Âneries du nouvel an…

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Très indigeste

pour le Nouvel An…

 

 A propos du dernier article de R.Bibeau :

DE LA GUERRE MONÉTAIRE, À LA GUERRE BOURSIÈRE,
VERS LA GUERRE NUCLÉAIRE

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/aggravation-de-la-guerre-monetaire-preparant-la-guerre-nucleaire/

Encore un de ces articles où « Maître Bibeau » tente de lire dans le marc de café, en y mêlant quelques constatations d’évidences et pas mal de contre-vérités tout aussi flagrantes, pour tenter de justifier à postériori ses thèses fumeuses sur « Le déclin de l’impérialisme »…

Que l’impérialisme soit en crise chronique et nous mène à la guerre, c’est une évidence fondamentale ; qu’il soit en « déclin » suppose par contre une alternative en gestation, ce qui n’est pas encore le cas, malheureusement, vu l’état des forces politiques prolétariennes…

Quant à savoir lequel des deux, Chine ou USA, ou éventuellement un autre, en sortira « dominant », comme impérialisme, c’est là que s’enlise, dans le marc de café, et surtout dans ses propres contorsions, la prose de Bibeau…

En effet, affirmer, à propos du dollar :

« Cette hausse de la devise est par contre avantageuse pour les entreprises américaines dont les installations sont à l’extérieur du pays, qui peuvent ainsi rapatrier leurs profits libellés en yuan ou en yen qui se renchérissent une fois transformées en dollars. « 

C’est évidemment une absurdité qui va contre l’évidence, pour le coup…

Si le Yuan se dévalue, avec la crise, c’est bien parce qu’il est surévalué, maintenu à un cours forcé, sous la pression des capitaux et des autorités US, depuis plusieurs décennies…

Ce qui tend à la fois à limiter le volume des exportations de produits fabriqués en Chine, et à assurer la rentabilité des capitaux US investis dans leur production.

Avec la crise,et la baisse des exportations, cette surévaluation du Yuan n’est plus tenable…

C’est pourquoi les Chinois tentent de dévaluer « en douceur », pour soutenir à la fois leurs exportations et tenter de ralentir la fuite des capitaux, dont la rentabilité baisse, inexorablement…

C’est évidemment pourquoi Trump avait fait de la « réévaluation » (sous-entendue, forcée…) du Yuan, un de ses thèmes de campagne… !

Si les chinois bazardent donc massivement des dollars en hausse, ce n’est pas parce qu’ils « anticipent », en « investisseurs avisés », selon les visions de Bibeau, mais tout simplement parce qu’ils n’ont pas le choix…

Sauf à déclencher une crise violente, en laissant s’effondrer le Yuan, et tout leur capital financier, au passage, fondé en grande partie sur « l’épargne » des classes moyennes chinoises, investie dans le boursicotage obligé sur les bourses chinoises, où elle constitue la base de la bulle spéculative, également chronique, et qui s’effondrerait, automatiquement, par contre, avec l’effondrement du Yuan.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

A noter, pour bien comprendre, que le fait même que les chinois soient obligés d’ »épargner » est lié à la médiocrité de leurs garanties sociales, notamment en matière de retraites, et constitue un obstacle majeur au décollage réel du marché intérieur « populaire », qui ne s’est toujours pas produit, et, avec la crise, ne semble pas prochain non plus, en dépit des « visions » de Bibeau, qui fait siens, en l’occurrence, les vœux pieux des autorités chinoises, et cela depuis des années, sur ce point.

Pour illustrer ce « correctif » concernant l’évidence des âneries de Bibeau, il se trouve que nous venons juste de republier, sur TML, un court et très récent article du « Monde », ( paru exactement le même jour que

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/12/19/1972-2017-usa-chine-russie-survol-au-dessus-dun-nid-de-vautours/ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/12/21/chine-baisse-du-yuan-et-fuite-de-capitaux/ )

Quelques extraits :

 » La banque centrale chinoise ne cesse de vendre ses bons du Trésor américain pour soutenir le yuan. A en croire les chiffres du Trésor américain, publiés jeudi 15 décembre, la Chine n’est plus le premier créditeur des Etats-Unis. Le Japon a regagné cette place qu’il avait perdue en 2008. Depuis deux ans, la baisse quasi continue du yuan a en effet poussé la banque centrale chinoise à vendre ses bons du Trésor américain pour soutenir sa propre monnaie.  » (…)

« Fuite des capitaux :

Depuis l’élection de Donald Trump, le dollar s’est envolé face à la plupart des monnaies. La fuite des capitaux, malgré un contrôle étroit, est un sujet d’inquiétude pour Pékin. En octobre, les réserves de monnaies étrangères de l’ex-empire du Milieu ont baissé de 45,7 milliards de dollars, et s’élèvent à un peu plus de 3 000 milliards, soit 1 000 milliards de moins qu’en 2014. Au troisième trimestre, l’Institut de la finance internationale estime que la fonte des réserves de change chinoises a atteint 207 milliards de dollars, pas loin du record de 226 milliards établi au troisième trimestre 2015. »

Cet article sur TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/12/21/chine-baisse-du-yuan-et-fuite-de-capitaux/

Le problème, avec Bibeau, c’est que non seulement il prétend donner des leçons, mais en plus qu’il se présente comme un « ex enseignant en économie »…

http://www.agoravox.fr/auteur/robert-bibeau

« Ex… », gageons au moins que ce devait être il y a très longtemps…

Luniterre

 

 PS: Après avoir affublé Trump d’un bonnet de « Père Noël » manifestement usurpé, sauf au second degré, on serait tenté d’affubler « Maître Bibeau » d’un bonnet d’âne, qui pour le coup,ne serait pas indu, mais pour ce nouvel an, ce ne serait pas charitable, et non, non, on ne le fera pas…

us-christmas

ЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖЖ

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3 commentaires

  1. Ce qui saute aux yeux est qu’un tel « impérialisme » ( le Chinois) est bien dépendant du bon vouloir des USA.
    Car si les US peuvent leur imposer un cours forcé du Yuan et si pour s’en sortir (dévaluer) il risquent de faire sauter leur propre système financier, ils sont de fait un pays semi-dépendant.
    Donc, si les capitalistes chinois ont des vélites impérialistes, ils doivent, pour les réaliser, demander la permission des impérialistes US… Autrement, patatras!, tout peut se trouver par terre.
    Vouloir ce n’est pas toujours pouvoir.
    La Chine? Un grand pays du tiers-monde et pas encore une puissance impérialiste.

    1. Bonjour, camarade

      Nous avons déjà eu ce débat entre nous:

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/07/26/a-propos-du-capitalisme-chinois-un-echange-avec-le-camarade-viriato/

      L’aspect « semi-comprador » de l’économie chinoise est l’un des aspects qui est abordé dans cette réponse à Bibeau, qui n’y comprend rien, ou feint de ne pas comprendre, selon son habitude manipulatoire.

      Mais évidemment ce n’est plus le seul aspect, aujourd’hui, et la question et de savoir quel aspect tend à devenir dominant.Or, actuellement, l’aspect dominant du capitalisme chinois est sa nouvelle capacité à exporter des capitaux et à s’implanter partout dans le monde, au détriment des autres impérialismes, inféodés à l’impérialisme US, voire sur des zones précédemment dominées par lui.

      C’est pourquoi il est juste de parler d’impérialisme chinois, même s’il reste une partie importante d’économie interdépendante avec les USA. Même dans ce domaine, la question n’est pas réglée de savoir qui l’emportera dans ce jeu de « tu me tiens par la barbichette »… Les chinois ont la capacité de tirer plus fort, mais au risque d’y perdre gros, à court terme… A la longue, il peuvent avoir l’avantage à ce jeu… Il ajustent la riposte à la pression US, mais si elle devient trop forte, ils iront au conflit, comme il l’ont déjà clairement affirmé, et dans le domaine économique en premier, certainement, en diminuant le « cours pivot » du Yuan…

      Luniterre

      1. Salut Paul,
        C’est à voir. La nature des « investissements » chinois (des achats chinois) est particulière.
        Récemment, selon Le Figaro: « Pékin met son veto aux projets supérieurs à 10 milliards de dollars afin d’endiguer la fuite des capitaux.
        La frénésie de shopping des groupes chinois à travers le monde touche peut être déjà à sa fin. Affolé par l’accélération de la fuite des capitaux, Pékin décrète un coup d’arrêt spectaculaire aux investissements à l’étranger qui ont déjà bondi de 53 % en 2016 par rapport à l’an dernier. Tournant le dos à la stratégie de conquête encouragée par les autorités depuis plusieurs années, la seconde économie mondiale a déclenché des contrôles inédits sur les acquisitions par-delà la Grande Muraille. Les investissements d’une valeur de plus de 10 milliards de dollars sont désormais bannis jusqu’à septembre prochain, selon un document interne de la Banque centrale de Chine (PBOC) consulté par le South China Morning Post. » (Je n’ai pas pu savoir plus car c’est pour les abonnés)
        Alors un « pays impérialiste » qui limite les exportations de capitaux?
        Ou un pays qui ne sait pas que faire de ses excédants de capitaux et qui achète, par ci par là, car il n’achète pas beaucoup (voirhttps://www.societegenerale.com/sites/default/files/documents/Econote_07_CHINA_OFDI_FR.pdf)?
        Aujourd’hui, tous les pays « exportent des capitaux ». C’est à dire les capitalistes qui ont réussi à accumuler une cagnotte qui ne peuvent pas investir chez eux par manque d’un marché développé, exportent (souvent dans des pays limitrophes, voir par exemple les pays le plus avancés de l’Amérique Latine, mais aussi aux USA le grand marché du monde ou en Europe.
        Sont-ils donc tous devenus « impérialistes »? Non, évidemment, il y a ici une question de hiérarchie et de puissance militaire, d’indépendance économique, de marché intérieur développé. Un pays du « tiers-monde » mono producteur ou étroitement dépendant des technologies et des capitaux étrangers (que s’ils fuient peuvent dévaster l’économie de cet ‘impérialisme ») peut -être qualifié d’impérialiste? Ou simplement de vouloir en devenir (après un long processus de progrès économique) mais qui trouve devant lui des impérialismes constitués qui ne voudront surtout pas le laisser faire.
        Voilà la nuance, mais c’est une nuance importante, car, le conflit qui se prépare va impliquer l’impérialisme US et ses alliés impérialistes et la Chine.
        Si on ne voit pas cette nuance, on prendra l’éternelle position centriste du « ni-ni » on va déclarer cela une « guerre inter-impérialiste en faisant fi de la différence écrasante de puissance économique et militaire des uns et des autres et on fera le jeu des impérialistes occidentaux.
        Je pense que le débat antérieur n’a pas épuisée la question, non seulement parce que c’est avant tout nue question politique mais aussi parce que des nouvelles informations peuvent et doivent permettre de s’approcher plus de la réalité.
        si on défini la Chine comme un grand pays du tiers-monde avec des velléités impérialistes, on devra s’opposer à l’agression US qui se prépare.

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