Misère, misère… Krach et boule de neige…! Une semaine à oublier ? Vraiment ?

Misère, misère… Krach et boule de neige…!

Une semaine à oublier ? Vraiment ?

 

 

https://i0.wp.com/www.lemesniltheribus.fr/sites/default/files/field/image/bloquee_sous_la_neig.jpg

 

 

Misère, misère… Tout est relatif… Rappelez-vous, c’est encore pas bien vieux… La semaine dernière… Les inondations qui tardent à se tarir, la neige qui paralyse les transports, les milliers d’automobilistes « naufragés » de la route, les milliers de journées de travail perdues, la perte économique que cela peut représenter…, globalement, et pour chacune des personnes concernées…

Et un « krach » financier par dessus tout ça ??? Quel « krach financier » ?

Ah, oui, la chute du « Dow Jones », la chute du « CAC », etc… Une anecdote en arrière plan de l’actu, finalement… Qui s’en soucie, réellement ? Pour la plupart d’entre nous, nous avons effectivement bien d’autres soucis au quotidien avec cet hiver supposé « le plus doux du siècle » et ses calamités climatiques…

Effectivement, tout est relatif…

Bon, et alors ? Un « mini-krach », tout de même ? Jeudi soir, malgré une légère reprise à Wall Street, l’ensemble de la capitalisation boursière mondiale avait déjà, en moins d’une semaine, chuté de près de 6 000 milliards de Dollars, soit pratiquement l’équivalent du PIB annuel de la France et de l’Allemagne… Une paille… Sur la seule journée de Vendredi, les pertes ont encore augmenté de 1 500 milliards de Dollars, soit déjà largement plus que le PIB annuel de la Russie, par exemple !

En tout près de 7500 milliards de Dollars partis en fumée…

 

https://www.lesechos.fr/medias/2018/02/09/2152359_bourse-6000-milliards-de-dollars-partis-en-fumee-web-0301277868476.jpg

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0301277674126-la-bourse-de-paris-enregistre-sa-plus-mauvaise-semaine-depuis-deux-ans-2152471.php  )

Une fumée qui pour autant ne nous fait qu’à peine tousser, malgré le retour des frimas…

En effet, que peuvent bien signifier ces chiffres ? Malgré une chute exceptionnelle de 5,33% sur la semaine, le CAC 40 tournait encore autour des 5000 points, et plutôt au dessus, alors qu’il était tombé en dessous des 2500 points en Mars 2009, « point final », en quelque sorte de la crise précédente… Nos « traders » ne sont donc pas encore près de faire la queue aux Restaurants du Cœur !

Et que vaut cette comparaison entre monde de la finance et PIB ? Elle nous donne un ordre d’idée spectaculaire sur le décalage vertigineux entre ce monde et nos vies réelles…

L’indice du PIB, pour galvaudé qu’il soit, selon la plupart des économistes, n’en reflète pas moins une certaine réalité de la création, par l’activité économique, de richesses, et spécialement de valeurs d’usages transformables en valeurs d’échanges, biens et services, ce que nous appelons couramment l’ « économie réelle »…

On pourrait discuter de l’influence de cet « incident » boursier, comme de celle des intempéries, du reste, sur l’évolution annuelle du PIB…

Pour situer le problème, il faut savoir que sur l’année « noire » 2008 la capitalisation boursière en France a reculé de 42,68% , alors que le PIB, lui, n’a reculé que de 2,9%.

( https://www.latribune.fr/bourse/20081231trib000326930/annee-noire-pour-la-bourse-de-paris-qui-a-perdu-4268-en-2008.html )

A l’échelle mondiale le décalage, en 2008, est encore plus flagrant, avec un recul global de capitalisation de 50%, soit près de 30 000 milliards de Dollars, représentant également un équivalent de plus de 50% de la valeur du PIB mondial, alors que ce PIB lui-même ne s’est « tassé » que de 0,3%… !

( https://www.lcl.com/guides-pratiques/zooms-economiques/pib-produit-interieur-brut.jsp# )

En fin de compte, tout ne va-t-il donc pas si mal ? Alors pourquoi toute cette misère accablant encore des milliards d’êtres humains sur la planète… ?

« Quelques chiffres proposés par le Programme des Nations Unies pour le Développement :
Plus d’un milliard d’êtres humains vivent avec moins d’un dollar par jour.

  • 2,8 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, vivent avec moins de 2 dollars par jour.
  • 448 millions d’enfants souffrent d’insuffisance pondérale.
  • 876 millions d’adultes sont analphabètes, dont deux-tiers sont des femmes.
  • Chaque jour, 30 000 enfants de moins de cinq ans meurent de maladies qui auraient pu être évitées
  • Plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à de l’eau salubre.
  • 20% de la population mondiale détient 90% des richesses »

http://www.atd-quartmonde.org/qui-sommes-nous/faq/combien-y-a-t-il-de-pauvres/

 

Mais qui sont donc ces 20%, et sommes nous « dedans », s’interrogera-t-on aussitôt ?

En réalité cette présentation est encore entachée d’une très grosse hypocrisie, si l’on sait que…

 

« Huit personnes sur la planète détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, une situation « indécente » qui « exacerbe les inégalités », dénonce l’ONG britannique Oxfam dans un rapport publié en amont du World Economic Forum (WEF) qui s’ouvre mardi à Davos. »

 

https://www.challenges.fr/monde/8-multi-milliardaires-detiennent-autant-de-richesse-que-la-moitie-de-la-population-mondiale-selon-oxfam_448242  )

 

Bon, c’était il y a un an à Davos, et revoilà déjà Davos passé, en 2018, et rien n’a-t-il changé ?

Le creusement des inégalités, dans un monde capitaliste, est en réalité inexorable, et si en 2015 la richesse des 1% les plus riches représentait déjà autour de 50% de celles de la planète tout entière, ce chiffre est passé, en 2018, à 82% !!!

https://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2018-01-22/les-1-les-plus-riches-empochent-82-des-richesses-creees-lan

 

Mais le rapport OXFAM 2017 était donc déjà assez éloquent, résumé en quelques chiffres :

« Depuis 2015, les 1% les plus riches détiennent autant de richesses que le reste de la planète

À l’heure actuelle, seuls huit hommes détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale

Au cours des 20 prochaines années, 500 personnes transmettront plus de 2 100 milliards de dollars à leurs héritiers, soit plus que le PIB de l’Inde, un pays qui

compte 1,3 milliard d’habitants

Les revenus des 10 % les plus pauvres ont augmenté de moins de 3 dollars par an entre 1988 et 2011, tandis que l’augmentation des revenus des 1% les plus riches était 182 fois supérieure

Un PDG d’une entreprise du FTSE 100 ( les cent entreprises britanniques les plus capitalisées et cotées à la bourse de Londres ) gagne en un an autant que 10 000 ouvriers de l’industrie textile au Bangladesh

Aux États-Unis, une nouvelle recherche publiée par l’économiste Thomas Piketty révèle

qu’au cours des 30 dernières années, le revenu de la moitié la plus pauvre de la population n’a pas évolué, tandis que celui des 1% les plus riches a augmenté de 300 %

Au Vietnam, l’homme le plus riche du pays gagne plus en une journée que ce que

touche la personne la plus pauvre en 10 ans

.

Sans changement, les inégalités croissantes menacent de disloquer nos sociétés. Elles

exacerbent la criminalité et l’insécurité et ruinent l’éradication de

la pauvreté. L’espoir s’amenuise, laissant plus de place à la peur. »

https://d1tn3vj7xz9fdh.cloudfront.net/s3fs-public/file_attachments/bp-economy-for-99-percent-160117-fr.pdf  )

 

Le reste du rapport est essentiellement un appel à une « pacification » de la société par une réduction des inégalités, mais on ne voit nullement ce qui pourrait inverser la tendance, et pour cause…

Avec la modernisation des techniques de production, dont la robotique, le taux de profit sur le secteur productif est de plus en plus faible et l’argent est inexorablement attiré par le secteur financier spéculatif, et les valeurs réelles sur laquelle repose cette spéculation doivent donc être de plus en plus concentrées… Pour le capitaliste, il n’y a aucun intérêt à investir dans le productif de masse à destination d’une population de plus en plus insolvable…

Même si la richesse globale semble continuer de croitre, les inégalités ne peuvent que croitre encore davantage, et de façon exponentielle. C’est l’une des leçons essentielles de la prétendue « sortie de crise » que nous sommes supposés vivre…

La masse d’argent circulant dans la sphère financière n’a jamais été aussi colossale, ni en valeur absolue, ni en valeur relative, par rapport à celle réellement employée dans la sphère productive et sociale. Ce n’est donc pas l’ « argent qui manque », bien au contraire. Cette masse s’est déjà essentiellement accrue avec la crise de 2008 et sa « solution » qui a amené à injecter dans le système des sommes colossales pour « racheter » les actifs toxiques et autres titres faiblards qui le plombaient…

Une masse d’argent telle qu’elle noierait le système en cas de reprise réelle de l’inflation, déclenchant une nouvelle crise… Qui imposerait cette fois de détruire ce surplus d’argent, en le faisant revenir vers les banques centrales d’où il est parti, ce qui suppose qu’elles aient quelque chose à vendre… Ce qui suppose donc de remettre en circulation les actifs et titres pourris précédemment rachetés…, enclenchant ainsi un nouveau cycle de baisse boursière, sans plus de « rattrapage » bancaire possible, cette fois…

Une « solution » qui était donc, dès sa mise en œuvre, une impasse totale à plus ou moins brève échéance…

La brutale « secousse » de la semaine dernière, en pleine euphorie de supposée « reprise » est, comme un coup de tonnerre dans un ciel apparemment serein, possiblement annonciatrice de tempête, et, à tout le moins, un symptôme des contradictions insolubles dans lesquelles le système ne peut que s’enfermer.

Au final on voit bien que le problème ne réside pas dans l’argent en lui-même, qui ne fait que suivre, en l’amplifiant encore largement, l’inégalité de répartition des richesses. Injecter à nouveau un crédit de 100 milliards, comme le propose le « plan Mélenchon », par exemple, n’a évidemment aucun sens et au delà d’un effet d’aubaine ne fera qu’accentuer le problème, et pourrait même, éventuellement, être le facteur déclenchant d’une crise de sur-inflation, hors de tout contrôle, dont les plus pauvres, supposés bénéficiaires, seront les premières victimes.

Répartir la production et les richesses en fonction des besoins sociaux réels, ce n’est donc pas d’abord une question d’ « argent », mais c’est d’abord affaire de volonté politique collective, débouchant sur une planification démocratique d’ensemble de l’activité économique, incluant également une refonte du système monétaire, établi en fonction de la valeur-travail réellement produite, et non des élucubrations financières des capitalistes, qui n’y n’auront plus leur place… « L’oisif ira loger ailleurs », comme le chantait le poète… Il s’agit de changer, et d’urgence, de système économique et social.

Luniterre

 

 

 

 

 

 

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