Corée

La parole US à l’épreuve de l’histoire: Le fantôme de Kadhafi flotte au-dessus de Pyongyang

 

 

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La parole US à l’épreuve de l’histoire:

 

Le fantôme de Kadhafi

flotte au-dessus de Pyongyang

 

 

 

Trump – Kim : Pyongyang jette un froid

Le brutal changement de ton de la RPDC a déstabilisé Washington. Une tactique classique de négociation, mais qui pourrait faire dérailler le sommet.

Par Sébastien Falletti

Trump est tombé sur un os. Le président américain fanfaronnait déjà à propos de son futur prix Nobel de la paix, avant même son rendez-vous au sommet avec Kim Jong-un, prévu à Singapour, le 12 juin. Sur Twitter, il annonçait au monde un « deal » historique sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Il se voyait déjà « sous la coupole », humiliant une nouvelle fois Barack Obama, et ses prédécesseurs, qui ont tous buté sur la « boîte noire » de Pyongyang, incapables d’enrayer sa fuite en avant atomique, depuis des décennies. En quelques heures, le leader suprême nord-coréen a ramené la Maison-Blanche à cette dure réalité : le clan des Kim ne compte pas lâcher la bombe contre une simple poignée de main, même avec l’homme le plus puissant du monde. Et les négociations seront rudes, très rudes.

 

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Donald Trump a exprimé jeudi sa surprise devant le changement de ton brutal du régime nord-coréen. Décontenancé par les soudaines attaques lancées par Pyongyang contre Washington et Séoul depuis mardi, le président a jeté la pierre au président chinois Xi Jinping, qui a rencontré une nouvelle fois Kim la semaine dernière à Dalian. « Il y a une grosse différence de ton, depuis cette seconde rencontre. Le président Xi pourrait influencer Kim », a déclaré, décontenancé, Trump, en pleine escalade des tensions commerciales avec la Chine. Deux jours plus tôt, Pyongyang a exprimé son « indignation », dénonçant « l’absurdité » du modèle libyen de dénucléarisation poussé par le faucon John Bolton. Le conseiller à la Sécurité nationale a exigé le démantèlement des têtes nucléaires nord-coréennes comme préalable à toute levée des sanctions, lors d’une interview à ABC dimanche dernier. Un chiffon rouge pour le régime de la RPDC traumatisé par la chute violente du colonel Kadhafi.

 

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Trump a bien tenté de rassurer son jeune adversaire en lui promettant des « garanties », avant de remettre les pieds dans le plat libyen. Le Commander in chief agite la menace voilée d’une « décimation totale » du royaume ermite, comme l’a enduré Tripoli, si aucun accord n’est trouvé. De quoi nourrir encore la paranoïa du régime qui a jugé « sinistre » le parallèle dans un communiqué au vitriol, mercredi.

Test

Depuis, Pyongyang a redoublé ses attaques, ciblant la Corée du Sud du président Moon Jae-in, accusé d’être « ignorant et incompétent » ! Une douche froide, quelques jours après la poignée de main historique entre Kim et Moon, sur la DMZ le 27 avril, où les deux dirigeants avaient promis la main sur le cœur de ne plus jamais « se faire la guerre ». Séoul est sommé de choisir entre son alliance avec Washington et le rapprochement avec Pyongyang. Un dilemme pour le président sud-coréen, qui sera à la Maison-Blanche, le 22 mai.

Souffler le chaud et le froid fait partie de la tactique de négociation classique de la Corée du Nord pour déstabiliser l’adversaire. « lls veulent tester Trump. Ils ont rencontré Mike Pompeo, mais ils savent que le principal obstacle demeure Bolton », juge Victor Cha, ancien négociateur de l’ère Bush. Avec l’espoir de forcer Donald Trump, appâté par la perspective d’un accord à forte visibilité, à baisser ses exigences en matière de dénucléarisation.

Ces échanges musclés indiquent que les négociations entrent dans le vif du sujet, et que la route vers Singapour sera plus longue et compliquée que ne l’envisageait l’Américain. Ils ne signifient pas que le sommet est mort-né, mais il pourrait être repoussé si les discussions s’enveniment, juge Scott Snyder, du Council for Foreign Relations. Déjà, en 2012, l’administration Obama avait discrètement arraché une percée diplomatique lors de pourparlers en Suisse. Mais le jeune Kim avait torpillé le « deal » à la dernière minute, en lançant une fusée, défiant les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Les prochaines semaines diront si le Maréchal est prêt cette fois à s’asseoir véritablement à la table des négociations. Le fantôme du colonel Kadhafi hante toujours Pyongyang, et les références constantes de l’administration Trump à la Libye attisent encore la méfiance d’un régime qui assoit sa légitimité sur la résistance à « l’ennemi » américain.

 

http://www.lepoint.fr/monde/le-journal-de-trump/trump-kim-pyongyang-jette-un-froid-18-05-2018-2219392_3241.php

 

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Trump estime «très probable» que Kim Jong-un finisse comme Kadhafi s’il n’y a pas d’accord

 

 

Après la déclaration du faucon John Bolton le 29 avril qui faisait allusion au modèle libyen pour résoudre le conflit diplomatique entre Washington et Pyongyang sur le programme de dénucléarisation, Donald Trump joue-t-il au pompier pyromane ?

Alors que les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord semblaient en passe de devenir moins glaciales, il se pourrait que Donald Trump ait commis un nouvel impair : interrogé sur la référence de son conseiller à la Sécurité nationale au «modèle libyen» (c’est-à-dire le programme de dénucléarisation de la Libye en décembre 2003) en date du 29 avril, le président américain a visiblement compris le terme «modèle libyen» comme une évocation de la chute du président libyen en 2011, soit quelque cinq années après la reprise du dialogue diplomatique avec les Etats-Unis. Sans gouvernement stable, le pays a ensuite sombré dans le chaos.

 

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Donald Trump et Kim Jong-un se rencontreront le 12 juin à Singapour

 

«Si vous regardez bien le modèle libyen, ça a été un vrai massacre, nous sommes allés là-bas pour l’abattre [Kadhafi]. C’est très probablement le modèle qui se mettrait en place si on ne trouvait pas un accord [avec Kim Jong-un]. En revanche, si nous trouvons un accord, je suis sûr qu’il en sera très, très satisfait», a déclaré le président américain à la presse depuis la Maison Blanche le 17 mai. Donald Trump semble ainsi avoir promis une fin «à la Kadhafi» à Kim Jong-un en cas d’absence d’accord avec les Etats-Unis.

Ce n’était pourtant pas le sens des propos de son conseiller à la Sécurité, le néo-conservateur John Bolton, eux-mêmes déjà très maladroits, voire ambigus. Il avait fait référence au «modèle libyen» pour rappeler que Tripoli avait abandonné son programme de développement d’armes chimiques, biologiques ou nucléaires en 2003 afin de restaurer ses relations avec l’Occident, après neuf mois de négociations secrètes avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Une décennie plus tard, le dirigeant libyen était assassiné lors de l’intervention militaire occidentale.

Ca a été un vrai massacre, nous sommes allés là-bas pour l’abattre

Le 12 juin, une rencontre historique est toujours prévue à Singapour entre les dirigeants de la Corée du Nord et des Etats-Unis. Mais si la déclaration de John Bolton avait déjà chahuté les relations diplomatiques entre Washington et Pyongyang, il se pourrait que la déclaration de Donald Trump, qui se voulait probablement rassurant en déclarant qu’il ne voulait pas du «modèle libyen» en Corée du Nord, n’arrange pas la précaire entente entre les deux pays. Kim Jong-un retiendra-t-il la menace voilée ou l’assurance des meilleures volontés de Donald Trump ?

Le président américain l’a affirmé lors de cette même déclaration à la presse : «Si on traite avec Kim Jong-un, il sera là. Il dirigerait lui-même son pays. Son pays serait très riche. Nous sommes prêts à concéder beaucoup et… lui aussi. Je crois que nous allons entretenir de bonnes relations, à condition que notre rencontre ait lieu et qu’elle débouche sur quelque chose. Et il aura accès à une très puissante protection.»

 

https://francais.rt.com/international/50787-trump-estime-tres-probable-que-kim-jong-un-finisse-comme-kadhafi-accord

 

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Séoul garde l’espoir malgré la suspension du dialogue par la Corée du Nord

 

 

SEOUL, 16 mai (Yonhap) — Le gouvernement pense que la Corée du Nord va respecter son engagement concernant la dénucléarisation malgré qu’elle ait décidé de suspendre indéfiniment le dialogue avec la Corée du Sud, a fait savoir ce mercredi un responsable du bureau présidentiel.

«Nous pensons que la situation actuelle fait partie d’un processus difficile dans lequel il faut dessiner le même dessin et que c’est une douleur que nous devons endurer pour parvenir à de bons résultats», a indiqué l’attaché de presse présidentiel Yoon Young-chan dans un communiqué.

Pyongyang a décidé aujourd’hui de suspendre les discussions intercoréennes de haut niveau qui devaient se tenir ce mercredi, justifiant sa décision par la tenue des exercices militaires conjoints entre la Corée du Sud et les Etats-Unis.

Le vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères Kim Kye-gwan a déclaré, après l’annonce de la suspension des discussions intercoréennes, que la Corée du Nord pourrait reconsidérer la tenue du sommet entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump.

Séoul a dit regretter le report de ces discussions, qui selon lui porte atteinte aux accords conclus entre le président Moon Jae-in et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un lors de leur sommet historique le 27 avril.

«Il est regrettable que la décision unilatérale du Nord de reporter les discussions intercoréennes de haut niveau, invoquant les manœuvres aériennes annuelles entre la Corée du Sud et les Etats-Unis, ne soit pas conforme à l’esprit et à la vocation des accords conclus entre les dirigeants des deux pays», a indiqué le ministère de l’Unification dans un communiqué publié ce mercredi.

Dans ladite déclaration de Panmunjom, du nom du village de la trêve où s’est déroulé le sommet intercoréen, Moon et Kim ont décidé d’interrompre les actes hostiles entre les deux pays et de chercher à dénucléariser complètement la péninsule coréenne.

Kim, au cours de sa rencontre avec le conseiller présidentiel sud-coréen à la sécurité Chung Eui-yong, avait dit qu’il comprenait la nécessité pour la Corée du Sud de reprendre les exercices militaires avec les Etats-Unis, qui avaient été temporairement interrompus pendant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de PyeongChang.

 

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2018/05/16/0200000000AFR20180516003900884.HTML

 

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Le fantôme de Kadhafi flotte au-dessus de Pyongyang

 

 

La Corée du Nord ne veut pas d’un désarmement «selon le scénario libyen».

 

La première rencontre de l’histoire entre les dirigeants des États-Unis et de la Corée du Nord Donald Trump et Kim Jong-un est compromise: Pyongyang n’a pas du tout apprécié la déclaration de John Bolton, conseiller de la Maison blanche pour la sécurité nationale, qui a récemment indiqué qu’il souhaiterait un désarmement nucléaire de la Corée du Nord selon le «scénario libyen», c’est-à-dire un abandon inconditionnel de l’arme nucléaire sans aucune concession de l’autre partie, écrit vendredi le quotidien Kommersant. Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères y a perçu une menace d’«imposer à notre digne république le triste sort de la Libye et de l’Irak». Il se pourrait que John Bolton cherche intentionnellement à faire échouer les pourparlers.

Le commentaire que John Bolton a fait le 29 avril sur Fox News Sunday ne contribue certainement pas au dialogue diplomatique avec la Corée du Nord. Ces derniers mois, Pyongyang a fait des concessions sans précédent pour montrer sa disposition à évoquer la baisse des tensions sur la péninsule coréenne et le désarmement nucléaire. Parmi les démarches les plus notables, on retient notamment la préparation du démantèlement du polygone nucléaire de Punggye-ri. Peut-être que Donald Trump et Kim Jong-un parviendront à se mettre d’accord sur les démarches à suivre le 12 juin à Singapour, mais il faudrait déjà que cette rencontre ait lieu. Pour l’instant, la déclaration de John Bolton est interprétée par Pyongyang comme si les USA avaient l’intention de désarmer le pays avant d’y organiser une révolte et de détruire physiquement l’État selon le «scénario libyen».

 

En 2003-2004, quand le programme nucléaire libyen a été fermé, cela n’était pas considéré comme une prémisse au renversement du régime.

Le sort de la Libye avait suscité la réaction la plus négative en Corée du Nord. En 2011 déjà, quand les bombardements des forces libyennes ont commencé, l’agence de presse nord-coréenne KCNA a qualifié la décision de Mouammar Kadhafi de renoncer à l’arme nucléaire de «grave erreur».

Et la leçon libyenne a été retenue. Même s’il est difficile de comparer aujourd’hui les programmes nucléaires de la Libye et de la Corée du Nord: le premier a été fermé à un stade précoce, alors que le second a donné au pays le statut d’État nucléaire de plein droit.

L’arme nucléaire de Pyongyang a réduit au minimum le risque d’invasion du pays, et dans ce sens la stratégie de la dynastie Kim a porté ses fruits: les pays dont la puissance économique et politique dépasse largement celle de la Corée du Nord, y compris les USA, sont obligés de tenir compte de Pyongyang et de chercher à négocier avec lui. Il n’est donc pas étonnant que son gouvernement soit indigné par la proposition faite par John Bolton d’un désarmement inconditionnel sans aucune garantie «selon le scénario libyen».

Soit John Bolton s’est exprimé de sa propre initiative, soit ses déclarations s’inscrivent dans la stratégie des États-Unis visant à faire échouer les négociations et à faire escalader le conflit. «Son véritable but pourrait consister à faire perdre patience à Pyongyang pour qu’il renonce aux négociations afin de pouvoir dire ensuite que la stratégie diplomatique n’a pas porté ses fruits et passer au règlement militaire du conflit», estime Andreï Baklitski, expert du Centre d’études politiques (PIR-Center).

https://fr.sputniknews.com/presse/201805181036437855-kadhafi-pyongyang/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tillerson limogé par Trump : un nouveau pas vers la guerre ?

 

Tillerson limogé par Trump :

un nouveau pas vers la guerre ?

Le limogeage de Tillerson par Trump indique une orientation renforcée vers la guerre planétaire

Par Bill Van Auken
15 mars 2018

Le limogeage du secrétaire d’Etat Rex Tillerson par le président américain mardi et l’annonce de son remplacement par le directeur de la CIA Mike Pompeo ont à voir avec une orientation, qui s’accélère, de l’administration américaine vers une politique de guerre planétaire comme solution à la crise profonde du capitalisme américain.

Limogé par un tweet matinal de Trump, Tillerson n’avait pas, selon ses assistants, été averti à l’avance qu’il allait être démis de ses fonctions. Le tweet est arrivé quelques heures après que Tillerson est revenu d’un voyage d’une semaine en Afrique, essentiellement une tournée d’excuses pour la qualification du continent comme «pays de merde» par Trump.

Trump a aussi annoncé que Pompeo serait remplacé par Gina Haspel, une personne directement impliquée dans les crimes de torture et de disparitions forcées.

Si la méthode de Trump pour limoger Tillerson fut abrupte, des rumeurs selon lesquelles le secrétaire d’État perdrait son siège au gouvernement circulaient depuis des mois à Washington, sur fond d’interventions répétées du président pour miner son supposé porte-parole dans le monde.

Dans une réprimande extraordinaire à son secrétaire d’Etat en octobre dernier, Trump avait tweeté depuis son club de golf du New Jersey que Tillerson « perdait son temps à négocier avec ‘le petit homme-fusée’ » surnom qu’il avait donné au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, ajoutant, « nous ferons ce qui doit être fait! », suggérant une action militaire. Le tweet était arrivé juste au moment où Tillerson avait des discussions avec les responsables chinois sur la crise dans la péninsule coréenne.

Au cours de la même semaine, on a appris que Tillerson avait qualifié Trump de «crétin» lors d’une réunion du Pentagone au sujet de la déclaration du président à ses conseillers qu’il voulait un décuplement des armes nucléaires américaines.

Quelles que soient les frictions entre le président américain et Tillerson, ancien PDG multi-millionnaire d’ExxonMobil, Trump a indiqué mardi un différent particulier sur la politique étrangère.

« En fait, je m’entendais bien avec Rex, mais il avait vraiment un état d’esprit différent, une pensée différente », a déclaré Trump aux journalistes au moment de quitter la Maison Blanche pour un voyage en Californie. « Si vous regardez l’accord sur l’Iran, je pense que c’est terrible. Je suppose qu’il pensait que ça allait.. . Donc nous ne pensions pas vraiment de la même façon. Avec Mike, Mike Pompeo, nous avons un processus de réflexion très semblable. Je pense que ça va très bien aller. »

Avec une fortune personnelle de plus de 300 millions de dollars et une carrière qui l’a amené au sommet de l’un des plus grands conglomérats pétroliers du monde, Tillerson est un défenseur dévoué des intérêts capitalistes américains. Il avait cependant d’importantes différences tactiques avec Trump et d’autres membres de l’administration, y compris sur la question de savoir si certains de ces intérêts pouvaient être obtenus par le biais de négociations diplomatiques plutôt que par une agression militaire.

Tillerson aurait été parmi ceux à la Maison Blanche qui le mois dernier ont dissuadé Trump de renverser l’accord nucléaire de 2015 négocié entre l’Iran et les P5 + 1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne) en ne signant pas la renonciation pendant quatre mois aux sanctions américaines imposées à propos du programme nucléaire. Trump se serait plaint en disant qu’il regrettait la décision et a promis de réimposer les sanctions en mai, la prochaine date limite de renonciation, à moins qu’il y ait un accord pour renégocier l’accord, y compris des termes que Téhéran ne peut pas accepter et n’acceptera pas.

Dans ce qui apparaît être une réponse au remaniement ministériel, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a tweeté mardi: « M. Trump a pris l’habitude d’être imprévisible et donc peu fiable pour quiconque avec qui il dialogue. Personne ne voudra conclure un accord avec la Maison Blanche si la signature des Etats-Unis n’est valable que pour 4 à 8 ans. »

Tillerson s’était également prononcé à plusieurs reprises pour des négociations avec la Corée du Nord, alors même que Trump la menaçait de «feu et de fureur» et disait vouloir «détruire totalement» ce pays et ses 25 millions d’habitants.

Finalement, Tillerson a été pris au dépourvu par Trump qui a déclaré soudainement la semaine dernière sa volonté de participer à des négociations directes avec la Corée de Kim Jong-un sur sa dénucléarisation et qui se tiendront en mai. Trump a fait son annonce juste un jour après que Tillerson avait dit aux journalistes en Éthiopie qu’il n’était pas clair « si les conditions sont bonnes pour commencer même à penser à des négociations. »

Le remplaçant proposé pour Tillerson, Mike Pompeo, a à maintes reprises affirmé sa détermination à mettre fin au traité nucléaire iranien et à poursuivre une stratégie de changement de régime à Téhéran. Après l’élection de Trump, il avait tweeté: « J’ai hâte de revenir sur cet accord désastreux avec le plus grand commanditaire du terrorisme au monde. »

En tant que directeur de la CIA, Pompeo qui s’est servi souvent d’une rhétorique anti-musulmane, a qualifié l’Iran de «théocratie despotique» et «d’empire pernicieux qui étend son pouvoir et son influence à travers le Moyen-Orient».

Ancien officier de chars de l’armée américaine et député « Tea Party » du Kansas, dont la carrière politique a été financée par les frères Koch, Pompeo s’est vanté en octobre dernier que sous sa direction, la CIA deviendrait une «agence beaucoup plus brutale». Il a déployé des commandos d’assassins de la CIA en Afghanistan pour éliminer les opposants au régime de Kaboul soutenu par les États-Unis.

Pompeo a aussi clairement exprimé son soutien au changement de régime en Corée du Nord, déclarant en juillet dernier qu’il « espérait que nous trouverions un moyen de séparer ce régime de ce système … Les Nord-coréens, j’en suis sûr, sont des gens adorables et aimeraient le voir partir. »

S’exprimant lors d’un talk-show dimanche, Pompeo a souligné que dans toute négociation entre Trump et Kim, « il n’y aura pas de concessions ».

Des sources à Washington ont indiqué que Trump voulait installer Pompeo comme secrétaire d’État avant que les négociations commencent.

La nomination de Pompeo suggère fortement que l’acceptation des pourparlers avec Kim est une ruse de la part de l’administration Trump, visant à ouvrir la voie à une action militaire américaine.

Interrogé dimanche lors d’une apparition sur ABC s’il était possible que les pourparlers n’aient pas lieu, le porte-parole de la Maison Blanche Raj Shah a répondu: « il y a une possibilité. Si c’est le cas, c’est la faute des Nord-Coréens, ils n’ont pas été à la hauteur des promesses qu’ils ont faites. »

Le remplacement de Tillerson par Pompeo a provoqué des réponses inquiètes des anciens alliés européens de Washington.

« Le limogeage de Rex Tillerson n’améliore en rien les choses », a déclaré le vice-ministre allemand des Affaires étrangères Michael Roth dans un tweet mardi.

Thomas Oppermann, le vice-président du parlement allemand, a lui, averti que le limogeage de Tillerson, qu’il a qualifié d ‘ « interlocuteur fiable et intelligent », entraînerait un « nouveau recul des relations germano-américaines ». Les brusques changements au sommet de l’administration américaine, a-t-il ajouté, était une manifestation des méthodes «capricieuses et erratiques» de Trump.

Les opposants politiques ostensibles de Trump au sein du Parti démocrate ont réagi au remaniement ministériel du seul point de vue de la campagne anti-Russie, dont ils ont fait le centre de leur opposition à l’administration.

Chuck Schumer, le porte-parole démocrate du Sénat, a déclaré que Tillerson « était beaucoup trop mou avec la Russie », et qu’il espérait que Pompeo « serait beaucoup plus dur et nous espérons qu’il peut persuader le président d’être plus dur ».

La porte-parole démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a quant à elle attribué le licenciement de Tillerson au fait qu’il avait impliqué la Russie dans l’empoisonnement d’un ex-espion domicilié en Grande-Bretagne. « Les actions du président Trump montrent que chaque responsable de son administration est à la merci de ses caprices personnels et de son culte de Poutine », a-t-elle tweeté.

Lorsque Tillerson a été nommé secrétaire d’État, les démocrates s’y sont opposés non par crainte qu’un PDG du pétrole n’assume la haute direction de la politique étrangère du gouvernement américain, mais plutôt du fait des accords qu’il avait conclu avec la Russie.

Désormais, loin de s’opposer à la poursuite du virage vers la guerre de l’administration Trump, ils demandent seulement qu’il se concentre plus directement sur une Russie dotée d’armes nucléaires.

Dans une déclaration mardi, Schumer a également précisé qu’il n’appelait pas les démocrates à s’opposer à la remplaçante de Pompeo comme directeur de la CIA, Haspel ; à la CIA depuis 30 ans elle est directement impliquée dans la torture de détenus sous l’administration Bush, ainsi que dans la destruction de preuves vidéo documentant ces crimes de guerre.

(Article paru en anglais le 14 mars 2018)

 

 

Trump’s firing of Tillerson signals further shift toward global war

By Bill Van Auken
14 March 2018

President Donald Trump’s sudden firing of Secretary of State Rex Tillerson Tuesday and the announcement of CIA Director Mike Pompeo as his replacement is bound up with the accelerating shift by the US administration toward a policy of global war as the solution to the deep-seated crisis of American capitalism.

Fired by a morning tweet from Trump, Tillerson was reported by his aides to have had no advance warning that he was to be removed from his post. The tweet came just hours after Tillerson had returned from a week-long trip to Africa, basically an apology tour over Trump’s reference to the continent as “shithole countries.”

Trump also announced that Pompeo will be replaced by Gina Haspel, an individual who is directly implicated in crimes of torture and forced disappearances.

While Trump’s method of removing Tillerson was abrupt, rumors that the secretary of state would lose his cabinet seat had circulated for months in Washington amid the repeated interventions by the US president to undercut his supposed spokesman to the world.

In an extraordinary rebuke to the US secretary of state last October, Trump tweeted from his New Jersey golf club that Tillerson was “wasting his time trying to negotiate with Little Rocket Man,” the nickname he had adopted for North Korean leader Kim Jong-un, adding, “we’ll do what has to be done!”, suggesting military action. The tweet came just as Tillerson was holding talks with Chinese officials on the crisis on the Korean peninsula.

During the same week, it emerged that Tillerson had referred to Trump as a “moron” at a Pentagon meeting over the president’s statement to advisors that he wanted a tenfold increase in US nuclear weapons.

Whatever the frictions between the US president and Tillerson, the multi-millionaire former CEO of ExxonMobil, Trump on Tuesday pointed to a particular difference over foreign policy.

I actually got along well with Rex but really it was a different mind-set, a different thinking,” Trump told reporters as he left the White House for a trip to California. “When you look at the Iran deal, I think it’s terrible. I guess he thought it was okay. . . So we were not really thinking the same. With Mike, Mike Pompeo, we have a very similar thought process. I think it’s going to go very well.”

With a personal fortune of over $300 million and a career that brought him to the top of one of the largest oil conglomerates in the world, Tillerson is a dedicated defender of US capitalist interests. He had significant tactical differences with Trump and others in the administration, however, including over whether some of these interests could be achieved by means of diplomatic negotiations rather than military aggression.

Tillerson was reportedly among those in the White House who last month dissuaded Trump from upending the 2015 nuclear agreement negotiated between Iran and the P5+1—the US, Russia, China, Britain, France and Germany—by refusing to sign the four-month waiver of US sanctions imposed over the nuclear program. Trump has reportedly complained that he regretted the decision and has vowed to reimpose the sanctions in May, the next waiver deadline, unless there is a deal to renegotiate the agreement, including terms that Tehran cannot and will not accept.

In an apparent response to the cabinet reshuffle, Iran’s foreign minister Mohammad Javad Zarif tweeted Tuesday: “Mr Trump has made habit of being unpredictable and thus unreliable for anybody to engage with. Nobody will be interested in reaching any agreement with the White House if US signature only good for 4-8 yrs.”

Tillerson had also repeatedly spoken in favor of negotiations with North Korea, even as Trump threatened “fire and fury” and to “totally destroy” the country of 25 million people.

In the end, however, Tillerson was caught off guard by Trump, who suddenly declared last week his willingness to participate in direct talks with Korea’s Kim Jong-un on the de-nuclearization of North Korea to be held by May. Trump made his announcement just a day after Tillerson had told reporters in Ethiopia that it was unclear “whether the conditions are right to even begin thinking about negotiations.”

Tillerson’s proposed replacement as secretary of state, Mike Pompeo, has repeatedly made clear his determination to scrap the Iran nuclear treaty and pursue a strategy of regime change in Tehran. After Trump’s election, he tweeted: “I look forward to rolling back this disastrous deal with the world’s largest state sponsor of terrorism.”

As CIA director, Pompeo, who has repeatedly engaged in anti-Muslim rhetoric, referred to Iran as a “despotic theocracy” and a “pernicious empire that is expanding its power and influence across the Middle East.”

A former US Army tank officer and right-wing Tea Party congressman from Kansas, whose political career was bankrolled by the Koch brothers, Pompeo boasted last October that under his leadership, the CIA would become a “much more vicious agency.” He directed the deployment of CIA assassination squads in Afghanistan to eliminate opponents of the US-backed regime in Kabul.

Pompeo has also made clear his support for regime change in North Korea, declaring last July that he was “hopeful we will find a way to separate that regime from this system … The North Korean people, I’m sure, are lovely people and would love to see him go.”

Speaking on a news talk show Sunday, Pompeo stressed that in any negotiations between Trump and Kim, “there will be no concessions made.”

Sources in Washington have indicated that Trump wanted to install Pompeo as secretary of state before any negotiations began.

The appointment of Pompeo strongly suggests that the acceptance of talks with Kim is a ruse on the part of the Trump administration, aimed at paving the way to US military action.

Asked on Sunday in an appearance on ABC where there was a possibility that the talks would not take place, White House spokesman Raj Shah responded, “there’s the possibility. If it does, it’s the North Koreans’ fault, they have not lived up to the promises that they made.”

The replacement of Tillerson by Pompeo provoked worried responses from Washington’s erstwhile European allies.

The dismissal of Rex #Tillerson does not make anything better,” German Deputy Foreign Minister Michael Roth said in a tweet Tuesday.

Thomas Oppermann, the deputy speaker of the German parliament, meanwhile, warned that the removal of Tillerson, whom he described as “a reliable, intelligent interlocutor,” would result in a “further setback for German-American relations.” The sudden changes at the top of the US administration, he added, was a manifestation of Trump’s “capricious and erratic” methods.

Trump’s ostensible political opponents within the Democratic Party responded to the cabinet reshuffle entirely from the standpoint of the anti-Russia campaign that they have made the focus of their opposition to the administration.

Chuck Schumer, the Senate Democratic leader, said that Tillerson “was not close to tough enough on Russia,” and that he hoped that Pompeo “will be a lot tougher and we hope he can persuade the president to be tougher.”

House Democratic leader Nancy Pelosi, meanwhile, attributed Tillerson’s firing to his having implicated Russia in connection with the poisoning of an ex-spy living in Britain. “President Trump’s actions show that every official in his Administration is at the mercy of his personal whims and his worship of Putin,” she tweeted.

When Tillerson was nominated as secretary of state, Democrats opposed him not out of concern that a top oil CEO would be taking over the senior foreign policy position in the US government, but rather over his deals he struck with Russia.

Now, far from opposing the further turn toward war by the Trump administration, they are only demanding that it focus more directly on nuclear-armed Russia.

In a statement on Tuesday, Schumer also made it clear that he was not calling on Democrats to oppose Trump’s nominee to replace Pompeo as director of the CIA, Haspel, a 30-year CIA veteran who was directly involved in the torture of detainees under the Bush administration, as well as in the destruction of video evidence documenting those war crimes.

 

Sources:

http://www.wsws.org/fr/articles/2018/03/15/tile-m15.html

https://www.wsws.org/en/articles/2018/03/14/till-m14.html

 

 

La Résistance : ça paye !!!

 

 

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La Résistance

 

ça paye !!!

 

 

 

L’un promettait à l’autre « le feu et la fureur », mais ils vont finalement se serrer la main. Donald Trump a accepté l’invitation du leader nord-coréen Kim Jong-un, qui avait « fait part de son désir » de rencontrer le président américain « le plus vite possible », et une entrevue aura lieu « d’ici fin mai », a expliqué vendredi 9 mars le conseiller national sud-coréen à la Sécurité, Chung Eui-yong, qui a servi de messager.

L’annonce intervient après un réchauffement des relations entre les deux Corées, autour des JO de Pyeongchang, mais ne représente pas moins une surprise. Et un événement historique. Il n’y a jamais eu, en effet, de rencontre entre un chef d’Etat nord-coréen et un président américain en exercice. Les menaces de Donald Trump et l’escalade des sanctions contre Pyongyang ont-elles payé ? Ou est-ce l’héritier de la dynastie Kim qui réussit un coup de maître et le président américain qui a tort d’espérer obtenir des concessions ? Franceinfo vous explique les raisons de cette rencontre inédite avec deux experts de la Corée du Nord.

Parce que la Corée du Nord est sous pression???

L’été dernier, Washington et Pyongyang semblaient au bord d’un conflit explosif. La Corée du Nord multipliait les essais nucléaires et balistiques, menaçait l’île américaine de Guam et affirmait maîtriser la bombe H. Fin novembre, elle annonçait même être capable de frapper « la totalité du continent américain »Mais les tensions étaient aussi attisées par la rhétorique belliqueuse de Donald Trump. Face aux menaces, le président américain promettait « le feu et la fureur telle que le monde n’en a jamais vu » et de « détruire la Corée du Nord » si jamais les Etats-Unis avaient à se défendre. Des avertissements bien plus directs que ceux de ses prédécesseurs.

L’annonce de sa rencontre prochaine avec Kim Jong-un valide cette stratégie menaçante des Américains, explique à franceinfo Valérie Niquet, responsable du pôle Asie de la Fondation pour la recherche stratégique. Elle prouve que « quand on montre une vraie détermination, et pas seulement une attitude ambiguë, ça marche ». Pour cette chercheuse, la Corée du Nord mène sa diplomatie en calculant « le coût et les bénéfices » : attaquer les Etats-Unis serait s’exposer à une riposte « qui signerait la fin du régime ».

Une explication qui ne convainc pas Antoine Bondaz, chargé de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, joint par franceinfo. Pour lui, « il n’y a pour l’instant aucun succès » de l’approche de Donald Trump, dans la mesure où la Corée du Nord n’a pas fait de promesses fermes en échange de cette rencontre avec le président américain, à l’exception d’un gel des essais qui était déjà en place depuis fin novembre. Cette rencontre à l’initiative de la Corée du Nord illustre surtout « l’effet des sanctions » de la communauté internationale sur le régime de Kim Jong-un. Face au président américain, le dictateur cherchera sans doute à alléger la pression économique sur son pays, qui complique sa capacité à « satisfaire les élites qui le soutiennent », acquiesce Valérie Niquet.

Parce que Kim Jong-un a tout à gagner

Pour Antoine Bondaz, pas de doute, c’est la Corée du Nord qui « mène la danse » dans cette séquence diplomatique. Qu’a-t-elle à y gagner ? Un sommet peut « lui donner une légitimité politique » : Kim Jong-un deviendrait le premier dirigeant nord-coréen à réussir à rencontrer un président américain, un objectif de longue date de la dynastie Kim. S’asseoir autour d’une table « lui donne un statut d’égal à égal » avec Donald Trump. Comme l’a fait remarquer un chercheur américain sur Twitter, une visite à Pyongyang du président des Etats-Unis est même présenté comme le happy end dans un film de propagande nord-coréen des années 1980.

 

« Kim Jong-un peut transformer cette rencontre en quelque chose de prestigieux » aux yeux de son peuple, confirme Valérie Niquet, et « se présenter comme un dirigeant raisonnable, qui choisit la paix ». Pour la Corée du Nord, organiser un sommet avec les Etats-Unis équivaut même à un rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, quand bien même elles ne le seraient pas officiellement (les deux pays n’ont aucun contact et ne s’envoient pas d’ambassadeurs). « Cela ouvre la voie à une reconnaissance officielle », un autre objectif historique du régime, estime Antoine Bondaz. En somme, cette rencontre est déjà une victoire pour le leader nord-coréen, que la discussion avec Donald Trump débouche ou non sur un accord.

Parce que Donald Trump fait un pari politique

« La stratégie de la Corée du Nord n’est pas surprenante, explique Antoine Bondaz. Ce à quoi personne ne s’attendait, c’est que Donald Trump accepte, et que ça se fasse aussi rapidement. » En effet, c’est loin d’être la première fois qu’un président américain décroche une invitation de la part de Pyongyang : Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama ont tous été conviés. « Mais ils refusaient de faire un sommet sans qu’il y ait un accord », explique Antoine Bondaz, et n’avaient jamais réussi à obtenir des garanties suffisantes.

C’est en cela que l’annonce de cette rencontre est étonnante. « Normalement, on négocie pendant des mois entre diplomates, jusqu’à avoir obtenu un accord viable, souligne le chercheur. Et ensuite, on organise un sommet pour couronner cet accord. » En décidant d’une rencontre dans seulement deux mois, et avant même le début de quelconques négociations, Donald Trump « met la charrue avant les bœufs ». Pour Valérie Niquet, ce changement d’approche s’explique par « la pression très forte » exercée sur la Corée du Nord, qui placerait Washington dans une position favorable pour obtenir des concessions. Pour Antoine Bondaz, en revanche, elle montre surtout que « Donald Trump n’est pas un diplomate », même si le milliardaire vante ses prouesses de négociateur.

 

Donald Trump semble croire qu’il peut obtenir de la Corée du Nord des avancées vers une dénucléarisation du régime, et pas seulement un gel de son programme nucléaire. Il l’a souligné dans un tweet vendredi. Mais si Kim Jong-un a bien évoqué avec les Sud-Coréens la possibilité de discuter de ce sujet, il n’a pris aucun engagement en ce sens. Ce qui place Donald Trump dans une situation d’asymétrie : la Corée du Nord tire déjà le bénéfice, en terme d’image, de l’organisation de cette rencontre, alors que le président américain devra les convaincre de faire des sacrifices. S’il échoue, « il risque de perdre du crédit politique ».

Tout dépendra sans doute du travail de l’ombre des négociateurs, mais obtenir un accord important en seulement deux mois « est très peu crédible », estime Antoine Bondaz. D’autant que les Etats-Unis sont dépourvus de négociateurs rodés aux discussions avec la Corée du Nord, alors que « côté nord-coréen, il y a des gens qui négocient depuis des décennies avec les Américains et les connaissent bien ». En tentant un coup politique historique, Donald Trump prend donc le risque d’un retour de bâton.

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/coree-du-nord-pourquoi-kim-jong-un-et-donald-trump-ont-accepte-de-participer-a-une-rencontre-historique_2648156.html

 

Sommet Trump – Kim Jong-un :

« Les Etats-Unis ont beaucoup plus à perdre que la Corée du Nord »

DIPLOMATIE – Comment expliquer l’annonce surprise d’un sommet entre les États-Unis et la Corée du Nord ? Après des mois de tensions, que faut-il espérer de la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un ?

Antoine Bondaz, chercheur associé au Centre de recherches internationales de Sciences Po et spécialiste de la politique étrangère coréenne, a répondu aux questions de LCI.

09 mars 14:09Matthieu Jublin

Personne ne l’imaginait il y a quelques jours, mais Donald Trump et Kim Jong-un devraient se rencontrer prochainement. L’annonce par Séoul de ce sommet Etats-Unis-Corée du Nord, dans la nuit du 8 au 9 mars, a surpris tous les observateurs, y compris… Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain. Si la date et le lieu de l’événement ne sont pas encore connus, un responsable nord-coréen a déclaré que Kim Jong-un s’est engagé à discuter d’une « dénucléarisation » de la péninsule coréenne et qu’il a promis d’arrêter tout test nucléaire d’ici le sommet.

LCI : Cette annonce est-elle vraiment une surprise ?

Antoine Bondaz : Ce n’est pas une surprise d’un point de vue nord-coréen. Ça fait des décennies que la Corée du Nord essaie d’organiser un tel sommet. Et le pays était entré dans une séquence diplomatique depuis novembre 2017, dont l’invitation de Donald Trump était une conclusion logique. C’est plus surprenant du point de vue américain. D’abord parce que c’est la première rencontre entre le dirigeant nord-coréen et un président américain en exercice. Ensuite, parce que ce sommet va s’organiser très rapidement. Normalement, vous avez des mois de négociations, et on fait un sommet quand on pense avoir un accord, afin de couronner ce travail en amont. Là, on met la charrue avant les bœufs, et je pense que les diplomates américains eux-mêmes ont été surpris. Le sommet est annoncé avant même le début des négociations. Si, sur le fond, ces annonces sont surprenantes, elles le sont encore plus sur la méthode.

LCI : Les deux leaders semblent sortir gagnant de cette séquence, mais quels sont les risques à long terme ?

Antoine Bondaz : À très court terme tout le monde est gagnant. L’organisation de ce sommet est déjà une victoire diplomatique pour la Corée du Nord. C’est également une reconnaissance implicite des relations diplomatiques entre les deux pays, alors qu’elles n’existent pas officiellement. Enfin, Kim Jong-un ne s’est engagé à rien. Il a dit être prêt à discuter d’une « dénucléarisation de la péninsule », mais ce terme peut vouloir dire plusieurs choses, comme la fin de l’alliance entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, protégée par le parapluie nucléaire américain. Côté américain, Trump peut dire que sa stratégie a fonctionné, que ce soit vrai ou pas. La question, c’est celle de l’après-sommet. Le risque, c’est de donner de la légitimité internationale à Kim Jong-un, sans rien obtenir en retour. Et les Etats-Unis ont beaucoup plus à perdre à ce moment. Il très difficile d’analyser ce que fait Donald Trump et de savoir si ses décisions dépendent du contexte intérieur aux Etats-Unis. Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas une séquence imaginée par des diplomates. Pour l’instant, ça apparaît plus comme un coup politique que comme un coup diplomatique.

LCI : Quel est le rôle de la Corée du Sud et de la Chine dans cette séquence ?

Antoine Bondaz : La Chine a toujours été en retrait sur cette question-là. Elle appelle au dialogue, et ce sommet est conforme à ses intérêts, mais elle n’y a pas contribué activement. Par contre, la Corée du Sud a eu un rôle fondamental, en servant d’intermédiaire entre Pyongyang et Washington, et en rendant ce sommet politiquement possible. À partir du moment où le Sud a initié le dialogue et a accepté de participer à un sommet inter-coréen, alors il devenait acceptable pour Trump d’organiser un sommet. La Corée du Sud, dont l’objectif était d’établir un dialogue direct entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, a débloqué la situation. Diplomatiquement, c’est un coup de maître.

Il faut parvenir à un accord avant que les missiles intercontinentaux nord-coréens soient pleinement opérationnelsAntoine Bondaz

LCI : Peut-on imaginer un scénario de sortie de crise ?

Antoine Bondaz : On est encore très loin d’une dénucléarisation. En plus du gel des tests nucléaires nord-coréen, il faut parvenir à un gel du programme nucléaire, vérifié par l’AIEA, et enfin, au démantèlement des capacités nucléaires. On est aussi loin d’un retour de la Corée du Nord dans le jeu diplomatique, mais l’existence de sommet permet déjà de créer des opportunités. C’est désormais le travail des négociateurs de transformer ces opportunités en gains diplomatiques. Mais soyons honnêtes : négocier un tel accord en quelques mois, alors que le dialogue était inexistant il y a quelques semaines et que les négociateurs historiques américains sont partis, c’est extrêmement compliqué. En face, les négociateurs nord-coréens sont très expérimentés.

LCI : Cette position de force est-elle aussi garantie par les capacités nucléaires de la Corée du Nord ?

Antoine Bondaz : Oui. Côté américain, il y a urgence. Il faut parvenir à un accord avant que les missiles intercontinentaux nord-coréens soient pleinement opérationnels. Arriver à un gel des essais est déjà une victoire de Trump sur ce plan-là, car la menace est contenue.

https://www.lci.fr/international/denuclearisation-trump-kim-jong-un-les-etats-unis-ont-beaucoup-plus-a-perdre-que-la-coree-du-nord-2081175.html

 

 

 

JEUX OLYMPIQUES : UNE MISE AU POING QUI S’IMPOSAIT. . . !

JEUX OLYMPIQUES :

UNE MISE AU POING

QUI S’IMPOSAIT. . . !

 

 

Photo : Vladimir Ivanov

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puisqu’on interdisait à la délégation russe de défiler avec son drapeau et qu’on les obligeait à un drapeau blanc, un grand nombre de supporters lui préféraient le drapeau rouge de la victoire de l’Union soviétique. La proposition a été reprises dans les réseaux sociaux et elle a connu un franc succès. La Championne olympique a tenu bon pour tendre le sien et affirmer qu’il s’agissait de son drapeau, celui du pays le plus grand du monde. la vidéo montre qu’elle revendiquait cette appartenance en tendant le poing et en défiant les autorités olympiques au nom du symbole de la victoire de  l’URSS sur le fascisme.

La Vice-championne des jeux olympiques de 1994 à Lillehammer, ex-Chef de la fédération des sports de ski de Russie, Svetlana Gladyševa, aux jeux de Pyeongchang, a arboré   une copie de la bannière de la victoire –
Les représentants du CIO ont essayé de lui faire enlever le drapeau  mais elle a refusé de l’enlever  et s’est battu pour continuer à le déployer. 

« je ne vais  pas abandonner ce drapeau ! C’est le drapeau de ma nation. La  plus grande du monde ! » a-t-elle dit comme on le voit dans la vidéo où elle s’exprime en anglais.

 

 

En Corée, la RPDC aux JO d’Hiver: Un petit pas vers la Paix?

 

En Corée, la RPDC aux JO d’Hiver:

Un petit pas vers la Paix?

La Corée du Nord aux JO-2018 : « Un grand pas en avant dans l’esprit olympique » Thomas Bach, président du CIO

17h26, le 09 janvier 2018, modifié à 18h17, le 09 janvier 2018

À l’issue de discussions exceptionnelles qui se sont tenues mardi, les deux pays ont convenu que la Corée du Nord allait envoyer une délégation aux JO d’hiver de Pyeongchang, en février prochain.

La décision d’envoyer une délégation de Corée du Nord aux jeux Olympiques d’hiver en Corée du Sud constitue « un grand pas en avant dans l’esprit olympique », a réagi mardi le président du Comité international olympique, Thomas Bach.

À l’issue de discussions exceptionnelles qui se sont tenues mardi entre le Nord et le Sud, les deux pays ont convenu que la Corée du Nord allait envoyer une délégation aux jeux Olympiques d’hiver qui se tiennent à Pyeongchang du 9 au 25 février, à 80 km de la frontière nord-coréenne. « Le CIO accueille avec une grande satisfaction les propositions sur lesquelles la Corée du Sud et la Corée du Nord sont tombées d’accord », a commenté le CIO dans un communiqué. « Ces propositions marquent un grand pas en avant dans l’esprit olympique », a déclaré Thomas Bach, président du CIO, cité dans le communiqué.

Le représentant nord-coréen à Lausanne. Le CIO attend maintenant « les rapports et propositions officiels » issus de la réunion de mardi et « va discuter des propositions » portant notamment sur le nombre et l’identité des sportifs retenus par le Comité national olympique nord-coréen. Il va maintenant revenir à la Commission exécutive du CIO de décider des modalités de la participation nord-coréenne (drapeau, hymne, cérémonies…), a précisé l’instance. Dans le même temps, le représentant nord-coréen au CIO, Chang Ung, se trouve à Lausanne pour « une réunion d’information déjà prévue depuis plusieurs semaines », a ajouté le CIO.

Une première rencontre entre nord-coréens et sud-coréens depuis deux ans. La Corée du Nord s’est déclarée mardi prête à envoyer des athlètes et une délégation de haut rang aux prochains jeux Olympiques en Corée du Sud, lors d’un exceptionnel face-à-face après les tensions provoquées par les ambitions nucléaires de Pyongyang. Séoul a profité de cette première rencontre en plus de deux ans pour demander que soit organisée parallèlement aux Jeux d’hiver une réunion des familles séparées par la guerre (1950-53), l’un des héritages les plus douloureux du conflit. Les discussions se sont tenues à Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu, dans la zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule.

Le CIO s’annonce « flexible » envers les sportifs nord-coréens. Lundi, à la veille des négociations inter-coréennes, le CIO avait annoncé qu’il se montrerait « le plus flexible possible » envers les sportifs nord-coréens désireux de participer aux prochains JO d’hiver. En 1988, la Corée du Nord avait boycotté les Jeux d’été organisés à Séoul. En 2014, aucun athlète nord-coréen n’avait réalisé les minima pour les Jeux d’hiver de Sotchi, en Russie.

http://www.europe1.fr/sport/la-coree-du-nord-aux-jo-2018-un-grand-pas-en-avant-dans-lesprit-olympique-3541679

 

 

Complément d’info :

Les vœux du Nouvel An

du Président Kim Jong-un au peuple coréen :

Chers citoyens du pays entier et vaillants officiers et soldats de l’Armée populaire,

Chers compatriotes,

Nous tous, nous remémorons avec émotion débordants de joie et de dignité les exploits dignes de fierté que nous avons accomplis l’année passée par un travail assidu et exaltant, en suant loyalement, et saluons une nouvelle année 2018 avec de nouveaux espoirs et attentes.

A l’occasion du nouvel an plein d’espoirs, je souhaite santé, bonheur, réussite et prospérité à toutes les familles, et je souhaite que soient exaucés des vœux de nouvel an de nos enfants et le beau rêve de tout notre peuple.

Camarades,

En jetant un regard rétrospectif sur l’année dernière, année où j’ai suivi inlassablement la marche pour la prospérité de la patrie, en puisant grande force et sagesse dans la force de volonté et la sincérité d’un peuple constamment confiant et attaché au Parti malgré les multiples difficultés et épreuves, je suis touché à la pensée de la valeur éminente de ce peuple avec lequel je mène la révolution.

Je remercie de tout cœur, en leur adressant mes vœux de bonne année, au nom du Parti du travail de Corée et du gouvernement de notre République, le peuple entier et tous les officiers et soldats de l’Armée populaire qui, en partageant la volonté et le sentiment du Parti et en soutenant sa décision pendant des journées de lutte difficile mais glorieuse, ont remporté des victoires prodigieuses dignes d’être mentionnées dans l’histoire cinq fois millénaire de la nation.

Je tiens à adresser mes vœux de bonne année aux compatriotes du Sud et de la diaspora qui luttent pour la réunification du pays, de même qu’aux peuples progressistes et amis du monde entier qui se sont prononcés contre la guerre d’agression et ont manifesté une ferme solidarité avec notre juste cause. (…)

http://naenara.com.kp/fr/news/?22+3432

Le discours intégral en doc PDF :

MESSAGE NOUVEL AN RPDC

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Corée, RPDC

Quelques liens sur le sujet, sur TML et Solydairinfo :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/19/a-lassaut-du-ciel/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/21/a-lassaut-du-ciel-suite/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/27/en-reponse-a-un-ami-ecologiste-sur-le-nucleaire-militaire-coreen/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/03/01/debat-sur-le-nucleaire-coreen-suite/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/04/18/agression-us-en-coree-le-point-de-la-situation-actuelle/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/05/de-la-station-f-a-la-station-r-reussite-de-la-resistance/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/12/coree-solidarite-avec-la-resistance-de-la-rpdc/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/07/31/communistes-ou-kollabos-de-limperialisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/18/bombardements-us-en-coree-le-vrai-visage-de-loncle-sam/

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Bombardements US en Corée : le vrai visage de l’Oncle Sam

 

 

Alors que le monde observe avec une inquiétude grandissante les tensions croissantes et la rhétorique belliqueuse entre les États-Unis et la Corée du Nord, l’un des aspects les plus remarquables de la situation est l’absence de toute reconnaissance publique de la raison sous-jacente des craintes nord-coréennes – ou, comme l’a qualifié l’ambassadeur des Nations Unies Nikki Haley, « l’état de paranoïa » – à savoir, l’horrible campagne de bombardement incendiaire menée par les Etats-Unis pendant la guerre de Corée et le nombre sans précédent de victimes.

Même si l’on ne connaîtra jamais tous les faits, les preuves disponibles permettent de conclure que les bombardements perpétrés sur les villes et les villages de la Corée du Nord ont fait plus de morts parmi les civils que toute autre campagne de bombardement de l’histoire.

L’historien Bruce Cumings décrit la campagne de bombardement comme « probablement l’un des pires épisodes de violence américaine déchaînée contre un autre peuple, mais c’est certainement celui que les Américains connaissent le moins« .

La campagne, menée de 1950 à 1953, a tué 2 millions de Nord-Coréens, selon le Général Curtis LeMay, chef du Commandement aérien stratégique et organisateur du bombardement de de Tokyo et d’autres villes japonaises. En 1984, LeMay a déclaré au Bureau de l’Histoire de l’Armée de l’Air que le bombardement de la Corée du Nord avait « tué 20 pour cent de la population« .

D’autres sources citent un nombre légèrement inférieur. Selon un ensemble de données élaboré par des chercheurs du Centre for the Study of Civil War (CSCW) et de l’International Peace Research Institute, Oslo (PRIO), la « meilleure estimation » des décès de civils en Corée du Nord est de 995 000, avec une estimation basse de 645 000 et une estimation élevée de 1,5 million.

Bien que la moitié des estimations de LeMay, le CSCW/PRIO estime que 995 000 morts dépassent encore le nombre de victimes civiles de toute autre campagne de bombardement, y compris les bombardements alliés de villes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale, qui ont fait entre 400 000 et 600 000 morts, les bombardements incendiaires et nucléaires de villes japonaises, qui ont causé entre 330 000 et 900 000 morts ; et les bombardements en Indochine entre 1964 et 1973, qui ont causé entre 121000 et 361000 morts au cours de Operation Rolling Thunder, Operation Linebacker, and Operation Linebacker II (Vietnam) ; Operation Menu and Operation Freedom Deal (Cambodia), and Operation Barrel Roll (Laos).

Le lourd bilan des bombardements en Corée du Nord est d’autant plus remarquable que la population du pays est relativement modeste : seulement 9,7 millions d’habitants en 1950. En comparaison, il y avait 65 millions de personnes en Allemagne et 72 millions au Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les attaques lancées par l’armée de l’air américaine contre la Corée du Nord utilisaient les tactiques de bombardement qui avaient été mises au point pendant la Seconde Guerre mondiale pour bombarder l’Europe et le Japon : des explosifs pour détruire des bâtiments, du napalm et d’autres armes incendiaires pour allumer des incendies massifs, et des tirs nourris pour empêcher les équipes de lutte contre l’incendie d’éteindre les flammes.

Le recours à de telles tactiques n’allait pas de soi. Selon les politiques américaines en vigueur au début de la guerre de Corée, les bombardements incendiaires dirigés contre les populations civiles étaient interdits. Un an plus tôt, en 1949, plusieurs amiraux de la marine américaine avaient condamné ces tactiques lors de témoignages devant le Congrès. Au cours de cette « révolte des amiraux », la Marine avait contesté ses collègues de la Force aérienne, soutenant que les attaques menées contre les populations civiles étaient contre-productives du point de vue militaire et violaient les normes morales internationales.

Arrivant à un moment où les tribunaux de Nuremberg avaient sensibilisé le public aux crimes de guerre, les critiques des amiraux de la marine reçurent un écho auprès de l’opinion publique. Par conséquent, il était interdit d’attaquer les populations civiles dans le cadre de la politique américaine au début de la guerre de Corée. Lorsque le général George E. Stratemeyer de la Force aérienne a demandé la permission d’utiliser les mêmes méthodes de bombardement sur cinq villes nord-coréennes que celles qui avaient « mis le Japon à genoux« , le général Douglas MacArthur a rejeté la demande en invoquant la « politique générale ».

Cinq mois après le début de la guerre, alors que les forces chinoises étaient intervenues aux côtés de la Corée du Nord et les forces de l’ONU battaient en retraite, le général MacArthur changea de position et accepté la demande du général Stratemeyer, le 3 novembre 1950, d’incendier la ville nord-coréenne de Kanggye et plusieurs autres villes : « Brûlez-la si vous voulez. Mieux encore, Strat, brûlez et détruisez en guise de leçon tout ville ou village qui aurait à vos yeux un intérêt militaire pour l’ennemi. » Le même soir, le chef d’état-major de MacArthur a déclaré à Stratemeyer que le bombardement incendiaire de Sinuiju avait également été approuvé. Dans son journal, Stratemeyer résume ainsi les instructions : « Chaque bâtiment, chaque site et chaque village en Corée du Nord devient une cible militaire et tactique » Stratemeyer a donné l’ordre à la Cinquième Force aérienne et au Commandement des bombardiers de « détruire tous les moyens de communication et toutes les installations, usines, villes et villages ».

Bien que l’Armée de l’air ait été directe dans ses propres communications internes au sujet de la nature de la campagne de bombardement – y compris avec des cartes montrant le pourcentage exact de chaque ville qui avait été incinérée -, les communications à la presse ont décrit la campagne de bombardement comme une campagne axée uniquement sur « les concentrations de troupes ennemies, les dépôts, les bâtiments militaires et les lignes de communication. »

Les ordres donnés à la Cinquième armée de l’air étaient plus clairs : « Les avions sous le contrôle de la Cinquième armée de l’air détruiront toutes les autres cibles, y compris tous les bâtiments pouvant servir d’abris ».

En moins de trois semaines après l’assaut initial contre Kanggye, dix villes avaient été incendiées, dont Ch’osan (85 %), Hoeryong (90 %), Huich’on (75 %), Kanggye (75 %), Kointong (90 %), Manp’ochin (95 %), Namsi (90 %), Sakchu (75 %), Sinuichu (60 %) et Uichu (20 %).

Le 17 novembre 1950, le général MacArthur dit à l’ambassadeur US en Corée John J. Muccio, « Malheureusement, cette région sera transformée en désert ». Par « cette région », MacArthur voulait dire toute la zone comprise entre « nos positions actuelles et la frontière ».

Pendant que la Force aérienne continuait de brûler des villes, elle suivait attentivement les niveaux de destruction qui en résultaient :

* Anju – 15%
* Chinnampo (Namp’o) – 80%
* Chongju (Chŏngju) – 60%
* Haeju – 75%
* Hamhung (Hamhŭng) – 80%
* Hungnam (Hŭngnam) – 85%
* Hwangju (Hwangju County) – 97%
* Kanggye – 60% (estimée précédemment à 75%)
* Kunu-ri (Kunu-dong) – 100%
* Kyomipo (Songnim) – 80%
* Musan – 5%
* Najin (Rashin) – 5%
* Pyongyang – 75%
* Sariwon (Sariwŏn) – 95%
* Sinanju – 100%
* Sinuiju – 50%
* Songjin (Kimchaek) – 50%
* Sunan (Sunan-guyok) – 90%
* Unggi (Sonbong County) – 5%
* Wonsan (Wŏnsan) – 80%

En mai 1951, une équipe internationale d’enquête déclarait : « Les membres, tout au long de leur voyage, n’ont pas vu une seule ville qui n’avait pas été détruite, et il y avait très peu de villages intacts ».

Le 25 juin 1951, le général O’Donnell, commandant du Far Eastern Air Force Bomber Command, a témoigné en réponse à une question du sénateur Stennis (« … La Corée du Nord a été pratiquement détruite, n’est-ce pas ? »)

« Oh, oui… je dirais que tout, ou presque, du nord de la péninsule coréenne, est dans un état terrible. Tout est détruit. Il n’y a plus rien debout digne de ce nom… Juste avant l’arrivée des Chinois, nos avions étaient cloués au sol. Il n’ y avait plus rien à bombarder en Corée. »

En août 1951, le correspondant de guerre Tibor Meray déclarait qu’il avait été témoin « d’une dévastation totale entre le fleuve Yalu et la capitale » et « qu’il n’y avait plus de villes en Corée du Nord », ajoutant que « j’avais l’impression de voyager sur la Lune parce qu’il n’ y avait que des dévastations… Chaque ville n’était plus qu’un alignement de cheminées. »

Plusieurs facteurs se sont combinés pour intensifier la mortalité des attaques aux bombes incendiaires. Comme on l’avait appris au cours de la Seconde Guerre mondiale, les attaques incendiaires pouvaient dévaster les villes à une vitesse incroyable : l’attaque à la bombe incendiaire de la Royal Air Force à Würzburg, en Allemagne, dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, n’avait pris que 20 minutes pour envelopper la ville dans une tempête de feu avec des températures estimées à 1500-2000°C.

La sévérité de l’hiver nord-coréen a également contribué au bilan macabre des attaques. A Pyongyang, la température moyenne en janvier est de -13. Les bombardements les plus importants ont eu lieu en novembre 1950, ceux qui ont échappé à la mort par le feu ont donc été exposés au de mort par le froid dans les jours et les mois qui ont suivi. Les survivants ont créé des abris de fortune dans des canyons, des grottes ou des caves abandonnées. En mai 1951, une délégation de la Fédération démocratique internationale des femmes (WIDF) s’est rendue dans la ville bombardée de Sinuiju :

« L’écrasante majorité des habitants vivent dans des tranchées creusées à même la terre et renforcées par du bois de récupération. Certains de ces abris ont des toits en tuiles et en bois, récupérés dans des bâtiments détruits. D’autres vivent dans des caves qui restées intactes après le bombardement et d’autres encore dans des tentes chaumées avec des charpentes récupérées des bâtiments détruits et dans des huttes faites de briques et de décombres posés sans mortier. »

A Pyongyang, la délégation a décrit une famille de cinq membres, dont un enfant de trois ans et un nourrisson de huit mois, qui vivaient dans un espace souterrain de deux mètres carrés, auquel on ne pouvait accéder qu’en rampant dans un tunnel de trois mètres.

Un troisième facteur était l’utilisation intensive du napalm. Mis au point à l’Université Harvard en 1942, la substance collante et inflammable a été utilisée pour la première fois pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est devenu une arme clé pendant la guerre de Corée, où 32 557 tonnes ont été utilisées, selon une logique que l’historien Bruce Cumings caractérisait ainsi : « Ce sont des sauvages, ce qui nous donne le droit de répandre du napalm sur des innocents ». Longtemps après la guerre, Cumings a décrit une rencontre avec un survivant âgé :

« Dans un coin de rue se tenait un homme (je pense que c’était un homme ou une femme avec de larges épaules) qui avait une curieuse croûte violette sur chaque partie visible de sa peau – épaisse sur ses mains, mince sur ses bras, couvrant entièrement sa tête et son visage. Il était chauve, il n’avait pas d’oreilles ni de lèvres, et ses yeux, sans paupières, étaient d’un blanc grisâtre, sans pupilles… Cette croûte violacée est le résultat d’un contact avec le napalm, puis le corps de la victime, non traitée, a été laissé pour guérir d’une façon ou d’une autre. »

Pendant les pourparlers d’armistice à la fin des combats, les commandants américains n’avaient plus de villes à prendre pour cible. Afin de mettre la pression sur les négociations, ils ont dirigé les bombardiers vers les grands barrages coréens. Comme l’a rapporté le New York Times, l’inondation causée par la destruction d’un barrage « a nettoyé » 40 km de la vallée et détruit des milliers d’hectares de riz récemment semé. 

Dans le sillage des bombardements incendiaires contre l’Allemagne et le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale, un groupe de recherche du Pentagone composé de 1 000 membres a procédé à une évaluation exhaustive connue sous le nom de « United States Strategic Bombing Survey ». L’USSBS a publié 208 volumes pour l’Europe et 108 volumes pour le Japon et le Pacifique, comprenant un dénombrement des victimes, des entretiens avec les survivants et des enquêtes économiques. Ces rapports rédigés industrie par industrie étaient si détaillés que General Motors a utilisé les résultats pour poursuivre avec succès le gouvernement américain pour des dommages de 32 millions de dollars causés à ses usines allemandes.

Après la guerre de Corée, aucun bilan des bombardements n’a été effectué, à part les cartes internes de l’armée de l’air montrant la destruction ville par ville. Ces cartes sont restées secrètes pendant vingt ans. Au moment où les cartes ont été discrètement déclassifiées en 1973, l’intérêt des États-Unis pour la guerre de Corée s’était depuis longtemps estompé. Ce n’est qu’au cours des dernières années que le tableau complet a commencé à se dessiner dans les études d’historiens tels que Taewoo Kim de l’Institut coréen d’analyse de la défense, Conrad Crane de l’Académie militaire américaine et Su-kyoung Hwang de l’Université de Pennsylvanie.

En Corée du Nord, le souvenir se perpétue. Selon l’historien Bruce Cumings, « C’est la première chose que mon guide a évoqué avec moi. » Cumings écrit : « La campagne sans entrave des bombardements incendiaires sur le Nord a duré trois ans, donnant lieu à un désert et à un peuple taupe survivant qui avait appris à aimer l’abri des grottes, des montagnes, des tunnels et des redoutes, un monde souterrain qui est devenu la base de la reconstruction d’un pays et un souvenir pour construire une haine féroce dans les rangs de la population ».

Aujourd’hui encore, cette campagne de bombardements incendiaires perpétré contre les villes et les villages de la Corée du Nord demeure pratiquement inconnu du grand public et n’est pas reconnu dans les discussions médiatiques sur la crise, en dépit de son importance évidente dans la poursuite par la Corée du Nord de son programme de dissuasion nucléaire. Sans connaître et confronter ces faits, on ne peut pas comprendre la peur qui est au cœur des attitudes et des actions de la Corée du Nord.

Ted Nace

https://www.legrandsoir.info/etat-de-peur-comment-la-campagne-de-bombardement-la-plus-meurtriere-de-l-histoire-a-cree-la-crise-actuelle-en-coree.html

 

Article original:

 

State of Fear:

How History’s Deadliest Bombing Campaign Created Today’s Crisis in Korea

 

https://www.counterpunch.org/2017/12/08/state-of-fear-how-historys-deadliest-bombing-campaign-created-todays-crisis-in-korea/

As the world watches with mounting concern the growing tensions and bellicose rhetoric between the United States and North Korea, one of the most remarkable aspects of the situation is the absence of any public acknowledgement of the underlying reason for North Korean fears—or, as termed by United Nations Ambassador Nikki Haley, “state of paranoia”—namely, the horrific firebombing campaign waged by the U.S. Air Force during the Korean War and the unprecedented death toll that resulted from that bombing.

Although the full facts will never be known, the available evidence points toward the conclusion that the firebombing of North Korea’s cities, towns, and villages produced more civilian deaths than any other bombing campaign in history.

Historian Bruce Cumings describes the bombing campaign as “probably one of the worst episodes of unrestrained American violence against another people, but it’s certainly the one that the fewest Americans know about.”

The campaign, carried out from 1950 to 1953, killed 2 million North Koreans, according to General Curtis LeMay, the head of the Strategic Air Command and the organizer of the firebombing of Tokyo and other Japanese cities. In 1984, LeMay told the Office of Air Force History that the bombing of North Korea had “killed off 20 percent of the population.”

Other sources cite a somewhat lower number. According to a data set developed by researchers at the Centre for the Study of Civil War (CSCW) and the International Peace Research Institute, Oslo (PRIO), the “best estimate” of civilian deaths in North Korea is 995,000, with a low estimate of 645,000 and a high estimate of 1.5 million.

Though half of LeMay’s estimate, the CSCW/PRIO estimate of 995,000 deaths still exceeds the civilian death tolls of any other bombing campaign, including the Allied firebombing of German cities in World War II, which claimed an estimated 400,000 to 600,000 lives; the firebombing and nuclear bombing of Japanese cities, which caused an estimated 330,000 to 900,000 deaths; and the bombing of Indochina from 1964 to 1973, which caused an estimated 121,000 to 361,000 deaths overall during Operation Rolling Thunder, Operation Linebacker, and Operation Linebacker II (Vietnam); Operation Menu and Operation Freedom Deal (Cambodia), and Operation Barrel Roll (Laos).

The heavy death toll from the bombing of North Korea is especially notable in view of the relatively modest population of the country: just 9.7 million people in 1950. By comparison, there were 65 million people in Germany and 72 million people in Japan at the end of World War II.

The attacks by the U.S. Air Force against North Korea used the firebombing tactics that had been developed in the World War II bombing of Europe and Japan: explosives to break up buildings, napalm, and other incendiaries to ignite massive fires, and strafing to prevent fire-fighting crews from extinguishing the blazes.

The use of these tactics was not a foregone conclusion. According to United States policies in effect at the onset of the Korean War, firebombing directed at civilian populations was forbidden. A year earlier, in 1949, a series of U.S. Navy admirals had condemned such tactics in testimony before Congressional hearings. During this “Revolt of the Admirals,” the Navy had taken issue with their Air Force colleagues, contending that attacks carried out against civilian populations were counterproductive from a military perspective and violated global moral norms.

Coming at a time when the Nuremberg tribunals had heightened public awareness of war crimes, the criticisms of the Navy admirals found a sympathetic ear in the court of public opinion. Consequently, attacking civilian populations was forbidden as a matter of U.S. policy at the beginning of the Korean War. When Air Force General George E. Stratemeyer requested permission to use the same firebombing methods on five North Korean cities that “brought Japan to its knees,” General Douglas MacArthur denied the request, citing “general policy.”

Five months into the war, with Chinese forces having intervened on the side of North Korea and UN forces in retreat, General MacArthur changed his position, agreeing to General Stratemeyer’s request on November 3, 1950, to burn the North Korean city of Kanggye and several other towns: “Burn it if you so desire. Not only that, Strat, but burn and destroy as a lesson to any other of those towns that you consider of military value to the enemy.” The same evening, MacArthur’s chief of staff told Stratemeyer that the firebombing of Sinuiju had also been approved. In his diary, Stratemeyer summarized the instructions as follows: “Every installation, facility, and village in North Korea now becomes a military and tactical target.” Stratemeyer sent orders to the Fifth Air Force and Bomber Command to “destroy every means of communications and every installation, factory, city, and village.”

While the Air Force was blunt in its own internal communications about the nature of the bombing campaign—including maps showing the exact percentage of each city that had been incinerated—communications to the press described the bombing campaign as one directed solely at “enemy troop concentrations, supply dumps, war plants, and communication lines.”

The orders given to the Fifth Air Force were more clear: “Aircraft under Fifth Air Force control will destroy all other targets including all buildings capable of affording shelter.”

Within less than three weeks of the initial assault on Kanggye, ten cities had been burned, including Ch’osan (85%), Hoeryong (90%), Huich’on (75%), Kanggye (75%), Kointong (90%), Manp’ochin (95%), Namsi (90%), Sakchu (75%), Sinuichu (60%), and Uichu (20%).

On November 17, 1950, General MacArthur told U.S. Ambassador to Korea John J. Muccio, “Unfortunately, this area will be left a desert.” By “this area” MacArthur meant the entire area between “our present positions and the border.”

As the Air Force continued burning cities, it kept careful track of the resulting levels of destruction:

* Anju – 15%
* Chinnampo (Namp’o)- 80%
* Chongju (Chŏngju) – 60%
* Haeju – 75%
* Hamhung (Hamhŭng) – 80%
* Hungnam (Hŭngnam) – 85%
* Hwangju (Hwangju County) – 97%
* Kanggye – 60% (reduced from previous estimate of 75%)
* Kunu-ri (Kunu-dong)- 100%
*Kyomipo (Songnim) – 80%
* Musan – 5%
* Najin (Rashin) – 5%
* Pyongyang – 75%
* Sariwon (Sariwŏn) – 95%
* Sinanju – 100%
* Sinuiju – 50%
* Songjin (Kimchaek) – 50%
* Sunan (Sunan-guyok) – 90%
* Unggi (Sonbong County) – 5%
* Wonsan (Wŏnsan)- 80%

In May 1951, an international fact-finding team stated, “The members, in the whole course of their journey, did not see one town that had not been destroyed, and there were very few undamaged villages.”

On June 25, 1951, General O’Donnell, commander of the Far Eastern Air Force Bomber Command, testified in answer to a question from Senator Stennis (“…North Korea has been virtually destroyed, hasn’t it?):

Oh, yes; … I would say that the entire, almost the entire Korean Peninsula is just a terrible mess. Everything is destroyed. There is nothing standing worthy of the name … Just before the Chinese came in we were grounded. There were no more targets in Korea.”

In August 1951, war correspondent Tibor Meray stated that he had witnessed “a complete devastation between the Yalu River and the capital.” He said that there were “no more cities in North Korea.” He added, “My impression was that I am traveling on the moon because there was only devastation…. [E]very city was a collection of chimneys.”

Several factors combined to intensify the deadliness of the firebombing attacks. As had been learned in World War II, incendiary attacks could devastate cities with incredible speed: the Royal Air Force’s firebombing attack on Würzburg, Germany, in the closing months of World War II had required only 20 minutes to envelop the city in a firestorm with temperatures estimated at 1500–2000°C.

Another factor contributing to the deadliness of attacks was the severity of North Korea’s winter. In Pyongyang, the average low temperature in January is 8° Fahrenheit. Since the most severe bombing took place in November 1950, those who escaped immediate death by fire were left at risk of death by exposure in the days and months that followed. Survivors created makeshift shelters in canyons, caves, or abandoned cellars. In May 1951 a visiting delegation to the bombed city of Sinuiju from the Women’s International Democratic Federation (WIDF) reported:

The overwhelming majority of the inhabitants live in dug-outs made of earth supported from salvaged timber. Some of these dug-outs have roofs made of tiles and timber, salvaged from destroyed buildings. Others are living in cellars that remained after the bombardment and still others in thatched tents with the frame-work of destroyed buildings and in huts made of unmortared brick and rubble.”

In Pyongyang, the delegation described a family of five members, including a three-year-old child and an eight-month-old infant, living in an underground space measuring two square meters that could only be entered by crawling through a three-meter tunnel.

A third deadly factor was the extensive use of napalm. Developed at Harvard University in 1942, the sticky, flammable substance was first used in War War II. It became a key weapon during the Korean War, in which 32,557 tons were used, under a logic that historian Bruce Cumings characterized: “They are savages, so that gives us the right to shower napalm on innocents.” Long after the war, Cumings described an encounter with one aging survivor:

On a street corner stood a man (I think it was a man or a woman with broad shoulders) who had a peculiar purple crust on every visible part of his skin—thick on his hands, thin on his arms, fully covering his entire head and face. He was bald, he had no ears or lips, and his eyes, lacking lids, were a grayish white, with no pupils…. [T]his purplish crust resulted from a drenching with napalm, after which the untreated victim’s body was left to somehow cure itself.”

During armistice talks at the conclusion of the fighting, U.S. commanders had run out of cities and towns to target. In order to place pressure on the negotiations, they now turned the bombers toward Korea’s major dams. As reported in New York Times, the flood from the destruction of one dam “scooped clean” twenty-seven miles of river valley and destroyed thousands of acres of newly planted rice.

In the wake of the firebombing campaigns against Germany and Japan during World War II, a Pentagon research group comprising 1,000 members carried out an exhaustive assessment known as the United States Strategic Bombing Survey. The USSBS released 208 volumes for Europe and 108 volumes for Japan and the Pacific, including casualty counts, interviews with survivors, and economic surveys. These industry-by-industry reports were so detailed that General Motors used the results to successfully sue the U.S. government for $32 million in damages to its German plants.

After the Korean War, no survey of the bombing was done other than the Air Force’s own internal maps showing city-by-city destruction. These maps were kept secret for the next twenty years. By the time the maps were quietly declassified in 1973, America’s interest in the Korean War had long since faded. Only in recent years has the full picture begun to emerge in studies by historians such as Taewoo Kim of the Korea Institute for Defense Analyses, Conrad Crane of the U.S. Military Academy, and Su-kyoung Hwang of the University of Pennsylvania.

In North Korea, the memory of lives on. According to historian Bruce Cumings, “It was the first thing my guide brought up with me.” Cumings writes: “The unhindered machinery of incendiary bombing was visited on the North for three years, yielding a wasteland and a surviving mole people who had learned to love the shelter of caves, mountains, tunnels and redoubts, a subterranean world that became the basis for reconstructing a country and a memento for building a fierce hatred through the ranks of the population.”

To this day, the firebombing of North Korea’s cities, towns, and villages remains virtually unknown to the general public and unacknowledged in media discussions of the crisis, despite the obvious relevance to North Korea’s pursuit of a nuclear deterrent. Yet without knowing and confronting these facts, the American public cannot begin to comprehend the fear that lies at the heart of North Korean attitudes and actions.

More articles by:Ted Nace

Ted Nace is the Director of CoalSwarm. He is the founder of Peachpit Press and the author of Gangs of America and Climate Hope: On the Front Lines of the Fight Against Coal.

 

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Corée, RPDC

Quelques liens sur le sujet, sur TML et Solydairinfo :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/19/a-lassaut-du-ciel/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/21/a-lassaut-du-ciel-suite/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/27/en-reponse-a-un-ami-ecologiste-sur-le-nucleaire-militaire-coreen/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/03/01/debat-sur-le-nucleaire-coreen-suite/

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/04/18/agression-us-en-coree-le-point-de-la-situation-actuelle/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/05/de-la-station-f-a-la-station-r-reussite-de-la-resistance/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/12/coree-solidarite-avec-la-resistance-de-la-rpdc/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/07/31/communistes-ou-kollabos-de-limperialisme/

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Articles récents sur TML et Solydairinfo

 

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Lénine à Paris ? 100 ans après,

sur sa trace, encore vivante !!

Où quand la petite histoire rencontre la grande…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/07/lenine-a-paris-ou-quand-la-petite-histoire-rencontre-la-grande/

Et quand la grande nous interpelle encore…

(7 Novembre – Calendrier Julien)

1917-2017 Octobre est(…encore) là !!

…Et si le bolchévisme était encore une idée neuve ?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/01/1917-2017-octobre-est-la-et-si-le-bolchevisme-etait-encore-une-idee-neuve/

 

 

Autres articles d’actu sur TML et Solydairinfo

Pour nous, célébrer Octobre, ce n’est pas une proclamation de pure forme, mais une continuation du combat pour en tirer les leçons, à travers toute l’histoire de l’URSS et ses différentes périodes.

Des leçons utiles pour comprendre le monde et les luttes d’aujourd’hui…

Comme on le verra, Octobre et ses conséquences, même lointaines, sont présents dans les différents débats et polémiques…

Sur le contexte actuel des luttes sociales en France, un débat avec nos camarades de l’UC-Lyon :

(articles reclassés dans l’ordre chronologique)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/27/lutte-sociale-de-lerrance-du-maoisme-lyonnais/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/04/de-lerrance-du-maoisme-lyonnais-suite/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/07/pour-une-approche-methodologique-marxiste-leniniste-dans-lanalyse-du-revisionnisme/

Syndicalisme et politique,c’est aussi le sujet d’un autre débat, suite à la critique du « nouvel évangile révolutionnaire »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/31/syndicalisme-etou-politique-une-seconde-critique-du-livre-levangile-de-la-philosophie-et-de-la-revolution/

Au delà de l’évolution des conditions historiques et des conditions spécifiques actuelles, le sujet est donc aussi, en résumé…

La fin des illusions !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/26/la-fin-des-illusions-reformistes/

La fin des illusions se passe même de mots, surtout quand ils sont censurés…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/29/macron-le-pere-noel-et-ses-amis-illusionnistes/

 

 

La fin des illusions, c’est déjà le cas depuis longtemps pour les victimes du mal logement et pour les sans abris

Avec la « trêve » du 1er Novembre, c’est parfois l’occasion d’un sursis, mais qui n’arrête pas les poursuites…

https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2017/10/27c11183-efa7-44eb-8210-7153a521a8f3/640_maxnewsworldthree835736.jpg

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/11/02/droit-au-logement-et-capitalisme-incompatibilite-de-fait/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/02/droit-au-logement-et-capitalisme-incompatibilite-de-fait/

 

 

Enfin, calomnier et détruire l’héritage d’Octobre et de l’histoire de l’URSS, c’est le job quasi à plein temps d’un certain nombre d’ « historiens » et de plumitifs à la solde du système, mais ils sont secondés en cela par la plus grande partie de l’ « extrême-gauche », en France comme ailleurs, et jusqu’au Québec, où sévit M Bibeau, l’inénarrable chroniqueur avec lequel nous rompons à nouveau quelques lances polémiques…

En commençant par la simple présentation du premier ouvrage important de Lénine consacré à la question…

DU DROIT DES NATIONS A DISPOSER D’ELLES-MÊMES

Écrit en 1914 en réponse aux thèses de Rosa Luxemburg, un texte très polémique donc, qui n’épargne pas Trotsky non plus, et on comprend donc l’ « oubli » quasi total dans lequel il est tombé en France…

Mais M Bibeau vole au secours de son égérie « anti-léniniste »…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/04/une-bequille-de-gauche-de-lanticommunisme-et-de-lanti-sovietisme/

Et le débat continue donc…

De la IIIème Internationale à la crise actuelle du Capital…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/05/de-la-iiieme-internationale-a-la-crise-actuelle-du-capital/

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N’en déplaise à ce genre nouveau de Kollabos, la résistance de l’URSS contre l’impérialisme US et ses laquais fascistes a encore quelques prolongements notables à travers le monde, et jusqu’au cœur de l’Europe, en Ukraine, où le vocable « fasciste hitlérien» n’est pas une clause de style…

https://dnipress.com/site/assets/files/6931/1179509.640x0-is.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/28/commandite-par-les-usa-le-fascisme-en-marche-au-coeur-de-leurope/

Une autre cause abondamment calomniée, celle de la RPDC, dite « Corée du Nord », qui trouve encore le moyen de tenir tête à toutes les grandes puissances de ce monde, comme elle l’a toujours fait, depuis plus d’un demi-siècle…

 

Comprendre la situation diplomatique de la RPDC: anti-impérialisme ou social-chauvinisme?

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/11/04/comprendre-la-situation-diplomatique-de-la-rpdc-anti-imperialisme-ou-social-chauvinisme/

Mais ce que l’on sait encore moins, en occident, c’est que…

Sud, Nord, Toute la Corée veut la Paix !!

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/11/06/sud-nord-toute-la-coree-veut-la-paix/

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Mais toute forme de nationalisme n’est pas nécessairement une forme d’anti-impérialisme. Le chauvinisme et le social-chauvinisme sont donc les moyens par lesquels la bourgeoisie tente d’entrainer le prolétariat comme masse de manœuvre, puis éventuellement, de chair à canons, dans ses règlements de comptes internes.Puigdemont et son équipe de pieds-nickelés, fers de lance d’une UE « régionaliste », ont tenté d’entrainer le prolétariat catalan et espagnol dans leur sillage affairiste, non sans un relatif succès… Mais là aussi, le soufflet des illusions retombe !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/31/republique-catalane-premier-et-dernier-jour-bilan/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/16/la-question-nationale-et-la-situation-actuelle-en-espagne/

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Pour l’opportunisme social-chauvin, peu importe le contenu de classe, c’est le nombre qui compte et toutes les coalitions les plus hétéroclites sont envisageables… Mais entre les cliques du genre, le nombre est réduit et la concurrence rude prévaut…révélant l’incohérence de cette démarche. 7Mois après leur campagne électorale, un « DIMITROV » de pacotille nous reproche encore de l’avoir démasqué !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/08/lutte-de-classe-ou-lutte-de-cliques-retour-sur-les-rivalites-upr-prcf/

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Comprendre la situation diplomatique de la RPDC: anti-impérialisme ou social-chauvinisme?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De la difficulté de faire circuler une information sérieuse au sujet de la RPDC (dite « Corée du Nord ») et en général, sur la situation dans cette région du monde…

Nous avons récemment reçu la communication d’un camarade nous proposant la lecture d’un article émanant du « Pardem » et à première vue assez favorable à la cause de la RPDC…

Il s’en est suivi un échange de correspondance et quelques nouvelles recherches sur le sujet…

 

 

A lire sur

Solydairinfo:

 

Comprendre la situation diplomatique de la RPDC:

anti-impérialisme ou social-chauvinisme?

 

 

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/11/04/comprendre-la-situation-diplomatique-de-la-rpdc-anti-imperialisme-ou-social-chauvinisme/

 

https://solydairinfo.files.wordpress.com/2017/08/che-coree.jpg?w=669&h=497

 

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A l’ONU, une voix inattendue pour l’honneur et le bon sens, celle de la RPDC

us-christmas

A l’occasion de sa première prise de parole à la tribune de l’ONU, Trump a carrément mis les pieds dans le plat en rappelant que les USA veulent, dans chacun des cas cités, un monde à leur botte !

Une manière à peine déguisée, de la part de Trump, de rappeler qu’un monde en réalité systématiquement à la botte de l’impérialisme US, c’est la véritable règle qu’il entend faire admettre à l’ONU !

Et tout cela en tentant encore de se présenter comme un « modèle » et comme le « champion » de la liberté dans le monde…

Mais pour ce qui concerne la RPDC, la « liberté », vue par les USA, c’est, en pratique, l’anéantissement, avec une menace affirmée de « destruction totale » !

Une quasi déclaration de guerre, qui ne pouvait pas rester sans une réponse diplomatique appropriée, rappelant ce que devrait être le véritable rôle de l’ONU.

La voici :

NDLR: Il ne s’agit pas ici d’apporter une caution à tel ou tel régime politique, vu que Trump s’en est également pris violemment à des pays aussi divers que le Vénézuela, l’Iran, etc…, mais simplement de rappeler ce que signifie le droit des nations et des peuples à disposer d’eux-même!

Pierre GRINDSABLE

SUR LE MÊME THÈME:

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/08/12/coree-solidarite-avec-la-resistance-de-la-rpdc/

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/07/05/de-la-station-f-a-la-station-r-reussite-de-la-resistance/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/04/18/agression-us-en-coree-le-point-de-la-situation-actuelle/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/27/en-reponse-a-un-ami-ecologiste-sur-le-nucleaire-militaire-coreen/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/03/01/debat-sur-le-nucleaire-coreen-suite/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/19/a-lassaut-du-ciel/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/21/a-lassaut-du-ciel-suite/

Solidarité de l’Opposition Révolutionnaire Tchadienne avec la Résistance Coréenne – RPDC

 

Solidarité

de l’Opposition Révolutionnaire Tchadienne

avec la Résistance Coréenne – RPDC

 

 

 

 

 

La République Populaire Démocratique de Corée (RPDC), est un état indépendant, souverain et membre de l’ONU. Il n’a jamais agressé militairement aucun pays au monde, car profondément pacifique. Cependant, il a été une nouvelle fois victime d’une Résolution scélérate, injuste et criminelle du Conseil de sécurité de l’ONU. En effet, ladite Résolution n°2371 initiée par les USA, adoptée le 5 août 2017, a pour unique objectif d’asphyxier économiquement le pays, voire affamer sa population afin de l’asservir.

Le crime de lèse majesté commis par le Dirigeant suprême de la RPDC, le Commandant suprême de l’Armée populaire de Corée (APC) le Maréchal Kim Jong Un, est d’avoir testé le lancement le 4 juillet 2017 du missile Hwasong-14, Missile balistique intercontinental (ICBM).

Cette nouvelle résolution répond au premier tir nord-coréen d’un missile balistique intercontinental le 4 juillet, suivi le 28 juillet du tir d’un engin similaire.

Notre Parti, ACTUS/prpe condamne avec fermeté ce crime contre l’humanité institutionnalisé par les USA, qui ont transformé le Conseil de sécurité de l’ONU en un organisme du Gouvernement fédéral étasunien, prompt à punir, voire anéantir tout état du monde insoumis ou manifestant la moindre velléité d’insoumission, d’indépendance, de souveraineté à son égard.

Nous exprimons solennellement ici, notre solidarité militante anti impérialiste, révolutionnaire et internationaliste au peuple de la RPDC et à son dirigeant clairvoyant et protecteur de la nation, le Commandant suprême de l’Armée populaire de Corée, le Maréchal Kim Jong Un, Président du Parti des travailleurs de Corée, et Président de la Commission des Affaires d’Etat.

Dès sa création le 09 septembre 1948 après sa guerre héroïque de libération (dirigée par le Grand Leader Kim Il Sung) contre les impérialistes colonisateurs japonais, la RPDC a du affronter par la suite l’agression militaire étatsunienne (guerre de Corée de 1950 à 1953). Le vaillant peuple coréen est sorti victorieux en renforçant davantage sa souveraineté et son indépendance. Depuis lors, les provocations militaires des USA, les campagnes mensongères, injurieuses, ordurières de dénigrements…, contre le pays et ses dirigeants successifs (Kim Jong Il et Kim Jong Un), n’ont jamais cessé.

Les actes des USA contre la RPDC sont une violation flagrante de la charte des Nations-Unies adoptée à San Francisco le 26 juin 1945, en son chapitre1.Ce dernier stipule : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ou droit à l’autodétermination, est le principe issu du droit international selon lequel chaque peuple dispose d’un choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère. Pourquoi la RPDC n’aurait-elle pas le droit internationalement reconnu de défendre sa souveraineté au profit de son asservissement par les USA ? Pourquoi les puissances impérialistes occidentales qui enfreint constamment les dispositions de la Charte des de l’ONU des Nations-Unies persistent dans une imposture intellectuelle prétendue « défense » du droit international ? Pourquoi la RPDC devrait-elle se soumettre aux injonctions impériales et impérialistes injustes des USA, alors que l’ONU est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres ?

 

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Solydairinfo

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/08/21/solidarite-de-lopposition-revolutionnaire-tchadienne-avec-la-resistance-coreenne-rpdc/