A propos de Paul MATTICK Junior, Senior et consorts

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En réponse au camarade Michel LABELLE, du site Reconstruction Communiste-Québec, à propos d’un article qu’il nous propose, sur les recherches théoriques de Paul Mattick Jr et consorts…

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Bonjour, camarade

J’ai bien reçu ta proposition de lecture de cet article:

Paul Mattick et la validation de la loi de Marx – une critique de « La Longue Dépression »

https://reconstructioncommuniste.wordpress.com/2017/06/05/paul-mattick-et-la-validation-de-la-loi-de-marx-une-critique-de-la-longue-depression/

(Pour la version anglaise originale de l’article de Michael Roberts:

https://thenextrecession.wordpress.com/2017/06/05/paul-mattick-and-validating-marxs-law-a-critique-of-the-long-depression/   )

Voici quelques réflexions que cette lecture me suggère…

Des universitaires que tu nous présentes comme de supposés « marxistes » passent donc leur temps à se gratter pour démontrer à tout prix la loi de la baisse tendancielle du taux de profit…

C’est, en quelque sorte, vouloir redémontrer le principe du fil à couper le beurre…

Le fait que plus personne n’utilise le fil pour couper le beurre n’en invalide pas pour autant le principe…

Par rapport aux théories économiques classiques dans leurs formes primitives, la théorie marxiste était réellement dans le même rapport que le fil à couper le beurre par rapport à la hache de pierre.

C’était un outil simple et précis, destiné à un but et à un usage précis.

L’est-il encore, cela peut-être une question plus utile.

Les économistes néo-classiques ont voulu masquer la précision révélatrice qu’apportait cet outil.

Il ont donc un inventé un tas de concepts qui leur tenaient lieu de « couteau suisse », bon à tous les usages, et qui leur permettait de dissimuler ce que le marxisme avait clairement révélé.

Dans leurs diverses recettes de soupes idéologiques ils ont tenté de faire disparaitre la réalité de la valeur-travail, la réalité du facteur humain dans la création de richesses.

Ils ont tenté de séparer définitivement la notion de valeur de la notion de travail avec le concept de « chaine de valeur » où le travail humain n’intervient plus que comme un « coût » susceptible de réduire la valeur, oubliant que tout moyen de production, aussi automatisé soit-il, n’est essentiellement que du travail accumulé.

Il n’est pas difficile de comprendre que c’est en réalité une façon détournée, à la fois de tenir compte de la loi de la valeur, et à la fois de tenter de la contrôler, ce qu’ils sont évidemment incapable de faire, à l’échelle du système global. D’où la persistance du cycle de crise, et sa dégénérescence en situation guerrière.

Mais vouloir démontrer, comme le font ces intellectuels présentés comme « marxistes » et/ou « marxiens », que la théorie marxiste des crises continue d’avoir une résonance critique envers le capitalisme ne mène donc à rien si cela ne sert pas à redonner toute son actualité à la notion de valeur-travail, qui est le fondement de la loi de la valeur.

La question n’est pas essentiellement dans une approche critique du capitalisme, mais dans la perspective d’alternative politique que nous voulons ouvrir.

Remettre la loi de la valeur au premier plan est utile pour redonner toute son importance réelle à la valeur-travail dans la construction d’une alternative.

Or la presque totalité des prétendus « marxistes » actuels en sont d’abord à combattre précisément cette idée, que la loi de la valeur puisse être d’une utilité quelconque dans l’élaboration d’une alternative, d’une économie de transition.

C’est aller assez carrément, même si par de multiples biais hypocrites et manipulatoires, contre l’interprétation que Marx en a fait lui-même dans sa célèbre Critique du Programme de Gotha.

Bien évidemment, une autre question fondamentale reste la possibilité de dissociation entre loi du marché et loi de la valeur, dissociation qui seule peut permettre de contrôler cette dernière, la loi de la valeur, dans l’économie de transition et donc permettre d’en faire une utilisation socialement utile.

Mais cette non-dissociation, en fin de compte, est le propre du révisionnisme de droite comme de l’opportunisme « gauchiste » idéaliste et petit-bourgeois, qui domine ces débats sous leur forme pseudo-« intellectuelle ».

Luniterre

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PS: Le vrai débat ne peut avoir lieu qu’avec la confrontation entre l’idée et la pratique politique, et cela suppose de « vulgariser » suffisamment ces notions pour les rendre accessibles au niveau de conscience actuel du prolétariat, pour qu’il puisse s’en emparer pour le débat politique et pour construire son intervention autonome.

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Valeur, Loi de la valeur, Plus-value, Un essai de brève définition

La valeur, telle qu’elle apparaît sous sa forme la plus primitive et la plus basique, la valeur d’échange, exprime une quantité de travail abstrait incorporé dans la marchandise.

Cette quantité est évaluée d’après le temps de travail moyen socialement nécessaire à la production de la marchandise.

On peut donc parler aussi justement de valeur-travail.

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Elle n’est pas forcément identique, en pratique, à la valeur marchande, qui, elle, exprime le prix de marché, soumis à la loi du marché, c’est à dire à la loi de l’offre et de la demande, par l’effet de la concurrence entre producteurs.

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La loi du marché est celle qui accentue les distorsions du marché et l’effet des crises, alors que

la loi de la valeur est celle qui tend à régler les échanges au plus près de la valeur-travail.

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Mais la loi du marché, même si elle influe grandement sur le profit capitaliste, n’est pas, par elle-même, la source de la plus-value, comme base économique essentielle de l’accumulation du capital.

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La plus-value résulte d’abord des rapports de production eux-même, tels qu’ils sont encore à la base du capitalisme actuel.

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Le salaire que le capitaliste paye au prolétaire est estimé en fonction des besoins vitaux nécessaires et suffisants pour le maintenir en état de travailler.

Cette estimation peut varier, selon le contexte, développement ou crise, selon l’environnement économique, et en fin de compte, selon le rapport de force dans la lutte des classes.

Néanmoins, si les proportions peuvent changer, tant que dure le capitalisme, le principe de création de la plus-value, lui, ne change pas :

Considéré selon la loi de la valeur, c’est à dire en parlant de valeur-travail, ou valeur d’échange, telle que définie ci-dessus, et en résumé simplifié, c’est donc la différence entre la valeur des biens dont le prolétaire a besoin pour sa survie, valeur résumée dans son salaire, et la valeur ajoutée, apportée par son travail aux biens qu’il peut produire pendant la durée contractuelle de travail, que l’on appelle plus-value.

Car en effet, au final, une partie de la production a permis au capitaliste d’amortir le salaire du prolétaire, tandis qu’une autre est bien, simplement et purement, une survaleur ajoutée par le travail, la plus-value.

La plus-value est donc une partie de la valeur ajoutée par le travail, partie que s’approprie le capitaliste propriétaire des moyens de production.

C’est cette partie qui est à la base de l’accumulation du capital.

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Pour être plus précise, et plus complète, la définition de la plus-value doit faire appel à la différence entre valeur d’échange et valeur d’usage, et à la façon dont elle se comprend dans le cas très particulier de la vente de la force de travail sous la forme salariale actuelle :

« c’est donc la différence entre la valeur des biens dont le prolétaire a besoin pour sa survie, valeur résumée dans son salaire, (valeur d’échange), et la valeur ajoutée, apportée par son travail aux biens qu’il peut produire pendant la durée contractuelle de travail, (valeur d’usage), que l’on appelle plus-value .«

En réalité, sans cette notion de distinction entre »valeur d’échange« et »valeur d’usage », la notion de plus-value ne peut pas réellement être comprise dans toutes ses conséquences, y compris et surtout pour le développement d’une économie de transition, en rupture avec le capitalisme.

Dans une économie de transition, maitriser la loi de la valeur, ce n’est pas seulement établir un équilibre simple en valeur-travail, mais aussi maitriser la loi du développement qui découle de la resocialisation de la plus-value, comme sur-valeur, resocialisée en tant que valeur-travail utile au développement collectif.

C’est la grande zone d’ombre du débat d’entre-deux guerres en URSS, et dont il est plus que temps de tirer toutes les conséquences, ce qui n’avait été qu’ébauché, juste après guerre. Et finalement non seulement laissé inachevé, malgré les travaux fondamentalement utiles du XIXème Congrès du PCUS, mais carrément remis en cause par la contre-révolution khrouchtchévienne.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/valeur-loi-de-la-valeur-plus-value-un-essai-de-breve-definition/

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A propos du débat entre deux guerres en URSS:

E ou A, une seule lettre peut-elle changer le cours de l’histoire?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/29/e-ou-a-une-seule-lettre-peut-elle-changer-le-cours-de-lhistoire/

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Comme ébauche de perspective  d’alternative, voir:

2017, Pour sortir de l’impasse… La Révolution du retour au réel !

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Sur la loi de la valeur, voir:

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/09/

marx-au-banc-dessai-de-lhistoire_vf.pdf

 

 

 

 

 

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3 commentaires

  1. Si cela était aussi simple que tu sembles vouloir le présenter, pourquoi les révolutions sociales prévues par la théorie marxiste ne se sont toujours pas produites N’y a-t-il pas des raisons biens matériels, pour être un matérialiste dialectique conséquent, qui expliquent le surplace de l’évolution historique inévitable du capitalisme vers le socialisme. Or, c’est justement ce que propose Michael Roberts. Je ne vois pas vraiment où tu veux en venir avec ton snobisme petit-bourgeois. J’aimerais donc te rappeler que le fondateur du socilalisme scientifique était lui-même un universitaire et scientifique aguerrie; il ne pétait donc pas de mauvaise broue frelatée, il fut un écrivain prolifique, un éminent chercheur ainsi qu’un philosophe de génie. Il cherchait les causes et les sources du mouvement historique des sociétés humaines. Il ne perdait donc pas son temps dans des débats superflues et puériles qui ne mènent à rien, sauf la division des forces du changement.

    Envoyé de mon iPad

    >

    1. Re-bonjour,

      Je ne critique pas l’intention informative que tu as eu en publiant ce truc, mais ce truc lui même, qui cultive une démarche stérile et loin du réel pour tout un chacun confronté à l’évidence de la crise.

      Merci, donc, de reproposer une nouvelle mouture de ton post, qui soit rédigée, de plus et si possible, dans un français correct et compréhensible.

      Si tu entends prouver l’intérêt concret de cet article pour le mouvement ouvrier, pourquoi pas… Il ne s’y dit pas que des bêtises, bien évidemment.

      Pour l’instant, et tel quel, on ne voit pas ce que cela apporte, à part un gaspillage de moyens « universitaires »…

      La question est: au service de quelle idéologie, au final, sinon de l’opportunisme « de gauche », le même qui a servi à saper le camp anti-impérialiste, et continue, aujourd’hui, à enterrer les derniers restes du marxisme vivant, s’il en reste, et du mouvement ouvrier, déjà gangrené par le social-fascisme.

      Luniterre

      1. Une réflexion complémentaire à propos de…

        « Si cela était aussi simple que tu sembles vouloir le présenter, pourquoi les révolutions sociales prévues par la théorie marxiste ne se sont toujours pas produites N’y a-t-il pas des raisons biens matériels, pour être un matérialiste dialectique conséquent, qui expliquent le surplace de l’évolution historique inévitable du capitalisme vers le socialisme. Or, c’est justement ce que propose Michael Roberts. »

        Tu sembles avoir oublié, et ce Michael Roberts aussi, si l’on te suit sur ce point, que le marxisme est une méthode d’analyse critique dialectique et non une façon de lire dans le marc de café…

        Il y avait déjà la « philosophie de comptoir », tu ne voudrais pas y ajouter le « marx de café », tout de même, non !?

        Bonne fin de journée…

        Luniterre

        PS: Et sinon, à propos de…

        « Il ne perdait donc pas son temps dans des débats superflues et puériles qui ne mènent à rien, sauf la division des forces du changement. »

        J’attends donc ton argumentation quant au fond de mes objections…

        Je ne me souviens pas non plus que Marx passait son temps à cultiver l' »unité » avec des « forces du changement » qui n’en étaient pas vraiment, sauf, précisément, à en faire une critique radicale, comme ce fut le cas pour le programme social-démocrate de Gotha…!

        Critique qui reste encore largement « incomprise » (?), et pour cause, des opportunistes de droite comme de « gauche », et notamment des intellectuels « gauchistes », universitaires et autres!


        https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

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