En réponse à M. Mitjavile, « grand pourfendeur » du marxisme…

 

 

Bernard Mitjavile

 

 

 

 

 

En réponse à M. Mitjavile,

 

« grand pourfendeur »

 

du marxisme…

 

 

 

Récemment nous avons republié, avec quelques notes critiques, un article du camarade WH,

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/01/que-reste-t-il-du-marxisme-etat-des-lieux-et-reflexion-sur-lavenir-republication-avec-notes-critiques-et-liens-additionnels/

également paru sur Agoravox, où s’en est suivi un débat entre lecteurs. Parmi ceux-ci, un M. Bernard Mitjavile, lui-même auteur sur Agoravox, et qui prétendait donc, au delà d’un post « assassin » à l’égard de l’article du camarade WH, avoir carrément pourfendu les fondamentaux du marxisme dans l’un de ses articles…

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-une-alternative-aux-179614

Il nous a donc paru judicieux de consulter cet oracle, avant de répondre au post visant l’article du camarade WH…. Ce que nous lui avons répondu, en post direct sur son article :

 

Luniterre 23 octobre 03:43

Bonjour,

Bien qu’auteur occasionnel sur Agoravox , je n’y passe pas ma vie et je viens donc seulement de lire votre article, et entièrement, ce qui n’est pas difficile, en réalité pour quelqu’un qui connaît un tant soit peu réellement le marxisme, que vous prétendez réfuter.

En effet, le principe de votre article est remarquablement simpliste :

__1_vous faites une liste de tous les grands principes fondamentaux du marxisme.

__2_vous donnez de chacun de ces principes un résumé particulièrement caricatural, surtout pour les formules que vous attribuez à Marx lui-même, adjointes, ici et là, de quelques brèves citations histoire de donner un air d’authenticité à l’ensemble.

__3_Vous mettez simplement en face de chacune de ces caricatures une affirmation du contraire, auto-justifiée par l’aspect caricatural des « principes » ainsi énoncés.

 

En fait, vous n’avez rien démontré du tout…

 

Concernant la plus-value :

 

Pour être précise la définition de la plus-value doit faire appel à la différence entre valeur d’échange et valeur d’usage, et à la façon dont elle se comprend dans le cas très particulier de la vente de la force de travail, sous la forme salariale encore actuelle :

C’est donc, en réalité la différence entre la valeur des biens dont le prolétaire a besoin pour sa survie, valeur résumée dans son salaire, (valeur d’échange), et la valeur ajoutée, apportée par son travail aux biens qu’il peut produire pendant la durée contractuelle de travail, (valeur d’usage), que l’on appelle plus-value .

Autrement dit, le salaire, équivalent à la survie du prolétaire, c’est la valeur d’échange de la force de travail.

Ce que le prolétaire produit pendant la durée contractuelle de son travail, c’est la valeur d’usage de la force de travail, qui est donc, contractuellement, sous le capitalisme, la propriété de l’employeur.

En réalité, sans cette notion de distinction entre « valeur d’échange » et « valeur d’usage », la notion de plus-value ne peut pas réellement être comprise dans toutes ses conséquences, non seulement pour l’accumulation du capital, mais aussi et surtout pour le développement d’une économie de transition, en rupture avec le capitalisme.

Dans une économie de transition, maîtriser la loi de la valeur, ce n’est pas seulement établir un équilibre simple en valeur-travail, mais aussi maîtriser la loi du développement qui découle de la resocialisation de la plus-value, comme sur-valeur, resocialisée en tant que valeur-travail utile au développement collectif.

C’est effectivement la grande zone d’ombre du débat d’entre-deux guerres en URSS, et dont il n’a été véritablement tiré de conclusions et de projets qu’au XIXème Congrès, en 1952, et qui n’ont jamais été mis en œuvre, du fait de la prise de pouvoir par les khrouchtcheviens, opposés à cette ligne dès 1953.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

 

Malgré ces errements, l’économie soviétique, ruinée par la guerre de 1914-17, puis par la guerre dite « civile », mais largement soutenue par l’Occident (1918-21), puis par l’échec de la NEP (« économie mixte ») de 1922 à 29, s’est donc redressée suffisamment pour vaincre l’Allemagne, première puissance militaire et industrielle européenne, et tout cela en une seule douzaine d’années, de 1930 à la bataille de Moscou, qui est déjà le véritable tournant de la guerre, bien avant Stalingrad.

 

Et question reconstruction, rebelote de 1945 à 1952, donc, pour l’essentiel, permettant à l’URSS de rester encore longtemps la deuxième puissance mondiale malgré la régression économique khrouchtchevienne.

 

 

Étrange et très relatif « échec »…

 

Pour une idée de ce que les Russes en pensent eux-mêmes :

 

https://youtu.be/trBaJVvcmRc

 

Mieux qu’un sondage d’opinions…

 

Luniterre

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Instruits par la « méthodologie » de M. Mitjavile, c’est donc en connaissance de cause que nous avons pu reconsidérer son post à l’endroit du camarade WH et lui répondre, à la suite de ceci :

 

Bernard Mitjavile 19 octobre 14:27

En voilà un qui a l’air de croire que Le Capital est le nouvel évangile ! Je lui conseille de lire la partie économique de l’article suivant : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-une-alternative-aux-179614

Cela lui permettra de sortir des raisonnements circulaires du genre : la valeur c’est du temps de travail or les machines ne travaillent pas donc elles ne produisent pas de valeur. C’est si simple, il suffisait d’y penser ! En tout cas le temps de travail que proletaire de fer a passé pour écrire cet article n’a pas produit beaucoup de valeur.

Répondre Lien permanent

 

Luniterre 23 octobre 09:35

@Bernard Mitjavile

 

Contrairement à votre article cité en référence, cet article du « prolétaire de fer » ne prétend pas ni refaire ni invalider la théorie marxiste, mais seulement résumer le lien entre évolution de la robotique et évolution du capitalisme.

 

De par sa méthodologie elle-même, votre article sur le sujet ne démontre rien, ni ne peut le faire, de toutes façons, comme je vous l’explique en post :

 

https://www.agoravox.fr/commentaire5330479

 

Cette carence méthodologique vaut pour chacun des points évoqués.

 

Ici, la question est donc celle du « travail mort » qui est contenu dans les machines et s’éteint avec elle, ne transmettant donc pas plus de valeur qui n’en est rentré, et n’en créant donc évidemment pas.

 

La notion elle-même de travail mort est contenue dans le principe comptable d’ « amortissement », qui n’est pas une invention des marxistes, mais bien des capitalistes eux-mêmes.

 

La racine même du mot, « mort », contenue dans le terme, vient en droite ligne du droit féodal sur la « mainmorte », ou absence de capacité de transmettre, à sa mort, ses bien, et donc la valeur de ses biens, à ses héritier, et se définit donc comme le coût à payer pour lever cette incapacité.

 

Le terme est donc repris, par la suite, par l’évolution du capitalisme marchand, au XVIème siècle pour donner un cadre juridique à la notion de « dépérissement » du matériel qu’ils utilisent (…ou qu’ils font utiliser). Définitivement formalisé, par la suite, par la Compagnie des Indes, à propos de ses navire, dont la valeur comptable est réajustée avec le temps et l’usage, tout à fait à la manière des véhicules de l’ère moderne, déjà.

 

Il s’agit donc déjà de comptabilité prévisionnelle et contient donc une part d’approximation effectivement inévitable, mais qui n’en altère pas le principe.

 

Tôt ou tard, le matériel est obsolète ou carrément hors d’état et irréparable et donc on peut à ce moment faire le bilan réel de son « amortissement », ce qui permet, du reste, d’améliorer la méthodologie de comptabilité prévisionnelle, et de la rendre de moins en moins aléatoire.

 

Une évidence à la fois suffisante et nécessaire sur ce point, comme il y en a, du reste, sur chacun des points prétendument « démontrés » par votre article.

 

Luniterre

 

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4 commentaires

    1. Excellent article, effectivement…

      (Quelques « coquilles » à revoir, néanmoins)

      Sur le fond, et par rapport aux carences de Mitjavile, il faudrait néanmoins développer encore bien davantage la différence entre prix et valeur, tant pour combattre le confusionnisme que Mitjavile induit que pour éclaircir les approximations répandues par la plupart des pseudos « marxistes », genre « Collectif défense » et autres, qui ont du mal à se dégager du révisionnisme, de toutes manières.

      Luniterre

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