De la « désolation » du social-chauvinisme en déroute…

 

 

 

 

 

De la « désolation »

du social-chauvinisme

en déroute…

 

 

 

La dernière « grande » conquête sociale en France remonte à 1998. Les « 35 heures » nous étaient présentées à la fois comme un nouvel aboutissement du progrès social et comme le remède miracle contre le chômage… Maladie endémique de la société française, devenue chronique depuis la crise du « premier choc pétrolier », en 1973. Elle l’est toujours, 20 ans après les « 35 heures »… !

En réalité, il y a déjà là une grande duperie politique, également entretenue par la gauche française. Le premier « choc pétrolier », tout comme les suivants, de fait, est la partie visible d’une crise profonde, celle du système impérialiste mondial. Il n’est essentiellement que la conséquence pratique la plus visible de la première crise mondiale du capitalisme financier, après guerre, dominé par les USA et leurs alliés, dont la France.

Sous la poussée des luttes de libération nationale, dont le Vietnam au premier rang, c’est l’équilibre financier de l’ensemble qui vacille, déjà à cette époque, entraînant la liquidation des accords monétaires de Bretton Woods, la désindexation du dollar à l’or et l’effondrement de son cours. Entraînant, par voie de conséquence, la chute brutale des revenus des pays producteurs, contraints de ce fait à réagir par des hausses brutales de compensation, également motivées par un souci de résistance face à l’interventionnisme US au Proche-Orient, en soutien du sionisme.

Dans la propagande idéologique du système, c’est le premier développement généralisé du thème de l’agressivité des pays orientaux contre l’Occident, la première mouture de ce que deviendra le prétendu « choc des civilisations », désormais le pseudo- « justificatif » des guerres initiées par l’Occident, en réalité !

Si ce thème est encore largement entretenu par la gauche française, c’est qu’il lui permet de masquer cette réalité : la « prospérité » économique et le « modèle social » français, dont elle s’attribue quasiment la paternité, reposaient donc, en réalité, sur la domination du capital financier US, et sur l’inféodation de la bourgeoisie monopoliste française au dollar, déjà consacrée par le Plan Marshall et avec la complicité du PCF pour sa réalisation. Le « modèle social » français est autant le fruit de la domination du capital financier US dès l’après-guerre que de la complicité de la gauche française avec la bourgeoisie française, à la fois inféodée et exerçant toujours sa propre exploitation impérialiste en Afrique et dans les vestiges de son empire colonial.

C’est essentiellement en ce sens que la gauche française a une « paternité » réelle sur le « modèle social ». Sans sa complicité pour reconstruire l’impérialisme français au lendemain de la deuxième guerre mondiale, y incluant son empire africain, il n’existait pas de base économique pour un tel modèle, fondé sur un prétendu «dialogue social », sur la « concertation », etc… C’est à dire, en réalité, sur la kollaboration de classe avec l’impérialisme.

 Sans cette complicité pour la réalisation du Plan Marshall, y incluant celle du PCF, la seule issue des luttes sociales de l’après-guerre était, inévitablement, le passage au socialisme, tant en France qu’en Italie, et un bouleversement de l’équilibre géostratégique mondial en faveur du socialisme.

C’est clairement la complicité durable de la gauche à travers ce « modèle social » qui a constamment barré la route de l’accession au socialisme véritable, en réalité.

Aujourd’hui, le constat, amer pour elle, est que ce modèle social s’écroule un peu plus chaque jour, ou presque…

Et cet écroulement s’est évidemment encore accéléré depuis la crise de 2008… Et cette fois, il devient impossible de masquer les causes réelles de la crise derrière le rideau de fumée d’un prétendu « choc des civilisations » ! La cause du krach du capitalisme financier vient bien nettement de sa propre nature. C’est la crise du système impérialiste arrivé à un degré de décomposition sans retour en arrière possible et sans issue « régénératrice » autre que la guerre et la destruction. La violence et les guerres ne viennent pas de l’ « Orient », mais sont au contraire un réflexe de survie de l’impérialisme en crise.

Le « modèle social » concocté au lendemain de la guerre, en « concertation » entre les ailes gauche et droite de la bourgeoisie, avec la complicité du PCF, n’a déjà depuis longtemps plus de base économique sur laquelle reposer.

Avec la crise de 2008 et ses conséquences encore actuelles, le constat est encore plus flagrant : la bourgeoisie n’a tout simplement plus la possibilité, concurrence oblige, de « financer » les illusions sociales réformistes, nées au lendemain de la libération et encouragées par l’opportunisme thorezien…

L’évolution répressive du système est donc profonde et durable, sinon carrément irréversible ! La démocratie et le progrès social ne reviendront plus dans le cadre de ce système. Il est donc vain d’en appeler au « droit républicain » qui n’a tout simplement plus les moyens d’exister et sera inévitablement et inéluctablement réduit au maximum pour permettre au système de survivre.

Ce que Marx et Lénine nous enseignent à travers le matérialisme historique et le matérialisme dialectique, c’est précisément le contraire de principes figés, fussent-ils « républicains » ou autres…

Ce qui meurt, avec la crise systémique du capitalisme, et qui est donc amené à disparaître irréversiblement, c’est le droit « républicain » bourgeois. Ce qui doit naître dans la lutte, c’est le droit du prolétariat et du peuple, basé sur une correspondance entre le développement des forces productives et la satisfaction des besoins sociaux les plus urgents, ce que le capitalisme est effectivement incapable de réaliser.

Se battre pour défendre ce qui est irrémédiablement en train de mourir, c’est entretenir les illusions sur la pérennité du système, et donc, voler à son secours, en réalité. Défendre des « acquis » condamnés n’a aucun sens sans proposer une alternative réelle au système en train de s’effondrer.

C’est pourquoi la « gauche » française continue de reculer, pas à pas, au quotidien, ou à vitesse grand V, comme lors des luttes sociales de ces derniers mois et de ces dernières années.

Proposer une alternative crédible, cela implique de reconnaître que le « modèle social » actuellement en voie de désagrégation ne pourra plus être reconstruit, qu’il est effectivement voué à disparaître inexorablement avec la crise et que la seule issue permettant de retrouver un peu de justice sociale est le passage au socialisme réel, fondé sur la correspondance entre forces productives et besoins sociaux réels.

Au lieu de cela, la gauche française s’accroche désespérément aux illusions qu’elle a semé depuis des lustres dans la classe ouvrière et prétend toujours « défendre les acquis sociaux », sur lesquels elle recule inexorablement, lutte après lutte, continuant de perdre toute crédibilité, en fait.

Le PCF, principal tenant de ce modèle social, et premier parti politique de France, après guerre, est passé de 28,2%, aux législatives de 1946, à 2,7% à celles de 2017… !

 

Récemment, un correspondants, s’exprimant au nom du PRCF, a tenu à se fendre de quelques lignes, trouvant « désolants les commentaires sur le « révisionnisme » du PCF au moment du CNR et consternants les guillemets à Libération. »

Il s’agissait d’un bref article de promotion d’un film évoquant la lutte de libération algérienne (1). Alors que c’était aussi pour nous une occasion de rappeler les massacres colonialistes commis sous l’égide du gouvernement CNR, dès le 8 Mai 1945. Le fait que le CNR était l’accord de kollaboration de classe qui a permis la reconstruction de l’impérialisme français, avec son cortège de crimes et de massacres, c’est là la réalité historique que non seulement il défend, mais dont il fait encore la promotion actuelle, sous la forme d’un « nouveau CNR » comme perspective politique!

Est-il « désolé » des crimes et des massacres faits par l’impérialisme français ? On n’en sait rien, d’après sa réaction, mais de toutes façons, s’affirmer « désolé » en la circonstance et tout juste trois quarts de siècle après les accords du CNR, cela serait vraiment se moquer du monde et des victimes de l’impérialisme en premier, et cyniquement, en réalité, vu qu’il s’agit en fin de compte de faire ouvertement et à nouveau la promotion des causes de cette violence, la politique de kollaboration de classe du CNR !!!

 

Ces derniers jours les pitreries politiciennes du social-chauvinisme se sont également largement déployées autour de la personne de Jean-Luc Mélenchon, autre grand défenseur du « modèle social à la française » actuellement en déroute, tout comme notre correspondant du PRCF, du reste, qui se compte parmi ses alliés.

Cette comédie médiatique amène à deux constats :

__1_ Effectivement, la « justice » du système en place permet à la bourgeoisie de régler ses comptes, internes ou non, sans trop s’embarrasser du respect de la personne humaine.

__2_ La personne Jean-Luc Mélenchon, pour sacrée qu’elle se considère elle-même, n’a pas réussi à mobiliser les foules autour d’elle, au delà d’une vaguelette de protestations formelles… Pour JLM la « marée » continue de baisser, en réalité, et le temps politico-médiatique de sa «France Insoumise » semble bel et bien passé… 

Si la « restructuration » du pouvoir en place continue de s’effectuer « par défaut », et grâce au vide de toute opposition crédible, la comète Mélenchon est elle-même déjà en train de se désagréger dans ce vide…

Au mieux peut-il espérer un petit regain d’intérêt de la part des spectateurs-électeurs, si Macron veut bien lui faire la grâce de prolonger le spectacle de son « martyr » jusqu’aux prochaines élections, avec, en fait, l’espoir de regonfler une « participation » électorale anticipée comme gravement défaillante.

Quoi qu’il en soit de son avenir de politicien comme roue de secours « de gauche » du système, il peut, à court terme, compter sur le soutien indéfectible d’une bonne partie des autres factions du social-chauvinisme, dont le PRCF et d’autres pseudos « marxistes-léninistes », autour du thème de la défense d’un « droit républicain » tout aussi moribond que son « modèle social à la française ». Et tout cela en agitant l’épouvantail de la « fascisation » du système, tentant de ramener aussi par là le thème de la kollaboration de classe à la mode CNR, avec une hypothétique « bourgeoisie démocratique » qui s’opposerait encore au fascisme…

Alors que la lutte contre le fascisme, ou même contre la « fascisation », dans la mesure où elle est une évolution incontournable du capitalisme en crise, implique, et même exige, l’organisation de la résistance prolétarienne et non la collaboration avec telle ou telle fraction de la bourgeoisie.

Dans la France impérialiste de notre début de 21ème siècle il n’existe plus aucune fraction réellement significative de bourgeoisie « nationale » susceptible d’être un allié contre l’impérialisme et le fascisme.

Ce n’est plus le cas, et même s’il se trouvait telle ou telle catégorie sociale « moyenne » mais « progressiste », cela ne changerait pas la priorité concernant la nécessité d’organiser une résistance autonome prolétarienne.

C’est le rapport de force ainsi créé qui peut éventuellement faire basculer telle ou telle catégorie dans le camp de la résistance, et non la mise en remorque du prolétariat après telle ou telle faction bourgeoise, fut-elle formellement « de gauche »!

 

Quand les conditions de la lutte changent, ses méthodes doivent changer aussi.

 

En 1940, certains « grands dirigeants » du PCF ont essayé de négocier la parution de l’Humanité avec l’occupant…

Ils étaient sur le point d’y arriver, s’il n’y avait eu l’intervention des kollabos de droite, outrés par cette « concession » allemande !

Au même moment, d’autres communistes, vraiment marxistes-léninistes, ceux là, avaient compris l’enjeu et commençaient à organiser la résistance…

La vraie résistance, c’est toujours repartir à zéro, à la base, avec un journal réellement indépendant, et donc autonome, à tous points de vue.

C’est une question de choix, une question de volonté politique réelle.

 

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin ! » V. I. Lénine

 

Si un journal a un rôle historique dans ce genre de circonstances, c’est au contraire là qu’il commence réellement, et c’est précisément à propos d’un journal de combat utile pour ce type de lutte que Lénine nous parle, dès 1901…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/17/par-ou-commencer-lenine-sur-le-role-du-journal-nouvelle-traduction/

 

C’est aussi ce qu’en pensait la grande Résistante Mounette Dutilleul, en temps réel, de 1939 à 1945…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/11/mounette-dutilleul-ou-la-memoire-effacee-comment-appeler-les-choses-par-leur-nom/

C’est ce qu’elle nous explique dans ses mémoires, et toutes les sources historiques montrent précisément que sa mémoire n’était pas du genre « qui flanche », contrairement à celle de la chanson de Jeanne Moreau… !

Il n’y a donc pas vraiment de débat utile, à ce sujet, entre « Alexandre Courban Historien », longuement cité en réponse par la FI (2), et le blogueur autodidacte « Luniterre », mais éventuellement entre les mémoires de Mounette Dutilleul et « Alexandre Courban Historien »… !

Et là, ça va être difficile…

De là où elle est, elle n’y changera pas une ligne, de toutes façons, et c’est aux modestes combattants d’aujourd’hui de défendre sa mémoire et celle de tous ceux qui se sont battus en ces époques terribles, et dont elle parle avec tant de justesse et d’humanité, précisément !

En espérant y contribuer, modestement.

Le combat continue !

Luniterre

 

 

( __1    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/18/algerie-un-siecle-de-resistance-republication-avec-une-polemique-engagee-par-le-prcf/

 

( __2     https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/18/perquisition-chez-melenchon-debat-a-la-fi/

 

Voir aussi, sur le même thème, cet échange avec le RCC :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/18/solidarite-avec-melenchon-contre-la-repression-politique-quelle-signification/

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 commentaires

  1. VU LA LONGUEUR DE TON POST, J’INCLUS MES OBSERVATIONS, EN ITALIQUES, AU FIL DU TEXTE…(LUNITERRE)

    On ne peut qu’être d’accord avec beaucoup de choses qui sont dites sur ce papier, surtout sur la main tendu de ce que tu appelles « kollabos » (la direction du PCF en 1945…mais une direction qui suivait les orientations de Staline ou de ses proches) et sur les conséquences qui en sont résultées.

    IL N’Y A JAMAIS EU DE CONSIGNES DE STALINE, NI MÊME DE L’INTERNATIONALE, EN CE SENS, ET LE PCF EST LE SEUL PARTI A AVOIR FAIT CE TYPE DE DÉMARCHE !!!

    Hélas, la véritable question de fond, le niveau de conscience politique, d’organisation indépendante et de combativité de la classe sont moins traités.

    Cette conscience, organisation et combativité avait deux aspects: de l’un elle était ‘connectée’ au PCF qui, par son implantation dans les usines et les quartiers la noyautée, l’impulsée jusqu’à un certain point et parfois la trahissait aussi dans le cadre de la politique de « Kollaboration » qu’ils pratiquaient….quand la bourgeoisie ne les expulsait pas du gouvernement ou les marginalisait. Ils pouvaient passer alors, rarement, à certaines formes de gauchisme vite atermoyé et elle se perdait canalisée que vers des échéances électorales et par un phénomène presque naturel suite à la récupération de l’économie capitaliste d’après guerre.

    L’action réciproque de la vieille politique droitière (dont les thèses révisionnistes ne sont que l’expression politique) qui freinait les luttes et/ou les subordonnait à des alliances électorales où le PCF se trouvait par la force des choses mais aussi par choix politique (une politique de Front Populaire très dévié à droite) subordonné tant à des politiciens de droite mal déguisés en « socialistes » (Mitterrand) et à leurs expressions politiques, le PS? PSU etc.

    C’est stratégie était internationale et promue par les soviétiques dans le cadre de leur illusion petite-bourgeoise-bureaucratique de « Compromis Historique » avec l’impérialisme US ce qui signifiait dans les pays capitalistes avancées et moins avancés (voir la terrible expérience du Chili ) un compromis historique c’est à dire une paix sociale avec quelques réformes (encore moindres que celles obtenus par le Compromis Historique des CNR).

    TON PROBLÈME EST QUE TU CONFONDS ET LES PÉRIODES ET LES INFLUENCES IDÉOLOGIQUES… LE RÉVISIONNISME THOREZIEN ET LE STALINISME, LE RÉVISIONNISME KHROUCHTCHEVIEN ET LE STALINISME, ETC…

    L’impossibilité manifeste d’une tel compromis (ou capitulation) a conduit les partis communistes à leur dissolution (sauf des rares exceptions) et à l’effondrement du ‘camp socialiste’.

    La crise du capitalisme aidant, c’est la confrontation qui ressort(qui n’avait jamais cessé mais qui avait été mise sous la moquette pour souligner les ‘possibilités d’entente’).

    L’impérialisme poussé à fond l’avantage et les bourgeois de chaque pays aussi.

    Cela provoque nécessairement des résistances partout.

    En France comme ailleurs la terrible expérience de collaboration de classes, de recherche du Compromis Historique, a été confondue avec le « communisme » avec le marxisme-léninisme. Et pour cause, les petits-bourgeois de la bureaucratie soviétique comme les petits bourgeois qui ont dominé les directions des partis prolétaires pendant tout le XX siècle, ne pouvaient que dégouter les masses peu informées.

    « PENDANT TOUT LE XX SIECLE »??? >>>IL SEMBLE DONC BIEN QUE TU AIS DU MAL A FAIRE UNE ANALYSE DIALECTIQUE DES ENJEUX ET DES CONTRADICTIONS PROPRES A CHAQUE EPOQUE !!!

    Mais la lutte ne s’est pas arrêtée, elle a continuée sous des formes politiques diverses, hélas, encore plus arriérées et confuses, d’un contenu de classes manifestement bourgeois ou petit-bourgeois. Des écologistes qui rapidement ont préféré la nature des maroquins ministériels que les marcassins de la nature.

    Après quelques tentatives échouées de copier des mouvements apparus ailleurs, elle est apparue la France Insoumise et Mélenchon.

    La dite extrême gauche avec ses composantes droitières et centristes n’avait aucune prise sur la politique nationale, parfois elle faisait de ‘bon scores’ électoraux pour ne pas savoir quoi en faire et les perdre d’aussitôt et à l’internationale elle collaborait avec l’impérialisme US dans ses guerres de colonisation, ou ouvertement ou de manière indirecte. Les uns sans aucune orientation autre qui suivre toutes les lièvres sans attraper aucune et les autres pratiquant un sectarisme dépourvu de toute politique nationale sauf la répétition de vérités générales sans lien direct avec la politique nationale du moment tout en pratiquant un syndicalisme sans portée. Cette politique, une des formes de l’anarcho-syndicalisme « marxiste » les offre un maintien difficile (ou un délitement lent et très caporalisé) de ses structure mais les rend inutiles pour la lutte de la classe ouvrière.

    >>> ASSEZ JUSTEMENT VU, PAR CONTRE, ICI !!!

    Le mouvement ‘anti-révisionniste’, gauchiste de ses débuts n’a fait que s’enfoncer dans cette ligne prônant, comme d’autres une ‘critique’ tous azimuts, ne comprenant pas l’ABC de la tactique léniniste, le Front Uni, évitant les ‘élections’ (Vade Retro Satans!) comme le Diable l’eau bénite, sans comprendre rien à rien sur les questions tactiques et offrant à leur archi (et parfois unique) ennemi, les révisionnistes, une voie royale dégagée des gêneurs et des obstacles.

    Aujourd’hui, suite au départ de divers groupes du PCF, on revoit la même chose, le même parcours…et ce sera le même échec car…car, tout cela été à des années lumière des masses, de leur niveau de conscience et d’organisation.

    Le mouvement de la FI avait (et a encore) une caractéristique intéressante pour des communistes de gauche. Il attirait un nombre important de travailleurs et des petits-bourgeois salariés.

    Toute la question pour les communistes de gauche, quand ils sont infimes question nombre, est de savoir s’il vaut la peine de travailler de manière organisé à l’intérieur d’un tel mouvement de masses (bien que relatives car la FI n’a jamais fait une lame de fond) ou pas.

    Ou aller vers le masses, non pas pour amener de l’eau au moulin de Mélenchon, mais pour siphonner les travailleurs honnêtes qui pouvaient se trouver dans ce mouvement. Cela exigeait une organisation discipliné avec un plan clair, une orientation de Front Uni tenue fermement, des publications pour donner sans aucune forme de censure, notre point de vue, mais avec la manière et selon le niveau réel de conscience de ce qui est ou était les secteurs le plus politisés des masses de travailleurs et salariés.

    >>> ICI, TU SEMBLES BIEN VOIR EXACTEMENT LES BESOINS ACTUELS DU MOUVEMENT OUVRIER, POUR SA RENAISSANCE QUASIMENT A PARTIR DE ZERO, EN FAIT, CAR LA FI N’EST PAS RÉELLEMENT UN MOUVEMENT OUVRIER, MAIS PLUTÔT DE LA CLASSE MOYENNE ET A LA RIGUEUR D’UN FRANGE DE L’ARISTOCRATIE OUVRIÈRE, MAIS ÉLOIGNÉE DU PROLÉTARIAT RÉEL, QUI RESTE INORGANISÉ ET ABANDONNÉ, SANS MÊME LE PREMIER NOYAU DE RÉSISTANCE RÉELLEMENT ORGANISÉE.

    C’EST POURTANT PAR LA QU’IL FAUT COMMENCER, TRÈS MODESTEMENT.

    Ou rester sur la berme à débiter nos vérités générales en voyant passer le char de Mélenchon vers sa ruine ou vers une nouvelle mouture de Mitterrand, mais attention, dans les conditions d’une crise économique capitaliste aggravée et en train de s’aggraver encore à un point dont on ne peut pas calculer toutes les conséquences.

    La question tactique est difficile, surtout parce qu’il n’y a pas une organisation politique des communistes de gauche suffisamment disciplinée, claire sur cette ligne d’entrisme drapeaux déployés, venant de la classe ouvrière.

    L’ENTRISME DANS LA FI NE PEUT ÊTRE QU’UN ACCESSOIRE, AU PLUS, ET NON LE PRINCIPAL, QUI NE PEUT SE TROUVER QUE DANS LES QUARTIERS RÉELLEMENT PROLÉTARIENS, MÊME S’IL N’Y A QUASIMENT RIEN, LA AUJOURD’HUI!

    Naturellement, quand on pose la question de la durée du Mélenchonisme, et plus encore quand on l’enterre (bien prématurément à mon avis car il n’y a rien d’autre encore pour le remplacer) on se dit « à quoi bon? » car le truc ne va pas durer.
    C’est ce que certains sectaires et gauchistes ont fait depuis la nuit des temps.

    MELENCHON A DÉJÀ FAIT UN FEU DE PAILLE ET FINIT DE CRAMER DANS SON COIN, LOIN DU PROLÉTARIAT, QUI N’A PAS RÉPONDU A SON APPEL A « RÉSISTANCE », PAS PLUS QUE SES PROPRES TROUPES, DU RESTE!!!

    Je pense encore que, dans l’éventualité d’un travail, les communistes de gauche doivent s’organiser sur la base du Front Uni et faire leur travail où se trouvent les masses politisées ‘à gauche’ (ou ce qu’elles pensent qui est à gauche) pour augmenter nos files verts une taille critique qui nous permette de faire de la politique pour toute la classes, c’est à dire, à niveau national.

    « LES MASSES POLITISÉES A GAUCHE », A L’HEURE ACTUELLE, ÇA N’EXISTE PAS, SAUF A PRENDRE POUR TELLE LA PETITE BOURGEOISIE FI QUI N’IRA JAMAIS PLUS LOIN QUE CE QU’ELLE A DÉJÀ FAIT!!!

    REPARTIR DE ZÉRO, CE N’EST DONC PAS UN VAIN MOT ET IL FAUT EN TIRER LES CONSÉQUENCES ET NE PAS RÊVER A DES MOYENS DE BIAISER AVEC CETTE RÉALITÉ, MOYENS QUI N’EXISTENT PAS.

    Si on saisit le principe général, on doit travailler d’abord à réunir tous les communistes de gauche, se trouvent où ils se trouvent, pour faire un travail conscient, organisé, discipliné dans tout mouvement politique où se trouvent les secteurs le plus conscients de la classe ouvrière.

    LES COMMUNISTES RÉELLEMENT CONSCIENTS NE SONT TOUT AU PLUS QU’UNE POIGNÉE, ET LE « SECTEUR CONSCIENT » DU PROLÉTARIAT RESTE A RECRÉER ENTIÈREMENT.

    C’est là qu’un journal peut avoir une utilité, mais s’il s’agit de convaincre des vieux chevaux fourbus, blanchis sous l’harnais de la politique du Compromis Historique sous ses moutures de droite, centre même de gauche…

    JUSTEMENT ET PRÉCISÉMENT IL NE S’AGIT PAS DE S’OCCUPER DE CES GENS LA, MAIS BIEN DU PROLÉTARIAT RÉEL, LA OU IL SE TROUVE !!! C’EST A EUX QUE DOIT S’ADRESSER CE JOURNAL A CRÉER !!!

    1. Mais mon cher,

      Tu n’as jamais entendu parler de « la Svolta di Salerno »?

      Togliatti n’a fait en Italie que ce que Thorèz à fait en France.

      Et cela sous la direction directe de Staline tu le veuillez ou pas.

      Tu supposes que Staline était en minorité et entouré de traitres et révisionnistes qu’il ignorait. C’est une consolation intellectuelle mais bien difficile à avaler.

      VOIR OBSERVATION EN TÊTE DE TON POST SUIVANT…

      Staline était lucide et faisait avec le réel, c’est à dire l’incapacité des PCF et PCI à avancer dans la lutte.

      Voyons la chose dans le détail: « le camarade Ercoli » Palmiro Togliatti qui de retour en Italie fait déposer les armes aux communistes lors d’une réunion à Salerne fait un virage à 180° après avoir eu un entretien avec Staline. Il a dû comprendre mal Togliatti…


      Effectivement, en ce qui concerne la France, en 1944-45, le rapport de force pour une insurrection n’y était pas encore, et la véritable consigne était de planquer les armes et d’avancer politiquement pour améliorer le rapport de force.

      Je peux supposer que la situation était similaire en Italie.

      L’évolution sociale a montré que les choses étaient mûres deux ans plus tard, en 1946-47, en France comme en Italie, du reste, mais les PCF et PCI etaient passés à une stratégie entièrement électoraliste, selon leur nature de classe révisionniste, d’où le clash à la création du Kominform.

      Ce que tu as encore du mal à comprendre, semble-t-il.

      Luniterre

      « Dans le cadre de la Crise institutionnelle (1943-1944), le 9 septembre 1943 est créé à Rome toujours occupéee, un Comité de libération nationale composé des partis et des mouvements opposés au fascisme et à l’occupation allemande. Il donne la priorité à la lutte, repoussant après la victoire la question des institutions italiennes, mais il fait de l’abdication du roi en faveur de son fils un préalable à la mise en place d’un gouvernement antifasciste1.

      Dans ce contexte, le 31 mars 1944, à Salerne, Palmiro Togliatti, secrétaire général du Parti communiste italien, change de position et appelle à la formation d’un gouvernement d’unité nationale et ne pose plus en préalable l’abdication du roi.

      Ce « virage politique » qui ouvre la porte aux monarchistes est probablement la conséquence d’un entretien, début mars, entre Togliatti et Staline à Moscou. En effet, les Soviétiques ont besoin de fronts militaires plus actifs à l’Ouest pour soulager l’Armée rouge.

      Cette déclaration pousse les partis du Comité de libération nationale à se rallier au compromis élaboré par Enrico De Nicola, président de la Chambre des députés jusqu’en 1924, Benedetto Croce du parti libéral, et l’entourage du roi.

      Comme prévu dans l’accord, dès la libération de Rome, le 4 juin 1944, Victor-Emmanuel III proclame son fils Umberto lieutenant général du royaume, et les partis reprennent en main le jeu politique5, même si la guerre continue, le front se stabilisant sur la ligne gothique jusqu’en avril 1945. »
      Wikipedia.

      Je ne sais si Thorèz a justifié publiquement la même politique et sa célèbre « La grève est l’arme des patrons! », pierre d’achoppement de son compromis avec la bourgeoisie française (avant de se faire jeter comme un malpropre quand la bourgeoisie s’est senti bien à cheval de l’Etat) et la diplomatie soviétique, mais je cherche.

      Quant à que « Mélenchon soit un feu de paille déjà brûlé » cela me rappelle un vieux dicton espagnol « largo me lo fiais » et « los muertos que vos matasteis, gozan de buena salud » que en résumé veut dire que ton jugement me semble osé, téméraire et voué à un démenti sonore lors de prochaines élections.

      La nature politique a horreur du vide et à « gauche » que est-ce qu’il y a d’autre? Que est-ce qui peut voter un ouvrier ouy un citoyen lambda qui vit de son salaire et qui n’a pas la tête retourné par l’extrême droite?

      Poser la question c’est voir que l’avenir de Mélenchon peut durer encore un temps.

      1. Concernant Mélenchon, ce que montre l’échec de son « appel », c’est bien que voter n’est pas lutter, d’une part, et que le prolétariat se réfugie de plus en plus dans l’abstention, de toutes manières, et donc Mélenchon n’est pas vraiment représentatif de cette classe, de toutes façons.

        Entretenir des illusions à ce sujet est donc contre-productif, en réalité.

        Il faut donc commencer à construire autre chose, même si modestement, par la force des circonstances, incontournables, même via Mélenchon, qui n’est qu’un aiguillage vers l’échec assuré des luttes.

        Luniterre


  2. >>> observation générale de TML sur tes deux posts du jour:

    Pour comprendre et analyser, il faut tenir compte que l’URSS, en tant qu’Etat, et Staline, en tant que chef d’Etat, ne peuvent appeler publiquement à l’insurrection dans un Etat avec lequel ils ont des relations diplomatiques…! Et de plus, dans une situation internationale particulièrement instable, où les rapports de force réels ne sont pas encore fixés.

    Il y a donc nécessairement une sorte de « double jeu » de la part des soviétiques, ce qui est logique, nécessaire, et même indispensable.

    L’interprétation qu’en font les partis locaux est de leur ressort, et non du Kremlin, qui doit aussi faire avec, en retour, en fonction de leurs limites. Il y a une dialectique de l’évolution des rapports de force, qui s’est jouée à cette époque, et que tu sembles méconnaitre.

    Si les PC français et italiens avaient été à la hauteur de leur tâche historique, cela aurait changé aussi la stratégie des soviétiques. C’est ce qui ressort des études historiques sérieuses, quel qu’en soit le bord politique. Mais elles ne sont pas communiquées au grand public, ni même aux militants, qu’il faut conforter dans leurs préjugés, d’un bord comme de l’autre!

    Luniterre

    *******************
    VIRIATO:

    Et pour Thorez j’ai trouvé ces paragraphes:

    « Fin 1944, avec le retour de Thorez en France, le PCF tourne le dos aux tentations d’insurrection révolutionnaire en acceptant la dissolution des milices patriotiques. En septembre 1944, au nom de la CGT, Benoît Frachon avait lancé la « bataille pour la production ». Le 21 juillet 1945, Maurice Thorez surenchérit en déclarant à Waziers, dans le bassin houiller, devant des ouvriers impatients de voir leurs conditions s’améliorer :

    « Produire, c’est aujourd’hui la forme la plus élevée du devoir de classe, du devoir des Français. Hier, notre arme était le sabotage, l’action armée contre l’ennemi, aujourd’hui, l’arme, c’est la production pour faire échec aux plans de la réaction. »

    En automne 1944, peu de temps après le retour de Thorez en France, de Gaulle avait rencontré Staline à Moscou, et ce dernier, avait déclaré à propos de Thorez : « Ne vous fâchez pas de mon indiscrétion… je me permets de vous dire que je connais Thorez, et qu’à mon avis, il est un bon Français ; si j’étais à votre place, je ne le mettrais pas en prison… du moins pas tout de suite… » Charles de Gaulle avait alors répondu : « Le gouvernement français traite les Français d’après les services qu’il attend d’eux. »

    En automne 1945, le temps était donc venu pour Thorez, de prendre des responsabilités dans un gouvernement. Sa nationalité française, qui lui a été retirée en février 1940, est restaurée en octobre 1945 par décret. Après les élections pour l’assemblée constituante d’octobre 1945, qui donnent 26,1 % des suffrages aux communistes, c’est comme ministre de la fonction publique, en compagnie de quatre autres ministres communistes qu’il fait son entrée au gouvernement de de Gaulle. Il a rang de ministre d’État. Dans le gouvernement Félix Gouin, en janvier 1946, il est « vice-président du conseil ». En novembre 1946, après des résultats électoraux meilleurs qu’ils n’avaient jamais été, 28,6 %, et qui font du PCF « le premier parti de France », Thorez revendique la présidence du conseil. Il affirme alors, dans une interview pour le Times du 18 novembre qu’il existe pour aller vers le socialisme « d’autres chemins que celui suivi par les communistes russes ».

    Eh ben, c’est un chemin qui a conduit où tout le monde sait.

    Et cela

    « Pendant son passage au gouvernement, Thorez qui avait toujours su se montrer bon élève aux yeux de Manouïlski et de Staline, sait également se montrer bon ministre. Ceux qui l’ont côtoyé, de Charles de Gaulle à Jules Moch décrivent un ministre efficace, non dénué du sens de l’État[réf. nécessaire]. Il mène à bien la réforme de la fonction publique et le statut de la fonction publique lui survit jusqu’au xxie siècle. Très proche de Marcel Paul depuis l’avant-guerre, il soutient activement sa lutte victorieuse pour la nationalisation de l’électricité et du gaz (loi du 8 avril 1946), puis des houillères.

    Les historiens situent le début de la guerre froide en 1947. Ce n’était pas si clair que ça à l’époque, puisque Thorez place le congrès de Strasbourg, en juin 1947 dans la perspective de la reconquête par le PCF de son rôle de « parti de gouvernement ». Les choses ne deviennent claires que le 22 septembre 1947, à la conférence de Szklarska-Poreba, en Pologne, où partis français et italien sont mis en accusation devant le Kominform qui remplace plus ou moins le Komintern défunt »

    Le deuxième paragraphe est à la base de ta conception: c’est à dire, faire porter toute la responsabilité politique à Thorez tout en justifiant un Staline qui ne serait pour rien.

    Les tournants à 180° sont encore le résultat de l’opportunisme de Thorez.

    D’abord collaboration avec la bourgeoisie pour coller à la politique diplomatique de Staline qui voulait s’entendre et continuer la politique entre 1941-45 et une fois que Churchill et Truman ont décrété la Guerre Froide; après se faire tirer les oreilles par Jdanov qui répondait directement à Staline, changer d’orientation.

    Togliatti, remarque, a fait de même et pas qu’eux, même au Chili on a vu le PCCH faire la campagne électorale de Gabriel Gonzalez Videla qui, une fois la Guerre Froide commencé (un an après) , a mis le PCCH hors la loi. Et tu peux chercher partout et partout tu trouveras la même politique.

    Bien sur, Staline n’y était pour rien….

    Si tu veux bien le croire ce n’est pas trop important, après tout, aujourd’hui que est-ce que cela peut signifier?

    Mieux vaut revenir à Lénine, oublier Staline (que peut-il nous apporter aujourd’hui?), rassembler la gauche communiste et voir si on peut avancer.

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