Loi de la valeur, débat du Collectif Défense, un nouvel éclaircissement sur le 2ème volet.

(Mise en page provisoire)

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Copie du 2ème mail en réponse au Collectif Défense

Bonsoir, camarades

Après une brève interruption consacré à la publication d’un document passionnant sur la lutte actuelle en Guyane:


La Guyane en marche …vers la liberté !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/06/la-guyane-en-marche-vers-la-liberte/

Je reprends donc le fil de mes observations sur la deuxième partie de votre courrier en réponse, également publié sur votre blog:


https://collectifdefenseblog.wordpress.com/debat-sur-laction-de-la-loi-de-la-valeur-en-regime-socialiste/


En le relisant bien, il me semble que j’y ai déjà répondu en partie dans mon précédent courrier:


Loi de la valeur, débat du Collectif Défense, un nouvel éclaircissement sur le premier volet.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/06/loi-de-la-valeur-debat-du-collectif-defense-un-nouvel-eclaircissement-sur-le-premier-volet/


Toutefois, la même confusion s’y poursuit, et d’autres viennent s’y ajouter, in fine, avec quelques pirouettes polémiques en prime, pas forcément utiles, sauf à la rigueur pour m’aider à démontrer quelques uns de vos contresens!

Tout d’abord, et comme dans la première, vous commencez par enfoncer une porte ouverte:


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« L’échange implique forcément le développement de la production sociale et son évolution inéluctable. »


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Notez bien là aussi que je n’ai dit nulle part le contraire…
Dans mon dernier mail il se trouve même que j’ai formulé, à propos du capitalisme marchand, son rôle « historiquement incontournable », qui constitue « un puissant facteur d’évolution des modes de production, et donc aussi des modes d’extraction de la plus-value. »
Pour autant, là aussi,
le fait que la notion d’échange amène historiquement celle de production sociale n’entraine toujours pas que ces deux notions puissent être confondues et réduite à une seule, ce qui, incidemment, en outre, serait, encore une fois de plus, tout à fait manquer de dialectique!

La notion d’échange, à la base de la notion de valeur, et donc de la loi de la valeur, se manifeste, précisément à travers cette loi, et tout comme cette loi, sous des formes diverses selon précisément les différents types d’échanges, modes de production, rapports de production, etc…

Autrement dit, rappeler cette généralité, c’est précisément, ne rien dire encore sur ce qui distingue ces différentes formes, et notamment pas, sur la différence entre capitalisme et socialisme.

Alors que je me suis simplement permis de vous rappeler, par contre, que l’extorsion de plus-value est le moyen caractéristique par lequel s’accumule, à la base du système actuel, le capital.

Alors que le socialisme « resocialise », par opposition, une partie du sur-travail aussi bien pour les besoins sociaux collectifs que pour les besoins du développement économique socialiste.
Dans la mesure où il s’agit là d’un mode de réappropriation collective et non d’un nouveau cycle d’accumulation de capital, le fait de le préciser par une formule significative me parait tout à fait utile, justifié et approprié, précisément pour éviter les confusions, tant sur le fond que dans la forme, notamment dans notre communication d’agit-prop,  et aussi dans nos articles d’explications pédagogiques.

Non seulement cette démarche vous échappe totalement, mais c’est à partir de là, en outre, que vous réintroduisez votre confusion la plus lourde:


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« Cela explique pourquoi il s’offusque lorsque on lui dit que dans le commerce des échanges avec les pays capitalistes la règle est soumise à la loi du marché! « 


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Alors que c’est précisément ce que je vous fais remarquer comme implication de votre approche, non pour la critiquer, mais comme un simple constat, ce qui n’était pas du tout évident dans votre article, bien au contraire.
Et précisément à propos du fait que vous confondez donc, et ici, désormais,
de manière tout à fait revendiquée, en quelque sorte, loi du marché et loi de la valeur…!

L’extrait dans mon texte:
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« Dans le cas du commerce avec les pays capitalistes la relation est soumise, de manière unilatérale et incontournable, aux lois du marché mondial. Même si des négociations particulières et avantageuses peuvent être possibles, néanmoins, ce type de relation reste tributaire, dans une large mesure, de ces lois du marché.


Et donc également, de la façon dont la loi de la valeur s’exerce dans les relations économiques capitalistes.

Il est donc tout à fait inapproprié de traiter ce type de relation sur le même pied que les relations économiques à l’intérieur d’une économie socialiste.

Le fait de cette confusion, qui est donc en quelque sorte soulignée par vous même, ici, souligne précisément la confusion générale qui se dégage de votre texte, entre loi de la valeur et loi du marché. « 


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N’est-ce pas suffisamment clair?

Ne pas pouvoir distinguer ce qui ressort de la loi du marché de ce qui ressort de la loi de la valeur, c’est donc bien, de votre part, une mécompréhension de cette dernière, pour le moins…

Quant à votre affirmation suivante, selon laquelle,
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(Luniterre)… « ne conçoit pas non plus que la force régulatrice de la loi de la valeur dans les rapports d’échange diminue ses effets… »

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en toute logique, on en chercherait en vain le moindre sens, que ce soit sous le capitalisme ou le socialisme…, ou même simplement en français courant, du reste!
En ce qui concerne le capitalisme, je me suis là aussi simplement permis de vous rappeler, précisément, le rôle « régulateur » de cette loi de la valeur,  c’est à dire tendant à rétablir « spontanément » l’équilibre entre deux crises, et non pas à en déclencher systématiquement par elle-même…

Dans le socialisme, effectivement, son utilisation doit être contrôlée, dans le but de maintenir un bon équilibre dans la réalisation du plan, et à terme, son rôle s’effacera avec le passage à l’étape supérieure du communisme, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que nous n’y sommes pas encore, mais seulement à l’ébauche d’un projet alternatif socialiste prolétarien.


2017, Pour sortir de l’impasse… La Révolution du retour au réel !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/

Et donc il est contre productif, de toutes façons, de mélanger les étapes.
Le fond du débat actuel concerne le principe économique de l’étape de transition, le socialisme prolétarien.

Et c’est là, également, que vous en revenez à votre marotte incroyable pour « la dévalorisation de la monnaie en régime socialiste »! Et conçue, en quelque sorte, comme la porte d’entrée du communisme…

Alors que l’histoire de l’encerclement économique de l’URSS devrait évidemment vous aider à y voir un peu plus clair!

Tant que les pays accédant au socialisme formeront un ensemble en conflit permanent, latent, et plus ou moins ouvert selon les périodes historiques, avec les vestiges agressifs du capitalisme et de l’impérialisme, il est clair, quelque soit leur stade d’avancée sur la voie du socialisme et du communisme, qu’ils ont besoin de réaliser des échanges économiques avec certains pays capitalistes, aussi bien pour des raisons économiques que géopolitiques et géostratégiques.
Et dans cette optique, on ne voit évidemment pas l’intérêt d’une « dévalorisation monétaire », qui, en outre, les mettrait tout à fait dans la dépendance des monnaies de réserve de ces pays, et notamment du dollar, que la très grande majorité utilisent encore comme telle.

Le cas d’un pays socialiste isolé est encore plus flagrant.

Telle que vous la décrivez, cette politique monétaire ressemble fort à une politique suicidaire, telle que l’a développé le modèle khrouchtchévien. On connait la suite.

Vous prétendez que je n’aurais…
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 » …pas repéré que l’URSS ne pouvait pas faire reconnaître le rouble comme monnaie d’échange international. Il fallait des devises et de l’or pour réaliser les échanges internationaux. « 


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Alors que si vous m’aviez lu attentivement, je vous rappelle précisément que c’est le premier coup d’État khrouchtchévien, en 1953, qui a mis fin délibérément aux chances de l’URSS de faire accéder le rouble au statut de monnaie de réserve, qui devait s’effectuer non pas en « quémandant » auprès des institutions internationales, mais par le développement équilibré de ses échanges économiques internationaux, tels qu’ils étaient envisagés dans l’esprit du XIXème congrès, et dont on retrouve trace, même si déjà édulcorée, dans l’édition 1955 du Manuel économique de l’URSS.
Il en existe d’autres, plus précises, dans cet ouvrage contemporain de l’historien russe Арсен Мартиросян :  « За что убили Сталина ».

Et si vous relisez simplement la page idoine du Manuel, vous y trouverez ceci, qui peut, espérons le encore, vous aider à comprendre:


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 » Dans la société socialiste, l’or est une monnaie universelle. La réserve-or est avant tout une réserve de monnaie universelle dont l’État dispose, en tant que moyen d’achat et de paiement, pour le règlement de ses comptes internationaux en matière de commerce extérieur.

La stabilité de la monnaie soviétique est garantie non seulement par une réserve en or, mais encore et surtout par l’énorme quantité de marchandises concentrées entre les mains de l’État et mises en circulation aux prix fermes fixés par le plan. Aucune monnaie capitaliste ne possède une couverture aussi solide.

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Dans ce passage, final, du reste, dans cette page du Manuel, il y a deux éléments essentiels.


L’un, immédiat, rappelle le fait que l’URSS était en train de reconstituer son stock d’or, pillé et dilapidé par les armées blanches et les impérialistes, pendant la guerre civile.
Au tournant des années cinquante, le fait d’avoir une monnaie partiellement adossée à l’or a encore une certaine importance, même si cela, précisément, n’est plus un élément décisif aujourd’hui, comme le montrent, pour des raisons diverses, tant la Chine que les USA, ou même l’Europe, mais ce n’est pas le sujet ici.


Néanmoins vous remarquerez, à la suite, que cette possibilité d’avoir une monnaie forte sans être connectée essentiellement à l’or est le deuxième élément, le plus décisif, en réalité, et le plus « visionnaire », serait-on tentés de dire, anticipant d’une vingtaine d’année, en réalité, par ses premières expressions dans la pensée politique soviétique, le crash futur des accords de Bretton Woods:


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« La stabilité de la monnaie soviétique est garantie non seulement par une réserve en or,
mais encore et surtout par l’énorme quantité de marchandises concentrées entre les mains de l’État et mises en circulation aux prix fermes fixés par le plan. Aucune monnaie capitaliste ne possède une couverture aussi solide. »


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L’année suivante, avec le deuxième coup d’État, celui du XXème congrès, le dollar devait devenir, et jusqu’au bout, « la monnaie de réserve » de l’Union Soviétique, premier choix collaborationniste dont les conséquences, entre autres choix, étaient inéluctables, à terme.

La connexion avec l’or n’est donc plus une condition sine qua non d’une monnaie de réserve, actuellement. Par contre, le fait d’avoir une économie équilibrée, et des échanges internationaux équilibrés, également, peut encore y contribuer grandement, pour un pays socialiste.
Le fait que la masse monétaire circulant puisse être réduite, avec le développement interne des échanges de nature socialiste, sans que cela n’affaiblisse la valeur de la « monnaie socialiste », c’est, semble-t-il, un des rares point que vous ayez compris:
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 « Pour revaloriser la monnaie, il faut alors en diminuer la quantité circulante. Mais est-ce l’objet? »
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Mais manifestement sans en tirer les conséquences utiles, ni sans comprendre que cela n’enlève rien à la possibilité d’utiliser cette monnaie, et c’est précisément en cela que l’on peut la qualifier de « socialiste », comme unité de compte de la valeur-travail, dans les échanges internes en économie socialiste.
Et c’est aussi précisément en cela que, loin d’être un obstacle au développement du communisme, elle en fortifiera la cause, tant en étant forte comme valeur intrinsèque pour les échanges internationaux que  par sa force comme valeur d’exemple d’un développement socialiste harmonieux. C’est en cela qu’elle contribuera à hâter l’effondrement  du capitalisme, et par voie de conséquence, l’avènement du communisme à son stade supérieur, avec, in fine, l’effacement de la loi de la valeur, et de la fonction monétaire elle-même!


Pour ce qui est de la « notion de partage du travail », c’est étrangement un concept anti-social, selon vous, et qui « reste réservée aux aménageur du capitalisme », alors qu’à l’évidence on ne voit nulle part où ils ont bien pu le réaliser! Et pour cause, car c’est bien au contraire la concentration des tâches productives sur un nombre relativement réduit de prolétaires, et précisément dans le but de leur opposer démagogiquement « l’armée des chômeurs », qui est recherchée comme type d' »équilibre » par le système capitaliste.
Encore une évidence qui vous échappe, mais cela fera toujours l’objet d’une réponse, qui était déjà prévue, comme je vous l’ai déjà annoncé, ainsi qu’une autre sur l’évolution historique de l’URSS et ses conséquences jusque dans la Russie actuelle.

Mais d’ici là, j’ai encore aussi, par la nécessité, une vie de prolétaire actif, malgré mon âge avancé, et cela attendra donc encore un peu.

Et donc bonsoir, ou bonjour, plutôt, à l’heure où vous recevrez, probablement, le message…

Amicalement,

Luniterre

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