France, Françafrique, et autres actus importantes…

 

 

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FRANCE : URGENCES EN LUTTE

Des personnels des urgences manifestent à Paris le 11 juin, près du ministère de la Santé.

 

AFP / Philippe LOPEZ Des personnels hospitaliers manifestent près du ministère de la Santé à Paris, le 11 juin 2019

 

Encouragés par la colère des services d’urgence qui dure depuis trois mois et a poussé Agnès Buzyn à de premières concessions la semaine dernière, des personnels hospitaliers se sont mobilisés mardi, jour du vote de la loi Santé au Sénat.

A Paris, en fin de matinée, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant le ministère, dont une majorité de militants CGT, FO et SUD, a constaté une journaliste de l’AFP. Les syndicats avaient appelé à cette journée de mobilisation pour « élever le rapport de force » face à la ministre de la Santé.

A leurs côtés se trouvaient des membres du collectif Inter-Urgences, à l’origine du mouvement parti de la capitale mi-mars et qui n’a cessé de s’étendre depuis, avec selon le collectif 95 services d’urgences en grève dimanche.

Reçus à Paris par le directeur adjoint de cabinet de Mme Buzyn, les représentants syndicaux n’ont pas caché leur déception. « Nous ne sommes pas entendus, il va falloir nous montrer plus agressifs, plus virulents », a affirmé l’urgentiste Christophe Prudhomme, de la CGT-Santé.

« Le mouvement de grève est illimité, tant qu’on n’aura pas ce qu’on veut on n’arrêtera pas », a ajouté Candice Laparge du collectif Inter-Urgences.

Mme Buzyn avait déjà tenté jeudi dernier, alors que plus de 200 urgentistes manifestaient à Paris, de désamorcer la crise en promettant une « stratégie d’ensemble » mêlant primes pour les personnels, crédits pour les travaux nécessaires et commande d’un rapport pour l’automne.

Des mesures qu’elle a rappelées mardi mais qui ont été jugées « insuffisantes » par le collectif Inter-Urgences et les syndicats.

– « Pas de mesures miracles » –

Plusieurs actions ont également eu lieu en régions.

Les urgentistes du centre hospitalier de Valence (Drôme) ont débrayé pendant cinq minutes. « On ne retrouve plus l’essence du métier qui était de prendre soin, prendre le temps », s’est désolée Mélanie Chambre, infirmière ici depuis 7 ans.

Ils étaient plusieurs dizaines (soignants, techniciens, agents administratifs…) à se réunir à Lille devant l’agence régionale de santé. « Les urgences vont très mal, les secteurs gériatrique et psychiatrique souffrent, les personnels n’en peuvent plus », a fait valoir Christophe Zauwers, militant CGT et agent de l’hôpital de Denain (Nord).

A Nice, pour la première fois depuis l’annulation de nombreuses opérations en septembre au CHU (environ 8.000 salariés), le doyen de la faculté de médecine Patrick Baqué est sorti du rang pour se joindre au personnel mobilisé devant l’hôpital.

« Il n’y a pas d’écoute, pas de dialogue », a-t-il affirmé, déplorant « une gestion autoritaire voire autoritariste de l’hôpital qui aboutit à un sentiment d’abandon et d’humiliation de plusieurs catégories de personnel ».

La ministre de la Santé a de son côté défendu son action, qui « ne peu(t) pas se réduire à ce (qu’elle a) annoncé la semaine dernière », a-t-elle affirmé à Libération.

« Les urgences payent lourdement tous les problèmes d’organisation » et « il n’y a pas de mesures miracles qui permettraient d’éteindre le feu rapidement », a-t-elle ajouté.

Mme Buzyn a assuré que son projet de loi Santé visait notamment à « améliorer l’accueil en ville en amont » et à « ne pas laisser les urgences seules faire face à l’afflux de patients » dans les établissements.

Le texte, adopté fin mars par les députés, a été adopté en première lecture mardi par le Sénat.

Sur le terrain, cette réforme semble bien éloignée des préoccupations immédiates. « J’ai vu l’hôpital se dégrader parfois, mais là c’est la dégringolade », raconte Andrée, aide-soignante depuis 38 ans à Gien (Loiret).

Ces deux dernières semaines, le mouvement de grève a franchi un palier avec la recrudescence d’arrêts de travail pour échapper aux assignations: à Lons-le-Saunier, puis à Paris (Saint-Antoine, Lariboisière), des médecins et des infirmiers se sont faits porter pâles, poussant les autorités sanitaires à recourir aux réquisitions ou au volontariat des autres soignants.

Pour contenir cette poussée de fièvre, le directeur de l’AP-HP, Martin Hirsch, a promis « des réponses fortes », à commencer par une hausse des effectifs de ses services d’urgence « parallèlement au nombre de patients », et ce « maintenant, en 2019 ».

Ces renforts se feront via « des embauches supplémentaires, on ne les prend(ra) pas dans certains hôpitaux », a-t-il affirmé sur France Info. Rappelant sur BFMTV qu’il s’agissait « d’une centaine de postes qu’on a proposé de rajouter aux urgences », il a insisté sur le fait que la direction de l’AP-HP « s’engage dans la durée, dès maintenant et pour les années qui viennent ».

https://www.afp.com/fr/infos/334/hopital-les-syndicats-tentent-detendre-la-greve-doc-1hf12f6

 

 

 

MALI : NOUVELLES TUERIES EN FRANÇAFRIQUE

 

https://www.lamanchelibre.fr/photos/galeries/721901/1280-tab.jpg

 

AFP / Simon MALFATTO Civils dogons et peuls tués au Mali

 

Nouvelle tuerie dans le centre au Mali: le gouvernement reconnaît sa responsabilité

 

Nouvelle tuerie dans le centre au Mali: le gouvernement reconnaît sa responsabilité

MALIAN PRESIDENCY/AFP/Archives / Handout Un soldat malien dans les ruines du village peul d’Ogossagou attaqué le 25 mars 2019 par de présumés chasseurs dogon

Les autorités maliennes ont reconnu mardi qu’il leur incombait de protéger la population et d’oeuvrer à la réconciliation entre communautés de plus en plus antagonistes dans le centre du pays, après une tuerie de civils au bilan officiel provisoire d’une centaine de morts.

L’attaque du village dogon de Sobane Da (bien: Sobane Da), dans la zone de Bandiagara, à l’est de Mopti, siège du gouvernorat régional, a débuté dimanche soir, pour s’achever vers le milieu de la nuit, selon des témoignages concordants.

Elle fait suite au massacre le 23 mars à Ogossagou de quelque 160 Peuls, attribué à des chasseurs dogons, dans cette région proche de la frontière avec le Burkina Faso, devenue la plus sanglante du pays.

Les assaillants sont entrés dans le village « en criant +Allah akbar, Allah akbar+ » (« Dieu est le plus grand » en arabe), selon les habitants et le gouverneur régional, le général Sidi Alassane Touré.

Depuis l’apparition en 2015 dans la région du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs « groupes d’autodéfense ».

Le chef du gouvernement, Boubou Cissé, accompagné des ministres de la Défense et de l’Administration territoriale, s’est rendu mardi sur les lieux, où il s’est incliné devant la mémoire de « ces innocentes victimes de la discorde et de la haine ».

« Toutes ces victimes de l’horreur et de la barbarie nous rappellent la responsabilité qui nous incombe, en tant que dirigeants, de renforcer et d’accélérer les efforts sécuritaires, économiques et politiques entrepris en faveur de la paix et de la réconciliation », a-t-il reconnu.

– Bilans contradictoires –

La France, qui intervient militairement au Mali contre les jihadistes depuis 2013, a appelé Bamako à « redoubler d’efforts dans le centre du pays, afin de mettre fin au plus vite à l’engrenage des violences intercommunautaires », dans une déclaration de son ministères des Affaires étrangères.

Mardi, le flou persistait sur le bilan de la tuerie. Celui, « provisoire », de 95 morts et 19 disparus, donné lundi par le gouvernement sur la base d’une mission de militaires venus du poste de Diankabou, à 17 km, pourrait être nettement revu à la baisse.

« Avec les éléments de la protection civile, nous avons minutieusement fouillé, et nous avons sorti 35 corps », a indiqué le gouverneur, faisant état de « 11 adultes et 24 enfants » inhumés. Le général Touré a expliqué l’écart entre les deux bilans par des extrapolations des villageois à partir du nombre de membres de chaque famille, en présumant que tous avaient péri.

Mais le maire de la commune de Sangha, dont dépend le village, Ali Dolo, a maintenu l’estimation d’une centaine de morts, soulignant que certains corps avaient été calcinés.

https://www.lamanchelibre.fr/photos/galeries/721901/8052-tab.jpg AFP / AFP Mali

Par ailleurs, en pleine foire hebdomadaire de Bandiagara, au coeur du « pays dogon », le président de l’association des commerçants de la ville a été égorgé lundi par des hommes armés qui sont repartis sans être inquiétés, a-t-on appris auprès de ses proches.

– ‘Question de survie’ –

Lundi soir, le président Ibrahim Boubacar Keïta, qui a annoncé écourter un voyage officiel en Suisse, a appelé à briser le « cycle de vengeance, de vendetta ». Il a au contraire exhorté à des « retrouvailles » entre Maliens, « qui seules vont nous permettre de rebondir et permettre à notre nation de survivre. Car nous sommes en question de survie ».

Le prédécesseur de M. Cissé, Soumeylou Boubèye Maïga, avait présenté le 18 avril la démission de son gouvernement, après une série de manifestations. Les participants à ces rassemblements accusaient le gouvernement d’incapacité à assurer la protection des populations et de ses propres militaires.

Les autorités ont attribué l’attaque de dimanche à des « terroristes », apparemment en référence au groupe de Koufa.

Selon le chercheur malien Ousmane Diallo, spécialiste de cette région, « le mode d’opération – hommes à moto, référence à Dieu lorsqu’ils sont arrivés… – indique effectivement qu’ils ont utilisé des méthodes jihadistes », mais de nombreuses questions demeurent : « Les jihadistes ont-ils monté l’opération pour attiser les conflits intercommunautaires ? Ont-ils voulu se venger? ».

Dans un communiqué sur le massacre d’Ogossagou publié le 31 mars, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda, dont fait partie le groupe de Koufa, se présentait comme le « rempart » des Peuls.

« Votre guerre et vos agressions contre nos parents et frères peuls ne resteront pas sans réponse », affirmait-il à l’intention de la France, du gouvernement malien et de « ses milices ».

https://www.afp.com/fr/infos/334/nouvelle-tuerie-dans-le-centre-au-mali-le-gouvernement-reconnait-sa-responsabilite-doc-1he9ri5

 

HONG-KONG:LE RETOUR DES PARAPLUIES

 

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De violents affrontements ont opposé mercredi à Hong Kong des policiers tentant d’empêcher des manifestants de faire irruption dans le Parlement de la ville, où des dizaines de milliers de protestataires dénonçaient un projet du gouvernement d’autoriser les extraditions vers la Chine.

La police a fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène pour repousser la foule des manifestants vêtus de noir, pour la plupart des jeunes et notamment des étudiants.

Les affrontements ont éclaté près du Conseil législatif (LegCo, Parlement) après 15H00 (07H00 GMT), à l’expiration du délai que les protestataires avaient donné au gouvernement pour qu’il renonce à son texte, et se poursuivaient en début de soirée. Il s’agit des pires violences politiques depuis des années à Hong Kong.

Les manifestants étaient mobilisés en vue de l’examen en deuxième lecture par le Legco du projet de loi. Mais alors que la foule enflait, l’assemblée dominée par les députés pro-Pékin a annoncé le report des débats à une « date ultérieure ».

 

Ces scènes faisaient écho à l’immense mouvement prodémocratie de l’automne 2014, quand les manifestants avaient paralysé pendant deux mois des quartiers entiers de la mégapole et avaient combattu les policiers.

Les protestataires ont bloqué des grandes voies de circulation du centre-ville à l’aide de barrières métalliques, d’autres arrachaient les pavés des trottoirs.

Puis ils sont rentrés dans l’avant-cour du LegCo pour tenter de prendre le bâtiment. Des projectiles divers, dont des barres métalliques, ont été lancés sur les policiers, dont l’un a été évacué inconscient.

Les forces de l’ordre ont repoussé les manifestants à coups de matraques et de gaz au poivre, pour finir par tirer des balles en caoutchouc ainsi que des gaz lacrymogènes afin d’évacuer un côté du Parlement encerclé.

Le chef de la police Stephen Lo a défendu ses troupes, déclarant qu’elles avaient fait preuve de « retenue » jusqu’à ce que des « gangsters » tentent de prendre le LegCo.

L’ex-colonie britannique avait déjà été le théâtre dimanche de la plus importante manifestation jamais organisée depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, réunissant selon les organisateurs un million de personnes.

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AFP / DALE DE LA REY Blocage d’artères à Hong Kong par des protestataires, le 12 juin 2019

Mais cette mobilisation spectaculaire dans une ville de sept millions d’habitants n’a pas fait bouger la cheffe du gouvernement local Carrie Lam, qui a rejeté toute éventualité de retirer le projet de loi.

Matthew Cheng, l’adjoint de Mme Lam, a appelé les protestataires à se retirer pacifiquement. « J’appelle également les citoyens à faire preuve de retenue » et « à ne pas défier la loi », a-t-il dit.

Le texte a suscité les critiques de pays occidentaux ainsi qu’une levée de boucliers de Hongkongais qui redoutent une justice chinoise opaque et politisée, et pensent que cette réforme nuira à l’image internationale et l’attractivité du territoire semi-autonome.

Au terme de l’accord de 1984 entre Londres et Pékin qui a présidé à son retour dans le giron chinois, Hong Kong jouit d’une semi-autonomie et de libertés n’existant pas en Chine continentale et ce, en théorie, jusqu’en 2047.

Une femme médite devant les forces de l'ordre, le 12 juin 2019 à Hong Kong [Anthony WALLACE / AFP]

AFP / Anthony WALLACE Une femme médite devant les forces de l’ordre, le 12 juin 2019 à Hong Kong

La ville est cependant depuis une dizaine d’années le théâtre de soubresauts politiques en raison de l’inquiétude générée par l’ingérence grandissante de Pékin dans ses affaires intérieures.

Plus d’une centaine d’entreprises et de commerces avaient annoncé leur fermeture en signe de solidarité avec les opposants au texte. Les principaux syndicats étudiants ont appelé au boycottage des cours.

– Il y aura du « sang » –

Les protestataires ne décoléraient pas. « C’est le gouvernement qui force les gens à l’escalade », assurait Lau Ka-chun, un manifestant de 21 ans.

Les manifestants utilisent des barrières métalliques pour monter des barricades, le 12 juin 2019 à Hong Kong

AFP / Anthony WALLACE Les manifestants utilisent des barrières métalliques pour monter des barricades, le 12 juin 2019 à Hong Kong

« Ce n’est pas suffisant de reporter la réunion » du LegCo, disait Charles Lee, étudiant de 23 ans. « Gagner du temps n’est pas notre but ultime. Ils doivent le retirer ».

Le projet doit permettre les extraditions vers toutes les juridictions avec lesquelles aucun accord bilatéral n’existe, y compris la Chine continentale.

Un vote final sur le texte était attendu le 20 juin. Les autorités n’ont pas annoncé de date pour la reprise des débats au LegCo.

« La seule chose responsable à faire à présent c’est que Carrie Lam retire ce projet maléfique, ou au moins le mette au placard pour résoudre la crise », a déclaré le député démocrate Fernando Cheung. « Si elle passe en force, si elle demande à la police de faire usage de la violence, j’ai peur que les enfants de Hong Kong ne soient blessés, qu’il y ait du sang ».

Le projet, disent les autorités, doit combler un vide juridique et faire que la ville ne soit plus un asile pour certains criminels. Elles assurent que des garde-fous existent en matière de droits humains et qu’il ne visera pas les opposants politiques.

Mais après des années de tensions, nombre de Hongkongais ne croient plus aux promesses de leur exécutif.

Lors du « Mouvement des parapluies » de la fin 2014, les manifestants avaient réclamé l’élection du chef de l’exécutif au suffrage universel. Pékin n’avait rien lâché.

https://www.afp.com/fr/infos/334/hong-kong-la-manifestation-vire-laffrontement-avec-la-police-doc-1hf9xs3

 

Face-à-face entre protestataires et police, le 12 juin 2019 à Hong Kong, lors d'une manifestation contre un projet de loi gouvernemental autorisant les extraditions vers la Chine continentale

 

Des protestataires prennent la fuite après des gaz lacrymogènes tirés par la police, le 12 juin 2019 à Hong Kong, lors d'une manifestation contre un projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine continentale

 

 

 

SOUDAN : APRES LE BAIN DE SANG,QUEL COMPROMIS POSSIBLE ?

 

https://www.myt.mu/sinformer/kinews/timthumb/timthumb.php?src=https://img.myt.mu/kinews/AFP/88e9174f4eec4e45b76963b64bddbc6d0d779d3e.jpg&w=975

La vie a repris timidement à Khartoum mercredi, après la décision de la contestation soudanaise de mettre fin au mouvement de désobéissance civile lancé après la répression meurtrière, afin de donner une chance à une reprise de pourparlers avec les généraux au pouvoir.

Malgré la réouverture de certains magasins, le fonctionnement des transports publics et l’appel de la contestation à reprendre le travail, beaucoup d’habitants semblent toutefois préférer rester chez eux en raison du déploiement toujours massif de forces de sécurité, lourdement armées.

Après trois jours de quasi paralysie de la capitale, un représentant de la médiation éthiopienne a annoncé mardi soir que les deux camps avaient accepté de revenir prochainement à la table des négociations.

Les pourparlers entre les deux camps ont été suspendus le 20 mai, chaque partie voulant diriger la future instance censée mener la transition pendant trois ans.

Une campagne de désobéissance civile avait été lancée dimanche pour maintenir la pression sur les généraux au pouvoir, après le net durcissement de la répression enclenchée avec la dispersion sanglante le 3 juin du sit-in installé depuis le 6 avril devant le QG de l’armée.

Après le renversement par l’armée du président Omar el-Béchir le 11 avril, les manifestants avaient refusé de lever le camp, exigeant un transfert du pouvoir aux civils.

Mardi soir, le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné fermement les violences contre les civils et demandé qu’elles cessent immédiatement. Il a souligné l’importance du respect des droits humains et appelé à la reprise du dialogue.

Après la venue le 7 juin du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, les efforts diplomatiques de la communauté internationale pour instaurer une médiation devraient s’accentuer avec l’arrivée du secrétaire d’Etat américain adjoint chargé de l’Afrique, Tibor Nagy.

Il doit rencontrer au cours des deux prochains jours les représentants de chaque partie. Le Département d’Etat a précisé que l’émissaire appellerait aussi « à la fin des attaques contre les civils ».

Selon un comité de médecins proche de la contestation, plus d’une centaine de personnes ont été tuées depuis le durcissement de la répression et plus de 500 blessées, la majorité dans la dispersion du sit-in. Les autorités estiment à 61 le nombre de morts, dont 49 par « tirs à balles réelles » à Khartoum.

– Patrouilles et mitrailleuses –

Mercredi matin un correspondant de l’AFP a parcouru différents quartiers de la capitale et observé des bus attendant leurs passagers aux arrêts habituels ainsi que des magasins dont les rideaux de fer étaient relevés.

Le principal marché d’or de la capitale est toutefois resté fermé et les passants étaient peu nombreux.

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« Je continue de rester chez moi car je suis inquiet de la présence des forces de sécurité qui sont armées », a expliqué Samar Bachir.

Des véhicules équipés de mitrailleuses des Forces de soutien rapide (RSF) –paramilitaires accusés d’être à l’origine de la dispersion du sit-in et de la répression qui a suivi– patrouillent dans divers quartiers de la capitale.

En réaction au lancement du mouvement de désobéissance civile, l’armée avait promis dimanche un « renforcement de la sécurité ».

Plusieurs habitants ont aussi affirmé à l’AFP rester chez eux car internet n’a pas encore été totalement rétabli dans la capitale, après une coupure quasi totale lundi soir, rendant le travail de bureau plus compliqué.

Quelques entreprises privées ont également prolongé les congés de l’Aïd el Fitr, fête qui marque la fin du mois de jeûne musulman du ramadan, jusqu’à la fin de la semaine.

– Médiations –

Née en décembre d’une colère contre le triplement du prix du pain dans un pays en plein marasme économique, la contestation a rapidement pris une tournure politique.

L’annonce de la reprise des négociations intervient alors que les meneurs de la contestation avaient annoncé lundi soir qu’ils publieraient sous peu la composition de leur propre instance dirigeante avec un Premier ministre.

« La détente au Soudan invite à l’optimisme quant à un accord sur une période de transition fondée sur un partenariat réel et solide » entre les parties, a réagi Anwar Gargash, le numéro deux de la diplomatie des Emirats arabes unis.

Selon des experts, les Emirats, l’Egypte et l’Arabie saoudite semblent soutenir les généraux tandis que Washington plaide pour une transition menée par les civils.

Après sa visite au Soudan, le secrétaire d’Etat américain adjoint Tibor Nagy est attendu à Addis Abeba pour s’entretenir avec les dirigeants éthiopiens et ceux de l’Union africaine, organisation qui a suspendu le 6 juin le Soudan face à l’escalade des violences.

https://www.afp.com/fr/infos/334/soudan-fin-du-mouvement-de-desobeissance-civile-la-vie-reprend-timidement-doc-1hg1am2

 

 

BRESIL : LULA TOMBÉ DANS UN PIEGE ?https://www.oeildafrique.com/sites/default/files/lula-011.jpg

Les responsables de l’enquête anticorruption Lava Jato (Lavage express) au Brésil ont manoeuvré pour empêcher le retour de l’ex-président de gauche Lula au pouvoir l’an dernier, rapporte dimanche The Intercept, sur la base de fuites potentiellement explosives.

Le site d’investigation — cofondé par le journaliste américain Glenn Greenwald –, a lancé ces accusations après avoir eu accès à un grand volume de messages privés échangés notamment sur Telegram entre les procureurs et le juge Sergio Moro, chargé de Lava Jato, et obtenus par « une source anonyme ». Ce juge est aujourd’hui le ministre de la Justice du président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

« Alors qu’ils ont assuré longtemps qu’ils étaient apolitiques et motivés par la seule lutte anticorruption, les procureurs de Lava Jato ont en fait comploté entre eux sur les moyens d’empêcher le retour au pouvoir de Lula et de son Parti des Travailleurs », écrit le site.

Si leur véracité est établie, ces échanges battent en brèche la supposée nécessaire impartialité du juge Moro, qui aurait fourni des indications et conseils aux procureurs contre sa bête noire, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, qu’il avait condamné en première instance en 2017.

Sergio Moro, le ministre brésilien de la Justice, le 19 février 2019 à Brasilia

AFP/Archives / Sergio LIMA Sergio Moro, ministre brésilien de la Justice, le 19 février 2019 à Brasilia

D’autres messages révèlent aussi que les procureurs avaient eux-mêmes « de sérieux doutes sur des preuves suffisantes de la culpabilité de Lula » dans l’affaire de l’obtention d’un triplex en pot-de-vin et qui l’a finalement envoyé en prison, pour huit ans et 10 mois après une révision récente de sa peine.

Sa condamnation a empêché Lula, le favori des intentions de vote à l’époque, de se représenter à la présidentielle d’octobre dernier. Il n’a cessé de clamer son innocence et de se dire victime d’une machination politique destinée à l’empêcher de se présenter à un troisième mandat, après ceux de 2003 à 2010.

Pour sa part, le candidat du parti de Lula à la présidentielle, Fernando Haddad, a exigé une enquête approfondie sur ce qui pourrait devenir selon lui « le plus grand scandale institutionnel de l’histoire de la République ».

Si les informations publiées par The Intercept se vérifient, « beaucoup vont devoir être emprisonnés, des procès devraient être annulés et une grande farce serait dévoilée au monde », a ajouté celui qui a perdu la présidentielle au deuxième tour face à Jair Bolsonaro.

– « Sortis de leur contexte » –

Dans une réaction rapide, les responsables de Lava Jato se sont dits « sereins » face aux accusations selon lesquelles ils auraient agi dans l’illégalité, tout en déplorant d’avoir été « les victimes de l’action criminelle d’un pirate qui a mené des activités très graves contre le parquet, la vie privée et la sécurité de ses membres ».

Le juge Moro a de son côté « déploré la non-identification de la source (…) responsable du piratage criminel des portables des procureurs » et le fait que le site « ne soit pas entré en contact (avec lui) avant la publication, ce qui est contraire aux règles de base du journalisme ».

Les messages illégalement obtenus ont été « sortis de leur contexte », se défend-il.

 

Sur le fond, il dément toute irrégularité dans son comportement lors de l’enquête tentaculaire qui a permis de mettre sous les verrous des centaines de responsables politiques et économiques en cinq ans, en relation avec un gigantesque réseau de pots-de-vin autour des marchés publics du groupe Petrobras.

« Les archives obtenues par notre site sur le Brésil sont parmi les plus importantes de l’Histoire du journalisme », a écrit dans un Tweet le cofondateur de The Intercept, Glenn Greenwald.

« Elles contiennent des secrets explosifs sous la forme de chats, d’audios, de vidéos, de photos et autres documents » sur le procureur de Lava Jato, Deltan Dallagnol, le juge Moro et « un grand nombre de responsables qui continuent d’exercer une importante influence politique et économique au Brésil et dans d’autres pays ».

« Nos reportages ne font que commencer », a-t-il averti.

https://www.afp.com/fr/infos/334/bresil-lava-jato-enquete-pour-empecher-le-retour-au-pouvoir-de-lula-selon-intercept-doc-1hd9n83

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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