Le socialisme et la question du bilan Marxiste-Léniniste de l’URSS

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FM_about

 

 

Dans ce texte signé « Etoile Rouge », et qu’il diffuse également en version PDF, le camarade du blog parisien RECONSTRUCTION COMMUNISTE tente de résumer ce qui différencie le socialisme du capitalisme et comment le capitalisme a miné et finalement sapé, principalement de l’intérieur, la première expérience signifiante de construction du socialisme, l’URSS. 

Inévitablement, et même si ce n’est pas le sujet, cela pose la question du bilan historique de l’URSS, et du point de vue avec lequel on l’aborde.

Avec l’outil Marxiste-Léniniste, nous avons l’approche analytique du matérialisme historique, qui est lui-même essentiellement fondé sur le matérialisme dialectique.

Même si l’on fait la part d’approximation due au style résumé du texte, une lecture dialectique nous invite à questionner la notion de « social-impérialisme » immédiatement accolée au révisionnisme khrouchtchévien.

Car même si elle n’ont pas souvent été menées de manières conséquentes d’un point de vue ML, les luttes anti-impérialistes dans le monde, postérieurement au 20ème congrès du PCUS, que l’on peut assurément qualifier de congrès de la trahison, n’en n’ont pas moins continué, pour la plupart, à trouver l’appui essentiel de l’URSS.

De plus, même si elle n’étaient pas concrètement dirigées par des partis prolétariens elle n’en reposaient pas moins sur des aspirations sociales populaires qui maintenaient vivant l’espoir d’une alternative au capitalisme, et pour laquelle tant de militants ont consacré, et parfois sacrifié, leur vie.

Même si la régression du socialisme en URSS elle-même, au profit d’une petite bourgeoisie corrompue par des pratiques capitalistes maffieuses est un fait politique incontestable, cela ne nous autorise pas pour autant à rayer d’un trait de plume toutes ces luttes derrière le vocable « social-impérialisme » et surtout pas sur la base d’une approximation idéologique empruntée telle-quelle au révisionnisme maoïste. Malheureusement recyclée par Enver Hoxha, elle continue de recouvrir les non-dits, par rapport à l’URSS, de beaucoup de chapelles sectaires issues de la décomposition du MCI.

Dans la mesure où le camarade parisien a bien voulu republier notre commentaire à ce sujet à la suite de son article, il nous parait logique de le proposer également à nos lecteurs, avec, évidemment, ce commentaire à la suite, spécialement centré sur cette notion de « social-impérialisme » …

Le débat sur ces questions, important et nécessaire, n’est pas clos, sauf pour ceux qui n’ont d’autre préoccupation réelle que la survie de leur petite boutique « idéologique ». Il doit se poursuivre et aboutir à une analyse sérieuse et dialectique si le mouvement ML peut renaitre, en France et ailleurs.

Luniterre

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Exploitation de l’Homme par l’Homme, capitalisme, socialisme…

 

 Un texte repris du blog parisien

Reconstruction Communiste


« A notre époque, il n’existe que 2 systèmes politico-économiques :
– Le capitalisme
– Le socialisme (Actuellement, plus aucun pays n’est socialiste)

 

Qu’est-ce qui fait la différence fondamentale

entre ces 2 systèmes ?

Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’Homme par l’Homme.
Le socialisme, c’est l’abolition de l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

Qu’est-ce que l’exploitation de l’Homme par l’Homme ?
C’est le fait qu’une minorité d’individus s’accapare une partie plus ou moins importante du sur-travail produit par le travail des travailleurs qui sont la majorité du peuple. (voir doc joint). Les travailleurs sont ceux et celles qui n’ont d’autre possibilité pour vivre que de vendre leur force de travail à ceux qui possèdent les moyens de production et d’échange.
En système capitaliste, cette accaparation se fait principalement au sein des entreprises privées, mais aussi au sein des entreprises publics. En effet, les entreprises nationalisées ne redistribuent pas la totalité des richesses produites à leurs salariés : une part va grossir les profits d’autres sociétés (cadeaux fiscaux, etc), ou diminuer une dette que cette entreprise a contractée quand elle était encore privée…

 

Dans le socialisme, toute le sur-travail est reversé soit directement, soit indirectement aux travailleurs.
Directement : Hausse des salaires, prime d’ancienneté, le fait qu’un retraité continue à toucher sa retraite en plus de son salaire s’il travaille durant sa retraite… Le salaire qui apparait sur la feuille de paye est net, car il n’y a pas pas de charges à déduire… Baisse des prix à la consommation…
Indirectement : Santé gratuite, éducation gratuite, suppression des impôts sur le revenus, de la TVA, des impôts indirects, etc. Logements, vacances, transports quasi-gratuits, retraite assurée, et tout ce qui contribue à améliorer la vie de la population et de la société en général.
C’est ce qui distingue donc le capitalisme du socialisme. Le fait de socialiser les moyens de production et d’échange, le fait que l’état soit dirigé par le prolétariat est un moyen pour répondre à cet objectif : abolir l’exploitation de l’Homme par l’Homme.
Que s’est-il passé avec Khrouchtchev ?
Je ne vais pas refaire toute l’Histoire de l’URSS… mais on sait que dès 1917 une lutte des classes féroce s’est jouée entre les tenants du socialisme et ceux qui voulaient restaurer le capitalisme : anciens bourgeois dépossédés, trotskistes, socio-démocrates, etc. Ces différents mouvements étaient soutenus et guidés par les services de renseignements des pays capitalistes soit directement par des agents infiltrés, soit indirectement par la propagande et des moyens financiers qui étaient versés à ces groupes.

On sait que dès 1936 Staline est battu sur son projet de réforme démocratique de la constitution.

 

Il le sera de nouveau après guerre quand il soumettra de nouveau cette proposition au vote. (Voir docs joints).
Staline voulait séparer le parti et l’État, ceci afin :
1- De redonner au parti sa capacité d’agir de façon autonome pour guider les masses dans la construction du socialisme (rôle idéologique, d’organisation des masses et d’action politique des masses).
2- Redonner le pouvoir d’État aux soviets des ouvriers et paysans, pouvoir qui était de plus en plus accaparé par une nomenklatura de profiteurs et de bureaucrates qui freinaient les réformes.
A cette époque il y avait déjà certaines personnes qui détournaient les richesses produites, mais ils étaient combattus avec une grande énergie.
C’est dire que les forces anti-socialistes avait déjà atteint une force que le PCbUS avait du mal à endiguer. Le parti lui même était gangréné de l’intérieur. On sait grâce aux archives que lors des procès contre les traîtres, beaucoup de vrais communistes ont été emprisonnés à torts car les renseignements occidentaux, les trotskistes et les socio-démocrates ont fabriqués de fausses accusations contre nombre d’authentiques camarades. Beaucoup heureusement ont pu être dédouanés et libérés, mais pas tous.
A cette époque, Staline et ceux qui le soutenaient avaient encore les moyens de lutter et de permettre à l’URSS de garder le cap socialiste, mais on voit bien que leur marge de manoeuvre s’amenuisait.
Ensuite la grande guerre de libération anti-fasciste voit plus de 6 millions de communistes, cadres et militants de bases, mourir pour la défense de la patrie socialiste (et par la même occasion libérer l’Europe du fascisme – au pris de plus de 25 millions de morts soviétiques).
Après la guerre, il fallait bien sûr et en urgence reconstruire le pays dévasté et reconstruire l’économie afin de satisfaire les besoins de la population. Mais il fallait aussi reconstruire le parti. En effet, le parti est décimé, il faut très vite former de nouveaux cadres et militants : tâche ardue, complexe et longue. Elle  sera faite mais malheureusement pas suffisamment. Les tenants du retour au capitalisme gagnent en puissance.
Dès la mort de Staline, Khrouchtchev et ses soutiens de plus en plus nombreux, éliminent tous les authentiques communistes. Ils jouent aussi sur la manipulation et la peur pour en ranger une autre partie de son côté.
Dès le 20è congrès du PCUS, avec le rapport mensonger de Khrouchtchev (commandité par la CIA), tout est joué. Les révisionnistes, les sociaux-démocrates et les trotskistes, ainsi que la bourgeoisie, tous ont les mains libres.
La nomenklatura de bureaucrates peut, et de plus en plus, s’accaparer une partie de plus en plus grande du sur-travail. Certes, cela demandera du temps, car il fallait faire croire aux travailleurs et au monde que l’URSS était toujours socialiste afin d’éviter une nouvelle révolution.
Au fait comment s’appelle un système qui permet à une minorité de s’accaparer une partie du sur-travail à son profit ?
Hé oui, en URSS le capitalisme a été restauré dès Khrouchtchev. Au début sous forme de capitalisme d’état, puis de plus en plus sous forme du capitalisme privé.
A notre époque, le capitalisme en est au stade impérialiste. Donc l’URSS était un pays impérialiste.
Pourquoi l’appelle-t-on social-impérialiste ?
Parce que les discours des dirigeants, en parole étaient « socialistes », mais dans les faits ils étaient impérialistes (capitalisme = Retour de l’exploitation de l’Homme par l’Homme).
Comme l’a si bien dit Jean-Luc Salé lors d’une réunion de l’ex URCF, il n’existe que deux types de système…
Il faut arriver à distinguer la réalité objective et notre perception subjective.
Ainsi, les soviétiques à partir de Khrouchtchev pensaient être encore en régime socialiste, alors que la réalité objective était autre. Les changements se sont fait tellement lentement qu’il a fallu du temps à l’esprit humain pour s’apercevoir que quelque chose n’allait pas.
C’est comme chez nous en France, avec les avancées sociales de 36 et 44-45, on a cru qu’on pouvait améliorer le capitalisme, en faire un capitalisme à visage humain. On a vécu dans une grande illusion.
Dès 1945, les patrons ont tenté de reprendre les avantages conquis et concédés par la force des évènements. Mais ils savaient qu’ils devaient le faire doucement, par étapes successives. Et c’est ce qui s’est passé, avec des accélérations au début des années 50, puis 60, puis 80, puis dès les années 2000 et ensuite l’accélération ultra rapide de ces dernières années.
On voit bien l’importance de sortir des simples perceptions subjectives pour aller en profondeur et analyser la réalité objective, telle qu’elle est vraiment, non comme on voudrait qu’elle soit.
Il doit donc être clair que tant que les communistes continueront de croire que l’URSS de Khrouchtchev était toujours socialiste, il sera impossible d’avancer dans la reconstruction d’un authentique parti communiste. Il sera impossible de mener une véritable révolution socialiste. Il sera impossible de construire le socialisme !

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que sous le socialisme, l’État est dirigé par les travailleurs (devrait l’être…). Tous les moyens de production et d’échange étant socialisés, ils appartiennent donc aux travailleurs. Mais seul un authentique parti communiste qui ne dévie pas de sa ligne marxiste-léniniste peut guider les travailleurs vers ce but.

Comment ? En les éduquant, en les mobilisant, en les rendant capable de réfléchir par eux-mêmes, en les rendant capable d’agir, de décider, de gérer la société… Les communistes ne veulent ni de moutons, ni de suivistes, encore moins d’entristes-opportunistes-profiteurs.

Ils veulent des personnes responsables, autonomes, intelligentes, fières et actives-réactives.

Donc, ne déléguez à personnes le droit de penser et d’agir ! Prenez-vous en main, éduquez-vous, devenez capables de faire la révolution et celle-ci étant faite, de diriger le pays à tous les niveaux (entreprises, quartiers et communes, départements et État) !

Ne vous laissez pas embobiner par les beaux parleurs, les démagogues et les crapules de tout bord.

Vérifiez toujours si la réalité correspond aux discours ! Tous ensemble nous réussirons !
Que tous les camarades, mais aussi et surtout tous les exploités, réfléchissent bien à tout ceci.
Красная звезда (Krasnaya zvezda) – L’étoile rouge »

http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/exploitation-de-l-homme-par-l-homme-capitalisme-socialisme-a123584542

- Exploitation de l'Homme par l'Homme, capitalisme, socialisme...

DOCUMENTS JOINTS : 

Télécharger « Comprendre_l_exploitation_capitaliste_de_facon_simple-Article.pdf »

Télécharger « Staline et la lutte pour la réforme démocratique1.pdf »

Télécharger « Staline et la lutte pour la réforme démocratique2.pdf »

Télécharger « Le_combat_antibureaucratique_de_Staline.pdf »

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Les contributions de TML pour faire

connaitre l’étude

historique de l’URSS:

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/06/

en-reponse-au-mensonge-mediatique/

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/15/

encore-une-legende-noire-demythifiee-lholodomor/

  COMMENTAIRE DE TML :

 

Bonjour, camarade!

J’ai bien reçu ton récent document PDF qui reprend les idées que tu avais déjà exposées dans l’article éponyme:
http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/exploitation-de-l-homme-par-l-homme-capitalisme-socialisme-a123584542
Je suppose donc que tu souhaites en faire une sorte de brochure d’agit-prop? Pourquoi-pas!?

Cependant, je voudrais attirer ton attention sur le fait que ce genre pousse souvent à des simplifications, que l’on voudrait « pédagogiques », avec la meilleur volonté du monde, mais qui risquent parfois d’être excessives, voire même d’échapper à la dialectique.

Dans ce texte, ce qui me parait courir sérieusement ce risque est la manière dont tu abordes le phénomène impérialiste.

En effet, ce qui caractérise l’impérialisme, par définition, c’est l’inégalité de développement.
C’est l’inégalité de développement des pays impérialistes entre eux, et aussi l’inégalité des pays capitalistes en général.

En effet, Il est encore utile de considérer que si certains pays sont (inégalement) impérialistes, d’autres sont simplement leurs victimes, avec également différents degrés très inégaux de développement, différentes formes de capitalisme. Et il est même bien des endroits reculés où le capitalisme a encore des formes très primitives, voire coexiste avec des survivances d’autres formes de vie sociale, féodalisme intégriste, tribalisme, etc..

En France, nous sommes effectivement dans un vieux pays impérialiste, mais ce n’est pas pour autant que tout ce qui, en dehors de nous, n’est pas socialiste, est forcément impérialiste…Ainsi ton raisonnement:
« A notre époque, le capitalisme en est au stade impérialiste. Donc l’URSS était un pays impérialiste. »
tient nettement plus d’une logique binaire que de la dialectique.

Mais il en va déjà de même avec la proposition qui est supposée argumenter cette affirmation, en concluant sur le caractère effectivement non socialiste de l’URSS khrouchtchévienne:
« Hé oui, en URSS le capitalisme a été restauré dès Khrouchtchev. Au début sous forme de capitalisme d’état, puis de plus en plus sous forme du capitalisme privé. »

Alors que précisément le « capitalisme d’état », tel que défini par Lénine, notamment en 1918 (*) et repris par lui dans la définition de la NEP, est une forme compatible avec le socialisme, et aussi, et dans le même temps, avec certaines formes de capitalisme privé, tel que cela s’est produit sous la NEP, précisément.

Ce n’est donc, en soi, ni une argumentation ni un élément d’analyse suffisant pour conclure au changement de nature de l’URSS.
Que le révisionnisme khrouchtchévien soit une forme de restauration du capitalisme n’en est pas moins incontestable, mais on ne peut le caractériser de cette manière sans, en réalité, manquer la cible.

De plus, on ne peut négliger le fait que sur cette base, capitalisme d’état + embryons de capitalisme privé, il ait pu effectivement coexister avec des éléments résiduels de socialisme, tout comme, en sens inverse, des éléments de féodalité subsistent longtemps avant la domination totale du capitalisme. Dans le cas de l’URSS révisionniste, c’est même probablement une raison de la relative stabilité de ce régime capitaliste.

La formule suivante:
« Pourquoi l’appelle-t-on social-impérialiste ?
Parce que les discours des dirigeants, en parole étaient « socialistes », mais dans les faits ils étaient impérialistes (capitalisme = Retour de l’exploitation de l’Homme par l’Homme). »
procède de la même assimilation systématique et non dialectique:capitalisme>><<impérialisme, sans examiner ni considérer sérieusement la base capitaliste économique et financière nécessaire à la constitution d’un pôle impérialiste.

D’une part, la majorité des « réformes » révisionnistes allaient dans le sens d’une « décentralisation » et d’une autonomie locale de gestion des unités de production.

D’autre part, l’apparition de réseaux économiques réellement « privés » était surtout due à la corruption et au marché noir, et reposait le plus souvent également sur des bases locales ou régionales.

Ce sont donc des phénomène qui vont à contresens de la concentration nécessaire à la formation des monopoles, et enfin, il n’y a  jamais eu de base financière suffisante à ce capitalisme bureaucratique-maffieux pour entrainer à la formation d’un capital financier dominant.
(C’est même la grosse différence avec le capitalisme maoïste, déjà aguerri à ces pratiques depuis la « diplomatie du ping-pong »  (**)
J’ai pensé un moment que cela aurait pu se trouver autour du commerce extérieur, hors il apparait, selon le point de vue pourtant intéressé des banquiers occidentaux et malgré leurs tentatives, qu’il n’y a pas eu d’opérations financières spéculatives effectuées avant l’ère Gorbatchev, même si la corruption régnait déjà très largement sous l’ère Brejnev.

En conclusion, même si provisoire, il me parait possible de considérer que la restauration du capitalisme en URSS avait quasiment une « génération » de retard par rapport à la Chine, et qu’il s’est en fait reconstitué sous la forme d’une petite-bourgeoisie et d’une bourgeoisie bureaucratique de type « nationale » populiste et sociale-chauvine, ce qui explique sa relative résistance à l’impérialisme US ( en comparaison de la Chine des années 70, notamment), ainsi que sa politique d’alliance et de soutien aux autres bourgeoisies nationales-populistes à travers la planète. Pour autant, le phénomène « social-impérialiste » n’est pas caractérisé.

Cette analyse, encore à l’état d’ébauche, explique aussi la relative persistance de popularité de ce régime dans les classes moyennes et jusque dans une partie importante du prolétariat, en Russie et dans bien d’autres pays.

Enfin, il y a encore plusieurs autres détails qui me paraissent approximatifs dans ce texte, mais dans la mesure où il semble constituer une sorte d’exposé résumé j’ai préféré d’abord me concentrer sur l’essentiel, dans l’espoir de faire avancer le débat.

Sur le même thème il y a, publiée sur TML, (***) une ébauche de polémique avec le ROCML, mais le débat a tourné court, faute de répondant de leur part. Toutefois, leur argumentation était différente de la tienne sur la restauration du capitalisme en URSS, ce qui les amène, pour expliquer le « social-impérialisme soviétique », à affirmer un lien  entre  construction du socialisme et  capital financier, basé sur une notion « théorique » particulièrement absurde de  « forces productives   financières » !

Amicalement,

Luniterre
___________________

(*    https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2014/01/1918_lc3a9nine_sur-linfantilisme-de-gauche_.pdf     )

(**    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/      )

(***  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/20/lettre-ouverte-au-rocml-a-propos-des-sept-questions-sans-reponses/      )

 

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Post-Scriptum:

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D’un « capitalisme d’état » à l’autre …

 

 

En réponse à cette observation du camarade parisien:

 » Je ne partage pas tout ce que tu dis. En particulier la référence à la NEP ne peut ni justifier ni se comparer à ce qui s’est passé sous Khrouchtchev…   « 

Concernant le point que tu soulèves dans ton mail, je tiens donc à préciser qu’il ne s’agit en aucune façon de justifier le révisionnisme khrouchtchévien.

La NEP, vue par Lénine, est un recul très partiel et très provisoire du socialisme dans certains secteurs économiques bien délimités, afin de compenser rapidement et avec les moyens encore existants, les ravages de la guerre « civile » fortement appuyée par les impérialistes.
Elle est un compromis tactique, sur le plan économique, permettant de donner un nouveau départ à la Révolution, tout comme Brest-Litovsk le fut sur le plan militaire.

Les « réformes » khrouchtchéviennes ont pour but, quant à elles, d’asseoir le nouveau pouvoir de la petite bourgeoisie bureaucratique suite au coup d’état contre-révolutionnaire du 20ème congrès. Elles donnent clairement un coup d’arrêt au développement de l’économie socialiste.

Dans quelle mesure ont elle changé la nature sociale et économique de l’état soviétique, telle est la question importante.

Ont-elle totalement aboli le socialisme ou bien ont-elle abouti à une sorte de compromis imposé entre la petite bourgeoisie bureaucratique et le prolétariat, avec l’appui d’une partie de « l’aristocratie ouvrière » déjà intégrée à la bureaucratie ?

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Voilà les deux principales alternatives qui semblent envisageables du point de vue de cette caractérisation sociale du régime khrouchtchévien.
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L’idée, en grande partie fondée, selon laquelle les « réformes » capitalistes auraient été « modérées » dans le but de limiter le mécontentement populaire, ne peut justifier, toutefois, que ce régime ait survécu une trentaine d’années ainsi avant de « se lâcher » avec la débauche du liquidationniste Gorbatchev…
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En effet, la puissance d’accumulation du capital est telle que sans une limitation politique au moins également puissante, rien ne lui résiste.
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C’est pourquoi je pense que le « compromis » politique établi de facto entre la petite bourgeoisie bureaucratique et les classes populaires correspond probablement également, dans la réalité sociale et économique de l’URSS révisionniste, à la réalité d’un « compromis » entre « capitalisme d’état » dégénératif, et non progressiste, contrairement à l’époque de Lénine, et survie de diverses éléments et formes de socialisme.
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C’est également cette base sociale et économique qui explique, en politique étrangère, la longue alternance de phases de résistance et de compromis douteux avec l’impérialisme US.
Cette évolution de la période « guerre froide » est à mettre en parallèle avec l’évolution de la politique chinoise, qui, au tournant des années 70, passe d’un nationalisme exacerbé à une collaboration outrancière mal déguisée par la tristement fameuse « théorie des trois mondes » initiée par Mao Zedong.
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La formation d’un « capitalisme monopoliste d’état », tel que défini par Lénine comme base sociale et économique de l’impérialisme, n’a véritablement commencé en Russie qu’à la fin des années 80 et n’est toujours pas complètement achevée, aujourd’hui. Contrairement au processus chinois, où la bourgeoisie bureaucratique « nationale » s’est muée en bourgeoisie monopoliste, avec une composante néo-comprador rapidement dominante, il s’est formé, au sein de la bureaucratie russe, une nouvelle bourgeoisie « nationale » qui est une des bases du pouvoir actuel de Poutine, et qui continue de faire pression dans le sens d’une relative résistance à l’impérialisme US. Nous devons en tenir compte, sans néanmoins entretenir d’illusions à ce sujet, comme le font bon nombre de révisionnistes et de sociaux-chauvins, notamment dans les chapelles néo-thoréziennes.
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 Amicalement,
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Luniterre.

 

 

 

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FM_TML_2

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