dans son livre Pourquoi nous avons perdu la guerre. C’était, pour moi, important de connaître plus en détail tous ces problèmes, mais je n’ai pu aller au fond des sujets, parce que, je répète, tu ne m’as pas aidé, Santillan très peu et d’autres, comme tu dis, m’ont mal aidé.

Que pouvais-je faire ? Rester les bras croisés ? Suspendre mon travail ? Considérer mes recherches comme inutiles, alors que j’ai risqué ma vie, cherchant pour mon propre compte, jusqu’à la découverte de la tombe de Durruti, sans que personne ne m’aide sur le sujet ? Je ne pouvais pas faire ça et j’ai publié mon travail. Que ce soit une mauvaise biographie infestée d’erreurs, à qui la faute ? Ça m’a couté dix ans de travail et peu m’importe de consacrer trois ans de plus à corriger les erreurs dans l’édition espagnole, même si ça implique une reprise totale de l’ouvrage. Ce que je demande, c’est que l’on me signale, même sommairement, ces erreurs. »

« Lettre du 22 novembre 1972 Garcia Oliver (Guadalajara, Mexique) à Diego Camacho (Paris)

« Tu me dis que tu veux changer des passages de ton livre. S’il te plait, prends ceci en note :

Ce que tu racontes sur moi et Santillan de vouloir piller l’or de la Banque d’Espagne de Madrid est faux. Je suppose que c’est Santillan qui t’en a parlé, lui qui n’est pas un idéologue, qui n’est pas même Santillan, seulement un quelconque Sinesio Garcia Fernandez [ NDLR : son véritable nom…] et qui plus est un grand menteur.

Le groupe appelé CRISOL n’a jamais existé. Crisol était le nom que Alaiz donna à un journal anarchiste qui eut une courte vie, où collabora Callejas, il était distribué gratuitement. C’est Garcia Oliver et lui seul qui a fourni l’argent en liquide pour la réalisation et le financement des salaires de Alaiz et Callejas, personnes qu’il soutenait économiquement depuis longtemps.

Si, comme tu le dis, il est vrai que Juanel, Federica, Peirats et autres, y compris Santillan, jouent les fous sur le Plenum Régional des Locales et Cantonales de la CNT-FAI où l’on décida de rejeter l’idée d’aller vers le Communisme Libertaire, en alléguant qu’ils ne se souviennent pas, ou qu’ils n’y étaient pas, ou que c’est passé inaperçu, tu peux leur dire à tous que se sont de fieffés menteurs. »

CQFD !

Luniterre

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

1er octobre 02:28,

 

par do

Salut Luniterre,

Tu fais erreur, tout d’abord, la guerre de Barcelone pour le central téléphonique a eu lieu en mai 37 ; alors que la décision des soviétiques de livrer les armes dans les Asturies, c’est-à-dire sur l’Atlantique, a été prise dès le début, du moins bien avant cette guerre.

Ensuite, cette Guerre n’a pas eu lieu entre la République d’un côte, et de l’autre les anarchistes et le POUM ; mais, entre d’un côté les staliniens, et de l’autre le POUM et les anarchistes. Cette guerre n’a pas eu lieu pour ou contre la République, mais au sein de la République.

Tu dis : « Alors que les historiens de tous bords convergent sur le point d’arrivée des armes soviétiques, dès début Octobre 1936, avant même le départ de l’or pour Odessa, qui a lieu, quant à lui, le 25 Octobre… ! »

Extrait que tu cites :

« De fait, les armes commencèrent à arriver le 4 octobre sur le Campeche, mais en petite quantité et, pour plus de la moitié, vieilles et hors d’usage. Aucune de ces armes ne s’égara du côté des unités anarchistes. »

Commencèrent…

Les vraies armes, en grande quantité, pas vieilles et pas hors d’usage, arrivèrent bien plus tard ; et servirent plus contre les anarchistes et le POUM qu’au front. Les bouquins que j’ai lus disent qu’il y avait plein d’armes de bonne qualité à l’arrière et que le front était démuni.

Quant à Garcia Oliver, qui a trahi en acceptant de participer au gouvernement, il n’est pas digne de confiance.

Les deux paragraphes que je cite dans mon intervention précédente ne sont effectivement pas reliés par l’article de Wikipédia ; mais, en les reliant tout de même, la conclusion que j’en tire est vraisemblable.

En fait, Staline a volé la révolution espagnole, et l’a ensuite laissée tomber ; alors que si Hitler et Franco avaient été vaincus en Espagne, l’URSS n’aurait même pas été envahie.

Bien à toi,
do
http://mai68.org

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

1er octobre 11:46, 

 

par Luniterre

 

La guerre pour un central téléphonique ?

Effectivement, en un sens, …mais si ce central refuse de faire son travail et de passer les appels officiels du gouvernement de la République, comme ce fut le cas, il devient donc bel et bien l’instrument d’un coup d’Etat, fût-ce une révolte anarchiste, contre cette même République, et la cause d’une nouvelle guerre civile, en plus de celle contre le fascisme !

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_mai_1937_%C3%A0_Barcelone

 

Et sinon, concernant les premières armes arrivées, le 4 Octobre, c’est bien à Carthagène, et non aux Asturies… :

« CHRONOLOGIE

« 1936

« 4 octobre. Arrivée à Carthagène du Campeche, avec une première livraison d’armes russes. »

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/09/durruti-dans-le-labyrinthe-miguel-amorc3b4s.pdf

Pour le reste, il paraît effectivement vraisemblable que l’URSS ait tenté de livrer des armes aux Asturies, tant qu’il y avait des combattants républicains en action dans ce secteur… !

C’est le contraire qui eut été une trahison !

Quoi qu’il en soit, si tu as de la doc sérieuse à ce sujet, c’est le moment ou jamais de la republier.

Concernant la qualité des armes, ceux qui veulent charger l’URSS disent qu’elles n’étaient pas bonnes, et réciproquement…

On ne va pas y revenir…

En réalité, d’autres guerres révolutionnaires ont triomphé avec beaucoup moins de moyens et ce ne serait même pas, de toutes façon, une justification de cette débâcle, entièrement due au manque de cohésion et d’unité, puis à la deuxième guerre civile, « au sein de la République », tout comme il y en avait déjà une entre République et fascisme !

1936, c’est seulement 6 ans après la fin de la NEP, en URSS, NEP à l’issue de laquelle l’économie soviétique était à nouveau ruinée, aux « bons soins » des NEPmens, des koulaks, et de leurs soutiens boukhariniens, rioutinistes, trotskistes, etc…

6 ans, c’est réellement très peu pour redémarrer et recréer une industrie socialiste performante et capable de sortir des armements à la hauteur de ceux de l’industrie allemande, quasi centenaire, voire plus :

« La Révolution industrielle en Allemagne désigne la percée de l’industrialisation en Allemagne au XIXe siècle. Cette période débute en 1815 selon Hubert Kiesewetter1, ou en 1835 selon Friedrich-Wilhelm Henning2. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Révolution_industrielle_en_Allemagne

Et donc il y a pu avoir, très humainement, quelques « ratés » dans la production, ce qui reste à prouver, de plus, en dehors de ce contexte polémique.

Et pour finir, encore une fois, remettre sur l’URSS et sur Staline la responsabilité de cette débâcle, c’est seulement le moyen facile de refuser de faire une analyse objective de ses causes, qui sont pourtant évidentes, en termes de manque d’unité antifasciste et de cohésion autour d’un programme politique négocié entre les parties, politiques et syndicales, dans le cadre de cette unité.

Encore une fois, c’est bien la volonté politique qui manquait, de part et d’autre, anars-POUM et PCE-PSOE, et rien d’autre !

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin !» V.I. Lénine

Bien à toi,

Amicalement,

Luniterrec

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

1er octobre 14:55,

 

par do

Salut Luniterre,

Je croyais que Trotski était contre la NEP ?

Bien à toi,
do
http://mai68.org

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

1er octobre 16:35,

 

par Luniterre

Je le croyais aussi, et même jusqu’à une époque très récente, et en mémoire de l’époque post-68, où l’on nous apprenait que Trotsky était une sorte de « révolutionnaire gauchiste », (…c’était à la mode), et on nous l’a fait avaler parce qu’effectivement il s’était positionné en « leader » de l’ « opposition de gauche » contre Staline…

Or en étudiant sérieusement la réalité de sa pensée économique, et en commençant même par la seule étude faite réellement sur le sujet avant la mienne (à part quelques allusions intéressantes chez Moshe Lewin),

Sur les conceptions économiques de Léon Trotsky _ Par Michel Raptis

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53

J’ai donc découvert que non seulement ce n’était pas le cas, mais que bon nombre de trotskystes veulent en faire aujourd’hui un « pionnier », dès 1920, de la NEP, ce qui est également faux, du reste, vu le texte de Lénine remontant à 1918, concernant le gauchisme et le capitalisme d’Etat, où tous les véritables principes de la NEP, au sens léniniste du terme, donc, sont déjà établis….

« Sur l’infantilisme « de gauche » et les idées petites-bourgeoises »

Mai 1918-

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2014/01/1918_lc3a9nine_sur-linfantilisme-de-gauche_.pdf

L’alliance de Trotsky avec la « gauche » anti-stalinienne était déjà de l’opportunisme, donc, même si tout à fait inefficace…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

Avec des liens à suivre, concernant les différentes études parues sur TML, à propos de Trotsky et du trotskysme…

Bien à toi,

Luniterre

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UNE NOUVELLE RAMIFICATION DU DÉBAT…

 

Sur VLR, toujours, republication « anonyme » présentée par un « Jean l’Auguste Cendent »… d’un article paru initialement sur le site CNT-AIT-Toulouse, à propos des expériences de collectivisation durant la guerre d’Espagne:

http://mai68.org/spip2/spip.php?article2247

 

Et là encore, c’est une occasion de plus de faire porter le chapeau de l’échec à l’URSS contre toute évidence, mais avec un maximum de mauvaise foi, d’une part, et une « perle », de plus, dans la présentation:

« Ni dieu, ni maître (Louis Auguste BLANQUI)

Ni léninisme, ni trotskisme (Jean l’auguste Cendent) »

Inévitablement, un nouveau débat s’en est suivi… Le voici:

 

HOMMAGE A LA REVOLUTION ESPAGNOLE

30 septembre 12:19,

 

par Luniterre

Juste un petit problème :

« Ni léninisme, ni trotskisme (Jean l’auguste Cendent) »

Alors que trotskystes et anars étaient les meilleurs amis et alliés du monde gauchiste pour combattre contre la République espagnole antifasciste…

Il n’en reste pas moins que les éphémères expériences de collectivisation des moyens de production de l’époque font partie du patrimoine de l’expérience ouvrière, effectivement !

Le problème de fond, pour avancer réellement et durablement, reste de comprendre ce qu’aurait du être une stratégie antifasciste unitaire, à cette époque, et ce que devrait être une stratégie de résistance globale, à la fois anti-impérialiste et anticapitaliste, dans le monde actuel.

Il faut donc faire une analyse historique qui tienne compte de tous les aspects de la réalité, aujourd’hui, comme hier, et non basée sur des versions sectaires et en fait essentiellement légendaires de l’histoire.

C’est la seule façon d’en tirer réellement des leçons utiles.


1936 : Staline, Roi d’Espagne ? (A propos du rôle historique de l’URSS)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/09/29/1936-staline-roi-despagne-a-propos-du-role-historique-de-lurss/

Luniterre

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HOMMAGE A LA REVOLUTION ESPAGNOLE

 

30 septembre 12:58  (par Anonyme)

La TACTIQUE dépend des réalités immédiates et des réalités prévisibles. Par contre la STRATEGIE découle des principes …
« Marcher séparément / Frapper ensemble » sera donc l’option permanente et, vu qu’il y a une différence entre la démocratie bourgeoise et le communisme, il ne faut en aucun cas subordonner le prolétariat et les classes dominées-exploitées à une direction bourgeoise fut elle antifasciste ou démocratique ou progressiste …

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HOMMAGE A LA REVOLUTION ESPAGNOLE

 

1er octobre 02:58,

 

par do

Salut Luniterre,

Tu dis : « Alors que trotskystes et anars étaient les meilleurs amis et alliés du monde gauchiste pour combattre contre la République espagnole antifasciste »

Le POUM et les anarchistes n’ont pas combattu la République, mais les staliniens ; ou plutôt, ils se sont défendus contre leurs attaques destinées à les militariser de force, et à les forcer à abandonner la révolution !

Par ailleurs, le POUM n’était pas trotskiste. Son dirigeant Andrés Nin, qui avait été le secrétaire de Trotski, s’en était politiquement séparé.

Après avoir traité de gauchistes les anarchistes, tu dis qu’« Il n’en reste pas moins que les éphémères expériences de collectivisation des moyens de production de l’époque font partie du patrimoine de l’expérience ouvrière, effectivement »

D’une part, ces collectivisations ont eu bien plus l’occasion de se réaliser en milieu paysan qu’en milieu ouvrier, car l’Espagne était essentiellement paysanne.

D’autre part, ces collectivisations ont justement été réalisées par les anarchistes ; et pas par les staliniens qui, bien au contraire, ont tout fait pour leur faire abandonner la révolution ! alors, pourquoi insulter les anarchistes en les traitant de « gauchistes » ?

Bien à toi,
do
http://mai68.org

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HOMMAGE A LA REVOLUTION ESPAGNOLE

 

1er octobre 10:10,

 

par Luniterre

Juste un problème de lecture, cette fois-ci, semble-t-il… :

« …« Ni léninisme, ni trotskisme (Jean l’auguste Cendent) »

Alors que trotskystes et anars étaient les meilleurs amis et alliés du monde gauchiste pour combattre contre la République espagnole antifasciste… »

Donc « Jean l’auguste Cendent » nous parle de trotskisme, ici, et non du POUM…

Et je lui réponds donc sur ce point…

« Gauchiste » n’est pas une insulte, mais un courant politique, multiforme, il est vrai…

Tout gauchiste, comme tout trotskyste, du reste, n’est pas nécessairement un kollabo…

En URSS l’influence gauchiste est restée prépondérante dans le milieu des économistes, et cela jusqu’au lendemain de la deuxième guerre mondiale, sans être formellement une tendance, mais plutôt un soutien « de gauche » au pouvoir stalinien, effectivement. Un frein à une rationalisation, en valeur-travail, de la planification, mais une bonne défense contre les résidus du trotskysme et du boukharinisme en train de se muer en révisionnistes « modernes ».

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

En occident, par contre, gauchistes comme trotskystes ont été, le plus souvent, les taupes de l’anti-soviétisme « de gauche », et, aujourd’hui, on voit bien que ces taupes sortent carrément de terre pour combattre ouvertement du côté de l’impérialisme…

Mais à Barcelone en 1937, il est incontestable que les trotskystes ont combattu le gouvernement central de la République au côté des anars et du POUM, même si c’est en se déguisant sous le faux « label » « bolchevik-léniniste » utilisé…

« …pour caractériser un groupe communiste espagnol, issu du POUM, et affilié à l’Internationale de Léon Trotsky en voie de constitution. Il prendra une position hostile au Front populaire, et participera aux journées insurrectionnelles de Barcelone, en mai 1937, au côté des anarchistes des Amis de Durruti, et de la base de la CNT. Son dirigeant, Munis, évoluera vers des positions « ultra-gauches » et antisyndicales, et quittera la IVe Internationale après la Seconde Guerre mondiale, avec Natalia Sedova, la veuve de Trotsky. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bolchevik-l%C3%A9niniste

CQFD !

Luniterre

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Appel des travailleurs iraniens de la métallurgie aux syndicalistes et aux pacifistes du monde entier

 

 

Un appel qui illustre parfaitement la nécessité d’organiser une Résistance Globale synergique et coordonnée à la fois contre le capitalisme et l’impérialisme, qui ne sont bien que les deux faces d’une même pièce, et d’abord et avant tout, du dollar US !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/

En finir avec l’impérialisme est la base de toute alternative.

Donbass, Syrie, Yémen, Palestine, etc…, le vrai sens de la solidarité, c’est une résistance globale où chaque peuple a sa place.

Chacun contre son propre impérialisme ou l’impérialisme qui l’opprime et tous contre l’impérialisme US, et tous solidaires avec les luttes en cours !

 


« Appel des travailleurs iraniens

de la métallurgie

aux syndicalistes

et aux pacifistes du monde entier

 

Economic Sanctions, a war against the Iranian working class

http://english.sfelezkar.com/2018/08/economic-sanctions-a-war-against-the-iranian-working-class/

 

What is currently happening in the world with regards to our country Iran, is not intended to improve the working conditions and livelihood of the working people of Iran, but is a full-scale war against the Iranian working people and waged earners. US imperialism is leading policies aimed at changing the political map of the Middle East and Iran.

 

Fellow brothers and sisters of trade unions across the world!

 

Be aware that the policy of imposing unilateral economic sanctions on Iran by the great powers, in particular the United States and its allies, is the beginning of an unfair and unequal war against Iran’s working class. These sanctions will lead to the closure of the country’s manufacturing plants, rising unemployment, increasing costs of food, medicine and the essential goods for Iranian people. These sanctions will create a golden opportunity for middle men and profiteers, with no harm done to the warmongers who will use this opportunity to get richer by amassing and hoarding essential goods needed by the working people, welcoming wars and conflicts.

 

Fellow brothers and sisters in America and Europe!

 

To prevent this catastrophe, we urge you to put pressure on your governments not to join these terrible sanctions and not to use your taxes for war efforts in the embargo of medicine and food against the Iranian workers and wage earners. Please request that your Members of Parliament to use your taxes for your country’s progress and not for the destruction of the livelihood of Iranian working class families.

 

In countries where trade unions are influential on policies adopted by parliaments and governments, we urge our brothers and sisters in the metalworkers unions to demand from their respective governments not to join these sanctions and to support the Iranian labour movement and their families against the anti-labour policies, wherever they originate from.

 

Dear trade union comrades in Europe and America,

 

Let us unite, hand in hand, to organise an effective movement to fight against the threat of economic sanctions and war and to prevent the repeat of the calamities of Syria, Iraq and Libya to the Iranian People.

 

Union of Metalworkers and Mechanics of Iran (UMMI)

20 August 2018

 

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Les sanctions économiques, une guerre contre la classe ouvrière iranienne.

 

Ce qui se passe actuellement dans le monde en ce qui concerne notre pays, l’Iran, n’a pas pour but d’améliorer les conditions de travail et les moyens de subsistance des travailleurs iraniens, mais constitue une guerre totale contre les travailleurs iraniens et les salariés. L’impérialisme américain mène des politiques visant à changer la carte politique du Moyen-Orient et de l’Iran.

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Amis frères et sœurs des syndicats du monde entier!


Sachez que la politique d’imposition de sanctions économiques unilatérales à l’Iran par les grandes puissances, en particulier les États-Unis et leurs alliés, marque le début d’une guerre injuste et inégale contre la classe ouvrière iranienne. Ces sanctions conduiront à la fermeture des usines de fabrication du pays, à la montée du chômage, à l’augmentation des coûts de la nourriture, des médicaments et des biens essentiels pour les Iraniens. Ces sanctions créeront une opportunité en or pour les intermédiaires et les profiteurs, sans faire de mal aux bellicistes qui saisiront cette occasion pour s’enrichir en amassant et en accumulant les biens essentiels nécessaires aux travailleurs, en encourageant les guerres et les conflits.

 

Amis frères et sœurs en Amérique et en Europe!


Pour éviter cette catastrophe, nous vous exhortons à faire pression sur vos gouvernements pour qu’ils ne se joignent pas à ces terribles sanctions et n’utilisent pas vos impôts pour des efforts de guerre dans l’embargo sur les médicaments et la nourriture contre les travailleurs et les salariés iraniens. Veuillez demander à vos parlementaires d’utiliser vos impôts pour les progrès de votre pays et non pour la destruction des moyens de subsistance des familles iraniennes de travailleurs.

Dans les pays où les syndicats exercent une influence sur les politiques adoptées par les parlements et les gouvernements, nous exhortons nos frères et sœurs des syndicats des métallurgistes à demander à leurs gouvernements respectifs de ne pas adhérer à ces sanctions et de soutenir le mouvement des travailleurs iraniens et de leurs familles contre les politiques anti-sociales, d’où qu’elles proviennent.

.

Chers camarades syndicalistes en Europe et en Amérique,


Unissons-nous, main dans la main, pour organiser un mouvement efficace de lutte contre la menace des sanctions économiques et de la guerre et pour empêcher la répétition des calamités de la Syrie, de l’Iraq et de la Libye pour le peuple iranien.

Union des métallurgistes et mécaniciens d’Iran (UMMI)

20 août 2018

https://i0.wp.com/english.sfelezkar.com/wp-content/uploads/2017/11/new1-300x300.jpg

AHED LIBÉRÉE !! LIBÉRONS TOUTE LA PALESTINE !!

 

 

 

 

 

 

 

« Ma vie a énormément changé mais je n’ai rien fait de mal que je puisse regretter », a affirmé lundi dans un entretien à l’AFP Ahed Tamimi, l’adolescente palestinienne devenue icône de la résistance à l’occupation israélienne après avoir passé huit mois en prison pour avoir giflé deux soldats.

La jeune femme de 17 ans et sa mère Nariman ont été libérées dimanche. Elles sont retournées, suivies par des caméras du monde entier, dans leur petit village de Nabi Saleh en Cisjordanie occupée, où elles ont été accueillies en héroïnes.

C’est dans la petite cour de la maison familiale que l’adolescente, alors âgée de 16 ans, avait frappé deux soldats en décembre, leur demandant de quitter les lieux. La scène, filmée, avait été largement partagée sur internet.

Aujourd’hui, la jeune femme aux boucles blondes a conscience d’être devenue un « symbole » de la cause palestinienne.

« Bien sûr que ma vie a énormément changé, j’ai beaucoup changé en prison. Je suis devenue plus attentive, plus consciente. La prison vous fait mûrir. En un jour, vous prenez 100 ans », explique-t-elle, assise dans le jardin de sa maison.

Aurait-elle fait la même chose si elle avait su que ces gifles allaient lui valoir huit mois de prison? « Oui », proclame-t-elle.

« Je n’ai rien fait de mal que je puisse regretter », assure Ahed Tamimi, qui rappelle que l’incident s’est produit le jour où des soldats israéliens ont grièvement blessé à la tête avec une balle caoutchoutée son cousin, Mohammed Tamimi, 15 ans, le laissant défiguré.

« C’était une réaction normale face à un soldat se trouvant dans ma maison, tirant sur des gens de mon village », explique-t-elle. « Je l’ai frappé, peut-être que d’autres personnes l’auraient tué ».

L’armée israélienne a affirmé que les soldats se trouvaient à Nabi Saleh pour empêcher des Palestiniens de lancer des pierres vers des automobilistes israéliens. Plusieurs colonies israéliennes sont proches de Nabi Saleh.

L’altercation a eu lieu alors que le village était le théâtre de manifestations contre la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Sur la vidéo, les soldats sont restés impassibles face à Ahed Tamimi et sa cousine, qui les ont giflés et leur ont donné des coups de poing et de pied.

Ahed Tamimi dit qu’elle projette maintenant d’étudier le droit afin d’exposer aux yeux du monde l’occupation israélienne.

 

– « Jamais instrumentalisée » –

Israël, qui occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est depuis plus de 50 ans, accuse la famille de l’adolescente, connue pour son militantisme, de manipuler la jeune femme.

A 14 ans, Ahed Tamimi s’était déjà fait connaître en mordant un soldat israélien pour l’empêcher d’arrêter son petit frère, plaqué au sol et qui avait le bras dans le plâtre.

« Ma famille ne m’a jamais instrumentalisée », rétorque l’adolescente. « Je suis assez mûre et je suis consciente de la cause (palestinienne). Je sais quelles sont les conséquences lorsqu’on choisit ce chemin. Je ne suis pas une enfant ».

Nombre d’Israéliens ont également ressenti une vive amertume devant ce qui a été perçu comme une humiliation infligée à des soldats qui n’ont pas répliqué à une agression.

Les Palestiniens, de leur côté, louent Ahed Tamimi comme un exemple de courage face à la répression israélienne dans les Territoires palestiniens occupés.

Un portrait géant d’elle a d’ailleurs été peint sur le mur de séparation israélien en Cisjordanie occupée, dans le secteur de Bethléem.

Pendant l’entretien, Ahed Tamimi a semblé à certains moments incarner l’image d’une future politicienne palestinienne. A d’autres moments, elle était simplement une adolescente.

Comme lorsqu’elle a expliqué pourquoi une des premières choses qu’elle a faite en sortant de prison dimanche a été été de se précipiter chez un marchand de glaces à Ramallah, en Cisjordanie.

« Il n’y a pas de glaces en prison, bien sûr. Mais j’adore ça. En été, j’ai tendance à éviter la nourriture. Je préfère manger des glaces au petit déjeuner, au déjeuner et au dîner ».

A la question de savoir si elle avait un message à adresser aux Israéliens qui la considèrent comme une « terroriste », Ahed Tamimi a répondu qu’elle leur demanderait simplement « de se mettre à (s)a place ». « Juste ça, pas plus ».

« Qu’ils (ces Israéliens, ndlr) reviennent un peu à leur humanité afin de pouvoir comprendre la réalité », a-t-elle glissé.

 

https://www.afp.com/fr/infos/335/apres-8-mois-dans-une-prison-israelienne-ahed-tamimi-ne-regrette-rien-doc-18114v1

 

 

 

Gaza, une flottille humanitaire

pour secouer les consciences

par Salem Sahli

lundi 30 juillet 2018

Depuis juin 2007, dans une indifférence quasi-totale, un blocus israélien étrangle la bande de Gaza. Israël a en effet unilatéralement décidé de faire de cette bande de terre – de 40 km de long sur 9.5 km de large et habitée par près de un million et demi de personnes – une « entité hostile ». Les Etats-Unis et l’Europe n’avaient guère paru s’émouvoir lorsque l’armée israélienne lança trois guerres sur Gaza en moins de six ans : l’opération Plomb durci 2008, l’opération Pilier de défense en 2012 et l’opération Bordure protectrice en 2014. Ces agressions ont provoqué la mort de milliers de civils, dont plus de 20% sont des enfants, et anéanti une grande partie des infrastructures de l’étroit territoire.

La flottille de la liberté

Pourtant, en 2010, il nous avait semblé que les lignes commençaient à bouger un peu, et qu’à la faveur de l’arraisonnement sanglant de la flottille humanitaire le 31 mai 2010, le monde redécouvrait le malheur des palestiniens et semblait s’intéresser à nouveau au sort d’une population sans défense enfermée à ciel ouvert. Ce jour-là, l’armée israélienne avait tué neuf militants pacifistes Turcs qui tentaient avec d’autres de porter vivres, assistance médicale et soutien aux populations palestiniennes. D’autres flottilles ont tenté de briser le blocus imposé à Gaza. Elles ont toutes été attaquées et arraisonnées en eaux internationales par la marine israélienne. Les bateaux sont volés, les équipages et participants kidnappés, amenés de force en Israël avant d’en être expulsés.

Une énième flottille, la Flottille de la Liberté a quitté voici deux mois l’Europe du Nord en faisant plusieurs escales dans de nombreux pays, dont quatre en France, pour se regrouper en Méditerranée avant de voguer vers les eaux palestiniennes. Elle sera aux portes de Gaza lundi 30 juillet 2018. Arrivera-t-elle à bon port, ou sera-t-elle victime d’un nouvel acte de piraterie de la part des autorités israéliennes ?

Les participants et équipages de la flottille apportent des médicaments aux Palestiniens de la bande de Gaza mais surtout sont porteurs d’un message de solidarité humaine, contre le blocus et la violence militaire infligés à Gaza depuis 11 ans.

Qu’en est-il du blocus de Gaza ?

A Gaza, la stratégie israélienne est implacable. A peine maintenue à flot, 80% des Gazaouis vivent de l’aide humanitaire. Ils reçoivent juste de quoi ne pas mourir de faim. « Ni prospérité, ni développement, ni crise humanitaire ». Telles sont les consignes. On navigue entre le cynisme et le grotesque. Chaque semaine, l’autorité militaire israélienne ayant en charge les territoires occupés se réunit pour déterminer quelles denrées alimentaires sont autorisées à entrer à Gaza. D’accord pour la pomme ou la banane, niet pour les produits « de luxe » tels que l’abricot, le raisin et l’avocat. Il y a un an, la citrouille et la carotte faisaient leur apparition sur les étals des marchands de fruits et légumes, mais la cerise, le kiwi, l’amande verte, la grenade demeurent interdits. Ces derniers jours, Israël et ses habituels inconditionnels se targuent de l’assouplissement du blocus de Gaza. En effet, depuis peu, l’Etat hébreu autorise les sodas, les jus de fruits, la confiture, les épices, la mousse à raser, les biscuits, les frites et surtout le chocolat. Stratégique n’est-ce pas ? Il faudrait peut-être les en remercier.

Nous savons que les chemins de la prise de conscience sont longs et sinueux. Mais les drames de Gaza ont tellement secoué les consciences que de larges secteurs de l’opinion publique internationale expriment désormais leur rejet de la sempiternelle et hypocrite réaction face aux crimes d’Israël. On ne pourra plus cette fois-ci leur rejouer la comédie de l’indignation, de la protestation et de la demande d’enquête. Ca ne prend plus.

 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/gaza-une-flottille-humanitaire-206521

 

 

 

Le Parti communiste libanais n’y va pas par quatre chemins

Résistance Globale !!

 

 

Le Parti communiste libanais

n’y va pas par quatre chemins

 

Dans un communiqué de son Bureau politique publié le vendredi 20 juillet 2018 suite à l’adoption par la Knesset du projet de loi définissant Israël comme « l’Etat-nation du peuple juif » il condamne avec la plus grande fermeté cette décision qu’il qualifie d’agressive et de raciste. Conjuguée au transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, transformant cette dernière en capitale de l’État sioniste, les communistes Libanais dénoncent le « deal du siècle » dont l’exécution a commencé sur le terrain avec la complicité des Etats-Unis et des régimes réactionnaires arabes. L’objectif étant la liquidation pure et simple de la cause Palestinienne dans le prolongement direct de la déclaration Balfour et de la création de l’entité sioniste en 1948.
Le Parti communiste libanais appelle à élever le niveau de confrontation avec tous les protagonistes de cette liquidation.
Il appelle l’Autorité palestinienne à annuler tous les accords ou compromis passés avec l’ennemi sioniste et à sortir des accords d’Oslo.
Il est urgent de mettre fin aux divisions entre les différentes fractions palestiniennes, de les rassembler autour d’une Résistance globale qu’il faut développer et généraliser sous toutes les formes, à la fois populaires et militaires.
Les communistes Libanais invitent l’ensemble des forces de la gauche du Liban et arabe à s’unir et à résister de toutes leurs forces, et par tous les moyens, à ce projet de liquidation de la Cause palestinienne qui se trouve coeur de la Cause arabe.
Ne laissons pas le peuple Palestinien seul dans cette confrontation décisive pour toute la Nation arabe.
Puisse le mouvement communiste européen s’inspirer de cet appel de leurs camarades libanais et édifier une véritable stratégie de solidarité avec la Résistance du Peuple debout contre l’occupation sioniste de la Palestine.

Al Faraby

Samedi, 21 juillet 2018

https://assawra.blogspot.com/2018/07/le-parti-communiste-libanais-ny-va-pas par 4 chemins.html

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إن القانون الذي أقرّه بالأمس الكنيست الصهيوني، حول يهودية دولة الكيان المحتل، يؤكد مراراً وتكراراً طبيعته العنصرية والعدوانية. إن إقرار هذا القانون، المترافق مع نقل السفارة الأميركية إلى القدس، يضع القضية الفلسطينية برمتها أمام خطر التصفية الكاملة تنفيذاً لصفقة القرن التي بدأ تنفيذها على الأرض، برعاية أميركية وتواطؤ رجعي عربي.
فهذا القانون العنصري يضع الشعب العربي الفلسطيني، وتحديداً فلسطينيي الداخل تحت ضغط القمع والاضطهاد وممارسة شتى أشكال التمييز والترهيب لاقتلاعهم من أرضهم، في موجة جديدة من التهجير والترحيل، وعبر توسيع سياسة الاستيطان والتوسع والاستيلاء على الأراضي. وهو بهذا المعنى يستكمل في عنصريته وعدوانيته وعد بلفور المشؤوم وقيام الكيان الصهيوني عام 1948.
إن هذا الواقع، يستوجب منّا جميعاً، رفع سقف المواجهة مع كل الذين يسعون لتصفية القضية الفلسطينية، من خلال التصدي لهذه الصفقة وإجهاضها، دفاعاً عن حق الشعب الفلسطيني في إقامة دولته المستقلة على كامل التراب الفلسطيني وعاصمتها القدس ودفاعا عن حقه في العودة وتقرير المصير ووحدة الأرض.
من هنا نتوجه إلى السلطة الفلسطينية بدعوة التخلي عن كل الاتفاقات السابقة مع العدو الصهيوني والخروج من أوسلو ومن سائر الاتفاقات الأمنية مع كيان الاحتلال، مؤكدين على إن الرد المطلوب على هذا القانون العنصري يكون بإنهاء الانقسام الفلسطيني – الفلسطيني وتوحيد الفصائل الفلسطينية خلف خيار المقاومة الشاملة الذي ينبغي تعزيزها وتطويرها وتوسيعها بمختلف الأشكال العسكرية والشعبية عبر مسيرات العودة، كما ندعو كل القوى المقاومة واليسارية والوطنية والقومية إلى مقاومة هذا المشروع انتصاراً لفلسطين ، قضية العرب المركزية، وكي لا يُترك الشعب الفلسطيني وحده في هذه المواجهة.

بيروت في 20 تموز 2018
المكتب السياسي
للحزب الشيوعي اللبناني

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https://assakafat.blogspot.com/2018/07/blog-post_42.html

 

 

 

Bachar al-Assad : la Syrie, ligne de faille géopolitique, ligne de fracture sociale

https://i1.wp.com/www.les7duquebec.com/wp-content/uploads/2018/06/bachar.jpg

Bachar  al-Assad :

Indépendance de la Syrie,

un combat multiséculaire

« …la géopolitique de la Syrie, le rôle historique

de la société syrienne, bien qu’il soit très modeste,

mais c’est une ligne de faille, la ligne de fracture

sociale entre les différentes sectes et ethnies…»

 

 

 


Transcription :

Journaliste : Monsieur le Président, nous pouvons maintenant récapituler les événements, parce que Daech est presque vaincu, la ville de Damas est presque (totalement) en sécurité, et elle est sous contrôle des forces gouvernementales, et jusqu’à présent, vous menez des opérations militaires dans le sud et à l’est. Pourriez-vous me dire maintenant, en tant que Président et en tant que médecin de formation, comment vous avez pu manquer (d’identifier) les premiers symptômes de cette guerre, les premiers symptômes de cette invasion dans votre pays, parce que vous appelez cela une invasion ? Que s’est-il passé ?

Président Assad : Nous devons faire la distinction entre les symptômes internes et externes. Pour ce qui est des symptômes internes, nous avons des problèmes comme toute autre société dans notre région, nous faisons partie de cette région, et nous discutons toujours de ces problèmes. Peut-être n’avons-nous pas fait ce qu’il fallait pour résoudre le problème que nous aurions pu résoudre avant la guerre, peut-être pas ; c’est (une question) subjective pour tout syrien, chacun peut avoir son propre point de vue. Mais le facteur externe est très important dans la genèse de cette guerre, car aucun autre pays dans cette région ne vit une guerre similaire, bien que nous ayons les mêmes sociétés et que vous ayez des problèmes plus graves (ailleurs), comme dans les pays du Golfe, où vous n’avez aucune liberté, ni pour les femmes ni pour le peuple, pour quoi que ce soit.

Donc, si (le manque de libertés) était la raison (de cette guerre), par exemple – parce que tel était le slogan au tout début –, pourquoi cela n’a-t-il pas commencé dans ces pays ? Donc ce qui s’est passé n’était pas interne, parce que les mêmes problèmes existent depuis des décennies, certains depuis des siècles. Donc, en fait, c’est là que le facteur externe (est intervenu), et s’il n’était pas (immédiatement) clair, si nous ne l’avons pas vu (dès le début), c’est qu’en réalité, le plan n’a pas été réalisé en Syrie ; il a été réalisé dans certains pays occidentaux comme les États-Unis, la France et le Royaume-Uni principalement. D’autres Etats satellites comme la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar planifiaient et envoyaient de l’argent dès le début, après avoir échoué à créer, disons, une révolution spontanée, c’est là qu’ils ont commencé à envoyer de l’argent, et c’est là que le problème a commencé. Nous avons compris tout cela très rapidement, mais peut-être que nous ne pouvions pas le contrôler.

Journaliste : Mais pourquoi n’avez-vous pas vu… Par exemple, quand je suis arrivée dans la Ghouta orientale il y a des mois, j’ai vu des tunnels partout, construits par des ingénieurs, par d’énormes machines, par des bulldozers… Comment cela a-t-il pu se faire à votre insu ? Avez-vous une explication à présent, comment ils ont réussi à construire ces villes souterraines ?

Président Assad : Bien sûr, ils ont pu utiliser les outils qui étaient déjà présents dans cette zone, qu’ils les aient volés au gouvernement, à des entreprises privées, etc., et ils ont reçu un soutien de la Jordanie à travers le désert directement à Al-Ghouta, où le désert est vide, et personne ne peut le contrôler ou l’observer, et nous n’avons pas, bien sûr, des moyens comme des satellites et autres pour voir tout cela. En même temps, quand ils ont commencé à creuser, ils ont commencé à creuser sous les villes, quelque chose que vous ne pouvez pas voir (même avec des satellites).

Journaliste : Quand je suis allée dans la Ghouta orientale, j’ai rencontré des gens qui pouvaient prouver par eux-mêmes qu’ils avaient vu comment al-Nusra utilisait des armes chimiques contre leurs quartiers (résidentiels). J’ai vu toutes ces combinaisons de protection chimique dans des pièces où se trouvaient les quartiers généraux d’al-Nusra, etc. Mais l’Occident affirme que vous avez empoisonné votre propre peuple avec des armes chimiques. Pourquoi cela, pourquoi personne n’écoute-t-il le peuple (syrien) et pourquoi l’Occident insiste-t-il là-dessus ?

Président Assad : Parce que la fable chimique fait partie de leur récit basique contre le gouvernement en Syrie, mais ils ne l’utilisent que lorsque leurs troupes, leurs mandataires (proxies), les terroristes, ont été vaincus en Syrie dans certaines zones. Ils utilisent cette histoire ou ce récit afin d’avoir un prétexte pour intervenir directement, militairement, et d’attaquer l’armée syrienne. C’est ce qui s’est passé plusieurs fois, et chaque fois qu’ils utilisent cette histoire, ce n’est que lorsque leurs proxies, les terroristes, ont été vaincus. Ce devrait être (l’inverse) – je veux dire logiquement, sans même parler de la réalité que nous n’avons pas d’armes chimiques de toute façon, nous les avons détruites…

Journaliste : Vous n’en avez plus du tout ?

Président Assad
: Nous n’en avons pas, non. Depuis 2013, nous n’en avons plus. Mais mettez cela de côté. Même si nous en avions, nous aurions plutôt utilisé ces armes lorsque nous étions vaincus, pas quand nous gagnons la guerre. Et en fait, chaque fois que nous gagnons, ils l’utilisent, donc (nous en accuser) est contre la logique, mais cela sert de prétexte pour soutenir les terroristes en Syrie.

Journaliste : Y a-t-il un moyen d’empêcher toutes ces provocations ? Parce que le ministère russe de la Défense dit que l’une de ces provocations est en train d’être préparée à Deir Ezzor, et ils l’ont dit récemment. Comment arrêter ça ?

Président Assad : Vous ne pouvez pas, parce que ce n’est pas le résultat de notre réalité ; c’est le résultat de leur imagination, de leurs médias, c’est quelque chose qui est créé dans leurs propres médias et dans leurs propres pays, et qui est ensuite répandu dans le monde entier sur Internet ou dans différents médias. Donc vous ne pouvez pas empêcher ces provocations. Les Américains ne disent que des mensonges, et ils attaquent tout de suite après. Quand il n’y a pas de respect pour le droit international, quand il n’y a pas d’institutions des Nations Unies efficaces, vous ne pouvez pas parler d’empêcher les provocations, parce que c’est une jungle maintenant, partout dans le monde.

Journaliste : Vous êtes en train de l’emportez, vous contrôlez déjà la plupart des régions du pays, mais il y a tellement d’acteurs en Syrie, tellement de parties qui ont leurs propres intérêts. Les Etats-Unis négocient avec la Turquie à propos de Manbij, Israël mène des négociations quelque part, les Iraniens font des négociations, les Kurdes ont leurs propres intérêts. Comment résoudre tout cela, comment maintenir la Syrie unie ? Parce que maintenant, il semble que la Syrie soit déchirée. Comment arrêter ça ? Parce que vous avez dit que votre principal slogan est « une (seule) Syrie pour une (seule) nation ».

Président Assad : Si vous voulez parler de la Syrie comme étant déchirée, il s’agit, disons, de la géographie, pas de la société ; la société est unifiée, donc nous n’avons pas de problème à ce sujet. Ainsi, nous pouvons considérer la Syrie comme unifiée tant que le peuple est unifié. Quant à être déchiré, il s’agit d’une occupation ; différentes parties de la Syrie sont occupées par les terroristes avec le soutien de l’Occident, principalement les États-Unis et leurs alliés. Donc si vous voulez parler de l’avenir de la Syrie, nous ne les prenons pas en compte. Si vous parlez du processus politique, cela va être un processus politique uniquement syrien. Nous ne prenons pas en compte les intérêts de tout autre pays concernant quelque chose qui est interne. Si vous parlez de la guerre, cela devient maintenant une guerre internationale, parce que c’est comme ça qu’elle a commencé. En fait, il ne s’agissait pas seulement du gouvernement en Syrie ; le gouvernement en Syrie est indépendant, nous avons de bonnes relations avec la Russie, avec la Chine et d’autres pays, et les États-Unis voulaient redessiner la carte du monde politiquement, et peut-être militairement. Donc la Syrie était l’un des principaux champs de bataille pour redessiner cette carte, du moins au Moyen-Orient. C’est pourquoi quand vous parlez de ces intérêts, c’est un combat entre ces puissances : le pouvoir principal, les États-Unis, et leurs alliés, qui supportent les terroristes, et leur but est d’avoir l’hégémonie, (face à) l’autre puissance qui est la Russie, et ses alliés, dont l’objectif est de combattre le terrorisme et de restaurer le droit international.

Journaliste : Mais pourquoi la Syrie a-t-elle été choisie (comme terrain) pour ce match ?

Président Assad : Pour de nombreuses raisons différentes. La Syrie fait partie du groupe de pays considérés comme indépendants (souverains) : la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord et maintenant la Russie en tant que pays souverain. L’Occident n’accepte aucune position indépendante. Les Etats-Unis n’acceptent aucune position indépendante de l’Europe. Et c’est pourquoi en Russie, vous avez un problème avec les États-Unis, parce que vous voulez être (une nation) souveraine, et ils ne l’acceptent pas, même si vous êtes une grande puissance, vous ne pouvez pas être indépendant. Voilà une (première) raison. Et nous sommes un petit pays, comment pouvons-nous dire non et oui ? Nous devrions seulement dire oui (aux Etats-Unis). Voilà une (première) raison.

Deuxièmement, la géopolitique de la Syrie, le rôle historique de la société syrienne, bien qu’il soit très modeste, mais c’est une ligne de faille, la ligne de fracture sociale entre les différentes sectes et ethnies. Et quand vous contrôlez cette zone, vous pouvez contrôler tout le reste du Moyen-Orient. C’est pourquoi la lutte contre la Syrie a commencé à l’époque des Pharaons, et le premier traité au monde a eu lieu 12 siècles avant Jésus-Christ, entre les Pharaons et les Hittites, venant du nord et du sud, ils ont combattu en Syrie et ils ont signé le premier traité de l’Histoire. Ainsi, la géopolitique de la Syrie est très importante, et le contrôle de la Syrie a été un but pour les grandes puissances depuis ce temps (reculé) et jusqu’à nos jours. Donc, peu importe que la Syrie soit grande ou petite, ou plus grande ou plus petite, elle a une (grande) importance (stratégique). 

 

 

Sources:

 

http://sayed7asan.blogspot.com/2018/06/bachar-al-assad-revele-les-veritables.html

 

 

 

 

Syrie : Offensive au Sud, En avant vers la libération totale!

 

 

 

 

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Syrie ,

 

nouvelle offensive

anti-impérialiste dans le Sud :

 

En avant

vers la libération totale !

 

L’armée syrienne a lancé mardi une offensive contre les rebelles dans la ville de Deraa après une semaine de bombardements meurtriers sur des régions proches dans le sud du pays en guerre, qui ont provoqué un exode massif.

Après avoir repris en avril le dernier bastion rebelle près de Damas et chassé les jihadistes de la capitale, le régime de Bachar al-Assad, fort du soutien de l’allié russe, est déterminé à reprendre les zones rebelles du sud, une région bordant la frontière avec la Jordanie et le plateau du Golan, en partie occupé par Israël.

Depuis une semaine, les combats et les frappes se sont concentrés dans l’est de la province de Deraa, dont la ville éponyme est le chef-lieu, poussant quelque 45.000 civils à prendre la fuite selon l’ONU.

Les violences ont rapidement atteint la ville même de Deraa, divisée entre un secteur gouvernemental et des quartiers tenus par les rebelles.

Des colonnes de fumée se sont élevées au dessus de plusieurs quartiers, cible d’intenses raids aériens et de tirs d’artillerie, selon un correspondant de l’AFP présent aux abords de la ville.

« L’armée syrienne mène des frappes ciblées contre les repères et fortifications des terroristes dans Deraa », a rapporté la télévision étatique.

 

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a fait état de frappes menées par les aviations syrienne et russe contre « les quartiers rebelles », qui sont aussi selon l’ONG la cible de barils d’explosifs largués par des hélicoptères du régime.

« Les forces du régime ont tiré 15 missiles sol-sol sur la ville de Deraa et les raids syriens et russes continuent en soirée », a ajouté l’ONG.

 

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Morceler le fief rebelle –

Des combats au sol opposent les belligérants dans le sud-est de la ville, selon l’OSDH qui a confirmé une « première opération militaire terrestre du régime dans la ville de Deraa ».

 

« Le régime cherche à prendre le contrôle d’une base militaire dans le sud de la ville, qui permet de couper la route entre Deraa et la frontière jordanienne, mais aussi morceler davantage les territoires rebelles », a précisé Rami Abdel Rahmane, le chef de l’OSDH. Les combats se poursuivent autour de cette base.

Le pouvoir a souvent eu recours à cette stratégie contre des bastions rebelles, cherchant à les isoler pour les affaiblir et empêcher l’arrivée des renforts.

Avant l’aube, les prorégime ont conquis deux localités, une avancée qui leur a permis de couper en deux les secteurs rebelles dans l’est de la province.

 

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Toujours dans l’est de la province, les forces loyalistes ont progressé jusqu’aux abords de la ville de Hirak, cible de dizaines de raids et barils d’explosifs ayant provoqué « des destructions inégalables », a dit Khalil al-Hariri, un habitant.

Dans l’ouest de la province, six civils ont été tués dans les bombardements meurtriers, selon l’OSDH.

Au total, 38 civils ont péri en une semaine de violences, d’après l’ONG. Un secouriste des Casques blancs a été tué, a annoncé le groupe sur Twitter.

 

Les groupes rebelles contrôlent 70% de la province de Deraa et celle voisine de Qouneitra, tandis que le régime domine la région de Soueida, la troisième de ces régions qui composent le sud syrien.

Mais le régime, qui enchaîne les victoires et contrôle désormais 65% du territoire grâce au soutien indéfectible de son allié russe, est déterminé à reprendre l’ensemble du pays.

 

 

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Les civils menacés –

L’ONU a averti que 750.000 civils vivant dans les zones rebelles du sud syrien étaient menacés par les opérations du régime et annoncé que des aides seraient envoyées à Deraa une fois que le feu vert des autorités syriennes aura été donné.

 

« Ces derniers jours, un très grand nombre de civils ont fui à cause des hostilités, des bombardements et des combats dans cette région », a indiqué à l’AFP Linda Tom, porte-parole en Syrie du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU.

« Nous n’avions pas vu jusque-là un déplacement massif de cette ampleur à Deraa », a-t-elle souligné en faisant état de la fuite de 45.000 habitants, dont la majorité se dirige près de la frontière avec la Jordanie.

Mardi, les autorités jordaniennes ont réaffirmé que le pays n’était pas en mesure d’accueillir une nouvelle vague de réfugiés et que la frontière avec la Syrie resterait fermée.

La guerre en Syrie a fait plus de 350.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes depuis mars 2011.

 

https://www.afp.com/fr/infos/335/offensive-du-regime-syrien-contre-la-ville-de-deraa-exode-des-civils-doc-16n1sf3

 

 

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https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/9b7d6a16b1d293a21b1be4d4f8959056c901f6b0.jpg