Pour reconstruire une gauche en 2016 : sortir enfin les cadavres du placard thorézien !!

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        Après les séismes

                           politiques de 2015:

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TR TH 4 OK

 

      (1ère Partie…

En ce Samedi 6 Mars 1954, à Paris, en début d’après midi, dans un très modeste immeuble sis au 95 de la rue du Faubourg du Temple, c’est déjà la deuxième fois de la journée que Roger Roucaute, l’homme de confiance, ce jour là, du clan de Maurice Thorez, le célèbre secrétaire général du PCF, vient frapper, sans réponse, à la porte d’une petite chambre où réside, lors de ses passages dans la capitale, René Camphin, député du Pas-de-Calais.

Mais ce n’est pas en tant que député que sa présence est sollicitée, ce 6 Mars 1954, à Arcueil, au CC du PCF. Il était appelé à témoigner, devant le Comité Central, dans le cadre de ce qui était officiellement une Commission d’Enquête sur la Fédération du Pas-de-Calais du PCF. En réalité, le principal personnage visé par cette commission est Auguste Lecœur, qui, comme René Camphin, a fait sa carrière politique tout d’abord grâce à son action militante au sein de cette importante fédération, avant de jouer un rôle au plan national.

Mais ce rôle national, il l’ont surtout acquis, tout deux, par leur rôle à un niveau déjà très élevé de responsabilité dans l’organisation de la résistance active, sur le terrain, pendant l’occupation nazie. Résistance au cours de laquelle, entre autres compagnons de lutte, René Camphin a perdu ses deux frères.

La critique et la destitution d’Auguste Lecœur sont bien le motif central, sinon unique de cette réunion du CC du PCF, comme en atteste la liste des interventions dont la majorité, et la résolution finale, portent sur ce sujet (1). Le fait que Thorez en soit personnellement absent, dédaignant d’assister à la déchéance de son « dauphin », n’en est pas moins significatif, bien au contraire…

Au tournant des années 50, Auguste Lecœur était en quelque sorte l’étoile montante du PCF, et considéré comme un successeur potentiel de Maurice Thorez. Dire qu’il était numéro 2 ou 3 ou 4 dans la hiérarchie selon les « estimations » de certains historiens n’a pas grand sens… Ce qui est important est de comprendre les enjeux et les forces en présence, dans le parti comme dans la société de cette époque.

Aux élections législatives de 1951, celles qui comptent vraiment selon les institutions de la 4ème République, le Parti Communiste reste nettement le premier parti de France, en nombre de voix, avec 26%. Et si Thorez a manqué d’être élu Président du Conseil, par l’Assemblée Nationale des députés,  dans les années 44-47, la question de son accession au pouvoir, dans ce contexte, reste posée, alors qu’il semble remis de ses problèmes de santé et entend bien revenir au premier plan de la vie politique française. L’enjeu, pour lui, de conserver à tout prix son poste de Secrétaire Général du PCF est donc essentiel.

Enfin, ce 6 Mars 1954, cela fait exactement 1 an, à 1 jour près, que Staline est décédé, et que des enjeux de pouvoir encore plus essentiels sont en train de se décider en URSS. Même si la « déstalinisation » ne prendra un tour officiel qu’après le 20ème congrès en 1956, le clan révisionniste de Khrouchtchev, en instrumentalisant le thème de la « lutte contre le culte de la personnalité » remet déjà en cause les acquis fondamentaux du 19ème congrès de 1952, pourtant tout récent.

Mais ce clan veut tenter de prendre en outre le contrôle des partis occidentaux,  et dans un premier temps, c’est Auguste Lecœur qui semble avoir été manipulé par Mikhail Souslov dans ce but, après une toute première tentative peu efficace sur Jacques Duclos, encore plus proche de Thorez.  Il faut bien comprendre qu’à ce moment là, les enjeux idéologiques au sein du PCF sont assez secondaires par rapport aux enjeux de simple pouvoir. En effet, Mikhail Souslov était déjà, sous Staline, le principal référent de Lecœur à Moscou, et la « nouvelle » mission de Lecœur était naturellement dans la continuité de cette relation ancienne et ne posait problème que comme remise en cause du pouvoir personnel de Thorez sur le PCF, tout à fait indépendamment de sa ligne politique, inaffectée par ce réajustement éventuel.

La ligne politique de Thorez, au delà d’une servilité formelle, était déjà depuis 1946 et sa célèbre interview au Times,  une anticipation de la victoire du révisionnisme en URSS. La négociation d’un modus vivendi entre le clan Khrouchtchev et celui de Thorez n’était donc qu’une question d’approche et de temps, et Lecœur ne pouvait qu’en faire les frais, et très rapidement, en fait.

La réticence du « noyau dur » thorézien à remettre en cause le « culte de la personnalité » n’était en rien une option idéologique, mais au contraire, d’abord et avant tout, un plaidoyer pro domo. Il lui fallait donc stopper de toute urgence l’ascension de l’étoile Lecœur, et pour ce faire en ternir l’éclat aux yeux des militants et des cadres du parti. Quoi de mieux qu’une « bavure » sanglante imputée à son action jusque là irréprochable, pour en justifier le dénigrement?

En réalité, si l’influence électorale du PCF reste grande, le divorce entre la base ouvrière et l’appareil militant, aujourd’hui depuis longtemps consommé, vient déjà de s’amorcer, avec les grands mouvements sociaux des années 47-48. Intégrés, depuis les accords du CNR en 1943 au jeu des partis gouvernementaux, les dirigeants du PCF avaient, de fait, renoncé à une transformation réelle du système social en France, au delà de quelques réformes de réajustement concédées par l’impérialisme français renaissant de ses cendres, avec son aide zélée(2). Mais ce renoncement n’était pas forcément celui de toute la base ouvrière, et singulièrement dans des régions telles que le Pas-de-Calais et autres grandes régions industrielles et minières. Les grèves de 1947-48 avaient connu de nombreux débordements qui contredisaient la stratégie parlementariste et électoraliste de la direction du PCF.

Contrairement à une opinion encore largement répandue,  même « à gauche », on peut savoir aujourd’hui, si l’on en doutait, et par des documents tels que les minutes du Kominform, notamment, que cette stratégie ne reflétait pas du tout le fond de la ligne soviétique en matière de lutte de classes, à l’échelle internationale. Jusqu’en 1953 la direction du PCF ne pouvait par conséquent pas vraiment dénigrer les luttes radicales qu’elle était sensée avoir organisé elle-même…

Même s’ils ne se faisaient guère d’illusions sur les capacité « révolutionnaires » des dirigeants du PCF, les dirigeants soviétiques, notamment pendant les premières années du Kominform, maintenaient néanmoins sporadiquement la pression pour que le PCF ne sombre pas définitivement dans le réformisme le plus total.

La direction du PCF était d’autant plus coincée entre des exigences contradictoires qu’elle devait sa popularité autant au prestige acquis par l’URSS de Staline au cours de la 2ème guerre mondiale qu’à l’action radicale de la résistance française à la base, et assez peu, en réalité, à son propre charisme, artificiellement construit de ces morceaux raccordés par un collage de falsification historique encore récent et précaire, sur son propre rôle, et dont le réformisme et le parlementarisme étaient le fond. Donner des gages dans toutes ces directions imposait constamment un double langage, y compris vis à vis de la direction du PC de l’Union Soviétique.

En Mars 1954 ce n’était évidemment plus le cas, et le clan de Thorez avait donc tout loisir d’imputer à ses opposants dans le parti la responsabilité des débordements des mouvements sociaux, et même, au besoin, de ses propres « bavures » qu’il s’était jusque là ingénié à réduire et à dissimuler à tout prix.

Mais pour mieux comprendre ce qui se joue autour du témoignage éventuel de René Camphin, laissons encore quelques instants Roger Roucaute frapper vainement à la porte de la petite chambre du Faubourg du Temple, pour remonter quelques 7 ans en arrière, en 1947, en plein milieu des grèves très dures qui ont secoué la France, de 1947 à 1948…

Comme on l’a vu, le PCF est tiraillé, et singulièrement cette année là,  entre toutes les options qui s’offrent à lui, sauf la bonne, celle d’une analyse dialectique de la situation et d’une politique prolétarienne autonome, inspirée des principes du marxisme-léninisme, quoi qu’il s’en réclame.

Jusqu’en Mai 47, il fait partie du gouvernement et continue à développer sa ligne de collaboration de classe, y compris en tentant d’enrayer le mouvement de grève né en Avril, à Renault-Billancourt…

Chassé en Mai du gouvernement Ramadier pour permettre la soumission de la France au Plan Marshall, le PCF se retrouve dans l’opposition, mais avec le prétendu ferme espoir de revenir au gouvernement rapidement…

Il soutient désormais les grèves, pour tenter de maintenir sa popularité, tout en essayant de ne pas être dépassé par la base, qui, elle, espère enfin voir se concrétiser les véritables espoirs de la Libération…

En Septembre, Duclos et Fajon, les représentants du PCF à la Conférence de Szklarska Poreba (Pologne), constitutive du Kominform, se font carrément étriller, ainsi que les italiens, pour l’inconséquence de la ligne de leur parti … Thorez, déjà, fuyant ses responsabilités, n’y est pas présent…( 3 )

Arrive Novembre… Le 18, Thorez rencontre Staline à Moscou… Dans la nouvelle situation, Thorez prétend tout de même avoir retenu la leçon reçue par Duclos et Fajon à Szklarska Poreba…

Staline lui rappelle néanmoins  « …que le discours de Duclos devant le Parlement, dans lequel il a déclaré qu’aucune provocation ne conduirait la classe ouvrière à un soulèvement armé, a été malheureux. Il faut se souvenir que l’ennemi n’a aucune pitié pour les faibles et les désarmés. »

En fait, à un autre moment de leur échange, et apparemment tout à fait incidemment, Staline lui avait déjà posé la question de la préparation du PCF à la reprise du combat, en lui posant la question des capacités éventuelles  du parti français en armement… Thorez avait prétendu avoir pris des dispositions dans ce sens, confiées selon lui, à l’époque, à Lecœur et Tillon… Il semble donc, pour le moins, n’avoir pas été réellement convainquant! ( 4 )

Avait-il donc quelque chose à prouver en matière de radicalité pour conserver ce fil moscovite, à l’évidence beaucoup moins solide que la plupart des historiens, de droite comme « de gauche », le prétendent encore?

C’est l’une des données essentielles dont il faut tenir compte pour une bonne compréhension de la situation à cette époque.

Thorez revient en France le 29 Novembre… Le jour même où commence à l’Assemblée Nationale une discussion difficile sur la préparation d’une loi « temporaire » permettant la répression des luttes sociales… (Déjà…!)

Sur le terrain, la lutte continue de se durcir. Des actes de sabotage sont commis en vue de paralyser la production et d’empêcher la reprise du travail par les « jaunes » éventuels…

Dans la nuit du 2 au 3 Décembre, une voie ferrée est sabotée, près d’Arras. Les rails sont déboulonnés sur 25 mètres. A 3 heures du matin, l’express postal Paris-Tourcoing déraille, faisant 24 morts et une quarantaine de blessés.( 5 )

Des militants du PCF seront rapidement arrêtés, qui prétendront avoir visé un convoi de CRS, alors nouveau corps de répression, mais déjà honnis des prolétaires en lutte.

En réalité, on ne trouve plus trace de cette arrestation ni du procès qui leur aurait été fait, par la suite, en 1948… Et par lequel aucun n’a, de toutes façons, été condamné à la moindre peine…

Alors que le lendemain, 4 Décembre, galvanisée par cette tragédie, l’Assemblée votait à une majorité écrasante la loi liberticide, Thorez, à Hénin-Liétard, prononçait déjà un discours de « soutien » aux mineurs grévistes, les appelant à la modération…

Le 9, le Comité Central de Grève, tout nouvellement créé, donnait l’ordre de reprise du travail…

Le lien direct entre cette consigne de reprise brutale, inattendue, et l’amnistie totale promise aux saboteurs du Paris-Tourcoing est généralement établi par les historiens de tous bords, et plus souvent comme une affirmation que comme une probabilité…

Qui était vraiment le donneur d’ordre pour cette tentative criminelle de  simulacre de « résistance »? C’est une question qui n’a jamais été véritablement résolue, mais dont le contexte indique la signification politique, tant par ses prémisses que par l’échec macabre auquel elle a aboutit.

Mais il est surtout significatif que les enjeux et les complicités en sous-main soient suffisamment importants et haut-placés pour qu’un « compromis » intervienne aussi rapidement …

Il est même remarquable qu’une autre question reste posée: cet échec eut-il été réellement moindre si l’objectif prétendu de l’attentat avait été atteint?

Quoi qu’il en soit, en avançant à nouveau dans le temps, on en retrouve les conséquences, jusqu’en 1954, précisément… Avec une étape significative, en juin 1953, qui clos le dossier juridique en faisant porter la responsabilité de l' »incident » … à la SNCF !!

Pourtant, si elle ne pouvait plus faire l’objet de sanctions juridiques, cette affaire n’en restait pas moins une très grosse pierre dans le jardin du PCF, car la responsabilité du sabotage lui a clairement été imputée, même si indirectement et sans preuves formelles, et pour cause, par les médias de l’époque.

Comme cela s’est produit près d’Arras, dans le Pas-de-Calais, il était évidemment très commode, pour le clan thorézien, de faire porter ce lourd chapeau à Lecœur… C’était à la fois rejeter cette pierre hors de leur jardin, et réduire à néant l’influence considérable de Lecœur sur le parti, et, de fait, l’exclure concrètement. Et donc, d’une pierre, deux coups…

Toutefois, un gros hic demeurait dans cette machination…

Lecœur, déjà responsable national, n’était pas à Arras mais à Paris, au moment des faits… Pour charger sa barque au point de la couler, il faut donc prouver qu’il a commandité le sabotage via un autre responsable local de confiance… René Camphin, qui était également dans le collimateur du clan Thorez, même si à un niveau moindre, doit donc devenir l’homme de la situation, qu’il le veuille ou non… Étant encore responsable localement, un refus de sa part pourrait se retourner facilement contre lui…

Mais le Vendredi 5 Mars au soir, la réunion du CC s’éternise… René Camphin ne semble pas décidé à marcher dans cette combine… Contrairement à une légende répandue par la suite, il semble que les relations entre Camphin et Lecœur n’aient pas forcément toujours été de fraternelle camaraderie, et il est possible que les responsables thoréziens aient espéré en jouer, mais le sens de l’honneur de René Camphin était aussi, semble-t-il, au dessus de telles considérations…

Reste en outre la possibilité qu’en homme de terrain, Camphin ait fini par se faire une idée des responsabilités réelles dans cette affaire…

En fait, après plusieurs vaines tentatives pour se justifier au cours de réunions précédentes, Lecœur, déprimé et malade, est absent, ce soir là, ayant simplement communiqué une lettre que lira, avec gêne, François Billoux, son principal accusateur pour le compte du clan Thorez.

La question cruciale est donc reportée au lendemain et ce n’est évidemment pas dans une ambiance fraternelle que tout ce petit monde se sépare, dans la nuit du 5 au 6 …

Et nous revoici donc avec Roger Roucaute, le Samedi après-midi, maintenant inquiet du silence de René Camphin, et qui se décide enfin à faire appel au concierge pour faire ouvrir la porte de la petite chambre, au 95, rue du Faubourg du Temple…

(A SUIVRE … !!)

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NOTES:

( 1 CC 1954 __5-6 MARS___ )

(2 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/06/01/1944-2014-dun-programme-du-cnr-a-lautre/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/05/12/sous-legide-du-cnr-massacre-en-algerie-des-le-8-mai-1945/    )

( 3

https://tribunemlreypa.wordpress.com/andrei-jdanov-1947-rapport-sur-la-situation-internationale_/  )

( 4  rencontre Staline-Thorez__18-11-1947  )

 

( 5   http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu01014/deraillement-d-un-train-a-arras-suite-au-mouvement-de-contestation-de-l-automne-1947.html    )

 

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 En réponse au message du camarade Do, sur son site VLR!

Message
En 2016, pour régénérer la gauche populaire, sortons enfin les cadavres du placard thorézien !
24 décembre 13:35, par do


Salut,


Il me semble indispensable de tenir compte des accords de Yalta en 1945 pour comprendre l’action du PCF dans les luttes de classes en France.


D’après ces accords, les communistes liés à Moscou doivent empêcher toute prise du pouvoir par le prolétariat dans les pays de l’ouest !


Bien à toi,


do

*************************

Bonjour, camarade Do!


Indépendamment de la forme « romanesque » que j’ai donné à cette première partie, le fond de mon propos reste la recherche de la vérité historique, autant que possible. A mesure que les faits se précisent, l’article abordera de plus en plus les questions d’analyse, autour des docs dont j’ai réussi à disposer en tant qu’historien « amateur »…


Le sujet, ici, est essentiellement la « légende thorézienne » comme falsification forgée, et parfois tragiquement, au détriment des plus vaillants combattants de la Résistance…


« Yalta » fait évidemment partie de l’arrière plan, mais il est précisément en train de devenir, en 1954, un élément de ces « légendes » qui fondent le discours politique en France, que ce soit « à gauche » ou à droite, où le concept de « partage du monde » est, somme toute, plus cohérent…


Actuellement, la trace restante de ces accords de Yalta semble être ici:


http://mjp.univ-perp.fr/traites/1945yalta.htm


Il ne contiennent pas de clauses telles que tu les évoques.


Ceci-dit, si la réalité des « zones d’influences » diplomatiques, politiques et militaires est bien en question, à cette époque, il faut tenir compte que la guerre est loin d’être finie, notamment contre le Japon. « Yalta », c’était en Février… L’Allemagne nazie n’est vraiment tombée que 3 mois plus tard, et après d’âpres combats…


Le seul « accord » concernant des « zones d’influences » dont on ait trace est en réalité celui de Moscou, principalement traité entre Staline et Churchill, en Octobre 1944, soit déjà 5 mois avant Yalta…


Si l’on considère les possibilités d’évolution rapide des rapports de forces sur le terrain à cette époque, on en vient à considérer que ces intervalles de temps sont considérables, et que ces « accords » ne sont que des formes tout à fait transitoires d’un modus vivendi entre « alliés » provisoires contre le nazisme.
Une sorte de « trêve » dans l’affrontement fondamental entre socialisme et capitalisme…


Si l’on s’en tient donc au seul exemple dont on ait trace de dichotomie éventuelle entre « accords » et lutte de classe sur le terrain, on comprend aisément que Staline lui même ne les a jamais considérés autrement que comme ce qu’ils étaient, et même littéralement: des chiffons de papiers!


https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2015/12/2b3f4-churchill.jpg

 

 

Ch St accord Moscou 44

 

On a le point de vue de Staline lui-même, à propos de cet « accord » passé avec Churchill concernant la Grèce. Il est clair que Staline n’a jamais demandé aux communistes grecs d’abandonner la lutte, ni même de passer des accords à l’avenant avec les ennemis du peuple…:


Enver Hoxha_1950_Rencontre chez J.Staline avec les dirigeants du PC Grec

 

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2015/06/enver-hoxha_1950_rencontre-chez-j-staline-avec-les-dirigeants-du-pc-grec.pdf

 

Le fait que les révisionnistes et les opportunistes se réclament, en France comme ailleurs, de telles « directives » éventuelles pour justifier leur propre lâcheté et inconséquence est un autre phénomène, qui est également révélé par le sujet de l’article, notamment autour des « minutes » du Kominform qui donnent exactement un éclairage inverse. Éclairage que personne, même « à gauche », et y compris chez les pseudo-« ML », ne veut voir!


Le fait que les trotskystes, les « gauchistes », et le plus souvent, les anarchistes aussi, accréditent cette thèse sur Yalta à partir d’une critique « de gauche » contribue à déformer l’histoire dans un sens « consensuel » qui arrange bien le système dans sa croisade anticommuniste, et je trouve dommage que tu accrédites également ce cliché simpliste…!


Personnellement je n’ai pas de parti-pris spécialement « stalinien », ni même « hoxhaïste », et encore moins « maoïste », et évidemment pas « thorézien »…!


J’utilise le Marxisme-Léninisme comme outil, tant qu’il va bien pour décrypter le monde dans lequel nous vivons… Lénine lui même, dans « Matérialisme et empiriocriticisme », considérait que le marxisme serait éventuellement à « réviser » en fonction de l’évolution du réel… C’est du reste ce qu’il a fait avec son approche théorique de l’impérialisme, inabouti, tant comme phénomène que comme approche théorique, du temps de Marx…


Il me semble que les fondamentaux de ce phénomène ne se sont pleinement développés qu’avec la crise actuelle, et que l’outil est plus que jamais d’actu…
Il nous permet, précisément, de réévaluer l’héritage du Mouvement Ouvrier indépendamment des préjugés idéologiques.


Se débarrasser des clichés et des préjugés idéologiques est une nécessité si l’on veut vraiment tirer les leçons de l’histoire et avancer vers une alternative concrète.


Amicalement,


Luniterre

 

***************************Réponse du camarade Do:

Le rôle de Yalta dans les prises de position du P »C »F et de la CGT


Salut,


Je te raconte Yalta tel que me l’a appris à l’école mon prof d’histoire-géo.
Les USA et les Soviétiques ont le droit de se faire la guerre (par l’intermédiaire de bandes armées à leurs soldes) dans les pays du sud, mais dans les pays du nord, les Capitalistes n’ont pas le droit d’essayer de prendre le pouvoir à l’Est, et les communistes n’ont pas non plus le droit de prendre le pouvoir à l’Ouest, ce qui sous-entend qu’ils doivent empêcher toute forme de révolution prolétarienne à l’Ouest. Ce qu’ils ont fait très consciencieusement, notamment en mai 68 à Paris.


Que Staline ait pris ces accords de Yalta comme un chiffon de papier est faux à mon avis, et ma preuve est évidente. C’est à cause de Yalta que Staline a inventé le « communisme dans un seul pays ».
C’est au contraire les Amerloques, qui ont pris ces accords pour un chiffon de papier, comptant bien sur les communistes pour les respecter, tout en attendant eux-mêmes le bon moment pour trahir ce traité comme ils ont fait avec tous les autres traités de paix qu’ils ont signés. À commencer par les traités de paix avec les Indiens dont ils tuaient parfois les chefs lors-même de leurs déplacements chez les Blancs pour signer lesdits traités !


Non, les « communistes » de Paris, par exemple, n’ont jamais dit que s’ils empêchaient les révolutions c’était pour respecter les accords de Yalta. Ils gardaient ça secret ! sinon, ils étaient foutus vis-à-vis du prolétariat qui ne se serait, s’il avait été au courant, plus occupé du tout de ce que disait le Parti et sa CGT pour faire ou ne pas faire ses tentatives de révolutions. C’est moi qui ait compris tout seul le rôle de Yalta dans les prises de position du P »C »F et de la CGT, par exemple en 68. Je ne l’ai lu nulle part et personne ne m’en avait jamais parlé.


Je ne crois pas que Staline ait fait quoi que ce soit pour aider la révolte des communistes grecs à la sortie de la guerre. Et je crois que les communistes grecs se sont sentis abandonnés de tous, et notamment de l’URSS ! de même que les anarchistes espagnols, dont un grand nombre ont franchi la frontière espagnole en venant de France, après 1944, dans le but de virer Franco en espérant de l’aide de la part du camp victorieux de la deuxième guerre mondiale. Ils n’avaient pas compris que c’étaient les Amerloques et les capitalistes qui avaient financé Hitler pour faire la guerre à la révolution, en commençant par la révolution anarchiste espagnole en 1936, en continuant par détruire les restes du Front populaire français et ensuite le but ultime était de détruire l’URSS. Par chance l’URSS a vaincu les nazis. Je regrette seulement que les Russes ne soient pas arrivés à l’Océan Atlantique avant le débarquement américain.


Amicalement,


do


***************************Réponse de Luniterre:

 


« Non, les « communistes » de Paris, par exemple, n’ont jamais dit que s’ils empêchaient les révolutions c’était pour respecter les accords de Yalta. Ils gardaient ça secret ! sinon, ils étaient foutus vis-à-vis du prolétariat qui ne se serait, s’il avait été au courant, plus occupé du tout de ce que disait le Parti et sa CGT pour faire ou ne pas faire ses tentatives de révolutions. »


En fait l’attitude des révisionnistes a toujours été ambigüe à ce sujet, et surtout opportuniste, tant par nécessité que par nature…


Le prestige de l’URSS est resté suffisamment grand assez longtemps pour qu’ils jouent du thème de la « défense de l’URSS » pour justifier leur propre crapulerie, mais surtout en interne, évidemment, et cela vis à vis d’une masse de militants, qui, à l’époque représentait réellement l’avant-garde du MO, qu’ils arrivaient, malheureusement, à manipuler…! Cela a constitué longtemps un levier politique considérable.


Ceci-dit, un nombre de plus en plus grand se détachait d’eux, déjà, précisément, à cause de ce discours en réalité incompréhensible, et souvenrt, innacceptable en conscience. C’est le début de leur lente perte d’influence sur le MO, précisément dans la décennie 1944-54.
(En avril 1947 se situe à Renault-Billancourt la naissance plus ou moins « légendaire » de l’UC, première forme de LO, via « Barta » et/ou Pierre Bois… C’est une autre « petite histoire » que je tente également d’éclaircir, en marge de mes autres recherches…)


De plus, il y avait incontestablement convergence du discours gauchiste, trotskyste, (et anar…) sur un grand nombre de thèmes anti-soviétiques déjà « médiatisés » par la bourgeoisie, et cela y a fait, à l’usure…


A partir de 1954, précisément, les choses évoluent, avec encore plus d’ambiguïté, cultivée jusqu’au niveau théorique par les faussaires-duettistes Besse et Caveing, dans leurs « Principes fondamentaux de philosophie » faussement attribué à Georges Politzer, scandale ignoble parmi d’autres, qui reste encore à démonter vraiment à tous points de vue!


(J’ai tenté de commencer ici, notamment:
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/01/25/mao_declassifie_3_1954_les_premiers_ravages_du_maoisme_en_france/

et là: https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/04/08/798mao_declassifie_4/ )


Le confusionnisme de cette époque est d’autant plus grand que les thoréziens, comme les maoïstes ont longtemps fait ensemble une résistance pseudo « stalinienne » anti-khrouchtchévienne… Sur une base social-chauvine, et non ML, évidemment, ce qui les a amené à s’opposer à nouveau dès les années 60…


Mais de cette époque nait aussi la confusion de l’attribution des répressions dans les pays de l’est, et notamment en Hongrie, au « stalinisme »…
Alors que Staline, bien qu’ayant combattu idéologiquement le titoïsme (« titisme »), n’a jamais entrepris d’envahir la Yougoslavie!


C’est aussi toute l’ambiguïté des premiers groupes « maoïstes » français, notamment sous l’influence du « philosophe/assassin » Louis Althusser…
Mais c’est aussi une autre histoire…


Pour ma part j’essaye de contribuer à l’analyse historique en abandonnant mes propres préjugés idéologiques qui ont longtemps été « MLM » (1ère version, c-a-d à VLR, 1ère version, également…) et « anarcho-maoïste », s’il en fut…! Il me semble que la distance du recul historique peut être une bonne chose pour reconstituer une unité populaire héritière du meilleur de l’histoire du MO.


Amicalement,


Luniterre

 

 

 

 

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