Maintenant sur AGORAVOX : Une seule lettre peut elle changer le cours de l’Histoire ?

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 E ou A, une seule lettre peut-elle changer le cours de l'histoire ?

E ou A, une seule lettre peut-elle changer

le cours de l’histoire ?

https://www.youtube.com/watch?v=n_rpie61L70 « Elaeudanla… Sur ma remington portative J’ai écrit ton nom Lætitia Elaeudanla Teïtéïa « 

710 visites 1er jui. 2017 | 22 réactions | Luniterre   + Partager

 

 

 

 

22 réactions à cet article

 

 

Gandalf Gandalf 1er juin 10:59

J’apprécie votre papier, mais il a cependant besoin d’une précision avant de pouvoir polémiquer.

Pourriez-vous définir ce que vous entendez par « loi de la valeur » ?

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 1er juin 15:01

@Gandalf

Bonjour,

J’ai pris le temps pour vous répondre, car si la question est simple, y faire une réponse simple est plus difficile que pour celle de Sarcastelle…

En fait, il se trouve que j’ai déjà fait une tentative approchante, sur la notion la plus basique de valeur :

***********

« La valeur, telle qu’elle apparaît sous sa forme la plus primitive et la plus basique, la valeur d’échange, exprime une quantité de travail abstrait incorporé dans la marchandise.

Cette quantité est évaluée d’après le temps de travail moyen socialement nécessaire à la production de la marchandise.

On peut donc parler aussi justement de valeur-travail. »

**************************

Pour compléter, on pourrait effectivement et utilement, et très simplement, dire que « la loi de la valeur est celle qui tend à régler les échanges au plus près de la valeur-travail. »

A noter que cette approche n’inclut pas la notion de « plus-value », qui en découle pourtant directement. En somme, on peut dire qu’elle est déjà entièrement constituée, telle quelle, dans le Capital, Livre I, 1ère et 2ème section, jusqu’au Chapitre 6, où les choses commencent à sérieusement changer, sur la question des rapports sociaux, des rapports de production.

La loi de la valeur est donc, dans les rapports sociaux, ce qu’il y a de plus basique, voire de plus « primitif », mais au bon sens du terme…

Peut-être peut on oser un parallèle « biologique », entre la simple cellule, héritée des organismes primitifs, et la complexité de l’animal évolué, incluant l’humain, au passage… Qui est, vu sous cet angle, une « société » bien organisée…

A noter encore que cette notion se définit par l’échange direct entre producteurs, le plus simple, indépendamment des distorsions dues au déséquilibre éventuel entre l’offre et la demande, faisant intervenir la notion de loi du marché, etc…

A rappeler également que la notion de « plus-value » est liée à la différence entre « valeur d’échange » et « valeur d’usage », concernant la force de travail, et non simplement à la notion de « bénéfice », au sens commercial du terme, qui peut provenir aussi des distorsions du marché.

Pour comprendre la « plus-value », il faut donc avancer dans le bouquin, Livre I, sections 3 et suivantes, et pour comprendre les distorsions entre loi de la valeur et loi du marché, le plus « simple », tout étant relatif, est de se reporter au Livre III, Chapitre 10.

J’ai néanmoins tenté également une définition ultra simplifiée de ces notions, le tout se trouvant ici :

Valeur, Loi de la valeur, Plus-value, Un essai de brève définition

Je la considérais bien évidemment comme susceptible d’amélioration, et c’est ce que je vais faire, de ce pas, en y rajoutant cette petite phrase, qui y manquait manifestement, et rédigée en réponse à votre question, que je vous remercie donc d’avoir posé…

« la loi de la valeur est celle qui tend à régler les échanges au plus près de la valeur-travail. »

Luniterre
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Gandalf Gandalf 1er juin 15:18

@Luniterre

Merci pour cette réponse. Ca me suffira.

Dans ma grille de lecture, c’est nier le « coût naturel » des choses, à savoir le prix que les propriétaires accordent à des biens, pour former un outil de production, un site plus ou moins remarquable, une position avantageuse, le prix d’une concession, etc, afin de se les échanger.

Rappel : dans ma grille de lecture, le marxisme peut s’arrêter au prolétariat, inutile de renverser la bourgeoisie animée d’un esprit libéralissime.

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 1er juin 16:37

@Gandalf

Pour info, la brève définition du tout, telle que corrigée en fonction, dans un post général ci-dessous :

http://www.agoravox.fr/commentaire4927862

Luniterre

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NDTML:

En version remise en page sur TML:

Valeur, Loi de la valeur, Plus-value, Un essai de brève définition

 

 

 

 

Gandalf Gandalf 1er juin 17:55

@Luniterre

C’est très clair.

Mais comme d’habitude, pour contourner l’appropriation de la plus-value, la définition monétaire marxiste stipule qu’il n’est plus possible d’avoir de propriété privée à but lucratif.

Alors qu’il suffit de deux monnaies distinctes, gérant la valeur-travail et la valeur-capital, et l’on peut entrevoir que le capitaliste ne peut plus s’approprier cette plus-value (puisque la monnaie-travail est gérée à part), du moins sur une base de common decency, de ne plus les mettre en concurrence, de rendre caduc l’esclavage. Seuls les capitalistes seraient en compétition entre eux, pour le profit, sur la base de la monnaie-crédit actuelle. Et in fine, la dynamique de la création, de l’expansion et de la faillite propre au monde de l’entreprise serait respectée (ce dont Marx ne dit rien il me semble).

Car toute la perversité du capitaliste, afin de pouvoir dormir tranquillement sur l’accroissement des profits, en mettant tout les prolétaires en compétition mondiale, est devenu inopérante : chacun vit directement de son travail, sans que cela apparaisse dans le prix du bien. Bref, les travailleurs se font don mutuel de leur travail au coût de base de ce même travail. Ils peuvent, par ailleurs, continuer à participer aux cotisations sociales, du régime par répartition à l’instar d’aujourd’hui.

Je ne connais pas exactement la volumétrie entre les deux monnaies qui permettraient d’établir un équilibre monétaire compensatoire pour réaliser les différents types de transactions dans l’objectif des principes précisés ci-dessus, mais ça me semble respecter la critique formulée par Marx, certains de ses objectifs (critique de la plus-value, situations de quasi-esclavage, etc), mais en employant des moyens non-coercitifs, donc non étatiques. Car la marchandise, et en amont son outil de production en économie privée, n’est qu’une proposition, rien de plus.

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 1er juin 19:02

@Gandalf

Ce qui me parait difficilement compréhensible dans votre double système, c’est la façon dont vous distinguez éventuellement profit et plus-value… Sans la plus-value accumulée, le capital se résume au capital commercial, c’est à dire à très peu de valeur réelle, comme source de profit…
C’est aussi le problème du capitalisme financier, qui, hors de sa base industrielle, se résume à un vaste jeu de monopoly, avec la monnaie de singe qui va avec…
D’où sa crise, qui loin d’être résolue, se creuse encore, avec le Quantitative Easing, par exemple, ou les DTS du FMI, etc…

Marx ne critique pas la plus-value en elle-même, qui est un produit « naturel » du travail, serait-on tenté de dire, mais l’utilisation qui en est faite par le système capitaliste, qui ne cherche qu’à accumuler au lieu de resocialiser utilement.

L’un des buts d’une économie de transition, sinon le but essentiel, est de resocialiser dans un but de développement collectivement choisi.

Avec les moyens modernes, il y a possibilité d’une gestion interactive et réellement démocratique, alors que les expériences passées avaient lieu dans des conditions très difficiles, sinon carrément dantesques. (Guerre civile, puis guerre anti-fasciste…)
Je ne parle pas des dernières années de l’URSS où la course au profit était déjà relancée au sein de la bureaucratie elle-même, à travers une économie capitaliste « parallèle » et parasite quasiment institutionnalisée.

Dans la phase supérieure du communisme, on pourrait presque dire que la « plus-value » ne disparait pas non plus tout à fait, du reste, mais en quelque sorte qu’elle est resocialisée « naturellement », sans être réellement comptabilisée.

Mais compte tenu des limites objectives de la planète, je pense qu’une forme de planification restera nécessaire, et donc une forme ou une autre de « comptabilité » aussi.

Luniterre

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Gandalf Gandalf 1er juin 22:15

@Luniterre

« Ce qui me parait difficilement compréhensible dans votre double système, c’est la façon dont vous distinguez éventuellement profit et plus-value… Sans la plus-value accumulée, le capital se résume au capital commercial, c’est à dire à très peu de valeur réelle, comme source de profit… »

Le profit est bien celui du résultat du bilan annuel, la plus-value celle qu’accorde Marx et Proudhon.La monnaie-travail ne s’accorde que dans un cadre de common decency. Au delà, le salaire rentre dans la rétribution en monnaie-crédit standard, afin de ne pas donner blanc-seing à tout contrat de travail sur la question de la rémunération. Comme vous pouvez le constater, cela permet au capitaliste d’y prélever sa plus-value (ex : statut cadre qui n’a pas d’horaires), mais également de naturellement limiter les inégalités salariales.

Mais prélever la plus-value sur ces salaires n’est qu’une limite négative, limiter les inégalités salariales est positive.

« Marx ne critique pas la plus-value en elle-même, qui est un produit « naturel » du travail, serait-on tenté de dire, mais l’utilisation qui en est faite par le système capitaliste, qui ne cherche qu’à accumuler au lieu de resocialiser utilement. »

Merci de sourcer, mais soit (cependant, je ne comprends dès lors plus pourquoi Marx réclamait l’appropriation des moyens de production par le prolétariat, il y a comme un os). Donc, en fait, vous justifiez l’exploitation par le capitaliste du prolétariat comme source de revenus pour l’état, pour être direct. Désolé, mais, par expérience, c’est une logique qui peut être mortifère pour le prolétariat à la faveur de certaines lubies non-assumés par des agents publics (nous en avons parlé concernant la Chine ou l’URSS, c’est également le cas en France).

« L’un des buts d’une économie de transition, sinon le but essentiel, est de resocialiser dans un but de développement collectivement choisi. »
Désolé, en démocratie, il n’y a pas de choix collectif, mais uniquement majoritaire.

Il ne vous aura tout de même pas échappé, que, donnant à l’individu, intervenant économique, qu’il soit public ou privé, l’autonomie de base des fruits de son travail, l’importance de l’imposition (et, par ailleurs, de la redistribution, puisque le double système le fait) diminue en conséquence. Cela permet de limiter l’omnipotence de la coercition, qu’elle soit hiérarchique et d’état. Et c’est la finalité morale de toute cette proposition.

Bref, d’accorder une autonomie de la socialisation démocratique, indispensable je dois l’avouer, vis-a-vis d’autres classes sociales. Ou de compétition internationale de la désocialisation, puisque la mondialisation est bel et bien le process pour lui savonner la planche, et nous devrions être d’accord là-dessus.

Mais également de décentraliser la décision monétaire, afin de limiter les nuisances des politiques monétaires et par extension économiques.

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 1er juin 23:23

@Gandalf

Bonsoir,

Il n’y a évidemment pas d’« os » dans la théorie marxiste de la plus-value… Seulement, il faut la comprendre sans les préjugés rabâchés par de pseudos « marxistes » d’opérette…

Ce n’est pas le fait que le capitaliste accapare les moyens de production qui « crée » la plus-value, ce qui serait assez exactement le contraire de la loi de la valeur, du reste… La plus-value résulte « naturellement » de la différence entre la valeur d’échange de la force de travail et sa valeur d’usage.
En s’accaparant les moyens de production, le capitaliste se met en situation de négocier la « valeur d’échange » (salaire) de la force de travail au meilleur prix, pour lui, c’est à dire le plus bas possible, et de s’accaparer la totalité de sa valeur d’usage, c’est à dire la totalité de sa production. La différence est donc la plus-value.

En régime socialiste le prolétariat se voit rétribué la valeur d’échange de sa force de travail au prix qu’il peut décider collectivement, et cela peut comprendre donc, en un sens, une partie de la plus-value, tandis qu’une autre lui reviendra également, sous forme de biens et de services sociaux, d’équipements collectifs, sportifs, culturels, etc… Une autre partie doit en outre, et assez évidemment, être socialisée en vue du développement économique de nouveaux secteurs, du renouvellement des anciens, etc…

D’où l’importance d’une gestion moderne, interactive et démocratique.

Pour qu’un développement durable soit possible, il est donc nécessaire qu’un choix majoritaire soit accepté et assumé collectivement, dans la mesure du possible.

La référence qui me vient tout de suite à l’esprit, concernant la répartition du produit du travail en économie de transition, c’est évidemment, encore, me direz vous, la Critique du Programme de Gotha. Non pour le schéma simplifié qui la sous-tend, mais pour les justifications théoriques qu’en donne Marx, reformulant ainsi la loi de la valeur dans cette forme « transitionnelle », qui est, en un sens, « trans-historique », car valide tant que ce cap de la transition n’a pas été complètement assumé, ce qui est manifestement encore le cas…
Sinon sur la question de la plus-value comme différentiel « échange/usage », le chapitre 6 du Livre I, déjà évoqué ci-dessus, est pas mal non plus…

Un tournant essentiel du bouquin, en tous cas…

Bonne lecture…

Luniterre

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Gandalf Gandalf 2 juin 01:36

@Luniterre

« En régime socialiste le prolétariat se voit rétribué la valeur d’échange de sa force de travail au prix qu’il peut décider collectivement, et cela peut comprendre donc, en un sens, une partie de la plus-value, tandis qu’une autre lui reviendra également, sous forme de biens et de services sociaux, d’équipements collectifs, sportifs, culturels, etc… Une autre partie doit en outre, et assez évidemment, être socialisée en vue du développement économique de nouveaux secteurs, du renouvellement des anciens, etc… »

Etre socialisé en vue de la formation des biens nécessaires à ces prestations, mais pas du travail, qui, lui, dans l’absolu, est potentiellement infini, alors que les ressources, elles, sont limitées. Voilà une autre raison de faire la distinction entre les deux monnaies.

Je vous avouerais que j’ai très peu de chances de voir ma proposition aboutir concrètement, bien qu’elle est été penser pour l’être. Mais c’est du moins un outil théorique pour contrecarrer, et la crise de la mondialisation qui lamine la France depuis 30-50 ans, et consécutivement au surpoid étatique induit, la crise de la dette publique qui viendra tôt ou tard (2180 milliards + 3400 milliards hors bilan, si je ne m’abuse).

Bonne soirée (je ne promets pas le lire « le capital », mais j’ai bien pris note du contenu de vos liens).

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babelouest babelouest 1er juin 11:51

Il est dommage que Marx s’en tienne tant à une question de « valeur ». Ne serait-il pas possible de ne pas aborder la notion de « valeur d’échange », pour se cantonner à la « valeur en soi » parfaitement acceptable dans une société non plus de l’échange, mais du partage ?

Une société du partage implique une refonte vraiment révolutionnaire de tous les rapports humains : avec le partage, la simple notion de monnaie disparaît complètement, donc celle de thésaurisation. Passent à la trappe bourgeois, accapareurs, spéculateurs, économistes, esclavagisme patent ou sournois, et même, ô sacrilège pour certains, la notion même de propriété privée. Même la constitution de 1793 en devient caduque.

La valeur « en soi » est un concept parfaitement subjectif, et c’est très bien ainsi. Le même acte qui sera sans importance pour l’un, pourra en avoir une énorme pour l’autre. Dans la mesure où nulle notion de propriété ne permet une thésaurisation, cette question de valeur subjective est parfaitement à sa place.

J’ai fort peu lu Marx, parce qu’il ne correspondait pas à mes idées de base. Tout ce qu’il a écrit, et qui a une importance de première grandeur dans le contexte actuel (hélas), n’aurait plus sa raison d’être dans une société selon mes vœux.

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 1er juin 12:58

@babelouest

La notion de « valeur en soi », que vous reconnaissez vous-même comme tout à fait subjective, ne l’est pourtant que jusqu’à un certain point…

C’est notamment le cas pour les œuvres d’art, les objets de collection, etc… dont la valeur est tout à fait subjective au départ, qui n’ont pas même réellement de valeur d’usage, mais finissent néanmoins rapidement par acquérir une valeur marchande certaine, même si aléatoire.

Le cas de l’artiste est typique de cette problématique… Il ne crée pas, généralement, de valeur d’usage, et pourtant, il doit aussi pouvoir vivre de son travail d’artiste, pour s’y consacrer réellement…

En un sens, pour survivre, il échange donc de la « valeur artistique », parfaitement subjective, au départ, contre de la valeur d’usage, celle des biens et services qui lui sont vitalement nécessaire.

Manifestement, cela passe par une certaine reconnaissance sociale de son art, qui peut varier énormément selon les contextes et l’arrière plan culturel général de la société où il vit…

Il n’y a pas de solution idéale à ce genre de problématique, sauf à supposer une grande abondance de biens disponibles librement pour tout le monde.

C’était bien ce que Marx avait en vue pour la phase supérieure du communisme… !

En même temps, il était déjà conscient, semble-t-il, des limites naturelles de la planète…

Aujourd’hui, ces limites réévaluées par la surexploitation et le déséquilibre économique planétaire reposent encore autrement et la question du partage et la question des responsabilités, individuelles et collectives.

Celles des cartels qui bousillent la planète pour accumuler du capital sont énormes.

Mais une gestion collective permettant un libre partage suppose aussi une évolution considérable des mentalités, sur le plan de la responsabilité individuelle, une évolution culturelle, donc, en profondeur.

C’est pourquoi la question d’une période de transition n’est pas vaine…

Actuellement, elle n’est plus véritablement posée, sauf de façon très marginale, via le syndrome de la bobocratie, et donc sans réelle volonté politique…

L’un des buts de cet article est de montrer en quoi les erreurs du passé peuvent être fécondes, malgré tout, si on sait en tirer les leçon historiques réelles, au delà des polémiques.

C’est aussi une manière d’hommage à tous ces gens qui ont consacré leur vie à ces tentatives, et qui, bien souvent, l’y ont carrément sacrifié.

Luniterre

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Gandalf Gandalf 1er juin 15:06

@babelouest

Le partage fait appel au don. Et cela relève dès lors d’une relation familiale, et plus largement d’une communauté (fusse-t-elle nationale, via la redistribution), plutôt que la sphère économique où on peut avoir affaire à n’importe quel autre « agent économique » inconnu, mais cela a un prix : une relation de réciprocité qui s’appelle l’échange.

J’ai fort peu lu Marx également, car je m’étais dit qu’il n’était pas sérieux de s’attarder sur le précurseur du goulag (à l’instar de Mein Kampf).

J’ai eu tord (le goulag était du ressort de la Russie tsariste auparavant). Il est très pertinent dans sa critique qui n’a pas pris une ride sociologique, même si l’analyse économique n’est plus à jour. 

Par contre, ce qui pêche fort dans son oeuvre, ceux sont les liens de cause à effet entre sa critique très virulente et la plus descriptive au possible, et des propositions assez abracadabrantesques.

S’il a voulu donner les outils au prolétariat afin de parvenir à ce que la bourgeoisie avait acquis dès la fin du XVIIIème, en singeant ce processus (on pensera également à Bakounine qui désirait une sorte de franc-maçonnerie prolétarienne), c’est ignorer les causes multiples de la révolution française (soutien anglais contre Louis XVI, famine dû aux volcans islandais, etc). Mais cela lui était impossible car lui et Hegel avaient opté pour une lecture simplifiée de l’histoire, ramenant tout à une lutte des classes, soit la dialectique matérialiste de l’histoire.

Bref, le marxisme et le communisme ont desservi finalement la classe ouvrière en étant trop conflictuels, promettant au complexe militaro-industriel US une excellente rente idéologique (un peu comme le djihadisme musulman aujourd’hui). Car, in fine, n’a t’il pas proposé qu’un autre hégémon, la société sans classe , cause pour laquelle il fallait subvertir toutes les consciences. d’une visée universelle assez improbable (les invocations universalistes des républicains procèdent de la même monomanie mortifère).

De même, vous faites la même erreur « en parlant de refonte vraiment révolutionnaire de tous les rapports humains », c’est que ses propositions nécessitent en somme un consentement totalitaire. Alors qu’en face, il ne s’agit qu’une communauté d’intérêts et donc de moyens(restreinte- on pensera au VRP des milliardairees US, Trump-).

Pour résumer, tout raisonnement qui implique de changer la nature humaine ou de transformer toute la société finit totalitaire.

Peut-être que la classe ouvrière mériterait mieux comme penseur bienveillant, du moins depuis le communisme soviétique a discrédité son oeuvre.

Mais l’auteur a le mérite de le dépoussiérer en mode expert, car Marx reste un auteur qu’on ne peut définitivement pas contourner.

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babelouest babelouest 1er juin 18:00

@Gandalf, je comprends fort bien votre contribution. La société dont je parlais ne peut en fait se développer qu’à la suite de grandes tribulations qui ont mis à bas tout le système actuel. Dans ces cas-là on ne part pas du haut, mais de tout en bas, de communautés qui subsistent, et ne peuvent subsister que selon un a priori égalitaire, induisant la fraternité — pour la liberté, on n’en parle qu’après.
http://ti1ca.com/fi8wo8py-Anarchie-A5-2016-08.pdf.html

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Gandalf Gandalf 1er juin 19:49

@babelouest

C’est pas mal comme scenario anar survivaliste ^^.

Bon, je propose quand même un modèle monétaire où les salariés se font don de leur travail avec une monnaie-travail, mais pas pour le coût du bien en monnaie-crédit, et pas pour celui qui paye en monnaie-crédit (ce dernier finançant in fine le coût du bien en monnaie-crédit pour le travailleur ou celui pour qui il cotise) : bref, celui qui n’utilise que la valeur d’usage paye moins cher que celui qui utilise la valeur pour le profit (merci à Hum de m’avoir tanné sur le sujet).

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(sarcastelle|attribut_html) sarcastelle 1er juin 12:38

Les retraités qui se comptent par régiments sur le site se posent devant de tels articles une question difficile. Que doivent-ils faire ? 

– les lire en dépit de leur longueur et de leur caractère favorisant l’assoupissement, car ils ont la chance d’avoir tout leur temps à eux.

– ne pas les lire, car le temps résiduel à vivre leur est compté et il y a tant à faire. 

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 1er juin 13:17

@sarcastelle

A question simple, réponse simple ?

D’une manière générale, si la lecture d’Agoravox permet de ne pas mourir idiot, ce ne peut donc être du temps perdu… C’est même carrément une œuvre de salut public… !

Du reste, à ce sujet, voir l’excellent article de Bernard Dugué :

Le temps des crétins, du populisme et de la barbarie 2.0
Bonne lecture, si ce n’est déjà fait…

Luniterre

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 1er juin 16:32

Bonjour à tous,

Pour info, suite à la question de Gandalf, voici l’essai de brève définition, tel que revisité en fonction :

*************************

___La valeur, telle qu’elle apparaît sous sa forme la plus primitive et la plus basique, la valeur d’échange, exprime une quantité de travail abstrait incorporé dans la marchandise.

Cette quantité est évaluée d’après le temps de travail moyen socialement nécessaire à la production de la marchandise.

On peut donc parler aussi justement de valeur-travail.

******************

___Elle n’est pas forcément identique, en pratique, à la valeur marchande, qui, elle, exprime le prix de marché, soumis à la loi du marché, c’est à dire à la loi de l’offre et de la demande, par l’effet de la concurrence entre producteurs.

******************

___La loi du marché est celle qui accentue les distorsions du marché et l’effet des crises, alors que

la loi de la valeur est celle qui tend à régler les échanges au plus près de la valeur-travail.

 

******************

___Mais la loi du marché, même si elle influe grandement sur le profit capitaliste, n’est pas, par elle-même, la source de la plus-value, comme base économique essentielle de l’accumulation du capital.

*****************

___La plus-value résulte d’abord des rapports de production eux-même, tels qu’ils sont encore à la base du capitalisme actuel.

 

*********************

___Le salaire que le capitaliste paye au prolétaire est estimé en fonction des besoins vitaux nécessaires et suffisants pour le maintenir en état de travailler.

Cette estimation peut varier, selon le contexte, développement ou crise, selon l’environnement économique, et en fin de compte, selon le rapport de force dans la lutte des classes.

Néanmoins, si les proportions peuvent changer, tant que dure le capitalisme, le principe de création de la plus-value, lui, ne change pas :

Considéré selon la loi de la valeur, c’est à dire en parlant de valeur-travail, ou valeur d’échange, telle que définie ci-dessus, et en résumé simplifié, c’est donc la différence entre la valeur des biens dont le prolétaire a besoin pour sa survie, valeur résumée dans son salaire, et la valeur ajoutée, apportée par son travail aux biens qu’il peut produire pendant la durée contractuelle de travail, que l’on appelle plus-value .

Car en effet, au final, une partie de la production a permis au capitaliste d’amortir le salaire du prolétaire, tandis qu’une autre est bien, simplement et purement, une survaleur ajoutée par le travail, la plus-value.

 

La plus-value est donc une partie de la valeur ajoutée par le travail, partie que s’approprie le capitaliste propriétaire des moyens de production.

 

C’est cette partie qui est à la base de l’accumulation du capital.

 

*********************************************************

***********************

Pour être plus précise, et plus complète, la définition de la plus-value doit faire appel à la différence entre valeur d’échange et valeur d’usage, et la façon dont elle se comprend dans le cas très particulier de la vente de la force de travail sous la forme salariale actuelle :

« c’est donc la différence entre la valeur des biens dont le prolétaire a besoin pour sa survie, valeur résumée dans son salaire, (valeur d’échange), et la valeur ajoutée, apportée par son travail aux biens qu’il peut produire pendant la durée contractuelle de travail, (valeur d’usage), que l’on appelle plus-value .« 

En réalité, sans cette notion de distinction entre »valeur d’échange« et »valeur d’usage », la notion de plus-value ne peut pas réellement être comprise dans toutes ses conséquences, y compris et surtout pour le développement d’une économie de transition, en rupture avec le capitalisme.

Dans une économie de transition, maitriser la loi de la valeur, ce n’est pas seulement établir un équilibre simple en valeur-travail, mais aussi maitriser la loi du développement qui découle de la resocialisation de la plus-value, comme sur-valeur, resocialisée en tant que valeur-travail utile au développement collectif.

C’est la grande zone d’ombre du débat d’entre-deux guerres en URSS, et dont il est plus que temps de tirer toutes les conséquences, ce qui n’avait été qu’ébauché, juste après guerre.

Luniterre

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 1er juin 17:54

Correctif :

Naturellement, dans le post ci-dessus, il faut lire :
« Pour être plus précise, et plus complète, la définition de la plus-value doit faire appel à la différence entre valeur d’échange et valeur d’usage, et à la façon dont elle se comprend dans le cas très particulier de la vente de la force de travail sous la forme salariale actuelle« 

L’ensemble de la »brève définition » est désormais en ligne, dans sa nouvelle version, ici :

Valeur, Loi de la valeur, Plus-value, Un essai de brève définition

En espérant avoir contribué à éclairer l’approche de toutes ces notions, rendues complexes, précisément, par leur interaction.

Luniterre

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Hermes Hermes 1er juin 18:54

@Luniterre

Bonjour, une question : selon le mode de production (le type d’ioutillage, l’oragnisation du travail, les conditions d’acheminement des matières premières, le climat,etc.), la valeur travail pour une meme marchandise peut varier énormément, non ?

On aurait donc une concurrence « naturelle » qui se mettrait en place en fonction de la provenance des produits, même si à la base, il n’y a pas de l’intention de conquête de marché.

Comment l’idéologie marxiste intègre-t’elle cet aspect ?

merci de vos éclaircissements.

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 1er juin 20:02

@Hermes

Bonjour,

Effectivement, c’est une question bien réelle et très importante. Telle quelle, je pense que vous la posez en ce qui concerne une économie de transition.

Elle a été également débattue en URSS de la haute époque, bien évidemment. C’est un choix de politique économique et sociale. Si l’on parle d’une production précise socialement utile, c’est donc le volume global des besoins à satisfaire par cette production qui doit guider la décision. Si deux unités de production inégalement « rentables », en termes de valeur-travail, et assez exactement tel que vous le décrivez, sont nécessaires pour y arriver, le bon choix est de maintenir les deux. Le prix de sortie du produit étant logiquement « égalisé », il y a un déficit pour ceux qui sont du « mauvais côté », le moins rentable, en raison de handicaps techniques tels que décrits par vous-même. Mais considéré sous l’angle d’un équilibre global de l’économie de transition, la différence, pour les travailleurs concernés, sera compensée par le sur-produit des secteurs plus favorables, sans pour autant que l’on puisse parler d’« exploitation » puisque ces secteurs bénéficieront aussi des produits ainsi fabriqués à prix « égalisés ».

C’est pourquoi il est important de comprendre une économie, surtout socialiste, dans sa globalité et non uniquement en terme de « rentabilité » locale, même en termes de valeur-travail. Ceci-dit, le but est de répondre aux besoins sociaux tout en évitant les gaspillages.
Ce qui était fait de manière empirique en URSS, avec quelques ratés, effectivement, peut être revu, avec les moyens modernes, en combinant, précisément, communication et gestion interactive, et même, démocratie directe, dans bien des cas.

Luniterre

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CN46400 CN46400 1er juin 19:29

Chercher dans Marx une relation concrète avec la NEP de Lénine est vain. Marx n’a pas abordé autrement que politiquement (dictature du prolétariat) le pb de la transition capitalisme-socialisme (communisme) et encore dans les sociétés du capitalisme avancé. Jamais dans un pays précapitaliste comme la Russie ou la Chine.

Seul Lénine, confronté au problème, a dû se pencher sur la question, mais il n’a pas vécu assez pour développer complètement son expérience du « capitalisme d’état » où l’état devait contrôler le capital contrairement à la société capitaliste décrite par Marx, où c’est le capital qui commande l’état.

Le chantier a été abandonné par Staline qui a prétendu sauter par dessus le capitalisme pour obtenir l’accumulation primitif du capital par l’autarcie, l’étatisme et l’exode rural forcé. Echec patent en 1991 !

Deng Xiao Ping a repris, en 1980, le pb là où l’avait laissé Lénine en 1924 et le résultat est tout aussi patent, la Chine arrive, tranquillement, sur le toit du monde…

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(Luniterre|attribut_html) Luniterre 1er juin 21:00

@CN46400

Pour ceux que la question du « socialisme à la chinoise » intéresse, voir :

Chine : capitalisme ou socialisme ? _________ Aux racines du maoïsme ___

En réalité, il n’y a aucun rapport réel entre la situation en Chine, même avant la guerre, et celle en Russie, même avant l’URSS, également. C’est ce type de raisonnement par analogie qui est tout à fait aux antipodes du marxisme, dont vous prétendez néanmoins, CN46400, vous réclamer.

L’œuvre de Marx n’est pas un livre de recettes de cuisine, où l’on est supposé trouver la solution à quelque problème que ce soit.

C’est simplement une méthode dialectique d’étude critique du monde réel, et tel qu’il peut évoluer dans le temps.
Mais apparemment, vous n’avez pas lu la Critique du Programme de Gotha, où il fait précisément la critique de la méthode opportuniste des sociaux-démocrates allemands de son temps.
Incidemment, en faisant la critique de ce programme, il aborde précisément la question de la loi de la valeur dans une économie de transition, ce qui vous a manifestement échappé, comme à bien d’autres « marxistes », du reste…

MARX, MARXISME, Critique du Programme de Gotha, Glose marginale 1, les fondamentaux économiques de la transition socialiste prolétarienne !!!

Et la question d’une économie de transition, c’est aussi bien la question d’une économie « mixte » au sens ou l’entendait Lénine et non pas Deng Xiaoping, évidemment ! Dans l’économie de Deng, il n’y a rien de « mixte », mais du pur capitalisme MONOPOLISTE d’État, tel que défini par Lénine, pour un État impérialiste, et qui est précisément le contraire du « Capitalisme d’État », tel que décrit également par Lénine, mais comme accessoire de la NEP.

La transition Mao-Deng s’est opérée, du reste, du vivant de Mao, entre un capitalisme national-bureaucratique coexistant avec une économie paysanne « communaliste » (« communes populaires ») et non socialiste, au sens réel du terme, et un capitalisme monopoliste d’État, lié très classiquement, aux flux financiers internationaux et devenu exportateur de capitaux à son tour.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

Le lien entre « socialisme communaliste » et capitalisme a été très bien décrit par Engels dans son célèbre Anti-Dühring, que Mao n’avait pas lu, certainement, pas plus que le Capital de Marx, de son aveu même…

Mais ceci est une autre histoire…

Luniterre

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