Chine

Paris-RATP, Alger, Hong Kong, un Vendredi de luttes sociales dans le monde

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Paris-RATP, Alger, Hong Kong,

un Vendredi de luttes sociales

dans le monde

 

 

 

AFP / STEPHANE DE SAKUTIN Rassemblement de salariés en grève devant le siège de la RATP, le 13 septembre 2019 à Paris

 

 

 

Grève à la RATP très suivie,

premier « coup de semonce »

contre la réforme des retraites

 

La grève des personnels de la RATP a été très suivie vendredi, obligeant les usagers à s’organiser pour leurs déplacements et ouvrant le bal de la contestation de la réforme des retraites et de la disparition des régimes spéciaux.

Dix lignes de métro sont restées fermées vendredi, tandis que les Franciliens se débrouillaient comme ils pouvaient avec des RER, bus et tramways au compte-gouttes. « Au lieu de prendre la ligne 9, j’ai dû prendre le Uber et le train », soupirait Solveig.

Une telle mobilisation est inédite depuis une précédente réforme des régimes spéciaux en 2007, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Vendredi soir après 20H00, seules les métros des deux lignes automatiques 1 et 14 doivent circuler. Le trafic doit reprendre normalement à 05H30 samedi, selon la RATP.

Réunis à l’appel de plusieurs syndicats, dont les trois organisations représentatives Unsa, CGT et CFE-CGC, plusieurs centaines d’agents se sont rassemblés le matin devant le siège de la RATP, où les leaders syndicaux ont salué une « réussite ».

« La force de cette mobilisation montre bien que ce régime de retraite est au cœur de notre contrat social (…) À la RATP, c’est un deal entre le nouvel embauché et l’entreprise », a déclaré Thierry Babec de l’Unsa.

Si un salarié de la RATP entre à un niveau de salaire modeste, il est assuré jusqu’à présent d’une retraite calculée sur les six derniers mois de salaire et d’un âge de départ plus précoce que dans le régime général: ainsi, début 2019, un conducteur pouvait partir à 50 ans et 8 mois et un agent affecté aux travaux à 55 ans et 8 mois.

 

Le régime spécial de retraite, « c’est du salaire différé » pour compenser « les contraintes et pénibilités » du travail, a lancé Thierry Babec, en plaidant pour « une convergence » des actions « avec tous ceux qui vivent les contraintes du transport, les routiers, les cheminots ».

Selon FO, la remise en cause du régime spécial « aurait pour conséquence une baisse de 30% » des pensions à la RATP.

Fabrice Ruiz de la CFE-CGC a évoqué un « taux de grévistes estimé entre 60% et 98% selon les secteurs », non confirmé par la RATP.

Dans un communiqué, les trois syndicats représentatifs réclament au gouvernement « de véritables négociations » et « des garanties concrètes rapidement ».

– Avocats, hôtesses et pilotes lundi –

Pour les syndicats, la grève à la RATP est le « premier coup de semonce » contre la réforme des retraites.

« C’est pas une grève de privilégiés, c’est une grève de salariés qui disent +on veut avoir une retraite à un âge raisonnable et partir dans des conditions raisonnables+ », a estimé sur franceinfo un syndicaliste.

AFP / STEPHANE DE SAKUTIN Entrée de la station République fermée à Paris pour cause de grève RATP le 13 septembre 2019

Les régimes spéciaux sont appelés à disparaître avec la mise en place du système universel de retraite par points. Le Premier ministre Edouard Philippe a évoqué une entrée en vigueur du régime universel au 1er janvier 2025. « Nous avons prévu des périodes de transition pouvant aller jusqu’à 15 ans en fonction des différents systèmes, ça veut dire 2040 », a-t-il précisé sur TF1 jeudi soir.

« Le chauffeur de bus du Havre, ou de Bordeaux ou de Metz, il a parfois le même travail que celui de la RATP dans les mêmes conditions, en tout cas avec des contraintes approchantes, et il a un régime de retraite qui n’a rien à voir », avait-il lancé pour justifier un système « plus juste, plus solide, plus transparent ».

« Au lieu de baisser les droits de ceux qui en ont, augmentons les droits de ceux qui n’en ont pas », a rétorqué un leader syndical.

D’autres catégories et syndicats vont défiler tout au long du mois de septembre: dès lundi, ce sera le tour des avocats rejoints par les médecins, infirmières, pilotes, hôtesses et stewards.

Jeudi, les personnels d’EDF se mobilisent contre le projet de réorganisation « Hercule », qui signe selon eux la fin du service public de l’électricité, mais aussi pour la sauvegarde du régime de retraite des IEG (industries électriques et gazières).

Les grandes centrales battront le pavé le 21 septembre pour FO et le 24 pour la CGT, rejointe par Solidaires et SUD-Rail: nouvelles perturbations des transports en vue, cette fois à la SNCF.

https://www.afp.com/fr/infos/334/greve-la-ratp-tres-suivie-premier-coup-de-semonce-contre-la-reforme-des-retraites-doc-1k85t215

 

Les Algériens dans la rue

pour dire non

à la présidentielle

AFP / RYAD KRAMDI Des Algériens manifestent le 13 septembre 2019 à Alger pour s’opposer à la tenue d’une présidentielle organisée par le régime

Les Algériens se sont mobilisés pour le 30e vendredi consécutif de manifestation pour s’opposer à la tenue rapide d’une présidentielle, mais le Parlement vient de voter deux textes qui devraient ouvrir la voie à l’annonce d’un scrutin d’ici fin décembre.

Malgré l’opposition de la rue, qui ne voit dans la tenue d’une présidentielle qu’un moyen pour le « système » de se maintenir au pouvoir par la fraude, l’armée, qui a pris de facto les rênes du pays, semble bien décidée à accélérer le processus.

Le ministre de la Justice Belkacem Zeghmati a présenté mercredi deux projets de loi qui ont été adoptés en l’espace de seulement deux jours par les deux chambres: jeudi par l’Assemblée populaire nationale (APN), où des partis d’opposition ont boycotté la séance, et vendredi matin par le Sénat.

Premier texte en question: la création d’une autorité « indépendante » chargée des élections qui doit recevoir « toutes les prérogatives des autorités publiques –à savoir administratives en matière électorale ».

Cette instance aura pour mission d’organiser, surveiller le processus électoral et « superviser toutes ses étapes, depuis la convocation du corps électoral jusqu’à l’annonce des résultats préliminaires », selon M. Zeghmati.

Deuxième texte: une révision de la loi électorale, censée garantir « la transparence, la régularité et la neutralité » des élections.

Ces deux projets de loi avaient été proposés par une « instance de dialogue », chargée par le pouvoir de sortir le pays de la crise après la démission le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika, après 20 ans à la tête de l’Algérie, sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée.

– « Il a fait un sondage ? » –

L’adoption à la va-vite de ces deux projets survient alors que le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, véritable homme fort du pays, ne cesse de plaider pour la tenue rapide d’une présidentielle.

Il a réclamé que le décret de convocation de la présidentielle soit publié dimanche. Une convocation à cette date du corps électoral fixerait, compte tenu des délais légaux de 90 jours, à la mi-décembre la date de l’élection.

Mais le mouvement de contestation réclame le démantèlement de l’appareil hérité des 20 ans de présidence Bouteflika avant tout scrutin, ainsi que la mise en place d’institutions de transition, ce que refuse le pouvoir.

AFP / RYAD KRAMDI Des Algériens manifestent le 13 septembre 2019 à Alger pour s’opposer à la tenue d’une présidentielle organisée par le régime

Malgré des pluies diluviennes tombées la veille, notamment à Alger où de nombreux quartiers ont été inondés, les manifestants étaient vendredi au rendez-vous.

Un imposant cortège s’étirait dans plusieurs rues autour de la Grande Poste, point de ralliement des manifestations hebdomadaires.

Faute de chiffre officiel, la foule qui prend chaque semaine depuis le 22 février part au « Hirak », le mouvement inédit de contestation du régime, est difficile à mesurer précisément.

« Comment Gaïd Salah peut-il être certain de la tenue de la présidentielle? Est-ce qu’il a fait un sondage ou un référendum ? », s’interroge Hind Benahmed, une enseignante retraitée.

Le général Ahmed Gaïd Salah s’est récemment dit certain que l’élection se tiendrait rapidement. La présidentielle initialement prévue le 4 juillet avait dû être annulée, aucun candidat ne s’étant déclaré, face à l’ampleur de la contestation.

« Qui va oser se porter candidat alors que le peuple refuse des élections dans ces conditions? », se demande Mouloud Benhassaim.

– « Mascarade » –

AFP/Archives / RYAD KRAMDI Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état major de l’armée algérienne et actuel homme fort du pays, le 6 février 2019 à Alger

Fettouma, une enseignante de 49 ans, rappelle plusieurs revendications des manifestants dont le départ du gouvernement, « spécialiste de la fraude », et la libération des détenus d’opinion.

« Les généraux à la poubelle » ou « Pas d’élections avec le gang », entendait-on aussi dans la foule, en référence aux proches de M. Bouteflika qui sont toujours au pouvoir.

Cette mobilisation intervient au surlendemain de l’arrestation de Karim Tabbou, figure du mouvement de contestation inculpé d' »atteinte au moral de l’armée ». « Libérez Karim Tabbou », ont scandé les manifestants.

Dans la matinée, plusieurs manifestants ont été interpellés avant le départ du cortège, selon une journaliste de l’AFP.

« Les proches de Bouteflika sont toujours au pouvoir et une élection dans ces conditions c’est tout simplement une mascarade », fulmine Lyes Mesbah, 48 ans, ingénieur.

Selon des journalistes locaux et des sites d’information, la mobilisation a aussi été importante dans de nombreuses villes du pays dont les plus importantes: Constantine (nord-est), Oran (nord-ouest) et Annaba (nord-est).

https://www.afp.com/fr/infos/334/les-algeriens-dans-la-rue-pour-dire-non-la-presidentielle-doc-1k95159

 

Deux collines de Hong Kong

illuminées

par des milliers de manifestants

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Des milliers de manifestants pro-démocratie ont illuminé vendredi soir de torches, lanternes ou pointeurs laser deux des collines de Hong Kong, profitant de l’ouverture de festivités traditionnelles pour rappeler leur détermination, plus de trois mois après avoir entamé leur mouvement.

Ces festivités de la mi-automne sont l’une des dates les plus importantes du calendrier chinois et sont généralement consacrées aux réunions en famille ou aux voeux pour faire fortune.

Mais des milliers de personnes militant pour davantage de démocratie ont mis à profit cette occasion pour rejoindre le sommet du Lion Rock, qui domine les gratte-ciel de Kowloon, l’un des endroits les plus densément peuplés de la planète, pour agiter des torches.

AFP / Nicolas ASFOURI Des militants pro-démocratie portent des lanternes en formant une chaîne humaine sur le Victoria Peak à Hong Kong le 13 septembre 2019.

D’autres avaient formé une longue chaîne humaine sur le Peak, qui offre un point de vue spectaculaire prisé des touristes sur l’ensemble de la mégalopole et son front de mer.

Les participant aux deux rassemblements, dont les lumières scintillaient de part et d’autre du port, ont entonné des slogans et un air anonyme devenu viral ces derniers jours chez les protestataires, « Gloire à Hong Kong ! ».

– « Le pouvoir du peuple » –

AFP / Nicolas ASFOURI Un militant sur le Victoria Peak brandit une lanterne sur laquelle est écrit « Libérer HK » (Hong Kong), le 13 septembre 2019

« Les festivités d’automne symbolisent la famille et le fait d’être ensemble. Il s’agit par conséquent d’exprimer l’esprit de rassemblement du pouvoir du peuple de Hong Kong », explique, essoufflé, à l’AFP Yip, peinant à grimper le Lion Rock.

Les manifestations de vendredi soir sont le prélude à d’autres initiatives prévues pour le week-end, mais rejetées par la police.

Les contestataires entendent défiler dans la ville dimanche et une autre manifestation, plus modeste, est programmée devant le consulat britannique pour appeler Londres à faire davantage afin de protéger son ancienne colonie de l’emprise croissante de Pékin.

Des groupes d’étudiants ont appelé d’autre part à une grève générale d’une semaine à compter du 1er octobre, au moment où la direction chinoise célèbrera à Pékin le 70e annniversaire de la fondation de la Chine communiste.

Hong Kong traverse sa pire crise politique depuis sa rétrocession en 1997, avec des manifestations et d’autres actions quasi-quotidiennes, qui ont parfois dégénéré en violents affrontements entre radicaux et forces de l’ordre.

– Une économie malmenée –

AFP/Archives / Manan VATSYAYANA Rassemblement de manifestants prodémocratie, le 18 août 2019 à Victoria Park, à Hong Kong

La contestation est née en juin du rejet d’un projet de loi hongkongais qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine.

Le texte a définitivement été abandonné mais le mouvement a considérablement élargi ses revendications, pour demander notamment des réformes démocratiques et dénoncer le recul des libertés dans l’ex-colonie britannique et l’ingérence grandissante de Pékin dans les affaires intérieures de cette région semi-autonome.

De nombreuses manifestations culturelles et sportives ont été annulées ces derniers temps en raison de la profonde agitation qui règne sur le territoire.

Beaucoup de manifestants sont d’ailleurs convaincus que viser Hong Kong au portefeuille est le seul moyen de faire plier l’exécutif soutenu par Pékin.

AFP/Archives / Manan VATSYAYANA Des manifestants pro-démocratie bloquent l’entrée des terminaux à l’aéroport de Hong Kong, le 13 août 2019

Dernière en date de ces annulations, le tournoi international féminin de tennis de Hong Kong, prévu pour début octobre, a été reporté sine die en invoquant très pudiquement « la situation actuelle » sur place.

L’Open de Hong Kong, l’un des événements sportifs les plus prestigieux de la ville, attire chaque année de grands noms. Y ont notamment déjà participé Venus Williams, Angelique Kerber, Kristina Mladenovic et Caroline Wozniacki, laquelle avait remporté l’édition 2016.

Le tournoi se joue sur les terrains de Victoria Park, un grand parc qui a été le théâtre de nombreux rassemblements massifs.

AFP/Archives / Philip FONG Manifestation de soutien aux employés de Cathay Pacific, le 28 août 2019 à Hong Kong

Près de cent jours de mobilisation commencent à peser sur l’économie locale, déjà malmenée par la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.

De plus en plus d’artistes annulent ou ajournent des événements. Cela a été le cas du chanteur sud-coréen Kang Daniel, du boys band GOT7 ou du Sud-Africain Trevor Noah, l’un des humoristes et présentateurs les plus connus des Etats-Unis.

Le Global wellness summit (GWS), rendez-vous des professionnels de l’économie du bien-être, s’est quant à lui replié sur Singapour.

– Tourisme plombé –

Ces annulations constituent un cauchemar pour une ville dont le secteur touristique est déjà plombé par les manifestations.

Hong Kong a enregistré en août une baisse de 40% du nombre des touristes par rapport à août 2018. Le taux d’occupation des hôtels a diminué de moitié, ce qui a des répercussions en cascade sur l’activité des commerces de détail et de la restauration.

La compagnie aérienne Cathay Pacific a fait état mercredi d’une baisse de 11,3% sur un an de son trafic passagers en août, un mois marqué par des manifestations à l’aéroport qui se sont traduites par des centaines d’annulations.

Le mouvement de contestation, qui n’a pas de leader identifié, conserve une forte capacité de mobilisation, même si celle-ci n’est pas aussi forte qu’en juin.

Conformément à la Déclaration sino-britannique de 1984 qui avait présidé à la rétrocession, Hong Kong jouit de libertés uniques n’existant pas dans le reste de la Chine.

https://www.afp.com/fr/infos/334/deux-collines-de-hong-kong-illuminees-par-des-milliers-de-manifestants-pro-democratie-doc-1k89558

 

https://resize-parismatch.lanmedia.fr/r/625,417/img/var/news/storage/images/paris-match/actu/international/deux-collines-de-hong-kong-illuminees-par-des-milliers-de-manifestants-pro-democratie-1647054/hong-kong/26878435-1-fre-FR/Hong-Kong.jpg

 

 

 

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Rentrée à Hong Kong : une première victoire pour les « Gilets Noirs »!!!

 

AFP / Philip FONG La cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam (c), donne une conférence de presse à Hong Kong, le 5 septembre 2019

 

 

Rentrée à Hong Kong :

une première victoire

pour les « Gilets Noirs »!!!

 

 

Hong Kong: l’exécutif renonce finalement au texte controversé sur les extraditions

L’exécutif hongkongais a accédé mercredi à une demande clé des manifestants en annonçant le retrait définitif du projet de loi sur les extraditions, à l’origine du mouvement de contestation, une concession qui ne devrait toutefois pas suffire à apaiser la grogne.

Après avoir suspendu l’examen du projet de loi mais avoir refusé de totalement l’enterrer, la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam s’y est finalement résolue mercredi, dans une reculade rare de la part de son gouvernement loyal à Pékin.

Hong Kong traverse depuis juin sa pire crise politique depuis la rétrocession en 1997 à Pékin, avec des actions de protestation presque quotidiennes nées du rejet de ce texte qui, selon les manifestants, risquait d’exposer ses habitants à une justice chinoise politisée.

« Le gouvernement retirera officiellement le projet de loi afin de complètement apaiser les inquiétudes de la population », a déclaré Mme Lam dans une vidéo diffusée par ses services.

Ce retrait sera entériné en octobre par le Conseil législatif (LegCo), le Parlement local, quand il se réunira.

AFP / Anthony WALLACE Des écrans publics diffusent les informations sur l’annonce de Carrie Lam dans une rue de Hong Kong, le 4 septembre 2019

Des médias avaient dès le hier en début d’après-midi fait état de l’imminence d’une telle annonce. Et ces informations ont fait bondir la Bourse de Hong Kong, celle-ci espérant que le retrait du texte permettra d’en finir avec une instabilité politique qui a commencé à peser économiquement sur le grand centre financier qu’est l’ex-colonie britannique.

Mais cette décision ne devrait pas être suffisante aux yeux des manifestants qui ont, au fil de l’été, élargi leurs revendications, pour dénoncer l’érosion des libertés et les ingérences grandissantes de la Chine dans les affaires de cette région semi-autonome.

Ce texte qui devait permettre d’envoyer des suspects en Chine fut le déclencheur en juin de la mobilisation sans précédent dans l’ex-colonie britannique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

AFP /

Laurence CHU Le système électoral de Hong Kong

 

 

« Nous appelons aussi le monde à prendre garde à cette tactique et à ne pas se laisser tromper », a lancé un des leaders « Gilet Noir ». Les dirigeants de Hong Kong et Pékin « n’ont en fait rien concédé et une répression de grande ampleur se prépare. »

« Notre détermination et notre courage pour combattre pour notre liberté vont continuer » car « les Hongkongais méritent le suffrage universel et d’élire leur propre gouvernment », a-t-il ajouté.

Certaines manifestations ont dégénéré en heurts de plus en plus violents entre des radicaux jetant des briques et des cocktails Molotov et des forces de l’ordre faisant un usage massif de gaz lacrymogène et désormais de canons à eau.

Et le fossé n’a cessé de se creuser entre la population et la police.

 

– Appel au « dialogue » –

 

« Remplaçons les conflits par les conversations et recherchons des solutions », a-t-elle dit, ajoutant vouloir mobiliser des universitaires, des conseillers et des professionnels « pour examiner de façon indépendante les problèmes profondément enracinés dans la société et conseiller le gouvernement sur des solutions ».

Mais si elle a cédé sur le projet de loi, elle a aussi réaffirmé qu’elle ne lâcherait rien sur les quatre autres demandes.

– Colère –

Des commentaires empreints de fureur n’ont pas tardé à fuser sur les forums utilisés par les manifestants, soulignant notamment qu’un retrait du projet de loi ne mettait pas fin aux actions de protestation.

« Cinq exigences majeures, pas une de moins. Libérez HK, la révolution maintenant », disait notamment un message largement diffusé sur l’application Telegram.dsf

« Ils ont essayé de fermer la porte de l’écurie, mais c’est trop tard », a estimé le politologue Dixon Sing, expliquant que seule une commission d’enquête indépendante serait de nature à commencer à apaiser « le très fort sentiment de colère et d’injustice » partagé par la population et les manifestants.

Samedi a été une des journées les plus violentes depuis le début du mouvement, des contestataires allant jusqu’à incendier une énorme barricade dans le quartier de Wanchai (centre), à une centaine de mètres du QG de la police, et les forces de l’ordre pourchassant et passant à tabac des manifestants jusque dans les stations de métro.

Si elle s’est montrée conciliante dans son message, Mme Lam a aussi averti du fait que les violences plaçaient Hong Kong dans une position « vulnérable et dangereuse », une possible référence aux menaces d’interventions de Pékin.

 

La cheffe de l’exécutif appelle au dialogue, malgré le scepticisme

 

– « Mettre un terme au chaos » –

AFP / Philip FONG Des étudiants participent à une chaîne humaine pour demander notamment une enquête sur le comportement de la police et une amnistie pour les protestataires arrêtés, le 5 septembre 2019 à Hong Kong

Après s’être retranchée pendant des mois dans une attitude de fermeté à l’égard de la mobilisation populaire, la dirigeante a de nouveau adopté un ton conciliant, jeudi lors d’une conférence de presse, en expliquant que le retrait du texte était une tentative « d’aider à empêcher les violences et de mettre un terme au chaos au plus vite, de rétablir l’ordre social et d’aider notre économie à avancer. »

« Il est évident pour beaucoup d’entre nous que le mécontentement au sein de la société va bien au-delà du projet de loi », a-t-elle ajouté, en reconnaissant que la colère à l’égard des inégalités et du gouvernement avait enflé et qu’il fallait y répondre.

 

Mardi déjà, Pékin, qui avait le mois dernier évoqué des actes de « quasi-terrorisme » dans les manifestations hongkongaises, avait donc paru vouloir calmer le jeu. Les habitants de Hong Kong, « y compris les jeunes étudiants », ont le droit de manifester « pacifiquement », a assuré devant la presse un porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, Yang Guang.

M. Yang a reconnu l’existence de « problèmes sociaux » qui affectent depuis longtemps la population de Hong Kong, « particulièrement la jeunesse » : « difficultés de logement, inégalités entre riches et pauvres, ascenseur social en panne ».

 

Carrie Lam a de nouveau appelé les manifestants à participer à un dialogue avec son administration, et a exhorté les modérés à se désolidariser avec la frange radicale impliquée dans des affrontements de plus en plus violents avec les forces de l’ordre. [ ndlr >>> une tactique bien connue, également en France, pour casser l’unité d’un mouvement populaire >>> a très bien fonctionné contre les « Giets Jaunes », désormais coupés de la majorité de la population!]

Mais rien ne permet de penser que cette concession tardive n’apaise une contestation qui se caractérise, comme les « Gilets Jaunes » de France, par son absence de leaders réellement reconnus de tous, et par le fait qu’elle ait ralliée à elle des pans très divers de la société hongkongaise.[ ndlr >>> ce qui était également le cas du mouvement français, durant ses premières semaines.]

AFP/Archives / Anthony WALLACE Des « post-it » rendent hommage aux protestataires blessés par la police, le 31 août 2019 à la station Prince Edouard de Hong Kong

 

Force est de constater que la reculade de Mme Lam a été accueillie avec scepticisme par les manifestants.

« Si Carrie Lam avait retiré le projet de loi il y a deux mois, cela aurait peut-être été une solution rapide », a déclaré une manifestante masquée sous couvert de l’anonymat mercredi soir, lors d’une « conférence de presse citoyenne ».

– Action samedi à l’aéroport –

« Mais mettre un pansement des mois plus tard sur la de la chair en putréfaction ne la soignera pas. »

AFP / Lillian SUWANRUMPHA Des policiers tirent des gaz lacrymogènes contre des manifestants, le 31 août 2019 à Hong Kong

 

De nombreux appels à l’action ont été postés sur des forums utilisés par les manifestants. Certains préconisent notamment samedi de perturber les moyens de transport desservant l’aéroport de Hong Kong, qui est le huitième aéroport international le plus fréquenté au monde.

Des députés pro-démocratie ont également rejeté la concession de Mme Lam, et même des figures du propre camp de la cheffe de l’exécutif ont considéré que ce retrait ne suffirait pas à apaiser la colère populaire.

Outre l’abandon officiel du projet de loi, et non sa seule suspension qui avait été décidée en juin, les manifestants ont quatre demandes fondamentales: une enquête sur le comportement de la police, une amnistie pour les protestataires arrêtés, la fin de l’emploi du mot « émeutiers » pour qualifier les manifestants et l’instauration du suffrage universel direct.

Ce dernier point constitue une ligne rouge pour Pékin.

Mme Lam a jusqu’à présent refusé d’accéder à ces quatre demandes, quand bien même certains disent qu’une enquête indépendante sur les violences policières pourrait suffire à retirer à la mobilisation sa composante la plus modérée.

Jeudi, Mme Lam, qui a été désignée par Pékin, a affirmé que le retrait du projet de loi était sa décision et qu’elle n’avait reçu aucune consigne de la Chine. Elle a cependant ajouté que le gouvernement central l’approuvait.

En vertu du principe « Un pays, deux systèmes » [ ndlr >>> en réalité, deux facettes d’un même système : le capitalisme financier et monopoliste, base économique de l’impérialisme!!!] qui avait présidé à la rétrocession, Hong Kong jouit d’une très large autonomie. Mais les manifestants ont le sentiment d’ingérences de plus en plus grandes de Pékin dans les affaires de la région.

 

 

 SUR LE MÊME SUJET, INCLUANT LES DONNÉES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES >>>

les principaux articles et débats :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/19/gilets-noirs-gilets-jaunes-hong-kong-france-contre-le-capital-un-seul-proletariat/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/24/hong-kong-resistance-populaire/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/21/la-gauche-francaise-satellisee-par-le-social-imperialisme-chinois/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/02/hong-kong-toujours-debout-une-rentree-de-resistance-populaire/

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https://www.afp.com/fr/infos/334/hong-kong-la-cheffe-de-lexecutif-appelle-au-dialogue-malgre-le-scepticisme-doc-1k10vl2

https://www.afp.com/fr/infos/334/hong-kong-lexecutif-renonce-finalement-au-texte-controverse-sur-les-extraditions-doc-1k01t07

 

 

Le maoïsme, une « dialectique » de la trahison?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le maoïsme, une « dialectique » de la trahison?

 

 

En marge du débat sur Hong Kong, revient la question connexe du rôle historique de Mao Zedong, d’où ces échanges avec le camarade Do, sur son site, ici republiés séparément :

 

Hong Kong : Résistance Populaire ! 25 août 14:40, par do

Salut Luniterre,

Je ne dis pas que tu as choisi le camp de l’impérialisme US, dont tu dis toi-même qu’il est l’ennemi N°1 du prolétariat. Je dis que tu fais une erreur d’analyse, peut-être due au fait que tu ne pardonnes pas à la Chine la trahison de Mao en 1971-72. Je sais bien que tu es comme moi dans le camp du prolétariat.

Bien à toi,
do
http://mai68.org

 

 

Hong Kong : Résistance Populaire ! 27 août 03:53, par Luniterre

 

[…]

Pour répondre à [ celle ci] de tes questions, non, Mao n’a pas « trahi » réellement : il n’a fait que suivre sa propre « philosophie » opportuniste telle que décrite dans son texte « fondamental » >>> « De la contradiction »

>>> Une forme de « trahison » réside néanmoins effectivement dans le fait qu’il tentait de se faire passer pour un ML, et même « plus ML que moi tu meurs »…

Dès l’époque de Staline les soviétiques n’étaient pas dupes mais le soutenaient contre les japonais puis contre les américains.

Cette duperie était néanmoins entretenue en France par les thoreziens, époque dont Althusser est le sous-produit, encore assez toxique aujourd’hui, sous différentes formes, comme le thorezisme, du reste.

Ma « rancune » s’il en est, ne va pas spécialement à Mao, mais surtout à ses sous-produits français qui ont dupé une bonne partie de la jeunesse soixante-huitarde, au lieu de la former réellement au ML.

 

Luniterre

 

Hong Kong : Résistance Populaire ! 4 septembre 15:09, par do

Salut,

Il s’agit bel et bien d’une trahison de Mao commise à l’instigation des USA.

Si le camp communiste comprenant notamment la Chine et l’URSS était resté uni, si l’alliance URSS-Chine était restée solide, jamais les USA n’auraient gagné la guerre froide.

Mais Mao Tse Toung a préféré redonner vie à la vieille haine entre la Russie et la chine datant d’avant le communisme, et s’allier aux USA pour éliminer l’URSS.

C’est de la même façon que Cortez avait vaincu les Indiens en se servant des divisions qu’il y avait au sein d’eux, les uns exploitant les autres. Il se trouve seulement que la domination des Blancs sur l’ensemble des Indiens fut bien plus terrible que la domination de certaines tribus indiennes sur d’autres.

Le tout est de déterminer quel est le pire ennemi. Et Mao Tse Toung a décrété que son pire ennemi était l’URSS et s’est donc allié avec les USA, ce qui est une faute lourde. Les USA n’ayant jamais respecté un traité de paix ou une alliance.

La seule excuse de Mao était qu’il était trop vieux pour avoir l’esprit clair et qu’il a laissé remonter en lui cette vieille haine millénaire entre la Chine et la Russie.

La victoire du capitalisme contre le communisme par la division du camp communiste avait d’ailleurs été prévu par Guy Debord dès 1967. En effet, la thèse 111 de La société du spectacle annonce déjà à cette époque :

« À ce moment du développement, le titre de propriété idéologique de la bureaucratie s’effondre déjà à l’échelle internationale. Le pouvoir qui s’était établi nationalement en tant que modèle fondamentalement internationaliste doit admettre qu’il ne peut plus prétendre maintenir sa cohésion mensongère au delà de chaque frontière nationale. L’inégal développement économique que connaissent des bureaucraties, aux intérêts concurrents, qui ont réussi à posséder leur « socialisme » en dehors d’un seul pays, a conduit à l’affrontement public et complet du mensonge russe et du mensonge chinois. À partir de ce point, chaque bureaucratie au pouvoir, ou chaque parti totalitaire candidat au pouvoir laissé par la période stalinienne dans quelques classes ouvrières nationales, doit suivre sa propre voie. S’ajoutant aux manifestations de négation intérieure qui commencèrent à s’affirmer devant le monde avec la révolte ouvrière de Berlin- Est opposant aux bureaucrate s son exigence d’« un gouvernement de métallurgistes », et qui sont déjà allées une fois jusqu’au pouvoir des conseils ouvriers de Hongrie, la décomposition mondial e de l’alliance de la mystification bureaucratique est, en dernière analyse, le facteur le plus défavorable pour le développement actuel de la société capitaliste. La bourgeoisie est en train de perdre l’adversaire qui la soutenait objectivement en unifiant illusoirement toute négation de l’ordre existant. Une telle division du travail spectaculaire voit sa fin quand le rôle pseudo-révolutionnaire se divise à son tour. L’élément spectaculaire de la dissolution du mouvement ouvrier va être lui-même dissous. »

Bien à toi,
do
http://mai68.org

 

Hong Kong : Résistance Populaire ! 4 septembre 19:00, par Luniterre

 

Bonjour, camarade !

La pensée de Debord s’est essentiellement formée au début des années 50 et en partie sous l’influence du gauchisme de l’époque, et aussi du trotskysme. Néanmoins son apport personnel est tout à fait original et considérable.

Il faut donc dialectiquement considérer ces différents aspects et influences.

Le corpus essentiel de son apport critique du capitalisme sur la société du spectacle reste encore d’actualité, même si l’évolution actuelle du capitalisme, comme on l’a vu à propos de ce que tu as toi même baptisé « société de l’arnaque » ne peut donc s’y résumer. Même à son époque je pense que c’était néanmoins une erreur relative, même si compréhensible, de résumer le capitalisme à sa forme « société du spectacle », même si elle était en pleine émergence et en train d’affirmer sa domination idéologique, toujours actuelle.

Cette approche assez univoque l’empêchait donc de voir et comprendre d’autres aspects des luttes de classe en cours, y compris à l’échelle internationale.

La bourgeoisie bureaucratique en URSS s’est formée et est devenue dominante au cours d’un processus de lutte de classes complexe qui ne peut être résumé dans un post. Incidemment, quelques aspects concernant une phase décisive de cette lutte sont abordés dans un de mes posts en réponse sur « Reconstruction Communiste » et repris également en article ici :

http://lesvraisamisdelurss.eklablog.fr/staline-contre-le-culte-de-la-personnalite-a168041314

D’un point de vue dialectique, il faut également considérer le maoïsme sous ses différents aspects :

En tant que mouvement de libération nationale, il est effectivement resté dans le camp anti-impérialiste jusqu’en 1971 et donc « révolutionnaire » sous cet aspect.

C’est en ce sens, mais en ce sens seulement que l’on peut parler de « trahison de Mao ».

Mais considéré d’un point de vue communiste ML on comprend que le maoïsme est dès son origine une forme de révisionnisme et n’a, quant au fond, rien de ML, sauf un vernis de vocabulaire destiné à masquer précisément son opportunisme vis à vis de l’URSS. Ce qui est déjà suffisamment flagrant dans son texte « théorique » le plus fondamental : « De la contradiction », dont on ne connait même pas vraiment la version originale de 1937, vraisemblablement encore plus grossière, sous ce rapport !

Le plus consternant, c’est que les « intellectuels de gauche », en France, on fait de ce texte une référence, et déjà sous l’égide de Thorez, avec la publication, en 1954, d’une édition totalement apocryphe dite « principes fondamentaux » attribué donc tout à fait abusivement à Politzer, assassiné par les nazis en 1942, comme tu le sais, et donc alors que le texte de Mao était absolument inconnu en Occident !

Ensuite Althusser et ses émules ont pris le relai de ce mensonge… parmi d’autres mensonges.

Bien entendu, les soviétiques, à l’époque de Staline, n’étaient pas dupes.
Molotov sur Mao Tsé-toung :
« C’est un homme intelligent, un leader paysan, une sorte de Pougatchev chinois. Bien sûr, il était loin d’être marxiste. Il est venu pour le soixante-dixième anniversaire de Staline, en 1949. Il est resté quelque chose comme six semaines à la datcha de Staline. Il a été un peu souffrant. Nous sommes allés lui rendre visite Mikoyan et moi. Nous avons eu un entretien. Il nous a fait goûter du thé vert chinois. Je me souviens qu’il a dit notamment : « Je n’ai jamais lu Le Capital de Marx. » Pourquoi a-t-il dit ça ? Pour montrer qu’il n’avait rien d’un doctrinaire ? » (V. Molotov, cité dans Conversations avec Molotov — 140 entretiens avec le bras droit de Staline —, Félix Tchouev, Albin Michel, 1995, pp. 119-120.

Dans un premier temps, Mao et Khrouchtchev étaient donc parti pour s’entendre, jusqu’à ce qu’effectivement les intérêts des deux bourgeoisies nationales bureaucratiques rentrent en conflit, évidemment pas pour des raisons idéologiques, et en ce sens le constat de Debord est effectivement juste, en grande partie, à l’époque où il l’écrit.

Luniterre

 

 

Hong Kong toujours debout ! Une rentrée de Résistance Populaire !

 

MISE A JOUR CE MARDI 03/09/2019 >>>

LE SYSTÈME HK D’INFÉODATION A PÉKIN…

 

 

 

 

Hong Kong toujours debout ! 

 

Une rentrée de Résistance Populaire !

 

A Hong Kong, les étudiants défient Pékin en boycottant les cours

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/a-hong-kong-les-etudiants-defient-pekin-en-boycottant-les-cours/des-etudiants-lors-d-une-campagne-de-boycott-des-cours-a-l-universite-de-hong.jpg

AFP / Philip FONG Des étudiants lors d’une campagne de boycott des cours à l’Université de Hong Kong, le 2 septembre 2019

Des milliers d’étudiants vêtus de noir ont manifesté lundi à Hong Kong, au premier jour d’une campagne de boycott des cours de deux semaines pour maintenir la pression sur un gouvernement local loyal à Pékin qui n’a toujours fait aucune concession majeure au mouvement pour la démocratie.

A un week-end marqué par de violentes échauffourées entre radicaux et forces de l’ordre a succédé une journée d’actions diverses témoignant encore de la créativité du mouvement.

En ce jour de rentrée, des lycéens ont ainsi formé des chaînes humaines devant leurs établissements tandis que des infirmières se sont alignées dans des couloirs en brandissant des pancartes.

L’ex-colonie britannique connaît depuis trois mois sa plus grave crise politique depuis la rétrocession en 1997, avec des actions quasi quotidiennes pour dénoncer l’ingérence grandissante de la Chine dans les affaires intérieures de cette région semi-autonome.

Pékin, qui affiche un soutien indéfectible au gouvernement hongkongais, a multiplié les menaces et les actes d’intimidation.

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/a-hong-kong-les-etudiants-defient-pekin-en-boycottant-les-cours/des-manifestants-rassembles-a-tamar-park-le-2-septembre-2019-a-hong-kong.jpg

AFP / Lillian SUWANRUMPHA Des manifestants rassemblés à Tamar Park, le 2 septembre 2019 à Hong Kong

« La fin est proche » pour la mobilisation en faveur de la démocratie, a encore averti dimanche soir l’agence officielle de presse Chine nouvelle dans un éditorial, sans donner plus de précisions.

– « Une forme d’apprentissage » –

Cela n’a pas empêché lundi matin des manifestants habillés de noir, la couleur emblématique du mouvement, de cibler à nouveau le métro, bloquant dans quelques stations les portes des rames pour les empêcher de partir.

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/a-hong-kong-les-etudiants-defient-pekin-en-boycottant-les-cours/des-personnels-medicaux-alignes-dans-les-couloirs-de-l-hopital-queen-mary-en.jpg

AFP / Anthony WALLACE Des personnels médicaux alignés dans les couloirs de l’hôpital Queen Mary en solidarité avec les manifestants prodémocratie, le 2 septembre 2019 à Hong Kong

L’ampleur des perturbations a cependant été sans commune mesure avec le chaos généré le 5 août, quand l’ensemble d’un réseau d’ordinaire d’une efficacité remarquable avait été paralysé pendant plusieurs heures.

Les étudiants sont depuis trois mois la colonne vertébrale d’un mouvement très jeune. On les trouve autant en première ligne, parmi ceux qui jettent des briques sur la police, qu’à l’arrière, formant le gros des foules qui manifestent.

« C’est le premier jour de cours mais je veux toujours manifester », confie à l’AFP un étudiant de 19 ans se faisant appeler Tommy, dans le centre de Hong Kong. « Manifester est aussi une forme d’apprentissage », lâche-t-il.

Dans les plus grands hôpitaux, des infirmières se sont alignées dans les couloirs avec des pancartes clamant notamment : « Debout pour Hong Kong ».

– Mouvement condamné ? –

L’une d’elle jugeait le mouvement condamné, avançant que Pékin ne ferait aucun compromis.

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/a-hong-kong-les-etudiants-defient-pekin-en-boycottant-les-cours/des-policiers-en-faction-dans-la-station-de-metro-north-point-le-2-septembre-2.jpg

AFP / Lillian SUWANRUMPHA Des policiers en faction dans la station de métro North Point, le 2 septembre 2019 à Hong Kong

« Mais il faut néanmoins nous lever et dire quelque chose. Au moins avons-nous montré au monde ce qui se passe », dit-elle à l’AFP sous le couvert de l’anonymat.

Dans la matinée, des élèves du secondaire ont formé des chaînes humaines devant plusieurs lycées publics. Dans l’un d’eux, une statue de Sun Yat-sen, qui avait proclamé la République en Chine en 1912, a été affublée d’un masque à gaz et de lunettes de protection.

« Hong Kong est notre maison. Nous sommes l’avenir de la ville et nous devons prendre nos responsabilités pour la sauver », a déclaré une élève de 17 ans se faisant appeler Wong.

https://images.larepubliquedespyrenees.fr/2019/09/02/5d6cb41da43f5e3b6ff6d51a/golden/1000x625/des-parapluies-deposes-par-des-manifestants-pour-empecher-les-portes-d-une-rame-de-metro-de-se-fermer-le-2-septembre-2019-a-hong-kong.jpg

AFP / Philip FONG Des parapluies déposés par des manifestants pour empêcher les portes d’une rame de métro de se fermer, le 2 septembre 2019 à Hong Kong

– « Rejeter la violence » –

Le mouvement est né en juin du rejet d’un projet de loi qui devait autoriser les extraditions vers la Chine. La suspension du texte par l’exécutif n’a pas suffi à éteindre la mobilisation qui a considérablement élargi ses revendications.

Celles-ci renvoient toutes à la dénonciation d’un recul des libertés et de l’ingérence grandissante de Pékin en violation du principe « Un pays, Deux systèmes » qui avait présidé à la rétrocession en 1997.

 

[ >>> NDLR >>> comme l’ont montré les différents débats sur TML et VLR, il n’y a pas une once de « socialisme » en Chine continentale, et la situation économique et sociale des couches prolétariennes les plus pauvres y est encore bien pire qu’à HK, malgré la dégradation et le recul social actuellement accélérés qu’y s’ y produisent et constituent la cause de la durabilité de la résistance populaire dans cette ville.]

 

Hong Kong a connu samedi une journée de protestations parmi les plus violentes depuis le début du mouvement. Des contestataires ont notamment incendié une énorme barricade à une centaine de mètres du QG de la police et les forces de l’ordre ont pourchassé des manifestants jusque dans les stations de métro, en frappant certains dans les rames.

Le lendemain, des milliers de manifestants ont cherché à bloquer les accès à l’aéroport et une quinzaine de vols ont dû être annulés.

Lundi, le ministre hongkongais de la Sécurité a averti que la violence était « près d’échapper à tout contrôle ».

« J’appelle le public à rejeter la violence, à maintenir l’ordre dans notre société et à protéger l’Etat de droit », a déclaré John Lee Ka-chiu devant les journalistes.

L’image de marque de Hong Kong, jusque-là considérée comme une place financière stable, a été ébranlée par le mouvement actuel. Le nombre des touristes a plongé et hôtels et commerces doivent faire face à une baisse importante de leur chiffre d’affaires.

 

[>>> NDLR >>> Ce qui pose également la question du but réel de la stratégie de Pékin et du PCC, qui semble jouer la carte du pourrissement, quitte à hâter éventuellement la liquidation de HK en tant que place de transit économique.]

 

 

UNE DÉPÊCHE DE CE MARDI 03/09/2019 >>>EXTRAITS>>>

« Des centaines de personnes se sont rassemblées mardi dans un parc de Hong Kong tandis que les étudiants poursuivaient leur campagne de boycott des cours entamée lundi. Les tensions montaient dans la soirée, de petits groupes de protestataires jouant au chat et à la souris avec la police antiémeutes. (…) Pékin, qui avait le mois dernier évoqué des actes de « quasi-terrorisme » dans les manifestations hongkongaises, a paru cependant vouloir calmer le jeu mardi. Les habitants de Hong Kong, « y compris les jeunes étudiants », ont le droit de manifester « pacifiquement », a assuré devant la presse un porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, Yang Guang.

M. Yang a reconnu l’existence de « problèmes sociaux » qui affectent depuis longtemps la population de Hong Kong, « particulièrement la jeunesse » : « difficultés de logement, inégalités entre riches et pauvres, ascenseur social en panne ».

Plus de 1.100 manifestants ont été arrêtés depuis le début de la mobilisation, y compris des figures du combat pour des réformes démocratiques et des députés la semaine dernière. »

 

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/a-hong-kong-les-etudiants-defient-pekin-en-boycottant-les-cours/weekend-de-violence-et-de-manifestations-a-hong-kong.jpg

 

 

 

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/hong-kong-les-etudiants-defient-pekin-en-boycottant-les-cours-doc-1jy1no7

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/hong-kong-la-cheffe-de-lexecutif-dement-vouloir-demissionner-doc-1jz1il9

Hong Kong Résistance : « Maintenant ou jamais ! »

 

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/4cf8b6f1a896873f07b3cb7a873a56fd-grenades-lacrymogenes-et-canon-eau-contre-cocktails-molotov-scenes-de-chaos-dans-le-coeur-financier.jpg?width=1260&height=708&focuspoint=50%2C25&cropresize=1&client_id=bpeditorial&sign=8859359a1648531597142c17f192a532c2d28f28588f042b91197497bc97dd62

 

 

Hong Kong Résistance : « Maintenant ou jamais ! »

 

https://i2.wp.com/www.leparisien.fr/resizer/cZAeirmfYl4YYV53EcDoQ8n1aWA=/932x582/arc-anglerfish-eu-central-1-prod-leparisien.s3.amazonaws.com/public/CQAE66RJOYHHRK52VNAV5JNGHM.jpg

 

 

Pour ce Week-end à Hong Kong le gouvernement fantoche de Carrie Lam a clairement tenté la carte du pourrissement, de la provocation et de la violence.

Tout d’abord en interdisant la manifestation proposée par l’organisation de masse FCDH qui avait précédemment fait ses preuves de pacifisme, le 18 Août, avec plus d’un million et demi de manifestants dans les rues, et sans heurts.

Ensuite ce pouvoir missionné par Pékin essentiellement en vue de la répression à fait arrêter les principales figures de proues de la contestation, et notamment les plus jeunes, certain ainsi de faire monter sérieusement la tension.

Manœuvre en partie déjouée par le biais d’un rassemblement à prétexte religieux, dans un stade, voulu par la génération des « anciens » pour permettre manifestement aux jeunes d e s’organiser et de se regrouper pour manifester ensuite…

Concernant l’arrestation des « leaders » du mouvement, « C’est tellement ridicule » expliquait une étudiante en médecine qui se félicitait par ailleurs du « calme » des manifestants. En fait, celui-ci a été tout relatif. Les forces de l’ordre, volontairement ou non, ont même laissé les manifestants s’approcher à quelques mètres seulement des bureaux du gouvernement et du Parlement. Des cocktails Molotov ont été lancés au pied du bâtiment, au-delà des barrières supposées le protéger.

 

 

https://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_original_1280/public/assets/images/rts2ol0l.jpg?itok=2b8soF07

 

Forces de l’ordre débordées

Les forces de l’ordre ont répliqué avec de nombreuses grenades lacrymogènes et pour la première fois des canons à eau teintée d’agent marqueur. Les forces de l’ordre sont également apparues débordées une heure plus tard quand, occupant deux voies express traversant le centre-ville, elles ont laissé les manifestants envahir l’auto-pont qui les domine.

Pour éviter d’être des proies trop faciles, les policiers n’ont eu d’autre choix que de se rabattre sous ce même auto-pont. Alors que la rumeur laissait entendre que les manifestants se dirigeraient vers le bureau de liaison de Pékin, – un lieu éminemment sensible -, les protestataires ont préféré narguer une nouvelle fois les forces de l’ordre en construisant une barricade a à peine cent mètres du quartier général de la police et en y mettant le feu.

« Ne vous approchez pas, c’est toxique », expliquaient les manifestants, prévenants. Opération réussie : à ce moment, la rue leur appartenait.

 

 

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« Reprendre Hong Kong, la révolution de notre temps », scandaient-ils.

La tension est montée en fin d’après-midi, quand un petit groupe de radicaux a attaqué avec des pierres et des cocktail Molotov des policiers disposés autour du complexe abritant les institutions hongkongaises et notamment le Conseil législatif (LegCo), le « Parlement » local qui avait été mis à sac le 1er juillet.

 

– Liquide bleu –

Ils ont brièvement réussi à enfoncer les barrières protégeant le LegCo, avant d’être promptement repoussés par les forces de l’ordre à grand renfort de lacrymogènes, avec l’intervention des canons projetant notamment un liquide bleu.

Des médias locaux rapportent que ce colorant permet d’identifier ensuite les suspects.

La police, dont certains agents en civil s’étaient mêlés aux manifestants, a procédé à de nombreuses arrestations alors que se poursuivaient les affrontements.

 

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-l’Amour dans la Résistance-

Malgré la violence ambiante, entre deux barricades, dans la brume des gaz lacrymogènes, Abby et Nick se tiennent par la main, tissant leur histoire d’amour née dans les manifestations d’un long été hongkongais.

Comme de nombreux étudiants du territoire semi-autonome chinois, le jeune couple a passé ses vacances à battre le pavé, bravant les charges de police, les arrestations et les balles en caoutchouc.

Abby et Nick — qui préfèrent utiliser des noms d’emprunt — se sont rencontrés à la fac en juin, alors même que s’ébranlaient les premières manifestations contre l’exécutif pro-Pékin. Leur amour a fleuri à mesure que grossissait la contestation, devenue le plus grave défi au régime chinois depuis la rétrocession du territoire par la Grande-Bretagne en 1997.

« Nous avons été à beaucoup de manifestations depuis juin, pratiquement tous les weekends », témoigne Abby. « Ce n’était pas pour s’amuser. Mais c’est super de partager ça avec quelqu’un. C’est unique. »

Devenus des quasi-professionnels de l’agitation, les jeunes gens se rendent aux défilés ensemble. Dans les toilettes d’un centre commercial, ils enfilent leur panoplie de rebelles: vêtements noirs, masque à gaz et lunettes de plongée, pour se protéger des lacrymos.

– Briques et lunettes –

A l’approche de la police anti-émeute, ils se tiennent un peu en retrait, derrière les manifestants radicaux qui jettent des briques en direction des policiers.

« Si je vis assez vieux, ce sera une sacrée histoire à raconter à mes enfants et petits-enfants », commente Nick, un étudiant en lettres qui n’a rien d’une armoire à glace.

Lors d’une récente manif dans le district de Tsuen Wan, Nick tient un parapluie au dessus d’Abby pendant qu’elle lui ajuste son masque à gaz. Derniers moments de tendresse avant une pluie de lacrymos et une fuite éperdue, chacun de son côté dans le chaos.

Malgré les gaz, Nick retire ses lunettes en plastique pour tenter d’envoyer frénétiquement un message à sa copine à l’aide de son téléphone portable.

« J’étais inquiet », raconte-t-il plus tard à l’AFP. « Normalement, je ne vais pas avec elle à l’avant de la manifestation. Nous nous sommes perdus quand la police a tiré les premiers gaz. Je l’ai retrouvée une heure plus tard dans un centre commercial ».

« Je fais partie des gens qui réclament la démocratie. Si le projet de loi était adopté, je risquerais d’être extradé », redoute Nick.

« Notre mouvement a attiré l’attention du gouvernement chinois. C’est maintenant ou jamais pour Hong Kong », affirme-t-il, comme tant d’autres manifestants.

Le jeune couple se dit prêt à aller jusqu’au bout, alors même que le gouvernement du président Xi Jinping laisse planer la menace d’une intervention armée dans le territoire pour rétablir l’ordre.

« Si l’on me tue, tant que c’est pour le bien de Hong Kong, alors pas de problème », assure Abby.

Mais l’étrangeté de ces drôles de vacances 2019 n’échappe pas à Nick.

« Nous sommes épuisés. Se battre avec la police, recevoir des tirs de balles en caoutchouc… ça ne devrait pas se passer comme ça. »

 

https://images.midilibre.fr/api/v1/images/view/5d6a8af73e45462d1b143d85/large/image.jpg?v=4

 

 

-Vers la fin du « pacifisme »?-

« Les manifestations pacifistes ne fonctionnent pas », a dénoncé une manifestante de 22 ans se faisant appeler Stone. « Les radicaux doivent faire parler la colère pour obtenir quelque chose. »

« Nous ne nous rendrons pas », disait un graffiti sur un mur de la station de métro voisine d’Admiralty.

Les manifestants se sont ensuite déplacés en direction de l’Est.

Ils ont notamment incendié une énorme barricade constituée de sièges arrachés sur les gradins d’un terrain de sport, près du quartier général de la police, dans le secteur de Wanchai (centre). Les flammes ont été éteintes au bout d’une demi-heure.

La police a dû à nouveau faire usage des canons à eau pour reprendre le contrôle de la situation et repousser les manifestants vers le quartier de Causeway Bay où, en début de nuit, nombre d’entre eux, continuaient à jouer au chat et à la souris.

 

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– Chez Carrie Lam –

Auparavant, un groupe avait défilé près de la résidence de la cheffe de l’exécutif locale Carrie Lam, ancienne résidence du gouverneur britannique perchée sur les premières pentes de Victoria Peak.

Mme Lam concentre l’ire des manifestants pour ne pas avoir formellement retiré son projet de loi controversé sur les extraditions qui avait été en juin l’élément déclencheur de la mobilisation.

« C’est maintenant ou jamais », explique également une comptable qui se fait appeler Wong. « J’ai deux enfants qui ne sont pas venus, mais leur grand-mère est là. Nous défendons le maintien du droit de manifester pour la prochaine génération. »

Ce samedi marque le cinquième anniversaire du refus par Pékin d’organiser des élections au suffrage universel à Hong Kong. Cette décision fut le déclencheur du « Mouvement des parapluies » de 2014, marqué par 79 jours d’occupation du coeur financier et politique de la ville.

Au final, cette mobilisation alors historique s’était achevée sans aucune concession de la part du gouvernement central chinois. Et les manifestants actuels sont déterminés à ne pas laisser leur mouvement mourir à petit feu, d’où la créativité de leurs modes d’action.

Chine Nouvelle, l’agence de presse officielle de Pékin, a publié sur Twitter samedi soir une vidéo de policiers chinois en armes effectuant « des exercices anti-émeutes à Shenzen », la grande ville chinoise voisine de Hong Kong.

Il s’agit de la plus récente initiative d’une campagne de propagande et d’intimidation du régime chinois visant les protestataires hongkongais afin de neutraliser le mouvement, que Pékin considère comme un défi à son pouvoir.

Nouvelles actions attendues dimanche et lundi

Si ce samedi a été chaotique, il ne semble pas avoir modifié le rapport de forces entre des manifestants toujours populaires mais incapables jusqu’à présent de faire fléchir un gouvernement local, apparemment aux ordres de Pékin. Dimanche et lundi devraient être à nouveau des journées importantes. Non seulement en raison de l’appel à la grève générale de deux jours lancé à l’occasion de la réouverture lundi des établissements scolaires et universitaires, mais aussi parce que les manifestants avaient prévu de se rendre dimanche à l’aéroport.

L’occupation de l’aéroport les 12 et 13 août avait marqué un tournant dans le conflit. La direction de l’aéroport a annoncé ne pas exclure d’annuler certains vols.

Réaction du gouvernement au chaos de samedi : il serait irresponsable de relancer des réformes politiques dans ces conditions. C’est pourtant peut-être la seule chose qui pourrait à présent calmer le jeu. Mais il ne semble pas que ce soit le but du PCC pour l’instant, et Carrie Lam applique servilement la tactique souhaitée par Pékin, aussi incohérente soit-elle.

 

SUR LE MÊME SUJET, INCLUANT LES DONNÉES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES >>>

les principaux articles et débats :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/24/hong-kong-resistance-populaire/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/21/la-gauche-francaise-satellisee-par-le-social-imperialisme-chinois/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/19/gilets-noirs-gilets-jaunes-hong-kong-france-contre-le-capital-un-seul-proletariat/

 

https://media2.woopic.com/api/v1/images/661%2Fafp-news%2F2dc%2F4bd%2F2759e0a0ee14798da4dcc0cba7%2F000_1JW4ON-highDef.jpg?format=822x700&quality=85

 

 

 

 

 

 

https://www.afp.com/fr/infos/334/barricade-incendiee-lacrymogene-et-cocktails-molotov-hong-kong-plonge-dans-le-chaos-doc-1jv4cw21

https://www.afp.com/fr/infos/334/lamour-au-temps-des-lacrymos-le-coeur-bat-dans-les-manifs-de-hong-kong-doc-1jv60f2

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/31/hongkong-des-heurts-lors-de-manifestations-interdites_5504950_3210.html

Pourquoi tant de « pro-chinois » ??? Deux raisons…

 

 

Une question en marge des émeutes populaires à Hong Kong…

 

Pourquoi tant de « pro-chinois » en France et ailleurs?

 

Deux raisons…

 

__La Chine est la deuxième puissance capitaliste mondiale…

__Le monde capitaliste est un monde de lèches-bottes!

 

Pierre Grindsable

 

 

 

 

 

 

SUR LE MÊME SUJET, INCLUANT LES DONNÉES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES >>>

les principaux articles et débats :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/24/hong-kong-resistance-populaire/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/21/la-gauche-francaise-satellisee-par-le-social-imperialisme-chinois/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/19/gilets-noirs-gilets-jaunes-hong-kong-france-contre-le-capital-un-seul-proletariat/

 

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Hong Kong , le dilemme de Pékin : ouvrir le feu ou ouvrir le dialogue ?

 

 

Heurts entre policiers et manifestants, le 24 août 2019 à Hong Kong [Lillian SUWANRUMPHA / AFP]

AFP / Lillian SUWANRUMPHA Heurts entre policiers et manifestants, le 24 août 2019 à Hong Kong

 

 

Hong Kong , le dilemme de Pékin : ouvrir le feu ou ouvrir le dialogue ?

 

 

Hong Kong: hormis une « très grosse » concession, pas de solution évidente pour sortir de l’impasse

 

Au douzième week-end de contestation pro-démocratie, le gouvernement de Hong Kong n’a guère de solution évidente pour sortir de l’impasse, hormis « une très grosse » concession aux manifestants, mais difficilement envisageable à ce stade, explique à l’AFP Francis Lee, chercheur à l’Université chinoise de Hong Kong, spécialiste des mouvements sociaux.

Q: Le mouvement ne semble pas faiblir, quelles sont les options du gouvernement de Hong Kong ?

R: Selon moi, il y a trois options majeures: une énorme répression, soit avec l’Armée populaire de libération ou autre, une concession suffisamment importante qui permettrait de finalement calmer le mouvement, ou l’usure. Depuis deux mois et demi, l’usure a eu la préférence, ils ne veulent pas de répression, ni de concession. Ils veulent que le mouvement se dissipe.

A considérer ce qui s’est produit avec le mouvement des Parapluies en 2014, ils avaient misé sur l’usure et dans un sens, ça a marché. Mais à mon avis, cette fois ça ne pas le cas. Le mouvement se dissipera-t-il d’ici six mois ? Personne ne sait. Se dissipera-t-il le mois prochain ? Je ne le pense pas, car des deux côtés on estime avoir encore des cartes à jouer.

https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_630/public/1811de5ddc0a527499ba811be61a41635ae97d88.jpg

AFP / Lillian SUWANRUMPHA Des manifestants font face aux policiers, le 24 août 2019 à Hong Kong

Carrie Lam (la dirigeante de l’exécutif hongkongais, ndlr) dit qu’ils essaient d’établir une soi-disant plateforme de dialogue mais en attendant, ils emploient de nombreuses méthodes de répression en coulisses.

L’idée étant bien sûr, grâce à ce cocktail, de tenter de supprimer le mouvement, espérant que les individus très, très modérés se rangent à cette idée de dialogue, les gens redoutant d’y perdre à trop soutenir le mouvement.

Q: Le choix du gouvernement restant celui de l’usure, et si cela ne marchait pas ?

R: C’est très difficile à dire, la question reste ouverte. Le gouvernement a tenté plusieurs méthodes depuis juillet, qui n’ont pas marché. Pourquoi présumer que leur stratégie pourrait à présent payer ? Et si cela ne marche pas, il n’en reste pas moins que le gouvernement chinois devra prendre une décision.

Après les rassemblements, les affrontements avec la police, la manifestation à l’aéroport etc., un appel à la grève étudiante a été lancé pour la rentrée, à l’évidence, les actions vont se poursuivre au moins jusqu’à la fin septembre. D’autant que le 5e anniversaire du début du mouvement des Parapluies est le 28 septembre et que le 1er octobre, c’est le 70e anniversaire de la création de la République populaire de Chine. Il est simplement impossible d’imaginer que le mouvement puisse cesser d’ici là. Il n’y aurait aucun sens à mettre un terme au mouvement, à moins que le gouvernement n’accorde une très grosse concession.

Heurts entre policiers et manifestants, le 24 août 2019 à Hong Kong [ANTHONY WALLACE / AFP]

AFP / ANTHONY WALLACE Heurts entre policiers et manifestants, le 24 août 2019 à Hong Kong

Quoi qu’il en soit, le gouvernement devra finir par prendre une décision. Seulement le champ des concessions s’étend de plus en plus. Et n’oublions pas aussi le coût de concessions pour le gouvernement de Pékin. Le problème ne concerne pas seulement Hong Kong, car ces deux ou trois dernières semaines, Pékin et les médias chinois ont monté l’opinion ultra-nationaliste chinoise contre Hong Kong. Un revirement devient en fait très, très difficile pour Pékin désormais.

Q: L’option de la répression dure est-elle envisageable ?

Beaucoup à Hong Kong, y compris les universitaires et les commentateurs estiment que les enjeux sont trop élevés pour que le gouvernement chinois finisse par déployer l’armée. Parce qu’il annoncerait en gros la mort du statut spécial de Hong Kong, « Un pays deux systèmes », et du centre financier international. La Chine, la première, en subirait gravement le préjudice. Quel intérêt pour les Chinois de perdre Hong Kong ? Ils se priveraient de l’ouverture qui les relie à l’économie internationale. Hong Kong joue un rôle très important, Hong Kong détient un vrai rôle clé que seule Hong Kong peut jouer et seulement sous statut « Un pays deux systèmes ». Donc si Hong Kong meurt (…) l’économie et le système financier de la Chine s’effondrent.

Le mouvement est parfaitement conscient que la répression du gouvernement chinois serait une très, très mauvaise idée. C’est pourquoi les jeunes contestataires utilisent l’expression cantonaise qui signifie littéralement « Nous brûlerons ensemble », si le gouvernement chinois envoie des troupes. Pour eux, la situation est déjà mauvaise mais les Chinois, eux, ont tout à perdre. C’est du moins leur calcul.

Il n’y a pas de solution évidente au problème.

https://www.afp.com/fr/infos/334/hong-kong-hormis-une-tres-grosse-concession-pas-de-solution-evidente-pour-sortir-de-limpasse-doc-1jq9703

 

https://images.larepubliquedespyrenees.fr/2019/08/24/5d60f9cca43f5e4b5cf6d519/golden/1000x625/des-manifestants-prodemocratie-erigent-une-barricade-dans-une-rue-de-hong-kong-le-24-aout-2019.jpg

 

 

 

 

 

 

Escalade à Hong Kong: la police tire avec une arme à feu, pour la première fois

AFP / Philip FONG Des policiers tirent des gaz lacrymogènes contre des manifestants à Hong Kong le 25 août 2019

Un policier de Hong Kong a tiré au moins une fois avec son arme à feu dimanche et la police a utilisé des canons à eau contre des manifestants radicaux, une première dans l’ex-colonie britannique secouée par des manifestations pro-démocratie.

« D’après ce que je comprends, un collègue vient juste de tirer avec son arme à feu. Ce que je comprends est que c’est un policier en uniforme qui a effectué ce tir », a déclaré un officier de la police de Hong Kong, Leung Kwok Win aux journalistes alors que de violents heurts avaient éclaté entre des manifestants pro-démocratie et la police à Tsuen Wan, à environ 10 kilomètres du centre-ville.

Il n’était pas possible de savoir quelle était la cible du tir, mais c’est la première fois qu’un tir d’arme à feu était effectué depuis le début des manifestations à Hong Kong il y a trois mois. Le territoire semi-autonome, un des grands centres financiers mondiaux, connaît depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Née de l’opposition à un projet de loi -désormais suspendu- visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale, le mouvement a mué en une campagne plus globale pour davantage de démocratie et la protection des libertés locales face à Pékin.

Des milliers de Hongkongais ont encore défilé dimanche dans le calme, sous une pluie battante, vers le quartier de Tsuen Wan. Mais des protestataires radicaux ont ensuite érigé une barricade et lancé pavés et cocktails Molotov en direction des policiers.

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/escalade-a-hong-kong-la-police-tire-avec-une-arme-a-feu-une-premiere/des-policiers-tirent-des-gaz-lacrymogenes-contre-des-manifestants-a-hong-kong.jpg

AFP / Philip FONG Des policiers tirent des gaz lacrymogènes contre des manifestants à Hong Kong le 25 août 2019

Après avoir tiré des gaz lacrymogènes qui n’ont pas eu l’effet escompté, la police antiémeute a utilisé des canons à eau contre les manifestants.

Un signe d’escalade, les forces de l’ordre ayant jusqu’à présent toujours affirmé ne vouloir utiliser cette technique de dispersion qu’en cas de « perturbation à grande échelle de l’ordre public ».

Courants en Occident, ils constituent une grande nouveauté à Hong Kong où ils n’avaient jusqu’ici pas été employés contre des manifestants. La population est de ce fait très sensible à leur utilisation.

« Avec la police et des manifestants qui chacun se radicalisent, les canons à eau seront davantage utilisés à l’avenir », prédit M. Fong, un protestataire interrogé par l’AFP.

– ‘Notre avenir est sombre’ –

Depuis le début du mouvement, la réaction du gouvernement central a été contrastée.

S’il n’a légalement pas le droit d’intervenir directement à Hong Kong, Pékin a eu recours à tout un éventail de méthodes, allant de l’intimidation à la propagande en passant par la pression économique, pour tenter de contenir la contestation.

Le métro de Hong Kong, cédant à la pression de Pékin, a fermé ce week-end les stations proches des lieux de rassemblement, ici le 24 août 2019

AFP / ANTHONY WALLACE Le métro de Hong Kong, cédant à la pression de Pékin, a fermé ce week-end les stations proches des lieux de rassemblement, ici le 24 août 2019

Le MTR -le métro hongkongais- affronte actuellement les reproches du public, après avoir apparemment cédé aux critiques des médias officiels chinois qui ont accusé l’entreprise gestionnaire d’être au service des déplacements des manifestants.

Dimanche, le réseau de transport a fermé certaines stations du quartier de Tsuen Wan, proches du site de la principale manifestation, pour le deuxième jour consécutif.

« Même si notre avenir est sombre, nous essayons de nous exprimer de façon rationnelle », a assuré à l’AFP un jeune manifestant âgé d’une vingtaine d’années et qui se fait appeler Peter.

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/escalade-a-hong-kong-la-police-tire-avec-une-arme-a-feu-une-premiere/la-manifestation-pro-democratie-a-commence-de-facon-pacifique-sur-yeung-uk-r.jpg

AFP / Lillian SUWANRUMPHA La manifestation pro-démocratie a commençé de façon pacifique sur Yeung Uk road, à Hong Kong, le 25 août 2019, avant de dégénérer un peu plus tard, la police ayant même pour la toute première fois utilisé des canons à eau

« Nous avons confiance en nous-mêmes et en notre ville. Un jour, nos demandes seront satisfaites. »

 

– Manifestants hospitalisés –

Les forces de l’ordre avaient chargé samedi des manifestants prodémocratie radicaux qui avaient érigé une barricade dans l’est de Hong Kong. Des échauffourées qui marquaient la fin d’une accalmie relative des violences durant 10 jours.

La police avait tiré des gaz lacrymogènes et frappé des protestataires qui avaient jeté des pierres et des bouteilles.

Dix personnes ont été hospitalisées à la suite de ces affrontements, dont deux dans un état grave, a indiqué à l’AFP le personnel médical, sans préciser s’il s’agit de policiers ou de manifestants.

https://www.afp.com/fr/infos/334/escalade-hong-kong-la-police-tire-avec-une-arme-feu-une-premiere-doc-1jr15g5

 

 

 

 

 

 

Hong Kong : Résistance Populaire !

https://assets.letemps.ch/sites/default/files/styles/np8_full/public/media/2019/08/24/file76stkjes8kmf1pfrmo1.jpg?itok=u5T1OkVw

 

Hong Kong : Résistance Populaire !

 

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Hong Kong: reprise des heurts après 10 jours d’accalmie

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/hong-kong-reprise-des-heurts-apres-10-jours-d-accalmie/des-policiers-anti-emeutes-tirent-des-gaz-lacrymogenes-contre-des-manifestants.jpg

AFP / Lillian SUWANRUMPHA Des policiers anti-émeutes tirent des gaz lacrymogènes contre des manifestants? le 24 août 2019 à Hong Kong

C’est la fin d’une relative accalmie de 10 jours à Hong Kong: la police de l’ex-colonie britannique a utilisé samedi des gaz lacrymogènes et chargé des manifestants radicaux prodémocratie qui avaient lancé des projectiles.

Cette région semi-autonome du sud de la Chine connaît depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997. Des actions quasi quotidiennes sont organisées pour dénoncer notamment le recul des libertés et l’ingérence jugée grandissante de Pékin.

Alors qu’à la suite de graves dérapages, les manifestations étaient depuis plus d’une semaine redevenues pacifiques, la tension est remontée d’un cran samedi dans le quartier populaire de Kwun Tong, dans l’est de la partie continentale de Hong Kong.

Après avoir défilé dans le quartier, des milliers de manifestants vêtus de noir et portant pour beaucoup des masques à gaz et des casques de chantier ont été bloqués par des dizaines de policiers antiémeute.

Les protestataires ont érigé en travers d’une rue une barricade faite de barrières en plastique utilisées pour la circulation et de tiges de bambous servant à fabriquer les échafaudages dans le BTP.

Des inscriptions « Chinazi » apparaissaient sur les murets de béton séparant les deux voies de cette artère.

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/hong-kong-reprise-des-heurts-apres-10-jours-d-accalmie/des-policiers-anti-emeutes-arretent-un-manifestan-le-24-aout-2019-a-hong-ko.jpg

AFP / Lillian SUWANRUMPHA Des policiers anti-émeutes arrêtent un manifestant, le 24 août 2019 à Hong Kong

De nombreuses insultes fusaient des rangs des manifestants en direction des policiers, au centre depuis des semaines de l’ire des contestataires, ceux-ci l’accusant de violences.

Après quelques heures de face-à-face, des radicaux ont commencé à jeter des bouteilles sur les forces de l’ordre, ou à leur tirer dessus au lance-pierre. La riposte ne s’est pas faite attendre, la police chargeant en tirant aussi des grenades lacrymogènes, qui n’avaient plus été employées depuis 10 jours.

– Pavés déterrés –

Plusieurs manifestants ont été arrêtés, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Après des semaines de mobilisation essentiellement pacifique, les manifestations avaient dégénéré fin juillet et début août en des affrontements entre radicaux jetant des pierres ou des briques et les forces de l’ordre faisant un usage massif de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc.

Il y a en outre eu le tabassage, à l’aéroport de Hong Kong, de deux Chinois du continent soupçonnés d’être des espions à la solde de Pékin. L’incident a généré de la part des autorités chinoises des accusations de terrorisme et des menaces croissantes d’intervention de l’armée.

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/hong-kong-reprise-des-heurts-apres-10-jours-d-accalmie/des-policiers-anti-emeutes-arretent-une-manifestante-le-24-aout-2019-a-hong.jpg

AFP / Anthony WALLACE Des policiers anti-émeutes arrêtent une manifestante, le 24 août 2019 à Hong Kong

Dimanche dernier, en réponse, une grande marche pacifique a été organisée dans l’ex-colonie britannique, rassemblant 1,7 million de personnes selon ses organisateurs.

« Le pacifisme ne résoudra pas le problème », rétorquait samedi un des manifestants se faisant appeler Ryan.

La mobilisation est partie en juin du rejet d’un projet de loi de l’exécutif local soutenu par Pékin, qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.

Des manifestants prodémocratie érigent une barricade dans une rue de Hong Kong, le 24 août 2019

AFP / Lillian SUWANRUMPHA Des manifestants « prodémocratie » érigent une barricade dans une rue de Hong Kong, le 24 août 2019

Le mouvement a depuis considérablement élargi ses revendications.

Les manifestants ont cinq demandes fondamentales, parmi lesquelles l’abandon total du projet de loi sur les extraditions, la démission de la cheffe de l’exécutif Carrie Lam et une enquête sur l’usage de la force par la police.

A la nuit tombée samedi, des manifestants déterraient des pavés et accrochaient ensemble des barrières métalliques, visiblement désireux de continuer à en découdre avec la police.

– ‘Aucun avenir’ –

« C’est le gouvernement qui a refusé le dialogue avec les manifestants », a déclaré à l’AFP un protestataire souhaitant garder l’anonymat.

« Je ne vois aucun avenir avec ce régime, c’est pour cela que je suis désormais de plus en plus en première ligne lors des manifestations. »

https://www.boursedirect.fr/media/articles/afp/hong-kong-reprise-des-heurts-apres-10-jours-d-accalmie/des-manifestants-prodemocratie-defilent-dans-les-rues-de-hong-kong-le-24-aou.jpg

AFP / Anthony WALLACE Des manifestants « prodémocratie » défilent dans les rues de Hong Kong, le 24 août 2019

De nombreux contestataires faisaient part samedi à l’AFP de leur exaspération.

« Les jeunes qui sont dehors mettent leur avenir en jeu, et ce pour Hong Kong », s’est emporté Dee Cheung, 65 ans.

« Nous ne sommes pas d’accord avec tout ce qu’ils font, notamment avec ceux qui chargent la police. Mais il faut aussi se poser la question des raisons pour lesquelles ils font ça. »

https://www.afp.com/fr/infos/334/hong-kong-reprise-des-heurts-apres-10-jours-daccalmie-doc-1jq2hy5

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NDLR: Une conversation, ce soir, en France, avec un travailleur connaissant Hong Kong et y ayant encore des relations actuellement: « Les « nouveaux riches » venus du continent font flamber les prix, surtout dans l’immobilier, et rendent la vie impossible aux véritables natifs de Hong Kong: il faut maintenant au moins deux bons salaires pour pouvoir s’en sortir à Hong Kong ! »

 

NDTML >>> cela confirme bien l’évidence de notre analyse, et notamment le fait que la vie est devenue pratiquement impossible pour un « smicard », à 4,12 euros de l’heure, et même pour un célibataire avec un salaire moyen.

Luniterre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

https://img.20mn.fr/aGccWMLSSPKZ_h_ehYp1hg/830x532_la-police-antiemeute-hongkongaise-a-charge-samedi-24-aout-2019-des-manifestants-prodemocratie-qui.jpg

 

https://www.boursedirect.fr/fr/actualites/categorie/a-la-une/hong-kong-nouveaux-heurts-entre-policiers-et-manifestants-apres-une-courte-accalmie-afp-e07cf7c5bf8a359119490ae69921e150c11fc603

https://www.afp.com/fr/infos/334/hong-kong-reprise-des-heurts-apres-10-jours-daccalmie-doc-1jq2hy5

 

 

 

UNE PROBLÉMATIQUE DE LA GAUCHE FRANÇAISE:

SE « DIVISER » ENTRE CAMP PRO US ET CAMP PRO CHINOIS

OU BIEN CHOISIR DE  SOUTENIR LA RÉVOLTE POPULAIRE

ET PROLÉTARIENNE ???

 

 

Hong Kong : Résistance Populaire !

25 août 02:18,     par do

Salut,

Ta conversation avec UNE personne vivant en France te fait dire que les salaires sont l’essentiel ; mais, c’est complètement contredit par les revendications du mouvement tels que décrites par ton propre article :

« l’abandon total du projet de loi sur les extraditions, la démission de la cheffe de l’exécutif Carrie Lam et une enquête sur l’usage de la force par la police. » Aucune revendication sur les salaires !

Par ailleurs, je t’invite à regarder cet extrait du soir3 du 24 aout 2019 qui a eu lieu en fait le 25 peu après minuit :

http://mai68.org/spip2/IMG/mp4/Hong…

« Les militants pro-démocratie restent toujours aussi déterminés à combattre la mainmise de Pékin sur l’ïle » Telle est la propagande du pouvoir en Occident.

Conclusion : ce mouvement est commandité par la CIA :

http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

Bien à toi,
do
http://mai68.org

Répondre à ce message

 

 

Hong Kong : Résistance Populaire !

 

par Luniterre

Mon article est en partie une reprise de la dépêche AFP (*) et reflète donc l’orientation politique de ce média >>> les revendications démocratiques de la classe moyenne restent le mot d’ordre officiel, tout comme le RIC des Gilets Jaunes, qui a essentiellement son origine dans l’extrême-droite…

Pour ma part, je base mon analyse sur les données économiques et sociales qui expliquent l’ampleur du mouvement et sa durabilité, contrairement au cas des Gilets Jaunes, dont la base populaire a disparu avec les quelques pseudo-« réformes », en réalité des arnaques manipulatoires, de Macron, vers le 10 Décembre 2018. A partir de là le mouvement a commencé à s’effriter progressivement, même si avec quelques résurgences minimes de temps à autre.

Ce que me raconte ce prolo, travailleur de base dans une grande surface, est le reflet de la réalité sociale vécue sur place, exactement telle qu’une analyse un tant soit peu sérieuse peut la mettre en lumière.

Cette situation sociale explosive avait déjà été analysée, en occident, par les économistes, au moment de l’arrivée au pouvoir de Carrie Lam, qui a donc totalement échoué à régler ces problèmes, bien que travaillant pour le pouvoir du PCC, à l’évidence… Que des provocateurs et des manipulateurs en profitent, c’est probable, mais cela ne change rien à la réalité des causes de cette explosion sociale.

Regarde bien les photos montrant réellement des foules de manifestants à HK, et cherche voir si ces manifs se font réellement sous la bannière étoilée ou sous l’union jack : à l’évidence, non.

Ceux qui photographient quelques drapeaux ici ou là et utilisent ces photos pour leur propagande, qu’elle soit pro-occidentale ou pro-PCC, sont les provocateurs et les manipulateurs des deux camps impérialistes en présence.

Libre à toi de choisir le tien, entre ces deux camps impérialistes, comme les divers restes de la « gauche » française, ou bien celui du prolétariat.

La bourgeoisie financière « rouge » de Pékin se moque totalement du sort de la population réellement native de Hong Kong, qui ira grossir les rangs des migrants Mingongs en quête de survie en Chine continentale lorsque l’ »intégration » sera totalement achevée…

Avec 7,5 millions d’habitants, à « intégrer »-diluer dans 1,4 milliards sur le continent, Hong Kong ne pose pas réellement de « cas de conscience » au PCC, qui a déjà amorti le choc du Grand Bond en Avant, 16,5 millions de morts, très officiellement reconnus par Deng Xiaoping, et quelques millions de plus, probablement, en réalité !

Bien à toi ;

Amicalement,

Luniterre

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(* Effectivement, je viens de remettre le lien vers la source AFP)

Hong Kong : Résistance Populaire ! par Luniterre

PS >>> En fait le lien AFP y était bien, sur TML, mais en dessous de la dernière photo, après le logo du blog. Il y est donc en double, sous le texte également, désormais.

Luniterre

 

 

Hong Kong : Résistance Populaire ! 25 août 14:40, par do

Salut Luniterre,

Je ne dis pas que tu as choisi le camp de l’impérialisme US, dont tu dis toi-même qu’il est l’ennemi N°1 du prolétariat. Je dis que tu fais une erreur d’analyse, peut-être due au fait que tu ne pardonnes pas à la Chine la trahison de Mao en 1971-72. Je sais bien que tu es comme moi dans le camp du prolétariat.

Bien à toi,
do
http://mai68.org

 

Hong Kong : Résistance Populaire !

25 août 14:10,

 

par Luniterre

 

[Cela fait donc maintenant trois posts en réponse en attente de publication sur LGS, dont celui-ci, qui apporte une précision utile…]

Note à propos des « taux de pauvreté »

>>> les chiffres retenus par Wikipédia semblent cohérents avec ceux du site Atlas Sociologique Mondial :

https://atlasocio.com/classements/economie/pauvrete/classement-etats-par-taux-de-pauvrete-monde.php

Or ce site explique également la disparité possible des critères retenus dans les différents pays.

Quoi qu’il en soit, dans le tableau actuel, établi en 2017, la Chine apparaît avec un taux de pauvreté à 3,1% et Hong Kong à 19,9%.

[ Wikipédia >>> Chine : 3,9% en 2016 et Hong Kong : 19,6% en 2012]

Vu la différence, si ces critères sont fiables, on ne comprend donc pas pourquoi les hongkongais continuent à se battre furieusement pour continuer à vivre dans leur misère « locale », bien réelle pour beaucoup, avec un « smic » à 4,12 euros de l’heure, alors que le prétendu « paradis socialiste » de l’Oncle Xi est à leur porte !!! Et qu’il s’apprête à les « intégrer totalement » d’ici quelques années…

CQFD >>> Il y a manifestement quelque chose qui cloche dans le discours des zélateurs du capitalisme chinois… !

Luniterre

 

 

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Hong Kong : Résistance Populaire ! 25 août 15:01, par do

Je ne sais pas s’il y a vraiment des zélateurs du capitalisme chinois dans l’extrême gauche. Ce qui est sûr, par contre, c’est que d’après tes propres chiffres, le prolétariat HongKongais devrait avoir intérêt à être intégré dans la Chine continentale afin de bénéficier de son SMIG plus élevé que celui de Hong Kong.

A+
do
http://mai68.org

Répondre à ce message

 

 

Hong Kong : Résistance Populaire !

 

par Luniterre

 

 

Un seul problème, mais de taille, dans ce raisonnement : la « disparité » des critères de pauvreté >>> le PCC retient un critère de pauvreté à 1 dollar de revenu par jour !

https://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20141015trib574ed­69aa/la-chine-compte-82-millions-de-pauvres.html

https://www.nouvelobs.com/societe/20141015.AFP8340/chine-plus-de-82-millions-de-personnes-sous-le-seuil-de-pauvrete.html

Voire même encore moins, aujourd’hui :

https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-en-chine-moins-de-pauvres-mais-toujours-de-fortes-inegalites

Alors que le « smic » hongkongais est à 4,12 euros de l’heure, soit 4,875 dollar US au cours actuel du dollar HK (37,50 HK$ x 0,13 US$)

>>> autrement dit le hongkongais le plus pauvre gagne au moins en un mois deux à trois fois ce que gagne le chinois pauvre en un an !!!

CQFD >>> On comprend donc que même très pauvre le hongkongais ne trépigne pas d’impatience dans l’attente de cette très « fabuleuse » intégration !

Luniterre

 

 

Hong Kong : Résistance Populaire !

25 août 15:52,    par do

Reste à savoir si le seuil de pauvreté indique le SMIC.

Et reste à savoir combien de fric il faut en Chine continentale pour vivre décemment.

Quand j’étais à Cuba, en 1994, le SMIG était de 14 dollars US (équivalent à) ; mais le loyer d’un grand appart (celui où j’étais, chez des amis cubains, un F3 avec très grande terrasse et vue sur la mer) était d’un demi dollar US !

do
http://mai68.org

Répondre à ce message

 

 

 

Hong Kong : Résistance Populaire !

 

par Luniterre

 

Bonsoir, camarade

Effectivement, « reste à savoir… »

Et donc bien comparer ce qui est comparable… !

Il n’y a pas de « smic » en Chine, sauf au niveau local, ce qui reflète précisément les inégalités internes de ce pays.

Shanghai est la ville phare de l’économie chinoise et celle où le « smic » local est le plus élevé, soit 314,6 euros par mois au cours actuel :

« [les] augmentations [récentes] ont renforcé les disparités régionales, les salaires minimums dans les régions les plus développées représentant plus du double de ceux des moins avancés. Shanghai a toujours le salaire minimum le plus élevé en Chine, avec 2 420 RMB (348,02 USD) par mois, suivi de Shenzhen (2 200 RMB / 316,38 USD) et de Pékin (2 120 RMB / 304,87 USD). »

https://www.china-briefing.com/news/le-salaire-minimum-en-chine-2018-2019-2/

La location d’un simple studio à Shanghai est autour de 860 euros par mois, celle d’un deux pièces de 1350 euros.

La vie d’un smicard n’est donc actuellement pas meilleure à Shanghai qu’à Hong Kong.

On peut trouver un fil de discussion autour du projet d’un français qui espérait pouvoir vivre à Shanghai avec 3000 Yuans/mois (390 euros au cours actuel), en 2016, et donc avec des réponses de gens qui ont l’expérience du vécu à Shanghai.

Il en ressort que cela correspond plutôt à une vie de marginal, voire de paria, qui est malheureusement tout à fait celle des Mingongs, « migrants de l’intérieur », qui forment le gros des troupes prolétariennes ayant rendu possible le décollage industriel de la chine.

https://www.bonjourchine.com/threads/xxx-rmb-mois-pour-vivre-a-shanghai.134682/

A noter, pour continuer la comparaison, qu’il y a en principe une durée hebdomadaire légale du travail, en Chine, basée sur 40 heures en 5 jours (5×8), et un maximum théorique de 44 heures, mais qui pour plus de 85% des Mingongs, embauchés avec des contrats précaires, est donc largement dépassée.

A Hong Kong, pas de durée légale hebdomadaire imposée, d’où le « smic » à taux horaire, mais si l’on prend une base de 40 heures, (174h/mois), cela donne donc 4,12 euros x 174 = 716,80 euros/mois, soit nettement plus de deux fois le meilleur « smic » de Chine continentale.

A HK le loyer d’un 30 M2 « bon marché » se situe entre 1000 et 1500 euros, comme on l’a vu dans le premier article sur le sujet, ce qui peut se comparer avec les 1350 estimés pour un deux pièces à Shanghai.

Dans les deux cas un logement décent reste donc inaccessible au smicard, mais sa situation est donc encore bien pire à Shanghai.

De plus, il ne faut pas oublier que la langue à HK est le cantonais, et à Shanghai, c’est le mandarin, avec un taux d’incompréhension entre les deux assez comparable à ce qu’il y a entre l’espagnol et le français, ce qui ne facilitera pas l’intégration des migrants, outre les autres problèmes sociaux évidents, et notamment l’accès limité pour les enfants de migrants à la scolarisation, qui contraint ces parents pauvres à devoir payer des écoles privées, en plus !

Enfin, si tu as lu les liens, le nombre de pauvres sous la barre des 1 dollar par jour était très officiellement de 82 millions en octobre 2014. Je ne trouve pas de chiffre plus récent. Le seuil de pauvreté a encore été abaissé, en 2017, à 2 300 Yuan/an, soit 0,88 dollar au cours actuel !

Pas une bonne tendance !

Luniterre

 

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Hong Kong : Résistance Populaire ! 26 août 00:44, par do

En France, aujourd’hui, quelqu’un qui a un CDI au SMIC a de la chance. Assez peu de gens sont payés plus que le SMIC en débutant ; et, même après plusieurs années de travail, le salaire n’est pas mirobolant.

Tandis que, toujours en France, dans les années 1970, quelqu’un de payé au SMIC était quelqu’un qui n’avait pas de chance ou qui était débutant dans son boulot et, s’il donnait satisfaction, très vite son salaire augmentait très nettement.

Sais-tu la proportion de Chinois qui sont payés, mettons, plus que trois fois le SMIG (local) ?

Salut à toi,
do
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Hong Kong : Résistance Populaire ! 27 août 02:09, par do

Luniterre, si les Chinois sont si pauvres aujourd’hui, comment font-ils pour se payer toutes ces bagnoles. Je me souviens des embouteillages de vélos en Chine qu’on nous montrait à la télé française dans les années 1970. Aujourd’hui, ce serait très dangereux de circuler en vélo :

http://images.china.cn/attachement/…

ou : http://mai68.org/spip2/IMG/jpg/Chin…

A+
do
http://mai68.org

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Hong Kong : Résistance Populaire ! 27 août 03:53, par Luniterre

En Chine il y a 322 Millions de voitures pour 1,386 Milliards d’habitants, soit une pour 4,3 habitants.

En France, il y a 39,5 Millions de voitures pour 66,99 Millions d’habitants, soit une pour 1,69 habitant.

Personnellement, depuis que je roule en voiture, je n’ai jamais mis plus de 1000 à 1500 euros dans une bagnole, ou son équivalent en francs.

Ce n’est donc qu’un critère de « richesse » extrêmement relatif.

Les Mingongs, migrants chinois de l’intérieur, se comptent actuellement pour 274 Mllions de prolos errant à travers le pays en quête de jobs aux « smics » locaux, oscillant, selon les régions, entre 100 et 315 euros, ce qui ne leur permet nulle part une vie décente, alors qu’ils forment une partie essentielle du prolétariat industriel, à la base de la « réussite » chinoise.

Il est probable qu’un de leurs premiers achats, dès qu’ils ont un peu de sous de côté, soit une vieille bagnole qui leur facilite bien la vie de migrant… ! Certainement plus accessible qu’un logement, en comparaison de prix. Avec quelques recherches, je vois que des voitures d’occase potables se revendent aussi entre 1000 et 2000 euros là bas…

Luniterre

 

PS >>> pour mémoire >>> les Mingongs étaient déjà la base prolétarienne des rebelles révolutionnaires finalement écrasés par Mao et sa clique à la fin de la « révolution culturelle »… !!!

PS BIS >>> pour répondre à une autre de tes questions, non, Mao n’a pas « trahi » réellement : il n’a fait que suivre sa propre « philosophie » opportuniste telle que décrite dans son texte « fondamental » >>> « De la contradiction »

>>> Une forme de « trahison » réside néanmoins effectivement dans le fait qu’il tentait de se faire passer pour un ML, et même « plus ML que moi tu meurs »…

Dès l’époque de Staline les soviétiques n’étaient pas dupes mais le soutenaient contre les japonais puis contre les américains.

Cette duperie était néanmoins entretenue en France par les thoreziens, époque dont Althusser est le sous-produit, encore assez toxique aujourd’hui, sous différentes formes, comme le thorezisme, du reste.

Ma « rancune » s’il en est, ne va pas spécialement à Mao, mais surtout à ses sous-produits français qui ont dupé une bonne partie de la jeunesse soixante-huitarde, au lieu de la former réellement au ML.

.

*********************

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Hong Kong : Résistance Populaire ! 27 août 14:59, par do

Salut Luniterre,

Je viens de voir à la télé aux infos de 13 heures sur la 2 une école d’enfants en primaire. Ils sont bien habillés et avec des vêtements variés. On a peine à croire qu’ils sont si pauvres que ça.

Bien à toi,
do
http://mai68.org

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Hong Kong : Résistance Populaire ! 27 août 18:11, par Luniterre

Très étrange raisonnement !!!

Connais-tu vraiment beaucoup de parents, même pauvres, qui envoient leurs enfants en guenilles à l’école ???!!!

De plus, les écoles pour gosses de Mingongs sont des écoles privées, et je doute qu’ils acceptent des enfants sans tenue adéquate !!!

On est plus au XIXe siècle, au temps de Cosette, même en Chine !

Franchement, étrange préjugé pour un anar !

De plus, la Chine reste encore un pays producteur de fringues, même si elle a commencé à « délocaliser » au Bangladesh ou ailleurs…

Des fringues, en plus, en grande partie fabriquées par des Mingongs…

Luniterre

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Hong Kong : Résistance Populaire ! 27 août 18:29, par Juve Vénile

Bonjour, do

En France, les enfants des Gilets Jaunes sont aussi bien habillés, ils ont ou peuvent avoir des tatouages, des piercings, des cheveux colorés, etc. Et même pour les plus vieux une bagnole. ( Localement  » le seul  » précaire attitré, à ma connaissance, c’était moi )

On a peine à croire qu’ils sont si pauvres que ça.

Il y a surement en Chine des millions d’aveugles, de là à croire que les chinois naissent sans yeux, c’est une autre paire de manches.
La Chine est un pays capitaliste.
Hong Kong est un pays capitaliste.

UE est une zone capitaliste pourtant le Royaume-Uni à fait son Brexit capitaliste.

Si les Hongkongais capitalistes ne veulent pas devenir
 » une province « de la Chine capitaliste ( qui se la joue un poil, mère patrie ) c’est leurs droits capitalistes.
C’est con ou pas ? Mais c’est capitaliste…

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Hong Kong : Résistance Populaire ! 28 août 00:16, par Luniterre

Ce qui est déterminant, d’un point de vue ML, ce sont les causes sociales et économiques de cette lutte.

Ce que l’intégration complète de HK à la Chine implique, c’est bien, comme on vient de le voir au cours du débat, une dégradation considérable des conditions de vie pour les classes prolétariennes et populaires de HK, et même pour une bonne partie de la petite bourgeoisie locale, d’où à la fois l’aspect massif des luttes et les différenciations selon les quartiers et catégories sociales engagées dans la lutte.

Évidemment, ce n’est pas une lutte politique anticapitaliste, mais c’est néanmoins une lutte sociale, même si de type réformiste, derrière les slogans « démocratiques » qui sont essentiellement une base unitaire large, et n’impliquant pas vraiment de revendication indépendantiste, en fait.

D’ores et déjà la cause immédiate, même avant intégration totale, de cette dégradation, c’est bien la domination et la spéculation, à tous les niveaux, pratiquée par la bourgeoisie « rouge » continentale.

Cette lutte est donc évidemment sans issue sans une organisation prolétarienne commune aux prolos de HK et du continent.

Néanmoins, en toute connaissance de causes, ne pas la soutenir ou soutenir la bourgeoisie continentale et son valet Carrie Lam, comme le fait la « gauche pro-chinoise », c’est bien contribuer à poignarder le prolétariat de HK.

De toutes façons, l’éveil à la conscience de classe ne se fait que par la lutte, et cela commence, généralement, par des luttes réformistes qui échouent mais permettent néanmoins d’avancer sur cette voie de l’éveil.

Luniterre

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Hong Kong : Résistance Populaire ! 28 août 13:28, par do

Pour Luniterre et Jule Vénile :

C’est pas vrai, quand j’étais gosse, J’étais moins bien habillé que les riches et cela se voyait, même si je n’étais pas « en guenille ». Il faut pouvoir payer les jolis vêtements. Avec un salaire aussi bas qu’indique Luniterre, les Chinois peuvent quand même se payer des bagnoles et des vêtements normaux. J’ai envie d’en conclure que si les salaires sont certes bas, le coût de la vie aussi.

Par ailleurs, j’ai été à quelques manifs de Gilets jaunes. Au début, c’étaient pas les mêmes têtes que dans les manifs habituelles. C’était des gens plus pauvres, qui avaient l’air d’avoir été plus abimés par la vie. Je dirais que c’était un mélange de sous-prolétariat et de couche basse du prolétariat.

À Hong Kong, les images de la télé montrent des révoltés qui appartiennent visiblement à des gens bien plus riches que nos Gilets Jaunes originels. C’est clairement des petits-bourgeois.

A+
do
http://mai68.org

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Hong Kong : Résistance Populaire !

28 août 23:29,

 

par Luniterre

 

Bonsoir, camarade

Tes souvenirs d’enfance, sans remonter à l’époque de Cosette, sont néanmoins ceux d’une autre génération, tout comme les miens.

Ayant vécu pas mal d’années avec une institutrice de banlieue, je peux te dire qu’il y a longtemps que la dictature médiatique publicitaire impose malheureusement pratiquement aux parents pauvres de fringuer leurs enfants dans le style « tendance » du moment…

Tu peux continuer à penser que finalement « l’habit fait le moine », et le vêtement le petit bourgeois, mais cela n’enlève rien à la réalité des chiffres et des données économiques et sociales concernant cette situation !

Il y a donc d’un côté les faits résultant de l’analyse et de l’autre une « impression », sinon un préjugé, basé sur la seule apparence vestimentaire.

Luniterre

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La « gauche » française satellisée par le social-impérialisme chinois!

 

[ DÉBAT RÉACTUALISÉ EN TEMPS RÉEL ! ]

 

 

 

Effectivement, Hong Kong sert de « plaque tournante » pour le capital US en Chine depuis 1972 et les accords Mao-Nixon.

C’est le cordon ombilical qui a permis à la bourgeoisie nationale maoïste de se « compradoriser » avant d’accumuler suffisamment de capital financier pour se poser en rival de l’Oncle Sam dans ce domaine comme dans les autres.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee

Il est clair que cette rivalité les amènera à rompre ce cordon, progressivement ou brutalement, si nécessaire, en fonction de l’ingérence US.

Pour des millions de gens qui travaillent à Hong Kong sans être forcément ni des bourgeois ni des petits bourgeois (Smic à 4,12 euros de l’heure!), ce sera la fin d’un monde et l’exil pour retrouver du travail ailleurs, pour une grande partie de cette population.

On peut leur reprocher de jouer en partie le jeu de l’impérialisme US et occidental, mais il est clair que leur condition sociale est en train de se dégrader rapidement et qu’ils n’ont clairement aucune confiance dans le prétendu « socialisme à la chinoise », qui n’est bien qu’une autre forme de capitalisme et d’impérialisme (social-impérialisme) et qui ne leur apporte aucune solution, précisément, en réponse à leurs problèmes sociaux.

La gauche française, en se portant caution du social-impérialisme chinois contre l’impérialisme US se couvre une fois de plus de ridicule, et perd encore un peu plus de crédibilité, si tant est qu’elle en eut encore !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/19/gilets-noirs-gilets-jaunes-hong-kong-france-contre-le-capital-un-seul-proletariat

 

Luniterre

 

 

UN ÉCHANGE AVEC LE CAMARADE DO, SUR SON SITE VLR:

Salut Luniterre,

Ne trouves-tu pas que tu te contredis quelque peu ?

Aujourd’hui tu dis :

« La gauche française, en se portant caution du social-impérialisme chinois contre l’impérialisme US se couvre une fois de plus de ridicule, et perd encore un peu plus de crédibilité, si tant est qu’elle en eut encore ! »

Mais tu disais ici :

http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

« Dans le monde, c’est l’impérialisme US qui est à l’initiative de la plupart des guerres. Les autres ne font que suivre ou « compléter » ses interventions, et le plus souvent en complicité et coordination avec lui.

« Il est donc bien l’ennemi numéro 1 des peuples et du prolétariat de tous les pays, même si chacun doit d’abord lutter concrètement contre son propre impérialisme… !

« Chacun contre son impérialisme, et tous contre l’impérialisme US !! Et tous activement solidaires avec les luttes en cours… Palestine, Syrie, Yémen, Donbass, etc.. !!! »

Amicalement,
do
http://mai68.org

 

RÉPONSE PROPOSÉE:

 

Effectivement, il y a une situation particulièrement complexe à Hong Kong, et je ne prétends pas détenir une solution…

Je ne suis même pas sûr qu’il y en ait une, en réalité, dans le contexte actuel… Sauf la Révolution, évidemment!!!

Si le mouvement continue, Pékin a le choix entre lâcher du lest sur des réformes sociales qui couperont les manipulateurs de leur base populaire ou réprimer carrément, au risque de liquider Hong Kong plus rapidement que prévu en tant que place financière et commerciale internationale.

Pour l’instant le PCC semble jouer sur le temps, comme Macron l’a fait avec les GJ. Il n’est pas certain non plus que les USA aient intérêt à pousser le bouchon trop loin à Hong Kong. Ils ne peuvent évidemment pas se permettre une intervention militaire, et pousser Pékin à intervenir n’est pas forcément leur but à court terme. Ils ont aussi leurs intérêts dans la place.

Quoi qu’il en soit, il est évidemment juste de dénoncer les manœuvres et les manipulations US dans cette affaire, et je n’ai pas manqué de les mentionner comme bien réelles, y compris dans l’article.

Mais il est absurde et indigne de faire porter le chapeau aux manifestants qui sont certainement sincères pour la très grande majorité et ne sont pas vraiment des suppôts de l’impérialisme, même si certains se laissent bercer par l’illusion que les USA les soutiendront vraiment.

La gauche française pro-chinoise en est assez clairement au point de soutenir une éventuelle intervention de répression contre les manifestants, qui ne sont pas réellement différents, dans leurs préoccupations, des GJ français, même s’ils ont évidemment tort d’espérer une intervention étrangère, improbable, et qui ne leur apportera rien, de toutes façons.

Si les hongkongais en sont arrivés là, c’est aussi parce qu’ils sont conscients que le « socialisme à la chinoise » n’est qu’un leurre et qu’il ne leur apportera aucune amélioration, bien au contraire. C’est aussi ce qu’il faut constater, comme état de fait révélé par cette situation.

Si Carrie Lam avait réellement eut l’intention de régler les questions sociales importantes à Hong Kong, et déjà connues lors de son accès au pouvoir, et notamment celle du logement, elle aurait pu commencer à le faire… De même, au moins remettre le smic de HK en proportion du coût de la vie sur place, cela signifiait clairement le doubler et même le tripler…

Mais la bourgeoisie « socialiste de marché » est aussi pingre que la Macronie et ne veut rien lâcher, pour l’instant.

Il faut donc dénoncer à la fois et les manipulations US et la propagande pro-chinoise, qui fait passer la masse en mouvement des hongkongais pour des « nantis » juste accros à des « privilèges », qui n’existent plus, en réalité, que pour une minorité d’entre eux, ce qui explique la mobilisation massive.

Le fait que les USA soient encore l’impérialisme N°1 sur la planète ne doit pas nous amener à en soutenir un autre contre lui, mais seulement les nations indépendantes, les peuples en lutte et, éventuellement, les bourgeoisies nationales en voie de résistance anti-impérialiste, comme la Russie, l’Iran, la Syrie, le Yémen, le Venezuela, etc…

En tant que puissance financière challenger des USA la Chine ne rentre pas dans cette catégorie et sa contradiction avec les USA est bien de nature inter-impérialiste. Concrètement, pour l’instant, c’est bien la Chine qui menace d’écraser la révolte populaire à Hong Kong, et pas les USA, même si leur rôle est bien à condamner dans cette affaire.

Pas de contradiction, donc, mais simplement une analyse dialectique du réel, avec toute sa complexité.

Luniterre

 

 

UNE SUITE AU DÉBAT…

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 14:05, par do

La Chine et la Libye, Benghazi et Hong Kong

Salut Luniterre

La révolte de Hong Kong, si elle était du type prolétariene, se déploirait contre la bourgeoisie de Hong Kong , et PAS contre la Chine continentale.

On peut comparer Le Hong Kong de la Chine actuelle au Benghazi de la Libye de 2011. À Benghazi aussi, on pouvait dire que la révolte était « populaire ». Pourtant elle était manipulée par l’Occident pour détruire la Libye. Même si je ne pense pas que la révolte de Hong Kong réussisse à détruire la Chine. La stratégie de l’impérialisme US n’est que celle de l’épine dans le pieds. Elle n’a pas les moyens de faire mieux, ou pire selon le camp que l’on choisi.

Mais, il me semble que ceux qui ont soutenu la Libye contre l’Occident devraient soutenir la Chine pour la même raison exactement.

Certes Kadhafi n’a jamais trahi et Mao Tsé Toung si, mais ce n’est pas une raison pour faire payer la Chine actuelle dans son ensemble pour la trahison de Mao il y a presque cinquante ans. Ce serait une vengeance aveugle qui ferait vraiment le jeu de l’impérialisme US dont tu dis comme le Che, et je suis absolument d’accord, qu’il est l’ennemi numéro 1.

J’ai envie de le redire : « La révolte de Hong Kong, si elle était du type prolétariene, se déploirait contre la bourgeoisie de Hong Kong, et PAS contre la Chine continentale. »

Bien à toi,
do
http://mai68.org

 

 

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Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 16:03,

par Luniterre

Bonjour, camarade…
Tu as envie de le redire… : « La révolte de Hong Kong, si elle était du type prolétarienne, se déploirait contre la bourgeoisie de Hong Kong, et PAS contre la Chine continentale. »

Malheureusement cela va complètement à l’envers d’une analyse dialectique de la situation… :

C’est complètement méconnaitre le rôle de « plaque tournante financière » que la bourgeoisie maoïste a assigné à Hong Kong, et pas depuis hier, mais depuis 1972 !!! La « rétrocession » n’est qu’un épisode dans ce processus, mais qui n’en change pas la dynamique globale, celle d’une « passerelle-écluse » entre capitaux chinois continentaux et capitaux occidentaux, principalement US, avec évidemment un « éclusier » qui contrôle les niveaux d’entrée et de sortie, et qui se trouve être le capital financier chinois continental, contrôlé entièrement par le PCC.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

L’adversaire de classe principal du prolétariat en voie de formation à Hong Kong est donc bien la bourgeoisie « rouge » de Pékin, et non pas la bourgeoisie résiduelle et supplétive de Hong Kong, qui reste là pour la forme, nécessaire tant que ce système « Shanghai-Hong Kong Stock Connect » a encore une utilité pour la bourgeoisie financière continentale.

Ce qui est donc appelé à disparaitre avec une intégration de plus en plus grande de la finance chinoise aux marchés internationaux.

Ce qui condamne donc la population laborieuse de Hong Kong à un exil, et des plus incertains, pour beaucoup, vu le « recyclage » économique que cela implique et la réduction, et même la disparition inévitable de la plupart des activités économiques actuelles de Hong Kong.

Carrie Lam n’est que le relai de Pékin, dans cette « transition », et les hongkongais ont raison de ne pas s’y tromper !

Luniterre

 

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 17:14, par do

Le prolétariat de Hong Kong n’est pas en formation, il est complètement formé depuis un bon bout de temps. J’en veux pour preuve la paye si basse et les « logements » dignes du film « La montagne sacrée » de Jodorowsky. D’ailleurs le prolétariat est si maltraité à Hong Kong qu’on pourrait se demander s’il ne s’agit pas de sous-prolétariat.

S’il s’agissait à Hong Kong d’une révolte du prolétariat et sous-prolétariat contre la « bourgeoisie rouge » de Chine continentale, depuis le mois de juin, date où elle a commencé, ça fait longtemps que cette révolte aurait gagné la majeure partie de la chine. Et la Chine serait peut-être même au bord de la révolution.

Tel n’est pas le cas. Il semble que le prolétariat de Chine continentale est hostile au mouvement de révolte qui secoue Hong Kong.

Par ailleurs, cela fait déjà un certain temps que la place financière de Hong Kong est dépassée par plusieurs autres villes de Chine dont Shangai. C’est peut-être pour cela, entre autres, que la bourgeoisie de Hong Kong veut que cette ville quitte la Chine et manipule sa petite bourgeoisie en ce sens dans cette révolte.

Bien à toi,
do
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UNE RÉPONSE TML PROPOSÉE:

[Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 19:04, par Luniterre]

 

Quand je parle de « prolétariat en voie de formation » je ne parle pas du prolétariat en général, mais des nouvelles couches sociales qui se trouvent en voie de prolétarisation du fait de la politique financière chinoise.

Ce sont évidemment celles qui sont à l’origine de la révolte, tout comme les nouvelles catégories sociales en voie de prolétarisation sont à l’origine des « Gilets Jaunes » en France.

Sur les questions de fond, la politique financière chinoise est étudiée depuis pas mal de temps sur TML dans différents documents dont tu ne sembles pas avoir pris connaissance.

La question du système « Shanghai-Hong Kong Stock Connect » est abordée dans celui-ci:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

Il est évident que Hong Kong ne quittera pas la Chine…

La situation à Hong Kong et sur le continent est évidemment complètement différente et la problématique sociale aussi. Le capitalisme chinois connait encore un développement style « 30 glorieuses » qui pour l’instant laisse espérer une amélioration de son sort au prolétariat continental, alors que le prolétariat de Hong Kong se trouve directement impacté par la crise et l’évolution locale qui est donc bien différente et n’implique pas des revendications communes avec le continent, mais, au contraire, bien spécifiques à cette situation locale.

Plus le barrage médiatique évident des autorités >>> pas de solidarité possible dans ces conditions.

Luniterre

 

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

 

22 août 19:37,     par do

Tu dis : « La situation à Hong Kong et sur le continent est évidemment complètement différente et la problématique sociale aussi. Le capitalisme chinois connait encore un développement style « 30 glorieuses » qui pour l’instant laisse espérer une amélioration de son sort au prolétariat continental, alors que le prolétariat de Hong Kong se trouve directement impacté par la crise et l’évolution locale »

Conclusion : Le prolétariat de Hong Kong a intérêt à une intégration totale de Hong Kong avec la Chine et pas à une séparation. Donc, il ne participe pas au mouvement de révolte de Hong Kong qui réclame cette séparation.

A+
do
mai68.org

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UNE RÉPONSE TML PROPOSÉE:

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 20:45, par Luniterre

 

Je dis effectivement : « La situation à Hong Kong et sur le continent est évidemment complètement différente et la problématique sociale aussi »… etc

Conclusion : tu as donc déjà oublié ce qui s’est dit dans l’autre fil… :

Gilets Noirs, Gilets Jaunes, Hong Kong, France, contre le capital, un seul prolétariat !

21 août 18:31, par Luniterre 

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4206#forum3769

 

« En deux mots, la situation à Hong Kong et en France […et en Chine continentale aussi…] présente tout de même quelques différences essentielles…

Hong Kong est un cul de sac, une impasse totale, question avenir économique et social >>> quand le capital financier chinois aura fini de presser ce citron financier et commercial (pratiquement, très peu d’industrie locale, hors services) , il en jettera la peau et la population se trouvera définitivement paupérisée, si elle reste là >>> elle est donc condamnée à émigrer pour un avenir des plus incertains, en Chine continentale, où elle devra se faire une place à partir de zéro… Pas sûr qu’elle y soit forcément bien accueillie, de plus…

C’est pourquoi certains cèdent à ce genre de sirène[les manips US des manifs à HK], pensant qu’une intervention internationale permettrait de prolonger le statut spécial de cette enclave.

En réalité, couler rapidement cette enclave encore actuellement rentable pour le PCC, c’est aussi un moyen de pression possible pour l’occident >>> d’où ce genre de provocation. »

>>>l’intégration finale de HK au continent ne peut pas voir une « égalisation » des styles de vie, car HK n’a pas de ressources en dehors des activités financières et commerciales appelées à disparaître dans cette nouvelle configuration >>> émigration plus ou moins « forcée » !

Luniterre

 

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

22 août 23:41,    par do

Je ne vois pas en quoi l’intégration totale de Hong Kong à la chine l’empêcherait de continuer à être un place financière, comme l’est par exemple Shangai ? Et dans ce cas les Hongkongais bénéficieraient des mêmes lois que ceux de la Chine continentale, et seraient du coup moins exploités qu’actuellement, me semble-t-il ?

Mais si tel était le cas, si Hong Kong cessait d’être une place financière, et que les prolos de Hong Kong se retrouvent très très pauvres, je pense qu’alors des capitalistes chinois auraient forcément l’idée de délocaliser des usines de la Chine continentale vers Hong Kong pour bénéficier, dans un premier temps, de bas salaires. Du coup, si l’intégration est totale, les ouvriers de Hong Kong bénéficieront des mêmes avantages que ceux de Chine continentale, non ? et ils bénéficieront aussi des « trentes glorieuses » chinoises ? Et leurs salaires augmenteront, non ?

Je continue donc à penser, pour le moment, que le prolétariat hongkonguais a intérêt à l’intégration totale à la Chine.

C’est la bourgeoisie hongkongaise qui ne veut pas cette intégration.

A+
do
http://mai68.org

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UNE RÉPONSE TML PROPOSÉE:

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 02:33, par Luniterre

 

Bonsoir camarade;

Tu continue de penser… mais selon un mode idéaliste, c’est à dire qui ne tient pas compte des réalités pourtant connues et analysées, et que je t’ai déjà mentionné plusieurs fois:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

La place financière de HK n’a d’intérêt pour le capital chinois que dans le cadre du processus d’accumulation expliqué dans cette étude, et qui arrivera à son terme avec la mise « à niveau » des flux de capitaux entre la Chine et le reste du monde telle que ce type d' »écluse » financière ne sera plus nécessaire…

La bourse principale de la Chine est Shanghai, et la seconde, que les chinois ont déjà développé au cours de ce processus est Shenzhen qui se trouve à la distance faramineuse de 24 kilomètres de Hong Kong centre…!

Quant à « délocaliser » de l’industrie pour profiter de la chute du niveau de vie à HK, c’est un truc que les capitalistes chinois feraient certainement …s’il y avait là la moindre place pour y implanter de nouvelles usines, ce qui n’est évidemment pas le cas!

Selon les sources les services représentent plus de 92% de l’activité (incluant finance et commerce), l’industrie autour de 7% et l’agriculture moins de 1%.

Pour réindustrialiser sérieusement, il faudrait commencer par raser pas mal d’immeubles, et vu la hauteur moyenne à HK, cela fait beaucoup de monde en exil, déjà, rien que dans ce but…

Ne vois-tu pas l’impasse, pourtant évidente, si tu te penches un peu sur la question?

Penser, c’est déjà très bien, mais étudier concrètement le sujet n’est pas forcément inutile non plus…

Bien à toi,

Luniterre

 

 

 

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 12:43, par do

Bonjour,

Je ne vois pas ce qui empêche d’installer des machines à coudre dans des bureaux pour les transformer en usines à vêtements. Pareil pour des montres ou des ordinateurs, etc. Il n’y a pas besoin de raser des immeubles pour cela.

Bien à toi,
do
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Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 14:15,     par Luniterre

 

Bonjour camarade,

Ton problème reste précisément que tu ne vois pas…

Ce genre d’activités est déjà celui de l’industrie actuelle à Hong Kong, et il a donc atteint ses limites, semble-t-il.

L’électronique, dans ces conditions, se limite au montage, sans possibilité réelle de produire les composants.

Pour développer, il faut des industries de base, voire de l’industrie lourde.

On en revient donc au même problème…!

Sincèrement, je pense qu’on a fait le tour de la question…

Amicalement,

Luniterre

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Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 14:32, par do

Si Hong Kong cesse d’être une place financière, des bureaux vont se libérer et de nouvelles machines à coudre vont pouvoir les envahir, non ?

Amicalement,
do
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UNE RÉPONSE TML PROPOSÉE:

Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

23 août 14:59,    par Luniterre

Camarade, il est pourtant bien connu que ce type de production a déjà atteint ses limites en Chine, et pas seulement à Hong Kong…!

La Chine en est déjà elle-même à « délocaliser » vers le Bangladesh ou d’autres pays, dont la main d’œuvre est encore à plus bas prix qu’à Hong Kong, qui a donc atteint ses limites, également, dans ce domaine, comme dans les autres qui lui étaient accessibles.

L’avenir de Hong Hong est des plus limités pour ses habitants des classes populaires et moyennes, et que ce soit sous le capitalisme chinois ou le capitalisme occidental, qui les manipule effectivement sans vraiment proposer d’alternative réelle, et pour cause…

Une seule solution : la Révolution !

Contre le capitalisme, qu’il soit chinois ou occidental !!!

Luniterre

 

 

 

 

https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L620xH349/GN_1_AGO-25541.jpg

 

 

Gilets Noirs, Gilets Jaunes, Hong Kong, France, contre le capital, un seul prolétariat!

https://image1.le-pays.fr/photoSRC/WlJTJ1xYUTgIDAVOKzc8Ik5iH3UMBQgfa15JWhcaSA4rFEgrEEgiLAlEShZNFxIUEkQE/gilets-jaunes-acte-22-roanne_4293777.jpeg

 

https://photos.lci.fr/images/613/344/manifestations-hong-kong-5-aout-illustration-8a4ac6-0@1x.jpeg

 

 

Gilets Noirs, Gilets Jaunes,

Hong Kong, France,

contre le capital,

un seul prolétariat!

 

 

Après avoir trainé dans la boue le mouvement des « Gilets Jaunes » français pour l’isoler et justifier la répression particulièrement brutale qui s’est abattue sur lui, les médias français encensent les « Gilets Noirs » de Hong Kong en leur donnant un label « pro-démocratie » qui va jusqu’à en justifier les débordements de violences pourtant tout à fait comparables à ceux de nos GJ, et jusqu’à « condamner la répression », également assez équivalente, qui leur répond, de la part des autorités hongkongaises, à la botte de Pékin et du PCC…

Cela se comprend dans le contexte de guerre commerciale enclenchée par les USA et secondée par tous les vassaux de l’Empire, dont la France de Macron.

Mais l’influence du PCC et du capitalisme chinois sur la gauche française est telle qu’une bonne partie se met désormais à l’unisson de Pékin et voit dans les manifs de masse à Hong Kong une manipulation quasiment « néo-colonialiste » qui instrumentaliserait une « petite bourgeoisie privilégiée » contre un pouvoir « national anti-impérialiste »… !

Qu’en est-il réellement ?

Il est évident que cette situation de troubles massifs à Hong Kong est un moyen de pression non-négligeable de l’impérialisme US contre son rival chinois, et que les médias français font chorus dans ce sens contre la Chine.

Il est clair également qu’un certain confusionnisme règne dans les revendications « démocratiques » des manifestants hongkongais et qu’il est effectivement très probablement instrumentalisé par des agents provocateurs au service des puissances occidentales.

Toutefois, dès ce point rendu apparent, la comparaison devient tout à fait pertinente avec le confusionnisme idéologique qui régnait chez les « Gilets Jaunes » français.

En effet, c’est essentiellement à travers des « revendications démocratiques », et notamment celle du RIC, que la frustration sociale des classes moyennes révoltées s’est également exprimée en France, et pourtant cela n’a nullement mis un frein réel aux manipulations du mouvement  par l’extrême-droite, même si les médias ont tenté de le réduire abusivement, et pour cause, à cette seule dimension.

Si les « revendications démocratiques » des manifestants hongkongais visent en partie à saper le pouvoir autocratique de Pékin sur Hong Kong, elles n’en on pas moins une base sociale dissimulée derrière cette « vitrine politique » qu’est la « démocratie », sans contenu de classe affirmé, et c’est précisément ce que les médias occidentaux tentent de dissimuler, pour en réduire la portée à ce qui intéresse le conflit inter-impérialiste entre Pékin et Washington, et leurs divers satellites.

Ce qui est consternant, mais logiquement inévitable dans le contexte actuel, c’est précisément qu’une bonne partie de la « gauche » française se trouve elle-même « satellisée », « idéologiquement », (et/ou par d’autres moyens plus concrets…), dans l’orbite de Pékin et ânonne un bréviaire pseudo- « anti-impérialiste » sur le sujet, en guise d’analyse, qu’elle semble, de toutes façons, bien incapable de faire, ayant depuis très longtemps jeté aux orties les clefs de la dialectique et du ML, conservant seulement quelques vagues « logos » qu’elle ressort en cas de nécessité ultime comme sigle supposé valider son argumentation défaillante.

Alors qu’en réalité la situation sociale des classes moyennes en déroute, en voie de prolétarisation, n’est pas à ce point différente entre la France et Hong Kong.

Bien évidemment l’histoire sociale et économique des deux pays est très différente, mais les tendances profondes de l’évolution actuelle du capitalisme s’y retrouvent, et même si sous des formes différentes, ont les mêmes conséquences sociales et poussent les classes moyennes en voie de paupérisation et de prolétarisation sur le chemin de la révolte, sinon sur celui d’une conscience de classe, chemin que l’idéologie dominante et ceux qui sont chargé de son formatage et de ses manipulations s’efforcent évidemment de leur barrer.

Désormais ils sont, en outre, secondés par les zélateurs du capitalisme et du social-impérialisme chinois !

Les facteurs de l’explosion sociale à Hong Kong étaient en fait parfaitement connus des analystes un tant soit peu sérieux, même si la plupart anticipaient que Carrie Lam, la nouvelle dirigeante à la botte de Pékin, serait néanmoins capable de désamorcer la bombe à temps, par quelques mesurettes sociales, notamment sur le plan de la question du logement, devenu plus que problématique avec la tournure prise par la crise et ses effets sur un Hong Kong revenu plus directement dans l’orbite du capitalisme chinois « continental » sous la férule des oligarques du PCC.

En réalité, avec cette intrusion de plus en plus massive du capital chinois « continental » les inégalités sociales ont non seulement explosé, et même littéralement, on le voit bien, à Hong Kong, mais elles ont même atteint un point de fracture pratiquement insoluble dans le système actuel. En 2017, pourtant, un analyste occidental trouvait encore le courage de citer une hongkongaise « de base », Lau Mei-tin, vendeuse de légumes sur un marché de la ville :

« Il faut travailler jusqu’à sa mort. Si on ne travaille pas pas toujours plus, on ne peut pas faire face au coût de la vie. La situation à Hong Kong est atroce », explique-t-elle.

D’après des données du gouvernement de la « région administrative spéciale », les inégalités de revenus dans le territoire sont à leur plus haut niveau depuis plus de quarante ans, fragilisant les populations les plus vulnérables et risquant d’attiser les tensions sociales.

Une étude de l’ONG Oxfam s’appuyant sur des données du département hongkongais des études statistiques montre que les revenus des 10% de foyers les plus riches sont 44 fois plus élevés que ceux des 10% de foyers les plus pauvres. Pour ceux-là, le revenu moyen est de 2.560 dollars hongkongais par mois, soit un peu moins de 290 euros. »

En termes de niveau de vie, tout est relatif, et l’implication croissante dans l’économie hongkongaise de l’oligarchie prétendue « rouge » du PCC n’a donc en rien amélioré la situation des classes sociales « inférieures » de la ville, qui, jusque là, pouvaient effectivement paraître comme « privilégiées » par rapport aux classes sociales inférieures du continent et même de la plupart des pays occidentaux, avec un revenu « moyen » apparemment « confortable »…

De 15 500 à 20 000 dollars de Hong Kong, selon les sources… Soit autour de 2000 euros, selon les cours, si l’on veut encore « affiner » cette moyenne…

Cela peut paraître élevé, mais si l’on se rapporte seulement au prix « moyen », en réalité exorbitant, du logement à Hong Kong, et au coût moyen de la vie en général, cela équivaut pratiquement à vivre avec le SMIC en France…

Un loyer « modeste » pour un célibataire se situe semble-t-il entre 1000 et 1500 euros/mois… A condition d’en trouver un, et l’on voit que des solutions telles que loger dans des portions de tuyaux sont sérieusement envisagées à Hong Kong, comme solution à ce problème !

https://i.f1g.fr/media/eidos/805x453_crop/2018/01/03/XVMd00a2ca6-efd3-11e7-850f-fd380f9f2723-805x453.jpg

 

 

Quant au SMIC hongkongais, il existe bel et bien, et même avec une hausse « spectaculaire » de 8% en janvier dernier, il reste à 37,5 HK$ de l’heure, soit 4,12 euro, au cours actuel ! Ce qui concerne encore 150 000 personnes, semble-t-il, soit une frange de travailleurs manifestement acculée à la misère la plus noire, dans les conditions actuelles. Et entre cette frange « extrême » et le « salaire moyen », qui permet à peine de survivre décemment à Hong Kong, il y a donc encore de nombreuses catégories sociales en grandes difficultés, notamment sur le plan du logement, et radicalement en voie de paupérisation relative, de toutes façons.

L’explosion sociale à Hong Kong a donc pris la forme d’un incendie, en réalité, et il n’est donc pas prêt de s’éteindre, même si les objectifs « démocratiques » à travers lesquels il s’exprime peuvent faire illusion concernant un éventuel « compromis » avec le pouvoir au service de la bourgeoisie financière « rouge » de Pékin !

Dans ces conditions on comprend également que la presse occidentale ne parle, pour l’essentiel, que des « revendications démocratiques » des travailleurs hongkongais, sans jamais réellement évoquer les problématiques sociales qui les sous-tendent…

Il est clair que la « loi d’extradition » a été simplement le détonateur de cette colère sociale et que, du fait qu’elle n’a pas été franchement et réellement abolie, l’illusion demeure que la défense de la démocratie formelle reste un combat essentiel pour les hongkongais, alors que la réalité impose et implique comme solution des transformations économiques et sociales radicales et radicalement incompatibles avec le capitalisme, qu’il soit chinois continental ou occidental.

Le même syndrome s’est produit, même si à un degré moindre, avec le mouvement GJ français qui s’est finalement focalisé sur des revendications de démocratie formelle, telle le RIC, en négligeant complètement les revendications sociales unificatrices les plus évidentes, sans même parler de transformations sociales et économiques radicales, anticapitalistes, en fait, qui auraient pu les rendre pérennes, dans un projet global d’alternative prolétarienne, et donc socialiste au sens véritable du mot !

On a vu, en étudiant les dérives chroniques du mouvement GJ roannais, révélées notamment lors de la manif « régionale » du 13 Avril, …

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/18/gilet-jaune-a-roanne-le-blues-dun-black-block-en-bleu-marine/

  …que les illusions « démocratiques » générées sur le thème du RIC avaient complètement annihilé la problématique sociale à l’origine du mouvement. Mais il faut également mentionner que ce même 13 avril (acte 22), le mouvement GJ lyonnais manifestait également « massivement » chez lui, à 1000 personnes à l’occasion de ce petit et provisoire « regain » de mobilisation, alors qu’il aurait donc du logiquement se porter, au moins en partie, sur la manif « régionale » de Roanne…

Cette défection explique en grande partie l’échec relatif de la manif roannaise, avec également un millier de manifestants, mais surtout, cela permet de rappeler que si la droite et l’extrême-droite avaient donc réussi à conserver leur hégémonie sur le mouvement roannais, le mouvement lyonnais, de son côté, avait réussi à expulser, et manu-militari, le plus souvent, la même droite « fasciste » de ses propres rangs anarchistes, gauchistes et écolos-gauchisants…

De sorte que si les deux mouvements s’étaient réellement retrouvés pour une manif « unitaire » sur Roanne, l’on eut surtout assisté à une quasi « guerre civile régionale » entre GJ, dans un contexte ou le mouvement était déjà globalement en train de finir de se couper des masses qui en avaient été le support essentiel le 17 Novembre et les jours suivants !

On voit bien là l’impasse et l’absurdité du comportement des pseudos- « révolutionnaires » issus de cette classe moyenne en déshérence et en déroute

L’un des problèmes actuels de la « gauche » française est que ce sont les mêmes qui, aujourd’hui, prétendent doctement donner des leçons d’ « anti-impérialisme » aux hongkongais en lutte de fait contre le capitalisme, même s’ils ont effectivement autant de mal que nos GJ à le comprendre !

L’avenir de cette lutte à Hong Kong reste évidemment des plus incertains. En deux décennies, la part de Hong Kong est passé de 18 à 3% du PIB chinois… A-t-il pour autant terminé son rôle économique et surtout, financier, dans la formation du capitalisme monopoliste chinois? Rien n’est moins certain, et il était encore en 2015 une pièce essentielle du tout nouveau dispositif financier « Shanghai-Hong Kong Stock Connect », une de ces « passerelles-écluses » caractéristiques du développement du capitalisme financier chinois, concoctées par la direction du PCC, une version très évoluée du premier dispositif simpliste des « Red Chips » inaugurés sous Mao, en 1972, et qui passaient déjà par Hong Kong!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

De plus la bourgeoisie financière « rouge », à commencer par les dirigeants du PCC eux-même, affectionne particulièrement Hong Kong pour des investissements « personnels » particulièrement importants, outre le fait que bon nombre des « sociétés d’Etat » de la Chine continentales y sont cotées en bourse, soit directement soit par leurs filiales.

Dans ces conditions on comprend bien que Pékin n’a aucun intérêt réel à « normaliser » la situation à Hong Kong comme il l’a fait à Tien An Men en 1989. Ce qui risquerait de « tuer la poule aux œufs d’or », alors qu’il lui en reste encore quelques uns à pondre avant d’être liquidée en tant que zone économique jouissant d’un statut spécial.

A plus long terme, néanmoins, cette liquidation est inéluctable et marquera la vrai rupture du cordon ombilical qui relie encore le capital US et son clone chinois voulu en son temps par le tandem Mao-Kissinger.

La « tertiarisation » extrême de la société hongkongaise, à 86,4% de la population active, n’empêche pas plus qu’en France la formation de nouvelles couches sociales prolétarisées par la marchandisation « industrielle » des services, ce qui a engendré également la crise dite des « Gilets Jaunes ».

En précipitant plus ou moins cette évolution, Trump et l’occident jouent avec le feu… Mais d’ici là les prolétaires chinois du continent et le « nouveau » prolétariat en voie de formation à Hong Kong pourraient aussi bien réaliser l’intérêt commun qu’ils ont à se débarrasser du capitalisme, tant occidental que chinois continental!

 

Luniterre