GJ amnistie ! Une idée qui fait son chemin…

 

 

 

GJ amnistie !

Une idée qui fait son chemin…

 

 

Qu’est-ce qu’une loi d’amnistie ?

De nombreuses lois d’amnistie ont jalonné le cours de l’histoire depuis la Grèce antique, et aussi en France, sous tous les régimes.

Une loi d’amnistie vise à entériner, compléter et renforcer le règlement d’un conflit en pacifiant les relations entre les parties en conflit. Elle suppose donc qu’un accord considéré comme équitable a été négocié entre les parties, et éventuellement formalisé par un traité ou un accord signé.

Le pouvoir peut aussi proposer ou accorder une amnistie s’il estime par ailleurs que les problèmes ayant causé le conflit ont été réglés par son action et qu’il est confiant dans son effet.

En Mai 68, ce fut le cas, dès le 23 Mai, deux jours avant la négociation des accords de Grenelle.

Ce fut également le cas à la suite de la guerre d’Algérie (accords d’Evian – 1962 ).

Également suite au conflit en Nouvelle-Calédonie (1980).

 

 

 

 

Quant au fond, ipso facto, dans un contexte de révolte sociale, une loi d’amnistie consacre la légitimité des revendications qui sont à la base du conflit. Elle aboutit à admettre de fait que c’est le refus du pouvoir de négocier un accord qui a créé une situation de violence et que celle-ci ne peut cesser que par un accord négocié entre le parties qui satisfasse ces revendications légitimes.

 

Dans le cas de Mai 68, c’est la loi d’amnistie qui a créé le contexte rendant possible l’ouverture des négociations devant aboutir aux désormais historiques « accords de Grenelle ».

 

Paradoxalement, cette loi d’amnistie est par contre devenue l’aspect oublié de cette histoire. Compte tenu de la similitude relative des situations, il n’est donc pas inutile de le rappeler.

 

Une différence essentielle et remarquable, toutefois, est que les étudiants révoltés de Mai 68 avaient dès le début fait de la libération de leurs camarades emprisonnés une de leurs principales revendications, et même la première, à ce moment décisif pour l’établissement d’un rapport de force qui a fait plier le pouvoir sur l’essentiel des revendications sociales les plus immédiates.

 

C’est cette conception de solidarité inébranlable face à a répression qui manque encore singulièrement  dans le mouvement GJ et qui permet au pouvoir de reprendre en grande partie la main, dans un contexte où le rapport de forces lui était pourtant nettement plus défavorable, politiquement, que celui de Mai 68 pour le pouvoir gaulliste.

 

Et cela alors que la légitimité des revendications essentielles des GJ est elle-même également largement plus flagrante, dans le contexte de crise et de recul social actuel, qu’à l’époque de Mai 68.

 

Depuis plusieurs décennies, et le pouvoir le reconnait quasiment lui-même, c’est la pauvreté qui regagne du terrain en France, et non le progrès social, simplement considéré comme trop lent, à l’époque, en 1968.

 

C’est cette légitimité nouvelle qu’a tenté d’évoquer récemment le député auvergnat André Chassaigne, dernière figure encore relativement connue et populaire du PCF, dans un communiqué adressé, via l’AFP, au chef de l’Etat français, deux jours avant le prononcé de ses vœux au pays pour 2019 :

 

Selon André Chassaigne, les condamnations « frappent des concitoyens qui se sont légitimement engagés dans ces mouvements sociaux pour faire respecter leurs droits fondamentaux, protéger leurs conditions de vie, défendre non seulement leur dignité mais aussi l’intérêt général« .

 

Créer un contexte favorable à de nouvelles négociations du type « Grenelle » ? C’est éventuellement ce que Chassaigne pourrait avoir en vue, selon les termes de son communiqué :

« Sans occulter l’insuffisance des mesures prises et les multiples revendications à satisfaire, cette initiative présidentielle serait un geste politique fort et une mesure d’apaisement dans une période aussi socialement troublée »

 

Il ne s’agit donc pas, pour les GJ déterminés à faire valoir leur droit, de brader quoi que ce soit, mais au contraire de reconstruire le rapport de force écrasant qu’ils avaient au tout début du mouvement, dès le 17 Novembre, pour établir une nouvelle liste de revendications en tenant compte de l’expérience acquise au cours des luttes, et incluant en premier lieu la solidarité face à la répression, indispensable pour enraciner la légitimité populaire de la lutte et des revendications.

 

Luniterre

 

 

Quelques articles importants

pour comprendre le mouvement GJ  :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/26/noel-en-prison-pour-combien-de-gilets-jaunes-et-pour-quel-combat/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/01/05/unite-cgt-gj-le-baiser-qui-tue/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/02/gilets-jaunes-un-cahier-de-revendications-adresse-a-lassemblee-nationale/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/30/et-la-marquise-dansait-sur-les-champs-elysees-en-flammes-explication-de-texte/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/10/gilets-jaunes-ce-que-nous-voulons-tout-mais-dabord-lessentiel/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/20/ghosn-lantithese-du-gilet-jaune/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/13/pourquoi-et-comment-une-augmentation-reelle-du-smic-doit-concretement-favoriser-lemploi/

 

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