Le cri d’un prolétaire insoumis : Que faire de la valeur-travail au 21ème siècle?

 

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Que faire

 

de la valeur-travail

 

au 21ème siècle ?

 

 

 

Le cri d’un prolétaire insoumis !

 

 

L’argent, qui a tendance à disparaitre de nos poches, sous forme d’espèces et autres, n’en continue pas moins, et même plus que jamais, à dominer le monde. Tout s’achète et tout se vend. Une seule question semble, en dernier ressort, devoir trancher toutes les autres:


« Combien ça vaut? »


Mais l’argent lui-même, qui semble devoir signifier la valeur de toutes choses, des plus triviales jusqu’aux consciences que l’on croyait parfois si hautes, s’il disparait de nos poches, et généralement, plus vite qu’il n’y rentre, réapparait de façon mystérieuse, et sous la forme de chiffres astronomiques, sur les comptes des banques centrales, pour renflouer, en quelques conciliabules et quelques clics, les « valeurs financières » les plus artificiellement boursoufflées par les actifs pourtant reconnus « toxiques »… Une prime légale à l’escroquerie bancaire à grande échelle.

La « planche à billets » électronique est en fait devenue une méthode de gouvernance mondiale.

Dans ces conditions, vouloir simplement vivre décemment de son travail, est-ce encore un espoir raisonnable de nos jours?

La campagne médiatique de promotion du candidat Hamon, dans les premières phases de l’élection présidentielle, visait manifestement à introduire dans l’esprit du public, et notamment des travailleurs eux-mêmes, l’idée qu’il s’agissait là, avec cet espoir, d’une vision passéiste, et que, pour l’essentiel, le travail n’est plus créateur de valeur.

La robotique nous étant présentée aussi, dans ce domaine, comme l’équivalent de la « planche à billets » électronique des banques centrales: une sorte de génération spontanée de la valeur, déconnectée du travail humain.

Dans cette nouvelle « vision » du monde que l’on tente, comme un ballon d’essai, de nous imposer, le travailleur ne serait plus qu’un appendice résiduel et provisoire des machines en voie d’automatisation totale, et quasiment, d’autonomie autoreproductrice.

Le travailleur se trouverait ainsi dépourvu, en tant que tel, de toute fonction sociale valorisante, et réduit, selon cette « vision », à n’être qu’un consommateur appauvri destiné à absorber la production massive et essentiellement « bas de gamme » des dites machines.

En cours de route, le ballon d’essai s’est donc avéré n’être qu’une baudruche  gonflée de mensonges démagogiques grossiers et s’est fort réalistement dégonflé à peu près totalement, mais sans doute pas sans laisser de traces.


Il a concouru, et c’était sans aucun doute l’un de ses rôles, à l’idéologie dominante selon laquelle le travailleur, et notamment le prolétaire industriel, serait devenu une sorte d’accessoire superfétatoire dans l’économie moderne, disparaissant derrière les mirages de la société de consommation.


Faire disparaitre la réalité du travail derrière l’argent et la marchandise, ce n’est pas, en soi, une nouveauté. C’est même l’une des bases idéologiques essentielle sur laquelle a pu s’édifier le capitalisme moderne, plongeant lui-même ses racines dans les héritages multiples des rapports sociaux antérieurs.

 

Bref retour sur les origines du problème:


« Combien ça vaut? »


A première vue, la question ne laisse guère de place aux notions ésotériques de valeurs éthiques, morales ou philosophiques.
Pour le travailleur, il s’agit d’abord de comprendre la relation entre sa rémunération et la valeur marchande de ce qu’il crée, comme produits ou services.


Un produit n’existe que par ce qu’il correspond à un besoin, fut-il dans certains cas illusoire, mais dans une société un tant soit peu évoluée, le producteur n’en est qu’occasionnellement l’utilisateur, et même dans bien des cas, jamais.

Pour le consommateur ou l’utilisateur, le bien ou service n’a donc plus, en dernier ressort, on le voit bien, qu’une valeur d’usage.

La valeur marchande, elle, ayant été réalisée au moment de l’achat.

 

Mais en quoi cette valeur marchande est-elle ou non encore connectée avec le travail qui a permis de la produire?
Pour le comprendre, remontons carrément à l’origine du problème, à l’époque lointaine où quelques producteurs isolés pouvaient encore échanger directement entre-eux, et même le plus simplement du monde, sur la base du troc. Il n’est pas douteux que chacun tendait à valoriser au maximum, dans l’échange, ses propres efforts, son propre travail, pour produire et obtenir la marchandise à échanger. Le premier marchandage porte donc sur la comparaison directe des efforts et travaux respectifs des producteurs.


La valeur d’échange, ainsi définie, porte donc sur l’égalité supposée, ou du moins, considérée comme telle par les parties, entre les efforts et travaux des uns et des autres, même s’ils sont concrètement de nature pratique et technique, complètement différents, pour produire des biens tout à fait différents, mais des valeurs d’usage convenant aux uns et aux autres.


C’est donc l’évaluation, la mesure commune du travail fourni par les uns et par les autres qui devient, à travers l’échange, la substance de la valeur.


Le travail est donc, à la base, la substance de la valeur.


C’est par une suite d’échanges répétés entre marchandises diverses que se fixe cette évaluation, considérée comme valeur d’échange socialement acceptée entre toutes ces marchandises. C’est l’évaluation du temps de travail moyen socialement nécessaire à la production des diverses marchandises qui est, au départ, la mesure pratique de leur valeur.


C’est pourquoi on peut définir la valeur d’une marchandise, en dernier ressort, par la quantité de travail qui y est incorporée, considérée comme
temps de travail moyen socialement nécessaire à sa production.

 


Avec l’apparition d’économies plus complexes, l’apparition de l’ »argent », comme monnaie métallique, qui était d’abord « or », du reste, avant d’être argent ou autres métaux, n’échappe nullement, au départ,  à ce principe, n’étant utilisée que pour faci
liter les échanges, par des transactions différées dans le temps.


La monnaie métallique n’est donc elle-même, au départ, qu’une marchandise considérée à la fois comme telle et comme équivalent général de toutes les autres, dans les proportions respectives de leur valeurs d’échange.

 

Toutefois, il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que la fonction monétaire d’une telle marchandise ouvrait déjà la voie aux formes primitives de spéculation, et notamment, à l’usure, lointain ancêtre du crédit bancaire et donc du capitalisme du même nom, sinon, du « même métal », la monnaie tendant précisément à devenir aujourd’hui purement virtuelle…

 

Dans le développement du commerce antique, la limite reste floue, entre utilisation comme objet de troc ou utilisation véritablement monétaire des métaux, mais avec le moyen-âge et l’approche de l’époque moderne le développement des échanges commerciaux, grâce à la monnaie métallique, d’abord, puis scripturaire, ensuite, donnera naissance au capital commercial proprement dit, et au capital bancaire, qui permet son développement encore plus grand, et ensemble ils donnent naissance à la bourgeoisie moderne, pré-industrielle.

Avec le développement du commerce, l’échange se fait donc de moins en moins souvent directement entre producteurs.
Apparaissent alors l’influence plus importante de l’offre et de la demande, comme facteurs indépendants de la production, et, pourrait-on dire, la notion de marché, au sens moderne du terme, et les premières possibilités de dissociation entre valeur constituée par le travail et valeur marchande, finalisée par le prix du marché.

Mais si le profit commercial antique est principalement réalisé sur les aléas de cette dissociation prix du marché/valeur-travail,  une autre source de profit se développe, fortement encouragée par lui, et directement à la production, par le développement de différentes formes de production socialisée, d’abord sous des modes primitifs, depuis l’antiquité, avec l’esclavage, puis avec le servage et le compagnonnage, au moyen-âge, pour évoluer jusqu’à l’industrie moderne, via les premières manufactures.

De ces formes diverses de production socialisée, seule la forme industrielle moderne a donné lieu à une accumulation durable de capital. Les formes antiques et moyenâgeuses, pour brutales et féroces qu’elles furent, ayant été supplantées, en termes d’accumulation, notamment, par le capital commercial et bancaire.

En quoi le mode socialisé de production capitaliste se distingue-t-il du simple bénéfice commercial, pour le profit et l’accumulation du capital, c’est ce que nous allons tenter de résumer ici, avant d’aller plus loin.

On en revient ici au point essentiel concernant la notion de valeur-travail, comprise dans son sens premier de valeur réellement créée par le travailleur, et à la raison pour laquelle l’idéologie du système capitaliste s’acharne à la dissimuler derrière le spectacle de la « société de consommation » et tous ses écrans publicitaires, où n’existent plus de travailleurs, mais seulement des consommateurs.

 

Ce point fondamental a trait aux conditions dans lesquelles, au départ du processus de production capitaliste, le capitaliste achète la force de travail.


Il l’achète au prix correspondant aux conditions de survie du travailleur dans une société donnée, là où s’opère la transaction.
Pour ce qui concerne le prolétariat, et notamment, le prolétariat industriel, ces conditions correspondent généralement aux conditions minimum de survie dans la dite société.


Le salaire se négocie sur la base d’une durée de travail déterminée, mois, semaine ou journée, mais dont la valeur d’échange, fixée par le salaire, est sensée représenter la survie du prolétaire sur cette même durée déterminée.

C’est à dire, la valeur d’échange des biens et services nécessaires, permettant au prolétaire d’entretenir et de reproduire sa propre force de travail.

Comprendre la base du profit capitaliste moderne c’est simplement comprendre qu’ayant conclu l’achat de la force de travail via le contrat d’embauche à des conditions déterminées comme valeur d’échange, le capitaliste, devenu propriétaire de cette force de travail, en devient également le bénéficiaire en tant que valeur d’usage.

En tant que consommateur de cette force de travail, comme valeur d’usage, il reste donc propriétaire de tout ce qu’elle produit, sur cette durée contractuelle.

Or même si la valeur d’échange contractuelle permet au prolétaire de survivre sur la durée considérée, c’est à dire d’acquérir biens et services nécessaire à sa survie, la valeur d’échange totale des biens qu’il produit, sur cette même durée, et dont le capitaliste reste évidemment entièrement propriétaire, comme consommateur de la valeur d’usage « force de travail », cette valeur d’échange est largement supérieure à celle du salaire contractuel.

C’est donc la différence entre la valeur d’échange des biens et services nécessaires, consommables par le prolétaire pour sa survie, et la valeur d’échange apportée par son travail aux biens qu’il peut produire pendant la durée contractuelle de travail (valeur ajoutée) que l’on appelle plus-value .

Car en effet, au final, une partie de la production a permis au capitaliste d’amortir son investissement dans l’achat de cette force de travail, tandis qu’une autre est bien, simplement et purement, une survaleur ajoutée par le travail.

Il ne s’agit pas, ici, d’en analyser en détail tous les aspects, multiples et complexes, mais d’en comprendre le principe, pour pouvoir en analyser les conséquences et répondre, in fine, à la question de départ, que pouvons nous faire, au 21ème siècle, de la valeur-travail!

L’une des premières conséquences, la plus flagrante, et toujours d’actualité à notre époque, après plus d’un siècle et demi de luttes sociales, porte donc toujours sur la durée du travail.

On s’est rappelé, notamment à l’occasion du 1er Mai, que des prolétaires de Chicago, en 1886, on péri dans le combat pour la journée de huit heures, qui n’était pas encore acquise, loin de là. En France, malgré le massacre de Fourmies, en 1891, ce ne fut le cas qu’à partir de 1919, sur la base des 48 heures de la semaine de 6 jours, néanmoins.

On mesure évidemment la distance parcourue par les luttes sociales, mais on comprend mieux, également, pourquoi, encore aujourd’hui, un tel acharnement du capital et du patronat à vouloir faire tourner à rebours la roue de l’histoire, sur cette question de la durée du travail.


C’est bien de l’origine réelle de leur profit, qu’il s’agit, et cette origine, ce n’est autre que la valeur crée par le travail, ce qu’ils s’acharnent encore davantage à vouloir dissimuler, y compris avec l’aide de leurs séides idéologues « de gauche », sociaux-démocrates, le plus souvent, mais parfois prétendument « marxistes », également, comme le courant de la « wertkritik », et tous les « gauchistes » qu’elle influence . (*)

On comprend également mieux la propension qu’ont eu les capitalistes français à liquider l’industrie nationale pour investir leurs capitaux là où les conditions de travail sont proches ou parfois pire, même, que ce qu’elles étaient chez nous au XIXème siècle.

On comprend également pourquoi ils agissent pour recréer chez nous des rapports de force sociaux qui imposent des retours en arrière sur tous les acquis sociaux, et notamment sur la durée du travail, le travail du week-end, la rémunération des heures supplémentaires, etc…

Concernant les principes juridiques qui ont inspiré les véritables auteurs de la « loi-travail », dont notre potentiel futur président, Emmanuel Macron, on a pu constater, en dépit de leurs prétentions « modernistes », combien ils étaient plutôt alignés, en réalité, sur les pratiques sociales du XIXème siècle.

Et comme Emmanuel Macron vient de le réitérer, cela n’est pas encore suffisant, selon sa vision « futuriste », et il entend bien imposer rapidement un recul supplémentaire du droit du travail.

Au delà des discours « modernistes », le but est clairement, on le comprend bien, maintenant, de permettre au capital et au patronat de se réapproprier une part toujours plus importante de la valeur créée par le travail, au détriment des conditions de vie des travailleurs de toutes catégories, y compris et notamment, des prolétaires industriels.

Mais au delà des conditions de survie, déjà précaires, qu’il est nécessaire de sauvegarder, et même d’améliorer, si possible, on comprend bien, dans les conditions de crise chronique, depuis des décennies, et clairement sans issue, que l’avenir des luttes sociales est de construire  une alternative où la valeur réelle du travail est reconnue comme base de la vie en société et la rend possible sur une base équitable déterminée démocratiquement entre les travailleurs.

C’est pourquoi nous continuerons à étudier, sur TML et les blogs amis et associés, la nature réelle de la valeur-travail, le rôle qu’elle joue encore dans le système économique capitaliste actuel, et le rôle prépondérant qu’elle doit être amenée à remplir dans la construction d’une alternative réellement socialiste et prolétarienne.

Luniterre

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(*    Marx au banc d’essai de l’Histoire (Contre la « Wertkritik », trois articles sur l’économie politique du socialisme     )

 

Pour approfondir, un chapitre du Capital où Marx explique le principe de la plus-value:

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MARX___PLUS-VALUE

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Pour ceux qui veulent entreprendre une étude complète de la loi de la valeur, cela se trouve tout au début du Capital de Marx,

Livre 1, chapitre 1:

http://inventin.lautre.net/livres/MARX-Le-Capital-Livre-1.pdf

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(une bonne édition, d’où est extrait le chapitre édité en pdf séparé: MARX___PLUS-VALUE     ) 

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Sur le même thème, voir également cet article, où l’approche est encore plus simple et plus directe, par rapport à la perspective politique:

2017, Pour sortir de l’impasse… La Révolution du retour au réel !

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Valeur

 

Loi de la valeur

 

Plus-value

 

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Un essai

 

de brève définition

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Suite à diverses réactions aux articles et études récemment publiée sur ces sujets, sur TML, et notamment:

Le cri d’un prolétaire insoumis : Que faire de la valeur-travail au 21ème siècle?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/03/le-cri-dun-proletaire-insoumis-que-faire-de-la-valeur-travail-au-21eme-siecle/

nous tentons, dans cet encadré, de proposer une définition simplifiée de ces notions de valeur, loi de la valeur, plus-value, afin d’en faciliter la compréhension. En fonction de nouvelles réactions, elle sera, éventuellement, perfectible!

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La valeur, telle qu’elle apparaît sous sa forme la plus primitive et la plus basique, la valeur d’échange, exprime une quantité de travail abstrait incorporé dans la marchandise.

Cette quantité est évaluée d’après le temps de travail moyen socialement nécessaire à la production de la marchandise.

On peut donc parler aussi justement de valeur-travail.

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Elle n’est pas forcément identique, en pratique, à la valeur marchande, qui, elle, exprime le prix de marché, soumis à la loi du marché, c’est à dire à la loi de l’offre et de la demande, par l’effet de la concurrence entre producteurs.

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La loi du marché est celle qui accentue les distorsions du marché et l’effet des crises, alors que 

la loi de la valeur est celle qui tend à régler les échanges au plus près

de la valeur-travail.

 

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Mais la loi du marché, même si elle influe grandement sur le profit capitaliste, n’est pas, par elle-même, la source de la plus-value, comme base économique essentielle de l’accumulation du capital.

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La plus-value résulte d’abord des rapports de production eux-même, tels qu’ils sont encore à la base du capitalisme actuel.

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Le salaire que le capitaliste paye au prolétaire est estimé en fonction des besoins vitaux nécessaires et suffisants pour le maintenir en état de travailler.

Cette estimation peut varier, selon le contexte, développement ou crise, selon l’environnement économique, et en fin de compte, selon le rapport de force dans la lutte des classes.

Néanmoins, si les proportions peuvent changer, tant que dure le capitalisme, le principe de création de la plus-value, lui, ne change pas :

Considéré selon la loi de la valeur, c’est à dire en parlant de valeur-travail, ou valeur d’échange, telle que définie ci-dessus, et en résumé simplifié, c’est donc la différence entre la valeur des biens dont le prolétaire a besoin pour sa survie, valeur résumée dans son salaire, et la valeur ajoutée, apportée par son travail aux biens qu’il peut produire pendant la durée contractuelle de travail, que l’on appelle plus-value .

Car en effet, au final, une partie de la production a permis au capitaliste d’amortir le salaire du prolétaire, tandis qu’une autre est bien, simplement et purement, une survaleur ajoutée par le travail, la plus-value.

La plus-value est donc une partie de la valeur ajoutée par le travail, partie que s’approprie le capitaliste propriétaire des moyens de production.

C’est cette partie qui est à la base de l’accumulation du capital.

 

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(NDLA: Pour être plus précise, et plus complète, la définition de la plus-value doit faire appel à la différence entre valeur d’échange et valeur d’usage, et à la façon dont elle se comprend dans le cas très particulier de la vente de la force de travail sous la forme salariale actuelle :

« c’est donc la différence entre la valeur des biens dont le prolétaire a besoin pour sa survie, valeur résumée dans son salaire, (valeur d’échange), et la valeur ajoutée, apportée par son travail aux biens qu’il peut produire pendant la durée contractuelle de travail, (valeur d’usage), que l’on appelle plus-value .«

En réalité, sans cette notion de distinction entre »valeur d’échange« et »valeur d’usage », la notion de plus-value ne peut pas réellement être comprise dans toutes ses conséquences, y compris et surtout pour le développement d’une économie de transition, en rupture avec le capitalisme.

Dans une économie de transition, maitriser la loi de la valeur, ce n’est pas seulement établir un équilibre simple en valeur-travail, mais aussi maitriser la loi du développement qui découle de la resocialisation de la plus-value, comme sur-valeur, resocialisée en tant que valeur-travail utile au développement collectif.

C’est la grande zone d’ombre du débat d’entre-deux guerres en URSS, et dont il est plus que temps de tirer toutes les conséquences, ce qui n’avait été qu’ébauché, juste après guerre.

 

Cette différenciation entre valeur d’échange et valeur d’usage, généralement escamotée par la plupart des pseudos « marxistes », l’est ici, délibérément, aux fins de simplification. Pour une véritable compréhension dialectique de la notion de plus-value, on ne peut faire l’économie d’une étude plus poussée, et, a minima, telle que nous l’avions déjà résumée dans:

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Le cri d’un prolétaire insoumis : Que faire de la valeur-travail au 21ème siècle?

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/03/le-cri-dun-proletaire-insoumis-que-faire-de-la-valeur-travail-au-21eme-siecle/

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9 commentaires

  1. Bon, en raison d’un problème technique, j’ai pas le temps de lire l’article en entier ce soir, mais juste une remarque en lien direct avec notre débat par ailleurs

    tu écris au début, parlant des origines

    Il n’est pas douteux que chacun tendait à valoriser au maximum, dans l’échange, ses propres efforts, son propre travail, pour produire et obtenir la marchandise à échanger. Le premier marchandage porte donc sur la comparaison directe des efforts et travaux respectifs des producteurs.

    Mais en quoi est ce autre chose que d’un rapport d’offre et de demande ? Rien, sinon le fait que tu veuille en dépit de la raison que ce soit différent. c’est le même principe de base et quel que soit le système, il s’agit toujours du travail humain pour créer les marchandises. Le capitaliste ne fait que s’interposer pour prélever un impôt qui lui permettra de vivre du travail d’autrui. Et qui le poussera à mettre certaines stratégies en place pour faire accepter cette ponction inique, abusive. Point barre !

    1. Dans la confrontation « marchande » de deux producteurs indépendants et isolés, il y a en réalité négoce, mais pas « marché », vu qu’il n’y a pas concurrence.

      Il y a là confrontation directe de valeurs-travail et non de « prix de marché », et pour cause!

      Les mots « offre et demande », même juxtaposés, et à propos, dans ce cas, ne signifient donc pas toujours la même chose, ce que tu sembles avoir du mal à comprendre,tant ces deux mots sont une sorte d’obsession, dans tes écrits.

      Enfin, le capitalisme ne fait pas que « s’interposer », et notamment pas au sens historique, et c’est ce que l’article rappelle aussi. Le caractère essentiellement « parasite » du capitalisme ne devient prépondérant qu’avec l’impérialisme, et tout à fait écrasant, sur la planète, en tant que tel, que depuis le fort déclin de l’URSS, au tournant des années 80.

      Luniterre

      1. Salut Luniterre,

        Tu fais ce que tu me reproche par ailleurs, jouer sur les mots. Négocier, c’est marchander, peu import qu’il y ait ou non concurrence. C’est discuter sur les termes de l’échange, peu importe que cela porte sur le prix ou la valeur travail.

        La différence entre une négociation basé sur la coopération et celle sur la concurrence, c’est que dans le premier cas, il peut y avoir concurrence sur les projets, mais pas sur le produit qui est commun, dans le second cas il ne l’est pas. Autrement dit et c’est ce que je défend depuis le début, il y a pas concurrence sur les produits finis, mais uniquement sur les projets de réalisation de produits finis, lorsque le dit produit dépasse le cadre artisanal et local.

        C’est donc le niveau où se situe la coopération et la concurrence qui détermine si on traite d’une négociation en mode coopératif ou concurrentiel, mais ni la coopération ni la concurrence sont supprimé dans les deux cas. Comprendre que dans un cas, la concurrence (entre projets) sert la coopération (réalisation), dans l’autre cas, c’est l’inverse ou la coopération (d’un projets) sert la concurrence (entre produits).

        Mais c’est pas la différence fondamentale entre une société socialisé et une société capitaliste, celle ci reposant sur la présence ou non de la plus-value tiré sur l’échange via la propriété.. l’inversion du sens de relation de causalité entre coopération et concurrence est une conséquence du système adopté et non la cause. Le système capitaliste reposant sur la propriété, implique, impose que ce soit les produits qui se font concurrence et non les projets au sein d’une même propriété. E système socialisé, comme il y a plus du tout de propriété, ce sont plus les produits qui sont mis en concurrence, mais les projets seuls pour savoir lequel sera retenu par la communauté selon un choix démocratique et d’efficacité. Selon les objectifs visé par la communauté et non par le seul propriétaire.

        Quant aux mots « offre » et « demande », se sont des termes génériques et restent valables quel que soit le système dont on parle. En système socialisé, chacun doit offrir de son temps de vie en terme de valeur travail pour la communauté, sinon, cette dernière s’effondre mécaniquement. Ce n’est qu’en raison de la division du travail qu’on distingue l’offre et la demande, car sinon, chacun contient en lui même la totalité de l’offre et de la demande, c’est à dire, celle qu’il peut produire pour lui même. Mais en raison de la division du travail, il répondra que partiellement voir très partiellement à sa propre demande par son travail. Pour cela, il faut centraliser toutes les demandes et les offres pour planifier la production de manière optimale.

      2. Loi du marché, concurrence, ces termes ont des définitions suffisamment précises.

        C’est ce que nous avons tenté d’éclaircir dans notre correspondance.

        La concurrence entre projets existe aussi en système capitaliste et entraine de nombreux et couteux gâchis, pour les « perdants »… Qui sont les travailleurs des entreprises concernées, au final!

        Elle est aussi une source de corruption considérable.

        Elle n’est donc pas forcément la solution.

        « offre », en système socialiste = force productive
        « demande », en système socialiste = besoin social

        Faire correspondre les deux au mieux, par la concertation et l’interaction démocratique, c’est précisément le contraire de la concurrence.

        L’émulation entre projets peut y avoir sa place, dans certaines limites, qui excluent le gâchis de forces productives.

        La concertation en vue d’équilibrer l’économie sur la base de la loi de la valeur, entre forces productives et besoins sociaux, c’est bien une négociation entre les parties concernées, et non un marchandage, au sens de la loi du marché. Même la « concurrence entre projets » n’y joue aucunement un rôle de concurrence entre producteurs.

        Le « prix du marché » disparait donc, dans l’économie socialiste, remplacé par la valeur-travail reflétant la réalité du nouvel équilibre, et non l’effet d’une quelconque « concurrence ».

        La différenciation entre loi du marché et loi de la valeur, au sens de la valeur-travail, reste fondamentalement pertinente en régime socialiste. Et le fait que la seconde doive supplanter la première, aussi.

        « Pour cela, il faut centraliser toutes les demandes et les offres pour planifier la production de manière optimale. »

        Sur ce principe fondamental, et en donnant leurs sens exacts, en régime socialiste, aux termes « offre » et « demande », nous sommes donc tout à fait d’accord.

        Luniterre

  2. Bonjour Luniterre,

    Tu fais l’amalgame entre les mots « projet » et « produit » ou marchandise.

    Quelle est la différence entre un « projet » et un « produit » ?

    C’est que, selon leur définition propre, un projet se situe au stade de l’étude de la proposition de réalisation d’un produit, ce qui implique que ce dernier est un projet choisi parmi tous les autres, et donc, sera le seul réalisé, sauf si un autre a été aussi choisi. Mais en règle générale, c’est la synthèse de tous les projets réunis qui permettent de trouver le meilleur projet.

    Ce n’est pas la même chose de mettre des projets en tant qu’études en concurrence, que de mettre des produits ou marchandises.

    Donc, les produits ou marchandises sont pas mises en concurrence et la concurrence entre projet est ce qui permet l’émulation, car ils sont pas opposables au niveau de la production, puisque c’est seulement la synthèse de tous les projets qui sera produit.

    C’EST LA CONCURRENCE AU NIVEAU DES PRODUITS OU MARCHANDISES pour tirer la plus-value qui implique la division entre projets des propriétaires et interdit leur synthèse. Mais, s’il y a plus du tout de concurrence entre les produits, alors, la concurrence entre projets vise à stimuler la créativité et l’émulation se trouve dans la synthèse de tous les projets.

    C’est sur ce point que ta réflexion achoppe, le fait qu’en système capitaliste, c’est la propriété en vue de tirer la plus-value qui implique que les projets doivent pas êtres synthétisés, même si ils finissent par l’être avec les patentes et autres cessions de brevets. Mais cette division est la conséquence de la recherche de plus-value à tous les niveaux de l’échange, de la production. Mais dès lors où il y a plus de propriété, alors, les projets concourent tous à réaliser le même produit, mais le plus optimisé qui soit.

    La concurrence existe dans la nature, c’est un principe fondamental de la nature, aussi, on peut pas la supprimer, mais seulement la contrôler en la déplaçant d’un degré. C’est ce que nous apprends l’échec de l’URSS en brimant voir détruisant la concurrence. Il s’agit pas de prendre ses désirs pour la réalité, car cela mène toujours au totalitarisme, à la dictature, mais de considérer la réalité telle qu’elle est et de voir comment composer avec elle.

    La concurrence fait partie intégrale de la réalité, la nier conduira toujours à mettre en place une dictature et non la démocratie. Si le socialisme consiste à dire que tous les êtres sont pareils, alors, je suis contre le socialisme, parce que c’est contre nature et c’est contre la philosophie de Marx.

    Par contre, elle peut et doit être régulé en la décalant, c’est à dire ce que je répète depuis le début, en la mettant au service de la communauté et non pour permettre son asservissement. Donc, ne plus mettre les êtres en concurrence, mais leurs idées pour en extraire le meilleur, selon les besoins exprimés par la communauté toute entière et non selon une minorité exploiteuse des autres. Donc, où il existe plus du tout de brevet, qui est une souveraineté particulière sur la communauté.

    Enfin, tu remarquera qu’un projet, comporte seulement du travail intellectuel

    Toutefois, cela implique et toujours découlant de la valeur travail, le principe de la royaltie, mais là aussi, régulé par le fait que cette royaltie est contingenté et limités de manière stricte.

    La socialisation de l’économie consiste pas à donner la même chose à tous, mais à donner à chacun selon ses propres besoins et aspirations en fonction de ses mérites et capacités. C’est la condition pour que le système socialisé soit accepté par la très large majorité et non opposable au niveau éthique par la minorité restante.

    Encore une fois, il s’agit de se soumettre à la réalité et non croire pouvoir la soumettre, car c’est uniquement en considérant la réalité qu’on peut évoluer.

    Car le but est le même que le tient, soit, que la loi de la valeur travail ou pour moi, du temps de vie dédié, remplace la loi de la valeur marchandise.

    1. La leçon d’histoire réelle de l’URSS, c’est que le capitalisme est revenu avec Khrouchtchev et ses économistes partisans de la loi du marché contre la loi de la valeur. C’est à partir de cette époque que l’économie de l’URSS a commencé à stagner, avant de s’effondrer avec Gorbatchev et sa perestroïka…

      Cela ne signifie pas qu’il ne faille pas faire une étude critique du développement socialiste de l’URSS, bien au contraire, et notamment sur cette question du choix de principe économique, qui n’a jamais été clairement élucidée, jusqu’au XIXème Congrès, dont la ligne n’a pas pu être mise en œuvre, du fait de la prise de pouvoir par les khrouchtcheviens, dans des conditions non encore élucidées, non plus, du reste…

      Néanmoins, il me semble que quelques leçons essentielles ressortent de l’histoire de cette époque, sur la pertinence de la loi de la valeur en régime socialiste. C’était aussi un retour, induit par l’expérience, sur les fondamentaux du marxisme, alors qu’ils avaient été déformés par les différentes « écoles » d’économistes soviétiques, jusque là, y incluant Trotsky, clairement partisan du « socialisme de marché », selon Michel Raptis, qui sait de quoi il parle…

      http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53

      Pour Boukharine:

      « la valeur, comme catégorie du système capitaliste marchand à l’équilibre, n’est pas vraiment adéquate à la période de transition où la production de marchandises disparaît dans une large mesure, et où il n’y pas d’équilibre. »

      https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1920/boukh_trans_09.htm

      En ce qui concerne Preobrajensky, je n’ai rien trouvé sur ses conceptions fondamentales.

      En ce qui concerne Mao et la Chine, j’ai pu avancer un peu la recherche, ici:

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/

      Le débat autour des SMT touche à ces questions fondamentales, et l’echec de l’agriculture maoïste chinoise, dont les conséquences sont encore très fortes de nos jours, selon l’avis des experts actuels, a tranché, par la pratique, ce débat.

      Il s’agit là de comprendre le fond, le sens des résultats, tels qu’ils ressortent des vrais bilans économiques, et non de jouer sur les mots « offre » et « demande »… ou même « concurrence »…

      Le maoïsme, basé sur l’autonomie des communes, impliquait, de fait, une forte concurrence entre elles… On connait le résultat, …en millions de morts… En Russie, cette conception « communaliste » était préconisée par le courant « libertaire », et principalement par Kropotkine, que certains tentent encore d’exhumer comme modèle:

      https://solydairinfo.wordpress.com/2017/05/06/le-noir-brun-une-nouvelle-nuance-de-social-fascisme/

      En fin de compte, préconiser un équilibre économique fondé sur la loi de la valeur, c’est bien une leçon de l’histoire, et non une lubie dogmatique tirée des livres, même si certains restent en quelque sorte prémonitoires.

      La raison c’est le lien entre le bilan de l’expérience et les théories qui y ont mené, d’une part, et celles que l’on peut en ressortir, d’autre part, pour avancer vers de nouvelles expériences.

      Luniterre

      *******************

      Post-sriptum:

      De plus, ton analyse repose sur des éléments en grande partie utopiques:

      « Enfin, tu remarquera qu’un projet, comporte seulement du travail intellectuel »
      **********
      En matière de production, un projet qui n’est pas passé par une expérimentation et des tests pratiques n’a aucun sens…
      Et tout cela coûte fort cher et entraine d’énormes gâchis, ce que je t’ai déjà mentionné, mais dont tu ne sembles pas tenir compte.
      Les travailleurs des entreprises concernées sont actuellement les premières victimes de ces gâchis.
      Sous le socialisme, ce sera donc l’ensemble de la société qui aura a en subir les conséquences.
      ******************
      « Toutefois, cela implique et toujours découlant de la valeur travail, le principe de la royaltie, mais là aussi, régulé par le fait que cette royaltie est contingenté et limités de manière stricte.

      La socialisation de l’économie consiste pas à donner la même chose à tous, mais à donner à chacun selon ses propres besoins et aspirations en fonction de ses mérites et capacités. C’est la condition pour que le système socialisé soit accepté par la très large majorité et non opposable au niveau éthique par la minorité restante. »

      ****************
      Actuellement, même avec la « concurrence », le consumerisme aboutit à une très grande uniformisation des produits de consommation courante.

      Un « consumerisme » socialiste, véritablement interactif et démocratique obtiendra un meilleur résultat, sans concurrence, et avec moins de gâchis.

      *****************
      « Encore une fois, il s’agit de se soumettre à la réalité et non croire pouvoir la soumettre, car c’est uniquement en considérant la réalité qu’on peut évoluer. »
      ******************
      Se soumettre à quelle réalité, dans ces conditions, sinon à celles de la concurrence et du marché, de la loi du marché?
      Se soumettre à la réalité ou la transformer, tout le débat est effectivement résumé dans ce choix.

      Les révolutionnaires sont ceux qui comprennent comment, précisément, il est possible de transformer la réalité, en analysant les facteurs d’évolution et leurs catalyseurs possibles, pour la faire avancer.

      Sinon, on en serait encore à l’âge de pierre, et encore…

      *****************

      « Car le but est le même que le tient, soit, que la loi de la valeur travail ou pour moi, du temps de vie dédié, remplace la loi de la valeur marchandise. »
      *****************
      Nouveau…? La « loi de la valeur marchandise », c’est quoi?
      Ne voulais tu donc pas dire « loi du marché » !!??

      A+,

      Luniterre

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