Reçue par e-mail, cet intéressante et encourageante interview, que nous republions in-extenso :

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Grève à VINCI Construction Ile-de-France

Interview d’un militant syndicaliste à SOGEA IdF (Groupe VINCI)

Comment le mouvement de grève a-t-il démarré, quels en étaient les enjeux ?

La mobilisation des salariés a débuté au sein de l’entreprise de génie civil SOGEA Ile de France : le syndicat CGT ayant décidé d’un mouvement à l’occasion de la réunion de NAO (négociations annuelles obligatoire) le 12 décembre dernier. Concernant les augmentations de salaires, l’employeur restait bloqué sur ses propositions (autour de 1% d’augmentation générale), on sentait bien qu’il avait reçu des consignes très strictes de la direction générale du Groupe VINCI.

Nous avons donc décidé de lancer un appel à la grève et à un rassemblement au siège de l’entreprise (Emerainville 77) pour la prochaine réunion de négociation convoquée le 9 janvier.

Pour préparer cette grève, les délégués CGT ont rencontré les ouvriers sur les chantiers, établis avec eux la liste des revendications (4% d’augmentation générale, plus 150 euros au titre du rattrapage du pouvoir d’achat, augmentation de la prime de repas, … etc, au total 17 revendications).

La direction voulant gagner du temps et casser le mouvement, a repoussé la réunion au 9 janvier.

Peine perdue pour elle ; dès la reprise du travail le 6 janvier, le réseau du syndicat (délégués et syndiqués) s’est activé sur les chantiers, par les appels téléphoniques, … et le résultat a dépassé nos attentes.

Le jeudi 9 janvier, ce sont 150 ouvriers (sur 220 présents dans l’entreprise) qui se sont mis en grève et se sont rassemblés au siège de la société.

Au cours de la journée, la direction était contrainte de reculer sur ces propositions initiales, elle proposait 1,6, puis en fin d’après-midi 1,83 % d’augmentation générale.

A chaque interruption de séance, les délégués rendaient compte de la négociation devant l’assemblée des ouvriers. Celle-ci a décidé en fin de journée de refuser les dernières propositions de la direction et les délégués sont retournés voir la direction avec le mandat suivant : « nous vous donnons un ultimatum, vous avez jusqu’au vendredi 17 janvier pour vous rapprocher de nos revendications, sinon nous déclenchons la grève sur les chantiers à partir du lundi suivant. ».

L’écho de cette première journée de grève eu un grand retentissement sur les chantiers BTP de VINCI en Ile-de-France, dans les autres entreprises de VINCI et chez les sous-traitants.

C’est ainsi qu’une intersyndicale se réunissait le mardi 14 janvier avec les délégués CGT et CFDT de 6 entreprises du Groupe VINCI (SOGEA IDF, GTM, TPI, Chantiers Modernes, Dumez, EMCC).

L’intersyndicale lançait un appel à la grève pour des augmentations générales de salaires à partir du mercredi 22 janvier.

Afin de contrecarrer ce mouvement de grève, les directions ont tenté de faire pression sur les délégués dans les différentes entreprises : mais les salariés étaient vigilants et ont permis de résister à ces pressions : ainsi, avertis qu’un délégué syndical venait de signer un accord NAO dans sa filiale, les salariés l’ont contacté. Ce délégué est retourné voir la direction pour retirer sa signature !

Et le 22 janvier, la grève était massivement suivi sur 3 chantiers importants de la région parisienne (Paris-Forum des Halles, Achères et Versailles), une dizaine de petits chantiers et se propageait jusque sur le chantier du LGV à Tours.

Soit près de 500 ouvriers en grève !

Contraignant les directions des sociétés du Groupe VINCI à annoncer des augmentations générales de salaire : allant de 1,7 à 2% suivant les entreprises, et également la revalorisation d’accessoires de salaire comme la prime de panier : jusqu’à + 7% à SOGEA IDF.

Quel bilan en tires-tu ?

Malgré la situation difficile sur les chantiers, les salariés à l’appel de leurs organisations syndicales ont déclenché cette grève, d’une ampleur telle qu’il faut remonter à une quinzaine d’année en arrière pour voir une grève comparable dans le bâtiment.

Un argument en particulier a convaincu les ouvriers : le fait que le Groupe VINCI ne cesse chaque année d’augmenter ses bénéfices. En 2013, ils ont représenté 2 milliards d’€, dont la moitié (1 milliard) ont été distribué aux gros actionnaires !

Rien que sur l’entreprise SOGEA IDF, ce sont 4 à 5 dirigeants qui se sont partagé 200 000 € en ce début d’année !

VINCI fait de l’argent sur le dos des salariés et en réclame encore plus.

L’annonce du gouvernement Hollande de faire de nouveau cadeaux aux patrons est d’autant plus scandaleuse : 36 milliards d’€ par la suppression des cotisations patronales sur les allocations familiales. Pour les salariés il s’agit bien du vol de leur salaire différé qui au lieu de financer notre protection sociale va alimenter les profits des patrons tels ceux du Groupe VINCI !

Mais l’enseignement de cette grève c’est qu’elle a redonné confiance aux salariés. Ils ont pris conscience de leur force : on peut faire reculer les patrons même dans un grand Groupe du BTP comme VINCI.

Le mouvement a été unitaire, même si au départ nous n’avions pas tout à fait les mêmes revendications en fonction des entreprises, mais nous avions des intérêts communs et les délégués ont joué leur rôle : celui de la défense des intérêts des salariés, la défense des revendications.

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