Il est temps que les vrais communistes se rassemblent et fondent le Parti

par tribunemlreypa

 

Un article repris de

RECONSTRUCTION COMMUNISTE

le blog du camarade

Gilles  Prin

 

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 Il est temps que les vrais communistes

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se rassemblent et fondent

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le Parti Communiste de France

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(Avec des commentaires en fin d’article)

Sans vouloir embellir ou déformer l’histoire du PCF, à l’époque où il était encore sur des positions de combats, la classe ouvrière et l’ensemble des travailleurs, chômeurs et jeunes, ont pu s’organiser, lutter avec succès (Les avancées du Front Populaire, la Résistance au fascisme, les avancées du CNR (Retraites, Sécu, etc.). Et surtout il existait une vraie alternative politique.

Depuis que le PCF a abandonné la doctrine communiste pour devenir un parti révisionniste et réformiste, nous vivons une période sombre où le capitalisme et l’impérialisme mondial, avec l’aide de la social-démocratie, attaquent toutes les avancées sociales et démocratiques obtenues de longues luttes. L’alternative socialiste et communiste s’éloigne…

Ce mouvement a touché malheureusement la quasi totalité des PC dans le monde, à l’exception de certains qui ont su résister ou se sont reconstruits.

Mais rien n’étant permanent, il nous appartient de reconstruire le Parti Communiste dont le peuple français a besoin.

Quelques dates clefs de la mutation du PCF en parti social-démocrate :

1936, le Front Populaire : Le PCF lance un grand rassemblement antifasciste associant socialistes, radicaux et démocrates (partis bourgeois républicains). La victoire électorale du Front Populaire marque le début de la dérive réformiste. En effet, l’alliance au sommet et l’action sur les objectifs à court terme priment sur l’alliance à la base et les objectifs de la révolution socialiste. Le PCF abandonne aussi son rôle dirigeant pour laisser la direction des évènements à la S.F.I.O. (en contradiction avec les directives de l’Internationale communiste).

Lénine a toujours enseigné aux communistes que « Pour que la classe ouvrière gagne, il faut d’abord détruire politiquement la social-démocratie ». Or, en s’alliant à la SFIO, le PCF lui redore son blason, effaçant ainsi la trahison de 1914 et le travail entrepris par la 3ème internationale.

Cependant, à cette époque, rien n’est encore joué car le PCF a encore de très bons militants marxistes-léninistes capables de redresser la barre.

Auguste Havez, dirigeant communiste influent, est notamment connu pour s’être opposé aux négociations pour la légalisation du PCF et au mot d’ordre « Thorez au pouvoir », arguant dans un rapport interne : « Que Maurice me pardonne mais s’il doit prendre le pouvoir dans ces conditions, ce ne peut être que comme gauleiter. » (Un sous-fifre).

L’infiltration d’agents des services secrets dans les mouvements communistes partout dans le monde afin de dévoyer leurs orientations et « retourner » des dirigeants n’arrangent pas les choses (ex : Marcel Gitton, à la SFIC depuis 1920, est l’un des plus hauts responsables de la SFIC avec Maurice Thorez et Jacques Duclos, il est devenu un agent des services secrets. En septembre 1939 il fondera le parti collaborationniste « parti ouvrier et paysan français » et sera exécuté par la Résistance).

S’opposant aux grandes luttes ouvrières et aux grèves, le PCF par la voix de Maurice Thorez appelle à cesser le mouvement :

« Si le but maintenant est d’obtenir satisfaction pour les revendications de caractère économique tout en élevant progressivement le mouvement des masses dans sa conscience et son organisation, alors il faut savoir terminer dès que satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir au compromis si toutes les revendications n’ont pas encore été acceptées, mais si l’on a obtenu la victoire sur les plus essentielles et les plus importantes des revendications. »

C’était une ligne économiste, allant à l’opposé du soutien à l’expérience des masses dans leur lutte, et mettant de côté l’objectif communiste de révolution socialiste.

Bien sûr, il faut se remettre dans le contexte de lutte contre le fascisme de l’époque : La lutte anti-fasciste était à n’en pas douter, essentielle, surtout quand on sait qu’Hitler n’avait qu’un seul but détruire le communisme en commençant par l’URSS.

Mais c’est oublier que le fascisme n’est que la solution des capitalistes quand la « démocratie bourgeoise » ne fonctionne plus. La meilleure façon de combattre le fascisme, c’est de renverser le capitalisme !

En effet, les conditions auraient pu être réunies pour une révolution socialiste si le PCF avait conserveé sa ligne bolchévique. Le débat est encore ouvert sur cette période et il faudra creuser dans les archives. Mais, imaginez ce qu’aurait donne un second front rouge à l’ouest d’Hitler… mais ne refaisons pas l’Histoire.

1939-1945 : La clandestinité et la résistance.

C’est grâce à l’internationale communiste, à la présence de communistes immigrés et à l’implication courageuse et forte des femmes communistes que le PCF retrouve une ligne bolchévique.

La présence en France de communistes immigrés ayant fait l’expérience des pogroms dans les pays d’Europe ou de la répression fasciste, parfois passés par les Brigades Internationales, ayant une expérience essentielle lorsqu’il est nécessaire de pratiquer la clandestinité et la lutte armée seront d’une grande influence sur le PCF.

Dès 1936 beaucoup de communistes Français à l’appel de leur Parti, s’engagèrent comme volontaires dans les Brigades Internationales afin de porter secours au peuple espagnol agressé par le général Franco. Mais cela n’efface pas la trahison social-démocrate, que le PCF a remis en selle, contre les Républicains espagnols !

Le 6 Juin 1940 : Le Parti Communiste Français, charge le philosophe Georges Politzer (qui sera fusillé par les nazis) de remettre au ministre Anatole de Monzie un texte en cinq points rédigé par Benoît Frachon. Le dernier point est ainsi libellé : « Il faut armer le peuple et faire de Paris une citadelle inexpugnable ».

L’appel du 10 juillet 1940, tiré clandestinement à 600 000 exemplaires, synthétise la position du PCF dans la nouvelle situation, position allant clairement dans le sens du conflit ouvert avec les nouvelles institutions. Dès octobre 1940, le PCF organise la résistance avec l’OS et les bataillons de la Jeunesse (organisation spéciale armée clandestine). Ce ne sont pas encore des maquis, mais des luttes au coup par coup afin de s’armer, de s’organiser, de saboter, de protéger les manifestations, etc.

Georges Guingouin, membre du PCF, fonde dans la Haute-Vienne, le 6 avril 1941, le premier et plus important maquis. Son maquis rassemblera jusqu’à 8000 hommes.

L’Allemagne nazie envahit l’URSS le 22 juin 1941. Cela l’oblige à envoyer ses troupes à l’Est, et la Résistance peut alors changer de braquet et passer massivement à l’action, et cela contre la volonté même de De Gaulle, qui le 23 octobre 1941 affirme encore « La guerre des Français doit être conduite par ceux qui en ont la charge… Actuellement, la consigne que je donne pour le territoire occupé, c’est de ne pas y tuer d’Allemands.»

De Gaulle a continué à affaiblir la résistance de l’intérieur en livrant au compte-gouttes les armes au FTP (Waldeck Rochet, représentant à partir d’octobre 1943 du Comité central du Parti Communiste à Londres, raconte que « De Gaulle et les siens faisaient une discrimination entre les F.T.P. et les autres organisations de la Résistance… On sentait nettement que tous ces gens-là n’étaient pas favorables aux F.T.P.. )

Les communistes sont donc bien les premiers véritables résistants !

Cette résistance n’a jamais eu pour objectif la prise du pouvoir et l’instauration du socialisme. Elle s’est bornée à une lutte patriotique de libération. Ce qui au vu des circonstances, après la dérive réformiste de 1936 ne pouvait être autrement. Le coche a été loupé avant l’invasion Hitlérienne et après il était trop tard.

L’après guerre – le CNR : C’est en fait du CNR que sont issus les plus grands changements sociaux aboutissant aux « acquis sociaux » du 20ème siècle en France.

Le programme du CNR prévoit entre autres « l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ; l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ; le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale. »

Par conséquent le Parti Communiste Français, puisque l’adjectif français a été rajouté pendant l’occupation, doit se présenter comme le porteur du CNR.

Le Manifeste à la Nation française, issu du Xème Congrès du PCF qui se tient à Paris du 26 au 30 juin 1945, est explicite concernant cette question :
Il faut, en un mot, que soit appliqué le programme du Conseil National de la Résistance » : tel est, ni plus ni moins, l’objectif du PCF, objectif partiel, rentrant dans un cadre bien plus large, selon la conception de Thorez selon laquelle plus on avance dans la démocratie, plus on avance dans le socialisme. Une conception dans la continuité du « légitimisme » républicain au moment du Front Populaire, réaffirmée par Maurice Thorez sur la démocratie dans une interview retentissante au Times du 18 novembre 1946, interview allant devenir l’un des principaux documents du PCF : Thorez y affirme que le chemin pris par les bolcheviks en Russie n’est pas valable en France.

On est là face à l’abandon total de la conception Marxiste-Léniniste de la révolution socialiste. Comme si, par avancées successives de réformes démocratiques, sociales et économiques, le capitalisme monopoliste d’état allait s’effondrer de lui-même, céder la place… Comme si la dictature de l’état capitaliste et impérialiste allait se transformer de l’intérieur…

Certes, la démocratie bourgeoise offre des avantages au prolétariat, mais elle peut aussi le dévoyer. (Aristocratie ouvrière, Sinécures syndicales…).

Le programme du CNR s’il avait été complètement appliqué aurait mis la classe ouvrière au centre de la vie politique, sociale et économique, créant ainsi les conditions d’un accroissement de la lutte des classes… mais pouvait-il aboutir à la révolution socialiste alors que le PCF lui-même en avait abandonné l’objectif ? Par ailleurs, les analyses du Komintern sur les pays développés, comme la France, est très clair : « Dans ces pays la révolution socialiste peut se déclencher sans étape intermédiaire ».

Ce programme n’a pas pu être mené à son terme : les communistes étaient minoritaires au gouvernement et s’étaient de toute façon résigner à gouverner au sein d’un état capitaliste. Les socialistes et les gaullistes ont tout fait pour en limiter les mesures. Le capital a concédé juste ce qu’il fallait pour calmer les ardeurs révolutionnaires de la base.

De son côté, l’URSS avait besoin de se reconstruire après une guerre anti-fasciste qui l’a laissé exsangue. Cependant, elle avait proposé à Thorez de lui fournir des armes si le PCF envisageait de se lancer dans une révolution. Proposition que Thorez déclina.

L’Europe divisée en 2 blocs a ravivé la lutte anti-communiste et la présence des armées d’occupation «libératrices» US et anglaises ont permis à la bourgeoisie de reprendre très vite le dessus (en permettant à d’anciens fascistes et collabos de revenir au pouvoir).

En France, la bourgeoisie était divisée sur la stratégie a adopter : une fraction dirigée par De Gaulle, pour un capitalisme nationale, projetait l’intégration dans une Europe impérialiste qu’elle dirigerait avec l’Allemagne. Une autre fraction, pour un capitalisme multi-nationale, dirigée par Monnet projetait de livrer l’économie Française aux USA. (Voir les notes en fin d’article pour en savoir plus).

On peut dire que la bourgeoisie a accepter le C.N.R. comme un moindre mal, sachant que tôt ou tard elle le remettrait en cause. Ce qui a été gagné a été repris petit à petit dès 1947 et jusqu’à aujourd’hui où toutes les conquêtes sont détruites.

Cela indique bien que la dérive réformiste était déjà bien assumée. Le PCF était gangréné en profondeur.

De la période d’après guerre jusqu’à 1976 – la dégringolade réformiste et révisionniste du PCF :

Les années 50-60 :

Le révisionnisme de Khrouchtchev en URSS crée un véritable big-bang dans le monde communiste. La rapport mensonger présenté lors du XXème congrès du PCUS est accepté par la direction du PCF sans aucun recul critique ni analyse de fond de la réalité objective.

Seule l’Albanie socialiste, par la voix de son dirigeant Enver Hoxha, dénonce le révisionnisme de Khrouchtchev.

C’est à cette époque que des centaines de militants du PCF crée les premiers groupes Marxiste-Léniniste. (Voir les notes en fin d’article pour en savoir plus).

La guerre d’indépendance en Algérie illustre bien cette dérive. Le PCF a tenu une position clairement réformiste.

Le FLN appelle à l’insurrection le 1er novembre 1954. Celle-ci est condamnée par le PCF et le PS.

Le FLN lance 70 attaques sur des forces françaises et des installations gouvernementales. Les tracts du FLN réclament l’indépendance tout en garantissant au million de « pieds-noirs » une citoyenneté égale en Algérie.

1956 : Fondation de l’Union syndicale des travailleurs algériens (USTA) par des syndicalistes du MNA et de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) par le FLN.

Le PS et le PCF votent en mars les « pouvoirs spéciaux » au gouvernement Guy Mollet (PS) : 400 000 hommes vont être envoyés en Algérie pour « pacifier » le territoire. En France, des rappelés manifestent contre l’envoi du contingent. Série d’attentats à Alger commis alternativement par des colons ou le FLN. Les parachutistes réagissent par des arrestations arbitraires, tortures et exécutions sommaires (Jean-Marie Le Pen entre autre)..

Durant la guerre d’Algérie, l’opposition interne du PCF, en rupture avec l’« esprit » et la discipline de parti, s’affronte durement aux positions de la direction : contre le vote des pouvoirs spéciaux en 1956, contre la condamnation des attentats du FLN en 1954, contre l’exclusion des communistes qui soutiennent le FLN. À la fin des années 50, c’est dans L’Étincelle, journal interne, et Voies nouvelles, périodique vendu en kiosque, animés par Victor Leduc et Jean-Pierre Vernant, que paraîtront les critiques les plus virulentes d’une politique qui rejette l’indépendance de l’Algérie. (Lire >> http://www.vacarme.org/article143.html)

Des communistes courageux se sont donc opposés à la ligne indigne du PCF et ont apportés un soutien sans faille à la lutte du peuple Algérien pour sa libération. Un hommage spécial doit ici être rendu à notre camarade Henri Alleg.

Né en 1921 à Londres, de parents juifs russo-polonais, Harry Salem – son vrai nom – est Britannique de naissance. Il devient Français lorsque sa famille s’installe dans la banlieue nord de Paris.

C’est en avril 1940 qu’il débarque à Alger, un peu par hasard, par envie de voyager, de voir autre chose, d’écrire. Par militantisme aussi. En ce temps-là, Henri Alleg est communiste et le colonialisme est dans sa ligne de mire. Il s’engage donc au PCA et en devient un membre très actif jusqu’à sa dissolution en 1955.

L’Algérie lui plait, pas celle des colons qu’il abhorre, mais celle du peuple, des exploités, des « damnés de la terre ». C’est cette Algérie-là qu’il épouse. Il n’en divorcera jamais. C’est à travers son engagement politique qu’il bascule vraiment dans le journalisme. A travers le PCA, il rejoint Alger Républicain. C’était le journal de Camus et de Kateb Yacine. Il en devient le directeur en 1951.

C’est par Alger Républicain qu’il ira plus loin encore dans la lutte contre le colonialisme. Lorsque le journal est interdit, en 1955, soit un an après le déclenchement de l’insurrection, il bascule dans la clandestinité.

C’est alors dans l’ombre qu’il suit, relate, enregistre les sinistres méthodes de l’armée française.

1957 est un tournant. Un tournant dans la guerre avec la bataille d’Alger, et la radicalisation des forces françaises dans la capitale sous la férule des paras, mais aussi un tournant pour lui lorsqu’il est arrêté, en juin, au domicile de son ami Maurice Audin, mathématicien et membre, comme lui, du PCA dissous.

Au centre de triage d’El Biar, Audin est torturé à mort, mais Henri Alleg survit. Il est transféré à la prison de Barberousse et c’est là, entre quatre murs, qu’il se met à raconter les supplices que les paras lui ont fait subir : la baignoire, l’électricité, la gégène. Ce témoignage n’est pas venu tout seul, il a été assisté par un homme, son avocat : Léo Matarasso. C’est lui qui a convaincu Alleg d’écrire. Alors il raconte tout, en détails. L’écriture est sèche, précise, rigoureuse ; ce n’est pas un livre, c’est un procès-verbal. Chaque ligne est une lame tranchante. Chaque mot une pointe acérée contre l’armée, la colonisation, cette guerre que la France mène.

C’est seulement grâce au texte « La question » et toute la campagne mené autour et avec l’action interne des militants communistes d’opposition que le PCF soutient alors, enfin, la lutte pour l’indépendance de l’Algérie.

Ensuite la dérive s’approfondit :

Le rapprochement avec les socialistes et les tentatives de réunir en un seul parti les 2 courants deviennent une obsession de l’activité du PCF. Le patriotisme de la Résistance fait place petit à petit à un nationalisme de « classes-moyennes » que le PCF courtise de plus en plus.

La voie parlementaire vers un socialisme démocratique se construisant par touches successives devient le leitmotiv du PCF.

Le PCF était donc en phase avec ce qui se passait en URSS et a soutenu Khrouchtchev : les classes bourgeoises russes avec l’aide des sociaux-démocrates, des trotskistes et des impérialistes de l’extérieur et de l’intérieur arrivaient enfin à briser le socialisme en URSS. Il en fut de même pour le PCF.

MAI 68 – la trahison opportuniste :

Mai 68 a été bien plus qu’une révolte de la jeunesse. Avec 10 millions de travailleurs en grève elle aurait pu aboutir à autre chose que les miettes que le capital nous a accordé. L’abandon de la ligne révolutionnaire par le PCF et de la véritable lutte des classes par la CGT a laissé le champ libre au capital pour intensifier sa politique d’intégration dans l’Europe impérialiste et l’allégeance à l’impérialisme US.

C’est à cette époque et dans les années 70 que les USA ont intensifié leur guerre idéologique et transformer notre pays en lupanars : drogue, sexe, rock’n roll, anti-communisme, société du grand spectacle et des paillettes, abrutissement digne des jeux de la Rome antique… Mai 68 a céder la place à la révolution de couleur made in C.I.A.

Pour mieux comprendre Mai 68, lire ici >>

http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/mai-68-la-trahison-opportuniste-mai-68-fut-la-plus-grande-greve-genera-a106970744

1972-1977 – La période du programme commun : (signature d’un Programme commun de Gouvernement le 27 juin 1972) est l’élément le plus voyant de cette mutation du PCF.

Abandon complètement assumé de la révolution socialiste au profit d’une politique électoraliste social-démocrate ménageant le capitalisme.

1975 : Mise en place de l’Euro-communisme (Les partis communistes ouest européens prenant leur distance avec l’URSS «stalinienne»). Ils fondent leurs espoirs sur l’intégration Européenne qui devrait aboutir à une Europe sociale (dans le cadre du capitalisme). On voit où ça nous à mené…

1976 : L’abandon de la « dictature du prolétariat » en est la conséquence logique.

1979 : L’abandon du Marxisme-Léninisme termine cette lente descente aux enfers du PCF.

1981 : Participation au gouvernement Mitterrand d’Union de la gauche : Privatisation, licenciements, casse de l’industrie lourde.

1997 : Participation au gouvernement Jospin qui continue les privatisations, la casse industrielle et les licenciements.

2005 : Hésite à prendre position sur le NON à l’Europe.

Depuis, le PCF, pro-Européen et complètement inféodé au PGE (Parti de Gauche Européen) n’a plus aucune perspective à offrir aux travailleurs et au peuple.

Associé au Front de Gauche, à sa politique Pro-Européenne et cette farce du « Partage des richesses », le PCF se vide de plus en plus de ses militants.

Le peuple Français a clairement exprimé son NON à l’EUROPE du capital. La position du PCF sur cette question, associée à tous ces abandons précédents, font que la grande masse du peuple ne se reconnaît plus dans cette figure historique révolutionnaire.

Sans dédouaner la droite et les forces du capital, le PS et le PCF portent tous deux une très lourde responsabilité dans ce qui arrive aujourd’hui.

On peut dire sans hésiter que, comme le PS, le PCF est un parti au service du capital.

Il doit être clair pour tous que le PCF ne peut plus être transformé de l’intérieur.

Le fait qu’il conserve le nom de « communiste » crée encore plus de confusion dans les esprits.

Nous devons dire clairement : ce P »C »F n’est plus communiste depuis longtemps. Il est un agent du capitalisme au même titre que la social-démocratie et les trotskistes.

Les différentes tentatives des communistes, dans ou hors du PCF, pour le transformer ont échoué.

Les débats, qui depuis plus de 10 ans, existent entre les communistes pour refonder un PC n’aboutissent pas car il existe de très grandes divergences entre eux : une période de plus de 70 ans de dévoiement n’est pas propice à une conscience bolchévique chez nos communistes actuels.

Il est donc temps de se lancer dans la fondation d’un authentique Parti Communiste de France sur les bases marxistes-léninistes telles qu’elles furent exprimées par l’Internationale Communiste au début du XXè siècle !

Certes, il s’agit d’avancer en tenant compte de la réalité objective, mais cela ne doit pas signifier ne rien faire. Si Lénine avait attendu d’avoir des millions d’adhérents au PCUS, il n’y aurait jamais eu la révolution de 1917.

Le travail actuel le plus urgent est :
De refonder l’identité communiste révolutionnaire de type bolchevik
De faire avancer l’action militante de refondation communiste en priorité auprès de la classe ouvrière et en direction de tous les travailleurs, privés d’emploi, précaires, jeunes en formation, petits paysans, alliés naturels de la classe ouvrière.
De lutter idéologiquement contre la social-démocratie, l’anarcho-syndicalisme et l’opportunisme, d’ancienne et nouvelle génération. (Le PS et les trotskistes étant l’ancienne social-démocratie, le PCF, les verts et le Parti de Gauche étant cette nouvelle social-démocratie. Le PRCF, Le PRC « Parti Révolutionnaire Communiste » (fusion de « Communiste » et de l’URCF) et le PCOF étant cette nouvelle ligne opportuniste. Quand aux maoïstes, ils ont depuis longtemps sombré dans le révisionnisme.
De renouer avec l’internationalisme prolétarien en soutenant les luttes ouvrières et populaires dans le monde, en soutenant les luttes anti-impérialistes et d’indépendance nationale.
D’agir pour refonder une internationale communiste bolchévique
De lutter contre la casse des conquêtes sociales en accusant le capitalisme et en mettant la perspective de la révolution socialiste, vers le communisme, dans toutes les luttes quotidiennes.
En favorisant, dans les luttes, la mise en place de comités de base populaires et révolutionnaires dans les usines et les quartiers afin que la démocratie directe remplace la délégation de pouvoir.
En combattant les illusions électoraliste, étapiste et réformiste.(Le fameux nouveau C.N.R. du PRCF, la participation du PRCF et du PRC aux farces électorales bourgeoises )
En agissant pour un syndicalisme de lutte de classe, contre toutes les bureaucraties syndicales d’accompagnement du capitalisme par le dialogue social.

Il est urgent de redonner aux travailleurs et au peuple Français un PC digne de ce nom, sinon nous courons tous à la catastrophe vers laquelle nous conduit la politique de l’Europe impérialiste et capitaliste, menée par la droite bien avant Sarkozy, puis depuis 2012 par le gouvernement PS-EELV, attendu en embuscade par l’UMP et le FN.

Ce sera un travail de longue haleine, mais un révolutionnaire ne se décourage pas devant la dureté de la tâche.

Ne laissons plus le PCF usurper le nom de communiste !

***

Qu’est-ce qu’un «vrai» communiste ?

C’est effectivement une question importante… car on ne nait pas communiste, on le devient. On le devient en mêlant action pratique, concrète et apprentissage de la théorie. Les 2 sont indissociables.

Le minimum pour se considérer comme communiste c’est d’accepter d’étudier les fondamentaux marxistes-léninistes, de les mettre en pratique et de ne pas se décourager devant la dureté de la tâche.

Sans arrêt, faire l’aller et retour «pratique-théorie» et «théorie-pratique». Analyser sans cesse pourquoi telle action a marchée et pas telle autre en prenant en compte le maximum d’éléments entrant en jeu : le matérialisme dialectique offre à cet effet des outils d’analyse irremplaçables. La pratique sans la théorie tourne vite au révisionnisme et au réformisme. La théorie sans la pratique devient vide et n’est que verbiage.

C’est surtout ne jamais perdre de vue quel est le but final : la société sans classe, sans état, sans exploitation, sans salariat qui nécessite l’étape indispensable de la révolution socialiste (Briser l’État capitaliste et impérialiste, instaurer la dictature du prolétariat qui est la vraie démocratie, en finir avec l’exploitation du travail grâce à la propriété collective des moyens de production, d’échange et du foncier).

Toute tentative de «réformer» ou «moderniser» ces fondamentaux tourne, comme l’expérience l’a montrée, au réformisme petit bourgeois se contentant d’essayer, en vain, d’aménager le capitalisme.

L’exemple de Khroutchev :

La destruction de l’économie socialiste par Khroutchev :

Arrivé au pouvoir, Khroutchev et les trotskistes-révisionnistes détruiront peu à peu les organismes de planification socialiste et les structures socialistes telles que les Stations de tracteurs et de machines agricoles qui appuient le développement des coopératives agricoles et des fermes d’État. En enlevant les structures socialistes, Khroutchev forcera les travailleurs à devoir se débrouiller par des moyens de plus en plus clandestins, donnant naissance à des réseaux pré-­capitalistes et à la «seconde économie» basée sur les échanges de produits et de services, sur le vol de plus en plus organisé de la production de l’État et la vente au marché noir.

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Extrait d’un article de Vincent Gouysse (OCF) :

« Les théories révisionnistes de Khroutchev : les 3 « pacifiques » et les 2 « tout entier »

Khroutchev et les révisionnistes ont adopté des principes totalement contraires au marxisme­ léninisme : les théories des 3 « pacifiques » et des 2 « tout entier » :

Les trois « pacifiques » :

1-­ la voie pacifique vers le socialisme;

2­- la compétition pacifique (L’URSS se lance sur le marché mondial et dans la compétition, alors qu’avant, elle n’exportait que pour pouvoir acheter l’équipement dont elle manquait)

et

3– la coexistence pacifique (abandonnant cette pratique de Lénine et en adoptant la collaboration de classe).

Les deux ‘ »tout entier » :

1-­ le Parti du peuple tout entier et
2-­ l’État du peuple tout entier
Or, dans tous les systèmes, les Parti et l’État sont toujours ceux d’une classe sociale et jamais ceux du peuple tout entier, car le peuple se compose de plusieurs classes et secteurs sociaux, entre autres la petite ­bourgeoisie. Mais le peuple ne comporte jamais les capitalistes, qui sont les ennemis du peuple. Le Parti et l’État soviétiques de Lénine et Staline sont ceux du prolétariat. »

—-

Tous les mouvements qui, en France, se réclament du communisme doivent pouvoir échanger, discuter, mener des actions ensembles. Au-delà des différences qui nous séparent, c’est de cette façon que se reconstruira le parti dont le peuple et le prolétariat ont besoin. Mais bien évidemment, nous devons cerner et combattre les divergences théoriques dans la pratique, dans les luttes. Car c’est dans les luttes que se forgent «l’âme du révolutionnaire».

Il est vraiment tant que le prolétariat de France se dote enfin d’un authentique parti communiste marxiste et léniniste ! A la fois patriotique (mais non social-chauvin) et internationaliste, prêt à mener la guerre populaire de masse par la révolution du peuple en arme !

Aucune révolution n’a été gagnée par les élections et de façon pacifique !

Nous ne devons pas renier notre histoire, mais apprendre d’elle.

Nous ne devons pas renier l’apport des grands dirigeants révolutionnaires, mais nous inspirer d’eux !

Nous ne devons pas rester isolé dans notre petite chapelle, mais aller à la rencontres les uns des autres, même si c’est dur. Mais c’est tous ensemble que nous avancerons, pas en groupuscules isolés.

L’objectif étant la refondation d’un parti bolchevik. Nous devons donc être ferme contre toutes les dérives opportuniste, sociale-démocrate, anarcho-syndicaliste, révisionniste, maoïste ou trotskiste.

Tous ceux et celles qui ne tenteraient pas cette aventure humaine exaltante resteraient à tout jamais coupés du réel, coupés des masses, coupés de la possibilité vitale de reconstruire le Parti Communiste de France.

***

Notes de fin d’article :

Commentaires d’un camarade de l’OCF : [NDLR : j’ai depuis, apporté à mon texte un certain nombre de correctifs. Et je le remercie pour sa contribution constructive.]

Premier commentaire :

« Cher camarade,

Un survol rapide de ton texte me laisse à penser qu’il est incorrect sur au moins cinq points (mais encore une fois la lecture fut rapide)

Tu dis :

En sous main, De Gaulle, camouflé derrière un discours nationaliste,

préparait le plan Marshall, livrait l’économie Française aux USA et mettait en

oeuvre les premiers jalons de l’Europe capitaliste.

C’est historiquement faux et les archives le prouvent. Les ricains voulaient liquider De Gaulle. Ils avaient préparé une monnaie « française » pour imposer leur agents. De Gaulle les a éliminé sans pitié.

De Gaulle et les organes de presse de l’époque ont réussi grâce à la trahison Thorézienne à implanter le pouvoir de la bourgeoisie nationale en 1958.

De 45 à 58 les rivalités apparues au sein de la 4ième République marquent les luttes internes à la bourgeoisie française : la fraction nation et la fraction compradore prête à se livrer aux ricains.

De Gaulle a gagné provisoirement. Il sera débarqué par les ricains après la première révolution colorée d’Europe : Mai 68. Ce n’est qu’après à travers Pompidou/Rothschild et surtout Mitterrand que l’alignement sur les ricains sera complet.

Le projet gaulliste n’était pas en contradiction avec l’Europe telle que De Gaulle la concevait (celle des nations avec la France et l’Allemagne comme leaders). Mais lui une fois disparu cette illusion est devenue ce que les ricains voulaient : un ensemble de satellites, avec une seule monnaie non contrôlée par les états.

De Gaulle représentait un populisme de droite et il put avec cette ligne indépendante et les mythes construits autour de lui, durer quelques années.

Tu dis :

De la période d’après guerre jusqu’à 1976 – la dégringolade réformiste et

révisionniste du PCF : Le PCF oscille constamment entre ligne révolutionnaire

et ligne réformiste mais globalement, la tendance réformiste l’emporte.

Mais je ne vois et ne connait aucun fait qui puisse nous permettre de dire que  » Le PCF oscille constamment entre ligne révolutionnaire

et ligne réformiste ».

Dès la libération et le retour de Thorez, la ligne collaboratrice s’impose. Les camarades résistants sont éliminés, les autres se couchent. Tu donnes d’ailleurs une série de faits qui prouvent ce que je dis.

TROIS MANQUES :

1- Tu parles de Kroutchev. Mais pas en tant qu’élément révisionniste. Et en toute fin de ton texte, et de manière un « technique »

1956 marque un drame pour nous communistes. Le révisionnisme moderne personnifié par Kroutchev DOIT ETRE le point principal sur lequel devront s’entendre les communistes à venir.

Toute atténuation, transformation, personnification …. du 20 ième congrès du PCUS ne servirait qu’à masquer des insuffisances, à permettre le retour de communistes « aux petits pieds », comme les gastaud, sallé, Perlican et Cie

Il faut expliquer et expliquer encore ce qui s’est joué entre 1953 et 1956. Tout comme Marx nous a enjoint d’étudier la Commune de Paris, nous devons nous référer à l’analyse de ce moment de l’histoire ou tout a basculé comme BASE ESSENTIELLE de l’édification des partis à venir, et des révolutions nouvelles à entreprendre.

2- Tu « oublies » le rôle majeur des camarades albanais et du texte d’E Hodja prononcé devant 81 partis communistes, à Moscou le 10 novembre 1960. S’il faut un texte fondateur pour nous communistes du 21 ième siècle il faut lire et faire lire, étudier ce petit document d’une importance extrême.

Il revient au PTA d’avoir fait éclater la vérité aux yeux de tous. De manière opportuniste le Parti Communiste Chinois à suivi les albanais mais s’est engagé aussitôt dans un processus scissionniste avec la théorie des pays non alignés et la conférence de Bandoeng

3- Tu oublies les centaines de camarades du pcf qui ont alors quitté le pcf révisionniste pour créer les premiers cercles marxistes léninistes (1962/1963) puis fondèrent plus tard, fin 1967 le Parti Communiste Marxiste Léniniste de France (organe central : l’Humanité nouvelle). Parti interdit en juin 1968, qui continua dans la clandestinité mais ne sut pas résister aux assauts

1) de la petite bourgeoisie en interne (contamination pro-chinoise)

2) et à certains agents infiltrés dans sa direction.

(auto dissolution en 1978)

Ce dernier point est bien entendu totalement occulté par les Sallé, Gastaud, Perlican et autres petits bourgeois qui veulent nous faire croire qu’avant eux c’était « le déluge » et qu’ils sont les nouveaux messies du communisme.

Pitreries et foutaises que tout cela.

Certains camarades ont de la mémoire !

Avec mes amitiés

Pol »

Second commentaire :

« Salut camarade,

Je pense que lorsque nous analysons l’histoire nos devons avoir une approche dialectique. C’est à dire non linéaire, factuelle des événements. Et cela est d’autant plus complexe que la situation analysée est historiquement complexe (comme 1944-1946).

D’auteur part l’unique auteur auquel tu fais référence n’est pas un historien (j’appelle historien des gens qui travaillent à partir de sources), je dirai que c’est un politico-littéraire.

De plus M J Cuny a les faveurs de « faire vivre le pcf » alors que -par exemple – Annie Lacroix Riz a le plus grand mal à pouvoir publier 4 lignes dans l’Humanité , qu’elle y subit même des attaques parfois et que ses bouquins ne sont jamais promus.

Le pc et les gens de « faire vivre le pcf » vivent et veulent vivre dans le mythe d’un De Gaulle livrant la France aux ricains. Ça dispense de toute analyse sérieuse et entre autre ET SURTOUT du rôle de traitre qu’a joué ce parti en faisant « retrousser les manches » à la classe ouvrière au profit de la bourgeoisie.

Etonnant comme Cuny cite Monnet pour discréditer De Gaulle ! Mais qui est ce jean Monnet ? Il est dans l’entourage de De Gaulle celui qui a les liens directs avec …Roosevelt ! et Giraud à Alger (dont on connait le rôle « amical » qu’il eu avec les ricains et sa rivalité avec De Gaulle).

Monnet a beau jeu de qualifier d »‘hitlérien » De Gaulle !!!. Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage. Comment un agent des ricains peut il être crédible quand il accuse De Gaulle ? (je précise bien entendu que je ne suis pas gaulliste !!! :))

Cuny cite aussi souvent l’affaire J. Moulin. Moulin était certainement honnête. Mais pas futé politiquement. Nous ne disposons pas assez de sources -pour l’instant- mais il est clair que sa disparition a tout autant servi les nazis que …De Gaulle, farouche anti-communiste qui n’aimait pas ce préfet qui savait que la résistance en France était le fait principal des communistes.

Cela donne-t-il une vertu particulière à Moulin ? Pour moi c’était un fonctionnaire qui obéissait. Il ne se rendait pas compte en allant voir De Gaulle à Londres qu’il signait son arrêt de mort. On en a fait une icône. La bourgeoisie en a fait une icône. Je n’ai pas les mêmes.

De Gaulle était un fin tacticien. Il fallut l’être pour imposer aux alliés d’être aux tables de négociations après la guerre alors que la bourgeoisie française s’était couchée ! Et quand on doit jouer au renard il faut laisser croire aux uns et autres les intentions qu’ils pensent aller dans leur sens. Ne pas braquer les ricains, les anglais (les russes observaient ce petit jeu inter capitalistes et proposaient des armes à Thorez), concilier ou tenter de concilier les anciens de la 3ème république, les kollabos, les patrons qui avait trahi, les hauts fonctionnaires de vichy ….etc ….. et surtout limer les dents des communistes.

De Gaulle est un nationaliste. Il s’est toujours défié des ricains : à Londres puis à Alger (surtout à Alger avec Giraud) il a compris qu’il fallait qu’il fasse vite et qu’ils pactise en apparence avec « les diables ». C’est la qu’intervient la dialectique.

Parenthèse : étudie la révolution d’Octobre, les positions de Lénine entre Mars et Octobre 1917 et en Mars 17 tu verras que tout à coup tu peux penser que les bolchéviks collaborent. En 6 mois la ligne politique du parti fluctue (en apparence). Au début Lénine est pour une révolution bourgeoise, puis il fait une analyse et CONTRE le parti en Avril il dit qu’il faut une révolution socialiste -il est isolé….etc

La POLITIQUE C’EST ça ! Ce que nous vivons aujourd’hui ce n’est pas de la politique (pas d’enjeu de pouvoir d’une classe sur une autre) c’est un simple échange – au sein de la bourgeoisie – sur la méthode pour dominer le peuple.

Revenons à De Gaulle : il doit faire attention. Il a un but : donner corps à l’idée qu’il se fait de la France (il ne faut pas négliger les aspects idéologiques des personnages comme lui). Indépendance nationale, préservation de intérêts intérieurs et extérieurs (colonies), république ou chacun est à sa place (surtout le peuple !).

Il doit tromper ses adversaires. Il a compris que l’impérialisme anglais est cuit après cette guerre. Les ricains ont un plan pour l’Europe et c’est Monnet qui en est le porte serviette. Lui il est européen ,mais pas pour les mêmes objectifs (voir ses rencontres avec Adenauer plus tard). N’oublions pas qu’il s’appuiera déjà sur les socialos à la Mendés France !

Mais la situation est abominablement complexe au sein des classes dirigeantes et des cadres de l’état. Heureusement (et c’est un drame pour nous !) les communistes sont légalistes puis collaborationnistes. Il croient au joujou du CNR.

Il va essayer de prendre le pouvoir mais n’a pas assez d’assises électorales. Il est écarté (ce qu’il appellera sa  » traversé du désert »). L’histoire de la 4ème république sera l’image de ces rivalités intestines, de ces tiraillements entre fractions diverses de la bourgeoisie. Mais comme souvent c’est de l’extérieur que tout va se débloquer. La guerre d’Indochine est perdue, celle d’Algérie commence et tout cela coute cher. La bourgeoisie a besoin dune tête pensante, d’un leader. Elle craint de perdre « ses » colonies, elle craint le peuple qui voit ses enfants revenir dans des cercueils.

1958, De Gaulle est rappelé. Les communistes ont baissé la garde depuis longtemps. Et De Gaulle est populaire. Ses agent ont travaillé le peuple idéologiquement; la guerre est loin 13 ans déjà. Le temps d’une génération nouvelle qu’on a formé dans le mythe du sauveur de 1940.

On connait la suite. Dès 1958 De Gaulle envoie un mémorandum a Eisenhower lui demandant une direction tripartite de l’OTAN. Les ricains refusent. De Gaulle consolide la puissance militaire française et en 1966 déclare qu’il quitte l’OTAN. Les bases américaines sont évacuées en 1967. Combat (pro gaulliste) écrit :

« Que l’Alliance atlantique se perpétue dans l’hypothèse, de moins en moins vraisemblable, d’une agression soviétique, soit. Mais qu’elle entraîne la France dans toutes les aventures où pourront s’engager les USA, c’est ce que refuse le général De Gaulle. Car, grisés par leur puissance militaire et suivant un chemin habituel, les Etats-Unis entendent faire régner partout leurs conceptions. » Evoquant le risque d’une guerre avec la Chine, l’auteur de l’article, Jean Fabiani, s’interroge : « Au nom de quelle obligation la France serait-elle tenue de se lancer dans cette aventure ? » .

Les points de vue de Cuny, me semblent en conséquence trés « légers », peu documentés, pas dialectiques pour un sou. S’adossant à des propos des uns et des autres et non sur des faits. Répétant la fable convenue que se sont faits les révisionnistes pour excuser et masquer leur trahison.

Rien de cette histoire ou notre peuple eut si peu à dire, alors qu’il avait porté les armes en premier contre les nazis, rien donc ne se serait déroulé ainsi si le pcf eut été communiste. Il sera intéressant un jour de savoir qui Thorez a fréquenté à Moscou durant sa lâche absence durant toute la guerre.

Le révisionnisme n’est pas né au 20ième congrès du PCUS. Il a existé du jour même ou Marx et Engels nous ont donné les outils pour combattre. Kautsky, Bernstein et quantité d’anciens révolutionnaires ont basculé dans la « révision du marxisme » a toutes les époques. Ils ont entrainé le peuples dans les guerres impérialistes, ont détruit des révolutions.

Notre peuple est sous la coupe de la bourgeoisie (pour ne parler que de la période que nous observons) depuis la Libération, à cause d’eux.

Alors pour répondre à ta question de l’édification d’un parti communiste, le point principal est de partir de l’analyse de ce que la période 1953-1956 a produit – mondialement – en terme de réactions anti communistes et anti populaires.

Certains pensent qu’ils devinrent communistes pour avoir critiqué l’invasion de la Tchécoslovaquie : faux. Ils ne produisirent jamais d’analyses sur la transformation économique et politique de l’URSS après 1956 (oubliant l’intervention kroutchévienne en Hongrie en 1956 !)

D’autres croient avoir trouvé la « vraie voie » après la chute du mur de Berlin : faux. Encore une fois aucune analyse du révisionnisme moderne, parfois même critiques de la période de Staline et jérémiades sur la « démocratie »

On pourrait continuer la liste des messies des temps nouveaux du nouveau communisme du 21ème siècle comme ils disent. Je te l’épargne et tu la connais !

Pour ton texte, gardes l’essentiel, camarade, tu ne fais pas un livre d’histoire mais – je le pense – une sorte de résumé de ce qu’est et ce que doit être une position communiste sur les plans idéologiques et politiques.

Les gens qui le liront devront pouvoir discuter des points évoqués dans ton texte. Mais comme un capitaine de navire n’amène personne en mer sans boussole et sextant, gardes le cap !

Peut être sommes nous en train, enfin, de sortir de l’œil du typhon (1956)? Cela dépend de nous, mais aussi de la bourgeoisie.

Elle est en train de nous fournir des opportunités énormes. Elle est coincée au niveau planétaire, engluée dans ses contradictions et son capital financier qui la dévore. Les crises qu’elle génère sont le terreau où vont éclore les nouveaux communistes.

Mes amitiés

Pol »

Des documents à télécharger :

Télécharger « La question de la construction du Parti.pdf »

Télécharger « Quelques aspects du révisionnisme du Parti Communiste Français – Thorez, Marchais et Cie.pdf »

Télécharger « Salariat-Crise-Socialisme-Perspectivescontribution_ocf_mars_2014_vg.pdf »

Cet article en PDF :

Télécharger « Il est temps que les vrais communistes se rassemblent et fondent le Parti Communiste de France.pdf »

« – Comprendre les enjeux de la reconstruction communiste (Avec des PDF en fin d’article pour aller plus loin)-

Commentaires

  Luniterre

De Gaulle : discours à Washington devant le Congrès – 25 avril 1960 (extrait):

 » Mais si, matériellement parlant, la balance peut sembler égale entre les deux camps qui divisent l’univers, moralement elle ne l’est pas. La France, pour sa part, a choisi. Elle a choisi d’être du côté des peuples libres; elle a choisi d’y être avec vous. Sans doute, dans sa décision, comptent pour beaucoup le souvenir de ce que fut notre alliance, l’aide qu’en vertu du plan Marshall vous nous avez fournie au lendemain de la dernière guerre pour restaurer notre économie, la menace que le bloc soviétique dresse devant nous et devant vous, enfin l’effort colossal que vous accomplissez pour que, le cas échéant, l’agression entraîne la mort de l’agresseur même si elle doit, en même temps, causer celle du défenseur. Mais, ce qui a conduit et maintient la France à vos côtés, c’est, avant tout, son âme millénaire, sa tradition qui fait d’elle un champion de la liberté, son idéal qui a pour nom les Droits de l’Homme, sa conviction qu’en fin de compte l’ordre du monde exige la démocratie dans le domaine national et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sur le plan international. Or, c’est cela même qui est, également, la lumière, l’inspiration, l’esprit, du peuple américain. « 

Réponse du camarade de l’OCF au camarade Gilles Prin:

 » Tu dis: « En sous main, De Gaulle, camouflé derrière un discours nationaliste,préparait le plan Marshall, livrait l’économie Française aux USA et mettait en oeuvre les premiers jalons de l’Europe capitaliste. »
C’est historiquement faux et les archives le prouvent. Les ricains voulaient liquider De Gaulle. Ils avaient préparé une monnaie « française » pour imposer leur agents. De Gaulle les a éliminé sans pitié.
De Gaulle et les organes de presse de l’époque ont réussi grâce à la trahison Thorézienne à implanter le pouvoir de la bourgeoisie nationale en 1958.
De 45 à 58 les rivalités apparues au sein de la 4ième République marquent les luttes internes à la bourgeoisie française : la fraction nation et la fraction compradore prête à se livrer aux ricains. « 

« historiquement faux » ??
De Gaulle, à Washington, réaffirme clairement la nature de son choix, étant au pouvoir, et notamment son soutien au plan Marshall.
Dans l’opposition, il avait eu l’opportunité de coaliser une éventuelle bourgeoisie « nationale » contre l’influence US, au lancement du plan Marshall. Il ne l’a pas fait…

Pour deux bonnes raisons:
Au lendemain de la guerre, une telle bourgeoisie « nationale » n’existait déjà pratiquement plus, et de plus, il n’en était certainement pas le « leader ». Il était celui de la fraction la plus impérialiste du capitalisme monopoliste français, celle qui voulait sauver et reconstituer son empire colonial.

C’est sur cet « empire » qu’il entendait s’appuyer, et non sur le peuple français, pour arriver au pouvoir à l’issue de la guerre et c’est uniquement en quoi il s’opposait aux américains, qui voulaient aussi se l’accaparer.
Par la suite le discours « indépendantiste » de De Gaulle est bien essentiellement un « camouflage » de sa politique néo-colonialiste, la « Françafrique ».

Ce qui n’a pas empêché ses rivalités violentes avec d’autre fractions plus ouvertement « atlantistes ». Il y a des nuances réelles, certes, mais, pratiquement, secondaires.
Parler de bourgeoisie « nationale » et « compradore », à ce propos, est particulièrement inapproprié et rentre tout à fait dans le jeu « historique » des sociaux-chauvins.

C’est le genre d’abus de langage à éviter absolument, si l’on veut vraiment clarifier la situation actuelle.

Ceci-dit, il est particulièrement important de remarquer que la stratégie gaulliste n’a pu aboutir qu’avec l’appui objectif du PCF, dès 1943 et la signature des accords sur le CNR, où le parti renonçait à son autonomie politique et militaire, pourtant légitimement acquise sur le terrain, par le sacrifice de ses militants.
La suite de sa politique de « trahison » n’en est que la conséquence, et non un retournement.

Cuny « gomme » sans doute abusivement cet aspect de l’histoire, mais Lacroix-Riz, avec sa théorie de la « Synarchie », s’éloigne au moins autant, sinon plus, du matérialisme historique…
De plus le groupe « faire vivre le pcf » est pratiquement acquis, actuellement, à la cause sociale-chauvine du « nouveau CNR », difficilement cohérente avec la thèse de Cuny, quant au fond.

Quoi qu’il en soit, en finir avec tous les miasmes et résidus du thorézisme est une nécessité pour la refondation d’un parti communiste en France.

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Source:  L’article de Gilles Prin sur Reconstruction Communiste

http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/il-est-temps-que-les-vrais-communistes-se-rassemblent-et-fondent-le-pa-a106751400

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