Équilibre économique en Valeur-Travail: que devient la « concurrence »?

par tribunemlreypa

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A propos de la notion d’équilibre en valeur-travail, en économie de transition, que devient la notion de « concurrence » ?

Un échange utile sur cette question importante, en marge de l’article

E ou A, une seule lettre peut-elle changer le cours de l’histoire?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/29/e-ou-a-une-seule-lettre-peut-elle-changer-le-cours-de-lhistoire/

Republié sur AgoraVox :

 E ou A, une seule lettre peut-elle changer le cours de l'histoire ?

E ou A, une seule lettre peut-elle changer le cours de l’histoire ?

https://www.youtube.com/watch?v=n_rpie61L70 « Elaeudanla… Sur ma remington portative J’ai écrit ton nom Lætitia Elaeudanla Teïtéïa  »

1250 visites 1er jui. 2017 | 25 réactions | Luniterre   + Partager


Hermes Hermes 1er juin 18:54

@Luniterre

Bonjour, une question : selon le mode de production (le type d’outillage, l’organisation du travail, les conditions d’acheminement des matières premières, le climat,etc.), la valeur travail pour une même marchandise peut varier énormément, non ?

On aurait donc une concurrence « naturelle » qui se mettrait en place en fonction de la provenance des produits, même si à la base, il n’y a pas de l’intention de conquête de marché.

Comment l’idéologie marxiste intègre-t’elle cet aspect ?

merci de vos éclaircissements.

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 1er juin 20:02

@Hermes

Bonjour,

Effectivement, c’est une question bien réelle et très importante. Telle quelle, je pense que vous la posez en ce qui concerne une économie de transition.

Elle a été également débattue en URSS de la haute époque, bien évidemment. C’est un choix de politique économique et sociale. Si l’on parle d’une production précise socialement utile, c’est donc le volume global des besoins à satisfaire par cette production qui doit guider la décision. Si deux unités de production inégalement « rentables », en termes de valeur-travail, et assez exactement tel que vous le décrivez, sont nécessaires pour y arriver, le bon choix est de maintenir les deux. Le prix de sortie du produit étant logiquement « égalisé », il y a un déficit pour ceux qui sont du « mauvais côté », le moins rentable, en raison de handicaps techniques tels que décrits par vous-même. Mais considéré sous l’angle d’un équilibre global de l’économie de transition, la différence, pour les travailleurs concernés, sera compensée par le sur-produit des secteurs plus favorables, sans pour autant que l’on puisse parler d’« exploitation » puisque ces secteurs bénéficieront aussi des produits ainsi fabriqués à prix « égalisés ».

C’est pourquoi il est important de comprendre une économie, surtout socialiste, dans sa globalité et non uniquement en terme de « rentabilité » locale, même en termes de valeur-travail. Ceci-dit, le but est de répondre aux besoins sociaux tout en évitant les gaspillages.
Ce qui était fait de manière empirique en URSS, avec quelques ratés, effectivement, peut être revu, avec les moyens modernes, en combinant, précisément, communication et gestion interactive, et même, démocratie directe, dans bien des cas.

Luniterre

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Hermes Hermes 8 juin 11:25

@Luniterre

Merci pour cette réponse. Effectivement il faut que l’ensemble du marché soit controlé par une seule autorité, ce qui impose soit un système mondial, soit un système fermé, non ?

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 9 juin 13:59

@Hermes

La question importante n’est pas « ouvert ou fermé », mais équilibre intégrant les divers secteurs d’activités dans une dynamique de développement endogène.


A quel niveau se place cet équilibre, là est la question. Commune ? Région ? Nation ? Continent ? Monde ?


A priori, plus ce niveau est restreint localement, plus la démocratie y semble praticable.


Pour autant, une démocratie reste purement formelle et inopérante si les ressources à gérer sont insuffisantes pour un développement endogène. Car il n’y a pas d’équilibre possible, autre que purement comptable et formel.


D’où l’échec inévitable de toute forme de socialisme « communaliste », indépendamment des inégalités évidentes entre communes, qu’il implique, et qui entrainent inévitablement la reconstitution de rapports marchands inégalitaires et capitalistes.

Le cadre des nations anciennement existantes n’est donc pas illégitime, et d’autant moins qu’elles présentent un facteur d’unité culturel préexistant.

Reste à comprendre la nature des échanges possibles entre elles.

C’est donc là que se situe la notion de « fermeture » que vous évoquiez. Notion qu’il me parait plus juste de qualifier de niveau d’équilibre pour un développement économique endogène, donc…

En effet, aucune nation ou communauté économique ne peut réellement survivre en totale autarcie, et de plus, ce n’est pas humainement souhaitable.

Mais là aussi la notion d’équilibre est primordiale et suppose donc des échanges bilatéraux négociés entre toutes les nations.
Pas de « libéralisme », évidemment !

Ces accords bilatéraux doivent donc également être négociés de façon équilibrée et équitable entre chacune des nations échangeant entre elles.
Cela peut paraitre très compliqué, mais c’est pourtant ainsi que pratique… la Suisse !!!

Ce devait être la règle internationale instituée après la guerre, avant que les USA n’imposent, bien plus tard, l’OMC, sur la base du libéralisme déjà imposé par leur domination.

Ce projet d’organisation internationale du commerce (OIC) s’appelait étrangement « Charte de la Havane », dans les années 40, bien avant les Castro, donc !!

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_La_Havane

Bien entendu, cela ne résout pas forcément tous les problèmes d’inégalités entre les nations, non plus… Notamment les inégalités de ressources naturelles, évidemment.

Mais cela tend à les amortir et à les rendre non conflictuels. Une très grande nation échangeant avec une petite étant tenue d’échanger, sur cette base, en fonction des besoins nécessaires et suffisants de la petite, et sur une base d’égalité dans cet échange.

A très long terme, on peut supposer que la notion de « région économique » se substituera à celle de nation, et donc possiblement sur des bases plus équilibrées par elles-mêmes, et de taille adaptées à une gestion démocratique, incluant la gestion des échanges entre « régions »…

Évidemment on est actuellement très loin de cet idéal… vers lequel la « mondialisation » ne tend pas du tout, favorisant simplement l’émergence de nouveaux pôles d’accumulation du capital financier, de nouveau pôles de domination sur les petites nations, de nouveaux foyers de guerre potentiels, en fait.


Luniterre

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