Contre la schizophrénie néo-gauchiste de la wertkritik, Lénine, 1 Marx et ça repart !!

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1 MARX

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(1ère partie)

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1…, 2…, 3 Marx!? A chacun son Marx?

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A peine jeté aux oubliettes de la prétendue « fin de l’histoire » de 1989-90, voilà qu’il en ressort comme un diable de sa boite, avec la crise financière des années 2007-2008…! Tant, il est vrai, la science économique semble ne pas pouvoir se passer, pour analyser ses propres « ratés », de l' »outil » théorique forgé par Marx …

En réalité, la plupart des économistes avisés ne l’avaient guère lâché, en sous-main, pour tenter d’y voir plus clair dans leurs propres affaires, et sans l’avouer publiquement, espéraient ainsi pouvoir conjurer cette fatalité de la crise systémique rampante, déjà enracinée depuis longtemps.

« Marx contre Marx », déjà, en quelque sorte…!

Mais à ces économistes « marxiens », et non « marxistes », évidemment, selon leur propre terminologie, est venu s’ajouter tout un ensemble de courants « critiques » du capitalisme se déclarant également « marxiens », pour être sûr de ne pas être confondus avec les héritiers, même lointains par l’esprit, de l’URSS et des « marxistes » qui gravitaient autour …pourtant à une distance « respectable », et que le temps n’avait fait que rendre de plus en plus « élastique » à tous égards…

Il y eut bien, un temps, la thèse du « jeune Marx », contre le « vieux Marx », oubliant simplement que la théorie marxiste n’avait pu jaillir d’un trait de la cervelle du penseur, mais avait assez naturellement nécessité l’évolution de toute une vie, dans tous les domaines, philosophiques, politiques, économiques, etc…

Le côté « insécable » de cette pensée, pourtant foisonnante, c’est bien ce qui l’empêche de passer à la trappe de l’histoire. Encombrante, elle doit donc, pour les défenseurs du capitalisme, être détournée de son but, qui est la transformation concrète de la société…

En faire un dogme, c’était le plus sûr moyen d’en écarter les foules prolétariennes… Avec l’effondrement de l’URSS et l’aide bien involontaire de quelques intellectuels psycho-rigides qui tentaient encore de s’accrocher aux chimères de leur jeunesse, ce n’était pas bien difficile… Le travail semblait en bonne voie d’achèvement…

Mais la crise a fini par remettre en mouvement ces foules bousculées par la mondialisation et en voie de précarisation et de paupérisation galopantes…

Ce n’était plus dans la perspective d’un hypothétique et lointain « lendemain qui chante » qu’il fallait désormais répondre à leur questionnement, mais à leur souci de survie immédiate, remise en cause par cette crise, pour une part croissante des couches populaires.

Tout de suite…? Chut, allons, n’allez pas surtout pas déterrer ce vieux démon de la révolution qui gronde encore sous les ruines de la Russie à peine relevée…

« Jeune Marx », « Vieux Marx »? Non, en fait il y avait un « Marx bas de gamme », fabriqué pour le commun des mortels, peu fiable et peu solide, avec obsolescence programmée, et qui est parti en fumée avec le mur de Berlin… N’en parlons plus… C’était un « Marx exotérique », qu’on vous dit… Non, pas un « Marx exotique », le pauvre vieux n’ a même pas eu de retraite aux iles…!

Mais, si vous tenez absolument à contester le système, on a maintenant en magasin un produit « haut de gamme », un truc récent et encore peu connu du grand public jusqu’ici, réservé aux clients d’exception, qui, comme vous, sont capables de rester la « nuit debout », simplement dans l’espoir d’un lendemain, qui déchante un peu moins…

Celui-là, c’est un « Marx ésotérique », qu’on vous dit… Oui, contre ce vieux « Marx exotérique » pas encore tout à fait mort sous les décombres de l’URSS, voici ce qu’il vous faut:

Un Marx ésotérique…!

Esotérique?

Larousse…

« Esotérisme: Partie de certaines philosophies dont la pratique devait rester inconnue des profanes. (L’ésotérisme est surtout la caractéristique des philosophies pythagoricienne, kabbaliste et, de façon générale, des doctrines qui visent à créer une initiation et une hiérarchie sociale.) »

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/%C3%A9sot%C3%A9risme/31012

Une hiérarchie sociale…? Ah, bon?

Encore un de ces « marxisme » pour l’élite « intellectuelle », après tout? Mais peut-être n’a-t-on pas bien compris…

« Lexique marxien progressif : »

« Marx éxotérique/ Marx ésotérique : Par ces deux appellations, on entend distinguer deux interpretations différentes de l’oeuvre du vieux barbu, l’une étant celle traditionellement admise (exotérique), reposant principalement sur un point de vue qui se fait à partir du travail et dont l’objet d’étude est surtout la lutte des classes. Cette interprétation traditionnelle se focalise sur le mode de distribution. L’autre, et c’est celle qui nous interesse ici, est bien moins connue (ésotérique). Elle se fait non plus cette fois du point de vue du travail mais plutôt de la possibilité de son abolition. Le Marx ésotérique est celui qui critique aussi bien le mode de distribution que le mode de production capitaliste en partant de l’analyse des catégories historiquement déterminées que sont la valeur, la marchandise, l’argent, le travail, le capital. »

http://www.palim-psao.fr/lexique-wertkritik-progressif.html

Tiens… Abolition du travail? Encore une de ces utopies fumeuses pour élucubration de science-fiction… Rien d’original, donc, finalement. Et pour ce qui concerne les problèmes d’aujourd’hui, se demandent le chômeur, le précaire sur la sellette?

« Au lieu du travail précaire, l’abolition du travail »…

Ah bon? C’est donc pas une blague?

« Le contraire des conditions de travail précaires et dérégulées, ce n’est pas des conditions de travail régulées, mais pas de travail du tout. »

http://www.palim-psao.fr/article-au-lieu-du-travail-precaire-l-abolition-du-travail-par-karl-heinz-lewed-103237679.html

« Le travail ne sert pas à produire ou à accomplir des choses utiles aux humains ni à satisfaire leurs besoins. C’est l’activité spécifique qui dans le capitalisme sert à créer de la valeur, cette abstraction sociale ne connaissant rien d’autre que le mouvement perpétuel de l’accumulation du capital. »

http://www.palim-psao.fr/2016/06/pour-l-abolition-du-travail-causerie-a-manosque-24-juin.html

Et donc il suffirait d’abolir le capitalisme pour abolir le travail… Et réciproquement…!

Finalement, le chômage de masse ne serait-il pas une bénédiction? Quasiment l’antichambre de la Terre Promise…?

Generation precaire

L’idée que le travail puisse créer des valeurs socialement utiles, et non pas des valeurs capitalistes, voilà la grande idée que ces gens là combattent, en réalité!

… Et au nom de Marx… Un Marx effectivement très « ésotérique », par conséquent…!

La subtilité « ésotérique » de cette prétendue « relecture » de Marx est donc d’associer la création de la « valeur » uniquement au système capitaliste, et non d’abord au travail lui-même.

Voyons comment s’opère ce tour de passe-passe « théorique »:

« C’est le double caractère du travail et non le marché, non le rapport social de domination d’une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l’objectivation d’un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu’à la seule formation sociale capitaliste. »

Qu’est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

http://serpent-libertaire.over-blog.com/2014/12/qu-est-ce-que-la-wertkritik-critique-de-la-valeur.html

 

Et voilà « nommé » ce courant « marxien »: « critique de la valeur », d’après son nom germanique « wertkritik »… Plus commode, en effet, que « critique du travail », et fleurant, par contre, un vague parfum d’anticapitalisme « radical »…!

Et de par le fait, ce courant, à travers ses multiples ramifications et dérivations groupusculaires « gauchistes », est en train d’envahir le champ de la sémantique « anticapitaliste », au point de s’y substituer, dans bien des cas…

Un « anticapitalisme radical », en apparence, mais surtout sans danger pour le système, car délibérément sans lendemain concret:

« Un mouvement d’émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s’agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n’est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique n’a pas à fournir en pièce jointe, un mode d’emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. »

http://politproductions.com/sites/default/files/art-le_travail_est_il_ou_n_est_il_pas_la_cle_du_capitalisme-qu_est_ce_que_la_vertkritik.doc

Marx n’avait-il pas, malgré tout, ébauché les linéaments d’une alternative?

Ce serait donc à n’y rien comprendre? Et nos « nouveaux théoriciens » de se répandre à longueurs de pages en d’interminables paraphrase du « Maître » désormais « désacralisé », en quelque sorte, mais en le citant rarement in-extenso, et pour cause…

« …il nous faut reconnaître le caractère contradictoire d’une théorie marxienne qu’on a toujours tenue à tort pour une unité close. Il y a pour ainsi dire un « double Marx » : deux théoriciens sous le même crâne, qui suivent des voies d’argumentation complètement différentes. Le Marx n° 1, c’est le Marx « exotérique » et positif bien connu du public, …et mentor du mouvement ouvrier,… (…)Cela dit, il y a en même temps un tout autre Marx. Ce Marx n° 2, c’est le Marx « ésotérique » et négatif qui reste aujourd’hui encore obscur et méconnu… »

http://www.palim-psao.fr/article-le-double-marx-par-robert-kurz-120538666.html

Nous voilà donc avec un Marx schizophrène, désormais…

4 Marx

Pourtant, jusqu’à notre rencontre avec la « wertkritik », la lecture des textes de Marx sur la loi de la valeur nous avait toujours parue simple et évidente…

L’essentiel nous aurait-il donc échappé?

Peut-être avait-il donc échappé également à Lénine, désormais considéré comme adepte d’un « Marx N°1 », vulgairement « exotérique », donc…?

Voici un bref résumé, rédigé par lui pour les besoins d’un article encyclopédique:

(Il vaut d’être cité intégralement, pour deux raisons:

_1_Il résume au mieux la notion de valeur telle qu’élaborée par Marx…

_2_Il se termine par une citation de Marx, soulignée en gras par nous, et qui mérite particulièrement notre attention…)

« LENINE

La Doctrine Economique de Marx

Le but final de cet ouvrage, dit Marx dans sa préface au Capital, est de dévoiler la loi économique du mouvement de la société moderne », c’est-à-dire de la société capitaliste, de la société bourgeoise. L’étude des rapports de production d’une société donnée, historiquement déterminée dans leur naissance, leur développement et leur déclin, tel est le contenu de la doctrine économique de Marx. Ce qui domine dans la société capitaliste, c’est la production des marchandises; aussi l’analyse de Marx commence-t-elle par l’analyse de la marchandise.

LA VALEUR

La marchandise est, en premier lieu, une chose qui satisfait un besoin quelconque de l’homme; en second lieu, c’est une chose que l’on échange contre une autre. L’utilité d’une chose en fait une valeur d’usage.

La valeur d’échange (ou valeur tout court) est, tout d’abord, le rapport, la proportion, dans l’échange d’un certain nombre de valeurs d’usage d’une espèce contre un certain nombre de valeurs d’usage d’une autre espèce.

L’expérience quotidienne nous montre que des millions et des milliards de tels échanges établissent sans cesse des rapports d’équivalence entre les valeurs d’usage les plus diverses et les plus dissemblables. Qu’y a-t-il donc de commun entre ces choses différentes, continuellement ramenées les unes aux autres dans un système déterminé de rapports sociaux?

Ce qu’elles ont de commun, c’est d’être des produits du travail. En échangeant des produits, les hommes établissent des rapports d’équivalence entre les genres de travail les plus différents.

La production des marchandises est un système de rapports sociaux dans lequel les divers producteurs créent des produits variés (division sociale du travail) et les rendent équivalents au moment de l’échange.

Par conséquent, ce qui est commun à toutes les marchandises, ce n’est pas le travail concret d’une branche de production déterminée, ce n’est pas un travail d’un genre particulier, mais le travail humain abstrait, le travail humain en général.

 

Dans la société étudiée, toute la force de travail représentée par la somme des valeurs de toutes les marchandises est une seule et même force de travail humain: des milliards d’échanges le démontrent. Chaque marchandise prise à part n’est donc représentée que par une certaine portion de temps de travail socialement nécessaire.

La grandeur de la valeur est déterminée par la quantité de travail socialement nécessaire ou par le temps de travail socialement nécessaire à la production d’une marchandise donnée, d’une valeur d’usage donnée.

« … en réputant égaux dans l’échange leurs produits différents, ils [les producteurs] établissent par le fait que leurs différents travaux sont égaux. Ils le font sans le savoir. »

La valeur est un rapport entre deux personnes, a dit un vieil économiste; il aurait dû simplement ajouter: un rapport caché sous l’enveloppe des choses. C’est seulement en considérant le système des rapports sociaux de production d’une formation historique déterminée de la société, rapports apparaissant dans le phénomène de masse de l’échange répété des milliards de fois, que l’on peut comprendre ce qu’est la valeur.

« En tant que valeurs, toutes les marchandises ne sont que du travail humain cristallisé. »

Après une analyse approfondie du double caractère du travail incorporé dans les marchandises, Marx passe à l’examen de la forme de la valeur et de l’argent. Ce faisant, la principale tâche qu’il s’assigne est de rechercher l’origine de la forme monétaire de la valeur, d’étudier le processus historique du développement de l’échange, en commençant par les actes d’échange particuliers et fortuits (« forme simple, particulière ou accidentelle de la valeur »: une quantité déterminée d’une marchandise est échangée contre une quantité déterminée d’une autre marchandise) pour passer à la forme générale de la valeur, lorsque plusieurs marchandises différentes sont échangées contre une seule et même marchandise, en terminant par la forme monétaire de la valeur, où l’or apparaît comme cette marchandise déterminée, comme l’équivalent général.

 

Produit suprême du développement de l’échange et de la production marchande, l’argent estompe, dissimule le caractère social du travail individuel, le lien social entre les divers producteurs reliés les uns aux autres par le marché. Marx soumet à une analyse extrêmement détaillée les diverses fonctions de l’argent, et il importe de souligner qu’ici aussi (comme dans les premiers chapitres du Capital) la forme abstraite de l’exposé, qui paraît parfois purement déductive, reproduit en réalité une documentation extrêmement riche sur l’histoire du développement de l’échange et de la production marchande.

 

« Si nous considérons l’argent, nous constatons qu’il suppose un certain développement de l’échange des marchandises. Les formes particulières de l’argent: simple équivalent de marchandises, moyen de circulation, moyen de payement, trésor ou monnaie universelle, indiquent, suivant l’étendue variable et la prépondérance relative de l’une ou de l’autre de ces fonctions, des degrés très divers de la production sociale » (Le Capital, livre I).

 

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1914/karlmarx/km03.htm

 

Comme on le voit tout de suite, telle quelle, cette citation parait déjà évoquer une thèse diamétralement opposée à la « wertkritik »…

Mais peut-être avions nous encore mal compris…

Une citation en dehors de son contexte, objecteront les esprits chagrins de la « wertkritik »…

Nous avons donc entrepris de l’y resituer…

« Le capital, Livre I »… c’est vaste…

Autant rechercher la trace d’une goutte d’eau particulière tombée dans l’océan…

Bon, mais avec les moyens modernes, et un bon moteur de recherche…

Et voilà que retournant ou non les mots en tous sens, le dit moteur nous renvoie inexorablement au texte de Lénine, tel que traduit en français…

Une citation apocryphe dans un texte de Lénine?

Tout de même étrange, sinon improbable…

Nous référant finalement au texte russe d’origine de Lénine, nous y retrouvons donc, logiquement, la citation de Marx… en russe!

Et nous la recherchons donc dans l’œuvre de Marx traduite… en russe! Et là, miracle: ça colle!

A quelques mots prêts en début de phrase, mais qui n’en changent pas le sens, la version russe actuelle de Marx semble être assez exactement celle où Lénine a puisé sa citation…

 

Comparaison:

 

Если мы остановим своё внимание на деньгах, то увидим, что они предполагают известный уровень товарного обмена. Различные формы денег простой товарный эквивалент, или средство обращения, или средство платежа, сокровище и мировые деньги указывают, смотря по различным размерам применения и сравнительному преобладанию той или другой функции, на весьма различные ступени общественного процесса производства.

http://www.esperanto.mv.ru/Marksismo/Kapital1/kapital1-04.html#c4.3

Mais aussi:

https://www.marxists.org/russkij/marx/1867/capital_vol1/17.htm

 

Chez Lénine:

 

«Деньги предполагают известную высоту товарного обмена. Различные формы денег простой товарный эквивалент или средство обращения или средство платежа, сокровище и всемирные деньги указывают, смотря по различным размерам применения той или другой функции, по сравнительному преобладанию одной из них, на весьма различные ступени общественного процесса производства» («Капитал», I) »

http://www.esperanto.mv.ru/Marksismo/Lenin_Marx/lenmarx.html

mais aussi:

https://www.marxists.org/russkij/lenin/works/lenin008.htm

Le texte de Marx en russe serait-il galvaudé?

Tant qu’à faire, le voici dans sa langue d’origine, souligné en gras dans son contexte:

Die Darstellung des Produkts als Ware bedingt eine so weit entwickelte Teilung der Arbeit innerhalb der Gesellschaft, daß die Scheidung zwischen Gebrauchswert und Tauschwert, die im unmittelbaren Tauschhandel erst beginnt, bereits vollzogen ist. Eine solche Entwicklungsstufe ist aber den geschichtlich verschiedensten ökonomischen Gesellschaftsformationen gemein.

Oder betrachten wir das Geld, so setzt es eine gewisse Höhe des Warenaustausches voraus. Die besondren Geldformen, bloßes Warenäquivalent oder Zirkulationsmittel oder Zahlungsmittel, Schatz und Weltgeld, deuten, je nach dem verschiednen Umfang und dem relativen Vorwiegen einer oder der andren Funktion, auf sehr verschiedne Stufen des gesellschaftlichen Produktionsprozesses. Dennoch genügt erfahrungsmäßig eine relativ schwach entwickelte Warenzirkulation zur Bildung aller dieser Formen. Anders mit dem Kapital. Seine historischen Existenzbedingungen sind durchaus nicht da mit der Waren- und Geldzirkulation. Es entsteht nur, wo der Besitzer von Produktions- und Lebensmitteln den freien Arbeiter als Verkäufer seiner Arbeitskraft auf dem Markt vorfindet, und diese eine historische Bedingung umschließt eine Weltgeschichte. Das Kapital kündigt daher von vornherein eine Epoche des gesellschaftlichen Produktionsprozesses an.

http://www.mlwerke.de/me/me23/me23_161.htm

Et finalement, le même passage, dans sa traduction française actuelle:

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-6.htm

Le produit, pour devenir marchandise, exige dans la société une division du travail tellement développée que la séparation entre la valeur d’usage et la valeur d’échange, qui ne commence qu’à poindre dans le commerce en troc, soit déjà accomplie. Cependant un tel degré de développement est, comme l’histoire le prouve, compatible avec les formes économiques les plus diverses de la société.

De l’autre côté, l’échange des produits doit déjà posséder la forme de la circulation des marchandises pour que la monnaie puisse entrer en scène. Ses fonctions diverses comme simple équivalent, moyen de circulation, moyen de payement, trésor, fonds de réserve, etc., indiquent à leur tour, par la prédominance comparative de l’une sur l’autre, des phases très diverses de la production sociale. Cependant l’expérience nous apprend qu’une circulation marchande relativement peu développée suffit pour faire éclore toutes ces formes. Il n’en est pas ainsi du capital. Les conditions historiques de son existence ne coïncident pas avec la circulation des marchandises et de la monnaie. Il ne se produit que là où le détenteur des moyens de production et de subsistance rencontre sur le marché le travailleur libre qui vient y vendre sa force de travail et cette unique condition historique recèle tout un monde nouveau. Le capital s’annonce dès l’abord comme une époque de la production sociale . »

Même avec les nuances de traductions, il est difficile de ne pas voir que ce texte constitue un démenti cinglant au propos basique de la « wertkritik »… Les notions de marchandise, valeur et monnaie ne sont pas liées à la forme actuelle des rapports sociaux, au capitalisme moderne…

Même si leur abolition constitue l’un des buts du communisme dans sa phase supérieure, la fin du capitalisme n’entraine pas, à priori, leur fin immédiate…

Évidemment, si une résolution formelle pouvait décréter l' »abolition de la loi de la valeur », comme autrefois l’on avait aboli les privilèges de l’aristocratie lors de la nuit du 4 Août, ce serait plus simple…

Mais, c’est bien connu, on peut aussi décréter « l’extinction du paupérisme après 10 heures du soir » (*), il est encore inexorablement là au petit matin…

C’est bien pourquoi Marx en était arrivé à la conclusion qu’une période de transition entre capitalisme et communisme était nécessaire, et constituait une première phase de la révolution communiste.

Il a essentiellement développé ses idées à ce sujet dans la célèbre « Critique du Programme de Gotha », devenue depuis, pour cette raison, l’objet de polémiques acharnées des uns et des autres…

Du point de vue de la « Wertkritik » la question peut se résumer ainsi: ce texte de Marx, historiquement essentiel, appartient-il au « Marx ésotérique  » ou au « Marx exotérique »?

Implique-t-il l’abolition immédiate de la valeur ou bien une forme de transition de la valeur pour cette période, préalable à son abolition ultérieure, dans la phase supérieure du communisme?

C’est ce que nous tenteront d’élucider dans un prochain article…

Luniterre

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(* Formule popularisée par l’humoriste Ferdinand Lop, qui semble l’avoir empruntée à Rochefort, répondant au « Manifeste » politique du futur Napoléon III sur le sujet… Pour Rochefort, c’était dès 8 heures du soir, semble-t-il… La misère du peuple n’en était pas moins toujours là au réveil…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_Lop

http://www.napoleontrois.fr/dotclear/index.php?post/2006/09/04/161-napoleon-le-grand-cest-napoleon-iii

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FM_TML_2

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Un commentaire

  1. Bonjour,
    Article intéressant, mais complexe.
    Donc si je vous suis la valeur, d’un objet produite par le travail, n’a de valeur pour autant que l’objet en question ne trouve à se vendre, et de là pris dans le circuit social de la circulation.
    Pour ce qui concerne le chômage massif, on trouve l’explication dans la baisse tendancielle, si on reprend la baisse tendancielle du taux de profit, la robotique, du fait de la concurrence entre capitalistes, génère une baisse de la valeur globale, du fait de l’éviction de plus en plus forte du travail humain, ou de la robotisation des tâches.
    Le chômage ne trouverait de résolution, qu’à baisser drastiquement les revenus et les protections sociales ?
    Si on suit les théoriciens de la wertkritik, ceci explique cela, la baisse du taux de profit, est donc une explication à la monté en force du crédit généralisé, et donc de la financiarisation de l’économie, création d’une valeur fictive.
    En attendant de vous lire.

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