« Loi Travail », Valeur-Travail, « revenu minimum », où en est-on aujourd’hui, au moment du 1er débat de la « primaire de gauche »?

par tribunemlreypa

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« Loi Travail »,

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Valeur-Travail,

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« revenu minimum« 

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Où en est-on

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aujourd’hui?




« Loi Travail », Valeur-Travail, « revenu minimum », où en est-on aujourd’hui, au moment du 1er débat de la « primaire de gauche »?

 

 

Avec la « Loi Travail », institutionnalisant juridiquement la  précarité du salariat comme un droit patronal féodal, le capital a déjà repris une part considérable du terrain concédé précédemment au mouvement ouvrier et populaire, suite aux luttes sociales des générations passées.

Formellement, il reste encore une poignée hétéroclite de candidats aux présidentielles qui s’affirment comme abolitionnistes de cette loi, en cas de victoire.


Mais, néanmoins, la plupart s’affirment partisans d’une nouvelle révision du code du travail dans un sens encore plus « libéral », c’est à dire encore plus favorable au patronat…


Et comme il parait acquis également pour tous que le chômage est une donnée peu réductible, on se demande jusqu’où peuvent porter les nouvelles attaques du capital contre les droits sociaux.


Dans le même temps, cette campagne électorale est l’occasion de voir remonter à la surface du débat médiatique de vieux serpents de mer utopiques que l’on nous présente le plus sérieusement du monde comme des « solutions alternatives » susceptibles d’éradiquer la misère…
Des solutions qui seraient désormais en correspondance réaliste avec  un monde où l’emploi semble se raréfier inexorablement…


Un monde où ce serait le fait d’espérer avoir droit à un travail et de pouvoir en vivre qui serait devenu une utopie tout à fait chimérique…


Un monde où le fait d’être sans activité professionnelle serait la norme basique, et le fait d’accéder occasionnellement à l’emploi un « plus », mais pas forcément indispensable…


Un monde qui doit donc garantir une base minimum de survie oisive, non liée au fait d’être en quête d’une activité.


D’où le concept de « revenu minimum » qui serait octroyé à tout un chacun, comme ressource indépendante de toute activité ou absence d’activité, et même de toute recherche d’activité, supposée potentiellement vaine, sinon superfétatoire.



Après avoir dévalorisé le travail par la loi « El Khomri » dans le rapport des relations entre employeurs et salariés, ce concept se propose d’institutionnaliser sa dévalorisation dans le rapport global de tout citoyen avec la société dans son ensemble.


La valeur de la subsistance sociale humaine ne proviendrait plus du travail mais d’un acte de charité administrative organisé et planifié par l’État.


Une survie a minima, qu’un emploi éventuel aurait pour fonction d’améliorer, mais dont on ne serait plus en droit d’exiger ce minimum vital, qui aujourd’hui encore s’exprime à travers la notion de SMIG.


Et c’est donc l’abandon officiel, avec la perte de cette notion de salaire minimum garanti, et donc jusqu’ici « vital » en quelque sorte, que la substance sociale vitale est bien le produit du travail.


Dans la mesure où la notion de « revenu minimum » est déconnectée du travail, il ne fait guère de doute que le principe même du SMIG ne devienne rapidement caduque, et d’autant plus si les employeurs sont éventuellement mis à contribution, un tant soit peu, pour le nouveau « revenu minimum »…



De même, le fait que Caisses de Retraites et Sécurité Sociale soient financièrement le produit du travail cesse d’être une évidence.


Officiellement, les projets de « revenu universel » émanant de la « gauche » entendent conserver ces institutions en parallèle, mais tout aussi officiellement les versions droitistes se fixent déjà pour but de fusionner tous ces organismes en un seul, chargé de gérer ce « revenu minimum ».


Pour ce qui est de leur financement, du reste, on voit tout de suite, derrière les approximations fumeuses des thuriféraires « de gauche » de ces projets, qu’ils impliquent un alourdissement considérable, et probablement rédhibitoire, en fait, de la fiscalité, pour contourner cet obstacle.


Mis devant le fait accompli, il ne parait pas douteux que l’idée de fusionner Retraites, Sécu et « revenu minimum » doive s’imposer rapidement.


Concrètement, les « gauchistes » de service pour promouvoir cette idée n’auront donc été que le moyen de la concrétiser dans sa version la plus droitière. Ce qui explique la relative complaisance médiatique dont ils profitent à l’occasion des « primaires de la gauche », et notamment Benoît Hamon, qui nous est présenté, à grands renforts de sondages, comme le « Fillon potentiel » de ce  nouveau numéro du grand cirque électoral.


Et pourtant, il s’affirme comme un des plus chauds partisans de l’abolition de la loi « El Khomri », serait-on tenter d’objecter à cette démonstration pessimiste…


C’est pourquoi il nous a paru nécessaire de tester le « sérieux » de ses « propositions », en matière de « revenu universel de base », qu’il voit commencer comme une généralisation du RSA, pour aboutir au « mieux », en 2020, à un revenu de base de 750 euros… C’est sur cette base prétendument « vitale » et « optimisée » que nous avons testé la crédibilité de son projet… Cette base de 750 euros, mais qui, selon le « Mouvement Français pour le Revenu de Base »(MFRB), qui a également testé, et plutôt favorablement, ce projet, n’atteint pas, néanmoins,le seuil de pauvreté, et échoue donc, d’entrée de jeu, à remplir l’essentiel de sa mission, pour la part de population qui est supposée être maintenue durablement à l’écart de l’emploi…

http://www.revenudebase.info/2016/12/23/revenu-universel-protection-sociale-hamon/


De plus, si l’on prend la base de financement de ce « revenu », telle que proposée par Hamon, c’est à dire excluant prétendument toute ponction sur la Sécu et les retraites, il reste donc, comme ressources de base à « fusionner » dans ce « minimum vital », les fonds suivants: fond d’indemnisation du chômage, fond de la caisse d’allocations familiale, incluant le RSA et les aides au logement…


Soit l’équivalent, en « revenu » par habitant, de  150 euros/mois…


Reste donc à financer 600 euros par mois et par habitant…


Soit un total de 475,2 milliards d’euros par an…


Chiffre à mettre en rapport avec le budget de l’État français, si l’on doit admettre que, hors Sécu et retraites, ces 475,2 milliards d’euros sont inévitablement une ponction fiscale supplémentaire…


Voici ce qu’il en est, de ce budget de l’État français, pour 2017:

« Il prévoit un déficit de 69,3 milliards d’euros, soit 2,7 % du PIB. Les dépenses nettes de l’État seraient de 381,7 milliards d’euros, contre 374,3 en 2016, et les recettes nettes de 307 milliards d’euros, contre 301,7 en 2016. »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Budget_de_l’%C3%89tat_fran%C3%A7ais_en_2017#cite_note-minefi-chiffres-cles-2017-1

 

On mesure tout de suite l’absurdité du propos du candidat Benoît Hamon…


Le financement de son « revenu universel », déjà carrément déficient à 750 euros par mois, serait de toutes façons supérieur au budget total de l’État, qui est, lui, déjà déficitaire de 69,3 milliards d’euros en prévisionnel…


Question :
Hamon et les autres « promoteurs » d’une telle absurdité sont-ils pour autant les imbéciles finis qu’ils paraissent être, vus sous cet angle?


Comme on l’a vu, certains osent franchement avancer l’idée que fusionner sécu et  retraites avec le revenu de base serait la solution…
En effet, voyons ce qui est possible si l’on remet simplement en jeu le budget  de la Sécu, incluant, du reste, l’assurance vieillesse « de base »…:

 

« L’Agence centrale des organismes de sécurité sociale
(Acoss) est chargée de la trésorerie du régime général  
et pilote les unions de recouvrement des cotisations  
de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf)
qui collectent les cotisations et contributions sociales.

9,7 millions de comptes cotisants ont été gérés  
en 2015.

488,9 milliards d’euros de recettes ont été recouvrées
en 2015.

Les produits consolidés du régime général s’élèvent  
à 340 milliards d’euros en 2015.


http://www.securite-sociale.fr/IMG/pdf/chiffres_cles_ed_2016_web.pdf

 

Dans ce cas de figure, et dans ce cas de figure seulement, l’idée de « revenu minimum » retrouve une certaine crédibilité…


Encore faut-il aller chercher jusqu’aux budgets des retraites complémentaires, soit pour un total de 75 milliards d’euros supplémentaires à injecter dans cette « fusion »…
http://www.agirc-arrco.fr/fileadmin/agircarrco/documents/reperes/livret_chiffres_Agirc_et_arrco.pdf

 

Le total par tête d’habitant en France peut alors atteindre, voire dépasser légèrement (d’une dizaine d’euros, selon notre estimation…) le seuil des « mythiques » 750 euros du projet Hamon.


Mais au prix du sacrifice évident de tout ce qui reste encore des dernier droits sociaux laborieusement conquis par les générations précédentes!


Il restera encore alors à chacun de financer sa propre assurance santé et retraite, via des caisses privées, et forcément au prorata de ses ressources.


On ne peut que constater l’inégalité monstrueuse qui en ressortira: ceux qui seront durablement privés d’emploi devront survivre et se soigner avec 750 euros par mois, et cela y compris lorsqu’ils auront éventuellement atteint l’âge supposé de la « retraite », à ce niveau, ce qui devient extrêmement hypothétique, en fait, dans ce cas de figure…


Que ce type de raisonnement ait pu séduire jusqu’à une partie de l’extrême droite, on le comprend aisément…

Que de complaisants « intellectuels de gauche » et « économistes de gauche », tous bardés de diplômes et de fonctions universitaires, se fassent les chantres d’une telle monstruosité, au point de tenir colloques et conférences sur le sujet, et de prétendre en discuter sereinement et très doctement, voilà le véritable scandale que recouvre le battage médiatique tout aussi complaisant auquel on assiste, à l’occasion des « primaires de gauche », autour de cette « idée »…!!


Cette somme de complaisances ne s’explique donc bien que par les arrières pensées et les nouveaux projets ultra-réacs et rétrogrades cultivés par le capital qui les finance, même si très indirectement…

 

hamon-titre

Sur le même sujet, voir aussi:

Hamon : « Fillon de gauche »? Ou l’incroyable arnaque du « revenu universel »…

 

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/01/08/hamon-fillon-de-gauche-ou-lincroyable-arnaque-du-revenu-universel/

 

Et aussi:

La « Loi El Khomri » s’invitera-t-elle aux Présidentielles? ( Nouvelle édition )

 

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/01/03/la-loi-el-khomri-sinvitera-t-elle-aux-presidentielles-nouvelle-edition/


A côté de cette future « utopie », la « Loi El Khomri » n’est encore qu’un premier pas et un avant-goût de ce qui nous attend, selon les thuriféraires du « revenu minimum »…
Le fait que Hamon se prononce  encore pour l’abolition de la « Loi Travail »-« Loi El Khomri » devient donc purement anecdotique, et juste une « caution morale de gauche », dans la mesure où il se fait le chantre d’un projet social encore bien plus destructeur!


Il est donc maintenant clair que pour faire simplement « barrage » à la nouvelle vague anti-sociale qui se lève à l’occasion des  présidentielles 2017, il faut ajouter le critère de refus du projet de « revenu minimum » à celui d’abrogation de la « Loi Travail ». Cela réduit encore les possibilités d’un tel « barrage » et élimine, en tous cas, le candidat Hamon.

 

Luniterre

 

 

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