Le socialisme et la question du bilan Marxiste-Léniniste de l’URSS (2)

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Le Socialisme

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et la question du bilan

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Marxiste-Léniniste

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de l’URSS

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(2)

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D’autres contributions au débat, qui, sans refléter forcément

les analyses de fond de TML, apportent des éléments d’infos

et de connaissance historique qui se trouvent être généralement,

sinon systématiquement, occultés ou déformés

sur les médias « main stream » …

(Cet article vient donc compléter le débat amorcé suite à la republication de l’article du camarade parisien du blog

RECONSTRUCTION COMMUNISTE :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/14/le-socialisme-et-la-question-du-bilan-marxiste-leniniste-de-lurss/   )

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Voir également, en fin d’article:

 Staline – Wells ,

L’interview de 1934

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 La question de l’évaluation du socialisme en URSS reste une question extrêmement polémique. Un quart de siècle après l’effondrement de l’URSS, et 63 ans après la mort de Staline, l’évaluation de la nature de toute cette période historique reste un enjeu idéologique majeur de la lutte de classe telle que menée par le système capitaliste pour réduire à néant les dernières traces d’espoir d’une alternative réelle et non chimérique.

Le capitalisme peut très bien s’accommoder de toutes les « alternatives » utopistes, qu’elles soient « gauchistes » ou même anarchistes, sachant pertinemment qu’elles n’ont aucune chance de se concrétiser en fusionnant avec la réalité de son évolution.

Au mieux pour lui, elles lui fournissent des contingents de syndicalistes réformistes d’autant plus efficaces qu’ils ont conservé le « beau langage » de leur utopie « formatrice » et sont d’autant plus aptes à berner les prolétaires.

Au « pire » elles entretiennent une « marginalité » rendue complaisamment sympathique par la « bobocratie » des classes moyennes.

Le seul vrai cauchemar de la bourgeoisie est le retour éventuel d’une alternative basée sur le socialisme prolétarien, tel qu’il s’est durablement matérialisé, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, en URSS. C’est pourquoi il est vital pour elle d’imposer à travers les médias une évaluation extrêmement négative de toute cette période, pour pouvoir également imposer au prolétariat et au peuple sa propre vision cauchemardesque du socialisme réel.

En tout état de cause, les divers courants idéologiques réformistes et  prétendus « socialistes » utopistes qui abondent dans ce sens font le choix objectif de combattre dans le camp idéologique de la bourgeoisie.

Mais néanmoins, pour les marxistes-léninistes la question ne réside pas essentiellement, contrairement à ce que certains prétendent, dans une défense idéologique de « principes », qui reste purement  formelle et dogmatique sans une évaluation réelle de l’expérience du socialisme en URSS et dans les pays qui se sont alliés à elle par la suite.

La seule défense réelle d’une alternative socialiste prolétarienne réside dans une contre-attaque fondée sur la réalité des faits et l’analyse que l’on peut en faire en se fondant sur le matérialisme historique et le matérialisme dialectique.

Si l’évaluation réaliste de l’expérience du socialisme sur près de trois quart de siècles, et, selon certains, encore prolongée dans différents pays, s’avère négative, il est clair que les chances de rebâtir une nouvelle alternative sont extrêmement minimes, et rentrent à nouveau dans le domaine de l’utopie marginale où la bourgeoisie souhaite les circonscrire.

Dans ce contexte on comprend pourquoi certains camarades à priori sincères souhaitent voir dans la Chine actuelle, qui persiste à se réclamer formellement du marxisme-léninisme, une prolongation de l’expérience du socialisme réel. Ce sujet, avec la crise actuelle dans ce pays, a longuement occupé les colonnes de notre blog ces derniers temps, et il n’est donc pas utile d’y revenir dans le sujet de l’évaluation globale du socialisme en URSS. L’analyse des faits a montré à quel point l’histoire de la République Populaire de Chine, malgré son importance géostratégique de premier plan dans l’évolution des rapports de forces, ne se rattache que très marginalement à l’histoire du socialisme, en dépit de ses proclamations persistantes. Assimiler au « socialisme réel » la frénésie du développement « productiviste » du capitalisme chinois est par ailleurs une des armes idéologiques de la bourgeoisie, et les thuriféraires du PCC feraient bien d’y penser…

En ce qui concerne l’URSS on ne saurait nier que son effondrement final est la marque de graves faiblesses et dysfonctionnements internes qui ont permis sa liquidation. Encore faut-il faire la part des influences et pressions externes qu’elle continuait de subir, et qu’elle a toujours subi, depuis sa fondation, avec plus ou moins de violence et sous une grande variété de formes. Mais cette liquidation n’a pu se faire sans de sérieux alliés dans la place, et au plus haut niveau de l’État Soviétique, et ce n’est pas un hasard si Gorbatchev s’est vu décerner le Nobel de la paix …!

Mais l’analyse ML de l’histoire, fondée sur le matérialisme dialectique, ne consiste pas à « personnaliser » les rôles historiques, comme le font les historiens « médiatiques » afin de dissimuler les causes économiques et sociales des événements. Les « alliés dans la place » ne constituaient-ils pas tout simplement la partie visible, « émergée », d’une nouvelle bourgeoisie locale, déjà profondément enracinée, en fait, dans les structures de l’État Soviétique et dans les rouages d’une économie qui se revendiquait encore comme « socialiste »?

L’un des aspects importants de cette analyse consiste donc à déterminer quelles sont les bases économiques et sociales de la constitution de cette nouvelle bourgeoisie et, au fil du temps, quel est son degré d’évolution dans les stades de développement du capitalisme.

Mais, ce qui est encore plus important pour faire un bilan, est de déterminer la durée pendant laquelle le mode de production socialiste est resté dominant en URSS, et les secteurs de l’économie où il s’est réellement exercé.

En dernière analyse, c’est là la base qui permettra de déterminer si le bilan de l’expérience socialiste de l’URSS est positif ou non, indépendamment des préjugés idéologiques.

Luniterre

 

 

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Les mensonges historiques de Khrouchtchev dévoilés !

Qui ne connait pas le rapport Khrouchtchev ? Ce fameux rapport qui le 25 février 1956, au XXème congrès du PCUS (Parti Communiste de l’Union Soviétique) dénonce avec véhémence les prétendues années de terreur qui touchèrent la Russie sous la direction de Joseph Staline, qui dénonce le culte de la personnalité et les purges qui frappèrent parfois, mais trop souvent, effectivement, des innocents pour satisfaire selon Khrouchtchev et les médias au service de l’impérialisme, la « paranoïa » d’un homme et sa supposée volonté d’accaparer le pouvoir. Le discours devant les délégués et le Rapport secret dont il est tiré fut un raz de marée pour les communistes du monde entier, mettant fin à l’esprit de conquête et abattant le moral des plus endurcis. En effet, comment des hommes et des femmes, épris de justice et de progrès, ont-ils pu suivre aveuglément un tel  « monstre »  avide de pouvoir ? Le grand dirigeant de l’URSS qui guida son pays dans la lutte et la victoire, incontestée à l’époque, contre le fascisme était adulé par tous, l’Union Soviétique un espoir pour les travailleurs et les peuples opprimés du monde entier.

Grover Furr (au centre) en conférence devant les communistes espagnols

Dans ce livre publié aux éditions Delga, éditeur spécialisé dans la philosophie, l’histoire et l’analyse marxiste de la société, bien connue des lecteurs assidus  d’Une graine dans un pot (Le langage de l’Empire de Domenico Losurdo, Aux origines du carcan européen d’Annie Lacroix-Riz), Grover Furr, professeur a la Monclair State University, analyse point par point le Rapport secret aux vues des sources aujourd’hui disponibles. Le constat est accablant. Quand Khrouchtchev ne ment pas, il déforme la vérité, il omet les faits…

Ce livre très long (plus de 400 pages) est divisé en deux parties, la première partie est consacrée à éplucher le rapport de Khrouchtchev et la seconde moitié correspond aux sources. Donc 200 pages de sources provenant des messages de Staline à ses collaborateurs, des notes des services de sécurité. De nombreuses autres sources sont données sous forme de lien vers des documents consultables sur son site ou sur celui des différentes archives en Russie (certains documents sont traduits en anglais et d’autres en russe).

Le cas de Nicolaï Ivanovitch Ejov, chef du NKVD (ancien nom du KGB, service de police et de sécurité en URSS) de septembre 1936 à novembre 1938 est l’un des cas intéressant. Ejov, Commissaire du peuple aux affaires intérieures (équivalent de notre ministre de l’intérieur) est donc par extension chef du service de sécurité de l’Union soviétique avait été poursuivi pour trahison. Les dernières sources disponibles tendent à accréditer la thèse retenue par le gouvernement soviétique, celle d’une conspiration visant à le renverser. Lui, comme de nombreux dirigeants de premiers plan des services de sécurités, de l’armée rouge (affaire Toukhatchevski) et des instances dirigeantes du PCUS ont été recrutées par l’Abwehr, le service d’espionnage de l’armée allemande, notamment avec le concours de de Trotski et de ses partisans. Le but, très clair, était un coup d’Etat qui devait renverser le gouvernement. En échange les conjurés devaient livrer l’Ukraine à l’Allemagne (déjà un enjeu à l’époque, comme quoi, rien de neuf!)

Comme vous l’avez compris, pour Grover Furr, pas question de se laisser tenter par la facilité. Son livre, bien documenté, est une vraie œuvre de recherche, tout ce qui y est énoncé est appuyé par des sources, ce qui fait actuellement cruellement défaut dans l’historiographie dominante.

Lien vers le site de Grover Furr : http://msuweb.montclair.edu/~furrg/

Lien vers les éditions Delga : http://editionsdelga.fr/

Furr Video

https://youtu.be/Ccmj2Lj5jB0

Intervention de Grover Furr sur les mensonges de Khrouchtchev (en anglais, mais assez facilement compréhensible) :

 Source : http://unegrainedansunpot.com/2014/12/03/khouchtchev-a-menti-mensonges-et-trahisons-au-pays-des-soviets/

Après de longues années de recherches historiques Grover Furr nous apporte sa conclusion dans ce livre qu’il a publié pour la première fois en 2011, traduit en français en 2014 dans le silence absolu des médias, il a publié d’autres livres et articles traitant de sujets proches. Si les recherches et les relais de travaux déjà bien documentés d’auteurs comme Ludo Martens ou Mikhael Kilev ne suffisent pas, le professeur Furr apportent peut-être la pierre ultime à l’édifice.

Le néo-conservateur Joseph Horowitz a classé Glover Furr parmi les « 101 universitaires les plus dangereux des Etats-Unis », aux côtés de personnalités comme Angela Davis et Noam Chomsky.

https://progreshumain.wordpress.com/2014/12/14/les-mensonges-historiques-de-khrouchtchev-devoiles/  )

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Sur le rôle politique de Staline,

Entrevue avec le professeur Grover FURR

 

 

par Carl MILLER

J’ai eu récemment l’opportunité d’avoir une entrevue avec le professeur Grover Furr. David Horowitz, dans son nouveau livre, l’avait attaqué parce qu’il avait défendu Staline. J’ai cru bon donc d’avoir le point de vue du professeur Furr.

Je ne suis pas totalement d’accord avec ce qu’il dit, mais en même temps je lui suis très reconnaissant de m’avoir accordé cette entrevue. Des gens comme lui, tout au moins pour ce qui me concerne, peuvent être utiles pour mettre les choses au point concernant l’Union soviétique.

Question: Ce que vous faites, soutenir Joseph Staline, il n’y en a pas beaucoup qui le font même parmi les gauches dans le monde. Pourquoi croyez-vous que ce soit si important?

Réponse: Avant de commencer, je voudrais vous remercier de m’avoir demandé de répondre à ces questions. Ce sont des questions importantes. Elles devraient être le souci de tous ceux dégoûtés par le capitalisme qui veulent étudier l’expérience de ceux qui ont lutté pour un monde libre d’exploitation.

Je ne «soutiens pas Staline» en tant que tel. J’essaie de soutenir la vérité.

Dans le Manifeste communiste, Marx et Engels avaient dit que le prolétariat «n’avait rien à perdre que ses chaînes». J’entends par là que nous ne pouvons pas permettre à nos préjugés, préférences personnelles ou penchants, etc. d’entraver notre quête de la vérité.

Nous ne pouvons pas espérer surmonter le capitalisme sans nous baser sur la réalité objective – chose que le capitalisme est incapable de faire, car il exposerait sa terrible exploitation et brutalité. Par conséquent j’essaye d’être objectif et étudier l’histoire de l’URSS à la lumière des meilleures preuves disponibles.

Q: La perception courante de Joseph Staline est qu’il était un assassin de masse paranoïaque, assoiffé de pouvoir. Ceux qui s’y opposent Staline remarqueront que les purges et la «grande peur» le prouvent. Quelle est votre attitude par rapport à cette période?

  1. Si les preuves à propos de Staline étayaient cette opinion, je l’aurai acceptée. Mais ce n’est pas du tout le cas, au contraire. Cette opinion sur Staline provient de deux sources, et ni l’une ni l’autre méritent confiance:

Trotsky et Khrouchtchev, le dernier ayant de loin le plus d’influence. Tous les deux ont menti à un degré à peine imaginable! Des documents provenant des archives soviétiques, publiés depuis la fin de l’URSS (ou, en fait, un peu avant) nous permettent maintenant d’en être certains, toutefois beaucoup le suspectaient depuis bien longtemps.

En Russie depuis le renversement de l’URSS, il y a eu une immense résurgence d’intérêt concernant Staline. Pour la première fois des études objectives ont commencé à paraître. Les preuves montrent que Staline était un homme véritablement remarquable – chose qu’un grand nombre de ses contemporains reconnaissaient aussi.

L’image de Staline faite par Trotsky-Khrouchtchev et popularisée lors de la guerre froide, n’est autre est une fabrication complète, mais reste toujours l’opinion dominante, pour ne pas dire exigée, de l’histoire soviétique,

Elle ne peut être maintenue que par un travail parfaitement malhonnête qui ne mérite pas d’être qualifié de scientifique.

En ce moment je termine une longue étude de l’infâme «rapport secret» de Khrouchtchev au XXe Congrès du Parti le 25 février 1956. Dans son allocution il a fait beaucoup de déclarations accusant Staline de crimes terribles. Ce discours a brisé le mouvement communiste et, évidemment, réjoui les anticommunistes et les trotskistes.

Au cours des deux dernières années de recherche j’ai découvert un fait choquant, chaque «révélation» faite par Khrouchtchev à propos de Staline et de Lavrentii Beria était mensongère! Jusqu’à présent je n’ai pas trouvé une seule occurrence où il disait la vérité.

Récemment j’ai écrit un peu à ce propos dans un article intitulé «Une lecture (non)critique et le discours de l’anticommunisme» que les éditeurs de The Red Critique (la critique rouge) m’ont fait la générosité de publier malgré le fait que leur journal est essentiellement théorique, et mon article principalement historique. On le trouvera sur internet à: http://www.redcritique.org/WinterSpring2006/uncriticalreadingandthediscourseofanticommunism.htm

Mon étude détaillée des mensonges de Khrouchtchev dans le «rapport secret» devrait être publié avant la fin de 2006.

Q: Une autre des attaques contre Staline consiste à dire qu’il a provoqué une famine en Ukraine qui a causé des millions de morts. Est-ce que cela, de quelque façon que ce soit, reflète la réalité de cette période?

  1. Cela est totalement faux. Cette histoire, en fait, provient à l’origine des Nazis qui l’ont répandue au milieu des années 30′. Aux États-Unis elle a été reprise par les journaux, extrêmement anticommunistes, de Hearst.

Feu Doug Tottle a bien démontré ces faits dans son livre « Fraud, Famine and Fascism. The Ukrainian Genocide Myth from Hitler to Harvard » (Fraude, Famine et Fascisme. Le mythe du génocide ukrainien de Hitler à Harvard) (Toronto: Progress Books, 1987). Tottle était membre du Parti communiste canadien. Quelques-unes de ses affirmations sont défensives, mais il a quand même fait son travail sur la nature frauduleuse de ce mythe.

Après la Seconde Guerre mondiale le mythe de la «famine provoquée en Ukraine» est devenu le credo des groupes pro-nazis nationalistes ukrainiens.

Beaucoup de leurs dirigeants ont été installés aux États-Unis et financés par la CIA pour continuer leur propagande anti-soviétique. Jusqu’au début des années 60 ces groupes fascistes nationalistes ukrainiens avaient aussi des cellules terroristes à l’intérieur de l’URSS.

Aujourd’hui ce mythe fait partie intégrante de l’idéologie nationaliste de l’État ukrainien. Les capitalistes réactionnaires et anciens membres du PCUS qui dirigent l’Ukraine sont obligés de construire une histoire qui légitime le nationalisme ukrainien. Ce mythe de la «famine causée par l’homme» fait partie du projet de formation historique de l’Ukraine. Étant donné que le nationalisme ukrainien a été fasciste dès sa création, sa seule manière de se «légitimer» est d’être férocement anticommuniste. Il y a quelques très bons livres écrits par des anticommunistes de la guerre froide – néanmoins des bons historiens – qui démontrent combien a toujours été fasciste le nationalisme ukrainien. Je recommande:

  • John A. Armstrong. «Ukrainian Nationalism» (Le nationalisme ukrainien): NY: Columbia University Press, 1963.
  • Alexander Motyl. «The turn to the right: the ideological origins and development of Ukrainian nationalism, 1919-1929» (Le tournant vers la droite: Les origines idéologiques et le développement du nationalisme ukrainien, 1919-1929). NY: Columbia U.P. 1980.
  • Une excellente recherche par le Prof. Mark Tauger, de l’University of West Virginia, et d’autres, qui explose totalement le mythe nazi de la «famine causée par l’homme». Ses travaux sont disponibles sur son site web,:http://www.as.wvu.edu/history/Faculty/Tauger/

En plus je recommande l’article suivant écrit par deux démographes professionnels:

  • Barbara Anderson and Brian Silver, «Demographic Analysis and Population Catastrophes in the USSR» (Analyse démographique et catastrophes de population en URSS) Slavic Review 44, 3 (Autumn, 1985), pp. 517-536. Disponible à JSTOR.

Robert Conquest, le plus fameux des «érudits» charlatans anti-soviétiques du dernier demi-siècle, avait été payé $80.000 par des groupes nationalistes ukrainiens pour écrire Une Récolte de Désespoir («A Harvest of Despair»), le principal livre en anglais qui véhicule cette notion. Il s’est appuyé lourdement sur la propagande nazie et ses soi-disant «preuves».

Il y a quelques bonnes critiques de son livre, et de cette question. Ce sont: Jeff Coplon, «In Search of a Soviet Holocaust» (À la recherche de l’holocauste soviétique), Village Voice jan. 12, 1988. Sur http://chss.montclair.edu/english/furr/vv.html

  • Jeff Coplon, «Rewriting History: How Ukrainian Nationalists Imposed Their Doctored History on our High-School Students» (En réécrivant l’histoire: Comment les nationalistes ukrainiens ont imposé leur histoire trafiquée à nos étudiants du secondaire). Capital Region Magazine (Albany, NY), mars 1988. http://chss.montclair.edu/english/furr/essays/coplonrewriting88.pdf
  • «The Hoax of the Man-Made Ukraine Famine of 1932-33» (Le canular de la Famine ukrainienne provoqué par l’homme de 1932-33). Une série de six articles publiés à l’origine par Challenge-Desafio, le journal du Parti progressiste du Travail, commençant le 25 février 1987. Sur http://www.plp.org/cd_sup/ukfam1.html and following.

Je recommande aussi la revue de Arch Getty sur le travail de Conquest de la «London Review of Books», janvier 22, 1987, pp. 7-8. Je n’ai pas la permission de le mettre sur internet, mais je serais heureux de l’envoyer sous forme PDF à qui me le demanderait.

Le livre de Doug Tottle analyse aussi bien le travail de Conquest que le film nationaliste ukrainien frauduleux «Harvest of Despair» (La récolte du désespoir). Il mérite bien d’être lu. Comme il est épuisé depuis longtemps je suis prêt à fournir une copie en PDF à qui me le demanderait.

Q: David Horowitz, l’intellectuel de droite, vous a récemment mentionné dans son livre «The Professors» (Les Professeurs). Qu’est que cela signifie pour vous? Que pensez-vous de la situation ici aux États-Unis?

R: Ce n’est pas une surprise, Horowitz est un apologiste de l’exploitation, comme tous les conservateurs – et, bien entendu, les libéraux aussi. Ce qui est considéré comme «conservatisme» est simplement le soutien idéologique d’une variante plus ouverte, autoritaire et violente de l’exploitation capitaliste. Chaque position idéologique que les «conservateurs» préconisent – et Horowitz parmi eux – est une justification rude de l’autoritarisme, de la main d’ouvre à bon marché, de la réduction des salaires et des services sociaux, du renforcement du pouvoir des employeurs et de la réduction du pouvoir des employés réduits à l’impuissance.

Il y a quelque temps j’ai écrit deux courts essais qui expliquent brièvement comment cela fonctionne. On les trouve sur: http://chss.montclair.edu/english/furr/conservatives1.html et http://chss.montclair.edu/english/furr/conservatives2.html

Avec toutes ses faiblesses le mouvement communiste a été durant le XXe siècle, de loin, la force principale pour la libération humaine et la prise de pouvoir par les travailleurs. Le mouvement communiste était le seul point d’espoir dans ce siècle d’horreurs capitalistes.

Par conséquent il est axiomatique que tous les défenseurs de l’exploitation capitaliste et des diverses idéologies qui la soutiennent, soient fortement anticommunistes, et qu’ils n’hésitent pas à mentir concernant l’histoire du mouvement communiste – comme, en fait, ils mentent à propos de tout le reste.

Horowitz ne fait que défendre ce que lui demandent ses sponsors de droite – qui essaient de dévier l’attention de l’énorme diminution du financement de l’éducation supérieure aux États-Unis avec la prétention absurde que la «gauche» aurait conquis les campus!

Q: Quelle est votre opinion sur Trotski, sur son criticisme de Staline et l’attitude générale des trotskistes en général envers l’Union soviétique?

A: Trotski était un homme très intelligent, mais en même temps très limité. Ces idées combinaient les positions bolcheviques et mencheviques. Il se situait au pôle droit – déterministe économique – du Parti bolchevique.

Ceci en soi, n’aurait pas suffit à son expulsion. Après tout, le débat parmi les teneurs des diverses positions était sain et fort dans les années 1920. Mais Trotski était malhonnête. Comme ses idées étaient constamment battues aux Congrès et aux conférences du Parti bolchevique dans les années 20, il n’a pas cessé de former des factions pour arriver à ses fins par d’autres moyens. Après son exil de l’URSS en 1929, il a passé sa vie à comploter pour revenir au pouvoir.

Des documents figurant dans les archives ex-soviétiques fournissent des preuves fiables quant aux accusations portées contre Trotski dans les trois procès de Moscou de 1936-38 et montrent qu’elles étaient justifiées. Les adeptes de Trotski avaient clairement formé un «bloc» avec les droitiers pour renverser le gouvernement soviétique et assassiner Staline et d’autres.

Il y a des preuves indiscutables quant aux relations entre Trotski et les dirigeants militaires allemands et japonais, comme le stipulaient les accusations. Par «preuves», je n’entends pas les témoignages au procès – que je crois véridiques et précis – mais des preuves supplémentaires provenant des archives ex-soviétiques. Ces preuves confirment les accusations fondamentales de conspiration contre les accusés et Trotski, ce dernier étant absent.

Trotski était extrêmement arrogant et dictatorial. Il écoutait rarement les critiques même de ses adeptes les plus proches. Il avait créé un «culte» autour de lui-même, qui caractérisait le mouvement trotskiste de son vivant, et continue à le caractériser encore.

Il y a un assez bon article concernant Trotski dans le journal du Parti progressiste du travail, Communist, de printemps 2004, à http://www.plp.org/communist/communistspg04.pdf

Q: Considérez vous l’Union soviétique post-stalinienne comme révisionniste, social-impérialiste, socialiste, social-fasciste, ou quelque chose de similaire, et dans ce cas pourquoi? Sinon, le capitalisme a-t-il été restauré en Union soviétique avant la Perestroïka?

R: Tous les États post-soviétiques ont des régimes capitalistes, d’une espèce particulièrement prédatrice. Depuis la fin de l’URSS les nouveaux dirigeants se sont assurés que le niveau de vie des ouvriers et des employés en général – la vaste majorité de la population – baisse de manière catastrophique.

Cela était évidemment la motivation principale de Gorbatchev, d’Eltsine et des dirigeants du PCUS qui ont privatisé le patrimoine produit par le peuple soviétique de façon à augmenter de manière drastique le taux d’exploitation de la main-d’œuvre et fournir ainsi d’immenses richesses à une poignée de capitalistes.

Ce processus avait déjà commencé sous la vieille URSS. L’introduction flagrante du capitalisme et de la privatisation était un pas qualitatif dans un processus en rapide accélération.

Q: Quels écrits, recommanderiez-vous à ceux qui veulent connaître la vérité concernant ce qui se passait lors de l’époque de Staline?

R: La vérité continue d’émerger. Il y a un grand nombre de travaux de qualité en russe, mais seulement très peu en anglais. Pour une liste de ce que j’ai trouvé à ce jour, voir la bibliographie et les notes de mon article en deux parties «Stalin and the Struggle for Democratic Reform» (Staline et la lutte pour la réforme démocratique) sur le journal internet Cultural Logic in 2005: http://eserver.org/clogic/2005/furr.html et http://eserver.org/clogic/2005/furr2.html <>Vous pouvez trouver des liens à mes propres études sur mon site http://chss.montclair.edu/english/furr/

Q: Quel est le groupe politique aux États-Unis que vous considérez avoir la ligne la plus correcte à propos de Staline?

A: Le Parti progressiste du travail – http://www.plp.org/ Bien qu’elle soit un peu vieillie, ils ont une bonne série d’écrits – en quatre parties: «Review of PBS Series: Stalin (May – June 1990).» Elle commence à http://www.plp.org/cd_sup/pbsstal1.html.

Q Que pensez-vous du projet «Set the Record Straight» (Mettre les pendules à l’heure)?

A: Je voudrais répondre en disant quelque chose à propos du «culte de la personnalité».

L’histoire des révolutions bolchevique et chinoise est un grand livre pour tous ceux qui veulent se battre pour un monde communiste égalitaire. Mais il dépend de nous d’en apprendre les leçons. Précisément, nous devons reconnaître les erreurs qu’ils ont commises – des erreurs qui ont eu pour conséquence les défaites, de l’intérieur, de ces révolutions. Parmi ces erreurs il y avait le «culte» de dirigeants particuliers. La leçon du mouvement communiste est sans équivoque. Les cultes des «grands dirigeants» sont fatalement incorrects. Il ne peut y avoir de progrès tant qu’ils ne sont pas rejetés de manière décisive.

Une des choses qui me font respecter le Parti progressiste du travail est qu’ils ont fait cela. Ils ont studieusement évité de bâtir un «culte» autour de leur dirigeant. Ni le président du Parti, ni les autres membres dirigeants ne sont jamais nommés dans leur littérature. Ils n’ont pas de «porte-parole». Chaque membre du Parti doit apprendre à représenter l’organisation.

Staline s’était toujours opposé aux louanges et à l’adulation exagérées [souligné par nous – NdlR – BIP] qui allaient éventuellement empoisonner chaque aspect de la politique et de la culture soviétique. Il a souligné à de nombreuses reprises que c’était une notion «social-révolutionnaire» et non pas marxiste et qu’elle devait être rejetée.

S’il avait été un «dictateur tout puissant», comme les anticommunistes le prétendent faussement, il s’en serait débarrassé. Bien entendu, il n’a jamais été un «dictateur tout puissant», et il n’était pas en mesure de se défaire de ce «culte» dégoûtant.

Ce «culte» a causé un énorme mal. Il a permis aux carriéristes, aux saboteurs et aux conspirateurs de rester cachés. Khrouchtchev avait malhonnêtement dénoncé le «culte» dans son «rapport secret» de 1956, mais tout ce qu’il a dit à ce sujet était faux.

Et puis ce n’était pas à Khrouchtchev de donner des leçons sur le «culte». Quand il a été démis de ses fonctions en octobre 1964, il l’avait été en raison de son propre «culte» par les membres du Comité central qui l’a destitué.

Les communistes chinois ont tiré la conclusion opposée. Ils ont délibérément bâti un «culte» autour de Mao qui avait de loin dépassé celui de Staline. Il a contribué énormément au renversement du pouvoir des travailleurs en Chine. Sous le couvert de la «loyauté au président Mao» les droitiers et les anticommunistes ont embrouillé et subverti les forces de gauche, et mis la main sur le PCCh avant la mort de Mao. Quand Mao mourut, il leur a fallu peu de temps pour s’accaparer du pouvoir et liquider tous les acquis de l’héroïque révolution chinoise.

La différence était celle-ci: Staline s’opposait à ce «culte». Nous pouvons le voir aujourd’hui, il aurait dû le faire avec plus de férocité, mais Mao encourageait délibérément le «culte» autour de lui.

Mao et le PCCh avaient âprement, et correctement critiqué la direction khrouchtchevienne de l’Union soviétique. Mais dans son cas, Mao avait choisi délibérément d’imiter un des pires aspects du socialisme soviétique, celui qui avait aidé Khrouchtchev à arriver au pouvoir et saboter la lutte pour le communisme.

Mao dans beaucoup de sens était un grand penseur et un grand dirigeant révolutionnaire – un des plus grands! Mais dans le cas du «culte de Mao» il n’a pas respecté les principes.

Il a fourni la déclaration suivante en guise d’introduction

L’auteur a fourni la déclaration suivante pour son introduction: «Je ne possède aucun titre formel qui me qualifierait pour la recherche sur l’histoire de l’Union soviétique à l’époque de Staline. Je ne saurais imaginer quels seraient ses titres!

Comme étudiant universitaire de 1965-1969, je m’étais opposé à la guerre des É-U contre le Vietnam. À un moment quelqu’un m’a dit que le Parti communiste vietnamien devait être mauvais parce qu’ils étaient des «staliniens», et que Staline avait tué des millions de gens innocents.

J’ai lu la première édition du livre de Robert Conquest, La Grande Terreur quand il avait été publié autour de 1974. J’étais ébranlé! Mais comme je lisais le russe, j’étudiais la littérature russe depuis longtemps. Par conséquent en étudiant attentivement le livre de Conquest, j’ai découvert qu’il était malhonnête dans l’usage de ses sources. Ses notes de pied de page ne soutenaient pas ses conclusions anti-staliniennes! À la base, il a utilisé n’importe quelle source hostile à Staline, digne de foi ou non.

J’ai, finalement, décidé d’écrire quelque chose à propos de la «Terreur». Cela m’a pris beaucoup de temps, et en 1988 j’ai publié «Une nouvelle lumière sur des vieilles histoires concernant le maréchal Toukhatchevski: Quelques documents réexaminés» (New Light On Old Stories About Marshal Tukhachevskii: Some Documents Reconsidered) http://chss.montclair.edu/english/furr/tukh.html

Dans les années 80′ et 90′ j’ai étudié les recherches faites par la nouvelle école d’historiens sur l’Union soviétique qui comprenait Arch Getty, Robert Thurston, Roberta Manning, Sheila Fitzpatrick, Jerry Hough, Lewis Siegelbaum, Lynne Viola, et d’autres. À l’époque on les nommaient souvent «jeunes Turcs» ou «révisionnistes».

En étudiant attentivement les documents disponibles et – très important – en essayant durement d’être objectifs, ils montraient déjà que toute «l’histoire» qui venait de Trotski, de Khrouchtchev et plus tard de Gorbatchev et d’Eltsine était fatalement compromise par la partialité politique. Ils ont démontré qu’il ne s’agissait pas d’histoire mais de propagande anticommuniste.

En 1999, un chercheur basé à Moscou. Vladimir Bobrov m’a contacté. Il m’a parlé de la publication de documents provenant des anciennes archives soviétiques, m’en a envoyé certains et m’a dirigé vers d’autres. Ces documents fournissaient les preuves qui exigeaient que l’histoire soviétique soit réécrite, y compris celle sur le rôle de Staline.

Depuis lors j’essaye de faire quelques petites contributions pour découvrir la vraie histoire de la période Staline. Cela me fait plaisir que vous pensiez que c’est un projet important

Je vous souhaite bonne réussite!

( Texte original source PDF:

https://msuweb.montclair.edu/~furrg/millerinterview0506.pdf

Traduction Alexandre MOUMBARIS _Editions Democrite No 124 )

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Staline – Wells ,

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 l’interview de 1934 :

 

 

En 1934, l’écrivain britannique Herbert George Wells, romancier, chroniqueur politique, mondialement connu pour ses œuvres d’anticipation qui font date dans l’histoire de la littérature, voyage à travers le monde pour rencontrer les écrivains susceptibles de rejoindre le Pen Club, une importante association littéraire mondiale dont il est le président. Au cours de ses voyages il a notamment l’occasion de rencontrer Roosevelt et Staline. L’interview que lui a accordé Staline est demeuré un document historique de premier plan. Toutefois, ce n’était pas le premier voyage de Wells en URSS, et il avait déjà une approche réaliste de la construction du socialisme, même s’il n’était pas lui-même  véritablement marxiste-léniniste.

Dans le contexte actuel de dénigrement du socialisme prolétarien et de l’idée marxiste-léniniste, son témoignage est d’autant plus précieux …! 

En PDF, texte intégral de la publication originale:

Stalin – Wells, interview in 1934_ 

Sources:

http://bloguepedroamota.blogspot.fr/2015/03/

joseph-stalin-and-h-g-wells-interview.html

http://www.newstatesman.com/politics/2014/04/

h-g-wells-it-seems-me-i-am-more-left-you-mr-stalin

 

 

En PDF en version française:

Staline_Entretien_avec_H_G_Wells VF 

 

WELLS 3 PHOTOS (Sources: http://empiresf.free.fr/?page=11

  http://www.communisme-bolchevisme.net/download/Staline_Entretien_avec_H_G_Wells.pdf  )

 

 

stalinewells.

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Extrait de la version française:

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Wells. — Je vous suis très reconnaissant, monsieur Staline, d’avoir bien voulu me recevoir. Il n’y a pas
longtemps je suis allé aux Etats-Unis, j’ai eu un entretien prolongé avec le président Roosevelt et j’ai
essayé de savoir en quoi consistait ses idées directrices. Maintenant je suis venu vous voir afin de vous questionner sur ce que vous faites pour changer le monde.

Staline. — Ma foi, pas tant que ça…

Wells. — J’erre parfois à travers le monde et, comme un homme ordinaire, je regarde ce qui se passe
autour de moi.

Staline. — Les personnalités éminentes comme vous ne sont pas des « hommes ordinaires ».
Evidemment, l’histoire seule pourra montrer combien fut importante telle ou telle personnalité
éminente, mais, en tout cas, vous ne regardez pas le monde en « homme ordinaire ».

Wells. — Je n’ai point l’intention de jouer au modeste. Je veux dire que je cherche à voir le monde
avec les yeux d’un homme ordinaire, et non pas avec ceux d’un homme politique de parti ou d’un
homme d’Etat responsable. Mon voyage aux Etats-Unis a produit sur moi une impression saisissante.
Le vieux monde de la finance croule, la vie économique du pays se reconstruit sur un mode nouveau.
En son temps Lénine a dit qu’il fallait « apprendre à faire le commerce », qu’il fallait l’apprendre chez
les capitalistes. Aujourd’hui les capitalistes doivent apprendre chez vous, saisir l’esprit du socialisme.
Il me semble qu’aux Etats-Unis il s’agit d’une profonde réorganisation, de la création d’une économie
planifiée, c’est-à-dire socialiste. Vous et Roosevelt partez de deux points de vue différents. Mais n’y at- il pas une liaison d’idées, une parenté d’idées entre Washington et Moscou ? Par exemple, ce qui m’a sauté aux yeux à Washington, c’est ce qui se passe ici également : extension de l’appareil de direction, création d’une série de nouveaux organismes régulateurs d’Etat, organisation d’un service public universel. Et de même que dans votre pays, il leur manque du savoir-faire dans la direction.

Staline. — Les Etats-Unis ont un autre but que nous, en URSS. Le but que poursuivent les Américains
a surgi sur le terrain du désarroi économique, de la crise économique. Les Américains veulent se
défaire de la crise sur la base de l’activité capitaliste privée, sans changer la base économique. Ils
s’efforcent de réduire au minimum le délabrement, le préjudice causés par le système économique
existant. Chez nous, au contraire, comme vous le savez, à la place de la vieille base économique
détruite, il en a été créé une tout autre, une nouvelle base économique. Si même les Américains dont
vous parlez touchent partiellement à leur but, c’est-à-dire s’ils réduisent au minimum ce préjudice,
même dans ce cas-là ils ne détruiront pas les racines de l’anarchie qui est propre au système capitaliste existant. Ils conservent le régime économique qui doit forcément amener, qui ne peut pas ne pas mener à l’anarchie dans la production. De cette façon, dans le meilleur des cas, il s’agira non pas de la reconstruction de la société, non pas de l’abolition de l’ancien régime social, engendrant l’anarchie et les crises, mais de la limitation de certains de ses côtés négatifs, de la limitation de certains de ses excès. Subjectivement, peut-être ces Américains aussi croient-ils reconstruire la société, mais objectivement, la base actuelle de la société demeure chez eux. C’est pourquoi, objectivement, il n’en résultera aucune reconstruction de la société.

Il n’y aura point non plus d’économie planifiée. Car qu’est-ce que l’économie planifiée ? Quels sont
certains de ses indices ? L’économie planifiée vise à supprimer le chômage. Admettons que l’on
réussisse, en conservant le régime capitaliste, à réduire le chômage à un certain minimum. Pourtant
aucun capitaliste ne consentira jamais, et pour rien au monde, à la liquidation complète du chômage, à la suppression de l’armée de réserve constituée par les chômeurs et dont le rôle est de peser sur le
marché du travail, d’assurer une main-d’œuvre à meilleur marché. (…)

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FM 2

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